BIEN DIT 2 - JUILLET 2019

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environnement

FRANCE

SITOM :

OPÉRATION ADOPTEUNEPOULE.COM

adopteunepoule.com, une opération menée à Mornant le 24 mai

Adopteunepoule.com, telle est

l’opération menée par le Sitom*,

visant à mettre des poules à

disposition des habitants de

Mornant et Taluyers, afin d’inciter

la population à réduire sa

production de déchets à l’ère du

développement durable.

Le Sitom Sud-Rhône est dans

l’air du temps… écologique. En

partenariat avec l’Ademe*, le

syndicat intercommunal s’engage à

mettre des poules à disposition des

habitants de deux communes de

la Copamo* (Taluyers et Mornant)

et à réduire de 7% ses ordures

ménagères et assimilés (collecte

des ordures ménagères, sélective)

dans le cadre d’un programme

local de prévention des déchets.

Cela passe par la mise en œuvre

d’actions pour atteindre l’objectif :

compostage individuel et collectif,

sensibilisation au gaspillage

alimentaire, animations scolaires.

Des objectifs en matière de

développement durable

Dans ce cadre, l’expérimentation

de la mise à disposition de poules

sur les communes du Sitom auprès

de foyers volontaires est une

véritable réussite. Afin d’inciter la

population à réduire sa production

de déchets, ce projet s’inscrit dans

le détournement de la poubelle

grise des déchets alimentaires

(restes de repas) et des déchets

fermentescibles*, produits par

les foyers au quotidien. Fidèle

à ses objectifs en matière de

développement durable, l’élevage

avicole de Saint-Maurice-sur-

Dargoire a été sélectionné en tant

que fournisseur sur le territoire du

Sitom.

Le développement durable, «un

geste pour la planète»

En contrepartie de la mise à

disposition conventionnée des

poules, les foyers volontaires

s’engagent à disposer d’un espace

de vie agréable pour le bien-être

des animaux (15 à 20 m2 de terrain

libre et un abri) et s’attachent à

s’en occuper de façon régulière.

Ce dispositif permet également

de mesurer la quantité de déchets

détournés des ordures ménagères

avec une estimation du nombre

d’œufs produits chaque mois,

prouvant ainsi qu’il est possible

d’appliquer au quotidien le

développement durable, du circuit

court aux initiatives «zéro déchet» !

Jérôme Blain

*Syndicat intercommunal de traitement

des ordures ménagères

*Agence de l’environnement et de la

maîtrise de l’énergie

*Communauté de commune du Pays

Mornantais

*Qui peut entrer en fermentation

ADOPTEUNEPOULE.COM EN CHIFFRES

Selon les estimations, une poule ingère près de 150 kg de déchets alimentaires par an. Les éventuels restes de repas, difficiles à composter, trouvent un exutoire

en dehors de la poubelle (tout comme le coût d’incinération évité, à plus de 100 € la tonne de déchets non recyclables). L’avantage est l’obtention d’œufs frais et

«locaux» (220 œufs par poule par an), véritable source d’économie pour les foyers bénéficiaires de l’opération.

ADOPTEUNEPOULE.COM AU CŒUR DES FOYERS

Rien ne vaut l’expérience de terrain pour transformer l’essai. C’est le cas de la famille Campos à Taluyers et de la famille Feillet à Mornant.

Une démarche écologique vertueuse (famille Campos)

«Nous sommes une famille avec deux enfants (4 et 6 ans). Nous avions déjà acheté deux poules l’année dernière. Nous leur avons fabriqué un enclos et un

poulailler. Elles s’y plaisent beaucoup. Nous avons demandé une poule supplémentaire parce que la production de deux œufs par jour ne nous suffisait pas. La

nouvelle poule ne pond pas encore mais elle a bien trouvé ses repères chez nous. Nous trouvons cette démarche très intéressante : les poules mangent presque

tous les déchets organiques (épluchures de légumes, couenne de jambon, restes de viande). On complète par des graines et des coquilles d’œufs broyées pour

leur fournir le calcium, nécessaire à la fabrication des œufs.

En parallèle, nous vidons les fientes et la paille souillée dans le compost qui ensuite vient alimenter le potager l’hiver. On produit à nouveau des légumes et le

cycle recommence. C’est un circuit fermé ! À quatre, nous ne sortons notre poubelle que toutes les trois semaines. Nous avons sensiblement réduit notre volume

de déchets. Sans parler du lien « humain-animal » créé. On ne peut parler de lien véritablement affectif comme avec un animal domestique, mais les poules font

partie de la famille. Les enfants aiment aller leur donner à manger et surtout récupérer les œufs. Ils adorent savoir de quelle poule vient l’œuf, notamment quand

on le mange à la coque ou dur. Pas besoin de beaucoup de place : notre enclos doit faire 6-7 m2. Et si le poulailler est bien nettoyé régulièrement, pas d’odeur

désagréable».

La poule, un rôle facilitateur dans la chaîne alimentaire (famille Feillet)

«C’est ma fille de huit ans qui nous a convaincus d’adopter trois poules : Tina, Yvette et Rosette. C’est un projet commun familial avec une véritable portée environnementale,

de la construction de l’enclos à celui du compost. La poule joue un rôle de facilitateur dans la chaîne alimentaire. Ma fille aime passer du temps

avec ses poules. On s’y attache très vite. Ce qui nous a permis de réduire par trois notre consommation de déchets dans le foyer».

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