31.07.2019 Vues

Boxoffice n°372 - 31 juillet 2019

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FACE AUX EXPLOITANTS<br />

ERWAN LE DUC<br />

réalisateur de Perdrix<br />

Erwan Le Duc en plein échange<br />

avec Éric Dubot et Marine<br />

Chopin. À gauche Marina Gomez<br />

de Pyramide Distribution.<br />

Entre deux séances des Rencontres art et essai de Bretagne à Dinard en juin dernier, le cinéaste<br />

a pris le temps de se prêter au jeu de l'interview avec des exploitants. Marine Chopin (Le Rohan<br />

à Landerneau) et Eric Dubot (Le Club à Challans et Espace Cinémas à Luçon) ont ainsi évoqué<br />

avec Erwan Le Duc son premier long métrage Perdrix (14 août, Pyramide) et ses souvenirs de<br />

cinéma.<br />

Marine Chopin : Quel a été le point de départ pour<br />

faire ce film ?<br />

Erwan Le Duc : Mon envie de base était de raconter des<br />

rencontres amoureuses. J’ai travaillé sur plusieurs scénarii<br />

avant d’arriver enfin à ce que je voulais faire. Le déclic est<br />

apparu lorsque j’ai arrêté de me perdre dans des récits annexes,<br />

pour me concentrer sur le sujet du film : l’amour. Mais un<br />

amour sous différentes formes : entre adultes, entre un adulte<br />

et son enfant, entre une épouse et son défunt mari. Je voulais<br />

raconter ce sentiment et utiliser un ton assez décalé, humoristique,<br />

sans que ce soit gratuit ou artificiel. Il fallait que ce<br />

décalage soit au service de l’histoire, des personnages et qu’il<br />

amène aussi de la sincérité.<br />

Marine : Est-ce que le choix des comédiens a été facile ?<br />

J’avais imaginé travailler avec certaines personnes, mais elles<br />

n’ont pas pu être greffées au projet pour des raisons économiques.<br />

Je voulais un casting original avec des comédiens que<br />

l’on n’a pas l’habitude de voir ; d’où mon choix par exemple<br />

de Maud Wyler, dont c’est le premier rôle principal au cinéma.<br />

Elle a déjà une grande expérience au théâtre, ce que l’on ressent<br />

à l’image, mais pas au cinéma. C’est pourquoi il fallait en face<br />

quelqu’un avec un peu plus de visibilité. J’avais rencontré<br />

Swann Arlaud avant son César pour Petit paysan. Ce prix est<br />

venu crédibiliser encore plus ce choix. Quant à Fanny Ardant,<br />

c’était important d’avoir quelqu’un de cette carrure là. Donc<br />

oui, le casting a été le fruit d’une réflexion collective, aussi<br />

bien artistique que financière.<br />

Éric Dubot : Pourquoi l’avoir positionné sur la mi-août ?<br />

C’est un film assez estival, à la fois joyeux et solaire. Je me<br />

suis rendu compte, au gré des différentes projections, qu’il<br />

était intergénérationnel : chacun y trouve son entrée, via<br />

les personnages qui représentent plusieurs générations.<br />

Donc ce côté familial que je n’aurais pas imaginé existe.<br />

Ensuite, sur la date (14 août, NDLR), on m’avait évoqué<br />

d’autres films découverts à Cannes sortis à ce moment-là,<br />

comme Les Combattants ou Toni Erdmann, et qui ont eu<br />

de bons résultats. C’est aussi dans l’ADN de Pyramide que<br />

de commencer leur saison en août avec la sortie d’un<br />

film français.<br />

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