Focus Famille - Printemps 2020

FocusCanada

printemps 2020 | CULTIVER LA FOI EN FAMILLE

Défendre sa foi

la mort et la résurrection de

jésus : mythe ou réalité ?

quand votre couple est

spirituellement dépareillé

petit traité d’apologétique

pour les enfants


printemps 2020

focus famille

illustration par amanda regan


Éditorial

Chers lecteurs,

DDans un contexte culturel souvent hostile à la foi

chrétienne, où croire en Dieu est perçu comme une

faiblesse, vous avez certainement déjà entendu des

objections telles que « Jésus est un mythe », « La

foi va à l’encontre de la science et de la raison » ou

encore « L’Église a fait tellement de dégâts qu’il est

difficile de croire que votre Dieu est bon » – de la

part de vos amis, de votre famille, peut-être même

de votre conjoint.

Dans ce numéro, nous avons compilé plusieurs

articles et une sélection de livres pour vous équiper,

vous et vos enfants, à répondre à certaines de

ces objections. Vous verrez qu’il n’y nul besoin

d’être docteur en théologie pour fournir une

argumentation solide en faveur de votre foi et que,

comme le dit le philosophe Guillaume Bignon, « La

vue chrétienne se défend admirablement face à

[la] critique athée. » Saviez-vous par exemple qu’il

existe des preuves historiques considérées comme

irréfutables de la vie et de la mort de Jésus ? (Voir

page 17.)

En plus de pouvoir répondre aux sceptiques,

approfondir nos connaissances en apologétique,

c’est-à-dire en la discipline de validation de la

religion chrétienne, nous permet d’être prêts

à répondre aux questions et aux doutes de nos

propres ados. En effet, plusieurs des auteurs de

ce numéro confient que le manque de réponses

à leurs interrogations au sujet de Dieu durant

leur adolescence a été une des raisons majeures

de leur basculement (bien que temporaire) vers

l’athéisme. Nos enfants sont bien trop précieux

pour les laisser partir à la dérive faute de réponses

et trop intelligents pour se contenter de banalités.

Poser des questions n’est d’ailleurs pas un mal en

soi. Notre Père céleste n’est pas déstabilisé par nos

interrogations, ni par celles des sceptiques et des

curieux qui nous entourent. Dieu nous encourage

au contraire à faire des recherches en profondeur,

à aller au bout de nos doutes, y compris quand

frappent les tragédies. Il nous promet de nous ouvrir

lorsqu’on frappe à la porte et se fera un plaisir de

nous éclairer.

Enfin, quand nous nous adressons à des sceptiques

de la foi chrétienne, n’oublions pas que

nous-mêmes avons été sauvés par la grâce et non

pas par nos œuvres. Étendons alors cette même

grâce à notre entourage non-croyant, et n’oublions

pas de l’appliquer à nous-mêmes ! En effet, quel

soulagement de savoir que tout ne repose pas sur

nos épaules, que notre Père céleste est bien audessus

des objections posées par les sceptiques

et tout à fait capable d’y répondre par lui-même.

Nous n’avons pas besoin d’être parfaits, d’avoir

une argumentation théologique irréprochable ou

d’évangéliser à tous les coins de rues. Ce que notre

Père nous demande avant tout, c’est de lui obéir

fidèlement et de compter sur sa grâce quotidienne

pour le reste. Laissons le Saint-Esprit changer nos

cœurs, ceux de nos enfants prodigues ou de notre

conjoint non-croyant. Au-delà de nos arguments

théologiques, c’est notre relation avec Jésus et

notre désir de l’honorer qui donnent un aperçu du

royaume de Dieu sur terre à ceux qui nous entourent.

Bonne lecture,

Elisabeth Van Essen

Éditrice de Focus Famille

PRINTEMPS 2020

3


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printemps 2020

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Président

Terence Rolston

Vice-présidente senior

Melanie Hoeppner

Président du conseil

Terry Jones

Éditrice

Elisabeth Van Essen

Éditeurs associés

Dominique Ourlin, Amy Van Veen

Traductrice

Anne Worms

Design et conception graphique

Amanda Regan, Shuwen Chang et Tyler Tsuyuki

Directrice de la production

Jane Omelaniec

Note importante : pour toute demande de réutilisation d’un article, écrivez à lettres@focusfamille.ca.

P.9 : © 2020 Focus on the Family (Canada) Association. Tous droits réservés.

P.14 : pour le témoignage de Louise et Gérald : © 2020 Focus on the Family (Canada) Association.

Tous droits réservés.

Magazine Focus Famille par Focus on the Family (Canada) Association, Printemps 2020, vol. 12,

no. 1, ISSN 1918-297x. © 2020 Focus on the Family (Canada) Association. Tous droits réservés.

Publié par Focus on the Family (Canada) Association, une organisation caritative reconnue.

Notre numéro d’enregistrement d’organisation caritative est le 106845969 RR0001. Focus Famille

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printemps 2020

sommaire

17 20 26

CHEMINER DANS SA FOI

6 Le coin lecture

Des livres pour fortifier notre foi

16 Promesses de la Bible

Des versets pour défendre notre foi

17 La mort et la résurrection de

Jésus : mythe ou réalité ?

Suivez Lee Strobel, ancien journaliste

d’investigation, dans son enquête au sujet

du Jésus historique

23 Dieu, les catastrophes

naturelles et nous

Les tragédies remettent-elles en question

l’existence de Dieu ?

30 Lettre à mon ami athée ou

agnostique

Suite à une partie de pêche, Patrick écrit

à son ami pour approfondir son point de

vue sur la religion

ÉDUQUER SES ENFANTS

8 Astuces éducatives

« Soyez toujours prêts » et autres astuces

10 Éduquer ses enfants

Conduire vos enfants vers Jésus

12 Accompagner son ado

Au secours, mon ado ne croit plus en Dieu !

20 Petit traité d’apologétique

pour les enfants

Équipez vos enfants pour répondre aux

questions des sceptiques

33 Pourquoi Jésus a-t-il vécu ?

Vos enfants comprennent sûrement les

raisons pour lesquelles Jésus est mort,

mais savent-ils pourquoi il a vécu ?

PRENDRE SOIN DE

SON COUPLE

14 Astuces pour la vie à deux

Conseils pour les jeunes mariés

15 Quand le prince charmant

n’est pas parfait

Revoir ses attentes pour faire place à la

grâce dans le couple

26 Quand votre couple est

spirituellement dépareillé

Quelques principes pour vous aider à

rester proche de votre conjoint(e) malgré

vos différences spirituelles

S’INVESTIR DANS SA

COMMUNAUTÉ

36 Comment défendre sa foi sans

faire fuir tout le monde

Ce n’est pas toujours ce que l’on dit qui

compte, mais la manière dont on le dit

39 Recette à partager

Cozonac ou brioche de Pâques roumaine

PRINTEMPS 2020

5


LE COIN LECTURE

Des livres pour

fortifier notre foi

Une foi bien ancrée nous donne la confiance de mieux la partager

Pour les petits

Dès 3 ans Dès 4 ans Dès 6 ans Dès 8 ans

Tout ce que je devrais

savoir sur Dieu

Kenneth Taylor et Jenny

Brake, 2016

Que dit la Bible sur Dieu?

Pourquoi a-t-il créé le

monde, les animaux et

les hommes ? À quoi sert

la prière ? Pourquoi allons-nous

à l’église ? Voici

un joli livre de théologie

accessible aux plus jeunes

pour leur expliquer, avec

des mots simples, ce que

Dieu a fait, comment le

Saint-Esprit nous aide et

bien plus encore.

La Bible te raconte

Jésus

Sally Lloyd-Jones et Jago,

2008

Ce beau livre illustré se

lit comme un roman, tout

en restant fidèle aux textes

bibliques. L’auteure y

dévoile la présence de Jésus

tout au long des grands

événements de la Bible.

Chaque histoire murmure

son nom. Il est au cœur de

l’extraordinaire histoire

du salut et veut aussi être

au cœur de notre histoire

à nous.

La plus grande

histoire

Kevin DeYoung et Don

Clark, 2016

Cette histoire est celle de

l’amour extraordinaire du

Créateur pour ses créatures

et de son plan magistral

pour les sauver. On

y retrouve la création, la

chute, les luttes, l’alliance

puis la grande victoire finale,

éclatante et définitive.

C’est cette grande

histoire qui donne un sens

à toutes les petites histoires

de la Bible.

Coup

de cœur

Manga : Le Messie

Hidenori Kumai et Kozumi

Shinozawa, 2008

Fidèle aux évangiles, l’auteur

nous entraine dans la

vie et l’enseignement de

Jésus, de sa naissance à

son ascension. Qui est-il?

Pourquoi tant d’ennemis?

Pertinent, fascinant, voire

parfois drôle, ce manga de

qualité saura captiver petits

et grands. Il fait partie

de la collection Bible

en manga de 5 volumes et

s’adapte particulièrement

bien pour partager sa foi.

6 FOCUSFAMILLE.CA


LE COIN LECTURE

Pour les plus grands

Un classique Adapté en film Un bon outil découverte

Les fondements du

christianisme

C.S. Lewis, 1952

Voici le meilleur de C.S.

Lewis sur l’approche biblique,

théologique et chrétienne

des grandes questions

humaines. Il explique

de manière claire,

intelligente et accessible

ce en quoi croient les chrétiens.

Un ouvrage à (re)

découvrir, pour approfondir

votre foi ou convaincre

les sceptiques.

Jésus, l’enquête

Lee Strobel, 2018

Lee Strobel, ancien chroniqueur

judiciaire, retrace

l’itinéraire qui l’a mené de

l’athéisme à la foi après

avoir soumis une douzaine

d’experts à un interrogatoire

: existe-t-il des traces

historiques de la mort et

de la résurrection de Jésus

? Le Nouveau Testament

est-il crédible ? Le

questionnement direct et

opiniâtre de l’auteur fait

de ce livre un moment de

lecture captivant.

La raison est pour Dieu

Timothy Keller, 2010

Pourquoi Dieu permet-il la

souffrance ? Les religions

ne sont-elles pas toutes

équivalentes ? Un Dieu

aimant est-il à l’origine

de l’enfer ? Dans ce livre,

l’auteur examine ces questions

et révèle les présupposés

qui leur sont associés.

Écrit pour des athées, agnostiques

ou sceptiques,

il offre un fondement intelligent

sur lequel chacun

pourra développer sa propre

réflexion.

Retrouvez la plupart de ces livres sur notre

LIBRAIRIE.FOCUSFAMILLE.CA

Coup

de cœur

La foi a ses raisons

Guillaume Bignon, 2018

Au fil de son témoignage,

Guillaume aborde, avec une

rigueur intellectuelle exceptionnelle,

une authenticité

remarquable et un humour

pétillant, les grandes questions

philosophiques qui

l’ont sorti de son athéisme

pourtant bien raisonné. Il

n’esquive aucun sujet : la

moralité, la relation entre

foi et science, le surnaturel,

le problème du mal,

la fiabilité de la Bible, etc.

Un joyau, à mettre dans

les mains de tous vos amis

athées.

PRINTEMPS 2020

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ASTUCES ÉDUCATIVES

Soyez toujours prêts

par wendy kittlitz

PPierre nous rappelle que nous devrions toujours être prêts à

défendre notre foi devant quiconque nous demande les raisons

de notre espérance (1 Pierre 3.15).

Lorsque j’étais étudiante et que je travaillais dans un camp

chrétien, l’un des outils que je trouvais particulièrement

efficaces était de transformer mon témoignage personnel en

une histoire, qui ne manquait jamais de captiver l’attention des

enfants. Je leur racontais l’histoire à la troisième personne. « Il

était une fois une petite fille… » Je révélais à la fin que la petite

fille, c’était moi.

Quand j’ai eu mes propres enfants, je me suis aperçue que

cette même histoire avait également un impact important sur

eux. Ils aimaient beaucoup l’entendre et je crois réellement que

cela a joué un rôle important dans leur décision de donner leur

cœur à Jésus quand ils étaient encore tout jeunes.

Tout le monde aime les histoires – les petits comme les

grands. Un exercice intéressant que vous pouvez faire en

famille est de mettre chacun au défi d’imaginer l’histoire de

son propre cheminement vers la foi. Pour les jeunes enfants,

on peut simplement leur demander : « Dis-nous pourquoi tu

aimes Jésus. » Pour un adolescent, ce sera plutôt : « Quand

as-tu invité Jésus dans ton cœur et pourquoi ? » Les adultes

peuvent réfléchir aux raisons qui font que la vie en Jésus reste

pertinente et vraie pour eux au fil du temps.

Cela peut devenir une activité familiale amusante. Racontezvous

les uns les autres vos histoires personnelles autant de fois

que vous le souhaitez. Vous pouvez aussi prier ensemble pour

des occasions de partager ces histoires avec d’autres afin qu’ils

soient nombreux à entendre les raisons de votre espérance.

Wendy Kittlitz est vice-présidente du ministère de Counseling et Thérapie

chez Focus on the Family Canada. Elle est également directrice des centres

de retraite Kerith Retreats pour pasteurs au Canada.

© 2020 Focus on the Family (Canada) Association. Tous droits réservés.

8 FOCUSFAMILLE.CA

illustrations par shuwen chang


ASTUCES ÉDUCATIVES

LECTURE ET ALLAITEMENT

Quand notre fils est né, ma femme passait beaucoup de temps

à l’allaiter. Comme nous cherchions toujours des occasions de

passer du temps de qualité ensemble, nous avons décidé de

faire des moments d’allaitement un temps de lecture. Ainsi,

quand ma femme nourrissait notre fils, je lisais à voix haute

un livre qui nous intéressait tous les deux. C’était un moment

agréable pour tous. Nous avons gardé cette tradition à la

naissance de notre fille, choisissant des livres ensemble avant

même son arrivée. Grâce à cela, nous attendions les moments

d’allaitement avec joie.

– John Thomas

LA DANSE D’APRÈS REPAS

Votre enfant a-t-il du mal à rester assis sans gigoter, pendant les

repas ? Quand vous êtes assis à table, encouragez-le à mettre ses

« gigotements » en réserve. Récompensez ses efforts en mettant

une musique rigolote juste après manger pour qu’il puisse se

défouler en dansant.

C’EST EN S’ENTRAÎNANT QU’ON PROGRESSE

Vous en avez assez de pousser sans cesse votre enfant à

pratiquer son instrument ou à avancer dans sa liste de lecture ?

Prenez plutôt quelques minutes pour le regarder s’entrainer

(sans critiquer). Votre entière attention sera une motivation

plus importante que vos rappels incessants.

Questions à poser

autour de la table

Voici quelques idées pour lancer la discussion au

moment du repas en famille et apprendre à mieux

connaitre vos enfants :

Lorsque tu pries, quelle image te fais-tu de

Dieu ou de Jésus ?

FORCE ET DOUCEUR

Il est important d’enseigner aux enfants comment se protéger

du mal que peuvent leur faire les autres de manière gentille

mais ferme. Vous pouvez par exemple entraîner votre enfant à

expliquer respectueusement à un frère ou une sœur : « J’aime

jouer avec toi, mais pas quand tu me traites comme ça. On pourra

jouer encore ensemble plus tard, quand tu te seras calmé. »

– Sissy Goff

As-tu déjà été accusé à tort ? (Vous pouvez

continuer avec une discussion sur l’arrestation

et la crucifixion de Jésus.)

Quel est le meilleur compliment qu’on t’ait

jamais fait ?

À quoi aimes-tu rêvasser quand tu es perdu

dans tes pensées ?

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ÉDUQUER SES ENFANTS

Conduire vos enfants vers Jésus

Prenez le temps de leur expliquer les bases de la foi, même si elles vous paraissent évidentes

par kelly j. stigliano

Mes enfants avaient 4 et 5 ans lorsqu’ils ont fait le choix de croire

en Jésus pour leur salut. À cet âge-là, ils étaient comme des

éponges, absorbant l’amour de Jésus et les vérités spirituelles

qu’ils recevaient. Ensemble, nous nous amusions à rechercher

autour de nous des « reflets de Dieu » comme par exemple une

file de fourmis transportant leur lourd chargement ou une graine

se transformant lentement en une fleur magnifique. La simple

observation du monde dans lequel nous vivons nous fournit de

nombreuses occasions d’enseigner à nos enfants les beautés de la

création ainsi que de l’Évangile.

Pour qu’un enfant puisse réellement mettre sa foi en Jésus, il

doit avoir compris plusieurs vérités fondatrices, telles que :

• Son propre péché et son besoin d’être sauvé

• La signification de la mort et de la résurrection de Jésus

• La présence constante de Dieu dans la vie du croyant

Pour que ces vérités fassent leur chemin dans le cœur des enfants,

il est bon qu’ils entendent leurs parents en parler et puissent les

voir les appliquer au quotidien. Ils apprendront aussi bien en

observant leurs actions qu’en écoutant leurs paroles.

RECONNAITRE LEUR PÉCHÉ

Mes amis Tina et Harry ont élevé leurs enfants en parlant

ouvertement du problème du péché et de l’importance de

savoir demander pardon. Ils avaient l’habitude de prier

avec leurs enfants avant et après les moments où ils les

disciplinaient, ce qui leur permettait de voir la réalité de

leurs infractions devant Dieu et l’importance de purifier leur

cœur. En parallèle, ils prenaient le soin de leur démontrer le

caractère de Dieu en étant eux-mêmes prompts à pardonner et

en faisant preuve d’un amour et d’une grâce inconditionnels.

10 FOCUSFAMILLE.CA


ÉDUQUER SES ENFANTS

Pour que le concept de péché devienne clair pour les enfants

il faut :

• Qu’ils comprennent qu’ils font des bêtises (Romains 3.23)

• Qu’ils le reconnaissent et acceptent les conséquences

de leurs mauvais choix (1 Jean 1.9)

• Qu’ils sachent que Dieu les aime, peu importe qu’ils

réussissent ou qu’ils échouent (Romains 5.8)

• Qu’ils acceptent que seul Dieu est capable de changer

leur cœur (Ezéchiel 36.26)

L’IMPORTANCE DE LA MORT ET DE LA

RÉSURRECTION DE JÉSUS

Bien que ces principes semblent évidents, les parents négligent

souvent d’expliquer à leurs enfants l’histoire de base des évangiles.

Ils partent du principe que les enfants savent déjà que Jésus est

venu sur terre sous la forme d’un bébé, qu’il a volontairement

donné son sang et sa vie à la croix, qu’il est mort pour payer le prix

de nos péchés et qu’il est ressuscité.

Les enfants sont capables de saisir le concept de grâce

– ou d’une faveur imméritée – à travers notre manière de les

élever. Lorsque vous faites preuve de grâce envers votre enfant,

faites le lien avec la grâce que Dieu a montrée envers nous en

envoyant son Fils et en pardonnant nos péchés. Nous pouvons

aussi nous montrer ouverts sur notre propre besoin d’un

Sauveur lorsque le péché est évident dans notre vie.

Mon amie Bianca explique que chacun de ses enfants est

venu à Jésus assis sur ses genoux. Une discussion simple

concernant le péché et l’Évangile ou bien une conversation

faisant suite au message d’un pasteur sur le salut a ouvert la

porte à Bianca pour qu’elle puisse demander à ses enfants s’ils

souhaitaient suivre Jésus.

Pour que les vérités de l’Évangile deviennent claires pour les

enfants, il faut qu’ils comprennent que :

• Jésus nous aime tant qu’il est descendu sur la terre

pour nous (Jean 3.16)

• Il nous a enseigné comment mener notre vie et

connaitre son Père

• Il est mort sur la croix à notre place

• Jésus a vaincu le péché et la mort à travers sa

résurrection : notre Sauveur est vivant !

DIEU EST TOUT PRÈS

rappelait ensuite qu’eux aussi avaient été créés par Dieu

et qu’ils étaient précieux à ses yeux. Cela leur a permis de

comprendre que Jésus voulait être proche d’eux.

J’avais l’habitude de dire à mes enfants qu’ils pouvaient

parler à Jésus n’importe quand. Il est toujours tout près,

toujours à nos côtés.

Pour que la proximité de Dieu devienne concrète pour les

enfants, aidez-les à comprendre que :

• Dieu a promis d’être toujours avec eux (Hébreux 13.5)

• Jésus est venu sur la terre, est mort et est ressuscité

pour nous rapprocher de Dieu (1 Pierre 3.18)

• Dieu donne aux croyants une aide qui s’appelle le

Saint-Esprit (Jean 14.16, 26)

MONTRER L’EXEMPLE

Aussi difficile que ce soit pour nous à comprendre, Dieu aime

nos enfants encore plus que nous, parents, les aimons. Il

souhaite qu’ils développent une relation personnelle avec lui à

travers son Fils Jésus-Christ. Le message le plus important que

j’aie jamais transmis est celui qui a conduit mes enfants à Dieu

à travers ma relation personnelle avec Jésus. Il était essentiel

qu’ils puissent voir Jésus dans ma vie au quotidien pour les

mener à prendre leur propre décision de croire.

Angélica explique qu’elle fait de son mieux pour appliquer

Deutéronome 11.19, qui instruit les parents à parler constamment

des commandements de Dieu à leurs enfants, qu’ils soient à la

maison ou à l’extérieur. Elle profite du moment où elle conduit

ses filles à l’école chaque matin pour leur raconter les histoires

des héros de la Bible (celles d’Abraham, d’Esther, de Joseph et

de bien d’autres).

En vivant votre foi au quotidien, vous pouvez mener vos

enfants à recevoir Jésus de manière naturelle et émouvante.

Nous avons l’opportunité de les aider à comprendre leur péché

et leur besoin d’un Sauveur, de leur enseigner que Dieu les aime

et qu’il est toujours là pour eux. Ainsi, nous leur ouvrons la voie

pour qu’ils puissent connaitre le Jésus qui sauve et mettre leur

foi en lui.

Kelly J. Stigliano est chroniqueuse pour un journal hebdomadaire. Elle est

également bloggeuse, auteure de plusieurs livres et conférencière. Elle et

son mari Jerry sont les parents de cinq enfants adultes.

© 2019 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Écrit par by Kelly J.

Stigliano. Publié initialement en anglais sur FocusOnTheFamily.com.

Quand les enfants de mon amie Christie étaient petits, elle

leur rappelait souvent combien les enfants comptent aux

yeux de Jésus. Elle leur lisait Genèse 5.1 : « Lorsque Dieu

créa l’homme, il le fit à la ressemblance de Dieu. » Elle leur


ACCOMPAGNER SON ADO

Au secours, mon ado

ne croit plus en Dieu !

Comment réagir et garder la communication ouverte

quand votre ado rejette la foi

par carol barnier

Un jour, par hasard, mon regard s’est posé sur une affiche à mon

église : « Les athées ont leur jour national ! » Puis j’ai lu la chute

de l’histoire : « Le premier avril ! » Ha ha.

Alors que la plupart de ceux qui m’entouraient passaient

devant cette affiche sans s’y attarder, je me tenais là, les yeux

rivés dessus, m’interrogeant sur le nœud que je ressentais dans

l’estomac. Le ton moqueur de l’affiche me renvoyait à quelque

chose qui m’avait jadis rendue triste : le sentiment d’être

rejetée par les personnes de mon église dans un moment où je

luttais avec de profonds doutes concernant ma foi.

Durant mon adolescence, j’ai traversé une période de doutes

sérieux qui m’a conduite à treize années d’athéisme. J’ai

retrouvé le chemin vers le pied de la croix, mais les années que

j’ai passées loin de la foi m’ont permis de développer un cœur

pour ceux qui doutent, qui posent des questions dérangeantes

et pour qui l’accumulation de frustrations peut devenir une

source d’amertume.

Si votre adolescent a déclaré qu’il ne voulait plus rien savoir

de Dieu, cela peut faire l’effet d’une bombe dans votre famille.

Il se peut qu’avec cette déclaration vienne son lot de disputes,

de colère et de peurs. Cependant, si vous arrivez à mettre de

côté pour un petit moment vos angoisses, bien qu’elles soient

compréhensibles, nous allons essayer de voir comment vous

pouvez gérer une telle situation.

VOTRE ADOLESCENT RESTE UNE

PERSONNE À PART ENTIÈRE

Pierre et Cindy ont été complètement pris par surprise lorsque

leur fille Josée a proclamé qu’elle était athée. Parmi tous leurs

enfants, Josée était celle qui avait, enfant, montré l’amour

le plus tendre et le plus sincère pour Jésus. Le jour où elle a

exposé son nouveau point de vue, ils l’ont suppliée de changer

d’avis, lui fournissant toute une série d’arguments. Leurs

conversations finissaient invariablement par revenir sur

son manque de foi, devenant ainsi de plus en plus intenses

et houleuses. Leur relation avec leur fille s’est rapidement

dégradée.

À cause de l’angoisse que ressentait le couple pour leur

fille, leurs interactions avec elle se sont transformées en un

projet « Sauvons Josée ». Sans surprise, la jeune fille s’est peu

à peu sentie lasse et amère vis-à-vis d’eux. Dans son esprit, ses

parents la percevaient comme un immense échec spirituel.

Cependant, Pierre et Cindy ont appris peu à peu combien

il était essentiel de rester connectés à leur fille en tant que

personne à part entière. Il leur fallait continuer à prendre le

temps de discuter avec elle de manière « normale », de lui poser

des questions sur ses projets d’avenir, ses amis, ses lectures

préférées ou son dernier devoir de classe. Il était important

12 FOCUSFAMILLE.CA


ACCOMPAGNER SON ADO

qu’ils partagent avec elle des moments de tous les jours (un

repas, un fou rire) et qu’ils lui fassent comprendre combien

elle était précieuse à leurs yeux et ce, qu’elle partage leur foi ou

non. En maintenant une relation vraie sur tous les plans avec

Josée, ils avaient nettement plus de chances de réussir à avoir

avec elle des conversations productives.

SOYEZ HONNÊTE ET ÉVITEZ LES

EXPRESSIONS TOUTES FAITES

Il vous est probablement déjà arrivé de participer à une

discussion concernant les preuves de l’existence de Dieu ou

la question du mal et de vous retrouver à court d’arguments.

Vous avez proposé les quelques explications solides qui

vous ont toujours paru parfaitement crédibles. Pourtant,

lorsqu’elles ne se révèlent pas suffisantes pour votre ado,

il se peut que vous soyez agacé par le fait que vos limites

deviennent visibles. C’est dans ces moments-là que l’on a

tendance à sortir du chapeau l’un des joyaux suivants, qui

mettent immanquablement fin à la discussion :

– Tu manques juste de foi.

– Cherches-tu vraiment à connaitre la vérité ?

– Il faut accepter les choses telles qu’elles sont, c’est un

mystère de Dieu.

– Peut-être es-tu simplement en colère contre Dieu ?

Il n’y a rien de mal à admettre que vous avez atteint les

limites de vos connaissances et que vous prendrez le temps

de trouver de nouvelles ressources pour aller plus loin dans la

conversation. C’est souvent réconfortant pour un adolescent

de savoir qu’aucun d’entre nous ne connait d’emblée toutes les

réponses. Il n’y a que Dieu qui puisse s’en vanter. Selon D. T.

Niles : « L’évangélisation, c’est un mendiant qui montre à un

autre mendiant où trouver du pain. »

FAITES PREUVE DE GRÂCE DANS VOS

INTERACTIONS

Ce que j’aime quand j’écoute un débat mené par Ravi Zacharias,

ce n’est pas son excellente maitrise de la philosophie et de

l’apologétique, bien qu’impressionnante. C’est plutôt sa manière

de s’adresser à son opposant, de façon très respectueuse. Il

semble toujours garder à l’esprit l’âme éternelle de la personne

avec qui il discute. Même lorsque l’autre personne se permet

des coups bas, Ravi ne réplique jamais au même niveau, mais

continue à répondre de manière douce et respectueuse. Je me

dis parfois qu’il accomplit plus pour le royaume de Dieu par son

ton que par ses arguments.

Lorsque votre ado vous envoie promener avec colère, ne

vous abaissez pas à répondre sur le même ton. Au contraire,

faites un pas vers lui, posez-lui des questions et explorez

la nouvelle vision du monde qui l’a conduite à une telle

affirmation. Vous pouvez suivre ces étapes :

1. Écoutez jusqu’au bout. N’interrompez pas votre enfant.

Imaginez un téléchargement sur un ordinateur, où vous

devez attendre de voir le petit indicateur afficher 100 %.

Vous ne pouvez pas discuter d’une nouvelle idée avant

qu’elle ait été présentée dans son intégralité.

2. Interprétez. Répétez à votre adolescent ce que vous

pensez qu’il vient de dire : « Si je comprends bien, ta

position est que… » puis complétez avec vos propres

mots.

3. Associez-y une émotion. Trouvez des mots pour

exprimer le fait que vous comprenez les sentiments de

votre ado : « Cela doit être particulièrement frustrant »,

ou « Je comprends pourquoi ça te met en colère », ou

encore « Voilà qui doit être vraiment pesant pour toi. »

4. Expliquez votre position : « Maintenant que je pense

avoir compris ton point de vue, est-ce que tu permets

que je partage le mien ? »

Un adolescent qui se sent réellement entendu a beaucoup

plus de chances de vous écouter en retour.

Lorsque nous essayons de suivre la directive de 1 Pierre 3.15,

« Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous… »,

ne négligeons pas la partie qui suit : « faites-le avec douceur et

respect, en gardant une bonne conscience. »

SOYEZ PATIENT

Les chemins qui mènent à l’athéisme et ceux qui permettent

d’en sortir sont rarement courts. Préparez-vous à y marcher

longtemps. Mes parents ont patienté treize longues années

pour me voir revenir à la foi. Il existe une réelle laideur dans

l’athéisme, que les jeunes gens peuvent prendre un certain

temps à découvrir. Mais toute philosophie qui ne comporte pas

une boussole indiquant le chemin de la vérité est condamnée à

échouer. À un moment donné, votre adolescent, probablement

devenu adulte, reconnaitra peut-être que sa nouvelle vision du

monde n’est tout simplement pas raisonnable. Lorsque ce sera

le cas, il cherchera des réponses. Assurez-vous d’avoir gardé un

pont entre lui et vous pour qu’il puisse revenir vers vous avec

ses questions.

Carol Barnier a écrit plusieurs livres et prend souvent la parole lors de

conférences sur l’enseignement à domicile et lors d’autres évènements.

© 2020 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Écrit par Carol

Barnier. Publié initialement en anglais sur FocusOnTheFamily.com.

PRINTEMPS 2020

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ASTUCES POUR LA VIE À DEUX

Conseils pour les

jeunes mariés

Nouveaux

mariés

NNous avons demandé à nos lecteurs quels conseils ils auraient aimé

recevoir en tant que jeunes mariés. Leurs réponses constituent tout autant

de bons principes pour ceux qui se lancent dans (ou qui poursuivent)

l’aventure qu’est le mariage !

« Prenez le temps de partager les plus belles choses dans la vie : le

sourire d'un enfant, se promener main dans la main et regarder la

beauté de Dieu dans la nature, aller danser, essayer une nouvelle

recette ensemble, ...

N’oubliez pas de remercier l’autre quand il (ou elle) fait un effort

pour vous et ne cessez pas de rêver ensemble.

Rappelez-vous que le monde est déjà bien trop compliqué, alors

pourquoi vouloir se compliquer la vie ?

Quand on aime l’autre de la même manière qu’on souhaite être

aimé, le mariage reste le plus beau cadeau du monde avec une

promotion en extra : on devient une meilleure personne. »

— Sandra, mariée depuis six ans

« Selon moi, il y a plusieurs choses qui sont essentielles à

garder en tête dans la vie de couple :

• Le pardon, car l’amour sans pardon n’est pas de l’amour

• La patience – prendre le temps de se parler avec

tendresse

• Prier ensemble, car une corde à trois fils ne se rompt pas

facilement

• Être doux et se respecter mutuellement

• Faire plaisir même si cela ne nous tente pas toujours

• Donner sans rien attendre en retour

Mais surtout, rester ensemble toute notre vie et voir Jésus

dans notre conjoint. »

— Rachel

« Attachez-vous, ensemble, à

une église locale. »

— Jérémy

Nouveaux

mariés

« J’aurais aimé me faire dire que mon

mariage m’apporterait DU bonheur, et non

pas LE bonheur, car LE bonheur est en Dieu

seul, et en aucun être humain quel qu’il soit. »

— Carole

« Il est important dans un couple de se

dire les vraies choses et d’écouter avant de

réagir. Bref, être vrais sans hypocrisie ! »

— Suzanne

Votre conjoint est bien plus sensible aux critiques que vous

ne le pensez. Même lorsque vous avez l’impression de vous

montrer clair, votre conjoint recevra souvent un message

différent de celui que vous avez voulu transmettre. Quand

vous lui dites qu’il (ou elle) est énervant, il entend peut-être

« Tu es incompétent » ou un message négatif de cet ordre

qu’il aura intériorisé étant enfant.

C’est également important de se rappeler que votre

conjoint n’est pas là pour vous « sauver » de tous vos

sentiments difficiles. Il (ou elle) vous aime et cherchera

sûrement à vous remonter le moral après une mauvaise

journée ou quand quelque chose ne va pas mais en fin

de compte, vous êtes responsable de gérer vos sentiments

négatifs et de prendre le dessus sur vos émotions. »

— Louise et son mari Gérald sont mariés depuis 32 ans 1

Nouveaux

mariés

1

Noms changés pour préserver l’anonymat

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uand le prince charmant

n'est pas parfait

REVOIR SES ATTENTES POUR FAIRE PLACE À LA GRÂCE DANS LE COUPLE

par sabrina beasley mcdonald

CCela faisait trois ans que j’étais veuve lorsque j’ai épousé

Robbie. J’étais enchantée d’avoir enfin un compagnon aimant

et un papa pour mes deux enfants, encore tout jeunes. J’étais

persuadée que Robbie allait combler tous les besoins de nos

vies, en amour comme dans l’éducation des enfants.

Il ne m’a pas fallu longtemps pour me rendre compte que

j’avais épousé un être humain et non un prince charmant. Il

ne pouvait évidemment pas se montrer à la hauteur de mes

attentes démesurées, ni moi à la hauteur des siennes.

Ma première surprise fut de constater que mon fils Ben, d’à

peine cinq ans, a d’emblée rejeté Robbie comme nouveau papa.

Je ne savais pas qu’un garçon aussi jeune pouvait déjà avoir

des aspirations de mâle dominant. Pourtant, c’était là, sous

mes yeux : jalousie, orgueil et entêtement de la part de mon

fils, tout comme de mon mari. La première année a été une

véritable guerre de territoire, que ce soit pour mon attention,

la télécommande, le diner… pour absolument tout.

Je ne savais pas quoi faire. Je voulais tellement une

famille qui s’aime et où on est heureux de passer du temps

ensemble. Avais-je commis une erreur ? Aurais-je dû attendre

plus longtemps pour me remarier ? Mon fils était-il le seul

responsable des difficultés ou mon mari avait-il sa part ?

Je me rendais malade à essayer de trouver des solutions. Ma

nouvelle vie n’était pas parfaite mais je voulais qu’elle le soit. À

genoux, j’ai supplié Dieu : « Seigneur, je ne sais pas quoi prier.

Je ne sais pas comment changer Ben ou Robbie ou comment

réparer leur relation. »

J’ai alors senti la douce voix du Saint-Esprit murmurer dans

mon cœur : « Tu n’as pas à changer qui que ce soit. C’est mon

travail. Ton travail à toi est de faire preuve de grâce envers eux

et de t’attendre à moi. »

La grâce, voilà quelque chose que je désire recevoir moimême.

Je sais que je vais faire des erreurs. J’ai besoin de la

patience des autres, de pouvoir recommencer à zéro, d’être

pardonnée. Mais la grâce était bien loin de moi quand mon

fils pleurait de rage ou que Robbie perdait son calme. Ce que je

voulais dans ces moments-là était d’avoir le contrôle.

Il semblerait pourtant qu’avoir le contrôle ne soit pas

inclus dans le kit « famille recomposée ». La seule solution

(si je ne voulais pas devenir folle) était de lâcher prise et de

faire confiance à Dieu. C’est ainsi que, lors des conflits qui

ont inévitablement suivi, j’ai appris à prendre une grande

inspiration, à me redire intérieurement que personne n’est

parfait, puis à faire face à la situation.

Par définition, les êtres humains pèchent. Il me fallait

l’accepter et laisser de la place aux erreurs. Ce nouvel état

d’esprit basé sur la grâce a aussi aidé mes enfants. Un jour, Ben

était fâché contre son père, à raison. « Ben, tu as raison, Papa

a eu tort, il a fait une erreur. Mais lorsque tu te mets en colère

et que tu réagis mal, n’aimerais-tu pas qu’on te pardonne ? »

« Si », a-t-il répondu.

« Alors penses-tu que tu peux pardonner à papa ? »

« Je suppose que oui », a-t-il dit avec une pointe d’humilité.

Une autre fois, Ben trouvait que Robbie se montrait trop sévère

envers lui. Je lui ai alors expliqué : « Papa n’est pas ton ennemi.

S’il te punit parfois, c’est pour t’aider à grandir et à devenir

un homme de caractère. » Le lendemain, Ben était à nouveau

joyeux. Bien plus, il semblait s’être rapproché de son père.

Cela fait maintenant six ans que nous sommes une famille.

Bien que nous ayons rencontré d’autres difficultés liées à

notre situation, j’ai du mal à croire combien la relation entre

Ben et Robbie a changé. L’autre jour, j’ai versé des larmes de

joie lorsqu’au moment de mettre Ben au lit, il m’a confié :

« Maman, quand je serai grand, je veux être comme papa. »

© 2020 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Écrit par Sabrina

Beasley McDonald. Publié initialement en anglais sur FocusOnTheFamily.com.

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PROMESSES DE LA BIBLE

Promesses de la Bible

Des versets pour défendre notre foi

NNous avons sélectionné quelques versets que nous vous encourageons à lire et à relire. N’hésitez pas à

vous les approprier et à les proclamer comme étant vôtres, afin de partager la bonne nouvelle autour de

vous avec confiance, douceur et amour.

Nous pouvons être certains que Dieu est suffisamment puissant pour travailler dans le cœur de ceux qui

nous sont chers, ainsi que pour nous porter au bout de nos doutes et de nos questions.

« Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger,

pour instruire dans la justice. » (2 Timothée 3.16)

Exode 4.12

« Va donc maintenant, je serai avec ta bouche, et

je t’enseignerai ce que tu auras à dire. »

Colossiens 4.5-6

« Conduisez-vous avec sagesse envers ceux du

dehors, et rachetez le temps. Que votre parole

soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée

de sel, afin que vous sachiez comment il faut

répondre à chacun. »

1 Corinthiens 9.19,22

« Bien que je sois libre à l’égard de tous, je me suis

rendu le serviteur de tous, afin de gagner le plus

grand nombre. […] Je me suis fait tout à tous, afin

d’en sauver de toute manière quelques-uns. »

Matthieu 10.19

« Ne vous inquiétez ni de la manière dont vous

parlerez, ni de ce que vous direz : ce que vous

aurez à dire vous sera donné à l’heure même. »

Jean 7.38

« Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau

couleront de son cœur, et cette eau donne la vie. »

(version Parole de Vie)

Matthieu 7.7

« Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et

vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. »

Ésaïe 42.1-2

« Voici mon serviteur, que je soutiendrai, mon

élu, en qui mon âme prend plaisir. J’ai mis mon

Esprit sur lui ; il annoncera la justice aux nations.

Il ne criera point, il n’élèvera point la voix, et ne la

fera point entendre dans les rues. »

Éphésiens 2.8-9

« Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le

moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est

le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin

que personne ne se glorifie. »

Jérémie 33.3

« Invoque-moi, et je te répondrai. Je t’annoncerai

de grandes choses, des choses cachées, que tu ne

connais pas. »

Romains 8.26

« L’Esprit Saint aussi nous vient en aide, parce

que nous sommes faibles. »

16 FOCUSFAMILLE.CA


La mort et la

résurrection de Jésus :

mythe ou réalité ?

SUIVEZ LEE STROBEL, ANCIEN JOURNALISTE D’INVESTIGATION,

DANS SON ENQUÊTE AU SUJET DU JÉSUS HISTORIQUE

par lee strobel

Je ne suis pas devenu athée du jour au lendemain. Tout

au long de mon enfance, les questions que je posais à mes

professeurs ou aux responsables de l’église au sujet de

Dieu restaient sans réponse : Pourquoi Dieu n’élimine-t-il

pas le mal ? Pourquoi y’a-t-il tant de gens qui souffrent ?

Mes parents allaient à l’église le dimanche mais parlaient

rarement de Dieu à la maison.

De plus, j’avais une très mauvaise relation avec mon père.

Un jour, au cours d’une dispute, il m’a regardé et a lancé :

« Je n’ai pas assez d’amour pour toi pour remplir ne serait-ce

PRINTEMPS 2020

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que mon petit doigt. » Il est parfois difficile d’accepter l’idée

d’un Père céleste aimant quand vous avez vécu le rejet de la

part de la version terrestre.

Et puis de toute façon, Dieu existe-t-il vraiment ? me

demandais-je. À l’école secondaire comme à l’université,

on m’avait appris qu’on n’avait pas besoin de Dieu pour

expliquer l’origine de la vie et qu’on ne pouvait pas faire

confiance aux récits bibliques relatant le ministère de Jésus.

Après mes études, j’ai débuté ma carrière et je me suis

marié. L’athéisme convenait très bien à la vie centrée sur

moi-même que je menais.

Quand ma femme est devenue chrétienne, j’ai commencé,

pour la première fois, à sérieusement examiner les

allégations du christianisme, ne serait-ce que pour la

« libérer » de sa nouvelle foi. Je savais que si je voulais

discréditer le discours chrétien, il fallait commencer par

m’attaquer à l’affirmation audacieuse et fondatrice de sa

doctrine selon laquelle Jésus est mort puis revenu à la vie.

La foi chrétienne tient essentiellement à cette affirmation.

Tout est là. J’avais déjà enquêté sur de nombreux morts au

cours de ma carrière de journaliste et aucun de ces cadavres

n’était jamais ressuscité. Les morts ne reviennent tout

simplement pas à la vie, sauf si on parle vraiment du Fils

de Dieu.

Pour mon enquête sur la résurrection, je suis parti avec

les quatre questions ci-dessous en tête. Laissez-moi vous

dire que personne n’a été aussi surpris que moi par les

conclusions auxquelles je suis arrivé.

À l’approche de Pâques, j’espère que les réponses à

ces questions aideront votre famille à avoir une pleine

confiance dans le récit que fait la Bible de la résurrection

de Jésus-Christ.

– 1 –

JÉSUS EST-IL RÉELLEMENT MORT ?

Certains sceptiques insistent sur le fait que Jésus n’est pas

mort sur la croix comme le proclame la Bible. À ma grande

surprise, l’une de mes premières découvertes a été que les

historiens considèrent la mort de Jésus-Christ à la croix

comme un fait irréfutable. Selon le Journal of the American

Medical Association 1 : « Les preuves historiques et médicales

indiquent que Jésus était déjà mort au moment où on lui a

infligé une plaie au côté. »

Il existe plusieurs récits indépendants de sa mort dans

les différents documents constituant le Nouveau Testament.

Nous avons également accès à au moins cinq sources

anciennes, en dehors de la Bible, qui corroborent sa mort

sur la croix. Même le Talmud juif reconnait que Jésus a été

exécuté. Un expert du Nouveau Testament, l’athée Gerd

Lüdemann de l’Université Vanderbilt aux É.-U., qualifie la

mort de Jésus à la croix de fait « incontestable ».

– 2 –

LES CROYANTS ONT-ILS INVENTÉ

CETTE HISTOIRE DE RÉSURRECTION ?

Avant, je pensais que la résurrection était une légende, que

peut-être une centaine d’années après la vie de Jésus, les

gens s’étaient mis à croire à un mythe. En enquêtant sur

les bases historiques des légendes anciennes, j’ai appris

que dans l’antiquité, il fallait longtemps (au minimum

deux générations) pour que se développe une légende qui

viendrait effacer des faits historiques solides. Cependant,

nous avons un récit de la résurrection écrit bien trop tôt

après la mort de Jésus pour être considéré comme une

légende. Ce récit a plus tard été préservé par l’apôtre Paul

dans 1 Corinthiens 15.3-7. L’éminent expert biblique James

D.G. Dunn est convaincu que ce compte-rendu de l’histoire

a été rédigé dans les mois qui ont suivi la mort de Jésus.

Ajoutez à cela les quatre Évangiles, qui contiennent des

récits de la mort et de la résurrection de Jésus et que l’on

estime avoir été rédigés moins d’une génération après les

faits.

Il n’y a pas donc suffisamment de temps écoulé entre la

mort de Jésus et le récit écrit de sa résurrection pour qu’une

légende puisse se développer. Dans le cas de la résurrection

de Jésus, il s’agit plutôt d’un « flash info » qui s’est produit

très peu de temps après les faits.

– 3 –

LA TOMBE ÉTAIT-ELLE

RÉELLEMENT VIDE ?

Peut-être que la tombe n’a jamais été vide, argumenteront

certains. La réalité est que même les adversaires de Jésus

ont implicitement reconnu que Jésus n’était pas dans la

« À ma grande surprise, l’une de mes premières

découvertes a été que les historiens considèrent la mort

de Jésus-Christ à la croix comme un fait irréfutable. »

18 FOCUSFAMILLE.CA


tombe en ce premier matin de Pâques. D’ailleurs, ils étaient

tellement certains de ce fait qu’ils ont proclamé que les

disciples de Jésus étaient venus voler son corps.

Par ailleurs, il est presque certain que le corps de Jésus

avait bien été mis dans la tombe, malgré l’argument selon

lequel les crucifiés n’étaient jamais enterrés. Le Digesta,

un abrégé des lois romaines de l’époque qu’a fait écrire

l’empereur Justinien 1 er rapporte que « Les corps de ceux

qui ont été punis doivent être remis à quiconque en fait la

demande dans le but de les enterrer. » D’ailleurs, en 1968,

des archéologues ont mis au jour les restes enterrés d’une

personne ayant été crucifiée et qui avait encore le pic planté

dans sa cheville.

Comment, alors, la tombe a-t-elle été vidée ? Les Romains

n’avaient aucune raison de voler le corps. Ils voulaient la

mort de Jésus. Les chefs religieux juifs de l’époque n’avaient

pas non plus de raisons de faire disparaitre le corps. Ils

tenaient à ce que Jésus reste mort. Les disciples n’avaient

ni les moyens ni l’occasion de voler le corps. L’explication

la plus plausible est que Jésus est effectivement ressuscité.

– 4 –

JÉSUS A-T-IL RÉELLEMENT ÉTÉ

VU VIVANT ?

Nous avons accès à neuf sources anciennes – dont celles,

entre autres, du Nouveau Testament – qui corroborent le

témoignage des disciples concernant leurs rencontres avec

Jésus une fois ressuscité. Il s’agit d’une réelle avalanche de

preuves historiques ! De plus, les récits les plus anciens de

la résurrection parlent de 500 personnes l’ayant vu en même

temps.

« D’accord, diront les sceptiques, ces gens ont vu

quelque chose. Est-ce que ça ne pourrait pas être une

hallucination ? » Le problème est que, selon les experts

en psychologie avec lesquels je me suis entretenu, de telles

hallucinations collectives n’existent pas. Les hallucinations

sont le fait de l’esprit d’un seul individu.

On peut ajouter que Saul de Tarse, qui pendant des années

a été un grand persécuteur des chrétiens, a lui aussi vu Jésus

ressuscité (Actes 9.1-6). Saul n’était pas psychologiquement

prédisposé à une telle vision et n’avait aucun intérêt à

ébruiter cette rencontre si elle n’avait pas eu lieu.

LES CONCLUSIONS AUXQUELLES

J’AI DÛ ME RÉSOUDRE

Il ne m’a pas été facile de prouver que la résurrection

de Jésus n’avait pas eu lieu. En fait, ça s’est plutôt révélé

impossible. Mes recherches m’ont amené à réaliser que

les arguments en faveur de la résurrection de Jésus sont

puissants et très convaincants. C’est ce qui m’a conduit à

croire personnellement en Jésus. Depuis cette enquête et

ma conversion, j’aide les chrétiens autour de moi à réaliser

que nous pouvons avoir une profonde confiance dans les

récits bibliques de la résurrection.

Pâques ne se résume pas aux œufs en chocolat ou à un

repas traditionnel en famille. Nous reconnaissons que la

résurrection de Christ authentifie son affirmation selon

laquelle il est le Fils de Dieu.

N’importe qui peut faire des proclamations, et Jésus a

certainement affirmé sa position transcendante, divine et

messianique. Il a proclamé être le Fils de Dieu. Cela dit,

s’il est revenu d’entre les morts, son identité divine est

confirmée. Comme l’a expliqué l’apôtre Paul : « Or, si Christ

n’est pas ressuscité, votre foi est inutile, vous êtes encore dans

vos péchés. » (1 Corinthiens 15.17)

Si la résurrection de Jésus a bien eu lieu, alors ses

enseignements ne sont pas juste les paroles avisées d’un

homme sage mort depuis des siècles. Ce sont les paroles

de Dieu lui-même. Nous sommes donc contraints de suivre

ces enseignements et d’aider nos enfants à comprendre que

Jésus mérite notre foi et notre adoration.

S’il est ressuscité, cela signifie qu’il est encore vivant et

nous pouvons le rencontrer aujourd’hui. Grâce à sa mort

expiatoire à la croix, tous ceux qui le suivent reçoivent le

pardon de leur péché et la porte des cieux leur est ouverte.

La résurrection change réellement tout.

1 Journal de l’association médicale américaine.

Lee Strobel est auteur et ancien journaliste

d’investigation. Il a écrit entre autres le livre Jésus :

l’enquête, relatant l’histoire de son enquête et de

sa conversion. Son livre a été adapté en un film du

même nom.

© 2019 Focus on the Family. Tous droits réservés.

Utilisation autorisée. Publié initialement en anglais sur

FocusOnTheFamily.com.

PRINTEMPS 2020

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Petit traité

d’apologétique

www pour www

les enfants

ÉQUIPEZ VOS ENFANTS POUR RÉPONDRE AUX QUESTIONS DES SCEPTIQUES

par natasha crain

I« Il n’y a pas la moindre preuve que Jésus ait existé. »

Ce n’était pas la première fois que j’entendais un

commentaire remettant en question la foi chrétienne. Au fil

des années, mon site internet a attiré de nombreux sceptiques

cherchant à contester le contenu de mes publications. Étant

chrétienne depuis mon enfance, je souhaitais répondre à

cette affirmation, mais me suis aperçue que j’étais assez mal

préparée à discuter intelligemment au sujet des affirmations

suivantes :

« La science a prouvé que Dieu n’existe pas. »

« La Bible est pleine de contradictions. »

« La religion chrétienne n’est qu’un mélange d’anciennes

traditions païennes. »

Le jour où quelqu’un m’a écrit qu’il n’y avait aucune preuve

de l’existence même de Jésus, je savais qu’il fallait que je

m’informe un peu mieux. J’ai découvert l’apologétique, cette

discipline qui a pour but d’argumenter en faveur des vérités

fondamentales de la foi chrétienne. L’apologétique m’a aidée à

mieux comprendre les preuves historiques du ministère et de

la résurrection de Jésus. J’ai pu ensuite formuler des réponses

à ceux qui proclamaient que Jésus n’a pas existé.

Tout en étudiant ces sujets, j’ai appris que de nombreux

jeunes gens s’éloignaient de la foi chrétienne faute

d’arguments réfutant ces défis. Malheureusement, beaucoup

de parents chrétiens ne savent pas comment inclure ce type

d’information dans l’éducation chrétienne qu’ils donnent à

leurs enfants.

Si vous faites partie de ces parents, vous pouvez commencer

par apprendre vous-même comment répondre aux quatre

grandes objections suivantes faites à notre foi :

20 FOCUSFAMILLE.CA


« La foi s’oppose à la raison. »

Je discutais récemment avec des parents sur la meilleure

approche pour faire de nos enfants des disciples. Une des

mères avait une vision très éloignée de la mienne en la matière :

« J’explique à ma fille que croire en Dieu est une question de foi.

C’est comme pour le Père Noël : certaines personnes y croient

et d’autres non. »

Malheureusement, cette mère semblait avoir intégré l’idée

fausse selon laquelle la foi est le contraire de la raison, où

croire en Dieu est comparable à croire au Père Noël. Elle

n’est pas seule. De nombreux parents s’arrangent de cette

dichotomie erronée entre la foi et la raison. « Il suffit d’avoir

la foi », expliquent-ils à leurs enfants lorsque quelqu’un leur

oppose que leurs croyances ne sont pas « raisonnables ».

En réalité, nous n’avons pas à choisir entre foi et raison. La

foi en elle-même consiste à adopter une croyance. Elle peut

être basée sur de bonnes comme sur de mauvaises raisons. Une

foi bien placée est soutenue par un bon raisonnement, alors

qu’une foi mal placée n’est pas soutenue par la raison.

Les chrétiens sont appelés à avoir une foi raisonnable en

réponse aux preuves que Dieu nous fournit, telles que les

caractéristiques physiques du monde dans lequel nous vivons ou

la capacité de l’être humain à comprendre et à intégrer un code

moral. Nous devons comprendre ces preuves pour être prêts à en

parler quand on nous pose des questions (1 Pierre 3.15).

mise en pratique Aidez vos enfants à se rendre compte que

les chrétiens devraient être à l’aise dans les discussions basées

sur la raison et la logique. Expliquez-leur qu’il y a une réelle

distinction entre une foi bien placée ou une foi mal placée.

Cherchez des exemples pour chaque catégorie, en faisant le

parallèle avec notre foi en Dieu.

Par exemple, j’ai récemment remarqué que mon fils se tenait

dans la cuisine, examinant les cuillères dans le tiroir à couverts.

« Elles ne sont pas toutes propres », a-t-il constaté.

« Dirais-tu alors que tu as des raisons de croire que le lavevaisselle

n’est pas toujours efficace ? Compter sur le lavevaisselle

serait donc mal placer ta foi ! » ai-je répondu.

Nous avons éclaté de rire, mais ce petit moment nous a

conduits à avoir une discussion intéressante sur les bonnes

raisons de placer sa foi en Dieu.

« La science a prouvé que Dieu

n’existe pas. »

Si la foi est ancrée dans la raison, alors nos enfants devraient

connaitre ces bonnes raisons et savoir repérer les manières

dont Dieu se révèle à nous.

La Bible est notre principale source de connaissance sur

Dieu, mais les chrétiens négligent souvent le monde naturel

comme source de révélation de Dieu aux hommes. Que pensezvous

pouvoir apprendre de Dieu en observant le monde autour

de vous ?

Notre monde physique déclare la gloire de Dieu, révélant

l’œuvre de ses mains (Psaume 19.1). La vraie science, c’està-dire

l’observation honnête du monde, est en fait loin d’être

incompatible avec notre foi.

Un bon point de départ est… le début. C’est un fait

scientifiquement accepté que l’univers a eu un commencement.

Nous savons également que tout ce qui vient à exister doit

avoir une cause. Rien n’apparait dans le monde sans cause,

et pour pouvoir être à l’origine de l’espace, du temps et de la

matière, cette cause doit être extérieure à l’espace, au temps

et à la matière. Tout cela est parfaitement compatible avec la

description biblique de la création et de la nature de Dieu.

L’astrophysicien Hugh Ross et ses collègues ont observé plus

de 140 propriétés de l’univers, telles que la force de la gravité,

qui sont très précisément adaptées pour permettre l’existence

de la vie. Il est extrêmement peu probable que ces facteurs se

soient combinés par l’effet du hasard pour créer la vie. Cela

suggère donc fortement que notre univers est le produit d’une

intelligence raisonnée au-delà de la nature.

mise en pratique Demandez à votre enfant de s’imaginer

devoir apprendre à connaitre Dieu sans l’aide de la Bible : « Que

pourrais-tu apprendre de Dieu en observant le monde autour

de toi ? » Appuyez-vous sur Romains 1.18-20, que vous pourrez

utiliser comme tremplin pour vos conversations sur ce que le

monde nous révèle de notre Créateur.

« Où est ton Dieu maintenant ? »

Avec les attaques terroristes et autres tragédies causées par

l’homme, ce genre de commentaire montre comment la

question du mal s’infiltre dans nos conversations du quotidien.

C’est un dilemme sans âge : si Dieu est vraiment bon, il devrait

éliminer le mal, et s’il est vraiment tout-puissant, il peut

l’éliminer. Donc si le mal existe, Dieu ne peut exister.

De nombreux parents m’ont contactée parce que leurs

enfants en étaient arrivés à cette conclusion.

Nous devons anticiper ces questions en commençant par

rappeler à nos enfants que Dieu a créé les humains avec un

libre arbitre. Imaginez ce que serait la vie sans aucune liberté

de choisir le mal. Qu’en serait-il si nous étions uniquement

capables de faire le bien et d’aimer Dieu ? Il ne faut pas

longtemps pour comprendre que nous serions comme des

robots obéissant aveuglément aux ordres reçus.

PRINTEMPS 2020

21


« Comment peux-tu croire que

les morts ressuscitent ? »

La véritable bonté ne peut pas être forcée, nous devons la

choisir. Une telle liberté nous permet pourtant aussi de choisir

le mal. Dieu a rendu le mal possible en nous donnant le pouvoir

de choisir mais ce sont les humains qui sont responsables

d’avoir introduit le mal dans le monde.

Il est aussi très important pour les jeunes de comprendre que

les athées ont leur propre problème à régler avec le mal. Si Dieu

n’existe pas, il n’existe pas non plus de standard objectif pour

décider de ce qui est mal. Sans une autorité morale qui surpasse

les êtres humains, ce que nous considérons comme « bon »

ou « mauvais » ne peut être qu’une question de point de vue.

Cependant, notre intuition la plus profonde nous souffle que

certains comportements sont objectivement mauvais. Étant

donné que ces « lois » morales objectives existent, la meilleure

manière de l’expliquer est qu’il existe aussi un législateur qui les

a créées (Romains 2.14-16).

mise en pratique Les nouvelles que l’on voit à la TV nous

procurent malheureusement de nombreuses occasions de

parler de ce sujet avec nos enfants. Servez-vous-en pour

demander à votre enfant : « Comment penses-tu que tout ce

mal puisse se produire si Dieu est bon ? » Discutez avec lui de

ce qu’est le libre arbitre et de ses conséquences. Expliquez-lui

aussi que c’est parce que Dieu existe qu’on peut qualifier le mal

de ce qu’il est.

Imaginez que vos enfants arrivent en courant et crient : « On

vient de voir trois cochons volants dans le ciel ! » Vous ne les

croiriez probablement pas, parce que les cochons ne volent pas.

Pour beaucoup, c’est la logique qu’ils utilisent pour expliquer

que les affirmations du christianisme, comme la résurrection,

sont fausses. Un athée m’a dit un jour : « Je sais que la

résurrection du Christ n’a pas eu lieu parce que la science me

dit que les morts restent morts. » D’autres sceptiques sont

d’accord : les affirmations des chrétiens vont à l’encontre du

fonctionnement du monde naturel.

Il est important que nos enfants comprennent le défaut

inhérent à cet argument. Les chrétiens, tout comme les noncroyants,

sont d’accord pour dire que les morts ne reviennent

pas à la vie naturellement. Mais les miracles tels que la

résurrection sont des événements dont la cause est extérieure

à la nature. Ils ne sont donc pas limités par les lois naturelles.

mise en pratique Demandez à votre enfant : « Pourquoi

penses-tu que les chrétiens croient que Jésus est ressuscité alors

qu’on sait que tous ceux qui meurent restent morts ? » Expliquezlui

que la résurrection est présentée comme un miracle et que les

miracles sont des événements dont la cause est extérieure à la

nature. Ils ne suivent donc pas les lois de la nature. Insistez sur

le fait que si Dieu, créateur de l’univers, existe, les miracles sont

complètement possibles et même probables.

Ces conversations ne sont qu’un point de départ mais

elles offrent un cadre pour répondre aux principaux défis

intellectuels auxquels font face les chrétiens de nos jours. Elles

mèneront à des discussions qui armeront vos enfants d’une foi

plus solide.

Natasha Crain est auteure de plusieurs livres et enseignante d’apologétique.

© 2020 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Écrit par

Natasha Crain. Publié initialement en anglais sur FocusOnTheFamily.com.

PDF Mission Vérité

Ce PDF gratuit est une série d’enquêtes ludiques que votre enfant pourra mener afin

d’affermir sa connaissance des fondements de la foi chrétienne. Il aura 11 missions

pour l’équiper à avoir une défense solide de sa foi face à des objections telles que :

• La Bible n’est ni vraie ni pertinente de nos jours

• Toutes les religions mènent au même Dieu

• La vie semble trop injuste pour qu’il existe un Dieu bon, et bien plus…

À télécharger sur FocusFamille.ca/MissionVerite

22 FOCUSFAMILLE.CA


dieu,

les catastrophes

naturelles et nous

LES TRAGÉDIES REMETTENT-ELLES EN QUESTION L’EXISTENCE DE DIEU ?

par subby szterszky

Au-delà de leur terrible puissance de

destruction physique, les ouragans et

autres catastrophes naturelles possèdent

un étrange pouvoir spirituel. Ils ont cette

faculté de faire ressortir le théologien

qui est en chacun de nous. Lorsqu’une

catastrophe frappe, elle amène les

personnes de toutes confessions – et ceux

qui n’en professent aucune – à réévaluer

leurs croyances au sujet de la mort, de la

souffrance et de la présence ou non de

Dieu au milieu de tout cela.

Cette faculté a été particulièrement

mise sur le devant de la scène ces

dernières années, lors de la terrible saison

des ouragans en Atlantique. En 2017,

les ouragans Harvey, Irma et Maria ont

ravagé les Caraïbes et le sud-est des États-

Unis. En 2019, c’est l’ouragan Dorian

qui a semé son lot de dévastation sur

ces mêmes régions et au-delà, alors que

certaines villes essayaient encore de se

remettre du désastre qui les avait frappées

deux ans plus tôt.

Face à des événements aussi destruc

teurs, les athées auront tendance à se

trouver justifiés dans leur position. Quant

aux croyants, ils vont chercher à com

prendre ces tragédies à la lumière de leur

foi, tout en voulant aussi défendre leur foi

à la lumière de ces tragédies.

Nous chrétiens avons nos propres

explications, ainsi que des tentatives de

« théodicée » (la pratique de chercher

à justifier Dieu, le « tirer d’affaire » en

quelque sorte). Pourtant, bien que

remplies de bonnes intentions, certaines

de ces approches finissent par être en

décalage avec la Parole, ce qui les rend

inutiles, voire déshonorantes envers Dieu.

L’existence de catastrophes naturelles

est l’un des problèmes les plus épineux

qui soit pour n’importe quel système

de croyances. Il n’existe pas de réponse

simple. Cela étant dit, il peut être utile

de regarder de plus près la manière dont

chacun choisit de relever ce défi.

Les catastrophes naturelles

font-elles partie de la volonté

de Dieu ?

Pour réconcilier l’idée d’un Dieu bon

avec l’existence de ces événements

destructeurs, il peut être tentant de

penser que les ouragans et autres

catastrophes naturelles ne font pas

partie de son plan. Certaines personnes

vont même plus loin, clamant que Dieu

n’a rien à voir avec les désastres naturels,

qui ne seraient le résultat que d’activités

démoniaques ou de forces physiques qui

opèrent en dehors du contrôle direct

de Dieu.

PRINTEMPS 2020

23


De telles affirmations ne peuvent

résister face aux Écritures. Dieu luimême

déclare être l’auteur du bien et

des calamités (Ésaïe 45.7 ; Amos 3.6 ; Job

1.21-22 ; 2.10). Il est Seigneur de toute

la création, ce qui inclut l’intégralité

des forces naturelles et des modèles

météorologiques. Il ne produit pas

uniquement le beau temps et les pluies

rafraichissantes, mais aussi la neige, la

glace et les tempêtes dévastatrices (Job

37.9-13 ; 38.22-24 ; Psaumes 24.1-2 ; 147.16-

18 ; 148.8 ; Matthieu 8.23-27). Affirmer

le contraire reviendrait à limiter la

souveraineté de Dieu, faisant de lui un

dieu impuissant.

Les catastrophes naturelles

sont-elles une punition face

au péché ?

D’un autre côté, on a l’idée selon laquelle

toutes les catastrophes naturelles

sont envoyées par Dieu pour punir

directement le péché d’un groupe de

personnes spécifique. Les êtres humains

ont malheureusement cette tendance à

penser que si quelqu’un souffre, il doit

avoir fait quelque chose pour le mériter.

Encore une fois, la Bible nous rappelle

que ce n’est pas toujours (ou même

souvent) le cas. Il est vrai qu’on peut

trouver des occasions où Dieu provoque

une catastrophe naturelle en réponse au

péché. Cela dit, il consacre également tout

le livre de Job, ainsi que d’autres passages

des Écritures, à la question de savoir

pourquoi des personnes apparemment

innocentes souffrent (Job 1.1 et suivants ;

Psaume 73 ; Jean 9.1-7).

Dans tous les cas, depuis que la liste

des canons de l’Écriture a été clôturée,

plus personne n’a l’autorité de dire que

l’ouragan X a été envoyé par Dieu pour

punir le péché de la communauté Y. Jésus

lui-même a exclu ce schéma de pensée. Il

a déclaré que la tour de Siloé ne s’est pas

effondrée sur 18 personnes à Jérusalem

parce que ceux-là étaient particulièrement

pécheurs. Il insiste plutôt sur le fait que

nous périrons tous de la même manière si

nous ne nous repentons pas (Luc 13.4-5).

Où est Dieu dans tout cela ?

Depuis bien longtemps, les sceptiques

affirment que si Dieu est capable

d’empêcher les catastrophes naturelles

mais ne le fait pas, il ne peut pas être

parfaitement bon. Inversement, s’il

veut le faire mais ne le peut pas, alors il

n’est pas Dieu Tout-Puissant. Quoi qu’il

en soit, ils en concluent qu’il ne peut

pas être Dieu tel que nous l’entendons.

Pour de nombreux non-croyants, il

s’agit là d’un paradoxe incontournable

qui prouve bien que Dieu n’existe pas.

Bien que cet argument paraisse

plausible en surface, il s’agit pourtant

d’une forme de sophisme, si bien tournée

soit-elle. Pour commencer, il s’avère

particulièrement peu convaincant

d’argumenter que le fait de ne pas pouvoir

expliquer quelque chose remette en

cause son existence. De plus, pour que

tout le monde reconnaisse la souffrance

comme étant quelque chose de mal, il

est nécessaire d’avoir une base morale

définissant ce qui est bien, ce qui à

son tour exige l’existence d’une entité

qui pose cette loi morale. Loin de

prouver l’inexistence de Dieu donc, les

catastrophes naturelles nous rappellent

puissamment son existence.

C.S. Lewis détaille ce concept dans son

livre Les fondements du christianisme 1 ,

lorsqu’il relate sa propre conversion :

« Mon argument contre l’existence de

Dieu était la présence de tant de cruauté

et d’injustice dans le monde. Cependant,

comment avais-je conçu l’idée de ce qui

est juste et injuste ? Un homme ne peut

pas définir une ligne comme étant tordue

s’il n’a pas au moins une idée de ce qu’est

une ligne droite. À quoi comparais-je cet

univers quand je le qualifiais d’injuste ? »

Au-delà de tout cela, nous devons

nous rappeler que les voies de Dieu sont

infiniment plus élevées que les nôtres

et qu’il a choisi de ne pas nous révéler

toutes ses motivations profondes.

Cela dit, même s’il le faisait, nous ne

pourrions en comprendre qu’un infime

fragment (Ésaïe 55.8-9 ; Psaume 139.17-

18 ; Deutéronome 29.29 ; Jean 16.12).

Selon Tim Keller, « Si vous imaginez un

Dieu infini qui soit assez grand pour que

vous puissiez lui reprocher la souffrance

dans le monde, alors ce Dieu infini est

aussi assez grand pour avoir des raisons

de faire les choses que vous ne pouvez pas

comprendre. »

La puissance et la gloire de Dieu

Nous pensons habituellement à la gloire

de Dieu essentiellement en lien avec

sa créativité, sa bonté et son amour,

ce qui est tout à fait juste. Cependant,

les Écritures affirment également que

Dieu manifeste sa gloire à travers sa

« Il y a peu de choses qui sont aussi

nuisibles au témoignage de Jésus que

l’orthodoxie sans l’orthopraxie,

c’est-à-dire les bonnes croyances

sans les bonnes actions. »

24 FOCUSFAMILLE.CA


sainteté, son immense puissance et

ses actes de jugement (Exode 7.3-5 ;

11.9 ; 14.1-4, 15-18 ; Romains 9.14-24).

Il se révèle non seulement à travers la

beauté flamboyante d’un coucher de

soleil multicolore, mais aussi à travers

la sombre tempête qui explose au-dessus

de l’océan, ou le grondement profond

d’un tonnerre formé dans l’atmosphère.

L’apôtre Paul nous presse de reconnaitre

à la fois la bonté et la sévérité de Dieu

(Romains 11.22). C’est également ce que

nous rappelle le monde naturel.

La fragilité d’un monde déchu

Dans nos sociétés prospères, où richesse

et confort nous amènent à des standards

de vie élevés, il est facile de se laisser

entrainer dans l’idée de notre propre

immortalité et la conviction qu’il ne peut

rien nous arriver de réellement mauvais.

Cependant, ceux qui vivent dans des

pays moins développés sont bien plus

en contact avec les réalités de la vie dans

un monde déchu. Pour eux, la mort et la

souffrance sont omniprésentes et très

proches, souvent à une inondation ou à

une famine près. Dans sa prière, Moïse

a demandé à Dieu de nous enseigner à

compter le nombre de nos jours pour

nous pousser à la sagesse (Psaume 90.12).

Quand un ouragan vient frapper nos

côtes, cela nous remet face à la réalité de

notre mortalité de manière plus évidente

que jamais.

Un avertissement du jugement

à venir

Bien que nous ne puissions pas (et

ne devrions pas) nous permettre de

rattacher un quelconque désastre à un

péché particulier, nous pouvons (et

devons) en tirer une conclusion générale

qui se révèle inévitable. Du déluge de

Noé à la tour de Siloé et au-delà, toutes

les catastrophes de l’histoire annoncent

le jour du jugement dernier, celui où

Dieu viendra juger le monde. L’apôtre

Pierre fait ce lien de manière explicite

en traçant une ligne qui va du déluge, le

premier grand cataclysme de l’histoire,

jusqu’au dernier : la destruction par Dieu

de l’univers tel qu’il existe aujourd'hui,

pour le remplacer par les nouveaux cieux

et la nouvelle terre, où règnera sa justice

(2 Pierre 3.5-13).

Une occasion de manifester

l’amour de Dieu

Au milieu de ces réflexions théologiques,

il existe le danger réel de se concentrer

seulement sur la recherche d’une

explication à la souffrance dans notre

monde sans chercher aucunement à la

soulager. Voilà une position dans laquelle

nous ne devrions jamais nous trouver. Il

y a peu de choses qui sont aussi nuisibles

au témoignage de Jésus que l’orthodoxie

sans l’orthopraxie, c’est-à-dire les bonnes

croyances sans les bonnes actions

(Matthieu 23.23-24).

Plus que tout, il est essentiel de garder

à l’esprit que les catastrophes naturelles

sont un moyen à travers lequel Dieu peut

exprimer sa compassion et son désir

de prendre soin de ceux qui souffrent,

chose qu’il fait principalement à travers

nous, ses enfants. Cela dit, ses enfants

doivent aussi savoir pourquoi ils font ce

qu’ils font. Les bonnes actions doivent

être ancrées dans les bonnes croyances.

Cela va de pair. Lorsque nous apportons

notre aide à ceux qui en ont besoin, nous

devons être prêts à répondre à ceux qui

nous demandent : « Où est ton Dieu ? »

(Éphésiens 2.10 ; Galates 2.10 ; 1 Pierre

3.14-16)

Les ouragans font de nous des

théologiens, certes. Bien plus, ils nous

encouragent à adopter une théologie

pratique, appliquée – à prier, donner,

servir et pleurer avec ceux qui pleurent.

Dans ce sens, ils ouvrent les yeux de

chacun. Ils permettent de voir que Dieu

n’a pas abandonné sa création dans les

griffes de la mort mais qu’il a envoyé

son Fils pour offrir la vie éternelle et la

véritable immortalité (Jean 13.34-35 ;

17.20-23 ; 2 Timothée 1.8-10).

1 Voir sélection de livres page 7.

Subby Szterszky est le rédacteur en chef de la

rubrique Foi et Culture chez Focus on the Family

Canada.

© 2020 Focus on the Family (Canada) Association. Tous

droits réservés.

PRINTEMPS 2020

25


Quand votre couple est

spirituellement

dépareillé

VOICI QUELQUES PRINCIPES POUR VOUS AIDER À RESTER PROCHE DE VOTRE

CONJOINT(E) MALGRÉ VOS DIFFÉRENCES SPIRITUELLES

par lee strobel

26 FOCUSFAMILLE.CA


Ma femme Leslie et moi avions une vie parfaite. Une maison

dans un quartier chic et animé, deux magnifiques enfants,

l’exaltation et le sens du défi que procurent des carrières en

progrès constant. Bien sûr, nous avions parfois des désaccords

mais notre relation restait solide et sûre. L’amour profond que

nous avions l’un pour l’autre nous aidait à arrondir les angles.

Puis un jour, sans prévenir, quelqu’un est venu se mettre

entre nous. Il ne s’agissait pas d’une aventure. Ce n’était

pas non plus une ancienne flamme refaisant surface. Ce

quelqu’un n’était autre que Dieu lui-même.

Leslie m’a annoncé un jour qu’après une longue période de

réflexion, elle avait décidé de suivre Jésus. Pour moi, c’était

une bien mauvaise nouvelle ! « Écoute, si tu as besoin de ce

genre de béquille, si tu ne peux pas vivre sans croire à un dieu

imaginaire, alors vas-y, lui ai-je lancé avec mépris. Mais je

t’interdis de donner de notre argent à l’église et ce n’est pas la

peine d’essayer de m’y trainer le dimanche matin. »

Plutôt chic de ma part, n’est-ce pas ?

Ce fut la première turbulence dans ce qui allait se révéler

être une phase particulièrement houleuse dans notre mariage.

Nos valeurs se sont retrouvées en contradiction, nos attitudes

ne se rejoignaient plus. Nos priorités et nos désirs étaient

soudain opposés. Plus d’une fois, j’ai laissé ma frustration face

à la relation de Leslie avec Jésus se transformer en une série de

cris exaspérés et de portes claquées.

Il va sans dire que je n’ai pas facilité la croissance spirituelle

de ma femme, alors toute jeune croyante. Pour Leslie, la

foi n’était pas une béquille mais une source de sagesse, de

réconfort et de joie telle qu’elle n’en avait jamais vécu avant.

Cependant, elle ne pouvait pas la partager avec l’homme qu’elle

aimait. Chaque fois qu’elle essayait de m’en parler, je préférais

la ridiculiser ou ignorer ses tentatives. Elle a plus tard expliqué

qu’elle se sentait comme si elle visitait une ville magnifique,

se délectant de ce qu’elle y découvrait, mais sachant que je ne

voulais pas l’y accompagner ou en entendre parler. C’était la

première fois depuis qu’on s’était rencontrés à l’adolescence

que nous ne pouvions pas vivre ensemble une expérience

importante.

De mon côté, je n’étais pas sûr de vouloir continuer à vivre

quoi que ce soit avec ma femme. Je me sentais comme étant

la victime d’une arnaque. J’avais épousé une Leslie drôle,

audacieuse et aventureuse qui était en train de se changer en

une autre personne. Je voulais que ma femme redevienne

comme avant !

Le summum de la crise est arrivé un jour d’été chaud et

humide, alors que je tondais la pelouse après une énième

dispute avec elle. Je me suis dit : « Ça suffit ! Ce n’est pas ce

pour quoi j’ai signé. Il est peut-être temps de mettre fin à ce

mariage. »

Mais avant qu’il ne soit trop tard, Leslie a appris à vivre sa foi

d’une manière qui a commencé à m’attirer plutôt qu’à me faire

fuir. Elle a appris à grandir et à s’épanouir dans sa relation avec

Jésus malgré mes nombreuses tentatives pour l’en décourager.

Bien que Leslie avoue elle-même avoir commis des erreurs,

c’est elle qui a rétabli l’équilibre dans notre relation.

Il n’existe pas de formule parfaite qui révolutionnera

instantanément un mariage où l’un croit et l’autre non, mais

les quelques principes suivants nous ont aidés, Leslie et moi,

à maintenir une relation saine. Si vous êtes marié à un(e)

non-croyant(e), ce qui suit peut vous aider à avancer malgré le

décalage spirituel.

Lorsque vous êtes tiraillé entre deux directions différentes,

vers Dieu par le Saint-Esprit et loin de Dieu par votre conjoint,

il est important de se rappeler quelles sont vos priorités.

Rester rivé sur la situation désespérée que vous vivez ne fera

qu’alourdir votre quotidien. Au lieu de cela, levez les yeux

vers celui qui mérite votre allégeance première, celui qui

peut combler tous les besoins que votre conjoint ne peut pas

combler. Dieu réharmonise notre vie et nous donne les moyens

d’aimer notre conjoint, même quand celui-ci ne s’en montre

pas particulièrement digne. Il aime notre partenaire encore

plus que nous puissions l’aimer ! Alors recherchez la joie

de Dieu, vous appuyant sur lui plutôt que de chercher votre

bonheur dans un changement de circonstances extérieures.

Il est vrai que les activités qui permettent de cultiver une

relation d’intimité avec Dieu sont généralement celles qu’un

conjoint non croyant aura tendance à décourager : la prière,

l’étude de la Parole, aller à l’église et partager des moments

de communion avec d’autres croyants. « J’ai appris que si je

voulais pratiquer différentes disciplines spirituelles pour

rester proche de Dieu, il fallait que je le fasse à l’insu de Lee »,

explique Leslie.

Leslie n’a jamais essayé de me cacher son amour pour Jésus

et son désir de cultiver une relation avec lui. J’étais tout à fait

conscient de sa dévotion à Christ et du fait qu’elle priait et

étudiait sa Bible. Cependant, elle avait la sagesse de le faire en

dehors de ma présence. Cette concession sur le plan pratique

lui a permis de s’affermir pour pouvoir garder le cap sur ses

priorités relationnelles.

PRINTEMPS 2020

27


L’une des choses qui me mettaient en colère pendant cette

période de notre vie était que j’avais le sentiment de perdre

la femme que j’aimais. Pour être honnête, j’étais jaloux

de Jésus ! Pour la première fois depuis que nous étions

mariés, les besoins émotionnels de Leslie étaient comblés

par quelqu’un d’autre que moi. J’avais l’impression que

Leslie, en cherchant du réconfort et des encouragements

auprès de quelqu’un d’autre, avait rompu l’engagement pris

lors de notre mariage.

Au fil du temps, j’ai constaté que le dévouement de Leslie

envers Christ renforçait plutôt son amour pour moi et

l’encourageait à vouloir approfondir notre relation. Au lieu de

m’ignorer au profit de Jésus, de l’église et de ses amis chrétiens,

elle redoublait d’efforts pour être une épouse attentive et

présente. J’ai pu me rendre compte que je restais la personne

la plus importante dans sa vie, tout comme elle l’était pour moi.

Ce n’était pas parce que nous n’avions pas les mêmes

croyances que nous devions arrêter de partager des choses

ensemble dans d’autres domaines. Nous nous étions mariés

parce que nous aimions passer de temps ensemble et avions

beaucoup d’intérêts communs. Leslie s’est assurée que nous

puissions continuer à vivre ces moments en couple. Même

si elle avait désespérément envie de me voir reconnaitre

mon besoin de Christ, elle a continué à m’aimer en tant que

partenaire de vie, pas en tant que « projet ».

Je me considérais comme athée mais Leslie refusait de

laisser ce mot me définir. Elle essayait plutôt de me voir comme

Dieu me voyait, c’est-à-dire comme faisant partie intégrale de

sa création, un être humain précieux dans l’âme duquel l’image

de Dieu était gravée, un fils prodigue avec lequel il désirait tant

renouer.

À un certain moment, Leslie en a vraiment eu assez. Je m’étais

encore moqué de sa foi et c’était la goutte d’eau de trop. Tout en

elle voulait répondre au sarcasme par le sarcasme, me rendre

la monnaie de ma pièce et en tirer une satisfaction immédiate.

Mais avec l’aide de Dieu, elle a résisté à cette tentation,

sachant que cela ne ferait qu’empirer une relation déjà en

danger. Elle a lutté contre l’envie de s’abaisser à mon niveau et

de me lancer les piques que pourtant je méritais.

Les principes chrétiens que vous appliquez dans votre

mariage vont changer la teinte de votre relation de couple.

Soyez un porteur de vérité, un serviteur, quelqu’un qui

pardonne, une personne remplie d’intégrité, d’humilité et

de bonté. Le niveau de « chrétienté » de votre relation est

directement lié à votre niveau d’engagement à suivre Jésus et

à laisser son influence imprégner votre vie.

Dans un mariage où la foi n’est pas partagée, la tendance

du conjoint croyant est de se concentrer sur le gros défaut

de l’autre de ne pas être croyant. Pendant un moment,

je n’arrivais pas à me défaire de l’impression que, d’une

certaine manière, je décevais Leslie, que je n’étais pas à la

hauteur de ses attentes en tant que mari.

Fort heureusement, Leslie a vite compris que lorsqu’elle

essayait de me « réparer » en soulignant mes défauts, elle ne

faisait en réalité que renforcer mon sentiment d’amertume.

Elle a su voir qu’il était beaucoup plus sain pour notre mariage

qu’elle se concentre sur ce qu’elle aimait chez moi. Plus elle

soulignait mes qualités, plus j’étais motivé à faire des efforts

pour lui plaire.

Lorsque Leslie a voulu emmener nos enfants Alison et Kyle

à l’école du dimanche, elle m’a présenté l’idée d’une manière

qui séduirait un sceptique comme moi, soulignant le fait que

ce serait une occasion pour nos enfants de développer des

valeurs morales solides, chose qui faisait également partie de

mes souhaits pour eux.

En tant que croyant, vous avez le privilège et la responsabilité

d’enseigner à vos enfants combien il est merveilleux de

connaitre Jésus. Cependant, si papa ou maman ne va pas à

l’église ou ne développe pas de relation avec Dieu, vos enfants

vont se questionner sur ce parent. Leslie faisait attention à ne

jamais saper mon autorité ou me manquer de respect. Elle ne

voulait pas que les enfants pensent qu’elle me regardait de haut

parce que je ne suivais pas Jésus.

28 FOCUSFAMILLE.CA


Même si elle avait désespérément envie de me voir

reconnaitre mon besoin de Christ,

elle a continué à m’aimer en tant que partenaire de vie,

pas en tant que « projet ».

« Quand Alison m’a demandé pourquoi papa ne venait pas

à l’église, je lui ai répondu que c’était parce qu’il avait une

opinion différente concernant Dieu. Je lui ai expliqué que

chacun devait en arriver à sa propre conclusion et que cela

ne m’empêchait pas de continuer à l’aimer et à le respecter,

raconte Leslie. Ma fille était trop jeune à l’époque pour

poser d’autres questions plus sophistiquées, mais il semblait

important pour elle que je continue à affirmer mon amour pour

elle ainsi que pour son père. »

Lorsque Leslie et les enfants partaient pour l’église, elle

ne sous-entendait jamais que je faisais un mauvais choix en

restant à la maison. Elle m’embrassait avec enthousiasme et

lançait aux enfants : « Dites au revoir à papa ! On le retrouve

tout à l’heure. »

Dans un mariage où l’un est croyant et l’autre non, tous les

regards sont braqués sur le chrétien. Votre comportement sera

la preuve la plus claire que suivre Jésus est le meilleur choix de

vie possible.

À l’époque où j’étais athée, Leslie s’imaginait comment je serais

si je partageais sa foi. Elle se disait que cela ferait de moi le

mari parfait qui change les couches des enfants, fait la vaisselle

et la couvre d’attentions romantiques. Mes sautes d’humeur

disparaitraient. Je deviendrais d’une patience et d’une sagesse

sans pareil.

Je suis devenu chrétien et… disons que je n’ai jamais réussi à

devenir ce mari imaginaire. Dieu a travaillé mon caractère, il a

transformé mes valeurs, mes priorités et ma vision du monde

au fil des années, mais je suis toujours moi !

Elle explique aujourd’hui : « Je voudrais conseiller à tous

ceux qui sont dans cette situation de rester réalistes par rapport

à leur conjoint. Toutes les petites habitudes exaspérantes qu’il

ou elle a ne sont pas directement liées au fait de ne pas être

chrétien. Si vous vous imaginez que votre conjoint deviendra

parfait en se convertissant, vous risquez d’être déçu(e). De plus,

si vous mettez tous ses défauts sur le compte de son manque de

foi, vous lui donnez une excuse pour ne pas continuer à évoluer

en tant que parent et qu’époux. »

Dès que je prends possession de mon nouveau calendrier au

début de chaque année, je cherche le premier jour de chaque

mois. J’y inscris cette question à laquelle je tiens à réfléchir

au moins une fois par mois : « Aimerais-je être marié avec

moi ? » C’est une démarche que j’ai commencée en 1995,

lorsque j’ai lu cette question provocatrice dans un livre de Les

et Leslie Parrot.

Cette question est particulièrement efficace car elle est

enracinée dans la manière dont Jésus nous a enseigné à nous

comporter : « Tout ce que vous voudriez que les hommes fassent

pour vous, vous aussi, faites-le de même pour eux. » (Matthieu 7.12)

Aimeriez-vous être en couple avec vous ? Que cette question

vous serve de grille d’évaluation pour savoir comment réagir

dans la dynamique souvent difficile que peut créer une relation

avec un conjoint non-croyant. Posez-vous cette question

souvent et confrontez-vous de manière très honnête à ce qu’elle

implique, au point que ce concept modifie petit à petit votre

attitude, vos décisions et vos réactions. C’est une démarche

qui vous aidera à vous positionner au mieux dans un mariage

spirituellement déséquilibré.

Lee Strobel est auteur et ancien journaliste d’investigation. Il a écrit entre

autres le livre Jésus : l’enquête, relatant l’histoire de son enquête et de sa

conversion. Son livre a été adapté en un film du même nom.

© 2007 Lee Strobel. Tous droits réservés. Utilisation autorisée.

Soumettez-nous vos sujets de prière : chez Focus Famille,

nous nous réunissons tous les matins pour prier pour vous. Si

vous avez un sujet qui vous tient à cœur, n’hésitez pas à nous

l’envoyer par courriel à lettres@focusfamille.ca et nous serons

heureux de vous accompagner dans la prière !

PRINTEMPS 2020

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30 FOCUSFAMILLE.CA


alut ernard,

JJ’espère que tu gardes un bon souvenir de notre récente partie de pêche ! C’est toujours

un plaisir de partager de tels moments avec toi, même s’il est clair que tu es meilleur que

moi pour taquiner le poisson…

C’était aussi bien agréable de pouvoir refaire le monde ensemble en attendant que le

poisson morde. Ça m’a aidé à mieux comprendre tes réticences envers la foi chrétienne,

que je partage au moins en partie : guerres de religion et croisades, une fréquente

étroitesse d’esprit, sans parler des multiples scandales qui ont émaillé son histoire

jusqu’à ce jour. Merci d’avoir accepté d’entendre mon point de vue, moi qui ne suis ni

scientifique ni théologien !

J’espère que je ne t’ai pas donné l’impression de vouloir te « convertir ». Je n’en ai ni le

droit ni, Dieu merci, le pouvoir ! Chacun doit pouvoir trouver sa voie et vivre ses choix. Quel

privilège – et quelle responsabilité !

Je n’ai pas voulu non plus par mes propos prendre la défense de Dieu qui, après tout, doit

être bien assez grand pour se défendre tout seul s’il le juge utile. Selon moi, un Dieu qui aurait

besoin de ses créatures pour le défendre ne serait qu’un dieu avec un petit « d » – semblable à

tous ceux que l’homme s’est créés à son image et pour son malheur.

Mon cœur est bouleversé et déchiré de voir le gouffre qui sépare tant d’hommes et de femmes

d’une foi qui, loin de faire de nous des adeptes de dogmes hérités d’une institution archaïque,

nous appelle au contraire à apprendre à être aimés de Dieu, à l’aimer en retour, lui, ainsi que

tous ceux qui nous entourent. Cet amour doit se traduire naturellement et notamment en les

écoutant et les respectant, quelles que soient leurs orientations et leurs opinions.

La foi que j’ai découverte en explorant les pages des évangiles est à des années-lumière

des bondieuseries et des fables accumulées par des siècles de chrétienté poussiéreuse. Il y a

– hélas ! – trop souvent tout un monde entre la chrétienté – ce que les croyants ont fait de leur

foi, une piété trop souvent marquée par l’arrogance, l’autoritarisme et l’intransigeance – par

opposition au véritable christianisme qui nous appelle à une authentique relation personnelle

avec Dieu par Jésus-Christ.

Le christianisme originel ouvre l’esprit et le cœur sur Dieu, soi-même et les autres. Il n’est pas

paralysé et conditionné par la peur et la culpabilité. Le christianisme des pages de l’évangile est

aux antipodes de toute cupidité, de toute soif de profit, de pouvoir et de contrôle. Il a en horreur

la pensée même des croisades, de l’Inquisition, des guerres de religion, et que dire des scandales

de mœurs, des dérives sectaires, etc. Honte à ceux qui se sont servis de Dieu pour mieux se

servir, éloignant ainsi des générations entières de la foi simple et saine dont ils se prétendaient

porteurs ! Dieu merci pour tous ceux qui, sans faire de bruit, permettent à notre génération de

s’en faire une meilleure image.

Si j’en avais l’autorité, je voudrais demander pardon au monde. Pardon au nom de la chrétienté

de tous les siècles, mais ce serait bien prétentieux que de vouloir parler au nom de tous !

Je le dis quand même : pardon, ami athée ou agnostique, d’avoir trop souvent par notre

exemple alimenté tes doutes plutôt que rendu témoignage d’une foi porteuse d’espérance,

de respect et d’amour pour tous. Nous avons trop souvent été les ennemis de la foi que nous

proclamons, et cela est difficilement pardonnable. Il y a longtemps que je pense que Dieu a

besoin de plus de patience envers ceux qui se réclament de lui qu’envers ceux qui le renient.

Dis-moi si je me trompe, mais je pense que l’ingrédient qui fait le plus défaut dans les échanges

31


entre croyants et non-croyants est une saine humilité de part et d’autre ; cette qualité qui fait

que l’on est conscient de ses limites, quelles que soient nos opinions ou nos convictions, et que

l’on peut oser écouter et apprendre de l’autre, quelles que soient les siennes et d’où qu’il vienne.

Quoi de plus frustrant qu’un dialogue de sourds, et quoi de plus délicieux et enrichissant qu’une

conversation ouverte entre deux personnes réceptives et prêtes à se remettre en question !

Comme disait l’autre, « l’esprit humain, c’est comme un parachute : il fonctionne mieux quand

il est… ouvert ». Je reconnais que je continue de l’apprendre, parfois à mes frais !

Ceci dit, que l’on soit croyant ou non, il est bon d’avoir le courage de nous arrêter parfois

pour nous demander quelles sont les motivations profondes qui nous font réagir comme nous

le faisons — pour ou contre Dieu et la foi. Nos préjugés sont souvent le fruit de toutes sortes

de précédents et de prémisses. Cela vaut autant pour celui qui a « basculé » du côté de la foi

que pour celui qui a opté pour l’athéisme, l’agnosticisme ou le scepticisme.

Avec le recul de l’âge, j’en suis arrivé à la conviction que la plupart de nos croyances plongent

leurs racines davantage dans notre héritage culturel, familial et social, ainsi que dans l’influence

énorme des médias, plus que dans une réflexion objective et toute personnelle. Nous sommes

tous « sous influence ».

Je relisais ces jours-ci le livre La gloire de mon père, un bon vieux classique de Marcel

Pagnol. Quelle surprise que d’y rencontrer cette belle phrase : « Telle est la faiblesse de notre

raison : elle ne sert le plus souvent qu’à justifier nos croyances. 1 » Avouons-le, d’où que nous

venions dans la vie, il n’est pas facile de dépasser nos idées reçues et préconçues. On attribue

à Albert Einstein ces propos : « Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé. » Voilà

qui est bien vrai pour chacun de nous, que nous soyons croyants ou non.

Jésus nous invite à bâtir nos convictions « sur le roc » d’une réflexion saine fondée sur ses

paroles et non « sur le sable » des opinions et des préjugés ambiants. Un de mes principes

bibliques préférés dit ceci : « Ne sois pas crédule. Vérifie bien les faits, et retiens ce qui est bon. 2 »

J’aime cette invitation au recul, à une réflexion saine, personnelle, au choix. Un appel à être

responsable face aux affirmations des autres comme aux nôtres, y compris et peut-être surtout,

celles qui se réclament d’en-haut.

J’ajouterai que le christianisme de Jésus-Christ n’a rien d’un conte de fées. Jésus-Christ

ne parlait pas de fées, mais de faits. Il était bien plus concret et réaliste que nombre de nos

philosophes et autres penseurs des générations qui l’ont suivi. Il parlait des nombreux défis

des relations humaines – du besoin de pardon, de respect, d’écoute ; mais aussi d’argent, de

justice, d’authenticité.

Je laisserai le dernier mot à Isaac Newton, physicien, mathématicien, philosophe, astronome,

qui a notamment formulé la loi sur la gravitation universelle : « J’ai une croyance totale

dans la Bible comme Parole de Dieu, écrite par ceux qu’il a inspirés. Je l’étudie tous les

jours. » Il conseille à son lecteur : « Interroge toi-même les Écritures [la Bible], en les lisant

souvent et en méditant en permanence ce que tu lis, tout en priant Dieu avec ardeur pour qu’il

éclaire ton entendement 3 . » Venant d’un tel cerveau scientifique, le défi mérite d’être relevé !

on ami atrick

P.S. À quand notre prochaine sortie de pêche ? J’ai une revanche à prendre… ;)

1 Marcel Pagnol, La gloire de mon père, éd. Livre de poche, 1967, p.29.

2 La Bible, 1 Thessaloniciens 5.21, paraphrase de l’auteur.

3 Isaac Newton, traduction de Jean-François Baillon, Fragments d’un traité sur l’Apocalypse, Paris, Gallimard, 1996.

Dominique Ourlin est pasteur au Québec depuis plus de 18 ans, avec son épouse Candy. Il est aussi l’auteur

de deux livres, disponibles sur PainSurLesEaux.com.

© 2020 Dominique Ourlin. Tous droits réservés. Utilisation autorisée.

32


VOS ENFANTS COMPRENNENT SÛREMENT LES RAISONS POUR LESQUELLES

JÉSUS EST MORT, MAIS SAVENT-ILS POURQUOI IL A VÉCU ?

par ray vander laan

PRINTEMPS 2020

33


Tous ceux qui sont chrétiens, même depuis peu, peuvent

répondre à quelques questions de base sur l’identité de Jésus :

Pourquoi est-il venu au monde ? Pourquoi est-il mort ?

Jésus est le Fils de Dieu. Il est mort pour nous sauver de nos

péchés et recevoir à notre place la punition que nous méritions.

Quand je pose ces questions à mes étudiants, ils savent me

répondre sans difficultés. Ils savent pourquoi Jésus est mort et

en quoi les chrétiens bénéficient de son sacrifice.

« Gloire à Dieu ! » leur dis-je. « Excellente théologie ! » Mais

ensuite, je leur pose une autre question : « Pourquoi Jésus

a-t-il vécu ? »

Cette question est plus difficile. Jésus a-t-il vécu uniquement

pour cheminer vers sa mort ? Pour nous expliquer qui il était

et comment il allait mourir ? Si tel est le cas, pourquoi en

parle-t-il si peu ?

Lorsque nous enseignons à nos enfants ce que signifie être

chrétien, nous n’avons pas de mal à mettre en avant l’œuvre

rédemptrice de Jésus, le fait que par sa mort à la croix, nous

sommes réconciliés avec Dieu. Mais nous parlons peu des raisons

de la vie de Jésus. Il ne s’est pas fait homme et n’a pas vécu trentetrois

ans sur la terre simplement pour nous expliquer sa mort.

Je pense au contraire que sa vie était réellement un message en

elle-même : « Lorsque vous aurez compris pourquoi je suis mort,

voici comment vous devez vivre. »

Le sujet de mes cours chaque année est : « Celui qui affirme

demeurer en Christ doit aussi vivre comme il a lui-même

vécu » (1 Jean 2.6). Depuis longtemps, ma passion en tant

qu’enseignant et parent est d’aider les jeunes à réellement saisir

le sens de la vie de Jésus et à comprendre en quoi son ministère

sur terre est une illustration de la mission de Dieu pour son

peuple : celle de le représenter en toutes choses.

Devenir la Parole

Le peuple juif avait un vieil adage qui disait : « La parole

doit devenir chair. » Cela signifie que Dieu désire que les

personnes soient touchées par sa Parole lorsqu’elles voient cette

parole mise en action dans la vie des autres. Les Juifs croyaient

qu’il s’agissait là de la mission que Dieu avait pour eux. Ils

reconnaissaient qu’il ne suffit pas de communiquer la Parole

oralement. C’est important, mais la Parole doit réellement

s’incarner. Elle doit être vécue.

Il est très intéressant de constater que Jean se sert de cette

même image pour décrire l’arrivée de Jésus parmi les hommes :

« Et la Parole s’est faite homme, elle a habité parmi nous » (Jean

1.14). Voilà pourquoi Jésus a vécu. Pour incarner la Parole de

Dieu – sa vérité, ses instructions, sa volonté – dans la chair.

C’est comme si Dieu disait : « Vous voulez voir comment vivre

réellement selon la Bible ? Voici mon Fils. Faites comme lui. »

La Parole s’est faite chair ; elle a guéri, elle a nourri, elle a

enseigné les foules. La Parole a fait preuve d’amour et de grâce

envers les pécheurs sans jamais compromettre la vérité. La

Parole s’est mise au service de tous. Par-dessus tout, la Parole de

Dieu faite chair nous a montré comment nous pouvons à notre

tour devenir la Parole faite chair.

En enseignant à vos enfants comment suivre Jésus, mettez-les

au défi de réfléchir à ce que signifie vraiment « devenir la Parole

faite chair ». À quoi cela ressemble-t-il aujourd’hui ? Comment

pouvons-nous trouver des moyens de montrer à quoi ressemble

la Parole de Dieu à travers nos interactions avec les autres

à l’école, à la maison ou ailleurs ? Qu’est-ce que cela signifie

de ne pas seulement comprendre la Parole et être capable de

l’expliquer, mais de devenir cette Parole ?

Se confronter aux ténèbres

Une grande partie du ministère de Jésus s’est faite parmi un

peuple qui honorait la Parole de Dieu. Ils n’étaient pas toujours

d’accord les uns avec les autres, mais leur objectif commun

était de se montrer fidèles à Dieu, leur Roi.

Puis un jour, Jésus a regardé vers la rive opposée de la Mer

de Galilée et a dit à ses disciples : « Passons à l’autre bord »

(Marc 4.35). Ils ont alors traversé cette étendue pour se

rendre dans la Décapole, une région composée de dix villes

que les Juifs de l’époque considéraient comme profondément

païennes. Le Dieu d’Israël n’était certainement pas reconnu

comme Roi chez ces gens-là.

En y débarquant, Jésus a commencé par guérir un démoniaque,

à qui il a ordonné de retourner chez lui pour témoigner de la

manière dont Dieu l’avait aidé (Luc 8.26-39). La Bible relate

que tous étaient émerveillés par l’histoire de cet homme.

Plus tard, de grandes foules issues de ces villes païennes sont

venues pour entendre les enseignements de Jésus et recevoir

sa guérison.

Cette histoire est une illustration puissante d’une deuxième

raison pour laquelle Jésus a vécu : afin d’aller à l’encontre du

mal dans notre monde et de l’affronter. Jésus n’a pas fui ceux

qui vivaient dans les ténèbres mais s’est rapproché d’eux et

leur a montré la lumière de l’amour de Dieu. C’est une leçon

dont beaucoup de Juifs de cette époque avaient besoin. Dans

leur détermination à rester un reflet juste et pur de leur Roi, ils

s’étaient isolés du reste du monde, oubliant l’élément central

de leur mission : montrer aux autres qui est réellement Dieu.

En tant que parents chrétiens, nous avons souvent cette

même tendance à isoler notre famille des mauvaises influences

du monde extérieur. Nous connaissons la nature humaine qui

34 FOCUSFAMILLE.CA


fait que quand nous sommes en contact avec des personnes

qui ne suivent pas Dieu, notre faiblesse et notre nature

pécheresse nous rendent susceptibles de tomber précisément

dans cette obscurité que l’on cherche tant à éviter. Nous

construisons donc des lieux sûrs pour élever nos enfants et

essayer de les protéger.

Les règles et la communauté sont essentielles à la vie chrétienne.

Cependant, il faut aider nos enfants à comprendre que ni l’une ni

l’autre n’ont été conçues par Dieu pour servir d’échappatoire. Jésus

a dit que nous étions comme une ville située sur une montagne. Il

faut donc que notre vie soit vécue parmi le monde déchu pour que

les autres puissent voir qui est Dieu.

Comment ce principe pourrait-il devenir un thème central

dans votre vie de famille ? Pour réellement marcher comme

Jésus a marché, il nous faut parfois quitter le confort de notre

communauté pour nous confronter aux ténèbres et au péché.

À quoi cela ressemblerait-il pour votre famille de « passer à

l’autre bord » ?

Bâtir un royaume

Au temps de Jésus, le royaume de Dieu occupait l’esprit de

beaucoup. Les Juifs du premier siècle souffraient cruellement

sous le joug romain. Ils savaient que Dieu était aux commandes

depuis la Création et qu’ils étaient le peuple de Dieu mais ils

étaient oppressés par un empire où régnaient la brutalité, la

corruption et l’idolâtrie. Ils attendaient impatiemment le

Messie promis, le grand Roi puissant qui viendrait renverser

les oppresseurs, racheter son peuple et établir son royaume.

Jésus a beaucoup enseigné sur le royaume des cieux.

Cependant, le royaume dont il parlait ne ressemblait pas aux

royaumes des hommes, qui sont construits sur la puissance des

vainqueurs et sur le sang des vaincus. Les paroles et les actions

de Jésus révélaient un autre type de mission, un autre type de

royaume. Jésus parlait du royaume de Dieu en s’appuyant sur

l’approche juive du concept de royaume, c’est-à-dire un lieu ou

une situation où la volonté du roi est accomplie.

Voilà donc une troisième raison pour laquelle Jésus a vécu :

afin d’établir le royaume de Dieu sur la terre en accomplissant la

volonté de Dieu. Dieu désire étendre ce royaume à travers chacun

de nous, non pas en cherchant à accroître notre pouvoir et notre

sphère d’influence, mais simplement en faisant sa volonté.

Mettez vos enfants au défi de remplir cette mission. Chaque

fois que nous prenons une bonne décision, remplie de sagesse et

venant de Dieu, nous faisons avancer un peu plus le royaume de

Dieu. Nous pouvons soit perdre du terrain appartenant au Roi en

refusant de faire sa volonté, soit en reprendre un peu des mains

de l’ennemi en faisant la volonté de notre Roi.

Jésus n’est pas venu pour bâtir un royaume fait de châteaux,

de trônes et de champs de bataille ; il est venu pour enseigner

à ceux qui le suivent à aimer et à servir pour inspirer les autres

à en faire de même. Jésus a vécu pour nous montrer comment

vivre.

Ray Vander Laan est enseignant et historien. Il a créé une série de vidéos

d’étude intitulée That the World May Know [Afin que le monde sache].

© 2019 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Publié initialement

en anglais sur FocusOnTheFamily.com.

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35


Comment

défendre sa foi

sans aire uir

tout le monde

CE N’EST PAS TOUJOURS CE QUE L’ON DIT QUI COMPTE,

MAIS LA MANIÈRE DONT ON LE DIT

par drew dyck


Je suis en deuxième année d’université, à moitié endormi dans

mon cours de philosophie de 9 heures du matin. Du moins

jusqu’à ce que le monologue du professeur vire soudain de Kant

vers le christianisme.

« Jésus ne voulait pas qu’on l’adore, nous informe-t-il. C’est

Paul qui a introduit cette idée bien plus tard. La plupart des

gens ne se rendent pas compte que c’est Paul qui a inventé le

christianisme. »

Quelques instants se sont écoulés alors que je réfléchissais à

l’incursion en territoire théologique de notre professeur. Je suis

chrétien. Je devrais dire quelque chose. J’ai levé la main.

« C’est une perspective intéressante concernant Paul, mais

j’ai une question. Avant d’accepter Jésus, Paul allait de ville en

ville pour persécuter les premiers chrétiens. Il les a fait mettre

en prison. Il en a même fait tuer certains. »

« Où voulez-vous en venir ? » a répliqué le professeur, d’un

ton légèrement agacé.

« Comment Paul aurait-il pu passer des années de sa vie à

persécuter les membres d’une religion qu’il est censé avoir

inventé ? »


Ce qu’il s’est vraiment passé


Avant que je ne m’aventure plus loin dans les méandres de ma

mémoire, il faut que je vous avoue quelque chose : l’interaction

que je viens de vous décrire n’est qu’en partie vraie. Oui, j’ai

bien assisté à ce cours et oui, le professeur nous a en effet sorti

l’énormité selon laquelle ce serait Paul qui aurait inventé le

christianisme. La partie inexacte, c’est ma réponse.

Ce n’est pas ce que j’ai dit.

Je l’ai pensé. Mais je n’ai rien dit. Le professeur a fait cette

remarque et le cours a continué.

L’université où j’allais était particulièrement séculière, avec

un fort penchant anti-chrétien. Il n’y avait rien d’inhabituel

à entendre des professeurs parsemer leurs cours de critiques

contre la foi chrétienne. Lorsqu’il m’arrivait de répondre,

c’était souvent pour contrer des arguments bien faibles de

personnes qui ne faisaient généralement que répéter ce qu’ils

avaient entendu dire. Je me souviens d’une conversation privée

que j’ai eue avec une de mes profs de lettres qui critiquait

régulièrement la foi chrétienne. Elle m’avait avoué : « Je n’ai

jamais réellement lu la Bible. »

En repensant à cette époque, j’aurais aimé avoir pris la parole

pour défendre ma foi plus souvent. Non pas parce que je pense

que j’aurais remporté des victoires spectaculaires ou converti

mes professeurs, mais pour montrer aux autres étudiants qu’il

y a une autre voie possible que celle qu’on leur donnait.

Fort heureusement, les occasions de parler de notre foi ne

se limitent pas à nos cours universitaires. Elles sont partout :

au bureau ou sur notre lieu de travail, avec le serveur qui nous

prépare notre café tous les matins, pendant un diner entre

amis ou un grand repas de fête qui rassemble toute la famille,

36 FOCUSFAMILLE.CA


sans oublier cette place publique moderne que sont les réseaux

sociaux.

Cela dit, comme je l’ai découvert pendant mes études, parler

de sa foi n’est pas si facile. Les enjeux peuvent parfois être

bien plus élevés que juste risquer une mauvaise note. Il n’y a

pas longtemps, un homme d’affaires chrétien m’a parlé d’une

réunion délicate qu’il avait eue avec son plus gros client. Ne

sachant pas que mon ami était chrétien, celui-ci s’était lancé

dans une longue diatribe contre la foi chrétienne.

Comme devrions-nous répondre dans de telles circonstances ?

Comment exprimer notre point de vue d’une manière qui soit à

la fois respectueuse et efficace ? Comment parler de notre foi

d’une façon qui va mener nos interlocuteurs à se rapprocher de

Dieu ? Il existe de très bonnes ressources en apologétique pour

vous enseigner quoi dire. Voici quelques principes qui peuvent

vous aider à savoir comment le dire.


Soyez comme Ben


Comme je l’ai compris durant mes études, les occasions de

parler de sa foi viennent souvent quand celle-ci est attaquée.

Dans les moments où il est approprié d’intervenir, nous pouvons

nous appuyer sur la sagesse de l’un des pères fondateurs des

États-Unis, Benjamin Franklin. Vous vous demandez peut-être

ce que fait dans cet article Benjamin Franklin, un homme dont

la foi se situait quelque part entre le déisme et le christianisme

biblique. Selon son autobiographie, Franklin avait une

excellente habitude pour gérer les discussions compliquées :

« J’avais pour règle de ne jamais contredire directement

l’opinion exprimée par l’autre. »

En d’autres termes, Franklin avait pour habitude de ne

pas manifester immédiatement son désaccord avec ses

interlocuteurs. Il explique : « Lorsque quelqu’un affirmait

quelque chose qui me paraissait erroné, je ne m’autorisais pas

la joie de le contredire de manière abrupte et de lui démontrer

immédiatement les absurdités de son raisonnement. » Au

lieu de cela, Franklin « commençait par faire ressortir que

dans certains cas ou certaines circonstances, l’opinion de son

interlocuteur pouvait être juste. »

Il explique ensuite combien ce simple changement

d’approche a eu des effets spectaculaires.

« J’ai rapidement vu les avantages d’un tel changement ; mes

conversations se déroulaient de manière bien plus agréable.

Le fait de présenter mes opinions avec modestie les rendait

plus faciles à entendre et soulevait moins d’opposition. Ainsi,

j’arrivais plus facilement à faire admettre leurs erreurs aux

autres et les convaincre de se joindre à moi lorsqu’il se trouvait

que j’avais raison. »

Je me souviens avoir utilisé cette stratégie lorsqu’une amie

avait rejeté l’idée de l’existence du paradis, argumentant

que cela rendait les gens passifs face aux difficultés qu’ils

rencontraient dans la vie. Plutôt que de succomber à la

tentation de contredire immédiatement ce qu’elle disait, j’ai

commencé par aller dans son sens : « Je comprends ce que tu

dis. C’est vrai que certains s’appuient sur l’idée de la vie après

la mort pour éviter de se confronter aux réalités difficiles

PRINTEMPS 2020

37


d’ici-bas. Ce genre de fuite de la réalité peut être dangereux.

Cela dit, pour moi, l’idée de la vie au ciel donne encore plus

d’importance à la vie que nous menons sur terre. Cela signifie

que nos actions présentes ont des implications éternelles. »

Lorsqu’on attaque votre foi, il est facile de laisser les émotions

prendre le dessus et d’avoir envie de contre-attaquer. Il vaut

pourtant mieux essayer de faire comme Ben. Ne commencez

pas par une contradiction mais affirmez votre accord ou votre

compréhension là où vous le pouvez (même s’il s’agit juste de

valider le sentiment qui est derrière l’affirmation). Introduisez

ensuite en douceur votre propre position. Vous constaterez

peut-être, comme l’a fait Franklin, que vos interlocuteurs

seront plus disposés à vous écouter et que la conversation se

révélera plus agréable.


Appropriez-vous votre point de vue


Dans notre société postmoderne, proclamer des vérités

universelles suscite beaucoup de résistance. Le philosophe

Jean Lyotard définit le postmodernisme comme étant

« l’incrédulité envers les métanarrations ». Qu’est-ce que cela

signifie ? En bref, il explique que les grandes histoires, c’està-dire

les récits globaux à travers lesquels nous définissons la

réalité, sont considérées comme suspectes. Dans un monde

postmoderne, il ne peut y avoir d’histoire suffisamment vaste

pour couvrir toute la réalité et encore moins pour y attribuer

une définition universelle.

Alors que les métanarrations sont douteuses, les

perspectives personnelles deviennent sacro-saintes. Vous

êtes autorisé à raconter votre histoire, ce qui peut s’avérer

utile à garder en tête lorsque vous parlez de votre foi en public.

Vous pouvez ainsi introduire ce que vous avez à dire par : « Si

je m’appuie sur mon expérience… » ou « D’un point de vue

chrétien… » Cela ne veut en rien dire que vous diluez la vérité.

En tant que chrétiens, nous croyons en une vérité universelle.

Cependant, vous aurez de meilleures chances de vous faire

entendre si vous commencez par parler de votre perspective

personnelle, plutôt que d’affirmer une objectivité totale.

Ma femme est allée dans la même université que moi. Après

plusieurs conversations frustrantes sur la foi dans l’une de

ses classes, elle s’est mise à parler de ses croyances comme

faisant partie de sa « culture ». Elle disait par exemple : « Je

suis chrétienne et dans notre culture, nous croyons que… »

Soudain, elle a vu les autres étudiants se montrer beaucoup

plus ouverts à ce qu’elle avait à dire.


Manifestez de la joie


Mon ami évangéliste Thomas m’a un jour donné un conseil

surprenant pour partager ma foi avec des non-chrétiens :

« Pour l’amour du ciel, jouis de ta foi ! » s’est-il exclamé avec son

accent malaisien marqué. « Les chrétiens deviennent souvent

tellement tendus et sérieux, qu’ils en oublient de montrer à leur

entourage que la vie avec Jésus est remplie de joie. »

La religion est un sujet controversé de nos jours et les

conversations l’entourant peuvent parfois devenir agressives.

Il est facile de se retrouver coincé en position défensive et de

perdre notre joie quand nous abordons ce thème. Comment

pouvons-nous espérer voir les gens attirés par quelque chose

dont nous-mêmes ne semblons pas profiter ? Il est bien

entendu bon d’expliquer en quoi la Bible est fiable, ou de publier

un message sur votre blogue exposant les arguments en faveur

de l’existence de Dieu. Assurez-vous toutefois que vos amis

puissent voir que votre foi est bien plus qu’un sujet théorique,

mais quelque chose qui imprègne votre vie de sens et qui

vous procure de la joie. Cela aura tout autant d’impact pour

certaines personnes que vos arguments et votre raisonnement

bien construits.

L’un des versets les plus cités quand on parle d’évangélisation

est 1 Pierre 3.15 : « Mais respectez dans votre cœur la sainteté de

Dieu le Seigneur. Soyez toujours prêts à défendre l'espérance qui

est en vous, devant tous ceux qui vous en demandent raison. »

Malgré la notoriété de ce passage, nous citons rarement ce qui

suit. C’est dommage, car on y trouve un message tout aussi

important : lorsque nous défendons notre foi, nous devons le

faire « avec douceur et respect ». Présenter ainsi la vérité lui

donne plus de chances d’être bien reçue.

1 Extrait de The Autobiography of Benjamin Franklin, Riverside Press, 1886, p. 113.

Drew Dyck est éditeur pour Building Church Leaders, une publication de

Christianity Today. Il vit avec sa femme Grace en Illinois, aux É.-U.

© 2019 Drew Dyck. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Publié initialement sur

Boundless.org.

Les chrétiens deviennent souvent tellement tendus et

sérieux, qu’ils en oublient de montrer à leur

entourage que la vie avec Jésus est remplie de joie.

38 FOCUSFAMILLE.CA


RECETTE À PARTAGER

Cozonac ou brioche de Pâques roumaine

AAvec l’approche des fêtes de Pâques, j’ai cherché une

recette à la fois typique et festive à préparer en famille 1.

et pour ses amis. Pour cela, je suis allée explorer les

richesses culturelles et culinaires de nos amis d’Europe

de l’est avec cette recette de brioche de Pâques, dans

laquelle se dissimule une délicieuse garniture aux noix

et au cacao, venue tout droit de Roumanie (spéciale

dédicace à mon amie Élise).

temps de préparation/repos : 3 h 30

temps de cuisson : 25 min – pour deux brioches

INGRÉDIENTS :

• 240 ml de lait (ou lait végétal de votre choix)

• 12 g de levure sèche active (type

Fleischmann’s)

• 500 g de farine à pain

• 80 g de sucre

• 20 g d’huile végétale de votre choix

• 1 c. à thé de sel

• 3 jaunes d’œufs battus

• 60 g de beurre ramolli ou d’huile de coco

POUR LA FARCE :

• 125 ml de lait (ou lait végétal de votre choix)

• 75 g de sucre

• 140 g de noix hachées

• 15 g de cacao non sucré

PRÉPARATION (prévoir deux moules à pain) :

Faire tiédir le lait avec une c. à soupe de sucre. Déposer la levure dans

un grand bol et verser le lait tiède dessus. Laisser agir 5 minutes.

2. Ajouter la farine, le reste du sucre, l’huile, le sel et les 3/4 des jaunes

d’œuf (en garder 1/4 pour dorer les brioches à la fin).

3. Pétrir l’ensemble 1 min puis intégrer le beurre ou l’huile de coco.

4. Pétrir à nouveau 5 à 10 min. La pâte doit se détacher du bol tout en

restant légèrement collante.

5. Couvrir avec un torchon et laisser reposer 1 h 30 dans un endroit

sans courants d’air.

6. Préparer la farce : dans une casserole, faites chauffer le lait et le

sucre à feu moyen jusqu’à ce que le sucre soit dissout. Incorporer

le mélange de noix et laisser épaissir la préparation en remuant

de temps à autre (10 min environ). Ajouter le cacao et continuer la

cuisson jusqu’à ce que la préparation prenne la texture d’une pâte

épaisse. Laisser refroidir complètement.

7. Récupérer la pâte et la pétrir à nouveau rapidement pour évacuer le

gaz qui s’est formé. Mettre la pâte au frais pendant 30 min, entourée

de film plastique.

8. Fariner votre surface de travail puis couper votre pâte en deux.

9. Étaler une moitié de pâte en un rectangle qui fait à peu près la

longueur de vos moules. Répartir la moitié de la farce sur le rectangle,

rouler délicatement dans le sens de la longueur et déposer dans un

moule à cake graissé. Faire de même pour l’autre moitié de pâte.

10. Couvrir et laisser reposer à nouveau 1 h.

11. Préchauffer votre four à 180 °C/375 °F.

12. Ajouter 1 c. à soupe de lait dans le jaune d’œuf restant. Badigeonner

les brioches avec le mélange, à l’aide d’un pinceau. Enfourner

pendant 25 min.

© 2019 Anne Worms. Tous droits réservés. Utilisation autorisée.

PRINTEMPS 2020

39


« N’AYEZ AUCUNE CRAINTE DES AUTRES

ET NE VOUS LAISSEZ PAS TROUBLER. [...]

TENEZ-VOUS TOUJOURS PRÊTS À VOUS

DÉFENDRE FACE À TOUS CEUX QUI VOUS

DEMANDENT DE RENDRE COMPTE DE

L’ESPÉRANCE QUI EST EN VOUS. MAIS FAITES-LE

AVEC DOUCEUR ET RESPECT ! »

1 PIERRE 3.14-16

19946 80a avenue

langley, bc v2y 0j8

courriel lettres@focusfamille.ca

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FF20C

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