02.12.2020 Vues

AR n°53 — Extrait

  • Aucun tag trouvé…

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

MAGAZINE VOYAGEUR

Nouvelle

formule

L 13134 - 53 - F : 6,90 € - RD

HIVER 2020-2021

LES DOLOMITES

+ LES TRÉSORS DE LA DOMINIQUE / LA CÔTE OUEST

DU COTENTIN / LE CAIRE PAS TRÈS CONFIDENTIEL


DIRECTEUR DE LA PUBLICATION

Michel Fonovich

mfonovich@ar-mag.fr

RÉDACTRICE EN CHEF

Sandrine Mercier

smercier@ar-mag.fr

DIRECTION ARTISTIQUE

Florine Synoradzki

& Julie Rousset

GRAND-REPORTER

Christophe Migeon

cmigeon@ar-mag.fr

CHEF DE PROJET DIGITAL

Anne Nhung Paulhe

COMMUNITY MANAGER

Anne Chabot

DIFFUSION

MLP

SERVICE DES VENTES

(Réservé aux professionnels)

Abomarque

Tél. : 06 81 09 44 57

RÉGIE PUBLICITAIRE

Mediaobs

44, rue Notre-Dame-des-Victoires

75002 Paris

Tél. : 01 44 88 97 70

Tél. : 01 44 88 suivi de 4 chiffres

pnom@mediaobs.com

Directrice générale :

Corinne Rougé (93 70)

Directeurs de publicité :

Sandrine Kirchthaler (89 22)

Sylvain Mortreuil (24 60)

IMPRIMEUR

Imprimerie de Champagne

A/R MAGAZINE VOYAGEUR

Publication trimestrielle

Édité par les éditions du Plâtre

SAS au capital de 10 000 €

1 rue du plâtre — 75004 Paris

Tél. : 06 87 83 22 56

R.C.S : 523 032 381

ISSN : 2108-3347

CPPAP : 1020K90544

Dépôt légal à parution

© A/R Magazine voyageur

La reproduction, même partielle,

des articles et illustrations publiés

dans ce magazine est interdite.

IMAGE DE COUVERTURE

© IDM Südtirol / Klaus Huber

IMAGE DE SOMMAIRE

© Jeremy Suyker

MERCI À TOUS

NOS CONTRIBUTEURS

Katia Astafieff, Julien Blanc-Gras,

Jean-Luc Bertini, Jérôme Bourgine,

Guillaume Cromer, Laurent Delmas,

Franck Ferville, Antonio Fischetti,

Alizée Germain, Nicolas Leblanc,

François Mauger, Tristan Savin,

Jeremy Suyker, Bertrand Rieger,

Albert Zadar.

WWW.AR-MAG.FR

6


12

ÉTIENNE KLEIN

18

LES DOLOMITES

38

LA DOMINIQUE

58

LE CAIRE

78

LA MANCHE

90

ÉTATS-UNIS

7


1958

Naissance le 1 er avril

2007

Il fonde et dirige

le Laboratoire de Recherche

sur les Sciences de la Matière

(LARSIM) du CEA à Saclay.

2011

Il publie avec le pianiste

Jacques Perry-Salkow

Anagrammes renversantes

ou Le sens caché du monde

(Flammarion)

2014

Il devient producteur et

animateur sur France Culture

de l’émission hebdomadaire

« La conversation

scientifique ».

2020

Il publie chez Arthaud, dans

la collection « Versant

intime », un merveilleux livre

d’entretiens avec Fabrice

Lardreau intitulé Psychisme

ascensionnel où il évoque

avec passion et pense

avec force son rapport à la

montagne et à l’alpinisme.

12 ENTRETIEN


ÉTIENNE KLEIN

Physicien de renom et docteur en philosophie des sciences,

Étienne Klein est également un amoureux de la montagne

qui pratique l’alpinisme en amateur très éclairé et très éclairant.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LAURENT DELMAS

PHOTOS FRANCK FERVILLE

Vous souvenez-vous de votre premier voyage ?

J’avais huit ans environ. C’était un voyage en Italie, avec la Peugeot 504 break

familiale. Nous devions être quatre enfants assis à l’arrière. Nous sommes

allés dans plusieurs villes de l’Italie du Nord en passant notamment par le lac

Majeur et le lac de Côme qui m’ont beaucoup impressionné. Je me souviens

particulièrement du retour par le col du Grand Saint-Bernard, car la montée a été

provisoirement interrompue par une panne sèche. Mon père avait quelque peu

sous-estimé la charge pondérale de la voiture et de ses occupants. Mais il a fait

alors l’hypothèse que la jauge, confrontée elle aussi à la pente, lui jouait des tours.

Il a donc décidé de partir en sens inverse et dans la pente, le moteur a en effet

continué de fonctionner, comme si de rien n’était. Arrivés en bas, nous en avons

fait le plein et nous sommes repartis à l’assaut du col. Victorieusement cette fois.

Avez-vous vécu ce premier voyage comme un dépaysement ?

Assurément. Nous venions de quitter un appartement parisien pour emménager

dans une grande maison avec jardin à Orsay, à 25 kilomètres de la capitale.

Mes parents avaient en effet le projet tenace d’avoir un nombre considérable

d’enfants : il nous fallait donc beaucoup de place. Entre Orsay et l’Italie, on peut

parler d’un véritable exotisme initial. En premier lieu à cause de la langue.

Je crois que c’est la première fois que j’entendais parler une langue étrangère :

c’est toujours un dépaysement radical cette découverte-là. De fait, quand

on ne comprend pas une langue parlée par d’autres, ça distille un sentiment

de bêtise. On se sent tout simplement bête. Toute personne qui parle une langue

que l’on ne parle pas nous paraît plus intelligente que nous-mêmes. Comment

pourrait-il en être autrement, puisqu’il dit des choses incompréhensibles pour

nous, mais que lui en revanche comprend parfaitement ?

Après l’Italie, quelle fut la seconde destination familiale ?

Famille nombreuse oblige, dès que nous avons été cinq enfants, les vacances

se sont déroulées en France, dans un petit village de l’Yonne, connu pour son

merveilleux château, Tanlay. C’est là que j’ai découvert qu’on peut radicalement

s’ennuyer durant de longues semaines d’été. Ce fut pour moi une interminable

période de stagnation géographique ! Certes, nous faisions un peu de vélo,

quelques baignades dans la vase immobile de l’Armançon, la rivière locale.

ENTRETIEN

13


Massif du Sciliar (Schlern).


— SUD-TYROL —

LA

MON-

TAGNE

MAGIQUE

Au nord de l’Italie, à la frontière avec l’Autriche, se niche la

région du Sud-Tyrol où cités et montagnes portent chacune

deux noms, l’un allemand, l’autre italien. Quand on y parle

foot, on soutient la squadra azzurra, quand on y parle ski,

on est derrière l’équipe autrichienne, mais quand on y parle

montagnes, on n’admire que les siennes, les plus belles

du monde notamment les Dolomites.

TEXTE MICHEL FONOVICH PHOTOS JEREMY SUYKER

ITALIE

19


La grotte de Robert

Mais qu’allait-il faire dans cette galère, à plus de 3 000 mètres

d’altitude, seulement vêtu d’une peau de bête, il y a de cela

plus de 5 000 ans ? En tout cas, il n’était pas seul. Au moins

une personne l’accompagnait, celle qui lui décocha dans le dos

une flèche fatale. Son corps fut retrouvé en 1991 par deux

randonneurs. Le glacier qui l’avait jusque là parfaitement

conservé à l’état de momie s’était finalement résolu à le libérer,

réchauffement climatique oblige. On baptisa cet inconnu Ötzi

en référence à Ötztal, le massif où il avait été trouvé, puis on

bâtit rien que pour lui un musée à Bolzano (Bozen). À lui la

gloire posthume. La momie de Toutankhamon pouvait trembler.

Désormais sa carrière de starlette était menacée. C’est

Robert Ciatti qui a mentionné Ötzi alors que l’on marchait en

raquettes sur le glacier du Hochjochferner, soit pas très loin

de la scène du crime. À 66 ans, ce guide de haute montagne

cavale encore comme un bouquetin et il faut s’accrocher pour

ne pas le perdre de vue dans ce jour blanc. Sans doute était-il

pressé de nous conduire jusqu’à une magnifique grotte aux

parois bleutées tapie sous le glacier. Le jour où il l’a trouvée, il

en est tombé raide dingue et depuis il lui rend régulièrement

visite, en privé de préférence. « Seules les femmes sont plus belles,

confie-t-il. Je l’aime, mais je sais hélas ! qu’elle va tôt ou tard s’écrouler,

car le glacier n’en finit pas de rapetisser. Il faudra que j’en trouve

une autre. Que Dieu me prête encore vie une paire d’années pour

que je puisse profiter des merveilles de la montagne. »

Robert Ciatti, guide de haute montagne.

28


J’aime cette grotte, mais je sais hélas !

qu’elle va tôt ou tard s’écrouler, car

le glacier n’en finit pas de rapetisser.

29



— LA DOMINIQUE —

L’ÎLE AUX

TRÉSORS


1

1. Boiling Lake, idéal pour un bain

très chaud (82 °C).

2. Rivière aux sources d’eau chaude

dont la couleur unique est due

à la présence de calcium,

de carbone, de soufre et de fer.

3. Vallée de la Désolation.

4. Gorges du Titou dans Parc

National Morne Trois Pitons.

3

2

46


4

Oh, la divine surprise !

Oh le bain d’anthologie !

Au bout de l’effort,

on plonge dans l’eau

émeraude et glacée.

au-dessus de ladite eau. Au retour, plus question de se lancer

dans ce type d’expérimentations rigolotes, car on connaît

l’épreuve qui nous attend. Ce qu’on ignore encore, c’est qu’on

pourra au bout de l’effort plonger dans les eaux émeraude et

glacées des gorges de Titou. Oh, la divine surprise ! Oh le bain

d’anthologie ! On se faufile entre deux parois de lave tout en

rondeurs et courbes protégées du soleil par un baldaquin végétal.

Des rais de lumière, se frayant un chemin entre les feuillages

et comme venant de l’au-delà, irisent la surface de la rivière.

Et puis au fond de la galerie, après le franchissement d’un

ultime goulet, on découvre une cascade qui vient s’abattre avec

fracas dans une vasque. Alléluia ! On a d’un coup oublié les

épreuves du Boiling Lake. Pas étonnant qu’une scène de Pirates

des Caraïbes se déroule ici. Johnny Depp et ses acolytes à

l’hygiène suspecte se devaient de faire trempette dans un coin

si magique.

LA DOMINIQUE

47


FAIRE SON NID

Nids des Vosges / Vosges

Faites comme les oiseaux. Ce soir pour vous endormir, vous rejoignez sous

les frondaisons des grands arbres (frênes, sapin des Vosges, hêtres…) un

nid douillet, en l’occurrence une cabane de bois. Il y en a dix perchées à des

hauteurs variables. La plus haute, accrochée à plus de dix mètres, convient

aux aventuriers qui méprisent le vide. D’autres, moins audacieuses,

accessibles par de simples escaliers et équipées de bains finlandais, satisfont

des amoureux de la nature d’un naturel plus pantouflard.

www.nidsdesvosges.com

Photo : © D.R.

52 UN JOUR J’IRAI DORMIR LÀ-BAS


— AFRIQUE —

DE LA TAILLE

DES VULVES

Dans plusieurs pays africains, les jeunes filles se livrent,

dès la puberté, à des manipulations intimes pour allonger

leurs lèvres vaginales. Certains y voient un rituel initiatique

destiné à augmenter le plaisir des hommes. Pour d’autres,

cela ressemble surtout à une mutilation génitale.

Pour le sexe comme pour le reste, les critères

esthétiques sont extrêmement variables, dans

l’espace comme dans le temps. Si l’on s’intéresse

à la taille, le culte de l’hypertrophie

concerne généralement les organes masculins.

Mais il existe des régions du monde où

cette obsession atteint aussi les femmes.

Par exemple au Rwanda, pour être considérée

comme esthétiquement acceptable, une

vulve se doit d’être dotée de petites lèvres

les plus longues possible. Pour y parvenir,

dès l’âge de douze ans, les jeunes filles les

massent régulièrement en les étirant, après

les avoir généralement enduites d’huile ou

d’extraits de plantes. Les codes de cette

technique, baptisée Gukuna, sont transmis

de mère en fille, avec la supervision, le plus souvent, de la tante

paternelle. Les petites lèvres allongées peuvent ainsi atteindre

la largeur d’une main. C’est seulement après ce rite que la fille

serait, dit-on, prête à la vie conjugale. En fait, il s’agirait, toujours

selon la croyance, de procurer davantage de plaisir à

l’homme, car les lèvres ainsi allongées enroberaient mieux le

pénis. La coutume n’est pas limitée au Rwanda, et se pratique

également dans d’autres pays africains : Ouganda — où les

jeunes filles disent qu’elles « visitent le buisson » (Okukyalira

ensiko) quand elles se massent les lèvres —, Zambie,

Mozambique, République Démocratique du Congo… On la

trouve aussi hors d’Afrique, notamment dans les îles micronésiennes

de Chuuk, dans l’ouest de l’océan Pacifique.

ANTONIO FISCHETTI

Journaliste scientifiquement porté

sur le sexe. Dernier livre paru,

La Planète des sciences (Dargaud).

L’élongation des lèvres vaginales n’est pas

officiellement considérée comme une mutilation

sexuelle par l’Organisation Mondiale

de la Santé, car aucun organe n’est coupé

ou incisé. Il s’agit néanmoins d’une atteinte

à l’intégrité physique, dont on ne peut pas

dire qu’elle est toujours consentie par les

jeunes filles, qui sont victimes d’intimidations

si elles s’y soustraient. À ce titre, il est

logique que les mouvements féministes et

certaines ONG s’opposent à cette pratique.

Celle-ci n’est d’ailleurs pas sans risques :

utilisation d’herbes corrosives, douleurs,

saignements, infections…

Il est tout de même amusant de constater

que l’élongation des lèvres vaginales est aussi

pratiquée en Occident, mais d’une autre façon. En effet, les

cliniques de chirurgie esthétique les plus modernes proposent

aux femmes d’augmenter la taille de leurs grandes lèvres grâce

à des injections d’acide hyaluronique. Dans le but, affirment

les promoteurs de cette technique, de « lutter contre le vieillissement

de leurs parties intimes ». Les mêmes centres médicaux

proposent, à l’inverse, des opérations de « labiaplastie » pour

réduire la taille des petites lèvres ! Au fond, rien de nouveau

là-dessous : on trouve beau ici ce qu’on trouve moche ailleurs

et réciproquement. Mais il serait dommage que cette obsession

du remodelage génital fasse oublier la beauté de ces organes

au naturel.

Illustration : © Vivian Jolivet

54

LE GUIDE DU QUEUTARD



— COTENTIN —

DU BON CÔTÉ

DE LA MANCHE

Sur la côte ouest de la péninsule du Cotentin, on trouve

des falaises empanachées d’oiseaux de mer, des havres

sablonneux où l’eau douce ose se confronter à l’eau

de mer, et des îles où les hommes se révèlent aussi

rugueux que le granit local. Tournons le dos au bocage

et retroussons la Manche du sud au nord.

TEXTE & PHOTOS CHRISTOPHE MIGEON

Après avoir profité de la faible affluence

sur les plages normandes au mois de juin

et baguenaudé dans le bocage pendant

tout l’été, Eisenhower parvint fin août 44

au-dessus des falaises de Champeaux,

retira sa casquette, mis les mains sur ses

hanches et lança à son aide de camp « Fi

d’chien, ça a de la gueule ! » que les hagiographes

s’empressèrent de corriger en

« De Saint Jean le Thomas, on découvre l’un

des plus beaux panoramas du monde ! ». Le

commandant suprême des forces expéditionnaires

alliées avait bien raison.

Comment ne pas s’émouvoir devant cette

baie où palpitent des splendeurs dorées

de soleil, tout juste froissées par les doigts

nerveux du vent d’ouest tandis que dans

des lointains vaporeux, flottant au beau

milieu de cette mer aux nuances de

potage, le Mont-Saint-Michel hérissé de

clochers semble tout juste tombé de

l’espace ? Face à un tel spectacle, il est

possible de s’allonger dans l’herbe au

milieu des bruyères et des ajoncs tout en

boulottant un bol de bulots, trésor gastronomique

de la région. On peut aussi

mettre ses pas dans ceux d’un guide

ornithologique et détacher les yeux de ce

tableau impressionniste pour les lever

vers un ciel strié d’oiseaux. Ces quatre

kilomètres de falaises granitiques

finissent par former un genre d’entonnoir

dans lequel s’engouffrent à l’automne

plus d’un million de migrateurs en route

pour leurs quartiers d’hiver. Les îles

Chausey, les seules des îles normandes à

avoir échappé aux griffes avides de la

perfide Albion — la carte dont disposaient

les Anglais lors du traité de Paris

de 1763 les avait tout simplement

oubliées ! — clôturent au nord le panorama

de leurs silhouettes longilignes.

L’appel de l’archipel

À vrai dire, seule la Grande Île, à 17 km

de Granville, est visible. Pendant longtemps,

elle était avec le Mont-Saint-

Michel, l’une des extrémités de la ligne

de démarcation entre les zones de pêche

normande et bretonne. Pour que les

choses soient plus claires encore, et éviter

les algarades émaillées d’abordages sauvages

et de coups de mousquet, deux

petites tours jadis peinturlurées de blanc

avaient été érigées sur l’île en guise

d’amers.

En règle générale, les pêcheurs sont des

hommes remarquablement doués pour

se taire. Ceux de Chausey, encore plus

rugueux que les coquilles d’huître, ne

font pas exception. C’est tout juste si on

parvient à soutirer deux-trois borborygmes

de ces insulaires aux humeurs de

congre. Ici, les pêcheurs en pincent pour

LA MANCHE

79



De 2008 à 2018, j’ai parcouru les États-Unis

par à-coups, à petite allure et en variant les saisons.

Longtemps je n’ai eu pour seul horizon que

le départ suivant. M’attardant peu dans les lieux

que je traversais, je me suis davantage senti témoin

que complice, tant je n’étais chaque fois que de

passage ; et dans ces passages-là, j’ai observé la vie

ordinaire se dérouler depuis les motels qui n’avaient

de charme que le nom, les diners qui sentaient

la friture, les stations-service ou les supermarchés

que je hantais plusieurs fois par jour. J’ai ainsi

photographié ce pays et les Américains au fil

de la route comme j’ai cru les voir. Et si, comme

le dit Walker Evans, le secret de la photographie

tient dans le fait que l’appareil prend le caractère

et la personnalité de celui qui le manie, sans doute

n’ai-je fait alors qu’interroger ma propre vision

de l’Amérique et pointer mes propres solitudes.

Extrait du livre publié chez Actes Sud

Jean-Luc Bertini

Américaines Solitudes

www.jeanlucbertini.com

91PORTFOLIO 53


La Vallée de Somme

Bain de Verdure

© Christophe Migeon

#gosomme

vallee-somme.com

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!