AUTOINSIDE Édition 7/8 – Juillet/Août

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ASSOCIATION & SECTIONS

utile et déterminerait vraiment le fait qu’un

garagiste le respecte ou non. On peut comparer

le code d’honneur à une certification : là

aussi, on peut appliquer ou non les principes

qui nous ont permis de la décrocher. Ce qui

est essentiel, c’est de réfléchir aux choses que

l’on peut changer. C’est plus important qu’une

signature au pied d’un document qu’on accroche

au mur ou qu’on range dans un tiroir.

Lorsqu’on tape « UPSA » et « code d’honneur »

dans Google, on tombe sur de nombreux

garages qui indiquent l’appliquer.

Cela me réjouit, bien que le grand public

ne sache sans doute pas vraiment ce que cela

signifie. Il est intéressant de constater que

souvent, les garages qui affichent clairement

leur plaquette de membre de l’UPSA dans leur

entrée y placent aussi le code d’honneur bien

en vue. Ils signalent ainsi qu’ils s’identifient à

l’association, et soulignent leur appartenance.

D’un autre côté, il y a des garagistes qui n’affichent

ni leur plaquette, ni le code d’honneur.

Lorsqu’on respecte les valeurs du code d’honneur,

on peut tout à fait le montrer aux clients,

y compris sur un site Internet ou par tout autre

moyen de communication. Mais je ne pense

pas que beaucoup de clients connaissent ce

code d’honneur, à moins de l’avoir aperçu une

fois dans la salle d’attente d’un garage.

Que peut faire l’association pour faire

davantage connaître ce code d’honneur à

l’extérieur ?

À mon tour de poser une question : le code

d’honneur doit-il vraiment être plus connu du

grand public ? Le public doit-il connaître l’UP-

SA comme association professionnelle ? Pour

moi, il est important que le garagiste fasse du

bon travail et puisse engranger certains profits.

Si le code d’honneur l’y aide un peu, c’est

merveilleux, et tout à fait souhaitable. Mais

je ne crois pas qu’un client choisisse un garagiste

parce qu’il respecte le code d’honneur.

Tout comme je ne crois pas qu’il le choisisse

parce qu’il est membre de l’UPSA. Et ce n’est

pas nécessaire. Vous ne choisissez pas non

plus votre jardinier parce qu’il fait partie d’une

association de maîtres jardiniers, mais parce

que vous êtes satisfait de son rapport qualité-prix,

de son accueil et de ses conseils, parce

que sa boutique est près de chez vous ou parce

que vous vous entendez bien avec lui pour diverses

raisons. Il ne faut pas surestimer l’importance

de l’association vis-à-vis du public.

L’UPSA a une fonction de soutien, de conseil

et d’accompagnement pour ses membres,

mais pas forcément pour la clientèle.

La qualité d’un garage dépend de celle de

son personnel. Comment l’UPSA peut-elle

familiariser les collaborateurs et les apprentis

avec le code d’honneur de manière à ce

qu’ils le respectent eux aussi ?

Le respect de l’environnement, par

exemple, est un sujet que nous abordons dans

la formation professionnelle de base et continue.

Reprenons l’exemple de la certification :

dans 90 % des cas, les certificats ne sont que

du papier. Au cours du processus, on crée un

nombre incalculable de documents, on fournit

des justificatifs, on met les choses mille

fois par écrit, on les signe, etc. Or, seuls 5 à

10 % d’une certification apportent vraiment

quelque chose soit au client, soit au collaborateur,

et rarement aux deux. Par conséquent,

obtenir une certification ISO ne signifie rien

en soi. Il faut faire vivre ce papier, sans quoi

il ne demeure en fin de compte qu’un alibi. Et

c’est là qu’il y a un lien entre le code d’honneur

et la certification, dans ces quelques

pourcentages qui apportent vraiment quelque

chose au niveau des processus et des coûts. Il

faut appliquer ce code d’honneur. S’il ne reste

qu’un morceau de papier encadré et suspendu

au mur, il n’a aucune valeur.

Comment l’UPSA vérifie-t-elle le respect

du code d’honneur, et peut-elle le faire ?

Non. Mais il ne s’agit pas de cela. Telle

n’est pas notre mission. Nous devrions le cas

échéant créer une assurance qualité pour

quelque chose d’obligatoire. Le code d’honneur

est plus une recommandation qu’une loi

ou un diktat. D’ailleurs, il est très peu probable

qu’il serait davantage respecté s’il avait

cette forme.

Les garagistes font face à des exigences

technologiques beaucoup plus élevées. Eux

qui étaient des vendeurs et des réparateurs

sont devenus des prestataires de mobilité.

Le code d’honneur n’aurait-il pas besoin

d’être rafraîchi, à l’heure de l’économie du

partage, de la conduite autonome et des

motorisations alternatives ?

Il a été rédigé à dessein de manière très

intemporelle. Autrement, nous devrions le reformuler

tous les deux ans, l’envoyer aux garagistes

et vérifier qu’ils accrochent bien au mur

sa version la plus récente. Les principes fondamentaux

du code d’honneur et du travail dans

les garages ne changent pas du jour au lendemain.

Naturellement, avec la numérisation, on

peut se demander s’il y a quelque chose à faire.

Par exemple en matière de protection ou

de sécurité des données.

Oui, mais là aussi, il s’agit d’une question

qui relève davantage de la loi que du code

d’honneur. L’UPSA propose des manuels qui

se réfèrent à la législation, notamment dans

le domaine de l’environnement. Ces manuels

sont mis à jour relativement régulièrement

lorsque de nouvelles lois ou ordonnances

entrent en vigueur. Mais cela ne se situe pas

au même niveau que le code d’honneur, qui

définit des comportements. Or les comportements

restent très stables dans le temps : il y

a cent ans, on disait déjà « Bonjour », « Merci »

ou « Au revoir » ! <

AUTOINSIDE | Juillet Août 201963

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