AUTOINSIDE Édition 7/8 – Juillet/Août

autoinside

SERVICE COMPLET

Des centaines de milliers de références : Daniele Bon explique comment on fabrique des teintes.

Il y a quatre ans, le groupe Ruckstuhl a investi

environ 300 000 francs dans l’agrandissement

du département carrosserie à Kloten.

À cela s’ajoute tous les ans une dépense à cinq

chiffres couvrant l’outillage spécial et de nouveaux

équipements techniques environnementaux.

« Il s’agit d’une activité très coûteuse »,

constate Kurt Giger. « Une bonne utilisation des

locaux » est la condition sine qua non de la rentabilité.

« Il faut pour cela faire du bon travail. »

Ce n’est possible qu’avec du savoir-faire et des

compétences techniques, ajoute Daniele Bon.

Acquérir et conserver ces compétences techniques

constitue le grand défi de la branche :

« Il faut se battre pour embaucher de bons

professionnels. » Le groupe Ruckstuhl y parvient

grâce à son propre centre de formation à

Winterthour. Au cours de la formation professionnelle

initiale de quatre ans, les apprentis

du groupe suivent des cours interentreprises

pendant 34 semaines, soit le double du nombre

requis. « Nous profitons justement de notre

excellente réputation avec les mécatroniciens

d’automobiles. Dans cette spécialité, la relève

est facile à trouver », constate K. Giger.

Les choses sont plus délicates en carrosserie,

ajoute Daniele Bon. La durée de l’apprentissage

de quatre ans pose problème : « Les

différences de niveau entre les apprentis sont

parfois énormes. Nous voyons de tout, entre

l’absence de stimulation et le surmenage

total. » Avec ses trois formations initiales

techniques (assistant en maintenance d’automobiles,

mécanicien en maintenance d’automobiles

et mécatronicien d’automobiles),

l’UPSA le fait bien mieux que Carrosserie

Suisse avec sa formation de quatre ans de

tôlier en carrosserie. « Une gradation serait

judicieuse. » Daniele Bon sait de quoi il parle :

le groupe Ruckstuhl est membre de l’UPSA et

de Carrosserie Suisse.

Daniele Bon et Kurt Giger considèrent que

l’académisation croissante représente une difficulté

de plus. Il faudrait accorder plus d’estime

au métier de carrossier, affirme Daniele

Bon en renvoyant à un petit spot publicitaire :

« Le carrossier voit le soir ce qu’il a passé sa

journée à faire : une voiture cabossée et abîmée

arrive à l’atelier le matin et elle est à nouveau

dans un état irréprochable le soir. C’est

très satisfaisant ! »

De nouvelles technologies rendent le métier

varié et intéressant, indique Kurt Giger

en les énumérant : « Spot Repair, réparations

de vitrages, réparations de plastiques, peinture

à l’azote... Pour la certification Mercedes-Benz,

nous avons spécialement aménagé

un local pour les travaux sur l’aluminium.

Nous sommes partenaires de Repanet. Nous

voulons rester prêts pour de nouvelles technologies

et investissons en permanence dans

la formation continue. » De nombreux petits

ateliers de carrosserie n’ont pas pu tenir le

rythme du développement en raison d’investissements

trop louds, affirme M. Giger :

« Ceux qui n’investissent pas auront des problèmes.

Les petites entreprises ont de plus

en plus de mal à répondre aux contraintes

des constructeurs, car il faut des technologies

et des compétences précises pour cela. » Un

certain volume de travail est requis, ajoute

Daniele Bon : « C’est très difficile pour un atelier

d’une à deux personnes. »

Les nouvelles technologies sont d’actualité

à l’intérieur de l’entreprise, mais aussi sur

la route. Bien que les voitures autonomes ne

soient pas encore une réalité, les systèmes mo-

14

Juillet Août 2019 | AUTOINSIDE

More magazines by this user
Similar magazines