Essentiel Prépas Hors-Série n°6 - juillet 2019

headwayadvisory

L'Essentiel Prépas est le magazine numérique dédié aux professeurs des classes préparatoires économiques et commercial. Edité par HEADway Advisory, premier cabinet de conseil en stratégie dédié à l'enseignement supérieur et à la recherche. Plus d'informations : headway-advisory.com

juillet 2019 | N° 29

Prépas économiques et commerciales

entretiens

Tawhid Chtioui (emlyon BS)

Denis Guibard (IMT BS)

Jean-Guy Bernard (EM Normandie)

débat

Les Grandes écoles mises au défi

d’accroître leur diversité sociale

analyse

Alain Joyeux revient

sur les adaptations de la filière EC

au nouveau bac

Congrès 2019 de l’APHEC :

un ministre à la rencontre

des professeurs de classes

préparatoires


l’essentiel du sup prépas édito + sommaire

juillet 2019 N° 29

« Vous êtes tout ce que j’aime »

C’était une visite très attendue. Pour la première fois un

ministre de l’Education s’est rendu au congrès de l’APHEC

(Association des professeurs des classes préparatoires

économiques et commerciales). C’était le samedi 8 juin sur

le campus rouennais de Neoma BS où 300 professeurs ont

écouté un ministre venu les réconforter dès l’entame de

son discours d’un « Vous êtes tout ce que j’aime »…

Un réconfort bienvenue. Le président de l’APHEC, Alain Joyeux, avait planté le décor :

« Nous avons échangé avec beaucoup d’acteurs et je suis plus optimiste aujourd'hui

sans pour autant avoir des réponses – depuis le 18 mars - à toutes nos questions. »

Et d’insister : « Le pire serait l’immobilisme qui assurerait un déclin long mais assuré

de notre filière. Nous devons garder notre excellence académique tout en évoluant ».

Et Jean-Michel Blanquer était là pour montrer le cap : « L’enseignement supérieur dans

son ensemble doit évoluer vers des premières années qui donnent, comme en classe

préparatoire, une ossature qui peut être inspirante. » « Le travail accompli dans les

CPGE peut être inspirant pour les universités avec des convergences pédagogiques

dans une logique propédeutique. » « J’ai besoin de vous comme points de repères. »

Les compliments étaient là avant une longue explication d’une réforme du bac qui doit

mieux préparer à l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Quelle « évolution » des classes préparatoires EC ? Qui dit disparition des filières

du bac dit aussi évolution pour les classes préparatoires économiques et commerciales

et leurs 20 000 élèves. « Nous travaillons avec les Grandes écoles pour prendre acte

qu’il n’y a plus de filières et donc une plus grande diversité de profils. Reste à trouver

une formule d’enseignement adéquate pendant les prépas avec des épreuves finales

possédant des coefficients différents – voire des quotas réservés – pour préserver

cette diversité de profils. La réflexion et les concertations sont en cours, le ministère

de l’Enseignement supérieur s’est emparé de la question : nous y travaillons ! », signifie

le proviseur du lycée Louis-Le-Grand, Jean Bastianelli.

Les classes préparatoires économiques et commerciales seront donc amenées à se

réinventer notamment en fonction du niveau de mathématiques de leurs élèves. Dans

un document remis au MESRI, Alice Guilhon, présidente du Chapitre des Grande écoles

de management au sein de la Conférence des Grandes écoles et directrice de Skema,

et Alain Joyeux insistent pour qu’on maintienne des exigences en mathématiques qui «

expliquent largement la domination des Grandes Écoles françaises dans les classements

internationaux, notamment dans le domaine financier ». Dans ce schéma, souhaité aussi

bien par les Grandes écoles que pas les professeurs de classes préparatoires - et

auquel Jean-Michel Blanquer semble avoir donné son imprimatur lors de son discours

-, deux enseignements de mathématiques se côtoieraient : l’un en « mathématiques

approfondies », correspondant à l’actuelle ECS,

l’autre en « mathématiques appliquées » correspondant

à l’actuelle ECE.

N’en restent pas moins bien des questions. Et

d’abord la capacité qu’auront ou pas certaines

classes préparatoires « de proximité » à délivrer

tous ces enseignements. Mais surtout la

question d’une éventuelle création de quotas

pour chacune de ces filières lors des concours.

Olivier Rollot, rédacteur en chef

ORollot

Sommaire

les essentiels du mois

4 • 200 millions pour HEC

5 • Expérience étudiante à 360°

et leaders à BSB

• ESC Clermont ouvre son premier campus

à l’étranger

6 • Neoma décrypte les trajectoires

de ses étudiants

• TBS intègre le Babson Collaborative

for Entrepreneurship Education

7 • L'Institut Polytechnique de Paris

officiellement créé

• U7 : une alliance pour le G7

9 • Emploi : les Grande écoles ne peuvent

pas suivre la demande des entreprises

11 • Qui a le plus d’influence sur Twitter ?

publi information

12 • L’internationalisation du Programme

Grande École se renforce

20 • #ThinkForward,

ou l’art d’être indiscipliné

entretiens

14 • Alain Joyeux

(Président de l’APHEC)

17 • Tawhid Chtioui (Président du directoire,

directeur général de emlyon BS)

24 • Jean-Guy Bernard

(Directeur général de l’EM Normandie)

27 • Denis Guibard

(Directeur de l’Institut Mines Télécom BS)

débat

32 • Les Grandes écoles mises au défi

d’accroître leur diversité sociale

« L’Essentiel du sup » est une publication du groupe HEADway

Advisory, SAS au capital de 30 000 €, RCS 53298990200046 Paris,

CPPAP 0920W93756, 33, rue d’Amsterdam, 75008 Paris.

Directeur de la publication : Sébastien Vivier-Lirimont.

Rédacteur en chef : Olivier Rollot (o.rollot@headway-advisory.com).

Responsable commerciale : Fanny Bole du Chomont

(f.boleduchomont@headway-advisory.com).

Création graphique et mise en pages : élise Godmuse / olo. éditions

Photo de couverture : NEOMA BS

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l’essentiel du sup prépas l’essentiel du mois

juillet 2019 N° 29

200 millions pour HEC

Plus de 110 millions avaient été collectés lors de sa précédente campagne

de financement. Avec sa fondation HEC espère bien aujourd'hui doubler la mise.

côté des besoins de financement de

plus en plus élevés pour répondre à la

concurrence internationale, de l’autre une

D’un

chambre de commerce et d’industrie qui n’a

plus les moyens de subvenir aux besoins de ses écoles

avec la chute de ses ressources, nombreuses sont

les Grandes écoles de management à la recherche de

nouvelles ressources. Grâce à son réseau d’anciens

particulièrement puissant HEC sait mieux que toute

autres mobiliser anciens et entreprises pour soutenir

son développement. 70 millions d’euros de dons et de

promesses de don ont d’ores et déjà été réunis pour

cette nouvelle campagne, grâce au soutien financier de

8 000 donateurs, dont 18 % à l’international, et de 43

entreprises partenaires. « La question de la pérennité

du modèle économique d’HEC se trouve au cœur de

cette campagne de levée de fonds. Notre objectif

est de mobiliser plus fortement et plus largement

les alumni et les entreprises à participer à l’évolution

de leur école, à l’instar de ce dont bénéficient les

business schools internationales », explique Olivier

Sevillia, le président de la Fondation HEC quand, le

directeur général d’HEC, Peter Todd, rappelle que

« le modèle mondial dominant des business schools

est de s’appuyer sur son réseau, ses anciens, les

entreprises, pour se financer ».

« Impact Tomorrow »

Alors qu’elle se situe aujourd'hui dans le top 25, l’ambition

réaffirmée d’HEC reste de faire bientôt partie

des dix meilleures business schools mondiales. Dans

l’esprit de sa base line « Tomorrow is our Business »,

la campagne « Impact Tomorrow » a pour ambition de

l’aider à « créer un nouveau modèle de business school

pour le xxi e siècle, une nouvelle école de pensée qui

© HEC Paris

réconcilie la performance économique avec l’impact

social et environnemental et reflète toute la diversité

de notre société ».

Le premier objectif de cette campagne sera de soutenir

les efforts de recrutement de professeurs

d’excellence. « Aujourd'hui notre ratio est de 30 étudiants

pour un professeur quand nos concurrents

américains sont à un pour dix et européens à un

pour quinze », remarque Peter Todd qui annonce 11

nouveaux recrutements cette année « La différence

principale entre les meilleures universités au monde

et les autres est l’impact de la connaissance qui y est

produite : change-t-elle l’enseignement, les business

model, les politiques publiques ou la société ? Les

chaires sont un véhicule essentiel pour attirer ou

conserver à HEC les enseignants chercheurs qui

produisent et transmettent de la connaissance à ce

niveau d’impact », souligne Jacques Olivier, doyen de

la faculté et de la recherche d’HEC.

Accroitre la diversité sociale

Le deuxième axe auquel les sommes recueillies par

la Fondation seront consacrées est sa diversité sociale

alors qu’aujourd'hui le versement des bourses

représente 50 % des ressources de la fondation.

« Le nombre d’élèves recevant une bourse sur des

critères sociaux au sein du programme Grande École

est passé de 5 % à 18 % ces dix dernières années »,

rappelle Hélène Bermond, déléguée à l’égalité des

chances de l’école. Dans le même esprit, HEC souhaite

poursuivre plus fortement la « formation d’une

génération de dirigeants capables de faire face à

l’urgence des défis sociaux et environnementaux et

de porter les modèles inclusifs et soutenables au

niveau environnemental ».

Enfin, la campagne de levée de fonds permettra d’accélérer

la rénovation du campus alors que les projets

de déménagement du côté de l’Ecole polytechnique

ont été définitivement abandonnés. « La création de

l’Agora, un nouveau centre de vie sur le campus, le

développement d’alliances stratégiques avec des

institutions technologiques de référence et le développement

d’un campus digital sont autant de points

structurants pour s’imposer d’ici 2030 comme un

campus européen de référence », conclut Peter Todd.

en bref

Anne-Lucie Wack

reconduite à la

tête de la CGE

Sans surprise (elle était la

seule candidate), la directrice

de Montpellier SupAgro

Anne-Lucie Wack, 54 ans,

a été réélue présidente de

la Conférence des Grandes

écoles pour un troisième

mandat de deux ans. Depuis

2015 elle aura su imposer une

présidence « bienveillante »,

particulièrement appréciée

par ses mandants, qui a

contribué à rapprocher

les points de vue avec la

Conférence des présidents

d'université dans une période

marquée par bien des

tensions. Elle a également su

négocier efficacement avec

le MESRI pour préserver le

modèle des Grandes écoles.

Celles-ci ont donc décidé de

continuer à lui faire confiance

alors que s’amorcent de

nouvelles grandes manœuvres

dans les regroupements.

Autour d’Anne-Lucie Wack,

le bureau de la CGE est

maintenant constitué de :

• Laurent Champaney,

directeur des Arts et

Métiers, vice-président

écoles (réélu) ;

• François Darmon,

trésorière (réélue) ;

• Alice Guilhon, directrice

de Skema BS et présidente

du Chapitre des Grande

écoles de management,

vice-présidente écoles

(nouvellement élue qui

succède à Loïck Roche) ;

• Pierre Mathiot, directeur de

Sciences Po Lille, secrétaire

(nouvellement élu) ;

• Yves Portelli, vice-président

entreprises (réélu).

4


l’essentiel du sup prépas l’essentiel du mois

juillet 2019 N° 29

Expérience étudiante à 360° et leaders à BSB

À l’occasion de ses oraux Burgundy SB

a proposé cette année aux étudiants une

expérience étudiante à 360° "Lead For

Change", qui leur permet de découvrir

toutes les dimensions de l’Ecole et en

particulier son positionnement tourné

vers l’étudiant et surtout sa vision, celle

d’une école qui « accompagne ses élèves

dans la construction d’un projet professionnel

à impact positif, et pour donner du

sens à leur vie professionnelle ». À partir

de la rentrée, les élèves qui intégreront

BSB pourront profiter du cycle de conférences

"Meet-Up Inspiring Leaders", avec

les venues sur le campus tout au long de

l’année de Pauline Laigneau (Gemmyo),

Raphaël Enthoven (philosophe), Adrien

Aumont (KissKissBankBank) ou encore

Eric Heip (ancien n° 2 du RAID). Après

la venue de Muhammad Yunus en février

2019, c’est un autre Prix Nobel qui

interviendra à BSB dès la rentrée : Alvin

Roth, Prix Nobel d’Économie 2012.

© BSB

ESC Clermont ouvre

son premier campus à l’étranger

Adossé à la Guangdong Polytechnic of

Science and Technology – classée dans

le top 40 des 1 400 universités profession-

nelles en Chine –, le campus chinois du

Groupe ESC Clermont a été inauguré le

10 avril dernier. Sur 1 200 m2 il est situé

à Zhuhai et donc tout proche de Macao et

à moins de deux heures de Hong-Kong,

Canton et Shenzhen. Un programme undergraduate

en double diplôme a d’ores et

déjà débuté en septembre 2018 avec une

première promotion de 95 étudiants, dont

les meilleurs rejoindront le campus de

Clermont pour une période de deux ans.

L’international au

cœur de l’enseignement

supérieur français

Accords internationaux,

séjours d’échanges

académiques, doubles

diplômes, professeurs et

étudiants venus du monde

entier, campus à l’étranger,

l’enseignement supérieur

français a largement investi

le champ international.

Alors que la France

connaît une augmentation

régulière du nombre de ses

étudiants qui s’expatrient

(+70 % entre 2006 et 2016),

elle reçoit quasiment

trois fois plus d’étudiants

internationaux qu’elle n’en

envoie chaque année à

l’étranger : 245 000 pour

90 500. Promu par Audencia

BS et Neoma BS, réalisé

par le cabinet HEADway

Advisory, c’est tout cet

univers que se propose de

faire découvrir le Livre Blanc

"L'enseignement supérieur

français, acteur mondial".

5


l’essentiel du sup prépas l’essentiel du mois

juillet 2019 N° 29

Neoma décrypte les trajectoires

de ses étudiants

À

partir d’une analyse des parcours individuels

de ses 60 000 diplômés issus des

différents réseaux en ligne, NEOMA entend

aujourd'hui « décrypter les trajectoires

individuelles qui permettent d’accéder à chaque

type de métier ou de postes ». « L’analyse de ces

trajectoires professionnelles permet d’identifier

des indicateurs tangibles sur les étapes clé d’un

parcours », souligne Delphine Manceau, la directrice

générale de NEOMA Business School. Dès la

rentrée 2019, NEOMA proposera à ses étudiants

l’accès à cette application leur offrant une vision

détaillée sur les parcours des diplômés de l’Ecole,

en mêlant intelligence collective et technologie.

« L’étudiant visant une carrière dans le digital

marketing en Asie pourra identifier, en quelques

clics, le parcours académique, les destinations

d’échange, les types de stage réalisés par les

diplômés qui aujourd’hui occupent ce type de

fonctions », explique Delphine Manceau.

Les juniors entreprises

fêtent leurs 50 ans

C’est le premier mouvement

associatif étudiant de

France avec plus de 22 000

membres et 200 JE. La

Confédération nationale des

junior-entreprises (CNJE) a

célébré ses 50 ans le 26 juin

au ministère de l’Économie

et des Finances. « Notre

mission est d’accompagner

les 200 structures et d’aider

© Manuel Huynh

Dans le même esprit d’individualisation des

parcours, NEOMA déploie plusieurs espaces

éducatifs innovants sur ses campus : les « Augmented

Learning Rooms », qui revisitent la salle

de classe en créant un environnement qui peut

se transformer très rapidement, et les « Working

Pods », de nouveaux espaces connectés se déclinant

sous forme de cabines configurées comme

des salles de travail digitales.

TBS intègre le Babson Collaborative

for Entrepreneurship Education

TBS est la première école de management

française à devenir membre du Babson

Collaborative for Entrepreneurship

Education. Fondé et sponsorisé par Babson

College, ce réseau mondial réunit des

établissements d’enseignement supérieur

« reconnus pour leur expertise en matière

de formation à l’entrepreneuriat ». Les

membres sont invités à contribuer aux actions

menées par le réseau qui sont articulées

autour de 5 grands axes :

à en créer de nouvelles,

particulièrement dans les

universités où elles sont

moins présentes que dans les

Grandes écoles », expliquent

Bastien Nussbaumer et

Pierrick Lallemand, président

et vice-président de la CNJE.

Aujourd'hui les juniors

entreprises ont essaimé

bien au-delà des Grandes

écoles - tous les Sciences

Po en comptent même

une – et ont bien évolué.

« Au début il s’agissait de

faire connaître l’entreprise

aux étudiants. Avec le

développement des stages

nous sommes aujourd'hui

parfois en concurrence avec

les stagiaires », remarque

Bastien Nussbaumer. Mais

avec un plus indéniable : une

marque qui réalise chaque

année plus de 9 millions de

chiffre d’affaires et regroupe

500 000 anciens. Très fiers de

leur passage par une JE et qui

6

• la formation constante de ses professeurs

à des pédagogies innovantes ;

• l’animation et la participation au réseau ;

• la création et le partage de contenus

pédagogiques novateurs ;

• la participation des étudiants aux

programmes développés par le réseau ;

• l’engagement au sein d’un écosystème

pour l’éducation entrepreneuriale.

favorisent souvent les anciens

membres de leur recrutement.

Résultat : l’élection à la tête de

la JE est un moment majeur

dans la vie des Grandes

écoles et elles bénéficient

souvent des meilleurs

locaux. Certaines, comme

Escadrille chez TBS, ont une

notoriété qui va au-delà de

leur école de rattachement.

© Audencia

GEM et Unly lancent un

chatbot pour améliorer

le financement des études

47 % des étudiants

de Grenoble École de

Management (GEM)

financent leurs études par

un prêt bancaire et 11 % ont

essuyé au moins un refus

de prêt ! C’est la conclusion

d’une enquête menée

conjointement par GEM et

l’organisme d’aide à l’accès

aux études Unly. Ensemble

ils proposent désormais

le « GEM Financial

Advisor » : un chatbot, un

simulateur de prêt et des

conseils pédagogiques sur

https://financial-advisor.

grenoble-em.com.

L’objectif est triple :

• aider les étudiants et leurs

parents à se projeter dans le

financement des études et à

explorer les dispositifs à leur

disposition : offres de prêt,

bourses, alternances, jobs ;

• proposer une solution de

financement adaptée au

parcours de l’étudiant et

au salaire moyen de sortie

prévisible. L’alternance

accessible dès la deuxième

année permet même à 68 %

des étudiants à épargner

pendant leurs études ;

• expliquer le vocabulaire

financier et les implications

de chaque décision.

25 % des étudiants du

Programme Grande École

de GEM sont boursiers.

Pour un étudiant sur cinq,

un des parents a un niveau

de formation équivalent ou

inférieur au bac. Pour des

raisons financières, 17 % des

étudiants répondants ont dû

renoncer à un besoin primaire

(soins, nourriture…) et 46 %

ont renoncé à des activités en

lien avec les études (départ

à l’étranger, study trip, stage

intéressant peu rémunéré…).


l’essentiel du sup prépas l’essentiel du mois juillet 2019 N° 29

L'Institut Polytechnique de Paris officiellement créé

Rassemblant l'École polytechnique,

l'ENSTA Paris, l'ENSAE Paris, Télécom

Paris et Télécom SudParis, l'Établissement

public expérimental Institut

Polytechnique de Paris a officiellement

été créé par décret le 31 mai 2019. Dès

2019, l’IPP portera des programmes dispensant

le diplôme de master et de doctorat.

Il délivrera également l'habilitation

à diriger des recherches. Les écoles

qui composent l’IPP sortiront prochainement

de l'Université Paris-Saclay. Une

convention liera cependant les deux établissements

afin de « définir les modalités

de poursuite de leurs collaborations

et de garantir la bonne gestion et

les conditions d'accès de tous aux équipements

et projets mutualisés ». Trois

écoles changent de nom et deviennent,

respectivement, ENSTA Paris, ENSAE

Paris et Télécom Paris. Toutes les écoles

afficheront désormais leur appartenance

à IP Paris dans leur logo.

L'Institut Polytechnique de Paris regroupe

cinq écoles, toutes présentes sur

le plateau de Saclay d'ici la fin 2019, qui

rassemblent 840 enseignants-chercheurs

dans 30 laboratoires, 7 600 étudiants dont

près de 1 000 doctorants. Un partenariat

a été conclu entre IP Paris et HEC

Paris dans le but de créer une alliance

académique pluridisciplinaire dans les

domaines de la Technologie et de l'Innovation

Business.

U7 : une alliance pour le G7

« Nous voulons créer en réseau de très

grandes universités mondiales avec des

universités d’excellence. L’élitisme n’est

pas un grand mot. Nous avons besoin

d’une société équilibrée et d’une élite. Le

sujet est ce que toute notre société soit représentée

dans cette élite. » Dans le cadre

de la présidence française du G7, Frédé-

rique Vidal a porté le 5 juin sur les fonts

baptismaux une alliance de 45 universités

du monde entier, dont HEC Paris, présidée

par le directeur de Sciences Po, Frédéric

Mion : l’U7. Cette alliance tiendra

son premier sommet mondial à Sciences

Po les 9 et 10 juillet prochain.

Un MOOC pour la

« construction d’une

société apprenante »

Depuis le 20 juin il est

possible de suivre les

cours du MOOC “Vers

une Planète Apprenante”

du Centre de Recherches

Interdisciplinaires, destiné

spécifiquement aux

acteurs de l’éducation,

de l’enseignement, de

l’apprentissage et de la

formation. À mi-chemin entre

MOOC et documentaire, il

donne la parole aux acteurs

de la société apprenante. En

compagnie de Marie-Cécile

Naves, l’apprenant part à la

rencontre d’une trentaine de

spécialistes, universitaires,

professionnels et acteurs de

terrain parmi lesquels Robert

A. Lue (Faculty Director,

HarvardX), Guy Etienne

(Directeur, Collège Catts

Pressoir, Haïti), Emmanuel

Davidenkoff (Rédacteur en

chef, Le Monde Campus),

Najat Vallaud-Belkacem, etc.

7


l’essentiel du sup prépas l’essentiel du mois juillet 2019 N° 29

Emploi : les Grande écoles

ne peuvent pas suivre la

demande des entreprises

Avec un taux d’emploi en très légère hausse (89,5 % pour 89,4 % en 2018)

mais surtout un salaire brut moyen annuel en augmentation significative

(34 920 € hors primes contre 34 122 € l’année dernière) l’embellie démarrée

en 2015 se poursuit pour les diplômés des Grandes écoles.

Les diplômés des écoles d'ingénieurs sont les

plus favorisés avec un taux d’emploi qui monte

à 91,2 % (et une hausse des salaires de 2,2 %)

alors que 87,9 % de leurs homologues des

écoles de management sont en emploi (avec une

hausse de 2,6 % de leurs rémunérations). 91,4 des

emplois sont dans le secteur privé pour 5,7 % dans le

public alors que seulement 2,8 % sont non-salariés.

Point fort inédit : 65,2 % des étudiants ont trouvé un

emploi avant même l’obtention de leur diplôme, soit 3

points de plus que la promotion sortante dans l’enquête

2018. « Nos étudiants sont littéralement aspirés par

le marché de l’emploi. Notre problème c’est de ne pas

parvenir à former assez de jeunes diplômés pour un

marché de l’emploi extrêmement porteur. Aujourd'hui

si nos effectifs progressent c’est essentiellement par

l’action des écoles privées qui sont plus réactives »,

note Anne-Lucie Wack, la présidente de la Conférence

des Grandes écoles, en présentant cette 27 e enquête

annuelle sur « L’insertion des diplômés des Grande

écoles ». « Nous allons vers une croissance mais nous

devons toujours prendre garde à la qualité de notre

recrutement. Nous assumons le fait d’être sélectif »,

rappelle Alice Guilhon, vice-présidente de la CGE et

présidente de son Chapitre des écoles de management.

Une inégalité hommes / femmes persistante

De très bons résultats mais un bémol. L’écart d’insertion

comme de salaire entre les hommes et les

femmes reste en effet important. « Il se caractérise

par la différence du taux d’emploi en CDI - 86,5 % pour

les hommes contre 75,6 % pour les femmes – et par

l’écart de salaire observé entre hommes et femmes

qui est de 6,08 % », note Peter Todd, directeur gé-

Est-ce qu'on a un titre pour ce tableau ?

Principal critère de choix

ingénieurs managers ensemble

promotion 2018 - enquête 2019 Hommes femmes total Hommes femmes total Hommes femmes total

Le contenu de la mission/du poste proposé 34,3% 42,2% 36,5% 23,4% 34,0% 29,0% 31,4% 38,0% 33,9%

L'adéquation avec un projet professionnel 28,0% 24,3% 27,0% 28,7% 26,6% 27,6% 28,2% 25,5% 27,2%

Les perspectives d'évolution au sein de l'entreprise 9,4% 8,6% 9,2% 15,3% 11,6% 13,4% 10,9% 9,8% 10,5%

Le secteur d'activité de l'entreprise 9,8% 9,2% 9,6% 8,2% 8,3% 8,2% 9,4% 8,9% 9,2%

Le lieu géographique 6,2% 6,3% 6,2% 3,2% 4,1% 3,7% 5,4% 5,1% 5,3%

La notoriété de l'entreprise 3,2% 2,1% 2,9% 8,0% 6,1% 7,0% 4,5% 4,0% 4,3%

La politique globale de relations humaines dans l'entreprise 2,8% 3,0% 2,8% 1,9% 2,1% 2,0% 2,5% 2,6% 2,5%

Le montant du salaire proposé 2,4% 1,4% 2,1% 3,7% 2,4% 3,0% 2,7% 1,9% 2,4%

J'ai crée/repris mon entreprise 1,2% 0,3% 0,9% 3,7% 1,0% 2,3% 1,9% 0,7% 1,4%

L'absence d'alternative 1,3% 1,2% 1,3% 1,2% 1,4% 1,3% 1,3% 1,4% 1,4%

La politique de responsabilité sociétale de l'entreprise (RSE) 0,3% 0,3% 0,3% 0,6% 0,7% 0,7% 0,4% 0,5% 0,4%

Autre 1,1% 1,1% 1,1% 2,1% 1,7% 1,9% 1,4% 1,5% 1,4%

ensemble 100% 100% 100% 100% 100% 100% 100% 100% 100%

9


l’essentiel du sup prépas l’essentiel du mois juillet 2019 N° 29

néral d’HEC Paris et président de la commission aval

de la Conférence des Grandes écoles en charge de

l’enquête, qui insiste sur « le travail qu’il reste à faire

pour parvenir à la parité et pas seulement en France

mais partout dans le monde occidental ». Anne-Lucie

Wack évoque de son côté des « schémas sociétaux

ancrés très en amont qui amènent les femmes à

travailler dans des secteurs moins rémunérateurs

qui expliquent également les différences de salaire ».

Et de s’étonner que « même dans les secteurs en

tension on trouve des différentiels femmes / hommes

au détriment des femmes ».

Parmi les caractéristiques qui expliquent le décalage

entre les sexes, le facteur le plus déterminant est le

statut cadre : 1,56 point dans l’écart de salaire hommesfemmes

s’explique par une proportion moindre des

femmes ayant le statut cadre.

Des rémunérations en hausse de 2,2 %

Le salaire annuel médian des diplômés de 2018 est

de 35 000 € hors primes quand ils sont salariés en

France. C’est 1 000 € de plus comparé à la promotion

sortante dans l’enquête de l’an dernier. Pour les hommes

managers, il est à 36 500 €. Après le « creux » des

années 2013 et 2014, on retrouve en 2017 le niveau

de salaire d’embauche observé en 2012. En 2019, le

salaire atteint 34 900 € hors primes en moyenne pour

un diplômé travaillant en France : de 34 600 € pour les

ingénieurs à 35 800 € pour les managers. La remontée

observée depuis 2017 amène la rémunération avec

primes à 41 300 € pour les managers et, à 38 300 €

pour les ingénieurs.

évolution du taux net d'emploi à 6 mois et des salaires

Salaire brut annuel moyen hors primes (france)

Dernière promotion - Enquêtes 2010 à 2019

Salaire - lieu de travail en France

Taux net d'emploi dernière promotion

100%

36 000€

95% 35 000€

90% 34 000€

85% 33 000€

80% 32 000€

75% 31 000€

70% 30 000€

2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019

10


l’essentiel du sup prépas l’essentiel du mois juillet 2019 N° 29

Qui a le plus d’influence

sur Twitter ?

Pour la quatrième année consécutive HEADway Advisory a étudié l’influence

des établissements d’enseignement supérieur et de leurs directions sur Twitter.

Et force est de constater qu’en 2019 ce classement ressemble beaucoup

à celui d’un classement académique plus classique.

INSTITUTIONS : SCIENCES PO EN TÊTE

Toutes catégories confondues Sciences Po l’emporte

largement, six points devant HEC Paris, en capitalisant

notamment sur ses 107 000 abonnés. Mais sans pavoiser

: avec seulement 16 % son taux de retweet est

faible. Très loin de l’Université de Lorraine qui prend

une très belle troisième place grâce à ses 48 % de

retweet portés par 13 000 abonnés beaucoup plus

impliqués que ceux de Sciences Po ou d’HEC Paris.

Grandes écoles de commerce : HEC reprend

le flambeau. Seulement cinquième en 2018, HEC l’emporte

cette année devant l’Iéseg et surtout Audencia en

progression de quatre places (son influence progresse

de 6 % et c’est la seule école à progresser ainsi chaque

année depuis quatre ans).

Universités : Paris 1 toujours en tête. Première

en 2018, l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne reste

leader tout en perdant 9 % d’influence. Ex æquo avec Paris

tout en ayant beaucoup moins d’abonnés, l’université de

Lorraine confirme son bon score de 2018 en progressant

encore de 6 % et de huit places. Troisième comme en

2018, l’université de Nantes est celle qui compte le plus

grand nombre d’abonnés : près de 50 000.

du bac – premier diplôme de l’enseignement supérieur

- qu’il porte. Un seul directeur d’école ou président

d’université atteint le top 20 : Jean-François Fiorina

pour Grenoble EM.

Présidents et directeurs : Grandes écoles de

commerce et universités au coude à coude.

Comme en 2018 c’est le directeur général adjoint de

Grenoble EM, Jean-François Fiorina, qui l’emporte dans

cette catégorie qui regroupe directeurs généraux et

présidents d’université. Mais cette année c’est un autre

directeur d’école de commerce, Stéphan Bourcieu,

qui arrive à la deuxième place d’où il détrône de peu le

président de l’université Paris-Nanterre, Jean-François

Balaudé, qui le dépassait en 2018 sur ce même podium.

Responsables : communicants et académiques

tous proches. Deux « communicants » d’écoles de

commerce occupent les deux premières places de ce

classement dominé comme les autres années par le

directeur de la communication et du développement

de Neoma BS, Benoît Anger, devant le directeur de la

communication d’Audencia BS, Frank Dormont.

Étude réalisée par

Julia Vadagnini

La méthodologie : HEADway

Advisory utilise l’application

Followerwonk pour calculer

l’influence de chaque compte

Twitter sur une base 100.

Cette année elle lui a annexé

un indicateur de puissance

en accordant un point

supplémentaire à chaque

compte tous les 10 000

abonnés (arrondi au rang

inférieur). Followerwonk

génère un score de « social

authority » en prenant en

compte non seulement

le nombre d’abonnés

à chaque compte mais

aussi leur taux de retweet

(qui marque l’intérêt des

followers pour le compte),

les URL citées (qui créent

des liens) et le pourcentage

de comptes Twitter

abonnés. Followerwonk

donne également un taux

d’engagement, le nombre

moyen de nouveaux followers

par jour, le nombre total de

tweets postés ainsi que le

nombre moyen de tweets

postés par semaine.

Grandes écoles d’ingénieurs : l’Ecole polytechnique

imbattable. C’est le classement le plus stable.

Comme en 2018, comme en 2017 l’Ecole polytechnique

l’emporte très largement - de 7 points - devant Mines

Saint-Étienne et ESPCI ParisTech. Quatrième Arts et

Métiers ParisTech gagne deux places portées par ses

quelque 31 000 abonnés.

PERSONNALITES : JEAN-MICHEL BLANQUER S’IMPOSE

Toutes catégories confondues Jean-Michel Blanquer

s’impose très largement en surfant notamment sur

ses quelque 138 000 abonnés. Certes il est ministre

de l’éducation et pas de l’enseignement supérieur mais

son influence s’exerce très largement au-dessus de

ce strict environnement, notamment avec la réforme

11


l’essentiel du sup prépas PUBLI information

• Le parcours d’excellence « Future in

Asia » s’adresse, quant à lui, aux passionnés

du continent asiatique, avec

deux expériences académiques dans

deux pays au choix en Chine, Corée,

Inde, Japon, Malaisie, Taiwan, Thaïjuillet

2019 N° 29

L’internationalisation

du Programme Grande École

de NEOMA BS se renforce

L’international figure au cœur du plan stratégique

de NEOMA Business School, qui défend un parti

pris historique en faveur de l’immersion. « NEOMA

Business School déploie une ambitieuse politique

de développement à l’international qui consiste

à s’appuyer sur des partenariats de haut niveau

pour y envoyer de petits groupes d’étudiants qui

s’immergent dans les cours et la vie académique et

estudiantine locale », explique Delphine Manceau,

Directrice générale. L’Ecole annonce aujourd’hui

la signature de 30 nouveaux accords avec des

institutions de premier plan, toutes accréditées.

« Nous nous réjouissons d’accueillir ces universités

au sein de notre réseau qui compte désormais 330

partenaires. Elles partagent les mêmes exigences

académiques, mais aussi les mêmes valeurs et la

même vision de l’immersion que NEOMA Business

School », détaille Delphine Manceau. « Si nous ne

devions en retenir que quelques-unes, nous pouvons

citer l’Instituto de Empresa de Madrid, la Hong Kong

Baptist University, l’American University of Beirut et

Baruch College à New York ».

L’Ecole renforce également ce parti pris en challengeant

le modèle traditionnel de l’échange académique.

« Réinventer l’immersion à l’international est l’un des

axes forts de notre plan stratégique. Cet engagement

se traduit dans la création de dispositifs innovants

qui nous permettent de nouer des alliances avec les

meilleures institutions mondiales », précise Delphine

Manceau. C’est dans cet esprit que le programme

« Entrepreneurs sans Frontières » s’enrichit de deux

nouveaux partenaires : UC Berkeley aux États-Unis

et Copenhagen Business School au Danemark rejoignent

ainsi la Fondation Getulio Vargas (FGV) au

Brésil et Shanghai Jiaotong University en Chine. Le

dispositif couvre aujourd’hui 4 continents et offre

aux étudiants la possibilité de suivre des cours

sur l’entrepreneuriat, de s’immerger dans l’incubateur

académique du partenaire, d’avoir accès

aux écosystèmes locaux et ainsi de construire des

start-ups d’emblée internationales. « Nos étudiants

entrepreneurs ont désormais l’opportunité de rejoindre

l’incubateur d’une université renommée pour

lancer leur projet de création d’entreprise dans un

esprit born global » explique Céline Davesne, DGA

Programmes & International.

Programme Grande École :

2 nouveaux parcours

d’excellence dès 2019

Dans ce même esprit, le Programme

Grande École évolue pour renforcer encore

davantage son internationalisation

et l’expertise développée par les étudiants.

Dès la rentrée 2019, il proposera

deux nouveaux parcours d’excellence

internationaux :

• Le parcours d’excellence « Global

Experiences » offre la possibilité de

suivre deux semestres académiques sur

deux continents différents (un par an)

au cours des deux premières années

d'études, à chaque fois dans des universités

de premier plan. Ces expériences

sont complétées par deux stages à l’international.

« Ce dispositif est une opportunité

unique pour nos étudiants de

s’exposer à deux zones du monde et de

bénéficier d’un parcours riche sur trois

plans : expérience académique, expérience

professionnelle et expérience

culturelle », détaille Sylvie Jean, Directrice

du Programme Grande École. Le

réseau de ce nouveau dispositif compte

aujourd’hui 27 universités dans 20 pays,

toutes accréditées, sur les cinq continents.

« Nous avons la chance de compter

parmi elles notamment St Gallen

University en Suisse ou l’Université de

Laval au Canada ».

lande ou Vietnam. Pour compléter ces

enseignements, deux stages seront réalisés

sur place. Ce nouveau parcours

s’appuie sur des partenariats historiques

de l’Ecole, parmi les plus reconnus de

cette zone, comme Sun Yat-Sen University

en Chine ou Nagoya University

au Japon. « L’Asie joue un rôle économique

de premier plan à l’échelle

mondiale, incitant de nombreux étudiants

à y imaginer une partie de leur

parcours professionnel futur », précise

Sylvie Jean. « La complexité et la

richesse du continent asiatique sont

telles qu’une expérience longue est absolument

nécessaire ».

12


l’essentiel du sup prépas PUBLI information

juillet 2019 N° 29

« Nous défendons plus que jamais notre volonté

de faire de notre Programme Grande École une formation d’exception

alliant les atouts d’une formation généraliste

et les forces d’un cursus spécialisé »

… et une nouvelle offre de

double-diplôme et de triplediplôme

en 2020

Autre nouveauté majeure pour la rentrée

2020 : la conversion des spécialisations

du Programme Grande École en Masters

of Science (MSc) et la création de

nouveaux MSc, ajoutant une nouvelle

dimension au parcours de l’étudiant. Le

programme offre désormais la possibilité

à l’ensemble de ses étudiants d’obtenir :

• soit un double-diplôme Master en Management

/ MSc de NEOMA Business

School,

• soit un double-diplôme Master en Management

/ Diplôme d’une université

partenaire

• soit un triple-diplôme Master en Management

/ MSc de NEOMA Business

School / Diplôme d’une université

partenaire.

« Nous défendons plus que jamais notre

volonté de faire de notre Programme

Grande École une formation d’exception

alliant les atouts d’une formation

généraliste et les forces d’un cursus spécialisé

», souligne Sylvie Jean. « Parmi

les opportunités offertes, nous pouvons

notamment citer le triple-diplôme

avec l’Université de San Diego autour

de notre MSc Investment Analysis, ainsi

que celui autour du MSc in International

Luxury Management avec Politecnico

di Milano ».

Visionner la vidéo

Le Programme Grande École affiche un

nouveau portefeuille de :

• 14 double-diplômes Master en Management

/ MSc de NEOMA Business

School articulés autour de 3

grands domaines dont une offre de 4

triple-diplômes.

• 13 double-diplômes Master en Management

/ Diplôme d’une université partenaire

internationale

• plusieurs double-diplômes en France

avec 4 institutions / Diplôme en Master

Spécialisé ou Master ou DU

13


l’essentiel du sup prépas analyse

juillet 2019 N° 29

Alain Joyeux

Président de l’APHEC

« Quatre nouveaux parcours

devraient être bientôt actés »

Le congrès 2019 de l’Association des

professeurs des classes préparatoires

économiques et commerciales se tenait

cette année dans les locaux rouennais

de NEOMA. Alors que les questions sont

nombreuses pour adapter la filière à la

réforme du bac, la présence du ministre

de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer,

était la bienvenue pour préciser ses

intentions. L’analyse du président de

l’APHEC, Alain Joyeux.

Olivier Rollot : Cette année le congrès de

l’APHEC a reçu la visite de Jean-Michel

Blanquer. C’était la première fois qu’un

ministre de l’Éducation se rendait ainsi à

votre rencontre. Êtes-vous satisfait du

message qu’il est venu faire passer ?

Alain Joyeux : Quelles que soient les opinions de

nos membres, le principe de sa venue a été apprécié.

D’autant qu’il a tenu un discours rassérénant. C’est

quand même rare qu’un ministre déclare son amour à

une assemblée comme il l’a fait. Alors évidemment il

n’a pas répondu à toutes nos questions sur la création

de nouvelles classes, l’hétérogénéité des profils que

nous recevons ou l’identité des classes préparatoires

vis-à-vis des autres voies d’accès aux Grandes écoles.

Il n’a pas apporté de réponses sur la manière dont

nous allons pouvoir gérer l’hétérogénéité plus grande

profils d’élèves recrutés. Sa venue n’en est pas moins

un symbole très important alors que les classes préparatoires

sont toujours en interrogations quels que

soient les gouvernements.

O. R : Il a évoqué les quatre nouvelles

filières qui pourraient remplacer

les anciennes classes préparatoires ECS

et ECE. C’est acté ?

A. J : On parle plutôt de nouveaux « parcours ». Ils ne

sont toujours pas actés officiellement mais devraient

l’être dès le 4 juillet. Ces quatre parcours seront :

mathématiques approfondies / géopolitique ; mathématiques

approfondies / économie sociologie et histoire

du monde contemporain (ESH) ; mathématiques

appliquées / géopolitique ; mathématiques appliquées

/ ESH. Les enseignements de langues vivantes et de

culture générale demeurent quels que soient les parcours.

Il reste encore des interrogations sur la place

de l’économie et de l’informatique.

O. R : On pourra les suivre dans tous les

lycées ?

A. J : La majorité des lycées ne pourra pas tous les

proposer sachant qu’aujourd'hui une vingtaine de lycées

publics disposent de deux classes préparatoires

EC différentes et plus. Et on ne pourra pas non plus

proposer à nos élèves de parcourir des kilomètres et

des kilomètres pour y suivre les spécialités qui ne sont

pas accessibles dans leur propre lycée.

Faute de moyens supplémentaires, les quatre parcours

ne seront accessibles que dans les lycées qui possédaient

déjà une ECS et une ECE. Dans les lycées qui n’ont

qu’une classe on en restera probablement à la situation

14

© A. J

Une nouvelle journée

consacrée au continuum

Dans la continuité de la

première journée APHEC

consacrée au « Continuum

Prépas EC – Grande écoles

de management » du

19 octobre 2018, l’APHEC,

Skema BS et HEADway

Advisory organisent

une nouvelle journée le

8 novembre 2019 dans les

locaux de Skema BS à Sophia

Antipolis. Cette année, dans

la logique de la réforme

du lycée et des adaptations

nécessaires des classes

préparatoires EC, la journée

sera plus particulièrement

consacrée à l’évolution des

programmes et contenus

de classes préparatoires

mais aussi des compétences

attendues par les Grandes

écoles et les entreprises.


l’essentiel du sup prépas analyse juillet 2019 N° 29

actuelle, au moins à moyen terme. C’est-à-dire qu’aux

ECS vont se substituer les parcours « Mathématiques

expertes- HGG (Histoire, géographie et géopolitique du

monde contemporain) » et aux ECE « Mathématiques

appliquées - ESH (Économie, sociologie et histoire du

monde contemporain) ».

Le ministère annonce une « logique de bassin » pour

que les différents parcours puissent être proposés.

À moyens constants, nous sommes un peu dubitatifs.

Le souci de l’APHEC est aussi de ne pas fragiliser des

collègues, postes et disciplines. C’est pourquoi nous

demandons que tout changement d’offre dans un lycée

se fasse en concertation et qu’aucune mutation ne soit

imposée aux professeurs de CPGE. Notons d’ailleurs que

les Grandes écoles n’ont pas exprimé de demandes de

« révolution » de la structure actuelle des CPGE qui leur

convient. Ces évolutions peuvent cependant peut-être

permettre aux CPGE dites de proximité d’adapter leur

offre au vivier d’élèves pour leur permettre de mieux

recruter. Mais cela reste à démontrer.

O. R : La dichotomie « Mathématiques

expertes »- « Mathématiques appliquées »

semble quand même poser un problème.

Pourquoi les étudiants choisiraient-ils une

voie plus difficile en mathématiques ?

A. J : Mon avis, qui ne fait pas consensus, est que le

système ne sera pas viable sans remise en cause de

l’interclassement des concours. On nous signifie que

les programmes seront demain tellement différents

qu’un étudiant excellent en mathématiques aurait tout à

perdre à ne pas choisir les parcours « mathématiques

approfondies » alors que les coefficients l’avantageraient.

Cela reste à considérer.

Pour l’instant les écoles sont assez divisées sur la

remise en cause de l’interclassement de peur que cela

complique le fonctionnement du Sigem, que des écoles

favorisent certains parcours. Nous leur disons – c’est

aussi le point de vue des proviseurs de l’APLCPGE - qu’il

risque de falloir évoluer si elles souhaitent toujours

recruter de très bons étudiants en mathématiques.

Nos élèves veulent réussir. Intégrer la meilleure école

possible. Il suffira qu’un d’entre eux se rende compte

que le choix de « mathématiques appliquées » favorise

l’accès à une meilleure école pour que la question de

l’attractivité des mathématiques approfondies se pose.

O. R : Pourra-t-on changer de parcours en

cours de route ?

A. J : A priori non. Chacun est conscient qu’il faut une

certaine rigidité dans le cadre d’un concours fondé

sur un travail de deux ans.

© Neoma BS

O. R : Quand allez-vous commencer à

travailler sur l’adaptation – on ne parle pas

de réforme je crois – des programmes ?

A. J : Dès l’automne se réuniront des groupes disciplinaires

pour réfléchir à l’adaptation des programmes.

Cela nous donne du temps, deux années pleines jusqu’à

l’automne 2021 pour réfléchir. C’est aussi l’occasion de

réfléchir aux contenus, aux compétences et, peut-être,

de faire évoluer les épreuves des concours. Ce sera

un débat qui associera les inspections générales, les

Grandes écoles et les professeurs de CPGE à travers

l’APHEC.

O. R : Avez-vous des informations précises

sur l’évolution des inscriptions dans vos

classes. On se souvient que 2018 a été

une année un peu difficile avec l’entrée en

service de Parcoursup.

A. J : Nous avons des échos très variables. Avec

l’avancée de l’échéance au 19 juillet les classes se

remplissent plus vite. Mais des formations comme

Sciences Po, qui sont hors de Parcoursup, risquent

toujours de nous prendre des élèves qui ont pourtant

donné un oui définitif à leur inscription dans une classe

préparatoire.

Quant au traitement des élèves boursiers il est difficilement

lisible. Certains candidats remontent de 100

places pour qu’on atteigne le pourcentage de boursiers

demandé sans avoir été classés dans la liste principale

par nos commissions contrairement à tout ce qui nous

a toujours été dit.

Jean-Michel Blanquer

prononce un discours très

attendu lors de la dernière

assemblée générale de

l’APHEC sous l’œil attentif

d’Alain Joyeux et la directrice

générale de NEOMA,

Delphine Manceau.

Choix des spécialités

menant aux classes

préparatoires : ce

qu’en dit le ministère

de l’Éducation

Dans un document publié

cette semaine et intitulé

Nouveau lycée : une

opportunité pour accéder

aux classes préparatoires,

le ministère de l’Éducation

lâche toute une série

d’informations aux élèves

et étudiants sur les classes

préparatoires et les meilleures

manières d’y entrer dans

le cadre du nouveau bac.

15


l’essentiel du sup prépas analyse juillet 2019 N° 29

Bac : un « grand oral »

pour plus d’égalité

Professeur d’art oratoire à

Sciences Po, Cyril Delhay a

remis à Jean-Michel Blanquer

fin juin son rapport Faire

du grand oral un levier de

l’égalité des chances. Il y

insiste particulièrement sur

la nécessité de développer,

dès l’enseignement primaire,

un enseignement destiné

à tous les élèves qui ne

« doit en aucun cas être une

pratique inégalitaire ».

© ESCP Europe

De même l’anonymisation des profils elle reste très

disparate selon les académies. Certaines n’anonymisent

aucun profil dès lors qu’un lycée possède un

internat – les inscriptions en internat ne peuvent pas

être anonymisées -, d’autres seulement ceux qui ne

postulent pas dans un internat, d’autres enfin tous

les profils. Nous considérons toujours que l’anonymisation

est absolument inutile. Il faut faire confiance

aux commissions de professeurs sous l’autorité des

chefs d’établissements sur le caractère équitable de

leurs sélections.

O. R : Comment analysez-vous les critiques

de la ministre de l'Enseignement supérieur,

de la Recherche et de l’Innovation,

Frédérique Vidal, sur le manque d’implication

des Grandes écoles dans la diversité

sociale ?

A. J : Il y a d’abord une contradiction entre le fait de

dire aux écoles qu’elles n’en font pas assez et celui de

leur mettre des bâtons dans les roues dans le développement

de l’apprentissage. Ensuite des chiffres qui

montrent le chemin parcouru : 29 % des admissibles à

HEC en 2018 étaient boursiers. Ils sont 46 % en ECT.

Certes moins en ECE et encore moins en ECS mais

quel chemin parcouru.

Notre problème maintenant c’est de faire face à l’autocensure

de ceux qui n’osent pas nous rejoindre

alors qu’ils réussissent très bien. De ce point vu-là la

communication des taux de sélectivité sur Parcoursup

n’est pas rassurante. Quand un candidat voit qu’il y a

eu 1 500 dossiers déposés pour 48 places dans une

classe préparatoire il ne sait pas que 350 à 400 dossiers

vont recevoir une réponse positive. En fait nous

donnons notre accord à un pourcentage beaucoup plus

important de dossiers qu’on ne le croit mais seules les

familles initiées en sont conscientes.

Les CPGE et leurs professeurs militent pour l’ouverture

sociale, la diversité dans nos classes est une richesse.

Mais c’est en amont que l’autocensure sévit. Il reste

que les professeurs de CPGE ne ménagent pas leurs

efforts pour attirer des élèves de tous les milieux et

territoires : informations dans les lycées, invitations à

des élèves de terminale de venir passer une journée

de cours en CPGE ce qui permet de déconstruire

certains clichés et discuter avec les enseignants et

étudiants, etc.

O. R : Parmi les sujets que vous avez mis en

avant lors de votre congrès la question de la

hausse continue des frais de scolarité des

écoles a été particulièrement débattue. C’est

un vrai problème pour la filière aujourd'hui ?

A. J : C’est clair. Lors de nos journées portes ouvertes

cela devient un sujet de plus en plus important à mesure

qu’on arrive à un niveau de 15 000 € par an. Il faut

inventer d’urgence des formes de financement pour

les classes moyennes. Nous sommes bien conscients

que les écoles font face à de plus en plus de charges.

Peut-être faut-il réfléchir à défiscaliser tout ou partie

des frais de scolarité pour aider les classes moyennes.

Des systèmes plus accessibles de cautionnement

public des prêts pourraient aussi être étudiés. Ceci

profiterait à tous les étudiants, y compris ceux qui sont

à l’université. La nation a besoin de cadres : il serait

dommage de freiner les énergies et les compétences

pour des raisons financières qui limiteraient l’accès

des jeunes aux cursus de l’enseignement supérieur

qu’ils souhaitent.

16

Lié aux enseignements

de spécialité du nouveau

bac, le futur grand

oral est divisé en :

• présentation initiale du

sujet (5 min) : le rapport

propose qu’elle soit réalisée

sans support, sans note,

debout devant le jury. Il

s’agit de se placer dans une

situation où l’oral seul est

le vecteur du message.

• dialogue avec le jury (10

min) : cette partie permet

au jury de faire appel aux

connaissances de l’élève,

mais aussi à sa curiosité, à

ses motivations. La présence

d’un membre du jury qui

n’enseigne pas la spécialité

du candidat permet d’ouvrir

le dialogue à des sujets non

étroitement techniques.

• retour sur sa réflexion

et proposition d’une «

pensée en acte » (5 min) :

le jury relance le candidat

avec une nouvelle question

suscitée par son propos et

lui demande de développer

sa réponse après un petit

temps de préparation. Il

s’agit de développer un

exemple, une application,

une mise en situation, etc. Il

permet d’évaluer la capacité

du candidat à « rebondir »

et à créer de nouveaux

développements à partir de

l’horizon posé par son sujet.


l’essentiel du sup prépas entretien

juillet 2019 N° 29

Tawhid Chtioui

Président du directoire, directeur général de emlyon BS

« Emlyon BS construit

un nouveau modèle éducatif »

En accueillant des actionnaires privés

emlyon BS opère aujourd'hui une

mutation majeure du modèle des écoles

de management consulaires. Son

directeur depuis avril dernier, Tawhid

Chtioui, nous explique pourquoi il s’agit

en fait d’un « nouveau modèle éducatif.

Olivier Rollot : Emlyon BS vient d’adopter

un tout nouveau modèle économique avec

notamment l’arrivée d’actionnaires privés.

Comment définiriez-vous ce nouveau

modèle ?

Tawhid Chtioui : D’abord je ne parlerais pas de

nouveau modèle économique mais plutôt de nouveau

modèle éducatif. Nous intégrerions de nouvelles parties

prenantes. Sous l’impulsion de la CCI Lyon Métropole,

nous avons souhaité transformer emlyon avec une gouvernance

plus équilibrée. Avec une nouvelle dimension

privée nous répondrons à nos besoins d’investissement

et maintiendrons les équilibres financiers à long terme

tout en affirmant notre mission centrée sur l’employabilité

et en conservant notre excellence académique,

nos standards d’accréditation, une marque forte, un

impact sociétal et un ancrage local affirmé. C’est un

modèle très différent d’une entreprise classique pour

laquelle le profit est le sujet dominant.

O. R : Pourquoi avoir choisi de faire appel à

des capitaux privés ?

T. C : Une option s’offrait à nous : rester une très

bonne école à dimension nationale pendant encore

des dizaines d’années, soit avoir d’autres ambitions.

En Italie, en Espagne, en Allemagne les meilleures

business schools ne sont pas situées dans la capitale

et notre ambition c’est justement de faire partie du

top 10 en Europe. Pas seulement du top 25 comme

aujourd'hui. Mais pour y parvenir le constat est clair :

les dix meilleures business schools européennes font

250 millions d’euros de chiffre d’affaires quand nous en

sommes encore à 100 millions. Ces business schools

peuvent investir chaque année 30 à 45 M€ dans leur

développement quand nous ne pouvons pas dépasser

les 10 M€ aujourd’hui.

Nous avons besoin de moyens pour investir et notre

chambre de commerce et d’industrie a été très ouverte

et innovante sur ces sujets. Sans doute parce qu’elle

a déjà réussi à développer l’aéroport de Lyon ; elle a

eu confiance à l’idée d’aller plus loin également pour

l’école en l’ouvrant à des capitaux extérieurs. Bien sûr

nous avons pensé faire une levée de fonds auprès de

nos alumni et des entreprises, comme celle que vient

de lancer HEC, mais en France seule HEC pourrait

lever de tels montants par le biais de sa fondation

avec l’inconvénient de limiter leur utilisation dans un

cadre bien précis. Pour nous la seule solution viable

et qui répond à notre ambition et notre projet pour

l’école était d’aller chercher de nouveaux partenaires.

O. R : Comment va se recomposer

exactement votre capital ?

T. C : Je voudrais d’abord insister sur la possibilité que

nous allons donner aux personnels comme aux alumni

de participer à notre capital. Dans le cadre d’un FCPE

(fonds communs de placement d'entreprise), les élus

17

© emlyon BS

Le nouvel actionnariat

Après avoir lancé en

août 2018 la transformation

juridique de l’école avec

la création de la SA early

makers group, puis décidé

en janvier 2019 d’ouvrir

le capital, la CCI Lyon

Métropole Saint-Étienne

Roanne a annoncé le 13 juin

l’entrée en négociations

exclusives avec Qualium

Investissement et Bpifrance,

qui deviendraient actionnaires

d’Early Makers Group SA, la

holding du groupe emlyon.

Dans ce cadre la CCI Lyon

Métropole conservera un rôle

d’actionnaire « d’ancrage

historique et territorial »

et bénéficiera de droits

spécifiques, les « règles

d’or », permettant notamment

de « préserver les principes

fondamentaux de l’école » :

• maintien d’une minorité de

blocage pendant 10 ans ;

• droits de veto sur les

décisions majeures pour

l’école permettant de

garantir son excellence

académique et son

ancrage fort dans la région

Auvergne-Rhône-Alpes

(maintien du siège social

dans la métropole lyonnaise,

de la dénomination

« Lyon » dans la marque),

droit de regard sur l’entrée

de nouveaux partenaires

au capital, etc.).


l’essentiel du sup prépas entretien juillet 2019 N° 29

de la CCI ont souhaité donner aux salariés la possibilité

de devenir actionnaire de leur école. Ils souhaitaient

créer un lien particulier entre l’école et ses salariés,

contributeurs essentiels à l’élaboration et à l’exécution

du plan stratégique, ainsi qu’à la création de valeur. Il leur

semblait naturel de faire bénéficier les collaborateurs

du succès de leur école, qui est en partie la leur. Nos

salariés vont pouvoir acquérir jusqu’à 10 % de notre

capital – soit 15 millions d’euros – avec une décote de

30 % sur sa valeur. De plus nous abondons d’un euro

tout euro investi par nos salariés. Cette participation

est aussi un moyen de les associer de façon pérenne

à la gestion de l’école. Comme nous souhaitons le

faire également avec nos alumni. Cela nous paraît

une manière plus judicieuse de les impliquer dans

le développement et le pilotage de leur école que de

leur demander seulement de donner à une fondation.

O. R : Votre chambre de commerce et

d’industrie restera majoritaire au capital ?

T. C : Dans un premier temps elle conserve 60 %

du capital. Ensuite après l’apport complémentaire

des investisseurs pour atteindre les 100 M€, La CCI

aurait vocation à devenir actionnaire minoritaire, tout

en conservant une minorité de blocage au sein du

capital d’early makers group. De leur côté Qualium

Investissement et Bpifrance vont prendre 30 % du

capital. Ils ont été choisis à la suite d’un processus

très rigoureux qui a permis de choisir leur dossier.

Parmi les onze qui s’étaient présentés le choix s’est

porté sur le candidat répondant le mieux aux critères

de comptabilité avec les valeurs fondamentales de

l’école ainsi que l’acceptation des règles d’or. La CCI

de Lyon Métropole a fait son choix sur la base de ses

critères et après consultation de l’ensemble des parties

prenantes de l’école.

O. R : Mais peut-on garantir la même qualité

académique avec des actionnaires privés ?

Ce n’est pas le modèle des autres business

schools de votre rang.

T. C : Notre modèle est différent de celui de certaines

écoles qui garantissent des retours financiers beaucoup

plus importants que les nôtres. Les intérêts de

l’investisseur et de l’école sont liés. Les principaux

choix stratégiques qui seront faits par l’investisseur

seront en cohérence avec la vision de la CCI, du fait

des règles d’or que celui-ci a acceptées en entrant au

capital du groupe emlyon.

L’investisseur a tout intérêt à accompagner un projet

de long terme car au moment de sa sortie, la valeur de

l’école ne repose pas seulement sur ses performances

financières passées mais surtout de son potentiel futur,

donc de son projet à long terme, de sa qualité, de sa

notoriété et ses avantages compétitifs…

Nous avons choisi le modèle le plus en phase avec

nos valeurs dans le cadre de notre projet 2020-2023

que nous avons projeté jusqu’en 2026 pour Qualium

qui restera au moins cinq ans au capital. Pour la BPI

ce sera surement plus long.

O. R : A ceux qui redoutent que vos

actionnaires vous empêchent de conserver

votre qualité académique vous répondez en

fait qu’ils en sont au contraire les meilleurs

garants ?

T. C : Nous sommes évalués à 125 millions d’euros

pour un résultat de 10 M€. Douze fois notre Ebitda !

C’est dire si notre valeur va bien au-delà de notre

valeur financière. Les investisseurs savent que notre

valeur reposera sur notre rayonnement en France et

à l’international et notre potentiel de développement.

Ils ont su décomposer les éléments qui vont nous

permettre de progresser. D’autant que la BPI a pour

objectif de soutenir la marque France et que Qualium

est également affilié à la Caisse des Dépôts. Ils savent

que c’est l’excellence qui fait notre valeur.

En fait notre plus grande valeur ajoutée est dans la

composition de la gouvernance avec à la fois une CCI

innovante et entrepreneuriale, des salariés qui portent

l’école, des diplômés qui ont une vision à long terme,

un investisseur institutionnel et un investisseur privé

qui donnent des ressources tout en étant garants de

la pérennité. C’est bien plus efficace pour construire

un projet durable et ambitieux.

Emlyon construit sur ses

campus des espaces de vie

et de travail innovants

Le nouveau campus

En 2022 emlyon BS

réaménage au centre de Lyon,

dans le quartier de Gerland,

où sera construit son « early

makers hub ». Un bâtiment

de 30 000 m² sur un site de

2,28 hectares dont les rez-dechaussée

et le jardin seront

ouverts sur l’extérieur avec

des commerces, des services,

d’espaces digitaux ou de

co-création, comme le Café

Jaurès et le show-room des

Nouvelles Intelligences, tous

accessibles au grand public.

Au-delà des certifications

HQE Excellente et BREEAM

Very Good, le site se

montrera fortement innovant

en matière « d’incitation

aux comportements

vertueux et responsables

de ses utilisateurs ».

© emlyon BS

18


l’essentiel du sup prépas entretien juillet 2019 N° 29

O. R : L’autre grand dossier que vous allez

gérer dans les années à venir est le retour de

emlyon dans le centre de Lyon dans de tout

nouveaux bâtiments. Qu’attendez-vous de ce

nouveau campus ?

T. C : Ce sera un hub ouvert sur la ville dont deux étages

seront ouverts aux publics. Longtemps les villes se

sont construites autour de leur université avant de

s’en éloigner. Quand on étudie à Harvard ou Stanford

on profite de la proximité avec l’écosystème entrepreneurial

et cela permet de développer l’innovation.

Nous avons aussi un rôle sociétal à jouer. Sans parler

de l’intérêt pour nos étudiants venus de l’étranger de

profiter du centre-ville de Lyon pour vivre une véritable

immersion dans la culture française. Notre nouveau

hub comportera un cœur battant, un lieu propice aux

événements où nous pourrons aussi bien accueillir des

conférences que des matchs de basket ou des concerts.

Ce sera vraiment le hub de 2040 ! Pas seulement de

2022 quand nous nous y installerons.

Nous voulons vraiment profiter de ce déménagement

pour transformer notre modèle éducatif avec de nouveaux

espaces pédagogiques. Peut-être même en y

intégrant une école de design ou d’ingénieurs.

O. R : Vous pourriez racheter ou créer

d’autres types d’écoles ?

T. C : Cela fait partie de notre projet. En France comme

à l’étranger. Aujourd'hui seulement quelques dizaines

de nos diplômés le sont également d’une école d'ingénieurs

chaque année. C’est marginal alors que le

monde de l’entreprise se transforme avec la montée

en puissance de nouvelles intelligences, artificielle,

émotionnelle, sociétale, que nous devons hybrider.

L’université de Stanford possède sept écoles différentes

qui travaillent ensemble et permettent de créer de

l’innovation au-delà des cadres disciplinaires. Nous

voulons passer du modèle de la school of business

à celui de la « school for business ». Pour cela nous

recrutons des professeurs au-delà des sciences de

gestion. En intelligence artificielle et Data nous avons

même une équipe de vingt professeurs qui travaillent

sur le sujet. Des professeurs qui publient souvent dans

des revues que ne scrutent pas les accréditeurs ou les

classeurs des écoles de management. Aucune école

ne peut en dire autant.

O. R : Dans quelles dimensions allez-vous

investir en priorité ?

T. C : Les quatre principales sont l’hybridation des

compétences, l’excellence académique, la digitalisation

et la globalisation. Dans le cadre de notre programme

Grande école nous allons en particulier travailler sur

l’hybridation avec les sciences. Nous devons donner

à nos étudiants une culture scientifique très forte

pour leur permettre de maîtriser les compétences de

demain. À la prochaine rentrée nous délivrerons pour la

première fois notre programme réformé à 100 % dans

cette logique d’hybridation mais aussi d’individualisation.

C’est un atout considérable de pouvoir proposer des

cycles de deux mois qui permettent par exemple de

partir en Inde étudier l’innovation frugale ou en Afrique

l’entrepreneuriat social. Demain nous pourrions même

proposer des rentrées toute l’année. Il n’y a vraiment

plus aujourd'hui deux CV de diplômés de emlyon qui

se ressemblent.

O. R : Les classes préparatoires

économiques et commerciales vont évoluer

dans les années à venir pour se mettre au

diapason de la réforme du bac. Dans quelles

directions les engagez-vous à aller ?

T. C : Vers l’ouverture sur d’autres disciplines. Regardez

l’étude que produit chaque année Linkedin sur les compétences

attendues dans les fonctions de leadership

et de management. Sur dix des « hard skills » les plus

demandés, la moitié se situe en dehors des sciences

de gestion. Dans les data, dans les sciences ou la

technologie. Aujourd'hui tous les étudiants ont besoin

de disposer d’un socle scientifique solide.

O. R : De plus en plus de professeurs de

classes préparatoires remontent les

difficultés financières qu’ont certains de

leurs étudiants à financer leur cursus. Que

faites-vous pour ne pas les laisser de côté ?

T. C : Nous proposons différents programmes et bourses

et allons encore innover. Nous allons même consacrer

un pourcentage de notre chiffre d’affaires chaque

année au financement de bourses dans le cadre de

notre fondation. Notre ouverture sociale est un sujet

très important pour nous.

Aider d’autres profils

Emlyon ne s’intéresse pas

qu’à ses futurs diplômés. Le

programme « Entrepreneurs

dans la ville » de emlyon en

partenariat avec Sport dans

la ville, s’adresse à des jeunes

de quartiers prioritaires de

la Politique de la Ville qui

veulent créer leur entreprise.

Depuis 2007, ce programme

basé à Lyon et à Paris a

accompagné 285 porteurs

de projets ayant donné

lieu à la création de 198

entreprises et 398 emplois.

© emlyon BS

19


l’essentiel du sup prépas PUBLI information

juillet 2019 N° 29

#ThinkForward,

ou l’art d’être indiscipliné

Comment le Programme Grande École de SKEMA Business School

fait évoluer le continuum pour briser le carcan des disciplines

Sophie Gay, Directrice du Programme Grande École

© Lora Barra

Changements de rythme, block teaching,

collaboration constante, résolution de problèmes

concrets et réels, rôle central de la

communication, développement personnel

et de carrière, activités para-académiques

nombreuses et prenantes … sont

autant de points de rupture entre la classe

préparatoire et la Grande École. Assurer

une transition plus efficace est donc une

préoccupation légitime qui a généré des

évolutions pédagogiques fortes, parmi lesquelles

le « continuum », c’est-à-dire la

construction d’un cursus cohérent sur 5

années de formation, de la 1ère année de

prépa à la dernière année du Programme

Grande École.

Du Continuum à ThinkForward

Initié par SKEMA il y a plus de 5 ans

maintenant, le continuum s’appuie sur les

acquis des préparationnaires. Il poursuit

le travail effectué tout en ciblant bien sûr

des savoirs mais surtout des compétences :

ces capacités de décision en contexte réel,

de passage à l’action et d’impact.

Le continuum s’exprime tout d’abord par

la forte présence de cours humanistes :

Frédéric Munier, Rodolphe Desbordes et leurs étudiants lors

de la dernière learning expedition en Ouzbékistan.

plus de 25% des volumes horaires en

1ère année, et plus de 20% en 2ème année.

Mais il est surtout incarné par des

experts qui savent associer la maîtrise

des filtres théoriques à l’expérience et à

la volonté d’action dans la société : Emmanuel

Combe, en Économie ; Gaspard

Koenig, en Philosophie, ou encore Frédéric

Munier en Géopolitique en sont

des illustrations concrètes. Finalement,

le continuum prend toute sa dimension

par les liens développés entre les disciplines

: les contenus pédagogiques sont

établis de manière concertée entre les

matières et questionnent les étudiants

sur le sens qu’ils souhaitent donner à

leurs actions.

Après plusieurs années de mise en place

et d’évolutions, le continuum s’est révélé

une source de motivation pour étudiants

et enseignants, et a permis de confirmer

le potentiel de cette approche multidisciplinaire.

De manière très naturelle,

les participants établissent désormais

des liens, des passerelles entre matières

pour développer une démarche globale

de résolution de problèmes.

Du continuum est ainsi née

ThinkForward, l’approche qui guide

l’évolution du Programme Grande École

de manière résolument interdisciplinaire

et humaniste.

ThinkForward, Penser demain en

se forgeant un profil unique

Comment former nos étudiants à « Penser

demain », à se préparer aux évolutions

de nos sociétés dans un environnement

complexe ? ThinkForward se

compose d’activités académiques et para

académiques tout au long du parcours

afin que chaque étudiant puisse développer

un capital compétences unique, adaptable

à l’ensemble des spécialisations de

dernière année.

En 1ère année (L3) : l’objectif principal

est d’analyser et comprendre un

monde de plus en plus complexe sans

s’enfermer dans une discipline ou une

spécialisation.

Création de cours de « Grands Enjeux

» (économiques, géopolitiques,

philosophiques et managériaux)

animés par des experts qui collaborent

pour dessiner des activités

multidisciplinaires

Adoption d’une pédagogie active et

innovante par le biais de séminaires

et hackathons multicampus

Possibilité de suivre des parcours différenciés,

qui ne ferment aucune porte

pour la suite du programme mais permettent

aux étudiants d’acquérir des

compétences qui rendent chaque profil

unique

Opportunité d’ouverture internationale

dès la 1ère année grâce au dispositif

SKEMA 6X6 qui permet aux étudiants

de partir dès le second semestre

de la Licence 3 sur nos campus internationaux

(Chine, Brésil, États-Unis

et bientôt Afrique du Sud)

20


l’essentiel du sup prépas PUBLI information

juillet 2019 N° 29

En 2ème année (M1) : l’objectif est

d’amener nos étudiants à agir dans

un monde global et complexe tout en

accentuant des compétences Digitales,

Globales ou d’Innovation Durable.

La composante humaniste forte du

cursus est maintenue avec notamment

les cours de « Global Economic

Issues », de gestion multiculturelle

« Global Knowledge Economy

Talent », animés par les mêmes

équipes multidisciplinaires

Les étudiants s’engagent dans une

mobilité internationale académique

et professionnelle. À la possibilité de

partir sur nos campus internationaux

s’ajoutent l’ensemble des échanges et

doubles diplômes avec nos plus de

100 partenaires académiques partout

dans le monde

La construction d’un profil unique est

complétée par les électifs mais aussi

des cours spécifiques axés sur la

Digitalisation, la Globalisation ainsi

que le Développement Durable et

l’Innovation.

Le cursus prépa - PGE SKEMA est ainsi

construit sur un modèle 2 (classes prépa)

+ 2 (profil ThinkForward interdisciplinaire)

+ 1 (spécialisation). Ce modèle innovant

est parfaitement adapté à la flexibilité

des carrières de demain mais aussi

au besoin de personnalisation des parcours.

La dernière année, en M2, peut se

réaliser dans l’une des 33 occurrences

MSc (sur les 7 campus SKEMA), des 10

occurrences MS ou encore via les multiples

échanges et doubles diplômes proposés

avec des partenaires internationaux.

ThinkForward : plus qu’un

dispositif pédagogique

ThinkForward s’appuie certes sur un

cadre de référence théorique solide et varié,

indispensable à l’interprétation d’une

réalité complexe, mais sa particularité

tient à son ouverture sur la mise en place

de solutions par des expériences para académiques

structurantes :

ThinkForward Lecture series – le

monde vient à SKEMA. Des conférences

proposées à l’ensemble des étudiants

de SKEMA par des experts internationaux

sur la compréhension de

problématiques actuelles, l’anticipation

du contexte économique et sociétal,

la mise en place de stratégies et

surtout la présentation de leur perspective

unique. Les étudiants contribuent

directement à ce cycle de conférences

en participant à l’organisation, l’animation

et la production de supports

(interviews et analyses) afin d’élargir

encore leur cadre de référence ;

Learning expeditions (possibles

en Israël, Sénégal et Ouzbékistan)

Être confronté à un écosystème différent,

en rencontrer les acteurs, en comprendre

les mécanismes et en tirer des

leçons pour mieux agir dans un monde

global, tel est l’objectif des Learning

expéditions proposées aux étudiants

du Programme Grande École. Encadrées

par les professeurs responsables

de la certification ThinkForward, Rodolphe

Desbordes et Frédéric Munier,

chaque expédition a un double objectif

académique et expérientiel dans un

environnement entièrement nouveau,

toujours dans un objectif d’ouverture

et d’approche multidisciplinaire.

Des parcours spécifiques dès

la 1ère année pour favoriser

l’apprentissage en réseau

Adopter une approche multidisciplinaire

s’acquiert notamment par des travaux en

équipe d’étudiants aux profils diversifiés.

Le Programme Grande École SKE-

MA accueille bien sûr déjà des étudiants

aux parcours différents (formations littéraires,

scientifiques / ingénieurs, économiques

…), mais nous avons voulu aller

plus loin dans ce que l’on peut appeler le

« network learning » ou l’apprentissage

collaboratif.

Dès la rentrée 2019, tout étudiant pourra

choisir un parcours spécifique en L3 : Finance&Quants

(pour préparer aux spécialisations

quantitatives), parcours associatif

(adapté au développement d’un

projet étudiant), Innovation durable (pour

s’affranchir de la salle de classe et apprendre

par projet), DataScience & AI

(pour maitriser la collecte, l’organisation,

et le traitement des données) … ces parcours

sont compatibles avec l’ensemble

des spécialisations. La 1ère année de programme

identique pour tous, c’est donc

fini à SKEMA.

Cette diversité doit favoriser l’acquisition

de compétences : par exemple, tout

participant au parcours DataScience&AI

pourra utiliser la plateforme de calcul

SKEMA et les outils de traitement de

données dans l’ensemble des autres cours

du programme pour réaliser les travaux

et rapports requis. Il ou elle aura donc la

possibilité de partager ses compétences

et d’initier de nouveaux usages.

Cette démarche unique, développée sous

l’impulsion de Thierry Warin, directeur

du SKEMA Global Lab in Augmented Intelligence,

encourage non seulement une

grande collaboration entre l’ensemble des

enseignants mais aussi une grande ouverture

d’esprit de la part des étudiants.

Une reconnaissance des

compétences multiples

Parcours spécifiques, apprentissages multidisciplinaires

libérés des silos traditionnels

entre cours et matières, tels sont les

objectifs des nouveautés qui seront lancées

dès la prochaine année académique

dans le Programme Grande École.

Cette approche implique aussi de pouvoir

reconnaitre formellement des compétences

acquises de manière nouvelle,

hors des voies tracées par les spécialisations.

Il sera ainsi possible d’acquérir

une certification DataScience&AI ou

ThinkForward, que l’on souhaite s’orienter

vers la Gestion des Ressources Humaines,

les métiers de la Finance, du Marketing

ou encore de la Stratégie.

© Lora Barra

21


l’essentiel du sup prépas PUBLI information

juillet 2019 N° 29

Sundus ISMAILI

diplômée du Programme Grande

École (promotion 2019)

J'ai intégré SKEMA après deux années

de classe préparatoire. Après avoir passé

les concours BCE, j'ai finalement choisi le

campus de Lille pour réaliser ma première

année avant de déménager à Paris pour

bénéficier d’une expérience professionnelle

dans le cadre d’un stage. Pour l’année

de Master 2, j'ai choisi de partir sur

le campus de Suzhou pour réaliser mon

Msc Luxury and Fashion Management.

Je garde d’ailleurs un excellent souvenir

de cette année passée sur ce campus international,

c’était une expérience mémorable

! Maintenant diplômée, je suis

actuellement en poste au sein d’une entreprise

dans le secteur des cosmétiques

grâce aux différents stages que j’ai pu réaliser

dans ce domaine ainsi que le secteur

de la mode. A long terme, je souhaiterais

lancer ma propre marque de cosmétique

100% naturelle.

Romain Collobert

Triple diplômé SKEMA

Après deux années de cours préparatoires

aux grandes écoles, j'ai rejoint le

programme Grande Ecole de SKEMA

Business School à Sophia Antipolis sur

la Côte d'Azur.

Au cours des quatre dernières années,

j'ai travaillé et vécu dans environ cinq

pays différents (France, Monaco, Chine,

Luxembourg et Royaume-Uni). Je parle

maintenant couramment l'anglais et le

français et je peux m'exprimer clairement

en mandarin et en espagnol. C’est

un vrai plus !

J’ai eu l’opportunité de me voir proposer

un contrat en CDI 12 mois avant la fin de

mon cursus. Je travaille donc actuellement

au Luxembourg en tant que gestionnaire

de projet au sein du portefeuille de projets

clients mondiaux chez RBC Investors &

Treasury Services, fournisseur spécialisé

de services d'actifs, de conservation, de

paiements et de trésorerie pour des investisseurs

financiers et autres investisseurs

institutionnels du monde entier. Je gère

des projets clients à grande échelle et des

projets transformationnels (budget supérieur

à 1,5 million de dollars canadiens).

Marie Borie

Diplômée Master Digital

Marketing

J’ai intégré SKEMA à Sophia Antipolis

en L3 après deux années de classe prépa

ECS. J’ai pris la décision de ne pas faire

d’échanges lors de mon cursus pour pouvoir

profiter pleinement des campus internationaux

proposés par SKEMA, j’ai

donc pu partir sur le campus de Suzhou

(Chine) mais aussi à Belo Horizonte (Brésil).

J’ai pu m’impliquer dans l’associatif

également en étant présidente de l’association

humanitaire du campus de Sophia

(Esperanza).

J’ai choisi en M2 de suivre le master Digital

Marketing afin de développer mes

connaissances sur un domaine en plein

expansion qu’aujourd’hui beaucoup de

recruteurs recherchent ! Cela m’a permis

d’intégrer la régie de la Walt Disney

Company France en tant que coordinatrice

Médias.

Une anecdote : ce qui a fait pencher la

balance pour choisir SKEMA ? La salle

de danse sur le campus de Sophia, je m’y

voyais déjà y passer toute ma scolarité !

Morgane Bocquet

double diplômée skema

J’ai intégré SKEMA à la suite de deux ans

en classe préparatoire. L’école proposait

une multitude de parcours diversifiés et

j’étais au début un peu perdue face à tous

ces choix possibles, c’est un comble ! (rires)

Dans les cours qui nous ont été proposés

en L3, c’est les matières de droit (droit civil,

droit des contrats, droit des sociétés,

droit fiscal) qui m’ont le plus intéressées.

Je pense que cela a été le facteur déterminant

dans mon choix de poursuivre le

parcours droit des affaires dès ma première

année de master, outre le fait qu’on

sortait d’école avec deux diplômes, ce qui

est de plus en plus recherché sur le marché

du travail.

Suivre un double-diplôme apporte forcément

une plus-value à la fois intellectuelle

et professionnelle que l’on peut

facilement valoriser sur le marché du

travail. Certes, la charge de travail y est

plus conséquente, mais on en retire beaucoup

à la fin des deux ans : des connaissances

plus poussées dans les domaines

du management et du droit des affaires,

une rigueur économique et économique,

des capacités rédactionnelles et oratoires

22

élargies (concours de plaidoirie, rédaction

de conclusions juridiques ou de contrat,

mémoire de fin d’études.

Dans le cadre de mon parcours, j’ai eu

l’occasion de réaliser des stages en entreprise

et en cabinet, ce qui m’a permis de

toucher à un panel très diversifié en droit

des affaires tout en utilisant mes connaissances

en management, d’où l’intérêt de

la double casquette. Le parcours DDA est

également une formation qui prépare au

concours du barreau pour devenir avocat

mais aussi aux métiers liés à la magistrature.

Personnellement, j’ai pour projet de

passer le concours d’entrée au CRFPA en

septembre 2020 dans le but de devenir

avocate en droit des affaires.


l’essentiel du sup prépas PUBLI information

juillet 2019 N° 29

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l’essentiel du sup prépas entretien

juillet 2019 N° 29

Jean-Guy Bernard

Directeur général de l’EM Normandie

« Notre nouveau campus sera un flagship pour

le développement des technologies numériques »

C’est sur un bilan flatteur que Jean-Guy

Bernard va bientôt passer le flambeau

de la direction de l’EM Normandie. Des

effectifs en forte hausse, de nouvelles

implantations dans le monde entier,

une présence qui se renforce à Paris, il

revient avec nous sur les années passées

et trace les perspectives d’avenir.

Olivier Rollot : Vous allez bientôt passer la

main à la direction de l’EM Normandie après

quinze ans passés à sa tête. Où en est le

processus de recrutement ?

Jean-Guy Bernard : Nous sommes en train de finaliser

le processus. Le cabinet de recrutement que nous

avons missionné a reçu plus de 50 candidatures et nous

avons retenu une short list qu’un comité de sélection

va maintenant départager d’ici début juillet. Pour ma

part, je resterai à l’école quelques mois pour travailler

en binôme avec le nouveau Directeur Général et l’accompagner

dans sa prise de fonction. Nous avons des

échéances importantes dans les prochains mois avec

notamment la visite de ré-accréditation des auditeurs

Equis et le passage en commission d'évaluation des

formations et diplômes de gestion (CEFDG) pour le

renouvellement du visa et du grade de Master du PGE.

nous liait auparavant à La Rochelle Business School,

l'ESC Pau, l’ESC Clermont, SCBS et l'ISC Paris avec

2390 candidats. Les oraux sont en cours, le SIGEM

nous livrera les résultats d’affectation le 19 juillet. Nous

sommes également en hausse sur les inscriptions des

candidats Passerelle 1 et 2 alors que les résultats

d’admission viennent de tomber. Enfin, concernant

le concours Atout +3 via lequel nous recrutons 65

étudiants cette année pour l’entrée en 1re année dans

notre Bachelor en Management International, nous

allons faire le plein. Un résultat très positif alors que

nous expérimentions cette année l’entrée de la banque

sur Parcoursup.

O. R : L’EM Normandie a considérablement

fait progresser ses effectifs ces dernières

années. Est-ce essentiellement la

conséquence de votre installation à Paris ?

J-G. B : Cela nous apporte effectivement beaucoup.

À la rentrée 2019 nous bénéficierons d’une surface

de 4 500 m² suite aux travaux que nous réalisons

pour nous étendre et au départ de Grenoble EM avec

lequel nous partagions les locaux depuis l’ouverture

du campus vers d’autres lieux.

Un nouvel édifice

au Havre

Réalisé par Groupe 6 et

l’atelier d’architecture Pierre

Champenois, le nouvel édifice

de l’EM Normandie au Havre

proposera sur une surface

de 12 700 m² (9 100 m² pour

l’EM Normandie et 3 600 m²

pour la Cité Numérique), des

espaces adaptés aux besoins

de développement de l’EM

Normandie, des étudiants du

campus Le Havre-Normandie

et des entreprises locales.

O. R : Comment se déroulent les concours

cette année ? On sait que l’EM Normandie

a la particularité de recruter pour votre

programme Grande école aussi bien au

niveau bac via le concours SESAME,

qu’après une classe préparatoire, dans le

cadre de la BCE et en admissions sur titre

(concours Passerelle). Enfin l’EM Normandie

est membre du concours Atout +3 pour son

recrutement en Bachelor.

J-G. B : La rentrée se présente bien. Nous sommes,

cette année encore, en forte progression dans le cadre

du concours SESAME où nous allons dépasser notre

objectif de recrutement fixé à 700 étudiants. En classes

préparatoires, nous sommes l’école qui a enregistré

les meilleurs scores d’inscription de l’ex « grappe » qui

© EM Normandie

24


l’essentiel du sup prépas entretien

juillet 2019 N° 29

Nous bénéficions également du fait de notre implantation

à Oxford dans laquelle peuvent se rendre, dès

leur première année post bac ou post prépa, des étudiants

ayant obtenu un excellent score au TOEIC. S’ils

le souhaitent, nos étudiants peuvent même effectuer

toute leur scolarité à Oxford. Notre progression nous

conforte parmi les leaders du marché post bac et nous

espérons confirmer notre progression en classes

préparatoires.

O. R : Votre actualité c’est aussi l’immobilier

avec la construction d’un nouveau campus

au Havre.

J-G. B : Nous emménagerons pour la rentrée 2020

dans un magnifique bâtiment que nous partageons

avec la Cité Numérique du Havre. Ce bâtiment traduit,

nous concernant, l’ambition portée par les acteurs à

l’origine du projet (CCI Seine Estuaire, l’agglomération

Le Havre Seine Métropole, la Région Normandie) de

créer un campus d’envergure regroupant les établissements

d’enseignement supérieur dans un nouveau

quartier emblématique du Havre, véritable interface

entre la ville et le port.

La Cité Numérique avec laquelle nous travaillerons

étroitement concentrera toutes activités numériques

du territoire et regroupera de nombreux services

destinés aux entrepreneurs. L’idée est de fédérer les

acteurs du développement du numérique, d’engager

une dynamique afin de conforter et de développer

l’écosystème local, d’attirer de nouveaux acteurs, mais

également d’accompagner les start-ups, et d’aider à la

transformation digitale des entreprises.

Notre nouveau campus sera également un flagship pour

le développement des technologies numériques dans

l’enseignement supérieur grâce à notre partenariat

avec Microsoft. Cela s’inscrit tout à fait dans le cadre

de la démarche d’EDTech France que nous avons

rejoint en tant que partenaire engagé pour travailler

autour de l’expérimentation et de l’usage de solutions

pédagogiques innovantes.

O. R : Comment définiriez-vous l’image de

l’EM Normandie ? Considérez-vous que

toutes les écoles devraient montrer un

tropisme particulier ?

J-G. B : Les écoles doivent montrer leur excellence,

leur flexibilité et leurs capacités d’adaptation mais je

ne crois pas qu’elles doivent montrer un tropisme trop

exclusif. Il faut des caractéristiques fortes, comme par

exemple pour nous le supply chain management, la

logistique et le maritime et la smart éducation, tout en

conservant une vocation généraliste qui est le propre

du grade de Master.

© EM Normandie

O. R : C’est un sujet essentiel pour beaucoup

d’écoles. Êtes-vous satisfait du montant

auquel vos coûts de formation vont être pris

en compte par France Compétences dans le

cadre de la réforme de l’apprentissage ?

J-G. B : pour définir ses futurs niveaux de prise en

charge financière des contrats d’apprentissage, France

Compétences a semble-t-il fait une moyenne pour

chaque école des valeurs des coûts-contrats remontés

par les préfectures pour les CFA. Nous constatons, au

regard des préconisations, qu’il n’y a pas de cohérence

d’une école à l’autre alors que les caractéristiques sont

très proches. Il existe aussi des inégalités territoriales

importantes qui ne sont pas prises en compte. Par

exemple, former un alternant en région parisienne coûte

plus cher que dans certaines autres régions de France.

Et si l’on regarde dans le détail parmi les écoles qui

proposent de l’apprentissage en Ile de France, toutes

ne sont pas logées à la même enseigne.

Enfin, pour des formations au management comme les

nôtres qui sont transverses, les affectations selon les

branches peuvent être très différentes, ce qui nous

pose question.

L’alternance joue un rôle social très important en permettant

à des jeunes issus de familles moins favorisées

de financer leurs études. C’est dire ne pas avoir de

financements équitables en la matière est préjudiciable

pour une ouverture sociale à laquelle nous sommes

très attachés ainsi que la CGE.

Le campus d’Oxford

de l’EM Normandie.

Made in Oxford

Il y a maintenant quatre ans

que l’EM Normandie s’est

implantée à Oxford. D’abord

dans de petits locaux en

centre-ville. Aujourd’hui

dans 600 m2 au cœur du

campus du City Oxford

College qu’elle partage avec

des écoles professionnelles

britanniques. Aujourd’hui

ce sont 200 étudiants de

l’école de tous niveaux –

ils pourraient être jusqu’à

250 – qui viennent y suivre

des cours chaque année.

« Ils viennent une année

entière, c’est plus efficace

que seulement un semestre.

Ils peuvent même suivre

tout leur cursus ici »,

précise Jean-Guy Bernard.

25


l’essentiel du sup prépas entretien juillet 2019 N° 29

O. R : L’EM Normandie reçoit quel

pourcentage de boursiers ?

J-G. B : 25 % en moyenne, toutes bourses confondues.

Pour le PGE c’est très disparate entre les intégrés via

SESAME et les élèves issus des concours d’admission

sur titres et de classes préparatoires. En tant que

EESPIG (établissement d’enseignement supérieur privé

d’intérêt général), l’année prochaine nous devrons

recevoir le même pourcentage d’étudiants boursiers

que de candidats pour nos concours post bac dans

Parcoursup. C’est une contrainte supplémentaire qui ne

pèsera que sur les EESPIG. Je comprends parfaitement

les interrogations de la présidente de la Conférence

des Grandes Ecoles à ce sujet.

O. R : L’EM Normandie est ancrée sur des

campus au Royaume-Uni et en Irlande

mais se développe également au Vietnam.

Allez-vous mener une politique volontariste

d’implantations à l’étranger dans les années

à venir ?

J-G. B : Au Vietnam, nous travaillons déjà à la digitalisation

de cursus universitaires, à la mise en place

de diplômes de niveaux Bachelor et Master et à la

formation des cadres de différentes provinces et du

comité central en formation continue dans les domaines

des finances publiques, des réformes territoriales ou

encore du tourisme. Aujourd'hui nous envisageons

d’aller plus loin dans le cadre d’un partenariat avec une

université vietnamienne en 2020 ou 2021.

Nous réfléchissons aussi à une coopération très forte

avec une université nord-américaine à l’horizon 2022.

Côté Moyen-Orient, nous avons déjà plusieurs partenariats

avec des universités à Dubaï, dont un signé

récemment avec Mena College of Management. Nous en

avons un autre en vue toujours aux Emirats Arabes Unis.

O. R : Et en Chine que proposez-vous ?

J-G. B : Nous avons créé un DBA (Doctorate of Business

Administration) et un MBA (Master of Business

Administration). Le DBA est d’ores et déjà ouvert dans

4 grandes villes. Un Master of Business Administration

(MBA) à destination des middle managers ouvrira

également à l’automne 2019 dans deux villes. Il suivra

la même stratégie de déploiement que le DBA avec le

lancement à court terme de nouvelles promotions dans

plusieurs autres localités. Les cours sont assurés par

nos professeurs permanents pour bien contrôler la

qualité des diplômes que nous délivrons et des experts

métiers locaux recrutés par nous.

O. R : Cela signifie-t-il aussi que vous allez

recruter de plus en plus de professeurs

étrangers ?

J-G. B : Entre début 2019 et la rentrée prochaine, nous

aurons recruté une dizaine de nouveaux professeurs

permanents dont une majorité d’internationaux. Ce

sont plutôt des professeurs seniors qui apportent un

bon équilibre dans la faculté et de la diversité avec

des personnes originaires d’Asie, d’Afrique du Nord et

du Moyen-Orient pour appuyer nos développements.

O. R : Votre programme Grande école a été

rénové l’année dernière. Pouvez-vous nous

rappeler les grands principes que vous avez

adoptés ?

J-G. B : Le nombre d’heures de cours en face-à-face

diminue au profit de modules d’autoformation et de

validation des compétences en ligne. Nos modalités

pédagogiques évoluent vers plus de pédagogie inversée,

de challenges et autres serious games. Autre nouveauté,

l’allongement de la durée d’expatriation obligatoire en

2 e année post bac qui passe d’un semestre académique

à une année. L’EM Normandie est la seule grande école

post bac à proposer ce schéma

Nous avons aussi 4 nouveaux parcours en cycle Master :

le Track Expertise, le Global Track, le Track alternance

et le Track Excellence, parcours sélectif en 3 ans en

anglais réservé aux meilleurs étudiants.

Enfin, les réflexions de l‘Observatoire des métiers

et de la pédagogie, notre cellule de veille dédiée aux

nouvelles méthodes d’organisation du travail nous

permettent de réfléchir à de nouvelles spécialisations

et à des méthodes pédagogiques visant à développer

les compétences des jeunes générations. Notre nouvelle

chaire « Compétences, Employabilité et Décision

RH » apporte quant à elle un regard scientifique sur les

transformations contemporaines du monde de l'emploi

et contribue aussi à mettre en lumière les nouvelles

aptitudes nécessaires aux entreprises.

Près de 4 000 étudiants

L’EM Normandie affiche

une nouvelle augmentation

de ses effectifs pour l’année

universitaire 2018-2019.

1 300 nouveaux étudiants

intègrent ses programmes de

formation initiale diplômante,

soit une augmentation de 6 %

par rapport à l’an dernier.

Au total, elle approche les

4 000 étudiants (ils étaient

2 600 en 2013 au début

de son précédent plan

stratégique) dont 1 100 pour

son programme Grande école

qui a fait le plein cette année

en prépa. Depuis 2013 son

chiffre d’affaires sera passé

de 22,5 à 42 M€ sur ses cinq

campus : Caen, Le Havre,

Paris, Oxford et Dublin.

© EM Normandie

26


l’essentiel du sup prépas entretien

juillet 2019 N° 29

Denis Guibard

Directeur de l’Institut Mines Télécom BS

« Entre deux Grandes écoles de valeur similaire situées

dans la même région le financement

de l’apprentissage peut aller du simple au double ! »

L’apprentissage va-t-il pouvoir continuer

à se développer dans l’enseignement

supérieur ? Et notamment dans les

écoles de management ? La question

se pose alors que les conditions de

son financement restent incertaines.

L’analyse de Denis Guibard, directeur

de l’Institut Mines Télécom BS en charge

du sujet au sein de la Conférence des

Grandes écoles.

Olivier Rollot : Vous êtes en charge du

dossier de la réforme de l’apprentissage au

sein de la Conférence des Grandes écoles.

Pouvez-vous nous expliquer où en sont vos

discussions avec l’organisme en charge de

sa mise en route, France Compétences ?

Denis Guibard : Nous avons beaucoup travaillé avec

France Compétences pour comprendre comment ils

fonctionnaient et comment pouvaient se dégager des

recommandations de prises en charge non convergentes.

Pour un programme Grande école (PGE) d’école de management

cela s’étale aujourd'hui de moins de 6 500 €

par an à plus de 17 000 €. Entre deux Grandes écoles

de valeur similaire situées dans la même région du

Sud de la France cela peut aller du simple au double !

O. R : Comment de tels écarts peuvent-ils

être constatés ?

D. G : France Compétences a sollicité l’ensemble des

220 branches professionnelles qui ont elles-mêmes

étudié plus de 6 800 formations dans l’enseignement

supérieur. Leurs propositions de « coût contrat » ont

ainsi été remontées en prenant soin d’éliminer les

« valeurs aberrantes » trop éloignées de la valeur

moyenne. Pour une même formation le coût estimé

final référent est la valeur médiane puis la valeur de

25 % supérieure (minimum toléré) et le 75 % au-dessus

comme maximum.

Mais il s’agit toujours de la même formation. France

Compétences n’a pas le mandat de faire converger

des valeurs entre des diplômes équivalents. Résultat :

pour l’Institut Mines Télécom BS, que je dirige, le coût

est estimé à 6 756 € quand il monte à plus de 16 000 €

pour Montpellier BS. Pour un diplôme équivalent !

O. R : Comment en discutez-vous avec les

instances de France Compétences ?

D. G : Nous leur avons communiqué un document dans

lequel nous faisons apparaître six grands problèmes

dans la mise en place de la méthodologie de collecte :

saisie des données fausses, chiffres obsolètes, formations

absentes, etc. Aujourd'hui une formation absente

© IMT BS

Un label que

peuvent obtenir les

établissements

La CGE et la CPU mènent

un ensemble d’actions sous

le référentiel Développement

durable et Responsabilité

sociétale (DDRS) qui permet

à chaque établissement

de s’auto-évaluer et

d’obtenir ensuite le label.

Vingt établissements sont

aujourd'hui labellisés sur

une centaine, Grandes écoles

comme universités, qui font

leur évaluation annuelle.

27


l’essentiel du sup prépas entretien juillet 2019 N° 29

– par exemple à La Rochelle BS – se retrouve szans un

dispositif dit de « carence » dont le coût estimé n’est

que de 4 500 €.

O. R : Comment cela peut-il se produire ?

D. G : France Compétences a interrogé toutes les

branches professionnelles. Qui n’emploient parfois

aucun apprenti. Alors que quatre branches emploient à

elles seules 80 % des apprentis, elles ont exactement

le même poids que les quinze qui en emploient très peu.

De plus certaines branches, comme l’UIMM, privilégient

le pré-bac ou le bac +1/2 au détriment du bac +5.

Tout cela nous le découvrons à la fin du processus.

Ni la Conférence des Grandes écoles ni la Conférence

des présidents d'université ne font en effet partie des

instances de gestion de France Compétences. Nous

les avons alertés, nous avons alerté le cabinet de la

ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche

et de l’Innovation, Frédérique Vidal, nous avons alerté

la Direction générale de l'enseignement supérieur et

de l'insertion professionnelle sans recevoir beaucoup

de réponses.

Or les valeurs sont maintenant figées pour deux ans. À

moins que France Compétences émette des recommandations

contraires dans le cadre d’une « commission

de recommandations » sans attendre ces deux ans.

O. R : Cela met-il en péril l’avenir même de

l’apprentissage dans certaines Grandes

écoles ?

D. G : Si une école reçoit pour ses contrats d’apprentissage

une rémunération inférieure à ses coûts tout

dépend de savoir s’il s’agit pour elle d’un coût marginal

– elle reçoit peu d’étudiants en apprentissage – ou

majeur. Dans ce dernier cas l’école peut soit réduire le

volume de contrats soit totalement les arrêter. Ce serait

vraiment dommage alors que ces contrats sont aussi

un moyen d’accroître l’ouverture sociale de beaucoup

d’écoles au moment où on en parle tant.

O. R : Aujourd’hui quel est le pourcentage

de Grandes écoles concerné par cette

divergence importante entre leur coût

et la rémunération envisagée ? Ce sont

essentiellement des écoles de management ?

D. G : Entre 20 et 30 %. Et pas seulement des écoles

de management. Des écoles d'ingénieurs rencontrent

le même problème. Parce que leur coût est très élevé

dès lors qu’elles disposent de beaucoup de matériel

comme c’est le cas en plasturgie, en mécanique ou

dans les matériaux composites. Mais l’essentiel du

problème se situe dans les écoles de management

dont les diplômes sont strictement équivalents alors

que leur coût estimé ne l’est pas.

O. R : La réforme change-t-elle aussi les

relations des écoles avec les centres de

formation d'apprentis (CFA).

D. G : La réforme change le mode de collaboration

entre les établissements d’enseignement supérieur et

les CFA. Jusqu’ici les établissements dépendaient des

CFA avec des modalités qui impliquaient de nombreux

acteurs. Aujourd'hui certains CFA sont en tension en

raison de leurs coûts de gestion. Mais changer de CFA

a également un coût.

O. R : Il y a un autre sujet d’actualité dont

vous êtes responsable au sein de la

Conférence des Grandes écoles : la RSE

(responsabilité sociale des entreprises) et le

développement durable dont vous présidez

la commission. Quelles actions menez-vous

à ces sujets ?

D. G : Avec la Conférence des présidents d'université

nous sommes partenaires d’un document qui analyse la

façon dont les établissements d’enseignement supérieur

peuvent contribuer au développement durable sur une

liste des 17 « goals » que l’ONU a listés. Recherche,

enseignement, fonctionnement interne, nous analysons

les dimensions climatiques et énergétiques de chaque

établissement. Il est devenu indispensable de former les

futurs cadres des entreprises à ces enjeux pour bien

mesurer l’impact de leurs actions sur la planète et la

société au-delà du seul sentiment de leurs actionnaires.

Il faut aussi que cela imprègne la recherche.

O. R : Faut-il développer plus de formations

dédiées ?

D. G : Des masters en développement durable il y en

a déjà beaucoup. Mais pour être un acteur du développement

durable dans les entreprises il faut d’abord

posséder une compétence. Pas seulement posséder

une casquette. Quand j’étais responsable de la RSE au

sein d’Orange si j’ai pu transformer le processus de

fabrication des Livebox c’est parce que je savais ce

qu’il y avait à l’intérieur. Je crois plus à l’intégration de

la RSE et du développement durable à tous les étages

qu’à des postes dédiés.

Les établissements d’enseignement supérieur doivent

donner l’exemple en commençant par le tri sélectif mais

surtout en gérant mieux leur impact carbone.

Comment mettre la RSE

et le développement

durable en avant dans

les classements ?

Cette année le Times Higher

Education a sorti son premier

classement mettant en avant

les universités les plus

impliquées dans la RSE et

le développement durable.

En France « Le Figaro »

a entrepris cette année de

s’interroger sur la partie

RSE (responsabilité sociale

des entreprises). L’EFMD

(European Foundation for

Management Development)

analyse déjà la démarche

autour de neuf standards.

« Un classement pourrait

également s’appuyer sur

le référentiel DDRS ou les

engagements que prennent

les écoles qui adhérent au

réseau PRME de l’Onu. Le

fait de faire ou passer ou

pas systématiquement le

Sulitest est un autre critère

à prendre en compte. Mais

attention à ne pas tomber

dans le « greenwashing » ! »,

détaille Denis Guibard.

28


l’essentiel du sup prépas débat juillet 2019 N° 29

Les Grandes écoles

mises au défi

d’accroître leur

diversité sociale

Dans la foulée de celle qui se consacre à la réforme de l’ENA, le ministère

de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation vient de lancer

un groupe de réflexion sur l’ouverture sociale au sein des Grandes écoles.

Ce sont les directeurs des

« top Grandes écoles » des

ENS, de l’Ecole polytechnique,

HEC, Essec et ESCP

Europe sous la coordination de la

chambre de commerce et d’industrie

Paris-Ile-de- France, qui doivent faire

des propositions d’ici six mois. Alors

que le ministère de l'Enseignement

supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

a omis d’associer la Conférence

des Grandes écoles à cette commission

en amont – depuis la CGE

est associée -, le sujet de la diversité

n’en était pas moins au cœur des discussions

de son assemblée générale à

Télécom Paris le 4 juin dernier. D’autant

que la ministre de l'Enseignement

supérieur, de la Recherche et de l’Innovation,

Frédérique Vidal, y a largement

consacré son discours en établissant

que « nos écoles doivent être

le reflet de notre pays et participer

à la formation de ceux qui, demain

et sur l’ensemble de nos territoires,

devront relever les grands enjeux du

monde contemporain ».

Que dit la ministre ?

Après une introduction quelque peu

lénifiante (« Ne comptez, cependant,

pas sur moi pour sombrer dans la caricature

en disant que la reproduction

sociale est implacable et qu’une petite

caste parisienne kidnappe l’avenir

du pays. Ne comptez pas non plus

sur moi pour désavouer nos élites et

les charger de tous les maux. Le pays

a besoin de cette jeunesse qualifiée,

capable et intègre ») Frédérique Vidal

rappelle quelques chiffres : si plus

de la moitié des Grandes écoles accueillent

au moins 30 % de boursiers

(les écoles d’ingénieurs 23,8 % et les

écoles de commerce 14 %) avec 38 %

de boursiers dans l’enseignement supérieur,

« la plupart des Grandes

écoles sont encore loin du compte ».

D’où une question qui va occuper les

esprits ces prochains mois : « Peut-on

sélectionner de manière égale, c’està-dire

indifféremment, de jeunes gens

aux conditions et aux opportunités

radicalement différentes ? » Et d’insister

: « Le mérite, ce n’est pas entre

une "bête à concours" ou une "encyclopédie

vivante". Le mérite peut

aussi entre ailleurs. Il est dans la

capacité́ d’un lycéen issu d’un milieu

socialement fragile à se distinguer

et à s’engager dans ses études

malgré́ les difficultés que d’autres

ne connaîtront jamais ». Et d’asséner

: « Cette volonté et cette capacité

à convaincre que "l’on a aussi sa

place là où ne nous attendait pas" ne

suffisent peut-être pas à̀ réussir un

concours. Mais ne sont-elles pas, au

fond, parmi les qualités les plus importantes

que l’on attend de nos futurs

décideurs ? Pourquoi, alors, ne

sont-elles pas prises en compte lors

de nos modes de sélection ? Pourquoi

nos concours ne participent-ils pas à

la correction des inégalités et à l’effacement

des biais sociaux ? »

L’objectif de la mission est maintenant

d’augmenter « significativement

» la part d’étudiants issus de

29

milieux populaires dans les Grandes

écoles « sans tabous vis-à-vis du

concours, trop souvent vu comme

l’alpha et l’oméga de l’entrée dans vos

écoles ». La ministre demande donc

qu’on « s’interroge sur le recours à

des voies d’admission dédiées, susceptibles

de valoriser une diversité

de talents et de compétences, mais

auxquelles on pourrait notamment

accéder via une préparation dont les

écoles prendraient en tout ou partie

la charge, afin de garantir le niveau

académique des candidats ». Frédérique

Vidal cite par exemple le cycle

préparatoire aux études supérieures

(CPES) de PSL, pour demander qu’on

imagine des « cycles propres à la préparation

de ces voies spécifiques, qui

permettraient de révéler tout le potentiel

de ces jeunes ».

Un nouveau baromètre

Sous la direction du directeur

de l’Essec, Vincenzo Esposito

Vinzi, la commission

diversité de la Conférence des

Grandes écoles republiera son

Baromètre de l’égalité sociale,

accolé à un tout nouveau

Observatoire de l’égalité

sociale, en novembre 2019.


l’essentiel du sup prépas

débat

juillet 2019 N° 29

Que répond la CGE ?

Passablement irritée qu’on ne considère

les Grande écoles que dans leur

acception la plus élitiste, la présidente

tout juste réélue de la CGE, Anne-Lucie

Wack réplique : « Attention à ne

pas prendre que l’X, Ulm et HEC en

modèle alors que beaucoup d’écoles

ont déjà pris le parti de s’ouvrir et

qu’il faudrait s’inspirer d’elles. Ce

n’est pas un bon message au public

– c’est un peu caricatural ! – de réduire

à quelques Grandes écoles parisiennes.

On ne donne pas une image

de la réalité ! C’est aussi une question

d’information et il ne faut pas

risquer d’augmenter l’autocensure ».

La question est maintenant de trouver

des marqueurs objectifs. Comment

par exemple prendre en compte

les apprentis – dont on sait que beaucoup

viennent de CSP moins aisées -

dans les pourcentages boursiers sous

critères sociaux (BCS) ?

Mais la vraie question à se poser

est celle du mode de sélection. « On

nous demande de plus en plus d’équité

alors que la notation par un oral

peut être jugée inéquitable et les recours

de plus en plus nombreux. C’est

compliqué d’équilibrer un concours

et de donner plus de poids aux oraux

en ouvrant ainsi la porte. On aura

du mal à changer drastiquement de

modèle », souligne Laurent Champaney,

directeur des Arts et Métiers

et président de la commission

« Amont » de la Conférence des-

Grandes écoles (CGE), à ce titre en

charge des questions de recrutement

dans les Grandes écoles, qui s’interroge

: « Faut-il conserver une admissibilité

100 % écrite et une admission

100 % orale. Faut-il mélanger les

deux ? À quel coût ? Comment introduire

plus de temps d’échanges ? Il y a

de plus en plus de projets et de projets

en groupe, comment les estimer ? ».

La question du niveau scientifique

n’en restera pas moins déterminante

à l’entrée des écoles d'ingénieurs insiste

le directeur de Télécom Paris,

Yves Poilane : « Pour entrer dans une

école d'ingénieurs il faudra toujours

un excellent niveau en mathématiques

et en physique. Cela aucun système ne

peut l’oublier ». Directrice de l’ES-

TP et trésorière de la CGE, Florence

Darmon, abonde dans son sens : « Il

faut forcément un niveau scientifique

© HEC Paris

HEC fait partie du groupe de Grandes écoles missionné par la ministre

pour réfléchir sur les moyens d’accroitre leur diversité sociale.

minimal pour intégrer nos écoles. Ensuite

nous pouvons accompagner nos

étudiants dans l’amélioration de soft

skills qu’ils n’ont pas forcément développé

en classe préparatoire. Le

TIPE participe de cette analyse de

la personnalité ».

Que va-t-il se passer ?

Impossible de ne pas se sentir plonger

dans le passé en écoutant les discours

de Frédérique Vidal. Fin 2008

le président Nicolas Sarkozy annonçait

ainsi toute une série de mesures

pour favoriser « l'égalité réelle des

chances » qui rappelaient elles-mêmes

celles de Jacques Chirac. Il s’agissait

notamment à l’époque d’atteindre

30 % de boursiers dans – toutes - les

classes préparatoires aux Grandes

écoles d'ici à la rentrée 2010. Début

2010, la Conférence des Grandes

écoles (CGE) avait justement refusé

un quota de 30 % de boursiers par

école. Assez vite, les concours d'entrée

avaient déjà été au cœur des débats

: trop discriminants socialement

dans leurs épreuves littéraires, ils barreraient

l'accès des Grandes écoles

aux étudiants issus de milieux modestes.

« Les concours doivent demeu-

rer et être exigeants, académiques

et anonymes quitte à les adapter à

la marge », expliquait alors la ministre

Valérie Pécresse dans un entretien

à L’Express. Et déjà elle demandait

que les oraux tiennent « mieux

compte de la personnalité du candidat

». Ce à quoi le président de la CGE

de l’époque, Pierre Tapie lui répondait

« qu'il fallait régler le problème en

"amont", dès le secondaire ».

Depuis beaucoup d’efforts ont été faits

admet la ministre qui n’en demande

pas moins : « Je veux le dire devant

vous avez la plus grande fermeté́ :

ces efforts ne sont pas suffisants. » Si

les établissements sont libres de déployer

les politiques les mieux adaptées

à leurs écoles, Frédérique Vidal

insiste aussi sur les « obligations de

résultat qu’ont les écoles sur ce sujet

plus que sur aucun autre ». À suivre…

Sébastien Gémon

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