Haiti Liberte 5 Aout 2020

haitiliberte

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020

UNE TRAVAILLEUSE MORTE DE

L’EXPLOITATION

Sa fè 22 lane depi

yo sasinen Pè Tijan

Pyèlwi

Page 6

Virtual Classes in Haiti Challenged

by Lack of Electricity,

Computers, and Internet

Page 9

Filo ou « le temps

d’un homme libre »

Page 7

Voir page 3

Manifestation devant l'Ofatma des ouvriers et ouvrières de Palm Apparel and Sewing International pour dénoncer

l'assassinat de leur collègue Sandra René

ASSASSINAT À GANTIER

Sénégal : le

présidentialisme

néocolonial libéral

au service du joug

impérialiste!

Page 10

Voir page 3

Benitha Gerville et un enfant de 4 mois Godson Joseph ont été assassinés par des bandits identifiés au

groupe de gang « 400 mawozo »

Venezuela: un

supermarché

iranien ouvre ses

portes à Caracas

Page 17


Editorial

Somalisation ou massacre à la Rwanda :

deux vœux pieux !

Par Berthony Dupont

Quand un pays est frappé par le mal de déstabilisation et que

l’État a failli, il ne peut plus remplir sa mission, bien souvent

on fait référence à la Somalie, d’où est née l’expression de « somalisation

d’un pays », une façon de dire qu’il est menacé de chaos

et d’un champ de ruines. Mais il ne faut pas oublier de demander

comment cela avait pu arriver, par exemple la déliquescence

des institutions étatiques somaliennes, puisque le pays avait tout

pour réussir ?

La guerre civile somalienne a pris naissance sous l’apparence

de violences tribales contre le président Siad Barre. Tout le

prétexte vient du fait que le groupe de militaires qui avait accaparé

le pouvoir par un coup d’état le 21 Octobre 1969 baptisé

« révolution d’Octobre », et dirigé par le général Mohamed Siad

Barre, avait mis le pays sur la voie du socialisme, avec un parti

d’avant-garde de travailleurs marxiste-léniniste. Les mains invisibles

de l’Occident l’ont miné jusqu’à la dégénérescence, le régime

autrefois progressiste et même révolutionnaire s’est transformé en

une situation explosive et dangereuse jusqu'à ce qu’il soit devenu

un État en faillite.

L’autre exemple est le Rwanda. Ce n’est pas le massacre des

Tutsis par les Hutus qui a changé le pays. L’Occident a organisé

la lutte tribale sous l’occupation Allemande puis la Belgique et en

dernier lieu le soutien de la France à la République mono-ethnique

Hutu.

Si aujourd’hui le Rwanda particulièrement la capitale Kigali

est transformée en une ville moderne, c’est le résultat d’une

guerre entre les puissances exploiteuses. La France de Mitterrand

supportait le gouvernement des Hutus avec leur Président Juvenal

Habyarimana et l’Amérique de Clinton les Tutsis en exil avec leur

leader Paul Kagame. Les Etats-Unis ont gagné cette guerre tribale

pas précisément dans l’intérêt du peuple rwandais comme on le

montre aujourd’hui mais pour leurs propres intérêts économiques

et hégémoniques. Et comme ils voulaient tenir en respect leur rival,

la France, ils sont obligés de rebâtir le pays et d’investir largement.

Voilà comment le Rwanda a pu renaitre de ses cendres !

En Haïti, ce n’est pas le cas, et ce ne sera jamais le cas. Avant

tout, nous avons une unité ethnique, et depuis la Constitution de

1805, le fondateur de la patrie Jean-Jacques Dessalines a reconnu

que tout haïtien est nègre quelque soit la couleur de sa peau et

même les Polonais en avaient bénéficié.

Par ailleurs, il n’y a rien de comparable entre ce qui s’est

passé en Somalie et au Rwanda avec la situation présente en Haïti.

Il ne faudrait donc pas dire qu’il y aura un Rwanda dans le

pays. De même pour ceux qui disent on prépare à la « somalisation

» du pays. C’est ne pas trop comprendre notre réalité.

La première république noire en Amérique, née d’une révolution

sociale et antiesclavagiste qui a mis fin à l’esclavage et qui a

aidé d’autres pays frères à se libérer de ce joug est toujours sous le

coup des anciennes puissances esclavagistes devenues puissances

capitalistes. Elles n’ont jamais digéré ce qui est devenu un exploit

pour nous autres mais reste un affront inoubliable pour eux.

Ces anciens esclavagistes sont restés nos ennemis, Haïti n’a

jamais été vue autrement, qu’un pays qui a tracé un mauvais

exemple, il doit être puni pour avoir osé dire Non et combattre les

pays coloniaux et leur classe d’exploiteurs des travailleurs de ce

temps-là.

Notre pays appauvri résulte de la victoire de la lutte révolutionnaire

de notre main-d’œuvre servile et selon nos adversaires,

il faut nous faire payer chèrement, le fait d’avoir détruit leurs affaires

commerciales et rendre humain l’homme Africain qui a été

considéré comme une chose, une bête de somme.

Nous sommes les victimes d’un Occident récalcitrant, en

colère qui ne cessera jamais d’armer pour nous déstabiliser. En

vérité, nous sommes en guerre permanente avec ces puissances

réactionnaires. Ce n’est pas sans intérêt qu’elles ne nous ont jamais

permis de commémorer comme nous le devrions ni le Centenaire,

ni le Bicentenaire de notre précieuse indépendance.

Rappelons les coups d’Etat de 1991 et 2004, le Fraph, le

groupe 184 d’Apaid et sa caravane d’espoir, la Convergence

démocratique et son président Gérard Gourgue installé à Pont-Morin,

puis les rebelles de Guy Philipe. Tout cela faisait partie intégrante

d’un projet déstabilisateur pouvant nous anéantir et jeter

dans les poubelles notre passé historique faite de grandes épopées

allant du Congrès de Bois-Caïman, du Soulèvement des esclaves,

de la bataille de la Crète à Pierrot au grand combat de Vertières.

Les agressions impérialistes contre ceux qui résistent sont

un fléau appelé à se généraliser. Cuba résiste encore à un embargo

vieux de plus de 50 ans ! Ce fléau est passé par l’Iraq, la

Lybie, la Syrie, le Yémen et actuellement le Venezuela qu’on veut

désagréger pour le réduire en cendres. Ce qui se passe dans notre

pays, l’un des plus inégalitaires du monde, c’est l’effet d’une

déstabilisation à outrance et qu’ils utilisent leurs indigènes de service

et leurs fantoches au pouvoir comme outils. Leurs causes seront

toujours présentes pour nous disloquer mais quels pourraient

être les remèdes ?

Aux grands maux, les grands remèdes ! Le spectre de la somalisation

et du Rwanda est un vœu pieux qui fera date dans

l’histoire des peuples opprimés et menacés par l’impérialisme.

Mais, Haïti ne sera pas somalisée et un massacre à la Rwanda

n’est pas applicable, sauf que le véritable creuset reste et demeure

la guerre de classe, seul moyen pour empêcher que notre pays

ne continue à basculer dans le chaos que nous ont forgé les puissances

impérialistes.

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020


A Travers Haiti

Une Travailleuse morte de l’exploitation

Par Isabelle L. Papillon

Manifestation des collègues travailleurs de Sandra René

Sandra René une travailleuse qui était

enceinte de 6 mois et qui travaillait

depuis plus de 10 ans à l’entreprise

Palm Apparel and Sewing International,

SA située à Carrefour est morte, victime

d’une exploitation orchestrée tout

d’abord par son patron Alain Villard, par

la direction de l’office d’assurance accident

du travail, maladie et maternité

(Ofatma) et ensuite par le Centre hospitalier

de Carrefour.

Le patron de Sandra prélevait sur

son salaire 3% de taxe de santé pour

le paiement de l’Ofatma. Devenue enceinte

et malade, Sandra s’était rendue

à l’Ofatma, c’est alors qu’elle apprenait

qu’elle n’avait aucune assurance santé à

l’Ofatma et qu’elle n’avait jamais été une

contribuable.

Ce qui signifie que le patron de

Palm Apparel and Sewing International,

SA (SISA) Alain Villard qui emploie

environ 1 900 personnes dans ses deux

usines, l’une à Thor et l’autre à Diquini

dont les opérations consistent en un assemblage

de T-Shirt Basic dans le cadre

L’un des assassins de l’ouvrière Sandra, le patron de Palm Apparel and

Sewing International, SA… Alain Villard

d'un contrat avec GILDAN qui n’a jamais

payé un centime ni à l’Office d’assurance

vieillesse (ONA), ni à l’Ofatma des taxes

qu’il prélevait sur le salaire de ses ouvriers

particulièrement Sandra René.

Après le refus de Sandra à l’Ofatma,

elle s’était par la suite rendue au

Centre hospitalier de Carrefour, un organisme

privé pour se faire soigner. On lui

a demandée 70 milles gourdes pour le

traitement, somme qu’elle ne possédait

Assassinat à Gantier

pas ; alors, elle s’est rendue auprès de

son patron pour lui expliquer sa situation

et lui demander d’emprunter une somme

d’argent de façon à l’aider à payer sa facture.

Le patron a tout bonnement refusé.

Sa famille s’est débrouillée pour

llui trouver 30 milles gourdes. Du fait

qu’elle retardait à donner le reste, le

centre lui a retourné ses 30 milles et l’a

laissée partir sans aucun traitement. En

fait, les médecins de l’Ofatma ont refusé

tout soin à la femme malade alors qu’elle

possédait un montant de 10.000 dollars

sur les 14.000 demandés.

Ainsi, après 4 jours, Sandra succombera

chez elle ainsi que l’enfant

qu’elle portait. Ses funérailles ont été

chantées le vendredi 31 juillet à l’église

Mont Carmel de Bizoton, Carrefour en

présence d’un bon nombre de travailleurs

de Palm Apparel and Sewing International,

SA (SISA) qui étaient venus saluer le

départ de leur collègue de travail.

Au cours des funérailles, l’avocat

Evelt Fanfan avait pris la parole, en

tant qu’avocat du syndicat des ouvriers

de Palm Appareil pour expliquer à l’assistance

ce qui s’était passée. Il avait exhorté

les ouvriers à tracer un exemple de

sorte que de tels abus ne se reproduisent

plus.

Les funérailles ont été transformées

en une manifestation de rue ou

les travailleurs ont dénoncé l’exploitation

du gouvernement en place, la direction

de l’Ofatma et l’irresponsabilité du personnel

de l’institution sanitaire et des

médecins de ce centre hospitalier de Carrefour.

Rappelons que le 14 juillet de

l’année dernière, l’OFATMA a été impliquée

dans d’autres cas d’irresponsabilité

et de négligence. Une femme de 32

ans Marianie Morentus s’était rendue

à l’hôpital des petits frères et sœurs de

Tabarre pour des douleurs abdominales.

Selon le premier diagnostic, le bébé

qu’elle portait était déjà mort. Elle a donc

été transférée à l’hôpital de l’OFATMA ».

Selon le directeur général de l’OFATMA

Agabus Joseph « La femme en question

est arrivée à l’OFATMA avec un diagnostic

révélant une mort fœtale et après des

analyses approfondies, nos médecins ont

découvert qu’elle n’avait pas plus de 6

grammes de sang suite à une hémorragie

massive interne et, par conséquent, nécessitait

une transfusion ». Alors qu’elle

se trouvait dans une salle d’opération de

cet hôpital, il y eut plusieurs coupures

d’électricité et à chaque rétablissement

du courant de ville, les responsables ont

changé de source et suite à ces coupures

de courant, Marianie est décédée.

Voilà les calamités auxquelles

des travailleurs dans ce pays font face

à cause d’une exploitation généralisée.

Alain Villard, patron de l’entreprise Palm

Apparel and Sewing International, la

direction de l’Ofatma qui elle-même n’a

L’exposition du cadavre de Sandra René

L’hôpital de la direction de l’office d’assurance accident du travail,

maladie et maternité (Ofatma)

Le Centre hospitalier de la commune de Carrefour

pas soigné la malade et le Centre hospitalier

de Carrefour ne sont-ils pas des

assassins, des criminels authentiques qui

n’ont aucun souci pour la vie d’autrui

sauf faire de l’argent ? Ils ont tous ôté la

vie de Sandra pour de l’argent.

Par Thomas Péralte

M. Renan Hédouville, protecteur du

Citoyen

Lundi matin 3 août 2020 aux environs

de 4h, à Papaye dans la commune

de Ganthier, des bandits identifiés

au groupe de gang « 400 mawozo »

opérant tout le long de la route de la

Croix des Bouquets et qui contrôlent

également la route de Malpasse reliant

Haïti et la République dominicaine, ont

sur la Nationale numéro 8 mitraillé un

minibus de transport en commun rempli

de gens, clairement dans le but de

créer la terreur au sein de la population.

Une femme nommée Benitha

Gerville et un enfant de 4 mois Godson

Joseph ont perdu la vie ; il y a eu

des blessés Darius Florjuste, Jean Louis

Renold, Pierre Liline et le chauffeur

du bus Aristil Wilguens; ce sont les

dernières victimes de ces malfrats qui

jusqu’à présent refusent catégoriquement

de mettre fin à leurs actes criminels.

La mère de cet enfant, Jessica

Gervais, sollicite une certaine assistance

pour organiser les funérailles

de son fils. Le gouvernement Moise-

Jouthe est le principal responsable de la

dérive qui s’abat sur le pays, puisqu’il

n’a pas pu améliorer les conditions

de vie qui deviennent de plus en plus

chères. En guise d’amélioration, c’est

une détérioration totale, en effet on en

est à 120 gourdes pour un dollar américain.

Ce gouvernement du pire doit

payer pour ses actes.

Il faut signaler qu’au Village de

Dieu, au Bicentenaire et à Martissant

et même à la Saline et certains endroits

à Cité soleil un peu de calme règne.

Le transport en commun est jusqu’à

l’heure présente possible sans aucune

perturbation, ou de manifestation de

menaces d’hommes armés. Les commerçants

des rues s’adonnent à leurs

petits boulots pour joindre les deux

bouts sans crainte d’être atteints par

une balle perdue. Pourtant, certains

bandits au lieu de suivre l’exemple

jusqu’à présent payable du G-9 jouent

sans doute sur conseils de leurs commanditaires

jusqu’au-boutistes. C’est

le cas de Gabriel Jean-Pierre au lieu de

rejoindre le camp de la paix a préféré

monter une organisation parallèle avec

d’autres groupes armés baptisés de

« G-pèp » en opposition au groupe «

Amine Brun Zenny

G-9 » de façon à contrecarrer le processus

de paix entamé.

Ce n’est pas un acte dépourvu

d’arrière-pensées, c’est un coup de

maîtres de la part des criminels qui

ne vivent que de crimes et de la violence

sur la population. Ils veulent que

les affrontements violents continuent

d’éclater entre les gangs dans les

quartiers populaires.

Le protecteur du Citoyen,

M. Renan Hédouville, indigné par cet

assassinat crapuleux exhorte les autorités

haïtiennes à assumer leurs responsabilités

en garantissant la sécurité

des citoyens.

Par ailleurs à Jacmel, une enseignante

de carrière âgée de 82 ans

Amine Brun Zenny a été assassinée

chez elle à l’avenue de la Liberté dans

la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 juillet

2020. Une prime de cinq millions

de gourdes est mise à la disposition

de toute personne qui aura permis à

la police d’appréhender l’auteur de cet

assassinat.

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

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Du droit du plus fort au droit du plus faible

Par Antony Louis

Le nouveau Code pénal haïtien suscite

beaucoup de débats depuis sa publication

au journal officiel « Le Moniteur » en date du

24 juin 2020. Les intellectuels de tout acabit,

les militants politiques, les défenseurs

des droits humains se positionnent sur plusieurs

articles du nouveau code qu’ils jugent

immoraux. Le secteur religieux de la société

haïtienne exprime aussi son désaccord. Dans

ce long débat, nous nous interrogeons surtout

sur la dépénalisation de l’avortement,

un sujet que nous avons traité dans le cadre

de notre travail de mémoire de sortie à la

faculté de droit : « L’avortement dans la

société haïtienne : crime ou droit »

La vie humaine commence dès la conception

et le fœtus est un être humain autonome

et indépendant du corps maternel

selon le mouvement pro-vie (Le livre rouge

de l’avortement Jhon Charles Willke 1973).

Entre l’union du spermatozoïde et de l’ovule,

ou du moins le blastocyste et la naissance

de l’enfant, il n’y a pas un moment précis

où l’on puisse dire qu’il n’y a pas de vie

humaine. Autrement dit, la vie humaine

débute dès la rencontre du spermatozoïde

et de l’ovule. Cela traduit que la pratique

de l’avortement est la destruction d’une vie,

c’est également la violation du droit à la vie

du fœtus, le meurtre pur et simple d’un enfant.Par

Conséquent, la destruction de cette

vie humaine est l’équivalent d’un meurtre

et tout meurtre est passible de sanctions pénales.

Il est inconcevable que les autorités,

qui devraient être garantes de la vie des plus

faibles, prennent la défense des meurtriers

et des meurtrières. Il faut appeler un chat un

chat.Quelqu’un qui commet un crime sur un

fœtus ou un embryon, avons-nous souligné,

est équivalent à celui qui tue un individu, car

l’enfant à naître est un être humain.

Il est important de comprendre que

l’avortement est à la fois un génocide et

un quasi-suicide. Un génocide : la femme

avortée anéantit délibérément la progéniture

de la victime. Elle a détruit un ensemble de

générations. C’est aussi un quasi-suicide, car

c’est au péril de sa vie que la femme extermine,

déracine le produit dont elle a germé.

Une loi au plus faible

Si ce nouveau code pénal est fait pour

protéger les plus vulnérables, les plus faibles.

, je me demande entre la femme qui a la capacité

de se défendre et le fœtus qui est sans

défense, lequel des deux est plus faible? Entre

le droit de la vie et le droit de la femme,

lequel est prioritaire dans une société de

droit? Aujourd’hui, nous assistons à un virage

à 360 0 degrés, l’avortement qui est un

crime puni par le Code pénal de 1835 dans

son article 262 va devenir un droit dans

le nouveau Code pénal. Ce nouveau code

dépénalise l’avortement. Il n’y a maintenant

aucune punition contre quiconque commet

un tel acte.

Ce qui est juste doit être fort et ce qui est

fort doit être juste. Dans tout état de droit, la

justice est une force qui doit faire sa preuve

et non satisfaire les desiderata d’un groupe.

Elle est faite pour contraindre les citoyens à

vivre d’une manière respectueuse, décente,

convenable et agréable. L’État a le monopole

de la contrainte juridique. Il est le garant de

la société, il maintient l’ordre public par un

ensemble de règles qui assurent la moralité

et la sécurité de tous les citoyens. Ces règles

et lois visent à contrôler et à faire modifier le

comportement du citoyen dans le sens du

bien et non le sens du mal.

Cependant, l’avortement, l’homosexualité,

la pédophilie, la zoophilie, la prostitution

juvénile, l’exploitation sexuelle des

mineurs, etc. du nouveau Code pénal sont

tous condamnés par la loi naturelle. Cette

dernière est connaissable tant par la foi que

par la raison. Cela veut dire que la loi ne doit

pas se concevoir au détriment de la société,

au contraire elle doit être créée pour le bien et

pour le bon fonctionnement de celle-ci. Elle

constitue le lien qui unit chaque individu

dans la communauté. Elle protège les droits

fondamentaux tels que : droit à la vie, droit à

l’éducation, droit à la santé, droit à la liberté.

Depuis que le monde est monde, la justice

a toujours été le produit de la raison,

jamais du sentiment ou de la folie. Quand

le sentiment prime sur la raison, la justice

devient obsolète et morte. À qui profite de

ce nouveau code pénal? Le droit des plus

faibles de la société haïtienne est-il réellement

pris en compte dans ce nouveau code?

Antony Louis MA, Éd. B.D. av.

PAR CES MOTIFS

Après examen et sur les conclusions conformes du Ministère public, le Tribunal au

vœu de la loi maintient le défaut requis et octroyé à l'audience contre la défenderesse

pour faute de comparaitre ; pour le profit , accueille l'action de la demanderesse

la dame Maude PERCEVAL vu que cette demande est juste et fondée ; admet

le divorce des époux Maude PERCEVAL et Stevenson GAY pour injures graves et

publiques ; prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre eux ;

ordonne à l'officier de l'état civil de Saint Marc de transcrire sur les registres à ce

destinés le dispositif du présent jugement dit qu'un extrait sera publié dans l'une

des colonnes d'un quotidien s'éditant à la capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s'il y échet ; commet le sieur Me. Gabnel FRANÇOIS huissier

de notre Tribunal pour la signification du présent jugement ; compense les dépens,

vu la qualité des parties.

Rendu par nous Me. Gabnert FRANCOIS , Doyen du tribunal de première instance

de Port-au-Prince en audience publique civile de divorce en date du quinze Mars

deux mille dix huit, en présence de Me. Grand Pierre ESTIME, substitut commissaire

du gouvernement de ce ressort, assisté du sieur Jean Feronel FILS AIME

Greffier du siège.

Il est ordonné........etc....... En foi de quoi......etc.......

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen et sur les conclusions du Ministère public

maintient le défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience

précité pour le profit déclare fondée ladite action, admet en

conséquence le divorce du sieur Rudy Aristide d'avec son épouse née

Johanne Mathieu pour injures graves et publiques, prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entre les dits époux,

ordonne à l'officier de l'état civil de la commune de Cavaillon de

transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens

s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers les

tiers s'il y échet,

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Jean Emmanuel ZEPHIR, Av juge

en audience civil et publique en date du vingt deux mille dix huit en

présence de Me Vana Mané Substitut du commissaire du gouvernement

de ce ressort avec l'assistance de Jean Claude Novembre.

Il est ordonné........etc....... En foi de quoi.......etc.......

PAR CES MOTIFS

Après examen et sur les conclusions conformes du Ministère public le Tribunal au

voeu de la loi maintient le défaut requis et octroyé à l'audience contre la défenderesse

pour faute de comparaitre ; pour le profit, accueille l'action de la demanderesse

la dame Albertina CYRUS vu que cette demande est juste et fondée ; Admet le

divorce des époux Albertina CYRUS et de Olivier DUMERSIN pour incompatibilité

de caractères; prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre eux ;

Ordonne à l'officier de l'état civil de Saint Marc de transcrire sur les registres à ce

destinés le dispositif du présent jugement dit qu'un extrait sera publié dans l'un

des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers les

tiers s'il y échet; commet le sieur. Me. Gabnel FRANCOIS huissier de notre Tribunal

pour la signification du présent du jugement ; Compense les dépens vu la qualité

des parties.

Rendu de nous. Me Gabnert FRANCOIS ,doyen du tribunal de première instance de

Port-au-Prince en audience publique civile de divorce de ce vingt janvier deux

mille dix sept, en présence de Me. Grand Pierre ESTIME , substitut du commissaire

du gouvernement de ce ressort, assisté du sieur Jean Feronel FILS AIME , greffier

du siège.

Il est ordonné..........etc........ En foi de quoi........etc

AVIS DE DIVORCE

Par Ces Motifs, le Tribunal, après examen sur les conclusions du Ministère

Public, maintient le défaut octroyé contre la partie défenderesse à la

susdite audience, pour le profit déclare fondée la dite action. Admet en

conséquence le divorce du sieur Luckner Lafleur d'avec son épouse née

Lynda Jean Paul pour injures graves et publiques aux torts de l'épouse,

prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre les

dits époux. Ordonne à l'officier de l'État Civil de Saint-Marc de transcrire

sur les registres à ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un

extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant de la Capitale sous

peine de dommages-intérêts envers les tiers s'il y échet: Commet l'huissier

Wilkinson ALTIME de ce Tribunal pour la signification du présent

jugement, compense les dépens: Ainsi jugé et prononcé par Nous Me

DAMICY, Juge en audience civile ordinaire et publique du onze avril deux

mille dix sept, en présence de Me Gérard Grand Pierre Estime, Substitut

Commissaire du Gouvernement de ce ressort avec l'assistance du Greffier

Me Huguens D'Haïti.- Port-au-Prince, le 28 Juillet 2020. NB deuxième

Publication. Me Jean-Claude Charles, Avocat.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après en avoir délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions

conformes du Ministère public accueille l'action du demandeur, le sieur Delince

MORANCY, en la forme, maintient le défaut faute de comparaitre octroyé à

l'audience du vendredi six mars deux mille vingt contre la dame née Guerlande

SAINT JULUS ; Admet en conséquence le divorce des époux Delince MORANCY,

d'avec son épouse Guerlande SAINT JULUS , pour injures graves et publiques,

faits prévus à l'article 217ème du code civil Haïtien; prononce la dissolution des

liens matrimoniaux ayant existé entre eux, aux torts exclusifs de l'épouse,

ordonne à l'officier de l'état civil de Pétion-Ville de transcrire sur les registres à

ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera publié dans

l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts

envers les tiers; Compense les dépens vu la qualité des parties commet l'huissier

Clerbrun FAURE de ce siège pour la signification du présent jugement.

Rendu de nous, Legroise AVRIL, juge au tribunal de première instance du ressort

de Port-au-Prince, en audience civile publique et ordinaire du six Mars deux

mille vingt, en présence de Me Enide LEGERME, faisant Office du Ministère public

et avec l'assistance de Me Jean Serge DUVERT greffier du siège

Il est ordonné....... etc....... En foi de quoi......etc....

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen le Ministère public entendu, maintient le défaut

octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare

fondée ladite action, Admet en conséquence le divorce du sieur ANTOINE

SOREL OCCLENE, d'avec son épouse née LOUNA DORCHAT pour injures

graves et publiques aux torts de l'épouse. Prononce la dissolution des

liens matrimoniaux existant entre les dits époux; ordonne à l'officier de

l'état civil de la section sud de Port-au-Prince, de transcrire sur les

registres à ce destinés ,le dispositif du présent jugement dont un extrait

sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de

dommages intérêts envers les tiers s'il y échet commet l'huissier CANAL

GABRIEL de ce siège pour la signification du ce jugement ; Compense les

dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous ANNIE FIGNOLE, juge en audience civile

ordinaire et publique du jeudi douze mars deux mille vingt, en présence

de Me REYMOND AMENAÏDE PASCALE substitut du commissaire du gouvernement

de ce ressort et avec l'assistance du sieur Mozart TASSY, greffier

du siège.

Il est ordonné........etc...... En foi de quoi......etc......

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen, le Ministère public entendu, maintient le défaut

octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare

fondée ladite action. Admet en conséquence le divorce du sieur Makensonn

PHÉROLUS d'avec son épouse née Anathacha LINDOR pour injures graves et

publiques aux torts de l'épouse. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre les dits époux ; ordonne à l'officier de l'état civil de la

section Est de Port-au-Prince à transcrire sur les registres à ce destinés le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des

quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages directs intérêts

envers les tiers s'il y échet, Commet l'huissier Jean Joseph Donald CADET

pour la signification de ce jugement ; Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy AUGUSTIN, juge en audience civile,

ordinaire et publique du mercredi vingt cinq mars deux mille vingt, en

présence de Me. Paul THELEMAQUE substitut commissaire de ce ressort et

avec l'assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE , greffier du siège

Il est ordonné........etc.... En foi de quoi........etc......

Me Jean Fritz Boirond

PAR CES MOTIFS

La cour, le Ministère public entendu octroie défaut en la forme les sieurs et dames Exius

Rosier, Perduis Baret, Imflerèse Jeanne Rosier ,Yvecia Rosier et leur avocat. Au fond,

déclare les héritiers de feu Riss Dorlisier représenté par la dame Dorline Dorlisier

incommutable propriétaires de la portion de terre mesurant un hectare de neuf cent

trente-cinq (935) ou dix-neuf mille trois cent cinquante M carré (19350M2) situé à

Zanglais quatrième section communal à Saint LOUIS du sud, borné au nord par Ameris et

Oricka Dessous l'ouest par l'acquéreur du sud par la mer des Antilles et à l'est par Pet

Blanc. Commet l'arpenteur Memaire LOUIS de la commune de St Louis du Sud pour délimiter

la portion de terre échue aux héritiers de feu Riss Dorlisier, mesurant un hectare 935

ou dix-neuf mille trois cent cinquante mètres Carré (19350mètres carré)

Dit que la portion de terre restant soit cinq quatre cent dix huit carré sera échue à tous ceux

qui ont droit intérêts et qualités. Commet Duverné et Patrick Henry du tribunal de première

instance d'Aquin pour signifier le présent arrêt par défaut. Dit que les frais d'arpentage

seront supportés par la partie intime en ce qui le concerne et condamne cette dernière au

frais et dépens de la procédure eu égard la qualité des parties. Prononcé par nous. Jacques

Pierre, Frantz Drice,Yvon D. Pierre, juge respectivement Président et membres de la

première section civile de cette cour, en présence de Me Jean Louinel Duverné , commissaire

du gouvernement près cette cour, assisté du sieur Jean Williot Dolcine, greffier du

siège à l'audience civile et publique du jeudi dix neuf mars deux mille vingt. An 217ème

de l'indépendance à une heure PM.

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen. Le Ministère public entendu maintient le défaut

octroyé contre le défendeur à l'audience précitée, pour le profit déclare

fondée ladite action. Admet en conséquence le divorce des époux Abner

LAPIERRE et la femme née Edlène TERCIDOR pour injures graves et

publiques aux torts de l'époux. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre les dits époux ; Ordonne à l'officier de l'état civil de la

section Est de Port-au-Prince à transcrire sur les registres à ce destinés, le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des

quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers

les tiers s'il y échet. Commet l'huissier Johnny JEAN pour la signification de

ce jugement. Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous Guy AUGUSTIN, juge , en audience civile,

ordinaire, et publique du mercredi vingt deux juillet deux mille vingt, en

présence de Me Paul WESLEY, substitut du commissaire de ce ressort et avec

l'assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE, greffier du siège. Il est

ordonné.....etc....... En foi de quoi......etc

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère public entendu, maintient le

défaut octroyé contre le défendeur à l'audience précitée, pour le profit

déclare fondée ladite action. Admet en conséquence le divorce des époux

Dan Joseph Pleno PIERRE et la dame née Marie Simone ST FLEUR pour

injures graves et publiques aux torts de l'époux. Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux; ordonne à l'officier

de l'état civil de la section Est de Port-au-Prince à transcrire sur les

registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait

sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de

dommages intérêts envers les tiers s'il y échet. Commet l'huissier Johnny

JEAN pour la signification de ce jugement ; Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy AUGUSTIN, juge en audience civile

ordinaire et publique du mercredi vingt juillet deux mille vingt, en

présence de Me Paul WESLEY, Substitut du commissaire de ce ressort et

avec l'assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE, greffier du

siège. Il est ordonné.....etc.... En foi de quoi.....etc

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère public entendu, maintient le défaut

octroyé contre le défendeur à l'audience précitée, pour le profit déclare

fondée ladite action. Admet en conséquence le divorce des époux Israel

BERNARD et la femme née Sherlyne ST GERLUS pour injures graves et

publiques aux torts de l'époux. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre les dits époux ; ordonne à l'officier de l'état civil de la

section Est de port au prince à transcrire sur les registres à ce destinés, le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des

quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers

les tiers s'il y échet ,commet l'huissier Johnny JEAN pour la signification de

ce jugement; Compense les dépens .Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy

AUGUSTIN, juge en audience civile, ordinaire et publique du mercredi vingt

deux juillet deux mille vingt , en présence de Me Paul WESLEY, Substitut du

commissaire de ce ressort et avec l'assistance du sieur Junior Sauvens

THELEMAQUE, greffier du siège.

Il est ordonné......etc.... En foi de quoi......etc

PAR CES MOTIFS

Après examen et sur les conclusions conformes du Ministère public, le Tribunal au

vœu de la loi, maintient le défaut requis et octroyé à l'audience contre la

défenderesse pour faute de comparaître ; pour le profit, accueille l'action du

demandeur le sieur Jean Ludovic DOR vu que cette demande est juste et fondée ;

admet le divorce des époux Jean Ludovic DOR, l'épouse née Marie Anote JOSEPH

; prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre eux ; Ordonne

à l'officier de l'état civil compétent de transcrire sur les registres à ce destinés le

dispositif du présent jugement, dit qu'un extrait sera publié dans l'une des

colonnes d'un quotidien s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts

envers les tiers s'il y échet ; Commet le sieur Jean Fruisner Monice, huissier de

notre tribunal pour la signification du présent jugement ; Compense les dépens, vu

la qualité des parties.

Rendu de nous, Me Fritzner DUCLAIRE, doyen a.i du tribunal de première instance

de Petit Goâve en audience publique civile de divorce de ce jour vingt-cinq juin

deux mille dix neuf, en présence de Me Franck BENECHE, substitut du commissaire

du gouvernement de ce ressort, assisté du sieur Christophe BONBON, greffier du

siège. Il est ordonné.......etc......... En foi de quoi......etc

L'officier Abela DEROSIER

PAR CES MOTIFS

Me Paul PIERRE, juge en audience civile de divorce, ordinaire et publique du

mercredi 28 février 2018 , après avoir délibéré conformément à la loi, le Ministère

public entendu ; Nous déclarons compétent pour entendre cette affaire ;

Accueillons l'action de la partie demanderesse pour être juste et fondée; Maintenons

le défaut octroyé à l'audience précitée ; Admettons en conséquence, le divorce

de monsieur Harold Emmanuel THIBAULT avec sa femme née Farah Claire

Heureuse Willy ETIENNE pour injures graves et publiques aux torts de l'épouse ;

prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux ;

Ordonne à l'officier de l'état civil de la section EST de Port-au-Prince de transcrire

sur les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

publié dans l'un des quotidiens s'éditant à Port-au-Prince sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s'il y échet ; Commettons l'huissier Jean Joseph Donald

Cadet de ce siège pour la signification de ce jugement. Compense les dépens.

Ce qui sera exécuté.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me PIERRE, juge au tribunal de première instance

de Port-au-Prince, en présence de Me Paul Wesley, substitut commissaire du

gouvernement de ce ressort et avec l'assistance de monsieur Homère RAYMOND,

greffier, ce mercredi sept mars deux mille dix huit(2018), en 214ème de l'indépendance.

Il est ordonné ...........etc...... En de quoi......etc........

PAR CES MOTIFS

Le tribunal après examen, le Ministère public entendu, maintient le

défaut octroyé contre le défendeur à l'audience précitée, pour le profit

déclare fondée ladite action ; Admet en conséquence le divorce des

époux Jean Blondel MOÏSE, la femme née Genelle Minoucheka SUPER-

VILLE pour injures graves et publiques aux torts de l'époux. Prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre les dits époux, ordonne

à l'officier de l'état civil de Carrefour à transcrire sur les registres à

ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré

dans l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s'il y échet. Commet l'huissier Jean Carry

JOSEPH pour la signification de ce jugement ; Compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Guy AUGUSTIN, juge en audience civile,

ordinaire et publique du mercredi vingt quatre juillet deux mille dix neuf

en présence de Me. Paul WESLEY, Substitut du commissaire de ce ressort

et avec l'assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE, greffier du

siège. Il est ordonné etc.... Me Smith FLEURANT avocat,

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après en avoir délibéré conformément à la loi maintient

le défaut requis et octroyé à l'audience du mardi neuf juillet

deux mille dix neuf contre la dame née Carmite CLERVEAU ;

Accueille l'action de la requérante pour être juste et fondée ; Dit

que la dame Carmite CLERVEAU a utilisé la propriété de la

requérante pour jeter des corps durs, des immondices et les eaux

de sa toilette Ordonne la citée de faire surseoir ces troubles ;

Condamne la dame Carmite CLERVEAU à payer à la DGI une

amende de dix gourdes ; Réserve à la requérante le droit de

saisir l'instance compétente pour dommages intérêts ; Commet

l'huissier Joseph Hermane de ce siège pour la signification de la

présente sentence.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Joseph Jean Albéric, juge en

audience simple police du mardi neuf juillet deux mille dix neuf

An 216ème de l'indépendance, avec l'assistance de la Greffière

Marie Irlène FINEUS. Il est ordonné etc...... Me Smith FLEURANT

Avocat

AVIS

Il est porté à la connaissance des intéressés que TPT de

Port-au-Prince a admis le divorce des époux Jean Foret

ROCHELIN, la femme née Rose Vita AZOR pour injures

graves et publiques aux torts de l'épouse prononçant la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre les

époux ; ordonne à l'officier de l'état civil de la section

Sud de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à ce

destinés le dispositif du présent jugement. Rendu par

nous, ANNIE FIGNOLE juge en audience civile du jeudi

vingt-huit (28) mars deux mille dix neuf en présence de

Me. JEAN ROLEX MEROVE, avec l'assistance du greffier

Mozart TASSY.

Me ELCIDE Jean François Avocat

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020


Feuilles dernières

Twa Fèy, Twa Rasin O!

Par Fanfan la Tulipe

quelques reprises, dans cette rubrique,

j’ai eu à mentionner que

À

ma grand-mère paternelle disait parfois:

“lavi a pran w, li di w : an n

ale, men, li pa di w ki kote l ap mennen

w”. Dans mon cas bien précis, ce

n’aurait jamais pu être plus vrai.

Médecin spécialisé en pathologie,

à la retraite depuis quelque temps

déjà, je n’avais jamais soupçonné

qu’un jour je pourrais être le collaborateur

assidu d’un journal (progressiste

s’il vous plait) paraissant en diaspora.

De pensée marxiste, sans être

un dogmatique à tout casser, j’étais à

la recherche, à l’époque de la dictature

jean-claudiste, d’un journal qui me

satisfasse idéologiquement.

Je suis tombé, un peu par un

heureux hazard, sur Haïti Progrès.

C’était quelque temps après le coup

d’État contre Manigat balayé par des

militaires qu’il n’avait pas pu maîtriser,

contrairement à François Duvalier

le maîtriseur par excellence.

À l’époque, jeunesse physique

aidant, de Philadelphie, je venais assez

fréquemment à Brooklyn, et mon

gîte politico-intellectuel était naturellement

Haïti Progrès. J’y rencontrais

régulièrement la rédactrice, Jeannie

Loubet, l’âme du journal, avec qui

j’avais d’heureuses et intéressantes

conversations. Un jour que j’avais en

main le dernier numéro du newsletter

d’une petite organisation non politique

à Philadelphie, Jeannie me demanda

d’y jeter un coup d’œil. Elle se rendit

alors compte que j’en étais l’éditeur et

que j’en avais écrit l’éditorial. Avec

un petit sourire de connivence, elle

me dit, un peu enchattement : “Tiens,

c’est parfait pour le journal”.

Éventuellement, je suis devenu

un collaborateur du journal où

je tenais deux rubriques, l’une en

français et l’autre en créole. Je dois

dire, en passant, que j’avais de cordiaux

et excellents rapports avec les

autres membres de l’équipe, au bureau

à Brooklyn: Berthony Dupont,

Jacques Magloire, Kim Ives, Maude

Leblanc ainsi que les deux secrétaires,

Françoise et Denise. Malheureusement,

et à mon plus grand désespoir

– je n’étais d’ailleurs pas le seul – à

un moment donné, Jeannie s’est vue

contrainte, injustement à mon avis

(et je n’étais pas le seul), de laisser

le journal. La vie ne m’avait pas dit

quand allait prendre fin l’aventure à

Haïti Progrès durant laquelle je me

suis pleinement épanoui politiquement

et intellectuellement. En 2006,

Berthony Dupont, Kim Ives et moi

avons choisi de faire route ensemble…

et avons formé Haïti Liberté.

Depuis, j’y tiens la rubrique Twa

fèy twa rasin o. Dans un passé pas

trop éloigné, j’ai ajouté une deuxième

contribution, “Notre mémoire se souvient”.

Je voudrais, en passant, saluer

la mémoire de mon inoubliable ami

Franck Laraque qui au fil des ans a

été le premier à lire mes textes et qui

venait, avec plaisir, à la rescousse

d’une vigilance et d’une attention…

défaillantes. Après le décès de Franck,

j’ai eu la chance d’avoir comme premier

lecteur de mes textes le bel ami

et poète Lenous (Nounous) Suprice,

l’ange gardien veillant sur mes indisciplines,

incorrigibles distractions et

péchés véniels d’écriture.

Rédacteur du journal, j’en revois

la majorité des textes sauf ceux écrits

en anglais dont Kim Ives est le rédacteur

responsable. Je tiens à tirer mon

chapeau à trois collaborateurs majeurs,

réguliers, sanmank de l’hebdomadaire:

Ed Rainer Sainvill, Catherine

Charlemagne et Alain Saint-Victor

toujours au rendez-vous de leur

engagement avec Haïti Liberté. Ed,

dans ses Pleins feux n’arrête jamais

d’étonner par sa vaste connaissance

de l’inextricable, labyrinthique alevini

du monde des musiciens haïtiens

présentée à travers une flamboyance

d’écriture sui generis. Les Tribunes

de Charlemagne tiennent au courant,

avec grande précision, de l’actualité

politique en Haïti. Dans sa rubrique La

mémoire au service des luttes, Alain

Saint-Victor garde vivants les noms et

actions de ceux et celles qui se sont

battus à un titre ou à un autre pour

nous faire bénéficier des acquis sociaux

et politiques dont nous jouissons

aujourd’hui. Bien entendu, je reste à

l’unisson des Éditoriaux écrits par

le directeur Berthony Dupont dont la

ligne idéologique anti-impérialiste au

service de la lutte des masses ne s’est

jamais démentie.

À ces collaborateurs, ajoutons

les noms de Marie Laurette Numa et

d’Isabelle Papillon dont les Perspectives

aident à mieux débroussailler les

aberrances, extravagances, pirouettances

et abracadabrances du vécu

politique haïtien. Je m’en voudrais

de ne pas saluer le travail dans les

coulisses, quasi quotidien, infatigable,

remarquable, insoupçonné de

quelques membres de l’équipe du journal

: Léonia Volmar, Didier Leblanc,

Edgar Lafond, Yves Camille, Kim Ives

responsable de la section anglaise,

eux qui assurent l’aspect logistique du

fonctionnement du journal.

Voilà donc environ une trentaine

d’années depuis que je suis à la barre.

Trente années au cours desquelles j’ai

eu l’occasion de côtoyer de nombreux

collaborateurs, tant à Haïti Progrès

qu’à Haïti Liberté. Ils ont enrichi mes

connaissances et ont contribué à créer

en moi ce noble sentiment d’appartenance

à un héritage de luttes du peuple

haïtien, à un environnement politique

journalistique marqué au coin

d’une démarche résolument progressiste

ancrée dans une forte conviction

anti-impérialiste.

Appartenance à un courant de

pensée idéologique axé sur la lutte

des classes, sur un effort collectif de

prise de conscience par les masses

laborieuses, ouvrières, paysannes, de

leur force qui ne demande qu’à être

organisée, canalisée vers la pleine accession

à une démocratie authentiquement

participative, à la satisfaction

des besoins les plus fondamentaux de

l’être humain, à un plein épanouissement

de toutes ses possibilités, physiques,

intellectuelles, spirituelles.

Appartenance à l’idée d’un internationalisme

agissant, fort, nécessaire

à la mise en commun des forces

vitales en présence, au bénéfice de

la grande masse des laissés-pourcompte,

des déshérités, pour leur

avancement, leur participation effective

à une répartition juste des richesses

de la nation. L’exemple a été

donné par la glorieuse révolution cubaine

suivie par la révolution bolivarienne

et les révolutions citoyennes de

la Bolivie et de l’Équateur, ces deux

dernières traîtreusement déstabilisées

par l’impérialisme américain qui a

trouvé, en la personne de quelques

serviteurs zélés de la libre entreprise,

du néo-libéralisme fou, des adorateurs

du “dieu-papier à l’effigie de Washington”,

les pions nécessaires à leur sale

boulot.

Appartenance à ce Sud souffrant

ployé sous le poids d’une exploitation

féroce, broyé par les affres de la

misère, de la malnutrition, de la faim

chronique, de maladies pourtant curables,

d’épidémies à répétition, d’un

chômage endémique, d’impréparation

contre les violences climatiques,

d’attentes jamais satisfaites, bref, de

désespoir. Ce Sud qui pourtant n’a

pas cessé de résister aux assauts des

impérialismes, du néo-colonialisme,

à travers des dirigeants nationalistes,

progressistes, généralement anti-impérialistes.

Appartenance à ce cercle

d’intellectuels haïtiens authentiquement

progressistes – quelques-uns

de pensée marxiste – qui ont pris fait

et cause pour les masses du “pays en

dehors”, les riverains des quartiers

de “non-droit”, les prolétaires, les

chômeurs, les femmes surexploitées,

les madan sara qui s’échinent à la

besogne, les petit-e-s marchand-e-s

des marchés publics périodiquement

victimes d’incendies criminels dont

on soupçonne les auteurs sans jamais

pouvoir leur mettre la main au collet,

faute d’une police d’investigation

compétente, d’une justice à la hauteur

de ses devoirs et obligations et d’une

complicité criminelle de classe.

xxx

Après quelque trente années à

la barre, suis-je autorisé à crier pour

autant : « mission accomplie »? Sûrement

pas, ce serait une bien sotte

présomption de ma part, d’autant que

tout progressiste sait que « lit la di anpil

e l ka dire lontan ». Mais une petite

voix intérieure m’a rappelé la chanson

d’Aznavour : « Il faut savoir quitter la

table quand l’amour est desservi ». En

ce qui me concerne, c’est autre chose

qui est en desservance.

Je me rends bien compte que

ce qui est en train d’être « desservi »

c’est bien ma faculté de concentration.

Elle est en train de s’émousser,

de façon manifeste, à un moment où

des problèmes personnels importants,

inattendus se sont mis de la partie.

L’automne de cette rubrique est arrivé

de façon prématurée et je ne vais pas

faire de tête dure. Aussi, c’est avec un

cœur cassé que je dis que ces feuilles

sont les dernières.

Certes, je ne serai plus au rendez-vous

habituel avec Twa fèy twa

rasin o, mais je continuerai toutefois

le travail rédactionnel à Haïti Liberté,

ma maison idéologique. Lakay se

lakay.

2 Août 2020

VIENT DE PARAÎTRE : LES CAPSULES DESSALINIENNES

Les haïtiens curieux et intéressés à mieux comprendre

Dessalines, cet homme fascinant, conséquent, et exceptionnel

de l’humanité noire, peuvent se procurer, au prix de $45. (+ les

frais postaux si nécessaires) « Les capsules dessaliniennes »

du professeur retraité Raymond Wainwright en téléphonant au

no 1-450-933-5451 ou 718-421-0162

Ce livre concis campe le fondateur, à l’aide de 1804 capsules

émaillées de poèmes adaptés, de citations appropriées et de

significatifs documents authentiques.

Bonne Lecture

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Kwonik Kreyòl

Ochan pou Filo

Aleksann Linda ak J. Fatal Pya

Menm jan ak yon kout loray kale

ki te mete yon bout nan tanpèt

Izayas se konsa yon kout loray te

mete yon bout nan lavi Konpè Filo,

ki te rive nan tobout li nan jou ki te

vandredi 31 jiyè a apre 67 rekòt kafe

byen plen. Filo, yon jounalis, pesonn

pap janm ka bliye depi nan radyo Ayiti

Entè pou jis li travèse kite bout tè sa a.

Depi l te jenn gason Konpè a te

rantre nan batay pou moun ka gen

dwa pale lib elibè. Se sa tou ki te fè rejim

diktati bout di Duvalye yo te arete

l met nan prizon epi apre voye l nan

kanpe lwen pa pwoche pandan plizyè

lane pou jis ke makak sale a te kase

kow an 1986.

Ki moun konpè Filo ye ?

Manman l se fanm Grangwav

ki t ap viv kay yon matant li lè l vin

kwaze ak papa l. Yo rantre Pòtoprens

e se la manman misye te ponn li. Jan

Filo esplike istwa a lè manman l fin

akouche li pèdi nan matènite a. Se

sou 3 jou grann li rantre Pòtoprens pa

pye pa tèt li file dwat nan lopital la li

mache epi l rive dirèk sou pitit pitit li

a li di bouch plat sa se pitit pitit mwen

an. Kote ki gen granmoun pa gen jwèt.

Filo se premye pitit manman l ak

papa l yon fanmi aprè ki vin gen aFilo

lòt timoun. San nan venn li kòmanse

bouyi lè l tap gade nan yon televizyon

nwa e blan kay yon vwazen kòman

pouvwa bout di Divalye a t lò mache

sasinen moun kou grenn lapli. E yo

te konn fè sa sou plas piblik pou fè

tout moun wè jan yo te fè l pou Dwen

ak Nima. Yo konn menm pase l sou

televizyon. E sa te revòlte l. Misye te

deside jwe teyat pou l fè pase masaj

fristrasyon l se nan jwe teyat menm li

Sa fè 22 lane depi yo sasinen Pè Tijan

Pyèlwi

Nou pa bliye l.

Kilè l ap jwenn Jistis ?

Lendi 3 out 1998 asasen yo te

voye pou sa te touye Pè Tijan

Pyèlwi nan lakou SEDEP, Avni Chili,

nan Pòtoprens. Pè Tijan, sete yon pè

toutbon ki te konprann misyon li nan

sèvis pòv yo ak peyizan yo nan peyi

a. Li te kwè nan chanjman an ki dwe

fèt, pou sa k sou kote yo pran espwa

nan peyi a. Nou sonje li tankou yon

pwofèt ki te lib pou sèvi laverite. Li te

toujou kwè nan chanjman.

Pè Tijan, jan tout moun te rele

li, te sakre pè jou ki 28 jiye 1969

nan Twa Rivyè, nan peyi Kanada.

Epi li te travay nan pawas Leyogàn,

Sentàn ak Katedral Pòtoprens,

nan Mibalè, Savanèt, pou fini nan

Bizoton (Kafou). Li te fè yon chwa

pou sèvi moun pòv ak malere yo, epi

tout lavi li te montre sa. Li mennen

batay la pou sa k kòrèk la. Li te angaje

tèt li toutbon pou peyi a rive nan

demokrasi, pou te genyen yon chanjman

toutbon nan kondisyon lavi

moun ki pi mal yo. Li te sansib pou

pèp la epi li te tande rèl li. Se poutèt

sa, li t ap kriye fò konsa li menm tou,

tankou pwofèt yo, ap mande jistis

pou sa yo esplwate yo, ak respè pou

dwa tout sitwayen ak sitwayèn yo.

Pè Tijan te fidèl jous nan bout

nan sèvis Bondye ak nan sèvis frè ak

sè l yo. Se pou Bondye reyalize sa li

te batay pou li ak tout fòs Lespri li a

: Se chans pou moun ki grangou ak

swaf jistis. Komisyon Nasyonal Jistis

Konpè Filo

vin jwenn nom Konpè Filo a.

Nan lane 70 yo li vin rantre nan

radio Ayiti Entè, Konpè Filo te envante

anpil mo kreyòl nan epòk sa a tankou:

machwè won, kanntè a lè Ayisyen t

ap plede pran ti kannòt pou kouri kite

peyi a pou pouvwa bout di a pa pase

yo alenfinitif. Ayisyen yo te konn di

dan reken miyò pase prizon diktati.

Ala yon ti Pèp sa. N wè sa gen lontan

depi Pèp sa a ap fè fas ak pouvwa san

manman k ap pouse do yo mete yo

deyò nan pwòp peyi yo

Filo se youn nan moun ki

te jwenn anpil pèsekisyon pandan

peryòd diktati a sou rejim Divalye

yo. Sa ta pral lakòz li pran prizon

nan mwa oktòb 1980 avan makout

je wouj te pouse do l fè l kite peyi a

pou l te al chwe nan peyi a Venezyela

nan mwa desann menm ane sa a. Nan

epòk sa a konpè a te yon jounalis ki

te lage tout kò l nèt nan batay. Filo se

youn nan moun ki te rete makònen ak

zòn kote kòd lonbrik li te antere a ki

se Matisan. Malgre machin ensekirite

a ap vale teren nan zòn sa a misye te

sèmante l pap kite zòn nan pou atoufè

kè lanfè yo.

Filo te kwè anpil nan kilti peyi l

dayè si w ap swiv emisyon Kalfou l te

ak Lapè ak tout zanmi Pè Ti Jan envite

tout kretyen fidèl, tout sitwayen

ak sitwayèn pou yo sonje konbatan

vanyan sila a, jou ki lendi 3 out

2020, ki fè 22zyèm anivèsè lamò li.

Nan jou sa a, Komisyon Jistis

ak lapè ap depoze yon lòt rekèt

ofisyèl nan Pakè Pòtoprens, pou

Komisè Gouvènman an pa bliye dosye

sa a ki nan men l.

Komisyon Jistis ak Lapè nan

pawas Mon Kamèl Bizoton bò kote

pa li, ap sonje Pè Tijan Pyèlwi nan

lendi maten ki 3 out la ak yon lanmès

kote Pè a antere a.

Pou fini, an n sonje ti pawòl Pè

Tijan kite pou nou : « Mwen se yon

pè ki konsevwa travay pè a yon jan.

Pè Tijan Pyèlwi

anime sou Tele Ginen ou ka wè klè l

se yon gwo sòlda ki renmen kilti peyi

l san di pètèt. Li pat janm kite blan

loksidan pran tèt li pou fè l krache sou

kilti peyi l. Konsa l te toujou pote labanyè

l kòm gwo Vodouyizan depi sou

fason l abiye pafwa w wè se Kouzen

Zaka tou pi k ap vin sou w. Li te gen

anpil bèl kalite lakay li pami yo nou ka

konstate kapasite l pou l padone tout

sa ki te konn fè l sa ki mal.

Filo li te renmen padone tout

moun si nou kwè sa matchòpwè l

mikwo l bon zanmi l Lilyàn Pyèpòl

di. Menm moun ki te fè Filo abi ki te

arete l lè retounen nan peyi a an 1986

li te padone yo tout. Hmmmm Filo pat

janm atache ak byen latè se sa k fè l te

toujou senp anplis li te renmen bay sa

l genyen depi w mande l. Konpè Filo

travèse san l pa gen tan wè Ayiti li t ap

batay pou li a depi plizyè dizèn lane a.

Antoni Paskal se youn nan

moun ki t ap goumen pou moun gen

libète pou yo pale san pwoblèm nan

peyi a sa yo rele libète lapawòl la.

Filo ale se yon gwo mapou lakilti ki

sot tonbe. Yon moun ki make istwa

peyi a nan plizyè fason. Bon travèse

Antoni Paskal alyas Konpè Filo. Ayiti

pap janm bliye w... Menm jan tout

Ayisyen ki respekte e ki renmen peyi

yo ap mande w Filo pou w pa janm

bliye Ayiti.

Youn nan pi gwo kalite Filo

te genyen. Li pat gen nanm pouriti.

Menm jan ak anpil lèzòt jounen jodi a.

E menm si n wè Filo te piti men li pat

mens ditou ditou. Menm si n te wè Filo

te piti anpil..Men l te yon gwo potorik

Gason ki pat janm pot pantalon l pou

bèl twèl. Menm si n wè zètwèl Filo file

brid sou kou men l pap janm tenyen. L

ap toujou defile gwo jounen nan mitan

fontenn syèl lakilti Ayiti. Bon travèse

nan peyi Alada Konpè n Filo.

Mwen pa konsevwa travay pè kòm

si se bay moun sakreman, fè moun

yo fè premye kominyon, marye yo

epi antere yo. Mwen konsevwa travay

pè a lye ak edikasyon moun

yo, avansman moun yo, devlòpman

moun yo, liberasyon moun yo, li lye

ak yon chanjman nan sosyete a, se

konsa mwen konsidere travay pè a.

E se konsa m fè travay pè a. Kòm pè

ou devan sèn nan, kèlkeswa sa ou di

li gen yon enfliyans politik. »

Pòtoprens, 31 jiye 2018,

Sekretarya Jistis ak Lapè

Pou Komisyon an

Jocelyne Colas

Direktris Nasyonal

Filo file

Son serenad zandolit Matisan

Pat ko menm tenyen nan van

Ti bonnanj Filo pran file devan

Tout nanm Filo benyen nan san

Nan san konsyans Leta san manman

Nan san konsyans Leta san nannan

Nan san konsyans Leta aganman

Nan san konsyans Leta kayiman

Nan san konsyans Leta pawòl van

Nan san konsyans Leta bèl vouzan

Son serenad lanjelis pat ko fin mi

Ti bonnanj Filo gen tan fin kouri

Ti bon nanm Filo file toutouni

File toutouni devan Leta simagri

Leta ki pa gen gaz pou sove lavi

Leta ki gen gaz pou touye tchovi

Leta ki pa gen gaz pou lavi kouri

Leta pa gen gaz pou souf lavi souri

Leta gen gaz pou fè lavi soufri

Leta ki gen gaz pou toupizi lavi

Leta gen gaz pou touye jèm lavi

Leta ki gen gaz pou motè pouriti

Grif zagoloray diktati di kafou w

KOMOKODA drese yon barikad nan

Nouyòk pou bloke TOUT kandida ki

pral nan eleksyon ak Jovenel Moise

KOMOKODA vle di Komite Mobilizasyon

Kont Diktati an Ayiti.

KOMOKODA se yon òganizasyon

patriyòt Ayisyen nan Nouyòk, Ozetazini

ki fonde nan mwa Oktòb 2014.

Nou bay tèt nou responsabilite defann

peyi nou, defann enterè peyi nou, epi

defann pèp Ayisyen an apati espas

kote n ap viv la. Nou bat lestomak nou

fò pou bonjan kanpay 2 lannen nou te

mennen pou anpeche lafanmi Clinton

retounen nan Mezon Blanch lan; Nou

bat lestomak nou fò dèske se travay

KOMOKODA ak lòt Ayisyen konsekan

nan Nouyòk la ki fè Martelly soti tèt

bese nan kanaval “Labor Day” sou

Eastern Parkway; Nou fyè dèske travay

nou fè ti kouyon Jovenel Moise te

blije anile vwayaj li pou l te vin bat

djòl li bay manti nan LONI nan mwa

septanm ane pase a.

Nou konstate jodi a, yon lòt

fwa ankò, lènmi pèp Ayisyen an yo

ap ranje kò yo pou yo woule pèp la

nan farin ak yon lòt eleksyon bidon.

Y ap chache foure yon lòt apatrid,

restavèk, tchoul Meriken alatèt peyi

nou epi plen palman an ak yon bann

ti visye k pare pou vann vòt yo pou

yon plat manje ak yon viza.

Nou lage mesaj sila a deyò bonè,

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Pat rive kreve lanvè po tanbou w

Anba kout mato prizon nan lakou w

Soufrans pat tenyen flanm lanmou w

Flanm lanmou w genyen pou mapou w

Flanm lanmou w genyen pou lakou w

Flanm lanmou w genyen pou tanbou w

Flanm lanmou ki fè n toujou damou w

Kou kout zèklè lapli mwa me

Ki nèk parèt san l pa rete

Tanbou Filo kouri file l ale

Kalfou Filo kouri defofile

Petwo nago ibo elatriye

Petwo nago kongo an verite

Menm si fèy mapou Filo ale

Menm si bwa mapou Filo file

Rasin yo pe toujou fèk kare

Plizyè Filo y ap repouse vre

Nan lizyè jaden letènite

Yè jodi demen elatriye fèk kare

Pou konbat diktati tout kalte

Diktati adjwen bondye voye

Diktati bandi bout di tout kalte

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byen bonè kòm yon pinga pou TOUT

pati politik, TOUT kandida, kit sa

manm KOMOKODA abitye sipòte epi

fè wout ansanm ak yo, kit sa n abitye

pwoteste kont yo lè yo vin nan

zòn nan pou n di yo Atansyon! Depi

y al rantre nan malpwòpte eleksyon

Meriken/Core Group/PHTK a pa pran

chans vini frite nan Nouyòk la. Menm

sa Madan Clinton te pran nan men

nou an, se sa k ap tann yo; Menm sa

k voye madigra malmaske Martelly al

remize kazak wa kanaval li a, se sa k

ap tann yo; Menm sa k fè Jovenel pè

met zago l nan Nouyòk la, se sa k ap

tann yo.

KOMOKODA di nou pa nan ni 7

fevriye 2021, ni 7 fevriye 2022, fòk

viris PHTK a disparèt imedyatman nan

figi pèp Ayisyen. Nou ankouraje tout

patriyòt konsekan, anndan kou deyò

peyi a, pou ranmase kouraj nou, ranmase

responsabilite nou pou n retire

peyi nou nan kondisyon li ye jodi a.

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6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020


Perspectives

Filo ou « le temps d’un homme libre »

Anthony Pascal « Konpè Filo» est

décédé, le vendredi 31 juillet 2020,

à l’âge de 67 ans

Par Roody Edmé*

Konpè Filo n’est plus ! L’homme de

scène, l’animateur de télévision,

le journaliste des années de cendre et

d’espérance nous a quittés. Il est parti

aussi soudainement que discrètement,

lui qui a toujours cru dans un

monde « invisible ».

L’une des personnalités les plus

populaires de ce pays est morte, seul,

dans une ambulance le transportant

vers un centre hospitalier plus équipé

ou plus spécialisé. Nous reviendrons

dans un reportage sur nos morts sur

« ordonnance », en raison d’un système

de santé failli.

Anthony Pascal, de son vrai

nom, anima dans les années 80, le

radio journal le plus écouté du pays.

À ses côtés, Liliane Pierre Paul, actuelle

cofondatrice de radio Kiskeya.

Filo et Liliane formèrent un couple

mythique de la radiodiffusion indépendante

et progressiste en Haïti.

À cette époque, Radio Haïti Inter innovait

avec un journal parlé en créole

qui apportait le monde et son actualité

à tout un peuple qui n’avait pas droit

à l’information.

Ses studios, place de l’Hôtel de

ville à Port-au-Prince et plus tard à

Delmas devenaient l’épicentre d’un

combat sans répit pour la liberté d’expression.

Le journal de 9h du soir

était capté sur Haïti toute entière. Les

allusions à peine voilées de Filo et

Liliane à des situations de répression

similaires à ce que nous vivions au

pays, énervaient les sbires du régime

en place.

La marche victorieuse des Sandinistes

depuis les villes de Masaya,

Chinandega, et jusqu’ aux portes du

tyran à Managua était largement

commentée et résonnait comme une

volée de cloches, le carillon de la liberté,

dans les villas roses des hauteurs

de Pétion-ville et dans les maisonnettes

de nos bourgs les plus reculés.

Les 10 kilowatts de puissance

de la bande AM traversaient non

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sans difficultés notre pays montagneux

pour atteindre les îles Turques

et d’autres territoires des Antilles, où

nos migrants calfeutrés dans leurs

pauvres logis buvaient chaque soir les

paroles d’espoir des deux journalistes.

À la chute du dictateur du Nicaragua,

Anastasio Somoza de Bayle,

suite à l’assassinat du journaliste

indépendant Joachim Chamorro, le

journal de 9h s’illumina de mille feux

révolutionnaires. Une phrase subversive

s’échappa alors de la bouche de

Konpè Filo : « Lè bab kanmarad ou

pran dife, mete pa w a la tranp ». On

avait compris de ce parler « andaqui

» comme on dit chez nous, que le

présentateur énonçait une sorte de

théorie des dominos. Un dictateur

qui tombe en entraînant d’autres

dans son sillage. C’était dans l’air du

temps.

Puis vint le tour de Reza Pahlavi,

le Shah d’ Iran. Nos deux journalistes

s’en donnèrent à cœur joie, commentant,

épiloguant, comparant sans

jamais évoquer directement la situation

haïtienne. Mais tout le monde

avait compris, surtout les officiers

de la tristement célèbre Commission

d’enquête des Casernes Dessalines

qui comptaient parmi les auditeurs les

plus attentifs.

Et puis la machine répressive se

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mit en branle. Filo et un technicien de

la Radio du nom de Massena furent

enlevés par la police politique des Duvalier.

Un jour de plein soleil, Filo a

donc été arrêté avec son compagnon.

La voix dramatique de Jean

Léopold Dominique électrisa alors

les ondes pour dénoncer l’arrestation

de ses deux employés, et pendant

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Jean Dominique et Anthony Pascal

quelques minutes, la vie s’arrêta.

Les gens s’agglutinèrent devant leurs

postes de radio. L’effet magnétique

fut tel que les deux prisonniers furent

tout de suite libérés.

Les officiers de la police politique

étaient cependant, de terribles

joueurs d’échec ! L’arrestation de Filo

et Massena ne furent que deux pions

dans un jeu plus complexe. La vraie

répression allait s’abattre sur la majorité

des démocrates un soir de novembre

1980. Elle débuta en début

d’après-midi avec l’arrestation de

Gabriel Hérard puis de son frère Jean

Robert Hérard, de Pierre Clitandre, de

Marvel et se poursuivra toute la nuit.

Une nuit vorace, une nuit des « longs

couteaux ».

De nombreux démocrates

furent exilés et parmi eux Filo. Et

ce fut la saga dans plusieurs villes

du monde, de femmes et d’hommes

qui avaient rêvé d’un pays. Les expulsés

furent accueillis à Caracas par

le cinéaste Arnold Antonin, déjà très

connu au Vénézuela dans les milieux

universitaires.

Arnold eu l’idée de réaliser un

documentaire sur cette vaillante équipe

et sur les deux journalistes du regretté

journal du soir de Radio Haïti.

Ce docu-drama fut appelé « la voix de

la liberté ».

Pierre Emmanuel, de la Radio

Cpam à Montréal, ancien rédacteur en

chef à Radio Haïti Inter, nous a confié

sa fascination pour le personnage qui

était pour lui comme un grand frère.

« Filo était toujours resté collé aux

réalités populaires, c’est avec lui que

j’ai mieux appréhendé le vaudou. Il

était un personnage à part, mystique

mais surtout maître de lui-même ».

Il n’avait de compte à rendre qu’à

sa conscience d’homme simple, de «

philosophe » de la culture populaire,

poursuivit-il.

Filo ce n’était pas une posture,

mais un être vrai. Michel Soukar

évoque une « âme pure », complètement

désintéressée. Il n’en voulait à

personne, même pas au bourreau qui

lors d’un interrogatoire lui « dévissa »

la mâchoire.

Les dernières années de sa vie

professionnelle furent consacrées à

Télé Guinen. Son humanisme et sa

générosité crevèrent l’écran. Son

émission sur la domesticité infantile

demeure inoubliable.

Il avait dans sa quête mystique

pardonné à tous ses tortionnaires. Et

en prince de la paix, il croyait selon

Arnold Antonin, que nos malheurs

venaient du fait que nous ne nous

sommes pas assez pardonné.

* Éditorialiste, enseignant

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

7


2

La Tribune de Catherine Charlemagne (127)

Attys, Georges, Lafontant, les démissions qui font du bruit !

(2e partie)

La démission de Me Jacques Lafontant

s’est transformée en

psychodrame au sein du pouvoir

et en particulier au ministère de la

Justice qui a dû consommer trois

(3) Commissaires du gouvernement

au Parquet de Port-au-Prince en

l’espace de 48 heures. C’est dire

que l’heure est grave pour le Président

Jovenel Moïse. En effet, avec

cette démission surprise, le ministre

Rockfeller Vincent avait dû remplacer

au pied levé Me Lafontant par

Me Souvenir Jenty au Parquet de la

capitale le 23 juillet 2020 comme

Commissaire a.i. du gouvernement.

Sauf qu’entre-temps, tout s’emballe

contre la présence de Me Souvenir

Jenty à ce poste. Les organisations

des Droits humains ont vite fait ressortir

des placards un Rapport du

RNDDH qui date du 19 avril 2019

où il est question de Me Souvenir

Jenty qui a eu un comportement

pour le moins curieux et douteux

en tant que Substitut Commissaire

du gouvernement dans la libération

de deux individus qui ont été arrêtés

par la DCPJ (Direction Centrale de la

Police Judiciaire). Devant le tollé de

la Société civile contre la nomination

de Me Souvenir Jenty, c’est le

Premier ministre Jouthe Joseph qui,

cette fois, a pris l’affaire en main en

exigeant sa révocation immédiate et

a demandé au ministre de la Justice,

Rockefeller Vincent, la nomination

et l’installation en catastrophe d’un

troisième Commissaire du gouvernement

a.i. près du Tribunal civil de

Port-au-Prince dans la journée.

C’est Me Ducarmel Gabriel

qui a été désigné et installé comme

chef du Parquet de la capitale dans

une journée folle au Palais de justice

de Port-au-Prince. Dans cette

avalanche de lettres de démission et

de nomination, on enregistre forcément

celles des différents Maires

qui contestent et déclinent l’offre

du Président de la République pour

qu’ils deviennent des Agents exécutifs

intérimaires. C’est un non-sens,

en effet, de passer de Maires élus à

de simples Agents communaux que

le chef de l’exécutif peut « virer » à

tout moment comme de vulgaires «

employés » alors qu’ils avaient reçu

un mandat électif de la part de leurs

administrés comme le Président de

ses concitoyens. Devenus Agents

exécutifs intérimaires, c’est comme

s’ils deviennent des collaborateurs

du pouvoir dans la mesure où la

présidence de la République cherche

par tous les moyens des alliés dans

un moment où tous les « rats » cherchent

à se mettre à l’abri du mauvais

temps annoncé. D’ailleurs, dans la

plupart des Mairies où les anciens

élus ont été reconduits sur proposition

du Président de la République,

ceux qui lorgnaient dans l’ombre

ou publiquement sur ces postes ont

tout simplement mis le feu dans ces

Mairies afin de manifester leur opposition

au choix du Palais national.

D’où la crainte de certains Maires ou

nouveaux Agents exécutifs intérimaires

d’accepter de continuer dans

ces conditions d’insécurité.

Donc, ils préfèrent rendre

leur tablier en attendant le nouveau

processus électoral qui ne tarde pas

à venir. Comme nous le disions

plus haut, ce mois de juillet 2020

demeura un mois de forte chaleur

politique pour le Président Jovenel

Moïse tant qu’il ne cesse d’encaisser

les coups politiques. Avant

ce vaste mouvement de démission

des élus municipaux dont le mandat

arrive à expiration alors qu’ils

n’ont pas été remplacés par d’autres

élus faute de scrutin dans le temps,

le locataire du Palais national a été

frappé par deux coups politiques

qu’il n’est pas prêt d’oublier, en tout

cas le temps qu’il continue à exercer

son mandat présidentiel. Même si

elle n’est pas plus spectaculaire, la

démission de son ancien allié politique

et Conseiller pour les affaires

juridiques, Me Reynold Georges,

demeura pour le Président Jovenel

Moïse le plus révélateur du malaise

au sein du pouvoir Tèt Kale. Ce

défenseur des causes perdues s’est

fait un nom dans le paysage politique

haïtien depuis la chute du régime

duvaliériste qu’il a servi avec

conviction et sans jamais le renier.

C’est donc un fidèle parmi les fidèles

quand il s’accroche à un pouvoir.

De Jean-Claude Duvalier à

Michel Martelly, cet ancien militaire

devenu avocat sait comment évoluer

dans le microcosme politique

haïtien pour rester toujours présent

dans l’actualité. Il ne trahit pas sa

famille politique. Pourtant, cet homme

qui a servi presque tous les régimes

autoritaires en Haïti a fini par

perdre son équilibre. Il a chuté sous

Jovenel Moïse. Grande gueule du

milieu politique et fanfaronnade à

souhait, Me Reynold Georges, à la

surprise générale, a lâché le pouvoir

qui, pourtant, l’a bien servi depuis

qu’il était devenu l’un de ses plus

grands défenseurs. Mais attention !

Reynold Georges est un fin politicien

dans le sens haïtien du terme, c’està-dire,

« un roule m 2 bò ». Ce n’est

pas un traître, mais son intérêt

n’est jamais trop loin. Surtout qu’il

sait quand il faut prendre du recul

pour mieux sauter. On n’oubliera

pas ses tactiques ou plutôt ses gymnastiques

durant la présidence de

Michel Martelly afin de garder ses

billes sans pour autant être qualifié

de partisan zélé de Sweet Micky.

Ainsi, il faut se méfier de la démission

très médiatisée de ce caméléon

qui sait comment prendre la forme

qu’il veut quand il veut, histoire de

sauver sa mise tout en se positionnant

pour la suite des évènements.

En Haïti, on ne sait jamais

! Tout peut y arriver. Et Reynold

L’ex- ministre de la Jeunesse,

des Sports et de l’Action Civique

(MJSAC), Max Attys.

Georges en tant que « vieux de la

vieille » en sait quelque chose. D’ailleurs,

le Président Jovenel Moïse,

en commentant le départ de son

vieil allié du Palais national, s’est

contenté de dire : « Verite pa janm

kache » et que « l’histoire aura à

répondre de cette démission », une

façon de dire que la démission de

Me Reynold Georges cache plus de

chose qu’il a voulu dire. Les diverses

déclarations du démissionnaire

dans la presse ne sont en réalité que

des éléments pour donner corps à

sa fuite du Palais national en pleine

période de déconfiture et où le Président

a certainement besoin de ses

conseillers sur diverses affaires et

déclarations qui secouent la présidence.

Surtout, l’ex-Conseiller aux

affaires juridiques n’a point apporté

de nouveauté dans ses dires. En bon

manipulateur d’opinion, il sait que

ses déclarations, même sans rien

d’exclusif, venues de quelqu’un qui

a été l’un des plus proches collaborateurs

du Président, ne peuvent

que faire le « buzz » sur les réseaux

sociaux. Sans oublier la presse qui

trouve en Reynold Georges un bon «

client » pour faire de l’audimat (audience).

En tout cas, sa sortie médiatique

n’a pas manqué sa cible et

sa démission qui est certainement

un coup politique n’a pas fini de

mettre le Président de la République

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dans l’embarras avec l’opposition

qui s’est immédiatement emparée

de ce départ dans cette conjoncture

qui, le moins que l’on puisse dire,

n’arrange pas vraiment l’affaire

du chef de l’Etat. Il reste maintenant

la démission qui a suscité le

plus de commentaires et qui, d’une

manière générale, est la plus spectaculaire

: celle du ministre de la

Jeunesse, des Sports et de l’Action

Civique (MJSAC), Max Attys. Cette

démission, à n’en pas douter, a fait

passer l’ex-ministre de l’ombre à la

lumière et de la lumière à la prudence

requise. C’est plus qu’un coup

politique. Et pour cause. Ç’en n’est

pas un. Ce n’est pas non plus un

coup médiatique même si la presse

tout naturellement s’est emparée

de l’ex-ministre pour le porter au

pinacle de la probité politique et de

la vertu comme si le personnage ne

savait pas dans quoi il allait entrer

quand on lui avait proposé de devenir

ministre.

Tout part de cette histoire

de prénom de l’ex-ministre qui, aujourd’hui

encore, continue de semer

le doute en Haïti dans les milieux

qui ne connaissent précisément

pas l’ex-ministre. En France, tout

particulièrement à Paris et dans la

région parisienne où le dénommé

a vécu pratiquement toute son enfance,

d’où les difficultés pour s’exprimer

en créole, toute cette cabale

autour de son prénom a fait rigoler

et ses amis et ses détracteurs. Max

Attys s’appelle en réalité « Maxis

Attys » et tout le monde sait qu’il

est de Fond-des-Nègres en Haïti

dans le département des Nippes.

Comme pour les prénommés Robert

qu’on appelle couramment « Bob »

ou Emmanuel « Manno », Maxis a

tout simplement été transformé en

« Max ». Il n’y a rien de compliqué.

Mais, il se trouve que dans cette affaire

même le dorénavant ex-ministre

n’a pu expliquer de manière

claire, concise et simple d’où viennent

les deux « prénoms » qui en

fait ne sont qu’un. Max ou Maxis

Attys c’est la même personne.

Il n’y avait pas lieu de faire

tout un fromage avec cette histoire

d’homonymie. Là, effectivement,

où il y a un problème, c’est sur le

document officiel le nommant ministre.

Il demeure inconcevable que

quelqu’un soit nommé à un poste

officiel quelconque que l’administration

ou les personnes s’occupant

des ressources humaines ne vérifient

pas les documents et les pièces

justificatives et l’identité exacte de

la personne en question. C’est un

manquement grave de la part des

autorités qui le nomment mais aussi

de la part du concerné lui-même qui

n’a pas jugé utile de demander une

correction immédiate de l’orthographe

de son nom et prénom. Si tout

ceci avait été fait, il n’y aurait pas

eu tout cet emballement médiatique

autour d’un non événement. Peutêtre

qu’il n’aurait pas eu non plus

de démission du ministre puisque

tout part de ce manquement, de

cette faille et de ce « lese grinnen »

administratif mettant à nu l’état de

fonctionnement de la République.

Selon des informations recueillies

lorsque les rumeurs commençaient

à circuler sur la double identité du

ministre des Sports, « Max et Maxis

», le Président Jovenel Moïse a eu

une conversation avec l’intéressé

sur le sujet. Une conversation qui,

semble-t-il, a mal tourné.

Mais, les deux hommes qui

se sont liés d’amitié par l’intermède

du Secrétaire général du Conseil des

ministres, Rénald Lubérice, restent

néanmoins en bon terme bien que

le chef de l’Etat reproche à son ami

ministre de n’avoir pas réagi lorsqu’il

avait constaté qu’il y avait

une erreur dans son prénom dans

l’arrêté présidentiel publié dans le

Journal officiel Le Moniteur le nommant

ministre. Tout allait basculer

finalement quand le ministre des

Sports qui rentrait d’une tournée

d’inspection d’une semaine à travers

certains départements du pays

pour vérifier les infrastructures publiques

relevant de son Ministère devait

rencontrer la presse pour faire

le point sur cette fameuse tournée

sur le terrain. Durant ce point de

presse, comme l’on s’y attendait, les

journalistes se sont plutôt intéressés

à l’identité exacte du ministre qu’à

sa tournée triomphale dans le grand

Nord et le grand Sud. (A suivre)

Joel H. Poliard

M.D., M.P.H.

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C.C

8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020


This week in Haiti

Virtual Classes in Haiti Challenged by Lack

of Electricity, Computers, and Internet

Iconic Haitian Journalist

Konpè Filo Has Died

By Sam Bojarski and Rachele Viard

As a result of measures the government

is taking to slow the spread

of Covid-19, many students in Haiti

may have to learn virtually. These

students face electricity challenges,

minimal space at home to attend

classes, as well as a lack of access to

computers and the internet.

Earlier this week, Haiti’s Ministry

of National Education announced

that classrooms should contain not

more than 30 students, while recommending

a distance of one meter

between children. The ministry also

recommended that schools with larger

class sizes hold courses in rotation,

with groups of students attending

class in-person on three designated

days of the week. Morning and afternoon

shifts were also an option for

schools.

As of Aug. 4, Haiti has recorded

some 7,511 coronavirus cases,

although these numbers are likely a

significant undercount. As of Jul. 20,

the country is no longer in a state of

emergency, which the government

declared in March in response to the

novel coronavirus.

“To work online and provide

classes via Zoom, Microsoft Teams, or

on Google is a utopia here in Haiti,”

said Michelle, a school director in Portau-Prince,

who declined to provide her

real name for fear of political repercussions.

Disruptions have plagued Haiti’s

schools for nearly a year, as schools

closed first in response to last fall’s

political protests – a shutdown known

as “peyi lòk” – then in response to

the pandemic in March. On average,

schools operated for about 70 of the

120 days required for a full school

year.

Technology access issues aside,

some schools lack the capability to

ensure proper sanitation and provide

personal protective equipment when

students do come to the classroom.

“To tell you the truth, I am really

afraid, because there is no infrastructure,

specifically in schools where

I am teaching,” said Kerventz Sylus,

a foreign language instructor, referring

to a lack of soap and water for

hand-washing. Sylus works at a private

school called Mijep in Thomassin.

Sylus and a friend plan to sew

masks for students before the start of

classes in August.

“When you have a school of

about 2,000 students, if you are

able to make 300 masks, it won’t be

enough, but I will do my best to do

that,” he said.

Michelle, the school director,

said many of the students in her

school are from lower socioeconomic

classes and communicating with them

was difficult during “peyi lòk.” She

estimated that only 10% of the parents

have an email address. Some did

use Whatsapp, with which they sent

school work.

“It was difficult, but other parents

who were aware that I was sending

schoolwork, they got in touch

with parents who had children in the

same class to obtain the schoolwork,”

Michelle said.

While the number of people

with access to home internet remains

very low, about three-quarters of Haitians

over the age of 18 have access

to a smart-phone. Although there is

limited 4G service in and around the

capital, most people have to access the

internet and use applications with 2G

and 3G data speeds.

“All the time it goes down to

Young schoolgirls line up at school in a time before the Covid-19

pandemic.

A Haitian school near Cap Haïtien. On average last year, schools

operated for about 70 of the 120 days required.

Georges H. Rouzier

a level where the users can’t even use

WhatsApp,” said Jimmy Pierre, who

runs a school in Kenscoff called “The

Successful Institute.”

Digicel, the country’s largest

telecommunications company, plans

to continue updating its network to

provide 4G access in rural regions of

Haiti, mostly in the country’s south.

“We’re going to upgrade another

300 antennas with 4G LTE” said

Maarten Boute, chief executive officer

of Digicel Haiti.

“There is no electricity, and even

less now with all the power shortages

and diesel shortages,” Boute continued.

“And even when we work with

schools to try and equip them with

electronic methods for learning and

Georges H. Rouzier

for distance learning, this is the main

challenge.”

Boute is also co-founder of

Surtab, an education technology

company that develops solutions for

schools. The company has worked

with more than 300 schools throughout

Haiti to provide mobile classrooms,

which include carts of about

50 tablets and a solar installation for

charging. He noted that the cost of

about $15,000 can be prohibitive.

Surtab also offers another solution

that allows parents to purchase

tablets with downloaded curriculum

materials. This has the potential to

help students, particularly in rural

areas, who face internet connectivity

issues.

“Electricity is the biggest challenge,

and then the cost of providing

equipment to the students,” Boute

said.

Since some do not have access

to electricity or internet, Michelle said

it might not be possible for educators

to schedule specific times when everyone

has to be online. She suggested

that teachers should film themselves

teaching lessons, then share the material

for students to view, whenever

they get access to the internet or a

computer.`

“Everyone can’t go to school,

and not all schools can provide social

distancing, so personally, I believe

that each course should be filmed by

the teacher in a suitable environment,

so that students can hear well and understand,

as well as replay as often as

they want,” she said.

While some schools have provided

parents with written materials

and exercises, Boute said many

schools are not able to do this. He

fears that students might miss another

school year.

“Between the riots and then

COVID, they’ve missed this year entirely,”

he added.

Many schools in Haiti are not

electrified, but even if they were,

households have also struggled with

electricity access.

“A lot of houses, a lot of families,

and even the country cannot provide

electricity now,” Pierre said.

The lack of electricity could

disrupt home internet for those who

have it and make it impossible, in

most cases, to charge laptops, tablets,

and smart-phones. Sylus said he uses

a car battery to charge his phone and

shares access to this makeshift service,

so neighbors in Thomassin can

do the same.

“I have to, because there is no

electricity in the country, for months,”

he said.

by Ralph “Onz” Chéry

library has fallen in Haiti.

A Renowned Haiti-based journalist

Anthony “Konpè Filo” Pascal

died on Fri., Jul. 31. He was 67. According

to Juno7, Pascal died of respiratory

problems as he was getting transported

to the hospital. He was an on-air

journalist with Radio Tele Ginen. Prior

to his time with Radio Tele Ginen, Pascal

worked for Radio Haiti Inter.

He was a reporter for some 40

years. Pascal established himself as

one of the finest journalists in Haiti as

he broke many stories, for which authorities

arrested and tortured him before

forcing him into exile.

Pascal was often called a library

because he was a repository of information.

Monique Clesca, a 67-year-old

former journalist, who knew Pascal for

over 35 years, spoke fondly about the

various things she learned from him.

“I have a profound knowledge

and understanding of the country because

of Konpè Filo,” Clesca said. “Filo

was someone who put you in front of

the truth. He presented it to farmers,

to everyone. And we were like sponges

learning. Filo – it’s like a library fell

because of the amount of knowledge

he had, the number of people he knew.

He knew people from everywhere. A

great man left us. We lost a lot. Haiti

lost a lot. There aren’t many Filos in

the world.”

She introduced herself to him after

he had made a mistake on the radio.

After Clesca told Pascal about his

error, he later corrected himself on-air.

Not only was Pascal a journalist with

integrity, he was also kind and wasn’t

running after wealth nor power, Clesca

said. As a wise grandfather, he genuinely

wanted to share what he knew

with the Haitian population.

In return, the population trusted

Pascal and greatly appreciated his reporting

and many admirable characteristics.

Now that’s he’s gone, many in

Journalist Anthony Pascal, known

as “Konpè Filo,” died on Fri., Jul. 31

at age 67

Haiti are left inconsolable.

Some believe that Pascal should

receive the national recognition of a

state-sponsored funeral.

Haitian President Jovenel Moïse

also tweeted about Pascal’s death, saying

that “the pain is felt in every backyard.”

The exact cause of Pascal’s death

remains unknown. Clesca said he was

very discreet concerning his health because

he didn’t want people to worry

about him. There were rumors going

around saying that he was seriously

Monique Clesca sitting with “Konpè Filo.”

This summer, a shortage of

diesel, which is used to power generators,

has made an already bad electricity

shortage even worse. The government

is also in a contract dispute

over two 18 megawatt turbines at the

Peligre power plant, and four government-owned

power plants, including

Varreux, have damaged engines. The

government took back control of fuel

imports earlier this year, and the country

has suffered three fuel shortages

since June.

Fuel shortages have not impacted

Digicel’s network yet. “We have reserves

for diesel, and every single one

of our cell sites has a diesel generator,

so we generate our own power and we

have some extra strategic reserves in

case of these types of shortages,” said

Viola Clesca

ill a couple of weeks ago. Clesca assiduously

tried to reach Pascal but never

got a hold of him. She even tried to

contact him on the eve of his death.

The following day, she learned from a

friend by phone that he had died.

Clesca is hoping that her fellow

Haitians can learn from the legacy Pascal

left behind him.

“For us who are left behind, if we

can have a bit of the humility, a minimum

of the generosity Konpè Filo had,

the country would be okay,” she said.

“He was a guy who lived to love. Condolences

to all of us – a lot of us are

orphans now. When you knew this guy

that wasn’t to be taken lightly, it was

intense.”

An earlier version of this article

was published on the Haitian Times

website.

Boute, who added that he expects a

new shipment of diesel shortly.

The difficulty of virtual education

could further expose the country’s

wealth inequality, as wealthier

Haitians are more likely to have their

own generators, or even solar panels,

to power their homes and rely much

less on electricity from the government.

“When you are in a poor community,

you don’t have electricity,”

Sylus said. “If you are not able to find

even basic things like food and good

water to drink, how could you pay for

internet service?”

An earlier version of this article

was published on the Haitian Times

website.

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

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SÉNÉGAL : LE PRÉSIDENTIALISME NÉOCOLONIAL

LIBÉRAL AU SERVICE DU JOUG IMPÉRIALISTE!

Par Diagne Fodé Roland

L'histoire post-indépendance du Sénégal

est une succession de présidents

qui ont troqué le "changement" (sopi)

pour la continuité politique par le

changement des hommes au pouvoir.

La seule exception qui confirme cette

règle est Mamadou Dia, lequel après

avoir malheureusement saboté la

Fédération du Mali et réprimé, interdit

le PAI, a voulu changer de cap, mais

fut victime, pour cela, du coup d'état

de son ex-mentor françafricain qui le

conduisit en prison. Il est en effet faux

de dire le contraire, car c'est le président

du Conseil et non le président de

la République qui avait les pleins pouvoirs

avant 1962.

Le régime présidentiel que nous connaissons

actuellement au Sénégal fut

institué par L. S. Senghor après l'élimination

politique et l'emprisonnement

de Mamadou Dia. Il faut le dire aussi

clairement : C'est avec Mamadou Dia

que fut initiée la création d'un secteur

public et parapublic (environ 180 entreprises)

que Senghor va commencer

à libéraliser et démanteler sous la

dictée du FMI et de la BM à partir de

1979.

De gauche à droite Macky Sall, Léopold Sédar Senghor, Abdoulaye Wade

et Abdou Diouf

Le néocolonialisme au service de

l'exportation des capitaux

Le Sénégal de la "détérioration des

termes de l'échange" selon l'expression

senghorienne entrait dans l'ère

des diktats libéraux des institutions

de Bretton Woods. La dette et les intérêts

usuriers devenant le leitmotiv

des politiques libérales du PREF (Plan

de redressement financier) puis des

PAS (plans d'ajustement structurel) et

la dévaluation de la monnaie coloniale

CFA en 1994 après que l'impérialisme

français ait décidé d'abandonner son

franc national pour la monnaie unique

européenne l'Euro.

Le PS (40 ans au pouvoir) et ses

démembrements post-première alternance

(AFP, Grand Parti, etc.) et le PDS

et ses démembrements post-seconde

alternance (Reewmi, APR/BBY, etc.)

ont tous adopté un seul et unique programme

: le libéralisme néocolonial.

Cette continuité des politiques

économiques néocoloniales a

pour origine : l'intégration du pays,

plus généralement l'Afrique comme

périphérie pourvoyeuse de matière

première à la division internationale du

travail de l'ère du capitalisme impérialiste.

Le libéralisme est la politique

économique la plus avantageuse pour

assurer la mainmise des Firmes Transnationales

impérialistes sur les sources

de matières premières en les privatisant

à son profit.

L'exportation des capitaux dans

les pays dominés, qui est une des particularités

fondamentales de « l’impérialisme,

stade suprême du capitalisme

» (Lénine), a pour fonction essentielle

d'assurer le profit maximum « parce

qu'en raison du moindre développement,

le taux de profit y est d'une façon

générale plus élevé » (K. Marx, Le

Capital, livre III, tome 1, p.251 - Editions

Sociales). Ainsi dans son livre

Le Néo-Colonialisme, dernier stade

de l’impérialisme, Kwamé N’Krumah

nous donne une illustration éloquente

de cela : « Les investissements directs

américains en Afrique sont passés entre

1945 et 1958, de 110 millions de dollars

à 789 millions, qui proviennent en

grandes parties des bénéfices réalisés.

Dans cette augmentation de 679 millions,

les nouveaux investissements ne

se chiffrent qu’à 149 millions de dollars,

les bénéfices tirés des investissements

anciens, y compris le réinvestissement

des surplus, étant estimés à 704 millions.

Il en résulte que les pays africains

ont subi une perte de 555 millions de

dollars. Si l'on tient compte de prêts «

non militaires » évalués par le Congrès

américain à 136 millions, les pertes

totales nettes de l’Afrique se chiffrent

encore à 419 millions. Les statistiques

officielles américaines évaluent les

bénéfices bruts réalisés par les monopoles

américains en Afrique entre 1955

et 1958 à 1.234 millions de dollars ;

mais, selon d'autres estimations, ils atteindraient

1.500 millions. De quelque

façon qu'ils soient considérés, il n'est

pas besoin d'avoir un esprit mathématique

particulièrement développé pour

s’apercevoir que les investissements

américains faits en Afrique rapportent

des bénéfices de près de 100 % » (cité

par l'Union des Populations du Cameroun

- UPC - dans Panafricanisme et

Néo-Colonialisme). Ce qui est vrai pour

les USA dans cette période historique

l'est encore plus pour les principales

puissances coloniales d'alors que sont

la France et la Grande-Bretagne.

Si la colonisation assurait un

monopole directe des Multinationales

du pays colonisateur, le néocolonialisme

est un prolongement indirect

de ce monopole unilatéral qui, à l'ère

post-indépendance, s'est traduit par les

multiples coups d'état et assassinats de

présidents par la françafrique dès qu'il

y avait tentative d'en desserrer l'étau.

Bien entendu, le néocolonialisme

est l'expression de la volonté des puissances

coloniales de maintenir leur joug

unilatéral sur les ex-colonies, mais il favorise

objectivement la concurrence des

autres puissances rivales. Monopole et

concurrence se superpose et s'oppose

ainsi sous le capitalisme impérialiste.

Il est donc fondamental de comprendre

que les IDE (investissements

directs étrangers) ne sont rien d'autres

que "l'exportation des capitaux" qui est,

comme l'a démontré Lénine, une des

caractéristiques absolues de l'époque

impérialiste pour faire des OPA sur les

économies des autres pays. La dette

et les intérêts usuriers sont ainsi un

moyen d'emprisonner les Etats et leurs

peuples dans une dépendance servile

qui permet le pillage des richesses nationales

et la surexploitation de la main

d'œuvre nationale pour enrichir les actionnaires

des monopoles des puissances

impérialistes hégémoniques (USA,

UE, Grande Bretagne, Japon, Israël).

Se laisser obnubiler par la "faim

des IDE" présentés comme la principale

source de financement des économies

de nos pays, c'est oublier que l'exportation

des capitaux fait partie de l'ADN de

l'impérialisme en tant que système du

capital mondialisé.

Le développement des pays

dominés ne peut être que la conséquence

de politiques fondées avant tout sur le

principe de compter d'abord sur ses

propres forces. Pour se développer, les

ressources internes doivent être la principale

source de financement alors que

les IDE ne doivent servir que comme

compléments.

Les critiques patriotiques justes

et les mobilisations légitimes contre

les nombreuses manifestations de "mal

gouvernance" doivent être ainsi reliées

à leur cause profonde pour favoriser une

rupture véritable avec le système néocolonial

qui est la source fondamentale

de la continuité politique entre les quatre

présidents du Sénégal indépendant;

continuité politique illustrée par l'adoption

du libéralisme par tous les présidents,

partis et coalitions gouvernants

depuis que le FMI, la BM, l'OMC ont été

chargés d'élaborer et de contrôler l'exécution

des politiques monétaristes du

"moins d'Etat" pour la maximisation du

profit par les actionnaires.

La croissance au service de l'enrichissement

des impérialistes

Pour duper les peuples victimes

du néocolonialisme, l'impérialisme a

forgé un arsenal idéologique tendant à

faire croire que "sa coopération" est une

"aide indispensable au développement".

Le message est le suivant : « vous ne

savez rien faire par vous mêmes, aussi

sommes nous chez vous, après vous

avoir donné l'indépendance, pour vous

aider à vous développer ».

Ce logiciel mis en place à travers

les "accords de coopération" est complété

par le besoin de tout faire pour

empêcher la réussite des expériences

d'indépendance nationale. D'où par exemple

le blocus de la Guinée du NON

par l'encerclement avec la complicité

néocoloniale du Sénégal et de la Côte

d'Ivoire, le sabotage monétaire par la

fabrication massive de faux billets de

francs guinéens et l'agression militaire

de la Guinée en 1970.

Mais une fois les prix des

matières premières contrôlés et rognés

à la baisse, l'impérialisme a lancé nos

pays dans le cycle infernal de la dette

et du paiement des intérêts de celle-ci.

L'endettement est devenu un tentacule

de la pieuvre impérialiste pour mettre

nos pays sous perfusion jusqu'à la

dévaluation du franc colonial CFA.

L'extension du camp socialiste à

plusieurs pays du Tiers Monde (Révolutions

chinoise, cubaine, vietnamienne)

et le développement des luttes révolutionnaires

armées de libération nationale

(Afrique du Sud, Angola, Mozambique,

Guinée Bissau, Erythrée, Sahara

pour ne citer que les exemples africains)

ne faisaient qu'aggraver la crise

générale du système impérialiste. Ces

avancées anti-impérialistes réduisaient

la sphère d'expansion du capital accumulé

par l'impérialisme provoquant une

sur-accumulation de capital-argent.

La période fut par marquée par

la crise de surproduction avec une

production de marchandises sans

acheteurs et de sur-accumulation avec

toujours plus de capital-argent sans

secteurs et lieux d'investissements en

raison du rétrécissement de la sphère

d'influence néocoloniale. Pour résoudre

cette contradiction, il fallait s'attaquer

en les privatisant aux secteurs publics

et parapublics des pays de la périphérie

du système impérialiste. La dévaluation

du franc colonial CFA a été la réponse

à cette exigence de privatisation pour

faire circuler le capital-argent accumulé

en rachetant à des coûts divisés par

deux les entreprises publiques et parapubliques

des pays africains.

De même, une fois obtenue la

restauration du capitalisme dans l'excamp

socialiste d'Europe, on a assisté à

une ruée des Trusts, Konzerns et Monopoles

impérialistes qui se sont taillés,

dans un premier temps, la part du lion

des économies socialistes privatisées au

détriment des nouveaux capitalistes.

Les pays ayant une politique indépendante

comme l'Irak, la Libye, la Syrie

furent militairement détruits ou dans

les cas de l'Iran, Le Venezuela, le Nicaragua,

l'Equateur de Corréa, la Bolivie

de Morales, le Brésil de Lula et Dilma, la

Russie et l'Erythrée, seul pays d'Afrique

ni membre, ni candidat à l'OMC ... subissent

des embargos et des agressions

multiformes.

Les impérialistes ont invisibilisé

pour les travailleurs et les peuples le PNB

(produit national brut) comme indicateur

qui additionne richesses intérieures

et extérieurs d'un pays au profit du PIB

(produit intérieur brut). En effet le PIB

fait partie de l'arsenal idéologique des

économistes libéraux pour cacher les

avoirs extérieurs des entreprises et

pays impérialistes pour justifier les

politiques libérales de désengagement

de l'Etat des économies nationales et

éviter ainsi la question cruciale de où

va la richesse produite par le travail

: aux investissements productifs qui

créent des emplois et développent un

pays et à l'augmentation du niveau de

vie des populations ? Le matérialisme

dialectique exige de démasquer cette

utilisation de la production quantitative

interne de richesses séparée des avoirs

externes des maisons-mères pour éviter

de se confronter à la question épineuse

de l'utilité économique et sociale de

l'économie pour les populations.

En effet, le PIB est un indicateur

quantitatif de la richesse produite dans

un pays; mais ne dit rien en soi concernant

quelles classes sociales qui en

profitent et à quelles forces productives

cela est destiné ? Or, à l'ère de l'impérialisme,

donc de la mondialisation capitaliste,

les profits des Firmes transnationales

sont aussi mondialisées.

C'est ainsi que non seulement

Orange, Areva, Total, Suez, Lyonnaise

des eaux, EDF, Bouygues, Bolloré,

pour ne citer que des exemples

français, peuvent s'emparer des pans

entiers stratégiques de nos économies

nationales pour organiser la fuite

des capitaux dont la prise en compte

fait en réalité partie du PNB français.

L'impérialisme fait ici d'une pierre deux

coups : piller les peuples opprimés de

sa périphérie et exploiter les travailleurs

du centre tout en maximisant ses profits.

L'indicateur quantitatif qu'est le

PIB a certes une utilité en terme de calcul

économique et à ce propos la colonisation

aussi haussait le PIB tout comme

le néocolonialisme le fait. C'est dire

donc qu'il n'y a rien de plus faux que

de faire croire que le PIB est l'indicateur

par excellence du développement.

Toutefois, le PIB comme indicateur

économique peut aussi renseigner

sur les crises politiques dans un pays;

c'est ce que démontre le tableau suivant

réalisé par le camarade Bamba N'Diaye

du PIT sur l'évolution du PIB et les

changements politiques au Sénégal :

En effet la chute du PIB est souvent

annonciatrice des périodes de crises

et changements politiques. Macky

Sall en ait ainsi averti. C'est le cas actuellement

dans la plupart des pays du

monde suite à la pandémie du Covid

19 et, même là, la baisse n'est relativement

pas pareil partout; Il y a des

pays qui ont fait des choix anti-libéraux

de gestion de l'épidémie qui s'en sortent

nettement mieux que ceux qui ont

choisi "l'économie, c'est-à-dire les profits

des actionnaires, à la santé".

Pour contester l'inexistence de

dimension sociale du PIB, les mouvements

critiques anti ou alter-mondialistes

ont introduit l'IDH (indice de

développement humain) que les organismes

de Bretton Woods ont aussi

instrumentalisé pour se présenter comme

"luttant contre la pauvreté" et dont

l'objectif réel est de faire émerger une

"classe moyenne" consommatrice dans

les pays de la périphérie au cours du

processus de l'actuelle mondialisation

capitaliste sous l'hégémonie de l'impérialisme

occidental.

Voilà pourquoi, certains revenus

et salaires ont connu des hausses relativement

importantes dans nos pays,

ce qui n'a été possible que parce que

l'écart avec la grande majorité de la

population toujours plus pauvre a été

maintenu voire aggravé.

La part des bourgeoisies

bureaucratiques néocoloniales

Dans tout ce système de prédation,

quelle est la part des bourgeoisies compradores

sénégalaises et africaines ?

Comment procède la bourgeoisie bureaucratique

néocoloniale libérale sénégalaise

pour prendre sa part après que

les impérialistes aient capté la part du

lion? L'économiste marxisant Makhtar

Diouf en dresse un tableau significatif

quand il décrit ce qu'il nomme fort justement

les "éléphants blancs" réalisés

par les quatre présidents qui se sont

succédé au Sénégal depuis 1960 : "Les

présidents sénégalais qui ont cherché à

jouer au baron Haussmann ont concentré

l'essentiel de leurs efforts sur Dakar,

avec des réalisations n'ayant rien à

voir avec l'amélioration du niveau de

vie des résidents de cette région. Chacun

a tenu à tisser sa toile, à marquer

son territoire, pour laisser à la postérité

une marque par laquelle on pourra se

le rappeler. Des sommes énormes ont

été englouties dans des non-priorités,

voire des fantaisies, dans une sorte

de rivalité. Senghor a eu son Festival

mondial des arts nègres en 1966.

Wade devait avoir son Fesman qui

n’a pas eu le même succès en dépit de

son coût exorbitant. Senghor a eu son

Théâtre Daniel Sorano en 1965. Wade

devait avoir son Grand théâtre, alors

que Sorano rénové, est resté intact et

suite à la page(16)

10 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020


My name is

Aretha and

I'm a food

service worker.

Mwen rele

I'm on the front lines ghting COVID-19, keeping NYC fed.

Alpha e mwen

I do my part for NYC.

Let’s do this for our communities.

Fill out the census today.

se yon chofè.

my2020census.gov

Mwen an premye plan, map konbat COVID-19,

map kenbe NYC konekte.

Mwen jwe wòl pa mwen pou NYC.

Ann fè sa pou kominote nou yo.

Ranpli resansman an jodiya.

my2020census.gov

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

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Perspectives 2

Les États-Unis face à la double crise du COVID-19 et de la

contestation contre le racisme systémique

Par Tontongi

2ème partie

La mort comme reflet des inégalités

et disparités sociales

L’expérience empirique du coronavirus

a aussi démenti le mythe de

ses premiers jours qu’il serait « un

grand égaliseur », dans le sens qu’il

ne ferait pas de considérations en

termes de classe et de race. En fait,

comme l’a montré l’expérience de

Queens, bastion ouvrier dans la ville

de New York, considéré au début de

la crise comme l’épicentre du virus,

il ravage beaucoup plus les pauvres

et les moins pauvres que les riches,

beaucoup plus les Noirs et les Latinos

que les Blancs. Que ce soit à Seattle, à

Boston, à Nouvelle-Orléans, à Chicago

ou à New York, un même dénominateur

commun : les pauvres, les Noirs

et les « gens de couleur » meurent à

un taux disproportionné. Il révèle

l’inégalité foncière et injuste d’une

structure socio-politique qui doit être

réévaluée et changée s’il faut qu’on

combatte véritablement la pandémie et

d'autres fléaux à venir. La pandémie a

aussi exacerbé les relents racistes aux

États-Unis où les agressions contre les

immigrants et les Asiatiques ont quadruplé.

La couverture de la revue New

Yorker de la deuxième semaine d’avril

2020 a pour titre « La Peste noire »,

en allusion à l’énorme disproportion

de mortalité parmi les Noirs comparée

aux Blancs, citant l’aphorisme qui dit

: « Quand l'Amérique blanche attrape

un rhume, l'Amérique noire attrape

une pneumonie. » Le journal a donné

l’exemple de l’État de Louisiane où les

Noirs constituent 33% de la population

alors qu’ils ont un taux de mortalité

dû au COVID-19 de 70%. Le journal

cite aussi le Michigan où les Africains-Américains

représentent 14%

de la population mais enregistrent un

taux de contamination rapportée de

33% et un taux de mortalité de 40%.

Même décalage pour des villes comme

Chicago « qui représente 52% des cas

confirmés de la ville et 72% des décès,

dépassant de loin leur proportion de

la population de la ville ». Une situation

qui est expliquée, dit l’hebdomadaire,

par le fait que : « Les Noirs sont

plus pauvres, plus susceptibles d'être

sous-employés, condamnés à un logement

de qualité inférieure et reçoivent

des soins de santé inférieurs en raison

de leur race. Ces facteurs expliquent

pourquoi les Africains-Américains

sont 60% plus susceptibles d'avoir

reçu un diagnostic de diabète que les

Américains blancs, et pourquoi les

femmes noires sont 60% plus susceptibles

que les femmes blanches d'avoir

une pression artérielle élevée. Ces disparités

en matière de santé sont autant

de marqueurs de l'inégalité raciale que

l'incarcération de masse ou la discrimination

en matière de logement. (3) »

Il y a aussi ce que j’appellerais

les attentes impossibles dans le protocole

de la distanciation sociale. Oui,

dans la rue on peut rester à six pieds

ou deux mètres de distance d’une autre

personne, mais ce n’est pas tout le

monde qui peut le faire ni à la maison

ni sur le lieu de travail. Ce qui amène

beaucoup à conclure que la distanciation

sociale est un privilège de classe.

Comment en effet s’attendre

qu’une famille de sept personnes qui

partagent un logis de deux chambres

ou moins puissent garder leur distance

physique, voire se tenir en quarantaine

individuellement ? Comment

éviter le contact physique avec les autres

quand vous n’avez pas les moyens

d’acheter vos aliments en gros,

ni de les conserver et que vous devez

La couverture de la revue The New Yorker du 16 Avril avait pour titre :

La peste noire

vous rendre au marché chaque jour

pour trouver quelque chose à manger

? Ou quand vous devez prendre l’autobus

pour aller au travail ? Remarquons

aussi que l’option de travailler

à distance est un privilège réservé aux

personnes ayant une profession à col

blanc. Les éboueurs, les employés

de magasins, les chauffeurs de taxi

ou d’autobus public, les femmes de

ménage et presque tous les travailleurs

à col bleu n’ont pas cette option.

Tout cela rend la notion d’une quelconque

« égalisation » du coronavirus

totalement fallacieuse.

Le bilan de Trump en fin de

compte, tout comme celui du dernier

président républicain avant lui, George

W. Bush, aura été bien déplorable et

lourd de conséquences de longs termes

pour le pays. George W. Bush a détruit

tout un pays et toute une civilisation

irakienne par la force de ses armées,

Donald Trump, lui — par son indifférence,

ses hésitations, son incompétence

et son cynisme — a causé une

multiplicité de dégâts économiques,

de douleurs et de morts, détruisant en

passant une certaine image des États-

Unis comme un pays capable. Katrina

avait fait pareil dans le cas de Georges

W. Bush, mais Katrina était une affaire

locale, tandis que la réponse au

coronavirus est une affaire globale,

planétaire, qui a dévoilé la vulnérabilité

du pays et l'incompétence

délictueuse de tout un secteur politique

aux grandes gueules, mais sans

l’émotion ni l'intellect indispensable,

en tout cas doté d’un intellect d'autant

plus infantile et dangereux qu'il existe

tout une peuplade de zombies pour les

suivre dans leurs folies destructrices.

Il faut dire aussi que Donald

Trump est loin d’être le boogeyman

que peint un certain profil qu’on a

fait de lui. Malgré ses nombreux défauts

et manquements, il a le mérite

de n’être pas un va-t-en-guerre, même

si les incidents de répression militaire

des manifestants antiracistes devant

la Maison Blanche témoignent d'une

disposition à aller en guerre contre

son propre peuple pour raffermir les

objectifs racistes de ses supporters. Il

a pu résister jusqu’ici (juillet 2020)

— soit presqu’à la fin de son mandat

— à la fois les velléités bellicistes

du Pentagone et les exhortations des

marchands d’armes et du complexe

militaro-industriel qui n’ont jamais

rencontré une guerre qu’ils n’aiment

pas faire. Les néoconservateurs —

ceux-là qui s’enorgueillissent des

aventures interventionnistes du pays

et qui sont dûment responsables de la

catastrophe irakienne — le détestent

pour avoir résisté d’aller en guerre

contre l’Iran et pour avoir opté de

tomber amoureux de Kim Jong Un au

lieu de bombarder la Corée du Nord.

On doit lui reconnaître cette vertu,

c’est peut-être similaire à son aversion

personnelle pour les germes, mais au

moins son aversion pour les guerres

inutiles a sûrement sauvé des vies

que les John Bolton n’auraient cure

de sacrifier au nom de l’idéologie interventionniste.

Cela dit, étant donné

la versatilité et l'amoralité du président

étatsunien, il ne faut pas écarter

la possibilité qu'il provoquerait une

guerre s'il la jugeait susceptible de

contribuer à sa réélection.

Rébellion contre le racisme

systémique

Toujours sous la coupe de la pandémie

de COVID-19, le pays vient d'être secoué

par la crise politique résultant

du meurtre de Gorge Floyd à Minneapolis,

le 25 avril 2020, le dernier

— avant celui de Rayshard Brooks

le 12 juin — de trois meurtres d’Africains-Américains

par des policiers et

des vigilantes blancs, dans une période

de deux mois. Deux jours après

le meurtre de Floyd, Trump a posté un

tweet pour dénoncer non pas les quatre

policiers responsables du meurtre

mais uniquement les émeutiers qui ont

brûlé quelques établissements.

Dans le tweet, Trump suggère

aux autorités d'employer de la force

contre les manifestants : « Je ne peux

rester passif et regarder ce qui arrive

dans une grande ville américaine, Minneapolis

», dit-il, appelant les manifestants

outragés par la mort de l'homme

noir de « voyous ». Il continue, pour

être plus clair : « Lorsque les pillages

commenceront, les tirs commenceront

», reprenant ainsi un slogan des suprématistes

blancs des années soixante

suggérant aux autorités de tirer

sur la foule des manifestants pour les

droits civiques. La plate-forme médiatique

Twitter a accompagné le tweet

de Trump d'un « avis d'intérêt public »

qui le qualifie d'incitation « incendiaire

[qui] glorifie la violence ».

Par représailles, Trump a signé

un décret exécutif censé « censurer »

Twitter et d'autres sociétés de médias

sociaux, un pouvoir qu'il n'a cependant

pas étant donné l'indépendance

institutionnelle de l'organisme en

charge de la régulation des médias : la

Commission fédérale des communications

(FCC).

Le 3 novembre 2020 prochain,

les États-Unis éliront un président, le

quarante-sixième de leur histoire. Ce

sera probablement Joseph Biden ou

Donald Trump. À en juger par le vote

massif anti-Trump dans les élections

législatives mi-mandat de novembre

2018, il est plus probable que le pays

rejettera l'option Trump et confiera son

destin aux mains d'un homme plus «

modéré » dont Biden est le prototype

rassurant. Mais ce serait fou d'espérer

de lui les changements structurels

dont le pays a tant besoin.

Si vous croyez que Donald

Trump est un « épiphénomène » non

représentatif du système socio-politique

étatsunien et qu'il importe qu'on

le remplace par un « adulte » pour que

tout retourne à la normale politique,

songez alors aux cent trente mille et

plus de morts que le pays a enregistrées

seulement trois mois après la

première éclosion du virus — faute

d'une adéquate réponse de la part de

tout l'État fédéral. Songez aussi, au

beau mitan de la pandémie, à l'assassinat

de quatre Africains-Américains

— George Floyd, Oroonna Taylor,

Ahmaud Arbory et Rayshard Brooks

—, tués par des policiers blancs, et un

vigilante blanc dans le cas d’Arbory,

soupçonné d'un crime qui n'a été jamais

commis. Songez aux réductions

d'impôt que l'administration Trump,

en complicité avec la majorité républicaine

au Sénat, a faites en faveur des

riches aux dépens des besoins sociaux

de la population. Songez surtout qu'il

a été placé en instance de destitution

(impeachment) par la Chambre des

représentants et acquitté par une majorité

de sénateurs.

Le meurtre de George Floyd à

Minneapolis, aux mains de quatre policiers

blancs, a suscité un tollé dans

l'opinion nationale et internationale,

causant des manifestations de masse

et des émeutes dans la plupart des

grandes villes étatsuniennes, dont

Minneapolis, Saint-Paul, Los Angeles,

Atlanta, New York, Chicago, Detroit,

Denver, Seattle, Boston, etc. Les activistes

antiracistes, regroupant des Noirs,

Blancs, Latinos, Asiatiques et LGBT,

sont descendus dans les rues, disant

qu'ils en ont ras le bol de ces meurtres

de douzaines d'Africains-Américains,

par des policiers blancs racistes, en

flagrant délit de déni de leurs droits.

La crise du coronavirus s'est

entrelacée avec la crise suscitée par

la mort de Floyd parce que les actes

abusifs des policiers sur les Noirs,

les Latinos et les Natifs proviennent

d'une source identique : les inégalités

institutionnelles et structurelles, qui

expliquent les ravages ahurissants du

virus sur ces mêmes ethnicités. C'est

un mécanisme systémique qui pense

qu'exclure, exploiter, inférioriser l'Autre

— un supposé Autre — est le meilleur

moyen de sauvegarder les profits

et les privilèges de classe.

Le meurtre de George Floyd

est particulièrement indignant pour

avoir été accompli au beau milieu de

la journée, par quatre policiers, sous

les yeux des témoins qui imploraient

à ceux-ci de laisser respirer le suspect

qu'ils tenaient allongé sur le pavé, le

genou d'un d'entre eux placé comme

une massue sur son cou. Cette scène

atroce a duré près de neuf minutes,

les quatre policiers blancs affichant un

air dégagé, calme, systématique, tandis

que George Floyd — tout comme

Eric Garner avant lui en 2014 — criait

plaintivement : « Je ne peux pas respirer

! »

La vue de cet homme noir allongé

sur le pavé, affaibli, vulnérable,

plaidant auprès des trois flics racistes

blancs et un Asiatique de lui laisser le

souffle doit indigner tout décent être

humain décent. Elle nous dégrade tous

et nous renvoie aux plus anciennes

nuits des temps, aux plus viles habitudes

barbares que certains prétendent

être révolues mais qui sont toujours

là, faisant partie de la normalisation

de l'horreur, de la quotidienneté de

l'injustice et de la déshumanisation de

l'Autre. Le meurtre de George Floyd

— ainsi que ceux de Breonna Taylor,

d'Ahmaud Arbery, et trop d'autres

tragiques encore — sans compter les

disparités socio-politiques révélées par

le coronavirus, signifient que nous ne

devons pas nous reposer sur les luttes

et les gains du passé et qu'il incombe

à chaque génération de s'engager dans

sa propre lutte pour les droits civiques

et politiques. Rien n'est joué pour

toujours. Cette fois les revendications

doivent se focaliser sur les structures

retranchées des institutions et des

comportements.

Le meurtre de George Floyd

À ce propos, remarquons la

déclaration de l'Association médicale

américaine (AMA) le lundi 1er juin

2020 qui a reconnu l'impact des brutalités

policières sur la santé physique

et mentale des minorités ethniques : «

La violence policière est un reflet frappant

de notre héritage américain de

racisme — un système qui attribue de

la valeur et structure les opportunités

en avantageant injustement certains

et désavantageant d'autres en fonction

de la couleur de leur peau. » L'association

médicale a dénoncé le caractère

inopportun de cette action policière en

pleine pandémie et souligné la nature

pernicieuse de ce mode particulier de

violence qui affecte pas uniquement

la personne qui en est victime, mais

toute la population dont celle-ci est issue

: « La brutalité policière au milieu

des crises de santé publique n'a aucun

effet préventif à la criminalité, elle crée

des conditions de démoralisation dans

une période déjà tendue. Elle aggrave

les dommages psychologiques et a un

impact évident sur les gens alentour. »

L'AMA n'est pas dupe de qui est

derrière cette violence, elle sait que ce

n'est pas seulement le combat contre

la criminalité ni la quête de la paix sociale

qui la motivent, mais le racisme,

cette maladie de la haine de l'Autre,

cet « héritage américain » qui ruine

l'expérience de la démocratie représentative

dont le pays se dit si fier : « Le

racisme en tant que moteur de l'iniquité

en matière de santé est également

évident dans les résultats d'une étude

de 2018 qui montrent que les décès

des individus noirs non armés liés à

l'application de la loi étaient associés à

des problèmes de santé mentale chez

les adultes noirs américains — un effet

d'entraînement sur la population qui

arrive par procuration, indépendamment

de toute relation personnelle de

l'individu affecté avec la victime. (4) »

Notes

3. Keenga-Yamahtta Taylor «

The Black Plague », The New Yorker

16 avril 2020 : https://www.newyorker.com/news/our-columnists/theblack-plague

4. Cf. La déclaration de l'Association

médicale américaine (AMA), le

lundi 1er juin 2020 par Jesse Ehrenfeld

et Patrice Harris, « Police brutality

must stop / La brutalité policière

doit cesser » : https://www.ama-assn.

org/about/leadership/police-brutality-must-stop

A suivre

12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020


Notre Mémoire se Souvient!

La mémoire au service des luttes : Francis Jeanson

Par FUIQP et Alain Saint-Victor

Il y a 11 ans, le premier août

2009, le philosophe et essayiste Francis

Jeanson décédait.

Né à Bordeaux le 7 juillet 1922,

il refuse, en 1943 à l’âge de 21 ans, de

faire le « Service de Travail Obligatoire

» (STO) institué par les nazis pendant

l’Occupation. Rejoignant les Forces

françaises situées en Afrique du Nord, il

découvre la réalité de la colonisation, ce

qui l’oriente, dès cette période, à développer

un anticolonialisme radical.

Journaliste au journal progressiste

Alger Républicain à la fin de

la guerre, il publie une série d’enquêtes

pour faire connaître tous les aspects

du colonialisme.

Revenu en France, il entre aux

éditions du Seuil (où il fonde la collection

Écrivains de toujours) et collabore

régulièrement avec Jean-Paul

Sartre dans la revue que dirige celui-ci,

les Temps Modernes.

En 1948, lors d’une tournée en

Algérie, il prend la mesure du soulèvement

qui s’annonce. Philosophe existentialiste,

il considère que l’opprimé

retrouve son humanité dans le processus

même de la lutte pour l’émancipation.

De 1951 à 1956, il devient le directeur

des Temps Modernes et publie

de nombreux articles dénonçant la colonisation

en général, celle de l’Algérie

en particulier. Il collabore également

pendant cette période à la revue Esprit.

En 1952, il publie une critique

cinglante du roman de Camus, L’homme

révolté. Pour Jeanson, Camus défendait

la thèse selon laquelle toutes les révolutions

débouchaient sur la négation

des libertés et qu’en conséquence elles

ne devaient pas être soutenues. Dans

un entretien quelques décennies plus

tard, Jeanson précise que “Le propos

de l’Homme révolté était de substituer

à toute idée, à toute recherche de type

action révolutionnaire une conception

de la révolte qui nous apparaissait abstraite,

et hors de propos, n’embrayant

pas sur la réalité”.

En Algérie, les premières révélations

sur la torture systématique, pratiquée

par l’armée coloniale française,

le pousse à l’action. Il crée alors un

réseau (le réseau Jeanson) se donnant

pour tâche de transporter des fonds

pour les combattants algériens du FLN

(Front de Libération Nationale), l’immigration

algérienne en France contribuant

également au financement.

C’est grâce à ces contributions

que le FLN peut acheter ses

premières armes et développer sa

campagne de propagande. Le réseau

appelé les « porteurs de valises » est

démantelé en 1960, mais Jeanson

réussit à s’enfuir à l’étranger. Il sera

jugé par contumace et condamné à 10

ans de prison. Il faudra attendre 1966

pour qu’une amnistie lui permette de

revenir en France.

Le procès de Jeanson joue un rôle

essentiel dans la mobilisation anticoloniale

au cours des dernières années

de la colonisation. Il incite, en effet, de

nombreuses personnalités, qui se sont

tues jusque-là, à rompre le silence. Il en

naîtra leManifeste des 121 signés par

de nombreuses personnalités universitaires

et artistiques. Ce manifeste se

termine par les phrases suivantes :

« - Nous respectons et jugeons

justifié le refus de prendre les armes

contre le peuple algérien ;

- Nous respectons et jugeons justifiée

la conduite des Français qui estiment

de leur devoir d’apporter aide et

protection aux Algériens opprimés au

nom du peuple français ;

- La cause du peuple algérien, qui

contribue de façon décisive à ruiner le

système colonial, est la cause de tous

les hommes libres. »

Questionné sur les raisons de son

engagement Jeanson dira simplement :

«Ce qui se passait en Algérie au nom

de la France était inadmissible. Il fallait

être contre. La seule façon d’être contre,

c’était d’être aux côtés de ceux qui

se battent. »

Il est scandaleux qu’aucune

place, rue ou avenue ne porte son nom

en France alors que des milliers portent

le nom d’assassins coloniaux comme

Faidherbe ou Bugeaud.

Repose en paix frère et camarade.

Texte FUIQP (Ajouts et

modifications ASV)

Il y a 80 ans : l’assassinat de Léon Trotsky à Mexico

Par François de Massot

Le 20 août 1940, à Coyoacán,

dans la banlieue de Mexico, un

agent de la police politique stalinienne

qui était parvenu à s’introduire

auprès de Léon Trotsky fracassa le

crâne du dirigeant révolutionnaire

qui devait succomber le lendemain

matin…

L’assassin tenta d’abord de se

présenter comme un partisan de la

IVe Internationale brutalement déçu

par son leader. Mais la vérité ne tarda

pas à être établie, confirmée plus

tard par les commanditaires mêmes

du meurtre, puisqu’après vingt ans

d’emprisonnement au Mexique

le tueur, Ramón Mercader (alias

Jacques Mornard et Frank Jackson)

fut accueilli en URSS, y reçut les

plus hautes décorations, avant de

finir sa vie en Tchécoslovaquie puis

à Cuba.

Ce 20 août 2020 va donc marquer

le 80e anniversaire de cet assassinat

et aussi du déferlement de

la Seconde Guerre mondiale – c’est

en juin 1940 que le gouvernement

de Pétain demande l’armistice –,

guerre à laquelle l’assassinat de

Trotsky est étroitement lié.

L’élimination par le meurtre

de celui qui avait été un pionnier de

l’organisation politique de la classe

ouvrière en Russie à la fin du XIXe

siècle, une grande figure du mouvement

ouvrier international, était en

elle-même un événement politique

considérable. Trotsky fut en effet

l’un des dirigeants de la révolution

de 1905, président du soviet de

Petrograd ; puis l’un des participants

de toutes les controverses au

sein du mouvement ouvrier russe

comme dans la IIe Internationale

avant d’être le fondateur de la IIIe

Internationale aux côtés de Lénine.

Il fut avec lui l’un des principaux

dirigeants du Parti bolchevique lors

de la révolution d’Octobre – au point

qu’était passée dans le langage commun

l’expression « le parti de Lénine

et de Trotsky ». Dans une situation

marquée par le début de la Seconde

Guerre mondiale, son élimination

évoquait la mort de Jean Jaurès,

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Léon Trotsky

abattu en août 1914. Mais dans un

contexte que résumait parfaitement

le titre que Victor Serge avait donné

à l’un de ses romans : S’il est minuit

dans le siècle.

En août 1940, la France, la

Belgique, la Hollande sont placées

directement sous le joug du nazisme.

Dans l’Italie de Mussolini, alliée

de Hitler, règne un régime fasciste,

comme en Espagne et au Portugal.

La terreur stalinienne s’abat sans

obstacle en URSS. Les relations entre

le régime stalinien et le régime nazi

sont des plus cordiales à la suite du

pacte Hitler-Staline. Non seulement

des trains partent de l’URSS pour

l’Allemagne, chargés de matières

premières qui contribueront à la

fabrication des bombes et des obus

qui s’abattront sur l’URSS moins

d’un an après, mais des militants

communistes allemands, réfugiés en

URSS, emprisonnés parce que considérés

comme des « opposants »,

sont livrés à Hitler.

Pourquoi, à ce moment, tant

d’acharnement, de la part d’un régime

qui vante sa puissance, contre

un homme isolé, calomnié et qui ne

regroupe autour de lui qu’une faible

minorité de militants ? Pourquoi la

mobilisation de toutes les ressources

d’un système policier hyper développé,

la mise en action de tous les

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réseaux que permet la domination

de la direction stalinienne sur le

mouvement ouvrier, pour aboutir à

sa mort ? Léon Trotsky lui-même

donne la réponse après avoir échappé

miraculeusement à un attentat

le 24 mai : « En tant qu’ex-révolutionnaire,

Staline comprend que

le cours de la guerre doit puissamment

stimuler le développement

de la Quatrième Internationale, y

compris en URSS. C’est pourquoi

Staline a donné à ses agents l’ordre

d’en finir avec moi au plus vite » En

septembre 1938, à l’appel de Léon

Trotsky, la IVe Internationale avait

été fondée.

Cette appréciation sera confirmée

par les assassins eux-mêmes.

Dans ses

Mémoires* Pavel Soudoplatov,

l’un des responsables des services

secrets de

Staline, rappelle les propos de

ce dernier : « Il faut en finir avec

Trotsky dans l’année, avant le début

de la guerre qui est inévitable (…).

L’élimination de Trotsky se traduira

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Brooklyn, NY 11236

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par l’élimination totale du mouvement

(…). Si on élimine Trotsky,

tout danger disparaît. »

Staline était loin d’avoir complètement

tort. Pour les groupes aux

effectifs réduits, qui, dans les pires

conditions, avaient répondu à l’appel

de Trotsky, sa mort constituerait

en effet un coup terrible. Ce que

Staline se refusait même à envisager,

c’est que de jeunes militants,

moins expérimentés et n’ayant pas

les capacités de Trotsky, poursuivraient

la lutte en cherchant à s’insérer

dans la réalité que le dictateur

du Kremlin ne pouvait abolir, celle

de la lutte des classes. Avec bien des

erreurs, des faiblesses, cette lutte

s’est poursuivie, malgré la sanglante

répression conjuguée du nazisme et

du stalinisme.

* Pavel Soudoplatov, Missions

spéciales. Mémoires du maître-espion

soviétique, Seuil, 1994.

Tribune des travailleurs -

No247- 8 juillet 2020

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Perspectives

Qui profite du programme de vaccination de 6 milliards de

dollars de l’administration Trump?

L’administration Trump a annoncé des contrats importants avec des

sociétés pharmaceutiques dans le cadre de son programme de 6 milliards

de dollars, l’opération Warp Speed

Par Amy Goodman et Juan González

Alors que les chercheurs du monde

entier se battent pour trouver un

vaccin contre le Covid-19, nous nous

entretenons avec Peter Maybarduk,

directeur du programme d’accès public

des citoyens aux médicaments de

Public Citizen, pour savoir qui profite

des efforts du gouvernement pour

financer les vaccins, les tests et les

traitements. L’administration Trump

a annoncé des contrats importants

avec des sociétés pharmaceutiques

dans le cadre de son programme de

6 milliards de dollars, l’opération

Warp Speed, y compris avec des sociétés

qui n’ont jamais mis un vaccin

sur le marché. Pendant ce temps, une

enquête du New York Times montre

que les initiés d’au moins 11 sociétés

travaillant sur la recherche sur les

coronavirus ont vendu des actions

pour une valeur de plus d’un milliard

de dollars depuis mars. «Le problème

est que les entreprises, les dirigeants,

les fonds spéculatifs se nourrissent

de l’espoir et du désespoir des gens,

et il suffit d’un peu de nouvelles positives

pour faire grimper les actions en

flèche», explique Peter Maybarduk.

Public Citizen a récemment publié une

base de données qui suit les milliards

de dollars des contribuables qui soutiennent

la recherche Covid-19.

Amy Goodman: Ici, Democratie

Now! Rapport sur la quarantaine.

Je suis Amy Goodman, avec Juan

González.

Opération Warp Speed, c’est le

nom du programme gouvernemental

qui pompe des milliards dans le développement

et la recherche de vaccins.

Mais qui en profite? Nous examinons

maintenant les 6 milliards de dollars

environ que le gouvernement américain

a investis dans les vaccins, les

tests et les traitements contre le coronavirus.

L’administration Trump a investi

l’argent des contribuables dans plus

de six projets de vaccins, annonçant

récemment un contrat de près de 2

milliards de dollars avec Pfizer et une

société allemande pour 100 millions

de doses de vaccins d’ici à décembre

2020. Au début de ce mois, le gouvernement

Trump a donné 1,6 milliard

de dollars à une petite entreprise,

Novavax [Galthersburg, Maryland],

qui n’a jamais mis un vaccin sur le

marché en plus de 30 ans d’existence.

Cette décision intervient alors

que le New York Times rapporte que

les initiés de l’entreprise profitent

de la ruée pour fabriquer un vaccin.

Le NYT rapporte, je cite: «Les initiés

d’au moins 11 sociétés – la plupart

étant de petites entreprises dont la

fortune dépend souvent du succès ou

de l’échec d’un seul médicament – ont

vendu des actions pour une valeur

bien supérieure à un milliard de dollars

depuis mars.»

Pour en savoir plus, nous sommes

rejoints par Peter Maybarduk. Il

est le directeur du Programme d’accès

public des citoyens aux médicaments

de Public Citizen, qui a mis en place

une base de données permettant de

suivre les milliards de dollars des contribuables

qui financent les tests Covid,

les traitements et les vaccins.

Bienvenue sur Democracy

Now!, Peter Maybarduk. C’est un plaisir

de vous avoir avec nous. Alors, expliquez-nous

qui reçoit cet argent. Les

gens veulent un vaccin, c’est sûr. Des

milliards et des milliards de dollars des

contribuables états-uniens vont dans

quels projets? Comment ces entreprises

prouvent-elles qu’il y a une possibilité,

une voie vers le succès?

Peter Maybarduk: Nous ne

savons pas comment ils prouvent

leur chemin vers le succès, car il y a

un manque frappant de transparence

dans le processus de sélection. Mais

BARDA (Biomedical Advanced Research

and Development Agency),

l’Agence de recherche et de développement

biomédical avancé, comme

vous l’avez dit, donne des centaines

de millions de dollars à chacune des

sociétés pharmaceutiques pour faire

avancer le développement et la fabrication

des vaccins. Dans de nombreux

cas, il s’agit de candidats vaccins qui

sont déjà construits sur la base des

recherches scientifiques financées par

les contribuables. Dans certains cas,

les National Institutes of Health possèdent

ou revendiquent des brevets sur

certaines des technologies clés. Ainsi,

le public investit dans ces technologies

depuis très longtemps, mais aujourd’hui,

nous voyons des dirigeants et

des fonds spéculatifs gagner énormément

d’argent simplement en annonçant

des bribes de nouvelles positives,

même si leurs candidats peuvent

ne pas réussir.

Juan González: Je voulais vous

demander, parce que cela ne se produit

pas seulement, évidemment, aux

États-Unis. Dans l’Union européenne,

en Chine, en Inde, et nous l’avons

vu récemment au Brésil, des sommes

énormes sont investies dans ce qui

est essentiellement une ruée vers l’or

californienne pour l’industrie pharmaceutique.

Une richesse inouïe attend

ceux qui sont capables de produire ces

premiers vaccins, et pourtant, comme

vous l’avez mentionné, il y a si peu de

transparence pour ce qui est de savoir

qui reçoit ces vaccins et comment les

décisions sont prises.

Peter Maybarduk: Oui, nous

ne disposons pas des contrats. Ainsi,

certains contrats de BARDA ont été

obtenus par un groupe de consommateurs

appelé Knowledge Ecology

International le mois dernier, mais ils

sont tellement censurés qu’il est encore

difficile de dire si des conditions

importantes sont attachées aux centaines

de millions de dollars que les

contribuables distribuent.

En effet, nous voulons investir

dans la recherche et le développement

de vaccins, mais il est important

que des conditions soient posées,

par exemple en ce qui concerne leur

caractère abordable et leur prix raisonnable,

l’ampleur de la production et

l’éventail de la distribution ainsi que le

transfert de technologie, afin que nous

puissions informe au plan mondial

comment fabriquer ce vaccin et éviter

un rationnement sévère dans les années

à venir.

Il reste donc beaucoup de questions

sans réponse, mais ce qui est clair

à l’heure actuelle, c’est que les options

d’achat d’actions sont multipliées par

cinq ou six pour les dirigeants de ces

entreprises, même s’ils exagèrent leur

rôle dans l’opération Warp Speed.

Amy Goodman: Peux-tu nous

parler, Peter, de la société Novavax?

BARDA – c’est-à-dire, encore une

fois, la Biomedical Advanced Research

and Development Authority – a alloué

la plus grosse somme, 1,6 milliard

de dollars, à Novavax, la firme peu

connue du Maryland qui n’avait pas

développé de vaccin efficace depuis

30 ans. Que savez-vous à ce sujet?

Pourquoi ont-ils obtenu 1,6 milliard de

dollars?

Peter Maybarduk: Nous ne

savons pas, voilà la réponse la plus

courte. Et nous n’en savons pas

beaucoup plus sur Novavax que ce

que vous avez dit. C’est donc la plus

grosse subvention, et cela indique simplement

le peu de transparence de ce

processus et tout ce que nous devrions

savoir. Malheureusement, c’est la situation.

Par contre, nous savons que les

options d’achat d’actions de Novavax

pour les dirigeants sont passées de 20

à 100 millions de dollars grâce à leur

association étroite avec Warp Speed.

Mais en ce qui concerne la science,

la façon dont elle progresse, nous en

savons très peu.

Juan González: Et face à la possibilité

pour les dirigeants de toucher

de l’argent, avant même qu’un médicament

particulier ne soit mis sur

le marché – et soit prouvé efficace –,

y a-t-il un moyen de limiter ce genre

d’activité, surtout dans une situation

présente d’urgence internationale?

Peter Maybarduk: Eh bien,

nous devrions certainement poser

des conditions, en ce qui concerne

les prix raisonnables. Nous devrions

certainement exiger beaucoup plus

de transparence dans les divulgations

qui sont faites. Le tsar du vaccin de

Trump, Moncef Slaoui, vient en fait

de GlaxoSmithKline [et de Moderna à

Cambridge, Massachusetts], et nous

avions demandé qu’il soit au moins

tenu de divulguer ses conflits d’intérêts

financiers, mais l’Office de l’inspecteur

général [dirigé depuis janvier 2020

par Christi Grimm et remplacée sur

décision de Trump, en mai, par Jason

Weida] du Département de la santé a

refusé. Je pense donc que le public doit

exiger beaucoup plus ici.

Mais, en réalité, ce qui nous

préoccupe surtout, ce sont les conditions

d’accessibilité et d’approvisionnement

qui en découlent, car

aucune entreprise ne fabrique à une

échelle suffisante pour approvisionner

le monde entier. Ainsi, dans un an ou

deux, nous pourrions être confrontés à

un grave apartheid mondial, essentiellement

en matière de vaccins, où une

grande partie de la population mondiale

n’aurait pas accès aux vaccins. Et

ce, parce qu’il existe une énorme réticence

parmi nos dirigeants à ordonner

aux entreprises de transférer leur technologie

– conditions qui devraient être

attachées aux subventions – en dépit

du fait que tous les principaux candidats

qui sont pris en considération

pour l’opération Warp Speed, d’une

manière ou d’une autre, bénéficient

non seulement des subventions BAR-

DA, mais aussi des recherches initiales

des scientifiques fédéraux, des études

financées par les contribuables, qui ont

conduit à la mise au point de la technologie

qui est utilisée pour développer

les vaccins aujourd’hui. Nous avons

donc déjà investi dans ces vaccins et

nous devrions avoir le droit d’imposer

certaines conditions et de veiller à ce

que tout le monde puisse avoir accès à

un vaccin sûr et efficace lorsqu’il sera

mis au point.

Amy Goodman: Peter, parlons

de la manière dont les investisseurs

bénéficient des milliards de dollars

qui vont à ces entreprises pharmaceutiques.

Par exemple, le New York Times

rapporte qu’après que Vaxart, une petite

entreprise basée à San Francisco, a

été sélectionnée pour faire partie d’un

programme fédéral visant à développer

un vaccin, les stock-options pour

les initiés de l’entreprise ont grimpé en

flèche. Un fonds spéculatif qui contrôle

en partie la société a immédiatement

gagné quelque 200 millions de dollars

de bénéfices.

Peter Maybarduk: Oui, c’est

vrai. Donc, comme vous l’avez dit,

le problème est que les entreprises,

les dirigeants, les fonds spéculatifs se

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of State of New York

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any process served against

the LLC to: 249 E. 37th

Street, Apt 3H, Brooklyn,

NY 11203. Purpose: Any

lawful activity or purpose.

nourrissent de l’espoir et du désespoir

des gens. Il suffit d’un peu de nouvelles

positives pour faire monter les

actions en flèche, ou, à l’inverse, d’un

peu de nouvelles négatives pour les

faire chuter en ce moment même.

Ainsi, Vaxart, par exemple, a

noté dans un communiqué de presse

qu’il avait été sélectionné par l’opération

Warp Speed. Or, «sélectionné»

signifie simplement, dans ce cas, un

essai clinique impliquant des primates.

Vaxart ne reçoit pas de financement de

BARDA et ne négocie pas pour obtenir

ce financement. Mais cette nouvelle,

cette prétention de lien avec le gouvernement

fédéral, a fait monter en flèche

les actions de Vaxart, et, comme vous

l’avez dit, a permis au fonds spéculatif

de gagner 200 millions de dollars et de

s’en aller.

C’est donc le genre de climat

dans lequel nous nous trouvons. Evidemment,

vous le savez, nous avons

besoin d’un peu plus de discipline.

Nous avons besoin de transparence

sur les normes de sélection de ces contrats

et sur ce que nous pouvons en

attendre.

Juan González: Et avez-vous

des inquiétudes quant aux autres

membres de l’administration Trump

qui pourraient, d’une manière ou

d’une autre, profiter en privé des informations

privilégiées qui sont élaborées

au sein de l’administration sur qui est

financé ou qui bénéficie d’un soutien

gouvernemental?

Peter Maybarduk: En

plus de Moncef Slaoui, le tsar des

suite à la page(16)

Director: Florence Comeau

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14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020


Hommage et dénonciation

Mario Paciolla : justice pour un poète

Il faut maintenir vive

la flamme

Par Claudia Julieta Duque

« Je ne crois pas à la thèse du suicide dû

à la solitude et à la dépression », écrit

la journaliste Claudia Julieta Duque, une

amie du volontaire italien de l’ONU retrouvé

mort à San Vicente del Caguán.

Cela ne faisait pas 24 heures que le

dernier rapport de la mission de vérification

des Nations unies en Colombie

avait été livré à New York quand une de

tes collègues t’a trouvé mort, mon ami

poète et journaliste, dans ta maison de

San Vicente del Caguán. Ce rapport était

censé refléter tes conclusions en tant que

volontaire de cette organisation dans le

département du Caquetá, mais, comme

cela a été le cas pour ta mort, l’ONU est

restée silencieuse.

Et c’est ce silence, indigne de toi et

de notre réalité, qui m’oblige à écrire, à

essayer de rompre avec les mots le nœud

qui serre ma gorge depuis que j’ai appris

qu’une corde a étouffé la tienne jusqu’à

te laisser sans vie aux premières heures

du mercredi 15 juillet.

L’hypothèse du suicide est peu

plausible pour ceux d’entre nous qui ont

connu ta vitalité, ton sourire et aussi ta

critique de la Mission lorsqu’un camarade,

atteint de la dengue, a dû attendre

longtemps pour être évacué vers une

autre ville pour recevoir des soins médicaux

appropriés. Tu te demandais ce qui

se passerait si tu étais mordu par un serpent,

si tu tombais gravement malade à

San Vicente. Tu avais déjà prévu à qui

t’adresser si quelque chose de tel t’arrivait

: ce ne serait personne à l’intérieur de

l’ONU, car tu craignais que la pachydermie

bureaucratique ne te laisse encore

plus exposé qu’une maladie ou un accident.

Cette estime de soi est en contradiction

avec l’idée que tu serais capable

de t’ôter la vie dans un lieu si lointain de

tes amis, de ta famille et de tes amours,

et de la Naples de ton cœur, où tu devais

partir le 20 juillet pour te nettoyer dans

les eaux de la mer Tyrrhénienne de toute

Justice pour Mario Paciolla

la saleté qui avait assombri tes dernières

semaines.

Quelques semaines plus tôt, vous

aviez déverrouillé le cadenas qui fermait

la grille du toit qui donnait sur la terrasse

du petit bâtiment où tu vivais, « au cas où

quelqu’un » viendrait te chercher. C’est là

qu’ils t’ont trouvé ? Je ne le saurai pas, du

moins pour l’instant, car je ne t’ ai jamais

rendu visite, ni à San Vicente ni à Naples,

comme nous l’avions convenu.

« Vedi Napoli e poi muori » (voir

Naples et mourir). Tu m’as toujours

répété cette phrase mélancolique pour

souligner la promesse que nous nous

étions faites en 2018, lorsque tu as quitté

les Brigades internationales de paix

et que je me suis rendue aux Pays-Bas

pour souffler un peu face à une nouvelle

vague de menaces : à ton retour en Italie,

je viendrais te rendre visite.

Alors que ton contrat à la Mission

expirait le 20 août, quelque chose s’est

produit le 10 juillet. Ce jour-là, tu as eu

une forte dispute avec tes patrons, comme

tu l’as dit à Anna Motta, ta mère, le

lendemain, en annonçant que tu avais

avancé la date de ton retour. Tu te disais

dégoûté.

Pendant ces derniers jours, tu

avais beaucoup insisté sur le fait que tu

n’étais plus en sécurité en Colombie ou

à la Mission. C’est pourquoi tu avais

déverrouillé ce cadenas et commencé à

préparer ton départ. Le mercredi 15, tu

aurais dû te rendre à Bogota pour commencer

ton retour. Tu devais obtenir l’autorisation

de voyager sur le vol humanitaire

du 20, une procédure facile pour un

fonctionnaire international.

Ton Whatsapp personnel a été

connecté jusqu’au 14 juillet à 22h45. Ce

qui s’est passé depuis lors jusqu’à ce que

ton corps soit retrouvé le lendemain matin

par un autre ex-brigadiste et volontaire

de la Mission est une énigme. Je l’ai

appelée dès que j’ai appris la nouvelle, le

16, pour lui présenter mes condoléances,

mais je me noyais moi-même dans

les larmes. « Mario t’aimait beaucoup, il

parlait toujours de toi. Je savais que vous

étiez toujours en contact », a-t-elle dit, et

j’ai seulement réussi à lui demander d’essayer

de récupérer de ton ordinateur les

poèmes que tu avais compilés et que tu

voulais publier en Italie.

La troisième semaine de juin, lors

d’une réunion informelle à Florencia, la

capitale du Caquetá, où se trouve le bureau

régional (BR) de la Mission dont

dépend la sous-direction de Caguán, un

collègue t’a accusé d’être un espion.

Tu l’as dit en riant, parce que tu

t’es toujours moqué de l’absurde. Aujourd’hui,

avec ton sourire éteint par ton

départ violent et soudain, je me demande

si ce n’était pas un premier signe du

danger qui te guettait. Que s’est-il passé

ce jour-là, qui t’a exposé de manière si

grave, quelles mesures ont été prises par

Sergio Pirabal, chef du BR, un ancien

collègue à moi dans la Commission de la

vérité du Guatemala.

Tu avais également commenté en

riant la récente note sur ton CV indiquant

que tu avais été en désaccord avec la

façon, selon toi, discriminatoire, dont la

Mission gérait la pandémie. Alors que les

autres employés ont bénéficié de mesures

de déplacement et de télétravail, pour les

volontaires, la norme était la solitude et

l’isolement.

Tu étais de ceux qui rient des choses

sérieuses, comme lorsque tu m’avais

avoué que tu publiais sous pseudonyme

des reportages sur la Colombie pour un

magazine italien. Ces jours-ci, à la recher-

Par Alix Coicou *

Les circonstances entourant la mort

de George Floyd ont réveillé la conscience

endormie d´une grande majorité

de Noirs.Les manifestations se poursuivent

à travers le monde et beaucoup

de Blancs ont honte des traitements

inhumains qu´infligent certains de leurs

pairs à la population noire et réclament

également justice.Il convient de maintenir

le rythme des revendications pour

éviter qu´ une cause aussi légitime ne

tombe dans l´oubli. Il ne faut pas baisser

la garde et cette posture incommode extrêmement

l´administration nord-américaine,

l´obligeant à faire observer les

lois et à supprimer toutes formes de discrimination.

Il faut maintenir le souffle,

on ne doit pas se reposer.

Malcom X et le réverend Martin

Luther King, ainsi que de nombreux

anonymes ont perdu la vie pour ce

noble principe, voulant par leur lutte

dignifier la race noire, victime de tant

d´injustices et d´ignominie au cours des

siècles.Combien doivent encore mourir

? Combien de vies doivent être fauchées

pour que la soit- disant première

démocratie du monde cesse de traiter

les Noirs comme des citoyens de deuxième

catégorie ou des êtres inférieurs?

Beaucoup avaient pensé que l´accession

de Barack Obama à la présidence

des États-Unis supposait la fin ou le

début de la fin de l´exclusion raciale

dans le pays, mais ils s’étaient trompés,

car le structurel a la peau dure et il faut

par conséquent continuer à se battre et

à maintenir vive la flamme. Le combat

s´annonce long, será long.

La révolution française de 1789 a

proclamé les concepts de ”liberté, égalité

et fraternité“, mais la France continua

à maintenir le système esclavagiste

che d’indices, j’ai relu tes articles, mais le

dernier date de juin 2018. Il est clair que

tu n’as jamais violé les principes de la

Mission : dès ton entrée en fonction, tu

as, cessé d’écrire.

Non. Je ne crois pas à la thèse du

suicide dû à la solitude et à la dépression

que plusieurs de tes amis veulent

accréditer pour faire face à leur propre

douleur. Je ne crois pas non plus qu’une

autopsie prenne 10 ou 20 jours. Peut-être

l’examen toxicologique, mais l’examen

médico-légal devrait être fait maintenant

et il devrait être publié par l’Institut national

de médecine légale.

Je connais ton dégoût intime à

l’égard d’une organisation qui, dans son

rapport de 2019, ne mentionne que dans

Le maire de Naples, Italie, Luigi de Magistris, demande la vérité et la

justice pour la mort de Mario Paciolla à San Vicente del Caguán, Colombie

/ Extrait du compte Twitter du maire de Naples (@demagistris)

un paragraphe de six lignes le bombardement

militaire qui a tué 18 enfants

recrutés par les dissidents des Farc, dont

plusieurs ont été achevés sur le terrain,

un fait qui a déterminé le départ du ministre

de la Défense de l’époque, Guillermo

Botero.

Je sais que tu avais documenté

d’autres cas de ce genre, ainsi que le

déplacement forcé des familles des enfants

victimes et le meurtre de plusieurs

autres. Je sais que tu avais été dérangé

par la mollesse du ton des rapports de

l’ONU, par les relations complexes de

certains membres de la Mission avec la

force publique, par l’embauche de civils

qui venaient de travailler pour les forces

dans ses différentes colonies. Haïti,

autrefois Saint-Domingue, marqua

un tournant décisif dans l´histoire du

monde, car les esclaves de l´île, durant

douze ans, s´opposèrent avec courage,

valeur et sacrifice aux troupes françaises

et les vainquirent, officialisant ainsi

cette victoire par la création, le 1er

Janvier 1804, de la première république

noire indépendante du monde. Ce fut

un motif d´orgueil pour cette race et le

nouveau pays subit une quarantaine

de la part des puissances colonialistes

de cette époque, c´est à dire la France,

l´ Espagne, l´ Angleterre et le Portugal.

Les nouveaux hommes d´État, bien que

libres, avaient intériorisé leur supposée

infériorité, conséquence de tant de

siècles d´oppression et d´exploitation,

comme l´a souligné le psychiatre antillais

Frantz Fanon, et la décolonisation

d´esprit reste encore à faire chez beaucoup

de Noirs. Mais la mort révoltante

de George Floyd a eu l´effet de conscientiser

et d´éveiller le sentiment de protestation

et de répulsion.

Le moment est venu de mettre

fin aux outrages et aux violations des

droits de l´homme, de ces héros qui ont

également contribué à faire des Ëtats-

Unis ce qu´ils sont. C´en est trop du

mépris et de l´ arrogance. Je termine,

en rappelant ces mots prononcés par le

révérend Al Sharpton aux funérailles de

George Floyd,” Il est temps qu´ils nous

ôtent le genou du cou”.

* Alix Coicou, médecin-psychiatre

Article traduit de l´espagnol et

publié par les journaux “El Correo de

Andalucia” y “Diario de Sevilla” respectivement

les 13 et 14 Juin 2020.

Séville (Espagne ), le 21 Juillet

2020.

militaires, par la passivité de cette organisation

face aux bombardements contre

les civils dans le sud du Meta, et par

l’augmentation des assassinats sélectifs

d’anciens combattants des Farc.

Tu attendais depuis des mois l’activation

d’une troisième alerte précoce

du bureau du Défenseur du peuple pour

San Vicente del Caguán. Cette semaine,

Mateo Gómez Vásquez, coordinateur

national du SAT (Système des alertes

précoces), m’a confirmé que l’alerte sera

donnée dans un mois environ, et qu’elle

portera sur la montée des dissidents des

FARC sous le commandement de « Gentil

Duarte » et sur la nouvelle dynamique du

conflit dans cette région du pays.

Mais cette fois, l’alerte sera tardive.

D’après la dernière conversation que tu

as eue avec ta mère, le 10 juillet, tu t’étais

mis dans « le pétrin » avec tes patrons,

ce qui, je n’hésite pas à le dire, a été le

déclencheur de ton suicide simulé.

Depuis une semaine, ton nom

tourne dans ma tête avec les expressions

« enquête approfondie », « immunité diplomatique

» et « circonstances étranges

». J’ai mal à l’âme, Mario Paciolla. En tant

que brigadiste, tu m’as sauvé la vie. Aujourd’hui,

il n’y a qu’une seule manière

de payer cette dette : chercher la vérité

sur ta mort.

El Espectador 22 Juillet 2020

Traduit par Fausto Giudice

Tlaxcala 31 Juillet 2020

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (14)

vaccins – comme je l’ai dit, il vient de

GSK, il était au conseil d’administration

de Moderna, et il a peut-être beaucoup

investi – nous ne savons pas vraiment,

parce qu’il n’a pas été forcé de révéler

ses liens – l’administration Trump est

construite sur un certain nombre de

dirigeants de pharmas qui ont joué des

rôles clés. Alex Azar, secrétaire à la

Santé et aux Services sociaux depuis

janvier 2018, était lobbyiste de la

compagnie pharmaceutique Eli Lilly,

puis cadre dirigeant de cette dernière

jusqu’en 2017. Il est connu comme un

de ceux qui ont fait flamber le prix de

Peter Maybarduk, directeur du programme d’accès public des citoyens

aux médicaments de Public Citizen

l’insuline d’Eli Lilly. L’ancien conseiller

Joe Grogan à la Maison Blanche [directeur

du Domestic Policy Council de

février 2018 à mai 2020, nommé en

janvier 2020 à la White House Coronavirus

Task Force] a travaillé pour

la firme Gilead, en tant que lobbyiste.

Ainsi, ces acteurs ont certainement

influencé la politique de l’administration

Trump dans ce domaine et son

extrême déférence envers les intérêts

des entreprises dans l’opération Warp

Speed et dans d’autres initiatives.

Il est certes approprié d’investir

de grosses sommes d’argent dès

maintenant dans un effort de mettre

au point un vaccin, y compris d’investir

avec des risques, en reconnaissant

d’avance que certains vaccins

ne fonctionneront pas. Nous devons

dépenser cet argent en tant que peuple

afin de mettre au point un vaccin sûr

et efficace le plus rapidement possible.

Toutefois, nous devrions pouvoir demander

que certaines conditions soient

attachées à cela. Et nous sommes très

préoccupés par ce qui se passe lorsqu’un

vaccin sera mis en circulation

et qu’il n’y aura tout simplement pas

assez de capacité de fabrication pour

le faire parvenir à tous ceux qui en ont

besoin.

suite à la page(19)

Suite de la page (10)

sous-utilisé. Senghor a eu son Musée

dynamique (transformé en Cour Suprême

sous Abdou Diouf). Wade devait

avoir son monumental et coûteux

Monument de la Renaissance (15

milliards selon Le Canard Enchaîné).

S'y ajoute le Tunnel de Soumbédioune

dont personne ne peut attester

de l’utilité. Tout cela pendant que le

pays compte des milliers d'abris provisoires

tenant lieu d’écoles primaires.

Arrive Macky qui tient à dépasser celui

qui, quoiqu’on dise, reste son mentor

: Cité de l’Alternance ; Bâtiment de

Conférences à Diamniadio alors que

les salles de conférence du King Fad

des Almadies sont disponibles; Arène

de Lutte; nouveau Stadium de basket;

projet de Nouveau palais présidentiel,

de nouveau Stade de football

de 50.000 places …On pourrait citer

d'autres exemples. Comme les cartes

d'électeur et les cartes d'identité qui

d'abord sous Wade, puis sous Macky

passent du carton léger au numérisé

avec des coûts astronomiques. Dans

la France développée d’où nous viennent

nos institutions, la carte d'identité

est maintenant en numérique, mais

la carte d'électeur est toujours en carton

léger envoyée par la poste. Le Ter

(Train express régional) défie toute rationalité

par son coût et sa pertinence

technique. Comment dépenser une telle

somme d'argent pour une distance d’à

peine une cinquantaine de kilomètres

? Pourquoi faire appel au constructeur

français Alstom, alors que le gouvernement

français en 2008 pour rénover

son réseau parisien de trains de banlieue

s'adresse non à Alstom mais au

constructeur canadien Bombardier ?

L'expertise du groupe Alstom se trouve

dans la construction de Tgv (Train

grande vitesse), alors que Bombardier

est plus spécialisé dans la construction

de trains de banlieue. Or le Ter n’est

qu’un train de banlieue. Y a-t-il eu appel

international d’offre ?... Comment

peut-on envisager de construire de

grands édifices sportifs dans un pays

où l'on ne fabrique pas de ballons et

de chaussures de football et de basket

? Les stades existants ne demandent

qu'à être rénovés, à l’exemple de ce qui

s'est fait ailleurs. A Paris, l'actuel Parc

des Princes construit à la fin du 19ème

siècle est rénové une première fois au

début des années 1930, puis une seconde

fois en 1970. Le Stade de France

n’a été construit que pour l'organisation

de la coupe du monde de 1998, et il est

question de le vendre... Les éléphants

blancs ne se situent pas uniquement au

niveau des infrastructures.

L'économie sénégalaise plie

aussi sous le poids d’éléphants blancs

institutionnels. Depuis 2017 un gouvernement

mammouth (le mammouth

est une espèce d'éléphant géant disparue)

de 83 ministres : 40 ministres

avec portefeuille, 43 ministres sans

portefeuille... Un conseil que donnent

le FMI et la BM se présente ainsi : il

faut exporter les produits primaires au

lieu d'essayer de les transformer sur

place à des coûts moins compétitifs.

Ce qui présente le double avantage de

rembourser la dette, et d'avoir un taux

de croissance élevé grâce aux recettes

d'exportation ainsi obtenues. Ce taux

de croissance qui fait polémique entre

le pouvoir et l'opposition autour de son

niveau n'est sous nos cieux, ni signe

précurseur de développement dans le

moyen ou long terme, ni constat de

progrès social... Par ailleurs, la mise en

place d'infrastructures ne doit pas faire

perdre de vue que le premier facteur

de décollage économique est l'industrie

lourde polarisée autour du fer et de

l'acier, et qui est à la base du développement

de l'agriculture en amont et en

aval. Tous les pays actuellement développés

en sont passés par là. Le Sénégal

dispose de fer de mine et de ferraille

(encore achetée par des Chinois et

des Indiens) pour la sidérurgie qui est

l'épine dorsale de tout développement

économique. L'acier ne figure nulle

part dans le Pse, et la sidérurgie qui

transforme le fer en acier n'y est mentionnée

qu'une fois, en parenthèse...

Et si on affectait chaque année aux

collectivités territoriales les budgets du

Hcct, et du Cese (près de 15 milliards

prévus pour 2019) pour augmenter

les investissements dans l'énergie solaire

?... Le problème de fond est que

les réalisations de nos gouvernements

sont ou bien inutiles, ou bien peu par

rapport à ce qu’ils devaient faire et pouvaient

faire pour développer le pays...

Les étudiants en Sciences économiques

dès leur première année de formation

apprennent que leur discipline étudie la

manière de gérer des ressources rares

face à des besoins nombreux. Depuis

1960, l'économie sénégalaise est

truffée de ‘’faux frais’’ (le terme est de

Marx), c'est –à-dire des gaspillages qui

plombent son décollage. La bonne gestion

d'une entreprise ou d'un pays n'est

rien d'autre que l'évitement du gaspillage.

C'est le gaspillage des ressources

publiques qui génère ce permanent besoin

de financement qui ouvre la porte

grand ouverte à l'endettement extérieur

avec ses conditionnalités qui ne vont

pas dans le sens du développement.

Les principes les plus élémentaires du

calcul économique coût-avantage font

défaut dans la gestion de l'économie

sénégalaise. S'y ajoute que l'histoire

économique ne nous donne l’exemple

d’aucun pays qui s'est développé sous

domination étrangère. Comme le sont le

Sénégal et d'autres pays africains, particulièrement

à l'égard de la France qui,

gouvernement de droite ou de gauche,

près de 60 ans après les ‘’indépendances’’,

persiste à s'accrocher à sa proie

coloniale" (Makhtar Diouf, Sénégal:

d'un président à l'autre, 13/12/2018).

Contrats léonins, surfacturation, délinquance

budgétaire, corruption, népotisme,

gabegie, clientélisme, narcotrafic,

telles sont les marques de fabrique

de "l'accumulation primitive" des capitaux

de la bourgeoisie bureaucratique

néocoloniale libérale.

En finir avec le cycle des

alternances néocoloniales libérales

40 ans de pouvoir social-libéral PS

suivi de deux alternances libérales ont

largement édifié des couches de plus

en plus nombreuses des populations

meurtries et spoliées du Sénégal sur la

nature intrinsèquement anti-nationale

des bourgeoisies bureaucratiques néocoloniales

libérales. C'est le cas dans les

autres néocolonies africaines.

Les forces patriotiques qui émergent

actuellement sur la scène politique

ont réhabilité le rôle stratégique de

l'Etat pour la confection et la gestion

budgétaire, le fisc, l'impôt, les douanes,

les contrats d'exploitation des richesses

du sol et du sous-sol, les priorités pour

les investissements d'Etat et le soutien

étatique prioritaire aux opérateurs

économiques nationaux.

Même si des illusions persistent

encore sur l'option libérale chez les patriotiques

dont les modèles de "développement"

que sont les USA et l'Europe

sont parfois troqués contre Dubaï,

Doha, Riyad, Istanbul ou encore la

Corée du Sud, la Malaisie, l'Indonésie,

la contestation de la "mal-gouvernance"

néocoloniale fait de plus en plus le lien

entre corruption, gabegie, népotisme,

vol des deniers publics et domination

impérialiste.

Sur la voie de l'alternative aux

alternances néocoloniales, les forces

patriotiques émergentes doivent questionner

les "modèles" mis en avant au

regard de la place réelle de pions de la

Corée du sud, de la Malaisie, de l'Indonésie,

Dubaï, Doha, Riyad, Istanbul

dans le système actuel de la mondialisation

capitaliste sous hégémonie

étatsunienne et européenne.

Il faut se rendre compte de la

vérité suivante : Les USA et l'UE ont

bâti leur richesse sur le génocide, l'esclavage,

le colonialisme des autres peuples

et sur l'exploitation des travailleurs

de leurs propres pays. Le système mis

en place pour faire cela est le capitalisme

dont le stade suprême est l'impérialisme.

Cet impérialisme est aujourd'hui

décadent et mortifère. Les pions des

USA et de l'UE ne font illusion que tant

l'impérialisme reste hégémonique.

Les peuples qui ont lutté pour

se défaire de l'asservissement de cet

impérialisme ont fécondé des expériences

révolutionnaires alternatives

patriotiques anti-impérialistes et anti-libérales.

Il s'agit de pays comme la

Chine en passe de devenir la première

puissance économique du monde, de

Cuba pays encore sous développé mais

puissance médicale internationaliste,

le Vietnam qui se développe sans bruit

mais sûrement et la Corée du nord qui

se révèle une puissance technologique

et nucléaire défensive imposant le respect

et la paix à l'agresseur Yankee.

D'autres expériences non communistes

existent sur le chemin complexe de la

lutte pour le développement des pays

sous-développés et la fin de l'oppression

des peuples par l'impérialisme.

Mais toutes ces expériences complexes

traversées de contradictions se

fondent sur le principe compter d'abord

sur soi-même, sur leurs propres souveraineté

décisionnelle et forces. Ensuite

elles étudient les expériences des autres

pour y puiser ce qui peut servir à leur

marche vers l'indépendance nationale

et l'émancipation sociale.

Sur ce chemin ardu de la libération

nationale, il est nécessaire de

décoloniser l'inconscient des forces

libératrices patriotiques en menant une

lutte idéologique sans merci contre la

désidéologisation prônée par l'impérialisme

et ses valets locaux de la bourgeoisie

bureaucratique néocoloniale,

elle même totalement idéologisée par

le libéralisme et la servilité à l'impérialisme.

L'émancipation du Sénégal et

de l'Afrique sera le fruit d'une bataille

livrée à cette diversion selon laquelle

"l'idéologie est étrangère à l'Afrique",

ce qui est exactement la sœur jumelle

des formules selon lesquelles "l'Afrique

n'a pas d'histoire ou est insuffisamment

entrée dans l'histoire". Aucun

continent, aucun peuple n'est exempt

d'idéologie parce que l'idéologie n'est

rien d'autre que le reflet de la réalité

objective dans le cerveau des humains.

Aucune idéologie n'est non plus l'apanage

d'un continent, d'un peuple en

particulier. Toutes les classes sociales

fécondent nécessairement des pensées

propres à ses intérêts de groupes sociaux

composants une population sur un

territoire donné. Les idées s'expriment

et se manifestent dans des formes nationales

spécifiques selon les réalités

nationales en mouvement perpétuel.

Le projet de libération est porté

par des classes sociales nées de l'intégration

du Sénégal et de l'Afrique

dans la forme historique particulière

qu'est la colonisation qui se prolonge

dans la néocolonisation actuelle. La

lutte oppose les classes sociales qui

ont intérêt à la libération nationale

contre les classes sociales étrangères,

sénégalaise et africaine qui ont intérêt

à la domination impérialiste. Chacune

des classes sociales protagonistes a

son idéologie ancrée dans les réalités

sénégalaises et africaines en constant

mouvement dialectique. L'unité des

forces patriotiques s'opèrent sur la base

du point de convergence qu'est l'objectif

de libérer le pays, la nation en

constitution, le peuple du joug étranger

condition sine qua non d'un avenir de

développement national.

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16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020


A Travers le monde

Etats-Unis : L’USPS pourrait fermer des sites

et réduire ses services avant les élections

Le sénateur démocrate Joe Manchin (Virginie-Occidentale) vient d’écrire

au tout nouveau ministre des Postes, Louis DeJoy, afin qu’il commente les

rapports annonçant d’imminentes fermetures et des coupures du service

postal dans son État

Par Igor Derysh

L

’USPS (U.S. Postal Service) envisage

de réduire ses services et de

fermer des sites. En effet, selon un

sénateur américain et de nombreux responsables

des syndicats de postiers,

le service postal états-unien affronte

une crise de trésorerie dramatique à la

veille de l’augmentation du vote par

correspondance qu’entraînera la pandémie

de coronavirus.

Le sénateur démocrate Joe

Manchin (Virginie-Occidentale) vient

d’écrire au tout nouveau ministre des

Postes, Louis DeJoy, afin qu’il commente

les rapports annonçant d’imminentes

fermetures et des coupures

du service postal dans son État. Selon

une note qu’a diffusée l’Associated

Press, les inquiétudes se sont multipliées

après que Louis DeJoy, un important

donateur de Trump, a repris la

direction de l’USPS, le mois dernier, en

préconisant des mesures drastiques de

réduction des coûts.

La lettre de Joe Manchin évoquait

les informations selon lesquelles

«la fermeture imminente de nombreux

bureaux de poste ou une réduction significative

de leurs horaires d’ouverture

sont prévues dans mon Etat et dans

le pays tout entier […]». Certains bureaux

de poste de Virginie-Occidentale

ont affiché des pancartes annonçant

leur fermeture à la fin du mois d’août,

a-t-il écrit.

Un responsable du syndicat des

postiers de Virginie-Occidentale a corroboré

les rapports reçus par Joe Manchin.

Il montre que dans une seule des

régions de l’Etat, 26 bureaux devront

réduire le service à moins de quatre

heures par jour, et que des réductions

de service interviendront sur 31 autres

sites. «Une bonne partie de ces

éléments nous ont été assénés sans

véritable information», selon Elizabeth

Coonan, déléguée syndicale de

la section 3264 de l’American Postal

Workers Union à Clarksburg, à Vice

News, «les heures de fermeture qu’ils

prévoient sont précisément celles où

[les bureaux] travaillent le plus.»

Un responsable du syndicat du

New Jersey a déclaré à la radio que 40

bureaux de poste de l’Etat subiraient

des réductions. Des bureaux de poste

en Alaska, en Californie, en Ohio et

au Tennessee ont également annoncé

des plans de réduction des horaires

d’ouverture, selon Vice News. «De telles

mesures constitueraient probablement

une violation de la loi fédérale»

et des règlements de l’USPS, a écrit Joe

Manchin en exigeant une liste précise

des modifications qu’a introduites Louis

DeJoy depuis son entrée en fonction.

«Il est tout simplement absurde

de penser pouvoir arrêter quelque

chose, ou le ralentir s’agissant de la

pandémie, alors que la bouée de sauvetage

du scrutin et de la démocratie

sera entre les mains du service postal»,

a déclaré Joe Manchin à l’AP mercredi

29 août.

Mark Dimondstein [1], dirigeant

de l’American Postal Workers Union

et de ses 200’000 salarié·e·s et retraité·e·s,

a déclaré au micro que l’annonce

de fermetures imminentes sans

plus de précisions faisait «un sacré

buzz».

En début de semaine, un communiqué

de Louis DeJoy annonçait

que l’USPS ne pourrait pas continuer

à fonctionner de la même manière.

L’USPS a signalé une perte de 4,5

milliards de dollars au premier trimestre,

mais a vu ses revenus augmenter

légèrement au deuxième trimestre, au

milieu de la crise des coronavirus.

«En raison de baisses substantielles

du volume du courrier et d’un

modèle commercial obsolète, le service

postal est dans une position financière

insoutenable», a déclaré Louis DeJoy.

«Avec nos sources de financement

actuelles nous ne sommes pas en mesure

d’équilibrer nos coûts de façon

à satisfaire à la fois notre mission de

service universel et nos autres obligations

légales. Voilà pourquoi, l’USPS

a subi plus d’une décennie de pertes

financières. Faute de pouvoir y mettre

fin, nous sommes confrontés à une

crise de liquidité imminente.»

Selon le communiqué de Louis

DeJoy la situation exige «du service

postal qu’il jette un regard neuf sur ses

opérations et procède aux ajustements

nécessaires».

«La conclusion est logique, il

va essayer de fermer des bureaux de

poste», a déclaré Mark Dimondstein à

l’AP.

Le courrier de Joe Manchin

rappelait que le Congrès a approuvé

jusqu’à 10 milliards de dollars pour

aider à renflouer l’USPS. «Malheureusement,

a-t-il écrit, non seulement

ce financement n’a pour ainsi dire pas

été utilisé, mais vous proposez maintenant

les coupes mêmes que nous

avons cherché à éviter avec cette ligne

de crédit d’urgence.»

Le département du Trésor [2] a

annoncé mercredi 29 juillet avoir conclu

un accord avec l’USPS sur les conditions

de ses prêts, mais que l’agence

pouvait continuer de fonctionner sans

y recourir. «L’USPS étant en mesure de

financer pour le moment ses dépenses

d’exploitation sans emprunt supplémentaire,

nous sommes heureux

d’avoir conclu un accord sur les termes

et les conditions matérielles d’un

prêt pour le cas où le besoin s’en ferait

sentir», a déclaré par voie de communiqué

le secrétaire au Trésor, Steven

Mnuchin [ancien cadre de Goldman

Sachs]. «Je me réjouis de continuer à

travailler avec Louis DeJoy, le directeur

général des Postes, pour atteindre l’objectif

que s’est fixé le président: établir

un modèle commercial durable afin

que l’USPS puisse continuer à fournir

à tous les Américains le service postal

dont ils ont besoin, sans transfert de

charge aux contribuables.»

Dirigée par les démocrates, la

Chambre des représentants, avertie

par l’USPS de pertes qui pourraient

croître de 22 milliards de dollars au

cours des 18 prochains mois, a approuvé

l’attribution d’une aide supplémentaire

de 25 milliards de dollars

en sa faveur dans le cadre du paquet

«HEROES Act» de 3000 milliards de

dollars de mai 2020. Cette semaine

toutefois, Mitch McConnell, sénateur

du Kentucky et porte-parole de la majorité

républicaine dominant le Sénat,

a présenté une contre-proposition qui

exclut toute aide financière à la Poste.

Donald Trump, a fréquemment

critiqué l’USPS pour ses difficultés

budgétaires. Récemment il a cherché

à faire douter de la capacité de

l’USPS à gérer le vote par correspondance.

Déployant un complotisme

décomplexé il a allégué la possibilité

de fraudes et son opposition à cette

procédure de vote. Les bulletins de

vote par correspondance ont un taux

de fraude d’environ 0,00006% [3].

En prenant appui sur ses craintes

infondées de fraude, le président a

suggéré, jeudi 30 juillet, le report des

élections. Il n’a aucun pouvoir pour

en déplacer la date. Le Congrès, qui en

dispose, semble n’avoir aucune envie

d’un tel report.

Les partisans du vote par correspondance

ont fait part de leurs inquiétudes

concernant les plans de Luis

DeJoy pour un «pivot opérationnel»,

ils pourraient ralentir la distribution du

courrier à la veille d’une élection où,

en raison de la pandémie, un nombre

record de votes par correspondance est

attendu. «Alors que de tels changements

auraient des effets considérables

au cours d’une année normale, dans

une année d’élection présidentielle, où

de nombreux Etats dépendent fortement

du vote par correspondance, augmenter

le délai de distribution du courrier

nuirait à la réception des bulletins

et à leur décompte en temps opportun.

Une telle situation affecterait de façon

inacceptable la tenue d’élections libres

et équitables», a écrit (à Louis DeJoy)

Carolyn Maloney, députée démocrate

du 12e district de l’Etat de New York,

présidente du comité de surveillance et

de réforme de la Chambre.

suite à la page(18)

Venezuela: un

supermarché iranien

ouvre ses portes à Caracas

Le premier supermarché iranien Megasis vient de démarrer ses activités

dans la capitale du Venezuela

Le ministère iranien de la

Défense a annoncé que la société

ETKA affiliée au ministère a

inauguré, le mercredi 29 juillet, le

premier supermarché iranien à Caracas,

capitale du Venezuela. Belle

démonstration d’une alliance anti-US

qui après avoir brisé le régime

des sanctions par expédition

maritime interposée, débouche

sur une coopération commerciale

contournant royalement le dollar !

Selon l’agence de presse

iranienne Tasnim News, le supermarché

appelé Megasis propose

plus de 2 500 produits iraniens,

notamment de l’alimentation,

des fruits secs (noix, pistaches

d’Iran...), des vêtements, des

détergents, des produits en plastique

et jetables et même des tracteurs.

Le supermarché s’étend sur

une superficie de 20 000 mètres

carrés. Il a été érigé pour stimuler

la production et l’exportation iraniennes.

La présence de l’ambassadeur

iranien à Caracas, Hojjatollah

Soltani, à la cérémonie d’inauguration,

illustre l’importance de la

nouvelle entreprise pour Téhéran.

Car il s’agit d’un acquis concret,

celui du mécanisme anti-sanction

que l’Iran a mis en place au risque

de la vie de ses marins quand au

mois de mai il a envoyé ses cinq

pétroliers chargés d’essence aux

Caraïbes, et ce, au mépris de la IVe

flotte US qui avait menacé de les

attaquer. Ce faisant c’est d’abord

le régime des sanctions, ensuite le

dollar qui avaient été défiés et puis

et surtout l’US Navy et sa doctrine

Monroé. Ce couloir est-ouest qui

relie désormais le golfe Persique

aux Caraïbes se concrétise sous

les yeux des Vénézuéliens et d’autres

pays de l’Amérique du Sud,

quitte à contrer l’un des moyens

de pression les plus scandaleux

des USA contre les États libres, a

dit Soltani.

Le navire iranien Golsan a

déchargé sa cargaison de nourriture

et de fournitures médicales

dans le port nord du Venezuela de

La Guayra, le 21 juin dernier, pour

approvisionner le supermarché

iranien. L’Iran a d’ailleurs l’intention

d’augmenter ses exportations

et de consolider ses alliances avec

le Venezuela.

Signe des temps, les responsables

américains se sont

déclarés inquiets de l’ouverture

d’un supermarché iranien dans

la capitale vénézuélienne, affirmant

que toute présence de l’Iran

dans l’hémisphère occidental était

« source d’inquiétude » puisque

c’est l’omnipotence commerciale

US qui est en jeu.

Le vice-président exécutif

du Venezuela, Delcy Rodriguez,

a souligné d’ailleurs ce jeudi que

le supermarché iranien Megasis,

ouvert dans l’Union des nations

sud-américaines, est un exemple

de coopération entre deux nations

bloquées par les États-Unis. Et il

ne croit pas si bien dire.

Pour la petite histoire, Magasis

ou Megasis est le nom d’un

village iranien, situé dans la partie

centrale de la ville de Dacht-e

Azadegan de la province de Khouzestan,

près de la ville de Susangerd.

Les troupes de l’ancien dictateur

irakien, Saddam Hussein,

se sont emparées du village dans

les premiers jours de la guerre

que Saddam a imposé à l’Iran

pour plaire aux USA. Les troupes

iraniennes ont repris le village à

l’ennemi en 1981. Le Venezuela

vaincra les USA dans sa bataille

tant qu’il résistera.

PressTv 30 juillet 2020

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Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

17


Art & Culture

Dossier Musical :

Il y a environ 65 ans, Nemours imposait

officiellement le konpa dirèk…

Par Ed Rainer Sainvill

La domination de ce rythme a coïncidé

aussi avec la démence duvaliériste,

qui a voulu bien s’en servir

comme la résonnance d’une monoculture

au détriment du pluralisme culturel.

Toujours avec la complicité des

programmateurs et des affairistes. Ce

qui apparemment se passait aussi en

Amérique du Sud, notamment au Brésil,

où les militaires au pouvoir pour

minimiser la portée du bossa-nova,

concocté par les musiciens engagés et

exilés ont préféré faire la promotion

du tropicalismo ainsi que le samba-boléro

et carnavalesque avec leurs

lyriques à l’eau de rose. Ce qui allait

être consolidé avec la génération des

‘’mini-jazz’’ avec son fumet dadaïste.

Le duvaliérisme a infusé aussi

ses extravagances dans l’arène du

konpa dirèk. Avec la “danse du

révolver,” introduite en 1959 à Cabane

Choucoune. Lorsque les macoutes et

militaires aux épaules carrées, dansant

la main sur la gâchette, tout en

s’offrant par la force les dames de

ceux venus au bal. Pour eux, c’était

une sorte de revanche ; lorsqu’ils ne

pouvaient se permettre de mettre les

pieds dans ces endroits ou danser ce

groupe qui était le privilège de la gent

estudiantine et des gens de bien. Et

conséquemment, qui vu l’évaporation

du style ‘’ball-room’’ et d’un public

émancipé. Mais, malgré tout, la liesse

du konpa dirèk est allé en grandissant,

jusqu’à incarner une attitude et

même une identité nationale. Trônant

allègrement, même à l’extérieur, NJB

fit de sa création un rythme à part entière,

au même titre que les multiples

paramètres d’Haïti.

En tout cas, le succulent konpa

dirèk s’en est allé allègrement

aux quatre coins du monde, pour faire

jaillir le renom d’Haïti. Spécialement

en République Dominicaine où le dictateur

Joaquim Balaguer en avait fait

son groupe de prédilection. Outre dans

l’ile voisine, les “rouge et blanc” se

sont taillés une certaine renommée en

Amérique du sud; notamment en Colombie,

Venezuela, Panama, à Paris,

New York, Porto Rico, Trinidad, les

Bahamas et certainement dans les Antilles

françaises dont: la Guadeloupe,

la Martinique et les Guyanes françaises

qui sont tombés folles d’amour pour

le konpa. Partout où il s’est produit

l’«Orchestre de Nemours», s’est montré

toujours irrésistible. Même quand

il semblait vaciller, ce groupe revenait

plus fort comme au beau milieu

Super Combo de Nemours Jean-Baptiste

des années soixante, lorsque l’un de

ses stratèges, en l’occurrence l’accordéoniste

Richard Duroseau a mis

fin à sa collaboration au désespoir des

fanatiques de Nemours.

Mais c’était plus de peur que de

mal, puisque avec la venue du pianiste

et organiste virtuose Wagner Lalanne,

du sang neuf fut impulsé. Ce qui nous

plonge dans la phase explosive de

l’«Ensemble Nemours Jean Baptiste»,

qui s’est installé en une grande institution

nationale. Tout en faisant force

commune régionalement avec «El

Gran Combo», de Porto Rico, Johnny

Ventura et son Combo” de la République

Dominicaine (un autre mordu

du konpa), composant une sorte de

trinité musicale des Caraïbes. Après

avoir régné durant une décennie avec

son orchestre, Nemours devait faire

face dès la fin des années 1960, à la

montée des mini-jazz, qui éventuellement

vont lui ravir son public jeunot.

En fait, tout au long des sixties, la

révolution musicale des « Beatles »

avait changé les donnes, faisant effet

de boule de neige à travers le monde.

Et c’est dans ce nouveau format allégé

que les nouveaux groupes : « Shleu-

Shleu », « Ambassadeurs », « Fantaisistes

», « Bossa Combo », « Tabou

Combo » etc. composés d’adolescents

vont s’affirmer.

Ayant eu à administrer ce revers

au «Jazz des Jeunes», Nemours

savait plus que personne ce que c’était

que d’être talonné par une nouvelle

génération. Il l’avait d’ailleurs déclaré

à Wagner Lalanne: “L’essentiel, c’est

de savoir se retirer à temps.” Plutôt

que de se faire emporter par la vague

mini (3). C’est l’inventeur du konpa

lui-même, Nemours Jean- Baptiste, qui

a concocté le terme mini-jazz*. Au

cours d’un bal à Cabane Choucoune

où les «Shleu-Shleu» jouaient pour la

première fois. Justement durant un intermède

d’une prestation de l’«Orchestre

Nemours Jean-Baptiste» ; en s’imposant

si impeccablement, grâce à

des instruments usagés de Nemours

prêtés à “Dada”Djakaman, l’imprésario

du groupe. Plus tard, s’adressant à

ce dernier, le roi du konpa lui dit: “Tu

es tellement entiché de mon orchestre

que tu as formé un mini-jazz”-4.

Evidemment, c’était par référence à

la mode de “mini-jupe” (jupette à ras

le cul, par rapport au “maxi”, robe

longue de gala qui représentait les

‘’big- bands’’). Eventuellement, il

décide de s’expatrier à New York en

1969.

Au “state”, il trouve une

communauté en gestation, que Raymond

et Wébert Sicot, Raoul et Raymond

Guillaume (en exil), les Duroseau:

Mozart, Richard et Kretzer, Pepe

Bayard, Garry French entre autres,

avaient déjà fait leur nid. Il forme un

combo qui a fait les délices de ses anciens

admirateurs immigrés et exilés.

Notamment, au club “Casa Borinquen”

de Brooklyn (à l’endroit où se

trouve ‘’Lindo Furniture’’ sur Pitkin

avenue), et au “Casa Caribe” à Manhattan.

Pourtant, Il revient bien vite

au pays. En essayant tant bien que

mal de reconstituer un groupe sous le

nom de «Super Combo», et se payait

même le luxe d’un ultime succès avec

les morceaux aux refrains contagieux:

‘’Gason nou nan ka, fanm fèm karate…’’

et ‘’Nou pral kontrole mini

yo, pou moun ka jwenn bèl mizik…

Remettant toute son énergie pour reconquérir

son trône dans l’effervescence

des mini jazz qui menaient la

danse.

Ce relais musical qui va pourtant

le perpétuer avec sa vogue éphémère ;

tout en pointant du doigt les limites

d’une monoculture. En fait, les mini

jazz vont aussi faire face à l’invasion

antillaise de kadans lipso et de

la biguine. Une occasion heureuse

pour prouver les autres dimensions

de la diversité rythmique native. C’est

l’époque où le « Septent » et surtout

le « Tropic » vont finir par s’affirmer

sur tout le territoire national, avec la

meringue pastorale ’’boule de feu’’ et

le ‘’kadans plake’’ ; en cessant d’être

des groupes régionaux. Puis, après un

fabuleux début comme troubadour à

la tête de son trio, Gesner Henri apporte

avec son « Ensemble Select » son

rythme koupe au répertoire public ;

devenu depuis patrimoine national.

C’est aussi l’instant où « Les Frères

Déjean sont reconnus après une décade

à se prouver avec un horn section

sorti de l’ordinaire et qui va laisser son

empreinte globale. Puis, les troubadours

‘’Rodrigue et Toto’’ sont révélés.

L’honneur citoyen est donc sauf. Mais

la fin de cycle de la génération des

mini- jazz allait en même temps renouveler

le konpa dans sa multiplicité.

Tout cela dans la germination

d’une sonorité en état de fusionnement,

dominée par les résonances de

la musique soul, aux multiples effets

de la ‘’motown sounds ‘’, de la culture

pop ; aux prémices de la musique

funk. En plus de la bossa nova et

de la samba brésiliennes et du disco

français. Des percées africaines de

Makeba, de Masakela et de Dibango.

Et des multiples sonorités latines et

caribéennes. Pour cela, il a fallu passer

par les grands moyens. A commencer

par s’étoffer de motifs et d’un retour

au format full band. En plus de la venue

de vrais instructeurs et arrangeurs

pour mettre un point final à l’amateurisme

et retrouver les notions de

base. Dans cette veine, seul le « Bossa

Combo » au pays, en s’accommodant

d’un professeur aussi célèbre en la personne

de Michel Desgrottes a pu passer

le cap des mini jazz et maintenir

un konpa de souche en ‘’big band’’,

au moins jusqu’à la débâcle de NY.

Quant au « Caribbean Sextet » sorti des

mêmes épanchements fusionnés et de

sensibilités jazzy explorés par l’« Ibo

Combo » depuis les sixties, le groupe

a préservé cette tradition qui est resté

bien vivace autour d’un super élaborateur

nommé Régi Policard. Et un

groupe au sommet de son art. Quant

aux « DP Express » avec sa meringue

(lipso) en liesse, et à partir de Ti Manno

un konpa compassé. Et le « Scorpio

» avec son konpa tous-azimuts ;

ne furent qu’une réponse instantanée

Hourvari

(À la mémoire de Lénélia

Guirand, ma marraine)

Contrairement à ta jumelle, elles

ne veulent partager quoi que ce soit de

leur envol à qui que ce soit, de ce côtéci

des barricades, ces bêtes insensées

sur leurs (?) terres de chasse

Elles gambadent sur des terrains

avoisinant l’infini, sans souci maintenant

des lendemains, à l’envers de

nombreux fauchés des Amériques fuyant

les orages de la lourdeur, coyotes

Suite de la page (17)

aux trousses

À coups de brèches dans leurs

tours en verre, quelqu’un les aura, chemin

faisant, ces naufrageuses du bien

et du beau, ces pilleuses de territoires

À peu près toutes, quelqu’un les

aura, faisans chassant, à grands éclats

de tonnerre dans leurs nids bien perchés

Lenous Guillaume-Suprice

Certains bureaux de poste de Virginie-Occidentale ont affiché des

pancartes annonçant leur fermeture à la fin du mois d’août

Au cours du mois de juillet, des organismes

de surveillance des institutions

ont attiré l’attention sur le fait que

la nomination de Louis DeJoy pouvait

«corrompre une institution clé à

la veille des élections». «Tout au long

de sa présidence, Donald Trump a attaqué

les institutions démocratiques et

sapé les agences indépendantes. Aujourd’hui,

où des millions d’électrices et

d’électeurs comptent sur la contribution

de la Poste pour assurer le bon déroulement

de nos élections pendant la pandémie

de coronavirus, Trump politise à

nouveau une agence gouvernementale,

autrefois non partisane. Un de

ses partisans comme Louis DeJoy à la

tête de la Poste fait problème pour des

raisons éthiques et de compétence, et

met potentiellement en péril l’élection

de novembre», ont écrit dans un éditorial

conjoint sur NBC News Donald K.

Sherman, directeur adjoint de Citizens

for Responsibility and Ethics à Washington,

et Sylvia Albert, directrice du

vote et des élections à Common Cause.

«Introniser Louis DeJoy, un de

ses fidèles, est un nouveau truc de

Trump pour saper la Poste et empêcher

les élections de 2020», ont-ils ajouté.

«Une nouvelle tentative désespérée, et

potentiellement dangereuse de saboter

les élections générales au moment où

les sondages rendent compte de son

constant déclin.»

*Igor Derysh, politologue établi

à New York. Ses travaux sont publiés

dans le Los Angeles Times, le Chicago

Tribune, le Boston Herald et le Baltimore

Sun.

à l’invasion antillaise.

Notes : Tirés des ouvrages :

‘’Tambours Frappés…’’-2001. Les

100 Plus Influents…’’-2011.Ed Rainer

Sainvill.

3- Le mot “mini” s’est imposé

dans la deuxième moitié des sixties

sous l’impulsion de la styliste

nord-américaine, Mary Quint avec

sa fameuse invention du “mini-skirt”

(mini-jupe).

A suivre

Notes

[1] A l’Encontre a publié le 20

avril 2020 un entretien avec Mark Dimonstein,

«Etats-Unis. L’United States

Postal Office peut mourir ces prochains

mois. Une lutte se profile». Le syndicaliste

exposait déjà les conditions difficiles

de l’USPS, parmi les victimes les

plus lourdement atteintes par la crise

financière due au coronavirus. Le service

postale manquera littéralement de

l’argent nécessaire à son fonctionnement

sans un rapide plan de sauvetage

par le gouvernement fédéral. Avec une

grande partie des républicains, l’administration

Trump veut couper dans le service

postal, le privatiser. (Réd.)

[2] Le ministère des Finances. Le

Secrétaire au Trésor est le ministre des

Finances.

[3] Le New York Times a rendu

compte, le 7 juin 2020, d’une étude

réalisée par des chercheurs de l’Université

de Pennsylvanie et de l’Université

de Tulane. Elle rappelle que «les

chercheurs savent bien pourquoi aux

États-Unis les dépouillements tardifs

favorisent de manière disproportionnée

les démocrates: les jeunes électeurs et

les non-Blancs sont plus susceptibles

de voter par correspondance, (…) et

donc plus susceptibles d’être décomptés

le lendemain du jour du scrutin». (Réd.)

Truthout 31 juillet 2020

Traduction rédaction A l’Encontre

4 Août 2020

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18 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020


Suite de la page (16)

Amy Goodman: Enfin, Peter, U.S.

PIRG [Public Interest Research Group,

qui réunit des ONG aux Etats-Unis et

au Canad, et qui est lié au Fund for the

Public Interest] a lancé une pétition qui

a été signée par des centaines de professionnels

de la santé. Elle dit essentiellement

au président Trump: «Arrêtez

tout, recommencez, faites-le bien.» Que

demandez-vous?

Peter Maybarduk: Nous exigeons

que l’administration Trump impose

tout d’abord que BARDA publie

les contrats. Nous devons savoir ce qui

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est fait avec les milliards de dollars des

contribuables, et les sommes qui sont

déjà dépensées dans la course aux vaccins,

et qui le seront encore.

Deuxièmement, nous devons assortir

les contrats de conditions de base,

de prix raisonnables et de transfert de

technologie. Le transfert de technologie

signifie que nous devons ordonner

aux entreprises de divulguer leurs informations

confidentielles, de concéder

des licences sur leurs brevets, afin que

d’autres fabricants puissent également

fabriquer ces mêmes vaccins. Essentiellement,

si nous n’enseignons pas

au monde comment fabriquer des vaccins,

il y aura un apartheid mondial en

matière de vaccins. Il y aura un sérieux

rationnement dans les années à venir.

Ce retard entraînera des conséquences

négatives pour les secteurs paupérisés

déjà les plus fragilisés. Cela coûtera

des vies humaines. Il pourrait avoir un

coût pour la stabilité politique dans les

régions moins riches du monde. Nous

devons donc être prêts à ordonner aux

entreprises de faire le nécessaire pour

augmenter l’offre, ce qui signifie ne pas

structurer le marché des vaccins par des

monopoles, ne pas simplement confier

à une entreprise donnée des centaines

de millions de nos dollars et lui dire

vas-y, fais les choses justes. Il faut élaborer

un projet national pour passer à

l’échelle adéquate, libérer la technologie

des vaccins et aider d’autres à les

fabriquer, publier les données afin que

nous puissions vérifier la sécurité et

l’efficacité, etc.

Amy Goodman: Faut-il interdire

les brevets?

Peter Maybarduk: Il ne devrait

pas y avoir de monopoles. Tous les brevets

devraient faire l’objet d’une licence

non exclusive, ouverte, afin que d’autres

puissent utiliser la technologie.

Democracy Now! 28 juillet 2020

Traduction rédaction A l’Encontre

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Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020

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Pa kite yon move kalkil efase moun

ou renmen yo.

Lè ou patisipe nan resansman an, ou ede garanti

kominote w evite rate yon pakèt lajan chak ane

pou sante, swen pou timoun, ak lot sèvis piblik.

Travayè resansman yo ap vizite kay moun ki

poko patisipe. Tout travayè resansman yo mete

kachnen yo paske yo oblije suiv tout konsiy sante

ak sekirite yo. Resansman 2020 an pa poze kesyon

sou estati sitwayènte, e lalwa entèdi moun pataje

enfomasyon pèsonèl ou ak ajans imigrasyon ni ak

lapolis. Pa rate chans sa pou fè yon chanjman!

Li pa twò ta.

Patisipe nan resansman an sou:

2020CENSUS.GOV/ht

844-477-2020

Se Biwo Resansman Etazini ki peye pou piblisite sa a.

20 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 05 • Du 5 au 11 Août 2020

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