Haiti Liberte 11 Mars 2020

haitiliberte

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020

VICTOIRE

DES POLICIERS

Tonm Malè

kite nou !

Haitian Opposition Condemns

Moïse’s Appointment of

a New Prime Minister

Page 9

Page 6

En Haïti, les violences

sont le « prolongement

de troubles politiques

qui remontent à

2018 »

Page 7

Voir page 3

Le gouvernement face au courage et à la détermination de ces policiers a du faire marche arrière : les policiers

ont maintenant droit à leur syndicat

PRIMAIRES DÉMOCRATES : MICHIGAN,

UNE ÉPREUVE DIFFICILE POUR SANDERS

L’Inde aux prises

avec ses vieux

démons

Page 12

Irak : qui a

liquidé les deux

officiers US ?

Voir page 3

Page 17

Le candidat Bernie Sanders semblait bien placé pour réussir là où il avait échoué en 2016


Editorial

HAITI

LIBERTÉ

Haïti pourra-t-elle faire face au Coronavirus ?

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

Fax: 718-421-3471

Par Berthony Dupont

Le virulent coronavirus de façon évidente n’a plus de

frontières. Issu de la Chine populaire, dans la ville de

Wuhan, il est déjà présent dans plusieurs grandes villes

occidentales et un cas isolé aurait même été retrouvé

chez nos voisins de la République Dominicaine. N’estce

pas évident de dire que si notre voisin est attaqué,

il nous faut commencer à nous préparer en la circonstance.

Dans le monde, l’épidémie COVID-19 du nouveau

coronavirus s’achemine déjà vers une catastrophe mondiale,

une pandémie comme le désigne l’Organisation

mondiale de la santé (OMS). A ce stade, incontrôlable

même pour les pays riches dominants, le nombre de

malades continue d'augmenter. Quel sera le sort d’un

pays appauvri, exploité ? Quel sera le sort des masses

populaires haïtiennes si le Coronavirus arrive à frapper

nos portes ? Ne sera-t-il pas difficile pour ne pas dire

impossible de stopper la propagation de cette maladie

souvent mortelle dans un pays à la dérive, dépourvu de

soins de santé même fondamentaux et totalement ravagé

par la misère, la pauvreté et la corruption?

Le système national de santé d’un pays constitue

la première base de la lutte contre cette maladie. À très

court terme, ce sont les organismes déjà sur place et

les équipes spécialisées qui peuvent porter secours aux

victimes. Quant à nous, déjà l’accès aux soins de santé

pour la majorité de la population est un luxe exorbitant

puisque notre système médical a été justement dévasté

par l’exploitation à outrance du capitalisme mondial,

sources sociales et politiques de nos souffrances.

Nos services d'approvisionnement en besoins fondamentaux

sont complètement désorganisés ; quant

à présent tous nos hôpitaux publics sont en grève, du

fait que les travailleurs de la santé n’ont pas reçu leurs

salaires depuis plusieurs mois tout en exigeant également

de meilleures conditions de travail. Le cas du pays

est à ce titre très fragile avec une économie malade d’une

tuberculose résiliente et très vulnérable à tous les risques

même les plus insignifiants, d’autant qu’il manque

d’installations sanitaires, d’eau potable etc...

Les conditions dans lesquelles vivent les masses du

pays relèvent non seulement d’une guerre historique

mais et surtout d’une exploitation scandaleuse et criminelle

de l'impérialisme américain et mondial comme une

punition envers le peuple qui a mis fin au système aberrant

de l’esclavage.

L’impérialisme facilite pour autant une petite élite

financière corrompue, rétrograde, réactionnaire au

détriment du pays et des masses populaires. Cette élite

revendeuse, en complicité avec les puissances exploiteuses,

n’a rien entrepris dans le pays pouvant initier

un avancement vers le développement ou une prise de

conscience économique nationale parce qu’elle dépend

elle-même des pays étrangers pour ses soins de santé.

Si nous ne pourrons pas prendre les mesures nécessaires

pour combattre le virus, c’est du fait que les pays

impérialistes nous ont toujours imposé des parias, des

charlatans, des mercenaires corrompus, des antinationaux

comme dirigeants et fomentés des coups d’État pour

nous déstabiliser et détruire nos faibles infrastructures.

La plupart d’entre eux se réjouissent toujours quand

le pays est frappé d’une quelconque catastrophe. Cela

leur donne le moyen de recevoir des miettes d’aumône

qu’ils pilleront et gaspilleront comme bon leur semblera.

Si nous ne serons pas prêts à faire face au Coronavirus,

c’est du fait que nous ne nous sommes pas encore

remis des effets dévastateurs du séisme du 12 janvier

2010 et de l’épidémie de choléra que les Nations-Unies,

via la Minustah, nous avait apportée et cela sans aucun

dédommagement.

Si nous ne serons pas au rendez-vous pour

nous défendre comme tous les autres, ce ne sera pas

seulement à cause de la virulence du virus, ce sera aussi

la conséquence de l'arriération résultant de la domination

d'Haïti par l'impérialisme américain et européen.

Cette épidémie ne vient-elle pas nous rappeler que

nous ne devons plus continuer à vivre sous la dépendance

d’une quelconque communauté internationale. Il

nous faut mettre un terme à cette situation de dépendance

des puissances capitalistes.

Ce virus peut-être sans doute le réveil des pays appauvris

soumis au système capitaliste. Il peut servir de

catalyseur pour réveiller les classes dominées, assoiffées

de mettre fin à la pléiade de gouvernements serviles,

aux ordres des impérialistes qui leur donnent toute la

latitude d’exploiter les ressources des pays.

Administrer en Haïti un traitement juste pour juguler

le Coronavirus ne sera pas suffisant, si on ne détruit pas

également et totalement le virus destructeur capitaliste.

3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

Email :

editor@haitiliberte.com

Website :

www.haitiliberte.com

DIRECTEUR

Berthony Dupont

RÉDACTEUR EN CHEF

Dr. Frantz Latour

RÉDACTION

Berthony Dupont

Wiener Kerns Fleurimond

Kim Ives

Frantz Latour

Guy Roumer

CORRESPONDANTS

EN HAITI

Daniel Tercier

Bissainthe Anneseau

COLLABORATEURS

Marie-Célie Agnant

J. Fatal Piard

Catherine Charlemagne

Pierre L. Florestal

Yves Camille

Jacques Elie Leblanc

Roger Leduc

Claudel C. Loiseau

Henriot Dorcent

Dr. Antoine Fritz Pierre

Jackson Rateau

Eddy Toussaint

Ray Laforest

Edmond Bertin

Robert Garoute

Jacques Nési

Ed Rainer

Ing. Roosevelt René

Robert Lodimus

Luckner Elysée Vil

ADMINISTRATION

Marie Laurette Numa

Didier Leblanc

DISTRIBUTION: MIAMI

Pierre Baptiste

(786) 262-4457

COMPOSITION ET ARTS

GRAPHIQUES

Mevlana Media Solutions Inc.

computertrusting@gmail.com

Bulletin d'Abonnement

A remplir et à retourner à Haiti Liberté 1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210

Tel : 718-421-0162, Fax 718-421-3471

Etats-Unis

Tarifs d’abonnements

Canada

Nom: _________________________

Prénom: ______________________

Adresse: ______________________

Ville: _________________________

Etat/Pays: ____________________

Zip Code/Code Postal: ___________

Tél: __________________________

E-mail: _______________________

Modalités de paiement

Montant : $ ___________

Chèque Mandat bancaire

Carte de crédit

Numéro : ________________________

Date d’expiration : ________ /_______

Code de sécurité : _________________

Première Classe

$100 pour un an

$50 pour six mois

Amerique

Centrale,

Amerique du

Sud et Caraïbes

$125 pour un an

$65 pour six mois

Europe

$150 pour un an

$80 pour six mois

Afrique

$140 pour un an

$80 pour six mois $150 pour un an

$85 pour six mois

2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020


Primaires démocrates : Michigan, une

épreuve difficile pour Sanders

Victoire des Policiers

Après les résultats des votes du mardi 3 mars, Joe Biden disposait de 664

délégués contre 573 pour Bernie Sanders.

Par Esaü Jean-Baptiste

Dès le début des élections primaires

de février, le sénateur de Vermont,

Bernie Sanders s’était, que ce soit avec

les caucus de l’Iowa ou il a remporté le

vote populaire suivi respectivement de

ses victoires du New Hampshire et dans

le Nevada, positionné comme le potentiel

concurrent à la course pour la nomination.

Vu sa popularité qui était grandissante

à l’approche du Super Tuesday

aussi bien de sa position de favori dans

les sondages nationaux, ajouté d’une

avance du nombre des délégués sur

ses adversaires, le candidat Sanders

semblait bien placé pour réussir là où il

avait échoué en 2016.

Constat qui, dans un premier

temps, paniquaient les stratèges et

chefs du parti démocrate, mais aussi les

candidats dans la course qui, désespérément,

cherchaient des moyens pour

faire obstacle à ce candidat socialiste

qui fait peur. Au prime abord, comme

l’électorat était divisé entre Elizabeth

Warren, Joe Biden, Pete Buttigieg,

Amy Klobuchar et Mike Bloomberg,

donc, il fallait trouver une bonne formule

pour affaiblir celui qui, par son

avance, faisait peur à l’establishment

du Parti démocrate qui misait gros sur

Joe Biden pour battre Donald Trump en

novembre. Pour ce faire, dans un premier

temps, l’idée était d’encourager

le retrait du maire de South Bend de

l’Indiana, d’une des deux sénatrices

et le méga-milliardaire pour, finalement,

apporter leurs soutiens à l’ancien

vice-président perdant dans les trois

premiers caucus du mois de février.

Boom, de par sa victoire au Caroline

du Sud le 29 février, suivi des retraits

opportuns des candidats et leurs

supports avant et après le Super Tuesday,

Joe Biden est passé de candidat

désespérer à celui de potentiel adversaire.

Les retraits et soutiens ont donné

à Biden un élan massif, lui permettant

de remporter des victoires d’éclatement

en Virginie et en Caroline du Nord, où

les sondages avaient montré une course

serrée quelques jours auparavant.

Entre-temps, accusée par les partisans

de Bernie Sanders « de diviser

le vote du camp progressiste et d’amputer

les chances du sénateur socialiste

de mener “sa révolution », la persistance

d’Elizabeth Warren de rester

dans la course, alors qu’elle ne pouvait

pas gagner l’État ou elle est sénatrice,

n’avait pas aidé Sanders. Ce qui fait,

en quelques jours, Bernie Sanders, auto

proclamé socialiste au sein d’un parti de

Droite, est passé du favori qu’il était à

un anxieux candidat. Pour quelqu’un

qui, dans les sondages, était favori pour

remporter gros certains des États du

Super Tuesday, Sanders n’en a eu que

cinq victoires sur quinze caucus. Avec

des défaites dans des États comme le

Minnesota et le Massachusetts, alors

que les sondages lui était grandement

favori, donc il-y-a de quoi pour Sanders

et son équipe d’être inquiets.

Mais, tout n’était pas fini, puisque,

avec les caucus du 10 mars en

perspective, Sanders pouvait se frayer

un chemin et enfin retrouver le momentum

de février ? Pour le moins, le

sénateur de Vermont devait convaincre

les électeurs qu’il n’est pas seulement

le meilleur choix, il est le choix le plus

sûr. Ce n’est pas un cas impossible à

faire. Mais, il devait être plus agressif

puisqu’il n’a que quelques semaines

pour le faire.

Mars, le mois décisif dans les

primaires démocrates

Pour le seul mois de mars, entre le Super

Tuesday et les autres caucus, 29

États sont en jeux et 2448 délégués

doivent se décider. Parmi ces États et

délégués, 15 caucus ont déjà eu lieu

ou l’enjeu était de 1344 délégués. Il

reste maintenant 14 caucus avec 1104

délégués. Ce qui fait que les primaires

démocrates, de jour en jour, retiennent

l’attention, surpassent les pronostics

et suscitent davantage d’engouement.

Des cris de rassemblement

se font de plus en plus entendre

au sein du Parti en faveur de l’ancien

vice-président. Mais avec 352

délégués en jeux en perspective dans

les primaires dans les six prochains

États dont Michigan (125 délégués) et

Washington (89 délégués), la course

serait-elle encore ouverte au sein du

Parti de démocrate ?

Après presqu’une vingtaine de

consultations dans différents États,

Joe Biden arrive à convaincre plus

de délégués, et du coup a une bonne

avance sur Bernie Sanders. C’était une

avance certes, mais mathématiquement,

avec les primaires qui devraient

avoir lieu ce 10 mars, tout était encore

possible. Question pour dire,

jusqu’avant cette date, la course était

encore ouverte.

Avec 1344 délégués en lice,

les primaires du « Super Tuesday »

du 3 mars, organisées dans 15 États,

devraient être décisives en donnant

une première tendance des élections

générales du 3 novembre, à celui qui

s’opposera à Donald Trump. Contrairement

aux « Super Tuesday »

antérieures, cette journée spéciale

n’avait pas vraiment départagé les candidats

à la course pour la nomination

démocrate. Maintenant, avec plus de

2,480 délégués répartis sur presque

une trentaine d’États restants, le calendrier

des primaires promet d’être une

lutte très longue, plus passionnée où le

gagnant pourrait émerger un peu plus

tard.

Après les résultats des votes du

mardi 3 mars, Joe Biden disposait de

664 délégués contre 573 pour Bernie

Sanders. Le nominé démocrate

aura besoin, sur les 3979 délégués

disponibles, de 1991 pour avoir accès

dans un premier temps à la Convention

démocrate 2020 qui aura lieu

du 13 au 16 juillet, 2020, au Fiserv

Forum à Milwaukee, Wisconsin, et finalement,

aux élections générales du

3 novembre.

Entre-temps, la présence de la

sénatrice du Massachusetts, Elizabeth

Warren qui ne pesait plus dans la balance

nécessitait une décision de sagesse.

Elle aurait bien aimé rester dans

la course, mais pour quoi faire alors, se

demandaient les analystes perplexes.

En ne remportant aucun État, la sénatrice

n’a pas su créer le « momentum »

ni parvenir à se lancer dans la course à

l’investiture de 2020. C’était un coup

dur pour elle et son équipe. Ne serait-ce

donc pas le moment pour la candidate

de se retirer, se demandaient les supporteurs

de Sanders?

Mieux vaut tard que jamais

Prenant acte des résultats décevants

enregistrés par sa candidature lors

du Super Tuesday, tout en suivant

les traces de Buttigieg,Klobuchar et

Bloomberg, Elizabeth Warren« s’est

retirée de la course à l’investiture

démocrate en vue de la présidentielle

américaine de novembre.. Ce retrait

laisse le champ libre à Joe Biden

et Bernie Sanders qui la devancent

largement en termes de délégués,... »

Puisque Elizabeth Warren n’avait pas

officiellement endossé aucun des deux

candidats restant, ils étaient nombreux

ceux qui se posaient cette question: à

qui, bénéficiarait-il le retrait de la sénatrice

Warren? le “socialiste” autoproclamé

Bernie Sanders avec lequel elle

partage beaucoup d’idées marquées

très à gauche ou son adversaire modéré

Joe Biden?

En attendant un quelconque support

de Warren, dans la lutte à fond

sur le terrain, dans de nombreux États,

avec le momentum des victoires, des

soutiens politiques et ses moyens financiers,

grâce aux fonds recueillis ses

derniers jours, le VP Joe Biden continuait

à se positionner comme un potentiel

candidat à la course à l’investiture

démocrate pour la présidentielle de novembre.

Avec son profil de candidat

modéré et conservateur, l’ex-VP continue

de créer sensation. Il se positionne

sérieusement dans la course et,

du même coup, commence à attirer de

plus en plus de donateurs intéressés à

financer sa campagne. Mais en dépit

de tous ses supports, tout n’était pas

fini pour le sénateur socialiste Bernie

Sanders. Biden était loin d’être insurmontable.

Sanders pouvait changer la

dynamique de la course.

De par ses victoires dans presque

10 États lors du Super Tuesday, mais

surtout dans des États du Sud, non

seulement le VP a le momentum, mais il

était évident que le message ne passait

pas vraiment entre le sénateur de Vermont

et l’électorat conservateur, social

conservateur, ultraconservateur et de

la classe ouvrière noire et hispanique.

Pour éviter une poursuite de défaites

et le risque de perdre les prochaines

primaires qui devaient avoir lieu dans

des États comme le Idaho (20) Michigan

(125 délégués), Mississipi (36

délégués), Missouri (68 délégués), Dakota

du Nord (14 délégués) et Washington

((89 délégués), Sanders et son

équipe devraent, dans les spots publicitaires

et campagnes sur le terrain,

essayer de convaincre l’électorat ultraconservateur

qui le juge jusqu’à présent

trop à gauche dans ses discours et programme

de campagne. Il devait aussi

convaincre l’électorat démocrate, qu’il

représente l’alternatif pour le Parti aux

prochaines présidentielles, à savoir, le

seul qui peut faire obstacle à Donald

Trump aux élections générales de novembre.

Sanders devait attaquer le bilan

politique de Joe Biden envers les travailleurs

américains, spécialement les

immigrants et les familles minoritaires

pendant qu’il était sénateur, mais aussi,

en tant que vice-président durant les

deux mandats de l’administration du

président Barack Obama.

Comme il aura probablement

du mal à rivaliser dans les États ou

les caucus à venir comme la Floride

(219 délégués) le 17 mars et New

York (274 délégués) le 28 avril, donc

il était important pour le sénateur de

gagner ‘’big’’le 10 mars, spécialement

Michigan (125) et Washington (89

délégués). Pour ce faire, il devait, avec

des discours, continuer à « mobiliser la

base » du parti à savoir: si Hillary Clinton

ne pouvait pas battre Donald Trump

en 2016, Joe Biden ne le serait non plus

capable de le faire. Il devait insister que

seul lui peut battre l’actuel président en

novembre.

Michigan, une épreuve difficile

Le CSPN par la voix du Premier ministre Joseph Jouthe a annoncé la

victoire du syndicat des policiers

Par Isabelle L. Papillon

Le gouvernement de Moise-Jouthe

dans toutes ses élucubrations

n’avait pas jugé nécessaire et même

urgent de résoudre la crise au sein de

la police nationale. En un sens, au lieu

de mettre en place des moyens pour

arriver à satisfaire les revendications

des policiers exigeant de meilleures

conditions de travail, justice pour

leurs confrères tombés sous des balles

assassines des gangs, de meilleurs

traitements de la part des autorités et

la reconnaissance de leur syndicat, le

gouvernement s’adonnait à les provoquer

jusqu’à les aliéner comme pour

leur faire croire que leur revendication

à une amélioration de leur condition de

vie n’était pas juste.

Alors, si après les dérapages au

champ de mars au cours du carnaval,

les policiers durant leur dernière manifestation

avaient été obligés de passer

à la violence, le gouvernement ancien

ou nouveau de Jovenel Moise avait

été quasiment responsable, particulièrement

si l’on doit se rapporter aux

remarques contradictoires du nouveau

Premier Ministre Joseph Jouthe qui disait

reconnaitre que les revendications

policières sont justes tout en critiquant

une certaine illégalité du syndicat de la

police.

C’est dans cette optique que nous

devons comprendre tout ce qui s’est

passé dans la journée du lundi 9 et du

mardi10 mars 2020 dans les rues, notamment

à Delmas et à Pétionville où

des barricades de pneus enflammés ont

été en autres érigés par des policiers de

la BOID, de l’Udmo et de la DDO baptisé

d’un nom de lutte : Fantôme 509.

Certaines administrations de

l’Etat telles que l’ONA, le FAES, les

Archives nationales, le ministère de

l’Éducation nationale ont été perturbées

par du gaz lacrymogènes, les policiers

ont procédé à leur fermeture et les

employés n’avaient d’autre choix que

d’abandonner leur fonction.

La frustration des policiers joint

aux masses populaires vivant dans un

chômage à perpétuité, la réaction ne

pouvait être autrement. Ainsi, des voitures

ont été brisées, les clés de certains

véhicules de l’Etat retrouvés sur leur

parcours ont été saisies. Le véhicule

de fonction du juge Durin Junior Duret,

pour Sanders

Pour freiner l’élan de la soudaine

montée de Joe Biden, Sanders doit gagner

le Michigan. Pour le faire, il avait

annulé un rassemblement prévu vendredi

dans l’État du Mississippi qui

doit voter également ce mardi. Car, en

perdant Michigan, un autre État du

sud avec une forte population noire à

Biden qui, deux semaines plus tôt avait

magistrat auprès de la Cour d’appel de

Port-au-Prince et membre du Conseil

supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj)

n’a pas été épargne, il a été victime à

l’angle de Delmas 40 b et Delmas 49.

L’Association Nationale des Magistrats

Haïtiens (ANAMAH) s’indigne et élève

la plus vive protestation contre l’attaque

dont a été l’objet Me Durin Duret

Junior.

Signalons que la principale raison

de la manifestation du 9 mars avait

été pour exiger la réintégration immédiate

et sans condition des 5 policiers

révoqués pour leur activité syndicale. Il

s’agit de Yanick Joseph, Jean Elder Lundi,

Alberson Gros-Nègre, Yens Lamarre

et Gédéon Mombrun.

La décision de révoquer ces policiers,

qui réclamaient la reconnaissance

de leur syndicat et de meilleures conditions

de travail, constituait « une grave

atteinte » à la liberté syndicale en Haïti,

avait fait savoir l’Office de la protection

de la citoyenne et du citoyen (Opc),

dans une lettre adressée à la Direction

de la police.

Selon ce qu’a rapporté le quotidien

Le Nouvelliste, concernant les

démarches du gouvernement et de la

Direction de la police, un policier avait

réagi en ces termes :« Ces promesses

sont de la poudre aux yeux pour faire

de la diversion. Ils veulent nous berner.

Je suis dans la rue aujourd’hui

parce que je suis révolté. Nous sommes

révoltés. Nous exigeons la reconnaissance

du syndicat et la réintégration

des policiers révoqués. Au niveau de

Fantôme 509, nous parlons peu. Nous

avons des armes et du gaz. Si rien

n’est fait, nous allons tirer et brûler »

Alors que le rendez-vous avait

été donné pour une prochaine manifestation

des policiers au mois d’avril

2020. Le gouvernement face au courage

et à la détermination de ces policiers

a du faire marche arrière : les policiers

ont maintenant droit à leur syndicat,

selon les nouvelles déclarations du Premier

ministre de facto Joseph Jouthe à

savoir que « Un arrêté viendra amender

l’article 11 de l’arrêté d’août 2013

qui interdisait aux fonctionnaires de

police de s’associer pour défendre leurs

droits. Nous sommes d’accord que les

policiers peuvent se syndiquer »

La victoire de ces policiers c’est

aussi la victoire du peuple.

considéré la Caroline du Sud comme un

« most win », si toutefois il voulait retrouver

le momemtum du Super Tuesday

du 3 mars, donc pour ce 10 mars,

c’est au tour de Sanders de gagner non

seulement dans d’autres États, mais,

spécialement celui du Michigan.

Lors des primaires démocrates

opposant le sénateur de Vermont

suite à la page(18)

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

3


Bénédiction de l’ambassadeur des

Etats-Unis. Michèle Sison au nouveau

gouvernement haitien

L’ambassadeur Michèle B. Sison et Patrick

Boisvert

L’ambassadeur Michèle B. Sison et le

ministre Lucmane Délille

L’ambassadeur

Michèle B. Sison et

le premier ministre

de facto Joseph

Jouthe

Par Marie Laurette Numa

Le chef de la police

Normil Rameau et

Michele Sison

Comme elle l’avait fait pour le Directeur

général ai de la police nationale,

Normil Rameau, la diplomate

américaine, Michele Sison a rencontré

le Premier ministre Joseph Jouthe, le

ministre des affaires étrangères, Claude

L’ambassadeur Michèle B. Sison et le

nouveau ministre des Affaires étrangères,

Claude Joseph

Joseph, celui de la Justice Lucmane

Délille et le ministre de l’Économie

et des Finances, Michel Patrick Boisvert

pour leur donner non seulement

la bénédiction de la Métropole américaine

mais pour leur dicter les ordres de

Washington.

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen et sur les conclusions conformes du Ministère

Public, maintient le défaut octroyé contre la partie défenderesse à la susdite

audience, pour le profit, déclare fondée la dite action, admet en

conséquence le divorce du sieur Calito ARISTOR d’avec son épouse née

Chrisla LAURENT, pour injures graves et publiques. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux existant entre les dits époux. Ordonne à l'officier

de l'Etat civil de Saint Michel du Sud de transcrire sur les registres à ce

destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans

l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages et

intérêts envers les tiers s'il y echet. Commet l'huissier Coder GESTE de ce

Tribunal pour la signification du présent jugement. Compense les dépens.

Ainsi Jugé et Prononcé par Nous Me Nerva VILMONT,j uge -Doyen en

audience civile, ordinaire et publique en date du Trente juin deux mille

dix-huit, en présence de Me Raynold DUBOS, Substitut Commissaire du

Gouvernement de ce ressort, avec l'assistance du sieur Willy BERNABE,

Greffier du siège.

IL est ordonné.........etc En foi de quoi ..........etc

S/Me Fritz-Nel SAINT-LOUIS,av.

PAR CES MOTIFS

Sur les conclusions conformes du Ministère Public, accueille la demande en divorce

faite par la dame Wislande ESTIVERNE ; confirme le défaut en la forme déjà octroyé

contre le sieur Phanfan MOISE ; au fond, admet le divorce des époux Phanfan MOISE,

épouse née Wislande ESTIVERNE et prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre eux, ce aux torts de l’époux avec toutes les conséquences de droits ; dit

que désormais l’épouse reprendra son nom de famille ; dit qu’une copie du dispositif

du présent jugement certifié conforme par le greffier du Tribunal de Première instance

des Cayes sera signifié, après qu’il aura acquis l’autorité de la chose souverainement

jugée à l’Officier de l’Etat Civil de la commune des Cayes aux fins de sa transcription

dans le délai de la loi sur le registre destiné à cet effet. Dit qu’un extrait dudit

jugement sera publié dans l’un des journaux s’éditant à la capitale aux fins de droit ;

compense les dépens ; commet l’Huissier Jean Louisdor Prospère du Tribunal de

Première Instance des Cayes pour la présente décision.

Prononcé par nous, Pierre Ezéchiel VAVAL, Doyen, en présence de Me Wilnoce SANON,

substitut commissaire du Gouvernement, assisté de Pierre CASSEUS, greffier en

l’audience du lundi trois juin deux mille dix neuf, An 216ème de l’Indépendance

Il est ordonné… etc. En foi de quoi…. Etc.

Pierre Ezéchiel VAVAL, Doyen et Pierre CASSEUS greffier

Me Louis Domingue TECIYO, AV

AVIS

Il est porté à la connaissance des intéressés qu'à la date du trente juillet (2019) deux mille

dix neuf, le tribunal de première instance de Petit Goâve a rendu un jugement de divorce

entre la dame Carl Henry Victor, née Richana Bertrand et le sieur Carl Henry Victor, dont le

dispositif est ainsi libellé

Par ces motifs

Le après examen et sur les conclusions du Ministère public ,le tribunal au voeu de la loi,

maintient le défaut requis et octroyé à l'audience contre le défendeur pour faute de

comparaitre ; pour le profit, accueille l'action de la demanderesse la dame Carl Henry

Victor ,née Richana Bertrand et vu que cette demande est juste et fondée, admet le divorce

des époux Carl Henry Victor, femme née Richana Bertrand aux torts exclusifs desdits époux

; prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre eux ; ordonne à

l'officier de l'état civil compétent de transcrire sur les registres à ce destinés ; le dispositif

du présent jugement ; dit qu'un extrait sera publié dans l'une des colonnes d'un quotidien

s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers ,si le cat y échait ;

Commet le sieur Jean Fruisner Monice l’huissier de notre tribunal pour la signification du

présent jugement ; compense les dépens, vu la capitale des parties

Rendu de nous Me Frisner DUCLAIR, doyen a.i du tribunal de première instance de Petit

Goâve en audience publique civile de divorce de trente juillet deux mille dix neuf, en

présence de Me Franck BENECHE, Substitut commissaire du gouvernement de ce ressort,

assisté de Christophe BONBON, greffier du siège

Il est ordonné.....etc.... En foi de quoi......etc.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen, le Ministère public entendu dans ses conclusions, reçoit l'action

en divorce initié par le sieur Sydney Réjouis pour être régulière en la forme. Maintient au

fond le défaut, faute de comparaitre octroyé à l'audience civile de divorce du jeudi 23

janvier 2020 contre la dame Ann Myriam Eveillard pour n'avoir été ni rabattu, ni combattu

conformément aux dispositions des articles 287 et suivants du code de procédure civile ;

admet le divorce des époux Sydney Réjouis, femme née Ann Myriam Eveillard pour

incompatibilités de caractères et injures graves et publiques, fait prévus aux articles 217 et

suivants du code civil haïtien, prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé

entre lesdits époux, ce, aux torts de l'épouse défenderesse; ordonne à l'officier de l'état

civil de la section sud des Gonaïves à l'effet de transcrire le dispositif du présent jugement

sur les registres à ce destinés dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant

à la capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers, s'il y échet; commet l'huissier

Georges Michel du tribunal de première instance des Gonaïves pour la signification du

présent jugement ; compense les dépens vu la qualité des parties. Ainsi jugé et prononcé

par nous, Magistrat Louidor LOUIMA, juge au tribunal de première instance des Gonaïves

en audience ordinaire et publique et en ses attributions civiles des de divorce du jeudi 30

janvier, An 217ème de l'indépendance National, en présence de Me Adisson DIOGENE,

Avocat Substitut du commissaire du gouvernement près le parquet du tribunal de première

instance de ce ressort avec l'assistance du sieur Agony GACHETTE, greffier du siège.

Il est ordonné.......etc.....En foi de quoi.....etc.....

Miguel BAPTISTE, Avocat.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après en avoir délibéré au voeu de la loi et après avoir entendu le

Ministère dans ses conclusions écrites en la forme et au fond, favorable à

l'action du requérant, accueille l'action intentée en divorce par la dame

Samorah RIDORÉ contre son époux Reinier Saavedra ZAMORA en la forme et

maintient le défaut déjà octroyé contre le défendeur à l'audience du mardi 13

mars deux dix huit à 11 heures 01 minute du matin; ce n'avoir pas été rabattu

aux termes de l'article 287 du code de procédure civil de Luc D'HECTOR. admet

le divorce des époux sus parlés pour incompatibilités de caractères et pour

injures graves et publiques envers sa femme au voeu de l'article 217 du code

de procédure civil haïtien. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

ayant existé entre les dits époux tout en ordonnant à l'officier de l'état civil de

la commune de fond des Nègres, Me. Jeancilhomme LOUIS de transcrire sur les

registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers et de rédiger l'acte de divorce des époux prescrites.

Commet l'huissier Coder GESTE pour la signification du présent jugement aux

fins de droit tout en composant les dépens en raison de la qualité des parties.

Donné de nous. ...etc. Il est ordonné. ...etc En foi de quoi ...... etc .

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen et sur les conclusions conformes du Ministère

Public, maintient le défaut octroyé contre la partie défenderesse à la susdite

audience, pour le profit, déclare fondée la dite action, admet en

conséquence le divorce du sieur Maxon AUGUSTIN d'avec son épouse née

Samantha DELMA injures graves et publiques. Prononce la dissolution des

liens matrimoniaux existant entre les dits époux. Ordonne à l'officier de

l'Etat civil de Saint Michel du Sud de transcrire sur les registres a ce destinés

le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des

quotidiens s'éditant a la capitale sous peine de dommages et intérêts envers

les tiers s'il y echet. Commet l'huissier Coder GESTE de ce Tribunal pour la

signification du présent jugement. Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par Nous Me Nerva VILMONT, juge -Doyen en

audience civile, ordinaire et publique en date du Mercredi trente octobre

deux mille dix-neuf, en présence de Me Raynold DUBOS, Substitut Commissaire

du Gouvernement de ce ressort, avec l'assistance du sieur Willy BERN-

ABE, Greffier du siège.

IL est ordonné.........etc En foi de quoi ..........etc

S/Me Fritz-Nel SAINT-LOUIS, av.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, après examen le Ministère public entendu, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit,

déclare fondée ladite action; admet en conséquence le divorce de la dame

Marie Carmelle CHARLES, d'avec son Louimonte LEGER pour injures

graves et publiques aux torts de l'époux, prononce la dissolution des liens

matrimoniaux existant entre les dits époux ; ordonne à l'officier de civil

de la section nord de port au prince de transcrire sur les registres à ce

destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré

dans l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s'il y échet, compense les dépens ; commet l'huissier

Canal Gabriel de ce siège pour la signification de ce jugement.

Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, ANNIE FIGNOLE, juge en audience civil,

ordinaire et publique du onze juillet deux mille dix neuf, en présence de

Me. JEAN ROLEX MEROVE Substitut Commissaire du gouvernement de ce

ressort avec l'assistance du greffer Mozart TASSY

IL est ordonné....etc....En foi de quoi.....etc....

Me. Abel LOUISSAINT,Av.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, après examen le Ministère public entendu, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit,

déclare fondée ladite action, admet en conséquence le divorce du sieur

Mario CHARLES, d'avec son épouse née Cynthia CAMMANT pour injures

graves et publiques aux torts de l'époux ; ordonne à lʼofficier de l'état

civil de la section nord de Port-au-Prince de transcrire dans les registres à

ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré

dans l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s'il y échet, compense les dépens ; commet l'huissier

Canal Gabriel de ce siège pour la signification de ce jugement.

Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par nous, ANNIE FIGNOLE,

juge en audience civile ordinaire et publique du jeudi onze juillet deux

mille dix neuf, en présence de Me JEAN ROLEX MEROVE, Substitut commissaire

du gouvernement de ce ressort avec l'assistance du greffer Mozart

TASSY

Il est ordonné....etc.....En foi de Quoi.... etc.

Me Abel LOUISSAINT. Av.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après en avoir délibéré conformément et aux voeux de la loi,

statuant publiquement au nom de la république et à charge d'appel.

Maintient le défaut sur la forme requis et octroyé contre la dame Josette

Chéry à l'audience du mercredi vingt (20) mars deux mille dix neuf (2019)

pour faute de comparaitre, conformément à l'article 49 du code de procédure

civile Luc D. Hector ; ordonne le déguerpissement de la dame Josette Chéry

de la maison du requérant situé à Nerette, rue León Nau, Pétion Ville,

conformément à l'article 84 alinéa 3 du secret du 22 Août 1995 sur l'organisation

judiciaire. Condamne la dame Josette Chéry à dix mille gourdes

(10.000) de dommages intérêt au profit du demandeur, conformément aux

prescrits des articles 1168,1169 du code civile. Condamne également la dame

Josette Chéry aux frais et dépens de la procédure. Commet l'huissier Henry

Marcéna de ce tribunal pour la signification du présent jugement vu qu'il est

par défaut, ceci avec commandement

Ainsi jugé et prononcé par nous Wilfrid Marcéna, juge en audience civile,

publique et extraordinaire du vendredi vingt et un juin deux mille dix neuf

lors de la visite des lieux, avec l'assistance de Me. Waky Philosstène, greffier

du siège. Il est ordonné....etc....En foi de quoi....etc.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, après examen et sur les conclusions conforme du Ministère

public, maintient le défaut octroyé contre la partie défenderesse à la susdite

audience, pour le profit, déclare fondée la dite action ; admet en

conséquence le divorce du sieur Gérald LOUISSAINT d'avec son épouse née

Béthanie YLAN, pour injures graves et publiques, prononce la dissolution

des liens matrimoniaux existant entre les dits époux ; ordonne à l'officier

de l'état civil de Saint Michel du sud de transcrire sur les registres à ce

destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans

l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts

envers les tiers s'il y échet; commet l'huissier Coder GESTE de ce tribunal

pour la signification de ce présent jugement. Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Nerva VILMON, juge doyen en audience

civile ordinaire et publique en date du jeudi dix juin deux mille dix neuf, en

présence de Me Raynold DUBOIS, substitut commissaire du gouvernement

de ce ressort et avec l'assistance du sieur Willy BERNABE, greffier du siège

Il est ordonné.....etc......En foi de quoi......etc

AVIS DE DIVORCE DES ÉPOUX

BICHARD GERSON PIERRE

Il est porté à la connaissance des intéressés que le tribunal

de première instance de Port-au-Prince a admis le

divorce du sieur Bichard Gerson PIERRE d'avec son

épouse Yamiley BUNACHE et prononce la dissolution des

liens matrimoniaux ayant existé entre eux, par un jugement

par défaut en date du dix neuf (19) février 2020.

L'officier de l'état civil Section Est de Port-au-Prince a

été désigné pour la transcription du dispositif dudit jugement.

Ainsi signé Me Guy Augustin, juge, Junior Sauvens

THELEMAQUE, greffier

Me Jeannot René Avocat.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen. Le Ministère public entendu, maintient le

défaut octroyé contre le défendeur à l'audience précitée, pour le profit

déclare fondée ladite action. Admet en conséquence le divorce des époux

Silfait NORCÉUS et la femme née Rose Camerlan PIERRE LOUIS pour

injures et publiques aux torts de l'époux ; prononce la dissolution des

liens matrimoniaux existant entre les dits époux; ordonne à l'officier de

l'état civil de la section Est de Port-au-Prince à transcrire sur les registres

à ce destinés, le dispositif du présent dont un extrait sera inséré dans

l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s'il y échet; Commet l'huissier JHONNY JEAN

pour la signification de ce jugement; Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy AUGUSTIN, juge en audience civil,

ordinaire et publique du mercredi dix sept juillet deux dix neuf en

présence de Me Paul WESLEY substitut commissaire de ce ressort et avec

l'assistance Junior Sauvens THELEMAQUE, greffer du siège

Il est ordonné...etc.....

En foi de quoi.... etc......

PAR CES MOTIFS

Sur les conclusions conforme du ministère public maintient le défaut contre

l'assigné, pour faute de comparaître, et pour le profit, accueille la demande

en divorce de la requérante, tant en la forme qu'au fond. En conséquence ,

prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre les époux St

Julien EUCLIDE, la femme née Marie Maude BELIUS, aux torts de l'époux

;envoie la requérante par devant l'officier de l'état civil de quartier de

Vieux Bourg D'Aquin, pour la transcription du dispositif de cette décision et

la rédaction de l'acte de divorce; ordonne de cette décision dans l'un des

quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers

les tiers s'il y échet. Commet l'huissier Saint Germain Anthony immatriculé

au greffe du tribunal de première instance D'Aquin, pour la signification de

la présente décision, enfin Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Wadson Brown,juge, en présence de Me

Aldrin Joassaint, substitut commissaire du gouvernement de ce ressort, avec

l'assistance du greffer Lenz CASTOR,en audience Publique du jeudi quatre

juillet deux dix neuf, An 216ème de l'indépendance.

Il est ordonné… En foi de quoi …

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, après examen et sur les conclusions conforme du Ministère

public, maintient le défaut octroyé contre la partie défenderesse à la susdite

audience, pour le profit, déclare fondée la dite action ; admet en

conséquence le divorce de la dame Elicienne CADELICE d'avec son époux

Jean Renaud PIERRE LOUIS, pour injures graves et publiques, prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre les lesdits époux ; ordonne

à l'officier de l'état civil de Saint Michel du Sud de transcrire sur les

registres à ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de

dommages intérêts envers les tiers s'il y échet; commet l'huissier Coder

GESTE de ce tribunal pour la signification du présent jugement. Compense

les dépens Ainsi jugé et prononcé par nous, Me. Nerva VILMONT, juge doyen

en audience civile, ordinaire et publique en date du jeudi dix octobre deux

mille dix neuf en présence de Me. Kinsly BENJAMIN, substitut commissaire

du gouvernement de ce ressort et avec l'assistance du sieur Willy BERNABE,

greffer du siège

Il est ordonné....etc...En foi de quoi......etc.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après avoir délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions confirmes du

Ministère public, accueille l'action du demandeur, le sieur Emmanuel LOUIS en la

forme ; maintient le défaut faute de comparaître octroyé à l'audience du vendredi

quatorze février deux mille vingt contre la dame née Renette Jean LOUIS, admet en

conséquence le divorce du dit sieur Emmanuel LOUIS contre son épouse née Renette

Jean LOUIS pour incompatibilité de caractères et pour injures graves et publiques,

faits prévus à l'article 217 du code civil haïtien; prononce la dissolution des liens

matrimoniaux ayant existé entre eux , aux torts exclusifs de l'épouse ; ordonne

àl'officier de l'état civil de Delmas de transcrire sur les registres à ce destinés le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera publié dans l'un des quotidiens

s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers ; compense

les dépens vu la qualité des parties ; commet l'huissier Clerbrun FAURE pour la

signification du présent jugement

Rendu de nous, Annie Fignolé, juge au tribunal de première instance du ressort en

la chambre du conseil en audience publique et ordinaire du vendredi 14 février

2020 en présence du substitut du Commissaire du Gouvernement, Me Enide

LEGERME, faisant office du ministère publique et avec l'assistance de Me. Jean Serge

DUVERT

Il est ordonné.......etc.....En foi de quoi etc

Me Wanick CANDE, Avocat

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après en avoir délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions

confirme du Ministère public, accueille l'action de la demanderesse, la

dame née Syndy SAINTON, en la forme, maintient le défaut faute de

comparaître octroyé à l'audience du vendredi quatorze février deux mille

vingt contre le sieur Moïse Mackensy PIERRE, pour injures graves et

publiques, fait prévu à l'article 217 du code civil haïtien, prononce la

dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre eux aux torts

exclusifs de l'époux; ordonne à l'officier de l'état civil de la section sud, de

transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement

dont un extrait sera publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la capitale

sous peine de dommages intérêt envers les tiers; compense les dépens vu la

qualité des parties; commet l'huissier Clerbrun FAURE de ce siège pour la

signification du présent jugement. Rendu de nous, ,Annie FIGNOLE, juge au

tribunal de première instance de Port-au-Prince, en audience civile,

publique et ordinaire du vendredi quatorze février deux mille vingt, en

présence du substitut du commissaire du gouvernement, Me Enide LEGERME

faisant office du ministère publique et avec l'assistance de Me. Jean Serge

DUVERT, greffier du siège. Il est ordonné.....etc...En foi de quoi...etc.

AVIS DE DIVORCE DES ÉPOUX

NICOLAS JEAN LOUIS

l est porté à la connaissance des intéressés que le

tribunal de première instance de Port-au-Prince a

admis le divorce de la dame Micheline ROCHETTE

d'avec son époux Nicolas JEAN LOUIS et prononce la

dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre

eux, par un jugement par défaut en date du dix (10)

janvier 2020. L'officier de l'état de Furcy a été

désigné pour la transcription du diapositif dudit jugement.

Ainsi signé Me Marlène Bernard Delva, juge,

Jean Serge Divers, Greffier.

Me Jeannot René Avocat.

AVIS DE DIVORCE DES ÉPOUX

MISSIADE MURISSAINT

Il est porté à la connaissance des intéressés que le

tribunal de première instance de Port-au-Prince a

admis le divorce du sieur Missiade MURASSAINT

d'avec son épouse Guetty JOSEPH et prononce la

dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre

eux, par un jugement par défaut en date du seize

(16) janvier 2020. L'officier de l'état civil de Furcy a

été désigné pour la transcription du diapositif dudit

jugement. Ainsi signé Me Marlène Bernard Delva,

juge, Jean Serge Divers, Greffier.

Me Jeannot René Avocat.

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020


Twa Fèy, Twa Rasin O!

Une interminable méchanceté

Par Fanfan la Tulipe

Léon Charles, le représentant

permanent d’Haïti à l’OEA, celui

qui après dilatoires, charabias

et blablabla a finalement trahi

le Venezuela et voté contre la

légitimité du second mandat du

président Maduro.

Les nébulosités, les nuageosités de

la philosophie m’ont toujours porté

à garder une distance précautionneuse

par rapport à ce que disent les penseurs,

les philosophes, les save, surtout

quand il s’agit de philosopher sur

la méchanceté. Par exemple, d’après

Socrate nul n’est méchant volontairement.

Il n’admet pas le libre-arbitre

qui consisterait à choisir ce qu’on sait

être moins bon, car un tel choix serait,

selon lui, sans raison, sans explication.

Platon, pour sa part, dans son Protagoras,

nous dit que « les sages savent

parfaitement que tous ceux qui font

des choses laides et mauvaises les font

malgré eux. »

Selon Confucius : « L’homme,

dès sa naissance, est constitué dans

la droiture. » Par nature, l’homme est

donc bon. Voilà que Siun-tseu (Xun

Zi) du iii e siècle av. J.-C., plus jeune que

Confucius, a voulu dire aussi son mot,

en fait le contraire de son aîné : « La

nature humaine est mauvaise… Les

hommes sont faits du bois d’un arbre

tordu, ils inclinent constamment vers

les mauvais penchants… Dans l’inné

se trouvent l’égoïsme, la jalousie,

la paresse, la licence ainsi que la violence.

»

Bien longtemps après Jésus

Christ, il y a eu Kant aux yeux de qui la

méchanceté n’est pas un “instinct naturel”

mais une volonté. L’homme est

auteur du mal. On sait que Jean Jacques

Rousseau a été de l’avis que l’homme

naît bon, mais que c’est la société qui le

pervertit. Pour Thomas Hobbes, à l’état

de nature, « l’homme est un loup pour

l’homme ». Il s’empresse d’ajouter, sur

un mode louvoyant : « Il ne fait aucun

doute que les deux formules [bonté/

méchanceté naturelles] sont vraies :

l’homme est un dieu pour l’homme,

et l’homme est un loup pour l’homme.

La première, si nous comparons les citoyens

entre eux, la seconde, si nous

comparons les États entre eux. » Suit

toute une philosopherie pour illustrer

le propos.

Toutes ces philosophades alimentent

assurément des querellades,

des discussionnades, des parlades en

pile. Mais moi je ouette mon corps, non

pas pour ne pas prendre position mais

parce que la méchanceté de l’homme,

peu importe son mécanisme, son origine,

sa nature, sa philosophiture, je la

vois, la connais et la vis à travers l’histoire

de mon pays. Je voudrais la saisir

à tout moment pour l’étrangler, pou m

toufonen l, mais elle me fuit ; elle semble

insaisissable, comme la fumée.

Oui, de la méchanceté, de

la perversité de l’homme, dans le cas

particulier d’Haïti, parlons-en pou m pa

toufe. Le 18 novembre 1803, la masse

des esclaves a réglé ses comptes avec

le colonialisme français en infligeant

une impitoyable et humiliante défaite

aux soldats de Napoléon. On est donc

devenu un pays souverain qui a conquis

de haute lutte, dans la souffrance,

dans le sang, dans le deuil, le droit à la

liberté, le droit à être reconnu egalego,

nasyonalnasyono, égal à tous les pays.

Du reste, la couleur de notre race, noire

ou isabelle, devrait-elle nuire à notre

honneur et à notre dignité ?

De façon étonnante, elle

avait nui aux anciens colons. Calés

dans leur dodine de rancœur, de frustration,

de haine, de vengeance, encore

en proie à leur cauchemar, à leur défaite

cauchemardesque face à la négraille

aux pieds nus, les anciens bourreaux,

bouffis de méchanceté, de morgue

et de morve, allaient manigancer une

monstrueuse perversité : étourdis,

gaga, la tête encore pleine des fracas

de mitraille de Vertières, ils avaient fantasmé

que c’étaient eux les «victimes»

de leurs monstruosités esclavagistes.

Alors, il fallait faire payer aux négrailleux,

aux miséreux, leur impertinence.

Et ce fut, posé par le roi Charles

X, le premier jalon d’une interminable

méchanceté. Le 11 juillet 1825,

sous la menace d’une escadre de 14

vaisseaux et 500 canons, le président

haïtien Jean-Pierre Boyer incapable

de renouveler les efforts de guerre qui

avaient mené à l’indépendance se résigne

à signer un traité avec le roi de

France. Celui-ci reconnaît l’indépendance

de l’ancienne colonie en échange

d’une indemnité de 150 millions de

francs or qui sera plus tard ramenée à

90 millions. Cette indemnité est officiellement

destinée à dédommager les

planteurs dépossédés de leurs terres.

Elle est doublée d’une remise de 50

% sur les droits de douane tout navire

battant pavillon français. Pour un pays

ruiné par la guerre de l’indépendance

et un blocus, de fait, si ce n’est pas

une sinistre méchanceté, c’est quoi

alors ? Cette méchanceté d’origine

externe va se compliquer d’une autre,

celle-ci interne. En effet, au Havre, le

cours du café, la principale source de

revenus du pays, ne cesse de chuter. Le

président Boyer aux abois, fait de l’indemnité

une « dette nationale ». Pour

la payer, il institue à cet effet un impôt,

un fardeau de méchanceté pour les

masses paysannes, l’arrière-pays exploité

qui allaient en supporter le poids

et payer les lourdes conséquences. Entre-temps

les membres des élites continuaient

d’aller étudier en France, d’aller

se pavaner à Paris, la France isit, la

France lòt bò.

En 1838, le roi Louis-Philippe I er ,

moins intransigeant que Charles X

« reconnaît » l’indépendance pleine et

entière d’Haïti. Le solde dû de l’indemnité

est revu à la baisse et passe ainsi à

60 millions. Au total, l’indemnité aura

été de 90 millions de francs, les Haïtiens

finiront de la payer en 1883. Non

sans peine, puisqu’il a fallu établir des

opérations bancaires complexes grâce

auxquelles la « doulce France » aura

contrôlé les finances du pays jusqu’à

l’occupation étasunienne de 1915-

1934.

Entre-temps encore, divers emprunts

et intérêts auprès des banques

françaises, puis étasuniennes, auront

été nécessaires pour régler une ironique

« dette de l’indépendance ». Ils ne seront

définitivement soldés qu’en 1952.

Manifestement, l’économie d’Haïti, qui

s’est saignée durant cent vingt-cinq ans

pour honorer la soi-disant « dette », ne

s’en est jamais relevée. En fait, ce fut

une « double dette de l’indépendance

» : celle envers l’Etat français pour

indemniser les anciens colons et celle

auprès des banquiers parisiens. Largement,

elle aura pesé très lourd sur la

situation catastrophique du pays.

Mais du côté haïtien, il y avait

aussi des méchants. Ainsi, Madiou rapporte

que « l’administration générale

de l’État d’Haïti était centralisée aux

Gonaïves dans les bureaux du général

André Vernet, ministre des Finances,

un vieillard plein de zèle, mais d’une

profonde ignorance. Il ne savait ni lire

ni écrire ; il ne signait que son nom.

Vastey, le chef de ses bureaux,

homme de talent, mais profondément

corrompu et méchant, avait toute sa

confiance et faisait tout le travail de

son département. Il profitait le plus

souvent de l’ignorance du ministre des

Finances pour lui faire signer des actes

contraires aux intérêts du fisc, mais

avantageux à ceux qui traitaient avec

l’État. Il en retirait d’énormes bénéfices

par les nombreuses gratifications qu’il

recevait. » (Thomas Madiou, Histoire

d’Haïti, t. III,).

Les États-Unis et les jeunes États

latino-américains vont se mettre à la

remorque de la méchanceté de l’État

français. Prenant prétexte de cette indemnité

dans laquelle ils voient une

forme de protectorat de la France sur

Haïti, ils refusent de reconnaître la république

noire. Dès 1822, les États-

Unis avaient reconnu formellement

l’indépendance des pays latino-américains.

En janvier 1825, le Conseil

des ministres britannique décida de

reconnaître officiellement les États de

l’Amérique hispanique. En 1860 le

Vatican finit par reconnaître l’État haïtien,

par la signature d’un concordat

entre les deux gouvernements. La reconnaissance

américaine ne vint qu’en

1862. Un peu plus, ils auraient pu

étouffer de honte.

En 1890, « L’affaire Luders » allait

être une nouvelle et ignominieuse

méchanceté de l’Occident ligué contre

la geste du 18 novembre 1803.

La justice haïtienne avait réglé selon

la loi une grave impertinence contre

des policiers haïtiens par un sujet allemand

du nom de Luders, directeur

des écuries centrales de Port-au-Prince

qui était venu réclamer la libération de

son cocher. Appréhendé lui aussi pour

délit de rébellion, il fut toutefois libéré

et quitta le pays.

Mais parce que ni le juge ni les

policiers n’avaient été « sanctionnés »,

la Légation allemande, impertinemment,

fit au gouvernement haïtien plusieurs

exigences dont le retour de Luders,

une rançon de vingt mille dollars et

vingt et un coups de canon pour saluer

le drapeau allemand, ce dans un délai

de quatre heures. Le gouvernement

de Tirésias Simon Sam alarmé par la

menace d’un éventuel bombardement

des grandes villes côtières capitula. Les

navires de guerre allemands partis, les

Haïtiens découvrirent avec horreur et

stupeur, le lendemain, l’ignominieuse,

l’horrible méchanceté : notre drapeau

piétiné, souillé par des matières fécales.

Mai 1902. Un bras de fer politique

s’engage entre Anténor Firmin et

Nord Alexis qui tous deux briguent la

présidence à la chute de Tirésias Simon

Sam. L’intrigant pakapala Boisrond

Canal, président du gouvernement

provisoire, favorable à Alexis, permet

à ce dernier de prendre possession

d’une grosse cargaison d’armes alors

que celle de Firmin est saisie. L’amiral

Killick, du camp firministe et commandant

de l’aviso la Crête à Pierrot réquisitionne

alors un navire allemand, le

Markomania, porteur d’une cargaison

de munitions destinées à Nord Alexis.

Ploplop, Canal requiert des Allemands

l’intervention d’un navire de

guerre, le Panther, pour faire échec à

Killick et à Firmin. Les États-Unis approuvent

la démarche de cette canaille

de Canal. Un affrontement entre les

deux vaisseaux était inévitable. Refusant

de se rendre éventuellement

aux Allemands, Killick se saborde en

faisant sauter son navire avec lui. La

méchanceté de Canal allait ainsi faciliter

la présidence à un Tonton Nò,

patriote certes, mais obscurantiste, au

détriment de Firmin, homme d’État,

intellectuel, brillant sociologue, homme

de progrès, appartenant au camp des

« plus capables » à diriger le pays.

Juillet 1915. Tumultes militaires

et populacières, assassinats d’opposants

emprisonnés, menace d’interférence

allemande lorgnant le Môle

Saint-Nicolas et nécessité, du point de

vue du voisin du Nord, de passer la

camisole à un peuple trop turbulent et

bruyant vont porter les États-Unis à

nous imposer une très lourde méchanceté

: l’occupation du pays, synonyme

de négation absolue de notre souveraineté.

Inutile d’épiloguer sur les retombées

funestes de cette occupation. Elles

furent multiples, douloureuses, inhumaines

: « les cinq mille Cacos / en vain

donnèrent leur sang/ par toutes leurs

blessures /Et tout fut à recommencer

/ selon le rythme de leur vie / selon

leurs lois, leurs préjugés », selon leur

violence d’occupants. L’humiliation et

le cauchemar prirent fin avec le départ

des Blancs qui laissèrent derrière eux

une méchante Gendarmerie d’Haïti

préposée essentiellement à veiller aux

intérêts de l’impérialisme et à museler

toute velléité revendicatrice de la population.

Vingt-trois ans plus tard, en

1957, la méchanceté continuait son

chemin. Les hommes vêtus de jaune

laissés en place par l’occupant devaient

préférer pour président le « petit médecin

de campagne » François Duvalier,

sournois comme lui seul, au politiquement

turbulent Daniel Fignolé et

au grand naïf Louis Déjoie qui, la veille

encore des élections, ânonnait : « Votre

seule arme est votre bulletin de vote ».

Une recommandation en principe correcte,

démocratique, mais qui était

en fait une ânonnerie dont le général

‘‘Thomson’’Kébreau et les nombreux

militaires pro-Duvalier devaient se moquer

éperdument. On n’eut point de

bouche pour parler, pour décrire cette

paix des cimetières que furent les 29

ans de la satrapie duvaliériste.

De turbulence en turbulence,

après le 7 février 1986, de coup d’État

en coup d’État, de saltimbanqueries

concoctées en Floride pour trouver un

Premier ministre « indépendant » en

grennnanboundaterie, pour renverser

un président légitime, on en vint à

un mode étrange de méchanceté sous

forme de tètkalétude. Une sorcière

états-unienne rompue aux chanpwelleries

washingtoniennes s’amena

une nuit, ivre de méchanceté. D’un

rictus glauque et strident, elle ordonna

qu’on écartât du scrutin une candidate

aux tendances nationalistes, aux

bonnes moeurs (devan, devan nèt par

ailleurs) au profit d’un voyou spécialiste

des « mots sales » et dont le niveau

intellectuel se reconnaissait à ses fesseries

et gwouyaderies carnavalesques.

La dernière méchanceté en

date a pour visage et pour nom un

certain Jovenel Moïse, un paysan mal

dégrossi qui est pourtant arrivé à être

le chouchou ou, mieux, le toutou de

la bourgeoisie. Nageant dans le mensonge

et la corruption, il a réussi le

tour de force de la plus grande lâcheté

doublée de méchanceté qu’un président

en exercice ait jamais commise :

mordre la main d’un ami, la main de

l’ami vénézuélien qui nous avait fait

des conditions exceptionnelles, quant à

l’acquisition de son pétrole.

La morsure s’accompagna –

lâcheté suprême – d’un inattendu coup

de poignard dans le dos. Le représentant

du gouvernement corrompu de

Jovenel Moïse vota pour chasser le

Venezuela de L’OEA. L’Histoire n’acquittera

jamais Jovenel Moïse, lui que

le peuple d’Haïti a déjà condamné à

être jugé pour crime de haute trahison

du peuple frère vénézuélien. Au pays,

la faim, la misère atroce, l’absence de

repères moraux, l’insécurité, le kidnapping

n’ont jamais été aussi présents,

troublants et menaçants. Personne ne

sait qui gouverne le pays, encore moins

comment il est gouverné. Jamais la pagaille

n’a été aussi envahissante et le

désespoir des citoyens aussi profond.

Le « petit médecin de campagne » François Duvalier, ‘’élu’’ président

d’Haïti, recevant des mains du général Antonio ‘’Thomson’’ Kébreau,

sinistre créature d l’occupant yankee, l’écharpe présidentielle.

Jusques à quand devrons-nous

subir cette cascade de méchancetés

dévalant les collines de l’histoire du

pays ? Baryè ladwann te di pi mal,

poutan l pete. Attention chasseur Jovenel

! Attention chasseur impérialiste

! Vous avez la part encore belle,

mais le jour va et le jour vient. Il n’y

a pas de lait qui monte et qui ne descend

pas. Au tribunal populaire, nous

vous donnons rendez-vous : fò n wè

kanmèm…

Et telefòn ne lâchez pas. Á la revoyure.

ETI Reliable

Income Tax Services

Ernst Blanchard

25+ years of experience

• Individual

• Corporation

• Self-Employed

• Non-Profits

• Partnerships

• LLCs

9 mars 2020

We Speak: English, Kreyòl, French, Spanish

327 E. 52nd Street

(between Linden & Church)

Brooklyn, NY 11203

718.922.2537 office

917.681.6531 cell

Blanchardernst@gmail.com

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Apèl pou jounen entènasyonal aksyon

kont sanksyon ak lagè ekonomik yo, soti

13 pou rive 15 mas 2020

Kilti lakay nan zèv Manno

Chalmay

Sanksyon yo touye!

Sanksyon yo se lagè!

Sanksyon yo dwe fini kounye a!

Sanksyon Etazini ak peyi restavèk

li yo enpoze kont peyi k ap reziste

ajanda l yo, se yon zamdegè ekonomik

ki lakòz yon mankman kwonik

nan pwodui premyè nesesite debaz

yo, anpil boulvèsman ekonomik, yon

enflasyon monetè kawotik, grangou

pwograme, maladi ak povrete. Nan

tout peyi, se sa ki pi pòv yo ak pi fèb

yo tankou - ti bebe, timoun, moun

ki gen maladi kwonik yo ak granmoun

aje yo – se yo ki premye viktim

sanksyon yo.

Sanksyon Etazini enpoze yo

vyole lwa entènasyonal yo, yo se yon

zouti pou fòse chanjman rejim. Se yon

tyè nan limanite sanksyon yo afekte

sètadi 39 peyi. Enpoze sanksyon, se

yon krim kont limanite: sanksyon yo

sèvi pou fè entèvansyon militè, ranvèse

gouvènman ak mouvman popilè

yo. Sanksyon yo pote gwo èd ekonomik

ak militè pou fòs reyaksyonè yo k

ap sipòte enperyalis meriken an.

Dominasyon ekonomik Etazini

an ak plis pase 800 baz militè yo

genyen atravè mond lan egzije pou

tout lòt peyi yo patisipe nan aksyon

etrangleman ekonomik lan. Yo dwe

fini ak tout relasyon komèsyal nòmal,

otreman yo riske wè zam Wall Street

pwente sou yo. Se Bank yo ak enstitisyon

finansye yo ki responsab devastasyon

kominote nou yo Ozetazini ak

lakay nou, se yo menm ankò k ap piye

peyi etranje yo.

Anpil òganizasyon ap goumen

lontan kont sanksyon ak lagè ekonomik

lan. Kounye a se yon okazyon

pou nou konbine fòs nou ansanm pou

n kapab ogmante konsyans pèp la sou

pwoblèm kritik sa a.

Gwo kanpay sa a ap gen ladann

l, pwotestasyon ak manifestasyon,

espresyon, petisyon ak tout lòt fòm

aksyon edikatif.

Kòm premye etap pou kanpay sa

a, n ap ankouraje òganizasyon mobilizasyon

ak efò edikatif pou kèk jounen

Entènasyonal Aksyon kont sanksyon

meriken ak lagè ekonomik lan enpoze

nan dat 13-15 Mas 2020

Gang

Gang sou gang

Gang pou gang

Gang kont gang

Sistèm tout gang

Gang vye mafya

Gang bon avadra

Gang trafik fatra

Gang ekip delala

Gang jèm sida

Gang tyoul kolera

Gang chikoun gounya

Gang viris kowonya

Gang mafya legliz

Gang krèy pikliz

Gang pepinyè kriz

Gang maton nan friz

Gang mafya ja vèt

Gang toufe n ak dèt

Gang tèk foli vedèt

Gang tout vye friz

Gang tout mòpyon

Gang tout madichon

Gang rèy pèsekisyon

Gang devenn giyon

Gang pepinyè mizè

Gang makòn doulè

Gang koulè lanfè

Gang nanm Lisifè

J. Fatal Pya

Ansyen Premye

minis Jean Michel

Lapin jwenn yon

lòt djob

VIENT DE PARAÎTRE : LES CAPSULES DESSALINIENNES

Manno Chalmay nan restoran Tap-Tap nan Miyami an 2017.

Lunine Piere-Jérôme, Ed.D.

Kilti : Yon konsèp inivèsèl

Pou nou pale de kilti lakay nan zèv

Manno Chalmay se antann nou dabò

sou konsèp kilti a, kisa li reprezante an

jeneral, paske konsèp la pou kont pa li

charye yon bann lòt konsèp e gen plizyè

definisyon selon fòmasyon moun,

konpreyansyon yo, orijin yo, oryantasyon

pwofesyonèl yo, elatriye. Kidonk,

kilti se yon tèm ki ka gen kontwovèsi

ladan l, se sa ki fè li ka difisil pou defini.

Gen plis pase 60 lane konsa, te gen kèk

antwopològ Ameriken ki te manyen

konsèp ak definisyon kilti e yo te

jwenn apepre 164 definisyon (Kroeber

Jean Michel Lapin k ap kriye

Aprè li te fin kriye bay Jovenel Moise,

komkwa apre 32 lane osèvis Leta

pou l ale konsa, prezidan an te blije

nonmen Lapin konseye espesyal anchaj

relasyon ant Laprezidans ak Biwo

Premye Minis la. Yon fason pou seche

dlo lan je li.

& Kluckhohn, 1952). Nan diksyonè

Myriam Webster1 nou jwenn yon

definisyon pou kilte ki se « Kwayans,

abitid, relijyon, pratik chak jou yon pèp

». Men, yo ajoute tou, «kilti se tandans

konesans moun genyen, kwayans,

konpòtman ki baze sou kapasite aprantisay

ak transmisyon konesans bay lòt

jenerasyon » (tradiksyon otè a).

Malgre gen yon dividal definisyon

pou tèm kilti a, youn nan definisyon

ki plis enterese m se definisyon

Sonia Nieto, yon edikatè ki fè konnen

kilti se : « Valè, tradisyon, relasyon

sosyal ak politik ki pa kanpe anplas,

ak jan nou konprann lemond, se yon

gwoup moun ki marande ansanm akòz

yon bann faktè tankou istwa yo, kote

yo plase jewografikman, lang yo, klas

sosyal nou, relijyon nou ak kijan sila

yo ki marande ansanm yo pataje bagay

sa yo » (Nieto, 2002). Kifè, jan m konprann

kilti a, se pa yon lamàn ki sot

anlè tonbe anba pou kont kò li kont pa

li, se pito pa filyè lang nan, rityèl yo,

lodyans yo, istwa/kont yo, pwovèb yo,

mit yo, lejann yo, chante yo, elatriye ; li

fè wout li, ankre nan nou, e nou pase li

bay soti an yon jenerasyon ale nan yon

lòt. E travay pasasyon sa a kòmanse

fèt depi nan tete, lè nou ti kat kat, nan

laj sosyalizasyon nou. Nan kontèks sa

a, Manno Chalmay se te yon pèsonaj

kiltirèl ki t ap viv nan yon kontèks istorik,

sosyal, politik, ekonomik byen

espesifik. Li te gen yon bann pratik

kiltirèl ki te parèt klè kou dlo kokoye a

travè diskou l sitou sou fòm mizik malgre

idantite li, moun li te reprezante a,

te gen plizyè tèt.

Rapò mwen ak Manno Chalmay ?

Malgre nan fen ane 70 yo, mizik Manno

Chalmay te kòmanse pran lari pou

vin pran plas li anndan kilti a, donk

nan patrimwàn kiltirèl la—chante

grann nan sitou—men akòz kalite

chante Manno t ap chante yo, li te difisil

suite à la page(15)

Tonm Malè

kite nou !

Les haïtiens curieux et intéressés à mieux comprendre

Dessalines, cet homme fascinant, conséquent, et exceptionnel

de l’humanité noire, peuvent se procurer, au prix de $45. (+ les

frais postaux si nécessaires) « Les capsules dessaliniennes »

du professeur retraité Raymond Wainwright en téléphonant au

no 1-450-933-5451 ou 718-421-0162

Ce livre concis campe le fondateur, à l’aide de 1804 capsules

émaillées de poèmes adaptés, de citations appropriées et de

significatifs documents authentiques.

Bonne Lecture

Tonm Malè

Se nan mitan lannwit nan Samdi 7

pou ouvè sou dimanch 8 mas, komedyen

Eric Laguerre alyas Tonm Malè,

yo konn rele l tou (Manmi Pwela), aprè

yon malèz vè onzè diswa, yo te kouri

ak li nan lopital Espwa ki chita nan Delma75,

malerezman vè minwi konsa li

pati pou peyi san chapo.

6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 33 • Du 19 au 25 Février 2020


Perspectives

En Haïti, les violences sont le « prolongement de troubles politiques

qui remontent à 2018 »

Par Aude Lasjaunias

Des policiers se sont soulevés à Portau-Prince

dimanche, alors que les

forces de l’ordre sont l’un des piliers

du processus pour la stabilisation du

pays, en crise depuis deux ans.

Les médias locaux, repris par Courrier

international, ont parlé d’un « climat

de guerre civile ». Haïti a été le théâtre

de violences, dimanche 23 février,

quand plusieurs policiers manifestant

pour demander de meilleures conditions

de travail ont attaqué le quartier

général de l’armée, dans le centre de

Port-au-Prince. Bilan : deux morts et

une dizaine de blessés. Un peu plus

tard, plusieurs personnes se réclamant

du mouvement des forces de l’ordre ont

également tenté d’incendier les locaux

de Radio Télévision Caraïbes, qui a été

contrainte de suspendre ses émissions.

Pour la deuxième année consécutive,

le gouvernement a annulé le carnaval

qui devait se tenir de dimanche à

mardi dans la capitale, un rendez-vous

incontournable de la vie culturelle haïtienne

et une manne économique non

négligeable dans un pays à la pauvreté

endémique. Une décision prise pour

éviter « le bain de sang programmé »,

selon les termes de l’exécutif.

Lundi, Port-au-Prince avait des

airs de ville fantôme – axes routiers bloqués,

rues désertes, activité commerciale

au point mort… –, des policiers

protestataires ayant érigé des barricades

de fortune sur les principales artères de

la capitale, coupée des autres villes du

pays. Pour le ministère de la justice,

la contestation ressemble « de plus en

plus » à une « tentative de coup d’Etat »

contre le président Jovenel Moïse. « On

est face à une situation dans laquelle

il est compliqué de qualifier les événements

», tempère toutefois Eric Sauray,

avocat, politologue et auteur de Haïti,

une démocratie en perdition (Dauphin

noir éd., 2006).

« Il ne s’agit pas d’une rébellion

de la police dans son ensemble mais du

soulèvement d’un groupe de policiers,

tout comme l’on ne peut pas parler

d’affrontements directs avec l’armée. Si

tel était le cas, le bilan aurait été plus

lourd. »

Mais les événements de ce weekend

sont importants, analyse-t-il. Les

policiers sont l’un des piliers du processus

de stabilisation du pays. Et ces

violences s’inscrivent surtout dans le

contexte d’une crise qui paralyse Haïti

depuis plusieurs années et que le gouvernement

n’a pas réussi à endiguer.

« C’est le prolongement de troubles

politiques qui remontent à 2018. Les

revendications portées par les policiers

rejoignent les revendications de justice

sociale portées par la population haïtienne

», fait valoir M. Sauray.

Aux origines de la crise : pauvreté

extrême et corruption

Le président Jovenel Moïse, entrepreneur

inconnu du public avant 2015,

est décrié depuis son arrivée au pouvoir

en février 2017 par les opposants les

plus radicaux, qui n’ont jamais reconnu

sa victoire entachée de soupçons de

fraude.

En juillet 2018, son gouvernement,

dirigé par un de ses amis sans

expérience des affaires publiques, augmente

brutalement les tarifs des carburants

: la mesure s’accompagne de

plusieurs jours d’émeutes. En 2019,

l’augmentation continue de l’inflation,

dont l’impact le plus fort concerne les

produits alimentaires et les boissons

non alcoolisées, selon les données de

l’Institut haïtien de statistique et d’informatique,

attise le mécontentement.

Comme le souligne la Banque

mondiale, Haïti est l’un des pays les

plus pauvres au monde. En 2018,

son indice de développement humain

le classait 168e sur 189 pays. « Plus

de 6 millions d’Haïtiens vivent en dessous

du seuil de pauvreté avec moins

de 2,41 dollars (2,21 euros) par jour,

et plus de 2,5 millions sont tombés en

dessous du seuil de pauvreté extrême,

ayant moins de 1,23 dollar par jour

(1,13 euro) », ajoute l’organisation.

A tout cela s’ajoute la corruption

généralisée des hautes sphères gouvernementales,

régulièrement dénoncée.

On peut le voir notamment dans cette

vidéo, revenant sur les manifestations

de février 2019.

Tax Tax Preparation

• IRS Representation

• E-Filing

PREVIOUSLY

FAST CASH ADVANCE

$500 - $6,000

Pay $0 upfront, until you get your refund!

• Audit Protection

• Individual & Corporations

J. RONALD NAZAIRE, CPA

1726 Flatbush Avenue

Brooklyn, NY 11210

718.873.0080

www.besttaxexperts.com

Des policiers dénoncent leurs conditions de travail à Port-au-Prince,

Haïti, le 24 février.

L’affaire PetroCaribe, l’étincelle qui

a embrasé la colère populaire

La frustration populaire a été exacerbée

par les révélations sur la gestion calamiteuse

et les possibles détournements

des fonds prêtés entre 2008 et 2018

par le Venezuela à Haïti pour financer

son développement. Ce programme,

baptisé PetroCaribe sous l’égide de

l’ancien président vénézuélien Hugo

Chavez, permettait notamment à Portau-Prince

d’acheter des produits pétroliers

à prix réduits.

Dès août 2018, fleurit sur Internet

le mot-dièse #PetrocaribeChallenge

pour demander à la classe politique de

rendre des comptes sur l’utilisation des

fonds versés par Caracas. « Kot kòb

petwo karibe a ??? » (« où se trouve

l’argent de PetroCaribe ? »)

Tout bascule avec la publication,

fin janvier 2019, du premier volet

d’un rapport de la Cour supérieure

des comptes, épinglant au moins une

quinzaine d’anciens ministres et hauts

fonctionnaires. De même qu’une entreprise

dirigée à l’époque par Jovenel

Moïse, identifié comme bénéficiaire de

fonds pour un projet de construction

d’une route sans signature de contrat.

Dans la foulée, la mobilisation sur

la Toile se traduit en manifestations

de masse. Et, en août, une pénurie

généralisée de carburant fait prendre

un tour violent à la contestation. «

Aujourd’hui, on ne sait pas où en est

LACROIX MULTI SERVICES

Tel: 718-703-0168 * Cell: 347-249-8276

Fax:718-03-4640

1209 Rogers Avenue, Brooklyn, NY 11226

www.lacroixmultiservices.com

• Income Tax • Electronic Filing

• Refund Anticipation Check (RAC)

• Direct Deposit - IRS Check

• Business Tax • Notary Public

• Immigration Services

• Translation, Preparation, Application, Inquiry letters

• 6 Hour Defensive Driving Course • Fax Send & Receive

• Resume • Property Management • Credit Repair

Lacroixmultiservices@yahoo.com

JOBS

l’enquête [sur les détournements de

PetroCaribe], le dossier judiciaire semble

à l’arrêt », insiste Eric Sauray. Et

les personnes mises en cause sont encore

au pouvoir. « Ce qui est certain

c’est que les institutions en Haïti sont

affaiblies : l’exécutif est contesté, les

instances régulatrices corrompues et

le pouvoir judiciaire complètement enlisé.

»

Aggravation de la situation

sécuritaire, des policiers en

première ligne

« Chaque période de crise en Haïti –

comme ailleurs – s’accompagne d’une

hausse de l’insécurité, notamment des

vols crapuleux », souligne Eric Sauray.

« La faiblesse de l’Etat et des institutions

explique ce chaos et ce désordre.

C’est particulièrement vrai pour la justice

: si cette dernière est affaiblie, alors

la délinquance augmente, en raison du

sentiment d’impunité qui prévaut. »

Au fil des mois, l’insécurité s’est

donc installée dans le pays. Les gangs

sont de plus en plus visibles. Deux

Français venus adopter en Haïti ont

été abattus par balles, fin novembre,

à Port-au-Prince, lors d’un vol à main

armée qui a mal tourné.

suite à la page(16)

!!TRAVAY OSPITALITE!!

• NETWAYAJ NAN KAY

• MOUN KI KA LAVE

• ASISTAN KWIZIN

• TRAVAY NAN NWIT E NAN JOUNEN

ASISTANS DEMENAJMAN POU

NEVADA, PENNSYLVANIA,

WISCONSIN, OHIO,

TEXAS, COLORADO

Pou aplike rele (305) 892-0680 ou swa vini nan

1175 NE 125th St, Suite 612, N. Miami, FL 33161

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

7


La Tribune de Catherine Charlemagne (106)

Police nationale, la révolte des sans grades ! (2e partie)

Yanick Joseph, une agent II

devenue depuis une sorte d’Eva

Peron ou Suzanne (Sanite) Belair

prête à se donner en sacrifice pour

la cause de ses camarades.

Dans la première partie de la Tribune

consacrée à la révolte des

sans grades de la police nationale

haïtienne au cours du mois de février

2020 se réclamant le droit de fonder

un syndicat au sein de cette institution,

nous nous étions arrêtés sur la

décision spectaculaire du gouvernement

de renvoyer les principaux

responsables du projet tout en condamnant

le comportement des manifestants.

Selon le ministre de la justice

Roudy Aly, le motif exact du renvoi

de ces policiers contestataires, est

défini comme suit « Comportement

irrévérencieux, comportement séditieux,

incendie de biens publics, tentative

d’assassinat ».

Mais, comme le Président Jovenel

Moïse et le gouvernement

croient savoir que les policiers sont

manipulés par l’opposition, le Premier

ministre a insisté pour que l’institution

policière demeure « Exempte des

secousses politiciennes pour rester au

service de la démocratie et le gouvernement

entend y veiller » a-t-il déclaré

sous les yeux de tout l’Etat-major du

CSPN lors d’une conférence de presse

le mardi 18 février 2020 après la mise

à pied de la policière Yanick Joseph et

de ses quatre collègues. Avant, dans

un communiqué émanant de la Primature,

le gouvernement n’a pas oublié

de charger au maximum les syndicalistes

en ces termes « Ces actes

barbares, illégaux, inadmissibles et

indignes du policier viennent rappeler

la violence aveugle des extrémistes

et des terroristes qui se cachent derrière

des revendications pour semer le

trouble et le chaos. Ils laissent entrevoir

les mains expertes des ennemis

de la liberté et de la démocratie qui

profitent des moindres occasions et

défaillances pour s’attaquer aux institutions

de la République ».

Mais, en répondant par des

mesures radicales en révoquant tous

les principaux meneurs de la fronde

syndicale, le gouvernement ne fait

qu’attiser la braise revendicative de

la base de la police qui n’entend rien

lâcher. Le lendemain, soit 24 heures

après de la proclamation de la révocation

de cinq de leurs camarades,

parmi lesquels leur idole, Yannick Joseph,

la nouvelle mascotte de la lutte

sociale en Haïti, les policiers sont

montés une nouvelle fois au créneau

en causant autant de dégâts sinon

plus en guise de réponse au Premier

ministre et au chef de l’Etat. Le mercredi

19 février, Delmas, Pétion-Ville

et Port-au-Prince ont été une nouvelle

fois le théâtre d’une manifestation

qui serait l’acte 3 de la bataille ou

du bras de fer que les policiers ont entamé

avec le pouvoir. Durant tout le

parcours, c’est aux cris de « Viv Yannick,

aba Jovenel » ou « Pa manyen

la polis la wa boule » que les policiers

manifestants ont exprimé leur ras-lebol

tout en se montrant déterminés

à aller jusqu’au bout. Armés comme

d’habitude, ils n’ont pas cessé de tirer

en l’air sur l’ensemble du parcours

tout en faisant monter la pression en

saisissant les clés des véhicules des

passants, mettant le feu aux voitures

immatriculés SE (Service de l’Etat)

en stationnement.

Arrivés au Champs de Mars, on

a assisté à un concert de tirs nourris

jusqu’aux abords du Palais national à

proximité du Bureau National d’Ethnologie

avant de se rendre au Stade

Sylvio Cator à la rue Oswald Durand

pour carboniser l’ensemble des Chars

en stationnement ou en préparation

pour le défilé du Carnaval qui était

prévu pour les trois jours gras (23,

24 et 25 février). Le Cabinet de Me

Samuel Madistin qui a eu des déclarations

un peu équivoques, en tout

cas, qui ne soutient pas le projet syndical

des policiers, a été attaqué et

des véhicules ont été incendiés par

les contestataires. Naturellement, une

attaque que tout le monde déplore,

jugée comme une atteinte à la liberté

d’expression et incompatible avec la

démocratie. Après une première Commission

gouvernementale de conciliation

montée dans la précipitation par

le ministre de la Justice et de la Sécurité

publique qui bien évidemment à

fait un flop, une seconde Commission

cette fois mise en place par le Directeur

général de la police, Normil Rameau

a pris le relai en vue de trouver

un Accord avec les policiers dans le

cadre de leur projet de syndicat. Une

première rencontre entre les policiers

révoqués et le haut commandement

de la police a déjà été organisée à

l’initiative de l’Office de la Protection

du Citoyen (OPC) qui a joué le rôle

de médiateur le jeudi 27 février 2020.

Cette Commission est composée

du Commission divisionnaire

Bernard Elie (ENP), du Commissionnaire

Rigaud Harington (ANP),

de l’Inspectrice générale Marie Louise

Gauthier (IGPNH), du Commissionnaire

divisionnaire Marie Gina

Joachim (CSPN) et enfin d’un haut

fonctionnaire du ministère de la Justice,

Jean Vallière Bazelais. Voilà pour

le fond de l’affaire. Revenons maintenant

sur ce qui s’était passé le dimanche

23 février 2020 entre les policiers

contestataires et les militaires en

poste au Grand quartier général des

Forces Armées d’Haïti (FADH). En

vérité, si l’affrontement entre les militaires

qui sont en charge de la sécurité

du Grand Quartier général des FADH

(Forces Armées d’Haïti) situé à proximité

du Palais national au Champde-Mars

peut surprendre, la venue

des policiers contestataires, elle, n’est

nullement un simple un hasard et ne

peut être non plus considérée comme

une surprise. Les policiers avaient annoncé

la couleur deux jours auparavant

après la manifestation qui s’était

soldée sur un bilan plus que catastrophique

pour les responsables de

l’organisation du carnaval national à

Port-au-Prince.

Rappelons au passage que cette

année le gouvernement en pleine

crise sociopolitique tenait absolument

à organiser un grand carnaval

national dans cinq villes haïtiennes :

Gonaïves, Saint-Marc, Cap-Haïtien,

Les Cayes, Jacmel et bien entendu

dans la capitale, Port-au-Prince du dimanche

23 au mardi 25 février 2020

inclus. Seule la ville de Jacmel a pu

organiser à temps et sans problème,

si l’on peut dire, son fameux et très

renommé carnaval le dimanche 16

février. Mais, dès le départ, les observateurs

se doutaient que les festivités

carnavalesques puissent être tenues

dans ce contexte hors norme où une

conjonction des faits sociaux et politiques

pollue totalement l’atmosphère

et le paysage social du pays. Bien

avant le lancement des festivités, le

ton avait été donné par la montée en

puissance des policiers contestataires

qui avaient fait parler d’eux quelques

semaines auparavant.

Durant tout le mois de février,

il ne se passait pas un jour sans

qu’il n’y ait eu un mouvement de

foule contestant le Président Jovenel

Moïse bien qu’il tentait de reprendre

en main la situation après son bras

de fer avec l’opposition qui, le moins

que l’on puisse dire, s’est mise en hibernation

depuis le début de l’année.

C’est donc la base de la police nationale

qui avait repris le flambeau de la

contestation bien que les motifs, dans

un premier temps, étaient diamétralement

opposés à ceux des leaders

politiques de l’opposition. Mais, au fil

des jours et avec l’amateurisme avec

lequel le Président Jovenel Moïse et

son Administration ont géré le dossier,

l’affaire a vite pris une toute

autre ampleur. Ainsi, les policiers

de base qui revendiquent la mise en

place d’un syndicat de police deviennent

de plus en plus radicalisés. Les

manifestations qu’ils organisent entre

Delmas et Port-au-Prince en passant

par Pétion-Ville où siège la Direction

générale de la PNH n’ont rien à envier

aux manifestations violentes

qu’organisaient les leaders de l’opposition

l’année dernière sans parler de

la présence des armes à feu qui font

craindre le pire sur le parcours à chaque

sortie des policiers syndiqués.

Comme les autorités refusent de leur

accorder le droit de créer leur syndicat,

ils s’aventurent de plus en plus dans

des actions violentes et désespérées

avec l’idée certainement qu’ils seront

entendus par le gouvernement.

Mais, en guise de réponse,

c’est le ciel qui leur est tombé sur la

tête avec la décapitation de l’équipe

dirigeante du SPNH (Syndicat de

la Police Nationale d’Haïti) par la

révocation des cinq leaders syndicaux

dont la Coordonnatrice, Yanick

Joseph, une agent II devenue depuis

une sorte d’Eva Peron ou Suzanne

(Sanite) Belair prête à se donner en

sacrifice pour la cause de ses camarades.

Après un premier saccage au

Champ-de-Mars en incendiant tous

les stands et le sabotage des chars

allégoriques au Stade Sylvio Cator

la semaine précédente, les contestataires

avaient annoncé qu’ils allaient

revenir sur le Champ-de-Mars

le dimanche 23 afin d’empêcher toute

défilée carnavalesque. Mais, le pouvoir

n’avait pas fait grand cas de ces

annonces et n’avait pas non plus pris

au sérieux ces menaces qui pèsent sur

l’organisation du carnaval et donc a

maintenu la fête alors même que la

grande place du Champ-de-Mars ressemblait

la veille même à un champ

de ruine.

Les policiers de Port-au-Prince

étaient soutenus par leurs collègues

des plusieurs départements du pays,

entre autres, ceux de Hinche dans le

département du Centre où plusieurs

avaient manifesté contre les décisions

de l’IGPNH (Inspection Générale de

la Police Nationale d’Haïti et le CSPN

(Conseil Supérieur de la Police Nationale)

contre le groupe de la policière

Yannick Joseph la Coordonnatrice du

SPNH (Syndicat de la Police Nationale).

Bien sûr, il y a aussi les policiers

du Cap-Haïtien qui, au lendemain

d’une visite remarquée du Président

de la République venu rencontrer les

policiers de la deuxième ville du pays

et leur promettre monts et merveilles,

ont incendié dans la nuit du samedi

à dimanche la quasi-totalité des

chars allégoriques qui devraient

prendre part au carnaval national du

Cap-Haïtien. En plus de ces incendies,

des manifestations se sont déroulées

toute la journée du samedi avec

une opération mise en place par une

partie de la population qui consistait

à retrouver coûte que coûte le char

qui devait embarquer le groupe Sweet

Micky de Michel Martelly ; pourtant,

la veille celui-ci avait fait une rentrée

triomphale dans la Cité christophienne.

Tandis que dans la capitale, la

tension ne cessait de monter d’heure

en heure ; des barricades étaient

érigées un peu partout dans la ville,

avec des annonces chargées de menaces

rendant le sort du carnaval national

incertain. Après les premiers

dégâts et sabotages enregistrés au

Cap-Haïtien le samedi 22 février, une

première décision a été prise par le

Comité de l’organisation du carnaval

dans le Nord. Les responsables

annoncent l’annulation purement et

simplement du carnaval du Cap-Haïtien

devant ce climat de tension et

d’insécurité. C’était une première victoire

pour les policiers contestataires

et de l’opposition du département qui

s’étaient fermement opposés à tout

mouvement de réjouissance dans

cette période de disette où la population

crève de faim. Alors que le

gouvernement dépense des millions

de gourdes pour la sécurité de l’ancien

Président Michel Martelly dans

la ville en vue de sa participation en

tant que musicien, plus des dépenses

colossales pour les festivités ellesmêmes.

En apprenant la nouvelle,

l’opposition et les policiers de base

en conflit avec le pouvoir à Port-au-

Prince reprennent l’espoir et redoublent

d’effort dans la contestation. Ils

croient qu’ils peuvent faire changer

d’avis les autorités et le Comité d’organisation

du carnaval à Port-au-

Prince ce d’autant plus que rien n’indique

vraiment qu’il pourrait avoir un

défilé de chars allégoriques dans ces

conditions de psychose généralisée

où tout le monde guette le moindre

signe du gouvernement et chaque

passage d’un policier dans une rue.

Le climat est tendu. La peur règne.

Entre-temps, des rafales d’armes automatiques

se font entendre un peu

partout dans la ville, accompagnées

de quelques barricades et de pneus

enflammés sur les principaux axes de

sortie de la capitale. Et survint le dimanche

23. Très tôt dans la matinée,

le rassemblement des policiers contestataires

avait commencé à prendre

corps au carrefour de l’aéroport,

Route de Delmas. Très vite, une foule

immense composée de policiers armés

et en uniforme, des hommes encagoulés

armés, des motards, et des

milliers de manifestants de toute sorte

prend la direction du haut Delmas.

Tout le long du parcours, des

tirs nourris ressentissent, les manifestants

encagoulés saisissent les

clés des véhicules, tirent en l’air

pour impressionner les propriétaires,

fraternisent avec les autres policiers

non manifestants qui restent impassibles

devant les actes de leurs

confrères soutenus par des civils opposants

au gouvernement et finissent

par débouler sur le Champ-de-Mars

le point de rendez-vous où on allait

enregistrer le fait du jour. Dès que la

manifestation touche l’air du Champde-Mars

l’atmosphère a changé. Les

crépitements des armes automatiques

rendaient sourds les manifestants. Ça

Le dimanche 23 février, 1er jour gras. Altercations entre des policiers et

des militaires au Champ de mars

déborde dans tous les sens, les policiers

manifestants deviennent nerveux

et décident d’aller démonter l’unique

stand encore débout dans l’air du

Champ-de-Mars vu qu’il avait été

érigé près de la Tour 2004 et à l’intérieur

de la cour du Grand quartier

général de l’armée située à un jet de

pierre du Palais présidentiel. Les militaires

pour qui c’est le vrai baptême

de feu ont riposté quand les policiers,

pour certains encagoulés, décident de

prendre d’assaut les grilles du bâtiment

militaire.

Finalement, s’engage une

bataille armée avec de vraies scènes

de guérillas urbaines entre des militaires

en faction et des policiers assaillants

pour la prise du stand du

Ministère de la Défense. (A suivre)

Director: Florence Comeau

Interlink Translation

Services

* Translations * Interpreters

* Immigration Services

* Resumé * Fax Send & Receive

* Much more.

English • French • Kreyòl • Spanish

Tel: 718-363-1585

899 Franklin Avenue,

Brooklyn, NY 11225

C.C

8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020


This Week in Haiti

Continue the Fight Against Jovenel Moïse

and the New De Facto Government

After Police

Demonstrations, Haiti's

Opposition Announces the

Resumption of Protests

Leaders and militants of the Konbit Oganizasyon Politik, Sendikal ak Popilè yo at a demonstration in early

January 2020.

by Konbit Oganizasyon Politik, Sendikal ak

Popilè yo

Issued on Mar. 8, 2020, this is a

statement by a committee which

reflects a broad cross-section of

Haiti’s progressive anti-imperialist

popular movement.

The Work Brigade of Political,

Union, and Popular Organizations

(Konbit Oganizasyon Politik,

Sendikal ak Popilè yo) deeply

bows to salute the courage of the

conscientious people, organizations,

and militants who continue

to fight in order to free the nation

from the claws of the local and international

mafia and predators.

Despite the cry for help of the

masses across the nation, Konbit

notes that:

• State insecurity along with

official kidnapping are why the

population is living in fear. People

are afraid to circulate in the

streets because they don’t want

to be victim of bullets or kidnapping.

Students, teachers, workers,

peasants, small merchants – nobody

has been spared from this

programmed insecurity.

• The PHTK [the ruling Haitian

Bald Headed Party] and its

allies have turned the country

into a way-station for guns and

drugs and established gangs in

the four corners of Haiti to maintain

or try to retake power in the

next elections, while they give the

international mafia all kinds of

guarantees to plunder the nation’s

resources with the help of their

armed gangs.

• More than four million people

are living in food insecurity.

The poor cannot get food despite

the false promises the government

gives them.

• The Haitian gourde continues

to fall in value against the

U.S. dollar without stop. Today,

we need almost 100 gourdes for a

single dollar.

• The price of basic necessity

goods and services continues to

rise, up to four to five times more

expensive than they were just

shortly ago.

• The price of a barrel of oil

continues to drop on the international

market while gas prices in

Haiti have not budged.

• Workers salaries are not

worth anything faced with the

high cost of living. Both state and

private workers are struggling to

survive.

• State institutions are practically

inoperative.

• Corruption continues to

riddle the state.

• Authorities have not done

anything to prepare for the Coronavirus

pandemic which is spreading

across the planet. The Ministry

of Public Health says that we

have 200 beds available but refuses

to say where they are. Are

they in the 25 stadiums of [former

Prime Minister Laurent] Lamothe

[which were claimed to have been

built but later proved to not exist]

or in the National Palace?

• The nation is heading toward

a huge explosion while authorities

continue to try to bluff

the population.

It is in this difficult context

that Jovenel Moïse with the support

of the Core Group [the ambassadors

of Washington and its

allies] has put in place a new de

facto government with the same

local thieves to continue plundering

state coffers and to try to

organize rigged elections. For us

in Konbit, these moves have been

carried out in the framework of a

well-calculated project to turn the

nation upside down.

We can remember in

2006 in Iraq, the U.S. government

and its allies assassinated Saddam

Hussein and put the country upside

down so it could take control

of its resources. In October 2011,

the U.S., France, and their allies

assassinated Muammar al-Gaddafi.

Despite the presence of the UN

mission in Libya (MANUL), they

created chaos in that country.

It is important for us to

know that the disaster capitalists

with their criminal economy have

no problem to ally with the local

mafia here to impose their political

and economic project. This is how

we must understand the U.S. administration’s

support for the mafioso

team of Jovenel Moïse and

the new de facto government they

have just set up. But in Konbit,

we are clear: Jovenel Moïse and

the de facto government of corrupt

politicians cannot resolve the

crisis which is tearing the nation

asunder. For that reason, Konbit

demands:

1) For political actors and the

population in general to continue

to hold high the torch of mobilization

against the PHTK’s mafia

power. Political leaders must stop

trying to find help in embassies

and instead work to strengthen

the mobilization.

2) For the police to continue

to struggle until they win their

demands.

3) For the opposition to install

without losing any time a National

Transition Authority (ONT)

which would have the responsibility

to install a new president and

new government once Jovenel

Moïse leaves power.

4) For the state to take measures

to protect the population

against the Coronavirus pandemic.

5) For the state to immediately

lower the price of gas and

public transport.

6) For progressive organizations

to unite around the country

to organize a large national popular

force which would play an

important role in orienting the

Haitian people’s struggle which

must lead to changing the exploitative

system where a tiny group

of bourgeois with corrupt politicians

control most of the nation’s

wealth.

Long live the Haitian people’s

struggle!

Organized people never lose

the battle!

For Konbit:

Josué MERILIEN

Guy NUMA

Patrick JOSEPH

Yvens FAUSTIN

Jean Paul BASTIEN

André Michel of the Democratic and Popular Sector opposition front:

2020 will be a year of total and steadfast struggle.”

by Prensa Latina

The Democratic and Popular Sector, a

leading opposition front, announced

on Tue., Mar. 10 that demonstrations

demanding the resignation of President

Jovenel Moïse would resume, although

it did not set a precise date.

André Michel, the group’s spokesperson,

said that Haiti’s socio-political

and economic crisis has worsened

with the government’s new “unilateral”

structure, which has the support of the

“international community.” He was referring

to the fact that, on Jan. 13, Moïse

dissolved the Haitian parliament and began

ruling by decree, all with the support

of Washington and its allies.

“The people understand today

more than ever that they have the obligation

to pursue the fight because

Jovenel Moïse has installed a de facto

government,” the lawyer and political

activist told reporters.

Michel asserted that the people

will not accept “rigged elections” by

the current administration, which aims

to keep power for “public funds embezzlers.”

2020 will be a year of total and

steadfast struggle,” he predicted.

Michel also criticized the Haitian

Army, which Moïse remobilized in November

2017 after a 22 year hiatus.

JETCO

Shipping

● Boxes, Barrels, Containers

● Cheapest Rates & Best Service

● Door to Door Service to

All 10 Haitian Departments

● Shipping within 6 Weeks

Etienne Victorin

963 Rogers Avenue

Brooklyn, NY 11226

Office: 718.856.2500

Cell: 347.998.7112

President Jean-Bertrand Aristide had

disbanded the force in 1995 for its persistent

role in coups d’état, corruption,

and human rights abuses. On Feb. 23,

there was a six-hour firefight between

policemen and soldiers that left at least

three dead and dozens wounded.

Michel said that his law office

had filed a complaint against the Armed

Forces of Haiti (FAdH) for “murder and

criminal association,” given its close and

loyal support of President Moïse and his

embattled clique.

The announcement of rallies-tocome

takes place after the Haitian police

again took to the streets of the capital

on Mon., Mar. 9 and Tue. Mar. 10 to

demand wage increases, better working

conditions, and the right to form a

union.

Monday's protest blocked the

main thoroughfares of Port-au-Prince,

and police agents along with protesters

used tear gas to force the closure of institutions

such as the National Office for

Old Age Insurance (OFNAC), the Fund

for Economic and Social Assistance

(FAES), and the National Archives.

Heavily armed individuals identifying

themselves as police officers attacked

a judge's vehicle and demanded

the rehiring of officers dismissed from

the corps for demanding a union and

the release of others allegedly detained

for political reasons.

J&M

Accounting

Service

Expert Income Tax Preparation

Jean R. St. Jour, CB

2916 Clarendon Road

(between Nostrand & E. 29th St.)

Brooklyn, NY 11226

718.284.0733

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

9


Kèlkeswa moun ou ye, kèlkeswa

kote ou soti, resansman 2020 an

konsène w.

Patisipasyon w nan resansman 2020 an enpòtan.

Nenpòt sa estati ou ye, repons ou enpòtan.

Patisipasyon ou ka gen yon efè sou lajan gouvènman

an ka depanse pou kominote nou yo. Repons

ou yo ap rete prive e an sekirite. Kidonk, chak

moun dwe santi yo alèz pou konte chak moun ki

nan fwaye yo.

Aprann plis sou.

2020CENSUS.GOV/ht

Se Biwo Resansman Etazini ki peye pou piblisite sa a.

10 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020

Vol Census_Family_Newspaper_SizeA_10_x14_75.indd 13 # 28 • Du 15 au 21 Janvier 1 2020

Haiti Liberté/Haitian Times 11

1/12/20 12:03 PM


1

Fwaye sou 2

nan Vil New York

kalifye pou

preparasyon taks

GRATIS.

Èske ou?

Si fanmi ou touche $64,000 oswa mwens

oswa w ap deklare taks poukont ou epi w

ap touche $45,000 oswa mwens, chèche

konnen kijan pou w deklare taks ou

gratis avèk èd yon volontè VITA/TCE IRS

akredite ki deklare taks.

nyc.gov/taxprep

311

Sous: Analiz Pwoteksyon Konsomatè ak Travayè Biwo Resansman an, Sondaj Kominote Ameriken, Echantiyon Mikwodone pou Itilizasyon Piblik Senk (5) Ane, 2013-2017

Gade anba a pou Sit Preparasyon Taks Gratis nan Vil New York ki gen èd disponib an kreyòl ayisyen.

BROOKLYN

COJO Flatbush*

1523 Avenue M, Suite 3, Brooklyn, NY 11230

By appointment only. Call (718) 377-2900 Ext. 7617.

Hours: Mon, Wed: 9 a.m.–5 p.m.;

Tue, Thu: 12 p.m.–8 p.m.; Fri: 9 a.m.–1 p.m.;

Sun: 12 p.m.–5 p.m.

Food Bank For New York City

Fort Greene Council, Inc. Hazel Brooks Center

961 Ocean Ave., Brooklyn, NY 11226

By appointment only. Call (347) 435-3287.

Hours: Mon-Fri: 10 a.m.–3 p.m.

Grow Brooklyn

Brooklyn Borough Hall —

Office of Brooklyn Borough President*

209 Joralemon St., Brooklyn, NY 11201

By appointment only. Call (347) 682-5606.

Hours: Tue: 11 a.m.–7 p.m.; Thu: 11 a.m.–4 p.m.

Grow Brooklyn

Community Solutions — Brownsville Partnership*

519 Rockaway Ave., Brooklyn, NY 11212

By appointment only. Call (347) 682-5606.

Hours: Tue, Thu, Sat: 10 a.m.–4 p.m.

Grow Brooklyn

NYC Health + Hospitals | Gotham Health

— Cumberland*

100 N. Portland Ave., Brooklyn, NY 11205

By appointment only. Call (347) 682-5606.

Hours: Fri, Sun: 12 p.m.–8 p.m.

Grow Brooklyn

NYC Health + Hospitals — Kings County*

451 Clarkson Ave., Brooklyn, NY 11203

By appointment only. Call (347) 682-5606.

Hours: Mon-Wed: 11 a.m.–5 p.m.

Grow Brooklyn

Office of State Senator Zellnor Myrie*

1077 Nostrand Ave., Ground Floor, Brooklyn, NY 11225

By appointment only. Call (347) 682-5606.

Hours: Mon: 2 p.m.–9 p.m.; Thu: 6 p.m.–9 p.m.

Grow Brooklyn

YWCA Brooklyn*

30 Third Ave., Brooklyn, NY 11217

By appointment only. Call (347) 682-5606.

Hours: Wed: 11 a.m.–4 p.m.; Fri: 11 a.m.–9 p.m.;

Sun: 11:30 a.m.–4:30 p.m.

MANHATTAN

Grow Brooklyn

NYC Health + Hospitals — Gouverneur*

227 Madison St., New York, NY 10002

By appointment only. Call (347) 682-5606.

Hours: Thu: 11:30 a.m.–6:30 p.m.; Sat: 10 a.m.–4 p.m.

Ale nan nyc.gov/taxprep pou enfòmasyon ki pou resan yo.

*Sit sa yo aksesib pou chèz woulant.

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

11


L’Inde aux prises avec ses vieux démons

Par Aurélie Leroy

La frénésie de violence contre les

musulmans qui a enflammé Delhi,

en cette fin février, est l’un des pires

épisodes que la capitale ait connus

depuis des décennies. Elle est le résultat

d’une accumulation de politiques

provocatrices et délibérées de la part

du gouvernement nationaliste hindou

Modi-Shah à l’encontre de la principale

minorité du pays. La mise en

péril du droit des musulmans à la citoyenneté

aura mis le feu à la poudre.

« Chaque jour qui passe, l’Inde

change », nous dit Harsh Mander

– écrivain, chercheur et militant des

droits humains [1]. L’image fantasmée

de « la plus grande démocratie du

monde » qui prévalait hier encore pour

désigner le sous-continent, semble aujourd’hui

incongrue, au point que l’opposition

indienne accuse son premier

ministre « d’avoir tué la démocratie ».

Narendra Modi et son parti

Bharatiya Janata (BJP) dirigent le

pays, depuis les élections générales de

2014, et le refondent sans complexe,

sous l’impulsion d’un imaginaire musclé

et « safranisé ». « Exit » les valeurs

d’égalité et de diversité, héritage des

luttes pour l’indépendance et fondement

de la Constitution indienne. Le

rouleau compresseur de haine du pouvoir

de Modi menace aujourd’hui d’assimiler

la nation et l’identité indienne

à la seule majorité hindoue.

Diabolisés, fantasmés, les musulmans

sont dépeints comme des

êtres violents, déloyaux, misogynes

et irresponsables en matière de reproduction,

perçus comme des « ennemis

de l’intérieur » de connivence avec

« l’ennemi extérieur » pakistanais.

Discours venimeux qui soulèvent

épisodiquement l’effroi, mais plus

souvent la frénésie et l’adhésion des

foules. La fièvre identitaire semble

avoir fait mouche au regard du ralliement

d’une majorité de la population

à l’homme fort de l’Inde. Les clivages

s’accentuent et un mur de séparation

s’érige, dans les esprits et dans les

corps, entre un « nous » - les garants

de l’identité indienne - et « les autres

» - les « infiltrés » [2] étrangers dans

le pays.

Des paroles aux actes, le pas

a été vite franchi. La fabrique de la

haine s’est poursuivie, aux yeux de

tous, à travers la refonte des livres

d’histoire, l’hindouisation des noms

de rue et de villes afin de « nettoyer

» l’espace public de tout héritage musulman.

Depuis 2014, une déferlante

de violences - agressions, passages à

tabac, lynchages - s’est abattue sur le

pays, créant un climat d’intimidation

et de peur au sein de la communauté

musulmane minoritaire [3]. Des campagnes

à répétition (contre le « Love

Jihad » [4], contre les conversions

à l’islam et pour la protection de la

vache) d’une cruauté et d’une brutalité

sans nom, ont été menées par des

groupes de jeunes « vigilantistes » hindous

avec la « bénédiction » des forces

de l’ordre et des autorités.

Au cours des manifestations

des dernières semaines, il n’a ainsi

pas été rare de voir des véhicules

ou des agents de police accueillis par

des foules de jeunes hindous armés

et déchaînés au cri de « Delhi Police

Zindabad » (Longue vie à la police de

Delhi). (Sagar, 2020). Dans les ghettos

musulmans de la ville, tous soutiennent

que la police est délibérément

partiale et qu’elle « les a laissé tomber

», tout comme les médias, auxquels ils

ne font plus confiance. « The media

does not show our side of the story.

We say something else but they show

something else » (Idem).

Les musulmans ont plus que

jamais été relégués à un statut de citoyen

de seconde zone. Leur exclusion

s’est normalisée et a pénétré l’appareil

de l’État. Un processus d’effacement

s’est déployé inexorablement au sein

des institutions de la République. Si

leur sous-représentation était déjà

marquée dans des organes étatiques

comme la police, l’armée, la justice, la

fonction publique ; avec l’essor du «

majoritarisme » hindou, le phénomène

a aussi touché les assemblées élues.

Marginalisés, absents, les musulmans

sont dès lors devenus les oubliés des

politiques publiques et des proies faciles

des officiants du système répressif

de l’État. Arundhati Roy dénonçait

récemment l’instauration d’« un nouveau

système de castes (…) en parallèle

de l’ancien système » (Le Soir,

2020), dans lequel les musulmans occupaient

le bas de la hiérarchie.

Les musulmans ont plus que jamais été relégués à un statut de citoyen

de seconde zone

Les élections de 2019 ont renforcé

le rôle de « gardien de la nation »

confié à Narendra Modi et marqué un

pas de plus dans la mise en pratique

de l’idéologie de « l’hindouïté » (l’hindutva).

Auréolé de son succès, il a tiré

parti de son pouvoir pour consolider

son contrôle, imposer son agenda et

étouffer les oppositions. Avec son redouté

ministre de l’Intérieur Amit Shah,

compagnon de route et puissant bras

droit, plus rien ne semblait désormais

l’arrêter. Et les coups de force se sont

ainsi multipliés, avec notamment la

révocation du statut d’autonomie du

Jammu-et-Cachemire, seul État indien

à majorité musulmane ; la décision de

la Cour suprême d’autoriser la construction

d’un temple hindou sur le

site très disputé d’Ayodhya ou encore,

le projet d’amendement de la loi sur la

citoyenneté.

Citoyenneté, appartenance et

droits

Ce dernier projet, adopté le 11 décembre

2019 et désormais baptisé CAA

pour Citizenship Amendment Act vise

à légiférer pour instituer des droits de

citoyenneté différenciés fondés sur la

religion, remettant en cause l’essence

de la notion de citoyenneté telle qu’inscrite

dans la Constitution.

Au lendemain de l’indépendance,

les rédacteurs de ce texte fondamental

avaient développé une idée

inclusive de la citoyenneté. Après deux

années de discussion, ils avaient fini

par opter pour une définition territoriale

qui impliquait que « la citoyenneté

s’acquiert en Inde par la naissance sur

le sol indien ou par l’ascendance » (Institut

Montaigne, 2020).

Pendant des décennies, cette

règle a prévalu, mais sans jamais

satisfaire les suprémacistes hindous ;

ceux-ci estimant que les travaux de la

Partition étaient inachevés et que la «

théorie des deux nations » (Mander,

2020c) restait leur horizon à atteindre.

Cette vieille blessure a été ravivée

à plusieurs reprises, en particulier

lorsque les nationalistes hindous ont

gagné en audience et en pouvoir d’influence.

En 2004, le gouvernement

BJP de Vajpayee a ainsi opportunément

réussi à introduire une dimension

ethno-religieuse dans la loi sur la

citoyenneté de 1955, à la suite d’une

nouvelle poussée xénophobe en Assam

liée à des migrations « illégales »

en provenance du Bangladesh voisin.

L’amendement de la loi sur la

citoyenneté qui enflamme le pays aujourd’hui

ne fait que poursuivre dans

la même veine en tailladant plus encore

l’esprit séculariste et égalitaire de

la Constitution et en cherchant à légitimer

l’utilisation de la religion comme

critère d’accès à la nationalité.

Le CAA viserait, selon ses zélateurs,

à offrir un refuge aux membres

de minorités persécutées dans les pays

voisins, mais au-delà du vernis, ce

projet revêt un caractère discriminant

en agissant selon un mode exclusif.

D’une part, il ne s’appliquerait

qu’aux seuls hindous, sikhs, bouddhistes,

jaïns, parsis et chrétiens,

faisant d’eux des « réfugiés », tandis

que les minorités musulmanes victimes

de persécution seraient ignorées

et laissées dans l’illégalité. D’autre

part, il s’appliquerait uniquement aux

sans-papiers originaires d’Afghanistan,

du Bangladesh et du Pakistan

(arrivés en Inde avant le 31 décembre

2014), omettant de considérer d’autres

pays voisins où les persécutions

religieuses envers les minorités sont

notoires, comme les Rohingyas musulmans

du Myanmar ou les Tamouls

sri-lankais notamment.

En outre, le CAA dévoile son

vrai visage à la lecture de deux autres

mesures administratives qui lui

sont attachées : le Registre national

de la population (NPR) et le Registre

national des citoyens (NRC). En effet,

alors que le CAA définit les critères

de sélection pour être éligible à la nationalité

indienne, le NRC et le NPR

fourniraient les données permettant

d’établir le profil de la population et

d’identifier, selon des critères opaques

et laissés à la discrétion des autorités,

les individus dont la citoyenneté serait

jugée « douteuse ».

La menace bien réelle est que le

gouvernement Modi-Shah utilise les

informations collectées pour réaliser

un ciblage fondé sur une base ethno-religieuse

ou de caste, et cherche

ensuite à démanteler la citoyenneté

des musulmans. « L’amendement

deviendrait alors une arme contre les

citoyens que le gouvernement juge

indésirables » (Mander et Alam Bhat,

2020).

Mouvement de désobéissance

La normalisation d’un climat de haine

à l’encontre des musulmans ne semblait,

jusqu’il y a peu, souffrir d’aucune

entrave. Tout pouvait être dit,

tout pouvait être fait dans une relative

impunité. Mais, au tournant de l’année,

quelque chose a changé. Après

la répression brutale des étudiants de

l’Université Jamia Millia Islamia, le 15

décembre 2019, par la police de Delhi

[5], une onde de choc a secoué les

musulmans indiens touchés à vif avec

la remise en cause de leur droit fondamental

à la citoyenneté.

Une ligne rouge aurait-elle

été franchie ? Une chose est sûre, le

gouvernement Modi fait face, depuis

ce moment à un mouvement de mobilisation

sans précédent depuis son

arrivée au pouvoir. Des manifestants

par milliers se rassemblent ou défilent

quotidiennement dans le pays,

bravant les menaces et les violences

policières pour rejeter les politiques

toxiques qui dominent la vie publique

et pour affirmer l’égalité des droits des

personnes indépendamment de leur

identité.

L’establishment du BJP a par

habitude sorti les crocs et fait usage

de la répression, il a aussi cherché à

toiser et discréditer les protestataires,

essentiellement musulmans. Sans succès.

La police a brutalisé et arrêté par

centaines les étudiants pour faire taire

toute opposition, elle a laissé plusieurs

dizaines de morts parmi les manifestants

dans des États dirigés par le BJP

– en Uttar Pradesh essentiellement

– ainsi qu’à Delhi où la police relève

directement du gouvernement central,

mais cette déferlante de violence a, au

final, produit une réaction inverse à

celle escomptée.

En dépit de la peur et de l’insécurité,

les soutiens à la communauté

musulmane discriminée ont afflué. « Si

vous nous divisez, nous nous multiplierons

» (Sengupta, 2020), peut-on

lire et entendre dans les manifestations.

Les protestations dispersées se

sont transformées en un mouvement

national de désobéissance civile, qui

s’est répandu comme une traînée de

poudre. Plus de cinquante universités

à travers le pays se sont ralliées au

mouvement. Les femmes de Shaheen

Bagh [6], invisibles d’ordinaire, ont

investi des lieux publics et manifesté

en leur nom, devenant un symbole

fort de la résistance.

Plus embarrassant pour le gouvernement,

les responsables des régions

gouvernées par l’opposition

ont rejoint le mouvement en refusant

d’appliquer la loi et de se plier à l’exercice

du recensement de la population.

Un appel à chaque citoyen a aussi été

lancé par la société civile pour boycotter

le NPR et le NRC et refuser de

se conformer à la loi. Sur les réseaux

sociaux, dans les rassemblements,

un message ressort : « Nous ne montrerons

pas nos papiers » (Idem).

L’ampleur et l’esprit qui se dégagent

des contestations sont tels qu’on

les décrit à présent comme une continuation

du mouvement de lutte pour

l’indépendance, vieux de 100 ans et

l’un des mouvements de résistance

les plus importants de ces dernières

décennies (Pratap Bhanu Mehta,

2019). Au-delà des populations opprimées

– musulmans, dalits, adivasis,

travailleurs migrants, femmes –, des

défenseurs de l’unité hindoue-musulmane,

toute identité confondue, se

sont greffés au mouvement.

La répulsion populaire causée

par les politiques ségrégationnistes de

Manifestation pour dénoncer Modi et sa violation de la constitution

laïque de l'Inde

Modi n’a cessé de croître au point de

se traduire, le 8 février dernier, dans

les résultats des élections régionales

pour l’assemblée législative de la capitale

Delhi, où se situe l’épicentre de

la contestation. Ce scrutin que la droite

nationaliste hindoue avait imaginé

comme une sorte de référendum permettant

de valider ses orientations

politiques, s’est donc finalement avéré

être un échec retentissant.

Les protestations vont-elles durer

? Il est peu probable que la défaite

électorale de Delhi entame la détermination

des tenants du pouvoir à mettre

en pratique leurs projets. Au contraire,

des signes laissent craindre un renforcement

des mesures coercitives et le

déploiement d’une dérive encore plus

autoritaire. Les heurts sanglants du

24 février (Sagar, 2020) – plusieurs

dizaines de morts – dans des zones

périphériques à majorité musulmane

du nord-est de la mégapole laissent

craindre un pourrissement de la situation

et l’aggravation d’un climat

délétère dont le gouvernement Modi-Shah

porte une lourde responsabilité.

Les efforts de hauts responsables

du BJP pour faire glisser le mouvement

de contestation actuel en affrontements

intercommunautaires sont ici

clairement perceptibles.

Le combat qui se joue notamment

dans les rues de Delhi risque

d’être long et inégal. Deux idées s’y

opposent : la défense de la Constitution

indienne censée protéger les droits

et les libertés de tous les citoyens, et la

promotion d’une autre Inde, remodelée

en un Etat hindou.

En dépit de l’issue incertaine du

mouvement de désobéissance, un des

principaux acquis des protestations

est d’avoir démontré que l’agenda national-populiste

n’est pas « invincible

», que le projet d’isolement, d’invisibilisation

et de marginalisation des

musulmans a échoué et qu’à tout le

moins, cette vague de protestation «

met un frein à l’effrayante descente de

l’Inde dans une République de la haine

et de la peur » (Mander, 2020).

Notes

[1] Lire Mander H. (2019), «

Inde, la résistible ascension de Narendra

Modi », in Alternatives Sud. Asie

: des pouvoirs et des luttes, CETRI/

Syllepse, Louvain-la-Neuve/Paris,

vol.26/4.

[2] Le ministre de l’Intérieur a

ainsi promis « de chasser hors du pays

les ‘infiltrés’ qui vivent comme des termites

dans le sol », cité dans Landrin

(2020).

[3] Les musulmans sont la principale

minorité du pays, avec près de

200 millions d’individus, soit le deuxième

plus grand pays musulman du

monde en nombre d’habitants.

[4] Campagne de harcèlement

contre des jeunes hommes musulmans

accusés de vouloir séduire des jeunes

filles hindoues pour les convertir à l’islam.

[5] Pour plus d’informations sur

la répression des étudiants de l’Université

Jamia Millia Islamia, lire Sagar,

2019.

[6] Pour plus d’informations sur

Shaheen Bagh, lire Sengupta (2020)

Cetri 27 février 2020

12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020


Notre Mémoire se Souvient

Pour saluer la mémoire de Domitila Barrios de Chungara (1937 – 2012)

Infatigable militante révolutionnaire des mines de Bolivie

Par Frantz Latour

«Notre principal ennemi est la peur,

et cette peur nous la portons en nous»

Domitila Barrios de

Chungara

La vie de Domitila est un vivant

témoignage de l’histoire tragique

d’exploitation, de répression, du colonialisme

et du patriarcat de la Bolivie,

mais aussi du pouvoir des petites gens

à exiger et à obtenir le changement.

Domitila Barrios de Chungara

est née en 1937 à Siglo Veinte, dans

le département de Potosi. C’est le plus

grand domaine de mines de production

d’étain de la Bolivie. Elle était fille de

paysans qui migrèrent à la mine pour

y trouver du travail. Son père était un

mineur. Elle-même épousa un mineur

et ils eurent sept enfants. Tôt, le père

fut transféré à Pulacayo, site industriel

situé dans le département de Potosi la

plus grande région productrice d’étain

de la Bolivie où elle a grandi. Une zone

extrêmement froide, où «Si vous vous

accroupissez sur le sol pour uriner,

avant même que vous ayez eu fini, le

filet d’urine devient de la glace », écrit

Domitila.

Orpheline de sa mère à l’âge de

10 ans, Domitila a élevé cinq sœurs

plus jeunes et ensuite ses sept propres

enfants qui ont survécu à des conditions

d’extrême dénuement et de pauvreté.

Dans les années 1960, Domitila

est devenue la dirigeante au franc- parler

de l’Union des femmes de mineurs,

organisant les familles de mineurs pour

l’amélioration de leur condition de vie

et des services reçus tout en luttant

contre le régime répressif de Barrientos

soutenu par la CIA.

Mariée à l’âge de 16 ans, elle

a rejoint, à SigloVeinte, le Syndicat des

Femmes au Foyer et est devenue son

secrétaire général. Le mouvement s’est

efforcé d’obtenir une meilleure protection

pour les mineurs et leurs familles.

A cause de ses activités syndicales, elle

a dû subir la visite musclée de militaires

chez elle à de nombreuses reprises. Ils

l’ont traînée par les cheveux. Ils l’ont

frappée devant ses enfants. Ils l’ont

emmenée dans une autre ville pour la

soumettre à la torture. Mais Domitila

n’a jamais perdu espoir, «cet espoir que

nous avons toujours eu qu’un jour les

choses changeraient», a-t-elle écrit.

Militante infatigable, elle lança

en 1978 avec quatre autres femmes

de mineurs une grève de la faim pour

exiger la libération de dirigeants mineurs

emprisonnés, l’amnistie pour les

dirigeants syndicaux en exil, la démilitarisation

des mines, et les élections

générales. A cette grève se joignirent

deux prêtres jésuites, Luis Espinal –

assassiné en 1980 par le régime du

général Luis García Meza – et Xavier

Albó, ainsi que de nombreux syndicalistes,

étudiants et militants politiques

et sociaux. Des milliers de Boliviens

ont rejoint la grève et, le 23e jour, le

gouvernement a cédé aux demandes

des manifestants. L’initiative fut l’un

des facteurs déterminants du départ

du dictateur Hugo Banzer (une autre

dictature pro-américaine) après sept

années d’un régime féroce.

Elle a survécu au massacre brutal

de San Juan en 1967, lorsque les

soldats ont ouvert le feu sur les grévistes

et leurs épouses et enfants, en

partie pour parer à des rumeurs d’alliance

avec la guérilla du Che dans les

montagnes de Santa Cruz. Alors, Domitila

a pris la parole pour dénoncer le

crime. Elle a été arrêtée le jour suivant.

Dans la répression qui a suivi, Domitila

a été emprisonnée et torturée. Elle a

subi un avortement et des blessures internes

qui ont provoqué des problèmes

de santé chroniques tout au long de sa

vie.

Domitila a dû partir en exil où elle

a dénoncé les injustices subies par son

peuple. Au début des années quatrevingt,

elle a vécu en exil en Suède.

Les militaires lui interdirent de revenir.

Avec la collaboration de l’éducateur

brésilien, Moema Vizzer, elle a écrit, en

1977, «Si me permiten hablar» (Laissez-moi

parler), récit autobiographique

de ses luttes quotidiennes en tant que

mère, travailleuse, dirigeante syndicale

et militant politique. Publié en 1978,

l’ouvrage a été traduit en des dizaines

de langues. Tandis qu’elle vivait en

exil, l’une de ses sœurs a continué la

lutte en Bolivie et a été assassinée.

Domitila, tourmentée par ses souvenirs,

a alors décidé de revenir au pays.

Elle est retournée en Bolivie en

1982, juste avant le massif réajustement

structurel néolibéral qui a fermé

les mines appartenant à l’État où elle

avait passé ses années de formation.

30.000 mineurs allaient perdre leur

travail. Dans ses dernières années, son

énergie s’est portée sur l’établissement

d’une Ecole Mobile pour formation

politique, pour élever le niveau de conscience

politique et enseigner l’histoire

populaire à de nouvelles générations

des quartiers les plus pauvres de Cochabamba

– peuplés en grande partie par

les familles d’anciens ex-mineurs – et

aux communautés indigènes à travers

toute la Bolivie.

Une fois que Domitila eut commencé

à étudier intensément et à lire

des livres qui représentaient différentes

philosophies, elle a finalement réalisé

que ses véritables valeurs et philosophies

se trouvaient dans le marxisme.

Bien qu’elle se fût beaucoup inspirée de

Marx et d’autres penseurs révolutionnaires,

son vrai modèle et guide était

‘Che’ Guevara.

Après une vie consacrée à se

battre pour ses idéaux révolutionnaires,

pour une Bolivie de paix, de

liberté et de justice, Domitila Barrios

de Chungara est morte d’un cancer

du poumon, le 13 mars 2012, à Cochabamba,

«Ville d’éternel printemps»

du centre de la Bolivie.

12 mars 2019

La mémoire au service des luttes : Hugo Rafael Chávez Frías

Par FUIQP & Alain Saint-Victor

Il y a 7 ans, le 5 mars 2013, Hugo

Rafael Chávez Frías décédait.

La famille de Chavez a des origines

à la fois indienne indigène, espagnole

et afro-vénézuélienne. A l’âge de

17 ans, il s’engage dans l’armée afin

de pouvoir jouer dans la ligue de baseball

de l’armée. Dans les débuts de la

décennie 70, à l’école des cadets, il

rencontre des Panaméens qui lui parlent

de la révolution au Panama. Il

s’oriente dès lors avec un groupe de

camarades vers un nationalisme de

gauche opposé aux États-Unis qu’ils

surnomment déjà « bolivarianisme ».

En 1983 il créé avec Raúl Isaías Baduel,

au sein de l'armée, le Movimiento

Bolivariano Revolucionario 200 (Mouvement

révolutionnaire bolivarien

200, MBR-200) qui se revendique du

socialisme. Le 4 février 1992, le MBR-

200, dirigé par Hugo Chávez, tente un

coup d'État contre le président Carlos

Andrés Pérez. Cette tentative échoue,

et Chávez est emprisonné pendant

deux ans. Lors de son séjour carcéral,

il enregistre une vidéocassette dans

laquelle il appelle à l'insurrection. Il

devient dès lors un symbole de la résistance

populaire.

En 1994, Rafael Caldera est élu

pour la deuxième fois au Venezuela.

Réalisant une de ses promesses politiques

faites avant d'être élu, il ordonne

la libération de Chávez. Celui-ci fonde

alors le Mouvement Cinquième République,

et est élu président du Venezuela

en 1998. Il mène alors une politique

de redistribution en faveur des plus

pauvres, il nationalise les industries

FRANTZ DANIEL JEAN

FUNERAL SERVICES INC.

clefs et organise une réforme agraire,

interdit les OGM, etc. L’opposition soutenue

par les USA tente un coup d’Etat

militaire en 2002 qui échoue. Il est de

nouveau réélu en 2006.

Chavez acquiert une renommée

mondiale pour ses prises de position

anti-impérialistes. Il participe à la fondation

de l’ALBA (Alliance bolivarienne

pour les Amériques), de la banque

du Sud, et de la télévision Telesur.

Il est partisan de la dissolution du FMI

qu’il estime être un outil de l’impérialisme.

Il dénonce toutes les interventions

états-uniennes et européennes.

En 2006 il rappelle le chargé d’affaire

du Venezuela en Israël pour protester

contre l’agression du Liban. En 2009

il expulse l’ambassadeur israélien

du Venezuela pour protester contre

l’agression de Gaza qu’il qualifie de «

génocide ». Il réclame le jugement du

chef d’Etat israélien devant une Cour

Pénale Internationale. Ces prises de

position font rapidement de lui une

référence pour les militants et les peuples

du tiers-monde.

Il meurt des suites d’un cancer à

l’âge de 58 ans.

Repose en paix frère et camarade

Texte : FUIQP (modifications et

ajouts ASV)

Guarino Funeral Home

Poème hommage à Hugo

Chavez « l’épée bolivarienne »

Par Benjamin Caro Morales

La colère du peuple s’accumule

dans les viscères, et l’odeur de

poudre des réactionnaires éclate.

En Avril 2002, les rumeurs

d’actes séditieux possibles ont été́

entendus à Miraflores. Le commandant

de la dignité́ de bolivarienne

Les éperons bien serrés, il tira son

épée de guerrier Anti-impérialiste

Quand il a brandi son épée et de

regarda le ciel, il savait que il n’était

pas seul dans cette geste héroïque.

Un continent était expectante de ses

mouvements, et a salué son courage.

Le soldat au béret au poing

est devenu le leader incontesté́ de

la révolution en marche, En défiant

l’histoire du Venezuela, il lui a

donné l’épée de la liberté. Cette épée

est levée par les meilleurs hommes

et femmes, après que le commandant

entrepris son voyage éternel.

La paix et la prospérité pour l’avenir

est tombé sur les épaules de Nicolás

Maduro.

Aujourd’hui, la patrie de Bolivar,

est considéré avec mépris par le

Pentagone, et les opposants internes

qui appellent à la » tolérance et la

démocratie » tout en violant la tranquillité́

du pays.

• Funerals in All Boroughs

• Transportation of Remains

• Cremation

Nou pale kreyòl.

5020 Foster Avenue

Brooklyn, NY 11203

718.613.0228

Serving the Haitian Community

for Over 30 Years

9222 Flatlands Avenue

Brooklyn, NY 11236

718-257-2890

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Delenda Carthago est (Il faut détruire Carthage)

Par Robert Lodimus

(Quatrième partie)

« La plus grande de toutes les

injustices, parce qu’elle les comprend

toutes, c’est l’esclavage.

L’esclavage est l’asservissement de

toutes les facultés d’un homme au

profit d’un autre. L’esclave ne développe

son intelligence que dans l’intérêt

du maître. Ce n’est pas pour

l’éclairer, c’est pour le rendre plus

utile qu’on lui permet quelques exercices

de la pensée. L’esclave n’a

pas la liberté de ses mouvements ;

on l’attache à la terre, on le vend

avec elle ou on l’enchaîne à la personne

du maître. L’esclave n’a pas

d’affection, il n’a pas de famille,

il n’a point de femme, il n’a point

d’enfant : il a une femelle et des petits.

Son activité ne lui appartient

pas, car le produit de son travail est

à un autre. Mais pour que rien ne

manque à l’esclavage, il faut aller

plus loin, il faut abolir dans l’esclave

le sentiment inné de la liberté

; il faut éteindre en lui toute idée de

droit ; car tant que cette idée subsiste,

l’esclavage est mal assuré, et

à un pouvoir illégitime et odieux

peut tout d’un coup répondre le

droit terrible de l’insurrection, cette

raison dernière des opprimés contre

les abus de la force. »

(Victor Cousin : Cours d’histoire

de la philosophie moderne (1841)

Les Haïtiens sont comme des feuilles

détachées de leurs branches, que

les vents des multiples privations emportent

et dispersent aux quatre coins

de la planète. Rares sont les compatriotes

que l’on croise dans les rues des

villes découpées en lanière, et sur les

sentiers escarpés des villages muets et

pantois, qui ne rêvent pas d’abandonner

ces terres poussiéreuses, ces paysages

stériles et hideux : pourtant jadis

prospères et flamboyants. Au pays des

« croque-misère » du XXI ème siècle,

les flammes de détresse ne cessent de

consumer les fascines des espoirs. La

République, ce rêve monumental cousu

avec l’aiguille de la Liberté, le fil de

la Solidarité, la main de l’Héroïsme, a

perdu ses jambes gaillardes. Elle rampe

depuis deux cents ans, enveloppée

dans un drapeau décoloré par les intempéries

du déclin, qui reste, malgré

tout, le symbole de l’indépendance et

de la souveraineté de la Nation. Ceux

qui disent que les esclaves indigènes

de la Caraïbe « n’ont pas échoué », ne

déclarent-ils pas également « qu’ils

ont échoué ». Comme si l’un ne marchait

pas sans l’autre! Comment

« Échouer » et « ne pas échouer » à

la fois? Faudrait-il parler de bizarrerie

d’un « intellectualisme » branlant,

boitillant qui s’embrouille dans des

considérations pathologiques à la Sigmund

Freud ou à la Rudolph Kleinpaul?

Comme s’interrogeait Socrate : « Peutêtre

sommes-nous tous morts? » Mais

comment pouvons-nous être vivants

dans la mort? La mort serait-elle une

forme de vie dans une autre vie?

Laquelle? À l’instar des philosophes

stoïciens, Marc-Aurèle, Porphyre, et les

autres, on se surprend à se rappeler de

temps en temps, rappeler à soi-même

et à autrui, que l’existence humaine a

une fin, et que ce phénomène relève

d’un événement naturel. « Philosopher,

disait Socrate, c’est se préparer

à la mort ». Marc-Aurèle nous fait luimême

remarquer : « Considérer sans

cesse combien de médecins sont morts,

qui ont si souvent froncé les sourcils

sur leurs malades; combien d’astrologues,

après avoir prédit, comme

chose d’importance, la mort d’autrui;

combien de philosophes, après mille

discussions sur la mort ou l’immortalité;

combien de chefs, qui ont fait

mourir beaucoup d’hommes; combien

de tyrans, qui, avec un terrible orgueil,

ont usé, comme des dieux, de leur pouvoir

sur la vie des hommes; combien

de villes entières sont, pour ainsi dire,

mortes: Hélice, Pompéi, Herculanum et

d’autres sans nombres. Ajoutes-y toux

ceux que tu as connus, l’un après l’autre;

l’un rend les honneurs funèbres à

un autre; puis, il est lui-même étendu

par un autre, qui reçoit les honneurs

d’un autre encore; et tout cela en peu

de temps [1]… »

Les espèces animales et végétales,

les pays, les États, les villes, sont condamnés

à mourir et à disparaître. Cette

« vérité » est immuable, absolue et universelle.

Elle résulte des lois naturelles

de la planète. Le commencement de la

« Création » la prédestinait déjà à une

fin. L’« existence » ne peut pas se dissocier

de l’ « inexistence ». Le prêtre

valaisan, Johann Baptista von Albertini

[2] qui vécut de 1480 à 1553 s’intéressait

aux phénomènes de l’eschatologie

et de l’astrologie. Pour le prêtre, qui

fut excommunié par l’Église, les deux

domaines se complètent allègrement.

Ils sont inséparables. Le théologien

et savant allemand, selon Chantal

Ammann-Doubliez et Janine Fayard

Duchêne [3], définit la première comme

étant « la science des fins premières de

l’homme et du monde »; tandis que la

dernière est celle qui « prédit l’avenir à

partir de l’inspection des astres ». Selon

ces deux définitions scientifiques, –

que nous trouvons également connexes

–, le parcours existentiel de chaque

individu s’inscrirait de préférence dans

une logique astrologique. Il diffèrerait

d’un être humain à un autre. D’un pays,

d’un État, d’une ville, d’un animal, à

un autre. C’est l’eschatologie, dans ce

cas, qui rétablirait l’équilibre de l’égalité

avec son postulat : Naître, Vivre et

Mourir. Le riche et le pauvre ne sont

pas égaux dans la vie. Ils le sont dans

la naissance et dans la mort. C’est là

qu’interviennent les religions. Si nous

ne pouvons pas changer l’eschatologie,

avons-nous au moins le pouvoir

d’intervenir sur l’axe astrologique, de

le corriger, de le modifier selon nos attentes,

nos exigences et nos rêves? La

Bible, le Coran, la Torah, le Dohakosha,

etc., puisent aussi leur fondement légitime

dans les pratiques de dévoilement,

de vulgarisation, de démocratisation

des mystères qui entourent les prédictions

et les révélations de l’avenir,

dont le dernier, l’ultime événement que

devraient subir les hommes et la terre

aurait été l’Apocalypse de l’apôtre Jean.

La seule certitude qui est, demeure la

« Mort ». Donc, la « Fin ». L’ « Oméga

». Pas la « naissance ». Même si

« Mourir » n’existe pas sans « Naître ».

« Disparaître » est impossible sans

« apparaître ». Revenons sur terre!

Delenda Carthago est :

Accomplissement de « prophétie » surnaturelle

ou manifestation d’acte de

«cruauté » humaine? Laquelle de ces

deux hypothèses mènerait à des considérations,

des déductions, des conclusions

imputables soit à l’eschatologie,

soit à l’astrologie? L’exercice philosophico-théologique

devient complexe.

Pouvons-nous échapper aux vœux de

la « prophétie », qui seraient liés au

destin ? Avons-nous la capacité, le

pouvoir de combattre, de freiner et de

détourner les élans de « cruauté » manifestés

par nos adversaires redoutables,

par nos détracteurs malfaisants, envers

nous-mêmes? Nous sommes en train de

nager à contre-courant dans le fleuve

de l’anagogisme, du mysticisme, de

l’ésotérisme, de l’allégorisme, de l’hermétisme,

etc. Nous voici plongés dans

l’univers des métaphysiciens. Alors

que ni vous ni moi, peut-être, ne sommes

des exégètes. Nous n’avons pas

une maitrise des sciences religieuses,

comme Érasme de Rotterdam. Nous

cherchons simplement le chemin qui

puisse soustraire la République d’Haïti

des prédictions malveillantes de ses

antagonistes négrophobes et haineux.

Ceux qui sont passionnés de

l’histoire médiévale savent, pour

l’avoir lu comme nous, que la prise

de Constantinople par les Ottomans

est associée, – à tort ou à raison –,

à une prophétie. Selon les astrologues

de l’époque, la cité de Constantin 1 er ,

baptisée la « Deuxième Rome », devait

succomber aux assauts de l’armée

assiégeante la nuit où serait apparue

dans le ciel l’éclipse lunaire. Les murailles

solides de la ville avaient résisté

jusque-là à 23 invasions des troupes

musulmanes. Entretemps naquit un

jeune prince du nom de Mehmed. Les

historiographes de l’Antiquité chrétienne,

versés dans les croyances mystico-superstitieuses,

auraient écrit que le

« destin » avait commencé à rassembler

les pièces de la chute de l’Empire byzantin.

À l’âge de 12 ans, le quatrième

fils de Mourad II [4] avait juré que la

ville de Constantinople serait devenue

la capitale de l’empire Ottoman qu’il

dirigerait. Le 29 mai 1453, les murailles

de Constantinople fléchirent sous

les tirs nourris des canons géants des

forces ottomanes. Constantin XI Paléologue

ordonna aux habitants de fuir

la cité livrée au pillage et à la férocité

des envahisseurs. Le dernier empereur

défendit son trône jusqu’à la dernière

seconde de sa vie. Il mourut bravement

sur les remparts, son épée à la main,

aux côtés de ses soldats. La prophétie

se fut accomplie. Les temples byzantins

devinrent des mosquées. En 1930,

Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de

la République de Turquie, décédé le 10

novembre 1938, changea le nom de

Constantinople en celui d’Istanbul.

Rome, la main puissante, triomphante

et incendiaire de Carthage,

était condamnée, comme Sodome

et Gomorrhe, Jérusalem, à un destin

tragique. Son déclin commença à se

dessiner de manière plus foncée sous

le règne controversé du mégalomane,

du cruel et de l’incestueux Caius Caesar

Augustus Germanicus dit Caligula,

l’assassin de Tibère, – selon certains

historiens –, qui détruisit les membres

de sa famille. Il existe une littérature

abondante sur la chute de l’Empire romain.

On dirait que c’est vraiment un

« effet de la nature »? Le « vainqueur »

d’aujourd’hui sera le « vaincu » de demain.

Le mécanisme de l’« alternance

de domination » imposé, entretenu et

régulé par les États forts, – à chacun

son tour, ou à chacun sa proie –, pour

exploiter, aliéner, humilier, oppresser,

hégémoniser les sociétés défavorisées,

faibles et vulnérables, peut-il être

maintenu inexorablement en place

jusqu’à la fin des temps? Nous croyons

entendre Paul Valéry: « Nous autres,

civilisations, nous savons maintenant

que nous sommes mortelles.»

Partout sur la planète, l’Être humain

creuse sa tombe et devient son propre

bourreau. Le crime de Rome contre

Carthage ne lui a pas conféré une

potentialité impérissable et une gloire

immortelle. Que reste-t-il aujourd’hui

de l’ère subjuguante de la domination

gréco-romaine? La Grèce, écrasée sous

le poids de la dette étrangère, n’est plus

que l’ombre d’elle-même. Nous avons

tous, ou la plupart d’entre nous, suivi

les démêlés du Premier ministre Alexis

Tsipras et de son ex-ministre des

Finances, Yanis Varoufakis, avec les

bailleurs de fonds internationaux, notamment

Union européenne, qui servent

les intérêts du système des oligarques.

Quant à la ville de Romulus et Rémus,

n’est-ce pas la présence du Vatican sur

la Place Saint-Pierre qui continue de la

nourrir au biberon d’une certaine visibilité

sur le plan mondial?

Michel de Nostredame, connu

sous le nom de Nostradamus, naquit

à Saint-Rémy-de-Provence, en France,

le 14 décembre 1503. L’année de sa

naissance correspond à celle où l’Église

catholique suggéra à l’Espagne d’esclavager,

de sacrifier les Africains en lieu

et place des Indiens. Ses prophéties sur

les pays colonialistes ou néocolonialistes

suscitent beaucoup d’intérêts dans

les cercles restreints et hermétiques

des grandes universités. Les recherches

sont effectuées sous divers angles :

authentification, concrétisation, temporalité,

exactitude, précision, espaces

géographiques, chronologie… Nostradamus

annonce que l’année 2020

plongera les États-Unis dans une grave

crise financière. Ces prédictions rassemblées

dans son livre « Les Prophéties »

entrevoient la germination d’un conflit

international en Europe. La France sera

bouleversée par une multitude d’actes

terroristes qui gagneront ensuite les

cinq continents. Le prophète aurait

même prévu dans ses « quatrains » le

réchauffement de la planète et l’endommagement

de la couche d’ozone. C’est

encore lui, Nostradamus, qui annonce

que les États-Unis d’Amérique seront

frappés par une vague d’ouragans de

catégorie 1, qui seront très dommageables

pour l’ensemble de son territoire.

Si on ajoutait tout cela aux prophéties

bibliques, on pourrait déduire que l’empire

états-unien, d’une certaine façon,

serait condamné à emprunter, comme

Rome, la route du déclin. D’ailleurs,

des analystes et des observateurs commencent

déjà à en parler passionnément.

Une citation anglaise d’un auteur

inconnu laisse entendre: « America is

the only country that went from barbarism

to decadence without civilization

in between. » (Les Etats-Unis

d’Amérique forment un pays qui est

passé directement de la barbarie à la

décadence, sans jamais avoir connu la

civilisation). Les fusillades enregistrées

presque chaque jour dans les grandes

villes du pays de George Washington

semblent donner raison à cette déclaration.

Personne ne saurait nier que

les souffrances des Afro-États-Uniens

dans les plantations du Sud, les crimes

des Ku Klux Klan, les actes d’assassinats

perpétrés par les policiers blancs

contre les jeunes Noirs, ne relèvent

pas d’un phénomène de barbarie et de

régression sociétale.

Le peuple haïtien doit-il se laisser

détruire

Nous n’avons jamais lu des ouvrages,

des textes bibliques, coraniques,

ésotériques qui prophétisent sur la

disparition éventuelle de la population

d’Haïti, que ce soit par des catastrophes

naturelles, par des conflits fratricides,

par des combats intergroupusculaires

ou par des guerres interétatiques.

Donc, l’État indigène, s’il devrait être

détruit comme Troie, Carthage et Jérusalem,

ce ne serait pas par l’accomplissement

d’une quelconque prophétie,

mais plutôt à cause de la cruauté de la

France, des États-Unis, de tous les pays

néocolonialistes qui lui tiennent mortellement

rancœur, du fait qu’il est devenu

le symbole de bravoure et de fierté

d’un peuple qui s’est libéré de la galère

coloniale.

Haïti n’est pas une terre condamnée

par une prophétie, mais menacée

par ses ennemis traditionnels, qui

se font désigner par des substantifs

hypocrites. Non, ils ne sont pas les

« amis » de notre peuple, ceux-là qui

continuent à nous « sangler » comme

du temps de l’esclavage. S’ils nous

tendent la main, c’est pour nous écraser

les doigts, les uns après les autres.

D’ailleurs, en 2010, à la suite du tremblement

de terre, ils sont venus avec

leurs haches et leurs scies, et ils ont

estropié nos jeunes, en leur coupant

les bras et les jambes. Dans la majorité

des cas, sans raison médicale pertinente.

Quand les monstres sont repartis,

ils n’avaient laissé derrière eux que

des tentes délabrées et insalubres sous

lesquelles se sont entassés des milliers

de handicapés physiques et mentaux.

Delenda Carthago est. Comme la Carthage

d’Hannibal, les masses populaires

haïtiennes doivent disparaître :

puisqu’elles n’accepteront plus, jamais

plus, d’être vendues au marché des esclaves.

Hier encore, un « philosophe »,

« historien » et « romancier » de la

capitale, – celui qui sait tout, et même

qui sait ce qu’il ne sait pas, pour rencontrer

l’esprit socratique –, disait d’un

ton sérieux sur une station de radiodiffusion

communautaire de Montréal

que les « malheurs » du peuple haïtien

sont vraiment « malheureux », et son

« désespoir » réellement « désespéré ».

Le « professeur » érudit a surtout mis en

cause l’incompétence des élites intellectuelle,

politique et économique dans

la débâcle de la société fondée après

Vertières, par les anciens esclaves et les

Mulâtres. Selon l’« analyste », depuis

l’assassinat de l’empereur Jean-Jacques

Dessalines, – hormis Dumarsais Estimé,

qu’il encensait, « immaculisait

» presque –, les Haïtiens n’ont rien

fait pour assurer le développement de

la République. Le cinéaste américain

Woody Allen parlerait, dans ce cas précis,

de verbalisme creux. Pourrait-on

effectivement utiliser une estampille de

« révolution » pour marquer la période

présidentielle de Dumarsais Estimé,

sans se verser dans une démarche

démagogique du petit-bourgeois intellectuel?

Nous avons lu à plusieurs

reprises le discours d’investiture du

président Léon Dumarsais Estimé, prononcé

le 16 août 1946 par devant les

membres de l’Assemblée nationale. Le

contenu n’est pas différent de celui des

autres chefs d’État qui ont pillé la République

et terrorisé la population. En

politique, « le dire » n’est pas toujours

« le faire ». Dumarsais Estimé n’était

pas un dictateur, à l’instar de Lescot,

de François et Jean-Claude Duvalier.

Mais il n’était pas non plus un « révolutionnaire

». On peut lui accorder

modestement la place qui lui revient

dans l’histoire nationale, sans basculer

dans des considérations exagérées.

L’édification du bicentenaire et la fondation

de la ville de Belladère sont-elles

suffisantes, assez convaincantes pour

coller une étiquette socialiste, communiste,

humanitariste sur le front du

gouvernement de 1946, mis en place, à

14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020


Suite de la page (6)

pou mizik Manno yo te antre nan konpetisyon

ak chansonèt fransèz, (Dalida,

Mireille Mathieu, Nana Mouskouri,

Georges Moustaky, Joe Dassin,

elatriye). Poudayè, m te gen pout nan

zye m, kidonk, mwen potko vrèman

konprann afon kesyon inegalite ki te

egziste nan sosyete a, dikotomi (divizyon)

ant nwa/blan, fanm/gason,

moun anwo/moun anba, nèg sòt nèg

lespri, moun andeyò moun lavil, sak

nan bòl grès yo ak sa k ap bat dlo pou

fè bè, jan Manno Chalmay ta ka di, m

pat vrèman konprann dekantasyon ant

« Leta, Lepèp, ak Laboujwazi » pou m

te rive konprann « Leta pa janm sèvi

lepèp ki toutouni, malere k ap peri, sa k

pa ka jwi lavi, men leta byen plase pou

l kraze brize lè l vle enterè pi piti pou l fè

laboujwazi plezi ». Pou mwen, se konsa

lavi te ye depi ti konkonm t ap goumen

ak berejèn. Mwen pa t gen okenn rezon

pou kesyone lòd sosyal la.

Premye bonjan lakonesans

mwen ta pral fè ak zèv Manno Chalmay

se te an 1982 ak plak li « Manno

& Marco » ki gen 13 chante (m konn

12 nan ladan yo). M vle note Lapli,

Grann, Jebede, Zanj nou tout se zan

ak lòt toujou. Se a travè plak 33 tou

sa a mwen t a pral devlope yon apresyasyon

pou pèsonaj la nan lirik yo ak

melodi yo. Dayè, se menm epòk la tou

mwen ta pral fè konesans ak yon lòt

diskou sou lavi a, sosyete a, inegalite

ant ras, moun, sèks, elatriye. Nan diskografi

zèv Manno Chalmay gen 84

chante (malgre gen yon bann zèv ki

pa sou mache a, m konnen tou), se uit

nan bann nan m kapab di mwen pa

konnen vre, e se plis chante li chante

an franse yo.

Kidonk, nan ane 80 yo ak nan

ane 90 yo, se kalite mizik angaje

tankou mizik Manno Chalmay m te

konn tande si tan, jounen jodi a, pitit

mwen ki gen 31 an ki leve isit, ki pa

gen okenn rapò ak Manno Chalmay,

gen yon bann mizik Manno Chalmay

sou iPod li e fè konnen se sa sèlman

li te konn tande lè li te piti. Konsa, li

menm tou li devlope yon lanmou pou

mizik Manno Chalmay sitou chante ki

rele Zanmi an (Zanmi pre, m pral kay

zanmi lwen). Alòske, sa fè m konprann

gen yon tranch verite nan fason Myriam

Webster defini kilti tankou « tandans

konenans moun genyen, kwayans,

konpòtman ki baze sou kapasite

aprantisay ak transmisyon konesans

bay lòt jenerasyon ». Li klè definisyon

sa a chita paske se pa manti, transmisyon

an fèt. Richès kiltirèl sa a nan

men yon lòt jenerasyon alekilè.

Manno Chalmay : Yon nonm

konsyantize

Pa gen moun ki ka vrèman vre kesyone

nivo konsyantizasyon Manno

Chalmay antan yon Ayisyen ki te defye

plizyè baryè sosyal. Malgre se yon

pèsonaj ki anpil fwa te trè kontwovèse,

li te asosye mizik li yo ak tout bagaj

kiltirèl Ayisyen, tankou pa egzanp istwa

li ak kontèks konjonktirèl li t ap

viv la, pozisyon klas sosyal li, tankou

nou jwenn nan chante Chalmay Peral,

Defile, Lobo, Gasner Raymond, Imigrasyon

Tenten, ak tandòt ankò. Konsa,

nan konsepsyon pa li, li pa t plase

tèt li, jan l ta di, « an viktim rezizye ».

Li te pozisyone l kòm yon pèsonaj ki

diferan, ki konstwi e pataje istwa l atravè

mizik li, tankou pa egzanp chante

Mwen Gen 37 Rekòt Kafe, Ti Manman,

elatriye.

Ki fè, mwen kapab di angajman

Manno antan yon sanba, se te pou kesyone,

kritike, analize, men fè sa nan

yon fason pou transmisyon yo an te fèt

libreman e pèmèt lòt jenerasyon pran

avantaj richès sa a. Se dimansyon sa

a ki enterese m nan Manno Chalmay.

Dimansyon kote li marye lide li yo pou

li pozisyone li kiltirèlman. Pou mwen,

se yon pwotektè lakilti. Vizyon li sou

lemond, idantite kiltirèl, etnik ak rasyal

li ki baze sou kontni diskou li atravè

chante li yo ak enpòtans diskou sa a.

Pifò valè, koutim, lang, relijyon, konpòtman,

ak eritaj Ayisyen prezan nan

diskou mizikal Manno Chalmay. Kontrèman

ak anpil moun nan sosyete a

ki pa rive libere tèt yo, ki entènalize

yon seri kwayans ki fè nou konprann

nou enferyè, kote nou kreye yon fòm

depandans nètalkole sou tout sa ki pa

Ayisyen e valorize yo, Manno, li, te antre

anndan kilti a pou fè valwa vaksin,

tanbou, banbou, rara jan nou te ka wè

sa nan Koral Konbit Kafou.

Manno Chalmay : Sosyalizasyon,

entegrasyon ak chwa kiltirèl

Nan youn nan seri ki fèt sou Manno

Chalmay yo, Manno Chalmay : Konviksyon,

(CIDIHCA, 2010), Manno

Chalmay fè konnen li leve nan chante,

men se chante popilè yo ki te plis atire li

tankou rara, kanaval, ak chante vodou

kay Madan Nènè, yon manbo. E, depi

byen bonè nan lavi l, li te plis panche

sou mizik popilè, tankou « Awoyo ewa

ewa, li midi lage travayè yo pou al

manje » malgre li aksepte li pa t limite

ak tip mizik sa a yo senpman. Donk,

fòmasyon li nan mizik nan sans sa a te

konplèks. Pa egzanp, menm jan Manno

Chalmay te konn tande mizik rara

yo oswa vodou, se menm jan an tou li

te tande Nemou, Guy Durosiers, Gerard

Dupervil, Martha Jean-Claude, djazz

(Ameriken Nwa) ak tandòt, dapre sa

l di. Epoutan, li rete klè mizik vodou

genyen yon enfliyans an patikilye nan

mizik li e se aspè kiltirèl sa a ki enterese

mwen.

Vodou : Yon konpozant kiltirèl

lakay Ayisyen

Kilti fòme idantite nou paske li anbrase

valè, nòm ak langaj grenn moun ki nan

yon gwoup. Se defen Ati Max Beauvoir

ki te di : «Vodou a se nanm pèp Ayisyen

e pa gen anyen nou kapab fè san fondas

kiltirèl sa a. » Se yon mòdvi. Alòske

an gwo mwen gade mizik Manno Chalmay

ki chita sou espirityalite, pratik

vodou a an patikilye, kote li devlope

yon konpetans kiltirèl ak enfliyans

vodou a, nou ta kapab di ki esans kilti

ak idantite Ayisyen an. Manno te gen

chwa pa antre vodou nan chante popilè

yo piske zòt toujou asosye vodou

ak tout sa ki mal. Donk, travay mobilizasyon

a travè pawoli mizikal li te

gen dwa pa rive lwen akoz vodou, pou

anpil moun, te reprezante : analfabèt,

kilt, adoryasyon dyab, move zespri,

chòche, sakrifis moun, elatriye.

Atravè chante li yo, Manno Chalmay,

olye li detwi tradisyon, kwayans,

valè espirityèl sa yo, li adapte yo nan

mizik li e kominike tradisyon sa a nan

yon langaj fò, puisan, li pale langaj nan

yon kreyòl ayisyen ki chaje ak pawoli,

tenasite ak rezistans kont atwosite

lavi pèp Ayisyen an ap sibi chak jou.

Sa vle di, menm lè yo pa t ka manje,

lespri pèp la te kanpe djanm, tou pare

pou ranmase ak aksepte pawoli Manno

Chalmay nan mizik li ki kode anpil.

Egzanp, lè l chante « Lopozisyon,

fè w konsètasyon se nou ban m rechanj

kaki a na ba li non pou mwen tanpri

souple—midòl midole danbala wèdo

pa wè m deja koulè krapo ou pasa vale

mwen » Manno Chalmay envoke non

Danmbala Wèdo ki reprezante sou fòm

yon koulèv, yon koulèv ou de (Ayida

Wèdo) nan panteyon vodou a, sitou

nan vèvè lwa sa a. Se lwa ki asosye ak

kreyasyon, yon papa bon kè ki renmen

pitit li. Prezans li siyifi amoni, lapè,

sous lavi, zansèt nou, e kreyasyon

sa a se fanm ak gason ki mete

suite à la page(16)

notre humble avis, pour court-circuiter

le mouvement révolutionnaire mené

par les camarades de « La Ruche », et

qui fut à la base du renversement du

président-croupion Élie Lescot?

Dumarsais Estimé était-il un

politique de gauche? Avait-il un projet

politique, économique, social et culturel,

comme Lénine, Trotsky, Mao,

Fidel, Sankara, Cabral, Lumumba…

pour l’ensemble du pays? Lorsqu’il fut

renversé le 13 mai 1950 par le général

Paul Eugène Magloire, dans quel état

avait-t-il laissé les masses haïtiennes?

D’ailleurs, il vécut le reste de ses jours

à New York où sa dépouille repose

dans un cimetière de la ville. Fidèle

Castro a alphabétisé son peuple en

l’espace de deux années. Même le candidat

démocrate à l’investiture, Bernie

Sanders, le confesse. Jusqu’à présent,

les paysans haïtiens sont moins bien

traités que les animaux de ferme. Ils

n’ont pas de baptistère, alors que chaque

tête de bétail porte la marque de

son propriétaire. Tout en reconnaissant

les torts que les « politiciens de

mauvais aloi » ont causés à la patrie,

nous continuons de soutenir la thèse

que l’état dans lequel se trouve plongé

le pays découle en grande partie de la

responsabilité criminelle de la France,

des États-Unis, du Canada, de l’Angleterre,

de l’Allemagne, du Japon,

de l’Espagne… Nous ne devons pas

ignorer non plus l’esprit patriotique

qui a animé des camarades, comme

Anténor Firmin, Jean-Jacques Acaau,

Louis Déjoie, Daniel Fignolé, Jacques

Stephen Alexis, Lionel Lainé… qui

voulaient prendre les rênes en mains,

mais qui n’ont jamais eu la liberté de

se faire élire à la première magistrature

suprême. Même si la République d

’Haïti recèle en elle-même « L’histoire

de la bêtise humaine », l’ex-président

Jean-Bertrand Aristide devrait mériter, à

bien des égards, une certaine clémence

de la patrie. Nous ne parlons pas de

blanchiment. Cependant, le Tribunal de

l’Histoire devra rendre son verdict, en

considérant les facteurs de circonstances

atténuantes. La bourgeoisie compradore,

qui demeure toujours l’alliée des

forces armées de François Duvalier, a-telle

laissé au régime gouvernemental

du 16 décembre 1990 l’opportunité de

prouver sa compétence ou sa médiocrité

de la gestion des affaires politiques,

économiques, sociales et culturelles de

la République?

Haïti est le seul pays de l’univers

où l’on peut s’autoproclamer « philosophe

», sans « philosophie ». « Historien

», sans « histoire ». « Ingénieur »,

sans « génie ». « Savant », sans « science

». Et même, tenez-vous bien,

« président », sans « palais »! « Roi »,

sans « royaume »! Un étranger nous a

dit un jour : « Cher ami, la « folie » a

gagné Port-au-Prince. » N’avait-il pas

raison, ce Parisien qui était venu se terrer

à Port-au-Prince, pour ne pas payer

les impôts au gouvernement socialiste

de François Mitterrand. « C’est vrai,

avons-nous répondu… » Et l’étranger

ajoutait : « Regardez là-bas! On dirait

des milliers de fourmis qui grouillent

sur une peau de banane. Ils marchent

dans toutes les directions. Pardi! Le

ciel ne produit plus cet échantillon

d’individus qui défient avec une capacité

de résilience incroyable l’horribilité

de la nature. » Nous lui avons

fait comprendre que rien de tout ce qui

est sorti de la jarre de Pandore : la faim,

la soif, la nudité, le froid, l’insalubrité,

le chômage, la maladie, la mort, rien de

tout cela n’est arrivé à enlever ce sourire

sculpté avec les ciseaux de l’éternité sur

le visage décharné de ces misérables.

Être capable de sourire en mourant, ou

de mourir en souriant, – prenez-le comme

vous voulez –, ne peut être qu’un

don des anthropomorphes de l’Olympe

mystique. Même par-delà la frontalière

de l’inexistence, les gens de mon pays

ne désharponnent pas Elpis. Ils vivent

d’espérance en espérance! « Demain,

peut-être !» Vous comprenez? Si ce

n’est pas ce « demain », ce sera l’autre

« demain ». Et puis résonnent les

pas de Babalu Aye! Alors là, plus de

« demain »! Sinon qu’un cintre géant

accroché à la voûte de l’infini! « La

mort était au rendez-vous (Da uomo a

uomo) [5] », comme dans le film de Giulio

Petroni, interprété par John Phillip

Law et Lee Van Cleef.

L’historien Marcel Dorigny, que

nous avons cité dans la précédente

publication, a bien expliqué les causes

et les conséquences de la mise en quarantaine

de la Nation haïtienne depuis

le 1 er janvier 1804: « Haïti a commis…

un double affront. D’abord, elle est

sortie du système esclavagiste par ses

propres moyens : c’est l’insurrection

victorieuse des esclaves qui a imposé

l’abolition en 1794. La Convention

s’est trouvée devant un fait accompli,

qu’elle n’a eu qu’à ratifier et à étendre

aux autres colonies. Ensuite, Haïti

a gagné son indépendance par sa

victoire sur les troupes françaises. La

première défaite de Napoléon, ce n’est

ni Baïlen en Espagne, ni Moscou, mais

Vertières en Haïti, le 18 novembre

1803 ! »

Détruire l’État haïtien

La France a toujours fait semblant d’oublier

ses redevances envers l’Afrique et

l’Amérique des Indiens. Et également

envers Haïti qui fut contrainte de lui

verser 90 millions de francs or, après

la proclamation de l’indépendance.

C’était le prix à payer par Jean-Pierre

Boyer en 1825 à la France de Charles

X, pour obtenir l’acte d’affranchissement

et de ce fait, éviter que le jeune

État ne retombât dans une guerre

ruineuse, qui lui eût coûté sa Liberté,

sa Souveraineté et son Honneur. Les

malheurs de la jeune République n’ontils

pas commencé avec cette imposition

malveillante et onéreuse? Elle n’avait

pas les moyens d’y faire face. La loi de

la guerre, qui prévalait depuis la genèse

de l’univers, avait changé pour Haïti.

Uniquement pour l’État dessalinien !

Le « vainqueur », menacé par les puissances

esclavagistes européennes, y

compris les États-Unis en Amérique du

Nord, accepta d’indemniser le « vaincu

», l’État français ! Quelle stupidité

! Alors que Napoléon Bonaparte,

le monarque rapace, pillait les pays de

l’Europe que ses troupes faméliques

avaient défait au cours de ses campagnes

funestes. L’Italie, la Grèce, entre

autres, figurent sur la liste des victimes,

des martyrs de la France napoléonienne.

Après la grande victoire obtenue

à Vertières, les nouveaux maîtres de

Saint-Domingue craignaient effectivement

un retour des Français dans l’île.

Au lieu de mettre en place un plan de

réhabilitation et de modernisation de

l’agriculture, ils s’activèrent à construire

des forteresses à des endroits

stratégiques pour parer à l’éventualité

d’une attaque militaire venant de

l’extérieur. Ils étaient surtout préoccupés

de la protection et de la conservation

de leurs acquis sociaux et

politiques. Les plantations fertiles

des colons, – faudrait-il l’oublier –,

étaient réduites en cendres durant les

opérations insurrectionnelles. Le mot

d’ordre fut : « Koupe tèt, boule kay. »

(Décapitez les blancs esclavagistes et

incendiez leurs demeures). La reconstruction,

la modernisation du territoire

et l’éducation des esclaves incultes,

analphabètes, – et on le comprend –,

n’occupaient pas la première place sur

la liste des mesures jugées urgentes,

prioritaires…

Dr. Kesler Dalmacy

1671 New York Ave.

Brooklyn, New York 11226

Tel: 718-434-5345

Le docteur de la

Communauté Haïtienne

à New York

Les États-Unis ont utilisé pratiquement

le même stratagème, après

la « désomozistisation » du Nicaragua.

Les Sandinistes, décapiteurs de la dictature

féroce et sanguinaire, étaient

obligés d’utiliser les maigres ressources

de la Nation dans l’achat d’armes et

de munitions pour défendre la « Révolution

» contre les contras, le mercenariat

financé à 1 millions de dollars

US par jour par la Maison Blanche, le

Département d’État et le Pentagone.

La misère s’est accentuée. Le pays

d’Augusto Calderón Sandino paie aujourd’hui

encore le prix amer de cette

guerre fratricide dont le foyer fut allumé

par les États-Unis et les autres tenants

du système néocolonialiste. En 1990,

Violeta Barrios de Chamorro, dissidente

du gouvernement sandiniste, appuyée

et financée par Washington, remportait

les élections en face du président sortant

Daniel Ortega. Le président George

Herbert Walker Bush fit à la candidate

des promesses d’aide mirobolantes,

qu’il n’allait pas respecter. Après

l’investiture de Violeta Chamorro,

le Nicaragua est passé de la « 60 e à

la 116 e position mondiale en termes de

développement humain, et est devenu

le plus pauvre d’Amérique après Haïti,

selon la PNUD [6] ».

Cuba, en demeure encore un

autre exemple. Après l’échec de l’invasion

de la Baie des Cochons, le

gouvernement castriste a dû renforcer

le système de défense de l’île, afin de

se prémunir contre les attaques de ses

ennemis potentiels. Toutes ces dépenses

stratégiques constituaient du pain et

du lait enlevés de la bouche de la population

cubaine. Provoquer une pénurie

d’aliments de base, une rareté d’eau

potable, une diminution de médicaments

pour les malades chroniques :

voilà les armes que les hégémonistes

utilisent contre les États progressistes.

Elles sont encore plus dangereuses,

plus assassines, plus terrifiantes que

les mitrailleuses et les missiles. Elles tuent

lentement. Mais sûrement. Et vous

avez amplement le temps de souffrir.

De voir venir tranquillement la mort.

C’est justement le cas de la République

d’Haïti.

Robert Lodimus

(À suivre)

_________________

Notes et Références

[1] Marc-Aurèle, Pensées, IV, 48,

trad. E. Bréhier.

[2] Johannes Baptista von Albertini,

homme d’Église, savant allemand,

né le 17 février 1769 et mort

le 6 décembre 1831, auteur du Conspectus

fungorum in Lusatiæ superioris

agro Niskiensi crescentium

(Leipzig, 1805).

[3]Chantal Amman-Doubliez et

Janine Fayard Duchêne, Eschatologie et

astrologie, à l’aube de la Réforme : Johann

Albertini, prêtre valaisan, témoin

du « Temps de l’angoisse », p. 309,

2003.

[4]Emre Sahin, L’essor de l’Empire

ottoman (Rise of Empires: Ottoman),

2020.

[5]Film de Giulio Petroni, interprété

par John Phillip Law et Lee Van

Cleef.

[6]RISAL.info - Nicaragua, chronique

d’une révolution perdue » [archive],

sur risal.collectifs.net

Greater Brooklyn

Gastroenterology Care

Michel Jose Charles MD, FACG, AGAF

Board Certified Gastroenterology

Office Locations

3621 Glenwood Rd, Brooklyn NY 11210

9408 Flatlands Ave, Brooklyn NY 11236

1381-B Linden Blvd, Brooklyn NY 11212

By Appointment Only

Tel: 718-434-0202 / 718-869-1501

E-mail: charlesmjcharles@hotmail.com

“Giving care, one patient at a time.”

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Gabriel Péri

Par Paul Éluard

Un homme est mort qui n’avait

pour défense

Que ses bras ouverts à la vie

Un homme est mort qui n’avait

d’autre route

Que celle où l’on hait les fusils

Un homme est mort qui continue la

lutte

Contre la mort contre l’oubli

Car tout ce qu’il voulait

Nous le voulions aussi

Nous le voulons aujourd’hui

Que le bonheur soit la lumière

Au fond des yeux au fond du cœur

Et la justice sur la terre

Il y a des mots qui font vivre

Et ce sont des mots innocents

Le mot chaleur le mot confiance

Amour justice et le mot liberté

Le mot enfant et le mot gentillesse

Et certains noms de fleurs et certains

noms de fruits

Le mot courage et le mot découvrir

Et le mot frère et le mot camarade

Et certains noms de pays de villages

Et certains noms de femmes et

d’amies

Ajoutons-y Péri

Péri est mort pour ce qui nous fait

vivre

Tutoyons-le sa poitrine est trouée

Mais grâce à lui nous nous connaissons

mieux

Tutoyons-nous son espoir est vivant.

Suite de la page (15)

ansanm ki bay li. Kidonk chante a, dapre

jan nou konprann li, fòs fè nwa yo

te mèt sote ponpe, ti mari p ap monte

li p ap desann paske se dwa yon pèp

pou l goumen kont move zangi pou l

gen lapè, amoni, ak lavi konsèp Danbala

reprezante menm nan vodou. Nan

sans sa a, nou kapab di Manno nan

epòk li, se te yon lòt Bookman Duty,

houngan nan tan lesklavaj ki te sèvi

ak yon sistèm kominikasyon konplèks

pou l te soulve pèp la e fè yo pran fòm

kò yo kont lesklavaj. Menm jan nou ka

di Bwa Kayiman se te pon ant relijyon

ak politik, se menm jan an tou, chante

Manno Chalmay yo sèvi kòm kritè pou

soulèvman kont yon sistèm ki bezwen

chanje.

Li klè pou vodouyizan, fondas

vodou a chita sou kwayans sa a : tout

bagay konekte nan lavi a e lavi pa nou

santre sou mond vizib la ak mond envizib

la. Pou sèvitè, nan tout eksperyans

mounans yo, se fòs espirityèl yo

ki gide aksyon yo ak silans yo. Ki fè,

lespri a prezan menm apre lanmò. E se

sa ki fè nan tradisyon vodou a, mò yo

gen plas yo nan lavi nou, nou kwè yo

pwoteje nou, yo gide nou, e nan kèk

ka, lè yon moun mouri li ka vin yon

Gede. Petèt Manno Chalmay se youn.

Ou pa janm konnen. Youn nan chante

l yo, se kesyonman nan non Bawon

: « Bawon mande tout moun ki la

yo èske se Bondye k touye yo. Se pa

Bondye k touye yo. Se vèditè k touye

yo, se asasen k touye yo. Yo touye yo

touye moun sa yo. » Ou jwenn tou nan

chante l : « Pou Lobo—yon mwa nou

konnen se sa l pote, se mwa gede mwa

revòlte…»

Alòs, kisa yon Bawon ye? Se lwa

ki reprezante premye moun ki te mouri

a, se Bawon ki anchaj simityè. An fèt,

yon Bawon se yon Gede. E tradisyon

vodou an fè konnen Gede yo travèse

ale vini ant lavi ak lamò. Gede yo se

yon fanmi kontrèman ak lòt gwoup

lwa yo rele nanchon yo paske gen yon

pil ak yon bann Gede piske gen yon

pil ak yon bann moun ki deja fè vwèl

pou peyi san chapo. Li pa enpòtan,

nan kontèks sa a, dekilakyèl. Yo mouri

e genyen ladan yo ki tounen Gede.

Poutan, nan pratik vodou a Gede se

toujou lwa ki di betiz, yo konsidere l

kòm yon lwa sal, men se menm Gede

sa a ki kesyone lòd sosyal la, soti anba

rive anwo. Se sa k fè chante Manno a

di « Bawon mande », l ap kesyone enjistis

sosyal, opresyon, majinalizasyon

kriminalite, elatriye.

Youn nan tèm ki parèt anpil nan

chante Manno yo se tèm lafanmi an,

tankou mizik manman, grann, elatriye.

Nan pratik kiltirèl nou, granmoun

gen anpil valè dèske se yo menm ki

transmèt konesans bay pi piti yo,

se yo menm ki transmèt valè tradisyonèl

yo, nan oraliti. Lè w gade valè

granmoun nan kilti Ayisyen, a travè

vodou, li parèt sou Lwa Grann (Grann

Èzili, Grann Ayizan, Grann Aloumba,

elatriye). E se grann sa yo ki montre

valè onètete, ak mennen yon vi dwat

: « Grann tande mizè mwen, m tounen

yon Ogou san tèt nan peyi mwen. »

Kòmkwa se yon plent Manno Chalmay

ap pote bay grann.

Youn nan mizik Manno yo sou

lafanmi se « Lafanmi vin peye san, seremoni

an bèl ». La a se fason, a travè

chante vodou, pou montre jan nou

dwe aprann nan men youn lòt, sipòte

youn lòt, goumen pou nou djanm e

pran responsablite nou pou vanse ak

tradisyon. Nan sans sa a, se onore ak

respekte dizon nan vodou ki tradui nan

tèm sa yo : lanmou, sipò lafanmi, jenewozite,

benediksyon, byenfè, depi nou

menm, antan pratikan nou mache chimen

nou dwat, sa vle di fè sa ki byen

san gade dèyè. Donk, se filozofi lavi a,

e se viv Manno te viv li nan tout esans

li jan Manzè (Mimose Beaubrun)

di, fòk ou viv li pou konnen l paske

se Lespri a, Mistè a, Envizib la, sa w

pa konnen an. Se yon koneksyon ant

kominote a ak lafanmi (fanmi nan trip

ou pa), se sistèm lakou a, sistèm kolektivis

olye endividyalis, se sistèm inifikasyon

ak solidarite, se yo nou jwenn

a travè mizik lafanmi, grann, elatriye

Manno Chalmay t ap chante yo.

Lòt chante Manno itilize ki soti

nan vodou, pa egzanp se : « Laplas kay

la ki malad kouche Sayil o Bondye va

gade—Anjenikon an ki malad kouche

Sayil—Pòt drapo—Jenikon—Danbala

wèdo pa wè nou sou lapay o. » Laplas

enpòtan nan yerachi vodou akòz wòl

moun sa yo jwi nan yon lakou anba

yon peristil, e anpil fwa yon sèvis ta

kapab kanpe si Laplas la pa prezan.

Pase, se Laplas ki dirije seremoni pote

drapo a e li jeneralman gen yon manchèt

nan men l, manchèt Ogou. Seremoni

sa a se pou salye poto mitan an,

pou salye tout lwa yo.

Gen yon lòt lwa enpòtan tou

Manno Chalmay rele nan chante li yo

se lwa Marasa nan mizik Elouwe :

Elouwe—Marasa grandi pou

mache—pa jodi nou la—anwo pa desann

anba pa monte—ti gason pwen

granmoun sa ou pran—fòk ou konprann

ou pa la pou gran mèsi fòk

ou met lespri w tou pare—pou ka

mache tou pare ak moun tankou w

ki konsène—sonje se ou k ap chwazi.

Lwa marasa an nou sispann betize leve

kanpe pou n mache kontre—chèche

verite nan tout rakwen leve kanpe pou

n gen libète.

Nan chante sa a, Manno Chalmay

ap rele lwa marasa pou leve

kanpe, paske se pa pou gran mèsi yo

la, yo gen itilite yo e fòk yo dispoze pou

sèvis popilasyon an (lafanmi) pou ka

pran aksyon ki dwe pran an.

Nan vodou, lwa marasa se lwa ki

gen fòs paske li double. Se lwa lafanmi,

e nan sèvis se li yo rele touswit apre

yo fin rele Legba pou ouvri baryè pou

seremoni an. Kwayans nan marasa

chita sou twa wòch dife : lespwa, lafwa,

ak lacharite. Nan kwayans vodou,

Marasa gen anpil pouvwa, yo kapab fè

mèvèy tank yo gen pouvwa. Kidonk,

yo kapab gen kontwòl anpil bagay.

Marasa de, marasa twa, marasa Lafrik

yo, reprezante lafwa, lespwa ak lacharite.

Yo gen zye pou wè, pou geri, donk

Manno Chalmay fè yo konnen yo pa

la pou granmèsi alòs ki sa y ap tann

pou antre nan batay delivrans pèp la

anba atoufè.

Konklizyon

Li klè gen yon bann lòt chante Manno

Chalmay ki akse sou vodo tankou «

Sedye m ta kraze kay la », « Vèse san

vèse san—Bagay la melanje ginen yo

tèt anba san pwèl ap manje moun yo

di yo se Vodou, yo bouche je tout lwa

pou yo fè plis lajan », « Pran batwèl la

pou mwen », « Ya bezwen mwen », «

Gran rivyè koule l tonbe nan lanmè—N

ap mennen pwen nou nan kalfou yo—

mennen pwen nou tou dousman—pitit

sòyèt pa bezwen kou zonbi k ap tann

sèl o », «Pèp Ayisyen ou se malagèt…

Ayisyen jou lanmò w pa prese yo pa

bezwen w pou te ya bezwen w pou

konprès », « Pou Gasner Raymond—

Antèman k chante nan banbou nan

kiriye eleyison se menm », «Pran

batwèl la pou mwen… M se Ayisyen

kòm kwa m t ap janm fout kretyen…»,

ak lòt toujou ki mande refleksyon afon

sou siyifikasyon yo nan kilti Ayisyen

ak mesaj Manno Chalmay te vle fè

pase a travè pawoli sa yo. Men akote

tout sa, Manno kesyone lwa yo, pratik

vodou a menm a travè chante li tankou

lè l di « Lajenès pa inosan, fòk li pa ka

ensousyan ». Li mande yo pou lite kont

move zangi, fòk yo kenbe labanyè laviktwa

a.

Anfèt, Manno Chalmay kesyone

wòl houngan/manbo yo, kòmkwa yo

rete de bra kwaze, yo bese tèt yo, yo

fèmen zye yo tankou yo pa tande.

Alòs, piske dapre Manno Chalmay

klòch ason an mare ak yon twal siye,

donk li pa ka sonnen byen pou rele lwa

yo, zansèt yo, pou trete malad la, nan

ka sa a Ayiti, sinon li p ap chape. Ki

vle di Ayiti p ap jwenn delivrans. E se

sak fè nan mesaj sa a, Manno Chalmay

mande pou nou boule kwa mazakwa

lespri yo epi trennen sann nan nan

Latibonit, sa vle pou divòse ak pratik

rete bouch koud la. E se konsa, nan

pran responsablite nou antan yon pèp,

vodouyizan ou non, n a jwenn tretman

pou malad la, donk delivrans pou Ayiti,

e pèp Ayisyen an a dezantòtiye pou l

viv nan lapè ak amoni selon jan prensip

vodou a mande l la, anba labanyè

Danmbala.

Referans

Beaubrun, M. (2010). Nan

dòmi : Le récit d’une initiation Vodou.

Vents d’ailleurs, La Roque d’Antheron,

France.

Culture, Merriam-Webster Dictionary,

www.merriam-webster.com/dictionary/culture.

Retrieved on January

19, 2019.

Nieto, S. (2002). Language, culture,

and teaching: Critical perspectives

for a new century. Mahwah, NJ: Lawrence

Erlbaum Associates Publishers.

Moloney, A. (Jan. 2015). Voodoo

priests, doctors on frontline of Haiti's

mental healthcare. Thomson Reuters

Foundation, www.reuters.com/article/

us-haiti-earthquake-anniversary-mentalhe/voodoo-priests-doctors-onfrontline-of-haitis-mental-healthcareidUSKBN0KI1NC20150109.

Retrieved

on January 19, 2019.

Voltaire F. (2010). Manno

Charlemagne Konviksyon. Mini Records—CIDIHCA,

www.youtube.com/

watch?v=-EfNtb0uJlE . Retrieved on

January 19, 2019.

Manno Charlemagne (2006).

Manno Charlemagne, 30 Ans de Chansons,

Educavision, 2006.

Lunine Piere-Jérôme, Ed.D.

January 19, 2019

Tanbou/Tambour

Suite de la page (7)

Depuis quelques semaines, Haïti enregistre

une recrudescence des enlèvements

contre rançon : on recense une

quinzaine de cas, rien qu’au mois de

janvier. Soit un tous les deux jours.

La police est directement confrontée

à la grande criminalité qui touche

l’île. « D’où l’enjeu qu’elle ne soit

pas déstabilisée, insiste le politologue.

Elle reste aujourd’hui la seule institution

VENUS

RESTAURANT

Now 2 locations

in Brooklyn!

crédible dans le pays. Cela serait très

dangereux qu’elle se retrouve politisée

par cette crise. » Le Bureau intégré des

Nations unies en Haïti (BINUH) a exprimé

« sa vive préoccupation » face

aux « graves incidents » du 23 février,

et invité les représentants des forces de

l’ordre protestataires à éviter toute escalade

dans la violence. Le Syndicat de

la police nationale d’Haïti a quant à lui

AMBIANCE

EXPRESS

appelé lundi tous les policiers à rentrer

chez eux « afin de donner une autre orientation

à la lutte ».

KATOU

RESTAURANT

5012 Ave M

(Entre E. 51 et Utica)

10h am – 10h pm

Un pouvoir contesté face à une

opposition invisible

Si le pouvoir de Jovenel Moïse semble

le catalyseur de la colère des Haïtiens,

la situation peut difficilement évoluer à

court terme. En cause : l’absence d’opposition

jugée crédible par la population.

« Si une alternative existe, on ne

la connaît pas. L’opposition manque de

chef de file, de plan, de projet concret…

», résume Eric Sauray.

La Mission de maintien de la paix

des Nations unies en Haïti, quant à

elle, s’est achevée le 15 octobre 2019,

cédant sa place au BINUH, et n’assume

plus aucune responsabilité en

termes de sécurité et de protection du

peuple haïtien. « L’idée est de pouvoir

responsabiliser les hommes politiques

haïtiens et la population. Le message

de la communauté internationale est

clair : “Prenez les choses en mains” »,

argue le politologue. « L’histoire d’Haïti

montre que la population est capable de

créer des crises, mais aussi de les résoudre.

»

Le Monde 27 février 2020

CATERING & TAKE-OUT

Now 3 Locations in Brooklyn

637 Rogers Avenue

(corner of Parkside Avenue)

718-287-4949

924 Remsen Avenue

(near Avenue D)

718-975-7710

“Venus, l’entroit idéal”

• Restaurant

• Fritaille

• Patés

1433 Flatbush Avenue

(just off Farragut Road)

Brooklyn, NY

New Location Now Open!

General Manager: Marie S

718.434.4287

Une innovation dans la cuisine

haïtienne à Brooklyn

Tous les plats haïtiens réalisés par une

équipe de cordons bleus recrutés sous

la supervision de Katou

Griots – Poissons – Poissons Gros Sel

– Dinde – Poulet – Cabri

– Boeuf – Légumes

Bouillon le samedi – Soupe le

dimanche – Bouillie de banane le soir

Appelez le 718-618-0920

Livraison à domicile

Si vous avez du goût, vous ne

lâcherez pas Katou Restaurant

8221 Flatlands Avenue

(b/t E. 82 & 83 St.)

718.975.7488

2816 Church Avenue (b/t Nostrand

& Rogers Aves.) 718.856.2100

1738 Flatbush Avenue (b/t Aves I & J)

718.258.0509

16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020


A Travers le Monde

La Sainte Alliance

se ressoude contre le

Venezuela

Le président brésilien Jair Bolsonaro et l’amiral Craig Faller, commandant

du Commandement Sud des États-Unis

Irak qui a liquidé les deux officiers US ?

Les troupes US prises de court

par leurs "alliés" en Irak?

Depuis la frappe au missile balistique

iranienne contre la base US

à Aïn al-Asad, pareille panique

ne s'était pas emparés des rangs

des troupes américaines en Irak.

Le lundi 9 mars, alors que le

secrétaire du conseil suprême de

la sécurité national, s'entretenait à

Bagdad avec les autorités du pays,

une première après l'assassinat le

3 janvier du commandant en chef

de la Force Qods par les drones

américains à l'aéroport de Bagdad,

d'étranges événements se produisaient

sur les frontières irakiennes

avec la Syrie, soit cette zone ultra

protégée par la Résistance irakienne

qui surveille à la fois les

agissements du Pentagone et ceux

de ses supplétifs daechsites de

Washington.

Les troupes US ont quitté

précipitamment leur base, située à

proximité de l'usine de phosphate,

non loin des positions de Kataëb

Hezbollah à Qaem- ce point de

passage stratégique qui relie l'Irak

à la Syrie et au Liban et partant à

la Méditerranée.

Les soldats américains déployés en Irak

Dans un communiqué vidéo publié le 8 mars, la bande paramilitaire d’un

mystérieux « Front Patriotique Vénézuélien » s’attribue les deux incendies

contre la CANTV (téléphone) et le CNE (Centre National Electoral)

Par Thierry Deronne

Donald Trump vient d’inviter le

brésilien Jair Bolsonaro aux

USA pour « voir comment s’occuper

du Venezuela«. Résultat :

les deux pays signent un accord

de coopération militaire. A cette

tenaille de l’extrême-droite suprématiste,

coloniale, contre le

Venezuela s’est ajouté le colombien

Duque. Ce grand massacreur

de militant(e)s sociaux qui s’est

emparé du pouvoir, comme vient

de le révéler l’ex-congressiste Aida

Merlano, en achetant massivement

des votes avec l’argent de la

cocaïne, vient de réclamer à Trump

l’accroissement des « sanctions »

contre le gouvernement légitimement

élu du Venezuela.

Le leader local d’extrême

droite vénézuélien Juan Guaido

« opposant démocrate » pour les

médias occidentaux, autoproclamé

« président du Venezuela » par

Trump, vient d’annoncer la reprise

de l’insurrection pour chasser Maduro.

La méthode est invariable: à

l’aide de violences de rue, provoquer

les forces de l’ordre pour que

les médias internationaux puissent

faire les images de la « répression

du peuple par le régime ». La presse

colombienne a publié des photos

prouvant les liens de Guaido

avec Los Rastrojos, narco-paramilitaires

qui massacrent des deux

côtés de la frontière Venezuela/Colombie.

Alors que le gouvernement

de Nicolás Maduro a fortement

avancé dans des négociations avec

le secteur démocratique de l’opposition,

notamment en prévision des

prochaines élections législatives,

deux incendies viennent de détruire

coup sur coup un entrepôt de la

Compagnie Publique de téléphone

CANTV et une importante quantité

de machines et matériel d’un

dépôt du Centre National électoral,

attentats aussitôt revendiqués par

une bande paramilitaire. Lors de

son voyage à Washington, Guaido

avait obtenu non seulement

de nouvelles « sanctions » contre

Caracas mais aussi une nouvelle

manne pour financer les opérations

visant « le changement de

régime au Venezuela ».

Le gouvernement bolivarien

vient de déposer officiellement

une plainte pour crimes contre

l’humanité contre les Etats-Unis

devant la Cour Pénale Internationale.

Les innombrables mesures

coercitives unilatérales (« sanctions

») ont provoqué la migration

de très nombreux vénézuéliens et

des dizaines de milliers de morts

– le pays ne pouvant plus acheter

de nombreux médicaments et

aliments comme conséquence du

blocus bancaire occidental et de

la guerre économique décrétée par

Barak Obama et sans cesse renforcée

depuis par Donald Trump.

Thierry Deronne, Caracas,

9 mars 2020

Venesol 9 mars 2020

Kataeb Hezbollah fait fuir les

GI's!

Qaem/Abou Kamal qui rappelons-le,

a été pris pour cible en

décembre dernier des frappes au

drone US/Israël qui ont tué plus de

30 combattants de Kataeb Hezbollah.

Ce retrait dans le désordre, le

Pentagone ne l'a évidemment pas

expliqué, n'empêche qu'une autre

information presque concomitante

est tombée sur les telex faisant

état de l'arrivé des avions cargo

US avec du matériel et des soldats

à bord à Aïn al-Asad. Tout donc

laisse à penser que les Etats-Unis

qui refusent depuis le 5 janvier à

se soumettre à l'exigence parfaitement

légale du Parlement irakien

sur la nécessité d'une révision des

accords militaires bilatéraux et

partant du retrait de leurs troupes

du pays, aurait décidé de se replier

davantage dans leur coquille

"défensive" et de réduire comme

l'ont à plusieurs reprises affirmé

les officiers US, leur présence à

Aïn al-Asad.

Or, il semblerait que Washington

saurait très difficilement

préserver cette même présence,

même si les Kurdes d'Irak et certains

sunnites ont été absents de

la séance du vote du 5 janvier. En

effet, le lundi 9 mars, le CentCom

a publié tard dans la soirée un

communiqué annonçant la mort

de deux "conseillers militaires" qui

seraient tombés "dans des combats

anti-Daech au nord de l'Irak".

Leurs noms n'ont pas été révélés

mais vu l'absence de tout contact

militaire entre les forces armées

irakiennes et le Pentagone depuis

l'assassinant terroriste du 3 janvier,

le texte est bien peu convaincant.

L'armée irakienne coupe les

ponts avec l'US Army

Cité par Sputnik ce mardi, envoyé

spécial de la coalition international

dite anti-Daech a tenté tant bien

que mal d'expliquer les circonstances

de la mort le lundi 9 mars

de deux "effectifs des forces spéciales

américaines en Irak. « Nos

Des sources de sécurité en Irak ont fait part du retrait d’une partie de la

coalition américaine d’une base dans la province d’al-Anbar

Bien que les forces américaines n’aient pas encore quitté l

deux militaires ont été tués en Irak

pendant la lutte contre Daech", a

dit Brett McGurk en évoquant "le

sale quart d'heure qu'ont passé les

GI's à retrouver les deux corps":

"il nous a fallu six heures pour les

retrouver », a dit l'Américain qui

ajoute : " «Nous étions les chercher

à l'aide d'une grue puisque

leurs corps se trouvaient dans un

trou enseveli sous les rochers », a

poursuivi McGurk.Et le général de

poursuivre, totalement désarmé :

"Les deux soldats ont été tués en

tombant dans la crevasse d'une

montagne".

Mais ce que le haut gradé

US tente d’effacer, en passant,

c'est le lieu de l'incident" : l'opération

menée à l'aide des "avions

de combat de la coalition internationale",

et dans le cadre d'une

opération héliportée, s'est déroulée

à Gharadjouq au sud de la ville

de Makhmour, dans la province

de Kirkouk. Les Peshmerghas y

auraient donc été de la partie. Ce

serait inconcevable de croire que

les deux effectifs des forces commandos

US, aient fait une chute

accidentelle, alors qu'ils sont

d'habitude entraînés pour mener

des combats en terrain accidenté

ou montagneux. Alors la question

qui se pose est celle-ci : Qui les a

liquidés? Les Hachd ou les amis

kurdes des Hachd? Ou encore les

Hachd sunnites de Mossoul limitrophe

de Kirkuk? Dans les trois

cas de figure, l'Amérique est dans

de beaux draps!

Immaculeé Bakery

& Restaurant

2 Locations en Brooklyn

Spécialités

PressTV 10 mars 2020

• Pâtés • Pain • AK-100 • Gâteaux

• Jus citron • Bonbon amidon

• Bouchées • Cornets

• Pain patate (sur commande)

• Bouillon (chaque samedi)

• Soupe (chaque dimanche)

1227 Nostrand Avenue

(entre Hawthorne & Winthrop)

Tél: 718.778.7188

1411 Nostrand Avenue

(entre Linden & Martense)

Tél: 718.941.2644

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

17


La crise mondiale de l'économie capitaliste et le coronavirus

Par Miguel Sorans

Le lundi 9 mars, les marchés boursiers

mondiaux se sont effondrés.

Un nouveau "lundi noir" pour l'économie

capitaliste mondiale. Wall Street

a cessé ses activités pendant 15 minutes.

Le prix du pétrole est tombé à

33 dollars le baril. En janvier, il était

à 63 dollars. La baisse des prix est une

mesure d'urgence que Wall Street a mis

en place pendant la crise de 2008 pour

tenter d'éviter les ventes de panique.

Mais la panique entre les capitalistes, le

capital financier et les multinationales

est installée. Et ce n'est pas seulement

à cause du coronavirus.

Wall Street a subi le pire crash

depuis 2008. Tous les marchés boursiers

du monde ont chuté. Au Mexique

et au Brésil, les monnaies ont été

dévaluées.

De nombreux économistes et

analystes commerciaux tentent d'attribuer

la nouvelle explosion et l'effondrement

de l'économie capitaliste aux

effets de l'épidémie de coronavirus.

Les conséquences du coronavirus ont

sans aucun doute une influence. Mais

le coronavirus n'est pas la cause principale

du nouveau krach économique

mondial. Bien sûr, l'épidémie de coronavirus

est très importante. Plus de

110.000 personnes sont déjà infectées

dans le monde et une centaine de pays

sont touchés.

Le coronavirus est venu aggraver

la crise aiguë déjà existante

de l'économie capitaliste mondiale. Le

système capitaliste-impérialiste n'est

toujours pas en mesure de surmonter

la crise économique aiguë ouverte en

2007/8. Les données de la réalité le

démontrent.

L'économie capitaliste mondiale

avait déjà ralenti à un "taux de chute"

proche de 2,5 % par an. Les États-

Unis n'enregistrent qu'une croissance

de 2% par an, l'Europe et le Japon de

1% seulement ; et les principales économies

émergentes du Brésil, du Mexique,

de la Turquie, de l'Argentine, de

l'Afrique du Sud et de la Russie stagnent

pour l'essentiel. Les énormes

économies de l'Inde et de la Chine

ont également connu un ralentissement

important au cours de l'année

dernière. Et maintenant, la quarantaine

COVID-19 a poussé l'économie

chinoise dans un abîme.

L'Organisation de coopération

et de développement économiques

(OCDE), qui représente les 36 économies

les plus avancées du monde,

avertit que l'impact de COVID-19 pourrait

réduire de moitié la croissance

économique mondiale cette année par

rapport à ses prévisions précédentes.

L'OCDE a réduit sa prévision centrale

de croissance de 2,9 % à 2,4 %, mais

prévient qu'une "épidémie de coronavirus

plus longue et plus intense" pourrait

réduire la croissance à 1,5 % d'ici

2020" (Michel Roberts, économiste

britannique, dans Without Permission

7/3/2020).

Le coronavirus a ajouté "plus

de combustible au feu" de la crise

économique capitaliste. Le coronavirus

est apparu en Chine (voir

« Coronavirus et dictature » http://

www.uit-ci.org/index.php/2018-

03-15-13-39-31/nouvelles-et-documents/2473-chine--coronavirus-et-dictature").

La Chine est le

premier exportateur mondial et la

chute record de la production industrielle

due à la fermeture d'entreprises

a déjà un impact négatif sur l'ensemble

du monde capitaliste. Elle dépasse

déjà les cadres de la Chine. Tout ce qui

est lié à l'industrie du tourisme, par

exemple, est touché. La production et

les prix du pétrole sont en baisse. La

crise de l'économie capitaliste qui dure

depuis 2007/08 va s'aggraver. Les

multinationales s'inquiètent de leurs

énormes pertes de profits en Chine et

dans le monde. Les jeux spéculatifs

des marchés boursiers et des prix du

pétrole ne font qu'exprimer la quête de

la sauvegarde de la richesse des milliardaires

du monde. Le grand problème

pour l'humanité est que l'impérialisme

et ses gouvernements vont essayer

d'approfondir leurs plans d'ajustement

et de pillage de la classe ouvrière et du

peuple.

L'apparition soudaine de

l'épidémie de coronavirus est également

une expression du déclin du capitalisme.

La croissance de la pauvreté,

la surpopulation, les changements environnementaux

et l'effondrement des

systèmes de santé publique dans le

monde sont le terreau de l'émergence

et du développement de maladies anciennes

et nouvelles.

La crise capitaliste et la crise du

coronavirus doivent être payées

par les capitalistes

Pour aggraver les choses, l'épidémie

de coronavirus ne s'arrête pas dans le

monde entier, bien qu'on dise qu'en

Chine les cas ont diminué. Au moment

où nous écrivons ces lignes, il y a déjà

plus de 110.000 personnes infectées

dans le monde, 3.800 morts et plus de

100 pays touchés. L'Italie a déclaré le

pays en quarantaine.

Le système capitaliste-impérialiste

et ses gouvernements ne garantissent

pas une réponse adéquate

à cette crise humanitaire qui touche

des millions de personnes (voir « Les

coronavirus et la montée du zdengue -

Capitalismo y crisis de la salud pública:

Coronavirus y rebrote del dengue »

http://www.izquierdasocialista.org.ar/2020/index.php/blog/

elsocialista/item/16485-capitalismo-y-crisis-de-la-salud-publica-coronavirus-y-rebrote-del-dengue).

Ils

prennent des mesures telles que la suspension

d'événements sportifs ou artistiques

de grande envergure. Ils encouragent

la panique pour dissimuler une

catastrophe majeure sans s'attaquer

aux causes profondes.

Les peuples du monde entier

doivent descendre dans la rue pour

exiger de leurs gouvernements de véritables

mesures face à l'urgence. Que

ceux qui sont au sommet, les capitalistes,

prennent en charge les coûts.

Nous devons exiger que des fonds urgents

soient débloqués pour augmenter

considérablement les budgets de santé

afin de faire face à l'urgence sanitaire.

Des fonds pour, entre autres, étendre

et améliorer les installations sanitaires,

accorder des augmentations de salaire

à tous les professionnels de la santé,

procéder à de nouvelles embauches

et donner des recours gratuits à tous.

Que ces fonds proviennent d'impôts

progressifs élevés sur les groupes d'entreprises,

le capital financier et que les

dettes étrangères ne soient pas payées.

Pour un système de santé national

unique, géré par l'État, avec des consultations

gratuites, des traitements

et des médicaments payés par l'État

et administrés par les utilisateurs, les

médecins, les travailleurs et les professionnels

du secteur. Pour la nationalisation

des laboratoires de spécialités

médicales et qu'ils commencent à

fonctionner sous le contrôle des travailleurs

et des scientifiques de la santé

et de la médecine.

Comme nous l'avons dit plus

haut, l'impérialisme et ses multinationales

voudront utiliser le coronavirus

pour lancer de nouvelles tentatives

d'exploiter davantage le peuple. On

parle déjà de centaines de milliers

de licenciements et de suspensions

dans les entreprises. Ils chercheront à

faire baisser les salaires avec de plus

grandes dévaluations de la monnaie

dans les semi-colonies et un plus grand

pillage avec le mécanisme de la dette

extérieure.

La crise capitaliste et le coronavirus

ne doivent pas être payés par les

travailleurs et le peuple. Pas de licenciements

ni de suspensions. Non au

paiement de la dette extérieure. De l'argent

pour la santé et le travail. Laissez

les entreprises et les personnes ci-dessus

prendre en charge la crise.

Les rébellions au Chili, en

France, au Liban, en Irak, en Palestine

et d'autres protestations sociales, qui se

développent dans le monde, montrent

que la lutte contre les plans d'ajustement

et pour la défense de la vie des

gens continue.

Miguel Sorans

Membre de la direction d’Izquierda

Socialista (Argentine) et de

l’Unité internationale des travailleuses

et des travailleurs (UIT-QI)

Suite de la page (3)

contre l’ancienne première dame en

2016, Sanders avait remporté le Michigan

contre Hillary Clinton, mais cette

année, répéter cet exploit n’est pas

chose facile contre un Joe Biden qui,

depuis les primaires de la Caroline du

Sud, a le mememtum dans la course

à la nomination. « Le sénateur du

Vermont sait que ce test du Michigan

est l’une de ses dernières chances de

reprendre l’avantage sur Joe Biden.

C’est là qu’il avait battu Hillary Clinton

en 2016, mais d’un petit point et

demi seulement.»

Selon des sondages, Biden pourrait

facilement remporter l’État du

Michigan qui, conformément au dernier

« recensement de 2010 est composée

de 78,95 % de Blancs, 14,17 %

de Noirs, 2,41 % d’Asiatiques (0,78 %

d’Indiens), 2,33 % de Métis, 0,63 %

d’Amérindiens, 0,03 % d’Océaniens et

1,49 % de personnes n’entrant dans

aucune de ces catégories.»

Cette possibilité de victoire

de l’ancien numéro 2 de la Maison

Blanche dans cet État qui, «d’une population

avec 9,883,640 habitants en

2010, était le 8 e État le plus peuplé

des États-Unis».est, non seulement

due aux dernières performances du

Super Tuesday, mais également aux

supports financiers récolté ces derniers

jours des contribuables et des soutiens

des officiels du parti démocrate.

Si Sanders avait annulé un rassemblement

prévu vendredi dans l’État

du Mississippi, de sortes qu’il puisse

avoir le temps nécessaire pour jouer

les derniers atouts dans cet État ou

125 délégués sont en jeux, quant à

l’ancien vice-président pour consolider

ses chances de gagner, il jouait sur

tous les fronts. Il ne négligeait pas les

moindres petits détails. C’est ainsi,

en tant que vice-président de Barack

Obama, Biden se misait du fait qu’il

avait contribué à l’élaboration du

paquet qui a renfloué l’industrie automobile

chancelante de l’État au cours

de la dernière récession. Etat au cours

duquel qu’Obama avait remporté aux

deux élections générales de 2008 et

2011.

Ils sont nombreux ceux qui se

resserrent autour de Joe Biden

Après la défection de plusieurs candidats,

Joe Biden attire d’importants soutiens

au sein de son Parti. Depuis des

semaines, les nouvelles sont réjouissantes

pour le candidat favori à la nomination

du Parti démocrate. Joe Biden,

candidat modéré et ex-vice-président

des États-Unis, cueille les « endossements

» de l’establishment du Parti

démocrate. De plus en plus, les officiels

du Parti démocrate continuent à se rallier

à la cause de Biden.

Pour les plus récents, il s’agit

d’anciens sénateur ou gouverneurs

qui apportent leur soutien à Biden –

à titre d’exemples, il ya Cory Booker,

sénateur de l’État du New Jersey,

Elissa Sloktkin, députée du 8 e disctrict

de Michigan, et la gouverneure de ce

même Êtat, Gretchen Whitmer. A ce

titre, la gouverneur de Michigan a,

«à l’occasion d’une messe à Detroit,

en référence notamment à ses efforts

pour sauver l’industrie automobile de

la faillite après la crise financière de

2008, lorsqu’il était vice-président de

Barack Obama, a déclarer «Joe a été

là pour le Michigan quand nous étions

dos au mur», a telle confié à l’AFP.

De plus, la sénatrice du Minnesota,

Amy Klobuchar qui, tout récemment

avait abandonné la course pour

endosser Biden, était, elle aussi dans

l’État du Michigan vendredi et samedi

pour faire campagne pour l’ancien

vice-président.

Mais Biden n’est pas le seul

avoir de soutien surtout du groupe minoritaire.

Sanders avait également eu

un fort soutien dans l’État de Wolverine,

y compris de la part de la population

arabo-musulmane du Michigan - il

a obtenu l’approbation du Comité d’action

politique arabo-américain et celui

des leaders afro américain.

Vote des noirs

LA DIFFERENCE

AUTO SCHOOL

LEARN TO DRIVE

La Différence Auto School

836 Rogers Avenue

(between Church Avenue

& Erasmus Street)

Brooklyn, NY 11226

Manager: Ernst Sevère

Tel: 718-693-2817

Cell: 917-407-8201

L’électorat noir traditionnellement crucial

dans la primaire démocrate, encore

a un role à jouer entre les deux

favoris Biden et Sanders. Joe Biden et

Bernie Sanders avaient, chacun reçu,

ce week-end, un soutien de poids à

quelques heures de leur premier «têteà-tête»

de la primaire démocrate. «Joe

Biden, 77 ans, a reçu le ralliement

d’une ancienne rivale, Kamala Harris

La sénatrice de 55 ans, qui espérait

devenir la première présidente noire

des Etats-Unis, avait fait un début de

campagne remarqué, prenant notamment

à partie l’ancien vice-président

sur la question raciale lors d’un débat

télévisé en juin, »

Quand au sénateur Sanders, il

avait reçu le support du célèbre militant

des droits civiques Jesse Jackson.

Figure très respectée au sein de la communauté

afro-américaine, le Pasteur;

« Dans le duel qui l’oppose désormais

à Joe Biden, Bernie Sanders, 78 ans,

a lui aussi reçu dimanche un soutien

significatif: celui de Jesse Jackson,

l’une des figures du combat pour les

droits civiques. Lui-même candidat

en 1988 pour l’investiture démocrate

à la présidentielle, il avait alors reçu

le soutien de l’élu socialiste et s’est

dit dimanche heureux de pouvoir lui

rendre la pareille.«Je soutiens Bernie

Sanders aujourd’hui car il m’a soutenu»,

a-t-il déclaré lors d’un meeting

de campagne à Grand Rapids, dans le

Michigan. «Je le soutiens parce qu’il

est là pour vous», a-t-il lancé à la foule

Parmi les autres caucus de ce

The Law Offices of

YOLETTE M. SAINTINY, ESQ

Immigration • Elder Law

• Divorce • Real Estate

SAINTINY REAL ESTATE

For residential & commercial buyers,

sellers & investors in Brooklyn.

Also property management

Main Office: 8400 Flatlands Ave., Suite

2A, Brooklyn, NY 11236

Satellite Office: 2329 Nostrand Ave.,

New

Address!

Brooklyn, NY 11210

SaintinyLaw.com

718.629.6100

mini Super Tuesday ou Super Tuesdday

round 2, avec 125 délégués, l’État

du Michigan est un gros morceau des

primaires du mardi 10. C’est le grand

rendez-vous que le sénateur ne devrait

pas rater sous aucun prétexte. «Si

Sanders perd le Michigan, le barrage

d’obstacles du mardi suivant est tel

qu’il pourrait ne pas survivre à sa défaite.

Le Mini-Tuesday du 17 mars verra

s’exprimer les suffrages démocrates

de Floride, de l’Ohio, de l’Illinois et de

l’Arizona, avec près de 600 délégués

à la clé. Or Joe Biden semble bénéficier

dans ces États d’une mobilisation

favorable, surtout en Floride, le plus

peuplé des quatre. »

Prof. Esau Jean-Baptiste

MULTIPLE

Service Solutions

Fritz Cherubin

• Income Tax Preparation

• Immigration Services

• Translation of Documents

(French, English, Spanish)

• Divorce

• Fax

1374 Flatbush Avenue

Brooklyn NY 11210

718-421-6787

18 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020


Aujourd’hui 8 mars, moi qui suis une femme, j’écris pour les hommes

Par Sarah Roubato

Aujourd’hui, c’est le 8 mars. Une de

ces journées qu’on invente pour

tout ce qui est en danger, menacé,

fragile. Aujourd’hui, paraît-il, c’est la

journée de la femme, des femmes… des

droits des femmes. Et bien aujourd’hui,

moi qui suis une femme, j’ai envie

d’écrire pour les hommes. Parce que j’ai

peur que les hommes soient en danger.

Et donc que nous le soyons aussi.

Je suis une femme. Je connais

les prédateurs, les manipulateurs, les

Suite de la page (20)

pop, contemporaine, traditionnelle et autres

; qu’il aime bien nimber de sa tessiture

imperméable. Avec laquelle, il vient

répandre de retour au state à NY, dans la

musique dite Nouvelle Génération, avec

le groupe « Kajou », auréolé d’un hit :

Safè mal, et en soutien, D.T Richards,

un certain Kino. Pour contribuer ainsi sa

part, dans une intervention qui va faire

boule de neige en diaspora ; dans un parcours

cependant transitoire. Pour ensuite

faire son entrée au « Tabou Combo » où

il vient prendre la place de l’éjecté Dòf

Chancy, continuant encore à mettre en

évidence sa capacité de caméléon et de

colonne du rythme et de la mesure, toujours

en improvisation.

Dans une collaboration pourtant

méprisants, les lourdauds, les criminels.

Je les ai connus dans ma chair. Ceux qui

abîment les femmes parce qu’elles sont

femmes. Qui en ont fait les objets de

leurs pulsions, les tapis où ils essuient

leurs frustrations, les territoires où ils

exercent leur pouvoir. Mais je ne veux

pas offrir à ces hommes-là le monopole

de représenter tous les hommes. Je ne

veux pas qu’ils confisquent aux hommes

ce que c’est qu’être un homme. Et

je ne laisserai pas certaines femmes,

aussi idéologues que ceux qu’elles prétendent

combattre, faire des hommes

une entité associée à la pourriture qui

éphémère, avant de prendre le large vers

la Floride où il est allé s’installer dans le

cadre de son intégration dans le groupe

« Top Vice », alors le chouchou de Miami ;

mais aussi un ensemble bien attrayant

qui a débuté en trio avec le légendaire

guitariste Robert Martino, du keyboardiste,

alors précurseurs du genre électro,

Charlot Raymonvil et du chanteur Freddie,

et, qui a vraiment impulsé de nouvelles

bacchanales au sunshine state. Et

auquel Joe est venu se mêler, en prenant

part à la ‘’topmania’’ de la première demie

des années quatre- vingt –dix. Avant

que les clignotants soient refroidis pour ce

groupe et, Joe qui s’en va en solitaire aux

contraintes de toutes les associations, de

retrouvailles ainsi que des sollicitations

dont il est l’objet du fait de son expertise

et d’un parcours enviable.

Classified

Directory Tel: 718-421-0162

editor@haitiliberte.com

Post CLASSIFIED ADS online for FREE at Haitiliberte.com

serait notre ennemi absolu. Ce qui est

à combattre, c’est un système patriarcal

dont nous sommes tous et toutes

les héritiers et les reproducteurs, par

adhésion, par soumission ou par indifférence.

C’est un long combat, mais ce

n’est pas un combat contre les hommes,

ni contre les hommes blancs plus

que d’autres, ni contre les hommes

riches plus que d’autres. Le mépris et

la violence envers les femmes existent

chez les hommes non blancs et pauvres

aussi. Les femmes qui sont obsédées

par leur apparence, par leurs kilos en

trop, par leurs poils à éradiquer, reproduisent

tout autant le système qui les

asservit.

Autant je me battrai de toutes

mes forces pour me faire respecter, pas

seulement en tant que femme, mais en

tant qu’individu à la peau noire ou foncée,

au corps qui ne correspond pas aux

canons de beauté ni aux rayons des

magasins, en tant que personnalité trop

entière, trop intense, trop exigeante,

trop présente, en tant que personne aux

multiples appartenances qui ne rentre

pas dans les cases préparées par la

société, en tant qu’artiste aussi, et pas

« femme-artiste ». Autant je me battrai

de tout mon être pour qu’on n’écrase

pas tous ces hommes. Amoureux ou

séducteurs, rencontres d’un soir ou

d’une vie. Ceux qui savent incarner

leurs sentiments et ceux qui ne savent

pas, ceux qui pensent bien faire et qui

font mal, ceux qui ne savent pas comment

faire, qui ont peur et qui fuient,

et ceux qui, peut-être, ne savent plus

où se mettre, s’ils ont encore le droit

de dire à une femme qu’elle est belle,

s’ils doivent verbaliser chacun de leur

geste pour demander l’autorisation, s’ils

doivent féminiser chaque mot. Je veux

ces hommes auprès de moi, même maladroits,

même gauches. J’ai besoin de

ces hommes pour m’aimer. Pour accueillir

ma puissance comme j’accueillerai

leur fragilité.

Je ne veux pas que quiconque,

homme ou femme, m’approche en prétendant

savoir ce que je suis parce que

je suis une femme. Car je ne suis pas

que femme. Je suis femme et bien autre

chose. Alors, moi non plus, je ne les approcherai

pas en me disant « Les hommes

sont » ceci ou cela, ou « Nous sommes

entre femmes donc on se comprend

mieux ». Mes affinités vont bien au-delà

de mon sexe. Je veux pouvoir être amie

avec les hommes, les approcher en bon

camarade, sans me freiner sous prétexte

que je suis une femme. Pouvoir me

dire : « Il ressemble à mon frère. Celui

que je n’ai jamais eu ».

Je ne serai pas solidaire de toutes

les femmes parce qu’elles sont femmes.

Je serai solidaire de toutes les victimes

de l’injustice de la violence et des mensonges,

mais leur souffrance ne justifiera

jamais à mes yeux les raccourcis,

le mépris et le renvoi de la violence.

Les combats d’aujourd’hui se font dans

les oppositions binaires et confortables

du puissant contre le faible, du riche

contre le pauvre, du gentil contre le

méchant, des minorités contre le «

Blanc », de la femme contre l’homme.

Ce combat-là se fera sans moi. J’ai assez

connu la complexité du réel, des situations

et des humains, pour savoir que

ces schémas binaires ne sont que des

postures qui nous soulagent, qui font

beaucoup de bruit, mais ne résolvent

rien. J’ai connu des

riches merveilleux

et des pauvres cons,

des Blancs ouverts

et des non Blancs

racistes, des hommes

respectueux et

des femmes méprisantes.

Oui et mille

fois oui, les victimes

de viols et d’agressions

sexuelles ont besoin d’être entendues.

La force de leur cri fait écho

à la violence qu’elles ont subie. Mais

ce besoin de parler ne sera qu’un nouveau

geste de violence, s’il est vomi sur

une entité qu’on fabrique pour mieux la

piétiner, au lieu de le déposer, pour dire

et réparer. Je me battrai avec ces hommes

et ces femmes qui accueillent cette

complexité et se battent pour servir un

même idéal de justice et de vérité.

Être une femme ne sera pas mon

étendard. Ce sera simplement l’une de

mes vérités. Ni plus, ni moins que les

autres. Je ne la brandirai pas contre les

hommes, mais avec eux. Car en disant

voici la femme que je suis, je les autoriserai

à devenir ces hommes que nous

espérons.

Sarah Roubato 7 mars 2020

Tlaxcala 8 mars 2020

AUTO DONATIONS

Donate your car to Wheels For

Wishes, benefiting Make-A-Wish.

We offer free towing and your

donation is 100% tax deductible.

Call (917) 336-1254

EDUCATION

Mega Institution Mixte. Mission

d'Education pour les générations

de l'Avenir. Lilavois 53, Plaine du

Cul de Sac, Haiti. Ecole Primaire et

Bilingue. Fondateur : Jean L. Vallon,

M.S. EDU, Tel : (011509) 3813-

1107. Email : levallon@aol.com,

vjeanlesly@yahoo.com

EDUCATION / CAREER

TRAINING

TRAIN AT HOME TO DO MEDICAL

BILLING! Become a Medical Office

Professional online at CTI! Get

Trained, Certified & ready to work in

months! Call 855-543-6440. (M-F

8am-6pm ET)

FINANCE

Denied Social Security Disability?

Appeal! If you're 50+, filed SSD

and denied, our attorneys can help!

Win or Pay Nothing! Strong, recent

work history needed. 866-979-

0096 [Steppacher Law Offices LLC

Principal Office: 224 Adams Ave

Scranton PA 18503]

HEALTH

LIVE PAIN FREE with CBD products

from AceWellness. We guarantee

highest quality, most competitive

pricing on CBD products. Softgels,

oils, skincare, Vape & more. Coupon

Code: PRINT20 1-844-532-2950

HEALTH

Lung Cancer? And Age 60+? You

And Your Family May Be Entitled

To Significant Cash Award. No

Risk. No Money Out Of Pocket. For

Information Call 877-225-4813

HEALTH

SAVE ON YOUR NEXT

PRESCRIPTION! World Health Link.

Price Match Guarantee! Prescriptions

Required. CIPA Certified. Over 1500

medications available. CALL Today

For A Free Price Quote. 1-866-569-

7986 Call Now!

HEALTH

VIAGRA & CIALIS! 60 pills for $99.

100 pills for $150. FREE shipping.

Money back guaranteed! 1-855-579-

8907

HEALTH

Try "SOUL," the anti-oxidant power

supplement made from seeds! Banish

pain, reclaim youth, inject energy.

Packets: $4 each. Box of 30: $78. Two

boxes: $143. Call (305) 610-6913 or

visit www.myrainlife.com/rejuvenation.

HELP WANTED

Jetco Shipping needs DRIVERS to pick

up barrels and other items for shipment

to Haiti. Good pay! Flexible hours! Call

Victorin, 347.998.7112.

HELP WANTED

Driver Tractor Trailer & Owner Operators

Wanted, for Container Work, 3 Years

Pier Experience Required, CDL Class

A Licence, Clean Record, Twic Cart

Required. Good Pay, Steady Work,

Saving a Life EVERY 11 MINUTES

I’m never

alone

Life Alert ® is always

here for me even when

away from home.

One touch of a button

sends help fast, 24/7.

I’ve fallen and I can’t get up!

Batteries Never Need Charging.

®

Please Call Gabriel or Mark (973)

690-5363 or Inquire Within 187-189

Foundry St. Newark, NJ 07105

HELP WANTED

Driver with a vehicle needed for

Wednesday newspaper deliveries.

Routes available in New York & Miami.

Call 718-421-0162.

HELP WANTED

JOB OPPORTUNITY $18.50 P/H NYC

$16 P/H LI Up to $13.50 P/H UPSTATE

NY CDPAP Caregiver Hourly Pay Rate!

Under NYS CDPAP Medicaid program

you can hire your family or friends for

your care. Phone: 347-713-3553

MISCELLANEOUS

COMPUTER ISSUES? FREE DIAGNOSIS

by GEEKS ON SITE! Virus Removal,

Data Recovery! 24/7 EMERGENCY

SERVICE, In-home repair/On-line

solutions . $20 OFF ANY SERVICE!

844-892-3990

MISCELLANEOUS

DISH TV $59.99 For 190 Channels

+ $14.95 High Speed Internet. Free

Help at Home

FREE!

For a FREE brochure call:

FIRST AID

KIT

WHEN YOU

ORDER!

1-800-404-9776

with

GPS!

Help On-the-Go

Installation, Smart HD DVR Included,

Free Voice Remote. Some restrictions

apply. 1-888-609-9405

MISCELLANEOUS

Get DIRECTV! ONLY $35/month! 155

Channels & 1000s of Shows/Movies

On Demand (w/SELECT All Included

Package.) PLUS Stream on Up to

FIVE Screens Simultaneously at No

Additional Cost. Call DIRECTV 1-888-

534-6918

VACATION RENTALS

Sebastian, Florida (East Coast) Beach

NURSING HOMES, HOME CARE AGENCIES

& HOSPITALS ARE HIRING!

Jobs Available • Train to be a Health Care Worker in less than 2 MONTHS

RN and LPN review 2.5 month course: ..............................................................$4900

Morning (10 am to 3 pm) & evening (6 pm and 10 pm), Mon to Thu classes start

Oct. 21 & end Dec. 30, 2019 • Weekend, Sat & Sun, start Oct. 26 from 10 am to 4 pm

Upgrade your expired HHA in 7 days: ...............................................................$695

CNA become a HHA in 7 days: ...........................................................................$695

EKG and phlebotomy, PCT, PCA review: Start Sep.23

DAISLEY INSTITUTE: 718.467.8497

229 Empire Blvd., Brooklyn, NY (bet Bedford & Rogers)

Includes FREE American StandardRight Height Toilet

Limited Time Offer! Call Today!

888-609-0248

Receive a free American Standard Cadet toilet with full installation of a Liberation Walk-In Bath, Liberation

Shower, or Deluxe Shower. Offer valid only while supplies last. Limit one per household. Must be first time

purchaser. See www.walkintubs.americanstandard-us.com for other restrictions and for licensing, warranty,

and company information. CSLB B982796; Suffolk NY:55431H; NYC:HIC#2022748-DCA. Safety Tubs Co.

LLC does not sell in Nassau NY, Westchester NY, Putnam NY, Rockland NY.

DENTAL Insurance

Physicians Mutual Insurance Company

A less expensive way to help

get the dental care you deserve!

CALL

NOW! 1-855-225-1434

Get help paying dental bills and keep more money in

your pocket

This is real dental insurance — NOT just a discount plan

You can get coverage before your next checkup

Don’t wait! Call now and we’ll rush you a FREE

Information Kit with all the details.

Insurance Policy P150NY

6129

Cove is like paradise; 55+ Community

with maintenance-free living, where

friends are easily made. Sebastian is

an "Old Florida" fishing village: quaint

atmosphere, excellent medical facilities,

shopping, restaurants. Direct flights

from Newark to Vero Beach. Custom

manufactured homes from $114,900.

772-581-0080; www.beach-cove.com

WANTED TO BUY

FREON WANTED: We pay CA$H for

cylinders and cans. R12 R500 R11

R113 R114. Convenient. Certified

Professionals. Call 312-361-0601 or

visit RefrigerantFinders.com

Discover the world’s best

walk-in bathtub from

5 Reasons American Standard

Walk-In Tubs are Your Best Choice

1

Backed by American Standard’s

140 years of experience

2 Ultra low entry for easy

entering and exiting

3 Patented Quick Drain ®

fast water removal system

4

Lifetime Warranty on the bath AND

installation, INCLUDING labor backed

by American Standard

5 44 Hydrotherapy jets for an

invigorating massage

$

1,500

SAVINGS

FREE IN-HOME

EVALUATION!

FREE

Information Kit

1-855-225-1434

Visit us online at

www.dental50plus.com/nypress

MB17-NM003Ec

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

19


Pleins Feux Sur Joseph « Joe »

Charles Jr. ( ?)

Par Ed Rainer Sainvill

« Un bassiste d’avant-garde »

Joseph « Joe » Charles Jr.

Joe quant à lui, a fleuri dans

un climat imbu de musique ;

notamment des cordes, puisque

son frère ainé Lionel s’est

acquitté en guitariste qualifié.

C’est sans doute de cette filiation

que Joe Charles Jr. s’est

concocté un aléa de bassiste

inspiré. Ayant appris son métier

sur le tas, Joseph s’est retrouvé

très tôt à New-York comme

bassiste précoce auréolé d’un

jeu non-orthodoxe, bousculant

autant d’idées reçues. Entre les

petites associations circonstancielles,

il atteint déjà le myosotis

des plus avertis, à dessein d’une

résonnance ‘’guitaristique’’ qui

l’a bien distingué du lot. Pas

étonnant qu’il soit d’abord convoité

par le « Tropical Combo »

au sein duquel siégeaient des

vétérans comme Jack François,

le fameux footballeur et guitariste

Fito Léandre et autres. Dans

ce groupe qui a constitué un lieu

de passage pour tant d’artistes

consommés et de nouvelles

pousses musicales à N.Y., spécialement

Brooklyn.

A l’étape suivante, il est

guigné par le « Wanga Nègès »

d’Assade Francoeur, avec lequel

il explore d’autres genres de la

musique ambiante natale. Dans

une approche qui le met dans

le collimateur des amateurs

de fusion et autres avenues

de la musique conceptuelle. A

cette intersection, Joe Charles

s’incruste au pays, dans d’exaltantes

excursions avec les

groupes jumeaux : « Zeklè » et

« Lakansyèl », à travers lesquels,

il a mis sa marque fabrique de

bassiste inspiré à l’épreuve. En

investissant les avatars musicaux

; au gré d’une sensibilité

manifeste. Devenant ainsi celui

par qui le scandale arriva. Une

ascendance qui le propulse au

sein du fameux « Caribean Sextet

», s’appliquant encore à dessein

d’un doigté intelligent et de

sa marque multidirectionnelle et

impeccable.

Comme quoi, J.C le bassiste

d’avant-garde n’est jamais

à court d’arguments, que

la musique soit jazzy, latine,

suite à la page(19)

D O N AT E YO U R C A R

Wheels For Wishes

benefiting

Make-A-Wish ®

Metro New York

* 100% Tax Deductible

* Free Vehicle Pickup ANYWHERE

* We Accept Most Vehicles Running or Not

* We Also Accept Boats, Motorcycles & RVs

WheelsForWishes.org

Call:(917)336-1254

* Car Donation Foundation d/b/a Wheels For Wishes. To learn more about our programs or

financial information, call (213) 948-2000 or visit www.wheelsforwishes.org.

RED HOOK

SHIPPING

Boxes ● Barrels ● Containers ● Vehicles

Direct shipping from Brooklyn, NY to Haiti

We own 3 ships: Sloman Rover, Trans Gulf & Glamor.

973-690-5363

Shipping full container loads to Port-au-Prince & Cap Haïtien, and cars, trucks,

buses, and construction equipment to Port-au-Prince. Receiving vehicles Mon

thru Fri from 9 AM till 4 PM, Red Hook Terminal, 70 Hamilton Ave. Brooklyn,

NY 11231 IN SEABOARD TRAILER OFFICE.

Direct to

Port-au-Prince,

Miragoâne &

St. Marc

YON KONEKSYON DIREK POU HAITI

WEEKLY SAILING FROM NY & NJ PORTS

FASTEST TRANSIT TIME IN THE INDUSTRY

Red Hook Terminal, 70 Hamilton Ave., Brooklyn, NY 11231

Phone: 718.855.1555 • Fax: 718.855.1558

www.redhookshipping.com

12 DAYS TO HAITI

917.299.3640 or 917.416.4625

Serving the Haitian community since 1995.

Nou pi rapid, nou garanti!

Email: solutions@vmtrucking.com

www.HaitiShipping.com

Call us today at

20 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 36 • Du11 au 17 Mars 2020

More magazines by this user
Similar magazines