Focus Famille - Automne 2020

FocusCanada

automne 2020 | CULTIVER LA FOI EN FAMILLE

Libérés !

dépasser la culpabilité

parentale

pardonner,

oui mais comment ?

ne laissez pas votre conjoint

vous mettre en colère


automne 2020

focus famille

illustration par shuwen chang


Éditorial

Chers lecteurs,

UUn jour, j’ai eu une vision. J’y ai vu un voyageur entrer

dans une grande maison en pierre, probablement du

temps de Jésus. Il portait un lourd sac de toile de jute

et avait l’air d’avoir marché longtemps. Ses sandales

étaient poussiéreuses, son dos courbé. À la porte, il fut

accueilli avec honneur et bienveillance par un serviteur.

Il déposa son lourd fardeau dans le hall d’entrée, près

d’autres sacs puis, revigoré et léger, il entra dans une

salle où soupaient autour d’une grande table de multiples

convives. L’ambiance était festive. Notre voyageur

rejoignit le groupe, qui l’accueillit avec joie, comme si

sa présence était attendue. Il était transfiguré, apaisé et

heureux. Il était arrivé à la maison.

J’ai réalisé que ce voyageur, c’était moi. Bien que

chargée, accablée et fatiguée, j’avais la possibilité, à la

fin d’une longue journée, de rentrer à la maison de mon

Père Céleste, où je pouvais être libérée de mes fardeaux

et profiter de mon statut de membre de cette grande

famille, la famille de Dieu, réunie pour un festin. Autour

de cette table, l’extérieur hostile et poussiéreux semblait

tellement lointain et insignifiant !

C’est ce sentiment de liberté et de légèreté, expérimenté

lorsqu’on se décharge de ses fardeaux, qui a inspiré ce

numéro et que j’aimerais vous communiquer dans les

pages qui suivent.

Mais quels sont ces fardeaux qui pèsent tant à un

grand nombre d’entre nous ? En voici quelques-uns :

la honte, le sentiment de condamnation, l’amertume,

la colère, les regrets, voire même, dans certains cas, le

lourd poids de péchés cachés. Comment les dépose-t-on,

me demanderez-vous ? À travers le pardon – celui reçu

de Dieu et celui accordé aux autres.

Prenons la culpabilité, par exemple – ce sentiment de

honte qui peut parfois nous tarauder en sourdine. Je ne

parle pas de la culpabilité inspirée par le Saint-Esprit

lorsqu’on a péché, pour nous mener à la repentance.

Celle-là est utile et un réel cadeau de Dieu. Non, je parle

de la honte qui essaye de nous persuader que nous ne

sommes pas à la hauteur, ni de nos attentes envers

nous-mêmes, ni de celles des autres, et encore moins de

celles de Dieu. Cette honte qui nous pousse à tenter de

faire des prouesses pour Dieu, pour lui/nous prouver que

nous sommes dignes de son amour et de son acceptation.

Nul besoin de vous dire que vivre sous cette charge n’est

pas le plan de notre Père Céleste pour nous. Nous en

sommes libérés lorsque nous nous rappelons que, en

tant que chrétiens, nous sommes en paix avec Dieu,

le créateur de l’univers, celui qui a pouvoir de vie et

de mort sur nous. Nous pouvons alors expérimenter

le soulagement de nous savoir acceptés tels que nous

sommes, pardonnés et certains que Dieu ne retient pas

nos erreurs et notre méchanceté contre nous.

Une autre charge que beaucoup trainent est le manque

de pardon envers ceux qui les ont offensés. Grande

est la liberté lorsque, avec l’aide du Saint-Esprit, nous

décidons d’obéir à Dieu et de lui remettre notre colère,

notre rancune, notre désir de vengeance, et parfois

même notre haine envers quelqu’un qui nous a fait du

mal. Le sacrifice en vaut réellement la peine.

Enfin, le péché, particulièrement celui qui est caché,

est également un outil que l’ennemi de notre âme utilise

pour nous tenir captifs et courbés. Si c’est votre cas,

je vous encourage à l’apporter à la lumière, aux pieds

de Jésus, pour en être libérés et pouvoir marcher la

tête haute. Soyez assurés que, lorsque nous venons à

Dieu humblement, avec un cœur rempli de remords

et de culpabilité, il court vers nous les bras ouverts,

heureux de nous retrouver, et ne se souvient plus de

notre rébellion. Il nous accepte et nous libère volontiers

de la honte qui nous oppresse.

Ainsi, comme ce voyageur, je vous invite à vous

débarrasser de tout fardeau qui alourdit votre marche et

à rentrer à la maison à la fin d’une longue journée, libérés

et légers. Nos voyages quotidiens, chargés et fatigants,

ne sont pas notre vraie identité. Notre appartenance est

dans cette grande maison, où nous sommes attendus et

accueillis à bras ouverts.

Bonne lecture,

Elisabeth Van Essen

Éditrice de Focus Famille

AUTOMNE 2020

3


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automne 2020

Focus FamilleFocus on the Family Canada

Président

Terence Rolston

Vice-présidente senior

Melanie Hoeppner

Président du conseil

Terry Jones

Éditrice

Elisabeth Van Essen

Éditeurs associés

Dominique Ourlin, Amy Van Veen

Traductrice

Anne Worms

Design et conception graphique

Amanda Regan, Shuwen Chang et Tyler Tsuyuki

Directrice de la production

Jane Omelaniec

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P.7 : © 2020 Focus on the Family (Canada) Association. Tous droits réservés.

Magazine Focus Famille par Focus on the Family (Canada) Association, Automne 2020, vol. 12,

no. 2, ISSN 1918-297x. © 2020 Focus on the Family (Canada) Association. Tous droits réservés.

Publié par Focus on the Family (Canada) Association, une organisation caritative reconnue.

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automne 2020

sommaire

16

19

28

PRENDRE SOIN DE

SON COUPLE

10 Astuce pour la vie à deux

Étudier la Bible en couple

19 Ne laissez pas votre conjoint

vous mettre en colère

Prendre la responsabilité de ses émotions

ouvre la porte à une relation équilibrée et

constructive

30 Le parcours d’un pasteur

pour sortir de la pornographie

Découvrez l’histoire du pouvoir

rédempteur de Dieu dans la vie d’un

pasteur accro à la pornographie

ÉDUQUER SES ENFANTS

6 Astuces éducatives

« Ce que tout père devrait dire à son fils »

et autres astuces

12 Six idées reçues qui

empêchent nos enfants de

pardonner

Il est important, à tout âge, de corriger les

idées reçues sur le pardon afin de pouvoir

donner et recevoir la grâce

16 Dépasser la culpabilité

parentale

Lorsque, en tant que parents, nous faisons

immanquablement des erreurs, Dieu nous

invite à sortir de la culpabilité

22 Discipliner ses enfants sans

les rabaisser

Il se peut que, sans nous en apercevoir,

nous utilisions la honte comme outil de

discipline

24 Enfant prodigue : est-ce de

ma faute ?

Est-il possible d’être de suffisamment bons

parents pour avoir la garantie que nos

enfants ne s’éloigneront jamais de Dieu ?

CHEMINER DANS SA FOI

28 Pardonner, oui mais

comment ?

Comprendre ce que le pardon n’est pas

afin de pouvoir pardonner et être libéré de

l’amertume

33 Promesses de la Bible

Pardonnés, purifiés, libérés !

34 Ce que vous gardez caché

Garder le péché dans l’obscurité nous

tient captifs. Il est temps de l’apporter à

la lumière

38 Recette : Bouchées

énergétiques dattes et avoine

Accompagnée d’une réflexion d’Anne sur

sa relation à la nourriture

8 Éduquer ses enfants

Faire preuve de grâce et de pardon dans

l’éducation de vos enfants

AUTOMNE 2020

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ASTUCES ÉDUCATIVES

Ce que tout père devrait

dire à son fils

par byron yawn

JJ’ai vu de grands hommes bien costauds fondre en larmes

comme des petits garçons quand je leur ai demandé : « Quel

genre de relation aviez-vous avec votre père ? » L’amour d’un

père est quelque chose de puissant. Les pères ont la possibilité

d’utiliser cette influence extraordinaire pour encourager leurs

fils. Il y a trois messages en particulier que nos fils ont besoin

d’entendre de notre part. Chacun d’entre eux les aidera à mieux

se préparer pour vivre la vie que Dieu a pour eux. Voici ces trois

messages essentiels :

« JE T’AIME, MÊME LORSQUE JE SUIS

DÉÇU PAR TES CHOIX. »

Lorsque mes fils échouent ou font face à des difficultés, je veux

leur montrer que je les aime. Que je sois en train de les féliciter

ou de les réprimander, il est important qu’ils sachent que tout

ce que je dis, je le dis parce que je désire le meilleur pour eux.

J’espère ainsi sincèrement que mon amour inconditionnel

envers eux les aidera à comprendre la profondeur de l’amour de

leur Père Céleste.

« LE SEXE N’EST PAS UN PÉCHÉ. »

De nombreux garçons entrent dans la vie adulte en étant

profondément confus au sujet de la sexualité. En général,

ils sont coincés entre les deux extrêmes constitués par une

promiscuité débridée et des désirs enfouis. Ces jeunes hommes

finissent par croire que le sexe est un péché et que les personnes

respectables n’en parlent pas ou n’en éprouvent pas le désir.

Une telle confusion les prépare à une lutte sans fin avec la

pornographie. Pour leur éviter cela, il est important que les

pères aient de nombreuses conversations avec leur fils à ce

sujet. Ces discussions devraient inclure les vérités au sujet de

Dieu, de l’évangile et du but du mariage, vérités qui donnent

tout son sens à la sexualité.

Si nous prenons le temps de leur faire part, avec courage,

de ces trois messages, nos fils seront sur la bonne voie pour

devenir des hommes bien équipés pour affronter la vie.

© 2020 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Écrit par Byron

Yawn. Publié initialement en anglais sur FocusOnTheFamily.com.

« APPRENDS À AIMER QUI TU ES. »

Tant d’hommes passent leur vie à essayer de découvrir la

personne qu’ils sont censés être. Une part importante du travail

de père est d’aider ses fils à bien se connaître eux-mêmes. Plus

un jeune homme arrive à apprécier la manière dont Dieu l’a créé,

moins il perd de temps à chercher qui il devrait être, et plus il peut

se consacrer à poursuivre les objectifs de Dieu pour sa vie.

Je veux aider mes fils à comprendre leurs talents, leurs dons

et leur personnalité. J’ai souvent expliqué à mon fils aîné : « Tu

as réellement un talent naturel pour mener les autres. C’est un

véritable don. » Mais j’ai aussi essayé d’attirer son attention sur

les côtés potentiellement négatifs d’un tel trait de caractère en

lui disant : « Fiston, il faut que tu apprennes à être patient avec

les gens, à faire preuve de douceur. » Je suis en mesure de voir les

liens qui existent entre les deux aspects de ce trait de caractère et

je veux que lui aussi les comprenne. Sa capacité à utiliser au mieux

le côté positif dépendra de sa capacité à maitriser le côté négatif.

6 FOCUSFAMILLE.CA

illustrations par tyler tsuyuki


ASTUCES ÉDUCATIVES

RACONTEZ VOTRE HISTOIRE

Les enfants adorent les histoires. Ainsi, plutôt que de leur

lire un livre, prenez régulièrement le temps de leur raconter

des épisodes de votre enfance ou de celle de vos parents.

Mieux connaitre son histoire familiale a toujours contribué à

renforcer leurs liens d’appartenance. Les enfants se sentent

plus connectés au monde qui les entoure et, en prime, ils

découvrent des côtés de leurs parents qu’ils ne soupçonnaient

peut-être pas.

COIFFURE DU JOUR

Voici un conseil pour que votre fille ait envie de partir pour

l’école en étant bien coiffée : créez un album photo avec

différentes coiffures et laissez-la choisir son style pour la

journée. Pour constituer votre album, vous pouvez vous aider

d’images trouvées sur Internet de styles simples à reproduire

ou encore prendre des photos de votre fille arborant ses

coiffures préférées.

FAIRE SON LIT POUR LES TOUT-PETITS

Cela parait très simple, mais quand j’enseignais à mon fils de

trois ans à faire son lit, je lui demandais de trouver les coins

de son drap et de sa couverture et de les faire correspondre

aux coins de son matelas. Ainsi, il n’avait pas l’impression

de faire une corvée, mais plutôt de résoudre un casse-tête.

– Evie Palmer

UNE FOI QUI COMBAT LES

INQUIÉTUDES

Aidez vos enfants à lutter contre l’inquiétude en créant une

« boite à soucis » que vous pourrez décorer avec le verset de

1 Pierre 5.7. Encouragez vos enfants à écrire ce qui les angoisse

et à déposer leurs soucis dans la boite. Prenez régulièrement

le temps de vider la boite et de remettre à Dieu leurs peurs,

proclamant la paix qu’il promet dans Philippiens 4.6-7.

Questions à poser

autour de la table

Voici quelques idées pour lancer la discussion au

moment des repas en famille et apprendre ainsi à

mieux connaître vos enfants :

Quelle est ton histoire de la Bible préférée ?

Qu’est-ce qui te plait dans cette histoire ?

Quel est ton meilleur souvenir de ce temps de

confinement à la maison ?

Comment sais-tu que tes parents t’aiment ?

Comment te le montrent-ils ?

Quel est le meilleur moyen de se faire des amis ?

AUTOMNE 2020

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ÉDUQUER SES ENFANTS

Faire preuve de grâce et de pardon

dans l’éducation de vos enfants

La grâce et le pardon sont indispensables à une vie de famille saine. Voyez l’impact qu’ils ont sur vos enfants

par danny huerta

La croix. Un seul mot suffit pour évoquer l’ampleur de la grâce

de Dieu. Jésus est mort afin de payer le prix de nos péchés,

nous donnant la vie éternelle et la capacité de faire nousmêmes

preuve de compassion et de grâce envers les autres.

Cela ne signifie pas pour autant que faire preuve de grâce

soit chose facile. Le cerveau humain ayant la tendance à se

concentrer sur le négatif, nous pouvons facilement rester

coincés dans nos pensées négatives et chercher la vengeance

plutôt que le pardon.

Pourtant, la grâce et le pardon sont nécessaires pour créer

un foyer rempli d’amour. Cela commence toujours par faire de

nos relations une priorité. Il est important de voir au-delà des

fautes des autres et de se rappeler que nous avons tous besoin

de grâce par moments. Si nous voulons la recevoir, nous devons

aussi la donner.

Il y a quelques années, j’ai eu pour client un père qui avait des

problèmes de colère. Il en est venu à admettre qu’il entretenait

de l’amertume et de la colère envers son propre père. Nous

avons parlé du fait que sa colère prenait le dessus sur son

comportement en tant que père et que mari. Il a alors décidé

de faire une liste de tout ce qu’il voulait pardonner à son père.

Il m’a ensuite raconté que ce simple acte de pardon lui avait

8 FOCUSFAMILLE.CA


ÉDUQUER SES ENFANTS

Lorsque nous sommes miséricordieux envers nos

enfants, nous créons un environnement où

règnent la liberté, l’unité et l’amour.

apporté une liberté qu’il n’avait jamais vécue auparavant. Il

est devenu plus empathique, plus patient et plus proche de sa

femme et de ses enfants.

Si la grâce et le pardon sont l’antidote à notre négativité, ne

devrait-on pas les octroyer plus librement ? Je sais que c’est

difficile. Faire grâce signifie prendre sur soi ou annuler la dette

de quelqu’un qui nous a blessés, déçus ou nous a manqué de

respect. Cela nous demande de pardonner à quelqu’un qui,

selon nous, ne mérite peut-être pas le pardon. Cela implique

aussi parfois de pardonner quelque chose que nous ne pouvons

pas oublier et de renoncer à la colère qui s’est installée en nous.

En grandissant, nos enfants apprennent à gérer les choses

de la vie, les relations et les émotions. C’est un processus

complexe, parsemé d’erreurs. Même s’il y a des jours où nous

n’avons tout simplement pas la patience de les accompagner

dans leur apprentissage, lorsque nous sommes miséricordieux

envers nos enfants, nous créons un environnement où règnent

la liberté, l’unité et l’amour. Voici comment la grâce et le pardon

bénéficient à nos enfants :

ILS APPRENNENT À

PARDONNER AUX AUTRES

Lorsque vous êtes un exemple de grâce, vos enfants apprennent

à se sentir eux-mêmes libres de ne pas retenir les fautes des

autres contre eux. Plutôt que de vous laisser entraîner par la

colère, en faisant preuve de pardon, vous leur permettez d’aller

de l’avant.

. . . . .

ILS APPRENNENT À GÉRER LES CONFLITS

ET À RESTAURER LES RELATIONS

ILS SONT LIBÉRÉS DE LA HONTE ET

DE LA QUÊTE DE PERFECTION

Les enfants apprennent à cultiver la confiance et les relations

plutôt que de vivre dans la manipulation et la perfection. Ils

apprennent que personne n’est parfait, y compris eux.

. . . . .

ILS APPRENNENT CE QU’EST

L’AMOUR PARENTAL

Les enfants apprennent comment reconstruire la confiance

dans une relation. Ils comprennent le fonctionnement de

l’économie de l’amour : si tu aimes quelqu’un, tu connaîtras

la grâce et le pardon.

. . . . .

Il y a quelques années de cela, ma fille aimait décortiquer les

mots. En regardant le mot pardon elle s’est exclamée : « Papa,

le pardon c’est vraiment un cadeau ! Regarde, ça fait ‘par-don’.

Ça veut dire que ça passe par le don. »

Le pardon est réellement un don, autant pour celui qui le

donne que pour celui qui le reçoit. Voilà une approche qui

permet à l’amour de triompher dans une famille.

Danny Huerta est le vice-président de la rubrique Éducation et Adolescence

chez Focus on the Family. Il est également éducateur social et conseiller

psychologue, accompagnant parents et enfants sur des sujets tels que la

dépression, l’anxiété, une bonne communication, le discernement des

médias et une sexualité saine.

© 2020 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Publié initialement

en anglais sur FocusOnTheFamily.com.

Les enfants qui comprennent ce que sont la grâce et le pardon

ont plus de facilité à dépasser les conflits. Être en conflit avec

quelqu’un prouve que votre enfant s’implique et qu’il a une

opinion, alors que faire preuve de grâce et de pardon montre

qu’il met plutôt la priorité sur la relation.

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ASTUCE POUR LA VIE À DEUX

Étudier la Bible en couple

Lorsqu’on lit la Bible ensemble, on approfondit notre intimité spirituelle et on se rapproche l’un de l’autre

par gary thomas

Si vous jetez un œil à ma vieille Bible (ma femme Lisa l’a faite

recouvrir pour moi il y a de cela plusieurs années, pour mon

anniversaire), vous verrez qu’il y a des dates écrites à côté de

différents livres de la Bible, dans la table des matières. Ces

dates marquent le jour où Lisa et moi avons fini de lire ce livre

de la Bible ensemble.

La lecture de la Bible est un aspect de l’intimité spirituelle qui

peut avoir un impact extraordinaire sur le sentiment d’unité au

sein d’un couple. J’ai travaillé sur un livre avec les docteurs

Steve et Rebecca Wilke, dans lequel nous avons écrit : « Après

avoir suivi plusieurs couples pendant des années, nous pouvons

affirmer avec assurance que la satisfaction conjugale est en

lien direct avec l’intimité spirituelle : celle avec le Seigneur

et celle de l’un avec l’autre. Lorsque chacun est satisfait dans

sa relation avec Dieu et confiant dans son plan pour eux, le

couple peut profiter ensemble de tout ce que Dieu leur a donné.

Les personnes qui se soumettent à Dieu sont également plus à

même de se soumettre l’une à l’autre, comprenant que servir

leur conjoint est en réalité un acte d’adoration envers Dieu. »

De nombreux livres et articles sur le mariage parlent de

l’importance de bien communiquer, de préserver l’intimité

sexuelle, de jouer et de rire ensemble, mais lire la Bible est

au moins tout aussi important, si ce n’est plus. Il s’agit en

fait d’écouter Dieu ensemble, car lire la Bible est de loin le

meilleur moyen pour nous, en tant qu’individus et que couple,

d’écouter Dieu. Tout ce que dit la Bible, c’est Dieu qui l’a dit.

Il est étonnant de voir à quel point la Parole de Dieu arrive

toujours au bon moment, même lorsque nous suivons un plan

de lecture. Son Saint-Esprit fait toujours en sorte que nous

lisions le bon passage au bon moment.

Ce que j’aime dans la lecture de la Bible à deux, c’est

qu’elle donne la place à Dieu pour être celui qui dirige

nos conversations, nos pensées et nos prières.

10 FOCUSFAMILLE.CA


ASTUCE POUR LA VIE À DEUX

DES IDÉES DE SUJETS DE CONVERSATION

Si vous prévoyez une sortie en amoureux ou un long trajet en

voiture et que vous vous demandez si vous aurez des sujets de

conversation, rappelez-vous que la lecture de la Bible en fournit

de très bons. Cela n’a rien de difficile, il suffit de choisir un livre

et de le lire ! Lisa et moi lisons chacun notre tour entre 8 à 12

versets, selon la longueur du passage choisi. Vous pouvez vous

arrêter pour discuter de ce que vous venez de lire et si personne

n’a rien à dire, il suffit de continuer à lire à voix haute.

Lorsque je conduis, c’est Lisa qui lit le texte en entier et moi,

j’écoute. Parfois, le passage parle particulièrement à l’un d’entre

nous, d’autres fois, aux deux. Parfois, il semble s’appliquer

plutôt à un ami ou à un autre membre de la famille. Ce que

j’aime dans la lecture de la Bible à deux, c’est qu’elle donne la

place à Dieu pour être celui qui dirige nos conversations, nos

pensées et nos prières.

Si vous avez l’impression que vous manquez tous deux de

connaissances bibliques basiques, vous pouvez essayer une

approche un peu différente. Lisa et moi aimons particulièrement

D. A. Carson et la série de ses livres de méditation quotidienne Le

Dieu qui se dévoile 1 . Carson reprend divers passages de l’Ancien

et du Nouveau Testament et y ajoute un court commentaire.

Fin connaisseur de la Parole, il donne vie à chaque passage en

le replaçant dans son contexte historique. Il nous montre à

quel point les Écritures sont encore pertinentes aujourd’hui.

Vous pouvez facilement lire ensemble les textes bibliques et le

commentaire du jour. Cela peut être un exercice qui demande

plus de temps, mais il ne s’agit pas d’une course. Si vous passez

deux ou trois ans à lire ensemble l’un des volumes de la série,

d’ici à ce que vous ayez terminé les deux livres, peut-être le Dr

Carson en aura-t-il publié un nouveau.

QUELQUES CONSEILS PRATIQUES

Si vous n’avez pas le temps de lire la Bible ensemble tous les

jours, ne vous laissez pas décourager, pensant que quelque

chose ne va pas. Passer de rien du tout à lire ensemble la Bible

une à deux fois par semaine est déjà un énorme progrès. Au

cours de nos trente années de mariage, il est arrivé plusieurs

fois que Lisa et moi ne soyons pas très assidus dans cette

pratique.

Si votre conjoint semble réticent, aidez-le à voir que c’est

faisable en lui expliquant : « Je te demande seulement une

vingtaine de minutes une ou deux fois par semaine. Si tu

veux, c’est moi qui lirai. » Vous pouvez rajouter quelque chose

qu’il/elle aime : « Je te ferai le café/tes biscuits préférés/un

massage, … »

Vous pouvez commencer par un des livres courts de la Bible,

comme par exemple par 1 Jean. Terminer ensemble quelque

chose de nouveau est une source de motivation. De plus, si

vous commencez (comme Lisa et moi) à écrire la date dans

votre Bible une fois que vous avez fini de lire un livre ensemble,

vous aurez la satisfaction d’une première réussite. Vous pouvez

ensuite passer à un Évangile ou à un livre qui vous prendra plus

de temps.

Rappelez-vous qu’il ne s’agit pas d’une course et que la

dernière chose que vous voulez est de transformer ce temps

de partage en une compétition pour savoir qui comprend le

mieux tel ou tel passage. Vous lisez tous deux la Parole de Dieu

pour apprendre, non pour étaler vos connaissances, et encore

moins pour juger celles de votre conjoint. Il s’agit de consolider

votre intimité spirituelle, alors si votre conjoint se sent bête,

vous pouvez être sûr qu’il ou elle ne voudra plus jamais lire la

Bible avec vous.

1 Disponible en français (voir ci-dessous).

Gary Thomas est l’auteur de nombreux livres sur le mariage et autres

sujets, dont Vous avez dit oui à quoi ? et Votre mari a besoin de vous.

© 2015 Gary Thomas. Publié initialement en anglais sur FocusOnTheFamily.com.

Cité dans le texte :

Le Dieu qui se dévoile,

par D. A. Carson

un guide quotidien en deux

volumes pour découvrir les

richesses de la bible

Dans cet ouvrage de méditation personnelle quotidienne,

D.A. Carson nous donne une perspective biblique unique,

qui place chaque lecture dans le cadre plus large de

l’histoire et du plan éternel de Dieu, nous permettant ainsi

d’approfondir notre compréhension de sa souveraineté et

de la puissance de sa Parole.

À retrouver sur Librairie.FocusFamille.ca

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12 FOCUSFAMILLE.CA


IL EST IMPORTANT, À TOUT ÂGE, DE CORRIGER LES IDÉES REÇUES SUR

LE PARDON AFIN DE POUVOIR DONNER ET RECEVOIR LA GRÂCE

par catherine wilson

En tant que parents, nous connaissons bien cette petite routine,

cette scène jouée sans cœur. C’est une pièce en trois actes qui

ressemble à peu près à ça :

Votre aîné porte un regard outré sur son frère, sourcils

froncés, bras croisés.

« Excuse-toi », lui ordonnez-vous.

De longues secondes s’écoulent avant que les excuses

arrivent enfin, d’un ton plus ou moins réticent : « D’accord,

ça va, je m’excuse. »

Le plus jeune répond avec le même ton peu sincère : « C’est

bon, mais ne recommence pas ! »

Si nous sommes pressés et que nous voulons désespérément

maintenir la paix, cette démonstration superficielle de pardon

fera temporairement l’affaire, bien que nous soyons tous

conscients de sa faiblesse.

De tels traités de paix négociés à la va-vite n’enseignent

pas grand-chose à nos enfants sur le pardon. Il arrive souvent

que l’un d’entre eux reste avec une blessure, ses sentiments

n’ayant pas été correctement reconnus ou respectés. Il se peut

même qu’il en garde un désir de vengeance. Quant à l’autre

enfant, il n’apprend rien sur l’humilité ou sur la manière de

restaurer les relations.

Sur le long terme, les enfants ont besoin d’être encadrés

de beaucoup plus près pour apprendre à donner et à recevoir

un pardon biblique et véritable, un pardon qui restaure les

relations. Les parents en sont souvent conscients, mais ils ne

savent pas toujours par où commencer.

Ce qui peut aider, c’est de faire le tour de ce que les enfants

savent déjà et de détecter leurs idées reçues au sujet du pardon.

Beaucoup d’enfants – comme d’adultes d’ailleurs – ont une

idée floue de ce qu’est le pardon, ce qui les empêche d’accorder

véritablement la grâce et de la recevoir.

Pensez-vous que vos enfants soient aux prises avec certaines

des idées reçues suivantes ?

« LE PARDON N’EST PAS JUSTE. »

La vérité : le pardon est bien mieux que juste

Vers l’âge de cinq ou six ans, les enfants commencent à développer

un sens aigu de la justice. Faute d’encadrement, ils risquent de

s’installer dans une mentalité d’« œil pour œil, dent pour dent »

et de n’y voir aucun inconvénient. Si tu me fais du mal, j’ai le

droit de te faire du mal à mon tour. Les enfants qui ont une telle

approche auront des difficultés avec l’idée de pardonner sans

chercher la vengeance.

Fort heureusement, ce profond sens de la justice peut aussi

jouer en notre faveur. Lorsqu’on leur explique l’Évangile avec

soin, les enfants de cet âge comprennent facilement que Dieu

ne les traite pas comme ils le mériteraient. Face à leur propre

péché, son pardon n’est pas juste : il est immensément mieux

que juste !

Pour conduire vos enfants à se montrer humbles et prêts à

pardonner, rappelez-leur régulièrement combien le pardon

de Dieu envers nous est injuste, c’est-à-dire tout ce qu’il nous

a pardonné. La Dre Juli Slattery nous raconte une anecdote

pour illustrer ce point : « L’un de nos enfants avait fait quelque

chose de mal et il devait en payer les conséquences. […] Mon

mari lui a dit : ‘Comme punition, tu devras faire 15 pompes.’

Puis, il s’est allongé sur le ventre et a ajouté : ‘Mais tu sais quoi,

je vais les faire à ta place […] parce que je veux te faire grâce.

Je prends ta punition sur moi, pour te montrer ce que Jésus a

fait pour nous.’ »

« LE PARDON EST OPTIONNEL. »

La vérité : Dieu nous dit que nous devons pardonner

Nous espérons que nos enfants pardonnent avant tout car ils

sont motivés par leur amour pour Dieu et par leur gratitude

pour le pardon qu’ils ont reçu à travers le sacrifice de Christ.

Nous devons toutefois leur enseigner qu’il s’agit également

d’une question d’obéissance.

Nos enfants doivent bien comprendre les passages clés cités

entre autres dans Matthieu 5.23-24, Matthieu 6.9-15, Matthieu

18.21-35 et Marc 11.25. Résumés sans détours, ces passages

enseignent que le manque de pardon, celui non accordé aussi

bien que celui non demandé, est un péché qui met Dieu en colère.

AUTOMNE 2020

13


« PARDONNER SIGNIFIE QUE MES

SENTIMENTS NE COMPTENT PAS. »

La vérité : le pardon devrait être accompagné de

la reconnaissance du tort causé

Lorsque quelqu’un dit : « Excuse-moi », la réponse la plus

courante est : « Ce n’est pas grave. » Cette réponse peut toutefois

poser problème pour certains car cela reviendrait à admettre

que le tort qui leur a été causé est acceptable. Vous pouvez

enseigner à vos enfants à répondre par exemple : « Merci de

t’être excusé… » Ils peuvent ajouter, s’ils le souhaitent : « J’ai

vraiment été blessé par ce que tu as fait. »

Expliquer aux enfants qu’en refusant de pardonner, ils ne

font qu’ajouter à leur mal-être peut les aider à dépasser leurs

difficultés à pardonner. Dans son livre Blessée par les enfants

de Dieu 1 , Anne Graham Lotz admet avoir trouvé une vraie

liberté dans le pardon lorsqu’elle s’est rendue compte que

« Pardonner ne signifie pas que l’autre personne a eu raison.

Pardonner nous libère, nous. »

Aidez votre enfant à identifier ses sentiments « avant/après »,

afin qu’il puisse reconnaître à quel point il se sent mieux après

avoir pardonné plutôt que de rester coincé dans :

la colère (qui empêche d’entendre les encouragements

du Saint-Esprit)

des pensées méchantes ou de vengeance (que Satan

aime beaucoup utiliser pour empirer la situation)

des souvenirs difficiles ou des blessures passées

l’amertume (qui peut même nous rendre malades

physiquement).

« PARDONNER, C’EST SE LAISSER

MARCHER SUR LES PIEDS. »

La vérité : pardonner demande du courage

Pardonner signifie renoncer au droit de se venger ; cela ne

signifie pas renoncer à attendre des changements. Jésus

nous demande de pardonner aussi souvent que nécessaire,

y compris jusqu’à 77 fois (voir Matthieu 18.22). Cependant,

lorsqu’il n’y a aucun signe de repentance, nous n’avons pas à

rester en position d’être à nouveau blessés. Enseignez à vos

enfants qu’au bout d’un moment, ils ont le droit d’expliquer à

leur offenseur quelque chose de similaire à ce qui suit : « Ton

comportement me blesse toujours, donc pour le moment, je

vais mettre des limites en place pour me protéger. »

D’un autre côté, il est important que nous interpellions nos

enfants chaque fois que leurs excuses semblent insincères.

Dre Slattery se souvient de la manière dont elle interrogeait

son fils : « Es-tu réellement désolé ? Comprends-tu ce qu’a

ressenti [ton frère] quand tu t’es moqué de lui devant ses amis ?

Explique-moi ce que tu aurais ressenti à sa place. »

Bien que le pardon doive être accordé gratuitement, il

est bon d’encourager vos enfants à poser un acte de

réparation lorsqu’ils reçoivent le pardon, pour montrer

qu’ils sont sincères et apprécient le pardon qu’ils ont reçu.

« LE PARDON DOIT ÊTRE IMMÉDIAT. »

La vérité : pardonner peut prendre du temps

Certains enfants sont capables de pardonner immédiatement

alors que d’autres ont besoin de plus de temps. Ces derniers

peuvent se sentir hypocrites si l’on attend d’eux un pardon

instantané qu’ils ne ressentent pas encore.

Si vos enfants sont dans ce cas, expliquez-leur que le pardon

prend parfois du temps et qu’ils ont la possibilité de demander

ce temps additionnel. Concrètement, enseignez à votre enfant

à dire par exemple, lorsqu’il est blessé : « Tu comptes pour moi

et je veux te pardonner, mais j’ai besoin d’un peu de temps seul

avant de pouvoir le faire. »

Une telle option doit cependant être accompagnée de

certaines conditions. L’enfant doit s’engager à :

demander au Saint-Esprit de remplir son cœur du

sentiment de pardon

apporter une fin claire à la situation dans un lapse de

temps raisonnable, informant son offenseur que leur

relation est restaurée.

C’est aux parents de s’assurer que ces deux conditions sont

remplies.

« DEMANDER PARDON ÉQUIVAUT À

DIRE "DÉSOLÉ." »

La vérité : une bonne demande de pardon est

plus complexe, mais aussi plus efficace

Il est important que les enfants comprennent que, lorsqu’ils

ont blessé quelqu’un par leurs actions, cette personne a

besoin d’entendre beaucoup plus qu’un simple « Désolé. »

Entre autres, ils doivent montrer qu’ils ont compris à quel

point l’autre a été blessé. Dans leur livre Les langages de la

14 FOCUSFAMILLE.CA


éconciliation, Gary Chapman et Jennifer Thomas décrivent

les cinq éléments suivants, qui constituent selon eux une

bonne demande de pardon (les jeunes enfants peuvent

commencer par les points 1, 3 et 5) :

Exprimer des regrets : « Je suis désolé de… » (Soyez

spécifique sur ce que vous et vous seul avez fait,

reconnaissant le tort que vous avez causé.)

Accepter ses responsabilités : « J’ai eu tort. »

Réparer : « Que puis-je faire pour arranger les choses ? »

Se repentir sincèrement : « Je vais essayer de ne

pas recommencer. »

Demander pardon : « Acceptes-tu de me pardonner ? »

Lorsqu’un enfant a reçu des excuses et a promis de pardonner,

il doit agir en conséquence. Ken Sande, auteur de Résoudre les

conflits au quotidien, et sa femme Colette one listé plusieurs

conseils pratiques qu’ils appellent « Les quatre promesses du

pardon ». Selon eux, une fois le pardon accordé, on peut affirmer :

« Je ne ruminerai pas sur l’incident. »

« Je ne reviendrai pas dessus pour l’utiliser contre toi. »

« Je n’en parlerai pas à d’autres. »

Leçon sur

le pardon

Téléchargez notre leçon gratuite sur le pardon

pour enseigner de manière ludique à vos

enfants ce que dit la Bible sur le pardon et

comment l’accorder.

Vous y trouverez des histoires bibliques, des

jeux, des prières, des activités manuelles

et autres, à adapter selon leur âge et votre

emploi du temps.

Rendez-vous sur

Grandirdanslintegrite.com

dès aujourd’hui !

« Je ne laisserai pas cet incident faire obstacle à notre

relation. »

1 Livre en anglais intitulé Wounded By God’s People.

Catherine Wilson est la rédactrice en chef de la rubrique Éduquer ses

Enfants chez Focus on the Family Canada.

de 3 à 10 ans

© 2020 Focus on the Family (Canada) Association. Tous droits réservés.


DÉPASSER

culpabilité

la parentale

16 FOCUSFAMILLE.CA


LORSQUE, EN TANT QUE PARENTS, NOUS FAISONS IMMANQUABLEMENT

DES ERREURS, DIEU NOUS INVITE À SORTIR DE LA CULPABILITÉ

par dominique ourlin

On se marie. Les enfants arrivent. Ils grandissent bien plus

vite qu’on ne pense et quoi qu’on en pense. Les années passent.

On aime regarder de temps en temps les photos qui nous

rappellent les bons souvenirs. Les mauvais font plus rarement

la une de ces moments de retour vers le passé proche ou plus

lointain. Il n’est pas toujours plaisant et aisé de poser un regard

objectif sur nos performances en tant que parents.

Réactions excessives, colères mal maîtrisées, promesses

non tenues, plus de « non » infligés que nécessaire par

impatience ou agacement, trop d’absences à des moments

cruciaux et pas assez de moments d’écoute de qualité… Qui n’a

pas sa liste d’écarts, d’erreurs et de négligences, consciente ou

non, avouée ou pas ?

Rares – et sans doute un peu naïfs – sont ceux qui sont

pleinement satisfaits et convaincus d’avoir accompli au

mieux leur mission parentale. Il faut dire que le « métier » de

parent est sans doute celui auquel on a été le moins formés et

préparés. De plus, nos propres parents n’ont pas toujours été le

modèle espéré, malgré, sans doute, leur bonne volonté. Mais

ne leur jetons pas trop vite la pierre. Il sera plus constructif de

s’examiner soi-même que de se comparer aux autres.

C’est ainsi que nombre d’entre nous traînent souvent le

boulet d’un sentiment de culpabilité, réelle ou supposée, ou

tout au moins de regrets multiples et divers, de torts parfois

irréparables.

Mon épouse et moi avons deux enfants dans la trentaine

avancée – ce qui vous aide à deviner notre âge. J’ai été pasteur

pendant plus de trente ans. Peut-être imaginez-vous donc

que tout a été merveilleux et glorieux. Pour le savoir, mieux

vaudrait demander… à nos enfants ! Nous sommes fiers d’eux

et des adultes qu’ils sont devenus. Nous avons beaucoup de

précieux souvenirs que nous chérissons ensemble, mais ni eux

ni nous ne sommes dupes. Malgré tout notre amour et toute

notre bonne volonté, nous avons souvent été pour le moins…

maladroits envers eux. Si je devais me noter moi-même en tant

que père, je reprendrais la formule scolaire : « Peut (ou aurait

pu) mieux faire. »

Le « problème » avec la vie, c’est qu’on apprend surtout par

l’expérience, et que l’on peut rarement revenir en arrière. On

apprend sur le tas – et de plus en plus souvent sur le tard !

Quelques-uns de mes faux pas — quels

sont les vôtres ?

Avec le recul du temps, voici quelques-uns de mes regrets

paternels…

• J’aurais aimé amener nos enfants à prendre davantage

confiance en eux-mêmes en leur faisant davantage

confiance – et plus tôt. Non, je ne crois pas que nous

soyons tous appelés à faire de nos enfants des « héros » et

des « champions ». Mais chacun doit être encouragé à être

le meilleur de lui-même, grâce aux dons et aux capacités

que Dieu a investis en lui ou en elle dès sa conception.

• J’aurais voulu être moins craintif et protectif. Bien sûr,

les parents sont là pour fixer des bornes, mais pas pour

constamment dire « Attention », au risque de paralyser

les enfants face à toute situation ou aventure inconnue.

Parfois, trop protéger ses enfants, c’est surtout se protéger

soi-même des éventuelles conséquences de leurs faux pas

qu’il nous faudra assumer pour eux ou avec eux. (S’il se

casse une jambe en patinant sur la glace, c’est moi qui vais

devoir l’amener à l’hôpital !)

• J’aurais aimé être un meilleur exemple de sérénité face

aux situations de crise. Mon attitude et mes réactions face

aux problèmes de la vie, petits ou grands, ont forcément

marqué mes enfants plus que tous les sermons qu’ils m’ont

entendu prêcher.

• J’aurais aimé faire preuve de plus de patience envers eux.

Mon impatience a souvent été le reflet du fait que mon

esprit était bien plus absorbé par mes responsabilités hors

du foyer que par le souci du bien-être et de l’éducation de

mes enfants.

• J’aurais aimé toujours tenir promesse. J’ai souvent fait des

promesses par amour pour mes enfants, mais par manque

de détermination ou de discipline, je me suis souvent

laissé déborder et n’ai pas toujours été fidèle à ma parole.

Cela laisse des blessures profondes que j’aurais tant voulu

épargner à mes chers enfants.

AUTOMNE 2020

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« Si c’était à refaire… » — mais ce n’est

pas à refaire

Propos peu utiles, car le passé est ce qu’il est. Il faut accepter

le fait que l’on ne peut défaire et refaire le passé. On peut tout

au plus faire de son mieux pour le racheter. Se morfondre

dans les regrets ne change rien. Puissions-nous plutôt avoir le

courage de réagir constructivement pour corriger et réparer

ce qui peut l’être.

• LE COURAGE D’ÉCOUTER LES GRIEFS QUE NOS ENFANTS,

QUEL QUE SOIT LEUR ÂGE, PEUVENT AVOIR CONTRE NOUS,

qu’ils soient justifiés ou non. Ce sera sans doute à nous,

parents, de créer un climat favorable à une telle ouverture,

ou de savoir saisir l’occasion à la faveur d’un moment

intime avec chacun de nos enfants. Ayons toutefois

l’humilité de les laisser s’exprimer – sans bondir pour

tenter de nous justifier. Nous ne leur faisons pas une

faveur en leur offrant cette opportunité. Nous la leur

devons. Si nos enfants ont quitté le nid familial, nous

avons peut-être une lettre à leur écrire (pas un courriel ni

un texto, s’il vous plaît…).

• LE COURAGE DE LEUR DEMANDER PARDON LÀ OÙ CELA EST

NÉCESSAIRE. Mais attention que ce ne soit pas l’occasion

d’en « rajouter une couche » en voulant minimiser nos

fautes et nos erreurs. (Si tu savais comment j’ai été élevé,

tu me comprendrais mieux. Même si c’est peut-être vrai !)

Demander pardon, c’est assumer nos fautes et nos lacunes.

Ce n’est pas amadouer l’autre pour qu’il s’apitoie sur

nous. De plus, on ne peut exiger le pardon – seulement

le demander. Gardons-nous de penser que notre enfant

devrait être émerveillé et attendri à nous entendre lui

demander pardon. Ce ne sera pas forcément le cas. Il

lui faudra peut-être du temps pour « digérer » et pour

constater par lui-même que notre démarche est sincère.

• LE COURAGE DE « LAISSER DU TEMPS AU TEMPS ». Une

blessure ne se referme bien qu’avec le temps. Osons croire

en la grâce – faveur imméritée de Dieu – qui saura être un

baume, guérissant et apaisant les cœurs et les colères. Le

temps seul ne guérit rien. Mais Dieu, lui, connaît les cœurs

et agit avec le temps.

Assumer et dépasser la culpabilité

Nous ne pouvons refaire le passé, mais nous pouvons œuvrer

à restaurer les relations qui ont pu être blessées ou brisées.

Nous ne pouvons rien forcer, mais nous pouvons être présents

et « opportunistes » en saisissant les moments favorables pour

tenir ce genre de conversation avec nos enfants, sans doute le

plus souvent, individuellement.

Et dans tous les cas, puissions-nous garder le contact à tout

prix – un coup de fil, un courriel, un texto, etc. Partageons avec

eux des paroles et des gestes d’encouragement et d’affirmation,

même si l’on n’approuve pas tous leurs choix et opinions. Nos

enfants ne sont pas nos clones – Dieu merci !

Quand tout le reste aura été fait, puissions-nous continuer de

les aimer et les aimer encore. Inlassablement. Infatigablement.

Inconditionnellement.

Puissions-nous aussi ne jamais nous lasser de prier pour

eux, de les bénir en demandant à Dieu chaque jour une grâce

particulière pour chacun d’eux dans sa réalité présente.

Certitudes rassurantes pour

eux comme pour nous…

« On t’appellera réparateur de brèches, restaurateur

de sentiers fréquentés 1 . »

Brèches de discorde, disputes, mésententes, ruptures.

Sentiers de dialogue, d’échange, d’écoute, de respect. Si nos

lacunes ont parfois creusé des brèches entre nous et nos

enfants, Dieu est capable de nous rendre aptes à les réparer si

nous comptons sur sa grâce et agissons avec grâce et douceur.

Il est un Dieu de réconciliation.

« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour

ceux qui sont en Jésus-Christ 2 . »

Être chrétien, c’est oser croire au pardon de Dieu envers

nous, quelle que soit la somme de nos fautes et de nos

manquements. C’est donc refuser de patauger dans le marécage

de la culpabilité et de la condamnation, ce qui devient parfois

une excuse déguisée pour ne pas se retrousser les manches et

réagir en adultes responsables.

« N’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actes et

avec vérité… En effet, même si notre cœur nous condamne, Dieu

est plus grand que notre cœur et il connaît tout 3 . »

Si nous travaillons à « réparer les brèches » et à « restaurer

les sentiers fréquentés », nous pouvons et devons bannir toute

crainte et condamnation. Nous pouvons alors avancer vers

l’avenir avec humilité et assurance. C’est le meilleur exemple

que nous puissions encore laisser à ces précieux enfants que

Dieu nous a confiés.

1 Ésaïe 58.12

2 Romains 8.1

3 1 Jean 3.18-20

Dominique Ourlin est pasteur retraité vivant au Québec depuis plus de 19

ans, avec son épouse Candy. Il est aussi l’auteur de deux livres, disponibles

sur PainSurLesEaux.com.

© 2020 Dominique Ourlin. Tous droits réservés. Utilisation autorisée.

18 FOCUSFAMILLE.CA


Ne laissez pas votre conjoint

vous mettre

en colère

PRENDRE LA RESPONSABILITÉ DE SES ÉMOTIONS OUVRE LA

PORTE À UNE RELATION ÉQUILIBRÉE ET CONSTRUCTIVE

par mike bechtle

AUTOMNE 2020

19


J« Je pense qu’on devrait se prendre un peu de vacances et partir

quelque part. Pourquoi pas la fin de semaine prochaine ? », ai-je

demandé à ma femme, Diane. Nous avions passé quelques mois

difficiles, je pensais donc qu’une petite pause serait la bienvenue.

J’étais sûr qu’elle serait ravie. Je me trompais.

Sa réponse a tardé : « Oui, peut-être… »

« On dirait que tu n’es pas très enthousiaste à cette idée »,

ai-je répondu.

« Je le suis », a-t-elle réagi avec un léger agacement dans la

voix. « C’est juste que j’aimerais bien qu’on termine enfin la

terrasse. » J’avais commencé à rénover la grande terrasse en

bois derrière la maison l’été précédent. C’était une tâche bien

plus complexe que ce que je pensais et j’avais eu peu de temps

pour y travailler. Plusieurs mois après, la terrasse était toujours

en chantier.

Quelle fut ma première réaction face au rejet de mon idée

de fin de semaine ? J’étais énervé et je voulais la punir par mon

silence ou mon sarcasme car elle m’avait blessé et contrarié.

Mais dans le fond, je savais bien que ce n’était pas elle qui me

mettait en colère. L’irritation que je ressentais venait de la

manière dont je choisissais de réagir.

Nous avons tous déjà lancé un : « Tu m’énerves tellement ! »

Cependant, lorsque nous tenons l’autre pour responsable de ce

que l’on ressent, c’est comme s’il devenait propriétaire de nos

émotions. Il devient alors maitre de ce que l’on ressent et nous

pensons qu’il peut aussi faire en sorte que nous allions mieux.

Il est plus facile d’être locataire que propriétaire de sa maison.

Mais un locataire ne s’investit pas autant pour réparer et

entretenir le lieu où il habite. Il est limité dans ses possibilités

d’amélioration. Lorsque quelqu’un est propriétaire, il peut

imaginer et rêver à loisir et faire les changements qu’il veut.

Tout est possible, mais cela implique souvent de devoir faire le

travail soi-même.

Un mariage ne peut pas prospérer quand les conjoints

sont locataires de la relation, s’attendant à ce que leur

partenaire s’occupe de remédier à leurs émotions négatives.

Si nous devenons propriétaires de nos émotions, nous

pouvons réellement investir dans la relation. On se donne

ainsi la possibilité de construire quelque chose de vraiment

solide à deux.

Par où commencer ? Voici trois étapes simples et pratiques :

Changer de perspective

Si nous partons du principe que nos ressentis sont la faute de

notre conjoint, nous nous plaçons dans une position de victime.

Voici le schéma typique :

1. Je me sentais bien.

2. Tu as dit ou fait quelque chose et je ne me sens plus bien.

3. C’est de ta faute si je me sens mal.

4. Je suis la victime donc tu es le problème.

La réalité est que personne ne peut nous forcer à nous sentir

d’une certaine manière. Bien sûr, notre conjoint peut agir

d’une manière qui nous met en colère, nous frustre ou nous

décourage. Ce n’est pas quelque chose que nous anticipons, ça

se produit, c’est tout. C’est ce que nous faisons ensuite qui est

de notre ressort et non de celui de notre conjoint. Il s’agit de la

différence entre une réaction et une réponse.

Une réaction n’est rien d’autre qu’une émotion. Elle n’est ni

bonne ni mauvaise. Quelqu’un dit ou fait quelque chose et une

émotion émerge. Il ou elle n’a pas mis cette émotion en nous ;

elle nous appartient.

Nous nous considérons souvent comme prisonniers d’une

émotion, comme si nous ne pouvions rien y faire alors qu’en

fait, nous pouvons choisir notre réponse. Une réponse consiste

à reconnaitre la réalité de l’émotion ressentie tout en nous

laissant le choix de ce que nous allons en faire. Si nous restons

coincés, c’est que nous attendons que le propriétaire fasse

quelque chose. Lorsque nous prenons en charge nos émotions,

nous sommes libres de trouver une solution saine.

Deux personnes peuvent être dans la même voiture, coincées

dans le même bouchon, en retard pour le même rendez-vous,

mais l’une d’entre elles sera exaspérée alors que l’autre restera

calme. Qu’est-ce qui les différencie ? L’une accuse tout le monde

de ses difficultés et laisse ses émotions prendre le dessus alors

que l’autre sait qu’elle ne peut pas contrôler la situation et

choisit de maitriser son approche.

Dans son livre En quête d’une raison d’être 1 , Viktor Frankl

a écrit : « Lorsque nous ne pouvons pas changer la situation,

le défi devient de nous changer nous-mêmes. » Comment

donc apprendre à remplacer nos réactions par des réponses ?

En changeant de perspective. Lorsque nous ressentons une

émotion forte (réaction), c’est un signal qu’il est temps de

ralentir et de choisir ce que nous allons en faire (réponse).

Se concentrer sur ce que l’on

peut changer

Vous est-il déjà arrivé de mettre des glaçons dans un grand

verre d’eau bien froide ? Les glaçons fondent un peu puis

s’agglutinent en un seul bloc de glace. Lorsque vous voulez

boire, la glace glisse vers vous, renversant sur vous la moitié

de votre verre.

Au début de notre mariage, nous sommes souvent émerveillés

par tous les bons côtés de notre conjoint et espérons qu’il ou

elle ne changera jamais. Quelques années plus tard, les petites

irritations se sont agglomérées en un iceberg de frustrations et

20 FOCUSFAMILLE.CA


Quand notre bonheur tient au fait que quelqu’un

change, c’est la frustration garantie.

nous nous demandons s’il y aura un jour du changement.

Oui, les gens peuvent changer. Cependant, quand notre

bonheur tient au fait que quelqu’un change, c’est la frustration

garantie. Ce n’est plus nous qui sommes maitres de ce que nous

ressentons, c’est notre partenaire. Pour avoir des relations

saines, il faut que les deux partis soient responsables de leurs

propres choix. C’est comme un match de tennis : je suis

responsable de ce qui se passe de mon côté du court et de la

manière dont je vais jouer le service qui m’est envoyé. Si je

commence à aller du côté de Diane pour changer ce qu’elle fait,

cela est déplacé de ma part et très irritant pour elle.

Bien que nous ne puissions pas forcer notre conjoint à

changer, les choix que nous faisons auront une influence. Il n’y

a aucune garantie, mais il y a toujours de l’espoir. Lorsque nous

passons notre temps à examiner les problèmes des autres, nous

n’avons pas le temps de travailler sur les nôtres.

L’apôtre Paul offre des conseils étonnamment pratiques au

sujet des émotions. Il nous dit de ne nous inquiéter de rien et

de simplement prier. C’est un bon conseil, qui peut pourtant

paraître banal quand nous sommes en plein conflit, submergés

par nos émotions. Même si nous prions, notre émotion a

tendance à rester collée à nous. C’est pourquoi Paul rajoute

quelques versets, nous conseillant de remplacer nos émotions

négatives par ce qui est vrai, honorable, pur : « Portez vos

pensées sur tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce

qui est juste, tout ce qui est pur, … » (Philippiens 4.4-8)

Choisir ses mots avec soin

Lorsque nous vivons des émotions fortes, nos paroles révèlent

qui en est responsable :

• « Tu m’énerves. » ou « Je suis énervé. »

• « Tu m’as menti. » ou « Je me sens dupé. »

• « Tu me blesses quand tu te renfermes » ou « Quand tu te

renfermes, je me sens blessé. »

Rendre notre conjoint responsable de la manière dont nous

nous sentons se transforme souvent en critique. Après tout, si

c’est de sa faute, c’est normal que je sois irrité, non ? Lorsque

notre mari ou notre femme ne se repent pas, cela ne fait

qu’augmenter nos sentiments négatifs. Nos paroles deviennent

alors souvent sarcastiques ou méchantes.

Voici le filtre que l’Écriture nous propose d’appliquer :

« Qu’aucune parole malsaine ne sorte de votre bouche, mais

seulement de bonnes paroles qui, en fonction des besoins, servent

à l’édification et transmettent une grâce à ceux qui les entendent »

(Éphésiens 4.29). La première partie suggère qu’il est souvent

mieux de ne rien dire et d’écouter ; la seconde partie nous

appelle à prendre les rênes de nos émotions et de la manière

dont nous les exprimons.

Lorsqu’un couple a pris l’habitude d’être locataire de ses

émotions, il peut paraître impossible de reprendre le dessus.

C’est vrai que réussir à régler les difficultés profondes qui se

sont installées dans un mariage peut demander du temps, voire

même une aide professionnelle. Mais cela peut aussi passer par

quelques changements personnels simples qui ne dépendent

pas des réactions de l’autre, puisqu’il s’agit de la responsabilité

personnelle de chacun.

Lorsque nous redevenons propriétaires de nos émotions et

que nous arrêtons d’accuser notre conjoint, nous cessons de

le considérer comme le problème. Nous pouvons alors le voir

comme un partenaire précieux et unique dans cette grande

aventure et à poser les bases d’une relation de première classe.

Si vous vous posez la question quant à notre fin de semaine,

nous ne sommes pas partis. En revanche, nous avons bien

avancé les travaux de la terrasse, au point que nous avons

décidé, à l’unisson, de prendre quelques jours de vacances.

1 Livre en anglais intitulé Man’s Search for Meaning.

Le Dr Mike Bechtle est écrivain, orateur et conseiller senior chez

FranklinCovey. Il est l’auteur de cinq livres, dont Dealing with the

Elephant in the Room [Faire face à l’éléphant dans la pièce].

© 2020 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Écrit par Dr

Mike Bechtle. Publié initialement en anglais sur FocusOnTheFamily.com.

AUTOMNE 2020

21


IL SE PEUT QUE, SANS NOUS EN APERCEVOIR, NOUS

UTILISIONS LA HONTE COMME OUTIL DE DISCIPLINE

— par le dr kelly flanagan —

Quinn devait avoir quatre ans quand il a frappé sa sœur de deux

ans en plein visage.

Je l’ai amené dans sa chambre, j’ai fermé la porte derrière

moi et me suis agenouillé pour être à son niveau. La colère dans

mon regard se reflétait dans ses yeux. Je voulais lui demander :

« Qu’est-ce qui ne va pas chez toi ? » et répondre à ma propre

question par une remarque cinglante comme : « Tu es un

méchant garçon. »

En d’autres termes, je voulais qu’il ressente de la honte.

La honte est un message que nous recevons de notre

entourage, affirmant que nous sommes mauvais, incorrigibles

ou bons à rien. La honte est différente de la culpabilité. Un

sentiment de culpabilité qui n’a pas été produit par quelqu’un

d’autre peut être une émotion très saine, qui est là pour nous

indiquer que nous avons fait quelque chose de mal. La honte

est une émotion malsaine qui envahit notre âme pour nous

dire que nous sommes mauvais. La culpabilité peut nous aider

à corriger notre trajectoire alors que la honte nous condamne

en tant que personne.

En tant que parent, il est tentant d’utiliser la honte comme

outil de discipline. Pourquoi ? Parce que ça fonctionne.

La honte est un sentiment tellement douloureux qu’un

enfant fera tout pour éviter de la ressentir à nouveau. Il voudra

changer tout comportement ou niveau de performance afin

d’éviter d’être condamné pour qui il est. À court terme, la honte

est donc un outil très efficace pour changer un comportement.

22 FOCUSFAMILLE.CA


Cependant, avec le temps, ce sentiment forge l’âme de l’enfant

de manière particulièrement négative.

Fort heureusement, il y a une alternative : se réjouir de

ses enfants.

Des célébrations inattendues

Il était une fois un fils prodigue qui avait bien mal agi (Luc

15.11-32). Il demanda l’héritage qui lui était dû lorsque son père

mourrait. Après l’avoir reçu, il s’en alla et dilapida sa fortune

dans la débauche. Un jour, il se réveilla au milieu des cochons,

sale et affamé. Il revint à la raison et décida de rentrer chez son

père, la tête basse, espérant y obtenir un travail.

Le père scrutait chaque jour l’horizon du regard, cherchant

son fils rebelle. Puis un jour, il l’aperçut au loin. Avec joie, il

souleva sa tunique pour courir à sa rencontre, le prendre dans

ses bras et célébrer son retour. Un père qui se réjouit de son

enfant sait que son fil a mal agi, mais qu’il n’en perd pas sa

valeur pour autant.

Bien que, à genoux devant Quinn, j’étais tenté de lui faire

honte, ce jour-là, j’ai marqué un point en tant que père : je

ne l’ai pas couvert de honte. Au lieu de cela, j’ai choisi de

l’apprécier pour qui il était. Je lui ai dit : « Quinn, je sais que

tu aimes ta sœur, et je sais que tu as un cœur tendre. Peux-tu

essayer de lui demander pardon ? Quand tu seras prêt à le faire,

tu pourras sortir de ta chambre. »

Quelques minutes se sont écoulées, puis une demi-heure.

Puis une heure. La porte de la chambre s’est entrouverte et

Quinn est sorti avec quelque chose à la main. Il avait passé

une heure à fabriquer une carte d’excuse pour sa petite sœur.

Elle était magnifique. En exprimant mon appréciation pour

ce qu’il y avait de bon en mon fils, je l’avais aidé à le voir

aussi lui-même. Ainsi, ayant conscience de sa propre valeur,

il avait pu prendre la bonne décision.

Soyez des parents qui se délectent

de leurs enfants

Que peut-on apprendre de ce père qui court en relevant sa

tunique sur la manière de discipliner nos enfants ? Ce père,

qui représente Dieu le Père, nous enseigne à être des parents

qui prennent grand plaisir en nos enfants plutôt que de les

rabaisser. Cette histoire nous enseigne trois éléments clés pour

nous délecter de nos enfants :

Leur prêter attention

Nous devons toujours scruter l’horizon à la recherche de nos

enfants. Lorsque leur comportement n’a rien de réjouissant,

nous devons bien sûr appliquer des conséquences, mais

attention à ce que celles-ci soient ancrées dans ce que nous

savons être appréciable concernant leur cœur. Pour cela, il

nous faut réellement passer du temps à les observer. Cela

signifie mettre de côté nos téléphones et nos ambitions et

faire l’effort de réellement voir nos enfants. Cela demande un

investissement à long terme.

Les prendre dans les bras

Un câlin est empreint de douceur. Il renvoie un message

contraire à celui empreint de honte : « Même quand ton

comportement est mauvais, tu seras toujours aimé dans ces

bras. Tu feras peut-être des erreurs, mais tu n’es pas une

erreur et tu seras toujours le bienvenu. » Nous pouvons faire

ressentir ce message à nos enfants par nos gestes, nos paroles

et l’attention que nous leurs portons.

Les célébrer

Quand le fils prodigue est rentré, son père a organisé une fête

pour lui. Il a mis du temps à part pour se réjouir de son fils

désobéissant. Ne nous attendons toutefois pas à pouvoir nous

réjouir quand nous sommes sous le coup de la colère. Il est

important de mettre régulièrement du temps à part pour nous

rassembler en famille, pour offrir à nos enfants notre pleine

attention et prendre le temps de nous délecter de leur personne.

Quinn a maintenant dix ans. Hier soir, au moment du repas,

son grand frère a accidentellement déchiré une page de son livre

préféré. Pendant quelques minutes, je l’ai vu se battre avec les

sentiments de tristesse et de fureur qui montaient en lui. Puis

soudain, la vérité sur son identité a pris le dessus. Il a demandé

à son frère de réparer son livre, puis, se tournant vers le reste

de la famille, il nous a invités à parler de quelque chose de plus

réjouissant, me demandant comment s’était passée ma journée.

Je l’ai regardé, le cœur rempli de joie.

Kelly Flanagan est docteur en psychologie et co-fondateur de la clinique Artisan

Clinical Associates à Naperville, dans l’Illinois, aux États-Unis. Kelly a épousé une

docteure en psychologie qui s’appelle elle aussi Kelly. Ensemble, ils ont trois enfants.

© 2020 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Écrit par le Dr

Kelly Flanagan. Publié initialement en anglais sur FocusOnTheFamily.com.

AUTOMNE 2020

23


ENFANT

PRODIGUE :

EST-IL POSSIBLE D’ÊTRE DE SUFFISAMMENT BONS PARENTS POUR AVOIR LA

GARANTIE QUE NOS ENFANTS NE S’ÉLOIGNERONT JAMAIS DE DIEU ?

— par gary thomas —

AArianna avait le cœur brisé par les choix

immoraux que son fils faisait en tant que

jeune adulte. Elle lui a demandé où se

situait Jésus dans tout cela.

« C’est quelque chose que j’ai besoin de

reconsidérer. Ça fait longtemps que je

me questionne au sujet de Jésus », lui a

répondu son fils. Voilà les paroles les plus

douloureuses qu’Arianna ait entendues.

Un mauvais comportement est une

chose, mais perdre la foi en Jésus est

beaucoup plus grave.

Lors de notre discussion, Arianna se

demandait ce qu’elle avait mal fait en

tant que mère. Aurait-elle dû lui faire

l’école à la maison ? L’avait-elle laissé

consacrer trop de temps aux activités

sportives ? Lui avait-elle parlé trop peu

de la foi ?

« Est-ce de ma faute ? Suis-je un

mauvais parent ? », s’interrogeait-elle.

Il n’y a aucune garantie

En tant que pasteur, il est toujours

difficile d’expliquer aux parents que le

fait d’aimer Jésus, d’élever ses enfants

dans une bonne église et de prendre du

temps à la maison pour leur enseigner

les bases de la foi ne leur garantit pas de

systématiquement obtenir les résultats

escomptés. Combien je voudrais

pouvoir leur promettre que nos efforts

continus amèneront infailliblement

nos enfants à aimer et à suivre Dieu !

Le fait est que nous ne sommes pas en

train de programmer des ordinateurs.

Nous élevons des jeunes adultes créés à

l’image de Dieu, image qui repose sur la

capacité des êtres humains à faire des

choix.

J’ai lu avec Arianna le passage de

Marc 13.12-13 où Jésus, s’adressant à

des croyants, explique : « Les enfants se

soulèveront contre leurs parents et les

feront mourir. Vous serez détestés de tous

à cause de mon nom. »

24 FOCUSFAMILLE.CA


est-ce de

ma faute ?

5

Dans ces promesses, que personne ne

désire vraiment s’approprier, Jésus avait

prédit que certains croyants verraient

leurs enfants se rebeller, non seulement

contre eux, mais aussi contre lui. Avoir

part aux souffrances de Christ peut

inclure vivre la douleur de voir ceux que

l’on aime rejeter la vérité.

L’une de ces promesses semble

s’appliquer en particulier aux enfants :

« S’il y a cinq personnes dans une famille,

elles seront divisées, trois contre deux et

deux contre trois, le père contre le fils et le

fils contre le père, la mère contre la fille et

la fille contre la mère, la belle-mère contre

la belle-fille et la belle-fille contre la bellemère.

» (Luc 12.52-53)

La réaction d’Ariana à ces promesses

fut la réponse classique : « Je préfère de

loin le verset qui dit que, si on élève un

enfant dans les voies de Dieu, il ne s’en

éloignera pas. »

N’est-ce pas notre cas à tous ?

Une ligne de division

Bien que ce ne soit pas une réalité sur

laquelle beaucoup de parents veuillent

s’arrêter, être disciple de Jésus ne nous

garantit pas que nos enfants le suivront

également. D’ailleurs, Jésus a affirmé qu’il

pouvait devenir une « épée » de division,

créant une séparation entre parents

et enfants, entre fidèles et infidèles

(Matthieu 10.34-36). Ce n’est donc pas

un signe d’échec pour un parent chrétien.

La raison pour laquelle Jésus dit cela, et

peut-être l’une des raisons pour lesquelles

Dieu l’a inclus dans la Bible, c’est pour

que les parents sachent que la rébellion

d’un enfant ne signifie pas qu’ils ont

échoué en tant que parents. En d’autres

termes, Jésus ne dit pas cela pour nous

condamner, mais pour nous préparer.

Le Dr Steve Wilke explique aux

parents attristés : « Bien que Dieu ait

créé un monde parfait pour Adam et Ève,

cela ne les a pas empêchés de pécher.

Pensez-vous que la Trinité s’est alors

demandé : ‘Où s’est-on trompé ?’ »

Pensez au roi David, que Dieu a promu

de berger à roi d’Israël, lui donnant

une grande influence. David a réagi en

commettant un meurtre et un adultère.

Pensez-vous que Dieu se soit demandé :

« Qu’aurais-je pu faire différemment ?

Ah, si seulement j’avais été un meilleur

Père ! »

Lorsque Jésus a vécu en tant que

Messie parfait, offrant à Judas de

merveilleux enseignements, des conseils

parfaits et le meilleur exemple qui ait

jamais existé, mais que cela n’a pas suffi,

Jésus s’est-il interrogé : « Qu’ai-je mal

fait en tant que rabbin ? »

AUTOMNE 2020

25


Chacun fait ses propres choix. Penser

que nous pouvons être des parents

suffisamment bons pour que nos enfants

ne s’éloignent jamais de Dieu revient à

penser que nous pouvons faire mieux

que la Trinité. En tant que parents, vous

ne pouvez pas créer un jardin d’Eden

parfait pour vos enfants. Et même si

vous le pouviez, cela ne les empêcherait

pas de pécher.

Le syndrome de Samuel

Samuel est une figure fondatrice de

l’histoire d’Israël. Selon ce qu’on sait

de lui, il fut un fidèle serviteur de Dieu

(1 Samuel 2.35 ; 12.1-5). Cependant, ses

deux enfants se sont rebellés contre

Dieu : «Lorsque Samuel devint vieux, il

établit ses fils juges sur Israël. […] Les

fils de Samuel ne marchèrent point sur

ses traces ; ils se livraient à la cupidité,

recevaient des présents, et violaient la

justice. » (1 Samuel 8.1, 3)

Certains auteurs chrétiens ont estimé

que c’était la faute de Samuel, suggérant

qu’il aurait échoué en tant que père,

ajoutant qu’un travail dans le ministère

peut parfois venir entraver le rôle de

parent. Mais cela n’apparaît pas dans

la Bible. Il est seulement dit que les

fils de Samuel se sont révélés être de

mauvaises personnes. Eli, à qui Samuel

a succédé, est pour sa part accusé de ne

pas avoir réprimandé ses fils (1 Samuel

3.13). Le fait que la Bible ne dise rien

de tel concernant Samuel signifie donc

probablement que Dieu ne le tient pas

pour coupable des choix de ses enfants.

En tant que parents, nous avons

tendance à vivre les échecs de nos

enfants comme si c’étaient les nôtres.

Je ne dis pas que cela soit une bonne

chose, mais c’est généralement le cas.

Nous avons tendance à trop vite nous

attribuer leurs réussites et à nous tenir

pour responsables de leurs échecs et

rébellions. Il est difficile d’accepter le

fait qu’aucun d’entre nous ne peut être

un parent tellement bon que Dieu se

retrouve à devoir sauver l’âme de nos

enfants, comme par obligation envers

nous. D’un autre côté, il peut être

rassurant de savoir qu’aucun d’entre nous

ne peut se tromper à tel point que notre

enfant devienne irrécupérable pour Dieu.

Prenez le roi Asa par exemple, qui

craignait Dieu au début de son règne,

mais qui finit par s’en détourner pour

s’appuyer sur des puissances étrangères

afin de vaincre ses ennemis. Asa mit en

prison le prophète qui lui annonçait la

vérité. Pourtant, en dépit de sa rébellion,

son fils Josaphat a été fidèle à Dieu

(2 Chroniques 17.3). Dans ce cas, le

mauvais exemple d’Asa n’a pas détourné

son fils de Dieu.

La leçon à tirer est donc celle-ci : la

Bible recueille les histoires de fidèles

serviteurs de Dieu, tels que Samuel,

dont les enfants sont devenus rebelles.

On y voit aussi le parcours de ceux qui

ont abandonné Dieu, comme Asa, et

dont les enfants sont pourtant restés

fidèles à Dieu. On y trouve même un roi

particulièrement méchant (Achaz), père

d’un fils héroïque, excellent disciple de

Dieu (Ézéchias).

Je ne dis pas que nos erreurs en tant

que parents n’ont aucun effet sur le bienêtre

de nos enfants, ni que par nos lacunes,

ils ne peuvent pas s’éloigner de Dieu. Je

dis que les échecs des enfants ne reflètent

pas nécessairement l’échec des parents,

même si c’est souvent l’impression que

nous en avons, en tant que parents. La

culpabilité fera toujours partie de nos vies

de parents imparfaits, appelés à élever

des enfants pécheurs. Nous ne serons

jamais des parents parfaits.

Une lueur d’espoir

Si, comme Arianna, vous vous demandez

si vous êtes responsable des choix de

votre enfant, vous pouvez vous confier

dans la promesse suivante : Dieu se

préoccupe encore plus que vous du

bien-être spirituel de votre enfant. Il

n’est ni silencieux, ni limité dans

sa puissance. Cette vérité constitue

un grand encouragement pour moi

personnellement. Si Dieu a pu me garder,

moi, près de lui, existe-t-il quelqu’un qui

soit trop perdu pour lui ?

Vous ne savez peut-être pas où votre

fils en est avec Dieu, mais vous savez où

Dieu en est avec votre fils. Dieu, notre

Sauveur, aime votre enfant et désire le

sauver. Il veut que tous soient sauvés

et parviennent à la connaissance de la

vérité (1 Timothée 2.4).

Si nous nous focalisons sur nos enfants

et sur leurs choix, nous risquons de nous

renfermer dans la peur et le désespoir,

alors que si nous redirigeons nos pensées

vers Dieu, son caractère et sa puissance,

nous serons portés par l’espérance.

Un leader chrétien rempli de sagesse,

dont le cœur était brisé par la rébellion

d’un de ses enfants, m’a un jour confié

qu’il lui avait fallu une année entière pour

réussir à faire en sorte que sa joie ne soit

plus liée aux choix de ses enfants. « J’ai

enfin décidé que les choix moraux de mes

enfants ne devaient plus m’empêcher de

marcher dans la joie de Christ. »

La joie n’efface toutefois pas une

tristesse très réelle. De la même manière

que nous n’attendons pas de quelqu’un

qui vit un deuil de simplement « aller

mieux », nous ne devrions pas exiger

un rétablissement rapide d’un parent

attristé par la rébellion d’un enfant.

Chacun traverse le deuil à son rythme ;

un des parents peut s’en remettre

rapidement, tandis que l’autre pourrait se

sentir paralysé par la peur et le désespoir

pendant longtemps. Si votre conjoint et

vous avez des réactions différentes face

à la rébellion de vos enfants, ne laissez

pas ce fait creuser un fossé entre vous. Il

s’agit au contraire d’une occasion de faire

preuve d’encore plus de miséricorde et

d’écoute l’un envers l’autre.

Alors, quand vous priez pour votre

enfant, fixez votre regard sur Jésus

plus que sur les péchés de votre fils

26 FOCUSFAMILLE.CA


ou de votre fille. Si votre enfant a des

problèmes d’addiction, des ennuis avec

la justice ou s’il fait des mauvais choix

relationnels, il est facile de se focaliser

sur la situation qui vous trouble, laissant

la peur des conséquences potentielles de

leur comportement devenir le moteur de

vos prières. Cela revient à s’attaquer aux

symptômes plutôt qu’à la maladie, qui

est la séparation d’avec Jésus. Dieu peut

très bien se servir d’une addiction, d’un

séjour en prison ou d’un cœur brisé pour

ramener un enfant prodigue près de lui.

Un pécheur n’est pas condamné par son

comportement, il est condamné quand il

ne recherche pas le pardon et le salut de

son Sauveur. Demandez à Dieu que votre

enfant soit submergé par la beauté et la

gloire de Christ.

Le salut de nos enfants n’a jamais

dépendu de nous. La bonne nouvelle,

qui est source d’espérance pour nous,

c’est que le retour à Dieu de notre enfant

prodigue ne dépend pas de nous non

plus. Dieu peut utiliser de nombreux

chemins et de nombreuses personnes

pour ramener ses enfants à lui. C’est

notre droit et notre privilège de prier

avec espérance, tout en permettant à

Dieu de choisir sa méthode pour appeler

nos enfants à lui.

Vous ne serez jamais seul dans

ce combat. Vous êtes des partenaires

du Dieu de l’univers, qui est plus que

capable de combler nos lacunes et de

reconstruire ce qui a été détruit.

Si nous nous focalisons sur nos enfants et

sur leurs choix, nous risquons de nous renfermer

dans la peur et le désespoir, alors que si nous

redirigeons nos pensées vers Dieu, son caractère

et sa puissance, nous serons portés par

L’ESPÉRANCE.

4

Gary Thomas est un orateur international et

auteur de plusieurs livres, dont Vous avez dit oui

à quoi ? et Votre mari a besoin de vous.

© 2020 Focus on the Family. Tous droits réservés.

Utilisation autorisée. Écrit par Gary Thomas. Publié

initialement en anglais sur FocusOnTheFamily.com.

Soumettez-nous vos sujets de

prière : Notre équipe se réunit

tous les matins pour prier pour

vous et pour vos enfants. Si vous

le souhaitez, vous pouvez nous

envoyer les noms de vos enfants prodigues par

courriel à lettres@focusfamille.ca. Nous serons

heureux de joindre, en toute confidentialité, nos

voix aux vôtres pour le salut de ceux qui vous

sont chers.

AUTOMNE 2020

27


oui mais comment ?

COMPRENDRE CE QUE LE PARDON N’EST PAS AFIN DE POUVOIR

PARDONNER ET ÊTRE LIBÉRÉ DE L’AMERTUME

— par laura petherbridge —

Angela savait qu’elle devait pardonner à Leslie, mais elle ne

savait pas comment. Après tout, Leslie avait trahi leur amitié

en faisant part à d’autres personnes de conversations qui

auraient dû rester entre elles. Cependant, elle savait que si elle

ne se débarrassait pas de sa colère et n’accordait pas son pardon

à Leslie, l’amertume menaçait de la ronger.

Cela fait vingt ans que j’enseigne dans des conférences où j’ai

rencontré de nombreuses personnes qui ont du mal à pardonner.

Elles comprennent l’importance du pardon, mais peu d’entre

elles ont appris comment pardonner. Le cycle de l’amertume

et de la vengeance se perpétue, souvent à cause d’une vision

inexacte du pardon. Il existe de nombreuses ressources pour

expliquer ce qu’est le pardon, mais bien peu pour nous montrer

ce qu’il n’est pas. C’est pourtant souvent la clé.

1.

Le pardon n’est pas un sentiment

Si vous attendez d’être rempli d’un sentiment de pardon, il

y a peu de chances que cela arrive. Le pardon est un acte

d’obéissance à Dieu, qui provient de notre gratitude envers

sa grâce. Dieu sait que la vengeance, la colère et la rage

peuvent nous détruire spirituellement, émotionnellement et

physiquement. Jésus a payé un trop grand prix pour que ses

bien-aimés soient esclaves, en particulier de la haine. Il veut

que ses enfants soient libres. On ne peut pourtant pas être libre

lorsqu’on vit sous le poids de l’amertume. Lorsque les chaînes

de la vengeance enserrent nos poignets, il est impossible de

lever les mains pour louer Dieu.

2.

Pardonner ne signifie pas faire semblant

de ne pas avoir été blessé

Se promener en affichant un faux sourire alors que l’on

bouillonne à l’intérieur, ce n’est pas pardonner. Dans la

Bible, nous ne voyons jamais Jésus faire semblant. Lorsqu’il

était triste, il pleurait (Jean 11.35). Lorsqu’il était en colère,

il renversait les tables dans le temple (Jean 2.15-16). Dans

votre cas, quelqu’un a trahi votre confiance, a abîmé votre

âme ou vous a pris quelque chose de précieux. Il est normal

de reconnaître et de ressentir la souffrance infligée par le

comportement d’une autre personne.

3.

Pardonner ne veut pas dire fermer les

yeux sur le mal que l’on vous a fait

De nombreuses personnes hésitent à pardonner car elles ont

l’impression que cela revient à approuver les choix de leur

offenseur ou bien qu’ainsi, il va s’en sortir. Ce n’est pas le cas.

Le pardon vous décharge plutôt vous de l’amertume et libère

l’offenseur de sa dette envers vous.

4.

Pardonner ne signifie pas faire

confiance à son offenseur

Après une trahison, l’offenseur n’a pas un droit automatique

à votre confiance. Pardonner ne signifie pas laisser

28 FOCUSFAMILLE.CA


immédiatement la personne reprendre sa place dans votre vie

ou dans votre cœur. Si celle-ci se repent et désire travailler à

restaurer la relation, vous serez peut-être à même de lui faire

confiance à nouveau après un certain temps. Cependant, il

arrive parfois qu’on ne puisse plus à nouveau faire confiance à

ceux qui nous ont blessés.

Bien qu’accorder le pardon ne doive pas dépendre de la

repentance du responsable, une personne qui se repent

réellement n’exige pas le pardon, ou ne se sert pas de versets

bibliques pour essayer de vous culpabiliser. Il accepte

humblement les conséquences de ses actions, ainsi que toute

responsabilité pour les fautes commises (Psaume 51). Une des

conséquences peut être le besoin de vous laisser du temps, pour

voir si vous pouvez à nouveau lui faire confiance.

Il y a des gens dans mon entourage auxquels j’ai pardonné

mais à qui je ne fais plus confiance car ils ont choisi de rester

dans les mêmes schémas négatifs qui ont été une source de

souffrance pour moi.

5.

Le pardon ne décharge pas l’offenseur

de ses responsabilités

Une personne ne devrait pas être « tirée d’affaire » et libre de

toute responsabilité simplement parce que vous avez choisi de

lui pardonner. Par exemple, une épouse peut être pardonnée

pour avoir mené sa famille à la ruine financière, mais elle

devrait tout de même rester responsable de rembourser les

dettes accumulées. Un ex-mari peut être pardonné pour avoir

détruit son mariage par un adultère, mais il doit quand même

payer une pension alimentaire à son ex-femme.

Le pardon n’efface pas la responsabilité. Mettre quelqu’un

face à ses responsabilités n’est pas un manque d’amour. C’est

souvent, au contraire, la meilleure chose que l’on puisse faire,

car cela pourrait mener à la repentance.

Pardonner, c’est-à-dire renoncer au ressentiment et effacer

la dette de la personne qui vous a offensé ou blessé, est

rarement un événement ponctuel. La douleur ne disparaît

pas nécessairement une fois que vous avez pardonné. Il arrive

également que ceux qui nous sont les plus proches nous

blessent de manière répétée, ce qui nous oblige à pardonner de

manière répétée.

Le meilleur moyen de faire un pas en avant vers le pardon

est de reconnaître que vous avez besoin de pardonner. Soyez

honnête avec Dieu et demandez-lui de vous révéler toutes les

pensées biaisées que vous pourriez avoir concernant le pardon.

Cela commence souvent par découvrir la différence entre ce

qu’est le pardon, et ce qu’il n’est pas.

Laura Petherbridge est formatrice pour le programme DivorceCare, un

programme de rétablissement suite à un divorce, utilisé dans plus de 12 000

églises au monde. Elle est également auteure de plusieurs livres.

© 2020 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Écrit par Laura

Petherbridge en anglais.

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29


30 FOCUSFAMILLE.CA


DÉCOUVREZ L’HISTOIRE DU POUVOIR RÉDEMPTEUR DE DIEU DANS

LA VIE D’UN PASTEUR ACCRO À LA PORNOGRAPHIE

par nick stumbo

En 2010, ma vie avait l’air parfaite de l’extérieur. J’étais jeune

pasteur dans une église en pleine croissance. J’avais trois beaux

enfants et une femme merveilleuse, Michelle. J’avais une belle

maison, de bons amis et un avenir radieux. Que pourrait-on

demander de plus ?

Mais en mon for intérieur, j’étais constamment tourmenté

par une lutte incessante contre la convoitise et la pornographie,

qui avait commencé quinze ans plus tôt. Lorsque je prêchais

devant mon assemblée chaque dimanche, une voix accusatrice

résonnait dans mon oreille : « Tu n’es qu’un hypocrite.

S’ils savaient le genre de pensées et les luttes que tu as, ils

quitteraient l’église immédiatement. » La honte et le sentiment

de médiocrité m’accompagnaient au quotidien. J’étais coincé

dans un cycle de consommation intense de pornographie

suivie d’un rejet total, qui me laissait dans un état constant

d’isolement et de dégout de moi-même.

CONFESSION ET PRIÈRE

En quinze ans, j’avais essayé toutes les solutions que mon

éducation chrétienne m’avait enseigné pour résoudre les

problèmes de la vie. J’ai prié. J’ai lu les versets sur la convoitise,

la tentation, la liberté et la victoire ; je pouvais les citer par cœur.

Je confessais cette difficulté chaque fois que cela me semblait

approprié : à mon animateur de camp d’été, au doyen de mon

université, à mon premier pasteur associé, au conseil des anciens

et, à de nombreuses reprises, à ma femme. Ce sont ces confessions

qui, puisque nous n’étions pas réellement équipés pour les gérer

de manière constructive, ont mené notre mariage au bord de la

rupture, menaçant tout ce qui me tenait à cœur.

J’avais tant besoin de l’aide et des encouragements de Dieu.

J’ai prié pour qu’il me délivre. J’avais la foi et je m’attendais à

ce que Dieu supprime mes désirs en un instant et me libère de

ce combat. Au lieu de cela, il m’a surpris.

UNE OFFRE DE GRACE

En avril 2010, j’ai participé à une conférence de pasteurs dans

ma région. Lors de cet événement, Ted Roberts, fondateur de

Pure Desire Ministries a parlé de l’amour inébranlable de Dieu

pour nous tel qu’il était présenté dans l’histoire d’Osée et de

Gomer. Il nous a encouragés à voir que nous, pasteurs, étions

Gomer dans cette histoire, abandonnant l’amour de Dieu pour

les fausses promesses du péché sexuel et de la pornographie.

À la fin de la conférence, on nous a fait part d’un plan d’aide

pour les pasteurs qui avaient des difficultés dans le domaine

de la pureté sexuelle. Tant que nous n’avions pas eu des

comportements illégaux, ils voulaient nous aider à nous libérer

de la pornographie et à garder notre travail. Il s’agissait là d’une

offre merveilleuse et pleine de grâce, qui nous fournissait une

occasion structurée de transformation vers la rédemption.

C’était exactement ce dont j’avais besoin. Pourtant, la honte

avait créé en moi tellement de mensonges pour rationaliser et

minimiser mon problème que je m’étais convaincu que je n’avais

pas besoin d’autant d’aide. Par la grâce de Dieu, ma femme était

assise à côté de moi lors de cette conférence. La souffrance que

lui causait ma dépendance était si profonde qu’elle a tout de suite

compris combien nous avions besoin d’aide. En la regardant,

j’ai aperçu dans ses yeux un rayon d’espoir que je n’y avais pas

vu depuis des années. Alors que je cherchais des excuses pour

refuser cette aide, Michelle y a vu une porte ouverte vers une réel

changement.

UNE FIN HEUREUSE, ET BIEN PLUS

Grâce à l’honnêteté courageuse de Michelle envers moi, nous

avons commencé le chemin vers la liberté avec le programme de

Pure Desire. Il s’agissait d’une rencontre hebdomadaire en petits

groupes ainsi que d’un accompagnement individuel sur toute

une année. Ma vie a été transformée. J’ai appris à me montrer

parfaitement honnête et à me construire des garde-fous efficaces

contre certains comportements. J’ai creusé et dévoilé les blessures

profondes et les fausses croyances qui m’avaient conduit dans ce

piège. On nous a expliqué le fonctionnement du cerveau humain,

tout en nous donnant des fondements bibliques afin de créer un

changement durable dans notre manière de penser et d’agir. J’ai

été libéré de ma dépendance à la pornographie et notre mariage

est reparti sur de nouvelles bases, plus solides.

Cela aurait pu être la fin heureuse de notre histoire. J’étais

enfin libre et ma femme avait réussi à me pardonner et à aller

de l’avant. Mais pour Dieu, ce n’était que le début. Comme

l’explique clairement Paul dans 2 Corinthiens 1, ce que Dieu

fait en nous, il veut aussi le faire à travers nous.

Près d’un an après le début de notre propre cheminement

AUTOMNE 2020

31


vers la liberté, j’étais à nouveau devant mon assemblée pour

prêcher. En terminant mon sermon sur Romains 7, j’ai confessé

à l’église mes difficultés avec la pornographie. Je leur ai demandé

pardon de les avoir déçus en tant que leader. Bien plus, je leur ai

demandé de m’aider à lancer un ministère pour aider les femmes

et les hommes qui font face à ce genre de combat, afin qu’eux

aussi découvrent la véritable intégrité sexuelle et la liberté.

Certains amis m’avaient averti du risque que plusieurs

personnes quittent l’église si je me montrais complètement

honnête. C’est exactement l’inverse qui s’est passé. Lorsque

le pasteur a eu le courage de dire : « J’ai péché, mais Dieu

m’a apporté vérité, transformation et liberté », les personnes

de mon assemblée ont reçu cette révélation comme une

permission de faire face à leurs propres combats. Plutôt que de

garder les comportements sexuels compulsifs cachés et tabous

au sein de l’église, nous avons ouvert la porte à ce qu’ils soient

révélés pour qu’on puisse aborder honnêtement leurs effets

dévastateurs sur nos vies et sur nos mariages.

MA RÉDEMPTION

Michelle et moi avons eu la joie immense de voir notre église se

transformer au cours des cinq années qui ont suivi. Des couples

qui souffraient en silence ont pu retrouver grâce et espoir à

travers des groupes où chacun pouvait se sentir en sécurité. Des

hommes qui s’étaient mis à l’écart par peur d’être découverts ou

par honte ont pu prendre des rôles de leadership plus importants.

Des femmes qui se sentaient prisonnières à cause des problèmes

de leur mari ont pu être entendues et guérir émotionnellement.

Notre église est devenue plus vivante que jamais.

Pendant cette période, j’ai écrit le livre Nous affranchir 1 , qui

raconte notre histoire. Sa publication m’a donné l’opportunité

de parler lors de conférences organisées par Pure Desire

Ministries. Fin 2015, l’équipe dirigeante du ministère m’a

proposé de me joindre à eux en tant que directeur exécutif.

Ted Roberts avait alors 70 ans et il était temps de préparer

l’avenir du ministère. Michelle et moi avons prié et Dieu nous

a clairement invités à accepter cette nouvelle étape. Notre

histoire de guérison et de délivrance changeait des vies et nous

avions le sentiment que cette œuvre était appelée à grandir.

Promouvoir la guérison dans le domaine de l’immoralité

sexuelle est aujourd’hui mon appel et ma passion. J’ai vu

Dieu conduire de nombreuses personnes prises au piège

de la pornographie sur un chemin de guérison impliquant

honnêteté, communauté et un travail personnel en profondeur,

leur permettant d’acquérir de meilleures compétences

relationnelles et d’être renouvelées spirituellement.

1 Livre en anglais intitulé Setting Us Free, par Nick Stumbo.

Nick Stumbo est le directeur exécutif de Pure Desire Ministries, un organisme

de soutien et d’éducation face à la dépendance à la pornographie.

© 2020 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Écrit par Nick

Stumbo. Publié initialement en anglais sur FocusOnTheFamily.com.

découvrir la liberté en dieu face à la pornographie

La pornographie affecte-t-elle votre vie ou celle d’un être cher ?

Chez Focus Famille, nous souhaitons vous encourager en vous

rappelant qu’il y a de l’espoir et qu’il est possible de s’en sortir.

Nous ne voulons pas que vous vous sentiez isolé et rongé par

la honte. Nous sommes là pour vous accompagner en vous

proposant des ressources qui peuvent vous aider dans ce combat.

Si vous avez été blessé par la dépendance à la pornographie de

votre partenaire, sachez qu’il est possible de trouver du soutien.

Nous vous proposons de lire l’article de Louise Madill : La

pornographie ? Pas mon mari ! disponible sur notre site internet

FocusFamille.ca. Nous espérons qu’il vous aidera à voir que, même

si votre conjoint fait face à ce problème depuis des années, la

restauration est encore possible. Dieu peut vous aider à sortir de

la prison de la pornographie.

32 FOCUSFAMILLE.CA


PROMESSES DE LA BIBLE

Pardonnés, purifiés, libérés !

QQuand vient la voix de l’accusateur, vous condamnant pour vos anciennes erreurs, vos manquements

et vos péchés contre Dieu, nous vous encourageons à lire et à relire la sélection de versets ci-dessous.

Considérez-les comme une prescription médicale pour votre âme, lorsqu’elle est accablée par les poids

de la honte, de la condamnation et de l’amertume.

Pour se rappeler du pardon de Dieu

« Mais lui, il était blessé à cause de nos transgressions, brisé à cause de nos fautes :

la punition qui nous donne la paix est tombée sur lui. » (Ésaïe 53.5)

« J’ai effacé tes crimes comme un épais nuage et tes péchés comme un brouillard.

Reviens à moi, car je t’ai délivré. » (Ésaïe 44.22)

« [L’Éternel] se tient à la droite du pauvre pour le délivrer de ceux qui le

condamnent. » (Psaume 109.31)

Pour pouvoir accorder le pardon aux autres

« Ce n’est pas par la colère qu’un homme accomplit ce qui est juste aux yeux de Dieu. »

(Jacques 1.20)

« Tu ne te vengeras pas et tu ne garderas pas de rancune contre les membres de

ton peuple. » (Lévitique 19.18)

« L’homme avisé est lent à la colère, il met sa gloire à passer par-dessus une

offense. » (Proverbes 19.11)

Pour marcher continuellement dans la lumière

« Ne pensez plus aux événements passés, et ne considérez plus ce qui est ancien. »

(Ésaïe 43.18)

« Débarrassons-nous de tout fardeau, et du péché qui nous cerne si facilement de tous

côtés, et courons avec endurance l’épreuve qui nous est proposée. » (Hébreux 12.1)

« Christ nous a rendus libres pour que nous connaissions la vraie liberté. C’est pourquoi

tenez bon et ne vous mettez pas à nouveau sous le joug de l’esclavage. » (Galates 5.1)

AUTOMNE 2020

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Ce que vous

GARDEZ

CACHÉ

34 FOCUSFAMILLE.CA


GARDER LE PÉCHÉ DANS L’OBSCURITÉ NOUS TIENT CAPTIFS.

IL EST TEMPS DE L’APPORTER À LA LUMIÈRE

par carolyn mcculley

De nos jours, dans les bons comme dans les mauvais moments,

nous vivons à plein volume. Quelqu’un publie la photo d’un

homme dans le métro qui aide un père à résoudre le problème

de maths de son enfant et cet acte de gentillesse devient viral.

Un client met en ligne la photo d’une serveuse découpant la

viande d’un homme âgé dans un restaurant et son amabilité

devient virale. Quelqu’un d’autre publie la vidéo de deux

hommes noirs qui se font arrêter alors qu’ils sont simplement

assis dans un café et l’indignation que leur arrestation suscite

pousse une grande enseigne à changer ses pratiques. Une

célébrité tweete un commentaire raciste et elle perd son

émission et ses sponsors.

Il est vrai que les caméras sur nos téléphones et les réseaux

sociaux amplifient le fait que nos actes finissent par être

exposés (pour le meilleur et pour le pire). Cette réalité ne date

toutefois pas d’aujourd’hui. Il s’agit d’une promesse biblique :

« Il n’y a en effet rien de caché qui ne doive être mis en lumière,

rien de secret qui ne doive être connu et mis au jour. » (Luc 8.17)

D’une certaine manière, la technologie du vingt-et-unième

siècle n’est qu’une nouvelle expression d’un corollaire agraire :

« Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un

homme aura semé, il le récoltera aussi. Celui qui sème pour

satisfaire sa nature propre récoltera d’elle la ruine, mais celui

qui sème pour l’Esprit récoltera de l’Esprit la vie éternelle. »

(Galates 6.7-8)

Ce verset illustre une vérité intemporelle : nos actions de

chaque jour sèment des réactions futures. Les conséquences

sont parfois une vague d’indignation sur Twitter, mais la

plupart du temps, elles ne sont pas aussi immédiates. Voilà

pourquoi l’image de semer et de récolter est importante.

Nous pouvons facilement nous

convaincre que les mauvaises graines

ne prennent pas réellement racine

puisqu’il faut souvent du temps

avant d’arriver à la récolte. Le péché

nous murmure que nous pouvons

enterrer nos mauvaises graines sans

que personne n’en sache rien. Il nous

promet que nous serons l’exception

à la loi universelle qui veut que l’on

récolte ce que l’on sème.

Ce que nous considérons

comme « la vie normale »

est en fait le champ d’une

bataille spirituelle intense,

dans lequel nous vivons sans

nous y préparer, voire měme

sans savoir qu’il existe.

Mais cela n’est jamais le cas. Les graines finissent toujours

par sortir du sol et la récolte apparait au grand jour. Semer et

récolter, ténèbres et lumière – que ce soit dans cette vie ou lors

du jugement à venir, nos actions à tous seront entièrement

dévoilées.

UN CHAMP DE

bataille spirituelle

Quand j’étais petite, je pensais naïvement que toute activité

s’arrêtait au moment où je quittais la pièce, et que la vie

reprenait lorsque je revenais. Puisque je ne pouvais pas voir

ce qu’il se passait quand je n’étais pas là, je partais du principe

qu’il ne se passait rien. Pour moi, ce que je pouvais percevoir

constituait la réalité dans son intégrité. Évidemment, ce n’était

pas vrai.

Penser qu’on peut planter des mauvaises graines et obtenir

une bonne récolte est dangereux, tout autant que de vivre

comme si le monde physique visible était la seule chose qui

compte. Il existe une réalité spirituelle que nous ne voyons

pas et qui est tout aussi réelle que ce que nous pouvons voir,

entendre ou toucher. Ce que nous considérons comme « la vie

normale » est en fait le champ d’une bataille spirituelle intense,

dans lequel nous vivons sans nous y préparer, voire même sans

savoir qu’il existe. Nous vivons comme si nous n’avions pas un

ennemi spirituel qui cherche à nous détruire.

Reconnaître que le péché est un ennemi intérieur auquel il

faut faire face ne suffit pas. Vous devez également vous préparer

à combattre l’ennemi extérieur, un

être qui vous déstabilise, vous tente

et vous fait obstacle. Pour réussir

à le vaincre, il faut connaitre ses

stratégies d’attaque.

La première ligne de défense est de

savoir reconnaître les « campagnes

de désinformation » de la tentation.

Le péché qui détruit une vie ne se

présente pas à nous sous sa vraie

forme de carcasse infecte. Non,

AUTOMNE 2020

35


l’ennemi nous le présente comme l’objet de nos désirs, qui nous

attire par ses mensonges séduisants : « Personne ne le saura…

Allez, juste une fois… Ce sera la dernière… Tu le mérites bien… »

Les attaques de l’ennemi sont incessantes. Ce ne sont pas

juste des tentations qu’il nous présente sans cesse ou les

mensonges qu’il répand ; il s’attaque aussi à nos faiblesses. Il

nous étudie et nous voit planter nos graines secrètement. Il

se sert de ces péchés cachés afin de nous détruire, nous qui

sommes les enfants bien-aimés de Dieu.

L’une de ses tactiques de guerre préférées est de nous attirer

seuls sur le champ de bataille, isolés des autres et réticents à

demander de l’aide. Il nous fait croire que nous pouvons gérer

seuls notre péché, que ce n’est pas si grave que ça en a l’air, ou

que personne ne nous comprendrait si on en parlait.

Le pire, c’est qu’il nous fait croire que la lumière rédemptrice

de Dieu nous fera du mal et qu’il vaut mieux pour nous rester

dans l’ombre, doutant de la bonté et des objectifs de Dieu pour

notre vie.

LA LIBERTÉ QU’OFFRE

la confession

« J’ai quelque chose de sérieux à te dire. Mais pour commencer,

je veux te demander pardon parce que cela fait longtemps que

je te mens. »

C’est ainsi qu’un ami avait entamé une conversation difficile

avec moi concernant un péché caché qui avait détruit sa vie.

Alors qu’il me révélait qu’il avait abusé sexuellement de ses

enfants, j’étais choquée, à la fois par ses actions et par le fait

qu’il avait pu si bien les cacher, pendant si longtemps.

Je repensai à sa forte résistance à la confession, même

lorsque de nombreuses occasions s’étaient présentées à lui

au cours des années. Il m’expliqua : « Mon pasteur m’avait

interrogé sans détours sur des allégations passées et je lui ai

menti sans honte. J’ai affirmé que ces accusations étaient des

mensonges. Il aurait mieux valu que je

confesse tout à ce moment-là, parce que

je n’ai fait que continuer à pécher. »

Ses paroles me hantent encore. Alors

qu’il parlait, je me demandais en quoi

cela aurait été différent s’il avait confessé

ses tentations dès le départ, avant de

commettre un crime, de détruire sa

famille et d’être mis en prison. Cela

aurait certainement été très difficile à faire, mais en rien aussi

dévastateur que de ne rien dire.

Le péché caché qui croupit dans le noir est un outil que

Le péché caché qui

croupit dans le noir est

un outil que l’ennemi

utilise vicieusement

pour notre destruction.

l’ennemi utilise vicieusement pour notre destruction. Ce que

nous gardons dans l’obscurité devient notre propre prison.

Même lorsque Dieu nous donne l’occasion de venir à la lumière

et de confesser ce que nous cachons, nous pensons souvent que

le prix de cette liberté est trop élevé. C’est encore un mensonge.

La vérité, c’est que nous payons un prix bien plus cher

lorsque nous gardons notre péché secret. Cacher le péché

corrompt notre âme, blesse ceux qui nous entourent et détruit

notre témoignage. C’est une blessure que nous nous infligeons

à nous-mêmes sur le champ de bataille spirituel.

Il y a toutefois un moyen d’obtenir la protection : en

confessant nos péchés. La confession dévoile ce que nous

essayons de cacher et place notre péché dans la lumière de

Dieu, celle qui nous guérit. Confesser ouvre également la porte

au reste de notre bataillon, pour qu’il puisse nous accompagner,

prier pour nous et nous protéger.

Certes, il arrive parfois que la confession nous attire

jugement et condamnation de la part de certains chrétiens

immatures. Ceux-là doivent encore acquérir l’humilité

spirituelle mentionnée dans Galates 6.1, où Paul nous dit que

ceux qui sont surpris dans le péché doivent être redressés

avec « un esprit de douceur ». Mais je vous assure que même

la condamnation de ces personnes est bien moins grave que la

destruction qui découle d’un péché non confessé 1 .

LA FORCE DE

se savoir aimé

C’est pour la liberté que Christ nous a rendus libres (Galates

5.1), mais nous ne sommes pas libres lorsque nous sommes

esclaves du péché. Oui, être réprimandé peut s’avérer

douloureux. L’ennemi vous fera croire qu’il est bien pire d’être

découvert que de rester dans le péché. Mais n’oublions pas

que la correction « produit plus tard chez ceux qu’elle a ainsi

exercés un fruit porteur de paix : la justice » (Hébreux 12.11).

Dieu, qui est riche en miséricorde envers

ses enfants, n’expose le péché que pour

restaurer sa justice en nous.

Lorsque Jésus interpelle la femme

adultère au sujet de son péché, c’est dans

le but de restaurer sa dignité en tant que

porteuse de l’image de Dieu.

Jésus lui a demandé : « “Femme, où

sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne

t’a-t-il condamnée ?” Elle répondit : “Non, Seigneur.” Et Jésus

lui dit : “Je ne te condamne pas non plus : va, et ne pèche plus.” »

(Jean 8.10-11)

36 FOCUSFAMILLE.CA


Imaginez que vous êtes à la place de cette femme. Elle pensait

mourir à cause de son péché, mais soudain, elle se retrouve

pardonnée et libérée ! Elle faisait face à la condamnation sans

appel de sa communauté, mais la sainteté de Jésus a empêché

les pharisiens de la lapider. Son cœur a dû être rempli d’amour

et de gratitude suite à cette rencontre avec Jésus.

L’amour de Jésus, à travers lequel il a donné sa vie pour que

nous soyons purifiés et libérés du péché, est la raison pour

laquelle nous pouvons déterrer les graines de destruction, ne

leur laissant pas le temps de grandir en nous. C’est aussi la

raison pour laquelle nous pouvons rallier nos troupes, leur

confiant sans crainte la vérité. Grâce à l’amour de Jésus, nous

pouvons librement apporter nos péchés cachés à la lumière de

Dieu, sachant que sa correction n’est qu’un des aspects de sa

miséricorde réparatrice. Il est difficile de confesser nos péchés.

Nous rencontrerons la même opposition à chaque fois, mais

rien ne surpasse la liberté qui en découle.

C’est pourquoi l’apôtre Paul prie pour que les Éphésiens

comprennent l’amour de Dieu. Avez-vous déjà remarqué cette

vérité enfouie à la fin du chapitre 3 ? Dans sa prière, Paul

dessine cette image incroyable : « Que vous soyez enracinés

et fondés dans l’amour pour être capables de comprendre avec

tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et

la hauteur de l’amour de Christ, et de connaître cet amour qui

surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis de toute

la plénitude de Dieu. » (Éphésiens 3.17-18)

En tant que chrétiens, nous avons la force de croire et d’agir

en fonction de l’amour de Dieu et de vivre dans sa lumière. C’est

ma prière pour chacun d’entre nous.

1 N.D.É. : il est important de noter qu’en cas de faute morale grave, la confession doit se

faire avec prudence et sagesse. Il peut être nécessaire de se faire accompagner par un

conseiller ou un pasteur dans cette démarche.

Carolyn McCulley est auteure, oratrice et cinéaste chez Citygate Films. Son

livre le plus récent est intitulé The Measure of Success: Uncovering the

Biblical Perspective on Women, Work, and the Home [La mesure du succès :

Dévoiler la perspective biblique sur les femmes, le travail et la maison].

© 2020 Focus on the Family. Tous droits réservés. Utilisation autorisée. Écrit par Carolyn

McCulley. Publié initialement en anglais sur FocusOnTheFamily.com.

Requêtes de prière : Notre équipe se réunit tous les matins pour

prier pour vous. Si vous le souhaitez, vous pouvez nous faire

part de vos combats par courriel à lettres@focusfamille.ca.

Nous serions honorés de vous soutenir par la prière et ce, en

toute confidentialité.

Grace à l’amour de Jésus, nous pouvons librement

apporter nos péchés cachés à la lumière de Dieu,

sachant que sa correction n’est qu’un des aspects

de sa miséricorde réparatrice.

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RECETTE À PARTAGER

La nourriture et moi

Même quand on a un rapport compliqué à la nourriture, Dieu peut nous

accompagner vers plus de grâce et de liberté

par anne worms

La nourriture. La nourriture fait partie des extraordinaires

cadeaux de Dieu à ses créatures. Elle est pour nous une source

de subsistance, elle nous fortifie et calme notre faim. Dieu a

choisi de la créer multiple, incroyablement variée, colorée,

source de plaisir, de créativité, de partage et de découverte.

La nourriture est vraiment une manière pour Dieu de nous

communiquer un peu de qui il est : un Dieu pourvoyeur qui

peut commander à des corbeaux d’apporter à manger à ses

enfants ou faire tomber une nourriture divine directement du

ciel ; un Père dont le réflexe est d’ordonner un festin pour le

retour de son fils égaré et qui nous promet le plus somptueux

des banquets de mariage lors des grandes noces de l’Agneau ;

un Sauveur qui a choisi comme symbole de son incarnation le

pain et le vin, que nous partageons régulièrement en souvenir

de son sacrifice…

Comme toutes les plus belles bénédictions de Dieu envers

ses enfants, l’ennemi et notre propre chair n’ont pas tardé

à s’associer pour venir l’entacher. Ils ont essayé de nous

empêcher d’en profiter tel que Dieu l’a prévu et de ruiner ce

qui est parfait. C’est ainsi que pour certains, la nourriture

devient une source de tentation, un sujet d’angoisse, une lutte

incessante contre elle ou pour elle… En fait, notre rapport à

la nourriture devient souvent complètement déformé. Entre

ceux qui adorent la nourriture et en font le centre de leur vie et

ceux qui pensent qu’ils peuvent s’en passer complètement, il y

a toute une variété de comportements plus ou moins déviants

et de luttes intérieures dans lesquelles, malheureusement,

beaucoup d’entre nous peuvent se reconnaitre.

En tout cas, pour ma part, je fais certainement partie des

personnes qui ont un rapport malsain à la nourriture. Elle

devient bien trop souvent (quotidiennement) un refuge et

le lieu où je recherche plaisir et réconfort. Je me tourne

vers la nourriture quand je suis angoissée, triste, fatiguée,

énervée, stressée, heureuse, contrariée, blessée, ou même

quand je m’ennuie… Vous n’avez pas l’impression qu’il y a là un

problème ? En plus de voir mon poids et ma santé faire le yoyo

constamment, cette difficulté m’a souvent donné l’impression

que je ne pourrais jamais en sortir. Cela fait des années que je

prie par rapport à ce problème et que je demande à Dieu de me

donner la liberté qu’il promet à ceux qui le suivent. Cependant,

cela reste un combat qui me parait sans fin et dont je ne semble

pas pouvoir me débarrasser complètement

C’est souvent un combat acharné et parsemé de victoires et

de terribles rechutes. Mais ce que je voudrais partager ici, c’est

qu’une chose qui m’aide dans mon cheminement sur ce sujet

est de reconnaitre qu’en plus d’avoir besoin de délivrance, j’ai

besoin d’ajouter une bonne grosse dose de… repentance. Oui,

manger trop ou faire de la nourriture une idole est un péché.

Plus je le reconnais, plus cela me pousse à tourner mon regard

vers Dieu à chaque fois que je tombe, à reconnaitre que je ne lui

ai pas donné sa bonne place dans ma vie et dans mon cœur et

à recevoir de lui ce que je cherche en vain dans les sucreries :

amour, réconfort, paix, sentiment de complétude et plus encore.

J’avoue que souvent, je trouve ça plus facile à dire qu’à faire,

mais en comprenant à quel point la nourriture est un cadeau

merveilleux, je suis trop triste de la voir comme une ennemie

ou comme une idole. J’ai envie de me battre pour redécouvrir

cette beauté, ce reflet de mon extraordinaire Dieu et de son

amour plein de fantaisie, de gout et de créativité pour moi.

La création est riche en saveurs et en aliments, tous plus

étonnants ou nourrissants les uns que les autres. Ne dit-on pas

que les fruits sont les bonbons de la nature ? Bon, je n’ai pas

la recette des fruits, c’est un des petits secrets de Dieu, mais

en poussant un peu ce principe, je vous propose une recette

pour une petite collation ou gâterie dont le gout sucré et les

propriétés énergétiques proviennent tout droit de la nature :

de délicieuses dattes et quelques canneberges séchées. Un petit

plaisir naturel et bon pour la santé, à tout de même consommer

avec modération.

Anne Worms est traductrice et coordinatrice chez Focus Famille. Disciple

de Jésus, elle aime cuisiner de bons petits plats pour ses proches et trouver

des recettes délicieuses et saines à partager.

© 2020 Anne Worms. Tous droits réservés. Utilisation autorisée.

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RECETTE À PARTAGER

Bouchées énergétiques dattes et avoine

POUR UNE VINGTAINE DE BOUCHÉES • TEMPS DE PRÉPARATION : 10 MIN

Ingrédients

• 200 g de dattes sans noyaux

• 50 g de flocons d’avoine

• 100 g d’amandes effilées

• 75 g de canneberges séchées

• 1 c. à soupe de sirop d’érable

• 2 c. à soupe de graines de chia

Instructions

• Noix de coco râpée non sucrée,

pour décorer

1. Mettez tous les ingrédients, sauf la noix de coco,

dans votre robot et mixez pendant deux à trois

minutes, jusqu’à ce que vos ingrédients soient

hachés très fin. Selon votre gout, vous pouvez

garder un peu d’amandes et de canneberges de côté

et les rajouter dans votre robot à la fin, pour avoir

quelques morceaux plus gros dans vos bouchées.

Votre mélange ne ressemblera probablement pas à

une pâte, mais ne vous inquiétez pas.

2. Prenez dans une main l’équivalent d’une cuillère à

soupe du mélange et pressez bien pour compacter.

Roulez ensuite le mélange entre vos mains pour

former une boule.

3. Disposez un peu de noix de coco râpée dans une

petite assiette et roulez chaque boule dedans, pour

la recouvrir de noix de coco.

4. Vos bouchées se garderont dans une boite fermée au

réfrigérateur pendant une semaine sans problème.

AUTOMNE 2020

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VOICI COMMENT DIEU PROUVE

son amour envers nous :

ALORS QUE NOUS ÉTIONS

encore des pécheurs,

Christ est mort

pour nous.

ROMAINS 5.8

19946 80a avenue

langley, bc v2y 0j8

courriel lettres@focusfamille.ca

web focusfamille.ca

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