Babel Art Septembre-Octobre

philippederiemaecker

Le Babel-Art, la revue créée par des artistes pour des artistes

Page 2 Babel-Art Septembre - Octobre 2019

Babel-Art

Bimestriel orienté Art & Culture

Propriété de Bel-ArTitude asbl

21, Chaussée de Charleroi

B-1370 Jodoigne

Belgique

N° entreprise : 0548.700.096

Babel-Art, c’est gratuit, disponible sur simple demande.

Vous pouvez nous soutenir et pérenniser le projet de différentes façons :

- En devenant membre sympathisant pour la somme annuelle de 12 euros.

- En insérant une annonce ou une publicité.

Pour tout renseignement, n’hésitez pas à nous envoyer un mail à l’adresse

suivante : belartitudeasbl@gmail.com

ING Compte BE40-65283542-0363 BIC BBRUBEBB

Les Chroniqueurs

Ziska Larouge est bruxelloise, graphiste de formation. Son premier roman Le plus important (Basson éd. ; 2015) est salué par

une double mention (Prix de la critique et Prix Marc Galabru) au Salon International du Livre de Mazamet (Fr). Elle publie

ensuite Au Diable ! (Weyrich éd., nouvelles, 2017) ; Les Chaises musicales (Weyrich éd., roman, 2018) ; Le goût de tuer

(Lamiroy éd./coll. Opuscule, nouvelle, 2018) ; Les chaises roulantes (Acordacrolivres éd./coll. Livre au carré, nouvelle, 2019) ;

Hôtel Paerels (Weyrich éd., roman, 2019) et La grande fugue (Weyrich éd./coll. Noir Corbeau, roman, 2019).

Elle enregistre actuellement ses nouvelles, soutenue par les compositions originales de Ket Hagaha, qui crée également les musiques

de ses chansons, en lien avec ses romans. L’affaire Octavia Effe, son cinquième roman, est à paraître.

Plus d’infos : ziskalarouge.wixsite.com/ziska - Photo Stan Arte Vizion

Geoffroy Herens, Journaliste et Chroniqueur reconnu, il est avant toutes choses un homme discret Les artistes lui doivent de

nombreux articles parus dans des quotidiens belges de renom.

Gérard Glatt, ou Le besoin d'écrire. Dès l'âge de sept ans, il écrit son premier poème. Depuis lors, ses plus fidèles compagnons

demeurent : le papier sous toutes ses formes, ainsi que le stylo, à encre ou à bille, et bientôt le clavier de son ordinateur. En

1977, il publie son premier roman, Holçarté, chez Calmann-Lévy. Viennent ensuite, et entre autres, notamment publiés aux

Presses de la Cité : Retour à Belle Etoile, qui reçoit le prix www.salondulivre.net 2017, Les Sœurs Ferrandon, récompensé lors

du Concours littéraire international de Servon-sur- Vilaine 2017, Le Destin de Louise. En 2019, il publie L'Enfant des Soldanelles,

toujours aux Presses de la Cité, ainsi qu'un recueil de poèmes Nostalgie 89, aux Editions du Cygne. Lorsque le temps lui

reste, cela depuis plus de quarante ans, il chronique ses coups de cœur

dans la Revue Littéraire Europe.

Patricia Fontaine, psychologue, spécialisée en gérontologie elle publie chez Académia Louvain la Neuve) deux romans.

« Cape Verte » couronné par le prix roman et « Pile & Face » couronné par le prix coup de cœur au Salon International du

livre de Mazamet. Ses écrits sont salués dans toute la Francophonie. Et même au-delà.

Dominique Iwan, parallèlement à une vie professionnelle tournée vers le monde des matériaux polymères et un bref passage

dans la sphère publicitaire en qualité de maquettiste, voit sa vie a été guidée par deux passions, l'écriture et la sculpture.

Elle collabore au site www.francenetinfos.com depuis près de 4 ans, particulièrement dans le domaine littéraire.


Page 3 Babel-Art Septembre - Octobre 2019

Philippe De Riemaecker, Chroniqueur littéraire, rédige de nombreux articles publiés dans différentes revues Belges et Françaises.

Animateur radio/télévision, il présente la littérature en provenance de toute la francophonie.

Son premier roman "Quand les singes se prennent pour des dieux" reçoit en 2014 le prix "Roman" de la ville de Mazamet. "Tant

de silences" est salué sur la scène internationale. - Photo HDlight Photography

Notre Graphiste

José Mangano est en grande partie autodidacte et pourtant! Italien, il est venu en Belgique il y a une trentaine

d'année. Jeune adulte, il suit quelques cours de peinture et sculpture sur bois à l’Académie en cour du soir.

Graphiste de profession, il travail au sein d'un organisme humanitaire.

Poète, écrivain, marionnettiste et... clown. En compagnie de quelques amis, il crée une école de clown pour

enfant et en est actuellement, le président.

José Mangano est le créateur de notre logo et est le créateur de nos premiers de couverture.

Rejoindre Bel-ArTitude c’est faire un geste pour l’environnement.

Pour chaque nouveau membre qui nous rejoint, Bel-Artitude s’engage à planter un

arbre.

Pour 1 euro par mois, aidez-nous à progresser.

Photo : Bessi—pixabay


Thierry Erhart

Page 4 Babel-Art Septembre - Octobre 2019

Une chronique de

Dominique Iwan

Marie-Hélène Fasquel

l’enseignante qui soulève des montagnes

L

e plaisir de découvrir « LE FEU SECRET », un roman approchant l’Alchimie

écrit à quatre mains par Marie-Hélène Fasquel et Gabriel

Erhart, aux Editions Nouvelle Bibliothèque, m’a poussé à la contacter. S’en

est suivi un échange rafraichissant et généreux qui a eu pour conséquence la

révélation d’un précédent livre, paru en 2017 aux Éditions François Bourin :

« L’ÉLÈVE AU COEUR DE SA RÉUSSITE » - mon aventure d’enseignante.

M

a r i e -

H é l è n e

est une

f e m m e

comme on en rencontre

peu. Impliquée, passionnée,

engagée, elle vient du

reste d’être élevée par le

Premier Ministre Français,

Édouard Philippe, au rang

de Chevalier de l'Ordre

National du Mérite, en

hommage à l'ensemble de

sa carrière d'Enseignante.

P

rofesseure de Littérature

en section

internationale du lycée

Nelson Mandela de

Nantes, Marie-Hélène

Fasquel fut lauréate à

plusieurs prix de l'innovation

(en matière de

pédagogie et d'enseignement)

ainsi qu'un prix

national à l'UNESCO. En

2017, elle figure parmi

les cinquante enseignants

sélectionnés, sur plus de

22.000 participants en

provenance de 179 pays,

pour les finales du prix

Global Teacher. Ce prix

d'un montant d'un million

de dollars récompense

l'innovation pédagogique.

C’est donc convaincue de

ce brillant parcours que

j’ai commencé à lire

« L’élève au cœur de sa

réussite » :

Le temps des études,

son enfance à la ferme,

désireuse plus que tout

d’apprendre dans ce

respect de l’école et de

ses parents qui force

l’admiration (…) il fallait

que j’apprenne et que je

travaille

dur. (...) Le

travail ne me faisait pas

peur (…) au contraire

j’aime travailler, et encore

citant un ancien

président de la République

« ce n'est pas le

travail qui fatigue,

c'est l'ennui »

Voilà !

posé.

Le décor est

D

e son premier

poste d’enseignante

déjà confrontée

à un défi énorme

« motiver ceux qui ne le

sont pas sans sacrifier

ceux qui le sont », on

retiendra sa découverte

des "International

Language Holidays" et

son départ vers Colchester,

petite ville

située sur la Colne dans

le comté d'Essexue de

nombreuses idées innovantes,

testant en classe

le podcasting, l'analyse

de films, tels que,

par exemple : Brazil de

Terry Gilliam.

Quelques années plus

tard, chargée d’une

classe de seconde dans


Page

Année

5

1, n° 1

Babel-Art Septembre - Octobre 2019

Page 5

le nord de la France, ,

classe qui d’après ses

propre termes est le

résultat du « déterminisme

social », l’auteure

va tenter de mettre

en place le concept de

« la classe inversée »

inventé en 1990 par

Éric Mazur. Elle partage

avec les collèges

de 16 établissements

répartis dans 8 pays,

des vidéos enregistrées

dans sa classe. Ses élèves

sont ravis, grâce à

ce concept, ils vont pouvoir

travailler en classe

et en dehors de l’environnement

scolaire. Ils

pourront également

partager avec leurs

amis, dialoguer, s’intéresser

aux autres.

C’est une réussite.

L’auteure cultive ses

relations internationales,

se prend au jeu du

eTwinning dont elle deviendra

l’Ambassadrice

et se lance dans le projet

Comenius. Les élèves

commencent à voyager, à

échanger, c’est un succès.

Marie-Hélène se déplace

énormément « J’aime

être ailleurs. Et c’est

pour mieux revenir. Enrichie

».

Beaucoup de rencontres,

de nouvelles amitiés … et

la Technologie « qui ne

doit pas nous asservir,

mais seulement nous servir

».

Du lycée Nelson Mandela

de Nantes à Dubaï, faisant

suite à sa reconnaissance

par le Global Teacher

Prize, elle est invitée

sur les plateaux télé

et studios de radio.

Malgré cette reconnaissance

tant médiatique

que par les plus hautes

instances Françaises,

Marie-Hélène Fasquel

poursuit son aventure

d’enseignante plaçant

en priorité la réussite

de ses élèves qui grâce

à ses idées novatrices

(rédaction de magazines

en ligne, utilisation

de Skype entre

élèves et écrivains, etc)

peuvent enfin prendre

du plaisir à l’étude de

l’anglais.

Quel beau livre, quelle

énergie et quelles leçons

de simplicité et

d’optimisme nous sont

données par cette femme

que j’imagine comblée

et dans sa vie de

femme et dans son itinéraire

d’enseignante.

Thierry Erhart

« Quel beau

livre, quelle

énergie et quelles

leçons de

simplicité et

d’optimisme »

Ouvrages

- Entrainement et auto-évaluation: Compréhension et expression écrites, Niveau intermédiaire

B1-B2, 2011

- LV1 - LV2 - LV3 Toutes séries: Spécial vocabulaire, 2012

- Make It Pro: anglais BTS tertiaires et industriels 1re et 2e année éd. 2015 - Manuel de l’élève,

avec Joël Cascade, Ketty Chopin, Erwan Gouraud, Annie Gwynn et Anne-Laure Kieffer

- L'élève au cœur de sa réussite. Mon aventure d'enseignante. Editions François Bourin, 2017,

(ISBN 9791025203507)

- La musique adoucit les moeurs, Marie-Hélène Fasquel et Gabriel Erhart. Editeur AFNIL, 2017

(ISBN : 2900608031)

- Le feu secret, Marie-Hélène Fasquel et Gabriel Erhart. Editions Nouvelle Bibliothèque,2019

(ISBN : 2490288318)


Page 6 Babel-Art Septembre - Octobre 2019


Page 7 Babel-Art Septembre - Octobre 2019


Page 8 Babel-Art Septembre - Octobre 2019

Une chronique de

Sabine Dormond

Des jours meilleurs,

Marie Houriet

n connait les valeurs des soixante-huitards et leur vision de cette époque.

On sait moins comment la génération de leurs enfants a vécu cette

O

grande utopie. Ce que cela représente que de grandir sans cadre, dans une

microsociété où il est interdit d’interdire et où les adultes représentent tout

sauf l’autorité. Ou, comme le dit si joliment l’auteure, « ce festival d’insoumissions

qui m’a servi d’enfance ».

L

e roman de Marie

Houriet, paru aux

éditions de l'Aire sous

le titre « Des jours

meilleurs », met en scène

un îlot d'irréductibles

qui vivent en squatters

dans un quartier

de Genève, à la jonction

de l'Arve et du Rhône.

Des adultes idéalistes,

rêveurs, inconscients.

Des enfants livrés à

eux-mêmes, accablés de

responsabilités, marginalisés.

Et une flamme

qui se transmet malgré

tout d'une génération à

l'autre, au propre comme

au figuré, puisque

l'aventure et la meilleu-

re partie du livre

s'achèvent dans un incendie

qui aura pour

conséquence de disperser

la communauté de

hippies.

U ne génération

plus tard, c’est le

rêve américain qui

prend l’eau, quand la

crise des subprimes

met des milliers de familles

à la rue. Un enfant

de la communauté

hippie, devenu agent

immobilier, tisse le lien

entre ces deux événements.

Son activité

consiste à octroyer des

prêts à risque à des représentants

de la classe

moyenne inférieure

pour leur permettre

d’accéder à la propriété.

Lorsque la bulle immobilière

éclate, il prend

conscience des répercussions

concrètes de

cette spéculation pour

les principaux intéressés,

avec d’autant plus

de violence qu’il est

tombé amoureux d’une

de ses clientes. Il n’en

faut pas davantage pour

réveiller l’esprit rebelle

d’une génération qui l’a

tété dès le biberon.

La riposte s’organise

autour d’une idée à la

fois énorme et dérisoire

qui fonctionne envers

et contre toute probabilité,

grâce à la détermination

des protagonistes.

Mais aussi grâce

à la prodigieuse faculté

de nos contemporains à

ne s’étonner de rien.

C’est qu’à force de vouloir

repousser sans

cesse les limites de

la provocation, l’art

moderne nous a si

bien habitués à toutes

les excentricités

que plus rien ne

nous fait réagir. Ce

qui amène Marie

Houriet à se demander,

par le truchement

d’un de ses

personnages :

« était comme ça

chez les SS ? À s’étonner

de devoir

entasser du bétail

humain dans les wagons,

Comment qu’ils

feront là-bas, avec

le nombre qu’on en a

mis, la porte restera

bloquée... »


Page 9 Babel-Art Septembre - Octobre 2019

Une chronique de

Patricia Fontaine

L’ORGUE…

UN SYNTHÉTISEUR AVANT L’HEURE !

Rencontre d’une passion et de passionnés

Pour moi, l’orgue représente un objet mystérieux perché haut dans les sommets

d’une église et donc inaccessible. Depuis toujours, le timbre de l’orgue

et le chant qu’il dégage à travers des œuvres grandioses de compositeurs

d’exception provoquent en moi des frissons et des émotions à en avoir les larmes

aux yeux. Ces six derniers mois, j’ai écouté ma curiosité et mon envie de

percer le mystère de cet instrument et je voudrais vous entraîner à la rencontre

de Didier Merelle, 55 ans, se décrivant comme un musicien amateur

qui pratique l’orgue avec passion. Dans le prochain numéro, je vous inviterai à

franchir les portes de la manufacture d’orgues Thomas localisée à Stavelot

en Belgique,.

Première partie : Avec Didier Merelle.

L’enfance d’un coup de cœur.

Didier, d’où vient ta

passion pour l’orgue ?

Aussi loin que je m’en

souvienne, dès la petite

enfance, mon oreille a

été attirée par l’orgue

alors que je me rendais

à la messe avec mes

parents et ma grandmère.

L’orgue a toujours

fait partie de mon

univers sonore.

Mon premier réel coup

de cœur pour un orgue

a eu lieu à Blankenberge

à l'Église Saint-Roch,

durant des vacances à

la mer du Nord. Cet

orgue a révélé ma passion,

par la brillance de

ses timbres. Quand

j'écoute un orgue aujourd'hui,

j'essaye toujours

de le comparer à

cette sonorité. Elle est

ancrée au fond de moi

dans ma mémoire et je

me rends compte que

j'ai vraiment difficile à

la retrouver, mon oreille

a aussi évolué.

Patricia Fontaine

Quel a été ton parcours

de formation

après ce coup de cœur

sonore ?

À l’âge de 12 ans, j’ai

suivi des cours particuliers

de piano. À cette

époque, on préconisait

l’apprentissage du piano

avant l’apprentissage de

l’orgue. Puis j’ai tâtonné

l’orgue de manière autodidacte

avant d’aller

suivre des cours à l’académie,

tout cela accompagné

bien sûr par l’étude

du solfège. J’ai entamé

ensuite un cursus au

conservatoire de Liège.

Je me suis énormément

intéressé à l’histoire de

la musique et de la facture

d’orgue ainsi qu’à

l’harmonie et à l’accompagnement

de chant.

J’ai beaucoup appris en

regardant faire des

gens compétents. Mes

pensées vont d’ailleurs à

Jean Verrees, l'organiste

de la Cathédrale

de Namur qui m'a appris

tant de choses.

Mes nombreuses visites

d'instruments m'ont

permis d'élargir mes

connaissances sur les

facteurs d'orgues, mais

aussi sur les organistes

et les compositeurs.

Avec mes connaissances

acquises, je peux rapidement

faire un diagnostic

de l’époque d’origine

de l’orgue et en

l’entendant déterminer

si, selon moi,

l’esthétique sonore

est en adéquation ou

pas avec le buffet,

c’est-à-dire le meuble

qui contient tout

le matériel.

Tu pratiques l’orgue

aussi ?

Je preste aux offices

dominicaux. Je

suis actuellement

organiste de l’Église

Saint-Victor d’Auvelais.

J'assure

également les funérailles

dans ces paroisses,

et occasionnellement

en d'autres

lieux où des

collègues peuvent

être indisponibles.

J'ai également assuré

quelques rares

concerts dans des

lieux plus éloignés

et le plus souvent

hors frontière.


Année Page 10 1, n° 1

Babel-Art Septembre - Octobre Page 2019 10

Un objet d’art au timbre magique

Parmi tes différentes

visites d’orgues, quelles

ont été tes rencontres

les plus fascinantes

?

ticulières. Il est splendide

pour la musique

ancienne, surtout celle

d’avant Jean-Sébastien

Bach. Il y a Notre-

Dame de Paris que j’ai

visitée à plusieurs reprises.

Si le grand orgue

n’a pas subi de dommages

pendant l’incendie

du 15 avril dernier,

à part la poussière, l’orgue

de chœur est pour

ainsi dire détruit. En

Belgique, il y a également

un patrimoine intéressant

avec des instruments

très anciens

de facture francoflamande

et francoliégeoise.

Sans compter

Le premier qui me vient

à l’esprit, c’est celui de

Norden dans le Nord de

l’Allemagne, un superbe

instrument du 17 e siècle.

Il possède des sonorités

tout à fait pardes

instruments plus

romantiques de facture

plus contemporaine avec

des facteurs d’orgues

comme Delmotte, Thomas,

Schumacher. Dans

le Brabant wallon, il y a

aussi un facteur d’orgues

intéressant à citer,

Étienne Debaisieux.

Il construit des

instruments à dimension

plus modeste, mais destinés

au retour à la musique

plus ancienne. Il a

également réalisé de

belles restaurations.

Tu parles de facteurs

d’orgue, de facture…

pourrais-tu nous expliquer

en quelques

mots ?

Le facteur d’orgues

c’est un artisan dans le

sens le plus noble du

terme. De ses mains, il

fabrique l’instrument du

tuyau au buffet en passant

par le tirant de

registre, la mécanique,

la transmission électrique

et mécanique. C’est

un artisan polyvalent.

C’est aussi l’artisan qui

va permettre de sauvegarder

les sons de la

manière la plus authentique

et c’est lui qui va

effectuer les ajustements,

les petites réparations

nécessaires au

cours de la vie d’un orgue.

Il en assure la pérennité

et la maintenance.

Si tu devais nous tracer

un parcours touristique

des orgues à

voir en Belgique, où

nous emmènerais-tu ?

(Sans être exhaustif

et sans vouloir faire

ombrage à ceux que tu

n’évoqueras pas)

La cathédrale d’Anvers.

Le Bozart à

Bruxelles qui est un lieu

public non conventionnel

où l’orgue vient d’être

restauré, un orgue destiné

à un répertoire

symphonique plutôt profane.

En vacances dans

les Ardennes, il faut

aller à Gedinne, à Membre

sur Semois, à

Bouillon, à Bastogne.

Dans la province de

Liège, il y a un orgue

typiquement Renaissance

à l’église Saint-

Jacques de Liège, l’orgue

de la collégiale

Saint-Barthélémy à

Liège qui vient d’être

restauré, ainsi que l’église

des Bénédictines.

Dans la province du

Hainaut à Châtelet, il y

a un grand orgue symphonique

avec des sonorités

particulières issu

de la manufacture Delmotte

en 1943. L’orgue

de la cathédrale de

Tournai qui a été créé

par un facteur d’orgues

français du 19 e siècle.

L’orgue de Sainte-

Waudru à Mons quant à

lui intègre différentes

strates de la facture

d’orgue du 17 e siècle, en

passant par la facture

d’orgue du 19 e et du

matériel du 20 e siècle,

plus particulièrement

des années 50. Il y a

eu de la récupération

du matériel ancien

avec l’ajout de matériel

moderne. Un autre

très bel orgue se trouve

à Saint-Nicolas en

Havré. Et pour finir le

tour, dans le Brabant

wallon, il y a un orgue

ancien à Longueville

ainsi qu’à Bossut-

Gottechain qui sont

dignes d’intérêt. L’informatique

intègre le

monde de l’orgue et

constitue une avancée

de notre époque.

Avancée positive ou

négative selon toi ?

À l’aide de moyens informatiques,

on peut

élargir les sonorités

sans avoir besoin de

trois personnes autour

de soi. L’informatique

permet de mieux exploiter

tous les atouts

d’un orgue.

Pour les lecteurs néophytes,

tu as parlé

du buffet qui est le

meuble qui contient

tout l’orgue, pourrais

-tu nous dire en

quelques mots les

parties essentielles

d’un orgue.

Il y a le buffet, la

console qui est comme

une cabine de pilotage


Page 11 Babel-Art Septembre - Octobre 2019

avec toutes les commandes (claviers, pédales, boutons

de registre…). C’est à partir de là que le

« pilote » va décider de ce qu’il va utiliser comme

sonorité, comme jeu. Le pédalier sur un orgue est

un clavier à part entière et son rôle est notamment

de soutenir les notes basses. Il faut savoir que le

pédalier n’est pas arrivé tout de suite dans l’histoire

de l’orgue qui au départ ne possédait que quelques

notes, avec un, puis deux, trois… claviers et

sans oublier le pédalier

L’orgue au service du sacré

Le monde de l’orgue

est-il un monde ouvert,

prêt à partager

son travail ou plutôt

un monde fermé ?

À un moment donné, le

monde de l’orgue a

presque exclusivement

appartenu à l’Église catholique.

Cloisonné à

l’Église et pas à autre

chose, le grand public

n’y a pas toujours accès

ou pense ne pas y avoir

accès. Les facteurs

d’orgues sont disposés à

montrer leur travail et

à expliquer leur fonctionnement.

C’est donc une invitation

à aller à leur rencontre

et à ouvrir les

portes des églises. Tu

me confiais que selon

toi, il fallait redonner

à l’orgue « sa place

plus liturgique ». Que

veux-tu dire ?

On a intégré dans les

célébrations liturgiques

des instruments plus

modernes, comme la

guitare, la flûte, la batterie…

mais pour moi, et

ce n’est pas un recul

dans l’histoire, il faut

conserver l’aspect plus

sacré d’une célébration

et l’orgue a un rôle plus

que décoratif à jouer à

ce niveau-là. L’orgue à

un rôle qui amène à la

méditation, à la prière,

à l’exultation. Il est un

moyen d’expression de

la prière, de la louange

et donc il a un rôle liturgique.

En même

temps, l’église, en s’appropriant

l’orgue comme

instrument d’accompagnement

de la liturgie,

empêche parfois un développement

plus culturel.

J’ai déjà évoqué la

salle Bozart, il y a aussi

la salle philharmonique

du conservatoire de

Liège. Au Japon, dans

les pays asiatiques, l’orgue

fleurit un peu partout

dans les salles de

concert, il s’ouvre au

grand public dans un

répertoire symphonique

plus adapté. On sort du

sacré et c’est très bien

aussi, c’est la deuxième

figure de l’orgue.

C’est très subjectif,

Salle philharmonique de Liège

orgue Schyven

mais pour toi quels

sont les plus grands

compositeurs d’orgue

ou ceux qui te touchent

le plus ?

Le plus connu c’est Jean

-Sébastien Bach évidemment,

après cela il y

a des compositeurs qui

au travers des époques

ont marqué leur temps.

Au 20 e siècle, je pense

à Olivier Messian. Et

dans des périodes plus

intermédiaires Marcel

Dupré, Alexandre Guilmant,

Charles-Marie

Widor qui sont des

compositeurs romantiques

symphoniques. Ils

ont des homologues en

Allemagne comme

Brahms, Mendelssohn,

Schuman, Reger…

Ces auteurs composaient

plus pour l’Église

ou plus pour une

dimension culturelle ?

Bach est un compositeur

de musique liturgique,

sacrée. Il a aussi

composé des pièces

vraiment très techniques

pour l’apprentissage

de l’instrument en lui

-même. Compte-tenu de

la profondeur de sa

croyance, dans les pièces

techniques ou virtuoses

il y avait aussi la

présence d’un sens sacré,

une représentation

qui pouvait être biblique.

Pour les compositeurs

plus symphoniques,

cela dit bien ce

que cela veut dire, on

comparait l’orgue à un

orchestre. Et donc là on

pouvait très librement,

je pense, sortir du

contexte religieux.

On appelle parfois l’orgue

le roi des instruments,

même s’il y a

d’autres très beaux instruments

et j’ai entendu

dire aussi que l’orgue

était le plus grand des

synthétiseurs, avant

l’heure.


Année Page 12 1, n° 1

Babel-Art Septembre - Octobre Page 2019 12

Un patrimoine à préserver

De ce que je connais de toi, tu es à l’affût,

depuis des années, de « petits orgues » qui

sont menacés par les destructions massives

des lieux où ils sont, par une non-prise de

conscience des soins qu’ils nécessitent ou par

l’abandon de leur intérêt. Tu te positionnes

comme « le défenseur de ces orgues en périls

» ?

Parfois, le défenseur des causes perdues.

Dans certaines paroisses où j’effectue occasionnellement

des remplacements, je découvre parfois

des instruments sortis des oubliettes. Ils

sont déclarés dans un état catastrophique.

Néanmoins, on a tous les éléments qui caractérisent

l’instrument, tout le matériel d’origine pour

réaliser un travail de restauration respectueux

de ses origines. À une époque aussi, et c’est encore

le cas parfois aujourd’hui, on passait son

temps à transformer l’instrument pour le mettre

au goût du jour. Les claviers, les tuyaux étaient

retravaillés sans tenir compte du contexte historique

ou alors simplement jetés à la benne. Or

chaque tuyau est quelque part une œuvre d’art

dans la mesure où il nécessite des heures de

travail. Les sacrifier au container, pour moi c’est

un acte de vandalisme au plus haut point.

Peux-tu évoquer l’un ou l’autre de tes sauvetages

dont tu es le plus fier ?

Plutôt un exemple récent. J’ai été sollicité pour

assurer la messe des funérailles de la maman d’une

amie. Je suis tombé sur un orgue « rouillé »,

non utilisé depuis le décès, il y a plusieurs années,

de l’organiste attitré. Le curé voulait honorer le

souhait de la famille endeuillée et moyennant

quelques réparations, les défauts et les pannes

de l’orgue, une célébration protocolaire et patriotique

a pu être célébrée. Depuis, avec l’accord

des affectataires, un budget a été remis à l’ordre

du jour afin de réhabiliter l’orgue. C’est un

petit orgue romantique qui participe au patrimoine

contemporain. Il pourrait aussi servir comme

instrument d’apprentissage, et comme pour toi

susciter peut-être un coup de foudre et ouvrir à

une passion…

De l’opus à l’opus

Et puis, tu viens de réaliser un de tes rêves ?

C’est le rêve de tout passionné. C’est sans doute

un caprice, mais j’ai voulu me faire le plaisir d’installer

un petit orgue à tuyaux dans ma maison.

J’ai eu la chance d’un coup de poker et d’un coup

de foudre. Je l’ai appelé« Nonorgue » et il a été

conçu en 1991-1992 par la maison Hofbauer à

Göttingen. C’est un orgue conçu pour le privé, ce

qui requiert certaines caractéristiques dans la

douceur des timbres et dans la pression à donner

au vent qui l’alimente. Il ne s’agit pas de briser

les vitres ni de créer des conflits de voisinages.

Entre de bonnes mains, il aura une belle et longue

vie, ce qui était le souhait premier du vendeur.

Didier m’a permis d’assister à l’arrivée de « Nonorgue ». Je vous épargnerai toutes mes interrogations et

mes représentations les plus farfelues quant à comment les pièces, les tuyaux… allaient arriver à destination.

Le buffet et « le poste de commande » sont arrivés montés et dans le hall de la maison j’ai

découvert un empilement de caisses en bois où j’avais plus l’impression d’être face à des caisses d’obus

ou de missiles, qu’à un puzzle d’orgue. Jean-Sébastien Thomas (Fils du patron de la manufacture

Thomas) et Hugo Pillevesse, son collaborateur, se sont mis à assembler pièce après pièce, avec une

précision d’orfèvre, les composants de l’orgue. Après à peine une paire d’heures, d’une touche sur le clavier,

ils ont fait vibrer le premier son d’un tuyau en bois, un son rond, doux, chaud… En écrivant cette

interview, mon émotion est intacte, le son résonne toujours dans ma tête. C’est ce jour-là que le rendezvous

a été pris pour la visite guidée à laquelle je vous invite dans le prochain numéro du Babel-Art.


Page 13 Babel-Art Septembre - Octobre 2019

L’instant poésie

De Gérard Glatt

F

rançois Cheng est né en 1929, à Nanchang, en Chine. Son œuvre

est abondante et complexe. Comment ne pas se souvenir

de ce très beau roman, Le dit de Tianyi, publié chez Albin

Michel, qui lui valut le prix Femina, en 1998 ? Aujourd’hui, je

ne retiendrai que son œuvre poétique et citerai notamment

Qui dira notre nuit et Le long d’un amour, recueils parus chez Arfuyen,

en 2001 et 2003.

François Cheng a reçu le Grand Prix de la francophonie en 2001. Il a

été élu à l’Académie française en 2002.

Entre équinoxe et solstice, la sève

Montante a bu glaçons et brandons.

Au sommet, elle s’offre sans réserve

Au foudroiement, à la floraison.

*

Tenir bon. Jusqu’à l’écœurement,

Jusqu’au retournement, chaire broyée,

Os rompus, chute dans le Rien, seul à même

De réinventer le Tout. Tenir bon.

Quatrains extraits de : Enfin le royaume, édition revue et augmentée

Collection Poésie, Gallimard (2019) – 215 pages – 7,40 euros – ISBN 978207834288.


Page 14 Babel-Art Septembre - Octobre 2019

U

n Salon Littéraire à saluer par l’originalité d’une idée mise en place par Alexandre DAMBRINE, Manager

Commerce du centre commercial Auchan Bretigny. Belle initiative attirant un peu moins de

cent auteurs qui se partageront la galerie marchande, et ce, sur une période répartie sur deux jours.

L’idée est audacieuse, novatrice et mérite d’être saluée puisqu’elle permet aux artistes présents de rencontrer

pas moins de 13.700 visiteurs (chiffres 2018).

P remier Salon

organisé en

2015, les motivations

de l’organisateur sont

basées sur une expérience

professionnelle

puisqu’il a préalablement

œuvré en

qualité de directeur

de magasin pour

France Loisirs pendant

plus de 15 ans.

Cette fonction lui fit

découvrir les coulisses

du Salon du Livre

de Paris et la magie

de l’évènement lui

apparut comme une

révélation. Pour le

premier salon, 28 auteurs

avaient répondu

à l’appel, pas mal si

l’on considère que

l’évènement fut organisé

en à peine deux

mois, sans aucune logistique,

si ce n'est

une petite équipe possédant

le secret de

toutes les réussites :

"prendre du plaisir à

en donner".

A

moureux de son

travail, Alexandre

DAMBRINE déborde

d’énergie en invitant

régulièrement

les auteurs à rencontrer

le public qui

fréquente ce haut lieu

commercial. Il met en

place une relation privilégiée

grâce à laquelle

tout le monde y

trouve son compte.

Les clients profitent

de la présence de l’auteur

pour une rencontre

gratifiante

(puisque personnalisée)

et l’auteur ainsi que

son éditeur profitent

d’une vitrine d’exception.

insi, grâce à ce

A genre d’initiative,

la grande distribution

joue un rôle culturel

important. Il dépend

bien souvent d’initiative

individuelle émanant

de personnalités sachant

défendre un

projet et d’une direction

à l’écoute de la

Culture. Rappelons que

c e t t e m ê m e

« Culture » fait vivre

un nombre impressionnant

d'individus. D’après

l’institut national

de la statistique et

des études économiques

(Insee), les emplois

de la culture représentent

3 % de ceux de l’ensemble

de l’économie. Ils

se caractérisent souvent

par une multiplicité de

postes occupés dans l’année.

Le cumul des statuts

de salarié et d’indépendant

est également

fréquent.

Vous avez dit Mercantile

?

Oui, certes, et

après ? Les artistes ne

sont-ils pas à la recherche

de clients éventuels

?

Prétendre le

contraire ne serait aucunement

crédible alors,

espérons que l’initiative

face boule de neige.

Ph. De Riemaecker


Année Page 15 1, n° 1

Babel-Art Septembre - Octobre Page 2019 15

Merckx, l'homme derrière le cannibale

Une chronique de

Geoffroy Herens

Les éditions La Boîte à Pandore ont eu la bonne idée de rééditer

un ouvrage rédigé par Stéphane Thirion avec Eddy

Merckx. Un portrait touchant dans lequel le champion cycliste

raconte ses exploits, ses échecs, sa vie privée, son enfance...

'était un 21 juillet 1969. Alors que certains mettaient le pied sur

C la Lune, Eddy Merckx remportait le premier de ses cinq Tours

de France. Cinquante ans plus tard, à l'occasion d'un Grand Départ

organisé avec faste à Bruxelles, le Cannibale a été remis à l'honneur.

Aux éditions La Boîte à Pandore, on n'a pas laissé passé l'opportunité

de ressortir un ouvrage paru il y a treize ans. Le champion précité

passait le cap des soixantes printemps et Stéphane Thirion

(journaliste bien connu des amateurs de la petite reine) l'avait accompagné

dans la rédaction d'un touchant recueil de souvenirs.

Les années ont passé et le contenu du livre reste pertinent pour deux

grandes raisons : le fond et la forme.

Au fil des pages, tout d'abord, Eddy Merckx se raconte. Il se rappelle

certains de ses plus grands exploits et d'autres moins connus mais

aussi les déceptions et échecs de sa carrière. Il aborde également

avec l'humilité qui le caractérise et énormément de franchise ses racines,

son enfance, sa vie familiale..., dévoilant ipso facto l'histoire derrière

les victoires, l'homme derrière le sportif.

Le tout mis en forme par la plume de Stéphane Thirion. Le spécialiste

vélo du journal Le Soir a, par son style adroit et élégant, réussi à donner un écrin de choix aux souvenirs

d'Eddy Merckx. C'est lui aussi qui, dans la seconde partie, a donné la parole à ses proches, qu'il s'agisse de

son épouse Claudine, de ses enfants Sabrina et Axel... ou encore de ses amis Paul Van Himst et Jacky

Ickx.

Ces témoignages complètent, éclairent, corroborent les dires du Cannibale. Ils livrent un aperçu extérieur

mais intime de la personnalité de celui qui – c'est incontestable – aura été et reste le plus grand champion

cycliste de tous les temps.

Eddy Merckx avec Stéphane Thirion

On m'appelait le cannibale.

Editions La Boîte à Pandore


Page 16 Babel-Art Septembre - Octobre 2019

Une chronique de

Philippe De Riemaecker

Frédéric LYVINS

L’écrivain qui sème la terreur dans les

chaumières de la Francophonie…

F

rédéric Lyvins est un être inénarrable, un homme qui surprend par l’ambivalence

du double jeu entre ses livres et la réalité. C’est un cascadeur

de vie puisant son talent aux frontières de nos terreurs. Ah le privilège

de l’écriture ! L’Art de transformer un être agréable (père de famille adorable

et adoré), en créateur de cauchemars, modeleur de monstres, diabolique

manipulateur de notre imagination. C’est perturbant de frayer dans le

voisinage de l’auteur, en particulier après avoir dévoré ses œuvres (de préférence

la nuit).

L

e premier rendez-vous me

laissait à penser que je

devais m’attendre à une apparition

étrange, une sorte d’entité

infernale, un fou peut-être dévoré

par des instincts féroces,

un mangeur d’âmes, un tueur en

série. Mais rien n’allait étayer

mes frayeurs, au contraire,

l’homme qui se présenta ne ressemblait

en rien à celui que mon

esprit avait faussement projeté.

Pas très grand, la tignasse

rebelle, j’imagine que si j’avais

croisé le bonhomme au détour

d’un chemin, je ne lui aurais

probablement pas prêté attention

tant ce garçon semble timide,

réservé, une sorte d’adolescent

perdu dans une autre

dimension. Cette impression

offerte par un premier regard

sera vite détrompée par quelques

minutes de franche rigolade.

Partager du temps avec

l’auteur m’offrit l’impression

que cet-artiste là fait partie

de ces hommes que l’on aime

rencontrer.

’est en 2017 que nos destins

nous ont placés face C

à face au cœur de la grandmesse

de la littérature francophone,

Mon’s Livre. Venu pour

l’occasion présenter « Le Miroir

du Damné », lorsque les

portes de l’évènement furent à

peine entrouvertes, de nombreux

fans s’élancèrent à la

recherche de sa table, espérant

l’apercevoir, croiser son

regard et pour les plus téméraires,

quémander un autographe.

Oserais-je vous avouer

qu’en observant ce tumulte une

question se fit jour : mais qui

est ce drôle de bonhomme ?

Intrigué par ce début d’émeute,

je me suis permis d’inviter

Frédéric Lyvins pour une courte

interview d’une vingtaine de

minutes.

N

é en Belgique en 1970,

Frédéric Lyvins est attiré

par le fantastique dès son

plus jeune âge. Il est nominé

par deux fois au prestigieux

prix « Masterton » dans la catégorie

« Nouvelle » et depuis,

le voici qui gravit l’escalier de

la renommée, marche après

marche, sans précipitation et

s’entrainant sans relâche à

vaincre le vertige qui terrasse

les orgueils déplacés. C’est l’un

des aspects que je respecte

chez l’auteur, sa bonne humeur

partagée dépourvue de l’altération

provoquée par un décorum

mercantile.

vant d’appréhender le

A style, il est peut-être

nécessaire de rappeler qu’aborder

le fantastique n’est pas

chose aisée. Inventer une histoire

qui capte l’attention sur

des sujets qui débordent de la

réalité, offrir une intrigue imbriquée

de rebondissements,

l’ensemble, soigneusement enrobé

par une écriture soignée,

autant dire que le travail de

rédaction ne se contente pas

de pondre un simple manuscrit.

Je ne puis m’empêcher de pen-


Année Page 17 1, n° 1

Babel-Art Septembre - Octobre Page 2019 17

ser qu’en toile de fond, un travail d’orfèvre apporte l’équilibre

d’une symphonie complexe. En vérité, nous devrions conjuguer

le mot écrivain au pluriel puisque « Miroir du Damné » est

écrit à quatre mains grâce à la collaboration de J.B. Leblanc.

E

n refermant « Miroir du Damné », j’en suis arrivé à la

conclusion que « Fédéric Lyvins » n’a rien à envier aux

grands Maîtres du « genre », tels que, s’il faut les nommer;

Stephen King, Graham Masterton. Cette comparaison est

osée, elle ne résulte pas d’un élan irréfléchi, au contraire. Imaginez

une ville située au cœur de la France. Une petite ville

dans laquelle règne une ambiance particulière en raison de la

chaleur, de l’environnement, d’un mystère qui plane au-dessus

des chaumières. Imaginez que la confiance règne parmi les habitants

à tel point qu’aucune porte d’entrée n’est verrouillée.

Imaginez une maison, le silence, le plancher qui craque et puis.

Et puis, la première page tournée, plus moyen de se détacher

du livre…

Je vous parlais de comparaison, je n’avais pas tort puisque

Frédéric Lyvins sera salué par « Masterton » en personne.

u’importe la reconnaissance, qu’importent les honneurs, seul l’avis des lecteurs compte et dans ce cas

Q

précis, les lecteurs se fidélisent avec une facilité déconcertante. Cependant, malgré cet engouement,

j’aime me faire une idée par ma propre lecture sans que la communication ne me serve de levier. Rien à

ajouter, j’ai adoré « Miroir du Damné », un coup de cœur provoqué par le hasard des rencontres, merci le

destin.


Page 18 Babel-Art Septembre - Octobre 2019

Le Babel-Art gourmandise

C

’est au cœur du Brabant Wallon, situé dans la petite ville de que nous avons choisi de pousser les

portes du restaurant « Le Sixième ». L’établissement facile à trouver, puisque planté au coin du

seul carrefour de la ville, il étonne par l’effort déployé à sa présentation. Les propriétaires auraient pu se

contenter de poser enseigne, il n’en est rien, une sobre décoration posée de chaque côté de la porte d’entrée

attire les regards probablement parce que cette touche de goût invite à toutes les promesses.

L

a salle ne déçoit pas le

client. Là encore, la sobriété

est dominante relevée

cependant par un décorum moderne,

rien d’ostentatoire, juste

les éléments placés à la bonne

place dans le but d’offrir à

chaque objet la possibilité de

mettre en valeur une série de

détails. Rien n'est contraignant

pour le regard.

Une pièce pratique pour le service,

agréable pour le consommateur.

L a carte ?

Les choix sont multiples.

Quatre entrées et quatre plats

proposés. On déduit de cet

éventail qu’ici la qualité est privilégiée

à la quantité des assortiments.

C’est important, trop

souvent des menus débordent

de tentations sans répondre à

l’attente du consommateur.

Surprise agréable pour cette

dégustation car nous découvrons

qu’en semaine on nous

propose un lunch comprenant

une entrée et un plat. J’avoue

que cette proposition me tente,

pas de lourdeur pour terminer

une journée de rédaction.

Le service commence, on nous

annonce le contenant et la présence

discrète et souriante de

la serveuse n’est pas pour nous

déplaire. Pas de phrasé inutile,

juste la présentation des plats

et le petit conseil judicieusement

placé en fonction des

goûts de chacun.

E

ntrée : l'œuf poché à la

F l o r e n t i n e . . .

Une entrée joliment décorée,

préparée avec soin, délicieuse à

souhait.

Pourtant, il ne s’agit

que d’un œuf ! Un œuf je vous

l’accorde entouré d’une sorte

de serpentin de riz soufflé. De

voir cette présentation nous

offre toutes les promesses.

Rien à dire, la saveur est au

rendez-vous, les sens subtilement

aiguillonnés.

Me revient

le souvenir d’une interview que

j’avais faite d’un « grand chef »

qui m’avait confié à l’époque que

pour juger une cuisine, rien

n’est plus révélateur que la

préparation d’un œuf.

Rien à

dire, le silence qui entoure la

dégustation est révélateur de

la concentration des convives.

L

e plat : le Tartare de bar

aux algues, riz façon sushi.

Subtil assortiment dans lequel

on retrouvera une pointe d’influence

asiatique. Ne vous méprenez

pas sur mes propos, je

vous parle d’Art, de raffiné,

d’une œuvre tant pour la vue

que pour le goût.

Attention, une pointe de Wasabi

pourrait tromper le distrait

s’il venait à la confondre avec

un petit pois. Encore une surprise

agréable à découvrir.

Nous voici rassasiés, les plats


Année Page 19 1, n° 1

Babel-Art Septembre - Octobre Page 2019

suffisamment garnis pour combler les plus gourmands, en gardant la légèreté nécessaire à la présentation.

’offre quatre "Babel" au « Le Sixième », je les offre sans réserve puisqu’après trois visites j’ai pu

J

constater la constance dans la qualité des goûts et du service. - Philippe De Riemaecker

Les entrées €12





Crème au wasabi et gingembre confit

Poêlée d’Artichauts, Condiment Chimichurri

Condiment aux tomates séchées et citron

Agrumes, Crème de sabayon et pistaches

Les plats €24





Jus réduit au vin rouge, Légumes de saison, Frites fraîches

Cuit à basse température, Quinoa aux légumes, Noisettes du Piémont torréfiées

Polenta crémeuse, Girolles et beurre de sauge

Pesto de tomates, Purée au basilic, Tomates multicolores

Les desserts €9






Biscuit moëlleux chocolaté, Sorbet rhubarbe

Salade de fruits frais et chantilly

…Selon notre Humeur…

Vodka, Sorbet citron

Comme un colonel... mais champagne

info.lesixieme@gmail.com

Avenue Fernand Charlot 2,

B-1370, Jodoigne (Belgique)

Tél : 00 32 10 45 10 01

Facebook

https://www.facebook.com/lesixieme/


Page 20 Babel-Art Septembre - Octobre 2019

More magazines by this user
Similar magazines