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ART SANS FRONTIERES

Nada-ZERO

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Paul LORENZI

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Peintre

Numero SPECI’ALLE

SANS Numéro

Peintre

MAIL-ART INTERNATION’ALLE

Jim Leftwitch

Tim Gaze

Asémique, a-sémique, asémantique….

Rien dire et dire tout.

Nombreux sont les artistes modernes ou contemporains qui ont adopté les lettres

de divers alphabets dans leurs créations artistiques. Les adeptes du lettrisme

ont largement utilisé ( comme l’artiste Ben par exemple), les lettres et

les mots.

Dans les années 90, les poètes visuels américains Tim Gaze et Jim Leftwitch

ont utilisé une forme d’écriture extravagante : une écriture abstraite pourrait

-on dire, sorte de graphisme purement gestuel, totalement vide de sens, qui

laisse au spectateur/lecteur toute liberté d’interprétation ou non.

Tim et Jim ont désigné d’abord leur écriture gestuelle par le mot asémique (asémique)

et ont publié leurs réalisations dans des magazines de poésie numériques

ou imprimés. Ainsi les poésies asémiques pouvaient être lues d’une façon

poli-sémantique, c’est à dire avoir de multiples significations, variables dans le

temps, ou bien ne pas avoir de signification du tout. Ainsi le lecteur/regardeur

devenait co-créateur du travail asémique présenté.

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NUMERO SPECI’ALLE

Clemente PADIN

André

ZHANG XU

HUAISU

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NUMERO SPECI’ALLE

Piet FRANZEN

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On a, depuis, désigné l’écriture asémique comme une forme d’art hybride qui

permet de faire fusionner le mot et l’image en une unité afin d’offrir le résultat

à toutes interprétations possibles, arbitraires ou subjectives. Le résultat,

pictogrammes ou idéogrammes sont un style d’expressionnisme abstrait qui utilise

l’écriture mais évite le mot.

Depuis la fin des années 90, l’écriture asémique s’est épanouie dans le monde

de l’art contemporain international. Cette forme d’art s’est surtout développée

et continue d’être régulièrement pratiquée dans le domaine du mail-art, où de

nombreux mail-artistes comme John M Bennet, Piet FRANZEN et bien d’autres,

utilisent les formes « sous-verbales », ou non sémantiques de l’écriture

afin de produire une calligraphie abstraite, ou bien une écriture altérée, c'està-dire

endommagée au point de la rendre illisible.

L’écriture asémique peut prendre la forme traditionnelle de la calligraphie et

être exécutée au pinceau ou au calame, mais elle peut être également inscrite

sur le sable à l’aide des pieds, des mains, ou à l’aide d’un bâton. L’artiste français

André a tracé ainsi sur les sables de la Manche en Normandie toute une

série d’œuvres/actions dont les documentations photographiques en sont les

seuls témoignages.

Si l’intérêt principal de l’écriture asémique est son caractère esthétique, sa

forme peut cependant suggérer un type particulier de graphisme : Codex précolombien,

utilisé par l’artiste uruguayen Clemente Padin, alphabet Rune, cryptogrammes

pascuans « RONGO-RONGO », logogrammes africains etc. Il existe

également une écriture asémique « relative » qui peut être lue par un certain

nombre d’initiés seulement.

Les origines de l’écriture asémique sont obscures et lointaines : pétroglyphes

primitifs, peintures rupestres, graffitis, dessins d’enfants, sont le témoignage

d’une expression pré- littéraire. D’autres sources d’influences proviennent d’écritures

allochtones, des codes scientifiques et de la science fiction. Cependant,

il semble que les précurseurs du mouvement asémique soient deux calligraphes

chinois. Le premier ZHANG XU était un calligraphe de la dynastie

Tang. Cet artiste rédigeait des poèmes dans une écriture si altérée qu’elle fut

désignée par l’expression « cursive folle », tant ses arabesques semblaient sauvages.

Le second, un jeune moine nommé HUAISU produisait lui aussi une calligraphie

cursive quasiment illisible.

A partir des années 1920, Henri Michaux commence à créer des œuvres asémiques,

comme « alphabet », ou « narration » où ne figure aucun mot.

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NUMERO SPECI’ALLE

Henri Michaux

Pierrette BLOCH

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NUMERO SPECI’ALLE

Mirtha Dermisache

Brion Gysin

Derek Beaulieu

Léon Ferrari

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NUMERO SPECI’ALLE

Cy Twombly

Morita Shiryu

Mira Schendel

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NUMERO SPECI’ALLE

Alain Satié

Roland Barthes

Luo Qi

John M Bennet

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NUMERO SPECI’ALLE

De nombreuses œuvres réalisées à l’encre de Chine semblent inspirées par l’écriture

automatique. L’artiste parle de son travail comme d’une forme visuelle

du poème.

Dés les années 50, divers artistes pratiquèrent une poésie visuelle enrichie par

une écriture illisible ou abstraite. Brion Gysin, Cy Twombly et Morita Shiryu

furent de ceux-là.

Dans les années soixante, une artiste sud américaine, Mira Schendel a produit

nombres d’œuvres foisonnantes de signes abstraits ou indéchiffrables, tandis

que Mirtha Dermisache dans la même période, créait des graphismes insensés.

Mirtha Dermisache revendiquait, nonobstant l’absence de sens de ses écrits,

leur existence en tant qu’œuvre d’art à part entière.

L’artiste suisse Pierrette BLOCH a consacré en 1986 une remarquable série de

dessins où les boucles et les traits se succèdent en diverses formes d’écritures

automatiques et abstraites.

Satu Kaikkonen

Mickael Jacobson,

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NUMERO SPECI’ALLE

TO:

SANS nUMERO

« L’art postal, c’est ce qui vous passe par la tête et qui arrive par la poste. »

Alain Satié, Léon Ferrari, Mickael Jacobson, Derek Beaulieu et Roland Barthes

sont autant d’artistes qui se sont impliqués dans l’écriture asémique. Roland

Barthes a désigné son travail comme une « Contre-écriture ».

Un exemple moderne d’écriture asémique est le mouvement de calligraphie

abstraite chinois nommé calligraphyisme. Luo Qi, un des chefs de file de ce

mouvement revendique cette pratique comme faisant partie de l’art abstrait.

Un autre groupe vietnamien est apparu dans les années 2000 sous le nom de

« Zenei Gang of fire » pour qui écrire sans mots signifiait rien dire et dire

tout.

Satu Kaikkonen, poète asémique finlandais se considère comme une sorte de

conteur mondial. L’art asémique est, selon lui, un langage universel commun,

quoique abstrait, destiné à nous comprendre les uns les autres, indépendamment

de nos philosophies, de nos cultures, éducations, traditions, religions et

nationalismes. Il voulait ainsi mettre les gens de tous les niveaux d’alphabétisation

sur un même pied d’égalité.

Christian ALLE

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