Haiti Liberte 3 Juin 2020

haitiliberte

Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020

Kowonaviris la se yon

opòtinite pou agrikilti an

Ayiti. Sa n ap fè ak sa?

Page 6

PONT -ROUGE, 214 ANS

D’ASSASSINATS ET DE

COVID-19 in Haiti, Ongoing Instability,

and the Dangers of Continued

U.S. Deportations

Page 9

MASSACRES

In memoriam Alain

Philoctète

Blessures d’exil et

luttes d’émancipation

Page 7

Voir page 4

Encore, et encore du sang au Pont Rouge. Un massacre vient d’être perpétré le dimanche 24 mai 2020, où des

pauvres gens ont été tués par des bandits armés

MAXINE WATERS PARLE D’HAÏTI

COMME D’UNE COLONIE US !

Les Etats-Unis,

le vrai Pirate des

Caraïbes

Page 10

Voir page 4

Maxine Waters du Congrès américain visitant l’hôpital Nos Petits Frères et Sœurs en compagnie de l’ambassadeur

des Etats-Unis en Haïti Michele B. Sison et de l’acteur bien connu Danny Glover

Martinique :

destruction

des statues

de Victor

Schœlcher

Page 17


Editorial

Tous unis contre le capitalisme !

Par Berthony Dupont

Les événements qui font l’actualité aux Etats-Unis allant

jusqu’à conduire au second plan la pandémie de la

Covid-19 nous ramènent à une autre phase de l’antagonisme

historique entre la classe capitaliste et celle des travailleurs.

Le système capitaliste dicte sa loi et sa volonté tout en

semant la destruction et la désolation au sein des masses.

Ci-après l’esclavage, ce système est saturé de cimetières

d’assassinats, de ruelles encombrées de cadavres, d’images

d’hommes, de femmes et d’enfants abattus comme des

arbres.

C’est la dictature capitaliste. Elle s’accompagne toujours

d’une politique de répression expéditive marquée par

des assassinats de façon à contraindre les travailleurs à la

soumission et à tenir en respect la classe ouvrière locale.

En effet, l’offensive lancée par les travailleurs aux

Etats-Unis particulièrement à Minneapolis pour dénoncer

et riposter sans désemparer contre l’assassinat de George

Floyd n’est guère une grande première. Cependant, les travailleurs

doivent savoir que ce qui s’est passé le 25 mai aux

Etats-Unis se passe quotidiennement en Palestine occupée,

un peuple assiégé par les racistes Israéliens. Tout comme

en Haïti et dans beaucoup d’autres pays où les travailleurs

luttent pour une amélioration de leurs conditions de vie, les

bras armés du système, en l’occurrence les militaires, les

policiers ou même des bandits sont devenus incontrôlables

à la solde d’une classe dominante sanguinaire et barbare.

C’est un déséquilibre social qui continuera à bloquer

les aspirations humaines quelle que soit votre origine,

empêchant aux peuples de toutes les races à mener une

vie normale et décente. Aux Etats-Unis les afro-américains

paient les frais de la violence offensive du système capitaliste,

c’est une stratégie méticuleusement élaborée pour

évacuer les travailleurs de la lutte de classe. Cette opération

visait à nous dresser les uns contre les autres de sorte que

le système d’exploitation règne en maitre et seigneur sur

la classe ouvrière.

Combien de gens en un clin d’œil ce système est-il

en train d’assassiner par la faim, la misère et la maladie

sans oublier les conséquences désastreuses des blocus sur

les médicaments et aliments contre Cuba, le Venezuela, la

Syrie et l’Iran pour ne citer que ceux-là ?

Cette démonstration de force des travailleurs américains

dépasse la connotation simpliste de race pour s’étendre

vers les racines du mal. Bravo ! Si la lutte a pris nettement

et certainement son ampleur de classe, voilà pourquoi,

tous sont unis dans les rues aux Etats-Unis, au Canada,

en France, au Belgique, en Allemagne, en Angleterre et

partout dans le monde les peuples sortent de leur silence et

crient leur colère contre l’acte policier barbare du système

capitaliste.

Nous, les travailleurs, engageons-nous davantage

dans ce processus de défendre les masses ouvrières de

toute la planète. Le racisme qui sévit ne finira que par une

lutte de libération nationale.

Alors, laissons la lutte raciale aux assassins du système

!

La signification de cette mobilisation mondiale est importante

mais elle n’est pas suffisante pour accentuer le

clivage et aiguiser les contradictions qui n’ont jamais cessé

d’exister entre les dominants et les dominés, les exploiteurs

et les exploités.

En vérité, tout dépendra des rapports de force et le

système peut se régénérer au sein même de ce mouvement.

Déjà, ce que tentent maintenant certains politiciens

partisans du statu quo est d’orienter cette révolte vers les

prochaines élections présidentielles aux Etats-Unis, comme

quoi un vote entre Donald Trump et Joe Biden pouvait

faire une quelconque différence.

Ce calcul vient de la mamelle pourrie du système capitaliste

en putréfaction qui fait feu de tout bois pour retourner

au calme. Rejetons-nous donc en bloc les deux têtes

du système d’oppression car le problème fondamental à

résoudre n’est pas le racisme, mais le système qui l’enveloppe,

le laboratoire qui le conçut.

La solution est avant tout politique, cessons donc de

tourner autour du pot. Ce système doit être démantelé ou

détruit ! Autrement, le sang continuera à couler de plus

belle et le cycle de violence poursuivra indéfiniment sa

course contre les minorités pour leur faire courber l’échine.

Les dirigeants américains menacent de déclencher

une répression aveugle sur les manifestants. Dans son

ensemble, les travailleurs ne doivent pas se laisser faire.

Ils doivent résister tout en tirant leçon des lacunes de la

mobilisation pour éviter l’expérience négative qui a été fait

au mois de Juillet 2018 en Haïti.

De sorte que nous soyons tous unis contre notre

ennemi historique : la classe capitaliste. Il est temps que

les masses unies contre l’injustice et l’exploitation, de ne

plus sous-estimer leurs capacités, car leurs forces peuvent

déplacer des montagnes.

Il suffit de combler l’absence d’une structure révolutionnaire

capable d’orienter le combat et cimenter l’unité de

la classe ouvrière internationale dans la perspective d’une

lutte organisée pour l’édification d’une société socialiste.

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020


Haïtiens, à vos masques !

Par Jean SAINT-VIL

3 ème partie et fin

Le débat récent sur l’efficacité du port

du masque.

Jusqu’à fin mars, le débat faisait rage sur

l’efficacité du port du masque dans de nombreux

pays dans le contexte de l’extension spectaculaire

du coronavirus.

2.1 Les positions initiales des grandes

puissances

La position de l’OMS, des États-Unis, de la

France et du Canada entre autres a été pendant

longtemps la même à peu de différences près, ne

reconnaissant aucune efficacité quant au port du

masque, pour la protection des personnes saines.

Plus d’une autorité dans les grands pays ont déclaré

à plusieurs reprises que les masques ne sont

utiles que pour éviter les projections contre l’entourage

et non pour se protéger soi-même d’une

contamination.

La France a longtemps recommandé le

port du masque uniquement pour les personnes

ayant séjourné dans les zones identifiées « à risque

» — la Chine, Singapour, l’Iran, la Corée du

Sud ; la Lombardie, la Vénétie en Italie — et ce

« pendant les quinze jours suivant leur retour ».

Le port du masque sanitaire « est également plus

que recommandé pour les malades afin d’éviter

la diffusion [cela s’entend de la contagion des

personnes] de la maladie par voie aérienne », a

poursuivi M. Véran, « pour lequel l’efficacité des

masques n’est pas démontrée ».

De son côté, Jérôme Salomon, le directeur

général de la santé en France avait indiqué

qu’« on n’est pas dans un virus qui flotte dans

l’air » mais qui « se transmet par les personnes

qui éternuent, qui se mouchent et qui vous serrent

la main, donc c’est vraiment du contact ».

2.2 L’évolution de la position des gouvernements

depuis l’aggravation de la crise

du coronavirus

Début mars, le gouvernement français a

légèrement changé ses recommandations en

préconisant le port du masque uniquement pour

les personnes présentant des symptômes suite à

une déclaration du directeur du Centre chinois de

contrôle et de prévention des maladies qui avait

expliqué que « la grande erreur aux États-Unis et

en Europe, à son avis, est que les gens ne portent

pas de masque ».

Avec l’aggravation de la pandémie, on a

noté au tout début avril une inflexion de la part

des scientifiques du gouvernement américain

ainsi que de l’Académie de médecine en France,

qui ont estimé que le nouveau coronavirus est

sans doute transmis par les gens lorsqu’ils parlent

et respirent. D’où la recommandation faite

aux Américains y compris par Donald Trump « de

se couvrir le visage hors de chez eux, pour aider

à freiner les contagions ». Dès lors, la question

des masques était devenue une question centrale

au point que certains parlent de plus en plus de

masques anti-coronavirus ou de masques anti-virus,

sans que personne n’en sache vraiment

à l’heure actuelle l’efficacité.

Cependant, plusieurs pays, notamment des

pays d’Europe centrale (Autriche, République

Tchèque, Slovénie), et même certaines autorités

municipales avaient entre temps imposé au mois

de mars le port du masque. L’un des derniers

Des Travailleurs de la Santé

Dossier Dermalog : L’OCNH a porté plainte

pays à généraliser le port du masque avant l’écriture

de cet article : la République de Guinée (le

13 avril 2020).

En conséquence, la demande de masques

est devenue incontrôlable dans le monde et il est

de plus en plus difficile, voire impossible, d’en

trouver actuellement sur le marché international.

Des bagarres ont plus d’une fois éclaté entre les

demandeurs devant les pharmacies en Europe.

De même, les prix des masques de protection

respiratoire ne cessent de s’envoler. Si les

masques chirurgicaux demeurent relativement

bon marché, les masques de type FFP sont de

plus en plus chers, leur prix ayant doublé voire

triplé ou plus dans certains pays depuis janvier

2020. D’ailleurs, dans le cas des masques FFP,

plus le degré de filtration augmente, plus le prix

s’élève, jusqu’à plusieurs dizaines d’euros l’unité

en France pour le FFP3.

Finalement, la raison de la réticence de

certains grands pays au port des masques a

été dévoilée par la présentatrice de télévision et

médecin Marina Carrère d’Encausse qui avait

souligné le 1 er avril que les mensonges gouvernementaux

proclamant l’inutilité des masques

étaient justifiés « pour une bonne cause ». « On

a tout fait pour les réserver à ceux qui en

avaient le plus besoin c’est-à-dire au personnel

soignant », avait-elle déclaré lors

de l’émission Culture Médias d’Europe 1 ».

Cette fausse information a été diffusée

pour éviter que la population « se rue dans les

pharmacies pour acheter des masques » afin

que le personnel médical puisse profiter du stock

existant.

On voit donc que le débat sur l’efficacité

du port du masque n’était pas facile à trancher.

D’ailleurs, un essai clinique en 2015 avait révélé

que les masques en tissu ne filtraient pas les virus

de la grippe et augmentaient en fait le taux

d’infection chez les travailleurs de la santé et que

les masques chirurgicaux FFP2 ou N95 ne bloquaient

pour leur part qu’un peu plus de la moitié

des particules virales.

Toutefois, à l’heure actuelle, il existe un

consensus, sur la nécessité du port du masque

parce que les scientifiques comme le docteur K.K.

Cheng, directeur de l’Institut de recherche appliquée

en santé de l’Université de Birmingham

au Royaume-Uni, pensent qu’« avec ce coronavirus,

c’est que certains patients commencent à

répandre le virus et deviennent infectieux, avant

même d’avoir des symptômes ».

Comme pour couronner le tout, le Président

français, a annoncé dans son discours du 13

avril que chaque Français disposera d’un masque

de protection « masque grand public » à partir du

11 mai, c’est-à-dire à partir du déconfinement.

Fin du débat sur le masque. On peut dire désormais

que les masques sont démasqués. Tous les

masques que l’on porte lors de la crise du coronavirus

sont désormais considérés comme masque

de protection respiratoire.

Le problème des masques dans les relations

internationales

En raison de l’ampleur de la crise sanitaire

actuelle, les relations internationales sont de plus

en plus impactées par l’explosion de la demande

de masques dans le monde.

suite à la page(4)

Par Me Camille OCCIUS

L

’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle

Haïti (OCNH) fidèle à ses valeurs fondatrices

a toujours milité pour l’établissement

d’une Haïti prospère, juste et égalitaire. Consciente

que la corruption est la mère de tous les

maux qui rongent la société haïtienne, l’OCNH a

pris l’engagement de la combattre.

Soucieuse de faire respecter les principes

établis, l’organisation de promotion et défense

des droits de la personne humaine s’est assignée

la mission de contribuer à l’établissement

de l’Etat de Droit en Haïti. Convaincue que personne

n’est au dessus de la loi, elle veille au

strict respect des normes par tous les citoyens.

Face à l’évidente violation des principes de passation

de marché, ayant connaissance des conclusions

préliminaires du rapport de la commission

éthique et anti-corruption du Sénat de la

République et des avis défavorables émis par la

Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux

Administratif, l’OCNH s’est engagé à faire entendre

raison aux autorités haïtiennes qui ont

cherché à imposer une carte illégale produite par

la « firme allemande » connue sous le nom de

DERMALOG.

Dans le strict respect de la méthodologie

d’intervention des organisations de promotion

et défense des droits de l’homme, l’OCNH a entamé

diverses actions pour faire entendre raison

aux dirigeants haïtiens. Ayant épuisé les voies

administratives et l’Etat n’ayant pas stoppé

toute opération relative à ce contrat ce malgré

une sommation de l’OCNH, aujourd’hui l’organisation

va saisir la justice haïtienne.

Elle annonce donc à la population haïtienne

en général, la presse en particulier, que le

mardi 2 juin 2020 à 11 heures du matin, elle

portera plainte contre le Ministère de la Justice et

de la Sécurité Publique, le Ministère des Finances

et l’Office National d’Identification, agissant

respectivement au nom de l’Etat haïtien et de

l’ONI. L'ancien Ministre de la Justice, le sieur

Heidi FORTUNE, l’ancien Ministre des Finances

d’alors, le sieur Jude Alix Patrick SALOMON

et le Directeur Général de l’ONI, le sieur Jude

Jacques Elibert et consorts agissant en dehors de

leur champs de compétence, sont visés aussi par

cette action en justice.

Delmas, 1er juin 2020

Me Camille OCCIUS

Coordonnateur Général

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, après examen sur les conclusions du Ministère public, maintient

le défaut octroyé contre le sieur Aurel FRANÇOIS à l'audience précitée; pour

le profit, déclare fondée la dite action, admet en conséquence le divorce de

la dame Naomie ORGELLA d'avec le sieur Aurel FRANÇOIS pour incompatibilité

de caractère. Prononce en conséquence la dissolution des liens matrimoniaux

ayant existé entre les dits époux ; Ordonne à l’officier de l'état de

la commune de Port-de-Paix de transcrire sur les registres à ce destinés le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des

quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages envers les tiers

s'il y échet Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me Max Wilbert JOSE Avocat doyen du

tribunal Civile de première instance, en présence de Me. Bertin VITAL .Av.,

Substitut commissaire du gouvernement de ce ressort avec l'assistance du

greffier, Me. Thony CHARLES de ce jour du vendredi vingt trois août deux

mille dix neuf, An 216ème de l'indépendance. Il est ordonné.........etc........

En foi de quoi........etc

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen sur les conclusions du Ministère public

maintient le défaut octroyé contre le défendeur, à l'audience

précitée; pour le profit déclare fondée la dite action , Admet en

conséquence le divorce de Pitepcia LAGUERRE d'avec Mikenson

DELVA, pour injures graves, et publiques; prononce en conséquence

la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre les dits

époux; Ordonne à l'officier de l'état civil de la commune de Cavaillon

de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du

présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens

s'éditant à la capitale sous peine de dommages envers les tiers

s'il y échet, Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Jean Emmanuel ZÉPHYR juge

en audience civile ordinaire et publique en date du vingt quatre

octobre deux mille dix neuf en présence de Mr Vanna MANE, substitut

du commissaire du gouvernement de ce ressort avec l'assistance

du greffier Me Jean Claude NOVEMBRE. Il est ordonné. ......etc.......

En foi de quoi.......etc....

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, sur les conclusions du Ministère public, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse, admet le divorce de Jean

Clarel CLEUS avec son épouse née Rose Sherley ETIENNE pour

injures graves et publiques ; prononce la dissolution de leur

mariage ; Ordonne à l'officier de l'état civil de la Section Sud'Est

de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à ce destinés le

dispositif dudit jugement et un extrait sera publié dans un quotidien

de la capitale ; commet Canal GABRIEL l'huissier de ce siège

pour la signification de la présente décision. Ainsi jugé et prononcé

par nous Annie FIGNOLE juge en audience civile, ordinaire et

publique du dix neuf mars deux mille vingt en présence de Me

Quebex JEAN substitut commissaire de ce ressort avec l'assistance

de Mozart TASSY, greffier du siège. Il est ordonné etc... En

foi de quoi etc... Junior BLAISE Av.

PAR CES MOTIFS

LeTribunal, après avoir délibéré au vœu de la loi, statuant publiquement, au

nom de la république et à charge d'appel ; Accueille l'action du demandeur

Drix Charlot en la forme pour être juste et fondée ; Maintient le défaut octroyé

à l'audience contre la partie défenderesse, constituée de Thirogène Gerald,

Jean Noël et leur avocat Me Jorel Lubin ;Déclare illégale l'opposition faite à

l'opération d'arpentage du sieur Drix Charlot tenue sur sa Possession sise à

l'habitation Islet, Section des Sarrazins, commune de Mirebalais, le 07 Août

2019 ; Ordonne en conséquence, la poursuite de ladite opération d'arpentage

là où elle a été interrompue ; injonction formelle aux cités de ne plus troubler

à l'avenir la possession du demandeur ; Condamne solidairement les cités

Thirogène Gerald et Jean Noël à quinze mille gourdes (15,000) de dommages

intérêts en réparation des préjudices injustement causés au demandeur ;

commet l'huissier Jorel Constant de ce siège pour la signification de la présente

sentence ; Condamne les cités Thirogène Gerald et Jean Noel aux frais et

dépens de l'instance. Ainsi jugé et prononcé par nous Me Drixnel THELEMAQUE,

juge en audience civile et publique du jeudi dix neuf (19) Mars 2020 An

217ème de l'indépendance, avec l'assistance du citoyen Jean Ilvelt Marcellus,

greffier du siège. Il est ordonné......etc....... En foi de quoi......etc...... Me

Drixnel THELEMAQUE. Juge de paix suppléant.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen, et sur les conclusions du Ministère Public,

maintient le défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée,

pour le profit déclare fondée la dite action. Admet en conséquence le

divorce de Jean Ken SAINT LOUIS d'avec son épouse née Marie Edith

DESMOULIN, pour injures graves et publiques. Prononce la dissolution des

liens matrimoniaux existant entre les dits époux ; Ordonne à l'officier de

l'état civil de la Section sud de Port-au-Prince, de transcrire sur les registres

à ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré

dans l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s'il y échet. Commet l'huissier Clerbrun FAURE de ce

siège pour la signification de ce jugement. Compense les dépens. Ainsi jugé

et prononcé par nous, Annie FIGNOLE, juge en audience civile et publique

de ce jour onze juillet deux mille dix neuf en présence de Jean Rolex

MEROVE, substitut commissaire du gouvernement de ce ressort avec l'assistance

du greffier TASSY MOZART.

Me Jacques A. AUGUSTIN, Av

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, sur les conclusions conformes du Ministère public. Se déclare

compétent, maintient le défaut octroyé contre l'assigné Edy Tropnas pour

faute de comparaitre : Au fond accueille l'action en tierce opposition

intentée par la requérante. Fait défense d'exécuter au jugement du vingt

trois mai deux mille dix huit contre elle rendu par le tribunal de première

instance D'Aquin en ses attributions civiles. Reconnaît que l'assigné est en

faute pour avoir préjudicié le droit de la requérante, en conséquence,

condamne l’assigné à deux cent cinq mille gourdes de dommages intérêts

pour les préjudices qu’il a causées à la requérante. Le condamne enfin aux

frais et dépens de la procédure. Commet Michaud Menace pour la signification

du présent jugement.

Ainsi jugé et prononcé par nous Wadson BROWN, juge, en audience

publique du jeudi quatre juillet deux mille dix neuf, An 216ème en

présence de Me Aldrain Joassaint, substitut commissaire du gouvernement

de ce ressort avec l'assistance du citoyen Jean Claude Novembre Greffier.

Il est ordonné.....etc..... En foi de quoi.....etc.....

Jean Claude Novembre, greffier.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen et sur les conclusions du Ministère public,

maintient le défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience

précitée, pour le profit déclare fondée la dite action. Admet en

conséquence le divorce de Georges DATILUS d'avec son épouse née

Luciana FLORISMA, pour abandon du toit marital. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux existant entre les dits époux ; ordonne à

l'officier de l'état civil de la commune de Saint Marc de transcrire sur

les registres à ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un

extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous

peine de dommages intérêts envers les tiers s'il y échet. Compense les

dépens. Ainsi jugé et prononcé par nous, Gabnel FRANÇOIS, juge en

audience civile et publique en date du huit mars deux mille dix sept

en présence de Me Grand Pierre ESTIME, substitut commissaire du

gouvernement avec l'assistance du greffier Feronel FILS AIME. Me

Vincent CADET, avocat

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen sur les conclusions du Ministère public, maintient

le défaut octroyé contre le sieur Wilsot JOSAPHAT à l'audience précitée,

pour le profit déclare fondée la dite action, admet en conséquence le

divorce de la dame Ginette CORGELAS d'avec Monsieur Wilsot JOSAPHAT

pour abandon du toit conjugal. Prononce en conséquence la dissolution des

liens matrimoniaux ayant existé entre les dits époux ; ordonne à l'officier

de l'état civil de la commune de Port de Paix de transcrire sur les registres

à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré

dans l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages

envers les tiers s'il y échet. Compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par

nous, Me Louis Marie Yves PERICLES,Av. juge en audience civile, ordinaire et

publique en date du jeudi dix neuf juin deux mille dix neuf, en présence de

Me. Bertin VITAL, A. Substitut commissaire du gouvernement de ce ressort,

avec l'assistance du greffier Mme Starline DELVARICE Il est ordonné etc......

En foi de quoi......etc.. Me. Theoric CETOUTE officier de l'état civil de Port

de Paix

Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

3


Maxine Waters parle d’Haïti

comme d’une colonie US !

Pont -Rouge, 214 ans

d’assassinats et de massacres

Par Isabelle L. Papillon

Suite de la page (3)

.1 La guerre des masques

Le premier aspect en ce qui concerne

les relations internationales est

ce que l’on peut appeler la guerre des

masques, qui elle-même se double

d’une guerre des prix.

Plusieurs pays se sont plaints

au cours des deux derniers mois de

voir que les masques qu’ils avaient

commandés auraient été revendus au

plus offrant alors que les stocks s’apprêtaient

à quitter la Chine qui est

quasiment le plus grand fournisseur

de masques dans le monde et dont la

capacité de production est de 110 millions

d’unités par jour, soit près de 400

milliards de masques par an.

Il a été signalé aussi que les

États-Unis avaient racheté au comptant,

trois fois le prix, un stock de

masques destinés à la France directement

sur le tarmac de l’aéroport chinois

d’où la commande devait partir.

De même, au cours du mois

de mars, une cargaison de masques

achetée pour le Québec, qui transitait

par l’Europe, serait étrangement arrivée

plus petite que prévu.

Cette guerre des masques est

même parfois alimentée directement

par certains gouvernements qui veulent

prendre la mainmise sur le matériel

médical, surtout sur les masques FFP2

ou N95. L’entreprise 3M avait révélé

l’existence d’un ordre venu de la Maison-Blanche

le 2 avril l’enjoignant

de cesser de vendre au Canada et en

Amérique latine.

En conséquence, les méthodes

d’acquisition des masques de protection

respiratoire ont été modifiées. Certains

pays comme la France qui, il y a peu,

achetaient en Chine ses masques en

trois versements, ont pris la décision de

régler les commandes en une seule fois

et en gonflant leurs prix pour ne plus se

les faire souffler par un autre pays, notamment

les États-Unis. Car à l’heure

actuelle, « tous les coups sont permis

entre les pays pour s’approvisionner »

comme l’avait souligné le journal Le

Parisien dans son édition du 3 avril

2020.

3.2. La diplomatie des masques

Parallèlement à la guerre des masques

Maxine Waters du Congrès américain et l’ambassadeur des Etats-Unis en

Haïti Michele B. Sison

Le jeudi 28 mai dernier, la congresswoman

des Etats-unis Maxine

Waters dans une correspondance

adressée à l’ambassadeur des Etats-

Unis en Haïti Michele B. Sison n’a pas

manqué d’exprimer son vrai visage

de fille d’un pays colonisateur. Tout

comme Trump l’aurait fait, concernant

Haïti, elle s’est adressée sans aucune

retenue à Sison comme si l’ambassadrice

était la gouverneure d’un

pays représentant une des étoiles du

drapeau américain symbolisant par là

qu’il fait partie des 52 Etats des Etats-

Unis.

« Je vous écris pour vous encourager

à utiliser votre grande connaissance

et expérience en Haïti pour

empêcher que le pays ne s’enlise dans

la spirale du chaos et de la violence ».

Elle continue dans sa missive

pour lui dire : « En tant qu’ambassadeur

des Etats-Unis, c’est votre responsabilité

de développer de bonnes

relations dans le pays d’accréditation.

Les Etats-Unis ne peuvent pas avoir

de bonnes relations avec les pays qui

ne respectent pas le règne du droit

et les dispositions internationales en

matière des droits humains. Vos connaissances

sur Haïti et votre longue

carrière de diplomate à travers le

monde vous placent en bonne position

pour promouvoir le respect du règne

du droit et les droits de l’homme »

Quelle arrogance de Maxine Waters

! N’est-ce pas passer des ordres à

l’ambassadeur de sorte qu’elle vienne

mettre de l’ordre chez les esclaves haïtiens

? N’y-a-t-il pas dans ses propos

une allure de colons passant des ordres

à son commandeur ou sa gouverneure

en place pour venir fouetter ses

sujets ?

Voilà une députée démocrate,

qu’on dit être très hostile vis-à-vis

Trump mais qui en fait lui est semblable

dans l’exercice des fonctions allant à

la défense des intérêts de l’impérialisme

américain. C’est le propre de ses

libéraux démocrates américains de se

montrer plus concernés, plus sensibles

sur le sort des haïtiens que les haïtiens

eux-mêmes. Faux ! N’est-ce pas une

façon de tromper les naïfs et cette position

hypocrite est pire que celle, ouverte,

d’un républicain dans la lignée

réactionnaire de Donald Trump.

Ce n’est pas la première fois

que cette fille du système de violence,

d’oppression envers les peuples qu’il

exploite jette des larmes de crocodile

sur le sort du peuple haïtien, tout en

trinquant avec les auteurs de la déstabilisation

et de la destruction du pays.

Rappelons à la congresswoman

que tout ce qui est arrivé à Haïti

se déroule aussi une diplomatie des

masques. Il s’agit d’une tradition

qui s’est développée à la faveur des

épidémies qui ont éclaté dans le monde

depuis le début de ce siècle. Lors de la

survenue de la grippe H1N1 en 2009-

10 qui avait provoqué 284 500 morts

dans le monde dont 16 931 confirmés

par des analyses de laboratoire, de

nombreux pays avaient envoyé de

l’aide médicale à d’autres États.

Mais c’est surtout pendant la

pandémie du Covid-19 que la diplomatie

des masques s’est renforcée. Au

cours du premier trimestre de 2020,

la Chine avait reçu l’aide de plusieurs

pays pour contrer le fléau qui ravageait

Wuhan. Alors, le Canada avait fait

don à l’Empire du milieu de 16 tonnes

de matériel de protection au mois de

février dont des masques de protection

respiratoire.

Il en a été de même de la France

qui avait le même mois expédié 17

tonnes de matériel médical à Wuhan,

la ville chinoise où le virus est apparu

en décembre 2019 (des masques, des

combinaisons de protection, des gants

et des produits désinfectants, etc.) Au

mois de mars 2020, c’est sur l’Italie,

premier pays d’Europe massivement

frappé par la pandémie, que se sont

déversées des quantités impressionnantes

de masques.

À partir du mois de mars, alors

que la Chine commençait à voir de la

lumière au bout du tunnel, elle était devenue

l’épicentre de la diplomatie des

masques envoyant à tour de bras des

experts médicaux et des fournitures

indispensables, comme des masques

et des respirateurs, dans des pays allant

de l’Italie au Pérou. Cependant, de

vives critiques provenant de pays receveurs

de l’aide comme les Pays-Bas,

l’Espagne et la Turquie ont fait état de

la réception d’équipements défectueux

en particuliers de kits de tests de dépistage.

La Russie a aussi joué récemment

le jeu de la diplomatie des masques.

Elle avait en effet fait partir aux États-

Unis le 1 er avril un avion chargé d’aide

humanitaire pour les aider à faire face

à l’épidémie de coronavirus avec à son

bord « des masques médicaux et de

l’équipement médical ».

et qui l’a réduite à cet état déplorable

est l’œuvre avant tout de son pays. En

fait, elle est partie prenante de notre

malheur. Si elle veut bien prendre position

en faveur d’Haïti qu’elle le fasse

à la tribune du Congres américain en

dénonçant son propre pays, l’impérialisme

américain.

Aucun des dirigeants haïtiens

n’a osé élever la voix ; même ceux de

l’opposition qui ne sont que des aspirants

dirigeants n’ont pas soulevé la

moindre remarque. Aucun d’entr’eux

n’a rien vu d’anormal, c’est déjà la

preuve par quatre, qu’ils sont sous

l’influence des dirigeants américains.

Nous de Haïti Liberté, nous ne

saurions rester indifférents à cette

manifestation d’arrogance de Mme la

députée. Et nous lui demandons, pourquoi

on n’a jamais entendu publiquement

sa position sur les attaques de

son gouvernement à l’égard d’autres

pays de la Caraïbe, particulièrement

Cuba, et du Venezuela.

Cette diplomatie des masques

peut passer à un niveau brutal quand

le Président de la plus grande puissance

mondiale interdit l’exportation

de matériel de protection personnelle,

les « personnel protection equipment »

(PPE) dans les pays d’Amérique latine

et de la Caraïbe.

4 Que faire pour Haïti concernant

le port du masque de protection ?

Puisqu’il semble admis désormais

partout à l’heure actuelle que le port

du masque est essentiel pour protéger

les populations contre le coronavirus et

que c’est l’une des mesures-barrière le

moins coûteuses, il s’avère nécessaire

qu’avant le stade 3 de la pandémie,

sans doute très proche, Haïti s’investisse

massivement dans la généralisation

de cet outil de protection. Mais,

dans quelles limites ?

4.1 Estimation des besoins de

la population en masques de

protection respiratoire

La question se pose de savoir comment

doter tous les Haïtiens d’un masque

de protection respiratoire compte tenu

de l’incapacité de la plus grande partie

de la population à s’en procurer. En

effet, porter même un masque par jour

représente ici une lourde dépense pour

les individus dans un pays où l’OCHA

estimait début mars 2020 que 4,6 millions

de nos compatriotes, soit 40% devaient

recevoir une aide humanitaire.

Parmi ceux-ci, 2,6 millions seraient en

proie à l’insécurité alimentaire aigue.

Déjà en 2015, selon le PNUD, 6

millions d’Haïtiens vivaient avec moins

de 2 dollars par jour, soit 60% de la population

totale d’alors. Étant donné que

la situation socio-économique du pays

s’est cruellement dégradée depuis, il

n’est pas impossible qu’au mois d’avril

2020, ce soit plus que deux-tiers des

Haïtiens qui sont en dessous de ce seuil

de deux dollars au quotidien.

Il reviendra donc à l’État et à

la société civile de se mobiliser pour

fournir à la population le volume de

masques nécessaire à sa protection.

S’il s’agissait de masques jetables, à

raison de 12 millions de masques par

jour, le volume à prévoir pour au moins

deux mois apparait astronomique, soit

720 millions d’unités. Toutefois, de ce

Par Esau Jean-Baptiste

La Maternité Isaïe Jeanty (Chancerelles)

Là où je suis née

Il n'y pas de gare

Il n'y a pas de route

Même pas de trottoir

Là où je suis née

Il n'y a pas de phare

(Paroles de la chanson : Là où je suis

née de Camille Dalmais)

Mais y-a-t-il de plus choquant,

que la situation de Pont-Rouge?

Pont- Rouge la zone abandonnée,

insignifiante, vidée de sa puissance

symbolique historique aux yeux des

potentats, des maires, des députés, de

sénateurs, allant jusqu’au président de

la république, un sanctuaire souillé par

des dirigeants véreux dans un pays ou

l'Etat haïtien, monstre froid de cette île

tropicale, est en mauvais état.

Ruelle Charlotin Marcadieux, Ruelle

Dessalines, Fond Touron, La Saline,

non loin du monument Pont-Rouge, du

Panthéon où veille encore l'âme rebelle

et farouche du Père fondateur de la nation,

les bandits, les malfrats, en collaboration

avec des autorités corrompues,

massacrent, tuent, assassinent, exterminent

le peuple innocent.

Je suis né au Pont Rouge, d’autres

dans les hauteurs de Pétion-Ville,

de Fermathe, de Kenscoff etc. Les situations

socio-économiques depuis l'indépendance

ont créé de folles disparités

économiques et sociales, mais nous

demeurons tous et toutes des enfants

de Jean Jacques Dessalines. De Pont

Rouge, Delmas 2, Rue Saint Martin,

Carrefour Péan, j'ai grandi dans les

ghettos. Vous, dans les palais luxueux

construits avec de l'argent volé dans les

fonds du trésor public par vos parents

et grands-parents qui de génération

en génération continuent d’assassiner

l'idéal de la nation.

Mais, malgré cette haine de

l'âme haïtienne, vous pouvez encore

vous détourner des sentiers obscurs et

ténébreux du crime. Vous êtes encore

des haïtiens. Donc, cessez de faire couler

le sang des gens dans les quartiers

populaires. Progénitures de vipères,

si vous avez reçu l'ordre de tuer par

des hommes politiques et des sultans

économiques sanguinaires du pays,

il est temps de fermer ce robinet de

sang. Car, sous aucun prétexte, il n'est

pas possible qu'un petit groupe de personnes

qui forme la classe dominante

et qui détient toutes les richesses du

pays continue, non seulement à accaparer

toutes les ressources du pays à

leur seul et exclusif profit , mais aussi,

volume on pourrait défalquer de 15 à

20% pour ceux qui pourraient supporter

l’achat de masques sur leurs propres

fonds. Le solde serait alors un volume

d’environ 600 millions de masques

qu’il faudrait distribuer à la tranche incapable

d’acquérir les masques à leurs

propres frais.

L’autre problème, également

difficile à résoudre, serait de rendre

ce volume disponible en cette période

où la pression sur la demande des

masques est extrêmement élevée dans

le monde. Nous avons déjà vu que,

même les grands pays comme la France

et le Canada éprouvent les plus grandes

Pont- Rouge en 2019, la zone

abandonnée, insignifiante, vidée de

sa puissance symbolique historique

par biais de leurs hommes de mains, à

tuer et massacrer les infortunés dans

les quartiers populaires du pays.

Né à la Maternité Isaïe Jeanty

(Chancerelles) sous la dictature des

Duvalier, je ne suis pas plus haïtien

que le président de la République qui

lui à vu le jour dans le grand nord du

pays, loin et très loin des Monuments

de l'Empereur Jean Jacques Dessalines.

Que l'on soit né à Port-au-Prince, Pont-

Rouge, Tiburon, Cerca La Source, ou

Pétion-Ville, nous sommes tous des

héritiers des fondateurs de la nation.

Mais, malheureusement les autorités de

mon pays, de consort avec des bandits

légaux ont le pouvoir de vie et de mort

sur les pauvres gens de Pont Rouge,

Ruelle Charlotin, Ruelle Deschamps,

Fond Touron, La Cour Bayonne, La

Cour Parvée, La Cour Milfort, Ruelle

Desmangle, Rue 9, Ruelle Tokyo etc.

Pont Rouge, là où l'histoire du

massacre se répète.

Encore, et encore du sang au Pont

Rouge. Un massacre vient d’être perpétré

au Pont-Rouge le dimanche 24

mai 2020. Des pauvres gens viennent

d'être tués à Pont Rouge par des bandits

armés où l'histoire semble inlassablement

se répéter du côté Nord de

Port-au-Prince. À travers ce massacre

à Pont-Rouge, c’est le peuple haïtien,

c’est la nation haïtienne, c’est le sacrifice

des ancêtres et du père de la nation

qui viennent encore d'être massacrés et

assassinés.

Esau Jean-Baptiste

difficultés à se faire livrer des masques

sur le marché international.

Une bonne alternative reste

à en faire fabriquer sur place, ce qui

pourrait offrir des débouchés à nos

manufactures et aux organisations artisanales

du secteur textile. Toutefois, il

sera difficile de compter sur les seules

capacités locales pour répondre au volume

de besoins du pays.

Pour ceux qui seraient intéressés

à confectionner individuellement

leurs masques, nous signalons que

les recettes sont légion sur Internet,

qui montrent aussi la manière de les

suite à la page(19)

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020


Twa Fèy, Twa Rasin O!

Que le prix Nobel de la Paix 2020 soit attribué aux

Brigades Médicales Internationales Henry Reeve !

Par Fanfan la Tulipe

« La terre est ma patrie et l’humanité,

ma famille »

Khalil Gibran

César ce qui est à César et aux Brigades

Médicales Internationales

Á

Cubaines Henry Reeve ce qui devrait

leur revenir assurément : le prix Nobel

de la Paix 2020, pour leur extraordinaire,

formidable et inlassable internationalisme

médical applaudi à travers

le monde entier. Le travail humanitaire

spectaculaire accompli par les blouses

blanches cubaines remonte à 1963

quand La Havane avait envoyé en Algérie

à peine indépendante sa première

« brigade médicale cubaine en mission

internationale ».

Cinquante-sept ans plus tard,

dans le cadre de la terrible pandémie

COVID-19, Cuba a offert les services de

ses brigades médicales, dès le début, à

plus de vingt pays. Ainsi, il a accouru

en Italie massivement frappée par

le fléau, pays plus riche que lui ; il lui

a offert, comme aux autres pays, une

assistance médicale gratuite, allant

dans le sens de sa proverbiale entraide

internationaliste, sans demander aucun

« échange politique ».

L’équipe médicale composée de

36 médecins, 15 infirmiers et un administrateur

a été envoyée en Italie,

au mois de mars, à la demande des

autorités sanitaires de la Lombardie,

la région italienne qui compte le plus

de victimes. Elle devait rester au pays

au moins trois mois sur place. « Nous

avons tous peur, mais nous avons un

devoir révolutionnaire à remplir, alors

nous mettons la peur de côté », a eu à

déclarer Leonardo Fernandez, spécialiste

en soins intensifs, lors d’une cérémonie

qui s’était déroulée à la Havane

avant le départ du contingent médical.

Cette équipe de médecins cubains

dépêchés en Italie, il faut le souligner,

avait déjà eu l’expérience d’épidémies

causée par des virus extrêmement

dangereux. Ainsi, trente des membres

de la Brigade Henry Reeve avaient

été mobilisés, en 2014, pour lutter,

avec succès, contre l’épidémie d’Ebola

en Afrique de l’Ouest. Cuba a été

le premier pays à répondre à l’appel

urgent de l’ONU et de l’OMS pour aider

à combattre ce fléau. Le courage

et les sacrifices des médecins qui ont

affronté cette terrible maladie, dont la

majorité était Cubains, leur ont valu

d’être choisis par la revue Time comme

les personnalités de l’année 2014.

L’arrivée des médecins cubains

a été abondamment saluée en Italie,

selon le journal La Croix du mois de

mars. Ainsi, dans un éditorial pour

La Stampa, l’écrivaine Antonella

Boraveli a écrit : « Les touristes occidentaux

ont visité Cuba avec cette

supériorité, déguisée en empathie qui

se cache derrière des petites phrases

assassines comme : « Regardez comment

vivent ces pauvres gens ». Les

pauvres gens maintenant, c’est nous.

Nous l’Italie, un pays riche. Nous

qui n’avons pas pu arrêter ce virus

à temps (…). Les médecins cubains

qui sont venus risquer leur vie pour

nous ont été salués par des applaudissements,

d’abord incertains puis

écrasants ». Réputés pour leur

compétence, les soignants cubains

ont aussi été appelés à la rescousse

de plusieurs autres pays touchés par

la pandémie : Jamaïque, Chili, Brésil,

Nicaragua notamment. En France

même, des députés de tous bords politiques

ont écrit au premier ministre

Édouard Philippe pour demander en

urgence l’aide des médecins cubains.

C’est donc un travail médical/sanitaire

Arrivée à l’aéroport de Luanda, Angola, de plus de 250 membres, médical

et infirmier, de la Brigade Henry Reeve, en mars dernier, pour aider les

autorités angolaises à combattre l’épidémie de coronavirus.

colossal que les médecins cubains accomplissent

dans le monde.

Vers la fin de 2017, 48 000

coopérants cubains étaient à l’œuvre

dans 66 pays du Sud, soit un nombre

plus élevé que tous les coopérants des

« pays riches » réunis. Au Venezuela,

à cette même date, la coopération cubaine

avait sauvé un million 500 000

vies en douze ans. Durant cette même

année, la Brigade Médicale Cubaine

« Henry Reeve » avait été récompensée

par l’Organisation Mondiale

de la Santé pour les soins prodigués à

plus de 3 millions 500 000 personnes

dans 21 nations. C’est énorme comme

réalisation.

Plus de 4 millions de personnes

démunies de 34 pays, ont été opérées

gratuitement des yeux grâce au programme

solidaire cubano-vénézuelien

« Opération Miracle ». C’est colossal,

magistral, pour un petit pays sous le

coup d’un blocus économique meurtrier

depuis plus de cinquante ans, le plus

long de l’Histoire, par la plus grande

puissance du « monde libre ».

De façon cruellement ironique,

Mario Terán, ancien sous-officier bolivien

à la retraite qui avait reçu l’ordre

de ses supérieurs hiérarchiques

d’exécuter Che Guevara gardé dans

la petite école de La Higuera, a pu

bénéficier du programme « Opération

Miracle », dans son propre pays. Il vivait

dans l’anonymat le plus complet à

Santa Cruz, dans le dénuement le plus

total ; il avait perdu la vue, victime

d’une cataracte qu’il n’avait pu faire

soigner faute de moyens.

Dans son édition du15 mars

2015, Cuba Coopération France rapportait

: « Depuis sa naissance en

2005, à l’initiative du leader historique

de la révolution cubaine, Fidel Castro,

la Brigade Internationale de Médecins

cubains spécialisés en situations de

désastres et de graves épidémies Henry

Reeve, a écrit d’extraordinaires pages

d’amour, de dignité humaine, d’internationalisme.

»

En 2005, cette brigade a soigné

des milliers de Pakistanais victimes du

tremblement de terre au mois d’octobre

et des sinistrés de la saison des

cyclones en Amérique centrale. Les

‘‘blouses blanches’’ de cette brigade,

médecins et infirmiers, sont restés au

Chili durant 8 mois, après le séisme de

2010. Ils étaient arrivés quelques heures

à peine après la demande d’aide

médicale présentée par le gouvernement

chilien

Les coopérants cubains ont été

les premiers à être arrivés et les derniers

à quitter le Chili. « Ils ont laissé derrière

eux, l’amour d’un peuple qui leur

était reconnaissant de leur dévouement

sans limite et qui ne voulait pas les

voir partir ». En Haïti ils ont livré une

véritable bataille, tout d’abord après

le fort tremblement de terre de 2010

qui a causé quelque 300 000 morts,

puis contre l’épidémie de choléra. Le

président fasciste Bolsonaro du Brésil

qui à son arrivée au pouvoir avait jugé

indésirable la présence de la mission

médicale dans son pays a dû, forcé par

l’expansion incontrôlable du coronavirus,

appeler les médecins cubains à

son secours.

Lors d’une conférence à la Faculté

de droit, en 2003, à Buenos Aires,

Fidel Castro avait affirmé : « Notre

pays ne lance pas des bombes contre

d’autres peuples […] Des médecins et

non des bombes ! » Deux ans plus tard

naissait le Contingent international

de médecins spécialistes des catastrophes

et des épidémies graves Henry

Reeve. Depuis lors, des tremblements

de terre, des cyclones, des pluies torrentielles

et des épidémies ont frappé

des pays de divers continents, notamment

le Pakistan, l’Indonésie, le Chili,

l’Équateur, le Venezuela, la Bolivie, le

Nicaragua, Haïti, le Népal, la Guinée,

le Libéria et la Sierra Leone. Un très

grand nombre des habitants affectés

ont été pris en charge par le Contingent

qui a répondu à l’appel dès les

premiers moments.

Dire que Cuba avait offert les services

de la Brigade Reeves aux États-

Unis lors de la catastrophe climatique à

la Nouvelle Orléans causée par l’ouragan

Katrina. Le gouvernement étatsunien

avait laissé à l’abandon, dans

la plus grande détresse, la population

pauvre, majoritairement noire, de cette

ville. Le Contingent international Henry

Reeve aurait pu être d’un apport inestimable

pour aider à sauver des vies.

Mais, par ignoble, basse mesquinerie

politique et cruelle inhumanité, le

gouvernement étasunien d’alors avait

tragiquement rejeté l´offre de Cuba.

Les coopérants cubains de la

santé ont laissé une empreinte ineffaçable

dans plusieurs pays du monde.

Grâce à leur travail dévoué là où on

a besoin d’eux, au milieu de situations

dramatiques, ils ont sauvé d’innombrables

vies et redonné l’espoir

à de nombreuses personnes. Aussi,

souligne l’association française Cuba

linda, il y a quelques années de cela,

personne n’avait été étonné de la décision

à l’unanimité de la Conférence

annuelle des syndicalistes norvégiens

de proposer comme candidate au prix

Nobel de la Paix 2015, la Brigade Internationale

de Médecins cubains spécialisés

en situations de désastres et de

graves épidémies, Henry Reeve. C’était

dans le contexte de leur présence en

Afrique de l’Ouest pour lutter contre le

virus de l´Ebola.

Cette armée de blouses blanches,

on la voit sollicitée un peu partout,

aujourd’hui engagée dans la bataille

contre le Covid-19 dans divers pays.

Au 1er mai, plus de 1 450 membres

du personnel médical cubain combattent

COVID-19 dans 21 pays: Afrique

du Sud, Angola, Antigua-et-Barbuda,

Barbade, Belize, Cap-Vert, Dominique,

Grenade, Haïti, Honduras, Italie (Lombardie

et Piémont), Jamaïque, Nicaragua,

Principauté d’Andorre, Qatar,

Saint-Christophe-et-Nevis, San Vicente

et les Grenadines, Sainte-Lucie,

Suriname, Togo et Venezuela. Cuba

partage ce qu’elle a, n’attendant rien

en retour, même avec des pays aux

orientations politiques différentes.

C’est parce que son personnel de santé

hautement qualifié sur le plan technique

et professionnel, partage une

noble éthique : défendre la vie humaine.

La communauté internationale

est témoin de la solidarité des professionnels

de la santé qui quittent leur

pays pour fournir des services et partager

des expériences dans d’autres

parties du monde. Á présent, outre

leur mission d’aider à combattre le

COVID-19, les médecins et infirmiers

de Cuba sont engagés dans près de

70 missions dans différents pays du

monde. Aussi de nombreuses associations

en appellent à décerner le prix

Nobel de la paix aux brigades médicales

cubaines du contingent Henry

Reeve, pour leur énorme contribution

à la lutte mondiale contre la pandémie

COVID-19.

Aussi l’initiative de nomination

de la Brigade Henry Reeve pour le prix

Nobel de la paix, qui apparaît dans les

réseaux sociaux depuis mars, s’est

concrétisée dans des groupes d’amitié

et de solidarité avec Cuba tels que l’Association

Cuba Linda, l’Association

France-Cuba et Cuba Coopération de

France ; le Cercle de Granma en Italie

; la page créée dans le réseau social

Facebook, au nom des groupes de

solidarité grecs par l’ami exceptionnel

de Cuba Velisarios Kossivakis, sous le

nom de “Prix Nobel pour les médecins

de Cuba”, qui compte plus de 13 000

adeptes en Grèce et des dizaines de

milliers de messages et d’interactions

; le Comité international pour la paix,

la justice et la dignité du Brésil ; Cubanismo

de Belgique ; le Mouvement

de solidarité et d’amitié mutuelle Venezuela-Cuba

; la Société d’amitié Australie-Cuba,

branche de l’ACFS WA ;

l’Association de solidarité arabe latino-américaine

José Martí du Liban ; et

Madres Sabias d’Espagne.

Ont également signé l’initiative

de nomination de la Brigade Henry

Reeve pour le prix Nobel de la paix

une quarantaine d’organisations européennes.

L’Union départementale de la

CGT des Bouches-du-Rhône, le Comité

de Toulouse France Cuba, pour

l’Espagne, Euskadi Cuba, Cubainformacion.TV,

les communistes de Catalogne

et pour l’Italie, l’Association

nationale d’amitié Italie-Cuba, Cuba

Coopération France, Cuba Si France,

Ardennes-Cuba, Montpellier Cuba Solidarité,

le Cercle Bolivarien de Paris,

le Collectif Alba-France, Les Enfants

de Cuba Marseille, Racines cubaines,

l’ARAC-Cuba-Solidarité, le Groupe

d’amitié France-Cuba à l’Assemblée

nationale et le PRCF-Parti communiste

révolutionnaire de France.

Les Amis de Cuba en Charente-Maritime,

le Mouvement contre

le racisme et pour l’amitié entre les

peuples (MRAP), le Comité parisien de

solidarité avec Lula, le Rassemblement

communiste, et la Cellule du Parti des

travailleurs brésiliens à Paris, le Comité

international Paix, Justice et Dignité

des peuples ; le Groupe de soutien à

Cuba (Irlande) et l’Association valencienne

d’amitié avec Cuba José Marti

(Espagne).

Comme l’a récemment écrit

Salim Lamrani : « Les peuples du Nord

découvrent avec étonnement qu’un

petit pays des Caraïbes, constamment

vilipendé et calomnié par les puissants

pour avoir commis le péché impardonnable

de procéder à une répartition

plus équitable des richesses nationales,

est le leader mondial de la solidarité

médicale avec une présence dans plus

de cinquante pays…[et] la première

puissance au monde en termes de solidarité.

… Ceux qui ont dans le cœur

l’amour pour les opprimés, ceux qui se

préoccupent du sort des pauvres, ceux

qui croient que le bonheur ne peut être

que collectif, méritent la reconnaissance

de l’humanité et le prix Nobel de

la paix. »

Souhaitons vivement que

le prix Nobel de la Paix 2020 soit attribué

aux Brigades Médicales Internationales

Henry Reeve ! ¡ Y qué viva la

Membres de la Brigade internationale Reeves à leur arrivée, le 29 mars

2020, dans la principauté d’Andorre (40.000 habitants). Ils étaient venus

en renfort aider les Andorrans qui avaient connu six morts en moins de

deux semaines

Revolución cubana !

Sources consultées:

David Rodriguez Fernandez.

Cuba, blocus et coronavirus : les

vérités qui blessent et qui sauvent. Le

Grand Soir, 25 mars 2020.

COVID-19: Cuba envoie en Italie

des médecins ayant combattu la

fièvre Ebola. Le Journal de Montréal,

22 mars 2020.

Appel : « Prix Nobel de la paix

pour les médecins cubains ». Pressenza.

24.05.2020

Prix Nobel demandé en France

pour les médecins cubains solidaires.

Prensa latina. 24 avril 2020.

The Nobel Peace Prize Should Be

Awarded To The Cuban Henry Reeve

Brigade. The International Committee

for Peace, Justice and Dignity, COHA.

org. May 29, 2020

Brigade Henry Reeve : des

défenseurs de la vie et de la paix. Cuba

Coopération France. 15 mars 2015.

Milagros Pichardo. Soutien

croissant à la proposition de décerner

le prix Nobel de la paix aux médecins

cubains. Granma 25 mai 2020.

31 mai 2020

Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Kwonik Kreyòl

Kowonaviris la se yon opòtinite pou agrikilti an Ayiti. Sa n ap fè ak sa?

Samuel BELLOT, ING. Agr.

Nou dwe plante manje ki gen sik

kout yo. Sètadi manje ki p ap pran

tan pou yo prè pou nou manje

« Pandemi kowonaviris la dwe

fè nou konprann nesesite pou

fè agrikilti a vinn yon priyorite

»

Pandemi kowonaviris la frape

divès peyi sou latè. Pandemi

a gen gwo konsekans sou anpil

sektè tankou touris, sante, edikasyon.

Mete sou sa, anpil moun

ap pèdi travay e plizyè peyi oblije

fèmen fwontyè yo pou limite pwopagasyon

maladi a. Nan kondisyon

sa a, byen ak sèvis pa rive sikile

ak fasilite nan kontèks mondyalizasyon

an.

Pandemi a gen gwo konsekans

sou Ayiti paske se pwodui

enpòte nou konsome. Alòs, liberalizasyon

mache an montre aklè depandans

peyi Ayiti de kèk lòt peyi.

Kòm konsekans, sa ki vinn lakoz

pri pwodui premye nesesite yo toujou

ap ogmante.

Nan sans sa, pandemi kowonaviris

la dwe fè nou konprann

nesesite pou fè agrikilti a vinn yon

priyorite. Pou fè sa, nou dwe defini

de (2) estrateji: N ap plante manje

kap pare nan yon ti tan tou kout epi

planifye pou annaprè kote leta ap

manyen gwo politik makwo ekonomik

yo.

Pandanmi kowonaviris la

lakoz peyi yo adopte mezi pou

pwoteje lakay yo. Mezi sa yo, vin

gen konsekans sou ekonomi mond

la. Sètadi, ekonomi mond la bese.

Epoutan, genyen nan peyi sa yo,

k ap fè preparasyon pou reponn ak

bezwen popilasyon pa yo pandan

epi aprè kowonaviris la.

Anmenmtan tou, nou konnen

aprè chak kriz toujou gen pwoblèm

lamanjay ak resous. Poutèt sa, bò

kote pa nou Ayiti nou dwe aji sou

agrikilti a pou fè fas ak pwoblèm

sa a. Pandan tout moun fikse je

sou aksyon k ap pran pou konbat

Kowonaviris la, nan lide pou nou

reponn ak pwoblèm la manjay peyi

a toujou ap fè fas la, nou dwe poze

tèt nou kesyon : men se kòman n

ap rive fè sa ?

Pou nou kòmanse, premye

estrateji a n ap priyorize aksyon

nou dwe poze nan agrikilti a. Nou

dwe plante manje ki gen sik kout

yo. Sètadi manje ki p ap pran tan

pou yo prè pou nou manje. Konsa

nap plante kawòt, chou, berejènn,

piman dous ak piman pike, kalalou,

epina, pòmdetè patat elatriye. Nou

kapab fè sa a, lè nou fè jaden prekay

oswa jaden lakou (yon teknik pou

resikle kawotchou).

Konsa tou, nou kapab pwodui

ze ak poul k ap pare rapid, san konte

pwason ki disponib nan lanmè

ak dlo dous. Poutèt sa, Leta dwe

bay asistans ak èd teknik tankou

: entran agrikòl, materyèl idwolik,

materyèl pou lapèch, zouti, semans,

elatriye epi mete fòmasyon,

ankadreman pou agrikiltè ak elvè

yo. Oswa èd finansye tankou: mete

lajan disponib pou finanse agrikilti

a epi tou mete kredi ak yon to ki

ba. San bliye, enfrastrikti ak wout

agrikòl yo. Konsa divès aksyon sa

yo, se priyorite pandan sa poko

grav lakay nou.

Kòman eta agrikiliti a ye nan

peyi Ayiti nan moman sa a ?

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Agrikilti a nan peyi Ayiti gen anpil

kontradiksyon ladan l. Pou nou

kòmanse, kèk moun konsidere

agrikilti a tankou yon potomitan

nan lavi ekonomik ak sosyal peyi

a. Konsa tou, politik piblik yo aplike

nan 30 dènye lane yo neglije

agrikilti a sitou nan aplikasyon

politik neyoliberal yo.

Anmenmtan, nan milye riral

la, kòd lonbrit moun yo chita

nan agrikilti alòske, liberalizasyon

libelibè a pa sispann frape pwodiksyon

nasyonal la. Pandanstan,

nou dwe konprann politik kanpe

lwen k ap aplike nan zòn riral la

demounize moun yo, sa ki lakoz

moun yo ap viv san asistans Leta

a. Ayiti se youn nan peyi kote ensekirite

alimantè an frape plis. Yon

lòt bò, dènye rapò CNSA fè kòm

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Pandemi kowonaviris la dwe fè nou konprann nesesite pou fè agrikilti a

vinn yon priyorite »

pwojeksyon pou mwa mas ak jen

nan lane 2020 an, ap genyen 4.1

milyon moun, kòmsi ou ta di 40

% ayisyen, pral viv nan yon ensekirite

alimantè. Nan eta agrikilti a

nan peyi Ayiti, ki aksyon nou dwe

poze ?

Nan ka sa a , Leta dwe sezi

opòtinite ki genyen nan kriz la.

Dezyèm estrateji a, se kote Leta

dwe manyen gwo politik makwo

ekonomik yo. Leta dwe sezi opòtinite

pou fè yon relans nan sistèm

agrikòl la, fè yon refòm agrè, mete

boutik agrikòl, defini espesyalite

chak depatman pou nou rive

pwodui, ranfòse ak restriktire asosyasyon

peyizàn yo, ankouraje

agrikiltè yo, sòti nan yon agrikilti

otosibzistans pou rive modènize

agrikilti a, mete estrikti pou envestisè

yo envesti nan agrikilti, kreye

yon patenarya piblik/prive, aplike

yon politik restriktiv sou pwodui

enpòte yo, epi redefini oryantasyon

politik ak ekonomik peyi a. Konsa,

n ap rive fè fas ak sitiyasyon ensekirite

alimantè k ap tann nou nan

yon kafou aprè kowonaviris la.

Pou nou fini, kanpay prentan

an reprezante anviwon 50 % pwodiksyon

agrikòl la sou tout peyi

a. kanpay sa a demare depi mwa

mas. Sa vle di nou gentan ladan l.

Sa plis montre nou aklè, agrikilti a

dwe yon priyorite pandan, epi aprè

kowonaviris la. Menm lè nou konsidere

pandan dènye lane sa yo,

sechrès epi kesyon chanjman klimatik

la lakoz anpil rekòt pèdi. Epi

tou, lè nou gade dekapitalizasyon

agrikiltè yo san konte divès lòt

pwoblèm ki genyen tankou : fèb

mwayen agrikiltè yo pou pwodui

ak pwoblèm semans, n ap poze tèt

nou kesyon eske n ap rive depase

barikad sa yo pou nou rive asire

otosifizans alimantè nou antanke

pèp.

Samuel BELLOT, ING. Agr

Ayibopost

6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020


Perspectives

La politique de la peur : le

nouveau champ d’exploration

du pouvoir en place

Les dirigeants actuels répondent parfaitement bien aux aspirations

du régime tisimoniste qui l'incarnent. Hérité d’une tradition politique

macouto-bourgeoise de nature aristocratique et anarchique, ce pouvoir

se trouve bien dans sa peau

Par Sylvens Alfred

Après plus de trois ans, ce pouvoir en

place ne nous étonne plus. Il reste

fidèle à lui-même. Si on va à la base,

soit à l’origine de sa formation ou à la

compréhension de l’esprit qui gouverne

ses membres, on finit par comprendre

que les dirigeants répondent parfaitement

bien aux aspirations du régime tisimoniste

qui l’incarnent. Hérité d’une

tradition politique macouto-bourgeoise

de nature aristocratique et anarchique,

ce pouvoir se trouve bien dans sa peau.

Il nous affiche aujourd’hui son visage

et sa vraie identité. Et ce n’est pas un

hasard si aujourd’hui le peuple végète

dans la misère. Pour rappel, ces endurcis

de l’idéologie d’extrême-droite

ont toujours manifesté leur totale

indifférence à l’égard des déshérités et

des plus pauvres. On ne trouvera pas

des gênes d’empathie dans leurs ADN.

Historiquement, les résultats sont, sans

vouloir rappeler leurs pères, tous déjà

connus.

On se rappelle bien quelques

jours de cela, bien avant que la peur de

l’insécurité et celle de l’épidémie hantaient

nos quotidiens, ces dirigeants

ne savaient à quel saint se vouer. Ce

gouvernement était comme un oiseau

sur la branche. Il était indécis et, à deux

doigts, de plier bagage. Dieu seul sait ce

qui serait arrivé s’il n’était pas un serviteur

assidu et un protecteur infatigable

des intérêts internationaux notamment

ceux des Etats-Unis d’Amérique. Et

de ce chaos politique où on était tous

plongé, personne ne croyait qu’il s’en

sortirait. Mais c’était tout simplement

ignoré depuis des décennies que ce bout

de terre de Dessalines a été vendu. Il ne

nous appartient plus. Et dans un pays

où la souveraineté se réduit comme une

peau de chagrin, les grandes décisions

politiques, dans bien des cas et surtout

quand le peuple se trouve à cette phase

totale d’épuisement et d’amnésie, viennent

d’en haut. Et comme c’était le cas,

le pouvoir piaffait.

En politique, comme en toutes

autres choses dans la vie, le temps

compte. Dans ce domaine particulier,

il s’avère stratégique. En moins de

rien, on peut perdre le momentum. Et

quand cela arrive c’est l’adversaire qui,

logiquement, le récupère. La récente

évolution de la réalité politique l’illustre

parfaitement. Elle est marquée par un

bouleversement du contexte politique.

D’un côté, alors que l’insécurité faisait

rage, le kidnapping est monté d’un

cran. Pas un jour sans qu’une personne

ne soit frappée par le spectre du kidnapping.

La population qui, par peur

d’être kidnappée, se recoquille sur ellemême.

Et le mouvement revendicatif

populaire, par conséquent, en fait les

frais.

De l’autre côté, c’est l’euphorie.

Le pouvoir en place retrouvait son vrai

sourire. Un gouvernement de facto se

substituait à un autre. Et sans un parlement

qui n’existait que pour défendre

les intérêts mesquins de ses protégés et

le peuple plongé depuis le nouvel an

dans une psychose de peur, il s’avance

sans l’ombre de doutes vers ce qui

l’obsède le plus : la réalisation de son

quinquennat.

Tout ce que l’on observe c’est

qu’en peu de temps, tout se combine

pour faire le jeu du pouvoir en place. A

la peur de l’insécurité qui a déjà mis un

frein à l’élan revendicatif s’ajoute celle

de l’épidémie qui exige, et pour dire définitivement

adieu au vœu populaire,

le confinement. Et si cette double peur

est de nature différente en ce qu’elle

émane de deux causes différentes, elle

sert, toutefois, à l’unique cause salvatrice

de garantir le mandat du président.

On se demande si le gouvernement

n’est-il pas en train de capitaliser sur

une politique de la peur pour atteindre

ses objectifs quinquennaux ? Cette

stratégie politique ne pose-t-elle pas,

dans un contexte de crise humanitaire

où la population est privée de moyen

pour faire face à cette épidémie, un

problème d’éthique ?

En fait, s’il y a un fait notoire

que l’on puisse souligner, avant d’entrer

en profondeur dans les analyses,

lors des derniers événements politiques

qui ont bouleversé le pays c’est bien

celui de ’’pays lock’’. Cette protestation

a mis le pouvoir devant la réalité des

faits. Elle est révélatrice du déficit total

de légitimité et d’impopularité criante

dont souffre le pouvoir depuis son installation.

Un fait qu’il cherche toujours

à ignorer. Au fond, chose qui s’avère

quasi-impossible. Car, personne ne

peut maquiller la réalité quand elle est

incontournable. Le désenchantement

populaire est à son point de non-retour.

Le peuple a déjà tourné, mentalement,

cette honteuse et triste page d’histoire.

Il faut admettre que la pire chose

qui puisse arriver à un gouvernement

est de perdre sa crédibilité devant ses

propres citoyens. Dès lors, l’autorité

du président est mise en doute et ses

paroles deviennent sans effets. C’est

ce à quoi nous assistons aujourd’hui.

On ne prend plus au mot le président

quand il parle, car quand il ne ment pas

il se dément lui-même. Il nous promet

tout. Mais personne ne savait qu’une

politique de la peur était emballée dans

In memoriam Alain Philoctète

Blessures d’exil et luttes d’émancipation

Par Alain Saint-Victor

propos de l’exil, l’éminent intellectuel

palestinien Édward Said écrit :

À

« L’exil est étrangement une réalité qui

nous contraint à penser mais en même

temps terrible à vivre. C’est le fossé incurable

entre un être humain et un lieu

natal, entre le soi et son vrai foyer : sa

tristesse essentielle ne peut jamais être

surmontée ».

Cette pensée résume à peu près

le vécu existentiel d’Alain Philoctète

pendant ses douze années passées

à l’extérieur de son pays. En lui s’est

développé doublement ce désir de penser,

d’abord la réalité de sa nation, c’està-dire

avant tout les conditions de son

peuple, l’épouvante situation sociale

dans laquelle chaque lueur d’espoir se

confond à des lumières blafardes de

luciole, sitôt disparues. En lui, cette

pensée devient contraignante car elle

incarne une réflexion sur les raisons de

l’exil, sur les raisons de son existence

« à l’extérieur », extérieur de sa terre,

extérieur de soi, de ses racines, d’une

mémoire renouvelée du terroir.

C’est ce vécu de l’exil que Alain

s’est fait sien, qu’il a, pour ainsi dire,

assumé dans sa chair pour pouvoir le

vivre pleinement, dans la souffrance,

certes, mais surtout dans sa vérité.

L’exil devient, malgré nous, le

lieu de réflexion, de ressentiments, de

blessures ouvertes, toujours à cicatriser

dans le désir vague et évanescent d’un

retour au pays natal. C’est cet exil-là

qui l’a nourri, l’a mûri, a exacerbé chez

lui, de manière ontologique, le sens

profond d’un chez soi perdu, d’une

tristesse insurmontable.

Mais pour Alain, l’exil n’était

pas que cela. Cet inexorable sentiment

qui le poussait toujours à regarder du

côté de sa terre, à suivre de manière

compulsive, quotidiennement, les nouvelles,

à réfléchir de façon intense sur

les raisons des malheurs de son pays,

était aussi une occasion de rencontrer

l’Autre, de se solidariser avec d’autres

luttes d’émancipation. Ainsi se développaient

des liens de solidarité avec

d’autres organisations, en particulier

avec les camarades du Nouveau Cahier

du Socialisme (NCS), dont le principe de

justice sociale guidait l’action. Il avait

compris que l’essence même d’une lutte

d’émancipation trouve son expression

dans les multiples formes du combat

internationaliste pour la libération des

peuples et de l’humanité.

Et au sein de ses réflexions, qu’il

partageait avec nous souvent tard

ses lots de promesses. Si pour certains

il n’y a rien à voir avec l’insécurité

qui traumatise la population haïtienne,

on doit toutefois admettre qu’il l’avait

bien entretenue soit par son laxisme,

ou tout bonnement son refus de sévir

contre les fauteurs de troubles. Car,

tout gouvernement responsable qui se

respecte devrait assurer la protection de

son peuple, ses biens et ses propriétés

privées. Il ne devrait en aucun travailler

à son détriment.

S’il faut préciser, les bandits qui

sèment la terreur sont des jeunes qui

se trouvent coincés dans les quartiers

défavorisés. Les bandits légaux ou à

costume sont leurs chefs. À entendre

leurs discours, qui sont dénués de tout

sens ou contenu idéologique, ils croient

dur comme fer être en guerre de position

ou d’autorité avec d’autres jeunes

des quartiers avoisinants. Pourtant,

ils ont servi, sans qu’ils le sachent la

cause d’une politique gouvernementale

suicidaire dont son fondement se

tient dans l’anarchie et le chaos. Car, en

temps normal, ce pouvoir aura du mal

à diriger. Il lui faut, pour fonctionner et

entreprendre ses activités mafieuses et

douteuses, cet environnement écœuré

et terrifiant qui est conditionné par cette

peur généralisée et d’insécurité permanente.

Et avec l’arrivée de l’épidémie en

Haïti, le gouvernement a trouvé tous

les moyens de sa politique de la peur

pour terminer son quinquennat, qui est,

comme on le sait tous, sa seule préoccupation.

Sachant ce dont ce gouvernement

est capable, son obsession

quinquennale, ses passions cyniques

Alain Philoctète (1963-2020). Son

dernier article au journal a été

publié le 13 mai dernier Vol.13 # 45

page 14

et destructrices de la nation, le doute

est permis. Et le peuple a raison de se

méfier du président. Car, comme disait

Antoine Lyonel Trouillet, « si le président

le dit, c’est faux. » Et ce n’est pas

la campagne du gouvernement contre

la Covid-19 qui va séduire le peuple.

Au contraire, avec le confinement qui

constitue jusqu’à date le seul moyen de

lutter contre la propagation du virus en

Haïti, le rend encore plus méfiant. Dans

son dégoût et son indignation grandissante,

il défie au risque de sa vie, toutes

les mesures préventives. Car, durant

ces trois ans du pouvoir en place, rien

n’a été fait pour soulager sa misère. Au

contraire, elle ne cesse d’augmenter chaque

jour. Le peuple souffre et meurt.

Où était le président ? Depuis quand

pense-t-il au peuple ? Comment peut-il

le protéger du virus mortel alors qu’il

(le pouvoir) n’a rien fait pour venir

au secours des gens de quartiers défavorisés

qui meurent chaque jour de la

faim et de l’insécurité ? Quelle politique

a-t-il mis en œuvre pour relancer la

production nationale qui était au centre

de sa campagne électorale ?

Il faut dire que toutes les

suite à la page(16)

dans la nuit, se trouve une préoccupation

constante : comment arriver à

une émancipation complète du peuple

haïtien, où trouver le principe à partir

duquel la lutte devrait se développer ?

À première vue, si l’on considère les

problèmes structurels et historiques qui

font obstacles à tout changement réel

dans la situation actuelle du pays, la

réponse à ces questions n’est pas évidente.

Et si l’on évite toute perspective

volontariste, simpliste, voyant

seul dans les individus des vecteurs de

changement, c’est-à-dire en prenant en

considération les mécanismes concrets :

politiques, économiques, idéologiques,

culturels rendant possible la reproduction

du système social archaïque de

l’oppression qui gouverne nos vies et

notre existence, alors seulement pourrions-nous

découvrir le principe rationnel

dissimulé au sein de notre histoire

et qui explique notre présent.

Dans cette voie, Marx devient

incontournable, non pas parce qu’il a

émis des vérités qui seraient immortelles

ou transhistoriques, mais parce

que se trouve au sein même de ses analyses

(particulièrement dans son analyse

de la marchandise) une approche

théorique permettant le dévoilement de

ce qui constitue le pouvoir réel du système

capitaliste : l’aliénation.

Pour Alain, c’est cette approche

théorique qui constitue la véritable

contribution de Marx dans les luttes

d’émancipation, et c’est pourquoi

pour lui, particulièrement pendant les

dernières années de sa vie, le courant

de la Critique de la valeur prenait une

importance capitale parce que cette

critique se veut un dépassement du

marxisme dogmatique, et également

une ouverture vers la compréhension

d’autres réalités, et en particulier notre

réalité, héritage du colonialisme

et dominée aujourd’hui par ce que le

sociologue péruvien Anibal Quijano

appelle la « colonialité », c’est-à-dire «

l’exploitation de la force de travail, la

domination ethno-raciale, le patriarcat

et le contrôle des formes de subjectivité

(ou imposition d’une orientation culturelle

eurocentriste. »

La critique de l’eurocentrisme en

tant que ce dernier se manifeste dans

toutes les sphères, non seulement du

pouvoir, mais également du savoir, de

l’esthétique, dans les formes de l’existence

sociale, est en réalité une critique

de l’aliénation qui prend la forme d’une

dépossession de soi, de son histoire, de

sa culture, de ses traditions. Le racisme

est, en ce sens, l’expression la plus

complète de la colonialité parce qu’il

ne justifie pas seulement la domination

mais est également porteur d’un projet

génocidaire, d’éradication de tout de

qui est hors de la « race » blanche.

Pour les peuples du Sud qui ont

connu l’esclavagisme, le colonialisme

et qui sont maintenant sous l’emprise

du néocolonialisme, la critique de l’eurocentrisme,

la perspective de développer

une société hors de toute colonialité,

de créer et de penser des relations

sociales émancipées sont aujourd’hui

les éléments constitutifs de toute lutte

de libération. C’est pourquoi, la pensée

d’auteurs et militants comme Aimé

Césaire, Frantz Fanon, Albert Memmi,

WEB Dubois, Steve Biko, Amilcar

Cabral, Malcom X, Orlando Patterson,

etc., reste actuelle, nous interpelle

incessamment. Cette pensée se renouvelle

et s’approfondit au moment

présent dans les œuvres de nombreux

penseurs, dont le jeune et brillant philosophe

Norman Ajari.

Alain était de ceux et celles qui

attribuaient à la culture populaire haïtienne

une force de résistance, de renouveau,

d’où l’importance pour lui

des lakous en tant qu’organisations qui

reproduisent des savoirs, des pratiques

historiques, harmonisant la nature avec

la vie sociale. Pour lui c’était aussi un

espace d’apprentissage de la décolonialité.

Il était parvenu à ce point de sa

réflexion quand il s’est éteint, terrassé

par la maladie qu’il combattait depuis

plusieurs années.

Nous saluons sa mémoire qui

reste avant tout un modèle invitant

à penser autrement la réalité de notre

pays d’origine.

Alain Saint-Victor, le 2 juin 2020.

Joel H. Poliard

M.D., M.P.H.

Family and Community

Medicine

Public health and Pediatrics

5000 N.E. Second Ave,

Miami FL, 33137

tel. (305) 751-1105

Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

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La Tribune de Catherine Charlemagne (118)

Jovenel Moïse pris au piège de ses promesses d’électricité !

Le feu Président français Jacques Chirac,

pendant ses multiples campagnes

électorales, avait l’habitude de faire,

comme tous les hommes politiques, des

promesses à la pelle aux éventuels électeurs.

Pour certaines qu’il n’arrivait pas

à tenir durant ses nombreux mandats

électifs, les journalistes s’amusaient à

les lui rappeler à chaque conférence de

presse. Chirac, pour toute réponse et avec

un aplomb incroyable, répondait invariablement

: les promesses n’engagent que

ceux qui les croient. Et tout le monde était

mort de rire et l’on passait à autre chose.

Au train où va le Président Jovenel Moïse

avec ses diverses promesses, particulièrement

celle sur l’électricité 24/24 en Haïti

qu’il sait pertinemment qu’il ne pourra

tenir, on peut croire qu’il marche sur le

même chemin que son illustre modèle.

On est en février 2017, Jovenel

Moïse vient d’être investi dans ses

fonctions de Président de la République.

Une chose lui hante les esprits, sortir

Haïti de la problématique du black-out et

tout particulièrement sa capitale, Port-au-

Prince, et ses périphéries où vivent près

de quatre millions d’habitants. Depuis

toujours, tous les régimes précédents,

sauf celui de René Préval qui n’a jamais

porté cette ville dans son cœur, ont toujours

tout fait pour permettre à cette partie

du pays de bénéficier de la distribution

régulière du courant électrique. A dire

vrai, toutes réflexions et études dans ce

domaine ont pour finalité de faire jaillir la

lumière à Port-au-Prince quitte à négliger

les autres grandes villes du pays en

prenant même des décisions totalement

incongrues et absurdes. A l’exemple des

deux plus grandes villes du département

du Centre - Hinche, le chef lieu et Mirebalais,

chef lieu d’arrondissement - qui,

durant plus d’un demi siècle, n’ont jamais

bénéficié du courant électrique qui

est produit sur leur territoire par le barrage

hydroélectrique de Péligre.

Toute l’énergie qui y est fabriquée

est acheminée vers la capitale

en traversant la ville de Mirebalais qui

se trouve dans ce département. Mais,

comble de malheur et malgré toute cette

absurdité étatique, les habitants de Portau-Prince

et sa région continuent de

vivre dans la pénombre pour certains et

dans le noir complet pour la grande majorité.

Le plus grand paradoxe dans cette

histoire hallucinante, pendant que les

dirigeants mettent tout en œuvre pour

améliorer le quotidien des port-au-princiens

en courant électrique, sans jamais

y arriver d’ailleurs, en province c’est tout

différent. Parfois les gens de la capitale

sont obligés de faire un long périple vers

la province afin de voir la lumière artificielle

ou s’étonnent en arrivant de constater

que les villes et les maisons jouissent

du courant électrique bien mieux que

ce qu’ils ont connu à Port-au-Prince. De

tout temps donc les autorités politiques

et gouvernementales s’interrogent sur le

comment sortir de ce qui est devenu un

piège pour les pouvoirs. Loin de la chaine

de commandement et de décision d’Etat,

Jovenel Moïse, à l’époque simple citoyen,

pensait comme tout le monde : ceux qui

sont en responsabilités ou qui détiennent

les rênes du pouvoir sont des incapables

et des bons à rien.

Ils n’ont pas leur place à la tête de

l’Etat. Electrifier un pays c’est la rigolade

et tutti quanti. Sans doute le citoyen Jovenel

croyait même avoir la solution pour

résoudre ce problème devenu récurrent

qu’est le courant électrique en Haïti. L’«

ingénieur » qu’il est se disait que c’était

facile de faire jaillir la lumière sur l’ensemble

du territoire national et quant à

Port-au-Prince, cela ne devrait être qu’un

jeu d’enfant. Il suffisait de faire çà et de

faire ci pour qu’on résolve ce problème inextricable.

Devenu chef de l’Etat et muni

d’un pouvoir énorme que le peuple et les

institutions lui confient, Jovenel Moïse dit

enfin que le moment est venu de mettre

un terme à cette plaisanterie de blackout.

Dès le départ, il intègre dans son

agenda la question du courant électrique.

Dans son programme de « Caravane du

changement », il fait figurer en bonne

Plus de trois années après avoir fait la promesse de courant 24/24 et

constatant son échec, le chef de l’Etat se fâche et s’attaque de manière

cavalière aux propriétaires des centrales existantes pour non respect des

contrats avec l’Etat

place, sinon en première ligne, cette

équation à multiples inconnues. Il impose

à tous les rédacteurs de ses discours d’intégrer

un passage relatif au courant électrique.

Il croit tellement qu’il va y arriver

si vite et si facilement qu’il fixe même un

délai ce qui rendrait, d’après lui, le projet

plus crédible vis-à-vis de la population.

Sauf que, entre être un simple citoyen,

c’est-à-dire un monsieur Tout le

Monde, et être à la charge d’un Etat et

aux commandes des affaires publiques il

y a une différence, une très grande différence.

C’est même le grand écart. Et

Jovenel Moïse va le constater très rapidement.

Étant un simple quidam, il n’avait

rien à perdre ni à craindre de mentir éperdument

à tout le monde et à lui-même.

Mais, en devenant Président de la République,

il est condamné à réussir et surtout

à être crédible devant ses concitoyens et

l’opinion publique qui ne sont pas à sa

place, qui ne lui avaient rien demandé et

surtout ne l’avaient pas appelé. Jovenel

Moïse va découvrir que non seulement il

n’a pas les moyens de sa politique mais,

même ayant à sa disposition les caisses

du Trésor Public, il ne peut pas en disposer

comme il le pensait et ce, même avec

la complicité de ses amis éparpillés dans

les Administrations et les Institutions

publiques. C’est la première surprise pour

Jovenel Moïse de découvrir les difficultés

auxquelles un chef d’Etat est confronté

même pour un pays comme Haïti où le

Premier mandataire de la République détient

pourtant d’énormes pouvoirs.

Pire, il découvre qu’il est beaucoup

plus simple d’opérer des détournements

de fonds ou de piller les caisses

de l’Etat avec la complicité des hauts

fonctionnaires que de pouvoir décaisser

de manière légale et régulière des fonds

pour réaliser des travaux d’utilité publique.

Celui qui vient du secteur privé et

qui n’a jamais travaillé dans l’Administration

publique ni collaboré de près ou de

loin dans la gestion des choses publiques

n’en revient pas de cette contradiction et

de la lourdeur administrative. La seconde

surprise du Président, contrairement à ce

qu’il pensait malgré les grands discours

fleuves des dirigeants politiques qui se

sont succédé à la tête de l’Etat, les caisses

du Trésor Public ne sont pas aussi garnies

qu’on l’aurait imaginé. Certes, la

République n’est pas aussi pauvre qu’on

le prétend. Bien sûr il y a de quoi mieux

faire tourner les choses sur le plan socioéconomique

et politique. Naturellement,

l’Etat haïtien dispose de réserves

suffisantes pour pouvoir entreprendre

quelques grands travaux à travers tout

le territoire afin de donner une autre image

au pays. Mais, penser qu’il existe des

fonds qu’on peut utiliser à tout vent sans

se soucier des priorités, il y a une marge.

C’est dans ce piège que Jovenel

Moïse, ancien entrepreneur des PME

(Petites et Moyennes Entreprises), est

tombé au lendemain de son investiture

au Palais national le 7 février 2017. S’il

avait trouvé des fonds nécessaires pour

lancer sa « Caravane du changement » à

travers le pays moins de trois mois après

son arrivée au pouvoir avec un objectif

en tête : électrifier Haïti en deux années

seulement et ce avec du courant 24/24,

il ne s’attendait point qu’il s’était engagé

dans une cause presque perdue d’avance.

Le premier problème auquel le Président

s’est confronté a été la méthodologie. Il

s’est lancé dans cette aventure sans s’assurer

qu’il pouvait conduire à terme son

projet. Il avait aussi oublié de prendre en

compte un autre paramètre, celui des obstacles

dus à la réticence d’une partie du

secteur privé des affaires et de tous ceux

qui basent leur réussite économique sur

cette affaire de black-out et de pénurie de

courant électrique depuis des lustres dans

le pays.

Ceux qu’on appelle les « vendeurs

de black-out ». Sans concertation industrielle,

sans concertation économique, sans

concertation financière, sans concertation

technique et pourquoi pas politique, sans

savoir quelle énergie choisir – gaz naturel,

diesel, mazout ou éolienne - Jovenel

Moïse, comme un innocent, lance d’après

lui le grand chantier de l’électrification

d’Haïti qui serait dans son rêve le plus

fou sa plus grande œuvre durant sa présidence.

On peut même se demander si le

Président savait combien de mégawatts il

aurait besoin rien que pour électrifier la

capitale et ses banlieues avant de lancer

son projet. Or, il n’y a pas que Port-au-

Prince ; il reste la République qui est une

et indivisible avec ses grandes métropoles

régionales. Selon les experts de la Banque

Mondiale (BM) qui ont mené une

étude de faisabilité, il faut au moins 600

à 700 mégawatts pour pouvoir alimenter

tout le pays ; tandis que pour le Directeur

général de l’EDH, Hervé Pierre-Louis, il

n’en faut que 300. Alors qui dit vrai ?

En tout cas, avec ce cafouillage, erreur

de calcul ou manque d’anticipation : la

machine s’est vite emballée sans même

avoir eu le temps de démarrer.

Et pour cause. C’est toute la «

Caravane du changement » qui s’est fracassée

au sommet de la montagne qu’elle

avait devant elle. Deuxième grande erreur

du Président Jovenel Moïse dans cette envie

folle de doter Haïti de centrales électriques

pouvant la sortir de la dépendance

énergétique et par la même occasion du

sous-développement économique puisque

tout est lié, c’est d’entrer en confrontation

et dans un conflit juridique avec les

propriétaires indépendants des centrales

électriques : E-Power, Sogener et Haytrack

avec qui l’Etat haïtien avait passé

des accords. Certes, ces entrepreneurs

n’ont pas trop respecté les contrats qu’ils

ont signés avec les autorités d’avant et du

coup ils n’ont pu honorer leur engament

vis-à-vis de la collectivité. Néanmoins,

le Président aurait dû les intégrer dans

son projet ou dans son rêve de résoudre

le problème d’électricité en Haïti vu qu’il

ne peut pas « Nationaliser » les centrales

existantes compte tenu de la faiblesse

du pouvoir politique haïtien et surtout sa

dépendance vis-à-vis des grands bailleurs

de fonds internationaux (Banque Mondiale,

Fonds Monétaire International et de

l’Union européenne) qui contribuent à

plus de la moitié de son budget annuel.

Plus de trois années après avoir

fait la promesse de courant 24/24 et

constatant son échec, le chef de l’Etat se

fâche et s’attaque de manière cavalière

aux propriétaires des centrales existantes

pour non respect des contrats avec l’Etat.

En s’en prenant directement à ce secteur

privé, le chef de l’Etat pense se décharger

de sa promesse en faisant passer ces

entrepreneurs pour les responsables de

son échec dans ce domaine. Or, il n’en est

rien. Puisque, même avec les centrales

qui ont été saisies par le gouvernement

il y a presque un an, il était déjà impossible

d’alimenter Port-au-Prince 24/24

en courant électrique. A charge pour le

Président Jovenel Moïse, même après que

l’Etat ait pris possession des centrales en

litige, la situation en matière d’électricité

devient encore pire qu’avant pour les habitants

de la capitale dans la mesure où

EDH (Electricité d’Haïti) n’arrive même

pas à augmenter sa capacité de production.

Les coupures de courants à Portau-Prince

et ses banlieues deviennent

encore plus désespérantes sans parler de

certaines régions où l’absence de courant

électrique n’étonne plus personne. Alors

qu’autrefois les villes de province étaient

les mieux loties.

Devenu prisonnier de ses

promesses non tenues, le Président Jovenel

Moïse s’en prend à tout le monde.

D’une part aux entrepreneurs d’électricité

du secteur privé évoqués plus haut et

d’autre part aux personnes dont il n’a pas

cité les noms. C’est ainsi que lors de son

intervention au Palais national à l’occasion

du 1er mai 2020 en pleine pandémie

du Covid-19, Jovenel Moïse eut à déclarer

qu’il y a des personnes qui ont juré de

voir le pays plonger pour toujours dans le

noir (black-out) ; par la même occasion il

met en cause ceux qu’il appelle les gens

du « système » qui se seraient ligués afin

d’empêcher le pays d’avoir de l’électricité.

Très remonté contre ceux qu’il accuse être

des oligarques qui exploitent les plus pauvres

« Quand vous construisez votre richesse

en détruisant une majorité, ce n’est

pas une richesse. Vous êtres une oligarchie

corrompue » a-t-il lancé à l’encontre

de ceux qu’il croit être responsables de

son échec dans le projet de l’électricité.

Mais, il ne perd pas espoir de

surmonter ces obstacles face à ces « oligarques

» puisque lui et ses amis ont

compris le jeu de ceux qui font barrage à

son projet. « Nou konpran, nou konprann

klè, nou se gran moun sove » égraine-t-il.

Son deal avec le gouvernement taïwanais

dans le dossier d’électrification d’Haïti

24/24 n’est pas terminé bien que les

parlementaires de sa propre majorité lui

ont fait perdre du temps dans l’accord que

Haïti devrait signer avec Taïwan pour un

montant de 150 millions de dollars en

vue de la réalisation de ce grand projet.

On se rappelle que le gouvernement haïtien

était sur le point de signer un accord

avec son homologue taïwanais en 2019

lorsqu’au Parlement haïtien les sénateurs

opposants farouches au chef de l’Etat et

qui demandaient son départ du Palais

national avaient tout fait pour boycotter

toutes les séances qui devraient entériner

cet accord de 150 millions de dollars entre

les deux Etats pour la mise en œuvre de

la construction d’un réseau électrique Hi-

Tech capable d’électrifier tout le territoire.

Selon ce qu’a dit le Président Jovenel

Moïse, il semblerait que beaucoup

d’argent avait été distribué afin de faire

échec au projet surtout pour empêcher

les parlementaires de voter le prêt de 150

Director: Florence Comeau

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* Immigration Services

* Resumé * Fax Send & Receive

* Much more.

English • French • Kreyòl • Spanish

Tel: 718-363-1585

899 Franklin Avenue,

Brooklyn, NY 11225

millions de dollars. « Comme chef d’Etat

responsable, il y a des choses que je ne

peux pas dire. Mais je peux vous dire

que beaucoup de gens avaient reçu de

l’argent pour empêcher le vote en faveur

de l’accord sur les 150 millions de dollars

» avance le Président. Depuis, les choses

ont été un peu brouillées entre les deux

capitales : Port-au-Prince et Taipei. Une

sombre histoire dont personne ne sait

réellement les tenants et aboutissants entre

l’ambassadeur de Taïwan en poste à

Port-au-Prince et les autorités haïtiennes

a mis en veilleuse le dossier. Deux autres

ambassadeurs qui ont été installés n’ont

pas pu lever le contentieux. Le dossier est

donc mis au placard en attendant que le

Président Jovenel Moïse trouve un compromis

avec son homologue taïwanais.

D’ailleurs, selon le chef de l’Etat,

les choses se sont arrangées avec les

autorités taïwanaises et il est prêt à relancer

le dossier puisque rien ni personne

ne peut faire barrage aujourd’hui pour

le décaissement de ce fonds qui va servir

à la reconstruction du réseau de la

région métropolitaine de Port-au-Prince.

Entretemps, la compagnie d’électricité

nationale EDH (Electricité d’Haïti) a le

plus grand mal à fournir le courant aux

habitants de l’agglomération de Portau-Prince

plongés depuis des semaines

dans le noir complet. L’EDH n’arrive plus

à suivre et, selon le locataire du Palais

national, cette entreprise publique serait

même victime d’un boycott en règle par

les « oligarques » pour qu’elle ne soit pas

en mesure d’assurer sa mission de service

publique. D’autres pistes sont aussi

envisagées comme l’éolienne proposée

par les experts de la Banque Mondiale qui

croient que Haïti pourrait produire 4000

mégawatts d’électricité éolienne.

En attendant qu’on arrive à ce flot

de mégawatts, l’EDH a toutes les peines

du monde à répartir les 75 mégawatts

disponibles pour couvrir les 45 circuits

de la seule région métropolitaine de Portau-Prince.

Finalement, même la capitale

semble lancer un défi au chef de l’Etat

dans sa tentative de résoudre ce vieux

problème posé depuis des décennies à

tous les dirigeants politiques, à savoir

comment résoudre l’équation du blackout

avec une démographie galopante qui

ne serait pas innocente dans ce qui est

devenu un casse-tête pour la compagnie

Electricité d’Haïti. Alors que le temps

presse pour le Président Jovenel Moïse qui

voit s’éloigner de jour en jour son rêve

d’éclairer 24/24 en Haïti et d’apporter du

courant électrique dans tous les foyers

haïtiens en ce 21e siècle, l’âge d’or du

progrès énergétique.

Dr. Kesler Dalmacy

1671 New York Ave.

Brooklyn, New York 11226

Tel: 718-434-5345

Le docteur de la

Communauté Haïtienne

à New York

C.C

8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020


This week in Haiti

An Impending Crisis:

COVID-19 in Haiti,

Ongoing Instability, and

the Dangers of Continued

U.S. Deportations

Prepared remarks by Jake Johnston

to Congresswoman Frederica S. Wilson’s

May 29, 2020 forum on COVID-19

and ICE’sdeportation of detainees to Haiti

Two of the 30 Haitians deported by the U.S. to Haiti on May 26 arriving

in Port-au-Prince. Haitian health officials at the bottom of the jetway

received the flight which included at least eight COVID-positive deportees.

Photo: Dieu Nalio Chery/AP

by Jake Johnston

First, I want to thank Congresswoman

Wilson for convening

this forum and for her leadership on

this issue. The introduction of legislation

mandating a halt to these

deportations is a concrete and necessary

step. I’d also like to thank all

the members present here today for

prioritizing this necessary discussion.

On Tue., May 26, the Trump

administration deported 30 Haitians.

It was the eighth deportation flight to

Haiti since early February. Though

the U.S. has pledged to conduct preflight

testing of all deportees, Immigration

and Customs Enforcement

(ICE) is utilizing a 15-minute rapid

test that is highly unreliable. Tuesday’s

flight included at least eight

people who had tested positive in

recent weeks, and one individual

who was experiencing symptoms the

night before his deportation. Even if

testing were improved, the possibility

of false negatives makes it impossible

to confidently deport only people

who do not present a potential risk

to public health. The pandemic is unprecedented;

the measures to reduce

its spread must be as well.

Haiti is not the only country

that has received deportation flights

from the United States during the

global pandemic. Since Mar. 13,

ICE has made at least 135 deportation

flights to 13 countries in Latin

America and the Caribbean. Deportees

have later tested positive in Guatemala,

Jamaica, Mexico, Colombia,

and Haiti. In Guatemala, the government

has identified more than

100 COVID-19 cases among those

deported.

The Trump administration’s

continued deportations represent a

significant public health risk for the

region and place a burden on already

overtaxed public health systems. The

Haitian government, for example,

is forced to use scarce resources to

quarantine recent deportees while being

unable to properly quarantine its

frontline medical workers. While this

is a regional issue, there is no doubt

that Haiti is one of the least prepared

countries to deal with a COVID-19

outbreak. In recent weeks, confirmed

cases have skyrocketed in Haiti, and,

with one of the lowest testing rates in

the world, this most likely represents

just the tip of the iceberg. (...)

I think it is necessary to provide

some background on U.S.-Haiti

relations and place the focus on root

causes of migration.

The Haiti we see today has

been shaped by decades of failed

aid policies. After the 2010 earthquake,

the U.S. led the international

community in an unprecedented

humanitarian response. Despite

the hard work of many members

of Congress to provide needed assistance

and to focus attention on

suite à la page(16)

Greater Brooklyn

Gastroenterology Care

Michel Jose Charles MD, FACG, AGAF

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“Giving care, one patient at a time.”

Do Black Lives in Haiti Matter to the

Canadian government?

by Yves Engler

Do black lives in Haiti matter to

the Canadian government? At the

time of writing, Justin Trudeau continues

to back the

neo-Duvalierists who are currently

subjugating that country’s impoverished

masses, leading to a total

loss of confidence in every sector of

Haitian civil society.

Last Wed., May 27, the prime

minister called President Jovenel

Moïse and “underscored the strong

friendship between Canada and Haiti.”

This is the latest instance of diplomatic

support by the Liberals for a

repressive, corrupt and illegitimate

president who has faced massive

popular protests.

In April 2018 Trudeau met with

Moïse at the Summit of the Americas,

and later with Moïse’s prime minister,

Jean-Henry Céant, in Ottawa in

December 2018. According to the

post-meeting readout, Trudeau “took

the opportunity to convey his support

for current efforts of the Haitian

government to promote political dialogue.”

In January 2017 then foreign

affairs minister Stéphane Dion and

international development minister

Marie-Claude Bibeau “warmly congratulated

Jovenel Moïse on his election”

and declared it “essential that

the Haitian political actors respect

the definitive results of the presidential

election.” The only problem is,

the president’s claim to legitimacy is

paper thin. Moïse assumed the job

through voter suppression and electoral

fraud. Barely one in five eligible

voters took part in the 2016 presidential

election and, even according

to official figures, Moïse only received

600,000 votes in a country of over

10 million. The president has gone

on to siphon millions of dollars from

government coffers while overseeing

a corrupt and kleoptocratic administration.

Amidst mass protests Canadian

officials put out a stream of statements

defending Moïse. In November

2018 Bibeau declared a desire

to “come to the aid” of the Haitian

government. Three months later she

attacked the popular revolt. When

asked by Canadian French-language

network TVA about Canada’s position

on the issue, Bibeau responded, “the

Despite constant mass protests (like the one pictured above in February

2019), Canadian officials put out a stream of statements defending

Haitian President Jovenel Moïse. Photo: Hector Retamal

violence must stop; we will not come

to a solution in this way.” This answer

conveniently ignored that the

violence was overwhelmingly meted

out by the Canadian-backed regime.

What’s more, Canadian officials

have all but ignored the ongoing

violence of the Moïse regime. The day

after Trudeau spoke with Moïse, United

States Congresswoman Maxine

Waters sent a letter to the U.S. ambassador

in Haiti drawing attention to

recent killings in the Port-au-Prince

slum of Cité Soleil. On May 28, the

Chair of the House Financial Services

Committee

wrote:

“I am especially disturbed by

reports that a death squad headed by

Jimmy Cherizier, commonly known

as ‘Barbecue,’ accompanied by three

Haitian National Police armored

personnel carriers invaded Cité Soleil

Tuesday, burning houses and killing

people. This violent attack reportedly

follows violent attacks in the

impoverished Port-au-Prince neighborhoods

of Tokyo, Delmas, and

Pont-Rouge over the previous two

days, in which police officers allied

with Cherizier stood by while houses

were burned, and people were killed.

These reports, if true, represent an

outrageous and appalling escalation

of politically motivated violence

against the people of Haiti.”

During the popular uprising between

July 2018 and November 2019

the police killed dozens of people. Videos

of police beating protesters, violently

arresting individuals and firing

live ammunition during protests circulated

widely. Amidst a month-long

JOBS

general strike at the end of October

2019 Amnesty International reported

that “during six weeks of anti-government

protests … at least 35 people

were killed, with national police

implicated in many of the deaths.” A

United Nations report confirmed government

involvement in a massacre

that left at least 26, and possibly as

many as 71, dead in the Port-au-

Prince neighborhood of La Saline in

mid-November 2018. Residents said

men in police uniforms began the killing.

A year later 15 people were massacred

in a nearby slum “in politically

backed gang attacks intended to force

residents of Bel-Air to remove protest

barricades”, reported the Institute for

Justice and Democracy in Haiti.

The Trudeau government has

provided various forms of support to

the repressive force that has maintained

Moïse’s rule. Canadian police

train their Haitian counterparts and

Ottawa has paid for Haitian police

buildings, vehicles, and other supplies.

Indeed, unbeknownst to many,

the Liberals have supported the violent

suppression of the popular will

in Haiti, and the Trudeau government

has continued a two-decade-old Canadian

policy of undercutting Haitian

democracy.

Yves Engler has been dubbed

“one of the most important voices

on the Canadian Left today” (Briarpatch).

He has published nine books.

This article was first published

by Canadian Dimension.

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Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

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LES ETATS-UNIS, LE VRAI PIRATE DES

CARAÏBES

Donald Trump, en ce XXI° siècle, a donné une nouvelle dimension au

concept de pirate international

Par Pablo Jofré Leal

Le comportement des Etats-Unis

dans leurs relations avec les pays,

leur façon d'orienter leur commerce et

même de combattre des maux qui affectent

l'ensemble de la planète placent

Washington en marge des lois internationales.

Il se comporte comme un

pirate.

Les productions de l'industrie

du cinéma étasunien ne sont pas à la

hauteur des agissements du président

Donald Trump en terme de piraterie

internationale que ce soit dans la

lutte contre le COVID-19 ou dans ses

actions destinées à empêcher le commerce

entre l’Iran et le Venezuela.

En effet, Donald Trump et le régime

civil et militaire qu'il dirige dépassent

la portée et les intérêts que

représentait le pirate Jack Sparrow, interprété

par l'acteur Johnny Deep dans

la saga des studios Disney “Pirates des

Caraïbes”.

Un Trump qui a commencé à

utiliser des techniques propres à ces

personnages qui dévastaient les mers

dans la première moitié du XVI° siècle

et la première moitié du XVII° siècle

essentiellement. En ce temps-là, ils

agissaient avec des patentes de course,

des boucaniers, des flibustiers ou par

la voie directe grâce à leurs forces navales.

Comme c'est arrivé avec l'Empire

britannique qui ravageait les villes

côtières des colonies de l'empire espagnol

d'autrefois, chaque fois qu'il attrapait

ses bateaux chargés de trésors

provenant pour la plupart des terres

américaines, il marche vers cette «

vache gloutonne et gaspilleuse qu'était

la monarchie hispanique. »

Un Trump, qui en ce XXI° siècle,

a donné une nouvelle dimension au

concept de pirate international car non

content de faire chanter le monde, de

soumettre à un blocus les nations qu'il

n'apprécie pas, de voler leurs fonds

investis dans des banques étrangères,

de remettre des entreprises en usufruit

à des cliques politiques impliquées

dans des processus de déstabilisation,

il fait aussi des incursions dans le

vol de véritables trésors en temps de

COVID-19: ventilateurs mécaniques,

kits de détection du virus, gants chirurgicaux,

masques et tout ce qui peut

être usurpé que ce soit dans les aéroports

étrangers ou en faisant usage

des lois de la piraterie qu'il a l'habitude

d'appliquer grâce à son pouvoir

économique et militaire.

Il en a même été ainsi avec des

pays amis auxquels il a rançonné des

expéditions déjà payées, ce qui veut

dire multiplier l'offre jusque par 3 à

l'aéroport par rapport à ce qui avait

été payé pour changer la destination

du matériel. Ainsi, le gouvernement

allemand a qualifié le Gouvernement

étasuniens de « pirate moderne »

qui utilise les méthodes propres non

seulement à ces individus qui agissent

en mer mais aussi aux pistoleros de

l'ouest sauvage.

La sénateur de Berlin, Andreas

Geisel, a accusé le Gouvernement

étasunien d'avoir détourné à Bangkok

200 000 masques de protection contre

le COVID-19 destinés à la police

de Berlin. « Au point où en sont les

choses, nous affirmons que cela est en

relations avec l'interdiction du Gouvernement

des Etats-Unis d'exporter des

masques. Nous considérons que cet

acte est un acte de piraterie moderne, »

a déclaré Geisel.

A la même date – début avril

2020 – la compagnie étasunienne 3M

a fait savoir que le président Trump lui

avait demandé de cesser d'exporter

des masques et des respirateurs N95

très demandés pendant la pandémie

au Canada et en Amérique Latine. La

France, pour sa part, a critiqué la conduite

d'intermédiaires étasuniens qui

ont payé jusqu'à 3 fois la valeur d'une

charge sur le point d'être embarquée

dans un avion à destination de ce

pays. Renaud Muselier, le président de

la région Provence-Alpes-Côte d'Azur

a déclaré qu'au moment où le pays affronte

une crise à cause de la pénurie

de matériel médical, les Etats-Unis ont

acheté un avion chargé de masques

produits en Chine qui était sur le point

de s'envoler pour la France.

Le comportement des Etats-Unis

dans leurs relations avec les pays,

leur façon d'orienter leur commerce

et même de combattre des maux qui

affectent l'ensemble de la planète placent

Washington en marge des lois

internationales. Il se comporte comme

un pirate, selon la définition qu'en

donne l'écrivain Manuel Lucena : «

Celui qui vole pour son propre compte

… un ennemi du commerce qui agit

seulement par désir de lucre, sans

aucune discrimination de pavillon national.

»

Quelqu'un qui se place, enfin,

hors du système prédominant de l'époque

et qui, dans la plupart des cas, peut

être considéré comme un misérable,

un délinquant et un déserteur. Une description

exacte pour ce misérable qui

il vole les articles dont les autres ont

besoin, un délinquant car il le fait en

utilisant des moyens illégaux comme

un vulgaire délinquant et en plus, en

le faisant en dehors des lois internationales,

il se comporte comme un déserteur.

Le Pirate veut attaquer l’Iran et le

Venezuela

Ces derniers jours, la conduite du chef

de gang de quartier qui caractérise les

Etats-Unis, leurs agissements hors

des canons de respect des lois internationales

a dépassé tout ce que peut

supporter un monde pendant une pandémie.

De plus, les effets sanitaires,

économiques et le peu de possibilités

de changements positifs à court terme

rendent encore plus condamnable cette

conduite propre aux hors-la-loi. Un

Gouvernement étasunien qui menace à

droite et à gauche, qui sanctionne celui

qui ose l'affronter, qui bloque les actifs

des pays dont il veut usurper les richesses

naturelles. Un Gouvernement

qui affronte même la Chine, la Fédération

de Russie, le Venezuela, Cuba, la

République Islamique d’Iran et même

des pays alliés qui ont dû céder face à

l'arrogance de Washington.

La situation la plus brûlante

concerne les menaces de Trump et de

son équipe civile et militaire contre

l'Iran qui, dans son droit légitime de

faire du commerce avec qui il veut et

de vendre ses produits à qui il veut,

dans ce cas du pétrole, à qui est prêt

à l'acheter, affronte les menaces militaires

de Washington. En fait, un frein

naval aux pétroliers qui, partis du port

iranien de Bandar Abás, font route

vers des ports vénézuéliens. Les Etats-

Unis, profitant de ses sanctions contre

le Venezuela qui ont provoqué l'envoi

de bateaux de guerre dans la zone

maritime vénézuélienne, ont décidé

que ces bateaux, l'USS Detroit, l'USS

Lassen, l'USS Preble et l'USS Farragut

pourraient être utilisés pour empêcher

l'arrivée des pétroliers iraniens : une

menace inacceptable.

Les dernières coordonnées connues

des 5 bateaux iraniens font penser

que le Fortune pourrait arriver au

Venezuela le 23 mai, le Petunia, le 25,

Forest, le 27, le Faxon, le 29 et le Clavel

le 2juin. Cette réalité nous indique que

la vision stratégique de l'Iran dépasse

de beaucoup les idées des Etats-Unis

et ce qu'ils ont envisagé. Washington,

à mon avis, n'a jamais imaginé que

ses agressions, ses interventions et ses

conflits en général au Moyen Orient

vont exploser ici même, sur notre continent,

sous sa barbe de flibustier. Là,

on voit clairement que l'Iran a étudié

la situation sérieusement et en profondeur.

Audacieusement, conscient de

ses capacités, il est sorti de la zone du

golfe Persique, du Détroit d'Ormuz et

de leurs environs.

Là, ceux qui ont un gros dilemme,

ce sont les Etats-Unis car il

sera très difficile pour le Gouvernement

de Trump, d’attaquer les bateaux iraniens

dans les eaux internationales

puisque ça créerait un précédent aux

conséquences incommensurables.

Sans aucune déclaration de guerre,

attaquer en nombre des bateaux civils

ouvre la voie à ce que la République

Islamique d’Iran ou n'importe quelle

autre puissance commette des actions

similaires dans n'importe quel océan

ou n'importe quelle mer de la planète.

Alors, bon, imaginons que les bateaux

de guerre étasuniens qui maraudent

dans la zone maritime souveraine du

Venezuela osent aborder les bateaux

iraniens sous prétexte « d'inspecter

ces bateaux. » Cette conduite accorde

immédiatement à l'Iran la possibilité

de faire exactement la même chose

avec des bateaux d'entreprises étasuniennes

qui naviguent dans les eaux

qu'il contrôle. Si rien de cela n'arrive

et que les bateaux iraniens arrivent

dans les eaux territoriales bolivariennes,

l'effet politique sur le monde

sera conséquent. Washington est pris

dans une camisole de force comme le

fou à qui on la met pour contrôler sa

conduite inadéquate.

Le ministre vénézuélien de la

Défense, Vladimir Padrino, a annoncé

que la FANB escorterait les bateaux iraniens

qui transportent du combustible

dans la zone maritime du Venezuela. «

Nous, nous avons pris contact avec le

ministre iranien de la Défense, tous ces

bateaux, quand ils entreront dans notre

zone économique exclusive, seront

escortés par des navires, des bateaux

et des avions de la Force Armée Nationale

Bolivarienne pour leur souhaiter

la bienvenue et dire au peuple iranien

: « Merci pour tant de solidarité et de

coopération » dans les difficultés qu’affronte

le monde, qui est notre maison,

à cause du coronavirus. »

Le président du Venezuela,

Nicolás Maduro, a fait savoir que le

jeudi 21 mai, la Force Armée Nationale

Bolivarienne a fait des essais de missiles

dans les eaux du nord du pays à

cause de l'escalade des tensions avec

Washington. « Nous avons été témoins

de manœuvres militaires (…) sur l'île

de La Orchila, avec des essais de missiles

de très grande précision pour

défendre les eaux et les côtes du Venezuela.

»

Des essais qui ont été exécutés

dans le cadre des manœuvres militaires

intitulées « Bouclier Bolivarien,

» un déploiement permanent destiné

à renforcer la défense du pays contre

les menaces des Etats-Unis et de

leurs alliés contre le Venezuela. En

accord avec les affirmations des autorités

vénézuéliennes, la République

Islamique d’Iran a prévenu aussi

bien le Gouvernement des Etats-Unis

que l’Organisation des Nations Unies

(ONU) qu'elle se réserve le droit légitime

de contrecarrer toute action belliqueuse

des Etats-Unis.

Téhéran a affirmé dans une lettre

envoyée par le chancelier Mohamad

Yavad Zarif que la politique d'agressions

menée à bien par le Gouvernement

de Trump viole le droit international

et que ces actions d'ingérence en

Mer des Caraïbes « sont des menaces

illégales, dangereuses et provocatrices.

Une sorte de piraterie qui suppose un

gros risque pour la paix et la sécurité

internationales. »

Comme preuve de sa façon d'agir

différente et de comprendre le respect

du droit international, l’Iran, à travers

son vice-chancelier pour les affaires

politiques, a convoqué l'ambassadeur

de Suisse à Téhéran (le pays qui

représente les intérêts des Etats-Unis

après la rupture des relations diplomatiques

en 1979) Marcos Lightner, pour

protester contre les actions et les déclarations

menaçantes de Washington à

propos du pétrolier sous pavillon iranien

qui navigue vers le Venezuela. «

L’utilisation de mesures coercitives ou

d'une autre sorte d'intimidation par les

Etats-Unis est une menace pour (…) le

libre flux de l'énergie et est une manifestation

évidente de piraterie, une

grave violation du droit international

et contrevient aux objectifs et aux

principes établis dans la Charte des Nations

Unies. Toute menace contre les

bateaux de notre pays affrontera la «

réponse immédiate et ferme de l’Iran. »

Les Etats-Unis veulent poursuivre

la saga de “Pirates des Caraïbes”

même en l'élargissant à toutes les mers

du monde, imaginant que leur action

leur vaudra de la considération en tant

qu'artiste politique de l'année. La difficulté

se trouve dans le fait qu'ils n'ont

pas pris en considération les autres acteurs

internationaux qui font les choses

avec le sérieux et la responsabilité

que mérite l'humanité. Washington

joue avec le feu et l’Iran l'a prévenu

par l'intermédiaire du porte-parole de

son Gouvernement, Ali Rabiei, qui a

signalé que toutes les options sont ouvertes

pour répondre à Washington et

à son gouvernement si quelque chose

est fait contre les pétroliers iraniens qui

vont au Venezuela.

Donald Trump et le régime civil et militaire qu'il dirige dépassent la portée

et les intérêts que représentait le pirate Jack Sparrow, interprété par l'acteur

Johnny Deep dans la saga des studios Disney “Pirates des Caraïbes”.

Même si les Etats-Unis ont une

longue histoire de piraterie, il est encore

trop tôt pur se prononcer sur la

réaction de l’Iran. Mais s'ils commettent

une telle erreur, nous nous réservons

toutes les possibilités et nous ferons

des réponses proportionnées pour

préserver la liberté de naviguer et faire

payer un prix sans précédent pour ces

illégalités. »

L’Iran l'a dit clairement : les

conséquences de toute action irrationnelle

contre les bateaux sous pavillon

de la République Islamique d’Iran retomberont

sur Washington.

Extrait de Rebelión 25 Mai 2020

Traduction Françoise Lopez

Bolivar Infos 30 Mai 2020

10 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020


ANPECHE COVID-19 SIMAYE!

APRANN KIJAN POU W PRAN SWEN TÈT OU AK LÒT MOUN LAKAY OU.

KISA SENTÒM COVID-19 YO YE?

• Sentòm ki genyen pi souvan yo se lafyèv, tous,

malgòj, ak souf kout. Kòm lòt sentòm gen doulè nan

kò, pa kapab pran gou oswa sant, maltèt, ak dyare.

• Pifò moun ki gen maladi kowonaviris 2019 la

(COVID-19) ap gen sentòm leje oswa mwayen epi

yo kapab fè mye poukont yo.

KIYÈS KI GEN PLIS RISK

POU MALADI GRAV?

• Moun ki gen laj omwen 50 an (moun ki gen laj

omwen 65 an gen plis risk toujou)

• Moun nenpòt ki laj ki gen lòt pwoblèm sante, tankou:

Maladi poumon

Opresyon

Maladi kè

Obezite

Dyabèt

Maladi ren

Maladi fwa

Kansè

Yon sistèm iminitè ki afebli

KISA POU M FÈ SI M VIN MALAD

AVÈK SENTÒM COVID-19?

Si w malad avèk sentòm COVID-19, ou te mèt

sipoze ou genyen l. Lè w malad:

• Si w gen pwoblèm respire, doulè oswa presyon nan

pwatrin ou, ou twouble oswa ou pa kapab rete je klè,

oswa pobouch oswa figi w ble, rele 911 touswit.

• Rele doktè w si w gen omwen 50 an laj epi ou gen

yon pwoblèm sante ki fè w gen plis risk, oswa si w

pa santi w pi byen apre twa jou.

• Toujou kontakte yon doktè oswa al lopital si w gen

sentòm COVID-19 grav oswa yon lòt pwoblèm sante.

• Pa kite lakay ou sòf pou resevwa swen medikal

ki nesesè oswa pou al chèche manje oswa founiti

esansyèl (si yon moun pa kapab al chèche yo pou ou).

• Si w oblije kite lakay ou:

Evite kote ki gen foul.

Rete a yon distans omwen 6 pye de lòt moun yo.

Kouvri nen w ak bouch ou avèk yon foula oswa

yon lòt bagay pou kouvri figi w.

Lave men w anvan w ale epi sèvi avèk

dezenfektan pou men pandan w deyò

• Lòt moun yo ki rete nan kay la kapab sòti pou travay

ak bezwen esansyèl men yo dwe siveye sante yo byen.

Si ou oswa yon moun lakay ou malad:

• Mete distans fizik:

Pa resevwa moun.

Rete a yon distans omwen 6 pye de lòt moun yo.

Dòmi tèt ak ke si w nan menm kabann ak yon moun

ki malad, oswa dòmi sou kanape.

Kenbe moun ki malad yo separe de sa ki gen risk vin

gen maladi grav yo.

• Kouvri:

Kouvri nen w ak bouch ou avèk yon foula oswa yon

lòt bagay pou kouvri figi lè nou a yon distans youn

de lòt ki mwens pase 6 pye.

Lè w ap touse oswa etènye kouvri avèk mouchwa

papye oswa avèk andedan koud ou.

• Kenbe tout bagay pwòp:

Jete mouchwa papye yo nan poubèl kou w fin sèvi

avèk yo.

Lave men w souvan avèk savon pandan 20 segonn,

sitou lè w fin touse oswa etènye.

Sèvi avèk dezenfektan pou men a baz alkòl si w pa

kapab lave men w.

Netwaye souvan sifas ou manyen yo tankou

manch pòt, bouton limyè, wobinè, telefòn, kle ak

telekòmann.

Lave sèvyèt, dra, ak rad nan dlo ki lepli cho posib la

avèk detèjan w abitye itilize a epi seche yo nèt.

Pa sèvi avèk menm istansil manje ak lòt moun epi

lave yo chak fwa w fin sèvi avèk yo.

KILÈ MWEN KAPAB KITE LAKAY

MWEN APRE MALADI MWEN AN?

• Si w te malad, rete lakay ou jiskaske:

Ou pa gen lafyèv depi twa jou san ni Tylenol ni lòt

medikaman epi

Sa fè omwen sèt jou depi sentòm ou yo te kòmanse epi

Sentòm ou yo amelyore

• Sonje: New York sou PÒZ. Sa vle di menm si w te

malad, ou dwe kite lakay ou pou travay oswa komisyon

esansyèl oswa pou fè espò sèlman, epi rete a yon

distans omwen 6 pye de lòt moun.

OU BEZWEN ÈD?

• Si w gen yon ijans medikal, rele 911.

• Si w pa gen doktè men w bezwen youn, rele

844-692-4692. Vil New York ofri swen, kèlkeswa

estati imigrasyon w, estati asirans ou oswa kapasite

w pou w peye.

• Pou plis enfòmasyon, rele 311 oswa ale sou

nyc.gov/coronavirus.

Depatman Sante Vil New York (NYC Health

Department) gen dwa chanje rekòmandasyon

yo pandan sitiyasyon an ap evolye.

Haitian Creole 4.20

Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

11


Perspectives

L’héritage révolutionnaire

de Malcolm X

Pourquoi Angela Davis

est communiste

A l’occasion du 95ème anniversaire

de la naissance de Malcolm X (le 19

mai), nous reproduisons ci-dessous un

article, qui avait d’abord été publié

sous forme de brochure par la Ligue

des jeunes communistes des États-

Unis (YCL) dans les années 1990.

Cet article revient sur les évolutions

de pensée et sur l’héritage du militant

révolutionnaire afro-américain.

Malcolm X, né Malcolm Little le 19

mai 1925, a été assassiné le 21

février 1965 et enterré sous le nom

d’El-Hajj Malik El-Shabazz. Il est la

figure la plus remarquable de la tradition

nationaliste afro-américaine et

l’une des figures les plus importantes

de toute la lutte pour la démocratie et la

libération des Noirs. À bien des égards,

son héritage définit le nationalisme

révolutionnaire afro-américain d’aujourd’hui.

Pour des dizaines de millions

de personnes dans le monde, le nom

de Malcolm X est associé à la cause de

la libération des Afro-Américains, de la

solidarité anti-impérialiste et du socialisme.

Sa vie et son héritage sont liés à

la lutte contre l’oppression, l’exploitation,

le colonialisme et le racisme.

Malcolm était d’une honnêteté

farouche. Son génie résidait dans le fait

qu’il avait saisi la vérité selon laquelle

le potentiel révolutionnaire inhérent à

la lutte pour la libération des Noirs ne

pouvait se réaliser que grâce à la solidarité

de toute l’humanité opprimée

et exploitée. La solidarité représentait

pour lui une assistance mutuelle entre

des forces combattant un ennemi commun.

Cette reconnaissance le plaçait

sur un plan politique plus élevé que le

nationalisme libéral et petit-bourgeois

de Marcus Garvey et de son premier

professeur et mentor Elijah Muhammad.

L’essence révolutionnaire de son

nationalisme le différenciait également

du nationalisme culturel qui a prévalu

aux États-Unis après son assassinat,

comme l’ont illustré le poète Amiri

Baraka ou l’universitaire Ron Karenga.

La plupart des nationalistes culturels

ont en effet détourné son héritage et

l’ont vidé de sa racine révolutionnaire.

Pour Malcolm, le nationalisme était

l’idéologie et le mécanisme de la lutte

révolutionnaire, alors que pour le nationalisme

culturel, il devient une justification

pour se retirer de la lutte.

La pensée de Malcolm

Sa pensée devint son arme la plus

puissante et celle que les ennemis de

la liberté noire craignaient le plus. Il

développa soigneusement les outils de

la logique et de la rhétorique afin de

pénétrer et de démolir le mensonge de

la suprématie blanche. Bien qu’il fût un

maître en logique et en rhétorique, il

estimait que l’histoire, en tant que science,

était la mieux à même, comme il

le disait, de récompenser toute recherche.

Malcolm, cependant, s’intéressait

surtout à l’histoire des luttes

révolutionnaires et à la vie des révolutionnaires.

Il a tiré des leçons de la

Révolution américaine, citant souvent

Patrick Henry qui, au mépris du colonialisme

britannique, a dit : “Donnez-moi

la liberté ou donnez-moi la

mort”. Pourtant, ce sont finalement les

révolutions russe, chinoise et cubaine

ainsi que les révolutions anticoloniales

en Afrique et en Asie qui l’ont attiré.

Il admirait la pureté et l’altruisme de

dirigeants comme Ho Chi Minh, Che

Guevara, Fidel Castro, Gamal Abdul

Nasser, Kwame Nkrumah et Amilcar

Cabral. Il a aussi tenté de comprendre

les méthodes de guérilla comme moyen

d’autodéfense et de libération d’un

peuple opprimé.

Malcolm n’était pour autant pas

Malcolm X

un révolutionnaire de salon. Son courage

monumental provenait de sa conscience

que la solution à l’oppression

raciale se trouvait dans les luttes des

masses afro-américaines. C’est pourquoi

il a insisté à maintes reprises sur

le fait que la lutte devait se poursuivre

“par tous les moyens nécessaires”. Il

chérissait profondément la liberté et enseignait

aux autres à l’apprécier comme

le principe politique le plus élevé. Selon

lui, la liberté, la justice et l’égalité l’emportaient

sur tous les autres principes

et ne devaient pas être compromises.

En tant que représentant national et

porte-parole de Nation of Islam, il a associé

les principes de liberté et d’égalité

à la terre et au territoire et a donc appelé

à ce que cinq États du Sud soient

reconnues en tant que nation noire. Il

en viendrait plus tard à reconnaître que

dans le contexte américain, la liberté et

l’égalité n’étaient véritablement réalisables

que sur les bases d’un changement

révolutionnaire du système

économique, provoqué par une alliance

des classes et des peuples exploités. Il

a donc reconnu la nécessité du bulletin

de vote et de la balle (ballot and bullet),

de la réforme et de la révolution,

le tout dans la poursuite de la liberté et

de l’égalité.

La jeunesse de Malcolm

Malcolm a connu dès son enfance la violence

du racisme. Son père, un ministre

baptiste et fervent partisan du leader

nationaliste Marcus Garvey, a été

lynché par le Ku Klux Klan. Il a vu sa

mère lutter pour lui fournir, ainsi qu’à

ses frères et sœurs, de la nourriture, des

vêtements et un abri. Elle a fini par être

terrassée par le terrible fardeau de la

pauvreté et du racisme, confinée dans

un établissement de santé mentale pendant

de nombreuses années.

Après cela, Malcolm s’est pratiquement

élevé tout seul. Son premier

combat personnel contre l’oppression

raciste s’est déroulé dans les écoles de

Mason, dans le Michigan. Il a rejeté

l’endoctrinement raciste de l’éducation

américaine. Plutôt que d’y être soumis,

il a ensuite quitté l’école pour trouver

lui-même sa voie dans le monde.

Sa route l’emmenant vers Boston,

il a pris le pseudonyme et le visage

de “Detroit Red”. La rue, les clubs,

les escrocs, les prostituées et les trafiquants

de drogue, les musiciens et les

danseurs sont devenus ses professeurs.

Malcolm est devenu l’un d’entre eux. Il

a appris de leurs forces et de leurs faiblesses.

Mais plus encore, il a commencé

à entrevoir quelque chose de leur potentiel

et de leur humanité non réalisés.

Malcolm, ne voyant aucun moyen de

sortir de l’oppression de la vie de ghetto,

est devenu en tous points lui-aussi

un frère de rue, totalement engagé dans

la vie au jour le jour et dans le crime.

À l’aube de la vingtaine, il a été

reconnu coupable de vol et condamné

à dix ans de prison. Alors qu’il était

derrière les barreaux, son frère aîné,

un disciple de l’honorable Elijah Muhammad,

a écrit à Malcolm pour lui

parler des enseignements du “Messager

d’Allah”, qui affirmait que l’Islam

était la “religion naturelle de l’homme

noir”. Malcolm a alors appris à lire et à

mémoriser pratiquement le dictionnaire

en entier afin de comprendre les enseignements

de Nation of Islam. Il s’est

converti à l’islam en prison. Après sa

libération, il a rejoint la mosquée de Detroit

et en 1954 est devenu le ministre

en chef de la mosquée de Harlem.

A Harlem s’élève le

révolutionnaire

À Harlem, la mecque intellectuelle et

culturelle de la vie noire, Malcolm est

entré en contact avec toute l’étendue et

la complexité des différents courants de

la pensée noire. Il a appris, débattu et

lutté avec les multiples plates-formes

du nationalisme révolutionnaire et culturel,

de la politique électorale, du socialisme

et du communisme.

Des étudiants africains et asiatiques,

des peintres, des artistes et

différents ouvrages sont devenus ses

compagnons de route et ont commencé

à façonner son esprit et à développer

son génie unique. Il est devenu un véritable

intellectuel, capable de s’imposer

avec le meilleur que les universités de

la bourgeoisie blanche pouvaient produire.

Il n’avait aucune pitié pour les

intellectuels et les universitaires partisans

du racisme et du colonialisme ou

de leurs théories. Il était devenu, enfin,

un intellectuel révolutionnaire.

Les courants culturels, politiques

et intellectuels existant à Harlem ont

interagi en lui avec les enseignements

de la Nation de l’Islam. Inévitablement,

il a alors dépassé les limites des doctrines

de Nation of Islam, mais il n’a

néanmoins jamais nié leur impact positif

sur le sentiment d’estime de soi,

d’amour-propre et d’identité africaine

des Noirs, qui constituent la plus importante

contribution d’Elijah Muhammad

à la lutte de l’Amérique noire.

De plus, Nation of Islam s’adressait

à la classe sociale que Malcolm connaissait

le mieux, à savoir les couches

les plus pauvres et les plus démunies

de la population active afro-américaine.

Les enseignements d’Elijah Muhammad

sur la fierté raciale ont aidé les

plus opprimés à rassembler leurs forces

et leur ont donné une structure organisée

pour le faire.

Malcolm rompt avec

Nation of Islam

Le fait que Nation of Islam n’ait con-

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sidéré que la dimension raciale de l’oppression

des Noirs, est finalement entré

en conflit avec l’approfondissement de

la conscience politique de Malcolm. Ses

voyages au Ghana, en Égypte et en

Arabie Saoudite l’ont convaincu que

l’oppression raciale et l’oppression de

classe étaient inséparables. La classe

des banquiers et des industriels milliardaires,

conclut-il, a tiré des milliards de

profits du colonialisme et du racisme.

Il a vu que le racisme et le capitalisme

étaient des jumeaux inséparables.

Malcolm a compris que les blancs aussi

étaient victimes, mais pas de la même

manière, de ce système. Il a également

rencontré Ahmed Ben Bella et d’autres

dirigeants de la révolution algérienne

qui semblaient blancs, mais qui étaient

néanmoins des révolutionnaires.

Il a de plus en plus été amené à

considérer la possibilité et la nécessité

d’une unité révolutionnaire multiraciale.

À La Mecque, en Arabie Saoudite,

il a rencontré des musulmans de

toutes les races et a compris que l’Islam

n’était pas seulement la religion de

l’homme noir. Sa conversion à un islam

plus orthodoxe s’est produite en même

temps qu’il s’éloignait de la doctrine

du séparatisme racial. Ces expériences

et son engagement farouche pour la

vérité l’ont amené à reconnaître une

distinction catégorique entre les blancs

et le racisme blanc, entre les blancs ordinaires,

dont la plupart sont influencés

par le racisme, et les capitalistes qui en

sont les principaux bénéficiaires.

Angela Davis

« Je suis communiste parce que

la raison pour laquelle nous sommes

contraints et forcés à vivre misérablement,

à avoir un niveau de vie le plus

bas de toute la société américaine, est

en rapport étroit avec la nature du capitalisme.

Si nous devons un jour sortir

de notre oppression, de notre misère, si

nous devons un jour cesser d’être les

cibles de la mentalité raciste de policiers

racistes, il faudra que nous supprimions

un système dans lequel on garantit à

quelques riches capitalistes le privilège

de continuer à s’enrichir tandis que le

peuple qu’on force à travailler pour les

riches, et en particulier les noirs, ne

peut jamais valablement s’élever.

Je suis communiste parce que je

crois que le peuple noir, dont le travail

et le sang ont permis de bâtir ce pays, a

droit à une grande partie des richesses

qui ont été accumulées par les Hugh,

les Rockefeller, les Kennedy, les Dupont,

tous les super puissants capitaliste

blancs d’Amérique.

Je suis communiste aussi parce

que je pense que les Noirs ne devraient

pas être contraints à faire une guerre

raciste et impérialiste en Asie du Sud-

Est, où le gouvernement US refuse par

la violence à un peuple non-blanc le

droit de diriger sa vie, exactement comme

pendant des centaines d’années ils

ont utilisé la violence pour nous supprimer,

nous »

À cet égard, dans un discours

prononcé en 1964, il a déclaré : « Nous

vivons une période de révolution et la

révolte des Noirs américains fait partie

de la rébellion contre l’oppression

et le colonialisme qui caractérise cette

époque... Il est incorrect de classer la

révolte des Noirs comme un simple

conflit racial entre Noirs et Blancs, ou

comme un problème purement américain.

Nous assistons plutôt aujourd’hui

à une rébellion globale des opprimés

contre l’oppresseur, des exploités contre

l’exploiteur. La révolution noire

n’est pas une révolte raciale ».

En disant cela, il s’est empressé

d’ajouter que l’unité raciale ne peut

être fondée sur la doctrine longtemps

prêchée et vide de sens de la “fraternité”

qui préserve la suprématie blanche.

L’unité ne peut réellement se produire

que lorsque les Blancs assument par

dessus tout leur responsabilité révolutionnaire

et leur obligation de classe

de combattre le racisme des capitalistes

blancs.

Sa rupture en 1964 avec Nation

of Islam et sa création des Mosquées

Musulmanes Inc. et de l’Organisation

pour l’Unité Afro-Américaine lui ont

donné une nouvelle orientation.

C’est également à cette époque

que Malcolm et Martin Luther King,

Jr. ont commencé à se rapprocher l’un

de l’autre. Leur unité, si elle avait eu

la possibilité de se développer pleinement,

aurait pu conduire à une unité

suite à la page(16)

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12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020


Notre Mémoire se Souvient!

Marcus Garvey: militant aux convictions panafricanistes

17 août 1887 - 10 juin 1940

Par Frantz Latour

Marcus Garvey est né à la Jamaïque

en 1887. Ouvrier imprimeur, il

devient syndicaliste et consacre sa

vie à oeuvrer pour l’émancipation et

l’union de la diaspora africaine.

Après avoir voyagé en Europe,

Garvey arrive aux États-Unis en

1916 et fonde l’UNIA (United Negro

Improvement Association), association

d’union pour l’amélioration de

la condition nègre) qui parviendra à

toucher 300 000 sympathisants dans

l’ensemble du pays.

Ne croyant pas à l’intégration

des descendants des Africains déportés,

Garvey, radicalement opposé aux

partisans de l’intégration, dont le chef

de file est W.E.B. Du Bois, prône le retour

en Afrique et notamment au Libéria,

colonisé en 1821 pour accueillir

les esclaves américains libérés.

Favorable aux révolutionnaires

européens de son époque, Garvey

s’en distingue cependant en refusant

que les différences de « race » passent

après les différences de classe.

En 1919, Garvey fonde la Black

Star Line, une compagnie maritime

Marcus Garvey, militant

panafricaniste

que finance une souscription lancée

auprès des Afro-Américains. Le but

est de les transporter, eux et les Antillais,

en Afrique. La Black Star Line

s’inscrit dans une entreprise plus globale

visant à établir un réseau économique

et industriel propre à la communauté

afro-américaine qui permettra

de financer le retour en Afrique. L’entreprise

se limitera à quelques usines

et surtout au journal The Negro World

qui aura assez de retentissement pour

être interdit dans la plupart des pays

colonisateurs.

Les difficultés financières de la

Black Star Line, en 1922, vont mettre

un terme à la carrière de Garvey qui,

accusé d’escroquerie, est écroué à Atlanta

en 1925 et expulsé des États-

Unis deux ans lus tard. Après avoir

tenté de relancer son mouvement –

non sans un certain succès – en Jamaïque,

Garvey s’installe en Angleterre

en 1935 et il y meurt d’une crise

cardiaque le 10 juin 1940.

Garvey a eu une grande influence

sur le mouvement rasta de

la Jamaïque qui a surtout retenu ses

références à l’Éthiopie. Il reste que

les limites de Garvey sont d’avoir

prôné, sur le modèle sioniste, un retour

colonial dans une Afrique qu’il

ne connaissait pas et de n’avoir pas

su dépasser l’idée de race (d’où certaines

accusations – parfois fondées

– de rapprochement avec les fascistes

européens ou le Ku Klux Klan qui, au

fond, se serait accommodé d’un départ

de tous les Afro-Américains).

Mais l’intérêt de la démarche

de Garvey est d’avoir compris que

le discours de gauche, notamment

marxiste, était loin d’être clair sur la

question du racisme, d’avoir cerné

l’unité historique des diasporas antillaise

et afro-américaine, liées par

l’expérience de la déportation esclavagiste,

et surtout d’avoir entrevu

que cette diaspora pouvait constituer

une force économique autant que politique.

Certes, la position de Garvey

était compréhensible dans le contexte

de l’époque. Mais, autres temps,

autres pensées politiques et idéologiques.

Aux aspects positifs de

Marcus Garvey, il convient de puiser

dans les enseignements et militances

révolutionnaires des Joseph Ignace,

esclave guadeloupéen devenu militant

indépendantiste; Marcel Manville,

militant martiniquais contre la colonisation

et proche de Frantz Fanon en

Algérie; Thomas Sankara, Che Guevara,

Fidel Castro; Um Nyobé, dirigeant

camerounais et première personnalité

politique à revendiquer l’indépendance

de son pays; et plus près de nous Elie

Domota, syndicaliste guadeloupéen ,

porte-parole du Liyannaj Kont Pwofitasyon

(Collectif contre l’exploitation

outrancière) ou LKP, et secrétaire général

de l’Union générale des travailleurs

de Guadeloupe (UGTG), syndicat

majoritaire de la Guadeloupe.

Garvey a inspiré les indépendantistes

zimbabwéens; les défenseurs

de la cause noire en Afrique du Sud ;

Julius Nyerere, premier président de

la Tanzanie; Kamuzu Banda, premier

président du Malawi.

La cause de la race noire

est encore plus que jamais à l’ordre

du jour. Défendue par Marcus Garvey

dans une perspective seulement raciale,

elle a, depuis, certainement évolué

à maints égards. On retiendra que

Garvey aura été un moment marquant

de l’histoire tumultueuse des Noirs depuis

l’Afrique jusqu’à nos jours. A ce

titre, les peuples noirs saluent sa mémoire.

Sources:

Marcus Garvey. Une autre histoire.

Août 2013

Marcus Garvey, le “premier président

de l’Afriqu” Histoire africaine,

février 2017

La mémoire au service des luttes : Alamamy Samory Touré

Par FUIQP et Alain Saint-Victor

Il y a 120 ans, le 2 juin 1900,

l’Almamy Samory Touré décédait.

Ce fondateur de l’empire

Wassoulou (empire précolonial)

est considéré comme le plus

grand résistant à la colonisation

française en Afrique de l'Ouest.

Né en 1833 dans ce qui

allait devenir la Guinée actuelle,

Samory se fait rapidement

remarquer pour ses capacités

dans le maniement des armes. Il

est alors nommé chef de guerre

par son peuple, les Camara, en

1861. Il fonde alors une armée

et s’évertue à construire un État

stable. Il se convertit à l’Islam et

prend le titre d’Almamy qui fait

de lui le porteur des pouvoirs

temporel et spirituel.

Conscient de l’approche des

colonisateurs français, il négocie

avec les Anglais l’achat d’armes

à feu. À la fin de la décennie

1870, les colonisateurs français

commencent leur conquête de

l’Afrique de l’Ouest. Samory s’engage

dans la résistance et refoule,

en février 1882, une attaque de

l'armée coloniale.

Après quatre années de

combat, Samory est contraint

de reconnaître la supériorité de

l’armement français. Il signe en

1886 un traité de paix qui reconnaît

une zone d’influence

pour la France sur la rive gauche

du Niger. Il se consacre alors à

mieux organiser son armée afin

de reprendre la résistance. Un

an plus tard l’armée de Samory

compte plus de 30 000 hommes

et est organisée en compagnies.

La cavalerie compte plus de 3000

combattants.

En mars 1891, les troupes

coloniales violent le traité et lancent

une attaque contre l’armée

de Samory. Celui-ci se lance alors

dans une guerre de mouvement

pour éviter l’affrontement frontal.

Après la signature de la convention

de Bruxelles en 1890, Samory

Touré ne peut plus acheter

d'armes aux Britanniques, ce qui

affaiblit fortement ses troupes.

Cette convention officiellement

interdisait la vente d'armes en

vue d'éradiquer l'esclavage. Dans

les faits, elle fut une aide directe

au colonialisme français. Les troupes françaises prennent alors

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le dessus et Samory est contraint

de se replier vers l’Est.

Le 29 septembre 1898,

Samory est capturé et exilé au

Gabon. Il y meurt en captivité,

le 2 juin 1900, des suites d’une

pneumonie. Il fut l’adversaire

le plus redoutable des Français

en Afrique de l’Ouest et à ce titre

devient, dans les mémoires

populaires, un symbole de la

résistance à la conquête. Son

arrière-petit-fils, Ahmed Sékou

Touré reprit le flambeau de son

ancêtre en s’opposant à De Gaulle

et en exigeant l’indépendance de

la Guinée.

Repose en paix, frère et camarade.

La résistance n'a jamais

cessé, elle doit continuer.

Texte : FUIQP (Modifications

et ajouts ASV)

Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Chine: de l’Histoire à la Modernité

« Pendant plus d'un siècle, les nations occidentales ont fait le trafic

d'opium à une échelle qui éclipse tout cartel colombien moderne de

plusieurs milliards de dollars, mais aujourd'hui, nous, occidentaux, en

savons peu à ce sujet »

Par Alexandra Panaguli

(Troisième partie)

Un vieil harcèlement: les guerres

de l’opium

Cette perfide guerre commerciale

étatsunienne me rappelle les guerres de

l’opium aux XVIIIe et XIXe siècles. À

l’époque c’étaient les Britanniques qui

avaient un déficit commercial avec la

Chine (importation de soie, de thé, de

céramique). De plus le coût de maintenir

leur empire des Indes était élevé.

Alors, ils ont conçu un plan pour faire

entrer de l’argent dans leurs coffres: la

politico-commerciale British East India

Company - également connue sous le

nom de l’Honorable (!) East India Company

car elle avait reçu sa Charte royale

de la reine Elizabeth I - a commencé la

contrebande d’opium de l’Inde vers la

Chine. Certains citoyens étatsuniens -

parmi lesquels rien moins que le grandpère

du président Franklin D. Roosevelt

et les ancêtres de l’ex-secrétaire d’État

John Kerry - ont fait de même de la Turquie

vers la Chine, contrevenant à l’interdiction

de l’empereur chinois Qing

(première interdiction de l’opium en

1729), et entrainant une forte dépendance

de toute une population.

Les deux guerres ont commencé,

l’une en 1839 lorsque des marins britanniques

ivres ont tué un villageois

chinois et les Britanniques ont refusé

de le laisser juger en Chine. Et la seconde

lorsque, le 8 octobre 1856, les

Chinois ont arrêté l’équipage chinois

d’une jonque chinoise - la Flèche - qui

s’était livré à la piraterie mais arborait

le pavillon britannique (alors que le

registre britannique du navire avait expiré

11 jours auparavant, le 27 septembre).

De toute façon les Britanniques

cherchaient des excuses pour extorquer

plus d’accès et de concessions pour

leur commerce en Chine. Ils ont pilonné

Guangzhou (alors appelé Canton)

pendant trois semaines, alors que Ye

Mingchen, le gouverneur local, avait

libéré les marins chinois. Les Anglais

ont continué leur intervention armée

pendant quatre ans jusqu’à ce qu’ils

détruisent et pillent l’ancien palais d’été

de Beijing (alors appelé Pékin).

Charles George Gordon, qui était

alors capitaine de 27 ans dans le Royal

Engineers et faisait partie du corps expéditionnaire

anglo-français de 1860, a

écrit à propos de son expérience:

«Nous sommes sortis et, après

l’avoir pillé, nous avons brûlé tout l’endroit,

détruisant comme des vandales

les biens les plus précieux qui ne pouvaient

pas être remplacés pour quatre

millions. Nous avons gagné plus de 48

livres chacun ... J’ai bien fait. Les gens

[locaux] sont très civils, mais je pense

que les officiels nous détestent, comme

ils se doivent après ce que nous avons

fait au Palais. Vous pouvez à peine

imaginer la beauté et la magnificence

des lieux que nous avons brûlés. Cela

faisait mal au cœur de les brûler; en

fait, ces lieux étaient si grands et nous

étions tellement pressés par le temps

que nous ne pouvions pas les piller à

fond. Des quantités d’ornements en or

ont été brûlées, considérées comme du

laiton. C’était un travail très infiniment

démoralisant pour une armée».

L’UNESCO a estimé en 2006

qu’environ un million de reliques

chinoises de l’ancien palais d’été sont

en la possession de 47 musées dans le

monde entier...

Afin d’obtenir des concessions

commerciales similaires, la France s’est

jointe à l’attaque en utilisant comme

prétexte le meurtre, en février 1856,

d’un missionnaire français. De toute

façon, les impérialistes occidentaux se

Chercheuse à la Nanjing University of Post and Telecommunications. La

Chine a dépassé les États-Unis avec 426 000 études scientifiques contre

409 000 pour ces derniers. Quant aux brevets, les Chinois occupent le

premier rang mondial en termes de dépôts: 1,3 million en 2017. Photo par

Alexandra Panaguli

sont toujours unis contre le reste du

monde.

À l’époque, le brave périodique

The Economist avait assimilé ce pillage

à une croisade humanitaire: «Le commerce

est aussi nécessaire à la ‘société

que l’air, la nourriture, les tissus ou la

chaleur [...] Nous pouvons regretter la

guerre, mais nous ne pouvons pas nier

les grands bénéfices qu’elle a procurés

[...] Il en va ainsi de toute guerre avec

la Chine qui permet à ses populations

de participer plus complètement aux

échanges commerciaux avec toutes les

autres nations”.

Pareil pour la reine Victoria. Le

commissaire impérial spécial Lin Zexu,

chargé par l’empereur d’éradiquer le

commerce, lui a écrit d’intervenir, citant

l’interdiction de l’opium par la

Grande-Bretagne: «Vous ne voulez pas

que l’opium nuise à votre propre pays,

mais vous choisissez de porter ce préjudice

à d’autres pays comme la Chine».

Il n’a reçu aucune réponse.

Cependant, il y avait des voix

honnêtes, comme Lord Derby, chef

de l’opposition conservatrice (eh oui)

qui a condamné l’attitude britannique

comme «des exigences arrogantes

d’une prétendue civilisation». William

Ewart Gladstone, futur Premier ministre

de Grande-Bretagne, l’a qualifié

de «plus célèbre et atroce», dénonçant

la première guerre de l’opium comme

«injuste à son origine» et «calculée

dans ses progrès pour couvrir ce pays

d’une disgrâce permanente».

Plus on creuse, et plus on trouve

de la pourriture (occidentale). Les Britanniques

ont forcé les agriculteurs

indiens à produire des pavots (pour

exporter en Chine) au lieu des cultures

vivrières traditionnelles. En 1838,

800.000 Indiens sont morts dans la famine

d’Agra; plus de 500000 affamés

en 1860 dans le Nord-Ouest; en 1865-

1877, un million de personnes ont péri

dans la famine d’Orissa, un tiers de la

population de cette région; en 1868-

1870, 1/3 de la population du Rajputana

est morte de faim.

En parlant de l’Inde, nous pourrions

continuer indéfiniment avec la

bellicosité britannique. Le plus célèbre

étant le massacre d’Amritsar quand,

en avril 1919, l’armée britannique a

tiré sur une foule de civils non armés,

tuant au moins 400 (certains disent

jusqu’à 1000) personnes, y compris

41 enfants, dont un âgé de seulement

six semaines. La reine Elizabeth n’a

fait aucun commentaire à part l’appeler

«un moment de tristesse» ... Pourtant

les Britanniques ont répété leur

exploit dans leur colonie du Kenya en

1920-1963, tuant plus de 20.000 Africains,

dont 1.090 militants Mau Mau

condamnés à mort, soit plus du double

du nombre exécuté par les Français en

Algérie.

Mais demandez à n’importe qui

dans la rue ce qu’il sait de ces événements

les plus tragiques. «Pendant

plus d’un siècle, les nations occidentales

ont fait le trafic d’opium à une

échelle qui éclipse tout cartel colombien

moderne de plusieurs milliards

de dollars, mais aujourd’hui, nous,

occidentaux, en savons peu à ce sujet.

Nous n’en apprenons rien en histoire

au lycée - ni même à l’université, d’ailleurs.

Un professeur de Xiamen m’a dit

qu’il pensait que la guerre avait été

menée pour empêcher la Chine d’exporter

de l’opium »...

Blessures auto-infligées

Les Etats-Unis n’auront pas le dernier

mot dans leur lutte de survie contre la

Chine, car ils créent leurs propres problèmes

et ne seront jamais en mesure

de les résoudre car ils ont une mentalité

de négligence. À part leur déficit

commercial, un bon exemple, récent,

est Aventura (un nom approprié), une

société de surveillance et de sécurité basée

à Long Island, dans l’État de New

York. Elle a installé des équipements

fabriqués en Chine «sur des dizaines

de bases de l’armée, de la marine et

de l’armée de l’air, des installations du

ministère de l’Énergie et, entre autres,

sur des porte-avions de la marine”, tout

en prétendant faussement qu’elle a été

faite aux États-Unis, dit la plainte pénale

du procureur général de l’Etat de

New York, Richard Donoghue, datée du

7 novembre. Il a fallu plus d’une décennie

aux fonctionnaires étatsuniens

pour découvrir la tromperie. La leçon:

rangez votre maison et ne blâmez pas

les autres pour vos lacunes.

Sans parler des années de Trumpisme

fortement marquées par l’ineptie.

Prenons le plus gros problème maintenant,

l’accord commercial avec la

Chine. Une étude de la Federal Reserve

Bank de New York a révélé que ce sont

les entreprises et les consommateurs

étatsuniens qui supportent les tarifs imposés

par Trump, pas les Chinois dont

les prix n’ont pas bougé. D’ailleurs, la

faible part (de 2 à 6%) des importations

étatsuniennes de machines et d’équipements

électriques et électroniques que

la Chine perdue est allée «en Europe

et au Japon pour les machines, et en

Malaisie, Corée du Sud, Taïwan et Vietnam

pour l’électronique et l’équipement

électrique”.

Le perdant? «De Lincoln Logs aux

bagages, l’accord commercial étatsuno-chinois

laisse encore un énorme

point d’interrogation sur les États-

Unis. Alors que le président Trump peut

changer de politique à la vitesse d’un

tweet, les entreprises se démènent pour

adapter les chaînes d’approvisionnement

développées au fil des décennies»,

a noté le célèbre économiste et chroniqueur

du New York Times Paul Krugman,

lauréat du prix Nobel.

D’autres quittent tout simplement

les États-Unis, comme RISC-V, une organisation

à but non lucratif basée au

Delaware - avec plus de 325 sociétés

membres - qui supervise la technologie

prometteuse des semi-conducteurs développée

dans les laboratoires de l’Université

de Californie à Berkeley, avec un

financement de la Defense Advanced

Research Research Agency du Pentagone

(DARPA). Elle «déménagera

bientôt en Suisse après que plusieurs

membres étrangers du groupe aient

exprimé leurs inquiétudes concernant

les restrictions commerciales potentielles

aux États-Unis». Cela montre

que l’attaque étatsunienne contre

Huawei a un fort retour de flamme, et

«pourrait préfigurer une nouvelle fuite

technologique en raison des restrictions

étatsuniennes. sur les relations

avec certaines entreprises technologiques

chinoises».

«L’idée selon laquelle la Chine

puisse être empêchée de participer

aux normes aux côtés des États-Unis

et de l’UE n’est tout simplement pas

viable», a déclaré Morgan Reed, président

de The App Association, qui

représente les principales entreprises

technologiques étatsuniennes telles

qu’Apple Inc et Microsoft Corp. «La

Chine est trop importante en tant que

fabricant et marché final pour être

ignorée».

L’ineptie, la myopie et l’étroitesse

d’esprit ne sont bien évidemment pas

l’apanage de Trump. Plusieurs législateurs

républicains agitent la peur de la

Chine tel que le sénateur Tom Cotton de

l’Arkansas et le représentant du Wisconsin

Mike Gallagher. Avec les tensions

commerciales qu’ils causent «ils

pourraient rendre les États-Unis un

endroit plus difficile pour héberger des

groupes de normes technologiques»

alors que «Rendre l’open source aussi

ouverte que possible est important

pour l’industrie».

Le gagnant? La Chine à nouveau,

qui a appris, tout comme la Corée

du Nord, que «Trump parle fort mais

porte un petit bâton et peut être berné»,

comme l’a dit Krugman.

La recherche

La première partie de l’accord commercial

était «destinée en partie à

ralentir le passage de la Chine vers

de nouvelles technologies, tel que les

voitures électriques, en protégeant la

propriété intellectuelle des sociétés

étatsuniennes». L’ironie est que «les

premières berlines électriques Model 3

de Tesla [sont] en train de sortir des

lignes d’assemblage dans la nouvelle

usine de plusieurs milliards de dollars

de l’entreprise à Shanghai [...] Les

Registre des chasseurs au parc animalier Keoladeo au Rajasthan. Les

Anglais utilisaient leur empire des Indes pour faire la chasse aux tigres

– pour distraire leurs hauts dignitaires et leurs invités étrangers – et pour

cultiver des pavots et droguer les Chinois à l’opium, causant par là même

de grandes famines parmi les Indiens. Photo par Alexandra Panaguli

gens qui apprennent à fabriquer des

voitures électriques de manière toujours

plus efficace dans l’usine de Tesla

à Shanghai sont chinois». «Trump ne

comprend pas une réalité fondamentale

de l’économie mondiale d’aujourd’hui:

la rentabilité et la compétitivité des entreprises

étatsuniennes ne sont pas les

mêmes que le bien-être et la compétitivité

des Étatsuniens, les entreprises

étatsuniennes n’ont aucune obligation

particulière envers les États-Unis. Ils

ne sont obligés qu’envers leurs actionnaires

».

De toute façon, «environ 30%

des actionnaires des grandes sociétés

étatsuniennes ne sont même pas

étatsuniens. Alors que l’argent mondial

traverse de plus en plus rapidement les

frontières, ce pourcentage augmente.

«Les 500 plus grandes sociétés

ayant leur siège aux États-Unis deviennent

de moins en moins étatsuniennes.

40% de leurs employés vivent et travaillent

en dehors des États-Unis. Ils

vendent et achètent des composants et

des services dans le monde entier. Ils

font des recherches partout où ils trouvent

des ingénieurs et des scientifiques

talentueux.

«La part de la Chine dans la recherche

et le développement mondiaux

dépasse déjà celle des États-Unis».

Les startups innovantes (licornes)

également. Citées sur le nouveau

Shanghai Star Market - le Science

and Technology Innovation Board, un

conseil technologique de style Nasdaq

conçu pour renforcer la crédibilité

de son marché boursier volatil - elles

étaient, selon Hurun, au nombre de

202 au premier trimestre 2019, contre

28 dans l’UE ...

Selon la National Science Foundation

étatsunienne, la Chine a dépassé

les États-Unis en 2016 dans les publications

scientifiques avec «426 000

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14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020


Géopolitique de gangsters et projets mafieux

Par RICHARD FALK

Richard Falk est rapporteur spécial des

Nations unies pour les droits de l’homme

dans les territoires palestiniens. Il

analyse le plan d’annexion de pans

entiers de la Cisjordanie présenté par

Benyamin Netanyahu et soutenu par

les États-Unis. Un plan qui témoigne

d’un mépris flagrant pour le droit international.

Pas étonnant de la part

de responsables politiques qui se comportent

comme de véritables gangsters.

Mais les répercussions pourraient être

gravissimes. (IGA)

études recensées dans la base de données

Scopus d’Elsevier contre 409 000

pour les États-Unis». Quant aux brevets,

«les Chinois occupent le premier

rang rang mondial en termes de dépôts

(1,3 million en 2017)», dont «12.589

reconnus par les États-Unis en 2018,

soit une augmentation de 12% par rapport

à l’année précédente».

Encore une ironie. Alors que

l’Occident essaie de protéger sa propriété

intellectuelle contre les Chinois, une

fameuse tâche contentieuse, en particulier

en ce qui concerne Huawei, un

jeune entrepreneur français a déclaré à

Raffarin à Pékin: «Ne soyez pas obsédé

par la protection de nos technologies.

Maintenant, ce sont les Chinois qui

veulent protéger la propriété intellectuelle.

C’est dans leur intérêt! ”

Cela dit, la Chine mène aussi

dans la recherche. C’est le moment de

mentionner qu’en 2018 l’Université

Tsingha de Pékin est devenue la meilleure

en Asie, pour la première fois

devant l’Université nationale de Singapour

classée par le Times Higher Education.

Soit dit en passant, Xi Pining est

diplômé de l’Université de Tsingha ...

Les criminels Pompeo et Netanyahu lors de leur dernier rendez-vous

mafieux en Israël

Nous vivons une époque très

étrange. Personne ne peut le nier.

Des personnes meurent partout

sur la planète à cause de la pandémie

COVID-19, ou à cause de ses

conséquences sociales et économiques

dévastatrices. Dans un tel contexte, il

n’est guère surprenant de voir se manifester

le meilleur comme le pire de l’humanité.

Mais ce qui dépasse l’entendement,

c’est de voir que certains en profitent

pour se livrer à des manœuvres

géopolitiques de gangsters.

L’intensification des sanctions

étasuniennes en pleine crise sanitaire

sur des pays déjà profondément touchés

comme l’Iran et le Venezuela en est un

exemple frappant. Le rejet de nombreux

appels humanitaires très médiatisés

pour la suspension des sanctions, au

moins pour la durée de la pandémie,

prouve que la géopolitique prend le pas

sur tout le reste. Loin de suspendre les

sanctions par simple humanité, Washington,

sourd aux appels, intensifie

allègrement sa politique de « pression

maximale », pour profiter sadiquement

de l’occasion d’augmenter la souffrance

de ses victimes.

Un autre évènement inique est la

danse macabre israélienne de la scandaleuse

annexion de pans entiers de

la Cisjordanie occupée, promise par le

Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Toute annexion du territoire palestinien

occupé viole, sans contestation

possible, les normes fondamentales du

droit international, mais cela ne semble

pas avoir d’importance. D’ailleurs Israël

va annexer sans même s’embarrasser à

justifier légalement sa violation de la règle

claire et nette selon laquelle un État

souverain n’a pas le droit d’annexer un

territoire étranger acquis par la force.

Cette annexion viole aussi le

droit humanitaire international tel qu’il

est énoncé dans la quatrième Convention

de Genève. Elle équivaut à une

démarche unilatérale d’Israël visant à

modifier le statut de la terre en Cisjordanie,

qui est passée de territoire occupé

depuis 1967 à territoire sous contrôle

israélien total. En outre, cette annexion

remet directement en cause l’autorité

des Nations unies qui considère,

depuis toujours, que la présence d’Israël

en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et

à Gaza repose uniquement sur la force

et sur l’occupation, ce qui rend nécessaire

d’obtenir l’accord des Palestiniens

pour toute modification. On voit mal

comment Israël pourrait jamais l’obtenir

dans les circonstances.

Le « débat » israélien sur la

sécurité

Pour toutes ces raisons, il n’est pas surprenant

que même les poids lourds israéliens,

dont les anciens chefs du Mossad

et du Shin Bet, ainsi que des officiers

de l’armée à la retraite, tirent la sonnette

d’alarme. Bien sûr, aucun de ces débats

internes israéliens ne s’oppose à l’annexion

aux motifs qu’elle viole le droit

international, qu’elle brave l’autorité des

Nations unies ou de l’Union européenne

et qu’elle piétine les droits inaliénables

des Palestiniens.

Toutes les objections à l’annexion

à l’intérieur d’Israël portent uniquement

sur de prétendus conséquences négatives

sur la sécurité israélienne. En particulier,

les voix critiques qui s’élèvent

dans l’establishment de la sécurité

nationale israélienne font état de leur

crainte de contrarier les voisins arabes,

de s’aliéner davantage l’opinion publique

internationale, surtout en Europe,

et dans une certaine mesure, d’amoindrir

la solidarité des Juifs américains et

européens envers Israël.

* * *

La cupidité est un autre aspect de

la mentalité étatsunienne et de Trump.

Les propriétaires d’Aventura Technologies,

Jack Cabasso et sa femme Frances,

ont acheté des propriétés et un yacht

de 23 mètres appelé Tranquilo avec des

millions de profits illégaux canalisés

par le biais d’un programme de blanchiment

d’argent.

Pendant ce temps, la Chine essaie

de lutter contre cette mentalité ... à sa

manière habituelle, c’est-à-dire qu’à

l’occasion de sa 70e fête nationale le

1er octobre, le Parti communiste a publié

des lignes directrices et 58 «modèles

moraux» nationaux, y compris contre

l’abus de la les personnes âgées et la

pratique de mariages et d’enterrements

extravagants (qui privent des

millions d’hommes ruraux de se marier

par manque d’argent), mais aussi

comment les Chinois devraient se comporter

lorsqu’ils voyagent à l’étranger

afin de bâtir «l’esprit chinois, les

valeurs chinoises et la puissance chinoise».

En 2001, la dernière fois qu’ils

avaient publié de telles lignes directrices,

ils avaient dit que «le culte de

l’argent, l’hédonisme et l’individualisme

extrême ont augmenté». Maintenant

ils disent qu’ils sont «toujours en

suspens» ...

Les hommes d’affaires vendant

de la viande de rat ou du lait contaminé,

les bureaucrates acceptant des

pots-de-vin, les mariées pakistanaises

maltraitées jusqu’à la mort (629 filles

et femmes pakistanaises vendues en

Chine en tant qu’épouses en 2018 - les

hommes chinois sont plus nombreux

que les femmes). Le gouvernement a

besoin d’organisation et de discipline

avec leurs 1,4 milliards d’habitants, des

qualités totalement absentes en Grèce

qui ont conduit le pays à un tel gâchis.

(A suivre)

Le camp pro-annexion du débat

politique israélien parle également de

sécurité, notamment en ce qui concerne

la vallée du Jourdain et les colonies,

mais beaucoup moins. En fait, les partisans

les plus ardents de l’annexion sont

ceux qui veulent des terres.

Ils invoquent un droit biblique juif

sur la Judée et la Samarie (connue internationalement

sous le nom de Cisjordanie).

Ils appuient ce droit sur les traditions

culturelles juives ancestrales et

les siècles de liens historiques avec cette

terre qu’ils considèrent comme sacrée,

des liens maintenus par la présence continuelle

d’un petit groupe de juifs.

Ni ceux qui critiquent l’annexion

en Israël, ni ses partisans ne ressentent

le besoin d’expliquer, ni même de mentionner,

le mépris des revendications

et des droits des Palestiniens qu’elle

traduit. Les annexionnistes n’osent

quand même pas dire que les revendications

juives méritent davantage d’être

satisfaites que les revendications nationales

des Palestiniens, sans doute parce

qu’ils savent que cela ne cadrerait pas

du tout avec les idées modernes sur le

droit et la morale.

Les revendications, les aspirations

et même l’existence d’un peuple

palestinien ne font jamais partie de

l’imaginaire sioniste. Les sionistes ne

voient les Palestiniens que comme des

obstacles politiques et démographiques.

Mais, par souci tactique, le sionisme

a toujours évité de dévoiler toute

l’étendue de son projet, et a préféré

laisser croire, à chaque fois, qu’il ne

voulait pas davantage que ce qu’une

situation particulière pouvait offrir.

Mais il est clair que l’objectif du

sionisme depuis sa création, est de

marginaliser les Palestiniens dans un

seul État juif qui engloberait l’ensemble

de la « Terre promise » d’Israël. En ce

sens, le plan de partition des Nations

unies – salué à l’époque comme une

solution – a été, de fait, utilisé comme

un tremplin pour récupérer le plus possible

de la terre promise. Au cours des

100 dernières années, d’un point de

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vue sioniste, l’utopie est devenue réalité,

tandis que pour les Palestiniens, la

réalité est devenue une dystopie.

Géopolitique de gangsters

La façon dont Israël et les États-Unis

abordent l’annexion est aussi consternante

que son projet sous-jacent,

l’éradication des Palestiniens qui seront

considérés comme une population récalcitrante

qui doit être dispersée et divisée

autant que possible pour réduire sa résistance

et son opposition.

Netanyahu a réussi à faire approuver

son plan d’annexion grâce à

la formation du gouvernement d’union

avec son rival devenu partenaire de

coalition, Benny Gantz. La seule condition

préalable à la proposition qu’il

doit soumettre après le 1er juillet était

d’adopter la répartition territoriale du

projet scandaleusement unilatéral de

l’administration Trump : « De la paix à

la prospérité ».

Il n’est même pas besoin du plan

de paix Trump pour savoir que les États-

Unis approuvent l’annexion, puisque

Trump a déjà entériné l’annexion israélienne

du territoire syrien occupé du

plateau du Golan en mars 2019.

Comme on pouvait donc s’y attendre,

l’Amérique de Donald Trump

n’oppose pas la moindre résistance et

ne demande même pas, en aparté, à

Netanyahu d’au moins offrir quelques

justifications juridiques ou de parler des

effets négatifs de l’annexion sur les perspectives

de paix palestiniennes. Bien

au contraire, le secrétaire d’État américain,

Mike Pompeo, a donné son feu

vert à l’annexion de la Cisjordanie avant

même qu’Israël n’officialise sa demande,

en affirmant avec impudence que l’annexion

est une question qu’il appartient

aux Israéliens de trancher (comme si, ni

les Palestiniens, ni le droit international

n’existaient). Il a ajouté que les États-

Unis donneraient en privé leur avis sur

la question au gouvernement israélien.

Il semblerait que la brutalité du

projet d’annexion ait pour objectif de

neutraliser l’ONU et à de couper l’herbe

sous le pied aux critiques internationales

contre Israël. L’annexion risque en

effet de provoquer des manifestations

rhétoriques d’indignation de la part de

plusieurs dirigeants européens et peutêtre

aussi du candidat démocrate présumé

à la présidence, Joe Biden, mais

sans que cela soit accompagné de pressions

sérieuses en faveur d’une campagne

internationale pour faire obstacle

à ce vol de terres palestiniennes.

L’expérience passée laisse présager

qu’après quelques jours de battage

médiatique, les inquiétudes s’apaiseront

et le monde passera à autre chose.

Même les Palestiniens, découragés par

des années d’attente infructueuse, semblent

pâtir en ce moment d’une forme de

lassitude de la résistance qui s’ajoute au

faible impact des initiatives de solidarité.

Tout cela montre à l’envi que les

relations israélo-américaines s’apparentent

à une « géopolitique de gangsters »

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qui ne tient aucun compte du droit international

ni de l’autorité des Nations

unies. Cette opération, qui balaie la loi et

la morale pour créer de force un espace

politique permettant le vol de terres, est

honteuse et méprisable.

Cet incroyable comportement

officiel suit le schéma auquel nous ont

habitués les États-Unis et Israël.

Tout d’abord, on a la revendication

provocatrice d’annexion israélienne.

Deuxièmement, elle est soumise

à la seule condition qu’Israël obtienne

l’approbation du gouvernement américain

avant de procéder à l’annexion.

Troisièmement, le gouvernement américain

renvoie la balle à Israël en disant

que la décision d’annexer est du ressort

d’Israël, et qu’il lui donnera son opinion

sur la question en privé , opinion que

portera, vraisemblablement, sur la meilleure

tactique à adopter (date et forme

de la présentation), sans aucune considération

pour les questions de principe.

Il y a une mélodie lugubre qui

accompagne cette danse macabre. Israël

atténue son unilatéralisme par un

geste de déférence géopolitique, qui

donne l’impression que l’approbation

des États-Unis est plus, pour lui,

qu’une simple manifestation de soutien

politique. Les États-Unis, quant à eux,

n’ont aucun problème avec la décision

israélienne, mais ils ne veulent pas lui

apporter un soutien inconditionnel officiel.

Officiellement, ils disent qu’Israël

est libre d’agir à sa guise et s’abstiennent,

du moins pour l’instant, de toute

expression publique d’approbation ou

de désapprobation concernant l’annexion.

Il est peu probable que cela puisse

engendrer des problèmes avant la date

fatidique de juillet, d’autant plus qu’Israël

présentera l’annexion comme une

mise en œuvre partielle des propositions

du Trump.

Je pense que le message privé des

États-Unis sera une approbation discrète,

que Netanyahu considérera sans

aucun doute comme entérinant l’accord

avec Gantz. Ce qui ressort ici, c’est l’arrogance

de la politique d’annexion. Non

seulement les règles et les procédures

de l’ordre international sont ignorées,

mais le discours interne sur le transfert

des droits est conduit comme si les personnes

que ce transfert va le plus affecter

étaient quantité négligeable, une

sorte d’» orientalisme interne ». Telle est

la réalité de la géopolitique de gangsters.

* Richard Falk est professeur

émérite, détenteur de la chaire Albert G

Milbank de droit international à l’université

de Princeton et chercheur à Orfalea

Center of Global Studies. Il a aussi

été rapporteur spécial des Nations Unies

pour les droits de l’homme palestiniens.

Pour consulter son blog.

Chronique de la Palestine 21 Mai

2020

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Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (9)

Haiti, the billions in foreign aid have

unfortunately borne little fruit on

the ground. The time has come for a

more thorough reassessment of U.S.

assistance in Haiti.

Too often, foreign interests

have been prioritized over Haitian

interests, and too often, U.S. policy

has directly undermined its stated

goals — such as sending tons of food

aid while voicing support for national

production, or endorsing flawed

elections while claiming to promote

democratic development. For too

long in Haiti, the U.S. has prioritized

a flawed notion of short-term stability

over genuine progress.

Today, we can criticize Haiti’s

public health system, but we must

also analyze why it is that some 60%

of Haiti’s health services are provided

by NGOs and private actors. The U.S.

must do what it can to support Haiti’s

frontline health workers today, but

we also must rethink the policies that

contributed to today’s situation, and

which, without reform, will only perpetuate

an unsustainable status quo.

Changing this deeply rooted

relationship will require a sustained

focus by members of Congress. In

December, at another congressional

hearing, my fellow panelist Dan

Erikson proposed members form a

congressional commission with a

specific focus on Haiti. The need for

such a body has only grown in subsequent

months.

The immediate priorities of a

Haiti commission could be twofold:

1) Putting an immediate halt to deportations

to Haiti; 2) A complete

reassessment of U.S. foreign assistance,

including an analysis of legislative

barriers to aid reform.

Supporting national agricultural

production, improved infrastructure,

and government transparency

can no longer just be talking points,

or we will find ourselves back at

the same place when the next crisis

comes.

Today, we can — and should

— fight to stop the next deportation.

But we also have to approach the issue

more broadly and fundamentally

rethink the U.S. relationship with

Haiti. At a time of such acute health

concerns, at the very least, U.S. policy

in Haiti could begin with the spirit

of the Hippocratic Oath: first, do no

harm.

Jake Johnston is a Senior Research

Associate at the Center for

Economic and Policy Research

(CEPR) in Washington, DC and is

the lead author for CEPR’s “Haiti:

Relief and Reconstruction Watch”

blog, from which this post is drawn.

Suite de la page (7)

interrogations posées ci-dessus

méritent d’être considérées même

si la pandémie reste réelle. Dans la

recherche d’une possible réponse

à ces questions, elles nous permettent

de dégager certaines subtilités

qui entourent cette politique

de la peur. Car, son fondement

même repose sur la diversion qui,

en politique, s’inscrit dans une

dynamique de détournement de

l’attention du public sur ses vrais

problèmes. C’est pourquoi, une

analyse au premier degré ne suffirait

pas pour sortir cette politique

dans l’ombre de cette forme de

manipulation d’esprit et de faits.

A la lumière de ces faits,

nous rappelons que la politique

de la politique qu’est mise en

place par ce pouvoir reste un cas

d’autoritarisme classique dans

l’histoire de violation des droits

humains. Elle est marquée par un

double processus de transfert de la

violence légitime et de la normalisation

du banditisme. Les bandits

sont officieusement le bras répressif

du pouvoir. Chaque jour, ils

s’occupent de leurs fonctions terrorisantes

qui consistent en la production

de la peur. Et les médias

s’en occupent de la diffusion et de

l’intériorisation. Majoritairement

pro-gouvernementaux, ils participent

à la légitimation des bandits.

Ils les font passer pour des

acteurs-vedettes en les recevant

comme des invités de marque. Chaque

jour on ne consomme que la

peur. Et la vie devient quasiment

inexistante dans ce pays.

En fait, tout ce qui compte

pour ce pouvoir c’est son quinquennat.

Un objectif auquel un climat

de tension ne peut le garantir.

La spontanéité de ce mouvement

baptisé pays lock et le choc qu’il

a provoqué le démontrent. Une

répétition de ce mouvement doit

être, à tout prix, évitée. Cette politique

de la peur s’inscrit dans cette

perspective répressive. Et pour

bien la comprendre, il faut se placer

dans le contexte pré- covid-19

ou ”pays post-lock”. En faisant

cet exercice de mémoire, on comprendra

rapidement les raisons

d’être d’une telle politique. Parmi

ces raisons, on retiendra celle que

j’appellerai ‘’l’auteur invisible’’.

Il ne veut pas apparaître comme

bourreau qui réduit le peuple en

silence en le privant de son droit à

s’exprimer et à se réunir qui sont

reconnus par les lois en vigueur

et les prescrits internationaux.

Avec cette politique qui lui confère

ce statut « d’auteur invisible » le

gouvernement sera épargné de ces

crimes politiques qu’il a commis.

Car, ils seront tous traités comme

des faits isolés liés à l’insécurité

générale qui règne dans le pays

et qu’il il a créée lui-même en

mettant les jeunes des quartiers

populaires au-devant de la scène.

C’est la perception qu’il veut, tout

au moins, laisser pour la consommation

de l’opinion nationale et

l’internationale. Donc, on se demande

si la politique de la peur

ne pose-t-elle pas un problème

d’éthique ?

La Politique de la peur et le

problème d’éthique.

La politique et l’éthique ne font

pas toujours bon ménage. Dans

les pays où l’Etat est pris en otage

par des politiciens, ce fait apparaît

indéniable. En Haïti, ce constat

n’est pas trop différent. L’Etat est

devenu depuis quelques temps

l’héritage privé des Chefs d’état.

Une fois au pouvoir, ils veulent

y rester indéfiniment. S‘il faut le

rappeler que la durée d’un mandat

présidentiel est de cinq ans.

Mais il faut, toutefois, admettre

qu’aucun d’entre eux n’a réussi à

s’échapper à cette maudite tentation

de rester au pouvoir au-delà

du temps constitutionnel et des

exigences démocratiques. Et cette

obsession atteint aujourd’hui une

phase pathologique. Au pouvoir,

ils ne pensent qu’à cela. Et comme

la démocratie a ses règles et que

ses exigences sont incontournables,

ils ont, pour satisfaire leurs

pulsions de pouvoir, violé ce qui

se trouve au fondement mêmes

de notre démocratie : l’alternance

politique.

En fait, depuis 86, s’il y a

une constante dans notre histoire

récente c’est bien celui de la continuité

de l’état qui s’assure non

dans la poursuite des idéaux et

de grands projets de société établis

par des gouvernants éclairés

mais plutôt dans cette politique de

doublure malsaine qui consiste à

passer le pouvoir à une marionnette

dans l’objectif de continuer

à jouir dans la tranquillité les privilèges

d’État et de rester , en même

temps, à l’abri de toutes possibilités

de demandes de comptes formulées

par la nation. Le président

actuel en est l’exemple vivant, un

cas classique de rabaissement humain

qui ne soulève que dégoût et

d’indignation.

En fait, pour ce qui concerne

de l’éthique, ces politiciens

n’en ont pas. Cette notion, ils ne

la connaissent même pas. D’ailleurs,

ils n’ont pas été préparés

à ce noble dessein : diriger une si

fière nation. Ils n’ont pas été, pour

la grande majorité, à l’université.

Logiquement, on ne peut offrir ce

qu’on n’a pas. Pour ces aigrefins,

les adeptes du machiavel, la politique

reste tout simplement un jeu

d’opportunité. Ce qui compte ce

n’est pas les moyens mais plutôt

la fin. Le contexte actuel prouve

malheureusement que cette formule

machiavélique est encore de

mise dans ce pays. Si la peur (politique)

est l’œuvre machiavélique

du pouvoir en place, transformant

les bandits qui sont des victimes

en bourreaux de la population, la

peur créée par l’épidémie ne l’est

pas. Mais il l’instrumentalise et la

politise. Et cela soulève un problème

d’éthique.

La question de savoir si

l’épidémie est bien dans ce pays

c’est, pour certains, ignorer ce

pouvoir et son instinct de vol. Car

si elle n’y était pas encore on l’aurait

déjà soit imaginée ou la fait

entrer. A cela, la covid-19 apparaît,

pour le président, comme une

cerise sur le gâteau. Il n’offre pas

non seulement l’assurance de son

mandat mais aussi tout ce dont il

a besoin pour le terminer en toute

beauté : l’argent. Quelle aubaine !

Si avec le confinement dont

impose logiquement l’épidémie la

fin du mandat du président n’est

pas sur la table de négociations,

il faut reconnaître aussi que cette

pandémie lui offre aussi une occasion

en or pour ajouter dans sa

vitrine déjà garnie de faits graves

de corruption de nouvelles distinctions.

Il en a besoin pour monter

plus haut la barre de la corruption.

Avec déjà quelques morts et

plusieurs personnes atteintes par

cette maladie, le décor est déjà

bien planté pour ce record. Et ce

n’est plus un secret pour personne

que les crises humanitaires en

Haïti demeurent un pactole pour

les gouvernements, des sources

d’enrichissement facile. Mais

un fait demeure certain qu’elles

ne marchent pas sans ses lots de

scandales de corruptions. Donc,

qui vivra verra.

Sylvens Alfred

Suite de la page (12)

plus profonde de la communauté afro-américaine

et au renforcement de

la lutte multiforme pour la paix, la

liberté et la justice. C’est également à

cette époque que Malcolm a rencontré

Paul Robeson lors des funérailles de

la grande dramaturge Lorraine Hansberry.

L’héritage de Malcolm

C’est au moment même où Malcolm

avait atteint de nouveaux sommets

de conscience révolutionnaire que sa

vie et le développement de sa pensée

ont été interrompus. L’historien John

Henrik Clarke soutient qu’il a été assassiné

par le même cartel international

invisible du pouvoir et de la finance

qui avait tué Patrice Lumumba.

« Le pouvoir pour la défense

de la liberté », proclamait Malcolm,

“est plus grand que le pouvoir pour

la tyrannie et l’oppression, parce que

le pouvoir, le vrai pouvoir, vient de la

conviction, qui produit l’action, l’action

sans compromis. Il produit également

l’insurrection contre l’oppression.

C’est la seule façon de mettre fin

à l’oppression - par le pouvoir”.

Cet héritage de Malcolm X doit

être étudié et développé. Un examen

critique de l’ensemble de sa contribution

ne peut manquer de prendre acte

de l’évolution de ses idées. Malcolm

à la fin de sa vie était une personne

politiquement et idéologiquement très

différente de celle qu’il était au début.

Le caractère révolutionnaire de

l’héritage de Malcolm s’est tourné vers

la nécessité d’une lutte démocratique

de masse comme condition préalable

à une révolution économique et sociale

fondamentale contre le système

qui engendre l’oppression. Les jeunes

militants d’aujourd’hui pourront-ils y

parvenir à leur tour ?

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16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020


A Travers le monde

Révolte antiraciste aux

Etats-Unis : justice pour

George Floyd !

De grandes manifestations ont

éclaté dans tout le pays avec le

slogan « Pas de justice, pas de paix

» Justice pour George Floyd

Le 25 mai, George Floyd, un travailleur

afro-américain de 46 ans, a été

étouffé par un policier raciste dans une

rue publique de Minneapolis, alors que

d'autres policiers retenaient un groupe

de personnes qui tentaient d'arrêter l'attaque.

Plusieurs vidéos de l'arrestation

ont montré qu'il n'était pas armé et n'a

pas résisté à une arrestation arbitraire

et raciste. Après qu'il eut été menotté,

des sbires racistes l'ont jeté à terre et

l'officier de police Derek Chauvin l'a

étranglé pendant dix minutes, pressant

le cou de Floyd dans l'asphalte avec

son genou, même après qu'il eut perdu

connaissance. Le crime a été filmé par

des passants et a suscité l'indignation

de millions de personnes dans le monde

entier. Le cri de "Je ne peux pas respirer"

a été repris par des milliers de manifestants

au cours des jours suivants.

De grandes manifestations ont

éclaté dans tout le pays avec le slogan

"Pas de justice, pas de paix", rappelant

les soulèvements antiracistes de Ferguson

et Baltimore en 2014 et 2015. Au

mépris des dirigeants et de la pandémie,

les foules ont envahi les rues de Minneapolis

d'abord, puis celles de nombreuses

grandes villes du pays. La maison du

meurtrier Chauvin a été encerclée par

les manifestants jusqu'à ce que la Garde

nationale les a attaqués. Le bâtiment de

la police auquel les tueurs de Floyd auraient

été affectés a été incendié jeudi. Il

y a également eu de nombreux pillages.

Au-delà du rôle possible des

provocateurs de la police dans certaines

actions, l'attaque des symboles de la

répression a provoqué un grand impact

et la mobilisation s'est étendue au reste

du pays. À Louisville, où la jeune Breonna

Taylor a récemment été tuée par

des flics racistes, la répression a donné

lieu à de grandes manifestations et sept

blessures par balles ont été signalées.

Les attaques de la police contre la presse

sont monnaie courante, avec des

arrestations comme celle du journaliste

noir Omar Jimenez de CNN à Minneapolis,

ainsi que des tirs sur des caméraman

et d'autres attaques dans plusieurs

villes.

Le vendredi 29, des centaines de

manifestants se sont rassemblés devant

la Maison Blanche, où Trump séjournait,

défiant le couvre-feu. Des bannières

avec des slogans comme "Œil

pour œil" reflétaient l'esprit radicalisé

de la jeunesse combattante à New York,

Los Angeles, Chicago, Phoenix, Oakland,

Houston, Atlanta, Detroit, Las

Vegas, San José et Memphis. Dans la

petite ville de Petal, dans le Mississippi,

le maire s'est prononcé en faveur du

meurtre de Floyd, et des centaines de

personnes se sont ralliées à sa démission.

Il y a la résistance des travailleurs

à la répression : à Minneapolis, les

chauffeurs de bus utilisés pour transporter

les anti-émeutes ont refusé de le

faire, et la même chose s'est produite

à Brooklyn. Il est important d'exiger

que les syndicats agissent au niveau

national en solidarité avec la lutte antiraciste.

Si les bureaucrates refusent, ils

doivent être balayés.

L'atout de la droite appelle à tirer

sur les manifestants

La première réaction de Trump a été

prudente, en témoignage de la sympathie

avec la famille de Floyd et en leur

assurant qu'une enquête fédérale rendrait

justice. Au fur et à mesure que la

lutte du peuple s'intensifiait, ses convictions

fascistes se sont mises en évidence.

À l’aube du 29 mai, il a tweeté

que les manifestants étaient des "voyous",

a menacé de militarisation pour

imposer "l'ordre" et a même cité une

phrase du chef de la police raciste de

Miami, Walter Headley, qui a déclaré

en 1967 que "quand les pillages commencent,

les coups de feu commencent",

une incitation claire à utiliser la

violence militaire et paramilitaire contre

les manifestations.

Le président donne non

seulement le feu vert aux méthodes

brutales des forces répressives, mais

il envoie également le signal aux

groupes paramilitaires néo-nazis et aux

groupes suprémacistes blancs. Déjà un

agresseur inconnu a tiré sur un manifestant

dans le Minnesota et l'a blessé,

et il y a eu au moins un coup de feu à

Denver. Le contraste entre le traitement

réservé par les forces répressives aux

manifestations antiracistes violemment

attaquées et la protection accordée aux

mobilisations armées des groupes racistes

d'extrême droite, qui ont investi

les bâtiments gouvernementaux pour

protester contre les mesures de distanciation

sociale dans le contexte de la

pandémie, est frappant.

Le message d'incitation aux fusillades

de Trump a été critiqué par

certains démocrates et le réseau social

Twitter a partiellement réduit sa visibilité,

une sanction qui a irrité le président

raciste, qui a déjà pris des initiatives juridiques

pour réglementer les réseaux.

Martinique : destruction des statues

de Victor Schœlcher

Par DOSSOU Chimène

Statue de Victor

Schœlcher détruite

Un acte salutaire et historique

Le 22 mai 2020, jour officiel d’abolition

de l’esclavage par le colonialisme

français en Martinique, des patriotes et

anticolonialistes ont abattu des statues

de Victor Schœlcher, ce parlementaire

français porteur de la loi qui mit officiellement

fin à l’esclavage et que le colonisateur

continue à célébrer comme le

père de l’abolition de l’esclavage.

Le fait que les monuments et

les idoles colonialistes qui font injure

aux peuples des colonies françaises

tombent les uns après les autres, indique

que quelque chose de nouveau

est en train de se passer dans le sens de

l’appropriation de leur propre histoire

par les peuples colonisés et dominés.

En présentant Victor Schœlcher

comme le père de l’abolition de l’esclavage,

le colonialisme français fait croire

que les esclaves amorphes et résignés

ont attendu qu’une loi votée à Paris

vienne les délivrer de leurs chaines, ce

qui n’est pas conforme à la réalité.

En effet, les esclaves issus de la

traite négrière n’ont jamais accepté leur

condition inhumaine et l’histoire de l’esclavage

est semée de révoltes célèbres

depuis les cales des bateaux jusque

dans les plantations esclavagistes .Aux

Antilles Françaises, comme dans toutes

les sociétés esclavagistes d’Amérique,

les esclaves ont toujours lutté, par tous

les moyens, contre leurs oppresseurs.

Les formes de résistance au système

esclavagiste furent très diverses – Résistance

quotidienne (vols, sabotages,

ironie, etc.). Mais la forme de résistance

la plus célèbre était le marronnage.

Il s’agit d’esclaves qui s’échappaient

des plantations pour rejoindre

les montagnes d’où ils harcelaient les

propriétaires d’esclaves dans les vallées

et les villes. On les appelait les nègres

marrons.

Victor Schœlcher lui-même cite

des cas célèbres comme : « Polydor,

nègre intrépide et entreprenant qui, en

1703, se forma une bande de nègres

marrons, avec laquelle il attaquait et

Un des facteurs empêchant l'aggravation

de la crise au sein de la classe dirigeante

est le rôle des démocrates au

service de la répression et de l'ordre.

Les démocrates, la composante

libérale du parti de l'ordre

Le gouverneur démocratique du Minnesota

a déclaré l'urgence d'autoriser

le déploiement de la Garde nationale, et

dans la nuit de jeudi à dimanche, 500

militaires avaient été déployés. Trump

s'en prend aux démocrates, qu'il accuse

d'être des "radicaux de gauche"

et menace de militariser davantage

l'État. Le maire de Minneapolis, également

démocrate, a également appelé

au déploiement de la Garde nationale.

Submergés par la mobilisation, ils ont

massacrait impunément les blancs

jusque dans leurs maisons, portant

l’audace et le crime jusqu’à leur enlever

leurs filles et leurs femmes. On marcha

en vain contre lui, on ne put jamais le

joindre. Ce ne fut qu’après sept ans des

plus cruels excès qu’ayant commis un

acte de violence envers un de sa bande,

il en fut assassiné. Trois ans après

un autre nègre ni moins barbare, ni

moins courageux, nommé Chocolat, lui

succéda. Il eut bientôt formé sa bande,

et il se mit à commettre les mêmes

atrocités ; plus adroit et plus fin que

Polydor, il les eut poussées bien plus

loin s’il ne se fut noyé en traversant

la rivière à Limonade, après avoir inquiété

et pillé les blancs pendant près

de douze ans. Un nègre nommé Mancandal

François, homme profondément

méchant et habile à capter les

esprits de ses semblables, s’en empara

au point qu’ils portèrent pour lui le

respect, la confiance et la vénération

jusqu’au plus grand fanatisme : ils

croyaient fermement que Mancandal

était envoyé tout exprès du ciel pour

délivrer tous les esclaves du joug, et

que dussent-ils même mourir pour lui,

ils ne feraient que retourner dans leur

patrie au sein de leur famille, recevoir

la récompense due à leur courageux

dévouement. Quand Mancandal crut

être bien assuré de l’esprit de tous les

esclaves, il recourut à un moyen d’autant

plus perfide et plus sûr, qu’il était

difficile de s’en garantir. Il employa,

au lieu de fer, le poison, qui ne laissait

aucune trace de la main qui l’avait

préparé. Dès 1748, il fit des ravages

effroyables dans les villes et dans les

campagnes : les blancs ne mangeaient

plus qu’en tremblant. » Cité par Victor

Schœlcher : Des Colonies Françaises.

pp. 105-106.

Pour en venir à la journée du 22

mai 1848 à proprement parler, c’est

l’aboutissement d’un processus. Plusieurs

révoltes importantes ont lieu

tout au long du 19è siècle. En 1848,

la tension est à son comble, les nègres

marrons, des esclaves qui se sont

échappés, s’attaquent aux habitations.

A plusieurs endroits les captifs

se soulèvent. Mais comme dans tout

mouvement révolutionnaire, c’est une

étincelle à priori anodine qui déclenche

tout. A Saint-Pierre, la tension est à son

comble. Le 22 mai, l’esclave Romain de

l’habitation Duchamp est arrêté pour

avoir joué du tambour.

L’instrument était perçu comme

un moyen de communication pour

propager la révolte. Les esclaves de son

atelier n’acceptent pas cette injustice et

commencent à se mobiliser. Pierre-Marie

Porry-Papy, adjoint au maire de

Saint-Pierre fait libérer Romain contre

la volonté du maire et des békés, les

colons esclavagistes qui s’insurgent.

Les habitations sont prises d’assaut par

les esclaves et plusieurs colons sont

tués. La situation est si tendue que la

Métropole est obligée de décréter l’abolition

de l’esclavage le 22 mai 1848

par une loi présentée par le parlement

et portée par Victor Schœlcher.

Voilà comment on décrète que

Schœlcher a aboli l’esclavage en occultant

complètement la résistance et

Une seconde statue brisée. Le peuple des travailleurs et des chômeurs ne

s’est pas encore émancipé du carcan de l’esclavage salarié

imposé un couvre-feu, avec peu ou pas

d'efficacité.

L'ancien président Obama a demandé

une enquête, mais a refusé de

qualifier la mort de Floyd de meurtre.

Il a conclu son message en félicitant "la

plupart des hommes et des femmes" des

forces de police qui "sont fiers de faire

leur travail correctement". Il s'est scrupuleusement

gardé d'utiliser le mot "racisme"

et il a fait l'éloge des répresseurs.

L'ancien pré-candidat social-démocrate

Sanders a en effet critiqué le racisme

systématique et la violence policière

contre les Noirs et a exigé l'arrestation

de tous les policiers impliqués dans le

meurtre. Il a exigé que tous les futurs

décès en garde à vue fassent l'objet

d'une enquête et a critiqué Trump pour

les luttes qui ont permis cette abolition.

C’est le propre des oppresseurs, et des

dominateurs, ils n’exaltent jamais la

lutte des opprimés car elle met en danger

leur domination. On a vu au Bénin

comment l’histoire officielle (celle enseignée

dans les écoles et au sein de

l’opinion) qui attribue la conquête de

la démocratie de 1990 à Monseigneur

Isidore de SOUZA, Mathieu KEREKOU

et autres en occultant complètement le

rôle important joué par les combattants

pour la liberté sous la dictature de KER-

EKOU.

C’est pour cela que les peuples

et les opprimés doivent s’approprier

leur histoire et ne pas laisser leurs

oppresseurs l’écrire à leur place. En

cela, la destruction des statues de Victor

Schœlcher en Martinique, 172 ans

après le décret d’abolition est un acte

salutaire.

DOSSOU Chimène

LA FLAMME N°351 29 mai 2020

avoir incité la police à procéder à des

fusillades. Il n'a pas appelé à la mobilisation,

ni fait preuve de solidarité avec

les mobilisations en cours.

Le candidat démocrate virtuel à la

présidence, Joe Biden, a publié une déclaration

détaillée critiquant le racisme

et appelant au calme, sans utiliser le

mot "meurtre". Amy Klobuchar est une

probable colistière de Biden, mais elle

a été démasquée par la crise. Elle était

déjà répudiée par les communautés afro-américaines

pour sa complicité avec

la police raciste du Minnesota pendant

ses années de procureuse. Après

le meurtre de Floyd, son rôle dans la

dissimulation des brutalités policières à

Minneapolis a été largement médiatisé.

suite à la page(18)

Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

17


Pleins Feux Sur : Gracia « Tikit » Jean Philippe

(Desdunes, 2 mai 1955 – NY-1993)

Par Ed Rainer Sainvill

« Un étinceleur vocal »

Un autre produit des légions nordistes,

Tikit a émergé avec une ascendance

de vocaliste charismatique

et baroudeur qui a fini par se frayer

un début avec les « Pachas du Canapé-Vert

». Dans ce qui devrait être la

dernière version de ce groupe, après la

précédente avec les :Lilavois, Ti Gérard,

Tiyale etc. Et comme la plupart de ces

devanciers partis pour la quatrième version

des « Shleu-Shleu ». Gracia Jean

Philippe lui aussi a maintenu la même

filiation, en joignant la 5e et ultime version

de l’immortel « Shleu-Shleu » de

Dada Djakaman. Au sein duquel il va

sortir de ses gonds de freluquet pour

animer la ville à un moment de grande

pénurie carnavalesque. Le macadam

ayant alors appartenu au « Super 9 »…

si Tipyè Bayonne antre nan bann lan, n

ap mete l deyò…’’. Et au « Shleu Shleu

» de Tikit qui haranguait la foule dans

‘’Krapo ooo’’. Tout en envoyant du caviar

à Dada et à sa fillette Joanne. Que de

souvenirs !

A star was born. Et Gracia a continué

à voguer à l’avant- poste de ce

« Shleu Shleu » diminutif qui a fait du

club Babaco ex Chez Maxim’s, situé à

l’entrée de la route de l’aéroport, son

quartier général. Où Tikit extériorisait

sa facture rauque aux connotations

La rude réalité de la pandémie

Par Dr Alix Coicou

Pendant le confinement, je me suis

surpris un jour à penser au privilège

que j´ai de pouvoir être témoin vivant

de ce chambardement social particulier.

Immédiatement après, j´ai réfléchi

et j´en suis arrivé à la conclusion que

j´aurais préféré ne pas vivre ce malheur.

Tout le monde est déguisé, on parle

avec un masque, on observe la distance

sociale et, par conséquent, on ne peut

pas se serrer la main, encore moins s`

embrasser, pas même la famille ou les

proches. Il y a un manque de spontanéité,

une méfiance qui nous empêche

d´exprimer nos sentiments avec aisance

et plaisir. Ce n´est pas que je sois un

homme romantique et enclin à de nombreuses

effusions, mais il me manque

la sincérité qui émane de la rencontre

avec un bon ami ou une amie, un voisin

ou une voisine, ou un ancien amour.

Suite de la page (17)

Gracia Jean Philippe « Tikit »

buissonnières. Mais, tout aussi emballé

d’une vocation inébranlable d’artiste,

infuse d’insolence et de confidence.

Lui ayant permis de gagner le cœur

des fans. Dans la foulée, il est venu

s’installer dans le bloc, et avec Harold

Joseph (Safari, Super 9, Frères Déjean,

et, futur System band, Super Stars) ; on

a constitué ce ‘’tres amigos’’ toujours à

l’affût de quelques envolées nocturnes.

Et par le temps qu’on soit aux abonnés

Ce qui est encore pire, il n´y a pas pour

le moment de date d´expiration de la

pandémie. Certains enfants et adultes

éprouvent encore la peur de sortir et un

grand embarras pour faire la transition

qui leur permettra de s´adapter plus tard,

on ne sait quand, à la nouvelle normalité.

Je crains que cette situation ne provoque

chez de nombreuses personnes,

des symptômes psychopathologiques

qui peuvent devenir chroniques s´ils ne

sont pas diagnostiqués à temps et correctement

traités.

Les circonstances particulières,

telles que les guerres, les catastrophes

naturelles, les accidents aériens et maritimes,

les épidémies majeures, donnent

souvent naissance à différentes pathologies

mentales, aiguisent quelques- unes

comme la dépression, le stress, l´anxiété,

l´insomnie ou réactivent des processus

qui étaient en voie de récupération

ou de rémission, et aggravent les

désordres de la personnalité. Le Covid

19 peut donner naissance ou générer

des maladies mentales, telles que celles

sus-mentionnées qui se concrétisent

dans l´abondance des demandes de consultations

en psychologie et en psychiatrie;

situation pouvant également conduire

à des tentatives de suicide et plus

tard à un syndrome post-traumatique

et favoriser ou déclencher des épisodes

plus graves comme les psychoses.

Quelle que soit l´origine géographique

de la pandémie, cet environnement

a gravement perturbé

notre vie et nous devons repenser

nos coutumes, tant personnelles que

sociales. J´ai dit une fois : ” les morts

sont comptés, les dégâts sont calculés,

mais la douleur humaine sera indéchiffrable.”,

parce que personne ne peut

évaluer avec certitude les ravages au

niveau psychique engendrés par cette

grave pandémie. Même, il suffit de voir

le comportement des animaux, surtout

domestiques, pour comprendre un peu

absents ; Tikit lui a rallié un « Ambassadeurs

» en fin de cycle. Ma foi, pas

vraiment ce qu’il lui faut, alors vivant

au state.

En fait, quelque temps après, il est

allé rejoindre le « Shoogar Combo » avec

lequel il va prendre bonne tournure,

dans des compositions qui lui permettent

de souffler et d’apporter un bémol

à ses envolées impromptues. Spécialement

Vivine de Blagueur qu’il a repris

avec maitrise. Et aussi: Come on people

…get your head together/pou nou

voye bèl mizik monte….’.’ Démontrant

sa nouvelle capacité à se contenir. Un

tournant l’ayant catapulté dans l’élite

des vocalistes et donc, sous l’attention

des groupes plus en vue. D’où son introduction

au sein du « Scorpio » à la

place de Olson déserté au state ; et, à la

demande insistante du maestro Robert

Martino. A partir de là, c’est l’ascension

de Tikit qui va d’abord s’imposer dans

l’album :’’1980’’, pour ensuite prendre

de l’ampleur dans le disque : ‘’Gypsy

Fever /(Christiane)’’.

Dans cette apogée, il s’est établi

comme l’anti-Manno. Ayant même le

toupet de rivaliser avec celui qui tournait

alors le music-hall antillais sens

dessus et dessous ; en porte étendard

du « DP Express », l’insatiable locomotive.

L’engageant dans des polémiques

fielleuses et personnelles aux connotations

carnavalesques ; que Timanno

a eu la sagesse d’ignorer. Pourtant, les

deux vont prendre la porte de la rébellion.

Manno, en abandonnant le « DP

», et, Tikit lui, en organisant la révolte

qui a démis le maestro co-fondateur,

guitariste Robert Martino, ainsi que son

beau-frère Pierrot Al-khal le manager,

pour gloutonnerie administrative. Mais,

Jean-Philippe aussi va se rendre compte

que dans le domaine règlementaire, nul

ne peut se hasarder.

C’est ainsi que Tikit lui aussi, a

fait le frais des revendications, en laissant

de son côté le « Scorpio ». Puis, en

essayant de rebondir dans un certain «

Apocalypse », de parcours éphémère, en

compagnie du guitariste Ignace ‘’Penm’’

Evans, transfuge du « DP ». Entre les

creux de la vague, il est allé avec son

maestro apporter du renfort à son ancien

groupe le temps d’un carnaval ; devenant

entretemps « Scorpio » de Leroy

et qui se débrouillait bien sans ses deux

piliers. La prochaine étape retrouve Tikit

à NY ; où il essaie de refaire surface avec

une nouvelle version de « Scorpio La

Crème », patronné par ses deux frères

entrepreneurs de Brooklyn, Prudent et

Prospère Jean Philippe. Cependant, bien

la dimension de ce mal. Certains, comme

les chiens sont visiblement nerveux,

irritables et perplexes, ne pouvant pas

courir, faire leurs besoins, renifler et se

relationner avec leurs semblables, comme

d´habitude. Il y a quelques jours,

j´ai assisté à une scène très émouvante:

l´attitude d´un homme âgé promenant

son chien qui s´opposait au retour à la

maison. Le vieil homme tenta, patiemment,

d´expliquer à son bien- aimé poilu

pourquoi ils devaient rentrer de si tôt :”

il y a quelque chose de très mauvais à

l´extérieur et tu peux tomber malade si

nous passons plus de temps”, lui dit- il.

La façon de s´adresser à sa mascotte

m´a ému, car le pauvre animal sembla

comprendre le message et, après l´avoir

écouté, il cessa de lui résister.

Il est indispensable, j´insiste, qu´il

y ait une collaboration très étroite entre

la psychiatrie et la psychologie, afin

d´essayer de résoudre avec le plus de

succès possible les difficultés, les préoccupations

et les malaises que présentent

les patients qui sont obligés de demander

de l´aide, se montrant très vulnérables

aux évènements qui se sont produits;

de pubs et d’autres avantages n’ont pu

sauver ce nouvel ensemble qui n’a pas

su décoller.

Puis, reprenant son bâton de

pèlerin, il a répondu à l’appel de son

ancien maestro Martino, qui de sa

nouvelle résidence en Floride voulait

regrouper tout le monde du temps «

Scorpio », pour une nouvelle aventure.

Mais, l’épisode mort-né avec le « Speed

Limit », n’a pas fait recette. Et mine de

rien, Tikit est retourné à NY avec la tête

bourrée de projets. Tout en s’incrustant

dans des collaborations avec le « MAS »

de Fred Paul et d’autres plans de retour

avec Mario de Volcy et Roméro avec

lesquels ils élaboraient ses perspectives,

(laissant un répertoire utilisé par

le second, notamment avec le « Zin »).

Puisque la maladie ne lui a pas donné

le temps ; mourant prématurément d’un

mal incurable. Ces obsèques célébrées

à Brooklyn étaient une occasion pour

proches et sublimes de lui faire un dernier

salut. Incluant ceux venus d’ailleurs

: Tipolis (dcd), Ticlaude Marcelin (venu

d’Haïti), Timitou (dcd), que Mario de

Volcy (comme toujours), chambrait

pour sa taille et son élégance. Et tant

d’autres artistes, parents, amis et fans

qui étaient là pour montrer combien le

passage de Tikit a marqué leur vie.

les morts, les affectés, les deuils. On ne

peut pas prescrire indûment des anxyolitiques

et autres psychotropes que nécessitent

évidemment certains patients,

car il faut éviter de les”psychiatriser”tous.

Les psychologues ont un rôle

très important à remplir, comme savoir

les écouter, développer leur estime, et

surtout les aider à utiliser leurs propres

ressources pour faire face à cette dure

réalité.

Enfin, je tiens à rendre un hommage

bien mérité aux professionnels

de la santé qui occupent le devant de

la scène, donnant le meilleur d´euxmêmes,

avec leur bon travail, leur

dévouement et leur solidarité, honorant

ainsi le métier qu´ils aiment profondément,

au péril de leur vie.

*Article traduit de l´espagnol,

publié par le journal,

“ Diario de Sevilla” dans son édition

du 19 mai 2020.

Alix Coicou

Médecin psychiatre

Séville (Espagne

le 21 mai 2020

Le gouverneur de New York, le démocrate

Cuomo, qui s'est opposé à Trump sur la

réponse à la pandémie, a déclaré qu'il

soutenait les manifestants tout en condamnant

"les incendies et les vols". C'est

de la pure démagogie et du double langage

: la police de son État, qui est aussi

raciste que les autres, a pris sur elle de

réprimer les manifestations avec la même

violence.

États-Unis : un État raciste

Ce crime odieux remet en évidence le

caractère raciste du régime de la plus

grande puissance capitaliste et impérialiste

du monde, ainsi que sa démocratie

bourgeoise très limitée. Les États-Unis se

sont élevés en tant que puissance sur la

base de centaines d'années d'esclavage

et ont maintenu des lois de ségrégation

raciste, semblables à celles de l'apartheid

jusqu'aux années 1960. Plusieurs

États appliquent des politiques visant à

refuser le droit de vote à la population

noire. Jusqu'en 2 000, le mariage interracial

était illégal dans l'État d'Alabama.

Un tiers des enfants noirs vivent dans

la pauvreté, et le revenu par habitant

des noirs est dix fois inférieur à celui des

blancs. Vingt-sept pour cent des Noirs

vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Le chômage, qui dépasse les 10 % chez

les Noirs, est plus de deux fois plus élevé

que chez les Blancs. Une étude de 2017

a montré qu'un tiers des plus de deux

millions de prisonniers aux États-Unis

sont noirs. Il y a proportionnellement

six fois plus de prisonniers noirs que

de prisonniers blancs et deux fois plus

de prisonniers latinos. Un Noir à faible

revenu a plus de 50 % de chances d'être

incarcéré à un moment donné de sa vie.

Les condamnations pour consommation

de drogue sont six fois plus fréquentes

à l'encontre des Noirs que des Blancs,

bien que le taux de consommation soit le

même dans les deux groupes. En 2016,

le taux d'homicide aux mains des forces

répressives était de 10,13 par million

chez la population indigène, 6,6 par million

chez les noirs, 3,23 chez les Latinos,

2,9 chez les blancs.

Des groupes racistes comme le

KKK ont perpétré des milliers de lynchages

contre les Noirs entre la fin du XIXe

siècle et la première moitié du XXe siècle.

Dans la période d'après-guerre, les

politiques de terrorisme d'État ont été

appliquées avec des critères racistes. Le

programme Cointelpro du FBI avait pour

priorité la destruction des organisations

du mouvement indigène et des communautés

noires, par l'infiltration, la criminalisation

et l'élimination physique. Le

combattant antiraciste Malcolm X a été

assassiné par des traîtres du mouvement

au service du FBI. Le plus ancien prisonnier

politique du pays est le leader indigène

sioux Leonard Peltier, emprisonné

depuis 44 ans. L'une des manifestations

les plus impressionnantes de la violence

raciste a été l'attentat à la bombe perpétré

le 13 mai 1985 dans un quartier noir par

la police de Philadelphie. Soixante maisons

ont été détruites et onze personnes

ont été tuées. L'attaque, aux caractéristiques

guerrières, était dirigée contre l'organisation

noire MOVE.

La violence policière raciste agit

sous couvert de l'impunité. Les paramilitaires

racistes qui ont récemment

assassiné Amaud Arbery en Géorgie

n'ont été inculpés que parce qu'ils ont

filmé le meurtre et que la dénonciation

s'est généralisée. Aucune police n'a été

accusée du récent meurtre de Breonna

Taylor dans le Kentucky. Quand Eric Garner

a été étranglé en 2014 par des flics

racistes à New York, pas un seul flic n'a

été poursuivi, y compris pour le meurtre

de Michael Brown à Ferguson la même

année.

Le flic raciste Chauvin, l'assassin

de Floyd, a été arrêté après trois jours

d'intenses protestations nationales. Elle

était si exceptionnelle, anéantie par la

mobilisation populaire, que les procureurs

ont affirmé qu'il s'agissait de l'accusation

la plus rapide jamais portée contre

un flic. C'est une exception à la règle : il

n'est accusé que de meurtre au troisième

degré, c'est-à-dire "involontaire". Pendant

ce temps, les médias bourgeois s'abstiennent

d'utiliser le mot "meurtre".

La solidarité internationale contre le

racisme !

Le racisme est un fléau inhérent au capitalisme,

dès sa naissance. La traite des

esclaves était l'un des mécanismes de

l'accumulation initiale. L'idéologie de la

différenciation raciale pseudo-biologique

surgit dans ce processus de génocide et

d'exploitation des esclaves. Dans le cadre

des rapports capitalistes d'exploitation, la

haine raciste est prônée par les bourgeois

pour diviser la classe ouvrière et perpétuer

la surexploitation des secteurs les

plus marginalisés et opprimés, les noirs,

les indigènes et les immigrés.

La pandémie de Covid19 a montré

que les effets destructeurs du capitalisme

ont une dimension mondiale et qu'il est

donc nécessaire que la classe ouvrière

apporte une réponse globale à la lutte. Le

soulèvement antiraciste aux États-Unis

mérite la solidarité des révolutionnaires

du monde entier. Avec les protestations

au Chili, au Liban et en Irak, elle s'inscrit

dans la relance de la lutte des classes

après l'impact de la pandémie. Aux

États-Unis, le racisme structurel s'est

également traduit par le fait que les populations

noires et latinos ont été punies

beaucoup plus sévèrement en termes de

proportionnalité. Cela a contribué à la

situation de mécontentement généralisé

qui a été dépassée par le meurtre raciste

vicieux de George Floyd.

Il faut appeler les dirigeants des

syndicats américains à rompre leur complicité

avec le gouvernement répressif de

Trump et à appeler à la grève pour tordre

le bras des racistes. Que les syndicats

d'employés du secteur public refusent de

défendre les policiers qui répriment les

travailleurs, attaquent les communautés

populaires ou commettent des crimes

racistes. Nous appelons les membres de

la Garde nationale à rompre la discipline

et à ne pas réprimer. Nous réclamons la

justice pour George Floyd, une enquête

indépendante et une sanction exemplaire

pour la police meurtrière. Dans le feu de

la lutte, il est également nécessaire de

construire les organisations sociales et

politiques indépendantes de la gauche

pour donner continuité à la lutte jusqu'à

la défaite du gouvernement Trump et de

sa politique réactionnaire et raciste au

service des multinationales et du système

capitaliste-impérialiste.

Nous appelons à des actes de protestation

unitaires devant les ambassades

et les consulats des États-Unis pour exprimer

notre soutien à la jeunesse aguerrie

noire et latino qui, depuis les entrailles

de la plus grande puissance impérialiste,

résiste à l'oppression raciste et rejet de

plus en plus en question l'inégalité et l'exploitation

capitaliste.il faut saisir l’élan

que la lutte aux États-Unis donne à la

cause antiraciste pour dénoncer et combattre

les expressions de violence et d'oppression

racistes dans nos propres pays.

Unité Internationale des Travailleurs

- Quatrième Internationale (UIT-QI)

30 mai 2020

18 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020


Suite de la page (4)

utiliser et de les entretenir.

4.2 Lancer une campagne

pour demander aux Haïtiens de se

protéger le visage par tous les moyens

Pour contourner ce problème

de disponibilité de masques, quelle

qu’en soit l’origine, il reste à demander

simplement aux Haïtiens

ne pouvant pas acheter ou recevoir

des masques de se protéger le visage

par tous les moyens. Même aux

États-Unis, le port de bandanas est

vivement recommandé. Et d’ailleurs,

bon nombre de nos compatriotes

ont compris qu’ils peuvent recourir

à n’importe quel moyen de bord

pour éviter le coronavirus. Un grand

mouchoir bien attaché ou un foulard

bien noué peuvent faire l’affaire ou

du moins limiter les dégâts. Il suffit,

d’une part que le maillage du tissu

soit serré pour permettre un bon taux

de filtration, et d’autre part, que le

tissu soit propre et changé quotidiennement

après lavage.

Parallèlement, il y a toute une

éducation à inculquer quant à la

manière d’utiliser les masques, allant

de la manière de les enfiler à celle de

les enlever en passant par la durée

de leur port, sans oublier leur entretien

s’ils sont en tissu. Car, il faut

avant tout éviter de les manipuler à

tout moment comme les marchandes

sur les marchés publics quand

elles parlent ; éviter aussi d’entrer en

contact avec le virus si on les enlève

mal ou d’infecter son environnement

immédiat en les jetant n’importe où

ou s’ils ne sont pas bien isolés après

s’en être débarrassé ; éviter aussi de

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les garder au visage au moment des

fortes transpirations qui suppriment

ou réduisent sa capacité de filtration.

Ajoutons que cette campagne

doit aussi être doublée d’une

sensibilisation intense pour que les

Haïtiens comprennent enfin la réalité

du mal, nombre d’entre eux continuant

comme en Afrique à nier l’existence

de la maladie qui se prépare à

frapper de plein fouet le pays comme

en Europe et aux États-Unis actuellement.

Conclusion

Cette étude est à la fois

une synthèse sur la question des

masques de protection respiratoire à

un moment crucial de la crise sanitaire

générée par la pandémie du

coronavirus et un plaidoyer pour

la protection des Haïtiens. Elle est

surtout informative parce que son

objectif était d’apporter des lumières

à ceux de nos compatriotes qui réfléchissent

à la généralisation du port

de cet outil de protection respiratoire.

L’objectif final est que les Haïtiens,

pour la plupart incrédules malgré les

conseils de sensibilisation qui ont été

renforcés depuis l’intervention du

Président le 19 mars, s’en inspirent

pour se protéger contre le coronavirus.

Car si le pays ne compte à ce jour

que trois décès pour 41 cas confirmés

dont la majorité est importée, il faut

s’attendre à une explosion dès fin

avril avec le développement des cas

communautaires. Certains prédisent

le pire, compte tenu du niveau d’hygiène

général de la population et de

la promiscuité qui règne dans les bidonvilles

du pays. Étant donné qu’il

sera difficile de réussir le pari de la

généralisation du port des masques

dans le pays, notre proposition finale

est de recommander à nos compatriotes

de recourir à toutes sortes de

méthodes de protection artisanale

comme le port de mouchoirs, de foulards

ou de bandanas. Tout compte

fait, en l’absence de tests massifs de

dépistage et de la capacité de soigner

les nombreux malades qui seront

touchés par le Covid-19, le port de

masque et/ou de toute forme de protection

respiratoire sera de nature à

contribuer à diminuer la létalité de ce

fléau qui ne nous fera pas de cadeau !

Jean SAINT-VIL

Géographe

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Vol 13 # 48 • Du 3 au 9 Juin 2020

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