Haiti Liberte 23 Decembre 2020

haitiliberte

Vol 14 # 25 • Du 23 au 29 Décembre 2020

Kiyès Antwàn nan

Gonmye te ye ?

L'USGPN ET LA BSAP AU SEIN

D'UN SCANDALE

President Moïse

Defangs Watchdog Court

at Odds with Him

Page 9

Page 6

L’ONA, une richesse

endormie non

exploitée…

Page 7

Voir page 3

Dans la soirée du lundi 21 au mardi 22 décembre 2020, 8 agents policiers de l’USGPN auraient été

désarmés et dépouillés d’une forte somme d’argent par des individus qui se réclament de la BSAP

JOVENEL MOÏSE SOUTIENT LE COLONIALISME

MAROCAIN AU SAHARA OCCIDENTAL

Cambodge : Le

rude apprentissage

syndical d’une

ouvrière de

l’industrie du luxe

Page 12

Voir page 3

Le Ministre haïtien des affaires étrangères, Claude Joseph, a co-présidé la cérémonie d’inauguration de

l’Ambassade haïtienne au Maroc avec son homologue marocain Nasser Bourita le samedi

12 décembre 2020 dernier

Pérou : Des

travailleurs

des mines se

mettent en

grève

Page 17


Editorial

Nouvelle année, mêmes luttes

Par Frantz Latour

« Ceux qui vivent sont ceux qui luttent »

Victor Hugo

Au revoir 2020 et bonjour 2021 dirons-nous

sous peu. Que d’épreuves, de chutes, de

remontées et de rechutes au cours d’une lutte

sans merci menée par les masses haïtiennes,

poignardées toutefois dans le dos par une opposition

crétine sous la houlette du tuteur

impérialiste : en fait, un ramassis de politiciens

divisés, écartelés, sans principe, sans projet

d’avenir cohérent, libérateur pour le « peuple

souffrant », pour la majorité de la nation marginalisée

depuis le parricide de 1806.

Un peu partout dans le monde, les déshérités,

les exploités, les chômeurs, les oubliés, les

jeunes sans avenir, les prolétaires courbés sous

le harnais capitaliste s’affirment plus que jamais

comme force agissante, déterminante, enthousiaste,

comme on vient de le voir en Bolivie.

En Haïti, au cours de ces dix dernières

années, des vieux, des jeunes, des femmes et

des hommes résolus battent le macadam sans

relâche pour crier leurs souffrances, leur rage et

leur révolte contre d’insupportables conditions

existentielles.

Ils dénoncent avec force la faim, la maladie,

la nudité de leur dénuement, les injustices

criantes d’un pouvoir moribond mais cruel, la

corruption à ciel ouvert, l’incurie débridée des

autorités, l’insécurité galopante, et depuis peu

une systématisation du kidnapping ; bref, ils

rejettent résolument un système qui n’est que

« destruction de l’humain et gaspillage des ressources

».

Au cours de ces déprimantes années de

PHTKisme destructeur du tissu social haïtien,

une colère croissante des opprimés s’est développée

qui malheureusement ne s’est pas accompagnée

d’une conscience de changement

révolutionnaire claire, ce par la faute d’une

opposition archinulle, irresponsable, bêtement

et béatement attelée à la bourgeoisie et à

l’impérialisme. Nous avons donc assisté à « des

tâtonnements sans contenu concret réel, un

rabâchage piteux, un radotage stérile du mot

changement », à d’acrobatiques « propositions

de sorties de crise » qui finalement ont conduit

à une trahison des luttes et espoirs des masses

haïtiennes

Le journal Haïti Liberté adresse au peuple

haïtien, à ses lecteurs et lectrices, ses commanditaires

et collaborateurs, ses meilleurs vœux de

bonheur, de succès et de santé dans un monde

meilleur en 2021, un monde par les Peuples et

pour les Peuples, dans une Haïti par les Haïtiens

et pour les Haïtiens, dans la paix, la solidarité,

la coopération et le progrès. 2021 devra

être nouvelle année qui soit une victoire dans

la lutte de classe pour les droits des travailleurs

et travailleuses contre l’exploitation capitaliste.

Pour paraphraser Victor Hugo : « Saluons ensemble

cette nouvelle année qui vieillit notre

lutte sans vieillir notre solidarité de classe ».

« Soufflons nous-mêmes notre forge ». Du

fond de sa prison, Georges Abdallah a eu à dire

avec justesse : « Ce n’est qu’ensemble que les

prolétaires et les diverses composantes des

masses populaires de ce pays vaincront » : son

pays, l’Algérie ainsi qu’Haïti, notre pays. Nouvelle

année, mêmes luttes, mêmes espoirs.

Meilleurs vœux à nos compatriotes pour une

année 2021 créative et militante.

HAITI

1583 Albany Ave

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Tel: 718-421-0162

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 25 • Du 23 au 29 Décembre 2020


Jovenel Moise soutient le

colonialisme marocain au Sahara occidental

L'USGPN et la BSAP au sein

d'un scandale

L’ambassadeur d’Haïti au Canada, Weibert Arthus (à gauche) et le ministre

des Affaires étrangères du Maroc, Nasser Bourita, ont coupé le ruban du

nouveau consulat d’Haïti à Dakhla, au Sahara occidental, le 14 décembre.

La délégation haïtienne présente à l’ouverture le 14 décembre du consulat

d’Haïti au Sahara occidental posant dans le bureau du consul avec le Ministre

des affaires étrangères du Maroc, Nasser Bourita (à gauche). Le portrait du

président Jovenel Moïse côtoie celui du roi Mohammed VI, fils du roi Hassan

II, qui s’est initialement emparé du Sahara occidental en 1975.

Des drapeaux du Front Polisario flottent au-dessus d’un défilé de l’Armée de

libération du peuple sahraoui. Le Front Polisario se bat pour l’indépendance

du Sahara occidental depuis 1973. Photo: Farouk Batiche / AFP

Par Kim Ives

Haïti n’était pas seulement la

première nation d’Amérique

latine. En un sens, c’était aussi la

première colonie africaine à se libérer.

Après tout, en 1791, la moitié des

500.000 esclaves qui ont lancé la

révolution qui devait durer 13 ans

dans la colonie française de Saint-

Domingue étaient nés en Afrique.

Il est donc particulièrement

honteux qu’Haïti soit le premier pays

d’Amérique latine à reconnaître officiellement

la revendication illégale du

Maroc sur le Sahara occidental, la dernière

colonie africaine.

Le président haïtien Jovenel

Moise l’a fait en ouvrant, le 12 décembre

2020, une ambassade à Rabat,

la capitale du Maroc et un consulat le

14 décembre dans la ville de Dakhla,

située sur la côte atlantique du Sahara

occidental.

L’ouverture de l’ambassade haïtienne

là-bas, seulement la deuxième

sur le continent africain, après celle de

Pretoria, en Afrique du Sud, a été initiée

par l’administration du président

Donald Trump en coordination avec Israël,

que le Maroc a accepté de reconnaître

le 10 décembre, ce qui en fait le

Le ministre marocain des Affaires

étrangères, Nasser Bourita, devant

les drapeaux haïtien et marocain,

s’exprimant lors de l’ouverture du

nouveau consulat haïtien à Dahkla,

au Sahara occidental, le 14 décembre

quatrième pays arabe - après Bahreïn,

les Emirats arabes unis et le Soudan -

à l’avoir fait en 2020.

Pour gagner l’accord du Maroc

sur l’établissement de liens formels

avec Israël (il y avait eu des relations

secrètes pendant des décennies), les

États-Unis ont reconnu la revendication

du Maroc sur le Sahara occidental,

au défi des Nations Unies qui

reconnaissent la revendication d’indépendance

du Sahara occidental.

C’est le site internet de l’ambassade

des États-Unis en Israël qui a publié

le 4 décembre la «Proclamation sur

la reconnaissance de la souveraineté

du Royaume du Maroc sur le Sahara

occidental» de la Maison Blanche de

Trump.

La proclamation affirme qu’«un

État sahraoui indépendant n’est pas

une option réaliste» et que l’annexion

du Sahara occidental par le Maroc «est

la seule solution possible» à une impasse

vieille de trois décennies sur le

sort du territoire.

La proclamation annonce que

les États-Unis «ouvriront un consulat

sur le territoire du Sahara occidental,

à Dakhla, pour promouvoir les opportunités

économiques et commerciales

pour la région».

Le président haïtien Jovenel

Moïse, qui dépend entièrement de

Washington pour sa survie politique, a

été poussé à agir comme une marionnette

pathétique dans cette manœuvre

de Trump.

L’ambassadeur d’Haïti au Canada,

Weibert Arthus, s’est joint au

Ministre des affaires étrangères du

Maroc, Nasser Bourita, pour présider

la cérémonie d’inauguration, à laquelle

assistaient principalement une

poignée de diplomates marocains et

haïtiens.

L’Espagne a colonisé le Sahara

occidental, un vaste territoire de

103.000 kilomètres carrés principalement

désertique, en 1884. Mais,

alors que des luttes anticoloniales

éclataient à travers l’Afrique dans les

années 1960 et 1970, le Front Polisario,

représentant le peuple sahraoui

du Sahara occidental, a lancé une lutte

de libération nationale en 1973 pour

chasser les Espagnols, qui ont abandonné

cette colonie de la taille de l’Islande

en 1975.

Mais le roi marocain Hassan II a

immédiatement envahi, luttant contre

le Front Polisario pour le contrôle de

la zone, rebaptisée République arabe

sahraouie démocratique.

En 1979, l’Assemblée générale

des Nations Unies a reconnu le droit

des 600.000 sahraouis à l’autodétermination

et le Front Polisario comme

leur représentant. (Même l’ambassadeur

à l’ONU du «Président à vie»

Jean-Claude «Baby Doc» Duvalier a

voté en faveur de la résolution).

Une guerre de guérilla entre le

Maroc et le Front Polisario a duré de

façon spasmodique pendant 16 ans

jusqu’en 1991, lorsqu’un cessez-lefeu

avec la promesse d’un référendum

sur l’indépendance a été négocié. Mais

depuis lors le Maroc a fait obstacle à

toute tenue de référendum.

Le 13 novembre, le Maroc a

lancé une opération militaire dans le

territoire, traversant la zone tampon

administrée par l’ONU (MINURSO) et

forçant le Front Polisario à également

abandonner la trêve. La provocation

du Maroc a été clairement stimulée par

la perte par Trump des élections étatsuniennes

du 3 novembre. C’était une

dernière occasion de se joindre à Trump

et Israël pour présenter au monde

un autre fait accompli effronté, comme

l’a été le déplacement de l’ambassade

des Etats-Unis en Israël à Jérusalem ou

l’assassinat du plus important scientifique

nucléaire iranien.

«La décision de Trump ne

change rien en termes juridiques sur

la question des Sahraouis parce que

la communauté internationale ne

reconnaît pas la souveraineté marocaine

sur le Sahara occidental», a

déclaré le 10 décembre un communiqué

du Front Polisario. «Cela constitue

une violation flagrante de la charte

des Nations Unies… et des principes

fondateurs de l’Union africaine, et

entrave les efforts de la communauté

internationale pour trouver une

solution pacifique au conflit entre la

République sahraouie et le Royaume

du Maroc».

L’administration Trump a utilisé

Haïti comme un pion dans un autre

suite à la page(16)

Des policiers de l’Unité de sécurité générale du palais national (USGPN)

Des agents de la Brigade de Sécurité des Aires Protégées (BSAP)

Par Isabelle L. Papillon

Dans les coulisses du Palais National

et relayé par la Radio

Scoop FM, il est bruit que dans

la soirée du mardi 22 décembre

2020, 8 agents policiers de l’Unité

de sécurité générale du palais national

(USGPN) qui étaient en mission

spéciale ont été mis en déroute

sur la route nationale numéro 3 au

pied de Morne à Cabri par une autre

force armée : légale ou illégale ?

Personne ne le sait encore.

Le paradoxe est que ces 8

policiers voyageaient avec deux

voitures policières pour se rendre à

Marion, dans la Commune de Terrier-Rouge.

Le scénario raconté est

cousu de fil blanc et laisse penser

qu’il y a anguille sous roche.

En effet, on a fait savoir, sans

doute selon les déclarations des

policiers du Palais, qu’ils transportaient

une forte somme d’argent de

la Capitale qui devait aller aux ouvriers

travaillant dans la construction

du barrage hydroélectrique

sur la rivière Marion du côté de

Grand-Bassin.

Personne officiellement n’a

donné d’explication sur la provenance

de cette somme : venait-elle

venait du Palais National ou du

ministère des Finances ? Qui avait

engagé ces policiers pour cette mission

à une époque aussi fragile ?

Et si l’on en croit leurs déclarations,

la somme inconnue a été

tout bonnement emportée par 40

hommes armés qui ont désarmé

les policiers et les ont dépouillés

de tout, entre autres 5 fusils Galils,

un M14, 8 pistolets, deux radios de

communication, et des téléphones

confisqués.

Les assaillants ont même eu

le temps de confesser à leurs victimes

qu’ils ne sont jamais payés

pour leur boulot par l’État haïtien.

Ils travaillent et ne reçoivent aucun

salaire depuis bien des mois et

ce fonds kidnappé est pour se rémunérer

eux-mêmes.

Qui va croire à cette histoire

que racontent les policiers cantonnés

au Palais National ? En fait,

ces assaillants qui ont commis cette

forfaiture ne sont pas des bandits

illégaux mais bien légaux, à savoir

des agents de la Brigade de Sécurité

des Aires Protégées (BSAP) comme

l’ont fait savoir les 8 soi-disant victimes.

Par la suite, le directeur de

la BSAP, Jeantel Joseph, au cours

d’une courte interview à Scoop FM

a affirmé qu’il avait été mis effectivement

au courant d’un incident

survenu au cours de la nuit. Selon

lui, il n’y avait que 4 agents BSAP

à cet endroit et qui sont toujours

au poste ; mais pas le chiffre de 40

qu’indiquaient les hommes du Palais

National.

La première question à poser

est celle-ci : pourquoi ce sont des

policiers qui ont été utilisées pour

transporter cette somme d’argent

? Les deux voitures qui transportaient

cette valeur monétaire

avaient-elles un coffre-fort que

personne ne pouvait ouvrir que par

ceux qui en connaissaient le code ?

Qui a décidé de cette aventure, et

si tout cela n’est pas un montage,

celui qui a décidé d’envoyer cette

somme à Marion est amplement

complice de ce vol. Si vraiment il

y a vol. Il se pourrait que ce soit

un complot bien orchestré par les

agents de l’USGPN pour s’emparer

de cette somme d’argent.

C’est un dossier qui n’est

qu’une illustration du niveau de

corruption au sein même de la

plus haute magistrature de l’Etat.

Des vols organisés par tous les dirigeants

sans exception. Tout en

rappelant que le comportement des

agents de la Brigade de Sécurité des

Aires Protégés (BSAP), ces individus

vêtus d’uniforme militaire et

lourdement armés, est très critiqué

parce qu’ils se livreraient à des activités

paramilitaires, une sorte de

milice du banditisme.

Nous espérons que les autorités

gouvernementales mettent à

clair ce scandale de vol et de corruption

planifié.

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Haiti Liberté/Haitian Times

3


On continue

de bien se protéger !

Toussez dans

votre coude

Lavez

vos mains

Obligatoire pour les

personnes âgées de 10 ans

et plus dans les transports

en commun et la plupart

des lieux publics fermés

et partiellement couverts.

Gardez vos

distances

Couvrez

votre visage

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Vol 20-210-232W-Pubs_port-masque_14sept_fr_.indd 4 14 Haiti # 23 • Liberté/Haitian Du 9 au 15 Décembre Times 1 2020

Vol 14 # 25 Haiti • Du Liberté/Haitian 23 au 29 Décembre Times 20-09-14 2020 11:22 11

20 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 21 • Du 25 Novembre au 1er Décembre 2020

Vol 14 # 18 • Du 4 au 10 Novembre 2020

Haiti Liberté/Haitian Times 11


Perspectives

De l'intranquillité pour traquer la précarité (Partie I)

Par Erno Renoncourt

Une tribune pour laisser retentir l’urgence

de l’intranquillité capable de

terrasser l’insignifiance académique

et traquer la précarité qui tue l’intelligence

collective. Partout où les défaillances

sont le fait de médiocrités de la

conscience, il faut que l’engagement

éthique éclaire le savoir pour porter la

lumière des compétences plus loin que

le petit rectangle de papier froissant

du diplôme.

De la solitude des lanceurs d’alerte

Il y a quelques jours, le 8 décembre

dernier, les médias alternatifs en ligne

relataient, le décès de Brandy Vaughan.

De qui parle-t-on pour que ce soit à ce

point digne d’être souligné ? D’une ancienne

représentante pharmaceutique

des laboratoires Merck & Co qui était

devenue lanceuse d’alerte antivaccin.

Comme on pouvait sans douter, cela

n’a pas fait grand bruit dans les médias

occidentaux. Et pour cause. Car cette

disparition coïncide étrangement avec

le démarrage prochain d’une immense

campagne de vaccination en Europe et

aux USA contre le coronavirus.

Qui aurait intérêt à agiter dans

l’opinion ce décès, potentiellement

suspect, quand on sait que la victime

avait quitté ses fonctions pour sensibiliser

l’opinion sur les risques et la

dangerosité des vaccins, en prônant la

liberté vaccinale contre la contrainte.

Car, « après avoir compris que le Vioxx,

médicament qu’elle avait contribué

à commercialiser, avait finalement

causé la mort de plusieurs centaines de

milliers de patients à travers le monde,

elle avait démissionné de ce puissant

groupe pharmaceutique [1] ». Une

démission justifiée alors par des mots

forts [2] : « J’ai choisi le courage. J’ai

choisi la compassion. J’ai choisi l’intégrité.

J’ai choisi la santé. J’ai choisi

l’honnêteté. Et surtout, j’ai choisi

Wilson Laleau ancien vice-recteur

aux affaires académiques de

l’Université d’État d’Haïti

l’amour [de la vie]. »

Vers une pédagogie de l’éthique

Alors, je surfe sur cet exemple de courage

éthique (qui, précisons-le, n’est

jamais sans risque) pour rappeler combien

Haïti a immensément besoin de

cette forme d’intelligence pour relier les

parcours académiques, les compétences

professionnelles à des postures de

dignité et d’intégrité. Des postures qui

pourront auréoler des trajectoires de vie

pour laisser transpire l’éthique comme

ultime intelligibilité de notre humaine

condition. C’est quand même dommage

que les gens ne mesurent pas l’importance

de l’éthique comme démarche individuelle

pour protéger le collectif. De

toute évidence, il semble illusoire de se

reporter à la société et à ses institutions

pour garantir la performance d’un collectif.

Dans la mesure où, de la base au

sommet, toute société n’est constituée

que de groupes d’intérêts et d’organisations

qui sont eux-mêmes constitués et

dirigés par des individus, ce sont donc

les préoccupations et les motivations

des individus qui font tourner les organisations

et les sociétés. In, fine, c’est

sur eux qu’il faut agir pour induire la

stabilité comme on agirait en amont sur

défaillance localisée pour performer en

La performance collective

comme valeur construite par un

écosystème intelligent © Erno

Renoncourt

aval le système global.

Une société et ses institutions

ne sont pas des abstractions

philosophiques et des nébuleuses qui

apportent la stabilité, la justice et la

performance par décret et injonction

démocratique. Les institutions politiques,

les entreprises privées et les

organisations de la société civile d’un

pays sont des réalités contextuellement

façonnées et modelées par les exigences

de la population, laquelle n’est un

agrégat d’individus. Or, ceux-ci, par la

diversité de leurs aspirations et par leurs

faiblesses innombrables, représentent

les maillons faibles de l’écosystème organisationnel

et social. Et comme dans

tout écosystème, c’est au niveau précis

où les maillons faibles sont localisés

qu’il faut porter l’action puisque ce sont

eux qui apportent les déséquilibres nuisant

à la stabilité globale.

Comme dans un système thermodynamique

régulé par son enthalpie,

laquelle est portée par son énergie

interne, sa pression et son volume, une

société est régulée par son intelligence

collective, laquelle détermine son évolution

à partir de la valeur des processus

de ses organisations et de l’engagement

éthique de ses membres. Ceux-ci, dans

leurs interactions, produisent de la valeur,

comme énergie interne, qui amène

la société à se sublimer pour résister

aux pressions externes. Nécessairement,

toute démarche rigoureuse pour

faire évoluer un système dynamique

et modifier sa trajectoire erratique doit

tenir compte de la pression externe

afin de mieux activer et entretenir cette

énergie interne. Dans les conditions

humaines de défaillance, plus la valeur

éthique des individus dans une société

est élevée, moins ils ressentent la précarité

externe et plus ils agiront intelligemment

pour garantir la stabilité de

leur écosystème (clin d’œil à la loi des

gaz parfaits). L’éthique apparait donc

dans notre approche, non comme une

démarche politiquement neutre, mais

comme une démarche de gestion de

risque qui vient éclairer l’action politique

pour sécuriser les maillons faibles

des processus organisationnels afin de

renforcer les protections contre les défaillances

stratégiques pour maintenir

l’équilibre et la stabilité de la société.

L’image mise en exergue illustre

les liaisons structurantes entre les différentes

dimensions d’un écosystème

performant. La performance ne se

décrète pas, elle est la valeur restituée

par un écosystème intelligent dont les

processus d’affaires des organisations

et des institutions sont en cohérence

avec l’engagement éthique du collectif.

C’est cet engagement éthique qui doit

nourrir toutes les dimensions de l’écosystème

comme une ardente énergie

interne (enthalpie). Une énergie appelée

à irradier à la fois l’intelligence

des données d’activités des entreprises

et des organisations, l’intelligence du

pilotage des affaires, pour que, tout en

se nourrissant de l’intégrité des acteurs,

elle puisse générer la performance comme

une valeur restituable, comme un

construit collectif contextuellement objectivable.

L’intelligence éthique n’est

pas sorcier. C’est un prolongement de

l’intelligence collective avec une spécification

de son domaine d’action.

Concrètement, si l’on excepte les

goulags, les fusillades en masse et autres

atrocités inhumaines, déjà exploitées

infructueusement, il ne reste plus que

l’éthique comme ultime démarche pédagogique

pour circonscrire les risques

induits par le facteur humain dans une

société. Mais, empressons-nous de dire

que l’éthique est prise ici, non dans une

dimension de contrainte morale imposable

à tous ; mais dans une dimension

de compétence transversale intégrable

aux autres compétences pour forger de

nouvelles technologies de l’intelligence

et faire émerger des infrastructures de

résistance capables de s’opposer aux

défaillances. L’éthique doit donc pédagogiquement

s’imposer comme une

soupape de sécurité intégrable aux

compétences académiques et professionnelles

pour préparer, ceux et celles

qui seront en situation de prise de décision,

à exercer leur responsabilité dans

une logique priorisant l’intérêt collectif.

Un savoir dispensé en un lieu donné

n’a de pertinence que s’il prépare les

individus de ce milieu à faire face aux

problématiques et défaillances contextuelles.

Le Japon a su intégrer la problématique

sismique dans toutes ses

préoccupations stratégiques, il en est

résulté un empire technologique.

Refonder la conscience sur des

bases structurantes

Ce qui nous permet de revenir et d’insister

sur l’immense indigence du projet

éducatif haïtien qui se contente,

soit de préparer des cadres qui iront

se proposer au salariat dans d’autres

pays, soit de former des entrepreneurs

et créateurs d’emploi pour fructifier le

business d’un patronat spécialisé dans

la culture des mauvais arrangements,

soit de préparer des cadres qui vont

servir d’intermédiaires aux ONG. La

vraie défaillance d’Haïti n’est pas sa

pauvreté, mais la pauvreté humaine

de ceux qui brandissent les diplômes

et revendiquent la réussite. Ici les chercheurs

en éducation gèrent, à partir

de données faussées et trafiquées, de

petits projets pour les agences internationales,

comme les spécialistes de la

santé publique qui gèrent, sans aucune

donnée probante pour le pilotage de

leurs activités, des projets de lutte contre

les contagions. C’est la même chose

au niveau de la justice. Tout un pays

mis en chantier par de petits projets

incohérents et insignifiants. En effet,

c’est plus confortable, car plus rentable,

de travailler sur ce qui n’aura aucun

impact sur les défaillances. Ce sont les

défaillances qui permettent à ces projets

de se pérenniser.

Alors même que l’on sait que le

modèle d’affaires dominant est la corruption,

alors même que l’on sait que

l’instabilité globale repose sur l’impunité,

le manque d’intégrité des acteurs

et l’absence de courage éthique des, on

ne voit aucun projet éducatif qui propose

de s’attaquer à ces déficiences. Et,

même, en toute imposture, on trouve

des universités haïtiennes qui proposent

des programmes de Master en

intelligence artificielle et en robotique,

alors que l’écosystème informationnel

du pays est un vaste foutoir. Et oui,

les « génies » haïtiens, pour montrer

leur savoir et snober l’indigence, dissertent

et organisent des ateliers sur

l’intelligence artificielle alors que dans

leur pays l’intelligence est une fiction.

Car, quand il n’y a ni intelligence des

affaires, ni intelligence analytique, ni

imputabilité des actions, ni intégrité

des acteurs, on voit très mal comment

articuler un projet d’intelligence dont

la cohérence repose sur l’intelligence

des données et des activités. Comme

si l’épistémologie du Big Data, sur

laquelle repose l’intelligence artificielle,

ne doit pas être en résonance avec l’intelligence

éthique de l’écosystème où

elle agira.

Le drame haïtien est aussi là : il y

a une inflation de gens diplômés, mais

ils n’ont pas le courage éthique pour

porter leur savoir comme un outil de

changement au service de l’intranquillité

pour s’attaquer aux défaillances du

lieu où ils vivent. Le savoir est pour eux

un effet de mode, un artifice de séduction

intellectuelle. L’effondrement de

la conscience est si manifeste en Haïti

que le lettré Haïtien se sent plus à l’aise

et plus savant à discourir sur les problématiques

étrangères qu’on lui impose

par injonction ou qu’il fait siennes par

séduction que sur les propres problématiques

qui objectivent le contexte de ses

défaillances. Haïti doit se donner les

moyens de construire son propre récit

de performance à partir d’une contextualisation

du savoir de ses élites ; cellesci

doivent se sentir contraintes d’agir

sur les problématiques qui contextualisent

les défaillances de leur milieu et

non plus de continuer de vivre dans les

rêves d’ailleurs.

À ce propos, comme je l’avais

déjà souligné, n’est-ce-pas absurde que

l’École Nationale des Politiques Publiques

(ENAPP), conçue par les Canadiens

pour Haïti, ne dispense aucune

formation reliant la prise de décision

aux enjeux éthiques et à la maitrise

des risques informationnels ? Pourtant

toutes les écoles canadiennes mettent

l’accent sur l’éthique, la responsabilité,

le sens du bien commun et la culture

des données comme supports d’aide

à la décision. Est-ce étonnant alors

qu’Haïti soit le pays le plus corrompu

des Caraïbes ? Alors que le lien entre

mauvaise gouvernance et déficit informationnel

est fondé, n’est-ce pas un

signe de médiocrité de constater si peu

d’initiatives de renforcement cherchant

à sécuriser les risques éthiques et les

risques informationnels des institutions

haïtiennes ? Or, tout un chacun sait que

ces risques servent de portes d’entrée à

la corruption.

Voilà qui explique pourquoi

l’écosystème informationnel de la gouvernance

publique haïtienne reste un

véritable foutoir permettant aux gestionnaires

et administrateurs de s’enrichir,

tout en rejetant les contreperformances

de leurs institutions sur la

médiocrité collective : « à l’image du

pays ! ». En effet, que ce soit pour la

justice, pour la sécurité publique, pour

la police, pour l’éducation, pour la

sécurité sociale et pour la santé, il n’y

a aucune cohérence dans la gestion

de l’information stratégique. Tout se

fait au petit bonheur, selon un modèle

économique performant (voir notre article

l’économie de la défaillance) qui,

conforté par l’impunité, nourrit l’irresponsabilité

et les médiocrités. Il y a des

variables objectives qui confortent la

théorie de l’indigence dans ses fondamentaux

comme un effondrement dans

la conscience induisant une errance

collective que nourrissent la malice et la

culture de la corruption (voir notre article

l’équation de l’errance quantique).

Fort de ce constat, dans un écosystème

aussi humainement précarisé,

comment ne pas chercher à faire

émerger chez les universitaires, des exemples

qui peuvent nourrir et magnifier

cette enthalpie collective à travers des

postures d’intégrité. D’autant, que c’est

par rafales successives que défilent les

images explosives de l’indigence des

universitaires haïtiens. En voulez-vous

des exemples de choix ? En voici trois

significatifs à plus d’un sens :

Qui ne se souvient pas de l’attitude

immonde de ce vice-recteur aux

affaires académiques de l’Université

d’État d’Haïti applaudissant servilement

un président jugeant convenable

d’insulter publiquement un journaliste

qui a osé lui poser une question pertinente

! Est-ce étonnant que devenu

ministre ce vice-recteur soit impliqué

dans l’architecture de l’une des plus

grandes opérations de corruption (PetroCaribe)

du siècle dans le pays ?

Qui ne se souvient pas des images

indigentes montrant un ministre

contraint pour ne pas perdre son poste,

non seulement de porter la couleur d’un

parti politique dont il n’est pas membre,

mais aussi de chanter et de danser avec

le président qui animait les conseils des

ministres de son gouvernement comme

au temps où il animait son orchestre

comme Sweet Micky ? Comment prendre

au sérieux aujourd’hui les recommandations

de cet ex ministre sur la

bonne gouvernance éducative quand

son éducation ne lui a pas permis de résister

ou de s’opposer aux mille dérives

du gouvernement dont il a été membre

pendant environ 3 ans entre 2012 et

2015 ?

Qui ne se souvient pas de l’attitude

minable et déplorable de ce directeur

du conseil national des télécommunications

(CONATEL) au lendemain

d’une séance publique au cours de

Brandy Vaughan lanceuse d’alerte

antivaccin, décédée le 8 décembre

dernier, sa disparition suspecte

n’a pas fait grand bruit dans les

médias occidentaux

laquelle le président de la commission

de justice du Sénat de la République

annonçait des numéros de téléphone

des officiels haïtiens qui communiquaient

régulièrement avec les gangsters.

Au lieu de mettre son institution

au service de la justice pour identifier

ces puissantes complicités politiques,

économiques et diplomatiques qui

protègent les gangsters et les bandits,

il a préféré, pour protéger son poste,

déclarer publiquement qu’il n’était pas

responsable de la communication de la

liste des dits numéros de téléphone.

Faut-il que je précise que dans

tous ces cas, et dans les milliers d’autres

qui font la renommée du shitole haïtien,

il s’agit exclusivement de gens qui

ont fréquenté les prétendues meilleures

écoles haïtiennes, ont étudié dans les

plus grandes universités étrangères,

notamment européennes et américaines,

et qui travaillent ou ont travaillé

pour les plus grandes agences internationales

de développement ou de protection

de droits humains ! Preuve s’il

en était encore besoin de l’enfumage

que fait régner ceux qui revendiquent

le savoir et la réussite en Haïti.

Comment terminer cette fouille

sur les postures éthiques sans rappeler

que c’est dans la banalité des comportements

et dans les irresponsabilités

individuelles que les médiocrités se

répandent pour devenir normes sociales,

déviances collectives et défaillances

politiques imposables à tous ?

Comment face au vide éthique terrifiant

qui déforme l’écosystème haïtien ne

pas être inquiet pour l’avenir au point

de demander une rupture d’avec ces

impostures ? En tout état de cause, il

faut se demander si Haïti pourra réussir

le sursaut nécessaire pour sortir des

abysses de l’errance sans de solides

infrastructures éthiques comme ressort

? Surtout, quand l’errance est une auberge

en fête qui permet de s’enrichir

par la commercialisation de produits

avariés et par l’arnaque comme service.

Surtout, quand il est plus facile

pour des fournisseurs de se spécialiser

dans la production et le recyclage de

détritus. Surtout, quand les consommateurs

ne sont nullement exigeants et se

contentent de se pincer le nez pour se

remplir la panse d’eau puante Surtout,

quand l’impunité vient en soutien à la

suite à la page(16)

Vol 14 # 25 • Du 23 au 29 Décembre 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Kwonik Kreyòl

Nwèl Aksidan

Kabwèt tonton nwèl chavire

Nan kè kalfou male pandye

Ribanbèl vyolans tout kote

Fè vwa mizè pa rive monte

Jis nan fetay kowona rete

Monte kote rès Nwèl antere

Pou al denonse rèy ensekirite

Ki depafini lespwa mòn Dede

Pete je lespwa demen alemye

Nan fon badji ougan asongwe

Nan malè n ye la n pap rete vre

Aksidan malè fèk kare rive n

Sonje lang apredye te pale n

Rasin Defi aplikasyon

deklarasyon inivèsèl dwa

moun an Ayiti

3zyèm pati

Trayizon demokrasi an Ayiti

Nan yon dezyèm tan, Ayiti konnen

yon diktati ki fè plizyè lane. Diktati

Rejim Divalye a moute aprè plizyè

gouvènman pwoviswa souvan konteste

bò kote kandida yo, nan lide pou yo

anpeche pyès kandida pa jwenn privilèj

patikilye. Malgre sa a, Franswa Divalye

suivan dimansyon politik ak estrateji

li te rive pran eleksyon an nan gwo

ponyèt kote li te jwenn sipò Lame a epi

kòb nan men moun k ap fè politik nan

peyi Kiba nan epòk la, tankou li jwenn

yon milyon dola nan men prezidan

Fulgencio Batista [30]. Menm genyen

temwanyaj ki fè konnen F. Divalye te

di li pa kwè nan eleksyon lib epi transparan,

se Lame li kwè ki dwe bay li

pouvwa [31].

Nan kesyon eleksyon pwofesè

[32] Victor Benoît (Viktò Benwa) nan

kad travay li fè konprann, chak pral

genyen eleksyon nan peyi a genyen

gwo batay nan lojik pou yon kandida

fè dappiyanp sou eleksyon an. Batay

sa a makònen gwo vyolans, li suiv

pwoblèm politik ak yon lojik diktatoryal.

Eleksyon yo fè parèt pi byen kriz

estriktirèl yo peyi a ap konfwonte depi

dikdantan, san li pa pote anyen kòm

amelyorasyon.

Nou pa dwe bliye, nan mitan

peyizan yo, se sou fòm aksyon kominotè,

makout yo te kontwole milye riyal

la pou gouvènman Divalye a[33].

Selon Laënnec Hurbon « se yon Rejim

ki karakterize koripsyon, krim, masak,

elatrire », malgre rejim sa a fin kaba,

[34] Leta Divalyeryen an repwodui tèt

li san Divalye difèke repons kriz estriktirèl

yo rejim sila a te soumèt nan fè

zak kriminèl pa rezoud pwoblem yo,

zak sila yo kontinye manifeste menm

aprè rejim Divalye a. [35] Soti 1804

jouk jounen jodi a, Leta Ayisyen te toujou

yon Leta otoritè : Ayiti konnen nan

tout istwa li senpman diktatè. Diferans

Divalye parapò lòt chèf Leta ki pase

yo se transfòmasyon yon estrikti diktatoryal

otoritè nan yon estrikti totalitè.

Rejim Divalye a ak lòt gouvènman

yo administre peyi a tankou antrepriz

pèsonèl yo, kote koripsyon, represyon

ap vale teren, touye tout moun ki vle

bloke pouvwa yo, se modèl Leta sa a

Sauveur Pierre-Etienne kalifye Leta

neyopatrimonyal la [36].

Aprè rejim sila a, eleksyon 1990

yo bay pou premye fwa yon konsekrasyon

demokratik nan yon kontèks kote

Lame t ap fè gwo represyon kont tout

pwosesis demokratik la. Malgre viktwa

Jean-Bertrand Aristide kòm prezidan

viktwa pa t rete pou lontan difèke Lame

ayisyen jwenn jarèt C.I.A konplote yon

koudeta kont li [37]. Nan lane 1994,

Etazini tounen avèk prezidan Aristid

pou kontinye pwosesis demokratik

la, aprè plizyè masak ki fèt nan

katye popilè yo pou Etazini kraze fòs

òganizasyonèl mas popilè a, ki te vle

viv yon demokrasi ki chita sou libète

byennèt yo. Sepandan pouvwa Lavalas

pa t chita vrèman modèl sosyete

Aklè flonn bave l menase n

Aklè aksidan fèk pral rive n

Mèt Dòval aksidan fè l kite n

Bon anj Gregori fin tchwipe n

Nanm Evlin Sensè pa sonje n

Nan bab simityè aksidan rive n

Chwal ton Nwèl pa menm vle n

Chwal Nwèl fèk tchwipe libète n

Aksidan aksidan se sa k merite n

Nwèl aksidan Besap fèk brake n

Aksidan chwal zòt fèk kidnape n

J. Fatal Pya

reyèl li reve a men plis sou Aristid kòm

yon pèsonalite karismatik ki chita sou

bèl diskou. Echèk pouvwa Lavalas la

vin fè genyen gwo difikilte pou moun

yo parèt nan espas politik la e pou yo

adapte yo [38].

Pouvwa Lavalas se te [39] prensipal

alye Fon Monetè Entènasyonal

(FMI) ki kontribye nan fè dappiyanp

sou antrepriz Etatik yo, ki genyen gwo

konsekans negatif sou byennèt pèp ayisyen

an. Lavalas manifeste yon pouvwa

ki neglije totalman byennèt popilasyon

an, an menm tan, kache lavni

Ayiti epi fèmen wout pou demokrasi

a [40]. Si nan moman ki t ap vini yo

konstitisyon an reyabilite divalyeris

yo nan dwa sivil ak politik yo ; pouvwa

Lavalas la nan pratik li reyabilite

yon lòt fwa divalyeris la politikman

epi moralman. Reyabilitasyon sa a vin

yon pikan kwenna pou lavni demokrasi

a an Ayiti [41]. Si Rejim Divalye a

t ap itilize [42] represyon kòm prensipal

metòd pou batay kont tout fòm

opozisyon pou li konsève pouvwa li,

Tonton-makout kòm senbòl li ki se yon

zouti depaman valè demokratik yo,

kote l ap fè entimidasyon, menas, bay

pwop tèt yo jistis, arestasyon ki pa legal,

pèsekisyon politik, sasina, elatriye,

pouvwa Lavalas la ale nan menm lojik

sa yo, anplis, pandan prezidan Aristide

fin prete sèman jouk rive 29 fevriye

2004, Lajistis pa sispann fè wout kwochi,

wout ki rann li plis fèb nan poze

aksyon ki pa legal [43].

Sou prezidans Jean-Bertrand

Aristide Lajistis pa t vo anyen [44],

parekzanp pouvwa politik la pa t respekte

kèk Jij ki te genyen obligasyon

pou deside nan kad fonksyon yo [45],

souvan fwa pouvwa soumèt yo kèk restriksyon

ki deyò konstitisyon an [46

; 139]. Nan san sa a, tout ayisyen k

ap viv an Ayiti se yon potansyèl prizonye

[47]. Si n ap eseye konprann

bidjè Ministè Lajistis nan lane 2003-

2004, li genyen yon bidjè anviwon

1.3 milya goud, kote 1.1 milya ale pou

Polis Nasyonal Ayiti (PNH), alòs depi

lè Ministè Lajistis vin otoritè titèl PNH

la, 80% bidjè ale pou lapolis [48]. Andeyò

restriksyon ki pa konstitisyonèl yo,

nou remake pa genyen vrèman lajan

nan bidjè Ministè Lajistis pou li fè travay

li jan sa dwe fèt. Pwoblèm sila yo

kontribye nan vyolasyon dwa moun yo

an Ayiti.

Depi aprè 1986, malgre gwo

jefò fèt sou kesyon respè dwa moun

yo bò kote kèk òganizasyon, enstitisyon,

elatriye, men chapant estriktirèl

sosyete a pako chanje pou li rive veritableman

nan yon sosyete “tout moun

se moun pa gen moun pase moun”, se

absans yon veritab demokrasi ki lakòz

sa a. Sevre aprè 86 Ayiti antre nan

yon pwosesis demokratik men li pako

janm reyèl. Sosyològ Frédéric Boisrond

konprann demokrasi a pa ateri koz

edikasyon moun yo ki pa fèt pou yo

rive genyen yon kilti demokratik. Ayiti

soti nan diktati pou li antre nan yon

Kiyès Antwàn nan Gonmye te ye ?

J. Fatal Pya ak Mari Michèl Dimanch

Sa m wè pou ou, Antwàn nan

Gonmye pa wè l

Pwovèb Ayisyen

Antwàn nan Gonmye se te yon

Divinò Ayisyen ki te tèlman wè

lwen yo te ba l pote non Nostradamous

Ayisyen. Antwàn Pentwo se

konsa gwo kokennchenn Divinò sa a

te rele. Li te abite nan plenn Gonmye

ki chita kò l nan 4yèm Seksyon Komin

Wozo ki nan awondisman Koray nan

Depatman Grandans. Si w wè yo rele

zòn nan nan Gonmye se paske l te gen

anpil pye bwa ki fè bonjan gonm. Tout

moun ki te gen manman yo ak papa

yo ki konn al bat kat kay Antwàn

rekonèt li te yon gwo Divinò devan

letènèl pou m pa di pi fò pase letènèl.

Sitwayen sa a ki pat yon ti Divinò

konsa konsa, li te gen yon don

espesyal pou l wè anpil bagay ki gen

pou rive. E tout sa l te konn di yo

te toujou rive vre. Sa k pi bèl la tout

moun nan Wozo te konn temwaye sa

tou. Antwàn te konn anonse sa k pral

pase nan depatman Sid ak Grandans.

E li te konn wè tou pou anpil moun

ki konn vin pase paj nan oufò l. Sa w

tande a depi se moun ki te gen lentansyon

vin wè l, li te gen tan konn tout

sa k ap pase lakay ou.

Gen anpil moun tankou sila a yo

ki nan politik, militè, pè, pastè, fidèl

ou sivil blanch ki nan aktivite konmès

te konn pran wout oufò l pou vin konsilte

l li konn voye tou, yon moun sou

bèt pou al rankontre moun nan wout

pou mennen l nan badji l la. M pa

bezwen di n, si moun sa yo konn sezi

wè kijan Antwàn te gen tan konnen

yo gen pou vin kote l. Depi w tande sa

a, moun nan pa menm bezwen di yon

grenn mo Divinò a sèlman fèmen je l

epi li tonbe pale ba li menm jan l t ap

resite batistè l ba l.

Se sa k fè tou gen anpil moun

ki di li gen don telepati. Dòktè Leon

rakonte anpil koze Jean Jozèf ak Etzè

Vilè te di l sou Antwàn nan Gonmye.

Divinò a te gen kapasite pou l gen

tan konnen ki kantite moun k ap vin

lakay li. E li prepare manje epi mete

kouvè pou yo tout san manke youn.

Ki sa Antwàn konn fè ?

Yon jou Antwàn rete nan badji l

li rale zorèy yon jennonm byen lwen

men ki t ap fè tèt rèd ki pat vle vin

chache remèd pou yon moun lakay

li ki malad. Gen yon lè menm, Matmwazèl

Ejeni Vilè ki te yon pwofesè

demokrasi san okenn edikasyon pou li

fasilite tranzisyon demokratik la.

Li ajoute konstitisyon 1987 la fèt

senpman pou li bloke yon nouvo diktati

tabli nan peyi a. [49] Sosyològ Louis

Naud Pierre eksplike difikilte ki nan

rasin aplikasyon konstitisyon 1987,

selon Sosyològ la se yon pwoblèm disonans

koyitiv ki genyen kòmkidire lide

libète, egalite ak fratènite nan konstitisyon

87 la depaman fason ayisyen

yo, yo menm konprann mo sa yo. Lide

sa yo kache mit, prejije ak estereyotik

negatif yo depi moman difisil yo te viv

soti nan Lafrik pou yo rive nan Amerik.

Se yon moman difisil ki fè pati istwa

kolektiv pèp ayisyen an.

Alòs istwa vyolasyon dwa moun

yo soti Lafrik pou yo rive nan Lamerik

nan lide pou loksidan fè plis richès, li fè

genyen yon lòt fason moun nwa yo sitou,

espesyalman ayisyen genyen yon

lòt fason yo konprann Deklarasyon Inivèsèl

Dwa Moun yo jounen Jodi a, kote

Òganizasyon Nasyonzini fè silans sou

fason Leta ayisyen pa respekte dwa

moun yo, malgre plizyè konvansyon

li siyen sou respè dwa moun yo. Lè n

ap konsidere plizyè rapò Fondasyon

Je Klere (FJKL),- [50]rapò, 6 fevriye

2020, [51]13 me 2020, Rezo Nasyonal

Defans Dwa Moun yo (RNDDH),- [52]

rapò 13 dawout 2020, sou fason dwa

moun yo ap vyole an Ayiti. Vyolasyon

Eske se konsa Antwàn nan

Gonmye te ye ?

mennen elèv li yo nan piknik bò rivyè

a. Antwàn ki wè yo pe pase kouri di

“ Hmmmm m wè yon male ki pandye

sou tèt youn nan ti moun sa a yo”.

Yon ti tan apre gen youn nan timoun

yo ki disparèt kou pappadap vre. Apre

yo vin jwenn li bo rivyè a ak tèt li

kraze miyèt moso nan mitan 2 chalan.

Yon lòt jou menm, gen yon direktè

yon izin ki te pèdi yon revolvè l

tèlman chache l chache l te pèdi lespwa

li ka jwenn li yon jou. Gen yon

toutè ki konseye l al wè Antwàn nan

Gonmye. Misye pa fè tèt di l ale vre.

Lè misye rive Divinò a esplike misye

ki sal vin fè a, e l detaye revolvè a

nèt ba l de fil an egwi. Apre l di misye

al nan gade nan yon panyen rad sal

tèl kote lakay li l ap jwenn revolvè a.

Lè direktè a retounen lakay li l jwenn

zam nan ekzakteman kote Divinò a te

di l la.

Yon jou te gen yon nonm ki te

disparèt nan Jeremi tankou yon kout

zèklè lapli mwa novanm. Yo chache

l tout kote yo pat jam rive jwenn li.

Jiskaske youn nan fanmi l yo di kite

l al kot Antwàn nan Gonmye. Moun

lan potko met pwent pye l nan peristil

la Divinò a esplike l ki rezon ki mennen

l lakay li. Epi li di l ki kote pou l

ale l ap jwenn yon chen k ap mennen

l kote l ap jwenn kadav fanmi l lan.

Sa a pi enteresan ankò. Yon

jou 2 moun deside al kay Divinò a

ansanm, misye depèsyade fòk youn

nan yo deplase tout swit kite Peristil

li a. Lè lòt la mande pouki Antwàn di

l misye pap viv lontan pase sa, e l pa

ta renmen pou misye mouri nan djèvò

l la. Tout moun sezi wè nonm nan pa

menm gen tan rive devan papòt lakay

li, li mouri tèt nwè. Matmwazèl Vilè

rakonte detan Antwàn ap sot nan

kabinè papa l ki te avoka misye kwaze

ak li ki di l li gen yon gwo tach nan do

l men se pa grav.

dwa moun yo fèt nan yon fason sistematik

an Ayiti, li vin yon [53] “habitus”,

sa vle di yon sistèm dispozisyon

dirab, nan sans Pierre Bourdieu. Li fèt

nan mitan klas esplwate a, an menm

tan bò kote klas dominan an, klas dirijan

an epi bò kote [54] “Entènasyonal

kominotè” a sou pèp ayisyen an ; kòm

nan domèn dwa absoli tout enjerans

konstitye yon vyolasyon.

Boutofen, nou eseye konprann

kokenn pikan kwenna ki nan rasin

aplikasyon Deklarasyon Inivèsèl Dwa

Moun yo (DUDH) an Ayiti. Kote nou

fè yon analiz dyalektik sou fòmasyon

sosyal sosyete ayisyen an, nan yon

premye tan; nou rive gade kouman absans

yon veritab demokrasi sèvi kòm

prensipal pwoblèm pou aplikasyon

“Deklarasyon Inivèsèl Dwa Moun yo”.

Lè nou konsidere istwa Deklarasyon

dwa moun yo, Deklarasyon endepandans

peyi

Etazini, ki ale prèske nan menm

lojik Deklarasyon Inivèsèl dwa Moun

yo; fason yo soumèt dwa moun yo,

lwa syantifik yo epi demokrasi oksidantal

la nan lòt peyi ki pa nan menm

dimansyon peyi oksidan yo, espesyalman

Ayiti, li depaman sou fason ayisyen

konprann demokrasi a. Demokrasi

Ayiti a dwe bwè nan sous filozofi libète

byennèt kaptif yo t ap batay pou li a,

nan fason pou yo ateri “Citoyenneté

Lè Antwàn fin ale moun yo

gade yo wè yon gwo tach nan do ti

manzè pèsonn pat janm wè anvan.

Se pa moun nan Sid ak moun nan

Grandans sèlman ki te konnen ki sa

Antwàn nan Gonmye peze. Se tout

peyi a ki te konnen nonm sa a pat yon

Divinò konsa konsa. E se te nan tout

peyi a tout moun te konn tande pale

sou misye. Depi m piti papa manman

m Oras Pya te toujou rakonte m istwa

sa a.

Yon jou yon pè blan ki te tande

pale sou Antwàn nan Gonmye te deside

al teste l pou l ka wè ki sa l gen

nan fon dyakout kouzen Zaka l. Anvan

pè a deplase li mete yon bann lajan

nan pye goch chosèt li. Kou l rive

nan badji a Divinò a mande l pouki

l bijo mete lajan anba pla pye l gòch

li a. Depi lè sa a pè a gen tan wè ki

kote l ye.

Wòchma Konstan, yon moun

Kanperen ki abitye al achte bèf nan

mache Disis pou al vann nan mache

Jeremi. Men kòm li toujou pase devan

djèvo Divinò n nan li toujou bay misye

respe l jiskaske yo vin devlope

yon zanmitay si w konn de bn matchopwèl.

Yo jou mèkredi Wòchma ap

pase ak 3 bèf li t apral vann epi Antwàn

te devan an misye kanpe pou l fè

yon ti bat bouch avè l. Misye nèk gade

bèf yo li di l Wòchma gen youn nan

bèf yo ki pa bo bèf. Machann bèf la

byen sezi men l pa kwè se vre.

Antwàn nèk rantre nan djèvò a

li soti ak yon fwèt kach li kale premye

bèf ki tounen yon moun apre l kale

2 lot bèf yo ki toujou rete bèf. Apre

Divinò a di Wòchma kòm se pou vann

ou te achte l m ap fè l retounen bèf.

Li pase moun nan 3 kout fwèt kach

ankò, menm kote a li retounen transfòme

an bèf ankò. Iv Franswa Janbatis

yon bon matchòpwèl mwen rakonte

m lè lantèman Antwàn detan moun

yo ap pote kò a nan simityè yo santi

sèkèy la lejè anpil.

Lè yo louvri l yo wè se yon esen

myèl ki vole al poze sou yon gwo pye

mango ki te akote rivyè Wozo a. Esen

myèl sa a rete sou pye bwa a pandan

lontan lontan e tout moun ki konn

pase toujou wè l jiskaske siklòn Azèl

pase l lage pye mango sa a atè nan

rivyè tout longè. M pa kwè n bezwen

m di n ki kote tout myèl yo fè. Kòm si

nou menm nou ta myèl yon siklòn ta

lage pye bwa n te sou li a nan dlo kòm

si n t ap rete ? Antouka sa m wè pou

myèl sa a yo, si yo te rete Antwàn nan

Gonmye pa t ap wè l.

pleine” lan ki se yon modèl sitwayènte

ki chita sou jwisans total dwa sivik,

politik, sosyal ak kiltirèl yo. Modèl sitwayènte

sa a depaman lòt modèl ki pa

konkrè yo.

Nou dwe mansyone [55] dwa

moun yo mache kòtakòk demokrasi a.

Sepandan demokrasi n ap pale a se pa

yon demokrasi reprezantativ, ekonomik

oswa politik. [56]Georges Burdeau

fè yon kritik sou modèl demokrasi sa

yo kote tout pouvwa pèp la jwenn

fonnman li nan ògàn reprezantatif la.

Genyen demokrasi veritab lè pèp la

genyen pouvwa, lè li kapab kontwole

manifestasyon pouvwa nan yon fason

dirèk. [57] Menm jan demokrasi klasik

la, demokrasi sosyal la jwenn fonnman

li nan respekte dwa moun yo. Sepandan

demokrasi klasik la wè demokrasi

sosyal la nan yon lòt pèspektiv.

Dwa yo ki mansyone nan

Deklarasyon 1789, se yon ansanm

eleman ki makònen dwa pèsonèl

moun yo, se yo menm ki genyen obligasyon

pou yo jwi yo. Bò kote Leta,

dwa moun yo pa dwe vyole. Lide

sa depaman an Ayiti pou fason Leta

kontribye nan vyole dwa moun yo,

si n ap konsidere rapò òganizasyon k

ap defann dwa moun yo, FJKL, RND-

DH, elatriye. [58]Se vre ekspresyon

byennèt pou tout moun lan chita nan

suite à la page(16)

6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 25 • Du 23 au 29 Décembre 2020


Perspectives

L’ONA, une richesse endormie non exploitée…

Par Emmanuel JULES

L

’ONA c’est l’une des institutions autonomes

la plus ancienne du pays, elle

est surtout renommée par sa politique salariale

et ses subventions dans les activités

sociales du pays, cependant, le désintéressement

de la bonne gouvernance

des dirigeants, le déficit des compétences

ou du moins l’influence de la politique

active sur nos institutions publiques ont

depuis toujours et actuel, des impacts néfastes

sur le développement endogène et

la bonne gouvernance de l’ONA.

Il faut mentionner qu’il y a des

problèmes d’ordre plus structurel que

conjoncturel au sein de l’ONA, soit sur

le plan des règlements intérieurs et d’organigramme,

soit sur le plan administratif

et financier, soit sur le plan d’accessibilité

aux produits de l’ONA, ou du moins

sur le plan technologique et gestion des

données sensibles ou encore sur la gestion

directe des personnels de l’institution

notamment de doter tous les employés

de l’ONA un espace adéquat afin de bien

faire leurs travaux surtout ceux qui sont

dans les villes de province.

Sincèrement, il faut éviter de mettre

des militants politiques sans aucune qualification

et compétence dans les institutions

étatiques du pays (surtout dans les

postes décisifs du pays) notamment dans

les bureaux de l’ONA dans tout le pays.

A Jacmel par exemple, sous l’influence

d’un sénateur populiste, on a constaté

des problèmes de gestion des ressources

humaines et de l’espace de travail. La majorité

des employés ne trouve pas un espace

approprié pour exécuter leurs tâches

quotidiennes bien que nous savons pertinemment

qu’il n’existe aucune répartition

et description des taches vraiment

(c’est le désordre total, c’est un véritable

Les bureaux de l’ONA ne sont pas accessibles aux malheureux surtout ceux issus à l’intérieur des différentes

sections communales du pays.

« galimatias payas »). Les personnels

Jacméliens sont restés debout sur la galerie

de ladite institution parfois même au

milieu de la rue afin d’écouler le temps de

travail ou pour faire écouler une grande

partie de la durée du travail, sans compter

que les bureaux de l’ONA ne sont pas

accessibles aux malheureux surtout ceux

issus à l’intérieur des différentes sections

communales du pays.

Ce Sénateur-là, n’est pas un spécialiste

en gestion et en administration, il

pose toujours des actions réactionnaires

restreints, égoïstes, populiste et sans fondements,

en vue d’exploiter l’ignorance

de ce peuple afin de bénéficier d’un vote

populaire misérable, sans conscience et

état d’âme sur une grande partie de cette

couche défavorisée du Sud’Est qu’il a créé

depuis plus de 25 ans. Chaque citoyen

qui a bénéficié d’un emploi temporaire ou

d’un chômage déguisé sous l’autorisation

du Sénateur boiteux doit s’ériger en véritable

sauvage ou bourreau contre tous

ceux qui ne sont pas d’accord à cette pratique

ou du moins qui exigent la qualité

des services, la transparence et l’éthique

professionnelle. En ce sens, il faut que

l’ONA :

1) Fasse des lois portant sur la

réforme de l’ONA afin qu’elle modifie le

règlement intérieur, l’organigramme ainsi

que les taches des employés et de plus

qu’elle octroie des prêts ruraux, des prêts

de logements sociaux et fournisse des assurances

à tous, spécialement aux Agriculteurs-planteurs

du pays.

2) Redéfinisse en Amont, la mission

et les objectifs de l’ONA, réorganiser

la structure administrative et de l’espace

de travail de l’ONA notamment l’informatisation

et la numérisation des données de

l’ONA, la gestion du portefeuille de l’ONA,

en intégrant une direction de supervisionune

direction d’audit et de contrôle interne-

une direction des opérations- une

direction des services sociaux, le tout

au-dessous de la direction générale ;

avec 10 Directeurs Départementaux, 10

Assistants-Directeurs départementaux,

10 Administrateurs Départementaux, 10

comptables départementaux, 146 Responsables

Communaux, 190 Gestionnaires

de filiales et d’antennes de l’ONA

(à raison d’un Gestionnaires de filiale

pour chaque 10 sections communales),

10 Directeurs de crédit départemental,

superviseur de crédit sociaux, officiers de

crédit sociaux, ménagères, messagers,

sécurités, gardiens .... Placer un bureau de

l’ONA dans chaque commune, une filiale

technique et commerciale de l’ONA au

centre de l’intervalle d’environ 4 à 5 sections

communales. (Voir l’organigramme

en annexe).

3) Révise entièrement le chapitre

XXXIV sur les sanctions des entreprises

notamment l’art 219.

En conclusion, on ne peut pas sortir

dans cette spirale dictatoriale de monopolisation

et de privatisation de l’ONA dans

tous les départements du pays sans une

gestion saine et efficace de cette dernière.

Agir en tant qu’hommes et des

femmes d’Etat pour une assurance vieillesse

garantie !!!

Emmanuel JULES

Administrateurs-Economiste

AVÈTISMAN SOU SANTE

MOUN NEW YORK YO TA DWE LIMITE AKTIVITE YO

KA COVID-19 YO AK MOUN KI AP ENTÈNE YO AP OGMANTE

RAPIDMAN NAN NEW YORK.

GANMOUN KI GEN PLIS PASE 65 ANE KI GEN KÈK PWOBLÈM SANTE KI

KACHE ANBA PI GWO RISK POU COVID-19 GRAV.

YOMENM AK MANM FANMI YO AK MOUN KI AP BA YO SWEN TA DWE:

Limite aktivite yo deyò lakay yo– sèlman kite lakay yo pou ale travay oswa lekòl oswa

pou swen medikal oswa lòt bezwen ki esansyèl tankou pwovizyon ak atik nan famasi.

Evite zòn piblik yo ak

rasanbleman yo.

Rete lakay yo si yo malad, sòf pou

yo jwenn swen medikal, gen ladan

fè tès pou COVID-19.

Pote yon kouvèti pou figi toutan lè yo

deyò lakay yo, andedan ak deyò.

Pa aksepte vizitè lakay yo, sòf moun

ki ap bay swen yo.

SI OU GEN SENTÒM COVID-19 YO, RELE DOKTÈ OU.

SI OU GEN YON IJANS MEDIKAL, RELE 911.

Pou plis enfòmasyon, vizite nyc.gov/health/coronavirus

Haitian Creole

Vol 14 # 25 • Du 23 au 29 Décembre 2020

Bill de Blasio

Majistra

Dave A. Chokshi, MD, MSc

Manm Komisyon

Haiti Liberté/Haitian Times

7


2

La Tribune de Catherine Charlemagne (147)

Jovenel Moïse, une nouvelle Constitution, quoi qu’il en coûte !

(3 e partie)

Comité Consultatif Indépendant (CCI) pour l’élaboration du projet de la

nouvelle Constitution en conférence de presse le lundi 7 décembre 2020

dernier, à l’hôtel Ritz Kinam II, Pétion-ville

Il faut bien l’avouer, dans cette affaire

de nouvelle Constitution, personne

ne voulait croire le Président

Jovenel Moïse sur parole. Aujourd’hui

encore (décembre 2020), même avec

l’avancement irrémédiable de son

projet, le scepticisme demeure chez

certains de ses opposants. Pourtant,

de toute évidence et sans cas de force

majeure, cela se concrétise au fil des

jours et certaines activités du Comité

Consultatif Indépendant (CCI) laissent

même croire que le chef de l’Etat est

sur le point de réussir son pari, en tout

cas, tant qu’il est toujours au Palais

national. À l’annonce de la nomination

du CCI, organisme devant travailler à

élaborer cette nouvelle Charte, l’opposition,

tétanisée et prise dans des

querelles intestines, n’a pas pu réagir

ou n’a point jugé nécessaire de le faire

comme il se doit face à ce nouveau

coup de force de la présidence. Les

leaders de différentes composantes de

cette opposition balkanisée pensaient

sans doute à un acte sans importance

et sans lendemain vu qu’ils n’ont jamais

cru dans aucune action posée par

le chef de l’Etat.

Comme pour le CEP, ils espèrent

une hypothétique négociation

avec l’opposition plurielle qui pourrait

déboucher sur le renvoi des membres

du Conseil Electoral Provisoire afin de

trouver un consensus avant les élections

générales annoncées pour l’année

prochaine. Peut-être, sur ce point

ils auront raison. En ce qui concerne le

Comité Consultatif Indépendant, c’est

tout autre chose. La mission de celuici

est diamétralement différente de

celle du CEP. La preuve a été donnée

à la mi-novembre lorsque le CCI, très

silencieux après sa nomination, a donné

signe de vie en faisant sa première

sortie publique à travers un communiqué

de presse en date du 23 novembre

2020 dans lequel il indique « Travailler

sans relâche, depuis son installation, et

a adopté les marches à suivre ainsi que

les procédures devant aboutir à l’élaboration

et la soumission à la nation du

projet de la nouvelle Constitution.

Cette démarche qui répond à

un besoin longtemps manifesté au

sein de la population et des différents

groupes sociaux, économiques et politiques

du pays, permettra d’aboutir à

l’adoption par le peuple d’une Constitution

qui, tout en préservant les acquis

démocratiques et les valeurs républicaines,

garantira l’État de droit;

les droits fondamentaux du citoyen et

permettra le fonctionnement efficace et

efficient des pouvoirs publics ». Cette

confirmation et la volonté de précipiter

les choses ont été marquées par

une rencontre avec des journalistes le

lundi 9 décembre 2020 afin d’annoncer

la clôture de la première phase des

travaux du CCI menés tout le long du

mois de novembre avec des acteurs de

différents secteurs. Lors de cette Conférence

de presse à l’hôtel Ritz Kinam,

le sociologue Louis Naud Pierre, membre

très influent du Comité, a annoncé

que deux autres séances de travail

seront réalisées et durant lesquelles les

travaux des précédentes Commissions

constitutionnelles entre 2007 et 2017

seront pris en compte.

Plus loin, Dr Louis Naud Pierre

laisse entendre que les experts et les

organisations qui ont travaillé durant

cette période seront certainement consultés

et invités à prendre part à la rédaction

du projet final de la Constitution.

Or, le CEP du 22 septembre créé

bien avant n’a toujours pas démontré

sa capacité à aller de l’avant encore

moins de pouvoir remplir sa mission

comme semble le faire l’équipe du

Comité. Alors que le CCI passe déjà à

une nouvelle étape de sa mission, lui

qui semble bénéficier d’un a priori plus

favorable du Président de la République

dans la mesure où ses membres

ne sont pas soumis à la même contrainte

politique que leurs collègues du

Conseil Electoral Provisoire qui butent

sur les critiques permanentes de l’opposition

plurielle. Mieux encore, le CCI

semble être plus soutenu par le pouvoir

qui semble attendre avec impatience

le résultat des travaux pour lesquels

il a été nommé. D’ailleurs, on l’a souvent

évoqué depuis la mise en place

de cet organisme présidé par l’ancien

Président provisoire de la République,

Boniface Alexandre : il n’y aura pas

d’élections générales en Haïti tant que

le Président Jovenel Moïse ne sera en

sa possession sa nouvelle Constitution.

Comprenant la responsabilité

politique voire historique qui leur incombe,

les cinq membres du Comité

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doivent faire vite, très vite, afin de donner

satisfaction au chef de l’Etat qui,

de son côté, est soumis à une pression

terrible de la part de la Communauté

internationale qui le presse de donner

des gages de garanties démocratiques

dans sa gestion par décret depuis le

dysfonctionnement du Parlement

il y aura bientôt un an. Au début de

décembre 2020, même le Core Group

s’est alarmé des dérives antidémocratiques

du Président. Il est monté au

créneau pour souligner le caractère autoritaire

des deux décrets présidentiels

mettant à mal l’Etat de droit en Haïti :

s’agissant du décret du 26 novembre

2020 sur le Renforcement de la Sécurité

Publique et celui créant l’Agence

National d’Intelligence (ANI). D’après

le Core Group, « Ces deux décrets présidentiels,

pris dans des domaines qui

relèvent de la compétence d’un Parlement,

ne semblent pas conformes à

certains principes fondamentaux de la

démocratie, de l’Etat de droit, et des

droits civils et politiques des citoyens

» dénonce-t-il dans une note de presse.

Néanmoins, les critiques de

cet organisme composé: des Ambassadeurs

d’Allemagne, du Brésil, du

Canada, d’Espagne, des États-Unis

d’Amérique, de France, de l’Union

Européenne, du Représentant spécial

de l’Organisation des États Américains

et de la Représentante spéciale du

Secrétaire général des Nations Unies ne

semblent pas empêcher le locataire du

Palais national de dormir. Loin de-là

! En vue de faciliter le travail du CCI,

les plus hautes autorités haïtiennes ont

profité de la 37e Conférence ministérielle

annuelle de la francophonie, pour

solliciter le soutien et l’appui technique

de l’Organisation Internationale de la

Francophonie (OIF) dans la rédaction

de la nouvelle Constitution. En premier

lieu, c’est le Président de la République,

Jovenel Moïse qui, sur son

compte twitter, en a fait l’annonce «

J’ai eu, dans une ambiance empreinte

de cordialité, un entretien téléphonique

avec la Secrétaire générale de l'Organisation

Internationale de la Francophonie

(OIF), Louise Mushikiwabo. Nous

avons discuté de la révision constitutionnelle

en cours et des prochaines

élections » avance-il.

Sans entrer dans les détails, le

locataire du Palais national laisse entendre

qu’il a le soutien de la Communauté

internationale dans ses démarches

constitutionnelles tout en

essayant de se couvrir de la protection

des organisations internationales. Lors

Tel: 718-434-0202 / 718-869-1501

E-mail: charlesmjcharles@hotmail.com

“Giving care, one patient at a time.”

de cette 37e Conférence des ministres

des Affaires Etrangères de l’OIF ce

mardi 23 novembre 2020, officiellement

c’est le Chancelier haïtien, Claude

Joseph, qui a été le Porte-parole du chef

de l’Etat. C’est lui en tant que chef de

la diplomatie haïtienne qui a fait la demande

au nom du gouvernement et du

Président de la République alors qu’il

exposait par visio-Conférence la situation

sociopolitique du pays à l’organisation

et surtout le dysfonctionnement

de certaines institutions avec la crise

politique qui persiste en Haïti. « J’ai sollicité

à cet effet le soutien en expertise

de l'OIF en vue de nous accompagner

techniquement dans le travail visant à

doter le pays d’une nouvelle Constitution

» a annoncé le Chancelier depuis

son compte twitter. Très actif depuis

qu’il est arrivé à la tête du ministère

des Affaires Etrangères, Claude Joseph

est l’un des ministres clés et l’homme

lige du Président Jovenel Moïse.

Il est sur tous les fronts diplomatiques

pour la présidence de la République

même quand le dossier ne le

concerne point. Pour revenir au CCI et

à la nouvelle Constitution, les choses

avancent à grand pas et les pièces du

puzzle commencent à se rassembler

avec ou sans le soutien des experts

étrangers qui doivent contribuer à sa

rédaction. Ainsi, le 23 novembre, le

CCI a mis discrètement en circulation

un document en deux parties faisant

office d’ébauche de travail intitulé :

Eléments pour l’élaboration du projet

de la nouvelle Constitution. Le premier

document ayant pour titre « Note de

cadrage » se révèle être un plaidoyer à

charge contre la Constitution de 1987.

JOBS

Les cinq membres du Comité Consultatif

Indépendant ont fait une analyse

critique et intellectuelle de cette Charte

fondamentale que personne ne veut

mais dont les difficultés pour l’amender

relèvent aussi du parcours du combattant.

Tous les principaux thèmes

forts ont été passés en revue par Me

Boniface Alexandre, l’ex-général de

brigade, Hérard Abraham, Louis Naud

Pierre, Mona Jean et Jean Emmanuel

Eloi. Dans ce document de 21 pages,

les membres du Comité ont tenté de

convaincre et de démontrer les nécessités

pour lesquelles il faut enterrer la

Constitution de 1987 et faire valoir

avec des arguments plus ou moins solides

pourquoi il faut doter Haïti d’une

nouvelle Constitution. Une posture

qui ne plait pas du tout au Dr Georges

Michel, défenseur solitaire de la constitution

de 1987, mais oh combien

Rencontre du CCI le 11 décembre dernier avec certains individus de la

diaspora

combatif d’une œuvre dont les jours

semblent comptés. Cette fois, le dernier

des Mohicans prend pour cibles l’octogénaire,

ancien Président provisoire de

la République, Me Boniface Alexandre,

et l’ex-général de brigade et Commandant

en chef des Forces armées

(FADH), Hérard Abraham qui fut aussi

ministre des Affaires Etrangères du

gouvernement intérimaire et de facto

conduit par Gérard Latortue. L’historien

ne s’explique pas l’attitude de ces

deux hommes qui, selon lui, sont au

crépuscule de leur vie mais qui sont en

train de faire le jeu du Président Jovenel

Moïse (A suivre)

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8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 25 • Du 23 au 29 Décembre 2020


This week in Haiti

By Decree, Haiti’s President Moïse Defangs Watchdog Court at

Odds with Him

Judges of the Superior Court of Auditors and Administrative Disputes (CSCCA) were responsible for reviewing

draft government contracts as well as conducting audits until President Moïse curtailed their mandate in a Nov.

6 decree.

by Jake Johnston and Kira Paulemon

On Fri., Nov. 6, the Haitian

government published in Le

Moniteur a new decree limiting

the powers of the Superior Court of

Auditors and Administrative Disputes

(CSCCA). The decree itself

was signed by the president and

ministers nearly two months earlier,

on Sep. 9, but was not formally

made public until that weekend.

The court, one of only a handful

of nominally independent government

institutions, is responsible for

reviewing draft government contracts

as well as conducting audits.

Judge Rogavil Boisguéné, the

CSCCA’s president. When Haiti’s

Public Works minister with a

heavily armed escort invaded his

offices, Boisguéné called it “nothing

more than an act of intimidation”

and “a threat to prevent the court

from doing its job.”

While its functions and title have

been altered over time, the court

was first established in 1823 and

was only completely eliminated

during the 19-year US occupation

of Haiti. It was reestablished afterward

and enshrined in Haiti’s 1987

constitution.

President Jovenel Moïse has

ruled by decree, which is not formally

allowed under Haiti’s constitution,

since January 2020, when

the terms of most of Parliament

expired. Expanding executive powers,

he has reformed the penal code,

named a new electoral council with

a mandate to rewrite the constitution,

and now weakened one of the

last remaining institutions exercising

government oversight. The latest

decree follows years of conflict

between the CSCCA and the Haitian

presidency.

In 2018, anticorruption protesters

began advocating for an

investigation into Moïse and his

predecessors’ handling of billions

in spending from Haiti’s PetroCaribe

Fund, a capital account filled

with revenues from the sale of

Venezuelan oil between 2008 and

2018. Moïse, under increasing

pressure from the streets, pledged

to support such an investigation.

The CSCCA has since released three

audit reports on money taken from

the Petrocaribe Fund, finding widespread

irregularities and fraudulent

practices in the projects it underwrote.

The CSCCA reports directly

implicated the president and companies

he owned and led before his

election. Last year, court members

had to temporarily leave the country

due to threats. As of yet, there

has been no real judicial progress

in holding anyone accountable for

the misuse of public funds. Moïse

has denied all the CSCCA’s allegations

against him.

The conflict has extended beyond

just the Petrocaribe investigation,

however. In June, the court

raised questions over a contract to

provide the presidency with helicopters,

which had gone to a close

political ally. The same month, the

CSCCA was accused of hampering

the response to COVID when it

identified irregularities in a number

of contracts to provide the Health

Ministry with face masks awarded

under a state-of-emergency exception.

The contracts, worth about

$10 million, moved forward despite

the concerns — which included

companies that had no experience

in the sector and one which

was owned by the wife of a current

government minister. The health

emergency “served as a pretext …

to accelerate the corruption machine,”

according to The Center of

Analysis and Research in Human

Rights (CARDH). The organization

found that $34 million in emergency

spending had bypassed CSCCA

review all together.

In late August, the court

blocked a $57 million no-bid government

contract with the U.S.

multinational, General Electric,

and asked the government to make

needed corrections. The president

has presented the deal as a key

to his pledge to provide electricity

across the country. According to

the court, one reason for the court’s

delay in approving the GE contract

was the presence of unknown subcontractors

that were to be paid a

portion of the total amount.

On Sep. 6, Moïse held a “community

dialogue” at the National

Palace, where he declared that it

would be necessary to “reform”

the CSCCA. Public Works Minister

Joacéus Nader went so far as to say

the court was blocking progress in

the country and referred to its independent

judges as “ignorant” and

“incompetent.”

In response to comments

made by Moïse, the court issued

a five-page statement outlining a

series of acts of intimidation and

threats on its members. The court

also provided some of the reasons

why it had not approved contracts.

“How is the Court responsible for

the invalidity of this draft contract?

Where are the blocking acts? Who

is blocking whom, or who is blocking

what?” the court asked.

Prime Minister Joseph Jouthe

attempted to ease tensions, apologizing

just days later on Nader’s

behalf and telling the Haitian daily

Le Nouvelliste that while it was

possible to remove bottlenecks in

contract processing, changes would

not be made without the court’s involvement.

We now know that by

the time of Jouthe’s apology, the

government had already drafted

and signed the decree curtailing the

court’s powers — but it had not yet

been made public.

Two weeks after Jouthe’s

apology, Nader appeared at the

CSCCA’s offices in Pétionville,

claiming he and the large group

with which he arrived were there

simply to check on the General

Electric contract’s status. But the

CSCCA’s president had a different

interpretation: “When you come

into an institution with a group

of heavily armed men, who have

their faces covered and are dressed

in black, and whom we can’t even

identify if they are police, and

they cross all of the perimeters to

go into an area that is extremely

sensitive, where even some of the

judges don’t go to, that is nothing

more than an act of intimidation,”

Rogavil Boisguéné told the Miami

Herald. “It was a threat to prevent

the court from doing its job.”

With the recent changes made

by decree, the Haitian presidency

will no longer have to wait for the

court’s approval before moving forward

with government contracts.

In the decree, the Moïse administration

argues that the reform is necessary

due to the “unjustified slowness

in the signing of contracts,”

which, it argues, “is detrimental to

the socio-economic development of

the country.” A significant change

is that the court’s opinions on draft

contracts will only be “advisory”

now. Furthermore, the CSCCA will

only have three to five days to issue

an opinion before the government

can move forward with the

contract in question. Overall, the

court’s review has been changed

from ex-ante to ex-post; the court

will still provide oversight, but only

after contracts have been executed.

On Nov. 12, the CSCCA’s

president issued a brief statement

taking note of the government’s

decree. In the release, Boisguéné

states that the court’s ex-ante

control is derived from a “strict

application” of the constitution

and reminds public officials that

“the administrative and financial

responsibilities attached to their

functions are strictly personal”

and that is it “their responsibility”

to “ensure that … opinions are respected

within the framework of

this constitutional provision.”

Haiti’s public finance system

is notoriously cumbersome. In

2016, the World Bank noted that

multiple institutions played similar

roles in approving contracts

and that the CSCCA was conflicted

in that it both approved contracts

and then audited spending afterward.

The National Commission on

Economist Etzer Emile: “This

new decree could open the door

for more acts of corruption in a

country where impunity is king.”

Public Procurement (CNMP) is also

tasked with approving government

contracts. “There is considerable

debate within Haiti and among donors

over the appropriateness and

the utility of this ex-ante role [for

the CSCCA]. However, it continues

to date,” the Bank wrote. The new

decree specifies that if the CNMP

approves a contract, the CSCCA

cannot prevent its execution, regardless

of whether irregularities

are identified.

But, shifting the CSCCA’s role

without further efforts to ensure it

can provide effective oversight on

the back-end sends a dangerous

message, according to activists.

The court would still be able to

conduct audit reports such as those

it produced on Petrocaribe, but the

lack of judicial follow-up to that report

serves as an example of why

limiting the court to after-the-fact

auditing will be of limited value in

preventing government waste or

holding officials accountable.

With the president having

replaced the heads of the anticorruption

and anti-money-laundering

institutions UCREF and ULCC

in 2017, the Parliament now dissolved,

and the judiciary seemingly

President Jovenel Moïse has

run roughshod over the Haitian

Constitution, issuing illegal decrees

to crush and punish his political

opponents and critics.

unable or unwilling to take on politically

sensitive cases, the CSCCA

had been one of the last remaining

institutions able to check the presidency’s

powers. In a country with

a long track record of impunity, the

changes have sounded alarm bells.

“Since 1986, we never had

a head of state who had shown so

much desire to neutralize the institutions

of control,” economist Etzer

Emile tweeted. “This new decree

could open the door for more acts

of corruption in a country where

impunity is king,” he added. Emile

acknowledged that administrative

procedures may be burdensome,

but “it does not mean we have to

remove the locks.” Checks and balances,

he continued, “are critical

… to guarantee transparency and

good governance.”

On Nov. 8, a group of opposition

political leaders issued a statement

decrying the government’s

desire to “to transform the country

into a lawless state.” Moïse, the

leaders argued, has repeatedly ignored

constitutional limits on executive

power, and they noted that

ministers who sign these unconstitutional

decrees could face legal

repercussions after leaving office.

The president, in a Nov. 9 interview

with Tele Métropole, was

defiant. He repeated the argument

that the reform was necessary to

take on entrenched interests that

simply wanted to block progress

and claimed that the decree would

actually strengthen the CSCCA by

allowing it to just focus on its auditing

role. There is little doubt that

Haiti’s procurement system needs

to be reformed, but, in a comment

to the Haiti: Relief and Reconstruction

Watch blog (HRRW), a former

high-ranking government official,

who asked to remain anonymous,

offered a different rationale for the

changes: “To have the road completely

opened to allow contracts

without any restrictions to his

friends or partners.”

The original version of this

article was published by the Haiti:

Relief and Reconstruction Watch

blog (HRRW) on the website of

the Center for Economic and Policy

Research (CEPR).

Vol 14 # 25 • Du 23 au 29 Décembre 2020

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Vol 14 # 25 • Du 23 au 29 Décembre 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

11


Cambodge : Le rude apprentissage syndical d’une ouvrière de

l’industrie du luxe

Par Kim Kelly

*

Le 31 mars 2020, alors que la

pandémie de Covid-19 continuait

à se propager comme un feu de

forêt à travers les États-Unis, une

grande partie du monde était confinée

dans une tentative désespérée

d’arrêter la propagation du virus.

Des millions de travailleurs et travailleuses

étaient licenciés, mis

à pied ou, pire encore, obligés de

se présenter au travail de toute

façon – que des mesures de sécurité

adéquates soient en place ou

non; sous la «pression économique»

malgré leur propre vulnérabilité au

virus.

L’industrie de l’habillement en

Asie du Sud a été particulièrement

touchée, car les commandes se tarissaient,

les travailleurs tombaient

malades et les mesures de répression

contre les organisateurs syndicaux

se multipliaient.

C’est dans ce contexte de terreur

et d’incertitude qu’une jeune

Cambodgienne, Soy Sros, travailleuse

de l’habillement et dirigeante

syndicale, a décidé de se connecter

sur Facebook et de dénoncer son

employeur pour avoir mis sa vie et

celle de ses collègues en danger. Soy

n’avait jamais imaginé que l’utilisation

de sa page personnelle sur les

Des travailleuses de l’usine Superl Ltd

médias sociaux pour dénoncer l’injustice

deviendrait un problème – et

encore moins qu’elle serait jetée en

prison pendant une pandémie mondiale.

Soy Sros, une veuve de trente

ans, mère de deux jeunes garçons,

travaille chez Superl Ltd, une usine

de confection à Phnom Penh qui

fabrique des sacs à main de luxe

pour Capri Holdings, Ltd [coté sur

le New York Stock Exchange], qui

possède les marques Michael Kors,

Jimmy Choo et Versace ; et pour

Tapestry, Inc [de même coté sur

le NYSE] qui possède les marques

Coach, Kate Spade et Stuart Weitzman.

Ces riches marques mondiales

vantent leurs engagements en

matière de responsabilité sociale.

Elles ont apporté leur soutien au

mouvement Black Lives Matter.

Mais il semble que leur solidarité

ne s’étende pas aux travailleurs et

travailleuses d’Asie du Sud qui sont

payés une misère pour produire des

Soy Sros, présidente du syndicat de l'usine Superl au Cambodge qui a été

emprisonnée pour une publication sur Facebook pendant 2 mois, vient à

peine d’être libérée sous caution! Mais elle doit toujours faire en sorte que

l'usine abandonne toutes les charges

Superl Ltd, une usine de confection à Phnom Penh qui fabrique des sacs

à main de luxe pour Capri Holdings, Ltd

produits de luxe. Ces dernières sont

contraintes de retourner dans un

lieu de travail dangereux et, comme

le montre le cas de Soy Sros peuvent

être sévèrement punis pour

être sortie du rang.

Le 31 mars, Soy Sros a critiqué

son employeur sur Facebook

pour avoir ignoré les directives du

gouvernement visant à renvoyer

les travailleurs et travailleuses

chez eux, avec un salaire réduit et

pour avoir, contrairement à cette

exigence, licencié 88 travailleuses,

dont une femme enceinte. Plus

tôt dans la journée, en tant que

déléguée syndicale de son syndicat,

le Collective Union of Movement of

Workers (CUMW), Soy Sros s’était

rendue à la direction de l’usine pour

protester contre ces licenciements,

mais elle a refusé de la rencontrer.

Le lendemain, 1er avril, la direction

a demandé à Soy Sros de supprimer

son post sur Facebook. Elle a

obtempéré, mais a refusé de signer

une déclaration admettant ses

«regrets» d’avoir posté de «fausses

nouvelles» (fake news).

Un jour plus tard, elle était

assise dans une cellule de prison,

arrêtée pour diffamation, provocation

incitant à l’agitation sociale et

diffusion de «fausses nouvelles».

Lorsque le New York Times les a

contactés, Michael Kors, Tapestry et

Superl [firme dont le siège se trouve

à Hong-Kong, produisant des biens

de luxe en Chine, aux Philippines et

au Cambodge, employant 18’000

salarié·e·s] ont tous refusé de commenter.

Soy Sros a passé cinquantecinq

jours dans une cellule bondée

et sale de dix mètres sur vingt avec

soixante-dix autres femmes dans la

tristement célèbre prison de Kampong

Speu. Elle à rapporter au quotidien

The Guardian qu’elle dormait

avec les pieds des autres détenues

lui touchant le visage et qu’elle

était terrifiée à l’idée de contracter

le Covid-19.

Elle n’était pas seule dans sa

situation non plus; la répression de

la liberté d’expression et de revendication

se poursuit en Asie du Sud-

Est, alors que la pandémie s’intensifie.

Au cours des derniers mois,

des dizaines d’autres Cambodgiens

et Cambodgiennes qui ont exprimé

ouvertement leur crainte face au virus

ou critiqué la réaction du gouvernement

et des entreprises face

à la pandémie ont été arrêtés pour

divulgation de «fausses nouvelles».

Ils n’ont été libérés qu’après avoir

signé des documents d’excuse comme

celui qui a été proposé à Soy

Sros. Le Premier ministre autoritaire

du Cambodge, Hun Sen, qui entretient

des relations amicales avec

le Président Donald Trump, les a

même qualifiés de «terroristes».

Tout au long de cette épreuve,

Soy Sros dit avoir pu compter sur

le soutien de son syndicat. Le 13

juin, le syndicat a négocié un accord

avec la direction de l’usine selon lequel

Superl retirerait les accusations

portées contre elle, la réintégrerait

et lui verserait un salaire rétroactif

pour le temps passé en détention.

Elle garantissait qu’elle ne subira

pas de représailles ou de discrimination

à l’avenir. Mais selon Soy Sros,

elle n’a respecté qu’une partie de cet

accord. Et donc la lutte continue afin

d’améliorer les conditions de travail

pour elle et tous ses collègues.

«Même si l’employeur l’a réintégrée

et qu’elle peut rencontrer les travailleuses

pendant la pause déjeuner,

l’employeur ne remplit pas vraiment

son rôle qui est d’établir une relation

industrielle correcte», déclare

Pav Sina, le président de CUMW, qui

est un affilié du syndicat mondial

IndustriALL. «Les acheteurs comme

Michael Kors devraient signer des

accords avec les syndicats et les

employeurs afin de garantir la liberté

d’organisation et améliorer les

conditions de travail».

Pour l’instant, Soy Sros est

de retour au travail pour subvenir

aux besoins de sa mère et de ses

deux enfants. Elle a été libérée de

prison le 27 mai et ressent toujours

les effets de son épreuve. J’ai contacté

Soy Sros par courrier électronique

avec l’aide du Worker Rights

Consortium [basé à Washington],

un organisme indépendant de surveillance

des droits du travail qui a

assuré la traduction.

Kim Kelly: Qu’est-ce qui a

changé pour vous depuis votre sortie

de prison, tant sur le plan personnel

que professionnel?

Soy Sros: Depuis mon retour,

l’employeur ne m’accorde aucune

considération. Je suis traitée de

manière très différente des autres.

Par exemple, mes collègues peuvent

librement aller chercher de

l’eau potable et aller aux toilettes.

Par contre, je suis maintenant strictement

surveillée par un cadre assez

haut placé chaque fois que je vais

chercher de l’eau potable ou aller

aux toilettes. J’ai l’impression que la

surveillance a augmenté par rapport

à ce qu’elle était avant mon arrestation.

En outre, dans d’autres circonstances,

je me sens traité différemment.

En août, comme mon état de

santé n’était pas très bon (maux

de gorge et de dents), j’ai reçu un

traitement chez le médecin à la maison,

au lieu d’aller à l’hôpital. Et je

n’ai pas obtenu de certificat médical.

Le directeur – celui-là même

qui avait déposé la plainte pénale

contre moi – a voulu m’infliger une

lettre d’avertissement pour cela. J’ai

refusé de la signer et je lui ai dit,

alors, que je demanderais un congé

annuel. Comme l’entreprise ne reconnaissait

pas que j’étais en congé

de maladie, elle a prétendu qu’il

s’agissait d’un congé non autorisé.

J’ai perdu six dollars en prime de

présence et le salaire de la journée.

Saim, le directeur qui a porté

plainte contre moi, surveille toujours

mes déplacements de façon

stricte, ce qui me frustre.

Dans mon travail, je relie

les poignées au sac. Un de mes

collègues a mis le nom du sac à

l’envers sur environ 1000 sacs à

main. L’employeur a voulu me donner

une lettre d’avertissement pour

cela aussi. J’ai également refusé.

Kim Kelly: D’autres travailleurs

de votre usine ou de votre

communauté ont-ils pu parler de ces

injustices pendant que vous étiez en

prison?

Soy Sros: D’après mon observation,

mes collègues semblent plus

craintifs maintenant. Je pense qu’ils

Soy Sros a passé près de deux mois en prison après avoir critiqué la

réponse de son employeur sur la pandémie

craignent que s’ils me contactent,

ils risquent de subir un traitement

similaire. Avant, beaucoup de mes

collègues venaient me parler de

leurs problèmes, mais maintenant,

ils semblent avoir peur de me demander

de l’aide.

Kim Kelly: J’ai lu des articles

sur la très dure épreuve que vous

avez vécue en prison, et sur l’insécurité

de l’établissement face à la

pandémie. Comment va votre santé

maintenant?

Soy Sros: J’ai le sentiment

d’avoir été affecté par mon emprisonnement.

Quand je me déplace en

voiture et que soudain quelqu’un

utilise son klaxon, je suis très surprise.

Avant mon emprisonnement,

cela n’arrivait pas. La période de

prison fut très stressante, et bien que

je n’aie pas ressenti de peur pendant

mon incarcération, je m’inquiétais

Soy Sros, présidente du syndicat de l'usine Superl au Cambodge entourée

de ses collègues de travail

pour ma mère et mes enfants. Je me

sens aussi davantage malade; mon

cœur ne bat pas comme d’habitude,

et j’ai aussi des inflammations dans

le nez, la gorge et les dents

Kim Kelly: Quelles sont vos

relations avec votre syndicat, le

Collective Union of Movement of

Workers (CUMW)? Comment avezvous

commencé à vous impliquer

dans le syndicat et comment avezvous

commencé à vous intéresser à

la lutte pour les droits des travailleurs?

suite à la page(16)

12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 25 • Du 23 au 29 Décembre 2020


Notre Mémoire se Souvient!

La mémoire au service des luttes : Lumina Sophie

Par FUIQP et Alain Saint-Victor

Il y a 141 ans, le 15 décembre 1879,

Lumina Sophie surnommée « Surprise

», l’une des dirigeantes de l’insurrection

de 1870 contre les békés en

Martinique, décédait.

Née en 1848, quelques mois

après l’abolition de l’esclavage, elle est

la fille d’une ancienne esclave, Marie

Sophie (dite Zulma).

Le système esclavagiste étant

aboli, les contrats d’associations laissent

en jouissance aux nouveaux libres

un minuscule lopin de terre et une

case. Sur son lopin de terre, la famille

élargie de Lumina (sa grand-mère, ses

oncles et ses tantes) cultive caféiers,

cacaoyers, bananiers.

Après le décès de la grand-mère,

la famille se disperse. Le père étant

absent, pour survivre, la mère de

Lumina exerce de multiples métiers

(couturière, cultivatrice, marchande,

journalière chez les békés, etc.). Lumina

accompagne sa mère dans ses

différents travaux et fait ainsi l’apprentissage

de la vie des ouvriers et

paysans.

« Elle y fait l’expérience des inégalités

subies par les populations rurales,

notamment en termes d’imposition

et d’accès à l’éducation. Dans

une Martinique où l’abolition de l’esclavage

est encore récente, les classes

privilégiées tentent de préserver

leurs avantages, et la ségrégation est

prégnante. Lumina y est particulièrement

sensible. »

En 1870, un Noir, Léopold Lubin,

est lourdement condamné dans

une affaire l’opposant à un jeune

blanc. Un mouvement de solidarité

s’organise aussitôt et Lumina connaît

alors sa première expérience militante.

Bien qu’enceinte de deux mois,

elle participe au soulèvement qui se

déroule le 22 septembre de la même

année pour exiger la libération de

Lubin. Étant une des principales dirigeantes

de l’insurrection, Lumina se

fait remarquer pour sa capacité à diriger

le combat.

La répression est féroce. Lumina

est arrêtée et emprisonnée.

« Lors de ses deux procès, on

la présente comme la flamme de la

révolte, la reine de la compagnie, la

plus terrible des chefs de bande. On

l’accuse d’être une incendiaire, de

chercher à dominer les hommes, de

nier sa condition de femme. En avril

1871, elle accouche d’un petit garçon

qui est nommé Théodore par l’administration

pénitentiaire, et qui lui est immédiatement

enlevé; l’enfant mourra

en prison quatorze mois plus tard. En

juin 1871, Lumina est condamnée aux

travaux forcés à perpétuité pour avoir

incendié des habitations et participé à

l’insurrection. »

Déportée à la Guyane, elle est

contrainte d’épouser 7 ans plus tard

un bagnard blanc. Elle meurt peu

après d’épuisement, de maladie et de

mauvais traitements à l’âge de 31 ans.

Lumina Sophie reste dans les

mémoires populaires martiniquaises

un symbole de fierté et de révolte contre

le pouvoir des békés.

On lui prête ces paroles : « Le

Bon Dieu aurait une case sur la terre

que je la brûlerais car Dieu n’est sûrement

qu’un vieux béké. »

Repose en paix, sœur et camarade.

Textes entre guillemets

tirés de : https://histoireparlesfemmes.com/2016/12/05/

lumina-sophie-insurgee-contre-la-segregation/

Texte : FUIQP et Alain Saint-

Victor

La première décennie du processus révolutionnaire arabe

Par Gilbert Achcar*

Le 17 décembre 2010, il y a tout

juste dix ans, un jeune vendeur de

rue à Sidi Bouzid, dans le centre de la

Tunisie, provoquait en s’immolant une

tempête politique qui allait rapidement

s’étendre au reste du pays, puis à l’ensemble

de la région arabophone dans

ce qu’il est convenu, depuis 2011,

d’appeler «le printemps arabe».

Les premiers mois de ce «printemps»

furent euphoriques : une

immense vague de protestations

massives déferlait sur la région, culminant

dans six soulèvements majeurs

– l’Égypte, le Yémen, le Bahreïn, la

Libye et la Syrie, ayant suivi l’exemple

de la Tunisie. Mais peu après cette

première montée, la vague révolutionnaire

refluait et était suivie d’une

offensive contre-révolutionnaire. La

révolution bahreïnienne fut assiégée

et réprimée. Le régime syrien réussit

à résister au soulèvement populaire,

mué en guerre civile, jusqu’à ce que

l’Iran vienne à sa rescousse en 2013.

Peu après, un coup d’État militaire

réactionnaire eut lieu en Égypte, suivi

d’autres revers ainsi que du déclenchement

de guerres civiles en Libye et au

Yémen. Cette lourde défaite dissipa les

dernières illusions; l’euphorie céda la

place au pessimisme, tandis que beaucoup

annonçaient la fin des rêves du

«printemps arabe».

L’euphorie et l’abattement

étaient tous deux cependant des réactions

impressionnistes superficielles à

la vague révolutionnaire et au reflux

qui la suivit. Tous deux négligeaient

deux caractéristiques fondamentales

du big bang qui a secoué la région en

2011.

La première caractéristique

est que l’explosion avait des causes

profondes dans la crise structurelle

insurmontable résultant de la transformation

du système sociopolitique

dominant en obstacle au développement,

entraînant des taux de croissance

économique très faibles et, par

conséquent, des niveaux de chômage

très élevés, chez les jeunes et les

femmes en particulier. Le reflux de

la vague révolutionnaire et l’assaut

réactionnaire qui suivit n’ont résolu

en rien cette crise structurelle fondamentale.

Bien au contraire, elle n’a

fait que s’aggraver dans les conditions

d’instabilité politique qui prévalent au

niveau régional depuis le début de la

crise. Cela signifie que les événements

de 2011 n’étaient que la phase initiale

L’immolation de Mohamed

Bouazizi, le 17 décembre 2010, à

Sidi Bouzid, annonce un séisme qui

va provoquer le «printemps arabe».

d’un processus révolutionnaire à long

terme qui ne prendra fin que lorsque

le changement radical indispensable

du système sociopolitique dominant

aura lieu. A défaut d’un tel changement,

la région risque de s’enfoncer

dans un déclin désastreux, annonçant

une longue période historique de décadence.

La deuxième caractéristique

négligée est le contrôle étroit exercé

par le système politique et social dans

la région arabe sur les principaux leviers

du pouvoir d’État – en particulier

les forces armées. L’espoir, très répandu

dans les premiers mois du «printemps

arabe», que la région connaîtrait

une «transition démocratique» aussi

aisée que celle qu’ont connue d’autres

parties du monde, reposait sur une

sous-estimation naïve de la solidité du

corps principal de l’État et de sa colonne

vertébrale répressive, ainsi que

de la disposition des élites dirigeantes

à détruire leur pays, massacrer leurs

populations ou les refouler afin de préserver

leur pouvoir et leurs privilèges

– comme l’a fait le régime syrien.

Cette illusion naïve a été renforcée

lorsque ce qui se passa en Tunisie et

en Égypte – où l’«État profond» sacrifia

son sommet [Ben Ali, Moubarak]

pour préserver ses fondations jusqu’à

ce qu’un nouveau sommet apparaisse

comme la partie émergée de l’iceberg

– fut confondu avec le «renversement

du régime» que le peuple voulait, selon

le célèbre slogan.

Considérées ensemble, ces deux

caractéristiques conduisent à la conclusion

que le changement dont la région

a besoin pour surmonter sa crise

chronique nécessite des directions ou

des organes dirigeants du mouvement

populaire d’un haut niveau de détermination

révolutionnaire et de fidélité à

l’intérêt populaire. De telles directions

sont indispensables pour gérer le processus

révolutionnaire et surmonter les

épreuves et les défis difficiles auxquels

il faut inévitablement faire face afin de

vaincre les régimes existants en gagnant

leur base sociale, tant civile que

militaire. Il faut des directions capables

de se hisser au niveau requis pour assurer

la transformation de l’État d’une

machine d’extorsion sociale au profit

d’une minorité à un outil au service de

la société et de sa majorité laborieuse.

Tant que de tels organes dirigeants

n’auront pas émergé ou réussi à prendre

le dessus, le processus révolutionnaire

se poursuivra inexorablement à

travers des phases de flux et de reflux,

des avancées révolutionnaires et des

régressions contre-révolutionnaires.

La première décennie du processus

révolutionnaire arabe a confirmé

qu’il s’agit bien d’un processus

à long terme. L’échec du «printemps

arabe» – avec des guerres civiles dans

trois pays et le rétablissement dans

d’autres de l’ancien régime avec une

nouvelle figure de proue, plus laide

encore dans le cas de l’Égypte – n’a

nullement apporté de stabilité sociale à

la région. Des éruptions sociales et des

protestations politiques ont continué à

se produire dans un pays après l’autre,

et d’une région à l’autre au sein

du même pays, comme cela a été le

cas au Maroc, en Tunisie, en Égypte,

au Soudan, en Jordanie, en Syrie, en

Irak, et ailleurs.

Huit ans après la première vague

révolutionnaire, la région a connu

une seconde vague inaugurée par le

soulèvement soudanais enclenché il y

a deux ans, le 19 décembre 2018. Il

a été suivi en 2019 par le Hirak algérien

et les soulèvements en Irak et

au Liban. Au total, dix États arabes

ont ainsi connu des soulèvements au

cours de la décennie qui s’achève. Autrement

dit, près de la moitié des pays

de la région et la grande majorité de sa

population ont connu des explosions

révolutionnaires massives. En outre,

presque tous les autres pays arabes

ont connu une augmentation notoire

des protestations sociales et politiques

au cours de la décennie. Et s’il est vrai

que la pandémie de Covid-19 a entravé

les luttes sociales en cours et inhibé

l’émergence de nouvelles, cet impact

ne durera pas, d’autant que l’exacerbation

par la pandémie de la crise

économique régionale ne peut qu’attiser

davantage la colère populaire.

Le plus grand défi auquel est

confrontée la génération actuelle de

révolutionnaires, politisée au cours

des soulèvements – et la condition

fondamentale de sa capacité à passer

du soulèvement à la révolution victorieuse

– réside dans la question susmentionnée

de la direction, dans ses

deux dimensions organisationnelle et

politique. Non seulement dans la région

arabe, mais dans le monde entier,

la nouvelle génération rebelle se méfie

à juste titre des anciennes formations

politiques et idéologiques, sachant

qu’elles ont abouti à l’autoritarisme

bureaucratique ou au leadership individuel,

et qu’elles ont trahi les principes

qu’elles prétendaient incarner afin de

s’accommoder de divers types d’oppression

sociale, politique et culturelle.

La nouvelle génération rebelle tient à

l’organisation horizontale à la base;

elle rejette le centralisme hiérarchique

et opte pour une coordination en réseau,

selon une manière qu’illustrent

le mieux les «comités de résistance» au

Soudan.

Politiquement, comme tous les

processus révolutionnaires à long

terme de l’histoire, le processus régional

est cumulatif. Chaque génération

tire les leçons de ses expériences

et de ses échecs, leçons qui sont transmises

d’une génération à l’autre, et

d’un pays à l’autre, au sein d’un même

long processus historique. Nous avons

vu ainsi comment la deuxième vague

révolutionnaire – ou ce que certains

commentateurs ont appelé le «second

printemps arabe» – a évité les illusions

qui avaient affaibli la vague précédente.

Il suffit de comparer les trois pays

de la région qui ont en commun d’être

gouvernés par leurs forces armées:

l’Égypte, le Soudan et l’Algérie. Tandis

qu’en 2011, puis en 2013, les

illusions sur le rôle de «sauveur» des

forces armées ont prévalu en Égypte,

les mouvements populaires ultérieurs

au Soudan et en Algérie ont évité cet

écueil et ont réaffirmé leur exigence

d’un gouvernement civil comme condition

préalable à la démocratie. De

même, les mouvements en Irak et au

Liban ont tous deux réussi à éviter de

tomber dans le piège des clivages confessionnels

longtemps utilisés par les

groupes au pouvoir afin de diviser le

Un monument en mémoire de Mohamed Bouazizi sur la façade d’un bureau

de poste au centre-ville de Sidi Bouzid

peuple et consolider leur hégémonie.

Il est certain qu’il y a encore

beaucoup de chemin à parcourir entre

l’état présent des mouvements populaires,

en particulier les mouvements

de jeunes, et la réalisation des aspirations

progressistes révolutionnaires

de la nouvelle génération. Pendant ce

temps, l’ordre réactionnaire arabe continue

de fourbir ses armes, tandis que

ses dirigeants se coalisent dans l’opposition

au processus révolutionnaire régional.

Le chemin vers l’émancipation

révolutionnaire souhaitée est long et

ardu, mais la détermination à le prendre

est renforcée par la conscience que

la seule alternative est l’ignominie et

la barbarie.

*Gilbert Achcar est professeur à la

SOAS, Université de Londres.

Al-Quds al-Arabi

16 décembre 2010

Traduction A l’encontre18

décembre 2020

Vol 14 # 25 • Du 23 au 29 Décembre 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

13


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14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 25 • Du 23 au 29 Décembre 2020


Haïti : succession de massacres et

instrumentalisation de milices politiques

Par REHMONCO

PAR CES MOTIFS

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal de paix de la commune de Carrefour, compétemment reuni en son Hotel de

Justice, a rendu en audience publique et en ses attributions civiles le jugement suivant :

PAR CES MOTIFS, le Tribunal, après en avoir délibéré conformément à la loi, maintient le

défaut octroyé à la susdite audience contre la caisse populaire Solap (CPS) représentée par

le sieur Fritz Macénat en faveur de la dame Pluviose Adrienne André ; accueille l'action de

la demanderesse, résilie le bail liant les deux parties pour faute de paiement des loyers

échus et dus ; ordonne le déguerpissement de la citée de la maison louée ; accorde l'exécution

provisoire sans caution du présent jugement, nonobstant appel ou pourvoi en

cassation et condamne la citée aux frais et dépens de l'instance, commet l'huissier PRICIEN

Prisnel de ce Tribunal, pour la signification du présent jugement avec commandement.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Me FRANTZ MERENTUS, juge en audience civile et publique

du lundi sept (07) décembre deux mille vingt ; An 217ème de l'Indépendance, avec

l'assistance du sieur FREDERIC Jean Eddy, greffier du siège.

Il est ordonné à tous huissiers, sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution,

aux officiers du ministère public près les Tribunaux civils d'y tenir la main, à tous commandants

et autres Officiers de la force publique d'y prêter main forte lorsqu'ils en seront

légalement requis.

En foi de quoi, la minute du présent jugement est signée du juge et du greffier susdits.

POUR EXPÉDITION CONFORME COLLATIONNEE : Jean Eddy FRÉDÉRIC, GREFFIER.

POUR LE CABINET : MES Jean Eric FRANÇOIS, Kesny LEON et Hesed Deïnad JEAN-BAPTISTE.

Sur les conclusions conformes du Ministère public , le Tribunal maintient le

défaut requis et octroyé à la barre contre la partie défenderesse ; Admet en

conséquence le divorce du sieur Dieuseul FILS AIME d'avec son épouse la dame

Ginette VERDINER ; prononce en conséquence la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre eux pour injures graves et publiques aux torts de l'épouse,

ce, conformément aux termes des articles 217 et suivants du code civil; Ordonne

à l'officier de l'état civil de Thomazeau de transcrire sur les registres à ce

destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un

des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages intérêts envers

les tiers s'il y échet ; Compense les dépens en raison de la qualité des parties.

Commet l'huissier André LOUISSAINT de ce Tribunal pour la signification du

présent jugement, compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Sully L. GESMA, juge en audience civile,

ordinaire et publique du vingt huit octobre deux mille dix neuf, en présence de

Me. Rebecca Luc Micheline Belton VERDINER, Substitut commissaire du gouvernement

de ce ressort et avec la participation du sieur Lunas ETIENNE greffe du

siège.

Il est ordonné etc......

En foi de quoi etc …..

En moins d’un an, le gouvernement

Moise-Jouthe a publié

environ 46 décrets, les uns les plus

contestés que les autres. Publiés le

26 novembre 2020, les deux derniers

traitent respectivement de la

création d’une agence nationale

d’intelligence (ANI) et du renforcement

de la sécurité publique. Le

premier entérine la formation d’une

nouvelle milice armée détenant

désormais plus de pouvoirs que les

différents paliers du système judiciaire

et de la police.

Ces agents fonctionnent dans

l’anonymat le plus total, ils peuvent,

sans rendre compte à qui que

ce soit, interroger, fouiller, séquestrer,

arrêter des citoyen(nes) : ils ne

sont redevables qu’envers uniquement

au président de la république.

Quant au décret portant sur la sécurité

publique, il donne droit de condamner

comme un acte terroriste

toute manifestation obstruant la

voie publique. Les peines vont de

20 à 50 ans de réclusion et d’une

amende pouvant atteindre 50 millions

de gourdes.

En réalité, les deux décrets

visent le même objectif : la répression

des travailleurs et d’autres

groupes opprimés de la société. Des

organismes des droits humains en

Haïti ont systématiquement critiqué

ces décrets, les considérant comme

une violation de la constitution haïtienne,

une porte ouverte à la suppression

des libertés individuelles

et du fonctionnement des groupes

d’opposition.

Si cette critique juridique n’est

pas sans intérêt, dans une société

dite « démocratique » et « libérale

», elle ne permet pas néanmoins de

saisir les dessous de cette décision

essentiellement politique.

Pour arriver à comprendre les

raisons de ces décrets, il faut aller

au-delà de la conjoncture actuelle.

En effet, depuis le départ des Duvalier

en 1986, l’oligarchie haïtienne

et ses alliés de la classe politique

se sont lancés dans une véritable

quête de stabilité politique, ce qui

veut dire de tout faire, même si cela

implique la plus grande répression,

pour conserver le statu quo socio-économique.

Le régime sanguinaire des Duvalier

avait garanti, par des crimes

odieux, par une des répressions

les plus criminelles, l’exploitation

des travailleurs aussi bien dans les

centres urbains que dans la paysannerie.

Son effondrement, et les

luttes qui en ont suivi, remettait

en question le processus éhonté de

l’accumulation colossale de profits

des classes dominantes. Ces

dernières devaient dorénavant tenir

compte des revendications populaires,

négocier avec les syndicats,

le mouvement paysan, etc.

Cette situation, au lieu de se

traduire par un nouveau « contrat

social », expression utilisée de façon

démagogique par l’un des secteurs

les plus réactionnaires de l’oligarchie,

a donné lieu à de nombreux

massacres perpétrés par la police et

l’armée.

Avec le temps, cette répression

se complexifie et prend la

forme d’une hydre à multiples têtes

: émergent des groupes paramilitaires

formels et informels qui se

mettent au service de l’État haïtien

et de l’oligarchie dans leur lutte

contre les classes dominées.

Au cours des 40 dernières années,

ces groupes se succèdent et se

différencient à peine. Sous les gouvernements

des militaires putschistes,

il y avait des milices paramilitaires

dont les brassards rouges, les

attachés, les assassins du FRAPH,

tandis que les gouvernements

populistes instrumentalisaient des

groupes communément appelés «

chimè » (chimères).

Débutait dès lors le règne des

« bandits légaux » qui finalement

s’est consolidé et a produit aujourd’hui

la confédération ou coalition

des gangs armés, le G9.

Loin d’être un pur produit de

la conjoncture, la multiplication de

ces groupes criminels répondent à

un besoin des capitalistes locaux et

des firmes multinationales opérant

en Haïti.

Il s’agit de maintenir un climat

de terreur dans le but de poursuivre

l’exploitation à bon marché de la

main d’œuvre haïtienne et l’expropriation

de la paysannerie. Cette terreur

doit empêcher les travailleurs à

s’organiser, à revendiquer un partage

équitable de la richesse sociale.

Elle sert également à décourager,

voire contraindre les militant(es)

progressistes et révolutionnaires à

fuir le pays.

En ce sens, il n’y pas de discontinuité

entre le règne sanguinaire

des Duvalier et l’ère dite de «

démocratie bourgeoise ». L’objectif

de l’oligarchie est resté le même :

maintenir les travailleurs et les autres

groupes opprimés de la société

dans une situation d’anomie et de

désorganisation.

C’est la meilleure façon de

poursuivre l’exploitation des travailleurs

dans les ateliers de misère

dans les grands centres urbains, de

déposséder les paysan(nes) de leur

lopin de terre au profit des compagnies

minières et agroalimentaires

transnationales.

Plusieurs secteurs de la

gauche et de la droite libérales tant

en Haïti que dans la diaspora semblent

ne pas comprendre que la politique

de terreur n’est pas étrangère

à l’ordre social du capitalisme haï-

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après en avoir délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions conformes

du Ministère public, accueille l'action de la demanderesse la dame née Evena

SAINT-FLEUR en la forme; maintient le défaut faute de comparaître octroyé à

l'audience du vendredi dix sept juillet deux mille vingt contre Faubel DOCIMA ; Admet

en conséquence le divorce de la dame Evena

SAINT-FLEUR contre son époux Faubel DOCIMA pour injures graves faits prévus à

l'article 217 du code civil haïtien ; prononce la dissolution des liens matrimoniaux

ayant existé entre eux aux torts de l'époux, ordonne à l'officier de l'état civil de la

Section Sud de Port au Prince de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif

du présent jugement dont un extrait sera publié dans l'un des quotidiens s'éditant à la

Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers; Compense les dépens vu la

qualité des parties; Commet l'huissier Clerbrun FAURE de ce siège pour la signification

du présent jugement.

Rendu de nous Legroise AVRIL, juge au Tribunal de première instance de Port au Prince

de ce ressort, en audience civile publique et ordinaire du vendredi dix sept juillet deux

mille vingt. En présence du substitut commissaire du gouvernement Me. Luc PASCAL,

faisant office du Ministère public et avec l'assistance de Me. Jean Serge DUVERT,

Greffier du siège.

Il est ordonné. etc. En foi de quoi etc ....

Me Yves PIERRE, Av.

Joseph Joute invité au Cabinet

d’instruction sur l’assassinat

de Monferrier Dorval

Par Thomas Peralte

Le juge d'instruction Renord Régis,

chargé de travailler sur l'affaire du

meurtre du bâtonnier Monferrier Dorval

survenu le vendredi 28 août 2020,

vient de convoquer, pour le vendredi

15 janvier 2021 prochain, le Premier

ministre, Joseph Jouthe, qui sera entendu

comme témoin en la matière.

En tant que Premier ministre,

seul le président de la république, Jovenel

Moïse, peut autoriser le juge

d'instruction à entendre Joseph Jouthe

puisque l'article 400 du Code de

procédure pénale dispose que les hauts

fonctionnaires de l'État ne peuvent jamais

être cités comme témoins, même

pour des débats tenus en présence

d'un jury, autre que le président de la

république, à la demande d'un parti

peut autoriser les hauts fonctionnaires

de l'État à répondre à ces invitations,

par le biais d'une ordonnance spéciale.

Le Premier ministre pour sa

part a ainsi réagi, en utilisant comme

à l’accoutumée des propos risibles à

l’instar d’un comédien pour minimiser

l’invitation « Je respecte la justice de

mon pays, je regrette avoir été un

premier ministre, sinon je serais aux

premières heures devant le carré du

magistrat Rénord Régis pour répondre

à son invitation »

« Heureusement, je n’ai rien à

voir avec ça, mais c’est la justice, je

suis obligé de me plier » ajoute –t-il.

Le Barreau de Port-au-Prince a

salué les efforts du juge d'instruction

Renord Régis, chargé des travaux sur

le crime d'assassinat de Me Dorval remontant

à 4 mois déjà.

Par ailleurs, le secrétaire général

du Barreau de Port-au-Prince, M. Robinson

Pierre-Louis, a pointé du doigt la

tien. Ils espèrent un appui du prochain

gouvernement démocrate

étatsunien pour résoudre la crise en

Haïti. Une attitude non seulement

opportuniste, dans la mesure où il

perçoit ce changement à la Maison

Blanche comme un moyen uniquement

de changer de gouvernement,

mais aussi « utopiques », en ce sens

qu’ils promeuvent aussi la croyance

illusoire que la nouvelle administration

étatsunienne serait ipso facto

contre le pouvoir de Jovenel Moise.

Le fait que certaines critiques,

comme celles provenant d’un secteur

de l’État étatsunien, blâment

des hommes de main du pouvoir

PHTK, ne signifie pas que la politique

de la domination impérialiste

étatsunienne connait un changement

qualitatif.

C’est une illusion dangereuse

de penser ainsi et de faire croire que

Le Premier ministre Joseph Jouthe

Direction centrale de la police travaillant

pour la justice (Dcpj), qui comprend

la police scientifique, affirmant

qu'elle n'a jamais remis de rapport

technique, ce qui permettrait au dossier

d'aller de l'avant, alors que cette

institution détient toutes les informations

nécessaires.

Une ordonnance concernant cet

assassinat devait être rendue à la fin

du mois de Janvier prochain ; mais

l’enquête se trouve confrontée à des

difficultés liées à l’insécurité qui sévit

dans le pays, précisément dans les

parages du Bicentenaire où se situe le

Tribunal de Première Instance de Portau-Prince.

Aussi, le juge d’instruction Me

Renord Régis s’apprêterait à demander

au doyen la prolongation du délai concernant

l’ordonnance puisqu’il existe

des empêchements aux auditions des

suspects ainsi qu’à la comparution des

personnes citées dans le cadre de cette

affaire.

Nous espérons que le Premier

ministre Joseph Jouthe n’utilise pas

le même prétexte d’insécurité pour ne

pas se présenter à cette audience sur le

cas de l’assassinat de l’ancien bâtonnier,

Maitre Monferrier Dorval.

l’avenir politique et économique de

notre pays dépend uniquement des

puissances étrangères, que le peuple

haïtien se trouve dans une situation

de dépendance et de dénuement tels

que nul espoir n’est permis en dehors

de l’étranger.

Divulguer l’idée selon laquelle

on peut négocier avec les puissances

occidentales, en particulier les

États-Unis, sans prendre appui sur

des organisations en lien structurel

avec la lutte du peuple, c’est rêver

en couleur, c’est faire croire que les

changements, dont notre pays a

tant besoin, dépendent uniquement

d’un changement d’individus à la

tête de l’État. Cette question a été

d’une grande pertinence au cours

des années qui ont suivi la chute de

la dictature des Duvalier, elle l’est

encore aujourd’hui : l’avenir de notre

pays dépend plus que jamais de

la lutte du peuple.

C’est pourquoi nous rejetons

et dénonçons cette approche consistant

à attendre des puissances

impérialiste un quelconque changement

de l’ordre social en Haïti. Elle

est contreproductive dans la mesure

où elle ne sert qu’à faire sombrer les

travailleur(ses) et les autres groupes

opprimés de la société haïtienne

dans l’illusion et l’attentisme. Il

s’avère important de saisir la crise

haïtienne dans sa dimension structurelle.

C’est par la compréhension

de cette dimension, par la lutte et

par la solidarité avec d’autres peuples

en lutte que l’on développera

une stratégie et une vision claire

d’une nouvelle Haïti.

Pour aut hentification,

Le Regroupement des Haïtiens de

Montréal contre l’Occupation d’Haïti

Renel Exentus,

Ricardo Gustave

Montréal, le 21 décembre 2020

Contact: rehmoncohaiti1915@

gmail.com

Vol 14 # 25 • Du 23 au 29 Décembre 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (6)

demokrasi sosyal la men tou li se yon

zouti k ap fè pwomosyon pou lib antrepriz,

inisyativ pèsonèl epi konkirans.

[59]Modèl demokrasi sa a ap konplè

nan pwolonjman demokrasi politik la

oswa nan aplike yon revolisyon k ap

fè li pran wout diktati pwoletarya. Se

modèl demokrasi sa a [60] Antonio

Gramsci rele « Démocratie ouvrière » a.

Dwa moun yo chita bò kote yon

ansanm valè demokrasi a ap fè pwomosyon

pou li. Amartya Sen nan kad

travay kritik li fè sou modèl demokrasi

oksidantal la epi analiz li fè kote li

mansyone demokrasi a kapab genyen

yon sans laj, sa vle di lè genyen deba

politik, yon gouvènman ki chita sou

diskisyon ; epi yon sans piti se lè genyen

eleksyon. Li konsidere yon ansanm

eleman ki nan rasin demokrasi a

: pliralism, divèsite, deba piblik, libète

fondalnatal, dwa sitwayènte, dwa pou

moun yo vote, enfòmasyon yo ki dwe

disponib pou tout moun, elatriye. Si n

ap konsidere lide Amartya Sen lan, Leta

an Ayiti nan dènye lane sa yo prèske

pa nan pyès sans demokrasi sa yo, sa

vle di li pa nan demokrasi nan sans laj

ni piti a, malgre gwo jefò ki fèt depi aprè

1986.

Frédéric Boisrond fè konnen youn

nan eleman ki vrèman enpòtan nan

yon demokrasi se prensip opozisyon

an. [61]Menm jan pati politik yo jwe

yon gwo wòl nan kontribisyon yo pou

yo tabli demokrasi a. [62] Genyen (3)

fason diferan demokrasi a kapab kontribye

nan fè lavi moun vin pi bèl: li

pèmèt libète politik moun yo manifeste

sa vle di aplikasyon dwa sivik ak politik

yo ; li fè moun yo kapab eksprime epi

defann revandikasyon yo, espesyalman

nan desizyon politik k ap pran yo

; li pèmèt moun yo aprann youn ak lòt

epi bay sosyete a posiblite pou li bay

valè li yo bon jan fòm ak priyorite.

Alòs, [63] depi plis pase yon

syèk, pèp ayisyen deside viv epi batay

pou demokrasi a men pwojè sila a

pako ka ateri malgre elaborasyon yon

ansanm lwa. [64]Kreyasyon lwa yo

pa difisil, s ak pi enpòtan se kapasite

pou fè aplike yo epi veye pou yo kapab

kontribye nan chanje lavi pèp ayisyen

an. [65]Demokrasi ayisyen genyen an

fèt sou fòm yon imaj, li pa chita sou

okenn estrikti ki estab, ki reyèl ; kesyon

souverènte pèp la se yon idòl. [66]

Youn nan prensipal difikilte demokrasi

a se zafè inyorans k ap vale teren nan

mitan popilasyon an, zafè moun yo ki

paka jwenn fòmasyon epi mankman

motivasyon bò kote pèp la.

[67] Nan yon lòt bò zafè dezòd,

koripsyon nan administrasyon Etatik

la ak nan espas politik la, jesyon vag

sa vle di san rigè konsidere kòm lènmi

demokrasi a. [68] Lòske konstitisyon

an pase anba pye, prensipal enterè nanchon

an pa jwenn pwoteksyon, diyite

nasyonal la ap disparèt, chèf pouvwa

ekzekitif la konprann li pi wo pase lalwa,

sa vle di pi wo konstitisyon ak lwa

yo, sila yo senbolize echèk demokrasi

a. [69]Eddy Arnold Jean rezime pikan

kwenna demokrasi a nan yon ansanm

pwoblèm : koripsyon, pwoblèm estabilite

politik, foli pouvwa, enjerans politik

ak ekonomik, kesyon paka jwenn jistis,

aksyon laboujwazi ak anbasadè yo

kont pèp ayisyen an. Nou kapab ajoute

pwoblèm altènans politik la an Ayiti

kontribye nan bare wout demokrasi a.

Anfè, dwa moun yo ap kontinye

pase anba pye si pa genyen yon Leta

ki respekte dwa moun yo, an menm

tan si pa genyen yon Leta demokratik.

Leta ki chita sou dwa moun yo pa

otomatikman vle di Leta demokratik.

[70]Pou genyen Leta ki chita sou dwa

moun yo, fòk moun yo konnen yo genyen

menm sosyete. Leta sila a opoze

yon modèl Leta otoritè ki pa jwenn limit

lalwa. [71] Konstrui yon Leta ki chita

sou dwa moun yo se genyen yon Leta

ki jwenn limit lalwa epi kote se lwa yo

ki defini manifestasyon sosyetal la.

Ayiti se yon peyi ki chita sou yon ipokrizi

Leta dwa moun. [72]Suzy Castor

konprann dwa se vrèman yon zouti

ki nesesè men ki pa sifi pou Laënnec

Hurbon pale sou Leta dwa moun. [73]

Damase Pierre-Louis fè yon kritik sou

modèl demokrasi a nan peyi Ayiti kote

li eksplike modèl demokrasi ki genyen

an se yon mansonj. Nan sans sa a, si

pa genyen yon veritab demokrasi, Leta

dwa moun, ki chita sou filozofi libète

byennèt 1791 lan, Deklarasyon Inivèsèl

Dwa Moun yo ap toujou jwenn

pikan kwenna ki fè li pap ka aplike an

Ayiti.

Dat : 12 desanm 2020.

Malachy BASTIEN, Asp Antwopososyològ,

Ekriven.

Suite de la page (3)

jeu géopolitique à propos du Vénézuela.

De 2008 à 2018, le Vénézuela a

fourni à Haïti 4,3 milliards de dollars

de pétrole bon marché à des conditions

de crédit généreuses, faisant d’Haïti

l’un de ses plus proches alliés. Mais

l’administration Trump a renforcé les

sanctions imposées par l’administration

Obama au Vénézuela, sabotant ainsi le

programme de subventions pétrolières

connu sous le nom de PetroCaribe.

Avec la fin de l’arrivée de pétrole

et des manifestations hebdomadaires

massives exigeant sa démission,

le président Jovenel Moïse a cédé à la

pression de Washington de répudier le

Vénézuela. Le 10 janvier 2019, Haïti a

voté à l’Organisation des États américains

(OEA) pour qualifier le président

vénézuélien Nicolas Maduro d ‘«illégitime».

Haïti a également accepté de

rejoindre le groupe de Lima dirigé par

les États-Unis, un troupeau d’États

vassaux de Washington qui dénigrent

le Vénézuela.

Les Émirats arabes unis ont été le

premier pays arabe à snober l’ONU et à

ouvrir un consulat au Sahara occidental

en octobre. Quinze pays africains

ont également installé des consulats au

Sahara Occidental, dont les Comores,

la Gambie, la Guinée, le Gabon et la

Zambie.

Haïti a été la première nation en

dehors de l’Afrique et du monde arabe

à établir une présence diplomatique

dans le Sahara occidental illégalement

occupé. Le seul autre consulat d’Haïti

sur le continent se trouve à Pretoria, en

Afrique du Sud.

Dans sa déclaration, le Front Polisario

a exhorté l’Union africaine (qui

le reconnaît) et l’ONU à «faire pression

sur le Royaume du Maroc pour qu’il

mette fin à son occupation du Sahara

occidental».

Ironiquement, la position du Vénézuela

sur l’agression du Maroc met

l’opportunisme du gouvernement haïtien

en relief. Avant l’élection d’Hugo

Chavez en 1998, le Vénézuela avait des

relations diplomatiques avec seulement

20 pays africains, a déclaré le vice-ministre

vénézuélien pour l’Afrique, Yuri

Pimentel, à Anya Parampil de Grayzone,

en octobre 2019. Aujourd’hui,

Caracas entretient des relations diplomatiques

avec 55 nations dans

«l’Afrique mère», a-t-il dit, «même si

l’une d’entre elles n’est pas reconnue

aux Nations Unies, car nous reconnaissons

le Sahara occidental comme

un pays indépendant».

Article traduit de l’anglais par

Alexandra Panaguli

Suite de la page (5)

corruption et à l’irresponsabilité.

Oui, quitte à attirer sur nous les

foudres de ceux et celles qui se reconnaissent

dans ces indigences, il faut

oser dire cette laideur innommable :

12 millions d’individus ne peuvent

pas continuer de vivre dans cette trinité

résiliente formée par la corruption,

l’assistance humanitaire et la migration.

Aujourd’hui, Haïti fait figure d’un

biais (vide) anthropologique qui augure

l’imminence d’un Homo Detritus

terrifiant. Et ce, pour l’avenir de toute

l’humanité, dans la mesure où cet écosystème

précaire et fragile n’est pas

autonome. D’autant plus qu’il tient

une bonne partie de son indigence de

ses échanges avec les autres écosystèmes.

C’est ce qui, malgré les risques

professionnels et sécuritaires, nous

motive à fouiller intranquillement les

strates anthropologiques de l’errance

pour provoquer et mettre les faits en

situation de récit. Car, pour paraphraser

Karen Blixen, nous pensons que

toutes les défaillances sont réversibles

si on sait en faire une histoire intelligible.

Ainsi, on permettra d’objectiver

les causes racines de la complexité

de cette humaine défaillance contre

laquelle on propose des solutions simplifiantes

et insignifiantes qui ne font

qu’amplifier l’errance.

C’est ce récit que je porte comme

témoignage de l’indigence qui fait la

fête. Il me semble que les lettrés, les

universitaires, les intellectuels haïtiens,

les gens de bien de la société

civile haïtienne ont suffisamment exhibé

leurs diplômes et leurs titres pour

qu’on leur demande à présent de prouver

la valeur de leurs diplômes et la

pertinence de leurs titres en mettant

leur savoir en situation autrement

qu’en vivant de l’assistance internationale,

autrement qu’en fuyant leur

pays, autrement qu’en se soumettant

ou en survivant à l’indigence. Un

savoir ne prend ses marques qu’en se

révélant face aux contraintes, qu’en

agissant sur les défaillances.

Dans la seconde partie, nous

tenterons de faire ressortir comment

par l’intranquillité on peut traquer la

précarité que nourrissent l’imposture

et l’insignifiance du savoir utilisé comme

artifice de séduction en Haïti.

Notes

[1] https://aphadolie.com/2020/12/12/

brandy-vaughan-deces-de-la-lanceuse-dalerte-ancienne-representante-pharmaceutique-des-laboratoires-merck-co/

[2] https://www.infovaccin.fr/

hommages.html

Mediapart 18 décembre 2020

Suite de la page (12)

Soy Sros: Lorsque j’étais en prison,

le CUMW m’a beaucoup encouragé

et soutenu. Ils m’ont dit que je ne

devais pas trop m’inquiéter et qu’ils

allaient m’aider [à me faire sortir].

Après ma sortie, le CUMW m’a aussi

aidé, comme lorsque j’ai reçu des

lettres d’avertissement de la direction.

Je me sens presque coupable

parce que j’ai dû leur demander de

l’aide plusieurs fois.

J’ai participé à la création du

syndicat en février 2017. J’ai été élue

déléguée par le premier petit groupe

de l’usine. Nous étions une trentaine

de collègues.

Ma première expérience a

eu lieu dans la petite usine près de

Tuek Thla, où je ne voulais pas faire

d’heures supplémentaires et où j’ai

reçu un avertissement pour cela. Je

trouvais que l’usine exagérait et j’ai

commencé à étudier la loi. J’ai appris

que les heures supplémentaires

étaient volontaires. Plus tard, j’ai

quitté cette usine pour devenir une

petite vendeuse de rue. Mais quand

j’ai commencé mon travail actuel,

j’en savais un peu plus sur mes

droits.

Kim Kelly: Que doivent savoir

les consommateurs ainsi que les

défenseurs des droits du travail occidentaux

eu égard aux défis et

aux conditions auxquels vous et

les autres travailleurs et travailleuses

de l’habillement au Cambodge

et ailleurs en Asie devez faire face

lorsque, chaque jour, vous pointez

au travail? Comment les gens peuvent-ils

soutenir votre cause?

Soy Sros: J’aimerais dire aux

consommateurs qu’ils devraient inciter

les marques et les employeurs

à respecter les droits des travailleurs

et les travailleuses et des syndicats.

Qu’ils ne doivent pas craindre les

syndicats, mais au contraire nous

respecter.

*Kim Kelly est une journaliste

indépendante et une activiste basée

à Philadelphie. Ses travaux portent

sur le travail, les classes, la poli-

tique et la culture. Ils ont été publiés

dans le New Republic, le Washington

Post, The Baffler, entre autres.

Dissent 1 er Décembre 2020

Traduction- Rédaction A

l’Encontre 19 Décembre 2020

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16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 25 • Du 23 au 29 Décembre 2020


A Travers le monde

L'armée américaine quitte

la Somalie

Le Pentagone a commencé à retirer

la majeure partie du contingent

militaire américain de Somalie. Cette

décision a été prise sur ordre du président

sortant Donald Trump.

CNN indique que les forces américaines,

qui avaient été positionnées

en Somalie, ont commencé leur retrait

du pays et sont redirigées vers d'autres

bases en Afrique de l'Est.

Dans un communiqué de samedi,

le commandant du commandement

américain pour l'Afrique, le

général Stephen Townsed, a déclaré:

«J'ai dirigé l'activation d'une force

opérationnelle conjointe, JTF-Quartz,

construite autour du quartier général

du Commandement des opérations

Le général de l'armée américaine

Stephen Townsend rencontre le

Premier ministre somalien Hassan

Ali Khayre

spéciales-Afrique, pour superviser

l'opération Octave Quartz, le repositionnement

dirigé des forces américaines

de la Somalie vers d'autres

suite à la page(18)

L’Indonésie ne normalisera pas ses

relations avec Israël tant qu’il n’y aura

pas d’État palestinien

Le président indonésien

Joko Widodo

Le président indonésien Joko Widodo

a assuré au président de l’Autorité

Palestinienne (AP) Mahmoud Abbas

que Jakarta ne normalisera pas ses relations

avec Israël tant qu’il n’y aura

pas d’État palestinien. « Malgré les

changements rapides au Moyen-Orient,

l’Indonésie ne prendra aucune

mesure pour normaliser ses relations

avec Israël jusqu’à ce qu’une paix durable

soit établie entre les Palestiniens

et les Israéliens », a déclaré Widodo

à Abbas lors d’un appel téléphonique,

selon l’agence de presse officielle de

l’AP.

Widodo a exprimé son dévouement

envers la cause palestinienne,

son rejet des récents accords de normalisation

conclus entre les Émirats Arabes

Unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan

avec Israël, et son engagement en

faveur d’une solution à deux États pour

mettre fin au conflit israélo-palestinien.

Abbas a quant à lui remercié

le président indonésien pour son

soutien et l’a informé des derniers

suite à la page(18)

Pérou : Des travailleurs des mines se

mettent en grève

Un groupe de travailleurs miniers en

grève illimitée depuis cinq jours s'est

attaché aux clôtures situées à l'extérieur

du Congrès de la République.

Ainsi, les manifestants ont exprimé

leur rejet contre les licenciements

appliqués par les compagnies minières

pendant la pandémie en suivant des

mesures telles que la suspension parfaite

et le licenciement collectif des travailleurs.

Ils demandent à être réintégrés

dans leur emploi car, selon eux, beaucoup

de ces entreprises ont reçu des

fonds du programme Reactiva Peru

pour éviter de licencier leurs travailleurs.

Grève illimitée

La grève illimitée a été lancée par la

Fédération nationale des travailleurs

des mines, de la métallurgie et de la

sidérurgie du Pérou (FNTMMSP) et a

commencé le 9 décembre.

Un groupe de 160 travailleurs

des mines de Cerro de Pasco et d'Ancash

est arrivé dans la capitale pour

Des miniers péruviens se sont attachés aux clôtures du Congrès de

la République pour dénoncer : l'abus de la suspension parfaite, des

licenciements collectifs et de l'externalisation

dénoncer "l'abus de la suspension parfaite,

des licenciements collectifs et de

l'externalisation".

Ainsi que "les infections

COVID-19 et les journées de travail

atypiques", selon un poster publié par

la FNTMMSP sur son compte Twitter.

Ils demandent la formation d'une

commission tripartite composée de

représentants du ministère du travail,

de la Société nationale des mines et

de la Fédération des travailleurs des

mines.

Et ils demandent aux autorités

de forcer les compagnies minières à

"se conformer aux dizaines de résolutions

émises par SUNAFIL pour des

violations du droit du travail. Après

cinq jours de protestation, "jusqu'à

suite à la page(18)

97% des péruviens souhaitent une nouvelle

Constitution

L'Institut d'études péruviennes (IEP),

une organisation non gouvernementale,

a informé que 97 % des citoyens

péruviens souhaitent modifier la Constitution

actuelle du pays.

L

'enquête de l'IEP a en outre révélé

que 63 % des personnes interrogées

estiment qu'une assemblée constituante

devrait être chargée du changement.

En revanche, seuls 28 % ont

indiqué que le prochain Parlement était

responsable du changement, tandis que

7 % ont préconisé que ce soit le Parlement

actuel.

Dans le même temps, l'étude

souligne que 74 % des citoyens qui

souhaitent un changement ou une réforme

constitutionnelle demandent que

la nouvelle loi prévoie des peines plus

lourdes pour la corruption et les criminels,

tandis que 36 % demandent une

plus grande intervention de l'État dans

les affaires économiques de la nation.

L'étude politique de l'IEP a été

motivée par un projet de loi introduit

par des législateurs de quatre groupes

parlementaires. Les législateurs proposent

de profiter des élections générales

d'avril 2021 pour demander aux citoyens

s'ils souhaitent que le gouvernement

élu ce jour-là convoque l'élection

d'une assemblée constituante.

Cette proposition a rencontré

l'opposition des secteurs conservateurs,

qui allèguent que l'instabilité politique

peut être générée ou que la Constitution

actuelle, approuvée en 1993, ne

suite à la page(18)

PRAN PREKOSYON, RETE LAKAY OU!

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Vol 14 # 25 • Du 23 au 29 Décembre 2020

Haiti Liberté/Haitian Times

17


Art et Culture

Pleins Feux Sur : Pierre « Captain Jean » Provilus (P-au-P – 1965)

« Une empreinte copulative »

Par Ed Rainer Sainvill

Après avoir été au bercail bercé par

la tonitruance de multiples courants

musicaux des années 1970. Ce

qui a eu pour effet de bousculer son

enfance dans l’univers des groupes

primitifs, que Pierre Provilus a animé

sans complexe. Rêvant sans doute de

pouvoir un jour faire la fête à des supporters

dévoués. Donc, il s’est retrouvé

prestement au ‘’state’’. Où l’ambiance

qui y règne dans ses quartiers

de Brooklyn ; fulmine de culture et

de musique afro caribéenne. Puisque

son frère ainé James, préalablement

installé à NY est déjà un musicien et

multi-instrumentiste établi dans le milieu

antillais anglophone. Prospectant

les multiples rythmes afro et caribéens

tels : calypso, soca, reggae, raga,

rap, rock, dance-hall etc. avec

son groupe « Moon Light ». Un climat

qui a fini par convaincre P.P du

bien-fondé du show-business.

Puis, ses études de H.S à accomplir

à Erasmus de Brooklyn, tunnel

des durs à crever. Et les directives de

James qui compensent son intuition

naturelle de la musique, en l’inoculant

dans ces instruments : basse, guitare,

batterie et les claviers pour lesquels il

a plus d’affinité. Ce qui va d’avantage

aidé la cause, lorsque le claviériste du

groupe est tombé malade. Et en deux

trois mouvements, James lui a révisé

les accords et les modalités et, Pierre

fut en mesure d’être le claviériste

‘’bouche-trou’’ de l’ensemble pour

quelques performances. Tout en entamant

sa progression sous la supervision

de son frère, mettant le grappin

sur les intervalles de l’échelle diatonique.

Encore que la mansion familiale

au 450 E. 26th, entre Newkirk

et Foster à Brooklyn est le refuge et

Pierre « Captain Jean » Provilus

avec sa tenue et casquette de

majorettes qui ont complété son

image d’artiste.

point de ralliement des aspirants musiciens.

Avec des habitués : Raymond

Divers Kino, Frantzy Larèce, Lemy

Raymond, Pédro César parmi d’autres.

C’est là que Pierre s’empresse

d’élever son talent, impressionné par

la grandiloquence de Prince son idole

dont il admire la versatilité. A l’étape

suivante, l’entourage se sent de poids

pour lancer le groupe « The 5 Brothers

» lequel expérimente toujours les

approches afro-caribéennes ; pas en

symbiose avec la sensibilité native.

Bien qu’entre-temps P.P s’est déjà

accoutré de son manteau de rapper

créole, devenant l’un des originaux

en diaspora. Sa reconversion ‘’Tipoul

la’’ en fut l’attestation. En tout cas,

les « 5 Brothers » ont continué à ruer

dans les rancarts de l’immobilisme.

Jusqu’à ce qu’un jeune immigrant

fraichement débarqué d’Haïti a pris le

groupe d’assaut, d’aplomb. Il a pour

nom Jensen, et a fini par convaincre

la bande que rien ne va bouger pour

eux s’ils ne jouent pas du konpa. En

plus du zouk qui vient de frapper à

nos portes avec persuasion.

D’où la mutation vers un re-

Suite de la page (17) 97% des péruviens souhaitent une nouvelle..

Les travailleurs au Pérou demandent une nouvelle Constitution

prévoit pas de référendum mais

seulement sa réforme par le Congrès.

D'autre part, les partisans de la

consultation affirment que le maintien

de cette Grande Charte pourrait

déclencher des protestations plus importantes

que celles qui ont eu lieu en

novembre dernier et qui ont forcé le

président conservateur Manuel Merino

à démissionner. Parmi les manifestants,

une demande commune était de modifier

la loi fondamentale du pays.

Telesur 15 décembre 2020

Traduction Romain Migus

Les 2 rives 16 Décembre 2020

Suite de la page (17) L'armée américaine quitte la Somalie

bases en Afrique de l'Est».

Stephen Townsed, dans sa déclaration

de samedi, a souligné que «les

Etats-Unis ne se retirent pas ou ne se

désengagent pas de l'Afrique de l'Est»,

en rajoutant que «nous restons déterminés

à aider nos partenaires africains

à construire un avenir plus sûr» et en

se voulant rassurant: «Nous restons

également capables de frapper Al-

Shabaab au moment et à l'endroit de

notre choix - ils ne devraient pas nous

groupement plus homogène. Et subséquemment

une nouvelle appellation

du groupe qui devient « The

Partners », formation pionnière de la

nouvelle génération à N.Y. Une phase

qui l’a vu apprêter de son sobriquet

de star ‘’Captain Jean’’ ; avec sa tenue

et casquette de majorettes qui ont

complété son image d’artiste. Trouvant

sa voie multidirectionnelle comme

chanteur, compositeur, arrangeur,

show-man, ainsi que son groove de

claviériste avec Ansyto Mercier comme

référence. De là, son toucher volubile

et sa marque orchestrale ; agrémentant

une stabilité harmonique

d’une saveur indélébile. Pendant que

les « Partners » s’activent à sortir des

sentiers battus dans deux œuvres impromptues

dont un album de calypso

et ‘’Panzou’’. Des initiatives qui

leur donnent droit de jouer en lever de

rideau pour le « Tabou Combo ».

Attendant le hit qui devait

être le déclic. Mais Kino s’en est allé

avec ‘’Sa fè mal’’, pour le compte

d’un nouveau projet avec le « Kajou

». Pourtant, ce coup de frein en

plein démarrage n’avait pas ralenti

l’ardeur de l’ensemble et de ‘’Captain

Jean’’ qui renforce ses capacités au

gré des divers courants dominants.

En s’imposant, jusqu’à être sollicité

dans d’autres associations ; incluant

une tournée au pays avec le groupe

«Kalito Koupe», alors détenteur du

tube ‘’boujon boujoli’’. De retour

à la base, pour mettre le cap sur le

prochain album des « Partners ». A

ce carrefour, c’est James le maestro

qui désiste avec son annexe. Et, c’est

Kino devenu King Kino revenu de ses

périples d’opportunités qui refait surface

; donnant le ton pour un nouveau

nom « Phantoms ». A ce tournant,

Pierre Provilus s’affirme avec assurance

dans l’arène du show-biz local.

Au sein du phénomène spontané que

fut l’ascension soudaine des ‘’Zombis’’,

alors le reflet des contestations,

rébellions audaces et inventivité ; trait

d’union et synthèses du moment.

En tout cas, au cours d’une décade

pleine de rebondissements et de

controverses, le « Phantoms » a bien

Suite de la page (17) L’Indonésie ne normalisera pas ses..

développements relatifs aux efforts

de Ramallah pour obtenir le statut

d’État, selon le rapport.

L’Indonésie, la nation musulmane

la plus peuplée du monde, n’a

jamais eu de relations diplomatiques

officielles avec Israël et soutient

Suite de la page (17) Pérou : Des travailleurs des mines se..

présent, il n'y a pas de solution

concrète aux demandes des travailleurs

miniers", a rapporté la fédération lundi

14 décembre.

Des avantages en vain

Selon la fédération, parmi les sociétés

minières qui ont licencié leurs travailleurs

au plus fort de la pandémie, on

trouve des entreprises qui ont reçu des

subventions de l'État par le biais du

programme Reactiva Peru.

Ils citent, par exemple, le cas

de la société minière Nexa Resources-Atacocha

qui, bien qu'ayant reçu 10

millions de S du programme Reactiva

Peru, a licencié ses travailleurs. Ce sont

précisément les travailleurs de cette

pesé dans la balance. Et ‘’Captain

Jean’’ en a bien contribué à cette domination.

Fort de sa vision, son talent,

ses vocalises, son rap, ses compositions

telles : 14 Février, lanmou

nan kalalou, tipoul la, Kisa ki

lanmou ?, Mwen bezwenw mennaj,

pwen sansib, Joseph, Zo,

kavalye. Et sa marque florissante

qui a instillé les zones de clarté et les

subtilités harmoniques. En plus des

envolées solistes qui ont caractérisé

les allures diverses d’un groupe ayant

connu l’apothéose dans les trois premiers

albums : ‘’Louvri baryè’’, ‘’Pa

bouje’’ et du double cd ‘’Résurrection’’.

Une époque triomphale qui a

empiété sur ses activités de collégien.

Ayant eu à prendre une pause dans

ses études en informatique, pour

tourner avec le groupe alors très en

demande.

D’ailleurs, l’étiquette d’anti de

facto dont la bande s’ est affublée, au

temps où les militaires mettaient Haïti

à feux et à sang, a bien poli leur image

et catalysé leur ascension. Ce qui

allait être à leur détriment, car pour

certains ce n’était qu’un moyen de se

faire de la publicité. Et les fans n’ont

pas du tout apprécié. Ce qui allait créer

le creux de la vague pour le « Phantoms

», qui ne s’est pas remis. En

plus des antiques du ‘’king’’ devenu

kinomorsa qui n’a voulu faire qu’à sa

tête, avec des tentations politiques, en

plus des dissensions, désertions et les

conflits intestins. Mais, lorsque les acolytes

Jensen et Kino se sont mis avec

Lyonel Lamarre pour administrer ce

coup de cochon au reste de la bande.

En leur dépouillant de leur statut de

co-fondateurs et, allant jusqu’à reformuler

le nom du groupe qui est devenu

« Fanttoms ». Ce fut la goutte

d’eau qui a renversé le vase.

Dans cette période d’instabilité,

‘’Captain Jean’’ s’est fait pragmatique,

en retrouvant le chemin

de l’université pour parachever ses

études. En plus, c’est un père de famille

dévoué qui tient à ses responsabilités.

Quelqu’un avec qui j’ai toujours

partagé la chambre d’Hôtel lors

des tournées du groupe, auxquelles je

depuis longtemps les aspirations des

Palestiniens à avoir leur propre État.

Almanar News 18 décembre

2020

Réseau International

19 décembre 2020

entreprise qui se sont attachés aux clôtures

situées à l'extérieur du Congrès de

la République pour exprimer leur indignation.

Les protestations, selon la fédération,

ne cesseront pas tant qu'elles ne

seront pas entendues, même si elles

doivent continuer à dormir à l'extérieur

du Congrès. La raison et l'histoire sont

de notre côté et nous sommes conscients

que tôt ou tard, tout comme cela

s'est passé avec nos frères travailleurs

ruraux, la CAS, les affiliés de l'AFP,

l'ONP, etc.

Résumé de l’Amérique Latine

Traduction: Romain Migus

Les 2 rives 15 Décembre 2020

mettre à l'épreuve ».

Plus tôt ce mois-ci, le président

Donald Trump a ordonné à la majorité

des troupes américaines de quitter la

Somalie «d'ici le début de 2021», dans

le cadre d'une des principales décisions

de politique militaire prises dans

les derniers jours de son administration.

Observateur continental 21

décembre 2020

suis associé. Ainsi la musique étant

devenue secondaire, puisque son influence

avait grandement diminué au

sein du groupe, dont les paramètres

originaux sont délaissés. Du fait que

sa sonorité adaptative n’était plus

de mise, remplacée par celle de J. M.

Valcourt. Mais, puisque la musique est

dans la peau, il s’est contenté de faire

Pierre « Captain Jean » Provilus

spécialiste en thérapie respiratoire

partie d’un ensemble qu’il a grandement

contribué à l’élévation. Bien

qu’à cette intersection, son rôle de

père de famille le satisfait amplement.

Revêtant ses pantoufles de ‘’papa gâteau’’

et utilisant ses dons multiples

de décorateur, façonnier et touche à

tout. Pouvant aménager son propre

sous- sol professionnellement. Et

faire fleurir un beau jardin botanique

dans sa cour.

Pourtant, la deuxième décennie

de ce millénaire n’a pas été clémente

envers notre ami qui a perdu sa

femme d’un cancer. Le laissant avec

deux enfants à élever. Tâche ardue,

mais réalisable pour Pierre Provilus

qui a mis tout son dévouement dans

l’éducation de ses progénitures. Une

visite chez lui dans son domicile à

Seaview, Brooklyn confortera cette

certitude. Malgré que son investissement

dans l’entreprise Tonèl Club

à Brooklyn s’est envolé en fumée.

Encore que cette année l’ait capitulé

à la première ligne dans la lutte du

covid-19, comme spécialiste en thérapie

respiratoire. Une mission qui l’a

complètement aguerri, étant au pied

du mur dans le traitement des infectés,

imbu de l’importance des vies à

sauvegarder. Pendant que la musique

demeure une accoutumance. Puisqu’il

trouve le temps pour prendre part aux

retrouvailles du groupe, lorsqu’un ralliement

s’impose. Un sacré numéro ce

‘’Captain’’.

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18 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 25 • Du 23 au 29 Décembre 2020


Liberté pour ASSANGE

Sur la neige immaculée

Sur le sable fin mouillé

Sur l’horizon dégagé

J’écris son nom

Sur tous les murs endormis

Sur les lèvres mutiques

Sur les mains qui se tendent

J’écris son nom

Sur le dos des gouvernants

Sur le front lisse des laquais

Sur les vitrines surchargées

J’écris son nom

Sur les frontons décrépits

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Sur les vieux phares oubliés

Sur des feuilles volantes

J’écris son nom

Sur la solitude subie

Sur la santé entamée

Sur le risque encouru

J’écris son nom

Sur l’injustice vécue

Sur le messager sali

Sur l’indifférence des pairs

J’écris son nom

Sur tous les droits bafoués

Sur l’arbitraire imposé

Sur la prison infligée

Les trois statues de bronze de

l'artiste italien Davide Dormino

qui représentent Edward Snowden,

Julian Assange et Chelsea Manning

J’écris son nom

Sur la vérité toute nue

Sur les secrets révélés

Sur Liberté en danger

J’écris son nom

Sur la torture mentale

Sur les mauvais traitements

Sur les morsures du froid

J’écris ton nom

Sur le désir de vivre

Sur tout cela et partout

En lettres capitales

J’écris ASSANGE.

(D’après Liberté, Paul Éluard)

Le Grand Soir 17 décembre

2020

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