FAIRE SON NIDNids des Vosges / VosgesFaites comme les oiseaux. Ce soir pour vous endormir, vous rejoignez sousles frondaisons des grands arbres (frênes, sapin des Vosges, hêtres…) unnid douillet, en l’occurrence une cabane de bois. Il y en a dix perchées à deshauteurs variables. La plus haute, accrochée à plus de dix mètres, convientaux aventuriers qui méprisent le vide. D’autres, moins audacieuses,accessibles par de simples escaliers et équipées de bains finlandais, satisfontdes amoureux de la nature d’un naturel plus pantouflard.www.nidsdesvosges.comPhoto : © D.R.52 UN JOUR J’IRAI DORMIR LÀ-BAS
— AFRIQUE —DE LA TAILLEDES VULVESDans plusieurs pays africains, les jeunes filles se livrent,dès la puberté, à des manipulations intimes pour allongerleurs lèvres vaginales. Certains y voient un rituel initiatiquedestiné à augmenter le plaisir des hommes. Pour d’autres,cela ressemble surtout à une mutilation génitale.Pour le sexe comme pour le reste, les critèresesthétiques sont extrêmement variables, dansl’espace comme dans le temps. Si l’on s’intéresseà la taille, le culte de l’hypertrophieconcerne généralement les organes masculins.Mais il existe des régions du monde oùcette obsession atteint aussi les femmes.Par exemple au Rwanda, pour être considéréecomme esthétiquement acceptable, unevulve se doit d’être dotée de petites lèvresles plus longues possible. Pour y parvenir,dès l’âge de douze ans, les jeunes filles lesmassent régulièrement en les étirant, aprèsles avoir généralement enduites d’huile oud’extraits de plantes. Les codes de cettetechnique, baptisée Gukuna, sont transmisde mère en fille, avec la supervision, le plus souvent, de la tantepaternelle. Les petites lèvres allongées peuvent ainsi atteindrela largeur d’une main. C’est seulement après ce rite que la filleserait, dit-on, prête à la vie conjugale. En fait, il s’agirait, toujoursselon la croyance, de procurer davantage de plaisir àl’homme, car les lèvres ainsi allongées enroberaient mieux lepénis. La coutume n’est pas limitée au Rwanda, et se pratiqueégalement dans d’autres pays africains : Ouganda — où lesjeunes filles disent qu’elles « visitent le buisson » (Okukyaliraensiko) quand elles se massent les lèvres —, Zambie,Mozambique, République Démocratique du Congo… On latrouve aussi hors d’Afrique, notamment dans les îles micronésiennesde Chuuk, dans l’ouest de l’océan Pacifique.ANTONIO FISCHETTIJournaliste scientifiquement portésur le sexe. Dernier livre paru,La Planète des sciences (Dargaud).L’élongation des lèvres vaginales n’est pasofficiellement considérée comme une mutilationsexuelle par l’Organisation Mondialede la Santé, car aucun organe n’est coupéou incisé. Il s’agit néanmoins d’une atteinteà l’intégrité physique, dont on ne peut pasdire qu’elle est toujours consentie par lesjeunes filles, qui sont victimes d’intimidationssi elles s’y soustraient. À ce titre, il estlogique que les mouvements féministes etcertaines ONG s’opposent à cette pratique.Celle-ci n’est d’ailleurs pas sans risques :utilisation d’herbes corrosives, douleurs,saignements, infections…Il est tout de même amusant de constaterque l’élongation des lèvres vaginales est aussipratiquée en Occident, mais d’une autre façon. En effet, lescliniques de chirurgie esthétique les plus modernes proposentaux femmes d’augmenter la taille de leurs grandes lèvres grâceà des injections d’acide hyaluronique. Dans le but, affirmentles promoteurs de cette technique, de « lutter contre le vieillissementde leurs parties intimes ». Les mêmes centres médicauxproposent, à l’inverse, des opérations de « labiaplastie » pourréduire la taille des petites lèvres ! Au fond, rien de nouveaulà-dessous : on trouve beau ici ce qu’on trouve moche ailleurset réciproquement. Mais il serait dommage que cette obsessiondu remodelage génital fasse oublier la beauté de ces organesau naturel.Illustration : © Vivian Jolivet54LE GUIDE DU QUEUTARD