AR n°53 — Extrait
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MAGAZINE VOYAGEUR
Nouvelle
formule
L 13134 - 53 - F : 6,90 € - RD
HIVER 2020-2021
LES DOLOMITES
+ LES TRÉSORS DE LA DOMINIQUE / LA CÔTE OUEST
DU COTENTIN / LE CAIRE PAS TRÈS CONFIDENTIEL
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION
Michel Fonovich
mfonovich@ar-mag.fr
RÉDACTRICE EN CHEF
Sandrine Mercier
smercier@ar-mag.fr
DIRECTION ARTISTIQUE
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& Julie Rousset
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COMMUNITY MANAGER
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Sylvain Mortreuil (24 60)
IMPRIMEUR
Imprimerie de Champagne
A/R MAGAZINE VOYAGEUR
Publication trimestrielle
Édité par les éditions du Plâtre
SAS au capital de 10 000 €
1 rue du plâtre — 75004 Paris
Tél. : 06 87 83 22 56
R.C.S : 523 032 381
ISSN : 2108-3347
CPPAP : 1020K90544
Dépôt légal à parution
© A/R Magazine voyageur
La reproduction, même partielle,
des articles et illustrations publiés
dans ce magazine est interdite.
IMAGE DE COUVERTURE
© IDM Südtirol / Klaus Huber
IMAGE DE SOMMAIRE
© Jeremy Suyker
MERCI À TOUS
NOS CONTRIBUTEURS
Katia Astafieff, Julien Blanc-Gras,
Jean-Luc Bertini, Jérôme Bourgine,
Guillaume Cromer, Laurent Delmas,
Franck Ferville, Antonio Fischetti,
Alizée Germain, Nicolas Leblanc,
François Mauger, Tristan Savin,
Jeremy Suyker, Bertrand Rieger,
Albert Zadar.
WWW.AR-MAG.FR
6
12
ÉTIENNE KLEIN
18
LES DOLOMITES
38
LA DOMINIQUE
58
LE CAIRE
78
LA MANCHE
90
ÉTATS-UNIS
7
1958
Naissance le 1 er avril
2007
Il fonde et dirige
le Laboratoire de Recherche
sur les Sciences de la Matière
(LARSIM) du CEA à Saclay.
2011
Il publie avec le pianiste
Jacques Perry-Salkow
Anagrammes renversantes
ou Le sens caché du monde
(Flammarion)
2014
Il devient producteur et
animateur sur France Culture
de l’émission hebdomadaire
« La conversation
scientifique ».
2020
Il publie chez Arthaud, dans
la collection « Versant
intime », un merveilleux livre
d’entretiens avec Fabrice
Lardreau intitulé Psychisme
ascensionnel où il évoque
avec passion et pense
avec force son rapport à la
montagne et à l’alpinisme.
12 ENTRETIEN
ÉTIENNE KLEIN
Physicien de renom et docteur en philosophie des sciences,
Étienne Klein est également un amoureux de la montagne
qui pratique l’alpinisme en amateur très éclairé et très éclairant.
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LAURENT DELMAS
PHOTOS FRANCK FERVILLE
Vous souvenez-vous de votre premier voyage ?
J’avais huit ans environ. C’était un voyage en Italie, avec la Peugeot 504 break
familiale. Nous devions être quatre enfants assis à l’arrière. Nous sommes
allés dans plusieurs villes de l’Italie du Nord en passant notamment par le lac
Majeur et le lac de Côme qui m’ont beaucoup impressionné. Je me souviens
particulièrement du retour par le col du Grand Saint-Bernard, car la montée a été
provisoirement interrompue par une panne sèche. Mon père avait quelque peu
sous-estimé la charge pondérale de la voiture et de ses occupants. Mais il a fait
alors l’hypothèse que la jauge, confrontée elle aussi à la pente, lui jouait des tours.
Il a donc décidé de partir en sens inverse et dans la pente, le moteur a en effet
continué de fonctionner, comme si de rien n’était. Arrivés en bas, nous en avons
fait le plein et nous sommes repartis à l’assaut du col. Victorieusement cette fois.
Avez-vous vécu ce premier voyage comme un dépaysement ?
Assurément. Nous venions de quitter un appartement parisien pour emménager
dans une grande maison avec jardin à Orsay, à 25 kilomètres de la capitale.
Mes parents avaient en effet le projet tenace d’avoir un nombre considérable
d’enfants : il nous fallait donc beaucoup de place. Entre Orsay et l’Italie, on peut
parler d’un véritable exotisme initial. En premier lieu à cause de la langue.
Je crois que c’est la première fois que j’entendais parler une langue étrangère :
c’est toujours un dépaysement radical cette découverte-là. De fait, quand
on ne comprend pas une langue parlée par d’autres, ça distille un sentiment
de bêtise. On se sent tout simplement bête. Toute personne qui parle une langue
que l’on ne parle pas nous paraît plus intelligente que nous-mêmes. Comment
pourrait-il en être autrement, puisqu’il dit des choses incompréhensibles pour
nous, mais que lui en revanche comprend parfaitement ?
Après l’Italie, quelle fut la seconde destination familiale ?
Famille nombreuse oblige, dès que nous avons été cinq enfants, les vacances
se sont déroulées en France, dans un petit village de l’Yonne, connu pour son
merveilleux château, Tanlay. C’est là que j’ai découvert qu’on peut radicalement
s’ennuyer durant de longues semaines d’été. Ce fut pour moi une interminable
période de stagnation géographique ! Certes, nous faisions un peu de vélo,
quelques baignades dans la vase immobile de l’Armançon, la rivière locale.
ENTRETIEN
13
Massif du Sciliar (Schlern).
— SUD-TYROL —
LA
MON-
TAGNE
MAGIQUE
Au nord de l’Italie, à la frontière avec l’Autriche, se niche la
région du Sud-Tyrol où cités et montagnes portent chacune
deux noms, l’un allemand, l’autre italien. Quand on y parle
foot, on soutient la squadra azzurra, quand on y parle ski,
on est derrière l’équipe autrichienne, mais quand on y parle
montagnes, on n’admire que les siennes, les plus belles
du monde notamment les Dolomites.
TEXTE MICHEL FONOVICH PHOTOS JEREMY SUYKER
ITALIE
19
La grotte de Robert
Mais qu’allait-il faire dans cette galère, à plus de 3 000 mètres
d’altitude, seulement vêtu d’une peau de bête, il y a de cela
plus de 5 000 ans ? En tout cas, il n’était pas seul. Au moins
une personne l’accompagnait, celle qui lui décocha dans le dos
une flèche fatale. Son corps fut retrouvé en 1991 par deux
randonneurs. Le glacier qui l’avait jusque là parfaitement
conservé à l’état de momie s’était finalement résolu à le libérer,
réchauffement climatique oblige. On baptisa cet inconnu Ötzi
en référence à Ötztal, le massif où il avait été trouvé, puis on
bâtit rien que pour lui un musée à Bolzano (Bozen). À lui la
gloire posthume. La momie de Toutankhamon pouvait trembler.
Désormais sa carrière de starlette était menacée. C’est
Robert Ciatti qui a mentionné Ötzi alors que l’on marchait en
raquettes sur le glacier du Hochjochferner, soit pas très loin
de la scène du crime. À 66 ans, ce guide de haute montagne
cavale encore comme un bouquetin et il faut s’accrocher pour
ne pas le perdre de vue dans ce jour blanc. Sans doute était-il
pressé de nous conduire jusqu’à une magnifique grotte aux
parois bleutées tapie sous le glacier. Le jour où il l’a trouvée, il
en est tombé raide dingue et depuis il lui rend régulièrement
visite, en privé de préférence. « Seules les femmes sont plus belles,
confie-t-il. Je l’aime, mais je sais hélas ! qu’elle va tôt ou tard s’écrouler,
car le glacier n’en finit pas de rapetisser. Il faudra que j’en trouve
une autre. Que Dieu me prête encore vie une paire d’années pour
que je puisse profiter des merveilles de la montagne. »
Robert Ciatti, guide de haute montagne.
28
J’aime cette grotte, mais je sais hélas !
qu’elle va tôt ou tard s’écrouler, car
le glacier n’en finit pas de rapetisser.
29
— LA DOMINIQUE —
L’ÎLE AUX
TRÉSORS
1
1. Boiling Lake, idéal pour un bain
très chaud (82 °C).
2. Rivière aux sources d’eau chaude
dont la couleur unique est due
à la présence de calcium,
de carbone, de soufre et de fer.
3. Vallée de la Désolation.
4. Gorges du Titou dans Parc
National Morne Trois Pitons.
3
2
46
4
Oh, la divine surprise !
Oh le bain d’anthologie !
Au bout de l’effort,
on plonge dans l’eau
émeraude et glacée.
au-dessus de ladite eau. Au retour, plus question de se lancer
dans ce type d’expérimentations rigolotes, car on connaît
l’épreuve qui nous attend. Ce qu’on ignore encore, c’est qu’on
pourra au bout de l’effort plonger dans les eaux émeraude et
glacées des gorges de Titou. Oh, la divine surprise ! Oh le bain
d’anthologie ! On se faufile entre deux parois de lave tout en
rondeurs et courbes protégées du soleil par un baldaquin végétal.
Des rais de lumière, se frayant un chemin entre les feuillages
et comme venant de l’au-delà, irisent la surface de la rivière.
Et puis au fond de la galerie, après le franchissement d’un
ultime goulet, on découvre une cascade qui vient s’abattre avec
fracas dans une vasque. Alléluia ! On a d’un coup oublié les
épreuves du Boiling Lake. Pas étonnant qu’une scène de Pirates
des Caraïbes se déroule ici. Johnny Depp et ses acolytes à
l’hygiène suspecte se devaient de faire trempette dans un coin
si magique.
LA DOMINIQUE
47
FAIRE SON NID
Nids des Vosges / Vosges
Faites comme les oiseaux. Ce soir pour vous endormir, vous rejoignez sous
les frondaisons des grands arbres (frênes, sapin des Vosges, hêtres…) un
nid douillet, en l’occurrence une cabane de bois. Il y en a dix perchées à des
hauteurs variables. La plus haute, accrochée à plus de dix mètres, convient
aux aventuriers qui méprisent le vide. D’autres, moins audacieuses,
accessibles par de simples escaliers et équipées de bains finlandais, satisfont
des amoureux de la nature d’un naturel plus pantouflard.
www.nidsdesvosges.com
Photo : © D.R.
52 UN JOUR J’IRAI DORMIR LÀ-BAS
— AFRIQUE —
DE LA TAILLE
DES VULVES
Dans plusieurs pays africains, les jeunes filles se livrent,
dès la puberté, à des manipulations intimes pour allonger
leurs lèvres vaginales. Certains y voient un rituel initiatique
destiné à augmenter le plaisir des hommes. Pour d’autres,
cela ressemble surtout à une mutilation génitale.
Pour le sexe comme pour le reste, les critères
esthétiques sont extrêmement variables, dans
l’espace comme dans le temps. Si l’on s’intéresse
à la taille, le culte de l’hypertrophie
concerne généralement les organes masculins.
Mais il existe des régions du monde où
cette obsession atteint aussi les femmes.
Par exemple au Rwanda, pour être considérée
comme esthétiquement acceptable, une
vulve se doit d’être dotée de petites lèvres
les plus longues possible. Pour y parvenir,
dès l’âge de douze ans, les jeunes filles les
massent régulièrement en les étirant, après
les avoir généralement enduites d’huile ou
d’extraits de plantes. Les codes de cette
technique, baptisée Gukuna, sont transmis
de mère en fille, avec la supervision, le plus souvent, de la tante
paternelle. Les petites lèvres allongées peuvent ainsi atteindre
la largeur d’une main. C’est seulement après ce rite que la fille
serait, dit-on, prête à la vie conjugale. En fait, il s’agirait, toujours
selon la croyance, de procurer davantage de plaisir à
l’homme, car les lèvres ainsi allongées enroberaient mieux le
pénis. La coutume n’est pas limitée au Rwanda, et se pratique
également dans d’autres pays africains : Ouganda — où les
jeunes filles disent qu’elles « visitent le buisson » (Okukyalira
ensiko) quand elles se massent les lèvres —, Zambie,
Mozambique, République Démocratique du Congo… On la
trouve aussi hors d’Afrique, notamment dans les îles micronésiennes
de Chuuk, dans l’ouest de l’océan Pacifique.
ANTONIO FISCHETTI
Journaliste scientifiquement porté
sur le sexe. Dernier livre paru,
La Planète des sciences (Dargaud).
L’élongation des lèvres vaginales n’est pas
officiellement considérée comme une mutilation
sexuelle par l’Organisation Mondiale
de la Santé, car aucun organe n’est coupé
ou incisé. Il s’agit néanmoins d’une atteinte
à l’intégrité physique, dont on ne peut pas
dire qu’elle est toujours consentie par les
jeunes filles, qui sont victimes d’intimidations
si elles s’y soustraient. À ce titre, il est
logique que les mouvements féministes et
certaines ONG s’opposent à cette pratique.
Celle-ci n’est d’ailleurs pas sans risques :
utilisation d’herbes corrosives, douleurs,
saignements, infections…
Il est tout de même amusant de constater
que l’élongation des lèvres vaginales est aussi
pratiquée en Occident, mais d’une autre façon. En effet, les
cliniques de chirurgie esthétique les plus modernes proposent
aux femmes d’augmenter la taille de leurs grandes lèvres grâce
à des injections d’acide hyaluronique. Dans le but, affirment
les promoteurs de cette technique, de « lutter contre le vieillissement
de leurs parties intimes ». Les mêmes centres médicaux
proposent, à l’inverse, des opérations de « labiaplastie » pour
réduire la taille des petites lèvres ! Au fond, rien de nouveau
là-dessous : on trouve beau ici ce qu’on trouve moche ailleurs
et réciproquement. Mais il serait dommage que cette obsession
du remodelage génital fasse oublier la beauté de ces organes
au naturel.
Illustration : © Vivian Jolivet
54
LE GUIDE DU QUEUTARD
— COTENTIN —
DU BON CÔTÉ
DE LA MANCHE
Sur la côte ouest de la péninsule du Cotentin, on trouve
des falaises empanachées d’oiseaux de mer, des havres
sablonneux où l’eau douce ose se confronter à l’eau
de mer, et des îles où les hommes se révèlent aussi
rugueux que le granit local. Tournons le dos au bocage
et retroussons la Manche du sud au nord.
TEXTE & PHOTOS CHRISTOPHE MIGEON
Après avoir profité de la faible affluence
sur les plages normandes au mois de juin
et baguenaudé dans le bocage pendant
tout l’été, Eisenhower parvint fin août 44
au-dessus des falaises de Champeaux,
retira sa casquette, mis les mains sur ses
hanches et lança à son aide de camp « Fi
d’chien, ça a de la gueule ! » que les hagiographes
s’empressèrent de corriger en
« De Saint Jean le Thomas, on découvre l’un
des plus beaux panoramas du monde ! ». Le
commandant suprême des forces expéditionnaires
alliées avait bien raison.
Comment ne pas s’émouvoir devant cette
baie où palpitent des splendeurs dorées
de soleil, tout juste froissées par les doigts
nerveux du vent d’ouest tandis que dans
des lointains vaporeux, flottant au beau
milieu de cette mer aux nuances de
potage, le Mont-Saint-Michel hérissé de
clochers semble tout juste tombé de
l’espace ? Face à un tel spectacle, il est
possible de s’allonger dans l’herbe au
milieu des bruyères et des ajoncs tout en
boulottant un bol de bulots, trésor gastronomique
de la région. On peut aussi
mettre ses pas dans ceux d’un guide
ornithologique et détacher les yeux de ce
tableau impressionniste pour les lever
vers un ciel strié d’oiseaux. Ces quatre
kilomètres de falaises granitiques
finissent par former un genre d’entonnoir
dans lequel s’engouffrent à l’automne
plus d’un million de migrateurs en route
pour leurs quartiers d’hiver. Les îles
Chausey, les seules des îles normandes à
avoir échappé aux griffes avides de la
perfide Albion — la carte dont disposaient
les Anglais lors du traité de Paris
de 1763 les avait tout simplement
oubliées ! — clôturent au nord le panorama
de leurs silhouettes longilignes.
L’appel de l’archipel
À vrai dire, seule la Grande Île, à 17 km
de Granville, est visible. Pendant longtemps,
elle était avec le Mont-Saint-
Michel, l’une des extrémités de la ligne
de démarcation entre les zones de pêche
normande et bretonne. Pour que les
choses soient plus claires encore, et éviter
les algarades émaillées d’abordages sauvages
et de coups de mousquet, deux
petites tours jadis peinturlurées de blanc
avaient été érigées sur l’île en guise
d’amers.
En règle générale, les pêcheurs sont des
hommes remarquablement doués pour
se taire. Ceux de Chausey, encore plus
rugueux que les coquilles d’huître, ne
font pas exception. C’est tout juste si on
parvient à soutirer deux-trois borborygmes
de ces insulaires aux humeurs de
congre. Ici, les pêcheurs en pincent pour
LA MANCHE
79
De 2008 à 2018, j’ai parcouru les États-Unis
par à-coups, à petite allure et en variant les saisons.
Longtemps je n’ai eu pour seul horizon que
le départ suivant. M’attardant peu dans les lieux
que je traversais, je me suis davantage senti témoin
que complice, tant je n’étais chaque fois que de
passage ; et dans ces passages-là, j’ai observé la vie
ordinaire se dérouler depuis les motels qui n’avaient
de charme que le nom, les diners qui sentaient
la friture, les stations-service ou les supermarchés
que je hantais plusieurs fois par jour. J’ai ainsi
photographié ce pays et les Américains au fil
de la route comme j’ai cru les voir. Et si, comme
le dit Walker Evans, le secret de la photographie
tient dans le fait que l’appareil prend le caractère
et la personnalité de celui qui le manie, sans doute
n’ai-je fait alors qu’interroger ma propre vision
de l’Amérique et pointer mes propres solitudes.
Extrait du livre publié chez Actes Sud
Jean-Luc Bertini
Américaines Solitudes
www.jeanlucbertini.com
91PORTFOLIO 53
La Vallée de Somme
Bain de Verdure
© Christophe Migeon
#gosomme
vallee-somme.com