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Maintenance & Entreprise n°654

La maintenance navale et aéronautique en Bretagne et dans les Pays-de-Loire p.23

La maintenance navale et aéronautique en Bretagne et dans les Pays-de-Loire p.23

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ACTUALITÉS p. 8

Le TELETRUK

JCB passe à l’électrique

p. 31

PRATIQUE

La maintenance dans

l’industrie aéronautique

SOLUTIONS p. 14

Réalités et IA

pour l’industrie du futur

p. 40

TERTIAIRE

La maintenance :

du port à l’aéroport

N°654 Juin / Juillet 2019 • 25€

Dossier

La maintenance navale et

aéronautique en Bretagne et

dans les Pays-de-Loire p. 23


ÉDITORIAL

Industrie, mixité

et performance

©DR

Valérie Brenugat

Rédactrice en chef

Lors de sa première réunion en avril dernier, le Conseil de la mixité et de l’égalité

professionnelle dans l’Industrie

a dressé une feuille

de route pour féminiser les

métiers de l’industrie : l’orientation

professionnelle des jeunes femmes

vers les formations techniques et

les carrières industrielles ; le recrutement

des jeunes femmes et, de

«L’industrie est un secteur où le taux d’emploi

des femmes est faible (29% des salariés) et la

proportion ne s’est pas accrue pas depuis près de

trente ans.»

manière plus générale, l’amélioration de l’attractivité de l’industrie auprès des jeunes ;

la gestion des talents féminins tout au long de leur carrière ; la gestion de la parentalité,

du temps de travail et les conditions de travail ; l’accession aux fonctions de direction.

La création de ce Conseil, actée le 5 mars 2019, lors du Comité exécutif du Conseil national

de l’industrie, est partie de deux constats : il faut davantage de femmes dans l’industrie

et il est urgent d’y améliorer leur visibilité et leur leadership. En effet, l’industrie est

un secteur où le taux d’emploi des femmes est faible (29% des salariés) et la proportion

ne s’est pas accrue depuis près de trente ans.

Agnès Pannier-Runacher, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des

Finances, a déclaré à propos de l’importance de la mixité dans l’industrie : « L’enjeu n’est

pas seulement un enjeu de féminisation de l’industrie, qui est évidemment important, c’est

un enjeu de performance pour les industries. Les besoins de recrutement dans l’industrie

ne cessent d’augmenter et nous ne parvenons pas à trouver de candidats. Il faut élargir le

vivier, notamment aux femmes, qui y ont toute leur place. » Comment l’égalité hommefemme

contribue-t-elle à la performance des entreprises ?

Valérie Brenugat

Envie de réagir ?

@maintenanceent

MAINTENANCE

&ENTREPRISE

ÉDITEUR

MRJ Informatique

22, Boulevard Gambetta

92130 Issy-les-Moulineaux

Tel : 01 84 19 38 10

Fax : 01 34 29 61 02

www.maintenance-entreprise.com

/Maintenance.Entreprise

/@maintenanceent

Direction :

Michaël Lévy

Directeur de publication :

Jérémie Roboh

Rédacteur en chef :

Valérie Brenugat

COMMERCIALISATION

Publicité :

Patrick Barlier

p.barlier@mrj-corp.fr

Diffusion et Abonnements :

vad.mrj-presse.fr

Prix au numéro :

25 €

Abonnement 1 an :

85 € / 4 numéros

Étranger :

100 €

Règlement par chèque

bancaire à l’ordre de MRJ

RÉALISATION

Conception graphique :

Dolioz - Adeline Docquier

Impression :

Rivadeneyra, sa

Calle Torneros, 16

Poligono Industrial de Los Angeles

28906 Getafe - Madrid - Espagne

N°ISSN :

1632 - 4153

Commission paritaire :

0 414 T 83 214

Dépôt légal : à parution

Périodicité : Trimestrielle

Numéro : 654

Date : Juin - Juillet 2019

RÉDACTION

Ont participé à ce numéro :

Valérie Brenugat et Olivier Guillon (MRJ),

Eric Logeais (JCB Industrie France),

Anne Marleix (Strass), Katia Hilal (Amiral

Technologies), Augustin Marty (Deepomatic),

Loris Mazza (IAC Partners), Christophe

Chupin (Page Personnel), Guillaume de

Williencourt (Clemessy Services), Laurent

Mouchette (ESI), Hugo Falgarone (SkyReal),

Paolo Colombo (Ansys), José Rodrigues

(Henkel Technologies France), Nadine

Vennat (Groupe ADP), Rabah Achemaoui

(Endel Engie).

CRÉDITS

Credits photos : DR, iStock, Groupe

ADP, Valérie Brenugat .

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I3


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LOGICIEL GMAO SAV

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QHSE MANAGER


SOMMAIRE

RÉGIONS

La maintenance navale et

23

aéronautique

en Bretagne et les Pays-de-Loire

24 Page Personnel Nantes et Rennes: recrute des techniciens et des ingénieurs

26 Clemessy Services : son site de Saint-Nazaire pour la réparation navale

29 ESI Group : du prototype virtuel au jumeau numérique

Éditorial

Solutions

03 Industrie, mixité et performance 14 Strass Groupe : 3D temps réel,

réalités virtuelle et augmentée

Actualités

08 Le TELETRUK JCB passe à

l’électrique

09 Nouveau directeur général pour

CARL Software

10 Formation technique EPI : prochaine

session du 17 au 21 juin 2019 !

17 L’Intelligence Artificielle pour la

Maintenance Prédictive Industrielle :

quels défis et quelles innovations ?

19 Deepomatic : démocratiser l’IA

jusqu’au technicien

21 IAC Partners face aux nouveaux

enjeux de la maintenance des

énergies

10 ACR : un marché en croissance

recentré sur la gestion efficace de

l’énergie

Tertiaire

40 Le Groupe ADP, la maintenance des

trieurs à bagages

Pratique

31 SkyReal : la réalité virtuelle en plein

envol

35 Des jumeaux numériques au service

de la MRO

38 Henkel : répondre aux enjeux du

collage dans la maintenance

44 Endel Engie, un partenaire industriel

décisif dans la maintenance

portuaire

47 L’Usine 4.0 n’est pas une révolution

technologique.

Boîte à outils

48 A lire, voir, écouter

Agenda

49 Salons & formations

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I5


SANTÉ / SÉCURITÉ

AU TRAVAIL

QUALITÉ DE VIE

AU TRAVAIL

SÉCURITÉ / SÛRETÉ

DES ORGANISATIONS

CONFÉRENCES / EXPOSITION / EXPERTS / ANIMATIONS / ATELIERS DÉMOS

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MAINTENANCE

&ENTREPRISE

NOS ENQUÊTES EN 1 CLIN D’ŒIL

©Groupe ADP ©DR

© DR

© DR

SOLUTIONS

RÉGIONS

PRATIQUE

TERTIAIRE

Réalités et intelligence artificielle pour

l’industrie du futur p.14 à 20

Société d’ingénierie digitale, Strass Groupe développe des applications à

haute valeur ajoutée pour les domaines suivants : formation, assistance au

poste de travail et aide à la maintenance. Disposant de plus de vingt ans d’expérience

en production 3D et 3D temps réel, son expertise s’est élargie à la

réalité virtuelle et augmentée depuis 2016. Zoom

La maintenance navale et aéronautique

en Bretagne et les Pays-de-Loire p. 23 à 30

Page Personnel (filiale de PageGroup) est un cabinet de recrutement spécialisé

qui identifie pour les entreprises des employés qualifiés, techniciens et cadres

1er niveau, afin de répondre à leurs besoins en intérim, CDD ou CDI. Selon

Christophe Chupin, Directeur Senior chez Page Personnel Nantes et Rennes,

les Pays-de-la-Loire est l’une des régions françaises les plus dynamiques dans

les secteurs de l’industrie aéronautique et navale..

La maintenance dans l’industrie

aéronautique p. 31 à 37

Fondée en 2017 par Hugo Falgarone, SkyReal est un éditeur de logiciel

spécialisé dans la Réalité Virtuelle. Résultant d’ un essaimage technologique,

il bénéficie d’une expérience de plus de 10 ans dans la VR appliquée

aux problématiques industrielles. Il a été sélectionné par Starburst, la référence

mondiale des accélérateurs de start-ups dédiées aux secteurs de

l’aéronautique, spatial et défense. Focus.

La maintenance : du port à l’aéroport

p. 40 à 46

Numéro 1 mondial de la gestion aéroportuaire, le Groupe ADP exploite les

plates-formes aéroportuaires parisiennes, parmi lesquelles Paris-Charles

de Gaulle, Paris-Orly et Paris-Le Bourget qui, sous la marque Paris Aéroport,

ont accueilli l’an dernier plus de 105 millions de passagers et 2 millions

de tonnes de fret et de courrier. La maintenance des infrastructures aéroportuaires

parisiennes, dont celle des trieurs à bagages, est une priorité...

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I 7


ACTUALITÉS TECHNOLOGIE

MANUTENTION

Le TELETRUK JCB passe à l’électrique

JCB a lancé un nouveau chariot élévateur télescopique TELETRUK JCB 30-19E, premier modèle électrique de sa gamme,

qui ouvre de nouvelles opportunités pour cette machine facilitant les opérations dans les ports, les centres de recyclage

et sur les sites industriels.

©DR

Comme il est alimenté électriquement par des batteries,

le chariot élévateur JCB 30-19E est extrêmement silencieux

et ne génère pas d’émissions. Il est aussi bien adapté

à des tâches à l’intérieur d’un bâtiment qu’à l’extérieur.

Grâce à sa conception totalement étanche qui résiste aux intempéries,

la chaîne cinématique et les autres composants de la machine

sont protégés lors d’une utilisation extérieure. Son alimentation est

fournie par des batteries au plomb-acide de 80 volts, qui peuvent

fonctionner huit heures sur une seule charge.

La transmission électrique du nouveau TELETRUK JCB lui permet

de grimper facilement une pente ou rampe de 21 %, et sa productivité

est renforcée par une levée libre complète de série de 1 575 mm.

A l’instar de tous les modèles de TELETRUK, le JCB 30-19E dispose

d’une flèche à montage latéral et présente, grâce à la portée télescopique

unique à l’avant, une capacité de levage de 1 900 kg à 2 mètres.

En outre, la fonctionnalité de portée à l’avant élimine tout risque d’endommagement

du matériau ou du véhicule, ainsi que les risques de

blessure aux personnes, lors du chargement ou du déchargement de

palettes dans et depuis des véhicules utilitaires légers.

DE LA SÉCURITÉ AU SYSTÈME TÉLÉMATIQUE

La sécurité est également proposée en série, puisque toutes les

machines sont équipées d’un système de contrôle de charge adaptatif

couplé à un système de coupure des mouvements aggravants.

Cette innovation brevetée par JCB avertit l’opérateur, via un simple

système de voyants vert, orange et rouge, que la pleine capacité de

levage ou de portée est atteinte.

Par ailleurs, la cabine JCB « Command Plus », ne fait que 2,2 m

de haut, ce qui permet au JCB 30-19E de travailler au sein des

contraintes de hauteur des conteneurs d’expédition. Elle est spacieuse,

sans écho parasite, et est équipée de fonctions hydrauliques. La direction

et la vitesse de déplacement sont contrôlées via un joystick

unique. De plus, des informations importantes sur la performance

du chariot sont transmises à l’opérateur via un écran électronique

facile à lire, situé à la hauteur des yeux.

Enfin, son système télématique JCB LiveLink permet de mesurer

en temps réel la consommation d’énergie et de réaliser une analyse

détaillée de l’utilisation de la machine. De plus, il offre un champ de

vision sur 360 degrés autour de la machine et une vision de l’équipement,

ainsi qu’une rotation unique du tablier de 111 degrés. ●

Valérie Brenugat

8 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654• Juin - Juillet 2019


TECHNOLOGIE

ACTUALITÉS

Entretien avec le Directeur des Ventes Industrie France

chez JCB France Industrie

MAINTENANCE & ENTREPRISE : COMMENT LE TELETRUK ÉLECTRIQUE

(TLT 30-19E) SE DISTINGUE-T-IL DES CHARIOTS ÉLÉVATEURS

TÉLESCOPIQUE SUR LE MARCHÉ ?

Eric Logeais : Le TELETRUK est le seul chariot télescopique du

marché à avoir été conçu pour les applications de la manutention et

de l’industrie en lieu et place d’un chariot industriel à mat. Ce chariot

présente plusieurs différences : contrepoids pour la stabilité, tablier

FEM, pneumatique PPS et CACES 3 R389. Il permet de travailler sur

surface stabilisée (tout chemin pour les versions 4x4).

M&E : A QUELS SECTEURS INDUSTRIELS EST-IL DESTINÉ ?

E.L. : Ses applications usuelles concernent la manutention :

• dans les lieux fermés : agro-alimentaire, usines, entrepôts logistiques,

• cours et intérieur : logistique, chargement des camionnettes/

fourgon par l’arrière pour les petites livraisons (DHL/Colissimo,…)

M&E : COMMENT A-T-IL ÉTÉ CONÇU POUR AVOIR UN MINIMUM

DE MAINTENANCE ?

E.L. : Le châssis, la flèche et les essieux directeurs sont issus de notre

expérience de constructeur, notamment en manutention (Telescopic).

La gamme TELETRUK Diesel /Gaz est largement éprouvée depuis son

lancement en 1997. Les composants électriques ont été astucieusement

intégrés. Le moteur, le variateur et le contrôleur viennent du groupe

ZAPI. La batterie avec remplissage centralisé qui équipe notre nouvelle

version électrique est de la marque EXIDE.

M&E : LES PIÈCES DE L’ENGIN SE CHANGENT-ELLES RAPIDEMENT ?

E.L. : L’accès au cœur de la machine se fait grâce au basculement

de la cabine vers l’avant. Ainsi l’opérateur visualise tous les organes

vitaux de la machines le contrôleur et l’hydraulique. S’il ne bascule

pas la cabine, l’accès peut se faire par la porte latérale.

Pour accéder aux moteurs de translation, il suffit d’enlever la plaque de

protection. Quant au changement de batterie, il s’effectue simplement

soit grâce à la reprise par les fourches d’un autre chariot, soit grâce

à un anneau d’élingage.

M&E : QUEL SONT LES DIFFÉRENTS PROCESSUS D’ACHAT PROPOSÉS ?

E.L. : En France, JCB vend ces produits à un réseau de concessionnaire

mono marque. Chaque concessionnaire est formé et accompagné sur

le plan stratégique, commercial et technique. Il dispose de machines de

démonstration pour la promotion de la marque. La vente de machines

ne peut pas se concevoir aujourd’hui sans la proposition de services

associés : financement client par JCB Finance, équipement de la

machine grâce à JCB Equipement, contrat d’entretien et d’extension

de garantie. La vente d’une machine peut donc se faire grâce à une

location longue durée ou un achat à crédit (classique, longue durée…)

: contrat de crédit-bail ou location full service (loyer financier + loyer

technique) sur 48/60/72 mois en fonction de l’activité.

NOMINATION

Nouveau directeur

général pour CARL

Software

©DR

Tugdual Le Bouar

Directeur Général Délégué

Tugdual Le Bouar, 49 ans, Directeur Marketing du groupe

Berger-Levrault, prend la tête de CARL Software au poste

de Directeur Général Délégué.

Tugdual Le Bouar seconde Pierre-Marie Lehucher

(Président Directeur Général) pour piloter et accélérer la croissance

en France et à l’international de CARL Software, n°1

français en solutions de gestion technique du patrimoine et

maintenance (GTP/GMAO).

Docteur en sciences physiques et diplômé de l’Ecole Polytechnique

Paris, Tugdual Le Bouar, démarre sa carrière en 1997 chez

Motorola puis Freescale sur des missions de directions opérationnelles

puis rejoint CGG en 2008 pour prendre en charge la transformation

du groupe et quelques années plus tard pour diriger

une des Business Unit.

Il rejoint le COMEX de l’éditeur Berger-Levrault en 2018 au poste

de Directeur Marketing et Développement Produits, en charge de

consolider et rationnaliser le portefeuille de produits et services. ●

EN SAVOIR PLUS > www.carl-software.fr

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I9


ACTUALITÉS

MARCHÉ

SYNDICAT

Formation technique EPI :

prochaine session du 17 au 21 juin 2019 !

La formation Technique EPI est un module complet sur les équipements de protection individuelle, animée par

de véritables experts dans leur domaine. Cette formation, d’une durée de 32 heures réparties sur 5 jours, a lieu à

Paris, dans les locaux du Syndicat national des acteurs du marché de la prévention et de la protection (SYNAMAP).

La formation Technique EPI permet d’acquérir les connaissances

indispensables sur les EPI en abordant les différents

types de protection et la réglementation en vigueur :

protection auditive, protection des mains, protection des

pieds, protection des voies respiratoires, protection de la tête,

protection des yeux, protection haute-visibilité, protection contre

les chutes de hauteur, vêtements de protection.

Démonstrations produits, cas pratiques, vidéos, les intervenants

de cette formation associent la pratique à la théorie, ce qui permet

aux stagiaires de bénéficier d’une approche «terrain». Le côté

concret permet de mieux visualiser les problématiques réglementaires

et évaluer l’acquisition de connaissances.

Cette formation répond à un réel besoin de maîtrise et de connaissances

des EPI et de la réglementation en vigueur. Comment

prescrire un bon équipement lorsqu’on ne connait pas bien la

réglementation ? Quels équipements de protection porter selon

les différents risques ? Etc.

La formation Technique EPI du SYNAMAP, c’est la garantie d’obtenir

des réponses fiables et une formation pointue sur un domaine

complexe !

La prochaine session aura lieu du 17 au 21 juin 2019 à Paris.

Elle s’adresse aux équipes commerciales des entreprises distributrices

d’EPI, acteurs et responsables hygiène et sécurité des

entreprises, chefs de produits, coordonnateurs SPS, préventeurs

EPI, utilisateurs, etc.

En tant qu’organisation professionnelle reconnue et expert du

marché des EPI, le SYNAMAP est bien évidemment le mieux

placé pour vous former ! ●

EN SAVOIR PLUS > www.synamap.fr

GTB

ACR : un marché en croissance recentré sur la gestion

efficace de l’énergie

L’année 2018 a connu un rythme de croissance satisfaisant pour les industriels de la régulation et de la

Gestion Technique du Bâtiment (GTB). Généralement, une tendance se dégage à partir de 12 à 24 mois

après les mises en chantier. Les industriels bénéficient ainsi de la reprise de l’activité du secteur du

bâtiment des années précédentes.

Les solutions de régulation et de GTB développées par l’industrie

ont toujours la confiance des maîtres d’ouvrages.

En effet ces solutions offrent une gestion efficace de l’énergie

à coûts maîtrisés dans le tertiaire.

Pour autant, le ralentissement attendu de l’activité en 2019 et l’incertitude

sur les évolutions en cours des dispositifs réglementaires

(RE 2020, DPE, Décret tertiaire, etc.) seront à suivre attentivement

pour ne pas atténuer l’espoir d’un retour durable à la croissance.

Avec 3 % en 2018, le marché de la GTB accélère son rythme de croissance

par rapport à l’année précédente et s’établit désormais à 75,4

millions d’euros. Les régulateurs « intelligents » poursuivent leur très

forte progression avec 20 % en 2018. Les unités de traitement local à

forte capacité reculent, quant à eux, légèrement (-5 %) au profit des

modèles intermédiaires (30 à 99 points) qui progressent de 10 %.

En 2019, le marché de GTB et de la régulation devrait progresser

à un rythme encore supérieur grâce à une demande toujours

plus forte pour les solutions à haute valeur ajoutée afin de maximiser

le confort et la santé tout en minimisant la consommation

énergétique. ●

EN SAVOIR PLUS > www.acr-régulation.com

10 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


GUIDE PRATIQUE D’ACHAT POUR LES GRANDS ARRÊTS

GRANDS ARRÊTS

Bientôt arrive le temps

fort de la maintenance :

les grands arrêts

L’été approche à grands pas ; les grands arrêts de

maintenance également. Car si la période estivale

marque une pause de la production et, plus globalement,

des affaires, elle n’en reste pas moins chargée pour la

maintenance, à la fois des équipements industriels et des

bâtiments.

Pis, les services de maintenance sont pris par le temps, souvent de l’ordre de deux à quatre semaines, et par

l’obligation de tout remettre en condition opérationnelle afin d’assurer le bon démarrage de la production dès

le retour des aoûtiens.

Le magazine Maintenance & Entreprise, toujours soucieux de répondre à vos attentes et vos contraintes,

vous propose une sélection de prestataires qui contribueront à la réussite et la bonne marche de vos travaux

durant les GRANDS ARRÊTS DE MAINTENANCE.

LA RÉDACTION

© Emerson

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I11


GUIDE PRATIQUE D’ACHAT POUR LES GRANDS ARRÊTS

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répondre à vos besoins en process, refroidissement, surchauffe, pics de

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12 I MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


GUIDE PRATIQUE D’ACHAT POUR LES GRANDS ARRÊTS

EN LOCATION OU À LA VENTE

La LOCATION de maintenance ou de dépannage

Quand vous devez dépanner ou organiser la maintenance

de votre installation, nous pouvons vous fournir

pour une courte période de location :

• des transformateurs de puissance de 160 à 2 000 KVA,

• des transformateurs d’isolement,

• des autotransformateurs,

• des tableaux HTA.

La LOCATION longue durée

Vous pouvez disposer, en région Auvergne-Rhône-Alpes,

sans investissement lourd, d’une installation fiable grâce

à nos contrôles réguliers, et adaptable en cours de contrat

à vos nouvelles exigences de puissance.

Nous pouvons vous louer :

• des transformateurs de puissance

de 160 à 2 000 KVA,

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enveloppe béton.

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MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I13


SOLUTIONS RÉALITÉS ET IA POUR L’INDUSTRIE DU FUTUR

DIGITAL

Strass Groupe :

3D temps réel, réalités

virtuelle et augmentée

Société d’ingénierie digitale, Strass Groupe développe

des applications à haute valeur ajoutée pour les

domaines suivants : formation, assistance au poste

de travail et aide à la maintenance. Disposant de

plus de 20 ans d’expérience en production 3D et 3D

temps réel, son expertise s’est élargie à la réalité

virtuelle et augmentée depuis 2016. Zoom

MAINTENANCE & ENTREPRISE : QUELS SONT LES

ENJEUX DE LA MAINTENANCE DU FUTUR DANS VOTRE

SECTEUR ?

Anne Marleix : Les principaux enjeux consistent à fournir l’assistance

à l’opérateur au bon moment et au bon endroit avec le

bon contenu et le plus possible sur le poste de travail, d’où l’intérêt

des solutions de réalités virtuelles et augmentées. Concernant

le premier niveau de réalité virtuelle, l’utilisateur face à un

écran interagit via un ordinateur avec des avatars et des éléments

des environnements techniques et naturels. Un casque lui permet

de s’immerger dans cet environnement virtuel. Quant à la réalité

mixte, elle est un mélange entre le réel perçu et le virtuel qui se

superpose au réel grâce à des lunettes de type Hololens. Donc

l’utilisateur se trouve dans un univers réel où s’affichent des

données virtuelles avec qu’il peut interagir. En fait, nous intervenons

sur les 2 types de technologies en fonction des besoins.

L’enjeu est d’avoir une continuité numérique entre les fichiers

du client (notamment les maquettes numériques de la batterie,

du véhicule…) et l’ensemble des procédures pour les intégrer

dans un scénario : soit dans une pédagogie, soit dans une assistance.

Enfin, un autre défi est de former le plus rapidement sur

le poste de travail.

« Nous sommes présents dans des secteurs où ces

applications sont de plus en plus nécessaires :

aéronautique, automobile et défense. »

© DR

Anne Marleix,

fondateur & CEO de Strass Groupe.

contenus. Nous sommes présents dans des secteurs où ces applications

sont de plus en plus nécessaires : aéronautique, automobile

et défense. Par ailleurs, nous avons une forte culture industrielle

avec des anciens clients comme Renault qui nous est fidèle depuis

23 ans. Thales, Safran, Suez et MBDA figurent aussi parmi nos

clients industriels.

M&E : QUELS SONT LES CONSEILS D’UTILISATION DE

CES SOLUTIONS ?

A.M. : Aujourd’hui, les technologies, les logiciels et les savoir-faire

sont assez matures. Mais il reste encore des marges de progression

sur les « devices » 1 qui évoluent très vite : les terminaux, les

casques, les lunettes… Ces investissements demeurent encore

un peu chers. Mais ces appareils coûteront de moins en moins

chères très rapidement.

M&E : QUELS SONT VOS ATOUTS PAR RAPPORT À CEUX

DE VOS CONCURRENTS ?

A.M. : Notre valeur ajoutée : disposer à la fois de compétences

techniques, des ingénieurs pédagogiques et des concepteurs de

Mon conseil est donc de bien cerner la problématique au départ et

de s’assurer que les données entrants soient fiables pour pouvoir

1. Appareils.

14 I MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


RÉALITÉS ET IA POUR L’INDUSTRIE DU FUTUR

SOLUTIONS

© DR

QUELS ÉTAIENT LES RÉSULTATS ?

A.M. : Pour Renault, nous avons développé une application

3 D en temps réel. C’est, en fait, un jeu qui permet

d’exercer les compagnons à l’application des procédures

et l’équipements des zones sécurisées et le bon choix

des EPI 3 pour intervenir sur les batteries électriques.

Donc il est destiné aux professionnels ayant reçu des

habilitations et ayant déjà bénéficié de formation. Ils

s’entrainent donc avec ce jeu sur PC.

Avec la réalité augmentée, le professionnel de Renault se forme à

travers une tablette au montage et démontage d’un moteur d’Alpine.

passer à la phase d’industrialisation et sortir du PoC 2 . Jusqu’à présent, il

y a eu beaucoup de PoC car les sociétés ont voulu tester ces solutions.

M&E : QUELS SONT LES CRITÈRES D’ACQUISITION DE VOS

SOLUTIONS PAR VOS CLIENTS ?

A.M. : Nous proposons des solutions sur mesure. Donc les prestations

sont au forfait avec la possibilité de fournir aux clients les applications et

s’ils le souhaitent, le matériel nécessaire.

M&E : POUVEZ-VOUS INDIQUER DES EXEMPLES D’APPLICA-

TION DANS L’INDUSTRIE ? QUELLE ÉTAIT LA PROBLÉMATIQUE ?

2. Le proof of concept (PoC) est une étape de validation dans la mise en place d’un

projet nouveau.

Application 3D en temps réel consacrée aux

interventions sur les batteries électriques.

© DR

En outre, nous proposons deux applications de réalité

augmentée. L’objectif de la première application est la

formation des opérateurs. Les scénarios pédagogiques

suivent les méthodes d’intervention et leur permettent

de dérouler la procédure tout en voyant la batterie sans

la toucher. La visée pour Renault : s’exercer tout en

voyant physiquement l’objet et en étant dans le lieu réel

de l’atelier mais sans toucher la batterie de 400 volts qui

devrait être déchargée. Ainsi, les compagnons peuvent

réaliser toutes opérations techniques qu’ils souhaitent

grâce à la batterie virtuelle.

Quant au troisième dispositif, il concerne l’assistance

à la maintenance. Dans le cas d’utilisation où un

opérateur doit intervenir sur une batterie présentant

un problème, la réalité augmentée lui permet d’avoir

les procédures étape par étape et de bénéficier d’une

assistance technique, voire une téléassistance parce que

l’opérateur peut faire appel à un hiérarchique qui peut

le guider s’il ressent un doute sur une opération à faire.

« Concernant les batteries électriques, il y a

donc deux applications distinctes : l’une pour

l’assistance à la maintenance et l’autre destinée à

la formation en amont. »

Concernant les batteries électriques, il y a donc deux

applications distinctes : l’une pour l’assistance à la maintenance

et l’autre destinée à la formation en amont.

Pour la formation, tout se déroule en présentiel et cela

implique donc des salles de formation et des formateurs.

Le déplacement des stagiaires entraîne des frais

de formation. Avec la solution de formation en réalité

augmentée, l’application et une paire de lunettes, chaque

centre de réparation permet aux opérateurs de s’autoformer

et cela engendre donc des gains de coût et de

temps considérables. Au lieu de consulter une fiche de

procédures ou de mémoriser les actions tout en faisant

3. Équipement de protection individuelle.

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I15


SOLUTIONS RÉALITÉS ET IA POUR L’INDUSTRIE DU FUTUR

© DR

Réalité augmentée pour les batteries

électriques chez Renault.

l’opération technique qui nécessite de la concentration, l’application

de réalité augmentée permet à l’opérateur d’avoir une

assistance à la maintenance et d’alléger sa charge cognitive assez

importante au lieu de se stresser et de s’inquiéter. Ainsi, il suit

au fur et à mesure, la procédure virtuelle. De plus, la télémaintenance

lui permet de faire appel à un expert qui peut visualiser

ces actions tout au long de son opération.

Les applications développées pour Renault ne sont pas encore

totalement déployées car ce groupe industriel est en train de

déployer des centres de réparation de batteries à l’échelle internationale.

Nous sommes en train d’étudier le développement

de ces solutions à grande échelle. Pour l’instant, leurs applications

ont été réalisées dans l’université Renault Academy.

Autre exemple de réalité virtuelle : avec un casque, la personne

se forme au montage et démontage d’un moteur d’Alpine. L’objectif

pour Renault était que l’opérateur s’exerce à ces tâches

sans avoir le modèle sous la main. ●

Propos recueillis par Valérie Brenugat

De la vidéo à la 3D

Strass Groupe a été créée il y a une trentaine d’années au départ en

tant que société de production vidéo. Elle produisait alors des vidéos

pour la formation de tous les profils des entreprises (opérateur,

techniciens...). Elles étaient envoyées aux différentes filiales et

réseaux de distribution des clients dans le monde entier. Avec

l’évolution des technologies, l’entreprise a intégré les savoir-faire

en 3 D, Temps Réel, les supports interactifs puis les e-learning et

les serious games dans les années 2000. En 2006, tous ses savoirfaire

en 3D et temps réel ont évolué vers des applications de réalités

virtuelles et augmentées. Ainsi, Strass Groupe apporte des solutions

de formation et d’assistance technique aux clients industriels.

Depuis 2016, elle propose aussi des solutions et d’assistance à

la maintenance pour les parties plus techniques chez ses clients.

16 I MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


RÉALITÉS ET IA POUR L’INDUSTRIE DU FUTUR

SOLUTIONS

AVIS D’EXPERT

L’Intelligence Artificielle

pour la Maintenance Prédictive Industrielle : quels

défis et quelles innovations ?

La maintenance prédictive des équipements industriels est l’un des chevaux de bataille de l’industrie

4.0. En effet avec les remontées de données issues des automates ou des capteurs « Internet

des objets » (IoT), les industriels disposent de précieuses sources d’information permettant aux

algorithmes d’Intelligence Artificielle (IA) d’anticiper les futures pannes et d’éviter les arrêts de

production.

© DR

Katia Hilal,

fondatrice et CEO

d’Amiral Technologies

Figure 1 : exemple de série temporelle industrielle

L’indisponibilité des équipements industriels

engendre des coûts qui ne cessent

de croître. Les stratégies de flux tendus et

les évolutions des business modèles vers

la vente d’heures de fonctionnement au lieu de la

vente d’équipement, font que l’impact d’une heure

ou même d’une minute d’arrêt peut être énorme.

Pour un constructeur automobile, une minute d’arrêt

coûte 20 000€ en moyenne. Le cabinet McKinsey

estime que la maintenance prédictive réduira

l’indisponibilité des équipements ou des chaines

de production de 50% tout en diminuant le coût

de maintenance jusqu’à 40%. De plus, elle permet

de prolonger la vie des équipements au lieu de les

remplacer préventivement, ce qui engendrera des

économies d’investissement de 3 à 5%. En 2025,

le gain en valeur économique au niveau mondial

est estimé à 630 Milliards de dollars pour l’industrie

manufacturière seule .

Face à cette promesse, de nombreux acteurs de l’Intelligence

Artificielle se sont précipités pour offrir

leurs services et déployer l’arsenal des librairies d’algorithmes

de Machine Learning ou de Deep Learning

dans le contexte industriel. Ce faisant, deux

facteurs limitants se révèlent et montrent que pour

atteindre d’objectif d’une maintenance prédictive

performante, l’IA seule ne suffit pas.

« Ce faisant, deux facteurs limitant se

révèlent et montrent que pour atteindre

d’objectif d’une maintenance prédictive

performante, l’IA seule ne suffit pas. »

Le premier facteur est lié au manque de données

historiques. Même si les données sont abondantes,

les pannes, elles, heureusement, ne sont

pas fréquentes. Or un algorithme de Machine Learning

ou de Deep Learning classique a besoin d’une

base d’apprentissage conséquente représentant tous

types de pannes et dans tous types de contextes.

Même si les données récoltées remontent à un

ou deux ans, il est rare de trouver suffisamment

d’instances répertoriées de pannes pour assurer

un apprentissage suffisant et atteindre un niveau

de prédiction acceptable.

Le deuxième facteur est lié à la nature même des

données industrielles qui s’exprime sous forme de

signaux physiques temporels (courant électrique,

vibrations, vitesse, couple, pression, …), la figure

1 donne un exemple de ces série temporelles. Si

les techniques d’IA fonctionnent sur les données

financières ou exprimant des évolutions d’intentions

d’achat en fonction de données météo, c’est

que les informations extraites de ces séries temporelles

sont suffisantes pour que l’algorithme d’IA en

révèle les corrélations recherchées. Dans le cas des

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I17


SOLUTIONS RÉALITÉS ET IA POUR L’INDUSTRIE DU FUTUR

Figure 2 : comparaison des prédictions et écart type de l’erreur de prédiction entre un modèle prédictif

de base (représenté en bleu) et un exploitant les indicateurs de santé de DiagSign (représenté en vert).

© DR

données industrielles, l’information clef révélant l’état de santé

de l’équipement s’exprime souvent durant de courtes phases

transitoires, cette information est souvent occultée par les transformations

classiques de préparation avant ingestion par les

algorithmes d’IA.

« Les technologies innovantes telles que celle du

laboratoire CNRS GIPSA-Lab, appelée DiagSign,

permettent, avant d’employer les algorithmes

d’IA, d’extraire automatiquement un grand nombre

d’indicateurs de santé à partir de la série temporelle,

quelle que soit sa nature. »

C’est là où les notions d’automatique, de théorie de contrôle,

et autres savoir-faire interviennent ; les données industrielles

embarquent, de fait, ces lois dans leur construction. Les technologies

innovantes telles que celle du laboratoire CNRS

GIPSA-Lab, appelée DiagSign, permettent, avant d’employer les

algorithmes d’IA, d’extraire automatiquement un grand nombre

d’indicateurs de santé à partir de la série temporelle, quelle que

soit sa nature. L’apport de ce pré-traitement aux performances

des algorithmes prédictifs confirme l’impact déterminant qu’apportent

ces indicateurs. La figure 2 illustre l’apport en précision

des prédictions (ici dans le cas de prédiction de l’âge d’un

contacteur électrique) d’un algorithme basé sur les indicateurs

de DiagSign par rapport à une méthode classique : l’écart type

de l’erreur de prédiction se voit réduit de moitié.

Quant au problème de la rareté des pannes historiques, Diag-

Sign permet d’y pallier en travaillant sur la notion d’« indicateurs

de bonne santé ». Les algorithmes d’IA peuvent en effet

apprendre de façon dite « non supervisée » en construisant l’espace

de fonctionnement « normal » d’un équipement grâce aux

indicateurs de DiagSign générées lors d’une phase d’apprentissage

en fonctionnement normal. La détection des défauts, ou

de la proximité de fin de vie se fait en observant les dérives par

rapport à cet espace de fonctionnement normal. Là encore, la

richesse des indicateurs de DiagSign s’avère déterminante car

elle permet de définir cet espace dans plusieurs dimensions, ce

qui conduit à une forte précision des détections des dérives et

à un faible taux de fausses alertes.

Cette technologie est maintenant mise sur le marché par la startup

Amiral Technologies, issue du CNRS et accompagnée par

l’incubateur public SATT Linksium de Grenoble. Lauréate et

finaliste de multiples concours de l’industrie digitale et de l’IA,

elle se positionne comme précurseur dans les algorithmes de

maintenance prédictive à haute performance.

La recherche scientifique n’a pas fini d’enrichir les modèles d’Intelligence

Artificielle de nouvelles innovations. L’ère de l’industrie

entièrement connectée n’est qu’à son début et promet de

belles perspectives qui sont encore devant nous.●

Katia Hilal

18 I MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


RÉALITÉS ET IA POUR L’INDUSTRIE DU FUTUR

SOLUTIONS

START-UP

Deepomatic :

démocratiser l’IA jusqu’au technicien

Augustin Marty, CEO de Deepomatic, start-up issue d’Inria Paris, explique pourquoi il est possible

aujourd’hui de faire profiter pleinement de l’intelligence artificielle (IA) au technicien de maintenance.

Identification du port du casque.

©Deepomatic

Les enjeux de la maintenance sont les enjeux de la

qualité. Dans, un monde ou le libéralisme et la compétition

qui en découle tend à harmoniser les prix des

offres et des services, c’est la qualité des produits qui

fait la différence. Or d’une part les produits se complexifient, et

les compétences techniques se raréfient. Il est alors complexe de

garder l’expérience, le savoir-faire et la motivation dans les corps

de techniciens de maintenance (impact de la promotion de la

mobilité, envie des individus de se réaliser à travers plusieurs

métiers etc). Le secteur de la maintenance fait aujourd’hui face

à un vrai défi de maintien de la qualité de service. Et ses symptômes

sont la perte de compétence des employés.

Créée il y a cinq ans à Paris, Deepomatic fournit une plateforme

logicielle permettant aux entreprises de créer et d’exploiter

des applications de reconnaissance d’images et de vidéos à

©DR

Augustin Marty

CEO de Deepomatic

l’échelle industrielle. « Nous aidons les entreprises à accroître

l’efficacité de leurs processus opérationnels (bornes d’encaissement

intelligentes, tri des déchets, maintenance des infrastructures)

dans des secteurs variés (télécom, autoroutes, restauration,

énergie) », précise Augustin Marty. « Les applications développées

par nos clients font partie des cas d’usages les plus avancés

au monde. Avec la prise d’une seule photo de chaque plateau-repas,

le groupe Compass, leader mondial de restauration sous

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I19


SOLUTIONS RÉALITÉS ET IA POUR L’INDUSTRIE DU FUTUR

©Deepomatic

Visualisation des équipements industriels et contrôle qualité.

contrat, a développé un système d’encaissement fluide dont 5 000

personnes bénéficient chaque jour ». Une première mondiale !

DE NOUVELLES SOLUTIONS D’INTELLIGENCE

ARTIFICIELLE QUI S’OUVRENT À LA MAINTENANCE

Deepomatic fournit une solution d’assistant au technicien. Cette

solution fonctionne à travers le téléphone portable du technicien,

qui peut valider son intervention en prenant en photo le

résultat de son travail. Si l‘intelligence artificielle a un doute

sur la qualité du travail accompli, elle le signale et en explique

la raison. Un dialogue se met donc en place entre le technicien

et l’IA. Il est aussi possible de faire intervenir, digitalement,

un technicien plus expérimenté, qui va pouvoir arbitrer

les cas litigieux. Ce schéma d’interactions entre les hommes et

l’IA renforcent le savoir-faire des hommes et des IAs qui ont

été entraînées.

« Nous proposons une plateforme capable de faire le lien entre les

chefs de projets (souvent des data-scientist) et le métier, c’est à dire

les techniciens de maintenance », poursuit Augustin Marty. In

fine, une fois que la solution est paramétrée pour répondre aux

problèmes concrets du client, c’est dans l’exercice de leur métier

que le dialogue se fait avec l’IA. Pour Deepomatic, L’IA est vue

comme un cycle continu et positif. Ces boucles de rétroaction,

qui impliquent le métier, ce sont les clés de la mise en production

des projets. « Les produits concurrents sont linéaires. Ils sont

dédiés à des data scientists spécialisés et ne sont pas adaptés à la

collaboration avec les opérations. De plus, nous sommes plus clairs

sur la propriété intellectuelle », justifie le dirigeant, qui embraye

sur une des conditions sine qua non d’une utilisation optimale

d’un tel outil : « Ne sous estimez pas l’importance de l’intégration.

L’une des clefs, c’est d’avoir des data… ou mettre en place les

moyens de collecte de data ». Enfin, les « critères d’acquisition »

de ces solutions sont les suivants : garder la possibilité d’avoir

la main et de posséder les applications (c’est la réversibilité),

exiger l’accompagnement du prestataire dans l’implémentation

du projet et la complétude de la proposition (produit, service

et matériel). Des règles respectées à la lettre, à l’exemple d’un

acteur majeur du télécom qui a fait le choix de Deepomatic afin

d’automatiser le contrôle qualité du travail des techniciens. ●

Deepomatic en chiffres

• 2014 : son année de création

• 20 clients grands comptes

• 30 salariés

Valérie Brenugat

• 6,2 millions de dollars : sa dernière levée de fonds

20 I MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


LA MAINTENANCE DES ÉNERGIES

SOLUTIONS

CONSEIL

IAC Partners face aux nouveaux enjeux de la

maintenance des énergies

Reconnu pour ses approches à la fois techniques et opérationnelles, le cabinet de conseil en

stratégie s’est notamment spécialisé dans le domaine des énergies où il accompagne les acteurs

de la maintenance sur différents aspects, en particulier dans la recherche et la sélection des

technologies innovantes allant des capteurs à la maintenance prédictive.

La maintenance est un enjeu stratégique pour la performance

économique d’une installation productrice

d’énergie ; cet enjeu s’exprime par son LCoE 1 (Levelized

cost of energy en €/MWh). Ce poste a ainsi une

forte incidence sur le niveau d’Opex – dépenses d’exploitation

– (allant de 20 à 60%) et l’output (production) en MWh

en assurant la fiabilité du fonctionnement. Cela est particulièrement

vrai pour le nucléaire et l’éolien offshore du fait des

contraintes environnementales, normatives et sécuritaires.

Au-delà des améliorations continues classiques de performance

opérationnelle, les acteurs du secteur, exploitants et prestataires

ont recours à des innovations technologiques pour améliorer

la fiabilité, leur réactivité et réduire les coûts de maintenance.

« Aujourd’hui, la philosophie est d’utiliser les technologies digitales

afin de mieux maitriser le comportement de l’installation et

réduire au juste nécessaire l’intervention humaine », révèle Loris

Mazza, Partner chez IAC Partners, en charge du secteur des

Energies et des grands projets industriels. Parmi les méthodes

et technologies en cours de déploiement, figurent les outils de

PLM pour tracer et capitaliser les expériences de maintenance

sur des installations complexes, et de PMO 2 pour ordonnancer

les interventions sur des installations multiples. On peut

également citer l’évolution vers la maintenance prédictive qui

est une méthodologie « au juste nécessaire », la télésurveillance

à distance de plusieurs installations mais aussi l’inspections

des sites par des drones capables de filmer et repérer les lieux

avec des mesures géométriques et d’autres paramètres comme

le niveau de radioactivité, la température, la présence de substances

nuisibles, etc.

1. Le « coût actualisé de l’énergie » correspond au prix complet d’une énergie

sur la durée de vie de l’équipement qui la produit.

2. Project Management Officer.

©DR

Loris Mazza,

Partner chez IAC Partners

LA RÉALITÉ AUGMENTÉE, UNE AUTRE TECHNOLOGIE

À NE PAS NÉGLIGER

La réalité augmentée est également un outil précieux chargé

d’accompagner efficacement avec des instructions et des informations

l’intervenant humain dans l’exécution d’opérations délicates.

« Un acteur majeur comme Framatome a pris une longueur

d’avance avec des outils de visite virtuelle pour simuler, en taille

réelle, des interventions dans des environnements complexes où le

temps de permanence est limité et où les opérations doivent être

réalisées en une seule tentative », ajoute Loris Mazza. Le groupe

utilise en effet plusieurs technologies telles que la « Cave automatic

virtual environment » (Cave) un réacteur virtuel à échelle

réelle et large image qui fonctionne comme un simulateur de

vol, Modop’3D, un masque 3D utilisé pour former les opérateurs

de maintenance sur les opérations courantes, ou encore

Yoda H2V ; cette tenue combinée avec les lunettes de réalité

augmentée Hololens de Microsoft permet d’entrainer les opérateurs

sur des gestes complexes en leur montrant les gestes faits

par un expert à distance. Cette même technologie est en cours

de test pour les opérations de chirurgie cardiovasculaire.

La mise en place de ces solutions innovantes implique des

investissements conséquents et s’accompagne de changements

importants au sein des organisations en termes de compétences,

procédures et outils. Le prérequis indispensable est donc de

définir au préalable des ambitions, en accord avec le business

model, et des moyens, pour parvenir au bon mix d’innovations.

Une roadmap de déploiement technique et organisationnel est

elle aussi indispensable.

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I21


SOLUTIONS LA MAINTENANCE DES ÉNERGIES

S’APPUYER SUR UNE MÉTHODE DE TRAVAIL

COLLABORATIVE

Afin de mieux répondre aux besoins des industriels, IAC

Partners a choisi de développer une approche à la fois stratégique

– pour cerner les enjeux – et opérationnelle pour y

répondre de manière pertinente, et de créer une complémentarité

entre des compétences à la fois méthodologiques et techniques.

Mais surtout, « l’entreprise s’appuie sur une méthode de

travail collaborative qui met les équipes opérationnelles de nos

partenaires au centre de l’action, ce qui génère des solutions fiables

mais surtout de l’adhésion ».

Concernant la maintenance dans le domaine des énergies, les

clients souhaitent des résultats rapides. Ces derniers privilégient

ainsi des solutions rapidement déployables, génératrices

d’économies mais surtout qui respectent les différentes

contraintes de ce secteur (économiques, réglementaires, etc.). «

Nous sommes ainsi choisis pour notre approche terrain, technique

et notre capacité à nous intégrer à leurs équipes et à mener des

projets complexes sur un temps court », explique Loris Mazza.

Pour le spécialiste des énergies, ces collaborations opérationnelles

permettent de comprendre en détail les organisations

des clients et leur mode de fonctionnement ; il en découle ainsi

une compréhension pointue des SWOT 3 ce qui permet à IAC

Partners de conseiller et d’accompagner ses clients dans des

initiatives plus stratégiques de transformation de leur organisation.

« Nous avons accompagné récemment les équipes d’Eiffage

Métal sur la réduction de la durée d’une intervention de maintenance

qui était sur le chemin critique de l’arrêt d’une tranche

nucléaire EDF ». La durée a été raccourcie de 30% en adaptant

la séquence des opérations, en modifiant la technique d’exécution

mais surtout en les simulant en atelier avant de les exécuter

sur place. ●

Valérie Brenugat

3. Strengths (forces), Weaknesses (faiblesses), Opportunities (opportunités),

Threats (menaces).

Exemple de CAVE (Cave Automatic Virtual Environment)

©Framatome – 2018

22 I MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


MAINTENANCE EN RÉGIONS

LA MAINTENANCE NAVALE ET AÉRONAUTIQUE

EN BRETAGNE ET LES PAYS-DE-LOIRE

SOMMAIRE

24 Page Personnel Nantes et Rennes recrute des techniciens et des ingénieurs

26 Clemessy Services : son site de Saint-Nazaire pour la réparation navale

29 ESI Group : du prototype virtuel au jumeau numérique

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I23


MAINTENANCE EN RÉGIONS

EMPLOI

Page Personnel Nantes

et Rennes recrute des

techniciens et des ingénieurs

Page Personnel (filiale de PageGroup) est un cabinet de recrutement

spécialisé qui identifie pour les entreprises des employés qualifiés,

techniciens et cadres 1 er niveau, afin de répondre à leurs besoins

en intérim, CDD ou CDI. Selon Christophe Chupin, Directeur Senior

chez Page Personnel Nantes et Rennes, les Pays-de-la-Loire

est l’une des régions françaises les plus dynamiques dans les

secteurs de l’industrie aéronautique et navale.

Christophe Chupin

Directeur Senior chez Page Personnel

Nantes et Rennes

MAINTENANCE & ENTREPRISE : QUELLE EST LA SITUATION

DU MARCHÉ DE L’EMPLOI DANS LES INDUSTRIES NAVALES ET

AÉRONAUTIQUES ET DE LA MAINTENANCE AÉRONAUTIQUE

ET NAVALE DANS LES PAYS-DE-LOIRE ?

Christophe Chupin : Le marché de l’emploi dans les secteurs de l’aéronautique

et du naval est toujours aussi dynamique. Les besoins

en recrutement restent élevés, portés par des acteurs majeurs dans

leur domaine tels qu’Airbus, Bénéteau ou Naval Group par exemple.

Malgré tout, on constate un déficit global de candidats bac +2/3 par

rapport aux besoins, c’est une généralité nationale. L’attractivité de

certains métiers pose également problème, la maintenance en fait

partie, pourtant les missions et opportunités d’évolution peuvent

être très intéressantes.

M&E : QUELS SONT LES BASSINS D’EMPLOI DANS CES

RÉGIONS ?

C.C. : Un bassin d’emploi fort existe sur l’axe Nantes - Saint-Nazaire

avec les différents intervenants de l’aéronautique. La Vendée

constitue un autre bassin d’emploi avec pour l’industrie navale de

nombreux chantiers sur la zone côtière.

Depuis le début de l’année, un ralentissement dans l’industrie

automobile a été constaté mais ce n’est pas le cas pour les industries

aéronautique et navale pour l’instant.

M&E : QUELS SONT LES BESOINS DE RECRUTEMENT

DE PROFESSIONNELS DE MAINTENANCE NAVALE ET

AÉRONAUTIQUE ?

C.C. : Aujourd’hui, les candidats les plus recherchés sont ceux

qui disposent d’une première expérience. Face à une tension

très forte sur ces profils « pénuriques », notre rôle en tant que

cabinet de recrutement est d’accompagner les entreprises vers

des candidatures moins expérimentés mais disposant de compétences

transversales (soft skills) essentielles. La capacité d’adaptation

est par exemple une qualité recherchée sur un poste de

maintenance.

« Aujourd’hui, les candidats les plus recherchés sont ceux

qui disposent d’une première expérience. »

M&E : QUELS TYPES DE PROFIL DE PROFESSIONNELS DE

MAINTENANCE SONT-ILS DEMANDÉS SUR LE MARCHÉ ?

C.C. : Les compétences en électromécanique, maintenance

industrielle, systèmes automatisés (automatismes), hydraulique

et pneumatiques sont les plus recherchées. Les profils doivent

être flexibles pour répondre au rythme et besoins de production.

Concernant des postes très spécifiques, des compétences linguistiques

(anglais technique) peuvent être demandées ponc-

24 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


MAINTENANCE EN RÉGIONS

© Etude Page Personnel - Novembre 2018

Ensuite, il ne faut pas hésiter à faire appel à un cabinet de recrutement.

Ces derniers peuvent, en effet, les orienter et les accompagner

dans leur recherche en ciblant les offres qui correspondent à

leurs attentes. Le cabinet peut donc jouer un rôle d’intermédiaire

et de conseil assez fort.

M&E : QUELS SERVICES PROPOSEZ-VOUS AUX ENTREPRISES

DE LA MAINTENANCE AÉRONAUTIQUE ET NAVALE ?

C.C. : PageGroup accompagne aujourd’hui de nombreux acteurs

du marché dans le recrutement de profils spécifiques en intérim,

CDD ou CDI mais également sur leurs projets de recrutement

volumique.

Top 5 des qualités recherchées.

tuellement pour des sociétés travaillant dans un environnement

international. Cette demande est plus régulière pour les postes en

itinérance (maintenance SAV).

M&E : QUELLES COMPÉTENCES COMPORTEMENTALES SONT-

ELLES DEMANDÉES POUR CES PROFILS DE MAINTENANCE

AÉRONAUTIQUE ET NAVALE ?

C.C. : Les compétences comportementales recherchées chez les

techniciens de maintenance vont s’articuler autour de l’autonomie,

de la capacité d’analyse, de la capacité de communication en raison

de sa transversalité et de ses contacts avec les différents services de

l’entreprise.

M&E : QUELLE EST LA DURÉE MOYENNE DE RECHERCHE

D’EMPLOI ?

« Actuellement, une vingtaine de postes sont à pourvoir sur

les Pays de la Loire en maintenance dans les secteurs du

naval et de l’aéronautique.»

M&E : QUELS SONT LES RECRUTEMENTS PRÉVUS SUR LES

PAYS-DE-LOIRE ?

C.C. : Actuellement, une vingtaine de postes sont à pourvoir sur

les Pays de la Loire en maintenance dans les secteurs du naval et

de l’aéronautique. ●

Propos recueillis par Valérie Brenugat

© DR

C.C. : Sur ces postes, on est quasiment sur l’employabilité immédiate

(0-3 mois), que ce soit pour des profils peu expérimentés ou

des profils confirmés.

M&E : QUELS CONSEILS POUVEZ-VOUS DONNER AUX

CANDIDATS DANS LA MAINTENANCE NAVALE ET

AÉRONAUTIQUE ?

C.C. : La principale difficulté réside dans la méthodologie de la

recherche d’emploi. Premier conseil : la connaissance du secteur,

le candidat doit être capable de faire une cartographie des entreprises

du secteur.

Deuxième conseil : s’assurer de l’adéquation entre son projet professionnel

et son projet personnel (situation géographique...).

Job Dating 2018 pour l’aéronautique et le naval.

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I25


MAINTENANCE EN RÉGIONS

LOIRE-ATLANTIQUE

Clemessy Services : son site de

Saint-Nazaire pour la réparation navale

Le site de Clemessy Services à Saint-Nazaire, entreprise du Groupe Eiffage, offre des services

de maintenance et de réparation navale. Son dernier contrat exemplaire par sa durée : le rétrofit

du roulier Wedellsborg. Focus

© DR

Guillaume de

Williencourt

responsable du

département naval

d’Eiffage Energie Systèmes

Clemessy Services.

MAINTENANCE & ENTREPRISE :

QUELS SONT LES DÉFIS DE LA

MAINTENANCE NAVALE ?

Guillaume de Williencourt : Dans l’industrie

et comme dans d’autres secteurs, il y a

beaucoup de travail dans la maintenance

préventive et prédictive. La particularité

dans le naval comme dans les avions, pour

des raisons de réglementation et de sécurité,

toutes les installations sont redondantes. Les

opérations de maintenance prédictive et les

contrats de maintenance sont donc moins

développés que dans les autres industries.

Il y a donc un travail d’anticipation et cela

coûte très chère.

Dans la navale, deux cas se présentent. La

Arrêt Technique du Rossoren.

© Philippe Pouvreau

première situation : un navire a prévu un

arrêt et il y a un programme tous les 2 ans

(carénage, contrôle d’équipements). Il faut

alors réserver une cale sèche dans les ports.

Cela implique des coûts d’immobilisation qui

doit être la plus courte possible et la moins

chère possible. La concurrence internationale

est, en effet, très importante. Or les navires

s’arrêtent dans des sites les plus pratiques et

les moins chères. Donc la plus grande partie

de la flotte française accoste en Espagne et en

Italie. Notre politique sur les coûts est donc

très agressive.

Le deuxième cas est l’avarie. Même si tout

est redondant, parfois, il n’y a qu’une ligne

d’arbre. Par exemple, quand des joints d’étanchéité

chutent, il faut dépanner d’urgence

des navires.

Concernant le marché du maintien en condition

opérationnelle pour la Marine Nationale,

le service de soutien de la flotte (SSF)

passe des contrats à un rang 1 avec Naval

Group, Chantiers d’Atlantique et Piriou Naval

Services par exemple. Comme ces sociétés

n’ont pas toujours tous les ouvriers pour réaliser

des travaux, ils font appel à des entreprises

comme la nôtre pour réaliser des

prestations. Nous sommes donc en rang 2.

En outre, pour la Marine nationale, il y a des

contrats de maintien en condition opérationnelle

et les entreprises s’engagent à que

26 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


MAINTENANCE EN RÉGIONS

le navire soit opérationnel un maximum de jours par an. Ces

travaux sont réalisés principalement dans les arsenaux.

« Il y a donc un travail d’anticipation et cela coûte très

chère. »

M&E : QUE REPRÉSENTE LA MAINTENANCE NAVALE

DANS VOS ACTIVITÉS ?

G.D.W : Pour notre site, elle englobe la totalité de nos activités.

La diversification avec des navires neufs et d’autres activités

nous permet de survivre. En revanche, pour la direction Ouest,

cela représente 15 % de l’activité.

Quand nous n’avons pas assez de travail pour nos salariés,

ceux-ci partent dans d’autres chantiers industriels (nucléaire,

pétrochimie…).

M&E : QUELLES SONT VOS ACTIVITÉS DE

MAINTENANCE NAVALE ET LEURS OBJECTIFS ?

M&E : QUELS SONT VOS ATOUTS PAR RAPPORT À

CEUX DE VOS CONCURRENTS ?

G.D.W : Le premier atout est la qualité de nos hommes car c’est

un métier de spécialiste. Nous sommes reconnus pour la qualité

de travail réalisé. Mais nos prestations sont chères. Autre atout :

nous savons nous projeter partout dans le monde. Ainsi, nos

équipes interviennent en Egypte, en Arabie Saoudite et en Lituanie.

Nous sommes aussi embarqués dans les navires. Nous avons

donc une bonne souplesse d’intervention parce -qu’on ne peut

pas être figé que sur Saint-Nazaire avec ses infrastructures. Ses

quelques cales sèches ne sont pas, en effet, toujours disponibles.

Comme nous intervenons pour la Marine Nationale en rang 2,

nous réalisons des missions principalement à Brest et à Toulon.

M&E : QUELLES COMPÉTENCES DOIVENT AVOIR LES

PROFESSIONNELS DE LA MAINTENANCE NAVALE ?

G.D.W : Il faut savoir trouver des solutions à tous les problèmes et

d’être persévérant pour aller au bout des choses. Quand nous

G.D.W : Les activités concernent le carénage, le remplacement

de la partie de coque abimée (en structure acier ou aluminium),

le rétrofit (refaire des installations importantes comme celles des

traitements des fumées, des systèmes de traitement des eaux ou

de ballastage, la tuyauterie par exemple). De plus, les navires

sont obligés de suivre les évolutions de la réglementations et

nous les accompagnons dans la mise en place de ces nouvelles

installations. Ce sont, à la fois, des opérations de structure et de

maintenance avec des vannes et de pompes. Nous faisons aussi

des visites de pièces tournantes comme des paliers et des lignes

d’arbre. Il faut également changer des pièces, l’électricité et les

moteurs diesels. Les maintenances sont donc de différents types :

préventive, curative et rétrofit (remise aux normes et remise en

état d’équipements et de locaux et des cabines ).

Réparation du bordé du RoRo Mobile Express.

©Philippe Pouvreau

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I27


MAINTENANCE EN RÉGIONS

Installation tuyauterie Scrubber à bord du RoRo Mobile Express

©Philippe Pouvreau

lignes d’arbre, le changement des huiles

de propulseur et des parties de coques

déformées lors d’une tempête, le carénage

(peinture, changement de nom). Ce projet

a coûté 1,5 millions d’euros et a duré 1 mois.

Donc l’arrêt et la préparation (1 mois) ont été

très courts. Nous avons respecté les délais et

la qualité. Le navire est parti en opération très

vite pour Airbus et il a eu ses certifications

tout de suite. Il a alors transporté 4 tronçons

d’A320 de Montoir-de-Bretagne à Mobile en

Alabama aux Etats-Unis. Cela a été un succès

car tout le monde a trouvé son compte.●

Propos recueillis par Valérie Brenugat

accueillons un navire en avarie, il faut

le remettre en service immédiatement. Le

professionnel de la maintenance doit donc

être réactif, n’avoir pas froid aux yeux et être

extrêmement volontariste et très engagé.

Il est aussi un fonceur passionné par son

travail.

Concernant les soudeurs, tout est très réglementé

parce-que les sociétés de classification

vérifient la réalisation des travaux.

Cela veut dire que chaque soudure nécessite

une habilitation et un niveau de qualification

très élevée des professionnels pour la

tuyauterie et l’étanchéité de coques. Cela est

aussi valable pour les mécaniciens qui interviennent

en fond de forme, il faut beaucoup

d’habilitations pour les nacelles et les

travaux en hauteur.

« Dans la partie Rétrofit, notre

innovation est dans la rapidité

d’études grâce aux scans 3 D. »

M&E : QUELLES INNOVATIONS

UTILISEZ-VOUS ?

G.D.W : Dans la partie Rétrofit, notre

innovation est dans la rapidité d’études

grâce aux scans 3 D.

M&E : QUELS SONT LES CRITÈRES

DE CHOIX DES PRESTATIONS DE

VOS CLIENTS ?

G.D.W : Le premier critère est le prix.

Ensuite, c’est la localisation.

M&E : QUELS SONT VOS BESOINS

EN RECRUTEMENT ?

G.D.W : Nous recherchons des chaudronniers,

des mécaniciens et des chefs

de chantier ou de bord (chef de projet)

qui suivent un arrêt complet.

M&E : POUVEZ-VOUS DONNER

UN EXEMPLE D’APPLICATION ?

QUELLE ÉTAIT LA

PROBLÉMATIQUE ? QUELS ONT

ÉTÉ LES RÉSULTATS ?

G.D.W : Cette année, nous avons effectué

le rétrofit du plus gros roulier 1 qui est rentré

dans la forme 1 du port de Saint-Nazaire : le

Wedellsborg. Nous y avons intégré 2 systèmes

de traitement de fumée, les scrubbers et un

système de traitement des eaux de ballastage.

Ce navire a subi un important rétrofit. De

plus, nous avons effectué les travaux de

maintenance classique : l’étanchéité des

1. Un roulier est un navire utilisé pour transporter

des marchandises chargées grâce à des rampes

d’accès


D’Eiffage Energie

Systèmes à

Clemessy Services

Clemessy Services appartient au groupe

Eiffage. Celui-ci est divisé en 5 branches.

Dans ces branches (construction,

immobilier, infrastructure, concession) ,

figure Eiffage Energie Systèmes. Chaque

branche réalise près de 4 milliards

d’euros de chiffre d’affaires. Clemessy

Service appartient à la branche Eiffage

Energie Systèmes spécialisée dans la

maintenance industrielle. Elle se répartie

dans différentes régions : Normandie,

Ouest, Sud-Ouest, Sud-Est , Rhône-

Alpes et Ile-de-France. Elle emploie

2500 personnes. L’activité principale

concerne les interventions sur des

contrats de maintenance pluriannuelle :

soit sur des arrêts techniques d’industrie

(réalisation de maintenance préventive

et l’entretien pendant quelques jours)

et les grands arrêts et projets. Dans

ces projets, lors d’un changement de

production, l’usine, Clemessy Service,

réalise des nouvelles installations avec

des tuyauteries et de l’électricité et cela

est orienté industrie lourde dans tous

les secteurs d’activité (automobile,

aéronautique, navale, nucléaire, la

pétrochimie et l’agroalimentaire). Le

site Saint-Nazaire a la particularité

d’employer 400 professionnels répartis

dans différents pôles avec la spécialité

de la réparation navale, les programmes

de maintenance pour la naval. Le pôle

réparation navale se résume à une

quarantaine de personnes et le chiffre

d’affaires est de 5 millions d’euros.

28 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


MAINTENANCE EN RÉGIONS

JSC ZDB utilise ESI IC.IDO avec son Powerwall pour amener ses clients à bord des projets

d’aménagement de compartiments marins sans construction de maquettes coûteuses.

EDITION

ESI Group : du prototype virtuel au jumeau

numérique

©DR

Spécialiste en physique des matériaux, l’acteur mondial

de logiciels et services de prototypage virtuel, ESI Group

propose d’associer expertise en ingénierie et solutions de

simulations avancées et immersives pour résoudre les défis

posés par la maintenance dans l’Usine du Futur. Le point.

Laurent Mouchette

directeur technique

d’ESI France

MAINTENANCE & ENTREPRISE : QUELLE

EST VOTRE LOCALISATION EN BRETAGNE

ET DANS LES PAYS-DE-LOIRE ?

Laurent Mouchette : Nous travaillons pour des

clients en Loire-Atlantique et en Bretagne. ESI

dispose d’une antenne à Rennes. Grâce aux moyens

du numérique, nous pouvons aussi collaborer à

distance et opérer en Bretagne et dans les Pays-de-

Loire.

M&E : QUELS SONT LES ENJEUX DE LA

MAINTENANCE NAVALE ?

L.M. : Parmi les axes principaux de la maintenance

navale, figure la réduction des coûts. La maintenance

d’un navire est coûteuse. Il est important de pouvoir

la programmer et de garantir le niveau de performance

du bâtiment et des composants. Des pannes

ne sont pas envisageables quand le navire est en cours

de fonctionnement, notamment dans le domaine de

la Défense.

M&E : QUELS SONT VOS SERVICES LIÉS À

LA MAINTENANCE NAVALE ?

L.M. : ESI apporte à ses clients des solutions de

simulation pour les aider à développer leurs

produits, optimiser leur process de fabrication et

prédire les conditions d’exploitation et de maintenance

au plus tôt dans le cycle de développement

des produits.

L’ingénierie assistée par ordinateur était historiquement

concentrée sur la résolution de problèmes

rencontrés dans la conception et l’utilisation des

produits. La maintenance navale consistait à une

approche empirique basée sur l’observation, une fois

le navire rentré au port. Aujourd’hui, nous sommes

passés à un nouveau paradigme, dans lequel nous

construisons des prototypes virtuels qui nous

permettent d’anticiper et de détecter les problèmes

de conception avant qu’ils ne surviennent. Cela

ouvre la porte à la construction d’une représentation

virtuelle complète du produit - un Hybrid

Twin - qui peut coexister tout au long du cycle de

vie du produit réel - de la conception (fabrication)

à son décommissionnement en passant par son

utilisation en conditions opérationnelles. Cela peut

fournir des informations essentielles à la fois sur la

conception du produit et sa qualité globale. Grâce

au jumeau hybride (cumulant jumeau virtuel

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I29


MAINTENANCE EN RÉGIONS

et digital), nous sommes capables de

baser la programmation de la maintenance

sur des faits précis.

Avec le prototypage virtuel d’ESI, synchronisé

par l’« Internet des Objets » (IoT) et

par l’analyse des données massives, nos

clients peuvent optimiser leur processus

d’acquisition et étudier leur produit

en temps réel pour maximiser sa longévité

grâce à une maintenance prédictive

intelligente.

M&E : QUELS SONT VOS POINTS

FORTS PAR RAPPORT À VOS

CONCURRENTS ?

L.M. : L’élément différenciateur est la capacité

à intégrer les données dans un prototype

virtuel simulant l’objet en temps réel.

Si depuis une salle de contrôle, l’opérateur

s’aperçoit d’un dysfonctionnement, il peut

grâce à une simulation numérique et une

observation en temps réel, comprendre le

phénomène, il est capable alors de prendre

des décisions de manière plus pertinente.

Quand on parle d’objet temps réel basé sur

le numérique, on intègre, en effet, dans le

modèle : les données de fabrication et des

matériaux et la complexité de la structure.

A gauche : Vitesse et rayonnement du

panneau sous-marin de la coque dans l’eau

de mer. A droite : Propagation d’ondes sousmarines

depuis une hélice comme source

acoustique.

M&E : QUELS SONT LES CRITÈRES

DE CHOIX DE PRESTATIONS DE

VOS CLIENTS ?

L.M. : ESI Group est le principal créateur

mondial de logiciels et services de

prototypage virtuel. Il a développé un

savoir-faire unique afin d’aider les industriels

à remplacer les prototypes réels par

des prototypes virtuels, leur permettant

de fabriquer puis de tester virtuellement

leurs futurs produits et d’en assurer leur

pré-certification.

M&E : QUELLE EST VOTRE

POLITIQUE D’INNOVATION ?

L.M. : Le groupe ESI consacre environ 30

% de son chiffre d’affaires à la R&D. Nous

développons des nouvelles technologies afin

de répondre aux enjeux de l’industrie 4.0

: l’aspect data, les matériaux, les nouveaux

processus de fabrication. Mais la mise en

place du jumeau numérique reste encore

longue. Les clients ont encore des difficultés

à évaluer l’investissement que représente

le déploiement d’un jumeau numérique.

Nous leur proposons une démarche par

étapes. Du test virtuel au prototype Virtuel

puis le développement d’un jumeau Virtuel

intégrant les aspects temps réel et enfin

le jumeau Hybrid « Hybrid TwinTM »

connecté avec IoT et les analyses de

données. Cette démarche permet à nos

clients de ne pas s’engager sur des volumes

importants et de pouvoir mesurer le retour

sur investissement à chaque étape.

« Du test virtuel au prototype Virtuel puis

le développement d’un jumeau Virtuel

intégrant les aspects temps réel et enfin

le jumeau Hybrid « Hybrid TwinTM »

connecté avec IoT et les analyses de

données. »

M&E : POUVEZ-VOUS DONNER UN

EXEMPLE D’APPLICATION ?

L.M. : Un exemple d’application serait le

développement d’un jumeau numérique

sur un système mécanique pour lequel

nous observons des casses ou des dysfonctionnements

de composants conduisant à

une perte de performance. L’approche de

prototypage virtuel basée sur la physique

des matériaux permet de simuler dans le

détail ces composants critiques et de les

intégrer dans un objet temps réel avec nos

techniques de réduction de modèle. Cet

objet devient une fonction intégrable dans

un modèle système, qui synchronisé avec

l’analyse de données, conduit l’opérateur

à disposer d’un jumeau numérique dit «

Hybrid TwinTM » lui permettant d’évaluer

le comportement et la performance

de son système en temps réel avec une vue

détaillée du comportement de certains

éléments. ●

Propos recueillis par Valérie Brenugat

Une expertise en

ingénierie virtuelle

Laurent Mouchette, directeur technique

d’ESI France travaille depuis 18 ans au sein

de la filiale française du groupe ESI. Il est

responsable de l’équipe technique sur le

territoire France pour accompagner ses

clients dans le déploiement des solutions

numériques d’ESI et leur apporter un

support dans la réalisation de leurs projets.

ESI Group est le principal créateur mondial

de logiciels et services de Prototypage

Virtuel, depuis 45 ans. Couplé aux

technologies de dernière génération, le

Prototypage Virtuel s’inscrit désormais

dans une approche plus large du Product

Performance Lifecycle, qui adresse la

performance opérationnelle du produit

tout au long de son cycle de vie complet de

fonctionnement, du lancement au retrait.

La création de Jumeaux Hybrides (Hybrid

Twin) intégrant à la fois la simulation,

la physique et l’analyse de données

permet de créer des produits intelligents,

notamment avec les objets connectés, de

prédire leur performance et d’anticiper

leurs besoins de maintenance.

30 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


LA MAINTENANCE DANS L’INDUSTRIE AÉRONAUTIQUE

PRATIQUE

©DR

Jumeau numérique d’une chaîne d’assemblage final d’un avion

START-UP

SkyReal : la réalité virtuelle en plein envol

Fondée en 2017 par Hugo Falgarone, SkyReal est un éditeur de logiciel spécialisé dans la Réalité

Virtuelle. Résultant d’ un essaimage technologique, il bénéficie d’une expérience de plus de dix

ans dans la VR appliquée aux problématiques industrielles. Il a été sélectionné par Starburst,

la référence mondiale des accélérateurs de start-ups dédiées aux secteurs de l’aéronautique,

spatial et défense. Focus

©DR

Hugo Falgarone,

CEO de SkyReal

MAINTENANCE & ENTREPRISE : A QUELS

SECTEURS VOTRE START-UP S’ADRESSE-

T-ELLE ?

Hugo Falgarone : Nous avons démarré avec le

secteur aéronautique parce que cette industrie

est notre secteur d’origine. Mais nos services

s’adressent à toutes les industries qui utilisent la

conception assistée par ordinateur (CAO) et les

modèles 3 D comme l’automobile, le naval, l’éolien

et le nucléaire. Les problématiques demandées

sont liés au 4.0 : Comment les opérateurs

conçoivent les postes de maintenance et d’assemblage

? Comment anticiper telle séquence ?

Par exemple, nous collaborons avec Thales. Ce

groupe doit, en effet, démontrer que leurs équipements

sont facilement maintenables et il doit fournir

un modèle opératoire qui explique le mode

de maintenance et prouver que tout a été bien

pensé. La perspective de le faire en 3D et en réalité

virtuelle permet de montrer que cela a été véritablement

fait. Demain, toutes les explications

seront réalisées en 3D. Ils feront leurs démonstrations

à leurs clients

M&E : QUELS SERVICES DE RÉALITÉ

VIRTUELLE PROPOSEZ-VOUS ?

H.F : Nous fournissons à nos clients un envi-

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I31


PRATIQUE

LA MAINTENANCE DANS L’INDUSTRIE AÉRONAUTIQUE

©DR

ronnement qui permet de créer leur

propre projet sans notre intervention.

Donc nous les rendons autonomes. Ils

peuvent ainsi traiter des projets confidentiels

et militaires. Nous ne sommes

pas impliqués dans la réalisation de

notre client mais nous pouvons les aider

à créer leur expérience avec un produit,

un contexte et un environnement.

La technologie de la réalité virtuelle

n’est pas considérée comme innovante

ou émergente car elle existe depuis

un certain temps. Selon Gartner, elle

a dépassé la phase d’excitation sur la

nouveauté. Elle est maintenant dans

la phase de déploiement, de la rentabilité

et de modèle économique. Donc

cela devient un standard. Mais dans les

entreprises, ces équipements sont rares

et les sociétés hésitent encore à franchir

le pas. Il faut une conduite du changement

et que le DSI investisse le sujet.

M&E : QUELS SONT LES USAGES ?

H.F : La plupart de nos clients sont

en train de concevoir des projets de

systèmes complexes avec des sous-systèmes,

des équipements et des codes

d’intégration. Dès la conception, ils se

préoccupent de la maintenance. Ils font

donc des modèles 3D mais la difficulté

de la CAO réside dans la réalisation des

tâches et l’interaction avec le produit de

manière aussi naturelle que de gérer un

prototype avec une maquette à échelle

1. Donc en réalité virtuelle, on donne la

possibilité au client de s’immerger dans

le produit et de concevoir un projet en

3 D et avec le casque, de se mettre en

face du produit. Donc nous proposons

un produit à l’échelle 1 et cela aidera le

concepteur.

Le deuxième effet important : on pourra

prendre l’objet, démonter les pièces et se

servir d’un outil. On alors une sensation

réelle très importante. Si nous pouvons

mettre des gants, nous nous orientons

vers un équipement plus standard et

plus accessible au plus grand nombre.

Donc on fait appel à une métaphore

visuelle permettant de comprendre

qu’on touche l’objet. Néanmoins, l’utilisateur

de la réalité virtuelle dispose de

manettes dans les mains.

« Donc la réalité virtuelle

permet de montrer au client

que l’hélicoptère a été bien

conçu pour la maintenance. »

Simulation d’instructions de montage.

Par exemple, chaque hélicoptère nécessite

beaucoup de maintenance pour

chaque heure de vol. La maintenance

est donc un critère de vente important

pour Airbus Helicopters. Donc la réalité

virtuelle permet de montrer au client

que l’hélicoptère a été bien conçu pour

la maintenance. Une équipe de maintenabilité

travaille donc en parallèle

avec les concepteurs. Donc dès la mise

à jour ou la conception, elle contrôle de

manière naturelle et interactive. Avec la

réalité virtuelle, elle peut démonter les

pièces et vérifier si les outils passent et

si elle peut faire un nombre de tâches.

Dès qu’une tâche n’est pas réalisable,

l’équipe échange avec les concepteurs

pour corriger et oblitérer de manière

très rapide avant que le projet continue

de se développer. Auparavant, les modifications

étaient réalisées trop tard, elles

étaient alors très coûteuses et de plus,

cela n’était pas toujours concluant pour

le client. Il y avait aussi des maquettes à

l’échelle 1 pour vérifier le démontage de

pièces. La réalité virtuelle a donc permis

de gagner du temps sur le maquettage.

Autre application pour les opérateurs de

chaine d’assemblage : la réalité virtuelle

permet d’anticiper des erreurs afin d’obtenir

une cadence importante en ayant

les bons outils au bon endroit et au bon

moment.

Sur des maintenances qui n’étaient pas

prévues, par exemple, à Kourou, nous

avons aidé des professionnels du spatial

sur des satellites prêts pour le décollage.

Quand il y avait des problèmes,

avant que des spécialistes de Toulouse

puissent intervenir directement, avec

la réalité virtuelle, ils se sont rendus

compte qu’un équipement sous tension

devait être changé en plein cœur du

satellite. Les toulousains ont alors

réfléchi à changer l’équipement de la

manière la plus sûre en prenant le moins

de risques possibles. Ils ont alors validé

leur séquence et ils ont ensuite collaboré

avec les Kourouciens en montrant les

actions qu’ils devaient faire (démontage,

montage et changement de pièce) avec

la réalité virtuelle à distance en toute

sécurité.

Concernant la formation, nous avons

expérimenté avec Airbus en faisant

apprendre des séquences. Avec la réalité

32 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


LA MAINTENANCE DANS L’INDUSTRIE AÉRONAUTIQUE

PRATIQUE

virtuelle, les professionnels peuvent, en

effet, répéter les séquences. Nous nous

assurons que l’opérateur ait le bon

réflexe de faire le bon geste dans des

cas sensibles. Par ailleurs, les opérateurs

peuvent travailler dans des environnements

très étroits, sombres et vertigineux.

La réalité virtuelle permet de se

projeter dans les conditions de travail

de l’opérateur. En outre, nous pouvons

créer un aléa et tester les connaissances

de l’opérateur. Par exemple,

un opérateur de maintenance répare

une machine. Nous allons ajouter une

procédure à tester comme la vérification

de l’alimentation. Enfin, nous pouvons

créer des phénomènes aléatoires comme

des cas particuliers de pannes connues

et voir comment l’opérateur réagit face

à l’imprévu.

M&E : QUELS CONSEILS

POUVEZ-VOUS DONNER DANS

L’UTILISATION DE CES NOUVELLES

SOLUTIONS ?

H.F : La difficulté réside dans le fait

que beaucoup de sociétés ont fait des

démonstrateurs. Si les équipements

sont devenus standards et très robuste,

il faut que l’entreprise investisse le sujet.

Le directeur des systèmes d’information

de l’entreprise doit donc gérer ces

solutions de réalité virtuelle et être le

responsable de leur déploiement.

Maintenant, tous les grands fournisseurs

d’équipements offrent le matériel

nécessaire à la réalité virtuelle. Quant

aux offres de logiciels, elles existent de

plus en plus. Maintenant, il faut que

les sociétés le déploient les solutions

de réalité virtuelle.

« Dès le départ, nous étions

taillés pour travailler sur

des grands projets ambitieux

industriels. »

M&E : QUELS SONT VOS

ATOUTS PAR RAPPORT À VOS

CONCURRENTS ?

H.F : Premier avantage : avec le produit,

nous rendons notre client autonome.

Deuxième atout : quand nous avons

créé notre projet, nous avons traité

des grands produits comme un avion

comme un A 350, une fusée ou une

usine. Dès le départ, nous étions taillés

pour travailler sur des grands projets

ambitieux industriels. Donc notre capacité

à respecter des normes et des standards

ambitieux de performance étaient

déjà notre point de départ. Nous avons,

en effet, la maturité industrielle d’un

projet qui a connu des programmes

importants.

Par ailleurs, nous présentons des différences

technologiques avec nos capacités

de manipuler les objets et de les

concevoir. Fort de nos activités avec

les ingénieurs d’Airbus et de différents

programmes, nous avons eu cette expérience

utilisateur qui nous a permis de

développer petit à petit des centaines de

fonctionnalités qui correspondent à un

besoin et à une tâche métier.

Simulation d’une opération de montage sous le cockpit d’un avion

avec validation de l’encombrement et de l’accessibilité.

M&E : QUELS SONT LES CRITÈRES

D’ACQUISITION DE VOS SOLUTIONS

PAR VOS CLIENTS ?

H.F : Leurs critères : la capacité à être

autonome et le temps à lancer cette

solution.

M&E : POUVEZ-VOUS INDIQUER UN

EXEMPLE D’APPLICATION DANS

L’INDUSTRIE ? QUELLE ÉTAIT

LA PROBLÉMATIQUE ? QUELS

ÉTAIENT LES RÉSULTATS ?

H.F : Un exemple concerne des changements

de plafonnier d’un Eurocopter

hélicoptère EC 175. Pour changer l’éclairage,

il faut démonter le plafonnier.

Avant, il fallait faire des prototypes de

cabine pour changer l’ampoule. Maintenant,

avec la réalité virtuelle, l’opérateur

apprend comment changer le plafonnier

de la cabine (vis, outils…). Ainsi, cette

opération de maintenance n’est réalisée

qu’en 1 journée au lieu d’une semaine.

Enfin, avec la réalité virtuelle, pendant

la phase de conception, il est vérifié que

la tâche de maintenance est facilement

réalisable. Après, on peut entraîner les

opérateurs à le faire. ●

©DR

Propos recueillis par Valérie Brenugat

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I33


PRATIQUE

LA MAINTENANCE DANS L’INDUSTRIE AÉRONAUTIQUE

Une Start-up issue d’Airbus Group

Avant de créer la start-up SkyReal en 2017, Hugo Falgarone,

fondateur de SkyReal, a travaillé pour toutes les filières

du groupe Airbus (avion, hélicoptère, fusée) pendant 17

ans dans le centre d’innovation Airbus Group Innovation

où étaient développées les technologies en amont. Il

raconte alors ces années chez Airbus : « Nous avions

alors assez de financement pour travailler en amont sur

ces technologies et savoir comment elles pouvaient être

opérationnellement rentables. Nous avons démarré les

recherches sur la réalité virtuelle en 2000. Cela a pris

beaucoup de temps pour trouver un modèle opérationnel.

A partir de 2008, nous avons eu une feuille de route bien

définie et surtout nous avons commencé à nous aligner avec

des programmes intéressants tels que les hélicoptères

Eurocopter EC175 qui étaient réalisés avec les chinois.

Puis chez Airbus Commercial, A 350 a donné un élan au

projet et cela a apporté de la robustesse à la technologie

de la plateforme. Ensuite, en 2015, cela a débouché sur

25 salles dotées d‘ armoires de type immersif en France,

en Allemagne et en Angleterre avec des utilisateurs qui

travaillaient sur différents projets avec nos technologies.

» Puis en 2016, Airbus a changé d’organisation dans sa

stratégie en se réorientant dans son cœur de business en

amont. Il a décidé d’arrêter ses activités de recherche,

licencier du personnel et fermer son centre de recherche.

Hugo Falgarone a réussi à obtenir d’Airbus la capacité

de faire son projet SkyReal qui n’est pas une spin-off 1 car

Airbus n’est pas dans le capital de l’entreprise. Il a

donc réalisé un transfert d’exploitation des travaux de

recherche effectués dans le centre d’innovation d’Airbus

et a réembauché l’équipe qui l’a suivi pour continuer le

développement des technologies.

SkyReal a démarré le 1 er janvier 2018 avec des contrats

de ses clients. Hugo Falgarone note alors : « La seule

difficulté pour moi a été d’avoir des relations de fournisseurs

contractuels avec mes anciens collègues avec la problématique

d’être un fournisseur d’un grand groupe comme Airbus.

Maintenant dans notre société, nous sommes une dizaine

de personnes et nous sommes situés à Paris. Nous offrons

un outil technologique qui est directement installé chez

notre client. »

1; Une « spin-off » est une société commerciale née d’une scission d’une

entreprise plus grande.

34 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


LA MAINTENANCE DANS L’INDUSTRIE AÉRONAUTIQUE

PRATIQUE

©DR

Advantage-Digital Twin spread2-0x.

ANSYS

Des jumeaux numériques

au service de la MRO

Avec l’acquisition de la société Granta Design, le lancement de son nouveau logiciel Ansys Twin

Builder et celui d’Ansys Cloud, l’actualité de l’éditeur américain est pour le moins chargée à

quelques semaines seulement du salon SIAE, un des événements phares d’Ansys, en particulier

sur la partie MRO où il est particulièrement présent.

Fondée en 1970 et basée à Pittsburgh en Pennsylvanie,

aux États-Unis, Ansys est le leader

mondial de la simulation d’ingénierie. L’entreprise

développe et assure le support de logiciels

de simulation servant à prédire le comportement

d’un produit dans son environnement. « Si vous avez

déjà vu une fusée, piloté un avion, conduit une voiture,

utilisé un ordinateur, manipulé un appareil mobile,

franchi un pont ou utilisé une technologie mobile, il

est très probable qu’un logiciel Ansys ait joué un rôle

crucial dans sa conception », affirme sans détour Paolo

Colombo, Directeur Monde pour l’Industrie Aérospatiale

& Défense, chez Ansys. Grâce à sa stratégie de

Pervasive Simulation, Ansys aide les entreprises innovantes

à livrer des produits de haute performance à

leurs clients. « À travers le plus vaste portefeuille de logiciels

de simulation technique, nous les aidons à résoudre

les défis de conception les plus complexes et à créer un

nombre illimité de produits ».

©DR

Paolo Colombo

Directeur Monde pour l’Industrie

Aérospatiale & Défense, chez Ansys.

Dans les secteurs de l’aérospatial et de la défense, les

produits ont généralement un cycle de vie très long.

Ainsi, leur coût de maintenance et de mise à niveau est

bien supérieur aux coûts initiaux liés à la recherche, la

conception et le développement. Ces dépenses représentent

une part importante du coût d’un avion de ligne

et une lourde charge pour les entreprises et les services

rattachés à la défense. C’est pourquoi leur réduction

demeure un enjeu crucial pour la compétitivité des

entreprises. Ces dernières ont déjà commencé à étendre

l’usage des technologies numériques traditionnellement

utilisées pour la phase de conception de l’avion, pour la

MRO (maintenance, repair and overhaul) et l’entre-

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I35


PRATIQUE

LA MAINTENANCE DANS L’INDUSTRIE AÉRONAUTIQUE

tien des avions afin d’optimiser leurs opérations. De

nombreuses entreprises exploitent ainsi le Big Data et

l’analytique afin de déterminer, à l’avance, le moment

opportun pour effectuer la maintenance d’un avion.

Pour ce faire, elles doivent s’appuyer sur des données

historiques qui ne sont pas toujours disponibles, notamment

lorsqu’il s’agit d’un nouvel avion, voire pas assez

fiables, lorsque ces données reposent uniquement sur

des statistiques. C’est pourquoi le jumeau numérique

(digital twin) suscite un fort intérêt de la part des industriels.

Cette technologie associe la simulation multiphysique

haute-fidélité à des capacité ROM (ordre de

modèles réduits) traités sur des ordinateurs hautes

performances, le tout, connecté à des outils d’analyse.

UNE PRÉSENCE CROISSANCE AUPRÈS DES

ACTEURS DE LA MRO

Ansys aide ses clients à accélérer leur processus de transition

numérique grâce à la simulation, et ce, tout au

long du cycle de vie de l’avion, de la pré-conception à

la MRO. L’éditeur propose notamment une solution

pour MRO permettant de concevoir, élaborer, tester

et déployer le jumeau numérique d’un objet physique.

Les bénéfices potentiels sont donc immenses ; à titre

d’exemple, la révision d’un moteur d’aéronef traditionnel

peut coûter jusqu’à 1,7 millions d’euros, ce qui équivaut

au remplacement de 40 000 pièces. En simulant les

moteurs des avions, les utilisateurs ont la possibilité de

surveiller l’état de chaque composant relativement au

fonctionnement global du moteur et, ainsi, optimiser le

processus de révision. Les données issues de la simulation

permettent à Ansys d’élaborer un cadre de travail

personnalisé en étroite collaboration avec le client. Les

équipes d’ingénieurs peuvent ensuite s’appuyer sur ces

enseignements pour améliorer les performances thermodynamiques

du moteur afin de diminuer la consommation

de carburant et l’usure et, ainsi, réduire les

futurs coûts de maintenance. Ces connaissances leur

permettent également de maximiser la durée d’utilisation

de pièces critiques et très coûteuses, comme les

aubes de turbine par exemple.

Ansys propose, notamment, aux industriels sa solution

Ansys Twin Builder, un ensemble unique d’outils associant

la puissance d’un modeleur de systèmes multi-domaines

avec des bibliothèques 0D étendues spécifiques à

l’application, des solveurs de physique 3D, des capacités

ROM et des outils de développement de logiciels embarqués.

Les ingénieurs peuvent ainsi réduire le temps

nécessaire pour construire une physique exacte sur la

base du jumeau, valider la représentation précise du

produit, tester et optimiser le déploiement du jumeau,

notamment grâce à nos partenariats avec des sociétés

d’analyses de données telles que SAP et PTC. « Notre

objectif final est d’accompagner et faciliter la transformation

numérique des processus MRO grâce à une plateforme

de maintenance prédictive basée sur la physique »,

poursuit Paolo Colombo.

« Il s’agit d’un investissement essentiel pour nos clients »,

concède le Directeur Monde pour l’Industrie Aérospatiale

& Défense. « Certains d’entre eux opèrent déjà

sur le marché des MRO et cherchent à mettre en œuvre

une nouvelle génération de technologies pour pouvoir

faire face à une concurrence internationale croissante.

D’autres, comme les équipementiers, pénètrent sur ce

marché en adoptant de nouveaux business models et

recherchent de nouvelles sources de revenus. Dans les

deux cas, ils ne peuvent pas se permettre d’échouer ».

Au cours de ses échanges avec les clients, Paolo

Colombo a pu constater deux critères prépondérants :

la technologie et l’expertise de l’entreprise. « À cet égard,

notre technologie est éprouvée, régulièrement mise à jour

et amplifiée grâce à un écosystème de partenaires permettant

d’offrir des solutions complètes pour l’industrie aérospatiale

et de la défense. De plus, il essentiel pour nos

clients de pouvoir s’appuyer sur une notre expérience de

50 ans et notre réputation éprouvée auprès des industriels

du monde entier, afin de les accompagner dans

l’implémentation de la technologie et la gestion du changement

».

ADOPTER DE BONNES PRATIQUES D’UTILISATION DE

CES NOUVELLES SOLUTIONS DE MAINTENANCE

Il est difficile de donner un conseil à des entreprises qui

ont toujours su innover et dont la longue histoire est

jalonnée de succès, mais la vision de Paolo Colombo est

que si cette industrie est consciente du besoin prégnant

d’innovation, la mutation n’est pas assez rapide. L’accélération

exponentielle de l’accès aux nouvelles technologies

offre sans cesse de nouvelles opportunités dont

pourrait rapidement se saisir les concurrents, bouleversant

ainsi l’équilibre des marchés en quelques mois.

La numérisation demeure un levier essentiel pour relever

ces défis. Toutefois, si 97% des cadres de l’aérospa-

36 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


LA MAINTENANCE DANS L’INDUSTRIE AÉRONAUTIQUE

PRATIQUE

tiale et de la défense déclarent vouloir réinventer leur

business grâce à la numérisation, 7% des entreprises

seulement l’ont pleinement intégré à leur stratégie et au

travail des équipes, comme le révèle le rapport d’Accenture

« The digital threads imperative ». En effet, la numérisation

est un domaine si vaste qu’il peut être complexe

de déterminer le meilleur moyen d’en tirer parti et d’apporter

une réelle valeur ajoutée à l’entreprise. Dès lors,

la gestion du changement des process et des mentalités

peut rapidement devenir un casse-tête.

À ce titre, la simulation permet d’innover plus rapidement,

sans compromis sur la qualité et la sécurité. Des

outils tels que la plateforme ouverte d’Ansys offrent ainsi

la possibilité de connecter l’ensemble de l’écosystème

digital d’un produit, de la conception à la maintenance.

Mais la démarche ne doit pas s’arrêter là ; nouveaux

processus, nouveaux outils… de telles transformations

peuvent submerger les équipes. « C’est pourquoi Ansys

a conçu des méthodes innovantes afin de former et d’accompagner

les collaborateurs dans le processus de transition

numérique. La technologie et les hommes doivent

évoluer ensemble ! ». ●

Valérie Brenugat

Jumeau numérique turbine hybride.

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I37

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PRATIQUE

SOLUTIONS DE COLLAGE ET SYSTÈMES D’APPLICATION

CHIMIE

Henkel : répondre

aux enjeux du collage

dans la maintenance

Loctite HY 4070 – seringue 11 g

© DR

Les responsables maintenance sont en recherche permanente de solutions d’amélioration de la

fiabilité des équipements et de diminution des temps d’arrêt de production. Mis au point par Henkel,

les adhésifs structuraux universels Loctite sont conçus pour aller plus loin que les méthodes

traditionnelles et relever les défis de réparation les plus complexes.

Le monde de la maintenance est

soumis à une pression constante

pour optimiser l’efficacité,

réduire les coûts et rechercher

de nouvelles solutions qui permettent aux

usines de fonctionner en toute sécurité.

Afin de répondre à ces problématiques,

la société Henkel a lancé une technologie

hybride brevetée qui combine les

caractéristiques essentielles des adhésifs

structuraux et des adhésifs instantanés.

Ainsi, cette technologie possède à la fois

les caractéristiques de vitesse mais aussi

de résistance et de durabilité. Les adhésifs

hybrides Loctite s’appliquent sur les

métaux et les plastiques, quelles que soient

les conditions d’utilisation de l’équipement.

Le choix par les opérateurs de la solution

Collage multi-matériaux

©DR

José Rodrigues,

Technical Customer

Service MRO France

la plus adaptée est simplifié car ils offrent

une polyvalence unique pour répondre

aux nombreux défis de réparation et de

maintenance. « Cette nouvelle technologie

augmente considérablement les capacités

des adhésifs traditionnels notamment par

rapport aux époxies dites ’’rapides’’», précise

José Rodrigues, Technical Customer

Service MRO France – Henkel Technologies

France. Les époxies les plus rapides

ont un temps de prise proche de 5 min et

une performance moindre, voire insatisfaisante

sur les plastiques et les élastomères.

Enfin, souvent disponibles en cartouche

à mélanger soi-même, les produits traditionnels

peuvent être difficiles à appliquer

précisément.

L’adhésif de réparation Loctite HY 4070,

dans son format prêt à l’emploi, s’applique

très précisément et sans matériel de

dépose (pistolet). Celui-ci offre une fixation

ultra-rapide et une bonne capacité

à combler les jeux avec une bonne résistance

à la température, l’humidité et aux

produits chimiques. Conçu pour une large

variété de substrats, comme les métaux, la

plupart des plastiques et le caoutchouc,

Loctite HY 4070 est indispensable dans

toute caisse à outils de maintenance.

DES BONNES PRATIQUES DE CHOIX

ET D’UTILISATION DES ADHÉSIFS DE

RÉPARATION

© xxx

Les critères qui entrent en jeu dans le

choix sont principalement la fiabilité du

collage, le gain de temps, la facilité d’utilisation

et la possibilité d’utilisation dans

un maximum de conditions possibles

(température, environnement chimique,

conditions extérieures, taux de charge,

38 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


SOLUTIONS DE COLLAGE ET SYSTÈMES D’APPLICATION

PRATIQUE

etc.). Les critères de santé et de sécurité entrent également de

plus en plus en compte dans le choix d’une solution chimique. «

À performances équivalentes, la solution qui offrira les meilleures

garanties sera bien évidement préférée, explique José Rodrigues.

Des critères qui sont parfois prioritaires pour certains de nos clients

qui ont banni certaines substances comme par exemple le MMA

(méthacrylate de méthyle) ».

Et de poursuivre : « De plus en plus, nos clients demandent un

support technique et commercial de la part de nos spécialistes. Qu’il

s’agisse de les conseiller sur les meilleures solutions, de former leurs

équipes ou de les supporter dans un plan d’optimisation de leur

maintenance, cet accompagnement est au cœur de notre approche

de la maintenance industrielle et nous distingue des autres acteurs

du marché ».

Avant tout collage, une bonne préparation des surfaces est nécessaire

pour assurer la performance dans le temps. De plus, comme

pour tous les produits bicomposants, il est recommandé de ne

pas utiliser les premiers centimètres du cordon qui peuvent ne

pas être parfaitement mélangés. Il est aussi nécessaire d’assembler

les pièces immédiatement après la dépose du produit et de

ne pas solliciter le collage pendant le temps de polymérisation.

DES EXEMPLES D’APPLICATION TOUJOURS PLUS

NOMBREUX

Un parc de loisirs a sollicité Henkel pour trouver une solution

de réparation de leurs décors dans des délais très courts. « Notre

solution a fait la différence grâce à la rapidité des réparations qui

a permis d’intervenir dans les délais requis par l’équipe d’exploitation,

et également grâce à sa résistance qui garantit une pérennité

de la réparation ».

Un autre exemple d’application concerne le collage de plaques

d’identification de matériels industriels. Traditionnellement ces

plaques sont rivetées ou vissées ; « certains clients nous demandent

des solutions de collage. En effet ce mode d’assemblage est beaucoup

plus rapide ». Plus besoin de percer les pièces, l’intégrité

des équipements est conservée. Le collage possède un avantage

supplémentaire : il a permis de garantir l’inviolabilité de l’assemblage,

ce que ne permettaient pas les solutions mécaniques traditionnelles

(démontage impossible sans destruction de la plaque

d’identification). ●

Valérie Brenugat

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I 39

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TERTIAIRE LA MAINTENANCE : DU PORT À L’AÉROPORT

AÉROPORT

Le Groupe ADP

la maintenance des

trieurs à bagages

Numéro un mondial de la gestion aéroportuaire,

le Groupe ADP exploite les plates-formes

aéroportuaires parisiennes, parmi lesquelles

Paris-Charles de Gaulle, Paris-Orly et Paris-Le

Bourget qui, sous la marque Paris Aéroport,

ont accueilli l’an dernier plus de 105 millions de

passagers et 2 millions de tonnes de fret et de

courrier. La maintenance des infrastructures

aéroportuaires parisiennes, dont celle des

trieurs à bagages, est une priorité. En effet,

bien qu’en coulisses et invisibles aux yeux

des passagers, les installations de tri sont

essentielles pour l’acheminement des bagages

et donc pour l’exploitation de l’aéroport.

Interview.

Chantier en cours du TBS4 sous le hall M,

du terminal 2E de Paris-Charles de Gaulle.

©DR

Le trieur de bagages TDS3

Nadine Vennat

responsable Pôle Bagages Est de

l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle

au sein du Groupe ADP

MAINTENANCE & ENTREPRISE : QUELS SONT

LES ENJEUX DE LA MAINTENANCE DES

INFRASTRUCTURES AÉROPORTUAIRES?

Nadine Vennat : Nous devons tirer le meilleur au quotidien

de nos différentes installations (terminaux, pistes, trieurs à

bagage, …) au service des compagnies aériennes et des passagers.

Aussi, la maintenance de ces installations est essentielle

à double titre : assurer un haut niveau de robustesse opérationnelle

sur nos infrastructures et avoir un patrimoine qui

vieillit le moins possible.

© Valérie Brenugat

La maintenance aéroportuaire se doit donc d’être à la fois

curative et préventive.

© Groupe ADP. Nov 2018

Dans le cadre de notre plan stratégique Connect 2020, courant

sur la période 2016-2020, figurent 4,6 milliards d’euros d’investissements,

dont près d’1 milliard uniquement consacré à des

projets de maintenance : trieurs, maintenance informatique,

rénovation de pistes, refonte du circuit de traitement des eaux

usées, etc. Actuellement, une trentaine de chantiers (dont la

création de bâtiment de jonctions entre certains terminaux)

est en cours sur Paris-Charles-de-Gaulle et Paris-Orly. Ces

investissements dans les infrastructures visent à répondre à

la croissance du trafic ; la maintenance faisant partie intégrante

de cette stratégie. Il faut en tirer le meilleur parti pour

permettre au hub de Paris d’être concurrentiel vis-à-vis des

autres grands aéroports européens pour attirer le trafic de

40 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


LA MAINTENANCE : DU PORT À L’AÉROPORT TERTIAIRE

correspondance. Nous voulons que Paris soit une escale privilégiée

pour les touristes internationaux. C’est pourquoi nous

réinvestissons tous les ans pour maintenir nos infrastructures

au meilleur niveau.

Concernant la gestion des bagages, outre les extensions via de

nouveaux trieurs, nous investissons aussi dans les nouvelles

technologies comme les portiques avec une technologie RFID

et les DBA (dépose de bagages automatique) permettant au

passager d’avoir un parcours le plus automatisé et le plus fluide

possible. Cette notion de parcours du passager et de fluidité

est clé dans le transport aérien d’autant que les contraintes

en matière de sûreté se durcissent. Pour accompagner les

compagnies aériennes dans leur recherche d’optimisation

de leurs rotations et de gains de productivité, le gestionnaire

d’aéroports qu’est le Groupe ADP met à leur disposition des

infrastructures modernes. Les chantiers actuels sur les trieurs

à bagages du terminal 2E s’inscrivent dans cette logique de

part leur haut niveau d’automatisation qui assure un traitement

fiable et rapide jusqu’aux Hall L et M.

« Dans le cadre de notre plan stratégique Connect 2020,

courant sur la période 2016-2020, figurent 4,6 milliards

d’euros d’investissements, dont près d’1 milliard

uniquement consacré à des projets de maintenance. »

M&E : VOUS ÊTES RESPONSABLE DE LA

MAINTENANCE DES SYSTÈMES BAGAGES SUR L’UN

DES PRINCIPAUX TERMINAUX DE L’AÉROPORT PARIS-

CDG. POURQUOI AVOIR LANCÉ UN CHANTIER DE

CRÉATION D’UN NOUVEAU TRIEUR À BAGAGES SUR

LE TERMINAL 2E (T2E) ?

N.V. : Le TDS3, pour «Tri Départ vers S3 [ndlr : l’appellation

interne du hall M]» est un trieur supplémentaire qui permet de

collecter les bagages enregistrés à l’Est du terminal 2E Hall K

et de les acheminer en souterrain jusqu’au Hall L. Auparavant,

les bagages qui étaient enregistrés sur les groupes de banques

Est étaient acheminés manuellement jusqu’à l’avion, moyennement

un temps de traitement de 60 minutes en moyenne ;

la nouvelle installation permet, depuis mai 2018, de ramener

ce temps à 13 minutes.

La réduction du délai de traitement est un facteur clef dans

l’accompagnement du Hub d’Air France installé sur le site de

Paris-Charles de Gaulle, dont le principe est d’organiser des

plages de «rendez-vous» entre arrivées et départs permettant

de raccourcir au maximum les temps de correspondance et de

remplir au mieux les avions. Pour accompagner la croissance

de ce Hub, le Groupe ADP met à disposition des infrastructures

rapides et capacitives. S’agissant d’un projet extrêmement

conséquent, nous avons choisi de le traiter en deux phases :

le TDS3 assurant, depuis mai 2018, l’automatisation du traitement

des bagages au départ du hall L, puis le TBS4 qui

permettra de compléter la 1ère phase avec le traitement du

flux de bagages arrivant en correspondance au hall L jusqu’au

hall M à horizon 2021.

Le TDS3 bénéficie des dernières avancées technologiques : la

lecture et l’indentification des bagages en RFID, la sécurisation

par des tomographes de standards 3 et des convoyeurs

et moteurs peu consommateurs d’énergie. Sur ce trieur de

dernière génération, les bruits, frottements et dégagements de

chaleur sont réduits, faisant de lui une installation très performante

en termes de développement durable.

M&E : LA GESTION DES BAGAGES EST UN DOMAINE

TECHNIQUE ET COMPLEXE EN RAISON NOTAMMENT

D’IMPORTANTS FLUX À GÉRER ET DE CONTRAINTES

EN MATIÈRE DE SÛRETÉ, QUELS ONT ÉTÉ LES DÉFIS À

RELEVER SUR CE TYPE D’INSTALLATION ET COMMENT

EN ASSURER LA MAINTENANCE ?

N.V. : Cette question du flux est centrale car l’aéroport voit

transiter environ 110 000 bagages tous les jours. Sur le chantier

du TDS3, le principal défi a été l’implémentation des nouveaux

tomographes réglementaires pour le contrôle de sureté afin

de détecter la présence éventuelle d’explosifs dans les bagages

de soutes. C’était là une première en Europe, avec très peu de

retours d’expériences sur les machines et leurs performances.

Ce chantier a été géré indépendamment de l’exploitation ; la

mise en service s’est effectuée après des tests soutenus ayant

permis de démontrer les performances opérationnelles.

Si le montage d’un trieur à partir de rien et sa mise en

service étaient déjà un défi en soi, le véritable challenge pour

les équipes du Groupe ADP commence maintenant avec le

déploiement réglementaire de ces tomographes sur l’ensemble

des installations bagages. Ces modifications, effectuées sur des

installations en exploitation, nécessitent une vigilance accrue

afin de maintenir notre capacité de traitement, notre robustesse

et notre fiabilité tout en effectuant les travaux. L’opération

s’avère complexe.

M&E : QUELS TYPES DE MAINTENANCE REQUIÈRENT

CES SYSTÈMES BAGAGES ?

N.V. : Nous faisons une maintenance dite «curative» pendant

la phase d’exploitation qui consiste à intervenir le plus rapidement

possible en cas de défauts ou d’aléas bagages pour ne

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I 41


TERTIAIRE LA MAINTENANCE : DU PORT À L’AÉROPORT

© DR

Système de « passe-travers» fermé et ouvert permettant de traverser une ligne de convoyeurs.

pas réduire la capacité de traitement et allonger les temps

de trajet. Le circuit de convoyage est entièrement doublé. Cette

redondance permet que la première panne ou le premier aléa

soit sans conséquences pour l’exploitation. Nos mainteneurs

sont objectivés sur leurs temps d’intervention et la disponibilité

réelle des installations.

Nous avons également des plans de maintenance «préventive»

réalisée en dehors des phases d’exploitation qui nous

permettent d’effectuer les missions prévisibles : remplacements

de pièces d’usure, vérification périodique, etc. Dans ce cadre,

sont mises en œuvre des actions convenues entre le Groupe

ADP et ses prestataires pour gérer la vétusté des installations,

l’obsolescence et l’amélioration continue…

« En ce moment, nous travaillons avec la start-up Field

Box pour déterminer si une maintenance prédictive peut

être effectuée sur nos installations. »

En ce moment, nous travaillons avec la start-up Field Box

pour déterminer si une maintenance prédictive peut être effectuée

sur nos installations. Elle pourrait consister à différencier

les actions préventives sur un type d’équipement donné

en fonction de sa sollicitation réelle et de sa criticité. Ce type

de maintenance requiert la mise en place de capteurs dans

le système pour acquérir de la donnée et l’exploiter afin de

tenter de prévoir la panne ou la casse : c’est une maintenance

préventive «sur-mesure». Elle reflète la tendance de fond du

« smart airport », une infrastructure intelligente monitorée

en temps réel, qui intervient en complément de la décision

humaine pour anticiper les besoins.

M&E : GARANTIR UN HAUT NIVEAU DE MAINTENANCE

SUR UN AÉROPORT NÉCESSITE DE NOMBREUX

SAVOIR-FAIRE ET UNE COLLABORATION ENTRE LES

DIFFÉRENTS ACTEURS, COMMENT TRAVAILLEZ-

VOUS DANS VOS MISSIONS AU QUOTIDIEN AVEC LES

ENTREPRISES PARTENAIRES ET PRESTATAIRES ?

N.V. : Effectivement, un trieur de bagages nécessite l’intervention

de plusieurs métiers tels que l’expertise informatique,

mécanique, automatisme, électrique et en serrurerie pour

lesquels nous travaillons en partenariat avec nos sous-traitants.

Nous travaillons aussi très étroitement avec nos collaborateurs

du groupe en charge de la maintenance des bâtiments

qui accueillent nos installations bagages (climatisation, fourniture

d’énergie contrôle d’accès…).

Concernant la gestion de la sous-traitance, le Groupe ADP

42 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


LA MAINTENANCE : DU PORT À L’AÉROPORT TERTIAIRE

passe des marchés avec des partenaires spécialisés dans la

maintenance des trieurs à bagages. Nos équipes sont prescriptrices

et pilotent au quotidien ces marchés. En tant que

propriétaires des infrastructures, nous définissons avec nos

prestataires de maintenance, la politique de remplacement, la

priorisation des actions, l’amélioration continue...

Nous sommes clairement dans une logique partenariale avec

les différentes parties prenantes intervenant sur l’aéroport :

les compagnies aériennes, point d’entrée du passager sur nos

plateformes, le Groupe ADP en tant que gestionnaire de l’infrastructure

et les prestataires de maintenance qui sont garants

du bon fonctionnement de ces infrastructures.

A l’international, le Groupe ADP intervient aussi sur des aéroports

qu’il gère sous concession ou dans le cadre de mission de

management. Par exemple, lorsque nous exploitons l’aéroport

d’Amman, en Jordanie, nous en assurons la supervision de la

maintenance. Le directeur de cet aéroport a dupliqué notre

modèle de maintenance parisien et passé son propre accord

de marché avec ses prestataires et ses compagnies aériennes

locales.

M&E : QUELLES TECHNOLOGIES UTILISEZ-VOUS DANS

LA MAINTENANCE AÉROPORTUAIRE ?

N.V. : Plus que des technologies à proprement parler, nous

essayons de faciliter au quotidien les interventions de maintenance,

par exemple par la mise en œuvre de passes-travers

(cf. photo ci-contre) qui permettent de traverser facilement

une ligne de convoyeurs sans recourir à des échelles de franchissement.

Nous réfléchissons en amont au positionnement

des outils lourds ou volumineux nécessaires pour les implanter

au plus près du besoin. Nous préparons les opérations de

maintenance en pensant la maintenabilité dès les phases de

conception des systèmes.

Nous utilisons aussi le BIM pour la conception et la modélisation

3D des installations.

M&E : POUVEZ-VOUS DONNER UN EXEMPLE

D’APPLICATION ? QUELLE ÉTAIT LA PROBLÉMATIQUE ?

QUELS ONT ÉTÉ LES RÉSULTATS ?

N.V. : Les palans installés au-dessus des tomographes dans le

sous-sol du Hall L permettent d’extraire une machine si nécessaire.

Ces tomographes sont très lourds et volumineux. Sans

cet équipement pré-positionné dès la conception du TDS3,

tout maintenance nécessitant d’extraire tout ou partie de la

machine aurait dicté une mise hors exploitation longue de

tronçons entiers du système.

« En maintenance, nous employons des techniciens

spécialistes en informatique, électrotechnique,

électricité, automatisme, mais également des

experts en méthodes de maintenance. »

M&E : QUELS SONT VOS BESOINS EN RECRUTEMENT

DANS LA MAINTENANCE ?

N.V. : En maintenance, nous employons des techniciens

spécialistes en informatique, électrotechnique, électricité,

automatisme, mais également des experts en méthodes de

maintenance. Les équipes de la Direction de l’Ingénierie ont

également besoin de ces compétences, ainsi que d’ingénieurs

structure, de spécialistes en serrurerie et mécanique.

Cette année, nous allons recruter plus de 70 personnes dans

l’ingénierie avec des profils assez qualifiés et pointus pour la

maison mère et une trentaine de professionnels pour notre

filiale ADP Ingénierie qui intervient à l’international. ●

Propos recueillis par Valérie Brenugat

© Valérie Brenugat

Par ailleurs, les agents de maintenance utilisent des tablettes

pour être alertés en temps réel et même à distance de la nature

des défauts et de la liste des équipements utiles pour l’intervention.

Le Wifi est donc déployé dans les sous-sols.

Enfin, nous avons développé au sein du Groupe ADP un pôle

baptisé Innovation Hub qui multiplie les partenariats avec

les start-ups pour rester à la pointe de l’innovation, car notre

métier consiste aussi à imaginer l’aéroport de demain.

Equipe de maintenance du TDS3 du groupe ADP

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I 43


TERTIAIRE LA MAINTENANCE : DU PORT À L’AÉROPORT

FILIALE

Endel Engie,

un partenaire industriel décisif dans la maintenance

portuaire

Endel Engie, filiale du Groupe Engie, fort de sa position de leader français de la maintenance

industrielle et des services à l’énergie, est engagée dans la transition énergétique et digitale.

Une entrée dans l’ère de l’industrie du futur qui ne doit pas faire oublier l’expérience forte de ce

spécialiste de la maintenance… en particulier dans l’environnement portuaire.

Face aux nouveaux défis liés notamment aux transformations

énergétique et digitale, les industriels sont

amenés à penser différemment leurs outils de production.

Volontaires pour appuyer ses clients en ce sens,

les équipes d’Endel Engie proposent, aux côtés d’Engie Axima,

d’Engie Cofely et d’Engie Ineo, des offres complémentaires et

intégrées sur toute la chaine de valeur des services à l’énergie

et à l’industrie.

Endel Engie c’est au total 7 000 collaborateurs, 750M€ d’activités,

140 implantations en propre et sur site client et plus de

2 500 clients… Des chiffres qui montrent l’importance d’un

groupe dont la sécurité et la radioprotection font partie intégrante

de ses métiers. « Nos équipes opérationnelles, appuyées par

notre direction Santé-Sécurité-Sûreté-Environnement, ont pour

objectif premier de promouvoir et de développer la culture et la

pratique sécurité-radioprotection au sein de l’entreprise tout en

veillant aux évolutions réglementaires », souligne Rabah Achemaoui,

directeur des contrats de maintenance.

L’entreprise opère sur quatre grands domaines : ingénierie-conception,

construction, maintenance et transfert – démantèlement

; dans les secteurs de l’Energie et de l’industrie tels

Parmi les enjeux de la maintenance portuaire, figurent

la fiabilité et la disponibilité des équipements.

© DR

© DR

Rabah Achemaoui

directeur des contrats de maintenance

chez Endel Engie

que le nucléaire, les infrastructures gazières, la pétrochimie,

l’agroalimentaire, la chimie, la pharmacie & cosmétique mais

aussi le naval civil et militaire et les industries de production à

flux continu. « Nos équipes pluridisciplinaires d’ingénieurs, de

techniciens et d’opérateurs interviennent à tous les stades d’un

projet industriel pour créer et mettre en œuvre des solutions sur

mesure. Nous mettons nos expertises et notre culture d’excellence

opérationnelle au service de la performance de nos clients et les

appuyons aussi bien dans leur quotidien que dans leurs projets

les plus singuliers ». La maitrise de son cœur de métier, associée

à sa capacité à fédérer des compétences complémentaires,

permet à l’entreprise de proposer des solutions de pointe de plus

en plus intégrées, de type EPC (Engineering, Procurement et

Construction) ou encore multi techniques.

SÉCURITÉ ET FIABILITÉ : LES ENJEUX MAJEURS DE

LA MAINTENANCE PORTUAIRE

Le principal enjeu de la maintenance portuaire réside avant

tout dans la sécurité ; puis vient la fiabilité et la disponibilité des

équipements. Une mauvaise maintenance ou un mauvais suivi

des équipements peut engendrer des risques tels que des chutes

de charge dues à un problème mécanique ou électrique, ou dans

des cas plus rares à une rupture mécanique… mais également

l’écrasement entre une charge (container) et un obstacle ou

le heurt d’une personne. Cela peut concerner le conducteur,

44 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


LA MAINTENANCE : DU PORT À L’AÉROPORT TERTIAIRE

l’élingueur, la personne qui guide la charge ou une personne

non impliquée dans l’opération de déchargement ou chargement

d’un bateau.

Les équipements portuaires (portiques, grues, cavaliers) sont

destinés à la manutention de charges lourdes et une défaillance

de frein, par exemple, peut avoir des conséquences sur

la sécurité du personnel et sur les machines situées dans l’environnement

proche. C’est pourquoi il est impératif de vérifier

régulièrement certains organes comme les freins, les câbles de

levage, les poulies, les limiteurs de charge, les inclinomètres ou

encore les interrupteurs de position.

Ensuite, concernant la fiabilité et la disponibilité des équipements,

la maintenance doit garantir une utilisation sans faille

des équipements lors des opérations de déchargement ou chargement

des bateaux. En effet, le temps d’immobilisation d’un

bateau à quai engendre des coûts importants de non-production

(équipage du bateau, pénalités de retard…). Chaque action

est minutée pour permettre aux navires de poursuivre leur

route sans perdre de temps. Là où les escales pouvaient durer

plusieurs jours il y a encore quelques années, les délais sont

aujourd’hui réduits à quelques heures, une journée pour les

escales majeures.

© DR

Le contrôle des portiques fait partie

des prestations d’Endel Engie

UNE TYPOLOGIE LARGE DE PRESTATIONS DE

MAINTENANCE

Endel Engie réalise un ensemble de prestation comprenant

d’une part la maintenance préventive : maintenance des niveaux

1 à 4 de la norme NFX 60 000, inspections, contrôles, tests,

d’essais et d’épreuves régulières, remplacement systématique

(échanges standards), nettoyage technique, etc. D’autre part, la

maintenance corrective palliative et curative des niveaux 1 à 4

de la norme. Il s’agit essentiellement des opérations de dépannage

et des mesures conservatoires, objet d’une intervention

immédiate, nécessitant un diagnostic avant réparation. Les prestations

comprennent toutes les interventions nécessaires

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I 45


TERTIAIRE LA MAINTENANCE : DU PORT À L’AÉROPORT

© DR

L’INNOVATION COMME CLEF

DE RÉUSSITE

© DR

Un technicien de maintenance avec une tablette.

au maintien des installations en état de fonctionnement à

n’importe quel moment. Enfin, l’entreprise assure les contrôles

et visites règlementaires des équipements : Endel Engie prend

en charge tous les contrôles et vérifications réglementaires en

s’appuyant sur un organisme agréé. Les contrôles et vérifications

portent sur les installations électriques et les ensembles mécaniques,

les ponts roulants, les apparaux de levage, les ascenseurs,

les plateformes d’accès de montage des bennes sur grue,

les structures des outillages et équipements complémentaires,

les freins, les climatisations et les extincteurs.

Autre type de prestation, les travaux d’amélioration. Ceux-ci

ont pour objectif l’amélioration des performances et de la fiabilité

(diminuer les fréquences d’interventions), l’amélioration de

la maintenabilité (amélioration de l’accessibilité des sous-systèmes

et des éléments à haut risque de défaillance), la standardisation

de certains éléments, l’amélioration de la sécurité

du personnel et des conditions de travail. Aussi, l’ancrage des

engins portuaires consiste en des opérations de brochage et

d’ancrage des portiques et des grues en cas de dépassement des

seuils de vitesse de vent ou en cas d’alerte portuaire ou cyclonique,

déclenchée par les autorités compétentes et ce à toute

heure et à n’importe quel moment. Enfin, Endel Engie assure

l’assistance jusqu’à l’exploitation, comprenant le contrôle des

portiques en début et en fin de chaque shift.

Une application dédiée aux

rondes de contrôle sur les

équipements portuaires est

basée sur la technologie des

QR Codes.

En matière d’innovation, Endel

Engie n’est pas en reste. « Nous

avons développé une application

informatique métier utilisable

par tous les acteurs d’une

opération, du chargé d’affaires

jusqu’au client final, en passant

par les agents de terrain et même

les sous-traitants », précise Rabah

Achemaoui. Et ce, tout au long

de la réalisation des interventions

: depuis la phase de préparation jusqu’au reporting final

en passant par la phase de réalisation terrain. Application d’une

très grande souplesse, celle-ci permet de couvrir un large spectre

de types d’interventions : les rondes de surveillance (niveau

1), les interventions de maintenance courante (niveaux 2 et

3), et jusqu’aux interventions complexes de reconstruction ou

de construction (niveaux 4 et 5). « Nous avons aussi développé

une application dédiée aux rondes de contrôle sur les équipements

portuaires en s’appuyant sur la technologie des QR Codes.

Nos techniciens sont guidés dans la réalisation de leurs actions

et nos clients connaissent en temps réel l’état des installations ».

Mais la technologie ne doit pas occulter les bonnes pratiques

à mettre en œuvre : « Notre premier conseil est d’accompagner

et de former les techniciens de maintenance », recommande

Rabah Achemaoui. « Au-delà de ces actions, il faut aussi repenser

les processus d’intervention pour intégrer ces outils. En effet,

avec ces innovations, l’organisation du travail évolue et doit être

repensée en suivant des process plus réactifs et plus optimisés ».

Dans le domaine délicat de la corrosion, l’entreprise a la responsabilité

de surveiller l’évolution dans le temps du système

anti-corrosion, dans le cadre des contrats de maintenance.

« Nous informons nos clients sur la dégradation de l’état général

des peintures en constituant des dossiers avec, au minimum, un

reportage photos avec mesure des épaisseurs de peinture ». Les

équipes d’Endel Engie réalisent les retouches de peinture après

démontage ou réparation d’un équipement après une intervention

de maintenance. Le système de peinture, le mode d’application

(couche primaire, intermédiaire et de finition), la teinte

et l’épaisseur sont définis dans une procédure spécifique. ●

Valérie Brenugat

46 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


PUBLI REPORTAGE

TRIBUNE

L’Usine 4.0 n’est pas une révolution technologique, mais…

La quatrième révolution industrielle se caractérise par l’introduction de nouvelles technologies au sein des processus de fabrication,

gestion, logistique, maintenance, démantèlement. Considéré comme un nouvel eldorado, il convient toutefois de prendre en compte

le fait qu’une vision réductionniste basée sur les technologies risque de ne pas produire un ROI élevé. Tous les processus sont

con cernés et doivent impérativement intégrer les parties prenantes, sous cette approche les échanges d’information prennent

une nou velle dimension. De plus, un management 4.0 s’impose ( est à créer) au sein duquel l’exploitation de la donnée facilite le

pilotage. Un management 4.0 qui analyse l’impact organisationnel, les méthodes et les outils.

Nous sommes dans l’ère de l’ultra connecté, Internet est partout et nous l’utilisons comme

nous utilisons l’électricité. C’est devenu une véritable ressource qui semble acquise et inébranlable,

prédiction d’un monde de plus en plus smart. Les ingénieurs issus de la génération Z

n’ont pas connu le monde sans Internet, ceux-ci ne sor tent jamais sans leurs smartphones,

leurs tablettes et sont doréna vant sur le marché du travail. Ces nouveaux décideurs deviennent

donc les leviers à la mutation digitale. C’est avec eux que s’opère le passage à l’usine 4.0. Toutefois,

il est illusoire de penser que cette rupture se décrète et que, de facto, le succès sera au rendez-vous.

Véritable projet dans le projet, le Facteur Organisation nelle et Humain (FOH) est

une composante de toute initiative digi tale, les sciences humaines et sociales 4.0 sont à créer.

DE NOMBREUSES OPPORTUNITÉS MAIS ÉGALEMENT

DE NOMBREUX DÉFIS.

Les projets numériques 4.0 s’avèrent complexes. Or, toute direction ayant un management

enclin à entrer dans l’ère de l’usine 4.0 décidera rapidement, sous la pression de la compétition.

Il est ainsi important d’analyser la conjonction organisation-méth ode-homonuméricus

afin de pouvoir réduire le plus de problèmes. Penser à remettre en question l’organisation, les

méthodes, suivant une stratégie moyen-long terme, en intégrant communication et formation

est essentiel. De nouveaux métiers sont à créer, celui de modérateur par exemple, fonction

traitant des contrôles de données mais également des nouveaux supports comme les

photos, vidéos, géolocalisation, etc.

Par ailleurs, il convient de souligner que les projets d’usine 4.0 seront dans un premier temps

des projets de transformation plus que de création. Les approches nouvelles devront pénétrer

et in tégrer les usines existantes afin de répondre aux enjeux de compéti tivité. Nous

serons alors confrontés à un mix technologique en traînant une nécessaire rupture méthodologique

et parfois organisa tionnelle. Afin d’assurer ces évolutions de l’existant, il convient

d’adopter une réelle politique de reprise de passif aussi bien en dématérialisant les contenus

qu’en numérisant les infrastructures.

L’automatisation, la numérisation, apportent un grand volume de questions. Où est la bonne

information ? Qui détient la responsabil ité de cette information? Autant de questions auxquelles

il convient dorénavant de répondre en amont de la mise en place de ces pro jets.

QUELLE PLACE POUR LE PRESTATAIRE ?

Peu de littérature sur le positionnement du prestataire au sein de l’usine du futur. Et pourtant

c’est bien un acteur majeur dans le pro cessus de création de datas ! Il a lui-même ses propres

besoins : tracer, justifier, capitaliser, être force de proposition et plus encore. Développer une

politique de capitalisation sur tous les sites où il tra vaille afin de réaliser un REX pertinent

semble donc inévitable s’il veut parvenir à répondre aux exigences de ses différents clients.

Que dire de l’opérateur devant travailler à partir des données d’au tomates ou produites par

des robots ? A qui impute-t-on la re sponsabilité en cas de problème ? L’analyse du risque

juridique s impose!

Des métiers sont à reconsidérer en profondeur. La métrologie, par exemple, quand des capteurs

font des relevés en temps réel, quel est l’intérêt d’un relevé ponctuel ?

L’industriel et le prestataire, deux prismes différents sur l’informa tion. Quand s’arrête une

intervention technique ? Au geste tech nique ? A la validation de l’intervention ? A la date et

l’heure saisies dans la base de données ? Ces notions imposeront aux acteurs du monde industriel

de développer des nouveaux indicateurs, de nou velles règles dans un schéma «étendu».

L’OFFRE DE TECHNODOC.

C’est dans ce contexte que nous intervenons actuellement. Forte de 30 années d’expérience en

milieu industriel, l’équipe de Technodoc a été amenée à travailler sur des projets précurseurs

sur différents axes : Installation de tablettes, déploiement de solutions 1000/o au tonomes au

sein d’un réseau permettant de maîtriser et piloter une installation industrielle.

Technodoc a su se réinventer afin d’intégrer une R&D forte et trans verse entre ses services.

Internet des Objets, Réalité Augmentée, Réalité Virtuelle, Data Management, Mobilité, sont

autant d’axes sur lesquels les solutions de Gestion d’information de Technodoc ont été analysées,

développées, déployées et sont maintenues.

Notre récente réalisation validée par un acteur majeur du secteur in dustriel a permis de mettre

en avant le fait que nous avons créé un véritable progiciel permettant la modélisation des

processus indus triels générant automatiquement les interfaces sur les différents outils numériques.

Nous sommes aussi parvenus à atteindre des niveaux d’excellence dans des opérations

hautement fastidieuses de capitalisation pour des métiers dont ce n’est pas l’expertise première

: production automatisée des rapports finaux (RFI), ges tion d’activité de maintenance, gestion

d’activités techniques et en cours de réalisation les process soudage en atelier, sur le chantier,

étude sur la simplification des LOMC/LOFC, les fiches suiveuses pour alimenter le dossier

final, intégration du client dans les processus en configuration étendue. Technodoc travaille

actuellement sur les concepts de rétrofitage avec un industriel Cherbourgeois.

Notre savoir-faire a par ailleurs été hautement reconnu lors du salon WNE 2018 en nous

nominant dans la catégorie « Management des connaissances et des compétences », grande

réussite valorisant 16 années d’expérience dans le domaine.

L’investissement incorporel dans une démarche 4.0 nécessite et impose de démontrer la rentabilité

de celui-ci, donc d’être en mesure de justifier de la performance de cet investissement, toute

démarche doit s’ auto-mesurer. Mesurer, n’est-ce point le socle même des concepts qualité ?

L’usine 4.0 sera donc faite de qualité. Mesurer l’efficacité du process et l’excellence industrielle

permet tent de constituer une véritable base de connaissances. Cela permet de valoriser financièrement

l’information et donc d’enrichir le haut de bilan. Dans ce cas, vous admettrez que

nous sommes loin de la technologie, celle-ci dans ce contexte étant un moyen, un smart

moyen!

L’avenir sera celui que nous imaginons, pas de performance industrielle sans performance

informationnelle est notre slogan, il se justifie pleinement dans les théories 4.0. ●

direction@technodoc.fr

0233020165

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I47


BOITE À OUTILS

A LIRE, VOIR, ÉCOUTER

INNOVER COMME ELON MUSK,

Jeff Bezos et Steve Jobs

L’inexorable essor des

fameux GAFA (Google,

Amazon, Facebook,

Apple) et autres NATU

(Netflix, Airbnb, Tesla,

Uber) est désormais

l’étalon de la réussite

industrielle au XXIe

siècle. Croissance exponentielle

à deux chiffres, marges élevées,

partenariats public-privé, diversification,

capital-risque : autant de facteurs que nos

économies européennes ont du mal à susciter

ou à intégrer. Alors, comment innover en

s’inspirant d’entrepreneurs emblématiques

tels qu’Elon Musk, Jeff Bezos ou encore Steve

Jobs ? Qu’apprendre de leurs modèles, de leurs

visions et de leur manière d’organiser leurs

entreprises, tout en rejetant les dérives de leurs

démarches et de leurs comportements ?

Trois spécialistes s’unissent ici pour analyser

ces phénomènes et en tirer les principaux

enseignements, afin de faciliter chez

nous l’émergence de ces grands entrepreneurs

capables de se lancer simultanément dans la

conquête de l’espace et la voiture électrique

autonome, de révolutionner le commerce, l’informatique,

la société numérique ou encore

les réseaux sociaux.

À mi-chemin entre la réflexion de fond et le

livre pratique, un guide pour les innovateurs

du XXIe siècle.

Alain Dupas, physicien, consultant, auteur de

nombreux ouvrages sur l’aventure spatiale, est

un expert des ruptures technologiques et des

transformations industrielles.

Jean-Christophe Messina est conseiller stratégique

de dirigeants et d’élus territoriaux. Il

est associé fondateur d’Audalom.

Cyril de Sousa Cardoso, expert en conduite

de projets d’innovation, s’intéresse à l’histoire

de la créativité et des inventions. Il est également

associé fondateur d’Audalom.

« Innover comme Elon Musk, Jeff Bezos et Steve Jobs »,

Alain Dupas, Jean-Christophe Messina et Cyril

de Sousa Cardoso, Odile Jacob, 176 p, 17,90 €.

www.odilejacob.fr

LE PIÈGE

américain

Qui le sait ? Depuis la fin 2014, la France a

perdu une partie du contrôle de ses centrales

nucléaires au profit des

Américains.

Frédéric Pierucci s’est

retrouvé au cœur d’un

scandale d’État. Ancien

patron de la filiale chaudière

d’Alstom, il a connu

les dessous d’un thriller

à 12 milliards de dollars.

Après avoir été longtemps contraint au silence,

il a décidé, avec le journaliste Matthieu Aron,

de les révéler.

En avril 2013, il a été arrêté à New York par le

FBI et poursuivi pour une affaire de corruption.

Il n’a pas touché un centime dans cette

transaction, mais les autorités américaines

l’ont enfermé pendant plus de 2 ans – dont 14

mois dans une prison de très haute sécurité.

Un véritable chantage a été engagé pour

obliger Alstom à payer la plus gigantesque

amende jamais infligée par les États-Unis,

et à se vendre à General Electric, son grand

concurrent américain.

Son histoire illustre la guerre secrète que les

États-Unis livrent à la France et à l’Europe

en détournant le droit et la morale pour les

utiliser comme des armes économiques.

L’une après l’autre, les plus grandes sociétés

françaises (Alcatel, Total, Société Générale

et bientôt d’autres) sont déstabilisées.

Ces dernières années, plus de 14 milliards

de dollars d’amende ont ainsi été payés par

ces multinationales ces dernières années au

Trésor américain. Et ce n’est qu’un début…

« Le piège américain »,

Frédéric Pierucci et Matthieu Aron, JC

Lattès, 480 p, 22 €.

www.hachette.fr

LA RÉVOLUTION

des organisations

Pas une semaine ne passe

sans qu’un dirigeant, ou

un nouveau rapport, ne

mentionne les grandes

mutations auxquelles sont

confrontées les entreprises.

Tiraillées entre les

bouleversements générés

par la transformation digitale, l’aspiration

des salariés à travailler autrement et la

demande d’une meilleure prise en compte

des défis sociaux ou environnementaux, elles

doivent aujourd’hui concilier progrès humain

et performance durable.

Face à ces enjeux, l’accent est surtout mis

aujourd’hui sur la réinvention du management.

Mais quid des organisations ?

Comment reconfigurer le design organisationnel

et repenser l’architecture même de l’entreprise

pour répondre aux usages des clients,

aux attentes des collaborateurs et aux acteurs

de son écosystème ?

Daniel Baroin et David Gateau, sur la base

de leurs expériences en entreprise et dans

le monde du conseil, commencent dans cet

ouvrage par rappeler en quoi ces mutations

de l’environnement sont accélératrices d’évolutions

des organisations, pour expliquer

ensuite comment les entreprises tentent de

s’adapter en révolutionnant leur structure et

leur manière de travailler. Ils dégagent alors

4 dynamiques organisationnelles, qui sont

les ferments de la transformation : la centricité

client, le mode agile, l’innovation par les

communautés et la réinvention des fonctions

support. En découle une nouvelle architecture

d’entreprise, en quatre pôles, adaptée aux

enjeux de demain.

Riche en analyses, observations et pistes de

réflexions, illustré de nombreux exemples, cet

ouvrage avec une préface de Pierre Deheunynck,

DGA du Groupe Engie, est un outil

recommandé pour repenser une organisation.

« La révolution des organisations »,

Daniel Baroin et David Gateau, Pearson,

240 p, 24,90 €.

www.pearson.fr

48 IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


AGENDA

SALONS

Juin

Du 17 au 23

SALON INTERNATIONAL DE

L’AÉRONAUTIQUE ET DE L’ESPACE

Fort de ses 2 300 exposants internationaux, 150

000 visiteurs professionnels, 30 pavillons nationaux

et près de 300 délégations officielles, le Salon du

Bourget reste le plus grand salon au monde et le

rendez-vous incontournable pour les professionnels

de l’aéronautique et du spatial. Il est organisé par le

SIAE, filiale du Groupement des Industries Françaises

Aéronautiques et Spatiales (GIFAS).

Parc des Expositions, Le Bourget

www.siae.fr

Du 28 au 29

RDVCONNECT

RDV Connect, est le 1er salon de la région dédié aux

nouvelles technologies multi-secteurs, à destination

des professionnels et du grand public.

Arena du Pays d’Aix

https://rdvconnect.com

Octobre

Du 1 au 3

MOBILITY FOR BUSINESS

Depuis 2011, Mobility for Business s’est imposé

comme l’unique salon dédié aux solutions et

applications mobiles sur le marché national et

développe depuis 3 ans sa portée internationale.

Son format est axé sur une combinaison entre

l’organisation de Rendez-vous Business, qui

mettent en relation les porteurs de projets

désireux de gagner du temps et qui préfèrent

organiser leur planning de manière optimale ;

et un salon B2B traditionnel (avec des stands

de démo, des tables rondes thématiques, des

ateliers) qui permet de rencontrer plus de 3

500 visiteurs tous les ans.

Paris Porte de Versailles

www.mobility-for-business.com

Du 1 au 3

APS

Tous les deux ans, le salon professionnel APS réunit

les offreurs du marché de la sûreté-sécurité pour

répondre à vos besoins. Pendant trois jours, 6 500

professionnels découvrent un panorama à 360° des

innovations du marché. Le tout agrémenté d’une

offre de contenu étendue, afin de décrypter les

dernières tendances, les normes et réglementations,

à travers des sessions de conférences, des retours

d’expérience et un programme de rendez-vous

d’affaires.

Paris Porte de Versailles

www.salon-aps.com

Du 2 au 3

IBS

Évènement du Smart Building depuis 2010, la

10ème édition d’IBS s’inscrit dans une démarche

de réflexions et d’échanges visant à promouvoir

une vision européenne d’une Gestion Technique

et Énergétique du Bâtiment « résiliente, inclusive

et connectée » à travers une offre complète de

services aux occupants.

Paris – Porte de Versailles

www.ibs-event.com

Du 8 au 10

SEPEM INDUSTRIES ANGERS

Sepem Industries convie tous les cadres et techniciens

opérationnels à venir rencontrer des solutions

attendues en matière de productivité, de sécurité,

d’environnement ou de maintenance, quelle que

soit leur industrie d’appartenance.

Angers parc expo

http://angers.sepem-industries.com

Du 8 au 10

PRÉVENTICA MARSEILLE

Depuis 2013, Préventica est l’événement

de référence au service de la sécurité des

personnes et des biens dans les régions de

France. Son objectif : sécuriser les entreprises,

les commerces et les espaces publiques contre

les actes de malveillance, l’incendie et les

risques majeurs.

Marseille Parc Chanot

www.preventica.com

Formation

JUIN

DU 22 AU 23

Formation M37- Management

de la maintenance : les

fondamentaux

www.afim.asso.fr

DU 25 AU 27

Formation Application du CTM

Maintenance ESP (Equipements

Sous Pression)

MAISON DE LA MÉCANIQUE – SNCT, COURBEVOIE

WWW.SNCT.ORG

DU 25 AU 27

Organiser au quotidien les activités

de maintenance

BLOIS

WWW.CIMI.FR

JUILLET

DU 1 AU 4

Maintenance des Vannes de

Régulation

ARLES

WWW.IRA.EU

LE 8

Exploiter en sécurité les

installations de gaz dans

l’industrie et le tertiaire

TAVERNY

WWW.APAVE-FORMATION.COM

SEPTEMBRE

DU 10 AU 12

Formation Pompes : pannes,

diagnostic et maintenance

NANTES

WWW.CETIM.FR

Retrouvez toutes

les dates de

manifestations sur :

www.maintenanceandco.com/agendas

MAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019 I 49


INDEX

Au sommaire du prochain numéro :

DOSSIER

• La maintenance du Grand Ouest

(Bretagne, Pays-de-Loire et

Normandie)

SOLUTIONS

• Technologies innovantes et

prestataires au service de la qualité de

l’air

PRATIQUE

• Solutions de consignation

• Sécurité des données

TERTIAIRE

• Optimiser la maintenance dès la

conception avec le BIM, la GTB et GTC

Index des associations, organismes et sociétés cités dans ce numéro

C

ACCES INDUSTRIE.................................................45

ACR..........................................................................10

AMIRAL TECHNOLOGIES......................................17

ANSYS.....................................................................35

DB VIB............................................ 2 e de couverture

DSD SYSTÈME..........................................................4

CARL SOFTWARE.....................................................9

CLEMESSY SERVICES...........................................26

DEEPOMATIC..........................................................19

EMIS........................................................................13

ENDEL ENGIE.........................................................44

ESI............................................................................29

FUCHS LUBRIFIANTS...................4 e de Couverture

GROUPE ADP..........................................................40

HENKEL..................................................................38

HUCHEZ TREUILS..................................................27

IAC...........................................................................21

JCB............................................................................8

KSB....................................................................37, 39

PAGE PERSONNEL................................................24

POLYPOLES............................................................12

SALON PREVENTICA...............................................6

RIWALL...................................................................11

SEPEM ANGERS............................ 3 e de couverture

SIT............................................................................12

SKYREAL.................................................................31

STRASS...................................................................14

SYNAMAP...............................................................10

TECH INTER LOCATION.........................................13

TECNODOC..............................................................47

WC LOC....................................................................11

M

J

CM

MJ

CJ

CMJ

N

Retrouvez nos anciens numéros sur :

www.maintenance-entreprise.com

50

IMAINTENANCE & ENTREPRISE • N°654 • Juin - Juillet 2019


SALON DES SERVICES, ÉQUIPEMENTS, PROCESS ET MAINTENANCE

LA RÉPONSE À TOUTES VOS PROBLÉMATIQUES :

PRODUCTION, MAINTENANCE,

SÉCURITÉ, ENVIRONNEMENT...

7 SALONS NATIONAUX

ANGERS

08>10

OCTOBRE 2019

ROUEN

28>30 JANVIER 2020

GRENOBLE

COLMAR

11>13 FÉVRIER 2020

09>11 JUIN 2020

CRÉDIT PHOTO : ISTOCK / RÉALISATION PUBLIROM

AVIGNON

29 SEPT. > 01 OCT. 2020

DOUAI

26>28 JANVIER 2021

TOULOUSE

30 MARS>1 er AVRIL 2021

SALON

PERMANENT

DES MILLIERS

D’ÉQUIPEMENTS ET

DE SERVICES

24H/7J

DATA

LOCATION DE

FICHIERS INDUSTRIELS

MULTI-REQUÊTES

63 350 sites 276 800

de production

directs

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