The Red Bulletin Novembre 2019 (FR)

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NOVEMBRE 2019

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mois avec

L’AUTRE

MONDE

Voyage en apnée

sous un fjord glacé

du Groenland


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ÉDITORIAL

AILLEURS, ÇA

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NOS ÉQUIPIERS

COMMENCE ICI

Chaque mois, The Red Bulletin est un tour du

monde. En une ce mois-ci, l’apnéiste allemande

Anna von Boetticher s’est offert une virée très

spéciale sous la glace, au Groenland ; et sur l’île

« perdue » de Makatea, en Polynésie, une bande

de grimpeurs de haut vol est venue ressusciter les

lieux grâce à l’escalade – pour les y rejoindre, notre

équipe a mis 40 heures depuis Paris… Montpellier,

c’est moins loin, et c’est là que le B-Boy Khalil s’est

jeté dans la danse. Pour lui, le voyage reste à venir,

vers LE challenge de sa carrière : la finale mondiale

du Red Bull BC One le 9 novembre, en Inde.

Enfin avec la star mondiale du vélo trial, Danny

MacAskill, on se penche sur une décennie de

riding innovant, qui l’aura trimballé sur pas mal

de spots inspirants. Avec cet Écossais, on partage

une envie permanente : vous emmener ailleurs.

STUART KENNY

Journaliste d’Édimbourg,

Stuart rêvait d’interviewer

le magicien sur deux pneus

qu’est Danny MacAskill. « Je

suis un adepte depuis 2009

et sa performance le long des

balustrades de The Meadows.

Dix ans plus tard, c’est à

quelques centaines de mètres

de là que nous avons discuté.

On dit qu’on ne doit pas rencontrer

ses héros, mais si ce

héros est Danny, ça le fait. »

Page 66

TOBIAS FRIEDRICH (COUVERTURE)

Lisez plus !

Votre Rédaction

Pour Tobias Friedrich, photographier dans les fjords

glacés fut particulier. « Il faisait - 2 °C, et Anna n’avait

qu’une vingtaine de minutes pour évoluer sous l’eau. »

EVA MARTINELLO

Journaliste indépendante,

experte en gaming et plus

particulièrement en esport,

Eva couvre les jeux de tir, de

stratégie et du genre battle

royale. Elle écrit notamment

pour Gameblog, Esports Insider

et redbull.com. Suivant le

jeu League of Legends et son

actualité depuis 2012, elle était

une intervenante de choix pour

vous familiariser avec le show

mondial p. 76 qui déterminera

l’équipe la plus performante

sur ce classique de l’esport.

THE RED BULLETIN 3


CONTENUS

novembre 2019

46

Pour devenir le boss, Khalil

devra batailler en Inde.

82 Au-dessus du toit du monde, la

chute libre passe dans une autre

dimension. Comment s’y rendre

et vivre le grand saut

86 Une star du gaming en tournée,

une épreuve sportive digne

d’Aquaman, des afters électro

d’exception… Ne ratez rien !

87 Le Red Bull Rampage et la World

Final du Red Bull BC One sont

les événements les plus attendus

des scènes VTT et breakdance,

et c’est à vivre sur Red Bull TV

88 Près de 30 montres, connectées

ou non, pour le sport ou pas, ont

été sélectionnées par nos soins

96 Ils et elles font The Red Bulletin

98 Pour finir en beauté : des tricks

en hélico au-dessus de New York

6 Quand les athlètes se jouent des

éléments, c’est saisissant !

12 Plutôt que de pratiquer le surf sur

des déchets, surfons avec !

14 Grâce à ce musée digital, les sons

du passé vivront éternellement

16 Pour s’éclater sur une slackline,

voici les tuyaux de Lukas Irmler

18 Pousse le son : la playlist green de

Joseph Mount, de Metronomy

20 Livrer des pâtisseries en courant,

c’est encore plus savoureux, et

c’est le concept de Baba au Run

22 Dans la chambre-cockpit de cet

hôtel de Tokyo, vous volerez de

nuit… sans bouger d’un mètre

24 En zone de paix

Anna von Boetticher s’offre une

fabuleuse virée en apnée sous

les glaces du Groenland

38 Get up, stand up

Pour le groupe japonais DGYL,

c’est au-delà d’un délire britpop

46 L’instant Khalil

Jusqu’où le breakdance mènera

ce Français en ascension ?

52 Sur la bonne voie

Au bout du monde, une île peut

renaître grâce à l’escalade

66 Danny le brillant

MacAskill revient sur dix ans

d’exploits insensés à vélo

76 League of Legends

Le sport électronique bourre

Bercy, et ce n’est pas un sketch

76

Finale des Worlds de LoL :

l’esport au sommet.

LITTLE SHAO, RIOT GAMES,INC, JEREMY BERNARD

4 THE RED BULLETIN


52

Makatea : un spot de folie

pour les fous de grimpe.

Mais ils ne le savent pas

encore.

THE RED BULLETIN 5


MONT AGUNG, BALI

Du genre

planant

« Une pleine lune hallucinante à

Bali », c’est ainsi qu’Ivan Fominykh,

coach de surf, décrit cet incroyable

cliché de lui en parapente près du

mont Agung, le volcan actif de l’île.

Un spectacle psychédélique de

lumière nocturne qui est le résultat

d’une astuce technique combinée

à un équipement spécial. « J’ai pris

cette photo à l’aide d’un ruban lumineux

LED, explique le photographe

Serge Shakuto, avec une exposition

de vingt secondes et une lumière

stroboscopique déclenchée

à distance. »

Instagram : @shakuto

SERGE SHAKUTO / RED BULL ILLUME


7


SINGAPOUR

Un Insta

en béton

Cette photo prise depuis un drone

immortalise une session de skate

de quelques membres de la petite

scène locale de Singapour. L’image,

qui joue avec les ombres et les

lignes naturelles du park, fait partie

d’une série de photos réalisée par

le photographe amateur Ebrahim

Adam et sélectionnée pour le

concours Instagram Red Bull Illume

en juin dernier. « Une hallu : trois de

mes photos sont sélectionnées »,

écrivait alors le jeune Singapourien

dans son post.

Instagram : @ebra_cadabra


YUCATÁN, MEXIQUE

Beauté

abyssale

La beauté de l’apnée se manifeste

souvent sous la forme d’animaux

incroyables et de paysages spectaculaires

; bancs de baleines ou

corail rougeoyant, les profondeurs

de l’océan abritent d’innombrables

perles à découvrir. La beauté de

ce cliché réside pourtant dans

l’absence totale de vie marine. Le

photographe sous-marin et français

Alex Voyer saisit sa compatriote

apnéiste Marianne Aventurier dans

l’obscurité d’un cénote du Yucatán,

en position fœtale, éclairée par la

lumière de la surface.

Instagram : @alexvoyer_fisheye

EBRAHIM ADAM/RED BULL ILLUME, ALEX VOYER/RED BULL ILLUME

9


RYAN CRAIG/RED BULL ILLUME


PE’AHI, HAWAÏ

Son côté

sombre

Pour la plupart d’entre nous, le surf

à Hawaï évoque un ciel bleu, une eau

cristalline et des gars échangeant le

signe du shaka. La photo ci-contre

nous rappelle que tel n’est pas toujours

le cas. Ce cliché angoissant qui

a pour légende : « Histoire d’une lutte

contre une vague monstrueuse »

a été saisi par Ryan « Chachi » Craig

un jour de vent record à Pe’ahi, spot

réputé imprévisible et dangereux.

Le surfeur hawaïen Nathan Florence

tente ici de décrypter l’océan déchaîné

tout en évitant d’être emporté

par le vent. Une journée qu’il n’est

pas prêt d’oublier.

Instagram : @chachfiles

11


Dans le sens des

aiguilles d’une montre :

Nolan et sa planche

dans le café où tout a

commencé ; la planche

avant d’être façonnée ;

le détail des ailerons ;

logo du concours Vissla.

GLISSE RECYCLÉE

Surfer

sur des

déchets

Korey Nolan, surfeur natif du New

Hampshire, expose la culture du

jetable en fabriquant des planches

à base de gobelets recyclés.

Amoureux de l’océan, les surfeurs

sont pour la plupart de

grands écolos dans l’âme. Pourtant,

les planches et les équipements

qu’ils utilisent sont souvent

issus de matériaux non

recyclables avec une empreinte

carbone élevée. Korey Nolan,

32 ans, shapeur sur la côte est

des États-Unis, a conçu une

planche à partir de 700 gobelets

Dunkin’ Donuts (une chaîne de

restau de donuts et de café)

recyclés. Un projet inspiré par

les gobelets qui jonchent les

rues de son quartier.

« Je voulais montrer aux gens

la pollution qu’ils génèrent au

quotidien pour les inciter à y

réfléchir. En moins de dix mois,

j’ai accumulé un millier de tasses

en polystyrène provenant uniquement

de personnes de mon

entourage. Cela a déclenché

une prise de conscience de leur

consommation excessive de

café à emporter. » Pour réaliser

la planche, les gobelets sont

compressés dans un moule, puis

recouverts de bambous et de

résine époxy bio. En 2018, cette

innovation obtient le deuxième

prix d’un concours organisé par

la marque Vissla, qui récompense

les produits de surf à base

de matériaux recyclés. Mais pour

Nolan, ce succès ne doit pas

encourager l’utilisation de

polystyrène. « Produire des

planches avec ces gobelets ne

règle rien, cela ne fait que déplacer

la demande de polystyrène,

un matériau utilisé depuis plus

de 80 ans, et dont tous les objets

sont toujours là, parce que non

biodégradables. C’est aussi cela

le message de ma planche. »

Instagram : @koreytnolan

KOREY NOLAN, AARON MCNULTY LOU BOYD

12 THE RED BULLETIN


Du projo 8 mm à la machine à écrire, connaissez-vous leur son ? Chun (en bas à g.) et Derksen les ont sauvegardés.

CONSERVE THE SOUND

Sauveurs de

sons en péril

Leurs bruits rythmaient notre quotidien.

Quasi absents de nos oreilles à présent, ils

rejoignent l’éternité grâce à un site-musée.

Un téléphone filaire, un clavier

d’Apple iBook clamshell, la poignée

d’une fenêtre de voiture,

la première console Nintendo,

une carte routière… Les bruits

qu’ils faisaient vous étaient

familiers, mais sont probablement

inconnus de vos enfants

ou de vos plus jeunes collègues.

Comme tombés dans l’oubli.

Une hécatombe à laquelle les

Allemands Daniel Chun et Jan

Derksen, fondateurs de l’agence

de communication audiovisuelle

Chunderksen, ont voulu remédié

en créant le premier « musée des

sons en voie d’extinction » :

Conserve The Sound.

Un musée numérique pour

l’oreille, lié à des objets d’un

passé proche ou sur le point d’en

faire partie. « En temps normal,

on collectionne les peintures, les

illustrations, des classiques du

design ou des sculptures, et on

les installe dans une expo ou un

musée, explique Jan. Mais rares

sont ceux qui collectionnent les

sons. Créer un lieu multimédia,

ou un musée pour les sons en

voie d’extinction, nous fascinait.

» Cette collection de souvenirs,

proposée gratuitement à

tous, est le fruit d’une quête

d’objets dont les deux associés

recueillent les sons en conditions

réelles. Soit 99 % des

sources audio proposées sur le

site conservethesound.de, qui

se veut aussi participatif. « Il est

possible de contribuer en nous

envoyant des sons que vous

aurez enregistrés vous-même,

dit Derksen. Par un simple e-mail

ou en vous rendant dans la

rubrique upload du site. » Il ne

vous reste donc plus qu’à vous

transformer en conservateur des

sons qui vous sont chers, et de

les confier à la disponibilité de

notre mémoire collective pour

l’éternité. Tant que le site

marche...

conservethesound.de

CHUNDERKSEN/CONSERVETHESOUND.DE HANS HAMMER

14 THE RED BULLETIN


LG XBOOM, vivez l’intensité du son

Des enceintes fun, festives et puissantes pour offrir une expérience

sonore unique. Découvrez le son exceptionnel de la gamme XBOOM

qui accompagnera tous vos moments de fête !

En tant que partenaire de l’événement,

LG accompagnera toutes les étapes

du Red Bull Dance Your Style 2019.

Go


« Dans n’importe quel

sport, le succès dépend

avant tout de sa capacité

à endurer la frustration. »

16 THE RED BULLETIN


LUKAS IRMLER

Trouver son

équilibre

Détenteur d’un record mondial, l’Allemand

vous prodigue ses conseils avant de vous

lancer sur une slackline. Facile ?

Lukas Irmler, qui a franchi

sa première slackline en

2006, détient deux records

du monde dans le Guinness

et a défini diverses

normes en highline.

VALENTIN RAPP LOU BOYD

La pratique de la

slackline est simple et en

même temps, d’une difficulté

extrême. Cela se

résume à marcher d’un

bout à l’autre d’une

longue sangle ; pourtant,

rares sont ceux qui maîtrisent

l’exercice. Lukas

Irmler en fait partie.

« Au début, je me sentais

incapable d’aborder

une slackline, explique

l’Allemand de 31 ans.

Mais j’ai insisté et les premiers

progrès sont apparus.

Lorsque j’ai franchi

ma première petite slack,

je me suis retourné, tout

étonné d’avoir réussi une

chose que je tenais pour

impossible. » Depuis,

Lukas Irmler a marché

sur bien des slacklines et

des highlines (pratique

en haute montagne)

parmi les plus impressionnantes

et les plus

difficiles au monde.

Notamment en août dernier

lorsqu’il établit le

record de la plus longue

traversée : une highline

longue de 2 000 m à

Asbestos, au Québec.

« Avec ce record, je réalisais

l’un de mes plus

vieux rêves, confie Irmler.

Si vous repoussez sans

cesse vos limites, vous

finissez par repousser

celles du sport même.

C’était un moment très

spécial pour moi. » Irmler

révèle ici ses cinq meilleurs

conseils en matière

de slackline. « Dans n’importe

quel sport, le succès

dépend avant tout de

sa capacité à endurer la

frustration, précise-t-il.

On échoue beaucoup

avant de réussir. Le tout

est d’être suffisamment

passionné et tenace pour

persévérer et continuer

à y croire. »

1. Allez-y mollo

« Commencez sur une

slack courte et basse.

Exercez-vous jusqu’à

une maîtrise totale. »

2. Pieds nus

« Cela permet de mieux

sentir la slack. »

3. Droit devant

« Vos pieds doivent être

parallèles à la slack, et

non dirigés vers l’extérieur.

Ainsi le point d’ancrage

sera dans votre

ligne de mire. »

4. La posture est

primordiale

« Les genoux doivent

être légèrement fléchis

et les bras constamment

relevés. On a souvent

tendance à oublier leur

rôle dans l’équilibre. »

5. Concentration

maximale

« Restez focalisé sur

le même point au bout

de la slack. Beaucoup

font l’erreur de regarder

leurs pieds. »

THE RED BULLETIN 17


METRONOMY

Jardin

secret

Quand il ne compose

pas d’hymnes indie-pop,

Joseph Mount, du groupe

Metronomy, jardine. Il présente

ici quatre morceaux

liés à sa passion.

Formé en 1999, Metronomy a

imposé au fil des ans un style

synthpop aux multiples

influences, du rock psychédélique

des années 60 à l’electronica,

en passant par Prince et

N.E.R.D. Le groupe anglais

intègre régulièrement les best

of annuels des magazines de

musique, et leurs albums

figurent dans les top 10 anglais

et français. L’inspiration pour

Metronomy Forever, leur sixième

album, le fondateur Joseph

Mount (en violet sur la photo)

l’a puisée dans son jardin. « J’ai

beaucoup jardiné », confie l’auteur-compositeur

de 37 ans.

Cette passion influence aussi

sa playlist personnelle. Démonstration

avec la fleur des titres

qu’il affectionne…

metronomy.co.uk

Talking Heads

Pull Up the Roots

(1983)

« C’est un calembour, évidemment,

un clin d’œil au jardinage.

Comme arracher les pommes de

terre par exemple. Dans le jardin,

je suis responsable des tâches

ardues, et Mariam, ma petite

amie, de la partie créative. Je laboure,

j’arrache les mauvaises

herbes, bref, je fais le gros œuvre.

C’est mon rôle. »

The Kinks

The Village Green Preservation

Society (1968)

« Jardiner, c’est se confronter à soimême,

au cycle de la vie humaine,

aux saisons, au temps qui passe.

Écouter ce morceau en se préparant

à jardiner est une belle entrée

en matière, cela donne envie de

saisir une binette et d’enfiler des

gants, et vous rappelle qu’il est

vain de s’opposer à la nature ou

de la contrarier. »

Stevie Wonder

Come Back as A Flower

(1979)

« Ce morceau évoque le désir de

renaître sous la forme d’une fleur.

L’idée est belle, mais je sais d’expérience

que la culture de fleurs

est peu gratifiante. Cela exige un

travail fou où l’on doit sans cesse

créer des boutures et repiquer.

Ce type de jardinage est exigeant,

donc pas vraiment mon rayon.

Je ne fais pas dans la dentelle. »

Miles Davis

Concierto De Aranjuez (Adagio)

(1960)

« Ado, je prenais mon petit-déjeuner

à 11 heures le week-end. J’écoutais

Miles en regardant mes parents

jardiner. Je ne comprenais

pas vraiment ce qu’ils faisaient.

Ce titre de seize minutes est une

préparation mentale idéale avant

une longue séance de désherbage

par exemple. Très sympa. Je vous

invite à tenter l’expérience. »

GREGOIRE ALEXANDRE MARCEL ANDERS

18 THE RED BULLETIN


ALPHATAURI.COM


20 THE RED BULLETIN

CHARLES MARTINON CHRISTINE VITEL


BABA AU RUN

Candy rush

« Ne soyez pas timides et faites-vous plaisir, les babas viennent

à vous en courant. » C’est la promesse de Jean-Baptiste Martinon,

Parisien de 24 ans, qui a lancé un concept décalé :

livrer vos pâtisseries préférées… au pas de course !

the red bulletin : Pourquoi

le baba au rhum, cette pâtisserie

un peu désuète ?

jb martinon : À l’origine, tout

part vraiment du jeu de mot

Baba au Run, parce que j’aime

courir. C’est un peu un ex-voto :

j’ai toujours apprécié la gastronomie,

la course à pied et

bosser dans la livraison. Il y a

assez peu d’adeptes de babas,

et ça m’arrangeait bien que ce

ne soit pas la pâtisserie préférée

des Français, ainsi j’ai pu

démarrer tranquillement sans

être submergé par la demande.

Le jour où j’ai décidé de me

lancer, j’ai choisi les meilleurs

babas au rhum de Paris, chez

Sébastien Gaudard.

Combien de kilomètres

courez-vous par jour ?

Chaque tournée fait entre 15

et 27 bornes, dans tout Paris.

L’objectif de mon service

de livraison, c’est qu’il soit

extraordinaire et donc que les

gens se disent : « C’est improbable,

ça n’a pas de sens logistiquement

parlant. »

Êtes-vous en concurrence

avec les livraisons à vélo ?

Avec moi en l’occurrence, c’est

moins rapide qu’à vélo, mais

« C’est improbable,

ça n’a pas de sens

logistiquement

parlant. »

c’est un vrai service. Et je me

rends compte avec ce que

je récolte que les gens sont

prêts à le valoriser, car ce sont

eux qui choisissent ce qu’ils

donnent, et ils choisissent de

payer l’expérience. Alors que

la livraison de repas, c’est un

service d’exception dévalorisé

par son prix : 3 €, ce n’est pas

le vrai prix d’une livraison.

Quelqu’un qui va dans le restau

de ton choix, et t'apporte

un plat chaud directement

chez toi en vingt minutes.

Pourquoi ça marche alors ?

La pâtisserie, c’est sympa, ça

fait un petit cadeau que les

gens aiment bien pour un

goûter ou un anniversaire. Et

puis les pâtisseries ne souffrent

pas, car le bras est un excellent

stabilisateur naturel : spontanément,

il va aller à l’inverse

des mouvements du corps et

donc amortir les à-coups qu’il

pourrait y avoir en courant. Les

desserts sont bercés au fil de la

course et ça leur fait un beau

petit voyage.

Et si on n’aime pas les babas ?

En marge du service de livraison

de pâtisseries à Paris, il y a

les aventures en vidéo de Baba

au Run, que j’ai créées au début

de l’été. Ce sont des livraisons

loufoques et ponctuelles,

vouées à n’être faites qu’une

seule fois. Sur le même principe

: un jeu de mots, un sport,

une pâtisserie. J’ai commencé

avec le Paris-Brest : je suis parti

à vélo pour relier Brest depuis

Paris, ça m’a pris quatre jours

(vidéo sur YouTube, ndlr) !

Sauf que le gâteau a dû arriver

dans un drôle d’état…

Il n’était plus comestible, c’est

sûr, mais la mairie à qui je l’ai

offert l’a mis sous cloche, en

souvenir. (rires) L’intérêt des

aventures Baba au Run, c’est

que j’agrémente ainsi mon

catalogue de pâtisseries livrées

en courant. Donc maintenant

que j’ai officiellement livré un

Paris-Brest à Brest, je le propose

à la livraison à Paris ! Je

débloque des articles sur mon

catalogue, un peu sur le principe

d’un jeu vidéo.

Et comme pour un jeu vidéo,

il existe une communauté

Baba au Run !

Absolument, j’apprends beaucoup

de ceux qui me suivent.

Ils me donnent des idées.

Sur Instagram, on vous voit

proche des clients. La pâtisserie

resserre-t-elle les liens ?

J’adore l’inconnu, les histoires

à raconter, les anecdotes ; c’est

le même esprit qu’Antoine de

Maximy dans J’irai dormir

chez vous. Depuis que je suis

tout petit, je pars en vélo, à

pied, je toque chez les gens et

découvre des univers complètement

différents de ceux dans

lesquels j’évolue.

Mais Baba au Run, c’est plus

qu’un défi un peu barré ?

C’est un mix de tout ce qui me

motive. Quand je fais du sport,

je le fais à fond. Donc si je fais

de la course à pied, je vais faire

un marathon. J’aime le côté

sportif, pour la performance,

mais surtout pour l’expérience

à raconter qui montre qu’avec

un peu de volonté et de temps,

c’est réalisable.

Quelles aventures à venir ?

Mon but pour septembre, c’est

de livrer un mont-blanc au

sommet du Mont-Blanc. Et en

février 2020, porter une rose

des sables au Marathon des

sables. C’est mon rêve !

Instagram : @baba_au_run

THE RED BULLETIN 21


La chambre Superior Cockpit Room du Haneda Excel : s’endormir à Tokyo pour se réveiller… toujours à Tokyo.

L’idée de se retrouver dans un

avion après un vol long courrier

rebuterait la plupart d’entre

nous. Mais visiblement, ce

n’est pas le cas de tous les

voyageurs. Le Haneda Excel

Hotel Tokyu a eu l’idée de créer

une chambre permettant aux

visiteurs de prolonger leur vol.

Le simulateur de la chambre

baptisée Superior Cockpit

Room, reproduit la cabine de

pilotage d’un Boeing 737-800

reliant la capitale de Tokyo à

l’aéroport Itami d’Osaka. Un

instructeur confirmé assure la

formation des clients avant de

leur céder les commandes.

L’idée peut sembler farfelue,

sauf que l’hôtel est situé

près de l’aéroport international

Haneda de Tokyo avec une vue

directe sur deux des pistes

principales, pour le plus grand

plaisir des passionnés d’aéronautique.

« Le concept “hôtel

d’aéroport” était au cœur du

projet, explique un représentant

du Haneda Excel.

La présence d’un ex-commandant

de bord expérimenté

permet une vraie expérience

de pilotage. » L’aventure,

comme l’on peut s’en douter,

a un prix. La nuit en chambre

double coûte 25 300 yens

(220 €) auxquels il faut ajouter

30 000 yens (250 €) pour la

séance de simulation qui dure

90 minutes et qui ne peut avoir

lieu que sous le contrôle de

l’instructeur.

En l’absence de ce dernier,

les occupants de la chambre

n’ont pas le droit de toucher

ni au simulateur ni aux

manettes durant leur séjour.

Alors si l’expérience de la

chambre au simulateur du

Haneda Excel vous tente,

mieux vaut vous dépêcher pour

réserver. La chambre est déjà

louée pour les deux premiers

mois de sa mise en service.

Des créneaux sont encore

disponibles… mais ils ne le

resteront pas longtemps.

tokyuhotels.co.jp

HANEDA EXCEL HOTEL TOKYU

Vol de nuit

Cet hôtel nippon propose une chambre équipée

d’un simulateur de vol Boeing grandeur nature.

TOKYUHOTELSJAPAN.COM/HANEDA EXCEL HOTEL LOU BOYD

22 THE RED BULLETIN


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EN ZONE

DE PAIX

L’apnéiste allemande ANNA VON

BOETTICHER a exploré les dessous

d’un fjord gelé dans l’est du

Groenland. Autant de descentes

spectaculaires qui lui ont permis

de retrouver la paix intérieure.

Texte SABRINA LUTTENBERGER

Photos TOBIAS FRIEDRICH

24


Anna von Boetticher

face à un iceberg :

c’est comme si l’on

touchait une balle

de golf géante.


LE MONDE

DU DESSOUS

Anna von Boetticher explorant un iceberg

par douze mètres de fond. Elle se souvient

que sa surface était lisse et transparente,

et qu’un peu partout se trouvaient des passages

pour plonger, à condition d’y aller

sans bouteille sur le dos et de prendre son

courage à deux mains.

27


GLACE…

ET ANGOISSE

Lors d’une plongée en profondeur, les

icebergs et la banquise bouchent la vue

à la surface de l’eau. Ce phénomène,

hautement oppressant et anxiogène,

rend impossible la possibilité d’utiliser

une corde de sécurité.

28


GETTY IMAGES


Groenland

Nuuk

Tasiilaq

DES PORTES

SUR L’AILLEURS

Au large de Tasiilaq, dans l’est du Groenland

: le trou principal est de forme triangulaire

et les trois autres trous ronds servent

de sortie de secours aux plongeurs. Lorsque

von Boetticher s’est perdue, ce sont eux

qui lui ont sauvé la mise (ci-contre).

Au Groenland, ne vous découvrez pas d’un fil…

ou seulement au tout dernier moment.

Se réchauffer les pieds avec de l’eau chaude,

c’est la « méthode Thermos ».

Faire vite, trèèès vite : par – 27 °C, la glace

se referme rapidement.

31


LES NERFS À

RUDE ÉPREUVE

Von Boetticher éclaire le passage dans un

canyon sous-marin. La gorge, qui transperce

le fjord face à la ville de Tasiilaq sur

une vingtaine de mètres, se situe loin du

trou percé dans la glace. Quand elle prend

ce genre de risque, la plongeuse se fie entièrement

à son expérience et à son mental.

33


Elle peut retenir sa respiration pendant six

minutes et 12 secondes. Soit plus longtemps que

n’importe qui en Allemagne, son pays d’origine.

Et quand Anna von Boetticher ne se trouve pas

sous l’eau, c’est avec un enthousiasme contagieux

et sans prendre une seule respiration qu’elle se met

à parler de la fascination pour la plongée qu’elle ressentait

déjà dans la piscine de ses parents. Elle raconte aussi comment

elle s’est mise à plonger en apnée, c’est-à-dire sans

bouteille d’air comprimé, il y a douze ans. Depuis, cette

apnéiste hors pair de 49 ans a établi 33 records d’Allemagne,

un record du monde, et a remporté trois médailles

de bronze aux championnats du monde. Mais plutôt que

de s’entraîner pour la compétition, Anna von Boetticher

préfère plonger dans des endroits inhabituels. Comme

cette année au Groenland, où elle s’est aventurée loin de la

surface dans un fjord gelé avec son partenaire de plongée

et photographe, Tobias Friedrich.

the red bulletin : Vous pouvez plonger n’importe

où dans le monde et vous choisissez une étendue

de glace. Pourquoi ?

anna von boetticher : Déjà enfant, j’avais une attirance

profonde pour les régions sauvages de la planète.

Et j’étais toujours heureuse quand il neigeait. J’adore la

neige ! Le moment de se rendre au Groenland était également

tout indiqué. J’ai traversé une période difficile,

j’avais besoin de paix intérieure. C’est quand la nature

montre ses extrêmes que je la trouve la plus réconfortante.

Au Groenland, face à cet univers monochrome

auquel je devais m’exposer physiquement et mentalement,

tout le reste s’est arrêté.

Votre camp de base était à Tasiilaq, un endroit

entouré de glace six mois par an. Il est inimaginable

d’aller plonger là-bas. Quel a été le plus grand défi

de votre expédition ?

Pour moi, il s’agissait avant tout de savoir comment rester

au chaud par – 27 °C à l’extérieur. Je m’y suis préparée

méticuleusement. Un exemple : avant de plonger en

apnée, il est préférable de ne rien avoir dans l’estomac.

Mais je savais que cela ne fonctionnerait pas si je restais

dans le froid pendant sept heures et que je ne voulais pas

geler. J’ai donc dû manger une quantité incroyable d’aliments

riches en nutriments énergétiques : beurre d’arachide,

flocons d’avoine, sucre. Et je portais des couches

de vêtements les unes sur les autres. Il s’agissait aussi de

déterminer avec précision combien de temps je pouvais

rester dans l’eau. C’était déjà très extrême et à la limite

de ce qu’on peut s’imposer.

L’eau sur les lunettes

et la combinaison

d’Anna se transforme

en glace dès qu’elle

en sort.

34 THE RED BULLETIN


« C’était à la limite

de ce qu’on peut

s’imposer. »


Von Boetticher s’est

donné des repères

sous l’eau pour retrouver

facilement son

chemin vers la sortie.


«Il faut se remettre en

question. C’est comme

cela qu’on apprend

à rester calme. »

Mais n’est-ce pas justement la raison d’être de

l’apnée : repousser ses limites ?

Bien sûr, je veux toujours aller un mètre plus bas et évidemment,

cela m’ennuie de ne pas avoir mieux plongé

et plus profondément que les fois précédentes. Mais il

faut être honnête avec soi-même : quelle est ma condition

physique, quelle est la situation extérieure et comment

dois-je m’ajuster ? Ce n’est qu’alors que je peux prendre

une décision objective qui n’est pas motivée par mes émotions

ou mon ego. Avoir ce contrôle est l’un des secrets

d’une plongée en apnée sûre et réussie.

Supposons que je sois prête à aller au-delà de mes

limites. Comment franchir l’étape finale et décisive ?

Cela tient en grande partie à l’expérience personnelle et la

compréhension de ce qui se passe dans son corps. Avec la

plongée en apnée, vous parvenez à chaque fois à vaincre

l’instinct primaire qu’est la respiration : dois-je vraiment

respirer ou s’agit-il d’une fausse alerte ? C’est comme

lorsque vous avez mal aux jambes après deux étages mais

que vous allez quand même monter jusqu’au quatrième.

D’accord, mais il est plus facile de me dépasser en

montant les escaliers. Après tout, qu’est-ce qui peut

bien arriver de grave ?

En gros, c’est comme retenir son souffle. On peut vaincre

un instinct, aussi bien physiquement que mentalement,

beaucoup plus facilement qu’on ne le croit. La fois suivante,

j’affronte une nouvelle situation avec davantage

de confiance en moi.

Que faire si la peur ou la nervosité me gagnent quand

même ? Comment rester calme au moment décisif ?

Dans une certaine mesure, vous apportez la paix avec

vous. Tout le monde peut en faire l’expérience. Pour cela,

il faut de temps en temps se mettre au défi et s’exposer

à de nouvelles choses. C’est ainsi que l’on apprend à se

familiariser avec le sentiment d’inconfort. Ceux qui s’exposent

consciemment à des situations plus stressantes

que la normale parviendront donc à un moment donné

à rester calme.

Alors vous êtes toujours détendue ?

Je n’ai encore jamais ressenti de panique lors d’une plongée

en apnée. Je réagis toujours avec beaucoup de calme

aux problèmes que je rencontre sous l’eau ; je suis très

forte mentalement en plongée. Ce qui est intéressant,

c’est que cela a déteint sur les autres aspects de ma vie.

J’ai peur, mais je garde cette émotion pour plus tard. Cela

dit, j’ai déjà passé un test psychologique et je suis tout à

fait dans la moyenne. Je ressens de la peur comme tout

le monde.

Une fois et plus jamais ! Se changer sur la banquise est un supplice.

Vous vous confrontez souvent à de nouveaux défis.

En tant que formatrice pour l’armée allemande

notamment.

C’est vrai. Entre autres choses, je travaille avec les

nageurs de combat et les plongeurs démineurs. Un défi

de taille et une coopération de très haut niveau. Il s’agit

aussi de cela : comment apprendre à contrôler l’instinct

de panique qui veut vous dicter une façon de réagir.

Et vous, qu’apprenez-vous ?

Je suis impressionnée par le flegme avec lequel les instructeurs

et les soldats procèdent. Il ont une manière

bien particulière de poser leurs exigences et d’apporter

leur soutien. Que la manœuvre se déroule correctement

ou pas, l’entraîneur se tient debout au bord de la piscine,

imperturbable. C’est ce que j’ai appris : la façon dont je

me comporte a une influence directe sur la pression que

je mets. Sans prononcer un seul mot.

Malgré toutes vos années de plongée, qu’est-ce qui

continue de vous surprendre ?

L’expérience du monde sous-marin est toujours intense,

extraordinairement belle et différente. C’est difficile de la

comparer à quoi que ce soit d’autre. Vous n’y appartenez

pas en tant qu’être humain, mais vous pouvez quand

même vous adapter jusqu’à un certain point pour y

passer un peu de temps.

annavonboetticher.com

THE RED BULLETIN 37


Get up,

Stand

up

Un groupe français de

rock ou pop qui chante

en anglais, c’est devenu

banal, voire la norme.

Pour les Japonais, c’est

un acte de revendication.

Le groupe DYGL se fait

le porte-parole de la

nouvelle génération

nippone, exaspérée par

la mainmise des magnats

corrompus sur l’entertainment

et par la culture

d’obéissance de son pays.

Rencontre.

Texte FLORIAN OBKIRCHER

Photos ERIN UEMURA

38 THE RED BULLETIN


« Laissez-vous aller ! »

Le guitariste de DYGL

Yosuke Shimonaka

donne l’exemple lors

d’un concert à Yonago.

THE RED BULLETIN 39


Les fans de DYGL

patientent pour faire

signer leur CD après

un concert à Okayama.

En quoi le public du Japon estil

différent ?, interroge-t-on.

Nobuki Akiyama réfléchit

un instant. Le musicien est

accroupi, coincé entre les hautparleurs

et les flight cases des

instruments. « Dans des villes

comme Londres, nos fans dansent et

chantent en même temps ; les gens à

Tokyo sont timides et polis, ils ne veulent

déranger personne. À nos concerts, ils

sont si silencieux que je suis incapable

de dire s’ils ont aimé notre performance.

Je vérifie les réactions sur Twitter après

coup pour m’assurer qu’ils ont apprécié

et passé un bon moment, dit-il dans un

sourire. Vous allez le constater par vousmême.

» Il désigne le mur. L’espace du

fond est rempli de fans qui attendent

qu’Akiyama et ses acolytes montent sur

scène. Âgé de 27 ans, Akiyama est le

leader de DYGL (prononcez day-glo),

considéré comme l’un des meilleurs

jeunes groupes du Japon. Paru en 2017,

leur premier album, Say Goodbye to

Memory Den, a été produit par Albert

Hammond Jr, guitariste des Strokes et

fan de la première heure. L’album est

qualifié par le magazine musical NME

de « turbulent voyage à travers l’indie,

le rock’n’roll et le punk ». En juillet, DYGL

sortait la suite, Songs of Innocence &

Experience, enregistré à Londres, la ville

d’adoption du groupe, et masterisé dans

les studios d’Abbey Road, un haut lieu

de pèlerinage des mélomanes.

De retour à Tokyo cet été, le quatuor

a effectué une tournée de salles de 300

personnes afin de peaufiner de nouvelles

chansons devant un public restreint avant

de monter sur l’une des scènes principales

du Fuji Rock Festival. Nous les rejoignons

à Okayama, au Pepper Land qui a ouvert

ses portes en 1974 et programmé le who’s

who de la musique underground au fil

des ans. Pour ce concert, les places se

sont vendues en un éclair et les fans s'y

pressent comme des sardines. Défiant les

prédictions d’Akiyama, le public commence

à s’agiter rapidement. Pendant la

quatrième chanson du set (qui est aussi

le premier single du nouvel album), Spit

it Out, les poings se mettent à pomper et

les fans dansent et pogotent avec enthousiasme.

Akiyama est visiblement ravi. Les

chansons de son groupe, chargées de riffs

de guitare et de refrains accrocheurs, font

qu’il est difficile pour le public de rester

immobile. Pour DYGL, encourager les fans

à surmonter leurs inhibitions fait partie

d’un programme plus vaste initié il y a

presque dix ans.

À l’époque, Akiyama était obsédé par

les groupes britanniques, des Beatles à

leurs débuts jusqu’à des formations

comme The Libertines, en passant par

l’indie rock, genre dans lequel il était difficile

de trouver des modèles locaux pour

cet adolescent de Tokyo brûlant d’intégrer

un groupe. C’est le succès des Français de

Phoenix qui l’a finalement encouragé en

2012 à créer DYGL avec ses amis de fac,

Kohei Kamoto (batterie), Yotaro Kachi

(basse) et Yosuke Shimonaka (guitare).

« Phoenix est devenu très populaire aux

États-Unis ; les gens ne semblaient pas

40 THE RED BULLETIN


Nobuki Akiyama,

Yosuke Shimonaka,

Yotaro Kachi et Kohei

Kamoto se sont rencontrés

à la fac en 2011.

« Au Japon, on nous

appelle ”le groupe qui

chante en anglais“. »


En live au Pepper Land,

à Okayama. DYGL a sorti

un second album en

juillet qui connaît un

franc succès.

Iseo Nose, 72 ans,

boss du Pepper Land,

aux DYGL : « Restez

fidèles à vous-mêmes,

vous êtes lancés. »

42 THE RED BULLETIN


« Ceux qui sont

au pouvoir ne se

soucient pas de

l’impact culturel

de la musique. »

se soucier de leur accent », souligne

Akiyama. Comme Phoenix, DYGL a décidé

de chanter en anglais, ce qui fait d’eux

des outsiders tant dans leur propre pays

– « On nous a étiquetés comme “le groupe

qui chante en anglais” » – qu’à l’étranger.

Pourtant, cette décision s’est avérée la

bonne. « Un changement de paradigme

culturel s’est produit à cette époque : les

Japonais ont commencé à regarder un

peu plus loin que le bout de leur nez et

à s’ouvrir davantage. »

Le triomphe actuel de la musique pop

latine ou coréenne dans les charts américains,

un phénomène qui aurait été difficile

à imaginer il y a quinze ans, est la

preuve que les auditeurs, où qu’ils soient,

sont à la recherche d’artistes qui

apportent quelque chose de nouveau et

de différent. Retenir l’attention et se

démarquer sont les plus grands atouts de

tout musicien du XXI e siècle ; le moment

semble donc venu pour un groupe japonais

de jouer une britpop qui surpasse

la meilleure britpop de n’importe quel

groupe anglo-saxon. Ou presque.

Akiyama s’empresse de corriger que

l’orientation musicale de DYGL n’est pas

une stratégie marketing calculée. « Tokyo

est loin des épicentres traditionnels de la

culture pop comme Londres et New York,

il est donc naturel pour nous d’accueillir

la musique étrangère sans parti pris et

de choisir librement des éléments de tous

genres et tous pays confondus. » Interrogé

sur les aspects japonais de la musique de

DYGL, il répond sans hésiter : les mélodies.

« La musique des groupes étrangers

qui percent au Japon est très mélodique.

Les Japonais parlent très peu l’anglais

alors ils se concentrent plus sur les mélodies

que sur les paroles. Je pense que c’est

aussi pour cela que nos fans adoptent si

facilement nos chansons. »

DYGL n’est pas un groupe explicitement

politique, tient à préciser

Akiyama. Nombre de leurs chansons

parlent d’amour et d’amitié. Pourtant,

ce sont grâce à leurs textes politiques

qu’ils attirent l’attention sur eux ; tout

particulièrement à l’étranger, car les

groupes japonais qui caracolent dans les

hit-parades internationaux se comptent

sur les doigts de la main. Prenez la chanson

Don’t You Wanna Dance in This Heaven,

qui traite de l’histoire répressive du Japon

et plus particulièrement de l’archaïque loi

fueihō. Introduite en 1948 pour réglementer

l’industrie du sexe, elle interdisait à la

population de danser après minuit dans

de nombreux endroits. Jusqu’en 2010, les

autorités ne l’ont guère appliquée mais

y avaient recours à chaque fois qu’elles

avaient besoin d’un prétexte pour sévir

contre la vie nocturne. Bien que la loi ait

été révisée en 2016, elle est devenue un

exemple marquant de la politique au

Japon, explique Akiyama. « Les gens au

pouvoir ne se soucient pas de l’impact

THE RED BULLETIN 43


Le groupe se distrait

dans un magasin de

jouets avant le show de

Yonago où sa loge

(ci-dessous) l’attend.

culturel de la musique moderne ; ils veulent

contrôler leurs sujets. Il semble que cela

soit un problème lié au système du pays. »

Récemment, un scandale a éclaté, impliquant

plusieurs comédiens de renom de la

télévision qui se seraient produits lors de

soirées mises en place par un syndicat du

crime organisé, ce qui aurait poussé

l’agence les représentant (Yoshimoto

Kogyo, le plus grand groupe de divertissement

du pays) à les licencier. Ce à quoi

les comédiens ont réagi en dénonçant

les conditions de travail de l’agence qui

sous-payerait et exploiterait ses artistes,

et qui les aurait incités à ne pas parler

aux médias des liens présumés de la dite

agence avec le crime organisé. Une autre

agence a été accusée d’avoir conspiré

pour empêcher trois anciens membres

« Il ne s’agit pas

du pays, il s’agit

d’individus, il

s’agit de vous ! »

du boys band SMAP de passer à l’antenne

parce qu’ils avaient quitté l’agence. « Ces

agences contrôlent l’industrie du divertissement

nippone. Les artistes sont à leur

merci, déplore Akiyama. Personne ne les

défie. Les Japonais sont trop polis pour

dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas,

car cela peut être très risqué. » Connaissant

un succès international en dehors

de ce système d’agences, DYGL s’estime

bien placé pour aborder le sujet. Au lendemain

de la catastrophe nucléaire de

Fukushima, de grandes manifestations au

Japon ont semblé marquer le réveil d’une

population politiquement apathique. Mais

huit ans plus tard, cet élan de protestation

et de changement s'est essoufflé.

Quelques jours avant notre entretien,

le taux de participation aux élections à la

Chambre haute du Japon était inférieur

à 50 %, le deuxième taux le plus bas

depuis la Seconde Guerre mondiale. Cela,

Akiyama a hâte de l’évoquer lors de son

concert le soir-même. « Maintenant que

nous avons vécu dans des villes comme

Londres et New York, nous voyons la

politique japonaise sous un jour nouveau.

À l’étranger, il est normal de discuter de

politique et d’exprimer ses opinions. Ici,

cela arrive trop rarement. » Avant de jouer

Don’t You Wannna Dance in This Heaven,

Akiyama lance une injonction sincère à

ses fans. « Il ne s’agit pas du pays, il s’agit

d’individus, il s’agit de vous. Alors si vous

avez quelque chose à dire, dites-le. Laissez-vous

aller ! » Trois minutes plus tard, le

guitariste Shimonaka retire son T-shirt et

plonge dans la foule pendant qu’Akiyama

hurle et s’excite sur sa guitare comme un

fou. De l’importance de donner l’exemple.

dayglotheband.com

44 THE RED BULLETIN


Texte

PH CAMY

Photos

LITTLE SHAO

Stylisme

SOLEILA CHAOU


L’INSTANT

KHALIL

Khalil, 27 ans, est l’un des danseurs

français les plus appréciés et reconnus

dans sa discipline : le breakdance.

Le 9 novembre, à Mumbai, en Inde,

lors du Red Bull BC One, il affrontera

l’élite mondiale des B-Boys, et

espère beaucoup des JO de 2024

qui s’ouvriront peut-être aux

danseurs de break. En attendant,

pour lui dans le battle, c’est

l’instant qui détermine l’avenir.

Ceci n’est pas juste une pause : le danseur Khalil développe son

art athlétique, le breakdance, depuis plus de quinze ans.

47


the red bulletin : C’est votre première

participation à la finale mondiale

du Red Bull BC One, que l’on

pourrait qualifier de Coupe du monde

de breakdance. Un BC One, cela représente

quoi pour un B-Boy ?

khalil : Tout le monde veut ce titre, tout

le monde veut participer au moins une

fois dans sa vie au Red Bull BC One. Ça

fait seize ans que je danse, et j’ai déjà

disputé une finale européenne contre

un autre Français, Mounir, en 2012.

Participer à la finale mondiale du BC

One, j’attends ça depuis un moment.

(rires) Je suis impatient d’y être.

Quand bien même on atteint une telle

échéance, à son meilleur niveau, il est

très difficile de se projeter sur une

victoire qui reste toujours aléatoire

dans l’univers du breakdance. Je

pense notamment au fait que le jury

du Red Bull BC One est composé de

cinq personnes....

Le breakdance est complètement subjectif,

entre art et sport… C’est une forme

d’art, ça c’est sûr, car c’est de la danse,

mais il a aussi cette dimension athlétique.

Et en effet, nos battles sont jugés par

d’autres danseurs qui décident qui remportera

chaque battle. Tout est subjectif

dans cette danse.

Une chose est sûre, le 9 novembre, en

Inde, vous affronterez la crème des

danseurs mondiaux... Comment vous

y préparez-vous ?

Je ressens beaucoup d’impatience, mais

je ne veux pas me mettre trop de pression.

Avant un tel rendez-vous, il faut trouver

le juste milieu entre une bonne préparation,

sans trop de pression, et une

approche détendue. Et le jour J, ton résultat

dépend de beaucoup de choses : de

ta forme du moment, du tirage, du jury.

En battle, tout se joue sur le moment.

Si tu refais le même battle le lendemain,

on pourra déclarer un autre vainqueur.

C’est donc l’instant présent qui compte,

et c’est justement ça qui est beau.

Est-ce que le fait que la compétition

se passe en Inde amène davantage

de pression sur les danseurs ?

J’ai déjà été à Mumbai, pour être juge

d’un événement de danse et c’est une

expérience dont je me souviendrai. Tu

vois des choses difficiles là-bas. Émotionnellement

parlant, ce n’est pas toujours

simple. C’est un autre monde. Est-ce que

cet environnement particulier, la pauvreté,

la pollution, la chaleur, perturbera

les danseurs ? Je ne peux pas te le dire,

mais de mon côté, je suis préparé à cela,

je sais à quoi m’attendre. Au-delà de ces

aspects, quand je m’y suis rendu par le

passé, j’ai trouvé les danseurs hyper

accueillants. Ils réagissent au moindre

move, ça va être intense !

Au-delà de ces événements, majeurs,

votre réalité de danseur, c’est quoi ?

Plein de choses en même temps. C’est la

réalité d’un artiste, d’un pédagogue, d’un

athlète... Je suis à la fois un compétiteur,

un artiste sur scène, un intermittent du

spectacle qui se produit avec plusieurs

compagnies. Dans ce cadre, je suis un

artiste danseur qui monte sur scène, et

qui a ses tableaux et ses rôles à tenir ; il

y a aussi la compétition, par laquelle j’ai

commencé et pour laquelle j’éprouve véritablement

de l’amour, car elle me procure

une adrénaline que je ne trouve pas ailleurs.

Quand je fais de la compétition,

bien que je sois un danseur, je me sens

plus athlète, voire « combattant ».

Comment décrire ce monde du breakdance

compétitif, le battle ?

C’est un monde cruel. Ce sera soit lui, soit

« Le battle est

un monde cruel.

Ce sera soit lui,

soit moi. »

moi. On ne sera pas deux à passer à

l’étape suivante du battle. Il n’y a pas de

peut-être… Non, non ! C’est toi ou moi,

point ! Cela crée une tension et une

décharge d’adrénaline que je ne retrouve

pas sur une scène. Mais dans une compagnie

de danse, on va chercher à dire et

revendiquer autre chose. Et le corps peut

s’exprimer d’une manière différente. Je

m’épanouis autrement et je me nourris

de ce que je fais dans la compagnie pour

l’adapter à la compétition.

Quand avez-vous commencé le break ?

Aux alentours de 2003, puis j’ai intégré

les Legiteam Obstruxion, un crew de danseurs

du Mans et de Paris. Et j’ai connecté

avec le monde de la scène avec la compagnie

Accrorap, qui existe depuis 1989

grâce au chorégraphe Kader Attou, qui

tient aussi le Centre chorégraphique

national de La Rochelle. J’avais rencontré

son chorégraphe adjoint à Montpellier, et

comme ils cherchaient du sang frais, j’ai

commencé à collaborer avec eux. Au sein

de cette compagnie, qui est une compagnie

hip-hop, et d’autres avec lesquelles

je danse, j’interviens principalement avec

le break. Il peut y avoir un peu de mime

ou de contemporain, de manière très

légère, mais généralement, on me prend

pour ce que je sais faire : le break.

Ce break qui semble intéresser de plus

en plus le Comité olympique, qui l’a

installé sur sa liste des sports additionnels

pour les JO de 2024 à Paris…

à confirmer en décembre 2020. Cette

perspective vous intéresse-t-elle ? Si

on vous proposait d’intégrer une potentielle

équipe de France de breakdance

pour les JO, seriez-vous partant ?

Si je suis un candidat potentiel, j’y vais !

J’ai commencé dans le dur, dans les blocs

de mon quartier, en bas de chez moi à

La Paillade (à Montpellier, ndlr), dans la

48 THE RED BULLETIN


« C’est l’instant

présent qui

compte, et c’est

ça qui est beau. »

Un homme serein.

Lors d’un battle de break,

Khalil est dans un autre

mode : combattant.


« Le breakdance est

une discipline reconnue,

mais sa dimension

sportive mérite d’être

encore plus appréciée. »


poussière, alors, partir de là pour arriver

aux JO, juste pour ça, je ne me pose même

pas la question, j’y vais, je le tente.

Comment se sont passés vos débuts

à La Paillade, dans le Sud ?

Mon cousin breakait un petit peu, et

j’étais dans les arts martiaux, je faisais

du taekwondo. Mes parents ont divorcé,

et puis j’ai dansé, pour tuer le temps.

Ça m’a apporté beaucoup de choses.

Lesquelles ?

Honnêtement, je pense que cela m’a évité

de devenir un voyou.

Les perspectives potentiellement

offertes par les JO sont d’autant plus

tentantes pour quelqu’un qui a choisi

de suivre la voie de la danse plutôt

que celle de la délinquance ?

Exactement. Qu’importe le résultat, ce

serait très intéressant de participer à

d’éventuels JO quoi qu’il en soit. Ce serait

une continuité pour moi, même si je n’ai

pas grandi avec la perspective de l’olympisme

en tête, mais avec celle du Red Bull

BC One, qui a toujours été mon objectif

principal. Le breakdance sera abordé sous

un autre angle, ce serait une nouvelle

expérience, avec une approche plus sportive

de la danse. Il est reconnu aujourd’hui,

mais tout le monde ne reconnaît pas sa

dimension athlétique. Ce serait aussi l’opportunité

de représenter tout un pays.

Cette perspective des JO, vous ne

l’avez pas attendue pour vous bouger

et vous construire dans la danse.

Quelle a été votre dynamique tout au

long de ces seize années écoulées?

Il y en a eu plusieurs. Premièrement,

prendre du plaisir en dansant. Puis quand

j’ai commencé à avoir un petit niveau et

à débloquer des moves, c’est devenu

une drogue. Il fallait que je danse, que je

m’entraîne. Après, au lycée, j’avoue avoir

moins dansé, c’était moins dans ma tête.

Après le lycée, en débloquant des moves

à nouveau, en partant plus loin dans ma

danse, c’est revenu : je ne voulais que

m’entraîner, et gagner toutes les plus

grandes compétitions. Cela fait sept ans

que je vis du breakdance, et ça a impliqué

beaucoup de sacrifices : comme d’autres

sportifs de haut niveau, j’ai dû dédier

beaucoup de temps à l’entraînement et

à l’effort plutôt qu’à d’autres choses.

Membre du crew Legiteam Obstruxion, Khalil se produit avec la compagnie Accrorap.

« Ce sont beaucoup

d’heures

à se casser les

coudes, à se

brûler le dos,

et à se briser

la nuque. »

Les blessures existent-elles dans le

breakdance ?

Le break est assez rude. C’est beaucoup

d’heures passées à se casser les coudes,

à se brûler le dos, et à se briser la nuque.

(rires) Du coup, pour en revenir aux

Jeux olympiques, ce serait peut-être l’opportunité

que les danseurs bénéficient

du même soutien médical que d’autres

athlètes. Qu’ils puissent être suivis par

des kinés et des médecins du sport. C’est

ce que je souhaite à toute la communauté.

Car en danse, on abîme son corps et

on se blesse autant qu’un footballeur,

voire plus.

Un suivi médical adapté à votre

pratique n’est-il pas déjà une réalité ?

Non. Il serait légitime d’avoir des accès

facilités et plus rapides à un corps médical

spécialisé, ou à des examens, comme

une simple IRM. Si le breakdance est intégré

aux JO, espérons que ces portes-là

s’ouvrent aux danseurs. De mon côté, je

n’ai pas attendu que cela arrive, et je travaille

avec un kiné du sport, trois fois par

semaine, deux heures et demie à chaque

séance, pour être au meilleur de ma

forme pour mes échéances, comme

celle en Inde le 9 novembre prochain.

Qu’est-ce que le public local pourra

apprécier chez vous ce jour-là ?

Qu’est-ce qui caractérise votre danse ?

Mon côté technique. Et avec moi, il faut

savoir qu’absolument tout peut arriver...

le meilleur comme le pire ! (rires) C’est

le fameux instant dont nous parlions,

le côté subjectif de la chose. Mais c’est

surtout mon côté technique qui compte,

la petite subtilité que j’essaie d’apporter

à mes mouvements. Je pense que c’est

pour ça que je suis apprécié en tant

que danseur.

Red Bull BC One World Final 2019

à Mumbai, le 9 novembre, à suivre

en direct sur Red Bull TV.

THE RED BULLETIN 51


Sur le blanc des murs vierges,

grimper. Puis descendre par le

vert pour plonger dans le bleu.

Makatea, après tout ce temps,

reprend des couleurs.


SUR LA BONNE VOIE

Minée par le phosphate, sauvée par l’escalade. Voici

l’incroyable histoire de MAKATEA, île-falaise et l’un des seuls

atolls surélevés au monde. Ce trésor géologique situé au cœur

des Tuamotu (Polynésie Française), jadis promis à l’abandon,

renaît aujourd’hui de ses cendres grâce aux grimpeurs.

Texte PATRICIA OUDIT

Photo JÉRÉMY BERNARD

53


Quai de Temao, côte ouest. Les rares

cargos qui accostent restent à distance

des installations rouillées qui

servaient jadis à embarquer le phosphate.

Ci-dessous : une locomotive

rouillée, vestige de l’ère phosphatée.

Makatea ressemble

parfois

à un décor

de film postapocalyptique.


Campement, côte

est. Les grimpeurs

se répartissent les

tâches et le matériel

pour équiper les

voies d’escalade.

Un

matin de juin, dans la lumière marbrée de l’aube, ils autour

ont débarqué par centaines. Le cargo en provenance

de Papeete (Tahiti) les a déchargés par barges entières,

après huit heures de mer agitée, port de Temao, gilets

de sauvetage sur le dos. Erwan Le Lann, bras croisés, torsenu,

un peu ému, se tient en retrait du comité d’accueil,

qui sous le regard du maire, distribue aux nouveaux

venus des colliers de fleurs fraîches. Maintenant qu’ils

sont à quai, avec en fond ces triangles de béton rouillés

qui accueillaient jadis les infrastructures d’acheminement

du phosphate, le fameux crocodile de fer, quelques

cordes acidulées dépassant des sacs à dos s’entrevoient.

Ils sont tous là, prêts à être les premiers à déflorer les

falaises et à fêter dignement l’événement Makatea Aventure

Verticale. En quelques minutes, l’île, cent cinq habitants

(dont douze enfants), vient de tripler sa population.

Sous nos yeux, Makatea est en train de renaître de

ses cendres. Ou plutôt de ses poussières de phosphate.

Iconoclaste haricot

Huit mois plus tôt, Erwan Le Lann, capitaine de

Maewan, un camp de base flottant pour aventuriers

du globe, était passé par cette île au passé hanté.

Il se rendait aux Marquises en compagnie de deux

highliners, Nathan Paulin et Antony Newton, qui

n’avaient rien trouvé de mieux que d’installer leurs

lignes entre ces cicatrices de béton plantées dans le Pacifique.

La photo prise au soleil couchant, remarquable,

avait intrigué. Logique. Tout l’endroit est intrigant.

Makatea, étrangeté géologique et l’un des seuls atolls

surélevés au monde, a émergé il y a plusieurs millions

d’années au milieu de l’archipel des Tuamotu, à 220 km

au nord-est de Tahiti. Et lorsqu’on y arrive par bateau

(obligatoirement, car il n’y a pas d’aéroport), sa singularité

écarquille les yeux, hypnotisés par cette falaise de

16 km de long et de 60 m de haut qui ceint l’île de calcaire

comme une forteresse imprenable. L’ocre beige de

la roche se dégradant en douceur vers le jaune du sable,

tranchant à son tour sur le bleu cobalt des tombants :

voilà hissées les couleurs de Makatea, splendeur de la

nature, 24 km² en forme d’iconoclaste haricot.

En voyant ce curieux spectacle du pont de son petit

voilier d’expédition de onze mètres, Erwan, guide de

haute montagne et grimpeur, n’a pu que céder à sa

THE RED BULLETIN 55


Sylvanna Nordman : dans son jardin où tout pousse à

profusion, elle fait de la permaculture grâce au phosphate,

formidable engrais. Pour elle, c’est l’une des voies

de développement durable à privilégier, avec l’escalade.

curiosité. Lui aussi a débarqué. Sur place, il croise

Maciek Buraczynski et son équipe d’Acropol, spécialisée

dans les travaux acrobatiques, en train d’équiper des

voies. Au même moment, il fait la connaissance d’Heitapu

Mai, le fils du maire et président de l’association

Makatea Escalade. « La dynamique autour de la grimpe

était enclenchée, explique-t-il. Et il y avait déjà ce projet

de reprise d’extraction minière par une société australienne,

alors on s’est dit que l’on pouvait peut-être

détourner l’attention sur une autre activité plus douce,

cette île ayant déjà bien souffert… » En quelques mois,

l’idée fait son chemin dans les esprits de chacun. Erwan

connaît du monde, des grimpeurs d’élite, du temps pas si

ancien où il organisait ses Roc Trip regroupant les meilleurs

d’entre eux pour développer des spots à haut

potentiel pour le compte de la marque Petzl. Déjà bien

pris par d’autres projets avec Maewan, il fait appel à

Nina Caprez, grimpeuse suisse de haut niveau qui ne sait

pas encore que la mission Makatea va lui prendre six

mois pour rassembler sponsors, grimpeurs et matériel.

Des ouvreurs sont appelés de toute l’Europe, d’autres

grimpeurs de haut niveau sont dépêchés sur zone, parmi

lesquels Jonathan Siegrist, mutant de la discipline qui

tape du 9b, mais aussi le photopographe (pour photographe

et topographe), Guillaume Vallot, dans la place

pour rédiger le guide d’escalade. Partout, à distance, les

solidarités s’organisent, le matériel est réuni : casques,

chaussons, baudriers par dizaines (qui resteront sur

place), et bien sûr, relais et spits pour équiper les voies…

Début juin 2019, un campement est monté entre les

cocotiers à Moumu, à l’est de l’île, autour de la maison

prêtée par un local, Francky Vairaaroa, dont le patio

et la cuisine extérieure se muent bien vite en lieu de vie

convivial à souhait. Les premiers jours sont difficiles :

une pluie de mousson s’abat sans discontinuer sur le

camp. Des norias de moustiques-tigres et de nonos se

repaissent de sang neuf, s’ensuivent des sessions grattage

dignes du loto national. La nuit, les kaveus, ces

crabes de cocotiers bleus, parfois gros comme le bras,

sont chassés et fournissent ce que les locaux ont baptisé

le foie gras polynésien. Jour après jour, l’équipement

des voies se fait sur quatre sites répartis à l’est et à

l’ouest de l’île, de l’aube jusqu’au coucher du soleil,

alors que de son côté, le team d’Acropol peaufine une

via ferrata et une impressionnante tyrolienne qui file,

très verticale, jusqu’à la plage. Et tandis qu’une autre

heure de gloire, verte et propre – car il s’agit d’inaugurer

là le premier site d’escalade naturel de Polynésie

française – se profile à Makatea, le passé, béni par certains

et maudit par d’autres, resurgit.

Une autre ère de désolation

Tous ici ont fait la visite des vestiges de l’île, ces locomotives

rouillées façon western, forge et meuleuse dévorées

à petit feu par la végétation, les rails en passe d’être avalés

par les chemins qui font ici office de routes. Tous ont

visionné les films à la gloire de la compagnie française

des phosphates de l’Océanie, qui a apporté le confort

moderne : restaurants, hôpital, cinéma, toutes sortes de

commerces et même un terrain de tennis. Mais Julien

Mai, le maire de Makatea depuis 1995, n’a pas digéré la

fin du film. « En quinze jours, on a demandé à tous ces

gens de bien vouloir partir. Ils étaient 3 600 habitants

au plus fort de l’extraction. On leur a dit : “Fini le phosphate,

place aux essais nucléaires.” Tout a été laissé en

plan, abandonné aux pilleurs. N’est restée qu’une poignée

d’irréductibles, trente personnes en mode survie,

revenues à leurs activités ancestrales, pêche, chasse,

coprah… Aujourd’hui ne restent que dix emplois administratifs

et une épicerie. Makatea est une histoire inachevée.

» En soixante ans, entre 1906 et 1966, la CFPO

a extrait onze millions de tonnes de phosphate. Une

extraction carnivore présentée comme la mère nourricière

d’une partie de la Polynésie pendant un demisiècle,

mais qui explique les résistances locales, comme

en témoignent les panneaux « Non à l’extraction du

phosphate », exposés devant les maisons des opposants.

Eux ne veulent pas entendre parler d’un projet de reprise

par l’industriel australien Colin Randall. Car il reste du

phosphate à Makatea, six millions de tonnes à prendre

à même la roche, rare et pur. Rien de mieux, ou de pire

pour attiser les convoitises et faire rejaillir les blessures.

Lors d’une réunion à la mairie, au centre de l’île, pour

organiser l’événement, les langues s’étaient déliées, de

ceux qui ne veulent plus qu’on touche à leur île, qui

rejettent en bloc cette idée de nouveau poumon minier,

porté par le maire, qui, pensant emploi, ne voit que de

la complémentarité entre activités industrielles et pratiques

vertes. Sylvanna Nordman Haoa, la présidente

de Fatu Fenua No, association de préservation et de

Récemment nommée

présidente

de l’association

Maewan, Marion

Courtois assure

depuis plusieurs

années les actions

sociales et environnementales

menées

par le voilier camp

de base Maewan

autour du globe.

« Je n’ai jamais vu

ça, la falaise est

tout autour, juste

au-dessus de la

plage, c’est pur… »

Charlotte Durif,

ex-championne du

monde d’escalade,

a vécu un rêve

éveillé à Makatea.

56 THE RED BULLETIN


Un joyau vient

d’être découvert

dans le monde

de l’escalade.

Marcos Costa, grimpeur

brésilien en action au

coucher du soleil dans une

des voies du secteur de

Temao, côté Ouest. Colonnettes

et gros bacs dans

un léger dévers au-dessus

de la mer. Le paradis.


L’avenir de

Makatea :

un gisement

outdoor plutôt

qu’une extraction

minière ?

Charlotte Durif s’éclate sur le lisse

du blanc de la falaise, dans le secteur

de Moumu Nord, « pas aussi dangereusement

abrasif que les zones noires »

comme le note le photopographe et

grimpeur Guillaume Vallot.

58


Dans la zone

sinistrée, le vert

reprend peu à

peu racine sur le

gris des puits…

Solenne Piret, double championne du monde

d'escalade handisport, s’est prêtée au jeu.

À l’horizontale, survolée par un drone, elle

feint de grimper entre les trous du pothole,

cicatrices de l’extraction minière. Entre passé

et futur, une belle transition…

60


Maciek Buraczynski, l’artisan des premières voies historiques

de Makatea en 2018. Venu pour une formation aux

travaux en hauteur sur l’île avec sa société Acropol, il n’a

pas résisté à son calcaire royal.

Julien Mai, maire de Makatea depuis 24 ans, devant

les vestiges des installations minières ensevelies par la

végétation. Pour lui, l’histoire du phosphate à Makatea

n’est pas terminée. Et la reprise de l’extraction serait

complémentaire des activités vertes.

protection de la tortue marine à Makatea, Elie Poroi et la

militante écologiste Dany Pittman estiment avoir payé le

prix fort dans leur chair et celle de leurs aînés. Sylvanna :

« On sait par expérience qu’un projet minier n’apporte

à terme que de la destruction. Or, il y a des alternatives

à l’extraction : Makatea peut devenir le grenier maraîcher

des atolls voisins, Rangiroa, Tikehau et Tiputa !

Nous avons tout ce qu’il faut ici pour faire de Makatea

un vrai lieu de développement durable, un circuit court

qui nourrirait sainement 3 000 personnes. Ici, la

moyenne d’âge est d’une trentaine d’années, ce sont

des jeunes sans emploi, que l’on pourrait former, ils

veulent juste un travail. Dans nos jardins, tout pousse

à profusion grâce au phosphate, formidable engrais :

tubercules, fruits, légumes, nous avons aussi l’arbre

à pain, le coprah, le crabe, le poisson, le gibier… On

pourrait imaginer créer un arboretum, une pépinière

pour faire renaître une flore qui n’existe plus, planter

des bambous dans la zone trouée pour produire des

matériaux de construction. Dans les puits moins profonds,

on peut apporter d’autres espèces ou les multiplier,

comme le kava. Il y a tant de possibilités… Cela

peut aller très vite, en un an, si l’on met en place un

transfert des marchandises par bateau. Il faut stopper

une autre ère de désolation qui a apporté du bonheur

à une élite et de la souffrance à tous les autres… »

Chaos lunaire

Pour témoigner de l’ère phosphate, qui a boosté

l’économie mais abîmé les hommes, Sylvanna nous

emmène au cimetière communal, mangé lui aussi,

comme un autre vestige, par la végétation. Il parle

d’une autre histoire, devenue taboue au fil des ans.

Régulièrement, la militante se rend sur la tombe de sa

petite sœur, décédée à six mois en 1965. « Cette annéelà,

un enfant par jour mourait. Déjà, en 1960, sur 130

bébés, 30 étaient décédés ! À l’époque, les autorités ont

mis ça sur le compte d’une épidémie de diarrhée… »

De cette série de décès suspects, jamais élucidés, d’autant

que les archives de la CFPO ont été brûlées par

les militaires, les soupçons se portent sur la poussière,

si volatile, du phosphate charrié dans des wagonnets

à ciel ouvert. « Certains jours, se souvient Sylvanna,

il y avait tellement de poussière qu’on devinait à peine

le village… » Elie Poroi, qui a aussi failli en mourir

enfant, évoque la tuberculose récurrente et ces cancers

tuant des jeunes gens en pleine forme. Et montre ces

statistiques consignées dans un ouvrage médical, qui

dénombrent des centaines de traumatismes crâniens,

de bras et de jambes cassés dont ont été victimes les

ouvriers lors de l’extraction.

Pour se rendre compte par soi-même du relief accidenté

du lieu, il faut aller au pot hole, le tiers de l’île

poinçonné en son sein. C’est là que les puits naturels

jadis gorgés de phosphate ont été intégralement vidés.

Le plus profond fait quarante mètres. Les images

d’époque visionnées chez le maire reviennent alors

en mémoire : celles d’hommes-termites allant et venant

sans cesse dans une sorte de fourmilière coloniale,

sur des passerelles branlantes. « C’était du travail de

bagnard : plus on transportait de brouettes, plus on

Nina Caprez, grimpeuse

suisse et star

internationale de la

grimpe, a dédié 6

mois de sa vie au

projet Makatea.

Bilan : une vingtaine

de grimpeurs du

monde entier et

l’équipement d’une

centaine de voies.

Heitapu Mai, président

de Makatea

Escalade, déroule

le potentiel outdoor

de l’île : « Randonnées

à pied et à

vélo, spéléologie

dans nos grottes

d’eau douce, via

ferrata, parcours

de vire au-dessus

des vagues, plongée

sous-marine

et snorkeling… »

62 THE RED BULLETIN


La forteresse de

calcaire sera le

premier site d’escalade

naturelle

en Polynésie.

Nina Caprez et son perforateur. Les trous

qu’elle perce dans la falaise pour y fixer des

spits ne laisseront que peu de cicatrices…

et feront grimper des générations de

Polynésiens, et autres passionnés de rocher.


Erwan Le Lann, guide de haute

montagne, skipper du voilier

d’expédition Maewan et coorganisateur

de l’événement,

en compagnie de la moitié des

enfants scolarisés à Makatea.


L’événement Makatea Aventure Verticale a duré trois jours, du 26 au 29 juin

2019, et permis aux petits comme aux grands de s’initier à l’escalade. Au menu

des festivités : tyrolienne, via ferrata, randonnée…

À 21 ans, Joseph

Grierson a tout

quitté pour ralier

l’aventure Maewan

en Tasmanie.

Un an plus tard,

l’Australien,

véritable couteau

suisse, est de

toutes les

expéditions.

L’Américain

Jonathan Siegrist

est l’un des meilleurs

grimpeurs

actuels avec plusieurs

9b à son

actif. Surmotivé,

il a rejoint Makatea

pour les trois jours

de l’événement.

avait d’argent, il fallait être fort ! », se souvient Francky

Vairaaroa, notre hôte, né en 1948, qui a creusé trois ans,

dès sa quinzième année. Le record de la compagnie

était de sept tonnes en une seule journée… Aujourd’hui,

ce désert de trous enchevêtrés et reliés entre eux par

de minces passerelles de roche abrasive, accrocheuse,

donne toujours le vertige. Vu de haut, cela donne un

chaos lunaire, des sortes de cratères : on redoute d’y

tomber, dans ces herus (trous en polynésien), ce mot

tabou qui ici continue de fâcher les gens. « On y faisait

du vélo avant, sans ces trous qui compliquent tout et qui

nous ont coupé l’accès à la forêt primaire ! », maugréent

les anciens. Désormais, il faut parfois prendre son élan

pour sauter d’un heru à l’autre. Avec ou sans phosphate,

le pot hole n’est pas sans risque…

Ouvrir les esprits par l’action

Cordes, poignées Jumar (autobloquantes) et autres

perforateurs : chargés comme au temps de l’extraction,

Nina Caprez et Aymeric Clouet, guide et alpiniste de

Chamonix, sont sur le chemin qui mène au secteur Areva.

Ici aussi, il va s’agir de faire des trous, mais cette fois, ce

sera pour y mettre des spits, poser des relais, de la

manière la plus éthique qui soit. « Il faut préserver cette

pépite… Au niveau escalade, le potentiel est infini, c’est

du délire, là on a équipé un pourcent !, détaille Aymeric.

Les murs sont purs, même trop, il y a des endroits où ça

ne passe pas tellement c’est lisse ! » Nina évoque la diversité

du profil du rocher : « Il y a de tout : dalles, verticales,

dévers, sans compter une énorme variété de

prises : colonnettes, trous, fissures, bacs… On a équipé

pour que tout le monde, quel que soit son niveau, se

fasse plaisir : du 4 sup accessible à tous au 8b+, réservé

aux experts. Pour moi, cette expérience va au-delà de ce

qu’on pouvait imaginer. D’autant que la rencontre avec

les habitants est très forte. On se sentait attendus, on n’a

pas le sentiment d’arriver comme des intrus… » D’après

Aymeric, les falaises de Makatea ne seraient peut-être

pas si vierges qu’il y paraît : « Il y avait des sangles vieilles

de dix ans dans des gros dévers, mais personne n’a jamais

aperçu de grimpeurs… » L’événement Makatea Aventure

Verticale entend bien remédier à cela. Ouvrir les esprits

par l’action. En cette fin juin, des ateliers d’escalade encadrés

sont organisés sur tous les secteurs qui offrent au

total une centaine de voies, une tyrolienne géante de

200 mètres dévale à la verticale sur le site Moumu Nord

où la cérémonie d’ouverture a lieu, avec démonstrations

de grimpeurs. La fameuse via ferrata du Canyon avec ses

dizaines de voies d’initiation est prise d’assaut, avec priorité

aux enfants : s’ils accrochent, ils seront la première

génération spontanée de grimpeurs polynésiens.

Olivier Testa, plongeur spéléo qui a mené de folles

explorations à travers le monde, venu pour topographier

les grottes de l’île, emmène les volontaires découvrir la

grotte d’eau douce de Hina, et son ludique parcours circulaire

dans une eau translucide. Au campement, qui

s’est notoirement étendu et bénéficie désormais de véritables

cuisiniers, Joseph Grierson, couteau suisse du

lieu, monte au cocotier pour y installer une moulinette

afin que les enfants puissent s’amuser avant d’interpréter

la pièce de théâtre qu’ils ont répétée avec Marion

Courtois, présidente de Maewan, et Gorka Oyarzun, de

l’association Waterfamily. L’histoire d’une goutte d’eau,

Flaggy, devenue la mascotte de bambins qui penseront

désormais, plus que jamais, à préserver leur île. Tout

un symbole dans cet endroit en pleine résilience.

L’isolement, un extraordinaire atout

Sylvanna, de passage sur l’événement, rayonne : « C’est

vrai, nous étions sceptiques au départ. Mais quand je

vois tout ce qui a été accompli, je pense que l’escalade,

liée à d’autres activités, peut donner un nouvel élan à

Makatea, sans la dénaturer ». Pour Erwan, l’isolement

de Makatea est un extraordinaire atout : « C’est comme

ça que l’île a été et sera préservée. Ça va permettre aux

habitants de s’adapter en fonction du nombre de personnes

qu’ils peuvent accueillir ». L’escalade donc,

comme un accélérateur d’une nouvelle ère.

En association avec les autres trésors de l’île, comme

ces fonds coralliens exceptionnels, qui après le récif précipitent

le plongeur dans des tombants de 40 mètres,

aquarium étourdissant, où se frôlent requins, tortues,

thons, dauphins… Ses bernard-l’hermite tous les deux

mètres sur des plages infinies, et tous ces coquillages

sublimes qu’on aurait envie de ramasser. Mais à ne pas

faire ! On lui a assez pris comme ça, à Makatea. Si elle

devient le garde-manger des atolls environnants, elle

donnera volontiers, généreuse par nature. Sylvanna

rêve encore un peu : « Quand je vois tout ce public sportif,

je me dis que nous pourrions organiser des randonnées

un peu engagées jusqu’à la forêt primaire totalement

préservée, et son palmier endémique, le tavevo ! »

Maciek, Heitapu et Erwan ont ouvert une nouvelle voie.

Où il s’agira de traiter comme il se doit ce corail lumineux,

celui que l’on voit luire du bateau, se coller à lui,

grimper sur ces milliers d’années de pureté retrouvée.

Makatea veut dire rocher blanc, après tout. Et ici,

chacun, à sa façon, un demi-siècle plus tard, entend

le faire resplendir à nouveau.

fanatic-climbing.com

THE RED BULLETIN 65


Danny le

brillant

En 2009, l’Écossais DANNY MACASKILL, alors âgé de 23 ans, sortait Inspired Bicycles.

Cette vidéo de cinq minutes contient « probablement la meilleure compilation de rides

de street trial (une discipline du VTT consistant à manœuvrer son vélo à travers des

obstacles sans que les pieds du rider ne touchent terre, ndlr) qu’on ait jamais vue ».

Ce clip aux 39 millions de vues a fait de MacAskill une superstar mondiale. Il revient

ici sur les moments les plus marquants des dix années qui ont suivi sa sortie…

Entretien STU KENNY

DAVE SOWERBY, PA, FRED MURRAY/RED BULL CONTENT POOL

66 THE RED BULLETIN


Imaginate (2013)

Pour cette vidéo, je voulais recréer l’univers de ma

chambre d’enfant et rider sur des jouets géants.

On avait dégoté une F1 à 4,5 millions d’euros, et un

véritable char d’assaut. Le looping était digne de

Hot Wheels ! Je n’en avais jamais tenté jusque-là car

ils font perdre le sens de l’orientation ; à chaque fois

que quelqu’un en essaie un, ça finit mal. Et comme

j’avais été opéré du dos un an plus tôt, je n’étais plus

au niveau. Tous les matins, j’allais à l’entrepôt

pour faire huit flip step downs sur un numéro de la BD

The Dandy version géante et me préparer à affronter

le looping. Et j’ai fini par gagner mon pari.


« Réussir ce saut entre

deux toits fut tellement

gratifiant. »


Inspired Bicycles (2009)

On me voit (page de gauche) me

lancer depuis le toit de Macdonald

Cycles à Édimbourg, où j’ai travaillé de

2006 à 2009. Chaque jour, c’est là

que je cassais la croûte, et je jaugeais

le gap séparant le magasin de vélos et

le copy shop. Quand on a commencé

à tourner Inspired Bicycles avec Dave

Sowerby (le réalisateur, ndlr), je me

suis mis à la recherche de défis toujours

plus ambitieux, comme celui-ci.

Avant de le tenter, j’ai sauté la distance

équivalente sur le trottoir d’en

bas. Lors de ma première tentative, je

suis parti trop vite et suis tombé sur le

dos en atterrissant sur le toit. C’était

tellement gratifiant quand j’ai réussi ;

c’est l’un des temps forts du film.

Dave est un mec bourré de talent, je

sentais donc que ce film allait m’offrir

une belle opportunité. On a tout

donné : mes rides étaient inédits et la

manière dont il les a filmés et montés

sur la musique de Band of Horses,

The Funeral, est sublime… Et puis cet

arbre dans le parc du Meadows à Édimbourg

est très réputé chez les BMXers ;

je rêvais de m’en servir pour plaquer

un flair dans une vidéo. Sur cette

photo, je fais un tap, un trick assez

facile. J’avais l’habitude de le faire en

rentrant chez moi, dans l’obscurité.

69


Way Back Home (2010)

J’ai signé avec Red Bull fin 2009. L’idée de ce film

m’est venue dès nos premières réunions. Je suis originaire

de l’île de Skye, en Écosse. J’adore explorer ma

région natale pour dénicher des sites bétonnés. Dans

cette prise de vue (ci-dessus), je manœuvre sur les

fondations d’une voie ferrée sur l’île de Raasay. Je me

souviens avoir été un peu déçu par Way Back Home au

final car j’avais des ambitions ridiculement élevées

après mes exploits dans Inspired Bicycles ; j’envisageais

même de faire un saut de 43 m dans la mer depuis le

pont de Skye. Avec Dave, on a travaillé très dur pour filmer

nos idées les plus folles, on a parcouru 29 000 km

en six mois pour se rendre sur les spots au moment où

le soleil avait la bonne luminosité. Avec le recul, je me

sens très satisfait du résultat. Cette photo (ci-dessous)

résume parfaitement cette époque, avec notre brouette

et nos dîners au micro-ondes.

La flamme olympique (2012)

Ce fut une année difficile. On m’a opéré du dos au niveau

d’un disque que je m’étais déchiré en 2009. C’est pourtant

ce pépin physique m’a permis de participer au relais de la

flamme olympique. J’avais l’intention de préparer un

grand show à vélo avec Danny Boyle lors de la cérémonie

d’ouverture, mais le projet est tombé à l’eau à cause de

mes problèmes de santé. Cela dit, c’était cool de pouvoir

sortir du Kelvingrove Art Gallery & Museum en brandissant

cette flamme. On était trois à se relayer, avec l’acteur

James McAvoy et la championne de curling Rhona Martin.

Avant le grand jour, je m’étais entraîné avec une pompe à

vélo en guise de torche pour essayer de placer des tricks.

Finalement, je me suis contenté de quelques manuals.

STU THOMSON & CHRIS PRESCOTT/CUT MEDIA, DAVE MACKISON/GOPRO

70 THE RED BULLETIN


Epecuén (2014)

Ce film s’inspire d’une histoire triste. La ville d’Epecuén,

en Argentine, située au bord d’un lac, a traversé

une longue période de sécheresse au cours des

années 70. Comme l’économie de la ville dépendait du

tourisme autour du lac, un canal fut construit pour le

relier à d’autres lacs plus en altitude. Des années plus

tard, quand la pluie est revenue, la ville fut inondée.

Je voulais raconter l’histoire de ce lieu et de ses habitants.

Les murs des bâtiments, tous recouverts d’une

couche de sel, rendaient le paysage uniforme. On

ignorait si les structures allaient tenir ou pas, et il

arrivait que des blocs de béton se scindent en deux.

C’est l’un des films les plus risqués que j’ai faits.

« Epecuén est

l’un des films

les plus risqués

que j’ai faits. »


The Ridge (2014)

Mon pote Stu Thomson et moi-même avons

décidé de réaliser un petit film de VTT dans

les montagnes Cuillin, sur l’île de Skye. Je ne

connaissais pas bien l’endroit, si difficile d’accès

qu’il faut y aller avec un guide. Le premier

jour, on a enchaîné 23 heures de tournage.

Mises à part les millions de calories brûlées,

ce film fut l’un des plus faciles à tourner de

ma vie. Pour les rides de trial technique, j’étais

largement dans ma zone de confort. Ce projet

se résume à un gros kiff : j’ai fait de la rame,

j’ai côtoyé des phoques, et j’ai placé quelques

tricks techniques comme le front flip audessus

d’un grillage. Le succès rencontré

par The Ridge m’a aussi surpris que celui

d’Inspired Bicycles ; il a récolté 20 millions de

vues en un mois, alors que je passe la moitié

du film à me taper une traversée à la rame !

« Je sentais

que j’allais

vraiment

frôler les

rochers d’un

cheveu. »

Cascadia (2015)

Je plaque ici un front flip depuis un échafaudage qu’on a construit à El Roque, sur l’île de Grande Canarie. Ça faisait longtemps

que je voulais faire une vidéo sur des rooftops. On a frappé à toutes les portes de Las Palmas et d’El Roque pour

demander aux gens si on pouvait jeter un œil à leur toit. Ils étaient tous partants. Pour cette scène finale, j’étais excessivement

confiant. Comparée aux risques que je prends sur le béton, l’eau ne me fait pas peur. Et il ne s’agissait que d’un

saut de 18 m, même si ça finissait en plat, ça n’allait pas me tuer. Ce n’est qu’au moment de me lancer que j’ai réalisé que

la prise d’élan n’était pas longue et que sous l’eau, les rochers avançaient dans la mer. Je sentais que j’allais les frôler d’un

cheveu. C’était un coup de flip monstrueux, mais j’ai envoyé du lourd, et c’était sans doute l’un de mes moments de gloire

les plus kiffants que j’aie jamais vécus. Au moment de décoller de la plateforme, j’ai ressenti un profond soulagement.

ADIDAS OUTDOOR/DAVE MACKISON ADIDAS,FRED MURRAY/RED BULL CONTENT POOL

72 THE RED BULLETIN


Wee Day Out (2016)

Le film The Ridge m’a ouvert de

nouveaux horizons en matière

de VTT, mais cette fois, plutôt

que de me concentrer sur le

décor, mon ambition était d’élever

la difficulté technique.

L’avantage avec un VTT, c’est

que les gens s’imaginent qu’on

peut faire nettement moins de

choses qu’avec un vélo de trial.

Mon intention était de me servir

de mes skills de trial pour les

transposer au VTT, comme

l’avait déjà fait l’un de mes

modèles, Chris Akrigg. Quand je

travaillais chez Bothy Bikes, il y

avait un train à vapeur qui passait

tous les jours à côté de chez

moi. J’ai mis au point un trick

(ci-dessous) qui consistait à me

lancer du quai de la gare pour

atterrir sur les rails. Les chances

que cela fonctionne étaient très

minces, mais après une heure et

demie et environ cent tentatives,

j’ai réussi à le poser. Le premier

jour, j’ai aussi tenté plus de 150

fois de poser un grind sur un

tronc (photo de droite), sans

jamais réussir à m’en approcher.

Il a fallu continuer trois jours.

Mon pote a fini par avoir l’idée

d’enduire le tronc de Vaseline,

parce qu’il commençait à devenir

trop adhérant. Et puis mes

pédales, mes chaussures, mes

grips, mes gants… tout y est

passé. On y est retourné le quatrième

jour et au dernier rayon

de soleil du dernier jour de tournage,

j’ai réussi à poser le trick…

quatre fois d’affilée ! Sauter sur

une botte de foin en train de

dévaler un champ est une autre

chouette idée que j’ai eue – mais

encore une qui a mis quatre

jours à se concrétiser. L’idée

était que la botte soit suffisamment

lourde pour qu’elle continue

à rouler pendant que

je ridais dessus. J’ai eu besoin

de 400 tentatives sur ce couplà

avant de réussir. Deux de mes

amis devaient pousser la botte

de foin de 450 kg de manière

à la faire rouler avant que je

saute dessus, puis trois autres

potes – à qui je dois beaucoup –

étaient chargés de l’intercepter

à mi-chemin alors que je dévalais

la colline. C’était de la folie pure.

« Le premier jour, j’ai tenté plus

de 150 fois de poser un grind

sur un tronc, sans y parvenir. »

FRED MURRAY/RED BULL CONTENT POOL


Kilimanjaro: Mountain of Greatness (2018)

Hans Rey est presque un mentor

pour moi, il est allé partout et a

tout fait en VTT. Alors quand il

m’a invité à l’accompagner gravir

le Kilimandjaro et le mont Kenya,

je n’ai pas hésité. J’avais fait

beaucoup de vélo cet été-là, je

n’étais pas vraiment en forme.

Mais je m’apprêtais à gravir le

Kilimandjaro avec un gars de

51 ans qui entretenait une passion

pour le whisky et la bière.

Physiquement, je pensais que

ça le ferait. En réalité, ce voyage

fut un enfer. On a bouclé l’ascension

du mont Kenya très vite. Je

venais du niveau de la mer et il

s’agissait de ma toute première

expérience en altitude. Résultat :

j’ai eu le mal des montagnes et

ai dû être héliporté. Le lendemain,

on a traversé la Tanzanie

jusqu’au pied du Kilimandjaro,

et le jour suivant, on entamait

l’ascension. Mon corps s’est

beaucoup mieux porté sur ce

sommet-là. L’ascension finale

avec le vélo sur le dos est l’une

des pires choses que j’aie jamais

faites. Personne ne trimballe un

tel poids à cette altitude. Mais il

y a une certaine beauté à hisser

son vélo tout en haut des cimes,

pour dévaler les 5 000 m de la

montagne jusqu’au camp de

base. C’est un autre type de fun.

« Je réalise ici

un 180° entre

les rambardes

du Pont vers

nulle part. »

Seaside Trials (2019)

J’ai réalisé ce film pour adidas. Les délais de tournage étant très

serrés, je me suis rendu au Pont vers nulle part que j’avais repéré lors

du tournage de Way Back Home, près de Dunbar, en Écosse.

Il enjambe une rivière et mène vers une plage (à marée haute, l’accès

au pont est coupé des deux côtés, ndlr). J’ai rejoint le pont pieds nus

dans l’eau, vélo sur le dos, dans le but de shooter quelques prises de

vue sympa. On a filmé entre le port de Dunbar et Glencoe afin d’insister

sur le contraste entre les scènes de VTT et de trial. Il s’agissait de

rides très faciles, malgré les vents forts, mais ça nous a permis de

réaliser une vidéo à la fois cool et originale. Ma manière de procéder

n’a pas beaucoup changé ces dix dernières années. Le repérage

représente une partie essentielle sur un tournage, il s’agit de ne pas

perdre de temps avec des spots qui n’en valent pas la peine. Je persévère

et je poursuis toujours la même ambition : inventer sans cesse

des tricks que personne n’a encore jamais réalisés. On prend vraiment

beaucoup de plaisir à les réaliser comme on se l’imagine. Les

dix dernières années ont été extra, et j’ai noté suffisamment d’idées

dans mes carnets pour tenir encore un demi-siècle.

MARTIN BISSIG, ADIDAS OUTDOOR, DAVE MACKISON

74 THE RED BULLETIN


THE RED BULLETIN 75


LEAGUE OF LEGENDS :

5 raisons de vivre

les Mondiaux à Paris

Le Championnat du monde de League of

Legends est le tournoi esportif le plus suivi

dans le monde chaque année. En 2019, le jeu

qui a révolutionné le sport électronique fête

ses dix ans et pour la première fois, la finale

se déroulera à Paris. Avec une audience aussi

forte que celle du Super Bowl, voici pourquoi

elle est l’événement gaming à ne pas manquer.

Texte EVA MARTINELLO

Photos RIOT GAMES

76 THE RED BULLETIN


Des fans du joueur Uzi, au

Mid- season Invitational à

Paris (ci-contre). Les

Coréens d’Invictus Gaming,

actuels patrons mondiaux

(ci-dessous). Romain

Bigeard, « figure » de la foule

française sur LoL (en bas).

Un sommet d’esport

League of Legends, ou LoL, est un jeu en

arène gratuit (un MOBA) qui se joue en

équipes de cinq. Le but est de détruire la

base adverse, le Nexus, à l’aide de plus

d’une centaine de personnages au choix,

parmi lesquels des mages, des tanks ou

des assassins, que le joueur peut optimiser

en achetant des items qui renforceront

ses caractéristiques. Pour acheter des

items, il faut éliminer des sbires tout au

long de la partie, et des monstres dans

une jungle. Dans ce classique de l’esport,

chaque joueur a un rôle précis et il faut

faire preuve d’esprit d’équipe, de stratégie

et de bons réflexes pour surpasser

l’équipe ennemie. En dix ans, ce jeu a

beaucoup évolué ; pionnier de l’esport

sur LoL, le Français Fabien « Chips » Culié

en sait quelque chose. Commentateur

esportif sur le jeu depuis 2011, il a vu la

communauté se développer. « Par le biais

de l’esport, je dirais que c’est en 2013 que

le jeu a vraiment explosé. J’ai eu l’impression

que les vues avaient beaucoup augmenté,

que le jeu avait pris une ampleur

énorme. »

THE RED BULLETIN 77


À sa sortie en 2009, League of Legends

passe pourtant inaperçu : le MOBA n’est

pas encore à la mode, les critiques

émettent des réserves. Mais il finit par

trouver son public. Le bouche à oreilles fait

son effet et, en 2011, le géant chinois du

jeu vidéo Tencent rachète l’éditeur du jeu,

Riot Games, pour 400 millions de dollars.

En 2016, il devient le jeu le plus actif

au monde en rassemblant 100 millions de

joueurs. Le club du PSG s’y intéresse et

monte une équipe le temps d’une saison.

Il s’impose aussi comme l’esport le plus

regardé au monde, alors que le domaine

est en pleine explosion. Aujourd’hui,

League of Legends est encore le jeu esport

numéro 1, et son plus grand tournoi de

l’année (notamment sponsorisé par Mastercard)

sera le Championnat du monde,

du 2 octobre au 10 novembre. Il sera

organisé en trois phases : le Play-In

(du 2 au 8 octobre, à Berlin), la phase de

groupes (du 12 au 20 octobre, à Berlin)

et les playoffs, dont les quarts et demies

se tiendront à Madrid, et la finale à

l’Accor Hotels Arena de Paris.

Le match le plus attendu

Le Mondial de League of Legends, le World

Championship ou Worlds, est le tournoi

de l’excellence. Pour un joueur professionnel,

y participer est une consécration,

et le remporter signifie entrer dans l’histoire

de League of Legends. « C’est l’achèvement

de neuf mois de compétition pour

treize régions dans le monde, par un mois

complet de phases finales », explique

Romain Bigeard, Business Development

Manager chez Riot Games. LoL est le circuit

esportif le plus structuré au monde,

ce qui fait que chaque région a droit à des

événements physiques. Les matches de

ligue se jouent, pour les régions les plus

importantes, en physique et non pas en

ligne. Mais il n’y a pas toujours un public.

Une saison compétitive est un marathon

pour les joueurs professionnels, et

les mondiaux en sont le sprint final. Souvent

accompagnés d’un nutritionniste,

leur alimentation et leur hygiène de vie

doivent être irréprochables pour maximiser

leurs performances : au plus haut

niveau, les détails peuvent faire la différence.

Avant d’atteindre ce plus haut

Une finale mondiale de

League of Legends,

c’est aussi du spectacle,

du genre pop

(ci-contre). Le site de

la finale 2018 à

Incheon, en Corée du

Sud (ci-dessus). Les

Invictus Gaming (à

droite) y furent sacrés

champion du monde

– La larme à l’œil…

niveau, un joueur lambda doit monter les

rangs internes du jeu : intégrer une

équipe, participer à des tournois locaux,

entrer dans une ligue locale ou directement

dans une ligue régionale, atteindre

le haut du classement, participer aux

playoffs en fin de saison, participer aux

Worlds… et qui sait, peut-être, atteindre

la grande finale.

Ce jour-là, tout sera possible, il est

difficile d’anticiper l’intensité de l’affrontement.

« Il y a un revers de la médaille

à commenter une finale mondiale sur

place, nous dit Chips, qui commentera

en direct de l’AccorHotels Arena. Les

quarts et demi-finales sont des matches

très disputés, mais ce n’est pas toujours

le cas en grande finale. J’aimerais que

la finale de cette année soit comparable

à celle de 2016 entre les équipes

coréennes Samsung Galaxy et SK Telecom

1 au Staples Center de Los Angeles (la

maison des Lakers, ndlr) : le niveau de jeu

était incroyable, mais surtout, jusqu’à la

fin, on ne savait pas qui allait gagner. La

finale mondiale est censée être le match

le plus attendu de l’année, donc si en plus

du symbole, on peut avoir du spectacle et

du suspense… ça fera la différence ! »

78 THE RED BULLETIN


Un premier titre mondial pour

l’Europe depuis 2011 ?

L’année dernière, l’une des trois équipes

européennes, Fnatic, est arrivée jusqu’en

grande finale des mondiaux. L’Europe

n’avait pas été représentée à ce niveau

depuis 2011. Fnatic a perdu le match 0-3

contre l’équipe chinoise Invictus Gaming,

mais cette deuxième place a ravivé les

espoirs d’une Europe victorieuse. « L’année

dernière, les attentes pour l’Europe

100 millions

de personnes

ont suivi la

finale en 2018.

ont été surpassées, explique Chips. Fnatic

a fait un beau mondial, aussi grâce à son

tirage, mais on n’attendait pas non plus

G2 Esports à ce niveau. » L’autre équipe

européenne a sorti les favoris du mondial,

l’équipe chinoise RNG (Royal Never Give

Up), mais s’est arrêtée en demi-finale.

Cette année aux Mondiaux, les espoirs

de l’Europe seront portés par cette

équipe, G2 Esports. Avec ses nouveaux

joueurs, elle a remporté le tournoi international

du Mid-Season Invitational en

mai dernier et possède le titre de double

championne d’Europe. Avec une victoire

en avril et une seconde plus récente,

début septembre, la domination est

totale. « Les commentateurs anglais disent

des G2 que ce sont des “artistes”. Moi, je

les appelle des magiciens. Tu as l’impression

que rien ne leur fait peur. G2, ce sont

cinq individualités excellentissimes qui

forment une équipe avec une bonne

entente. Ils sont exceptionnels. » Mais la

concurrence sera rude : les champions du

monde en titre, Invictus Gaming, seront

de retour pour défendre leur titre. Une

autre équipe favorite se nomme SK Telecom

T1, des Sud-Coréens au palmarès

inégalé de trois titres mondiaux et quatre

participations au total. Après une absence

remarquée en 2018, ils reviennent plus

forts que jamais cette saison. SKT T1

contre G2 serait une affiche de finale

historique.

La production sera grandiose

La qualité de production de la finale mondiale

de League of Legends est reconnue

dans le monde entier. Chaque année,

Riot Games met tout en œuvre pour que

la cérémonie d’ouverture soit époustouflante.

Pour la finale mondiale de 2017

à Pékin, un dragon issu du jeu est apparu

dans le stade en réalité augmentée et s’est

envolé au-dessus de la foule. Riot Games

a reçu un Sports Emmy Award pour cette

performance. En 2018 en Corée du Sud,

le clip Pop/Stars de style K-Pop mettant

en scène les personnages du jeu a été créé

spécialement pour la finale mondiale.

Il est devenu un hit national et la vidéo

comptabilise plus de 250 millions de vues

sur YouTube. Pour la finale mondiale de

2019 qui se déroulera à Paris, les possibilités

sont infinies. Une chanson sera créée

spécialement pour le tournoi, que les

artistes chanteront en live sur la scène

de l’Accor Hotels Arena. Elle aura pour

thème : l’Europe. Riot Games travaille

aussi de concert avec la web TV O’Gaming

qui commentera le match en français.

En 2018, le tournoi a été retransmis

dans 17 langues différentes, principalement

sur Twitch, mais aussi d’autres

plateformes de diffusion en ligne comme

YouTube, Douyu et Huya en Chine. Les

mondiaux sont aussi passés à la télévison

aux USA, via ESPN+ (en mode payant).

La finale a été suivie à distance par 100

millions de spectateurs uniques (principalement

connectés en Chine). La même

année, le fameux Super Bowl de football

américain comptabilisait 103 millions de

spectateurs...

Une grande finale parisienne

C’est la première fois dans l’histoire

de League of Legends que la finale du

World Championship se déroule à Paris.

Le temps d’une journée, le 10 novembre

prochain, l’Accor Hotels Arena, salle

mythique de plus de 20 000 places,

deviendra capitale de l’esport pour un

affrontement pouvant durer entre une

heure et demie et trois heures. En 2017,

la finale de la ligue européenne de League

of Legends s’y est déroulée, mais jamais

elle n’avait accueilli d’événement esport

de cette ampleur.

Roch François, délégué général de l’association

France Esports, nous parle de la

portée de l’événement pour la France :

« Ce sera une opportunité magnifique de

montrer le savoir-faire français et notre

capacité d’accueil, l’engouement inégalable

du public français et la qualité de

l’une de nos plus belles infrastructures. »

Ce dernier a joué les intermédiaires entre

Riot Games, la Ville de Paris et l’Accor-

Hotels Arena pour que la finale s’y

déroule. Romain Bigeard, qui a chauffé

la foule dans la dernière compétition de

LoL à l’AccorHotels Arena, en attend aussi

beaucoup : « Pour la finale, on va mettre

les petits plats dans les grands, et je serai

sur scène pour chauffer la foule avant le

show ! » Sur place ou connecté, ne loupez

pas la cérémonie d’ouverture de la finale,

elle dure un quart d’heure environ et

lance le match : il s’agit là du plus grand

moment de l’année sur la planète esport.

À ne pas rater !

THE RED BULLETIN 79


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guide

au programme

ÉCRAN LARGE

Pour s’envoyer le Red

Bull Rampage ou suivre

une bataille mondiale

de break, c’est par ici.

PAGE 87

POIGNET D’AMOUR

Dans l’eau, sur terre ou

dans le futur, on peut

vous aider à trouver la

montre qu’il vous faut.

PAGE 88

GRATTE-CIEL

Sur cette photo, vous

verrez un hélicoptère à

la verticale au-dessus

de Manhattan. Oui, oui.

PAGE 98

EXPLORE HIMALAYA TRAVEL & ADVENTURE

CHUTE RARE

La chute libre n’est plus

réservée qu’aux fondus de

l’extrême en mode Johnny

Utah. La chute libre

au-dessus de l’Everest,

c’est autre chose. PAGE 82

THE RED BULLETIN 81


G U I D E

Faire.

Hop ! Le saut de l’hélico marque le point culminant de l’aventure Everest Skydive.

PARACHUTISME SUR L’EVEREST

VOL AU-DESSUS DU

TOIT DU MONDE

Pour le parachutiste et recordman Tom Noonan, sauter

au-dessus de la plus haute montagne au monde constitue

une tout autre expérience de la chute libre. Il raconte.

Àpeine sorti de l’hélicoptère

à 7 000 m d’altitude, je me

précipite vers le sol à la vitesse

de 210 km/h. La chute libre

produit une fréquence similaire

au souffle d’un sèche-cheveux. Le

casque en atténue le niveau sonore

et protège des risques physiques

potentiels. La chute ne

dure que 45 secondes, mais être

entouré des plus hauts sommets

de la planète rend ce saut unique.

Ce point de référence n’a pas

son pareil dans le monde ; pendant

la chute libre, je me sentais

aspiré par le relief himalayen.

Pro : l’instructeur Tom Noonan a pratiqué dans plus de 40 pays.

82 THE RED BULLETIN


voyage

CONSEILS DE VOYAGE

LE NÉPAL AU NATUREL

Le Népal est le paradis du trekking

et de la randonnée, mais le toit du monde

a bien plus à offrir, comme son miel

hallucinogène ou le dieu des dents.

L’hélicoptère achemine les parachutistes à 7000 m d’altitude.

Népal

Katmandou

Everest

Lukla

La température moyenne de jour pendant l’Everest

Skydive en novembre avoisine les 15 °C. Les précipitations

sont faibles, le meilleur mois pour s’y rendre.

EXPLORE HIMALAYA TRAVEL & ADVENTURE

Niché à 3 440 m d’altitude, le village de Namche Bazaar est le paradis du randonneur.

Puis j’ouvre le parachute et la

vitesse retombe à environ 25

km/h. Pendant les six minutes qui

suivent, la descente se poursuit à

hauteur du mont Everest distant

de quelques petits kilomètres.

Cette descente calme face à l’une

des plus impressionnantes manifestations

de la force de la nature

inspire humilité et marque à vie.

Vivre cette expérience que peu

d’humains ont vécue procure une

sensation indescriptible. Ce qui

n’empêche pas d’être heureux

d’atterrir sain et sauf sur la piste

de Syangboche à 3 780 m d’altitude

et de retrouver une température

plus clémente. En tant qu’instructeur

de saut en tandem, j’ai

effectué près de 8 000 sauts dans

« Pendant la chute

libre, je me sentais

aspiré par le relief

himalayen. »

une quarantaine de pays sur sept

continents. J’ai sauté au-dessus

d’un gouffre à Belize, sur la

calotte glaciaire des deux pôles et

sur les pyramides de Gizeh. Les

spots reculés ça me connaît.

Mais quand il s’agit de préparer

l’expédition annuelle sur l’Everest,

je me laisse tout simplement

guider par ma passion. Depuis le

début de l’aventure en 2008, je

OBSERVER

L’Himalaya abrite plusieurs espèces d’animaux, nous dit

Tom Noonan, certaines plus discrètes que d’autres…

LE YÉTI

« Certains croient toujours à la présence du yéti, mais nul ne

l’a vu récemment. L’un des temples possède des os de yéti. »

LE LÉOPARD DES NEIGES

« Les léopards des neiges sont difficiles à observer.

Mais j’espère ne jamais en croiser un la nuit. »

LE YAK

« Massifs, beaux et dociles, les yaks transportent

tout ce que l’homme ne peut porter. »

S’IMPRÉGNER

L’embarras du choix à Katmandou

LA DIVINITÉ DU MAL DE DENTS

Dans le quartier des dentistes se trouve un bout de Bangemudha,

un arbre-divinité couvert de pièces de monnaie,

offrandes pour Vaishya Dev, protectrice des rages de dent.

DU MIEL HALLUCINOGÈNE

Provenant de la vallée de Katmandou, cet or liquide enrichi

au rhododendron est appelé ici le « miel fou » en raison de ses

propriétés hallucinogènes. Utilisé aussi contre le stress,

on lui prête des vertus semblables à celles du Viagra.

FROMAGE AU LAIT DE YAK

Ce fromage dispo sur les marchés fermiers est très raffiné,

doux et crémeux avec de riches notes d’herbes.

THE RED BULLETIN 83


G U I D E

Faire.

voyage

LE SAUT

LIBRE COMME

UNE CHUTE

La bande sonore du saut en parachute

et les consignes que chacun doit assimiler

pour une chute en toute sécurité.

SIGNAUX

Se parler est impossible pendant la chute libre, aussi

votre instructeur communiquera à l’aide de signaux

manuels. Le premier est le plus important.

Sous contrôle : la piste de Syangboche sert de drop zone pour l’Everest Skydive.

PULL

Ouvrir tout de suite le

parachute.

ARCH

Cambrer davantage

le bassin.

CHECK ARMS

Resserrer les épaules

en forme de W.

CIRCLE OF AWARENESS

Observer votre direction :

lire l’altimètre.

ÉCOUTER

La musique que Tom Noonan et ses coéquipiers

écoutent avant de sauter de l’hélico à 7000 m d’altitude.

1. JAMIROQUAI

« Une fois, nous écoutions Jamiroquai et la moitié

du groupe s’est mise à danser en ligne. Tout morceau

qui incite les gens à bouger apporte un plus. »

2. LES CHANTS TRADITIONNELS

« Les montagnes sont un lieu spirituel, plein d’énergie,

un bon cadre pour la musique népalaise locale

et les mantras bouddhistes. »

3. LE SILENCE

« Le monde occidental ne connaît jamais le silence

contrairement à l’Himalaya. La tranquillité et le calme

qui prévalent là-haut n’ont pour moi pas leur pareil.

Seul le vent reste audible. Magique. »

travaille d’arrache-pied pendant

11 mois de l’année sur la logistique

depuis mon bureau en

Floride. Ma récompense est de me

retrouver chaque année avec mes

amis au Népal et vivre un temps

dans l’Himalaya.

En mai ou en novembre, selon

la météo, mon équipe et moi

emmenons entre cinq et dix personnes

pour une aventure unique

de Katmandou à l’Himalaya. Nous

rejoignons Katmandou par avion,

visitons la ville quelques jours,

avant qu’un petit avion nous

dépose à Lukla, aux portes de

l’Everest. S’ensuivent trois jours

de marche à travers vallées et

montagnes, afin de nous acclimater

à l’altitude. Un saut sans acclimatation

augmenterait le risque

d’hypoxie, un genre d’état

d’ébriété dû au manque d’oxygène.

Les débutants consentent à

une dure semaine de préparation

au sol, après quoi les sauts sont

comme la cerise sur le gâteau.

J’ai réalisé plus de sauts que je

n’aurais pu imaginer. En 2009,

j’ai établi avec deux collègues le

record du monde de l’atterrissage

en parachute le plus élevé, à

5 240 m. La première rencontre

avec l’Everest vous marque à

jamais. Dans mon cas, cela est

arrivé au détour d’un salon de thé

au-dessus du Namche Bazaar. Une

vallée dégagée de dix kilomètres

s’étirait sous mes yeux avec au

fond l’Everest qui semblait me

toiser à son tour. Au Népal,

autochtones, fermiers et sherpas

tiennent les montagnes pour des

déesses protectrices. La région

baigne dans la spiritualité. J’appelle

l’énergie ambiante la Force

à l’instar de La Guerre des Étoiles,

car en elle résonne quelque chose

ayant une fréquence lointaine.

Avant chaque sortie, nous faisons

bénir tout notre matériel par

un prêtre-lama lors d’une cérémonie

appelée puja. Je suis devenu

parachutiste à plein temps en

2006, à l’âge de 32 ans. Auparavant,

je travaillais dans une

banque de placements à Boston.

Mais mon héros a toujours été

Indiana Jones avec sa vie partagée

entre des aventures dans des

contrées lointaines et son travail

routinier dans son pays. Comme

lui, j’ai un bureau où je retourne

et j’enseigne à des étudiants. Mais

ma gratitude va avant tout au

peuple népalais. Leur probité et

leur candeur m’ont incité à devenir

quelqu’un de meilleur.

everest-skydive.com ;

explorehimalaya.com

EXPLORE HIMALAYA TRAVEL & ADVENTURE PIERS MARTIN

84 THE RED BULLETIN


HORS DU COMMUN

Le prochain numéro le 28 novembre avec et le 5 décembre avec

dans une sélection de points de vente et en abonnement

LITTLE SHAO / RED BULL CONTENT POOL


G U I D E

Faire.

2

novembre

RED BULL NEPTUNE STEPS

Le 2 novembre 2019, le Red Bull Neptune Steps aura lieu pour la première

fois en France, plus précisément à Hédé-Bazouges en Bretagne. Un concept

inédit pour un événement sportif hors normes : une épreuve de nage en

eau libre sur 670 mètres à contre-courant qui intègre une série de cinq

obstacles dont trois écluses. Le tout dans une eau très froide, aux alentours

de 10 °C, ce qui rend la tâche d’autant plus exigeante. Ce format de course

séduira assurément les passionnés de défis extrêmes. Un rafraîchissement

également côté public.

Hédé-Bazouges ; redbull.com

novembre - janvier

13

Jusqu’au

décembre

Gotaga en tournée

Le gamer le plus populaire de France, Gotaga,

convie sa communauté sur 4 dates à travers la

France, où le premier streamer français invitera

ses fans à monter sur scène avec lui. Du 11

octobre au 13 décembre 2019, il se rendra à La

Rochelle, Marseille, Lille et Paris pour quatre

live shows d’exception, sur lesquels de nombreux

guests seront conviés. Pour décrocher

une place sur scène pour une session de jeu

aux côtés de Gotaga, ses fans devront tester,

en ligne, leurs connaissances sur leur idole. Et

pour maximiser ses chances de gagner un précieux

sésame, des canettes collector à l’effigie

de Gotaga permettront, grâce à un code caché

sous la languette, d’obtenir un indice supplémentaire

pour résoudre les énigmes. Dispo en

quantité limitée chez Monoprix.

En France ; redbull.com/gotaga

Qui affrontera

Gotaga ?

er et 2 novembre

Les afters

Pitchfork

Toujours frais, le Pitchfork Paris invite

les pépites de demain autour de

quelques noms plus confirmés avec

l’envie de garder son label de festival

prescripteur et défricheur. Pour les

plus fêtards, la nuit se prolonge au

Trabendo pour deux after parties

Red Bull Music réunissant lives électro

rares et DJ sets remuants, avec, entre

autres, les très pointus Skin & Skin,

Afrodeutsche, Park Hye et Mall Grab.

Paris, Le Trabendo ;

pitchforkmusicfestival.fr

22

et 23 novembre

La fin du

Supreme NTM ?

« Le monde de demain quoi qu’il

advienne nous appartient. » En

1 19

2019, trente ans après leurs débuts,

les NTM restent le duo le plus puissant

du rap français. Les old timers

qui les ont soutenus à leurs débuts

et la jeune audience curieuse ne

manqueront pas les deux derniers

concerts annoncés par des historiques

MCs de Saint-Denis. On peut

se demander pourquoi ces shows

n’ont pas lieu au Stade de France…

AccorHotels Arena ;

supreme-ntm.com

D’ici

au

janvier

Ça va saigner

Vampire, vous avez dit vampire ?

De Dracula à Buffy, dans le

monde du cinéma, de la photo

et de la littérature, le vampire

a toujours excité les artistes

comme le public. La Cinémathèque

de Paris vous propose

des films, rencontres et spectacles

autour de ce mythe aussi

effrayant que fascinant. Les

enfants aussi sont concernés,

avec notamment une journée

Halloween autour de Tim Burton

le 31 octobre. Mordant !

Paris ; cinematheque.fr

JEFF HOLMES/RED BULL CONTENT POOL, DAVID ELLIS

86 THE RED BULLETIN


Voir.

octobre / novembre

BARTEK WOLINSKI/RED BULL CONTENT POOL, SONSTAR/RED BULL CONTENT POOL, MIHAI STETCU/RED BULL CONTENT POOL

AVIS DE

TRÈS HAUT

NIVEAU !

Les meilleurs freeriders,

breakdancers et pilotes

d’enduro auront les yeux

scotchés sur des trophées

mythiques à gagner ce

mois-ci. Des performances

à voir lors d’événements

diffusés sur Red Bull TV.

REGARDEZ

RED BULL TV

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Red Bull TV est une chaîne de

télévision connectée : où que

vous soyez dans le monde,

vous pouvez avoir accès aux

programmes, en direct ou en

différé. Le plein de contenus

originaux, forts et créatifs.

Vivez l’expérience sur redbull.tv

25

Virgin accueillera le

Red Bull Rampage

pour la seconde fois.

octobre DIRECT

RED BULL

RAMPAGE

Vingt-et-un représentants de l’élite du VTT freeride se réuniront

à Virgin, Utah (USA) pour participer à la 14 e édition de la

compète sportive la plus chargée en adrénaline qui existe.

Les riders et leurs deux équipiers vont s’activer pour façonner

et perfectionner leurs lignes de descente qui conduiront

l’un d’entre eux vers la victoire.

9novembre DIRECT

FINALE MONDIALE DU

RED BULL BC ONE

Pour la première fois, Mumbai, en Inde, sera le décor

du plus gros événement mondial de breakdance. Les

meilleurs B-Boys et les meilleures B-Girls de la planète

viendront s’y disputer la couronne du Red Bull BC One.

2et 3 novembre DIRECT

GETZENRODEO

Les World Enduro Super Series arrivent à leur apogée

cette année avec le GetzenRodeo, une course incroyablement

populaire. L’an dernier, 12 000 spectateurs

ont fait le déplacement jusqu’à Drebach (Allemagne)

pour saluer la victoire de Mani Lettenbichler.

THE RED BULLETIN 87


Automne

2019

L’HEURE

ET LA

MANIÈRE

Mer

Des montres de

plongée élégantes

et résistantes

qui ne craignent

pas la pression.

Mido Ocean Star Diver 600

Mido frappe un grand coup avec

cette Ocean Star étanche jusqu’à

600 m, taillée pour explorer le grand

bleu. Mais elle se prête aussi aux

aventures plus quotidiennes. C’est

actuellement l’une des montres

haute-performance les plus abordables

du marché. Bâtie pour les

conditions extrêmes, la 600 embarque

un mouvement chronomètre

certifié COSC avec une autonomie

allant jusqu’à 80 heures, soit deux

fois plus qu’un calibre classique. Lancée

en 1944, l’Ocean Star s’inspire

du phare d’Europa Point à Gibraltar,

symbole de résilience, de force et de

la conquête des mers par l’Homme.

Texte

ALEXANDRA

ZAGALSKY

88 THE RED BULLETIN


G U I D E

Breitling SuperOcean 44

Variation sur le modèle mythique de 1957,

la nouvelle collection sport SuperOcean

rime avec performance subaquatique.

La plus belle pièce de la série est cette

version 44 mm acier-bleu, avec un bracelet

en caoutchouc Diver Pro II et avec un

mouvement phénoménal étanche jusqu’à

1 000 m de profondeur.

Tudor Black Bay P01

Entre montre de plongée classique et

montre de navigation, la Black Bay P01

revisite un prototype développé pour

l’US Navy dans les années 1960. L’originalité

du design réside dans son système

d’arrêt de la lunette tournante

bidirectionnelle via un couvre-anse

mobile à 12 heures.

Alpina Seastrong Diver 300

L’adjectif strong, ou costaud,

résume bien l’esprit de cette audacieuse

et impressionnante montre

de plongée de 44 mm : aiguilles

sabre imposantes, boîtier en acier

inoxydable en forme de coussin,

recouvert de titane (photo) ou de

bronze. Étanche jusqu’à 300 m.

Oris Divers Sixty-Five

Chronograph Bucherer Blue

La surface bombée et le bracelet en cuir

caramel cousu de bleu impriment un

charme vintage à ce chronographe haute

performance conçu exclusivement pour

Bucherer. Le jaune intense des aiguilles et

des index améliore la lisibilité en se détachant

clairement du cadran bleu profond.

Rolex Sea-Dweller Rolesor

Proposée pour la première fois en Roselor

jaune (or jaune 18 carats et acier), la Sea

Dweller est née en 1967 pour la plongée

en haute mer. Cette réactualisation tient

le choc par 1 220 m de fond, avis donc aux

éventuels propriétaires d’un submersible.

Le boîtier de 43 mm est plutôt imposant

pour une Rolex de plongée.

Longines Legend Diver

Son lancement en 1960 marque une

rupture avec les tendances des montres

de plongée de l’époque en effectuant un

retour à sobriété contrairement à ses

concurrentes pour lesquelles le design

est central. Le revêtement en PVD noir

donne à la montre encore aujourd’hui

un look futuriste.

THE RED BULLETIN 89


G U I D E

Terre

Des classiques

contemporains

pour des aventures

au quotidien.

Citizen Promaster Altichron

La chouchoute des skieurs. Très robuste,

la Promaster Altichron embarque une

boussole et un altimètre mesurant

jusqu’à 10 000 m. Le chronographe

résiste au froid extrême, aux grandes

profondeurs, jusqu’à 200 m. Son système

Eco-Drive alimente la montre en convertissant

toute lumière en énergie.

Daniel Wellington Cambridge

Avec son bracelet NATO et son boîtier de

40 mm extra-plat (6 mm), cette montre

Cambridge à quartz japonais de la collection

Classic, s’adapte parfaitement à vos

changements de dynamique, que vous

sortiez du bureau pour une activité sportive

stylée et vous autorise des sorties

mondaines en mode relax.

Pierre Lannier Cityline 202J104

La précision n’est pas la priorité de tous,

surtout en zone urbaine où les aléas tels

que les transports publics sont nombreux.

La Cityline (réf 202J104) est une

montre habillée classique affichant

l’heure avec chic, conçue spécialement

pour les minimalistes pour qui seul l’essentiel

compte.

G-Shock Mudmaster Carbon

Core Guard GG-B100-1A9ER

Avec son robuste boîtier en résine et carbone

la Mudmaster est hermétique à la

poussière et à la boue. Son look, qui à lui

seul démontre sa capacité à endurer tous

les mauvais traitements, intègre un quadruple

capteur (boussole, altimètre, thermomètre,

compteur de pas). Tout terrain !

IWC chronographe Top Gun

édition « Mojave Desert »

Sa collection est inspirée d’une fameuse

école américaine de pilotage de combat

et la céramique sable de cette montre

évoque le désert des Mojaves où se trouve

la base aéronavale de China Lake. Le mouvement

à remontage automatique offre

une réserve de marche de 46 heures.

90 THE RED BULLETIN


montres

TAG Heuer Monaco

V4 Édition limitée

(1999-2009)

Rendu célèbre par Steve McQueen

dans le film Le Mans en 1971, le

Monaco fête cette année ses cinquante

ans. L’occasion rêvée pour

l’horloger de lancer cinq versions

spéciales de ce garde-temps

quadrilatère novateur, chacune

symbolisant une décennie différente,

depuis 1969. Il s’agit ici de

l’hommage numéro quatre. Cette

belle itération noire aux accents

rouge et orange saisissants puise

son inspiration du début des années

2000. Son boîtier en acier

inoxydable et le bracelet en peau

de veau noire perforée évoquent

un volant de voiture rétro, les surpiqûres

blanches assorties aux bâtonnets

du cadran, un petit détail

qui séduira les geeks. Le fond du

boîtier arbore le logo de la Monaco

Heuer ainsi que des inscriptions

« 1999–2009 Special Edition » et

« One of 169 ». À l’intérieur, le célèbre

calibre 11 fait battre le cœur

de la TAG Heuer. Un mouvement à

remontage automatique réactualisé

animait déjà la première montre

Monaco de 1969.

THE RED BULLETIN 91


G U I D E

Nouveaux

horizons

Des garde-temps

à la pointe de la

technologie pour

les amateurs de

sensations fortes.

Favre-Leuba Raider

Bivouac 9000

L’altimètre de cette montre peut mesurer

des altitudes allant jusqu’à 9 000 m.

La favorite du vidéaste et photographe

James Austrums, un habitué des aventures

extrêmes que vous pouvez suivre

sur le compte Instagram @favreleuba.

Steel Omega Speedmaster

Moonwatch 50 e anniversaire

d’Apollo 11 Édition limitée

Marquant les cinquante ans des premiers

hommes sur la Lune, cette montre offre

moult détails comme le compteur en or

Moonshine 18 carats illustré d’une image

d’Aldrin descendant du module lunaire.

Suunto 9 Baro Titanium

Red Bull X-Alps Limited Edition

Le Red Bull X-Alps est un must : un trail

de 1 138 km combinant course à pied, rando,

alpinisme et parapente. Cette montre

GPS multisports testée dans des conditions

extrêmes et limitée à 1 138 exemplaires

propose 80 modes sportifs et

une gestion intelligente de la batterie.

Garmin MARQ Athlete

Grand sportif, la MARQ Athlete vous

concerne. Sa lunette inclut le rythme de

récupération et les échelles de VO2 max,

et côté fonctions, la dynamique de course,

la biométrie et le prédicteur de performance

sont faciles d’accès. Avec la fonctionnalité

ClimbPro, les fans de montagne

suivront leur ascension en temps réel.

Tissot T-Touch Expert Solar II

Cette Tissot est tactile, légère, facile

d’usage et alimentée à l’énergie solaire :

sept minutes sous l’astre du jour assurent

à la montre 24 heures d’autonomie.

Météo, boussole, altimètre, chronographe,

alarme et chronomètre figurent

parmi les fonctions disponibles d’un

garde-temps idéal pour les randonneurs.

92 THE RED BULLETIN


montres

Polar Vantage V Titan

Si vous êtes à la frontière du

professionnalisme sportif, vous

êtes forcément exigeant avec

votre équipement et attentif à

tout ce qui vous permet de mesurer

et d’affiner votre performance.

Légère, dotée d’une

batterie de très longue durée et

de nombreuses fonctions d’entraînement,

cette « championne

des datas » dispose d’un boîtier

en titane, d’où son appellation,

titanesque. La Polar Vantage V

Titan mesure votre fréquence

cardiaque au poignet grâce à

la technologie de fusion de capteurs

Precision Prime, et elle

intègre l’appli Polar Flow (elle

sympathisera volontiers avec

d’autres, comme Strava ou

TrainingPeaks). Des sportifs de

renom font appel à elle, comme

le patineur de vitesse américain

Joey Mantia, réputé pour « se

faire mal » dans l’effort. Que

vous soyez accro au dur, ou au

pur plaisir de vous dépasser,

cette montre cardio GPS multisport

et de triathlon s’impose

comme une belle proposition.

THE RED BULLETIN 93


montres

Hors de

ce monde

Designs

futuristes et

atouts techniques

pour garder un

temps d’avance.

Hamilton Ventura

La Ventura entretient un lien connu

avec la science-fiction à travers la

saga Men in Black où on la voit au

poignet des agents du MIB incarnés

par Will Smith, Tommy Lee Jones,

Josh Brolin et plus récemment par

Tessa Thompson. Cependant, la renommée

de la montre remonte au

milieu des années 1950 grâce

au designer industriel américain

Richard Arbib, lequel a eu carte

blanche pour créer un look futuriste

caractérisant l’optimisme et la prospérité

économique du pays. Inspiré

par les ailes de voitures chromées et

lustrées et d’une culture rock’n’roll

débridée, Arbib conçoit le boîtier

asymétrique de la Ventura, considéré

depuis comme iconique et cosmique.

En 1957, la Ventura affirme

son ancrage dans l’ère spatiale en

étant le premier garde-temps à pile

au monde. Fan de la première heure,

Elvis Presley portait sa Ventura

religieusement ; après l’avoir eue

au poignet dans film Blue Hawaii

en 1961, le King deviendra un

inconditionnel de la marque et

en possédera plusieurs modèles.

94 THE RED BULLETIN


G U I D E

Zenith Defy Classic en

céramique blanche

Zenith est réputée pour ses montres de

haute précision ultrasophistiquées à la

pointe de la technologie, et ce chronographe

lunaire est résolument futuriste.

Le cadran squelette abrite le mouvement

automatique Elite 670 SK, 3,88 mm

d’épaisseur. Un pur bijou.

Hublot Big Bang Unico

Black Magic 42 mm

En 2005, la Big Bang honorait la microingénierie

et les matériaux innovants,

cap maintenu par cette actualisation :

le boîtier et la lunette sont noir microbillé

en céramique et le mouvement à

remontage automatique avec chronographe

flyback et roue à colonnes.

Fortis PC-7 Team

Aeromaster Chronograph

Fortis est le fournisseur officiel de

l’équipe de voltige aérienne suisse

depuis plus de dix années. Pour les

trente ans de cette brigade, l’horloger

livre une édition spéciale bleue royale

avec une formation en vol gravée

sur le cadran.

Maurice Lacroix Aikon

Automatic Mercury 44 mm

À première vue, la Aiken Automatic

Mercury est une montre traditionnelle,

mais inclinez-la et ses aiguilles pendront

librement. Repositionnez-la à la verticale,

elles retrouveront leur place comme

par magie pour indiquer l’heure exacte.

Une particularité qui a un prix.

Swatch Yellowboost

En termes de fonctionnalité, la

Yellowboost est certes basique, mais

elle excelle dans la cool attitude,

comme si elle avait été plongée dans

un bain de kryptonite (plutôt verte que

jaune). Également très robuste avec

son bracelet en silicone, c’est une

véritable montre de superhéros.

Rado True Thinline Les Couleurs

Le Corbusier Iron Grey

Rado célèbre l’architecte Le Corbusier

avec une série de 9 montres minimalistes,

limitées chacune à 999 exemplaires.

En céramique high-tech, elles sont ultraplates.

La teinte gris métal de ce modèle,

dotée de propriétés réfléchissantes,

confère au cadran un aspect éthéré.

THE RED BULLETIN 95


THE RED

BULLETIN

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est actuellement

distribué dans sept

pays. Vous voyez ici la

couverture de l’édition

mexicaine, honorant

l’actrice Cecilia Suárez.

Le plein d’histoires

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Pour finir en beauté

Hélice Island

Des hélicos dans le ciel de New York, rien de plus banal, mais même le plus blasé

de ses habitants se serait décroché la mâchoire à la vue des flips, des barrel rolls

et des nose dives du pilote acrobatique Aaron Fitzgerald et de son chopper au

rotor sans articulation, parfait pour le job. Voir la vidéo sur redbull.com

Le prochain

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n° 94 disponible

dès le 28 novembre

2019

PREDRAG VUCKOVIC/RED BULL CONTENT POOL

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