ICI MAG - DECEMBRE 2019

laboitealogo

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• Histoire Landaise

De mémoire de sable

La tempête historique du début décembre

1976, dans le golfe de

Gascogne, a durablement inscrit

dans la légende la plage de Lespecier

de Mimizan, qui a vu deux navires

s’échouer coup sur coup sur son sable à seulement

quelques encablures l’un de l’autre...

Echouage du cargo «Le Virgo»

La nuit du 1 er au 2 décembre 1976 restera ainsi à jamais

gravée dans la mémoire des Landais ! Une nuit d’enfer ou

des vents d’apocalypse balayent le littoral et la forêt. Les

pins sont couchés comme des pièces d’un Mikado géant.

En mer, la tempête est terrible et les vagues provoquent,

coup sur coup, l’échouage sur la plage de Lespecier, de

deux bateaux. Le premier est le cargo à vapeur «Le Virgo».

Un vieux navire de 110 mètres battant pavillon grec

affrété pour transporter du phosphate de Lisbonne à

Bayonne. Face aux éléments déchaînés, l’équipage perd

le contrôle du navire qui finit par s’échouer sur le sable à

3 heures du matin dans des creux de plus de 14 mètres !

Crédits photos : Jean-Claude Laberiote

Echouage du pétrolier «L’Apollonian Wave»

Dans la même nuit, «L’Apollonian Wave» est un pétrolier

grec qui effectue son dernier voyage. Parti de Falmouth

en Angleterre, il se rend vers les chantiers de démolition

espagnols et emmène à son bord 24 membres

d’équipage. Dès le début de la tempête et des difficultés,

le capitaine lance des appels de détresse et une tentative

de remorquage en haute mer est tentée, sans succès.

L’échouage est désormais inévitable. L’équipage est

évacué dans la journée du 2 décembre par hélicoptère. Le

vieux navire de 207 mètres dérive alors seul, abandonné.

Peu de temps après, il s’échoue à moins de 700 mètres

du «Virgo» !

Il faut sauver la plage !

Le pétrolier doit absolument quitter la plage. Sa position

est inquiétante. Dans ses réservoirs, 10 000 litres d’eau

de mer souillée de déchets d’hydrocarbures, menacent

de se répandre. Durant de longs mois, on tente à plusieurs

reprises d’extraire le navire de sa prison de sable.

Mais les moyens sont insuffisants et toutes les tentatives

échouent. Au mois de novembre, un remorqueur plus

puissant arrive sur site et réussit à faire pivoter la proue

vers le large, mais l’eau a envahi la salle des machines

et l’arrière est trop alourdi. Au final, le vieux pétrolier

finit par se briser en deux. C’est terminé, «l’Apollonian

Wave» ne quittera jamais la plage de Mimizan et sera,

comme «Le Virgo», démoli sur place. Le chantier durera

2 ans !

Crédits photos : Jean-Claude Laberiote

Jean-Claude Laberiote

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