04.09.2019 Vues

Babel Art Septembre-Octobre

Le Babel-Art, la revue créée par des artistes pour des artistes

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Page 2 <strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong> <strong>Septembre</strong> - <strong>Octobre</strong> 2019<br />

<strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong><br />

Bimestriel orienté <strong>Art</strong> & Culture<br />

Propriété de Bel-ArTitude asbl<br />

21, Chaussée de Charleroi<br />

B-1370 Jodoigne<br />

Belgique<br />

N° entreprise : 0548.700.096<br />

<strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong>, c’est gratuit, disponible sur simple demande.<br />

Vous pouvez nous soutenir et pérenniser le projet de différentes façons :<br />

- En devenant membre sympathisant pour la somme annuelle de 12 euros.<br />

- En insérant une annonce ou une publicité.<br />

Pour tout renseignement, n’hésitez pas à nous envoyer un mail à l’adresse<br />

suivante : belartitudeasbl@gmail.com<br />

ING Compte BE40-65283542-0363 BIC BBRUBEBB<br />

Les Chroniqueurs<br />

Ziska Larouge est bruxelloise, graphiste de formation. Son premier roman Le plus important (Basson éd. ; 2015) est salué par<br />

une double mention (Prix de la critique et Prix Marc Galabru) au Salon International du Livre de Mazamet (Fr). Elle publie<br />

ensuite Au Diable ! (Weyrich éd., nouvelles, 2017) ; Les Chaises musicales (Weyrich éd., roman, 2018) ; Le goût de tuer<br />

(Lamiroy éd./coll. Opuscule, nouvelle, 2018) ; Les chaises roulantes (Acordacrolivres éd./coll. Livre au carré, nouvelle, 2019) ;<br />

Hôtel Paerels (Weyrich éd., roman, 2019) et La grande fugue (Weyrich éd./coll. Noir Corbeau, roman, 2019).<br />

Elle enregistre actuellement ses nouvelles, soutenue par les compositions originales de Ket Hagaha, qui crée également les musiques<br />

de ses chansons, en lien avec ses romans. L’affaire Octavia Effe, son cinquième roman, est à paraître.<br />

Plus d’infos : ziskalarouge.wixsite.com/ziska - Photo Stan <strong>Art</strong>e Vizion<br />

Geoffroy Herens, Journaliste et Chroniqueur reconnu, il est avant toutes choses un homme discret Les artistes lui doivent de<br />

nombreux articles parus dans des quotidiens belges de renom.<br />

Gérard Glatt, ou Le besoin d'écrire. Dès l'âge de sept ans, il écrit son premier poème. Depuis lors, ses plus fidèles compagnons<br />

demeurent : le papier sous toutes ses formes, ainsi que le stylo, à encre ou à bille, et bientôt le clavier de son ordinateur. En<br />

1977, il publie son premier roman, Holçarté, chez Calmann-Lévy. Viennent ensuite, et entre autres, notamment publiés aux<br />

Presses de la Cité : Retour à Belle Etoile, qui reçoit le prix www.salondulivre.net 2017, Les Sœurs Ferrandon, récompensé lors<br />

du Concours littéraire international de Servon-sur- Vilaine 2017, Le Destin de Louise. En 2019, il publie L'Enfant des Soldanelles,<br />

toujours aux Presses de la Cité, ainsi qu'un recueil de poèmes Nostalgie 89, aux Editions du Cygne. Lorsque le temps lui<br />

reste, cela depuis plus de quarante ans, il chronique ses coups de cœur<br />

dans la Revue Littéraire Europe.<br />

Patricia Fontaine, psychologue, spécialisée en gérontologie elle publie chez Académia Louvain la Neuve) deux romans.<br />

« Cape Verte » couronné par le prix roman et « Pile & Face » couronné par le prix coup de cœur au Salon International du<br />

livre de Mazamet. Ses écrits sont salués dans toute la Francophonie. Et même au-delà.<br />

Dominique Iwan, parallèlement à une vie professionnelle tournée vers le monde des matériaux polymères et un bref passage<br />

dans la sphère publicitaire en qualité de maquettiste, voit sa vie a été guidée par deux passions, l'écriture et la sculpture.<br />

Elle collabore au site www.francenetinfos.com depuis près de 4 ans, particulièrement dans le domaine littéraire.


Page 3 <strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong> <strong>Septembre</strong> - <strong>Octobre</strong> 2019<br />

Philippe De Riemaecker, Chroniqueur littéraire, rédige de nombreux articles publiés dans différentes revues Belges et Françaises.<br />

Animateur radio/télévision, il présente la littérature en provenance de toute la francophonie.<br />

Son premier roman "Quand les singes se prennent pour des dieux" reçoit en 2014 le prix "Roman" de la ville de Mazamet. "Tant<br />

de silences" est salué sur la scène internationale. - Photo HDlight Photography<br />

Notre Graphiste<br />

José Mangano est en grande partie autodidacte et pourtant! Italien, il est venu en Belgique il y a une trentaine<br />

d'année. Jeune adulte, il suit quelques cours de peinture et sculpture sur bois à l’Académie en cour du soir.<br />

Graphiste de profession, il travail au sein d'un organisme humanitaire.<br />

Poète, écrivain, marionnettiste et... clown. En compagnie de quelques amis, il crée une école de clown pour<br />

enfant et en est actuellement, le président.<br />

José Mangano est le créateur de notre logo et est le créateur de nos premiers de couverture.<br />

Rejoindre Bel-ArTitude c’est faire un geste pour l’environnement.<br />

Pour chaque nouveau membre qui nous rejoint, Bel-<strong>Art</strong>itude s’engage à planter un<br />

arbre.<br />

Pour 1 euro par mois, aidez-nous à progresser.<br />

Photo : Bessi—pixabay


Thierry Erhart<br />

Page 4 <strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong> <strong>Septembre</strong> - <strong>Octobre</strong> 2019<br />

Une chronique de<br />

Dominique Iwan<br />

Marie-Hélène Fasquel<br />

l’enseignante qui soulève des montagnes<br />

L<br />

e plaisir de découvrir « LE FEU SECRET », un roman approchant l’Alchimie<br />

écrit à quatre mains par Marie-Hélène Fasquel et Gabriel<br />

Erhart, aux Editions Nouvelle Bibliothèque, m’a poussé à la contacter. S’en<br />

est suivi un échange rafraichissant et généreux qui a eu pour conséquence la<br />

révélation d’un précédent livre, paru en 2017 aux Éditions François Bourin :<br />

« L’ÉLÈVE AU COEUR DE SA RÉUSSITE » - mon aventure d’enseignante.<br />

M<br />

a r i e -<br />

H é l è n e<br />

est une<br />

f e m m e<br />

comme on en rencontre<br />

peu. Impliquée, passionnée,<br />

engagée, elle vient du<br />

reste d’être élevée par le<br />

Premier Ministre Français,<br />

Édouard Philippe, au rang<br />

de Chevalier de l'Ordre<br />

National du Mérite, en<br />

hommage à l'ensemble de<br />

sa carrière d'Enseignante.<br />

P<br />

rofesseure de Littérature<br />

en section<br />

internationale du lycée<br />

Nelson Mandela de<br />

Nantes, Marie-Hélène<br />

Fasquel fut lauréate à<br />

plusieurs prix de l'innovation<br />

(en matière de<br />

pédagogie et d'enseignement)<br />

ainsi qu'un prix<br />

national à l'UNESCO. En<br />

2017, elle figure parmi<br />

les cinquante enseignants<br />

sélectionnés, sur plus de<br />

22.000 participants en<br />

provenance de 179 pays,<br />

pour les finales du prix<br />

Global Teacher. Ce prix<br />

d'un montant d'un million<br />

de dollars récompense<br />

l'innovation pédagogique.<br />

C’est donc convaincue de<br />

ce brillant parcours que<br />

j’ai commencé à lire<br />

« L’élève au cœur de sa<br />

réussite » :<br />

Le temps des études,<br />

son enfance à la ferme,<br />

désireuse plus que tout<br />

d’apprendre dans ce<br />

respect de l’école et de<br />

ses parents qui force<br />

l’admiration (…) il fallait<br />

que j’apprenne et que je<br />

travaille<br />

dur. (...) Le<br />

travail ne me faisait pas<br />

peur (…) au contraire<br />

j’aime travailler, et encore<br />

citant un ancien<br />

président de la République<br />

« ce n'est pas le<br />

travail qui fatigue,<br />

c'est l'ennui »<br />

Voilà !<br />

posé.<br />

Le décor est<br />

D<br />

e son premier<br />

poste d’enseignante<br />

déjà confrontée<br />

à un défi énorme<br />

« motiver ceux qui ne le<br />

sont pas sans sacrifier<br />

ceux qui le sont », on<br />

retiendra sa découverte<br />

des "International<br />

Language Holidays" et<br />

son départ vers Colchester,<br />

petite ville<br />

située sur la Colne dans<br />

le comté d'Essexue de<br />

nombreuses idées innovantes,<br />

testant en classe<br />

le podcasting, l'analyse<br />

de films, tels que,<br />

par exemple : Brazil de<br />

Terry Gilliam.<br />

Quelques années plus<br />

tard, chargée d’une<br />

classe de seconde dans


Page<br />

Année<br />

5<br />

1, n° 1<br />

<strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong> <strong>Septembre</strong> - <strong>Octobre</strong> 2019<br />

Page 5<br />

le nord de la France, ,<br />

classe qui d’après ses<br />

propre termes est le<br />

résultat du « déterminisme<br />

social », l’auteure<br />

va tenter de mettre<br />

en place le concept de<br />

« la classe inversée »<br />

inventé en 1990 par<br />

Éric Mazur. Elle partage<br />

avec les collèges<br />

de 16 établissements<br />

répartis dans 8 pays,<br />

des vidéos enregistrées<br />

dans sa classe. Ses élèves<br />

sont ravis, grâce à<br />

ce concept, ils vont pouvoir<br />

travailler en classe<br />

et en dehors de l’environnement<br />

scolaire. Ils<br />

pourront également<br />

partager avec leurs<br />

amis, dialoguer, s’intéresser<br />

aux autres.<br />

C’est une réussite.<br />

L’auteure cultive ses<br />

relations internationales,<br />

se prend au jeu du<br />

eTwinning dont elle deviendra<br />

l’Ambassadrice<br />

et se lance dans le projet<br />

Comenius. Les élèves<br />

commencent à voyager, à<br />

échanger, c’est un succès.<br />

Marie-Hélène se déplace<br />

énormément « J’aime<br />

être ailleurs. Et c’est<br />

pour mieux revenir. Enrichie<br />

».<br />

Beaucoup de rencontres,<br />

de nouvelles amitiés … et<br />

la Technologie « qui ne<br />

doit pas nous asservir,<br />

mais seulement nous servir<br />

».<br />

Du lycée Nelson Mandela<br />

de Nantes à Dubaï, faisant<br />

suite à sa reconnaissance<br />

par le Global Teacher<br />

Prize, elle est invitée<br />

sur les plateaux télé<br />

et studios de radio.<br />

Malgré cette reconnaissance<br />

tant médiatique<br />

que par les plus hautes<br />

instances Françaises,<br />

Marie-Hélène Fasquel<br />

poursuit son aventure<br />

d’enseignante plaçant<br />

en priorité la réussite<br />

de ses élèves qui grâce<br />

à ses idées novatrices<br />

(rédaction de magazines<br />

en ligne, utilisation<br />

de Skype entre<br />

élèves et écrivains, etc)<br />

peuvent enfin prendre<br />

du plaisir à l’étude de<br />

l’anglais.<br />

Quel beau livre, quelle<br />

énergie et quelles leçons<br />

de simplicité et<br />

d’optimisme nous sont<br />

données par cette femme<br />

que j’imagine comblée<br />

et dans sa vie de<br />

femme et dans son itinéraire<br />

d’enseignante.<br />

Thierry Erhart<br />

« Quel beau<br />

livre, quelle<br />

énergie et quelles<br />

leçons de<br />

simplicité et<br />

d’optimisme »<br />

Ouvrages<br />

- Entrainement et auto-évaluation: Compréhension et expression écrites, Niveau intermédiaire<br />

B1-B2, 2011<br />

- LV1 - LV2 - LV3 Toutes séries: Spécial vocabulaire, 2012<br />

- Make It Pro: anglais BTS tertiaires et industriels 1re et 2e année éd. 2015 - Manuel de l’élève,<br />

avec Joël Cascade, Ketty Chopin, Erwan Gouraud, Annie Gwynn et Anne-Laure Kieffer<br />

- L'élève au cœur de sa réussite. Mon aventure d'enseignante. Editions François Bourin, 2017,<br />

(ISBN 9791025203507)<br />

- La musique adoucit les moeurs, Marie-Hélène Fasquel et Gabriel Erhart. Editeur AFNIL, 2017<br />

(ISBN : 2900608031)<br />

- Le feu secret, Marie-Hélène Fasquel et Gabriel Erhart. Editions Nouvelle Bibliothèque,2019<br />

(ISBN : 2490288318)


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Une chronique de<br />

Sabine Dormond<br />

Des jours meilleurs,<br />

Marie Houriet<br />

n connait les valeurs des soixante-huitards et leur vision de cette époque.<br />

On sait moins comment la génération de leurs enfants a vécu cette<br />

O<br />

grande utopie. Ce que cela représente que de grandir sans cadre, dans une<br />

microsociété où il est interdit d’interdire et où les adultes représentent tout<br />

sauf l’autorité. Ou, comme le dit si joliment l’auteure, « ce festival d’insoumissions<br />

qui m’a servi d’enfance ».<br />

L<br />

e roman de Marie<br />

Houriet, paru aux<br />

éditions de l'Aire sous<br />

le titre « Des jours<br />

meilleurs », met en scène<br />

un îlot d'irréductibles<br />

qui vivent en squatters<br />

dans un quartier<br />

de Genève, à la jonction<br />

de l'Arve et du Rhône.<br />

Des adultes idéalistes,<br />

rêveurs, inconscients.<br />

Des enfants livrés à<br />

eux-mêmes, accablés de<br />

responsabilités, marginalisés.<br />

Et une flamme<br />

qui se transmet malgré<br />

tout d'une génération à<br />

l'autre, au propre comme<br />

au figuré, puisque<br />

l'aventure et la meilleu-<br />

re partie du livre<br />

s'achèvent dans un incendie<br />

qui aura pour<br />

conséquence de disperser<br />

la communauté de<br />

hippies.<br />

U ne génération<br />

plus tard, c’est le<br />

rêve américain qui<br />

prend l’eau, quand la<br />

crise des subprimes<br />

met des milliers de familles<br />

à la rue. Un enfant<br />

de la communauté<br />

hippie, devenu agent<br />

immobilier, tisse le lien<br />

entre ces deux événements.<br />

Son activité<br />

consiste à octroyer des<br />

prêts à risque à des représentants<br />

de la classe<br />

moyenne inférieure<br />

pour leur permettre<br />

d’accéder à la propriété.<br />

Lorsque la bulle immobilière<br />

éclate, il prend<br />

conscience des répercussions<br />

concrètes de<br />

cette spéculation pour<br />

les principaux intéressés,<br />

avec d’autant plus<br />

de violence qu’il est<br />

tombé amoureux d’une<br />

de ses clientes. Il n’en<br />

faut pas davantage pour<br />

réveiller l’esprit rebelle<br />

d’une génération qui l’a<br />

tété dès le biberon.<br />

La riposte s’organise<br />

autour d’une idée à la<br />

fois énorme et dérisoire<br />

qui fonctionne envers<br />

et contre toute probabilité,<br />

grâce à la détermination<br />

des protagonistes.<br />

Mais aussi grâce<br />

à la prodigieuse faculté<br />

de nos contemporains à<br />

ne s’étonner de rien.<br />

C’est qu’à force de vouloir<br />

repousser sans<br />

cesse les limites de<br />

la provocation, l’art<br />

moderne nous a si<br />

bien habitués à toutes<br />

les excentricités<br />

que plus rien ne<br />

nous fait réagir. Ce<br />

qui amène Marie<br />

Houriet à se demander,<br />

par le truchement<br />

d’un de ses<br />

personnages :<br />

« était comme ça<br />

chez les SS ? À s’étonner<br />

de devoir<br />

entasser du bétail<br />

humain dans les wagons,<br />

Comment qu’ils<br />

feront là-bas, avec<br />

le nombre qu’on en a<br />

mis, la porte restera<br />

bloquée... »


Page 9 <strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong> <strong>Septembre</strong> - <strong>Octobre</strong> 2019<br />

Une chronique de<br />

Patricia Fontaine<br />

L’ORGUE…<br />

UN SYNTHÉTISEUR AVANT L’HEURE !<br />

Rencontre d’une passion et de passionnés<br />

Pour moi, l’orgue représente un objet mystérieux perché haut dans les sommets<br />

d’une église et donc inaccessible. Depuis toujours, le timbre de l’orgue<br />

et le chant qu’il dégage à travers des œuvres grandioses de compositeurs<br />

d’exception provoquent en moi des frissons et des émotions à en avoir les larmes<br />

aux yeux. Ces six derniers mois, j’ai écouté ma curiosité et mon envie de<br />

percer le mystère de cet instrument et je voudrais vous entraîner à la rencontre<br />

de Didier Merelle, 55 ans, se décrivant comme un musicien amateur<br />

qui pratique l’orgue avec passion. Dans le prochain numéro, je vous inviterai à<br />

franchir les portes de la manufacture d’orgues Thomas localisée à Stavelot<br />

en Belgique,.<br />

Première partie : Avec Didier Merelle.<br />

L’enfance d’un coup de cœur.<br />

Didier, d’où vient ta<br />

passion pour l’orgue ?<br />

Aussi loin que je m’en<br />

souvienne, dès la petite<br />

enfance, mon oreille a<br />

été attirée par l’orgue<br />

alors que je me rendais<br />

à la messe avec mes<br />

parents et ma grandmère.<br />

L’orgue a toujours<br />

fait partie de mon<br />

univers sonore.<br />

Mon premier réel coup<br />

de cœur pour un orgue<br />

a eu lieu à Blankenberge<br />

à l'Église Saint-Roch,<br />

durant des vacances à<br />

la mer du Nord. Cet<br />

orgue a révélé ma passion,<br />

par la brillance de<br />

ses timbres. Quand<br />

j'écoute un orgue aujourd'hui,<br />

j'essaye toujours<br />

de le comparer à<br />

cette sonorité. Elle est<br />

ancrée au fond de moi<br />

dans ma mémoire et je<br />

me rends compte que<br />

j'ai vraiment difficile à<br />

la retrouver, mon oreille<br />

a aussi évolué.<br />

Patricia Fontaine<br />

Quel a été ton parcours<br />

de formation<br />

après ce coup de cœur<br />

sonore ?<br />

À l’âge de 12 ans, j’ai<br />

suivi des cours particuliers<br />

de piano. À cette<br />

époque, on préconisait<br />

l’apprentissage du piano<br />

avant l’apprentissage de<br />

l’orgue. Puis j’ai tâtonné<br />

l’orgue de manière autodidacte<br />

avant d’aller<br />

suivre des cours à l’académie,<br />

tout cela accompagné<br />

bien sûr par l’étude<br />

du solfège. J’ai entamé<br />

ensuite un cursus au<br />

conservatoire de Liège.<br />

Je me suis énormément<br />

intéressé à l’histoire de<br />

la musique et de la facture<br />

d’orgue ainsi qu’à<br />

l’harmonie et à l’accompagnement<br />

de chant.<br />

J’ai beaucoup appris en<br />

regardant faire des<br />

gens compétents. Mes<br />

pensées vont d’ailleurs à<br />

Jean Verrees, l'organiste<br />

de la Cathédrale<br />

de Namur qui m'a appris<br />

tant de choses.<br />

Mes nombreuses visites<br />

d'instruments m'ont<br />

permis d'élargir mes<br />

connaissances sur les<br />

facteurs d'orgues, mais<br />

aussi sur les organistes<br />

et les compositeurs.<br />

Avec mes connaissances<br />

acquises, je peux rapidement<br />

faire un diagnostic<br />

de l’époque d’origine<br />

de l’orgue et en<br />

l’entendant déterminer<br />

si, selon moi,<br />

l’esthétique sonore<br />

est en adéquation ou<br />

pas avec le buffet,<br />

c’est-à-dire le meuble<br />

qui contient tout<br />

le matériel.<br />

Tu pratiques l’orgue<br />

aussi ?<br />

Je preste aux offices<br />

dominicaux. Je<br />

suis actuellement<br />

organiste de l’Église<br />

Saint-Victor d’Auvelais.<br />

J'assure<br />

également les funérailles<br />

dans ces paroisses,<br />

et occasionnellement<br />

en d'autres<br />

lieux où des<br />

collègues peuvent<br />

être indisponibles.<br />

J'ai également assuré<br />

quelques rares<br />

concerts dans des<br />

lieux plus éloignés<br />

et le plus souvent<br />

hors frontière.


Année Page 10 1, n° 1<br />

<strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong> <strong>Septembre</strong> - <strong>Octobre</strong> Page 2019 10<br />

Un objet d’art au timbre magique<br />

Parmi tes différentes<br />

visites d’orgues, quelles<br />

ont été tes rencontres<br />

les plus fascinantes<br />

?<br />

ticulières. Il est splendide<br />

pour la musique<br />

ancienne, surtout celle<br />

d’avant Jean-Sébastien<br />

Bach. Il y a Notre-<br />

Dame de Paris que j’ai<br />

visitée à plusieurs reprises.<br />

Si le grand orgue<br />

n’a pas subi de dommages<br />

pendant l’incendie<br />

du 15 avril dernier,<br />

à part la poussière, l’orgue<br />

de chœur est pour<br />

ainsi dire détruit. En<br />

Belgique, il y a également<br />

un patrimoine intéressant<br />

avec des instruments<br />

très anciens<br />

de facture francoflamande<br />

et francoliégeoise.<br />

Sans compter<br />

Le premier qui me vient<br />

à l’esprit, c’est celui de<br />

Norden dans le Nord de<br />

l’Allemagne, un superbe<br />

instrument du 17 e siècle.<br />

Il possède des sonorités<br />

tout à fait pardes<br />

instruments plus<br />

romantiques de facture<br />

plus contemporaine avec<br />

des facteurs d’orgues<br />

comme Delmotte, Thomas,<br />

Schumacher. Dans<br />

le Brabant wallon, il y a<br />

aussi un facteur d’orgues<br />

intéressant à citer,<br />

Étienne Debaisieux.<br />

Il construit des<br />

instruments à dimension<br />

plus modeste, mais destinés<br />

au retour à la musique<br />

plus ancienne. Il a<br />

également réalisé de<br />

belles restaurations.<br />

Tu parles de facteurs<br />

d’orgue, de facture…<br />

pourrais-tu nous expliquer<br />

en quelques<br />

mots ?<br />

Le facteur d’orgues<br />

c’est un artisan dans le<br />

sens le plus noble du<br />

terme. De ses mains, il<br />

fabrique l’instrument du<br />

tuyau au buffet en passant<br />

par le tirant de<br />

registre, la mécanique,<br />

la transmission électrique<br />

et mécanique. C’est<br />

un artisan polyvalent.<br />

C’est aussi l’artisan qui<br />

va permettre de sauvegarder<br />

les sons de la<br />

manière la plus authentique<br />

et c’est lui qui va<br />

effectuer les ajustements,<br />

les petites réparations<br />

nécessaires au<br />

cours de la vie d’un orgue.<br />

Il en assure la pérennité<br />

et la maintenance.<br />

Si tu devais nous tracer<br />

un parcours touristique<br />

des orgues à<br />

voir en Belgique, où<br />

nous emmènerais-tu ?<br />

(Sans être exhaustif<br />

et sans vouloir faire<br />

ombrage à ceux que tu<br />

n’évoqueras pas)<br />

La cathédrale d’Anvers.<br />

Le Bozart à<br />

Bruxelles qui est un lieu<br />

public non conventionnel<br />

où l’orgue vient d’être<br />

restauré, un orgue destiné<br />

à un répertoire<br />

symphonique plutôt profane.<br />

En vacances dans<br />

les Ardennes, il faut<br />

aller à Gedinne, à Membre<br />

sur Semois, à<br />

Bouillon, à Bastogne.<br />

Dans la province de<br />

Liège, il y a un orgue<br />

typiquement Renaissance<br />

à l’église Saint-<br />

Jacques de Liège, l’orgue<br />

de la collégiale<br />

Saint-Barthélémy à<br />

Liège qui vient d’être<br />

restauré, ainsi que l’église<br />

des Bénédictines.<br />

Dans la province du<br />

Hainaut à Châtelet, il y<br />

a un grand orgue symphonique<br />

avec des sonorités<br />

particulières issu<br />

de la manufacture Delmotte<br />

en 1943. L’orgue<br />

de la cathédrale de<br />

Tournai qui a été créé<br />

par un facteur d’orgues<br />

français du 19 e siècle.<br />

L’orgue de Sainte-<br />

Waudru à Mons quant à<br />

lui intègre différentes<br />

strates de la facture<br />

d’orgue du 17 e siècle, en<br />

passant par la facture<br />

d’orgue du 19 e et du<br />

matériel du 20 e siècle,<br />

plus particulièrement<br />

des années 50. Il y a<br />

eu de la récupération<br />

du matériel ancien<br />

avec l’ajout de matériel<br />

moderne. Un autre<br />

très bel orgue se trouve<br />

à Saint-Nicolas en<br />

Havré. Et pour finir le<br />

tour, dans le Brabant<br />

wallon, il y a un orgue<br />

ancien à Longueville<br />

ainsi qu’à Bossut-<br />

Gottechain qui sont<br />

dignes d’intérêt. L’informatique<br />

intègre le<br />

monde de l’orgue et<br />

constitue une avancée<br />

de notre époque.<br />

Avancée positive ou<br />

négative selon toi ?<br />

À l’aide de moyens informatiques,<br />

on peut<br />

élargir les sonorités<br />

sans avoir besoin de<br />

trois personnes autour<br />

de soi. L’informatique<br />

permet de mieux exploiter<br />

tous les atouts<br />

d’un orgue.<br />

Pour les lecteurs néophytes,<br />

tu as parlé<br />

du buffet qui est le<br />

meuble qui contient<br />

tout l’orgue, pourrais<br />

-tu nous dire en<br />

quelques mots les<br />

parties essentielles<br />

d’un orgue.<br />

Il y a le buffet, la<br />

console qui est comme<br />

une cabine de pilotage


Page 11 <strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong> <strong>Septembre</strong> - <strong>Octobre</strong> 2019<br />

avec toutes les commandes (claviers, pédales, boutons<br />

de registre…). C’est à partir de là que le<br />

« pilote » va décider de ce qu’il va utiliser comme<br />

sonorité, comme jeu. Le pédalier sur un orgue est<br />

un clavier à part entière et son rôle est notamment<br />

de soutenir les notes basses. Il faut savoir que le<br />

pédalier n’est pas arrivé tout de suite dans l’histoire<br />

de l’orgue qui au départ ne possédait que quelques<br />

notes, avec un, puis deux, trois… claviers et<br />

sans oublier le pédalier<br />

L’orgue au service du sacré<br />

Le monde de l’orgue<br />

est-il un monde ouvert,<br />

prêt à partager<br />

son travail ou plutôt<br />

un monde fermé ?<br />

À un moment donné, le<br />

monde de l’orgue a<br />

presque exclusivement<br />

appartenu à l’Église catholique.<br />

Cloisonné à<br />

l’Église et pas à autre<br />

chose, le grand public<br />

n’y a pas toujours accès<br />

ou pense ne pas y avoir<br />

accès. Les facteurs<br />

d’orgues sont disposés à<br />

montrer leur travail et<br />

à expliquer leur fonctionnement.<br />

C’est donc une invitation<br />

à aller à leur rencontre<br />

et à ouvrir les<br />

portes des églises. Tu<br />

me confiais que selon<br />

toi, il fallait redonner<br />

à l’orgue « sa place<br />

plus liturgique ». Que<br />

veux-tu dire ?<br />

On a intégré dans les<br />

célébrations liturgiques<br />

des instruments plus<br />

modernes, comme la<br />

guitare, la flûte, la batterie…<br />

mais pour moi, et<br />

ce n’est pas un recul<br />

dans l’histoire, il faut<br />

conserver l’aspect plus<br />

sacré d’une célébration<br />

et l’orgue a un rôle plus<br />

que décoratif à jouer à<br />

ce niveau-là. L’orgue à<br />

un rôle qui amène à la<br />

méditation, à la prière,<br />

à l’exultation. Il est un<br />

moyen d’expression de<br />

la prière, de la louange<br />

et donc il a un rôle liturgique.<br />

En même<br />

temps, l’église, en s’appropriant<br />

l’orgue comme<br />

instrument d’accompagnement<br />

de la liturgie,<br />

empêche parfois un développement<br />

plus culturel.<br />

J’ai déjà évoqué la<br />

salle Bozart, il y a aussi<br />

la salle philharmonique<br />

du conservatoire de<br />

Liège. Au Japon, dans<br />

les pays asiatiques, l’orgue<br />

fleurit un peu partout<br />

dans les salles de<br />

concert, il s’ouvre au<br />

grand public dans un<br />

répertoire symphonique<br />

plus adapté. On sort du<br />

sacré et c’est très bien<br />

aussi, c’est la deuxième<br />

figure de l’orgue.<br />

C’est très subjectif,<br />

Salle philharmonique de Liège<br />

orgue Schyven<br />

mais pour toi quels<br />

sont les plus grands<br />

compositeurs d’orgue<br />

ou ceux qui te touchent<br />

le plus ?<br />

Le plus connu c’est Jean<br />

-Sébastien Bach évidemment,<br />

après cela il y<br />

a des compositeurs qui<br />

au travers des époques<br />

ont marqué leur temps.<br />

Au 20 e siècle, je pense<br />

à Olivier Messian. Et<br />

dans des périodes plus<br />

intermédiaires Marcel<br />

Dupré, Alexandre Guilmant,<br />

Charles-Marie<br />

Widor qui sont des<br />

compositeurs romantiques<br />

symphoniques. Ils<br />

ont des homologues en<br />

Allemagne comme<br />

Brahms, Mendelssohn,<br />

Schuman, Reger…<br />

Ces auteurs composaient<br />

plus pour l’Église<br />

ou plus pour une<br />

dimension culturelle ?<br />

Bach est un compositeur<br />

de musique liturgique,<br />

sacrée. Il a aussi<br />

composé des pièces<br />

vraiment très techniques<br />

pour l’apprentissage<br />

de l’instrument en lui<br />

-même. Compte-tenu de<br />

la profondeur de sa<br />

croyance, dans les pièces<br />

techniques ou virtuoses<br />

il y avait aussi la<br />

présence d’un sens sacré,<br />

une représentation<br />

qui pouvait être biblique.<br />

Pour les compositeurs<br />

plus symphoniques,<br />

cela dit bien ce<br />

que cela veut dire, on<br />

comparait l’orgue à un<br />

orchestre. Et donc là on<br />

pouvait très librement,<br />

je pense, sortir du<br />

contexte religieux.<br />

On appelle parfois l’orgue<br />

le roi des instruments,<br />

même s’il y a<br />

d’autres très beaux instruments<br />

et j’ai entendu<br />

dire aussi que l’orgue<br />

était le plus grand des<br />

synthétiseurs, avant<br />

l’heure.


Année Page 12 1, n° 1<br />

<strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong> <strong>Septembre</strong> - <strong>Octobre</strong> Page 2019 12<br />

Un patrimoine à préserver<br />

De ce que je connais de toi, tu es à l’affût,<br />

depuis des années, de « petits orgues » qui<br />

sont menacés par les destructions massives<br />

des lieux où ils sont, par une non-prise de<br />

conscience des soins qu’ils nécessitent ou par<br />

l’abandon de leur intérêt. Tu te positionnes<br />

comme « le défenseur de ces orgues en périls<br />

» ?<br />

Parfois, le défenseur des causes perdues.<br />

Dans certaines paroisses où j’effectue occasionnellement<br />

des remplacements, je découvre parfois<br />

des instruments sortis des oubliettes. Ils<br />

sont déclarés dans un état catastrophique.<br />

Néanmoins, on a tous les éléments qui caractérisent<br />

l’instrument, tout le matériel d’origine pour<br />

réaliser un travail de restauration respectueux<br />

de ses origines. À une époque aussi, et c’est encore<br />

le cas parfois aujourd’hui, on passait son<br />

temps à transformer l’instrument pour le mettre<br />

au goût du jour. Les claviers, les tuyaux étaient<br />

retravaillés sans tenir compte du contexte historique<br />

ou alors simplement jetés à la benne. Or<br />

chaque tuyau est quelque part une œuvre d’art<br />

dans la mesure où il nécessite des heures de<br />

travail. Les sacrifier au container, pour moi c’est<br />

un acte de vandalisme au plus haut point.<br />

Peux-tu évoquer l’un ou l’autre de tes sauvetages<br />

dont tu es le plus fier ?<br />

Plutôt un exemple récent. J’ai été sollicité pour<br />

assurer la messe des funérailles de la maman d’une<br />

amie. Je suis tombé sur un orgue « rouillé »,<br />

non utilisé depuis le décès, il y a plusieurs années,<br />

de l’organiste attitré. Le curé voulait honorer le<br />

souhait de la famille endeuillée et moyennant<br />

quelques réparations, les défauts et les pannes<br />

de l’orgue, une célébration protocolaire et patriotique<br />

a pu être célébrée. Depuis, avec l’accord<br />

des affectataires, un budget a été remis à l’ordre<br />

du jour afin de réhabiliter l’orgue. C’est un<br />

petit orgue romantique qui participe au patrimoine<br />

contemporain. Il pourrait aussi servir comme<br />

instrument d’apprentissage, et comme pour toi<br />

susciter peut-être un coup de foudre et ouvrir à<br />

une passion…<br />

De l’opus à l’opus<br />

Et puis, tu viens de réaliser un de tes rêves ?<br />

C’est le rêve de tout passionné. C’est sans doute<br />

un caprice, mais j’ai voulu me faire le plaisir d’installer<br />

un petit orgue à tuyaux dans ma maison.<br />

J’ai eu la chance d’un coup de poker et d’un coup<br />

de foudre. Je l’ai appelé« Nonorgue » et il a été<br />

conçu en 1991-1992 par la maison Hofbauer à<br />

Göttingen. C’est un orgue conçu pour le privé, ce<br />

qui requiert certaines caractéristiques dans la<br />

douceur des timbres et dans la pression à donner<br />

au vent qui l’alimente. Il ne s’agit pas de briser<br />

les vitres ni de créer des conflits de voisinages.<br />

Entre de bonnes mains, il aura une belle et longue<br />

vie, ce qui était le souhait premier du vendeur.<br />

Didier m’a permis d’assister à l’arrivée de « Nonorgue ». Je vous épargnerai toutes mes interrogations et<br />

mes représentations les plus farfelues quant à comment les pièces, les tuyaux… allaient arriver à destination.<br />

Le buffet et « le poste de commande » sont arrivés montés et dans le hall de la maison j’ai<br />

découvert un empilement de caisses en bois où j’avais plus l’impression d’être face à des caisses d’obus<br />

ou de missiles, qu’à un puzzle d’orgue. Jean-Sébastien Thomas (Fils du patron de la manufacture<br />

Thomas) et Hugo Pillevesse, son collaborateur, se sont mis à assembler pièce après pièce, avec une<br />

précision d’orfèvre, les composants de l’orgue. Après à peine une paire d’heures, d’une touche sur le clavier,<br />

ils ont fait vibrer le premier son d’un tuyau en bois, un son rond, doux, chaud… En écrivant cette<br />

interview, mon émotion est intacte, le son résonne toujours dans ma tête. C’est ce jour-là que le rendezvous<br />

a été pris pour la visite guidée à laquelle je vous invite dans le prochain numéro du <strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong>.


Page 13 <strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong> <strong>Septembre</strong> - <strong>Octobre</strong> 2019<br />

L’instant poésie<br />

De Gérard Glatt<br />

F<br />

rançois Cheng est né en 1929, à Nanchang, en Chine. Son œuvre<br />

est abondante et complexe. Comment ne pas se souvenir<br />

de ce très beau roman, Le dit de Tianyi, publié chez Albin<br />

Michel, qui lui valut le prix Femina, en 1998 ? Aujourd’hui, je<br />

ne retiendrai que son œuvre poétique et citerai notamment<br />

Qui dira notre nuit et Le long d’un amour, recueils parus chez Arfuyen,<br />

en 2001 et 2003.<br />

François Cheng a reçu le Grand Prix de la francophonie en 2001. Il a<br />

été élu à l’Académie française en 2002.<br />

Entre équinoxe et solstice, la sève<br />

Montante a bu glaçons et brandons.<br />

Au sommet, elle s’offre sans réserve<br />

Au foudroiement, à la floraison.<br />

*<br />

Tenir bon. Jusqu’à l’écœurement,<br />

Jusqu’au retournement, chaire broyée,<br />

Os rompus, chute dans le Rien, seul à même<br />

De réinventer le Tout. Tenir bon.<br />

Quatrains extraits de : Enfin le royaume, édition revue et augmentée<br />

Collection Poésie, Gallimard (2019) – 215 pages – 7,40 euros – ISBN 978207834288.


Page 14 <strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong> <strong>Septembre</strong> - <strong>Octobre</strong> 2019<br />

U<br />

n Salon Littéraire à saluer par l’originalité d’une idée mise en place par Alexandre DAMBRINE, Manager<br />

Commerce du centre commercial Auchan Bretigny. Belle initiative attirant un peu moins de<br />

cent auteurs qui se partageront la galerie marchande, et ce, sur une période répartie sur deux jours.<br />

L’idée est audacieuse, novatrice et mérite d’être saluée puisqu’elle permet aux artistes présents de rencontrer<br />

pas moins de 13.700 visiteurs (chiffres 2018).<br />

P remier Salon<br />

organisé en<br />

2015, les motivations<br />

de l’organisateur sont<br />

basées sur une expérience<br />

professionnelle<br />

puisqu’il a préalablement<br />

œuvré en<br />

qualité de directeur<br />

de magasin pour<br />

France Loisirs pendant<br />

plus de 15 ans.<br />

Cette fonction lui fit<br />

découvrir les coulisses<br />

du Salon du Livre<br />

de Paris et la magie<br />

de l’évènement lui<br />

apparut comme une<br />

révélation. Pour le<br />

premier salon, 28 auteurs<br />

avaient répondu<br />

à l’appel, pas mal si<br />

l’on considère que<br />

l’évènement fut organisé<br />

en à peine deux<br />

mois, sans aucune logistique,<br />

si ce n'est<br />

une petite équipe possédant<br />

le secret de<br />

toutes les réussites :<br />

"prendre du plaisir à<br />

en donner".<br />

A<br />

moureux de son<br />

travail, Alexandre<br />

DAMBRINE déborde<br />

d’énergie en invitant<br />

régulièrement<br />

les auteurs à rencontrer<br />

le public qui<br />

fréquente ce haut lieu<br />

commercial. Il met en<br />

place une relation privilégiée<br />

grâce à laquelle<br />

tout le monde y<br />

trouve son compte.<br />

Les clients profitent<br />

de la présence de l’auteur<br />

pour une rencontre<br />

gratifiante<br />

(puisque personnalisée)<br />

et l’auteur ainsi que<br />

son éditeur profitent<br />

d’une vitrine d’exception.<br />

insi, grâce à ce<br />

A genre d’initiative,<br />

la grande distribution<br />

joue un rôle culturel<br />

important. Il dépend<br />

bien souvent d’initiative<br />

individuelle émanant<br />

de personnalités sachant<br />

défendre un<br />

projet et d’une direction<br />

à l’écoute de la<br />

Culture. Rappelons que<br />

c e t t e m ê m e<br />

« Culture » fait vivre<br />

un nombre impressionnant<br />

d'individus. D’après<br />

l’institut national<br />

de la statistique et<br />

des études économiques<br />

(Insee), les emplois<br />

de la culture représentent<br />

3 % de ceux de l’ensemble<br />

de l’économie. Ils<br />

se caractérisent souvent<br />

par une multiplicité de<br />

postes occupés dans l’année.<br />

Le cumul des statuts<br />

de salarié et d’indépendant<br />

est également<br />

fréquent.<br />

Vous avez dit Mercantile<br />

?<br />

Oui, certes, et<br />

après ? Les artistes ne<br />

sont-ils pas à la recherche<br />

de clients éventuels<br />

?<br />

Prétendre le<br />

contraire ne serait aucunement<br />

crédible alors,<br />

espérons que l’initiative<br />

face boule de neige.<br />

Ph. De Riemaecker


Année Page 15 1, n° 1<br />

<strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong> <strong>Septembre</strong> - <strong>Octobre</strong> Page 2019 15<br />

Merckx, l'homme derrière le cannibale<br />

Une chronique de<br />

Geoffroy Herens<br />

Les éditions La Boîte à Pandore ont eu la bonne idée de rééditer<br />

un ouvrage rédigé par Stéphane Thirion avec Eddy<br />

Merckx. Un portrait touchant dans lequel le champion cycliste<br />

raconte ses exploits, ses échecs, sa vie privée, son enfance...<br />

'était un 21 juillet 1969. Alors que certains mettaient le pied sur<br />

C la Lune, Eddy Merckx remportait le premier de ses cinq Tours<br />

de France. Cinquante ans plus tard, à l'occasion d'un Grand Départ<br />

organisé avec faste à Bruxelles, le Cannibale a été remis à l'honneur.<br />

Aux éditions La Boîte à Pandore, on n'a pas laissé passé l'opportunité<br />

de ressortir un ouvrage paru il y a treize ans. Le champion précité<br />

passait le cap des soixantes printemps et Stéphane Thirion<br />

(journaliste bien connu des amateurs de la petite reine) l'avait accompagné<br />

dans la rédaction d'un touchant recueil de souvenirs.<br />

Les années ont passé et le contenu du livre reste pertinent pour deux<br />

grandes raisons : le fond et la forme.<br />

Au fil des pages, tout d'abord, Eddy Merckx se raconte. Il se rappelle<br />

certains de ses plus grands exploits et d'autres moins connus mais<br />

aussi les déceptions et échecs de sa carrière. Il aborde également<br />

avec l'humilité qui le caractérise et énormément de franchise ses racines,<br />

son enfance, sa vie familiale..., dévoilant ipso facto l'histoire derrière<br />

les victoires, l'homme derrière le sportif.<br />

Le tout mis en forme par la plume de Stéphane Thirion. Le spécialiste<br />

vélo du journal Le Soir a, par son style adroit et élégant, réussi à donner un écrin de choix aux souvenirs<br />

d'Eddy Merckx. C'est lui aussi qui, dans la seconde partie, a donné la parole à ses proches, qu'il s'agisse de<br />

son épouse Claudine, de ses enfants Sabrina et Axel... ou encore de ses amis Paul Van Himst et Jacky<br />

Ickx.<br />

Ces témoignages complètent, éclairent, corroborent les dires du Cannibale. Ils livrent un aperçu extérieur<br />

mais intime de la personnalité de celui qui – c'est incontestable – aura été et reste le plus grand champion<br />

cycliste de tous les temps.<br />

Eddy Merckx avec Stéphane Thirion<br />

On m'appelait le cannibale.<br />

Editions La Boîte à Pandore


Page 16 <strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong> <strong>Septembre</strong> - <strong>Octobre</strong> 2019<br />

Une chronique de<br />

Philippe De Riemaecker<br />

Frédéric LYVINS<br />

L’écrivain qui sème la terreur dans les<br />

chaumières de la Francophonie…<br />

F<br />

rédéric Lyvins est un être inénarrable, un homme qui surprend par l’ambivalence<br />

du double jeu entre ses livres et la réalité. C’est un cascadeur<br />

de vie puisant son talent aux frontières de nos terreurs. Ah le privilège<br />

de l’écriture ! L’<strong>Art</strong> de transformer un être agréable (père de famille adorable<br />

et adoré), en créateur de cauchemars, modeleur de monstres, diabolique<br />

manipulateur de notre imagination. C’est perturbant de frayer dans le<br />

voisinage de l’auteur, en particulier après avoir dévoré ses œuvres (de préférence<br />

la nuit).<br />

L<br />

e premier rendez-vous me<br />

laissait à penser que je<br />

devais m’attendre à une apparition<br />

étrange, une sorte d’entité<br />

infernale, un fou peut-être dévoré<br />

par des instincts féroces,<br />

un mangeur d’âmes, un tueur en<br />

série. Mais rien n’allait étayer<br />

mes frayeurs, au contraire,<br />

l’homme qui se présenta ne ressemblait<br />

en rien à celui que mon<br />

esprit avait faussement projeté.<br />

Pas très grand, la tignasse<br />

rebelle, j’imagine que si j’avais<br />

croisé le bonhomme au détour<br />

d’un chemin, je ne lui aurais<br />

probablement pas prêté attention<br />

tant ce garçon semble timide,<br />

réservé, une sorte d’adolescent<br />

perdu dans une autre<br />

dimension. Cette impression<br />

offerte par un premier regard<br />

sera vite détrompée par quelques<br />

minutes de franche rigolade.<br />

Partager du temps avec<br />

l’auteur m’offrit l’impression<br />

que cet-artiste là fait partie<br />

de ces hommes que l’on aime<br />

rencontrer.<br />

’est en 2017 que nos destins<br />

nous ont placés face C<br />

à face au cœur de la grandmesse<br />

de la littérature francophone,<br />

Mon’s Livre. Venu pour<br />

l’occasion présenter « Le Miroir<br />

du Damné », lorsque les<br />

portes de l’évènement furent à<br />

peine entrouvertes, de nombreux<br />

fans s’élancèrent à la<br />

recherche de sa table, espérant<br />

l’apercevoir, croiser son<br />

regard et pour les plus téméraires,<br />

quémander un autographe.<br />

Oserais-je vous avouer<br />

qu’en observant ce tumulte une<br />

question se fit jour : mais qui<br />

est ce drôle de bonhomme ?<br />

Intrigué par ce début d’émeute,<br />

je me suis permis d’inviter<br />

Frédéric Lyvins pour une courte<br />

interview d’une vingtaine de<br />

minutes.<br />

N<br />

é en Belgique en 1970,<br />

Frédéric Lyvins est attiré<br />

par le fantastique dès son<br />

plus jeune âge. Il est nominé<br />

par deux fois au prestigieux<br />

prix « Masterton » dans la catégorie<br />

« Nouvelle » et depuis,<br />

le voici qui gravit l’escalier de<br />

la renommée, marche après<br />

marche, sans précipitation et<br />

s’entrainant sans relâche à<br />

vaincre le vertige qui terrasse<br />

les orgueils déplacés. C’est l’un<br />

des aspects que je respecte<br />

chez l’auteur, sa bonne humeur<br />

partagée dépourvue de l’altération<br />

provoquée par un décorum<br />

mercantile.<br />

vant d’appréhender le<br />

A style, il est peut-être<br />

nécessaire de rappeler qu’aborder<br />

le fantastique n’est pas<br />

chose aisée. Inventer une histoire<br />

qui capte l’attention sur<br />

des sujets qui débordent de la<br />

réalité, offrir une intrigue imbriquée<br />

de rebondissements,<br />

l’ensemble, soigneusement enrobé<br />

par une écriture soignée,<br />

autant dire que le travail de<br />

rédaction ne se contente pas<br />

de pondre un simple manuscrit.<br />

Je ne puis m’empêcher de pen-


Année Page 17 1, n° 1<br />

<strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong> <strong>Septembre</strong> - <strong>Octobre</strong> Page 2019 17<br />

ser qu’en toile de fond, un travail d’orfèvre apporte l’équilibre<br />

d’une symphonie complexe. En vérité, nous devrions conjuguer<br />

le mot écrivain au pluriel puisque « Miroir du Damné » est<br />

écrit à quatre mains grâce à la collaboration de J.B. Leblanc.<br />

E<br />

n refermant « Miroir du Damné », j’en suis arrivé à la<br />

conclusion que « Fédéric Lyvins » n’a rien à envier aux<br />

grands Maîtres du « genre », tels que, s’il faut les nommer;<br />

Stephen King, Graham Masterton. Cette comparaison est<br />

osée, elle ne résulte pas d’un élan irréfléchi, au contraire. Imaginez<br />

une ville située au cœur de la France. Une petite ville<br />

dans laquelle règne une ambiance particulière en raison de la<br />

chaleur, de l’environnement, d’un mystère qui plane au-dessus<br />

des chaumières. Imaginez que la confiance règne parmi les habitants<br />

à tel point qu’aucune porte d’entrée n’est verrouillée.<br />

Imaginez une maison, le silence, le plancher qui craque et puis.<br />

Et puis, la première page tournée, plus moyen de se détacher<br />

du livre…<br />

Je vous parlais de comparaison, je n’avais pas tort puisque<br />

Frédéric Lyvins sera salué par « Masterton » en personne.<br />

u’importe la reconnaissance, qu’importent les honneurs, seul l’avis des lecteurs compte et dans ce cas<br />

Q<br />

précis, les lecteurs se fidélisent avec une facilité déconcertante. Cependant, malgré cet engouement,<br />

j’aime me faire une idée par ma propre lecture sans que la communication ne me serve de levier. Rien à<br />

ajouter, j’ai adoré « Miroir du Damné », un coup de cœur provoqué par le hasard des rencontres, merci le<br />

destin.


Page 18 <strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong> <strong>Septembre</strong> - <strong>Octobre</strong> 2019<br />

Le <strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong> gourmandise<br />

C<br />

’est au cœur du Brabant Wallon, situé dans la petite ville de que nous avons choisi de pousser les<br />

portes du restaurant « Le Sixième ». L’établissement facile à trouver, puisque planté au coin du<br />

seul carrefour de la ville, il étonne par l’effort déployé à sa présentation. Les propriétaires auraient pu se<br />

contenter de poser enseigne, il n’en est rien, une sobre décoration posée de chaque côté de la porte d’entrée<br />

attire les regards probablement parce que cette touche de goût invite à toutes les promesses.<br />

L<br />

a salle ne déçoit pas le<br />

client. Là encore, la sobriété<br />

est dominante relevée<br />

cependant par un décorum moderne,<br />

rien d’ostentatoire, juste<br />

les éléments placés à la bonne<br />

place dans le but d’offrir à<br />

chaque objet la possibilité de<br />

mettre en valeur une série de<br />

détails. Rien n'est contraignant<br />

pour le regard.<br />

Une pièce pratique pour le service,<br />

agréable pour le consommateur.<br />

L a carte ?<br />

Les choix sont multiples.<br />

Quatre entrées et quatre plats<br />

proposés. On déduit de cet<br />

éventail qu’ici la qualité est privilégiée<br />

à la quantité des assortiments.<br />

C’est important, trop<br />

souvent des menus débordent<br />

de tentations sans répondre à<br />

l’attente du consommateur.<br />

Surprise agréable pour cette<br />

dégustation car nous découvrons<br />

qu’en semaine on nous<br />

propose un lunch comprenant<br />

une entrée et un plat. J’avoue<br />

que cette proposition me tente,<br />

pas de lourdeur pour terminer<br />

une journée de rédaction.<br />

Le service commence, on nous<br />

annonce le contenant et la présence<br />

discrète et souriante de<br />

la serveuse n’est pas pour nous<br />

déplaire. Pas de phrasé inutile,<br />

juste la présentation des plats<br />

et le petit conseil judicieusement<br />

placé en fonction des<br />

goûts de chacun.<br />

E<br />

ntrée : l'œuf poché à la<br />

F l o r e n t i n e . . .<br />

Une entrée joliment décorée,<br />

préparée avec soin, délicieuse à<br />

souhait.<br />

Pourtant, il ne s’agit<br />

que d’un œuf ! Un œuf je vous<br />

l’accorde entouré d’une sorte<br />

de serpentin de riz soufflé. De<br />

voir cette présentation nous<br />

offre toutes les promesses.<br />

Rien à dire, la saveur est au<br />

rendez-vous, les sens subtilement<br />

aiguillonnés.<br />

Me revient<br />

le souvenir d’une interview que<br />

j’avais faite d’un « grand chef »<br />

qui m’avait confié à l’époque que<br />

pour juger une cuisine, rien<br />

n’est plus révélateur que la<br />

préparation d’un œuf.<br />

Rien à<br />

dire, le silence qui entoure la<br />

dégustation est révélateur de<br />

la concentration des convives.<br />

L<br />

e plat : le Tartare de bar<br />

aux algues, riz façon sushi.<br />

Subtil assortiment dans lequel<br />

on retrouvera une pointe d’influence<br />

asiatique. Ne vous méprenez<br />

pas sur mes propos, je<br />

vous parle d’<strong>Art</strong>, de raffiné,<br />

d’une œuvre tant pour la vue<br />

que pour le goût.<br />

Attention, une pointe de Wasabi<br />

pourrait tromper le distrait<br />

s’il venait à la confondre avec<br />

un petit pois. Encore une surprise<br />

agréable à découvrir.<br />

Nous voici rassasiés, les plats


Année Page 19 1, n° 1<br />

<strong>Babel</strong>-<strong>Art</strong> <strong>Septembre</strong> - <strong>Octobre</strong> Page 2019<br />

suffisamment garnis pour combler les plus gourmands, en gardant la légèreté nécessaire à la présentation.<br />

’offre quatre "<strong>Babel</strong>" au « Le Sixième », je les offre sans réserve puisqu’après trois visites j’ai pu<br />

J<br />

constater la constance dans la qualité des goûts et du service. - Philippe De Riemaecker<br />

Les entrées €12<br />

<br />

<br />

<br />

<br />

Crème au wasabi et gingembre confit<br />

Poêlée d’<strong>Art</strong>ichauts, Condiment Chimichurri<br />

Condiment aux tomates séchées et citron<br />

Agrumes, Crème de sabayon et pistaches<br />

Les plats €24<br />

<br />

<br />

<br />

<br />

Jus réduit au vin rouge, Légumes de saison, Frites fraîches<br />

Cuit à basse température, Quinoa aux légumes, Noisettes du Piémont torréfiées<br />

Polenta crémeuse, Girolles et beurre de sauge<br />

Pesto de tomates, Purée au basilic, Tomates multicolores<br />

Les desserts €9<br />

<br />

<br />

<br />

<br />

<br />

Biscuit moëlleux chocolaté, Sorbet rhubarbe<br />

Salade de fruits frais et chantilly<br />

…Selon notre Humeur…<br />

Vodka, Sorbet citron<br />

Comme un colonel... mais champagne<br />

info.lesixieme@gmail.com<br />

Avenue Fernand Charlot 2,<br />

B-1370, Jodoigne (Belgique)<br />

Tél : 00 32 10 45 10 01<br />

Facebook<br />

https://www.facebook.com/lesixieme/


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