le magazine CNC, été 2019

natureconservancyofcanada

ÉTÉ 2019

La conservation

à l’ère numérique

Faire avancer la science de la conservation de la nature

à l’aide des nouvelles technologies


Conservation de la nature Canada

245, avenue Eglinton Est, bureau 410

Toronto (Ontario) Canada M4P 3J1

magazine@conservationdelanature.ca

Tél. : 416 932-3202

Sans frais : 1 800 465-0029

Conservation de la nature Canada (CNC)

est le chef de file au pays en matière de

conservation des terres, œuvrant à la

protection de nos milieux naturels les plus

importants et des espèces qu’ils abritent.

Depuis 1962, CNC et ses partenaires

ont contribué à la protection de plus de

1,1 million d’hectares (2,8 millions d’acres)

de terres, d’un océan à l’autre.

Le magazine Conservation de la nature

Canada est distribué aux donateurs et

sympathisants de CNC.

MC

Marque de commerce de La Société

canadienne pour la conservation de la nature

FSC MD n’est pas responsable des

calculs concernant l’économie

des ressources réalisée en

choisissant ce papier.

Imprimé sur du papier Rolland Opaque

fait à 30 % de fibres post-consommation,

certifié Écologo et Procédé sans chlore. Ce

papier est fabriqué au Canada par Rolland,

qui utilise le biogaz comme source d’énergie.

L’impression est effectuée au Canada, avec

des encres végétales par Warrens Waterless

Printing. La publication de ce magazine a

sauvegardé 29 arbres et 104 292 litres d’eau*.

COUVERTURE

Le bénévole Adam Cheeseman,

près de Sackville, N.-B.

Photo de Mike Dembeck.

CETTE PAGE

Isthme de Chignectou, N.-B.

Photo de Mike Dembeck.

TKTKTKTKTKTKT

CALCULATEUR : WWW.ROLLANDINC.COM/FR.

*

2 ÉTÉ 2019

conservationdelanature.ca


ÉTÉ 2019

SOMMAIRE

Conservation de la nature Canada

Chère amie,

Cher ami,

TKTKTKTKTKTKT

Si vous êtes en train de lire ce magazine, il y a de

fortes chances que ce soit parce que vous ressentez

déjà une forte connexion avec la nature. Peutêtre

que vous avez un arbre préféré dans votre

quartier, que toutes vos fins de semaine se

passent en plein air, et que les bottes de randonnée

sont pour vous un article de mode essentiel.

Une étude récemment publiée par Conservation

de la nature Canada (CNC), en partenariat

avec Ipsos Affaires Publiques, révèle toutefois

que la population canadienne est de moins en

moins connectée à la nature. Et pourtant, beaucoup

de gens affirment se sentir plus heureux,

en santé et productifs lorsqu’ils se sentent liés

à la nature. Il est étonnant d’apprendre, par

exemple, que 74 % de la population considère

tout simplement plus facile de rester à l’intérieur,

et que 66 % des répondants passent moins

de temps en plein air que durant leur jeunesse.

Voilà pourquoi CNC propose divers moyens

de renforcer votre lien à la nature cet été. Notre

programme Score Nature (voir p. 4) sera d’ailleurs

lancé ce mois-ci. Il vous donnera l’occasion d’évaluer

votre lien à la nature, puis vous attribuera un

Coach Nature qui vous offrira des conseils sur une

base hebdomadaire pour améliorer votre score.

Dans cette publication estivale de notre magazine,

notre article principal porte sur la manière

dont la technologie peut accroître votre lien à la

nature et votre intérêt pour sa conservation,

notamment grâce à des applications de science

citoyenne comme iNaturalist et eBird. Après

avoir installé ces applications dans votre téléphone,

pourquoi ne pas les utiliser en visitant une des

quelque 40 Destinations Nature de CNC situées à

travers le pays et en téléchargeant des photos

des espèces que vous y aurez observées.

Nos Destinations Nature ont été spécialement

choisies pour vous permettre de vivre des expériences

mémorables dans certains des paysages

les plus spectaculaires au pays, comme la propriété

Nodwell, dans les Badlands de l’Alberta,

que nous vous présentons (voir p. 6).

Peu importe la manière de vous connecter

à la nature, je vous souhaite un été rempli

d’aventures et d’expériences inoubliables.

Comme toujours, merci de votre soutien

à Conservation de la nature Canada.

CBT

Christine Beevis Trickett,

Directrice de la rédaction

8

14 16

14 Quel est votre Score Nature?

Évaluez votre lien avec la nature en répondant à un questionnaire.

6 Voyage dans le temps

Traversez 70 millions d’années d’histoire de l’écologie de notre planète en

visitant la propriété Nodwell de CNC, près de Drumheller, en Alberta.

7 Bienveillant de nature

Le donateur mensuel Bill Armstrong est toujours heureux d’aider la nature

en tant que bénévole pour la conservation à CNC.

8 La solution? Une application!

Les nouvelles technologies, comme l’application iNaturalist, permettent aux

amoureux de la nature de contribuer à la science de la conservation.

12 Merlebleu de l’Ouest

Son chant doux, qui annonce le printemps, s’entend dès que les températures

s’adoucissent et que les fleurs sauvages éclosent dans l’Ouest canadien.

14 CNC à l’œuvre

Agrandissement d’un refuge pour les oiseaux en Nouvelle-Écosse; étude sur les

alvars au Manitoba; Programme de conservation du patrimoine naturel.

16 Un enthousiasme tout naturel

Après une vingtaine d’années de travail bénévole à CNC, Bruce McLellan,

président du Conseil d’administration national, est tout aussi emballé par la

conservation qu’à ses débuts.

18 Au service de la nature

Deux expériences de stages très différentes, mais toutes deux fantastiques!

ÉTÉ 2019 3


D’UN OCÉAN

À L’AUTRE

Quel est votre

Score Nature?

Évaluez votre lien avec la nature en répondant

à un questionnaire.

Cet été, Conservation de la nature Canada (CNC)

lance Score Nature, un programme qui vous fera

découvrir à quel point vous êtes lié à la nature. Score

Nature est basé sur la recherche de Lisa Nisbet, professeure

agrégée en psychologie à l’université Trent, en Ontario.

Se sentir connecté à la nature n’a pas seulement à voir

avec l’amour qu’on lui porte. C’est aussi comprendre l’interdépendance

entre l’humain et le monde naturel, ainsi que

l’importance de tous les aspects de la nature, et non pas exclusivement

ce que nous considérons comme beau ou utile.

Avons-nous piqué votre curiosité? Parfait! Pour déterminer

votre score nature, vous devrez répondre à un questionnaire

basé sur celui, plus exhaustif, élaboré par Mme Nisbet et

ses collègues. Lorsque vous connaîtrez votre score, un

Coach Nature virtuel vous sera assigné. Celui-ci vous aidera

améliorer votre score grâce à des conseils hebdomadaires

transmis par courriel.

Selon certaines théories, les humains naissent avec

un lien inné à la nature. Ce lien doit cependant être

entretenu. « La nécessité d’encourager les Canadiennes et

les Canadiens à renforcer leur lien à la nature n’a jamais été

aussi urgente qu’aujourd’hui », affirme Erica Thompson,

directrice principale nationale, Mobilisation en conservation

à CNC. « De nos jours, beaucoup d’enfants grandissent

sans vivre d’expériences dans la nature. Les recherches

démontrent que, conséquemment, ils pourraient moins se

préoccuper du sort de la nature que les générations qui les

ont précédés.

Si nous voulons conserver plus de milieux naturels plus

rapidement, il faut que les gens comprennent les avantages

de la conservation, et ce, non seulement pour le bien de la

nature, mais aussi pour leur propre bien; ce qui nous ramène

au Score Nature. « En encourageant un plus grand nombre de

personnes à améliorer leur score et à renforcer leur lien avec

la nature, nous croyons que nous aurons de meilleures

chances d’améliorer leur compréhension des bienfaits du

monde naturel », selon Erica Thompson.

ISTOCK.

DÉCOUVREZ VOTRE

SCORE NATURE!

Visitez scorenature.ca dès aujourd’hui.

TKTKTKTKTKTKT

4 ÉTÉ 2019 conservationdelanature.ca


Voici un rappel des avantages que vous retirerez en

passant du temps dans la nature :

1

1. Bon pour votre corps

Passer du temps dans la nature a des bienfaits qui ne se limitent

pas à ceux que procure l’activité physique. Prenez, par exemple, le

temps passé en forêt. Quand on s’y trouve, on fait plus que humer

l’odeur du pin ou du peuplier; on y inspire les composés chimiques

naturels des arbres. Il a été démontré que ces composés réduisent

la tension artérielle et vous font sentir plus calme et plus détendu.

Être dans la nature peut aussi avoir un effet positif sur les bactéries

saines et autres micro-organismes composant votre flore intestinale,

ce qui peut contribuer à renforcer votre système immunitaire contre

certaines maladies. Plus vous passez de temps dans la nature, plus

votre microflore est diversifiée.

2

2. Bon pour votre esprit

Meilleure mémoire et meilleure concentration? Vite, on s’inscrit au

programme! Être dans la nature peut en effet avoir une influence

positive sur vos capacités mentales. Une promenade en pleine

nature, par exemple, peut améliorer votre mémoire à court terme.

Une étude de l’université du Michigan a d’ailleurs révélé que des

participants qui avaient répondu à un test de mémoire après une

promenade autour d’un arboretum avaient obtenu des résultats de

presque 20 % supérieurs à ceux de leur test initial fait à l’intérieur. Le

temps passé à l’extérieur peut aussi augmenter votre capacité à vous

concentrer. Des enfants atteints d’un trouble du déficit de l’attention

avec hyperactivité (TDAH) ont démontré qu’ils arrivaient à mieux se

concentrer après seulement 20 minutes passées dans un parc.

4

3

3. Bon pour votre santé mentale

Vous sentez-vous plus heureux en plein air? Vous n’êtes pas seul!

Les personnes qui prennent part à des activités organisées en plein

air ont tendance à être plus heureuses. Un lien étroit avec la nature

semble aussi favoriser un plus haut niveau d’estime de soi, de bienêtre

et de croissance personnelle. Passer du temps dans la nature

réduirait aussi des symptômes liés à la santé mentale, le stress et

l’anxiété. Difficile d’être en désaccord avec ces faits!

5

4. Favorise des comportements

sociaux positifs

Passez du temps dans la nature et vous serez plus enclin à

développer des comportements sociaux positifs comme l’altruisme,

la gentillesse, la générosité et le partage. C’est fantastique! Le simple

fait d’observer de beaux paysages naturels peut vous rendre plus

coopératif et généreux, et ce, même envers des inconnus. Cela peut

aussi susciter un sentiment d’émerveillement et vous encourager

à résoudre des problèmes de façon plus coopérative et créative.

ADELA KANG.

5. Inspire à appuyer la conservation

Votre connexion à la nature va de pair avec des comportements

positifs quant à sa conservation. Si dans votre enfance vous avez

vécu des expériences positives en plein air et que des personnes

significatives pour vous s’y sont intéressées, vous êtes plus susceptibles

d’appuyer la conservation une fois rendu à l’âge adulte.1

conservationdelanature.ca

ÉTÉ 2019 5


SUR LES

SENTIERS

Propriété Nodwell

Traversez 70 millions d’années d’histoire de l’écologie de notre planète

en visitant ce site naturel près de Drumheller, en Alberta.

Merlebleu azuré

Visiter le canyon Horseshoe, c’est faire

un voyage dans le temps. Situé le

long de l’autoroute 9, à 17 kilomètres

à l’ouest de Drumheller, ce canyon est un coin

de badlands en pleine prairie albertaine. Décor

familier pour de nombreux Albertains et

un des lieux préférés des touristes, ce canyon

offre un premier coup d’oeil sur cet aspect si

singulier du patrimoine naturel de la province.

Le canyon Horseshoe réunit trois habitats

naturels uniques, soit un milieu de prairie,

des ravins boisés et des badlands. Ses

couches géologiques se sont déposées durant

le Crétacé (70 millions d’années),

époque où les dinosaures parcouraient les

forêts luxuriantes et les marécages de la

région. Ces strates sont aujourd’hui visibles

sur les parois du canyon.

La propriété Nodwell comprend une partie

du canyon Horsehoe. Conservation de la nature

Canada (CNC) a collaboré avec des propriétaires

fonciers locaux pour assurer la protection

à long terme de ce canyon qui est un

des mieux connus des Badlands du Canada.

La géologie de la propriété, exposée

par l’érosion, dévoile 70 millions d’années

d’histoire de notre planète et renferme des

informations sur la vie végétale et animale

passée, et sur l’histoire humaine.

Entamez votre visite dans la prairie herbacée,

sur le sentier longeant le bord du canyon.

Suivez-le sur la pente de ravins boisés

jusqu’aux badlands. Au fond du canyon, observez

les caractéristiques de cette formation résultant

de l’érosion, telles que ses pentes (coulées)

marquées de rigoles créées par de petits

ruisseaux, ainsi que ses cheminées de fées

(hoodoos). Vous voici dans un lieu unique!

HABITAT

On trouve encore des zones herbacées sur

la propriété Nodwell, soit sur le bord des

ravins, sur les plateaux et au fond de la vallée

où de vastes troupeaux de bisons se nourrissaient

autrefois. Les graminées qui couvrent

le sol comptent des espèces qui savent

s’adapter aux sécheresses, aux feux de forêts

et au broutage.

ROBERT BERDAN. MÉDAILLON : JOHN E. MARRIOTT.

6 ÉTÉ 2019 conservationdelanature.ca


ESPÈCES À OBSERVER

• amélanchier à feuilles

d’aulne

• ansérine laineuse

• armoise douce

• buse à queue rousse

• cerf mulet

• chalef argenté

• couleuvre des plaines

• dalée violette

• élyme à chaumes rudes

• épinette blanche

• fétuque de Hall

• genévrier horizontal

• mamillaire vivipare

• merlebleu azuré

• mésange à tête noire

• oponce de l’Est

• pulsatille multifide

• rosier aciculaire

• shépherdie du Canada

• spermophile de

Richardson

• sphéralcée écarlate

• stipe à balai

LES

INDISPENSABLES

Bienveillant

de nature

Le donateur mensuel Bill Armstrong est toujours heureux

de pouvoir aider la nature en tant que bénévole pour la

conservation à CNC.

ROBERT BERDAN. T-SHIRT : JUAN LUNA.

Oponce de l’Est

Contrairement aux pentes des ravins qui

sont exposées aux rayons brûlants du soleil

d’été, celles orientées vers le nord sont ombragées

et couvertes d’une végétation luxuriante

composée d’épinettes blanches, de

rosiers aciculaires et d’amélanchiers à

feuilles d’aulne.

La faune et la flore du canyon Horseshoe

se sont adaptées à l’environnement difficile

que sont les badlands. On y trouve de nombreuses

espèces de cactus, en plus de la pulsatille

multifide (une anémone), plusieurs

espèces de sauges, des merlebleus azurés,

des couleuvres, des cerfs mulets et bien plus.

SAISONS

Accessible toute l’année.

SENTIERS

La propriété Nodwell comprend des sentiers qui

traversent ses formations géologiques uniques.

• Sentier d’interprétation

Type : Boucle Niveau de difficulté : Facile

Surface : Terre battue

Distance aller-retour : 700 m

• Sentiers au fond du canyon

Type : Linéaire Niveau de difficulté : Modéré

Surface : Terre battue

Distance aller-retour : 4 km

(comprend le sentier d’interprétation)

• Sentier menant au fond du canyon

Type : Linéaire Niveau de difficulté : Modéré

Surface : Terre battue

Distance aller-retour : 400 m1

Pour en savoir plus!

Découvrez cette propriété et les autres Destinations

Nature de CNC à destinationsnature.ca

Une chose que j’apporte toujours

(« que je porte toujours » devrais-je

dire) pour une activité bénévole c’est

mon t-shirt « Unpaid Intern » (Stagiaire non

payé). J’ai remarqué qu’il provoque quelques

éclats de rires, ce qui est une façon de briser

la glace avec les autres bénévoles que, pour la

plupart, je rencontre pour la première fois.

Un des aspects de ces activités qui me plaît

le plus c’est de pouvoir rencontrer de vrais

stagiaires (rémunérés) embauchés par CNC

pour l’été. Ces jeunes étudient des matières

qui n’existaient probablement pas quand j’étais

à l’université, et c’est très encourageant de les

écouter parler de leur amour de la nature et de

leur détermination à contribuer à sa conservation

par l’entremise de leur champ d’études.

Ça me donne de l’espoir de savoir que leur

nom apparaîtra de nouveau un jour, soit

comme employé à temps plein à CNC ou au

sein d’un autre organisme où ils feront une

différence pour la nature.1

Devenez stagiaire!

Découvrez notre programme de stages rémunérés

à conservationdelanature.ca/stage

conservationdelanature.ca

ÉTÉ 2019 7


Adam Cheeseman,

bénévole au travail sur le

terrain, près de Sackville,

Nouveau-Brunswick.

8 ÉTÉ 2019 conservationdelanature.ca


La solution?

Une application!

Les nouvelles technologies, comme l’application iNaturalist, permettent aux amants

de la nature de partout au pays de contribuer à la science de la conservation.

PAR Deborah Carr, auteure et rédactrice indépendante

MIKE DEMBECK

dam Cheeseman scrute les accotements

de gravier pendant que nous roulons sur une

route régionale un peu à l’extérieur de Sackville,

au Nouveau-Brunswick. J’aime la vue

des champs bordés d’arbres, des propriétés

pittoresques et des bales de foin fraichement coupé.

Adam, lui cherche des animaux morts.

« On trouve assez souvent un raton laveur ou un porcépic

le long de cette route », dit-il. « Je suis surpris qu’on

n’en ait pas encore vu. S’il te plaît, arrête la voiture; nous

allons marcher un peu pour que je regarde dans les fossés. »

Je bifurque doucement et vais me stationner bien à l’écart

de la route. Adam descend de l’auto, va dans le coffre chercher

un gilet de sécurité jaune vif, puis l’enfile. « La sécurité

avant tout », dit-il en attachant son gilet. Puis, tablette numérique

en main, il marche sur l’accotement tout en fouillant

des yeux les herbes hautes qui bordent la route.

Alors qu’il étudiait à la maîtrise en environnement à l’Université

de Dalhousie, Adam n’aurait jamais imaginé parcourir

le bord des routes ainsi. Mais le voici à l’œuvre. Depuis qu’il a

commencé l’an dernier à faire du travail bénévole pour le

projet WildPaths Maritimes de CNC, le suivi de cette section

de route fait partie de sa routine, et ce, deux fois par mois,

du printemps à l’automne. Cette route, il la parcourt déjà

régulièrement pour visiter sa famille qui habite sur le détroit

de Northumberland.

conservationdelanature.ca

ÉTÉ 2019 9


Le savoir donne du pouvoir

Le projet WildPaths Maritimes dépend de l’aide

de bénévoles, comme Adam, qui parcourent

les routes du sud-est du Nouveau-Brunswick

et enregistrent leurs observations d’animaux

(morts ou vivants) dans une application

mobile puissante appelée iNaturalist. L’objectif

ultime du projet est de déterminer les routes

de l’isthme de Chignectou — une bande de

terre étroite reliant le Nouveau-Brunswick

et la Nouvelle-Écosse — qui présentent les

plus importants obstacles et dangers pour

le déplacement de la faune. Ensuite, les

scientifiques peuvent s’affairer à trouver les

solutions les plus sécuritaires pour les

animaux et la population.

« L’isthme est un lien essentiel pour une

grande diversité d’animaux », précise Paula

Noel, directrice de programmes à CNC pour le

Nouveau-Brunswick. « Sa géographie en fait

un goulot d’étranglement naturel pour la vie

sauvage. L’espace y est encore plus restreint

maintenant, en raison des routes, du développement

urbain, de l’agriculture et des activités

de foresterie. » Mme Noel ajoute que si les

scientifiques pouvaient déterminer où les animaux

sont plus enclins à traverser les routes,

des outils d’atténuation, comme des ponceaux

ou des clôtures, pourraient être installés.

« Cela améliorerait la sécurité des animaux et

de la population sur ces routes. Voilà où les

bénévoles et iNaturalist jouent un rôle crucial

», explique-t-elle, en ajoutant que les données

recueillies par les bénévoles seront envoyées

au ministère provincial des Transports.

Cela peut aider à déterminer où sont les problèmes.

Dans certains cas, CNC peut protéger

les habitats naturels et travailler avec la Province

pour trouver des moyens d’atténuer

ces problèmes.

Au-delà de la valeur de l’isthme de

Chignectou en tant que corridor naturel, la

région de Moncton/Dieppe/Shédiac (partie

ouest de l’isthme) attire l’attention, car c’est la

communauté du Canada atlantique qui croît le

plus rapidement à l’heure actuelle. Or, la croissance

économique se traduit souvent par une

expansion urbaine vers les zones périphériques.

CNC veut s’assurer que les futurs plans

de développement tiennent compte de l’importance

de la conservation des milieux naturels

pour les déplacements des espèces sauvages.

Si les habitats de l’isthme qui assurent

la connectivité disparaissent, plusieurs espèces

de la Nouvelle-Écosse, comme l’orignal,

perdront leur lien avec le reste du continent.

Cela pourrait réduire leur diversité génétique.

« Nous avons la chance de faire une différence

maintenant, nous dit Paula Noel. Pendant

qu’il reste encore des habitats, nous pouvons

créer un réseau d’aires protégées. Des

données scientifiques, comme celles récoltées

par le bénévole Adam Cheeseman, contribuent

à une planification intelligente du réseau

routier et de l’utilisation du territoire.

Cela permettra à la faune de traverser les

routes de façon sécuritaire. »

Le projet WildPaths Maritimes, qui a été

inspiré par WildPaths Vermont, fait partie de

l’initiative internationale Staying Connected

Initiative (SCI). SCI est une coalition d’organisations

du nord-est des États-Unis et du

sud-est du Canada qui travaille à protéger les

corridors fauniques. Les partenaires de SCI

au Québec, dont CNC, gèrent deux projets :

Carapace.ca, qui collige des données sur les

tortues observées le long des routes et Stop

Carcasses, qui travaille aussi sur les principaux

endroits où traverse la faune. Ces projets

se trouvent sur l’application iNaturalist

et donnent à tous la possibilité de s’inscrire

pour y ajouter des observations.

« La collecte de données devient particulièrement

importante à mesure que le climat

change, causant des déplacements des habitats

naturels, mentionne Paula.Noel. Nous

voyons déjà des espèces se déplacer au nord

de leur aire de répartition habituelle. »

Des contributions

à l’échelle mondiale

À quelques dizaines de mètres de la route,

Adam Cheeseman aperçoit la courbe d’une

piste dans les hautes herbes foulées. Il est

évident qu’un petit animal traverse régulièrement

la route à cet endroit. De l’autre côté de

la route, là où la piste se poursuit dans la forêt,

il me fait remarquer un petit tas d’excréments

de coyote.

« Avant d’entreprendre cet inventaire, je

n’avais pas remarqué toute l’activité sur les

routes », dit Adam. « Maintenant, je la vois

selon la perspective d’un animal. Imaginez

comme il doit être difficile de traverser; le

bruit, la vitesse des voitures, les odeurs...

Tant de distractions sensorielles à décoder

pour traverser une seule voie asphaltée.

Nous oublions les impacts que nous avons

sur notre environnement. »

Adam a surtout trouvé des traces de mammifères

de petite et moyenne taille, mais il

a également vu des cerfs disparaître dans

les bois, des traces et des excréments d’orignaux,

ainsi qu’une variété d’amphibiens,

d’insectes, d’oiseaux qui n’ont pas survécu à

la traversée.

Devant nous, une tache de couleur attire

son attention; il se penche pour examiner un

papillon mort. Il en prend une photo avec sa

tablette en utilisant iNaturalist. L’application

enregistre automatiquement la date et la localisation

et compare la photo d’Adam avec

sa base de données. L’application retourne

une liste de suggestions pour aider Adam à

identifier le papillon : c’est un vice-roi. Il sauvegarde

ses données puis signale son observation

à WildPaths Maritimes, qui classe les

observations spécifiques à cette aire géographique,

tout en les incluant dans la base de

données mondiale. Le travail d’Adam est important

bien au-delà de cette région.

Les observations téléversées dans iNaturalist

sont d’abord classées « non officielles »,

jusqu’à ce que deux experts les vérifient

et leur attribuent le « calibre recherche ».

L’information peut dès lors être utilisée par

des bases de données d’importance comme

le Centre de données sur la conservation

du Canada atlantique et le système Global

Biodiversity Information Facility. En quelques

clics, l’observation du vice-roi d’Adam fait

maintenant partie d’une base de données

utilisée par les scientifiques à travers le

monde. Autrefois réservées aux expéditions

sur le terrain menées par les musées et les

scientifiques, les observations d’espèces

nouvelles et d’intérêt peuvent maintenant

être enregistrées par toute personne équipée

d’un téléphone intelligent.

ISTOCK. INATURALIST.

10 ÉTÉ 2019 conservationdelanature.ca


C’est de loin l’aspect le plus formidable

du programme. Il y a actuellement plus de

26 000 utilisateurs de iNaturalist au Canada.

Environ 1 million d’observations de 18 000 espèces

différentes ont été enregistrées depuis

son lancement en 2015. Ces observations enrichissent

la base de données mondiale, qui comprend

15 millions d’observations vérifiables.

Un monde à découvrir

« Grâce aux observations de citoyens scientifiques,

nous recevons des rapports sur des

espèces jamais vues dans la région », nous dit

James Pagé, spécialiste des espèces en péril

et de la biodiversité à la Fédération canadienne

de la faune. « On peut donc se demander

: est-ce que ces espèces se sont vraiment

déplacées vers le nord, est-ce plutôt

une conséquence des changements climatiques,

ou est-ce simplement parce que

dorénavant les gens nous en informent? »

James Pagé a contribué à la version canadienne

de l’application iNaturalist, en collaboration

avec Parcs Canada, le Musée royal de

l’Ontario et NatureServe Canada pour créer

une base de données spécifique aux espèces

nordiques du Canada.

Grâce aux téléphones intelligents et aux

applications, la science n’est plus uniquement

à la portée des universitaires. Les observations

des citoyens sont importantes, car elles

sont souvent faites à l’extérieur des sites habituellement

fréquentés par la communauté

scientifique. « Peu importe leur niveau de

compétence, vos experts ne peuvent pas être

partout », mentionne James Pagé. « Avec

toutes leurs activités en plein air, les citoyens

scientifiques peuvent couvrir beaucoup plus

de territoire. »

Il y a plusieurs sites, même dans le sud du

Canada, où les plantes et les animaux n’ont

pas encore été inventoriés. Maintenant, tout

le monde peut fournir des observations importantes

pouvant servir à prendre des décisions

éclairées sur de nombreux aspects

allant des politiques aux plans d’aménagement

des parcs.

« Cela ouvre tout un monde de découvertes

», mentionne Dan Kraus, biologiste

principal en conservation à CNC. « On peut

facilement voir où aucune donnée n’a été

entrée sur iNaturalist, puis combler ce

manque. Lorsqu’il y a plusieurs milliers de

personnes qui le font, nous obtenons une

quantité incroyable de nouvelles informations

que nous pouvons utiliser de manière

novatrice pour protéger la nature. »

À mesure que les citoyens enregistrent

leurs observations sur iNaturalist, les chercheurs

de partout dans le monde ont accès à

ces données vérifiées. Ils découvrent de nouvelles

aires de répartition ou tendances, et

de nouveaux statuts de populations, incluant

des données pour les espèces en péril. Plusieurs

articles publiés dans des revues scientifiques

spécialisées contiennent des données

provenant de iNaturalist.

« Ce qu’il y a de formidable avec cette technologie,

c’est que quiconque désirant contribuer

à la protection de la nature et à sa conservation

peut le faire de façon significative », affirme

Dan Kraus. « Ces données nous donnent

de nouveaux indices sur la distribution des

espèces et sur leur utilisation des milieux naturels.

Dans la perspective de CNC, les données

permettent de déterminer les besoins en

conservation pour les espèces. »

Au Canada, iNaturalist a déjà permis

de découvrir de nouvelles espèces. Lorsque

le biologiste Colin Jones y a enregistré l’observation

d’une écrevisse, d’autres experts

du Centre d’information sur le patrimoine

naturel de l’Ontario ont confirmé qu’il s’agissait

de l’écrevisse cambarus polychromatus,

une nouvelle espèce au pays. « Peut-être

que d’autres l’avaient vue auparavant, mais

ils n’avaient jamais eu accès à un expert

pour les aider à l’identifier, avec l’aide

de leur téléphone intelligent » explique

Dan Kraus.

Page de gauche : Vice-roi; application iNaturalist.

Cette page : Isthme de Chignectou;

Adam Cheeseman sur le terrain.

Ainsi, la technologie soutient l’apprentissage

en aidant les gens à identifier les espèces plus

rapidement, qu’ils soient dans leur patelin ou

en voyage. Les ornithologues et les naturalistes

trouvent l’application utile, car ils n’ont plus

besoin d’apporter leurs volumineux guides

d’identification et leurs carnets de notes. Les

observations qu’ils enregistrent sont aussi disponibles

pour leurs pairs et pour les scientifiques.

iNaturalist a même une application appelée

Seek qui ne nécessite par d’information

personnelle et qui s’adresse à toute la famille.

« Ceux qui travaillent en conservation

craignent souvent que la technologie nous

éloigne de la nature , mentionne M. Kraus.

Mais ces applications nous aident à nous

connecter avec la nature d’une façon qui était

impossible auparavant. Maintenant, nous

pouvons tous participer au partage d’informations

qui auront des retombées positives pour

la conservation. »

De retour sur l’accotement, Adam Cheeseman

remet le vice-roi au sol. « Un jour, j’ai

trouvé 3 espèces de papillons différentes sur

une distance de 100 à 200 mètres. » Debout,

il regarde au loin les champs d’asters et d’épilobes

montés en graines. « Lorsque vous

conduisez, vous ne pensez pas aux petites

espèces avec lesquelles vous entrez en interaction…

à l’incroyable diversité de la vie qui

existe le long de nos routes. »

Puis, Adam retourne vers la voiture. « Il y a

tellement de choses auxquelles nous ne pensons

pas, n’est-ce pas? Jusqu’à ce qu’on ralentisse

et qu’on mette le nez dehors. »1

MIKE DEMBECK.

SCIENCE CITOYENNE

Vous pouvez contribuer aux efforts de CNC en envoyant vos observations à eBird et iNaturalist

Bien que CNC rassemble des employés formidables, ces derniers ne peuvent être

présents partout à la fois. Les personnes qui visitent les propriétés de CNC et leurs

environs peuvent nous aider grandement à approfondir nos connaissances de ces

milieux naturels en enregistrant dans iNaturalist leurs observations de la faune, de

la flore et des champignons qui s’y trouvent. Il est aussi possible d’enregistrer ses

observations d’oiseaux dans eBird. Le personnel scientifique et d’intendance de CNC

a accès à ces observations pour en savoir davantage sur les espèces présentes dans

les environs.

Avec le temps, la quantité de données amassées par les citoyens scientifiques

donnera à CNC et aux scientifiques d’à travers le monde une compréhension sans

précédent de la taille des populations, de la répartition, ainsi que de la période de

migration, de nidification et de floraison d’espèces rares, tout comme de celles

plus communes. Cette information sera intégrée dans notre planification à l’échelle des

propriétés et aussi à celle du paysage. Cela nous assurera que nos propriétés seront

gérées de manière à y protéger des espèces rares et en déclin, ainsi que leurs habitats.

Nous pouvons également utiliser les données des citoyens pour mieux comprendre

les besoins des personnes qui visitent nos propriétés. Par exemple, le personnel de

CNC espère éventuellement savoir quels sentiers sont les plus fréquentés

et à quel moment de l’année, en partie grâce aux données recueillies.

Ainsi, nous pourrons consacrer nos ressources à l’entretien et à l’amélioration des

sentiers et des d’autres infrastructures, et ce, avec efficacité et stratégie.

conservationdelanature.ca

ÉTÉ 2019 11


PROFIL

D’ESPÈCE

Merlebleu

de l’Ouest

(population côtière)

Son chant doux, qui annonce le printemps,

s’entend dès que les températures

s’adoucissent et que les fleurs sauvages

éclosent dans l’Ouest canadien.

TIM ZUROWSKI TIM ZUROWSKI

12 ÉTÉ 2019

conservationdelanature.ca


TAILLE ET APPARENCE

Appartenant à la famille des grives, le merlebleu de

l’Ouest se distingue par sa tête et ses ailes d’un bleu vif

et par le roux orangé de son ventre qui s’étend souvent

jusqu’à son dos. Le mâle est plus grand et plus coloré

que la femelle, dont le plumage est plutôt brun-gris.

AIRE DE RÉPARTITION

Le merlebleu de l’Ouest se trouve en Colombie-

Britannique, en Alberta, ainsi que de l’Ouest américain

jusqu’au centre sud du Mexique. Deux des six sousespèces

identifiées vivent au Canada. Sa population

côtière se situe dans la région de la mer des Salish

(sud-ouest de la C.-B.) et dans l’ouest de l’État de

Washington. Au début de l’automne, le merlebleu de

l’Ouest effectue une courte migration vers l’Oregon, la

Californie ou le Mexique pour y passer l’hiver et revient

à la fin de février ou en mars. C’est l’un des premiers

oiseaux migrateurs à réapparaître chaque printemps.

OISEAU NICHEUR

Cet oiseau chanteur niche dans les cavités, c’est-à-dire

dans les trous d’arbres vivants ou morts. Comme il ne peut

creuser son propre trou, il dépend des cavités naturelles

existantes, d’anciens nids de pics ou de nichoirs.

PRÉDATEUR PERCHÉ

Ce petit prédateur se perche sur les branches basses des

arbres, sur les arbustes et les clôtures. De là, il observe le

sol à la recherche d’insectes, puis s’y précipite lorsqu’il

repère une proie . Cet oiseau affectionne les grands

milieux ouverts avec des herbes basses où il peut voir les

insectes vivant à la surface du sol.

Le retour du merlebleu

Le merlebleu de l’Ouest était autrefois commun sur

l’île de Vancouver et les îles Gulf (C.-B.); il a toutefois

disparu de la région en 1995. Son déclin a probablement

été causé par plusieurs facteurs, dont la perte

d’habitats du chêne de Garry, l’élimination d’arbres

morts et toujours debout offrant des cavités pour

nicher, ainsi que la compétition avec l’étourneau

sansonnet et le moineau domestique (deux espèces

introduites) pour des sites de nidification.

Inspiré par le succès du projet de réintroduction du

merlebleu de l’Ouest aux îles San Juan près de l’État

de Washington, l’équipe de rétablissement de

l’écosystème Garry Oak (GOERT) a mis sur pied le

projet Bring Back the Bluebirds en 2011. L’objectif était

de rétablir une population nicheuse de merlebleu de

l’Ouest au sud-ouest de l’île de Vancouver et au sud

des îles Gulf (C.-B.) en installant des nichoirs dans des

habitats appropriés et en utilisant la technique de

relocalisation (« translocation »), c’est-à-dire la capture

d’oiseaux, leur transfert dans une autre région et leur

remise en liberté.

En 2012, CNC s’est joint aux efforts de la GOERT, de la

société de naturalistes de la vallée Cowichan (CVNS),

de l’institut Ecostudies (Washington) et de la Province

de la Colombie-Britannique pour réintroduire le

merlebleu de l’Ouest dans la vallée de Cowichan (sud

de l’île de Vancouver). Ainsi, entre 2012 et 2016,

56 adultes et 64 oisillons ont été relocalisés à partir de

la population la plus en santé de l’État de Washington.

La réserve naturelle de chênes de Garry de Cowichan,

une propriété de CNC située à Duncan, a été le premier

site où les oiseaux ont été relâchés.

Depuis 2017, CVNS coordonne ce projet. Grâce à

l’appui de la communauté et au travail soutenu des

bénévoles, cet organisme s’assure que le réseau de

plus de 200 nichoirs répartis sur 70 propriétés privées

continuera d’offrir des sites de nidification au merlebleu

de l’Ouest à d’autres oiseaux nichant dans des cavités.

Un succès précaire

CHÊNE DE GARRY

La population côtière du merlebleu de l’Ouest vit dans

des boisés ouverts comme les savanes de chênes de

Garry. Aujourd’hui, moins de 5 % de cet habitat naturel

subsiste au Canada, ce qui en fait l’un des écosystèmes

les plus menacés au pays.

AIDEZ CNC À PROTÉGER CETTE ESPÈCE

Pour savoir comment vous pouvez aider le

merlebleu de l’Ouest ainsi que d’autres espèces,

visitez conservationdelanature.ca

La relocalisation de cette espèce migratrice a été un

succès, puisque plus de merlebleus de l’Ouest adultes

reviennent chaque printemps sur l’île de Vancouver et

les îles San Juan, et que certains se déplacent maintenant

entre le Canada et les États-Unis. Cette petite

population demeure toutefois vulnérable. Il faudra

peut-être effectuer d’autres relocalisations pour

assurer sa présence à long terme sur l’île de

Vancouver.

La réserve naturelle de chênes de Garry de Cowichan

est l’un des derniers et des meilleurs écosystèmes

de chênes de Garry qui subsistent dans le monde.

Avec le retour annuel du merlebleu dans la vallée de

Cowichan, les visiteurs et les employés sont enchantés

et espèrent que l’espèce y est revenue pour toujours.1

conservationdelanature.ca

ÉTÉ 2019 13


CNC

À L’ŒUVRE

1

Agrandissement d’un refuge côtier pour

oiseaux migrateurs

ESTUAIRE DE LA RIVIÈRE PUGWASH, NOUVELLE-ÉCOSSE

4

3

2 1

Merci!

Votre appui a permis la réalisation de ces projets.

Pour en savoir plus, visitez : conservationdelanature.ca/

nous-trouver

L’estuaire de la rivière Pugwash, un lieu d’une grande sérénité, est un des

derniers grands estuaires de la côte nord de la Nouvelle-Écosse à ne pas

avoir été développé. En 1993, Conservation de la nature Canada (CNC) y

a entrepris la conservation de milieux naturels côtiers, afin de protéger des habitats

cruciaux pour les oiseaux migrateurs. Grâce à de nombreux dons amassés

au cours des 25 dernières années, la réserve naturelle de l’estuaire de la rivière

Pugwash a atteint la superficie de 504 hectares (1 245 acres), ce qui en fait la

plus vaste réserve naturelle de CNC en Nouvelle-Écosse.

Récemment, M. Matthew Currie, qui habite au Vermont (É.-U.), a fait don à CNC

de 2 propriétés totalisant 49 hectares (122 acres). Celles-ci sont principalement

composées de forêts et de milieux humides côtiers.

L’estuaire de la Pugwash fournit un habitat à l’ours noir, au cerf de Virginie, au

porc-épic, au lièvre d’Amérique, à la mouffette rayée, au renard roux et au coyote.

Les efforts de conservation de CNC dans la région se concentrent principalement

sur les espèces d’oiseaux de rivage migrateurs qui font face à un important déclin.

Les vastes marais salés de l’estuaire de la Pugwash, ses plages et ses vasières,

fournissent un habitat crucial à plus d’une vingtaine d’espèces d’oiseaux de rivage,

d’oiseaux aquatiques et de sauvagine. Cela inclut le grand chevalier à pattes jaunes,

le chevalier grivelé et le chevalier semipalmé. Le canard noir, la sarcelle d’hiver,

la bernache du Canada et le grand héron fréquentent également ces lieux, tout

comme le garrot d’Islande (population de l’Est), une espèce de canard en péril.

La réserve naturelle de l’estuaire de la Pugwash, une des Destinations Nature

de CNC, est un lieu de prédilection pour les amoureux de la nature. CNC y assure

l’entretien d’un sentier de randonnée propice à l’observation d’oiseaux en collaboration

avec l’organisme Friends of the Pugwash Estuary (« les amis de l’estuaire de la

Pugwash »), un groupe local de bénévoles.

GARROT D’ISLANDE : ROBERT MCCAW. PUGWASH : MIKE DEMBECK.

Vue aérienne de l’estuaire de la Pugwash

Garrot d’Islande

14 ÉTÉ 2019 conservationdelanature.ca


3

La science citoyenne à la

rescousse des tortues

À TRAVERS LE QUÉBEC

ALVAR : ALAMY STOCK PHOTO. JOHN LOUNDS ET CATHERINE MCKENNA : STEPHANIE LAKE. PARTENAIRE : CNC.

Alvar

2

Coup de pouce pour

les alvars

RÉGION D’ENTRE-LES-LACS, MANITOBA

Présent dans quelques pays d’Europe et en Amérique

du Nord (région des Grands Lacs), l’alvar

est un écosystème caractérisé par un sol mince

reposant sur une roche de calcaire, et dont la végétation

est unique. Rare à l’échelle mondiale, cet

écosystème a récemment été découvert au Manitoba.

En 2012, l’équipe scientifique de CNC au

Manitoba et la Province du Manitoba ont effectué

une étude visant à caractériser et cartographier

les alvars de cette province.

À l’aide de données cartographiques informatisées

sur la géologie, le sol, l’altitude et la végétation,

l’équipe a mené des recherches sur plus de 60 sites

de la région d’Entre-les-lacs. Les chercheurs ont pu

déterminer la présence d’alvars sur 28 de ces sites,

en plus de contribuer à l’évaluation et à la désignation

de l’alvar comme un écosystème en voie de disparition

en vertu de la Loi sur les espèces et les

écosystèmes en voie de disparition du Manitoba.

La superficie totale des alvars du Manitoba

représente environ 4 000 hectares (9 885 acres),

soit l’équivalent d’un dixième de la superficie de

Winnipeg. Il a également été constaté qu’à l’heure

actuelle, aucun alvar de la province n’est protégé,

d’où l’urgence de conserver cet écosystème rare.

Depuis le début du l’étude, CNC et la Province

du Manitoba ont appuyé d’autres activités de recherche,

dont l’élaboration d’une classification des

types de communautés d’alvars. En 2017, dans le

cadre des célébrations du 150 e anniversaire du

Canada, un bioblitz a été mené afin de documenter

la faune et la flore des alvars. À ce jour, 24 espèces

rares à l’échelle provinciale, nationale et

mondiale ont été documentées.

Au printemps de 2019, les résultats de l’étude

ont été publiés dans la revue scientifique Canadian

Field-Naturalist, dans le cadre du premier article

scientifique décrivant les communautés d’alvars

du Manitoba. Les nouvelles données recueillies

par le projet continueront de contribuer à la

conservation des alvars de la province. CNC et ses

partenaires poursuivront également leur travail de

conservation de ces habitats uniques et cruciaux

pour plusieurs espèces.

Lancé en 2016, carapace.ca est un projet de CNC

qui a pour objectif de faire participer des personnes

de tous âges et aux habiletés diverses à la

conservation des tortues, et ce, quel que soit leur

niveau de connaissance scientifique.

Le site Web carapace.ca permet d’ajouter (téléverser)

des photos de tortues et d’indiquer l’endroit

où elles ont été aperçues. L’information

recueillie aidera les scientifiques à mieux comprendre

la mortalité des tortues sur les routes et

à identifier celles où les taux de mortalité sont les

plus élevés.

Depuis le lancement de carapace.ca, plus de

2 700 observations de tortues ont été enregistrées.

Voyez comment vous pouvez vous aussi aider à enrichir

cette base de données en visitant carapace.ca.

4

Nouveau partenariat

pour la nature

À TRAVERS LE CANADA

Ce printemps, CNC est ses partenaires ont

applaudi l’annonce d’un nouveau programme financé

par le Gouvernement du Canada à hauteur

de 100 millions de dollars pour la sauvegarde

d’habitats naturels essentiels aux espèces en péril.

Annoncé par Catherine McKenna, la ministre

de l’Environnement et du Changement climatique

du Canada, le Programme de conservation

du patrimoine naturel (PCPN) appuiera la protection

de terres privées situées dans des zones

écologiquement fragiles, telles que des forêts,

des milieux humides, des prairies menacées et

des régions côtières.

Le président et chef de la direction de CNC,

John Lounds, s’est joint à la ministre McKenna

pour cette annonce faite à Toronto. Le PCPN

permettra de conserver 200 000 hectares (plus

de 490 000 acres) de plus au cours des 4 prochaines

années, soit une superficie qui représente

3 fois la taille de la ville de Toronto. Le programme

contribuera directement à l’atteinte de

l’objectif 1 du Canada, une initiative nationale

visant à protéger 17 % des zones terrestres et

des eaux intérieures, et 10 % des zones côtières

et marines du pays, d’ici 2020.

CNC assurera la gestion du PCPN avec la

collaboration de partenaires, soit Canards Illimités

Canada et des organismes de conservation

du Canada (Groupe de travail des organismes

canadiens de conservation). Habitat faunique

Canada administrera pour sa part le volet du

programme destiné aux organismes de conservation

locaux.1

Pleins feux sur

nos partenaires

Depuis plus de 130 ans, SC

Johnson travaille à améliorer le

monde que nous habitons. Du

perfectionnement continu de ses

produits à l’utilisation d’énergies

renouvelables, en passant par la

lutte contre la déforestation,

l’entreprise a une longue tradition

d’actions posées pour protéger

l’environnement aujourd’hui et

pour les générations futures. SC

Johnson croit que tous les lieux où

elle exerce ses activités devraient

être meilleurs parce qu’elle s’y

trouve. Voilà son engagement

depuis 5 générations, et ce qui

guide ses politiques et ses actions

philanthropiques et communautaires

jusqu’à ce jour.

CNC est reconnaissant de l’appui

continu de SC Johnson depuis les

5 dernières années. CNC et SC

Johnson contribuent à protéger

des habitats naturels pour assurer

que les familles seront capables

d’en profiter pour des générations

à venir. Cela comprend la Southern

Norfolk Sand Plain, en Ontario, la

région du fleuve Saint-Laurent, au

Québec, et l’acquisition future de

deux îles du lac Saint-Pierre,

également au Québec.

Ensemble, SC Johnson et CNC

font une différence dans la vie des

familles d’à travers le Canada.

conservationdelanature.ca


UNE FORCE POUR

LA NATURE

Un enthousiasme

tout naturel

Après 20 ans en tant que bénévole auprès de CNC, Bruce MacLellan, président

du Conseil d’administration national, est toujours aussi emballé qu’à ses débuts

par la conservation de la nature et le travail essentiel de CNC.

MIKE FORD.

16 ÉTÉ 2019 conservationdelanature.ca


Àenviron 70 kilomètres au nord-est de Toronto, la formation géologique

singulière que constitue la moraine d’Oak Ridges marque la limite entre

les bassins hydrographiques des lacs Ontario et Huron. À cet endroit

naissent bon nombre de cours d’eau.

Certains ruisseaux coulent vers le nord,

d’autres vers le sud. Quelques-uns courent

discrètement à travers des propriétés de

Conservation de la nature Canada (CNC) de la

forêt Happy Valley, avant de rejoindre la rivière

Humber. D’autres serpentent au fond de ravins

dans un décor de plus en plus urbanisé, puis se

jettent dans le lac Ontario.

Certains de ces ravins sont à deux pas des

intersections les plus achalandées de Toronto,

à l’ombre des tours de bureaux et d’habitations.

Et même si le bureau de l’homme d’affaires

Bruce MacLellan, expert en marketing

et philanthrope, se trouve au 9 e étage de l’une

de ces tours, les ravins de Toronto ne sont

jamais bien loin dans ses pensées. Pendant

son enfance passée dans le quartier central

de Toronto, il y a en effet passé d’innombrables

heures, au gré de ses explorations et

de ses aventures, faisant de ces ravins la

source de son lien avec la nature.

« Mes amis et moi passions des heures à

explorer les ravins à bicyclette, se remémore

M. MacLellan. Les ravins de Toronto ont fait

de la nature une part de qui je suis et de mes

valeurs. Avec leurs grands et vénérables pins

blancs et leurs érables, ils peuvent être des

lieux empreints de magie et de sérénité. »

De ces aventures à deux roues est né un

engagement à long terme envers la protection

et l’appréciation des milieux naturels

au Canada.

« La conservation et la protection des caractéristiques

naturelles et culturelles d’une

région sont deux causes qui me tiennent à

cœur », explique M. MacLellan. Il a d’ailleurs

publié deux livres sur l’histoire de la région de

Lake of Bays, située à environ trois heures de

route au nord de Toronto et où se trouve le

chalet familial. Le produit de la vente de ces

livres a été remis à la Lake of Bays Heritage

Foundation, un organisme voué à préserver le

patrimoine de cette région.

Bruce MacLellan est le président fondateur

et chef de la direction de Proof Inc., une

firme de marketing et de communication employant

175 personnes. En dehors des heures

de bureau, il donne de son temps à des organismes

à but non lucratif dont la mission reflète

ses valeurs. Il a fait du bénévolat, et ce,

à tous les niveaux, pour la protection des milieux

naturels, a été président de la Lake of

Bays Heritage Foundation, a présidé le

conseil de CNC de l’Ontario et s’est vu décerner

le Vision Award 2016 de l’Ontario Land

Trust Alliance pour son travail en conservation.

Depuis 2013, il siège au Conseil d’administration

national de CNC et en est devenu le

président en 2017.

Revenant sur ses deux ans à la présidence

du Conseil d’administration national de CNC,

Bruce MacLellan est fier de plusieurs réalisations,

et par-dessus tout d’avoir encouragé

l’organisme à demeurer « premier de classe ».

« L’une de mes priorités en tant que président

du Conseil d’administration a été d’encourager

CNC à développer le plein potentiel

de sa marque au sein de ce pays diversifié

qu’est le Canada. Nous devons être un organisme

de bienfaisance emblématique au pays,

admiré de tous », explique-t-il.

Aujourd’hui, après une vingtaine d’années

d’engagement auprès de CNC, sa passion

pour la cause est toujours aussi vive. « Je

trouve extraordinaire qu’après 20 ans, je ressente

toujours le même enthousiasme, et que

mon émerveillement pour ce que nous faisons

continue de croître. Je ressens l’enthousiasme

du bénévole, et non pas de l’épuisement. »

L’engagement de M. MacLellan à l’égard de

la mission de CNC va bien au-delà de la salle

de réunion du Conseil d’administration. Si vous

pouviez remonter la rivière Humber jusqu’à

la forêt Happy Valley, vous auriez la chance

de découvrir un endroit bien spécial que son

épouse Karen Girling et lui ont contribué à

conserver grâce à un don à la campagne Laissez

votre signature de CNC. Pour le couple, il

était important de protéger ce site à la source

de nombreux cours d’eau de Toronto, près de

là où ils habitent et ont éleleurs enfants.

Les chênes, érables et pruches matures de

la forêt Happy Valley de CNC deviendront un

jour une forêt ancienne qui donnera une idée

de celles qui couvraient autrefois ces collines.

M. MacLellan aime imaginer celles et ceux qui

s’y rendront un jour. « Dans cent ans, dit-il,

on se demandera sans doute qui a eu la prévoyance

de protéger un tel endroit. »

Il semble que la conservation coule de

source dans la famille. Les deux filles du

couple MacLellan ont en effet un profond attachement

pour la nature, qui leur a été inculqué

par leurs parents au cours de leur enfance.

Aussi, lorsque la mère de Mme Girling,

la regrettée Marianne Girling, a appris

l’engagement de son gendre auprès de CNC,

elle a modifié son testament pour y inclure un

don à l’organisme. M. MacLellan et son épouse

collaborent maintenant avec le personnel de

CNC pour créer la réserve naturelle Marianne

Girling au sein de l’aire naturelle des forêts et

milieux humides d’Essex, en Ontario, où Mme

Girling a grandi et élevé sa famille.

Une deuxième partie du don des MacLellan

à la campagne Laissez votre signature visait

la formation des employés. Ces fonds seront

donc consacrés à la formation du personnel de

CNC. « En tant que propriétaire d’une firme de

marketing et de communication, je crois en

l’importance d’investir dans les gens. Leur épanouissement

professionnel est ce qui permet à

l’entreprise de réussir. En tant qu’organisme

de bienfaisance, il est parfois difficile de trouver

des fonds pour la formation », explique-t-il.

L’engagement de M. MacLellan à l’égard de

la mission de CNC a été bien reçu au sein de

l’équipe de Proof Inc., dont certains membres

sont même devenus donateurs de CNC. Chaque

année, cette entreprise carboneutre achète

des crédits de carbone du projet Darkwoods de

CNC en Colombie-Britannique. Cette année,

l’entreprise marquera ses 25 ans en commanditant

la plantation de 325 arbres sur une des

propriétés de CNC en Ontario, soit un arbre

pour chaque personne ayant travaillé pour elle

à ce jour. Une randonnée avec les employés

actuels est également prévue en octobre à une

propriété de CNC à Terre-Neuve-et-Labrador.

L’éthique personnelle et professionnelle de

M. MacLellan témoigne surtout de sa fierté à

l’égard de la culture et des paysages du Canada.

« Je me considère comme étant très patriotique.

J’ai eu la chance de vivre dans ce pays

et de profiter de tout ce que la nature y offre.

Nous avons une énorme responsabilité quant à

la gestion et la protection de ses magnifiques

attraits pour les générations futures. »

Alors que s’achève son mandat de président

du Conseil d’administration de CNC,

Bruce MacLellan sait qu’il continuera

d’œuvrer auprès de l’organisme.

« Dans cinq ans, je serai encore bénévole

et donateur. CNC sera encore plus diversifié,

œuvrera sur des projets à encore plus grande

échelle, et continuera de faire ce qu’il fait le

mieux : être un organisme voué à la protection

de milieux naturels dont l’action est guidée

par une approche scientifique. »1

conservationdelanature.ca

ÉTÉ 2019 17


GRANDEUR

NATURE

Au service de la nature

Par Leigh Gustafson, stagiaire en mobilisation à CNC

Dehors tout le

monde!

Planifiez la visite d’une

Destination Nature à

destinationsnature.ca.

J’ai vécu à Conservation de la nature Canada (CNC)

deux expériences de stage complètement différentes,

mais tout aussi fantastiques. Ma première

fut en 2017 comme stagiaire en conservation à l’Île-du-

Prince-Édouard. J’avais les bottes bien ancrées au sol et

les cheveux, blondis par le soleil, balayés par la brise salée.

C’était mon premier été à la « petite île rouge », et

un que je ne suis pas près d’oublier. Non seulement je

suis tombée amoureuse du travail exceptionnel qu’y fait

CNC pour conserver et protéger les milieux naturels,

mais j’ai aussi craqué pour l’excentricité et les joyaux

cachés de cette mignonne petite île.

Un des lieux que j’ai le mieux aimé explorer a été l’île

Thomas, dans l’archipel de Murray Harbour (au sud-est

de l’Île-du-Prince-Édouard). Cette île venait tout juste

d’être sélectionnée comme une des Destinations Nature

de CNC. Mon collègue et moi avons donc sauté dans

notre bateau pour y faire une excursion d’un jour et y

prendre quelques photos en vue de l’annonce de son

ajout au programme Destinations Nature. Le ciel se fondait

dans le bleu profond de l’océan, le soleil rayonnait,

et les bébés phoques communs et tout curieux se laissaient

flotter sur l’eau en nous regardant marcher le long

du littoral. La journée était tout simplement parfaite.

Deux ans plus tard, j’ai de nouveau travaillé à CNC,

mais cette fois au sein de son équipe nationale en

mobilisation. J’ai aidé à l’élaboration du plan de gestion

des visiteurs qui guide le personnel lors de la mise en

valeur de chaque Destination Nature au pays. Bien que

ce rôle puisse sembler bien différent du précédent, il

était tout aussi intéressant d’être de l’autre côté du

travail de conservation. Chaque jour, j’ai pu découvrir

des propriétés exceptionnelles et uniques situées à

travers le Canada.

Il y a un mot en swahili, kuumba, qui nous inspire à

toujours faire ce qu’on peut, comme on peut, pour laisser

notre communauté dans un meilleur état que lorsqu’on

en a hérité. Je suis fière d’avoir travaillé pour une

organisation qui applique cette philosophie et je suis honorée

d’avoir eu l’occasion d’aider la population canadienne

à se connecter à la nature, grâce au programme

Destinations Nature de CNC.1

JACQUI OAKLEY.

18 ÉTÉ 2019 conservationdelanature.ca


PARTENAIRE DU PROGRAMME

La nature canadienne à son meilleur

Le Canada compte des paysages parmi les plus spectaculaires et irremplaçables au monde.

Nos Destinations Nature vous permettent maintenant de découvrir et d’explorer certains

des plus époustouflants d’entre eux, et ce, d’un océan à l’autre.

L’aventure commence à destinationsnature.ca


Se connecter à la

nature

DE VOS

NOUVELLES

Merci de votre appui à la campagne Laissez votre signature de

Conservation de la nature Canada (CNC). L’une des priorités

de cette campagne est d’offrir à la population canadienne

plus d’occasions de faire des activités en plein air et d’explorer

la nature. Cela inclut la participation à des activités Bénévoles

pour la conservation en compagnie du personnel de terrain de

CNC et la visite de Destinations Nature de CNC. Cet été, nous

lançons également notre nouveau programme Score Nature

pour vous proposer de nouveaux moyens de renforcer votre

lien avec la nature.

BÉNÉVOLES POUR LA CONSERVATION

Le programme Bénévoles pour la conservation

invite la population à participer

concrètement à des travaux d’une grande

importance sur les propriétés de CNC. Visitez

benevolesconservation.ca dès aujourd’hui

pour découvrir quelles activités auront prochainement

lieu près de chez vous. Au plaisir

de vous voir parmi nous cet été!

DESTINATIONS NATURE

Plus de 80 % de la population canadienne vit

à moins de 100 km d’une propriété de CNC.

Nous vous invitons donc à visiter des sites

naturels parmi les plus exceptionnels pays et

à vous connecter à la nature. Pour connaître

les Destinations Nature les plus près de

chez vous, visitez destinationsnature.ca.

SCORE NATURE

Répondez à notre court questionnaire pour

évaluer votre connexion avec le monde

naturel et connaître votre Score Nature. Notre

sympathique Coach Nature virtuel vous prodiguera

ensuite des conseils qui vous aideront

à vous rapprocher de la nature. Inspirés par

les bienfaits physiques et psychologiques du

contact avec le monde naturel, nous cherchons

à aider les gens de partout au pays à

découvrir de nouveaux moyens de se connecter

à la nature. Répondez au questionnaire

dès aujourd’hui en visitant quiznature.ca.

MERCI DE VOTRE APPUI

81 % ATTEINT

AMASSER

750 M$

87 % ATTEINT

CONSERVER

500

NOUVELLES PROPRIÉTÉS

Ella Van-Cleave, Levi Williams-Whitney

Être le porte-voix de la nature

« Chaque jour où j’ai travaillé à CNC comme stagiaire

en communication et mobilisation pour la région de

la Colombie-Britannique, je me suis sentie privilégiée

de pouvoir combiner mes passions pour l’écologie et

la rédaction de récits (storytelling). La communication

scientifique peut capter l’imaginaire et mener à d’importantes

discussions sur lele de la science et de la

conservation dans notre société. Je suis reconnaissante

d’avoir eu l’occasion de faire partie de ce mouvement

en travaillant pour CNC en C.-B. Avec ma formation en

« arts libéraux » (liberal arts) axée sur la conservation

et la communication, j’espère avoir d’autres occasions

d’être le porte-voix de la nature au-delà de CNC! »

~ Ella Van-Cleave, Université Quest Canada, C.-B.

Passionné par la nature

« Aïe! J’ai dû me pincer une fois de plus. Étais-je vraiment

payé pour explorer les vastes prairies de l’Alberta

et veiller sur elles cet été? À titre de technicien en

conservation à CNC, j’ai eu le plaisir de travailler auprès

de nos extraordinaires locataires et propriétaires fonciers.

Leur passion pour le territoire et sa faune sauvage

est contagieuse. Ce que j’ai appris en prenant un café en

leur compagnie ne se trouve dans aucun livre. »

~ Levi Williams-Whitney, Collège Lethbridge,

Alberta

CONSERVATION DE LA NATURE CANADA

55, avenue du Mont-Royal Ouest, bureau 1000, Montréal (Québec) H2T 2S6

Partagez vos histoires avec nous à magazine@conservationdelanature.ca

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