Adventiste Magazine N°21 Octobre - Novembre - Décembre 2019

CommunicationsFSRT

4 TÉMOIGNAGE - Carmelo : De l'esclavage de la drogue à la liberté en Jésus
8 FOCUS - Richard Lehmann : Du zéro pointé à Président d'Union
14 CROYANCES - La révolution française et la formation de
l'adventisme
18 FEMMES - 200ème "Partage au féminin" à Neuchâtel
21 HOMMAGE - François Perrin
22 ACTUALITÉS SUISSES

Adventiste Magazine est le journal trimestriel de la Fédération Adventiste de la Suisse Romande et du Tessin (FSRT)

Richard Lehmann

DU ZÉRO POINTÉ À PRÉSIDENT D’UNION :

QUAND DIEU EST À L’ŒUVRE

OCTOBRE / NOVEMBRE / DÉCEMBRE 2019 N°ISSN 2571-6859

21

CROYANCES

La révolution française

et la formation de

l'adventisme

TÉMOIGNAGE

Carmelo : De l'esclavage

de la drogue à la liberté

en Jésus


RECETTE

Journal trimestriel

de la Fédération

Adventiste de la Suisse

Romande et du Tessin

(FSRT)

DIEU A UN PLAN…

EDITO

SOMMAIRE

POMMES

FAÇON BISCUITS

Ingrédients

2-3 pommes

Sirop d’érable

Noisettes

1. Laver, peler et couper les pommes en tranches.

2. Avec des emporte-pièces, couper des formes et les

disposer sur une plaque de four.

3. Préchauffer le four à 150ºC.

4. Verser du sirop d’érable.

5. Casser grossièrement des noisettes avec l’aide d’un

verre. Mettre les noisettes dans un sachet plastique et

frapper quelques coups avec le verre.

6. Répartir les noisettes et les fruits.

7. Cuire 45 minutes.

.

Une recette de Jessica Merckx

http://pinkcappuccino.ch

N°21

Octobre - Novembre -

Décembre 2019

Revue gratuite

Imprimée en Allemagne

N° ISSN 2571-6859

Rédacteur en chef : Rickson

Nobre Éditeur : Département

des communications de la FSRT

Équipe de rédaction : Rickson

Nobre, Eunice Goi, Yolande

Grezet, Pierrick Avelin, Cédrick

Fernandez Maquettiste :

Cédrick Fernandez et Eunice Goi

Rédacteurs : Rickson Nobre,

Richard Lehmann, Flavio Pereira

Da Silva Filho, Tiziana Càla, Eunice

Goi, Suzanne Von Büren, Conni

Henck Correctrices : Geneviève

Montégut, Simone Charrière,

Odette Cordas

Crédit photos

Couverture, p8 : Frédéric Leduc

p2 : Jessica Merckx p5, p6 :

Deborah Bough p9 : Pxhere p10

à 12 : Richard Lehmann p14, p15

: Adobe Stock p16 : Conférence

générale des Adventistes du

Septième Jour p18 à 20 : Suzanne

von Büren p21 : Myldred Delker

p22 : Eunice Goi p24, p25 : Carlos

Alvarenga p26, p27 : Claudia Dala

da Silva p28 : Campus du Salève

p30 : Carla Silva p31 : Service

Communications de la Clinique

de La Lignière

Les articles publiés et signés dans

Adventiste Magazine n'engagent

que leurs auteurs.

© FSRT - Tous droits réservés

pour tous pays.

RICKSON

NOBRE

Pasteur et

rédacteur en

chef

L’histoire de Carmelo m’a impressionné. Un

parcours chaotique entre drogues, prison

et incertitudes mais qui va finalement être

transformé grâce aux bras d'une femme

avant d'arriver dans ceux de Jésus. Cela

montre que Dieu a un plan, tel que nous

décrit le livre de Jérémie : « Je connais les

projets que je forme pour vous. Je le déclare

: ce ne sont pas des projets de malheur, mais

des projets de bonheur. Je veux vous donner

un avenir plein d’espérance. »

Justement, les projets de Dieu ont aussi changé la vie d’un

jeune homme qui a grandi en Alsace, un certain Richard, qui

d’apprenti électricien est devenu pasteur et président d’Union

en France. Tout cela grâce à une émission radio écoutée par sa

maman : "La voix de l’espérance". Mais décider de suivre les

plans de Dieu ne signifie pas forcément qu’ils ne seront pas

parsemés d’embûches. Il a fallu tenir bon quand ce fameux

Richard a obtenu la note de 0,5 à son premier examen de

français. Et c'est ce qu'il a fait pour rester dans le projet de Dieu

pour lui.

De la même manière, les femmes de Neuchâtel ont tenu bon,

puisqu’elles viennent de fêter leur 200 ème rencontre de "Partage

au féminin". Quand cela a commencé, elles étaient loin

d’imaginer que ces rencontres faisaient partie du plan de Dieu

pour changer la vie de plusieurs d'entre elles, certaines allant

jusqu’à prendre la décision de se faire baptiser.

Merci au Seigneur pour ces projets et Ses projets de bonheur

qui changent les vies. Nous espérons que ces histoires et

témoignages de ce numéro d’Adventiste Magazine vous

inspireront et vous inciteront également à choisir de vivre le

projet de Dieu.

4TÉMOIGNAGE

Carmelo : De l'esclavage

de la drogue à la

liberté en Jésus

8FOCUS

Richard Lehmann :

Du zéro pointé à

Président d'Union

14

CROYANCES

La révolution française

et la formation de

l'adventisme

18

FEMMES

200 ème "Partage au

féminin" à Neuchâtel

21

HOMMAGE

François Perrin

22

ACTUALITÉS

SUISSES

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TÉMOIGNAGE

CARMELO

De l'esclavage de la drogue

à la liberté en Jésus

Cigarettes, haschisch, cocaïne... un cycle infernal qui a

conduit Carmelo en prison mais aussi aux pieds de Jésus.

Car avec Dieu, on ne va jamais trop loin. Sa grâce peut nous

atteindre n'importe où.

Je m’appelle Carmelo Spinelli. Je suis né en

1972 à Varèse au sein d’une famille catholique

très attachée à la tradition. À l’âge

de 15 ans, je commence à travailler

comme serveur dans un restaurant,

et c’est là que j’entre

en contact avec les plaisirs

néfastes de ce

monde. Je me mets

à fumer, d’abord

simplement des

cigarettes puis

du haschisch. Je

tombe également

dans l’alcool et la

drogue. La cocaïne et

LSD me maintiennent

pris au piège, surtout

lors des fêtes au cours desquelles

j’épuise souvent tous mes

revenus.

À l’âge de 19 ans, je rencontre Margareth,

une fille de République Dominicaine qui

va changer ma vie. Elle me parle de Jésus,

un sujet qui m’apporte toujours beaucoup

de joie. Margareth me fait découvrir

les conseils sur l’alimentation

que contient la Bible. Je

n’arrive pas à mettre en

pratique ce que j’apprends,

pourtant j’ai

en moi cette conviction

très forte que

la Bible est la Parole

de Dieu. Je sais bien

que si la Bible présente

ces conseils

de vie, c’est qu’il y

a une bonne raison.

Mais ce qui m’importe le

plus c’est que Margareth est

mariée alors je m’éloigne un peu

pour mettre fin à mon attirance pour elle.

En changeant d’emploi je perds même

contact avec elle... pour mieux la retrouver

4 5


quelques années plus tard. Entre temps, Margareth

a mis fin à son mariage, ce qui me permet

d’assumer un nouveau rôle dans la vie de

la jeune femme. Je vais vivre avec Margareth et

son fils. Malgré tout, ma vie suit son cours sans

grands changements : je continue à fumer, à

boire et à manger de façon immodérée. Seule

nouveauté, je réussis à ouvrir un petit restaurant

à Varèse. Malheureusement, les choses

ne vont pas bien, ni à la maison ni au travail :

je suis forcé de fermer mon commerce, faute

de clients et à cause des coûts excessifs. Au

plus mal, je ne sais pas comment m’en sortir.

C’est dans ce moment difficile que je

commence à ressentir le besoin

de Dieu, si bien que c’est à lui

que je demande de l’aide

pour sortir de ce tourbillon.

Et contre toute

attente, ma situation

empire.

Les mois passent et

je me retrouve en

prison, soupçonné

de trafic de drogue.

Bien que les accusations

ne soient

pas fondées, le temps

passe, lentement, et

aucun élément nouveau

n’est apporté à mon dossier,

aucune libération en vue. Le seul

objet que j’ai choisi d’emporter avec moi

en prison était la Bible qu’on m’avait donnée à

l’occasion de mon baptême catholique, quand

je n’étais qu’un petit enfant. Je ne l’avais jamais

ouverte avant. J’y découvre que les commandements

sont différents de ce que j’imaginais.

Je prends aussi connaissance des enseignements

et des conseils que la Bible donne, instructions

qui ont pour seul but de donner aux

êtres humains une vie pleine et abondante.

Quelles découvertes !

Une fois l’enquête terminée, environ un an

après, je sors enfin de prison. Je reprends ma

vie où je l’avais laissée, je retrouve un travail et

retourne vivre avec Margareth. Environ 5 mois

plus tard, elle m’invite à aller avec elle à l’église

adventiste de Varèse. C’est le déclic : j’ai soudainement

très soif de connaître la vérité et de

mieux connaître Jésus. Nous commençons en

couple des cours bibliques, au cours desquels

nous réalisons être en position d’adultère aux

yeux de Dieu. D’un commun accord, nous interrompons

notre relation car nous souhaitons

faire confiance à Dieu et lui soumettre

notre cœur et notre volonté.

Grâce à l’aide du Seigneur, j’arrête de fumer et

de boire. Un bouleversement radical s’opère

dans mon alimentation puisque je

deviens végétalien. Puis je

recommence un parcours

d’études bibliques suite

à ma rencontre avec

le pasteur Matthias

Maag. À travers la

Parole du Seigneur

et les textes d’Ellen

White, j’acquiers

la conviction que

l'ensemble des

valeurs de l’Église

adventiste honorent

Dieu. Je prends la décision

d’être baptisé, ce

qui s’est concrétisé le 22

juin 2019, en même temps

que trois autres personnes. Cette

date marque pour moi une nouvelle naissance,

même si je me suis senti membre de

l’église dès l’instant où j’ai choisi et accepté Jésus

comme mon sauveur personnel.

Aujourd’hui mon grand souhait est que la personne

qui m’a amené à connaître Jésus choisisse

elle aussi de lui confier complètement sa

vie, en se faisant baptiser. Ma prière est que le

Seigneur m’utilise comme un instrument entre

ses mains, pour que mon témoignage touche

et transforme d’autres vies.

AM

6

7


FOCUS

Richard Lehmann

DU ZÉRO POINTÉ À PRÉSIDENT D’UNION :

L'APPEL DE DIEU

QUAND DIEU EST À L’ŒUVRE

Il est des personnalités qu’on admire, qui inspirent et dont on envie la force, le courage,

la spiritualité et le destin. Mais sait-on par quoi elles sont passées, ce qu’elles

ont enduré pour atteindre ces caractéristiques ou ces positions ? Serions-nous prêts

à chausser leurs souliers et parcourir leur chemin ? Richard Lehmann est un homme

connu dans le milieu adventiste pour son parcours professionnel, sa sagesse et ses

livres. A l’instar de nombreux grands hommes modernes et de la Bible, il a aussi

connu le désert et ses difficultés. C’est ce côté personnel et plus intime que vous

allez pouvoir découvrir ici.

Je suis né dans les Vosges au début de la dernière

guerre à la suite du déplacement des habitants

de Strasbourg en raison de l’avancée allemande.

Par la suite, mes parents sont revenus

en Alsace où j’ai grandi. Ma famille était plus ou

moins religieuse. Moi, j’aimais l’église catholique

où j’ai été baptisé et fait ma première communion.

J’avais l’habitude de fréquenter le couvent

des Capucins près de chez nous.

À une certaine époque, ma mère est tombée

malade et a cherché, dans d’autres religions que

la sienne, des réponses à ses questions existentielles,

parce qu’elle ne trouvait pas la guérison.

Un jour, elle s’est mise à genoux dans son salon

et a demandé à Dieu de la secourir. Puis, elle

s’est relevée, a fait son ménage et a allumé la radio.

Elle est tombée sur la toute fin d’une émission.

Elle a juste eu le temps d’entendre l’animateur

dire : « C’était la Voix de l’espérance, BP 403,

Paris 13 ème ». Cette phrase l’a interpelée et elle

a écrit à cette adresse. À la suite de cela, une

assistante pastorale est venue pour lui donner

des études bibliques et c’est ainsi qu’elle est

devenue adventiste.

Moi je n’étais pas d’accord avec ce changement.

J’étais catholique, je suivais le catéchisme et son

sabbat me gênait beaucoup. Convaincue de sa

nouvelle foi, elle a ouvert sa Bible devant moi à

Exode 20 et m’a demandé de comparer ce texte

avec mon catéchisme que je défendais fermement.

Cela fut un choc pour moi. Mon amour

propre était atteint. J’avais 12 ans et ma réaction

a été... de devenir agnostique ! Je n’assumais

pas de dire qu’elle avait raison car cela voulait

dire que je m’étais trompé mais, je savais aussi

que si je disais que les catholiques étaient dans

le vrai, alors je donnais plus de valeur à mon

catéchisme qu’à la Bible.

Malgré mes réticences, ma mère m’a envoyé

dans une colonie de vacances

adventiste où je me suis fait des

amis que j’aimais beaucoup.

Alors pour les retrouver je

me suis rendu à la société

de jeunesse de l’église.

Des liens forts se sont

créés au fur et à mesure

qu’on grandissait ensemble.

A l’époque je fréquentais

l’école publique de Koenigshoffen,

dans la banlieue

de Strasbourg, et ma

mère m’a proposé d’intégrer

une école adventiste qui existait

dans ces temps-là à Strasbourg. J’ai accepté

et cela a augmenté mon nombre d’amis

adventistes. J’ai commencé à observer le sabbat.

Après avoir obtenu mon Certificat d’études

primaires, j’ai opté pour un centre d’apprentissage

juif pour avoir le sabbat libre. J’y ai préparé

le CAP d’électricien.

A la fin de mes études, j’ai passé un concours

pour être formé au métier de frigoriste à Paris.

C’est le moment où j’ai décidé d’être baptisé. Je

vivais cela comme une grande aventure : être

seul à 17 ans, dans une grande ville inconnue.

J’ai senti que j’avais besoin du secours du Seigneur

et je me suis donc engagé avec Lui.

Arrivé à Paris, grand lecteur que je suis, j’ai lu

beaucoup de livres notamment la biographie

de Livingstone et celle de William Carrey. Ces

deux missionnaires m’ont donné envie de partir

moi-même en mission, en Afrique. Mais je savais

que pour cela, il y avait toute une formation

à suivre. J’ai fini mes études de frigoriste à 18

ans. Je suis rentré à Strasbourg pour travailler

dans le but d’aider mes parents. Je devais aussi

accomplir mes deux ans de service militaire,

obligatoire à l’époque. Alors j’ai repoussé ma

vocation de missionnaire à plus tard.

LE CHEMIN PIERREUX

DES ÉTUDES

Un jour, Michel Grisier, pasteur à Strasbourg,

a eu besoin d’un électricien pour réaliser les

travaux pour l’église. Et a fait appel à moi. A

cette occasion, nous avons parlé de mon avenir,

de mon désir de servir Dieu en tant que

missionnaire et j’ai exposé mon obstacle

: l’argent. C’est alors qu’il a

expliqué avoir été colporteur en

Bretagne et qu’avec la vente

de livres il avait pu payer ses

frais d’études à Collonges.

Il m’a suggéré de faire la

même chose. La semaine

suivante, lors d’une assemblée,

il a demandé au président,

frère Charles Winandy,

s’il m’autorisait à faire du

colportage en Alsace, afin de

réunir les fonds pour aller à

Collonges. Il s’est montré favorable

mais il y avait un obstacle : je

n’avais aucune formation pour vendre

des livres. J’avais bien fait du porte-à-porte

pour vendre le journal Jeunesse, mais colporter

c’est bien autre chose. Un peu aventurier,

en quelques jours, je me suis lancé. J’ai quitté

le magasin d’électroménagers où je travaillais,

sans grande peine, car je n’y exerçais pas le métier

à proprement parler de frigoriste et ce que

j’y avais découvert – une manière d’abuser du

client – ne me plaisait pas du tout. Donc j’ai saisi

cette opportunité d’aboutir à mon rêve de mission,

mais en me limitant à des Revues. Je dois

dire aussi que lorsque j’ai annoncé à ma mère

mon changement d’orientation et mes regrets

de ne pas être un soutien, elle m’a dit : « Tu sais,

cela fait si longtemps que je prie pour cela ! »

La maison d’édition Vie et Santé m’a envoyé des

8

9


evues Signes des temps, et Vie et Santé, périmées

bien sûr ! Je m’étais fixé de vendre 70

paquets de 3, soit 210 revues par jour. Pour

cela, tous les matins, je prenais le bus ou le train

pour rejoindre les villages environnants. J’allais

de porte en porte avec comme seul et unique

discours : « Bonjour madame, je suis étudiant,

je vends ces journaux pour payer mes études.

C’est 3 pour 1 franc. » C’est tout. Je ne savais pas

quoi dire d’autre. Et cela fonctionnait ! Quasiment

toutes les semaines je recevais des colis

de la maison d’édition. Mon but était de récolter

le tiers du tarif de l’écolage. En effet, un autre

tiers était couvert par la maison d’édition et le

dernier tiers par l’Union, si je me souviens bien.

C’est ainsi que finalement, je suis

arrivé à Collonges. Je me suis

inscris à ce qu’on appelait, à

l’époque, le cours d’évangéliste.

Mais n’ayant pas

le baccalauréat, j’ai reçu

la nouvelle que je n’avais

pas le niveau pour entrer

en théologie et que je devais

d’abord faire la classe

de seconde. Cela voulait

dire une année de plus. Je

devais faire une quatrième

année. J’ai donc intégré cette

classe de seconde, en même

temps que René Augsburger, mon

copain de chambre qui, lui, avait étudié

en Autriche.

Ma première dissertation en français est à garder

dans les annales ! Le professeur a distribué

les devoirs aux élèves en commençant par les

notes les plus hautes. Puis les feuilles défilaient

selon les notes : 10, 8, 6... et je n’avais toujours

pas la mienne ! Au bout d’un moment, le professeur

m’a appelé par mon nom et m’a demandé

d’où je venais. Je lui ai alors expliqué que je

venais de Strasbourg où j’avais étudié dans un

centre d’apprentissage. Avec un ton que je n’oublierai

jamais, il m’a annoncé publiquement qu’il

m’attribuait un 0,5 pour l’encre utilisée, car pour

le reste, mon français était exécrable. Cela fut

un choc pour moi. J’étais effondré. Je suis rentré

à midi dans ma chambre et j’ai prié Dieu en lui

disant que s’il voulait que je devienne missionnaire,

il allait devoir faire un gros effort pour

moi... Et c’est ce qu’Il a fait !

Au bout d’un an, et le début de longues périodes

de colportage en été, en Bretagne,

avec des livres cette fois, je suis entré au cours

d’évangéliste, enfin ! Mais là, nouvelle douche

froide. Le pasteur Fridlin, président de la Division,

informe les étudiants que désormais,

pour aller en Afrique, il faudra avoir au moins le

baccalauréat. Information confirmée par mon

conseiller, Raoul Dederen, je retourne donc en

classe de Première. Mon parcours était de toute

évidence semé d’embûches, et c’était loin d’être

fini. J’ai passé mon premier bac au mois de juin

et j’ai dû repasser à la session de repêchage en

septembre. Je n’avais pas les points nécessaires

mais j’ai été repêché tout de même.

Après tout cela, je devais partir au service

militaire. J’ai fait des travaux de peinture

à Collonges. Puis j’ai été

convoqué à l’hôpital militaire

de Nancy pour faire un électroencéphalogramme.

En

effet, lors des entretiens

préparatoires à l’armée,

on m’avait demandé si

j’avais déjà eu des cas

d’évanouissement. Or,

cela m’était arrivé une fois

au réfectoire de Collonges.

L’armée a pris cela très au

sérieux et le médecin militaire

m’a réformé définitivement. En

fait, lors de l’examen, j’ai été pris par

une crise de fou-rire quand je me suis

vu avec les bigoudis sur la tête. Je n’ai donc pas

été engagé pour les deux années obligatoires.

Ce fut une excellente nouvelle, je n’en revenais

pas. Je suis retourné à Collonges et suis entré

en classe terminale avec deux mois de retard.

Pendant mes études, j’avais l’habitude de me retirer

entre midi et 14h pour lire les écrits d’Ellen

White et un passage m’a semblé s’adresser à

moi, celui où elle déclare dans Témoignages

pour l’Église Vol.2, que les jeunes devraient

poursuivre leurs études le plus loin possible

pour « atteindre non seulement les classes

moyennes, mais l’élite de la société. ». Cela a

créé un malaise en moi. J’avais passé de justesse

mon premier bac et j’avais pris du retard

dans mon cursus de Terminale à cause du service

militaire. Alors j’ai fait un pacte avec Dieu.

Si je devais aller plus loin dans mes études, il

me fallait une mention au Bac de terminale.

J’avais placé la barre très haut, un peu pour me

Richard Lehmann, son épouse Tania, et leurs trois enfants : Jean-Philippe, Silvia et Prisca

libérer de l’obligation d’étudier longtemps.

Cela me semblait improbable. Mais lorsque j’ai

eu mon Bac avec mention, je ne pouvais plus

reculer.

Le chemin ne s’annonçait pourtant pas plus

facile. J’ai poursuivi des études à Genève en

Sciences morales en Faculté des lettres. Au

cours de la première année, on a informé les

étudiants (dont je faisais partie) que le diplôme

était supprimé, par conséquent notre promotion,

qui était la dernière, devait conclure

le cursus dans les temps. Cela m’était impossible,

car j’étudiais en parallèle la théologie à

Collonges. Nouvel obstacle donc : je devais me

réorienter. J’entre alors en Faculté des Sciences

économiques et sociales pour une Licence en

sciences sociales. Je suis admis en deuxième

année sous réserve de passer les examens de

première année. Je dois donc travailler sur les

manuels de première année pour faire les examens

tout en suivant les cours de deuxième

année et des cours de Collonges. Une fois la

licence en théologie obtenue, j’ai continué à

Genève tout en enseignant l’histoire au Collège

et Lycée Maurice Tièche.

ENFIN, L’AFRIQUE !

On peut dire, de toute évidence, que mon parcours

scolaire a été parsemé d’obstacles. Ce

furent autant d’occasions de me battre, de me

fortifier et fortifier ma relation avec Dieu. Le

Dieu de l’impossible a transformé chaque montagne

en plaine caillouteuse mais carrossable.

Mes deux licences en poche, le moment est

enfin venu de partir en mission en Afrique.

Entre-temps, Tania et moi nous étions mariés et

elle avait aussi épousé ma vocation.

En 1967, nous répondons à un appel à nous

rendre au Cameroun où je serais formateur

au Séminaire adventiste de Nanga-Eboko, au

service de l’Union d’Afrique équatoriale. Ainsi,

j’ai passé deux ans dans une salle de classe à

former deux élèves au pastorat. Ce n’était pas

l’image que je me faisais de la mission. Je me

voyais plutôt arpenter les rues pour prêcher la

Parole de Dieu. Si bien que j’ai entraîné des collègues

missionnaires à lancer une campagne

d’évangélisation dans le village voisin !

Comme mes cours n’entrainaient pas de nombreux

travaux de correction, je me suis inscrit

au bout de deux ans, à la faculté protestante de

Yaoundé pour préparer la Maîtrise en théologie.

Encore une fois, mes plans seront contrariés

car on me propose à la même période de

prendre la direction du Séminaire. Assumer les

deux tâches en même temps s’avérait compliqué.

J’ai donc renoncé à suivre les cours, mais

la Faculté m’a proposé de préparer les examens

de Maîtrise en faisant des lectures et des

10

11


travaux à mon domicile, sans limitation de

temps. Je ferai ma maîtrise en 5 ans.

LES SURPRISES DE DIEU

Au bout de sept ans en Afrique, notre retour

en Europe est avancé. En effet, mon épouse

Tania doit être rapatriée d’urgence à la suite

d’une grave hépatite. Elle est hospitalisée à La

Lignière. Cette situation met fin brutalement à

notre épisode en Afrique.

Par miracle et par la grâce de Dieu, Tania se

remet de son mal. Notre vie reprend doucement

son cours. Nos enfants sont scolarisés,

mon épouse est guérie... et

moi je suis sans emploi car tous

les postes sont déjà affectés.

Je contacte la Division et demande

l’autorisation de

terminer mon mémoire

de Maîtrise. Je reçois une

bourse et suis admis à la

Faculté de théologie de

Strasbourg…pour le doctorat,

cela sur la base de mes

études. Je présente tout de

même mon mémoire de Maîtrise,

passe le Diplôme d’études

approfondies et l’année suivante

soutien ma thèse de doctorat.

Ma voici maintenant à disposition de la Fédération

France-Nord qui avait subventionné une

partie de mes études du doctorat. Je suis affecté

comme pasteur des églises de Mulhouse et

Guebwiller. Après trois ans en Alsace, on me

propose un poste de professeur de Nouveau

Testament à Collonges, et Tania se voit confier

le poste de bibliothécaire, diplôme universitaire

qu’elle a acquis à Strasbourg. Plus tard, je serai

nommé doyen de la faculté de théologie, puis

directeur de l’école du Campus adventiste. Au

total, ce seront 18 ans de service au campus de

Collonges.

Lors d’une assemblée administrative de la Fédération

France-Nord, à Vittel, en 1997, je suis

présent pour représenter l’école. C’est alors

qu’on me demande si j’accepterais d’être le

président de la Fédération France-Nord. Après

avoir consulté le président de la Division de

l’époque, frère Frikart, j’accepte cette mission

en ayant le sentiment de me jeter au milieu de

l’océan sans savoir dans quelle direction nager.

Tout était nouveau pour moi. La responsabilité

est immense. J’applique alors la devise des Tisons

: « un tison s’efforce toujours de faire de

son mieux. »

Pour compliquer la situation, l’année suivante,

la Division décide, pour des raisons financières,

que le poste de président de l’Union franco-belge

sera assumé par un président de l’une

des Fédération concernées. Et pour commencer,

cela tombe... sur moi ! Ce furent des années

de beaucoup de travail que j’ai réussi à mener

uniquement parce que Tania a accepté d’être

ma secrétaire. Ce fut un vrai travail d’équipe. A

noter que je fus le premier président à avoir

eu un ordinateur !

Arrivé à l’âge de la retraite,

je me retire... pendant six

mois seulement, car le

président U. Frikart me

demande si j’accepte

d’assurer un intérim à la

direction du Campus en

raison d’un changement

de direction en cours

d’année. L’intérim durera

quatre ans. Et depuis, je

continue à rendre service

à la FAT et au Comité de recherche

biblique de la Division.

La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille,

même quand on marche avec Dieu,

même quand on veut travailler à son service. Je

le sais, je l’ai vécu. Et ce dont je peux témoigner

aujourd’hui c’est que le chemin facile n’est pas

l’objectif à atteindre. Parfois même, la question

n’est pas de savoir si l’Esprit de Dieu est celui qui

est à l’origine de tel élément de notre vie. À mon

sens, la vraie question est de savoir si, là où je

suis, à l’instant précis où je me trouve, je réalise

la volonté de Dieu. Est-ce que je pense et agis

comme Dieu le souhaite dans la situation où je

me trouve, avec ce que je suis et ce que j’ai ? Tel

est, à mes yeux, l’enjeu de chaque jour dans la

vie de tout chrétien.

RICHARD LEHMANN

Pour Adventiste Magazine

Interview de Richard Lehmann

Adventiste Magazine

1# Fais de la lecture de la Bible une

activité quotidienne

Il y a des jours où « on dévore la Bible » et

d’autres carrément pas. Quand le cœur n’y

est pas, que la raison prenne le relais. Ouvre

ta Bible 7/7.

2# Choisis la Bible qui te parle plus

Il existe une seule Bible mais différentes

versions. Essayes-en plusieurs et garde celle

que tu préfères (français courant, avec illustrations,

avec commentaires, ...).

3# lis divers passages de la Bible

sur un même thème

Pour une compréhension globale d’un sujet,

lis des versets qui en parlent à différents

endroits de la Bible. Pour cela, une concordance

peut vraiment t’aider.

4# médite sur les textes de la Bible

La Bible n’est pas forcément un livre facile

à lire. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter

à relire un même verset plusieurs fois pour

bien le comprendre.

5# Invite l’auteur à t’expliquer ce qu’il

a voulu dire

La Bible contient des trésors qui ne sont pas

réservés qu’aux plus érudits. Demande au

Saint-Esprit d’éclairer ta lecture. C’est luimême

qui a inspiré ceux qui ont l’écrite.

6# vis le

récit biblique

Un exercice

amusant est de

remplacer le nom

des personnages

par le tien. Par

exemple : « Car

je connais les

projets que j’ai

formés sur (ton

prénom), dit

l’Éternel, projets

de paix et non de malheur, afin de lui donner

un avenir et de l’espérance. » Jérémie 29.11

7# Partage avec ton entourage ce que

tu as appris et compris

Une des meilleures manières de ne pas oublier

ce que tu viens d’apprendre, c’est de le

transmettre à d’autres. Alors partage de vive

voix, sur les réseaux sociaux, à l’église ...

8# Mets en pratique aussitôt

La Bible n’est pas faite de théorie. Elle

contient de précieux conseils pour une vie

heureuse. Alors lis et agis !

9# Apprends par cœur des versets

On ne peut pas toujours sortir sa Bible

quand on en a besoin. Retiens donc des

passages qui peuvent t’encourager au long

de la journée.

10# Offre une Bible

Si tu vois un ami se

débattre avec ses

problèmes, l’un des

plus beaux cadeaux que

tu peux lui faire,

c’est de lui donner

une Bible pour

qu’il y puise de

la sagesse pour

sa vie.

10 CONSEILS

AUX LECTEURS

DE LA BIBLE

12

13 13


CROYANCES

La Révolution

française

ET LA FORMATION DE L’ADVENTISME

Considérée “mère des révolutions”,

dont on célèbre les 230 ans, elle a

déclenché un réel intérêt pour le livre

de l’Apocalypse qui a connu son apogée

lors de la naissance de l’église.

Le 14 juillet 1789, la Bastille, prison-forteresse

de Paris et symbole dominant de l’autorité

royale française, a été prise lors

d’un soulèvement populaire. Les

pierres du grand mur de 24

mètres de hauteur et 3

mètres d’épaisseur qui

formaient la prison

ont été arrachées,

les unes après les

autres 1 . La chute de

la Bastille marque

la fin de l’une des

monarchies les

plus puissantes du

monde, c’est l’événement

qui inaugure

et sépare l’Âge moderne

de l’ère contemporaine,

c’est aussi l’image qui reste de la

Révolution française 2 .

Dans son contexte chronologique

immédiat, la Révolution française a eu

une conséquence directe sur Haïti, qui

a initié en 1791 une insurrection contre

l’esclavagisme, dont le point culminant

a eu lieu à l’indépendance de ce pays

en 1804. Dans les années 1790, les secousses

idéologiques qui ont suivi, en

provenance de l'épicentre des développements

radicaux en France, ont eu des répercussions

de l'autre côté de l'Atlantique.

Les idées françaises de souveraineté

populaire et l’effet des guerres

révolutionnaires ont fait

que le désir d’indépendance

ont atteint le

Mexique, au nord, puis

l‘Argentine et le Chili,

en Amérique du sud.

L’idéologie révolutionnaire

française

a également influencé

les nations émergentes

en Europe au

XIXème siècle, au point

que celles-ci ont adopté, à

l’instar de la France, un drapeau

tricolore. Entre 1789 et 1917,

la politique européenne a gravité autour de

mouvements pour ou contre les principes

révolutionnaires de 1789 ou leur version

plus radicale de 1793 3 .

230 ans après, il est encore possible de

déceler les avancées de celle qui est

connue comme la “mère de toutes les

révolutions” dans la croissance mondiale des

républiques et démocraties libérales, dans la

propagation du sécularisme et dans le développement

des idéologies modernes. En résumé,

les reproductions idéologiques qui ont

suivi, projetées à partir de la Révolution française,

ont fait qu’elle soit considérée comme

un des événements les plus importants de

l’Histoire.

D’autre part, il apparaît que

les ondes de choc de la

Révolution ont touché

un autre domaine

insoupçonné.

Les conflagrations

sociales, politiques

et religieuses des

années 1790 ont

suscité l’intérêt

de nombres de

chercheurs quant

aux descriptions

bibliques de la fin du

monde 4 . Plus précisément,

l’année 1793 particulièrement

violente, qui a commencé avec la décapitation

du roi et fini en pleine période de

terreur, a multiplié l’étude du livre de l’Apocalypse

aux États-Unis et en Angleterre.

Le prédicateur américain Elhanan

Winchester (1751-1797) a publié, en février

1793, le livre The Three Woe-trumpets, qui

associe les événements de la Révolution

au chapitre 11 de l’Apocalypse. Il défendait

la thèse que la Révolution française était la

réalisation précise des prophéties de ce chapitre

et que la septième trompette était sur

le point de sonner (v. 15) annonçant le grand

cataclysme final et le second avènement de

Jésus-Christ 5 .

Dans le même sens, le théologien britannique

Joseph Priestley (1733-1804), dans une

prédication publiée en février 1794, a mis

en relation le tremblement de terre d’Apocalypse

11.3 avec le fractionnement de la

Babylone mystique, qui serait composée

des pays européens. La dixième

partie serait la France, qui a brisé la

domination papale à travers la Révolution 6 .

La prédication mettait l’accent sur la seconde

venue de Jésus, coïncidant avec le début des

mille ans.

De la même manière, Samuel Taylor

Coleridge (1772-1834), poète,

philosophe et théologien

anglais, a écrit un poème

en 1796, dans lequel

sont liés le livre de

l’Apocalypse, la Révolution

française,

la période des mille

ans et la rédemption

universelle 7 .

A la fin du XVIII ème

siècle, avec le substrat

de la Révolution,

un élément-clé a surgi

pour délimiter de manière

incisive les prophéties

des temps de la fin. De manière

générale, la violence et la magnitude de

la catastrophe française ont amené les

érudits des deux côtés de l’Atlantique à poser

leur regard sur les prophéties bibliques

de Daniel et de l’Apocalypse. Plusieurs

érudits de la Bible ont développé un intérêt

particulièrement pour les prophéties

du temps se référant à l’année 1798. En

février de cette même année, le général de

Napoléon, Berthier, a marché jusqu’à

Rome et détrôné le pape Pie VI. C’est pourquoi,

pour plusieurs, 1798 est devenu un

point de référence qui met en relation

l’histoire séculaire et les prophéties de la

Bible 8 .

14 15


En utilisant le principe qui dit que, dans

les prophéties bibliques, un jour équivaut

à un an, ceux qui examinent les Ecritures

ont interprété l’emprisonnement du pape

comme la “blessure mortelle” d’Apocalypse

13:3 et la réalisation de la prophétie

des 1260 jours/an de Daniel 7.25 et

Apocalypse 12.6, 14 et 13.5 (p. 14). La

juxtaposition des événements de la

décennie de 1790 et des versets précédemment

cités a fourni la “pierre de Rosette” aux

commentateurs bibliques. L’an 1798 a été

établi comme un point d’intersection entre la

prophétie et l’Histoire 9 .

Et à partir de cette date, un

volume considérable de

publications qui présentent

les 1260

jours prophétiques

ont été mis en circulation

10 . Parmi

eux, on retient Remarks

on the Signs

of the Times, de

Edward King (1735-

1807), imprimé en

1798, peu de temps

après l’emprisonnement

de Pie VI 11 .

Suite à l’interprétation uniformisée

des 1260 jours, un certain consensus a

affirmé que la prophétie de Daniel 12.4 s’était

réalisée, et que la fin des temps était là. Ce

fut le pont eschatologique vers les 2300

jours de Daniel 8.14 12 . LeRoy Froom a

documenté cinquante-huit exposants sur

quatre continents qui, entre 1800 et 1844,

ont prédit que la prophétie des 2300 jours

prophétiques se réaliserait entre 1843 et

1847. Dans les faits, l'interprétation de l'événement

qui se produirait à cette date était

variable 13 .

En résumé, dû à plusieurs facteurs

corrélés, comme l’Iluminisme (XVIII ème siècle),

la Révolution Américaine (1766-1783), la

Révolution française (1789-1799) et le

Second Grand Réveil (1790- 1830), les

décennies intermédiaires, entre les XVIII ème et

XIXème siècles, ont convergé vers un réveil

mondial sans précédent en ce qui concerne

le niveau d’intérêt pour les études bibliques

traitant du retour de Jésus. Plusieurs interprètes

protestants ont été convaincus, suite

à l’étude des prophéties de la Bible, que

Jésus-Christ reviendrait à leur époque.

Cependant c’est William Miller (1782-

1849), membre d’une église

baptiste de Low Hampton,

à New-York (USA), qui a

procédé à un des calculs

chronologiques de la

prophétie biblique

les plus précis de

son époque. Dans

son interprétation,

il a démontré

ce qu’il croyait

être l’imminent

retour de Jésus 14 .

Dans ses premières

années d’étude

(1816-1818), William

Miller a cherché à comprendre

et harmoniser les

périodes prophétiques, comme les 2300

jours de Daniel 8.14, les 1290 jours et les

1335 jours de Daniel 12.11, 12, tout comme

les 1260 jours d’Apocalypse 11.3 et 12.6 (cf.

Daniel 7.25; Apocalypse 11.2; 12.14; 13.5).

Cela l’a amené à la conclusion qu’il était possible

que Christ revienne en 1843.

Les adventistes du septième jour sont la

ramification la plus importante du mouvement

millérite en Amérique du Nord qui a

surgi entre 1830 et 1840, période marquée

par la forte onde du Second Grand Réveil

(1790-1830). Dès lors, le mouvement millérite

a commencé à développer un système

unique d’interprétation des prophéties, postérieurement

propagé par les adventistes

sabbatistes.

Immédiatement après la déception du 22

octobre 1844, les adventistes sabbatistes

ont commencé à étudier intensivement les

Écritures, ce qui a abouti à la formation de

leur système doctrinal de base, le 21 mai

1863. À la fin du XVIII ème siècle, la Révolution

française a surgi comme la solide métaphore

d’une force radicale contournant tous les

obstacles. À l’image d’un tourbillon, elle a

entraîné avec elle tout ce que la force

humaine arrivait à mettre devant elle. Personne

ne pouvait contrarier impunément

sa marche. La Révolution française a mené

beaucoup d’hommes dans les abîmes, alors

que ces derniers pensaient que c’étaient eux

qui la menaient 15 .

Toutefois, en contestation à ce mouvement

dévastateur, chargé de violence et de

destruction, Apocalypse 18.1 présente une

autre révolution dans le futur : un grand

mouvement mondial, symbolisé par un

ange qui détient une grande autorité et

illumine toute la Terre. Cet ange est

une métaphore qui représente chaque

personne qui attend le retour du Seigneur,

mais, en même temps, accélère la réalisation

de cet événement à travers une préparation

quotidienne qui ne se fait que sur le champ

de bataille de la Mission. Et, quand sera venu

le temps où cet ultime message aura été proclamé

dans toute la planète, la force de cette

parole sera plus grande que n’importe quelle

révolution.

FLÁVIO PEREIRA DA SILVA FILHO

Maître en théologie biblique, pasteur

et journaliste

La formation de l'adventisme en film

Dis-le au monde

Notes et références

1. James Maxwell Anderson, Daily Life During

the French Revolution, 2007. p. 11 ; Max Gallo,

Revolução Francesa, v. 1, 2012. p. 148

2. Mark Almond, Uprising! Mitchell Beazley,

2002, p. 32

3. E. J. Hobsbawm, The Age of Revolution: Europe

1789-1848, 1996. p. 53

4. George. R. Knight, William Miller and the Rise

of Adventism, 2010. p.13

5. Elhanan Winchester, The Three Woe Trumpets,

1793, p. 37, 38

6. Joseph Priestley, Present State of Europe

Compared with Antient Prophecies, J. Johnson,

1794, p. 25, 26

7. S. T. Coleridge,& E. H. Coleridge (ed.), The

Complete Poetical Works of Samuel Taylor

Coleridge, v. 1, 1912, p. 108-123

8. William Miller and the Rise of Adventism,

p.13, 14

9. Ernest Robert Sandeen, The Roots of Fundamentalism,

1970, p. 7

10. L. E. Froom, The Prophetic Faith of our

Fathers, v. 2, 1948, p. 765-780

11. E. King, Remarks on the Signs of the Times,

1798, p. 16

12. William Miller and the Rise of Adventism,

p. 14

13. L. E. Froom, The Prophetic Faith of our

Fathers, v. 4, 1954, p. 403-405

14. Alberto R. Timm, “The sanctuary and the

three angels’ messages” [thèse de doctorat],

1995. p. 1-4

15. Joseph de Maistre, Considérations sur la

France, 1844, p. 15, 16

16 17


FEMMES

200 ème

« Partage

au féminin »

Au chapitre

19 de l’évangile

de Luc, Jésus

utilise la parabole

des talents pour affirmer

que Dieu confie

des dons différents et une

mission à chacun de ses serviteurs

qui composent l’Église. Si chaque chrétien

est conscient de la mission que Jésus

nous a laissé « Allez, faites de toutes

les nations des disciples, les baptisant au

nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit »

(Matthieu 28.19), il est difficile pour certains

d’entre nous de passer à l’action.

Non pas par manque de motivation, mais

parce qu’on ne sait pas par où ni comment

commencer. La tâche est grande

et on se méprend parfois sur le cœur de

à Neuchâtel

cette injonction

d’aller. Il est très

facile d’en arriver

à penser que pour

y répondre il faut aller

de porte en porte distribuer

de la littérature chrétienne

ou inviter tous ses amis au culte

du samedi matin. Pourtant, le texte de

Paul « Je me suis fait tout à tous, afin d'en

sauver de toute manière quelques-uns »

(1 Corinthiens 9.22) ouvre la voie vers

une nouvelle pensée... Il y a autant de

manières de partager sa foi que de personnes

différentes sur la planète. Le seul

paramètre qui ne change pas est le message

à transmettre, celui de Jésus qui se

résume par : « Tu aimeras le Seigneur ton

Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme,

de tout ton esprit et de toute ta force.

Et voici le second : Tu aimeras

ton prochain comme

toi-même » (Matthieu

22). À partir de là,

les méthodes

peuvent varier.

Elles n’ont de

limite que notre

créativité.

Un exemple,

celui des femmes

de l’Église adventiste

de Neuchâtel qui

ont créé « Partage au

féminin », un groupe qui se

réunit mensuellement pour déjeuner, discuter,

échanger. Elles fêtent actuellement

leur 200 ème rencontre et Suzanne von

Büren, participante et une des initiatrices

du projet, témoigne.

Témoignage

C’est en 1997 que

nous avons débuté,

avec Christiana

Benoit, ces rencontres

du « Partage

au féminin » dans les

locaux du Trait d’Union

de l’Église de Neuchâtel.

Nous avons reçu le feu vert du

comité et le pasteur de l’époque,

David Jennah, nous a beaucoup soutenues

dans cette démarche. Quelques

groupes de maison existaient déjà, mais

18 19


HOMMAGE

nous avions envie de voir plus grand

en invitant nos amies, les amies de nos

amies, les voisines et connaissances.

L’idée, c’était de partager un petit déjeuner,

moment toujours très convivial qui

permet de se mettre dans l’ambiance.

Puis d’amener un court thème et d’ouvrir

la discussion en toute liberté de

pensée, de conscience et sans limite

de confession, tout en incluant notre

connaissance de Dieu. De faire connaissance

les unes avec les autres, de mieux

rencontrer Dieu et de voir comment

Il agit dans nos vies. Ainsi que

de nous faire connaître

en tant qu’Église adventiste.

Au début, avec

Christiana, nous

nous partagions

la présentation.

On se séparait en

petits groupes pour

la discussion. En fin

de rencontre on faisait

une mise en commun des

réflexions et on terminait ensemble

par un texte/prière avant l’au revoir.

Les rencontres ont toujours eu lieu

(et encore maintenant) le premier mercredi

du mois de 9h à 11h (sauf janvier,

août et septembre).

En septembre 2004 Christiana a repris

un travail à 100%. Je me suis retrouvée

seule pour animer ces « Partages ». De

faire tout moi-même devenait démotivant.

Nous avons dû réorganiser les

rencontres et redéfinir les motivations

des participantes. C’est à partir de là que

d’autres animatrices se sont investies et

cela nous a permis de poursuivre cette

activité.

J’ai aussi repris le travail et cette responsabilité

en parallèle avec mes diverses

occupations devenait trop lourde. En

septembre 2010 Graziella Burnier est

devenue responsable de ce « Ministère

Des Femmes » et a repris les rennes du

« Partage » avec beaucoup d’enthousiasme

et de brio jusqu’en février 2016.

La vie passe, les besoins et disponibilités

changent… Mais le « Partage au

féminin » continue. J’ai repris la main,

avec l’aide de Christiana et Graziella, et

maintenant que nous sommes à la

retraite, et avec la motivation

de toutes les participantes,

cela peut

encore durer un

moment… Seule on

ne peut rien faire,

mais à plusieurs

et avec l’aide de

Dieu, beaucoup

de choses inimaginables

deviennent

possibles.

C’est ainsi que ce matin

automnal du premier mercredi

de septembre 2019, nous étions

ensemble pour fêter cette 200 ème rencontre

(après 22 ans 1/2 d’existence).

C’est l’état d’esprit des convives qui nous

aident à continuer car au fil des ans une

magnifique confiance s’est installée.

MERCI Seigneur de nous avoir accordé

tant de moments magnifiques, de joies

multipliées et aussi de peines partagées.

C’est toujours un réel plaisir de se

retrouver.

AM

A bientôt...

François Perrin

François Jacques Perrin est né le 11 février

1937 à Saint-Imier. Il a été baptisé en 1959

et fréquentait l’église adventiste de Genève.

En 1990, marié à Arminda, ils partent à Oron

travailler à l’EMS adventiste « le Flon ».

Sens de l’accueil, consolidation des liens,

optimisme, bienveillance et altruisme sont

quelques caractéristiques de sa personnalité.

Il s’intéressait à l’histoire, la politique,

le sport, la musique… mais c’est la foi qui

prenait le plus de place dans sa vie. En 2001,

François et Arminda partent définitivement

au Brésil profiter de leur retraite tout en

étant très actifs au sein de l’église du Campus

adventiste de Sao Paulo.

En 2016, le couple part en Afrique en tant

que missionnaires. Partir dans la brousse

angolaise à 79 ans a été une grande aventure

pour François. Il a pu accompagner son

épouse pendant dix mois dans une clinique

adventiste pour la formation de nouveaux

soignants. De retour au Brésil, ils ont continué

leurs activités : école du sabbat, cours

de français, aide humanitaire, ... Ils ont aidé

spirituellement et financièrement de nombreux

étudiants.

Lors de son dernier séjour en Suisse, en avril

2019, François a été hospitalisé rapidement.

Après trois semaines, il est décédé, le 6 mai

2019 dans l’espérance du retour de Jésus.

François restera dans nos mémoires comme

étant un chrétien exemplaire qui a vécu

main dans la main avec Jésus jusqu’à son

dernier souffle.

20

Myldred et Christophe Escolano

Amis de François Perrin

21


S U I S S E

Affectations FSRT

2019-2023

LAUSANNE

LATINOS

RENENS

Patrick

MAEDER

Andrey

OSTROVSKY

LAUSANNE

FRANCOPHONE

LAUSANNE

ANGLOPHONE

LAUSANNE

LUSOPHONE

Gilbert

GREZET

Le mot du

président

FSRT,

Olivier

Rigaud

Au centre, à l’origine de lÉglise, il y a Jésus,

le Christ, notre Chef, la tête du corps. De Lui

viennent toutes les source de vie, de sagesse,

de force et d’amour qui doivent animer le corps

uni, l’église. Une mission nous est confiée :

poursuivre et finaliser l’oeuvre qu’a commencé

Jésus sur terre.

Pour accomplir cette mission, il est essentiel,

pour ne pas dire vital, de comprendre qu’au

centre de toute vie spirituelle, il y a ce signe,

celui de la croix du Christ. Cette croix est le

lieu où Dieu s’est réconcilié avec l’humanité

toute entière, avec chacun de nous. Cette croix

exprime son pardon total, sa justice parfaite et

son amour sans limite envers nous. Cette croix

est au coeur de la prédication et de la mission

de l’église.

L’église chrétienne s’est ainsi constituée de tous

les hommes et femmes qui ont fait l’expérience

de la grâce infinie de Dieu.

Par leur baptême, ils sont devenus participants

d’une nouvelle humanité réconciliée, sauvée et

libérée par Christ. L’aventure de la foi peut alors

commencer !

Pour faire vivre le corps du Christ et remplir

sa mission, les églises de notre fédération se

sont construites autour des ministères et de

la prêtrise de tous les croyants, selon leurs

dons et talents. Un corps structuré autour de

quatre parties :

1. Le ministère des croyants / laïcs, la base de

tout.

2. Le corps administratif

3. Le corps pastoral

4. Puis, les départements et institutions

Le corps pastoral se compose aujourd’hui

de 19 pasteurs et 3 bénévoles, tous répartis

selon cette carte (voir page ci-contre).

L'équipe fédérale et moi, malgré nos

faiblesses et limites humaines, nous servirons

le Seigneur de toute notre force, de tout notre

coeur, de toute notre âme, et pour sa gloire.

Avec chacun de vous, tout le corps bien

coordonné tirera force, sagesse et amour de

notre Père céleste pour aller de l’avant.

Nous comptons beaucoup sur vos prières

ferventes pour un réveil spirituel. Rassemblezvous,

unissez-vous pour prier ensemble et

avec un même esprit. Laissez de côté les

divisions, ne nous dispersons pas, mais

recentrons-nous autour du Christ. Il nous

sauvera de nous-mêmes.

Reprenons courage, le Seigneur nous le

rappelle : « N’est-ce pas moi qui t’envoie ? »

Amen !

MEYRIN

Daniel

OLIVEIRA

Dominik

FRIKART

Sergi

TEJEL*

Olivier

RIGAUD

GENÈVE

HISPANIQUE

VIVO

Leandro

LOPEZ

Samuel

SARPANING

Bénévole

Samuel

CUNHA

Pierrick

AVELIN

GLAND

Clifford

GIAMFY

LA CHAUX-

DE-FONDS

GENÈVE

GENÈVE

LUSOPHONE

YVERDON

Nicolas

WALTHER

Étudiant FAT

GENÈVE

FRANCOPHONE

GENÈVE

ANGLOPHONE

& TAGALOG

LAUSANNE

Freud

BRAZ

Rickson

NOBRE

NEUCHÂTEL

CLARENS

Gilbert

GREZET

Jean-Pierre

RÉCHAL

BIENNE

NEUCHÂTEL

LUSO-HISPANIQUE

FRIBOURG

SION

David

JENNAH

DELÉMONT

Raphaël

GRIN

Christian

GOETSCHALCKX

LOSONE

Lucio

ALTIN

Matthias

MAAG

Daniello

BARELLI

ARBEDO

CADEMPINO

LUGANO

23

* Photographie non publiée à la demande de l’intéressé

22 23


Une foule s’étant réunie -

Baptêmes à Genève VIVO

Samedi 28 septembre 2019, en un début

de soirée ensoleillé, près de 200 personnes

s’agglutinent dans une petite église de la

région genevoise. Du jamais vu pour la

communauté locale, un record, moment de

bonheur… C’est l’avis général des habitués de

Vivo. Des 160 chaises installées, il n’en reste pas

une de libre. Plein de monde se tient encore

debout dans les couloirs et à l’entrée. Il faut se

serrer pour que tout le monde puisse entrer.

Nombres de caméra et d’appareil photo sont

dégainés. Mais que s’est-il passé de si spécial

pour que tant de gens soient présents

? Des baptêmes, me direz-vous.

OK, mais encore… Plus que la

cérémonie en elle-même, la

décoration soignée pour

ce jour particulier, ou

l’amitié qui fait certains

se déplacer, c’est surtout

l’expérience personnelle

vécue par les 4 baptisés

qui attire autant et ne laisse

personne indifférent.

On considère le baptême comme un

nouveau départ. Symboliquement c’est vrai,

on officialise son lien avec Jésus et on reçoit

publiquement une nouvelle identité. Mais c’est

aussi un aboutissement, celui d’un processus

plus ou moins long au cours duquel Dieu

nous a appelés et nous nous sommes laissés

guider, au point d’être transformés. C’est cette

transformation qui attise la curiosité.

Ce samedi-là tous voulaient savoir ce qu’il s’était

passé dans la vie de Sophie, Mélanie, Cécilia et

Hervé. Car des changements bien particuliers

ont été repérés.

En effet, Mélanie n’avait pas le profil pour un

jour en arriver là. Née dans une famille non

croyante, elle ne reçoit aucune éducation

religieuse. Et pourtant, petite, déjà elle croit

en Dieu et échange avec lui de manière très

personnelle. Elle le voit dans la nature, le cœur

des gens et dans l’art. A 8 ans, à travers deux

amis, elle découvre l’Église adventiste mais

avec l’interdiction formelle de ses parents de

participer aux activités. Alors sa manière à elle

de louer Dieu, c’est à travers la danse, qu’elle

lui offre comme une prière. Sa foi grandit et

son besoin d’entrer en contact aussi. Elle

cherche des rituels dans différentes

églises. Mais c’est avec celui qui

deviendra son époux, Alain, qui

est adventiste, qu’elle trouvera

ses réponses et c’est à l’Église

Vivo qu’elle a proclamé, de

vive voix et sans restriction,

son amour pour Dieu.

Dans un autre style, qui aurait

aussi un jour imaginé Hervé être

baptisé ? Certainement pas grand

monde et surtout pas lui-même. Grand

fêtard confirmé, sa vie était comblée par la

folie des soirées, l’alcool, la drogue et les filles.

Jamais il n’aurait pensé avoir besoin d’autre

chose… jusqu’à ce qu’il rencontre une fille, LA

fille qui a chamboulé son cœur et sa manière

de penser. En même temps que Maëlys, Hervé

découvre sa relation avec Dieu qui le fascine.

Mais pointe cette question dérangeante : «

Est-ce que je veux une vie de foi pour moi ou

pour Maëlys ? » La réponse, c’est Dieu lui-même

qui la lui a apportée en se faisant concrètement

sentir lors d’un moment de prière d’Hervé. Sa

présence s’est faite tellement forte qu’Hervé

n’a plus jamais douté. Dieu existe, il est vivant

et vivre avec lui vaut toutes les fêtes du monde

entier. Il a donc changé de style de vie et

l’a officialisé devant tous, en ce samedi 28

septembre.

Sophie, elle, a fait le chemin un peu inverse.

Elle est née dans une famille adventiste, son

père est pasteur. Elle connaît bien l’Église et

ses bienfaits, notamment les camps d’été

pour les jeunes et les camps humanitaires à

l’étranger. Elle aime cet aspect de l’Église, cela

influence même son orientation professionnelle.

Pourtant, dans son for intérieur, Sophie vit un

conflit qu’elle exprime parfois à ses parents.

Des années auparavant, ils ont perdu un

petit bébé et cet événement fait que Sophie

remet en question la bonté et l’amour de

Dieu… au point de s’éloigner de lui

complètement. De fausse liberté

en dépendances, Sophie sent

bien que quelque chose ne

va pas dans sa vie. Pour y

remédier, elle se tourne

vers une psychologueformatrice

qui utilise des

versets de la Bible dans ses

cours. Cela incite Sophie à

rouvrir sa Bible, ce qu’elle n’avait

plus fait depuis18 ans. Le fruit de

l’Esprit (Galates 5), c’est ce qu’elle veut.

Accompagnée par sa mère et par le pasteur

Léo, elle emprunte un nouveau chemin qui

l’apaise et la réconcilie avec Dieu. D’ailleurs, elle

le dit, elle ne veut plus vivre sans lui !

Le pasteur Léo et son épouse Karen ont

également été un élément-clé dans la vie de

Cécilia, qui n’est autre que la sœur du pasteur.

Cécilia vivait en Argentine, où tout n’était que

souffrance pour elle. Se sentant prisonnière

de sa vie qui stagnait, Cécilia ne voyait que ses

échecs, au point de se dévaloriser et de perdre

totalement confiance en elle. Elle ne croit pas

un seul instant au bonheur. Dans un élan

désespéré, elle s’adresse à Jésus, en pleurs,

implorant une autre vie, un nouveau départ.

Dieu répond et le changement s’annonce

radical, car Léo et Karen lui proposent de venir

s’installer en Suisse en tant que fille au pair

et de s’occuper de leur bébé (et donc de sa

nièce), Naomi. Changement de décor, mais

à l’intérieur, Cécilia livre les mêmes luttes…

jusqu’à l’occasion d’un baptême à l’église VIVO,

durant lequel elle ressent la présence de Jésus,

qui l’inonde d’une paix inexplicable. De fil en

aiguille, elle décide de s’engager avec Dieu.

Moment inoubliable pour elle et son frère Léo

qui la baptise. Tous deux sont en pleurs, mais

cette fois, ce sont des larmes de joie.

En vrai, c’est toute l’assemblée qui a participé

avec énormément d’émotion à cette cérémonie

de baptême. Le témoignage de la présence de

Dieu qui donne du sens à la vie humaine

ne laisse personne indifférent. Si

bien que lorsque le pasteur a

demandé si d’autres voulaient

apprendre à connaître Dieu à

travers l’étude de la Bible, six

personnes ont répondu par

positivement.

Alors voilà ce qui a attiré

autant de monde, c’est que

tout le monde peut s’identifier

à Mélanie, Sophie, Hervé et

Cécilia. Car au fond, comme

chacun d’eux, nous avons tous en

nous un manque, en forme de Jésus. Et leur

témoignage nous rappelle qu’il y a autant de

personnes sur cette terre que de manières que

Dieu trouve pour toucher les cœurs et donner

un vrai sens à la vie. Aucun cas n’est perdu.

Aucune situation n’est trop particulière. Dieu

peut t’atteindre là où tu es, comme tu es. A toi

de choisir si tu veux t’ouvrir à lui. Si tu veux te

faire ta propre opinion, l’Église Vivo se réunit

chaque samedi à 18h à Chêne-Bourg, Rue de

Genève 77. Viens et vois !

Sur les propos de Mélanie, Sophie,

Cécilia, Hervé, Daniel Oliveira, Fatima

Reyes et Rickson Nobre

24

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Des limites de la maladie à la liberté en

Christ : Baptême de Marco à Delémont

Claudia Dala da Silva est épouse et mère de

deux enfants. Adventiste, elle connaît Dieu

mais cela ne l’empêche pas de connaître aussi

de sérieux problèmes, qui la poussent à se

séparer de son mari. Pour se protéger de la

pression que lui met son ex-époux, Claudia fuit

vers un abri où sa petite famille trouve refuge.

Une vie difficile commence alors : c’est l’hiver,

le temps est rude, le travail est précaire et

élever deux enfants seule est une tâche qui ne

lui laisse aucun moment de repos. L’envie de

tout laisser tomber envahit souvent son cœur.

Désemparée face à cette nouvelle et lourde vie,

Claudia se lève un samedi matin et fait appel

au Seigneur sous forme de pacte : « Si tu

nous ne nous abandonnes pas, si

tu es pour nous, je m’engage

à amener mes deux enfants

tous les samedis à l’Église.

» Ce sabbat-là, très

abattue, elle arrive tout

de même à se rendre à

l’Église mais elle ne fait

que pleurer au point de

ne pas arriver à chanter. En

réponse à sa prière, Dieu n’a

pas abandonné cette maman.

Il a utilisé différentes manières

pour la soutenir et se présenter à elle,

notamment à travers des frères et sœurs qui

ont été de véritables et infaillibles remparts

pour elle et sa famille. C’est ainsi que cette

famille avance dans la vie, bon gré mal gré, en

suivant les préceptes religieux adventistes.

L’aîné de ses enfants, c’est Marco. Il est venu

au monde avec beaucoup de difficultés et

de souffrance. À sa naissance, il connaît des

problèmes respiratoires, notamment dû au fait

qu’il a bu du liquide amniotique dans le ventre

sa mère. La peau grise, sans quasiment aucun

signe vital, il a toutefois été réanimé par les

médecins, qui lui ont ainsi sauvé la vie. Il passe

tout de même 2 mois à l’hôpital, mais pour

Claudia, c’est Dieu qui l’a sauvé.

Marco grandit sans aucun problème de

santé. Il commence à marcher à 8 mois !

Quelques temps plus tard, il sait déjà dire

« papa », « maman », « non ». Il aime les

legos, son petit piano, … Mais avec le temps,

Claudia remarque que Marco cesse

d’évoluer. À 3 ans, Marco ne dit

plus un mot. Il rétrograde et

ne communique plus que

par gestes. Cela inquiète

énormément sa mère. La

pédiatre ne partageant pas

son inquiétude, Claudia se

tourne vers une assistante

sociale qui l’oriente vers un

pédopsychiatre. C’est la fin

du tunnel pour cette famille

qui obtient des réponses. Marco

est diagnostiqué porteur du syndrome

d’Asperger, une forme d’autisme. Pris en charge

par un psychologue et un orthophoniste, et

inscrit à la Villa Blanche de 5 à 9 ans – une

école spécialisée dans l’accompagnement des

enfants en difficulté – Marco fait des progrès et

recommence notamment à apprendre à parler.

Face à ses grandes évolutions, on change

Marco d’école pour qu’il commence enfin sa

scolarité.

Dès 12 ans, Marco exprime son désir d’être

baptisé. Il a toujours montré un certain amour

pour Jésus. Il aimait regarder les films bibliques

: Sanson, Jonas, Moïse et la mer Rouge, … Il

était fasciné par ces héros de la foi. Mais sa

maman estime qu’il est trop tôt. Elle essaie de

retarder l’événement pour voir comment

Dieu va utiliser son fils.

Marco poursuit son chemin,

miracle après miracle : il

apprend à faire du vélo,

à nager, … de manière

autonome. L’école pensait

qu’il développait toutes

ses habilités en famille et

sa mère pensait qu’on lui

enseignait tout cela à l’école.

Mais tous ont découvert plus tard

que Marco a acquis ces compétences

seul… et Claudia le sait, par la grâce de Dieu.

Grâce à Lui, il est devenu un jeune homme

intelligent, très poli et serviable.

Durant un temps, l’église de Delémont a

formé un groupe d’études bibliques, Marco

y a participé fidèlement. Là, il a beaucoup

appris. Claudia est passée de maman inquiète

à maman confiante et fière de son fils.

Elle sait que Dieu opère dans la vie de ses

enfants. Toutefois, elle perçoit que son fils a

besoin d’une présence masculine pour parler,

s’ouvrir, se confier. Et Dieu envoie le pasteur

David Jennah. Tous deux se lient d’amitié.

Marco prévient régulièrement sa mère qu’il a

rendez-vous avec le pasteur David. Sa mère se

réjouit de ces échanges entre eux. Plus tard,

elle découvre que Marco a repris des études

bibliques avec le pasteur.

Convaincu de l’importance du sabbat, Marco

a confirmé son désir de s’engager avec le

Seigneur. Et pour la plus grande joie

de sa famille, Marco a scellé son

amitié avec Jésus le 17 août

2019. Ce jour-là, le visage

de ce jeune homme timide

s’est illuminé de manière

spéciale. L’Église entière,

émue, a accompagné

Marco et sa famille dans

cette cérémonie heureuse

qui marque un nouveau début

dans la vie de Marco, le plus

important de tous, le début de sa vie

dans le royaume de Dieu, où il n’existe aucune

souffrance, aucune douleur, aucune larme,

aucune maladie. Marco a revêtu sa nouvelle

identité, celle d’enfant de de Dieu. C’est la seule

qui compte désormais.

Alors « Si Dieu est avec nous, qui sera contre

nous ? ». Demandez à Marco et Claudia, ils

répondront: rien ni personne !

AM

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Rentrée en beauté à Collonges :

Inauguration de la résidence Jean Weidner

La rentrée a été de toute beauté au Campus

adventiste de Collonges-Sous-Salève. En effet,

le 1er septembre a été inauguré la toute

nouvelle résidence pour garçons Jean

Weidner.

Avec bientôt 100 ans d’existence,

le Campus avait bien le droit

de s’offrir cela : un nouveau

bâtiment polyvalent avec

une vue exceptionnelle !

Le rez-de-chaussée est un

espace commun au garçons

et filles : il abrite l’accueil, une

cuisine, une salle à manger,

une salle de sport, une salle de

prière, une salle polyvalente, une

terrasse avec une magnifique vue, une

buanderie, … Dans les étages, se trouvent les

chambres doubles réservées aux garçons et

adaptées aux personnes à mobilité réduite.

Le sous-sol réserve une surprise avec une «

auberge de jeunesse » permettant l’accueil

de groupes avec 54 couchages, une salle

polyvalente, un petit amphithéâtre extérieur…

Sous un beau soleil, les 200

invités ont pu découvrir et

largement apprécier cette

belle construction que

Jean Philippe Lehmann,

Directeur Général du

Campus, a introduit

avec enthousiasme.

Pour l’occasion, plusieurs

personnalités politiques se

sont déplacées : le maire de

Collonges-Sous-Salève, la députée

de la circonscription et le sous-préfet

de Haute-Savoie. Une délégation de la Division

était également présente. Son président, Mario

Brito, a d’ailleurs aidé à couper le ruban pour

l’ouverture officielle du bâtiment au public.

Maarten Eliasar de la Fondation Jean Weidner,

est également intervenue lors de la cérémonie

d’inauguration. Et pour cause, Jean Weidner est

la personnalité qui a été choisie pour nommer

ce nouveau bâtiment. Alors pourquoi ?

Jean Weidner, Juste parmi les Nations, Chevalier

de la Légion d’Honneur, Officier de l’Ordre

d’Orange-Nassau, fut à l’origine du réseau

Dutch-Paris. Ce réseau, l’un des plus importants

de la Seconde Guerre mondiale, permit à

plus d’un millier de personnes d’échapper à la

barbarie nazie en franchissant les frontières

suisses, espagnoles et hollandaises.

Ancien élève de l’école adventiste de Collonges-

Sous-Salève dans les années 40, Jean Weidner

a su mobiliser autour de lui plusieurs de ses

camarades du Campus dans cette mission

dangereuse.

Une fresque présentant des morceaux de vie

de Jean Weidner et affichée dans le hall du

bâtiment a suscité l’intérêt des invités. Une

fresque permanente que vous pourrez donc

admirer si vous passez par Collonges-Sous-

Salève.

C’est donc le courage, l’altruisme, la lutte

pacifique pour les Droits de l’Homme – les

valeurs que défendaient ces hommes et ces

femmes – qui ont été honorées lors de cette

cérémonie.

Cette inauguration a sonné le glas pour la

résidence des Horizons qui hébergeait jusqu’à

présent les garçons du Campus. Elle a surtout

donné un élan de nouveauté et de modernisme

au Campus pour cette nouvelle année scolaire,

que nous lui souhaitons heureuse et bénie !

Sur les propos de Gabriel Samperio

pour Adventiste Magazine

Responsable Communications du

Campus adventiste du Salève

Le choix de Jenny :

Baptême à Losone

Lors d’un sabbat ensoleillé, l’église

de Losone a eu la joie de participer au

baptême de son amie, Jenny Mainardi. De

nombreux frères, dont plusieurs venant de

l’Église de Lugano, étaient présents pour

accompagner Jenny dans ce choix, lors

d’une cérémonie solennelle et festive.

Jenny vient de Schlesien (Allemagne) d’où

elle a fui avec sa famille. Elle est devenue

suisse en épousant un Tessinois. Elle a

deux filles et trois petits-enfants.

Durant la cérémonie, la prédication

du pasteur Matthias Maag a touché le

cœur de tous les présents. Avec cette

prédication pleine d’amour et ce moment

d’affection réciproque, c’est ainsi que

l’assemblée a commencé sa nouvelle

semaine.

Nous félicitons Jenny pour son choix de

suivre le Seigneur et lui souhaitons un

chemin plein de foi.

Conni Henck

Membre de l’église adventiste

de Losone

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Un sabbat nature,

mémorial de la Création

Mattia Benini, nouveau Directeur général de

la Clinique La Lignière SA dès février 2020

Les Adventistes du Septième Jour sont très

attachés au sabbat, cela fait partie de leur nom,

de leur identité, de leur « ADN » pourrait-on

presque dire.

Il est beau d’imaginer que chaque samedi, des

millions de personnes dans le monde entier,

vont à la rencontre de leur Dieu que ce soit à

l’Église, chez des amis en petit groupe, ou dans

l’intimité de leur foyer via un culte retransmis en

ligne, … Il existe plusieurs manières de vivre le

sabbat, même si Dieu nous donne son cadre à

travers plusieurs textes dans la Bible (Genèse 2,

Esaïe 58, Marc 2, …).

Mais il faut avouer qu’il y a des sabbats plus

délicieux que d’autres, voire plus authentiques,

comme ceux qu’on passe en pleine nature.

En effet, chaque sabbat nous rappelle la

Création : « Dieu, après avoir achevé son œuvre,

se reposa le septième jour de tout son travail.

Il fit de ce septième jour un jour béni, un jour

qui lui est réservé, car il s’y reposa de tout son

travail de Créateur. » Genèse 2.1-3

Le sabbat nous rappelle que Dieu a créé des

choses magnifiques : le ciel, les montagnes, les

cours d’eau, les oiseaux, les fleurs…

Et quoi de mieux que de célébrer le Créateur au

milieu de Sa création ? C’est ce qu’a vécu l’Église

lusophone de Lausanne dernièrement, au

bord du lac de Tseuzier. Ce décor magnifique

a apporté paix et repos au cœur et à l’esprit

des participants de ce sabbat si spécial. C’est

le pouvoir de Dieu au travers de la nature :

apporter la paix aux cœurs angoissés, remplir

l’âme de vraie beauté.

Le sabbat est un don de grâce. Il nous parle

de ce que Dieu a fait. Et au-delà de la nature,

Il nous a fait nous, êtres humains, frères

et sœurs, héritiers de la Parole et de la vie

éternelle gagnée en Jésus. Peu importe où que

vous soyez, il est bon de le célébrer. Oui, Dieu

est digne d’être loué !

Eunice Goi

Membre de l’église adventiste

lusophone de Lausanne

Le Conseil d’administration de la Lignière

Holding SA vient de nommer Mattia Benini

nouveau Directeur général de la Clinique La

Lignière et de ses entités soeurs dès le 1er

février 2020. Il succèdera à Nicolas Walther qui

garde ses fonctions jusqu’au 31 janvier 2020.

Cette période de transition ainsi que le profil

du nouveau directeur permettront d’assurer

une continuité dans la stratégie de La Lignière

et dans le développement des partenariats

régionaux, nationaux et internationaux.

Bénéficiant d’une formation en

théologie et d’un bachelor en

ingénierie de gestion des

processus, Mattia Benini

a été nommé, en mars

2017, Responsable des

opérations au sein de

la Clinique La Lignière

SA, du Centre Médical

& Thérapeutique

La Lignière SA et du

Centre de Santé La

Lignière SA. A ce titre,

il gère tous les services

transversaux tels qu’intendance,

hôtellerie et accueil, entretiens et

travaux, logistique et sécurité, informatique

et admissions des patients. En tant que

membre du Comité de direction, M. Benini

travaille en très étroite collaboration avec la

direction générale sur l’ensemble des projets

transversaux, tout en étant impliqué dans les

projets stratégiques de la Lignière.

Le Comité de recherche et de sélection,

spécialement mis en place par le Conseil

d’administration de La Lignière Holding

SA, a privilégié une candidature affichant

une approche participative, transversale et

interdisciplinaire. Le Conseil d’administration

tient également à souligner les connaissances

techniques et pratiques que M. Benini a

développées et mises à profit de la Lignière

depuis son arrivée. Le nouveau directeur

a enfin convaincu par ses compétences

humaines et sociales, et son profond sens des

valeurs et de l’engagement.

« Le fait d’être jeune, visionnaire, dynamique et

d’aimer travailler en équipe sont autant d’atouts

pour diriger notre institution dans un

système sanitaire de plus en plus

complexe », se réjouit Mario

Brito, Président du Conseil

d’administration.

M. Nicolas Walther reste

Directeur général de la

Clinique La Lignière et

de ses entités soeurs

jusqu’au 31 janvier 2020.

Il pourra ainsi transmettre

à Mattia Benini l’ensemble

des tâches de direction et

l’impliquer progressivement dans

les différents dossiers en cours. Le

Conseil d’administration est persuadé de la

grande capacité et du fort potentiel de Mattia

Benini à assurer la continuité dans la stratégie

mise en place au niveau de la clinique, du

centre ambulatoire et du centre de santé

et dans le développement des partenariats

régionaux, cantonaux et internationaux établis

ces dernières années.

Clinique de La Lignière

Communiqué de presse

Gland, le 26 septembre 2019

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