Diagnostic en vue de l'élaboration du Plan de cohésion sociale 2020-2025

villedeliege

La Ville de Liège a réalisé avec ses partenaires entre février et mars 2019 un diagnostic de cohésion sociale sur base duquel a été élaboré le Plan de cohésion sociale 2020-2025 de la Ville de Liège, approuvé par son conseil communal en sa séance du 27 mai 2017 et par le Gouvernement wallon du 27 août 2019.

Diagnostic en vue de l’élaboration du Plan de

cohésion sociale 2020-2025 de la Ville de Liège

Liège, le 15 avril 2019


Introduction

L’appel à projet relatif au Plan de Cohésion sociale 2020-2025 est régi par les Décrets

du 22 novembre 2018. Le 13 décembre 2018 a eu lieu une réunion d’information à

destination des chefs de projets au Conseil Economique et Social de Wallonie. Une

note spécifique, ci-jointe, explique les principales modifications introduites par ces

décrets.

En date du 7 décembre 2018 le Collège a décidé de répondre à l’appel à projet 2020-

2025. Par son courrier du 21 décembre 2018, le Service Public de Wallonie a accusé

réception de la candidature et il a informé la Ville de Liège que l’appel à projet,

l’indicateur synthétique d’accès aux droits fondamentaux ainsi que le montant minimal

de la subvention lui seront communiqués pour le 31 janvier 2019 au plus tard.

Echéancier

- Janvier-Février 2019 : organisation d’une concertation entre les différents

plans (PSSP, RSPL, PGV, PZS, PCS) ;

- 1 er février 2019 : lancement de l’appel à projet par la Ville de Liège ;

- Le 4 ou 5 février 2019 : organisation d’une réunion d’information sur l’appel à

projet et le nouveau décret ;

- 30 mars 2019 : dépôt des projets par les partenaires ;

- 27 mai 2019 : approbation du PCS 2020-2025 par le Conseil communal de la

Ville de Liège ;

- Octobre 2019 : approbation du PCS3 par le Gouvernement wallon ;

- Janvier 2020 : début du PCS3.

Méthodologie pour l’élaboration et le suivi du PCS3

1ère étape : consultation interne ville et coordinateurs plans par Jean-Christophe

Peterkenne.

2ème étape : consultation du Collège relative aux priorités d’actions et méthode

(diagnostic et élaboration des plans) et Déclaration de Politique Communale

(Décembre 2018 - Janvier 2019).

3ème étape : constitution du comité de pilotage du PCS avec des représentants de

la Ville de Liège, du CPAS et du RSPL (Collège du 1 er mars 2016).

4ème étape : diagnostic (Janvier à Mars 2019)

- Exploitation des rapports d’évaluation (PCS2, RSPL,…)

- Tableau de bord avec indicateurs statistiques et ISADF 2018

- Concertations avec les coordinateurs

- Constitution de groupes de travail par axe (Insertion socioprofessionnelle,

Logement et santé) :

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o Insertion socioprofessionnelle : Ville de Liège, CPAS de Liège,

FOREM, Bassin EFE, CALIF, CRIPEL, Cap migrants, Monde des

Possibles, Duo for a job,…

o Hébergement et logement : CPAS, Thermos, Sans logis, PCS,

Province, partenaires campagne Devenir Propriétaire Solidaire (CPAS,

CRIPEL, Habitat-Service, Caritas international, ISoSL, Centre liégeois

de service sociale (CLSS).

o Santé : accueil de jour sans-abrisme : CLSS, Abri de Jour, Croix-

Rouge, La Fontaine, Resto du Cœur ; Siajef/REVERS, RSPL, PCS,

Province CASS ; toxicomanie : Ville de Liège, Fondation Tadam, Start-

Isosl, Alfa, Cap fly, RELIA ; prévention santé (Ville de Liège, CPAS de

Liège, Sida Sol, …), urgence sociale (CPAS et CHR-UMPS).

- Consultation des citoyens dans le cadre du processus de Liège 2025 et des

usagers des services par les partenaires du PCS.

5 ème étape : élaboration du PCS3 (Avril 2019 à Mai 2019)

- Introduction de fiches actions sur base du diagnostic ;

- Examen des projets par le comité de pilotage de l’action sociale ;

- Finaliser le Plan de cohésion sociale 2020-2025 sur base des décisions du

Collège communal.

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Diagnostic pour l’axe insertion socioprofessionnelle

1. Elaborer une proposition concertée sur base d’un diagnostic partagé

L’objectif est d’élaborer un cadre logique par axe en 3 réunions (février et mars) qui

constituera la base pour l’élaboration des fiches actions des partenaires pour le Plan

de Cohésion Sociale 2020-2025 de la Ville de Liège.

Une note d’enjeu rédigée par le chef de projet du PCS a permis d’amorcer la réflexion

de chaque groupe de travail. Les participants sont invités à enrichir la note. La présente

note est un document évolutif, d’où l’importance de vérifier la date de la version en bas

de page.

Avec les partenaires, il s’agit de faire un inventaire des documents qui permettent

d’établir le diagnostic/état des lieux. Les conclusions de l’évaluation du PCS 2014-

2019, l’ISADF 2018 et la Déclaration de politique générale du Collège communal

définissent les priorités pour le PCS3.

Le groupe de travail ISP était composé du Forem, CALIF, CPAS - Réinser et SADA,

de la Ville de Liège, du CRIPEL, de l’Instance Bassin EFE, Le monde des possibles,

DUO for a JOB, Live in Color, La Bobine, Cap migrants.

Les publics cibles sont des personnes précarisées : des personnes qui doivent vivre

avec peu de revenus, demandeurs d’emplois, bénéficiaires du RIS, personnes avec

des problèmes de santé mentale, migrants, toxicomanes et sans-abri.

Les trois réunions du groupe de travail ont permis d’identifier des enjeux partagés qui

méritent une analyse plus approfondie (SWOT), la définition d’objectifs communs pour

répondre aux enjeux et l’identification de pistes de solution.

2. Etat des lieux/Diagnostic

2.1. ISADF 2018 et indicateurs

Droit revenu digne et droit protection sociale : 0,00 et 0,00

Liège reste la commune wallonne dont la population dispose du revenu le plus faible

pour vivre dignement, ce qui se traduit par un très grand nombre de bénéficiaires du

RIS/GRAPA et IM.

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Les données WALSTAT permettent d’affiner le diagnostic. En 2017, 35% des mineurs

vivent dans un ménage sans revenu d’un travail à Liège, contre 21% en Wallonie. 9%

de la population entre 18 et 64 ans est bénéficiaire d’un RIS à Liège contre 3% en

Wallonie. La part d’un bénéficiaire GRAPPA à Liège est de 10,38% contre 5,59% en

Wallonie. La part des bénéficiaires du BIM est de 35,35% à Liège contre 21,39% en

Wallonie.

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Le nombre de bénéficiaires du RIS au CPAS de Liège a augmende 42% entre 2012

et 2017. On est passé de 9.906 à 14.072 bénéficiaires. L’augmentation la plus

importante est observée au niveau des personnes étrangères (+82%) et chez les 18-

24 ans (+55%).

Droit au travail : 0,07

Liège a l’un des taux d’emploi le plus faible de Wallonie et l’un des taux de chômage

le plus élevé chez les jeunes et chez les chômeurs de longue durée.

En 2017, le taux d’emploi des 15-64 ans est de 47,8% à Liège contre 57,7% en

Wallonie. Le taux de chômage de très longue durée (2 ans et plus) est de 10,7% à

Liège, contre 5,6 % en Wallonie. Le nombre de demandeurs d’emploi inoccupés à

Liège s’élève à 20.867.

Droit à l’enseignement : 0,13

Ce droit se mesure par le taux de « retard scolaire », pour ne pas parler d’ « échec

scolaire », qui reste assez élevé par rapport aux autres communes.

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Les migrants

Le Centre Régional d’Intégration des Personnes Etrangères et d’origine étrangère de

Liège (CRIPEL) prend en charge 31,84% de la population étrangère en Wallonie

(Chiffres 2014, IWEPS). En 2017, 27% des bilans sociaux et 39% du parcours

obligatoire se trouvent sur son territoire.

2.2. Enjeux

Offrir des actions d’insertion socioprofessionnelle répondant aux besoins du territoire

liégeois. Tenir compte de l’ensemble des opérateurs de formation d’adultes déjà

présents, des analyses et des statistiques du Bassin, de l’évolution et des

caractéristiques du marché de l’emploi liégeois, des publics cibles et de leurs

particularités. Les rendre visibles, accessibles, centralisées et à jour, les diffuser à

l’ensemble des services orienteurs.

Augmenter le taux d’insertion (à définir, pas uniquement la mise à l’emploi) de nos publics

cibles.

Fluidifier les parcours d’insertion professionnelle en concertation et avec une

reconnaissance qualitative partagée, les acteurs de l’amont (enseignement, jeunesse,

insertion sociale, intégration) et le monde du travail en aval dans son ensemble

(entreprises, intérim, services publics, commerces, associatif).

duire les ruptures et les abandons de parcours en organisant un accompagnement

concomitant, individualisé, où chaque acteur agit sur son terrain d’expertises, en

évitant les parcours linéaires et la redondance des interventions peu efficiente.

3. Atouts, Faiblesses, Opportunités, Menances (AFOM)

Atouts :

• Une offre abondante et variée en formations et en actions d’insertion

socioprofessionnelle pour adultes, notamment pour les personnes les plus

éloignées de l’emploi.

• La spécificité de certaines offres dédiées à des publics particuliers (PE ou

POE – Femmes – Personnes avec handicap).

• La grande disparité des offres répondant aux différents niveaux de besoin :

de la resocialisation à la mise à l’emploi, en passant par les apprentissages

de base et les formations métiers.

• La couverture géographique de l’ensemble du territoire liégeois.

• Les différents lieux de concertation et les réseaux déjà existants.

• Les pratiques collaboratives intra-sectorielles entre les services publics et le

secteur associatif.

• La connaissance des secteurs d’activités professionnels présents sur le

territoire, de leurs pratiques et de leurs besoins.

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Faiblesses :

• Le manque de visibilité de la globalité des offres et de leurs caractéristiques,

pour les usagers, pour les services d’accompagnement.

• Le manque de places dans certaines filières ISP.

• L’inadéquation d’offres d’insertion et de formation avec les opportunités

d’emploi locales, les métiers dits en pénurie ou émergeants.

• Le contexte socio-économique favorisant la mise en concurrence des

services plutôt que la recherche de complémentarité et de coopération.

• La mouvance du marché de la formation due aux différents dispositifs

d’appels à projets non-récurrents.

• Le manque de pratiques collaboratives entre le secteur de l’ISP et les

secteurs de l’enseignement et de la jeunesse.

• La faiblesse de l’offre locale d’emplois peu qualifiés.

• Le peu de pratiques collaboratives entre le secteur de l’ISP et le monde de

l’entreprise qui reste méfiant (manque de connaissance, d’intérêt et de

confiance).

• La complexité des situations sociales et administratives des bénéficiaires.

La grande majorité des usagers rencontrent de multiples problèmes

auxquels il faut trouver des solutions. La focalisation exclusive sur l’insertion

socioprofessionnelle s’avère difficile ou impossible si les problèmes

administratifs, de santé ou de logements ne trouvent pas de réponse.

Opportunités :

• Centraliser et harmoniser la diffusion la plus complète possible des offres

en ISP, des places disponibles, des conditions d’éligibilité.

• Rendre l’offre ISP liégeoise transparente, accessible au plus grand nombre,

complète et à jour.

• Construire un continuum entre les actions « jeunesse », l’enseignement

technique, professionnel et spécialisé, et le secteur de l’ISP. Eviter les

ruptures de parcours, prévenir les abandons.

• Renforcer les liens entre les différents acteurs de l’ISP. Favoriser les

pratiques collaboratives.

• Organiser et fluidifier la diffusion de leurs actions vers les sphères scolaires,

de la jeunesse, des entreprises. Susciter les synergies.

• Soutenir le décloisonnement, le réseautage et le développement

d’accompagnements pluridisciplinaires des personnes les plus fragilisées.

Travailler en collaboration avec les acteurs des différents axes PCS

notamment.

• Consolider les réseaux existants pour opérationnaliser les différents

objectifs communs.

• Rechercher d’autres formes d’insertion acceptables qui donneraient à un

public en marge des dispositifs existants une reconnaissance et un

sentiment d’utilité et d’inclusion.

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Menaces :

• La multiplication des sources d’information, ajoutant une couche

supplémentaire sans atteindre l’objectif de centralisation et l’harmonisation

de l’information et de la communication sur les offres en ISP.

• La rapide obsolescence de ce type d’outil de communication, le manque de

fiabilité des informations si elles ne sont pas mises à jour fréquemment.

• Le poids d’une volonté politique communale face aux différents cadres

législatifs qui régissent les services et associations (manque de latitude,

obligation décrétale, dépendance financière).

• L’influence que peut exercer un secteur lui-même déstabilisé face au monde

du travail, le manque de crédibilité et d’opportunité.

• Comme dans tout dispositif d’insertion, la tendance à favoriser

l’accompagnement des plus employables, au détriment des personnes plus

fragilisées, l’obligation de résultat étant de plus en plus pressante.

• La difficulté à insuffler une volonté commune de collaborer et de créer une

méthodologie partagée avec des secteurs qui se fréquentent peu (Jeunesse

– ISP – Entreprises).

4. Cadre logique avec 5 objectifs partagés

1. Avoir une meilleure connaissance et maîtrise exhaustive, de l’offre de

services mise à jour, disponible et accessible

La particularité de Liège est de disposer d’une des meilleures offres sur le territoire

wallon. La densité et la diversité de celle-ci n’est pas toujours visible.

L’instance Bassin Enseignement Formation Emploi dispose d’une cartographie de

l’offre des services et dispositifs existants.

Le FOREM a développé l’outil FORMAPass qui répertorie la majorité des offres de

formations disponibles en Wallonie. Il ne répond pas entièrement au besoin local

identifié par le PCS (identifier les places disponibles en formation pour les acteurs de

la formation de la zone couverte par le PCS de Liège, rendre l’outil plus facile

d’utilisation : trouver une formation qui coïncide avec une entrée en formation) et son

développement ne peut être envisagé en ce sens. Le CALIF fait aussi ce travail de

diffusion des offres disponibles. Le SPW a développé un portail pour toutes les offres

FLE.

Il faut clarifier les besoins des travailleurs sociaux de première ligne et des usagers.

Le problème ne serait pas de savoir ce qui existe mais de savoir ce qui est clairement

disponible et accessible selon le profil des personnes.

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Certaines formations seraient systématiquement complètes tandis que d’autres peu

fréquentées.

Quand l’offre est bien structurée, on la trouve facilement, mais la structuration est fort

variable selon les sous-secteurs.

La notion de « zone, offre tampon » a été proposée. Moment de l’entre-deux, avant

une entrée en formation, par exemple.

Développer un outil digital collaboratif de type plateforme pose la question de la mise

à jour régulière par les opérateurs.

Quels sont les opérateurs qui devraient piloter cette mission de centralisation et de

diffusion de l’offre, et qui pourrait y contribuer ? Tout le monde est d’accord pour dire

qu’un portail digital serait approprié.

2. Assurer l’orientation la plus adéquate possible avec une prise en charge,

un accompagnement effectif des personnes

La simple orientation des usagers vers d’autres services se traduit trop souvent par

une prise en charge non effective de l’usager. Une des raisons identifiée par le groupe

est l’absence d’une offre de service individualisé qui répondrait aux besoins de la

personne.

Guichet unique multi-services spécialisé par public (Jeunes, sans-abri, migrants…)

pourrait constituer une réponse à ce problème.

3. Adopter une démarche préventive par rapport aux jeunes en difficulté

pour éviter leur décrochage scolaire et une exclusion sociale

Les rencontres organisées par l’Instance bassin EFE de Liège en 2017 ont permis le

contact entre les opérateurs ISP et ceux du social et de la jeunesse. Des pistes

d’actions pour une approche intégrée en réseau ont été identifiées.

Réflexion sur la difficulté d’orienter les jeunes qui ont des parcours discontinus.

L’expérience de DUO for a JOB montre que l’accompagnement individualisé porte

ses fruits. Il faut réfléchir aux outils spécifiques.

DUO for a JOB travaille spécifiquement avec un public de jeunes issus de l’immigration. La

méthodologie mise en place, le mentorat, peut aussi être porteur avec l’ensemble du public jeune en

recherche d’emploi ou de formation.

Constat : Un accès à l’information peu aisé, et des structures et procédures complexes

nécessitent un accompagnement individualisé.

En effet, face à des structures et prescrits administratifs multiples et complexes, les jeunes ne savent

pas toujours naviguer dans le système de manière autonome. Or, les conséquences du manque de

compréhension des informations et dispositifs mis à leur disposition peuvent conduire à du

découragement et à un engrenage aux conséquences potentiellement graves en termes d’exclusion

et de non-droits. Les principales diffcultés relevées sont :

• ► Le manque d’information adéquate par rapport aux besoins du jeune, le flux d’information

élevé (et pas toujours pertinent) ainsi que le manque d’utilisation des canaux adéquats.

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• ► La barrière de la langue : l’information n’est souvent disponible qu’en français et/ou

néerlandais ; les structures n’offrent pas ou trop peu d’interprétariat ou d’accompagnement

par un médiateur culturel ; le langage est peu vulgarisé et souvent ponctué de jargon.

• ► La complexité des structures et des démarches à effectuer : la multiplication des

interlocuteurs ; les problèmes d’accès liés aux procédures d’inscription, de prise de rendezvous,

ou à la qualité de l’accueil ; la capacité limitée de référencement des structures

institutionnelles.

En rendant l’information intelligible, un suivi personnalisé entre le mentor et le jeune, permet

de comprendre les services proposés, les conditions et procédures d’accès et, sur cette base,

de faire des choix éclairés. Travaillant sur le principe de réseau et de complémentarité, les

jeunes sont également accompagnés vers les institutions et associations compétentes,

contribuant ainsi à améliorer l’accès aux services existants et à en garantir une utilisation

adéquate. L’approche humaine du mentor et à l’écoute des besoins des jeunes sont la base

de ce type d’approche.

4. Construire des liens entre le monde des entreprises et le monde de

l’insertion socioprofessionnelle

Différentes tentatives de favoriser les liens entre les deux mondes n’étaient pas très

concluantes.

Les expériences comme le café de l’emploi se sont soldées par peu d’engagement

effectif des personnes.

Les Job day’s organisés par le FOREM constituent une tentative intéressante. A

multiplier ? Par Secteurs ?

Le bourgmestre pourrait organiser une rencontre avec les grandes entreprises de la

commune pour réfléchir à des ponts à construire entre les deux mondes. Reprendre

contact avec BEFACE en changeant de formule ?

5. Assurer l’insertion durable des personnes faiblement qualifiées et

« sans »

Beaucoup d’usagers sont de plus en plus éloignés de l’emploi parce qu’ils cumulent

de multiples problèmes qui sont interdépendants. La faiblesse des moyens

d’existence pour vivre se traduit souvent par des difficultés de se loger dignement à

un prix acceptable dans un logement salubre, et par des problèmes de santé.

Les services publics et associations utilisent l’article 60 comme substitut d’un salarié

à défaut d’avoir des ressources suffisantes, ce qui se traduit par des exigences de

plus en plus importantes au niveau du recrutement.

Le GT ISP et SM du CALIF a identifié les besoins des usagers et fait les constats

suivants :

- L’activation, l’emploi ne peut être la priorité quand les besoins élémentaires

(manger, se loger, se soigner…) ne sont pas couverts.

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- Les usagers se sentent « dégoûtés » par le système. L’offre de formation ou

d’emploi ne répond pas à leur capacité.

- L’angoisse et le stress des usagers augmentent. Les injonctions

administratives se multiplient et ils doivent accomplir beaucoup de démarches

pour éviter la perte de leurs droits.

Certains usagers préfèrent sortir du système que de continuer à le subir : NEETs,

exclusions du chômage et moins de 40% recours au CPAS. Question d’information

sur leurs droits et attitude des institutions.

Face à ces constats, ne faut-il pas construire des parcours atypiques où l’insertion

est combinée avec des soins continus (Lien à construire avec le GT Santé) ?

Trouver un logement salubre à un prix acceptable constitue un préalable à une

insertion socioprofessionnelle durable. Le premier problème identifié par le service

social du Monde des Possible constitue le logement. Le budget disponible ne

permet pas de trouver de logement.

Les politiques actuelles focalisent tout sur l’emploi alors que d’autres problèmes se

posent.

L’offre de formation est souvent trop standardisée et manque de flexibilité pour

répondre aux besoins des usagers. Il faut une certaine créativité et miser sur

l’innovation sociale.

Le développement d’une activité d’indépendant par certains usagers du CPAS s’est

soldé, dans la majorité des cas, par une situation catastrophique (endettement).

Si l’économie sociale est une piste intéressante pour ce public, on observe que le

secteur fonctionne actuellement sur base de normes de gestion (efficacité,

efficience) qui laissent peu de places à des personnes précarisées.

La commune pourrait développer les métiers qui nécessitent peu de qualification

(propreté, jardinier, agent d’accueil). Mais la logique de performance conduit au

niveau du recrutement de privilégier les personnes surqualifiées pour le poste.

Une autre piste est la validation des compétences de personnes faiblement

qualifiées. Les dispositifs actuels nécessitent une maîtrise suffisante de la langue

« métiers ». L’individualisation des parcours doit se traduire par une réflexion sur

la transférabilité des compétences d’un métier à l’autre.

Si l’on pouvait garantir plus de place dans les crèches pour les femmes qui sont

prêtes à travailler, on augmenterait significativement leur taux d’emploi.

Les « sans » : sans-abri, sans-papiers, constituent les plus précaires parmi les

précaires. Il faut sortir de l’urgence et avoir une stratégie d’insertion spécifique pour

ces publics (Projet Solidify).

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5. Pistes d’actions dont la faisabilité est à étudier

Instance Bassin EFE de Liège

Avec les demandes du secteur ISP relayées au sein du GT du PCS, l’IBEFE propose

de voir de quelle manière elle pourrait mettre en place un outil qui se baserait sur la

cartographie déjà existante de son site Internet, en incorporant le partage

d’informations. Il faudrait principalement que celle-ci intègre : 1° la cartographie des

lieux de formation ; 2° le nombre de places disponibles au sein des formations

(information à rafraîchir régulièrement, voire quotidiennement par les opérateurs) 3° le

partage d’informations, de réseautage et d’agenda partagé. Cette plateforme serait,

prioritairement, destinée à l’usage des professionnels de l’ISP, de la formation et de

l’enseignement ; sans toutefois exclure quiconque qui souhaiterait y trouver une

information. Lors de la réunion du GT ISP du 18/03, il a été évoqué de former un GT

pour fixer les objectifs de cette plateforme de travail. L’idée de collaboration est, bien

entendu, la bienvenue pour la création de la plateforme.

CPAS de Liège – Réinser

La mission principale du CPAS est de permettre à chacun de vivre une vie conforme

à la dignité humaine.

Depuis 2002, le rôle du CPAS en matière d'insertion a évolué, le CPAS étant tenu

d'accompagner de manière concrète les bénéficiaires tout au long de leur parcours

d'intégration sociale et ce afin de leur permettre de réintégrer, dans la mesure du

possible, le monde du travail.

Le public du CPAS ayant également évolué, il nous paraît indispensable d'adapter

notre méthodologie en fonction des situations vécues par nos bénéficiaires.

En effet, les personnes les plus fragilisées rencontrent de nombreux obstacles dans

leur parcours d'insertion, les démarches nécessaires pour accéder à un emploi ou une

formation se complexifient et demandent de plus en plus d'habiletés.

Réinser propose de mettre en œuvre une action spécifique en faveur des publics les

plus fragilisés, à savoir les jeunes migrants et les sans-abris installés depuis peu dans

la précarité.

Un accompagnement individuel spécifique et intensif sera proposé aux personnes

orientées directement par le SADA et la Cellule SDF.

Réinser jouera un rôle facilitateur et, au terme de la réalisation d'un bilan

socioprofessionnel, aidera les bénéficiaires à définir un projet professionnel concret et

réaliste (recherche de formation, reprise d'études, recherche active d'emploi).

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Réinser accompagnera les bénéficiaires tout au long de leurs démarches afin de lever

les différents freins qu'ils pourraient rencontrer dans leur parcours.

Des actions collectives seront également organisées afin de permettre au public visé

de bénéficier d'informations concrètes sur les différentes formations proposées et les

métiers.

Ces actions collectives auront pour objectif de les confronter à la réalité du monde du

travail. L'accent sera également mis sur le travail en réseau qu'il soit interne ou externe

et qui apportera une plus-value certaine à l'action menée.

Enfin, Réinser propose de développer et renforcer les partenariats avec les entreprises

privées et ainsi augmenter les possibilités de mise à l'emploi de nos bénéficiaires dans

le secteur privé.

En étant en contact régulier avec les employeurs potentiels, nous serons plus à même

d'identifier les besoins des entreprises et les mettre en relations avec les profils de nos

bénéficiaires.

Nos propositions répondent aux objectifs 1, 2, 3 et 4.

CPAS de Liège - SADA

Les personnes quittant le réseau d'accueil suite à l'acquisition d'un statut de séjour et

s'installant à Liège sont essentiellement des jeunes adultes avec des retards de

scolarité, sans diplôme ou compétences directement valorisables sur le marché de

l'emploi en Belgique. Nous constatons que ce public est très difficile à mobiliser et

nécessite un accompagnement adapté.

Le service proposera un coaching individualisé socio-professionnel intensif pour le

public migrant, et ce, dès l'acquisition d'un statut de séjour.

Après avoir réalisé un bilan social où seront identifiées les forces et les faiblesses de

la personne, un accompagnement individuel sera proposé afin de soutenir les

bénéficiaires dans la réalisation de démarches préalables à l'insertion. Il sera

également proposé de réaliser un test de positionnement en français et un bilan de

compétences sociales et professionnelles.

Des séances d'informations collectives sur les différentes filières d'insertion socioprofessionnelle

seront également présentées en partenariat avec le service Réinser

du CPAS.

Au terme du bilan socioprofessionnel, une orientation sera suggérée vers les

opérateurs d'insertion adaptés en fonction des profils et disposant effectivement de

places disponibles (ALPHA/FLE, préformation, français orienté métier, remise à niveau

spécifique, formation qualifiante, etc.).

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Un suivi des migrants sera également proposé en cours de formation (contacts et

entretiens individuels) pour prévenir les éventuels décrochages.

Une collaboration sera mise en place avec les filières d'aide à l'accompagnement à

l'emploi et notamment Réinser, les services de validation de compétences, mentorat,

parrainage et tutorat.

Nos propositions répondent aux objectifs 1, 2, 3 et 4.

CPAS de liège – Cellule SDF

Le public sans-abri est un public marginalisé, très souvent exclu des circuits d'insertion

socioprofessionnels. Nous constatons également l'évolution du nombre de jeunes qui

se retrouvent sans-abri.

Nous estimons que des actions peuvent toutefois être menées pour le public sans-abri

installé récemment dans cette précarité.

L'objectif sera d'accrocher les bénéficiaires et de les intégrer dans un projet plus large

que celui de la recherche d'un logement.

Au terme d'un bilan social réalisé avec le bénéficiaire, un accompagnement spécifique

sera proposé pour permettre aux bénéficiaires de réaliser toutes les démarches

préalables à l'insertion (document d'identité, adresse de référence, démarches liées

au logement etc).

Au terme de ce bilan, où seront identifiées les faiblesses mais également les forces de

chaque bénéficiaire, une orientation sera proposée vers les opérateurs d'insertion

adaptés.

Les personnes disposant d'un bagage professionnel seront orientées vers Réinser afin

qu'elles puissent être accompagnée dans leur recherche de formation et/ou d'emploi.

Nos propositions répondent aux objectifs 1, 2, 3 et 4

FOREM

La première priorité du FOREM est de pérenniser les Relais de l’emploi de Liège à

Ste-Marguerite, à St-Léonard et à Droixhe. L’enjeu est de renforcer le partenariat entre

la Ville de Liège, le CPAS et le FOREM sur ces trois sites, en matière

d’accompagnement et coaching des demandeurs d’emploi, et de favoriser l’insertion

durable des usagers en fin de contrat Article 60 et 61.

La seconde priorité du FOREM est de contribuer, avec l’Instance Bassin en partenariat

avec la Ville de Liège, à la mise en place d’un lieu d’accueil multi-services pour jeunes

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en difficulté. Il peut aider au montage du projet et étudier la faisabilité et la

pertinence de décentraliser certains de ses services dans ce lieu.

La troisième priorité du FOREM est de contribuer à la mise en place d’un lieu d’accueil

multi-services pour migrants, place Xavier Neujean. Un partenariat équilibré est à

négocier entre les opérateurs du projet. L’appel à projets primo-arrivant se poursuit et

permettra le renforcement des opérateurs de terrain.

La création de la Cité des Métiers permettra, à terme, de répondre au besoin

d’information et d’orientation adéquat des demandeurs d’emploi. L’organisation

d’événements facilitant la rencontre entre opérateurs, demandeurs d’emploi et

entreprises est à étudier au cas par cas.

CRIPEL

Le CRIPEL, en charge du parcours d’intégration, propose également, à toute personne

étrangère ou d’origine étrangère en demande, un accompagnement individualisé, tout

au long de son parcours d’insertion socioprofessionnelle. Le public concerné

comprend différents profils de personnes (travailleurs, chômeurs, étudiants, citoyens

européens, etc.), dont la demande en matière d’ISP ne trouve généralement pas

d’issue dans les organismes d’insertion socioprofessionnelle classique. Le public

étranger ou d’origine étrangère est confronté à des freins supplémentaires telles que

la discrimination, l’équivalence de diplôme, la connaissance de la langue, etc.

Concernant le FLE, trois défis sont à relever pour le CRIPEL et ses partenaires ILI :

assurer la bonne orientation, continuer à développer une offre adéquate et évaluer

l’acquis des compétences pour permettre l’insertion socioprofessionnelle. Pour

répondre à ces défis, l’objectif est de mettre en place un guichet unique pour

l’apprentissage de la langue, en partenariat avec le CPAS, le FOREM, les ILI et les

CISP (FLE/Métier).

Le service Diversité du CRIPEL, par ses activités de sensibilisation et d’information,

permet lui aussi de contribuer à intégrer professionnellement des personnes

étrangères ou d’origine étrangère et à gérer l’interculturalité dans l’entreprise.

Création d’un lieu multi-services pour migrants place Xavier Neujean

La redéfinition des missions entre le Relais santé et le SADA pose aujourd’hui la

question de la pertinence du nom du second service. Si son orientation comme

dispositif d’insertion des migrants se confirme, cela devrait se traduire par un

renforcement du partenariat entre le SADA, le CRIPEL et le FOREM. La création d’un

guichet unique, situé dans un même lieu, mérite d’être étudiée.

Le nouveau décret relatif au parcours d’intégration permettra d’intensifier les cours de

FLE (de 100 à 300). Trois défis sont à relever pour le CRIPEL et ses partenaires ILI :

assurer la bonne orientation, développer une offre adéquate et évaluer l’acquis des

compétences pour permettre l’insertion socioprofessionnelle.

16


Ville de Liège

Création d’un lieu multi-service pour jeunes en difficulté

Les rencontres organisées en 2017 par l’Instance Bassin « Enseignement qualifiant,

Emploi, Formation » montrent la pertinence de développer de nouvelles initiatives en

matière des jeunes en difficulté, reprise à l’échelle européenne par l’acronyme NEETS.

L’extension des missions du Centre J par la mise en place d’un service

d’accompagnement multi-acteurs sur base du modèle finlandais pourrait constituer

une opportunité pour l’équipe de « l’antenne Jeunesse » et service Appui 0-18 du

CPAS de Liège.

CALIF

DANS LE CADRE DES OBJECTIFS DEFINIS EN GROUPE DE TRAVAIL AXE ISP :

1. Avoir une meilleure connaissance et maîtrise exhaustive, de l’offre de services mise

à jour, disponible et accessible

Travaillant depuis 8 ans sur l’information et la diffusion de l’offre de formation du

secteur ISP dans le bassin liégeois, CALIF s’inscrit dans l’objectif 1.

Nos propositions d’actions :

1. Récolter, au sein de nos membres, et diffuser le plus largement possible, les offres

de formation de base ou professionnalisante, d’orientation, de développement

personnel et d’insertion sociale ou professionnelle. Les diffuser, organiser les mises à

jours.

2. En collaboration avec des services existants (IBEFE, CEFO, CRIPEL), concevoir

une plateforme accessible à tout service en charge d’une orientation en ISP, pour les

publics les plus éloignés de l’emploi.

3. Y intégrer les actions ISP non-récurrentes de nos membres tels que les appels à

projet FOREM – FSE – ILI – toute autre forme de subventionnement.

2. Assurer l’orientation la plus adéquate possible, avec une prise en charge, un

accompagnement effectif des personnes.

Dans la continuité du 1er objectif, nous comptons participer à la réalisation du second

objectif en sollicitant au sein de nos réseaux tout opérateur en charge de l’orientation

individuelle ou collective pour prendre une part active dans la construction d’un

dispositif efficient :

* Recenser les services et leur mode de prise en charge qui collaborent déjà avec

notre secteur, tels que services de santé mentale, SIS, CRF, APL,

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* Participer à la construction d’un guichet unique multi-services,

* Collaborer plus intensivement avec des partenaires œuvrant dans le même sens,

tels que le CASS, le Réseau ISP et santé mentale,

3. Adopter une démarche préventive par rapport aux jeunes en difficulté pour éviter

leur décrochage scolaire et exclusion sociale.

Nous collaborons déjà en ce sens avec plusieurs acteurs du secteur de la jeunesse,

centre PMS d’écoles professionnelles, CEFA, porteurs de projets NEETS. Convaincus

de l’utilité de renforcer les liens entre l’accompagnement des jeunes et le monde de

l’ISP nous souhaitons :

* Créer et dispenser des modules d’information, de sensibilisation et d’orientation vers

les formations professionnalisantes de notre secteur, porteuses d’emploi. Impliquer

dans la démarche différents établissements scolaires, professionnels, CEFA,

spécialisés ou différenciés. L’action sera menée avec les opérateurs membres,

sensibles à la question ou déjà porteurs de projets NEETS.

* Intensifier les actions de sensibilisation et d’information auprès des jeunes en fin de

parcours scolaire ou en phase de décrochage pour éviter les ruptures de parcours

avec les acteurs de la jeunesse présents sur le territoire liégeois.

* Participer aux travaux déjà menés sur Liège et portés par le monde de

l’enseignement, l’IBEFE, le FOREM, la fédération des maisons de jeunes.

4. Assurer l’insertion durable des personnes faiblement qualifiées et « sans »

Les 2 réseaux ISP et santé mentale, et Articulation entre les filières français et les

filières métiers pilotés par CALIF poursuivent le même objectif. Les constats actuels

confirment qu’il faut poursuivre et intensifier la mise en place de parcours ISP

atypiques pour les personnes les plus éloignées de l’emploi :

* Augmenter le nombre de parcours d’insertion concomitants avec des services

experts sur des champs d’action distincts et complémentaires. Utiliser et renforcer les

réseaux de partenaires.

* En lien avec l’objectif 2, Intensifier les dispositifs de tuilage : un accompagnement

concerté, coconstruit avec l’usager, avec des ressources nettement définies, dont

l’objectif est clairement énoncé, en assurant une continuité temporelle. S’appuyer sur

le modèle du PSI (Plan Stratégique d’Intervention).

* Modéliser et disséminer le dispositif « Peer-to-peer training », reposant sur le

témoignage par les pairs.

18


Le Monde des Possibles

Proposition en priorité 4 : construire des liens entre le monde des entreprises et le

monde de l’insertion socioprofessionnelle.

Les structures d’économie sociale et solidaire peuvent constituer une opportunité pour

les personnes migrantes d’accéder à un emploi de qualité. Soulignons aussi leur haut

potentiel dans la mobilisation des diasporas locales, nombreuses à Liège, dans la

recherche de solutions d’inclusion (logement, santé, formations, emploi,…) que

requièrent les personnes migrantes dans les différentes temporalités de leur parcours

(demandeurs d’asile, réfugiés,….).

Pistes de développement pour l’économie sociale à Liège comme vecteur d’insertion :

1. apporter des preuves empiriques fortes pour influencer et convaincre les décideurs

locaux de développer des activités d’ESS dans le cadre de l’intégration des migrants.

Créer un cadre favorable au développement d’un écosystème en ce sens.

2. Proposer une charte pour renforcer les liens entre autorités publiques et entreprises.

3. Promouvoir la RSE (responsabilité sociale des entreprises) dans la prise en charge

de l’intégration des migrants.

4. Décloisonner comme dans le privé, public et associatif, et mutualiser les

compétences, volontés, moyens.

5. Promotion de partenariats public-privé pour le cofinancement de projets d’ISP des

personnes migrantes, sensibilité à la « plus-value » sociale des projets.

6. Accompagnement de ces initiatives en attribuant des mandats, accès aux marchés

publics ; sensibilisation à l’ESS dans l’attribution des marchés publics (intégration des

clauses sociales dans les cahiers des charges par exemple).

7. Soutiens aux formations spécifiques sur l’ESS auprès des publics accompagnés en

PCS. Ex : capacité à répondre aux pouvoirs adjudicateurs, droits syndicaux.

8. Constitution d’un point d’information sur l’innovation sociale, plateforme

collaborative entre syndicats, associations, citoyens, entreprises. Soutien à

l’identification des besoins du territoire liégeois et à l’articulation des dispositifs

existants orientés incubateurs d’ESS.

Concrètement, Le Monde des Possibles ASBL développe en ce sens 2 initiatives

d’économie sociale :

* Univerbal : Service d’interprétariat en milieu social - Projet d’économie sociale

autogéré par les personnes migrantes et développement d’un service d’interprétation

en milieu social. https://projetuniverbal.wordpress.com

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* Sirius : Ecole de codage - Nous visons la création d’une coopérative numérique avec

les compétences IT de pointe (HTML5/CSS3, Javascript, PHP, etc.) développées par

les personnes d’origine étrangère. http://sirius.possibles.org

Voir aussi Extrait du colloque sur l’ESS et inclusion des personnes migrantes

http://www.possibles.org/wp-content/uploads/2019/01/Actes-colloque-mobilitécompétences-001.pdf

Duo for a job

DUO for a JOB crée des duos entre des jeunes liégeois de 18 à 33 ans, issus de

l'immigration et connaissant des difficultés d'accès au marché de l'emploi, avec des

personnes de plus de 50 ans, expérimentées dans le secteur recherché, afin qu'elles

aident, soutiennent et accompagnent ces jeunes dans leur projet professionnel.

Au-dede la recherche d'emploi, nous visons à revaloriser ceux dont l'expérience

n'est pas ou n’est plus plus reconnue, cherchons à faire se rencontrer des citoyens

qu'à priori rien ne rapproche, travaillons à créer des ponts et de la cohésion dans notre

ville de Liège.

Le projet de DUO for a JOB répond à plusieurs objectifs établi dans le diagnostic ISP

du Plan de Cohésion sociale:

- Nous intégrons les jeunes sur le marché de l'emploi et de la formation de manière

durable, tout en faisant évoluer de manière significative le travail en réseau et en y

intégrant des citoyens et des entreprises partenaires de la Province de Liège. (Objectif

4/5).

- Nous offrons un suivi personnalisé au jeune en tenant compte de ses réalités et de

ses difficultés, 2h par semaine durant 6 mois, avec un mentor provenant d'un secteur

d'activité adapté à son projet professionnel (Objectif 2).

- Enfin, cet accompagnement permet également de lever le désarroi face au flux

d'information, au manque de connaissance du marché de l'emploi et de l'offre de

formation adapté au profil du jeune.

Lors des rencontres hebdomadaires, le mentor veille à transmettre toutes les

informations utiles aux jeunes (Objectif 1).

Opérationnelle depuis 2 ans à Liège, DUO a déjà recruté plus de 100 mentors, créé

plus de 160 duos et 73% des jeunes participants ont trouvé une solution positive (CDI,

CDD, stage, formation) dans les 6 mois suivant leur accompagnement.

Cap migrants

Cap Migrants se situe dans l’axe ISP, avec un public spécifique et particulièrement

éloigné de l’emploi, en ce sens qu’il s’agit d’un public de migrants, pour certains primo-

20


arrivants ou liés à des conditions de séjour contraignantes et parfois très complexes,

avec un profil souvent peu scolarisé, peu formé.

Nous connaissons ce public et nous avons une expérience de travail avec ces

personnes quant à leur parcours, leur séjour, leurs représentations, etc. (droits,

devoirs, besoins, difficultés, forces).

Notre volonté est de poursuivre notre travail d’accompagnement (individuel et/ou

collectif), de favoriser le contact de notre public avec l’extérieur (employeurs potentiels,

réseautage divers) et de participer ainsi au processus d’intégration de la personne,

mais aussi à la construction d’une cohésion sociale au travers de l’échange et de la

collaboration.

Les objectifs poursuivis avec le public :

- Déconstruire leur représentation du monde du travail en Belgique -

particulièrement dans notre région et les accompagner à faire le deuil si

nécessaire de leurs propres expériences ou formations.

- Construire un projet professionnel en lien avec la réalité de chacun (capacité à

entrer ou non dans un processus de formation, et/ou de recherche d’emploi) et

en lien avec la réalité du marché du travail dans la région liégeoise.

- Mettre en relation ces personnes entre elles au travers d’ateliers collectifs,

basés sur des demandes similaires (rédaction d’un CV, recherche d’une

formation dans un domaine précis, maniement de l’outil informatique, de la

recherche sur Internet, organisation de la recherche d’emploi, etc.).

- Mettre en relation ces personnes vers l’extérieur avec des PME ou petites

entreprises (coopératives, ETA, CISP, etc.) qui pourraient accueillir ces

personnes en stage, voire plus (ex. Visite des Ateliers Du Monceau, mars 2019

avec une petite vingtaine de personnes).

- Assurer, au travers des autres activités et projets de Cap Migrants, un

continuum - entre le jeune migrant et son rapport à l’école, à la famille, à la

formation, - entre le jeune adulte et son rapport à la formation, à l’emploi, et

l’adulte, parent ou pas qui cherche un emploi /une formation.

Cet axe de travail s’inscrit dans un suivi et un accompagnement de personnes et

familles qui se veut « intégré ». L’axe ISP fait partie d’un travail social plus large mené

au sein de l’association. Il concerne à la fois des adultes et des jeunes adultes, voire

des enfants et adolescents arrivés par regroupement familial. Nous avons un public

18-25 ans relativement nombreux au regard des dossiers traités et ouverts au sein de

notre service. Des adolescents et jeunes adultes au sein des familles suivies chez Cap

Migrants peuvent bénéficier d’un accompagnement concernant leur scolarité

(décrochage, adaptation, adéquation, etc. école-formation-jeune), ou par rapport à une

recherche de formation (professionnalisante), ou pour la recherche d’un job d’étudiant,

ou pour la recherche d’un emploi.

- Collaborations :

Ville de Liège (CPAS, SADA, Reinser, autres services) – Duo For a Job. Mais aussi le

Forem ou d’autres organisations liégeoises ayant des activités ISP.

21


Live in color

L'objectif premier de cette action est de développer un réseau de partenaires

employeurs solidaires. Pour cela, nous comptons aller à la rencontre des entreprises

potentielles identifiées comme en recrutement ou en pénurie. Une approche pro active

sera mise en place qui combinera : une communication ciblée vers la direction des

ressources humaines et la direction générale (développement de supports divers),

une prise de rendez-vous et l'organisation de séance d'information à destination des

DRH en vue d'une présentation de notre programme et méthodologie. Une fois

l'employeur informé et convaincu, nous établissons avec celui-ci une convention

reprenant le rôle et devoirs de chacuns (Live in Color, le bénéficiaire, l'employeur) afin

d'accompagner au mieux l'insertion du réfugié dans le milieu de l'entreprise et de

sensibiliser l'employeur à la notion culturelle et à l'approche pédagogique à mettre en

place. Nous accompagnons les 2 parties dans leurs démarches administratives et

favorisons une approche interculturelle. Un suivi rigoureux est mis en place au travers

de réunions hebdomadaires puis mensuelles avec l'employeur et le bénéficiaire. Notre

objectif est d'assurer un suivi de qualité afin de pérenniser la relation

employeur/employé et déboucher sur un emploi à long-terme.

Article 23

Article 23 souhaite porter une action transversale aux trois axes prioritaires du PCS :

santé – insertion – logement.

Public cible : personnes en grande précarité.

Prenons les exemples de Housing First découverts à Marseille, Paris et Montréal (nous

nous sommes rendus sur place et avons rencontrés les équipes, les usagers, les

coordinateurs nationaux...).

Visions : Organisation du réseau d’aide et de soins autour de la personne au départ

de l’assise logement.

Dans les expériences rencontrées, très vite des actions d’insertion (professionnelles

ou autres) sont enclenchées parce qu’elles sont porteuses de matériel pour ancrer les

personnes dans une stabilité et dans une perspective de futur.

Eléments moteurs, mobilisateur, de stabilisation.

On est dans l’idée que l’insertion n’est pas un luxe, une finalité, mais un incitant, un

dynamisant,….mobilisateur.

Sur le territoire liégeois, Revers et Article 23 sont conçus pour accepter ce public (bas

seuil, pas de prérequis…).

Expertise d’accompagnements individuels (mais aussi collectifs) de manière physique

(pas à l’intérieur des murs d’institutions) sur le territoire de la Ville de Liège.

22


Axée sur l’insertion professionnelle mais également sur l’insertion via différentes

formes de cultures : accès à la citoyenneté, sport, réappropriation de son corps, …

mais également une expertise pour utiliser l’outil-volontariat.

Expériences de partenariats avec des acteurs de logement. Pratique du tuilage et de

la mise en place de relais entre des dispositifs d’accueil vers des dispositifs de prise

en charge globale et de long terme (comme les services médico-psycho-sociaux du

territoire avec lesquels Article 23 est conventionné).

Partenaires logement : Housing-First-Liège, Initiative d’Habitations Protégées du Club

André Baillon, Initiative d’Habitations Protégées du Siajef, Habitat Service, Fond du

Logement, ISOSL, ...

Article 23 bénéficie d’un réseau de partenaires médico-psycho-sociaux conventionnés

(ou en cours de conventionnement) dont ISOSL. Services prenant en charge des

habitants du territoire de la Ville de Liège.

Forme du projet : mise en place d’agents de liaison circulant et activant le réseau

autour des personnes en démarrant une approche « logement » dans une perspective

de santé publique (versus santé mentale).

Le projet Jeunes Mineurs-Majeurs est porté par Article 23 ASBL depuis 6 années. Il

vise le public dit « NEETs » à Liège : les jeunes de 15 à 24 ans en décrochage scolaire

et qui ne sont pas inscrits dans un emploi ou une formation. L’objectif de ce projet, qui

est à la frontière des secteurs de la santé mentale et de l’emploi/formation, est de

renforcer l’action réalisée en amont par les services médico-psycho-sociaux auprès

des jeunes. Article 23 offre à ces jeunes un accompagnement, un coaching et un

soutien individuel dans le but de construire un projet de vie qui tient la route en fonction

de leurs souffrances spécifiques, tout en créant et coordonnant le réseau autour d’eux.

Concrètement, un chargé de projet accompagne les jeunes dans leurs démarches

quotidiennes d’orientation, de formation et/ou d’emploi et de stage, les aide à s’orienter

dans les offres disponibles et organise les concertations avec les services que les

jeunes fréquentent. Grâce à une expérience acquise depuis des années, ces suivis

permettent le plus souvent de stabiliser des situations parfois très difficiles et pose les

bases d’un cadre de vie permettant aux jeunes de se projeter dans l’avenir.

23


Diagnostic pour l’axe logement/hébergement

1. Elaborer une proposition concertée sur base d’un diagnostic partagé

L’objectif du groupe de travail, composé de la Ville de Liège, du CPAS de Liège, du

RSPL et des opérateurs d’hébergement et logement, était d’élaborer une proposition

concertée pour les nouveaux Plans 2020-2025 du PCS et du RSPL. Il a permis de

définir des objectifs partagés et d’élabor er des propositions d’actions concrètes.

2. Etat des lieux/Diagnostic

2.1. ISADF 2018 et indicateurs

Droit au logement : 0,53

Le prix de l’immobilier et des loyers se situent dans la moyenne wallonne.

D’autres indicateurs

Estimations de la population sans-abri

Le CPAS de Liège a octroyé 495 revenus d’intégration « de rue » en mai 2018. Parmi

les 495 mendiants identifiés en 2017 par la zone de Police de Liège, 244 sont connus

24


comme SDF. Après trois mois d’ouverture, 244 usagers, soit 81,33 % du public cible

ont fréquenté la SCMR « Såf ti ». Le Plan de prévention a identifié en janvier 2019 plus

de 30 campements sur le territoire communal. La méthode de comptage proposée

par la STRADA à Bruxelles est intéressante. Pourquoi ne pas l’introduire à Liège pour

objectiver la situation ?

Qualité du bâti

La part des bâtiments érigés après 1981 à Liège est de 6,9% contre 19,5% en Wallonie

(IWEPS, Walstat 2018).

« Le territoire communal de Liège possède la densité en habitant la plus élevée parmi

les villes FEDER (2.870 hab./km²). En comparaison, la moyenne des villes FEDER

s’élève seulement à 1.277 hab./km²…Les chiffres se rapportant au cadre bâti de Liège

sont plutôt défavorables et décrivent un bâti urbain vieillissant. D’abord, Liège possède

une part non négligeable de logements datant d’avant 1945 : 64% (la moyenne pour

les villes FEDER étant de 56%)… De plus, la production de logements y est parmi les

plus faibles en 2014-2015 avec un ratio qui s’élève seulement à 17,8

logements/10.000 hab…Toujours concernant le logement à Liège, 16% de ceux-ci

possèdent moins de 4 pièces. Ce pourcentage est élevé par rapport à la moyenne des

villes FEDER (11,4%). De plus, Liège possède le pourcentage le plus élevé de

locataires (52%) parmi les villes FEDER. Ceci n’est pas sans rappeler la part très

élevée de ménages isolés qui y résident (53,4%) : l’existence du lien entre ces 3

variables semble évidente…

La qualité du bâti est très variable entre les quartiers de la ville de Liège. On remarque,

en rouge, les quartiers dont le cadre de vie est le plus dégradé. Ceux-ci sont composés

d’un bâti ancien et peu entretenu, avec des logements plutôt inconfortables voire

même insalubres. On retrouve un bâti dégradé dans les secteurs statistiques des

quartiers de Bressoux, Amercoeur, Grivegnée, Chênée, Angleur, Jupille ainsi qu’à

Saint-Laurent et au Thier-à-Liège » (CPDT, 2018 : 93-94).

L’offre de logement public

145 logements pris en gestion par l’AIS, Liège Logement. 2.489 candidats à un

logement social à Liège. 5,8% des ménages vivent dans un logement public (IWEPS,

Walstat, 2018).

2.2. ENJEUX

L’objectif de cette section est de nommer les enjeux prioritaires sur lesquels le PCS

2020-2025 pourrait agir.

25


Difficulté d’accès au logement et maintien dans le logement pour différents

publics précarisés

La part du loyer dans le budget des ménages précarisés

A titre indicatif, sur les 100.000 logements du parc de la commune de Liège, 50% sont

mis en location. Seulement 6% du parc sont la propriété du secteur public.

Concrètement, sur les 50.000 logements mis en location, 84% le sont par des

propriétaires privés.

L’accessibilité du logement est rendue difficile par une augmentation du coût du loyer

qui a progressé de 20% depuis 2004. A Liège, malgré un coût du loyer se situant dans

la moyenne wallonne, l’accessibilité financière est rendue difficile par la précarité d’une

partie de la population. Rappelons que Liège est la commune wallonne avec le revenu

le plus bas et le nombre de bénéficiaires de la sécurité sociale le plus important

(ISADF, 2018).

Les loyers connaissent également des croissances importantes plus difficiles à

quantifier toutefois, faute de données fiables. Le tableau ci-dessous réalisé sur base

de relevés effectués par le service du logement entre 2007 et 2013 montre cette

tendance à la hausse pour les différentes catégories de logements. Les données

s’arrêtent malheureusement en 2013 mais la tendance s’est poursuivie. Les ménages

les plus précarisés et notamment les ménages d’isolés (dont le pouvoir d’achat est en

forte chute) sont directement touchés par cette situation du marché immobilier.

Loyers - prix moyens

appartement chambre kot maison studio

2007 373 € 113 € 117 € 513 € 218 €

2008 390 € 219 € 160 € 531 € 221 €

2009 403 € 151 € 144 € 473 € 211 €

2010 394 € 146 € 108 € 532 € 216 €

2011 424 € 381 € 262 € 499 € 236 €

2012 403 € 333 € 126 € 342 € 261 €

2013 520 € 266 € 313 € 673 € 397 €

Sources : relevé des annonces 2007-2013

« La croissance moyenne des loyers semble limitée. Cela contraste un peu avec une

vision catastrophique de l’évolution de l’accès au logement. Cependant, derrière cette

moyenne, se cache une divergence : les loyers élevés et ceux des grands logements

augmentent plus lentement (voire diminuent) que les loyers les moins élevés et ceux

des petits logements. L’augmentation pèse donc plus chez les publics précaires qui

ne peuvent se permettre que de louer des (petits) logements bon marché. Un dernier

élément relatif à l’évolution doit être rappelé. On ne peut pas exclure l’hypothèse que

26


les petits logements bon marché soient sous-représentés dans les données utilisées.

Si c’est le cas, comme les loyers de ces logements augmentent plus vite que ceux des

autres, la croissance des loyers observée dans ces données serait inférieure à la

croissance de la totalité des loyers » (IWEPS, 2018).

Parts propriétaires/locataires

Les ± 100.000 logements constituant le parc résidentiel liégeois (un peu plus si on se

base sur le nombre de ménages) sont occupés pratiquement à parts égales par des

propriétaires et des locataires, ce qui est une caractéristique propre des communes

urbaines (contre environ 70% de propriétaires occupants en Wallonie).

La dernière enquête SILC (2017) confirme que le risque de pauvreté monétaire d’un

locataire est de 36,4% contre 8,8% d’un propriétaire.

Subdivision du parc

Au cours des 20 dernières années, le processus de morcellement, de division de

maisons d’habitations unifamiliales sans permis s’est poursuivi. La recherche d’une

rentabilité locative optimale a encouragé un cloisonnement parfois abusif. Plus de

9.000 logements de moins de 28 m² de surface habitable (dont des kots) sont

répertoriés à ce jour par les services communaux (permis de location et taxe

communale relative aux logements de superficie réduite). Loués notamment à des

étudiants, ces petits logements (souvent collectifs) sont occupés par des personnes

précarisées, souvent isolées, mais aussi par des ménages ne trouvant pas de

logements décents et de plus grande taille à des prix abordables. Notons que de

nombreux appartements de 2 ou 3 chambres sont loués par plusieurs étudiants qui

disposent ainsi souvent d’un logement de meilleure qualité pour un prix raisonnable,

les frais étant répartis entre les locataires. Ce comportement a certainement un impact

sur la difficulté rencontrée par beaucoup de ménages pour trouver un logement adapté

à leur situation familiale.

Face à la saturation du parc public, la campagne « Devenir propriétaire solidaire »

tente de rendre le parc privé plus accessible

Plus de 2.500 personnes sont en attente d’un logement public à Liège ! Les structures

d’hébergement d’urgence ou de transit se trouvent saturés depuis plusieurs années.

L’agence immobilière sociale « Liège Logement » qui constitue l’outil principal pour

rendre le parc privé accessible à un public précarisé gère 200 logements. Il est

possible de promouvoir le développement de l’AIS.

La sortie des institutions (hôpitaux, hôpitaux psychiatriques, Aide à la Jeunesse,…) est

retardée par les difficultés d’accès à un logement dans le parc privé.

Le nombre insuffisant de services en charge de l’accompagnement social dans le

logement est observé dans différents secteurs (Action sociale, santé, logement,

accueil des migrants, aide à la jeunesse…).

27


Rendre le parc privé plus accessible au public précarisé devient une piste de solution.

Face à la crise de la solidarité, la campagne « Devenir propriétaire solidaire » se veut

un outil pour déstigmatiser les publics précarisés et refonder la solidarité au niveau

local par un travail en réseau intersectoriel.

L’insalubrité des logements d’une partie du parc

Malgré une amélioration de la situation des ménages locataires, les ménages

propriétaires bénéficient d’un niveau de salubrité plus élevé : respectivement, très bon,

pour 53% des propriétaires contre 41% des locataires selon l’enquête du CEHD de

2012-2013. Si la proportion de logements « bons» et « moyens » est presque

équivalente, 6,9% des locataires wallons vivent dans un logement dont la salubrité est

« mauvaise » ou « très mauvaise », contre un pourcentage très faible de propriétaires

qui vivent dans cette situation.

Les contrôles effectués par différents services de la Ville indiquent clairement la

mauvaise qualité d’une partie des immeubles dans les quartiers centraux et péricentraux

de Liège. La vétusté des logements concernés est directement liée à

l’ancienneté des immeubles dans certains quartiers de la ville. Plus de 25 % des

bâtiments ont été construits avant 1900 et seulement 18 % ont moins de 50 ans (36%

pour l’ensemble de l’arrondissement de Liège).

Permis de location

Depuis 1998 (mise en œuvre du permis de location), une demande de permis de

location a été introduite par les propriétaires pour 9.911 logements (6.538 dossiers) :

2.461 logements font l’objet d’un accord, 2.141 sont à renouveler et 4.273 font l’objet

d’un refus, 1.036 logements sont sortis du cadre du permis de location (fin de location,

réaménagement).

Des constats d’infraction ont été envoyés à l’administration wallonne suite à la mise

en application du décret relatif aux amendes administratives (50 constats) pour nonrespect

de la réglementation en matière de permis de location.

Le nombre de permis de location délivrés en 2018 s’élève à 323, ce qui représente

527 unités de logements (240 logements individuels, 105 logements collectifs, 39 kots

individuels et 143 kots collectifs). Le nombre de permis refusés s’élève pour la même

période à 433, ce qui correspond à 615 unités de logements (361 logements

individuels, 123 logements collectifs, 25 kots individuels, 106 kots collectifs). Les

propriétaires de ces immeubles sont invités (mise en demeure) à remettre leurs

logements en conformité.

28


Familles nombreuses

Les conclusions de l’étude du CEHD (2018) sont interpellantes :

- Comparativement aux autres familles, les familles nombreuses présentent une

situation socio-économique plus fragile en moyenne et sont exposées à des

conditions de logement plus difficiles : 38% de leur revenu est consacré aux

dépenses liées au logement.

- La sur-occupation et la qualité médiocre du logement demeurent deux

caractéristiques significatives des conditions de logements des familles

nombreuses wallonnes : 1/3 habitant dans un logement de qualité plutôt

mauvaise et ¼ en situation de sur-occupation grave.

- Dans le groupe hétérogène des familles nombreuses deux catégories à risque

sont identifiées : les familles nombreuses monoparentales et les familles très

nombreuses (+ de 5 enfants).

- Selon les résultats de l’analyse des tendances actuelles et futures des familles

nombreuses et leur logement, les experts s’accordent sur les points suivants :

une aggravation de l’accessibilité financière et une diminution, voire pénurie

grave, de l’offre de logements de qualité.

L’Aide locative du FLW à Liège a 600 familles sur sa liste d’attente.

Le sans abrisme

Le nombre de personnes vivant dans la rue est grandissant à Liège (augmentation des

campements et des personnes dormant dans les halls d’entrée des immeubles). Les

dispositifs d’hébergement d’urgence (Abris, maisons d’accueil,…) sont saturés depuis

plusieurs années.

Le taux d’occupation des deux abris liégeois est stable au cours des 15 dernières

années (entre 12.000 et 13.000 nuitées par ans). Depuis 2014, l’année d’introduction

d’un nouveau indicateur « refus » par manque de places ou non-respect ROI, on

constate une augmentation des refus entre 2017 et 2018. On passe de 2.000 à 2.500

nuitées refusées.

« L'Abri de Nuit est fréquemment confronté à différentes problématiques récurrentes

pour lesquelles très peu de solutions ont pu être trouvées (accueil et hébergement

d’un public nécessitant une prise en charge médicale, personnes âgées atteintes de

dégradations neurologiques, personnes atteintes d’un handicap mental ou physique

lourd, mineurs d’âge... » (Evaluation PCS 2014-2019, Abri de Nuit de Liège).

Les maisons d’accueil se trouvent dans l’impossibilité de trouver un logement pour

leurs usagers, ce qui oblige les usagers d’y rester plus longtemps en empêchant

l’accès de nouveaux usagers aux maisons d’accueil.

La police se montre impuissante et ne dispose pas des outils pour répondre au

problème. Déplacer les sans-abri, n’est pas une solution. Le règlement mendicité n’est

pas approprié.

29


D’autres villes étrangères comme Essen, La Haye et Utrecht ont pu réduire

significativement le sans-abrisme grâce à une approche pragmatique et ambitieuse.

La solution réside dans la création d’une offre d’hébergements et de logements

suffisante, diversifiée et adaptée aux publics en misant prioritairement sur le

développement de nouvelles équipes de Housing first.

A part une équipe housing first du RSPL, la Ville de Liège ne dispose pas de dispositif

d’hébergement ou de logement pour toxicomanes sans-abri. Ce public ne fréquente

pas les abris ou maisons d’accueil parce que la consommation de drogues y est

interdite. Le campement ou dormir dans un hall d’entrée d’immeuble devient la seule

solution. L’ouverture de la Salle de Consommation à Moindre Risques au Centre-Ville

permet une prise en charge des usagers de drogues et le début d’un parcours de soins.

Le retour en logement nécessite un accompagnement intensif sur base du modèle

Housing first qui a prouvé son efficacité à l’échelle internationale. A y regarder de plus

près, ce modèle fonctionne parce qu’il s’inscrit dans une stratégie globale de lutte

contre le sans-abrisme.

Housing first n’est pas le modèle approprié pour tous les publics.

3. SWOT

Forces

Accompagnement social et services assurés

Recherche de cohérence au niveau des pratiques (conventions, partenariats)

Opérateurs et services avec des compétences diversifiées complémentaires

Lieux de concertation et de coopération des acteurs sociaux

Lancement du projet « propriétaires solidaires » développant un mode concerté de

captage de logements

Possibilité d’assurer la formation continue des travailleurs sociaux de première

ligne

Faiblesses

Manque de logement disponibles et accessibles aux personnes précarisées

Manque de logement pour familles et familles nombreuses

Absence de moyens pour l’accompagnement social

Insalubrité d’une partie du parc

Pratiques de discrimination

Pratiques CPAS : absence de deux mois de caution, mandat révocable

30


Manque de revenus pour vivre d’une partie de la population (nombreux revenus

sous le seuil de pauvreté)

Manque de solidarité des communes voisines

Parc de logement ancien

Synergies entre secteurs à construire (ISP, Santé, logements)

Transversalité des dispositifs logement (RSPL, 107, SPW, Ville, secteur associatif).

Exemple : projet IntergG logement de la Ville de Liège alors que l’ASBL un toit deux

âges assure ce service.

Base de données intégrées en matière de logement (« HASEPRO ») : données

locataires, propriétaires et bâtiment

Manque de préparation de la sortie des institutions

Opportunités

Nouvelle législation : bail – colocation, co-logement ne veut pas dire cohabitant

Volonté de beaucoup de famille de s’installer en ville – attractivité

Déclaration de politique communale et PDU : quartiers prioritaires, équipes de

proximité, 50% investissements, schéma de développement territorial

Développement de groupes d’actions sur la problématique du logement

(Outremeuse, quartier Nord, GADL, Groupe logement Ste-Marguerite…)

Développement du concept de supervisions collectives pour les travailleurs du

réseau

Renforcement du partenariat de l’AIS Liège logement avec des opérateurs

logement qui s’engagerait à assurer l’accompagnement social

Risques

Temporalité variable de l’accompagnent social

Financement limité et répartition entre les services publics et le réseau associatif

Trop de recherches de logement dans l’urgence

Manque de prise de conscience des obligations par certains locataires

(dégradation du logement, non-paiement du loyer, conflits voisinage…) vu

l’absence d’accompagnement social suffisant (//Sinistralité)

Erosion des valeurs de solidarité

Marché du logement est favorable aux propriétaires (indépendant de la qualité du

logement, il a toujours le choix des locataires….) et la demande est beaucoup plus

forte que l’offre.

31


Faible financement de la politique de logement public alors que les besoins sont

importants dans les grandes villes.

4. Cadre logique : objectifs partagés

1. Améliorer l’accès au logement et le maintien dans le logement pour le

public précarisé

Assurer le captage de logement et la communication avec les propriétaires et

les travailleurs sociaux

Assurer une offre suffisante en matière d’accompagnement social en logement

Assurer la garantie locative de deux mois au CPAS

Améliorer l’offre de logement pour les familles nombreuses

2. Réduire le sans-abrisme

Adapter l’offre d’hébergement

Renforcer les équipes Housing first

3. Améliorer la salubrité d’une partie du parc

Travailler à la responsabilisation citoyenne d’améliorer l’état des bâtis

Informer le monde judiciaire sur les besoins d’agir en facilitateur de maintien

dans le logement

4. Renforcer le travail en réseau

Maintenir des formations et inter-visions des travailleurs sociaux

Renforcer les partenariats intersectoriels (Insertion/logement/santé) pour

duire le cloisonnement institutionnel et favoriser des parcours/trajets

d’insertion intégrés

5. Améliorer le monitoring continu de la problématique

Définir des indicateurs communs des actions

Assurer la mise à jour des données statistiques

32


5. Pistes d’actions dont la faisabilité est à étudier

Adapter l’offre des abris de nuit

CPAS de Liège - Abri de Nuit de Liège

La question d’un deuxième abri de nuit est mentionnée dans la Déclaration de

Politique Communale de la Ville de Liège.

Par contre, il nous paraîtrait intéressant de créer une structure intermédiaire entre

la rue et les abris de nuit / maisons d'accueil. Une sorte de “centre médico-social”

ayant plusieurs approches, étant en mesure de proposer un hébergement aux

personnes trop destructurées, incapables de respecter le cadre des abris de nuit

et des maisons d'accueil au vu de leurs problématiques d'assuétudes et/ou de

santé mentale lourdes. Etant en mesure également d'accueillir des lits halte soins

pour les personnes sans-abri atteintes de problèmes de santé physique.

Renforcer les liens de collaboration entre les services de première ligne,

notamment le Dispositif d'Urgence Sociale et le Relais logement afin d’augmenter

l’accès aux logements de transit d'un public en situation grande précarité, via des

appartements qui lui seraient réservés.

CPAS de Liège – Relais Logement

Dans la mesure des moyens disponibles, il nous paraîtrait intéressant :

- de renforcer le poste de coaching logement au sein du Relais logement afin de

permettre un meilleur pourcentage d'occupation des logements, d’augmenter le

turn-over en fonctionnant avec la « campagne propriétaire solidaire » ;

- d’avancer une garantie locative d’un montant équivalent à 2 mois de loyer à toute

personne demandeuse se trouvant dans les conditions pour obtenir ce type d’aide

sociale. Cette mesure serait à même de faciliter l’accès au logement ;

- de renforcer notre fonction « post-logement de transit » qui permettrait aux

personnes quittant le service de bénéficier d'un accompagnement social adapté

suite à leur installation dans un nouveau logement ;

- de lutter contre la discrimination à laquelle sont confrontés chaque jour nos

bénéficiaires dans leur recherche de logement ;

- de développer la prévention en matière d’énergie une fois les bénéficiaires

installés dans leur logement, en vue de donner toutes les chances à la personne

de se maintenir dans le logement grâce à des comportements adaptés et

responsables.

33


Renforcer l’équipe housing first du RSPL, notamment par les équipes du CLSS

RSPL/CLSS (cf ci-dessus objectifs 1-2-4 et 5) + exécution et renforcement du projet

« interface de quartier » : travail qui permet aux travailleurs d'améliorer leur technique

d'accompagnement intensif dans le logement pour un public issu directement de la

rue. Est également maintenu, l'accompagnement de 18 situations IFQ, en 2019. D'un

autre côté, l'équipe d'HF a ainsi la possibilité de concrétiser les besoins à satisfaire

pour enrichir leur équipe de travailleurs extérieurs, partenaires du RSPL (d’où

dynamisme du réseau).

Assurer la poursuite de la campagne « Devenir propriétaire solidaire » en

engageant un capteur logement.

La mise en œuvre de la campagne « Devenir propriétaire solidaire » a permis de se

rendre compte qu’il faut engager un second « capteur logement », à côté de celui du

RSPL pour assurer la gestion des offres de logement. Habitat-Service pourrait assurer

la coordination de la campagne et engager ce second capteur logement.

Engager 5 accompagnateurs en logement pour assurer le maintien dans le

logement

Nous proposons l’engagement d’un accompagnateur-trice par service : cellule écologement

CPAS, Habitat-Service, Caritas international, ISOSL, CRIPEL, pour assurer

l’accompagnement social en logement des locataires des logements proposés par la

campagne « Devenir propriétaire solidaire ».

Renforcer l’AIS Liège logement pour lui permettre de doubler durant la

législature le nombre de logements pris en gestion.

Cet engagement a été pris dans le cadre de la Déclaration de politique communale.

Les modalités concrètes pour atteindre cet objectif restent à clarifier.

Faciliter l’octroi de deux mois de garantie locative par le CPAS de Liège.

Le CPAS de Liège garantit depuis 2019 l’avance de deux mois de garantie locative sur

fonds propres.

Améliorer l’offre d’hébergement et de logement pour toxicomanes

Pour les opérateurs en charge de l’accompagnement des toxicomanes sur le territoire

deux types de réponses peuvent être apportées en matière de logement et

34


d’hébergement : le renforcement de l’équipe housing first du RSPL et la création d’un

hébergement pour des toxicomanes.

35


Diagnostic pour l’axe santé

1. Processus : élaborer une proposition concertée sur base d’un diagnostic

partagé

L’objectif est d’élaborer un cadre logique par axe en 3 réunions (février et mars) qui

constituera la base pour l’élaboration des fiches actions des partenaires pour le Plan

de Cohésion sociale 2020-2025 de la Ville de Liège.

Une note d’enjeu rédigée par le chef de projet du PCS a permis d’amorcer la réflexion

de chaque groupe de travail. Les participants sont invités à enrichir la note. Avec les

partenaires il s’agit de faire un inventaire des documents qui permettent d’établir le

diagnostic/état des lieux.

Les conclusions de l’évaluation du PCS 2014-2019, l’ISADF 2018 et la Déclaration de

politique générale du collège communal permettent, notamment, de définir les priorités

pour le PCS3.

Le groupe de travail santé est composé du Relais-Santé et Urgence sociale du CPAS,

Resto du cœur, Abri de jour de Liège, Croix-Rouge, Fontaine, Siajef-Revers, Start-

Mass/ISoSL, ALFA, Cap fly, Sida sol, CHR-UMPS, Ville de Liège, RSPL, ASBL Liège

Santé, psy 107 Fusion Liège, Province de Liège.

Trois pôles d’actions se dégagent : urgence, accueil et accompagnement en journée

SM et toxicomanie, prévention.

Les publics cibles sont des personnes précarisées : des personnes avec des faibles

revenus, des personnes avec des problèmes de santé mentale, des migrants,

toxicomanes et sans-abri.

2. Etat des lieux/Diagnostic

2.1. ISADF 2018 et indicateurs

Droit revenu digne et droit protection sociale : 0,00 et 0,00

Liège reste la commune wallonne dont la population dispose du revenu le plus faible

pour vivre dignement, ce qui se traduit par un très grand nombre de bénéficiaires du

RIS/GRAPA et IM (Intervention Majorée). Cette situation justifie le soutien financier

important dont bénéficie le CPAS de Liège par le PCS de la Ville de Liège.

36


Droit santé : 0,45

Sept indicateurs très différents ont été utilisés pour construire cet indicateur. Une

analyse détaillée des métadonnées s’avère nécessaire pour se prononcer sur l’accès

à ce droit.

37


Résultats de l’Enquête Liégeoise de Sécurité (décembre 2016)

85% des liégeois-es se sentent en bonne santé. Ce paramètre est fortement

dépendant de l’âge et du niveau d’éducation. A partir de 45 ans le nombre de

personnes qui se sentent en mauvaise santé est surreprésenté. Les moins diplômés

sont aussi nettement surreprésentés dans le groupe des personnes qui se sentent en

mauvaise santé.

Les personnes qui se considèrent en mauvaise santé ont aussi plus de difficultés à

joindre les deux bouts.

Plus de 40% des liégeoises éprouvent des difficultés à joindre les deux bouts ! Le

diagnostic de cohésion sociale avait déjà montre que 25% des liégeoises vivent en

situation de pauvreté. Le sentiment « subjectif » de précarité est donc encore plus

fort que la situation « objective ».

6,7% de la population, soit 13.400 personnes, arrivent très difficilement à joindre les

deux bouts. 42% de ces personnes se sentent en mauvaise santé ! On peut donc

estimer que 5.626 personnes qui ont près difficile à joindre les deux bouts se sentent

en mauvaise santé sur le territoire communal !

L’Urgence sociale (DUS-CPAS et UMPS-CHR)

Tableau : Nombre de dossiers au Dispositif d’Urgence sociale du CPAS de Liège

Nombre de dossiers 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018

Nouveaux dossiers 798 859 1096 976 984 954 906

Anciens dossiers 421 353 484 552 602 601 586

TOTAL 1219 1212 1580 1528 1586 1555 1492

Tableau : problématiques rencontrées au Dispositif d’Urgence Sociale du CPAS de Liège

2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018

Hébergement 418 476 422 895 1552 1708 1831 1771 1871

Financiers 376 476 436 839 1262 1190 1560 1460 1275

Administratif 329 384 354 803 1174 1110 1307 1257 1169

Logement 259 288 322 240 1027 1010 1053 806 679

Santé 173 608 545 853 740 733

SDF 151 207 206 351 432 290 401 506 512

Assuétude(s) 140 50 209 418 346 405 365 411

Matériel/alimentaire 327 417 311 464 371 333

« Conflit »

117 175 137 108 272 226 318 268 320

(Couple/parents-enfants)

Sortie prison 27 75 177 172 222 179 158

Le nombre de problématiques liées aux questions de santé a augmenté jusqu’en 2016

avant de connaître une relative stagnation à environ 750 par an. Les questions liées

aux SDF, aux besoins d’hébergement d’urgence et aux assuétudes est en progression

que l’on pourrait qualifier de constante.

38


UMPS-CHR

En % 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018

Contacts

7519 7530 7564 6806 7189 7029 6440 6099 6315

patients

Sexe Femme 50 50 52 51 52 48 48 49

Composition Isolé 51 52 39 35 44 54 59

familiale Famille 51 51 43 43 36

Mode

admission

Motif

admission

SDF 5 7 10 10 10

Spontané 80 70 62 54 40 34 34 36 29

Services partenaires

20 10 32 32 39 36 40

/médecin généraliste

Suivi de crise post

21 21 21 25 18 19 23

passage aux

urgences

Police/parquet 9 10 7 9 7 9 9 9 8

Toxicomanie/

28 26 29 36 38 36 46 38 37

alcool

Troubles de

16 16 18 26 22 20 25 31

l’adaptation et

personnalité

Troubles de l’humeur 23 25 47 21,5 24 30 22 25 21

(dépression/anxiété)

Troubles

14 14 15 13 12 12 11 12 11

psychotiques

Orientation ambulatoire 82 79 35 42 43 39 37 38 53

Suivi de crise 44 37,5 39 35 20 23 23

hospitalisation 18 21 21 20 18 16 33 29 20

Équipe mobile 9 10 10 4

Nous pouvons constater une diminution du nombre total de « contacts patient » avec

une stabilisation ces dernières années. Cela peut s’expliquer, en partie, par un travail

accru et régulier avec le réseau ambulatoire partenaire (53% des orientations se font

vers le réseau et 40% de nos admissions via celui-ci).

De plus, les ressources proximales ont tendance à s’amenuiser (59% des patients sont

isolés – 10% Sans Domicile Fixe – 30% vivent en famille).

Il est intéressant de constater que, bien que les situations s’alourdissent (chronicité –

diminution des ressources – fragilité du lien social), le nombre d’hospitalisations tend

à décroître (-9%) au profit d’un travail en réseau (+15%).

Enfin, les difficultés principalement rencontrées au sein de l’UMPS restent les

problèmes d’assuétude (37%) et les troubles de l’adaptation (31%).

Ces différents constats renforcent donc l’idée d’un travail en réseau axé sur le travail

de la crise, le tuilage et le case-management

Relais santé

Nombre de personnes 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018

différentes

Demandeurs d’asile 682 1193 1710 2071 1248 1082 542 455 2009 1999

Illégaux 1564 1620 1439 1413 2636 2545 1592 1693

39


Autochtones 1166 1139 889 707 624 386 364 566 559 460

Total 3412 3952 4038 4191 4508 4013 2579 2714 2568 2449

Nombre de 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018

visites

Demandeurs 2774 5144 8917 10033 4544 3125

d’asile

Illégaux 8044 7704 6515 7951 13042 17584

Autochtones 2341 2004 1136 1085 824 542

Total 13159 14852 16568 19069 18410 21251 19.371 19.578 20.309 20.093

Le nombre de personnes différentes a fluctué au fil des années, essentiellement

suivant les actualités des politiques d’asile et, par conséquent les flux de personnes

en demande d’asile présentes sur le territoire communal.

Nous observons aussi un tassement de la fréquentation du Relais santé par les

personnes sans-abri. La prochaine programmation du Relais social du Pays de Liège

sera une opportunité de mener des actions visant à rapprocher ce public du Relais

santé.

Tableau : accueil de jour nombre de visites par an 1

Nombre de visites 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018

Abri de jour Liège 13050 10 576 13.345 13.657 16.989 15.458 12.700 8.905 9.680

CLSS Accueil 14083 15 938 15.042 17.311 19.270 22.729 24.320 22.110 18.791

Botanique

La Fontaine 9.500 9 473 9.710 9.284 10.443 10.126 10.259 10.265 8.966

Revers 2.677 2.951 3.238 3.234 3.690 4.087 6.525

Start/Isosl 24.000 21300 19.500

Croix-Rouge 1199 2.418

Concernant l’Abri de jour de Liège, je remarque une diminution significative des

bénéficiaires à partir de 2017 certainement explicable par trois raisons. La première

raison principale est le déménagement de l'ASBL du centre-ville vers le quartier Saint-

Léonard qui est fortement décentré. Certains bénéficiaires n'ont pas suivi le

déménagement et sont allés renforcer les autres services du centre-ville. La seconde,

serait le manque de personnel récurrent au quotidien en 2017, ce qui a eu des

répercussions sur les encodages statistiques. La troisième explication serait l'incendie

qui a eu lieu dans les locaux de l'abri rue Morinval, qui a eu comme conséquence la

perte de données quantitatives de deux mois d'ouverture. De 2017 à 2018 : nous

avons une légère évolution, certainement explicable par l’ancrage de l’ASBL dans son

nouvel environnement.

On observe une diminution du nombre d’accueil en journée au centre Start sur les 3

dernières années. Cette évolution va de pair avec un tassement de la demande de

suivi psycho-médicosocial. Néanmoins, l’activité « cafétéria sociale» destinée à un

public d’usagers de drogues fortement désinsérés continue d’enregistrer près de

20.000 accueils par an.

1

Avant 2009 les données ne sont pas comparables et probantes.

40


Analyse des chiffres du Resto du Cœur

2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018

Repas 31.399 37.960 50.418 60.809 60.013 59.093 63.751 58.279 58.511

Douche 900 1121 1405 1380 1509

Dispensaire 831 985 1398 1553 1559 1622

Le nombre de visites par an au Resto du Cœur est en très forte augmentation sur les

dernières années, et ce dans les différents services.

Pour les repas, après le doublement en 3 ans, on a pu observer une certaine stabilité

entre 2013 et 2017. Pour 2018, nous arrivons à des chiffres comparables à ceux de

2017, mais cela est dû à une fermeture partielle temporaire (pas de repas servis sur

place pendant près de deux mois de travaux). Durant les mois « normaux », on a

observé une augmentation de 10%, qui se confirme pour les premiers mois de 2019.

Les douches et le dispensaire ont, quant à eux, vu leur fréquentation augmenter de

près de 100% en cinq ans, et arrivent à saturation. Les constats du terrain nous

montrent que ces deux services ont le public le plus précarisé. Cette augmentation

importante en est d’autant plus alarmante.

Il pourrait sembler paradoxal, que dans le même temps, le nombre de dossiers valides

auprès de l’assistante sociale ne suit pas la même courbe de croissance. Mais nous

pouvons remarquer une augmentation de la proportion de personnes qui sont

installées dans la précarité par rapport aux bénéficiaires temporaires.

2.2. Enjeux

De l’urgence à l’accès aux droits et à l’inclusion

Le PCS et le RSPL financent trois dispositifs pour apporter une réponse aux urgences

de la population : l’Urgence sociale du CPAS de Liège, l’Urgence Médico-Psycho-

Sociale du CHR et le Relais santé. Ces dispositifs sont à pérenniser et leur travail avec

les partenaires du réseau à conforter.

La sortie des institutions 2

La région liégeoise concentre de nombreuses institutions (hôpitaux, hôpitaux

psychiatriques, la prison de Lantin (terminus du bus venant de Lantin situé place Saint-

Lambert), des institutions d’aide à la jeunesse, des centres d’accueil pour demandeurs

d’asile…). Pour différentes raisons, les publics qui sortent de ces institutions

2

Travaux sous-commission habitat. (Voir le PV de la sous-commission habitat de 21 septembre 2016

et note de problématisation de juin 2016.

41


choisissent de s’installer à Liège. La sortie des institutions est potentiellement

génératrice de mal-logement et de sans-abrisme.

Il y a un décalage entre la prise en charge complète des usagers dans les institutions

et leur faible accompagnement dans le milieu de vie.

L’accès au logement de ces publics pose problème. Différents éléments sont à

distinguer :

- la discrimination est une pratique courante (UNIA) ;

- la faiblesse des ressources du public et le manque d’offre de logement à bas

prix ;

- la saturation des dispositifs publics de logement (SLSP, logement de transit,

IHP, Housing first,…) et l’incompatibilité de l’offre (la dynamique

communautaire en IHP/Maison de soins) et de certains publics (« personnes

dépendantes »).

Manque de dispositifs qui peuvent accompagner ces publics pour une période

transitoire. Incapacité pour ces publics spécifiques d’être autonome dans les

différentes démarches à réaliser (recherche de logement, de continuité de soins, accès

aux droits sociaux). D’où l’importance de structures transitoires. Il faut un passage/un

accompagnement entre l’institution et la vie autonome en logement.

Un problème important est l’absence ou la faible préparation de la sortie. Les raisons

qui expliquent cette situation sont multiples. En effet, la recherche d’un logement ne

fait toujours pas partie des missions des institutions de soins et elles ne disposent pas

toujours des moyens et des compétences pour le faire.

Parfois, l’absence de logement oblige les hôpitaux de prolonger le séjour du patient

alors qu’il pourrait sortir. Le coût de ces séjours non nécessaires est important. Il y a

aussi les barrières psychologiques des patients. La vie à l’hôpital est sécurisante. Il

faut travailler la demande. Certains patients ont peur de sortir, quand ils ne veulent

pas sortir, on ne les mets pas dehors.

Réorganiser le réseau d’accueil en journée pour les personnes en grande

précarité afin de tracer des voies vers l’inclusion

Liège est le spectacle quotidien de nombreux mendiants. Cette activité procure un

revenu complémentaire pour permettre aux personnes dépendantes de se procurer

leurs produits. La création d’une SCMR devrait permettre de canaliser une partie de

cette population qui est déjà partiellement prise en charge par le service START-MASS

d’ISoSL.

En offrant un accueil diversifié en journée, à bas seuil, les besoins fondamentaux

peuvent être garantis : manger, se laver, se faire soigner… A ce niveau les services

offerts durant le Plan Grand Froid devraient être accessibles toute l’année.

Développer des activités rémunératrices pour ces personnes en les impliquant dans

la gestion des lieux d’accueil de jour et de nuit permettrait de leur fournir une alternative

42


de revenus et une certaine utilité sociale. Les expériences à l’étranger sont

concluantes à cet égard.

L’accès à des activités culturelles et sportives constitue un autre élément

indispensable pour assurer le bien-être des personnes vivant en grande précarité.

Cette activité pourrait être développée dans le PCS3.

L’interconnexion entre des services de première et de seconde ligne doit être pensée

en lien avec les dispositifs d’hébergement et de logement, privilégiant, quand c’est

possible, le Housing first !

3. AFOM : Atouts, Faiblesses, Opportunités, Menaces

ATOUTS

Tradition associative de longue date

Réseau étoffé

Bonne connaissance mutuelle des différents intervenants

Accompagnements très personnalisés

Logique de concertation très développée axée sur le renforcement de la continuité

des soins

Conventions de collaborations existantes

Expérience de longue date et capacité d’adaptation du réseau

Accueil inconditionnel de nombreux services, philosophie de travail partagée

Gratuité des services, accessibilité

De manière plus spécifique certaines structures offrent des avantages liés à la

centralisation des services (Plateforme partenaires, induit relation de confiance

même lieu, triangulation (proximité)>> spécifique au CASS) et peuvent proposer

une approche dans la globalité via des prises en charges intégrées dans un même

lieu

Structure avec bénévoles en dehors du décret qui favorise la remise en question

du fonctionnement et la nécessité de défendre est de repenser le projet

régulièrement >> introduit du dynamisme dans la structure

43


FAIBLESSES

Accrochage de certaines populations

Problème d’accrochage de certaines populations d’usagers ex : vieillissement du

groupe d’usagers fréquentant certaines structures, souci d’accrochage des jeunes

>> meilleure correspondance par rapport aux sdf toxicomanes jeunes

Même phénomène rencontré dans structure accueillant un public migrant>>

vieillissement du public migrant en illégalité de séjour, pathologies chroniques en

augmentation.

Renouvellement du public également, on retrouve des jeunes migrants

toxicomanes en séjour illégal. Au niveau des autochtones mêmes problématiques

mais l’accroche est possible et la latitude d’action plus grande car possibilité

d’ouverture de droits.

Absence de structures intermédiaires à la sortie des institutions

Après passage à l’hôpital, renvoi vers abri de jour ou abri de nuit mais lieu inadapté

car pas les ressources humaines et logistiques adaptées, augmentation de la

précarité des situations.

Certains hébergements ont lieu pour des raisons purement humanitaires car il n’y

a pas de possibilité d’aller ailleurs (aucuns droits).

Non-adéquation du fonctionnement ou critères d’accueil de structures et des

besoins de certains usagers

Les personnes d’un certain âge, avec des problèmes d’assuétudes, qu’il est

impossible d’orienter vers une maison de repos.

Problématiques des jeunes précarisés n’accrochant pas à d’autres structures car

maintien dans le produit, aucune motivation à s’insérer dans un projet d’insertion

>> Non-demande

Problème de correspondance entre repères spatio-temporels des structures et des

usagers (ex : les horaires ne correspondent pas à leur fonctionnement) >> question

de la flexibilité des horaires / pouvoir répondre à ces difficultés présentes chez un

tout petit groupe d’usagers (pb de réactivité)

Problème de formation des ressources humaines dans certaines structures par

rapport à des problématiques spécifiques (hôpital, services dedecine,…)

duction de la durée de séjours hospitaliers

Question de priorité des soins de santé

Manque de reconnaissance de certaines structures (accueil de jour) aucune

valorisation

Notion de territorialité ou liste d’attente

Problème de variabilité des prises en charge (rejoint la notion de globalité)

44


Difficultés au niveau des articulations entre services

Manque de solutions juridiques face à certaines situations individuelles de santé

très dégradée

MENACES

Se focaliser uniquement sur le problème de tranquillité publique risque de produire

un retour en arrière

Négligence du reste du public du Plan de Cohésion sociale et risque de

basculement de ce public fragilisé vers l’exclusion et donc l’augmentation du public

« ultra-précarisé »

Changements législatifs (Réforme hospitalière et financement des lits hospitaliers

basé sur la diminution des durées de séjours)

Manque de subvention pour structures alternatives type « halte soins »

Non-reconnaissance des structures en dehors du décret

Perte d’innovation, confort dans des fonctionnements habituels

Pressions politiques

Réunions de travail à répétition au dépend de rencontres de type « clinique de la

concertation avec l’usager »

Transfert de responsabilités / redondance de l’action / difficultés à identifier qui fait

quoi

OPPORTUNITES

Arrivée de nouveaux partenaires sur Liège (ex : infirmiers de rue permettront

d’avoir une activité complémentaire, travail sur l’état de santé, question de la nondemande,

travail sur l’hygiène, permet d’envisager certaines démarches, les

amener vers les structures existantes)

Changements législatifs

Travail avec les communautés

Remise en question du mode de réflexion et volonté de mettre l’usager au centre

de sa prise en charge par le biais d’une consultation directe + question des besoins

et des incitants

45


Réflexion initiée dans plusieurs structures sur les besoins et sur la question de

l’hospitalité >> outils à disposition (ex : enquête de la Croix Rouge et propositions

politiques de Franco Basaglia, reconnaissance et développer centre, hospitalité,

fonction de liaison santé mentale)

Focalisation sur la réponse aux besoins de base et au maintien du lien entre

bénéficiaires

Développement de projets « Experts du vécu » à intégrer aux projets partenaires

Projet axé sur le développement des capacités du bénéficiaire

4. Cadre logique : objectifs partagés

Répondre aux besoins exprimés ou non exprimés des usagers et adapter les

modalités d’accès aux services

Actions/moyens : enquête auprès des usagers qui fréquentent les structures ou pas,

partager des outils de suivi, d’accompagnement, experts du vécue, travail de rue,

rendre les lieux accessibles, aller vers les milieux de vie, formation du personnel

(pouvoir décoder les demandes,…), priorisation des actions ave les usagers,

identification des ressources des usagers, permettre aux usagers de se poser et leur

donner le temps d’exprimer leur demande, …

Proposer une prise en charge globale, intégrée et territoriale

Actions/moyens : partage des expertises, travail en réseau, mobilité du personnel,

mutualisation des ressources, convention de partenariat, besoins primaires, accès aux

droits, articulation entre les axes ISP/Logement/Santé, guide des services en ligne mis

à jour, élaboration de processus (protocole de gestion des sinistres, procédures de

mise en observation,…), la transmission d’information d’un service à un autre,

coordination de la prise en charge, plate-forme numérique pour mutualiser les

informations et éviter la perte de temps …

Assurer la continuité des soins

Actions/moyens : conventions partenariales, outils de suivi et d’accompagnement,

structure tampon – hébergement, agent de liaison, halte soins, formation – intervisions,

orientation effective, listes d’attente – disponibilité des places…

46


5. Pistes d’actions dont la faisabilité est à étudier

Dispositif d'urgence sociale du CPAS de Liège

Le service d'urgence sociale voudrait concentrer ses efforts dans les 6 années à venir

sur les 7 problématiques plus récurrentes rencontrées par nos usagers, déclinées en

8 axes d'action à savoir : hébergement/logement, financier, administratif, santé,

assuétudes, alimentaire, récupération des habitudes de vie. Pour ce faire nous

comptons :

* Diversifier nos ressources afin de répondre au mieux aux besoins de nos usagers

(rendre opérationnels et gérer deux unités d'hébergement d'urgence)

* Dégager davantage de solutions d'hébergement / logement pour notre public (dont

les sans-abris), notamment par le renforcement des liens de collaboration avec le

relais logement, la cellule eco-logement, le dispositif de Housing First, le capteur

logement, le projet propriétaires solidaires.

* S'impliquer dans la construction et la mise en place d'un projet venant renforcer le

dispositif Housing First, afin d'assurer l'accompagnement vers le logement et ainsi

favoriser le passage de la première à la deuxième ligne.

* Identifier une personne référente dans les institutions assurant les revenus de notre

public afin de favoriser les démarches à entreprendre en fonction des droits de la

personne.

* Renforcer l'accompagnement physique de nos usagers dans leurs démarches

administratives en utilisant de tickets de bus.

* Fonctionner avec des personnes référentes au sein des différents services vers

lesquels nous orientons nos usagers afin d'assurer le suivi de la personne et une prise

en charge globale par rapport aux problématiques exprimées. Que ce soit dans des

services tels que le SADA, le CRIPEL, les services Population de la ville, les hôpitaux,

les centres de cure.

* Améliorer la procédure de collaboration avec le Relais Santé pour améliorer la prise

en charge des sans-abris et leur assurer au minimum l'accès à une évaluation de leur

état de santé.

* Proposer des colis alimentaires d'urgence via de partenariats concrets avec les

associations chargées de la distribution de denrées.

* Mettre en place avec les structures partenaires d'accueil de jour différentes activités

et ateliers mettant au profit les liens construits pour accompagner nos usagers dans la

réappropriation des habitudes de vie et leur permettre de redevenir autonomes tout en

favorisant plus tard la stabilisation dans leur logement.

Nouvelles pistes d'actions demandant d'avantage de moyens :

47


Si des moyens nouveaux pouvaient être dégagés, nous identifions deux actions

nouvelles qui pourraient être pertinentes :

* ACCUEIL SUPPLÉMENTAIRE ET CHAUFFOIR / HÔTEL SOCIAL

Ce serait une nouvelle structure d’hébergement, un abri de nuit composé de

différentes chambres, permettant un accueil aux familles et aux personnes atteintes

de maladies mentales vivant à la rue et en attente de prise en charge par des structures

spécialisées. Elle devrait compter avec un personnel qualifié pour la prise en charge

de ces types de personnes. S'y trouveraient les lits halte soins et une chambre isolée

pour accueillir des cas lourds pour les structures d'accueil habituelles.

Deux endroits envisageables pour le moment : La Caserne Saint-Laurent où se trouve

actuellement l'abri supplétif ou les étages supérieurs de l'actuel bâtiment de l'abri de

nuit de Liège situé rue Sur la Fontaine.

* TAXI SOCIAL « Le Relayons nous »

Il s'agirait de proposer à tous les bénéficiaires un moyen de transport via les

partenaires sociaux, dans le cadre des démarches d’intégration. Cela permettrait de

mettre à disposition un moyen pour atteindre des objectifs concrets. Il serait gratuit.

Les objectif concrets portés par ce projet seraient : faire évoluer la situation des

personnes, rompre l’isolement social, permettre la participation à la vie sociale,

économique, culturelle, promouvoir la reconnaissance sociale, faciliter l’accès aux

services sanitaires, appuyer la recherche de logement, favoriser l’autonomie,

transporter le petit matériel entre les services, créer des liens entre les associations et

les services. Une attention serait aussi portée sur la facilitation de l’accès aux

démarches administratives.

Abri de nuit de Liège :

L'abri de nuit de Liège focalisera ses actions dans les années à venir sur :

* Adapter ses locaux pour favoriser l'accueil des hébergés et les conditions de travail

des travailleurs.

* L'attention portée aux besoins exprimés par les usagers afin de les aider à surmonter

la situation d'urgence.

* Favoriser la confidentialité dans les entretiens d'accueil.

* Créer/renforcer les liens de collaboration avec les services existants afin de mieux

prendre en charge les problématiques rencontrées par les usagers. Par exemple avec

le Relais Santé, le service d'Urgence Sociale, le Relais logement, la cellule ecologement.

* Renforcer le lien entre le travail fait le jour et la nuit par le biais des suivis

psychologiques.

48


* Veiller à fluidifier le passage des usagers vers les maisons d'accueil et/ou leur

intégration dans de projets tels que Housing First, les propriétaires solidaires, interface

de quartier.

Nous serions en outre demandeurs de pouvoir mobiliser d'autres ressources pour la

prise en charge de petites problématiques de santé via des permanences “bobologie”

ou des infirmières de rue.

Relais santé

A raison de 9 permanences/semaine tout au long de l'année (sans fermeture), le

service est accessible pour accueillir les demandes d'aides à la santé.

Les AS assurent des permanences générales pendant lesquelles sont objectivées ce

qui fait frein à un accès aux soins classique.

En parallèle, le médecin objective le besoin médical et l'urgence potentielle pour sa

prise en charge.

Eu égard de ces éléments (statut de séjour, absence de couverture mutuelle, ..) un

plan d'actions (sur base de la demande/besoin de l'usager) se dessine avec prise de

contact d'autres partenaires du réseau (DUS, La Fontaine, Resto du Coeur, Croix

Rouge, ...) . Cette intervention permet aussi de donner un « éclairage santé » aux AS

du CPAS (dans le respect du secret médical) afin de pouvoir faire des ponts entre les

aptitudes physiques et/ou mentales de l'usager et ses possibilités d'insertion

socioprofessionnelle.

En ce qui concerne les personnes relevant de l'Aide Médicale Urgente (AR 12/12/96),

l'octroi de cette aide se fait directement par les AS du service. Ceux-ci assurent alors

le suivi social de ces bénéficiaires. L'aide médicale et le maintien d'un accès aux soins

restent la mission de base de l'AS dans le cadre de ce suivi social. Cette guidance

continue à se faire conjointement avec le médecin du service qui fait le lien avec les

prestataires médicaux au besoin.

Le service est aussi une ressource pour l'ensemble des partenaires du PCS qui nous

sollicitent afin de nous interroger sur la meilleure orientation d'un usager qui aborderait

en leur sein une problématique liée à l'accès aux soins.

Nous intervenons à certains nivaux dans le projet « lit halte soins » et envisageons

des ponts avec l'ASBL « infirmiers de rue » bientôt présents sur Liège. Pour les 3/4 de

notre public, les AS du relais sont souvent l'unique référence qui va leur permettre

d'activer, dans un second temps, certaines ressources avec d'autres partenaires du

PCS (en lien avec des démarches pour une régularisation de séjour, pour une prise

en charge post-traumatique, un hébergement transitoire ou via une structure

alternative comme le « lit halte-soins »).

L'adjonction d'un soutien « psy » permettrait de répondre à des absences totales de

prise en charge dans l'immédiat. Or, cette prise en charge est souvent indispensable

49


pour pouvoir continuer le travail de suivi social. Sans celle-ci, l'AS ne peut continuer

son travail de guidance et de ré-accrochage.

UMPS – CHR Liège

Renforcer la fonction de case management et poursuivre son élargissement aux salles

dedecine

Réactiver, en collaboration avec le parquet et les acteurs de terrain, les probations

prétoriennes

Renforcer les politiques d’intervision et le détachement occasionnel d’agents pour des

missions spécifiques

Développer des groupes de travail (par exemple : outils spécifiques à la prise en

charge du public jeune – adaptation des soins aux substances et modes de

consommation)

Renforcer la logique partenariale (rédaction de convention) spécifiant l’offre de soin et

les besoins du service avec les partenaires du réseau afin de garantir une continuité

des soins et éviter les ruptures thérapeutiques

S’impliquer dans l’élaboration et le renforcement dans le Projet Lit Halte soins afin de

duire les ruptures et garantir la continuité des soins

La Fontaine (Ordre de Malte)

* Détection, premiers soins et orientations des usagers en besoin de soins

* Relais avec les médecins traitants, les hôpitaux (intéressant aussi pour les problèmes

somatiques, souvent liés à la pathologie mentale), les administrateurs de biens…

* Collaborations spécifiques (ex : secteur carcéral : continuité des soins classiques,

orientations dans des situations de protection sociale…)

* Accompagnement de l’équipe de la Fontaine, éclairage par rapport aux situations

rencontrées, participation aux réunions d’intervision du dispositif et à certaines

réunions de concertation avec l’usager

* Participation à l’accompagnement du dispositif de Halte de soins

SIAJEF

« Augmenter l’accessibilité de la population du centre-ville de Liège au service d’aides

et de soins psychiatriques dans le milieu de vie du Siajef. Notre action concrète serait

50


d’envisager l’augmentation de notre territoire jusqu’aux boulevard de la Sauvenière et

Avroy. Ceci permettrait une accroche et un suivi global, intensif et continu des usagers

en souffrance psychique présents sur le territoire du centre-ville. Les services et

l’accompagnement du Siajef ne changeraient pas.

Pour rappel, nous offrons :

• Un accueil permanence du lundi au vendredi de 8h50 à 18h (hormis réunions

d’équipe) ainsi que le samedi de 9h à 13h.

• Des passages au domicile quotidiennement.

• Une vigilance et adaptation du traitement médicamenteux.

• Des accompagnements dans la vie quotidienne (courses, lavoir, démarches

administratives, etc.)

• Des entretiens individuels, familiaux, de couple.

• Des concertations avec les intervenants professionnels, la famille, l’entourage.

• Un travail de réseau et une collaboration importante avec les services

d’insertion (Revers, Art 23), les maisons médicales, les urgences de la citadelle,

etc..

• Un comptoir d’échange de seringues.

• Un hébergement communautaire dans le cadre de l’habitation protégée

(collaboration avec Liprolo asbl).

• Des consultations médicales avec un médecin psychiatre. »

Start/Mass - ISoSL

* Convention de partenariat avec le Carrefour Santé Social de la Province. L’objectif

poursuivi est d’augmenter l’accès aux services d’aide et de soins pour des personnes

en situation de grande précarité dans le cadre de permanences hebdomadaires

d’accueil et d’orientation.

* Développement du « dispensaire soins infirmiers » avec une révision des horaires

afin de favoriser l’accès aux soins de premiers recours ou soins infirmiers au long cours

du public-cible. Une modification du cadre du personnel (engagement d’une infirmière

en santé communautaire à la place d’un éducateur) est prévue à cet égard.

* Mise en place de partenariats avec les services d’Accueil de jour «généralistes »

(non spécialisés en assuétudes) dans le cadre de notre propre pôle d’accueil de jour.

* Partenariat à développer avec la SCMR « Saf’ti » car nous constatons un hiatus ou

une absence de demande de prise en charge des usagers de ce nouveau dispositif.

* Au plan des suivis psychologiques, poursuivre le développement de la prise en

charge des patients « borderline » (prévalence nette dans notre public-cible d’usagers

de drogue fortement marginalisé).

* Réflexion et développement d’un pôle spécifique « prise en charge des

consommateurs de cocaïne ».

* Projet pilote de continuité des soins en collaboration avec le service médicosocial de

MACADAM et STEP by STEP (prison de Lantin). L’objectif est bien sûr deduire les

51


hiatus de prise en charge et de favoriser ainsi la continuité des soins à la sortie de

prison.

* De façon plus générale, projet de prise en charge de personnes précarisées

alcooliques dans la mesure où nous disposons déjà d’un personnel (tant médical que

psychosocial) aguerri à ce type de public et aux problématiques corollaires.

Alfa

Nous proposons 4 axes de travail:

- La collaboration avec Saf Ti : amélioration de la complémentarité de nos 2 modèles

d'intervention "Hygiéniste" (Saf Ti) VS Psycho-médico-social ( Alfa) permettant le

développement de nouvelles pratiques de travail à tester, évaluer, améliorer, tel le

travail en binômes Saf Ti /Alfa, tant en intramuros ( postes de travail partagés,

répartition des tâches...) qu'en extra muros ( maraudes pour aller vers les toxicomanes

ne fréquentant pas nos services, vers les riverains, vers les commerçants, ...en

collaboration avec les autres acteurs de la rue (stewards, éducateurs, ...).

Contribuer à l'ouverture de Saf Ti sur les collaborations avec les autres services, tant

assuétudes que non assuétudes.

- Renforcement des partenariats existant entre Alfa et les autres types de services

(santé physique, sociaux) tels Sidasol et les Educateurs de rue du Relais Social en

vue d'améliorer l'accessibilité et l'égalité à l'accès aux soins des personnes

toxicomanes et très précarisées.

-Développer de nouveaux partenariats via notre Equipe de Formation en proposant

aux professionnels du PCS des formations qui répondent à leurs besoins en matière

de santé mentale, toxicomanie, écoute et détection des besoins réels et ressentis par

les usagers( exprimés ou non )

- Renforcer concrètement le continuum : - RdR-Soins, pour les mères toxicomanes et

leurs enfants (tandems équipe Accueil Drogues et équipe Parentalité d' Alfa)

- RdR et aide sociale, notamment en

matière accès au logement et récupération de ses droits sociaux (tandems Equipe d'

Accueil Drogues et Service Social du Centre Alfa)

Cap fly

* Poursuivre notre participation au comité de pilotage de deux projets pilotes (soutenus

par la Fedito) au sein de la prison de Lantin : Step by step et Macadam (ces deux

services favorisent l’orientation et la continuité des soins pour les usagers de drogue

incarcérés). Maintien de la collaboration quotidienne et étroite avec ceux-ci.

* Maintenir/Intensifier notre travail en prison (pour l’instant, une intervenante sociale et

une psychologue se rendent chacune deux fois/semaine en prison).

* Maintenir/Intensifier notre collaboration avec les services internes à la prison

(participation au groupe de pilotage drogue lantin, organisation de rencontre ASJ,

relais

parent-enfant, toxicologue, infirmier etc.)

52


* Actualiser et diffuser notre outil « passage par la case prison » (brochure créée par

l’équipe et destinée aux détenus).

* Réaliser et distribuer notre outil, le calendrier « Santé vous bien » (chaque mois, un

thème spécifique est abordé - qu’il s’agisse d’information, de prévention ou de

duction des risques).

* Poursuivre et finaliser le répertoire dedecins généralistes (travail entamé en 2018)

afin d’améliorer la prise en charge médicale de nos usagers (importance de la

decine générale pour notre public vieillissant).

* Collaborer avec les pharmacies et les médecins généralistes.

* Poursuivre la promotion et le développement de notre offre de service « soutien à

l’entourage » proposant une information et/ou un suivi psychologique aux personnes

(non-consommatrice) souffrant de la consommation d’un proche.

* Réflexion à travailler quant à l’élargissement de nos critères d’admission afin de

rendre notre accueil plus accessible.

* Renforcer le travail de collaboration avec les services et les réseaux existants afin

d’optimaliser la prise en charge de l’usager.

* Développer des liens avec les nouveaux services du territoire (Cass et SCMR).

Action du Resto du Cœur de Liège

L’action centrale du Resto du Cœur de Liège est de fournir à ses bénéficiaires des

repas de qualité et équilibrés. Mais cela ne se conçoit qu’avec un accueil et début

d’accompagnement par un service social professionnel de première ligne afin d'aider

les personnes à sortir de la précarité.

Dans ce cadre, nous avons décidé de créer une deuxième antenne de distribution de

repas emportés dans un autre quartier de la Ville. Un accueil petit-déjeuner et un

service social y seront également présent.

Mais en plus, nous profitons du contact que nous avons avec nos usagers pour leur

proposer d'autres services : dispensaire, douche, coin maman-bébé. Ce dernier va

être déplacé dans un endroit distinct mais proche. Cela libérera de l'espace pour

améliorer les conditions d'accueil du dispensaire (qui arrive à saturation) et la création

d'un pôle hygiène et bien-être autour des douches.

« Accueil de jour » proposé en partenariat par l’ASBL Abri de jour de Liège et la

Maison Croix-Rouge Liège-Angleur

L’ASBL Abri de jour de Liège et la Maison Croix-Rouge Liège-Angleur unissent leurs

forces afin de proposer aux personnes les plus vulnérables un accueil bas seuil ouvert

7j/7 durant la journée. L’objectif étant de garantir les plages horaires non couvertes

53


actuellement par le réseau associatif à savoir à partir de 7h du matin, deux après-midi

en semaine ainsi que les week-end et jours fériés. Cet accueil s’articulera autour d’une

philosophie mettant l’accent sur la participation et la collaboration des bénéficiaires

afin qu’ils puissent s’approprier les lieux ainsi que les différentes actions menées. En

plus de la valorisation des compétences des personnes vulnérables, une attention

particulière sera apportée au lien social. En effet, faire se rencontrer les publics

fréquentant de près ou de loin nos différentes associations au travers d’activités

variées constitue une plus-value indéniable pour la connaissance de l’autre et du vivre

ensemble. Ce partenariat entre les 2 associations permettra une harmonisation des

pratiques et favorisera la coopération inter-service.

Carrefour Santé Social de la Province de Liège

- Accueil du public grande précarité dans un espace sanitaire permettant de répondre

à des besoins de base, concrets tels que prendre une douche, laver son linge,

consulter un médecin pour des 1ers soins d’urgence.

Méthodologie d’accroche sociale et santé au moment des actions concrètes en

mettant le focus sur la notion d’accueil du public. L’objectif étant d’offrir un moment de

pause dans un lieu agréable, en étant disponible et accessible pour toute demande,

simplement « être là, aller à la rencontre ».

- Relais avec les médecins généralistes, maisons médicales, hôpitaux et prises en

charge spécifiques (dépendances, santé mentale,…)

- Permanences sociales avec disponibilité et souplesse permettant d’accueillir à tout

moment une demande d’accompagnement social.

- Elargissement de la notion de public précarisé : accrochage de personnes peu

demandeuses et peu visibles tels que les travailleurs à faible revenu, les indépendants

en situation précaire, ainsi que les accidentés de la vie (perte du logement, perte

emploi, santé invalidante, décès, séparation,… ) confrontés à de semblables difficultés

et souhaitant un accompagnement social, un relais vers des services spécifiques

(dettes, logement, santé…) pour tenter de ne pas basculer dans la grande précarité.

- Plateforme partenariale facilitant l’accès à différents services de seconde ligne tels

que : CVFE, GILS, Droit des Jeunes, services ISP,…. soit sous forme de permanences

régulières (GILS, DROITS DES JEUNES, Services ISP,CVFE,….) ou sous forme

d’immersion au moment des actions sanitaires (ICAR, START MASS, OPENADO,…),

soit sous forme de formations (CRIPEL) ou de supervisions spécifiques

(CONCERTO).

- Un élargissement du réseau partenarial de manière permanente, celui-ci évoluant en

fonction des besoins identifiés parmi le public rencontré.

- Projet d’élargir cette notion de prise en charge globale alliant le social et la santé en

développant des CASS mobile se déplaçant dans toute la Province de Liège (présence

54


d’une infirmière et d’un travailleur social et partenariat à développer dans chaque

commune).

Enquête auprès des usagers :

En questionnant de manière spontanée les personnes fréquentant l’espace sanitaire,

il semble que la notion d’accueil dans des locaux propres, beaux, lumineux constitue

un élément qui invite à revenir. La qualité de l’accueil du personnel est bien sûr

également à relever (un sourire, un échange, sans poser de question intrusive,….. ),

l’accompagnement entre le poste de garde et l’espace sanitaire est souvent identifié

comme un moment d’accueil permettant l’échange avec la personne qui accompagne.

La situation de non-contrainte est également essentielle. Les personnes se sentent

libres de venir uniquement pour leurs besoins de base sans autre demande s’ils le

souhaitent.

Nous avons également constamment adapté notre méthodologie, identifiant les points

de tensions et de frustrations parmi les personnes fréquentant l’espace sanitaire.

Quelques réajustements ont permis de faire diminuer la pression (règles plus justes

quant à l’ordre d’arrivée, concernant l’accès au lavoir, café et eau dans la salle

d’attente…).

Etre à l’écoute de leurs besoins, ne pas hésiter à adapter notre méthode d’accroche,

l’ambiance, l’accueil tout en veillant au respect d’un règlement en posant un cadre

cohérent et rassurant.

Le nombre de personnes est également important à préserver : ils souffrent déjà de la

promiscuité dans les abris, dans la rue. L’accès à cet espace doit rester un moment

agréable, source d’échange, de bien-être. C’est aussi cette notion d’espace en terme

de nombre qui suscite l’envie de revenir. Aussi, nous souhaitons mettre la limite de 25-

30 personnes maximum par demi-journée.

Sidasol

• Sensibilisation et formation des travailleurs sociaux du réseau et de nos

bénévoles afin de permettre de répondre aux questions des usagers en

matière d'IST et VIH et d'orienter vers le dépistage (VIH-

IST et/ou Fibroscan pour les hépatites)

• Action de dépistage dans les associations socio-sanitaires partenaires avec la

collaboration de nos bénévoles pour aller à la rencontre des usagers

• Mise en place de nouveaux lieux de dépistage par la création de nouveaux

partenariats afin de toucher les usagers qui ne fréquentent pas les lieux où nous

proposons déjà des dépistages

• Accompagnement vers les soins des personnes positives aux IST et/ou HIV

• Accompagnement tout au long des soins des porteurs de l'hépatite C (prise et

planification des rendez-vous médical, accompagnement des usagers pendant

le rendez-vous médicaux, vulgarisation du discours médical, suivi de la prise du

traitement, concertation et collaboration médecin traitant, travailleurs sociaux

et gastro-entérologues du Réseau Hépatites de Liège, etc)

55


• Collaboration avec les travailleurs sociaux extérieurs en fonction des besoins et

démarches sociales de l'usager (mise en ordre documents identité,

mutuelle, AMU, etc)

• Orientation vers les services adéquats en fonction des autres besoins de

l'usager

56


Articulation des axes insertion socioprofessionnelle,

logement et santé

Pourquoi travailler en réseau ? Mieux articuler des expertises plurielles pour répondre

à la complexité de certaines situations ; outil de maillage de reconstruction d’un lien

social ; meilleure mutualisation des ressources ; mieux répondre aux finalités de

l’inclusion 3 .

ISP

Logement

Santé

Publics cibles : sans-abris, toxicomanes, santé mentale, migrants, CPAS, jeunes en

difficultés,…

Objectifs : information/connaissance, continuité du parcours et coordination des

dispositifs, approche intégrée.

Méthodes : travail en réseau 4 (identifier les besoins et constater l’interdépendance des

services ; formaliser les relations) et travail de réseau 5 (travailler la demande et

« accrocher » l’usager ; coopérer entre professionnels et avec les non-professionnels).

Types d’actions concrètes pour renforcer le travail en réseau : formations (case

management), immersion, conventions, projets-pilotes spécifiques, organes de

concertation et de coordination….

3

John Cultiaux, Travail social et réseau. Pourquoi ? Comment ? Chronique sociale, Lyon, 2018.

4

Op cit.

5

Op cit

57


Propositions concrètes pour renforcer l’articulation des trois axes :

Travail en réseau

Par travail en réseau, nous définissons « les pratiques qui concernent en priorité les

professionnels et les institutions qui les représentent dans une logique de

décloisonnement institutionnel, en vue de rendre l’action sociale plus souple, plus

globale et plus cohérente » (Cultiaux, 2018 : 23-24).

Mutualiser les ressources afin que chaque personne en situation de pauvreté puisse

être accompagnée individuellement dans son projet de vie si elle en fait la demande.

Concrètement, la faisabilité de la mise en œuvre des actions suivantes est à étudier :

- Créer une plateforme unique (physique et virtuelle) centralisant toutes formes

d’intervention sociale.

- Création de lieux multi-acteurs, multi-services avec un public cible.

Un lieu d’accueil et d’orientation transversal (insertion, logement, santé,

administration,...). Assurer l’accueil de 1ere ligne et l’orientation effective et

décloisonnante. Pourquoi pas à l’intérieur d’un espace ouvert à des associations et

services pour du co-working autour d’un individu ?

- Un lieu dédié à la concertation individuelle (salles de réunion, outils de

communication, dialogue, …).

Un lieu multimodal qui vise à faciliter les liens entre partenaires, à coordonner et

généraliser les concertations autour des situations individuelles qui le nécessitent,

favoriser l’expression citoyenne, favoriser des initiatives d’entraide citoyenne

(exemple : échange de compétences,…).

- Faire des permanences dans les services d’autres secteurs.

Proposition très concrète : besoin d’avoir une permanence d’infirmière ou Start mass

au DUS ou Abri de nuit. Volonté de rapprocher Relais santé et infirmières de rue.

- Détachement d’agents pour détection précoce pour des problèmes de santé

mentale – dans 90% des cas, les situations ne sont pas si complexes.

- Intervision/ renforcer la concertation – articulation avec les EDR et infirmière

- Construire une structure transitoire d’accueil pour la prise en charge des

personnes en grande précarité atteintes de maladies mentales et avec des

problèmes de toxicomanie. Dans cette même structure, il y aurait des lits halte

soins et le seuil de tolérance serait plus flexible (adapté à la situation de la

personne).

- Mettre en place des équipes mixtes !

58


Exemples : infirmière de rue/éducateur de rue, infirmière de rue/CPAS, infirmière de

rue/Housing first.

Travail de réseau

Les pratiques de travail de réseau visent à retisser des liens autour d’un

bénéficiaire, dans une logique d’inclusion et de socialisation.

Articulation des trois axes en se plaçant du point de vue des usagers : priorisation du

public cible parce que ressources limitées.

Mettre en place un environnement socio-économique adapté et encadré qui permette

aux personnes précarisées d’être reconnues dans leurs compétences et dégager leurs

premières ressources financières, gages de leur autonomisation.

Concrètement, la faisabilité de la mise en œuvre des actions suivantes est à étudier :

- Faire des études de cas de situations complexes et voir comment agir

Répondre à des situations extrêmes et apporter une réponse aux enjeux : concertation

autour des usagers – avec les usagers avec des conventions/une méthodologie

commune : case management

- Faire participer les usagers, renforcer la solidarité et la mixité : construire le

projet avec l’usager, par des accroches et de l’accompagnement, priorités

définies par l’usager

- Développer le capital social des usagers

- Capitaliser les expériences, un exemple journée horizons croisés :

professionnels et usagers d’égal à égal sur des thématiques ou problèmes

spécifiques.

- Réaliser une recherche-action pour mieux identifier les besoins des gens là où

ils se trouvent. Exemple : aller à la rencontre des sans-papiers.

Le logement comme levier de l’inclusion sociale

Priorité au logement de qualité pour tous. C’est la base de toutes les stabilités.

Accompagnement social pour le maintien de ce logement et le dialogue social.

Accompagnement et maintien dans le logement pourront permettre le rétablissement

et le développement favorable des personnes vers l’insertion socioprofessionnelle.

Lors du bilan en matière d’insertion socioprofessionnelle, on constate que 80% des

personnes ont un problème de logement : surpeuplé, insalubre, obligé de travailler et

d’arrêter la formation, ou perte de logement pendant l’emploi,…

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L’accès et le maintien au logement peuvent être assurés par trois voies : 1) la

campagne propriétaire solidaire : capteur et les différentes formes d’accompagnement

social en logement intensif en fonction des besoins des publics (Sans-abri,

toxicomanes, migrants) ; 2) Le développement de l’agence immobilière sociale Liège

logement (doubler le nombre de logement). Le suivi social devrait être assuré en cas

de mise à disposition de logement : aller vers une prise de risques partagés Le suivi

social devrait être assuré en cas de mise à disposition de logement : aller vers une

prise de risques partagés ; 3) Faciliter le passage du logement d’urgence et de transit

vers un logement classique via la campagne propriétaire solidaire.

Taxer les logements vides afin qu’ils soient disponibles sur le marché locatif et garantir

un accompagnement social afin de maintenir la personne dans le logement.

Focaliser sur des publics cibles et ses risques

Vu l’accentuation des problématiques, il est important de ne pas focaliser uniquement

sur une catégorie de public (SDF toxicomanes) et sur les nuisances publiques, même

s’il faut définir des priorités et répondre aux attentes des autorités communales.

La forte superposition entre le RSPL et le PCS risque de focaliser tous les moyens sur

l’urgence et la grande précarité. Il faut renforcer aussi la seconde ligne et travailler

préventivement.

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Synthèse du PCS 2020-2025 de la Ville de Liège

ISP Logement Santé

Objectifs partagés

Avoir une meilleure

connaissance et maîtrise

exhaustive, de l’offre de

services mise à jour, disponible

et accessible

Assurer l’orientation la plus

adéquate possible avec une

prise en charge, un

accompagnement effectif des

personnes

Adopter une démarche

préventive par rapport aux

jeunes en difficulté pour éviter

leur décrochage scolaire et

exclusion sociale

Construire des liens entre le

monde des entreprises et le

monde de l’insertion

socioprofessionnelle

Assurer l’insertion durable des

personnes faiblement qualifiées

et « sans »

Améliorer l’accès au logement

et le maintien dans le logement

pour le public précarisé

duire le sans-abrisme

Améliorer la salubrité d’une

partie du parc

Renforcer le travail en réseau

Améliorer le monitoring continu

de la problématique

Répondre aux besoins

exprimés ou non exprimés des

usagers et adapter les

modalités d’accès aux services

Proposer une prise en charge

globale, intégrée et territoriale

Assurer la continuité des soins

FOREM, CRIPEL, CPAS

(SADA, Réinser, Antenne SDF),

CALIF, Duo for a job Cap

migrants, Live in Color, Le

monde des possibles, Article

23, Instance Bassin EFE, Ville

de Liège

Opérateurs

CPAS (Abri de nuit, Relais

logement), RSPL (Capteur et

Housing first), Habitat-Service,

CRIPEL, Caritas international,

Opération Thermos, Ville de

Liège (service du Logement),

AIS Liège Logement, CLSS,

Ville de Liège, ISoSL

CPAS (Urgence sociale, Relais

santé), CHR-UMPS, Start

ISoSL, SIAJEF, Resto du cœur,

Ordre de Malte, Abri de Jour de

Liège, ALFA, Cap fly, Sida sol,

Infirmière de rue, Carrefour

Santé Sociale de la Province,

SCMR, Maison Croix-Rouge,

RSPL, Ville de Liège

Modes d’actions

Accompagnement, travail en réseau et de réseau, accès aux droits, lieu d’accueil et d’orientation

Publics cibles

Sans-abris, toxicomanes, personnes avec des problèmes de santé mentale, migrants, jeunes en

difficulté, demandeurs d’emploi, personnes en mal de logement

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