Haiti Liberte 25 Mars 2020

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Vol 13 # 38 • Du 25 au 31 Mars 2020

7 CAS DE CORONAVIRUS

CONFIRMÉS !

« Ensekirite,

kidnapin, kowonaviris:

poukisa se opsyon

laterè Laboujwazi,

Klas dominan yo ak

Enperyalis la chwazi pou

Ayiti?»

Page 6

Haiti Closes Border,

Stops Flights in

Attempt to Ward Off Coronavirus

Page 9

Camarades, il faut

sauver Carthage

Page 7

Voir page 3

Si en Haïti on n’avait pas découvert de prétendus cas de Coronavirus, le gouvernement les aurait inventés.

Il s’est montré concerné, ce n’est pas par souci humanitaire mais bien pour soutirer de l’argent

LE GOUVERNEMENT MOISE-JOUTHE

FACE AUX DÉFIS DU CORONAVIRUS

Solidarité versus

sanctions

Page 12

Voir page 3

Le président Jovenel Moïse a aussi à sa disposition un Premier Ministre tout acquis à sa cause. Joute n’avait-il pas déclaré

que seules valent les idées et les injonctions du Président de la république et qui est-il pour contredire ce dernier?

Un juge libère

Manning après

une tentative de

suicide et inflige

une amende de

256 000 dollars

à ses partisans

Page 17


Editorial

HAITI

LIBERTÉ

L’impérialisme à bout de souffle !

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Brooklyn, NY 11210

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Fax: 718-421-3471

Par Berthony Dupont

Les événements en ce bas monde, quelque spectaculaires

ou douloureux qu’ils soient peuvent comporter quand

même, à la fois du positif et du négatif. Selon les principes de

la dialectique, même dans le mal on peut tirer le bien.

Il est douloureux d’assister au déploiement de cette maladie

trop souvent mortelle causée par le coronavirus. De cette

pandémie, qu’on le veuille ou non, il y a une ou des leçons

fondamentales, essentielles que les peuples en lutte doivent

pouvoir tirer.

Qu’est-ce qui nous attend dans cette atmosphère de

panique, de désarroi et d’amertume? En vérité, l’évolution

de la situation de pandémie s’inscrit dans un cadre plus vaste

qui devrait entrainer les laissés pour compte, ceux qui se retrouvent

devant le fait accompli à faire un petit exercice de

compréhension et de réflexion pouvant les aider dans la lutte

contre les fondements du système dans lequel ils survivent

à peine.

Ce qui est certain aujourd’hui, c’est que le monde est en

guerre avec un virus. Certains pays tout aussi bien attaqués

résistent bien, allant même par leur internationalisme jusqu’à

aider d’autres pays à résister. C’est le propre des pays socialistes

qui ne se défendent pas seulement eux-mêmes mais se

jettent dans la bataille pour la défense des autres. Ils s’unissent

dans une lutte sans merci contre les germes de mort

que le capitalisme tout comme le coronavirus sèment dans

le monde.

Le coronavirus devrait aider à ouvrir grandement les

yeux pour voir et essayer de comprendre pourquoi Cuba et la

Chine sont à l’avant-garde d’une solidarité agissante à l’égard

de la population de certains pays pour la plupart européens.

Ce faisant, ils ne font que refléter une profonde aspiration

socialiste contre les injustices sociales et tous leurs avatars.

Cependant, d’autres pays particulièrement les pays capitalistes

occidentaux, de plus en plus empêtrés chez euxmêmes,

manifestent une cruelle et criminelle irresponsabilité

envers leurs propres citoyens. Pire, ces criminels et immoraux

profitent de l’immense drame humain pour menacer,

attaquer et renforcer leur embargo économique sur des pays

qui ont choisi d’être libres et souverains.

A la faveur de la crise en cours, le coronavirus n’agitt-il

pas comme un lanceur d’alerte, un dénonciateur de l’exploitation

à outrance des pays appauvris par les puissances

capitalistes pour leur dessiller les yeux et leur dire : il est

temps de vous affranchir de votre ignoble servitude. Il est

temps de mettre ce système en quarantaine dans votre pays.

Tant que le peuple haïtien n’agira pas de la sorte, il continuera

à être le dindon de la farce et la situation extrêmement

périlleuse actuelle dans laquelle il vit déjà ne pourra qu’empirer

davantage.

De façon ironique, le coronavirus a apporté une grande

leçon à l’humanité, car il a mis à nu le capitalisme néolibéral,

dévorant et arrogant. Face à ce virus, le capitalisme est à

bout de souffle. Tout semble se passer comme un face à face

entre deux systèmes opposés : le socialisme et le capitalisme.

Dans cette situation d’inquiétude, ce qui importe présentement,

c’est d’éviter que ce virus n’entraine de nouvelles

complications et des bouleversements pouvant démobiliser

davantage les masses populaires pour les plonger dans de

nouvelles souffrances. Il nous faut savoir profiter des contradictions

; cette épreuve pour douloureuse qu’elle soit, tient

également à nous montrer qu’on doit compter sur ses propres

forces, pas sur l’aide étrangère des puissances tutrices, qui ne

devrait être considérées que comme un supplément, jamais

comme un complément.

Les réactionnaires font toujours une œuvre qui les

trompe. Aussi grâce au Coronavirus, se trouvent aujourd’hui

créées les conditions permettant de démasquer toutes les

limites et les faiblesses des puissances exploiteuses.

Dans ces conditions de vigilance populaire, l’unique

solution au peuple haïtien est qu’il lui faut coûte que coûte

sortir de cette voie d’enlisement afin d’éviter l’irréparable et

d’empêcher que ce virus serve les intérêts de l’impérialisme

international, à savoir perpétuer leur domination et retarder

le plus longtemps possible la libération des pays opprimés et

colonisés de façon à détourner l’attention sur la vraie raison

de la lutte des peuples : la liquidation du projet impérial.

Tant que nous ne serons pas conscients de cette réalité,

nous ne pourrons remettre en question l’hégémonie capitaliste

qui préfère la paix des cimetières à celle des vivants.

Voilà pourquoi, il maintient les masses populaires dans la

pauvreté, la misère abjecte et les enfonce dans le sous-développement.

Inutile de dire à l’heure actuelle combien les dirigeants

haïtiens sont incapables de fournir la moindre assistance à

la population appelée au confinement. Ce qui est grave, c’est

que la communauté Internationale, le Core Group en particulier

toujours prompt à s’ingérer dans les affaires internes du

pays n’ont pipé mot ; pas une note de l’ambassade étoilée. Le

Coronavirus les a déshabillés. On voit nettement par-là que

l’impérialisme bien qu’il soit un géant, n’en est pas moins un

nain fragile.

Face au Covid-19, c’est le chaos total où s’entremêlent

toutes les formes de violations et de déclarations les unes

plus grossières que les autres. Il n’y aura pas d’équivoque

avec l’action organisée des forces laborieuses éprises de

justice et de liberté ; l’impérialisme continuera d’être à bout

de souffle, nous le défierons dans une lutte sans merci qui

opposera oppresseurs et opprimés, exploiteurs et exploités.

Nous vaincrons.

3, 2ème Impasse Lavaud

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 38 • Du 25 au 31 Mars 2020


Le gouvernement Moise-Jouthe face

aux défis du coronavirus

7 cas de Coronavirus

confirmés !

Par Joseph Wendy Alliance

Faut-il espérer un leadership responsable

de Jovenel Moise pour tacler les

défis permanents de son mandat et

protéger la population du coronavirus

avec son nouveau gouvernement en

place?

Le président Jovenel Moïse a longtemps

rejeté en grande partie son

incapacité à gérer l’instabilité politique,

les troubles sociaux et le marasme

économique voire même son

instabilité à mettre sur pied un gouvernement

sur le dos du Parlement et de

l’opposition dite radicale. Son empressement

sur Twitter à se prononcer sur

l’état dysfonctionnel du Parlement en

dit long sur son animosité envers une

institution qui, dans la culture politique

démocratique traduite dans la Constitution

de 1987, est non seulement

co-dépositaire de la souveraineté nationale,

mais se trouve également chargée

de contrôler l’action de l’Exécutif. “Ce

lundi 13 janvier 2020, ramène la fin

de la 50ème législature. Nous constatons

la caducité du Parlement et nous

prenons acte de ce vide institutionnel

occasionné par le départ de la chambre

des députés et des 2/3 du Sénat”. Ce

vide institutionnel ainsi qu’une baisse

de régime de l’opposition radicale laissent

le champ libre au président pour

gouverner par décret et manœuvrer

avec moins de pression un momentum

politique qui lui est désormais très favorable.

»

Le nouveau gouvernement PHTkiste au service de la communauté

internationale, spécialement des Etats-Unis

Un nouveau gouvernement mieux

placé pour donner des résultats?

Une chose pourtant est d’être en mesure

de nommer un gouvernement

sans avoir à naviguer les écueils du

Parlement, une autre est de gouverner

tout court et d’espérer enfin pouvoir

donner quelques brins de résultats. Si

les adversaires politiques du président,

au fil des confrontations politiques incessantes

sur le béton ont perdu beaucoup

de plumes, les défis pourtant qui

ont toujours jalonné son mandat et sur

lesquels il continue de buter restent de

taille au début d’une année 2020 porteuse

de problèmes nouveaux. Aux

défis jusqu’ici mal gérés de l’insécurité,

du kidnapping, de la décroissance, se

sont greffés d’autres problèmes comme

la question du syndicat de la PNH et le

fléau global du coronavirus. Une question

reste pendante: le président saisira-t-il

ce momentum pour mieux tacler

tous ces défis ou se plaira-t-il à se conduire

comme un autocrate ou un chef

d’Etat au bout du compte inefficace?

En termes de réponse aux nombreux

défis constants mentionnés plus

haut, le président n’a pas encore engrangé

réellement de notes positives.

L’insécurité, le kidnapping continuent

de semer le deuil, la panique, la peur

au sein de la population qui ne sait

plus à quels saints se vouer. En février

dernier, le président était tout excité de

présenter des blindés comme les nouveaux

joujoux dont les forces de l’ordre

allaient enfin s’en servir pour freiner

l’insécurité et le kidnapping. Pourtant,

le 29 février, au cours d’une opération

au Village de Dieu en vue de traquer

des bandits qui, aux dires de la population,

ont transformé toutes les zones

environnantes en une sorte de “ vallée

de l’ombre de la mort”, les blindés ont

subi des dommages inquiétants (vitres

brisées, pneus éventrés, etc) . Une très

mauvaise première impression pour le

président dont les blindés accusés d’être

acquis à des coûts surfacturés puis exhibes

avec autant d’autosatisfaction

n’ont pas pu produire ipso facto l’effet

escompté.

Le président Jovenel, après avoir

nommé son premier ministre Joseph

Joute et doté enfin le pays d’un gouvernement

après environ un an sans

parvenir à le faire, dispose à présent

de toute la latitude pour répondre aux

problèmes qui taraudent la population.

Il lui sera très difficile de trouver des

boucs émissaires en cas d’échec continu.

D’ailleurs, il a déjà le plein soutien

de la communauté internationale,

spécialement des Etats-Unis qui reste

le grand supporteur de son administration.

Le premier ministre Joute et son

cabinet ministériel, contrairement au

gouvernement de facto de Jean Michel

Lapin ou du gouvernement mort-né de

Fritz William Michel, a été épargné des

hostilités du Parlement, de l’opposition

plurielle ou même de la société civile.

Il ne reste au gouvernement

donc qu’à démontrer qu’il peut réellement

donner sans perdre du temps des

résultats convaincants autour des 3

axes prioritaires énoncés par le premier

ministre: le rétablissement du climat de

sécurité, la relance de l’économie, et la

réduction des inégalités. Le président

Jovenel Moïse a aussi à sa disposition

un Premier Ministre tout acquis à sa

cause, le type de profil qui ne lui ferait

pas de l’ombre, comme il les raffole.

Le PM Joute n’avait-il pas déclaré que

seules valent les idées et les injonctions

du Président de la république et qui estil

pour contredire ce dernier? Le chef a

parlé. Point barre. Les propos du PM

paraissent excessifs dans sa soumission

au président duquel, en l’absence

des parlementaires, dépend uniquement

sa survie politique, mais le fait

que la Constitution place les pouvoirs

entre les mains du président pour renvoyer

le PM à sa guise oblige certains

occupants de ce poste à une sorte de

gymnastique qui les assimile beaucoup

plus à un rôle de valet du président

qu’un véritable chef de gouvernement.

Que c’est triste d’être Ministre aussi

sous Jovenel Moise, aurait pu s’écrier

Pierre Raymond Dumas.

Le coronavirus: entre

“l’impuissance de la puissance” et

la “ politique de la faiblesse,” que

peut faire Haïti?

La pandémie provoque une véritable

panique dans le monde entier. Elle a déclaré

la guerre à des puissances mondiales

comme la Chine, l’Italie, la France,

les Etats-Unis tout en s’étendant au

reste du monde, notamment l’Afrique,

l’Amérique latine et les Caraïbes. Les

grandes puissances économiques et

militaires, construisant leur suprématie

sur la base de la politique de puissance

“ power politics”, sont bouleversées

par un ennemi de taille microscopique

qui fait fi de leur arsenal militaire et

nucléaire sophistiqué. Le coronavirus

a révélé que les systèmes de soins ou

de santé de certains pays maitres du

monde possèdent d’incroyables défaillances

en matière de capacité à servir

leur population. Le schéma classique

axé sur l’exploitation des plus faibles,

la quête outrancière du profit et la domination

militaire se révèle inadéquat

dans cette guerre mondiale que les nations

inégales du monde sont appelées

à livrer contre ce virus qui menace l’humanité

entière. Le COVID-19 est-il un

exemple clair que nous sommes désormais,

comme le souligne Bertrand Badie

à l’ère de “ l’impuissance de la puissance”

ou du “ weakness politics” ?

Si des puissances trébuchent

face au coronavirus, Haïti certainement

comme Etat faible parmi les faibles et

extrêmement vulnérable, est a priori

exponentiellement exposé face à une

telle pandémie. Dans un premier temps

où aucun cas du COVID-19 n’était officiellement

déclaré, le gouvernement

avait pris la décision de fermer les ports

et de bloquer tout vol vers Haïti et vice

versa sauf les Etats-Unis qui pourtant

avaient déjà enregistré de nombreux

cas de coronavirus et de décès liés à la

maladie. Une décision qui manque de

fermeté et qui exprime la dépendance

ou même un certain esprit de servitude

par rapport à l’Oncle Sam.

Maintenant que deux cas de

coronavirus sont confirmés dans le

pays, le gouvernement a décrété une

phase 2 de l’urgence sanitaire accompagnée

d’une série de mesures y

compris la fermeture de tous les ports

et aéroports du pays. Aux yeux de la

population, cette mesure radicale de

prévention pour protéger la population

devrait être prise plus tôt. Maintenant,

les écoles, les universités, les factories

sont déclarées fermées dès ce vendredi

20 mars. S’y ajoutent des mesures

comme l’interdiction de rassemblement

de plus de 10 personnes et couvre -feu

le soir.

Paradoxalement à un moment où

l’opposition radicale s’est affaiblie, le

Parlement absent et où le chef de l’Etat

se sentait en toute quiétude pour gouverner

par décret, le coronavirus nous a

précipités vers le moment le plus difficile,

le plus inquiétant de la présidence

de Jovenel Moise. Non seulement, il

doit faire preuve d’un leadership insoupçonné

et jusque-là jamais prouvé

pour épargner au pays une tragédie

sans bornes, mais c’est également le

moment pour toute la nation d’exalter

notre devise “ l’union fait la force” pour

faire face à cet ennemi commun, invisible

mais d’une puissance létale époustouflante.

Maintenant que le COVID-19 est

dans nos murs, toutes nos discordes

doivent disparaître et la nation haïtienne

se doit de rester debout pour survivre

ensemble à ce monstre invisible

prêt à nous dévorer tous sans distinction

aucune. Nous sommes un Etat

faible certes, mais nous n’avons pas le

droit de céder à l’impuissance et laisser

le champ libre au coronavirus pour réaliser

son œuvre de destruction.

Joseph Wendy Alliance

Références:

h t t p s : / / t w i t t e r .

com/moisejovenel/status/1216586192164204544?lang=en

https://rezonodwes.

com/2020/02/22/les-blindes-jovenelmoise-sont-delivres-finies-les-manifestations-de-rue-anti-pouvoir-phtk-enhaiti/

https://rezonodwes.

com/2020/03/01/partis-en-guerrecontre-les-bandits-du-village-de-dieules-blindes-flambant-neufs-de-jovenelmoise-reviennent-bredouilles-transperces-et-sur-des-bequilles/

http://www.maghaiti.org/editorial-port-au-prince-ou-la-vallee-de-lombre-de-la-mort/

http://lenational.org/post_free.

php?elif=1_CONTENUE/actualitees&rebmun=6379

https://www.clionautes.org/politique-de-puissance-ou-politique-defaiblesse.html

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/coronavirus-deux-premiers-cas-confirmes-en-haiti-20200320

La Ministre de la Santé Publique et de la Population, Marie Greta Roy

Clément s’est fait photographier en recevant quelques 1000 seaux de la

représentante de l’UNICEF en Haïti, Maria Luisa Fornara

Par Isabelle L. Papillon

Le nombre de cas suspect et de

résultats de laboratoires au 23

mars 2020

Artibonite : Nombre de cas

prélevés : 3 ; Résultats disponibles 3

; Négatifs 2 ; Cas confirmés 1

Centre : Nombre de cas prélevés

: 3 ; Résultats disponibles 3 ; Négatifs

3 ; Cas confirmés 0

Nord : Nombre de cas prélevés :

3 ; Résultats disponibles 3 ; Négatifs

3 ; Cas confirmés 0

Nord-Est : Nombre de cas

prélevés : 1 ; Résultats disponibles 1

; Négatifs 1 ; Cas confirmés 0

Ouest : Nombre de cas prélevés

: 26 ; Résultats disponibles 26 ;

Négatifs 22 ; Cas confirmés 4

Sud : Nombre de cas prélevés :

3 ; Résultats disponibles 3 ; Négatifs

3 ; Cas confirmés 0

Sud-Est : Nombre de cas

prélevés : 5 ; Résultats disponibles 5

; Négatifs 3 ; Cas confirmés 2

Total : Nombre de cas

prélevés : 44 ; Résultats disponibles

44 ; Négatifs 37 ; Cas

confirmés 7.

Si en Haïti on n’avait pas

découvert de prétendus cas de Coronavirus,

le gouvernement les aurait

inventés. À la date du 23 mars 2020

suite aux derniers résultats du test

de laboratoire national pour les personnes

suspectes, le Ministère de la

Santé Publique et de la Population

(MSPP) que dirige Mme Marie Greta

Roy Clément signale qu’un total de

7 cas de COVID-19 a été confirmé.

Bravo ! Cela nous fait fortement

soupçonner que le gouvernement va

commencer à quémander de l’argent

pour soi-disant subvenir aux soins

des malades.

Si le gouvernement s’est montré

concerné, ce n’est pas par souci

humanitaire mais bien pour soutirer

de l’argent. Ce serait le plus grand

malheur pour le gouvernement de

Moise-Jouthe, s’il n’avait identifié

aucun cas. Et c’est dans cette perspective,

que le gouvernement a

attendu que des cas commencent à

être récupérés et a alors pris le prétexte

de procéder à la fermeture des

ports et aéroports. Action qui aurait

dû être faite tout en premier lieu pour

essayer d’éviter ou de diminuer les

risques d’introduction le Coronavirus

dans le pays, car même un seul cas

serait de trop.

La grande surprise, c’est la

réaction du Premier ministre Joseph

Jouthe, quand le premier cas suspect

a été testé positif. Il s’agissait

de celui du professeur à l’Université

de Limonade Nelson Bellamy. Le

premier ministre a réagi avec colère

et indignation, alors qu’il devrait être

content que son compatriote ne soit

pas infecté, il l’a plutôt insulté dans

une conférence de presse le vendredi

20 mars en ces termes peu élogieux :

« Le professeur voulait le buzz ».

Alors lui, sans doute il voulait de

l’argent. Suivez mon regard, aurait

ajouté Jovenel Moise.

Le professeur à l’Université de

Limonade Nelson Bellamy.

Depuis que la Banque Interaméricaine

de Développement ( BID)

avait annoncé dans un communiqué

sur la pandémie « qu’ elle a jusqu’à 2

milliards de dollars US de ressources

qui peuvent être programmés pour

les pays qui demandent un soutien

pour la surveillance des maladies,

les tests et les services de santé publique

» Les corrompus au pouvoir en

Haïti se sont mobilisés à trouver des

gens infectés.

Le Chancelier Claude Joseph a

pour sa part annoncé que l’Agence

Américaine pour le Développement

International (USAID) se mobilisait

pour venir en aide à Haïti dans

la lutte contre la propagation du

Covid-19. Voilà ce qui vraiment les

concerne !

Il y a belle lurette le ministre de

la santé Marie Greta Roy Clément annonçait

les couleurs qu’elle a 200 lits

disponibles, pourtant alors jusqu’au

24 mars, pas une salle de quarantaine

n’était disponible à l’hôpital général.

« Selon le Dr Reynal Bastien, médecin

résident en service social, la

salle de quarantaine n’est autre que

l’ancien bureau des archives, situé

près de la salle des urgences de la

médecine interne. Elle ne peut pas

accueillir trois personnes à une distance

d’un mètre 50 » (Le Nouvelliste

3-24-2020)

Pour faire du fric ces mercenaires

sont prêts à tout jusqu’à avilir

leur titre. La Ministre de la Santé

Publique et de la Population, Marie

Greta Roy Clément ne s’est pas sentie

humiliée mais pour la population

haïtienne c’est une honte ; quand

la ministre s’est fait photographier

en recevant de la représentante de

l’UNICEF en Haïti, Maria Luisa Fornara

quelques 1000 seaux à robinet

sans doute pour faciliter les gens à se

laver les mains.

Il est même bruit que le chanteur

Roody Roodboy qui serait infecté

faisait partie d’une certaine

complicité avec des membres de ce

gouvernement moribond, fait de

bandits légaux et de vagabonds à

cravate.

Voici le genre d’Etat que nous

avons dans le pays, avec des hommes

et des femmes prêts à tout pour

soutirer du fric.

Vol 13 # 38 • Du 25 au 31 Mars 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

3


La réponse du professeur Bellamy au

premier ministre Jouthe

Par Nelson Bellamy

« Pour masquer l’absence de

plan et de structures capables

d’affronter l’épidémie du Coronavirus,

le ‘Premier ministre’

choisit la diversion politique »

dimanche 22 mars 2020

Je veux, suite aux calamités

extrêmes de ces derniers jours,

dire à vous toutes et à vous tous

mes sœurs et frères MERCI. A

vous toutes et à vous tous qui,

dans un élan de solidarité sans

pareil, avez témoigné de vos

émois, de vos émotions bienveillantes

et de votre humanité face

aux circonstances agitées, dans

lesquelles j’aurais pu perdre

la vie, je dis MERCI. ParentEs,

amiEs, collègues de travail,

connaissances et vous tou.t.e.s,

qui m’avez envoyé vos pensées

positives, vos sollicitudes me

touchent profondément. Je ne

peux oublier de mentionner les

nombreux messages de soutien

de professeurs et d’étudiants

du Campus de Limonade et du

reste de l’Université d’Etat, qui

sont, pour moi, une source puissante

d’énergie, où je trouverai

la force pour affronter l’avenir.

Je croyais avoir agi avec

responsabilité et été dans la ligne

du rapport citoyen, que j’ai toujours

développé avec mon pays.

Mais, les institutions de l’Etat

m’ont abandonné. L’ignorance,

la misère et la violence, laissées

comme les seules consolations à

la très grande majorité du peuple,

ont triomphé. L’ignorance et

la misère engendrent la peur et

la violence : c’est une leçon de

réalité, qui vit, désormais, dans

mon corps et dans ma chair.

Ma motivation reste

et demeure citoyenne, et je

n’éprouve aucun regret d’avoir

posé ce geste !

Il est évident que des controverses,

positives pour certains

et négatives pour d’autres,

affecteront durablement ma vie

SOCIALE. Mais ma conscience

restera mon seul VRAI juge.

J’ai, par ailleurs, une certitude

inébranlable : quand l’ignorance

sera remplacée par une ÉDUCA-

TION DE QUALITÉ, pour toutes

les Haïtiennes et tous les

Haïtiens, sans exception,

mon geste ne fera pas l’objet de

réquisitions des procureurs, qui

siègent au tribunal des passions

politiques.

Je produirai un rapport

détaillé de toutes les circonstances

de mes calamités et

péripéties, durant les deux jours

des mardi 17 et mercredi 18

mars 2020.

Je ne veux pas ajouter de

l’eau au moulin d’un personnage

grossier et ridicule, qui, on

ne sait jamais quand il exprime

ses propres idées ou celles qu’il

profère sous diktat, continue

malheureusement d’être un

des fossoyeurs de nos possibilités,

en tant que peuple, et une

boussole assurée du naufrage

national. Toutefois, je déplore

l’usage politique, qui a été fait

par les « autorités » les plus haut

placées d’une situation, où j’ai

failli mourir. Je porterai plainte

contre ceux, qui ont répandu

des rumeurs dégradantes sur

ma personne, et exigerai des

excuses publiques de la part de

monsieur Joseph Jouthe, pour

ses propos pleins de légèretés et

de bassesses.

C’est, à la fois, un mépris

inconsidéré pour ma vie et,

plus généralement, pour les

vies insignifiantes de ceux,

qui ne comptent pas dans l’ordre

social inégalitaire haïtien.

Cette stratégie vise, en plus, à

cacher l’incompétence visible

d’un gouvernement, conforté

dans une politique, dissimulée,

depuis toujours, derrière le mensonge.

Pour masquer l’absence

de plan et de structures capables

d’affronter l’épidémie du Coronavirus,

le « Premier ministre »

choisit la diversion politique.

J’ai été indigné et révolté

quand, le jeudi 19 mars

2020, à 10 hres 08 du matin,

la Ministre de la santé publique

m’a appelé pour m’annoncer

que mon test était négatif et a

profité pour me demander de

PAR CES MOTIFS

venir débiter, devant les médias,

des mensonges au Peuple

haïtien. A plusieurs reprises,

elle a insisté pour me demander

de dire que ma prise en charge

avait été assurée, alors que ça

n’était pas le cas et que je lui ai e

suite à la page(16)

Le tribunal après examen, le Ministère public entendu maintient le défaut

octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit

déclare fondée la dite action. Admet en conséquence le divorce de la

dame Esaïe CADET née Ketteline Alexis d'avec son époux le sieur Esaïe

CADET pour injures graves et publiques et incompatibilités de caractères

aux torts de l'époux. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existés entre les dits époux. Ordonne à l'officier de l'état civil de la

section Sud de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à ce destinés,

le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans les

quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers

les tiers s'il y échec, commet l'huissier Canal Gabriel de ce siège pour la

signification de ce jugement; compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé

par nous, Annie FIGNOLE, juge en audience civile et publique du jeudi

onze juillet deux dix neuf en prendre de Me. Jean Rolex MEROVE substitut

du commissaire du gouvernement de ce ressort, et avec l'assistance de

Me. Mozart TASSY, greffier du siège. Pétion- Ville , le le 13 Février 2020

/ Me. Emmanuel CADET, Av

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen sur les conclusions du Ministère public, maintient

le défaut octroyé contre Cindy J. VIELLE à l'audience précitée ; pour le profit

déclare fondée ladite action. Admet en conséquence le divorce du sieur

Lu-Chen ÉDOUARD d'avec son épouse née Cindy J. VIELLE, pour injures

graves et publiques aux torts de l'époux. Prononce la dissolution des liens

matrimoniaux ayant existé entre lesdits époux ; ordonne à l'officier de

l'état Civil de Saint Marc de transcrire sur les registres à ce destinés, le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des

quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers

les tiers s'il y échet, commet l'huissier Murat PIERRE de ce Tribunal pour la

signification de ce jugement. Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé

par nous Me Gabnel FRANÇOIS, juge en audience civile et publique en date

du quinze février deux mille dix huit, en présence de Me. Grand Pierre

ESTIME, Substitut commissaire du gouvernement de ce ressort et avec

l'assistance du sieur Feronel FILS AIMÉ greffier du siège. Il est ordonné....etc.....

En foi de quoi......etc...... Me. Charlienor THOMPSON officier

d'etat Civil de Saint Marc

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen, sur les conclusions du Ministère public, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée pour le profit, ainsi

déclare fondée ladite action; admet en conséquence le divorce de Jean Menson

ELIE, d'avec son épouse née Marie Vania GEORGES pour injures graves et

Publiques aux torts de l'épouse. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre les dits époux. Ordonne à l'officier de l'état Civil de la

Section sud de Port-au-Prince de transcrire dans les registres à ce destinés, le

Dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des

quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers les

tiers s'il y échet; commet l'huissier Clerbrun FAURE de ce tribunal pour la

signification. Compense les dépens. Rendu de nous, Me. Gerty León ALEXIS,

juge au tribunal de première instance de port au prince, en audience Civile,

publique et ordinaire du vendredi dix huit octobre deux mille dix neuf, en

présence du substitut commissaire du gouvernement, Me. Amenaïda Pascal

RAYMOND faisant office du Ministère public, et avec l'assistance de Me Jean

Serge DUVERT Greffier du siège. Il est ordonné.....etc..... En foi de quoi....etc

Me Ingrid Karline WOOLLEY Officier d'etat Civil de la section

sud de Port-au-Prince.

AVIS DE DIVORCE

IL est porté à la connaissance du publique en

général et tous ceux que la question intéresse,

qu'en date du vendredi 14 février 2020, le tribunal

de première instance de Port-au-Prince a rendu un

jugement par défaut entre les époux Roseline

Lamadieu et Patrick Jeanty, lequel jugement a

admis le divorce et a prononcé la dissolution des

liens matrimoniaux par le juge ANNIE FIGNOLE, le

substitut commissaire Me Enide LEGERME et le

greffier du siège Jean Serge DUVERT, conformément

à la loi

Lorisson Dacéus, Avocat.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après avoir déféré au voeu de la loi se déclare

compétent pour connaître l'action en opposition d'arpentage

intentée par les époux Noël Laguerre, la femme Eliane BAZIL

contre la cité Andréjeune PYRAM, maintient le défaut octroyé à

l'audience du vendredi neuf( 09) août deux mille dix neuf

(2019) contre la cité Andréjeune PYRAM, accueille pour être

régulière en la forme. Ordonne la continuation de l'opération

d'arpentage; condamne la cité Andréjeune PYRAM à quinze mille

titres de dommages intérêts en réparation des préjudices au

demandeur les époux Noël Laguerre la femme née Eliane BAZIL

,commet l'huissier André PIERRE de ce tribunal pour sa signification

de la présente sentence; condamne enfin la cité Andréjeune

PYRAM aux dépens liquide à la somme de cinq mille gourdes et

ce non compris au cour de la présente sentence. Il est ordonné..etc.....

En foi de quoi.....etc.. Me Daniel Jean Julien Avocat

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, après examen, le Ministère public entendu, maintient le défaut

octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare

fondée ladite action. Admet en conséquence le divorce du sieur Obès Faustin

d'avec son épouse née Marie Cécile Edline Isidor, pour injures graves et

publiques aux torts de l'épouse. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre lesdits époux; ordonne à l'officier de l'état Civil de la

section Est de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à ce destinés le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des

quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers

les tiers s'il y échet, commet l'huissier Canal Gabriel de ce siège pour la

signification de ce jugement ; compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Jean Osner Petit Papa juge en audience

civile ordinaire et publique du jeudi douze juillet deux mille dix huit en

présence de Me WESLEY PAUL substitut du commissaire du gouvernement

de ce ressort et avec l'assistance du sieur MOZART TASSY Greffier du siège

Il est ordonné.......etc...... En foi de quoi....etc…

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen, le Ministère public entendu, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le

profit, déclare fondée ladite action ; admet en conséquence le divorce

du sieur Alix CHARLES contre son épouse née Wyleine SOMMERVIL,

pour injures graves et publiques aux torts de l'épouse, prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre les dits époux;

ordonne à l'officier de l'état Civil de la section Est de Port-au-Prince

de transcrire dans les registres à ce destinés, le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens

s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers les

tiers s'il y échet, Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par

nous, Guy AUGUSTIN, juge en audience Civile, ordinaire et publique

du mercredi dix sept juillet deux mille dix neuf, en présence de Me

PAUL WESLEY, substitut commissaire du gouvernement de ce ressort

avec l'assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE, Greffier du

siège. Il est ordonné.....etc....... En foi...etc..... Me Mireille Charles

OBAS, Av.

AVIS DE REMERCIEMENT

POUR LES

FAMILLES DE ANTOINE

ET ABÉLARD

Les familles ANTOINE et Abélard se font le devoir de vous

remercier pour vos supports dans les moments difficiles,

notamment lors de l'enlèvement de madame Julio Antoine

née Edna Abélard, survenu dans la matinée du 8 mars 2020

à Santo. Ce fut une expérience difficile et vos aides furent

très appréciables. Un grand Merci à vous tous indistinctement.

Que Dieu nous aide à surmonter les séquelles laissées

par cet enlèvement.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après en avoir délibéré au voeu de la loi et sur les conclusions

conformes du Ministère public, accueille l'action de la demanderesse, la dame

née Daphnee MICHEL, en la forme ; Maintient le défaut faute de comparaitre

octroyé à l'audience du vendredi six mars deux mille vingt contre le sieur

Rémy LOUIS ; admet en conséquence le divorce de ladite dame pour injures

graves et publiques, faits prévus à l'article 217 du code civil haïtien ; prononce

la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre eux aux torts exclusif

de l'époux ; ordonne à l'officier de l'état civil de la commune de Port-au-Prince

Section Sud de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la

capitale sous peine de dommages intérêt envers les tiers; compense les dépens

vu la qualité des parties ; Commet l'huissier Clerbrun FAURE de ce siège pour

la signification du présent jugement.

Rendu de nous, Legroise AVRIL Nicolas, juge au tribunal de première instance

du ressort de Port-au-Prince, en audience civile publique et ordinaire du

vendredi six mars deux mille vingt, en présence du substitut du commissaire du

gouvernement, Enide LEGERME faisant office du ministère public et avec

l'assistance de Me Jean Serge DUVERT,Greffier du siège. Il est ordonné......etc.....

En foi de quoi....etc....

PAR CES MOTIFS

Sur les conclusions confirme du Ministère public, le tribunal reçoit la demande

en divorce sollicite par la requérante confirme le défaut en la forme déjà

octroyé contre son époux Jascso GLEZIL. Au fond admet le divorce et prononce

la dissolution des liens matrimoniaux existant entre les époux Jascso GLEZIL la

femme née Sherline Milard, ce aux torts de l'époux. Dit que l'épouse reprendra

désormais son nom de famille. Dit que copie du dispositif du présent

jugement certifié conforme par le greffier du tribunal de première instance des

Cayes, sera signifié après que le jugement aura acquis l'autorité de la chose

souverainement jugé à l'officier de l'état Civil de la commune des Cayes

section Sud aux fins de sa transcription dans les registres tenus à cet effet. Dit

également qu'un extrait du dispositif de ce jugement sera publié dans les

journaux s'éditant à la capitale. Commet L'huissier Pierre Richard GIRAULT

pour la signification de la présente décision. Ainsi jugé et prononcé par nous,

Pierre Ézéchiel Vaval , Doyen du tribunal de première instance des Cayes, en

présence de Me Joseph Joubert AMAZAN substitut commissaire du gouvernement

assisté de Pierre CASEUS greffier en l'audience publique du lundi vingt

et un mai deux mille dix huit. An 215ème de l'indépendance. Il est ordonné.....etc....

En foi de quoi. ..etc.... Me Maxon ESTA. Av.

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 38 • Du 25 au 31 Mars 2020


Twa Fèy, Twa Rasin O!

Encore un peu d’effort, monsieur le président

Par Fanfan la Tulipe

Il ne faut pas totalement désespérer

des gens, de certaines gens dont

on voudrait croire qu’elles n’ont

jamais eu d’humanité, et peut-être

qu’elles n’en auront jamais. Mais

voilà qu’un miracle s’est opéré

sous nos yeux, et en vérité Manno

Charlemagne avait raison : « Mirak

konn fèt gwo lajounen ». Eh bien

oui, Jovenel, « notre » président,

dans un grand élan d’humanité, a

eu la lumineuse idée de former un

Groupe de travail (Task Force, pour

faire english et à la page) pour endiguer,

en Haïti, le mal du siècle,

le mal coronal, le mal viral, le mal

bossal, parfois fatal, connu sous le

nom abbréviatif de COVID-19.

Assurément, même avec la

mauvaise foi « la plus pire », comme

dirait un loustic de mes connaissances,

on ne peut qu’applaudir

à cette taskante initiative, cette

heureuse idéance du premier mandataire

de la nation, encore que

l’on ne puisse absolument écarter

la possibilité que l’idée de former

une Task Force ne lui ait été dictée,

nuitamment, par une certaine ambassade

aux cinquante étoiles conseillères.

Ne dit-on pas que ‘‘le mal

existe’’ ?

Mais, il y a encore un peu

d’effort à faire monsieur le président,

un très grand effort devraisje

dire, encore que personne n’aimerait

vous voir succomber sous

le poids d’un trop lourd fardeau à

porter par votre frêle constitution

physique, vous qui avez l’air, en

effet, d’un chèchkobanza. Allez-y,

lentement, mais sûrement. Chi va

piano va sano, dit la sagesse italienne.

Pianotez, mais gardez-vous

bien de trompetter. Gardez-vous de

vos habituelles tambour-battances.

Allez-y donc piano, et encore

une fois pas de trompettes, fussent-elles

même pareilles à celles

de Jéricho, d’autant que la malfaisance

covidée est une muraille

invisible.

Monsieur le président, on

est à se demander combien de

taskistes feront partie de ce groupe

de travail. Certains craignent que

vous ne pensiez à une tâche qui

soit herculéenne susceptible d’embaucher

une vingtaine de personnes.

Grands dieux ! Ça en ferait

des mecs et des becs à satisfaire,

des écuelles à remplir. Imaginez !

Voitures, chauffeurs, gazoline,

bons pour magasins de luxe, bons

pour bonbons étrangères (merci,

Maurice Sixto), avantages barbe et

moustache, bref, une ambiance de

semi-oisifs qui « travailleront » de

10 à 3 san anyen pa janm regle.

Ce monde devra assurément

avoir un gras salaire. C’est le

moins que vous puissiez leur offrir.

J’en vois déjà qui se trémoussent à

l’idée que cette maladie covidieuse

pourrait bien durer quelque dixneuf

semaines, environ cinq mois.

Ça fera un joli magot. Et comme

c’est vous, monsieur le président,

le concepteur, le grand penseur,

l’accoucheur de la formidable idée

d’une Task, en toute honnêteté,

en toute justice, chaque taskiste

devrait se sacrifier et consentir à

partager son salaire avec vous à

hauteur, disons, de 10% pour être

juste. En vérité, j’adore l’idée que

j’ai empruntée à Youri Latortue, un

spécialiste des « sacrifices et partages

» volontaires, l’homme du

30%.

Monsieur le président, on

Cette photo exprime très clairement la vraie attitude du président face au

corona virus. Il a l’air de dire : « sa w vle m fè ? »

s’inquiète de savoir comment seront

choisies ces « compétences »

devant former votre fameuse Force

de travail. Auront-elles seulement

le visage hideux de ces PHT-

Kistes au long groin, avides de

pateaugeance dans les caisses du

pays, « vides » depuis Martelly ?

Allez-vous diversifier les couleurs,

politiques j’entends ? Y aura-t-il

beaucoup d’aganman de l’opposition

dite modérée à être appelés

mais qu’il y aura peu d’élus ? Soyez

équitables, ne vous livrez pas en

pâture aux médias d’opposition, ils

vous déchireront pakanpak pour

partialité, cécité et surdité. Soyez

grand, aussi haut qu’un pye palmis.

Monsieur le président, vous

n’avez manifestement jamais connu

les affres de l’inquiétude. Autrement,

vous auriez été à l’écoute

de la population inquiète de savoir

quel suivi a été fait avec toutes

ces personnes arrivées récemment

au pays, quel travail méthodique,

scientifique de dépistage a été

entrepris pour déterminer quels

contacts elles ont pu avoir, où se

trouvent-elles à présent, sont-elles

en confinement, bref, on est inquiets.

Ne dit-on pas que enkyetid fè

moun chèch nan tèt ? La chèchté

de votre propre crâne devrait être

bonne conseillère et vous inciter à

demander aux taskistes que ce soit

là leur première tâche : dépister et

trouver. Car, en vérité, je vous le

dis, 77 fwa et 7 fwa, la population

se sent bafouée, flouée, trahie,

d’autant que l’on vous connaît

comme le loup blanc du mensonge.

Alors que la population vit à

l’indicatif présent d’incertitudes et

de relative panique, vous conjuguez

vos verbes au futur du mensonge :

« Les médecins de l’armée, les médecins

de la police nationale, les

étudiants finissants en médecine,

les médecins retraités, les épidémiologistes,

les infectiologues, les

pneumologues, les pharmaciens…

seront mobilisés…, il y aura tous

les jours une émission avec des

autorités et des spécialistes pour

informer la population du coronavirus…

Des programmes de sensibilisation

seront mis en place

dans les établissements scolaires à

travers les professeurs et dans les

marchés publics ». Ou tande bèf…

Toutefois, je dois avouer, et

c’est à votre honneur (le peu qui

vous en reste), vous avez été moins

imprudent que votre écervelée de

ministre de la Santé publique, Marie

Gréta Roy Clément. Tout de go,

l’inexpérimentée dans le bluff à

tout va, a parlé de la disponibilité

de 200 lits à travers le pays pour

admettre les éventuels contaminés.

Comme vous savez qu’il n’y en a

que très peu, le vyewe que vous

êtes a préféré dire qu’il y a beaucoup

de lits disponibles (sic) et des

espaces (resic) de mise en quarantaine

disponibles dans le pays.

Combien ? Où ? Secret de toubib ?

Secret d’« ingénieur » ? On n’a

même plus droit aux polichinelleries

habituelles…

En ce qui a trait au confinement,

confinez-vous, vous et

l’équipe taskiste, au strict nécessaire,

à ce qui est vraiment utile.

De grâce, ne vous embarquez pas

dans le granpanpan, dans le grandizè,

dans le grandiseurisme, une

forme de stupide amateurisme.

Car, même en France, un pays

censé bien organisé, la gérance du

confinement s’est révélée être un

problème majeur, une covidarde

emmerdance, un casse-tête, pas

précisément chinois, mais bien une

tracasserie d’une déroutante hexagonalitude.

Encore un peu d’effort,

monsieur le président, pour

mener à bien le combat contre ce

virus anraje. Bonne chance à votre

équipe taskiste dans sa tâche confinante

!

Un analyste politique dont le

nom m’échappe et qu’on ne saurait

caractériser d’extrémiste a récemment

opiné à propos des démarches

et initiatives de la présidence

relatives à la coviderie en cours. A

son avis, ce n’est que du ‘‘copiage’’

de ce que font les autres. Il n’y voit

aucune originalité, aucune adaptation

à la réalité du pays. Vous,

monsieur le président, vous seriez

alors comme un mal adapté, un

sous-adapté, un mal ajusté à une

urgence qui réclame une bonne

dose d’haïtienne adaptation au mal

covidien qui répand la terreur.

Parlant de terreur, il vous faut

faire encore un peu d’effort, monsieur

le président, car la population

vit toujours à l’ombre menaçante

de meutes kidnappantes, rançonnantes,

parfois homicidantes. Des

rumeurs, vraies ou fausses, mais

persistantes, veulent que même

si vous n’avez pas les mains

trempées dans la kidnapperie,

vous avez au moins un doigt, un

index qui indiquerait (notez le conditionnel)

la route à suivre pour

arriver droit au but, au bout de

la démarche kidnappante. Vous

devez faire cesser la rumeur, qui

verrait (notez encore le conditionnel)

en vous un soutireur de malveillanceries.

Un homicide envoie

certes ad patres, mais un digicide

est douloureux, et peut entraîner

une hémorragie qui vous mette à

deux doigts de la mort. Une affaire

assurément toute digitale.

Et pour terminer, monsieur le

président, il ne faudrait pas que le

virus covidé vous conduise à vider

la question pétrocaribéenne de sa

substance essentielle : le jugement

des coupables de corruption criminelle.

Dans cette perspective vous

devrez vous mettre en quarantaine

politique, vous et tous les autres

pétroïdes épinglés par le rapport

de la Cour supérieure des comptes.

Encore un peu d’effort à attendre

ce que vous réserve une justice

équitable et responsable. Nous ne

la voudrions sûrement pas expéditive.

Nous souhaitons bonne

chance à votre ‘‘Task Force’’. Faites

un peu d’effort pour que ses membres

ne fassent pas trop durer le

plaisir de leur sinécure, parce que

se sa l pra l ye. L’os que vous allez

leur donner à sucer s’annonce moelleux.

Rares sont ceux qui n’abuseraient

pas de la moelleuse manne

tombée de vos mains charitables…

Et telefòn, ne lâchez pas. A la

revoyure.

22 mars 2020

VIENT DE PARAÎTRE : LES CAPSULES DESSALINIENNES

Les haïtiens curieux et intéressés à mieux comprendre

Dessalines, cet homme fascinant, conséquent, et exceptionnel

de l’humanité noire, peuvent se procurer, au prix de $45. (+ les

frais postaux si nécessaires) « Les capsules dessaliniennes »

du professeur retraité Raymond Wainwright en téléphonant au

no 1-450-933-5451 ou 718-421-0162

Ce livre concis campe le fondateur, à l’aide de 1804 capsules

émaillées de poèmes adaptés, de citations appropriées et de

significatifs documents authentiques.

Bonne Lecture

Vol 13 # 38 • Du 25 au 31 Mars 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Kwonik Kreyòl

« Ensekirite, kidnapin, kowonaviris: poukisa se opsyon laterè

Laboujwazi, Klas dominan yo ak Enperyalis la chwazi pou Ayiti?»

Yon analiz Kolektif kanmarad Janil

Prezan ak Gwoup Rhizomes

« Pinga nou sezi N ap lite tout lavi

Kont tout vye dan pouri Ki kwè n se

bannann mi ! »

Manno Chalmay, Pou Lavi Fleri

Analiz maksis klasik la aprann nou

lè n ap gade dinamik batay nan

yon sosyete pou n konsidere rapò

pwodiksyon yo, pou n gade nivo devlopman

fòs k ap pwodui yo, mòd pwodiksyon

an epi klas sosyal k ap twoke

kòn yo (laboujwazi ak pwoletarya) nan

sosyete a. Depi plizyè semèn, mwa ak

lane, dinamik batay yo sanble bloke an

Ayiti. Malgre klas ki sou pouvwa a pa

kapab dirije, klas ak fraksyon klas ki

anfas yo pa rive mete do l atè. Yo ap

make pa sou plas ! Menmjan ak tout

dènye nimewo jounal Alaso, premye

nimewo pou lane 2020 a (volim 4 #

1) ap parèt nan yon konjonkti ki difisil

anpil anpil. Youn nan karakteristik

konjonkti sa se maladi Kowonaviris

la ki menase tonbe sou popilasyon

an tankou yon gwo kalamite apre ensekirite

ak lavichè. Nou ta gen dwa

menm di moman n ap viv jounen jodi

a parèt pi difisil toujou pase sa n ap viv

depi twa dènye lane sa yo. Nan dènye

reyinyon komite politik jounal Alaso te

fè nan finisman mwa janvye 2020 a,

yo te antann pou ekip Alaso a te ekri

atik pou louvri nimewo sa sou degradasyon

sitiyasyon sekirite nan peyi a

depi apre echèk faz mouvman lòk la

(sektanm-novanm 2019). Anfèt nou

ta pral sitou chita sou jwèt karès k ap

fèt ant Leta bandi legal la ak ensekirite

nan peyi a. Apati divès done, lide a

se ta pral montre ensekirite a se yon

politik Leta an Ayiti li ye. Yon politik

ki marande enterè enperyalis la, kouch

dominan nan laboujwazi a ak Leta.

Nan ti liv Viktò Sèj ekri ki rele

« Sa tout militan revolisyonè fèt pou

konnen sou represyon » kanmarad la

antame refleksyon an ak kèk konsiderasyon

sou enpòtans sekirite nan lavi

moun anjeneral ak nan lavi militan

revolisyonè yo anpatikilye. Santiman

sekirite se baz pratik, mantal ak sikolojik

tout moun bezwen pou yo kapab

avanse. Nan sans sa, lè nou te prevwa

pale sou nosyon sekirite moun nan peyi

a, li pa t ap konsène sèlman sekirite

nasyonal oswa sekirite Leta, men li t

ap genyen kòm objektif pou analize

kisa k dwe fèt pou satisfè bezwen vital

tout moun anndan sosyete a, yon fason

pou garanti yon sekirite nan nivo

entèn. Efektivman, politik neyoliberal

k ap aplike an Ayiti depi pase 40 lane

fè pifò moun nan peyi a vin “prekè”

nan yon fason oswa yon lòt. Prekarite

a rive tèlman rantre nan pratik ak lide

moun yo, sitou sila yo k ap viv nan

mitan lavil yo, li prèske tounen yon

reflèks. Pifò moun pran fòm “kò” santiman

prekarite ak ensekirite ki mache

ak kapitalis neyoliberal la. Li rantre nan

kò nou nan yon nivo kote nou prèske

pa kapab reflechi sou yon lavni ki sòti

nan kategori jesyon kotidyen sa.

Se nan kad sa tou, nou te anvizaje

analize kèk nan gwo menas

sosyal, ekonomik, politik ak kiltirèl ki

peze sou kategori pi fèb yo (anpatikilye

timoun, fanm ak lòt gwoup majinalize

nan sosyete a). Nan apwòch pa nou, li

te parèt aklè, kòm gouvènman ki la a

apati ajan li yo chwazi ensekirite atravè

mouvman bay bandi zam ak minisyon

pou l kapab rive kenbe popilasyon an

orespè, Pèp la li menm t ap genyen sou

bò pa l pou òganize sekirite l nan tout

nivo angranmoun.

Pandantan sa, gen anpil bagay

ki pase ! Sou kote ensekirite disèt

boulin, ranfòsman gang nan katye popilè

yo, lavichè, kidnapin, gouvènman

machòkèt ki enstale elt… kòm eleman

negatif, gen mouvman Sendika nan

Lapolis la (SPNH) ki rive pote yon viktwa

kont pouvwa bandi legal la. Chak

fwa yon gwoup travayè-travayèz, yon

gwoup eksplwate rive fè yon gany se

yon pwen pozitif nan dinamik batay

global la. Men, pou sa te posib fò n salye

kouraj divès kategori nan pèp la ki

pa t janm neglije pote solidarite sou tout

fòm bay travayè ak travayèz nan Lapolis

la, malgre yo konnen anpil polisye

– ki konsidere tèt yo kòm bwa dèyè

bannann sistèm nan – toujou kanpe

ankwa lè se lòt kategori nan popilasyon

an k ap revandike dwa yo. Apre

ogmantasyon san pran souf ensekirite

ak kidnapin nan peyi a, sitou nan tout

rejyon Lwès la soti Kwadèboukè pou

rive Matisan anpasan Delmas, depi twa

semèn lespri tout moun konsantre sou

danje maladi Kowonaviris la reprezante

pou nou.

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Kowonaviris la se yon maladi ki

frape anpil peyi nan Lemonn depi finisman

lane 2019 la jouk li tounen sa yo

rele yon pandemi mondyal. Jounen jodi

a, gen moun nan pase 187 peyi ki touche.

Nan moman n ap ekri atik sa, gen

plis pase 300 000 moun maladi a touche

epi gen anviwon 13 000 ki mouri

deja. Premye peyi maladi a te touche

sete Lachin, depi finisman lane 2019

(novanm/desanm) la, apati janvye-fevriye

2020 maladi a gaye andeyò Lachin

sitou an Ewòp. Jounen jodi a, nan

moman kote Lachin rive kontwole epi

bloke devlopman maladi a lakay li, peyi

ki tounen pi gwo fwaye yo se Litali,

Iran, Lespay, Lafrans, Lalmay ak Etazini.

Apa Iran, tout se peyi Loksidan epi

4 ladan yo se peyi ki alapapòt sistèm

kapitalis neyoliberal.

Pou sa ki konsène nou menm an

Ayiti, se nan semèn 16 mas la, egzateman

jou jedi 19 mas, Leta konfime

maladi a rantre nan peyi a. Gen de (2)

ka yo rive konfime, youn nan Latibonit,

youn nan depatman Lwès. Toulede

ka sa yo se moun ki te deyò peyi a epi

k rantre nan mwa mas la alòske maladi

a te gen tan ap fè raj an Ewòp. Se

sak fè anpil kote yo konsidere maladi a

kòm maladi etranje, malere byennere,

maladi moun ti klas mwayèn ki kapab

pran avyon. Anreyalite, anpil moun t

ap tann nouvèl sa paske yo te twouve

li pat fè sans pou tout kote te gen maladi

a, sitou repiblik Dominiken ki se

vwazen nou epi pou Ayiti li menm pa t

genyen l sitou lè n konnen nivo depandans

peyi a. Gen anpil moun ki panse

se manti Gouvènman Bandi Legal #

2 an t ap fè lè l te di poko genyen ka

ki deklare an Ayiti. Antouka, kounye

a maladi a nan peyi a, gen pou piti

104 moun ki nan karantèn daprè chif

ofisyèl yo. Alòs, anplis tout pwoblèm

ak difikilte popilasyon an te deja genyen

pou l sipòte, li oblije ap viv tou ak

enkyetid maladi sa.

San n pa bezwen tounen sou listwa,

n ap fè remake se pa premye epidemi

ki frape Limanite ni nonplis tou

Ayiti. Soti 1720 pou rive 2020, nou

kapab di gen yon « cycle », yon wonn,

kote chak 100 lane gen yon epidemi ki

frape «Lemonn». An 1720 sete Lapès,

an 1820 sete Kolera, an 1920 sete

grip panyòl epi jounen jodi a (2020)

se Kowonaviris. Anjeneral anplis soufrans

yo pote, epidemi yo toujou kreye

panik ak dezòd nan mitan popilasyon

yo san konte yo ekspoze feblès ki genyen

nan estrikti sosyal ak ekonomik

yo. Nan kout kat sa, se san di petèt

popilasyon an Ayiti mele paske non

sèlman pa gen bonjan estrikti sante

ki pou asire prizanchaj malad yo men

pifò doktè, enfimyè elt… ap travay san

konsyans, san konpasyon ak anpil mepri

pou malere ak malerèz yo ki, poutan

reprezante majorite moun nan peyi a.

Se sa k fè gen anpil moun ki konn rele

Ipokrit, sèman doktè yo konn fè pou yo

kapab pran diplòm nan.

Jan nou te souliye sa nan yon

paragraf piwo, si maladi a gentan touye

pase 13 mil moun nan peyi ki gen anpil

lopital ak anpil moun k ap travay nan

domèn lasante, jan anpil moun panse

sa, se pa nou menm an Ayiti k ap rive

epaye. Non sèlman pifò kote nan peyi a

pa gen lopital ak sant sante, paske gwo

palto nan Leta, nan boujwazi a ansanm

ak enperyalis la piye lajan ki te kapab

pèmèt konstwi yon sistèm sante djanm.

Men pou kesyon ijyèn piblik anyen

pa mache, fatra gaye tout kote epi se

apèn 8 % nan moun k ap viv lavil yo

ki gen bonjan dlo ki kapab pèmèt yo

lave men yo kòmsadwa. Si n ta pran

pale sou seksyon kominal yo menm se

dwèt sou bouch. Sèl sa ki petèt kapab

pwoteje nou se estrikti popilasyon peyi

a, kòm pifò moun ladan l se jèn. Yon

koutje rapid sou degenn maladi a kote l

pase deja yo montre pifò kote kowonaviris

la fè dega, se sitou granmoun yo

lanmò pote ale, moun ki nan tranch laj

depase 60 lane yo. Nou konn sa deja,

sou 11 milyon moun k ap viv an Ayiti,

33% genyen ant 0 a 14 lane; 31 %

ant 10 a 24 lane epi 62 % popilasyon

an genyen ant 15 & 64 lane (FNUAP,

2017). Kidonk nou pap kite yo fè n

panike menmsi nan menm moman an

nou konnen se pou n veye kò nou.

Nou tout konn sa li ye deja, nan

yon sosyete ki chita sou klas, estrikti

sosyal la se konsekans divizyon klas

yo ak rapò klas yo devlope youn ak

lòt. Nan sans sa, sa vin fè tout chanjman

nan lavi sosyal la, nan yon fason

oswa nan yon lòt, marande ak batay ki

genyen ant klas yo. Se menmjan pou

politik k ap aplike nan peyi a jounen

jodi a. Moun ki pi ekspoze se sila yo

ki pi frajil epi pi vilnerab nan sosyete

an. E moun k ap benefisye yo se klas

sosyal Leta ap sèvi a.

Men sa ekip Alaso a te ekri yon

lane jou pou jou nan nimewo Janvye-Mas

2019 la : « Depi plizyè mwa,

soti jiyè 2018 pou rive jounen jodi a,

batay mas pèp la nan pasaj. Se vre se

yon batay ki travèse plizyè faz men

anpil moun gen santiman batay la lage

nan repase po kann. Mouvman popilè

a devan sa nou ta kapab konsidere

tankou yon enpas politik ki anpeche l

vanse. Konsa, tout moun kapab konstate

kijan entansite mobilizasyon yo

bese anpil anpil apre gwo vag mobilizasyon

– sitou apati 7 fevriye – te bay

lenpresyon li ta prale pran yon vitès

siperyè. Li pratiman klè dinamik batay

la rantre nan yon enpas, yon kote wout

la bloke, kote se repete senpman nou

kapab repete sa n te fè deja. Si n vle

vanse, sitiyasyon sa merite analize. Li

enpòtan pou n gade nan sans sa ki kote

batay pèp la bloke ? » Si batay la bloke

jounen jodi a, akote dinamik objektif

yo, san di petèt gen anpil moun, move

zangi, ki betize nan batay la ki fè jodi a

kòz pèp la byeze.

Pandan n ap fè travay kritik ak

otokritik sa, fò n pa bliye tout batay

revolisyonè gen de faz pou l rive marande

: yon faz ki chita sou konjonkti

an epi yon lòt faz li menm ki ranmase

estrikti a nan nivo fondalnatal li. Anreyalite,

de faz yo konn tèlman rantre

youn nan lòt nan yon pèspektiv dyalektik,

se tout yon egzèsis pou rive

depareye youn de lòt.

Jounen jodi a, batay sou konjonkti

ap pran fòm chache estrateji

pou ede mas Pèp la kontrekare maladi

kowonaviris men anmenmtan tou, fò

n sonje popilasyon an pa kapab konte

sou Leta sa pou anyen. Poutèt 1)

Leta sa pa pa leta popilasyon an ; 2)

Se moun nan sektè sosye sivil minoritè

a, ajan entènasyonal ak boujwa yo, ak

tout mepri yo genyen pou popilasyon

ki gen kontwòl Leta a nan tout sans.

Kidonk batay pou kwape kowonaviris

la pou gen mwens moun nan gwo popilasyon

an ki mouri, pa dwe fè n bliye

batay pou chanje sistèm nan an Ayiti

ak toupatou se li menm ki fondamantal.

Yon egzanp tou kout: ekip bandi

enperyalis la mete sou pouvwa

depi anviwon 10 lane nan peyi a ap

chache itilize maladi Kowonaviris

suite à la page(16)

6

Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 38 • Du 25 au 31 Mars 2020


Perspectives

Camarades, il faut sauver Carthage

Par Robert Lodimus

(Première partie)

« Pour les petits et les pauvres, la

vie est un couloir de wagon où il faut

s’aplatir pour laisser passer les autres,

et encore sourire, et même demander

pardon. »

(Gilbert Cesbron)

Depuis le jeudi 19 mars 2020, la

panique s’est installée au sein de

la population haïtienne. Les deux cas

de coronavirus diagnostiqués par les

autorités sanitaires sont venus compliquer

l’existence déjà précaire de nos

compatriotes. La République d’Haïti

pourra-t-elle faire face à un fléau

d’une telle ampleur? Nous croisions

les doigts dans l’espoir de repousser

la maladie déclarée hautement contagieuse

au large des îles antillaises.

Malheureusement, le sort en a décidé

autrement. Un indigène et un étranger

belge sont testés positifs. Désormais,

les Haïtiens se comptent parmi les

peuples de l’univers qui luttent contre

l’expansion de la pandémie meurtrière.

La nouvelle a causé tout un émoi dans

la diaspora. Les expatriés expriment

des craintes justifiées par rapport à

leurs proches restés au pays. Tous les

jours, les stations de radiodiffusion de

la capitale et des villes de province retransmettent

en direct, à travers leurs

émissions de nouvelles ou d’affaires

publiques, les réactions empreintes

d’émotivité des citoyens sur le danger

réel que représente la COVID-19 pour

une population désarçonnée, démunie,

vulnérabilisée, abandonnée à ellemême

depuis l’assassinat de l’empereur

Jean-Jacques Dessalines le 17 octobre

1806 à Pont-Rouge (Port-au-Prince).

Les principaux intervenants, membres

de la société civile, envisagent l’avenir

d’Haïti de façon encore sombre et pessimiste.

En cette période difficile pour

la planète, le gouvernement du PHTK

qui rassemble les dilapidateurs du fonds

PetroCaribe, n’est pas à la hauteur des

responsabilités sociales, politiques et

économiques que requiert l’urgence

de la situation actuelle. Comment demander

à de pauvres pères et mères

de famille de rester confinés chez eux,

quand leurs maigres activités de travail

ne leur ont jamais permis d’amasser

le moindre pécule? Avec quoi vont-ils

nourrir leurs progénitures? Ces gens vivent

de la rue. Et parfois même dans

la rue. Les vendeurs qui se retranchent

dans les espaces des marchés publics

refusent d’obtempérer aux consignes

de mise en quarantaine imposées par

le ministère de la Santé publique et de

la Population. Le samedi 21 mars, ces

derniers ont clairement manifesté leurs

intentions de désobéir aux recommandations

de la présidence corrompue,

anticonstitutionnelle et de la Primature

de facto et illégale. Les travailleuses

et les travailleurs du secteur de

la sous-traitance se retrouvent depuis

le vendredi 20 mars 2020, du jour au

lendemain donc, au chômage forcé.

Jovenel Moïse, « le fléau des dieux de

l’Afrique », en a ainsi décidé : « point

barre »! L’escogriffe n’a même pas pris

le temps de mesurer les conséquences

désastreuses de cette décision hâtive

qui pèse plus lourdement encore sur les

conditions de vie précaires des masses

paysannes et ouvrières. Le pourfendeur

ingrat, déraisonnable, antilogique,

inconscient, incompétent, inconscient

du président vénézuélien, Nicolas Maduro,

n’est même pas arrivé à proposer

de manière convaincante des solutions

transitoires, viables, rationnelles et proportionnelles

pour atténuer la crise socioéconomique

qui se dessine à l’horizon.

Entre-temps, l’insécurité publique

continue sa marche inquiétante, son

escalade meurtrière. La presse locale

dénonce des cas d’affrontements entre

les gangs armés, qui ont fait plus d’une

dizaine de morts et un nombre inestimable

de blessés à l’endroit dénommé

Cité soleil, au nord de Port-au-Prince.

Des journées longues et difficiles

La présence du coronavirus menace

sérieusement l’existence de la société

haïtienne. Le territoire national fait

déjà face au phénomène de rareté alimentaire

et de pénurie d’eau potable.

Malgré les propos des autorités locales,

véritables « tèt gridap » sans mèche

et sans kérosène, qui se veulent apparemment

rassurants, nous sommes

en droit de douter de la sériosité des

promesses d’aide faites aux familles

désœuvrées. Ces élans soudains d’humanité,

de compréhension patriotique,

de sensiblerie même, ne serait-ce pas

un stratagème audacieux déployé par

le pouvoir kleptomane, dans le seul but

d’obtenir des miettes de l’enveloppe

des 12 milliards de dollars annoncés

par l’Organisation des Nations unies,

dans le cadre d’un projet d’assistance

aux pays infortunés, comme Haïti, qui

seront éventuellement frappés par la

COVID-19 ?

Nous suivons avec la plus grande

anxiété l’évolution de la pandémie en

Italie, en Espagne, aux États-Unis, en

France et ailleurs. Les dirigeants de

ces États sont au four et au moulin. Ils

ne savent à quel saint se vouer pour

ralentir la course de la contagion. Les

cadavres, dans certaines régions de

l’Europe, paraît-il, n’ont pas de sépulture.

Ils seraient jetés pêle-mêle, puis

ensevelis dans des fosses communes.

Cela rappelle la triste époque du tremblement

de terre à Port-au-Prince. Les

camions à benne basculante déversaient

les corps déchiquetés sous des

pans de béton armé dans des excavations

ouvertes et comblées à l’aide des

pelles mécaniques, sans prendre le soin

de relever l’identité des victimes. Avec

l’épidémie du choléra, c’était la même

situation qui prévalait encore dans les

villes et dans les campagnes d’Haïti. Si

des États développés avouent leur impuissance

devant la pandémie et sollicitent

de l’aide internationale, comment

Haïti pourra-t-elle compter sur un élan

de générosité, de philanthropie, venant

des membres de cette communauté internationale,

eux-mêmes en difficulté

de tous genres?

Coronavirus : quel danger pour les

pauvres

Les êtres humains sont en train de

se rendre compte que la couleur de la

peau, le niveau d’études, les quartiers

huppés, les résidences luxueuses, les

colliers diamantés, les habits onéreux,

rien de vaniteux ne garantit des abris

sûrs, qui protègent contre les maladies

virales. Au temps du prophète Noé,

dans les eaux du « Déluge » flottaient

des corps inertes : toutes origines sociales

confondues. Maîtres et valets partagèrent

le même destin. La « Nature »

applique ses « Lois » contre l’ « absurdité

» humaine. « Que servirait-il à un

individu de posséder tout l’univers, s’il

venait à perdre son âme [1]. » Grâce

à la COVID-19, l’esclave est devenu,

ironiquement, tout à coup, le « frère »,

la « sœur » du « colon » qui marquait

son dos tous les jours avec le fouet de

la méchanceté. En Haïti, des membres

de la bande des vautours capitalistes

ont exprimé leurs préoccupations et

leurs inquiétudes par rapport à l’avenir

ténébreux, nébuleux des masses populaires

sans ressources économiques

et financières. Comme si c’était un fait

nouveau! Ces genres de comédie rigolote,

de démagogie cynique nous rappellent

brusquement le « Grand » Mussolini

[2] après sa chute du pouvoir,

alors qu’il cherchait à fuir la vindicte

populaire. Une journaliste était allée

le rencontrer dans sa cachette, afin de

recueillir ses impressions sur l’insurrection

armée qui lui avait coûté sa

Quel danger de mort pour les misérables, qui n’existent

déjà que dans la mort!

suprématie sur Rome et sur le reste de

l’Italie. La dame s’empressait d’ouvrir la

porte devant El Duce, qui donnait accès

à la pièce où devait se dérouler l’entrevue,

en disant gracieusement: « Après

Vous, Majesté! » Mussolini réagissait

tout de suite : « Madame, devant l’Éternel,

il y a pas de différence entre les

créatures humaines. Au Royaume de

Dieu, il n’existe pas de hiérarchie… »

Lui, Mussolini, qui répétait toujours que

Dieu n’existait pas au ciel! Car il s’était

déjà fait « dieu » sur la terre d’Italie. Il

alla même à l’église que fréquentait sa

mère pour défier la foi et la croyance

divine. Debout au milieu des fidèles,

il hurla « Dieu n’existe pas! » Et en

quittant le lieu sacré de culte, il ajouta

: « Vous voyez que j’ai raison.

Sinon, votre Dieu m’aurait foudroyé!

» Ce jour-là, déchu, sans honneur

et sans gloire, le Grand Chef, qui

s’était allié à Hitler pour hégémoniser

les sociétés planétaires, pour dominer

sur la terre comme Alexandre Le

Grand, Gengis Khan et les autres, qui

avait envoyé des millions d’Italiens à la

mort dans une guerre sale et absurde

aux côtés des Allemands, comprenait

enfin que la puissance des « mortels »

ne se mesure pas à l’aune de l’Éternité.

Devant les menaces du coronavirus,

les riches paieraient cher,

pour échanger leur « phobie » contre

la « sérénité » des itinérants, des clochards,

des sans-abris. Quand on est

déjà mort, on ne redoute plus la

mort. Lorsque l’on ne possède absolument

rien, sinon que son âme

destinée au paradis ou à l’enfer, on

n’a aucune crainte de perdre! Perdre

quoi? Les pauvres se résignent et

se préparent inconsciemment à toutes

les éventualités. D’ailleurs, ils n’ont

même pas les moyens de se tenir informés

des nouvelles qui inquiètent

les bourgeois et qui menacent leur fortune.

Ils vivent dans des ajoupas sans

aucune commodité, qui ne sont même

pas branchés à l’électricité. Parcourent

des kilomètres à pied pour aller chercher

une cruche d’eau polluée, afin de ne

pas mourir de soif. Ils ne peuvent pas se

permettre de se laver les mains comme

les individus qui habitent aux pays des

Trump, Macron, Merkel, Trudeau… Ils

n’ont jamais mangé à leur faim. Quand

la presse des dominants répète que la

planète va vivre des moments difficiles,

extrêmement menaçants pour la santé

des individus. Ils n’y comprennent pas

grand-chose. Ils n’ont jamais su l’état

dans lequel se maintiennent leurs conditions

de vie sanitaire. Ils n’ont jamais

mis les pieds dans une pharmacie. Pas

de réserve de nourriture sous leurs

tentes. Ne sont-ils pas toujours condamnés

à chercher dans la forêt des

feuilles et des racines comestibles pour

conserver leur souffle de vie? Coronavirus

: quel danger de mort pour les

misérables, qui n’existent déjà que

dans la mort!

Nous reprenons cette observation

sensée de Gilbert Cesbron : « Notre

croix est faite de deux parts que nous

devons porter, l’une et l’autre, et dont

chacune aggrave l’autre : la douleur,

l’injustice du monde; l’incroyance, le

reniement du monde. C’est-à-dire :

tous ceux qui souffrent, et tous ceux

dont Dieu souffre… Ce qui frappe, ce

n’est pas tant « l’absurde » de ce siècle

que l’écart entre la sagesse initiale,

l’économie essentielle de la Création et

l’absurde à quoi nous sommes parvenus.

L’écart entre notre science et notre

morale, entre notre confort et notre

absence de joie, entre notre présomption

et notre fragilité – l’écart, toujours

l’écart : le péché contre l’Unité [3]. »

Albert Camus a publié son

célèbre roman « La peste » en 1947,

aux Éditions Gallimard. La ville devenue

le théâtre de la tragédie de l’horreur

s’appelle Oran. Les riverains en furent

atteints cruellement et moururent sous

nos yeux en très grand nombre. Nous

avons revisité cet ouvrage que nous

avons lu assez jeune, dans la tristesse

et l’anxiété. L’histoire a développé en

nous une espèce de « ratophobie ».

Le livre s’achève sur des prévisions

inquiétantes, malgré les bonnes nouvelles

de la fin de l’épidémie. L’auteur

écrit : « Écoutant, en effet, les cris

d’allégresse qui montaient de la ville,

Rieux se souvenait que cette allégresse

était toujours menacée. Car il savait

ce que cette foule en joie ignorait, et

qu’on peut lire dans les livres, que le

bacille de la peste ne meurt jamais ni

ne disparaît jamais, qu’il peut rester

pendant des dizaines d’années endormi

dans les meubles et le linge, qu’il

attend patiemment dans les chambres,

les caves, les malles, les mouchoirs et

les paperasses, et que, peut-être, le

jour viendrait où, pour le malheur et

l’enseignement des hommes, la peste

réveillerait ses rats et les enverrait

Director: Florence Comeau

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mourir dans une cité heureuse [4]. »

En fait, le docteur Rieux nous

met en garde contre un optimisme béat.

Insouciant. L’être humain ne pourra jamais

vaincre la maladie. Les épidémies

ne disparaissent pas. Elles se métamorphosent

et ressuscitent sous des noms

de baptême différents. Les virus et les

bactéries font partie intégrante de la

« Création ». Ils ont aussi, tout comme

les humains, un rôle essentiel à jouer.

Ils contribuent à l’équilibre de la nature.

Ce sont eux, peut-être, qui mettront un

terme à l’aventure humaine sur la terre.

En cet instant néfaste, où la

COVID-19 bouleverse le mode de vie

des individus, nous nous sommes aussi

replongés dans la relecture de l’ouvrage

de Jean Giono [5] sur les ravages du

choléra en Europe, Le hussard sur le

toit, paru chez Gallimard en 1951, et

adapté au cinéma en 1995 par le réalisateur

français Jean-Paul Rappeneau.

Les voyageurs soupçonnés, accusés, à

tort ou à raison, de porter la bactérie de

la maladie, – car ce n’est pas un virus

–, le Vibrio cholerae, sont mis en

quarantaine ou menacés de lynchage.

Le choléra, les Haïtiens, – à cause de

la haine des puissances occidentales regroupées

au sein du Conseil de sécurité

de l’ONU, qui ont chassé du pouvoir

Jean Bertrand Aristide en 2004, et qui

occupent jusqu’à présent le pays –, en

savent quelque chose.

Les insensés se préparent dès leur

tout jeune âge à assouvir des prétentions

de grandeur durant leur courte

existence, mais se sont-ils préoccupés

de la façon dont l’aventure terrestre se

sera terminée pour eux? Hannibal se

suicida. César, Tibère, Caligula, Néron,

Philippe II…, furent assassinés. Jésus,

Spartacus, Apôtre Pierre, Jeanne d’Arc,

Abraham Lincoln, Mahatma Gandhi,

Malcolm X, Martin Luther King,

Charlemagne Péralte, Jacques Stephen

Alexis, eurent au moins une fin, –

quoiqu’atroce –, « honorablissime ».

Ils défendaient la « Justice », la « Liberté

», la « Dignité », l’« Honneur »,

l’« Autodétermination », la « Souveraineté

» et l’« Indépendance ».

Il faut sauver Carthage

Durant les dernières semaines de sa

vie, Napoléon Bonaparte pensait de

temps en temps à Hannibal Barca. Il

relisait ou écoutait des récits tragiques

sur la chute de Carthage. Peut-être,

l’empereur voulait-il que la fin de son

exil à l’île Sainte-Hélène ressemblât

à celle du grand héros de la cité carthaginoise.

Comme vous le savez,

Hannibal se suicida, dans le but de

priver à ses ennemis, les Romains, du

plaisir de le tourner en dérision. De le

suite à la page(16)

J&M

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Jean R. St. Jour, CB

2916 Clarendon Road

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718.284.0733

Vol 13 # 38 • Du 25 au 31 Mars 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

7


La Tribune de Catherine Charlemagne (108)

Police nationale, la révolte des sans grades ! (3e partie)

Après une coupure suite à la

nomination du Premier ministre

Jouthe Joseph, nous reprenons la

suite de cette Tribune exceptionnelle

consacrée à la révolte de la base de

la police nationale d’Haïti. Dans l’édition

précédente on s’était arrêté là

où la confrontation entre la police et

l’armée sur le Champ-de-Mars avait

pris l’allure de guerre civile. En effet,

c’était le chaos ! On courait dans tous

les sens, des policiers armés se mettaient

à plat ventre, armes automatiques

à la main, un véhicule blindé

de la police fraichement arrivé dans le

pays faisait son apparition aux abords

du Grand quartier général des FADH.

Tout le monde paniquait, personne

ne savait s’il venait pour secourir les

collègues en guerre ouverte contre

les militaires qui s’opposaient fermement

à l’intrusion des assaillants ou

s’il était venu pour mater les policiers

mutins qui s’en prenaient à un bâtiment

public, qui plus est, est une enceinte

militaire.

C’était la confusion totale durant

six heures. Enfin, le calme est

revenu après que les deux parties eussent

compris qu’elles étaient toutes

deux dans l’erreur absolue. Bilan de

cette première guerre entre les deux

forces armées officielles : trois morts,

un militaire, un policier et un civil

avec au moins une dizaine de blessés

qu’on a éparpillés dans les différents

hôpitaux de la capitale. Après ce coup

de tonnerre qui a ébranlé le pouvoir et

les port-au-princiens, plusieurs communiqués

émanant de diverses institutions

ont été diffusés à commencer

par celui du haut commandement des

FADH qui a tenté de calmer le jeu :

« Le Secrétariat du Haut Commandement

des Forces Armées d’Haïti porte

à la connaissance du public en général

et de la presse en particulier qu’il n’y

a pas d’affrontements entre les forces

de police et l’armée. Cependant, des

individus encagoulés munis d’armes à

feu se sont attaqués au Grand Quartier

Général et ont tenté d’y mettre le

feu. Les soldats en faction, dont l’un

a été touché au dos par un projectile,

ont dû tirer en l’air pour les faire évacuer

».

D’autre part, le pouvoir a réagi

en deux temps. Une attitude qui

montre qu’il ne savait pas vraiment

ce qui se passait au moment des faits.

« Le gouvernement de la République

a observé, avec préoccupation et consternation,

que la terreur a régné dans

certaines artères de la zone métropolitaine

de Port-au-Prince ce dimanche

23 février 2020. Des obstructions de

rues et une situation de guerre ont

lieu dans l’aire du Champ de Mars, où

des tirs nourris d’armes se sont fait

entendre quasiment toute la journée.

Il est difficile en ce moment d’établir

un bilan de ces violences inouïes »

avait-il annoncé. A la vérité, c’est une

première depuis les années de plomb

où les Présidents prenaient le pouvoir

et en tombaient à coup des canons

entre groupes antagonistes. Sommé

par ce qui venait de se produire aux

abords de la présidence, le pouvoir a

eu fini par prendre conscience de la

gravité de l’événement et pointa du

doigt l’opposition en annonçant : « La

population est appelée à se montrer

vigilante et faire preuve d’intelligence

dans ces moments troublés de la vie

nationale. En aucun cas, il ne saurait

permettre une exploitation triviale des

revendications de la PNH et justifier

ces actions violentes qui exposent autant

le pays, à travers un prétendu refus

du carnaval par un certain secteur

de la population ».

Enfin, après avoir repris ses esprits

et s’être sans doute ramené à la

raison, le pouvoir, dans un autre communiqué,

a fini par jeter l’éponge sur

cette affaire de carnaval que, finalement,

aucun grand secteur de la vie

nationale n’avait vraiment souhaité

Rencontre le lundi 24 février entre le lieutenant-Général Jodel Lesage, le

chef d’Etat-major général des FADH et le Directeur général de la PNH,

Normil Rameau, afin de faire le point sur la situation et les incidents de

la veille

par ces temps de pénurie économique

et de discorde au sein de la société en

déclarant : « Afin d’éviter le bain de

sang programmé, le Gouvernement

profite pour informer la population

et les carnavaliers en particulier qu’il

a été décidé d’annuler le carnaval à

Port-au-Prince et invite le peuple haïtien

à garder son calme en attendant

les prochaines annonces ». Dont acte

! Fin de partie donc et deuxième victoire

pour les policiers contestataires

et de l’opposition pour qui ce carnaval

à Port-au-Prince était considéré comme

une provocation envers la population

et une incompréhension totale de

la part du régime en place.

Mais, l’annulation du carnaval

national à Port-au-Prince a été pour

le gouvernement un échec qu’il a eu

du mal à digérer si l’on se base sur

les déclarations du ministre de la justice

après une énième manifestation

des policiers syndicalisés le lundi 24

février 2020. Selon le ministre a.i de

la justice Jean Roudy Aly, il ne s’agit

rien de moins qu’une « Tentative de

coup d’Etat » contre le pouvoir initiée

par les policiers contestataires qui seraient

sous l’influence de l’opposition

politique. « Les attaques orchestrées

contre le Quartier Général des Forces

Armées d'Haïti (FAD’H), faisant

blessés et morts, ainsi que contre

la presse, notamment les incendies

de véhicules, de génératrices de Radiotélévision

Caraïbes et les agressions

contre ses locaux, sont autant

d'actions néfastes enregistrées durant

cette journée du 23 février 2020.

Aussi, le ministère de la Justice et de

la Sécurité publique condamne fermement

ces actions qui s'apparentent

à une récupération politique, car il

s'agit, de plus en plus, d'une tentative

de coup d'État contre un Président de

la République élu légitimement par le

peuple haïtien » a déclaré le lundi 24

le ministre de la Justice et de la Sécurité

publique.

La destruction de matériels de la

station de radio et Télévision Caraïbe

le dimanche 24, à la rue Chavannes,

l’attaque contre le Cabinet de Me.

Samuel Madistin le mercredi 17 et

l’affrontement qui a eu lieu au Grand

quartier général de l’armée sont des

actes qui ont été dénoncés et condamnés

autant par le pouvoir exécutif

par des propos très durs à l’encontre

des policiers contestataires que par

le Directeur général de la police nationale

Normil Rameau qui, dans

une conférence de presse le lundi 24

février, a dit ce qu’il pensait de ces

folles journées : « Je profite de cette

opportunité pour condamner ce qui

s’est passé hier après-midi au Champs

mars où des policiers ont été blessés,

un policier est décédé ainsi qu’un

militaire. C’est dans la fraternité

et l’harmonisation que nous pourrons

sécuriser correctement la population.

Je demande aux policiers de

faire preuve de professionnalisme, de

resserrer les rangs, de retourner dans

leurs Commissariats pour continuer

à sécuriser la population comme

ils savaient le faire. Je dis aux policiers

et policières d’éviter les infiltrations

parce que la PNH est une police

apolitique qui n’a pas de préférence,

pas d’appartenance. Sa préférence et

son appartenance sont la population

d’Haïti, les lois de la République et les

règlements de la PNH » a affirmé le

chef de la police nationale.

D’autre part, les trois plus

grandes associations des médias du

pays : Association des Journalistes

Haïtiens (AJH), Association des Médias

Indépendants d’Haïti (AMIH) et

Association Nationale des Médias Haïtiens

(ANMH) ont réagi de manière

vigoureuse contre les attaques et

les atteintes à la liberté de la presse

et des médias et de la RTVC (Radio

Télévision Caraïbes en particulier. «

L’Association des Médias Indépendants

d’Haïti (AMIH) et l’Association

Nationale des Médias d’Haïti (ANMH)

déplorent les pertes matérielles survenues

après la tentative d’incendie

de la station de la rue Chavannes.

L’ANMH et l’AMIH présentent leurs

sympathies aux responsables, aux

journalistes et à tous les employés

de Radio Télévision Caraïbes et leur

assurent de leur solidarité en ces moments

difficiles. L’AMIH et l’ANMH se

font le devoir de souligner à l’attention

des autorités constituées qu’il est

de leur devoir et responsabilité d’assurer

la sécurité et la protection des

journalistes, des médias et de tous les

citoyens dans le pays ».

Frantz Duval de l’ANMH

et Venel Remarais de l’AMIH en ont

profité pour porter une condamnation

claire à : « Toute action et politique

jusqu’au-boutiste et irréfléchie

qui contribuent à mettre en danger

les médias, la population en général

et les acquis démocratiques ». Il faut

aussi citer la note de contestation de

l’AJH signée de son Secrétaire général

Jacques Desrosiers « Le dimanche 23

février 2020, un groupe d’individus

armés se réclamant des protestataires

de la PNH ont attaqué les locaux de

Radio Télévision Caraïbes (RTVC) à la

rue Chavannes à Port-au-Prince et ont

incendié plusieurs véhicules se trouvant

dans les parages. L’Association

des Journalistes Haïtiens condamne

avec force cet acte qui est contraire à

la Constitution et aux différents traités

et conventions ratifiés par Haïti. Aucun

journaliste ni aucun média ne doit

pas être la cible d’attaque venant de

quelconque groupe.

Dans cette période de confusion,

l’AJH exhorte les journalistes et les

médias à la solidarité, à la vigilance

et à la prudence. Elle leur rappelle

l’obligation de continuer à effectuer

leur travail avec professionnalisme et

respect des règles d’éthique inscrites

dans le Code de déontologie des médias

et des journalistes d’Haïti ».

Jacques Desrosiers rappelle que

le mouvement revendicatif des policiers

« est entaché d’actes de violence

et de violation de la liberté d’expression,

d’opinion et de la presse ». Enfin,

ne pouvant garder le silence sur tout

ce qui se passe dans cette conjoncture

troublée en Haïti et cette forme d’anarchie

qui semble s’installer durablement

dans le pays, le Core Group, à

travers le BINUH (Bureau Intégré des

Nations Unies en Haïti), a lui aussi

exprimé dans une note de presse ses

vives inquiétudes tout en appelant les

acteurs à trouver le chemin du dialogue

pour régler leurs différends.

Dans le communiqué des membres

de la Communauté internationale

à Port-au-Prince, on peut lire «

Le Bureau Intégré des Nations Unies

en Haïti (BINUH) a exprimé sa vive

préoccupation face aux graves incidents

du dimanche 23 février qui ont

fait au moins deux morts, une dizaine

de blessés, des dégâts matériels et

conduit à l’annulation des célébrations

du carnaval à Port-au-Prince et

à Cap-Haïtien.

Les Nations Unies appellent

tous les secteurs de la vie nationale,

en particulier les éléments de la police

nationale revendiquant de meilleures

conditions de travail, à éviter toute

situation pouvant provoquer l’escalade

des tensions et porter atteinte à

la sécurité de la population. Elles lancent

également un appel aux forces de

sécurité afin que ces dernières interviennent

de manière proportionnée et

en pleine conformité avec les normes

internationales ». Après l’ONU, c’est

l’Organisation des Etats Américains

(OEA), à travers son Secrétaire

général, Luis Almagro, un fervent

soutien au Président Jovenel Moïse,

qui a réagi sur les affrontements et

les violences du dimanche : « Nous

condamnons la violence en Haïti et

exprimons nos condoléances aux familles

des victimes. Nous plaidons

pour : l’arrêt de la violence et surtout

elle n'est pas acceptable avec l’intention

d’un changement violent du régime

démocratique établi ; le dialogue

politique ; la stabilité ; la formation

d'un Gouvernement et des élections

parlementaires dès que cela sera techniquement

possible ». Outre ces réactions,

somme toute obligées, de tous

les secteurs et institutions concernés,

il restait aux deux responsables des

forces qui se sont affrontées de se

rencontrer pour conclure une sorte de

paix des braves.

Ainsi, le lundi 24 au cours

JOBS

de la journée, le lieutenant-Général

Jodel Lesage, le chef d’Etat-major

général des FADH et le Directeur

général de la PNH, Normil Rameau,

ont eu une rencontre au sommet en

compagnie du Président de la République,

Jovenel Moïse, afin de faire le

point sur la situation et les incidents

de la veille. Ensemble, les commandants

en chef de l’armée et de la

police nationale se sont employés à

présenter un front uni contre ce qu’ils

appellent « les criminels notoires » qui

auraient « infiltré » selon eux le mouvement

des policiers. Après la rencontre,

les deux institutions ont publié un

communiqué commun à l’attention de

la presse et de l’opinion publique en

général « Les Hauts-Commandements

de l'Armée d’Haïti et de la Police nationale

d’Haïti informent la population

qu'une rencontre de haut niveau

s'est tenue entre les responsables des

deux corps de sécurisation nationale

des vies et des biens et de défense du

territoire reconnue par la Constitution.

Au cours de cette rencontre, les

deux Hauts Etats-Majors ont défini un

agenda de travail dans la recherche de

solutions aux problèmes de sécurité

qui affectent le pays. L'armée et la police

vont travailler ensemble et s'engagent

à tout mettre en œuvre pour

protéger les acquis démocratiques et

combattre les gangs armés et créer

ainsi un climat stable et serein dans

les foyers et dans les rues ». Voilà un

résumé général des évènements sociopolitiques

qui se sont déroulés tout

le long du mois de février 2020 où la

base de la police haïtienne avait été

au centre avec en toile de fond : le

projet de création du Syndicat de Police

Nationale d’Haïti (SPNH).

Devant ces équations à multiples

inconnues, le Président de la

République, Jovenel Moïse, se doit

de trouver au plus vite des solutions

s’il veut garder un temps soit peu la

confiance et le soutien de ses amis

de la Communauté internationale

dont on sait que la patience a des

limites. Car, dans cette nouvelle configuration

de conflit, il ne s’agit point

de bandes sporadiques armées mais

bien de femmes et d’hommes entrainés

et lourdement armés préparés

psychologiquement pour combattre

jusqu’aux derniers soupirs. Le dimanche

23 février 2020, il aura suffi de

quelques minutes de combats pour

que trois hommes se retrouvent à

terre sans vie et sans compter plusieurs

autres victimes. Le conflit sociopolitique

en Haïti est passé à une

autre échelle. (A suivre)

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8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 38 • Du 25 au 31 Mars 2020


This Week in Haiti

What Path Forward for Haiti with Coronavirus?

by Dr. John A. Carroll

“One special advantage of the skeptical

attitude of mind is that a man is

never vexed to find that after all he has

been in the wrong.”

Dr. William Osler

am not an epidemiologist nor an

I expert in public health. My job is to

evaluate single patients and determine

if they are sick or healthy. I am not

used to thinking of the collective health

of millions (or billions) of people.

However, thanks to the Haitian

cholera epidemic early last decade, I

was forced to think in terms of a big

population of people who were made

ill by the cholera bacteria after it was

released by UN forces into a river in

central Haiti.

So I am going to ask some questions

below which will prove that I am

no expert in public health regarding

the coronavirus pandemic and how it

pertains to Haiti. And I am sure my

questions and comments can easily be

answered by the experts.

Two days ago, on Mar. 19, the

Haitian government announced the

first confirmed coronavirus cases in two

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people in Haiti. This, of course, is not a

good thing and Haitians are afraid as

they should be. The coronavirus is easily

transmissible and has a case fatality

rate that is supposedly 10 times that of

the flu.

Haiti’s President Jovenel Moïse

has declared a state of emergency and

he told a news conference that all of

Haiti’s ports, airports, and borders

would be closed to people from midnight

on Thu., Mar. 19, though they

would remain open for goods traffic.

And Moïse has invoked a curfew.

But I want to know if any of this

will work.

Why have flights to Haiti been

stopped as of yesterday? Is it to stop

the traveler to Haiti who is considered

high risk for having and spreading the

virus? I guess this makes sense, but if

Haiti’s coronavirus outbreak takes off

now like it has done in multiple countries

in the world, does it make sense

to restrict flights? In other words, is

walling Haiti off really very helpful in

controlling the virus?

Haiti does not have a functional

health care system on a good day let

alone a system that can effectively fight

this virus. State-run hospitals are frequently

on strike, and they often lack

basic services. Critical care beds in Haiti

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A woman with a mask in an almost empty Haitian tap tap in Port-au-

Prince. Do Haitian authorities advise a family with mild coronavirus

symptoms to stay quarantined in their one-room shack for 14 days? How

will they eat?

are limited and there are an estimated

100 ventilators available for 11 million

Haitians.

So should we turn our attention

from hospitals and ventilators to preventing

the disease in the first place?

That seems reasonable but is the prevention

of coronavirus transmission

possible on an industrial scale in Haiti?

During the last few weeks, we

have all learned about the concept of

“flattening the curve” regarding coronavirus

infections. But I want to know

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if the usual public health interventions

will work in Haiti during this pandemic.

In other words, should Haiti be subject

to containment policies or to social distancing

to flatten the curve like we are

attempting to do in the United States?

Why do we want to flatten the

curve with coronavirus infections? My

understanding is that flattening the

curve will not stop the virus; it’s likely

the same number of people will ultimately

still get sick. But it could mean

the difference between a manageable

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surge of patients and one that overwhelms

scarce resources, resulting in

unnecessary deaths.

And this sounds good. But are all

these efforts worthwhile in Haiti? Is it

worthwhile to flatten the curve in Haiti

in order to protect Haiti’s scare resources

which hardly exist in the first place?

Consider the very important

Community Health Worker (CHW) in

Haiti during the days of coronavirus.

He or she needs to be paid and protected

with the critically important Personal

Protective Equipment (PPE) to walk

around the slum in 95-degree heat.

And this specially trained CHW

will do public health surveillance to see

if people could have Covid-19. If they

meet the criteria, then what?

There is no treatment in Haiti

that will be accessible by the masses.

But there is quarantine to stop transmission.

But how do we isolate people

in the Haitian slum where the population

density is so high and people need

to have human contact in order to survive?

So let’s say the CHW identifies a

family of 10 in the slum who all have

mild signs and symptoms of Covid-19.

Does the CHW advise them to stay

quarantined in their one-room shack

for 14 days? I don’t think this will work

because the breadwinners in the house

need to score some bread because they

all need to eat. And this family’s neighbors

next door don’t have the time or

abilities to help out because they have

equally severe challenges surviving the

slum also.

And would identifying people in

the slum as possibly having coronavirus

put them in danger of being attacked?

Without social distancing, the virus

will spread quickly in Haiti and live

under the big mean curve we have all

come to abhor. But under these circumstances,

is this the better more humane

curve for Haiti? Wouldn’t it be better

for Haitians to get sick at once, develop

herd immunity, and be done with this

horrible virus?

Maybe it is not quite this

simple. I am open to enlightenment.

John A. Carroll, MD

Mar. 21, 2020

Dr. John Carroll is one of the

founders of Haitian Hearts, which has

offered basic medical care to clinics,

hospitals, and orphanages in Haiti

since 1995. This open letter was originally

published on his blog in the Peoria

Journal Star.

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Vol 13 # 38 • Du 25 au 31 Mars 2020

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Haiti Liberté/Haitian Times

11


Solidarité versus sanctions

coronavirus puisse accoster

Cuba est sous un embargo américain

illégal depuis 1960 – ce que tous

les pays du monde (à l’exception

d’Israël) dénoncent chaque année

aux Nations unies. Mais ce blocus

n’a pas empêché ce petit pays de

développer le meilleur système de

santé de toute l’Amérique latine.

Même le Royaume-Uni,

l’un des pays les plus riches de la

planète, a compté sur l’aide de Cuba

pour contenir le coronavirus.

Le gouvernement britannique

dont il a grand besoin.

Le ministre iranien des affaires

étrangères, Javad Zarif, a dénoncé

les sanctions américaines comme

une forme de « terrorisme médical ».

« Les efforts pour lutter contre

la pandémie de COVID19 en Iran ont

été sérieusement entravés par les

sanctions américaines « , a ajouté

M. Zarif. « Il est immoral de laisser

une brute tuer des innocents ».

Dans une lettre au Secrétaire

général António Guterres, Zarif a

appelé les Nations Unies et les Etats

Des médecins chinois ayant combattu le Coronavirus arrivent en Italie avec 30 tonnes de matériel pour aider

la population

Par Ben Norton

L’Italie a demandé à des médecins

de Chine, de Cuba et du Venezuela

de contenir le coronavirus, tandis

que Cuba s’est portée au secours

d’un navire de citoyens britanniques.

Pendant ce temps, les sanctions

américaines aggravent le bilan

de la crise du Covid-19 en Iran

et au Venezuela.

Les sanctions que les États-Unis

ont imposées à des dizaines de

pays du monde entier, dans une

tentative de renverser leurs gouvernements

indépendants, n’ont fait

qu’aggraver la pandémie mondiale

de coronavirus. Mais dans le même

temps, certains de ces pays ciblés

par la guerre économique américaine

ont pris la tête des efforts pour

contenir l’épidémie de Covid-19.

Le gouvernement local du

nord de l’Italie, pays membre de

l’Union européenne et de l’OTAN,

a officiellement demandé une aide

médicale à la Chine, à Cuba et au

Venezuela — pays diabolisés par les

États-Unis et l’UE qui, de leur côté,

n’ont apporté que peu de soutien à

l’Italie.

Le gouvernement italien a

déploré que « pas un seul pays de

l’UE » n’ait répondu à sa demande

d’équipement médical – contrairement

à la Chine, qui a immédiatement

apporté son aide.

Et l’Italie n’est pas la seule ;

la Grande-Bretagne a également

compté sur Cuba pour l’aider à combattre

le virus contagieux.

La Lombardie, au nord de

l’Italie, a été particulièrement

touchée par le coronavirus, avec des

dizaines de milliers de cas et plus de

1.000 décès. La pandémie a dévasté

la région la plus riche et la plus peuplée

du pays.

Le 15 mars, l’Italie a enregistré

368 nouveaux décès en une

seule journée, soit plus que le jour le

plus meurtrier à Wuhan, en Chine,

qui a réussi à contenir le virus.

Le MS Braemar accueilli au port del Mariel, Cuba

En réponse à la crise, le gouvernement

de Lombardie a demandé

à la Chine, à Cuba et au Venezuela

d’envoyer des médecins et d’autres

personnels médicaux pour l’aider à

contenir l’épidémie. « Nous sommes

en contact avec Cuba, le Venezuela

et la Chine, qui ont mis des médecins

à disposition », a déclaré le ministre

de la santé lombard, Giulio Gallera,

lors d’une conférence de presse.

L’ambassade de La Havane a

déclaré « la solidarité cubaine avec

l’Italie « , et le ministère des affaires

étrangères de Cuba a publié un avis

confirmant la demande de Gallera

et annonçant qu’il enverra « du

personnel cubain spécialisé dans la

lutte contre les maladies contagieuses

».

Le gouvernement local de

Milan a également compté sur les

expéditions de matériel médical en

provenance de Chine. Une équipe

de médecins chinois est arrivée en

Italie le 12 mars.

L’Union européenne abandonne

l’Italie, après avoir poussé à la

privatisation des systèmes de

santé

L’Union européenne, en revanche,

a laissé l’Italie se débrouiller. L’ambassadeur

d’Italie auprès de l’UE,

Maurizio Massari, a publié un article

d’opinion dans lequel il indique que

son pays a demandé un soutien par

le biais du mécanisme de protection

civile de l’organisme, en cherchant

du matériel médical pour contenir

l’épidémie de coronavirus. « Mais,

malheureusement, pas un seul

pays de l’UE n’a répondu à l’appel

de la Commission. Seule la Chine a

répondu bilatéralement », a écrit

M. Massari.

En fait, l’Union européenne a

fait le contraire de l’aide. Depuis des

années, la Commission européenne,

qui dirige l’UE, a appelé les États

membres à réduire les dépenses

médicales et à privatiser les services

de santé au moins 63 fois entre

2011 et 2018.

L’obsession de l’UE de réduire

et de privatiser les institutions publiques

a considérablement affaibli

l’infrastructure sanitaire du continent,

la rendant beaucoup plus

vulnérable aux pandémies mortelles

comme le coronavirus.

La Grande-Bretagne compte

sur l’aide de Cuba pour

qu’un navire infecté par le

Des médecins traitent un patient infecté par le nouveau coronavirus, dans

un hôpital de Téhéran, en Iran. (AP Photo/Mohammad Ghadamali)

a demandé à de nombreux pays

des Caraïbes de laisser le bateau de

croisière MS Braemar accoster dans

leur port, après que plusieurs cas de

coronavirus aient été signalés parmi

ses plus de 1.000 passagers.

CNN a noté que « les responsables

britanniques ont lancé un

effort diplomatique intense pour

trouver un pays prêt à accueillir »

le navire infecté, mais ont été rejetés

par la Barbade et les Bahamas.

Le 16 mars, Cuba a accepté

d’aider la Grande-Bretagne, en proposant

d’amarrer le MS Braemar

dans un port cubain et d’aider à

ramener les passagers au Royaume-Uni.

Le ministère des affaires

étrangères de Cuba a déclaré : «

Nous vivons des temps de solidarité,

de compréhension de la santé

comme un droit humain, de renforcement

de la coopération internationale

pour faire face à nos défis

communs, des valeurs qui sont la

clé des pratiques humanistes de la

Révolution et de notre peuple ».

Les sanctions américaines

empêchent le Venezuela

et l’Iran d’importer des

médicaments et du matériel

médical.

Et tandis que l’administration

Trump et les sociétés pharmaceutiques

américaines cherchent à tirer

profit de la pandémie de coronavirus,

Washington redouble sa guerre

économique destructrice.

Le procureur général du Venezuela,

Tarek William Saab, a donné

une conférence de presse dénonçant

Washington pour avoir empêché Caracas

d’acheter des médicaments et

du matériel médical qui l’aideraient

à combattre le Covid-19. « Il est

éthiquement inacceptable que de

telles sanctions soient maintenues

contre le Venezuela », a déclaré M.

Saab. Il a appelé la Colombie et le

Brésil à mettre fin à leurs tentatives

de coup d’Etat contre Caracas et à

travailler plutôt ensemble pour contenir

le virus.

Les sanctions américaines ont

également fortement entravé les

efforts de l’Iran pour lutter contre

Covid-19. Des centaines d’Iraniens

sont morts, des milliers d’autres

ont été touchés, et Washington a

empêché le pays d’acheter des médicaments

et du matériel médical

membres à ignorer les « sanctions

américaines inhumaines » contre

l’Iran et à faire pression pour

qu’elles soient levées.

La Chine s’est également prononcée

avec force contre les sanctions

américaines contre le Venezuela

et l’Iran. Lors d’une conférence

de presse le 13 mars, un porte-parole

du ministère chinois des affaires

étrangères, Geng Shuang, a

condamné le blocus de Caracas par

Washington.

« A un moment crucial où

les gouvernements et les peuples

«la seule façon de vaincre cette

pandémie, comme nous l’avons

toujours dit, est la solidarité. La

solidarité, la solidarité, la solidarité

[…] Nous sommes une seule race

humaine, et cela suffit en fait.

C’est un ennemi invisible contre

l’humanité.» a déclaré le directeur

de l’Organisation mondiale de

la santé, le Dr Tedros Adhanom

Ghebreyesus

de tous les pays luttent ensemble

contre l’épidémie d’un nouveau

coronavirus, la partie américaine est

cependant déterminée à continuer à

brandir le bâton des sanctions contre

le Venezuela, ce qui va à l’encontre

de l’esprit minimum de l’humanité

», a déclaré le Geng.

Le porte-parole du gouvernement

chinois a également dénoncé

les sanctions américaines contre

l’Iran.

Notant que Pékin avait envoyé

une équipe d’experts médicaux pour

aider l’Iran à contenir le Covid-19,

le ministère des affaires étrangères

a ajouté : « Nous exhortons les

États-Unis à lever immédiatement

la sanction unilatérale sur l’Iran.

Le maintien de la sanction est contraire

à l’humanitarisme et entrave

la réponse de l’Iran à l’épidémie ».

The Grayzone 17 mars 2020

Venesol 19 mars 2020

12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 38 • Du 25 au 31 Mars 2020


Notre Mémoire se Souvient

Harriett Tubman, militante abolitionniste, humaniste et féministe

Par Frantz Latour

Il y a 57 ans décédait Harriet Tubman,

esclave devenue militante abolitionniste

et combattante durant la guerre

de Sécession.

Prénommée d’abord Araminta,

Harriett Ross Tubman est née en 1820

ou en 1821 dans une vaste plantation

du Maryland. Elle était l’une des 11

enfants de Benjamin Ross et de Harriet

Greene, tous deux esclaves, et prit dès

son jeune âge le prénom de sa mère.

Veuve de John Tubman puis de Nelson

Davis, elle n’eut pas d’enfants.

Sa grand-mère, venue d’Afrique

(probablement du Ghana) débarqua

d’un navire négrier dans l’effroi

ségrégationniste du Maryland, à la fin

du XVIII e siècle. La famille qu’elle fonda

fut séparée au gré du commerce d’esclaves.

A l’âge de 5 ans, sa petite-fille,

Harriet, fut louée par une femme qui lui

intima de veiller sur le sommeil de son

enfant. Lorsque celui-ci pleurait, elle se

retrouvait fouettée jusqu’au sang. Sur

sa peau, les cicatrices de ces sévices ne

s’estomperont jamais.

Obligée de travailler aux champs

dès son enfance, elle accomplit des

tâches qui exigeaient force et endurance

; elle subit bon nombre des

sévices qui étaient du reste le lot des

esclaves.

En 1849, à l’âge de 29 ans,

après la mort de son maître, craignant

d’être vendue à un propriétaire d’esclaves

du Sud profond, elle s’enfuit

sans son mari et monta à Philadelphie.

Elle se mit alors à travailler comme

cuisinière dans des hôtels et des clubs

pour financer des excursions clandestines

dont le but était de libérer d’autres

esclaves. Elle utiliserait pour ce faire

le chemin de fer, ce réseau clandestin

plus ou moins organisé de cachettes et

Harriett Tubman, esclave devenue

militante abolitionniste et

combattante durant la guerre de

Sécession. Femme exceptionnelle,

hors du commun, elle aida environ

un millier d’esclaves à fuir le Sud

esclavagiste

de personnes qui aidaient les fugitifs

à passer des États esclavagistes aux

États libres du Nord. Harriet Tubman

retourna une première fois dans les

États esclavagistes en 1850 pour secourir

sa sœur Mary Ann Bowley, de

Baltimore, et les deux enfants de celleci.

Débordante d’énergie et douée

d’un grand sens de l’organisation,

Harriett Tubman excella dans ce genre

de mission. Au début, elle laissait ses

protégés dans les États du Delaware

et de New York ou à Philadelphie.

Cependant, lors de l’entrée en vigueur

du Fugitive Slave Act en 1850, les propriétaires

d’esclaves eurent beaucoup

plus de facilité à poursuivre les fugitifs.

Les esclaves en quête de liberté ne pouvant

plus trouver la même protection

qu’auparavant dans les États du Nord,

Harriet Tubman commença à les conduire

jusque dans le Haut-Canada où

ils pouvaient gagner St Catharines et

compter sur l’aide du révérend Hiram

Wilson, abolitionniste et dirigeant de la

communauté locale de réfugiés.

À l’automne de 1851, Harriet

Tubman s’installa à St Catharines ;

durant sept ans, elle poursuivit ses activités

antiesclavagistes à partir de là.

Membre d’une association interraciale,

la Refugee Slaves’ Friends Society, elle

devint indispensable, non seulement

parce qu’elle conduisait au Canada

des esclaves en fuite, mais aussi parce

qu’elle les aidait à apprendre à vivre libres

dans un nouveau pays. À compter

de 1850, St Catharines connut une

expansion rapide à cause de l’arrivée

des esclaves : quelque 123 familles de

Noirs dès 1855.

De 1852 à 1857, Harriet Tubman

se rendit 11 fois aux États-Unis pour

secourir des fugitifs. Ces excursions

étaient d’autant plus périlleuses qu’un

groupe de propriétaires d’esclaves offrait

une récompense de 40 000 $ à

qui la capturerait, morte ou vivante.

Dans les derniers mois de 1857, elle

accomplit ce qui fut probablement son

voyage le plus risqué : elle alla chercher

ses vieux parents dans le Maryland.

Ces derniers passèrent l’hiver avec elle

à St Catharines. Par la suite, elle les

installa à Auburn, dans l’État de New

York, sur une terre qu’elle avait achetée

de William Henry Seward, sénateur favorable

à la cause des Noirs et futur

Secrétaire d’État d’Abraham Lincoln.

En décembre 1860, Harriet Tubman

se rendit une dernière fois dans

le Maryland pour aller chercher des esclaves.

Pendant la guerre de Sécession,

elle se consacra à la cause de l’Union.

Armée de lettres de recommandation

de certains des citoyens les plus influents

du Massachusetts, elle s’installa

en 1862 près de Beaufort, en Caroline

du Sud. De là, elle aida l’armée de

l’Union durant trois ans en tant que

cuisinière et infirmière.

Avant longtemps, elle avait

formé ses propres troupes d’espions.

Ses hommes partaient en éclaireurs,

cartographient le terrain des futures

batailles et des éventuels chemins de

fuite. Leur expertise s’avéra extrêmement

précieuse pour les régiments de

l’Union. Elle participait par ailleurs aux

combats. Tubman est devenue la

première femme à diriger une opération

militaire armée aux États-Unis dans ce

qui est connu sous le nom de Combahee

Ferry Raid.

Associée au colonel James Montgomery,

un abolitionniste qui commandait

un régiment noir, ensemble,

sur un navire fédéral, le John Adams,

ils ont dirigé deux autres canonnières,

la Sentinelle et le Harriet A. Weed,

pour mener différents raids le long

de la rivière Combahee et sauver des

esclaves. Dans une scène chaotique

de fuite éperdue qui marquera Harriett

à vie, plus de 700 ont échappé à

l’esclavage et se sont rendus sur les

canonnières. Des troupes ont également

débarqué, incendiant des plantations,

des champs, des moulins, des

entrepôts et des manoirs.

En 1868, Seward adressa une

requête au Congrès pour qu’elle reçoive

une pension militaire. La requête fut

rejetée. Cependant, on lui octroya une

pension en 1890, deux ans après la

mort de son deuxième mari, qui avait

servi dans l’armée de l’Union.

Bien qu’Harriett ait été analphabète

et ait eu des problèmes de santé,

elle avait réussi, au fil d’une quinzaine

ou d’une vingtaine de voyages dans les

États esclavagistes, à libérer environ

300 esclaves. Aucun « chef de train »

du chemin de fer clandestin ne fit autant

d’excursions et ne mena autant

d’esclaves jusqu’à la liberté. La lutte ne

prit pas fin après la guerre. La militante

convaincue continua son combat dans

l’antiracisme, puis en faveur du droit

des femmes. A New York, Washington

ou Boston, elle n’arrêta pas de prendre

la parole pour revendiquer leur droit à

voter.

Harriett meurt finalement d’une

pneumonie, le 10 mars 1913, à l’âge

de 92 ans, à Auburn, New York,

dans un hôpital pour Afro-Américains

qu’elle avait elle-même contribué

à fonder. Elle demeure un modèle de

courage, de bravoure, d’ingéniosité,

d’altruisme, d’humanisme que n’oubliera

pas la mémoire collective des

peuples opprimés.

Son portrait devait initialement

figurer sur les billets de 20 dollars

américains à partir de 2020, en

remplacement du président Andrew

Jackson, faisant d’elle la première personnalité

noire ainsi distinguée. Cependant,

en septembre 2017, l’administration

du président raciste, misogyne

Donald Trump remit en question cette

décision. Le projet a été repoussé au

moins jusqu’à 2028. (Le Monde,‎ 24

mai 2019).

Dors, heureuse, Araminta Harriett

Ross Tubman. La lutte continue qui

célèbre ta mémoire.

24 mars 2020

Sources d’information :

Robin Korda, Qui est Harriet

Tubman, la première femme noire sur

un billet américain ? Libération, 21

avril 2016.

Harriett Ross. Dictionnaire biographique

du Canada, Vol. XIV. 1911-

1920

After the Underground Railroad,

Harriet Tubman Led a Brazen

Civil War Raid. History stories. December,

2019.

La mémoire au service des luttes : Abdelmalek Sayad

Par FUIQP & Alain Saint-Victor

Il y a 22 ans, le 13 mars 1998, Abdelmalek

Sayad décédait. Sociologue

et auteur de nombreux travaux sur

l’immigration, il était surnommé le «

Socrate d’Algérie ».

Né en 1933 à Aghbala, commune

de Beni Djellil en Kabylie, région

berbère du nord de l’Algérie, il

fait partie de la petite minorité d’indigènes

accédant à l’école. Instituteur

dans la casbah, il poursuit ensuite des

études à l’université d’Alger où il rencontre

Pierre Bourdieu. Il s’installe en

France en 1963.

Ses travaux renouvellent complètement

l’approche sociologique

traditionnelle du fait migratoire postcolonial.

Il reproche à cette sociologie

son réductionnisme, le fait de tenir

compte seulement de la problématique

de l’immigration, en excluant celle de

l’émigration. Pour lui l’immigration

est un « fait social total » qui doit en

conséquence s’analyser comme émigration-immigration,

deux facettes

d’un même processus.

De même, il déconstruit les approches

fréquentes de l’immigration

en « coûts et avantages ». Cette vision

purement économiste de l’immigration,

qui réduit celle-ci à une nécessité

uniquement économique, ne permet

pas de la saisir dans toute sa complexité.

Pour ce faire, Sayad réintroduit

l’histoire et ses effets qui produisent

des déterminants incontournables

pour comprendre le devenir de l’immigration

postcoloniale en général,

algérienne en particulier.

Sa sociologie est une véritable

rupture avec les approches antérieures

dominées par l’essentialisme et le culturalisme.

Il critique ainsi fortement le

concept d’intégration et son sous-entendu

assimilationniste masquant

les assignations sociales, dont sont

victimes les personnes issues de l’immigration.

Pour Sayad, l’État joue un

rôle important dans la représentation

de l’immigré (comme on peut le

constater actuellement). En ce sens,

l’immigré ne peut être perçu sans tenir

compte d’une certaine politique

d’État. Il en tire une formule qui deviendra

célèbre : « exister, c’est exister

politiquement ».

À propos de Sayad, l’historien

français Émile Temime écrit: Lire

Sayad, c’est entrer avec lui dans

une réflexion sociologique incessamment

renouvelée, même si l’objet de

son étude - l’immigré et l’immigration

- nous semble toujours de même

nature. C’est vivre non pas une sociologie

“immobile’, mais, bien au

contraire, essayer de comprendre un

monde en mouvement, posant par

son existence et par les contradictions

qui sont l’essence même de la

condition de l’immigré, des problèmes

qui sont les nôtre au quotidien... (la

sociologie de l’immigration proposée

par Sayad) oblige à élargir cette

étude et cette réflexion à l’ensemble

de l’histoire sociale, considérée

comme une histoire globale. “Immigrer,

c’est immigrer avec son histoire

[l’immigration étant elle-même partie

intégrante de cette histoire], avec

ses traditions, ses manières de vivre,

de sentir, d’agir et de penser, avec

sa langue et sa religion ainsi que

toutes les autres structures sociales,

politiques, mentales, structures caractéristiques

de la personne ... bref

avec sa culture ».

Les œuvres de Sayad sont

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nombreuses : Le déracinement : La

crise de l’agriculture traditionnelle

en Algérie (avec Pierre Bourdieu) ;

L’immigration, ou les paradoxes de

l’altérité ; Un Nanterre algérien, terre

de bidonvilles ; L’immigration algérienne

en France (avec Alain Gillette)

; La double absence. Des illusions de

l’émigré aux souffrances de l’immigré

; etc.

La pensée de Sayad est d’une

actualité brûlante, surtout à l’heure

actuelle où l’extrême droite, sous

ses différentes formes, utilise le nationalisme

identitaire pour justifier le

racisme et l’exclusion. Ses analyses

sont précieuses pour déconstruire les

discours dominants sur l’immigration.

Repose en paix, frère et camarade.

Merci pour cette contribution à

l’émancipation des peuples dominés.

Texte: FUIQP (Modifications et

ajouts ASV)

Vol 13 # 38 • Du 25 au 31 Mars 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Perspectives

Chine: la stabilité à tout prix

Par Alexandra Panaguli

(Deuxième partie)

Mai était très agréable, c’est-àdire

Shen Hong Mei, la jeune

femme qui nous a guidés vers Wu, la

plus belle des trois gorges du Yangtze.

Nous sommes passés sous le pont

rouge enjambant le grand fleuve. Des

bateaux de fret naviguaient au pied

des 12 sommets de la montagne Wu,

qui s’élevait mystérieusement dans la

brume matinale, correspondant à 12

esprits féeriques. Une pagode est perchée

sur le plus haut sommet, celui de

la Déesse dont la forme incarne Yao Ji,

la plus jeune fille de la Mère céleste.

Avec ses onze sœurs elle a visité la

Terre, a rencontré Yu le Grand dans les

gorges de Wu et l’a aidé à contenir les

fameuses inondations du Yangtze.

Nous n’avons vu nulle part l’Alligator

sinensis, l’une des deux seules

espèces au monde (l’autre étant l’Alligator

américain), également appelé le

«Dragon boueux». Il est l’inspiration

pour le dragon que l’on trouve partout

dans la tradition chinoise où il représente

le pouvoir royal et la bonne

fortune, qui aide et sauve les gens,

contrairement à la terrifiante créature

imaginaire européenne, où «dragons»

était aussi le nom des soldats envoyés

pour cruellement forcer les maisons

protestantes à se convertir au catholicisme

sous Louis XIV, les fameuses

«dragonnades».

En Chine, au contraire, ce reptile

de 2 mètres de long est inoffensif,

habitant dans les marais et les zones

humides autour du Yangtze. Quand

celles-ci ont été remplacées par des rizières,

l’alligator a été en danger d’extinction

avec seulement 130 individus

en liberté. Mais dès 1979, un centre a

été créé entre Nanjing et les villages

Anhui que nous avons visités, à côté

de la ville de Xuancheng: le Centre de

recherche Anhui pour la reproduction

des alligators chinois (ARCCAR), qui

a aidé 10 000 alligators à se reproduire

et les a lentement réintroduits

dans la nature. Dans un autre effort

de sauvetage d’animaux, plus au sud

et toujours le long du Yangtze, les autorités

locales ont largué des tonnes

de poissons et de crevettes pour les

oiseaux affamés du lac d’eau douce

de Poyang – le plus grand de Chine

– dont le niveau avait chuté brusquement

depuis la construction en 1997

du barrage des Trois Gorges – le plus

grand au monde.

Nous sommes passés à des sampans

et sommes entrés dans un chenal

étroit bordé de falaises abruptes

en bois. Mei/May faisait l’effort de

traduire certaines de ses explications,

mais c’était difficile à comprendre en

Désagréables les officiels chinois,

mais il y a beaucoup d’exceptions,

comme ce policier – d’origine

ouïghoure – dans l’immense

nouvelle gare d’Urumqi, la capitale

de la province de Xinjiang, collée

à l’Asie centrale. Photo par

Alexandra Panaguli

raison de son fort accent. La douzaine

de visiteurs étaient tous chinois,

y compris un homme de Kowloon,

Hong Kong qui bien sûr parlait anglais,

la seule beauté de l’empire britannique

étant une langue commune.

Les Chinois accueillent l’étranger

avec des sourires et des questions,

les Européens n’accueillent

tout simplement pas les étrangers.

Au mieux ils les méprisent, au pire

ils les craignent. Pas besoin de lire les

Les visiteurs (tous Chinois) du parc national du lac Kanas sont sophistiqués

et ouverts, totalement équipés en gadgets électroniques et vêtements de

marque. Si différents de notre premier voyage en 1994, quand beaucoup

portaient encore la tenue bleue de Mao. Photo par Alexandra Panaguli.

nouvelles de migrants fuyant la misère

économique et les catastrophes

naturelles, interdits de débarquer dans

des ports italiens ou de franchir des

clôtures hongroises. J’ai récemment

lu l’histoire d’un Belge qui voyageait

dans un train lorsque des réfugiés

sont montés à bord: “Malaise. Je me

recroqueville un peu, vérifie que mon

sac est bien coincé sous mes pieds.

Il me regarde attentivement, re-malaise,

je ne me sens pas en sécurité.

Et puis, il me parle: en réalité il

observait mon magazine et sa thématique

l’intéressait. C’est un jeune

Algérien qui a fui son pays. Cultivé,

presque sans accent «. C’est ce qui

frappe le Belge et catégorise l’Autre.

J’ai tendance à faire le contraire, je

suis attiré par quelque chose de différent,

nouveau, étranger, que ce soit

une personne ... ou un plat!

Le sampan s’est arrêté vers la

fin du chenal et nous avons mis pied

à terre. Mei a flâné un peu avec nous.

Elle vivait dans un petit village à deux

heures à pied de Wushan. Il n’y a pas

de route, seulement un chemin. Ses

parents sont agriculteurs, elle a appris

l’anglais par elle-même et travaille six

mois par an en tant que guide, encore

une très sympathique chinoise.

Je me dois de mentionner le

groupe d’étudiants en art que nous

avons rencontré à Sixi, une des

vieilles bourgades pittoresques. Ils

étaient une cinquantaine, avec 3 ou

4 enseignants, venant de Yongzhou

dans la province voisine du Hunan,

une de ces villes provinciales, avec 5

millions d’habitants en moyenne selon

les normes chinoises. Ils étaient

à Sixi pour une semaine de dessin et

logeaient dans la pension d’État où

nous avions aussi réussi à obtenir une

chambre, très spacieuse pour seulement

200 yuans, moins de 30 dollars,

tout en bois d’acajou et une vue sur

le ruisseau avec une aigrette et une

pagode.

Alors que nous étions assis dans

la grande salle servant de réfectoire,

en début de soirée, les étudiants sont

arrivés, très bruyants, criant, jouant

au ping-pong et au billard. Pendant

trois quarts d’heure ils nous ont ignorés,

puis soudain ils nous ont assiégés

comme une nuée de sauterelles,

nous demandant: «Voulez-vous rester

pour notre fête? » C’était leur dernière

nuit, ils rentraient le lendemain, mille

kilomètres en bus. Un de leurs professeurs

nous a remerciés et souhaité

la bienvenue en Chine, et tous les

étudiants ont bien sûr voulu prendre

des photos avec nous, nous donnant

leur email sur QQ, l’application la plus

utilisée par les Chinois, le 5ème site

internet le plus visité au monde, selon

Alexa, avec à un moment donné

presqu’un milliard de comptes ... À

propos, le nombre d’internautes en

Chine est passé de 22,5 millions en

2000 à 829 millions l’an dernier, loin

devant l’Inde et les Etats-Unis.

«La fête est agréable grâce

à vous», «Vous êtes tous les deux

beaux», nous disaient les étudiants.

Fête signifie bières, des caisses entières

de bouteilles, mais très, très

légère, du jus d’orange, et une sorte

de coca, puis des brochettes illimitées

de viande et de saucisse, d’animal indéterminé,

et des chips de différentes

sortes et couleur, mais de même insipidité,

qu’ils continuaient d’empiler

devant nous. Et l’inévitable karaoké,

puis encore de la bière au point que

certains se sont saoulés. Des adolescents

pleins d’énergie, d’ambition

et de projets, et d’ouverture, prêts à

conquérir le monde. Linda, une étudiante,

nous a accompagnés dans

notre chambre à l’étage pour prendre

une photo de nous trois.

Je n’en croyais pas mes yeux

dans le parc national de Kanas. Avec

mon Nikon D300, je ressemblais à

un être préhistorique, la plupart des

Chinois avaient des bazookas comme

j’appelle ces objectifs extra-longs et

extra-gros. Et plus d’un, avec trépieds,

mètres, tous les gadgets électroniques

les plus modernes que l’on

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peut trouver sur le marché, vêtus de

vêtements élégants et de marque, bien

nourris et souriants. Ils sont devenus

très sophistiqués, ouverts et désireux

d’acheter des produits occidentaux,

si différents de la première fois que

nous y sommes allés, en 1994, quand

beaucoup portaient encore la tenue

bleue de Mao.

Ils font partie des 400 millions

de la classe moyenne, capables de

dépenser quelques milliers de yuans

pour voir un paysage occidental dans

le coin le plus au nord du pays. Paysage

magnifique au fait, mélèzes de

Sibérie, pins coréens, sapins et bouleaux,

le seul endroit où on peut les

voir en Chine, et le tout dans leur robe

d’automne colorée, avec au milieu, un

lac bleu turquoise, long et très étroit,

la source de la rivière Burqin qui se

jette dans la Ertix/Irtysh, la seule rivière

chinoise aboutissant à l’océan

Arctique.

Nous pourrions mettre les fonctionnaires

dans cette classe moyenne.

Dans la London Review of Books de

juin 2019, il y a un article morose,

dans lequel son auteur, Long Ling,

décrit un univers d’ennui, où ses pairs

travaillent dans des «édifices gouvernementaux

majestueux» ou des

hôpitaux publics, habitent dans des

«boîtes communautaires en béton»,

«15 bâtiments identiques, avec huit

appartements sur chacun de leurs 28

étages», construits par le gouvernement

et vendus aux fonctionnaires à

meilleur marché que dans le privé, où

Tel: 718-434-0202 / 718-869-1501

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“Giving care, one patient at a time.”

les résidents se parlent à peine, et occasionnellement

se suicident quand ils

sont «interrogés», soupçonnés d’avoir

reçu des pots-de-vin.

Je pourrais décrire pareille morosité

quand j’enseignais le français

au 55e étage du (vieux) World Trade

Center de New York où j’arrivais peu

après 17 heures et risquais d’être

englouti par une mer sans fin d’employés

quittant les gratte-ciels et se

précipitant à la hâte vers une dizaine

d’escaliers mécaniques menant au

train souterrain PATH vers le New Jersey,

et finalement à leurs maisons de

banlieue que je n’appellerais pas «des

Des bateaux de fret naviguent sur le grand fleuve Yangtze, au pied des 12

sommets de la montagne Wu qui forme une de ses fameuses gorges. Photo

par Alexandra Panaguli

boîtes communautaires en béton”

mais des “communautés dortoirs «. Ils

avaient un exutoire à leur ennui du

week-end: les centres commerciaux,

qui, avec la myriade de panneaux publicitaires,

camouflent le vide de leur

existence et s’efforcent de donner un

but à leur vie monotone. En France

on appelle ce style de vie: boulot-métro-dodo.

La lutte contre la corruption est

en effet en plein développement en

Chine. «Ces dernières années, le président

Xi Jinping a imposé de nouvelles

restrictions. Le comité central du parti

a non seulement réprimé les ‘grands

tigres’, mais a également demandé

à tous les fonctionnaires de rendre

compte en détail de leurs biens familiaux,

de leurs relations politiques, de

leurs activités sociales et des membres

de leur famille. Les passeports privés

ont été retirés».

Dr. Kesler Dalmacy

1671 New York Ave.

Brooklyn, New York 11226

Tel: 718-434-5345

Le docteur de la

Communauté Haïtienne

à New York

14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 38 • Du 25 au 31 Mars 2020


In memoriam

Disparition de Guy Montoban, un acteur de la Communauté haïtienne de Paris !

Par Wiener Kerns Fleurimond

De part et d’autre de l’Atlantique

et des quatre coins du monde,

les êtres humains restent confinés

afin d’échapper à la pandémie d’un

virus, le Covid-19, plus connu sous

le nom de Coronavirus qui n’épargne

aucun pays, aucun individu. Il ne fait

aucune distinction. Que vous ayez

la peau noire ou blanche, que vous

soyez riche ou pauvre, le confinement

total demeure la meilleure, sinon, la

seule solution pour échapper à ce virus

qui peut vous tuer quelques jours

après vous avoir contaminé. Ainsi, de

Paris à Port-au-Prince, on reste à la

maison. Justement, c’est blotti chez

moi le samedi 21 mars 2020 que j’ai

reçu un appel de Paris du journaliste

et ami Maguet Delva qui s’inquiète

toujours dès qu’il n’a pas de mes nouvelles.

Cela tombe bien ; moi aussi je

voulais m’enquérir des nouvelles de

tous mes amis à travers le monde par

ces temps de grandes inquiétudes. Au

bout du fil, il me rassure que tout va

bien et je lui rends la politesse tout

en lui remerciant d’avoir pensé à moi.

Mais, brusquement, le timbre de

sa voix change. D’un ton laconique et

sec il m’annonce : mon cher Fleurimond,

tu sais, Guy Montoban est

mort. Après quelques secondes, comme

si j’étais en apnée, je lui réponds

: quoi ? Quel Guy ? Et il répond cette

fois d’un ton calme et clair : oui, Guy

Montoban que tu connaissais, Guy, le

militant de la Communauté haïtienne

de Paris. Maguet qui est le journaliste

haïtien le mieux informé de la capitale

française venait, en fait, d’apprendre

la nouvelle du décès le matin même

de cet infatigable militant politique et

Guillot « Guy » Montoban victime du Coronavirus en France

communautaire qu’était Guy Montoban

qu’on appelait aussi Guillot. A

dire vrai, je ne voulais pas faire foi

à cette terrible nouvelle par ce temps

de folie où on voit partir l’un après

l’autre, tous les amis, les camarades

de lutte d’ici et d’ailleurs. Il fallait que

la nouvelle se répande comme une

trainée de poudre sur les réseaux sociaux

pour que j’accepte cette funeste

vérité. Guy (Guillot) Montoban nous

a bel et bien quitté à seulement 55

ans.

Dans la région Ile-de-France et

à Paris en particulier, quel haïtien ne

connaissait pas Guy, ce grand gaillard

à la tête de bronze, affable et souriant,

un amoureux fou de football,

toujours prêt à aider ses compatriotes

en difficulté ? Guy était toujours sur

les brèches et s’occupait à secourir

ses frères et sœurs haïtiens arrivés en

France dans les années 90 dépourvus

de tout. De l’ambassade d’Haïti à Paris

à l’Office Français de Protection des

Réfugiés et Apatrides (OFPRA), Guy

était un globetrotter qui ne ménageait

pas son courage, son temps et même

son argent afin de permettre à ces

nouveaux arrivants sur le sol français

de bien s’intégrer. Etant militant engagé

dans le processus de réhabilitation

du nom de son pays natal en

Europe, Guy ne ménagea point son

courage pour collaborer avec moi

dans des projets de médias et communication

pour la Communauté haïtienne

de France.

Certains l’ignorent, Guy

était l’un des premiers avec qui j’avais

discuté de la possibilité de trouver un

lieu, un cadre spécifique afin d’informer

nos compatriotes de ce qui se

passe en Haïti après l’aventure de la

Radio Mouvance et Fréquences Alizées

à Paris avec Wilner Augustin et

d’autres à la fin des années 80. Guy

Montoban est à l’origine, avec moi

en compagnie de Bernier Naissant,

Adrienne Gilbert, Smith Bien-Aimé

(ZiZi) et j’en passe de la création du

Forum Haïti Nouvelle (FHN) à Paris

; cette association à but non lucratif

qui présentait chaque dimanche au

120 rue de Charonne dans le 11e

arrondissement de Paris une Conférence

débat et d’information sur

Haïti en faveur de nos compatriotes

vers les années 90. Militant progressiste,

Guillot faisait aussi partie

de mon équipe à l’époque où j’étais

correspondant permanent et responsable

en Europe du journal Haïti Progrès.

Guy était l’un des responsables

de la distribution de ce journal dans

la région parisienne tout comme le

très connu et actif militant politique

et associatif Jean-Smith Joseph, bien

avant la création en 2004 du journal

Haïti Tribune dont celui-ci est l’un

des cofondateurs. Ce sont des hommes

de conviction, des militants qui

demeureront des modèles de fidélité,

de combativité et d’exemple pour la

Communauté haïtienne.

Tous se souviennent que ce

militant de la première heure fut de

tous les combats pour la cause de

la démocratie en Haïti. Guy Montoban

fut l’un des premiers à répondre

présent en 1991 à l’appel des leaders

de la Communauté (Etzer Charles,

Eliott Roy, Pasteur Numa Jean Marc,

W.K. Fleurimond, etc.) pour la prise

de l’ambassade d’Haïti à Paris à

l’annonce du sanglant coup d’Etat

militaire contre le Président Jean-Bertrand

Aristide. Comme tous les héros

de cet exploit inédit en France, Guy a

pu tenir bon jusqu’au bout, c’est-àdire,

durant les trois longues années

qu’on avait occupé la Légation haïtienne

de la rue Théodule Ribot dans le

17e arrondissement de Paris. Guillot

était l’un des animateurs du Comité

de Soutien pour le retour du Président

Jean-Bertrand Aristide en 1994. Il

faisait partie des acteurs de la Communauté

haïtienne de France. D’ailleurs,

son nom figure en tant que tel

dans mon ouvrage consacré en 2003

à cette communauté. La mort de Guy

Montoban est une perte énorme et

irremplaçable pour les Haïtiens de

France.

Sa disparition laissera à n’en

pas douter un grand vide non

seulement pour sa famille, sa femme,

sa fille, ses amis et ses camarades de

lutte, mais aussi pour l’ensemble de

la Communauté haïtienne qu’il a tant

servie. Au nom de la Communauté

haïtienne de France, des associations,

entre autres, ATHP (Association des

Taxis Haïtiens de Paris) et des journaux

progressistes auxquels il a

collaboré avec dévouement et désintéressement

durant des années pour

le respect des principes fondamentaux

: liberté, démocratie et progrès,

je présente toutes mes sincères condoléances

à l’ensemble de sa famille

si dûment éprouvée par cette disparition

brutale dans cette conjoncture

de Covid-19 où malheureusement,

pas grand monde, sinon personne,

ne pourrait jamais lui rendre l’entier

hommage qu’il mérite bien. Mon

ami, mon camarade Guy, militant

conséquent, je te souhaite bonne

route pour ce grand voyage sans retour,

sache que tous les Haïtiens de

France te sont reconnaissants.

W.K.F

C’est ce qu’ils veulent faire aux

Etats-Unis avec Trump – le plus gros

tigre de tous – qui essaie frénétiquement

de cacher ses déclarations de revenus,

entre autres méfaits majeurs.

C’est évidemment aussi une façon de

contrôler autant de personnes et autant

que possible

Cette Long Ling voyage à

l’étranger, représentant la Chine dans

des conférences internationales. Elle

a commencé son article en décrivant

un dîner officiel avec quatre délégués

étatsuniens du Département d’État et

de l’Environmental Protection Agency

(EPA) au cours duquel elle et ses

collègues ont commenté le danger du

pont Guangqumen à Beijing. Je suis

sûr que les Etatsuniens avaient leurs

propres histoires sur les agressions

aux États-Unis ou, pire, le démantèlement

de l’EPA, mais je doute qu’ils en

aient parlé au cours de ce dîner.

* * *

En repartant de Kanas, en raison

de la neige précoce et inattendue

(nous étions encore en septembre), il

n’y avait pas de bus public. Après un

certain temps nous avons trouvé de la

place avec deux femmes dans un taxi

collectif, qui a profité de la météo pour

demander le double du prix. Mais il

était bon enfant. Tong Yun Lian, la

plus jeune passagère, le faisait arrêter

chaque fois qu’elle voyait une situation

inhabituelle, une grande étendue

de neige ou une vache ou un sapin

ou une yourte (avec panneau solaire).

Et hop, elle descendait et prenait des

photos et riait et parlait sans arrêt,

demandant au chauffeur de la prendre

en photo pendant qu’elle sautait

et faisait des pirouettes dans la neige.

Elle aussi nous a donné son numéro

QQ.

Évidemment là-haut on n’a

pas vu un seul Occidental. Ceux-ci

cherchent plutôt un décor typiquement

chinois et non alpin ou forestier,

surtout pas un endroit envahi par

des hordes de visiteurs. Les quelques

étrangers qui y vont se plaignent invariablement

du manque de tranquillité.

Moi, les touristes chinois ne me

dérangent pas du tout, ils sont fort

sympathiques et, après tout, c’est normal,

c’est leur pays, et ils ajoutent leur

touche locale.

J’avais pensé que la région serait

très déserte. Nous avions manqué

cette partie du Xinjiang en 2008 lors

de notre voyage le long du 40ème

parallèle nord, quand, après Urumqi,

nous avions continué directement

vers l’est et le centre du pays. Par la

suite j’ai lu sur cette partie nord du

Xinjiang, appelée Djungarie, un mot

mongol qui vient du khanat de Djungar,

une chefferie nomade des steppes

au 17ème siècle. Cela semblait mystérieux,

sauvage, de vastes steppes ouvertes,

comme en Mongolie. Au lieu

de cela, c’était comme un paysage autrichien

fermé, des forêts et des montagnes

et un lac aux eaux turquoises,

et une route pleine de caméras gouvernementales

au lieu d’une piste de

sable, pleine de voitures au lieu de

chameaux (bien que nous en ayons

vu dans la plaine), pleine de policiers

au lieu de bergers.

La région était peu peuplée par

les nomades Dzungar, des bouddhistes

tibétains. Elle est géographiquement,

historiquement et ethniquement

distincte du bassin du Tarim au

sud des montagnes Tianshan, où des

agriculteurs musulmans turcophones

sédentaires habitent dans des oasis,

maintenant connus sous le nom de

peuple ouïghour. Les deux parties ont

été unifiées en 1884 en la province

dite autonome du Xinjiang, mais elles

gardent leurs différences, comme les

Flamands catholiques néerlandophones

au nord de la Belgique et les

Wallons socialistes francophones du

sud, souvent incapables même de former

un gouvernement. Ce n’est pas le

cas de la Chine où l’unité est essentielle

pour les Hans au pouvoir.

* * *

Après Kanas, changement total

de décor à Nanjing où habite notre

amie Rose, une de ces énormes

métropoles de plus de 8 millions d’habitants,

bien que petite à côté des 24

millions de Shanghai. Et bien, le centre

commercial souterrain de Xinjiekou

(à côté d’une station de métro avec

25 sorties) est vraiment étonnant,

plein de magasins chics (Gucci, Yves

Saint Laurent, Louis Vuitton, Bvlgari,

Cartier, Dior, Hermes, Chanel, Prada,

Tiffany & Co. etc.), et des lieux de

restauration et même un supermarché

Walmart (l’un des 431 magasins exploités

par la société en Chine). Et on

ne pouvait presque pas bouger car il

y avait des milliers de jeunes et très

jeunes gens se promenant, faisant du

shopping ou mangeant.

Rose nous a emmenés dans un

endroit très coquet pour le petit déjeuner

(ne me demandez pas ce que nous

avons mangé, mais c’était savoureux

et différent de tout ce que nous avions

jamais mangé en Chine) et dans un

autre très populaire pour le dîner,

spécialisé dans la cuisine du Shanxi,

où tout était délicieux, mouton, aubergines

et haricots verts, épinards,

nouilles spéciales.

Énorme aussi était le musée national,

nous en avions visité une partie

sous la pluie en 2008 avec Tom et

nous en avons revu une partie sous

la pluie avec Rose. Je vous l’ai dit, le

temps est moche à Nanjing. Il y avait

beaucoup de monde dans la rue, avec

des imperméables colorés, et beaucoup

de gens sur les trottoirs, avec des

parapluies colorés, contrairement à la

visite du Grec Kazantzakis dans les

années 1930 quand les rues étaient

désertes chaque fois qu’il pleuvait:

«Quand il pleut, les Chinois croient

que le Ciel rencontre la Terre. L’élément

masculin du monde, le Yang, et

la femelle, le Yin, s’unissent, et c’est

un sacrilège de sortir quand il pleut et

de passer entre le couple».

* * *

Voilà pour le bon peuple de

Chine, mais les officiels eux sont

nuls. Bien que la police de la frontière

Chine-Honk Kong n’était pas de mauvais

types, plus perplexes qu’autre

chose. Et à la gare d’Urumqi, deux

policiers étaient carrément très amicaux

et ont posé avec nous. L’un

d’eux, un Ouïghour, nous a escortés

jusqu’à la sortie alors qu’il faisait froid

et qu’il tremblait.

Quand j’y pense, les responsables

étatsuniens et européens

peuvent aussi être très menaçants et

sauvages. On a d’innombrables cas de

brutalité policière féroce, dont un des

plus extrêmes à l’encontre des manifestants

pacifiques lors du sommet G8

à Gênes en 2001 où des centaines de

personnes ont été vicieusement battues

par les carabinieri italiens. C’est

plutôt la rudesse qui semble caractériser

les mœurs en Extrême-Orient.

Nous nous souvenons d’une femme

contrôleur de bus à Ulaan Bator en

Mongolie donnant des coups de pied

aux passagers qui se trouvaient sur

son chemin, et un vendeur d’un marché

ouvert me donnant un terrible

coup de poing dans le dos parce que

j’avais involontairement enjambé son

stand. Les responsables des chemins

de fer chinois canalisent les foules

dans les gares d’une poigne forte et

avec maintes grilles. À Urumqi, aux

passages pour piétons, il y avait deux

femmes portant des bannières rouges

avec une inscription et deux autres

femmes avec des sifflets tentant d’arrêter

ceux qui passaient au rouge. Une

vraie campagne d’éducation.

De plus, les Chinois ne comprennent

tout simplement pas ce qui

leur est étranger (les êtres humains

se sentent généralement menacés par

l’inconnu), et ils ont également une

phobie sur tout ce qui pourrait troubler

le calme relatif de la population. De

manière caractéristique, après nous

avoir interrogés pendant deux heures

à la frontière Honk-Kong-Chine, ils

se sont excusés en disant que c’était

pour nous protéger et protéger la population

chinoise.

(Par ailleurs, après l’assassinat

par drone étatsunien du général iranien

Qassem Soleimani début de l’année,

les agents frontaliers des États-

Unis ont détenu et interrogé pendant

des heures des Irano-Américains revenant

du Canada. Leur porte-parole

Michael Friel a dit que c’était «pour

sauvegarder notre sécurité nationale

et protéger le peuple étatsunien».)

La soi-disant sécurité est devenue

une obsession partout sur la

planète, en particulier contre tout ce

qui est musulman. Au point que les

autorités chinoises ont interdit il y

a quelques semaines l’écriture et les

symboles arabes (tel le croissant)

dans les restaurants halal et les stands

de nourriture (environ 1000 d’entre

eux rien qu’à Beijing).

(A suivre)

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Vol 13 # 38 • Du 25 au 31 Mars 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (6)

pou yo jwenn avantaj bab ak moustach.

Yo lage tankou chen fou ap mande

nan non popilasyon an. Non sèlman

yo fin dilapide lajan Petwokaribe a ki

te pou fè lopital, sant sante, dispansè

elt… pou konstwi bonjan kay epi mete

enfrastrikti pou moun kapab jwenn

dlo, asenisman ki te kapab pèmèt popilasyon

an fè fas kare ak maladi a ;

yon fwa menas maladi a rive, boujwa

nan divès sektè tankou famasi, makèt,

ponp gazolin, gwo magazen ak gwo

boutik elt… gen tan monte pri pifò

pwodui pou yo kapab fè lajan sou enkyetid

ak laperèz maladi a kreye lakay

popilasyon an. Alòske bwat 100 grenn

klowokin nan (ki gen 10 plakèt 10) t

ap vann 500 goud nan mwa fevriye a,

jounen jodi a gen famasi ki vann yon

plakèt 10 grenn klowokin 750 goud.

Nou pran yon sèl egzanp nan domèn

sante men nou ta gen dwa pran plizyè

lòt egzanp pwodui, nan menm domèn

sante a oswa nan lòt domèn tankou lamanjay,

ijyèn elt...

Pi gwo rezon ki eksplike se

opsyon laterè Laboujwazi, klas dominan

yo ak enperyalis la chwazi pou

Ayiti, se paske yo « freak out » pwojè

popilè a. Malgre tout limit ak tout feblès

mobilizasyon ki te kòmanse 6-7 jiyè

2018 la, malgre limit batay Petwokaribe

a, li rive panike yo. Yo pè wout mobilizasyon

a t ap pran ni pawòl chanje

sistèm ki te tounen chanson mouvman

an. Nan sans sa, Kowonaviris la se

tankou yon benediksyon pou pouvwa

bandi legal la ak boujwazi lokal

la kontwole mas pèp la. Pou fini, n ap

jis fè tout militan pwogresis sonje jan

Maximilien Laroche te ekri sa : « Se nan

chimen jennen yo fè lagè ! » Pa gen

wout pa bwa! Batay la dwe kontinye

sou tout teren !

Kolektif kanmarad

Janil Prezan Mas 2020

Alaso vol 4 # 1, Janvye-Mas 2020

Suite de la page (7)

ridiculiser. De l’humilier. L’arme du suicide

est souvent utilisée par les grands chefs

militaires pour disparaître dans la dignité,

pour mourir de manière honorable,

après une cuisante défaite sur le champ

de bataille. Les samouraïs s’éventraient

avec leur sabre ou leur poignard. Hitler ne

termina pas son existence comme Mussolini.

Il se tira lui-même une balle dans

la tête. Alors que pour Benito Mussolini,

la honte l’accompagna aux portes des

ténèbres. Son cadavre, comme celui de sa

compagne, fut profané par les partisans le

28 avril 1945 à Giulino di Mezzegra, en

Italie. Le « Duce » n’eut pas le temps d’accomplir

l’acte ultime sur lui-même et par

lui-même. Quelques jours avant de rendre

son dernier soupir, l’empereur déchu

des Français déclara : « Bientôt, je serai

oublié. Si un boulet de canon lancé du

Kremlin, m’avait tué, j’aurais été aussi

grand qu’Alexandre et César… au lieu

qu’à présent, je ne serai presque rien

[6]… » Ce ne fut pas la mort qui préoccupait

Napoléon Bonaparte. Mais plutôt,

comment le moment fatidique allait se

présenter à sa porte, sur cette île éloignée

du monde, coupée des membres de sa famille,

qui livrait son corps et son âme aux

démons de l’ennui. Les héros, on les voit

même dans les livres, au théâtre, au cinéma,

ne meurent pas souvent dans leur lit.

Nous connaissons, presque tous, le courage,

la bravoure de Napoléon Bonaparte

sur les champs de bataille. Il partageait les

risques de ses soldats. Il s’exposait aux

tirs des canons, le plus souvent, comme

eux. Alexandre le Grand, non plus,

n’est pas mort au combat. Il fut emporté

par la maladie à l’âge de 32 ans. Jusqu’à

présent, la médecine n’est pas arrivée à

se mettre d’accord sur les causes réelles

du décès du fils de Philippe II de Macédoine.

Certains chercheurs parlent de

paludisme, d’autres de fièvre du Nil, de

maladie neurologique auto-immune,

d’ulcère d’estomac… Vraisemblablement,

Napoléon voulait ressembler à Alexandre

le Grand; c’est-à-dire : laisser son nom à

la postérité comme l’un des plus grands

conquérants de tous les temps. Mais

Blücher, à Waterloo, stoppa son rêve, son

élan et ses ambitions.

Napoléon et Toussaint : un seul et

même destin

Comme Alexandre le Grand qui fit de

bonnes études sous la direction de son

précepteur Aristote, Napoléon comprit très

tôt que le chemin de son avenir passait

par une bonne formation académique.

Il dévorait les livres de trigonométrie,

de physique appliquée, de chimie, de

mathématiques… L’essayiste russe, Dimitri

Merejkovski rapporta l’un de ses témoignages

dans son ouvrage « Le roman de

Napoléon », à la page 43 : « Savez-vous

comment je vivais? C’était en ne mettant

jamais les pieds ni au café, ni dans

le monde; c’était en mangeant du pain

sec, en brossant mes habits moi-même,

afin qu’ils durassent plus longtemps.

Pour ne pas faire tâche parmi mes camarades,

je vivais comme un ours dans

ma petite chambre, avec mes livres, alors

mes seuls amis. Et ces livres? Par quelles

dures économies, faites sur le nécessaire,

achetais-je cette jouissance [7]? »

Et à sa mère, Bonaparte déclara

un jour dans une lettre : « Je ne m’habille

que tous les huit jours, je ne dors que très

peu depuis ma maladie; cela est incroyable.

Je me couche à dix heures et je me

lève à quatre heures du matin. Je ne fais

qu’un repas par jour. Cela fait très bien

à la santé [8].» Tout prédestinait le fils

de Maria Letizia Bonaparte à une carrière

politico-militaire spectaculaire. Nous hésitons

à écrire extraordinaire. Il n’y avait

pas de place dans le cœur de Napoléon

pour la pitié. Sur la quatrième de couverture

du livre de Merejkovski, nous lisons :

« Orgueilleux, insatisfait, fils et fossoyeur

de la Révolution, Napoléon se bat

au nom d’idéaux de liberté, met l’Europe

à feu et à sang, élève la France malgré

elle avant de la plonger dans la misère

et l’anéantissement. Car Napoléon est

l’ambition humaine, vécue jusqu’à l’extrême

[9]. » Pour satisfaire son orgueil

personnel, l’Empereur étourdi pouvait

sacrifier la moitié de ses soldats au combat.

Ce belligérant, impassible, vaniteux

et prétentieux, était incapable du moindre

élan d’humanité envers autrui. Devant

les cheikhs du Caire, lors de la campagne

d’Égypte, il claironna : « Souvenez-vous

que je marche accompagné du Dieu de la

victoire et du Dieu de la guerre. » C’est

l’armée indigène, commandée par Jean-

Jacques Dessalines, qui viendra enlever

définitivement ces mots de vantardise

de la bouche du général, avant sa défaite

à Waterloo. Bonaparte confondait le

Bon Dieu et le Diable. C’est le dernier qui

marchait à ses côtés. Au moment de son

trépas, il poussa un grand cri et prononça

deux mots : « France…! Armée!... »

Puis rendit l’âme dans les bras du comte

Charles de Montholon, son exécuteur

testamentaire, son homme de confiance.

Dans ses délires, il ne citait pas le nom

du général indigène Toussaint Louverture

qu’il avait condamné à la souffrance

mortelle au fort de Joux, dans les montagnes

du Jura. Il ne pouvait certainement

pas oublier une déportation aussi

douloureuse, aussi cruelle. Tellement inhumaine.

Cet assassinat classique d’un

niveau de crapulerie nauséeuse restait

probablement éveillé quelque part dans

sa mémoire bouleversée, à moitié éteinte

par le chagrin et la nostalgie de Paris.

Peut-être, entendait-il encore résonner

ces cris agaçants, cette voix autoritaire

et fière qui n’avait pas cessé de déchirer

le voile de la nuit frileuse et grinçante,

jusqu’à sa complète extinction : « Bonaparte,

Bonaparte! Rends-moi-ma femme

et mes enfants! » Lui aussi, Napoléon,

aurait pu prononcer ces mêmes paroles.

Louis Arnold Laroche [10] nous a laissé

en héritage ce beau poème qui retrace les

souffrances du Général indigène dans la

prison de Napoléon, Les Plaintes de

Toussaint Louverture, dont nous vous

rapportons un extrait éloquent :

«Dans un sombre cachot au fort de Joux,

en France

Languissait un vieux noir qu’admirait

l’univers

Trahi par les Français, jaloux de sa vaillance

Le noir fut dans ce fort jeté les pieds au fer.

Méprisant d’un consul l’atroce barbarie

Il répétait toujours:” Je meurs pour mon

pays!”.

Mais une nuit, pensant au ciel de la patrie,

A sa femme, à ses fils, à ses champs de

maïs

Le guerrier s’écria dans un accent sincère:

“O mon pays! Mon coeur à tes doux souvenirs,

Ne peut gémir encore sur la terre étrangère

La voûte du cachot entend trop mes soupirs.

Le général français qui fait la guerre au

monde,

De son prisonnier noir connait-il les tourments?

Hélas! Il m’a jeté dans cette fosse immonde!

Bonaparte, rends-moi ma femme et mes

enfants! »

L’histoire, d’une certaine façon,

n’aurait-elle pas réservé la même fin à

Napoléon et à Toussaint, qui défendaient,

chacun de son côté, la gloire, les intérêts

et les préoccupations de son peuple? Et

encore, peut-on utiliser le terme « gloire »

pour les malheureux esclaves qui s’étaient

jetés dans une lutte acharnée contre des

fauves blanches, rien que pour pouvoir

rester en vie? Mieux encore : rien que pour

reconquérir la dignité de l’existence humaine,

selon les principes philosophiques

et idéologiques de Montesquieu, de Rousseau,

de Kant, de tous les contractualistes

de l’époque des Lumières? Dignité : c’est

bien le mot que nous cherchions. Sortir,

se libérer de l’esclavage cruel, n’est point

une « gloire ». C’est un « devoir » envers

soi-même. Envers tous les êtres humains,

qui doivent vivre libres et égaux

dans la nature. Personne, aucun peuple

ne doit accepter d’exister sous la domination

d’un individu, d’un État, d’un

gouvernement. ET c’est à partir de là que

la haine a pris naissance chez Caonabo,

Henri, Geronimo, Makandal, Dutty Boukman,

Toussaint Louverture, Jean-Jacques

Dessalines, Sanite Belair, Claire Heureuse,

Défilé, Alexandre Pétion, Catherine

Flon, Capois, Boisrond-Tonnerre… Nous

aussi, sommes traversés par ces mêmes

sentiments d’hostilité envers ceux-là,

les bourreaux qui ont assassiné la reine

Anacaona, les prédateurs cannibales qui

ont suivi les traces de La Santa Maria, de

La Pinta et de La Niña en Amérique, les

impérialistes qui nous haïssent, les néocolonialistes

qui ont juré de nous détruire,

pour se venger de nos ancêtres qui les ont

déshonorés, « ignominisés » le 18 novembre

1803, à Vertières.

Bonaparte mourut en captivité

à l’île Sainte-Hélène. Un trépassement

agité. Les criminels ressassent toujours

leurs forfaits, revoient toujours le visage

de leurs victimes avant de traverser,

comme les fidèles disent dans la religion

vaudou. Enfant, nous avons entendu

notre grand-mère raconter les derniers

moments d’une vieille boutiquière qui

habitait dans le quartier et qui ressemblait

à une vieille sorcière. Les adultes disaient

qu’elle se transformait la nuit en loup-garou

pour enlever les enfants dans leur lit,

et les manger comme le loup de Gubbio.

Un jour, la sexagénaire était « in articulo

mortis » (à l’article de la mort). Elle

s’agitait et délirait. Elle répétait dans un

état d’inconscience les noms de tous les

gamins disparus, qui avaient subi sa malfaisance

mortifère. Une mère de famille

rapporta même devant nous que la vieille

avait cité le nom de sa petite fille décédée

mystérieusement à l’âge de 6 ans.

L’empereur dictateur avait vu juste.

L’historiographie mondiale ne le compare

pas à Alexandre le Grand et à Caius Julius

Caesar Divus dit César. Le « Monstre

» dort dans les ténèbres comme un

vulgaire conquérant, un Néron qui utilisait

les chiens, – à la place des lions –,

pour faire dévorer les esclaves africains de

Saint-Domingue, avant l’aboutissement

glorieux de l’insurrection armée conduite

par Jean-Jacques Dessalines.

Robert Lodimus

(À suivre)

_________________________

Notes et Références

[1] La Bible, Matthieu 16 :26

[2] Emmanuel d’Astier, écrivain et

ex-ministre du gouvernement provisoire

français en 1944, Comment se fait un

dictateur…

[3] Gilbert Cesbron, Journal sans

date, page 167, Éditions Robert Laffont,

1963.

[4] Albert Camus, La peste, page

279, Éditions Gallimard, 1947.

[5] Jean Giono, Le hussard sur le

toit, Gallimard en 1951, adapté au cinéma

en 1995 par le réalisateur français

Jean-Paul Rappeneau

[6] Dimitri Merejkovski, Le roman

de Napoléon, Éditions France Loisirs,

2005.

[7] Dimitri Merejkovski, Le roman

de Napoléon, page 43, Éditions France

Loisirs, 2005.

[8] Dimitri Merejkovski, Le roman

de Napoléon, Éditions France Loisirs,

2005.

[9] Dimitri Merejkovski, Le roman

de Napoléon, Éditions France Loisirs,

2005.

[10] Louis Arnold Laroche, Les

Bluettes, septembre 1884.

Suite de la page (4)

xpliqué toutes mes péripéties. A chaque

fois, j’ai répondu : Madame la Ministre,

je dirai la VÉRITÉ !

Bizarrement, quelques temps

après ce refus d’exécuter la demande

de la Ministre, Tonton Bicha sort une

vidéo, aussi grotesque qu’ignoble, dans

le but de me disqualifier. L’essentiel de

ce qu’a dit Tonbon Bicha a été récité

copieusement par monsieur Joseph

Jouthe.

Je regrette de me voir obligé de

défendre MON HONNEUR, en relatant

ces faits, à un moment, où l’union

sacrée nationale doit être le leitmotiv de

chaque Haïtien. Le Coronavirus est une

réalité, à laquelle le mensonge ne peut

résister. Le moment doit être réservé

à tout ce qui est force, courage, patriotisme,

engagement et détermination,

sauf aux polémiques stériles et irresponsables.

Serrons les rangs et retroussons

nos manches pour mener la guerre contre

l’introduction du Coronavirus dans

notre pays. Force Haïti, Vive Haïti !

MÈSI tout moun ! Lavi pou tout

moun !

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16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 38 • Du 25 au 31 Mars 2020


A Travers le Monde

Réponse des « médecins pour Assange »

au ministre australien Marise Payne

Un juge libère Manning après une tentative

de suicide et inflige une amende de 256 000

dollars à ses partisans

Par Caitlin Johnstone

Doctors For Assange

Des médecins avertissent que Julian

Assange est exposé à un risque accru

de coronavirus ; réfutent la réponse du

gouvernement australien à leurs lettres.

La ministre des affaires étrangères (Australienne)

Marise Payne nie les violations

des droits de l’homme contre Julian

Assange, défiant les appels croissants

des experts médicaux et des droits de

l’homme pour sauver la vie d’un citoyen

australien.

Près de 200 médecins du monde entier

- dont le Royaume-Uni, l’Australie, la

Suède et les États-Unis - ont aujourd’hui

rejeté les affirmations du gouvernement

australien selon lesquelles l’éditeur de

WikiLeaks emprisonné, Julian Assange,

bénéficie d’un traitement et d’un procès

équitables au Royaume-Uni.

Dans une lettre adressée au ministre

australien des affaires étrangères,

Marise Payne, publiée aujourd’hui, Doctors

for Assange déclare que le gouvernement

australien doit tenir compte des

appels croissants des autorités médicales,

juridiques et des droits de l’homme pour

qu’il intervienne afin de garantir la liberté

et de protéger la vie du journaliste australien,

plusieurs fois primé.

Compte tenu de la propagation de

COVID-19, les médecins écrivent : « Le

président de l’Association des Gouverneurs

de Prisons ayant averti que les

prisons sont des “terrains fertiles” pour

le coronavirus, la vie et la santé de Julian

Assange sont plus menacées en raison

de sa détention arbitraire pendant cette

pandémie mondiale ».

Doctors for Assange souligne le devoir

du gouvernement australien de s’opposer

à la détention arbitraire de Julian

Assange et de répondre à ce que l’Institut

des droits de l’homme de l’Association internationale

du barreau a qualifié de “choquant

et excessif” le mauvais traitement

infligé à Assange lors de son audience

d’extradition en février.

Le mois dernier, le gouvernement

australien a répondu à une lettre du 15

décembre 2019 de plus de 100 médecins

qui avaient averti, avant même l’épidémie

de coronavirus, que la vie d’Assange était

menacée en raison de près d’une décennie

de détention illégale et arbitraire au

Royaume-Uni. “Cette menace ne fera que

s’accroître à mesure que le coronavirus se

répandra”, ont-ils écrit.

Les médecins rejettent comme un

“faux-fuyant” les affirmations du gouvernement

australien selon lesquelles il a les

mains liées parce qu’Assange aurait refusé

l’assistance consulaire australienne.

« Dans le cas où les droits de

l’homme d’un citoyen australien sont

violés, y compris son droit à la santé,

son droit à ne pas être torturé et détenu

arbitrairement, son droit à un procès

équitable, son droit à la confidentialité

entre avocat et client et son droit à

préparer sa défense, nous sommes informés

de manière fiable que, mis à part

l’assistance consulaire, les ministres du

gouvernement peuvent plaider en faveur

d’une procédure légale régulière et soulever

des préoccupations concernant

les violations flagrantes des droits avec

leurs homologues étrangers.

Dans le cas de Julian Assange,

tous les droits de l’homme susmentionnés

ont été violés, d’une manière qui

met en danger sa santé et contribue à sa

torture psychologique prolongée, comme

l’ont évalué le rapporteur des Nations

unies sur la torture et deux experts médicaux

spécialisés dans l’évaluation et la

documentation de la torture. Il s’agit certainement

de questions pour lesquelles

les ministres du gouvernement ont non

seulement la capacité mais aussi l’obligation

de faire part à leurs homologues

britanniques de leurs préoccupations

concernant les violations flagrantes des

droits ».

Matt Kimberley, secrétaire d’État

adjoint au ministère des affaires étrangères

et du commerce, a écrit à Doctors for Assange

le 18 février que « nous sommes

convaincus que M. Assange bénéficiera

d’une procédure régulière dans le cadre

de la procédure judiciaire à laquelle il est

confronté au Royaume-Uni et nous sommes

également convaincus qu’il bénéficiera

d’une procédure régulière s’il est

confronté à une procédure judiciaire aux

États-Unis ».

Les médecins ont déclaré aujourd’hui

que la position du gouvernement

australien est en contradiction avec un

nombre croissant d’avis d’experts juridiques

et médicaux. « Nous, Doctors for

Assange, et le rapporteur des Nations

unies sur la torture, ne sommes pas les

seuls groupes et autorités à s’inquiéter de

la violation flagrante des droits de Julian

Assange. De graves inquiétudes ont été

exprimées par Amnesty International,

Human Rights Watch, le Conseil des libertés

civiles de Nouvelle-Galles du Sud,

Reporters sans frontières, le Groupe de

travail des Nations unies sur la détention

arbitraire, l’Assemblée parlementaire

du Conseil de l’Europe et l’Institut

des droits de l’homme de l’Association

internationale du barreau (IBAHRI) ».

Les médecins citent la déclaration

de l’IBAHRI du 10 mars qui condamne

“la conduite grossière et disproportionnée

des fonctionnaires de la Couronne” dans

le cas d’Assange. “Avec ce procès d’extradition,

nous sommes témoins d’une

grave atteinte à l’application régulière de

la loi et à l’État de droit”.

Dans une déclaration dénonçant la

torture et l’emprisonnement de Chelsea

Manning après sa libération de la prison

fédérale vendredi, Doctors for Assange

se sont joints aux principales autorités

juridiques et des droits de l’homme pour

demander le rejet de la demande d’extradition

américaine, avec la perspective de

nouvelles tortures aux États-Unis, notamment

dans le cadre de mesures administratives

spéciales.

Julian Assange risque d’être extradé

vers les États-Unis en vertu de la

loi sur l’espionnage concernant les publications

de WikiLeaks exposant les crimes

de guerre américains en Irak et en Afghanistan.

S’il est reconnu coupable, il

risque de passer 175 ans dans une prison

fédérale américaine, ce qui équivaut à

une condamnation à mort. Les audiences

d’extradition contre Assange ont commencé

le mois dernier et reprendront le

18 mai.

Doctors for Assange 18 mars 2020

LGS 20 Mars 2020

Un juge fédéral a libéré de prison

la lanceuse d’alerte Chelsea Manning

après une tentative de suicide

et un an derrière les barreaux, tout

en lui ordonnant de payer plus d’un

quart de million de dollars d’amende

pour outrage au tribunal.

Après avoir passé sept ans en

prison dans des conditions draconiennes

pour avoir dénoncé des crimes

de guerre américains, Manning a été

ré-emprisonnée il y a un an pour

tenter de la contraindre à témoigner

devant un grand jury lié à WikiLeaks

et à son fondateur Julian Assange.

Lorsque Manning a continué à refuser

de témoigner sur la base d’une

opposition de principe à la pratique

injuste et corrompue des grands jurys

secrets, elle a commencé à se voir infliger

des amendes de 1 000 dollars

par jour dans une tentative du juge

Anthony Trenga pour la “contraindre”

à témoigner.

Ces amendes s’élèvent maintenant

à 256 000 dollars, car Trenga

ordonne finalement sa libération,

déclarant que “les affaires du Grand

Jury 19-3 sont terminées” et que “la

Cour estime que la comparution de

Mme Manning devant le Grand Jury

n’est plus nécessaire”.

Trenga a rejeté les tentatives

de Manning de faire annuler les

amendes, malgré le fait que son équipe

juridique ait contesté le fait qu’”elle

n’a pas d’économies personnelles,

une carrière de conférencière incertaine

qui a été brusquement interrompue

par son incarcération, et qu’elle a

déménagé ses quelques biens dans un

entrepôt, car elle n’a plus les moyens

de payer son loyer”.

Et bien sûr, cela ne représente

qu’une amende pour les partisans de

Manning, car nous n’allons évidemment

pas laisser une lanceuse d’alerte

héroïque se retrouver avec une dette

écrasante pour le reste de sa vie. Les

lanceurs d’alerte du monde entier ont

vu les amendes de Manning augmenter

de jour en jour et se sont dit

: “Ça va faire mal.” C’est stupide et

moche que cela soit même nécessaire,

mais bien sûr nous allons prendre

soin d’elle.

Voici un lien vers le site de son

Réseau d’action pour la défense juridique,

et voici un lien vers son site

GoFundMe [plus de 100 000$ recueillis

en moins de 24h - NdT]. Si

vous n’avez pas les moyens de faire

un don, vous pouvez aussi aider en

partageant ces liens sur les médias

sociaux et en attirant l’attention sur

sa cause pour ceux qui le peuvent.

Il n’y a aucun risque de faire un

don excessif à cette cause. Même si

Manning parvient à faire annuler les

ridicules sanctions punitives d’une

manière ou d’une autre, et si tout va

bien, elle recommence sa vie sans

rien après des années de brutalités injustes,

et elle a besoin de toute l’aide

possible. Elle gagnait sa vie grâce à

une carrière de conférencière avant sa

réincarcération, et maintenant elle est

libérée au moment où tous les événements

publics sont annulés dans le

monde entier.

Tout ce que nous pouvons faire

pour l’aider sera très nécessaire et

sera consacré à une cause aussi juste

qu’on puisse l’imaginer.

Encore une fois, Manning a

tenté de se suicider en prison avant

sa libération et elle est toujours en

convalescence. Le rapporteur spécial

des Nations unies sur la torture, Nils

Melzer, deuxième rapporteur spécial

Chelsea Manning

des Nations unies à s’élever contre le

traitement brutal qu’elle a subi aux

mains du gouvernement américain, a

déclaré que « de tels actes de désespoir

sont typiques de la confusion,

de la déshumanisation et de la souffrance

délibérément infligées par la

torture psychologique prolongée ».

« Contrairement à la torture

physique, qui utilise le corps et ses

besoins physiologiques comme un

conduit pour affecter l’esprit et les

émotions de la victime, la torture

psychologique le fait en ciblant directement

les besoins psychologiques

de base, tels que la sécurité, l’autodétermination,

la dignité et l’identité,

l’orientation environnementale,

le rapport émotionnel et la confiance

communautaire », a récemment écrit

Melzer à propos de cette tactique abusive.

C’est donc d’une personne profondément

nécessiteuse dont nous

parlons. Tout ce que nous pouvons

faire pour lui enlever le stress de la

vie et lui montrer qu’il existe des personnes

attentionnées dans ce monde

est objectivement une bonne chose,

car nous avons besoin qu’elle reste

dans le coin. Ce monde a besoin de

plus de gens comme Chelsea Manning,

pas d’un de moins.

Caitlin Johnstone13 mars 2020

LGS 13 mars 2020

Azanie/Afrique du Sud

« Nous exigeons que l’État finance un plan »

L

’augmentation exponentielle du

nombre d’infections au Covid-19

en Afrique du Sud, de 85 à 116 du

jour au lendemain, pose question

quant aux réponses apportées par le

gouvernement face à la pandémie.

Celle-ci aura très certainement un effet

dévastateur sur la classe ouvrière et

les couches opprimées, qui ont subi le

poids de toutes les mesures d’austérité

depuis le début des années 1990, lorsque

Mandela a demandé à la nation

de resserrer sa ceinture, pour garantir

des jours meilleurs. La privatisation a

pris son essor lorsqu’en 1996 Mandela,

après sa visite en Allemagne,

a déclaré que « la privatisation est la

politique fondamentale de l’ANC (le

Congrès national africain, au pouvoir

depuis 1994 – ndlr) et va être mise

en œuvre ». Cette politique de privatisation

a abouti à la création d’une

des sociétés les plus inégalitaires au

monde. La majorité noire se retrouve

sans logement, sans eau, sans équipements

sanitaires et victime de malnutrition,

c’est-à-dire privée de tout

ce qui est essentiel pour lutter contre

les maladies de toutes sortes. La majorité

noire vit dans des taudis surpeuplés

et ne peut donc pas se confiner

! Des millions ne disposent pas d’eau

courante et ne peuvent donc pas se

laver régulièrement les mains. Ils

souffrent de malnutrition chronique

et sont donc vulnérables aux infections

! Les écoles et les crèches étant

fermées, un grand nombre d’enfants

ne recevront pas leur ration minimale

de nourriture que leur procurent habituellement

leurs écoles. Dans ces

conditions, nous exigeons que l’État,

mettant à contribution les capitalistes,

finance un plan pour :

1. que tous les salaires soient

payés en totalité à tous les travailleurs

en incapacité de travailler pour

quelque raison que ce soit liée à la

pandémie ;

2. que le paiement des loyers

et les remboursements de dette soient

suspendus jusqu’à nouvel ordre ;

3. que tous les travailleurs, y

compris contractuels, soient couverts

par une assurance maladie ;

4. que tous les employeurs

soient contraints à désinfecter les

lieux de travail et fournir masques,

gants et désinfectants aux travailleurs

;

5. que tous les transports publics,

que la plupart des travailleurs

utilisent, soient désinfectés ;

6. que toutes les coupures d’eau

et d’électricité imposées aux familles

soient immédiatement suspendues ;

7. qu’une allocation de subsistance

soit accordée à tous les

chômeurs ;

8. que soient mises en place des

structures de garde d’enfants ;

11. que des tests gratuits pour

tous soient mis à disposition pour le

dépistage du virus ;

12. que soient organisées des

brigades de jeunes volontaires (rémunérés)

et de personnel médical

pour secourir les plus vulnérables : les

travailleurs noirs et leur famille ;

13. que l’on cesse immédiatement

le paiement de la dette extérieure.

Extraits de la déclaration du

comité éditorial de Black Republic

(La République noire), le

18 mars 2020

Vol 13 # 38 • Du 25 au 31 Mars 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

17


Communiqué du LKP sur le Coronavirus en Guadeloupe : Assassins – Criminels !

La Fondation Frantz Fanon relaie ici

le communiqué de presse du LKP sur

le désastre à la fois humain, social et

économique qu’est la gestion de la crise

du Coronavirus en Guadeloupe. Cette

crise démontre la faillite d’un système

politique libéral et colonial pour qui

l’humain ne vaut pas grand chose, le

plus important étant de sauver les entreprises.

Sur les chaines nationales,

lorsque des cartes montrent les zones

françaises de la pandémie, les colonies

d’ « Outre-Mer » sont totalement absentes.

La façon dont la France traite cette

pandémie dans ses colonies est la

conséquence de l’invisibilité structurelle

de ces populations, déjà touchées par

le chômage endémique, auquel on

doit ajouter le désastre écologique du

Chlordécone -contre lequel rien n’a été

fait-, la pollution des eaux et l’état de

total abandon des hôpitaux. Laisser

les peuples des plantocraties françaises

seuls face à cette pandémie reproduit

exactement ce qui a été fait lors de

l’abolition où on a laissé les nouveaux

libres dans un abandon absolu et à la

merci de leurs anciens maitres, alors

même que leur propre souveraineté a

toujours été confisquée par la France.

Au désastre des politiques néolibérales

métropolitaines vient s’ajouter la dimension

raciste du rapport de l’Etat

français à ses colonisés, qu’on retrouve

souvent dans les métiers les plus exposés

à cette pandémie, que ce soit à

l’hôpital, dans la livraison, ou dans la

grande distribution. Sauver l’économie

est important, mais sauver les vies

humaines l’est encore plus, surtout si

l’on prétend faire des choix au nom de

l’universalisme et de l’intérêt général.

Nos gouvernants révèlent la réalité de

leur incompétence en faisant porter

aux populations des responsabilités qui

sont en réalité les leurs.

La Fondation Frantz Fanon appelle à

mettre le gouvernement face à son irresponsabilité

criminelle et adresse sa

solidarité aux peuples des colonies et à

tous ceux qui sont les oubliés, les invisibles,

les plus vulnérables et les plus

précaires, dont les prisonniers, les migrants,

les personnes vivant dans la

rue, sans oublier tous ceux victimes du

racisme structurel. Enfermés dans une

zone de non-être, nos morts ne sont jamais

comptés. Désormais nous ne cesserons

jamais de les compter.

Gwadloupéyen… tout viris mové

! ki sè kovid-19 oben kolonyalis !

annou pran nou an men (...)

Mi figi a yo !!! Depuis ce mardi midi,

l’État colonial a mis en œuvre des restrictions

des libertés fondamentales et

cela afin de combattre le COVID-19, ditil

!

Un gouvernement assassin, une

classe politique Gwadloup kriminél !

YO té o kouran !! Les autorités n’ont

aucunement pris les dispositions

adéquates au moment nécessaire alors

qu’elles connaissaient la gravité de la

situation tenant compte des expériences

de la Chine, de l’Iran ou de l’Italie

et des alertes de leur propre ministre

de la santé. Ainsi, aucun dépistage

systématique à l’entrée du territoire

guadeloupéen ni pour les voyageurs

ni pour les croisiéristes, ni au port ni

à l’aéroport. Pire encore, des élections

municipales coloniales provoquant le

déplacement de 145 649 électeurs Guadeloupéens

dans 32 communes (plus

de 30 millions d’électeurs en France

dans 35 000 communes) ont été maintenues,

alors même que les rassemblements

de plus de 100 personnes étaient

déjà interdits. Et que dire des scènes

de liesse, prévisibles, à l’annonce des

résultats. Et dès la fin du scrutin, l’annonce

est faite du report du 2e tour des

élections. Puis le lundi, déclaration solennelle

de Macron qui restreint les libertés

fondamentales mettant en avant

l’indiscipline et l’inconscience des citoyens.

Oh la belle blague !

Une manipulation de masse

savamment orchestrée !!

L’objectif principal du gouvernement,

c’est le contrôle des masses et l’asservissement

des peuples. Mais aussi

asservir les syndicats car les mesures

prises concernant les entreprises sont

coercitives pour les salariés (dérogation

au travail de nuit, remise en cause

des salaires, modification du contrat

de travail, remise en cause du droit à

congé, …), alors que la question de leur

sécurité n’est pas sérieusement prise

en compte. Aucune concertation n’est

prévue avec les centrales syndicales. Et

pour mieux se soustraire à leur pleine

et entière responsabilité, aussi bien

Macron que Gustin et Denux, veulent

rendre les citoyens Français ou Guadeloupéens

responsables de la propagation

du virus faisant appel à notre

sens individuel et collectif des responsabilités.

Alors qu’ils sont les premiers

irresponsables pour n’avoir pas pris

les mesures adéquates, préférant leurs

élections tout en se cachant derrière un

pseudo comité scientifique. Ay chyé !!!

Quant à la classe politique de Guadeloupe

!! Ay chyé menm !!!

Ils aiment l’argent mais pas les

gens !!

C’est un acte criminel perpétré par

un pouvoir désireux de contrôler les

masses, d’éradiquer toutes contestations

et non de protéger les citoyens.

Mais aussi, une classe politique qui, en

Au centre avec le micro Elie Domota

Guadeloupe, est irresponsable, lâche,

inconsciente, et qui pendant plusieurs

semaines a préféré l’argent, le bling

bling, le prestige de la campagne électorale

alors que des dizaines de Guadeloupéens

étaient contaminés par le

Covid-19.

Ils ont accompli un acte inqualifiable

! Honte à eux !

Ès lopital Gwadloup paré ?

Il y à peine 1 an, les salariés du CHU

de Pointe à Pitre-Abymes ont crié leur

colère devant l’incurie et la bêtise des

responsables de l’ARS, de la direction

de l’hôpital. Il a fallu des mois de grève

et la mobilisation de milliers de Guadeloupéens

pour que le gouvernement

français daigne jeter un coup d’œil sur

la situation sanitaire de la Guadeloupe

préfigurant une catastrophe prévisible.

Qu’ont fait les divers responsables pour

restaurer cet outil indispensable ? Ayen

!!!

Aujourd’hui, le Covid-19 est là !

Sa grav o séryé ! Car une personne contaminée

peut lui- même transmettre la

maladie, voire la mort, à ses proches,

même sans le savoir. La plus grande attention

et une stricte discipline doivent

être la règle surtout vis-à-vis des personnes

les plus fragiles.

An nou gadé pli lwen !!!travayè

é pèp Gwadloup : tan a mitan

fini ! sé goumé pou nou goumé !

Les discours des Macron,

Philippe, Gustin, … occultent l’essentiel

du problème, à savoir, qu’il s’agit

d’une catastrophe sanitaire liée à la

rapacité capitaliste, au mépris de notre

environnement naturel, au mépris

des valeurs sociales accumulées depuis

des millénaires par tous les peuples de

la Terre. Ainsi, le modèle occidental a

écarté l’être humain de la mère nature,

au nom de la sacrosainte « civilisation

occidentale », faisant de nous, des êtres

aseptisés, démouné dè nou menm.

TRAVAYÈ é PÉP GWADLOUP !

Nous devons profiter de cette crise pour

nous questionner sur notre mode de vie,

notre mode de consommation, sur notre

droit à la vie, si nou menm et particulièrement

sur notre souveraineté alimentaire

et nos libertés fondamentales.

La santé de notre Peuple est le

dernier des soucis du pouvoir colonial.

Après avoir contaminé nos sols et nos

corps au chlordécone, après avoir repoussé

avec dédain, les doléances des

travailleurs de la santé, aujourd’hui

l’État nous impose des dispositions liberticides

pou sové nou apré i pwazonné

nou ankò onfwa.

Sa nou ni a fè !

Travay tè, Planté, fè jaden,

Lévé bonnè, fè spò,

Manjé é bwè sa ki tannou,

Kontinyé itilizé rimèd razyé an nou,

Arété manjé pat é diri toultan,

Arété kwè nou pòk é YO konnèt plis ki

NOU,

Arété di NOU pa bon,

Jété zyé si sa ki an féblès,

Piplis lanmou, fraternité é Solidarité onfwa

onfwa.

Tousa ké rann nou pli GAYA pou nou

pli fò.

Gwadloupéyen… tout viris

mové ! ki sè kovid-19 oben kolonyalis

! annou pran nou an men !!!

LKP, Lapwent, 17 Mars 2020

USA : les 10 revendications socialistes du Parti-monde des Travailleur·ses pour la

crise du COVID-19

Alors que la pandémie COVID-19

continue de se propager, la réponse

du gouvernement à la crise a été d’une

négligence criminelle, pendant que les

capitalistes préfèrent risquer la santé

des travailleurs plutôt que d'arrêter la

production pour le profit.

Alors que la classe dirigeante se

montre incapable de faire face à la crise,

comment pouvons-nous, en tant que

classe ouvrière et peuple opprimé, nous

organiser pour répondre à nos besoins

? Quelles demandes pouvons-nous formuler

en réponse ?

Le Parti-monde des Travailleur·ses

propose les 10 revendications

suivantes - qui sont un travail en

cours vu la fluidité de la crise - comme

première réponse socialiste au

COVID-19 :

Des soins de santé gratuits pour

tou·tes

Nationaliser le système de santé

sous contrôle communautaire. Construire

des hôpitaux d'urgence

Salaire intégral, prestations et

revenu garanti pour tou·tes

Alimentation, logement, fournitures

médicales et services publics, y

compris l'internet pour tou·tes

Suspension des loyers, des

expulsions, des hypothèques, des

coupures de services publics et deT-

OUTES les dettes

Donner la priorité aux ressou-

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rces destinées aux communautés de

couleur, aux migrants, aux personnes

LGBTQ2+, aux personnes âgées, aux

jeunes, aux personnes handicapées

Vider les prisons et les centres

de détention. Fermeture de l'ICE

(Agence fédérale de police des frontières).

Mettre fin aux attaques racistes

Contrôle communautaire. Pas

de flics. Pas de militaires

2 000 milliards de dollars pour

les travailleurs, pas pour les banques

Mettre fin aux guerres, aux

sanctions et à la destruction de l'environnement

de la part des USA.

WWP18 mars 2020

Traduit par Fausto Giudice

Tlaxcala 23 mars 2020

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18 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 38 • Du 25 au 31 Mars 2020


Pleins Feux Sur : Claude Desgrottes (P-au-P- ?)

Par Ed Rainer Sainvill

Claude Desgrottes, un autre bassiste

qui a marqué son empreinte dans

la genèse de la musique de climat des

années soixante-dix et quatre-vingt.

Progéniture du légendaire musicien Michel

Desgrottes ; tout en héritant de très

tôt certains acquis de papa, de même

que de son look. Mais, c’est surtout la

basse, parmi les armadas musicales du

géniteur, qui va galvaniser l’inspiration

de Claude ; l’emmenant à se faire

repérer dans les petites prestations

fortuites. Jusqu’à se trouver une place

au sein des « Deuts » avec lesquelles

il impressionne déjà, mettant le grappin

sur un jeu pétillant et fluide, diffus

de musicalité. C’est à ce tournant qu’il

est soudainement balancé au « Bossa

Combo », à la place d’un favori et prof

de basse de ‘’baby doc’’, le talentueux

Nènè Volcy ; à partir d’un dénouement

« Un bassiste créatif »

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qui a marqué la plus grande purge au

sein de ce groupe.

Il est vrai qu’à cette phase pour

Claude, son illustre père est aussi installé

en arrangeur de cet orchestre ;

permettant ainsi à l’insolent ‘’grimaud’’

de faire montre en toute sérénité de son

savoir-faire. Jetant le pavé dans la mare

dans des productions qui ont marqué

un tournant dans la montée du « Bossa

Combo » telles : ‘’Te quiero’’, ‘’Agwe

Taroyo’’ etc. Avec autant d’arguments

d’un bassiste-soliste qui ont fait de lui

un vrai pilier de son lignage. En tout

cas, les plus avertis se souviennent de

ce feu follet aux variations élaborées,

qui a fait de la basse un instrument

émancipé. Des atouts qui lui ont valu

d’être récupéré par les bolides locaux et

d’ailleurs comme : Ansy Dérose, Nelson

Ned et autres qui ont réclamé son expertise,

dans une musique plus allégée;

lui ayant permis de faire ressortir d’autres

facettes de son talent.

Avec lui, le « Bossa Combo » a

atteint son apogée dans son accoutrement

de ‘’big band’’, fort de sa sonorité

incisive et un style équilibré qui ont

irrigué les fameux albums du groupe

comme : ‘’Message’’, ‘’Accolade’’,’’

Racines ‘’, et, à travers lesquels il a

trouvé sa voie de compositeur dans :

kouraj (Ti pwason), vanite, l’an

2000, 7eme commandement, etc ;

contribuant de la sorte à faire du groupe

un ‘’power –house’’ dans l’arène du

show-biz antillais. Pourtant, c’est de ce

sommet que la débandade a commencé

avec la désertion d’une partie des membres

de l’ensemble, lors d’un passage à

New-York. Et desquels Claude est partie

prenante de ceux qui ont décidé de ne

pas retourner au pays de ‘’baby doc’’,

où la jeunesse d’alors avait préféré risquer

de se faire dévorer par des dents de

requins plutôt que d’y rester.

En tout cas, c’est sous une nouvelle

impulsion que Desgrottes et les

autres déserteurs se sont réunis sous

l’appellation de « Accolade de N.Y » ;

prenant d’emblée les scènes musicales

new-yorkaises et du reste de la diaspora,

dans des hits qui les ont installés en

‘’ kings of the state’’, pour un temps.

Que ce soient : lafwa, espwa, lavi,

manman, Accolade la rive, madan

Jules, amour, konpa nasyonal,

tribilasyon, fanm dezòdone, Latiamimi,

dezagreman, Haïti, chanje,

konbit, bonne fête papa et tant

d’autres. Auxquels Claude a mis tout

son rayonnement de bassiste créatif,

de musicien de flair et de compositeur

d’envergure. Des brisques qui l’ont propulsé

comme l’une des pièces maitresses

du groupe. Lequel allait bruler ces

dernières étapes aux confins d’une nouvelle

génération musicale et, de tant de

remue-ménages qui ont obligé Claude à

muter ailleurs.

Ce qui le retrouve à la phase subséquente

au sein d’un « Skah-Shah » inédit,

en complicité avec Cubano ; auquel

il a contribué son tempo à la fois souple

et infaillible et quelques compositions.

Qui ont aidé à la survivance du groupe

à un temps où J.E. Telfort fut totalement

déserté par ses anciens compagnons. Il

en profite pour sortir un cd en solo :’’

100% konpa certifié’’, dans lequel

il interprète certains tubes inaltérables

de son fameux papa et d’autres compositions

qui n’ont pas plafonné. Puisqu’obligé

en studio de se muter en vocaliste,

après promesse de Cubano qui

l’a ensuite roulé. Une occasion pour lui

de le laisser pour un sabbatique, afin de

se repositionner. Juste le temps de se

repérer dans une alliance fugitive avec

ses anciens partenaires, dans un certain

« BossAccolade » sans lendemain.

Par la suite, il est allé se fixer en

Floride où il est resté actif. Entamant

des excursions exotiques, flanqué de

légions étrangères. Tout en dispensant

des cours de musique à des adhérents

satisfaits de prendre avantage de ses

qualifications.

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