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le magazine CNC, été 2019

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ÉTÉ <strong>2019</strong><br />

La conservation<br />

à l’ère numérique<br />

Faire avancer la science de la conservation de la nature<br />

à l’aide des nouvel<strong>le</strong>s technologies


Conservation de la nature Canada<br />

245, avenue Eglinton Est, bureau 410<br />

Toronto (Ontario) Canada M4P 3J1<br />

<strong>magazine</strong>@conservationdelanature.ca<br />

Tél. : 416 932-3202<br />

Sans frais : 1 800 465-0029<br />

Conservation de la nature Canada (<strong>CNC</strong>)<br />

est <strong>le</strong> chef de fi<strong>le</strong> au pays en matière de<br />

conservation des terres, œuvrant à la<br />

protection de nos milieux naturels <strong>le</strong>s plus<br />

importants et des espèces qu’ils abritent.<br />

Depuis 1962, <strong>CNC</strong> et ses partenaires<br />

ont contribué à la protection de plus de<br />

1,1 million d’hectares (2,8 millions d’acres)<br />

de terres, d’un océan à l’autre.<br />

Le <strong>magazine</strong> Conservation de la nature<br />

Canada est distribué aux donateurs et<br />

sympathisants de <strong>CNC</strong>.<br />

MC<br />

Marque de commerce de La Soci<strong>été</strong><br />

canadienne pour la conservation de la nature<br />

FSC MD n’est pas responsab<strong>le</strong> des<br />

calculs concernant l’économie<br />

des ressources réalisée en<br />

choisissant ce papier.<br />

Imprimé sur du papier Rolland Opaque<br />

fait à 30 % de fibres post-consommation,<br />

certifié Écologo et Procédé sans chlore. Ce<br />

papier est fabriqué au Canada par Rolland,<br />

qui utilise <strong>le</strong> biogaz comme source d’énergie.<br />

L’impression est effectuée au Canada, avec<br />

des encres végéta<strong>le</strong>s par Warrens Water<strong>le</strong>ss<br />

Printing. La publication de ce <strong>magazine</strong> a<br />

sauvegardé 29 arbres et 104 292 litres d’eau*.<br />

COUVERTURE<br />

Le bénévo<strong>le</strong> Adam Cheeseman,<br />

près de Sackvil<strong>le</strong>, N.-B.<br />

Photo de Mike Dembeck.<br />

CETTE PAGE<br />

Isthme de Chignectou, N.-B.<br />

Photo de Mike Dembeck.<br />

TKTKTKTKTKTKT<br />

CALCULATEUR : WWW.ROLLANDINC.COM/FR.<br />

*<br />

2 ÉTÉ <strong>2019</strong><br />

conservationdelanature.ca


ÉTÉ <strong>2019</strong><br />

SOMMAIRE<br />

Conservation de la nature Canada<br />

Chère amie,<br />

Cher ami,<br />

TKTKTKTKTKTKT<br />

Si vous êtes en train de lire ce <strong>magazine</strong>, il y a de<br />

fortes chances que ce soit parce que vous ressentez<br />

déjà une forte connexion avec la nature. Peutêtre<br />

que vous avez un arbre préféré dans votre<br />

quartier, que toutes vos fins de semaine se<br />

passent en p<strong>le</strong>in air, et que <strong>le</strong>s bottes de randonnée<br />

sont pour vous un artic<strong>le</strong> de mode essentiel.<br />

Une étude récemment publiée par Conservation<br />

de la nature Canada (<strong>CNC</strong>), en partenariat<br />

avec Ipsos Affaires Publiques, révè<strong>le</strong> toutefois<br />

que la population canadienne est de moins en<br />

moins connectée à la nature. Et pourtant, beaucoup<br />

de gens affirment se sentir plus heureux,<br />

en santé et productifs lorsqu’ils se sentent liés<br />

à la nature. Il est étonnant d’apprendre, par<br />

exemp<strong>le</strong>, que 74 % de la population considère<br />

tout simp<strong>le</strong>ment plus faci<strong>le</strong> de rester à l’intérieur,<br />

et que 66 % des répondants passent moins<br />

de temps en p<strong>le</strong>in air que durant <strong>le</strong>ur jeunesse.<br />

Voilà pourquoi <strong>CNC</strong> propose divers moyens<br />

de renforcer votre lien à la nature cet <strong>été</strong>. Notre<br />

programme Score Nature (voir p. 4) sera d’ail<strong>le</strong>urs<br />

lancé ce mois-ci. Il vous donnera l’occasion d’évaluer<br />

votre lien à la nature, puis vous attribuera un<br />

Coach Nature qui vous offrira des conseils sur une<br />

base hebdomadaire pour améliorer votre score.<br />

Dans cette publication estiva<strong>le</strong> de notre <strong>magazine</strong>,<br />

notre artic<strong>le</strong> principal porte sur la manière<br />

dont la technologie peut accroître votre lien à la<br />

nature et votre intérêt pour sa conservation,<br />

notamment grâce à des applications de science<br />

citoyenne comme iNaturalist et eBird. Après<br />

avoir installé ces applications dans votre téléphone,<br />

pourquoi ne pas <strong>le</strong>s utiliser en visitant une des<br />

quelque 40 Destinations Nature de <strong>CNC</strong> situées à<br />

travers <strong>le</strong> pays et en téléchargeant des photos<br />

des espèces que vous y aurez observées.<br />

Nos Destinations Nature ont <strong>été</strong> spécia<strong>le</strong>ment<br />

choisies pour vous permettre de vivre des expériences<br />

mémorab<strong>le</strong>s dans certains des paysages<br />

<strong>le</strong>s plus spectaculaires au pays, comme la propri<strong>été</strong><br />

Nodwell, dans <strong>le</strong>s Badlands de l’Alberta,<br />

que nous vous présentons (voir p. 6).<br />

Peu importe la manière de vous connecter<br />

à la nature, je vous souhaite un <strong>été</strong> rempli<br />

d’aventures et d’expériences inoubliab<strong>le</strong>s.<br />

Comme toujours, merci de votre soutien<br />

à Conservation de la nature Canada.<br />

CBT<br />

Christine Beevis Trickett,<br />

Directrice de la rédaction<br />

8<br />

14 16<br />

14 Quel est votre Score Nature?<br />

Évaluez votre lien avec la nature en répondant à un questionnaire.<br />

6 Voyage dans <strong>le</strong> temps<br />

Traversez 70 millions d’années d’histoire de l’écologie de notre planète en<br />

visitant la propri<strong>été</strong> Nodwell de <strong>CNC</strong>, près de Drumhel<strong>le</strong>r, en Alberta.<br />

7 Bienveillant de nature<br />

Le donateur mensuel Bill Armstrong est toujours heureux d’aider la nature<br />

en tant que bénévo<strong>le</strong> pour la conservation à <strong>CNC</strong>.<br />

8 La solution? Une application!<br />

Les nouvel<strong>le</strong>s technologies, comme l’application iNaturalist, permettent aux<br />

amoureux de la nature de contribuer à la science de la conservation.<br />

12 Mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>u de l’Ouest<br />

Son chant doux, qui annonce <strong>le</strong> printemps, s’entend dès que <strong>le</strong>s températures<br />

s’adoucissent et que <strong>le</strong>s f<strong>le</strong>urs sauvages éclosent dans l’Ouest canadien.<br />

14 <strong>CNC</strong> à l’œuvre<br />

Agrandissement d’un refuge pour <strong>le</strong>s oiseaux en Nouvel<strong>le</strong>-Écosse; étude sur <strong>le</strong>s<br />

alvars au Manitoba; Programme de conservation du patrimoine naturel.<br />

16 Un enthousiasme tout naturel<br />

Après une vingtaine d’années de travail bénévo<strong>le</strong> à <strong>CNC</strong>, Bruce McLellan,<br />

président du Conseil d’administration national, est tout aussi emballé par la<br />

conservation qu’à ses débuts.<br />

18 Au service de la nature<br />

Deux expériences de stages très différentes, mais toutes deux fantastiques!<br />

ÉTÉ <strong>2019</strong> 3


D’UN OCÉAN<br />

À L’AUTRE<br />

Quel est votre<br />

Score Nature?<br />

Évaluez votre lien avec la nature en répondant<br />

à un questionnaire.<br />

Cet <strong>été</strong>, Conservation de la nature Canada (<strong>CNC</strong>)<br />

lance Score Nature, un programme qui vous fera<br />

découvrir à quel point vous êtes lié à la nature. Score<br />

Nature est basé sur la recherche de Lisa Nisbet, professeure<br />

agrégée en psychologie à l’université Trent, en Ontario.<br />

Se sentir connecté à la nature n’a pas seu<strong>le</strong>ment à voir<br />

avec l’amour qu’on lui porte. C’est aussi comprendre l’interdépendance<br />

entre l’humain et <strong>le</strong> monde naturel, ainsi que<br />

l’importance de tous <strong>le</strong>s aspects de la nature, et non pas exclusivement<br />

ce que nous considérons comme beau ou uti<strong>le</strong>.<br />

Avons-nous piqué votre curiosité? Parfait! Pour déterminer<br />

votre score nature, vous devrez répondre à un questionnaire<br />

basé sur celui, plus exhaustif, élaboré par Mme Nisbet et<br />

ses collègues. Lorsque vous connaîtrez votre score, un<br />

Coach Nature virtuel vous sera assigné. Celui-ci vous aidera<br />

améliorer votre score grâce à des conseils hebdomadaires<br />

transmis par courriel.<br />

Selon certaines théories, <strong>le</strong>s humains naissent avec<br />

un lien inné à la nature. Ce lien doit cependant être<br />

entretenu. « La nécessité d’encourager <strong>le</strong>s Canadiennes et<br />

<strong>le</strong>s Canadiens à renforcer <strong>le</strong>ur lien à la nature n’a jamais <strong>été</strong><br />

aussi urgente qu’aujourd’hui », affirme Erica Thompson,<br />

directrice principa<strong>le</strong> nationa<strong>le</strong>, Mobilisation en conservation<br />

à <strong>CNC</strong>. « De nos jours, beaucoup d’enfants grandissent<br />

sans vivre d’expériences dans la nature. Les recherches<br />

démontrent que, conséquemment, ils pourraient moins se<br />

préoccuper du sort de la nature que <strong>le</strong>s générations qui <strong>le</strong>s<br />

ont précédés.<br />

Si nous voulons conserver plus de milieux naturels plus<br />

rapidement, il faut que <strong>le</strong>s gens comprennent <strong>le</strong>s avantages<br />

de la conservation, et ce, non seu<strong>le</strong>ment pour <strong>le</strong> bien de la<br />

nature, mais aussi pour <strong>le</strong>ur propre bien; ce qui nous ramène<br />

au Score Nature. « En encourageant un plus grand nombre de<br />

personnes à améliorer <strong>le</strong>ur score et à renforcer <strong>le</strong>ur lien avec<br />

la nature, nous croyons que nous aurons de meil<strong>le</strong>ures<br />

chances d’améliorer <strong>le</strong>ur compréhension des bienfaits du<br />

monde naturel », selon Erica Thompson.<br />

ISTOCK.<br />

DÉCOUVREZ VOTRE<br />

SCORE NATURE!<br />

Visitez scorenature.ca dès aujourd’hui.<br />

TKTKTKTKTKTKT<br />

4 ÉTÉ <strong>2019</strong> conservationdelanature.ca


Voici un rappel des avantages que vous retirerez en<br />

passant du temps dans la nature :<br />

1<br />

1. Bon pour votre corps<br />

Passer du temps dans la nature a des bienfaits qui ne se limitent<br />

pas à ceux que procure l’activité physique. Prenez, par exemp<strong>le</strong>, <strong>le</strong><br />

temps passé en forêt. Quand on s’y trouve, on fait plus que humer<br />

l’odeur du pin ou du peuplier; on y inspire <strong>le</strong>s composés chimiques<br />

naturels des arbres. Il a <strong>été</strong> démontré que ces composés réduisent<br />

la tension artériel<strong>le</strong> et vous font sentir plus calme et plus détendu.<br />

Être dans la nature peut aussi avoir un effet positif sur <strong>le</strong>s bactéries<br />

saines et autres micro-organismes composant votre flore intestina<strong>le</strong>,<br />

ce qui peut contribuer à renforcer votre système immunitaire contre<br />

certaines maladies. Plus vous passez de temps dans la nature, plus<br />

votre microflore est diversifiée.<br />

2<br />

2. Bon pour votre esprit<br />

Meil<strong>le</strong>ure mémoire et meil<strong>le</strong>ure concentration? Vite, on s’inscrit au<br />

programme! Être dans la nature peut en effet avoir une influence<br />

positive sur vos capacités menta<strong>le</strong>s. Une promenade en p<strong>le</strong>ine<br />

nature, par exemp<strong>le</strong>, peut améliorer votre mémoire à court terme.<br />

Une étude de l’université du Michigan a d’ail<strong>le</strong>urs révélé que des<br />

participants qui avaient répondu à un test de mémoire après une<br />

promenade autour d’un arboretum avaient obtenu des résultats de<br />

presque 20 % supérieurs à ceux de <strong>le</strong>ur test initial fait à l’intérieur. Le<br />

temps passé à l’extérieur peut aussi augmenter votre capacité à vous<br />

concentrer. Des enfants atteints d’un troub<strong>le</strong> du déficit de l’attention<br />

avec hyperactivité (TDAH) ont démontré qu’ils arrivaient à mieux se<br />

concentrer après seu<strong>le</strong>ment 20 minutes passées dans un parc.<br />

4<br />

3<br />

3. Bon pour votre santé menta<strong>le</strong><br />

Vous sentez-vous plus heureux en p<strong>le</strong>in air? Vous n’êtes pas seul!<br />

Les personnes qui prennent part à des activités organisées en p<strong>le</strong>in<br />

air ont tendance à être plus heureuses. Un lien étroit avec la nature<br />

semb<strong>le</strong> aussi favoriser un plus haut niveau d’estime de soi, de bienêtre<br />

et de croissance personnel<strong>le</strong>. Passer du temps dans la nature<br />

réduirait aussi des symptômes liés à la santé menta<strong>le</strong>, <strong>le</strong> stress et<br />

l’anxi<strong>été</strong>. Diffici<strong>le</strong> d’être en désaccord avec ces faits!<br />

5<br />

4. Favorise des comportements<br />

sociaux positifs<br />

Passez du temps dans la nature et vous serez plus enclin à<br />

développer des comportements sociaux positifs comme l’altruisme,<br />

la gentil<strong>le</strong>sse, la générosité et <strong>le</strong> partage. C’est fantastique! Le simp<strong>le</strong><br />

fait d’observer de beaux paysages naturels peut vous rendre plus<br />

coopératif et généreux, et ce, même envers des inconnus. Cela peut<br />

aussi susciter un sentiment d’émerveil<strong>le</strong>ment et vous encourager<br />

à résoudre des problèmes de façon plus coopérative et créative.<br />

ADELA KANG.<br />

5. Inspire à appuyer la conservation<br />

Votre connexion à la nature va de pair avec des comportements<br />

positifs quant à sa conservation. Si dans votre enfance vous avez<br />

vécu des expériences positives en p<strong>le</strong>in air et que des personnes<br />

significatives pour vous s’y sont intéressées, vous êtes plus susceptib<strong>le</strong>s<br />

d’appuyer la conservation une fois rendu à l’âge adulte.1<br />

conservationdelanature.ca<br />

ÉTÉ <strong>2019</strong> 5


SUR LES<br />

SENTIERS<br />

Propri<strong>été</strong> Nodwell<br />

Traversez 70 millions d’années d’histoire de l’écologie de notre planète<br />

en visitant ce site naturel près de Drumhel<strong>le</strong>r, en Alberta.<br />

Mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>u azuré<br />

Visiter <strong>le</strong> canyon Horseshoe, c’est faire<br />

un voyage dans <strong>le</strong> temps. Situé <strong>le</strong><br />

long de l’autoroute 9, à 17 kilomètres<br />

à l’ouest de Drumhel<strong>le</strong>r, ce canyon est un coin<br />

de badlands en p<strong>le</strong>ine prairie albertaine. Décor<br />

familier pour de nombreux Albertains et<br />

un des lieux préférés des touristes, ce canyon<br />

offre un premier coup d’oeil sur cet aspect si<br />

singulier du patrimoine naturel de la province.<br />

Le canyon Horseshoe réunit trois habitats<br />

naturels uniques, soit un milieu de prairie,<br />

des ravins boisés et des badlands. Ses<br />

couches géologiques se sont déposées durant<br />

<strong>le</strong> Crétacé (70 millions d’années),<br />

époque où <strong>le</strong>s dinosaures parcouraient <strong>le</strong>s<br />

forêts luxuriantes et <strong>le</strong>s marécages de la<br />

région. Ces strates sont aujourd’hui visib<strong>le</strong>s<br />

sur <strong>le</strong>s parois du canyon.<br />

La propri<strong>été</strong> Nodwell comprend une partie<br />

du canyon Horsehoe. Conservation de la nature<br />

Canada (<strong>CNC</strong>) a collaboré avec des propriétaires<br />

fonciers locaux pour assurer la protection<br />

à long terme de ce canyon qui est un<br />

des mieux connus des Badlands du Canada.<br />

La géologie de la propri<strong>été</strong>, exposée<br />

par l’érosion, dévoi<strong>le</strong> 70 millions d’années<br />

d’histoire de notre planète et renferme des<br />

informations sur la vie végéta<strong>le</strong> et anima<strong>le</strong><br />

passée, et sur l’histoire humaine.<br />

Entamez votre visite dans la prairie herbacée,<br />

sur <strong>le</strong> sentier longeant <strong>le</strong> bord du canyon.<br />

Suivez-<strong>le</strong> sur la pente de ravins boisés<br />

jusqu’aux badlands. Au fond du canyon, observez<br />

<strong>le</strong>s caractéristiques de cette formation résultant<br />

de l’érosion, tel<strong>le</strong>s que ses pentes (coulées)<br />

marquées de rigo<strong>le</strong>s créées par de petits<br />

ruisseaux, ainsi que ses cheminées de fées<br />

(hoodoos). Vous voici dans un lieu unique!<br />

HABITAT<br />

On trouve encore des zones herbacées sur<br />

la propri<strong>été</strong> Nodwell, soit sur <strong>le</strong> bord des<br />

ravins, sur <strong>le</strong>s plateaux et au fond de la vallée<br />

où de vastes troupeaux de bisons se nourrissaient<br />

autrefois. Les graminées qui couvrent<br />

<strong>le</strong> sol comptent des espèces qui savent<br />

s’adapter aux sécheresses, aux feux de forêts<br />

et au broutage.<br />

ROBERT BERDAN. MÉDAILLON : JOHN E. MARRIOTT.<br />

6 ÉTÉ <strong>2019</strong> conservationdelanature.ca


ESPÈCES À OBSERVER<br />

• amélanchier à feuil<strong>le</strong>s<br />

d’aulne<br />

• ansérine laineuse<br />

• armoise douce<br />

• buse à queue rousse<br />

• cerf mu<strong>le</strong>t<br />

• cha<strong>le</strong>f argenté<br />

• cou<strong>le</strong>uvre des plaines<br />

• dalée vio<strong>le</strong>tte<br />

• élyme à chaumes rudes<br />

• épinette blanche<br />

• fétuque de Hall<br />

• genévrier horizontal<br />

• mamillaire vivipare<br />

• mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>u azuré<br />

• mésange à tête noire<br />

• oponce de l’Est<br />

• pulsatil<strong>le</strong> multifide<br />

• rosier aciculaire<br />

• shépherdie du Canada<br />

• spermophi<strong>le</strong> de<br />

Richardson<br />

• sphéralcée écarlate<br />

• stipe à balai<br />

LES<br />

INDISPENSABLES<br />

Bienveillant<br />

de nature<br />

Le donateur mensuel Bill Armstrong est toujours heureux<br />

de pouvoir aider la nature en tant que bénévo<strong>le</strong> pour la<br />

conservation à <strong>CNC</strong>.<br />

ROBERT BERDAN. T-SHIRT : JUAN LUNA.<br />

Oponce de l’Est<br />

Contrairement aux pentes des ravins qui<br />

sont exposées aux rayons brûlants du so<strong>le</strong>il<br />

d’<strong>été</strong>, cel<strong>le</strong>s orientées vers <strong>le</strong> nord sont ombragées<br />

et couvertes d’une végétation luxuriante<br />

composée d’épinettes blanches, de<br />

rosiers aciculaires et d’amélanchiers à<br />

feuil<strong>le</strong>s d’aulne.<br />

La faune et la flore du canyon Horseshoe<br />

se sont adaptées à l’environnement diffici<strong>le</strong><br />

que sont <strong>le</strong>s badlands. On y trouve de nombreuses<br />

espèces de cactus, en plus de la pulsatil<strong>le</strong><br />

multifide (une anémone), plusieurs<br />

espèces de sauges, des mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>us azurés,<br />

des cou<strong>le</strong>uvres, des cerfs mu<strong>le</strong>ts et bien plus.<br />

SAISONS<br />

Accessib<strong>le</strong> toute l’année.<br />

SENTIERS<br />

La propri<strong>été</strong> Nodwell comprend des sentiers qui<br />

traversent ses formations géologiques uniques.<br />

• Sentier d’interprétation<br />

Type : Bouc<strong>le</strong> Niveau de difficulté : Faci<strong>le</strong><br />

Surface : Terre battue<br />

Distance al<strong>le</strong>r-retour : 700 m<br />

• Sentiers au fond du canyon<br />

Type : Linéaire Niveau de difficulté : Modéré<br />

Surface : Terre battue<br />

Distance al<strong>le</strong>r-retour : 4 km<br />

(comprend <strong>le</strong> sentier d’interprétation)<br />

• Sentier menant au fond du canyon<br />

Type : Linéaire Niveau de difficulté : Modéré<br />

Surface : Terre battue<br />

Distance al<strong>le</strong>r-retour : 400 m1<br />

Pour en savoir plus!<br />

Découvrez cette propri<strong>été</strong> et <strong>le</strong>s autres Destinations<br />

Nature de <strong>CNC</strong> à destinationsnature.ca<br />

Une chose que j’apporte toujours<br />

(« que je porte toujours » devrais-je<br />

dire) pour une activité bénévo<strong>le</strong> c’est<br />

mon t-shirt « Unpaid Intern » (Stagiaire non<br />

payé). J’ai remarqué qu’il provoque quelques<br />

éclats de rires, ce qui est une façon de briser<br />

la glace avec <strong>le</strong>s autres bénévo<strong>le</strong>s que, pour la<br />

plupart, je rencontre pour la première fois.<br />

Un des aspects de ces activités qui me plaît<br />

<strong>le</strong> plus c’est de pouvoir rencontrer de vrais<br />

stagiaires (rémunérés) embauchés par <strong>CNC</strong><br />

pour l’<strong>été</strong>. Ces jeunes étudient des matières<br />

qui n’existaient probab<strong>le</strong>ment pas quand j’étais<br />

à l’université, et c’est très encourageant de <strong>le</strong>s<br />

écouter par<strong>le</strong>r de <strong>le</strong>ur amour de la nature et de<br />

<strong>le</strong>ur détermination à contribuer à sa conservation<br />

par l’entremise de <strong>le</strong>ur champ d’études.<br />

Ça me donne de l’espoir de savoir que <strong>le</strong>ur<br />

nom apparaîtra de nouveau un jour, soit<br />

comme employé à temps p<strong>le</strong>in à <strong>CNC</strong> ou au<br />

sein d’un autre organisme où ils feront une<br />

différence pour la nature.1<br />

Devenez stagiaire!<br />

Découvrez notre programme de stages rémunérés<br />

à conservationdelanature.ca/stage<br />

conservationdelanature.ca<br />

ÉTÉ <strong>2019</strong> 7


Adam Cheeseman,<br />

bénévo<strong>le</strong> au travail sur <strong>le</strong><br />

terrain, près de Sackvil<strong>le</strong>,<br />

Nouveau-Brunswick.<br />

8 ÉTÉ <strong>2019</strong> conservationdelanature.ca


La solution?<br />

Une application!<br />

Les nouvel<strong>le</strong>s technologies, comme l’application iNaturalist, permettent aux amants<br />

de la nature de partout au pays de contribuer à la science de la conservation.<br />

PAR Deborah Carr, auteure et rédactrice indépendante<br />

MIKE DEMBECK<br />

dam Cheeseman scrute <strong>le</strong>s accotements<br />

de gravier pendant que nous roulons sur une<br />

route régiona<strong>le</strong> un peu à l’extérieur de Sackvil<strong>le</strong>,<br />

au Nouveau-Brunswick. J’aime la vue<br />

des champs bordés d’arbres, des propri<strong>été</strong>s<br />

pittoresques et des ba<strong>le</strong>s de foin fraichement coupé.<br />

Adam, lui cherche des animaux morts.<br />

« On trouve assez souvent un raton laveur ou un porcépic<br />

<strong>le</strong> long de cette route », dit-il. « Je suis surpris qu’on<br />

n’en ait pas encore vu. S’il te plaît, arrête la voiture; nous<br />

allons marcher un peu pour que je regarde dans <strong>le</strong>s fossés. »<br />

Je bifurque doucement et vais me stationner bien à l’écart<br />

de la route. Adam descend de l’auto, va dans <strong>le</strong> coffre chercher<br />

un gi<strong>le</strong>t de sécurité jaune vif, puis l’enfi<strong>le</strong>. « La sécurité<br />

avant tout », dit-il en attachant son gi<strong>le</strong>t. Puis, tab<strong>le</strong>tte numérique<br />

en main, il marche sur l’accotement tout en fouillant<br />

des yeux <strong>le</strong>s herbes hautes qui bordent la route.<br />

Alors qu’il étudiait à la maîtrise en environnement à l’Université<br />

de Dalhousie, Adam n’aurait jamais imaginé parcourir<br />

<strong>le</strong> bord des routes ainsi. Mais <strong>le</strong> voici à l’œuvre. Depuis qu’il a<br />

commencé l’an dernier à faire du travail bénévo<strong>le</strong> pour <strong>le</strong><br />

projet WildPaths Maritimes de <strong>CNC</strong>, <strong>le</strong> suivi de cette section<br />

de route fait partie de sa routine, et ce, deux fois par mois,<br />

du printemps à l’automne. Cette route, il la parcourt déjà<br />

régulièrement pour visiter sa famil<strong>le</strong> qui habite sur <strong>le</strong> détroit<br />

de Northumberland.<br />

conservationdelanature.ca<br />

ÉTÉ <strong>2019</strong> 9


Le savoir donne du pouvoir<br />

Le projet WildPaths Maritimes dépend de l’aide<br />

de bénévo<strong>le</strong>s, comme Adam, qui parcourent<br />

<strong>le</strong>s routes du sud-est du Nouveau-Brunswick<br />

et enregistrent <strong>le</strong>urs observations d’animaux<br />

(morts ou vivants) dans une application<br />

mobi<strong>le</strong> puissante appelée iNaturalist. L’objectif<br />

ultime du projet est de déterminer <strong>le</strong>s routes<br />

de l’isthme de Chignectou — une bande de<br />

terre étroite reliant <strong>le</strong> Nouveau-Brunswick<br />

et la Nouvel<strong>le</strong>-Écosse — qui présentent <strong>le</strong>s<br />

plus importants obstac<strong>le</strong>s et dangers pour<br />

<strong>le</strong> déplacement de la faune. Ensuite, <strong>le</strong>s<br />

scientifiques peuvent s’affairer à trouver <strong>le</strong>s<br />

solutions <strong>le</strong>s plus sécuritaires pour <strong>le</strong>s<br />

animaux et la population.<br />

« L’isthme est un lien essentiel pour une<br />

grande diversité d’animaux », précise Paula<br />

Noel, directrice de programmes à <strong>CNC</strong> pour <strong>le</strong><br />

Nouveau-Brunswick. « Sa géographie en fait<br />

un goulot d’étrang<strong>le</strong>ment naturel pour la vie<br />

sauvage. L’espace y est encore plus restreint<br />

maintenant, en raison des routes, du développement<br />

urbain, de l’agriculture et des activités<br />

de foresterie. » Mme Noel ajoute que si <strong>le</strong>s<br />

scientifiques pouvaient déterminer où <strong>le</strong>s animaux<br />

sont plus enclins à traverser <strong>le</strong>s routes,<br />

des outils d’atténuation, comme des ponceaux<br />

ou des clôtures, pourraient être installés.<br />

« Cela améliorerait la sécurité des animaux et<br />

de la population sur ces routes. Voilà où <strong>le</strong>s<br />

bénévo<strong>le</strong>s et iNaturalist jouent un rô<strong>le</strong> crucial<br />

», explique-t-el<strong>le</strong>, en ajoutant que <strong>le</strong>s données<br />

recueillies par <strong>le</strong>s bénévo<strong>le</strong>s seront envoyées<br />

au ministère provincial des Transports.<br />

Cela peut aider à déterminer où sont <strong>le</strong>s problèmes.<br />

Dans certains cas, <strong>CNC</strong> peut protéger<br />

<strong>le</strong>s habitats naturels et travail<strong>le</strong>r avec la Province<br />

pour trouver des moyens d’atténuer<br />

ces problèmes.<br />

Au-delà de la va<strong>le</strong>ur de l’isthme de<br />

Chignectou en tant que corridor naturel, la<br />

région de Moncton/Dieppe/Shédiac (partie<br />

ouest de l’isthme) attire l’attention, car c’est la<br />

communauté du Canada atlantique qui croît <strong>le</strong><br />

plus rapidement à l’heure actuel<strong>le</strong>. Or, la croissance<br />

économique se traduit souvent par une<br />

expansion urbaine vers <strong>le</strong>s zones périphériques.<br />

<strong>CNC</strong> veut s’assurer que <strong>le</strong>s futurs plans<br />

de développement tiennent compte de l’importance<br />

de la conservation des milieux naturels<br />

pour <strong>le</strong>s déplacements des espèces sauvages.<br />

Si <strong>le</strong>s habitats de l’isthme qui assurent<br />

la connectivité disparaissent, plusieurs espèces<br />

de la Nouvel<strong>le</strong>-Écosse, comme l’orignal,<br />

perdront <strong>le</strong>ur lien avec <strong>le</strong> reste du continent.<br />

Cela pourrait réduire <strong>le</strong>ur diversité génétique.<br />

« Nous avons la chance de faire une différence<br />

maintenant, nous dit Paula Noel. Pendant<br />

qu’il reste encore des habitats, nous pouvons<br />

créer un réseau d’aires protégées. Des<br />

données scientifiques, comme cel<strong>le</strong>s récoltées<br />

par <strong>le</strong> bénévo<strong>le</strong> Adam Cheeseman, contribuent<br />

à une planification intelligente du réseau<br />

routier et de l’utilisation du territoire.<br />

Cela permettra à la faune de traverser <strong>le</strong>s<br />

routes de façon sécuritaire. »<br />

Le projet WildPaths Maritimes, qui a <strong>été</strong><br />

inspiré par WildPaths Vermont, fait partie de<br />

l’initiative internationa<strong>le</strong> Staying Connected<br />

Initiative (SCI). SCI est une coalition d’organisations<br />

du nord-est des États-Unis et du<br />

sud-est du Canada qui travail<strong>le</strong> à protéger <strong>le</strong>s<br />

corridors fauniques. Les partenaires de SCI<br />

au Québec, dont <strong>CNC</strong>, gèrent deux projets :<br />

Carapace.ca, qui collige des données sur <strong>le</strong>s<br />

tortues observées <strong>le</strong> long des routes et Stop<br />

Carcasses, qui travail<strong>le</strong> aussi sur <strong>le</strong>s principaux<br />

endroits où traverse la faune. Ces projets<br />

se trouvent sur l’application iNaturalist<br />

et donnent à tous la possibilité de s’inscrire<br />

pour y ajouter des observations.<br />

« La col<strong>le</strong>cte de données devient particulièrement<br />

importante à mesure que <strong>le</strong> climat<br />

change, causant des déplacements des habitats<br />

naturels, mentionne Paula.Noel. Nous<br />

voyons déjà des espèces se déplacer au nord<br />

de <strong>le</strong>ur aire de répartition habituel<strong>le</strong>. »<br />

Des contributions<br />

à l’échel<strong>le</strong> mondia<strong>le</strong><br />

À quelques dizaines de mètres de la route,<br />

Adam Cheeseman aperçoit la courbe d’une<br />

piste dans <strong>le</strong>s hautes herbes foulées. Il est<br />

évident qu’un petit animal traverse régulièrement<br />

la route à cet endroit. De l’autre côté de<br />

la route, là où la piste se poursuit dans la forêt,<br />

il me fait remarquer un petit tas d’excréments<br />

de coyote.<br />

« Avant d’entreprendre cet inventaire, je<br />

n’avais pas remarqué toute l’activité sur <strong>le</strong>s<br />

routes », dit Adam. « Maintenant, je la vois<br />

selon la perspective d’un animal. Imaginez<br />

comme il doit être diffici<strong>le</strong> de traverser; <strong>le</strong><br />

bruit, la vitesse des voitures, <strong>le</strong>s odeurs...<br />

Tant de distractions sensoriel<strong>le</strong>s à décoder<br />

pour traverser une seu<strong>le</strong> voie asphaltée.<br />

Nous oublions <strong>le</strong>s impacts que nous avons<br />

sur notre environnement. »<br />

Adam a surtout trouvé des traces de mammifères<br />

de petite et moyenne tail<strong>le</strong>, mais il<br />

a éga<strong>le</strong>ment vu des cerfs disparaître dans<br />

<strong>le</strong>s bois, des traces et des excréments d’orignaux,<br />

ainsi qu’une vari<strong>été</strong> d’amphibiens,<br />

d’insectes, d’oiseaux qui n’ont pas survécu à<br />

la traversée.<br />

Devant nous, une tache de cou<strong>le</strong>ur attire<br />

son attention; il se penche pour examiner un<br />

papillon mort. Il en prend une photo avec sa<br />

tab<strong>le</strong>tte en utilisant iNaturalist. L’application<br />

enregistre automatiquement la date et la localisation<br />

et compare la photo d’Adam avec<br />

sa base de données. L’application retourne<br />

une liste de suggestions pour aider Adam à<br />

identifier <strong>le</strong> papillon : c’est un vice-roi. Il sauvegarde<br />

ses données puis signa<strong>le</strong> son observation<br />

à WildPaths Maritimes, qui classe <strong>le</strong>s<br />

observations spécifiques à cette aire géographique,<br />

tout en <strong>le</strong>s incluant dans la base de<br />

données mondia<strong>le</strong>. Le travail d’Adam est important<br />

bien au-delà de cette région.<br />

Les observations téléversées dans iNaturalist<br />

sont d’abord classées « non officiel<strong>le</strong>s »,<br />

jusqu’à ce que deux experts <strong>le</strong>s vérifient<br />

et <strong>le</strong>ur attribuent <strong>le</strong> « calibre recherche ».<br />

L’information peut dès lors être utilisée par<br />

des bases de données d’importance comme<br />

<strong>le</strong> Centre de données sur la conservation<br />

du Canada atlantique et <strong>le</strong> système Global<br />

Biodiversity Information Facility. En quelques<br />

clics, l’observation du vice-roi d’Adam fait<br />

maintenant partie d’une base de données<br />

utilisée par <strong>le</strong>s scientifiques à travers <strong>le</strong><br />

monde. Autrefois réservées aux expéditions<br />

sur <strong>le</strong> terrain menées par <strong>le</strong>s musées et <strong>le</strong>s<br />

scientifiques, <strong>le</strong>s observations d’espèces<br />

nouvel<strong>le</strong>s et d’intérêt peuvent maintenant<br />

être enregistrées par toute personne équipée<br />

d’un téléphone intelligent.<br />

ISTOCK. INATURALIST.<br />

10 ÉTÉ <strong>2019</strong> conservationdelanature.ca


C’est de loin l’aspect <strong>le</strong> plus formidab<strong>le</strong><br />

du programme. Il y a actuel<strong>le</strong>ment plus de<br />

26 000 utilisateurs de iNaturalist au Canada.<br />

Environ 1 million d’observations de 18 000 espèces<br />

différentes ont <strong>été</strong> enregistrées depuis<br />

son lancement en 2015. Ces observations enrichissent<br />

la base de données mondia<strong>le</strong>, qui comprend<br />

15 millions d’observations vérifiab<strong>le</strong>s.<br />

Un monde à découvrir<br />

« Grâce aux observations de citoyens scientifiques,<br />

nous recevons des rapports sur des<br />

espèces jamais vues dans la région », nous dit<br />

James Pagé, spécialiste des espèces en péril<br />

et de la biodiversité à la Fédération canadienne<br />

de la faune. « On peut donc se demander<br />

: est-ce que ces espèces se sont vraiment<br />

déplacées vers <strong>le</strong> nord, est-ce plutôt<br />

une conséquence des changements climatiques,<br />

ou est-ce simp<strong>le</strong>ment parce que<br />

dorénavant <strong>le</strong>s gens nous en informent? »<br />

James Pagé a contribué à la version canadienne<br />

de l’application iNaturalist, en collaboration<br />

avec Parcs Canada, <strong>le</strong> Musée royal de<br />

l’Ontario et NatureServe Canada pour créer<br />

une base de données spécifique aux espèces<br />

nordiques du Canada.<br />

Grâce aux téléphones intelligents et aux<br />

applications, la science n’est plus uniquement<br />

à la portée des universitaires. Les observations<br />

des citoyens sont importantes, car el<strong>le</strong>s<br />

sont souvent faites à l’extérieur des sites habituel<strong>le</strong>ment<br />

fréquentés par la communauté<br />

scientifique. « Peu importe <strong>le</strong>ur niveau de<br />

compétence, vos experts ne peuvent pas être<br />

partout », mentionne James Pagé. « Avec<br />

toutes <strong>le</strong>urs activités en p<strong>le</strong>in air, <strong>le</strong>s citoyens<br />

scientifiques peuvent couvrir beaucoup plus<br />

de territoire. »<br />

Il y a plusieurs sites, même dans <strong>le</strong> sud du<br />

Canada, où <strong>le</strong>s plantes et <strong>le</strong>s animaux n’ont<br />

pas encore <strong>été</strong> inventoriés. Maintenant, tout<br />

<strong>le</strong> monde peut fournir des observations importantes<br />

pouvant servir à prendre des décisions<br />

éclairées sur de nombreux aspects<br />

allant des politiques aux plans d’aménagement<br />

des parcs.<br />

« Cela ouvre tout un monde de découvertes<br />

», mentionne Dan Kraus, biologiste<br />

principal en conservation à <strong>CNC</strong>. « On peut<br />

faci<strong>le</strong>ment voir où aucune donnée n’a <strong>été</strong><br />

entrée sur iNaturalist, puis comb<strong>le</strong>r ce<br />

manque. Lorsqu’il y a plusieurs milliers de<br />

personnes qui <strong>le</strong> font, nous obtenons une<br />

quantité incroyab<strong>le</strong> de nouvel<strong>le</strong>s informations<br />

que nous pouvons utiliser de manière<br />

novatrice pour protéger la nature. »<br />

À mesure que <strong>le</strong>s citoyens enregistrent<br />

<strong>le</strong>urs observations sur iNaturalist, <strong>le</strong>s chercheurs<br />

de partout dans <strong>le</strong> monde ont accès à<br />

ces données vérifiées. Ils découvrent de nouvel<strong>le</strong>s<br />

aires de répartition ou tendances, et<br />

de nouveaux statuts de populations, incluant<br />

des données pour <strong>le</strong>s espèces en péril. Plusieurs<br />

artic<strong>le</strong>s publiés dans des revues scientifiques<br />

spécialisées contiennent des données<br />

provenant de iNaturalist.<br />

« Ce qu’il y a de formidab<strong>le</strong> avec cette technologie,<br />

c’est que quiconque désirant contribuer<br />

à la protection de la nature et à sa conservation<br />

peut <strong>le</strong> faire de façon significative », affirme<br />

Dan Kraus. « Ces données nous donnent<br />

de nouveaux indices sur la distribution des<br />

espèces et sur <strong>le</strong>ur utilisation des milieux naturels.<br />

Dans la perspective de <strong>CNC</strong>, <strong>le</strong>s données<br />

permettent de déterminer <strong>le</strong>s besoins en<br />

conservation pour <strong>le</strong>s espèces. »<br />

Au Canada, iNaturalist a déjà permis<br />

de découvrir de nouvel<strong>le</strong>s espèces. Lorsque<br />

<strong>le</strong> biologiste Colin Jones y a enregistré l’observation<br />

d’une écrevisse, d’autres experts<br />

du Centre d’information sur <strong>le</strong> patrimoine<br />

naturel de l’Ontario ont confirmé qu’il s’agissait<br />

de l’écrevisse cambarus polychromatus,<br />

une nouvel<strong>le</strong> espèce au pays. « Peut-être<br />

que d’autres l’avaient vue auparavant, mais<br />

ils n’avaient jamais eu accès à un expert<br />

pour <strong>le</strong>s aider à l’identifier, avec l’aide<br />

de <strong>le</strong>ur téléphone intelligent » explique<br />

Dan Kraus.<br />

Page de gauche : Vice-roi; application iNaturalist.<br />

Cette page : Isthme de Chignectou;<br />

Adam Cheeseman sur <strong>le</strong> terrain.<br />

Ainsi, la technologie soutient l’apprentissage<br />

en aidant <strong>le</strong>s gens à identifier <strong>le</strong>s espèces plus<br />

rapidement, qu’ils soient dans <strong>le</strong>ur patelin ou<br />

en voyage. Les ornithologues et <strong>le</strong>s naturalistes<br />

trouvent l’application uti<strong>le</strong>, car ils n’ont plus<br />

besoin d’apporter <strong>le</strong>urs volumineux guides<br />

d’identification et <strong>le</strong>urs carnets de notes. Les<br />

observations qu’ils enregistrent sont aussi disponib<strong>le</strong>s<br />

pour <strong>le</strong>urs pairs et pour <strong>le</strong>s scientifiques.<br />

iNaturalist a même une application appelée<br />

Seek qui ne nécessite par d’information<br />

personnel<strong>le</strong> et qui s’adresse à toute la famil<strong>le</strong>.<br />

« Ceux qui travail<strong>le</strong>nt en conservation<br />

craignent souvent que la technologie nous<br />

éloigne de la nature , mentionne M. Kraus.<br />

Mais ces applications nous aident à nous<br />

connecter avec la nature d’une façon qui était<br />

impossib<strong>le</strong> auparavant. Maintenant, nous<br />

pouvons tous participer au partage d’informations<br />

qui auront des retombées positives pour<br />

la conservation. »<br />

De retour sur l’accotement, Adam Cheeseman<br />

remet <strong>le</strong> vice-roi au sol. « Un jour, j’ai<br />

trouvé 3 espèces de papillons différentes sur<br />

une distance de 100 à 200 mètres. » Debout,<br />

il regarde au loin <strong>le</strong>s champs d’asters et d’épilobes<br />

montés en graines. « Lorsque vous<br />

conduisez, vous ne pensez pas aux petites<br />

espèces avec <strong>le</strong>squel<strong>le</strong>s vous entrez en interaction…<br />

à l’incroyab<strong>le</strong> diversité de la vie qui<br />

existe <strong>le</strong> long de nos routes. »<br />

Puis, Adam retourne vers la voiture. « Il y a<br />

tel<strong>le</strong>ment de choses auxquel<strong>le</strong>s nous ne pensons<br />

pas, n’est-ce pas? Jusqu’à ce qu’on ra<strong>le</strong>ntisse<br />

et qu’on mette <strong>le</strong> nez dehors. »1<br />

MIKE DEMBECK.<br />

SCIENCE CITOYENNE<br />

Vous pouvez contribuer aux efforts de <strong>CNC</strong> en envoyant vos observations à eBird et iNaturalist<br />

Bien que <strong>CNC</strong> rassemb<strong>le</strong> des employés formidab<strong>le</strong>s, ces derniers ne peuvent être<br />

présents partout à la fois. Les personnes qui visitent <strong>le</strong>s propri<strong>été</strong>s de <strong>CNC</strong> et <strong>le</strong>urs<br />

environs peuvent nous aider grandement à approfondir nos connaissances de ces<br />

milieux naturels en enregistrant dans iNaturalist <strong>le</strong>urs observations de la faune, de<br />

la flore et des champignons qui s’y trouvent. Il est aussi possib<strong>le</strong> d’enregistrer ses<br />

observations d’oiseaux dans eBird. Le personnel scientifique et d’intendance de <strong>CNC</strong><br />

a accès à ces observations pour en savoir davantage sur <strong>le</strong>s espèces présentes dans<br />

<strong>le</strong>s environs.<br />

Avec <strong>le</strong> temps, la quantité de données amassées par <strong>le</strong>s citoyens scientifiques<br />

donnera à <strong>CNC</strong> et aux scientifiques d’à travers <strong>le</strong> monde une compréhension sans<br />

précédent de la tail<strong>le</strong> des populations, de la répartition, ainsi que de la période de<br />

migration, de nidification et de floraison d’espèces rares, tout comme de cel<strong>le</strong>s<br />

plus communes. Cette information sera intégrée dans notre planification à l’échel<strong>le</strong> des<br />

propri<strong>été</strong>s et aussi à cel<strong>le</strong> du paysage. Cela nous assurera que nos propri<strong>été</strong>s seront<br />

gérées de manière à y protéger des espèces rares et en déclin, ainsi que <strong>le</strong>urs habitats.<br />

Nous pouvons éga<strong>le</strong>ment utiliser <strong>le</strong>s données des citoyens pour mieux comprendre<br />

<strong>le</strong>s besoins des personnes qui visitent nos propri<strong>été</strong>s. Par exemp<strong>le</strong>, <strong>le</strong> personnel de<br />

<strong>CNC</strong> espère éventuel<strong>le</strong>ment savoir quels sentiers sont <strong>le</strong>s plus fréquentés<br />

et à quel moment de l’année, en partie grâce aux données recueillies.<br />

Ainsi, nous pourrons consacrer nos ressources à l’entretien et à l’amélioration des<br />

sentiers et des d’autres infrastructures, et ce, avec efficacité et stratégie.<br />

conservationdelanature.ca<br />

ÉTÉ <strong>2019</strong> 11


PROFIL<br />

D’ESPÈCE<br />

Mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>u<br />

de l’Ouest<br />

(population côtière)<br />

Son chant doux, qui annonce <strong>le</strong> printemps,<br />

s’entend dès que <strong>le</strong>s températures<br />

s’adoucissent et que <strong>le</strong>s f<strong>le</strong>urs sauvages<br />

éclosent dans l’Ouest canadien.<br />

TIM ZUROWSKI TIM ZUROWSKI<br />

12 ÉTÉ <strong>2019</strong><br />

conservationdelanature.ca


TAILLE ET APPARENCE<br />

Appartenant à la famil<strong>le</strong> des grives, <strong>le</strong> mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>u de<br />

l’Ouest se distingue par sa tête et ses ai<strong>le</strong>s d’un b<strong>le</strong>u vif<br />

et par <strong>le</strong> roux orangé de son ventre qui s’étend souvent<br />

jusqu’à son dos. Le mâ<strong>le</strong> est plus grand et plus coloré<br />

que la femel<strong>le</strong>, dont <strong>le</strong> plumage est plutôt brun-gris.<br />

AIRE DE RÉPARTITION<br />

Le mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>u de l’Ouest se trouve en Colombie-<br />

Britannique, en Alberta, ainsi que de l’Ouest américain<br />

jusqu’au centre sud du Mexique. Deux des six sousespèces<br />

identifiées vivent au Canada. Sa population<br />

côtière se situe dans la région de la mer des Salish<br />

(sud-ouest de la C.-B.) et dans l’ouest de l’État de<br />

Washington. Au début de l’automne, <strong>le</strong> mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>u de<br />

l’Ouest effectue une courte migration vers l’Oregon, la<br />

Californie ou <strong>le</strong> Mexique pour y passer l’hiver et revient<br />

à la fin de février ou en mars. C’est l’un des premiers<br />

oiseaux migrateurs à réapparaître chaque printemps.<br />

OISEAU NICHEUR<br />

Cet oiseau chanteur niche dans <strong>le</strong>s cavités, c’est-à-dire<br />

dans <strong>le</strong>s trous d’arbres vivants ou morts. Comme il ne peut<br />

creuser son propre trou, il dépend des cavités naturel<strong>le</strong>s<br />

existantes, d’anciens nids de pics ou de nichoirs.<br />

PRÉDATEUR PERCHÉ<br />

Ce petit prédateur se perche sur <strong>le</strong>s branches basses des<br />

arbres, sur <strong>le</strong>s arbustes et <strong>le</strong>s clôtures. De là, il observe <strong>le</strong><br />

sol à la recherche d’insectes, puis s’y précipite lorsqu’il<br />

repère une proie . Cet oiseau affectionne <strong>le</strong>s grands<br />

milieux ouverts avec des herbes basses où il peut voir <strong>le</strong>s<br />

insectes vivant à la surface du sol.<br />

Le retour du mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>u<br />

Le mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>u de l’Ouest était autrefois commun sur<br />

l’î<strong>le</strong> de Vancouver et <strong>le</strong>s î<strong>le</strong>s Gulf (C.-B.); il a toutefois<br />

disparu de la région en 1995. Son déclin a probab<strong>le</strong>ment<br />

<strong>été</strong> causé par plusieurs facteurs, dont la perte<br />

d’habitats du chêne de Garry, l’élimination d’arbres<br />

morts et toujours debout offrant des cavités pour<br />

nicher, ainsi que la compétition avec l’étourneau<br />

sansonnet et <strong>le</strong> moineau domestique (deux espèces<br />

introduites) pour des sites de nidification.<br />

Inspiré par <strong>le</strong> succès du projet de réintroduction du<br />

mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>u de l’Ouest aux î<strong>le</strong>s San Juan près de l’État<br />

de Washington, l’équipe de rétablissement de<br />

l’écosystème Garry Oak (GOERT) a mis sur pied <strong>le</strong><br />

projet Bring Back the Bluebirds en 2011. L’objectif était<br />

de rétablir une population nicheuse de mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>u de<br />

l’Ouest au sud-ouest de l’î<strong>le</strong> de Vancouver et au sud<br />

des î<strong>le</strong>s Gulf (C.-B.) en installant des nichoirs dans des<br />

habitats appropriés et en utilisant la technique de<br />

relocalisation (« translocation »), c’est-à-dire la capture<br />

d’oiseaux, <strong>le</strong>ur transfert dans une autre région et <strong>le</strong>ur<br />

remise en liberté.<br />

En 2012, <strong>CNC</strong> s’est joint aux efforts de la GOERT, de la<br />

soci<strong>été</strong> de naturalistes de la vallée Cowichan (CVNS),<br />

de l’institut Ecostudies (Washington) et de la Province<br />

de la Colombie-Britannique pour réintroduire <strong>le</strong><br />

mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>u de l’Ouest dans la vallée de Cowichan (sud<br />

de l’î<strong>le</strong> de Vancouver). Ainsi, entre 2012 et 2016,<br />

56 adultes et 64 oisillons ont <strong>été</strong> relocalisés à partir de<br />

la population la plus en santé de l’État de Washington.<br />

La réserve naturel<strong>le</strong> de chênes de Garry de Cowichan,<br />

une propri<strong>été</strong> de <strong>CNC</strong> située à Duncan, a <strong>été</strong> <strong>le</strong> premier<br />

site où <strong>le</strong>s oiseaux ont <strong>été</strong> relâchés.<br />

Depuis 2017, CVNS coordonne ce projet. Grâce à<br />

l’appui de la communauté et au travail soutenu des<br />

bénévo<strong>le</strong>s, cet organisme s’assure que <strong>le</strong> réseau de<br />

plus de 200 nichoirs répartis sur 70 propri<strong>été</strong>s privées<br />

continuera d’offrir des sites de nidification au mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>u<br />

de l’Ouest à d’autres oiseaux nichant dans des cavités.<br />

Un succès précaire<br />

CHÊNE DE GARRY<br />

La population côtière du mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>u de l’Ouest vit dans<br />

des boisés ouverts comme <strong>le</strong>s savanes de chênes de<br />

Garry. Aujourd’hui, moins de 5 % de cet habitat naturel<br />

subsiste au Canada, ce qui en fait l’un des écosystèmes<br />

<strong>le</strong>s plus menacés au pays.<br />

AIDEZ <strong>CNC</strong> À PROTÉGER CETTE ESPÈCE<br />

Pour savoir comment vous pouvez aider <strong>le</strong><br />

mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>u de l’Ouest ainsi que d’autres espèces,<br />

visitez conservationdelanature.ca<br />

La relocalisation de cette espèce migratrice a <strong>été</strong> un<br />

succès, puisque plus de mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>us de l’Ouest adultes<br />

reviennent chaque printemps sur l’î<strong>le</strong> de Vancouver et<br />

<strong>le</strong>s î<strong>le</strong>s San Juan, et que certains se déplacent maintenant<br />

entre <strong>le</strong> Canada et <strong>le</strong>s États-Unis. Cette petite<br />

population demeure toutefois vulnérab<strong>le</strong>. Il faudra<br />

peut-être effectuer d’autres relocalisations pour<br />

assurer sa présence à long terme sur l’î<strong>le</strong> de<br />

Vancouver.<br />

La réserve naturel<strong>le</strong> de chênes de Garry de Cowichan<br />

est l’un des derniers et des meil<strong>le</strong>urs écosystèmes<br />

de chênes de Garry qui subsistent dans <strong>le</strong> monde.<br />

Avec <strong>le</strong> retour annuel du mer<strong>le</strong>b<strong>le</strong>u dans la vallée de<br />

Cowichan, <strong>le</strong>s visiteurs et <strong>le</strong>s employés sont enchantés<br />

et espèrent que l’espèce y est revenue pour toujours.1<br />

conservationdelanature.ca<br />

ÉTÉ <strong>2019</strong> 13


<strong>CNC</strong><br />

À L’ŒUVRE<br />

1<br />

Agrandissement d’un refuge côtier pour<br />

oiseaux migrateurs<br />

ESTUAIRE DE LA RIVIÈRE PUGWASH, NOUVELLE-ÉCOSSE<br />

4<br />

3<br />

2 1<br />

Merci!<br />

Votre appui a permis la réalisation de ces projets.<br />

Pour en savoir plus, visitez : conservationdelanature.ca/<br />

nous-trouver<br />

L’estuaire de la rivière Pugwash, un lieu d’une grande sérénité, est un des<br />

derniers grands estuaires de la côte nord de la Nouvel<strong>le</strong>-Écosse à ne pas<br />

avoir <strong>été</strong> développé. En 1993, Conservation de la nature Canada (<strong>CNC</strong>) y<br />

a entrepris la conservation de milieux naturels côtiers, afin de protéger des habitats<br />

cruciaux pour <strong>le</strong>s oiseaux migrateurs. Grâce à de nombreux dons amassés<br />

au cours des 25 dernières années, la réserve naturel<strong>le</strong> de l’estuaire de la rivière<br />

Pugwash a atteint la superficie de 504 hectares (1 245 acres), ce qui en fait la<br />

plus vaste réserve naturel<strong>le</strong> de <strong>CNC</strong> en Nouvel<strong>le</strong>-Écosse.<br />

Récemment, M. Matthew Currie, qui habite au Vermont (É.-U.), a fait don à <strong>CNC</strong><br />

de 2 propri<strong>été</strong>s totalisant 49 hectares (122 acres). Cel<strong>le</strong>s-ci sont principa<strong>le</strong>ment<br />

composées de forêts et de milieux humides côtiers.<br />

L’estuaire de la Pugwash fournit un habitat à l’ours noir, au cerf de Virginie, au<br />

porc-épic, au lièvre d’Amérique, à la mouffette rayée, au renard roux et au coyote.<br />

Les efforts de conservation de <strong>CNC</strong> dans la région se concentrent principa<strong>le</strong>ment<br />

sur <strong>le</strong>s espèces d’oiseaux de rivage migrateurs qui font face à un important déclin.<br />

Les vastes marais salés de l’estuaire de la Pugwash, ses plages et ses vasières,<br />

fournissent un habitat crucial à plus d’une vingtaine d’espèces d’oiseaux de rivage,<br />

d’oiseaux aquatiques et de sauvagine. Cela inclut <strong>le</strong> grand chevalier à pattes jaunes,<br />

<strong>le</strong> chevalier grivelé et <strong>le</strong> chevalier semipalmé. Le canard noir, la sarcel<strong>le</strong> d’hiver,<br />

la bernache du Canada et <strong>le</strong> grand héron fréquentent éga<strong>le</strong>ment ces lieux, tout<br />

comme <strong>le</strong> garrot d’Islande (population de l’Est), une espèce de canard en péril.<br />

La réserve naturel<strong>le</strong> de l’estuaire de la Pugwash, une des Destinations Nature<br />

de <strong>CNC</strong>, est un lieu de prédi<strong>le</strong>ction pour <strong>le</strong>s amoureux de la nature. <strong>CNC</strong> y assure<br />

l’entretien d’un sentier de randonnée propice à l’observation d’oiseaux en collaboration<br />

avec l’organisme Friends of the Pugwash Estuary (« <strong>le</strong>s amis de l’estuaire de la<br />

Pugwash »), un groupe local de bénévo<strong>le</strong>s.<br />

GARROT D’ISLANDE : ROBERT MCCAW. PUGWASH : MIKE DEMBECK.<br />

Vue aérienne de l’estuaire de la Pugwash<br />

Garrot d’Islande<br />

14 ÉTÉ <strong>2019</strong> conservationdelanature.ca


3<br />

La science citoyenne à la<br />

rescousse des tortues<br />

À TRAVERS LE QUÉBEC<br />

ALVAR : ALAMY STOCK PHOTO. JOHN LOUNDS ET CATHERINE MCKENNA : STEPHANIE LAKE. PARTENAIRE : <strong>CNC</strong>.<br />

Alvar<br />

2<br />

Coup de pouce pour<br />

<strong>le</strong>s alvars<br />

RÉGION D’ENTRE-LES-LACS, MANITOBA<br />

Présent dans quelques pays d’Europe et en Amérique<br />

du Nord (région des Grands Lacs), l’alvar<br />

est un écosystème caractérisé par un sol mince<br />

reposant sur une roche de calcaire, et dont la végétation<br />

est unique. Rare à l’échel<strong>le</strong> mondia<strong>le</strong>, cet<br />

écosystème a récemment <strong>été</strong> découvert au Manitoba.<br />

En 2012, l’équipe scientifique de <strong>CNC</strong> au<br />

Manitoba et la Province du Manitoba ont effectué<br />

une étude visant à caractériser et cartographier<br />

<strong>le</strong>s alvars de cette province.<br />

À l’aide de données cartographiques informatisées<br />

sur la géologie, <strong>le</strong> sol, l’altitude et la végétation,<br />

l’équipe a mené des recherches sur plus de 60 sites<br />

de la région d’Entre-<strong>le</strong>s-lacs. Les chercheurs ont pu<br />

déterminer la présence d’alvars sur 28 de ces sites,<br />

en plus de contribuer à l’évaluation et à la désignation<br />

de l’alvar comme un écosystème en voie de disparition<br />

en vertu de la Loi sur <strong>le</strong>s espèces et <strong>le</strong>s<br />

écosystèmes en voie de disparition du Manitoba.<br />

La superficie tota<strong>le</strong> des alvars du Manitoba<br />

représente environ 4 000 hectares (9 885 acres),<br />

soit l’équiva<strong>le</strong>nt d’un dixième de la superficie de<br />

Winnipeg. Il a éga<strong>le</strong>ment <strong>été</strong> constaté qu’à l’heure<br />

actuel<strong>le</strong>, aucun alvar de la province n’est protégé,<br />

d’où l’urgence de conserver cet écosystème rare.<br />

Depuis <strong>le</strong> début du l’étude, <strong>CNC</strong> et la Province<br />

du Manitoba ont appuyé d’autres activités de recherche,<br />

dont l’élaboration d’une classification des<br />

types de communautés d’alvars. En 2017, dans <strong>le</strong><br />

cadre des célébrations du 150 e anniversaire du<br />

Canada, un bioblitz a <strong>été</strong> mené afin de documenter<br />

la faune et la flore des alvars. À ce jour, 24 espèces<br />

rares à l’échel<strong>le</strong> provincia<strong>le</strong>, nationa<strong>le</strong> et<br />

mondia<strong>le</strong> ont <strong>été</strong> documentées.<br />

Au printemps de <strong>2019</strong>, <strong>le</strong>s résultats de l’étude<br />

ont <strong>été</strong> publiés dans la revue scientifique Canadian<br />

Field-Naturalist, dans <strong>le</strong> cadre du premier artic<strong>le</strong><br />

scientifique décrivant <strong>le</strong>s communautés d’alvars<br />

du Manitoba. Les nouvel<strong>le</strong>s données recueillies<br />

par <strong>le</strong> projet continueront de contribuer à la<br />

conservation des alvars de la province. <strong>CNC</strong> et ses<br />

partenaires poursuivront éga<strong>le</strong>ment <strong>le</strong>ur travail de<br />

conservation de ces habitats uniques et cruciaux<br />

pour plusieurs espèces.<br />

Lancé en 2016, carapace.ca est un projet de <strong>CNC</strong><br />

qui a pour objectif de faire participer des personnes<br />

de tous âges et aux habi<strong>le</strong>tés diverses à la<br />

conservation des tortues, et ce, quel que soit <strong>le</strong>ur<br />

niveau de connaissance scientifique.<br />

Le site Web carapace.ca permet d’ajouter (téléverser)<br />

des photos de tortues et d’indiquer l’endroit<br />

où el<strong>le</strong>s ont <strong>été</strong> aperçues. L’information<br />

recueillie aidera <strong>le</strong>s scientifiques à mieux comprendre<br />

la mortalité des tortues sur <strong>le</strong>s routes et<br />

à identifier cel<strong>le</strong>s où <strong>le</strong>s taux de mortalité sont <strong>le</strong>s<br />

plus é<strong>le</strong>vés.<br />

Depuis <strong>le</strong> lancement de carapace.ca, plus de<br />

2 700 observations de tortues ont <strong>été</strong> enregistrées.<br />

Voyez comment vous pouvez vous aussi aider à enrichir<br />

cette base de données en visitant carapace.ca.<br />

4<br />

Nouveau partenariat<br />

pour la nature<br />

À TRAVERS LE CANADA<br />

Ce printemps, <strong>CNC</strong> est ses partenaires ont<br />

applaudi l’annonce d’un nouveau programme financé<br />

par <strong>le</strong> Gouvernement du Canada à hauteur<br />

de 100 millions de dollars pour la sauvegarde<br />

d’habitats naturels essentiels aux espèces en péril.<br />

Annoncé par Catherine McKenna, la ministre<br />

de l’Environnement et du Changement climatique<br />

du Canada, <strong>le</strong> Programme de conservation<br />

du patrimoine naturel (PCPN) appuiera la protection<br />

de terres privées situées dans des zones<br />

écologiquement fragi<strong>le</strong>s, tel<strong>le</strong>s que des forêts,<br />

des milieux humides, des prairies menacées et<br />

des régions côtières.<br />

Le président et chef de la direction de <strong>CNC</strong>,<br />

John Lounds, s’est joint à la ministre McKenna<br />

pour cette annonce faite à Toronto. Le PCPN<br />

permettra de conserver 200 000 hectares (plus<br />

de 490 000 acres) de plus au cours des 4 prochaines<br />

années, soit une superficie qui représente<br />

3 fois la tail<strong>le</strong> de la vil<strong>le</strong> de Toronto. Le programme<br />

contribuera directement à l’atteinte de<br />

l’objectif 1 du Canada, une initiative nationa<strong>le</strong><br />

visant à protéger 17 % des zones terrestres et<br />

des eaux intérieures, et 10 % des zones côtières<br />

et marines du pays, d’ici 2020.<br />

<strong>CNC</strong> assurera la gestion du PCPN avec la<br />

collaboration de partenaires, soit Canards Illimités<br />

Canada et des organismes de conservation<br />

du Canada (Groupe de travail des organismes<br />

canadiens de conservation). Habitat faunique<br />

Canada administrera pour sa part <strong>le</strong> vo<strong>le</strong>t du<br />

programme destiné aux organismes de conservation<br />

locaux.1<br />

P<strong>le</strong>ins feux sur<br />

nos partenaires<br />

Depuis plus de 130 ans, SC<br />

Johnson travail<strong>le</strong> à améliorer <strong>le</strong><br />

monde que nous habitons. Du<br />

perfectionnement continu de ses<br />

produits à l’utilisation d’énergies<br />

renouvelab<strong>le</strong>s, en passant par la<br />

lutte contre la déforestation,<br />

l’entreprise a une longue tradition<br />

d’actions posées pour protéger<br />

l’environnement aujourd’hui et<br />

pour <strong>le</strong>s générations futures. SC<br />

Johnson croit que tous <strong>le</strong>s lieux où<br />

el<strong>le</strong> exerce ses activités devraient<br />

être meil<strong>le</strong>urs parce qu’el<strong>le</strong> s’y<br />

trouve. Voilà son engagement<br />

depuis 5 générations, et ce qui<br />

guide ses politiques et ses actions<br />

philanthropiques et communautaires<br />

jusqu’à ce jour.<br />

<strong>CNC</strong> est reconnaissant de l’appui<br />

continu de SC Johnson depuis <strong>le</strong>s<br />

5 dernières années. <strong>CNC</strong> et SC<br />

Johnson contribuent à protéger<br />

des habitats naturels pour assurer<br />

que <strong>le</strong>s famil<strong>le</strong>s seront capab<strong>le</strong>s<br />

d’en profiter pour des générations<br />

à venir. Cela comprend la Southern<br />

Norfolk Sand Plain, en Ontario, la<br />

région du f<strong>le</strong>uve Saint-Laurent, au<br />

Québec, et l’acquisition future de<br />

deux î<strong>le</strong>s du lac Saint-Pierre,<br />

éga<strong>le</strong>ment au Québec.<br />

Ensemb<strong>le</strong>, SC Johnson et <strong>CNC</strong><br />

font une différence dans la vie des<br />

famil<strong>le</strong>s d’à travers <strong>le</strong> Canada.<br />

conservationdelanature.ca


UNE FORCE POUR<br />

LA NATURE<br />

Un enthousiasme<br />

tout naturel<br />

Après 20 ans en tant que bénévo<strong>le</strong> auprès de <strong>CNC</strong>, Bruce MacLellan, président<br />

du Conseil d’administration national, est toujours aussi emballé qu’à ses débuts<br />

par la conservation de la nature et <strong>le</strong> travail essentiel de <strong>CNC</strong>.<br />

MIKE FORD.<br />

16 ÉTÉ <strong>2019</strong> conservationdelanature.ca


Àenviron 70 kilomètres au nord-est de Toronto, la formation géologique<br />

singulière que constitue la moraine d’Oak Ridges marque la limite entre<br />

<strong>le</strong>s bassins hydrographiques des lacs Ontario et Huron. À cet endroit<br />

naissent bon nombre de cours d’eau.<br />

Certains ruisseaux cou<strong>le</strong>nt vers <strong>le</strong> nord,<br />

d’autres vers <strong>le</strong> sud. Quelques-uns courent<br />

discrètement à travers des propri<strong>été</strong>s de<br />

Conservation de la nature Canada (<strong>CNC</strong>) de la<br />

forêt Happy Val<strong>le</strong>y, avant de rejoindre la rivière<br />

Humber. D’autres serpentent au fond de ravins<br />

dans un décor de plus en plus urbanisé, puis se<br />

jettent dans <strong>le</strong> lac Ontario.<br />

Certains de ces ravins sont à deux pas des<br />

intersections <strong>le</strong>s plus achalandées de Toronto,<br />

à l’ombre des tours de bureaux et d’habitations.<br />

Et même si <strong>le</strong> bureau de l’homme d’affaires<br />

Bruce MacLellan, expert en marketing<br />

et philanthrope, se trouve au 9 e étage de l’une<br />

de ces tours, <strong>le</strong>s ravins de Toronto ne sont<br />

jamais bien loin dans ses pensées. Pendant<br />

son enfance passée dans <strong>le</strong> quartier central<br />

de Toronto, il y a en effet passé d’innombrab<strong>le</strong>s<br />

heures, au gré de ses explorations et<br />

de ses aventures, faisant de ces ravins la<br />

source de son lien avec la nature.<br />

« Mes amis et moi passions des heures à<br />

explorer <strong>le</strong>s ravins à bicyc<strong>le</strong>tte, se remémore<br />

M. MacLellan. Les ravins de Toronto ont fait<br />

de la nature une part de qui je suis et de mes<br />

va<strong>le</strong>urs. Avec <strong>le</strong>urs grands et vénérab<strong>le</strong>s pins<br />

blancs et <strong>le</strong>urs érab<strong>le</strong>s, ils peuvent être des<br />

lieux empreints de magie et de sérénité. »<br />

De ces aventures à deux roues est né un<br />

engagement à long terme envers la protection<br />

et l’appréciation des milieux naturels<br />

au Canada.<br />

« La conservation et la protection des caractéristiques<br />

naturel<strong>le</strong>s et culturel<strong>le</strong>s d’une<br />

région sont deux causes qui me tiennent à<br />

cœur », explique M. MacLellan. Il a d’ail<strong>le</strong>urs<br />

publié deux livres sur l’histoire de la région de<br />

Lake of Bays, située à environ trois heures de<br />

route au nord de Toronto et où se trouve <strong>le</strong><br />

cha<strong>le</strong>t familial. Le produit de la vente de ces<br />

livres a <strong>été</strong> remis à la Lake of Bays Heritage<br />

Foundation, un organisme voué à préserver <strong>le</strong><br />

patrimoine de cette région.<br />

Bruce MacLellan est <strong>le</strong> président fondateur<br />

et chef de la direction de Proof Inc., une<br />

firme de marketing et de communication employant<br />

175 personnes. En dehors des heures<br />

de bureau, il donne de son temps à des organismes<br />

à but non lucratif dont la mission reflète<br />

ses va<strong>le</strong>urs. Il a fait du bénévolat, et ce,<br />

à tous <strong>le</strong>s niveaux, pour la protection des milieux<br />

naturels, a <strong>été</strong> président de la Lake of<br />

Bays Heritage Foundation, a présidé <strong>le</strong><br />

conseil de <strong>CNC</strong> de l’Ontario et s’est vu décerner<br />

<strong>le</strong> Vision Award 2016 de l’Ontario Land<br />

Trust Alliance pour son travail en conservation.<br />

Depuis 2013, il siège au Conseil d’administration<br />

national de <strong>CNC</strong> et en est devenu <strong>le</strong><br />

président en 2017.<br />

Revenant sur ses deux ans à la présidence<br />

du Conseil d’administration national de <strong>CNC</strong>,<br />

Bruce MacLellan est fier de plusieurs réalisations,<br />

et par-dessus tout d’avoir encouragé<br />

l’organisme à demeurer « premier de classe ».<br />

« L’une de mes priorités en tant que président<br />

du Conseil d’administration a <strong>été</strong> d’encourager<br />

<strong>CNC</strong> à développer <strong>le</strong> p<strong>le</strong>in potentiel<br />

de sa marque au sein de ce pays diversifié<br />

qu’est <strong>le</strong> Canada. Nous devons être un organisme<br />

de bienfaisance emblématique au pays,<br />

admiré de tous », explique-t-il.<br />

Aujourd’hui, après une vingtaine d’années<br />

d’engagement auprès de <strong>CNC</strong>, sa passion<br />

pour la cause est toujours aussi vive. « Je<br />

trouve extraordinaire qu’après 20 ans, je ressente<br />

toujours <strong>le</strong> même enthousiasme, et que<br />

mon émerveil<strong>le</strong>ment pour ce que nous faisons<br />

continue de croître. Je ressens l’enthousiasme<br />

du bénévo<strong>le</strong>, et non pas de l’épuisement. »<br />

L’engagement de M. MacLellan à l’égard de<br />

la mission de <strong>CNC</strong> va bien au-delà de la sal<strong>le</strong><br />

de réunion du Conseil d’administration. Si vous<br />

pouviez remonter la rivière Humber jusqu’à<br />

la forêt Happy Val<strong>le</strong>y, vous auriez la chance<br />

de découvrir un endroit bien spécial que son<br />

épouse Karen Girling et lui ont contribué à<br />

conserver grâce à un don à la campagne Laissez<br />

votre signature de <strong>CNC</strong>. Pour <strong>le</strong> coup<strong>le</strong>, il<br />

était important de protéger ce site à la source<br />

de nombreux cours d’eau de Toronto, près de<br />

là où ils habitent et ont é<strong>le</strong>vé <strong>le</strong>urs enfants.<br />

Les chênes, érab<strong>le</strong>s et pruches matures de<br />

la forêt Happy Val<strong>le</strong>y de <strong>CNC</strong> deviendront un<br />

jour une forêt ancienne qui donnera une idée<br />

de cel<strong>le</strong>s qui couvraient autrefois ces collines.<br />

M. MacLellan aime imaginer cel<strong>le</strong>s et ceux qui<br />

s’y rendront un jour. « Dans cent ans, dit-il,<br />

on se demandera sans doute qui a eu la prévoyance<br />

de protéger un tel endroit. »<br />

Il semb<strong>le</strong> que la conservation cou<strong>le</strong> de<br />

source dans la famil<strong>le</strong>. Les deux fil<strong>le</strong>s du<br />

coup<strong>le</strong> MacLellan ont en effet un profond attachement<br />

pour la nature, qui <strong>le</strong>ur a <strong>été</strong> inculqué<br />

par <strong>le</strong>urs parents au cours de <strong>le</strong>ur enfance.<br />

Aussi, lorsque la mère de Mme Girling,<br />

la regrettée Marianne Girling, a appris<br />

l’engagement de son gendre auprès de <strong>CNC</strong>,<br />

el<strong>le</strong> a modifié son testament pour y inclure un<br />

don à l’organisme. M. MacLellan et son épouse<br />

collaborent maintenant avec <strong>le</strong> personnel de<br />

<strong>CNC</strong> pour créer la réserve naturel<strong>le</strong> Marianne<br />

Girling au sein de l’aire naturel<strong>le</strong> des forêts et<br />

milieux humides d’Essex, en Ontario, où Mme<br />

Girling a grandi et é<strong>le</strong>vé sa famil<strong>le</strong>.<br />

Une deuxième partie du don des MacLellan<br />

à la campagne Laissez votre signature visait<br />

la formation des employés. Ces fonds seront<br />

donc consacrés à la formation du personnel de<br />

<strong>CNC</strong>. « En tant que propriétaire d’une firme de<br />

marketing et de communication, je crois en<br />

l’importance d’investir dans <strong>le</strong>s gens. Leur épanouissement<br />

professionnel est ce qui permet à<br />

l’entreprise de réussir. En tant qu’organisme<br />

de bienfaisance, il est parfois diffici<strong>le</strong> de trouver<br />

des fonds pour la formation », explique-t-il.<br />

L’engagement de M. MacLellan à l’égard de<br />

la mission de <strong>CNC</strong> a <strong>été</strong> bien reçu au sein de<br />

l’équipe de Proof Inc., dont certains membres<br />

sont même devenus donateurs de <strong>CNC</strong>. Chaque<br />

année, cette entreprise carboneutre achète<br />

des crédits de carbone du projet Darkwoods de<br />

<strong>CNC</strong> en Colombie-Britannique. Cette année,<br />

l’entreprise marquera ses 25 ans en commanditant<br />

la plantation de 325 arbres sur une des<br />

propri<strong>été</strong>s de <strong>CNC</strong> en Ontario, soit un arbre<br />

pour chaque personne ayant travaillé pour el<strong>le</strong><br />

à ce jour. Une randonnée avec <strong>le</strong>s employés<br />

actuels est éga<strong>le</strong>ment prévue en octobre à une<br />

propri<strong>été</strong> de <strong>CNC</strong> à Terre-Neuve-et-Labrador.<br />

L’éthique personnel<strong>le</strong> et professionnel<strong>le</strong> de<br />

M. MacLellan témoigne surtout de sa fierté à<br />

l’égard de la culture et des paysages du Canada.<br />

« Je me considère comme étant très patriotique.<br />

J’ai eu la chance de vivre dans ce pays<br />

et de profiter de tout ce que la nature y offre.<br />

Nous avons une énorme responsabilité quant à<br />

la gestion et la protection de ses magnifiques<br />

attraits pour <strong>le</strong>s générations futures. »<br />

Alors que s’achève son mandat de président<br />

du Conseil d’administration de <strong>CNC</strong>,<br />

Bruce MacLellan sait qu’il continuera<br />

d’œuvrer auprès de l’organisme.<br />

« Dans cinq ans, je serai encore bénévo<strong>le</strong><br />

et donateur. <strong>CNC</strong> sera encore plus diversifié,<br />

œuvrera sur des projets à encore plus grande<br />

échel<strong>le</strong>, et continuera de faire ce qu’il fait <strong>le</strong><br />

mieux : être un organisme voué à la protection<br />

de milieux naturels dont l’action est guidée<br />

par une approche scientifique. »1<br />

conservationdelanature.ca<br />

ÉTÉ <strong>2019</strong> 17


GRANDEUR<br />

NATURE<br />

Au service de la nature<br />

Par Leigh Gustafson, stagiaire en mobilisation à <strong>CNC</strong><br />

Dehors tout <strong>le</strong><br />

monde!<br />

Planifiez la visite d’une<br />

Destination Nature à<br />

destinationsnature.ca.<br />

J’ai vécu à Conservation de la nature Canada (<strong>CNC</strong>)<br />

deux expériences de stage complètement différentes,<br />

mais tout aussi fantastiques. Ma première<br />

fut en 2017 comme stagiaire en conservation à l’Î<strong>le</strong>-du-<br />

Prince-Édouard. J’avais <strong>le</strong>s bottes bien ancrées au sol et<br />

<strong>le</strong>s cheveux, blondis par <strong>le</strong> so<strong>le</strong>il, balayés par la brise salée.<br />

C’était mon premier <strong>été</strong> à la « petite î<strong>le</strong> rouge », et<br />

un que je ne suis pas près d’oublier. Non seu<strong>le</strong>ment je<br />

suis tombée amoureuse du travail exceptionnel qu’y fait<br />

<strong>CNC</strong> pour conserver et protéger <strong>le</strong>s milieux naturels,<br />

mais j’ai aussi craqué pour l’excentricité et <strong>le</strong>s joyaux<br />

cachés de cette mignonne petite î<strong>le</strong>.<br />

Un des lieux que j’ai <strong>le</strong> mieux aimé explorer a <strong>été</strong> l’î<strong>le</strong><br />

Thomas, dans l’archipel de Murray Harbour (au sud-est<br />

de l’Î<strong>le</strong>-du-Prince-Édouard). Cette î<strong>le</strong> venait tout juste<br />

d’être sé<strong>le</strong>ctionnée comme une des Destinations Nature<br />

de <strong>CNC</strong>. Mon collègue et moi avons donc sauté dans<br />

notre bateau pour y faire une excursion d’un jour et y<br />

prendre quelques photos en vue de l’annonce de son<br />

ajout au programme Destinations Nature. Le ciel se fondait<br />

dans <strong>le</strong> b<strong>le</strong>u profond de l’océan, <strong>le</strong> so<strong>le</strong>il rayonnait,<br />

et <strong>le</strong>s bébés phoques communs et tout curieux se laissaient<br />

flotter sur l’eau en nous regardant marcher <strong>le</strong> long<br />

du littoral. La journée était tout simp<strong>le</strong>ment parfaite.<br />

Deux ans plus tard, j’ai de nouveau travaillé à <strong>CNC</strong>,<br />

mais cette fois au sein de son équipe nationa<strong>le</strong> en<br />

mobilisation. J’ai aidé à l’élaboration du plan de gestion<br />

des visiteurs qui guide <strong>le</strong> personnel lors de la mise en<br />

va<strong>le</strong>ur de chaque Destination Nature au pays. Bien que<br />

ce rô<strong>le</strong> puisse semb<strong>le</strong>r bien différent du précédent, il<br />

était tout aussi intéressant d’être de l’autre côté du<br />

travail de conservation. Chaque jour, j’ai pu découvrir<br />

des propri<strong>été</strong>s exceptionnel<strong>le</strong>s et uniques situées à<br />

travers <strong>le</strong> Canada.<br />

Il y a un mot en swahili, kuumba, qui nous inspire à<br />

toujours faire ce qu’on peut, comme on peut, pour laisser<br />

notre communauté dans un meil<strong>le</strong>ur état que lorsqu’on<br />

en a hérité. Je suis fière d’avoir travaillé pour une<br />

organisation qui applique cette philosophie et je suis honorée<br />

d’avoir eu l’occasion d’aider la population canadienne<br />

à se connecter à la nature, grâce au programme<br />

Destinations Nature de <strong>CNC</strong>.1<br />

JACQUI OAKLEY.<br />

18 ÉTÉ <strong>2019</strong> conservationdelanature.ca


PARTENAIRE DU PROGRAMME<br />

La nature canadienne à son meil<strong>le</strong>ur<br />

Le Canada compte des paysages parmi <strong>le</strong>s plus spectaculaires et irremplaçab<strong>le</strong>s au monde.<br />

Nos Destinations Nature vous permettent maintenant de découvrir et d’explorer certains<br />

des plus époustouflants d’entre eux, et ce, d’un océan à l’autre.<br />

L’aventure commence à destinationsnature.ca


Se connecter à la<br />

nature<br />

DE VOS<br />

NOUVELLES<br />

Merci de votre appui à la campagne Laissez votre signature de<br />

Conservation de la nature Canada (<strong>CNC</strong>). L’une des priorités<br />

de cette campagne est d’offrir à la population canadienne<br />

plus d’occasions de faire des activités en p<strong>le</strong>in air et d’explorer<br />

la nature. Cela inclut la participation à des activités Bénévo<strong>le</strong>s<br />

pour la conservation en compagnie du personnel de terrain de<br />

<strong>CNC</strong> et la visite de Destinations Nature de <strong>CNC</strong>. Cet <strong>été</strong>, nous<br />

lançons éga<strong>le</strong>ment notre nouveau programme Score Nature<br />

pour vous proposer de nouveaux moyens de renforcer votre<br />

lien avec la nature.<br />

BÉNÉVOLES POUR LA CONSERVATION<br />

Le programme Bénévo<strong>le</strong>s pour la conservation<br />

invite la population à participer<br />

concrètement à des travaux d’une grande<br />

importance sur <strong>le</strong>s propri<strong>été</strong>s de <strong>CNC</strong>. Visitez<br />

benevo<strong>le</strong>sconservation.ca dès aujourd’hui<br />

pour découvrir quel<strong>le</strong>s activités auront prochainement<br />

lieu près de chez vous. Au plaisir<br />

de vous voir parmi nous cet <strong>été</strong>!<br />

DESTINATIONS NATURE<br />

Plus de 80 % de la population canadienne vit<br />

à moins de 100 km d’une propri<strong>été</strong> de <strong>CNC</strong>.<br />

Nous vous invitons donc à visiter des sites<br />

naturels parmi <strong>le</strong>s plus exceptionnels pays et<br />

à vous connecter à la nature. Pour connaître<br />

<strong>le</strong>s Destinations Nature <strong>le</strong>s plus près de<br />

chez vous, visitez destinationsnature.ca.<br />

SCORE NATURE<br />

Répondez à notre court questionnaire pour<br />

évaluer votre connexion avec <strong>le</strong> monde<br />

naturel et connaître votre Score Nature. Notre<br />

sympathique Coach Nature virtuel vous prodiguera<br />

ensuite des conseils qui vous aideront<br />

à vous rapprocher de la nature. Inspirés par<br />

<strong>le</strong>s bienfaits physiques et psychologiques du<br />

contact avec <strong>le</strong> monde naturel, nous cherchons<br />

à aider <strong>le</strong>s gens de partout au pays à<br />

découvrir de nouveaux moyens de se connecter<br />

à la nature. Répondez au questionnaire<br />

dès aujourd’hui en visitant quiznature.ca.<br />

MERCI DE VOTRE APPUI<br />

81 % ATTEINT<br />

AMASSER<br />

750 M$<br />

87 % ATTEINT<br />

CONSERVER<br />

500<br />

NOUVELLES PROPRIÉTÉS<br />

Ella Van-C<strong>le</strong>ave, Levi Williams-Whitney<br />

Être <strong>le</strong> porte-voix de la nature<br />

« Chaque jour où j’ai travaillé à <strong>CNC</strong> comme stagiaire<br />

en communication et mobilisation pour la région de<br />

la Colombie-Britannique, je me suis sentie privilégiée<br />

de pouvoir combiner mes passions pour l’écologie et<br />

la rédaction de récits (storytelling). La communication<br />

scientifique peut capter l’imaginaire et mener à d’importantes<br />

discussions sur <strong>le</strong> rô<strong>le</strong> de la science et de la<br />

conservation dans notre soci<strong>été</strong>. Je suis reconnaissante<br />

d’avoir eu l’occasion de faire partie de ce mouvement<br />

en travaillant pour <strong>CNC</strong> en C.-B. Avec ma formation en<br />

« arts libéraux » (liberal arts) axée sur la conservation<br />

et la communication, j’espère avoir d’autres occasions<br />

d’être <strong>le</strong> porte-voix de la nature au-delà de <strong>CNC</strong>! »<br />

~ Ella Van-C<strong>le</strong>ave, Université Quest Canada, C.-B.<br />

Passionné par la nature<br />

« Aïe! J’ai dû me pincer une fois de plus. Étais-je vraiment<br />

payé pour explorer <strong>le</strong>s vastes prairies de l’Alberta<br />

et veil<strong>le</strong>r sur el<strong>le</strong>s cet <strong>été</strong>? À titre de technicien en<br />

conservation à <strong>CNC</strong>, j’ai eu <strong>le</strong> plaisir de travail<strong>le</strong>r auprès<br />

de nos extraordinaires locataires et propriétaires fonciers.<br />

Leur passion pour <strong>le</strong> territoire et sa faune sauvage<br />

est contagieuse. Ce que j’ai appris en prenant un café en<br />

<strong>le</strong>ur compagnie ne se trouve dans aucun livre. »<br />

~ Levi Williams-Whitney, Collège Lethbridge,<br />

Alberta<br />

CONSERVATION DE LA NATURE CANADA<br />

55, avenue du Mont-Royal Ouest, bureau 1000, Montréal (Québec) H2T 2S6<br />

Partagez vos histoires avec nous à <strong>magazine</strong>@conservationdelanature.ca

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