25.11.2020 Vues

Essais & Simulations n°108

Compatibilité électromagnétique

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DOSSIER<br />

Compatibilité<br />

électromagnétique<br />

La CEM aujourd’hui ...<br />

Page 15<br />

<strong>Essais</strong> et modélisation<br />

Les nouveaux usages<br />

des capteurs dans les essais.<br />

Page 11<br />

Méthodes de mesures<br />

Mesurer la qualité, l’humidité et la<br />

température de l’air.<br />

Page 30<br />

N° 108 octobre, novembre, décembre 2011 Trimestriel 20 €


L’interview<br />

Entretien : Pierre Laroche (Onera) ....................2<br />

Actualités<br />

Entreprises & Marché<br />

Conjoncture : Les incertitudes du marché<br />

du test et de la mesure pour 2012 .......................4<br />

Investissement : Trescal élargit ses capacités<br />

de mesures de grandes longueurs.........................4<br />

Tests : Lancement d’une campagne<br />

de mesures 4G LTE .............................................5<br />

Accord : Partenariat entre Maplesoft et VI-grade<br />

dans le domaine de la modélisation ......................5<br />

Produits & Technologies<br />

Événement :<br />

Sepem Industries : cap sur Avignon ......................6<br />

<strong>Essais</strong> : Nouvelles machines d’essai d’impact<br />

mouton pendule motorisé .....................................8<br />

Aéraulique :<br />

Testo 480 : pour des mesures en ventilation,<br />

climatisation et confort ambiant...........................8<br />

Simulation : De la simulation pour virtualiser<br />

les batteries haute-tension ...................................9<br />

Mesures : Kimo lance de nouveaux enregistreurs<br />

autonomes communiquant par onde radio .............9<br />

Nomination : Henri Garcia nommé au poste<br />

de directeur commercial France de Microlease ...10<br />

<strong>Essais</strong> et modélisation<br />

Technologie : Intégrer des capteurs d’efforts<br />

dans l’assemblage de pièces d’avion ..................11<br />

Panorama : Exemples de solutions<br />

technologiques faisant appel aux capteurs..........12<br />

Interview : Les jauges de contrainte toujours<br />

essentielles dans les opérations d’essais............14<br />

Dossier<br />

Compatibilité<br />

éléctromagnétique<br />

Préface<br />

CEM : Une meilleure maîtrise des champs forts et<br />

des techniques prédicatives plus adaptées.........15<br />

Champ fort :<br />

L’Art de générer du champ fort : une combinaison<br />

de deux chambres réverbérantes .......................16<br />

Modélisation des effets électromagnétiques<br />

d’un impact foudre sur un bâtiment et optimisation<br />

de sa protection par conducteurs écrans............19<br />

Cages anéchoïdes :<br />

Efficient Simulation of Anechoic Chamber ..........23<br />

Méthodes : Mesure de l’impédance de<br />

transfert et de l’atténuation d’un câble blindé....26<br />

Applications : Microwave invente le maintien des<br />

appareils aéronautiques directement sur site .....28<br />

Pyrométrie :<br />

Propriétés thermo-optiques des solides<br />

et liquides aux hautes températures...................32<br />

Technologie : Fibres optiques infrarouges pour la<br />

détection chimique et biologique ........................36<br />

Avis d'expert :<br />

La corrélation d’images : un outil de mécanique<br />

expérimentale 1 ère partie : Principes généraux.....38<br />

Outils<br />

La vie de l’Aste et du Gamac<br />

Événement :<br />

En direct des Journées thématiques de l'ASTE....42<br />

Formations ............................................44<br />

Agenda.......................................................47<br />

Répertoire des annonceurs.................................48<br />

Mesures et méthodes de mesures<br />

Technologie : Répondre aux besoins croissants en<br />

termes de microfluidique liquide .........................30<br />

En pratique : Mesure de l’humidité relative<br />

dans les chambres d’essai .................................31<br />

ESSAIS & SIMULATIONS est la revue partenaire<br />

exclusive de l’ASTE (Association pour le<br />

développement des sciences et techniques<br />

de l’environnement).<br />

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Entretien<br />

Pierre Laroche, Adjoint au directeur du<br />

département Mesures physiques de l’Onera<br />

Ce trimestre, le thème à l’honneur dans le dossier central du magazine<br />

<strong>Essais</strong> & <strong>Simulations</strong> est la compatibilité électromagnétique<br />

(CEM). Pour introduire cette thématique phare, quoi de plus normal<br />

que de nous entretenir avec l’un des spécialistes français dans le<br />

domaine bien particulier du foudroiement en vol. Car si la CEM évolue<br />

doucement, au fil des années, grâce à la recherche aux retours<br />

d’expérience, elle est amenée à se développer fortement en raison<br />

des nouvelles problématiques liées aux matériaux composites de plus<br />

en plus présents dans les structures des avions.<br />

<strong>Essais</strong> & <strong>Simulations</strong> : Pouvez-vous<br />

nous présenter les activités de l’Onera<br />

en matière de compatibilité électromagnétique<br />

?<br />

Pierre Laroche : Je peux vous en<br />

présenter les grandes lignes basées sur<br />

la simulation numérique dans les<br />

domaines temporels et fréquentiels mais<br />

aussi sur la base d’activités expérimentales<br />

réalisées en chambre anéchoïde<br />

et en chambre réverbérante à<br />

brassage de mode. Toutefois, ces activités<br />

sont conduites dans une autre<br />

équipe au sein du Département électromagnétique<br />

et radar (DEMR).<br />

Qui sont vos clients et quelles sont<br />

leurs problématiques ?<br />

Nous traitons de la caractérisation des<br />

foudroiements et de leurs effets directs<br />

sur un avion en vol. Nous traitons également<br />

de la caractérisation des phénomènes<br />

orageux dans le but d’appréhender<br />

le risque de foudroiement. Nos clients<br />

sont les avionneurs (Dassault, Airbus,<br />

Eurocopter), les institutionnels comme la<br />

Direction générale de l’aviation civile<br />

(DGAC), la Direction générale de l’armement<br />

(DGA), l’Ademe, l’Europe (...) et les<br />

industriels tels que Astrium.<br />

Comment l’Onera y répond-il ? Avec<br />

quels moyens et quelles technologies ?<br />

Nous apportons des réponses en termes<br />

d’évaluation de la nature, de l’intensité<br />

et de la fréquence d’une agression par<br />

la foudre. Nos moyens sont des simulations<br />

numériques basées sur des<br />

descriptions explicites des phénomènes<br />

physiques, accompagnées et validées<br />

par des actions expérimentales en laboratoire<br />

ou sur le terrain. En d’autres<br />

termes, les simulations réalisées sur<br />

l’appareil vont décrire tout l’historique<br />

du balayage de l’arc ainsi que le déplacement<br />

de l’éclair sur l’aile, le fuselage<br />

ou le moteur. Nous obtenons ainsi l’historique<br />

des zones qui peuvent subir un<br />

foudroiement. Dans le domaine de l’aéronautique,<br />

l’évaluation de l’agression<br />

s’élabore en découpant des zones de<br />

l’avion ; ce « zonage » est réalisé de<br />

manière à tout mettre en œuvre pour<br />

que les agressions ne provoquent pas<br />

de dommages majeurs.<br />

Plus globalement, à quelles problématiques<br />

sont confrontés les industriels<br />

?<br />

Les industriels du domaine aéronautique<br />

sont confrontés à des démarches normatives<br />

très exigeantes qui imposent<br />

des contraintes basées sur l’application<br />

de l’agression majeure. C’est dans le<br />

cadre de cette démarche normative que<br />

les capacités des aéronefs à supporter<br />

les conséquences d’un foudroiement<br />

sont démontrées ou justifiées. Les<br />

actions de recherche de l’Onera aident<br />

les industriels à optimiser leur démarche<br />

normative et, de façon plus amont, leur<br />

fournissent des connaissances desti-<br />

nées à décrire la réalité de l’agression<br />

foudre en vol. L’expérience montre que<br />

le foudroiement est inévitable, contrairement<br />

au givrage par exemple, pour<br />

lequel la meilleure façon de lutter contre<br />

ça est tout simplement d’éviter de voler<br />

dans des nuages givrants. Comme le<br />

foudroiement est inévitable et qu’il est<br />

impossible de réaliser des essais<br />

physiques en plein vol, l’avion doit être<br />

certifié pour être mis en service tout en<br />

sachant qu’il pourra subir un foudroiement<br />

sans pour autant causer de<br />

dommages irréversibles. Pour entreprendre<br />

une telle démarche normative,<br />

que ce soit à l’avant de l’avion ou sur<br />

tout l’appareil, il est nécessaire d’appliquer<br />

des séries d’ondes et de niveaux<br />

d’agression en fonction du zonage. On<br />

applique ensuite un essai en laboratoire<br />

ou bien nous démontrons que grâce à<br />

tel ou tel design, l’avion pourra supporter<br />

le foudroiement.<br />

Quel est l’impact des nouveaux matériaux<br />

composites sur la manière d’aborder<br />

les CEM et la foudre ?<br />

Les nouveaux matériaux composites,<br />

essentiellement les CFC*, modifient<br />

drastiquement le « schéma » électrique<br />

d’un avion. Dans le cas d’un avion<br />

« tout » composite, la structure ne peut<br />

plus assurer le retour de l’énergie électrique<br />

dissipée à bord. Contre les effets<br />

directs du foudroiement, ces matériaux<br />

doivent recevoir une protection spécifique<br />

dont les performances doivent être<br />

démontrées ; la sensibilité des résultats<br />

d’essais au protocole expérimental<br />

devient alors un challenge qu’il faut<br />

maîtriser. Pour la CEM, une démarche<br />

analogue doit être appliquée alliant<br />

modélisation numérique et validation<br />

expérimentale. Ces protections supplémentaires<br />

doivent être adaptées aux<br />

différentes zones de l’avion. Concrètement,<br />

il s’agit d’une mèche de bronze<br />

* Carbon Fibre Composite<br />

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ou d’aluminium que l’on déploie et que l’on imprègne sur toute<br />

la surface de l’appareil.<br />

Le challenge qui se pose et qu’il est essentiel de relever<br />

demeure celui du poids. Car si le carbone permet de le réduire,<br />

les protections que l’on est obligé d’ajouter ne font que l’augmenter.<br />

C’est un véritable casse-tête. Néanmoins, si la réduction<br />

de poids n’est pas facile à atteindre, les gains de<br />

productivité et de production sont en revanche évidents par<br />

rapport à l’emploi de l’aluminium.<br />

Curriculum vitae<br />

Comment la norme va-t-elle évoluer en fonction de tous<br />

ces bouleversements ?<br />

La norme garde par essence un caractère conservateur et<br />

évolue lentement sur la base des connaissances scientifiques<br />

et techniques et sur le retour d’expérience. Dans le cas de<br />

l’aviation, les normes appliquées sur les composites sont les<br />

mêmes que pour les avions dotés de structures métalliques.<br />

Ce qui va toutefois être modifié, ce sont les outils qui vont<br />

être utiles pour valider l’application de ces normes, en particulier<br />

en CEM. Il faudra ainsi davantage prendre en compte<br />

le comportement complexe du composite carbone (présenté<br />

sous la forme de nappes de carbone tressées). Les outils<br />

industriels de compatibilité électromagnétique doivent prendre<br />

en compte ces nouvelles propriétés. Ils devront également<br />

prendre en considération les effets indirects du foudroiement,<br />

(c’est-à-dire comment l’énergie se couple dans les câbles),<br />

prendre en compte les structures, etc. ●<br />

DR<br />

Pierre Laroche<br />

Né en 1946<br />

Adjoint au directeur du département Mesures physiques de l’Onera<br />

FORMATION :<br />

Ingénieur, diplômé de l’Institut Polytechnique de Grenoble en 1971<br />

Propos recueillis<br />

par Olivier Guillon<br />

PARCOURS PROFESSIONNEL :<br />

1971 : Pierre Laroche rejoint l’Onera et mène des études expérimentales<br />

sur l’électrisation des avions et des hélicoptères jusqu’à<br />

la fin des années 70.<br />

Début des années 80 : Pierre Laroche prend la tête d’une division<br />

de recherche ; il aborde des études expérimentales et des<br />

simulations de l’électrisation des nuages d’orages. Il est alors<br />

le responsable scientifique de campagnes d’essais de foudroiement<br />

en vol sur avion Transall, puis dans le cadre d’une coopération<br />

avec les États-Unis, sur un avion Convair 580 mis en œuvre<br />

dans des orages de Floride. Il développe des études expérimentales<br />

de la physique des foudroiements, basées sur l’observation<br />

des éclairs déclenchés artificiellement et contribue au développement<br />

de ces techniques expérimentales aux États-Unis où<br />

elles sont toujours utilisées.<br />

De 1999 à 2007 : Pierre Laroche assure la présidence de la Commission<br />

internationale d’électricité atmosphérique (IUGG-IAMAS).<br />

AUTRE ACTIVITÉS :<br />

Avec son équipe, Pierre Laroche remporte le Grand prix 2000 de<br />

l’Académie de l’air et de l’espace.<br />

PUBLICATIONS ET RESPONSABILITÉS SCIENTIFIQUES :<br />

Co-auteur de l’ouvrage « Lightning : Principles, Instruments<br />

and Applications », par H.D.Betz, U.Schumann et P.Laroche<br />

Springer 2009.<br />

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DR<br />

Emitech met la main sur Gyl<br />

Technologies<br />

L’entreprise angevine Gyl Technologies<br />

(créée en 1995 - CA 2010 : environ 1 M€)<br />

a rejoint le groupe Emitech. Situé à Juignésur-Loire<br />

(Maine-et-Loire), ce laboratoire<br />

d’essais en compatibilité électromagnétique,<br />

radio, sécurité électrique mais aussi<br />

en climatique et mécanique compte huit<br />

personnes. Douzième centre du groupe<br />

Emitech, Gyl Technologies est accrédité<br />

Cofrac, FCC aux États-Unis et Industrie<br />

Canada ; il est également reconnu comme<br />

organisme notifié dans le cadre du<br />

marquage CE et VCCI au Japon. Avec<br />

Emitech Atlantique, situé à Beaucouzé<br />

(Maine-et-Loire), Gyl Technologies renforce<br />

la capacité d’accueil du groupe Emitech<br />

à Angers. Les deux centres angevins<br />

disposent ainsi d’une souplesse accrue<br />

dans la planification de campagnes d’essais<br />

et d’une manière générale dans le<br />

traitement des demandes clients.<br />

Pascal Zehren<br />

nommé directeur des ventes<br />

Europe du sud<br />

Eplan Software & Service,<br />

principal éditeur de solutions<br />

logicielles dans le<br />

domaine de la conception<br />

et des services pour l’ingénierie<br />

électrotechnique<br />

ainsi que dans les secteurs<br />

des fluides et du contrôle de processus,<br />

annonce la nomination de Pascal<br />

Zehren au poste de directeur des ventes<br />

pour l’Europe du sud. Il aura la responsabilité<br />

de la France, l’Italie, l’Espagne et<br />

le Portugal et de Country Manager pour<br />

la France.<br />

Conjoncture<br />

Les incertitudes du marché<br />

du test et de la mesure<br />

pour 2012<br />

Le Syndicat de l’instrumentation de mesure,<br />

du test et de la conversion d’énergie dans<br />

le domaine de l’électronique (Simtec) a<br />

dévoilé son étude de perspectives pour le<br />

test et la mesure en 2012. L’étude a été<br />

réalisée par Décision, cabinet de conseil<br />

spécialisé dans l’électronique. Cette étude<br />

révèle que malgré les inquiétudes qui pèsent<br />

sur l’électronique en France (crise<br />

structurelle, catastrophe de Fukushima,<br />

électronique essentiellement industrielle),<br />

« les perspectives 2012 pour le marché des<br />

équipements de T&M restent favorables dans<br />

de nombreux secteurs industriels. »<br />

Le marché total représentant près de<br />

420 M€, soit une hausse de 4% par rapport<br />

à 2011, par secteurs, il accusera cependant<br />

un fléchissement dans les transports<br />

(notamment dû à la crise que connait l’automobile)<br />

alors que les télécoms (réseaux<br />

3G et 4G, plan Fibre...) et l’aéronautique/défense<br />

(bonne tenue d’Airbus,<br />

Eurocopter…) tireront sa croissance vers le<br />

haut. Par ailleurs, de nombreux marchés<br />

émergent. C’est le cas des véhicules hybrides<br />

et électriques (élargissement de l’hybridation<br />

à de nouveaux segments et<br />

développement des offres de « mobilité » à<br />

partir de véhicules électriques). C’est aussi<br />

le cas de l’éclairage électronique et son<br />

secteur d’avenir : le LED. Enfin, les domaines<br />

de la sécurité (territoires, réseaux, biens<br />

et personnes…) vont voir monter en flèche<br />

la fourniture de systèmes d’alarmes et de<br />

caméras vidéo, en raison d’un retard français<br />

à combler par rapport au reste des pays<br />

de l’Union ●<br />

Investissement<br />

Trescal élargit ses capacités de<br />

mesures de grandes longueurs<br />

Le premier e-APU60<br />

de Microturbo prêt<br />

pour les essais en vol<br />

Dans le cadre du salon NBAA, Microturbo<br />

(groupe Safran) a annoncé que l’e-APU60,<br />

nouveau concept de groupe auxiliaire de<br />

puissance spécialement conçu pour répondre<br />

aux exigences des nouvelles générations<br />

d’avions plus électriques, a été<br />

livré cet été à son premier client Agusta-<br />

Westland pour équiper les hélicoptères de<br />

nouvelle génération AW149 et AW189.<br />

L’installation du premier e-APU60 configuré<br />

pour les essais en vol s’est déroulée<br />

conformément au planning. Capable de<br />

délivrer une puissance électrique allant<br />

jusqu’à 60 kWe, l’e-APU60 est à même<br />

de couvrir la totalité des besoins électriques<br />

sur l’ensemble du domaine de vol.<br />

Le laboratoire de métrologie dimensionnelle<br />

de l’agence Trescal de Vendôme<br />

s’est doté d’un banc grande longueur<br />

unidirectionnel de 20 mètres. Couplé à<br />

un système de mesure interférométrique,<br />

ce banc est composé de blocs<br />

et de rails de guidage en granit assurant<br />

la qualité du déplacement aérostatique<br />

du chariot de mesure. Il est<br />

piloté par un logiciel qui prend en<br />

compte la mesure du système interférométrique<br />

corrigée des facteurs d’influence<br />

calculés par les mesures des<br />

conditions d’environnement. Cet investissement<br />

vient compléter un banc de<br />

mesure de 3 mètres SIP3002 de haute<br />

précision également couplé à un système<br />

interférométrique.<br />

Opérationnel depuis octobre 2011 ce<br />

banc permet à Trescal de proposer à<br />

ses clients industriels qui fabriquent des<br />

produits de grandes dimensions des prestations<br />

d’étalonnage et de vérification<br />

d’équipements dimensionnels jusqu’à<br />

20 mètres avec des incertitudes de<br />

mesure estimées à U = 5 µm + 1.10-6.L.<br />

De plus, outre les instruments à traits,<br />

grâce à ce nouvel équipement entièrement<br />

automatisé, le laboratoire de<br />

Vendôme va pouvoir intervenir sur des<br />

équipements de nouvelles technologies<br />

tels que distance-mètres ou télémètres,<br />

théodolites, interféromètres laser, lasers<br />

tracker pour lesquels des investissements<br />

complémentaires et adaptés ont<br />

été également réalisés ●<br />

E S S A I S & S I M U L AT I O N S ● O C TO B R E , N OVEMBRE, D É C E M B R E 2 0 1 1 ● PAG E 4


Tests<br />

Lancement d’une campagne<br />

de mesures 4G LTE<br />

Molex Incorporated vient d’annoncer<br />

que des chercheurs de l’Université d’Aalborg<br />

et des spécialistes des antennes<br />

de Molex travaillent actuellement à la<br />

réalisation de mesures dans des environnements<br />

denses afin de garantir des<br />

résultats réalistes.<br />

Les expériences en milieu intérieur réalisées<br />

dans le centre-ville d’Aalborg avec<br />

des prototypes de téléphones mobiles<br />

LTE de nouvelle génération permettront<br />

de garantir aux clients des connexions<br />

de meilleure qualité aux terminaux portables<br />

du futur.<br />

Organisée dans le cadre d’une collaboration<br />

entre l’université d’Aalborg et le<br />

service de recherche sur les antennes<br />

de Molex, basé à Nørresundby au Danemark,<br />

cette campagne de mesure en<br />

continu concernait initialement la réception<br />

en extérieur dans les rues d’Aalborg.<br />

Le test dans le laboratoire des antennes<br />

radio en chambre sourde convient parfaitement<br />

à certains types d’applications,<br />

mais la technologie 4G est confrontée<br />

dans son fonctionnement à une réalité<br />

de terrain très différente et beaucoup<br />

plus difficile. Les mesures réalisées en<br />

ville permettront ainsi de tester des<br />

prototypes et des appareils de mesure<br />

dans des environnements réalistes ●<br />

Accord<br />

Partenariat entre Maplesoft<br />

et VI-grade dans le domaine<br />

de la modélisation<br />

MaplesoftTM et VI-grade ont annoncé<br />

un partenariat qui devrait, selon les<br />

deux instigateurs, permettre aux utilisateurs<br />

d’augmenter l’étendue de leurs<br />

solutions et d’améliorer la flexibilité de<br />

leurs modèles de conception. Ce partenariat<br />

verra l’intégration des modèles<br />

MapleSimTM dans l’environnement VI-<br />

CarRealTime.<br />

MapleSim est un outil de modélisation<br />

physique et de simulation qui repose sur<br />

une base technologique de calcul symbolique.<br />

Il gère l’ensemble des mathématiques<br />

complexes impliquées dans le<br />

développement des modèles d’ingénierie,<br />

y compris les systèmes multi-domaines<br />

et la conception de contrôleurs.<br />

VI-CarRealTime procure quant à lui un<br />

environnement de simulation véhicule<br />

temps réel entièrement validé pouvant<br />

être utilisé par les ingénieurs automobiles<br />

pour optimiser la conception de<br />

véhicules et les performances des systèmes<br />

de contrôle. Grâce à VI-CarReal-<br />

Time, les ingénieurs en Dynamique<br />

Véhicule peuvent également réaliser de<br />

grands plans d’expériences (DOE) et<br />

des études d’optimisation à objectifs<br />

multiples. « L’environnement VI-CarReal-<br />

Time fournit un modèle de véhicule<br />

complet facilement accessible, grâce<br />

auquel les utilisateurs MapleSim peuvent<br />

aisément implémenter leurs modèles de<br />

sous-systèmes sans avoir à construire<br />

eux-mêmes le modèle du véhicule,<br />

indique-t-on au sein de Maplesoft. Par<br />

ailleurs, les paramètres de châssis du<br />

véhicule sont transférés directement<br />

depuis ADAMS/CarTM dans VI-CarReal-<br />

Time » ●<br />

Turbomeca choisit le logiciel<br />

nCode Automation de HBM<br />

La société Turbomeca, spécialisée dans<br />

la conception, la production, la vente et<br />

le soutien de turbines à gaz de petite et<br />

moyenne puissance pour hélicoptères, a<br />

choisi une plateforme logicielle nCode<br />

pour assurer le stockage, la gestion, l’analyse<br />

et la traçabilité des milliers de voies<br />

de mesure en provenance de ses bancs<br />

d’essais. Le logiciel Automation 7.0 est<br />

particulièrement adapté au secteur de<br />

l’aéronautique où de grandes quantités de<br />

données sont générées lors d’essais sur<br />

bancs ou bien en vol. Automation est un<br />

logiciel qui centralise et sécurise toutes<br />

ces données, les organise et les analyse<br />

depuis un serveur central. Basé sur une<br />

technologie Web sécurisée, Automation<br />

met directement à disposition les données,<br />

analyses et rapports à l’ensemble<br />

des départements, sites ou partenaires<br />

d’un projet à partir d’un simple ordinateur,<br />

palm ou smartphone munis d’un explorateur<br />

Internet.<br />

Une plateforme d'essai<br />

pour les bornes de recharge<br />

ultra-rapide à Grenoble<br />

C'est dans le cadre du projet Velcri (Véhicule<br />

électrique à charge rapide intégrée),<br />

qu'a eu lieu sur le site grenoblois de<br />

Schneider Electric l'inauguration de la<br />

station EVLink, destinée à la mise au point<br />

et aux tests grandeur nature de solutions<br />

de recharge ultra-rapide pour véhicules<br />

électriques. La Station EVLink, vitrine du<br />

projet, abrite plusieurs espaces de<br />

recherche, de test et de démonstration<br />

pour les différents types d’infrastructures<br />

de recharge : domestiques, voirie, parkings<br />

publics ou privés et enfin celles<br />

concernant la recharge ultra-rapide.<br />

Renault investit 28 M¤<br />

dans un pôle d’essais<br />

électriquem<br />

Renault poursuit le développement du pôle<br />

d’essais électriques de Lardy en investissant<br />

28 M€. La Kangoo Z.E. et Fluence<br />

Z.E. seront les premiers des quatre véhicules<br />

électriques de nouvelle génération<br />

mis sur le marché en douze mois. Le pôle<br />

électrique de Lardy s’est progressivement<br />

étendu depuis 2009. Implanté sur deux<br />

bâtiments, il regroupe aujourd’hui une<br />

centaine de bancs sur 3 300 m² : 8 bancs<br />

d’essais pour les moteurs électriques, 6<br />

pour l’électronique de puissance, 41 associés<br />

à des enceintes climatiques pour les<br />

batteries Lithium-ion. 58 autres sont<br />

consacrés à l’amélioration des performances<br />

des batteries de démarrage et à<br />

l’étude d’une seconde vie.<br />

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Événement<br />

Sepem Industries : cap sur Avignon<br />

Du 31 janvier au 2 février aura lieu au parc des expositions d’Avignon<br />

la deuxième édition du Sepem Industrie Sud-Est. Entretien avec Philippe<br />

Dutheil, le directeur de l’événement industriel du début de l’année 2012,<br />

qui mise sur un nouveau succès de cette édition en région Paca, avant<br />

d’annoncer un Sepem inédit ; celui-ci concernera cette fois le quart sudouest<br />

du pays et se déroulera à Toulouse en septembre prochain.<br />

Liste des secteurs<br />

d’activité représentés<br />

Chimie, pétrochimie, plasturgie<br />

Pharmacie, cosmétique<br />

Énergie<br />

Papier et carton<br />

Agroalimentaire<br />

Brassicole, vinicole<br />

Traitement des eaux et effluents<br />

Métallurgie, sidérurgie, fonderies<br />

Automobile, ferroviaire<br />

Éco-industries, éco-environnement<br />

Électronique, électrique<br />

Extraction et minéraux<br />

Plates-formes logistiques<br />

Verreries<br />

Textile, habillement<br />

<strong>Essais</strong> & <strong>Simulations</strong> : Comment s’annonce<br />

cette deuxième édition du Sepem<br />

Industries Sud-Est ?<br />

Philippe Dutheil : Celle-ci se présente<br />

très bien. Le Salon des services, des<br />

équipements, des process et de la maintenance<br />

attire de plus en plus de monde<br />

au fil de ses différentes éditions et lieux<br />

d’organisation. Dans cette région du<br />

sud-est, la tendance est similaire puisque<br />

nous avons rencontré les mêmes<br />

soucis – s’il on peut dire – qu’à Douai<br />

par exemple, dus au succès du concept<br />

de salons en région, à taille humaine et<br />

facilement accessible. Les réservations<br />

ont en effet été complètes dès le mois<br />

de juin. Nous avons donc été contraints<br />

d’agrandir la surface initialement prévue<br />

(qui était d’une taille égale à celle de<br />

la précédente édition), de manière à<br />

accueillir une centaine d’exposants<br />

supplémentaires.<br />

Un nouveau hall a ainsi été ouvert. À<br />

la fin octobre, nous comptions déjà<br />

348 exposants, soit une soixantaine de<br />

plus qu’en 2010.<br />

Avez-vous prévu quelques nouveautés<br />

en direction des visiteurs ?<br />

Tout à fait. La grande nouveauté du<br />

Sepem Avignon est que nous allons offrir<br />

à tous les visiteurs qui arriveront entre<br />

9 heures et 11 heures du matin un<br />

ticket repas d’une valeur de 5 euros.<br />

L’objectif est réduire le coût de repas<br />

des visiteurs de manière à lui permettre<br />

d’allonger sa durée de visite. Nous<br />

souhaitons à travers cette initiative<br />

répondre à l’augmentation de la surface<br />

d’exposition et du nombre de stands,<br />

ce qui naturellement allonge dans le<br />

même temps la durée de la visite.<br />

Auparavant, on pouvait parcourir les<br />

7 000 mètres carrés de surface d’exposition<br />

en une demi-journée. Désormais,<br />

cette surface mesure 8 000<br />

mètres carrés ; nous aimerions donc<br />

garder le visiteur un peu plus longtemps.<br />

Êtes-vous optimiste quant à cette<br />

nouvelle édition ?<br />

Le premier événement qui s’était déroulé<br />

il y a deux ans nous avait, pour ainsi<br />

dire, beaucoup surpris, tant en termes<br />

de qualité que de quantité des visiteurs<br />

(au total, le salon avait attiré plus de<br />

3 200 visiteurs pour 260 exposants –<br />

voir dernier encadré). Pourtant, la grande<br />

interrogation pour nous résidait dans<br />

la géographie elle-même ; car si cette<br />

région regorge d’un tissu industriel<br />

plutôt important et significatif, peu de<br />

professionnels et d’acteurs de l’industrie<br />

d’une manière générale « descendent<br />

» au sud de Lyon et de la région<br />

Rhône-Alpes. En cause, une méconnaissance<br />

du tissu industriel en région<br />

Provence-Alpes-Côtes d’Azur.<br />

Mais pourquoi la ville d’Avignon en<br />

particulier ?<br />

À l’image des autres éditions du Sepem<br />

Industries, celle d’Avignon est révélatrice<br />

de notre propre manière d’organiser<br />

des salons. Nous avons en effet<br />

cherché un lieu à la fois facile d’accès,<br />

disposant d’un parc d’exposition assez<br />

important et se trouvant dans une position<br />

centrale, à proximité d’un noeud de<br />

communication important et non loin de<br />

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pôles industriels. À la différence,<br />

Marseille est une trop grande ville,<br />

donc peu pratique lorsque l’on<br />

arrive en voiture et aux durées de<br />

déplacements trop longues. Par<br />

ailleurs, la ville d’Avignon s’est<br />

révélée un choix stratégique dans<br />

la mesure où celle-ci se situe au<br />

cœur d’une région au tissu industriel<br />

important et à 2h30 (maximum)<br />

d’environ 9 500 sites de<br />

production comprenant en moyenne<br />

une vingtaine de personnes. En<br />

outre, Avignon se trouve le long des<br />

accès Lyon-Marseille et Montpellier-<br />

Nîmes, mais aussi à équidistance des<br />

zones industrielles de Toulon, Marseille<br />

et du sud Rhône-Alpes. Nous avons<br />

même accueilli en 2010 des visiteurs<br />

venus tout droit de Lyon !<br />

À quels domaines appartiennent les<br />

visiteurs du Sepem Avignon ?<br />

Nous avons affaire à une bizarrerie bien<br />

spécifique au sud-est : le salon s’adresse<br />

en effet d’une part au secteur agroalimentaire<br />

(ce qui est toutefois aussi le<br />

cas des autres éditions du Sepem),<br />

d’autre part au secteur du nucléaire.<br />

Malgré leurs environnements très différents,<br />

ces deux domaines d’activité<br />

rencontrent des problématiques bien<br />

similaires en matière de process ou de<br />

mesures. Ce qui va varier, ce sont les<br />

outils et les instruments qu’ils vont être<br />

amenés à utiliser. Quant aux métiers,<br />

tout ce qui est lié au process continu<br />

(pompes, vannes, robinetterie, raccords<br />

et autres) progresse et se développe.<br />

De même que les équipements de manutention<br />

dont la présence augmente de<br />

salons en salons ; la sous-traitance,<br />

notamment mécanique, tire elle aussi<br />

son épingle du jeu.<br />

Plus globalement, quel est votre<br />

ressenti sur la conjoncture industrielle ?<br />

Au-delà de l’effet positif connu au sein<br />

du Sepem, j’ai le sentiment que les<br />

entreprises industrielles ont de nouveau<br />

du travail. On n’entend pas, ou de moins<br />

en moins, d’entreprise qui ne peut<br />

survivre faute de travail ou d’activité. Il<br />

convient toutefois de mentionner le fait<br />

que nous assistons depuis plusieurs<br />

années à une réduction du personnel,<br />

si bien que la pression est bien entendu<br />

plus forte. Le véritable problème réside<br />

en revanche dans le manque de visibilité<br />

dans le temps – en tout cas dans<br />

notre secteur dédié, à savoir les équipements<br />

pour l’industrie. Cette lacune<br />

freine inévitablement les décisions. De<br />

ce fait, les entreprises préfèrent ne pas<br />

réembaucher dans l’immédiat.<br />

Pouvez-vous nous dire quelques mots<br />

sur la nouvelle édition du Sepem, prévue<br />

à Toulouse ?<br />

Cela fait environ un an que nos exposants,<br />

à travers différents questionnaires,<br />

nous demandent de créer une<br />

édition du Sepem Industries dans le sudouest<br />

du pays. Nous étions bien sûr<br />

d’accord mais avant cela, nous tenions<br />

à réaliser une véritable étude de la zone<br />

de chalandise de ce quart sud-ouest.<br />

Transports :<br />

quatre navettes mises à disposition<br />

Nous avons épluché tous les<br />

départements et le tissu industriel<br />

de la région pour y trouver au total<br />

6 959 sites de production pour un<br />

fichier contenant 18 190 contacts.<br />

Ces chiffres sont, comme vous<br />

pouvez le constater, bien en-deçà<br />

des autres régions que couvre le<br />

Sepem. Mais la puissance indiscutable<br />

du secteur aéronautique<br />

ainsi que le nombre important de<br />

sous-traitants, sans oublier le<br />

secteur agroalimentaire – très<br />

présent lui aussi – font que cette<br />

partie du pays devait à son tour être<br />

couverte par le Sepem.<br />

Quand aura lieu cette première<br />

édition et selon quels critères ?<br />

Le premier événement de Sepem Industries<br />

Sud-Ouest se déroulera les 25, 26<br />

et 27 septembre 2012 au parc des<br />

expositions de Toulouse. Ce salon<br />

regroupera les régions Midi-Pyrénées,<br />

Aquitaine et Languedoc-Roussillon. La<br />

recette sera la même que celle des<br />

autres salons, du moins pour la première<br />

édition, à savoir une surface limitée à<br />

7 000 mètres carrés, environ 300 exposants<br />

et un service de navettes gratuites<br />

(cinq au départ de Pau, Bordeaux,<br />

Brive, Montpellier et Perpignan) ●<br />

Un service de navettes gratuites est mis en place au départ de<br />

grands pôles industriels, répartis sur la zone de chalandise du<br />

salon. Les visiteurs pourront ainsi faire l’aller-retour dans la<br />

journée gratuitement. Quatre navettes se rendront au Sepem<br />

Avignon au départ de :<br />

- Péage de Roussillon (1h30) > Valence (1h) > Bollène (30 mn) > Parc des expositions<br />

- Marseille (1h) > Marignane (40 mn) > Berre (35mn) > Parc des expositions<br />

- Montpellier (1h30) > Nîmes (45 mn) > Parc des expositions<br />

- Toulon > Aix (45 mn) > Salon (30mn) > Parc des expositions<br />

Bilan de la première édition (2010)<br />

« 3 242 visiteurs industriels pour la première édition du Sepem Industries Sud-Est, c’est un<br />

bilan particulièrement encourageant pour une région qui ne connaissait jusque là aucun salon<br />

dédié de cette envergure, malgré un tissu industriel très dense. Dans l’ordre, le « top 5 » des<br />

industries représentées : la métallurgie, les machines pour l’industrie, l’agroalimentaire, la chimie/pharmacie<br />

et les énergies, en provenance de tous les départements de la zone de chalandise<br />

du salon et remontant même très haut dans la région Rhône-Alpes. Un taux de satisfaction<br />

de 92.3 % pour les 242 Exposants, tandis que 93 % des visiteurs ont déjà confirmé leur<br />

intention de revenir visiter la deuxième édition, en 2012… » - Les organisateurs des Sepem.<br />

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Goodfellow lance un matériau<br />

unique et isolant à hautes<br />

températures<br />

La division céramique de Goodfellow, Technical<br />

Glass, a désormais dans ses stocks<br />

du Superwool ® 607 ® HTTM, une gamme<br />

de produits isolants à hautes températures,<br />

versatiles et à base de fibres,<br />

pouvant être utilisés à des températures<br />

élevées. Ce matériau de type silicate alcalino-terreux<br />

(AES) a comme atout supplémentaire<br />

le fait d’être isolant sur une<br />

surface extrêmement réduite. Ce produit<br />

dispose des propriétés qui le rendent efficace<br />

dans les secteurs industriels utilisant<br />

le verre, la céramique et les produits<br />

pétrochimiques, mais aussi pour les fonderies<br />

et dans le domaine du génie civil. Il<br />

comprend un minimum de conductivité<br />

thermique, un faible rétrécissement, une<br />

haute classe de température (1300° C.)<br />

ainsi qu’une bonne solidité et une stabilité<br />

thermique.<br />

Rohde & Schwarz lance une<br />

nouvelle génération<br />

d’analyseurs de réseaux<br />

vectoriels<br />

Avec une dynamique de 140 dB, un temps<br />

de balayage de 4 ms pour 401 points et<br />

une excellente stabilité, les nouveaux<br />

analyseurs R&S ® ZNB et R&S ® ZNC ont été<br />

conçus pour des applications exigeantes<br />

en production et pour le développement<br />

de composants RF, en particulier dans la<br />

téléphonie mobile et les industries électroniques.<br />

Les analyseurs de réseau couvrent<br />

les gammes de fréquence de 9 kHz à 3 GHz,<br />

4,5 GHz ou 8,5 GHz. Le R&S ® ZNB et le<br />

R&S ® ZNC disposent d’un grand écran tactile<br />

permettant aux utilisateurs d’accéder à<br />

toutes les fonctions de l’instrument en<br />

moins de trois étapes. L’écran, de grande<br />

dimension, offre un large espace permettant<br />

un affichage des résultats de manière<br />

claire et simple, et ce même pour les<br />

mesures les plus compliquées.<br />

Nouveau frontal modulaire<br />

VibRunner de m+p<br />

international<br />

Développé pour des applications dédiées<br />

aux mesures dynamiques (bruit, vibration)<br />

et au contrôle de pots vibrants impliquant<br />

un grand nombre de voies avec enregistrement<br />

des signaux temporels, VibRunner<br />

s’applique dans des projets comme les<br />

bancs d’essais de moteurs où le stockage<br />

de données est important. Il s’adresse<br />

aussi aux grandes structures où les entrées<br />

réparties réduiront le câblage des capteurs,<br />

à des exigences en grand nombre de voies<br />

ou simplement là où une grande variété<br />

d’essais demande une flexibilité de la configuration<br />

du système de test.<br />

<strong>Essais</strong><br />

Nouvelles machines<br />

d’essai d’impact mouton<br />

pendule motorisé<br />

Disponibles en plusieurs capacités de choc<br />

allant de 300 à 900 J en passant par 450,<br />

600 et 750 J, les nouveaux marteaux<br />

pendulaires motorisés MPX d’Instron sont<br />

conçus pour effectuer des essais Charpy<br />

et Izod sur des métaux ; « grâce à la levée<br />

motorisée du marteau avec retour automatique<br />

en fin d’essai, tous les testeurs<br />

MPX permettent une mise en œuvre rapide<br />

et facile qui augmente la productivité et<br />

la sécurité de l’opérateur », indique-t-on<br />

au sein de la société Instron. Une commande<br />

électromagnétique du frein et du<br />

débrayage permet de lâcher le marteau en<br />

toute sécurité, tandis que son double accrochage<br />

évite tout relâchement accidentel.<br />

Enfin, un carter de sécurité avec dispositif<br />

de verrouillage empêche toute chute du<br />

marteau et bloque tout mouvement lorsque<br />

la porte est ouverte. Il est possible de régler<br />

la hauteur de verrouillage afin de diminuer<br />

l’énergie/la vitesse.<br />

Différents impacteurs et percuteurs sont<br />

proposés pour répondre à de multiples<br />

normes d’essais internationales telles<br />

que : ASTM E23 (Standard Test Methods<br />

for Notched Bar Impact Testing of Metallic<br />

Materials), EN 10045 (Matériaux métalliques<br />

- Essai de flexion par choc sur éprouvette<br />

Charpy), ISO 148 (Matériaux<br />

métalliques - Essai de flexion par choc<br />

mouton pendule sur éprouvette Charpy),<br />

et GOST 9454 (Impact Bending Test<br />

Method at Low, Room, and High Temperatures).<br />

Ces éléments peuvent aussi<br />

répondre à des applications spécifiques ●<br />

Aéraulique<br />

Testo 480 : pour des mesures<br />

en ventilation,climatisation<br />

et confort ambiant<br />

Testo, spécialiste de la mesure, innove<br />

avec le testo 480, anémomètre multifonction<br />

pour la mise en service, la<br />

gestion et la surveillance des centrales<br />

de traitement d’air. À l’heure des<br />

nouvelles réglementations thermiques<br />

et de la révolution énergétique, la<br />

qualité de l’air intérieur (QAI) dans les<br />

bâtiments est un enjeu majeur, tant pour<br />

la production de produits sensibles que<br />

pour les conditions de travail et le<br />

confort des occupants. Le testo 480,<br />

qui réunit grâce à sa large palette de<br />

sondes, toutes les mesures nécessaires<br />

au bon fonctionnement d’une installation,<br />

compte bien, selon Testo, permettre<br />

à ses utilisateurs de réaliser des<br />

mesures de types débit, température<br />

rayonnante, mesures de confort, turbulences<br />

et CO 2 .<br />

Le testo 480 dispose d’un concept de<br />

sondes intelligentes avec une mémoire<br />

(EEPROM) destinée à informer l’utilisateur<br />

sur le prochain étalonnage. Les<br />

incertitudes de mesures sont mémorisées<br />

dans la sonde à travers le logiciel.<br />

La sonde corrige automatiquement, en<br />

fonction de la valeur mesurée, les<br />

valeurs à l’affichage pour atteindre une<br />

précision absolue ●<br />

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Simulation<br />

De la simulation pour virtualiser<br />

les batteries haute-tension<br />

Le dernier venu dans la gamme de modèles<br />

de simulation automobile (ASM) dSPACE<br />

est un nouveau modèle de batterie permettant<br />

la simulation de batteries haute-tension<br />

rechargeables. Ce modèle est conçu pour<br />

virtualiser les batteries rechargeables au<br />

lithium-ion, au nickel-métal-hydrure (NiMH)<br />

et au plomb, toutes utilisées pour l’électrification<br />

des chaînes de traction automobiles.<br />

Cette nouvelle solution est censée<br />

faciliter le développement de fonction des<br />

systèmes de gestion de batterie (BMS) ainsi<br />

que le test des calculateurs juste avant leur<br />

production en série. Les simulations Model-<br />

In-the-Loop (MIL) dans Simulink ® et les simulations<br />

Hardware-In-the-Loop (HIL) sur<br />

simulateur sont utilisées à cet effet.<br />

Le nouveau modèle ASM de batterie multicellulaire<br />

supporte les fonctions fondamentales<br />

des systèmes de gestion actuels<br />

de la batterie, tels que l’équilibrage de<br />

cellule. Il simule chaque cellule de la<br />

batterie afin de représenter les charges<br />

spécifiques aux cellules, les intensités et<br />

les tensions. Les calculs sont effectués en<br />

temps réel indépendamment du nombre de<br />

cellules. Les paramètres physiques tels<br />

que la résistance et la diffusion interne ou<br />

encore les capacités à double couche<br />

peuvent être définis pour chaque cellule.<br />

Le modèle comprend également les fuites<br />

de courants telles que celles dues au dégazage<br />

lors du chargement des cellules<br />

NiMH ●<br />

Mesures<br />

Kimo lance de nouveaux<br />

enregistreurs autonomes<br />

communiquant par onde radio<br />

La solution sans fil de cette nouvelle gamme<br />

d’enregistreurs présente l’avantage de<br />

contrôler à distance et en temps réel le<br />

process ou zone de stockage et d’en assurer<br />

la traçabilité via le logiciel KILOG-RF (logiciel<br />

d’exploitation des données). Capables<br />

de stocker de 12.000 à 20.000 points de<br />

mesure en température, humidité, pression…,<br />

les Kistocks-RF offrent à l’utilisateur<br />

une surveillance précise du process<br />

sur une période définie ou en continu. Livré<br />

en standard, le logiciel Kilog-RF facilite la<br />

configuration des enregistreurs (seuils,<br />

alarmes, lissage, intervalle, périodicité…)<br />

et permet une exploitation aisée des<br />

données collectées en mode graphique ou<br />

tableau. Son système de fixation équipé<br />

d’un aimant permet une installation simple,<br />

rapide et sécurisée du système sans<br />

qu’aucun câble ne soit nécessaire.<br />

Kimo a également développé un enregistreur<br />

équipé d’un capteur de pression convenant<br />

à des applications de type encrassement<br />

de filtre ou surveillance de salles blanches.<br />

Des modules d’alarmes et de prolongateurs<br />

de réseau complètent la gamme afin de<br />

déclencher un contact sec vers un automate<br />

(système d’envoi de SMS, signal sur<br />

IP…) et d’étendre la surface à contrôler<br />

(réseau jusqu’à 100 appareils) ●<br />

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Nomination<br />

Henri Garcia nommé au poste de directeur<br />

commercial France de Microlease<br />

Microlease, entreprise majeure spécialisée<br />

dans la location d’équipements de<br />

test et mesure et dans la gestion de<br />

parc d’appareils, vient d’annoncer la<br />

nomination d’Henri Garcia au poste de<br />

directeur commercial France. Cette<br />

nomination est effective depuis le<br />

1 er septembre dernier.<br />

Avec plus de onze années d’expérience<br />

en gestion et développement des ventes<br />

sur le marché des Tests et Mesures,<br />

Henri Garcia est maintenant en charge<br />

de l’ensemble des activités pour la<br />

France. Henri Garcia a rejoint Microlease<br />

en 2000 en tant qu’ingénieur<br />

commercial grands comptes. Il occupa<br />

par la suite plusieurs postes stratégiques<br />

au sein de la société dont,<br />

dernièrement, celui de responsable du<br />

développement des ventes France.<br />

« Microlease est un acteur incontournable<br />

européen et dorénavant mondial<br />

depuis l’acquisition récente du leader<br />

américain MetricTest. Cette expansion<br />

est une opportunité unique pour nos<br />

clients et partenaires qui pourront bénéficier<br />

de choix plus importants en équipements<br />

de test et mesure », a déclaré<br />

Henri Garcia. « Je suis ainsi très honoré<br />

et très fier de piloter la stratégie de<br />

l‘entreprise sur le marché français. J’ai<br />

pour objectif d’amplifier la croissance<br />

de Microlease sur les différents secteurs<br />

que nous adressons grâce à nos<br />

offres de location, de vente et de<br />

leasing ».<br />

Henri Garcia est diplômé d’un master<br />

de l’École de commerce Sup de V (Saint<br />

Germain-en-Laye) et d’un DESS ESI<br />

(Paris - Pierre et Marie Curie) ●<br />

Quelques mots<br />

sur Microlease<br />

Fondée en 1979, Microlease est aujourd’hui<br />

l’un des principaux acteurs européens<br />

en location d’équipements de tests et<br />

mesures. Sa collaboration étroite avec les<br />

principaux constructeurs lui permet d’avoir<br />

des partenariats privilégiés avec Agilent<br />

Technologies, Tektronix et JDSU, leaders<br />

mondiaux du secteur de la mesure. Microlease<br />

fournit à travers le monde des équipements<br />

aux principales entreprises des<br />

industries des télécommunications, de l’aérospatiale<br />

et de la défense. Sa clientèle<br />

compte notamment Alcatel Lucent, EADS,<br />

Ericsson, Thales et Huawei. Afin de réduire<br />

et de contrôler les coûts liés aux tests et<br />

mesures, Microlease propose des solutions<br />

de location, de vente, de leasing et de<br />

gestion complète de parc.<br />

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<strong>Essais</strong> et modélisation<br />

Technologie<br />

Intégrer des capteurs d’efforts dans<br />

l’assemblage de pièces d’avion<br />

Comment un sous-traitant peut-il répondre à des exigences de volumes<br />

de plus en plus fortes lorsque ses principaux clients sont des leaders<br />

de l’aérospatial, à l’image d’Airbus, et dans une moindre mesure,<br />

Bombardier, Dassault ou encore le Brésilien Embraer ? Ce défi, Spie*<br />

doit le relever au quotidien, d’autant que ces volumes à assembler<br />

ne cessent de progresser depuis près de trente ans. Pour cela, le<br />

groupe a développé avec ABB un robot capable de satisfaire une<br />

demande croissante grâce à l’intégration de capteurs de forces.<br />

Les clients du Français Spie, à l’instar de ses soustraitants<br />

de rang 1 chargés de produire des pièces<br />

spécifiques pour l’aéronautique, sont confrontés<br />

à des problématiques plus ou moins similaires, à<br />

savoir la mise en relation des différentes pièces<br />

d’un avion entre elles, mais aussi les fixer entre<br />

elles via des rivets métalliques de tous types. Or<br />

ces opérations de perçage et de rivetage sont<br />

particulièrement délicates ; « notre travail consiste<br />

à poser une fixation se présentant sous la forme<br />

d’un cylindre métallique – avec ou sans tête – et<br />

ressemblant à une vis, excepté le fait qu’elle est<br />

emboutie des deux côtés », précise Pascal Plé,<br />

responsable d’études et des automatismes au<br />

sein du département aéronautique de Spie.<br />

Ce procédé d’assemblage de pièces (spécialité<br />

de Spie) est resté le même pendant des années,<br />

même si le carbone prend de l’importance et<br />

amène de nouvelles complications dans la maîtrise<br />

des opérations. L’assemblage se fait donc encore<br />

beaucoup sur des pièces métalliques. Les techniques<br />

n’évoluent guère du fait d’une précision<br />

déjà optimale ; en revanche, les exigences de<br />

délais et de productivité n’ont rien à voir avec<br />

celles des années 1970 ou 1980. « Notre valeur<br />

ajoutée dépend aujourd’hui de notre capacité à<br />

assurer les cadences ». Un moyen existe, et cela,<br />

l’automobile l’a bien compris : automatiser la<br />

Quelques données techniques<br />

production et par là même les lignes d’assemblage.<br />

L’aéronautique, à son tour, lui a emboité<br />

le pas dans les années 1980. L’enjeu n’est donc<br />

pas d’être de plus en plus précis mais de couvrir<br />

des volumes bien plus importants. La réponse :<br />

construire des machines de plus grandes dimensions<br />

de manière à rentabiliser au maximum les<br />

coûts de production et à assurer les cadences.<br />

Le capteur d’effort<br />

pour compenser<br />

les inconvénients liés<br />

à l’utilisation de robot<br />

d’assemblage<br />

Concrètement, chez Spie, cela s’est traduit par<br />

des robots auxquels les fabricants on ajouté des<br />

axes supplémentaires permettant d’accéder<br />

plus aisément aux différentes parties de l’avion.<br />

Objectif : réduire l’encombrement de l’appareil<br />

en développant un robot standard auquel on<br />

ajoute des axes X ou Z en bout de bras ainsi que<br />

l’outil adapté au perçage et au fraisage. « Cette<br />

technologie existe dans l’aéronautique depuis<br />

longtemps mais elle reste très marginale. Aussi,<br />

on utilisait auparavant des robots pour assembler<br />

la voilure de l’A340, mais il ne s’agissait en<br />

réalité que de simples manipulateurs de machi-<br />

Mis au point par la société ABB, le système de contrôle de force ABB IRC5 (« Force Control »)<br />

procure une sensibilité tactile au robot à travers l’implantation d’un module de détection d’efforts<br />

en interface avec la baie de commande du robot. L’intégration des mesures d’efforts s’effectue<br />

par le système de gestion du robot et la correction des trajectoires se fait en temps réel. Au total,<br />

le système peut intégrer jusqu’à trois capteurs de forces et trois capteurs de couples. En résumé,<br />

le contrôle d’efforts permet au final de résoudre des problèmes incompatibles avec des solutions<br />

de programmations traditionnelles.<br />

nes », précise Pascal Plé. Or ici, il est question<br />

d’un robot standard directement doté d’un capteur<br />

d’effort. Le but étant de répondre le plus<br />

justement possible aux critères, ce robot est<br />

désormais capable de maîtriser la pointe de l’outil<br />

en bout de bras et l’effort utilisé dans les<br />

trois rotations. Ainsi, cette technologie est en<br />

mesure d’effectuer trois nouvelles fonctions : le<br />

réglage (en fonction de la normalité de la pièce),<br />

l’anti-glissement au moment du contact entre<br />

l’outil et la pièce, ainsi que la possibilité de garder<br />

en contact les différentes couches de la<br />

pièce sans pour autant les percer, et ce grâce à<br />

l’effort d’appui.<br />

Toutefois, comme toute technologie, ce système<br />

présente deux inconvénients : le premier<br />

réside dans le manque de précision (selon les<br />

applications demandées), le second dans le<br />

manque de rigidité au niveau des bras et l’existence<br />

d’élasticité dans l’articulation. « Tout cela<br />

est compensé par la présence du capteur d’efforts.<br />

L’avantage est qu’avec ce système, ces<br />

inconvénients disparaissent et l’on en arrive à<br />

des critères proposés par les machines traditionnelles<br />

; or ce robot standard est moins cher<br />

et nettement moins volumineux » ●<br />

Olivier Guillon<br />

*Environ 25 000 personnes en France et en<br />

Europe, et 2 500 à Toulouse (siège social).<br />

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<strong>Essais</strong> et modélisation<br />

Panorama<br />

Exemples de solutions technologiques<br />

faisant appel aux capteurs<br />

Les capteurs de toutes sortes jouent un rôle de plus en plus important<br />

dans les essais industriels. Voici quelques exemples d’applications<br />

particulièrement significatives dans plusieurs secteurs industriels,<br />

allant de l’automobile à la défense.<br />

Le Centre technique des industries<br />

mécaniques (Cetim) a inauguré un nouvel<br />

équipement vibratoire doté de forces de<br />

sollicitations jusqu’à 160 kN, des charges<br />

de 2 tonnes, des mesures sur 72 voies<br />

et la réalisation de plusieurs essais en<br />

simultané. Les objectifs sont d’offrir de<br />

multiples configurations d’essais nécessaires<br />

à la caractérisation dynamique des<br />

pièces et à la validation de leur durée de<br />

vie, et de répondre aux besoins des<br />

entreprises des secteurs de l’aéronautique,<br />

de l’automobile, du ferroviaire,<br />

de l’armement, des équipements agricoles,<br />

des travaux publics ou encore de<br />

l’énergie.<br />

Ce nouveau vibrateur électrodynamique<br />

LDS V984 est capable de gérer des<br />

forces de sollicitations jusqu’à 160 kN.<br />

Il réalise des essais sur des ensembles<br />

pesant jusqu’à 2 000 Kg, dans une<br />

gamme de fréquence d’essais de 5 à<br />

2 000 Hz. Les excitations (sinus, aléatoire,<br />

sinus du bruit, choc, SRC,<br />

temporel, etc.) sont pilotées et peuvent<br />

être combinées avec des cycles de<br />

températures dans une amplitude de<br />

-50° C à +160° C. Les mesures, qui<br />

comprennent tout type de grandeurs<br />

physiques, peuvent être pilotées et enregistrées<br />

sur 72 voies en simultané. Une<br />

performance qui facilite évidemment la<br />

réalisation d’essais sur plusieurs pièces<br />

en même temps. Par ailleurs, les essais<br />

réalisés peuvent aussi être effectués<br />

sur des composants en fonctionnement<br />

via des actionneurs électriques, pneumatiques<br />

ou autre.<br />

Exemples d’applications<br />

Ces caractéristiques ont déjà séduit<br />

certains industriels que ce soit pour vérifier<br />

le bon fonctionnement de servocommandes<br />

en opération, la fiabilité de<br />

capteurs installés sur les moteurs thermiques<br />

automobiles ou la résistance de<br />

batteries soumises à de fortes sollicitations.<br />

« L’intérêt de ces essais, indique<br />

Mathieu Lassalas, responsable des<br />

essais au sein du Cetim, est de voir si,<br />

au-delà de la durée de vie du produit, sa<br />

fonction principale est toujours assurée. »<br />

Dans ce cadre, le Cetim assure la<br />

conception des essais ainsi que le<br />

dépouillement et l’interprétation des<br />

centaines de données qui sont récupérées.<br />

« Nous réalisons les essais selon<br />

les normes en vigueur, mais nous sommes<br />

aussi capables de proposer à nos<br />

clients des profils vibratoires personnalisés.<br />

Cette démarche consiste à<br />

prendre en compte la fatigue des composants<br />

soumis à un environnement<br />

vibratoire spécifique. Nous assurons<br />

aussi la conception des interfaces de<br />

fixation sur le vibrateur qui doivent être<br />

le plus neutre possible pour ne pas<br />

influencer les résultats des essais. »<br />

Une soufflerie entièrement<br />

automatisée<br />

Confrontée à des exigences fortes en<br />

termes de rentabilité, de fiabilité, de précision,<br />

de vitesse des contrôles associés<br />

au tapis et aux hélices, la célèbre maison<br />

de design automobile Pininfarina a choisi<br />

d’automatiser sa soufflerie. Des aspects<br />

particulièrement critiques, au vue de la<br />

nature de cette soufflerie d’excellence,<br />

dans laquelle l’air s’écoule le long d’un<br />

circuit divisé en deux sections : une<br />

section interne au tunnel et une section<br />

extérieure. Dans la section extérieure, l’air<br />

est repoussé par treize ventilateurs vers<br />

l’intérieur de la salle. Il s’écoule sur l’objet<br />

soumis au test avant d’être aspiré par une<br />

énorme hélice au fond de la salle et ainsi<br />

de suite. La vitesse maximale de l’air dans<br />

la soufflerie s’élève alors à 250 Km/h.<br />

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<strong>Essais</strong> et modélisation<br />

De manière à automatiser l’équipement,<br />

Pininfarina a fait appel à un système de<br />

contrôle réalisé à l’aide d’un automate<br />

de la séries 90-30 de GE Intelligent Platforms.<br />

Celui-ci régule la vitesse des<br />

hélices afin d’atteindre la vitesse désirée<br />

du vent. Pour assurer un contrôle<br />

à poursuite rapide, il est nécessaire de<br />

disposer d’un système matériel rapide<br />

et réactif, capable de gérer un fluide se<br />

déplaçant à 250 Km/h et, surtout, d’un<br />

logiciel flexible permettant d’effectuer<br />

efficacement et rapidement les réglages<br />

indispensables pour les différents tests.<br />

À l’intérieur du collecteur se trouve un<br />

dispositif unique au monde pour une soufflerie<br />

: le générateur de turbulence, ou<br />

TGS – Turbolence Generation System –,<br />

constitué de cinq couples d’ailes<br />

mobiles installées sur des élévateurs<br />

spéciaux disposés sous le niveau du sol.<br />

Ce dispositif permet d’effectuer, en plus<br />

des mesures standard dans des conditions<br />

de flux laminaire, de nouvelles<br />

mesures en présence de flux turbulents,<br />

en simulant les conditions du véhicule<br />

sur route à proximité d’autres véhicules<br />

et obstacles.<br />

Pour le contrôle du TGS et du T-Belt,<br />

Pininfarina a également fait confiance<br />

aux produits GE Intelligent Platforms.<br />

Le choix s’est porté sur le Motion<br />

Controller DSM324i et 6 servomoteurs<br />

brushless Beta IS (deux pour chaque<br />

tapis). Pour la conception et la réalisation<br />

du TGS, du T-belt et des équipements<br />

complémentaires, Pininfarina a<br />

fait appel à Sacimex, une société turinoise<br />

spécialisée dans la conception et<br />

la réalisation de machines et d’appareils<br />

pour souffleries.<br />

En salle de contrôle, les techniciens peuvent<br />

démarrer les simulations et vérifier<br />

les données recueillies par le réseau<br />

sophistiqué de capteurs positionnés dans<br />

le tunnel. L’application de contrôle est<br />

gérée par le logiciel Proficy HMI/Scada<br />

Cimplicity de GE Intelligent Platforms,<br />

avec une fonction unique de surveillance<br />

permettant au client d’examiner les résultats<br />

des tests en temps réel.<br />

De l’analyse vibratoire<br />

à distance<br />

par un capteur laser<br />

Dans le cadre d’un de ses contrats pour<br />

une entreprise de défense, le Centre<br />

scientifique et technique du bâtiment<br />

(CSTB) souhaitait analyser le comportement<br />

d’une antenne sous des vents<br />

allant jusqu’à 100 km/h. « La principale<br />

difficulté était de pouvoir analyser ce<br />

comportement à distance pour ne pas<br />

perturber la mesure, le tout en gardant<br />

une bonne précision et la vitesse de<br />

mesure », explique Olivier Flamand, chef<br />

de projet au sein du centre technique.<br />

« Notre choix s’est portée sur le capteur<br />

LK-G de Keyence pour une raison très<br />

simple : nous n’avons trouvé aucun<br />

autre équipement sur le marché répondant<br />

à nos spécifications ».<br />

Placé à 70 cm de la cible, le capteur<br />

permet de mesurer avec une précision<br />

inférieure à 0,1 mm et avec une<br />

fréquence de mesure très élevée, car il<br />

Un tapis rotatif long de 6,70 mètres<br />

Pininfarina a par ailleurs équipé sa soufflerie d’un tapis rotatif situé sous la voiture pour simuler l’effet de sol,<br />

avec des rouleaux pour le déplacement des roues. L’entreprise a ensuite apporté d’autres améliorations à cet<br />

équipement et introduit un système exclusif (T-Belt) breveté. Ce nouveau tapis long de 6,70 m s’étend jusqu’à<br />

l’arrière de la voiture. Il offre des avantages évidents en termes de précision de simulation et de calcul du coefficient<br />

aérodynamique. En fonctionnement normal, le tapis principal tend à se soulever en raison de l’effet de sol. Il<br />

est donc indispensable d’utiliser des aspirateurs positionnés sous les trois tapis pour empêcher ce phénomène,<br />

ainsi qu’un système de contrôle de traction pour éviter des mouvements latéraux indésirables.<br />

Principe de l’optique Ernostar<br />

s’agit ici d’analyser une vibration d’environ<br />

100 Hz. « La programmation s’est<br />

révélée aisée grâce à l’applicatif mis au<br />

point par Keyence. Nous n’avons surveillé<br />

qu’un seul point. Le programmeur<br />

doit néanmoins être averti », ajoute<br />

Olivier Flamand. Le LK-G qui a permis<br />

ces performances est en effet un équipement<br />

unique sur le marché. Il est<br />

d’abord très rapide. Keyence a développé<br />

le Li-CCD (le CCD linéarisé) : il<br />

offre un échantillonnage bien plus rapide<br />

que les modèles classiques. Un processeur<br />

de forme d’onde spécial (processeur<br />

de signal numérique) effectue le<br />

traitement numérique haute vitesse du<br />

signal CCD et produit très rapidement<br />

des mesures ultra précises. Il est possible<br />

de mesurer de façon fiable les cibles en<br />

rotation, en déplacement ou vibrant à<br />

grande vitesse. La précision est aussi très<br />

élevée : Keyence a revu la conception de<br />

l’optique de façon à obtenir des mesures<br />

de haute précision. L’association d’une<br />

optique Ernostar et du Li-CCD résulte en<br />

une linéarité excellente.<br />

Le capteur LK-G existe dans plusieurs<br />

versions pour s’adapter à de nombreuses<br />

applications : modèles ultra<br />

précis à courte portée jusqu’aux<br />

modèles très longue portée avec une<br />

précision moindre et un faisceau très<br />

large. Plusieurs filtres permettent de<br />

s’adapter aux surfaces difficiles, transparentes<br />

ou réfléchissantes, aux différentes<br />

couleurs et aux surfaces irrégulières ●<br />

Olivier Guillon<br />

L’optique Ernostar est composée de quatre lentilles caractérisées par de très faibles aberrations. Le processeur,<br />

intégré à la tête de capteur, numérise tous les signaux envoyés au contrôleur, ce qui réduit fortement le bruit.<br />

Un boîtier moulé, d’une très grande rigidité, permet de réduire les écarts dus aux variations de température tandis<br />

que le bruit est réduit grâce au Li-CCD, dix fois plus sensible qu’un modèle classique. La conception originale<br />

de ce capteur a permis d’atteindre une précision vingt fois meilleure que celle des modèles classiques.<br />

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<strong>Essais</strong> et modélisation<br />

Interview<br />

Les jauges de contrainte toujours<br />

essentielles dans les opérations d’essais<br />

Spécialisé dans les axes de mesure, notamment pour le levage et les limitations<br />

de charges, ainsi que dans les capteurs étalons, Sensy met au<br />

point des capteurs à jauges de contraintes, pesage/force/couple et développe<br />

des services associés en matière de conditionnement du signal<br />

(électronique, numérisation, logiciel, interventions, étalonnage et études).<br />

Son directeur technique, Jean-Marie Gillet, nous explique comment les<br />

jauges de contraintes sont aujourd’hui en mesure de répondre à des problématiques<br />

de mesures de plus en plus fortes dans les essais mécaniques.<br />

<strong>Essais</strong> & <strong>Simulations</strong> : En matière<br />

d’essais mécaniques, quelles sont les<br />

problématiques de vos clients ?<br />

Jean-Marie Gillet : La première des<br />

demandes consiste à « objectiver » une<br />

mesure ; nos clients sont confrontés à<br />

des exigences de mesures de plus en<br />

plus précises pour une caractérisation objective<br />

des essais ou des phénomènes mécaniques.<br />

Ils doivent en outre répondre à des problématiques<br />

d’automatisation ou de contrôles à<br />

distance. Dans les essais en laboratoire, le cas<br />

le plus facile à comprendre est l’exemple du<br />

béton. Lorsque l’on construit un pont, il est<br />

essentiel de s’assurer que le béton que l’on va<br />

utiliser est assez résistant et répond aux caractéristiques<br />

définies dans le cahier des charges.<br />

Il faut donc en prélever des morceaux et les<br />

tester en laboratoire. On passe alors ces<br />

morceaux en machine d’essai munie d’un<br />

capteur de force afin de tester la résistance<br />

du béton. Mais ce n’est pas tout ; il faut également<br />

s’assurer que la machine elle-même est<br />

bien étalonnée. On doit alors la vérifier périodiquement<br />

à l’aide de « capteurs étalon de transfert»,<br />

lesquels assurent le lien entre la machine<br />

d’essai et les étalons nationaux.<br />

Quel est le rôle des capteurs au niveau<br />

des essais mécaniques ?<br />

Concernant les essais sur machine ou sur site,<br />

les capteurs sont essentiels pour caractériser un<br />

effort. Un autre exemple est la gestion de la<br />

tension dans le réglage des haubans lors du<br />

montage de ponts et d’antennes, soit pour<br />

contrôler le montage, soit pour contrôler régulièrement<br />

la tension dans ces câbles. Ensuite<br />

intervient l’environnement qui implique de réaliser<br />

des mesures très particulières : précision sur une<br />

DR<br />

partie de l’étendue de mesure, mesure<br />

à température élevée (où il est impossible<br />

d’effectuer un étalonnage sur le site<br />

préalable à la campagne de mesure),<br />

absence de dérive à très long terme,<br />

mesure sur des câbles immergés, mesure<br />

précise des répartitions d’efforts dans<br />

des ensembles mécaniques hyperstatiques<br />

(ascenseur à bateaux, déploiement de panneaux<br />

de satellites) ou encore mesure des efforts dans<br />

le pilotage de fusée.<br />

Les jauges de contrainte suffisent-elles<br />

pour répondre aux différentes demandes ?<br />

La mesure à jauges de contrainte est une technologie<br />

en pleine maturité. Elle est toujours<br />

compétitive en raison de sa souplesse d’application<br />

et de ses grandes qualités métrologiques,<br />

sa précision de mesure et sa fiabilité à long terme<br />

(en dizaines d’années) dans ce monde du jetable.<br />

Les savoir-faire en matière de mesure bénéficient<br />

aussi de moyens qui ont considérablement<br />

évolué avec le développement des ordinateurs<br />

et de la numérisation.<br />

Existe-t-il de bonnes pratiques à adopter<br />

et des erreurs à ne pas commettre dans l’utilisation<br />

de ce type de capteurs ?<br />

Il faut bien distinguer la précision de la résolution,<br />

d’où l’importance de l’étalonnage non seulement<br />

chez le constructeur mais également sur<br />

Quelques mots sur Sensy<br />

site. Prenons l’exemple du tachymètre d’une<br />

voiture : on connaît les erreurs dont il est régulièrement<br />

entaché ; il dépend en sus directement<br />

de la dimension des pneus. Si vous changez de<br />

pneu ou si vous les remplacez par des tailles<br />

basses, cela remet tout votre étalonnage en<br />

cause. Avec les moyens modernes, on pourrait<br />

facilement afficher votre vitesse au mm/h près<br />

mais ce n’est que de la résolution. On l’oublie<br />

trop souvent lorsqu’on mesure des forces. D’où<br />

l’importance d’étalonner son système complet<br />

de mesure dans les conditions de l’utilisation et<br />

de remettre en cause son étalonnage s’il<br />

apparaît des modifications dans le montage<br />

mécanique. Enfin, si l’étalonnage n’est pas<br />

possible sur site, il faut faire appel à des designs<br />

spécifiques de capteurs dont l’étalonnage d’usine<br />

sera relativement insensible aux conditions<br />

réelles d’utilisation, lesquelles sont toujours différentes<br />

des conditions d’étalonnage en usine.<br />

À quelles nouveautés et innovations doiton<br />

s’attendre pour les années à venir ?<br />

De nouvelles techniques de substitution aux<br />

capteurs traditionnels vont apparaître, tout<br />

comme, par le passé, les techniques intégrées<br />

des capteurs d’accélération pour les airbags de<br />

voiture. On pourrait les réaliser avec nos jauges<br />

de contraintes traditionnelles. On assiste donc<br />

à une vulgarisation des capteurs : on le voit à<br />

travers la génération smartphone où quantité<br />

de fonctions se retrouvent intégrées dans des<br />

puces. Mais pour ce qui est de nos marchés<br />

spécifiques, hors pesage de série, nous ne<br />

voyons pas aujourd’hui encore de grands bouleversements,<br />

nos capteurs étant des pièces<br />

mécaniques spécifiques, souvent sur mesure et<br />

dont l’approche relève souvent d’un compromis<br />

entre les exigences et des techniques déjà largement<br />

éprouvées et fiables ●<br />

Propos recueillis par Olivier Guillon<br />

Sensy fabrique depuis vingt-six ans des capteurs à jauge de contrainte. La société comprend quarante<br />

collaborateurs. Elle est en outre composée d’un atelier mécanique qu’elle vient de racheter, situé à quelques<br />

kilomètres du site de Charleroi (Belgique) et complètement modernisé de manière ciblée pour son activité.<br />

Un nouveau bâtiment permettra, début 2012, de doubler les activités de Sensy.<br />

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Compatibilité électromagnétique<br />

Préface<br />

CEM : Une meilleure maîtrise<br />

des champs forts et des techniques<br />

prédicatives plus adaptées<br />

Avec le développement de<br />

l’électronique dans tous les<br />

secteurs de l’industrie, la CEM<br />

a pris une part plus importante<br />

lors de la conception et de l’intégration<br />

des systèmes. Il est<br />

donc important que les normes<br />

et spécifications intègrent des<br />

exigences qui sont en phase<br />

avec les niveaux de sensibilité<br />

des équipements et les niveaux<br />

émis par les perturbateurs potentiels<br />

utilisés lors des essais<br />

de qualification.<br />

Les travaux récents de la normalisation<br />

ont permis une accentuation<br />

des phénomènes de perturbations<br />

plus adaptés avec, pour la plupart de ces<br />

systèmes, une répercussion sur les<br />

cahiers des charges constructeurs<br />

(automobile, aéronautique ou militaire).<br />

Leur respect doit garantir la tenue des<br />

équipements vis-à-vis des contraintes<br />

CEM et foudre spécifiques, en intégrant<br />

tous ces aspects dans le développement<br />

des équipements. En matière de champs<br />

forts, les nouvelles contraintes applicables<br />

notamment en aéronautique et<br />

dans l’automobile requièrent la mise en<br />

place de moyens spécifiques comme les<br />

cages réverbérantes afin d’atteindre les<br />

amplitudes de champ électromagnétique<br />

exigées qu’il est difficile d’obtenir<br />

avec des moyens conventionnels utilisés<br />

en cage anéchoïde.<br />

Depuis quelques années, l’apport des<br />

techniques de simulation a permis une<br />

meilleure appréhension des phénomènes<br />

de CEM. Cela s’est ressenti d’une part<br />

au niveau des techniques de génération<br />

de champ électromagnétique (cage<br />

réverbérante ou anéchoïde) et, d’autre<br />

part, lors de la conception et protection<br />

des équipements vis-à-vis des agressions<br />

électromagnétiques (champs forts<br />

et foudre).<br />

Philippe Sissoko*<br />

Dans ce dossier consacré à la CEM, le<br />

premier article s’intéresse à l’art de<br />

générer du champ fort par une combinaison<br />

de deux chambres réverbérantes<br />

afin d’atteindre les niveaux de champ<br />

les plus sévères requis par la norme<br />

RTCA DO160G catégorie L, pouvant aller<br />

jusqu’à 7200 V/m. L’auteur met l’accent<br />

sur le fait que les chambres réverbérantes<br />

restent l’une des solutions<br />

optimales pour générer du champ fort<br />

grâce à une technique bien éprouvée<br />

appelée par la normalisation dans les<br />

secteurs automobile, aéronautique et<br />

militaire. Avec le développement des<br />

outils de simulation de plus en plus<br />

présents dans de nombreux secteurs,<br />

la tendance prédicative est choisie lors<br />

de la conception des cages anéchoïdes<br />

par un outil de simulation modélisant<br />

les absorbants avec des modèles rigoureux.<br />

Ces cages anéchoïdes doivent être<br />

conformes aux normes CISPR 16 ou<br />

ANSI 63.4 en termes d’atténuation de<br />

site pour les émissions rayonnées par<br />

une validation qui ne peut être faite<br />

qu’une fois la cage livrée. Les résultats<br />

obtenus avec le solveur « CST Microwave<br />

Studio (CST MWS) » ainsi que les<br />

techniques utilisées sont essentiels<br />

pour optimiser dès la conception les<br />

performances de ces cages<br />

semi-anéchoïdes. Pour mieux<br />

appréhender les techniques de<br />

protections vis-à-vis de la foudre,<br />

la simulation permet également<br />

de modéliser les effets de<br />

la foudre et d’optimiser les protections<br />

qui ont pu être appliquées<br />

par le passé de façon plus<br />

ou moins empirique ou par retour<br />

d’expérience ; citons à ce<br />

titre la mise en place du conducteur<br />

de protection. Les courants<br />

induits et conduits sur une<br />

structure complexe soumise à<br />

un impact foudre sont caractérisés<br />

en utilisant un code de calcul basé<br />

sur la méthode des différences finies<br />

dans le domaine temporel.<br />

Les différentes simulations réalisées<br />

dressent une cartographie de la répartition<br />

des courants dans la structure et<br />

ainsi de déterminer l’efficacité des différents<br />

systèmes de protection.<br />

L’importance de l’influence de certains<br />

paramètres « terrain » sur la répartition<br />

des courants au sein de la structure et<br />

sur le câble est également traitée. Enfin,<br />

bien que de nombreux documents de<br />

normalisation de câblage traitent de la<br />

mesure de l’impédance de transfert par<br />

la méthode triaxiale ou du fil, une technique<br />

de mesure de l’efficacité d’écran<br />

est proposée, en pratique, jusqu’à<br />

100 MHz environ. C’est dans ces gammes<br />

de fréquences que les perturbations<br />

se couplent efficacement sur les<br />

câbles. La protection apportée par les<br />

câbles et leurs caractérisations sont<br />

donc primordiales et améliorées en<br />

caractérisant l’efficacité d’écran dans<br />

ces gammes de fréquences quelque soit<br />

la nature du blindage ●<br />

* Philippe Sissoko est actuellement au<br />

sein du LCIE Bureau Veritas, responsable<br />

des départements dans lesquels les<br />

activités CEM et Foudre sont présentes.<br />

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Compatibilité électromagnétique<br />

Champ fort<br />

L’Art de générer du champ fort :<br />

une combinaison de deux chambres<br />

réverbérantes<br />

En compatibilité électromagnétique, les normes automobiles, aéronautiques<br />

et militaires tendent de plus en plus à faire croître les limites<br />

des fréquences hautes et les niveaux de champs forts. Les normes<br />

automobiles et les spécifications constructeurs (norme B21 de PSA<br />

par exemple) prescrivent généralement des essais entre 200 MHz et<br />

3,2 GHz jusqu’à 150 V/m. La norme RTCA DO160 et les spécifications<br />

des constructeurs aéronautiques prescrivent des niveaux variant<br />

selon la catégorie de 1 V/m à 7200 V/m. Les normes militaires Mil-<br />

Std461F et Mil-Std464A exigent parfois des niveaux encore plus<br />

élevés. Nous allons présenter dans cet article les moyens d’essais les<br />

plus simples et les moins coûteux pour y parvenir. Les chambres réverbérantes<br />

à brassage de modes (CRBM) s’imposent de plus en plus<br />

face à ces évolutions des essais.<br />

Une chambre réverbérante<br />

couvrant la bande de<br />

fréquence 400 MHz à 18 GHz<br />

Nous prendrons pour exemple les niveaux<br />

de champ requis les plus sévères<br />

de la norme RTCA DO160G catégorie L<br />

(figure 1).<br />

Il est bien évident qu’en chambre<br />

anéchoïque de tels niveaux requièrent<br />

des puissances RF gigantesques. Les<br />

CRBM permettent d’atteindre des<br />

niveaux de champs forts avec des puissances<br />

réduites. De plus l’usage de l’aluminium<br />

sur les parois permet d’accroître<br />

la réflectivité de celles-ci. La figure 2<br />

montre les niveaux de champs mesurés<br />

Figure 2 : Mesure du niveau de<br />

champ selon la norme RTCA DO160<br />

pour 1 Watt au niveau du connecteur<br />

de l’antenne dans une EOLE400<br />

aluminium.<br />

Figure 3 : EOLE400<br />

dimensions extérieures<br />

L x l x H : 3.46 x 2.52 x 2.9 m<br />

dans une chambre réverbérante en<br />

aluminium de dimensions L x l x H : 3.46<br />

x 2.52 x 2.9 m dont la fréquence basse<br />

de respect de l’uniformité statistique<br />

(LUF : Lowest Usable Frequency) selon<br />

les critères de la normalisation est inférieure<br />

à 400 MHz. Cette CRBM est<br />

appelée EOLE400 (figure 3).<br />

Cette EOLE400 est équipée des antennes<br />

de génération de champ suivantes<br />

(tableau 1).<br />

Il est porté une attention toute particulière<br />

au niveau des liaisons coaxiales et<br />

guidées entre les amplificateurs et les<br />

antennes de génération de champ afin de<br />

réduire au minium les pertes et transmettre<br />

les fortes puissances RF. Les liaisons de<br />

puissance sont équipées de filtres d’harmoniques<br />

et de coupleurs pour maîtriser<br />

la puissance injectée. Pour la clarté de cet<br />

article on a pris en compte une perte<br />

globale de 1 dB pour l’ensemble des pertes<br />

entre la sortie de l’amplificateur et l’antenne<br />

de génération de champ. On peut<br />

alors calculer la puissance nécessaire à la<br />

sortie des amplificateurs pour générer le<br />

champ requis lorsque la chambre est vide<br />

(courbe rouge de la figure 4).<br />

Fréquence en MHz Antennes Connectiques<br />

400 à 1000 Log périodique 7/16<br />

Figure 1 : Niveau de champ pulsé<br />

requis durant les tests de<br />

susceptibilité selon la catégorie L de<br />

la norme RTCA DO160G.<br />

1000 à 7500 Cornet double ridge 7/16<br />

7500 à 18000 Cornet double ridge WRD750<br />

Tableau 1.<br />

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Compatibilité électromagnétique<br />

Figure 4 : Niveau de puissance nécessaire avec une CRBM<br />

type EOLE400 pour répondre aux exigences de champ pulsé<br />

requis durant les tests de susceptibilité<br />

selon la catégorie L de la norme RTCA DO160G.<br />

Figure 5 : Mesure du niveau de champ<br />

selon la norme RTCA DO160 pour 1 Watt<br />

au niveau du connecteur de l’antenne<br />

dans une EOLE1000 aluminium.<br />

Figure 6 : Comparatif entre les niveaux de champ normalisé<br />

d’une Eole1000 par rapport à une Eole400.<br />

Figure 7 : Enveloppes basses des champs normalisé –<br />

en rouge la combinaison des 2 CRBM -en vert l’enveloppe<br />

basse du champ normalisé entre 1 et 18 GHz<br />

d’une CRBM type Eole400.<br />

Un élément à prendre en compte dans<br />

le calcul des amplificateurs est l’évaluation<br />

de la charge provoquée par l’introduction<br />

de l’Equipement Sous Test<br />

(EST). La charge d’un équipement est<br />

difficilement prédictible. On connait<br />

uniquement les bonnes pratiques. Il faut<br />

notamment éviter d’introduire l’EST<br />

avec sa palette de bois. Il faut réduire<br />

au minimum les longueurs des câbles<br />

électriques présents dans la CRBM. La<br />

courbe verte de la figure 4 montre le<br />

niveau de puissance nécessaire des<br />

amplificateurs pour une charge de 3 dB<br />

(CLF : Chamber Loading Factor = 3 dB).<br />

Deux moyens d’essais<br />

pour couvrir la bande<br />

de fréquence<br />

Il faut reconnaître que malgré les<br />

qualités intrinsèques des CRBM pour<br />

réaliser du champ fort, les niveaux de<br />

puissance des amplificateurs restent<br />

parfois très élevés et le coût de ces<br />

amplificateurs demeure très important.<br />

En examinant la figure 1, on distingue<br />

2 bandes de fréquences. Tout d’abord<br />

entre 400 et 1000 MHz, le niveau de<br />

champ pulsé demandé se situe entre<br />

730 et 1400 V/m puis de 1 à 18 GHz<br />

il est bien plus important : entre 1100<br />

et 7200 V/m. Il faut noter que pour les<br />

autres catégories, on observe également<br />

les 2 bandes de fréquences pour<br />

des niveaux moindres.<br />

Une manière de contourner la difficulté<br />

de générer du champ fort est de scinder<br />

le test de susceptibilité sur deux CRBM.<br />

L’une, la plus grande, dotée d’une LUF<br />

de 400 MHz et l’autre plus petite<br />

(Eole1000) dotée d’une LUF de 1 GHz<br />

et possédant des niveaux de champ<br />

normalisé plus élevés.<br />

La comparaison des enveloppes basses<br />

des champs normalisés met nettement en<br />

avant le gain obtenu (voir figures 6 & 7).<br />

La figure 8 montre l’intérêt de la combinaison<br />

de deux CRBM pour réduire le<br />

niveau de puissance des amplificateurs.<br />

Pour la catégorie L de la norme RTCA<br />

DO160G qui est la catégorie la plus<br />

contraignante, on montre que la puissance<br />

RF maximale nécessaire se réduit<br />

de 12kW à 4 kW. D’un point de vue économique<br />

le gain est considérable. Le<br />

surcoût d’une petite CRBM supplémentaire<br />

est largement couvert par<br />

l’économie réalisée sur l’achat des<br />

amplificateurs.<br />

Par ailleurs, il faut noter que d’un point<br />

de vue pratique la catégorie L de la<br />

norme DO160G pose quelques difficultés.<br />

A notre connaissance les amplificateurs<br />

pulsés type TOP de 12 kW<br />

n’existent pas sur le marché.<br />

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Compatibilité électromagnétique<br />

Niveau de puissance RF<br />

pour les autres catégories<br />

Tout le long de cet article nous avons<br />

pris pour exemple la catégorie L de la<br />

Catégories<br />

Figure 9 : Vue intérieure d’une EOLE1000.<br />

norme RTCA DO160G qui est la catégorie<br />

la plus exigeante. Le raisonnement<br />

reste le même pour des niveaux de<br />

champ inférieur. Dans le tableau 2, nous<br />

présentons les niveaux de puissance<br />

F G L<br />

CW/Pulsé CW/Pulsé CW/Pulsé<br />

Champ (V/m) 100 / 1500 200 / 3000 400 / 7200<br />

Puissance (W) 1 / 180 4 / 72 13 / 4100<br />

Tableau 2 : Puissance RF en mode CW ou pulsé en fonction des catégories<br />

de la norme RTCA DO160G.<br />

Figure 8 : Niveau de puissance nécessaire avec la combinaison de 2 CRBM pour<br />

répondre aux exigences de champ pulsé requis durant les tests de susceptibilité<br />

selon la catégorie L de la norme RTCA DO160G.<br />

requis selon d’autres catégories avec<br />

les mêmes hypothèses (pertes coaxiales<br />

ou guidées de 1 dB et charge<br />

de l’EST : CLF = 3 dB)<br />

Comparaison<br />

avec les systèmes de<br />

génération en espace libre<br />

Les systèmes de champ fort en espace<br />

libre les plus optimisés utilisent des<br />

cornets longs à bande étroite et à fort<br />

gain (entre 21 et 24 dBi dans la bande<br />

de fréquence 4 à 6 GHz) des réseaux de<br />

cornets. Néanmoins ils ne réalisent que<br />

des fenêtres d’illumination de 150 à<br />

200 mm de diamètre ce qui rend fastidieux<br />

et coûteux un essai exhaustif.<br />

Dans la bande de fréquence la plus<br />

critique (4 à 6 GHz), les chiffres sont<br />

éloquents : pour générer 3 kW/m à la<br />

distance d’un mètre en espace libre ou<br />

en chambre anéchoïque, il faut environ<br />

2.3 kW de puissance RF. En CRBM de<br />

petites dimensions, il faut seulement<br />

700 W. Pour les niveaux de la catégorie<br />

L, il faudrait une puissance RF de<br />

14 kW en espace libre pour générer les<br />

7200 V/m. Or, comme nous l’avons souligné<br />

précédemment, de tels amplificateurs<br />

(TOP) n’existent pas à l’heure<br />

actuelle.<br />

Conclusion<br />

Outre l’exhaustivité de l’illumination de<br />

l’équipement sous test déjà reconnue<br />

comme un point fort des CRBM, nous<br />

avons démontré que les chambres réverbérantes<br />

sont une solution optimale<br />

pour générer du champ fort à un moindre<br />

coût.<br />

La technique est bien éprouvée et est<br />

appelée par la normalisation dans les<br />

secteurs automobile, aéronautique et<br />

militaire. Avec un couple de CRBM du<br />

type EOLE400 et EOLE1000, il est<br />

possible de générer des champs forts à<br />

partir de 400 MHz et de réduire de 70<br />

à 80% les niveaux de puissance des<br />

amplificateurs par rapport à l’illumination<br />

en espace libre. Ainsi la même<br />

instrumentation et un seul logiciel<br />

permettent de travailler sur les deux<br />

moyens d’essais au bénéfice de l’obtention<br />

d’un champ plus élevé ●<br />

Jean-François Rosnarho<br />

Directeur R&D SIEPEL<br />

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Compatibilité électromagnétique<br />

Modélisation des effets électromagnétiques<br />

Modélisation des effets<br />

électromagnétiques d’un impact<br />

foudre sur un bâtiment<br />

et optimisation de sa protection<br />

par conducteurs écrans<br />

Dans le but d’améliorer la qualité de service et de réduire les coûts<br />

d’entretien et de maintenance des réseaux, les opérateurs de téléphonie<br />

doivent être en mesure d’estimer les risques liés à la foudre et<br />

d’étudier des solutions permettant d’en diminuer l’impact sur leurs<br />

installations en optimisant les dispositifs de protection. C’est dans ce<br />

cadre que nous proposons une étude sur la répartition des courants<br />

de foudre sur une structure complexe, ainsi que l’estimation de l’efficacité<br />

de la protection grâce à un code de calcul basé sur la méthode<br />

FDTD. L’optimisation de la protection des câbles enterrés à l’aide de<br />

conducteur de protection est également abordée.<br />

de nombreuses possibilités permettant la<br />

modélisation fidèle d’une infrastructure<br />

complexe en l’occurrence :<br />

- Un modèle de plaque mince permettant<br />

la modélisation des murs ;<br />

- Un modèle de fil isolé permettant la<br />

modélisation d’un câble de télécommunications<br />

dans un milieu à perte.<br />

II.1. Définition de la structure<br />

I - Introduction<br />

L’émergence de nouveaux services nomades,<br />

tels que la visiophonie ou l’internet<br />

mobile, a entrainé une densification du<br />

réseau mobile, ainsi qu’une convergence<br />

entre les réseaux cellulaires et fixes. Par<br />

son étendue, le réseau de télécommunications<br />

est soumis à de nombreuses<br />

agressions électromagnétiques d’origine<br />

artificielle ou naturelle, pouvant provoquer<br />

des dysfonctionnements, et par la même<br />

Figure 1 – Exemple de structure<br />

complexe<br />

diminuer la qualité de service, enjeu<br />

majeur pour les opérateurs de téléphonie.<br />

Dans cet article, nous nous intéresserons<br />

plus particulièrement aux effets induits<br />

et conduits par un impact foudre sur une<br />

station de base mobile, desservie par un<br />

réseau souterrain. En effet, ces installations,<br />

de par leurs positions géographiques<br />

et leurs hauteurs, sont des cibles privilégiées<br />

en cas d’épisodes orageux.<br />

II - Études des effets<br />

électromagnétiques<br />

dus a un impact foudre<br />

sur un bâtiment<br />

Dans un premier temps, nous nous sommes<br />

intéressés aux courants induits et<br />

conduits sur une structure complexe<br />

soumise à un impact foudre (Figure 1).<br />

La modélisation d’une station de base<br />

requiert l’utilisation d’un code 3 dimensions.<br />

Pour cela, nous avons choisi d’utiliser<br />

un code de calcul basé sur la méthode<br />

des différences finies dans le domaine<br />

temporel. Le solveur OPEN-TEMSI-FD [1],<br />

développé par le laboratoire XLIM, présente<br />

Figure 2 – Structure Modélisée<br />

Objectif : rester le plus proche d’une structure<br />

réelle tout en visant des temps de<br />

calcul raisonnables. La structure modélisée,<br />

présentée sur la Figure 2, est composée<br />

des éléments suivants :<br />

- Pylône : 30 m<br />

- Bâtiment technique : 4 m/4 m/2 m<br />

- Réseau de terre sous le bâtiment constitué<br />

d’une grille de 4.4 m (axe x) /<br />

5 m (axe y) ayant un pas de 40 cm<br />

selon x et 1 m selon y placé à 40 cm<br />

de profondeur<br />

- Un réseau de terre sous le pylône constitué<br />

d’une ceinture en fond de fouille de<br />

4 m/4 m enterrée à 40 cm de profondeur<br />

- Une interconnexion entre le réseau de<br />

terre du pylône et celui du bâtiment r<br />

- Une patte d’oie<br />

- Un réseau d’adduction souterrain.<br />

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Compatibilité électromagnétique<br />

II.2. Résultats<br />

Les différentes simulations réalisées<br />

permettent de dresser une cartographie<br />

de la répartition de courants dans la structure<br />

et ainsi de déterminer l’efficacité des<br />

différents systèmes de protection.<br />

Afin de faciliter l’interprétation des résultats,<br />

nous utiliserons les grandeurs<br />

suivantes :<br />

- I foudre : Valeur maximale du courant de<br />

foudre.<br />

- I pyl : Somme des courants circulant sur<br />

les brins de connexion du pylône à son<br />

réseau de terre<br />

- I bâ t : Somme des courants circulant<br />

sur les brins de connexion du bâtiment<br />

à son réseau de terre<br />

- I inte r : Courants circulant sur le ou les fils<br />

permettant l’interconnexion du réseau<br />

de terre du pylône à celui du bâtiment<br />

- I add : Courant induit sur les adductions.<br />

On définit également les valeurs P pyl , P bât ,<br />

P inter , et P add représentant le pourcentage<br />

du courant induit, respectivement, sur le<br />

réseau de terre du pylône, le réseau de<br />

terre du bâtiment, les fils d’interconnexions<br />

et les adductions tels que<br />

et les valeurs P pyl’ et P bât’ représentant<br />

le pourcentage de courant dissipé<br />

respectivement par le réseau de terre<br />

du pylône et le réseau de terre du bâtiment<br />

tels que :<br />

Ces résultats, mettent en évidence l’importance<br />

du réseau de protection qui<br />

permet de dissiper, par exemple, 30 %<br />

du courant de foudre dans le cas d’un<br />

sol de résistivité égale à 2000 Ohms.m.<br />

II.3. Étude Paramétrique<br />

Dans le but de mieux comprendre l’influence<br />

de certains paramètres sur la<br />

répartition des courants au sein de la<br />

structure et sur le câble de télécommunication<br />

desservant un site mobile,<br />

nous avons réalisé plusieurs études.<br />

Parmi les nombreux paramètres pouvant<br />

influer sur la répartition des courants<br />

nous nous sommes plus particulièrement<br />

intéressés à l’influence de :<br />

- La conductivité du sol<br />

- L’implantation d’une deuxième patte<br />

d’oie<br />

- L’amélioration de l’interconnexion entre<br />

pylône et bâtiment<br />

- La densification du réseau de terre du<br />

bâtiment.<br />

a - Influence de la conductivité du sol.<br />

Afin d’étudier l’influence de la conductivité<br />

du sol sur la répartition des<br />

courants, la structure a successivement<br />

été placée sur un sol de résistivité égale<br />

à 4000, 2000, 1000 et 500 Ohms.m.<br />

La somme des courants sur le brin de<br />

connexion du pylône à son réseau de<br />

terre (I pyl ), ainsi que la somme des<br />

courants circulant sur les connexions<br />

entre le bâtiment et son réseau de terre<br />

(I bât ), permettent de déterminer la répartition<br />

du courant entre le pylône (P pyl’ )<br />

et le bâtiment (P bât ) en fonction de la<br />

résistivité du sol. Ces résultats sont<br />

donnés sur la Figure 4.<br />

terre du pylône, plus le courant circulera<br />

de manière directe vers le bâtiment<br />

par le chemin de câble. Ceci aura, également,<br />

pour effet d’entraîner une augmentation<br />

du courant induit sur le câble<br />

de télécommunication tel que le montre<br />

la Figure 5 donnant le pourcentage du<br />

courant de foudre induit sur le conducteur<br />

de télécommunications en fonction<br />

de la résistivité du sol. Celui-ci peut être<br />

approché par une fonction, racine carré,<br />

de la forme : y=√x.<br />

Figure 5 – % du courant de foudre<br />

induit sur le câble de<br />

télécommunications pour différentes<br />

résistivités du sol<br />

En revanche, l’analyse de la proportion<br />

de courant de foudre capté par le<br />

conducteur de protection en fonction<br />

de la résistivité du sol, dont les résultats<br />

sont présentés sur la Figure 6,<br />

montre la présence d’un maximum pour<br />

une résistivité de 1500 Ohms.m.<br />

On obtient alors une répartition des<br />

courants selon le schéma de la Figure 3.<br />

Figure 6 - % du courant de foudre<br />

induit sur le câble de protection pour<br />

différentes résistivités du sol<br />

Figure 3 – Répartition des courants<br />

sur une structure complexe foudroyée<br />

Figure 4 – Répartition du courant de<br />

foudre entre le pylône et le bâtiment.<br />

Ces résultats montrent que plus la résistivité<br />

du sol augmente, ce qui conduit<br />

à une augmentation de la résistance de<br />

Ainsi pour une longueur de 300 m. le<br />

conducteur de protection captera plus<br />

de courant s’il est placé dans un sol<br />

de résistivité proche de 1500 Ohms.m.<br />

que dans un sol de résistivité plus<br />

élevée. Ces résultats mettent en évidence<br />

la notion de longueur optimale ou<br />

longueur minimale du conducteur de<br />

protection qui sera approfondie dans<br />

la troisième partie de cet article.<br />

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Compatibilité électromagnétique<br />

b - Influence de l’implantation d’une<br />

seconde patte d’oie.<br />

La norme CEI 62305-3 [2], traitant de<br />

la protection des structures et des<br />

personnes contre la foudre, préconise<br />

l’installation d’un minimum de deux<br />

électrodes supplémentaires dans le cas<br />

où la surface du réseau de terre préconisée<br />

ne peut être respectée. Afin de<br />

déterminer l’influence de l’implantation<br />

d’une seconde patte d’oie dans la ceinture<br />

de terre du pylône, nous avons<br />

utilisé la configuration de base, à<br />

laquelle on a rajouté une deuxième patte<br />

d’oie, identique à la première, située<br />

dans l’angle opposé selon la Figure 7.<br />

Figure 7- Implantation de la deuxième<br />

patte d’oie<br />

Les résultats obtenus dans cette configuration<br />

permettent de mettre en<br />

évidence une amélioration du pouvoir<br />

de dissipation du réseau de terre du<br />

pylône (P pyl’ ), qui peut atteindre 25%.<br />

Néanmoins, ceci n’entraine pas une<br />

diminution du courant induit sur les<br />

adductions, dont les résultats sont<br />

reportés sur la Figure 8.<br />

c - Influence de la densification de l’interconnexion<br />

des réseaux de terre.<br />

L’étude complète de la structure montre<br />

une circulation importante de courant<br />

sur le chemin de câble reliant le bâtiment<br />

au pylône, ceci a pour conséquence<br />

une augmentation de courant<br />

sur les armatures métalliques du bâtiment.<br />

Ce courant est à l’origine du<br />

champ rayonné à l’intérieur du bâtiment<br />

qui peut engendrer des dysfonctionnements.<br />

L’étude de la répartition du<br />

courant lors de l’implantation de deux<br />

conducteurs supplémentaires entre le<br />

bâtiment et le pylône selon le schéma<br />

de la Figure 9 est également effectuée.<br />

Le rôle de ces conducteurs étant de<br />

favoriser une circulation de courant<br />

entre les réseaux de terre afin de diminuer<br />

le courant circulant sur le bâtiment.<br />

Figure 9 - Implantation<br />

des conducteurs d’ interconnexions<br />

Il a été vu précédemment que le courant<br />

circulant dans le bâtiment est principalement<br />

dû au courant circulant sur<br />

chemin de câble. Les résultats obtenus<br />

dans le cas d’une ou 3 interconnexions<br />

sont représentés sur la Figure 10 et<br />

montrent une diminution de 38 % du<br />

courant induit sur le bâtiment par le<br />

chemin de câble.<br />

Figure 11 - Courant sur<br />

l’interconnexion des réseaux de terre<br />

pour deux types d’interconnexions<br />

L’amélioration de la circulation du<br />

courant entre les réseaux de terre par<br />

l’ajout de connexions permet :<br />

- Une diminution du courant de foudre<br />

circulant dans les armatures du bâtiment.<br />

- Une diminution du champ rayonné au<br />

sein du bâtiment. Cependant, cela<br />

n’entraine pas de diminution du courant<br />

induit sur les adductions.<br />

d - Influence de la densification du<br />

réseau de terre.<br />

De manière pratique, il existe différentes<br />

façons d’effectuer la mise à la terre d’une<br />

infrastructure. Par exemple, l’utilisation<br />

de piquets est généralement utilisée pour<br />

les installations domestiques, les ceintures<br />

de terre sont particulièrement adaptées<br />

pour la réfection de mise à la terre,<br />

ou encore l’utilisation de grilles. Les deux<br />

derniers dispositifs étant installés sous le<br />

bâtiment selon la Figure 12.<br />

Figure 8 - Courant conduit<br />

sur les adductions<br />

Ceci s’explique par le fait que, malgré<br />

l’implantation d’un seconde patte d’oie,<br />

la circulation des courants entre le<br />

pylône et le bâtiment s’effectue principalement<br />

par le chemin de câble et ils<br />

ne peuvent donc pas être dissipés par<br />

le réseau de terre du pylône.<br />

Figure 10 - Courant sur le chemin<br />

de câble pour deux types<br />

d’interconnexions<br />

Le courant ne pouvant être dissipé par<br />

le réseau de terre du pylône est conduit<br />

vers le réseau de terre du bâtiment par<br />

l’intermédiaire des différents brins de<br />

connexion dont la somme est représentée<br />

sur la Figure 11. Il est à noter<br />

une augmentation du courant circulant<br />

sur les interconnexions en fonction de<br />

l’augmentation du nombre de connexions.<br />

Néanmoins cela n’influence pas<br />

le pouvoir de dissipation P pyl’ du réseau<br />

de terre du pylône qui reste identique<br />

dans les deux cas et proche de 18%.<br />

Figure 12 - Schéma ’un réseau de<br />

terre de type ceinture ou grille sous<br />

un bâtiment<br />

Les valeurs du courant circulant sur les<br />

adductions, obtenues pour ces deux<br />

configurations, sont quasi-similaires<br />

(Figure 13).<br />

Figure 13 - Courant sur les adductions<br />

pour différentes configurations de<br />

réseau de terre<br />

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Compatibilité électromagnétique<br />

Ces résultats montrent que l’implantation<br />

d’une grille reliée en périphérie à un bâtiment,<br />

apporte un gain qui est resté négligeable<br />

face à l’utilisation d’une ceinture<br />

en fond de fouille. Néanmoins, ces résultats<br />

ne sont valables que dans le cas d’une<br />

connexion périphérique du réseau de terre<br />

au bâtiment, car de précédents travaux<br />

[3] [4] ont montré l’importance de la position<br />

des points d’interconnexion.<br />

III. Protection des adductions par<br />

conducteurs écrans : optimisation<br />

Les stations de bases étant connectées<br />

au réseau filaire de télécommunications,<br />

il est important de diminuer au maximum<br />

le courant circulant sur les câbles<br />

d’adduction du site. Pour cela, l’utilisation<br />

de conducteurs écrans placés au<br />

dessus du câble de télécommunications<br />

est couramment utilisée. Néanmoins<br />

l’installation de tels dispositifs étant<br />

basée sur des résultats empiriques,<br />

nous proposons une méthode permettant<br />

d’optimiser l’implantation de ce<br />

type de protection, afin de réduire les<br />

coûts d’installation.<br />

Afin de limiter les temps de calcul, on a<br />

utilisé un code de calcul basé sur la théorie<br />

des lignes de transmission multifilaires<br />

associée à une approche topologique [5].<br />

L’optimisation consiste à déterminer la<br />

longueur de conducteur écran nécessaire<br />

afin d’obtenir le maximum de courant sur<br />

le conducteur de protection, installé selon<br />

les figures 14 à 16. Sur ces figures, E<br />

représente le courant induit sur les adductions,<br />

en sortie du bâtiment.<br />

Figure 14 - Schéma de principe<br />

pour 1 conducteur<br />

Figure 15 - Schéma de principe<br />

pour 2 conducteurs<br />

Figure 16 - Schéma de principe<br />

pour 3 conducteurs<br />

Les différentes simulations effectuées ont<br />

permis d’obtenir les valeurs des courants<br />

induits sur les divers conducteurs, et<br />

notamment sur le ou les conducteurs de<br />

protection, en fonction de leurs longueurs<br />

et de la résistivité du sol, tels que présentés<br />

sur les Figures 17 à 19.<br />

- Pour 1 conducteur de protection<br />

Figure 17 : Rapport I conducteur de<br />

protection / I source pour différentes<br />

valeurs de résistivités du sol<br />

- Pour 2 conducteurs de protection<br />

Figure 18 : Rapport I conducteur de<br />

protection équivalent / I source pour<br />

différentes valeurs de résistivités<br />

- Pour 3 conducteurs de protection<br />

Figure 19 : Rapport I conducteur de<br />

protection / I source pour différentes<br />

valeurs de résistivités<br />

L’exploitation de ces courbes nous a<br />

permis d’établir des règles simples<br />

permettant d’obtenir le minimum de<br />

courant sur le câble de télécommunications<br />

en installant un conducteur<br />

écran de longueur minimale « G » :<br />

Notons que cette grandeur optimale est<br />

une distance permettant d’obtenir un<br />

compromis entre la longueur des conducteurs<br />

de protection et leur efficacité<br />

d’écoulement. En effet, lorsque la configuration<br />

du site le permet, le choix d’une<br />

longueur L plus importante ne sera que<br />

plus bénéfique. Dans les cas où une telle<br />

distance L optimale ne peut être respectée,<br />

il conviendra alors d’utiliser une autre<br />

architecture de protection. Dans le cadre<br />

d’une desserte comprenant plusieurs<br />

câbles de télécommunications, il convient<br />

d’appliquer cette méthode de protection<br />

sur chacun d’eux.<br />

IV . Conclusion<br />

Dans cet article nous nous sommes intéressés<br />

aux courants réinjectés sur les<br />

réseaux d’adduction desservant un bâtiment<br />

impacté directement par la foudre.<br />

Cela nous a permis d’établir une cartographie<br />

de la répartition des courants sur<br />

la structure modélisée et de leur évolution<br />

en fonction de plusieurs paramètres physiques.<br />

Enfin, l’étude des courants générés<br />

sur une desserte aéro-souterraine protégée<br />

par conducteurs de protection lors d’un<br />

impact direct a également été réalisée.<br />

Les résultats obtenus ont permis de quantifier<br />

l’efficacité de la protection des câbles<br />

enterrés assurée au moyen de dispositifs<br />

constitués de fils ●<br />

Y. Bourgeois (1) , A. Zeddam (2) ,<br />

A. Reineix (3)<br />

Références<br />

[1] C. Guiffaut, A. Reineix. Résolution de<br />

problèmes de Compatibilité Electromagnétique<br />

par des méthodes temporelles<br />

3D. CANUM 2006. 2006.<br />

[2] CEI: Dommages physiques sur les structures<br />

et risques humains. Norme. CEI-<br />

62305-3.2006.<br />

[3] J. Ribeiro, Y . Bourgeois, R.Tarafi,<br />

A. Zeddam, P. Bonnet Modélisation du<br />

couplage entre une décharge atmosphérique<br />

et un réseau de télécommunications<br />

lors d’un impact direct. Saint<br />

Malo : CEM 2006. 2006.<br />

[4] J. Ribeiro Étude des risques de<br />

défaillance d’un réseau de télécommunications<br />

soumis aux effets directs et<br />

indirects de la foudre. Thèse de l’université<br />

de Clermont-Ferrand. 2005.<br />

[5] K. Kerroum, F.Paladian, J. Fontain,<br />

M. Vautier,A. Zeddam, Approche globale<br />

du couplage d’une onde EM avec un<br />

système de câbles multifilaires,<br />

Toulouse, CEM94, pages 247-252,<br />

1994.<br />

(1) : Nexio, 16 rue Troyon 92316 Sèvres,<br />

yannick.bourgeois@nexio.fr<br />

(2) : Orange Labs, 3 Rue Pierre Marzin<br />

22307 Lannion,<br />

ahmed.zeddam@orange-ftgroup.com<br />

(3) : Xlim,123 Rue Albert Thomas 87100<br />

Limoges, alain.reineix@xlim.fr<br />

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Compatibilité électromagnétique<br />

Cages anéchoïdes<br />

Efficient Simulation of Anechoic<br />

Chamber<br />

Designing anechoic chambers is very expensive and time consuming<br />

in case the design only relies on physical prototype testing. This is<br />

the reason why companies that build semi-anechoic chambers have<br />

started to consider the virtual prototyping as a good candidate to save<br />

cost and to improve the efficiency of their designs. But modeling of<br />

anechoic chambers is a very difficult task as it implies Electromagnetic<br />

simulation of a large volume at relatively high frequencies and<br />

including materials with very high permittivities and permeabilities.<br />

Simulation is critical in designing these<br />

chambers because nearfield effects in<br />

the 30 to 200 MHz range cannot be<br />

determined by theoretical methods. A<br />

very fine mesh is normally required in<br />

the wall area to model the performance<br />

of absorbers that are used to make the<br />

chamber act as if it were free space.<br />

The fineness of the mesh typically<br />

results in very long simulation times,<br />

such as the 15 weeks that could be<br />

needed on a desktop computer in the<br />

past (before 2004) to model chambers<br />

to predict the performances.<br />

Gwenal Dun, RD Engineer for Siepel (Ph.<br />

D.), used a variety of different electromagnetic<br />

simulation tools to address this<br />

challenge in the past but ran into problems<br />

with both poor accuracy and long<br />

Figure 1 : Antenna test setup<br />

compute times. We then worked together<br />

the developers of CST MICROSTRIPES<br />

electromagnetic simulation software, to<br />

implement a feature that makes it possible<br />

to model the ferrite absorbers used in the<br />

chamber as a boundary condition rather<br />

than part of the computational domain.<br />

This change made it possible to increase<br />

mesh size by a minimum factor of 15,<br />

reducing compute time by more than 95%.<br />

The simulation results provided a nearperfect<br />

match to physical testing.<br />

Development of<br />

semi-anechoic chambers<br />

International regulatory agencies have<br />

greatly increased radio frequency (RF)<br />

emissions and susceptibility requirements<br />

since they were first introduced<br />

in the 1970s. Generally the standards<br />

on RF emissions are based on tests<br />

performed outside on an OATS but,<br />

these suffer from the effects of weather<br />

conditions and ambient noise.<br />

To overcome the problem of weather<br />

conditions and ambient noise, semianechoic<br />

chambers have been developed<br />

as shown in Figure 1. The chamber<br />

is a RF shielded box with the walls and<br />

ceiling lined with materials that are<br />

highly absorbent of RF waves in order<br />

to provide conditions similar to an OATS.<br />

Today, regulatory agencies allow most<br />

products to be tested for EMC in semianechoic<br />

chambers rather than OATS.<br />

They require, however, that these chambers<br />

behave in a way that closely corresponds<br />

to OATS. The American ANSI<br />

C63-4 and the European EN50147-2 standards<br />

require that EMC testing be<br />

performed in a chamber where the Normalized<br />

Site Attenuation (NSA) deviates from<br />

an OATS by no more than ±4 dB.<br />

The design challenge<br />

Companies that build semi-anechoic<br />

chambers must be certain that their<br />

products meet this specification. Physical<br />

testing provides a poor solution<br />

because it is very expensive to build a<br />

prototype chamber and the physical<br />

testing required to evaluate the performance<br />

of the chamber over the full range<br />

of required frequencies and in all areas<br />

of the chamber would cost too much<br />

and take too long. Theoretical approaches<br />

provide good results for<br />

certain subsets of the problem but do<br />

not work for others. For example, at very<br />

high frequencies, typically above 1 GHz,<br />

the antenna geometry is not important<br />

so the electromagnetic field can be<br />

calculated based on the antenna radiation<br />

pattern and on the reflectivity of<br />

the wall. But this approximation does<br />

not apply to lower frequencies, where<br />

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Compatibilité électromagnétique<br />

the geometry of the antenna is very<br />

important due to the near field effect<br />

and simulation is a must.<br />

It appeared that improving the simulation<br />

process was critical to optimizing<br />

the performance of chambers so Siepel<br />

decided to carefully evaluate the leading<br />

electromagnetic simulation methods in<br />

terms of their ability in this area.<br />

Frequency methods such as Method of<br />

Moments (MoM) do a good job of simulating<br />

the wire antennas used for the<br />

qualification of anechoic chambers but<br />

cannot accurately simulate the walls of<br />

the chamber due to very high memory<br />

and CPU time requirements. On the<br />

other hand, finite difference time domain<br />

(FDTD) methods work well for the walls<br />

but have difficulty in modeling wire<br />

antennas, which typically require a mesh<br />

of 1 mm or less. Models with meshes<br />

this small typically have solution times<br />

measured in months, which is far too<br />

long to have a positive impact on the<br />

design process.<br />

TLM method provides<br />

accuracy and speed<br />

Figure 2 : CST MICROSTRIPES<br />

model<br />

Finally, Mr. Dun turned to the CST<br />

MICROSTRIPES implementation of<br />

the transmission line method (TLM) from<br />

CST for solving Maxwell’s equations<br />

Which is now part of the transient solver<br />

of CST MICROWAVE STUDIO (CST<br />

MWS). The TLM method solves for all<br />

frequencies of interest in a single calculation<br />

and therefore captures the full<br />

broadband response of the system in<br />

one simulation cycle. A further advantage<br />

is that the TLM method creates a<br />

matrix of equivalent transmission lines<br />

and solves for voltage and current on<br />

these lines directly. This uses less<br />

memory and CPU time than solving for<br />

E and H fields on a conventional computational<br />

grid. The solver tolerates rapid<br />

changes in grid density, large aspect<br />

ratios of grid cells and localized gridding,<br />

enabling the mesh requirements<br />

to be kept to an absolute minimum.<br />

Finally, an intuitive easy-to-use graphical<br />

user interface, optimized meshing<br />

algorithm and parallel processing for<br />

increased speed, make the software<br />

suitable for solving extremely complex<br />

and electrically large problems.<br />

CST MICROSTRIPES provided the<br />

best mix of accuracy and computational<br />

efficiency for modeling EMC chambers<br />

with ferrite absorbers. We found that<br />

the TLM method successfully modeled<br />

both the antennas and the chamber<br />

itself. We were able to create compact<br />

models of antenna structures that<br />

reduce the size of the resulting model<br />

while maintaining high levels of accuracy.<br />

We defined the transmission<br />

parameters by the scattering parameters<br />

of the balun and the simulation<br />

results of the wires. Because baluns<br />

can’t be modeled easily S-parameters<br />

were used which do not influence electromagnetic<br />

propagation. The use of a<br />

compact model to represent the antenna<br />

meant that the smallest element size<br />

required was 15 mm for the wire<br />

connection.<br />

Special boundary condition<br />

overcomes problem<br />

But we had to overcome the problem in<br />

modeling the walls of the chamber. The<br />

ferrite absorbers SIEPEL FE30Z used in<br />

the chamber are only 6.7 mm thick,<br />

which meant that a mesh of 1 mm was<br />

needed. Reducing the mesh size to this<br />

level would require a 15 week simulation<br />

time. This was much too high so<br />

we investigated whether there was a<br />

way around the problem. We worked<br />

to develop a special boundary condition<br />

that simulates the reflectivity of the<br />

ferrite absorbers, eliminating the need<br />

to include them in the model. The<br />

boundary condition was defined by the<br />

frequency dependent surface impedance<br />

of a one dimensional TLM ladder<br />

network and defined at the air-ferrite<br />

interface for the two polarizations of the<br />

E field parallel and perpendicular to the<br />

to the air/ferrite interface. This limit<br />

condition takes into account the incidence<br />

angle and the polarization of the<br />

electromagnetic wave.<br />

The key advantage of making the walls<br />

into boundary conditions is the elimination<br />

of the need for the 1 mm mesh<br />

in this area. This means that the most<br />

critical area is the antenna connection<br />

which only requires a 15 mm mesh. The<br />

resulting increase in the mesh size<br />

reduced the computation time to only<br />

1 week on a desktop computer, which<br />

was fast enough to serve as the primary<br />

evaluation tool during the design<br />

process. The boundary condition had no<br />

effect on the accuracy of the simulation.<br />

To validate the model, simulation<br />

and measurement results were compared<br />

for the two polarizations and two<br />

heights of the emission antenna. The<br />

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Compatibilité électromagnétique<br />

of the time required by the software<br />

used in the past.<br />

We can say that the key to the successful<br />

simulation in this application is the<br />

boundary condition for the modeling of<br />

the ferrite tiles which increases the time<br />

step that can be used. Being able to<br />

predict the performance of semianechoic<br />

chambers with precision<br />

makes it possible for the designer to<br />

evaluate many more alternatives during<br />

the design process by means of efficient<br />

and reliable virtual prototyping.<br />

About the authors<br />

Figure 3 : Comparison between measurement and simulation<br />

horizontal polarization<br />

Figure 4 : Comparison between measurement and simulation<br />

vertical polarization<br />

deviation between the simulation and<br />

the measurements was in 99% of the<br />

cases lower than +/-1dB and in every<br />

case lower than +/-1.5dB, which was<br />

sufficient to optimize the performance<br />

of semi or full anechoic chambers.<br />

The result is a successful<br />

product<br />

The new SIEPEL anechoic chamber,<br />

developed with the aid of the simulation<br />

methods described here, makes it<br />

possible to perform full compliance radiated<br />

EMI and EMS measurements,<br />

according to the most commonly used<br />

international standards. The optimized<br />

design, with for example partial lining,<br />

saves space inside the chamber,<br />

providing a comfortable work environment.<br />

In addition to the ferrite absorbers<br />

described above, the anechoic chamber<br />

also uses a low-carbon loaded pyramidal<br />

absorber that is transparent in the<br />

low frequency band but preponderant<br />

above 1 GHz. Since the reception<br />

antenna is directional above 1GHz, the<br />

pyramidal absorber only needs to cover<br />

the specular zone (optimized design).<br />

Anechoic chamber manufacturer Siepel<br />

has validated the ability of CST<br />

MICROSTRIPES software to meet its<br />

demanding accuracy requirements while<br />

reducing compute time to less than 5%<br />

Gwenal Dun is Research and Development<br />

Engineer at SIEPEL (http://<br />

www.siepel.com ) in La Trinité sur Mer,<br />

FRANCE. Gwenal is currently working<br />

toward Ph.D. degree in electronics with<br />

the LEST-ENST Bretagne. His current<br />

research interest is electromagnetic<br />

modeling of anechoic chamber.<br />

Paul Duxbury is a Senior Sales and<br />

Application Engineer with CST (http://<br />

www.cst.com) GmbH. He received a<br />

BEng(Hons) in Electrical and Electronic<br />

Engineering from Hertfordshire University<br />

in 1995. That same year he joined<br />

BSI, involved with EMC testing and the<br />

verification of BSI’s OATS. In 1997, he<br />

joined IFR with responsibility for EMC<br />

test and design of their own products<br />

and the external commercial activities<br />

of the laboratory.<br />

Paul has been providing technical support<br />

since 2000 to users of MICROSTRIPES<br />

(www.microstripes.com) across Europe<br />

and Asia/Pacific, with a particular<br />

emphasis on EMC applications. He also<br />

works closely with the product development<br />

team on developing product<br />

requirements ●<br />

Gwenal Dun<br />

R&D Engineer<br />

SIEPEL<br />

La Trinité sur Mer, FRANCE<br />

Paul Duxbury<br />

Senior EM Engineer<br />

CST<br />

UNITED KINGDOM<br />

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Compatibilité électromagnétique<br />

Méthodes<br />

Mesure de l’impédance de transfert<br />

et de l’atténuation d’un câble blindé<br />

Un câble blindé est caractérisé le plus souvent par son impédance de<br />

transfert. Ce paramètre peut être mesuré suivant différentes méthodes.<br />

Mais un câble blindé peut également être défini par son atténuation<br />

vis-à-vis des perturbations extérieures. Après avoir défini ces paramètres,<br />

nous présenterons deux méthodes de mesure et comparerons<br />

les résultats extraits de ces mesures.<br />

Caractérisation d’un écran<br />

Impédance de transfert<br />

Définition<br />

L’impédance de transfert d’un câble<br />

blindé est définie par le rapport entre le<br />

courant circulant sur l’extérieur d’un<br />

écran et le champ électromagnétique<br />

généré à l’intérieur de cet écran.<br />

Zt = EintIext Ω/m<br />

transfert représente la dégradation de<br />

l’impédance de transfert. Ce phénomène<br />

est principalement lié aux imperfections<br />

de l’écran.<br />

Calcul de la tension induite<br />

Lorsque la longueur du câble est petite<br />

devant la longueur d’onde, la tension<br />

induite à l’extrémité du câble se calcule<br />

simplement par la relation :<br />

U=Zt.Iext . L<br />

devient inductive et est voisine de<br />

1 µH/m. En HF, les capacités parasites<br />

par rapport à la masse environnante ne<br />

sont plus négligeables et l’écran se<br />

comportera comme une ligne de transmission<br />

dont la valeur est comprise<br />

entre 100 Ω et 500 Ω suivant sa position<br />

par rapport aux masses.<br />

Relation entre l’impédance de transfert<br />

et l’atténuation d’écran<br />

Uint=Zt.Iext . L<br />

Iext=UextZécran<br />

Uint=Zt. UextZécran . L<br />

Att= UintUext= Zt . LZécran<br />

L’impédance de transfert ne dépend que<br />

des formes géométriques et des caractéristiques<br />

électriques de l’écran. La<br />

structure interne du câble (coaxial,<br />

multipaires, etc.) n’a aucune influence<br />

sur l’impédance de transfert.<br />

L’impédance de transfert peut se modéliser<br />

par la relation simple :<br />

Zt=R0+jLfω<br />

R 0 : Résistance de l’écran<br />

Lf : inductance de transfert.<br />

En basse fréquence (BF), l’impédance<br />

de transfert d’un écran est égale à sa<br />

résistance. Pour un écran de type tubulaire,<br />

l’impédance de transfert très faible<br />

en BF s’améliore à partir de quelques<br />

dizaines de kilohertz. L’effet de peau<br />

« concentre » en effet les courants sur<br />

la partie externe du blindage, le champ<br />

interne devenant alors négligeable.<br />

Pour les câbles dont l’écran est constitué<br />

par un tressage, l’inductance de<br />

Atténuation d’écran<br />

L’atténuation d’un écran (parfois appelé<br />

Effet Réducteur) est le rapport entre la<br />

tension appliquée entre les 2 extrémités<br />

de l’écran et la tension induite à l’intérieur<br />

du câble.<br />

A(dB) = 20.logUindUext<br />

Relation entre l’impédance de<br />

transfert et l’atténuation d’écran<br />

Courant circulant sur l’écran<br />

Pour établir la relation entre l’impédance<br />

de transfert et l’atténuation d’un écran,<br />

il est nécessaire de connaître la valeur<br />

du courant circulant dans la boucle<br />

constituée par l’écran, le raccordement<br />

aux masses aux deux extrémités et la<br />

masse. Nous considèrerons dans un<br />

premier temps que l’impédance de la<br />

masse et des raccordements sont négligeables.<br />

Il faut donc déterminer l’impédance<br />

de l’écran.<br />

En BF, cette impédance est égale à la<br />

résistance de l’écran. Puis l’impédance<br />

Zt=Att × ZecranL<br />

Caractérisation d’un écran –<br />

Méthodes de mesure<br />

L’ensemble des normes CEI 62153<br />

décrit les différentes méthodes pour<br />

mesurer l’impédance de transfert ou l’atténuation<br />

d’écran des câbles. L’ensemble<br />

de ces méthodes de mesure<br />

normalisées permettent de déterminer<br />

directement l’impédance de transfert<br />

mais nécessitent des mises en œuvre<br />

et des modes opératoires souvent<br />

complexes.<br />

Les modes opératoires présentés sont<br />

plus simples à mettre en œuvre.<br />

Méthode de la pince d’injection<br />

Cette méthode de mesure, également<br />

appelée méthode des deux pinces, utilise<br />

le principe des mesures BCI. Une pince<br />

de courant permet d’injecter un courant<br />

sur l’écran du câble à caractériser.<br />

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Compatibilité électromagnétique<br />

Montage d’essai – Mesure du courant<br />

Montage d’essai – Mesure de la<br />

tension induite<br />

Calcul de l’impédance de transfert.<br />

L’impédance de transfert du câble se<br />

calcule par la formule<br />

Zt= S31S21× Ztpince2L<br />

Mesure de l’atténuation<br />

Cette méthode de mesure permet d’obtenir<br />

directement l’atténuation apportée<br />

par un écran comme défini au paragraphe<br />

Atténuation d’écran.<br />

Montage d’essai – Mesure de la tension<br />

externe.<br />

Montage d’essai – Mesure de la<br />

tension interne.<br />

Calcul de l’atténuation.<br />

L’atténuation d’écran se calcule par<br />

la formule<br />

A= S31S21<br />

Contraintes de montage<br />

Toutes les méthodes présentent une<br />

contrainte commune. Dans la plupart<br />

des cas, des montages d’adaptation<br />

doivent être réalisés pour assurer la<br />

transition entre le câble, sa connectique<br />

et l’appareillage de mesure.<br />

Ces montages d’extrémité doivent être<br />

réalisés avec un grand soin. Aucune<br />

impédance série ne doit être introduite<br />

lors de la mise en œuvre des connecteurs.<br />

Exemple de boîtier d’adaptation pour la<br />

mesure d’un câble avec presse étoupe :<br />

Mesure de la qualité<br />

d’un câble simple tresse<br />

(RG 58) - Comparaison<br />

Une mesure comparative est effectuée<br />

sur un câble de type BNC simple tresse.<br />

La mesure est effectuée avec les<br />

2 méthodes référencées en Méthode de<br />

la pince d’injection et Mesure de l’atténuation.<br />

Mesure de l’impédance de<br />

transfert – Méthode de la pince<br />

d’injection<br />

Mesure de l’atténuation<br />

Comparaison des résultats<br />

Les impédances de transfert présentées<br />

sur ces courbes sont issues de la<br />

mesure directe par la méthode de la<br />

pince d’injection et par calcul à partir<br />

de la mesure de l’atténuation suivant la<br />

formule donnée en relation entre l’impédance<br />

de transfert et l’atténuation<br />

d’écran.<br />

Conclusion<br />

Un câble blindé peut être caractérisé<br />

par son impédance de transfert et par<br />

son atténuation de blindage. Ces deux<br />

paramètres sont liés et peuvent se<br />

déduire l’un de l’autre.<br />

Plusieurs méthodes sont normalisées,<br />

mais dans tous les cas, la difficulté principale<br />

réside dans la mise en œuvre des<br />

boîtiers de terminaison et d’adaptation<br />

en extrémité de câble.<br />

La mesure comparative entre la méthode<br />

par pince d’injection et la mesure<br />

de l’atténuation de blindage montre une<br />

bonne corrélation entre les résultats.<br />

Les écarts constatés s’expliquent par<br />

les raisons suivantes :<br />

- La différence de résultat entre 100 kHz<br />

et 1 MHz est liée à la sensibilité de la<br />

pince pour effectuer la mesure.<br />

- Les résonances constatées à 100 MHz<br />

pour la mesure d’atténuation de blindage<br />

sont liées à la position du câble<br />

par rapport à la masse.<br />

Pour des mesures dans des bandes de<br />

fréquence jusqu’à 1 GHz, la mise en<br />

œuvre des bancs d’essai est donc particulièrement<br />

critique.<br />

Il est toutefois important de noter que<br />

les mécanismes de couplage entre une<br />

perturbation électromagnétique et un<br />

équipement sont directement liés à la<br />

fréquence aux dimensions géométriques<br />

du système.<br />

En pratique, jusqu’à 100 MHz environ,<br />

les perturbations se couplent efficacement<br />

sur les câbles. A partir de quelques<br />

centaines de MHz, les couplages<br />

se font directement sur les cartes<br />

électroniques.<br />

La protection apportée par les câbles<br />

et leurs caractérisations sont donc<br />

primordiales entre 100 kHz et 100 MHz<br />

environ ●<br />

Philippe DUNAND<br />

LCIE Bureau Véritas<br />

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Compatibilité électromagnétique<br />

Applications<br />

Microwave invente le maintien<br />

des appareils aéronautiques<br />

directement sur site<br />

La maintenance d’appareils sur site, quels qu’ils soient, est soumise<br />

aux aléas du climat, de l’humidité, des températures basses ou au<br />

contraire, anormalement élevées. Pourtant, dans certains cas, comme<br />

la réparation des appareils aéronautiques (en particulier dans le secteur<br />

de la défense), la mobilisation des engins implique souvent des investissements<br />

colossaux et une perte d’exploitation importante. Microwave<br />

Vision, société française spécialisée dans les systèmes de tests<br />

et mesures d’antennes, a mis au point une technologie inédite de maintenance<br />

des appareils directement sur site.<br />

L’arrivée sur le site parisien de Microwave<br />

(plus précisément à Palaiseau, dans l’Essonne)<br />

surprend un peu lorsque l’on pénètre<br />

dans le département maintenance. Celui-ci<br />

était en effet, lors de notre visite exclusive,…vide<br />

! L’explication ne se fait pas<br />

attendre et tient en deux mots : « globetrotter<br />

».<br />

Voici donc comment définit Philippe Garreau,<br />

le PDG de l’entreprise, le service le plus<br />

atypique de la société. « Nous avons plus<br />

de quatre-cents systèmes présents dans<br />

le monde. Nos opérateurs interviennent<br />

directement sur site, aux quatre coins de<br />

la planète. C’est la spécificité du département<br />

maintenance, lequel ne cesse de<br />

croître d’années en années et dont les<br />

contrats s’accumulent ». Une croissance du<br />

métier qui n’est d’ailleurs pas facile à gérer<br />

en termes de recrutement puisque le patron<br />

de l’entreprise précise que, dans ce domaine<br />

à forte valeur ajoutée impliquant – outre des<br />

interventions de maintenance pure – des<br />

opérations de calibration ainsi que des<br />

mesures fines, « il est difficile de trouver les<br />

compétences nécessaires et d’embaucher ».<br />

Un savoir-faire tourné<br />

vers des compétences<br />

en électromagnétique<br />

Avant de découvrir la nouvelle stratégie de<br />

cette entreprise française hors du commun,<br />

il convient d’aborder les différents savoirfaire<br />

de Microwave Vision Group (MVG). À<br />

Olivier Guillon<br />

l’origine, cette société fondée par un professeur<br />

de Supelec n’avait pour clients exclusifs<br />

que les institutionnels comme la<br />

Défense ou l’Agence spatiale, avant de<br />

tourner son activité vers l’électromagnétique.<br />

Mais au moment où, en 1996,<br />

Philippe Garreau prit la direction de l’entreprise,<br />

celle-ci subissait depuis deux ans<br />

la réduction drastique des budgets affectés<br />

à ces secteurs d’activité, à commencer par<br />

les crédits militaires. « J’ai donc proposé de<br />

nous tourner vers l’industrie. C’est de cette<br />

nouvelle orientation qu’est né le challenge<br />

de Satimo pour la mesure d’antennes. En<br />

1998, en effet, petit à petit s’était dressé<br />

un marché, celui des télécoms, qui, traditionnellement,<br />

utilisait un capteur que l’on<br />

‘’baladait’’ soi-même autour de l’appareil ;<br />

notre culture jeune et innovante nous a<br />

amenés à développer des nouveautés telles<br />

que des scanners munis de capteurs tournants<br />

et capables de réaliser un balayage<br />

électronique. L’objectif étant d’utiliser le<br />

même instrument de mesure du début à la<br />

fin sur la chaîne de développement ».<br />

Le paradoxe était que la technologie présentait<br />

une avance significative par rapport aux<br />

demandes militaires même si une partie des<br />

développements concernait les tests de<br />

radars. Ce savoir-faire a donc été étendu au<br />

secteur de l’automobile, dont les attentes<br />

en matière de contrôle électromagnétique<br />

présentaient des perspectives de marché<br />

particulièrement ambitieuses, mais aussi<br />

et toujours dans le domaine de l’aéronautique,<br />

notamment pour les pointes avant et<br />

arrière des appareils. « Notre volonté était<br />

d’introduire une technologie multicapteur.<br />

Pour ce faire, il fallait nous doter d’un département<br />

mécanique. Aussi avons-nous acquis<br />

en 2008 la société américaine Orbit/FR ».<br />

À ce jour, MVG emploie près de 260 personnes<br />

dans le monde (sur douze sites allant<br />

d’Israël à San Diego en passant par l’Allemagne<br />

pour la production, et de Brest à<br />

Paris, sans oublier Rome pour la R&D ), dont<br />

une trentaine de collaborateurs en maintenance.<br />

Des problématiques<br />

de maintien opérationnel<br />

La maintenance, il en est évidemment fortement<br />

question au sein de ces activités dont<br />

les clients de Microwave ne peuvent parfois<br />

se permettre d’immobiliser leurs équipements<br />

plus de quelques heures. Une<br />

contrainte qui peut se chiffrer en plusieurs<br />

centaines de milliers d’euros, hors coût de<br />

l’intervention – le montant estimé du démontage<br />

et de l’envoi d’une antenne atteignant<br />

entre 200 000 et 400 000 euros). Pour<br />

tenter de pallier ces problèmes de maintien<br />

E S S A I S & S I M U L AT I O N S ● O C TO B R E , N OVEMBRE, D É C E M B R E 2 0 1 1 ● PAG E 2 8


Compatibilité électromagnétique<br />

opérationnel des appareils, une quinzaine<br />

de personnes ont été affectées sur le programme<br />

Satimo de manière à pouvoir<br />

opérer directement sur site. Exemple de<br />

cas, celui de l’armée française qui utilise<br />

des batteries de radars développés sur<br />

site, notamment en Afghanistan. « Il est<br />

essentiel pour eux d’avoir les bases de<br />

connaissances sur le positionnement de<br />

toute la balistique. Si le moindre doute s’installe,<br />

les militaires se voient contraints de<br />

renvoyer tout le matériel. »<br />

Une démarche extrêmement coûteuse dans<br />

la mesure où, en plus des opérations de<br />

maintenance onéreuses en raison de<br />

moyens logistiques lourds à mettre en<br />

œuvre, s’ajoute l’immobilisation du matériel<br />

défectueux. « Ces prestations coûtent<br />

ainsi très cher à tous et ne font aucun<br />

gagnant, insiste Philippe Garreau. C’est de<br />

là que nous est venue l’idée de mettre au<br />

point un système de vérification de maintenance<br />

opérationnelle sur site ». L’idée est<br />

de laisser le matériel à la disposition de l’exploitant,<br />

lequel n’est pas un spécialiste de<br />

la maintenance. Le contrat de maintenance<br />

conclu entre lui et le fabriquant (Microwave)<br />

engage ce dernier de se déplacer sur le site.<br />

La mise au point<br />

d’une technologie inédite<br />

Il s’agit donc d’une démarche nettement<br />

moins coûteuse pour les uns et les autres ;<br />

encore faut-il disposer d’un système capable<br />

de répondre au besoin de maintenance sans<br />

avoir à envoyer l’appareil en France. Cette<br />

lacune technologique a donc été comblée<br />

par le système de mesure d’antenne StarBot<br />

(le premier produit de la société pour la<br />

maintenance sur place), dont les fonctionnalités<br />

intègrent désormais une maintenance<br />

intelligente et mobile. L’intérêt du<br />

système : permettre aux opérateurs de<br />

diagnostiquer sur place mais aussi de ne<br />

pas démonter entièrement l’appareil et de<br />

mesurer plus rapidement. Exemple d’opération<br />

: la caractérisation des dix-huit<br />

antennes de l’Eurofighter.<br />

Ces applications dans l’aéronautique à la<br />

fois civiles et militaires peuvent également<br />

servir à vérifier la qualité et l’état du radôme<br />

de l’avion (partie imperméable et protectrice<br />

destinée à protéger l’antenne de l’appareil).<br />

Des tests ont d’ailleurs été effectués<br />

sur l’A400M et l’A380 directement sur les<br />

pistes d’aéroport. « Il est aussi possible d’intervenir<br />

sur les radars en plein air grâce à<br />

un faisceau très fin et une technologie de<br />

balayage. On met en place cet outil pendant<br />

la nuit en flashant le radar défectueux pour<br />

une configuration en fonctionnement. Enfin,<br />

par extension, il serait possible de se servir<br />

de cette solution sur les stations de relais<br />

en haut d’un immeuble, d’une grue, ou pour<br />

contrôler la réalité des puissances des<br />

systèmes antennaires ». Cette technologie<br />

se révèle naturellement bien moins onéreuse<br />

que le démontage et l’envoi de l’antenne ;<br />

les prestations atteignent en moyenne entre<br />

40 et 45 000 euros et mobilisent l’appareil<br />

quelques heures, voire quelques jours<br />

maximum pour les interventions les plus<br />

importantes.<br />

Une solution<br />

encore très rattachée<br />

à la défense mais applicable<br />

à d’autres secteurs<br />

Si l’on dresse un état des lieux des secteurs<br />

les plus en vogue, celui des télécoms bat<br />

son plein en affichant un taux de croissance<br />

de près de 26% en 2010, grâce en partie à<br />

l’explosion des applications sur tablettes et<br />

à la bonne tenue des smartphones. Le<br />

secteur automobile n’est pas en reste, tiré<br />

vers le haut en raison d’un marché et des<br />

investissements en plein essor en l’Asie.<br />

Concernant l’aéronautique, le marché poursuit<br />

sur une stabilité, en particulier aux<br />

États-Unis, et sur une hausse des investissements<br />

en Chine mais aussi au Japon. Une<br />

aubaine pour StarBot qui avait auparavant<br />

subi des conjonctures difficiles, en particulier<br />

en 2003, puis en 2008-2009 au<br />

niveau des radiocommunications. Désormais,<br />

la demande forte du secteur militaire<br />

mais aussi de la part du civil, oblige le<br />

groupe à mobiliser tous les efforts de ses<br />

équipes pour réaliser un système à la fois<br />

normalisé et standardisé ●<br />

Olivier Guillon<br />

E S S A I S & S I M U L AT I O N S ● O C TO B R E , N OV E M B R E , D É C E M B R E 2 0 1 1 ● PAG E 2 9


Mesures et méthodes de mesures<br />

Technologie<br />

Répondre aux besoins croissants<br />

en termes de microfluidique liquide<br />

Face à la tendance qui consiste à miniaturiser les systèmes propres<br />

à la recherche industrielle, les dispositifs fonctionnant avec des fluides<br />

en mouvement évoluent vers des dimensions du domaine appelé « microfluidique<br />

». Ce domaine scientifique en devenir avait besoin d’un équipement<br />

de référence en Europe ; c’est chose faite avec le Cetiat qui<br />

s’est doté d’un tout nouveau banc micro-débit liquide. Les premiers<br />

essais ont eu lieu cet automne.<br />

Des compétences nouvelles et des moyens<br />

innovants en mesure de faibles débits<br />

liquides, voici ce dont ont aujourd’hui<br />

besoin les industriels, en particulier les<br />

fabricants d’équipements et de capteurs.<br />

Faisant le constat d’une demande croissante<br />

en termes de moyens microfluidiques<br />

(comprendre : fluides en très petite<br />

quantité) de manière à pouvoir pallier les<br />

problèmes liés aux micro-mesure de débit,<br />

la direction générale du Centre technique<br />

des industries aérauliques et thermiques<br />

(Cetiat), en la personne de Bernard Brandon,<br />

a décidé de se munir d’un banc de microdébit<br />

liquide. Achevé fin 2010 et actuellement<br />

en cours d’accréditation, ce<br />

nouveau banc permet ainsi au centre –<br />

alors référence nationale de la chaîne<br />

métrologique en débitmétrique liquide –<br />

d’enrichir son expertise ; car jusqu’alors,<br />

ses moyens étaient limités de 8 litres par<br />

heure (h/l) à 36m 3 /h. « Désormais, la mise<br />

en service de ce nouveau laboratoire de<br />

micro-débit se calera sur une plage<br />

comprise entre 1ml/h et 10l/h. Ce banc<br />

figure ainsi comme une référence unique<br />

en Europe », indique le directeur général<br />

du Cetiat.<br />

Concrètement, les applications nouvelles<br />

de cet équipement concernent toutes les<br />

problématiques liées à la micro-mesure de<br />

débit dans des secteurs tels que la biologie<br />

ou la chimie, à l’image des systèmes<br />

de chromatographie en phase liquide. Des<br />

applications dans l’automobile sont naturellement<br />

envisagées, et plus particulièrement<br />

pour des opérations liées aux types<br />

d’injection pour les moteurs diesel ; « c’est<br />

le cas notamment des injections produites<br />

au niveau des pots d’échappement et les<br />

particules de diesel. Par ailleurs, ce banc<br />

nous aidera à détecter tous types de<br />

fuites ».<br />

Un marché de niche mais<br />

qui tend à se développer<br />

Ce banc de micro-débit liquide s’appuie<br />

sur le principe – relativement simple – de<br />

la gravimétrie en comparant des éléments<br />

de débitmétrie avec la pesée. Mais en<br />

pratique, l’opération se révèle plus complexe<br />

car ce débit n’est pas continu en<br />

raison du très faible débit. Il est donc<br />

nécessaire de se munir d’un traitement de<br />

l’eau absolument impeccable de manière<br />

à obtenir une mesure la plus précise<br />

possible. « Nous avons donc mis en place<br />

une installation de traitement très complexe<br />

sur le banc. Aussi, nous avons dû<br />

régler le problème de parasites causé par<br />

l’évaporation...Le diable est dans le<br />

détail ! » Les opérations s’effectuent en<br />

salle blanche de façon à éviter tous<br />

problèmes pouvant se poser aux niveaux<br />

de l’eau, de la gestion de l’écoulement,<br />

de l’ambiance etc.<br />

Le projet en bref<br />

L’objectif de l’installation d’un tel équipement<br />

au sein du Cetiat est de disposer<br />

en Europe d’un outil de référence métrologique<br />

aidant fabricants et autres utilisateurs<br />

à étalonner leurs appareils de<br />

mesure. « C’est un marché difficile mais<br />

la demande est croissante au niveau de<br />

la caractérisation et des mesures de<br />

débits pour la chromatographie en phase<br />

liquide, rappelle Bernard Brandon. Ce banc<br />

à vocation européenne s’adressera notamment<br />

aux fabricants de débitmètres pour<br />

des premiers étalonnages ou pour calibrer<br />

certains points de fonction de ces appareils<br />

». Ce marché est restreint et demeure<br />

une niche ; mais c’est sans compter<br />

l’exemple des chromatographes en phase<br />

liquides qui se sont vendus à ce jour à<br />

plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires.<br />

L’automobile s’est déjà dotée d’outils<br />

sophistiqués dans ce domaine mais la<br />

chimie n’en est qu’aux balbutiements. Un<br />

marché va inévitablement s’ouvrir●<br />

Olivier Guillon<br />

Depuis les années 2005, les équipes du Cetiat se trouvent confrontées à des demandes de plus<br />

en plus importantes en termes d’étalonnage mettant en œuvre de très faibles débits de liquides,<br />

de l’ordre de 1 à 2 millilitres par heure par exemple. De ce constat est né le projet d’investir<br />

dans un équipement à part entière. Après une étude de faisabilité, un projet d’investissement<br />

voit le jour en 2008 pour mener à bien des travaux qui s’achèveront en 2011. D’un<br />

montant de 1,2 M€, ce projet figure comme l’un des plus importants de Cetiat ; ce dernier a<br />

d’ailleurs investi près de 361 K€. Les autres partenaires étant le LNE, le Cetim, la région Rhône-<br />

Alpes et la société hollandaise Bronkhorst, spécialisée dans la fabrication de débitmètres liquides<br />

destinés aux très faibles débits.<br />

photo CETIAT<br />

Banc micro-débit liquide<br />

E S S A I S & S I M U L AT I O N S ● O C TO B R E , N OVEMBRE, D É C E M B R E 2 0 1 1 ● PAG E 3 0


Mesures et méthodes de mesures<br />

En pratique<br />

Mesure de l’humidité relative (HR)<br />

dans les chambres d’essai<br />

Sélectionner des appareils de mesure de l’HR destinés à être utilisés<br />

dans des chambres nécessite une évaluation minutieuse. En raison de<br />

l’étendue des conditions que les utilisateurs et les fabricants de chambres<br />

doivent créer, il n’existe pas pour les mesures d’approche unique<br />

répondant à tous les besoins. Outre les aspects évidents liés aux<br />

plages de température et d’humidité, des facteurs plus subtils doivent<br />

aussi être pris en compte.<br />

Humidité élevée en continu<br />

Les environnements opérant à saturation ou<br />

quasi-saturation sont difficiles pour la plupart<br />

des capteurs d’humidité électriques. Les<br />

mesures de température au thermomètre<br />

mouillé peuvent être précises dans des environnements<br />

saturés, mais les thermomètres<br />

mouillés nécessitent une maintenance constante<br />

et seront moins efficaces si la chambre<br />

est également utilisée dans des conditions de<br />

faible HR ou à des températures extrêmes.<br />

Vaisala a mis au point des instruments à<br />

« sonde chauffée » spécialement conçus pour<br />

les mesures d’HR élevée. Les sondes chauffées<br />

sont automatiquement maintenues à une<br />

température supérieure de plusieurs degrés à<br />

la température environnante. Ceci empêche<br />

la formation de condensation sur le capteur<br />

et maintient les mesures « en ligne » en cas<br />

de condensation. Les sondes chauffées<br />

peuvent aussi fonctionner à des températures<br />

et humidités dans lesquelles les mesures au<br />

thermomètre mouillé ne sont pas possibles.<br />

Gaz agressifs<br />

Les capteurs d’HR doivent entrer en contact<br />

avec le gaz qu’ils mesurent. Leur fabrication<br />

fait appel à de nombreux matériaux et si les<br />

éléments fonctionnels d’un capteur altèrent<br />

leurs caractéristiques à la suite d’un contact<br />

avec des gaz incompatibles, ceci se traduira<br />

par une dérive du capteur et une perte de<br />

la précision des mesures. Vaisala a mis au<br />

point une fonction de « purge du capteur »<br />

protégeant l’élément fonctionnel le plus<br />

important du capteur. Durant la purge, le<br />

capteur d’HR est momentanément porté à<br />

plus de 100 °C, ce qui force un dégazage des<br />

molécules susceptibles d’occasionner des<br />

mesures inexactes. La purge du capteur peut<br />

être programmée selon un planning fixé par<br />

l’utilisateur.<br />

Environnement<br />

extrêmement sec<br />

Certains essais environnementaux nécessitent<br />

un taux d’humidité très faible, 3 % d’HR,<br />

voire moins. La plupart des instruments<br />

conçus pour être utilisés dans une HR de 0<br />

à 100 % ne fonctionnent pas de manière<br />

satisfaisante aux niveaux proches de 0 ; en<br />

fait, le paramètre de mesure désiré n’est<br />

souvent plus l’HR mais la température du<br />

point de rosée ou les parties par million en<br />

volume (ppmv). Les instruments Drycap de<br />

Vaisala sont capables de mesurer de façon<br />

fiable des niveaux de vapeur d’eau à des<br />

points de rosée allant jusqu’à -80 °C. Les<br />

mesures peuvent être consignées dans les<br />

rapports sous forme de point de rosée, de<br />

ppmv ou de nombreux paramètres différents.<br />

Vérification d’une HR élevée<br />

Il est parfois nécessaire de vérifier le bon fonctionnement<br />

des chambres à humidité élevée.<br />

Ceci est difficile si la chambre est utilisée<br />

dans des conditions caractérisées par une<br />

température du point de rosée supérieure à<br />

la température ambiante. Lorsque les sondes<br />

de mesure sont à température ambiante et<br />

qu’elles sont introduites dans la chambre,<br />

elles se couvriront de condensation et les<br />

mesures seront erronées. Vaisala résout ce<br />

problème à l’aide de capteurs d’HR incorporant<br />

une fonction de « préchauffage du<br />

capteur ». Avant l’introduction dans l’environnement<br />

à HR élevée, le préchauffage est<br />

activé dans le but d’amener la température<br />

du capteur à un niveau largement supérieur à<br />

la température du point de rosée de la<br />

chambre. L’utilisateur introduira alors la sonde<br />

dans la chambre, la sonde se refroidira à la<br />

température de la chambre et des mesures<br />

précises de l’HR et de la température seront<br />

obtenues en quelques minutes.<br />

Pression, HR et température<br />

Si l’on souhaite suivre la pression ainsi les<br />

valeurs T et HR, Vaisala est à même de<br />

fournir un seul et même instrument permettant<br />

de mesurer ces trois paramètres simultanément.<br />

Ceci est particulièrement utile<br />

lorsque le paramètre d’humidité objet de l’intérêt<br />

est sensible à la pression (par exemple,<br />

les ppmv). Ces paramètres sensibles à la<br />

pression sont calculés et affichés en temps<br />

réel, en utilisant les mesures intégrées de la<br />

pression.<br />

<strong>Essais</strong> et étalonnage<br />

Les utilisateurs de chambres ont souvent<br />

besoin d’un outil pour vérifier les conditions<br />

dans la chambre ou étalonner les capteurs<br />

utilisés à l’intérieur de cette dernière. Vaisala<br />

fabrique des instruments portatifs d’essai<br />

conçus pour ces tâches. Le système de<br />

mesure MI70 offre une interface utilisateur<br />

graphique simple et une famille de sondes<br />

permettant de mesurer la température, l’HR<br />

(élevée et faible), les faibles points de rosée<br />

et la concentration de dioxyde de carbone.<br />

Les sondes peuvent être équipées de<br />

préchauffage et de purge du capteur (voir cidessus).<br />

Pour toutes les mesures, les<br />

données peuvent être visionnées sous forme<br />

graphique, stockées sur le MI70, ou transférées<br />

vers un PC. Dans de nombreux cas,<br />

le MI70 peut être directement connecté à<br />

d’autres capteurs Vaisala, en offrant une<br />

interface d’étalonnage rapide et simple ●<br />

Société Vaisala France<br />

www.vaisala.fr<br />

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Mesures et méthodes de mesures<br />

Pyrométrie<br />

Propriétés thermo-optiques<br />

des solides et liquides<br />

aux hautes températures<br />

Le rayonnement émis par les matériaux aux hautes températures n’est<br />

pas en général connu avec précision car la mesure de la température<br />

est elle-même un problème difficile qui ne peut se faire que par pyrométrie.<br />

Les méthodes pyrométriques dépendent de la connaissance de<br />

l’émissivité du matériau qui dépend elle-même de la température sauf<br />

à une longeur d’onde appelée point X. L’émissivité dépend de l’indice<br />

complexe et à partir des spectres d’indice on trouve la fréquence de<br />

relaxation, la fréquence plasma et la masse optique et on peut alors<br />

calculer les conductivités thermiques et électriques. Nous présentons<br />

l’appareillage expérimental qui nous a permis d’obtenir la température<br />

à 0,5% près puis les propriétés thermo-optiques. Pour des matériaux<br />

métalliques comme le molybdéne, nous retrouvons à 2% près les valeurs<br />

de résistivité électrique obtenues par les moyens classiques de mesure<br />

de résistance. Enfin, d’un point de vue fondamental cette étude a permis<br />

de mieux comprendre l’origine du point X, qui est due à deux points X<br />

sur les composantes réelles et imaginaires de l’indice.<br />

Introduction<br />

La théorie électromagnétique de<br />

MAXWELL a introduit l’indice complexe<br />

nr- jχ relié à la permittivité<br />

diélectrique par les relations de<br />

FRESNEL [1] .<br />

L’émission de rayonnement des matériaux<br />

(5) dépend de la température<br />

mais aussi de l’émissivité, ou<br />

facteur d’émission qui est comprise<br />

entre 0 et 1. Déterminer l’émissivité<br />

[2] nécessite de connaître la<br />

température de surface du matériau<br />

et inversement. Pour les matériaux<br />

qui sont de bons conducteurs thermiques,<br />

on peut jusqu’à 1800°C<br />

utiliser des thermocouples. Dans le<br />

cas des diéléctriques, par exemple<br />

les céramiques, la faible conductivité<br />

thermique impose, dès que la<br />

température dépasse 100°C, une<br />

mesure sans contact. Nous utiliserons<br />

la pyromètrie monochromatique<br />

à la plus petite longueur d’onde<br />

possible (par exemple dans l’ultraviolet<br />

[3] ) afin de minimiser l’influence<br />

de l’émissivité sur la température<br />

apparente. Dans le cas des matériaux<br />

lisses nous déterminerons aussi l’indice<br />

complexe du matériau pour<br />

obtenir la valeur de l’émissivité et<br />

donc de la température.<br />

2. Rappels des propriétés<br />

optiques<br />

Les grandeurs observables directement<br />

sont les facteurs de réflexion<br />

ρ, d’émission ε, et de transmission<br />

τ.<br />

La théorie de Drude permet d’introduire<br />

des paramètres plus fondamentaux<br />

: la pulsation plasma, la<br />

pulsation ωp et celle de relaxation<br />

ωτ.<br />

Dans cette théorie phénoménologique,<br />

on considère que la matière<br />

est constituée d’un ensemble d’oscillateurs<br />

vibrant à ω et s’amortissant<br />

suivant ωτ comme le montrent<br />

les formules (1) (2) (3).<br />

Pour déterminer ω p , ω τ et la masse<br />

optique, il est nécessaire de connaître<br />

les spectres n r (λ) et χ(λ). A<br />

partir de ces trois paramètres, il<br />

existe alors des relations les reliant<br />

à d’autres grandeurs telles que la<br />

conductivité thermique K et la résistivité<br />

électrique ρ, cf (11) et (12).<br />

Enfin l’émissivité à la normale de la<br />

surface est reliée à l’indice complexe<br />

par la relation :<br />

3. Mesure de la température<br />

La luminance L, grandeur mesurée,<br />

dépend de la température mais<br />

aussi de l’émissivité ε du matériau<br />

[2] .<br />

Avec : C 1 = 1,101 10 -16 W.m 2<br />

C 2 = 1,439 10 -2 m.K<br />

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Mesures et méthodes de mesures<br />

Pour les courtes longueurs d’onde,<br />

l’approximation de Wien (6) permet<br />

d’obtenir une formule simplifiant<br />

l’expression de l’erreur sur la température.<br />

La relation entre la température<br />

vraie T et la température de luminance<br />

T l (température obtenue avec<br />

une émissivité supposée égale à 1<br />

cas où corps noir) s’écrit alors<br />

simplement :<br />

Cette relation montre que T l est<br />

différente et peut être très inférieure<br />

à la température vraie T.<br />

Précision de la méthode :<br />

L’erreur sur la mesure de température<br />

∆T sera d’autant plus faible que<br />

la mesure sera réalisée [2] [3] à la plus<br />

courte longueur d’onde et si possible<br />

dans l’UV pour ne pas être<br />

gêné par la lumière ambiante. En<br />

effet l’erreur relative sur la température<br />

est :<br />

Finalement à partir de (5), il est<br />

possible d’exprimer l’erreur sur le<br />

calcul de l’émissivité dans l’IR en<br />

supposant ε UV connu avec une certaine<br />

précision.<br />

Cette précision est suffisante pour<br />

repérer les changements de phase<br />

qui permettent d’étalonner les<br />

mesures (cf. fig.2). Un autre effet<br />

favorable pour cette méthode, dans<br />

le cas des métaux, est dû au fait<br />

que leur émissivité croît lorsque la<br />

longueur d’onde décroît (exemple<br />

fig.2). Cette méthode est applicable<br />

à toutes les surfaces même si elles<br />

sont rugueuses.<br />

Dans le cas d’un matériau lisse, on<br />

peut déterminer n r et χ par la mesure<br />

de 2 valeurs absolues de la<br />

luminance à 2 angles différents<br />

d’émission ou 3 valeurs relatives<br />

obtenues à 3 angles. Les mesures<br />

sont faites en lumière polarisée ce<br />

qui donne une précision de l’ordre<br />

du pour cent sur le calcul de l’émissivité.<br />

La précision absolue sur T est<br />

alors excellente, de l’ordre de 2K<br />

autour de 2000K (à condition bien<br />

sûr que toute la chaîne de mesure<br />

soit étalonnée à 0,1% près). L’étalonnage<br />

des températures se fait à<br />

partir d’un point fixe par exemple<br />

la fusion de l’or. Le changement<br />

d’émissivité dans l’infrarouge au<br />

passage de la fusion est de l’ordre<br />

de 100%.<br />

4. Mesure de l’émissivité<br />

spectrale<br />

Le rayonnement provenant d’un échantillon<br />

est la somme du rayonnement<br />

émis par l’échantillon et de la réflexion<br />

du rayonnement de l’environnement.<br />

La luminance mesurée est :<br />

ε e L° e : Luminance émise par l’échantillon<br />

à la température T e .<br />

(1–ε e ).ε P .L° P : Luminance émise par<br />

la paroi intérieure de l’enceinte) et<br />

réfléchie par l’échantillon, ε P est le<br />

facteur d’émission de la peinture.<br />

(1–ε e ).ε s .L° s : Luminance émise par<br />

le système de visée, qui est à la<br />

température ambiante, et réfléchi<br />

par l’échantillon<br />

ε s .L° s : Luminance émise par le<br />

système de mesure<br />

Afin de supprimer complètement ce<br />

rayonnement de l’environnement,<br />

nous avons choisi de porter la<br />

température de l’« environnement »<br />

à 77K en utilisant une double enceinte<br />

refroidie à l’azote liquide<br />

(figure 1). L’intérieur de l’enceinte<br />

est sous vide secondaire (10 -6 mm<br />

Hg) si l’échantillon est chauffé par<br />

bombardement électronique. Dans<br />

ce dispositif des électrons, accélérés<br />

par une différence de potentiel<br />

de 2500V frappent la face<br />

arrière de l’échantillon et peuvent<br />

le porter à des températures supérieures<br />

à 2500K.<br />

Le rayonnement émis par l’échantillon<br />

est polarisé puis analysé en<br />

longueur d’onde. Pour le domaine infrarouge<br />

nous utilisons un spectromètre<br />

En supposant que ε UV = 0,5 à<br />

λ=3,5µm (pour un métal) dans<br />

l’équation (7) et même en faisant<br />

une erreur grossière dans l’UV, par<br />

exemple :<br />

nous obtiendrons ∆T = 70K pour<br />

T=2500K et<br />

Fig. 1. Schéma représentant la chaîne de mesure de rayonnement<br />

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Mesures et méthodes de mesures<br />

Fig. 2.Emissivité spectrale de l’aluminium avant et après<br />

fusion (θ=660°C)<br />

Fig. 3. Point X sur l’émissivité du Molybdène<br />

à transformée de Fourier de résolution<br />

maximale 0,125 cm -1 avec un<br />

détecteur photoconducteur MCT ou<br />

photovoltaïque InSb. Dans le domaine<br />

0,4 – 1000 µm et surtout<br />

pour l’infrarouge lointain nous utilisons<br />

un bolomètre refroidi à 1K par<br />

de l’hélium liquide pompé. Une<br />

fenêtre en diamant sert de hublot.<br />

Le domaine ultraviolet visible est<br />

analysé avec un spectromètre à<br />

réseau et une caméra dont la matrice<br />

Silicium est refroidie à 77 K.<br />

Pour la mesure de la température,<br />

un photomultiplicateur utilisé en<br />

comptage de photons permet d’avoir<br />

un bruit d’obscurité inférieur à<br />

10 photons/sec (soit 10 -18 W).<br />

Dans le cas des métaux à très<br />

hautes températures sous vide, il<br />

y a sublimation. Pour les métaux,<br />

nous remplaçons alors le chauffage<br />

par bombardement électronique<br />

sous vide par un chauffage par<br />

induction (four de 12KW) sous<br />

atmosphère neutre d’Argon. Un<br />

système de 3 miroirs tournant<br />

autour de l’axe de visée (cf. Fig.1)<br />

permet d’effectuer des mesures<br />

angulaires sur un échantillon horizontal<br />

(cas des liquides).<br />

5. Étude spectrale<br />

d’un changement de phase<br />

La figure 4 montre le changement<br />

d’émissivité à la fusion de l’aluminium<br />

(aluminium à 99,9%). L’émissivité<br />

est pratiquement doublée<br />

lorsque le métal fond.<br />

6. Paramètres<br />

fondamentaux<br />

6.1 Point X du molybdène<br />

et du tantale<br />

Nous nous sommes intéressés au point<br />

[6] [7]<br />

X des métaux réfractaires.<br />

Nous avons étudié le Molybdène pour<br />

lequel ce point X est à λ=1,45 m. (le<br />

blanc dans les figures correspond à<br />

la mauvaise sensibilité de notre<br />

détecteur MCT dans le domaine 1 µm-<br />

2 µm) Yingshan ZHU [4] avec un autre<br />

détecteur InGaAs, vient de vérifier<br />

la continuité des courbes présentées.<br />

La décomposition de l’émissivité<br />

sur les deux composantes de<br />

l’indice (Fig. 4 et 5) montre que ces<br />

deux composantes présentent aussi<br />

un point X.<br />

Fig. 4. Indice complexe du molybdène<br />

en fonction de la température et de<br />

la longueur d’onde<br />

Fig. 5. Indice réel du molybdène en<br />

fonction de la température et de<br />

la longueur d’onde<br />

6.2 Conductivités électrique<br />

et thermique à partir de mesures<br />

optiques<br />

Les spectres d’indice réel et imaginaire<br />

permettent de trouver ω p et<br />

ωτ comme le montrent les équations<br />

(2) (3). Ces conductivités sont<br />

reliées à ω p et ωτ par les relations<br />

(11) et (12).<br />

Conductivité électrique :<br />

Conductivité thermique :<br />

Où K B est la constante de Boltzmann<br />

et L 0 le nombre de Lorentz.<br />

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Mesures et méthodes de mesures<br />

Sur la figure 6 nous avons comparé<br />

[7]<br />

les valeurs calculées à partir des<br />

mesures optiques à celles de la littérature<br />

obtenues par mesure de la<br />

résistance électrique. L’accord est<br />

satisfaisant.<br />

Avec la méthode pyrométrique à<br />

courte longueur d’onde, la mesure<br />

étant faite en lumière polarisée,<br />

nous obtenons une bonne précision<br />

sur la mesure de la température<br />

(environ 0,5% sur des matériaux<br />

lisses). Pour les matériaux rugueux<br />

comme les céramiques frittées, la<br />

précision est de l’ordre de 2%. Pour<br />

l’émissivité la précision s’améliore<br />

avec la longueur d’onde, soit quelques<br />

pour cent dans l’ultraviolet et<br />

de l’ordre de 0,2% dans l’infrarouge<br />

moyen. Cette étude a aussi éclairci<br />

un problème plus fondamental, l’origine<br />

du point X qui peut être décomposé<br />

en deux points X sur les deux<br />

composantes de l’indice complexe.<br />

Des applications directes industrielles<br />

portent sur les échanges<br />

thermiques de revêtements métalliques<br />

ou diélectriques des chambres<br />

de combustion, dans les freins<br />

en SiC, les protections de rentrée<br />

de véhicules spatiaux, etc.<br />

8. Perspectives<br />

Fig. 6. Résistivité électrique<br />

du Molybdène en fonction de<br />

la température calculée<br />

à partir de mesures optiques<br />

7. Conclusion<br />

Nous avons remplacé récemment le<br />

bombardement électronique comme<br />

moyen de chauffage de l’échantillon<br />

par un four à induction. Ceci nous a<br />

permis d’éviter la sublimation des<br />

échantillons métalliques sous le vide<br />

poussé nécessaire à ce bombardement.<br />

Nous commençons à exploiter<br />

notre système et ainsi nous pourrons<br />

atteindre des températures<br />

supérieures à 3000°C et ainsi<br />

étudier le passage solide-liquide sur<br />

des réfractaires et ce sous pression<br />

et en atmosphère réductrice.<br />

D’autre part, nous étendons le<br />

domaine de mesure en longueur<br />

d’onde vers l’ultraviolet et l’infrarouge<br />

lointain pour couvrir la gamme<br />

0,2µm – 800µm et obtenir ainsi<br />

avec plus de précision les paramètres<br />

fondamentaux que sont la<br />

fréquence plasma et la fréquence<br />

de relaxation●<br />

Philippe Hervé, Xingkai Wang<br />

Laboratoire d’Energétique, Mécanique et<br />

Electromagnétisme (L.E.M.E), Université<br />

Paris Ouest Nanterre La Défense, 1,<br />

chemin Desvallières, 92410 Ville d’Avray,<br />

France<br />

Bibliographie<br />

[1] C. Kittel, Introduction à la physique de l’état solide. Dunod, (1996).<br />

[2] P. Hervé, Mesure de l’émissivité thermique. Techniques de l’ingénieur, vol. R 2737(2006).<br />

[3] P. Hervé, Pyromètre à ultraviolet. Brevet n°88 03 874 mars 1988.<br />

[4] Y.Zhu, J.Cedelle, P. Hervé, Simultaneous determination of surface temperature and emissivity<br />

: Application in the study of changes of phase. 22nd International Conference on<br />

surface Modification Technologies, 2008, Tollhätten, Sweden.<br />

[5] S. Mattei, P. Masclet and P. Hervé, Study of complexe refractive indices of gold and alloys<br />

at high temperature. High Temp. Vol. 16; 140 (1978)<br />

[6] C. Ronchi, JP. Hiernaut G.J. Hyland ; (1992). Emissivity X points in solid and liquid refractory<br />

transition metals. Metrologia ; 29 pp. 261.<br />

[7] P. Hervé, A.Sadou. Determination of the complex index of refractory metals et high temperatures.<br />

Application to the determination of thermooptical properties. Infrared physics.Vol. 51<br />

n°3 Jan. 2008.<br />

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Mesures et méthodes de mesures<br />

Technologie<br />

Fibres optiques infrarouges pour<br />

la détection chimique et biologique<br />

Les fibres en verres de chalcogénures présentent des propriétés optiques<br />

remarquables notamment une transmission sur une plage de longueur<br />

d’onde s’étendant jusque 10 microns dans l’infrarouge, selon la composition.<br />

Ce domaine spectral est particulièrement riche en bandes d’absorption<br />

spécifiques à de nombreuses espèces organiques. Ces fibres<br />

sont donc intéressantes pour les applications de détection d’espèces<br />

chimiques et biologiques. Nous proposons ici une présentation des derniers<br />

développements technologiques et de quelques démonstrations réalisées<br />

dans les secteurs de la santé, de l’agroalimentaire et de l’environnement,<br />

et enfin des perspectives d’applications concrètes.<br />

Technique de détection :<br />

Elle repose sur la spectroscopie infrarouge<br />

par onde évanescente appelée<br />

FEWS (Cf. Figure 1), qui permet une<br />

analyse en direct et de façon déportée<br />

de l’échantillon. Elle implique qu’une<br />

portion de fibre nue et amincie soit en<br />

contact avec le milieu à analyser, ce qui<br />

la rend difficilement compatible avec la<br />

robustesse requise par la plupart des<br />

mesures à réaliser en conditions réelles.<br />

Les fibres microstructurées récemment<br />

développées présentent l’avantage d’une<br />

forte interaction entre le fluide (gaz ou<br />

liquide) à analyser et le mode optique<br />

transitant dans le cœur de la fibre, sans<br />

fortement dégrader les propriétés mécaniques<br />

de celle-ci. Elles offrent de plus<br />

la possibilité d’une grande longueur d’interaction,<br />

ce qui permet d’augmenter<br />

la sensibilité de la détection.<br />

Figure 1 : Schéma de la méthode de mesure spectroscopique à onde<br />

évanescente (FEWS). (a) zoom sur la partie amincie de la fibre et représentation<br />

du chemin optique.<br />

Le verre de base est réalisé par les techniques<br />

verrières classiques avec un<br />

large éventail de compositions à partir<br />

des éléments As, Ge, Se, S, Te, Ga. Le<br />

choix de la composition est fonction de<br />

différents critères tels que la zone spectrale<br />

concernée, la tenue mécanique,<br />

ou encore la résistance aux milieux à<br />

analyser. Comparativement aux fibres<br />

à saut d’indice traditionnelles, la réalisation<br />

des préformes de fibres microstructurées<br />

nécessite la mise en œuvre<br />

d’étapes complémentaires d’étirage et<br />

d’assemblage de tubes et de barreaux,<br />

suivant la technique de « stack and<br />

draw » (Cf. Figure 2).<br />

Le design de la fibre est choisi de façon<br />

à maximiser le recouvrement du mode<br />

optique transitant majoritairement dans<br />

le cœur de la fibre avec le fluide présent<br />

dans les capillaires après sa migration<br />

par simple effet de capillarité ou grâce<br />

à l’application d’une dépression.<br />

Exemples d’applications<br />

Perspectives :<br />

Les fibres optiques en verres de chalcogénures<br />

ont été testées au niveau du<br />

laboratoire et en milieu naturel pour la<br />

détection de polluants dans les eaux<br />

[1], de pathogènes dans le domaine de<br />

l’agro-alimentaire [2], de gaz carbonique<br />

dans des zones de stockage [3], dans<br />

le domaine de la santé pour la détection<br />

de tumeur [4], et enfin, tout dernièrement,<br />

pour un suivi de polymérisation<br />

de résine en vue d’application industrielle<br />

[5].<br />

Ces divers résultats applicatifs, qui<br />

seront présentés plus en détails, mettent<br />

en lumière les potentialités de la<br />

méthode. Ils permettent également de<br />

mesurer les améliorations à apporter<br />

notamment au niveau des performances<br />

de la fibre optique et de son intégration<br />

avec les composants d’extrémité pour<br />

arriver à la mise au point d’un équipement<br />

robuste et utilisable en conditions<br />

réelles.<br />

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Mesures et méthodes de mesures<br />

à une plage de transmission étendue.<br />

Cette configuration ne pourra néanmoins<br />

s’appliquer que dans un concept<br />

d’usage unique, le caractère réversible<br />

de la mesure étant difficilement concevable●<br />

Figure 2 – Tube en verre de chalcogénure fabriqué par « rotational casting »<br />

(gauche), préforme fabriquée par « Stack & Draw » (centre)<br />

et fibre finale de diamètre 125 µm (droite)<br />

Bibliographie<br />

À titre d’exemple, l’utilisation de fibres<br />

microstructurées en verre de chalcogénures<br />

ouvre des perspectives particulièrement<br />

intéressantes grâce notamment<br />

à la forte interaction entre le mode<br />

optique et le fluide à analyser, associée<br />

1. K. MICHEL et al., “Capteur optique à fibre infrarouge dédié à la détection et à l’analyse de la<br />

pollution de l’eau”, Journal of Non-Crystalline Solids, 326-327, 434-438, (2003)<br />

2. M.L ANNE, “Guides d’ondes en verres de chalcogénures pour la détection infrarouge d’espèces<br />

(bio)chimiques”, Thèse Université de Rennes 1, (2007)<br />

3. F. CHARPENTIER et al., “Guides optiques infrarouges pour la détection du CO2”, JNOG (2008)<br />

4. S. HOCDE et al., “Metabolic imaging of tissues by infrared fibre-optics spectroscopy : an efficient<br />

tool for medical diagnosis” Journal of Biomedical Optics, 9, (2), 404-407, (2004)<br />

5. M.L ANNE et al., « Polymerisation of an industrial resin monitored by infrared fiber evanescent<br />

wave spectroscopy » Sensors and Actuators B 137 (2009) 687–691<br />

B. Bureau (1) ,<br />

C. Boussard-Pléde (1) ,<br />

J. Troles (1) ,<br />

J.L. Adam (1) ,<br />

L. Brilland (2) ,<br />

D. Méchin (2) ,<br />

D. Tregoat (2)<br />

(1) Sciences Chimiques de Rennes, UMR<br />

6226 CNRS Université de Rennes 1,<br />

Equipe Verres et Céramiques, Av Gal<br />

Leclerc, 35042 Rennes, France<br />

(2) PERFOS, 11 rue de Broglie, 22300<br />

Lannion, France<br />

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Mesures et méthodes de mesures<br />

Avis d'expert<br />

La corrélation d’images : un outil<br />

de mécanique expérimentale<br />

1 ère partie : Principes généraux<br />

Parmi les nouvelles techniques de corrélation d’images, la corrélation<br />

d’images numériques (CIN) qui consiste à déterminer un champ de<br />

déplacement à partir de l’analyse d’images numériques s’avère très<br />

efficace pour l’étude du comportement des matériaux solides soumis<br />

à une sollicitation mécanique. Ce premier article décrit l’outil. Dans<br />

un prochain numéro, il sera suivi d’une étude de cas sur éprouvettes<br />

de matériaux dans diverses conditions expérimentales.<br />

1. Introduction<br />

Le développement de techniques fiables<br />

de mesures de champs est primordial<br />

si l’on veut caractériser les effets (hétérogènes)<br />

mécaniques à une échelle fine.<br />

En effet des solides, homogènes sous<br />

sollicitations complexes, ou hétérogènes,<br />

font apparaître des champs dont<br />

l’analyse multi-échelles est indispensable<br />

en relation avec leur (micro) structure<br />

et/ou le type de chargement imposé.<br />

Ces développements s’inscrivent dans la<br />

dialectique essai/calcul en modélisation<br />

des matériaux et des structures<br />

dans laquelle les mesures de champs<br />

jouent un rôle d’interface. À partir de<br />

la connaissance de ces champs, on<br />

peut, par exemple, valider des modèles<br />

de comportement et des outils numériques<br />

voire identifier des paramètres<br />

mécaniques globaux et locaux (Grédiac<br />

et Hild, 2011),<br />

Différentes techniques peuvent être utilisées<br />

pour mesurer des champs de déplacements<br />

ou de déformations (Grédiac et<br />

Hild, 2011). Lorsqu’elles font appel à<br />

l’optique et qu’elles sont couplées à une<br />

analyse mécanique, on parle souvent de<br />

photomécanique (Berthaud et al., 1995;<br />

Lagarde, 2000 ; Rastogi, 2000). La<br />

photoélasticité est la plus ancienne et<br />

encore très pratiquée dans le monde<br />

industriel. Citons également des méthodes<br />

utilisant un laser : l’interférométrie<br />

holographique, l’interférométrie<br />

de speckle et la granularité laser. De<br />

manière générale ces techniques sont<br />

très résolues mais nécessitent des<br />

précautions importantes quand elles<br />

sont utilisées dans un laboratoire de<br />

mécanique. Une alternative consiste à<br />

utiliser la lumière blanche. A côté des<br />

techniques de moiré ou des caustiques,<br />

existent les mesures par corrélation<br />

d’images numériques (Sutton et al.,<br />

2009) dont le principe est assez proche<br />

de la vélocimétrie par imagerie de particules<br />

utilisée en mécanique des fluides<br />

(Raffel et al., 1998). D’utilisation généralement<br />

simple, cette technique tend<br />

à se généraliser dans les laboratoires<br />

de mécanique des solides. C’est cette<br />

dernière qui sera présentée ici.<br />

Dans le paragraphe suivant, les principes<br />

généraux de la corrélation d’images<br />

sont introduits. Deux approches,<br />

l’une locale et l’autre globale sont ainsi<br />

présentées. Un exemple de pilotage<br />

d’essai mécanique illustre une manière<br />

(non standard) d’utiliser la corrélation<br />

d’images. D’autres exemples d’application<br />

seront présentés dans la seconde<br />

partie.<br />

2. La corrélation d’images<br />

numériques<br />

(CIN)<br />

La corrélation d’images consiste à<br />

déterminer un champ de déplacement<br />

à partir de l’analyse d’images numériques<br />

(i.e., un ensemble de pixels dont<br />

on connaît le niveau de gris). Ces<br />

images sont représentées par des fonctions<br />

(de la position x et du vecteur<br />

déplacement inconnu u(x)) qui sont des<br />

perturbations d'une image décalée<br />

g(x+u(x)) par rapport à une image de<br />

référence f(x)<br />

f(x)=g(x+u(x))+b(x) (1)<br />

où b est un signal aléatoire (e.g., bruits<br />

de photon, de numérisation, d’obscurité<br />

dans le cas d’images obtenues avec un<br />

capteur CCD (Holst, 1998). La détermination<br />

de u est un problème mal posé<br />

tant qu’on ne fait pas d’hypothèses<br />

supplémentaires quant à la régularité<br />

du champ recherché pour que l’information<br />

à disposition (i.e., les images)<br />

soit suffisante à sa mesure. Soit la fonctionnelle<br />

d’un champ de déplacement<br />

test u<br />

E[u]=||g(•)–f(•+u)|| 2 Ω<br />

’<br />

(2)<br />

où «•» correspond à une variable<br />

muette. Les formulations qui en découlent<br />

sont en général basées sur la<br />

conservation des niveaux de gris. Lorsque<br />

l’on choisit la norme quadratique<br />

habituelle ||f(•)|| 2 Ω =∫Ω|f(x )| 2 dx , on<br />

aboutit à la méthode de minimisation<br />

de la différence quadratique utilisée en<br />

mécanique des fluides dans le cas d’un<br />

champ localement constant. Il s’agit de<br />

minimiser la fonctionnelle E 2<br />

Cette fonctionnelle atteint idéalement<br />

sa valeur minimale, 0, pour la bonne<br />

cinématique et lorsque b=0 [cf. équation<br />

(1)] lorsque les erreurs d’interpolation<br />

sont négligées.<br />

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Mesures et méthodes de mesures<br />

2.1. Approche locale<br />

Lorsque l’on suppose que u est une<br />

translation de corps rigide, la minimisation<br />

de (3) peut être résolue par des<br />

techniques d’intercorrélation qui consistent<br />

à maximiser les superpositions de<br />

f translaté et g. En effet, la minimisation<br />

précédente est équivalente (dans<br />

la limite de grands domaines Ω) à maximiser<br />

la quantité h<br />

où * est l’opérateur d’intercorrélation.<br />

Le déplacement qui maximise le produit<br />

d’intercorrélation correspond à une<br />

évaluation du déplacement moyen inconnu.<br />

Le calcul d’un produit d’intercorrélation<br />

peut être conduit dans<br />

l’espace de référence ou dans l’espace<br />

de Fourier. Un champ de déplacement<br />

est alors constitué de l’ensemble des<br />

déplacements moyens des zones d’étude<br />

considérées.<br />

A titre d’illustration, ce type de procédure<br />

a été utilisé pour piloter un essai<br />

mécanique par corrélation d’images. Un<br />

essai de traction sur un acier ordinaire<br />

est contrôlé en niveau de déformation,<br />

non pas à l’aide d’un extensomètre<br />

ou d’une jauge, mais par l’utilisation<br />

d’images.<br />

Une tôle de dimension 157×50×2 mm 3<br />

est mouchetée pour présenter une<br />

texture aléatoire. Dans le cas présent,<br />

3×3 zones d’étude de taille 64 pixels<br />

sont choisies. Ceci correspond à un<br />

compromis entre niveau d’incertitude<br />

et résolution spatiale qu’il s’agit de<br />

déterminer.<br />

Les incertitudes en déformation sont<br />

évaluées de la manière suivante. On<br />

considère une image de référence de la<br />

région d’étude de l’éprouvette dont on<br />

souhaite contrôler les déformations<br />

longitudinales. Cette image est décalée<br />

artificiellement par transformée de<br />

Fourier à l’aide de la propriété de décalage/modulation<br />

par incréments de<br />

0.1 pixel dans chaque direction. Pour<br />

chaque valeur de déplacement, l’écart<br />

quadratique moyen est évalué et correspond<br />

à l’incertitude. Celle-ci est<br />

évaluée pour chaque valeur imposée<br />

entre 0 et 1 pixel. La moyenne spatiale<br />

de cet écart-type est ensuite calculée<br />

et est appelée incertitude en déplacement<br />

σ u . Cette dernière est estimée<br />

pour différentes tailles λ de zones<br />

d’étude. Pour chaque décalage imposé,<br />

le champ de déformation est obtenu par<br />

différences finies centrées. Les incertitudes<br />

sont alors calculées de la même<br />

manière que pour les déplacements. La<br />

valeur moyenne, σ ε , est appelée incertitude<br />

en déformation. Afin d’avoir des<br />

mesures de déplacement indépendantes,<br />

le décalage δ entre zones<br />

d’études consécutives est pris égal à<br />

leur taille λ.<br />

La première étape est appliquée à<br />

l’image considérée. La figure 1 montre<br />

l’évolution de l’incertitude en déplacement<br />

σ u en fonction de λ. Pour des<br />

tailles supérieures à 16 pixels, une loi<br />

de puissance décrit très raisonnablement<br />

cette évolution<br />

avec A=1.4 pixel (et α=1.5). On montre<br />

ainsi que plus la résolution spatiale (λ)<br />

est importante, plus l’incertitude (σ u )<br />

est faible. On aboutit ainsi au compromis<br />

annoncé entre incertitude et<br />

résolution spatiale. Ainsi, augmenter la<br />

résolution spatiale revient également à<br />

augmenter le temps de calcul pour<br />

estimer un déplacement. Le choix s’est<br />

porté sur une taille égale à 64 pixels<br />

qui conduit à une incertitude en déplacement<br />

σ u de 5x10 -3 pixel.<br />

Figure 1 : Incertitudes en<br />

déplacement et en déformation en<br />

fonction de la taille des zones<br />

d’étude λ. Les symboles pleins sont<br />

des résultats de corrélation. Les<br />

droites en trait continu correspondent<br />

à une interpolation en loi de<br />

puissance (–1.5) et en traits<br />

pointillés à une loi<br />

avec un exposant –2.5.<br />

L’incertitude en termes de déformation<br />

est ensuite évaluée. Dans le cas présent<br />

un algorithme de différences finies<br />

centrées est utilisé de telle manière que<br />

la résolution spatiale en déformation est<br />

égale à 2δ. Lorsque δ≥ λ, l’incertitude<br />

en déformation est liée à celle en déplacement<br />

par<br />

avec B=√2. En identifiant à partir des<br />

données de la figure 1, on obtient B ≈1.5<br />

en accord avec la valeur attendue. Ce<br />

résultat montre que l’incertitude en<br />

déformation dépend des deux paramètres<br />

de corrélation, explicitement de δ<br />

et implicitement de λ par l’intermédiaire<br />

de σ u [cf. équation (5)]. L’équation (6)<br />

est retrouvée dans le cas présent, en<br />

particulier un exposant de – 2.5 pour la<br />

dépendance en taille λ de par le fait que<br />

δ= λ.<br />

Pour le pilotage, on choisira un décalage<br />

entre zone d’étude grand δ=400 pixels de<br />

telle manière que l’incertitude en déformation<br />

soit de l’ordre de 10 -5 . Cette valeur<br />

estimée a priori a été validée a posteriori.<br />

A partir des déplacements des 9 centres<br />

de zones d’étude, on détermine la déformation<br />

moyenne longitudinale, paramètre<br />

de contrôle. La figure 2a montre la courbe<br />

contrainte/déformations obtenue à partir<br />

des mesures avec une rosette et par<br />

corrélation d’images, une fois la correction<br />

de déplacement hors-plan effectuée.<br />

Très tôt dans l’essai, le signal de jauge<br />

n’est plus cohérent (si l’essai avait été<br />

piloté à l’aide de ce capteur, il aurait<br />

conduit à une rupture prématurée de<br />

l’échantillon). Ceci est dû à un décollement<br />

de jauge induit par un phénomène<br />

de plasticité localisée, cf. figure 2b.<br />

Figure 2 : a-Contrainte en fonction<br />

des déformations longitudinale et<br />

transverse obtenues par jauge et<br />

corrélation d’images (environ 2x1000<br />

points de contrôle). b-Composante<br />

tangentielle du champ de<br />

déplacement (exprimé en pixels, avec<br />

1 pixel 86 µm) montrant une<br />

localisation de la déformation. Une<br />

approche globale enrichie a été<br />

utilisée pour mieux révéler ce champ.<br />

E S S A I S & S I M U L AT I O N S ● O C TO B R E , N OVEMBRE, D É C E M B R E 2 0 1 1 ● PAG E 3 9


Mesures et méthodes de mesures<br />

De par le temps de calcul encore assez<br />

long et le temps nécessaire au stockage<br />

des images, la fréquence de travail est<br />

de l’ordre du Hertz. Il a ainsi été nécessaire<br />

d’implémenter un asservissement<br />

à deux boucles en cascade (une boucle<br />

interne (rapide) contrôlant le déplacement<br />

et une boucle externe à pilotage<br />

en déformation. Ainsi, seuls des essais<br />

quasi statiques ont été réalisés jusqu’à<br />

présent. On peut néanmoins prévoir que<br />

dans un avenir très proche une accélération<br />

des cadences de par l’utilisation<br />

de cartes DSP voire de GPU qui permettent<br />

des calculs sur toute l’image en<br />

quelques dizaines de millisecondes.<br />

On notera que l’hypothèse cinématique<br />

faite jusqu’à présent (i.e., déplacement<br />

constant par zone d’étude) peut être<br />

relaxée. Les codes de corrélation académiques<br />

et commerciaux utilisent actuellement<br />

des interpolations locales du<br />

déplacement de degré 1 voire plus<br />

élevé. Cependant, seule la valeur moyenne<br />

du déplacement est conservée et<br />

affectée au centre de la zone d’étude.<br />

Cela permet de capter des cinématiques<br />

plus complexes, et conduit à des incertitudes<br />

de mesure dont l’amplitude<br />

dépend, entre autres, de la texture<br />

observée et de son interpolation, mais<br />

également du degré d’interpolation cinématique<br />

locale, et de la taille de la zone<br />

d’étude.<br />

2.2. Approche globale<br />

Dans cette partie, deux approches sont<br />

présentées. La première consiste à minimiser<br />

les résidus de corrélation de<br />

manière globale sur des champs de<br />

déplacement qui sont spatialement couplés.<br />

La seconde, dite approche « intégrée<br />

», consiste à régulariser la mesure<br />

par la recherche d’un champ de déplacement<br />

qui satisfasse (au mieux) non<br />

seulement à la conservation des niveaux<br />

de gris mais également aux équations<br />

de la mécanique.<br />

2.2.1. Résidus de corrélation<br />

L’espace des vecteurs déplacements<br />

tests E K est introduit et vérifie l’hypothèse<br />

de régularité (par exemple en<br />

utilisant des filtres passe-bas ou des<br />

descriptions par éléments finis). Supposons<br />

que f et g soient suffisamment<br />

régulières aux petites échelles, et que le<br />

Figure 3 : a-Maillage de corrélation. Champs de déplacement (exprimé en pixel)<br />

dans les directions horizontale (b) et verticale (c) mesuré par CIN-T3. d-Résidus<br />

de corrélation (en niveaux de gris). Les images analysées sont codées<br />

sur 256 niveaux de gris.<br />

déplacement u soit petit en amplitude<br />

pour que l’on puisse faire un développement<br />

de Taylor au premier ordre<br />

de f. La fonctionnelle à minimiser<br />

devient<br />

A l’instar de la méthode de Rayleigh-Ritz,<br />

le champ de déplacement test peut être<br />

écrit comme une combinaison linéaire dans<br />

une base de l’espaceminimiser devient<br />

,<br />

telle que R cor [u] soit une forme qua -<br />

dratique en amplitudes u i inconnues. La<br />

condition d’extrémalité nécessite que<br />

pour tout i l’on ait<br />

Ce système (linéaire) peut être écrit<br />

sous forme matricielle<br />

M ik u k =a i . (9)<br />

La condition de régularité, qui peut<br />

paraître contraignante, permet néan -<br />

moins de traiter des cas de textures qui<br />

ne sont pas différentiables ; la régularité<br />

de u permet de s’affranchir d’une<br />

certaine manière de celle a priori néces -<br />

saire de f par intégration par parties et<br />

filtrage. De plus, le champ de dépla -<br />

cement δu est généralement déterminé<br />

de manière itérative. Ainsi, seul l’incré -<br />

ment de déplacement doit être d’am -<br />

plitude petite de telle manière qu’il<br />

minimise<br />

où u désigne l’évaluation du dépla -<br />

cement à l’itération précédente. En<br />

utilisant des approches multi-échelles,<br />

les composantes du déplacement de<br />

faible longueur d’onde sont introduites<br />

progressivement ce qui permet d’amé -<br />

liorer encore ce point.<br />

A ce niveau de généralité, différents<br />

espaces peuvent être choisis. C’est tout<br />

l’intérêt de la formulation présentée ici.<br />

Par exemple, on peut considérer l’es -<br />

pace de Fourier afin, par exemple, de<br />

pouvoir capter des fluctuations de<br />

champs cinématiques. Une alternative<br />

couramment utilisée en mécanique est<br />

de discrétiser le champ de déplacement<br />

comme, par exemple, dans la méthode<br />

des éléments finis. Le choix le plus<br />

simple consiste à utiliser des interpo -<br />

lations bilinéaires données par des<br />

éléments quadrangulaires à 4 nœuds<br />

(on parlera de CIN-Q4). Comme cela<br />

sera montré plus bas, on peut éga -<br />

lement enrichir la cinématique (à l’instar<br />

de la méthode des éléments finis éten -<br />

dus avec des éléments Q4 pour pouvoir<br />

mesurer des déplacements discontinus<br />

(cela correspond à de la CIN-XQ4 ou<br />

CINÉ).<br />

La figure 3 illustre le résultat d’un calcul<br />

de corrélation avec des triangles T3<br />

pour mailler une éprouvette cruciforme<br />

en composite (fibre de verre/matrice<br />

vinylester) sollicitée de manière biaxiale.<br />

A convergence, le résidu moyen est de<br />

3.19% de la dynamique des images et<br />

le champ correspondant est uniforme<br />

(figure 3c).<br />

2.2.2. Approche intégrée<br />

Lorsque l’on impose a priori une admis -<br />

sibilité mécanique aux champs mesurés<br />

on parle d’approche intégrée ou CINI.<br />

Dans le cadre précédent, on peut direc -<br />

tement imposer des solutions analy -<br />

tiques lorsque l’on traite un essai<br />

brésilien ou même un matériau fissuré.<br />

Dans ce qui suit, on propose de régu -<br />

lariser le calcul de corrélation par un<br />

calcul aux éléments finis. Afin d’imposer<br />

une admissibilité mécanique au sens<br />

des éléments finis, on introduit un résidu<br />

E S S A I S & S I M U L AT I O N S ● O C TO B R E , N OVEMBRE, D É C E M B R E 2 0 1 1 ● PAG E 4 0


Mesures et méthodes de mesures<br />

Figure 4 : a-Maillage de corrélation. Champs de déplacement (exprimé en pixel)<br />

dans les directions horizontale (b) et verticale (c) mesuré par CINI-T3. d-Résidus<br />

de corrélation (en niveaux de gris). Les images analysées sont codées<br />

sur 256 niveaux de gris.<br />

mécanique. L’énergie de déformation<br />

E def s’écrit dans un format matricevecteur<br />

où K est la matrice de raideur associée<br />

à la discrétisation choisie et {u} contient<br />

les valeurs des inconnues cinématiques.<br />

A des fins d’identification, la minimisation<br />

de l’écart à l’équilibre peut être<br />

réécrite sous la forme de la norme des<br />

forces internes. Ainsi, R mec s’écrit<br />

où K – est la partie rectangulaire de K<br />

concernant les nœuds intérieurs pour<br />

lesquels les forces correspondantes<br />

sont supposées nulles.<br />

Afin de résoudre la minimisation couplée<br />

des résidus de corrélation R cor et mécaniques<br />

R mec , une somme pondérée est<br />

introduite pour aboutir à un résidu total<br />

R tot<br />

où λ est un paramètre de couplage<br />

appartenant à l’intervalle [0;1]. En<br />

pratique, R mec et R cor sont normés par<br />

leurs valeurs lorsque λ est égal à 1,<br />

notées R 0 mec et R 0 cor (R 0 tot = R 0 cor ) i.e.,<br />

pour un champ de déplacement obtenu<br />

par une approche de corrélation standard,<br />

par exemple CIN-Q4.<br />

La figure 4 illustre le résultat d’un calcul<br />

de corrélation intégrée avec des<br />

triangles T3 (CINI-T3) pour lequel la<br />

valeur du coefficient de Poisson a été<br />

laissée libre (elle faisait partie des<br />

inconnues du problème de minimisation).<br />

Cet exemple traite des mêmes<br />

images que celles correspondant au<br />

résultat de CIN-T3 (figure 3). On notera<br />

que dans les zones de concentration de<br />

déformation le maillage a pu être raffiné<br />

jusqu’à 2.5 pixels grâce à la régularisation<br />

mécanique. Dans le cas contraire,<br />

le calcul n’aboutit pas de par le fait que<br />

l’incertitude de mesure devient trop<br />

importante. A convergence, le résidu<br />

moyen est de 3.22% de la dynamique<br />

des images (valeur très proche du<br />

résultat CIN-T3 avec un maillage plus<br />

grossier) et le champ correspondant est<br />

uniforme (figure 4c). Enfin, on obtient<br />

une valeur du coefficient de Poisson de<br />

0.31.<br />

3. Conclusion et<br />

perspectives<br />

Une formulation générale de la mesure<br />

de champs de déplacement a été discutée.<br />

Deux approches différentes ont<br />

été introduites. La première consiste à<br />

considérer des déplacements localement<br />

constants, voire lentement variables.<br />

Des techniques supposant le<br />

champ de déplacement continu (par<br />

exemple au sens des interpolations utilisées<br />

lors de calculs par éléments finis)<br />

sont ainsi développées. Des informations<br />

a priori sur le comportement du<br />

matériau peuvent être exploitées lors<br />

de la phase de mesure proprement dite.<br />

Cette dernière approche peut ainsi<br />

REFERENCES<br />

conduire à des champs de déplacement<br />

mécaniquement admissibles (e.g., solution<br />

d’un problème d’élasticité). D’autres<br />

applications seront présentées dans<br />

la seconde partie ●<br />

Jean-Noël Périé*, Gilles Besnard**,<br />

François Hild**, Hugo Leclerc**,<br />

Julien Réthoré***<br />

et Stéphane Roux**<br />

*Institut Clément Ader, Toulouse<br />

**LMT-Cachan, Cachan<br />

***LaMCoS, Villeurbanne<br />

Résumé<br />

La Corrélation d’Images Numériques<br />

devient un outil commun dans les laboratoires<br />

de mécanique des solides. Dans<br />

cette première partie, il est proposé de<br />

faire un point sur les différentes approches<br />

développées et quelques atouts de<br />

cette technique polyvalente. Dans la<br />

seconde partie (à paraître dans le prochain<br />

numéro d’<strong>Essais</strong> & <strong>Simulations</strong>)<br />

plusieurs études de cas pratiques seront<br />

décrites.<br />

Abstract<br />

Digital Image Correlation is becoming a<br />

widespread tool in solid mechanics laboratories.<br />

It is proposed in this first part to<br />

discuss different approaches and some<br />

of the advantages of this versatile technique.<br />

Several practical case studies will<br />

be proposed in the second part.<br />

Y. Berthaud et al., edts., Photomécanique 1995, (GAMAC, 1995).<br />

M. Grédiac et F. Hild, edts., Mesures de champs et identification en mécanique des solides, Traité<br />

MIM - Mécanique et Ingénierie des Matériau,(Hermès-Lavoisier, Paris (France), 2011).<br />

A. Lagarde, edt., Advanced Optical Methods and Applications in Solid Mechanics, (Kluwer, Dordrecht<br />

(Pays-Bas), 2000), 82.<br />

P. K. Rastogi, edt., Photomechanics, (Springer, Berlin (Germany), 2000), 77.<br />

M. A. Sutton et al., Image correlation for shape, motion and deformation measurements, Springer,<br />

2009.<br />

M. Raffel et al. Particle Image Velocimetry. Springer, 1998.<br />

G. Holst, CCD Arrays, Cameras and Displays, (SPIE Engineering Press, Washington DC<br />

(États-Unis), 1998).<br />

E S S A I S & S I M U L AT I O N S ● O C TO B R E , N OVEMBRE, D É C E M B R E 2 0 1 1 ● PAG E 4 1


La Vie de l’ASTE et du GAMAC<br />

Quelques brèves de l’ASTE<br />

Dans cette rubrique, l’Association pour le développement des sciences et techniques de l’environnement<br />

(ASTE) vous fait part de ses dernières actions et de ses prochains engagements.<br />

AGO et conseil d’administration<br />

Le 22 juin 2011 se sont tenus à la<br />

Sopemea à Vélizy-Villacoublay l’assemblée<br />

générale de l’ASTE suivie<br />

d’un conseil d’administration.<br />

Trois nouveaux membres ont été<br />

élus au conseil d’administration en<br />

remplacement des candidats ne<br />

s’étant pas représentés.<br />

Il s’agit de MM. Tron de l’IUT de<br />

Limoges, P. Lelan de l’Etas d’Angers<br />

et de B. Colin de Nexter.<br />

À l’issue de cette élection, il a été<br />

procédé à l’élection du bureau de l’association.<br />

Le bureau actuel a été re -<br />

con duit dans sa totalité, à savoir MM<br />

- Daniel Goulet (Thales Avionics),<br />

président<br />

- Bernard Colomies (Sopemea), viceprésident<br />

- Olivier Pauly (Acteq), trésorier<br />

- Frank Retouné (PCB), secrétaire<br />

général.<br />

Il a aussi été désigné un nouveau<br />

Webmaster pour la mise à jour du<br />

site ; il s’agit de M. Jean-Paul<br />

Prulhière (Metexo).<br />

Formations prévues<br />

au 2 nd semestre 2011<br />

Cette année a été marquée par une<br />

forte augmentation des inscriptions<br />

dans nos modules de formation<br />

INTER (Traitement du signal, personnalisation,<br />

mesure, fiabilité et déverminage)<br />

et une demande croissante<br />

de formation INTRA sur des sujets<br />

comme l’extensométrie, la mesure,<br />

les essais accélérés.<br />

En parallèle, nous joignons ci-après<br />

notre catalogue 2012 (voir pages<br />

44-45 intitulées « Formations de<br />

l’ASTE »).<br />

Astelab 2012<br />

Nous n’avons pas prévu d’Astelab<br />

pour 2011 mais nous préparons déjà<br />

l’évènement de 2012.<br />

Nous nous sommes associés au<br />

colloque VCB (Vibration Choc et<br />

Bruit) pour créer un événement<br />

unique en juillet 2012 appelé VCB<br />

Astelab 2012 constitué de collo -<br />

ques et d’exposition sur un même<br />

site à Clamart.<br />

DR<br />

E S S A I S & S I M U L AT I O N S ● O C TO B R E , N OV E M B R E , D É C E M B R E 2 0 1 1 ● PAG E 4 2


La Vie de l’ASTE et du GAMAC<br />

Guide pratique des<br />

précautions d’intercâblage<br />

des dispositifs de mesure<br />

Le constat :<br />

Les dispositifs de mesure sont de<br />

plus en plus largement utilisés dans<br />

l’industrie. Grâce aux développements<br />

récents associant les progrès<br />

réalisés dans les domaines de l’électronique<br />

et de l’informatique, ils ont<br />

toujours de très bonnes performances<br />

intrinsèques et sont en<br />

apparence très simples à utiliser.<br />

Or, l’expérience montre que leur<br />

mise en œuvre dans un environnement<br />

industriel peut parfois être à<br />

l’origine d’anomalies de fonctionnement<br />

dont les utilisateurs n’ont<br />

pas conscience. Par exemple : l’utilisation<br />

sans précaution de grandes<br />

longueurs de câbles pour relier les<br />

capteurs au reste du dispositif de<br />

mesure ou le branchement sur un<br />

secteur électrique, par ailleurs per -<br />

turbé par le fonctionnement anormal<br />

de certaines grosses ma chines,<br />

peuvent entraîner des erreurs dans<br />

les mesures).<br />

Les apports du guide :<br />

Pour améliorer le fonctionnement<br />

des dispositifs de mesure utilisés<br />

en environnement industriel per -<br />

turbé, l’ASTE, avec l’appui du ministère<br />

de l’Industrie et la Direction<br />

générale de la compétitivité, de l’industrie<br />

et des services (DGCIS), est<br />

en train d’élaborer un guide pratique<br />

des précautions d’inter câblage des<br />

dispositifs de mesure (projet GAM-<br />

PME).<br />

Ce guide permet :<br />

- de décrire simplement la constitution<br />

des dispositifs de mesure<br />

utilisés dans l’industrie et leur<br />

environnement de fonctionnement<br />

(quan tification des perturbations<br />

environnantes, en particulier les<br />

perturbations électromagnétiques),<br />

- d’estimer automatiquement les<br />

erreurs de mesure dues aux perturbations<br />

électromagnétiques,<br />

- de dimensionner les techniques de<br />

réduction des effets perturbateurs<br />

les moins onéreuses possible.<br />

L’utilisation du guide :<br />

Le guide est un outil informatique<br />

conversationnel qui présente les<br />

différents systèmes de mesure pris<br />

en compte sous la forme de sché -<br />

mas synoptiques sur lesquels l’utilisateur<br />

indique les valeurs des<br />

paramètres caractéristiques propres<br />

à son utilisation et les types de<br />

perturbations qui risquent de se<br />

produire.<br />

L’outil informatique indique alors<br />

l’ordre de grandeur des erreurs qui<br />

peuvent résulter de ces perturbations.<br />

Ensuite, il propose des techniques<br />

de réduction des effets<br />

perturbateurs que l’utilisateur peut<br />

choisir et dimensionner. L’outil informatique<br />

évalue les améliorations<br />

apportées par les techniques sélectionnées.<br />

Comment se procurer<br />

le guide ?<br />

Le guide sera disponible en 2013.<br />

Il est principalement destiné aux<br />

PME et aux PMI. Il sera téléchargeable<br />

gratuitement sur le site de<br />

l’ASTE.<br />

Les types de mesures traitées<br />

par le guide :<br />

Dans sa version initiale, le guide traitera<br />

les mesures des types de grandeurs<br />

physiques suivantes :<br />

- les températures (mesures par<br />

thermocouples et sondes à résistances<br />

– RTD),<br />

- les grandeurs électriques (ten -<br />

sions, courant, fréquence),<br />

- les grandeurs mécaniques (forces,<br />

couples, moments),<br />

- les longueurs, distances, déplacements,<br />

- les débits et les pressions,<br />

- les vibrations.<br />

Les types de sources de perturbations<br />

électromagnétiques prises en<br />

compte :<br />

- la présence de machine génératrices<br />

de parasites à proximité des<br />

dispositifs de mesure (robots, pos -<br />

tes à souder, tourets secteurs non<br />

déroulés, gros moteurs électriques,<br />

alternateurs, grosses génératrices<br />

à courants continus, émetteurs<br />

d’ondes électromagnétiques à très<br />

hautes fréquences tels que téléphones<br />

portables, télécommandes),<br />

- le fonctionnement de la machine<br />

ou de l’équipement sur lequel sont<br />

relevées les mesures,<br />

- le fonctionnement du banc d’essais<br />

sur lequel est installée la<br />

pièce ou la structure dont le com -<br />

portement est caractérisé par les<br />

mesures,<br />

- la présence sur le secteur de char -<br />

ges déformantes engendrées par<br />

exemple par une mauvaise utilisation<br />

de batteries de condensateurs<br />

de redressement du cos<br />

(cas des installations de cogénération<br />

dans lesquels les batteries<br />

de condensateurs ne sont pas re -<br />

con figurées au moment du démarrage<br />

ou de l’arrêt des moteurs<br />

diesel),<br />

- le fonctionnement de grosses<br />

machines avec des déséquilibres<br />

de charge des phases,<br />

- la présence sur le secteur de sys -<br />

tème à thyristors ou à composants<br />

statiques de puissance (régulateurs<br />

de puissance pour machines<br />

tournantes, régulateur de puissance<br />

de chauffage de fours ou de<br />

batteries de chauffage à résistances,<br />

régulateurs de vitesses par<br />

onduleurs changeant la fréquence<br />

du secteur),<br />

- l’existence d’anomalies dans le<br />

régime du neutre des installations<br />

électriques, en particulier dans le<br />

cas des installations avec neutre<br />

impédant (régime IT),<br />

- les défauts d’équipotentialité des<br />

masses,<br />

- le passage de câbles de puissance<br />

à proximité des appareils de<br />

mesure ●<br />

E S S A I S & S I M U L AT I O N S ● O C TO B R E , N OV E M B R E , D É C E M B R E 2 0 1 1 ● PAG E 4 3


Formations professionnelles 2012<br />

Modules de formation<br />

« intra-entreprise »<br />

• Les modules de formation qui ne comportent<br />

pas de section « travaux pratiques » peuvent<br />

être organisés au sein de votre entreprise, à<br />

partir de six personnes par session,<br />

• Les modules comportant des travaux<br />

pratiques pourront, le cas échant, être<br />

proposés en version « intra-entreprise » mais<br />

devront obligatoirement être adaptés aux<br />

moyens d’essais disponibles dans votre entreprise,<br />

• Vous pourrez mieux cibler la formation de vos<br />

personnels en demandant à l’intervenant ASTE<br />

de mieux la centrer sur vos besoins spécifiques,<br />

• Vous économiserez le temps de voyage, les<br />

frais de voyage, d’hébergement et de repas<br />

(hors session) que vos personnels exposeraient<br />

dans le cadre d’une formation classique.<br />

Un nouveau thème Mesure en 2012<br />

Un nouveau thème « Mesure » est proposé en<br />

2012. Ce thème intègre 3 modules dont un<br />

nouveau sur les bonnes pratiques de la mesure :<br />

• Collage des jauges, analyse des résultats et<br />

de leur qualité<br />

• Concevoir, réaliser, exploiter une campagne<br />

de mesures<br />

• Bonne pratique des mesures<br />

Objectifs de la formation ASTE<br />

Par son approche originale centrée sur les « essais,<br />

les mesures et la simulation des environnements<br />

rencontrés par vos produits au cours de leur cycle<br />

de vie », la formation ASTE vous permet d’optimiser<br />

vos processus de mise en œuvre de produits,<br />

donc le binôme « Coût/Qualité ».<br />

Selon le module choisi, la formation ASTE<br />

s’adresse à vos expérimentateurs, techniciens,<br />

ingénieurs et scientifiques impliqués dans les<br />

métiers suivants :<br />

• Spécifications et conception de produits,<br />

bureaux d’études, recherche et développement,<br />

• Technologie et matériaux, achats, contrôles,<br />

mesures et métrologie, production,<br />

• Modélisation et simulation d’essais, conduite<br />

des essais de validation, essais SAV,<br />

• Qualité, assurance-qualité, certification, accréditation,<br />

maîtrise des risques,<br />

• Ingénieurs-conseils, expertises techniques.<br />

Elle intègre les dernières techniques d’essais, de<br />

mesures, de modélisation et de simulation d’essais<br />

d’environnements disponibles sur le marché<br />

et utilisées par les experts qui animent nos<br />

modules de formation. Notre indépendance vis-àvis<br />

des fournisseurs et la mise à niveau des<br />

connaissances au cours de nos stages sont les<br />

garants du meilleur choix possible pour répondre<br />

à vos besoins spécifiques de formation.<br />

Contact<br />

ASTE<br />

9-11, rue Benoît Malon – 92150 Suresnes – Tél. : 01 42 66 58 29 – Fax : 01 42 66 12 06 – info@aste.asso.fr – www.aste.asso.fr<br />

E S S A I S & S I M U L AT I O N S ● O C TO B R E , N OVEMBRE, D É C E M B R E 2 0 1 1 ● PAG E 4 4


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Événements, colloques,<br />

séminaires à venir...<br />

Janvier 2012<br />

Sepem Industries Avignon<br />

En début d’année aura lieu la deuxième édition du Salon<br />

des services, équipements, process et maintenance<br />

(Sepem Industries Sud Est) qui se déroulera à Avignon.<br />

Le Sepem est un salon national qui se déroule en<br />

régions ; les autres villes ayant déjà accueilli le Sepem<br />

sont Colmar, Angers et Douai.<br />

À Avignon<br />

Du 31 janvier au 2 février 2012<br />

www.sepem-industries.com/avignon/<br />

Mars 2012<br />

Industrie Paris 2012<br />

Industrie Paris 2012 crée l’événement au parc des expositions<br />

de Paris-Nord Villepinte, faisant de ce lieu le<br />

rendez-vous B to B de l’industrie. Leader de son<br />

domaine, ce salon rassemblera 1 200 exposants répartis<br />

sur 9 secteurs complémentaires :<br />

– Assemblage/montage<br />

– Control France<br />

– Form &Tôle<br />

– Informatique Industrielle<br />

– Machine outil<br />

– Outillage<br />

– Robotique<br />

– Traitements de surfaces/Thermic<br />

– Soudage.<br />

Près de 30 000 donneurs d’ordres s’y retrouveront afin<br />

de bénéficier de 5 jours de business !<br />

À Paris-Nord Villepinte<br />

Du 26 au 30 mars 2012<br />

www.industrie-expo.com<br />

Avril 2012<br />

Analyse Industrielle<br />

Précédemment organisé par Comexposium, le salon<br />

des solutions en analyse industrielle, est repris par le<br />

groupe Solutions et aura lieu les 3, 4 et 5 avril 2012, à<br />

Paris Porte de Versailles. Le salon de l’Analyse Industrielle<br />

est le rendez-vous annuel de toute une profession<br />

regroupant les spécialistes de la mesure à<br />

l’émis sion, de la règlementation, de la détection, du<br />

contrôle de process, des risques industriels, de l’instrumentation<br />

et de la micro-analyse. Une centaine d’exposants<br />

français et étrangers, principaux fournisseurs<br />

et intégrateurs de solutions matérielles et logicielles,<br />

de services et d’ingénierie y sont attendus à cette occasion.<br />

Ils y présenteront leurs solutions en matériels et<br />

systèmes visant à optimiser les différents processus<br />

composant la chaîne de production industrielle, à<br />

prévenir et maîtriser les risques.<br />

À Paris Porte de Versailles - pavillon 5<br />

Du 3 au 5 avril 2012<br />

www.groupesolutions.fr<br />

Calendrier des Journées Test & Mesure 2012 du Simtec<br />

Le Syndicat de l’instrumentation de mesure, du test et de la conversion d’énergie dans le domaine de l’électronique (Simtec) organisera<br />

ses Journées Test & Mesure sur les thème de la maintenance, du test et des normes. Le test et la mesure étant des outils<br />

indispensables pour la fiabilité de tous les produits et systèmes électroniques, les sessions de l’année prochaine auront lieu à :<br />

Toulouse - Mardi 17 janvier<br />

Angers - Mercredi 1 er février<br />

Paris - Jeudi 15 mars<br />

Grenoble - Jeudi 5 avril<br />

Polytechnique - Jeudi 20 septembre<br />

Bordeaux - Jeudi 11 Octobre<br />

Toulon - Mardi 20 Novembre<br />

Strasbourg - Mardi 11 Décembre<br />

E S S A I S & S I M U L AT I O N S ● O C TO B R E , N OVEMBRE, D É C E M B R E 2 0 1 1 ● PAG E 4 7


Au sommaire<br />

du prochain numéro<br />

<strong>Essais</strong> et modélisation<br />

L’ingénierie industrielle au service des bancs d’essais.<br />

Méthodes de mesure<br />

Numéro spécial ANALYSE INDUSTRIELLE :<br />

Pratiques et solutions pour l’analyse de gaz,<br />

poussières, pollutions, etc.<br />

Dossier<br />

L’apport des essais aggravés dans l’industrie.<br />

Sans oublier<br />

Des avis d'experts ainsi que toutes les informations<br />

concernant la Vie de l'ASTE et du GAMAC, les événements,<br />

les formations et les actualités du marché des essais,<br />

test et mesure, de la modélisation et de la simulation.<br />

R é p e r t o i r e d e s a n n o n c e u r s<br />

- Analyse Industrielle 2012.......................................3 e de couverture<br />

- dB Vib Group...............................................................................46<br />

- ESI France.... .........................................................2 e de couverture<br />

- Garos............................................................................................3<br />

- GoodFellow .................................................................................35<br />

- Hamamatsu ................................................................................10<br />

- HBM.............................................................................................9<br />

- ISA Europa..................................................................................29<br />

- M+P International .......................................................................37<br />

- Siepel ....................................................................4 e de couverture<br />

CONCEPTION ÉDITORIALE & RÉALISATION<br />

MRJ - 24 rue Firmin Gillot - 75015 Paris<br />

Tél. : 01 56 08 59 00<br />

Fax : 01 56 08 59 01<br />

www.mrj-presse.fr<br />

(La rédaction n’est pas responsable des documents qui lui sont<br />

adressés, sauf demande express, ceux-ci ne sont pas retournés)<br />

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION<br />

Jérémie Roboh<br />

RÉDACTION<br />

Olivier Guillon<br />

(o.guillon@mrj-corp.fr)<br />

Comité de rédaction :<br />

Anne Marie Ajour (ASTE), Raymond Buisson,<br />

Charki Abdérafi (Istia), Bernard Colomiès (Sopemea –<br />

ASTE), François Derkx (IFSTTAR), Jean-Claude Frölich<br />

(ASTE), Pierre Girard (ASTE), Olivier Guillon (MRJ),<br />

Henri Grzeskowiak (HG Consultant), Michel Roger<br />

Moreau (Gamac – ASTE), Lambert Pierrat<br />

(LJ Consulting), Jean Paul Prulhière (Metexo),<br />

Jean-François Romain (MRJ), Philippe Sissoko (LCIE),<br />

Pierre Touboul (Onera)<br />

Ont participé à ce numéro :<br />

Gilles Besnard, Yannick Bourgeois, Gwenal Dun,<br />

Philippe Dunand, Paul Duxbury, Philippe Hervé,<br />

François Hild, Hugo Leclerc, Jean-Noël Périé,<br />

Alain Reineix, Julien Réthoré, Jean-François Rosnarho,<br />

Stéphane Roux, Philippe Sissoko, Xingkai Wang,<br />

Ahmed Zeddam.<br />

ÉDITION<br />

Maquette : Graphaël (Paris)<br />

Couverture : Sandrine Weyland (MRJ)<br />

PUBLICITÉ<br />

MRJ - Tél. 01 56 08 59 00<br />

Patrick Barlier - p.barlier@mrj-corp.fr<br />

DIFFUSION ET ABONNEMENTS<br />

Sonia Cheniti<br />

www.essais-simulations.com<br />

Abonnement 1 an (4 numéros) : 58 €<br />

Prix au numéro : 20 €<br />

Règlement par chèque bancaire à l’ordre de MRJ<br />

(DOM-TOM et étranger : nous consulter)<br />

Trimestriel - N° 108<br />

Octobre, novembre, décembre 2011<br />

Éditeur : MRJ<br />

SARL au capital de 50 000 euros<br />

24 rue Firmin Gillot – 75015 Paris<br />

RCS Paris B 491 495 743<br />

TVA intracommunautaire : FR 38491495743<br />

N° ISSN : 2103-8260<br />

Dépôt légal : à parution<br />

Imprimeur : Imprimerie de Champagne<br />

Z.I. Les Franchises – 52200 Langres<br />

Toute reproduction partielle ou globale est soumise à<br />

l’autorisation écrite préalable de MRJ.<br />

Photo de couverture : Microwave Vision Group<br />

E S S A I S & S I M U L AT I O N S ● O C TO B R E , N OV E M B R E , D É C E M B R E 2 0 1 1 ● PAG E 4 8

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