La Strada - Mars 2020

dorobella

L’ESSENTIEL DE LA CULTURE AU PAYS DES PARADOXES N° 2

MARS 2020

329 GRATUIT

15

FÉMININES SANS CONDITIONS

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FESTIVAL

PRINTEMPS DES ARTS : Un voyage

surprise en entrée, un grand week-end au Québec

en plat de résistance, des musiques et danses de

Bali au dessert, le tout saupoudré de musiques

françaises du 18e au 21e siècle, servi par des

artistes internationaux… Voilà le menu concocté

par Marc Monnet pour le Printemps des Arts de

Monte-Carlo 2020, du 13 mars au 11 avril PAGE 5

HUMOUR

SÉRÉNISSIMES DE L’HUMOUR : Le

festival monégasque célèbre ses 15 ans d’existence

en 2020. Pour l’occasion, son fondateur, Salim

Zeghdar, fait un pari, celui d’offrir à des artistes

émergents le statut de tête d’affiche ! Au

programme, du 18 au 21 mars : Kheiron, Hassan

de Monaco, Gil Alma et le duo Kevin & Tom… sans

oublier le sieur MC Calixte de Nigremont. PAGE 7

DOSSIER

SPÉCIAL FEMMES : D'une actualité

brûlante, avec le mouvement #MeToo, la Journée

Internationale des droits des femmes du 8 mars

marque une occasion de plus de célébrer les

créatrices qui ont choisi la culture ou les médias

pour s’exprimer. Retrouvez dans ce dossier les

portraits de quatre d'entre elles et une sélection

d’événements. PAGE 9 À 12


Le

ÉDITO

2 2 / 15 MARS 2020 LA STRADA N°329

Par Michel Sajn

Cette journée du 8 mars permet chaque année de faire un point sur les avancées pour la

condition des femmes. Et chaque année, une impression tenace de régression nous frappe.

Nous avons eu droit aux états généraux sur ce sujet. Ils nous ont permis de constater que

les femmes en Espagne pouvaient profiter d’un arsenal judiciaire important depuis 2007 :

tribunaux spécialisés et plus rapides, accueil spécialisé dans les palais de justice et les

commissariats, mais surtout les fameux bracelets que doivent porter les agresseurs afin

qu’ils n’approchent plus leurs « compagnes ». Malgré cette grand-messe, nous sommes

comme la sœur Jeanne du conte : «nous ne voyons rien venir !» La communication ne remplacera

jamais la mise en place de tels outils.

Les questions de société concernant la liberté des femmes de disposer

de leur corps semble de plus en plus recevoir des réponses régressives

et liberticides. À travers le monde, les reculs sont notoires avec

des votes contre l’IVG, etc. Les agressions sexuelles et les féminicides

se multiplient dans certains pays d’Amérique du Sud par exemple, en

Inde, etc. La société occidentale elle-même est vérolée par des idées

que colportent certains auteurs, politiciens ou journalistes qui font

dresser les cheveux sur la tête.

Bien entendu #MeToo et #Balancetonporc ont fait bouger les lignes.

Mais s’il est nécessaire de signaler les méfaits, où sont les moyens que

d’autres pays, comme l’Espagne, possèdent depuis longtemps ? Où

est le programme de prévention pour protéger les femmes, mais aussi

pour éduquer afin de modifier les rapports entre les hommes et les

femmes ? Les discours se radicalisent dans tous les camps et finissent

par créer des oppositions qui ne peuvent exister dans notre humanité,

au risque de la scinder en deux et de l’éradiquer. Ce manque d’éthique

n’est-il pas la marque de ce 21e siècle ?

Les idées d’un autre temps tentent de réimposer cette fonction reproductrice

comme un critère pour l’identité féminine. Comme si les

femmes se devaient d’enfanter pour être considérées. Ce devoir étant

encadré par un moralisme «tartufère» qui interdit à certaines d’entre elles qui ne respectent

pas la soumission et trouvent des moyens alternatifs d’être mères. Ces conceptions

ne peuvent que nous révolter, car si les femmes ont le droit d’enfanter, elles ont aussi

le droit de ne pas le faire. Et la fonction reproduction n’est pas un «devoir» comme si

leurs corps devaient servir la grande ferme étatique. Cette vision qui rappelle quelque peu

l’eugénisme est diffusée de plus en plus par certains religieux, par certains conservateurs

et par certains extrémistes de droite… Mais dans cette période étrange où la novlangue

gère la communication : il semblerait que les victimes de ce rapport injuste, que sont les

femmes, soient transformées en coupables. N’entend-on pas des commentateurs se permettre

de dire qu’un certain « politiquement correct » plutôt de gauche est liberticide et

sectaire. En effet les racistes, tout comme les sexistes, au nom de la liberté d’expression

se plaignent de ne pouvoir s’exprimer librement en utilisant ce genre d’argument. Je le

répéterais ici : le sexisme est un racisme, et le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit.

COVID INTERROMPU

Ceux qui se plaisent à faire leur beurre sur la diffusion de ce genre d’idées devraient être

jugés. Le gain a transformé l’interprétation de la loi : c’est comme cela que certains leaders

de cette pensée rétrograde animent des émissions TV, écrivent… Comment peuvent-ils se

prévaloir d’une liberté, eux qui prêchent l’oppression et l’inégalité. Il me semblait qu’en République

Antoine de Saint-Just avait très bien posé ce concept qui d’ailleurs fait partie

des grands principes historiques et intangibles sur lesquels s’appuie la Constitution : «Chez

les peuples vraiment libres, les femmes sont libres et adorées», ou «Pas de liberté pour les

ennemis de la liberté» (Antoine de Saint-Just dans L'esprit de la Révolution).

Alors de grâce, laissez la moitié de l’Humanité vivre comme elle le veut. Nous avons bien

d’autres problèmes. Mais dans la période quasi dystopique que nous vivons, il est vrai

que le gain peut justifier la diffusion de ces basses idées. Elles font vendre, semblerait-il.

L’illogisme installé dans les démocraties qui se disent «libérales» est

ahurissant. D’ailleurs, de quel droit peuvent-elles se qualifier grâce à

un concept de liberté alors que cette dernière y est mise à mal avec

des scénarios très différents, mais de plus en plus opprimants et nombreux

? Moins de liberté pour préserver la sécurité, moins de liberté

pour préserver la santé, moins de liberté pour préserver la morale,

pour les contradicteurs, pour préserver le pouvoir en place… Nous

sommes même parvenus à ce que le judiciaire prenne des décisions

pour préserver le pouvoir en place ou des élections, bafouant ainsi le

sacro-saint principe de séparation des pouvoirs républicains. On croit

rêver… Un vrai cauchemar.

Dans cette saison paradoxale qui voit, après un printemps précoce de

janvier et février, l’hiver tomber 20 jours avant le printemps, où Notre

Mère la Terre souffre comme jamais, arrive le covid, le virus… Inquiétant,

il l’est… Mais il me questionne pour d’autres raisons. Il meurt des

milliers de gens chaque année de la grippe, pourquoi ne pas avoir

imposer les mêmes alertes et contrôles alors ? Un foyer de « dengue »

est devenu autochtones sur la Côte, que fait-on ? J’ai même reçu un

communiqué d’une députée alertant sur le problème des moustiques

qui pourraient faciliter la propagation de cette dingue et d’autres affections

tropicales qui se multiplient localement avec les changements climatiques. Elle

appelait à la solidarité locale, etc. Mais la sécurité sanitaire est du domaine de l’état et

de toutes les collectivités. Cette culpabilisation est bien toujours à classer dans le droit fil

de cette étrange inversion des rapports : les victimes sont déclarées coupables si elles ne

font rien pour se défendre. Mais faudrait-il qu’elles le sachent ? Assez de démagogie, d’infantilisation

et de culpabilisation. Le pire des dirigeants que fut ce ministre de l’intérieur

italien, et qui, fraîchement élu, s’est permis de dire qu’il «nettoierait, les rues une à une…»

Quand il parlait de nettoyage, il évoquait tout bonnement le «nettoyage» ou «l’épuration»

ethnique… Maintenant que l’Italie est touchée, on voit bien que le danger ne vient pas des

migrants comme il le sous-entendait ignoblement, mais bien du business mondial, de

cette débauche de délocalisation, de cette économie qui ne fonctionne que sur le profit et

fait des économies sur la santé, l’éducation, la culture et le social. Et comme dans la fable

: Nous nous trouvâmes fort dépourvus quand le covid 19 fut venu…

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MERCREDI 18 MARS

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MUZIK ZAK / JEUNE PUBLIC

QUAND OXMO SE REND CHEZ LINO

Ah, le Théâtre Lino Ventura ! Nichée au cœur de l’Ariane, la salle de spectacle

s’attache à proposer une programmation variée. Dans ce quartier niçois de

réputation sensible, ce théâtre est la preuve que l’Ariane est un « petit village »

dynamique et accueillant pour bon nombre de musiciens…

2 / 15 MARS 2020 LA STRADA N°329

ENTRE EUX ET NOUS

Toi, moi, nous, c'est un spectacle musical tout public, accessible

dès 3 ans, entre concert et théâtre, un moment de

partage et de transmission entre les artistes et leur public.

Ces ballades pop traitent avec finesse et de manière simplifiée

un sujet complexe, à savoir les différences et points

communs entre les gens de tous horizons. Le « nous » du titre

vient du concept même de la comptine qu’on ne chante

pas seul dans son coin : on la chante en groupe. Lors de

l'écriture du spectacle, Céline Ottria et Hugo Musella de la

Cie Limite Larsen sont donc allés à la rencontre de parents

et de leurs enfants dans des écoles ou des lieux associatifs

dans le but d'échanger des anecdotes, des émotions, et des

chansons avec des gens de tous milieux sociaux et culturels.

« Le résultat est une ballade intime et douce à travers

des voix, des accents et des mélodies. Il y est question d’altérité,

d’origines, de voyages, d'envie de grandir, de langues

et de tout un bestiaire d'animaux », indique la compagnie.

Bref, il y est question de tout ce qui façonne une personne.

Céline Ottria et Mathieu Geghre, tous deux multi-instrumentistes,

sont capables de passer du piano au violon, puis

à la basse, à leur guise, donnant ainsi vie à la musique en lui

faisant prendre toutes sortes de formes. Il y a d'ailleurs un

gros travail autour du son avec des boucles, des samples

d’ambiances de cour d'école, etc. Toi, moi, nous est un projet

qui a demandé énormément de temps, mais qui permet

aujourd’hui de sensibiliser les enfants à la musique, au partage,

et peut-être même de faire réfléchir leurs parents sur

leurs propres visions des différences. Gaëtan Juan

3

7 mars 10h30, Théâtre de la Licorne, Cannes. Rens : cannes.com

Oxmo Puccino © Fifou

Euteïka © DR

ASA © Trinity Ellis

En mars, il met les petits plats dans les grands avec l’immense Oxmo Puccino. Plume

cynique et poétique, alternant rap, slam et même chanson française, celui qui a hérité

du surnom de « Black Jacques Brel » viendra se produire avec son dernier album,

La Nuit du réveil, paru en septembre et, comme d’habitude, couronné de succès et

acclamé par la critique. Porté notamment par un egotrip mélodieux sur le featuring avec

Orelsan (Ma Life), on retrouve dans cet opus tout ce qui a fait le succès du rappeur d’origine

malienne : figures de style, métaphores et phrases choc. Collaborant avec la quasi-totalité

de la scène rap française, il s’associe également avec deux artistes venus du pays plat, Caballero

et JeanJass, pour un titre à l’instrumentale entraînante, aux paroles simples, mais

tranchantes et efficaces, et au rythme irrésistiblement séducteur. L’ambiance sera au rendez-vous

et le théâtre Lino Ventura sera à coup sûr leur Social club. La première partie sera

assurée par un jeune rappeur niçois, Euteïka, lui-même fortement influencé par Oxmo et

HEY KIDS !

Les vacances scolaires sont terminées, c’est ballot… Mais

de nombreux spectacles conçus pour toi, jeune public, sont

toujours à l’affiche. Comme ce Festival Z10, proposé par Le

Pôle et Tandem, dans l’aire toulonnaise ! Six shows musicaux

sont au programme, chacun utilisant le 5e Art à sa façon, du

concert de rock au théâtre d’ombres. L’artiste Tamao ouvrira

les festivités le 14 mars avec son ciné-concert Mon Grand

l’Ombre. Le lendemain, ce sera au tour du chanteur Thomas

Pitiot d’interpréter son premier concert destiné au jeune public,

Allez jouer dehors ! Dans un autre genre, Presque Oui

présentera son conte musical Icibalao, suivi de près par L’épopée

d’un pois de la compagnie La Rotule. C’est le groupe The

Wackids et leurs jouets-instruments qui conclura le festival,

le 20 mars, pour une session à laquelle tu pourras emmener

tes parents : ça s’appelle Back to the 90’s. Petit coup de cœur

pour L’envol présenté par la compagnie Nokill, le 14 mars au

Théâtre Marelios de La Valette. Cette création est l’œuvre d’un

père et de son fils, Léon et Bertrand Lenclos. L’idée est née il y a

15 ans de cela, quand, à la table du petit déjeuner, le patriarche

et son minot devisaient sur leurs rêves d’envol. Après tout qui

n’a jamais rêvé de planer au cœur des nuages ? Aujourd’hui, il

est très facile de parcourir le ciel grâce à ces fabuleuses machines

que sont les avions et autres hélicoptères, mais Léon et

Bertrand leur préfèrent — non pas la drogue, c’est mal ! — les

rêves d’évasion offerts par la musique, les livres, le dessin, la

magie... Cette méthode permet de s’envoler à sa guise, sans

aide extérieure ni quelconque machine. Un peu d’imagination

fait l’affaire ! C’est pour emmener le public tout là-haut que le

père et le fils mêlent sur scène le théâtre, le cinéma et la magie

à la musique, qui à leur sens permet d’échapper aux lois de

la pesanteur, car elle se déplace dans l’air dans toutes les directions.

Et ne va pas y chercher une croyance, ô jeune public,

c’est juste de la physique élémentaire ! Tanguy De Carvalho

13 au 20 mars, Le Pradet, La Valette, Le Revest, La Garde, Toulon.

Rens : le-pole.fr & tandem83.com

The Wackids © Florent Larronde

CONTRASTES ROCK'N'ROLL

Si certains s’interrogent sur l'avenir du rock français,

qu'ils aillent faire un tour à la MJC Picaud le 13 Mars, car

MNNQNS et Alpes (ils ne sont pas savoyards, mais bien niçois)

y sont de passage. Les deux groupes incarnent parfaitement

les deux entités de la nouvelle vague française.

D'un côté, un son libre et décomplexé, de l'autre, une douce

rêverie ponctuée de basses percutantes. Quand MNNQNS

(à prononcer Mannequins avec un fort accent gallois) se

révélait à la France en 2018 par son single NotWhatYou-

ThoughtYouKnow, Alpes partait en tournée pour présenter

son album Between Moon and Sun. Complémentaires et visionnaires,

les deux « boys band » attirent l'attention. Celle

de Møme déjà, qui a collaboré avec Alpes sur leur dernier

projet, mais aussi celle des labels anglais pour les rouennais

MNNQNS, eux qui ont traversé la Manche pour signer chez

Fat Cat. Clip délirant et regards désintéressés, leur nonchalance

est insolente, comme si leur univers avait pris le

pas sur celui des simples mortels. Une approche bien différente

de leurs homologues niçois, qui utilisent leurs tracks

comme défouloir. Des morceaux sombres et planants, à la

fois violents et légers, qui agressent l'esprit tout en le caressant…

S'il y a un autre point que les deux groupes ont

en commun, hormis leur nationalité et leur passion pour le

rock, c’est qu'ils sont des bêtes de scène. Je vous laisserai

en témoigner ! Louis Bouchard

MNNQNS + Alpes : 13 mars 20h30, MJC Picaud, Cannes. Rens : FB

MJCPicaud.LaTangente / MNNQNS + The Psychotic Monks + Bara

Bandai : 14 mars 20h30, Oméga Live, Toulon. Rens : tandem83.com

d’autres noms du rap conscient comme Le Rat Luciano ou Lunatic.

Avec la chanteuse Asa, programmée une semaine avant, le théâtre alterne les styles sans

perdre en qualité. Pop, soul, funk, reggae, elle aussi mélange les styles et la recette est gagnante.

En 2007, son 1er album sobrement intitulé Asa est un véritable succès. Asa aurait

pu surfer sur cette vague, mais elle prend le temps de vivre et de mener ses projets

suivants. Un album en 2010, un autre en 2014, avant de revenir en trombe avec Lucid en

2019, que les habitants de l’Ariane, de Nice, des alentours ou d’ailleurs auront l’occasion

d’écouter, de découvrir ou de redécouvrir au Théâtre Lino Ventura. Mathieu Alfonsi

Asa : 6 mars 20h / Oxmo Puccino + Euteïka : 12 mars 20h30. Théâtre Lino Ventura, Nice.

Rens : nicemusiclive.fr

MNNQNS © Bastin

Release party lunaire

À Antibes, La SChOOL invite Benoit & La Lune pour la

sortie de son nouvel album La vie est un acte de piraterie,

le 13 mars à 20h. Son ukulélé électrique en bandoulière

et sa poésie harnachée au cœur, Benoit dessine un

monde à son image réussissant le pari de faire cohabiter

rock noisy et folk épurée. Avec Manolis à la guitare et

Bruno Desbiolles aux percussions et à la guitare, ils réinventent

le power trio, l'alchimie et la synergie entre les 3

musiciens opère de façon instinctive et naturelle.

Rens : facebook.com/LasChOOLAntibes

Haut les cœurs…

…et les doigts au fond de la gorge, le phénomène métal Ultra Vomit débarque à Toulon et ils

sont là pour rigoler !

Ultra Vomit constitue sans doute l'un des trucs les plus improbables

qu'ait donné le métal ces dernières années. Alors

que les groupes cultes à la Slayer s'efforcent de développer

des textes ultra violents dans une surenchère totalement

absurde, d'autres ont décidé de s'assumer. Après tout, tous

ceux ayant côtoyé des métalleux savent qu'il s'agit des

gens les plus gentils et les mieux élevés qui soient. Alors

qu'ils écoutent des textes traitant de sacrifices de vierges

et de génocides au napalm, ce sont en réalité les premiers

à tenir la porte à la voisine ou à appeler leur maman pour

la fête des Mères. Conscients de ce côté un peu absurde, les

Français d'Ultra Vomit ont décidé il y a 20 ans de créer un

groupe aux textes authentiquement débiles, mais de façon

totalement revendiquée. En résulte une sorte d'OVNI nous

Toi moi nous © Hugo Musella

Tropical twist party

Tropico Twist : c’est le nouveau cocktail, déjà testé

avec succès à la Séguinière, à déguster le 6 mars dès

19h à L’Entre-Pont de Nice. 50% Tropicapéro : avec

DJ Dimitri from Panisse et MR Boom. 50% Twist All

Night : DJ Badonna et Memphis Mao, plus un zeste de

folie avec Cremaster Flash et des projections de VJ

Chane pour corser le tout ! Soul, sixties, latino, garage,

house, cumbia, afro, funk, rythm’n’blues, jerk, glam,

new wave… pour un programme 100% groove !

Rens : entrepont.net

proposant des albums comme Objectif Thunes, des titres

comme E-Tron (Digital Caca) ou Évier Métal, ou encore des

reprises version punk hardcore de Michel Delpech… Mais il

ne faudrait pas croire qu'Ultra Vomit est juste là pour faire

rire. S'ils ne se prennent pas au sérieux, ils proposent malgré

tout l'un des meilleurs métal qu'on trouve dans l'Hexagone,

ce qui est, il est vrai, beaucoup plus facile quand on a du

talent. En première partie, ils seront épaulés par les Autrichiens

d'Insanity Alert. Axés sur le crossover, ils ont déjà 3

albums à leur actif et sont plutôt du genre vénères. Alors,

sortez vos vêtements les plus hideux et amenez vos enfants,

ça va tout péter à Toulon ! Arthur Remion

13 mars 20h, Oméga Live, Toulon. Rens : tandem83.com

Ultra Vomit © DR

Sur les conseils de la Commission paritaire des publications et agences de presse, pour que La Strada ne soit plus qualifiée de support publicitaire, retrouvez les informations pratiques en pages agenda.


JAZZ / WORLD

4 2 / 15 MARS 2020 LA STRADA N°329

JAZZ À JUAN, SOIXANTIÈME !

Eh oui, le vénérable festival est devenu sexagénaire, et pour souffler ses 60

bougies, il nous propose un gâteau de choix ! Une programmation faramineuse,

voire pharaonique, avec des stars en veux-tu en voilà, des musiciens venus du

monde entier sur douze jours, étalés du 9 au 22 Juillet.

Maceo Parker © Boris Breuer

The Roots 2018 © Artwork

Ouverture en fanfare avec deux stars de la musique afro-américaine, deux illustres

funkers ! Tout d’abord Maceo Parker, le saxman de James Brown, qui sera suivi

du bassman Miles Davis, j’ai nommé Marcus Miller. Un bœuf est à prévoir entre les

deux monstres sacrés… Le lendemain, le jeune prodige du piano jazz Joey Alexander précédera

le big band de Wynton Marsalis, gardien de la tradition du jazz. Le 11 juillet sera

« back to the roots », puisque The Soul Rebels, venus de Nouvelle-Orléans précéderont

les New Yorkais de The Roots pour une soirée sous le signe du funk et du hip-hop. Le 12,

changement de registre pour une soirée très « cool », avec le trio « swing and strings » du

pianiste Eric Legnini qui sera suivi de la langoureuse Melody Gardot. La belle susurrera des

standards de Broadway et ses doucereuses mélodies, accompagnée par l’Orchestre Philharmonique

de Monte-Carlo. Grande soirée américaine le lendemain avec tout d’abord les

deux vétérans du jazz-rock Lee Ritenour & Dave Grusin, respectivement à la guitare et aux

claviers, qui ouvriront la scène pour le soul crooner Gregory Porter. Le jour de la Fête Nationale,

soirée gratuite (sur invitations) avec deux musiciens d’exception : l’accordéoniste

niçois Vincent Peirani et le pianiste israélien Tom Oren, qui nous avait enchantés avec Eli

Degibri en 2019, à Juan et à Monaco. Le 15 juillet, la soirée « Jazz en Fête » investira les rues

d’Antibes, en souvenir de la folle parade de Sidney Bechet, puis le 16, LA star qui n’avait jamais

posé ses augustes pieds sur la scène de la pinède auparavant, Miss Diana Ross. Frissons

garantis… Le lendemain, retour au jazz avec l’impressionnant saxophoniste Joe Lovano,

un des meilleurs du monde, et le fabuleux Herbie Hancock qui, a 80 ans, en parait 20

Diana Ross © Kevin Winter

de moins, musicalement comme physiquement ! Suivra une soirée franco-libanaise avec

deux vedettes du jazz électrique hexagonal : la batteuse Anne Pacéo et le trompettiste

Ibrahim Maalouf. « Back to the roots again » le 19 juillet, avec la traditionnelle soirée gospel,

précédée d’une messe œcuménique, qui présentera exceptionnellement deux groupes

qui forment un pont entre Afrique et Amérique : Amadou et Mariam, suivis des Blind Boys

of Alabama. Le directeur artistique du festival, Jean-René Palacio, nous a réservé un final

en apothéose, le 22 juillet, avec la venue de Lionel Richie, star planétaire s’il en est,

précédé de la jeune chanteuse canadienne d’origine haïtienne Dominique Fils-Aimé, qui

navigue entre soul et jazz…

Et n’oublions pas les Jammin’Summer session, ou le jazz de demain, avec des musiciens

émergents ou méconnus sur notre territoire, venus des 4 coins de France, mais aussi des

USA, des Pays-Bas, de Belgique, d’Israël, d’Australie ou d’Italie, qui investiront la Pinède et

la Place Nationale en amont des soirées. Pour info, la billetterie en ligne est d’ores et déjà

ouverte, sinon c’est direction l’Office de Tourisme et des Congrès pour récupérer les précieux

sésames ! Bref, un programme complet, diversifié, avec des musiciens de très haut

niveau et de véritables divas. En fait, un feu d’artifice musical, comme il est de coutume à

Jazz à Juan ! Happy 60th birthday and keep swinging ! Gilbert D’Alto

9 au 22 juil, La Pinède Gould, Jazz à Juan. Rens : jazzajuan.com

Bona musique

Formidable raconteur d’histoires, bassiste-chanteur-multi-instrumentiste plutôt balèse, Richard Bona, a donné à la

musique dite africaine une dimension nouvelle, inexplorée, universaliste. Il sera en concert au Centre Culturel Tisot

de La Seyne-sur-Mer, le 13 mars 21h, accompagné pour l’occasion par Alfredo Rodriguez, pianiste et compositeur

cubain, et le percussionniste de jazz latin Pedrito Martinez. Ce dernier a enregistré ou joué avec Eric Clapton, Wynton

Marsalis, Paul Simon, Bruce Springsteen, Chucho Valdez ou encore Sting… Bref, un plateau de choix vous attend !

Rens : FB Centre culturel Tisot

Un pur régal

Quelle bonne idée ont eu Frederica Randrianome-Karsenty et son équipe du Nice

Jazz Festival d’inviter à nouveau Sarah McKenzie pour une session live au Théâtre

National de Nice !

La jeune femme nous avait charmés au Théâtre de Verdure

l’été dernier, avec ses mélodies claires et limpides,

sa voix de «blue-eyed soul» et son intéressant jeu de piano.

La jeune australienne (31 ans), que certains surnomment

la nouvelle «Diane Krall» (chevelure blonde oblige),

et qui réside désormais entre Londres et Paris, viendra

nous présenter son nouvel album Secrets of my Heart,

enregistré à New York avec de nombreux musiciens basés

aux USA, dont le remarquable contrebassiste Pierre

Boussaguet. Ce nouvel opus, son cinquième, mélange

compositions et standards de jazz, avec une touche

bossa-nova qui ne la quitte plus depuis qu’elle a découvert

l’album Native Dancer de Wayne Shorter et Milton

Nascimento. Le titre De Nada est d’ailleurs en passe de

devenir un tube. Elle interprète également sur cet album

une version très originale de You Only live Twice de John

Barry que Nancy Sinatra avait reprise pour le film On ne

vit que deux fois, cinquième aventure de James Bond. Du

nectar ! En première partie, nous pourrons apprécier le

fabuleux Herbillevans Trio, composé de trois musiciens

niçois de très haut niveau qui forment l’ossature rythmique

du Nice Jazz Orchestra : Fred D’Oelsnitz (piano),

Christian Pachiaudi (contrebasse) et Alain Asplanato

(batterie). Ils interpréteront des versions personnalisées

de morceaux de deux pianistes incontournables de l’histoire

du jazz moderne, dont ils tirent leur nom : Herbie

Hancock et Bill Evans. Un concert qui, d’un bout à l’autre,

devrait être un pur régal ! Gilbert D’Alto

DIVINE FATOUMATA

Le, ou plutôt, les talents de Fatoumata Diawara ne doivent

plus être un secret pour personne. L'artiste malienne a déjà

démontré qu'à ses multiples qualités artistiques s'ajoutent

des atouts humains et une grande force de caractère. Une

détermination qui l'a poussée à quitter son Mali natal pour

fuir un mariage forcé et une tradition qu'elle a refusé de voir

empiéter sur l'Amour. Ce sont les planches et plateaux de

théâtre et de cinéma qui occupent son début de carrière. La

comédie musicale Kirikou lui permettra même de mêler ses

deux passions. Mais la musique a clairement jeté son dévolu

sur Fatoumata, avec des parrains de départ comme Cheick

Tidiane Seck, Dee Dee Bridgewater et Oumou Sangaré, des

participations avec des artistes comme Herbie Hancock ou

Hank Jones, et sa présence sur des albums de Rocket Juice

& The Moon (autre dream team de Damon Albarn), Bobby

Womack ou Mulatu Astakte. Il faut dire que sa voix et son

charisme font merveille. Ses collaborations récentes ont eu

pour conséquence de la glisser une nouvelle fois dans ma

discographie : Roberto Fonseca (At Home à Marciac, une

perle), Afrocubism, ou encore Lamomali. Son travail avec

Mathieu Chedid ne s'est d’ailleurs pas arrêté là, puisque

ce dernier a produit son nouvel album Fenfo, sorti chez

Wagram, où l'on retrouve aussi le précieux Vincent Ségal.

Onze titres chantés en bambara, entre l'Afrique et l'Europe.

Mais le mieux reste tout de même de découvrir cette grande

dame sur scène où sa force et son amour se ressentent de

façon évidente. Christophe Juan

18 mars 20h30, Le Minotaure, Vallauris.

Rens : facebook.com/LeMinotaure06

Lionel Richie © DR

JUST ABOUT LOVE

Hiver, Hiver... Les films au chaud chez soi, le ski, et pourquoi

pas un concert ? Au Mas d'Hiver tant qu'à faire ! Et vous

savez quoi, Maceo Parker y est de passage… C'est dans la

continuité des concerts estivaux du Mas des Escaravatiers,

mais davantage adapté aux températures de saison, que

le Mas d’Hiver, et son ambiance à la fois conviviale et raffinée

qui permet d'admirer les étoiles tout en profitant de

super concerts, accueille une ribambelle d’artistes avant la

réouverture de sa petite scène calée entre les oliviers et les

vignes du domaine. Après avoir reçu quelques grosses têtes

d'affiche comme Skip The Use ou plus récemment Tryo,

changement complet de registre, et place à Maceo Parker,

rien de moins que l'un des saxophonistes les plus reconnus

au monde, qui a marqué de son passage la formation de

James Brown (The JB’s) dans les années 60-70. Agé de 75

ans, il prouve encore, si besoin était, qu’il a toujours sa place

sur scène. En 2018, il sortait l’album It's all about love, car

entre lui et la musique, il ne s'agit que d'amour. On l'entend

et surtout, on le ressent. Il y reprend notamment Isn't she lovely

de Stevie Wonder, dans une version orchestrée à couper

le souffle avec un ensemble de cuivres. Et tout l'album

est comme ça ! Tantôt avec des sonorités très jazz, tantôt

avec des aspects plus funky, il défie les brass band de la

note bleue avec des versions beaucoup plus orchestrales…

Ça promet du grand Maceo sur la scène varoise. Gaëtan Juan

7 mars 20h30, Mas d’Hiver, Puget-sur-Argens.

Rens : lemas-concert.com

Raphael Imbert - Bach Coltrane © Muriel Despiau

SPIRITUALITÉ MUSICALE

La rencontre entre l'univers de John Coltrane et celui de

Jean-Sébastien Bach pourrait ne pas sauter aux oreilles

de tout le monde, mais c'est bien une fusion réalisée avec

succès par le saxophoniste Raphaël Imbert. Il faut dire que

ce talentueux musicien est habitué à ce genre de mariage.

Avec sa Cie Nine Spirit, il avait déjà exploré l'univers de

Duke Ellington et ses connexions avec la musique sacrée.

La spiritualité, les negro-spirituals, les chants liturgiques,

le blues, Raphaël Imbert nous démontre depuis des années

les liaisons qui se font entre ses sonorités. En regardant son

parcours, on comprend bien que la musique n'est pas que

son seul moteur. Le sens se doit d'aller avec le son comme un

leitmotiv qui l'amène autant à explorer les chants luthériens

que le formidable travail de l'ethnomusicologue, Alan Lomax.

Si l’on rajoute un sens de l'improvisation, reconnu pour

Coltrane et déduit de l'écriture pour Bach, à la tradition et

la spiritualité, les liens se resserrent de façon évidente. Ce

projet Bach Coltrane, initié depuis plus de 10 ans, mélange

au départ un quartet de jazz et un quatuor à cordes, le Quatuor

Manfred. Pour cette soirée, pas de cordes, mais trois

complices de ses projets : André Rossi aux claviers, Pierre

Fenichel à la contrebasse et Jean-Luc Di Fraya au chant et

percussions. Le tout précédé d'une conférence sur l'histoire

philosophique du jazz animée par Martin Legros, rédacteur

en chef de Philosophie Magazine, et… Raphaël Imbert avec

qui musique et réflexion ne sont jamais loin. Christophe Juan

Sarah McKenzie © Oscar May

14 mars 20h30, Théâtre National de Nice. Rens : nicejazzfestival.com

Fatoumata Diawara © Aida Muluneh

14 mars 20h30, Châteauvallon, Ollioules. Rens : chateauvallon.com

Sur les conseils de la Commission paritaire des publications et agences de presse, pour que La Strada ne soit plus qualifiée de support publicitaire, retrouvez les informations pratiques en pages agenda.


CLASSIK

2 / 15 MARS 2020 LA STRADA N°329

LES SAVEURS MÊLÉES DU PRINTEMPS DES ARTS

Un voyage surprise en entrée, un grand week-end au Québec en plat de résistance, des musiques et danses

de Bali au dessert, le tout saupoudré de musiques françaises du 18e au 21e siècle, servi par des artistes

internationaux… Voilà le menu concocté par Marc Monnet pour ce Printemps des Arts de Monte-Carlo 2020,

qui se déroulera du 13 mars au 11 avril !

Comme dans le domaine culinaire, le Printemps des

Arts est avant tout une question de rencontres et

d’échanges ; certes la dimension artistique semble

évidente, mais l’aspect humain n’en demeure pas moins

primordial. C’est, vous me permettrez de le penser, ce qui

permet à tout Homme, doué d’un minimum d’intelligence,

de se laisser aller à la découverte de l’autre et de sa culture.

Homme de goût toujours à la recherche de nouveautés et

d’expériences, Marc Monnet, directeur artistique du festival,

a cette année décidé de s’associer au gouvernement

du Québec pour inviter à Monaco quelques artistes de cette

province du Canada lors d’un grand week-end découverte.

«Le Québec est très particulier, puisque c’est une culture

d’origine française, mais avec cette influence nord-américaine.

C’est un pays extrêmement dynamique. J’y ai rencontré

des gens qui voulaient faire des choses… Partout ! Ça m’a

fasciné !», déclarait Marc Monnet lors de la présentation de

cette édition 2020. Si la danse se verra consacrer une soirée

spéciale avec la Cie Cas Public, menée par la chorégraphe

Hélène Blackburn, et qui a pour particularité d’avoir hébergé

le danseur malentendant Cai Glover, point de départ de

sa nouvelle création intitulée 9, le théâtre aura droit à sa

part du gâteau avec une représentation des Belles-Sœurs

du montréalais Michel Tremblay, pièce culte du théâtre

francophone, mise en scène par René Richard Cyr. Bien entendu,

la musique sera, comme il se doit, particulièrement

mise à l’honneur ! Elle se fera traditionnelle, avec des chanteuses

Inuites qui viendront pratiquer leur célèbre chant

guttural, baroque, avec l’Ensemble Masques, dirigé par le

claveciniste Olivier Fortin, pour une interprétation vivifiante

d’œuvres de JS Bach, ou s’attaquera au romantisme

de Schubert entre les mains expertes de Marc-André Hamelin...

Adulé sur le continent nord-américain, mais encore peu

connu du public français, le pianiste québécois a également

tenu à faire découvrir au public azuréen la Troisième Sonate

(1917), une rareté du compositeur russe Samouïl Feinberg. La

soprano Hélène Guilmette explorera pour sa part les racines

françaises du Québec, elle qui sait si bien retranscrire

Weekend québécois- Chants inuit © Robert Fréchette 2015

avec charme la poésie musicale française «fin de siècle»,

tour à tour truculente ou rêveuse… Le folk, symbolisant on

ne peut mieux les grands espaces nord-américains, résonnera

aussi sur le Rocher ! Le Vent du Nord, ambassadeur du

mouvement folk progressif québécois, l’un des moteurs de

la renaissance de la musique traditionnelle régionale, soulève

l’enthousiasme du public depuis 9 albums. Leur dernier

opus, Territoires, constituera le programme de leur concert

monégasque.

C’est donc un pan de la Culture et de l’Histoire québécoise

qui sera passé en revue du 26 au 29 mars… de même que

son futur ! La Société des Arts Technologiques (S.A.T.) de

Montréal, fondée en 1996, et qui joue un rôle précurseur

dans le développement de technologies immersives, la réalité

virtuelle et l’utilisation créative des réseaux à très haut

Musique et danse de Bali © Marc Monnet

débit, sera présente sur le Rocher. Le public pourra notamment

rencontrer sa Présidente fondatrice Monique Savoie,

découvrir et expérimenter WalkThruMusic, une application

de réalité augmentée pour une expérience musicale immersive,

ou encore assister (et participer !) à la performance de

danse Idem Altera, conçue par Zack Settel.

La danse ! Il en sera une nouvelle fois question lors de la clôture

du festival les 10 et 11 avril, avec la troupe du village

de Sebatu, situé sur l’île indonésienne de Bali. Il paraît que

chaque cité y possède sa troupe de danse et de musique, le

gamelan, autour duquel la communauté se retrouve pour

jouer, chanter et danser. Eh bien, la meilleure d’entre elles a

accepté de quitter son île pour deux représentations d’une

musique raffinée et incantatoire qui, en son temps, avait

fasciné Debussy lors de l’exposition universelle de Paris en

1889. Ce dernier était à l’époque un peu l’arbre qui cachait

une forêt d’autres maîtres de la musique française qui ont

donné lieu à quelques grandes pages, parfois méconnues,

de la musique française. Le concert d’ouverture du Printemps

des Arts, le 13 mars, verra notamment l’Orchestre

Philharmonique de Monte-Carlo, dirigé par Kazuki Yamada,

interpréter deux poèmes symphoniques d’Ernest Chausson,

disciple de César Franck et ami de… Debussy. Telle sera

la thématique «fil rouge» du festival qui verra se multiplier

les soirées en hommage à cette Musique française, du 18e

au 21e siècle, et à l’instrument du «siècle versaillais», cher à

Couperin et Rameau : le clavecin… «Moi, ce qui m’intéresse,

c’est le public ! C’est ma priorité. Comment stimuler le public

pour venir écouter des œuvres extraordinaires de notre Histoire

musicale ? Je cherche toutes les entrées possibles pour

créer du plaisir…», souligne Marc Monnet. Et parmi ces «entrées»

: le toujours dépaysant Voyage Surprise, le dimanche

15 mars, lors du weekend d’ouverture, et le spectacle ludique

Bibilolo, jeudi 9 avril. Cet opéra de chambre pour

objets manipulés et claviers électroniques — sur lesquels

les trois pianistes Lætitia Grisi, Julien Martineau et Stéphanos

Thomopoulos devraient prendre un plaisir régressif

— est mis en scène par par Arno Fabre. «Ce sera un ballet

pour animaux en plastique, pelleteuses radiocommandées,

robots exterminateurs et ombres portées», promet-il. Et la

musique dans tout ça ? Elle est signée du directeur du festival,

en personne, Marc Monnet !

On pourrait écrire un roman sur le Printemps des Arts, tant

les histoires humaines, les créations originales, et les prises

de risques ponctuent chacune de ses éditions. Alors si vous

êtes affamés de curiosité, si vous aimez être surpris, voire

bousculés, par des saveurs artistiques exotiques inconnues,

profitez-en, le Printemps des Arts vous ouvre ses portes dès

le 13 mars… Pascal Linte

13 mars au 11 avril, Monaco. Rens : printempsdesarts.mc

5

sam.21

mars

20h30

PIANO

SERIES

POULENC

VEN 20/03

CHARLES OLIVIERI-MUNROE DIRECTION

ROUSSEL / SAINT-SAËNS / POULENC

NICOLAS STAVY PIANO

THÉÂTRE CROISETTE

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GRAND FINALE

HOFESH SHECHTER

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CONCEPTION GRAPHIQUE : ATALANTE-PARIS – PHOTO © DR

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6

À Euterpe

théâtre

Vendredi 13 mars - 20h30

Théâtre Georges Brassens

Qui sème des poèmes

récolte le printemps

théâtre

P O R T E D E CULTURE

Plein tarif

11,50 ¤

Tarif réduit

7,50 ¤

Entrée

libre

sur réservation

Samedi 14 mars - 20h30

Théâtre Georges Brassens

Réservation 04 92 12 42 92

www.billetterie.

saintlaurentduvar.fr

CLASSIK / THÉÂTRE

2 / 15 MARS 2020 LA STRADA N°329

PIANO SERIES, NOUVEAUX ÉPISODES…

La saison de l’Orchestre de Cannes met à l’honneur la forme du concerto pour piano.

Après avoir consacré ses trois premières Piano Series à des œuvres de Chopin,

Rachmaninov et Mozart, place à des compositions de Beethoven et Poulenc.

Ludwig Van Beethoven compose son Concerto pour piano n°1 en ut majeur vers 1795-

1796, en même temps que le Concerto n°2. S’il est publié en premier, il est cependant

le deuxième à être achevé après des révisions en 1798. L’œuvre est finalement créée

le 2 avril 1800 avec Beethoven lui-même en soliste et est dédiée à l’une de ses élèves, la

princesse Odescalchi. Malgré un enrichissement de l’effectif instrumental et une évolution

du jeu entre soliste et orchestre, l’influence de la musique de Mozart et de Haydn est encore

manifeste. Sur ce concert du 8 mars, l’Orchestre de Cannes sera dirigé par Benjamin Lévy,

en présence du soliste Michaël Levinas. Celui du 20 mars, sur le Concerto pour piano et

orchestre de Francis Poulenc, verra Charles Olivieri-Munroe à la baguette, avec Nicolas

Stavy comme pianiste invité. Cette œuvre a été créée dans la capitale du Massachusetts

par l’Orchestre symphonique de Boston sous la direction de Charles Munch, le 6 janvier

1950 ; Poulenc y cite la chanson de Stephen Foster, Old Folks at Home, ainsi que La Maxixe,

danse originaire du Brésil popularisée en France par Darius Milhaud (et qu’on entend aussi

dans Un Américain à Paris de Gershwin). La création française du Concerto pour piano, à

Aix-en-Provence le 24 juillet 1950, divise la critique. Claude Rostand défend la partition

avec une formule devenue célèbre : «Il y a deux personnes chez Poulenc : il y a, si j’ose dire,

du moine et du voyou. C’est le second qui a signé le nouveau concerto. Un mauvais garçon,

sensuel et câlin, polisson et attendri, gracieux et brusque, aristocrate et peuple, et qui a

infiniment de distinction dans l’accent faubourien.» Olivier Gueniffey

Piano Series Beethoven : 8 mars 16h30 / Piano Series Poulenc : 20 mars 20h30. Théâtre Croisette,

Cannes. Rens : orchestre-cannes.com

Anna Pirozzi - Lady Macbeth © DR

LE PIRATE AMOUREUX

Pour la première fois depuis sa création en 1827, la Principauté de Monaco accueille l’un des classiques de l’opéra romantique

: Il Pirata de Vincenzo Bellini. Donné en version concert, on se concentra ici sur les voix des interprètes et du Chœur

de l’Opéra de Monte-Carlo, et les musiques jouées par l’Orchestre Philharmonique de Monaco, dirigé par Giacomo Sagripanti.

Pas de décors, de costumes, de combats à l’épée, ni de veuve éplorée… du moins sur scène. Opéra italien, les paroles

seront tout de même traduites sur écran en français et en anglais, permettant au public de suivre l’ensemble de la trame. Et

l’histoire justement vaut le détour. Alerte spoiler ! Tout se passe au 13e siècle, en Sicile. Un jeune homme du nom de Gualterio

(Celso Albelo) est amoureux d’une jeune femme du nom de Imogene (Anna Pirozzi), mais ce premier est expulsé de ses terres

par son ennemi Ernesto (George Petean). Gualterio crée alors son équipage de pirates dans le seul et unique but de se venger,

mais une tempête fait échouer le bateau sur une plage à deux pas du château d’Ernesto. Entre temps Imogene s’est mariée

avec ce dernier pour sauver son père. Gualterio est recueilli par Imogene, les deux amoureux se reconnaissent et reprennent

leur idylle là où ils l’avaient laissée... Ernesto est mis au courant du retour de son ennemi et surprend son épouse en compagnie

du flibustier. Un duel entre les deux hommes s’engage, et même si le pirate le remporte, il est condamné à mort par les

gens d’Ernesto, tandis qu’Imogene sombre dans la folie. Cet opéra a été créé en 1827 à la Scala de Milan, dans un contexte où

le « bel canto » se met au service du drame, et cette version concert, où les chants sont mis en avant par l’absence de mise

en scène théâtrale, permettra de découvrir ou redécouvrir cette œuvre lyrique sous un autre jour. Olivier Gueniffey

5 mars 20h & 8 mars 15h, Opéra Garnier de Monte-Carlo. Rens : opera.mc

BAROQUE À L’ITALIENNE

L’Ensemble Baroque de Nice poursuit son «Giro» baroque. L’étape du mois de mars passe par la capitale piémontaise :

Turin. Les Villes italiennes, c’est la thématique de cette saison 2019-2020 qui voit l’EBN interpréter les œuvres des compositeurs

qui ont fait la renommée des cités transalpines lors de l’ère baroque. Giovanni Battista Somis est le musicien qui

a marqué de son empreinte le chef-lieu du Piémont. Après s’être perfectionné auprès de maîtres comme Arcangelo Corelli

et Antonio Vivaldi, le violoniste s’installe à la Chapelle Ducale pour le restant de sa carrière. Sa sédentarité n’empêche

pas sa renommée de dépasser les frontières italiennes pour s’étendre au monde entier, notamment grâce à ses nombreux

élèves. Le natif de Turin a créé l’école française de violon avec pour étudiants, Louis-Gabriel Guillemain, Jean-Pierre Guignon,

Gaetano Pugnani et Jean-Marie Leclair, entre autres... Il est invité au concert spirituel de Paris en 1733 par la revue

Mercure de France qui qualifie son jeu de «l’ultime perfection». Une maîtrise que l’ensemble niçois ira chercher dans cette

Italie créative en jouant trois sonates ainsi que l’ouverture n°2 et n°3 de Jean-Pierre Guignon et la sonate à deux violons

sans basse en do mineur de Gaetano Pugnani afin de rendre hommage à l’héritage d’un des plus beaux coups d’archet

d’Europe du 18e siècle. Tanguy De Carvalho

13 mars 20h30, Chapelle du Saint-Suaire, Nice. Rens : ensemblebaroquedenice.com

Ode au poète

À travers six figures féminines, toutes issues de l’œuvre de Federico Garcia Lorca, c’est

le poète et dramaturge espagnol lui-même qui se raconte. Andando est à découvrir à

Draguignan, Ollioules et Fréjus.

Andando © Jean-Louis Fernandez

Août 1936 : sous la chaleur écrasante d'Andalousie, dans un

paysage qui ne devrait inspirer que beauté, le poète Federico

Garcia Lorca est sommairement exécuté par la milice

franquiste. Une vie courte, mais dont l'intensité créative a

fait de lui une figure majeure de la culture hispanique. C'est

en été 1936 que le metteur en scène Daniel San Pedro a

souhaité replacer l'action de Andando, spectacle chanté

et parlé qui fait se rencontrer sur scène six comédiennes

chanteuses et trois musiciens. Cet été là voit aussi la disparition

de Bernarda Alba, veuve autoritaire enserrée dans

les traditions et le conservatisme, imposant son joug à ses

six filles, interprétées ici par Aymeline Alix, Audrey Bonnet,

Zita Hanrot, Camélia Jordana, Estelle Meyer et Johanna

Nizard. Pour la première fois de leur vie, malgré un climat

lourd d'incertitudes, les jeunes femmes sentent un vent de

liberté souffler sur leur destinée. Chacune d'elles pourra

prendre la voie que lui inspire son cœur : la résistance au

fascisme, la fuite, l'engagement intellectuel pour l'une ou

religieux pour une autre, la recherche de l'amour ou l'incapacité

à s'imaginer une vie autre que celle qui lui a été

enseignée. Chacune de ces six figures féminines est issue

de l'œuvre de Federico Garcia Lorca et met en avant les

thèmes chers à l'artiste : l'engagement politique bien sûr,

mais aussi l'amour, la liberté, la mort. Daniel San Pedro a

sélectionné une série de textes mis en musique par Pascal

Sengla. Il s'inspire notamment d'une trilogie écrite entre

1932 et 1936, Noces de Sang, Yerma et La Maison de Bernarda

Alba, trois œuvres qui mettent la femme au centre

de l'œuvre. Quant au choix de la musique, elle est d'autant

plus importante qu'elle joua un rôle important dans la vie

de Lorca, lui inspirant régulièrement mélodies et chansons

dans la tradition folklorique du flamenco. Andando fait revivre

l'esprit de cet homme épris de liberté. Valérie Juan

21 mars Théâtre de l’Esplanade, Draguignan / 3 & 4 avr 20h30,

Châteauvallon, Ollioules / 18 avr 20h30, Le Forum, Fréjus. Rens :

theatresendracenie.com, chateauvallon.com, aggloscenes.com

Michael Levinas © Marie Magnin

Gilbert Bezzina © Lionel Bouffier

LE PLAISIR SELON BRAHMS

Le festival Cello Fan donne son habituel rendez-vous printanier

sous la forme d’un concert autour des instruments anciens

et du compositeur Johannes Brahms. Le violoncelliste

et directeur musical Frédéric Audibert a convié l’Armée des

Romantiques en formation trio. Fondée en 2010 par le pianiste

Rémy Cardinale, cet ensemble (Girolamo Bottiglieri, violon ;

Emmanuel Balssa, violoncelle ; Rémy Cardinale, pianoforte)

tente de redécouvrir la musique du répertoire romantique

sur instruments d’époque. Il interprète cette musique de

chambre en tenant compte du contexte socio-culturel de la

fin du 19e siècle. En jouant sur des instruments historiques,

il s’interroge sur cet héritage. Il est évident qu’en les entendant,

notre écoute en sera bouleversée tant nous sommes

habitués à l’interprétation de ces œuvres sur des instruments

modernes. Ici, c’est sur un Erard de 1904, piano forte

à cordes parallèles doté de la sonorité caractéristique de

l’époque, typique de ce que l’on faisait au 19e siècle, que nous

pourrons redécouvrir la Sonate n°1 pour violon et piano en

sol majeur op78, la Sonate pour violoncelle et piano n°1 en mi

mineur op.38 et le Trio pour violon, violoncelle et piano en do

mineur n°3 op.101 de Johannes Brahms, le plus universel des

musiciens romantiques, et compositeur qui n’eut de cesse de

refuser le jeu social. Olivier Gueniffey

13 mars 20h30, Chapelle des Pénitents, Callian. Rens: cello-fan.com

Rémy Cardinale © DR

Sur les conseils de la Commission paritaire des publications et agences de presse, pour que La Strada ne soit plus qualifiée de support publicitaire, retrouvez les informations pratiques en pages agenda.


De même que dans le roman noir, on y trouve ces aspérités qui échappent au plus

grand nombre, ces recoins marginaux de la psyché où l’on aime plonger. Que le matériau

soit la fiction ou le réel, on a besoin de ces voyages en abysses pour la catharsis,

bien sûr, mais aussi pour sortir de nos zones de confort, élargir nos perceptions et nos

consciences, voire jusqu’à l’impensable…

C’est la même gêne, à chaque fois. On balance entre pitié et dégoût, parfois on se fend

d’une pièce. Puis on continue sa route. Rebutants, ils le sont. Affreux sales et méchants,

parfois. Ne comptez pas sur Patrick Declerck pour peindre un portrait complaisant des

êtres qu’il a côtoyés durant quinze ans, en tant que psychanalyste. Le pathos est déjà là,

dans ces existences brisées, vouées à la rue, inutile d’en rajouter. Le fait est que la misère

absolue décuple les pires penchants de l’Homme : alcool, haine, violence et viol. L’auteur

du roman Les naufragés, avec les clochards de Paris, rafistoleur d’âmes cabossées, gratte

là où cela fait mal, avec son étude reprise sur scène par Emmanuel Meirieu.

PETIT NOIR

Au Théâtre Liberté de Toulon ce mois-ci, on frissonne avec Orphelins, véritable

thriller théâtral, et on glisse dans les bas-fonds des rues de Paris avec Les naufragés.

Parce qu’on raffole du « théâtre noir », bien corsé, comme un bon ristretto !

Orphelins © Roxane Samperiz

Les Naufragés © Loll Willems

Retenez bien ce nom : Dennis Kelly. Ce véritable maître du suspense au vitriol et au scalpel

est en train d’investir les planches azuréennes. De la même manière que l’on a adoré Girls

and Boys, du même auteur (à redécouvrir à Châteauvallon en ce mois de mars. Cf. article

Non genré en page 12), on va découvrir aujourd’hui Orphelins. La recette est similaire :

des personnages normaux en apparence, aux abords attachants, qui nous ressemblent.

En l’occurrence le frère, la sœur (nos orphelins), et la petite tribu de cette dernière. On

dîne tranquillement ce soir-là chez Helen quand son frère débarque avec du sang sur lui…

Ellipses, tragédie en creux, drame social… C’est le style Kelly porté sur les planches par

Vincent Franchi. Délicieusement noir ! Azadeh Fouladvand

Orphelins : 17 & 18 mars 20h / Les naufragés : 19 & 20 mars 20h30. Théâtre Liberté, Toulon.

Rens : theatre-liberte.fr

THÉÂTRE

2 / 15 MARS 2020 LA STRADA N°329

LES CHRONIQUES DE DESPROGES

Sociétaire de la Comédie-Française, Christian Gonon se

met dans la peau de Pierre Desproges. Le nom de son spectacle

présenté au Théâtre Princesse Grace ? La seule certitude

que j’ai, c’est d’être dans le doute… Vous connaissez

sûrement Pierre Desproges, l’homme de scène à l’humour

noir et absurde. Mais connaissez-vous Pierre Desproges,

le chroniqueur, l’homme de L’Aurore, de France Inter ou de

France 3 ? Eh bien, Christian Gonon s’en va vous le faire

découvrir dans son seul en scène La seule certitude que

j’ai, c’est d’être dans le doute. Sa carrière de chroniqueur

démarre en 1970 dans l’Aurore, où il tient une rubrique d’informations

loufoques. Son humour trop irrévérencieux et

acide faillit lui coûter sa place à plusieurs reprises, mais

c’était sans compter sur le soutien de Françoise Sagan,

célèbre écrivaine de l’époque, qui dira s’être remise à lire

L’Aurore uniquement pour la chronique de Desproges ! Après

avoir frôlé la porte de sortie, l’humoriste se dirige pourtant

vers l'ascenseur de la réussite. Il devient chroniqueur à TF1

en 1975, mais décide rapidement de s'en aller : ses interventions

sont régulièrement coupées au montage... Il poursuit

sa voie à la radio chez France Inter de 1978 à 1983 où il

anime l’émission Des parasites sur l’antenne, puis le Tribunal

des flagrants délires, toujours avec son humour piquant.

Ce sont ces textes, écrits et parlés, publiés dans les différents

médias, et bien d’autres encore, que Christian Gonon

vous présentera à Monaco. Et qui sait, peut-être qu’un jour

nous pourrons rire de tout et avec n’importe qui ! Tanguy De

Carvalho

17 mars 20h30, Théâtre Princesse Grace, Monaco.

Rens : tpgmonaco.mc

7

Tréteaux d'ici

Adepte de la méthode Stanislavski, Valeriya Budankova, diplômée de l’École Nationale d’Art Dramatique de Moscou,

met en scène Ralf Schütte dans Chut!, un seul en scène au milieu d’un décor mouvant et bruyant conçu selon la

scénographie de l’ingénieux Yves Guérut. Au regard du mythe d’Icare, le comédien explore, subit, en les amplifiant, les

gestes et les accidents du quotidien et nous délivre une chorégraphie cocasse et originale signée par l’incontournable

Marie-Pierre Genovese sur une création sonore de Fabrice Albanese. Chut!, c’est l’histoire extraordinaire d’un

homme de notre temps, qui, tiraillé par les fils de ses consentements, découvre sa propre musique et vit, étonné, sa

métamorphose en homme qui danse. Tout le monde connaît plus ou moins le mythe d’Icare. Et l’on sait bien qu’il veut

nous apprendre qu’il ne faut pas surestimer ses forces, son savoir, qu’il ne faut pas pécher par orgueil, prétention,

qu’il faut rester modeste et peut-être « à sa place ». Chut ! nous dira, à tout le moins, que ce que — et ce à quoi — nous

pensons parfois n’est peut-être pas aussi évident que nous le croyons ; et qu’à tenter de cheminer au cœur d’autres

mondes et de cultures qui s’estompent, mais qui sont aussi proches de nous, si proches que nous nous les cachons

souvent, nous pouvons voir notre présent autrement. Olivier Gueniffey

5 mars 20h30, Théâtre Francis Gag, Nice. Rens: theatre-francis-gag.org

La liberté, c'est l'esclavage ?

Après avoir travaillé sur des «classiques» de la littérature et du théâtre, le Collectif 8

a décidé de s’attaquer à l’un des romans les plus visionnaires du 20e siècle : 1984 de

George Orwell.

1984 © Collectif 8

La liberté individuelle, le droit à la vie privée n'ont jamais

été autant clamés haut et fort qu'à l'heure actuelle. Et

pourtant... Caméras braquées au quotidien sur vos vies,

uniformisation du langage, des habitudes de consommation,

formatage des modes de pensée : comment ne

pas penser à l'œuvre de Georges Orwell dont les allures

de science-fiction en 1949 semblent prendre le pas sur le

quotidien d'aujourd'hui et nous font parfois frémir sur ce à

quoi pourrait ressembler le monde de demain ? Pour Gaële

Boghossian s'emparer du célèbre roman 1984 était «une

nécessité artistique vitale». Dans le cadre d'une coproduction

Anthéa / Théâtres en Dracénie, elle apporte, dans la

forme, une approche nouvelle de l'œuvre en ayant recours

à un jeu de projections vidéo et d'effets sonores qui bénéficient

d'outils techniques innovants. Le projet de l'artiste

est au cœur des créations réalisées par le Collectif 8, implanté

à Nice. En collaboration avec Paulo Correia, Gaëlle

Boghossian est à l'origine d'une quinzaine de spectacles à

la croisée du théâtre et du cinéma, utilisant habilement le

numérique adapté au spectacle vivant. Pour leur spectacle

1984, ils ont choisi d'explorer un seul passage du roman :

celui où le rebelle Winston est soumis au reconditionnement

de son esprit. Le spectateur est projeté dans la salle

d'interrogatoire, le « construct », où l'esprit de Winston est

soumis à des stimuli qui n'ont d'autre but que de le reprogrammer

pour lui permettre de redevenir le citoyen modèle

qu'il se doit d'être. Alors que les images de son passé,

dernières traces de son humanité, s'effacent peu à peu, une

nouvelle vérité s'insinue dans son cerveau. Plus de 70 ans

après sa sortie, 1984 n'a rien perdu de son intérêt pédagogique

et artistique ni de son acuité visionnaire. Valérie Juan

4 au 20 mars, Anthéa, Antibes. Rens : atnhea-antibes.fr / 24 mars

20h30, Théâtre de l’Esplanade, Draguignan.

Rens : theatresendracenie.com

Le jeu de l'amour © V. Arbelet

MARIVAUDAGES

C’est un grand classique qui est proposé au public du

Théâtre National de Nice les 11, 13 et 14 mars prochain :

Le jeu de l'amour et du hasard de Marivaux. Comme

tant de fois Molière avant lui, en 1730, Marivaux choisit

d'aborder le thème de l'amour dans cette pièce qui ne

fut représentée qu’à 14 reprises du vivant de son auteur,

par les Comédiens-Italiens. Le nom même de Marivaux

donnera naissance au verbe « marivauder » signifiant «

échanger des propos galants et raffinés » ! L'amour, ce

sentiment avec lequel on ne badine pas, ciment de la

société puisqu'il permet, en théorie, la survie du genre

humain. Un incontournable à notre vie qui doit pourtant

bien souvent son existence au hasard. À l'époque

de la création de ce qui deviendra le chef d’œuvre de

Marivaux, l'amour et les mariages n'avaient rien à voir

avec l’institution que l'on connaît aujourd'hui. Arrangements,

dotes, titres de noblesse, territoires et autres

influences ponctuaient les unions entre deux familles.

C'est là toute l'intrigue de la pièce. Dans cette nouvelle

version, le metteur en scène Benoit Lambert a rajeuni

le casting pour confier les rôles principaux à quatre

jeunes comédiens dont l'âge correspond à celui pour

lesquels ils ont été écrits. En résumé, la pièce conte

l'histoire d'un jeune homme allant à la rencontre de

sa belle famille dans l'optique de découvrir la main de

celle à qui il passera l'anneau. Spoiler alerte ! La pièce

se termine par deux mariages, comme prévu... Tout ce

qui se déroule entre ces deux événements n’est que détails,

puisque Silvia et Dorante s'unissent tout comme

Lisette et Arlequini. 1h40 de discussions, stratagèmes,

arguments presque en vain, mais qui valent largement

le détour. Boris Hennebelle

11 & 13 mars 20h, 14 mars 15h, Théâtre National de Nice. Rens : tnn.fr

La seule certitude que j'ai c'est d'être dans le doute © DR

RENCONTRE AU SOMMET

Court roman de Jean-Louis Fournier paru en 1995, Le CV

de Dieu ressuscite au Théâtre de Grasse sur une mise en

scène de Françoise Petit. Là-haut dans son Paradis blanc,

après avoir travaillé d’arrache-pied pour créer le monde

d’en bas, Dieu se retrouve totalement désœuvré... Les

heures n’en finissent pas de s’écouler à vide. Qu’à cela ne

tienne, il décide de descendre sur Terre et de se mettre à la

recherche d’un job en envoyant des lettres de motivation

à tout-va. Incroyable, Dieu (interprété par Jean-François

Balmer), reçoit une convocation et va devoir passer un entretien

d’embauche comme le plus simple des mortels, face

à un DRH (Didier Bénureau) qui l’attend de pied ferme pour

lui poser un tas de questions et lui demander de rendre des

comptes au passage ! À partir de cet argument tout à fait

excentrique, Fournier a, pour les deux comédiens qu’il a pris

soin de réunir — l’un «pour sa prestance», l’autre parce «qu’il

joue à merveille le petit directeur des ressources humaines

teigneux» —, ciselé des dialogues où les mots rebondissent

entre eux à la vitesse d’une balle de squash. Et ça commence

fort, Dieu qui n’avait pas chômé jusqu’ici, déboule

dans le bureau du DRH avec un diable à la remorque pour

tracter l’imposant volume de ses grands travaux et des ratés

qui l’accompagnent. Créée au Festival Off d’Avignon en

2018 et portée avec le plus grand sérieux par ce duo parfait,

la comédie promène depuis son absurdité drolatique

de scène en scène devant un public qui en redemande. Ce

n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de causer avec

Dieu… d’homme à homme ! Michèle Nakache

14 mars 16h & 20h, Théâtre de Grasse. Rens : theatredegrasse.com

Le CV de Dieu © Ch.Vootz

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SAMEDI 21 MARS - 20H30

HUMOUR

ANDANDO

8 2 / 15 MARS 2020 LA STRADA N°329

Textes FedericoGarcia Lorca

Mise en scène Daniel San Pedro

« De magnifiques interprètes,

dont Camélia Jordana

magistrale ! »

Elie Semoun, Daniel Prévost, Noëlle Perna, Chevalier

& Laspalès, Stéphane Guillon, Jean-Luc Lemoine, Didier

Bénureau, Arthur, Tano, Anthony Kavanagh, Liane

Foly, Patrick Timsit, Véronic DiCaire, Pierre Palmade, Le

Comte de Bouderbala, Stéphane Rousseau, Éric Antoine, Les

Chevaliers du Fiel, Laurent Gerra, Cauet, Virginie Hocq, Kev

Adams, Fabrice Eboué... Ca, c’est une partie des humoristes

français et francophones passés par les Sérénissimes de

THÉÂTRE DE L’ESPLANADE l’humour au cours de ces 15 dernières années. Eh bien, vous

ne verrez aucun de ceux-là cette année ! On peut légitimement

et trivialement affirmer que Salim Zeghdar, directeur

DRAGUIGNAN

du festival, « en a »… Alors qu’il doit avoir l’un des carnets

d’adresse les plus importants de la région, pour ce qui est du

INFORMATIONS ET RÉSERVATIONS

www.theatresendracenie.com - 04 94 50 59 59

domaine de la gaudriole, il a imaginé une manière singulière

de célébrer cet anniversaire. «Quand vous êtes un humoriste

en développement, vous faites des plateaux, comme

Tarif B : 26€ / 12€

le Jamel Comedy Club ou chez Rire & Chansons, ou des 1e

parties, mais vous n’avez pas une promo pour vous… Donc

je me suis dit, pour les 15 ans, faisons ce que personne ne fait

Andando_n°329.indd 1 19/02/2020 13:41

et offrons la chance à de jeunes talents ou des talents déjà

confirmés qui ont besoin d’avoir une scène à eux.» Peut-être

est-ce aussi un juste retour des choses pour Salim Zeghdar,

qui a eu la confiance de l’ancien directeur des programmes

de la radio Rire & Chansons en lui proposant un partenariat

pour la création des 1e Sérénissimes de l’Humour à Monaco.

«Il y avait Stéphane Guillon, Noëlle Perna, qui était la marraine,

Jean-Luc Lemoine, Tomer Sisley, et le nouveau talent

qu’était à l’époque Stéphanie Bataille. On a reçu ensuite

les plus grands, plus ceux que l’on ne connaissait pas et qui

ont fait leur première scène aux Sérénissimes de l’humour,

comme Tano ou Véronic Dicaire, dont la première en Europe

fut à Monaco.»

Dire qu’il est s’en est passé des choses, en 15 ans de festival

à côtoyer des humoristes, est un euphémisme… Et lorsqu’on

lui demande ce qui l’a marqué depuis le lancement du festival,

il répond «le stress des très grands qui viennent jouer

pour la 1e fois à Monaco. Je me souviens de celle de Franck

Dubosc, il était très inquiet, parce qu’il entendait dire que le

public monégasque était difficile… Mais au final, le public

l’a très bien accueilli, et mon équipe aussi, puisque l’une de

nos collaboratrices est devenue sa femme ! Les Sérénissimes

de l’humour servent aussi de club de rencontre !» De

nombreux artistes comme Anthony Kavanagh, le Comte de

Bouderbala, Noëlle Perna et bien d’autres sont revenus à

plusieurs reprises dans le festival, ou lors de « one shot » que

sa société Monaco Live Production produit régulièrement,

certains sont même devenus des amis. «Aujourd’hui, les Sérénissimes

de l’Humour constituent une étape dans la tournée

française des artistes. Toutes les prods nous appellent,

de nouveaux artistes aussi. Je vais régulièrement à Avignon

découvrir des talents, comme Kevin & Tom que j’ai vus làbas.

En plus, on a le Prince qui, à chaque édition, vient au

moins à un spectacle !» Et ça, c’est la classe !

Pathé Toulon 265, Bd Maréchal Leclerc

83000 TOULON

Infos, Réservations : www.cinemaspathe.com

PRINCES DE L’HUMOUR

Le festival Les Sérénissimes de l’Humour célèbre ses 15 ans d’existence en 2020.

Pour l’occasion, son fondateur, Salim Zeghdar, fait un pari, celui d’offrir à des

artistes émergents le statut de tête d’affiche ! Au programme, du 18 au 21 mars :

Kheiron, Hassan de Monaco, Gil Alma et le duo Kevin & Tom.

Kheiron © Audoin Desforges

La classe comme Calixte de Nigremont, le MC officiel du

festival depuis la 2e édition… Autoproclamé «Prince des

Aristocrates», aussi à l’aise pour présenter une austère remise

de médailles, un concert de rock, une érudite émission

TV, ou un festival de rue, il mène le jeu avec une élégante

espièglerie où fusent les mots d’esprit. «Quand j’ai créé les

Sérénissimes, on cherchait un petit peu le format… Je me disais

qu’il nous manquait quelque chose… Quand je l’ai croisé

dans une présentation, je me suis dit que ce type là, complètement

décalé, était finalement dans le thème à Monaco. Il

fait aujourd’hui partie des fondations du festival.» Pour la

14e année consécutive, il sera chargé de présenter chacune

des soirées, au nombre de quatre en 2020 ! Mais quelles

sont-elles, mon cher Calixte ?

MERCREDI 18 MARS : KHEIRON

En ouverture, vous pourrez profiter de 60 minutes avec

Kheiron, que vous avez peut-être découvert, comme moi,

dans la série Bref sur Canal+. Souvenez-vous de ce mec

chelou, limite pervers, pote du personnage interprété par

Kyan Khojandi, qui n’avait de cesse de lui jeter des œillades

salaces lors des soirées où il tentait de pécho la femme

qu’il aime, ou de lui envoyer des textos lapidaires comme :

«Baise-laaaaaa !» Eh bien, avec lui, vous ne savez pas ce

que vous allez voir, et il ne sait peut-être même pas encore

ce qu’il va vous dire... Dans ce spectacle assez unique, ce fan

de Chris Rock ou Jerry Seinfeld pousse le concept de «soirée

unique» à son maximum en puisant dans plus de 3h de

spectacle, pour en sélectionner 60min, selon l’humeur... Il va

parfois jusqu’à jouer dans une salle à 180° pour être au cœur

de son public. Ce ne sera pas le cas à Monaco, mais qu’importe,

ce mec est fou, alors profitez-en !

Hassan de Monaco © DR

JEUDI 19 MARS : HASSAN DE MONACO

«Si rire est bon pour la santé, Hassan de Monaco est une véritable

cure de jouvence. Des phénomènes d’accoutumance

voire d’addiction ont été rapportés par le public !», nous indique-t-on

dans son pitch. Originaire du Maroc, arrivé sur

le Rocher tout bébé, Hassan de Monaco est infirmier anesthésiste

de formation. Pas de quoi en rire à première vue, et

pourtant… Dans son spectacle, le jeune trentenaire raconte,

avec beaucoup d’humour, de tendresse, d’énergie, son enfance

sur le Rocher et sa passion pour son métier au Centre

Hospitalier Princesse Grace. Véritable succès au festival

OFF d’Avignon 2019, Hassan de Monaco fait actuellement

la tournée des popotes en France, Belgique, Suisse et au Liban.

Ce serait dommage de le manquer à domicile.

VENDREDI 20 MARS : GIL ALMA

Alors lui, comme Kheiron, vous l’avez probablement vu à la

TV, dans la série Nos chers voisins sur TF1. Fort de ce succès,

et de quelques apparitions au cinéma, le beau Gil décide de

se lancer en 2012 dans le dur milieu du one man show avec

Born to be a star. Suivra en 2015, le spectacle La vie est belle,

preuve que le bonhomme est loin d’être un tocard ! En plus,

son spectacle est certifié 200% Naturel, sans OGM. Aucun

risque de ressortir avec une oreille au milieu du front ! Le

concept : nous sommes en 2051, la Terre est complètement

ravagée, mais Gil nous reçoit dans son salon, pépère. Puis

nous l’écoutons nous raconter nos vies passées, la famille

et l’éducation, nos rêves et nos complexes, sans oublier

l’écologie bien sûr, le tout avec un humour caustique et une

bonne dose d’improvisation.

SAMEDI 21 MARS : KEVIN & TOM

Ces deux-là reviennent à Monaco, après avoir assuré toutes

les premières parties de l’édition 2018. Kevin & Tom forment

un duo comique déglingué. Les mecs ont la particularité

de se parler sans jamais se comprendre… Les contresens,

les impasses intellectuelles et l’absurde sont légion dans

leurs spectacles où l’on voit se succéder tout une galerie de

personnages totalement perchés, tels des Laurel et Hardy

des temps modernes gavés au LSD. Comédiens, instrumentistes,

chanteurs, beaux gosses, les deux singuliers compères

se complaisent dans une crétinerie et une autodérision

salvatrice. Vous avez sans doute entendu parler de l’un

d’entre eux dernièrement : Tom Leeb représentera la France

lors du prochain Eurovision. Et ce n’est pas une blague ! Il a

très sérieusement sorti son 1er album, Recollection, au mois

d’octobre dernier. Ce spectacle pourrait tout simplement

être l’une des dernières, si ce n’est la dernière représentation

du duo, nous a appris Salim Zeghdar ! Pascal Linte

18 au 21 mars 20h, Grimaldi Forum, Monaco.

Rens : monaco-live-productions.com

Gil Alma © DR

Kevin et Tom © Pascalito

TOUTE UNE VIE EN BREF !

Bref, ce fut une bonne soirée ! Voilà comment certains d'entre vous résumeront le moment passé à Mougins, à la Scène

55, le 17 mars. Ce soir-là, Kyan Khojandi aura joué sur scène son dernier spectacle autobiographique, Une bonne soirée.

Il s'en est passé du temps depuis la révélation du comédien en 2011 dans la mini-série de Canal +, Bref. Dès ses débuts,

Kyan Khojandi, dans la peau d'un homme un poil paumé, stressé et maladroit, montrait les signes d'une personnalité

haute en couleur, drôle certes, mais souvent désespérante et désespérée. Eh bien, des années plus tard, Kyan Khojandi

chasse les idées noires, non pas en chantant (bien qu'il le pourrait), mais en multipliant les projets au gré de ses envies.

Ainsi, on le retrouve à la fois au cinéma, à la télévision ou sur scène, bref, partout. À tel point que le comédien de 36 ans

s'impose désormais en figure de proue dans le paysage culturel français. Quatre années après Pulsions, son one man

show au succès fulgurant, et plus de 200 dates dans l’Hexagone, Kyan Khojandi revient avec Une bonne soirée. Dans

cette nouvelle création, il déroule le film de sa vie, son quotidien familial, son parcours amoureux, ses choix de vie, les

bons comme les mauvais, ses joies, ses peines, bref, tout ce que la vie a semé sur son chemin. L’autobiographie drôle et

sensible d’un mec simple qui n'a rien trouvé de mieux pour rassembler les gens que de les faire rire aux éclats pendant un

moment. Boris Hennebelle

PATHELIVE.COM

Kyan Khojandi © Laura Gili

17 mars 20h30, Scène 55, Mougins. Rens : scene55.fr

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SPÉCIAL FEMMES

2 / 15 MARS 2020 LA STRADA N°329

9

FÉMININ PLURIEL

D'une actualité brûlante, avec le mouvement #MeToo encourageant la prise de parole, la Journée Internationale

des droits des femmes du 8 mars marque une occasion de plus de célébrer les créatrices, celles qui ont choisi la

culture ou les médias pour s’exprimer. Retrouvez dans ce dossier une sélection de festivals et spectacles mettant

en avant leur force créatrice, leurs combats, leurs engagements, ainsi que des portraits de quelques-unes

d’entre elles qui, par leur propre démarche, montrent bien qu’il est impérieux qu’on les respecte en cette période

régressive à l’égard de leurs droits.

THÉÂTRALITÉ DU RÉEL

Emilie Pirdas est une comédienne chevronnée qui vient de créer le spectacle seule en scène, Un nénuphar dans ma

baignoire au sujet intime et universel : la bipolarité, qu’elle a connue au travers de son père… Le recul et l’empathie lui

ont permis de relever cette gageure. Le théâtre, pour elle, est plus qu’une passion, c’est une manière de vivre, de soigner,

d’aimer, de partager.

C’est sa mère qui inscrit la petite Émilie à des cours de comédie, au Théâtre

de l’Alphabet, à Nice, car elle la voyait inventer toutes sortes d’histoires

dans sa chambre d’enfant. Elle poursuivra dans cette voie jusqu’au Lycée

Bristol de Cannes où elle rencontre nombre de comédiens qui jouent aujourd’hui

dans la région. Elle monte sa première compagnie, Axe Libre, avec Émilien Urbac

(journaliste à l’Humanité) et Aurélie Péglion. Du théâtre engagé, ils jouent

Brecht, Camus (auteur préféré de son père)… Elle crée un 1er Seule en scène, avec

Isabelle Bondiau-Moinet et la Cie Alcantara. «On l’a joué en salle, mais aussi en

appartement. J’aime bien ce type d’expérience, j’aime bien m'amuser un petit

peu à droite à gauche, et trouver des lieux insolites pour jouer». Multipliant les

collaborations, elle travaillera pendant près de 8 ans avec la Cie Le Cri du Cœur,

où elle fait le clown, et tournera beaucoup en France, en Belgique et en Suisse…

Elle reviendra au théâtre avec la Cie Art En Ciel, où elle rencontre Corinne Raymond.

Naîtront les déjantés spectacles musicaux K-Barock (cf. couverture de La

Strada «Spécial femmes» n°289) et Nickel Sisters. En parallèle, elle joue Le secret

des Nénuphars, création de Gilles Février, au TNN et au Théâtre de la Criée en

2004. «J’aimais bien son approche théâtrale très naturaliste. J’ai eu une sorte

de formation très clownesque avec Le Cri du Cœur, mais en même temps j’aime

bien les choses très intimes et naturelles. Je trouve ça très important en théâtre

d’être le plus vrai, le plus sincère possible, de ne pas tricher avec le public.» En

2017, elle monte une nouvelle compagnie qu’elle nomme Un Poisson En Avril,

car elle est née un 1er avril. On reconnaît là son goût pour le burlesque. Elle y

développe notamment un «théâtre forum», où il est question de monter des

saynètes pour illustrer un concept comme le respect, par exemple, et quand le

conflit arrive à son paroxysme, les spectateurs deviennent acteurs aussi. Elle

a fait ça dans des établissements scolaires, à la Fac, à l’hôpital… «Je n’ai pas

pour but de réinventer ou de changer le comportement des gens, mais de semer

des petites graines. Et ça fait son effet ou pas… L’important est de poser des

questions». Son deuxième projet s’adresse au jeune public, Lily avec Christophe

Caissotti.

ODYSSÉE FANTASMAGORIQUE

Sa dernière création est ce fameux Nénuphar dans ma baignoire, seule en

scène écrit en collaboration avec Julie Villeneuve, et mis en scène par Dimitri

Hatton, sur la bipolarité de son père, mais aussi sur ses souvenirs d’enfance. Il

n’est pas question de théâtre documentaire, d’autobiographie ou de psychothérapie,

mais plutôt de théâtralité, ou comment raconter une histoire à partir de

cette bipolarité. Ici, les codes changent, on part de l’intime vers l’universel, on

croise le réel et l’imaginaire. «Je suis d’origine grecque par mon père, Constantin

Pirdas, et ma mère est anglaise. Du coup, j’ai pas mal d’influences un petit

Mélissa Prat © Flrian Lévy

Cette femme de théâtre a su, à force de ténacité et d’abnégation, réunir autour

d’elle toutes les bonnes volontés et tous les talents (l’indispensable Tony Munoz,

Marie-Caroline Regottaz qui réalise la robe du festival, Gabriel Martinez l’affiche…)

pour mener à bien cette aventure où théâtre, danse, concerts, performances, expositions

et conférences seront au programme du 5 au 14 mars, dans 11 lieux niçois

qui mettront en lumière la pluralité et la créativité dans l’Art et la Culture, la

mixité, le partage, le mélange des genres, la lutte contre les stéréotypes sexistes,

contre toutes les formes de violence faites aux femmes. Et l’ouverture est toujours

un moment très attendu du festival : le défi est de taille puisque l’an dernier Eva

Rami nous avait subjugués avec son seule en en scène T’es Toi qui, depuis, connaît

un succès amplement mérité ! Cette année, c’est au tour de Mélissa Prat de relever

le défi avec Métanoïa le présage du papillon (cf. encadré ci-contre). Olympia

Alberti, marraine honoraire du festival, évoquera Marguerite Duras lors d’une

conférence, et la comédienne Sarah Jalabert donnera à écouter des extraits de son

dernier roman Le Corps de Frontière. Dans une mise en scène d’Émilien Urbach, et

à l’aide de dessins d’Edmond Baudoin, Mandine Guillaume et Émilie Jobin retraceront,

avec Éclaboussure, une odyssée qui relie les différents rivages de la Méditerranée

et dénonce l’absurdité des politiques migratoires européennes. Une aventure

initialement narrée par Yasmina Farber dans son film C’est la goutte d’eau, par

ailleurs projeté au cinéma Mercury. Sœurs de Gérard Levoyer, nous permettra de

découvrir la nouvelle mise en scène de Françoise Olivier, alors que Julie Bargeton

évoquera avec humour l’identité de la femme dans Woman is coming. La danse

sera représentée par la Cie Instinct avec leur création Ainsi soient-elles à l’Espace

Magnan, qui accueillera également Huella, spectacle de danses « pluri’elles » de la

Cie Pimienta. Quant aux trois solos à l’affiche — Origine de Magali Revest, Ta Chair

de Morena Di Vico et Espérance de Florence Pageault —, ils investiront le Théâtre

Francis Gag. Du côté des spectacles musicaux, on découvra L’Ornithorynque, premier

projet d’Oriane, Premier Cri de Vallée, les chansons à textes d’Aurore Illien dans

Quand on vous aime comme ça, sans oublier What a Wonderful Trio de la facétieuse

Plume et la harpiste Cécile Bonhomme qui proposera L’Âme des Poètes avec

son ensemble Harpe Diem. Musique baroque, lecture et photographie s’entremêleront

au Palais Lascaris grâce à la viole de gambe d’Emmanuelle Catlin et à l’œil de

Stéphanie Chotia, dans Spleen Baroque. Mélange des genres toujours, entre vidéo,

musique et danse contemporaine, avec (A)cross du Collectif Exceedance de Sophie

Boursier. Et tandis que la Cie La Saeta (Sophie de Montgolfier, Emma Laurent et

Marie-Jeanne Laurent, accompagnées par Jean-Louis Ruf-Costanzo) rendra hommage

à Brigitte Fontaine dans Je suis immortelle..., le groove psychédélique des

Shakin’Mamas Orchestra bouclera cette 12e édition ! Des expositions, à retrouver

durant tout le festival, nous donneront à voir le travail de Svetà Marlier, dans sa

propre galerie, celui de Nathalie Broyelle qui se tiendra en la conviviale Orange

Bleue de Louis Dollé, ainsi que ceux de Tina de Rubia, Olivia Blanchard, Geneviève

Bozec et Moko Mad’moiselle au Théâtre Francis Gag. Olivier Gueniffey

5 au 14 mars, Nice. Rens : femmesenscenes.com

Émilie Pirdas © Eric Bénier-Brückel

Femmes en scènes

Libres, puissantes, engagées, élégantes, expressives, audacieuses, nécessaires, créatives, insolentes, convaincantes,

courageuses… elles seront en scènes pour la 12e édition de ce festival, créé et dirigé par Françoise Nahon.

peu à la Alice au pays des Merveilles. J’aime bien l’univers de David Lynch, ce

côté un petit peu fantastique. J'essaie d’intégrer cela dans mon projet. J’aime

bien les fantômes du passé, j’aime me questionner, j’aime cette écriture un petit

peu fragmentaire, instable, qui bouge un petit peu. Pour moi, les conflits intérieurs

sont intéressants, j'essaie de les poser sur scène. C’est assez universel pour

les gens. Quelque part, la vie est une tragédie qu’il faut faire en sorte de raconter,

mais d’une façon poétique et fantastique, tout en gardant cette dimension

intime. J’aime les contrastes, les paradoxes. Je n’aime pas les jugements tranchés,

je n’aime pas forcément le noir et le blanc, j’aime le gris aussi !» Émilie est

tout à fait intarissable lorsqu’elle évoque sa passion théâtrale, mais nettement

plus réservée sur sa vie de femme.

Maman célibataire d’un petit Anao, qui va avoir 8 ans. Sa naissance a été marquée

par « le sceau du père », car elle a fait une psychose puerpérale à sa naissance,

avec deux mois difficiles de délires où elle cherchait son père, décédé

lorsqu’elle avait 24 ans. «On avait une grande fusion et comme j’étais la petite

dernière, je ne comprenais rien en fait. Ma mère disait parfois : «ce n’est pas

papa, c’est la maladie». Petite fille, ça m’a marquée pendant longtemps. C’est

des questions que je pose dans le spectacle et les gens s’y retrouvent, notamment

les personnes bipolaires ou les associations. Après le spectacle, j’ai plein

de gens concernés par ce trouble qui viennent me voir, mais vous n’avez pas

une étiquette sur le front ! Ça leur fait du bien parce qu’il n’y a pas de jugement.»

Émilie est auteure, comédienne, metteure en scène, clowne, entrepreneure et

mère célibataire. Elle parvient à assumer production, factures, contrats pour la

compagnie, bien aidée par Christophe Caissotti. «Je suis bien entourée quand

même», reconnaît-elle. Le plus difficile est d’assumer la culpabilité de ne pas

être avec lui lorsqu’elle part jouer ou travailler, car elle vit seule avec son fils. «Il

y a beaucoup d’hommes qui comprennent qui je suis, parce qu’il y a eu un tournant

dans ma vie où j’ai eu ma psychose et je me suis séparée du père de mon

fils. Aujourd’hui, je ne suis plus dans la psychanalyse, je suis plutôt dans la «neurologie»

pour expliquer pourquoi j’étais toujours attirée vers quelque chose qui

ne me correspond pas. Et un jour je suis tombée sur Christophe, qui est dans la

compagnie. On forme vraiment un super binôme, mais on ne vit pas ensemble…

Ça matche hyper bien, même si au tout début, je ne voulais pas être avec lui…

Puis j’ai accepté d’aller vers quelque chose de plus simple, qui me fait du bien.

Du coup, le fait de vivre chez moi, c’est parce qu’il y a des moments où j’ai envie

d’être toute seule, et lui pareil. Il y a une question de communication aussi, il faut

de la communication non violente, ça aide au dialogue !» Michel Sajn

Un nénuphar dans ma baignoire : 6 mars 20h30, Lavoir Théâtre, Menton / 23 mars 14h30,

Théâtre Francis Gag, Nice. Rens : cupea.fr

OUVREZ LA CAGE AUX PAPILLONS !

Bien décidée de prendre son envol en tant que créatrice et interprète

de son propre texte, Mélissa Prat affronte avec Métanoïa, le présage du

papillon une thématique ô combien d’actualité : la toxicité d’une relation

amoureuse et donc les violences conjugales. Issue du Conservatoire

de Nice, passée ensuite par l’École Supérieure d’Art Dramatique de Paris,

Mélissa Prat s’est déjà illustrée à maintes reprises à Anthéa avec le Collectif

8 (L’homme qui rit, Le Château, L’île des esclaves, George Dandin…)

et dans les mises en scène de Daniel Benoin (Élise dans L’Avare, Bérénice

dans Tu te souviendras de moi…). Avec cette création, qui inaugurera

le festival Femmes en Scènes le 6 mars au Théâtre Francis Gag, elle

s’attaque à l’amour et sa nocivité. Car, si l’amour est le territoire de la

rencontre, celui où l’ajustement des choses oblige en principe à un « en

commun » différencié, ce n’est pas toujours hélas le cas… Comment se positionner,

trouver sa place et s'affirmer face à un autre tant aimé qui nous

dépossède de nous-mêmes ? Autant de questions que Métanoïa soulève

par de multiples « conversations » que la comédienne aura alternativement,

tel un va-et-vient musical, avec son cœur et sa tête. Pour son 1er

seule en scène, Mélissa Prat a réuni une équipe de choc autour d’elle :

elle est dirigée par Bénédicte Allard (que l’on a pu voir récemment en

tant que comédienne-chanteuse dans le Sherlock Holmes de la Machine),

elle a confié les lumières et la conception du décor à Samuèle Dumas

(Collectif 8, La Machine), le prolifique artiste pluridisciplinaire Clément

Althaus signe la musique tandis que Sophie Visentin réalise le costume

de Mélissa. Guillaume Pissembon a apporté son regard technique alors

que Marie-Pierre Genovese a déployé tout son savoir-faire au niveau de

l’expression corporelle. Cette conjonction de talents réunis dans Métanoïa

vous permettra de découvrir comment réussir à nous rapprocher de

nous-mêmes, et de vous convaincre de prendre le large pour exister à la

lumière et être plein d’espoirs !

17 mars 20h30, Scène 55, Mougins. Rens : scene55.fr

Sur les conseils de la Commission paritaire des publications et agences de presse, pour que La Strada ne soit plus qualifiée de support publicitaire, retrouvez les informations pratiques en pages agenda.


SPÉCIAL FEMMES

10 2 / 15 MARS 2020 LA STRADA N°329

POURVU QU'ELLE SOIT JAZZ

Le jazz comme destin, la musique comme chemin, le partage et l’humain comme éthique… C’est le parcours exceptionnel

d’une passionnée qui dirige le service du jazz et des musiques actuelles à Nice : Frédérica Randrianome-Karsenty.

Enfant voyageuse, car sa mère travaillait pour le ministère des Affaires

étrangères, elle se pose en 1992, à 14 ans, au Lycée international de Valbonne,

l’un des deux seuls internats du département où les élèves pouvaient

aussi rester le week-end. C’est grâce à son prof de musique, Jean-François

Jacqominot, qu’elle découvre le jazz en participant au Big Band qu’il avait

monté. C’était son échappatoire, elle y occupait la place de chanteuse soliste.

Cette expérience déterminera son destin et l’aidera à comprendre que chanter

la rend vivante, transgressant avec une éducation très stricte : «Pour beaucoup,

l’internat résonne comme une punition, mais pour moi ça a été le bonheur et la

chance de ma vie.» Les profs ne s’y trompent pas et l’encouragent. «La musique

m’a vraiment tout apporté, le pouvoir d’être libre, de m’exprimer, de comprendre

qu’on avait le droit d’avoir des émotions, de les partager. En fait, c’est

une forme d’éducation. Qu’est-ce que la pudeur ? Jusqu’où peux-tu provoquer ?

Qu’en est-il de la sensibilité des autres, du rapport à l’autre ?»

Après le Bac, elle débarque à Nice, seule. Elle qui était habituée à mettre les pieds

sous la table, la voilà lancée dans le grand bain. Elle commence des études en

Fac de Droit, pour «rentrer dans le moule», mais ce n’est pas vraiment son truc,

elle qui est une rêveuse. En visite à la Fac de Lettres, elle croise deux «allumés

géniaux», Patrick Accola et Yannick Geoffroy, qui dirigent le département ACL

(Art Communication Langage). Il est important pour elle de faire des études pour

valider quelque chose, mais ne pense qu’à une chose à l’époque, chanter. Elle

gardera toujours de cette époque la peur de ne pas se suffire à elle-même, la

peur de ne pas manger. Une peur qui la pousse à chercher un plan B à la musique.

C’est une des raisons qui lui font énormément respecter ceux qui ont pris le risque

de ne vivre que de leur musique, elle qui n’a pas été capable d’assumer ce choix.

Elle déménage alors dans le Vieux-Nice, au 11 rue Droite, l’immeuble de Dick Rivers.

Un signe ? Elle trouve là une ambiance «village», tout le monde se connaît

et les gens de l’immeuble font même le bœuf entre voisins. Une voisine l’attend

souvent quand elle rentre de la Fac et ouvre ses fenêtres pour l’entendre chanter.

En face, habite Sir Ali, le directeur de TSF Jazz de l’époque, qui lui propose de venir

chanter pour la Fête de la musique organisée sur la place Saint-François, où

se trouvent les locaux de la radio. C’est ainsi qu’elle débute un stage dans cette

antenne locale, où elle apprend les métiers de la radio de A à Z. Elle y restera

finalement 7 ans, animant les après-midis, les décrochages, l’agenda… Une manière

pour elle de découvrir les festivals et acteurs du jazz de la région. Un rêve

éveillé pour elle ! En 2009, elle se rend pourtant compte que ce n’est pas la radio

qu’elle aime, mais le jazz lui-même, et décide de créer son propre média : rivierajazzclub.com.

Si aujourd’hui, c’est chose banale, à l’époque c’est très courageux.

Elle a la chance d’avoir des parrains exceptionnels : en France, Richard Galliano,

à l’international Marcus Miller.

L’ESPACE PUBLIC COMME TERRAIN DE JEU

Toutes les pièces de théâtre ne se jouent pas forcément sur une scène, et parfois même pas dans un théâtre du tout ! Depuis

2011, Édith Amsellem créée des spectacles destinés à ne pas être joués sur des planches, mais dans des lieux qui “révèlent

des images mentales communes à tous, et en suggèrent aussi d’autres, plus intimes, plus enfouies”. Pour Virginia à

la bibliothèque, Édith Amsellem prend possession des lieux dédiés aux livres, notamment la médiathèque Albert Camus

à La Valette, à l’occasion de la soirée Femme à l’honneur, le 5 mars. Cette nouvelle création s’inspire du roman Un lieu à

soi de Virginia Woolf. La romancière anglaise, dont l’écriture du «flux de conscience» marquera le 20e siècle, admettait

volontiers qu’il existait un lien entre son écriture et ses problèmes psychiatriques. Harcelée par des phases dépressives

de plus en plus rapprochées, elle mit fin à ses jours en 1941. Edith Amsellem veut amener le spectateur dans cette folie en

le faisant entrer dans une bibliothèque semblant ne pas être de ce monde. Pourtant, d'apparence ordinaire avec ses étagères

remplies de livres, le lieu est hanté par les esprits des différents écrivains de ces ouvrages. Ne soyez donc pas étonné

de voir une table bouger derrière vous ou bien une horloge qui s’emballe. Edith Amsellem vous invite à une expérience inédite

! Si certains sortent des théâtres pour montrer leur représentation, d’autres y entrent, mais ne montent pas sur scène.

C’est dans le hall du Théâtre Marélios que Lucile Jourdan (Cie Les Passeurs) interprétera le 1er volet de la trilogie sur les

addictions : Héroïne(s). Trois seules en scène, écrits par trois femmes différentes, mais joués par une seule comédienne.

Lucile Jourdan se mettra ici dans la peau de Livia, jeune femme alcoolique… Tanguy De Carvalho

Virginia à la bibliothèque : 5 mars 18h30, médiathèque Albert Camus / Héroïne(s) #1 : 5 mars 20h30, Hall du Théâtre Marélios. La

Valette du Var. Rens : FB culture83160

CHARMASSON

G U IT A R E

GORELLI

PAROLE

Poéjazzy

MEDIATHEQUE NOAILLES

CANNES

SAMEDI 7 MARS 18H 30

WOMEN ON STAGE

10 ans déjà ! Joyeux anniversaire à l’association Women

on stage qui fête cette année sa dixième année d’activité…

Et rendez-vous le 7 mars au Shapko, à Nice. Créée

en 2010 par la chanteuse et guitariste Nadia Scaillet,

du groupe Nadiamori, cette association a pour but de

réunir sur scène chaque année, à l’occasion de la Journée

de la femme, quelques-unes des chanteuses, musiciennes,

danseuses, etc., les plus inspirées de la Côte

d’Azur. Le 7 mars prochain, c’est le Shapko Bar, au 5 rue

Rossetti dans le Vieux Nice, qui sera une nouvelle fois

l’hôte de cette manifestation festive qui tous les ans réaffirme

son soutien aux mouvements pour les droits des

femmes, dans le swing et la bonne humeur ! Pour fêter

dignement ce 10e anniversaire, un copieux menu a été

concocté, jugez-en plutôt : Nardjes Asheg, Claire Deval

& Gabriel Anfosso, Marjy F Trio, Stecie Peck, Tipsy Chicks

Quartet, Rap-A-Delic, Goldfingers, Melissa Trinidad et

Dayana. Neuf groupes, neuf styles différents, du swing

au rap, de la chanson française au rhythm & blues, du

funk au latino, du jazz au blues, en passant par le disco,

toutes les musiques seront présentes, incarnées par de

jeunes femmes aux personnalités fortes et créatives, et

à la présence scénique certaine. Un véritable gynécée de

musique, un cocktail d’anniversaire à savourer sans modération.

Je terminerai en citant très justement l’un des

titres de Nadiamori : Champagne ! Gilbert d’Alto

7 mars 20h, Shapko Bar, Nice. Rens : FB Women on Stage &

06 59 69 91 58

Frédérica Randrianome-Karsenty © Alain Karsenty

Toutes les femmes ne sont pas Ève, Louise Michel, Marie

Curie, Rosalind Franklin, Rosa Parks, Jacqueline Auriol,

Clara Schumann, Margaret Hamilton, Simone de Beauvoir,

Brigitte Engerer, Agatha Christie, Simone Veil… Mais

toute femme est créatrice dans sa vie. Et si certaines ont

inscrit leur nom dans la postérité, d’autres, inconnues ou

dans l’ombre de l’Histoire, apparaîtront peut-être un jour

aux yeux de tous grâce à une œuvre ! C’est la mission que

s’est donnée Claire Bodin en créant le festival Présences

Féminines, dont la création résultait de la « découverte

fortuite et bouleversante qu’il existe des milliers de noms

et d’œuvres de compositrices, d’un enthousiasme à l’idée

d’effectuer une telle plongée dans un univers si peu exploré,

de l’intuition qu’il y avait des trésors à partager et d’un

profond sentiment d’injustice à laisser tout cela dans l’obscurité

», indique-t-elle. Le festival s’ouvrira le 17 mars, avec

des œuvres d’Amy Beach, Fanny Mendelssohn et Rebecca

Saunders interprétées par le Quatuor Diotima.

10 ans en 2020 ! Pour l’occasion, Présences Féminines s’associe

à la Scala de Paris. Une partie des concerts du festival

seront repris à Paris le 16 mai : tout d’abord, le récital de

Célia Oneto-Bensaïd sur des pièces pour piano, d’après des

lectures de Dante, de Marie Jaëll, et la création française de

Number 1 de Camille Pépin (24 mars). Puis les concerts du

Quatuor Van Kuijk (27 mars) et de l’accordéoniste Pascal

Contet (28 mars). Tous deux interpréteront respectivement,

et en créations mondiales, O God ! et Over the sky d’Edith

Canat de Chizy, première compositrice membre de l’Institut

Deux ans plus tard, Frédérica propose un partenariat au Nice Jazz Festival. Deux

semaines plus tard, on lui propose à son grand étonnement un poste d’attachée

de presse, elle qui n’a jamais fait ce métier : «C’était assez marrant parce que je

n’avais jamais passé d’entretien d’embauche ! Je me suis dit qu’il avait dû y avoir

un malentendu et j’expose mon cursus. Au bout de 10 minutes, on me dit «c’est

bon, vous me plaisez». En fait, cette personne était morte de rire, je devais être

complètement à côté, je devais tellement sortir du lot que ça lui a plu… En fait

d’une mission qui devait durer 6 mois, je n’en suis plus repartie !». Elle commence

donc comme responsable presse, puis passe responsable de production et devient

adjointe au directeur, pour passer directrice en 2014. D’ailleurs, quand la

direction du festival a été créée, la ville y a adjoint les musiques actuelles, plaçant

ainsi le jazz dans un mode évolutif au lieu d’en faire une musique figée dans

son Histoire. «La ville de Nice a le jazz dans son ADN depuis toujours, il y a toujours

eu des concerts de jazz, l’été et le reste de l’année. L’idée était vraiment de

leur donner une identité plus forte et de les faire vivre et résonner dans toute

la ville. On a donc créé le label Nice Jazz festival Session. Le public qui y vient

est une véritable famille, car il y a quand même un vrai cercle, un vrai jazz club

dans la région…»

À l’occasion de la réalisation du livre sur les 70 ans du festival de Jazz de Nice en

2018, elle interviewe André Ceccarelli qui l’a connue adolescente, qui l’a vue évoluer,

passant de la radio, à la presse, puis à la programmation, et même à la photo

(elle a fait la première exposition de la Cave Romagnan). Quand il lui demande ce

qu’elle n’a pas fait dans ce milieu, elle lui répond : «un album». Il la connaissait depuis

20 ans, mais ne savait pas qu’elle chantait. Il lui propose alors d’en enregistrer

un. Au début, elle croit qu’il plaisante, mais non, “Dédé“ va lui produire un album,

qu’ils enregistreront courant 2020-2021. Depuis, il l’appelle régulièrement pour

lui dire qu’il a trouvé tel musicien, qu’il a trouvé tel studio, etc. Et qu’en dit son

mari, qu’elle a rencontré au lycée international de Valbonne quand il était interne ?

«Bah, c’est comme tous les mecs. Il ne se rend pas compte de ce que c’est. Mais

j’ai une grande chance, car il m’a permis d’avoir du temps pour me réaliser. Dès le

début, je savais que ce serait mon mari et le père de mes gosses, même si lui ne le

savait pas encore !» Frédérica est une passionnée, une amoureuse, une rêveuse…

Elle a passé tous les obstacles avec cette grâce que lui a donnée le jazz. Partie

de chez elle à 14 ans, femme de couleur, elle cumulait un autre «handicap» : son

poids. Mais elle a gagné, sur tous les tableaux, prouvant que rien n’est impossible

: être une femme et diriger, avoir une passion et en vivre, être de couleur

et s’en sortir. Elle est même parvenue à vaincre son surpoids, toujours zen, à son

rythme… Son secret ? Sa féminité, sa bienveillance, sa passion, son humanité et

le jazz. Pour une fois, c’est une «gentille» qui gagne. C’est si rare qu’il fallait le

signaler ! Michel Sajn

Une décennie de Présences Féminines !

Du 17 au 28 mars, le festival crée par Claire Bodin proposera de nombreux concerts

et conférences à Toulon, La Garde, La Valette et Le Pradet. Plus d’une trentaine de

compositrices de diverses époques et nationalités sont à l’affiche !

Edith Canat de Chizy © C.Daguet

Quatuor Diotima © Verena Cheng

de France, en résidence de Présences Féminines 2020. Née

le 26 mars, le festival célèbrera l’anniversaire de la compositrice

française, avec un double programme en clôture : la

projection du film Edith Canat de Chizy, un portrait d’Eric

Darmon à 17h30, et le concert Cori, Féminins pluri-elles

avec le Chœur Spirito.

Nous retrouverons aussi Isabel Villanueva à l’alto, « instrument

dont le timbre est le plus proche de la voix », explique

Claire Bodin, et François Dumont, merveilleux pianiste, très

remarqué à la Tour Royale. Le 20 mars, ils interpréteront des

œuvres de Rebecca Clarke, Golfam Khayam, Edith Canat

de Chizy et Dobrinka Tabakova. Le 22 mars sera une journée

Compositrices au long cours… et contes de fées, de 10h à

19h, avec 19 jeunes artistes, femmes et hommes, sélectionnés

sur près de 150 à avoir répondu à l’appel à projets. « Venez

découvrir leur talent et les œuvres de plusieurs jeunes

compositrices, dans des formations souvent inhabituelles

et partager cette journée exceptionnelle entre moments

musicaux, contes de fées d’autrices et autres propositions

surprises ! » annonce le Festival. Signalons enfin une autre

création mondiale d’Edith de Canat de Chizy, Beyond pour

flûte et trio à cordes, le 25 mars au Théâtre Liberté, par

l’Ensemble Helios, avec Françoise de Maubus à la harpe.

Un programme dédié à six compositrices : quatre du passé,

deux du présent… Comme un symbole ! Claudie Kibler Andreotti

17 au 28 mars, Toulon, La Garde, La Valette et Le Pradet.

Rens : presencesfeminines.com

gratuit rens. «la mer parle» 06 07 36 91 98

Sur les conseils de la Commission paritaire des publications et agences de presse, pour que La Strada ne soit plus qualifiée de support publicitaire, retrouvez les informations pratiques en pages agenda.


Dorothée Marro est née et a vécu à Nice Nord. Elle allait au collège Henri

Fabre en classe info pour élèves à haut potentiel. Sélectionnée dès le

CM2, elle a suivi ce cursus «spécifique» jusqu’en Terminale. Après son bac,

elle part à Toulon, puis en Espagne et choisit de faire une préparation HEC qui ne

l’inspire guère. Elle fait beaucoup de danse classique à cette époque. Son rêve

est alors de devenir danseuse étoile, mais un genou capricieux la forcera à trouver

une autre passion. Par dépit, elle se lance alors dans les études supérieures.

Elle aime déjà la littérature, mais n’a pas encore cette passion du journalisme.

C’est à l’occasion d’un stage en entreprise pour HEC qu’elle part pour Paris et

atterrit dans une agence «Magic Garden», une des premières qui travaillait officiellement

sur des soirées electro importantes : «Je ne connaissais personne à

Paris, c’est la première fois que j’arrivais seule, que je prenais le métro, etc. Mais

j’ai été tout de suite très bien accueillie, même si Paris, c’est une autre vie, un

monde de requins où il faut beaucoup bosser… Mais ça m’a plu !» Premier coup

du hasard : elle rencontre un caméraman qui lui dit que l’on cherche une stagiaire

à France 5, pour une émission culturelle, Cult, qui ciblait les 15-35 ans à

propos des cultures urbaines, du «lifestyle». Très rapidement, on lui donne des

missions, elle va sur le terrain. Elle se régale. Elle retrouve un stage pour une

autre émission de France 5 sur l’Europe : 25 à table. Elle est immédiatement

engagée après son stage. Elle se retrouve alors avec un travail, avant même

d’avoir passé ses diplômes de fin d’année à Montpellier.

Elle restera une dizaine d’années dans la capitale à travailler pour les plus

grandes agences de presse et de production TV qui conçoivent des reportages

et des documentaires pour Envoyé Spécial, Zone Interdite, Enquête Exclusive…

Elle entame alors une réelle carrière de journaliste d’investigation. Elle n’aime

pas les sujets brefs, frontaux, mais se découvre un goût pour les enquêtes en

«immersion», travaillant avec des pompiers, des policiers, participant à leurs

interventions : «Pour Enquête Exclusive, j’ai suivi pendant un an les gardiens de

la paix sur le terrain où, par exemple j’ai vu un type se suicider en direct. J’avais

25/26 ans.» L’impact de cette tragédie l’a profondément marquée, comme l’enquête

sur les jeunes filles mineures délinquantes pour Zone Interdite, et révélera

chez elle une qualité particulière pour le traitement des faits divers. «Les gens

qui se confient à moi doivent voir que je m'intéresse sincèrement à eux. C'est

important, car parfois les journalistes peuvent l’oublier pour rester focus sur

leur sujet. Ou peut-être n’ont- ils pas le temps ? C’est aussi ça qui fait la différence.

En fait, je suis dans la simplicité, le partage. Lors du sujet sur les mineures

LE POINT G DE LA CHATOUILLEUSE

Un spectacle de chansons éroticomiques pour fêter la journée de la femme, ça fait plaisir ! Parce que oui, ces mesdames

ont parfaitement le droit de jouir à leur guise… des bons moments que nous offre la vie. La chatouilleuse

des âmes pudiques, virtuose du théâtre musical humoristique, revient dévoiler les trémolos de partitions vierges de

toute censure et rendre hommage au désir jusqu’à la coda de l’extase. En 69 minutes renversantes, Laetitia Planté

nous propose de faire un point sur le lien étroit qui unit Eros et la musique. Un mélange d’audace, de sensualité,

d’humour, de digression et de poésie, en mémoire de ce bon Docteur Grëfenberg, découvreur du précieux Point G…

SPÉCIAL FEMMES

délinquantes, une fille et un père de famille se sont confiés à moi comme ils ne

l’avaient jamais fait avec la police, ou même avec leur famille. Parfois, il y a

des choses qui se déclenchent. Ça ne s’explique pas, c’est un mélange d’écoute,

d’empathie…»

Pour supporter les chocs durant ces 10 années, le théâtre lui servira de «thérapie».

La créativité a jalonné sa carrière : la danse, le théâtre et même le cinéma.

Il y a un peu plus d’un an, elle interprétait un des rôles principaux dans

un long-métrage en Corse, La vie ou la pluie de Lavinie Boffy. Cette réalisatrice

ajaccienne a écrit et réalisé cette fiction TV retraçant son enfance au sein d'une

famille constituée uniquement de femmes.

2 / 15 MARS 2020 LA STRADA N°329

BAROUDEUSE DE CHARME

Dorothée Marro est une trentenaire, jeune maman, journaliste chevronnée. Sous ses airs d’actrice, de mannequin,

se cache une âme sensible, mais aussi une femme qui n’a jamais eu peur d’aller sur le terrain, même dans des

conditions difficiles. Ses documentaires sont à son image, humains et authentiques, tant elle sait écouter les

gens et recueillir certains secrets qu’elle partage comme un cadeau.

Dorothée Marro © Jessica Jager

LES DIFFICULTÉS D’ÊTRE FEMME DANS CE MÉTIER

«À Paris, j’ai dû me battre, j’étais essentiellement entourée de mecs de 40-50

ans qui faisaient beaucoup de reportages. Mais des hommes qui ont cru en

moi, mes mentors étaient des mecs… Antoine Robin, un rédacteur en chef, le

premier, qui m’a remarquée sur l’émission Cult, et Nicolas Valode, ensuite,

quand j’ai travaillé pour les boîtes de production, etc. Ce sont des hommes

qui m’ont fait confiance, parce qu’à Paris il y avait aussi ce complexe de la «

fille qui vient de province».

L’accent est un peu parti depuis, je ne sais pas si je l’ai fait exprès ou si ça s’est

fait inconsciemment. Je bossais comme une folle, je rentrais chez moi à 23h/

minuit tous les soirs. Je restais dans les salles de montage. Il fallait vraiment

prouver que j’étais là. Les reportages ont fait la différence par eux-mêmes.

J’avais de super audiences, j’ai même battu des records. À l’époque où j’avais

fait ce sujet sur les filles délinquantes en prison, Mélissa Theuriau, la femme

de Jamel Debbouze, présentatrice et rédactrice en chef de l’émission Zone

Interdite, m’a applaudie à la fin de la projection !» Une reconnaissance professionnelle

rare pour Dorothée.

ET MAINTENANT ?

«J’ai eu mon fils, Joseph, qui a maintenant 22 mois, et que j’ai gardé avec moi

jusqu’à sa rentrée en crèche, à 20 mois. J’ai continué à faire mes reportages

et montages avec lui. Les jours où j’étais en tournage, on me le gardait. On

peut allaiter et continuer à bosser, c’est ce qu’il faut se dire ! Je suis en pleine

forme, j’ai le temps de faire du sport, d’aller au boulot, d’être à fond. J'essaie

de lui donner tout mon amour, j’ai envie d’être là pour lui. Je partage tout

avec lui, je l’emmène avec moi au musée, à des vernissages…»

Elle vit aujourd’hui à «la maison», à Nice. Elle revenait régulièrement l’été, la

ville lui manquait. Elle continue à travailler avec des sociétés de production,

comme elle le faisait par le passé à Paris, toujours pour faire des documentaires,

en assurant les aller-retours. Elle travaille également pour Azur TV

(canal 31 de la TNT) où elle réalise deux émissions : Immersion, qui correspond

un peu à son goût pour le terrain (tous les jeudis à 19h30) et L’Emission, où

elle interviewe les gens qui font l’actualité culturelle de la région (tous les

mercredis à 19h45). Michel Sajn

11

6 mars 21h, Café-théâtre La 7e Vague, La Seyne-sur-Mer. Rens : cafetheatre7vague.com

Mars comme Matrimoine

Mars aux Musées, le festival culturel organisé par les étudiant.e.s pour les étudiant.e.s,

et accessible à tous, dédie sa 19e édition aux femmes : 8 femmes, 8 musées, au travers

de huit événements organisés dans la ville, du 12 au 27 mars.

Si le mois de mars est associé aux luttes pour les droits

des femmes, c'est désormais tout au long de l'année

que nombre d'initiatives et d'expositions mettent en

lumière les apports et l'héritage, comme la création et

les recherches actuelles des artistes femmes.

C'est dans ce contexte que s'inscrit la 19e édition du

festival Mars aux Musées, en présentant un parcours

original qui entrelace différentes temporalités, de

la Préhistoire, à la création contemporaine. Voici

quelques moments forts du programme, dont vous

pouvez retrouver le détail sur le site officiel : marsauxmusees.fr.

L'inauguration du festival, au Palais

Lascaris, sera musicale : du baroque, à l'électro, aux

compositions interactives, différents concerts mêlant

le classique aux créations les plus contemporaines,

portés par un hommage à la compositrice Barbara

Strozzi. Des médiations autour des femmes présentes

et représentées au palais Lascaris, telles que La Clementina,

Cléopâtre, Psychée, seront menées par les

étudiant.e.s tout au long de la soirée… À Cimiez, le

parcours artistique du Musée Archéologique est pensé

autour de la figure d'Antonia Minor, personnage historique

et emblématique de Cemenelum. Les médiations

seront théâtralisées et dansées, avec pour fil conducteur

les récits mythologiques...

tion de leur image, au corps social et politique, les

femmes ont bouleversé les carcans normés de l'art.

Elles ont ainsi été pionnières, dans l'art performatif

par exemple.

Au MAMAC, la soirée s'articulera autour de l'une de

ses figures majeures, Niki de Saint Phalle, avec des

moments forts tels que la performance dansée de la

chorégraphe et danseuse Marie-Pierre Genovese, puis

celle d'Emmanuelle Pépin, ainsi qu'une performance

théâtrale sous forme d'un dîner débat à la manière

d'une soirée des nouveaux réalistes. Tout au long de

la soirée se tiendront des médiations autour de l'influence

des femmes dans les collections du musée. Un

atelier-débat animé par Sophie Raimond et Laurent

Moretti interrogera la représentation des femmes

avec des citations et des slogans. La recherche dans

toutes les disciplines met à jour les grandes oubliées,

les exclues et « invisibilisées » de l'Histoire. Les chiffres

sont encore très loin d'être probants (1), mais pour autant

la société progresse. Et, désormais, l'Histoire devra

s'écrire et se conjuguer au féminin pluriel. Daphnée

Albert

12 au 27 mars, musées de Nice. Rens : marsauxmusees.fr

(1) Rapport 2018 du Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes

et les hommes. Quelques chiffres : 60 % des dipômé.e.s d'école

d'art sont des femmes seules, 20% des femmes sont aidées par

les fonds publics, seuls 20 % des femmes sont programmées,

seuls 20% des femmes dirigent les institutions et seuls 10 %

d'entre elles sont récompensées (prix et distinctions). Source :

vie-publique.fr/rapport/37164-inegalites-entre-les-femmeset-les-hommes-dans-les-arts-et-la-culture

CINEMA

VARIETES

5 bd Victor Hugo

06000 NICE

CINEMA

RIALTO

4 rue de Rivoli

06000 NICE

CINÉMA RIALTO - V.O.

DIMANCHE 8 MARS

EN AVANT-PREMIÈRE

PINOCCHIO

DE MATTEO GARRONE

AVEC ROBERTO BENIGNI

Le Musée Terra Amata accueillera Bruit originaire, une

exposition de l'artiste contemporaine Charlotte Pringuey-Cessac

(cf. article Ça fait du bruit ! en page 14).

Vous pourrez de même visiter les réserves et découvrir

les collections de Vénus préhistoriques. Un concert de

Bruno Desbiolles conclura la soirée autour d'un buffet.

Du corps privé et de l'espace intime, à la réappropria-

avantpremières

rencontres

débats

comédiens

réalisateurs

VOST

sorties


SPÉCIAL FEMMES

12 2 / 15 MARS 2020 LA STRADA N°329

QUELQUE CHOSE À TE DIRE

Valérie Pellegrini est une femme libre, qui a toujours écrit, pour son métier de communicante,

pour son fils qui fait du rock, et désormais pour le théâtre. Sans complexe, elle ne compte pas

sur l’espoir, car le désir de partager suffit à animer cette auteure incorrigible.

Valérie a suivi une formation d’attachée de presse ; elle a tenu pendant 15 ans le

service de presse du Comité Régional du Tourisme (CRT). Elle a par la suite monté

sa propre agence tout se dirigeant petit à petit vers l’écriture, certains journaux

comme Nice Matin, ou magazines nationaux essentiellement féminins ou touristiques,

pour des sujets culturels, d’art de vivre et de tourisme, commençant à la solliciter. «Je ne

sais toujours pas compter, mais les mots m’ont toujours passionnée», déclare-t-elle avec

ironie. «Je pense que mon père m’a baladée au pays des mots très tôt en m’amenant au

Salon du livre de Nice notamment». Elle a commencé par des poèmes et a fini par écrire

un livre, Ni dupe ni soumise, témoignage d’une femme quadra qui fait le bilan de sa vie,

des enfants, des amis, des amours, du sexe, des sorties, des rencontres… Sa plume trempée

dans l’humour lui a valu un succès d’estime. «La vie est un vrai cadeau dont le nœud

est un peu difficile à défaire parfois». Cet exutoire l’a quelque peu libérée, mais le naturel

revenant toujours au galop, elle a commencé à écrire des textes pour le groupe de rock de

son fils, Walk On. C’est là qu’elle a eu un coup de foudre pour une chanson de Zazie, Jour J,

dont elle est fan, et qui lui a inspiré une pièce de théâtre dont elle a bouclé l’écriture en à

peine 2 mois, avec l’aide de son fils, par ailleurs réalisateur et metteur en scène, diplômé

de l’ESRA Côte d’Azur. Quelque chose à te dire, mise en scène par Julien Musarella, a été

jouée à guichet fermé, le 18 janvier au Théâtre Francis Gag. Elle est à nouveau programmée

le 18 avril au même endroit. Mariée depuis seulement un an et demi, elle n’aurait pas

pu écrire ce texte plus tôt : «C'est parce qu’aujourd’hui j’ai 53 ans que j’ai réussi à écrire ce

texte-là. Il est plein de mon expérience de femme. (…) Parce que j’ai l’âge que j’ai, j’ai réussi à

répondre des questions sur l’engagement. Est-ce que c’est le bon moment ? S’engage-t-on

de la même manière à 20, 30, 40 ou 50 ans ?»

Conception, réalisation, photographie : Gabriel Martinez - Modèle : Melissa Prat - Théâtre Francis-Gag : licence n°1-1019614

Collectif Femmes en Scènes

F E S T I VA L

F E M M E S

E N

S C E N E S

5-14 mars 2020

12 e

Valérie Pélégrini © DR

T H É Â T R E F R A N C I S - G A G - E S P A C E M A G N A N - C I N É M A L E M E R C U R Y

L A P R O V I D E N C E - T H É Â T R E D E L ’ I M P A S S E - T H É Â T R E D E L A C I T É

L E M U S É E D E L A P H O T O G R A P H I E - P A L A I S L A S C A R I S - B I B L I O T H È Q U E L O U I S N U C É R A

É C O L E D ’ A R T S O R A N G E B L E U E - S V E T À G A L L E R Y

Renseignements et réservations : www.femmesenscenes.com

THÉÂTRE

DANSE

CONCERTS

PERFORMANCES

EXPOSITIONS

CONFÉRENCES

LECTURES

Quelque chose à te dire © 18 Janvier 2020 TFG - KC

LA FAMILLE, QUESTION CENTRALE

Julien, son fils, a 23 ans. Elle l’a élevé seule pendant 20 ans, une autre sorte d’engagement...

«C’est un engagement par rapport à un enfant même si tu t’engages auprès d’un père que

ton enfant aura toute sa vie, que tu choisis le plus dignement possible (…) Parfois, on choisit

plus le père que l’homme qui va t’accompagner dans la vie, et ça a été un peu mon cas...» La

question de la reconstruction familiale est centrale dans sa pièce, un des personnages étant

une mère célibataire. «Mon fils est l’amour de ma vie, mais ce n’est pas l’homme de ma vie.

J’ai toujours très bien fait cette différence. On est super indépendants, mais on a une vraie

connexion, une vraie complicité. Après il a sa vie, et moi aussi. Quand on parle de mère célibataire,

on imagine toujours la femme qui n’a pas de mec, qui reste pendant 20 ans à ne

s’occuper que de son gosse, mais on se trompe. Mère célibataire, c’est simplement ne pas être

mariée». Valérie reste philosophe, car si tout n’a pas toujours été facile, surtout au niveau

matériel, elle reconnaît sa chance d’avoir des réseaux bienveillants autour d’elle qui se sont

surtout ouverts grâce au CRT. «Des réseaux de confiance qui ont été aussi ceux du théâtre

d’ailleurs. J’ai réussi à tisser de vrais liens de fidélité qui m’ont réconciliée avec la Côte d’Azur.

Je ne suis pas réconciliée avec tout le monde ni avec tout, mais il y a eu un peu de solidarité

et beaucoup de confiance… Après je t’avoue que l'on cherche d’autres salles et que c’est un

chemin de croix. Franchement, on dit spectacle vivant, mais pour le faire vivre ici ce n’est pas

facile». Espérons que cette création 100% azuréenne trouve des lieux, car elle diffuse cet optimisme,

cet humour et cette pêche, et donne matière à réfléchir sur cette condition féminine

encore si malmenée de nos jours. Valérie Pellegrini est une féministe et milite à sa manière en

restant libre, en vivant ses rêves et en nous les faisant partager. Michel Sajn

La première, Isabelle Fruchart, nous conte un accouchement.

La bascule du bassin, dont le titre fait déjà frémir

les nullipares (et les autres), certes, «truc de bonne femme»

que voilà, si on exclut la dimension universelle de l’évènement.

Nous sommes au bout du monde, sur les rives d’un

fjord, dans le giron du cercle polaire. Un persistant soleil

baigne tout de ses rayons bienfaisants puisque nous

sommes en été, et une future maman (Mia Delmae) attend

sa délivrance, entourée de ses mère (Maria de Medeiros) et

grand-mère (Evelyne Istria). Le problème ? On vous l’a dit,

on est sur les rives d’un fjord, et non pas dans un hôpital !

L’une veut se réapproprier le rituel de manière naturelle,

les autres réprouvent vertement, et au milieu de tout cela,

une sage-femme qui est un homme (Serge Riaboukine) et la

musique d’un piano, véritable 5e personnage, pour adoucir

les mœurs…Mais la naissance n’est pas tout, il faut apprendre

à être, et à souffrir, par la suite...

Parce qu’il y a les guerres et les exils, Tamara Al Saadi

quitte à 5 ans son Irak natal, pour la France. Au sein d’une

famille restée figée dans un transit sans fin, en attente d’un

hypothétique retour, elle grandit sans se sentir d’ici, ni de

là-bas, ni d’aucune Place. Et les deux cultures, langues et

pensées de se télescoper dans sa tête… Ici, on sent, malgré

DEUX AUTEURES, UNE RENCONTRE

À l’occasion de cette Journée internationale pour les droits

des femmes, la FNAC de Nice organise une rencontre avec

les auteures Sophie de Baere et Pauline Clavière, qui évoqueront

leurs romans respectifs Les corps conjugaux et

Laissez-nous la nuit. Ce dernier est le tout premier livre de

Pauline Clavière, journaliste et chroniqueuse dans l’émission

C l'hebdo sur France 5. Au travers du personnage de

Max Nedelec, la journaliste montre la difficulté de la vie

dans l’univers carcéral avec les gangs, les règlements de

compte et la violence gratuite. Max a reçu son billet d’entrée

dans cet univers à cause d’un bordereau perdu, de

dettes impayées, mais aussi d’une malhonnêteté judiciaire.

Il rentre dans cet enfer pour 24 mois avec pour seul soutien

sa fille Mélodie qui va se battre pour prouver son innocence.

Pendant ce temps, Max se fait happer par la prison

où il découvre cet univers sombre, mais où des éclaircies

percent parfois les ténèbres. Un de ces rayons de lumière

s’appelle Marco, un des personnages les plus attachants

aux yeux des lecteurs, coloc de cellule de Max. Ce dernier

lui apprend à écrire des lettres pour sa fille Paula… Dans

un autre registre, le 2e roman de Sophie de Baere décrit la

fuite d’Alice, la séparation, l’abandon de sa vie de mère et

de femme mariée. Tout avait si bien commencé pourtant,

cette relation avec Jean a en quelque sorte balayé un passé

houleux à enchaîner les podiums sous les ordres de sa mère

qui voulait à tout prix en faire une reine de beauté. Une fille

naît de cette relation avec Jean, Charlotte, la petite famille

vit des années de bonheur avant qu’Alice ne brise tout en

quittant le cocon familial. L’histoire devient double entre,

d’un côté, l’errance d’Alice suite aux raisons qui l’ont forcée

à se séparer de sa famille, et de l’autre, sa vie avec Jean

et Charlotte. Seront-ils un jour à nouveau réunis ? En tout

cas, Sophie de Baere et Pauline Clavière le seront, le 8 mars,

pour échanger avec le public sur ces histoires singulières…

Tanguy De Carvalho

8 mars 15h, FNAC de Nice. Rens : fnac.com/nice

Non genré

Que l’on sera heureux l’année où il ne sera plus nécessaire de faire une Journée de la

femme, une scène féminine, une thématique 100% meufs… Cela voudra dire que l’artiste

XX sera assimilée à un être créatif à part entière, aux côtés des artistes XY (et autres

genres)… Cela étant dit, est-ce que les 3 pièces percutantes que propose la scène de

Châteauvallon en mars sont du théâtre de femme ? Non, c’est un théâtre dirigé par des

femmes, qui s’engage sur des voies intimistes, politiques ou sociétales et interroge, et pas

seulement sur la question du masculin-féminin. Allons, ne soyons pas si binaires…

Place © Baptiste Muzard

S. De Baere © T. Rateau / A. Carrière Pauline Clavière © JF Paga

Girls and Boys © Pascal Victor

les embûches, la soif de vivre, l’espérance qui appartient à

la jeunesse.

Chez votre hôtesse d’un soir — Constance Dollé, seule sur

scène, sidérante —, l’Espoir est vaincu, pour paraphraser

Baudelaire. Cette élégante quadra, qui vous invite à sa

table (et de fait 7 spectateurs auront la chance de prendre

place à ses côtés !), est d’abord très drôle. Ses ruptures de

ton abruptes font mouche, et vous serez captivés par le

récit de ses errements pré-mariage, de la rencontre avec

son homme dans une file d’attente d’Easy-Jet, puis de

l’amour, de la venue des bébés... Puis de piquante, l’histoire

se fait peu à peu glaçante. Car c’est à un banquet funèbre

que vous êtes conviés, en vérité, par Dennis Kelly, l’auteur.

L’écrivain a voulu dépeindre de son propre aveu dans Girls &

Boys, pièce tragi-comico-horrifique un crime « d’homme »,

motivé par la soif de possession et de pouvoir d’un patriarche

en perte de vitesse. Une étude au couteau sur la

polarité des genres qui a commencé du temps de Médée et

d’Euripide, pour ramper jusqu’à nous. Azadeh Fouladvand

La bascule du bassin : 6 & 7 mars 20h30 / Girls & Boys : 10 au 12

mars 20h / Place : 13 mars 20h30. Chateauvallon, Ollioules.

Rens : chateauvallon.com


DANSER POUR SE SENTIR VIVRE

Habitué de la danse individuelle, Hofesh Shechter, michorégraphe

mi-rockstar, a pourtant créé en 2019 une

œuvre monumentale pour 10 danseurs et 6 musiciens,

évoquant le sombre destin de notre Terre. Grand Finale

est présentée le 21 mars au Carré Sainte-Maxime !

Pour le chorégraphe Hofesh Shechter, «nous ne dansons

pas seulement pour vivre, mais pour être en vie».

Plus que toute autre, Grand Finale, sa dernière création,

répond à ce dessein. Dans un monde qui s'écroule, laissant

l'individu perdu et désespéré, le spectateur assiste à

une explosion spectaculaire. L'artiste n'est pas là pour analyser

les raisons de cette plongée chaotique ; en gardant

les yeux ouverts sur le monde, il tente de s'emparer des

émotions nées de cette situation. Pour les capter, il a réuni

l'ensemble des danseurs et musiciens dans le petit village

de Polverigi en Italie. Là-bas, dans le cadre d'une résidence

de création qui a duré un mois, les artistes ont créé

ensemble ce Grand Finale. Puisant dans un flot de gestes,

testant de nouvelles techniques, expérimentant le contact

qu'il avait peu utilisé jusqu'à présent préférant la danse

individuelle, Hofesh Shechter crée une œuvre magistrale

d'intensité. Regards désemparés, gestes suspendus, folie

collective face à la perte de sens ; dans cette vision d'un

monde en chute libre apparaissent aussi des îlots de résistance

et une volonté inextinguible de vivre. Les musiciens

qui ont contribué à la création de la bande-son de Grand

Finale, en compagnie du chorégraphe, sont présents sur

scène. Face à l'effondrement collectif auquel ils assistent,

ils représentent une bulle d'humanité. Hofesh Shechter a

d'abord été danseur auprès de la Batsheva Dance Company

avant de se frotter à des chorégraphes contemporains

comme Wim Vandekeybus ou Tero Saarinen. Installé

à Londres depuis 2002, il enchaîne depuis les créations se

révélant comme l'un des chorégraphes les plus intéressants

de sa génération, sollicité par les grandes scènes internationales

en parallèle du travail mené avec sa propre

compagnie. Valérie Juan (facebook.com/le06danse)

21 mars 20h30, Carré Sainte-Maxime.

Rens : carre-sainte-maxime.fr

Grand Finale - Paris © Rahi Rezvani

ETOILE DU MALHEUR

À Fréjus, Le Forum accueille la dernière création du Malandain

Ballet Biarritz, ce 17 mars. Notre chère Marie-Antoinette

est de retour pour vous jouer un mauvais tour...

Après Cendrillon et La Belle et la Bête, le chorégraphe

Thierry Malandain se penche sur la fascinante figure de

Marie-Antoinette, dernière Reine de France. Femme mondaine,

elle fut tant adorée pour son insouciance et son goût

envers la modernité, puis tant détestée pour quasiment

les mêmes raisons. «Comment une Reine adorée de tout

un peuple, perdit-elle son affection avant de mourir de sa

haine ? Comment celle qui incarnait le symbole de la royauté

aida-t-elle à en précipiter la chute ?» Le chorégraphe

évoque des questions pertinentes, mais complexes au sein

de son livret de création, et auxquelles il ne peut répondre

par le ballet, mais qui toutefois tissent un canevas en matière

de recherche du mouvement. Car oui, au-delà de la

musique, des décors et des costumes, transposer l'histoire

de ce personnage emblématique de l'Histoire de France à

la danse et à son mouvement relève du challenge. Par la

finesse d'une composition moderne et imprégnée d'une

poétique qui lui est propre, le Malandain Ballet Biarritz

croise une écriture classique et un souffle contemporain.

Ainsi, c'est sous la forme d'un ballet narratif en 14 épisodes

pour 22 danseurs et danseuses que se joue la vie de la souveraine

à Versailles. La musique, la trilogie symphonique de

Joseph Haydn, fait sens tant par son époque, son éveil en

termes d'évolution, mais aussi par sa chronologie qui suit

la narration du ballet. Eva Félix

17 mars 20h30, Le Forum, Fréjus. Rens : aggloscenes.com

Marie-Antoinette © Olivier Houeix

BODY ART

2 / 15 MARS 2020 LA STRADA N°329

TORRIDE GRIMALDI FORUM

Des bas fonds de Buenos Aires aux plus grandes scènes du

monde, le Tango a conquis la planète en un peu plus d’un

siècle. À Monaco, le Grimaldi Forum accueille, les 6 et 7

mars, l’un des shows les plus prestigieux du genre : Tango

Fire. Le tango argentin est cette danse élégante, féline et

sensuelle où le couple étroitement enlacé, les jambes entremêlées,

ne se regarde jamais vraiment, se défie parfois,

et glisse véritablement sur le sol en balançant d'un pied sur

l'autre… Inspiré par cet art séculaire, cela fait plus de 10 ans

que Tango Fire fait un carton dans les lieux les plus prestigieux

du monde. En 2015, le spectacle a même reçu le prix

Lukas UK Latin Award de la meilleure production théâtrale !

Tango Fire plonge le spectateur au cœur de cet art grâce au

talentueux chorégraphe et maître German Cornejo et de sa

partenaire sensuelle et passionnée Gisela Galeassi. Conjuguant

l’âpreté et la sophistication du Buenos Aires nocturne,

le duo est accompagné par une équipe de danseurs

venant des plus grandes maisons de la capitale argentine.

Ajoutez à cela, un ensemble de musiciens qui interpréteront

les musiques de grands maîtres du genre tels Piazzolla,

Pugliese ou Gardel, et vous obtenez un spectacle qui saura

mélanger séduction, tentation et férocité évoquant la

passion exaltée des quartiers buenos-airiens, entre danses

brûlantes de sensualité et musiques enivrantes…

6 & 7 mars 20h30, Grimaldi Forum, Monaco.

Rens : grimaldiforum.com

Esteban & Marilu © DR

13

UNE PROGRAMMATION MAIRIE DE CANNES

© DR © Hugo Musella

CANNES 2 020/21

SAISON

DU THEATRE

DE LA LICORNE

SCÈNE CONVENTIONNÉE D'INTÉRÊT NATIONAL

ART, ENFANCE, JEUNESSE

CONCERT

SAMEDI 7 MARS - 10H30

THÉÂTRE DE LA LICORNE

TOI MOI NOUS

LIMITE LARSEN THÉÂTRE

THÉÂTRE

VENDREDI 20 MARS - 19H30

THÉÂTRE DE LA LICORNE

KILLING

ROBOTS

COMPAGNIE HANNA R

+3

ANS

+10

ANS

100 % FAMILLE

C

A

N

E

N

S

100 % FAMILLE

C

A

N

E

N

S

MAIRIE DE CANNES - COMMUNICATION - JANVIER 2020

Fête du Nouvel An Tibétain, 2012 © Jacques BORGETTO

JACQUES

BORGETTO

Si près du ciel, le Tibet

15 FÉVRIER > 26 MAI 2020

© Ville de Nice - JL - 01-2020

1, PLACE PIERRE GAUTIER - NICE

MUSEEPHOTOGRAPHIE.NICE.FR

TARIFS 8€ / 4€ RENS. 04 97 06 44 90

Billetterie en ligne sur cannes.com et points de vente habituels


ART

14 2 / 15 MARS 2020 LA STRADA N°329

OMBRES ET LUMIÈRES

Pour sa réouverture, la Villa Paloma – Nouveau Musée National de Monaco a choisi

de mettre en écho les œuvres d’Eugène Frey avec celle de l’artiste portugais João

Maria Gusmão dont le travail s’inspire notamment des anciennes techniques de

projections de lanternes magiques.

Vue de l'exposition Variations © Direction de la communication - Michael Alesi

En ouvrant le monde de l'image et de l'imaginaire vers d'autres perspectives que les

modèles de la sculpture ou de la peinture, l'art contemporain s'est emparé de l'histoire

qui les avait établis sur ce seul piédestal. Sans renier les éclairs de sens ou de

beauté qui fusent ici et là dans des pratiques anciennes lorsqu'elles s'actualisent au monde

d'aujourd'hui, beaucoup d'artistes se saisissent désormais des techniques ou des expérimentations

qui furent celles des maîtres du passé pour les adapter aux contraintes et aux

apports des nouvelles technologies.

Eugène Frey, peintre méconnu né en 1864, fut l'inventeur des «décors lumineux à transformations»

qui, essentiellement à Monaco, révolutionnèrent le spectacle. Comme avant

lui, Vinci ou la «Camera Oscura» avaient déjà ouvert la voie à des champs d'expérimentation

optique qui restèrent trop souvent invisibles dans l'histoire de l'art. L'artiste est désormais

un créateur qui ne se contente plus de «montrer» sur une toile ou devant une scène,

mais celui qui exhibe l'envers du décor, les coulisses où s'élabore la trame d'une autre visibilité.

L'exposition de la Villa Paloma permet ainsi de reconsidérer l'image à travers son

envers et les systèmes illusionnistes qui la produisent. L'artiste portugais João Maria Gusmão

s'attache ici à réactiver l’œuvre d'Eugène Frey par un dialogue entre son travail et

les innovations de celui qui créa un dispositif inédit pour, à l'arrière du décor de l'Opéra,

installer des agencements sophistiqués de projections pour ajouter au spectacle vivant

l'incidence de l'image animée. C'est en effet au 19e siècle que celle-ci prend son essor avec

la photographie et les ancêtres du cinéma, les lanternes magiques, le théâtre d'ombres, la

Ancien élève de la Villa Arson à Nice, Marc Chevalier en est

diplômé en 1993. Il participe à la création de La Station en

1996, part ensuite à Paris puis à Berlin. Revenu à Nice en

2012, c’est désormais ici qu’il poursuit ses recherches artistiques

sur, entre autres, la représentation des mots, l’image

mentale qu’ils suscitent. C’est de ce désir d’illustrer des

mots que l’exposition Les tableaux n’existent pas est née.

Il propose de transcender l’idée du tableau. La Galerie Eva

Vautier, tel un «white cube» imparfait singulier, avec ses

arêtes et ses irrégularités, devient lieu de fabrication à la

recherche de la vérité de l’imaginaire du tableau. Entre

installation et performance, cette proposition est dans la

continuité de son intervention lors de l’exposition Supervues,

en 2016, à l’Hôtel Burrhus de Vaison-la-Romaine. Il

devait alors, dans l’urgence, créer une œuvre dans une

chambre d’hôtel. Partant de ce que l’on y trouve habituellement,

suffisamment neutre pour ne déplaire à personne,

mais pas assez original pour marquer l’esprit de l’habitant

de passage. L’artiste se pose alors la question de la

représentation physique de l’idée du tableau. Est-ce une

image ? Une peinture ? Un cadre ? À quoi pensez-vous en

Vue de l'exposition Variations © Direction de la communication - Michael Alesi

superposition de plaques de verre peintes à la main pour créer des effets de mouvement

qu'Eugène Frey accentue ou analyse à l'aide de jeux de projecteurs. Placés derrière la toile

de fond de la scène, ils permettent au spectateur une sensation de relief qui l'introduit dans

une autre perception du réel.

Les documents présentés, les matériels utilisés comme la complexité d'une machinerie de

déplacement sur rails pour les projections, sont le point de départ des productions de João

Maria Gusmão. À partir d'une approche phénoménologique, il recompose l'espace physique

du lieu et son contenu scientifique essentiellement à partir de projecteurs de diapositives. Il

transforme les silhouettes découpées en ombres chinoises et les automates des anciennes

animations en flux lumineux et en images nouvelles comme conjonction du dehors et du

dedans, du concret et de l'abstrait. Pourtant il ne s'agit plus tant d'analyser l'image que

les degrés de perception qui permettent de l'appréhender. Et s'il existe une métaphysique

de l'image, la physique renvoie à ses seules conditions matérielles. Toute la scénographie

répond ici à cette radiographie exploratrice de l'image avec la présence de nombreux acteurs,

des pionniers du cinéma comme Méliès ou cette performance dans une vidéo de

Lourdes Castro avec les rituels de la lenteur d'un corps velouté. L'iconographie romantique

du 19e siècle avec ses figures médiévales et ses paysages tourmentés se confronte à l'art

d'aujourd'hui pour une aventure pleine de surprises. Michel Gathier (lartdenice.blogspot.com)

Jusqu’au 20 mai, Villa Paloma – Nouveau Musée National de Monaco. Rens : nmnm.mc

Chez Michou

Une exposition qui s’articule autour du corps de la femme, transfiguré par des collages, des découpes de plans et des

cadrages flirtant parfois avec l’abstraction. Le nu, «meilleur moyen pour une artiste d’entrer au musée», disait-elle

non sans ironie, s’émancipe du champ de la peinture et de la littérature pour devenir un vocable plastique célébrant

la sensualité au travers de son regard de photographe… et de femme ! Rens : lastation.org

Le tableau en question

La Galerie Eva Vautier accueille les réflexions de Marc Chevalier sur la notion de

tableau… Et c’est à voir jusqu’au 21 mars prochain à Nice.

Marc Chevalier © Galerie Eva Vautier

Marc Chevalier - © François Fernandez

entendant le mot «tableau» ? Est-ce une idée radicale ou

une idée bourgeoise ? À quoi sert le tableau ? Une question

en entraînant une autre, le tableau doit-il servir à quelque

chose ? Qu’est-ce qui le rend beau ou laid ? Est-ce un signifié

protéiforme ? Le trait posé est une tentative, pas forcément

réussie, de l’idée «tableau». Comment le besoin

de représentation va-t-il se concrétiser ? En réponse aux

murs blancs de la Galerie, avec la pression de l’exposition

qui doit se faire, des traits de représentation naissent dans

l’urgence et dans le besoin de remplir cette surface vide.

Le geste se veut instinctif, primal, voire primaire. La représentation

doit être spontanée. Marc Chevalier refuse

volontairement de s’exercer et de créer ainsi une habitude,

avant de poser son feutre de gouache sur les murs et faire

naître des signes reconnaissables par tous. Évidemment, le

discours a une portée plus universelle, tendant à essayer de

nous interroger sur l’idée que nous nous faisons de l’art, de

l’esthétique et de notre propre monde fantasmé. Anne-Sophie

Lecharme

Jusqu’au 21 mars, Galerie Eva Vautier, Nice. Rens : eva-vautier.com

TIBET CÉLESTE

Jacques Borgetto, connu notamment pour ses images

d’Amérique latine, devenues des classiques auprès des

amateurs de photographies, présente l’exposition Si près

du ciel, le Tibet au Théâtre de la photographie Charles

Nègre, à Nice. Jacques Borgetto vit et travaille à Paris.

Lauréat du «Vienna International Photo Awards» (VIPA) en

2012, le photographe originaire du Piémont (Italie) commencera

sa carrière dans les années 70 en retraçant le

parcours de ses grands-oncles italiens émigrés en Amérique

latine, puis sillonnera le monde et son époque, d’Europe

en Amérique et d’Afrique en Asie, à la rencontre de

ses semblables. Voyageur au long cours, auteur de huit

ouvrages de photographie — Si près du ciel, le Tibet qui a

donné son nom à l’exposition —, sa manière de procéder

ressemble à celle des explorateurs. Tout en s’appuyant sur

les genres classiques du portrait ou du paysage, il crée son

propre «Atlas», sans occulter de son travail les tensions du

contexte économique et politique mondial. Au Théâtre de

la photographie Charles Nègre, ce «Baudelaire de l’image»,

comme le qualifie le journaliste Alain Mingam, nous présente

«son» Tibet qu’il parcourt depuis 2007, en toute saison.

On y retrouve la sérénité, le quotidien, le spirituel, les

traditions persistantes étroitement mêlées à la modernité

croissante, mais où l’immensité du ciel semble évoquer la

question du territoire nié, telle une forme de résistance céleste.

Ce Tibet nous apparaît, certes, comme une singulière

civilisation au devenir incertain, mais tellement résistant.

C’est ce que nous raconte Jacques Borgetto, au travers de

ses images à la matière sensible, volontairement charbonneuses

et contrastées, mystérieuses et denses d’informations.

La couleur intervient depuis peu, et surtout dans

les paysages photographiés au printemps, comme pour

souligner la douceur des prairies, des collines, la luminosité

du ciel et l’harmonie des architectures. Caroline Gaillard

Jusqu’au 26 mai, Théâtre de la photographie Charles Nègre, Nice.

Rens : museephotographie.nice.fr

© Jacques Borgetto

ÇA FAIT DU BRUIT !

Parlons de Bruit originaire, l'exposition de Charlotte Pringuey-Cessac

composée en deux volets à Nice, au Musée

de la Préhistoire Terra Amata et au MAMAC. Bruit originaire

traite de l’humanité, de ses origines très concrètes

à sa mémoire cachée, proposant un parcours poétique et

scientifique sur les traces qu’elle laisse et les informations

que l’homme moderne peut en retirer. À Terra Amata, le

chemin débute par un mur d’escalade, une ascension faite

de pierres taillées par l’homme préhistorique et de statues

de déesses nourricières trouvées à travers le monde, qui

nous dirige vers une zone de fouille découvrant dans le

sable des traces moulées dans le béton, empreintes réelles

ou inspirées. Dans ce véritable lieu de vie paléolithique ont

été trouvés des morceaux de charbon et d’ocres jaunes et

rouges ayant servi, prouvant ainsi que l’homme utilisait du

feu pour la cuisson de ses aliments. L’artiste a utilisé ces

matériaux, les a broyés avec du papier, pour en refaire les

feuilles uniques, monochromes, gaufrées, d’un livre non relié,

racontant une histoire distincte, hommage à ces traces

laissées par nos ancêtres. Certaines pages ont d'ailleurs

été prises le jour du vernissage et sont parties disséminer

les paroles... En partant, le dessin d'une ligne droite de

charbon, capté en film, nous accompagne vers la Galerie

Contemporaine du MAMAC, dont elle parcourt les murs,

telle une ligne d’horizon. En entrant, nous sommes accueillis

par un son profond, tiré d'une expérience inspirée par

le poète moderne Rilke. C’est celui du spécimen US1676, le

crâne d’un homme du Haut-Moyen-Age découvert au Château.

Il est reproduit en résine à l’imprimante 3D, à une plus

petite échelle, et posé sur un échafaudage lui servant de

"coussin". Le son produit, le bruit originaire, est une lecture

des vibrations de l’intérieur de sa tête, captées grâce au

CNRS. Les sons étendus sont concrétisés en verre, fragiles,

fins, fascinants, le tout, figurant des pensées ou souvenirs

jaillis d’outre-tombe. La ligne nous mène enfin vers une ascension

finale, un autre mur d’escalade, fait de prises stylisées

en porcelaine, délicates, mais angulaires, et des premières

pierres taillées, qui nous invitent à aller plus haut,

plus loin, au-delà du monde matériel, vers la mémoire collective

de l’humanité. Anne-Sophie Lecharme

Jusqu'au 17 mai, Musée de la Préhistoire Terra Amata & MAMAC,

Nice. Rens: mamac-nice.org

Sur les conseils de la Commission paritaire des publications et agences de presse, pour que La Strada ne soit plus qualifiée de support publicitaire, retrouvez les informations pratiques en pages agenda.


CAMÉRA ITALIENNE

Halte aux clichés ! Les Italiens ne sont pas bons qu’à faire de la

pasta ou des pizzas… Le cinéma est une des nombreuses cordes de

l’arc artistique transalpin, et l’Espace Magnan à Nice, le prouvera

une nouvelle fois lors des 35e Journées du Cinéma Italien.

CINÉMA

2 / 15 MARS 2020 LA STRADA N°329

Amnesty International éveille les consciences

Depuis 7 ans, Amnesty International utilise le cinéma pour lutter contre ceux qui

bafouent les droits humains. Comme un témoin d’un combat sans fin, le festival Au

cinéma pour les droits humains propose cette année encore des projections-débats

durant l’intégralité du mois de mars, de Nice à Perpignan.

15

Le traître © DR

Du 14 au 28 Mars, 14 films, dont 9 sont inédits en France,

seront diffusés au cours de 53 projections. Douze de

ces longs métrages seront en compétition pour le prix

du Public. Le prix Jeune est la seconde distinction décernée

au cours du festival, pour seulement 7 films nommés, l’intégralité

de cette programmation n’étant pas accessible à

tous les publics... Ce prix est organisé en partenariat avec

l’Association des Professeurs d’Italien des Alpes-Maritimes et

du Var (API 06/83). Ce sont les lycéens du lycée du Parc Impérial

de Nice, des collégiens et des étudiants de l’Université

de Nice-Sophia Antipolis qui voteront pour désigner le vainqueur.

La remise des prix aura lieu le 28 mars lors de la cérémonie

de clôture et sera suivie de la projection hors-compétition

de Ricchi di fantasia de Francesco Miccichè. Mais

revenons-en au début ! L’ouverture aura lieu le 14 mars,

soirée lors de laquelle l’ensemble de cette 35e édition sera

présentée au public, avant la projection du premier film en

compétition : Croce e delizia de Simone Godano. Deux soirées

spéciales sont également prévues les 19 et 20 mars : la

première, en association avec l’API 06/83, autour du film en

compétition Il primo re de Matteo Rovere ; la seconde, autour

du réalisateur Marco Bellocchio. Une conférence sur Le

cinéma de Bellocchio, entre réalité et imagination, animée

par Lia Perrone, en partenariat avec l’Association Dante

Alighieri de Nice, précédera la projection de Il Traditore (Le

Traître). Nommé en 2019 au Festival de Cannes, ce film, sélectionné

105 fois pour divers festivals internationaux, est une

fresque fascinante sur la mafia sicilienne, la fameuse Cosa

Nostra, avec un Pierfrancesco Favino magistral ! Comme il

est de coutume, le festival ne se restreindra pas au seul 7e

Art, puisque l’Institut Culturel Italien présentera, du 13 au

28 mars, l’exposition L'eclisse di Michelangelo Antonioni de

Vittorugo Contino, constituée de photos réalisées pendant

le tournage du film en 1962 à Rome, tandis que Marie-Pierre

Genovese interprétera son solo de danse contemporaine 3D

dense, en pré-ouverture le 13 mars. Tanguy De Carvalho

14 au 28 mars, Espace Magnan, Nice. Rens : espacemagnan.com

Droits des femmes, mouvement LGBT, migrants… les personnes

qui seront à l’écran sont celles qui souffrent d’une

injustice avérée. En avant-première du festival, le film de

Juan Solanas, Femmes d’Argentine, retrace la lutte pour

la légalisation de l’IVG, dans un pays où une femme meurt

des suites d’un avortement clandestin chaque semaine.

Une projection qui se fera en présence du réalisateur, de

Geneviève Garrigos, responsable de la coordination Amériques

Amnesty International France, et de la journaliste et

militante féministe, Laura Canigia, qui a participé au film.

Autre long-métrage documentaire, L’homme qui a défié

Pékin, Liu Xiaobo de Pierre Haski, raconte les événements

de la place Tian’anmen à Pékin en juin 1989. Chargé historiquement

et s’intéressant à une histoire méconnue en occident,

le film s’intéresse à Liu Xiabo qui a joué le rôle de médiateur

entre les étudiants révoltés, leur recommandant

de quitter la place, et l’armée, demandant à ces derniers de

ne pas attaquer, avant de recevoir un prix Nobel de la paix

en 2010 pour ses efforts non-violents en faveur des Droits

de l’Homme en Chine. Incarcéré à ce moment-là, il ne peut

recevoir cette récompense en main propre. Dans la catégorie

long-métrage de fiction, Papicha, réalisé par Mounia

Meddour, narre l’histoire d’une jeune étudiante se rêvant

créatrice de mode en Algérie dans les années 1990. Dans

un pays en proie aux conflits politiques et sociaux, Nedjma

brave les interdits pour organiser un défilé de mode et

jouir ainsi de toute sa liberté de créatrice artistique. Cela

ne constitue qu’un maigre aperçu de la foisonnante programmation

de longs et courts métrages, 150 films pour

être plus précis, à l’affiche. Le détail du programme est à

découvrir sur le site officiel du festival. Mathieu Alfonsi

1er au 31 mars, région grand Sud-Est.

Rens: au-cinema-pour-les-droits-humains.fr

Femmes d'Argentine © DR

SALON BD FNAC NICE, LES 3 & 4 AVRIL

APPRENDS À DESSINER

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dédiés aux 7-14 ans.

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POÉSIE / LITTÉRATURE

16 2 / 15 MARS 2020 LA STRADA N°329

COURAGE, RIMONS !

Pour la 14e année consécutive, les Journées Poët Poët nous entraînent dans un

voyage zéro carbone mais 100 % joyeux neurones ! À dénicher du 11 au 22 mars, dans

plusieurs hauts lieux des Alpes-Maritimes.

© JF PAGA

RENCONTREZ

PAULINE CLAVIÈRE & SOPHIE DE BAERE

FNAC NICE DIMANCHE 8 MARS À 16H

DÉDICACES

FNAC GRATUITES

NOUVEAUTÉ

LAISSEZ-NOUS

LA NUIT

PAULINE CLAVIÈRE

Pierre Guéry © E. Goupy

À Euterpe © DR

Qui sème des poèmes récolte le printemps © DR

NOUVEAUTÉ

LES CORPS

CONJUGAUX

SOPHIE DE BAERE

Sabine Venaruzzo © Alain Biguet

DES MUSES ONT FAIT LE PRINTEMPS

En mars, la France célèbre le Printemps des Poètes, et Saint-

Laurent-du-Var y associe son Théâtre Brassens avec deux représentations

théâtrales et poétiques. Le 13 mars, Gwenaëlle

Laure interprétera son recueil de poèmes intitulé À Euterpe.

Un titre loin d’être anodin, Euterpe étant la muse qui préside

la musique dans la mythologie grecque. Il était donc logique

que la poétesse, metteure en scène et professeure au Conservatoire

de Musique et d’Art dramatique de Saint-Laurent-du-

Var, s’adjoigne le soutien du percussionniste Philippe Molino

et ses créations musicales. Les plus impatients n’auront

pas beaucoup à patienter, puisque c’est le lendemain que la

Cie L’Ardanse convoquera sur scène la saison de la renaissance.

Mêlant habilement poésie et peinture, Qui sème des

poèmes récolte le Printemps verra la compagnie enchaîner

huit tableaux amoureux représentant huit œuvres de grands

peintres telles que Femmes de Tahiti de Gauguin, Tres de Mayo

de Goya ou Les demoiselles d’Avignon de Picasso. Comment

s’y prendre, me direz-vous ? Les artistes de la compagnie

laurentine incarneront littéralement chacune de ces peintures,

tandis que, devant ces représentations physiques des

œuvres, Georges Floquet lira les textes des poètes célèbres

qui les ont inspirés, comme À Aurore de Georges Sand, Ballade

des femmes de Paris de François Villon ou Un Baiser de

Louise Labé. Huit tableaux pour huit poèmes contés… Si la Cie

L’Ardanse s’est donnée pour objectif de rendre vivant la poésie

et la peinture, voilà peut-être un pari réussi. Tanguy De Carvalho

A Euterpe : 13 mars 20h30 / Qui sème des poèmes récolte le

Printemps :14 mars 20h30. Théâtre Georges Brassens, Saint-

Laurent-du-Var. rens : saintlaurentduvar.fr

Le courage ? Drôle de thème pour un drôle de festival. Le Printemps des poètes, lancé

en 1999, se déroule en France et au Québec. À l’instar de la Fête de la musique, ce

Printemps invite amateurs comme professionnels à célébrer la poésie sous toutes ses

formes durant une semaine. Sabine Venaruzzo a saisi l’invitation au bond et a créé voilà

14 ans les Journées Poët Poët, un festival pour et dans les Alpes-Maritimes. Du courage,

Sabine n’en manque pas ni les membres du Poët Burö. Ensemble, ils n’en sont pas à leurs

premières prouesses et, au fil des années, nous concoctent un programme audacieux

et burlesque, dans des lieux à l’image de leurs mots, poétiques et fantaisistes. Cette année,

trois poètes vont particulièrement donner de la voix et montrer la poésie dans tous

ses états : Tarik Hamdan, poète, journaliste et musicien palestinien, Pierre Guéry, poète,

traducteur et performer, A. C. Hello, poétesse, peintre et performer. Sans oublier Sabine

Venaruzzo elle-même. Vous pourrez également rencontrer 11 autres artistes tels Daniel

Fillod, peintre sur pierres et poète, le photographe et réalisateur mexicain Jorge Vargas,

ou encore le musicien-compositeur Jean-Louis Ruf… Chaque année le pari est le même :

transmettre l’amour des mots, réinventer les idées, réenchanter le quotidien. Chaque année

les partenaires et les bénévoles sont fidèles : la Ville de Nice, la Cinémathèque, le Centre

culturel de La Gaude, le Monastère de Saorge, la cave Romagnan… Mais chaque année tout

change : les artistes, les idées, certains lieux comme la promenade des Anglais, l’hôtel Relais

Acropolis ou le salon de coiffure Les Empereurs… Immergez-vous dans le programme riche

et fou pour découvrir, durant 12 jours, des expositions, une « chambre d’écoute », allongé

sur un vrai lit d’hôtel, de la poésie itinérante, des dédicaces, des lectures, des concerts, du

slam… Et comme le dit Sabine Venaruzzo, « les poètes sont les voix qui nous donnent ce courage-là,

celui de dire ce qui nous fait vibrer, chanter et croire en la pérennité de l’humain

face à la barbarie qu’elle soit politique, sociale, financière, domestique, religieuse. » Si l’on

se rappelle que, jusqu’en 1878, Poésie s’écrivait Poësie qui signifie en grec « création », les

Journées Poët Poët ont fort bien choisi leur nom ! Laurence Fey

11 au 22 mars, département des Alpes-Maritimes. Rens : unepetitevoixmadit.com

© D.R.

MARCHE POÉTIQUE

A. C. Hello © DR

À FLEUR DE MOTS

Forte d’un premier prix d’Art dramatique au Conservatoire national de région de

Nice et d’une formation en chant lyrique, Sabine Venaruzzo a fondé la compagnie

professionnelle Une Petite Voix m’a dit. Cette compagnie crée des spectacles

tous publics qui mêlent théâtre, chant, arts plastiques, danse et poésie.

En parallèle, Sabine Venaruzzo travaille avec d’autres troupes, lance différents

projets comme le PPF (Projet poétique fondamental), au carrefour de différentes

cultures. En 2006, elle imagine les Journées Poët Poët, qui permettent de mettre

en lumière les mots de nombreux artistes. Le nom de ces Journées provient d’un

poème de l’écrivain Léon-Paul Fargue, L’air du poète, mis en musique par Erik Satie :

«Au pays de PapouasieJ'ai caressé la Pouasie...La grâce que je vous souhaiteC'est

de n'être pas Papouète.»

Rémi Charmasson et Christian Gorelli © DR

Poéjazzy, c’est le nom du nouveau spectacle poétique de

Christian Gorelli, proposé le 7 mars à Cannes, lors du Printemps

des Poètes. Il paraît que le deuxième nom de Christian

Gorelli est Poésie... L’homme et son art de prédilection

ont fusionné dès sa naissance en 1952. Mais c’est lors de son

départ de Marseille pour Le Mans, en 1972 que le poète se

La ville azuréenne avait frappé fort l’année dernière avec

deux invités de marque dans le monde de la littérature

Fantasy : Pierre Bordage et Jean-Louis Fetjaine. Si le second

n’est pas de retour aux tables de dédicace, le premier

oui ! Auteur de nombreux livres de science-fiction, Pierre

Bordage excelle tout autant dans l’anticipation, avec notamment

la Trilogie des prophéties, que dans le space opera,

avec la série Les Guerriers du Silence et le fantasy, tant

historique avec L’Enjomineur, que scientifique dans Les

Fables de l’Humpur. Son talent pour l’écriture lui a valu 6

distinctions, dont le Grand Prix de l'Imaginaire en 1994 pour

le tome 1 des Guerriers du Silence. D’autres auteurs seront

présents à Vallauris, tels que le Niçois Ugo Bellagamba,

auteur du roman Tancrède, une uchronie, prix Rosny aîné

2010, ou la Marseillaise Cécile Duquenne, invités pour la

première fois au Festival Fantasy, mais aussi Carina Rozenfeld,

Paul Carta, Morgan of Glencoe, Julien Cazorla…

Quelques nouveautés sont attendues : pour permettre

à ceux venus l’an dernier de ne pas revoir le même salon,

les organisateurs ont vu le mot fantasy au sens large ! De

nombreuses activités seront réparties sur un peu moins de

2000 m2, permettant même à ceux dont le fantasy n’est

pas l’univers de prédilection de passer un bon moment. Le

meilleur exemple est le stand Harry Potter, où vous pourrez

Retour

de flammes

Par Olivier Gueniffey

Alors même que les idées qui animent les nouvelles mobilisations

et mouvements contestent la politique de

représentation actuelle et le monde marchand inégalitaire,

force est de constater que nous continuons à être

pollués par des projets cuisinés en chambre, assaisonnés

au goût traditionnel. Des recettes qui se soumettent

aux vieux principes de séparation, aux rapports marchands

de la production et de la vie, et qui proposent

de gâcher des énergies dans le ravalement des formes

d’organisation, dites « réalistes », de la vieille représentation

et la démocratie qui va avec. Bref, des projets

irréalisables de revitalisation d’institutions qui, depuis

plus d’un siècle, ont paralysé les énergies. Nous vivons

dans une période où le combat pour se passer des

émancipateurs professionnels, de la politique, a pris le

devant. C’est bien là l’esprit de toutes les manifestations,

des révoltes des laissés pour compte et diverses

oppositions collectives au modèle libéral de société.

Pourtant, on bute sur l’héritage d’un passé marqué par

la facilité de la représentation et qui nous a amenés là

où nous en sommes, faibles. Avec des contradictions,

des reculs et des incertitudes, on cherche des principes

nouveaux pour s’élever, continuer. Les réponses

peinent à se construire, apparaissent seulement de façon

embryonnaire pour combattre la confusion, la démoralisation

et la mollesse… Que nous reste-t-il ? Fautil

se plier à la triste rengaine des recettes du « faute de

mieux », où on emballe le vieux dans des parures de «

réalisme » et de « responsabilité » ? À l’heure actuelle,

avec cette épidémie du Coronavirus, il n’est pas impossible

que nous assistions à une répétition générale d’un

nouveau dispositif mondial de la politique de la peur :

on veut un prompt retour à la normale bien entendu,

mais souhaitons que ce soit une autre normale qui advienne,

car s’il n’y a pas un sursaut démocratique et un

changement radical de nos rapports avec la Nature, la

gestion autoritaire des épidémies et des catastrophes,

de plus en plus nombreuses, va devenir la norme !

•••

donne pour mission de diffuser sa passion des mots dans les

lieux publics de France. Pour ce faire, le Marseillais, Niçois

d’adoption (oui, c’est possible !), s’adjoint les talents de musiciens.

Christian a d’ailleurs lui-même créé un groupe de

musique pop, Machine à rêve, ainsi qu’un trio de jazz. Depuis

2014, le poète sillonne la Côte d’Azur de long, en large et en

tra(vers). Lors de ses représentations, il ne se contente pas

de lire ses textes debout sur une scène, il préfère se balader

dans des jardins ou des musées. Ainsi passe-t-il du Musée

Matisse au Jardin exotique d’Eze, car, comme il le précise

lors d’une interview dans La Strada en 2017, “je ne cherche

pas de lieu de spectacle, plutôt des lieux de mémoire (...)

pour entrer en discussion avec eux”. Le prochain dialogue

aura lieu le 7 mars dans les jardins de la médiathèque

Noailles à Cannes. Rémi Charmasson lui prêtera ses talents

de guitariste. Né en 1961, l'Avignonnais a appris à jouer en

autodidacte. Au début attiré par le rock et le folk, il se dirige

vers le jazz après son passage dans la classe d’André Jaume

au conservatoire d’Avignon. Ce mélange des genres lui

donne un style peu commun, d’autant plus compatible avec

la poésie singulière de Christian Gorelli. Tanguy De Carvalho

7 mars 18h30, Jardins de la Médiathèque Noailles, Cannes.

Rens : gorelli-poesie.fr

Fantasy Land

Une fois n’est pas coutume ! Alors pour le devenir, le Festival Fantasy s’installe pour la

deuxième année consécutive à l’Espace Loisirs Francis Huger de Vallauris, les 7 et 8 mars.

confectionner vos propres baguettes magiques, potions et

cravates à l'effigie de votre maison préférée : Gryffondor,

Poufsouffle, Serdaigle ou Serpentard. D’autres ateliers

créations sont prévus tels que de la calligraphie ou la création

d’un grimoire. Les fans de Steampunk y trouveront

aussi leur compte puisque trois créateurs viendront exposer

leurs costumes. En parlant d’expositions, Frédéric Iniesta

présentera ses gravures sur bois, spécialement tournées

autour de la Fantasy. Les maniaques des figurines pourront

s’affronter lors du deuxième jour du festival, au cours de

tournois Warhammer Underworld et Warcry - Barbateam,

tandis qu’un tournoi Soul Calibur invitera les gamers de

tout poil à dégainer leurs manettes pour montrer qui est le

patron ! La veille du lancement, le vendredi 6 mars, est prévue

une soirée d’ouverture où la Cie Soukha présentera La

caravane du cirque, spectacle où prouesses acrobatiques

se mêlent aux exploits de jongleurs et de musiciens dans

un univers steampunk. Et tout le monde peut s’y rendre,

puisque c’est gratuit… mais sur invitation ! Tanguy De Carvalho

Festival : 7 & 8 mars / Spectacle d’ouverture : 6 mars 20h30.

Espace Loisirs Francis Huger, Vallauris.

Rens : FB festivalfantasyvallauris

#RDVFNAC

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MANDA !

... le Carnaval Populaire ! Manda

la bonne humeur ! Rendez-vous

le 8 mars ! Un collectif s’est formé

pour organiser un Carnaval Indépendant,

un peu dans l’esprit de

celui de St Roch, mais cette fois

avec une population plus large.

Rassembler toute la jeunesse

des quartiers niçois et la mêler à

celles et ceux qui ont fait perdurer

la tradition. Les fondateurs de

cette démarche définissent ainsi

ce rendez-vous citoyen et festif.

Le collectif travaille à la fédération

d’autres structures comme

l’entente des clubs de foot de Nice.

Il jette les bases d’un «Carnaval

indépendant et populaire de ce

moment où des générations d’azuréens

d’origines diverses vont donner

la couleur au vivre ensemble»,

afin permettre à celui de 2021

d’être un rendez-vous encore plus

rassembleur, car il aura été préparé

ensemble durant l’année au travers

d’atelier et autres moments

de construction.

À l’heure où nous mettons sous

presse, nous ne savons pas s’il

pourra avoir lieu face aux annulations

de manifestations du

même genre ou de tous les rassemblements

de rue. Le préfet n’a

pas encore donné son avis sur la

possible tenu de ce Carnaval, nous

a signalé le collectif. Il est clair

dans leur communication que ce

climat oppressant questionne ses

membres : «Les écoles, collèges,

lycées, universités, centres commerciaux

ou autres lieux publics

vont-ils être fermés, et les événements

sportifs ou culturels annulés

? Sur quel principe ? Celui de

précaution, du risque sanitaire ?

En voilà, une d’affaire ! On peut

aller enrichir la grande distribution

ou payer ses agios à la banque,

mais on ne peut pas se retrouver

pour un Carnaval Populaire. Méfi

aux liberticides, la santé et politique

ne font pas bon ménage !»

8 mars 14h : départ du corso Gare

Riquier, direction place Arson, puis

place île de beauté, Cassini, et Baleti

sur la Place Garibaldi vers 17h30/18h

2 / 15 MARS 2020 LA STRADA N°329


#HUMOUR

SCENE 55

17MARS

UNE BONNE

SOIRÉE

Sous la présidence de S.A.R. la Princesse de Hanovre

FESTIVAL

PRINTEMPS

DES ARTS

DE MONTE-

CARLO

13 MARS –---

--- 11 AVRIL 2020

KYAN KHOJANDI

BILLETTERIE

SCENE55.FR

04 92 92 55 67

©Laura Gili

villa arson nice

La Villa Arson poursuit un cycle de

conférences qui, à la fois s’inscrit en appui

de l’enseignement qui est donné dans son

école d’art (pratiquer et penser l’art

constituent un seul et même objectif), et vise

à intéresser tous les publics. Ces conférences

sont placées sous le signe de la pluralité. Elles

évoquent et interrogent l’actualité de notre

monde et analysent les idées qui y circulent.

conférences

d’Histoire

de l’art

et des idées

ouvertes à tous les publics.

entrée libre et gratuite,

sans réservation préalable.

Villa Arson

20 av. S. Liégeard, Nice

WWW.VILLA-ARSON.ORG

Jeudi 5 mars 2020 à 19h

L’art en sida, 1981-1997 par Thibault Boulvain,

historien de l’art et historien

Jeudi 19 mars 2020 à 19h

À rebours de la modernité : Edward Hopper

par Didier semin, professeur d’histoire de l’art

à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, Paris

Jeudi 9 avril 2019 à 19h

La préhistoire à l’âge atomique

par Maria stavrinaki, maîtresse de

conférences HDR à l’Université Paris I

Panthéon Sorbonne

Jeudi 7 mai 2020 à 19h

Notre héritage nous écrase t-il ? Musées,

provenances et restitutions au début du XXI e s.

par Bénédicte savoy, professeure d’histoire

de l’art à la Technische Universität de Berlin,

titulaire de la chaire « Histoire culturelle des

patrimoines artistiques en Europe, XVIII e -

XX e s. » au Collège de France

Visuels / Raphaël Emine, Trompe-leurre, 2012 / Gilbert and George / Edward Hopper / Préhistoire, une énigme moderne, Centre G. Pompidou

UN MOIS DE MUSIQUE !

Le Québec à Monaco

Musiques françaises du XVIII e au XXI e siècle

Le clavecin dans tous ses états

Musique et danse de Bali

Voyage surprise !

INFOS ET RÉSERVATIONS

PRINTEMPSDESARTS.MC +377 93 25 58 04

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