Coze Magazine #89 - Juin 2020

cozemagazine

On se souviendra tous de ce mois de juin 2020. Un retour timide vers une vie « normale ». Timide, même pour nous, car pour la troisième fois, nous vous présentons notre magazine uniquement en format digital. Une nouvelle fois, l'équipe a mis du coeur à l'ouvrage, pour vous offrir des contenus inédits, ludiques, divertissants et positifs, agrémentés de nombreux liens et vidéos !

Au sommaire de ce numéro :
- On en Coze : des brèves autour d’initiatives originales alsaciennes, des événements en ligne, des sorties musicales, etc.
- Artiste : l’interview de Gëna David, qui a illustré la couverture
- Dans ton Casque : la playlist du jeune rappeur Werco
- La Culture face à la crise #3 : État des lieux des situations traversées par les différents espaces culturels alsaciens
- Sneakers of the Month : Yeezy qui es-tu ? (par l’association Sneakers Empire)
- Kezacoze : La CabAnne des Créateurs
- Il répond à nos questions : Julien Voarick, un confinement original et productif
- Il répond à nos questions : Michael Gojon-Dit-Martin, l'homme aux 74 000 costumes
- Cinéma : Pouvoirs médiatiques - Machines d'influence et de manipulation
- Rencontre : Ces lieux et événements qu'on a hâte de retrouver
- Expositions : À visiter sans modération

Nous espérons que ce numéro vous plaira tout autant que les précédents ! Bonne lecture et prenez soin de vous et de vos proches !

L'équipe de Coze Magazine

JUIN 2020

#89

#COZEMAG

COZE.FR

GRATUIT

DEALER DE CULTURE EN ALSACE


( Il s’arrête

et tend

l’oreille. )

Peer Gynt, acte I,

à l’origine de Solveig (L’Attente)

en septembre 2020 à l’OnR


SOLVEIG (L’ATTENTE)

SAMSON ET DALILA

HANSEL ET GRETEL

GRETEL ET HANSEL

LA MORT À VENISE

HÉMON

CENERENTOLINA

ALCINA

MADAME BUTTERFLY

opéra

EDVARD GRIEG

CAMILLE SAINT-SAËNS

ENGELBERT HUMPERDINCK

ENGELBERT HUMPERDINCK

BENJAMIN BRITTEN

ZAD MOULTAKA

GIOACHINO ROSSINI

GEORG FRIEDRICH HAENDEL

GIACOMO PUCCINI

SAISON 2020 / 2021

CHAPLIN

SPECTRES D’EUROPE #3

DANSER MOZART

AU XXI E SIÈCLE

LES AILES DU DÉSIR

LA GRAN PARTITA

danse

MARIO SCHRÖDER

BOUCHÉ / CASTILLO / PRELJOCAJ

JULLIARD / SCHMITT

BRUNO BOUCHÉ

DANSEURS-CHORÉGRAPHES

DU BALLET DE L’ONR

BALLETS EUROPÉENS AU XXI E SIÈCLE

MARIA DE BUENOS AIRES MATIAS TRIPODI


COZE #89

ÉDITO

JUIN 2020

Depuis le début du mois de juin, les lieux de vie, de divertissement et culturels peuvent rependre tout doucement

leurs activités ! Une nouvelle pleine d’espoir, qui marque un tournant à cette période délicate et inédite. À seulement

quelques jours du début de l’été, il devient important pour tous de pouvoir sortir, échanger et partager avec les autres,

dont nous avons été contraint, pendant quelques mois, de nous tenir éloignés. Néanmoins, ces réouvertures ne

riment pas avec la fin de l’épidémie et un retour total à la normale. Il faudra tout de même continuer à rester sur nos

gardes, à faire attention et à respecter les gestes barrière, pour préserver les plus fragiles. De notre côté, nous avons

à nouveau choisi de vous proposer notre magazine mensuel uniquement dans un format digital. Quelques peu

réinventés et agrémentés de contenus interactifs, nos deux derniers numéros sous cette forme inédite ont reçu un

réel succès, et nous vous en remercions grandement ! C’est pourquoi, ce mois-ci, nous avons concocté pour vous de

beaux sujets, à découvrir au fil des pages : le 3e volet de notre sujet «La culture face à la crise» dédié aux lieux culturels

qui réouvrent, qui ne réouvrent pas mais qui reprennent leur activité et à enfin ceux qui sont en réelles difficultés suite

à la crise sanitaire ; les interviews de Julien Voarick (Pix314) et Michael Gojon-Dit-Martin (Ciné Régie) ainsi que nos

traditionnelles rubriques « Artiste » avec Gëna David, « Dans ton Casque » signée par Werco, « Cinéma », « Sneakers of the

Month » ( avec Sneakers Empire). Sans oublier les brèves en tout genre, les expositions qui font leur retour, de nouvelles

mini-interviews de 12 personnalités qui font bouger l’Alsace et enfin un Kézacoze, qui met à l’honneur La CabAnne des

Créateurs, un tiers-lieu artistique situé à Schiltigheim. Pour conclure, nous entrevoyons enfin un peu d’espoir quant au

retour de notre magazine papier, sûrement pour le numéro hors-série d’été qui sera agrémenté du tout nouveau Coze

Corner (anciennement Strasbourg City Guide). Aussi, retrouvez désormais sur coze.fr notre nouvel agenda dédié aux

événements alsaciens en ligne : Coze Digital agenda.

Bonne lecture et à très vite pour de nouvelles aventures !

L’équipe Coze Magazine

COZE® EST UN MAGAZINE ÉDITÉ PAR :

BeCOZE®

8 Quai Zorn, 67000 Strasbourg

contact@coze.fr / coze.fr

N°89 : Juin 2020 - Saison 9

Parution : Tous les 1 ers mercredis du mois

Prochaine parution :

Mercredi 8 juillet 2020

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION

Julien Lafarge > julien@coze.fr

RÉDACTRICE EN CHEF

Émilie Jade Vauban > emilie@coze.fr

COORDINATEUR TECHNIQUE

Christopher Keo > christopher@coze.fr

DIRECTEUR ARTISTIQUE ÉPHÉMÈRE

Julien Lafarge > julien@coze.fr

PHOTOS

Edito & Mini-interviews : Bartosch

Salmanski

Julien Voarick : Beryl Coutat

Kezacoze : La CabAnne des Créateurs

Ciné Régie : Ciné Régie & Julien Duvéré

DTC : Lisa Lehmann

PUBLICITÉ

Chloé Pelascini : chloe@coze.fr

> 06 81 46 57 47

ANNONCEZ VOS ÉVÈNEMENTS

agenda@coze.fr

CONTRIBUTEURS

Mathieu Bernhardt, Lauriane Albouy

(sélection cinéma), Valentin Schmitt

(Sneakers of the month), Valentine

Kotowski.

Couverture : Gëna David

ÉDITO

COZE.FR • #COZEMAG

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COZE #89

ON EN COZE

IL Y A DE QUOI FAIRE

Le magazine a été conçu en grande partie avant l’annonce du 28 mai du Premier Ministre

Edouard Philippe. Il est donc possible que la situation ait, depuis, évoluée pour certains des

lieux dont nous parlons. On l’espère pour eux ! Veuillez nous excuser si certaines informations

ne sont donc plus totalement à jour au moment de votre lecture.

NOS INTIATIVES

COZE DIGITAL AGENDA : UN NOUVEL AGENDA DÉDIÉ AUX ÉVÉNEMENTS ALSACIENS EN LIGNE

Après plus de 2 mois d’interruption, suite à l’interdiction des rassemblements

et la fermeture des lieux culturels et de vie, nous avons relancé

notre incontournable agenda. Une reprise qui ne signifie pas encore un

retour des événements publics, mais plutôt une volonté de partager dans

un premier temps avec les lecteurs et les internautes les différentes manifestations

à vivre sur la toile, depuis chez soi. En effet, depuis la mi-mars,

de nombreux acteurs culturels d’Alsace et d’ailleurs se sont mobilisés pour

proposer des contenus variés aux internautes en soif de culture et de divertissement

! Parmi ces propositions, sont nés de nouveaux formats d’événements : en live ou en

différé sur Facebook, sur Youtube, sur Zoom, sur Twitch ou sur d’autres plateformes digitales !

Ces événements sont désormais référencés sur notre site internet, ainsi que sur l’agenda de la ville de

Strasbourg. Enfin, si vous organisez un événement digital, n’hésitez pas à nous faire parvenir toutes

les informations (titre, date, horaire, description, lien, visuel, etc.) au plus tôt par mail à agenda@

coze.fr.

coze.fr

COZE CORNER : L’ART DE VIVRE EN ALSACE

Chaque année depuis 2014, Coze Magazine présente une fois par an le Strasbourg

City Guide, un magazine qui met en avant différents lieux de vie et de

divertissement : restaurants, bars, boutiques, parcs d’attraction, etc. L’année

2020 et son contexte nous ont poussés à réinventer ce support annuel. Ainsi,

Strasbourg City Guide devient Coze Corner. Dès le mois de juin, il se présentera

sous une nouvelle forme, sous un nouveau nom, mais aussi sur une plateforme

qui n’avait pas encore accueilli ce type de sujets : notre site internet. Coze Corner

intègrera également notre numéro Hors-série Summer, qui, nous l’espérons,

pourra à nouveau voir le jour en format papier. Coze Corner présentera à travers des publi-rédactionnels,

tout comme son prédécesseur, différents lieux, leurs univers, leurs particularités… Une belle

manière de mettre à l’honneur l’art de vivre en Alsace !

coze.fr

ON EN COZE

6 COZE.FR • #COZEMAG


Gestes

& savoir-faire

regard photographique

sur la cristallerie

du 15 juin au 1 er novembre 2020

photo : Karine Faby

musée ouvert tous les jours

de 9h30 à 18h30 en été

port du masque obligatoire

règles et programmation :

musee-lalique.com


LES INITIATIVES ALSACIENNES, ÉVÉNEMENTS EN LIGNE & GOOD NEWS

DES RENDEZ-VOUS RÉGULIERS AVEC LE VAISSEAU ET LE CHÂTEAU DU

HAUT-KOENIGSBOURG

Début d’avril, en plein confinement, les deux établissements culturels gérés

par le Département du Bas-Rhin, le Vaisseau et le château du Haut-Koenigsbourg,

ont redoublé d’imagination pour offrir aux internautes des rendez-vous

réguliers pour se divertir et se cultiver à la maison. Des contenus scientifiques,

historiques et numériques, des anecdotes, des quiz, des jeux ou encore des activités

qui rythment toujours les semaines des publics de ces deux lieux emblématiques

bas-rhinois. Avec #LeVaisseauChezVous, le Vaisseau propose tous les

mercredis à 14h une animation en direct sur sa page Facebook. Chaque mercredi, l’équipe du château

du Haut-Koenigsbourg propose dans le cadre de #LeChâteauChezVous des activités à faire en famille,

ludiques et pédagogiques, pour devenir incollables sur le Moyen Âge ! La vie quotidienne, l’architecture,

les arts, le bestiaire, la défense, l’héraldique... sont autant de thématiques à découvrir au cours de

ces rendez-vous créatifs sur la page Facebook du château ! Enfin, chaque jour le Vaisseau et le château

du Haut-Koenigsbourg proposent également des publications variées, qui s’adressent aussi bien aux

petits qu’aux plus grands !

bas-rhin.fr

UNE PLATEFORME DE LA SOLIDARITÉ POUR RETROUVER LES EXPOSANTS DE LA FOIRE

ECO BIO ALSACE

Eco Bio Alsace ne lâche rien ! Ne pouvant pas proposer à son public fidèle une

foire digne de ce nom cette année, le haut lieu de rencontre alternatif en Alsace

a décidé de mettre en place une grande plateforme en ligne, où les participants,

qu’ils soient exposants ou visiteurs, pourront entrer en contact. Elle a été baptisée

Plateforme de la solidarité. Devant l’urgence du moment et la modestie de

ses moyens, Eco Bio Alsace a fait le choix de s’adosser à un site déjà existant : La

Ruche qui dit Oui. Les exposants y proposent de nombreux produits. Certaines

animations qui égayent traditionnellement la foire sont également présentes pour proposer leurs

services. Les visiteurs peuvent se promener virtuellement dans les allées de la foire, sélectionner les

produits qu’ils souhaitent et passer leurs commandes avec des procédures sécurisées. Toutes les marchandises

commandées sont acheminées vers le Parc des Expositions de Colmar, là où aurait dû se

dérouler la foire, qui est devenu le théâtre des opérations de distribution, assurées par les bénévoles

de l’association Eco Bio Alsace. Il est également possible d’être livré chez soi, pour les départements du

Bas-Rhin, Haut-Rhin, Vosges et Territoire de Belfort.

ecobio.alsace

ON EN COZE

8 COZE.FR • #COZEMAG


LES MUSÉES DE LA VILLE DE STRASBOURG OFFRENT DES CONTENUS ORIGINAUX

ET LUDIQUES EN LIGNE

Jusqu’à la réouverture des Musées de la Ville de Strasbourg, de nombreuses

actions continuent d’être menées en ligne, à la fois sur les réseaux sociaux et

sur leur site internet. Une démarche qui s’inscrit à la fois dans l’action collective

menée par les acteurs culturels de la Ville avec #StrasCultureChezVous ainsi que

dans la dynamique initiée par le ministère de la Culture via #Culturecheznous.

Sur le site des musées, un espace spécifique a été créé pour réunir des supports

de médiation sur les musées et leurs collections. Arts plastiques, histoire de l’art,

philosophie, français et littérature, histoire et archéologie, latin, allemand, poésie, architecture… des

supports de cours, des pistes de travail ou boîte à idées, sont mis à disposition du public. Sur les

réseaux sociaux, les musées sont présents à travers leurs nombreuses pages sur Instagram et Facebook.

Des publications sont régulièrement mises en ligne avec une programmation quotidienne (des

publications thématiques sur les collections des musées, quiz sur l’histoire des musées, anecdotes

historiques, retours en images sur les grands événements et expositions des musées…). Par ailleurs,

dans un esprit de collaboration avec d’autres services de la collectivité, des publications croisées avec

les Médiathèques et les Archives de le Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg, ont permis des allersretours

inédits entre les collections et fonds documentaires respectifs. Des vidéos réalisées avec les

équipes scientifiques sur les collections des musées ainsi que des publications dédiées aux expositions

programmées à l’automne ponctuent également cette programmation en ligne.

musees.strasbourg.eu

L’ESPACE DJANGO FAIT BOUGER LES LIGNES !

L’Espace Django accueille chaque saison des artistes en résidence afin qu’ils

peaufinent une date ou créent leurs spectacles sur scène. En 2019, la salle de

concert du Neuhof en a notamment accueilli 22 ! Plusieurs résidences sont à

nouveau programmées dans le strict respect des règles sanitaires en vigueur.

Difficile de concevoir qu’il se passe de belles choses en salle sans que le public

puisse en profiter. Pour remédier à cela, l’équipe de l’Espace Django proposera

plusieurs captations, dont le concert de fin de résidence des Fats Badgers en

direct sur sa page Facebook et sur Youtube fin juin, afin de vous faire participer

à un véritable « Salon Soul Train ». De plus, en accord avec la préfecture et la Ville de Strasbourg,

l’Espace Django propose des rendez-vous développés depuis plusieurs saisons et qui font particulièrement

sens aujourd’hui avec son engagement de longue date d’aller au plus proche des publics :

des concerts aux fenêtres, des déambulations musicales, des raids urbains, des fresques participatives

dans les rues du quartier du Neuhof et des apartés, des ateliers de pratique… Plus d’informations

prochainement !

espacedjango.eu

ON EN COZE

COZE.FR • #COZEMAG

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UNE 7 E ÉDITION RÉINVENTÉE POUR LE FESTIVAL STRASBOURGEOIS

START TO PLAY

2020 ne sera pas une année comme les autres, nous le savons maintenant. Mais

une chose est sûre : la crise actuelle n’aura finalement pas eu raison de la fièvre de

l’esport et du gaming ! C’est pour cette bonne raison que la 7 e édition du festival Start

to Play aura bien lieu les 22 et 23 août, mais dans un format inédit et adapté, 100%

digital. L’événement dédié aux jeux vidéo et à l’esport se tiendra virtuellement sur la

plateforme de streaming Twitch ainsi que sur Facebook. La programmation complète

sera dévoilée prochainement. Il y aura au menu plusieurs temps-forts dynamiques et

ludiques : des tournois esport, des conférences, des interviews, des challenges et de nombreuses surprises !

De plus, la finale du circuit Strasbourg Esport Tour by Orange, qui devait initialement se tenir lors de la 15 e

édition du NL Contest, reportée en 2021, se jouera lors du festival Start to Play, en collaboration avec le

Esport Club Strasbourg. Cette dernière étape se jouera sur deux jeux vidéo du moment : Rocket League sur

PC et NBA 2K20 sur PlayStation 4. Le lien d’inscription et le règlement seront bientôt disponibles.

start-to-play.com

LA KULTURE RÉINVENTE SON CLUB DE MANIÈRE DIGITALE !

Dans le contexte actuel, les boîtes de nuit ont encore beaucoup d’incertitudes quant à

leur réouverture prochaine. Alors que les bars et restaurants se préparent à accueillir

à nouveau des clients, certains clubs qui animent les nuits alsaciennes commencent

à songer à s’adapter à la situation pour continuer à rayonner et survivre. C’est le cas

de La Kulture, qui avait déjà participé au Diggers Festival au mois d’avril. Depuis le 14

mai et pour les prochains mois, La Kulture propose chaque semaine des djs set en

ligne ! Le club strasbourgeois s’est réinventé et accueillera chaque semaine plusieurs

résidents, artistes et collectifs de la scène électronique locale. Plus de 130 djs ont

accepté de jouer le jeu des caméras, armés de leurs masques pour soutenir La Kulture. Parmi eux : Stu, Hugo

Llobis, Winston Smith, Liner Notes, El Kazed, Roan, Amadeo Savio, RoyLee, Mister P ou encore Amous Jalidd !

Ces lives sont diffusés sur Twitch et le programme est dévoilé chaque semaine sur la page Facebook de La

Kulture. De plus, La Kulture invite tous ceux qui le souhaitent à contribuer en participant à une cagnotte

solidaire en ligne.

lakulture.com

ON EN COZE

10 COZE.FR • #COZEMAG


LA CULTURE AU PLUS PROCHE DE VOUS AVEC L’ED&N HORS LES MURS

Malgré la fermeture de sa salle et les restrictions mises en place dans le cadre

de la crise sanitaire que nous traversons, l’équipe de l’ED&N s’est mobilisée

pour continuer à déployer son savoir-faire. Depuis le début du déconfinement,

l’espace situé à Sausheim propose des concepts inédits qui respectent les gestes

barrière. Des déambulations musicales en Rosalie sont notamment organisées

dans les rues de la commune avec des artistes aux répertoires variés, mais aussides

concerts en plein air ou en drive-in. Des instants musicaux et des spectacles

seront également partagés en ligne, à découvrir sur la page Facebook de l’ED&N.

Enfin, des propositions jeune public tout terrain verront également le jour, en déambulation, en salle

adaptée et sécurisée ou dans les écoles. Derrière cette initiative, l’ED&N contribue à ce que les artistes,

les techniciens et les sociétés issus de l’industrie culturelle retrouvent des ressources indispensables à

leur survie tout en donnant à son public la possibilité de se divertir de manière inédite.

eden-sausheim.com

LE FAT REPART À L’ATTAQUE AVEC DES DJS SETS HEBDOMADAIRES EN LIGNE !

Il y a de l’écho dans le caveau ! À l’instar de ce que l’équipe de La Kulture a initié

à Strasbourg, Le FAT repart à l’attaque, en streaming audio et vidéo ! Depuis la

fin du mois de mai, à l’initiative de Winston Smith et de l’équipe du lieu emblématique

des nuits strasbourgeoises, les djs réguliers et certains de leurs amis

proposent tous les mercredis entre 18h30/19h et 22h sur Twitch (lien à retrouver

sur l’événement Facebook) des dj sets réalisés et filmés dans le caveau à savourer

de chez soi. Votour, Full J, Dj Topic, Dj Q, Mister P et le Krutlyn Boogie Crew, La

Finca, Dreamfish, Nice Nico, Halès, Aneka, Dr Sympaty, Goomar, Don K et RoyLee,

parmi d’autres, ont déjà confirmé leur présence ! Enfin, le programme du 3 juin est disponible : c’est

Mister P, Roc Cee Shingaling & Mr Mow (aka Krutlyn Boogie Crew) qui offriront aux internautes un

moment funky juste comme on les aime !

FAT

ANNONCEZ VOS EXPOSITIONS

ET VOS ÉVÈNEMENTS

DANS COZE MAGAZINE

ET SUR COZE.FR !

> AGENDA@COZE.FR

ON EN COZE

COZE.FR • #COZEMAG

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CHIPO’ZIK RÉUNIT LES ARTISTES DE SA 15 E ÉDTION AUTOUR D’UN APÉRO-TIME MUSI-

CAL VIRTUEL

Chipo’Zik fait de la résistance ! Malgré l’annulation de sa 15 e édition, les organisateurs

de l’un des plus importants festivals étudiant gratuit de France ont tout de

même souhaité faire quelque chose cette année. Ils offriront les 5 et 6 juin sur le

site, la page Facebook et le compte Instagram de Chipo’Zik un apéro-time musical

enregistré quelques jours plus tôt sur la scène de de l’ED&N, en compagnie de la

majeure partie des artistes initialement programmés sur la 15 e édition du festival.

On pourra découvrir sur scène Excalembourg, Attentat fanfare, Tout allant vers, Black

Fire ainsi que Shilly Shaelly, les gagnants du tremplin. Chipo’Zik diffusera également des vidéos de Fontiac,

Darwin Expérience et La Chica, qui pour des raisons de distance n’ont pas pu venir à Sausheim. Chaque

groupe/artiste a interprété 2 titres, pour un résultat détonnant et festif, à vivre en ligne !

chipozik.com

LE MARCHÉ DES CRÉATEURS EN VERSION 2.0

Chaque année, le printemps signe le retour des Marchés des Créateurs mensuels

sur la place de Zurich à Strasbourg. Malheureusement, cette manifestation mettant

à l’honneur la création artisanale locale, comme de nombreuses autres, ne peut pas

se tenir dans le contexte actuel. C’est pourquoi, l’association organisatrice, Touch-Art,

a pris l’initiative de réunir sur une seule plateforme un grand nombre d’artistes à

découvrir ! Grâce à un site internet dédié recensant des centaines d’artistes, cette plateforme

de promotion artistique permet aux internautes de soutenir les créateurs et

artistes en tout genre depuis chez soi. Le premier volet se terminera le 13 juin. Dès

le 14 juin, jusqu’au 10 juillet, le Marché des Créateurs présentera un nouvel éventail d’artistes. Enfin, un

troisième opus animera la plateforme tout au long de l’été (du 11 juillet au 10 septembre), en espérant que

d’ici la rentrée les marchés physiques puissent reprendre !

marche-des-createurs.fr

PASS TRIBU SOLIDAIRE : UN MOYEN DE SOUTENIR L’ÉCOMUSÉE D’ALSACE

Les effets collatéraux du Coronavirus ont été sanitaires, ils seront aussi économiques.

De nombreux lieux sont en difficultés, comme l’Écomusée d’Alsace. Pour s’en sortir, le

musée alsacien propose à sa communauté de le soutenir avec un Pass Tribu Solidaire.

Pour un tarif de 145€, le Pass Tribu Solidaire propose une relation privilégiée avec

le lieu et ses équipes. La formule comprend un accès illimité à l’Écomusée d’Alsace

valable jusqu’au 1 er novembre 2021, avec possibilité de venir avec quatre personnes

à chaque visite (adultes et/ou enfants) ainsi qu’un accès privilégié à certains événements.

Un geste solidaire, qui pourra permettre d’apporter un peu d’aide à ce musée

qui a subit de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire.

ecomusee.alsace

ON EN COZE

12 COZE.FR • #COZEMAG


BULLE DE CULTURE : DES PROPOSITIONS CULTURELLES EN VIDÉO PAR L’ILLIADE

Alors que tous les spectacles et concerts ont été annulés à l’Illiade, comme

dans toutes les autres salles, le Centre Culturel de la ville d’Illkirch-Graffenstaden

partage chaque semaine dans une newsletter un clin d’œil en vidéo par

l’intermédiaire d’artistes déjà venus ou qui viendront dans les mois à venir. Une

initiative intitulée « Bulle de culture » qui permet à l’Illiade de garder le lien avec

le public ! Depuis la fin du mois d’avril, l’Illiade a donc présenté quelques propositions

: la chanson On n’a rien vu venir (version covid-19) des Goguettes, en trio

mais à quatre ; un coup de projecteur sur le poète chanteur Yves Duteuil ; le clip

London Dilemme du chanteur Valentin Stuff ; l’une des dernières chroniques sur la culture de Tanguy

Pastureau sur France Inter ainsi qu’une séquence spéciale confinement de l’humoriste Vérino. Pour

découvrir toutes ces propositions, il suffit de s’inscrire à la newsletter ou de consulter régulièrement

la page Facebook de l’Illiade !

illiade.com

MOVING BORDERS : UN PROJET THÉÂTRAL INTERNATIONAL PORTÉ PAR 7 STRUC-

TURES CULTURELLES EUROPÉENNES

Le 23 avril, sept théâtres, festivals et structures publiques européens dans le

domaine des arts performatifs, dont le Maillon, ont dévoilé le projet théâtral

international Moving Borders, avec la mise en ligne d’un site internet dédié.

Mais de quoi s’agit il ? Moving Borders est une coopération pilotée par Hellerau

– Centre d’arts européen (Dresde, Allemagne) qui durant 2 ans donnera lieu

à un projet artistique interrogeant la notion de frontière et ses manifestations

dans nos sociétés contemporaines européennes, intitulé Ark, par le collectif britannique

Quarantin. Une version in situ sera présentée dans chacune des sept villes européennes

partenaires : Athènes, Dresde, Mülheim an der Ruhr, Porto, Strasbourg, Utrecht et Varsovie. Chacune

d’entre elles sera réalisée avec des artistes et des citoyens locaux et adaptée en fonction des spécificités

démographiques, historiques, culturelles et sociologiques de chaque ville. Le collectif Quarantine

a pour projet la construction, concrète ou métaphorique, d’une arche qui permettra d’accueillir en son

sein des manifestations publiques et des rencontres entre citoyens.

movingborders.org

POUR COMMUNIQUER SUR

COZE.FR, CONTACTEZ

>CHLOE@COZE.FR

ON EN COZE

COZE.FR • #COZEMAG 13


DES SÉANCES DE CINÉMA VIRTUEL AVEC LA MAC DE BISCHWILLER

Une première dans le Bas-Rhin ! Depuis le 28 avril, la MAC de Bischwiller propose

à ses habitués, mais aussi à tous ceux situés dans un périmètre de 50km autour de

Bischwiller des projections de films, retransmis dans les vraies conditions du cinéma

classique (jour et horaire précis). Ces séances sont proposées au tarif de 5€ pour le film

seul, ou 6€ s’il est complété d’une rencontre/un débat avec un membre de l’équipe

du film. Un tarif qui permet de rémunérer tous les intervenants de manière juste et

solidaire et un petit geste pour accompagner le milieu culturel, profondément touché

par cette crise sanitaire ! Une dizaine de films ont ainsi déjà été diffusés. Parmi

eux : Voyoucratie de Fabrice Garçon et Kévin Ossona, Amare Amaro de Julien Paolini ou encore Mon nom est

Clitoris de Lisa Billuart Monet et Daphné Leblond. L’aventure, qui a reçu un très bel accueil, continue ! Nous

savons déjà que la MAC présentera le 3 juin le film Indianara d’Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa

(à 20h15) ainsi que l’Extraordinaire voyage de Marona d’Anca Damian (à 15h), qui sera également diffusé le 6

juin à 11h. Le programme, mis à jour régulièrement, est disponible sur le site et la page Facebook de la MAC !

mac-bischwiller.fr

LA PROGRAMMATION COMPLÈTE DE LA 8 E ÉDITION D’AUTOMNE DU ROCK YOUR BRAIN FEST

Parce qu’ils ne lâcheront rien et qu’ils sont prêts à en découdre avec cette drôle de période,

l’équipe l’association Zone 51 a dévoilé la programmation de la 8 e édition d’automne du

Rock Your Brain Fest. Alors que le Summer Vibration Festival a été le premier festival à

reporter l’ensemble de sa programmation à 2021 et que l’édition summer du Rock Your

Brain Fest a été annulée, Zone 51 à annoncé le maintien, à l’heure actuelle, du Rock Your

Brain Fest les 16 et 17 octobre aux Tanzmatten de Sélestat et par la même occasion les

noms qui composeront l’affiche de cette nouvelle édition ! Le 16 octobre, le Rock Your

Brain Fest accueillera Mass Hysteria, Steve’n’Seagulls, Frog Leap et Black Bomb A. Le 17 octobre,

ce sont Buzzcocks, Lofofora, UK Subs, Washington Dead Cats, Les Sales Majestes, Tulaviok et Charge 69 qui se

relayeront sur les planches des Tanzmatten. Nous espérons tous que d’ici là, la vie culturelle rependra son cours…

zone51.net

GUIDE DU DÉCONFINÉ : DES CIRCUITS DE PROMENADES EN EXTÉRIEUR

Afin d’aborder le déconfinement avec plus de légèreté et de permettre aux visiteurs de

(re)découvrir le patrimoine strasbourgeois et eurométropolitain, l’Office de Tourisme de

Strasbourg et sa Région a lancé son « Guide du déconfiné ». À travers celui-ci, il propose

gratuitement une sélection de balades extérieures à faire en autonomie, à pied ou à vélo,

dans le respect des règles de distanciation sociale. Ils ne nécessitent ni file d’attente, ni

entrée dans un lieu. Les thématiques, préparées par les guides-conférenciers de l’Office

de Tourisme, sont riches et variées. Concrètement, les circuits sont proposés sur le site de

l’Office de Tourisme de Strasbourg et sa Région, sous deux formats différents : en audioguide,

accessible à chacun depuis son propre smartphone via izi.travel ou en PDF imprimable chez soi, pour les

personnes moins rompues à l’utilisation de smartphones. L’offre s’étoffera au courant des prochaines semaines, avec

de nouvelles balades en ville, mais aussi dans les quartiers de la Ville de Strasbourg et dans toute l’Eurométropole !

visitstrasbourg.fr

ON EN COZE

14 COZE.FR • #COZEMAG


LA SPRING PARTY DE SÉLESTAT S’INVITE CHEZ VOUS

Chaque année, dans le cadre de Sélestat Contre le Cancer s’organise une

grande Spring Party. Bien évidemment, elle ne pourra pas se tenir en plein

air cette année. C’est pourquoi, le 6 juin elle s’invitera directement chez vous !

Vous êtes prêts à faire la fête sur du bon son et pour la bonne cause ? Poussez

les membles car Djamlight, Dj Krunch, Léodeejay, Yann Deejay, Nevil Greenz et

Damien RK ne manqueront pas de vous faire bouger ! La soirée sera diffusée

gratuitement sur Twitch à partir de 19h. Elle se tiendra au profit de l’association

Sélestat Contre le Cancer, qui a par ailleurs mis en ligne une cagnotte afin de récolter des fonds pour

ses actions.

Sélestat Contre le Cancer

L’OPÉRA NATIONAL DU RHIN A DÉVOILÉ SA SAISON 2020/2021

Il nous tarde de retrouver les différents lieux culturels de la région et d’au-delà !

De plus, certains d’entre eux commencent à dévoiler leur prochaine saison.

L’Opéra National du Rhin, notamment, a présenté au mois de mai sa programmation

pour 2020/2021, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle est à nouveau

riche et pointue ! L’amour est-il toujours asymétrique ? Telle est la question

abordée par les ouvrages à l’affiche de l’Opéra national du Rhin pour cette saison

à venir ! Pour 2020/2021, Eva Kleinitz avait imaginé une quatrième saison à son

image, achevée par Bertrand Rossi, directeur adjoint devenu directeur général

par intérim (avant l’arrivée d’Alain Perroux) : généreuse, contrastée, belle. Côté opéra, on découvrira

notamment Samson et dalila de Camille Saint-Saën ou encore Hansel et Gretel (conte théâtral) et

Gretel et Hansel (conte lyrique) d’Engelbert Humperdink, parmi d’autres. Chapelin de Mario Schröder

ou encore Les ailes du désir de Bruno Bouché marqueront la saison de danse. Nous n’oublions pas non

plus les traditionnels récitals, heures lyriques, scènes ouvertes, propositions jeune public et enfin le

désormais incontournable festival Arsmondo qui mettra à l’honneur le Liban en 2021 !

operanationaldurhin.eu

LE NL CONTEST REPORTE SA 15 E ÉDITION À 2021, MAIS PRÉPARE QUELQUES

SURPRISES !

Après un report au mois d’août 2020 dans l’espoir d’une amélioration de la

situation sanitaire et pour faire suite aux dernières mesures gouvernementales,

le NL Contest by Caisse d’Epargne - Urban Sport & Art Festival a annoncé le

report de sa 15 e édition aux 21/22/23 mai 2021. Mais le festival strasbourgeois

prépare toute de même quelques surprises… En effet, il continuera de rayonner

en 2020 en proposant aux athlètes du monde entier une version digitale

du contest. Les modalités de cette compétition en ligne seront dévoilées très prochainement. Dans

la mesure du possible et dès que les conditions le permettront, le NL Contest offrira également aux

amateurs de cultures urbaines un rendez-vous festif !

nlcontest.com

ON EN COZE

COZE.FR • #COZEMAG

15


Regionale 21

26.11.2020–03.01.2021

Open Call

regionale.org

Bewerbung unter regionale.org

Anmeldefrist vom 15.04.2020

bis 30.06.2020

Inscription sur regionale.org

Date limite d’inscription

du 15.04.2020 au 30.06.2020

À VOUS DE JOUER

LE 5E LIEU INVITE LES STRASBOURGEOIS À PARTAGER LEUR VISION ET LEUR RES-

SENTI DE LA VILLE AVEC STRASBOURG EN OBJET

Inauguré en décembre 2019, le 5e Lieu est un espace qui permet de (re)découvrir

la ville de Strasbourg à travers son patrimoine, son architecture et sa vie

culturelle. Dans le cadre de sa programmation culturelle, le 5e Lieu prévoit une

exposition temporaire intitulée Strasbourg en objet. Celle-ci donnera la parole

aux strasbourgeois. Il a donc invité les habitants de la capitale européenne à

partager leurs visions et ressentis de notre ville à travers une grande collecte

virtuelle ! Ceux qui souhaitent y contribuer peuvent transmettre au 5e Lieu une

photographie ou dessin d’un objet du quotidien, qu’il soit drôle ou sérieux, poétique ou pratique,

grand ou petit, qui évoque Strasbourg, accompagné d’un texte de 5 à 10 lignes expliquant en quoi

l’objet choisi incarne Strasbourg, ses ambiances, ses modes de vie, ses emblèmes, ses monuments,

ses quartiers. Pour participer, il suffit d’adresser sa contribution avant le 30 juin par message privé sur

la page Facebook du 5e Lieu ou sur son Instagram. Il est également possible de la partager avec le

hashtag #strasbourgenobjet ou par e-mail à l’adresse suivante : 5elieu@strasbourg.eu. Les éléments

reçus seront d’abord valorisés sous la forme d’une exposition teaser sur le site internet du 5e Lieu et

ses réseaux sociaux. Dans un second temps, le 5e Lieu effectuera une sélection de ces objets photographiés

ou dessinés, agrémentés des textes réceptionnés, puis les exposera au public dans ses murs.

5elieu.strasbourg.eu

APPEL À CANDIDATURES D’ARTISTES POUR LA REGIONALE 21

La Regionale est une manifestation d’art contemporain tri-rhénane, qui propose

chaque hiver un cycle d’expositions dans 19 lieux d’art contemporain en France,

en Suisse et en Allemagne. Réel tremplin pour les jeunes artistes, la Regionale

permet d’enjamber des frontières immatérielles parfois limitantes. C’est aussi

un outil pour les créateurs plus confirmés, qui grâce à elle cultivent leur travail

à l’international proche. Elle initie une dynamique transfrontalière qui invite

artistes et commissaires à travailler ensemble pour la création. Dans le cadre

de la Regionale 21 qui se tiendra du 26 novembre 2020 au 3 janvier 2021, un

appel à candidatures d’artistes a été lancé. Il est ouvert jusqu’au 30 juin. Les artistes plasticiens de la

région, les artistes boursiers qui vivent et travaillent dans l’espace trinational (Suisse du Nord-Ouest,

Bade du Sud, Alsace) ou qui sont en prise directe avec la région (origine, études, etc.), ainsi que les

membres des différentes institutions participantes peuvent y prétendre. C’est votre cas ? Alors, c’est

à vous de jouer !

regionale.org

ON EN COZE

16 COZE.FR • #COZEMAG


MUSIQUE

14 LUNAIRE : HIBA PRÉSENTE UN 2 E EP TRÈS PROMETTEUR

Moins d’un an après la sortie du projet plein de fraicheur et de vitamines, Multijuice,

les deux frères (Lapez et Amor) du duo Hiba ont présenté le 14 mai un

nouvel EP encore plus audacieux ! Intitulé 14 Lunaire, ce projet est le fruit d’une

séparation. Durant près d’un an, les deux frères ont été éloignés l’un de l’autre.

Ils se dont donc réunis, à distance, à travers la musique. L’EP de six titres est

composé de trois solos de chacun des rappeurs et nous offre un échange entre

les deux frères, qui en ont profité pour pousser leurs propres identités musicales

à leur paroxysme. Lapez, fidèle à son amour du rap, présente sur une palette

d’instrumentales différentes sa capacité à débiter et à trouver des punchlines percutantes sur des

thèmes embrassant mélancolie, joie et amertume. De son côté, Amor se démène à innover au niveau

de la forme, proposant des sonorités extrêmement variées, alliant à la fois des influences future beat,

funk, bedroom pop et bien sûr rap. JBV, Chief Keef, Bella et les autres titres… Des pépites à découvrir !

HIBAjuice

UNE SÉRIE D’EPS ET UN ALBUM À VENIR POUR LE RAPPEUR LACRO

Après avoir dévoilé son clip Tapis, tourné en 2012 et qui aurait pu ne jamais

voir le jour, le rappeur strasbourgeois Lacro a sorti au mois d’avril et au mois de

mai deux nouveaux EPs, Reset vol.1 et Reset vol.2. Il marque un cruseur dans

son parcours, car il démontre son envie de sortir à nouveau des projets musicaux

en tant que M.C. ou plutôt Manieur de Crayon. Enfin, dans les prochaines

semaines, Lacro présentera l’album Reset. Il sera essentiellement composé de

morceaux extraits de la série des EPs ainsi que de quelques morceaux inédits.

N’hésitez pas à suivre ses actualités sur sa page Facebook pour en savoir plus !

Lacro

LANDING IS DONE : LE PREMIER EP DE VANMAHNER

Le co-fondateur de l’association 1518, producteur et musicien strasbourgeois,

VanMahner s’est fait connaitre il y a 2 ans grâce à ses remix des titres Ameno

d’Era et Mein Herz Brennt de Rammstein. Après avoir sorti quelques singles, fait

quelques apparitions sur les scènes locales, il a présenté le 22 mai son premier

EP Landing is Done. Composé de 6 titres, cet EP s’incarne à travers une forme

sombre qui arrive sur terre. La légende raconterait même qu’elle aurait parcouru

un long voyage au travers d’univers parallèles avant de se réfugier dans la Cathédrale

Notre Dame de Strasbourg. Est-ce une menace, une bénédiction ? En tout

cas, c’est un beau clin d’oeil à notre chère capitale alsacienne ! Landing is Done est disponible sur sur

Bandcamp et Beatport. Il sera sur toutes les autres plateformes à partir du 4 juin.

VanMahner

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17


LA ZONE : LA PREMIÈRE MIXTAPE DU JEUNE RAPPEUR STRASBOURGEOIS EHM

Voilà un peu plus d’un an que le studio associatif La Ruche à Hautepierre a commencé

à accompagner le jeune rappeur EHM (Ephraim Miguel) et son équipe, ainsi

que d’autres musiciens, avec l’objectif de valoriser et professionnaliser les créations

des artistes de Hautepierre et des quartiers ouest. Une collaboration qui a porté ses

fruits puisque depuis le 22 mai, la première mixtape d’EHM intitulée La Zone est sortie

sur toutes les plateformes ! La Zone est un opus de dix titres dans lesquels le jeune

artiste de seulement 14 ans dribble entre les rimes et le beat. MNG et RND, deux

autres très jeunes rappeurs strasbourgeois, partagent le micro avec lui sur quelques

titres. Le jeune artiste raconte son quotidien dans sa zone à lui, son quartier, qui compte une scène rap

très prolifique : Hautepierre. Avec La Zone, EHM fait souffler un vent de renouveau et incarne la relève d’un

quartier souvent désigné lui aussi… en trois lettres : HTP !

EHM officiel

UN NOUVEL EP À VENIR POUR LE DUO ENCORE

Composé de Clément Chanaud-Ferrenq et Maria Laurent, le duo Encore présentera

le 12 juin un nouvel EP sur le label Machette Production. Du nom de Autobahn, cet

opus de 5 titres dévoilera l’univers singulier, pas vraiment rock, pas tout à fait électro,

de ces artisans discrets. Une musique de transe, de danse joyeuse, qui ne s’embarrasse

pas de questions. Pour mettre en haleine leurs fans et tous les curieux, Encore

a dévoilé fin mai un premier titre : Manger Techno. L’EP sera commercialisé en vinyle

Maxi 45T (édition limitée - 300ex) et sera disponible sur toutes les plateformes digitales.

Encore

EXPRESS

#

La

#

foire Saint-Jean aura bien lieu ! Rendez-vous du 2 au 19 juillet pour la 607 e édition de la foire

Saint-Jean, qui se tiendra cette année du côté de la rue Fritz-Kieffer, au Wacken.

ete.strasbourg.eu

En ces temps aux ambiances de fin du monde propices à toutes les bizarreries, Tristan and the

strange words a présenté sa seconde oeuvre, Their Satanic majesty requires everybody but Anton.

Entre Jefferson Airplane, Love, 13th floors elevators, Blondie ou Broadcast, les influences se sont

mélangées pour créer un feu de joie au mysticisme païen, un disque de rock désespéré, accidentel

et imprévu, entièrement fait maison !

Tristan and the strange words

ON EN COZE

18 COZE.FR • #COZEMAG


#

#

#

#

#

Durant le confinement, Jazzdor a proposé différents contenus sur sa page Facebook et sur son site

internet. Notamment, des vidéos des grands concerts accueillis sur les éditions passées du festival

Jazzdor Strasbourg. Deux épisodes ont ainsi été dévoilés aux internautes : Le Megaoctet d’Andy

Emler & Les Percussions de Strasbourg et Lee Konitz & Dan Tepfer, captés respectivement en 2012

et 2010.

jazzdor.com

À l’image d’autres projets fleurissants en France, des séances de cinéma en drive-in pourraient bientôt

voir le jour dans plusieurs quartiers de Strasbourg et à Dorlisheim sous l’impulsion du responsable

des cinémas Vox de Strasbourg et du Trèfle à Dorlisheim ainsi que du directeur de L’Odyssée.

Alors que les salles obscures restent fermées jusqu’au 22 juin au moins, les projections, gratuites,

pourraient avoir lieu à partir de la mi-juin ! Plus d’informations prochainement…

cine-vox.com - cinemadutrefle.com - cinemaodyssee.com

La 21 e édition des Ateliers Ouverts organisés par Accélérateur de Particules, qui devait initialement

se tenir les 16-17 et 23-24 mai en Alsace et à Bâle a été reportée aux 3-4 et 10-11 octobre. Pour

préserver cette édition particulière, Accélérateur de Particules a imaginé des nouveaux formats et

présentera sur le site et la page Facebook des Ateliers Ouverts des portraits vidéos et parcours choisis.

Enfin, il sera également possible de créer son itinéraire en ligne, afin de préparer au mieux sa

venue sur l’événement à l’automne.

ateliers-ouverts.net

L’Orchestre philharmonique de Strasbourg a lui aussi présenté fin mai sa programmation pour la

saison 2020/2021. Le fruit d’un travail de deux ans, finalisée avant la crise sanitaire et donc susceptible

d’être modifiée compte tenu des incertitudes actuelles. Néanmoins, cette nouvelle saison offre

une programmation extrêmement variée, autour de grands chefs et de talentueux solistes allant du

répertoire classique de Mozart aux fulgurances contemporaines de la compositrice sud-coréenne

Unsuk Chin, en passant par la suite du cycle Mahler, mais aussi par des pages de Saint-Saëns ou

encore de Stravinski. À découvrir sur le site de l’OPS et sur la brochure en ligne !

philharmonique.strasbourg.eu

Avec la crise sanitaire, toutes les structures culturelles et lieux de vie ont dû stopper leurs activités

au mois de mars. Certaines se sont mobilisées pour offrir aux internautes des contenus variés,

d’autres ont pu réouvrir depuis le début du déconfinement. Néanmoins, les festivals du printemps

et de l’été ont été reportés à l’année suivante ou annulés et les salles de concerts et spectacles,

quant à eux, restent dans le flou, espérant pouvoir recevoir du public dès la rentrée 2020. Dans ce

contexte, huit structures culturelles strasbourgeoises - l’Espace Django, La Laiterie/L’Ososphère, le

Maillon, le TJP, le Théâtre National de Strasbourg, Jazzdor, le festival Musica et Pôle Sud - se sont

mobilisées autour d’une tribune pour faire entendre leurs voix auprès du public strasbourgeois.

#

La

10 e édition du festival Central Vapeur a été entièrement annulé en raison de l’épidémie. Néanmoins,

une partie de la programmation sera visible au fur et à mesure du déconfinement. Plus

d’informations très prochainement…

centralvapeur.org

ON EN COZE

COZE.FR • #COZEMAG

19


#

#

#

On

#

Avec la situation actuelle, tous les événements dans le cadre du festival Contre Temps ont été annulés.

Néanmoins, il reste encore un peu d’espoir pour les traditionnelles et incontournables Pelouses

Sonores du Jardin des Deux-Rives à Strasbourg. Une option, qui n’est pas encore garantie, a été

posée sur la date du 13 septembre. Espérons que cette journée festive puisse se tenir, et cela dans

des conditions acceptables !

contre-temps.net

Le Parc Naturel Régional des Vosges du Nord et l’association Au Grès du Jazz ont annoncé avec

regret le report de la 18 e édition du festival qui devait se tenir du 8 au 16 août à août 2021. Une

triste nouvelle, qui s’est accompagnée d’une autre, plus encourageante : au courant de l’année à

venir, les organisateurs du festival de jazz de la Petite Pierre proposeront, dès que les conditions

sanitaires seront réunies, des événements «jazzy». On a hâte d’en savoir un peu plus !

festival-augresdujazz.com

vous parlait en août dernier de la sortie d’Introspection, le premier album de Billy Mays Band.

Et bien le 11 juin, il sortira une édition limitée en version K7 de cet album classé dans le top 10 des

albums Retrowave de 2019 par le média New Retro Wave !

Billy Mays Band

Comme tous les festivals d’envergure prévus cet été, le Summer Vibration Festival organisé par

l’association Zone51 ne pourra pas se tenir cette année. Malgré tout, toute l’équipe s’est mobilisée

durant plusieurs semaines afin de reporter cette édition en 2021, en maintenant l’intégralité de

la programmation. Aujourd’hui le Summer Vibration Festival est le 1 er festival a avoir réussi ce défi

de taille !

summervibration.com

#

L’annonce

#

La

#

est tombée il y a quelques jours ! L’édition 2020 du festival mulhousien Scènes de rue

initialement prévue du 16 au 19 juillet est reprogrammée en octobre ! Plus d’informations dans

les prochaines semaines…

scenesderue.fr

e

9 édition du Salon de l’Illustration et du Livre Jeunesse, Schilick on Carnet se tiendra du 13 au

15 novembre à la Briqueterie ! Une belle nouvelle pour les amateurs de lecture et d’illustration

schilickois et d’ailleurs !

schilickoncarnet.fr

Après la sortie de son EP Jungle en avril dernier, Wolves a présenté ce 20 mai, son nouvel EP

Brukadelik en featuring avec Tribuman. Toujours à la recherche de nouvelles inspirations, l’artiste

strasbourgeois a souhaité faire un clin d’œil à la scène musicale BrokenBeat, qui l’a beaucoup

influencé pour ce titre.

Wolves

ON EN COZE

20 COZE.FR • #COZEMAG


COZE #89

L’ARTISTE

ELLE TIRE LA COUV’

« J’AIME LAISSER

LES CHOSES VENIR

TOUTES SEULES

ME PERTURBER,

M’INTRIGUER ET

M’INTÉRESSER. »

22

L’ARTISTE

COZE.FR • #COZEMAG


GËNA DAVID

DU ROULEAU AU PINCEAU

À L’OCCASION DE NOTRE NUMÉRO DE JUIN, NOUS AVONS INVITÉ UNE ARTISTE SINGULIÈRE A ILLUSTRER

NOTRE MAGAZINE : GËNA DAVID. ILLUSTRATRICE, PLASTICIENNE ET TATOUEUSE À SES HEURES PERDUES,

LA JEUNE FEMME PASSE LE PLUS CLAIR DE SON TEMPS DERRIÈRE LES FOURNEAUX À CONCOCTER DE

DÉLICIEUSES PÂTISSERIES. UN MÉTIER QUI LUI A PERMIS DE DÉVELOPPER SES PAPILLES, CERTES, MAIS AUSSI

SA CRÉATIVITÉ ! AU FIL DU TEMPS, SA PRATIQUE ARTISTIQUE A BEAUCOUP ÉVOLUÉ, PASSANT DE LA MUSIQUE

AU DESSIN, JUSQU’AUX COLLAGES - MÉDIUM DANS LEQUEL ELLE EXCELLE AVEC SON COMPAGNON SOUS

LE PSEUDONYME HANS JUNG -, SANS OUBLIER L’ART DU TATOUAGE QUI LUI PERMET DE FAIRE VALOIR SON

STYLE. INSPIRÉE PAR TOUT CE QUI L’ENTOURE, GËNA NE MANQUE PAS D’INTÉGRER À SES OEUVRES DES

THÈMES QUI LUI SONT CHERS, COMME LE CORPS HUMAIN, L’ESPACE ET LA BOTANIQUE, À L’IMAGE DE LA

COUVERTURE QU’ELLE NOUS A PROPOSÉE.

Coze : Bonjour Gëna, pourrais-tu te présenter à nos

lecteurs en quelques mots ?

Pour me présenter, je devrais sans doute commencer

par ma passion pour le sucré. Je suis pâtissière depuis

6 fières années. À travers ce métier incroyablement

créatif j’ai pu développer non seulement mes papilles,

mais également intégrer mon sens artistique qui

m’accompagne depuis toujours. Je suis née à Berlin,

où j’ai passé la plus grande partie de ma vie. Mais j’ai

aussi passé une partie de mon enfance en campagne

charentaise, à Angoulême. Je dessine depuis que j’ai

appris à tenir un crayon (peut-être même avant, d’ailleurs).

Je me suis très vite tournée vers la musique

(piano, guitare et chant) et vers la photographie. À

plusieurs reprises, j’ai essayé de commencer des

études dans le domaine de l’art et de l’agriculture mais

le mode de vie d’étudiant ne me correspondait pas.

Après quelques mois, je retournais dans le monde de

la gastronomie, sans pour autant laisser mes pinceaux

aux oubliettes. Au contraire d’ailleurs, je me sens bien

plus inspirée et créative quand j’ai d’autres priorités. Un

jour, j’ai eu le droit de tatouer un ami avec sa machine.

Sa confiance m’a permis de découvrir un nouvel outil

que j’utilise aujourd’hui et qui me permets de faire

valoir mon style. Mon arrivée à Strasbourg en janvier

2019 a été un merveilleux hasard qui m’a amené à rencontrer

Simon Jung (l’artiste qui a illustré la couverture

de Coze en mars 2019). Nos crayons, créations, instruments,

projets, colles, ciseaux, assiettes et draps se

sont entremêlés pour créer à l’infini et l’au-delà. Notre

« flow » artistique s’est tellement fusionné que nous

avons même décidé de créer un artiste commun : Hans

TEST

DU TAC

AU TAC

TON FILM PRÉFÉRÉ :

The big Lebowsky de Joel et Ethan Coen

UNE MUSIQUE QUI TE RESSEMBLE :

Beth Hart - I’ll take care of you

TON SPOT PRÉFÉRÉ EN ALSACE :

Bistrot et chocolat, à côté de la cathédrale, pour une bonne fondue au chocolat !

SI TU POUVAIS CRIER UN TRUC DEPUIS TA FENÊTRE LÀ TOUT DE SUITE :

Snatch !

L’ARTISTE

COZE.FR • #COZEMAG

23


Jung, qui signe tous mes collages. On a créé jour et

nuit des fanzines, des cartes postales, des collages 3D,

des cocottes en papier, des haïku… Je suis retournée à

Berlin depuis. Je travaille toujours en cuisine et j’ai un

chouette projet qui pousse dans mon ventre !

Coze : Quel a été ton premier rapport avec le

milieu artistique ?

Mon premier rapport était le dessin, depuis toujours.

Mais j’ai commencé le piano à l’âge de 5 ans, puis

intégré le conservatoire d’Angoulême à l’âge de 11

ans. Je joue et chante quotidiennement. J’ai même un

super micro depuis quelques temps, qui m’intimide

un peu mais qui me permet de faire quelques enregistrements.

Coze : Quels sont les artistes/personnes qui t’ont

incitée à te diriger dans cette voie ?

Mes parents sont eux-mêmes des artistes cachés. Ils

m’ont dirigé et soutenu dans cette voie. J’ai été influencée

par de nombreuses choses, personnes et endroits,

mais je crois que je m’inspire surtout inconsciemment

de tout et de n’importe quoi. Il y a néanmoins un artiste

que j’idolâtre : Egon Schiele !

Coze : As-tu suivi une formation particulière liée

à l’art ?

J’ai essayé à plusieurs reprises. Graphisme et design

au Lette-Verein de Berlin, à l’UDK et aux Beaux-Arts

de Berlin, mais je suis toujours très vite retournée en

cuisine pour travailler. Le style de vie étudiante ne me

correspondait pas.

Coze : Quelle ont été les étapes de ton cheminement

artistique ?

Je ne sais pas si je peux énumérer des étapes, mais

j’ai toujours aimé mettre les pattes dans un nouveau

domaine où évoluer. J’aime laisser les choses venir

toutes seules me perturber, m’intriguer et m’intéresser.

Le tatouage a été un super outil pour faire valoir mes

créations.

L’ARTISTE

24 COZE.FR • #COZEMAG


Coze : Aujourd’hui, comment définirais-tu ton

travail ?

Tout simplement : impulsif et décoratif !

Coze : Quelles sont les techniques et supports que

tu utilises ?

Pour les collages, principalement des vieux livres, de

l’aquarelle et du papier. Il y a toujours dans mon sac de

quoi gribouiller des idées, que je reprends (éventuellement)

plus tard. J’utilises aussi des vraies fleurs fraiches

ou séchées dans mes créations collage ainsi qu’à l’assiette.

J’essaye d’utiliser des supports qui m’entourent

tous les jours : des emballages, des magazines etc.

Coze : Ont-ils évolué avec le temps ?

Le collage s’est positionné au premier rang depuis

l’année dernière. Mais le moyen technique que j’utilises

le plus est le dessin. Le corps humain ainsi que la

botanique me fascinent, et j’aime allier les deux dans

mes illustrations.

L’ARTISTE

COZE.FR • #COZEMAG

25


Coze : Quelles sont les réalisations et oeuvres dont

tu es la plus fière ?

Les réalisations dont je suis le plus fière ne sont jamais

celles que j’affectionne le plus. La fierté me vient surtout

quand je termine quelque chose, car ça, c’est un

de mes plus gros défauts. Je ne termine jamais rien.

Alors quand je termine un projet (par exemple mon

calendrier 2020, ou des tatouages) je suis sacrément

fière d’avoir fait quelque chose jusqu’au bout. Les

créations que j’affectionne le plus, sont souvent reliées

« JE ME SENS BIEN

PLUS INSPIRÉE ET

CRÉATIVE QUAND

J’AI D’AUTRES

PRIORITÉS.»


N

à des émotions ou des souvenirs. Ce qui me rend le

plus fière, c’est sans doute mes plants de kiwis (d’un

fruit que j’ai mangé) qui ont traversés la France et l’Allemagne

à contre sens avec moi.

Coze : Quelles sont tes actualités à venir ?

Mon projet ventre (prévu pour novembre), ma maîtrise

de la pâtisserie et la création d’un centre culturel au Sénégal,

ainsi que d’un festival inter-culturel mélangeant

la culture Berlinoise et sénégalaise.

Coze : Pour finir, as-tu un petit mot pour nos lecteurs

?

Vaut mieux aimer se dire que l’on s’aime sans se le dire,

que de dire qu’on s’aime sans aimer se le dire.

LA COUV’ VUE PAR L’ARTISTE

« L’illustration que j’ai choisie pour la couverture

du Coze Magazine du mois de juin 2020, c’est

pour moi un retour en arrière assez émotionnel

vers ce que je peux appeler « l’hiver dernier à

Strasbourg ». J’y ai vécu plusieurs mois et j’y ai

réalisé de nombreux collages. On a utilisé avec

mon compagnon au moins 12m3 de colle en

deux mois. Les motifs principaux ont toujours

tourné autour de planètes et de fleurs. J’ai voulu

reprendre ce thème et ces motifs pour illustrer ce

que je me rappelle de Strasbourg et comment je

ressens Strasbourg. J’espère que ça vous plait ! »

EN SAVOIR +

PUNSELPUNI.BLOGSPOT.COM

GENADAVIDURA

L’ARTISTE

COZE.FR • #COZEMAG

27


COZE #89

DANS TON CASQUE

SES 10 TITRES DU MOMENT

CHEU-B > Encore une malette

OBOY > Léwés

DA UZI > Laisse tomber

LAYLOW > Dehors dans la night

SCH > La nuit

YL > Larlar 3

SCH > Paye

TIMAL > Tu me connais

SCH > Interlude

PINS & DIMEH > Mania

BONUS : LE SON QUI T’A POUSSÉ À TE LANCER DANS LE RAP

SCH > Gomorra

DANS TON CASQUE

28 COZE.FR • #COZEMAG


WERCO

LA RÉVÉLATION RAP

STRASBOURGEOISE

STYLE MUSICAL : RAP FRANÇAIS

Il y a un an sortait Hermanito, le premier projet

du jeune rappeur strasbourgeois Werco.

Quelques mois plus tard sortait le clip du titre

Mauvais qui concrétisait alors par le texte et

les chiffres son ambition. Le titre cumule aujourd’hui

plus de 250 000 vues sur YouTube et

210 000 streams sur Spotify. Le jeune artiste se

fait alors rapidement une place dans le paysage

musical urbain de la région. C’est donc logiquement

que nous avons souhaité lui faire honneur

en lui dédiant la rubrique Dans ton Casque de

notre numéro de juin. Après avoir sorti d’autres

singles tantôt profonds et tantôt festifs, mais

toujours techniques et entrainants comme le

titre Benz, Werco est contacté par l’équipe de

Larry, l’un des rookies de l’année 2020 du rap

français. Celui-ci l’invite à le rejoindre pour une

émission Planète Rap sur Skyrock, qui lui est

consacrée. Werco impressionne en y performant

un nouveau titre, Corrida. Ce dernier sortira en

clip quelques semaines plus tard. L’on peut-y

voir le jeune rappeur reprendre les codes du rap,

avec une pointe de dérision, comme pour défier

une nouvelle fois la concurrence. En février,

Werco assure la première partie de Larry à La Laiterie

de Strasbourg. Le public, au rendez-vous,

lui a accordé un bel accueil. Le jeune rappeur

ambitieux n’est pas prêt de s’arrêter là. Entre

autres, il retournera sur la scène de La Laiterie

le 10 novembre prochain, pour le concert du

label ICONIC, maître d’œuvre d’une mixtape rap

100% strasbourgeoise.

TWITTER.COM/WERCOJAGO

WERCOJAGO


COZE #89

LA CULTURE FACE À LA CRISE #3

REPORTAGE

© MAUSA Vauban/Clémentine Lemaitre

ÉTAT DES LIEUX DES

SITUATIONS TRAVERSÉES PAR

LES DIFFÉRENTS ESPACES

CULTURELS

ALORS QUE LE SECTEUR CULTUREL, COMME BEAUCOUP D’AUTRES, EST DUREMENT TOUCHÉ

PAR CETTE CRISE SANITAIRE SANS PRÉCÉDENT, NOUS AVONS SOUHAITÉ INTERROGER

QUELQUES ACTEURS LOCAUX SUR LEUR VISION FACE À CETTE SITUATION INÉDITE.

Après notre second volet dédié aux festivals et aux prestataires techniques, nous nous

sommes intéressés aux lieux qui ont pu réouvrir après le confinement, à ceux qui ne le

peuvent pas encore, mais qui reprennent leur activité et enfin à ceux qui sont désormais

en réelle difficulté. Pour ce troisième sujet, Stanislas Belhomme, Cofondateur du MAUSA

Vauban ; Delphine Courtay, Galeriste ; Elsa Simon, Responsable Communication et des

Publics du Musée du Jouet de Colmar ; Pierre Chaput, Directeur de l’Espace Django ;

Pierre Jean Ibba, Directeur de l’ED&N ; Sabine Ischia, Directrice du Vaisseau ; Adeline Beck,

Administratrice du Château du Musée Vodou et enfin Mathieu Bernhardt, Responsable

communication/événementiel du Pixel Museum ont accepté de répondre à quelques

questions pour Coze Magazine.

30

LA CULTURE FACE À LA CRISE

COZE.FR • #COZEMAG

MAUSA Vauban (« Le petit Thor » par Seth)


COMMENT LES LIEUX

QUI PEUVENT RÉOUVRIR,

S’ADAPTENT ?

Coze : Depuis le lundi 11 mai, date du déconfinement,

vous pouvez réouvrir vos portes. Comment

avez-vous anticipé cela ?

Stanislas Belhomme : Depuis le début de la

crise sanitaire, nous étions en contact avec nos

confrères de la région (lieux culturels et sites touristiques)

pour anticiper le futur déconfinement,

en échangeant sur les mesures qu’il y aurait à

prendre. Dès que nous avons eu connaissance

des mesures préfectorales imposées, nous nous

sommes organisés pour pouvoir les appliquer à

la lettre, tout en imaginant des solutions pour

que ce ne soit pas contraignant pour le plaisir

de visiter. Par chance, au MAUSA Vauban, nous

avons une configuration (1.500m2 et 17 salles

de 70m2 chacune) qui nous permet d’appliquer

facilement toutes ces mesures sanitaires, sans

que ce soit un poids pour les visiteurs. Les spécificités

de notre musée vivant sont toujours là !

Delphine Courtay : La galerie lance l’exposition

Blowin’ in the wind ! Mais pour en arriver là, laissez-moi

raconter le cheminement dans ce passé

qui n’a que deux mois : le choc du confinement !

Ceci s’est passé la veille du finissage — qui n’a

pas eu lieu — de l’exposition How we love. J’ai du

annuler une rencontre avec Bernard Tullen à la

galerie, et une autre avec Laurent Impeduglia à

la Fondation Fernet-Branca. J’ai décidé de vivre

au jour le jour, de développer mon activité à dis-

© Musée du Jouet

Musée du Jouet


tance pour tenir bon et pour soutenir les artistes

durant cet arrêt, que j’espérais temporaire. Très

vite, j’ai entrevu comme les comportements

allaient changer. Maintenant, je vois comme la

reprise sociale va être longue. Elle est pourtant

primordiale pour la santé de tous, et en particulier

celle d’une entreprise telle qu’une galerie.

Rien ne remplace la relation directe — visuelle,

physique — à l’oeuvre et celle, charnelle, des

échanges avec l’artiste et les galeristes. Nous,

galeristes, avons eu de la chance de pouvoir

réouvrir dès le 11 mai. Alors voici Blowin’ in the

wind, une exposition portée par une nouvelle

dynamique ! En fait, dès le début mars, cette

exposition de groupe d’artistes internationaux

était quasiment prête. Les artistes venaient

tout juste de m’envoyer leurs œuvres depuis

les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne

et la France. J’ai eu beaucoup de chance de les

réceptionner à temps. C’est alors que pour me

donner du baume au cœur, j’ai décidé mi-avril

de faire le grand ménage de printemps des

locaux et de la jolie cour bucolique où se niche la

galerie sous la vigne centenaire. Puis, le gouvernement

a d’abord annoncé la réouverture des

musées à la mi-juillet, Alors, j’ai imaginé une

réouverture en grand de la galerie en même

temps, en signe de soutien pour le monde de

la Culture. À cause des contraintes, j’avais également

imaginé un scénario de visites privées...

Elsa Simon : Le Musée du Jouet n’a rouvert ses

portes qu’à partir du lundi 18 mai afin de laisser

le temps à notre équipe de préparer sereinement

la reprise. En prenant l’attache avec la Ville

de Colmar et les deux autres « petits musées »

de Colmar à savoir le Musée d’Histoire naturelle

et d’Ethnographie et le Musée Bartholdi,

nous avons calé un calendrier de réouverture

commun afin de se coordonner et faciliter la

communication.

LA CULTURE FACE À LA CRISE

32 COZE.FR • #COZEMAG

Coze : Quelles sont les mesures que vous avez

mises en place pour votre réouverture ?

Stanislas Belhomme : Nous nous sommes

conformés aux directives préfectorales et les

appliquons à la lettre. Comme je le soulignais,

l’ergonomie du musée nous permet facilement

de faire respecter les « règles de distanciation »,

par exemple. On peut profiter pleinement du

lieu à bonne distance les uns des autres. Pour

le reste, un panneau d’information en plusieurs

langues se trouve à l’entrée du musée

et nous redonnons oralement les consignes à

chaque visiteur de passage à la billetterie, où

du gel hydroalcoolique est mis à disposition.

Le masque n’est pas obligatoire. Notre système

informatique nous permet de savoir « à l’instant

T » le nombre de visiteurs présents et de le réguler,

le cas échéant. Nous avons temporairement

fermé les sanitaires. Les visites guidées et les

ateliers n’ont pas lieu, jusqu’à nouvel ordre. En

revanche, nous avons installé un « mur d’initiation

» au graffiti en extérieur (nous fournissons

bombes et conseils) qui permet de s’essayer au

spray dehors, en respectant toutes les règles

demandées. Grand succès, puisqu’il a été entièrement

recouvert le premier week-end de réouverture

! Il sera « toyé » par d’autres visiteurs dès

cette semaine (sourire).

Delphine Courtay : Premièrement, j’ai convoqué

le soleil ! L’accrochage de la nouvelle exposition

Blowin’ in the wind profite du retour des beaux

jours ! Deuxièmement, j’ai décidé de m’en

tenir jusqu’au 5 juillet au scénario des visites sur

rendez-vous pour éviter pour l’instant tout rassemblement

public malencontreux. Troisièmement,

la qualité ! J’ai sélectionné des oeuvres

originales sur papier, des petits formats, des

multiples de cinq artistes Alan Fears (GB), Ivan

Messac (F), Kerry Smith (USA), Kai Schäfer (D) et

Markus Willeke (D). Autant de talents de la scène

actuelle à suivre dans leur figuration narrative,

libre, sinon dans un esprit pop. Les mélomanes

rock-pop y trouveront leur bonheur (je n’en dis


pas plus) ainsi que les jeunes collectionneurs

qui pourront se faire plaisir en trouvant une

œuvre dans une gamme de prix accessible.

Pour le moment donc, l’exposition n’est visible

que sur rendez-vous. Je demande que l’on me

contacte pour me limiter aux trois personnes

qui me sont autorisées — ce qui, par une sacrée

synchronicité, correspond aux seules paires de

gants blancs dont je dispose pour manipuler

les œuvres (sourire) ! Ce nouveau protocole

aura la vertu d’imaginer des rencontres autrement,

privilégiant une qualité d’échange. Je

sais que je peux compter sur le bon sens de

chacun pour respecter les consignes sanitaires.

Dès le 9 juillet, j’ouvrirai progressivement la

galerie au grand public, avec le retour de mes

permanences pour assurer le rayonnement de

cette exposition importante. J’espère pouvoir

organiser un temps de réception sur plusieurs

jours. Seule limite à l’imagination : la venue

des artistes me semblent compromise à cet

événement. Je crains qu’il ne faille attendre

septembre pour retrouver le rite des vernissages,

mais avec en plus la chaleur des rapports

humains que nous avons appris de la crise.

Elsa Simon : Nous avons réfléchi à proposer un

dispositif qui assure la sécurité de nos visiteurs

et des salariés tout en essayant de ne pas trop

dénaturer l’expérience de visite. Il a fallu enlever

tous les jeux et consoles mis à disposition

afin de réduire au maximum les risques de

contamination. Nous avons mis en place un

sens de circulation pour éviter que les flux ne

se croisent et limité l’accès au musée à 10 personnes

par espace soit environ 50 personnes

en simultané dans la structure. Du gel hydroalcoolique

est disponible à l’entrée et au niveau

de la boutique et le port du masque est fortement

recommandé pour tous les visiteurs. Nos

agents désinfectent régulièrement les zones

de contact : comptoirs, rampes d’escalier,

ascenseur, poignées, toilettes, table à langer,

boutons poussoirs trains et animations. Nous

proposons toujours l’animation théâtre de

Delphine Courtay , Galeriste

marionnettes dans le respect des mesures de

distanciation physique grâce à des pastilles de

marquage au sol et le livret enfants sur l’exposition

temporaire Histoire d’Avions est toujours

donné gratuitement à l’accueil.

Coze : Quelle a été la réaction du public suite à

cette réouverture ? A-t-il répondu présent ?

Stanislas Belhomme : Nous avons réouvert le samedi

16 mai et nous avons été très agréablement

satisfaits. Avec un « premier week-end de déconfinement

» et surtout une météo digne d’un bel

été, on s’attendait naturellement à ce que les

gens, confinés depuis deux mois, en profitent

surtout pour se faire des barbecues « à rallonge »

entre amis, ou aillent flâner dans la nature. Mais

le public a été au rendez-vous ! Certes, on était

loin de la fréquentation habituelle (à peu près

30% par rapport à la normale), mais une fréquentation

continue est revenue. Ce qui nous a aussi

permis de prendre tranquillement la mesure des

nouvelles règles et de les améliorer ou de les corriger,

selon les cas. Mais le bilan est très motivant :

50% de nouveaux visiteurs et 50% d’habitués,

LA CULTURE FACE A LA CRISE

COZE.FR • #COZEMAG

33


toujours des familles (nous sommes vraiment

un musée familial !), 15% de visiteurs allemands

(qui représentent 40% de notre fréquentation

annuelle et qui, eux, peuvent passer la

frontière actuellement) et toujours 100% de

conquis et de satisfaits ! Quelle joie de retrouver

les visiteurs souriants et d’entendre durant

tout le week-end des « ah, enfin, notre première

sortie c’est pour la Culture » et des « quel plaisir

de pouvoir sortir pour voir des oeuvres en vrai »,

etc. C’est rassurant de constater que « l’appétit

culturel » est toujours là !

Delphine Courtay : Je suis surtout en contact

avec ma communauté d’amateurs d’art. Les

collectionneurs sont ravis de pouvoir revenir,

et de se livrer aux dernières acquisitions de

l’« après » ! J’ai aussi le plaisir d’être contactée

par un nouveau public qui découvre les rendezvous

grâce à ma communication par le canal

des newsletters, de la presse et des réseaux

sociaux. L’agenda commence à se remplir.

Elsa Simon : Le lundi 18 mai, jour de la réouverture,

nous avons accueilli 4 personnes. Le

34

Elsa Simon, Responsable Communication du Musée du Jouet de Colmar

LA CULTURE FACE À LA CRISE

COZE.FR • #COZEMAG

musée étant ouvert que les après-midis jusqu’à

début juin, c’est encourageant pour un premier

jour !

Coze : Quelle est votre analyse par rapport à la

suite ? Comment appréhendez-vous le futur ?

Stanislas Belhomme : Il faut attendre un peu

pour se faire une idée, mais très franchement,

en plus de nous redonner du baume au cœur,

ce premier week-end de réouverture a été plus

que motivant et rassurant pour la suite... Même

si nous ne rattraperons pas les importantes

annulations de groupes et de scolaires (plus de

1 500 enfants, dont les visites ont été annulées

à cause de la crise sanitaires) et la fermeture

pendant les vacances de Pâques (20% de notre

fréquentation annuelle) qui ont été économiquement

catastrophiques, nous sommes plutôt

confiants en l’avenir. Il faut surtout que les frontières

avec l’Allemagne et la Suisse réouvrent

rapidement (40% de nos visiteurs) et surtout

que les institutionnels et politiques d’Alsace

fassent un énorme effort en terme de communication

car, au vu du nombre de retours que

nous avons eus, l’image de l’Alsace a été et est

toujours « très abimée » par la terrible crise sanitaire

qu’elle a connue. Les médias nationaux

et certaines communications locales lui ont un

peu trop donnée une image de « pestiférée »

et ça ne donne pas très envie d’y revenir. Il faut

vite redonner à notre belle région les ors qu’elle

mérite. Alors, à défaut d’avoir aidé les acteurs

culturels de la région, grands oubliés de la crise,

les pouvoirs publics alsaciens devraient rapidement

mettre en place une forte campagne de

communication, et bien au delà de son territoire

pour anticiper notamment la fin des « 100km

autorisés ». Sinon, dans tous les secteurs de

la Culture, du Tourisme, du commerce et de la

restauration, l’été qui arrive à grands pas sera

malheureusement complètement fichu !

Delphine Courtay : J’ai toujours oeuvré à forger

la meilleure version de moi-même. Il y


a juste un an, j’ouvrais mon espace forte des

valeurs qui fondent mon métier — originalité,

qualité, accueil, accompagnement de l’artiste

comme de l’amateur — et mes expositions à

venir les exprimeront encore très fortement.

J’espère que les bonnes résolutions acquises

dans notre combat avec la mort perdureront. Il

y a sûrement un nouveau système de valeur à

transmettre à nos enfants. Dans le monde de

l’art, je souhaite l’apaisement pour tous afin

que chacun puisse travailler à son rythme.

Libérons-nous vraiment de la course effrénée

à la production d’oeuvres, de cette frénésie de

démonstration et de compétition sans limite

dans la vie comme sur les réseaux sociaux. L’espoir

de ne jamais oublier l’opportunité que

nous avons eu, lors du confinement, de ralentir

pour mieux réfléchir. L’espoir de voir se dessiner

un monde fondé sur des valeurs qualitatives

plutôt que sur d’anciennes logiques de rentabilité.

Quant à moi, je vais continuer à régler

le moment présent sur mon intuition. Je poursuivrai

cette remise en question pour maintenir

mes énergies hautes et cultiver ma joie de

Longevity Festival

Stanislas Belhomme Cofondateur du MAUSA Vauban

© MAUSA Vauban/Clémentine Lemaitre

© Delphine Courtay

faire partager ma passion. Je me réinventerai

comme avant, mais encore plus, pour rester

authentique, intègre. Inventer ma place dans la

vie. Car la vie est belle.

Elsa Simon : Le Musée du Jouet dépend énormément

du tourisme, 70% de nos visiteurs ne

proviennent pas d’Alsace. Pour le moment il

est difficile d’avoir le recul nécessaire et de

pouvoir prévoir l’évolution de la situation. Nous

allons rester attentifs et chercher des solutions

pour nous réinventer et continuer à rendre nos

collections patrimoniales accessibles à tous les

publics. Nos outils de médiation seront progressivement

adaptés. Il faudra être patient et

avancer à petits pas.

Galerie Delphine Courtay

LA CULTURE FACE A LA CRISE

COZE.FR • #COZEMAG

35


CES LIEUX QUI NE PEUVENT PAS

ENCORE RÉOUVRIR, MAIS QUI

REPRENNENT LEUR L’ACTIVITÉ

Coze : À date, vous n’avez pas encore la possibilité

de réouvrir vos portes au public. Comment

vivez-vous cette situation ?

Pierre Chaput : Avec philosophie… Rien ne

remplace la rencontre avec nos publics, l’expérience

qu’ils peuvent vivre en salle, devant les

artistes sur scène, à nos côtés au bar ou dans

le patio. Cette période nous prive de ces moments-là,

irremplaçables, que nous espérons

vite pouvoir retrouver. On trépigne, on attend…

Considérant que la santé de tous demeure naturellement

le bien le plus précieux.

Pierre Jean Ibba : C’est une situation particulière

que nous vivons. Par contre, nous avons

exploité la scène dès le 19 mai, toute la journée

avec 5 groupes de musique pour une captation.

Cela dans le cadre du festival Chipo’Zik. Ce départ

nous a permis d’envisager d’autres concerts

qui seront enregistrés ou en live sur Facebook

dans les jours à venir. Nous avons des procédures

rigoureuses qui font qu’aucun groupe ne

se croise, les régies sont éloignées les unes des

autres. Les plus pessimistes parlent d’un retour

à la normale vers septembre 2021, d’autres

avant. Nous devons attendre l’évolution de la

situation sanitaire. Nous avons aussi d’autres

projets en cours d’études pour pouvoir produire

des concerts. C’est une sensation unique qui

fait que tous les acteurs cogitent et dès que les

feux seront au vert, nous serons prêts quelles

que soient les conditions. La culture est primordiale,

le public est en manque et nous devons

survivre à cette crise. Travaillons.

36

LA CULTURE FACE À LA CRISE

COZE.FR • #COZEMAG

Sabine Ischia : C’est évidemment une situation

inédite pour le Vaisseau. Fermer au public a été

très émouvant et même éprouvant, puisque

c’est notre cœur de métier qui s’est stoppé net.

Mais l’équipe du Vaisseau a de la ressource. En

plus de rester en contact avec notre public, nous

oeuvrons à préparer la venue des visiteurs que

nous envisageons pour fin juillet/début août.

Nous souhaitons leur proposer un espace sûr

(bien sûr), mais aussi qui leur fait découvrir le

Vaisseau autrement en imaginant un nouveaux

contexte d’accueil et de visite.

Sabine Ischia, Directrice du Vaisseau


L’ED&N

Coze : Malgré la fermeture temporaire de votre

espace, avez-vous continué à maintenir le lien

avec votre public ?

Pierre Chaput : Durant ce long dimanche forcé,

il était essentiel de continuer à proposer, à partager,

à vibrer ensemble. Une façon aussi pour

nous d’entretenir la confiance développée avec

notre public depuis notre arrivée ici à Django. Il

y a eu des concerts confinés, des témoignages

d’artistes, des playlists… Il y a eu des jeux, des

mots doux, des souvenirs… Il y a eu des newsletters,

notre Gazette de l’action culturelle ou

encore notre Lettre accompagnement… Toute

une série de formats pour raconter notre projet

et traverser au mieux cette période trouble.

de qualité filmés correspondraient aux attentes

et il semblerait que oui. À suivre, plusieurs idées

sont en cours d’élaboration.

Sabine Ischia : Nous avons initié une opération

« #LeVaisseauChezVous » qui propose sur notre

page Facebook ainsi que sur notre site internet,

tous les jours de la semaine, une nouvelle

activité basée sur la culture scientifique. Et tous

les mercredis à 14h nous faisons un live avec

les animateurs du Vaisseau ainsi qu’un « stay

game » publié tous les vendredis. Il nous était

primordial de garder ce lien. Nous ne souhai-

Pierre Jean Ibba : Toute l’équipe n’a jamais

autant échangé avec notre public, par e-mail,

Messenger et par téléphone. Le public est

incroyable, serein face aux remboursements,

inquiet mais impatient que nous revenions à la

« normale ». Les projets plaisent, les reports ne

subissent pas trop de remboursements. Nous

en avons profité pour demander si des concerts

Loïc Truntzer

LA CULTURE FACE À LA CRISE

COZE.FR • #COZEMAG 37


tions pas disparaître et nous voulions continuer

à assurer notre mission : accompagner les

enfants – et les parents - dans ce moment spécial

en leur proposant des activités à distance de

culture scientifique.

Coze : Vous avez repris votre activité depuis le

début du déconfinement. Sous quelle forme ?

Pierre Chaput : Depuis quelques jours, on aperçoit

un peu de lumière au bout du tunnel. On

commence à se remettre en mouvement, ça fait

du bien ! Le télétravail reste néanmoins de mise.

Les visios se multiplient, avec l’équipe, les partenaires

du Neuhof, les acteurs culturels strasbourgeois,

le réseau musiques actuelles, les collectivités

publiques. On y parle essentiellement

projets, calendriers et protocoles sanitaires. Tout

un programme.

Pierre Jean Ibba : Au début en télétravail, puis

régulièrement sur site. Une salle de spectacle

c’est grand, donc nos réunions étaient organisées

dans de grands espaces. Nous avons des

procédures strictes et nous les appliquons. Le

38

LA CULTURE FACE À LA CRISE

COZE.FR • #COZEMAG

Pierre Jean Ibba, Directeur Miléna de l’ED&N Zorn

télétravail existe depuis longtemps à l’ED&N.

Nous gardons cette solution quand il n’est pas

nécessaire de nous rencontrer. Mais nous adaptons

la salle, les lieux d’accueils, par exemple en

supprimant les canapés et fauteuils en tissus

dans les loges ou des passages simples à sens

unique. Devant chaque porte extérieure et

intérieure la possibilité de se laver les mains,

mise en place de poubelles sans couvercles

manuelles. Nous tenons également un registre

de visite, permettant de savoir qui est venu dans

la salle et dans quelle zone. Les artistes ont de

grands espaces pour se préparer, les techniciens

d’autres. Nous avons donc tout prévu pour l’ouverture

de la billetterie deux jours par semaines

avec un cheminement spécifique permettant

d’accueillir une personne à la fois. Coté scène,

le public ne peut pas accéder à la salle. Nos Installations

scéniques avec régie vidéo, lumière et

son sont espacées. L’équipe travaille selon un

planning et des procédures. Nous fournissons

à l’équipe des équipements personnels multiples

(gants, masques, casques, gel individuel

et lingettes). Nous sommes vigilants et prenons

le temps de nous auto évaluer et rectifier nos

procédures si nécessaire. Ce sont des nouvelles

données dans notre métier, mais je précise toujours

que dans l’organisation d’événements ou

spectacles la rigueur permet de ne rien laisser

au hasard. Nous sommes entourés de techniciens

qui aiment les procédures en tant normal,

là ce n’est qu’une prolongation de mesures


© Bartosch Salmanski

Miléna Zorn

L’Espace Django

d’hygiène. « Restons prudents » est un message

que tous vivent et font respecter. J’aime notre

secteur d’activité pour le sérieux de tous les

intervenants.

Sabine Ischia : La grosse activité ayant repris est

le jardin. Le jardin est un atout important pour

le Vaisseau au moment de la réouverture, il y

a donc lieu de procéder à de nouvelles plantations

et un nouvel aménagement. Nous nous

occupons également de la fourmilière et de

nos abeilles, qui avec l’arrivée des beaux jours,

butinent beaucoup ; ce qui nous amène à devoir

entretenir nos ruches régulièrement. Depuis

le déconfinement, nous avons repris le travail

autour de la structure et nous profitons de ce

temps pour faire les travaux puisque l’ouverture

du Vaisseau étant prévue aux environs de début

août, il ne fermera pas ses portes en septembre

comme initialement prévu.

Coze : Comment allez vous toucher votre public

en attendant une possible réouverture ?

En accord avec la préfecture et la Ville de Strasbourg,

nous menons depuis fin mai déjà plusieurs

initiatives qui étaient prévues avant le

confinement et qui font l’ADN du projet Django,

dans le respect bien sûr des règles sanitaires

nouvellement définies. Il est question de réactiver

le lien aux artistes strasbourgeois, aux publics,

aux habitants et aux partenaires du Neuhof,

si essentiel à nos yeux. La plupart de ces

projets auront lieu en extérieur, je pense en particulier

à notre série de 8 concerts aux fenêtres

en juillet dans plusieurs coins du quartier, avec

les artistes Dirty Deep, Ispolin, La Bergerie et

Schifen. Nous travaillons aussi sur des fresques

participatives, des ateliers artistiques, des

déambulations musicales, des raids urbains,

pour aller toujours davantage au-devant des

gens. En parallèle, nous envisageons de rouvrir

la salle, pour les artistes exclusivement. Huit

résidences sont déjà programmées jusqu’à fin

août, dont la première, celle du Weepers Circus,

qui a eu lieu du 20 au 25 mai dernier. Nous pro-

Loïc Truntzer

LA CULTURE FACE À LA CRISE

COZE.FR • #COZEMAG

39


poserons aussi des concerts captés, c’est-à-dire

filmés et diffusés sur nos réseaux sociaux. Et

nous retrouverons enfin notre rendez-vous dédié

aux artistes – Aparté, avec Victor Sbrovazzo

(Dirty Deep) le 23 juin. L’occasion de l’entendre

sur son parcours, ses influences, son rapport à

la scène, malheureusement interrompu depuis

plusieurs semaines.

Pierre Jean Ibba : Avec l’équipe de l’ED&N, nous

continuons de déployer notre savoir-faire en

organisant des spectacles, ce qui est notre coeur

de métier. C’est pourquoi nous proposons des

concepts inédits qui respectent les gestes barrières

tout en permettant de continuer notre

chemin artistique. Des déambulations en Rosalie

: les artistes mettent du baume au coeur en

escales, chansons françaises joyeuses, festives

et positives. À noter que différents répertoires

sont possibles en fonction de l’artiste choisi ou

la formation. Des concerts en plein air sur scène :

du live en toute sécurité avec TSE et MPS. Des

concerts en Drive-in : une originalité qui garantit

un moment hors du temps, unique et convivial

pour les familles. Des concerts et spectacles

sur les réseaux sociaux avec captation vidéo

professionnelle. Et enfin, des spectacles jeune

public tout terrain : en déambulation, en salle

adaptée et sécurisée, directement dans les

écoles, au cœur des Communes. L’ED&N hors les

murs, c’est La Culture au plus proche de vous et

du public en toute sécurité.

Sabine Ischia : On constate que le concept

lancé au début du confinement nécessite d’être

réinterrogé. Les membres de la communauté

ont certainement été submergés d’activités et

d’activités sur écran. Il nous faut donc imaginer

le rythme, le style et le contenu qui répondront

à leurs besoins. On imagine créer de nouvelles

offres en ligne, que ce soit pour le public familial

mais également à destination des écoles. Le fait

de pouvoir revenir travailler sur site permettra

à notre équipe de médiation de proposer des

offres à partir de nos espaces d’expositions.

Offres qui seront toujours réalisables, soit à

L’ED&N


l’école, soit à domicile. Nous pourrons également

prévoir des offres en interaction avec nos

publics.

Coze : Quelle est votre analyse par rapport à la

suite ? Comment appréhendez-vous le futur ?

Pierre Chaput : Avec optimisme. Il est sans

doute possible de faire de ce moment difficile

plus qu’une opportunité mais bien une chance

pour le secteur culturel dans son ensemble.

Les marges sont infimes. Elles ont toutes trait

à davantage de proximité. Avec les artistes du

coin, émergents, confirmés, souvent très talentueux.

Avec nos publics, des habitants, des voisins.

Avec nos partenaires, nombreux et issus

de secteurs variés. Tout un écosystème local

qui commence à inciter l’ensemble des acteurs

culturels à repenser les liens diffusion/création/

médiation/accompagnement, à se projeter

davantage vers l’extérieur, avec ambition, à

conquérir d’autres scènes, d’autres espaces, qui

n’ont pas pour fonction première la culture mais

où celle-ci a fondamentalement sa place. C’est

peut-être enfin l’heure du post-équipement.

Un art à même la vie, de plain-pied, capable

de s’inviter pleinement dans notre quotidien.

Considérant que les artistes sont partout et tout

le temps les bienvenus. Considérant que la vie a

besoin d’art, aujourd’hui plus que jamais.

Pierre Jean Ibba : Impossible de se projeter

autrement que par de multiples scénarios. Ces

différentes projections donnent différents

résultats financiers. Il y aura une suite, laquelle

? Espérons que nous existerons encore.

Je souhaite que demain le public ait envie de

soutenir nos artistes locaux, dans de beaux

lieux. Je souhaite que les producteurs et salles

voisines échangent plus souvent et que les

artistes de nos secteurs se produisent plus

souvent dans nos lieux. Consommez local ?

Oui ! Devons-nous mettre des quotas ? Pour

cinq têtes d’affiches nationales, un artiste du

cru ? À l’ED&N nous serons à 12 spectacles ou

concerts de groupes locaux contre cinq à ce jour.

Je n’appréhende rien, mais je pense que si nous

ne changeons pas nos habitudes, il sera alors dommage

de ne pas proposer au public du renouveau.

Sabine Ischia : Cette période particulière peut

être un atout pour un centre de culture scientifique

comme le nôtre, dans la mesure où ce côté

sécuritaire peut être expliqué de manière scientifique

et ludique. Évidemment la mise en œuvre

des gestes barrières au Vaisseau peut dans un

premier temps sembler un défi insurmontable.

Et pourtant, nous pensons qu’il faut continuer à

proposer des lieux interactifs, des lieux ludiques et

des lieux de dialogue. À nous d’être créatifs pour

donner confiance et envie aux visiteurs en imaginant

un nouveau voyage pour l’enfant et sa famille

au sein de l’établissement. De plus, le Vaisseau, en

tant qu’établissement du Conseil Départemental

du Bas-Rhin, accompagne les enfants dans leur

développement par l’éveil aux sciences de façon

ludique. Et cette période affirme toute la place primordiale

de la culture scientifique puisque développer

l’esprit critique, la créativité et la confiance

en soi sont sûrement des compétences clés pour

vivre dès aujourd’hui dans notre monde.

Pierre Chaput, Directeur de l’Espace Django

LA CULTURE FACE À LA CRISE

COZE.FR • #COZEMAG

© Bartosch Salmanski

41


LES LIEUX EN

RÉELLE DIFFICULTÉ

Coze : À date, dans quelle situation se trouve

votre musée ?

Adeline Beck : Le Château Vodou a réouvert

ses portes le 26 mai, en proposant une billetterie

en ligne sur des créneaux horaires précis

afin d’éviter les files d’attente et en appliquant

des mesures sanitaires strictes. Nous sommes

un «petit musée», cependant nous avons du

attendre l’autorisation officielle de la préfecture

et de la mairie pour pouvoir ouvrir à nouveau.

Mathieu Bernhardt : Notre musée est toujours

fermé au public. Le 11 mai dernier, le gouvernement

a annoncé la possible réouverture des petits

musées. Mais nous avons eu du mal à avoir

plus d’informations sur la définition exacte de

«petit musée» et les conditions de réouverture.

Le Pixel Museum n’est pas un musée comme les

autres. Même en ré-ouvrant aujourd’hui, tout le

musée ne serait malheureusement pas accessible

au public, notamment la partie ludique

et interactive, à savoir les bornes d’arcades, la

gaming zone, les ordinateurs. Le lieu est aussi

atypique avec beaucoup de petites pièces, donc

avec beaucoup de croisements du public. Nous

sommes actuellement en discussion avec les

autorités compétentes afin de réfléchir à la

suite.

de ses recettes de billetterie, de la petite boutique,

de dons, de mises à dispositions et pour

6% de subventions. En 2019 l’association s’est

autofinancée à hauteur de 90%. Pour 2020 le

musée comptait sur le lancement de la nouvelle

exposition Magie religieuse et Pouvoirs sorciers

pour atteindre l’équilibre en augmentant

encore sa fréquentation (qui a été multipliée

par 4 en 6 ans). L’exposition avait ouvert ses

portes le 11 mars 2020, elle les a refermées le

14 mars. Les frais ont donc été engagés et les

recettes devaient arriver…. Sur un scénario de

reprise en juin et en visant une progression

lente jusqu’en décembre 2020, l’association

s’attend au total à une perte de 70% de ses

© Bartosch Salmanski

42

Coze : Comment la crise sanitaire a-t-elle impacté

votre structure ?

Adeline Beck : La crise du coronavirus met le

musée à rude épreuve, comme nombreux de

nos partenaires du milieu culturel et du tourisme.

Le Château Vodou est le seul musée privé

de la Ville de Strasbourg. L’association à but non

lucratif qui le gère tente de vivre depuis 2014

LA CULTURE FACE À LA CRISE

COZE.FR • #COZEMAG

Mathieu Bernhardt, Responsable communication du Miléna Pixel Museum Zorn


© M. Wittmer

Château Vodou

recettes de billetterie, alors que les charges ne

peuvent être compressées de plus de 88 % (ce

qui est déjà très difficile à envisager). L’association

rencontre donc de grosses difficultés financières.

Un petit prêt a été engagé pour faire face

aux soucis immédiats de trésorerie, mais nous

ne connaissons pas encore nos capacités de

remboursement. À cela s’ajoute bien entendu

la peine de l’équipe devant l’annulation de

tout le programme autour de l’exposition

(conférences, ateliers, visites en familles...) et

pour la première fois de notre jeune histoire,

nous avions traduit l’exposition en allemand

pour nos voisins, or les frontières sont encore

fermées et nous pensons que nous aurons des

difficultés à attirer un public germanophone.

Mathieu Bernhardt : Dès la fin février, nous

avons commencé à ressentir la crise avec de

nombreuses annulations de visites de groupes,

d’anniversaires et également de privatisations.

À partir du 15 mars, ce fût tout simplement un

arrêt total de nos activités et donc une perte

financière directe, à savoir que notre musée

est privé et donc non subventionné. Avec le

confinement, nous avons loupé une très grosse

période d’activité pour notre structure : les

vacances de Pâques.

Coze : Comment avez-vous fait face à cette situation

pendant le confinement ? Et pour la suite ?

Adeline Beck : Afin de mettre en lumière

l’exposition et les objets prêtés ainsi que de

valoriser le travail réalisé par l’équipe de 10 personnes,

nous avons réalisé une visite virtuelle

avec les «moyens du bord» durant la première

semaine de confinement. En une semaine

de montage, nous avons pu mettre en ligne

celle-ci ainsi qu’une version virtuelle du

catalogue de l’exposition. Le confinement au

musée a aussi été synonyme de moments assez

douloureux et complexes. Tout d’abord, nous

avons eu plusieurs malades dans l’équipe et

les guérisons ont été longues. De plus, il a fallu

assez vite faire un bilan et plusieurs scénarios

prévisionnels, tout en restant dans une grande

incertitude. Nous avons contacté les fournisseurs,

les prestataires, décalé des échéances de

Loïc Truntzer

LA CULTURE FACE À LA CRISE

COZE.FR • #COZEMAG

43


payement, tenu au courant l’équipe des avancées

et de l’avenir très incertain du musée. Enfin,

cela a aussi été quelques jours de solitude

totale dans le lieu (enfin, avec les vodou !) pour

des vérifications des collections, des réserves,

des soins du petit jardin du musée et de ses

plantes. Je suis habituée à me balader seule

parmi les fétiches, mais aussi longtemps c’était

très étrange. Pour la suite, sincèrement j’espère

que dans ce cas exceptionnel, nous allons être

soutenus par les institutions et que nos visiteurs

seront au rendez-vous pour que nous puissions

tenir le choc. En dehors du côté survie, notre

nouvelle exposition n’a pas encore pu rencontrer

son public et nous avons hâte de pouvoir ouvrir

nos espaces dans les conditions de sécurité nécessaires

pour qu’enfin celle ci soit parcourue !

Lorsque nous avons conçu celle ci, nous avons

souhaité disséquer la magie entre deux espaces :

le Rhin Supérieur et l’Afrique de l’Ouest afin

d’ouvrir la réflexion sur les notions de tolérance,

de similitude et de différences dans les

croyances et les pratiques magiques. J’ai moi

même appris énormément de choses sur ma région

natale et des pratiques qui existent encore

aujourd’hui. Notre mission est de partager nos

découvertes, nos recherches ainsi que questionner

les échanges culturels, l’art, les croyances.

L’équipe est impatiente de voir les réactions

du public sur cette mise en parallèle que nous

avons réalisée entre deux régions du monde si

différentes.

Mathieu Bernhardt : Dès le début du confinement,

nous avons mis en place sur nos réseaux

sociaux l’opération #Pixelchezvous avec des publications

de photos de notre collection afin de

faire découvrir l’histoire du jeu vidéo et de faire

vivre notre communauté. Nous avons même

poussé le concept avec une note d’humour,

avec l’ouverture d’un MySpace et d’un Skyblog

pour les plus nostalgiques ! Pour la suite, cela

va beaucoup dépendre du soutien que nous

aurons, il y’a malheureusement un risque de

fermeture définitive.

Coze : Êtes-vous soutenus par les institutions,

les assurances et votre public ?

Adeline Beck : Nous avons adressé une demande

de soutien aux institutions et espérons

que celle ci aboutira, il en va de la survie de

notre structure. Notre assurance, pour l’instant,

n’a pas fait le choix de nous soutenir. Le public,

par contre, est très présent. Il était possible de

faire des dons lors de l’achat de la visite virtuelle,

nous avons eu une dizaine de dons de

4 à 10€. C’est sûr que ce n’est pas ce qui nous

sauvera, mais cela fait chaud au cœur dans cette

période que nous savons aussi difficile pour les

particuliers. De plus, les personnes qui ont vu

la visite virtuelle nous ont précisé qu’elles viendraient

revoir l’exposition «en vrai». Nous recevons

régulièrement des mails et des messages

de nos partenaires et proches du musée qui

demandent des nouvelles et souhaitent savoir

quand nous ouvrirons à nouveau. Les vodou

© P. Beck

© M. Modica

44

LA CULTURE FACE À LA CRISE

COZE.FR • #COZEMAG

Adeline Beck , Administratrice du Château Vodou

Château Miléna Vodou Zorn


© Bartosch Salmanski

Le PIixel Museum

sont ravis de savoir qu’ils manquent à beaucoup

de monde !

Mathieu Bernhardt : Nous avons pu bénéficier

des aides de l’État, comme le gel du loyer ou encore

le chômage technique pour les employés

le temps du confinement, mais nous n’avons

pas eu de soutien « autre » de la part des institutions.

Heureusement, notre public reste très

présent notamment via nos réseaux sociaux.

Coze : Quelle est votre analyse par rapport à la

suite ? Comment appréhendez-vous le futur ?

Adeline Beck : Mon analyse varie tous les

jours, en fonction des annonces officielles et

des discussions avec d’autres personnes. Il

est aujourd’hui encore compliqué de savoir

si l’association va survivre à cette pandémie.

Après 6 ans à gérer ce lieu, je ne vous cache

pas que j’ai la boule au ventre quand j’y pense

trop. Mais j’essaye d’aller de l’avant et l’équipe

est plus que motivée à réinventer des manières

de visiter le musée, comme elle le fait depuis

ses débuts. Nous sommes conscients que nous

devrons nous réadapter et continuer à développer

notre créativité, et nous le ferons bien

volontiers. Tant que les curieux continuerons de

rencontrer les vodou et de découvrir leurs multiples

facettes nous serons optimistes quant à

l’avenir. Kokou et Kélessi, nos vodou protecteurs,

n’ont pas de remède miracle contre le

coronavirus, mais ils ont besoin d’être activés

régulièrement par nos nombreux visiteurs !

Mathieu Bernhardt : Le contexte actuel est

inédit et complexe. Il est difficile de savoir comment

notre secteur d’activité et plus globalement

le rythme de vie du public va reprendre. Il

faudra forcement s’adapter et vivre avec certaines

contraintes. Je pense que beaucoup de

petites structures ne se relèveront pas de cette

crise, en tout cas pas sans aide, sans solidarité.

Loïc Truntzer

LA CULTURE FACE À LA CRISE

COZE.FR • #COZEMAG

45


COZE #89

SNEAKERS OF THE MONTH

JUIN 2020 : YEEZY QUI ES-TU ?

YEEZY QUI ES-TU ?

QUE VOUS SOYEZ FAN DE SNEAKERS OU PAS, LE NOM YEEZY DOIT VOUS ÊTRE

FAMILIER. LE SURNOM DE KANYE WEST EST AUJOURD’HUI SURTOUT LE NOM DE

SNEAKERS. OBJET DE TOUTES LES CONVOITISES, LES YEEZY ONT FAIT LEUR PLACE

DANS LE PAYSAGE STREETWEAR MONDIAL. REVENONS SUR SON HISTOIRE, DE SA

CRÉATION À CE QUI EN FAIT AUJOURD’HUI UNE MARQUE SI PARTICULIÈRE.

Kanye à la baguette

Cette histoire trouve sa genèse dans l’imaginaire

débordant d’un homme, artiste controversé,

mais adulé par ses fans : Kanye West.

Ce génie du rap n’a plus rien à prouver dans

la sphère musicale, il est l’un des artistes les

plus talentueux et influent de sa génération.

Businessman accompli, le natif d’Atlanta n’a

jamais caché son goût pour la mode. C’est en

2005 qu’il annonce son intention de lancer

sa propre ligne de vêtement. Baptisé Pastel

clothing, ce projet ne verra finalement jamais

le jour.

46

SNEAKERS OF THE MONTH

COZE.FR • #COZEMAG

Son ascension en tant que designer débute

en 2007, quand ce dernier collabore avec la

marque de streetwear japonaise A Bathing

Ape, aussi appelée plus communément

« Bape ». Sortie en édition limitée, il est à

l’origine d’une sneaker s’inspirant très fortement

de la Nike Air Force One, qui passera

quasiment inaperçue à l’époque. Néanmoins,

ce travail aura le mérite d’attiser la curiosité

de certains cadors de l’industrie dont un certain

Nike.

Avant de mettre son génie créatif au service

d’adidas, c’est bien avec la marque au swoosh


que Kanye appose son nom sur un modèle,

la Air Yeezy. Nous sommes en 2009, et c’est

d’ailleurs la première fois qu’un modèle de la

firme de Portland porte le nom d’un artiste.

2009-2014 : la collaboration

avec Nike

En bons communiquants, vous vous douterez

bien que Nike et Kanye n’auront pas attendu

l’annonce officielle de leur collaboration pour

dévoiler la première Yeezy de l’histoire. C’est

en février 2008, lors des Grammy Awards, que

Ye’ sera aperçu avec le modèle aux pieds, d’où

le nom Air Yeezy I « Grammys », qui lui sera

attribué par la suite.

Pour imaginer ce design, Kanye s’inspire de

plusieurs modèles iconiques de la marque

et de sa filiale Jordan. Nous reconnaitrons la

silhouette de la Nike Mag, rendue célèbre par

le film Retour vers le futur 2, mais également

la Air Max dont on a prélevé la bulle d’air

apparente. Celle-ci s’intègre dans la semelle

à la façon d’une Air Jordan III et se maquille

d’un effet « glow in the dark » afin de la rendre

visible dans le noir.

La Nike Air Yeezy I est officiellement commercialisée

en 2009 et sera déclinée dans

trois coloris dont les lancements n’auront eu

besoin que de quelques minutes pour afficher

sold out, malgré son prix de vente de 215$ à

l’époque !

C’est en 2012 qu’une seconde version de la

Air Yeezy, tant attendue par les fans de baskets,

verra le jour. Celle-ci apparaitra avec

une silhouette qui ne sera que l’évolution

du précédent modèle où nous retrouvons la

bulle d’air ainsi que la bande laçante. Là encore,

le succès ne se fait pas attendre puisque

les paires trouveront preneur en quelques

minutes. En 2014, la sortie du colori « Red October

» marquera un terme à l’histoire entre

Kanye et Nike.

2015 : la revanche d’adidas

En octobre 2013, alors que la Air Yeezy 2 Red

October n’est pas encore sur le marché, Kanye

lance une bombe sur la planète sneakers. Il

ne s’agit pas de l’annonce d’une nouvelle silhouette

mais celle de son départ de Nike vers

son ennemi allemand de toujours, adidas. Les

motifs de ce départ restent flous à l’époque

SNEAKERS OF THE MONTH

COZE.FR • #COZEMAG

47


mais seraient motivés par la volonté du designer

d’être plus indépendant dans ses choix

artistiques et de pouvoir exprimer son talent

plus librement.

La marque aux trois bandes compte bien

s’appuyer sur le capital image de la star et

lui laissera toute liberté pour réaliser ses

futures créations. En février 2015, le premier

modèle de l’ère adidas est révélé. Il s’agit de

la Yeezy Boost 750. Une sneaker à la tige très

montante qui ne manquera pas de rappeler le

travail entamé par l’artiste chez Nike. Le principal

élément différenciant se situe au niveau

de la semelle qui arbore une forme calquée

sur la adidas Tubular et une structure basée

sur la technologie d’amorti Boost.

Alors que les coloris de la Yeezy Boost 750 se

succèdent et se vendent et se revendent très

bien, en juin de la même année, soit quatre

mois après sa sortie, adidas et Ye’ prennent un

virage à 360 degrés en lançant un modèle à la

silhouette running : la Yeezy Boost 350. Nous

sommes en 2015 et fort est à parier que cette

dernière s’inspire de la Nike Roshe Run, modèle

le plus vendu sur l’année 2014. L’inspiration

est sans doute là, mais Kanye et adidas

imaginent un modèle bien plus premium que

sa concurrente, avec un chausson primeknit

(tricoté) et toujours une semelle qui bénéficie

de la technologie Boost.

Le succès rencontré par la 350 est fulgurant,

tant auprès des amoureux de sneakers que

des amateurs de mode. Une des raisons à cela

est l’intervention d’une autre personnalité

dans l’équation, Kim Kardashian. Devenue

l’épouse de Kanye à l’été 2014, la superstar

américaine connue pour ses frasques et déclarations

sulfureuses, ne cessera de promouvoir

les baskets de son mari sur ses réseaux

sociaux surpuissants. Quatre coloris du

modèle sortiront entre juin et décembre, dont

le très recherché aujourd’hui « black pirate ».

Fort de ce succès, la marque allemande et

Kanye ne vont pas tarder à faire évoluer le

modèle avec l’apparition d’une Yeezy Boost

350 V2. La basket conserve son look et sa

SNEAKERS OF THE MONTH

48 COZE.FR • #COZEMAG


forme originelle. La différence marquante

se situe au niveau de la couture latérale

apparente qui deviendra son argument de

séduction principal. Le coloris de lancement

sortie en septembre 2016, intitulé

« Beluga » restera l’un des plus iconiques.

Le duo tient là sa nouvelle poule aux œufs

d’or, avec laquelle il va peu à peu abonder le

marché. Une quantité de coloris non négligeable

va débarquer dans les shops, avec des

éditions spéciales comme les versions réfléchissantes

dans le noir. Les quantités d’abord

limitées vont progressivement augmenter. La

communication de Kanye autour de sa marque

évolue de pair quand ce dernier dévoile rêver

de voir ses chaussures aux pieds de tous ! Cela

sera illustré par le slogan « Yeezy for all ». Les

sorties se succèderont jusqu’à atteindre leur

apogée avec une version « cream white » en

avril 2017, qui sera à nouveau produite un an

plus tard pour dépasser le million de paires

vendues ! Une hérésie pour ce milieu qui n’a

d’appétit que pour les versions limitées. Dès

lors Kanye West commence à entrevoir un

bout de son rêve qui est de faire de sa marque

une icône.

Soulignons l’influence de YEEZY sur les modes

de distribution propres à ce milieu, restés

jusqu’ici relativement conventionnels. Fini

les longues heures à attendre devant le magasin

pour espérer toucher au grâle (« camp

out »), place aux tirages au sort (« raffles »). Le

principe est simple : s’inscrire à la vente du

dit modèle afin d’espérer être tiré au sort pour

pouvoir se l’offrir (où est passé la méritocratie

?). Cette méthode de distribution a totalement

rabattu les cartes au sein de l’industrie

dans son ensemble, puisque ces modèles

sont rendus si rares qu’ils s’arrachent à prix

d’or sur les plateformes de revente, qui vont

elles aussi connaître un développement florissant.

Pendant que la 350 V2 continue de faire

tourner toutes les têtes, Kanye West continue

de s’affairer dans l’ombre pour compléter sa

gamme de sneakers. S’en suivront la Yeezy

Powerphase Calabasas, inspirée de la Continental

80, célèbre chaussure de tennis ; la


Yeezy Boost 700 V1, une dad shoe qui sera

parfaitement en phase avec les tendances

actuelles ; la Yeezy 500 reprenant des codes

basketball plus proches des traditions de

la marque aux trois bandes. Dans la lignée

de cette dernière suivra une Yeezy 380 qui

apportera une robe basketball plus futuriste.

La famille Yezzy s’est finalement agrandie

afin d’offrir un choix de gamme large et profond

qui cible différents profils de consommateurs.

Yezzy, qu’on pourrait qualifier de

marque au sein de la marque, continue de

prôner son indépendance vis-à-vis à de la

gamme adidas. Au point d’envisager une plus

ample émancipation ? L’avenir nous le dira,

même si l’on imagine mal Kanye se séparer

de l’équipementier allemand au vu des fondations

qui ont été bâties ces dernières années.

À la manière d’un Jordan, Kanye a su progressivement

bâtir son empire à coups de succès

commerciaux et touche du bout des doigts

son rêve de créer une marque pour le peuple.

adidas, quant à lui, tient peut-être ici sa

revanche sur Nike et Jordan, qui avait su tirer

l’athlète dans ses filets au nez et à la barbe de

son concurrent dans les années 80.

La perception actuelle de la gamme Yezzy et

notamment le prix élevé de ses produits interroge

sur ce principe d’accessibilité et peut

paraitre encore bien loin de cet idéal social,

mais toujours est-il que Kanye West a fait du

chemin. Pour la petite anecdote, ce dernier a

été officiellement déclaré milliardaire par le

magazine américain Forbes en mars 2020,

sa fortune personnelle étant estimée à 1,3

milliards de dollars. Le rappeur a grandi au

travers de sa marque et ne souhaite pas s’arrêter

en si bon chemin, puisqu’il a déjà partagé

sa volonté d’innover en termes de matière

textile et d’éco-responsabilité. Conscient

de l’impact écologique et de ses prises de

position, le business man pourrait nous surprendre

et continuer d’influencer la nouvelle

génération.


COZE #89

LA CABANNE DES CRÉATEURS

KEZACOZE

C’EST À SCHILTIGHEIM, AUX PORTES DE LA CAPITALE EUROPÉENNE, QUE SE SITUE UN VIVIER

DE CRÉATION ET DE PARTAGE : LA CABANNE DES CRÉATEURS. AVEC SES 400M 2 DE LOCAUX

ET SES DIFFÉRENTS ESPACES, CE TIERS LIEU PERMET À TOUS CEUX QUI LE SOUHAITENT

DE CRÉER, FABRIQUER, CUSTOMISER, RÉPARER, RÉNOVER, TRANSFORMER, DESIGNER,

PROTOTYPER, PEINDRE, ENCADRER, SCULPTER, SOUDER, TRICOTER, COUDRE, TAPISSER,

PHOTOGRAPHIER, CONFECTIONNER DES BIJOUX, APPRENDRE, EXPOSER, ÉCHANGER,

S’AMUSER, SE CHANGER LES IDÉES… UN PANEL D’ACTIVITÉS AU SERVICE DES ARTISTES ET

ARTISANS EN TOUT GENRE, QU’ILS SOIENT EXPÉRIMENTÉS OU NOVICES. UN ÉCOSYSTÈME

FOISONNANT POUR PASSER RAPIDEMENT DES IDÉES À LA RÉALISATION. UN LIEU

INNOVANT, STIMULANT LA CRÉATIVITÉ ET LE PARTAGE DE COMPÉTENCES, À DÉCOUVRIR !

Kézaquoi ?

Ouvert depuis 2016, La CabAnne des Créateurs

est un tiers-lieu combinant des espaces

de travail et de créations au service des artistes,

bricoleurs, créateurs, étudiants, qu’ils

soient particuliers ou professionnels. Situé

dans des anciens locaux de la SNCF, le long

des rails de chemin de fer à proximité de la

Place de la Gare à Schiltigheim, La CabAnne

des Créateurs propose à ses utilisateurs de

l’espace et des outils pour rénover ou fabriquer

des objets. Elle soutien les démarches

du DIY (Do It Yourself), qui est en plein essort,

ainsi que la réparation et la customisation

KEZACOZE

52 COZE.FR • #COZEMAG

d’objets et de meubles. Une manière de limiter

notre impact sur notre environnement en

limitant notre consommation. Au sein de son

espace, La CabAnne des Créateurs mutualise

différents outils spécialisés pour le travail

du bois, du métal, de la terre ainsi que des

outils numériques comme une imprimante

3D et une machine de découpe et gravure

laser. Les utilisateurs peuvent y accéder grâce

à un abonnement, en payant un forfait à la

semaine, à la journée ou encore à la demijournée.

Ce lieu innovant, stimulant la créativité

et le partage de compétences, propose

également des cours et des ateliers sur des

thèmes variés.


Kézaqui ?

La CabAnne des Créateurs a été fondée par Anne-Catherine

Klarer. Après plusieurs années

en entreprise, au poste de responsable de

formation, cette passionnée d’arts plastiques

s’est mis à la recherche d’un atelier à partager

avec d’autres artistes. Pratiquant la sculpture

en bronze, un medium qui demande un matériel

spécifique et coûteux, Anne-Catherine a

souhaité ouvrir ce lieu de création à tous ceux

qui le souhaitent, en mettant à disposition

les différents outils afin de permettre à tous

de passer rapidement de l’idée à la réalisation.

À ses côtés, s’est rapidement formée

une équipe de bénévoles. Chaque jour, ils se

relayent pour accueillir les créateurs aguerris

et en herbe, les aider dans leurs travaux, mais

aussi faire rayonner le lieu. Les membres de

l’association Les Créateurs de La CabAnne se

mobilisent également pour organiser divers

événements : vide-dressings, Marché de

Noël, etc.

Kézacoze ?

Installée dans l’ancienne gare de marchandise de

Schiltigheim, La CabAnne des Créateurs présente

plusieurs avantages : un espace ouvert de plus de

300m2 avec lumière zénithale et de larges baies

vitrées, un espace bureau plus intimiste et le quai

de la gare, espace extérieur fermé, accessible uniquement

depuis l’atelier. Le lieu est divisé en plusieurs

espaces : une zone de coworking, un atelier

partagé et un espace accueillant les entreprises

pour des évènements ou réunion. Il est possible

d’y faire de la couture, de travailler le bois, de

refaire des meubles, de peindre, de sculpter…

Un réel écosystème créatif dédié à la création,

la rénovation, l’innovation et la formation. Les

possibilités sont multiples et La CabAnne des

Créateurs a su s’adapter à la demande. Le fait d’accueillir

des artistes et artisans locaux a fait naitre

des opportunités pour diffuser leur savoir-faire,

notamment dans le cadre d’ateliers. La CabAnne

des Créateurs est devenu au fil du temps une

sorte de plateforme d’échange de pratiques entre

les professionnels à demeure et les particuliers

de passage, grâce à ces collaborations.

KEZACOZE

COZE.FR • #COZEMAG 53


Kézaquand ?

Après deux mois de porte close, ce lieu

innovant a rouvert le 12 mai. Pour l’instant,

il accueille les utilisateurs uniquement sur

rendez-vous. Tous les protocoles de sécurité

ont été mis en place pour protéger le public

et l’équipe et l’espace numérique a été réaménagé

pour donner accès aux outils en toute

sécurité. Avec comme crédo le partage et la

formation, il a également fallu redoubler d’efforts

pour relancer l’activité événementielle

de La CabAnne des Créateurs, qui propose

en temps normal de nombreux rendez-vous

créatifs. Les cours de couture, de céramique,

de relaxation aux sons des bols tibétains

et tous les ateliers à la demande ont pu reprendre

avec une capacité limitée. Dans les

prochaines semaines, La CabAnne des Créateurs

mettra également en place différentes

offres d’ateliers VIP, de stages d’été avec ses

partenaires et initiera quelques nouveautés

tels que les ateliers de teinture végétale. Des

accompagnements individuels aux outils

numériques (PC, tablette, découpe laser,

impression 3D...) seront également proposés.

Adresse :

1 Place de la Gare, 67300 Schiltigheim

Horaires :

Du lundi au vendredi de 9h à 18h, uniquement

sur rendez-vous au 06 85 32 00 85

LA-CABANNE-DES-CREATEURS.COM

LA CABANNE DES CRÉATEURS

KEZACOZE

54 COZE.FR • #COZEMAG


KEZACOZE

COZE.FR • #COZEMAG 55


COZE #89

L’ITW

IL RÉPOND À NOS QUESTIONS


JULIEN VOARICK

UN CONFINEMENT ORIGINAL ET PRODUCTIF

DURANT LE CONFINEMENT, LE FONDATEUR ET DIRECTEUR ARTISTIQUE DU LABORATOIRE

CRÉATIF PIX314, JULIEN VOARICK, A FAIT PARLER DE LUI, JUSQU’AU JOURNAL TÉLÉVISÉ DE

TF1 ! CHAQUE SOIR, CET ARTISAN DE L’IMAGE STRASBOURGEOIS A OFFERT À SES VOISINS

DES MICRO-SPECTACLES VISUELS ET SONORES. CELA, À L’AIDE DE BELLES IMAGES - ET

NOTAMMENT DE PORTRAITS DE SOIGNANTS DU SERVICE DE RÉANIMATION DU NHC POUR

METTRE À L’HONNEUR CEUX QUI, DURANT CETTE CRISE SANITAIRE, SE SONT MIS EN PREMIÈRE

LIGNE -, SES VIDÉOS PROJECTEURS ET DE SES COMPÉTENCES, QU’IL MET HABITUELLEMENT

AU SERVICE DE NOMBREUX ÉVÉNEMENTS EN ALSACE ET DANS TOUT L’HEXAGONE.

Pour en savoir un peu plus sur cette initiative originale, nous lui avons posé quelques questions. Rencontre

avec Julien Voarick.

Coze : Bonjour Julien, avant de commencer,

pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

Julien Voarick : Je suis Julien Voarick, autodidacte

dans le monde de l’événementiel et digital

et fondateur de Pix314.

Coze : Pourrais-tu également nous parler de

ton activité : Pix314 ?

Julien Voarick : Pix314 regroupe plusieurs

activités : de la direction artistique, de la scénographie,

du light design, de l’art numérique,

de la création vidéo, de l’animation photo, de

la conception d’expérience immersive, de la

création et conception pop’up experientiel, du

mapping, etc.

Coze : Quels sont les événements sur lesquels

tu as déjà proposé des installations visuelles

et sonores ?

Julien Voarick : Pix314 a 5 ans. Beaucoup d’événements

ont été réalisés. Par exemple : un pop’up

pour la maison Lancôme ; le light design et vjing

pour Les Electropicales sur l’île de La Réunion ;

la direction artistique, la scénographie globale

et le show Light des 20 ans de Téléhouse au

Palais Brogniart ; le mega show Light des voeux

d’EDF en 2019 ; un pop up pour Lalalab aux

Galeries Lafayette Haussman ; les 200 ans de la

marque de champagne Billecart-Salmon sur leur

domaine… En Alsace, il y a eu notamment l’installation

Furtif sur plusieurs sites, mes multiples

collaborations avec mon association Merci Beaucoup,

le Longevity festival, l’Expérience Osmose

à Saverne…

Coze : Lors du confinement, tu as offert

chaque soir un micro-spectacle à tes voisins.

Pourrais-tu nous nous expliquer cette

démarche ? Comment as tu eu cette l’idée ?

Julien Voarick : Tout simplement une belle surface

en face de chez moi, du temps et pas du tout

envie de regarder Netflix… J’avais surtout l’envie

de continuer mon activité professionnelle en la

réinventant dans une version confinement et de

pouvoir partager et faire voyager mes voisins et

moi par la même occasion.

L’ITW

COZE.FR • #COZEMAG 57


Coze : Comment as tu mis cela en place ? As tu

rencontré des contraintes ?

Julien Voarick : J’ai fait ça dans la même démarche

que lorsque je fais un repérage avant

une production, mais c’était du repérage sur

mon balcon (rire) ! Des contraintes, j’en ai eu :

les vidéos projecteurs que j’ai sont puissants,

mais les focales sont longues. Pour faire de

grandes images, j’ai du « bidouiller » pour assembler

quatre vidéos projecteurs pour former une

seule image. Sinon la distance, l’angle de projection…

Bref, pas très facile, mais réussi !

Coze : D’où proviennent les images que tu as

projeté, notamment les portraits de soignants ?

Julien Voarick : Merci internet et son vivier de visuels

! Il fallait que ce soit beau visuellement, que

ça fonctionne aussi avec le format projeté. Apres

banc de montage, choix de musique adéquate :

en avant ! Pour les portraits de soignants, j’ai proposé

mon à pote Arnaud Boutilier, qui travaille au

service de réanimation du NHC, de m’envoyer des

portraits de ses collègues pour les projeter sur la

façade. Une manière différente de les remercier !

Coze : Comment tes voisins ont-ils accueilli

cela ?

Julien Voarick : Très bien ! Et surtout ça m’a permis

de tisser des liens avec certain d’entre eux.

C’est super cool !

Coze : Sinon, quels sont les événements sur

lesquels tu devais te produire qui ont été

annulés ?

Julien Voarick : Je devait être en production

sur la course de formula E en avril à Paris. Il y a

d’autres projets, mais je ne peux pas en parler

car ils ont été reportés et donc secrets encore !

Suspens…

Coze : Quels sont tes projets pour les prochaines

semaines/mois ?

Julien Voarick : Dans l’instant présent, mon

projet est surtout de ré-inventer ma manière de

travailler. J’ai été touché de plein fouet par cette


crise sanitaire, comme beaucoup de monde… Je

suis à l’arrêt total, donc pour l’instant c’est concrètement

le flou artistique. Des pistes… À voir !

S’il y a quelque chose vous le saurez ! Je peux

déjà vous dire qu’il y aura un « truc » en octobre

et ça sera vachement bien… Et youpi, ce sera à

Strasbourg ! Je ne peux pas en dire plus pour le

moment.

Coze : Pour finir, quelle est ton analyse de la

situation actuelle ?

Julien Voarick : Et bien pour ma branche d’activité

c’est la cata… Mais je crois que c’est aussi bénéfique,

car cette situation va mettre au défi beaucoup

de monde et de nombreuses entités qui

pensaient que tout était gagné d’avance ! C’est un

peu comme si on reprenait les mêmes joueurs,

mais on changeait de terrain de jeu ! En gros,

ça remet tout le monde sur la même marche !

C’est une bonne chose je pense !

PIX314.COM

L’ITW

COZE.FR • #COZEMAG 59


COZE #89

L’ITW

IL RÉPOND À NOS QUESTIONS


MICHAEL GOJON-DIT-MARTIN

L’HOMME AU 74 000 COSTUMES

PARCE QUE L’INDUSTRIE DU CINÉMA EST À L’ARRÊT ET QUE NOUS SOUHAITONS CONTINUER

À VOUS APPORTER VOTRE DOSE DE CULTURE, NOUS AVONS SOUHAITÉ METTRE À L’HONNEUR

UN ACTEUR ALSACIEN INCONTOURNABLE DE CET UNIVERS : MICHAEL GOJON-DIT-MARTIN. CE

FÉRU D’AUDIO-VISUEL ET GRAND COLLECTIONNEUR A FONDÉ EN 1997 LA SOCIÉTÉ CINÉ RÉGIE.

AUJOURD’HUI, SON ENTREPRISE EST LE LEADER FRANÇAIS DE LA LOCATION D’ARMES ET SFX

NO-GUN (ARMES TOTALEMENT INOFFENSIVES D’IMPORTATION AMÉRICAINE) À DESTINATION

DES TOURNAGES DE CINÉMA ET DE TÉLÉVISION. IL PROPOSE DANS SON LOCAL, SITUÉ DANS LA

PLAINE DES BOUCHERS À STRASBOURG, DES DIZAINES DE MILLIERS DE COSTUMES ET ACCES-

SOIRES EN TOUT GENRE. UNE COLLECTION IMPRESSIONNANTE QUI LUI A PERMIS D’INTERVE-

NIR DANS LE CADRE DE NOMBREUX FILMS D’ENVERGURE TELS QUE SHERLOCK HOLMES 2 : JEU

D’OMBRES DE GUY RITCHIE, LA MÔME DE OLIVIER DAHAN, INGLOURIOUS BASTERDS DE QUEN-

TIN TARANTINO, RUSH HOUR 3 DE BRETT RATNER, RONIN DE JOHN FRANKENHEIMER OU ENCORE

LE FILM RÉCOMPENSÉ PAR 5 OSCARS IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN DE STEVEN SPIELBERG.

Rencontre avec Michael Gojon-Dit-Martin.

Coze : Bonjour Michael, pour commencer, pourriez-vous

nous présenter en quelques mots votre

activité ?

Michael Gojon-Dit-Martin : Je suis Michael Gojon-

Dit-Martin, le PDG de la société Ciné Régie, qui est

une société spécialisée dans la location d’armes, de

costumes, de véhicules et d’effets spéciaux pour le

cinéma et la télévision.

Coze : De combien de pièces et accessoires disposez-vous

?

Michael Gojon-Dit-Martin : À ce jour, le stock comprend

environ 74 000 costumes et 10 000 accessoires,

armes comprises. De nouveaux locaux vont

d’ailleurs être investis dans les prochains mois, afin

de mieux servir nos clients et partenaires.

Coze : D’où proviennent vos nombreux costumes

et accessoires de tournage ?

Michael Gojon-Dit-Martin : Le stock de Ciné Régie

provient, à la base, de 15 ans de collection personnelle

de matériel militaire et des forces de l’ordre,

puis du rachat au fil du temps de sociétés ayant fermées

ou de rachat et fabrication de costumes provenant

de tournages.

L’ITW

COZE.FR • #COZEMAG 61


Coze : Quelle est votre plus belle pièce ?

Michael Gojon-Dit-Martin : Il est difficile de choisir

une pièce plus qu’une autre, mais ayant travaillé sur

Inglourious Basterds de Quentin Tarantino, j’ai gardé

l’une des battes de baseball qui a été utilisée sur le

film par le comédien Eli Roth, qui jouait le Sergent

«l’Ours Juif» Donowitz

Coze : Sur quels tournages êtes-vous par exemple

intervenu ?

Michael Gojon-Dit-Martin : J’interviens principalement

sur les films de guerre qui sont tournés en Europe

et une partie des séries TV policières françaises.

J’ai participé à de nombreux films, Il faut sauver le

soldat Ryan de Steven Spielberg, Un long dimanche

de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet, La promesse de

l’aube d’Eric Barbier et 120 Battements par minute de

de Robin Campillo, par exemple. Pour les séries, j’ai

notamment fait Capitaine Marleau et Plus belle la vie

produits par France 3, Une famille formidable d’Ève

Deboise, Alain Layrac et Joëlle Miquel, César Wagner

de Sébastien Paris et Eric Verat, mais aussi Les rivières

pourpres de Jean-Christophe Grangé ou encore

Band of Brothers (Frères d’armes) de Tom Hanks et

Steven Spielberg… Je fournis principalement des

costumes (uniformes de police, de gendarmerie

et de pompier) ainsi que les véhicules des ces services.

Sans oublier la décoration et mobilier pour les

bureaux de police et de gendarmerie, des accessoires

et éléments de décoration, etc.

Coze : Quels ont été les plus marquants pour

vous ?

Michael Gojon-Dit-Martin : Inglourious Basterds reste

un excellent souvenir, même si ça commence à dater.

La série Band Of Brothers restera aussi un excellent

souvenir, de part la durée du tournage ainsi que les

rencontres faites sur la série (tournée en Angleterre,

Irlande et Belgique).

Coze : Pour finir, avez-vous une anecdote à nous

raconter ?

Michael Gojon-Dit-Martin : Chaque tournage a son

lot de souvenirs, qu’ils soient bons ou mauvais.

Je garde de belles rencontres, surtout sur des productions

étrangères car les comédiens américains

restent très accessibles, plus qu’en France !

CINÉRÉGIE


COZE #89

CINÉMA

GROS PLAN

POUVOIRS MÉDIATIQUES :

MACHINES D’INFLUENCE ET DE

MANIPULATION

L’accès à l’information est supposé preuve de liberté. On ne le voit que trop bien dans des contextes de pays

non démocratiques. S’informer des situations du monde est un pouvoir et un privilège. Mais que se passe-t-il

lorsque les sources d’information ne font pas preuve d’intégrité et oeuvrent à la manipulation des populations ?

Lorsque l’influence exercée par les forces médiatico-politiques est utilisée à des fins de propagande, de succès

financiers et se transforme en outil d’oppression des consciences ? Cette sélection présente des films qui

tentent de réfléchir certains mécanismes et dérives de puissances médiatiques. Qu’il s’agisse des ambitions

douteuses d’un individu en quête de gloire personnelle ou d’orchestrations savamment organisées par des

grands groupes en quêtes d’audience, il n’est pas maladroit de dire que ces opérations s’inscrivent au gré des

règles malsaines de systèmes sociaux corrompus et jouent sur les cordes sensibles des vices de l’humanité.

Les images médiatiques prolifèrent dans une course effrénée à l’audimat. Seulement, sans sagesse, c’est un

véritable manque d’altérité qui naît, et se crée immanquablement un amoindrissement des réalités. Des

événements dramatiques perdent de leur substance, de leur épaisseur temporelle. Des faits deviennent des

objets malléables aussitôt oubliés au profit des prochains scandales et catastrophes vendeurs. Mais ne soyons

pas fatalistes, il existe, comme l’affirme le théoricien Georges Didi-Huberman, des « lucioles » résistantes aux

projecteurs destructeurs de certains médias. L’existence même de cet article est la preuve que ces mécanismes

manipulateurs médiatiques ne se réalisent pas sans conscience de la part du consommateur (malgré

l’ambivalence de sa position victime-complice). Ces films sont, avec leurs moyens propres, de véritables satires

et mises en abimes des pouvoirs médiatiques et de leurs industries-spectacles. Néanmoins, ne manquons

pas d’en souligner les ambiguïtés, car s’ils dénoncent failles et travers de machines d’influence idéologique,

n’oublions pas, que le cinéma lui aussi, est un média.

CINÉMA

64 COZE.FR • #COZEMAG


NETWORK : MAIN BASSE SUR LA TÉLÉVISION (1976) de Sidney Lumet

Dès Douze Hommes en colère, premier film du cinéaste réalisé en 1957, Sidney

Lumet questionne la complexité et les contradictions de l’Homme social et de

mondes faussement démocratiques. Lorsqu’il s’attaque au média télévisuel et

à ses gens avec Network, c’est une implacable satire qui se déploie. Les années

70 voient fleurir un nombre assommant de nouveaux divertissements, tous plus

abrutissants les uns que les autres, et le journalisme, alors en première position

dans les médias, souffre d’un manque d’audience. Howard Beale, présentateur

vedette d’une chaîne de télévision, se voit alors licencié pour impopularité, suite

à quoi il annonce en direct son prochain suicide et dénonce les méthodes de ses employeurs. Une

déclaration qui fait remonter sa cote et plonge la rédaction dans un tourbillon d’ambition irrationnelle

en quête malsaine d’audimat, lui proposant d’animer une émission défouloir. Saisi de mégalomanie,

Howard ne maitrise plus rien. Fable caustique sur l’emprise de la télévision, Network marque à de

nombreux égards. Il est avant tout le premier de son genre, et ce avec une profondeur qui empêche le

trop plat d’un « film à message », et un remarquable travail de composition. Une véritable « dystopie

immédiate »

Le petit + : Un magistrale trio d’acteurs avec Faye Dunaway, Peter Finch et William Holden.

UN HOMME DANS LA FOULE (1957) d’Elia Kazan

Dans la société américaine d’après-guerre, le marketing est roi et les annonceurs

de publicité ses fervents complices qui manipulent tout contenu médiatique

pour mieux s’introduire dans les foyers, broyant au passage ceux qu’ils avaient

propulsé sur le devant de la scène. Larry ‘Lonesome’ Rhodes ne fait pas exception

lorsque ce dernier, alors criminel incarcéré, devient un genre d’influenceur

et la vedette d’une émission quotidienne dans une radio locale grâce à son

bagout naturel qui enchante rapidement le public. Une aubaine pour tous,

médias, publicistes, politiques, qui cherchent à se servir de lui. Mais la créature

n’est pas dupe et se révèle au grand jour comme un être violent et dédaigneux. Si le scénario est un

peu caricatural (paradoxalement nous, spectateurs, sommes presque considérés comme les publics

présentés dans le film, sans doute pas assez vifs d’esprits pour tout comprendre) et que l’on se serait

bien passé du trop explicite de la seconde partie, la mise en scène de l’emprise des médias est relativement

moderne et le montage des publicités soulève immanquablement de nombreux rictus. Une

véritable satire de l’influence et de l’hypocrisie des marchés qui questionne les interconnexions entre

les forces de pouvoirs et le monde spectaculaire des médias.

Le petit + : Directeur de la photographie d’Un tramway nommé désir.

CINÉMA

COZE.FR • #COZEMAG 65


CITIZEN KANE (1941) d’Orson Welles

À 25 ans, pour son premier film, Orson Welles livre Citizen Kane. Oeuvre magistrale

considérée comme l’un des meilleurs films de l’histoire du cinéma, il

jouit aujourd’hui encore d’une influence qui n’a pas de pareil. Sorti en 1941 et

fort d’une audacieuse modernité, il est le fruit d’une liberté totale accordée au

cinéaste par les studios RKO, fait que l’on sait rare (voire inexistant), contraintes

des lois du marché obligent, d’autant plus à Hollywood. « No trespassing » est

écrit sur le panneau à l’entrée du manoir de Charles Foster Kane, mais qu’à cela

ne tienne, la caméra le franchit, émancipée de tout contrôle. Qui est Kane ? C’est

l’interrogation qui occupe le reporter Thompson lors de son enquête sur la vie du défunt milliardaire,

grand manitou de la presse. Au sein d’une narration fragmentée et des rencontres de ses proches qui

apportent des points de vue différents (c’est le début de la subjectivité au cinéma, non non, ce que l’on

voit n’est pas indubitablement vérité - ou devrait on dire, qu’il n’est pas une, mais des vérités), c’est le

portrait d’un imposant personnage, mégalomane au possible et solitaire qui se dessine.

Le petit + : Les rumeurs font de Kane un personnage inspiré du magnat de la presse Randolph

Hearst. Ce dernier saborde alors la carrière du film jusqu’à l’échec commercial. En effet les exploitants

de salles sont effrayés d’être la cible d’hostilités de ses journaux.

12H08 À L’EST DE BUCAREST (2007) de Corneliu Porumboiu

Le régime totalitaire de Ceausescu, sa réélection à la tête du parti communiste, l’affaire

de la mise en scène des charniers de Timișoara, l’implication du KGB et de la

CIA, le rôle joué par les médias, que d’éléments qui nourrissent aujourd’hui encore

de nombreuses interrogations quant aux évènements de la Révolution Roumaine

en décembre 1989. Le 22 du même mois, à 12h08, la télévision nationale diffuse

la fuite du dictateur et de sa femme. Mais où les habitants du petit village roumain

Vaslui étaient-ils à ce moment là ? Sont-ils sortis dans les rues avant, ou après ?

Ont-ils réellement participé à la Révolution ? Telle est l’interrogation qui anime

le débat télévisé organisé par Virigile avec deux invités qui se donnent le beau rôle, un vieux retraité

solitaire et un professeur alcoolique endetté. Mais au cours de l’émission des téléspectateurs appellent et

crient aux faux témoignages, et le débat sans queue ni tête filmé piètrement s’enfonce sans retour dans

un absurde hors de contrôle qui donne lieu à un grand moment d’humour désabusé. Sans artifice et avec

un dispositif minimaliste, le film aborde ses personnages de manière critique mais loin d’être juge, il le

fait avec humanité. S’il souligne les manipulations et l’incapacité de la télévision à présenter une vérité

historique, il est avant tout affaire des individus, de leurs vérités et de leurs mémoires, à qui le réalisateur

redonne une place centrale, une voix.

Le petit + : Caméra d’or du Festival de Cannes 2006.

CINÉMA

66 COZE.FR • #COZEMAG


NO MAN’S LAND (2001) de Danis Tanovic

Vertigineux est le risque du film de guerre, tant la reconstitution historique a ses

défauts. En effet, le cinéma n’est pas, comme les premières théories aimaient à

le dire, un miroir du monde, mais bien une représentation, et ne peut donc en

aucun cas être fidèle à une quelconque réalité. Il est alors de mise de trouver des

brèches, des moyens pour porter à l’écran l’absurdité de situations désastreuses

(et leurs traitements médiatiques) qui ont marqué et marquent encore l’équilibre

socio-politique de certains pays. Dans No man’s land, au coeur de la guerre

de Bosnie en 1993, deux soldats ennemis, l’un Serbe et l’autre Bosniaque, se

retrouvent échoués entre les lignes des camps adverses. Présenter une petite histoire pour parler de

l’Histoire, tel est le dispositif utilisé par le cinéaste dans cette comédie dramatique noire et originale.

Non manichéen et humaniste, le film n’avance aucune morale. Il use avec justesse d’un humour décalé

de comique de situations et de dialogues bien ciselés qui laissent entendre la complexité d’une

guerre, dont les soldats eux-mêmes ne saisissent pas tout à fait l’origine. Mais d’un simple fait divers,

les médias font un vulgaire show médiatique et c’est, entre autres, un dur discours acerbe sur l’appétit

pervers des journalistes qui se déploie. Avec un cadre soigné et une belle énergie, le rire qui nait de

l’oeuvre devient libérateur.

Le petit + : Musique composé par le réalisateur.

LE GOUFFRE AUX CHIMÈRES (1951) de Billy Wilder

On trouve dans la filmographie de Billy Wilder, réalisateur majeur du cinéma

classique hollywoodien et plus connu pour des oeuvres comme Sunset Boulevard,

un certain penchant pour les thèmes du mensonge et de la manipulation.

Quoi de mieux alors, que de s’attaquer à la figure du journaliste opportuniste et

sans scrupules. Lorsque l’indien Leo Minosa se retrouve coincé au fond d’une

galerie effondrée, Charles Tatum, aigri de n’avoir trouvé un emploi qu’au sein

d’un petit journal du Nouveau-Mexique, y voit l’occasion d’exploiter le fait divers

pour enfin devenir le journaliste célèbre qu’il estime devoir être. Indifférent, il

va jusqu’à risquer la vie de l’homme accidenté en persuadant le shérif d’organiser un très lent sauvetage,

et met en scène un véritable cirque médiatique dont il s’assure être le maître. Cynique au

possible, et malheureusement criant d’universalité et d’intemporalité, le film déplore le voyeurisme,

la cupidité et la manipulation de masse des médias qui profitent de la misère et transforment un fait

en un véritable spectacle afin de servir leurs propres intérêts. Faire du sensationnalisme à tous prix,

quelle philosophie…

Le petit + : Une interprétation magistrale du protagoniste par l’inoubliable et charismatique Kirk

Douglas.

CINÉMA

COZE.FR • #COZEMAG

67


L’HOMME DE LA RUE (1941) de Franck Capra

Manipuler les faits à des fins personnelles est une chose, en inventer de toute

pièce en est une autre. Sans doute devrions nous, spectateurs et consommateurs

d’informations, faire preuve de plus de discernement ou tout du moins

prendre plus de recul et utiliser cette belle machine qu’est le cerveau pour réfléchir

un peu plus par nous mêmes. Mais ne soyons pas moralisateurs. C’est avec

prudence que les lecteurs du Nouveau Bulletin auraient dû aborder l’histoire de

John Doe, un homme menaçant dans une lettre de se suicider en dénonçant

l’état du monde déplorable et les injustices sociales, peu de temps avant que

les Etats-Unis ne s’engagent dans la Seconde Guerre mondiale. Car John Doe n’existe pas. Il n’est que

l’invention de la journaliste Ann Mitchell, fraichement licenciée prête à tout pour retrouver son poste.

Il trouve corps en John Willoughby, engagé et entrainé pour jouer le rôle. Manipulé de toutes parts,

il devient la risée du public une fois la supercherie révélée au grand jour. Juste mise en abime du

principe de création, lourde critique de la corruption des médias, L’Homme de la rue est sans doute

le film de Capra qui cristallise les enjeux présents dans son cinéma. Souvent accusé d’être un tantinet

trop naïf, nous préférons ici souligner les travellings savoureux, une mise en scène quasi burlesque et

l’humanisme que certains qualifie d’humanisme « capraesque ».

Le petit + : Vous ai-je dis que John Doe est Gary Cooper ?

VIDEODROME (1983) de David Cronenberg

Attention, David Cronenberg est complètement barré, et s’aventurer dans sa

filmographie nécessite d’être averti, ceci est une mise en garde. Son cinéma,

violent, organique, cérébral et grandement influencé par la psychanalyse peut

perturber à de nombreux égards. Vous voilà prévenus. Dans Videodrome,

oeuvre de science-fiction au scénario complexe, le cinéaste explore à nouveau

ses thèmes de prédilection lorsque Max Renn, producteur de télévision à la

recherche de programmes racoleurs, tombe sur une vidéo-pirate au contenu

douteux. Dénommée Videodrome et causant des hallucinations épouvantables,

elle est le produit d’un mystérieux théoricien des médias, Brian O’Blivion. Extrêmement visuel et

angoissant, le film met en scène la répercussion des addictions aux images de violence télévisées sur

la conscience et le corps humain, et ce littéralement quand des cassettes et autres appareils technologiques

se transforment en monstres horrifiques. Avec une maitrise technique certaine et un grand

nombre d’effets spéciaux, le cinéaste plonge au coeur (sanguinolent) des aliénations occidentales et

brouille une fois de plus les frontières entre réalité et illusion, réel et virtuel.

Le petit + : Nikki Brand, « déesse virtuelle d’une secte sadomasochiste » est interprétée par Deborrah

Harry, la chanteuse du groupe Blondie.

CINÉMA

68 COZE.FR • #COZEMAG


EN

LIVE SUR

&

LE WEEPERS CIRCUS

SPECTACLE JEUNE PUBLIC (5/10 ANS)

LES CONCERTS CAPTÉS

MER. 03.06 — 16H

CONCERT DIFFUSÉ EN LIVE SUR LA PAGE FACEBOOK ET YOUTUBE DE L’ESPACE DJANGO

Strasbourg — Neuhof

4 impasse Kiefer — Strasbourg

Tram C > arrêt Rodolphe Reuss

espacedjango.eu


COZE #89

MINI ITW

RENCONTRE AVEC CEUX QUI FONT BOUGER LA RÉGION

CES LIEUX ET ÉVÉNEMENTS

QU’ON A HÂTE DE RETROUVER

LE DÉCONFINEMENT SE POURSUIT PETIT À PETIT. À CHAQUE ÉTAPE, SON LOT DE

RÉOUVERTURES. PARCE QUE NOUS SOMMES ENCORE LOIN D’UN RETOUR À LA

NORMALE ET PARCE QUE LA FOISONNANTE VIVACITÉ DES MILIEUX CULTURELS,

ÉVÉNEMENTIELS ET SPORTIFS EST ENCORE À L’ARRÊT, NOUS AVONS INVITÉ

12 PERSONNALITÉS QUI FONT BOUGER LA RÉGION À LEUR MANIÈRE À NOUS

PARLER DES LIEUX QUI LEUR MANQUENT LE PLUS, DES ÉVÉNEMENTS QU’ILS ONT

HÂTE DE RETROUVER, MAIS AUSSI DE CEUX QUI ONT ÉTÉ ANNULÉS ET QU’ILS

REGRETTENT LE PLUS. UNE MANIÈRE AUSSI DE CONTINUER À FAIRE VIVRE CE

MONDE FESTIF ET REMPLI DE PARTAGE, QUI EST MIS EN PAUSE ENCORE POUR

UN PETIT BOUT DE TEMPS.

RENCONTRE

70 COZE.FR • #COZEMAG


© Jehan Jessel

© Laurent Khrâm Longvixay

© Sandrine STAHL

NATHAN TSCHAEN

27 ans

Galeriste/curateur

Qu’est ce qui vous manque

le plus ?

> Pour voir un concert :

Les lieux insolites programmés

dans le cadre du Festival

de Jazz de Colmar.

> Pour voir un spectacle :

La salle Europe ou la Comédie

de Colmar, au grès des

programmations.

> Pour visiter une exposition/un

musée :

La fondation Beyeler à Bâle.

Quel est l’événement

sportif que vous avez hâte de

retrouver :

Le NL Contest, bien-sur !

Qu’est ce qui a été annulé

et que vous regrettez le

plus :

Tous les événements culturels

de ces derniers mois et peutêtre

plus particulièrement les

festivals annulés cet été.

MAEVA

35 ans - Musicienne

Qu’est ce qui vous manque

le plus ?

> Pour voir un concert :

L’Espace Django ! Quand je

vois leur programmation, je

me rappelle que je n’y vais pas

assez souvent. Faute avouée...

> Pour voir un spectacle :

Le Maillon.

> Pour visiter une exposition/un

musée :

Le musée le plus fascinant

que j’ai vu c’est le Musée

d’Anatomie ! Sinon, j’ai

beaucoup squatté le Jardin

des Sciences.

Quel est l’événement

sportif que vous avez hâte de

retrouver :

Le prochain Circle of Dancers.

Les battles de danse en général.

Qu’est ce qui a été annulé

et que vous regrettez le

plus :

Ind’Hip-Hop et le Pelpass

Festival !

MATTHIEU STAHL

53 ans

Musicien/plasticien/

auteur

Qu’est ce qui vous manque

le plus ?

> Pour voir un concert :

Le Noumatrouff.

> Pour voir un spectacle :

La Filature.

> Pour visiter une exposition/un

musée :

Le Séchoir.

Quel est l’événement

sportif que vous avez hâte de

retrouver :

Aucun !

Qu’est ce qui a été annulé

et que vous regrettez le

plus :

Tous les concerts et particulièrement

celui d’Iggy Pop au

PMC de Strasbourg, Last Train

au Noumatrouff et Chloé

Mons au Séchoir.

RENCONTRE

COZE.FR • #COZEMAG

71


JEAN-LUC FILSER

55 ans - Responsable

Marketing de la LAFA et

Speaker officiel du RCSA

Qu’est ce qui vous manque

le plus ?

> Pour voir un concert :

Au Zénith de Strasbourg.

> Pour voir un spectacle :

Un peu partout. À la Choucrouterie,

au Théâtre alsacien,

voir la Revue Scoute…

> Pour visiter une exposition/un

musée :

Au MAMCS, au Musée Würth

à Erstein ou encore à la Fondation

Louis Vuitton à Paris.

Quel est l’événement

sportif que vous avez hâte de

retrouver :

Un match de Ligue 1 à la

Meinau !

Qu’est ce qui a été annulé

et que vous regrettez le

plus :

La Ligue 1 dans son

ensemble…

MINI ITW

72 COZE.FR • #COZEMAG

SÉBASTIEN BINDER

41 ans - Producteur et programmateur

de spectacles

Qu’est ce qui vous manque

le plus ?

> Pour voir un concert :

Le Noumatrouff, là où tout a

commencé !

> Pour voir un spectacle :

Je devais aller voir Dita Von

Teese aux Folies Bergères en

mai... Ce sera en 2021 !

> Pour visiter une exposition/un

musée :

Le Pixel Museum, puisque je n’ai

jamais eu l’occasion d’y aller.

Quel est l’événement

sportif que vous avez hâte de

retrouver :

L’EURO 2020 que j’attendais

avec impatience !

Qu’est ce qui a été annulé

et que vous regrettez le

plus :

L’ensemble de la saison des

concerts et festivals. Pour les

acteurs de la filière c’est très

difficile et assez irréel à vivre !

LÉA LEMMEL

25 ans - Chargée de communication

à l’OLCA

Qu’est ce qui vous manque

le plus ?

> Pour voir un concert : La

Laiterie.

> Pour voir un spectacle :

Le nouveau Maillon, qui offre une

programmation variée et tout

public. Le bâtiment impressionnant

promet d’être un lieu culturel

incontournable de la ville !

> Pour visiter une exposition/un

musée :

Le 5e Lieu à Strasbourg, que

je n’ai malheureusement pas

encore eu la chance de visiter !

Quel est l’événement

sportif que vous avez hâte de

retrouver :

Le NL Contest !

Qu’est ce qui a été annulé

et que vous regrettez le

plus :

Le festival E Friehjohr fer unseri

Sproch ainsi que la finale du

concours de chant d’Stimme.


© Laura SifiL

© Bartosch Salmanski

© Manon Badermann

EMMANUEL DOSDA

46 ans - « Qué será será… »

Qu’est ce qui vous manque

le plus ?

> Pour voir un concert :

L’Espace Django ou La Laiterie.

> Pour voir un spectacle :

J’espère pouvoir boire

Bukowski cul sexe, début

octobre au Taps. Un Homme,

par la compagnie Ultima Necat.

> Pour visiter une exposition/un

musée :

À la rentrée, l’exposition clin

d’œil au Traité des couleurs

de Goethe au CEAAC.

Quel est l’événement

sportif que vous avez hâte de

retrouver :

Les barbecues sportifs à La

Grenze.J’y passerai des disques en

short de foot si vous êtes sages !

Qu’est ce qui a été annulé

et que vous regrettez le

plus :

Je rêvais de voir L’Orchestre

Tout Puissant Marcel Duchamp

au festival Pelpass en mai.

THE EMPTY BELLY

30 ans - Artiste peintre/

muraliste

Qu’est ce qui vous manque

le plus ?

> Pour voir un concert :

Le Noumatrouff.

> Pour voir un spectacle :

La Filature.

> Pour visiter une exposition/un

musée :

Le CRAC Alsace.

Quel est l’événement

sportif que vous avez hâte de

retrouver :

La finale de la Champions

League !

Qu’est ce qui a été annulé

et que vous regrettez le

plus :

Une exposition collective

dans le cadre du festival

Ratatà qui devait se tenir au

mois d’avril à Macerata en

Italie. Force à eux !

VIVIEN GOURY

30 ans - Chargé des

partenariats et de communication

du festival

Décibulles

> Pour voir un concert :

L’Autre Canal.

> Pour voir un spectacle :

Le festival Michtô / Le Memô.

> Pour visiter une exposition/un

musée :

Le MAMCS.

Quel est l’événement

sportif que vous avez hâte de

retrouver :

La Champions League.

Qu’est ce qui a été annulé

et que vous regrettez le

plus :

Le festival Décibulles

évidemment.

MINI ITW

COZE.FR • #COZEMAG

73


ANNE CONSTANCIO

38 ans - Directrice de la

Communication de la

ville de Haguenau

Qu’est ce qui vous manque

le plus ?

> Pour voir un concert :

L’espace Vieille Ile à Haguenau,

qui accueille nos plus

gros concerts.

> Pour voir un spectacle :

Notre magnifique théâtre à

l’italienne.

> Pour visiter une exposition/un

musée :

Le Musée du Bagage, pour

s’évader en rester chez soi.

Quel est l’événement

sportif que vous avez hâte de

retrouver :

La Haguenovienne.

Qu’est ce qui a été annulé

et que vous regrettez le

plus :

Le Festival l’Humour des

Notes.

MINI ITW

74 COZE.FR • #COZEMAG

ADELINE BECK

29 ans - Administratrice

du Château Vodou

Qu’est ce qui vous manque

le plus ?

> Pour voir un concert :

Le molodoï avec les fanfares

de Pelpass.

> Pour voir un spectacle :

Le festival Chalon dans la rue.

> Pour visiter une exposition/un

musée :

Le Château Vodou et sa nouvelle

exposition sur la magie

en Alsace et en Afrique.

Quel est l’événement

sportif que vous avez hâte de

retrouver :

Un battle de hip hop ou un

tournoi de pétanque !

Qu’est ce qui a été annulé

et que vous regrettez le

plus :

Tous les festivals de l’été

(Eurockéennes, NL contest,

Décibulles...) que j’affectionne

particulièrement et

des fiestas d’anniversaires !

STOM500

32 ans - Artiste peintre/

illustrateur

Qu’est ce qui vous manque

le plus ?

> Pour voir un concert :

Rock en Seine pour y voir

Rage against the machine et

Run the Jewels initialement

prévus cette année.

> Pour voir un spectacle :

Le Circle Plume à Obernai.

> Pour visiter une exposition/un

musée :

Le musée Tomi Ungerer à

Strasbourg.

Quel est l’événement

sportif que vous avez hâte de

retrouver :

Sans hésitation, le NL

Contest !

Qu’est ce qui a été annulé

et que vous regrettez le

plus :

Un voyage au Japon et

quelques festivals d’art

urbain un peu partout. Mais

ce n’est que partie remise !


COZE #89

EXPOS

À VISITER SANS MODÉRATION

JAMAIS TROP D’ART

JUSQU’AU 10 JUIN 2020

Pour assurer cette période de réouverture

après confinement, AIDA

Galerie abandonne son cycle normal

d’expositions. Jusqu’au 2 septembre,

divers artistes membres de la galerie se succéderont

pour y présenter leurs travaux divers, sans thème et

sans ligne directrice. 5 artistes ont accepté d’essuyer

les plâtres de cette formule exceptionnelle. Non, il

ne saurait y avoir jamais trop d’art. Les artistes : Jean-

Pierre Allera, Marie-Pierre Arpin, Günther Hahne,

Marie-Christine Hirsch et Anne-Marie Rodic

AIDA GALERIE

130 GRAND’RUE - STRASBOURG

aida-galerie.com

FLASH POINT

JUSQU’AU 21 JUIN 2020

Le flash point, point d’éclair ou

d’inflammabilité, correspond à la

température à laquelle un corps

combustible émet suffisamment

de vapeurs pour former, avec l’air ambiant, un

mélange gazeux qui s’enflamme sous l’effet d’une

source d’énergie calorifique. Avec ce nouveau format

d’exposition flash de deux semaines, ouverte à

tous les artistes du Grand Est, La Chambre souhaite

provoquer la réaction entre des oeuvres pleines de

potentiel et des conditions d’exposition optimales.

Et inviter l’étincelle dans les yeux des visiteurs !

Laissez-vous surprendre par la vivacité de la scène

photographique avec une sélection des meilleures

propositions et venez encourager les artistes émergents.

Avec les oeuvres de : Morgane Britscher, Florian

Maurer, Pierodelavega et Véronique L’Hoste.

LA CHAMBRE

4 PLACE D’AUSTERLITZ - STRASBOURG

la-chambre.org

EXPOS

76 COZE.FR • #COZEMAG

SOLO SHOW FERNAND KAYSER

JUSQU’AU 11 JUIN 2020

Fernand Kayser est un artiste

mulhousien diplômé en tant

que mono-maniaque récidiviste,

adepte de la superposition, il

compose dans ses œuvres de véritables microcosmes

peuplés de drôles d’animaux masqués,

d’objets insolites et de formes fantasques en

tous genres. Le travail de Fernand Kayser est

une forme d’écriture automatique qui l’entraîne

dans un univers chaotique et coloré, entre

l’exploration enfantine et la déambulation

inconsciente. Imbriqués les uns dans les autres,

les éléments de ses œuvres sont autant d’objets

affectionnés par l’artiste qu’il accumule dans un

coin de sa tête, comme un collectionneur. Pour

leur esthétique ou pour ce qu’il représentent,

ils finissent tous par trouver un jour ou l’autre

leur place dans un composition et parfois pour

ne plus en sortir. Obsédé par l’imagerie punk

et les richesses industrielles de sa ville natale,

Fernand Kayser s’acharne à trouver une organisation

à son chaos mental.

MALAGACHA GALLERY

9 RUE DU PARCHEMIN - STRASBOURG

Malagacha Gallery

ANNONCEZ VOS EXPOSITIONS ET

VOS ÉVÈNEMENTS DANS COZE

MAGAZINE ET SUR COZE.FR !

> AGENDA@COZE.FR


LES HORIZONS – DUO SHOW DE

KEAN TVC ET MAXIME IVANEZ

JUSQU’AU 21 JUIN 2020

À l’occasion de son deuxième

anniversaire, la Villa Tschaen invite

Kean et Maxime Ivanez pour une

nouvelle exposition intitulée Les Horizons. Kean

est un artiste français initié très jeune à l’art du

graffiti. De cette essence urbaine, nous retrouvons

aujourd’hui une extrême liberté artistique dans

son travail. Que ce soit par sa technique, son style

ou encore les supports qu’il travaille à la bombe

ou au pinceau. Il a su transcender le graffiti pour

en tirer un style très personnel proche de celui

des peintres américains du mouvement Color

Field tels que Mark Rothko ou encore Clyfford

Still. Maxime Ivanez puise son inspiration pour

créer ses compositions colorées où l’œil se perd

volontiers dans une forêt de détails architecturaux

et humains. Il ne cherche à faire passer un message.

Son objectif est de raconter l’histoire que le

spectateur voudra bien percevoir.

VILLA TSCHAEN

71 ROUTE DE NEUF BRISACH - COLMAR

Villa Tschaen - Urban Art Gallery

BLOWIN’ IN THE WIND

JUSQU’AU 5 JUILLET 2020

À l’occasion de cette cinquième

exposition intitulée Blowin’ in the

wind, la galerie Delphine Courtay

a le grand plaisir de regrouper les

oeuvres de cinq artistes internationaux exposés pour

la première fois à la galerie, à travers une sélection

d’oeuvres de différents mediums, privilégiant les

petits formats, les oeuvres sur papier et multiples originaux.

Les artistes : l’anglais Alan Fears (peintures),

le parisien Ivan Messac (estampes), l’américain Kerry

Smith (peintures) et les allemands Kai Schäfer (photographies),

et Markis Willeke (peintures).

GALERIE DELPHINE COURTAY

120 GRAND’RUE – STRASBOURG

delphinecourtay.com

LAURE DIEBOLD, MARIE HACKIN,

HÉROÏNES OUBLIÉES

JUSQU’AU 19 SEPTEMBRE 2020

1038 compagnons de la Libération.

6 femmes. Une Mosellane,

une Alsacienne. Mais qui connaît

les noms de ces deux résistantes hors du commun

? Laure Diebold, l’alsacienne, Marie Hackin,

la mosellane, toutes deux distinguées de la plus

haute médaille de la Résistance française : la Croix

de la Libération. Ces deux femmes ont connu un

destin incroyable, et pourtant sont rapidement

tombées dans l’oubli. Pour les faire revivre et

entretenir leur mémoire, le Mémorial Alsace-Moselle

organise l’exposition : Laure Diebold, Marie

Hackin, héroïnes oubliées.

MÉMORIAL DE L’ALSACE-MOSELLE

CHAUFFOUR - SCHIRMECK

memorial-alsace-moselle.com

UCHRONIES DE BENOÎT DE CAR-

PENTIER

JUSQU’AU 27 JUIN 2020

Benoît de Carpentier, diplômé des

art décoratifs de Strasbourg, est

un artiste qui a produit de nombreuses

expositions depuis la fin des années 90.

Son travail photographique mêle onirisme et

réalité, il aime questionner le statut de l’image

dans son rapport à la peinture, en produisant

des hybrides mis en scène qui détournent les

peintures originelles pour y adjoindre un détail

anachronique. Le trouble qui en résulte oblige

le spectateur à s’immiscer dans cet espace nouveau.

Ainsi, il a pu revisiter des peintures érotiques

chinoises du 17ème siècle ou des peintures

flamandes, en créant un nouveau point de

vue, en racontant une autre histoire. Le travail du

plasticien est également imbibé de nombreuses

scènes religieuses, des contes et légendes qu’il

réinterprète avec une touche d’humour.

GALERIE LA PIERRE LARGE

25 RUE DES VEAUX - STRASBOURG

galerielapierrelarge.fr

EXPOS

COZE.FR • #COZEMAG 77


débords de 5 mm (pas de texte, ni d’information)

> format avec débords : 110x158 mm

>format fini : 105x148 mm

Fichiers à fournir au format 110x158 mm

JPEG, PSD, PDF haute définition/300 dpi

sans repères ni traits de coupe.

Attention : éviter de mettre du texte,

des informations importantes dans

la zone grise.

LES AVIONS JOUETS

MUSÉE DU JOUET

40 RUE VAUBAN - COLMAR

museejouet.com

débords de 5 mm (pas de texte, ni d’information)

EXPOSITION

DU 16.10.19

AU 20.09.20

PUB PAGE DROITE COZE

HISTOIRE

HISTOIRE D’AVIONS

JUSQU’AU 20 SEPTEMBRE 2020

L’exposition temporaire Histoire

d’Avions propose un voyage dans

débords de 5 mm (pas de texte, ni d’information)

d’AVIONS

l’univers fascinant de l’aéronautique,

grâce à des avions-jouets

mythiques et insolites. Témoin d’une époque et

DE 1908

À 1976

des avancées techniques et technologiques, les

jouets exposés retracent de manière chronologique

l’histoire de l’aviation civile. À partir de 1908 et les

premiers pionniers de l’aviation jusqu’en 1976 et

le Concorde, Histoire d’Avions est un ticket assuré

pour l’aventure et le voyage. Grâce à une collection

privée de plus de 200 jouets, le parcours de

visite est une invitation à découvrir une époque

d’inventeur, d’aventurier et de héros. L’occasion de

se rendre compte que cette invention majeure du

XXème siècle a été suivie pas à pas par les fabricants

de jouets. Des machines volantes aux dirigeables

en passant par les premiers « fous volants » comme

Farman ou Blériot puis les aventuriers disparus

comme Mermoz ou Saint-Exupéry et pour terminer

par l’essor du transport aérien, cette exposition est

l’occasion d’un voyage en trois étapes pour découvrir

l’aviation de commerce et de transport.

MUSÉE DU JOUET

40 RUE VAUBAN - COLMAR

museejouet.com

HAGUENAU LIBRE ! HAGUENAU

VAILLANTE !

JUSQU’EN DÉCEMBRE 2020

16 mars 1945, Haguenau est libre !

Les Haguenoviens expriment

leur joie pour oublier un peu, se

recueillent pour ne pas oublier. L’aide de deux

peuples arrive par-delà les mers. La ville se

redresse, se reconstruit, s’agrandit. Haguenau

est vaillante ! Découvrez ou redécouvrez l’exposition

temporaire Haguenau libre ! Haguenau

vaillante !

MUSÉE HISTORIQUE

1 PLACE CHARLES DE GAULLE - HAGUENAU

ville-haguenau.fr

EXPOS

78 COZE.FR • #COZEMAG

MAGIE RELIGIEUSE ET POUVOIRS

SORCIERS - CROYANCES ET

REPRÉSENTATIONS DE L’INVI-

SIBLE ENTRE RHIN SUPÉRIEUR ET

AFRIQUE VODOU

JUSQU’AU 29 NOVEMBRE 2020

L’exposition Magie religieuse et pouvoirs sorciers

sonde la magie et ses acteurs, du Rhin supérieur

à l’Afrique vodou et déconstruit une réalité composée

d’une multitude de pratiques et de croyances

à travers le temps et les continents. L’exposition

temporaire, conçue par l’équipe du Château Vodou,

sera proposée pour la première fois dans l’histoire

du musée, en français et en langue allemande.

CHÂTEAU VOUDOU

4 RUE DE KOENIGSHOFFEN - STRASBOURG

chateau-vodou.com

GESTES ET SAVOIR-FAIRE

DU 15 JUIN AU 1ER NOVEMBRE 2020

Le musée Lalique propose cet

été une exposition inédite sur

les savoir-faire en faisant appel

à la photographe Karine Faby.

Ce sont des triptyques qui sont proposés avec

une personne, un geste, un outil. De courtes

interviews accompagnent les photographies

pour compléter le contexte et mieux comprendre

la diversité des postes au sein de la

cristallerie. Parmi tous les métiers de la manufacture,

ce sont 28 postes qui ont été retenus

pour montrer la diversité du travail dans la

manufacture : le verrier à chaud bien sûr mais,

aussi le travail des pots en terre réfractaire, la

fabrication des moules, la retouche, le décor,

la signature, la cire perdue, la logistique… À

chacun un savoir-faire particulier qui permet,

quand ils sont tous assemblés, de créer des

pièces exceptionnelles à Wingen-sur-Moder

pour qu’elles partent ensuite, pour faire rêver,

dans le monde entier.

MUSÉE LALIQUE

40 RUE DU HOCHBERG – WINGEN-SUR-MODER

musee-lalique.com

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