Haiti Liberte 2 Octobre 2019

haitiliberte

Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019

LE CORE GROUP, LE POUVOIR ET L’OPPOSITION ?

Lèt tou louvri pou

Jovenel Moïse

Page 6

English

Page 9

Voir page 3

Des manifestants

occupent le bureau

de comté de Justin

Trudeau

Page 7

Core Group sort du pays! Jovenel Moise doit démissionner!

DES MANIFESTANTS VICTIMES

DE RÉPRESSION POLICIÈRE !

« Le socialisme, c’est

préserver le vivant »

Entretien avec Fatih

Mehmet Maçoglu !

Page 10-11

Etats-Unis :

La grève des

travailleurs de GM

face à divers défis

Voir page 3

Josemano Victorieux alias Badou, un militant politique proche de Pitit Desalin, il a été tué par balles, le samedi

28 septembre dernier, à Delmas 33

Page 17


Editorial

HAITI

LIBERTÉ

La résistance est moins coûteuse que la

capitulation !

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Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

Fax: 718-421-3471

3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

Par Berthony Dupont

Il ne suffit pas de se vanter d’être dans le camp des

masses prolétariennes comme une simple fantaisie

politique sans pour autant le démontrer ouvertement

en mettant toujours toute situation dans le contexte

de la lutte des peuples pour leur libération nationale

face aux nantis du pays.

Comment alors se montrer fier de la lutte des peuples

quand on se garde, pour des raisons insignifiantes,

d’aiguiser les contradictions de classe face au

monde des riches quand il nous menace sous n’importe

quel prétexte pour semer la confusion et la peur

dans nos esprits ?

Quelles qu’en soient les circonstances, nous ne

devrons avoir rien à cacher au peuple, encore moins

la vérité. En tout temps et à tout moment, il faut tout

expliquer au peuple allant même jusqu’à l’autocritique

s’il le faut. En d’autres termes, les principes de

la lutte sont la vie même, nous ne devons jamais les

trahir ni, par-dessus le marché, agir en dehors des

masses, si vraiment nous voulons les accompagner

dans le combat de classe contre ses assassins.

Haïti Liberté est et doit rester quelque soit

l’épreuve un journal de combat et de résistance non

pas de capitulation surtout quand il a affaire avec

des affairistes de la bourgeoisie compradore, agents

et laquais des impérialistes qui se font riches en exploitant

les masses ouvrières et paysannes et en pillant

les ressources du pays.

Nous ne modifierons d’un iota notre position et

notre engagement politique pour faciliter les trafiquants

de grand chemin ou leur plaire. Les attitudes

de capitulation quelles qu’en soient les circonstances

doivent être constamment et vaillamment dénoncées

et combattues au sein du journal.

Le sens de notre travail n’est pas de foncer tête

baissée dans le déshonneur ou la décadence, mais

de marcher la tête altière dans la mesure où nous

prenons comme boussole de nos combats, la lutte des

classes, le moteur de l’histoire des peuples en lutte.

Tant que les classes exploitées du pays néo-colonisé

ne prendront pas en main leurs destinées, tant

qu’elles ne renverseront pas les bourgeoisies faussement

nationalistes, Haïti Liberté ne cessera de dénoncer

cette bourgeoisie patripoche qui se rapproche du

camp de l’Opposition contre Jovenel comme quoi, elle

combat également Jovenel Moise, le pouvoir qu’elle

avait mis en place.

C’est comme le voleur qu’on court après, et qui

sans gêne, pour créer la confusion, crie également «

au voleur ».

Ce qui apparait particulièrement grave c’est le dessein

sinistre poursuivi par les auteurs d’atrocités, de

violence, de misère contre le peuple. Quelles sont en

réalité les revendications de ces dirigeants regroupés

au sein du Forum Economique ? Leurs revendications,

sont-elles identiques à celles des masses affamées,

asservies, déshumanisées ? Alors, qu’on fasse attention

! Si la lutte pour la révolution est permanente,

celle de la contre-révolution l’est aussi d’autant que

cette classe possède un allié puissant et fort : l’impérialisme

américain.

Non à la capitulation mais à l’émergence d’une

alternative populaire solide et conséquente. C’est la

seule ligne qui puisse sauver le pays des périls et de

la décomposition réformiste en ravivant l’espoir et

l’enthousiasme des travailleurs et de la jeunesse pour

le progrès. C’est en effet, cette même ligne qui peut

faire reculer l’impérialisme dans ses diverses tractations

dans le pays surtout à travers le Core Group.

Mais il ne faut pas se dissimuler puisque cette

ligne sera toujours menacée et cela en permanence

par des tentatives de déviation pour essayer de la

faire rimer avec affairisme, capitalisme et impérialisme

Voilà pourquoi, au sein du journal, nous voulons

être des militants avant-gardistes pour le socialisme

mais pas des capitulards. Il n’est peut être pas sans

intérêt fondamental que le président syrien Bachar

al-Assad ait déclaré dans un discours le dimanche 20

août 2017 à Damas « que le prix à payer lorsqu’on

résiste est bien moindre que le prix à payer quand

on cède ».

Email :

editor@haitiliberte.com

Website :

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DIRECTEUR

Berthony Dupont

RÉDACTION

Berthony Dupont

Frantz Latour (Français)

Wiener Kerns Fleurimond

Kim Ives (Anglais)

Marie Laurette Numa (Kreyòl)

CORRESPONDANTS

EN HAITI

Daniel Tercier

Bissainthe Anneseau

COLLABORATEURS

Marie-Célie Agnant

J. Fatal Piard

Catherine Charlemagne

Pierre L. Florestal

Yves Camille

Jacques Elie Leblanc

Roger Leduc

Claudel C. Loiseau

Henriot Dorcent

Dr. Antoine Fritz Pierre

Jackson Rateau

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Ray Laforest

Edmond Bertin

Robert Garoute

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Luckner Elysée Vil

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019


Le Core Group, le pouvoir et

l’opposition ?

Des manifestants victimes

de répression policière !

Par Marie Laurette Numa

L’ex-sénatrice Edmonde

Supplice Beauzile

Par Isabelle L. Papillon

Une réunion a été organisée

le lundi 30 septembre à Pétion-Ville

entre le pouvoir et l’opposition

sous l’ombrelle du Core

group composé de la Représentante

spéciale du Secrétaire

général des Nations Unies, des

Ambassadeurs d’Allemagne, du

Brésil, du Canada, d’Espagne,

des États-Unis d’Amérique, de

France, de l’Union Européenne

et du Représentant spécial de

l’Organisation des États Américains.

Le pouvoir a été représenté

par un allié sûr et madré en la

personne de l’ex-Premier ministre

Evans Paul. L’opposition

elle-même avec ces représentants

à deux têtes comme Janus

: d’un coté Youri Latortue et Joseph

Lambert pour l’Alternative

Consensuelle pour la Refondation

de la Nation, et de l’autre

l’ex-sénatrice Edmonde Supplice

Beauzile, actuelle présidente de la

Fusion des sociaux-démocrates

et l’ex-sénateur Edgard Leblanc

Fils (OPL) pour le Forum Patriotique

de Papaye.

Cette rencontre n’était autre

qu’une sorte de paravent dilatoire

pour que les puissances impérialistes

puissent manigancer leurs

manœuvres louches pour essayer

par tous les moyens d’aider

leur poulain décrié Jovenel Moise

à remonter la pente pour sauvegarder

leurs intérêts puisque

ce n’est pas le fruit d’un hasard

s’il a été imposé à la Haute Magistrature

de l’Etat Haïtien, malgré

le refus de la population.

Ce dont nous devons nous

rappeler dans cette situation,

c’est que les coups d’état, dont

Des membres du Core Group apportant leur solidarité à Moise Jean-Charles

fait partie la politique criminelle

de « regime change », ont toujours

été l’œuvre des puissances

tutrices particulièrement le chef

de file du Core Group les Etats-

Unis. Le projet de destituer leur

présent valet en Haiti n’est pas

dans leur programme malgré les

fortes pressions populaires qui

montrent ouvertement combien

le peuple a rejeté le président.

La vérité est que, pour les

Etats-Unis, le peuple haïtien ne

peut décider par lui-même à élire

un président de son choix voire

le répudier. Selon leur philosophie

de dépendance des pays

qu’ils appauvrissent, cette tache

leur revient à eux. Tout ce qui est

à leur goût est automatiquement

bon pour nous autres. Tout ce qui

leur fait plaisir doit également

nous faire plaisir. Nous n’avons

pas le droit de dire que certaines

choses ne sont pas conformes,

car c’est à eux de planifier pour

L’ex-sénateur Edgard Leblanc Fils

nous.

Justement, on n’est pas au

temps de Lavalas quand la bourgeoisie

patripoche alliée à une

certaine branche de la classe

Les sénateurs Joseph Lambert et Youri Latortue

De gauche à droite : l’ancien président du PHTK Michel Martelly et son

dernier Premier ministre Evans Paul.

moyenne rejoignit les intérêts

des puissances impérialistes contre

la majorité du peuple. Le coup

d’Etat du 30 septembre 2011

dont l’anniversaire cette semaine

est passé sous silence ou comme

une lettre à la poste n’est pas

partir du vendredi 23 septembre,

la mobilisation pop-

A

ulaire pour le renversement du

régime PHTK a pris sa vitesse

de croisière. Une fois de plus, le

peuple a démontré sa capacité et

sa détermination à mener une

offensive active pour essayer

de changer les conditions dans

lesquelles vivent les masses exploitées

et délaissées.

Ainsi suite aux différentes

manifestations populaires, nombreux

sont les militants qui

sont victimes de la répression

policière. Josemano Victorieux

alias Badou, ce militant politique

a été tué par balles, le samedi 28

septembre dernier, à Delmas 33,

à proximité de Rendez-vous 33

Resto. Selon les déclarations de

Moise Jean-Charles de Pitit Desalin

six militants de son parti

politique ont été assassinés au

cours de la période allant du 23

au 29 septembre 2019. Il indique

qu’un certain Aniel Fortuné a été

assassiné dans la ville de Saint-

Marc, une militante Fritzlande

Joseph a été criblée de balles

dans sa résidence privée à Milot

; et Guito Julien tué dans la commune

de Carrefour.

Dans la même veine, un

sans aucune signification, puisqu’

un bon nombre d’acteurs de

ce coup est justement très actif

dans la lutte contre le régime en

place.

Et c’est là que le bât blesse,

pour des raisons conjoncturelles,

certains protagonistes ne sont

pas dans la même optique politique

que les Etats-Unis, en d’autres

termes le présent projet n’est

pas tout à fait approuvé par l’administration

de Donald Trump

; ce qui n’implique guère une

rupture entre eux mais une simple

différence de position dans

l’équation politique. C’est la raison

pour laquelle, le Core Group

croit fermement que la solution à

cette crise haïtienne reposant sur

une simple divergence doit passer

par le dialogue entre frères et

sœurs ennemis.

Director: Florence Comeau

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Jean Yves Joseph

pêcheur trentenaire de Coterelle,

Andreson François de la commune

de Marigot (Sud-Est), est

décédé ce matin après avoir reçu

une balle tirée par des policiers

qui essayaient d’enlever des barricades

dressées par la population.

Suite à cet assassinat, les

manifestants furieux ont ensuite

failli incendier le commissariat

de Marigot.

Dans une conférence de

presse, le porte-parole adjoint

de la PNH, Gary Desrosiers a fait

mention de 4 personnes qui ont

été tuées au cours des manifs,

parmi elles, un agent de sécurité.

Par ailleurs, dans la matinée

du mercredi 25 septembre,

un jeune étudiant mémorant

en philosophie et sciences politiques,

Jean Yves Joseph, a été

atteint d’une balle au cœur dans

la localité de Merger à Gressier

alors qu’il se trouvait à bord d’un

autobus assurant la trajectoire

Port-au Prince/ Léogâne.

C’est la force dominante

qui peut influencer et le pouvoir

et l’opposition puisque tous les

deux s’allaitent à la même mamelle

de corruption et du mercenariat

du système capitaliste. Il

peut arriver que le Core Group

décide de lâcher Jovenel si le

rapport de force l’oblige, mais ce

ne serait qu’une victoire encore

apparente et trompeuse allant

dans leur intérêt, mais pas au

bénéfice du peuple haïtien puisque

la politique qui sera appliquée

sera sans doute celle de la

continuité du PHTK sans PHTK,

de même que les dirigeants du

pays continuent à perpétuer le

duvaliérisme sans Duvalier.

Le Core Group, le pouvoir

et l’opposition ? Serviteurs

du même dieu impérialiste.

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Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

3


A Travers Haiti

Youri Latortue et Reginald

Boulos dénoncés

Commission de Facilitation de Passation de Pouvoir

Me Jacques Lafontant remplace

Me Paul Eronce Villard

Me Jacques Lafontant

Suite à la démission avec fracas

et sans avertissement de

Me Paul Héronce Villard comme

commissaire de gouvernement

de l’administration corrompue et

décriée de Jovenel Moise, Vilard

a été dans un premier temps

remplacé par Me Inel Torchon ;

Reginald Boulos

Youri Latortue

Dans une émission radiophonique

à Saint Marc, spécialement

sur les antennes de Radio

Tête à tête, l’ancien sénateur et

dirigeant de l’organisation Pitit

Desalin, Moise Jean-Charles

qualifie d’imposteurs Youri Latortue

et Reginald Boulos. Selon

lui ces deux hommes dans les

rangs de l’opposition exigeant

le départ de Jovenel Moise sont

deux mercenaires politiques authentiques.

Me Paul Eronce Villard

ce dernier n’a même pas eu le

temps d’être investi dans ses

fonctions, il a été démis pour

être remplacé par le Substitut

Commissaire du Gouvernement,

Me Jacques Lafontant à l’intérim

près du tribunal de première instance

de Port-au-Prince.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen, le ministère public entendu, maintient le défaut

fondée ladite action ; admet en conséquence le divorce du sieur Frantz

Jean avec son épouse née Mélitane Charité pour injures graves et

publiques aux torts de l'épouse. Prononce la dissolution des liens

civil de Delmas de transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif du

présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens

s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers s'il

-

tion de ce jugement ; compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Chanlatte Mathieu, juge en audience

civile ordinaire et publique, séance tenante, du jeudi quinze Mars deux

mille dix huit, en présence de Me. Néhémie Jean Baptiste, substitut du

commissaire du gouvernement de ce ressort et avec l'assistance du sieur

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement

Gervais Charles Himmler Rebu Antoine Augustin Garry Victor

L

’Alternative Consensuelle

pour la Refondation de

l’Etat vient de publier une

liste de noms baptisée de

Commission de Facilitation

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, après en avoir délibéré au vœu de la loi et après avoir entendu le

Ministère Public dans ses conclusions écrites en la forme et au fond, favorable à

l’action du requérant, accueille l’action intentée en divorce par le sieur Wilniche

FONTAL contre son épouse Marie Danielle BLAISE en la forme et maintient le défaut

déjà octroyé contre la défenderesse à l’audience du jeudi 15 mars 2018 à 11heures

50 minutes du matin ce, pour n’avoir pas été rabattu aux termes de l’article 287 du

code de procédure civil Luc D’HECTOR. Admet le divorce des époux sus-parlés pour

incompatibilité de caractères envers son mari au vœu de l’article 217 du code civil

haïtien. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre lesdits

Sud/Miragoane, Me. Clément Benoit, de transcrire dans les registres à ce destinés le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l’un des quotidiens

s’éditant à la capitale sous peine de dommage et intérêts envers les tiers et de

rédiger l’acte de divorce des époux précités .Commet l’huissier Codet GESTE pour la

en raison de la qualité des parties . Donné de nous, Me Nerva VILMONT, juge-Doyen

près le tribunal de première instance de Miragoane en audiences publiques et

civiles de divorce en date du jeudi 15 mars 2018 à 12 heures 01minute de l’après-midi

; An 215ème de l’indépendance, en présence de Me. Kinsly Benjamin, Magt,

Commissaire du gouvernement près le parquet de première instance de Miragoane

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre ce présent jugement à

lorsqu’ils seront légalement requis.En foi de quoi la minute du présent jugement est

Pour expédition conforme à la minute collationnée.

de Passation de Pouvoir qui

aura pour mission de planifier

le départ ordonné de Jovenel

Moise.

Les convoqués pour

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen, et sur les conclusions conformes du ministère

public, maintient le défaut octroyé contre la partie défenderesse à

fondée ladite action ; admet en conséquence le divorce du sieur Jimmy

Citerne d'avec son épouse née Lovely Boisrond pour injures graves et

publiques ; prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre

de transcrire sur les registres à ce destiné le dispositif du présent jugement

dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s’éditant à la capitale

sous peine de dommages intérêt envers les tiers s'il y echet ; commet

jugement ; compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous. Me Marideline Paul, juge en audience

civile, ordinaire et public du sept (07) mars (2018) en présence de Me.

Kinsly Benjamin substitut commissaire du gouvernement de ce ressort

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement

assurer la passation du pouvoir

sont Gervais Charles,

Himmler Rebu, Hugues

Célestin, Jean André Victor,

Antoine Augustin, Michel

Legros et Garry Victor. Le

président Jovenel Moise va-til

aussi publier sa liste de Facilitation

pour la Passation de

Pouvoir ?

PAR CES MOTIFS

Après examen et sur les conclusions du Ministère Public, le Tribunal au vœu

de la loi maintient le défaut requis et octroyé à l’audience contre le défend-

-

deresse la dame Joseph Edrix PRECIE, née Islande LOUISSAINT, vu que la

demande est juste et fondée, admet le divorce des époux Joseph Edrix

PRECIE, l’épouse née Islande LOUISSAINT aux torts exclusifs de l’époux;

Prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre eux ;

le dispositif du jugement: dit qu’un extrait sera publié dans les colonnes d’un

quotidien s’éditant à la capitale sous peine de dommage-intérêts envers les

tiers s’il y déchet ; Commet l’huissier Jean Frisner Monice, huissier de notre

la qualité des parties.

Rendu par nous, Me Fritzner Duclair, Doyen du Tribunal de Première Instance

de Petit-Goave en audience publique et civile de divorce de ce jour quinze

mars deux mille dix-neuf en présence de Me Franck BENECHE, substitut

siège.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre à exécution le présent

prêter main forte lorsqu’ils en seront requis.

En foi de quoi, la minute du présent jugement est signée du Doyen et du

Ainsi signé à la minute: Fritzner Duclair et Christophe BONBON.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, après avoir délibéré conformément á la loi, maintient le

défaut requis et octroyé à l'audience susdite, accueille favorablement

l'action de la requérante pour être juste et fondée, dit et

déclare que les cités sont insolvables, résilie le contrat liant les

parties, ordonne son déguerpissement des lieux, accorde l'exécution

provisoire sans caution, condamne les cités aux frais et dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Jean Bello Donissaint, juge à

l'audience publique, du mercredi 15 mai 2019, assisté de notre

Il est ordonné à tous huissiers, sur ce requis, de mettre le présent

de la force publique, d'y prêter main forte lorsqu' ils en seront

légalement requis.

En foi de quoi, la minute du présent jugement a été signé du juge

d'y prêter main forte lors qu'ils en seront légalement requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement est signée du juge et du

Ainsi signé : Chanlatte Mathieu Mathieu et Mosart Tassy

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen et sur les conclusions du Ministère Public entendu

maintient le défaut octroyé contre le défendeur à l’audience précitée

et fondée, admet en conséquence le divorce de la dame Mona JN Baptiste

d’avec son époux Eliancy DOMINIQUE pour injures graves et publiques,

prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre lesdits

registres à ce destinés, le dispositif du présent jugement rendu par le

Tribunal dont un extrait sera inséré dans l’un des quotidiens s’éditant à la

Capitale sous peines de dommage et intérêts envers les tiers s’il y echet,

ce présent jugement, compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par Nous, Phecond DAMICY, juge en audience civile

et publique en date du douze Mai deux mille dix-sept, en présence de

Soidieu TOUSSAINT, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement

d’y prêter la main forte lorsqu’ils seront légalement requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement est signée du Juge et du

Ainsi signé : Phecond DAMICY et HUGUENS D’HAITI.

prêter main forte lors qu'ils en seront légalement requis

En foi de quoi la minute du présent jugement est signé du juge et du

Pour expédition conforme à la minute collationnée

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen, le Ministère Public entendu, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse a l’audience précipitée ; pour le

du sieur Elieve CHARLES d’avec son épouse née Lucianie JOSEPH pour

injures graves et publiques aux torts de l’épouse; prononce la dissolution

des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux ; ordonne à

dans les registres a ce destinés, le dispositif du présent jugement dont

un extrait sera inséré dans l’un des quotidiens s’éditant a la capitale

sous peines de dommages et intérêts envers les tiers s’il y echet,com-

-

tion de ce jugement.

Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy Augustin, Juge en audience

civile, ordinaire et publique du mercredi trois juillet deux mille

dix-neuf, en présence de Me. Paul Wesley, substitut commissaire du

Gouvernement de ce ressort avec l’assistance du sieur Junior Sauvens

Il est ordonné, etc…

En foi de quoi,etc…

Me Sergot ORESTE, Av

Pour expédition conforme collationnée.

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen et sur les conclusions du Ministère

Public entendu, maintient le défaut octroyé contre la défenderaction;

admet en conséquence le divorce du sieur Jeannoute

JEROME d’avec son épouse née Antonia CELOI pour injures

graves et publiques aux torts de l’épouse. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux; ordonde

transcrire dans les registres à ce destinés, le dispositif du

présent jugement dont un extrait sera inséré dans l’un des

quotidiens s’éditant à la capitale sous peines de dommages et

intérêts envers les tiers s’il y déchet ; compense les dépens ;

-

cation de ce jugement.

Rendu de Nous, Gerty Leon ALEXIS, juge en audience civile,

ordinaire et publique du vingt-trois Mars deux mille dix-huit, en

présence de Me. Amenaïde Pascale RAYMOND, Substitut-Commissaire

du Gouvernement de ce ressort avec l’assistance du

Me.Natacha JOCELYN,Av.

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 13 Du au Octobre 2019

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019


Jovenel, Thécel, Haitianes

Twa Fèy, Twa Rasin O!

Par Fanfan la Tulipe

« Il n’y a point de paix pour les

méchants »

Isaïe 48:22

Je ne suis certes jamais allé,

physiquement, en Iraq, mais, sur

les bancs de l’école, j’y ai fait de

nombreuses visites. Dans les temps

anciens, l’Iraq d’aujourd’hui s’appelait

la Mésopotamie dont une

ville, Babylone, est restée célèbre

dans l’histoire biblique. En effet,

au chapitre 5 du livre de Daniel,

le prophète rapporte l’épisode effrayant,

j’allais dire effrayique, de

cette main menaçante qui s’adressa

au roi Balthazar à qui, dans ce

contexte twafeuillant, je donnerai

le ti non gâté de ‘Baltha’.

C’était au temps de la fin de

la captivité des Hébreux à Babylone.

Le roi Balthazar, dernier roi

de Babylone, fils de Nabuchodonosor,

était infatué de sa puissance et

de l’invincibilité des solides fortifications

de la ville. Or, il advint que

dans ce contexte babylo-nabuchodonosorant,

Babylone fut assiégé

par une armée de Mèdes et de Perses

en démon, sous le commandement

endiablé de Cyrus le Grand,

fondateur de l’Empire perse.

‘Baltha’ décida de prouver

tant aux Juifs qu’aux Perses qu’il

était toujours le maître incontesté

de Babylone et que la puissance

de sa ville ne céderait pas au

siège quelle que pût être l’endiablance

de Cyrus. Il convoqua alors

un banquet de 1000 couverts.

L’événement royal, du reste, correspondait

au 70 ème anniversaire de

la ruine d’Israël. Une affaire babylo-balthate.

Le récit biblique rapporte que

pris par l’ivresse, durant le banquet,

‘Baltha’ ordonna d’apporter

dans la salle du festin les vases

d’or et d’argent que son père Nabuchodonosor

avait ramenés du

Temple de Jérusalem détruit dans la

foulée. Même, il ne craignit pas de

boire dans ces vases sacrés lui et

les grands de sa cour, ses épouses

et ses concubines. Un crime abominable

assurément aux yeux des

Juifs. Le sacrilège fut si outré et si

scandaleux, que le Ciel – selon le

texte biblique – voulut châtier le

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« Le festin de Balthazar » : peinture à l’huile de l’artiste néerlandais

Rembrandt (1635, National Gallery, Londres)

profanateur, le tafiateur, le caravacheur

Baltha.

Tandis que la liesse, l’ivresse,

l’allégresse, la soûlerie, l’ivrognerie,

la beuverie se donnaient

libre cours dans une atmosphère

probablement cochonne, dépravée,

digne de Martelly – on peut se

l’imaginer – les convives, soudain,

virent ‘Baltha’ blêmir, pâlir, ramollir

et perdre contenance. Ses yeux

exorbités, épouvantés regardaient

fixement devant lui. En face de lui,

une main venait d’apparaître sur

le mur. Elle n’était soutenue par

aucun corps – selon le texte biblique,

il ne faut pas oublier – et elle

traçait de mystérieux, abracadabrants,

terrifiants caractères sous le

candélabre.

Toute l’assistance pouvait lire

ces majigridi, ces cabalistiqueries,

ces sybillineries, ces amphigouriqueries.

N’arrivant pas à

déchiffrer ces signes mystérieux,

lui et ses mages, ‘Baltha’ fit venir le

prophète hébreu Daniel qui vivait à

sa cour. Sans doute, Daniel se mit

alors à tournoyer, pirouetter sur

lui-même, s’agitant, se tortillant,

invoquant les autorités célestes qui

finirent par lui souffler la signification

de la magigridance. Il s’agissait

de trois mots : MANE, THE-

CEL, PHARES, en fait un sérieux

avertissement qui désenivra

‘Baltha’ sur le coup.

Devenu lucide, dégrisé, dessoûlé,

désinhibé, ‘Baltha’ apprit de

la bouche de Daniel que ‘ses jours

étaient comptés’, qu’il avait été

‘trouvé trop léger’ dans la balance,

et que finalement ‘son royaume serait

partagé’. Dans la même nuit,

en effet, la ville fut prise. Balthazar

fut mis à mort, et la Babylonie

fut partagée entre les Perses et les

Mèdes. Sic transit gloria Balthazari.

Avant d’en venir au nannan

même de l’article, je voudrais

rappeler une anecdote commune

à deux grands écrivains gagnants

du prix Nobel, respectivement en

1999 et 1982 : l’allemand Günter

Grass et le colombien Gabriel

García Márquez. Séparément, il

leur avait été demandé quels livres

ils prendraient avec eux s’ils devaient

jamais être seuls sur une île

déserte et pourquoi. Ils en avaient

choisi trois dont l’un était la Bible.

Pourquoi ? Parce qu’on y raconte

« tellement d’histoires »…C’est vrai

que le saint Livre en rapporte de

bonnes…

J’en viens finalement au

texte de cette semaine. Balthazar,

‘Baltha’, et Jovenel Moïse, ‘Jomo’,

ont, à mon avis, quelques similarités.

L’un était un roi gouvernant

un royaume, une ville qu’il avait

cru inexpugnable à cause de puissants

et solides remparts. L’autre

est un président gouvernant une

république dont il se croit seul

maître et seigneur. Comble de stupide

présomption, il se comporte

en indéchoucable, fort de l’appui

sans réserve que lui apportent la

majorité de l’oligarchie haïtienne

et les membres de la communauté

internationale.

Les références à Balthazar

lues dans le Talmud et le Midrash,

l’un des quatre modes

d’interprétation rabbinique de la

Bible hébraïque, insistent sur son

oppression des sujets juifs. Les

trois derniers rois de Babylone,

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Nabuchodonosor, Évil Merodac et

Balthazar sont souvent présentés

ensemble comme formant une

succession de monarques impies

et tyranniques, oppresseurs d’Israël.

L’oppression sans répit du

peuple haïtien par ‘Jomo’ est non

seulement évidente, mais elle reprend

des pratiques duvaliéristes

remises à l’honneur par Martelly,

prédécesseur et père politique de

‘Jomo’.

La débauche était pratique

commune et courante à la cour de

‘Baltha’, une atmosphère qui explique

le fastueux festin lubrique de

mille couverts offerts pour prouver

tant aux Juifs qu’aux Perses qu’il

était toujours le maître incontesté

de Babylone. Festin au parfum de

corruption, la marque de fabrique

du régime de ‘Jomo’. Nous ne nous

attarderons pas sur les dérives et

pratiques corruptrices de ‘Jomo’ et

de son entourage. Ils en font tant

et tant qu’ils ont incité le peuple,

outré, à de multiples manifestations

durant lesquelles les protestataires

n’ont cessé de réclamer

le jugement des Petrovoleurs, une

gouvernance honnête, une amélioration

des conditions de vie des

citoyens et la démission du poisson

‘Jomo’ dont la tête, pourrie, ne

gouverne plus.

Comme ‘Baltha’ inconscient

de la tyrannie de son pouvoir exercée

contre le peuple juif, ‘Jomo’

fait semblant de ne pas comprendre

tout le mal qu’il a fait à la population

durant ces deux dernières

années, presque trois ans, et qu’il

continue de faire en refusant de

prêter l’oreille aux souffrances de

la population, en refusant de jouer

le jeu démocratique, et surtout en

laissant libre champ à une pratique

ouverte de corruption débridée

et de violence entretenue par des

gangs armés.

‘Baltha’ avait osé ‘profaner’

les vases sacrés que son père Nabuchodonosor

avait volés au Temple

de Jérusalem qu’il avait détruit. Il

s’était, sans scrupule aucun, moqué

des Juifs. Il avait violenté, insulté

la conscience religieuse juive

en ‘profanant’ leurs vases sacrés.

De même, ‘Jomo’ n’a pas arrêté

de fouler aux pieds des promesses

faites au peuple haïtien qui les considérait

comme sacrées, dans un

certain sens : promesses aussi bien

électorales que celles faites durant

l’exercice de son mandat.

Enfin, ‘Baltha’ a vu ce

que j’appellerais une « colère

supérieure » se déclencher contre

lui. Mystérieuse, une « force

supérieure » est venue lui signifier

qu’il en avait trop fait, qu’il ne pesait

rien dans la balance du pouvoir

qu’il avait reçu, que ses jours

étaient comptés et que son royaume

allait être divisé et donné aux

Mèdes et aux Perses. « Comme dit

fut ».

Comme le peuple haïtien

ne vit pas forcément d’histoires

invraisemblables et de « colère

supérieure », il s’est manifesté concrètement

au pouvoir jovenellien.

Il n’a pas laissé une main obscure

tracer dans un ciel noir de souffrances

des signes cabalistiques,

indéchiffrables. Il n’a pas eu besoin

de prophète, encore moins

d’une opposition médiocre, mal

organisée, frileuse, creuse, blablateuse,

peureuse, éreintée, essoufflée,

dégonflée pour dire à ‘Jomo’

qu’il est en fin de course, et qu’on

a faim de le voir démissionner.

Les 6,7 et 8 juillet 2018, le

peuple souffrant a gagné les rues

et a causé un tremblement de terre

politique et social qui a fait peur

aux gros paletots d’ici et d’ailleurs.

Le vendredi 20 septembre

dernier, il a récidivé et ‘Jomo’ tremblant

dans ses culottes se cache.

Personne ne sait où le malandrin

se terre, pa menm madanm ni.

Depuis, en lettres de feu dans le

ciel des revendications populaires,

‘Jomo’ ne peut s’empêcher de lire

(sans l’aide d’un interprète) : JO-

VENEL, THECEL, HAITIANES. Jovenel

papa, Ayisyen nan fif ou.

‘Jomo’ a bien compris le message

: il a été pesé par le peuple qui

l’a trouvé trop léger, trop corrompu,

et qui mettra toute la pression

nécessaire pour que ce gwo joko

de ‘Jomo’ donne la terre blanche

et que la présidence aille à une

équipe d’Haïtiens compétents,

moralement propres, bien articulés,

nationalistes, progressistes

qui soient issus d’élections enfin

démocratiques, comme on en a vu

seulement le 16 décembre 1990.

29 septembre 2019

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Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Kwonik Kreyòl

Lèt tou louvri pou Jovenel Moïse

Vouzan

Lèt sa-a envite w koute vwa yon gwoup

patriyòt Ayisyen k’ap pale avèk ou.

Mesaj nou an konsène kriz peyi a ap

travèse dènye jou sa yo. Nou vin atire

atansyon w, Ekselans, sou yon reyalite.

Men, nou pa rete la sèlman, nan

fen lèt la, nou pataje espwa nou genyen

pou nasyon Ayisyen an ansanm ak ki

aksyon nou pral poze ansanm. N’ap

kòmanse avèk yon ti rapèl sou orijin

kriz la.

Koz kriz la

Prezidan, n’ap raple w ke nou pa pretann

vin ba w leson; nou pa vin ba

ou sèl responsab kriz n’ap viv la. Rasin

kriz sa-a fon, men an menm tan li

se rezilta anpil zak ki poze sou manda

ou a, nou ka dakò sou sa. Ekzanp

pwoblèm ki te la depi nesans nasyon

an se :

Inegalite sosyal: jis sonje Papa

Dessalines te mande voye je gade sila

yo ki te de men vid yo;

Koripsyon. Bwat leta te toujou

gen koripsyon: sonje pwosè konsolidasyon

an;

Enfliyans. Lit pou pouvwa ak jwèt

enfliyans kote moun lajan ap telegide

pouvwa pa nouvo: raple w prezidan

Soulouque ki te voye pye paske l pa t

vle sèvi maryonèt; Enjerans. Nou paka

nye enjerans lòt gran peyi: n’ap jis sonje

presyon prezidan Boyer te pran pou

peye pou Endepandans nou, pretèks

okipasyon 1915 la, pase an 2004 epi

dènyeman nan pwojè rekonstriksyon

an. Nou pa ta ka fin site men nou kanpe

la. An nou wè kote nou peche jodiya

tou.

Ekselans, n’ap ba ou verite a jan l

ye paske ou konnen bay manti pa fè onè

okenn sitwayen. Nou pa kontan paske

w bliye si nou renmen bannann pou

peze gaz. Nan fanmi nou, yo aprann

nou toupiti pou nou gen lwayote ; paske

jan w konnen l kòm paran, abandone

pwòch ou, vire do bay kote w soti, vire

do bay moun ki te voye w moute kote

w rive, se yon zak trayizon. Men se sa

ou fè, Ekselans. Moun Nòdès, kote w

fèt, Nòdwès, kote w marye, mas pèp la

di se « nèg anwo » ou ye, ke fanmi ak

zanmi w se boujwa. Yomenm di ou se

milat, bon sa-a se yon fason pale, Ekselans.

Gen yon lèt k’ap sikile kote w di

ou pèdi konfyans popilasyon an, lèt la

ka fo men li pa fè manti, Ekselans. Flatè

w yo di w ou se yon prezidan lejitim,

ki gen tout bagay sou kontwòl: Ayisyen

tande w, ou pa nan kache, tout teritwa

peyi a sou zòd ou. Moun fè difamasyon

sou lòt, men kòm ou la pou ranfòse enstitisyon

peyi a, donk nou kwè ke w’ap

kore lajistis ki site non w nan rapò pou

koripsyon. Metye agrikiltè, se jaden

bannann lan ki mete w prezidan ; antreprenè

menm se bagy swa, donk pa gen

okenn rezon pou w ta di ou se enjenyè !

Konstitisyon an pa mande pou w konn

bati kay epi konstwi wout pou w kapab

prezidan.

Konsta ak bilan

Jodia, Ayiti deja ap viv kondisyon sa yo

; sa se pa manti yo ye:

Enflasyon ak lavichè. Soti jou ou

pran pouvwa a nan dat fevriye 2017

pou rive nan mwa jiyè 2019, Enflasyon

ak lavichè a moute disèt wotè ; li soti

nan 13.9% pou rive nan 19.1% (daprè

yon nòt BRH epi yon rapò IHSI ki soti

an jiyè 2019). Nou wè tou se pwodui ki

enpòte yo, ke vant nou depann a 80%

de yo, epi sitou pwodui premye nesesite

ke klas mwayèn lan ak sila ki pi pòv

yo konsome yo ki vin pi chè. Pwodui

enpòte pase a 20.2%, mayi moulen

moute 28%, pen ke malere manje anpil

rive 26%, ze 30.6%, kokoye se 25.2%,

moso yanm ogmante 31.6%, diri18.4%,

vyann 23.4% epi patat 28.1%. Yon ti

manje nan restoran vin 24.6% pi chè.

Yon etidyan vin bezwen 38.4% anplis

pou l achte yon òdinatè, gaz pwopàn

ke klas mwayèn lan itilize vin 33.4% pi

chè alòske menm chabon malerèz yo,

nou konnen klas mwayèn kreve pwa

sou chabon tou, bezwen 24% anplis

pou kwit yon ti manje, toujou daprè

rapò IHSI 2019 la.

Depresyasyon. Ekselans, gen

yon emoraji ki pran lajan goud nou an.

Pou depi w pran pouvwa-a, lan dat 7

fevriye 2017 pou rive 23 sektanm 2019

la, lajan-an soti nan 67 goud 92 santim

pou rive nan 93 goud 32 santim. Sa vle

di li pèdi 37.4% lan valè li, daprè chif

BRH bay. Goud la pa vo zòrèy bourik

ankò apèn si li ka ba nou yon zòrèy

kabrit pèpè amelyore.

Endis Devlopman Imen (IDH).

Prezidan, Ayiti klase pami peyi kote

moun ap viv pi mal. An 2017 nou te

nan 168èm pozisyon sou 189 peyi.

Nan ane pase yo, peyi a te toujou konnen

yon ti amelyorasyon nan sans sa

a. Men lè rapò sa va resi soti pou ane

2019 la, sila ki ka priye, priye pou nou

pa pote bak la. Peyi a pa fè yon pa kita,

yon pa nago ; okontrè se nan tè n’ap

antre. Nou atann ke n’ap desann pi ba

nan ane k’ap vini yo si sa kontinye

konsa. Nou pa viv lontan, nou pa gen

aksè ak swen sante, edikasyon pèp la

pa fèt, yo pa gen lajan.

Povrete. Mizè pèp la ogmante

chak jou pi plis. Sa k te pòv vin pi

pòv, klas mwayèn vin fè yon sèl ak

sa k te deja pòv. Depi 2012, peyi a te

gen prèske 60 % moun ki t’ap viv nan

povrete epi prèske yon ka nan popilasyon

an te deja ap viv nan yon kondisyon

mizèrere, daprè Bank Mondyal.

Jounen jodiya, konbyen moun ou lage

nan povrete, Ekselans ? Depi 2016, yo

te estime chomaj la pi wo pase 70%.

Nou pa gen yon chif ekzat pou chomaj

la an 2019 la, men nou ka di avèk asirans

ke li pa kanmarad sa li te ye nan

ane anvan ou moute pouvwa-a, Ekselans.

Nou jwenn ke mwens moun travay

soti 2017, pase nan 2018 pou rive

nan kòmansman 2019 ; sitou nan administrasyon

piblik la ak ONG yo, daprè

yon rapò IHSI soti an 2019 la.

Antre Lekòl. Timoun poko janm

ka ale lekòl alòske gouvènman w lan

anonse ouvèti lekòl depi plis pase 3

semèn. Non sèlman paran t’ap plenyen

yo paka prepare antre lekòl pitit yo,

koulye a la-a, lekòl fèmen, tout timoun

rete chita lakay.

Swen sante : Malad paka jwenn

laswenyay depi kriz la akoz wout bloke,

pa gen gaz, pa gen doktè, pa gen mwayen.

Fanm ansent, sila ki entène, moun

ki la pou operasyon nan plis pwoblèm.

Pandan kriz la, anplwaye lopital jeremi

kriye sekou, voye SOS sou radyo pou

vin pote yo sekou pou swen yo paka

bay. Yon sitwayen Kabarè kriye pou sè

li ki gen tranche men ki pa kapab pase

pou al wè jinekològ li nan Pòtoprens

oubyen Senmak (https://youtu.be/frlnGMRbP0s

).

N’ap tou sinyale w pri lopital ogmante

21% an plis depi ou moute kòm

prezidan (IHSI, 2019). Transpò. Ekselans,

transpò a paralize sou tout teritwa

peyi a akoz manifestasyon, barikad, gaz

la chè a. Se kèk motosiklèt ki fonksyone

Jovenel Moïse

men se « tèt nèg ». Sitiyasyon sa gen

anpil konsekans sou grangou moun yo,

paske yo paka ravitaye yo. Gen kote

yon ka gaz te rive 500 goud.

Mache piblik. Peyi a « lòk », se

manje sa w fè. Mache piblik ak biznis

se swa yo fèmen osnon yo ouvè yon lè

konsa. Mache yo pa gen manje epi tou

ak ki lajan yo t’ap achte bagay « tèt nèg

» sa yo ?

Transfè lajan. Menm lè peyi a

potko « lòk », se dyaspora ki te konn

kenbe nou ak ti transfè. Avèk anwo

pa moute, anba pa desann lan, sous

la koupe sa k lakoz se souf nou k’ap

koupe. Zòn Pòtoprens ak tout zòn gran

Sid la ki se kote enflasyon ak lavi chè a

te deja pi grav (IHSI, 2019), biwo transfè

pa sanse ouvè ditou.

Kòlè popilè. Kolè pèp la ap ogmante

chak jou nan lari a. Manifestasyon

ki te pase 6, 7 jiyè yo se te premye

gwo sinyal pèp la te voye ba ou pou w

te swa demisyone oubyen chanje direksyon

prese prese. Men tan pase, ou

jwe ak revandikasyon pèp la, fè dilatwa.

Ou tounen yon chanpyon nan chanje

premye minis kòmkwa ou ka toufe lit

pèp la, fè tan pase, kontinye fè pwomès

pou w ka fè 5 an manda w la. Ou

tèlman pa bay revandikasyon pèp la

enpòtans, se te lontan kraze brize te fè

nou pè, ou pèsiste pou bay peyi a yon

premye minis ke yo dekriye, ke non l

site nan tout kalte zak koripsyon. Dosye

100 000 dola, dosye kabrit Tekzas, dosye

lajan leta ki depatcha nan 4 fim yon

sèl moun. N’ap mande èske se paske se

pa pèp la ki te ba w manda pou 5 an ?

Paske si yo bay, yo ta sipoze ka retire l

nan men w. Nou pa bezwen raple ke se

500 000 moun ki te vote w, jodiya plis

pase yon milyon moun nan lari, Ayisyen

toupatou ap mande w yon sèl bagay

: demisyone. Anplis, kisa w’ap dirije ?

Ou lan kache, peyi bloke, okenn enstitisyon

p’ap mache, peyi a ap antre nan

tè, epi ou vle rete sou pouvwa a. Kisa

w’ap jere, Ekselans ?

Eskandal. Tout bagay sa yo rive

sou manda w la : apse sou klou nan dosye

lajan PetwoKaribe, ou di w enjenyè,

dosye Dèmalòg, kidnaping, dosye

mèsenè, dosye kit eskolè, dosye masak

Lasalin, eskandal PM Michel ke nou site

deja, masak Anbasad Pewou, gagòt

karavàn chanjman kote pwodiksyon

an bese nan Latibonit, daprè yon etid

FEWS NET mete deyò nan septanm

2019 la.

Moman pou dyalòg la pase, pa

gen konfyans ankò; tout aktè di y’ap

aksepte dyaloge avèk ou ak yon sèl

kondisyon, si ou dakò demisyone. Pouvwa

leta yo pèdi tout krediblite nan je

pèp la; enstitisyon leta yo febli. Peyi

a sou lagraba. Prezidan peyi a ap viv

nan kache; ou prèske pa kominike epi

lè w pale se nan lè endiy, lè « adyab »

pandan 15 minit. Popilasyon an pase

ou nan jwèt, yo di se yon diskou zonbi

! Ou pa t ka rive mete yon premye

Vouzan pou ou Kò Gwoup

Vouzan pou n douppendoup

Vouzan pou n voukap vakoup

Vouzan pou ou makòn poup

Vouzan pou ou zougoudoup

Vouzan pou ou zenglendoup

Vouzan pou ou bann Kò Gang

Vouzan pou ou manjèd mang

Pèp kanpe sou ou dan bang

Vouzan pou ou krèy filalang

Vouzan pou ou patwon krikèt

Vouzan pou ou cheni mannigèt

minis malgre ou gen ‘majorite’ nan palman-an.

Popilasyon an chanje non ou,

yo rele w Prezidan mantè a ; nèg bannan

nan pa alamòd ankò paske eslogan

sa pa nan vokabilè w ankò. Yo konn

eseye rele w nèg kouran an tou pafwa,

Ekselans. Koute vwa pèp ou, Prezidan,

k’ap di w bay peyi a yon chans. Se tout

kouch sosyal, sof manipilatè ak flatè ki

dèyè do w yo, k’ap mande w yon sèl

bagay : desann pouvwa a. Menm si w

panse ou se Sen Sovè, depi pèp la pa vle

w dirije l ankò, se aksepte kite sa.

Malè pendye

Prezidan, si w pa koute vwa pèp Ayisyen

an, gade gravite sitiyasyon epi

tande larezon, w’ap lakòz peyi a tonbe

nan sitiyasyon sa yo:

Okipasyon. Si ou fè tankou ou

pa tande, Prezidan, n’ap mache tou

dwat sou wout yon okipasyon. Pa rèspè

pou souvrènte peyi a, ke w sèmante pou

pwoteje, pou zansèt nou yo, pou dinyite

Ayisyen, nou dwe toujou batay kont sa.

Kriz imanitè: Si kriz sa dire, peyi

a ap toufe, grangou « kloròks », maladi,

rate dlo, vyolans riske ravaje popilasyon

an.

Moun k’ap sove kite peyi a. Kantite

moun k’ap kite peyi a ap ogmante

chak jou pi plis. Sa riske kreye latwoublay

epi tansyon ak lòt peyi nan rejyon

an. Moun deja ap peri nan pran lanmè,

Ayisyen deja an difikilte nan kèk peyi

nan zòn nan.

Lagè sivil. Se pa yon bagay pèsonn

swete rive ke Ayisyen ap goumen

ak Ayisyen; men gen de bagay se lwa

natirèl yo ye, depi kondisyon yo reyini

yo ka toujou rive. Prezidan, genyen

kanmenm yon risk pou yon atak sible

fèt paske mizè kreye fristrasyon epi

fristrasyon kreye vyolans. Jodiya pèp la

idantifye yon sistèm ki pa pèmèt li viv

ak dinyite. Genyen twòp koripsyon nan

sistèm sa-a ki pa teni kont de moun ki

pi pòv yo. Twòp povrete ; klas mwayèn

lan sanse vin fè yon sèl ak sila yo ki te

deja pòv yo. Nou krenn pou menm ou

menm ki nan tèt sistèm sa-a pa viktim

si w pèmèt kriz la kontinye.

Aksyon ak pwopozisyon

Sa se pwopozisyon nou fè w pou soti

nan kriz la epi bay Ayiti yon lòt direksyon

● Demisyon. Jwenn avèk

opozisyon politik la ak tout lòt aktè nan

sosyete sivil la pou pèmèt ou kite pouvwa-a

san kraze brize. Pèmèt pitit peyi

a rive mete an plas yon :

Tranzisyon. Nou pwopoze ke

tranzisyon sa va gen pou misyon :

konvoke epi rekonsilye nasyon an pou

rive siyen yon pak gounènablite istorik.

Nou panse rejim eleksyon-tranzisyoneleksyon

nou gen la, se anwon n’ap

tounen avèk li. Peyi a viv pou eleksyon

sèlman, mete moun sou pouvwa pou al

fè koripsyon, jwi epi batay pou pouvwa.

Pak gouvènablite. Se yon

dokiman n’ap gen pou siyen epi respekte

l pandan lontan, omwen 50 lane, ki

ap gen pou soti andedan yon « konferans

nasyonal » k’ap fèt avèk tout kouch

sosyal, tout Ayisyen alawonnbadè, andedan

kou deyò peyi a. N’ap tabli kisa

ki dwe priyorite pou peyi a. Nou dwe

gen yon sistèm ki mete aksan sou konbat

koripsyon epi bay jistis sosyal. Fòk

nou mete nou dakò pou chanje kondisyon

lavi sila yo ki se viktim sistèm

eksplwatasyon ke nou genyen depi fondasyon

nasyon an. Peyi a dwe bon pou

Vouzan pou ou vètè dyòl bòkyèt

Vouzan pou ou rat kolangyèt !

Vouzan pou ou makrèl salopri

Vouzan pou ou ekstrè pouriti

Vouzan pou ou kolonn simagri

Vouzan pou ou gang madjigridi

Vouzan pou ou tout krèy figi di

Vouzan pou ou twou lespri santi

Yon bèl grenn ouzan byen santi di

Vouzan pou ou bon patwon bandi

J. Fatal Pya

tout Ayisyen. Nou p’ap bliye se paske

nou paka mete tèt ansanm, se batay

pou pouvwa, se paske nou mete enterè

pèsonèl anvan peyi a, se paske nou

kowonpi, se paske pwoblèm pèp la pa

regade nou ki fè nou nan eta nou ye a.

Amandman konstitisyon. N’ap

ofri peyi a yon konstitisyon ki reponn

ak tan n’ap viv la epi ki pral anpeche

gen kriz, k’ap voye jete zafè Ayisyen

anndan, Ayisyen deyò, moun anwo

moun anba, demokrat ak makout, lavalas

ak GNBis, dyaspora gwo peyi ak

dyaspora ti peyi, moun vil ak moun

andeyò, moun ki konn li, moun ki pa

konn li. Tout Ayisyen ap gen devwa ak

dwa sivik.

Refondasyon leta. N’ap repanse

yon leta ki adapte, k’ap ka pi efikas, ki

p’ap twò lou pou peyi a. Leta ki la koute

peyi a twòp lajan pou sa li ka depanse,

anpil p’ap regle anyen ki serye. Fòk

nou gen priyorite epi aksepte viv selon

mwayen nou.

Ekselans, nou espère ou rete

ase sajès pou w fè sèl grenn jès k’ap

pèmèt listwa sonje ou : demisyone ;

jodiya tout moun gentan ap di ou se

prezidan ki plis enkapab non sèlman

lan istwa peyi dAyiti men pou lemonn

antye. Nou pa vle sonje w sèlman

kòm yon prezidan ki te yon maryonèt

mantè men tou kòm yon prezidan ki te

pèmèt Ayiti chanje tout bon vre. Nou

rate okazyon linyon Dessalines ak Pétion

an pou te gen peyi nou vle a, nou

rate okazyon an 1986 pou nou te pran

wout devlopman, jodiya nou gen grenn

chans sa-a pou pran desten peyi a an

men, pou chanje lavi pèp la epi kite yon

peyi ke pitit nou merite e ki ka rann

zansèt nou yo fyè. Se pa nan retire kò

w, ban m chita nou ye, se pa « ôte-toi

que je m’y mette » n’ap mande. Ke sila

yo ki gen zòrèy tande !

Gaspard Guetchine agronome,

doctorant

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Dr. Newdeskarl Saint Fleur

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6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019


Perspectives

Des manifestants occupent le bureau de comté de Justin Trudeau

Par Lela Savic

Des membres de la diaspora haïtienne

de Montréal ont occupé le bureau

de campagne électorale de Justin

Trudeau ce matin du lundi 30 septembre.

Le groupe de solidarité Haïti-Québec

demande au Canada de dénoncer le

régime du président Jovénel Moïse.

L’organisateur de la manifestation

Frantz André s’est rendu dans le

compté de Papineau avec des pancartes

signées «arrêtez de soutenir le président

corrompu et répressif en Haïti».

En entrevue avec Métro, Monsieur

André soutient avoir interpellé le

gouvernement libéral a maintes reprises

sur la situation en Haïti. Il n’est pas

satisfait des actions du gouvernement

et du traitement des réfugiés haïtiens

au Canada. «Il y a un historique

Des personnalités haïtiennes et étrangères avaient occupé le bureau de

campagne électorale de Justin Trudeau

d’événements qui auraient justifié que

le gouvernement canadien dénonce la

situation en Haïti où le président est

accusé de corruption» fait valoir Frantz

André.

Le Canada fait actuellement partie

du Core Groupe composé des Ambassadeurs

du Canada, d’Allemagne,

du Brésil, d’Espagne, des États-Unis,

de France, de l’Union européenne, du

Représentant spécial de l’Organisation

des États américains et de la Représentante

spéciale du Secrétaire général des

Nations-Unis.

Le 30 mai dernier, le Core Groupe

a exprimé sont inquiétude face à la crise

politique qui secoue Haïti. Il a demandé

la tenue d’un débat national pour résoudre

le problème. Selon Frantz André

ces mesures ne sont pas suffisantes.

«C’est une guerre civile par proxy qui

se fait présentement en Haïti», lance-til

au bout du fil.

Annulation de l’Entente de tiers

pays sûrs.

Le groupe demande aussi une annulation

de l’accord de tiers pays sûrs, une

promesse que les chefs du NPD et du

Bloc québécois ont soutenue. Le Parti

libéral de Justin Trudeau ne s’est pas

encore prononcé sur cette question.

En vertu de l’entente sur les tiers

pays sûrs, adoptée en 2004, les États-

Unis et le Canada se désignent comme

des pays sûrs pour les demandeurs

d’asile. Cela ferme la porte à la plupart

des demandeurs du statut de réfugiés à

la frontière américano-canadienne. Selon

M. André cela a pour but de réduire

le nombre de réfugiés qui peuvent demander

la protection du Canada. «Avec

le sursis contre les déportations, les réfugiés

risquent de ne pas pouvoir travailler»,

conclut-il.

Métro 30 septembre 2019

Journées d’étude scientifique

Suzanne Comhaire-Sylvain : regards

croisés sur une femme, écrivaine,

linguiste et anthropologue

Organisées en alternance

par le laboratoire LangSÉ de

la Faculté de Linguistique

Appliquée et City University

of New York (CUNY) à Portau-Prince,

le 23 avril et à New

York, le 22 mai 2020.

Suzanne Comhaire-Sylvain est

née à Port-au-Prince en 1898 et

morte au Nigéria en 1975. Elle est

une anthropologue africaniste et

une linguiste qui a mené beaucoup

de recherches dans le champ des

études haïtiennes. Première femme

linguiste et anthropologue d’Haïti,

elle fait partie des pionniers des

études créoles et de l’oraliture.

Au cours de sa carrière universitaire,

elle a publié divers articles

de référence sur des aspects de la

vie sociale et culturelle d’Haïti et de

certains pays africains notamment

le Congo et le Nigéria. Ses études

des contes haïtiens cherchent non

seulement à les catégoriser, retracer

leurs origines mais également

à dégager leur structure. Par ses

recherches, Comhaire-Sylvain occupe

une place honorable dans

l’étude de l’oraliture folklorique

haïtienne en dépit des limites

épistémiques de ses méthodes, notamment

sa manière de transcrire

les contes qui fait trop appel à la

mémoire.

Durant les années 1930, tandis

que se consolide l’ethnologie

amorcée au XIX ème siècle, s’accentue

le nationalisme culturel en

Haïti et s’amplifie l’indigénisme,

elle soutient une thèse doctorale à

la Sorbonne sur Les contes haïtiens

(1936). Ses travaux sur le créole

sont salués comme une importante

contribution à la linguistique. Pour

Carter Godwin Woodson (1937),

« elle n’a pas seulement donné

une nouvelle image du langage des

Haïtiens, mais des trésors littéraires

dont cette langue est la clé »

(1) Son livre Le créole haïtien,

morphologie et syntaxe (1936)

et celui de Jules Faine Philologie

créole (1936) sont souvent cités

dans les études retraçant l’origine

des créoles et du créole haïtien en

particulier.

Comhaire-Sylvain nous aide

à saisir certaines réalités culturelles

haïtiennes et africaines. Dans

Femmes de Kinshasa hier et aujourd’hui

(1968), elle dresse le portrait

des femmes de Kinshasa, leur

quotidien, leurs loisirs et leur mode

de fonctionnement à partir de deux

enquêtes effectuées de 1943 à

1945 et en 1965. Ces recherches

ont ouvert la voie à d’autres sur le

Congo après le départ des Belges.

Dans « La femme dans le proverbe

créole » (1938a), elle répertorie les

proverbes haïtiens dans lesquels la

femme se trouve présente. Naissance,

mort, état-civil à Kenscoff

(Haïti) (1959) qui est un

travail à deux mains (Suzanne et

Jean Comhaire [son mari]) reste

une véritable source de référence

ethnographique pour quiconque

veut étudier la naissance, la mort

et l’état-civil à Kenscoff. Dans le

premier article de ce travail, les

auteurs traitent de la grossesse à

Kenscoff prise dans son contexte

ethnographique, notamment comme

phénomène lié aux croyances.

Les travaux de Comhaire-Sylvain

lui ont valu le poste d’experte à

l’ONU pour l’Afrique pendant huit

ans et des distinctions internationales,

notamment, le prix de l’Alliance

Française et la Médaille de

l’Académie Française pour ne citer

Joel H. Poliard

M.D., M.P.H.

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Suzanne Comhaire-Sylvain

que celles-là.

Kathleen Gyssels (2005)

écrit à son propos : « Le mérite de

Suzanne Comhaire-Sylvain (1898-

1975) fut de récolter la manne

que constituaient les fables “fab’”

créoles, d’étudier en ethnologue et

linguiste les origines du créole haïtien

et des proverbes, devinettes et

contes, bref, de ce qu’on appelle l’”

oraliture”». Elle ajoute : « Fille de

Georges Sylvain[1866-1925], qui

fut le premier à adapter les fables

de La Fontaine et nièce de Bénito

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Sylvain, le chantre du panafricanisme,

elle fut celle qui, plus que

toute autre, comprit très tôt que le

folklore représentait un matériau

de choix pour tout anthropologue

ou sociologue qui s’intéressait à

Haïti ».

45 ans après sa mort (20

juin 1975-20 juin 2020), nous

appelons à une première évaluation

de l’œuvre multidimensionnelle

de cette grande scientifique,

afin de déterminer les apports et

la postérité de sa démarche dans

ses deux principales disciplines, la

linguistique et l’anthropologie. On

se penchera sur les champs qu’elle

a explorés comme la créolistique,

l’oraliture et les études féminines.

De multiples aspects peuvent être

analysés comme les courants scientifiques

dans lesquels se situent

l’œuvre de Comhaire-Sylvain, ses

propres perspectives théoriques

et méthodologiques, son écriture,

ses terrains, ses enquêtes, son approche

des relations entre Haïti et

l’Afrique, sa place dans l’ethnologie

haïtienne et les recherches africaines,

etc.

Modalités de participation

Adresser à ethsotilien@

gmail.com un résumé de 300 à

500 mots dans l’une des deux

langues du colloque (créole haïtien,

français). La police à utiliser

est le Cambria, taille 12 points,

interligne 1.5 point. Le résumé

doit être accompagné d’une courte

biobibliographie de l’auteur de la

proposition.

Dates importantes à retenir

Appel à communications : 20

septembre 2019

Date limite pour l’envoi des

résumés : 15 décembre 2019

Notification d’acceptation ou

de rejet : 15 janvier 2020

Tenue des deux journées

d’étude : 23 avril (Haïti), 22 mai

(New York) 2020

Publications

Après évaluation et sélection

par le comité scientifique, les textes

issus des différentes communications

seront publiés dans un

ouvrage collectif.

Pour le comité d’organisation

Ethson Otilien, coordonnateur

Note

1…Traduit de l’anglais

par nous.

https://www.journals.

uchicago.edu/doi/

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Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

7


La Tribune de Catherine Charlemagne (83)

Haïti, chronique de 15 jours de manifestation

politique non stop ! (1e partie)

Dans notre précédente Tribune, on

avait écrit qu’il fallait être fou pour

croire que le Président Jovenel Moïse

aurait un Premier ministre légitime

dans les jours ou semaines à venir.

Précautionneux, on n’avait pas voulu

spécifier qu’on entendait bien entendu

parler de Fritz William Michel. Et pour

cause. Deux jours plus tôt, on avait

appris d’une source proche du Sénat

que le Président Carl Murat Cantave

s’apprêtait à inviter le PM nommé à

une nouvelle tentative de séance pour

la ratification de sa Déclaration de politique

générale pour le dimanche 22 septembre

2019. Il faut déjà dire que cette

date du 22 septembre nous interpellait

dans la mesure où elle comporte un

symbolisme qui n’est pas prêt de passer

inaperçu en Haïti. Cette date porte en

elle le fruit et les germes de l’accession

de la famille Duvalier au pouvoir et le

début d’une dictature trentenaire dans

ce pays.

Les Plans A et B de Carl Murat

Cantave mis en échec

Finalement, après le Tweet du Président

du Grand corps dans l’après-midi

du dimanche 22 annonçant la séance

pour le lundi 23, on avait compris que

lui aussi s’était rendu compte que cette

date était problématique et synonyme

de polémiques dans un contexte de

ratification de Premier ministre que

pratiquement personne ne veut, un

dossier du reste aussi sensible. Mais,

avant même la publication du Tweet

de Carl Murat Cantave, les sénateurs

de l’opposition avaient eu vent que

quelque chose se tramait dans l’entourage

du pouvoir et au bureau du

Sénat pour que Fritz William Michel,

dit « Nèg Kabrit la », puisse être ratifié

coûte que coûte avant le départ prévu

du Président Jovenel Moïse pour New

York le mardi 24 septembre 2019 afin

de participer à la 74 e session ordinaire

de l’Assemblée générale de l’Organisation

des Nations Unies (ONU) où il était

question pour lui de s’adresser à l’Assemblée

le jeudi 26, selon son agenda.

Donc, le voyage du chef de

l’Etat était conditionné par cette ratification

devenue capitale pour son avenir

politique. Dès dimanche 22 à l’aube,

les sénateurs de l’opposition, faisant

confiance aux rumeurs selon lesquelles

le pouvoir et les sénateurs pro-Jovenel

chercheraient à organiser la séance

sans eux, s’étaient donné rendez-vous

au Bicentenaire, au Sénat, afin, comme

des sentinelles, de veiller sur l’Auguste

Assemblée et surtout sur les salles susceptibles

d’accueillir la séance introuvable.

Finalement, il s’agissait d’une

fausse alerte, en tout cas, démentie par

le Tweet du Président du Sénat confirmant

l’invitation pour le lundi 23 septembre

à 8 heures. C’est une séance

sous haute surveillance non seulement

policière mais de la quasi-totalité des

autorités judiciaires que le sénateur

de l’Artibonite, victime de dégâts considérables

dans sa ville des Gonaïves

lors des manifestations du 20 septembre

2019 où sa clinique et le siège de sa

Fondation avaient été saccagés, avait

prévue. Après la première tentative du

11 septembre 2019, le Président du

Sénat ne voulait prendre aucun risque.

Une semaine auparavant, il

avait envoyé un courrier à diverses

autorités responsables de la sécurité

publique du pays. Ainsi, des correspondances

avaient été expédiées au

premier d’entre eux, Jean-Michel Lapin,

Premier ministre démissionnaire et

chef du CSPN (Conseil Supérieur de la

Police Nationale) et aussi bien à son

ministre de la Justice démissionnaire,

Jean Roody Aly, l’un des plus honnis

de l’ex-gouvernement de Jean Henry

Céant ; sans oublier le Directeur général

a.i de la police nationale, Normil Rameau,

demandant à ce que des forces

de l’ordre soient déployées de manière

conséquente à l’intérieur même de

l’enceinte du Parlement afin, dit-il, de

sécuriser le Sénat. Dans sa correspondance

au Premier ministre, Carl Murat

Cantave a été on ne peut plus clair : «

Le Bureau du Sénat vous demande,

en vertu de l’article 140.2 du règlement

intérieur du Sénat, de passer des

instructions au Directeur général de

la police nationale pour qu’il sécurise

l’aire intérieure du Parlement à l’occasion

de la séance de ratification du

Premier ministre nommé Fritz William

Un pays jonché de barricades enflammées

Michel ».

Même le propre service de sécurité

du Parlement avait été mis de côté

afin de donner toute latitude aux forces

de police nationale d’agir de manière

sans équivoque à sécuriser les sénateurs

et le bâtiment du Corps législatif.

Et quand on lit la suite de son courrier

aux responsables du gouvernement

démissionnaire, on comprend que pour

le Président du Sénat il était hors de

question qu’aucun perturbateur ne vienne

perturber sa séance de ratification

dont il mettait un point d’honneur à

réussir même au prix du sang s’il le fallait.

En effet, Cantave écrit : « qu’aucun

agent de sécurité parlementaire ne sera

en la circonstance habilité à travailler

dans l’espace de la cour intérieure qui

doit être exclusivement prise en charge

par des agents de la police nationale. Il

demeure entendu que chaque sénateur

ne peut se faire accompagner à l’entrée

du Parlement que de deux policiers en

uniforme qui sont affectés à son service

en plus de son chauffeur pour des

raisons sécuritaires. Seul le portail du

Ministère de la Défense servira de porte

d’entrée aux sénateurs, les journalistes

et le personnel ».

Bref, à bien prendre le sens

Des manifestations pour forcer le président Jovenel Moïse

à démissionner

de sa lettre, la séance devrait se tenir

dans un Parlement transformé en fort

assiégé et sécurisé contre tout intrus.

Pour être sûr de son coup, le Dr Carl

Murat Cantave avait pris la peine d’envoyer

une seconde lettre à ces mêmes

autorités du Pouvoir exécutif, à savoir

le chef du gouvernement et le Ministre

de la Justice et de la Sécurité Publique

et cette fois il ne voulait aucune faille

dans le dispositif policier. Il note ceci

pour le Premier ministre : « Le Bureau

du Sénat vous demande de passer des

instructions au Directeur général de

la police nationale afin de sécuriser le

périmètre extérieur immédiat du Parlement

à l’occasion de la séance de ratification

du Premier ministre nommé

Fritz William Michel. Le Bureau vous

sera gré de bien vouloir transmettre à

la direction générale de la PNH la liste

en annexe des employés du Sénat et

des journalistes qui seront habilités à

avoir accès au Sénat ». Aucun doute,

le Président du Sénat veut montrer son

autorité et faire savoir à tout le monde

qu’il a le pouvoir et les moyens légaux

pour mettre en échec l’opposition.

Il n’oublie point les autorités judiciaires

dans ces différentes missives

qu’il envoie. Il sollicite aussi l’aide du

Garde des sceaux, puisqu’il est persuadé

qu’il y aura des cas de flagrance :

« Le Bureau du Sénat vous demande de

passer des instructions au Parquet de

Port-au-Prince afin de mobiliser à son

service trois Substituts Commissaires et

trois juges de Paix le lundi 23 septembre

à partir de 8h A.M à l’occasion de la

séance de ratification du Premier ministre

nommé Fritz William Michel au

cas où il y aurait flagrance, et ce pour

éviter la répétition des actes de vandalisme

sur les meubles et immeubles du

Parlement, comme ce fut le cas le mercredi

11 septembre dernier. Ils n’auront

accès au Sénat que si le besoin se fait

sentir », recommande-t-il. Bref, on a

compris que Carl Murat Cantave veut

utiliser tout l’appareil institutionnel que

compte la République rien que pour satisfaire

son autorité qui est mise à mal

dans les dossiers des Premiers ministres

nommés (Jean-Michel Lapin et

Fritz William Michel) qu’il devait faire

ratifier sans y parvenir. Alors que son

autorité est largement écornée au Sénat

pendant que son leadership est à son

niveau le plus bas et où même les sénateurs

du camp présidentiel commencent

à réclamer sa démission pour incompétence

et incapacité à remplir son rôle

de leader du Grand Corps.

La stratégie de l’opposition contre

Fritz W. Michel et Jovenel Moïse

Après toutes ces précautions prises

au plus haut sommet des institutions,

le Président du Sénat passe donc à la

réalité des faits et du terrain. En accord

avec le Président Jovenel Moïse

qui voulait aller prendre la parole à la

tribune des Nations Unies, il prend la

décision d’inviter une nouvelle fois le

Premier ministre nommé et son Cabinet

ministériel pour venir faire sa Déclaration

de politique générale dans un

Sénat qu’il croit être à l’abri de toutes

intrusions ou de toutes attaques venant

de l’opposition, de l’intérieur comme

de l’extérieur. Confiant, il écrit à « Nèg

Kabrit la » de venir donner les vrais prix

de chaque animal (Cabri) vendu à l’Etat

quand il était chef de cabinet du ministre

de la Planification alors qu’il était

PDG des entreprises qui commercialisent

ces animaux.

Sauf que, pendant que le patron

du Sénat lançait son invitation au PM

homme d’affaires de venir faire son

grand oral devant la représentation

nationale, l’opposition en général et

les sénateurs Antonio Chéramy, Nenel

Cassy, Youri Latortue, Joseph Lambert,

Sorel Yacinthe, Evalière Beauplan, Ricard

Pierre, Francenet Dénius et les autres

préparaient eux aussi en coulisse

leur coup. Dans la plus grande discrétion,

ils mettaient en place leur stratégie

pour déjouer le piège et la chape de

plomb que Cantave pensait instaurer

autour d’eux et à l’intérieur du Sénat.

Pour mettre en échec le plan, l’opposition

estimait qu’il n’y avait pas d’autre

moyen que la mobilisation des bases

politiques, ces places fortes qui ne laissent

aucune chance à quel que soit le

plan établi : policier, politique ou institutionnel.

Dès dimanche 22, les sénateurs

avaient pris position à l’intérieur

du Parlement, histoire de démontrer à

leur Président qu’ils n’entendent rien

négliger eux aussi et de là, ils organisent

la résistance en mobilisant le plus

de monde possible par téléphone et par

les réseaux sociaux (Whatsapp) avant

de quitter tard l’enceinte du Sénat, mais

non sans avoir fait le nécessaire afin

que personne ne puisse respirer l’air

nauséabond qui se propageait dans les

salles de séance et au salon diplomatique

où, en général, s’installent le Premier

ministre et son cabinet ministériel

avant d’être conduits par deux sénateurs

jouant le rôle d’huissiers dans la

salle de séance. La première faille dans

le dispositif de sécurité du sénateur

Cantave, c’est le fait qu’il avait écarté

les agents de sécurité du Sénat dans

son plan. Ce fut une erreur grave.

Le résultat de cette gravissime

erreur est que l’ensemble du bâtiment

s’est retrouvé sans personne pour le

protéger dans la mesure où les policiers

n’ont pas la maîtrise du site comme

l’auraient eu les agents de sécurité

dotés d’une parfaite connaissance des

périmètres du Parlement. En plus, dès

dimanche matin, les sénateurs de l’opposition

avaient le loisir de faire tout

ce qu’ils voulaient au Sénat avant de

sortir tout en plaçant des informateurs

ou des militants-guetteurs à l’extérieur

du périmètre du Bicentenaire pour les

informer des moindres mouvements

suspects de Carl Murat Cantave et

des sénateurs pro-Jovenel pour une

éventuelle séance au creux de la nuit

en faveur de Fritz William Michel. La

seconde faille ou erreur du Président de

l’Assemblée Nationale, selon notre information,

à aucun moment il n’avait

reçu une confirmation de la part du Directeur

général de la police ni du Commissaire

de police de Port-au-Prince le

rassurant que ses demandes seraient

prises en compte et que la police investirait

tout le bâtiment du Sénat pour

garantir la sécurité de l’ensemble.

On en veut pour preuve la scène

politique incroyable à laquelle on a assisté

le lundi 23 septembre 2019 au

Parlement. Compte tenu, en effet, des

courriers envoyés un peu partout par le

premier des sénateurs, tous les observateurs

étaient surpris de constater que

s’il y avait bien des forces de l’ordre,

elles n’étaient pas plus nombreuses que

d’ordinaire et surtout pour le contexte

dans lequel cette séance devait avoir

lieu. Par prudence ou peut être conseillé

par des juristes et peut être aussi par les

responsables du gouvernement démissionnaire,

le Directeur a.i. de la police,

Normil Rameau, n’avait pas vraiment

donné suite aux correspondances de

Carl Murat Cantave qui voulait remplir

la cour et investir le Parlement de policiers

anti-émeute et autres forces de

police pour semer la répression au cœur

même du Pouvoir législatif.

Si à l’extérieur les policiers étaient

effectivement assez conséquents en

nombre pour contenir les manifestants

(invités des sénateurs), on ne peut

pas dire qu’ils faisaient zèle non plus

pour les empêcher d’entrer au Parlement.

Ainsi, dès 7 heures et 8 heures le

lundi 23 septembre, la cour du Sénat

était remplie de militants politiques

totalement libres de leur mouvement.

Encore plus libres que le 11 septembre

lors de la première occupation du Sénat.

Se sentant libres et libérés de la peur

vu qu’il n’y avait personne pour les

contrôler, les militants se comportaient

comme s’ils étaient à l’extérieur en

s’en prenant aux sénateurs proches du

pouvoir qui les regardaient de travers.

En fait, tout avait commencé très tôt le

matin lorsque des sénateurs de l’opposition

ont amené plusieurs dizaines de

militants au Sénat où ils ont pu pénétrer

sans aucune difficulté.

Il faut aussi souligner que mis

à part les invectives habituelles des

suite à la page(16)

Dr. Kesler Dalmacy

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Brooklyn, New York 11226

Tel: 718-434-5345

Le docteur de la

Communauté Haïtienne

à New York

8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019


This Week in Haiti

Jovenel’s Regime Crumbling in the Face of Popular Fury

by Kim Ives

The first of two-parts

Masked Haitian police clearing a street barricade in

Tabarre on Sep. 30, 2019

Kim Ives/Haïti Liberté

Port-au-Prince looks post-apocalyptic,

reflecting the fierce class

war which has raged here since last

summer, if not since 1986.

The dusty or muddy pot-holed

streets are covered everywhere with

rocks, bricks, sludgy deposits of

plastic and organic garbage, and the

charred steel-spaghetti remains of

burned tires from barricades. Here is

the fly-blown corpse of a pig or dog.

There is a giant limb or an entire tree,

hacked down by machetes, blocking

the road. On this street is a battered

former tap-tap, perfectly balanced

on its side, which walls off a thoroughfare.

On that, it is a makeshift

barrier of smashed refrigerators, metal

signs, barbed wire, cinder-blocks,

and plastic chairs.

Small mountains of rubbish

have grown every few blocks, picked

over by bending paupers, young and

old. Trucks with two headlights and

a grill are as rare as a wall without

graffiti. An odor of burning rubber,

sewage, and tear-gas permeates the

city. Most businesses are tightly

shuttered with wood or steel.

This is the Haiti against which

Haitians are rebelling on Sep. 30,

2019, 28 years after the bloody

1991 U.S.-backed military coup

d’état against Haiti’s first democratically

elected president Jean-Bertrand

Aristide. That putsch was the single

most crucial event – more pivotal

than the 2010 earthquake – to accelerate

Haiti’s descent into the turmoil

it struggles with today.

On this coup anniversary,

Haiti’s masses have launched “Operation

Find Jovenel.” Haitian President

Jovenel Moïse has been hiding

for the past few weeks. The masses

have long monitored his movements

between his personal home in the

hills of Pèlerin 5 above the capital to

the Presidential Palace on the central

square, the Champ de Mars. People

on one end of the route would alert

those on the other, who would then

throw rocks, bottles, and curses at

the motorcade of shiny black vehicles

speeding the president, with

sirens wailing, up or down the hill.

But the motorcades have stopped.

Nobody seems to know where Jovenel

is.

On Wed., Sep. 25, he made a

pre-recorded televised address to the

nation that was broadcast at about 2

a.m.. He appealed for calm and national

dialogue but reiterated that he

would not step down, as the masses

have been demanding since Jul.

6-8, 2018, when the first spasm of

the latest uprising took place in response

to International Monetary

Fund-dictated fuel price hikes. The

government had to back down, and

Jovenel’s first prime minister, Jack

Guy Lafontant, reluctantly resigned.

The second PM, Jean Henry

Céant, only added fuel to the fire.

The protests grew in size and fury,

culminating in a 10-day paralysis of

the country from Feb. 7-17, 2019,

known as “Ayiti Lòk” – “Haiti is

locked down.”

Jovenel wanted to again sacrifice

his PM, but the ambitious Céant

maneuvered to have the President

resign, as the people demanded, so

he could take his place.

Jovenel won that battle, having

his allies in the Chamber of Deputies

oust Céant in March 2019. But since

then, Jovenel has not succeeded in

having Parliament ratify either of

his latest PM nominees: Jean-Michel

Lapin or, currently, Fritz-William Michel.

The result is that Haiti is essentially

without a government, helping

to deepen the masses’ misery. Add to

that a gas shortage resulting from the

government’s inability to pay its fuel

suppliers. This makes Haiti’s principal

occupation – motorcycle taxis –

ever more difficult. Gas stations are

buttoned up, with giant steel boxes

encasing the pumps. Along the

roadside, black-market vendors sell

fuel from clear plastic jugs for 500

gourdes (US$5.22) per gallon. The

gas has been smuggle across from

the neighboring Dominican Republic

or siphoned out of the shuttered gas

stations’ tanks. Sometimes the fuel

includes colored water, many say.

When a station does open up,

it immediately becomes the center

of a giant traffic jam, with moto-taxis,

tap-taps, deluxe SUVs with

tinted windows, dented jalopies,

and black-market hawkers carrying

12-gallon yellow plastic containers

all jockeying for position in a chaotic,

confrontational scramble to the

pump before the supply runs out.

Jovenel is not the only official

the population is hunting. Radio Zenith,

the principal media guiding and

urging on the mobilization, regularly

reads out a much longer list which

includes Jovenel’s predecessor, mentor,

and founder of their Haitian

Bald-Headed Party (PHTK) Michel

Martelly, his wife Sofia Martelly,

their son Olivier Martelly, Martelly’s

prime minister Laurent Lamothe,

most of Jovenel’s ministers, many

pro-PHTK parliamentarians, repressive

police commanders, and a few

of the regime’s bourgeois backers.

Based on the capital’s northern

fringe in Bon Repos and well-guarded

by multiple barricades and scruffy

irregulars, Radio Zenith also provides

logistical support to the demonstrators,

telling them where an ambulance

needs to pick up a woman giving

birth or a man who has bloodied

his head in an accident. It asks the

barricade-guardians to let the ambulance

through and also warns them

when a vehicle with masked pro-regime

paramilitaries and no license

plates is circulating in a certain area.

It then cuts to a rousing patriotic

song by well-known protest singer

Farah Juste. “Stay vigilant!” shouts

the announcer between stanzas.

“Stay strong!”

Such radio motivation and

marshaling was pioneered by the

Catholic Church’s Radio Soleil 33

years ago during the uprising against

President-for-Life Jean-Claude “Baby

Doc” Duvalier. On Feb. 7, 1986, he

A tap-tap serves as a street barricade

was flown out of Haiti on a U.S. government

C-130 with his sports cars.

His departure began a chapter

of Haitian history that might be titled:

“A neo-colony’s masses struggle

for democracy and sovereignty

against the bloody counter-revolution

by Haiti’s foreign and local ruling

classes.”

Each electoral victory of the

A heavily guarded barricade on the Delmas road, which has barricades

its entire length

Radio Zenith in Bon Répos.

masses (1990, 2000) has been

crushed by a coup d’état and foreign

military occupation (1991, 2004),

until finally the empire changed tactics

by fraudulently engineering the

election of Martelly in 2011 and Jovenel

in 2016. Martelly plundered

the PetroCaribe Fund, a $2 billion

capital account fed by Venezuelan

fuel sales, while in 2018 Jovenel

sank the PetroCaribe agreement

for cheap gas which Haiti had established

with Venezuela in 2008.

Hence the reasons for the massive

demonstrations against, and now the

manhunt for, Jovenel Moïse.

(To be continued)

Kim Ives/Haïti Liberté

Kim Ives/Haïti Liberté

Kim Ives/Haïti Liberté

Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

9


ENTRETIEN AVEC FATIH

« LE SOCIALISME, C’EST P

Le socialisme n’est finalement rien d’autre que préserver le vivant,

l’organiser avant qu’il ne soit objet d’exploitation et de profit.

« Mangez notre miel, vous deviendrez

communistes ! » Fatih Mehmet

Maçoglu, premier maire de l’histoire

du Parti communiste turc, ne semble

pas manquer d’humour. Ni d’énergie :

dans la petite ville d’Ovacik, à l’est de

la Turquie, il avait, à partir de 2014,

mis en place des assemblées populaires

et des coopératives, relancé l’agriculture,

affiché le budget municipal

aux murs de la mairie et instauré des

bourses d’études à partir de la vente

de pois chiches produits sur place.

Le 31 mars 2019, il a été élu

maire de la ville de Dersim (« Tunceli

», pour l’État turc) — territoire historique,

à majorité kurde, de résistance

et de répression. À peine rentré d’une

tournée des grandes villes du pays pour

échanger avec d’autres élus municipaux,

et quelques jours avant les nouvelles

arrestations de maires de l’opposition

(HDP) menées par le pouvoir

en place, le militant a répondu à notre

appel téléphonique.

Ballast : Comment décririezvous

votre province, Dersim, à une

personne étrangère ?

Fatih Mehmet Maçoglu : C’est

très difficile de répondre en quelques

mots. À Dersim vivent des populations

à majorité kurdes et kizilba . Il y existe

une diversité de croyances et d’ethnies,

qui, d’ailleurs, explique pourquoi la

population a toujours su s’opposer aux

pouvoirs en place, et à leurs politiques

discriminatoires. C’est une région qui a

toujours été progressiste, où la défense

des opprimés a toujours été centrale,

où la lutte pour des conditions de vie

digne, pour tous, toujours très active.

Sur de nombreuses questions, comme

celle de la liberté de croyance, de l’égalité

entre les différentes cultures, entre

hommes et femmes, elle est très en

avance par rapport au reste de la Turquie

— bien que peut-être moins que

dans d’autres lieux du monde. La nature

et sa biodiversité y sont riches et

encore sauvegardées. Je précise ça car

le capitalisme, dans ses attaques, ne

manque aucune occasion d’essayer de

mettre la main dessus : que ce soit avec

des projets de construction de barrage

Fatih Mehmet Maçoglu

et d’ouverture de mines pour exploiter

les sols. Ici, les gens sont très sensibles

aux questions environnementales et se

mobilisent rapidement pour sa protection.

Cette résistance s’illustre à Dersim,

tout comme à Ovacik (1) ou à Mazgirt

(2), montrant à chaque fois combien la

population dersimoise ressemble à sa

nature : digne, debout.

Ballast : Après plus de 15 années

de direction du pays par l’AKP

[parti au pouvoir depuis 2002, dont

Erdo an est le président, ndlr], quelles

sont les préoccupations premières des

habitants de Dersim ?

Fatih Mehmet Maçoglu : Se

concentrer sur la période de gouvernance

de l’AKP serait bien trop réducteur.

Depuis 1920, cette région a connu

des massacres et une forte répression.

Sa population n’a eu de cesse d’être

contrainte à l’exil. Ça a été une constante,

quels que soient les pouvoirs

qui se sont succédé. Depuis 18 ans que

gouverne l’AKP, les mêmes problèmes

perdurent et se répètent, mais il est important

de garder à l’esprit que c’était le

cas avec le pouvoir précédent, et avec

celui d’avant… La population a toujours

dû lutter pour survivre, et elle l’a

fait du côté des forces démocratiques :

elle est historiquement connue pour ça.

Quant au pouvoir central, il s’est toujours

montré peu enclin à investir dans

la région — au contraire, toute possibilité

de développement était freinée,

empêchée. Depuis quelques années,

notamment avec les projets de barrage,

c’est tout l’inverse qui semble se produire

: l’attention des investisseurs ne

semble plus vouloir nous quitter ! Mais

nous ne sommes pas dupes. La Turquie

est fondamentalement dépendante des

pays impérialistes et capitalistes, et dès

qu’il est question de leurs intérêts — ce

qui est clairement le cas avec ces projets

d’exploitation des ressources naturelles

—, elle n’hésite pas à vouloir faire des

investissements. On pourrait croire

retirer quelques avantages à cet élan

soudain, mais nous sommes très au

clair sur le fait que ça nous amènerait

bien plus de problèmes que ça n’en résoudrait.

Ballast : Dites-nous en davantage

sur le programme politique que

vous comptez mettre en œuvre…

Fatih Mehmet Maçoglu : Dans

la pensée marxiste, un programme a

toujours un avant et un après. Vous

devez partir d’un terrain, de la connaissance

d’un territoire, de ses spécificités,

de sa population et de ses besoins.

C’est ce qui va constituer votre

programme politique : celui qui voudra

répondre aux besoins concrets. Les résultats

d’un tel programme ne peuvent

être déclarés qu’une fois que ce processus

d’état des lieux et de discussions

collectives a eu lieu — que ce soit en

Turquie ou ailleurs. Quelle que soit la

ville du monde où nous, communistes,

serions au pouvoir, ce qui nous importe

en premier lieu c’est qu’une population

développe ses propres forces et ses

capacités d’autogestion. C’est la voix

du peuple qui doit gouverner, avoir le

pouvoir, au travers d’assemblées populaires

démocratiques. Il nous importe

que ces assemblées développent leurs

forces et capacités d’autogestion. Des

commissions se constituent actuellement

au sein des assemblées populaires

de Dersim, chacune travaillant sur des

questions spécifiques — dont celle de

l’égalité homme-femme. La lutte pour

l’égalité des genres est centrale pour

nous. Pour ça, il est fondamental que

les femmes puissent se trouver en situation

de prendre des décisions. C’est

très concret. Les femmes vont décider

elles-mêmes des politiques à mettre en

œuvre : personne d’autre ne saurait le

décréter pour elles. Les besoins vitaux

des populations sont également notre

priorité : qu’il s’agisse de l’accès à

l’eau, aux transports, à l’hébergement,

la santé, l’éducation, la culture, la liberté

de croyances, la langue maternelle

(qui est un enjeu ici), toutes ces questions

sont travaillées collectivement.

D’ici trois à quatre mois, une nouvelle

équipe de cadres, issue de la population

et de ces assemblées, sera en mesure

de gouverner.

Nous allons aussi travailler la

question essentielle de la production,

notamment agricole. La production

alimentaire industrielle est malsaine

: les gens tombent malades et leurs

habitudes alimentaires ont changé. Le

droit à une alimentation saine est bafoué

en Turquie, aujourd’hui, et c’est

le rôle des municipalités que de se

pencher sur ces questions. Un certain

nombre d’entre elles le font d’ailleurs

en ce moment. Nous défendons le fait

qu’une vie saine, qu’une population en

pleine santé, ne peut se faire sans accès

à une alimentation saine : il nous

faut revenir à des modes de production

sans pesticides. Et c’est ainsi qu’elle

saura préparer au mieux son avenir.

Dans le monde, les barons de la bourgeoisie

comprador ont mis la main sur

l’industrie agro-alimentaire. Nous, les

maires, forces locales, devons œuvrer

en faveur d’une production alimentaire

libre au nom du droit des populations

à répondre à leurs propres besoins alimentaires.

Dans la même logique, nous

travaillons aussi à l’organisation d’une

défense et d’une protection de nos

terres. Tout comme nous défendrons

les autres besoins fondamentaux, comme

l’accès à l’éducation, par exemple.

Mais ces travaux doivent s’étaler sur

plusieurs années : il ne s’agit pas, là,

d’aspects que nous pourrions traiter du

jour au lendemain…

Les forces locales ont des capacités

d’action qui restent très limitées.

On ne doit pas s’imaginer que

l’ensemble de la donne est entre nos

mains, qu’elle dépendrait de notre

unique volonté et action. Au contraire,

en Turquie, le fonctionnement fait des

municipalités des exécutants, comme

le serait un fournisseur de services du

secteur tertiaire. On ne nous laisse pas

la responsabilité ni le pouvoir de diriger

une localité car un grand nombre

Nos luttes, quelles que soient leur taille, inspirent, et leur écho est notre

force, que rien ni personne ne peut nous retirer. Avec ces expériences,

nous servons le socialisme.

de compétences est laissé aux mains

des préfectures, et donc de l’autorité

centrale. Tout ce dont nous venons de

parler est sous l’autorité des préfets : la

santé, l’éducation, l’agriculture, l’accès

à l’eau. Les municipalités des pays européens

ont sans doute plus de pouvoir

et de marge d’action. Seuls les travaux

publics, les travaux de voirie, la propreté

des rues, l’assainissement des

eaux sont renvoyés à l’échelle locale.

Malgré tout, nous allons sur ce terrain

qu’on nous refuse. À Ovacik, par exemple,

nous nous sommes occupés de

la question de l’éducation, et par notre

travail nous avons à la fois amélioré le

système éducatif, facilité l’accès aux

études et, ainsi, augmenté le niveau

d’études de la population (via le système

de bourse d’études universitaires

mis en place3), l’aide aux devoirs des

élèves de primaire et les cours de préparation

des élèves de secondaire4. Nous

planifions de faire les mêmes choses à

Dersim.

Ballast : Dersim est littéralement

surplombée de postes de surveillance

militaire. Quelle est votre marge de

manœuvre, concrètement ?

Fatih Mehmet Maçoglu : Vous

voyez combien le pouvoir des autorités

locales est limité en Turquie ! Malheureusement,

ça n’est pas spécifique à

cette région : un climat répressif règne

depuis plus de 50 ans dans tout le

pays. Les gouvernements successifs

ont toujours appliqué des politiques

sécuritaires, mais leur répression ne fait

que s’intensifier : on peut craindre que

le pouvoir suivant accentuera ça plus

encore. De même, le contrôle social

des populations risque de s’intensifier.

Mais face à eux, il y a toujours eu et il

y aura des forces démocratiques, révolutionnaires,

progressistes, qui lutteront

en défendant leurs terres, leur pays et

la planète entière. J’en suis bien navré,

Notre ambition est de travailler à accélérer les choses. Comme le disait

si bien Ibrahim Kaypakkaya, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un opprimé sur

Terre, jusqu’à ce que nous soyons tous égaux, nous lutterons

mais pour les pays comme le nôtre,

dépendants des pays impérialistes et

capitalistes, cette présence militaire

sur le territoire est chose courante.

Regardez la Syrie, l’Irak, ou même le

Pakistan et l’Inde : les mêmes logiques

sont à l’œuvre. Ce système néocolonial

des puissances impérialistes s’impose

dans de nombreux territoires à travers

le monde et cette présence militaire en

est un des aspects. La Turquie ne prend

pas ce type de décision seule. Elle n’agit

jamais sans l’aval de pays comme les

États-Unis, l’Angleterre, la France ou

10 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019


RÉSERVER LE VIVANT »

MEHMET MAÇOGLU !

l’Allemagne. Peut-être que dans les

pays comme le vôtre, on présente encore

à la population la façade, le maquillage

d’une soi-disant démocratie,

avec une politique moins répressive,

mais le véritable visage du capitalisme

conduit précisément à ce paysage que

vous questionnez. Avec l’augmentation

de la pauvreté et les attaques contre la

démocratie, quand les multinationales

auront la main mise sur vos économies,

vous verrez aussitôt, vous aussi,

le vrai visage du capitalisme. Certes, à

Dersim, comme dans les autres régions

du Kurdistan, la présence militaire est

plus forte et visible, mais ça ne revient

pas à dire que nous ne pouvons et n’allons

pas nous réapproprier les enjeux

de santé, d’éducation, d’alimentation.

Ballast : Il semblerait que vous

tutelle de Dersim ces deux dernières années5,

les choses ont franchi un cap :

ils ont non seulement dépensé tous les

crédits et dotations, mais ils ont aussi

choisi d’utiliser toutes les recettes (à

hauteur de plus de 80 %), actuelles et

futures, de la ville pour rembourser la

dette. Ça ne revient à rien d’autre que

d’enterrer la municipalité.

Prenons un exemple : les trois

prochaines années des loyers des bâtiments

municipaux — qui sont une

source de revenus significatifs — ont

déjà été réclamées, payées et dépensées.

Nous récupérons la responsabilité

d’une municipalité où nous ne sommes

même plus en capacité de verser les

salaires des fonctionnaires. C’est pour

ça que nous avons lancé la campagne

(6) de solidarité adressée à toutes les

forces progressistes, socialistes, révolutionnaires.

Mais malgré ça, nous allons

(7) et la Fédération des assemblées socialistes

(8), dont je fais partie. Kaypakkaya

s’est toujours tenu aux côtés de

tous les opprimés. Je peux dire que ma

rencontre avec sa pensée a été le plus

beau jour de ma vie ! C’était le 6 juin

1984. Ça fait 35 ans, et je suis toujours

autant un amoureux de la politique

! (rires) J’ai des critiques, évidemment,

mais quand je pense à tous ceux qui

sont tombés pour ces idéaux, je reste

admiratif. Cette quête d’un monde sans

classes, où il n’y aurait plus de pauvres

et où nous vivrions tous égaux, continue

de m’habiter.

Ballast : Et pourquoi ce souvenir

si précis du 6 juin 1984 ?

Fatih Mehmet Maçoglu :

J’avais 17 ans et un camarade m’a introduit

à la politique et dans cette organisation

! (rires)

notre force, que rien ni personne ne

peut nous retirer. Avec ces expériences,

nous servons le socialisme.

Ballast : Croyez-vous en la possibilité

de faire vivre des espaces socialistes

en parallèle de l’existence du

capitalisme ?

Fatih Mehmet Maçoglu :

Une pensée socialiste peut s’organiser

à l’intérieur du système capitaliste,

mais pour le renverser, il ne suffit pas

avons commencé par semer des graines

bio sur les terres communales, puis

nous avons distribué le fruit de cette

production à la population. Ensuite,

nous avons distribué des semences à

l’ensemble des agriculteurs pour qu’ils

cultivent leurs terres. Il fallait bien qu’ils

répondent à leurs autres besoins vitaux

(vêtements, électricité, santé etc.),

alors nous les avons aidé à acheminer

leurs excédents de production aux villages

et villes voisines, en leur mettant

Quelle que soit la ville du monde où nous, communistes, serions au pouvoir,

ce qui nous importe en premier lieu c’est qu’une population développe ses

propres forces et ses capacités d’autogestion

récupériez la gestion d’une ville au bord

de la banqueroute : quel est l’état des

lieux financiers ?

Fatih Mehmet Maçoglu : Les

municipalités fonctionnent ainsi : elles

connaissent les besoins de leur ville

et si elles n’ont pas le budget pour y

répondre, elles vont contracter des emprunts,

à moyen voire à long terme, au

système financier dont elles dépendent.

Toutes les municipalités de ce pays

vivent les mêmes difficultés. J’en discutais

avec un ami, qui me rappelait

que sous le gouvernement de Turgut

Özal, dans les années 1980, les dotations

prévues pour les municipalités

étaient nettement supérieures : près de

trois fois plus élevées. Quand l’économie

d’un pays finit par être essentiellement

basée sur la consommation, ça

révèle l’état de son budget, à ce stade

désastreux pour les pouvoirs publics locaux.

La situation économique ne peut,

dès lors, qu’être mauvaise et engendrer

une répression d’autant plus forte sur le

peuple et les pauvres. Ce n’est pas récent

: les villes ne peuvent fonctionner

qu’en s’endettant, mais, avant, elles

s’arrangeaient pour étaler ces dettes sur

plusieurs années. Avec le temps et l’accumulation

de ces dernières, puis avec

la mauvaise gestion durant la mise sous

poursuivre nos travaux et nous pensons

pouvoir nous sortir de cette situation.

Ça va sans doute nous bloquer

pendant un an ou un an et demi, mais

soyez certains que nous mettrons ensuite

en œuvre les politiques que nous

élaborerons. L’équipe actuelle a toutes

les capacités et les personnes pour faire

face à cette situation. C’est le cas de

toutes les villes qui ont été dirigées par

un administrateur du gouvernement,

mais il est important de savoir qu’ils

ont eu le même fonctionnement et la

même logique dans leurs propres municipalités

AKP. Nous croyons qu’ils

auront un jour à répondre de leurs actes

devant la justice.

Ballast : Parlons un peu de vous,

maintenant. Plus particulièrement de

votre formation politique.

Fatih Mehmet Maçoglu : Je

m’inscris dans une lignée qui remonte

à 1920, et va de Mustafa Suphi [fondateur

du Parti communiste turc, ndlr] à

Ibrahim Kaypakkaya, ce jeune étudiant

révolutionnaire des mouvements universitaires

des années 1970. La pensée

politique socialiste de Kaypakkaya a

été le pilier du mouvement Partizan et

elle se poursuit, de nos jours, avec la

Plateforme des droits démocratiques

Ballast : Pensez-vous que le socialisme

peut advenir par la multiplication

de foyers locaux, ou l’échelle locale

n’est-elle qu’un repli tactique au vu de

l’état actuel du rapport de force ?

Fatih Mehmet Maçoglu : Nous

ne construisons pas un État socialiste,

à Dersim, mais nous organisons une

pensée et une praxis au service du socialisme.

Le socialisme n’est finalement

rien d’autre que préserver le vivant,

l’organiser avant qu’il ne soit objet

d’exploitation et de profit. C’est la protection

de la nature, de l’eau, du monde

vivant tout entier. C’est donc aussi ce

qui lutte, sans cesse et dans tous les

domaines, pour que la vie continue.

Tout ça doit se retrouver dans une organisation

sociale, qui est un espace

de lutte permanente. Une organisation

sociale, je dirais que c’est le lieu, l’espace

à partir duquel le socialisme peut

être éprouvé — puisque c’est à partir

de cette échelle que les conditions de

vie de toutes et tous se posent, s’expérimentent,

se ressentent. Et lorsque

cette organisation, locale, regagne un

pouvoir d’action, elle peut mettre en

application une vision socialiste, permettre

l’expérience du socialisme. On

ne peut pas décréter le socialisme, on

œuvre à son service avec le regard

qu’on pose sur l’éducation, la santé, la

production, comment on lutte pour de

bonnes conditions de vie, comment on

gère les problèmes liés aux besoins des

populations. Nos organisations sont là

pour ramasser les déchets et les ruines

laissés par le capitalisme sur son passage

; elles sont là pour œuvrer à libérer

ce chemin. C’est lorsque les luttes pour

tous les aspects de la vie aboutissent

que le socialisme advient.

Nous ne pouvons donc partir que

du local, mais ça ne revient pas à dire

que nous allons en rester là. Ça va se

développer, tout comme l’expérience

du pouvoir qu’aura le peuple. Notre

transparence est essentielle : elle était

au cœur de notre action à Ovacik. Un

très grand nombre de municipalités,

quels que soient les partis politiques

desquelles elles proviennent ou l’équipe

qui les dirige, ont, depuis, été contraintes

par leur propre population à

mettre en place des coopératives, à

être transparentes dans leur gestion de

la ville — au point de devoir afficher

son budget devant la porte de la mairie.

C’est le peuple qui l’impose de plus en

plus, exigeant de savoir ce qui le concerne.

Toutes les expériences locales

sont une formation, une école, qui peut

faire ensuite exemple, enseignement

pour d’autres. Regardez Marinaleda,

ce petit bourg d’Espagne de moins de

3 000 habitants : le monde entier en

parle ! Pourquoi ? Pour leurs efforts et

leurs luttes pour protéger la vie sous

toutes ces formes. Si ça avait été une

autre ville lambda, qui exploite, mutile,

vole, personne ne connaîtrait ce nom.

Vous voyez la force de ces expériences

locales. Nos luttes, quelles que soient

leur taille, inspirent, et leur écho est

Manifestation de militants du Parti communiste de Turquie (DR)

de chercher à faire l’exact opposé de

ce qu’il promeut. En s’efforçant dans

cette direction, on parviendra uniquement

à devenir un jouet de plus entre

ses mains. Il faut construire un système

politique entier. Pour autant, si

on attend la chute du capitalisme pour

œuvrer pour le socialisme, pour développer

son expérience et organiser sa

pensée en acte, on ne parviendra à rien.

C’est dans les périodes où le capitalisme

s’ensauvage que les expériences socialistes

peuvent d’autant plus éclore, se

développer, se multiplier et même prendre

le pouvoir ; leur force et leur aspect

vital apparaissent de manière plus frappante.

Nous ne devons pas attendre la

chute du capitalisme, non ! Il n’est pas

question d’attendre et de ne voir qu’ensuite

ce qu’on pourrait faire à la place.

C’est région par région, territoire par

territoire, à travers le monde entier, que

nous allons faire grandir et renforcer le

socialisme.

Ballast : Concrètement, comment

aviez-vous mis en place la collectivisation

des terres et de la production

à Ovacik ?

Fatih Mehmet Maçoglu : On

n’a certainement pas commencé en

déclarant que nous avions fondé un

État socialiste, qu’on avait pris le pouvoir

et qu’on abolissait la propriété !

Si la propriété privée disparaît sous le

communisme, elle existe toujours sous

le socialisme, mais il y est question de

modeler les rapports de production afin

qu’ils répondent aux besoins de tous.

À Ovacik, nous avons proposé, en tant

que municipalité, de se mettre au travail

ensemble. Pour donner un exemple

de cette culture de la solidarité, nous

1er mai à Dersim (DR)

à disposition des moyens de transport.

Nous avons ainsi non seulement mis

en pratique une dynamique de solidarité,

mais nous avons fait sauter les

nombreux intermédiaires. Résultat : un

produit sain et plus économique pour le

consommateur, et un gain plus élevé

pour le producteur. Pour finir, nous

avons fourni le carburant aux agriculteurs

afin qu’ils organisent eux-mêmes

la vente de leur production. On a alors

vu sept ou huit agriculteurs se réunir,

une poignée de jeunes, de femmes et

de voisins se regrouper pour produire

ensemble.

Avec la vente des produits issus

des terres communales, nous avons

mis en place un système de bourse

d’études pour les jeunes d’Ovacik, qui

n’avaient pas les moyens d’aller poursuivre

des études supérieures dans les

grandes villes. Le fruit de notre travail

collectif a eu un effet positif sur l’ensemble

de la population. Les villages

autour ont eu connaissance de nos

expérimentations, et la culture de la

solidarité s’est propagée. Si vous développez

une culture de la production individuelle,

vous ne pouvez que dresser

les gens les uns contre les autres, car

ça les met en concurrence. Et, ce faisant,

vous nuisez aux terres car pour

produire plus que mon voisin, je vais

inonder mes sols d’azote, de produits

chimiques, et je vais très vite chercher à

exploiter d’autres personnes pour augmenter

ma production. La production

commune nourrit et préserve la bonne

entente d’un groupe, elle est essentielle

pour le vivre ensemble, sans exploitation

ni oppression, sans discrimination,

sans se dresser les uns contre les autres

suite à la page(16)

Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

11


Perspectives

Lutte des classes aux États-Unis !

Un entretien de La Tribune des

Travailleurs avec Alan Benjamin

éditeur du journal The Organizer

Vague de grèves et renforcement

des syndicats

Tribune des Travailleurs : On a

beaucoup parlé ces derniers mois d’un

essor du mouvement ouvrier aux États-

Unis. Que peux-tu nous en dire ?

Alan Benjamin : Aucun doute

là-dessus, il y a une montée de la

classe ouvrière. Cela a commencé par

d’énormes manifestations dans tout le

pays pour exiger « un salaire minimum

de 15 dollars l’heure et un syndicat ».

Puis cela a pris encore de l’ampleur à

l’automne 2017 avec la première grève

nationale des travailleurs de l’hôtellerie

contre la chaîne des hôtels Marriott, aujourd’hui

la première du monde. Pendant

plus de trois mois, des dizaines de

milliers d’employés d’hôtel ont battu le

pavé à travers tous les États-Unis pour

exiger un salaire qui permette de vivre,

la fin de l’externalisation et l’amélioration

des conditions de travail. Après

une rude bataille, les travailleurs hôteliers

ont obtenu la majeure partie de

leurs revendications.

Quelques mois plus tard, en

février 2018, une vague de grèves des

enseignants a surgi dans ce qu’on appelle

les États « rouges » (le rouge est

la couleur du Parti républicain – ndlr),

de Virginie Occidentale, de l’Oklahoma,

du Kentucky, de l’Arizona – tous des

États où la loi sur le « droit au travail

» rend illégales les grèves dans le secteur

public. Les enseignants ont cessé

le travail – avec le soutien massif des

parents et de la population – pour exiger

non seulement l’augmentation de

leurs salaires et l’amélioration de leurs

conditions de travail, mais également

une augmentation du budget de l’enseignement

public et que soit mis fin

au démantèlement de l’école publique

et à sa privatisation par le biais des «

charter schools ». Les enseignants de

la plupart de ces « États rouges » ont

gagné.

Tribune des Travailleurs : Et

ailleurs ?

A.B. : La « révolte des États

rouges » a inspiré des grèves similaires

organisées par les syndicats à travers

tout le pays : en mai, plus de 50 000

travailleurs des campus des dix universités

de Californie se sont mis en grève

pour une amélioration de leurs salaires

et de leurs conditions de travail. L’Association

des infirmières de Californie a

organisé une grève de solidarité, défiant

l’interdiction de telles grèves par le

NLRB (1).

Dans le même temps, la Cour suprême

des États-Unis adoptait un arrêt

dans le conflit « Janus versus AFSCME

» (2) portant un coup majeur à la capacité

des syndicats à financer leurs activités

par les cotisations des adhérents.

L’objectif des patrons, relayés par la

Cour suprême, était d’écraser le mouvement

syndical une bonne fois pour

toutes. Mais cet arrêt n’a pas empêché

les enseignants et d’autres secteurs

syndicaux d’approfondir leur combat

de résistance. En fait, sa seule

conséquence a été de réveiller le géant

endormi. Les militants syndicaux dans

tout le pays ont appris de l’exemple des

grèves enseignantes des « Red States »

que, y compris sans disposer du cadre

légal de la négociation collective, quand

les travailleurs et les syndicats utilisent

leur puissance collective, ils peuvent

gagner.

Tribune des Travailleurs : Et lors

du « shutdown » (3) ?

A.B: Cette renaissance du mouvement

ouvrier a également fait un

grand pas en avant à l’automne 2018,

lorsque des dizaines de milliers d’enseignants

de Los Angeles et d’Oakland, en

Californie – un État « bleu » cette fois,

Alan Benjamin responsable du

journal The Organizer

c’est-à-dire démocrate –, ont cessé le

travail pour demander une convention

collective correcte et que soit mis un

terme au processus de privatisation via

les « charter schools » imposé par les dirigeants

du Parti démocrate. Leur détermination

à ne pas reprendre le travail

aussi longtemps que nécessaire a contraint

l’administration scolaire et les dirigeants

de l’État de Californie à revenir

à la table des négociations et à céder sur

la plupart des demandes des syndicats,

même si ce n’est pas sur toutes. Une

autre expression claire de ce nouvel

état d’esprit de combat du mouvement

ouvrier a été l’appel de Sara Nelson (4)

en janvier 2019 à une grève nationale

pour mettre un terme au « shutdown »

des services publics organisé par l’État

fédéral durant 35 jours – le plus long de

l’histoire des États-Unis –, forçant 800

000 fonctionnaires à travailler sans

salaire et sans aucun recours.

L’appel de Sara Nelson, présidente

du syndicat des personnels des

transports aériens (AFA-CWA), était

repris par d’autres hauts responsables

syndicaux, ce qui a été perçu comme

des signaux d’alarme dans les allées

du pouvoir et a abouti à la levée immédiate

du shutdown par l’administration

Trump. Cette montée de l’activité

militante dans le mouvement ouvrier

a à son tour encouragé les efforts des

syndicats pour organiser les travailleurs

dans le secteur public et dans d’innombrables

autres secteurs de l’industrie

– du combat de l’ILWU pour organiser

les travailleurs de la brasserie industrielle

Anchor Steam à San Francisco, à

celui de la BMWE-IBT pour organiser

les cheminots de la côte Est, à celui

des chauffeurs d’Uber dans la Silicon

Valley. Le nombre de syndiqués n’a

pas baissé, comme on s’y attendait, il

a augmenté.

Un autre signe des changements

en cours dans le mouvement ouvrier,

c’est le vote par l’un des syndicats

traditionnellement les plus conservateurs

– celui des peintres en bâtiment

et associés (IUPAT) – d’une résolution

qui condamne tant les raids de l’ICE (5)

que la déportation de 680 travailleurs

migrants des élevages de poulets du

Mississippi et les assassinats racistes

de travailleurs latinos et leurs familles

à El Paso (Texas), lors de son congrès

national en août dernier.

Cette résolution de l’IUPAT indique

notamment : « Les raids de l’ICE

et l’attaque suprémaciste blanche qui a

tué 22 personnes sont tous deux des

actes de terreur contre les travailleurs.

Dans le mouvement ouvrier, nous

savons que la solidarité entre les travailleurs

de différentes origines et la

solidarité de classe sont ce qui permet

de faire avancer les droits des travailleurs

dans ce pays ; nous ne laisserons

aucun milicien privé, garde-frontière,

politicien, gouvernement ou patron

nous diviser. »

Une autre expression de cette

résistance croissante, c’est le développement

au sein même du mouvement

ouvrier de la campagne ouvrière

« for single-payer healthcare » (pour

un système de sécurité sociale fondé

sur le salaire différé). En dépit du refus

du président de l’AFL-CIO, Richard

Trumka, de soutenir cette campagne,

un nombre croissant de syndicats se

prononcent pour le « Single Payer Now

(maintenant) » et beaucoup organisent

des coalitions syndicales avec des

associations populaires pour organiser

cette campagne. Trumka explique

qu’on aura « au final » besoin d’un tel

plan mais qu’entre-temps il faut une

« approche transitoire » protégeant les

systèmes actuels.

Le Workplace Democracy Act de

Bernie Sanders

Tribune des Travailleurs :

Cette vague de grèves et de mobilisations

syndicales trouve-t-elle une expression

sur le plan politique ?

Alan Benjamin : Oui, les formes

en sont multiples. L’une des plus significatives

est le lancement par Bernie

Sanders (6) – qui présente sa candidature

aux primaires du Parti démocrate –

de ce qu’il appelle le Workplace Democracy

Act (loi pour la démocratie sur les

lieux de travail), pour, dit-il « doubler

le nombre de syndiqués dans les quatre

prochaines années » (7). On s’en

doute : la direction du Parti démocrate

se contentera d’approuver du bout des

lèvres tel ou tel aspect de ce projet de

loi, et encore. En revanche, nombre de

militants et de responsables syndicaux

à tous les niveaux ont ouvertement applaudi

ce projet et « s’organisent pour

garantir que cette loi soit mise en œuvre

», comme le dit un ancien dirigeant

syndical de Caroline du Sud. Parmi

les seize points du Workplace Democracy

Act, relevons : • possibilité pour

les syndicats de s’implanter dans une

entreprise si la majorité des salariés

signent pour cela, sans passer par le

référendum dans l’entreprise comme

c’est le cas actuellement ; • interdiction

aux entreprises de s’opposer à la

formation d’un syndicat en refusant de

signer un premier accord contractuel

; • suppression du « droit à travailler

pour un salaire moindre » qui a permis

à vingt-huit États d’adopter des lois qui

entravent considérablement les efforts

des syndicats pour organiser les travailleurs

; • interdiction aux patrons de

classer des salariés comme « auto-entrepreneurs

» ou comme « superviseurs

» afin de ne pas payer leurs heures

supplémentaires ; • reconnaissance du

droit de grève pour les fonctionnaires

fédéraux ; • interdiction à l’administration

fédérale de passer des contrats

avec des entreprises qui versent des

salaires de misère, externalisent leurs

emplois à l’étranger, ont recours à des

pratiques antisyndicales, etc. ; • interdiction

du remplacement permanent

des travailleurs en grève ; • préservation

des retraites des travailleurs ; •

interdire la pratique des entreprises qui

contraignent leurs salariés à participer

à des réunions antisyndicales obligatoires

sous peine de perdre leur emploi ;

• rétablissement du droit pour les syndicats

de prendre la parole pour appeler

clients et fournisseurs au boycott d’une

entreprise qui interdit les syndicats.

Tribune des Travailleurs : Un

programme plutôt audacieux vu la

législation en vigueur ?

A. B. : Ces revendications correspondent

à ce pour quoi le mouvement

ouvrier n’a cessé de combattre,

sans résultat, depuis 1945. Aucun

responsable politique à ce jour ne les

avait regroupées dans un plan d’ensemble,

comme l’a fait Sanders. Mais

cela pose la question à un million de

dollars : comment ce Workplace Democracy

Act pourra-t-il voir le jour ?

Sous la présidence du démocrate Bill

Clinton (1993-2001) a été signé le

Nafta (8), accord de « libre commerce

» accélérant la destruction des emplois

dans les entreprises où les syndicats

existaient, remplacés par des emplois

sous-payés ou par les délocalisations

vers les maquiladoras de l’autre côté

de la frontière mexicaine. Au début de

la présidence d’Obama (2009-2017),

le Parti démocrate contrôlait les deux

chambres du Parlement. Obama avait

mené campagne dans la Rust Belt

(9) pour l’adoption du Employee Free

Choice Act (propositions de loi concernant

le droit du travail – EFCA) qui aurait

donné aux syndicats la possibilité

d’organiser les travailleurs au travers

d’une simple campagne de signatures

majoritaire. Mais sous la pression des

barons de l’industrie et de la finance,

qui contrôlent le Parti démocrate comme

le Parti républicain, Obama a renoncé

à l’EFCA.

Tribune des Travailleurs : Mais

cette fois, le projet de loi de Bernie

Sanders est tout de même d’une

autre ampleur ?

A. B. : Soyons clairs, le Workplace

Democracy Act, quel que soit le

candidat élu, démocrate ou républicain,

subira le même sort que les promesses

de Clinton et d’Obama. Il est certain que

Bernie Sanders n’obtiendra pas l’investiture

du Parti démocrate pour 2020.

L’appareil du parti, regroupé dans le

Democratic National Committee (Comité

national démocrate – DNC), avait

déjà truqué la primaire au détriment de

Sanders en 2016 et il est à nouveau

en train de le faire pour la primaire en

cours. Le candidat du DNC, c’est Joe

Biden. Mais la chute de ce dernier dans

les sondages amène l’appareil à promouvoir

dès maintenant la « progressiste

» Elizabeth

Warren pour canaliser l’électorat

de Sanders vers le Parti démocrate.

Le DNC a aussi changé les règles de

financement du parti pour empêcher

Sanders de disposer de sa propre base

financière. Le Parti démocrate a besoin

que Bernie Sanders joue le rôle d’un

bon chien de berger, chargé de ramener

les électeurs issus de la classe ouvrière

et de la jeunesse dans le giron du Parti

démocrate au nom du « Chasser Trump

». Mais c’est tout. Et Sanders a accepté

de jouer leur jeu, en respectant leurs

règles. Il s’est engagé – comme il l’a

fait avec Hillary Clinton en 2016 – à

soutenir le candidat qui « gagnera » la

nomination comme candidat du Parti

démocrate, quel qu’il soit, que ce soit

Joe Biden, Elizabeth Warren ou un autre.

Il a également accepté d’abandonner

la campagne de financement autonome

de son courant « Notre révolution

». En un mot, Sanders a tout fait pour

montrer qu’en dépit de son étiquette «

indépendante » et « socialiste » c’est

un démocrate loyal, c’est-à-dire un

partisan loyal de l’un des deux partis

jumeaux des patrons.

Une nouvelle opportunité

s’ouvre pour aller vers un parti

indépendant »

Tribune des Travailleurs :

The Organizer indique qu’il y a une

progression importante de l’organisation

Democratic Socialists of America

(DSA), qui a participé à la campagne de

Bernie Sanders aux primaires du Parti

démocrate. Pourquoi ?

Alan Benjamin : DSA a longtemps

été un refuge confortable pour

bureaucrates syndicaux soutenant une

politique sociale-démocrate libérale à

l’intérieur du Parti démocrate. Mais

DSA a réémergé lors de la campagne

des primaires pour Bernie Sanders,

avec un renouvellement de sa base

regroupant essentiellement des travailleurs

du rang et des jeunes. C’est là une

autre expression de la radicalisation

croissante de la jeunesse et de secteurs

de la classe ouvrière. DSA vient de tenir

sa convention nationale à Atlanta, avec

Une manifestation ouvrière pour exiger

« un salaire minimum de 15 dollars l’heure et un syndicat »

plus de mille délégués représentant 56

000 adhérents, organisés dans des centaines

de sections au niveau national.

Au cours de la discussion préparatoire

à la convention, un certain nombre de

sections de DSA ont refusé de soutenir

la candidature de Sanders, comme le

proposait la direction sortante, affirmant

que voter pour Sanders revenait

en définitive à voter pour Biden ou

Warren (10) pour la simple et bonne

raison que Bernie ne sera pas désigné

comme candidat du Parti démocrate et

qu’il a d’ores et déjà appelé ses partisans

à voter pour le candidat qui sera

choisi par le comité national du parti.

Beaucoup de militants de DSA ont donc

constitué un regroupement interne qui

s’appelle le Red Star Caucus (l’étoile

rouge), qui appelle DSA à lancer une

campagne pour la constitution d’un

Parti des travailleurs, maintenant.

Dans ces conditions, la nouvelle direction

de DSA, dont l’essentiel des membres

appartient à une autre tendance,

suite à la page(16)

12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019


Perspectives

Notre Mémoire se souvient!

Immortel Che Guevara

Par Frantz Latour

«Ses yeux brillaient intensément.

Il m’a fasciné. Je l’ai vu grand, immense…»

Mario Teran

Ainsi l’avait vu Mario Teran, le

sous-officier auquel le Cubain de la

CIA, Felix Ramos avait intimé l’ordre

d’exécuter le Che : «grand, immense».

Bientôt cinquante-deux ans.

Cinquante-deux ans depuis que le 13

octobre 1967 Ernesto Che Guevara a

été froidement et lâchement assassiné

par les ennemis de la libération des

peuples de l’oppression, de l’injustice

et de la pauvreté. Indissociable des

idéaux qui ont abouti au triomphe

de la révolution cubaine, Che Guevara

est devenu un véritable mythe

en mourant jeune au service d’une

cause qu’il croyait profondément être

une cause universelle: «le don de soi,

sans concession, aux plus démunis

et la lutte sans merci contre la tyrannie

et l’oppression.» Cinquante-deux

ans plus tard, le Che est encore grand

et immense aux yeux de tous ceuxlà

qui le considèrent un symbole de

désintéressement absolu, promoteur

imprescriptible de l’idée et de l’idéal de

«l’homme nouveau».

Che, c’est le grand voyageur qui

part à la découverte de ses «racines

latino-américaines». Au cours de ce

fantastique périple, en partie à moto,

il fait connaissance avec l’infernale

mine de cuivre de Chuquicamata, une

révélation pour l’argentin dont le compagnon

de route, Alberto, constate que

pour ces indiens arauco qui se tuent

au travail, «par un tour de passe-passe

qui [leur] échappe, leur terre rouge

se transforme en billets verts.» Dans

l’Amazonie brésilienne, le Che côtoie

de près des lépreux à l’hôpital San Pablo.

Pour la première fois de leur vie, ces

malades découvrent aussi qu’ils ont

des humains à part entière, car le Che

partage leur repas, organise des matches

de football entre les patients et vit de

plain-pied avec eux.

On connaît l’odyssée politique

et militaire du Che, du Mexique où il

rencontre Fidel Castro jusqu’à la Sierra

Maestra d’où il s’élancera avec

Camilo Cienfuegos, les deux à la tête

des colonnes de la guérilla du 26 juillet

jusqu’à l’entrée triomphale à la Havane

le 3 janvier 1959, à la tombée de la

nuit. Ce sera ensuite un Che aux postes

du gouvernement révolutionnaire,

ambassadeur de la Révolution dans

le Tiers-monde jusqu’à sa décision de

partir en Bolivie où, selon Fidel Castro,

Ernesto Che Guevara devenu

une figure majeure de l'Amérique

Latine et de l'Histoire du XX ème

siècle, par l'ampleur de son action

et l'influence de sa pensée. L’étoile

du Che brille au-dessus de Valle

Grande. C’est elle qui nous montre

la route vers «les rivages de la

grande amour humaine», vers la

révolution

«il voulait commencer une lutte dont

l’objectif principal était sa patrie avant

de l’étendre à toute la région».

On a toujours parlé de la grande

force morale du Che, de sa volonté

d’acier à surmonter les obstacles quels

qu’ils fussent, de sa franchise extrême,

de son haut sens de l’honneur et de

l’éthique en politique et au combat,

de sa formidable intelligence et de son

exemplaire droiture, autant de qualités

et d’attributs que Fidel Castro a ainsi

résumés: «Un homme d’une pudeur,

d’une dignité et d’une intégrité colossales.»

Son père a écrit de lui: «Autant il

était glacial au combat, inflexible dans

tout ce qui touchait la Révolution, autant

sa tendresse était immense…»

Par son rôle majeur dans le succès

de la Révolution Cubaine, un véritable

culte d’Etat à Guevara s’est installé

au fil du temps sur l’île de Cuba.

Dès sa mort, les drapeaux ont été mis

en berne à Cuba pendant 30 jours, et

depuis, la journée du 8 Octobre est

commémorée comme celle du « guérillero

héroïque ». Plusieurs cérémonies

sont organisées sur l’île autrefois dirigée

par Fidel Castro, rassemblant de

grandes foules émues. Che Guevara

accède au rang de mythe à travers les

discours de son compagnon de lutte

Fidel Castro, qui insiste particulièrement

sur son exemplarité. Plus tard, en

1987, alors que Cuba est confronté à

des difficultés économiques, Castro se

sert de l’intégrité que symbolise le Che

pour remobiliser les Cubains. Ce culte

à Guevara s’est amplifié avec le rapatriement

de ses restes en Juillet 1997

à Cuba.

La désertion en mars 1967 de

Pastor Barrera Quintana (Daniel), son

coup fatal porté à la guérilla en révélant

à l’armée bolivienne les secrets militaires

du campement, une grave blessure

au mollet droit, une carabine M-1

soudainement transpercée par un balle

et mise hors d’état, vont sceller le destin

du Che. Jusqu’au dernier moment,

l’homme restera plein d’humanité.

Par l’ampleur de son action et

l’influence de sa pensée, le Che est devenu

une figure majeure de l’Amérique

Latine et de l’Histoire du XX ème siècle.

C’est aussi le goût d’inachevé de

son œuvre qui contribue à de nombreux

mouvements politiques de se

revendiquer du Che, et le charisme

qu’il dégage qui ont fait un de lui un

symbole de la résistance mainte fois

récupéré.

Le 9 octobre 1967, au tout début

de l’après-midi, Mario Teran l’exécutait

de deux rafales de mitrailleuse.

Depuis, l’étoile du Che brille

au-dessus de Valle Grande. C’est elle

qui nous garde éveillés, c’est elle qui

nous montre la route vers «les rivages

de la grande amour humaine», vers la

révolution.

Octobre 2019

La mémoire au service des luttes : Gamal Abdel Nasser

Par FUIQP & Alain Saint Victor

Il y a 49 ans, le 28 septembre

1970, Gamal Abdel Nasser

décédait. Né en 1918 à Alexandrie

dans une famille modeste

avec un père employé de la poste,

le jeune Gamal découvrit de nombreuses

villes égyptiennes au gré

des affectations de son père.

Il commence son activité

politique en participant aux manifestations

pour le rétablissement

de la constitution de 1923 et la

fin de l’ingérence étrangère en

Egypte.

En 1935 Nasser prend la tête

d’une manifestation étudiante au

Caire, qui dénonce l’influence britannique

en Égypte. Il est également

actif l’année suivante dans

les manifestations s’opposant au

traité anglo-égyptien prévoyant le

maintien des bases britanniques

en Egypte.

En 1937, il postule à

l’Académie militaire égyptienne

pour devenir officier, mais sa demande

est refusée en raison de

son activité politique.

Il renouvelle sa candidature

en cherchant des appuis au

sein du corps enseignant et finit

par être accepté l’année suivante.

Diplômé, il est affecté comme

sous-lieutenant dans l’infanterie

jusqu’en 1943, date à laquelle il

devient instructeur à l’académie

militaire.

Dès 1942, il regroupe autour

de lui de jeunes officiers anticolonialistes

favorables à une rupture

et un rejet de la tutelle britannique.

En 1948 il se porte volontaire

pour aller combattre en Palestine.

Il dirige un bataillon d’infanterie

et est aux premiers postes

pour constater l’impréparation de

l’armée égyptienne. Il dénonce

publiquement cette impréparation.

Gamal Abdel Nasser

Il se fait également remarquer

par son refus de se rendre

lors de la bataille de Falujas. Ce

refus fait de lui un héros aux yeux

de la population.

C’est cette expérience de la

guerre qui convainc définitivement

Nasser de la nécessité de se

débarrasser de la monarchie. C’est

également pendant le siège de

Faluja qu’il commence la rédaction

de son livre « Philosophie de

la révolution ». Il rentre en contact

avec les frères musulmans,

mais est déçu par le caractère très

modéré de leur nationalisme.

En 1949, il fonde le « mouvement

des officiers libres », une

organisation clandestine comprenant

des membres du groupe

Jeune Égypte, de l'organisation

des Frères musulmans et du parti

communiste égyptien.

Il devient le président du

mouvement. Pendant trois ans, le

mouvement publie des journaux

clandestins pour préparer l’opinion

au renversement de la monarchie.

En janvier 1952 des affrontements

ont lieu à Ismaïlia entre

des manifestants et l’armée britannique.

Les policiers égyptiens

se mettent du côté des manifestants

et 40 d’entre eux sont tués.

Dès le lendemain, des émeutes

de protestation éclatent au

Caire et s’attaquent aux bâtiments

britanniques. Elles font 76 victimes

dont 9 britanniques. Tirant

le bilan de ces manifestations

anticoloniales, Nasser publie un

programme en 6 points visant à

démanteler le féodalisme et l’influence

néocoloniale britannique.

Le 22 juillet de la même année,

le mouvement des officiers

libres organise un coup d’État et

s’empare du pouvoir.

Dès septembre, la révolution

agraire est lancée. En janvier

1953, il ouvre des négociations

pour le retrait des troupes

britanniques du canal de Suez.

Vice-président, Nasser s’oppose

rapidement au chef de l’État Mohammed

Naguib, qui s’oppose à

la réforme agraire et qui n’est pas

favorable à l’abolition de la monarchie.

En mars 1954, Naguib

prend des mesures pour saboter la

réforme agraire. La réaction populaire

est immédiate : 1 millions de

travailleurs se mettent en grève

et des dizaines de paysans manifestent

dans la capitale.

C’est dans ce contexte que

Nasser prend le pouvoir en bénéficiant

d’un large soutien populaire

en raison de ses positions sur la

réforme agraire et la nationalisation

du canal de Suez.

Participant à la conférence

de Bandung, Nasser se fait remarquer

pour son radicalisme anticolonial.

Il devient rapidement un

leader reconnu du nouveau mouvement

tiers-mondiste.

Lors du déclenchement de

la lutte armée algérienne, il accueille

le FLN au Caire et accorde

à la guérilla algérienne une aide

financière et en armes. La Caire

devient à partir de cette date un

refuge pour tous les mouvements

indépendantistes africains.

En 1956, Nasser nationalise

le canal de Suez et appelle

à la résistance lors de l’invasion

anglo-franco-israélienne. Le fiasco

de l’invasion renforce encore

l’aura du président égyptien dans

l’ensemble du tiers-monde.

Nasser défend dès cette période

le panarabisme appelant à la

fusion de toutes les nations arabes.

La création de la République

Arabe Uni en 1958 avec la Syrie

fut cependant un échec : elle est

dissoute en 1961.

Sur le plan intérieur il procède

à de nombreuses nationalisations,

crée un système d’assurance maladie,

développe la construction de

logements sociaux et généralise

l’accès à l’enseignement.

Une partie des frères musulmans

s’oppose à cette orientation

et en particulier au projet

d’approfondir la réforme agraire.

La réponse de Nasser fut une

répression féroce qui provoqua

des milliers d’arrestations et la

pratique de la torture. À d’autres

Guarino Funeral Home

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Brooklyn, NY 11236

718-257-2890

moments se sont les communistes

qui sont victimes de la même répression.

Après la défaite de l'Égypte

lors de la guerre des Six Jours en

1967, Nasser démissionna avant

de renoncer du fait des manifestations

demandant son maintien

au pouvoir. Il succomba à une

crise cardiaque en 1970. Le jour

de son enterrement 5 millions

d’égyptiens participent au cortège

funèbre le 1er octobre 1970.

Malgré la répression importante

à certaine période, Nasser

reste au moment de sa mort

un symbole de la résistance anti-impérialiste

tant en Égypte que

dans le reste du tiers-monde.

Texte : FUIQP

(Modifications et ajouts ASV)

Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Perspectives

Réponse du président cubain aux mensonges de Donald

Trump et du « mini-Trump » Bolsonaro !

L’actuel hôte de la Maison-Blanche Donald Trump et le « mini-Trump »

brésilien Jair Bolsonaro

Par Raul Antonio Capote & Yisell Rodríguez Milán

Le président cubain Miguel Diaz-Canel

Bermudez, a qualifié l’actuel

hôte de la Maison-Blanche

Donald Trump et le « mini-Trump »

brésilien Bolsonaro de « deux menteurs

pathologiques de plus en plus

isolés », après avoir entendu leurs

discours ce mardi à la 74e session

de l'Assemblée générale des Nations

unies

Le président cubain Miguel Diaz-Canel

Bermudez, a qualifié

l’actuel hôte de la Maison-Blanche

Donald Trump et le « mini-Trump »

brésilien Jair Bolsonaro de « deux

menteurs pathologiques de plus en

plus isolés », après avoir entendu

leurs discours ce mardi à la 74e session

de l'Assemblée générale des Nations

unies.

Sous l'étiquette #SomosCuba,

utilisée comme appel et un symbole

de l'unité nationale autour du projet

révolutionnaire, le président a publié

une série de messages dans lesquels

il a appelé Trump « L'Empereur des

États-Unis » avant de décrire les

références dans son discours à Cuba

et au Venezuela comme « mensongères,

calomnieuses, des accusations

diffamatoires et inadmissibles

».

« Son échec face à Cuba et

au Venezuela suscite son arrogance

impériale et il tente de justifier sa

défaite par de faux arguments.

#Cuba donnera la réponse digne et

énergique qu'il mérite », a souligné

le président en reprenant les propos

du ministre cubain des Relations extérieures

à cette tribune internationale.

« Cuba rejette énergiquement

les calomnies de Bolsonaro au sujet

de notre coopération médicale internationale

», a-t-il écrit dans un autre

Tweet où, en outre, il reprend le

message publié sur son compte Twitter

depuis New York par le ministre

des Relations extérieures Bruno Rodriguez

Parrilla, qui se trouvait dans

la même salle aux Nations Unies où

Jair Bolsonaro et Donald Trump ont

proféré leurs mensonges honteux et

irrespectueux devant le monde.

« Il devrait s’occuper de la corruption

dans son système judiciaire,

son gouvernement et sa famille. Il est

le dirigeant responsable de la hausse

des inégalités au Brésil », avait écrit

Bruno Rodriguez lors du discours du

président brésilien.

« L'ignorance des présidents

des États-Unis et du Brésil disqualifie

la politique internationale par leur

rhétorique. Ils se moquent de la vie

sur la planète en ignorant la gravité

de la crise climatique actuelle. Ils

sont les porte-drapeaux du fascisme.

La fermeté de #Cuba restera inébranlable

», a également écrit Diaz-Canel.

Et d’ajouter : « Autre insulte

aux Nations Unies : Bolsonaro affirme

que Donald Trump symbolise

le "respect de la souveraineté" et que

les scientifiques ont tort d’affirmer

que les forêts amazoniennes sont

les poumons du monde. Pas étonnant

que Greta Thunberg pleure pour

l'avenir de la planète. »

Greta Thunberg est jeune une

militante écologiste qui a fait la une

de nombreux médias de presse et de

tendances sur les réseaux sociaux,

notamment Twitter, ce mardi.

Thunberg a prononcé le discours

d'ouverture du Sommet Action

Climat au siège des Nations Unies,

et Trump, sur Twitter, s'est moquée

d'elle pour avoir accusé la classe politique

et économique d'indifférence et

de ne parler que d' « argent, de contes

de fées et de croissance économique

éternelle ».

« Elle a l’air d’une jeune femme

très heureuse qui regarde vers un

avenir merveilleux et souriant. Tellement

agréable à regarder ! », a

écrit le président des États-Unis sur

Twitter au sujet de l'intervention de

la jeune femme qui, selon la presse

internationale, a soulevé les chiffres

« dérangeants » du réchauffement

climatique et des émissions de

suite à la page(19)

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen, le Ministère Public entendu, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience précitée, pour le

profit, déclare fondée ladite action ; admet en conséquence le

divorce du sieur Max FLEURANTIN d’avec son épouse née Lucienne

SALOMON pour injures graves et publiques aux torts de l’épouse ;

prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre

lesdits époux ; ordonne à l’officier de l’Etat Civil de la section Est de

Port-au-Prince de transcrire dans les registres à ce destinés, le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l’un

des quotidiens s’éditant à la capitale sous peines de dommages et

intérêts envers les tiers s’il y echet ; commet l’huissier Wiltio Alexandre

pour la signification de ce jugement. Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy Augustin, Juge en audience

civile, ordinaire et publique du mercredi trois juillet deux mille

dix-neuf, en présence de Me. Paul Wesley, substitut commissaire du

Gouvernement de ce ressort avec l’assistance du sieur Junior

Sauvens THELEMAQUE, Greffier du siège.

Il est ordonné, etc…

En foi de quoi,etc…

Me Sergot ORESTE, Av

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen, le Ministère Public entendu, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience précitée, pour le

profit, déclare fondée ladite action ; admet en conséquence le divorce

du sieur Jonas Gérôme d’avec son épouse née Marie Michelle Polynice

pour injures graves et publiques aux torts de l’épouse, prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux ;

ordonne à l’officier de l’Etat Civil de la section Est de Port-au-Prince de

transcrire dans les registres à ce destinés, le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l’un des quotidiens s’éditant

à la capitale sous peines de dommages-intérêts envers les tiers s’il y

echet ; commet l’huissier Wiltio Alexandre pour la signification de ce

jugement. Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy Augustin, Juge en audience

civile, ordinaire et publique du mercredi dix-sept juillet deux mille

dix-neuf, en présence de Me. Paul Wesley, substitut commissaire du

Gouvernement de ce ressort avec l’assistance du sieur Junior Sauvens

THELEMAQUE, Greffier du siège.

Il est ordonné, etc…

En foi de quoi,etc…

Me Sergot ORESTE, Av

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen, le Ministère Public entendu, maintient

le défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience précitée,

pour le profit, déclare fondée ladite action ; admet en

conséquence le divorce du sieur Etzer Joseph SUPPLICE d’avec son

épouse née Lovelie MONTAS pour injures graves et publiques aux

torts de l’épouse ; prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre lesdits époux; ordonne à l’officier de l’Etat Civil de la

section Est de Port-au-Prince de transcrire dans les registres à ce

destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

inséré dans l’un des quotidiens s’éditant à la capitale sous peines

de dommages et intérêts envers les tiers s’il y echet ; commet

l’huissier Wiltio Alexandre pour la signification de ce jugement.

Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy Augustin, Juge en audience

civile, ordinaire et publique du mercredi dix-sept juillet deux mille

dix-neuf, en présence de Me Paul Wesley substitut commissaire du

Gouvernement de ce ressort avec l’assistance du sieur Junior

Sauvens THELEMAQUE, Greffier du siège.

Il est ordonné, etc…

En foi de quoi,etc…

Me Sergot ORESTE, Av

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen, le Ministère Public entendu, maintient

le défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience précipitée,

pour le profit, déclare fondée ladite action ; admet en

conséquence le divorce de la dame Freda BALTAZAR d’avec son

époux Gardy FREDERIQUE pour injures graves et publiques aux

torts de l’époux, prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre lesdits époux; ordonne à l’officier de l’Etat Civil de la

section Est de Port-au-Prince de transcrire dans les registres à ce

destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

inséré dans l’un des quotidiens s’éditant à la capitale sous peines

de dommages et intérêts envers les tiers s’il y echet; commet l’huissier

Wiltio Alexandre pour la signification de ce jugement.

Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy Augustin, Juge en audience

civile, ordinaire et publique du mercredi vingt-quatre juillet deux

mille dix-neuf, en présence de Me. Paul Wesley, substitut commissaire

du Gouvernement de ce ressort avec l’assistance du sieur

Junior Sauvens THELEMAQUE, Greffier du siège.

Il est ordonné, etc…

En foi de quoi,etc…

Me Sergot ORESTE, Av

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14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019


Perspectives

Algérie : «Le hirak maintient la pression» Marée humaine à Tizi Ouzou

Par Madjid Makedi

Plusieurs centaines de milliers de

manifestants ont envahi le centre-ville

dès le début de l’après-midi

pour dire non à «un 5e mandat

déguisé», dont les contours commencent

à se dessiner avec l’annonce des

noms des candidats à la candidature,

dont l’ancien Premier ministre, Abdelmadjid

Tebboune, et le président du

parti Talaie El Hourriyet (Avant-garde

des libertés), Ali Benflis.

Un tsunami populaire! Le hirak

se montre toujours déterminé à

faire barrage à la présidentielle du 12

décembre prochain.

En dépit de toutes les manœuvres

des tenants du pouvoir, le mouvement

populaire reste soudé et plus

que jamais engagé à faire aboutir sa

révolution. Il s’oppose «au fait accompli»

et rejette aussi les prétendants à

ce scrutin.

En effet, la capitale, Alger, était

hier au rendez-vous pour le 32e vendredi

de la mobilisation. Septième mois

de la révolution pacifique.

Plusieurs centaines de milliers de

manifestants ont envahi le centre-ville

dès le début de l’après-midi pour dire

non à «un 5e mandat déguisé», dont

les contours commencent à se dessiner

avec l’annonce des noms des candidats

à la candidature, dont l’ancien

Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune,

et le président du parti Talaie El

Hourriyet, Ali Benflis. Comme ce fut le

cas lors du 31e vendredi, la foule des

manifestants était aussi compacte.

Malgré l’absence des moyens

de transport, bus et train, qui ont été

contraints de suspendre leurs dessertes

sur Alger hier, les marcheurs, toujours

engagés, ont malgré tout réussi

à rejoindre le centre-ville. Il y en a

même qui se sont déplacés à pied sur

plusieurs dizaines de kilomètres pour

participer à la manifestation.

Brandissant l’emblème national,

des banderoles et des pancartes portant

des slogans hostiles au pouvoir en

place et à sa feuille de route, les manifestants

ont afflué des quatre coins

d’Alger pour rejoindre les places de

la Grande-Poste et Audin, où étaient

rassemblés déjà les premiers contestataires

dès le début de la matinée.

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen, le Ministère Public entendu, maintient

le défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience précitée,

pour le profit, déclare fondée ladite action ; admet en

conséquence le divorce de la dame Marjorie PAULTINE d’avec son

époux Gardy Jn Erick JN BAPTISTE pour injures graves et publiques

aux torts de l’époux, prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre lesdits époux; ordonne à l’officier de l’Etat Civil

de la section Est de Port-au-Prince de transcrire dans les registres

à ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

inséré dans l’un des quotidiens s’éditant à la capitale sous peines

de dommages et intérêts envers les tiers s’il y echet; commet l’huissier

Wiltio Alexandre pour la signification de ce jugement.

Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy Augustin, Juge en audience

civile, ordinaire et publique du mercredi dix-sept juillet deux mille

dix-neuf, en présence de Me. Paul Wesley, substitut commissaire du

Gouvernement de ce ressort avec l’assistance du sieur Junior

Sauvens THELEMAQUE, Greffier du siège.

Il est ordonné, etc…

En foi de quoi,etc…

Me Sergot ORESTE, Av

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen, le Ministère Public entendu, maintient le défaut

octroyé contre la défenderesse à l’audience précitée, pour le profit, déclare

fondée ladite action ; admet en conséquence le divorce des époux Reynold

CHERISMA la femme née Yoesnaide Guevara PEREZ pour injures

graves et publiques aux torts de l’épouse ; prononce la dissolution des

liens matrimoniaux existant entre lesdits époux ,ordonne à l’officier de

l’Etat Civil de la section Est de Port-au-Prince de transcrire dans les

registres à ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait

sera inséré dans l’un des quotidiens s’éditant à la capitale sous peines de

dommages-intérêts envers les tiers s’il y echet; commet l’huissier Wiltio

Alexandre pour la signification de ce jugement. Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy Augustin, Juge en audience civile,

ordinaire et publique du mercredi vingt-trois janvier deux mille dix-neuf,

en présence de Me. Paul Wesley, substitut commissaire du Gouvernement

de ce ressort avec l’assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE,

Greffier du siège.

Il est ordonné, etc…

En foi de quoi,etc…

Me Sergot ORESTE, Av

Vers 13h45, plusieurs processions

de manifestants, composées

de femmes, d’hommes, de vieux, de

jeunes et d’enfants, se sont ébranlées

à partir des places du 1er Mai et des

Martyrs pour arpenter les principaux

boulevards et rues d’Alger.

«Le peuple est le seul président»

Les protestataires adoptent de nouveaux

slogans en rapport avec le

contexte du moment. Considérant la

candidature des anciennes figures du

système comme une volonté d’aller

vers «un 5e mandat sans Bouteflika»,

les manifestants reviennent aux mots

d’ordre lancés au début du hirak.

«Makench el khamsa, djibou el BRI,

zidou sa3iqa!» (Pas de 5e mandat

déguisé, faites appel à la BRI et aux

forces spéciales), lance la foule.

Reproduisant les images du

printemps dernier, lorsque le mouvement

populaire était au sommet de

sa mobilisation, les participants à la

marche d’hier n’ont pas manqué de

fustiger les candidats déclarés, particulièrement

ceux qui sont présentés

comme de sérieux prétendants, en

l’occurrence Abdelmadjid Tebboune et

Ali Benflis.

«La Benflis, la Tebboune, hada

echaab houwa errais !» (Ni Benflis ni

Tebboune, le Président c’est le peuple),

scandent-ils. La foule reprend aussi

en chœur les slogans rejetant la tenue

d’une élection présidentielle sous la

houlette des mêmes figures de l’ancien

régime, dont le Premier ministre,

Noureddine Bedoui, et le chef de l’Etat

intérimaire, Abdelkader Bensalah.

«3amrou el istimarat fi El Imarat!»

(Remplissez vos formulaires de souscription

aux Emirats), «Makenche

intikhabat ya el issabat!» (Pas d’élections

espèce de bande), «Makench el

vot, wallah ma n’dirouh, Bedoui, Bensalah

lazem itirou!» (Pas d’élections,

elles n’auront pas lieu. Bedoui et Bensalah

doivent partir), lancent-ils, en

exigeant la mise en place d’«une véritable

période de transition démocratique».

«Libérez les détenus!»

A la Grande-Poste et à la place Audin,

comme à la rue Hassiba Ben Bouali,

le boulevard Amirouche et la rue Asselah

Hocine, les marcheurs ont aussi

scandé des slogans hostiles au chef

d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd

Salah, et aux généraux qui s’affairent,

selon eux, à reconstituer le système.

«Echaab yourid el istiqlal!» (Le peuple

veut l’indépendance), affirme encore

la foule qui n’a cessé de prendre de

l’ampleur au fil des heures.

Outre les slogans opposés aux

élections et aux tenants du pouvoir

en place, les manifestants réclament

aussi, avec force, la libération des détenus

d’opinion et politiques, dont le coordinateur

de l’UDS (Union démocratique

et sociale), Karim Tabbou, libéré

mercredi avant d’être renvoyé à la

prison sur décision du procureur près

le tribunal de Sidi M’hamed, d’Alger.

«Karim Tabbou echaab ihabou!» (Tabbou

est aimé par le peuple).

El Watan 28 septembre 2019

Par Hafid Azzouzi

Le rejet de l’élection présidentielle du

12 décembre prochain a été réaffirmé,

encorne une fois, hier, par les

participants à la grandiose marche qui

a eu lieu dans la ville de Tizi Ouzou, à

l’occasion du 32e vendredi de protestation

pour le départ du système. «Non au

scrutin de la honte!», «Non à la mascarade

électorale!», «Le peuple marche la

tête haute et le pouvoir marche sur la

tête!», «Pas d’élections avec un système

mafieux!», «La période de désignation

des présidents est finie!», tels sont, entre

autres, les slogans scandés, à gorges

déployées, par les manifestants qui ont

entamé, comme chaque semaine, leur

marche devant le portail principal du

campus universitaire de Hasnaoua où

les premières grappes humaines commençaient

à affluer à partir de 12h30.

Malgré un soleil de plomb, le 32e

vendredi de protestation a été imposant

d’autant plus qu’il a drainé une marée

humaine qui a déferlé sur la capitale du

Djurdjura.

Les participants à cette action

ont exprimé, en outre, leur détermination

farouche à maintenir la pression

sur les décideurs jusqu’à la satisfaction

des revendications du mouvement

populaire. «Nous n’allons pas cesser

de marcher jusqu’au départ de tous

les symboles du système !», lance un

marcheur, à l’aide d’un mégaphone.

Les manifestants qui se sont

scindés en plusieurs carrés compacts

ont également stigmatisé Gaïd Salah,

Bensalah et Bedoui dont le départ est

réclamé par la foule composée notamment

de jeunes, de femmes et même

de personnes âgées. Les slogans écrits

sur les pancartes brandies les marcheurs

concordent avec les mots d’ordre du

mouvement. «Pour une Algérie belle et

prospère», «Attention au recyclage des

hommes du passé. L’expérience 1999

à 2019 est à méditer. Place aux jeunes

de la nouvelle génération», lit-on sur un

carton porté par un enfant venu avec

ses parents. «Etat civil et non militaire»,

est-il aussi écrit sur un autre étendard

mis en avant par un manifestant.

La foule a réclamé, encore une

fois, la libération des détenus du mouvement

populaire qui croupissent dans les

geôles du pouvoir. Au-devant de chaque

carré pratiquement, on remarque des

pancartes avec les portraits des détenus

comme Karim Tabbou, Lakhdar Bouregaâ,

Fodil Boumala et Samir Benlarbi.

Nous avons également aperçu

un autre carré composé essentiellement

de citoyens de la daïra de Tigzirt (ville

côtière de Kabylie) qui crient, à tue-tête,

«Libérez les détenus, libérez l’Algerie!».

Ils participent, chaque vendredi, tout

en déployant une banderole portant les

photos d’Amar Acherfouche arrêté à Alger

pour avoir brandi le drapeau amazigh.

D’ailleurs, depuis son

arrestation, les citoyens

suite à la page(19)

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen, le Ministère Public entendu, maintient

le défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience précipitée,

pour le profit, déclare fondée ladite action ; admet en

conséquence le divorce du sieur Renel DARIUS d’avec son épouse

née Kettelie VILSAINT pour injures graves et publiques aux torts de

l’épouse ; prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant

entre les dits époux ; ordonne à l’officier de l’Etat Civil de la section

Est de Port-au-Prince de transcrire dans les registres à ce destinés,

le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans

l’un des quotidiens s’éditant à la capitale sous peines de dommages

et intérêts envers les tiers s’il y echet; commet l’huissier Wiltio

Alexandre pour la signification de ce jugement. Compense les

dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy Augustin, Juge en audience

civile, ordinaire et publique du mercredi dix-sept juillet deux mille

dix-neuf, en présence de Me Paul Wesley substitut commissaire du

Gouvernement de ce ressort avec l’assistance du sieur Junior

Sauvens THELEMAQUE, Greffier du siège.

Il est ordonné, etc…

En foi de quoi,etc…

Me Sergot ORESTE, Av

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen, le Ministère Public entendu, maintient

le défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience précitée,

pour le profit, déclare fondée ladite action ; admet en

conséquence le divorce du sieur Patrick RAPHAËL d’avec son

épouse née Rosmène Petit-FRÈRE pour injures graves et publiques

aux torts de l’épouse ,prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre les dits époux ; ordonne à l’officier de l’Etat

Civil de la section Est de Port-au-Prince de transcrire dans les registres

à ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait

sera inséré dans l’un des quotidiens s’éditant à la capitale sous

peines de dommages - intérêts envers les tiers s’il y echet; commet

l’huissier Wiltio Alexandre pour la signification de ce jugement.

Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy Augustin, Juge en audience

civile, ordinaire et publique du mercredi trois juillet deux mille

dix-neuf, en présence de Me Paul Wesley substitut commissaire du

Gouvernement de ce ressort avec l’assistance du sieur Junior

Sauvens THELEMAQUE, Greffier du siège.

Il est ordonné, etc…

En foi de quoi,etc…

Me Sergot ORESTE, Av

Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (8)

militants à l’encontre des élus pro-Jovenel,

il n’y avait aucune volonté d’attaquer

ou de s’en prendre vraiment aux

sénateurs. Sinon, ce lundi 23 septembre,

on aurait eu un vrai carnage dans

la cour du Sénat ; puisque tout le monde

était à découvert et surtout beaucoup

d’armes circulaient à vue d’œil sur presque

tout le monde. D’ailleurs, aux environs

de 10 heures, tous les sénateurs

pro et anti-Jovenel étaient déjà présents

au Sénat sauf que personne ne pouvait

rester une seconde dans la salle de

séance ni au salon diplomatique du fait

que ces deux endroits étaient badigeonnés

d’excréments humains. A propos

de cette forme de contestation, ce n’est

pas la première fois qu’on découvre des

sites empuantis par ce genre de matière

en Haïti. Depuis quelques années, cette

façon de manifester son opposition surtout

politique soit au pouvoir en place

soit pour empêcher à quelqu’un de s’installer

dans un poste est devenue monnaie

courante.

On relève surtout l’utilisation

d’excrément humain en période électorale

ou dans des cas similaires à ce

qu’on vit actuellement en Haïti avec

la radicalisation des opposants au régime

en place. Cette forme extrême de

protestation et de contestation est employée

au moment où les contestataires

cherchent par tous les moyens à acculer

leurs adversaires ou le gouvernement

au motif d’une irrecevable décision.

Le plus surprenant dans de pareils cas,

c’est qu’en Haïti il y a des politiciens qui

se font une spécialité dans cette forme

de combat extrême pour aboutir à leurs

fins. Et il existe tout un réseau de gens

à contacter pour ce genre de service, des

personnes qui parfois n’ont rien à voir

avec la lutte que mènent les antagonistes.

Ils le font juste comme un travail

ordinaire pour lequel ils reçoivent une

rémunération. Cela ne nous surprend

point qu’au Sénat de la République

certains utilisent le service des « badigeonneurs

d’excréments » pour porter

Fritz William Michel à jeter l’éponge et

Jovenel Moïse à démissionner. A vrai

dire, dans un tel contexte nauséabond,

seuls les plus téméraires résistent et en

général rares sont ceux qui continuent

l’aventure après l’usage de cette forme

d’expression méprisante si ce n’est, à

la limite, symboliquement salissante.

En tout cas, au Parlement, ce lundi 23

septembre 2019 c’était l’affaire dont on

parlait le plus. Et cela ne nous étonne

pas que le Premier ministre et son cabinet

ministériel n’aient pas fait le déplacement

au Bicentenaire alors qu’ils y

étaient attendus à 8 heures.

Il faut croire que l’ambiance

nauséabonde, le jeu de mot mis à part,

n’incitait personne à venir au Sénat

même pour se faire sacrer « Roi d’Haïti

», voire Premier ministre dans une conjoncture

aussi détestable et conflictuelle.

D’ailleurs, l’affaire avait mal commencé

et la tension montait d’un cran avec des

manifestants qui ne cessaient d’invectiver

les sénateurs pro-Jovenel quand

arriva Willot Joseph du Plateau Central.

Voulant rejoindre sans doute ses confrères

au Cafétéria du Sénat, le sénateur

fut couvert d’injures et des mots

d’oiseaux qui ne le laissèrent pas de

marbre. Willot Joseph voulut répliquer

aux attaques verbales des opposants au

pouvoir, mais il l’a payé cher. Heureusement,

il y avait la présence de quelques

policiers qui le protégeaient sinon le

sénateur du département du Centre aurait

passé un sale quart d’heure bien

qu’il ait eu le temps de faire les frais de

quelques pots de fleurs et plantes qui

traînaient dans le parking du Parlement.

(A suivre)

C.C

Suite de la page (11)

ou détruire votre environnement naturel.

Le socialisme, c’est ça. Un village,

une commune, une ville ou un

pays qui s’organise pour répondre à ses

besoins, c’est possible !

Ballast : Vous parliez de Marinaleda

: y a-t-il des expériences à l’international

qui inspirent votre politique

?

Fatih Mehmet Maçoglu : Vous

voulez savoir si je copie un modèle ou

si j’ai une idole ? (rires) Des expériences

m’inspirent tant dans mon pays

qu’à l’extérieur. Des kolkhozes russes,

ces coopératives communales qui ont

émergé après la révolution d’Octobre,

à la Commune chez vous. Sans parler

de toutes les expériences socialistes

contemporaines : l’Espagne de Marinaleda,

les expériences aux Philippines

et au Népal, celles de la France d’aujourd’hui…

Dans de nombreux lieux, des

communistes tentent des expériences

de production collective. Tous ceux qui

luttent pour de meilleures conditions de

vie pour tous, qui sont anticapitalistes,

nous inspirent et sont nos camarades.

Ils peuvent ne pas se dire socialistes,

mais leurs efforts nourrissent le socialisme.

Même avec celles et ceux qui se

disent non partisans mais qui luttent

pour la nature, les animaux, la vie,

la dignité, nous avançons ensemble,

chacun œuvrant à un bout de socialisme.

Nous avons des projets avec nos

camarades socialistes et communistes

de Grèce, des Philippines, du Népal et

d’ailleurs. Le capitalisme et l’impérialisme

ne parviennent plus aussi bien à

dominer le monde, ils arrivent à bout

de souffle. Nous avons un terrain d’action

qui s’ouvre devant nos pas. Les

opprimés se soulèvent. Notre ambition

est de travailler à accélérer les choses.

Comme le disait si bien Ibrahim Kaypakkaya,

jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un

opprimé sur Terre, jusqu’à ce que nous

soyons tous égaux, nous lutterons. J’en

profite, au passage, pour lancer un appel

: que tous les socialistes et communistes

du monde se mettent à travailler

ensemble !

Notes

1. Ville et district de la province

de Dersim.

2. Ville et district de la province

de Dersim.

3. Avec les recettes de la vente

des denrées produites localement, un

système de bourse d’études a été créé.

4. En Turquie, l’accès à l’université

relève d’un concours d’entrée.

5. Les deux co-maires de la ville,

élus en 2016, font partie des nombreux

élus du parti d’opposition HDP (Parti

démocratique des peuples) arrêtés puis

emprisonnés par le gouvernement d’Erdo

an.

6. L’état financier de la municipalité

est tellement catastrophique que

l’équipe en poste a décidé de lancer un

appel aux dons, seul espoir pour mettre

en œuvre les décisions prises par les assemblées

populaires.

7. Demokratik Haklar Platformu.

8. Sosyalist meclisler federasyonu.

Écologie 02 septembre 2019

Ballast 2 septembre 2019

Suite de la page (12)

a été amenée à reprendre à son compte

la perspective d’un Parti des travailleurs,

mais relègue cette perspective à

un avenir lointain.

L’article de compte rendu de la

convention nationale de DSA, publié

par The Nation, le 7 août, a résumé la

nouvelle orientation de DSA : « Faisant

un pas de plus vers l’abandon de la politique

traditionnelle de DSA de “moindremalisme”

(politique consistant, aux

ÉtatsUnis, à soutenir le Parti démocrate

comme un « moindre mal » face au Parti

républicain – ndlr), la convention a

voté que DSA devrait refuser de soutenir

tout autre candidat que Bernie

Sanders lors des primaires démocrates

pour l’élection présidentielle de 2020.

La convention de DSA a également

restreint son soutien à des candidatures

“lutte de classe” se présentant

ouvertement comme socialistes. Pour

la première fois, l’organisation s’est

également ouvertement engagée à une

“rupture en douceur” (11) avec le Parti

démocrate. » La convention de DSA a

ainsi formulé sa nouvelle ligne politique

au sujet des élections : « DSA s’est engagé

à la construction d’une organisation

politique indépendante du Parti

démocrate et ses sponsors capitalistes...

À plus long terme, notre but est de constituer

un parti indépendant de la classe

ouvrière mais, pour l’instant, cela

n’exclut nullement que DSA ne puisse

soutenir des candidats qui cherchent à

obtenir l’investiture du Parti démocrate.

» Le document sur la politique électorale,

adopté par la convention de DSA,

fait du Farmer-Labor Party (FLP, Parti

ouvrier-paysan, fondé dans l’État

du Minnesota dans les années 1930)

l’exemple à suivre d’une « rupture en

douceur » avec le Parti démocrate. Mais

la politique du FLP n’avait rien à voir

avec la rupture avec le Parti démocrate !

Le gouverneur Floyd Olson,

membre du FLP, n’a non seulement

jamais rompu avec les démocrates,

mais c’est lui qui a fait appel à la Garde

nationale pour qu’elle écrase la grève

générale de Minneapolis, organisée

par les syndicalistes lutte de classe et

les militants socialistes en 1934. Il faut

le dire nettement : soutenir « tactiquement

» les candidats démocrates, c’est

franchir la frontière de classe, c’est se

ranger dans le camp des capitalistes.

L’histoire du mouvement ouvrier aux

États-Unis regorge d’exemples de dirigeants

qui ont trahi en ramenant des

initiatives indépendantes dans le giron

du Parti démocrate, tout ça au nom du

prétexte que c’était une simple manœuvre

« tactique » dans la voie de la construction,

toujours pour « plus tard »,

d’un parti indépendant de la classe ouvrière.

La Tribune des Travailleurs :

Tout cela ne rend-il pas nécessaire

l’organisation du dialogue avec les

militants de base de DSA comme avec

les militants ouvriers qui soutiennent

Sanders mais qui sont en faveur de la

construction d’un parti de classe indépendant

?

A.B. : C’est certain. Tous ces

militants s’opposent à la « guerre sans

fin » et aux interventions militaires

de l’impérialisme américain dans le

monde. Ils aspirent tous à faire triompher

la justice sociale, aux États-Unis

et à l’échelle internationale. Autant

d’aspirations qui sont absolument

incompatibles tant avec la politique

des républicains qu’avec celle des

démocrates. Or les deux candidats qui

s’affronteront lors de la présidentielle

de 2020 seront tous deux des partisans

de l’extension des guerres, de

l’intensification de l’exploitation des

travailleurs et des opprimés. Pour se

prémunir du chantage permanent de

la politique du « moindre mal » – qui

cette fois-ci s’exprimera sur le thème :

« Tout, sauf Trump » – ces militants, et

plus généralement la classe ouvrière,

doivent s’orienter sur une politique de

rupture nette avec les démocrates qui

est la condition pour pouvoir défendre

les revendications ouvrières. Et cette

rupture ne peut être remise continuellement

aux calendes grecques. Une

nouvelle opportunité s’ouvre pour aller

vers un parti indépendant, appuyé sur

le mouvement syndical.

Cette perspective avait été

adoptée par le congrès national de

2017 de la principale centrale syndicale,

l’AFL-CIO, autre expression de ce

profond mouvement qui vient d’en bas.

Mais cela ne deviendra réalité que s’il

y a un effort conscient pour regrouper

aujourd’hui les partisans d’une politique

indépendante dans des coalitions

ouvrières et populaires qui présenteront

leurs propres candidats ouvriers

indépendants aux élections locales

en 2020. Des candidats qui inscriront

dans leur programme l’exigence d’un

système de sécurité sociale fondé sur

le salaire différé (« Single payer ») et

le Workplace Democracy Act. Les responsables

syndicaux et les militants

qui ont constitué la plate-forme Labor

Community Campaign for an Independent

Party (LCCIP) se prononcent en

faveur de telles coalitions, comme les

premiers jalons pour constituer ce parti

indépendant de la classe ouvrière et des

opprimés.

Notes

(1) NLRB : National Labor Relations

Board (Bureau national des relations

de travail).

(2) Conflit entre le syndicat

national des travailleurs territoriaux

(American Federation of State, County

and Municipal Employees) et Mark

Janus.

(3) Shutdown : blocage du paiement

des salaires des fonctionnaires

quand le Congrès ne vote pas le budget

d’État nécessaire.

(4) Sara Nelson : présidente

de l’Association nationale des personnels

navigants du CWA (syndicat

des travailleurs des communications

d’Amérique) AFL-CIO.

(5) Immigration and Customs

Enforcement : service de surveillance

des douanes et de l’immigration

(6) Sénateur du Vermont qui

revendique l’étiquette de « socialiste

», candidat, comme en 2016, à la primaire

du Parti démocrate (qui doit désigner

le candidat de ce parti qui affrontera

Trump en 2020).

(7) Aux États-Unis, l’adhésion à

un syndicat n’est ni libre ni individuelle.

Seuls sont syndiqués les salariés

des entreprises où un référendum organisé

suivant des règles très contraignantes

a donné une majorité en faveur

de la reconnaissance du syndicat (avec

lequel la direction est alors tenue de

négocier un contrat collectif, sans obligation

de conclure positivement cette

négociation).

(8) North America Free Trade

Agreement : accord de libre-échange

entre le Canada, les États-Unis et le

Mexique. (4) « Ceinture de rouille » :

région du nord-est des États-Unis qui

reste la principale région industrielle,

malgré les fermetures, liquidations et

restructurations subie

(9) « Ceinture de rouille » : région

du nord-est des États-Unis qui reste la

principale région industrielle, malgré les

fermetures, liquidations et restructurations

subies.

(10) Biden et Warren sont les

deux principaux « candidats à la candidature

» du Parti démocrate pour l’élection

présidentielle de 2020.

(11) En anglais, Dirty Break,

stratégie consistant à considérer le soutien

électoral aux candidats du Parti

démocrate acceptable dans certaines

circonstances, et s’opposant au Clean

Break , la rupture radicale du mouvement

ouvrier avec le Parti démocrate.

Toutes les notes sont de la

rédaction de la Tribune des

Travailleurs

Tribune des Travailleurs

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16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019


A Travers le Monde

Etats-Unis : La grève des travailleurs

de GM face à divers défis

Cuba : contre le blocus

génocidaire

Par Chris Brooks

Alors que la grève de GM entre dans

sa deuxième semaine [la grève a

commencé le 16 septembre et est encore

en cours le 26 septembre, les travailleurs

et travailleuses augmentent la

pression sur l’entreprise et ses briseurs

de grève – et les coûts pour GM sont

en hausse.

La grève des travailleurs de l’automobile

[organisés dans UAW: United

Auto Workers] contre General Motors

(GM) s’intensifie et trouve son expression

sur les piquets de grève. Malgré

des «négociations quotidiennes», la

deuxième semaine est marquée par

une impasse. La première semaine, des

syndicalistes ont été arrêtés, des candidats

aux primaires démocrates se sont

montrés aux piquets et des rumeurs

ont circulé selon lesquelles la grève

pourrait se prolonger au-delà d’un accord

de principe étant donné la ratification

par un vote d’un possible accord.

Les travailleurs de l’automobile

n’ont toujours pas reçu leur indemnité

[allouée par l’UAW] de grève de

250 dollars par semaine et, la semaine

dernière, GM a annulé l’assurance

maladie des 49 000 grévistes sans

préavis [assurance liée à l’entreprise].

L’UAW utilisera son fonds de grève

La grève des employés chez

General Motors (GM) aux Etats-

Unis exigeant de meilleurs salaires

et avantages sociaux va entrer

dans sa troisième semaine

de 750 millions de dollars et COBRA

[Consolidated Omnibus Budget Reconciliation,

fonds qui assure l’assurance

maladie en cas de perte d’emploi] pour

maintenir l’essentiel de leur revenu et

couverture maladie. Mais l’entreprise

est aussi frappée.

La firme d’investissement Citigroup

estime que la grève pourrait

coûter entre 50 et 100 millions de dollars

par jour à GM, mais Kristin Dziczek,

du Center for Automotive Research, affirme

que les coûts vont augmenter à

mesure que le conflit se poursuit. «Les

coûts sont comme une pyramide, ils

commencent petit à petit et deviennent

de plus en plus grands avec le temps»,

a déclaré M. Dziczek. «GM peut facilement

compenser la production perdue

pendant une courte période, mais une

fois que vous avez épuisé les stocks,

que vous perdez des revenus liés à la

distribution et que la chaîne d’approvisionnement

est affectée, les coûts augmentent.»

Les analystes de l’industrie

chez Cox Automotive ont estimé, le 11

septembre, que GM dispose d’un stock

de véhicules pour soixante-dix-sept

jours.

Piquets sous menace

d’arrestations

Plusieurs rapports font état de menaces

de la police d’arrêter des grévistes ou

de les emprisonner pour avoir empêché

La grève des travailleurs de l’automobile [organisés dans UAW: United

Auto Workers] contre General Motors (GM) s’intensifie et trouve son

expression sur les piquets de grève

des véhicules d’entrer dans les installations

de GM.

Mardi dernier, lors d’un piquet

à Burton, au Michigan, des semi-remorques

qui transportaient certainement

des pièces dans un centre de

distribution de pièces de rechange ont

été forcés de laisser tourner le moteur

au ralenti à l’extérieur, ce qui a gêné la

circulation. Selon les médias, la police

a menotté et détenu des syndicalistes,

mais aucune arrestation n’a été effectuée.

Pendant ce temps, à Spring Hill

(Tennessee), Heather Monoski, membre

du syndicat, a posté une vidéo en

direct sur Facebook montrant comment

le syndicat a empêché des transporteurs

non syndiqués d’entrer dans

l’usine et des camions chargés de sortir.

Dix voitures de police sont visibles

proches des lieux.

Le lendemain, après l’annonce

de l’annulation de l’assurance maladie

par GM, neuf membres de la section locale

1853, dont le président, ont été arrêtés

pour avoir empêché des véhicules

d’entrer dans l’immense usine de GM à

Spring Hill (Tennessee), la plus vaste

en Amérique du Nord. Vendredi 20

septembre, GM a allégué que des membres

du syndicat avaient mis des clous

sur la route pour empêcher l’arrivée de

briseurs de grève. Dimanche, un tribunal

de la chancellerie du Tennessee

[instance juridique spécifique pouvant

donner une injonction, par exemple

lorsqu’une activité est interrompue]

avait émis une injonction interdisant

au syndicat d’empêcher quiconque

d’entrer ou de sortir de l’entreprise ou

d’endommager un bien ou ceux de

GM. «Le problème que nous avons,

c’est que l’entreprise a embauché deux

fois plus de personnel de sécurité et

que, légalement, nous ne pouvons pas

entraver la circulation, de sorte que la

police escorte les véhicules lorsqu’ils

font face aux piquets», a déclaré Jessie

Kelly, membre de la section locale 160

d’UAW au Tech Center de GM à Warren,

Michigan.

`Nous avons 550 travailleurs

d’Aramark qui font des travaux d’assainissement

et des travaux «non

stratégiques» sur le site qui ont fait

grève la veille parce qu’ils n’ont pas eu

une augmentation depuis des années»,

a dit Jessie Kelly.

Les préposés à l’entretien [conciergerie

au sens large] d’Aramark

gagnent 15,18 dollars de l’heure et

sont membres de l’UAW dans la même

section locale. «GM a embauché d’autres

entreprises sous-traitantes pour

venir faire des travaux d’assainissement

et d’installation. Nous avons

donc 120 briseurs de grève sur notre

site à l’heure actuelle», dit Jessie Kelly.

Maintenir la position

Les piquets de grève sont appuyés

par divers syndicats, y compris celui

des camionneurs – les Teamsters –

qui chargent les véhicules prêts et

les livrent aux concessionnaires.

«Nos règlements municipaux nous

empêchent de franchir les piquets de

grève, mais GM avait tellement de terrains

d’entreposage supplémentaires

que l’UAW se bat pour les faire fermer

mais je pense qu’ils ont échoué dans

la plupart des cas», a déclaré Clay Burgoon,

un camionneur de 34 ans qui vit

à Fort Wayne dans l’Etat d’Indiana.

Lorsque les voitures sont entreposées

à l’extérieur du site de production

et qu’il n’y a pas piquets, les

Teamsters sont tenus par contrat de

faire le travail. Pourtant, Clay Burgoon

a indiqué: «Il n’y a qu’un nombre limité

d’unités et une fois qu’elles sont

épuisées, l’impact de la grève s’installe

vraiment.»

Dans de nombreuses usines, une

partie du travail spécialisé d’aménagement

des sites de production est effectuée

par des travailleurs syndiqués de

la construction, en particulier pour les

grands projets. «Lorsque nous avons

appris qu’une grève approchait, nous

nous sommes préparés, nous avons

tous apporté nos outils à la maison et

nous avons dit à la direction que nous

ne viendrions pas travailler s’il y avait

des piquets», a déclaré Justin Steenbergh,

un collègue électricien qui était

l’un des quelque cinquante électriciens

de la IBEW (International Brotherhood

of Electrical Workers) travaillant au

Centre technique (Tech Center). «Notre

syndicat nous a assuré une mise à pied

temporaire pour que nous puissions

retourner auprès de notre entrepreneur

une fois la grève terminée», a déclaré

Justin Steenbergh. «Il y a trois jours,

on a appris que GM faisait pression sur

nos employeurs en leur disant qu’ils

violaient le contrat parce que nous

n’occupions pas nos emplois dans les

installations de GM. J’ai entendu dire

qu’ils menaçaient de poursuivre nos

employeurs.»

Superior Electric Electric Great

Lakes Co, un entrepreneur du Tech

Center, a refusé de répondre lorsqu’on

lui a demandé si GM avait exercé des

pressions sur l’entreprise.

Une grève qui manque de visibilité

Les candidats démocrates à la présidence

montrent leur soutien aux

grévistes. Elizabeth Warren, Joe Biden,

Amy Klobuchar et Tim Ryan ont tous

visité des piquets de grève. Bernie

Sanders a fait la même chose ce 25

septembre.

Le soutien très visible de Sanders

a contribué à faire de la grève des

travailleurs des télécommunications

de 2016, contre Verizon [importante

entreprise de télécommunications],

une sorte de référendum national sur

la cupidité entrepreneuriale. Si l’UAW

adoptait cette stratégie, la même chose

pourrait être vraie pour la grève contre

GM, une entreprise qui a réalisé

des profits à hauteur de 35 milliards

de dollars au cours des trois dernières

années. Les salaires horaires moyens

138 milliards de dollars, tel est le

montant estimé des pertes causées

par six décennies de blocus américain

contre Cuba ; 4,3 millions entre avril

2018 et mars 2019.

Ces données sont tirées du

dernier rapport présenté par le gouvernement

cubain à l’Assemblée Générale

des Nations Unies, laquelle a rejeté ce

blocus à une écrasante majorité, sans

jamais obtenir le moindre changement

Récemment, Washington a

réactivé le chapitre III de la Loi Helms

corrigés de l’inflation ont chuté de 24%

depuis 2002 pour les travailleurs de

l’automobile.

Mauvais précédents

L’accord contractuel signé par UAW

interdit techniquement les fermetures

d’usines, mais GM a fermé des usines

et supprimé des emplois en toute impunité.

A l’occasion de la fête de Thanksgiving

[fin novembre 2018], GM a

annoncé qu’elle allait «fermer» trois

usines d’assemblage et deux petites

usines fabriquant des transmissions

à Detroit-Hamtramck, Lordstown, en

Ohio; Oshawa, en Ontario; Warren, au

Michigan; et Baltimore, au Maryland.

Des travailleurs suspicieux pensaient

que GM voulait tenir en otage

les 6000 emplois de ces usines pour

exiger d’autres concessions de la part

des syndicats américains et canadiens

[UAW organise conjointement les travailleurs

de l’automobile aux Etats-

Unis et au Canada].

Ces soupçons ont été confirmés:

au dernier moment avant le début de

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après la Révolution (1959).

Le but est de rendre les investissements

encore plus difficiles à Cuba

pour continuer à asphyxier l’île. Les

pénuries de carburant et de nourriture

s’aggravent, mais le peuple cubain

reste prêt à résister.

la grève, GM a proposé de produire des

batteries pour les véhicules électriques

dans l’entreprise à Lordstown, site de

l’une des usines sans affectation et

où 4500 travailleurs de l’automobile

étaient auparavant employés. Mais il

y avait un piège: ces emplois seraient

rémunérés à un niveau de salaire semblable

à celui des fournisseurs de pièces

automobile, soit environ 17 dollars

l’heure, comparativement à celui des

monteurs disposant du niveau 1 du

salaire [Tier One], qui gagnent environ

31 dollars.

L’UAW a créé un mauvais précédent

en 2009 lorsqu’il a accepté de faire

passer l’échelle salariale de 15 dollars

à 17 dollars dans une usine de GM à

Brownstown, dans le Michigan, qui

assemblait des batteries pour la Chevrolet

Volt, l’usine maintenant abandonnée.

Aujourd’hui, non seulement

l’UAW doit se sortir du guêpier créé par

ses concessions contractuelles, mais

il doit aussi faire face à la façon dont

la production à venir des véhicules

électriques (VE) va restructurer

suite à la page(19)

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Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

17


Entretien entre le président Maduro et

Rafael Correa !

Brésil : Lula s’adresse

au Peuple

Dans la dernière émission « En discutant

avec Correa » diffusée par

RT, l’ex-président de l’Equateur interviewe

le président du Venezuela sur

la manipulation des médias, les sanctions

économiques des Etats-Unis, les

migrants qui quittent le pays et les interrogations

concernant la qualité de la

démocratie.

En introduction, Rafael Correa

explique que « le Venezuela est victime

d’une campagne de désinformation

» destinée à tirer profit de « certains

problèmes » en disant que certains sont

peut-être « le fruit des erreurs que nous

commettons tous » tandis que d’autres

sont « provoqués clairement par

ce qu’on appelle les « sanctions » qui,

en vérité, sont des agressions illégales

contre des pays souverains. »

C’est pourquoi il affirme que

beaucoup oublient comment était le

pays avant l’arrivée de Chávez: « Ils

ignorent que pendant des décennies, le

Venezuela a été le principal producteur

de pétrole du monde. Où est allé cet

argent ? Dans les immeubles de Miami

(USA), il n’est pas resté (dans le pays)

pour le progrès du peuple vénézuélien.

»

Mais le présentateur ajoute que

les progrès sociaux qui y ont été faits

pendant plusieurs années ont été gênés

aussi par de « graves problèmes. »

Interrogé par Correa sur les conflits

qu’affrontent le pays et sa population

en général, Maduro évoque «

le coup le plus important » qui a été

la perte physique du commandant

Hugo Chávez en mars 2013. Selon lui,

dès l’apparition de sa maladie, « les

ennemis intérieurs mais surtout le pouvoir

de l’Empire ont commencé à créer

un ensemble de formules pour remplacer

le chavisme. »

A propos des sanctions

économiques imposées par la Maison

Blanche, il affirme que « la guerre avec

Washington, surtout pendant les 2 années

de Trump, a eu un effet dévastateur

sur la stabilité sociale et la vie du

peuple. »

Pour mieux comprendre le conflit

et ses implications, le président

vénézuélien rappelle que sous le mandat

de de Chávez et jusqu’en 2015, le

Venezuela avait des revenus pétroliers

moyens de presque 50 000 000 000

de dollars par an. Par contre, l’année

dernière, ce chiffre s’est effondré

jusqu’à 4 000 000 000 de dollars.

« Il y a un Venezuela médiatique,

il y a un Venezuela de la manipulation

mondiale, et il y a un Venezuela de

vérité, un Venezuela réel que tu peux

parcourir, » conclut Maduro.

Sur la migration incessante des

Vénézuéliens qui s’installent dans d’autres

pays, en particulier en Amérique

du Sud, à cause de la crise intérieure,

Maduro se montre tranchant : « On a

beaucoup menti. Ils sont dit que 3 ou

4 000 000 étaient partis. Nous, nous

avons nos chiffres et pendant les 3

dernières années, 300 000 à 700 000

Vénézuéliens sont partis. »

Selon lui, « on a exagéré ça »

parce que c’est la première fois qu’un

nombre important de compatriotes s’en

vont travailler dans des villes comme

Lima (Pérou), Quito (Equateur) ou

Buenos Aires (Argentine). Sur les raisons

de ce phénomène, Maduro affirme

que son pays « est soumis à un niveau

de tension et d’agression jamais vu

dans la région » et qu’à cause de cela, «

l’ »migration devient une option. »

« Nous vivons une économie de

résistance »

Le Président insiste sur « la persécution

de l’Empire étasunien » contre son

gouvernement et dénonce le fait que la

pression extérieure a coûté beaucoup

d’argent à Caracas: « Ils nous ont confisqué,

ils nous ont volé presque 30

000 000 000 de dollars. Le Venezuela

ne peut ouvrir ou fermer de comptes

bancaires dans le monde, ne peut payer

aucune sorte de produit et maintenant,

on nous menace d’un blocus naval

complet. » Il explique que le Venezuela

vit « une économie de résistance, » ce

qui amène le Gouvernement à mettre

l’accent sur la production d’aliments

et de médicaments face aux difficultés

pour approvisionner les citoyens.

« Le Venezuela n’est pas l’objet

de sanctions, il est l’objet d’agressions,

» affirme Maduro. « Donald Trump a

une espèce d’obsession et de haine

envers le peuple latino-américain en

général, envers les réfugiés, envers les

immigrants mais il a une haine particulière

envers le peuple du Venezuela,

envers notre histoire, » affirme-t-il et il

souligne qu’avec « cette haine, » Trump

agresse le peuple du Venezuela. » «

Moi, je le compare à l’époque d’Hitler,

avec la même haine, la même vision

qu’Hitler a imposée contre les Juifs,

contre le peuple juif d’Europe avant la

guerre, avant 1939, » a-t-il ajouté.

La dépendance envers le pétrole et

la valeur de l’essence

D’un point de vue plus critique, le

présentateur interroge Maduro sur «

l’incroyablement forte » dépendance

envers le pétrole. « ne peut-on pas

faire plus pour surmonter cette immense

dépendance envers le pétrole

?, » demande-t-il, en tenant compte

que la chute des prix en 2015 a eu

un impact important sur l’économie

vénézuélienne. « J’ai défini 16 moteurs

de développement basés sur

la réalité économique, industrielle et

technologique du pays mais je peux te

dire que transformer un modèle installé

depuis 100 ans, ça coûte cher, » lui

répond Maduro.

Correa rappelle que le combustible,

en dollars, a un prix beaucoup plus

bas que dans d’autres pays : « Une citerne

qui pourrait coûter 100 000 dollars

en Colombie, coûte 25 à 40 dollars

au Venezuela. On offre l’essence, la

richesse nationale, une ressource non

renouvelable. Que peut-on faire, à ce

sujet ? » demande-t-il.

Le président vénézuélien pense

que cette situation devrait « être corrigée

» mais il précise qu’une volonté

politique d’établir un nouveau système

de prix « doit prendre en compte la

grande conspiration internationale. »

Abandonnant ce sujet, il déclare que les

ennemis de son pays « cherchent à utiliser

n’importe quel élément politique,

économique et social pour provoquer la

violence. »

Correa, pour sa part, tente de résumer

la situation du Venezuela par un

exemple concret : « Imaginez que vous

ne puissiez pas vendre votre principal

produit, le pétrole, et que si vous pouviez

le vendre et ayez des devises, avec

celles-ci, vous ne puissiez rien acheter

parce que vous ne pouvez pas utiliser

le système financier international.

C’est ce qu’ils ont fait au Venezuela.

Et pour sanctionner un Gouvernement

sans en avoir le droit, ils sanctionnent

la population. »

« Une étrange dictature »

Pour conclure l’émission, Correa invite

a Maduro à décrire le système politique

de son pays : « Ils nous disent qu’au

Venezuela, il n’y a pas de démocratie,

que tu es un « usurpateur, » dit Correa,

provocateur. « Un dictateur, » rectifie

Maduro avant de poursuivre, toujours

ironiquement : « Pendant les 20 années

de la révolution, on a fait 25 élections,

du président, des gouverneurs et des

maires. Une étrange dictature. » Et sur

l’ensemble, « le chavisme en a gagné

Nicolas Maduro et Rafael Correa

23, » rappelle-t-il.

En janvier de cette année, Maduro

a commencé un nouveau mandat

présidentiel. Quelques jours plus tard,

le président de l’Assemblée Nationale,

Juan Guaidó, s’est autoproclamé président

par interim en criant que le président

actuel occupait son pose de façon

illégitime.

« tout le monde a la liberté d’expression,

a le droit de se rendre ridicule

mais le plus extraordinaire est que

[Juan Guaidó] a été reconnu par des

dizaines de pays à commencer par les

Etats-Unis parce que le système politique

vénézuélien, le résultat des élections,

ne leur plaisait pas, » commente

Correa. « La stratégie du Gouvernement

parallèle, encouragé par le Gouvernement

des Etats-Unis et ses alliés

d’Amérique Latine, du Groupe de Lima,

a échoué, » constate Maduro.

A propos du soutien qu’une

grande partie de l’Europe apporte au

dirigeant de l’opposition, il se montre

ferme : « Les oligarchies européennes

qui ont le pouvoir sont viscéralement

alliées au pouvoir étasunien. Viscéralement

alliées ! Et à l’Europe, Donald

Trump lui a imposé sa politique extrémiste

contre le Venezuela. Malheureusement,

l’Europe est à genoux à

propos du problème du Venezuela, de la

politique extrémiste qui les a conduits

à l’échec. »

Pour conclure, le présentateur

exprime son soutien au Gouvernement

de Maduro et au peuple vénézuélien en

général : « L’honnêteté ne signifie pas

être neutre, c’est impossible. L’honnêteté

intellectuelle signifie, malgré

la partialité que nous avons et notre

inclinaison idéologique, d’essayer de

rester objectifs. »

Russia today/Alba Ciudad 20

septembre 2019

Traduction Françoise Lopez pour

Bolivar Infos

Venesol 23 septembre 2019

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Par Christian RODRIGUEZ

Alors qu’on lui propose une résidence

surveillée à la place de la

prison, Lula a déclaré :

« Au Peuple Brésilien,

Je n’échangerai pas ma dignité

pour ma Liberté. Tout ce que les

procureurs de Lava Jato devraient

faire réellement est de présenter

des excuses au peuple brésilien,

aux millions de chômeurs et à ma

famille, pour tout le mal qu’ils ont

fait à la démocratie, à la Justice et

au pays.

Je veux qu’ils écrivent que je

n’accepte pas de marchander, ni

mes droits ni ma liberté. J’ai déjà

démontré que les accusations

qu’ils ont faites contre moi sont

fausses. Ce sont eux et pas moi

qui sont pris au piège des mensonges

qu’ils ont raconté au Brésil

et au Monde.

Compte tenu des arbitraires

commis par les procureurs et

Sergio Moro, il appartient maintenant

à la Cour Suprême de corriger

le méfait, afin qu’il y ait une

justice indépendante et impartiale,

comme cela est dû à chaque

Lula

citoyen.

J’ai pleinement conscience

des décisions que j’ai prises dans

ce processus et je ne me reposerai

pas tant que la vérité et la justice

ne reviendra pas pour l’emporter.

»

Note

La défense de Lula a demandé

aujourd’hui à la Cour Suprême

que soit jugé d’urgence

l’acte mettant en cause le juge

Sergio Moro. 541 jours d’emprisonnement

arbitraire exigent réparation

!

Curitiba le 30 septembre 2019

LGS 1er octobre 2019

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18 Haiti Liberté/Haitian Times

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Suite de la page (17) Suite de la page (14)

l’industrie d’une manière qui supprimera

des emplois.

Un livre blanc de l’UAW,

publié au printemps de cette année,

expose de manière frappante

les enjeux du passage du moteur

à combustion thermique aux moteurs

électriques: les VE nécessitent

moins de pièces et moins d’emplois

pour la fabrication et beaucoup de

pièces sont maintenant fournies par

des entreprises non syndiquées ou

sont importées. On s’attend à ce

que les VE accroissent considérablement

leur part du marché de l’automobile

au cours des prochaines

décennies, pour atteindre 10% au

milieu de 2020 et plus de la moitié

d’ici à 2040. GM s’est engagé à introduire

vingt nouveaux modèles

de VE dans le monde au cours des

quatre prochaines années.

L’UAW veut s’assurer que les

travailleurs ne paient pas le prix

ou les risques liés à la transition

de l’automobile. Or, à ce jour, le

syndicat a peu fait pour développer

une vision audacieuse de l’industrie

ou pour aligner ses intérêts et ses

luttes sur ceux des environnementalistes

qui luttent pour un Green

New Deal.

Rumeurs de ratification

Si le syndicat parvient à un accord

de principe avec l’entreprise, le

Conseil GM de l’UAW peut demander

soit de mettre fin à la grève et de

faire revenir les salariés au travail

pendant le vote de ratification, soit

de rester en grève jusqu’à la fin de

ce vote. Selon le Detroit Free Press,

des sources anonymes du Conseil

ont indiqué que la grève se poursuivra

probablement jusqu’à la ratification

du contrat, ce qui pourrait

prolonger d’une semaine la durée

des piquets de grève. Traditionnellement,

le syndicat a ordonné aux

membres de retourner au travail

pendant la période de vote.

La rumeur pourrait être un

stratagème de négociation de la

part du syndicat: une menace à

laquelle l’UAW pourrait renoncer si

l’offre de GM est assez bonne. Mais

cela pourrait aussi faire en sorte

que le syndicat ne perde pas l’influence

qu’il a accumulée au cours

de la grève. Si les membres rejettent

l’accord de principe comme l’ont

fait les travailleurs de Chrysler en

2015, ils seront en bien meilleure

position pour obtenir une meilleure

offre de GM s’ils sont toujours en

grève.

Labor Notes 24 septembre 2019

Traduction A l’encontre 27

septembre 2019

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CO2, un autre des nombreux problèmes

environnementaux que les

États-Unis tentent de passer sous

silence.

Trump fait tout son possible

pour distraire l'attention de la

communauté internationale

Le ministre cubain des Relations

extérieures, Bruno Rodriguez, a affirmé

que l'intervention devant l'Assemblée

générale des Nations Unies

du président des États-Unis Donald

Trump était truffée de mensonges

; c'était un discours ancré dans la

Doctrine Monroe et profondément

maccartiste.

Donald Trump a qualifié le

président vénézuélien Nicolas Maduro

de « marionnette de Cuba », il

a accusé La Havane de « piller » la

richesse pétrolière du Venezuela et a

affirmé que « les États-Unis ne seront

jamais un pays socialiste ».

De l'avis du chef de la diplomatie

cubaine, Trump fait tout son

possible pour détourner l'attention

de la communauté internationale et

de l'opinion publique étasunienne

elle-même des énormes problèmes

internes qui ne cessent de s’aggraver

dans ce pays.

Dans l'ensemble, a-t-il conclu,

de la région de Tigzirt n’ont cessé d’exiger

sa libération à travers des actions

de terrain. Jeudi, une marche a eu lieu,

comme chaque semaine, dans la ville

de Tigzirt. La mobilisation pour obtenir

la libération des détenus du mouvement

s’intensifie.

Mercredi dernier, les habitants

de Tifra, village du détenu Amar

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le discours prononcé aujourd'hui par

le chef de la Maison-Blanche était

ennuyeux, plus ou moins le même,

un discours ancien et inadapté à la

réalité des États-Unis et à la scène

internationale.

Le ministre Bruno Rodríguez

a également rejeté les déclarations

du président brésilien Jair Bolsonaro

à la 74e Assemblée générale des

Nations Unies (ONU) contre le programme

Mais Médicos (Davantage

de médecins pour le Brésil).

Le président brésilien s’est attaqué

au programme de solidarité

qui a apporté la santé aux Brésiliens

les plus pauvres et aux régions les

plus inhospitalières et déshéritées.

Depuis 2013, des milliers de

médecins cubains sont arrivés au

Brésil dans le cadre du programme

Mais Médicos, promu par le gouvernement

de l'ancienne présidente

Dilma Rousseff. Ils ont été distribués

dans environ 2 800 municipalités de

tous les États et dans les 34 districts

sanitaires spéciaux autochtones

(DSEI).

Bruno Rodriguez a suggéré

sur son compte Twitter au président

brésilien de « s'attaquer à la corruption

dans son système judiciaire,

son gouvernement et sa famille ».

Récemment, le chef de la

diplomatie cubaine a participé à

Acherfoun, ont tenu une assemblée

générale. «L’initiative de cette rencontre

est l’œuvre de la jeunesse du village

qui veut se réapproprier les traditions

ancestrales de solidarité dans ce village

aux 57 martyrs. Les citoyens de Tifra

sont déterminés à crier haut et fort pour

dénoncer l’arbitraire dont sont victimes

les détenus du mouvement, à l’image

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la Réunion de haut niveau sur la

couverture maladie universelle

dans le cadre de la 74e Assemblée

générale des Nations Unies, le 23

septembre 2019, où il a souligné

qu'à la fin de 2018, Cuba enregistrait

une espérance de vie de plus de 78

ans et un taux de mortalité infantile

de 4 pour mille naissances vivantes.

Un taux d'immunité de 98%, avec

14 maladies infectieuses éradiquées,

9 ne constituant pas des problèmes

de santé et 29 maladies transmissibles

contrôlées. L'Île respecte les

indicateurs qui l'ont certifiée comme

le premier pays à éliminer la transmission

du VIH de la mère à l'enfant

et la syphilis congénitale.

Le gouvernement des États-

Unis s’en prend à présent aux programmes

cubains de coopération

médicale avec les pays en développement

afin de les discréditer et de

les saboter.

Ces programmes, qui constituent

un exemple de coopération Sud-

Sud, ont aidé de nombreux pays

d'Amérique latine et des Caraïbes,

d'Afrique et d'Asie à améliorer la

couverture sanitaire et à fournir des

soins médicaux de qualité aux populations

des zones difficiles d'accès.

d’Amar Acherfouche», nous a-t-il été

souligné par les habitants de Tifra, hier,

lors de la marche de Tizi Ouzou. Celle-ci

s’est déroulée dans un climat pacifique

et dans une ambiance marquée par une

solidarité exemplaire.

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Vol 13 # 13 • Du 2 au 8 Octobre 2019

Haiti Liberté/Haitian Times

19


Pleins Feux Sur : Jean Claude « Charly » Dorsainvil (Cap-Haitien- ?)

Par Ed Rainer Sainvill

« Un feu follet de vocaliste »

Charly, comme bien d’autres

recrues vocales de

son ère, a émergé dans son

Cap natal ; en adhérent à des

morceaux de variétés. Ce qui

lui a permis de se positionner

dans le moule des vogues

françaises et espagnoles dont

s’entichait l’auditoire d’alors.

Entre les études, il y a aussi

cette passion de vouloir s’extérioriser

à travers le lyrisme

et la mélodie. En plus d’un

timbre qui tend à bousculer,

comme l’horloge qui sonne.

Et une vocation qui lui donne

des idées de se forger particulièrement

un talent de chanteur.

Et de là, des groupes de

débutant pour se faire visible.

Jusqu’à Port-au-Prince, où il

se retrouve entre temps ; entre

quelques auditions, pour

être refusé par « Les Ambassadeurs

». Un camouflet qu’il

a attribué au chanteur vedette

Pascal Albert dont il dit

avoir déconseillé le maestro

Ménélas de ne pas l’engager,

du fait de son timbre pastoral.

Un peu étrange pour

Pachou, qui est pourtant de la

même contrée. A sa décharge

dans cette anecdote, le style

de Charly n’aurait pas fait

d’effet au sein du plus fameux

mini-jazz. Lequel, a vu défiler

tant de crooner : Fung cap,

Pascal, Marc Yves Volcy, Henriot

Leroy, Hammerton Lilavois.

Alors, Jean C. Dorsainvil

a bien fait d’aller muter ailleurs,

pour se frayer un chemin

inespéré avec le « Bossa

Combo », orchestre présidentiel,

au début des seventies.

Cet ensemble ré-émergé de

sa plus large purge connue :

guitariste, saxophoniste,

bassiste, tamboureur, batteur,

gongiste etc. C’est ainsi que

Charly va finalement s’imposer

de sa voix clairsemée

et trépidante à l’avant-poste

d’un groupe marquée par la

grandiloquence vocale de

Raymond Cajuste, renvoyé

en exil. Alors, il y donne la

mesure de son exubérance

dans : nouvèl sezon Bossa,

bossu, abitan, ki

mele m, pwovèb, illusion,

fanm alèkile, atteignant finalement

la reconnaissance

dans : Jalouzi (te quiero).

Jusqu’au retour de Cajuste,

avec son timbre dominant,

pendant que Charly lui,

s’est acquitté de son phrasé

indispensable (sans oublier

Fritz Coq au milieu avec sa

sonorité distinguée), dans

un trio vocal où J.C. Dorsainvil

s’est avéré le porte-voix.

Pour avoir eu cette étrange

idée d’introduire les premiers

textes engagés dans l’arène

du konpa, dans le fief même

des barons macoutes. On

se souvient de :Courage/

Ti pwason, : ‘’Yon pati ki

jwenn, yon pati pa jwenn…

’’,qui a créé des remous durant

la satrapie duvaliériste,

‘’…au temps où l’on ne se

parlait que par signes’’. Dixit

Anthony Phelps. Un valeureux

cheminement pour Charly

qui persiste à conscientiser

à travers : permanente, l’an

2000, 7 e commandement,

move tan ; dans le fameux

album : Racines, qui a vu

l’éclatement du groupe en

1979, lorsque la partie rebelle

a déserté à New-York.

Evidemment, Charly fut

l’un des chefs de file de cette

fraction qui prit New-York

d’assaut durant l’automne

de cette même année dans la

formation du groupe « Accolade

». Profitant de la débandade

du« Skah-Shah », de la

baisse de régime du « Tabou »

et de l’éclatement des« Frères

Déjean », pour prendre d’emblée

la scène ambiante de N.Y

ainsi que les autres communautés

de la diaspora avec

des hits en veux-tu ? En

voilà ! Dorsainvil a donc illuminé

le début de la décade

1980 ; en allumant quelques

hits qui ont fait mouche. Pour

un public qui prenait bien

part à l’ascension de ces rebelles

de musiciens ; qui ne

voulaient plus vivre au pays

de ‘’Baby dòk’’. Alors, se sont

enchainés : la foi, espoir,

Accolade la rive, madan

Jules, fanm dezòdone,

Haïti, chanje, coumbite, et

entre autres Latiamimi, qui

lui a causé bien d’ennuis au

cours d’un voyage au pays.

En effet, durant leur

premier retour natal, qu’ils

prirent le risque d’entamer

après leur désertion controversée.

Les gars de l’ »Accolade

» reçurent de façon

impromptue, la visite à

leur hôtel de Latiammimi

en personne, Michèle Bennett-Pasquet-Duvalier

elatriye,

qui n’a pas digéré qu’on

ait fait allusion à elle dans ce

morceau. Et puisque Charly

est l’un des co-auteurs de ce

super tube avec Damas, il en

prit aux tympans, de la part

de mimi, laquelle sweetmikiman

dégaina la queue de sa

jupe ; transformée en pistolet

pour faire entendre toutes

les charognes jamais sorties

d’une bouche humaine. En

plus des menaces et de la

bastonnade qui ont précédé.

En tout cas, de retour à N.Y

l’ « Accolade » ne sera plus

le même. Perdant bien de sa

splendeur face à la montée

d’une nouvelle vague musicale.

Et, J.C.D n’a pu que se

contenter de quelques apparitions

sporadiques, d’un

groupe qui avait laissé le

meilleur derrière.

A la fin du dernier

millénaire, il rejoint ses anciens

partenaires dans une

alliance dite « BossAccolade

», le temps d’un album

et, une apparition remarquée

au Brooklyn College lors de

la soirée en l’honneur de

Yole et Ansy Dérose. Subséquemment,

les clignotants

se sont refroidis pour Charly

; entre des tentatives de

refaire surface en compagnie

de son ‘’kavalye polka ‘’, J. R.

Damas. Et lorsque le rideau se

baisse pour vous mettre face

à l’anonymat. Troquant les

plaisirs de l’estrade musicale

pour les scènes conjugales

et puis, c’est la table rase. Et

advienne la maladie, en devenant

la victime d’un terrible

accident vasculaire cérébral.

Et Charly qui fait le va-etvient

entre sa résidence et la

maison de retraite à Hillside,

Queens. Laquelle est devenue

sa demeure permanente

depuis plus d’une décade. Attendant

encore la visite d’un

frère musicien.

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