RACONTE-NOUS UNE HISTOIRE
Voici le dossier d'une première expérience de recherche-action et intervention sociale dans le cadre d'un séminaire de Master 1 d'introduction à cette méthode à l'Université Paris 8 Saint-Denis - Vincennes. Nous explorons différents dispositifs de recherche, principalement autour de la question de création de lien avec des habitant.e.s d'un territoire en Île-de-france. L'enquête de terrain a duré 3 mois (octobre-décembre 2020).
Voici le dossier d'une première expérience de recherche-action et intervention sociale dans le cadre d'un séminaire de Master 1 d'introduction à cette méthode à l'Université Paris 8 Saint-Denis - Vincennes.
Nous explorons différents dispositifs de recherche, principalement autour de la question de création de lien avec des habitant.e.s d'un territoire en Île-de-france.
L'enquête de terrain a duré 3 mois (octobre-décembre 2020).
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DE L'ESPACE IMAGINAIRE A
ENTRÉE
PLAINE ST-DENIS
LA
U n i v e r s i t é P a r i s 8 V i n c e n n e s - S a i n t D e n i s
RACONTE-NOUS UNE
HISTOIRE...
A n n é e 2 0 2 0 - 2 0 2 1
Histoire racontée par :
SOPHIE-CLARISSE BACQUAERT
SABINE BASSET
LÉA HEMI
ISA KIAKWA MA KIA KIZIKI
AGNÈS OUDRY
D A N S L E C A D R E D U S E M I N A I R E R E C H E R C H E - A C T I O N
E T I N T E R V E N T I O N S O C I A L E
DE L'ENTRÉE DU CAMPUS
PHOTO
CONDORCET
SOMMAIRE
INTRODUCTION
PARTIE 1 - OÙ SONT LES HABITANT.E.S ?
Chapitre 1 : Rencontre avec la Plaine St-Denis
Chapitre 2 : Retour d'expériences
PARTIE 2 - COVID ET RECHERCHE DE
TERRAIN
Chapitre 3 : Rupture avec la Plaine St-Denis
Chapitre 4 : Faire recherche collectivement en
temps d'isolement sociale
PARTIE 3 - L'AFFICHE COMME
DISPOSITIF DE RECHERCHE
Chapitre 5 : La construction du dispositif
Chapitre 6 : Expériences groupées
EN CONSTRUCTION DE LA
BÂTIMENT
SAINT-DENIS
PLAINE
Chapitre 7 : Expériences personnelles
Sous-chapitre 1 : Retour sur les affiches de
Pierrelaye
Sous-chapitre 2 : Retour sur les affiches
disparues de Bagneux
Sous-chapitre 3 : Retour sur les affiches de
La Plaine Saint Denis
Sous-chapitre 4 : A temps et à contretemps...
retour sur les affiches de Viroflay/Versailles
Sous-chapitre 5 : Les territoires absents
PARTIE 4 - BILAN
Chapitre 8 : Le dispositif des affiches
comme recherche
Chapitre 9 : Les attachements
CONCLUSION
INTRODUCTION
Nous sommes cinq étudiantes : Léa, Agnès, Isa, Sabine et Sophie-Clarisse (Socla). Notre rencontre s’est
faite par le biais du cours Recherche-action et intervention sociale, accompagnées par Pascal
NICOLAS- LE STRAT et Louis STARITZKY dans le cadre des masters Sciences de l'Éducation
parcours Education Tout au Long de la Vie et ArTeC de l’Université Paris 8 Vincennes - St-Denis.
Avec la volonté d’explorer un territoire situé dans le 93, nous avons débuté notre recherche-action sur le
secteur de la Plaine Saint-Denis, en particulier celui qui entoure le Campus Condorcet et la Maison des
Sciences de l’Homme.
Nous tentons ici à vous exposer dans un premier temps, les explorations et questionnements qui ont été
les nôtres lors de nos expériences, mais aussi les aléas rencontrés sur notre chemin. En effet, la situation
sanitaire que notre monde éprouve actuellement, nous a poussé à modifier notre ambition première.
Ainsi, dans un second temps, nous nous sommes appliquées à vous raconter notre processus
modificateur de recherche-action. Enfin, nos observations et réflexions partagées, nous permettent de
vous délivrer ce rendu sous forme de portfolio composé d’écrits descriptifs, d’analyses, de photos et de
nos ressentis.
Bonne lecture !
PANORAMIQUE DEPUIS L'INTÉRIEUR DE LA MAISON
VUE
SCIENCES DE L'HOMME - PARIS NORD (MSH)
DES
PARTIE 1 -
OÙ SONT LES HABITANT.E.S ?
PUBLICITAIRE SUR UNE
PANNEAU
DE SITE DE CONSTRUCTION
PALISSADE
CHAPITRE 1 : RENCONTRE AVEC LA
PLAINE ST-DENIS
Déambulations et observations du territoire
Vendredi 2 octobre,
en fin de matinée.
Nous constituons notre
groupe de travail et
commençons à faire
connaissance.
Ce qui nous rassemble est
notre choix de terrain
pour notre rechercheaction
: le territoire de La
Plaine Saint-Denis, le
Campus Condorcet au
centre de ce secteur. En
toile de fond, « les liens
entre habitants de La
Plaine et le campus
Condorcet implantés sur
ce territoire » Nous
discutons à proximité de
la salle où Pascal Nicolas
Le Strat nous a accueilli
pour cette première
séance de travail.
Nous nous demandons
comment rejoindre La
Plaine en transports en
commun ?
Nous faisons le choix de
vivre cette expérience au
plus proche de ce qu’un.e «
habitant.e » mettrait en
place pour effectuer ce
déplacement de P8 au
Campus Condorcet. A notre
grand étonnement, il n’y a
pas de ligne de bus directe
qui rejoint ces deux lieux.
Le temps étant compté,
nous décidons de prendre le
métro sur la ligne 13 de la
station St Denis Université
jusqu’à la station Saint-
Denis Porte de Paris pour
ensuite rejoindre une ligne
de bus 239. Nous entrons
ensemble dans le métro.
Le bruit de la ligne 13 nous
empêche de poursuivre nos
échanges. On ne s’entend
plus à l’intérieur du wagon
… Nous n’avons que 3
arrêts avant de quitter le
métro souterrain. Nous
sortons donc à la station de
métro Porte de Paris pour
attendre le bus. Il pleut,
l’air est humide et la
luminosité est grise et
sombre. Qu'allons-nous
déjeuner ? Nos estomacs
crient famine ! SoCla nous
propose de nous poser à
l’Espace Imaginaire, rue de
la Procession à La Plaine.
Elle connaît ce tiers lieu car
un ami à elle y fait un
service civique. Une «
cantine » y a été ouverte.
D'UNE PALISSADE DE
DEVANTURE
DE CONSTRUCTION
SITE
DU SPONSOR DU TERRAIN
AGENCE
CONSTRUCTION ANNEXE
DE
La pluie continue de tomber, le temps n’est pas propice à
notre balade conviviale. Nous ne connaissons l’Espace
Imaginaire que de nom. Nous n’y sommes jamais allées.
Nous montons dans le bus. En discutant, un
questionnement survient : La Plaine Saint-Denis et
Saint-Denis sont-elles les mêmes villes ? Nous nous
renseignerons sur cela plus tard. Le bus traverse le pont
au-dessus du canal et de l’autoroute A1. Les toiles de
tentes du campement des réfugiés et sans-abris sont en
nombre. Le campement s’agrandit à vue vitres embuées
du bus… et il continue de pleuvoir à seaux. Nous
descendons à l’arrêt du bus Saint Gobain et nous suivons
SoCla, le plan en main sur son téléphone portable. Nous
nous dirigeons vers l’Espace Imaginaire. Nous prenons
des photos sur notre trajet à pied : des immeubles, des
bâtiments neufs sortis de terre, droits, massifs... froids et
d’apparence vide ! Nous croisons peu d’humains sur
notre trajet, principalement des ouvriers en tenue de
travail, qui se déplacent dans des véhicules. Il y a des
chantiers partout autour de nous, des gros engins de
travaux dont des foreuses. Et puis de nombreuses grues,
plantées sur de vastes terrains en construction. Les
terrains en chantier sont fermés par des palissades où
sont exposées les publicités des promoteurs, des
aménageurs de la ville de Saint-Denis ainsi que de
l’agglomération Plaine Commune.
Parfois, les énormes affichages n’ont plus de sens de
lecture « OH ! NOUVEAU C’EST U … RUE ? CETTE /
car cabral se prolonge vers ( vide ) / l’avenue ammilla
rue / » . Une autre palissade publicitaire annonce : « 128
LOGEMENTS EN ACCESSION : LIVRAISON : 1ER
TRIMESTRE 2018 ». Nous sommes en octobre 2020 et
derrière cette annonce, il y a un chantier quasi
désertique avec uniquement quelques engins qui y
stationnent. Ici, le maître d’ouvrage est la BNP
PARIBAS. A Nous avons toujours aussi faim et avons
hâte de découvrir l’Espace Imaginaire, surtout sa cantine
! SoCla nous a montré la carte proposée durant le trajet
en bus envoyé par son ami, cela nous a mis l’eau à la
bouche !
PANORAMIQUE DE L'ESPACE
PHOTO
IMAGINAIRE
Nous arrivons avec enthousiasme à l’Espace Imaginaire ; tiers-lieu improbable au cœur de ce
quartier de La Plaine, entouré de chantiers. Des panneaux écrits et peints à la main invitent les
passants à y rentrer.
« Le seul endroit à la Plaine, n’hésitez pas vous êtes les bienvenus.
Il fait bon vivre ICI On y mange, boit, se repose, bricole…
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Bokit, poulet Boukané, jus de gingembre, bissap…
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Des cabanons entourent le lieu et ferment l’espace, laissant une place centrale où sont exposés un
voilier (improbable), des jeux d’enfants en bois qui semblent constituer un manège, des canapés,
fauteuils, tables basses et encore plein d’autres objets : palettes en bois, plantations, potager, un four
à pain et à pizzas … Nous entrons dans un espace couvert par des bâches. Une structure en bois y
est assemblée et nous protège de la pluie. Il y a l’électricité, un chauffage extérieur et une guirlande
lumineuse colorée est suspendue au-dessus d’un comptoir. Sur ce comptoir, les plats proposés ainsi
que les tarifs y sont annoncés, écrit à la craie sur un tableau noir. Nous arrivons à notre premier
objectif commun.
Nous faisons nos premières rencontres à La Plaine dans cette cantine aménagée façon «
récupération » avec des tables, chaises et un canapé. Aussi, ce temps de repas nous permet de
nous connaître, de partager aussi nos contextes de travail de nos vies professionnelles, de nous
raconter quelques unes de nos expériences de vie ainsi que de partager nos inquiétudes
réciproques en cette période d’épidémie, de restrictions de libertés, où nous avons des difficultés
à nous projeter tant individuellement que collectivement. Ceci grâce à ce « repère » chaleureux
qu’est l’Espace Imaginaire, qui nous met à l’abri de la pluie battante. Nous trouvons ici un lieu
d’ancrage au milieu de ce(s) chao(s) environnant(s).
Ici, personne ne nous demande notre identité, ni nos coordonnées. Il n’y ni carnet ni feuille
pour écrire nos identités. Je n’ai pas vraiment d'inquiétude car il y a suffisamment d’espace pour
tous nous installer en étant à l’aise, même si les masques ne sont pas portés. Aussi, il est possible
P A G E F O U R | J O U R N E Y
de fumer à l’intérieur de la cantine. Des cendriers sont sur les tables et l’air circule bien (il y a
des courants d’air). Nous ne sommes pas vraiment dans un lieu fermé et pas tout à fait dehors
non plus. C’est un entre-deux : mi-dedans, mi-dehors ! Cela fait penser à une cabane de jardin
ou une guinguette avec une cuisine d’été (cuisine extérieure installée dans cet intérieur) en
plein automne. C’est un lieu en construction, l’Espace Imaginaire porte bien son nom !
Nous découvrons nos visages pour la première fois pour déjeuner.Visages que nous ne
connaissions pas ou peu depuis le début de cette rentrées universitaire.Des premiers liens se
tissent entre nous et avec les personnes et acteurs du lieu, à la fois clients de la cantine, ouvriers
du quartier, habitants de St-Denis et au-delà, constructeurs du lieu de la cantine et de l’Espace
Imaginaire… Leurs rôles s’entremêlent. La bonne humeur est contagieuse. La convivialité
s’installe entre tous. Nous sommes cinq femmes, toutes d’apparences différentes en âges,
origines ethniques, culturelles...ce que nous portons de nos identités et aussi d’apparences
physiques. Les messieurs ont plutôt l’air contents de partager leur temps de pause déjeuner en
notre compagnie. Avant de partir pour un rendez-vous, l’ami de SoCla nous fait une rapide
présentation de l’Espace Imaginaire, existant grâce à Mains d’Oeuvres (lieu culturel alternatif à
Saint-Ouen) depuis 2016 et ayant gagné son indépendance début ***, cet espace est destiné à
disparaître car le terrain est la propriété de la grande entreprise ICADE (notons tout de même
que le siège de cette entreprise est présent en face du métro Front Populaire). Ainsi, ce lieu
alternatif devra partir du territoire pour être remplacé par une autre construction de bâtiment
en Mars 2021. Il nous confie également les liens de construction entre le Campus Condorcet et
celui-ci. Suite à ce temps , nous prenons la route vers le campus Condorcet. Il pleut encore …
Une question émerge : « Mais où sont les habitant.e.s ? ». Nous marchons à travers La Plaine en
commentant ce que nous voyons, et à la recherche des habitant.e.s. Encore des constructions et
des gros chantiers. Nous découvrons que les caniveaux sont construits après les immeubles
(dans ce quartier?). Nos pieds prennent l’eau, Léa et SoCla marchent à l’avant. Elles ouvrent
notre marche. Isa, Agnès et Sabine les suivent. Nous sommes trois en arrière-marche et nous
nous arrêtons au bord de ce qui deviendra sûrement un trottoir, afin de laisser circuler sur cette
route des engins de chantier qui arrivent à vive allure. Sabine ouvre ses bras en prévenant Isa et
Agnès : « reculons ». Les camions de chantier passent devant nous ; un ruissellement d’eaux sales
vient nous tremper, provoqué par le passage des grosses roues des camions de chantier. Sabine
est à l’avant, elle en prend plein les bottes jusqu’en haut des mollets(!)... présuppose que les
conducteurs de ces véhicules devaient nous avoir vu de suffisamment loin pour anticiper,
ralentir leurs courses ou dévier de quelques dizaines de centimètres vers le milieu de la route
pour ne pas avoir à passer à proximité de nous, si près de nos corps. Mais non ! Cela s’est passé
autrement, et Sabine est encore plus trempée que tout à l’heure. Nous nous arrêtons quelques
instants devant une maison associative en bois. Elle est fermée « pour raison sanitaire / mesure
COVID ». Nous sommes blasées. Tant pis, on fera sans. Nous poursuivons notre déambulation.
A quelques mètres du métro, l’immeuble que nous surnommons “Dubaï" de par son
architecture est érigé devant nous, moderne et chic en contradiction avec les immeubles voisins
en briques rouges. Enfin, quelques mètres plus loin, nous arrivons au campus Condorcet. Les
espaces verts sont clôturés. Des fils de fer barbelés attirent l’attention d’ Isa et Sabine. Nous
essayons de les prendre en photo pour qu’ils apparaissent visiblement sur la photographie. Ces
fils de fer barbelés sont étirés tout le long de jeunes pousses qui deviendront sûrement des
buissons. Une barrière végétale barbelée ? Nous nous questionnons : “ et si des enfants
venaient à jouer, courir et / ou passer à travers ?” Cette végétation est en train de se développer
et va envelopper les fils de fer barbelés. C'est étrange ces deux matières qui se marient.
Des caméras sont installées à l’extérieur du bâtiment. Nous traversons le rez-de-chaussée du
bâtiment qui est volumineux et très lumineux. Des agents de sécurité sont « à l’accueil », derrière
un comptoir brillant et marbré. Nous traversons cet espace « comme un courant d’air ». A peine
rentrée à l’intérieur, la sortie en face est visible, en face à une quinzaine de mètres. Léa et SoCla
sont déjà de l’autre côté du bâtiment, à l’extérieur. Elles observent l’immeuble de son parvis. Des
slogans de grève sont collés sur les fenêtres. Agnès et Isa sont toujours au rez-de-chaussée à
l’intérieur du bâtiment. Elles prennent le temps de lire les indications, de lire les panneaux qui
annoncent les résidents de Condorcet par étages et prennent des photos. Il nous apparaît comme
un campus “ à l’américaine”. Le bâtiment est imposant. A l’extérieur , de
Il est 17h, nous sommes trempés.
Nous décidons donc d’arrêter cette première journée d'observation ici. Avant de nous quitter,
nous créons un groupe WhatsApp dans le but de communiquer sur notre recherche. Nous nous
quittons au métro Front Populaire pour que chacunes rentre chez elles, au chaud.
FAÇADE D'UN DES BÂTIMENTS DU CAMPUS CONDORCET
AGNÈS ET SOCLA EN
SABINE,
EN ROUTE POUR LA
VOITURE
Vendredi 16 octobre,
le matin
Le deuxième cours avec
Pascal Nicolas-Le Strat a
lieu à l’Université P8.
L’ensemble des groupes
d'étudiant.e.s est réuni
dans une salle de la
Maison de la recherche.
Pascal reprend les
éléments de la première
séance (processus
d’appropriation de la
recherche par “le faire”,
des dispositifs et des
dispositions, la question
des entretiens…)
Un temps de travail par
groupe d’étudiant.e.s est
mis en place. Nous nous
installons dans une grande
salle inoccupée. Nous
réfléchissons à structurer
par des outils partagés nos
travaux : un journal
individuel partagé et un
carnet de bord, pour avoir
un suivi à travers la
rédaction de comptesrendus.
Nous reprenons les
échéances du calendrier
universitaire : une
restitution courant janvier
2021 et le dernier cours le
18 décembre 2020. Nous
ressentons le besoin de
trouver des repères dans le
temps. Ainsi, Socla
commence la création d’un
google Drive et
l’élaboration du calendrier
prévisionnel en version
numérique. Nous
réfléchissons à ces outils
dans l'éventualité
d’absences des unes ou des
autres principalement dû à
l’incertitude du contexte
sanitaire, notamment
l’absence de Léa covidée ou
beaucoup de nos camarades
confiné.e.s cas contacts.
Voici un récapitulatif des
dispositifs numériques
qu’on a mis en place dans
notre Drive :
- un calendrier où nous
pouvons inscrire les tâches
effectuées et à venir, les
dates des réunions de
regroupements, le nom de
la personne qui s’occupe du
compte rendu ainsi que nos
éventuelles remarques.
- un compte rendu de la
séance précédente rédigé
par une personne du
groupe.
- un journal de bord
individuel, où nous devons
déposer notre journal, de
chaque séance passée sur le
terrain avec la date, le nom
de la personne, notre vécu
du terrain, nos impressions
et nos ressentis…
- des documents textes et
photos que nous déposons
au fur et à mesure de nos
investigations.
Suite à ce temps, nous
retrouvons Pascal NLS pour
lui faire notre point d’étape
dans l’avancement de notre
recherche. Nous formulons
des questionnements : Qui
sont les habitant.e.s de La
Plaine ? Où sont les
habitant.e.s de La Plaine?
Un nouveau quartier, pour
quel.les habitant.e.s ?
et aussi : Comment faire
rencontre ? Comment créer
les conditions de la
rencontre ? Quel(s)
dispositif(s) ?
PLAIN SAINT-DENIS
ET SOCLA (ET AGNÈS INVISIBLE) EN RÉUNION
SABINE
UNE SALLE DE LA MAISON DE LA RECHERCHE
DANS
MENU BOKIT DE L'ESPACE IMAGINAIRE
D'AFFICHAGE D'UN SITE
PANNEAU
CONSTRUCTION
DE
Vendredi 16 octobre,
l’après-midi
Nous nous sommes rendues sur la Plaine, cette fois-ci avec la voiture d’Agnès, ce qui nous a
fait constaté un gain de temps non négligeable. Nous avions repéré les lieux précédemment
explorés. Nous avons été déjeuner à l’espace imaginaire où nous sommes restées jusqu’à 16h45.
Nous avons rencontrés plusieurs “anciens” et “nouveaux” habitants de La Plaine, avec qui nous
avons commencé à tisser des liens :
3 habitants de longue date de La Plaine et y vivant toujours aujourd’hui : Bruno, Michel et
Fernando, trois ouvriers qui étaient là pour déjeuner.
Didier, un bénévole qui vit en France depuis 2 ans, vient de l’île de la Réunion. Il vit également
dans le quartier,
Thérèse, habitante et commerçante à l’Espace imaginaire. Elle tient une boutique de brocante.
Une femme d’une cinquantaine d’années, serveuse du restaurant / cantine dans l’Espace
Imaginaire. Elle vit à Saint-Denis avec sa fille Awa.
Awa, serveuse du restaurant/ cantine. Elle est âgée d’une vingtaine d'années.
Franz, restaurateur, père de Awa, aujourd’hui séparé de la mère de celle-ci mais apparemment
l’entente est parfaite dans leur milieu professionnel de la restauration.
Nous nous sommes séparées toutes les trois et nous avons entamé, chacune de notre côté, des
discussions avec les actrices et acteurs de l’Espace imaginaire rencontrés ce jour. Ceci a favorisé
des temps d’échanges plus individuels , où les personnes ont pu raconter leurs histoires
personnelles, leurs parcours de vie et ce qui les a amené , un jour , à être à La Plaine.
Au retour vers la voiture pour rentrer, nous avons rencontré une connaissance de quartier de
Sabine : Houssine qui nous a expliqué qu’il vivait dans le quartier depuis 2 ans et qui serait
enchanté de nous revoir (car il était déjà 17h00 passé) pour poursuivre son témoignage
d’habitant de La Plaine.
Cette journée fut riche en rencontres et en émotions. Nous espérions revoir toutes les personnes
citées précédemment pour mener des entretiens plus en profondeur, essayer de prendre rendezvous
avec les connaissances de Sabine pour les rencontrer, aller au marché de la Plaine Saint-
Denis pour aller vers d’autres habitants, entamer des discussions singulières et observer les flux
des entrants et sortants de ce métro Front Populaire et si possible interroger quelques passants en
s’appuyant sur le questionnaire type que nous devions mettre en place à la prochaine séance.
D'UNE EXPOSITION SE
PHTOGRAPHIE
DANS LA SALLE PANORAMA DE
TENANT
MAISON DES SCIENCES DE L'HOMME
LA
PARIS NORD (MSH)
-
CHAPITRE 2 : RETOUR D'EXPERIENCES
Questionnements de départs et problématiques
De plus en plus de quartiers proches des grandes villes (ici Paris), sont investis et construits dans
le but de nouvelles habitations ainsi que de nouvelles innovations. Le Campus Condorcet se
greffe sur ce modèle, il se veut être le plus grand campus européen en Sciences Sociales et
Humaines. Nous savons également que ce territoire sera un des quartiers des Jeux Olympiques
2024, d’où la volonté de transformer ce quartier pour qu’il soit “plus lisse”, plus adapté pour
recevoir une certaine strate sociale. Un autre exemple, proche de Paris, est le plateau de Saclay.
C’est ce qu’on nomme la gentrification : le fait de transformer des quartiers dits de classes
populaires ou ouvrières pour l’arrivée de catégories sociales plus favorisées, ou le fait que la classe
sociale favorisée emménage dans des quartiers plus populaires pour avoir un coût de vie inférieur
mais qui engendre une augmentation du coût de vie de ce même quartier avec le temps. Nos
observations et expériences dans la Plaine confirment l’événement de gentrification que ce
quartier subit depuis des années.
Notre réflexion a alors été de se questionner sur les habitant.e.s :
Qui et où sont les habitant.e.s de la Plaine Saint-Denis ? Pour
quel.le.s habitant.e.s est destiné le nouveau quartier de la Plaine ?
PARTIE 2 -
COVID ET RECHERCHE DE TERRAIN
LOGO TROUVÉ SUR GOOGLE (SANS DROITS APPARENTS)
CHAPITRE 3 : RUPTURE AVEC LA PLAINE
ST-DENIS
Coupure de la recherche initiale
Le mercredi 28 octobre 2020, notre gouvernement annonce un deuxième confinement en
vigueur dans la nuit du jeudi au vendredi. C’est avec une grande frustration que nous
apprenons cette décision. En effet, tout le programme que nous avions envisagé pour le
vendredi mais aussi pour les semaines à venir tombe à l’eau. Nous nous souvenons très bien du
jour où le confinement a été prononcé, car les messages ont fusé sur notre groupe WhatsApp.
Des messages de soutien surtout, entre nous, pour nous encourager à continuer le travail, à
faire des pauses, à diminuer notre stress, nos angoisses…
Nous avons de suite prévu un rendez-vous en visioconférence la semaine d’après, pour parler
du projet de recherche-action. En effet, le week-end même du confinement nous avions un
programme initial bien élaboré :
Journée du vendredi 29 octobre
Rendez-vous initialement prévu à 09h, directement à la Plaine. La journée est supposée
prendre fin autour de 17h. Au programme : déambulations et observations dans des endroits de
La Plaine que nous n’avons pas encore explorés. Entre 12h et 14h, on avait prévu de privilégier
l’observation des lieux de rassemblement des personnes de la Plaine lors de la pause déjeuner.
Nous avions rendez-vous dans l’après-midi avec Houcine (connaissance de Sabine et habitant
de la Plaine), Lenny (ami de SoCla et travailleur à l’Espace Imaginaire), Fernando Bruno et
Michel (travailleurs et habitants de la Plaine depuis une trentaine d’années, rencontrés lors de
notre dernier regroupement). Sans compter les autres rencontres fortuites qui auraient pu être
possibles...
Matinée du samedi 30 octobre
Rendez-vous initialement prévu à 08h30 pour se rendre au marché hebdomadaire de la Plaine.
La journée est supposée prendre fin autour de 13h. Au programme : rencontre, grâce à Sabine,
avec Marietta, une dame du marché qui fait de la cuisine afro-caribéenne, pour l’aider sur son
stand, discuter avec elle et éventuellement prendre contact avec les autres travailleur.se.s du
marché et client.e.s du marché (potentiellement habitant.e.s de la Plaine) se rendant à ce
rendez-vous hebdomadaire. Sans oublier le déjeuner qui aurait sûrement eu lieu autour d’un
bokit à l’Espace Imaginaire et les retrouvailles avec les habitué.e.s.
Autres actions initialement prévues
Rencontres avec l’association Mémoires vivantes de la Plaine avec Jean-Jacques Clément ; Jean
Bellanger du jardin ouvrier de la Plaine, ancien prêtre ouvrier de la Plaine ; Emmanuel Karim
Bellanger, directeur de recherche du CNRS et directeur du Centre d’histoire sociale des
mondes contemporains de l’ Université Paris 1-résident au campus Condorcet ; Alain Bertho,
anthropologue ancien directeur de la Maison des Sciences de l’Homme.
Nous souhaitions également inviter Pascal Nicolas Le-Stat et Louis Staritzky à une séance de
recherche sur le terrain avec nous afin d’échanger nos expériences respectives.
A notre étonnement, ce confinement nous a rapproché dans nos liens. Le fait de nous donner
des nouvelles, de nous motiver et de partager nos questionnements, nous a permis de continuer
la recherche sereinement, en étant apaisées par nos différents échanges.
Grâce aux différents outils numériques que nous avons mis en place comme WhatsApp,
Drive, Framapad mais aussi les outils que nous avons utilisés, tels que Zoom, GoogleMeet,
Skype, nous avons conservé le lien établi au fur et à mesure de notre recherche au sein de
notre groupe. Comme expliqué précédemment, nous avons pu consolider notre groupe et de
cette manière envisager à construire un nouveau dispositif de recherche.
Premier temps de réflexion de notre nouveau dispositif :
En discutant entre nous, nous avons trouvé intéressant que toutes les 5 habitons dans des
territoires différents (Saint-Denis, Versailles, Bagneux, Vincennes, Pierrelaye), alors faire une
recherche comparative sur nos différents territoires, que nous pouvons difficilement quitter à
cause des règles du confinement, pouvait déjà être une idée. Le but étant de faire une
microsociologie de la vie quotidienne comparative.
Nous nous sommes alors dit que les espaces publics et lieux ouverts de ces territoires devraient
principalement être occupé.e.s, habité.e.s, exclusivement par des habitant.e.s, dû, justement, au
confinement (sortie autorisée 1kmx1h quotidiennement). Notre hypothèse est qu'il y aurait
moins, voir presque pas de personnes du territoire X venant sur le territoire Y en ce moment,
car ces personnes du territoire X n'ont majoritairement pas le droit de se déplacer jusqu'au
territoire Y sans raisons "valables".
Ainsi, la question autour des habitant.e.s et leurs places sur un territoire nous a semblé toujours
aussi pertinente par rapport à la première problématique de recherche qui était la nôtre, à la
Plaine Saint-Denis.Notre nouvelle problématique se devait d'être assez ouverte pour pouvoir
s'adapter à tous nos territoires de recherche. La question :
Qui sont les habitant.e.s de chaque territoire étudié, comment iels s'y inscrivent et
comment iels perçoivent les éventuelles transformations de leur territoire ?
Pour pouvoir faire recherche, nous avons donc pensé à un dispositif : afficher deux types
d'affiches sur nos territoires de recherche, à des endroits clés que chacune d'entre nous définit,
pour rendre les informations accessibles et avec des mots clés et un graphisme travaillé un
minimum pour essayer de rendre les affiches attractives.
Type d'affiche 1 : un QR Code accompagné d'un petit texte expliquant notre démarche de
recherche. Ce QR Code à scanner, enverra les personnes intéressées vers un questionnaire en
ligne (que nous allons créer). Elles seront donc invitées à y répondre.
Type d'affiche 2 : 3 à 5 questions simples affichées clairement avec (toujours) un petit texte
expliquant notre démarche de recherche. Les personnes seront invitées à nous adresser leurs
réponses aux questions directement par e-mail (nous allons créer une adresse mail à cet effet)
ou par voie postale (nous réfléchissons encore sur ce point).
Deuxième temps de réflexion de notre nouveau dispositif :Bien que nous souhaitions dans un
premier temps établir une recherche quantitative, avec un questionnaire destiné aux
habitant.e.s de la Plaine, nous avons finalement suivi les conseils de Louis et Pascal, en
considérant le dispositif de l’affiche comme un dispositif de recherche à part entière. Le but
étant de voir ce qu’un objet inhabituel, ici l’affiche, vient provoquer, questionner chez les
personnes habitants dans ce territoire et également voir le processus de celle-ci au niveau de la
temporalité et que va-t-elle devenir ?
DIFFÉRENTS OUTILS UTILISÉS : WHATSAPP, LE
LES
FRAMAPAD, UN PEU D'HUMOUR ET CANVA
DRIVE,
PARTIE 3 -
L'AFFICHE COMME DISPOSITIF DE
RECHERCHE
AFFICHE CRÉÉE PAR LE GROUPE
CHAPITRE 5 : LA CONSTRUCTION DU
DISPOSITIF
Réflexions autour de la création des affiches
Nous nous sommes données rendez-vous avec
notre groupe de travail à la BU PARIS 8, pour
avoir la possibilité de nous retrouver et de
discuter de notre sujet.
Le groupe est au complet . La fac est vide et nous
paraît bien triste sans ses habitant.e.s…Un
contrôle a lieu à l’entrée. On doit présenter la
confirmation reçue par mail de la réservation de
nos places individuelles pour accéder à la BU, qui
est déserte…Nous révisons notre sujet et décidons
de changer notre sujet de recherche en lien avec
La Plaine Saint-Denis (à cause des nouvelles
mesures gouvernementales liées au confinement)
pour passer chacune sur un rayon de 1 km/1
heure autour de nos domiciles respectifs.
Nous relisons ensemble le mail de Louis S en
gardant en tête l’idée de mettre en place un
dispositif d’affichage sur nos 5 territoires
d’habitations personnelles qui sont : Bagneux,
Viroflay Versailles, Pierrelaye, Vincennes et le
nord de St-Denis.
Nous réfléchissons au déploiement d'un dispositif
de recherche par l’affiche, en se projetant sur leur
histoire, dans le temps, avec un rythme régulier
de visite, en les prenant en photographie lors de
nos passages réguliers… Nous irons donc coller
nos affiches dans l’espace public.
Certaines disent : “on veut une affiche qui pète !”
Ainsi, nous accordons le travail de logistique.
Nous voulons des affiches imprimées en couleur
(rouges, vertes ou bleues ou…), sur du papier
doré ? du papier de couleur ou une impression en
couleur ?
Est-ce qu’on fait 1 affiche en plusieurs versions
colorées ou plusieurs types d’affiches ?
Plastifiées ? non plastifiée ? semi-plastifiée ?
L’affiche est-elle un moyen ou un dispositif en
(INHABITUELLEMENT VIDE) DEVANT
COULOIR
DE LA BIBLIOTHEQUE DE L'UNIVERSITÉ
L'ENTRÉE
PARIS 8
lui-même ?
Imbrication d’un ou de deux dispositifs?
Les étapes techniques sont décortiquées.
Agnès veut un smiley. Nous déclinons les multiples possibilités qui s’ouvrent à nous.
Socla pourra créer l’affiche, avec QR code et contact mail. La question “avec quoi on colle?”
émerge. Quelques réponses : “du scotch double- face, de la pâte à fixe, de la colle forte…”
Récapitulatif :
Nous allons donc placarder 6 affiches A3, de 6 couleurs différentes dans des espaces publics et les
prendre en photos.
Nous proposons aux habitant.e.s et passant.e.s de nous raconter une histoire, par le biais d’un
QR code et d’une adresse mail, de l’écrit ou du dessin, de ce qu’ils ont envie sur une partie de
l’affiche laissée vide pour l’occasion.
Le but de cette démarche est de pouvoir observer le devenir de ces affiches, ce que vont nous
dire les habitant.e.s et aussi par elles-mêmes en fonction de leurs évolutions.
Pour le constater, on a décidé de retourner sur les lieux des affichages 1 à 2 fois par semaine, de
reprendre des photos à chaque passage et de poser nos remarques, nos interrogations, nos
frustrations… et regarder si peut-être on a reçu des retours par e-mail…Nous avons travaillé
ensemble le texte de l’affiche : “ Raconte-moi ton quartier”, “Raconte-nous ton quotidien?’,…
La version finalisée est celle-ci :
“ RACONTE-NOUS UNE HISTOIRE
Étudiantes confinées de l’Université Vincennes - Saint-Denis, nous souhaitons grâce à
vous, en cette période de distanciation sociale et de gestes barrières, égayer notre
journée. « Pour cela, partage avec nous ce que tu veux » .”
CHAPITRE 6 : EXPÉRIENCES GROUPÉES
Expériences de la création et de la distribution des affiches
Dans notre imaginaire, créer une affiche
collectivement était une tâche relativement
facile. Dans la réalité, on s’est rendues compte
que ce n’était pas si vrai : Quelle police ? Quel
format ? Quelles couleurs ? Quelle taille de
papier ? Combien d’affiches par personne ?
Quelle typographie ? Tant de questions qui ont
été abordées et qu’il a fallu répondre et ce, en
écoutant toutes les membres du groupe et en
prenant réellement en compte les avis de nous
toutes. Heureusement, nous avons pu pour
nous concerter, se retrouver en présentiel ! Le
vendredi 20 novembre, nous nous sommes
réunies à la bibliothèque de Paris 8 qui avait
récemment rouvert ses portes malgré le
confinement (sur réservation uniquement pour
avoir l’autorisation également de se déplacer
jusqu’à l’université). Une aubaine pour nous car
ça nous a permis de pouvoir travailler sans être
derrière un écran mais aussi, car pour certaines
ça été un moment pour sortir de chez soi,
prendre l’air plus d’une heure, aller au-delà de
son quartier… chose que certaines avaient
besoin pour se motiver à travailler
dernièrement.
Pendant les deux heures de notre réunion, nous
avons ainsi décidé collectivement :
de créer une affiche de taille A3 et de
format paysage ;le titre accrocheur
“Raconte nous une histoire” ;
le texte imprimé de l’affiche invitant les
personnes à partager avec nous quelque
chose (numériquement ou sur l’affiche
directement) ;
une mise en page avec 50% de l’affiche
contenant du texte et 50% de l’affiche avec
de l’espace libre pour laisser la possibilité
aux personnes d’écrire ou dessiner dessus ;
de créer une adresse e-mail à indiquer sur
l’affiche pour recevoir des histoires par mail ;
de créer un QR code qui renvoie à l’adresse mail
pour le mettre sur l’affiche ;
que chacune d’entre nous ait 6 affiches à afficher
;
que les 6 affiches doivent être de 6 couleurs vives
différentes (dont une blanche) ;
et que toutes les cinq nous devons avoir les 6
mêmes affiches à placarder.
La collaboration et la coopération se sont bien
senties au sein du groupe. Les jours suivant la
réunion, Léa s’est chargée de la création de l’adresse
e-mail, Sophie-Clarisse de la création du QR code et
de la mise en page numérique de l’affiche. Agnès a
fourni au groupe les feuilles A3 de couleurs vives et
s’est proposée pour s’occuper de l’impression des
affiches chez elle. Tout au long de la création de
l’affiche, que ce soit pour la mise en page, la
relecture, la vérification des fautes d’orthographes, le
choix entre différents modèles d’affiches ou encore le
choix des couleurs de papiers, tout le groupe est resté
en contact via notre conversation WhatsApp pour
poser des questions, demander les préférences du
groupe, donner son avis… L’affiche finale a donc été
une création collective jusqu’au bout !
Une fois les derniers arrangements effectués, l’heure
de l’impression est venue. La question de la
récupération des affiches par chaque membre du
groupe s’est alors posée. Au départ, nous nous étions
données rendez-vous de nouveau à la bibliothèque
de Paris 8 le samedi 28 novembre. Ayant pris plus de
temps pour créer l’affiche et suite à des contraintes
d’emploi du temps et d’heures d’ouvertures de la
bibliothèque, nous avons changé de jour.
AFFICHES ENTRE LE GROUPE
ET SABINE DEVANT LE MARCHÉ (FERMÉ) DE LA PLAINE
LÉA
LORS DU JOUR DE LA DISTRIBUTION DES
SAINT-DENIS
Le samedi 28 novembre a finalement été le jour d’impression des affiches. Agnès s'occupe d’imprimer
les 6 affiches. Elle envoie au groupe sur WhatsApp en photo le résultat de l’impression. Elle s’apprête
à sortir de chez elle pour tenter l’expérience de coller au moins une affiche. Panique à bord : on
remarque qu’il y a quelques fautes d’orthographes. Agnès prévient le groupe, ne sachant pas quoi
faire. Les affiches sont déjà toutes imprimées ! 50 pages plus utilisables et plus assez de feuilles
couleurs pour tout réimprimer.
Notre groupe se concerte alors et décide d'intégrer dans son dispositif d'affiche les fautes
d’orthographes avec l’idée de voir si finalement cela provoquerait certaines réactions par les
personnes qui verraient l’affiche. (Qui n’a jamais remarqué parfois des petites corrections de fautes de
langues effectuées directement sur le papier ou sur des tags effectuées par d’autres personnes ?).
Les impressions terminées, notre groupe s’est donné rendez-vous le samedi 5 décembre à l’Espace
Imaginaire, pour que tout le monde récupère ses affiches et pour placarder une première fois en
groupe un lot de 6 affiches à la Plaine Saint-Denis. Cette rencontre a été possible grâce aux nouvelles
restrictions allégées du confinement avec l’autorisation d’une sortie journalière de 3 heures sur 20km.
Nos retrouvailles sont toujours heureuses : heureuses de nous revoir, de revoir de l’humain, du
vivant...Bien qu’aucune de nous n’habite sur la Plaine, c’était important pour notre groupe de garder
un lien avec ce territoire pour le projet. C’est pourquoi on a décidé de tout de même afficher sur la
Plaine, surtout que les nouvelles mesures sanitaires permettaient à certaines d’entre nous de s’y rendre
plus tard pour retourner observer le devenir des affiches.
Notons tout de même que lors des moments d’affichage, la question d’où mettre les affiches et
comment les coller ont été importantes.
Conclusion de ce 1er jour de terrain :
Surprise du temps que cela m’a pris de chercher les lieux adéquats, 2 heures de recherche à
pied pour trouver le bon positionnement des affiches, de comment les coller, j’ai utilisé de
la colle blanche, de la super glue, du scotch et même des punaises. J’ai fini par prendre ma
voiture et en seulement 30min,
c’était bouclé. Aucunes réactions des passants, c’est étrange…aucune difficulté en
particulier, peut-être de la tristesse dû à la bibliothécaire qui n’a pas pris le temps de
regarder l’affiche, « une bibliothécaire » quand même…
L'affiche rouge de Pierrelaye (Jour 1))
bibliothèque de
La
Pierrelaye...
l'affiche ...et
aurait
qu'Agnès
(ci-contre,
orange de
l'affiche
bien voulu mettre !
Pierrelaye, Jour 1)
L'affiche verte de Pierrelaye (Jour 1)
L'affiche jaune de Pierrelaye (Jour 1)
LE 02 décembre 2020 : RETOUR APRÈS 4 JOURS
D’AFFICHAGE
Ravie, déjà un changement pour mes belles
affiches, aucune ne s’est décrochée d’elle-même,
merci super-glue et punaises et seulement 35
minutes en voiture pour les rephotographier…
- La jaune : a été à moitié arraché, mais belle
surprise, si on zoom la photo, on remarque un
petit mot très chouette « peace and love », je suis
rassuré, il y’a de la vie, toute ma gratitude pour
cette personne inconnue, mais proche par son
écriture…
- La blanche : mes ressentis étaient bonnes, ma
fiche n’a jamais été posé, je leur en veux
terriblement… je n’ai pas eu le temps d’aller les
questionner, ils sont toujours fermés, je les
appellerais probablement par téléphone.
- La rouge : on voit encore un tout petit bout…
cachés par 3 gigantesques affiches, alors qu’il n'y
avait rien sur ce panneau oublié, peut-être que ma
fiche les a attirés…
- La verte : aucune réaction, rien n’a bougé, peutêtre
qu’ils ont eu du respect pour mon affiche les
intellectuel.le.s libres…
- La orange : Disparue derrière une dizaine d’autres
affiches, propagande excessive dans les zones
d’habitations…
- La bleue : rien à signaler, un peu trempée par la pluie,
y’aurait-il des réactions par mail ou QRcode ???
Mes ressentis sont très positifs, les affiches vivent par la vie,
la nature et même par d’autres objets, c’est excitant d’avoir
des résultats, même si elles sont si peu…
Je suis admirative des personnes qui passent leur temps sur
le terrain, je constate que c’est un travail à temps plein,
c’est beaucoup de questionnements, d’écriture et le
cerveau est en bouillonnement hyper actif, d’ailleurs j’ai
même loupé un feu rouge après avoir photographié mon
affiche orange, j’étais en colère qu’elle soit ensevelie sous
toutes ces autres affiches, comme s’ils m’avaient manqué de
respect, ils auraient pu se décaler et se mettre à côté, moi,
j’avais fait très attention de ne pas déranger, et de respecter
l’espace de l’autre quand j’ai collé les miennes…Bref, très
intéressant comme début d’enquête, mais il faut beaucoup
beaucoup de temps pour analyser tout pour chaque
affiche… j’ai hâte d’être à samedi pour la deuxième
tournée…
LE 06 décembre 2020 : 3ème TOURNÉE DES RETOURS D’AFFICHES
Je suis très en colère contre les soi-disant représentants de la culture et de l'éducation. J’espère
que je vais vite oublier cet incident...diplomatique culturel.
La jaune : plus qu’un petit bout
de jaune, les nerveux ont dû
bien se défouler...
La rouge : toujours la même
photo qu’il y’a 4 jours, cachée
par 3 gigantesques affiches, rien
n’a changé.
La blanche : J’ai demandé à la
bibliothécaire où était passé
mon affiche blanche, mais
apparemment, ils n’ont même
pas eu le respect de la lire avant
de la “f…..” à la poubelle, je suis
tellement en colère que je n’ai
même plus envie de venir
emprunter leurs livres… je suis
offusquée...
La verte :
Pareil, rien n’a
bougé, j'aurais
pensé que sur
une
bibliothèque de
rue, il y aurait
plus de
réactions
humaines non
conformistes et
que cette
affiche les
attirerait,
apparement
peut-être que
personne n’est
venue
emprunter des
livres, ausecours
plus
personne ne
lit...
La bleue : un peu plus abîmée par la
pluie et le vent, mais elle s’accroche
merveilleusement bien au poteau en
bois.
La orange :
Aucune réaction
toujours cachée
derrière d’autres
grandes affiches
qui n’ont pas
bougées.
Pour cette tournée, je suis interrogative d’aucune réaction des gens et toujours en colère contre
la bibliothèque municipale, font-ils leur travail de transmission de culture, où sont-ils autant
blasés que toutes ces personnes qui arrachent nos affiches sans scrupule. Aussi je m’interroge sur
les panneaux publicitaires publics, sont-ils bien placés ou ont-ils été posés dans des lieux discrets
pour ne pas attirer l’attention du public et donc du citoyen ? car moi-même je ne fais pas très
attention à ces panneaux, contrairement aux panneaux privés qui sont très visibles de part leurs
emplacements…
15-20 JOURS PLUS TARD....
À GAUCHE : AFFICHE BLEUE DE PIERRELAYE
À DROITE : AFFICHE JAUNE DE PIERRELAYE
Les 17 et 23 décembre 2020 : DERNIERS RENDEZ-VOUS DES AFFICHES
Le 17, rien n’a vraiment bougé, alors que le 23, toutes les affiches ont été arrachées, même la verte, la seule
survivante est la bleue.
-La jaune : plus aucune trace...
-La blanche : rien à dire...
-La rouge : disparue sous les gigantesques affiches...
- La verte : même celle-là n’a pas survécue, reste un petit pois vert à chercher...
-La orange : envolée avec les autres affiches arrachées aussi finalement...
- La bleue : la survivante, l’espoir, elle est complète malgré les vents et les marais du ciel...
Pendant ces 2 dernières tournées, je me suis posée la question à moi-même, “et toi te serais-tu arrêtée, aurais-tu
lu ces affiches?” Si je suis sincère, je dirais que j’aurai survolé des yeux le texte, mais manque de temps, de
présence, d’intérêt… je n’aurais pas non plus répondu positivement à ce dispositif, ce qui est un début de
réponse pour moi...à discuter avec mon groupe...
SOUS-CHAPITRE 2 : RETOUR SUR LES AFFICHES DISPARUES DE BAGNEUX
La ville de Bagneux est située dans la banlieue sud de Paris dans le département des Hauts-de-
Seine, elle compte 40000 habitants. J’habite dans la partie sud de Bagneux, proche de Bourg-la-
Reine et l’Hay-les-Roses. Mon quartier, les Cuverons, se situe sur la colline de Bagneux, près du
quartier de Dampierre et des Blagis. Bagneux, comme La Plaine Saint Denis, connaît une phase
de gentrification et d'expansion.
J’admets ne pas avoir été souvent présente sur ce quartier car je me suis plus investie dans le
quartier de la Plaine. Aussi, le temps n’était pas clément et étant tout en haut d’une colline, le
vent soufflait avec ardeur.
Fin Novembre, j’ai donc déposé les 6 affiches :
1/ L'affiche jaune : je l’ai mise sur la place que j’aperçois de chez moi, elle a été déposé sur une
“boite à dons”, cette espace est un lieu où l’on peut déposer habits, livres et autres pour que
d’autres personnes du quartier les récupères. Celle-ci est malheureusement fermée dû au
COVID. Cette affiche est restée environ deux semaines, elle a résisté aux vents et pluies car elle
était cachée de ces deux éléments.
2/ L'affiche blanche : cette affiche a été déposée sur un grillage de chantier. En effet, le quartier
des Cuverons est en grande expansion dû à l’arrivée du Métro 4 à Bagneux. J’ai alors déposé cette
affiche près d’une grande affiche “LE LYCÉE DÈS MAINTENANT”. Il faut savoir que la
commune de Bagneux n’a pas de lycée public d’où l’intention de cette initiative de créer un
espace pour la création d’une alternative à un lycée. J’ai trouvé intéressant de la placer ici car c’est
une voie de passage que ce soit à pied ou en voiture. Lorsque je l’ai posé, j’ai observé les ouvriers
du chantier regarder ce que je faisais ainsi qu’une voiture ralentir pour observer la scène.
Malheureusement, cette affiche n’a pas résisté aux vents, elle aura tenu deux jours.
3/ L'affiche verte : comme toutes les affiches qui ont été déposées sur des objets appartenant à la
RATP; que ce soit à l’arrêt de bus de Bagneux ou de La Plaine et même à la sortie du métro, elles
ont été arrachées. Je suppose que ce ne soit le travail du vent ou de la pluie car celle-ci était bien
abritée.
4/ L'affiche bleue : cette affiche déposée sur un banc à l’entrée d’un parvis d’école, je l’ai mise en
valeur du fait que lorsque je passais devant, il y avait toujours des parents qui attendaient leurs
enfants. Malheureusement, lorsque j’y suis retourné, l’affiche avait été arrachée.
AFFICHES DE LA VILLE DE BAGNEUX DANS LES HAUTES SEINES : ENVIRON 40 000 HABITANT.E.S
5/ L'affiche rouge : l’affiche a été déposée à l’entrée d’un parc nommé Frères Lumières. Ce parc a
comme particularité que ce soit un parc ouvert, il n’y a pas de clôture pour délimiter. Je l’ai mise sur
un contre-bas m'apercevant que souvent des jeunes s’y assieds. Cependant, après réflexion je pense
que l’affiche n'était pas assez visible pour être aperçue. Quand j’y étais retourné comme les autres
affiches, elle avait été arrachée. Je pense que ce fût le vent et le mauvais temps car la matière du
contre bas étant rugueuse, elle n’a pas dû tenir.
6/ L'affiche orange : j’ai placé l’affiche orange sur un banc qui est devant un laboratoire. Temps de
COVID oblige, il y a toujours la queue et du passage devant ce laboratoire. Lorsque je l’ai posé,
deux personnes âgées m’ont interpellé en me demandant qu’est-ce-que je faisais. Je leur ai donc
expliqué la recherche, ils ont acquiescé. Je pensais vraiment que cette affiche allait produire quelque
chose de sa localisation mais comme toute, cette affiche a disparu.
Au début, je voulais reposer des affiches puis, ayant beaucoup plus investi le quartier de La Plaine, j’y
ai renoncé. Cela nous rend compte de la difficulté et la rigueur que demande une recherche terrain.
Je n’ai eu aucune nouvelle de ces affiches, ni eu de grandes réactions.
AFFICHE VERTE À L'ARRÊT DE BUS "LES CUVERONS"
AFFICHE JAUNE SUR LE MUR D'UNE "BOITE À DONS"
AFFICHE BLANCHE AU NIVEAU DE L'ENTRÉE DES
TRAVAUX : LE LYCÉE DÈS MAINTENANT"
QUOI DE MIEUX QU'UNE AFFICHE DEVANT UN LABO
EN TEMPS DE COVID ?
AFFICHE BLEUE DEVANT LE GROUPE SCOLAIRE
PAUL ELUARD, AFFICHE POSÉE SUR UN BANC
AFFICHE ROUGE A L'ENTRÉE DU PARC FRÈRES
LUMIÈRES
Affiche verte de la Plaine Saint-Denis, Jours 1 du deuxième collage
SOUS-CHAPITRE 3 : RETOUR SUR LES AFFICHES DE LA PLAINE ST-DENIS
Ce territoire nous tenait particulièrement à cœur. En effet, du fait que notre première partie de
la recherche s'effectuait dans ce territoire, nous ne voulions pas "l'abandonner". Nous y avions
déjà un attachement..
Cependant, la question était comment allons-nous y retourner sans crainte ? Avec chance, une
semaine avant que nous décidions d’aller poser les affiches, le gouvernement a déclaré un
assouplissement des mesures de ce deuxième confinement. Nous décidons alors de nous
rejoindre le samedi 28 Novembre 2020 pour sonner la (presque-) fin de ce deuxième
confinement ainsi que pour y coller les affiches.
Nous nous rejoignons vers 13h, Léa et Sabine arrivent les premières au métro Front Populaire..
Agnès a du mal à trouver une place garer sa voiture et Isa à des problèmes de transports. Socla
n’est malheureusement pas parmi nous. Nous décidons donc de nous rejoindre directement à
l’Espace Imaginaire , d’y manger un bokit et discuter de là où nous en sommes dans notre de
recherche - où allons nous poser les affiches de La Plaine ?- avant la déambulation à travers ce
territoire.
C’est parti, nous partons poser les 6 affiches :
1/ L'affiche jaune : c’est la première que nous décidons d’afficher et pas n’ importe où, dans la
cantine de l’Espace Imaginaire. Cet espace a été un QG pour nous. Nous trouvons important
de poser cette première affiche ici, dans la cantine et plus exactement près du bar où
commandent les clients venant se restaurer et/ou boire
2/ L'affiche bleu : nous décidons de poser notre deuxième affiche sur la structure du marché
de La Plaine, lieu de rencontres et de passages.
3/ L'affiche rouge : nous continuons notre déambulation dans les rues de La Plaine. Nous
arrivons devant une école primaire. On observe de grandes pancartes contre les nouveaux
protocoles sanitaires. Nous ne voulons pas encombrer avec notre affiche car ce message est
important. Nous décidons alors de la scotcher sur le mur d’en face, qui est en mauvais état. Et
là, nous nous rendons compte que nous avons perdu le scotch, catastrophe et fou rire ! Léa et
Sabine partent au Franprix du coin acheter un rouleau en vitesse. Nous revenons sur les lieux
pour scotcher l’affiche.
4/ L'affiche blanche : il fallait bien que nous en posions une sur le Campus Condorcet, à
l’origine de notre groupe et de notre première partie de la recherche. Nous la posons à côté
d’un plan du Campus en face du bâtiment duquel nous apercevons des affiches de lutte contre
la LPR.
5/ L'affiche orange : nous arrivons devant la Maison des Sciences de l’Homme. Nous nous
disons qu’il serait intéressant de mettre une affiche autour du bâtiment. Nous voyons un arrêt
de bus qui donne sur la MSH, nous décidons de la placer à cet arrêt.
6/ L'affiche verte : nous terminons cette déambulation du territoire de La Plaine en posant la
dernière affiche à la station de métro Front Populaire.
Cette première journée de déambulation pour poser les affiches est terminée, nous nous
quittons et rentrons toutes chez nous.
28 NOVEMBRE À LA PLAINE ST-DENIS, C'EST L'HEURE DE POSER LES AFFICHES (ET DE MANGER UN BOKIT)
Le 04 décembre 2020, presque une semaine après avoir posé les affiches, Léa décide d’aller
observer où en sont-elles. Elle fait un tour différent de celui que nous avions fait la semaine
précédente. Tout d’abord, elle observe que celle que nous avions posée au métro, la verte,
n’est plus là. Comme toutes les affiches posées sur des objets qui appartiennent à la RATP, c'est
agaçant. Intriguée par le fait que toutes les affiches qu'elle ai posé au niveau d'infrastructure de
la RATP ont "disparus", elle va vers celle que nous avions posée à l’arrêt de Bus, la orange.
Sans étonnement, elle a également été enlevée.
Puis elle se dirige vers celle qui a été scotchée en face de l’école, la rouge. Elle est là mais
l’encre a coulé dû aux pluies de la veille. Rien n’a été écrit dessus. Elle regarde au passage tous
les petits mots que les enfants ont écrits sur leurs émotions ou autres pendant le confinement :
AU SEIN DE L'ÉCOLE PRIMAIRE SUZANNE
LACORE ;;;;
TOUTES LES FENÊTRES SONT RECOUVERTES
D'AFFICHES DE CE TYPE
Elle continue sa déambulation par un passage par le Campus Condorcet, l’affiche blanche
n’est plus présente. Elle se demande alors si ce sont les conditions climatiques ou quelqu’un qui
a arraché l’affiche, mystère …
La faim commence à se faire présente, elle se dirige vers l’Espace Imaginaire en passant par le
marché de La Plaine où l’affiche bleue est encore présente mais rien n’a été écrit dessus. Elle
est un peu décollée mais Léa la remet en place, zut elle a oublié de ramener son rouleau de
scotch au cas où ! Cela lui aurait été bien utile quand elle voit l’état de l’affiche bleue …
C’est parti direction l’Espace Imaginaire pour manger un bokit mais également -et surtoutvoir
où en est l’affiche jaune que nous avons posée au sein de la cantine de cet espace. Rien,
nada ….
En mangeant un bokit, Léa espère que la prochaine fois, il y aura quelque chose d’écrit sur les
affiches.
C’est le 10 Décembre 2020 que Sabine se rend à la Plaine Saint-Denis.
Nous sommes le vendredi 10 décembre, Sabine nous a
prévenu qu'elle irait faire un tour à La Plaine St-Denis
afin de voir où en sont les affiches. Elle a ramené dans
son sac ces affiches car Léa l'a prévenu que quelques
unes avaient disparus.
Il fait beau ce jour-là, elle déambule et observe un père
se promenant avec sa fille, elle se dirige alors vers
l'affiche placardé en face du groupe scolaire. En y allant,
elle remarque qu'il y a plus de personnes que
d'habitude. Peut-être allons nous avoir une réponse sur
les affiches, Mais non, celle de l'école reste intacte avec
l'encre coulant sur le mur. Même à la sortie de l'école,
les personnes ne prêtent pas attention à l'affiche. Elle
décide de continuer sa déambulation en allant vers le
marché couvert de la Plaine St-Denis. L'affiche est
toujours là, abimé mais toujours là. Elle n'a rien
d'inscrit, elle me demande alors que manque-t-il pour
qu'on remarque ce dispositif d'affiches.
Elle se dirige vers le Campus
Condorcet. Elle sait que l'affiche n'est
plus là, elle décide avec son super
scotch d'aller en poser deux nouvelles,
sur des barrières d'affichages. Peut-être
que les affiches seront plus voyantes à
cet endroit ?
Elle n'aura pas le temps d'aller voir
l'affiche à l'Espace Imaginaire. Elle se
dirige vers la place du métro tout en
continuant d'observer la vie qui se
passe autour d'elle. Il est maintenant
temps de rentrer. Léa reprendra le
relais le jour suivant
Le 11 décembre 2020, c’est au tour de Léa de faire un tour du territoire. Sabine l’a prévenu d'
avoir affiché deux nouvelles affiches : une orange et une blanche. Malheureusement elle ne
les trouvera pas.
Elle traverse le territoire, c’est calme, très calme. L’affiche rouge, bleue et jaune sont
toujours présentes. Seule l’affiche jaune a été gribouillé par un petit dessin dessus.
Léa : “Dans cette journée, je me souviendrais de cette scène lorsque je déambulais près de la
MSH. J’aperçois un camion de CRS, que font-ils ici ? Il était devant une des entrées. Je les vois
alors contrôler un homme sans raison apparente. Je m’arrête plusieurs minutes, comme
plusieurs passants, stupéfaite de cette scène. Je décide après de continuer ma déambulation
dans le territoire.
Je suis retourné plusieurs fois voir les affiches après cette date, souvent en vélo. Je n’ai pas
observé de grands changements mis à part la dégradation de ces affiches par les conditions
climatiques.”
Egalement, je suis retourné plusieurs fois à La Plaine St-Denis ayant fait des rencontres à
l’Espace Imaginaire et cela me permettait d’aller voir les affiches. Cependant, je n’ai pas
souhaité continuer à faire un paragraphe à chaque fois que j’allais les voir car il n’y avait rien
de nouveau. Mis à part que les affiches restantes devenaient de plus en plus abimées.
SOUS-CHAPITRE 4 : À TEMPS ET À CONTRETEMPS ... RETOUR SUR LES
AFFICHES DE VIROFLAY/VERSAILLES
Au fil du temps… A temps et à contretemps : la vie d’une chercheuse en devenir
Notre recherche en commun envisagée initialement sur un premier terrain de recherche, La
Plaine Saint-Denis, a été étendue comme explicité en introduction, sur d’autres lieux
d’habitation (Pierrelaye, Versailles, etc.) pour tenir compte des décisions gouvernementales
liées à la crise sanitaire occasionnée par la COVID-19.
Depuis peu de temps, j’habite au quartier Porchefontaine, à Versailles. Au départ, mon terrain
d’exploration devait se limiter à la ville de Versailles.
Or, le quartier de Porchefontaine est adjacent à la ville de Viroflay.
La réalité est que le kilomètre autorisé pour les déplacements durant le confinement ( 1km
autour de son habitation) s’étend aussi en réalité sur la ville de Viroflay. Ville que je fréquente
aussi souvent que la ville de Versailles, dans ce rayon d’1 kilomètre (Commerces de proximité,
ballade …).
J’y ai trouvé un jour en me baladant un emplacement de choix. Un marché couvert, le marché
de Viroflay. Je ne savais qu’il existait. Comme j’étais en recherche de lieux d’affiche, j’ai pensé
que ce dernier serait un endroit idéal pour coller une affiche. Hésitante. Il ne s’agit pas de la
ville de Versailles. Que faire ?
Lors d’une des visioconférences que nous avons eu avec Pascal et Louis pour échanger sur
l’évolution de notre recherche en commun, Louis répondant à mon questionnement quant à
l’opportunité de coller une affiche non loin de ce marché , m’invite à ne pas me limiter à la
zone administrative qui délimite les villes. Car, dans le fond, nos déplacements dans l’espace ne
se limite pas dans un rayon d’1km à une délimitation administrative d’un lien. Tiens, je n’y
avai pas pensé. L’idée me plaît. Je vais m’autoriser à coller des affiches dans les villes de
Versailles et de Viroflay.
Finalement, je vais décider de coller deux affiches à Viroflay. La verte, sur une paroi vitrée
d’un abribus situé sur l’avenue du Général Leclerc, devant un magasin de produits surgelé “
Picard “.
La jaune, sur une colonne, située non loin d’une des entrées du marché de Viroflay.
Bilan de l’affichage à Versailles et à Viroflay [Décembre 2020 - 14 Janvier 2021]:
L'affiche jaune (collée sur un abribus, près de l'entrée du Marché de Viroflay) : toujours
présente le 14/01/2021 [aucun dessin/écrit].
L'affiche blanche (collée sur un panneau d’affichage libre, non loin de l’Hôtel de ville, à
Versailles) : toujours présente le 14/01/2021 [1 dessin et écrit].
L'affiche bleue (collée sur un arbre, près d'une allée arborée qui longe l’avenue de Paris, à
Versailles) : toujours présente le 14/01/2021 [aucun dessin/écrit].
L'affiche rouge (sur le monuments historique Les Octrois, à Versailles) : enlevée après 10-15
jours [aucun dessin/écrit].
L'affichage verte (sur une paroi vitrée d’un abribus, Viroflay) : toujours présente le
14/01/2021 [aucun dessin/écrit].
Tiens !? Qui a pris le temps d’écrire et de dessiner sur l’affiche blanche ? Quel est le profil de
cet.te habitant.e de Versailles ? Un.e enfant. Une fille ? Un garçon ? Des jeunes ? Des adultes ?
Une femme ? Un homme ?
Le message écrit n’est pas facilement compréhensible.
Définition de
l'expression "Qui
dort dîne" :
le sommeil fait
oublier la faim ; le
sommeil tient lieu
de nourriture ;
dormir permet
d'oublier sa faim.
Le temps d’affichage de mes affiches sur le territoire d’habitation a été plus court que ce qui
était prévu par notre groupe de travail. Il n’a permis d’observer sur une période plus longue ce
dispositif de recherche à Versailles et à Viroflays.
Un soir, un homme qui promenait son chien s’est arrêté pour lire l’affiche bleue qui était
collée sur un des arbres de l’allée arborée qui longe l’avenue de Paris. Je l’ai vu par hasard.
J’étais de l’autre côté du trottoir. Je l’ai vu sourire, regarder autour de lui, nos regards se sont
croisés. J’ai eu le sentiment sans mes lunettes de vue qu’il me souriait, il a marqué une
hésitation. Il a continué son chemin.
Mon auto-évaluation comme apprenti-chercheuse.
Ce que j'ai appris :
Je ne me suis pas immédiatement autorisée à coller des affiches dans les villes de Versailles et de
Viroflay.
Le sentiment que je ne pouvais pas faire ce que je voulais dans cette ville où je réside. A tel
point que je suis passée me renseigner à l’Hôtel de ville. Ma question était la suivante: est-ce
que j’étais autorisée comme résidente à coller des affiches dans la ville ?
L’agente à l’accueil m’a dit que je devais me renseigner auprès du service de communication
de l’Hôtel de ville de la ville de Versailles. Le délai qui me restait été trop court. J’ai décidé de
ne pas l’appeler et de coller mes affiches sans attendre d’autorisation préalable de la ville de
Versailles.
Il y a différents espaces d’affichages réservés dans une ville auxquels je n’avais pas prêté
attention jusqu’au moment de ma recherche de terrain en mode “ où coller ce dispositif de
recherche “ [Affichage de la ville, Affichage libre, Affichage public, Affichage d’opinion et
publicité associative, Affichage administratif, …] .
Ma recherche dans mon territoire d’habitation a rencontré certains écueils qui n’étaient pas liés
à ma recherche en elle-même.
J’ai rencontré des problèmes d’organisation, de gestion des priorités qui étaient liés à des
préoccupations extérieures à ma recherche de terrain. Ces derniers m’ont par moments rendu
indisponible pour effectuer celle-ci sereinement. Comme quoi, … De la connaissance de soi.
Des affects.
Les contretemps directement liés à la mise en place sur le terrain de notre dispositif de
recherche sur mon territoire d’habitation ont été ces derniers : colle forte introuvable, longue
réflexion personnelle sur les lieux d’affichage autorisés en mode “ Oui ou non, je peux comme
individu poser des affiches dans les lieux publics “. Finalement, je me suis découverte dans
cette recherche. Mon respect des lieux publics - sans être parfaite- : ne pas coller des affiches
n’importe où.
L'AFFICHE DISPARUE DE VERSAILLES -
VIROFLAY
SOUS-CHAPITRE 5 : LES TERRITOIRES ABSENTS
Nord de Saint- Denis :
Il semblait incohérent à Sabine de
se trouver à une distance plutôt
faible de La Plaine et de ne pouvoir
continuer à y investir notre
recherche au motif que ce territoire
n’était pas dans le rayon d’un
kilomètre à partir de son domicile.
Elle utilise donc sa particularité de
dionysienne du groupe, d’un
quartier nord de Saint-Denis, pour
entamer ses démarches
administratives personnelles en
sollicitant l’antenne administrative
municipale de La Plaine Saint-
Denis. L’antenne administrative est
dans le périmètre du secteur que
nous avions déterminé au
démarrage de notre recherche. Ce
motif de sortie “administrative”
était recevable pour les autorités en
cas de contrôle. Elle n’aura subi
aucun contrôle pendant cette
période.
Aussi, avec son lot d’affiches, elle
ouvre un peu plus la boucle du
circuit pédestre à suivre pour visiter
les affiches déjà posées autour du
Campus Condorcet et de la MSH.
Vincennes :
La difficulté dans laquelle s'est
trouvée SoCla est sa mobilité entre
différents territoires difficilement
accessibles entre eux. Poser des
affiches était possible, retourner les
observer sur deux semaines
consécutives ne l'était pas. En tout
cas, pas dans la même période que
les autres affiches (de Pierrelaye,
Bagneux et La Plaine). Il était
important que la temporalité
d'observations des affiches soit
similaire entre tout le groupe afin
que les résultats soient les moins
biaisés possibles (bien qu'à cette
ampleur, la recherche est bien
entendu biaisé à bien des égards).
Les expériences des affiches de
Viroflay sont certes intéressantes et
innovantes par rapport aux
observations des trois autres
territoires, mais la temporalité
d'observations est trop différente
pour pouvoir émettre des
hypothèses sur pourquoi le
dispositif a fonctionné
différemment sur ce territoire par
rapport aux autres.
PARTIE 4 -
BILAN
R E T R O U V A I L L E S À P A R I S 8
CHAPITRE 8 : LE DISPOSITIF DES
AFFICHES COMME RECHERCHE
Hypothèses et nouveaux questionnemts
Le dictionnaire Larousse donne la définition de l’affiche suivante : “une feuille écrite ou
imprimée placardée dans un lieu public et portant une annonce officielle, publicitaire ou
propagandiste, à laquelle une image peut être associée.”
En cherchant plus loin dans cette définition, nous constatons qu’une affiche se définit
principalement dans quatre domaines :
les techniques de communication (liées aux sociétés industrielles avec la publicité et la
consommation de masse),
l’action gouvernementale ou l’administration public,
la propagande politique (par exemple les affiches électorales),
le public (la vente ou la publicité de biens individuels, mais aussi le monde du spectacle).
N’oublions pas l'importance de la relation qu’entretient l’art avec les affiches.
Cependant, l’affiche est principalement un dispositif qui répond à une stratégie mobilisatrice afin
de faire réagir les personnes d’une certaine façon (acheter quelque chose, voter pour quelqu’un,
etc.). Notre dispositif diffère d’une affiche “classique” car en plus de provoquer une réaction, elle
propose également interaction. Cette proposition d'interaction en demandant aux personnes de
dessiner, d’écrire sur l’affiche ou d’envoyer quelque chose par e-mail n'a eu aucun effet, à
l’exception de 2 petits mots et dessins qui ont été observés sur les 29 affiches placardées. Notre
affiche appelait à une certaine positivité face au confinement et au COVID-19, mais appelait
aussi à de la compassion envers les étudiant.e.s, on s’attendait donc à recevoir quelques retours
positifs à notre dispositif. Notons également que le contenu de l’affiche propose une certaine
gaieté en plus de la compassion mais aussi un moment intime à partager entre personnes
inconnues, sans oublier qu'elle rappelle ou explique pour certain.e.s la situation d’isolement dans
laquelle se trouve les étudiant.e.s actuellement.
Mais les effets ne se sont pas fait de manière visible. N’ayant reçu aucun retour de cette
expérience par les personnes ayant vu l’affiche, nous ne pouvons qu’émettre des hypothèses sur
les non-résultats ou les effets invisibles de ce dispositif :
les affiches ne sont pas restées assez longtemps au même endroit parce qu’elles ont été
arrachées (ou trop dégradées) :
par les conditions climatiques naturelles.
par des agent.e.s de la Ville (sécurité, nettoyage, etc.) qui auraient comme consignes de
retirer les affiches en dehors des panneaux publicitaires légales (bien que selon la
réglementation, nos affiches ne sont ni une publicité, ni une enseigne, ni une
préenseigne irrégulière et donc leur affichage sauvage est autorisé. Surtout qu’aucunes
d’entre elles n’ont été affichées sur les lieux dits interdits (monuments classés historiques -
sauf une seule (rouge) à Versailles et qui est toujours existante 10-15 jours après son
affichage (à la date du 11/01/2021) !-, réserves naturelles, immeubles classés monuments
historiques, zones de conservation et de protection de la nature…).
par des étudiant.e.s en isolement ne souhaitant pas être rappelé.e.s de leur situation
d’isolement ou sont tellement à bout qu’iels ont arraché d’émotions fortes nos affiches.
par des personnes n’arrivant pas à éprouver de l’empathie envers les étudiant.e.s
isolé.e.s.
par des personnes ne souhaitant pas voir ces affiches à propos du COVID-19 dû au
surplus de rappels formels et informels que nous avons déjà dans notre quotidien.
par des personnes ayant des positions politiques allant à l’encontre des valeurs de Paris
8.
Les affiches du territoire de Versailles ont plus survécu que les autres parce que :
les conditions climatiques naturelles étaient plus favorables que celles du mois dernier.
elles ont été collées en dehors de la période de confinement donc il y avait moins
d’habitant.e.s dans le quartier mais surtout c’était la période des vacances de Noël donc
sûrement pas mal d’habitant.e.s étaient parti.e.s en congés.dû aux fêtes de fin d’années
les gens ont été plus cordiaux et n’ont pas eu envie d’arracher nos affiches (cela ne leur
a quand même pas donné envie de nous partager quelque chose).
--> Remarque : la temporalité de l’affichage a été différente que les autres, ce
qui forcément engendre des différences d’analyses en plus du territoire
--> Particularité : l’affiche rouge restante sur un monument classé historique.
Les affiches ont été placées dans des endroits de l’espace public trop visibles, trop à la
portée de tou.te.s et donc les personnes ont moins osé écrire ou dessiner dessus devant
d’autres personnes. Peut-être que si les affiches avaient été dans des endroits plus discrets,
les personnes auraient pu avoir une relation plus intime avec elles et de surcroît partager
quelque chose avec nous (des inconnues).
--> Remarque : à l’exception d’une affiche à Pierrelaye qui était dans un
endroit assez discret mais qui a été arraché sans avoir été annoté d’une manière
quelconque.
Nous aurions pu croire que même si les personnes ont (peut-être) rarement de stylos sur
eux.elles et qu’elles auraient tendance à moins écrire ou dessiner sur l’affiche en public,
elles auraient tout de même envoyé un message numérique. Mais ça n’a pas été le cas.
Nous avons reçu 0 message par e-mail. Nous souhaitions à l’origine mettre un QRcode
qui nous aurait permis de savoir combien de personnes l’auraient scanné, mais le dispositif
qu’on a mis en place pour calculer ça s’est finalement avéré inefficace.
L’aspect implicitement subversif de dessiner, taguer ou écrire sur une affiche ne peut pas
avoir lieu avec notre dispositif qui appelle justement à le faire de par son essence. Ainsi,
peut-être que pour certaines personnes, cela n’avait aucun sens ou intérêt d'interagir avec
notre affiche.
Peut-être que les personnes ont moins de chance de partager avec des inconnus dans le
monde “réel” que sur le numérique où il y a un pseudo, un visage (photo/image) ou une
plate-forme qui les pousse à interagir même anonymement avec des inconnu.e.s. Ce qui
n’est pas le cas de notre affiche.
Également, l’aspect impersonnel que peut créer le numérique a pu refréner des personnes.
Peut-être que si nous avions ajouter un numéro de téléphone, cela aurait changé la donne,
du fait d’un échange plus spontané.
L’absence de personne à côté de l’affiche réduirait la chance des personnes de participer à
l’interaction avec l’affiche.
L’affichage dans l’espace public réduirait les espérances de vie des affiches. Peut-être que
dans l’espace privé (où il faut une autorisation au préalable avant d’apposer quelque chose)
une affiche perdurait plus longtemps.
En tout cas, notre dispositif de recherche a engendré des questions :
- Pourquoi les affiches ont-elles été arrachées ?
- Pourquoi personne n’a interagit avec elles / nous via l’affiche elle-même ou via l’adresse e-
mail ?
- Si nous avions posé les affiches dans des lieux privés, auraient-elles provoqué plus de
réactions ?
- Le dispositif d’affiche et son invitation aux contacts par les outils numériques peuvent- ils se
substituer à eux-seuls au contact physique direct entre les étudiant.e.s chercheur.se.s et les
habitant.e.s ?
Mais surtout, il fait émaner cette nouvelle question de recherche :
Comment et avec qui est-il possible de créer du lien entre des personnes inconnues
dans l’espace public via un dispositif d’affichage ? Avec quels autres dispositifs est-il
possible de créer du lien entre des personnes inconnues dans l’espace public ?
(Tout en gardant en tête un dispositif flexible en fonction des mesures gouvernementales
changeantes.)
CHAPITRE 9 : LES ATTACHEMENTS
Attachement d'un territoire, des habitant.e.s, d'un lieu et cohésion
d'un groupe
A nos yeux, ces mots définissent merveilleusement bien ce qu’est notre groupe de travail,
formé à l’aveuglette (sans nous connaître les unes et les autres auparavant), dans le cadre du
séminaire de Recherche-action.
Là où il y a de l’humain, une histoire peut s’écrire en commun, et cela malgré les défis
rencontrés.
Ces mots sont autant d’atouts pour conduire une recherche en groupe dans un cadre
académique, une vie en société et certainement dans une période de nos vies respectives où
sévit une pandémie.
Chacune de nous a été ravie de travailler sur cette recherche, qui initialement était prévue à La
Plaine Saint-Denis, qui a ensuite été élargie à d’autres territoires (Bagneux, Versailles, etc.) Le
séminaire nous a fait sortir de l’univers clos d’une salle de cours, de l'université Paris 8 qui
finalement était le but de ce séminaire. Elle nous a fait découvrir un autre pan d’histoire de la
ville de Saint-Denis à travers ses lieux, ses habitant.e.s, son “Espace Imaginaire” qui a
finalement constitué notre joie dans la recherche. Démontrant ainsi par la même occasion que
les lieux fréquentés sont indissociables des habitant.e.s qui y résident ou qui les fréquentent,
donnant lieu à des rencontres. Dans notre cas, ces rencontres ont eu lieu physiquement sur la
Plaine Saint-Denis mais ont été moins concrètes par le biais des affiches. Nous avons donc
rencontré plus d’habitant.e.s de la Plaine que ceux.elles de nos propres territoires d’habitation.
La Seine-Saint-Denis a été aussi pour nous un lieu de retrouvailles. Chaque séance de travail
en présentiel s’est déroulée au sein de ce territoire, ce qui montre notre attachement particulier
à celui-ci et l’importance que nos lieux fétiches du 93 a pour notre groupe.
La cohésion de notre groupe a a été un élément important qui a contribuer à fédérer nos
atouts différenciateurs comme personne et chercheuse en devenir dans la conduite de notre
recherche-action en commun. La coopération et la collaboration ont été les clés de notre
équipe. Chacune d’entre nous a réussi à mettre de côté ses réticences et appréhensions pour
sortir ses qualités à travailler en groupe malgré les difficultés et les contraintes auxquelles on a
pu être confronté. Nous avons dû faire avec nos plannings respectifs personnels et
professionnels et avons réussi à faire des compromis et à se réunir presque toutes les semaines.
Même si nous avons été amenés à envisager d’autres terrains de recherche, la ténacité des
membres du groupe et la nécessité de nous retrouver à chaque fois que possible en
visioconférence et en présentiel nous a ramené au 93, avec bonheur…
Après les fêtes de fin d’année, nous nous sommes de nouveau réunies en présentiel à
l’Université Paris 8 au sein du Laboratoire Experice, le jeudi 7 janvier 2021. Nous nous y
sommes retrouvées de 10h à 17h pour y travailler ensemble la restitution écrite de notre travail
de groupe. L’occasion nous était ainsi donnée également de présenter de vive voix nos vœux
du nouvel an à madame Constance Céline, l’occasion de croiser aussi d’autres camarades de
promotion qui s’étaient donné.e.s rendez-vous à Paris 8 pour y travailler. C’était plutôt un
beau clin d'œil de se retrouver en commun, au sein du Laboratoire EXPERICE, pour y
travailler ! (Nous y retournons le vendredi 15 janvier 2021 pour clore notre travail de groupe
et célébrer entre nous notre semestre de recherche-action).
CONCLUSION
Et pendant que nous marchions à la Plaine, en essayant de trouver le bon chemin, nous le traçions...
Lors de nos analyses, la difficulté a
été de ne pas tomber dans une
forme d’empirisme, c’est-à-dire
d’une description spontanée sans
réflexion quant à l’analyse du
territoire et de ceux qui le
parcourent.
La difficulté de faire rencontre avec
l’habitant.e lorsque l’humain.e n’est
pas présent.e, nous a de suite
interpellé lors de notre rechercheaction
et intervention sociale. Nous
n’avions pas pensé que ce serait si
compliqué d’avoir des retours
d’expériences ou ne serait-ce que
des attentions simples en passant
par notre dispositif de recherche
d’affiches. Notre première ambition
de rencontrer des habitant.e.s de la
Plaine Saint-Denis s’est avérée
beaucoup plus simple lorsque nous
pouvions accéder à ce territoire et
que nous étions présentes pour
échanger avec des inconnu.e.s. Ces
rencontres effectuées sur notre
chemin nous ont beaucoup enrichis
sur le développement de ce
territoire si particulier. Bien que la
complexité de faire rencontre, et
qui plus est intimement, était déjà
un paramètre important lors de
notre première recherche nonaboutie,
elle devient centrale
lorsque nous ne sommes plus celles
présentes, pour aborder les
habitant.e.s. Notre dispositif
d’affiches n’a pas permis au public
témoin de son existence d’être assez
en confiance pour tenter un
échange avec nous, personnes
invisibles. Nous pensons que cette
invisibilisation
des
investigateur.rice.s de la recherche
est un facteur clé pour expliquer
l’échec du dispositif. Nous aurions
tendance à penser que l’anonymat
était un atoût pour nous (car
afficher dans l’espace public avec
nos informations personnelles peut
potentiellement être dangereux) et
aussi pour les autres (car on n’arrête
pas de nous dire que l’anonymat sur
les plateformes numériques est un
élément libérateur pour certaines
personnes - que ce soit de manière
positive ou toxique). Il se trouve
que le dispositif d’affiches tel qu’on
l’a conçu, ne suffit pas pour créer
du lien entre personnes anonymes.
Peut-être parce que les plateformes
numériques restent tout de même
des espaces qui ont un objectif
concret, alors que notre dispositif
ne permet pas de savoir quel est
notre but derrière lui. D’où une
possibilité de méfiance pour celles
et ceux qui souhaitent prendre part
à notre recherche via les affiches.
La confiance nous semble donc être
un élément primordial pour faire
recherche. Il paraît impossible de
créer un échange ou une rencontre
sans cette relation confidentielle
pour assurer une sensation de
sécurité et une intimité avec ces
personnes.
L’économie de l’attention est aussi un facteur non négligeable à prendre en compte dans la
présence d’un tel dispositif dans l’espace public. Nous sommes toutes et tous sans arrêt
interpellé.e.s par d’innombrables informations : applications sur nos dispositifs numériques,
affiches publicitaires, annonces dans le métro, interruptions constantes de messages ou
d’appels téléphoniques… Ce nouvel enjeu monétaire n’était pourtant pas à l’ordre du jour
dans notre dispositif. Néanmoins, la diversité et l’intensité d’autres affiches présentes dans
l’espace privé et public dû à cette concurrence de capter l’attention des passant.e.s, rendent
notre dispositif d’affiches invisible, malgré nos intentions non-marchandes mais
bienveillantes.
Cette recherche de terrain nous a alors conduit à nous poser les questions suivantes :
Pourquoi est-il compliqué de s’exprimer librement et intimement dans l’espace
public ? Comment faire pour que les habitant.e.s d’un territoire puissent le faire ? A
travers quel(s) dispositif(s) ?
Si nous parvenons à trouver un tel dispositif, cela constituera notre intervention sociale
pour que les habitant.e.s puissent s’approprier de nouveau l’espace public de leur territoire.
Pour conclure sur une note poétique, nous avons imaginé une restitution en présentiel, à
La Plaine, à travers une balade pédestre qui s’intitulerait “ Le trésor imaginaire ”. Cette
restitution ne pourrait avoir lieu qu'avant le 12 mars 2021, date officielle de fermeture de
ce merveilleux lieu alternatif.
"La fin d’une recherche en fait débuter une autre."
REMERCIEMENTS
Notre pensée première est dédiée à Pascal NICOLAS LE STRAT et Louis
STARITSKY, à qui nous disons simplement un grand merci. Nous avons
apprécié les conseils et le soutien par ces temps inhabituels, pour nous
accompagner et nous permettre de mener ce projet à sa fin ainsi que Céline
Constance pour sa disponibilité et sa réactivité.
Une affection particulière à nos rencontres à La Plaine Saint-Denis et
particulièrement de l’Espace Imaginaire, pour les moments partagés et l’accueil
chaleureux qu’ils et elles nous ont offert.
Nous sommes satisfaites d’avoir réussi ce challenge, et heureuses de vous
présenter, par ce book, l’aboutissement de notre travail de groupe.
Léa, Agnès, Isa, Sabine et Sophie-Clarisse
ANNEXES
CALENDRIER PROCESSUEL DE LA RECHERCHE