Haiti Liberte 3 Fevrier 2021

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Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021

LA CNT C’EST QUOI ?

Federasyon Bawo

yo deklare: 7 fevriye

2021 se fen manda

Jovenel Moïse!

Page 6

President Vows to Cling to

Power as Haiti is

“On the Verge of Explosion”

Page 9

7 février 2021 : Que

la volonté du peuple

haïtien soit faite!

Page 7

Voir page 3

C’est la Commission nationale pour la mise en place de la transition (CNT) qui désignera comme Président

ou Présidente provisoire un juge de la Cour de Cassation

LA GRÈVE CONTRE L'INSÉCURITÉ

RESPECTÉE !

En Inde, des centaines

de milliers de paysans

révoltés cernent New

Delhi

Page 10

Voir page 3

La capitale a été paralysée, les rues ont été en majorité vides, les écoles fermées, le transport

collectif n'a pas non plus fonctionné

Soudan : Après

la chute de la

dictature, la

longue marche

des travailleurs

!

Page 17


Partira, partira pas?

Par Berthony Dupont

Editorial

venel Moise se défend bec et ongles pour se

Jomaintenir à la présidence du pays, malgré la date

d’échéance de son mandat constitutionnel qui arrive à

terme. Il n’a plus que quelques jours devant lui pour

achever sa grande braderie, mais rien n’indique qu’il va

se laisser faire.

Il y a un réel consensus majoritaire dans le pays

pour que le dimanche 7 février 2021, l’actuel président

tire sa révérence. En face de lui, il y a non seulement

une coalition d’organisations et de partis politiques qui

disent vouloir à tout prix l’empêcher de faire une entorse

à la constitution ; mais aussi le plus important, il y a les

masses populaires qui en ont marre des conditions dans

lesquelles elles vivent.

Les dirigeants de la dite Opposition sont enfin parvenus

à un accord pour se substituer à la place de Jovenel

mais sont-ils effectivement les représentants légitimes

de l’expression de la volonté et de la confiance

populaires ? Leur comportement dans le passé n’a-t-il

pas toujours traduit la trahison et l’infidélité à l’endroit

de la lutte des masses défavorisées ?

Certes, ce régime vomi par les masses doit être remplacé

qu’il le veuille ou non. Ce qui est fondamental,

aujourd’hui, il ne s’agit pas de changer de chauffeur,

comme l’indique l’Accord Politique de l’Opposition sur

la Gouvernance de la Transition de Rupture mais de

route et de voiture. Changer de route signifie : de rompre

complètement avec la soumission aux exigences des

puissances capitalistes.

La réalité est à notre avis toute autre. Bien que nous

partagions pleinement l’idée de forcer le PHTK à quitter le

pouvoir, mais pour l’essentiel est-ce dans la perspective

de préparer les conditions pour que le pouvoir change

d’un président à un autre comme on avait remplacé

Michel Martelly par Jocelerme Privert ? Manifestement,

cela n’a abouti qu’aux mêmes résultats : les puissances

impérialistes ont imposé leurs quatre volontés.

Une telle transition comme l’annoncent les ténors du

document de transition ont choisi d’exclure nettement

toutes les énergies créatrices des organisations populaires

qui resteront manifestement sur la touche, dans

l’expectative ; ce qui au départ n’est pas par accident. Ce

rendez-vous équivaut à une catastrophe annoncée. Une

mission de sauvegarde des intérêts d’une classe bien déterminée

au détriment d’une autre. Cette complicité ne

peut-être plus grave, plus ignoble. Ce partage de gâteau

entre les dirigeants d’une certaine opposition ne peut

être plus criminel.

Où est la rupture avec le passé dans la feuille de

route que le gouvernement de transition aura à gérer?

Derrière ce paravent pour la continuité, il est clair que les

chefs de parti, de surcroit candidats à la présidence, ne

sont pas prêts à laisser leurs privilèges et leurs pouvoirs

au profit des aspirations populaires.

Il est temps que la majorité des travailleurs de la

classe laborieuse et paysanne sur tout le territoire national

mette enfin hors de jeu cette minorité de politiciens de

tout acabit qui ont un seul métier, celui d’être des agents

cyniques de la classe des exploiteurs internationaux.

Le pays est tenu en haleine. Partira, partira pas ?

Ce n’est que spéculation, vraisemblablement pour continuer

à bafouer la population dans sa dignité de façon

à réhabiliter ce qui ne saurait être ou ne devrait être

réhabilité.

Nul ne sait quand ou comment on procèdera à cette

transition de rupture. Comment alors avancer si l’on ne

sait pas clairement vers quoi l’on se dirige, si ce n’est

pas une stratégie qui tend à assurer vers un certain

contrôle de Washington ? Que l’on nous dise, une fois

pour toutes, quand et comment cette transition entre ces

frères et sœurs de classe aura lieu.

Il ne faut jamais perdre de vue cette classe politique

opportuniste dont leur formation idéologique les prédispose

à préférer les forces capitalistes de vie à la vie socialiste

soudant le peuple à son pays dans toutes les

épreuves de l’existence, bannissant toute exploitation

de l’homme par l’homme.

Le changement dont rêve le peuple haïtien ne doit

pas être une épreuve de vitesse mais une course de fond

pour la transformation réelle de la société. Il doit être

l’expression de tout un peuple organisé, prêt à combattre

et abattre toutes les barrières placées sur son chemin

pour l’empêcher d’aller vers un devenir qu’il a construit

de ses propres forces; mais non l’apanage des mêmes

clientèles des forces réactionnaires.

Que Jovenel Moise parte ou qu’il ne parte pas, il est

un fait certain: cette classe politique haïtienne ne pourra

pas être réformée ; elle ne peut même pas être réformiste,

voire révolutionnée. Elle restera un instrument

docile et servile aux services des puissances capitalistes

dominantes.

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021


La CNT c’est quoi ?

Quatre personnalités qui ont participé à la signature de

l’Accord Politique de l’Opposition sur la Gouvernance de la

Transition de Rupture.

La proposition de Fanmi Lavalas s’intitule : « chavire chodyè

a» (renverser le chaudron).

Par Isabelle L.Papillon

opposition traditionnelle

L’ qui depuis plusieurs années

n’avait jamais cessé de

parler d’une quelconque transition

de rupture pour mettre

un terme au système politique

corrompu, délabré dans le

pays. Dans certains milieux,

on leur avait donné le bénéfice

du doute, malgré qu’on sût

nommément que ces messieurs

et dames ne pouvaient guère

accoucher d’une politique qui

ne fût de leur accointance au

système capitaliste.

Tout ce qu’ils racontaient

à certains moments, ce

n’était que pour faire couler le

temps. Jovenel Moise arrive

maintenant à la fin du mandat

constitutionnel. Comme ils aimeraient

prendre la relève, ils

doivent, pour se faire accepter,

proposer au chef de file de

l’impérialisme international,

les Etats-Unis, un programme

qui ne lèsera en aucune façon

leurs intérêts. C’est ainsi qu’il

a été présenté sur les fonts

PAR CES MOTIFS

baptismaux, le dimanche 31

janvier 2021, un Accord Politique

de l’Opposition sur la

Gouvernance de la Transition

de Rupture.

La lecture de présentation

a été faite par l’homme du

Collectif Non pour le boycottage

du Bicentenaire de notre

Indépendance l'écrivain Lionel

Trouillot, l'ancien député Hugues

Célestin et le porte-parole

de l'OPL, Dario Syriack.

Puis, différents membres

de partis politiques ont

signé ce document une sorte

de manifeste né selon eux

après plusieurs mois de discussions

politiques. De cet

accord, sortira la Commission

nationale pour la mise en place

de la transition (CNT). Les plus

connus des participants qui

ont signé sont Pitit Desalin, la

Direction politique de l’opposition

démocratique (Dirpod),

‘’Operasyon tèt ansanm’’ et le

Comité de suivi de la Déclaration

du 21 aout 2020.

La CNT c’est cette nouvelle

structure de 15 membres,

dont 8 membres des partis,

Le Tribunal après examen sur les conclusions conformes du Ministère public

maintient le défaut octroyé contre Marie Helette Jean Noël à l'audience précitée:

pour le profit, déclare fondée la dite action ; Admet en conséquence, le divorce

de Gary Joseph d'avec Marie Helette Jean Noël ,pour incompatibilité de

caractère, aux torts de l'époux; prononce en conséquence la dissolution des

liens matrimoniaux ayant existé entre les dits époux; Ordonne à l'officier de

l'état civil de Liancourt Commune des Verrettes transcrire sur les registres à ce

destiné, le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un

des quotidiens s'éditant à la Capitale, sous peine de dommages intérêts envers

les tiers ,s'il y échet Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Gabnel FRANÇOIS, Av, juge en audience civile

ordinaire et publique en date du jeudi Quinze mars deux mille dix neuf en

présence de Me Grand Pierre Estimé Av. Substitut du commissaire du gouvernement

de ce ressort avec l'assistance du sieur greffier pascal Toussaint

Il est ordonné. ....etc..... En foi de quoi.... etc ....

Jeannot Luzincourt Officier de l'état civil

A Travers Haiti

groupements et regroupements

politiques de l’opposition et 7

membres de la société civile

dont un membre du Comité de

suivi de la Déclaration du 21

aout 2020, est qualifié d’office.

Une majorité de chefs de

partis ou d’organisations politiques

à l’exception de Fanmi

Lavalas se sont finalement

entendus sur cette proposition

commune de sortie de crise. Il

faut signaler que l’unique différence

entre Fanmi Lavalas

et cette structure ne tient pas

au contenu du texte mais du

fait justement que la Commission

Nationale pour la mise en

place de la Transition (CNT)

désignera comme Président ou

Présidente un juge de la Cour

de Cassation, alors que Lavalas

aurait préféré un gouvernement

de Salut public (Bonnet

Blanc/Blanc Bonnet).

La CNT aura également

le privilège de désigner également

le Premier ministre de

l’après Jovenel Moise, le choix

d’un cabinet ministériel et enfin

la mise en place de l’Organe

de Contrôle de la Transition

(OCT).

Qui va faire partie de

cette commission ? C’est une

question à laquelle seuls les

acteurs au sein de l’opposition

traditionnelle peuvent répondre.

Les noms des membres

ne sont pas encore connus et

ils ont la tâche ultime de désigner

avant le 7 février le

président provisoire qui ne

sera autre qu’un juge de la

Cour de Cassation: un moins

corrompu parmi tous les autres

corrompus !

Le nouveau pouvoir de

facto aura pour feuille de route

37 points qui ont été définis

pour la gouvernance de la

transition de rupture, qu’on

devrait avec honnêteté baptiser

de transition pour la continuation.

A ce point, nous pouvons

dire que les masses populaires

seraient plus proches

de la proposition de Fanmi Lavalas

qui s’intitule « chavire

chodyè a» (renverser le chaudron).

Selon ce parti « Aucune

solution cosmétique n’apportera

une solution efficace et

durable à la crise dans laquelle

nous sommes plongés. Ce système

a suivi son cours. Il ne

peut pas être réparé. Cela doit

être changé, affirme cette organisation

».

La grève générale contre l'insécurité

respectée !

Par Marie Laurette Numa

PAR CES MOTIFS

s deux journées de

Legrève des syndicats

Confédération des Travailleurs

haïtiens (CTH) et la

Confédération des travailleurs.euses

des Secteurs

publics et privé (CTSP) et

Collectif des Syndicats haïtiens

pour le Respect de

la Constitution de 1987

(COSHARCO) les lundi 1er

et mardi 2 février 2021,

en réponse au climat

d’insécurité, d’instabilité

et d’appauvrissement qui

gangrène le pays ont été

totalement respectées à travers

le territoire national.

En effet, la capitale a

été paralysée puisque les

rues ont été en majorité

vides, les écoles fermées,

le transport collectif n'a pas

Le Tribunal après examen, sur les conclusions du Ministère public ; maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit déclare

fondée la dite action; Admet en conséquence le divorce du sieur Louis Jean

Bernard AUGUSTE d'avec son épouse née Ketly JEAN LOUIS, pour injures graves et

publiques, aux torts de l'épouse. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

ayant existé entre les dits époux; Ordonne à l'officier de l'état civil de la Section

Sud de Port au Prince, de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du

présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à

la Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers s'il y échet commet

l'huissier Canal Gabriel pour la signification de ce jugement; Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Annie FIGNOLÉ, juge en audience civile et

publique en date du quatorze janvier deux mille vingt, en présence de Me .Jean

Rolex MEROVE, substitut du gouvernement de ce ressort et avec l'assistance de

monsieur Mozart TASSY ,greffier du siège

Il est ordonné .... etc... En foi de quoi ....etc ...

Me Ingrid karline WOOLLEY officier de l’etat civil

Une rue désertée le lundi 1er Février 2021

Point de presse du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN)

fonctionné non plus et les

commerçants informels ont

considérablement diminué,

sauf quelques entreprises

avaient ouverts leurs

portes et certaines motos,

ainsi que de rares véhicules

privés, ont bravé les rues.

Signalons que même

les employés de l’administration

de l’Etat n’ont pas

été à leur service. Au parc

industriel de la Sonapi, la

majorité des travailleurs ne

se sont pas présentés.

Les stations d’autobus

reliant la Capitale aux autres

villes de province ont

été vides de gens.

Plusieurs villes de

province ont également

suivi le mot d’ordre de

grève. Cette initiative pour

le respect de la Constitution

avait bénéficié du soutien

de plusieurs autres secteurs

PAR CES MOTIFS

de la vie nationale particulièrement

les acteurs de

l’opposition politique qui

maintiennent la pression à

ce que le président parte le

dimanche 7 février 2021.

Quelques rares détaillants

ont été vus pour la

deuxième journée. En somme,

les deux journées de

grève générale contre l’insécurité

furent une réussite

politique totale.

Dans l’après-midi du

mardi 2 février, le Conseil

Supérieur de la Police Nationale

(CSPN) dans un

point de presse, le Premier

ministre Joseph Jouthe a

fait savoir que « le gouvernement

prend acte des

deux journées de grève

générale réussies contre

l'insécurité et le kidnapping

lancées par des syndicats.

Le Tribunal après en avoir délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions

conformes du Ministère public accueille l'action du demandeur, le sieur Wilson

BARTHELEMY en la forme ; Maintient le défaut faute de comparaître à

l'audience du vendredi six Novembre deux mille vingt contre la dame née

Nerline DOLCINE. Admet le divorce du sieur Wilson BARTHELEMY contre la dame

née Nerline DOLCINE pour injures graves et publiques. Faits prévus à l'article

217 du code civil haïtien ; Prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant

existé entre eux aux torts exclusifs de lʼépouse. Ordonne à l'officier de l'état civil

de Port au Prince Section Sud de transcrire sur les registres à ce destinés le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera publié dans l'un des quotidiens

s'éditant à la Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers;

Compense les dépens vu la qualité des parties Commet l'huissier Clerbrun FAURE

de ce siège pour la signification du présent jugement

Rendu de nous Bredy FABIEN, juge au Tribunal de première instance du ressort

de Port au Prince en audience civile publique et ordinaire du vendredi six

Novembre deux mille vingt en présence du substitut commissaire du gouvernement.

Me Enide LEGERME faisant office du Ministère public et avec

l'assistance de Me Jean Serge DUVERT, greffier du siège.

Il est ordonné. .....etc...... En foi de quoi..... etc......

Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

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A Travers Haiti

7 février 2021: Haïti dans l’œil d’un “dechoukaj” socio-politique

Par Esau Jean-Baptiste

puis l’été 2018, la population

Dehaïtienne, dont les problèmes

quotidiens ne font qu’empirer, manifeste

dans presque tout le pays pour réclamer

le départ du président Tèt kale II.

Plus que les jours passent, plus que

la situation socio-politique s’amplifie

et devient plus corsée. Quant

à l’opposition politique, tout en profitant

de l’incapacité du pouvoir dans la

gestion de la crise socio-politique, elle

se renforçe et se positionne davantage.

Avec leur cahier de charge muni d’une

proposition de sortie de crise, renforcé

par les manifestations de plus en plus

fréquentes, clairement, l’opposition ne

rate pas l’occasion pour réclamer le

départ du président Jovenel pas plus

tard que le 7 février 2021, pour faciliter

la mise en place d’un gouvernement de

transition.

Avec cette situation qui se

détériore chaque jour sous les yeux

des autorités qui se montrent impuissantes,

Haïti vit une situation de tension

généralisée qui fait peur. Quand

ce n’est pas à Grand Ravine, Ti Bwa,

Village de Dieu ou au Bicentenaire dans

l’air métropolitaine, ce sont dans presque

toutes les grandes villes du pays

que les armes automatiques se font

entendre. N’en parlons même pas de

la tuerie organisée contre les pauvres

gens de Carrefour-feuilles, La Saline,

Bel-Air, Pont-Rouge aussi bien du kidnapping

au quotidien. « Les kidnappings

se multiplient depuis plusieurs

mois. Les criminels, bien organisés,

utilisent des véhicules ressemblant à

ceux des forces de sécurité. Ils utilisent

des plaques immatriculées Service

de l’État (SE), portent des uniformes

d’unités de la PNH, sont lourdement

armés. Ils séquestrent leurs victimes

dans des lieux connus des forces de

l’ordre. Sur les réseaux sociaux, des

noms, des visages défilent. A la radio,

les témoignages de victimes, de

parents de victimes de kidnappings

glacent le sang. Des « pitit manman

mari », des protestants, des pasteurs,

des prêtres, des vodouisants, des

francs-maçons, l’athée, l’étudiante, le

musicien, la marchande de saucisse, le

commerçant, les fils…personne n’est

épargné. » (1)

La crise est multidimensionnelle

et a atteint un niveau global. Face

à cette situation, on a l’impression

que toutes les institutions sont impuissantes

à ce qui se passe au pays.

Cependant, c’est dans cette Haïti fragilisée,

qui peut exploser à n’importe

quel moment, qu’un président incompétent

veut rester au pouvoir au delà

du 7 février 2021. « Rester pour faire

quoi », se demandent plus d’un? Mais,

mis à part les critiques de mauvaises

gestions faites à l’encontre du chef de

l’État, constitutionnellement, comment

peut-on expliquer ou comprendre la fin

de son mandat le 7 février 2021?

Comment est défini le mandat

des élus ? Est-il défini par la Constitution,

les lois électorales ou par les élus

eux-mêmes? Que dit l’article 134-2 de

la constitution haïtienne ?

Argumentations constitutionnelles

expliquant la fin du mandat du

chef de l’État le 7 février 2021

L’élection présidentielle a lieu

le dernier dimanche d’octobre de la

cinquième année du mandat présidentiel.

Le président élu entre en fonction

le 7 février suivant la date de son élection.

Au cas où le scrutin ne peut avoir

lieu avant le 7 février, le président

élu entre en fonction immédiatement

après la validation du scrutin et son

mandat est censé avoir commencé le

7 février de l’année de l’élection.(Art

134-2 de la constitution amendée)

Quant aux leaders de l’opposition.

« Le président qui manifeste la

volonté de rester au pouvoir jusqu’au 7

février 2022 a commis des crimes politiques

selon l’agronome Jean- André

Victor. L’un de ces crimes est le parjure,

suivi par le non-respect de la constitution.

« Cette situation de parjure

est due au fait que le président n’as

pas honoré son serment de respecter

la Constitution et de la faire respecter

le met dans une position où il n’inspire

plus confiance », a-t-il avancé. « C’est

le plus gros crime qu’un chef d’État

puisse commettre : renier la Constitution

sur laquelle il a prêté serment »

(2), a-t-il poursuivi.

Frantz Duval du Quotidien le

Nouvelliste, dans son texte: De la fragilité

des mandats, écrit: « En déclarant

le 13 janvier 2020, à minuit, sans

aucune négociation préalable avec

aucun secteur, que le mandat de deux

tiers des sénateurs était arrivé à expiration,

le président Jovenel Moïse a

fragilisé tous les mandats, y compris

le sien. »

Mais de tous les questionnements,

quelle est donc la position de la

communauté internationale qui a toujours

supporté le président?

Même si la communauté internationale

a sa part de responsabilité dans

la déstabilisation d’Haïti, actuellement

son engagement à trouver une solution

pacifique pour après le départ du Président

est au cœur de ses préoccupations.

Constatant que le président a perdu le

contrôle du pays, c’est avec désenchantement

que chaque jour les diplomates

se soucient de cette administration.

Ainsi, certains diplomates, déçus

des performances du pouvoir, surtout

en ce qui concerne la sécurité, l’organisation

des élections et le renforcement

des institutions étatiques, sont mobilisés

dans l’optique de trouver une issue

positive pouvant éviter le chaos.

Face à toutes ces dérives, comme

l’administration fait preuve d’incapacité

à diriger, certaines missions

diplomatiques ont initié des pourparlers

avec certaines forces vives et institutionnelles

du pays, dans l’intention de

monter une nouvelle équipe capable

d’obtenir rapidement, non seulement

des résultats tangibles sur le plan social

et sécuritaire, mais encore capable de

calmer les esprits.

Certains représentants diplomatiques

sur le terrain ne voient pas

comment, politiquement et même avec

l’appui d’une frange de la communauté

internationale, le président va remonter

la pente. Un diplomate de l’Amérique

Latine, supporteur du pouvoir Tèt Kale

aux dernières élections est cette foisci

très amer au sujet de l’incapacité de

diriger du chef de l’État. Ce diplomate

qui vit depuis sa retraite dans la capitale

américaine, veut lui aussi le départ du

président.

Mis à part l’instabilité politique

AVIS DE DIVORCE

PAR CES MOTIFS, le Tribunal après en avoir délibéré selon le vœu de la loi et sur les conclusions

conformes du ministère public, accueille lʼaction du demandeur, le sieur Roland Jean Julien en

la forme, maintient le défaut faute de comparaitre, octroyé à lʼaudience du vendredi huit mai

deux mille quinze contre la dame née Béatrice Bonheur; admet le divorce des époux Roland

Jean Julien, la femme née Béatrice Bonheur pour injures graves et publiques, faits prévus à

lʼarticle 217 du code civil haïtien; prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé

entre eux, aux torts exclusifs de lʼépouse; ordonne à lʼOfficier de la commune de

Port-Au-Prince, section sud de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera publié dans lʼun des quotidiens sʼéditant à la capitale, sous peine

de dommages-intérêts envers les tiers ; compense les dépens vu la qualité des parties; commet

lʼhuissier Clerbrun Faure pour la signification du présent jugement.

Rendu de Nous Gerty Léon Alexis, juge au tribunal de Première instance du ressort de

Port-Au-Prince, en audience civile publique et ordinaire du vendredi dix juillet deux mille

quinze en présence du substitut du commissaire du gouvernement, Me Sheila Monsanto Bazile

faisant office du ministère public et avec lʼassistance de Jean Serge Duvert, greffier du siège.

Il est ordonnéà tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution, aux

Officiers du ministère public près les tribunaux civils dʼy tenir la main ; à tous commandants et

autres Officiers de la force publique dʼy prêter main forte lorsquʼils en seront légalement

requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement est signée du greffier susdit.

Ainsi signés: Gerty Léon Alexis et Jean Duvert.

Me Jean Julien Daniel, Av.

Déraciner le pouvoir de Jovenel

Moise est un devoir civique

qui bouleverse le pays pendant ces

dernières semaines, deux ambassadeurs

de la CARICOM ne pardonnent

pas le président pour le vote d’Haïti à

l’OEA contre le Vénézuela. Eux aussi

veulent le départ du chef de l’État.

Qu’en est-il de l’administration

américaine ?

Les officiels de Washington sont

très préoccupés par la crise politique

qui se développe en Haïti. Certains

démocrates s’accordent sur le départ

du chef de l’État… décision qui pourrait

apaiser les tensions politiques en Haïti.

D’une source de la capitale américaine

digne de confiance, la crise haïtienne

est déjà sur la table des discussions

entre démocrates et républicains.

Comme certains membres de

l’opposition refusent le choix d’un

cadre de la Cour de Cassation pour le

remplacement du président, donc l’international

et les forces vives de la société

sont indécis à ce propos. Ajouter à

tout cela, une autre préoccupation pour

l’international est de trouver une terre

d’asile pour le président et sa famille.

Par contre, quant au futur chef de

gouvernement, pour ne pas répéter les

mêmes erreurs de 2004, Washington

est pour un « Premier ministre local ».

Donc, on commence à citer des noms.

Parmi ceux-ci, on trouve un ancien

chef de la Primature, un ex-parlementaire,

un homme d’affaires très influent

de la société civile, un ancien candidat

à la présidence et un ancien technicien

dans le monde universitaire, mais qui a

étudié aux États-Unis.

Selon cette même source, le future

Premier ministre devrait être un

rassembleur capable de monter une

équipe très restreinte avec des cadres

compétents du pays et de la diaspora,

mais surtout avec une feuille de route

capable de tacler les grands problèmes

sociaux, politiques et économiques du

pays. Puisqu’il n’aura pas à se présenter

par devant le parlement, qui est officieusement

considéré comme une

institution inopérante, donc ce chef de

gouvernement doit être quelqu’un qui

inspire confiance.

Bref, les préoccupations concernant

le président entêté de rester au

pouvoir au-delà du 7 février, affecte le

pays et le core international qui aurait

aimé éviter un autre 7 février 1986.

Puisque, avec des manifestations et des

jours de grèves dans tous les départements,

spécialement les grandes villes

du pays, les prochains jours s’annoncent

sombres. Pour comprendre les

préoccupations des uns et des autres

sur le spectre d’un possible ‘’dechoukaj’

et ses conséquences nationales sur

la vie et les biens des citoyens après 7

février 2021, il faut se référer au livre

de Laennec Hurbon, Comprendre Haiti,

Essai sur l’Etat, la nation, la culture

(Editions Karthala, 1987, p.11).

Dans ce livre, l’auteur écrit que :

« Au matin du 7 février, une immense

crie de joie était entendu aux quatre

coins du pays. A Port-au-Prince,

500,000 personnes environs, toutes

couches sociales confondues, hommes

et femmes, ont pris place autour

du palais présidentiel. La presse

étrangère surprise par la rage avec

laquelle le peuple traquait les macoutes.

Certains sont lapidés, d’autres

brulés vifs. Leurs maisons sont pillées

et incendiées. La rapidité avec laquelle

des macoutes sont répérés démontre

jusqu’á quel point la colère populaire

se contenait auparavant. » (4)

Comme pour protéger des vies

et sécuriser des biens, l’armée et la police

d’alors ne pouvaient pas intervenir

dans tous les coins du pays. Ainsi on a

eu des dérapages. Le bilan était lourd

en termes de pertes de vies humaines,

biens et immeubles des membres du régime

déchu. Toutes les maisons, aussi

bien que des magasins soupçonnés

d’appartenir á des macoutes et barons

du régime, furent saccagés et pillés.

Plusieurs auteurs et journalistes qui

commentaient sur les évènements qui

ont eu lieu ce vendredi 7 février 1986

étaient unanimes á reconnaître que la

journée était d’une part pleine de réjouissance

et d’autre part de violences

accrues, de chasse et de pillages.

A ce sujet, les auteurs Daniel

Roussière, Jenane Rocher, Gilles

Danroc dans leur livre : Les élections

du 29 novembre, la démocratie ou la

mort, écrivent ce qui suit : « Une extraordinaire

explosion de joie, une

véritable liesse populaire que personne

ne pouvait décrire, transforme Portau-Prince

en une ville carnavale….;

des tontons macoutes sont dépouillés

de leurs uniformes, battus…. Au Bel

air, au Centre-ville, á Laboule, Delmas,

Thomassin, Carrefour, des scènes de

AVIS DE DIVORCE

pillage sont enregistrées malgré l’intervention

de la police et de l’armée.

» (5)

Est-ce cela que veut le pouvoir,

l’opposition ou la communauté internationale

? Frantz Duval, dans son éditorial

du 25 janvier 2021 écrit dans le

Quotidien du Nouvelliste que : « Dans

tout pays normal, la crise sans nom

que le pays vit depuis des mois aurait

provoqué deux réactions : la recherche

d’un compromis ou un soulèvement.

Un secteur de la société civile suffisamment

concerné ou suffisamment

fort aurait invité les deux camps –

pouvoir et oppositions – à s’asseoir

jusqu’à ce qu’une entente soit trouvée

pour permettre au pays de vivre normalement

sans l’hypothèque des arrêts

récurrents qui pénalisent le plus grand

nombre et chaque initiative. » (6)

Si les protagonistes arrivent à

faire le grand dépassement et trouver

une solution pour opter pour la première

proposition de l’éditorialiste du Nouvelliste,

ce sera pour le bien du pays. Mais

si toutefois dans les jours qui viennent,

les acteurs politiques conduisent

le pays vers l’option du soulèvement,

ce sera définitivement pour le malheur

d’Haïti…puisque, ce sera une deuxième

version du 7 février 1986.

Prof. Esau Jean-Baptiste

Notes

1-Roberson Alphonse.

Haïti pris au piège des kidnapings.

Le Nouvelliste.

25/1/2021

2-Germina Pierre Louis. Le

MOPOD plaide pour le départ de

Jovenel Moïse le 7 février 2021.

Le Nouvelliste 13/01/2021

3-Robert Duval. De la fragilité

des mandats. Le Nouvelliste-

02/02/2020

4-Laennec Hurbon. Comprendre

Haiti, Essai sur l’Etat,

la nation, la culture. Editions

Karthala, 1987, p.11.

5-Daniel Roussiere,

Jenane Rocher, Gilles Danroc.

Les Elections du 29 novembre

1987. La démocratie ou la

mort. Bibliothèque Nationale

d’Haiti, p.15

6-Robert Duval. Haïti,

l’anesthésie générale. Le Nouvelliste-

25/1/2021

PAR CES MOTIFS, le Tribunal, après examen sur les conclusions du ministère public,

maintient le défaut octroyé contre la défenderesse et pour le profit déclare à ladite

action, admet le divorce du sieur Jean David Debrosse d’avec son épouse née Danielle

Martine Baptiste, ce pour injures graves et publiques aux torts de l’épouse; prononce

la dissolution des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux; ordonne à l’Officier

de l’Etat civil de Limbe d’inscrire dans les registres à ce destinés le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans des journaux s’éditant à la capitale sous

peine de dommages intérêts envers les tiers s’il y échet, commet l’huissier Fleurimond

A. Paul de ce tribunal pour la signification du présent jugement, compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par Nous Alix Fucien, Av, juge en audience civile en date du dix

juillet deux mille quinze en présence de Me Hervé C. Hyppolite, substitut commissaire

du gouvernement de ce ressort avec l’assistance du greffier Luc Laurent.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution,

aux officiers du ministère public près les tribunaux civils d’y tenir la main, à tous

commandants et autres officiers de la force publique d’y prêter la main forte lorsqu’ils

en seront légalement requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement est signée du juge et du greffier susdits.

Ainsi signé: Alix Fucien et Luc Laurent.

Pour expédition conforme collationnée, le greffier.

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021


TANZANTAN

Question de point

Par Lemèm Latulipe

vocabulaire politique en Haïti

Le semble en voie de changement.

Les politiciens ont-ils fait un grand

pas ? Je ne saurais toutefois dire s’il

s’agit d’« un pas en avant » résolu,

djanm, ou d’un pas qui sera suivi de

« deux pas en arrière », twoukoutoup

twoukoutap. J’ai eu beau appeler l’ami

Vladimir à mon secours, il ne m’est arrivé

qu’un hiéroglyphe mal griffonné.

Jean François Champollion lui-même

n’y verrait que faucille et marteau. Je

n’ose pas non plus parler de bond, ne

sachant si c’est un « grand bond en

avant » ou un « grand bond » en arrière.

Toujours est-il qu’on ne parle plus

de « proposition de sortie de crise ». Ces

jours-ci, le nec plus ultra c’est « faire

le point ». On affirme qu’« on fait le

point ».

Certains politiciens pensent en

longueur, d’autres en largeur, un très

petit nombre en profondeur, quelquesuns

en épaisseur et l’immense majorité,

point du tout. Un point, c’est tout. On

n’a qu’à observer leur évolution au

cours de l’année écoulée : une absence

abyssale de vision, une impossibilité

décevante de se mettre d’accord sur

une stratégie constructive pour arriver

à leur but commun. Aussi, les foules

ne sont plus au rendez-vous. Les types

se trouvent coincés dans la diagonale

de leur nullité au point où lorsqu’ils

parlent de faire le point on en arrive à

se poser un gros point d’interrogation :

qu’est-ce qu’ils racontent encore ces

fainéants ?

À court d’idées stimulantes, innovantes,

créatrices – et c’est là son

point faible – le politicien vous laisse

sur votre faim. Par exemple, il commence

un discours avec une phrase

dont la subordonnée est tellement

longue et insignifiante que vous avez

le temps de faire un ti kabicha. Quand

vous vous réveillez, aucune principale

ne point encore à l’horizon. Finalement,

reprenant son souffle, il

prend une pause et s’attend à des

applaudissements qui… ne viennent

pas. Vous concluez que sa pensée est

tombée dans le vide de son ignorance,

qu’il n’avait rien à dire de convaincant.

N’empêche, à ses yeux, il a ‘‘fait le

point’’, à vous de comprendre.

Le mec se fait un point d’honneur

de vous dire qu’il maîtrise mieux

que n’importe quel adversaire la dynamique

de la situation en cours. Point

par point, il vous raconte comment

« depuis ces trente dernières années le

pays est au point mort ». Son blablabla

n’en finit pas et vous pouvez être certain

qu’il va finir par vous débiter une

tirade de son cru réclamant au moins

deux points d’exclamation : ô mon

pays ! Toi qui vas titubant, vacillant,

trébuchant, languissant sous le poids

de dirigeants incapables et irresponsables,

lève-toi et marche ! Qui d’autre

que lui peut avoir un point de vue aussi

percutant ? Point du tout.

Au pays, le vide politique est

palpable sauf lorsque par moments, Jovenel

fait le point sur les avancées des

élections à venir en… 2021 et de sa

Constitution dont personne ne sait de

quelle potion à base de feuilles sezisman

il nous prépare, ni comment il

va s’y prendre pour organiser son

referendum qui sera approuvé par la

nation avec 99.9% de oui selon les

pratiques démocratiques des Caucescu,

Kim Jong-un et autres despotes de

même pointure. Jovenel aura alors atteint

l’apogée, le point culminant d’un

parcours, selon lui, ‘‘sans faute’’. Point

barre.

Tous les partis politiques mis

devant le fait accompli jovenellien

d’une Constitution wè pa wè, lantèman

pou katrè, incapables de faire un faisceau

unitaire pour fese Jovenel par

terre s’agitent comme diables dans un

bénitier. Ils ne se lassent pas de rencontres

à n’en plus finir, à Léogâne, à

Une percée dont seul un fils de Dessalines eût été capable au point qu’il

voulût changer de drapeau et faire flotter du rouge et du noir à la barbe

des crétins de l’opposition qui se mirent à crier haro sur le baudet. Pòv

Pitit !

la Croix-des-Bouquets, à Bourdon, à

Pétion-Ville, à la nonciature et ailleurs

à la recherche d’un point commun

pour renverser Jovenel, mais d’idées

constructives, visionnaires ils n’en ont

point. Lors de ces rencontres bidonnes,

ça commence toujours bien par la lecture

enthousiaste des points à discuter.

Mais à peine les discussions

entamées, il se trouve toujours un

hurluberlu (un pavillon masqué de

Jovenel ?) pour se lever et faire le coquin

; il n’est pas d’accord avec tel ou

tel autre point. Quand on lui demande

de s’expliquer, il préfère s’engager dans

d’interminables coquinades, détournades,

pointades, contresens, contradictions

à brouiller toutes les pistes. Dès

lors, c’est lekòl lage : tumulte, verbes

hauts, basses menaces verbales à

peine voilées, bref, c’est la pagaille. Les

délégués représentants de différents

partis quittent sur la pointe des pieds,

graine par graine ; personne n’a réussi

à faire le point, celui qu’on pensait être

‘‘le plus important’’ du moment.

Alors que le monde politicien

en était au point mort, à court d’idées,

de propositions, de suggestions, de

recommandations, alors qu’on s’y attendait

le moins, un fils du Nord, du

grand Nord, Pitit de son sobriquet

politique, resté loin des convulsions

propositionnelles de sorties de crise fit,

le 26 janvier écoulé, une percée dont

seul un fils de Dessalines eût été capable

et dont la fulgurance déchira le

voile du temple des crétins de l’opposition.

‘‘Point n’est besoin d’un gros appât

pour attraper une grosse bête’’ eût

dit Amadou Koumba. En l’occurrence

il suffisait d’une déclaration perçante

pour que Pitit trouât la cuirasse du

système.

On devait s’y attendre car depuis

quelques années déjà notre homme

jouait un rôle d’annonceur, de déclarateur,

de proclamateur, de propulseur,

d’avertisseur, de déclanncheur de mobilisation

populaire. Avec lui, il y a toujours

eu du Vertières, de la butte Charrier,

des kout kannon dans l’air, mais…

Disons en passant qu’il avait cru bon

de signaler que « la mobilisation n’est

pas financée par la bourgeoisie ». Pourquoi

cette précision, ce pléonasme ? Un

Pitit ne peut n’être et naître que de la

matrice du ti peuple. C’est un point existentiel

incontournable. Alors ?

Ainsi, au mois de mars en 2016,

l’avertisseur klaxonnait qu’il reprenait

la mobilisation au Cap-Haïtien, promettant

de « bloquer » le pays et demandait

aux autres départements de « nous

attendre afin de renverser le régime en

place ». Ce fut une mobilisation à nulle

autre pareille. En effet, le proclamateur

avait déclaré : « Demain, la mobilisation

prendra une autre forme. Chacun

se mobilisera chez soi ». Une forme

rare, sans aucun doute. En principe on

se mobilise sur le macadam, dans les

rues, pancartes dehors toutes. Le faire

chez soi, c’est tout à fait contradictoire.

Quid du point à faire ? Pour employer

un terme à la mode depuis COVID-19,

ce fut une mobilisation zoom.

Au mois de février 2018, à la

suite d’un incendie qui s’était déclaré

en milieu de journée au marché du

Port, communément appelé “ Guérite”,

au centre-ville de Port-au-Prince,

moins d’une semaine après celui qui

avait ravagé une partie du Marché en

fer, Pitit s’était vraiment fâché. Revenant

revigoré d’un voyage médical à

Cuba, il s’était dit prêt, physiquement,

à reprendre la mobilisation ; sans doute

mentalement, psychologiquement

aussi. Il avait assurément un point à

faire.

Il accorda alors, à partir du lundi

26 février, une semaine au gouvernement

pour satisfaire les besoins

des victimes des marchés récemment

incendiés dans la capitale. C’était sa

façon diktate à lui de faire le point, à

l’arraché, à l’emporte-pièce. Le chef de

l’État ému (jusqu’aux larmes) eut immédiatement

un entretien avec le Premier

ministre le Dr Jack Guy Lafontant,

kaptenn dèyèpòt, afin d’apporter la

compassion nécessaire (sic), le réconfort

(chrétien) et l’assistance ‘‘rapide’’

du Gouvernement aux sinistrés (resic).

Ces deux nigauds (dans un

manoir hanté) invitèrent la population

à garder son calme face à ‘‘cette

épreuve à la fois douloureuse et inacceptable’’.

Un point d’humanité de la

part du gouvernement. Une commission

inter ministérielle fut mise sur

pied avec mission de prendre des mesures

appropriées pour faire la lumière

sur ce drame et rendre également le

marché en fer à nouveau opérationnel

dans les meilleurs délais. Tu entends

bœuf…

Les mauvaises langues rap-

portent que depuis, plusieurs marchand-e-s

font des cauchemars au cours

desquels ils-elles voient des ombres

apparaître avec des liasses de wachin-

tonn en main, mais au moment de

saisir ces cadeaux tombés de… l’Enfer,

ils-elles voient la main disparaître dans

un violent tourbillon de feu…

Les pires mauvaises langues

disent même que les distributeurs de

wachintonn avaient pour instruction

de tenir une conférence de presse annonçant

‘‘que la lumière soit’’ (quoique

la lumière ‘‘ne fut’’ jamais), ensuite de

retourner au palais national avec les

valises de billets verts et de les remettre

à qui de droit pour faire le point sur le

nombre de bénéficiaires de la bonté

présidentielle…

Joel H. Poliard

M.D., M.P.H.

Family and Community

Medicine

Public health and Pediatrics

5000 N.E. Second Ave,

Miami FL, 33137

tel. (305) 751-1105

Nul ne saurait accuser Pitit de

manquer de la suite dans les idées. En

effet, au mois d’août 2019, le mateur-déclanncheur annonça la re-

proclaprise

des manifestations anti-Jovenel à

partir du 14 août, une date loin d’être

anodine dans la mémoire collective

haïtienne. Vint le 14, rien n’arriva.

Les mauvaises langues se délièrent à

nouveau. Il semble que le secrétaire de

Pitit avait mal interprété les directives

de son patron. Il avait emmené avec

lui un cochon grimèl. Boukman fit une

cochonne colère, une noire colère, et

disparut dans un violent tourbillon de

feu en chantant : mwen pa t fè Bwa

Kayiman pou sèvi kochon etranje…

Pitit annonce, en décembre

de l’année dernière, une mobilisation

populaire si la cherté de la vie perdure.

D’une pierre proclamatrice, il fait

quatre coups. Koulangit ! Il donne de

mauvais points aux banques commerciales

qu’il accuse d’être impliquées

dans des spéculations qui provoquent

une hausse du taux de change de la

gourde par rapport au dollar ; il montre

d’un doigt accusateur les importateurs

d’avoir conservé les prix élevés

en dépit de la forte baisse du taux de

change.

Enfin, il dénonce une complicité

entre le secteur de la finance et des

leaders de l’opposition pour l’empêcher

de passer ses points de vue et défendre

les intérêts de la population. Cerise sur

le gâteau, il prévient que ‘‘la mobilisation

populaire sera plus virulente que

lors de la chute de Jean Claude Duvalier

le 7 février 1986’’. Comme sa mère ! Et

comme ma mère ! Woah ! C’est trop de

coups pour un seul fistibal.

Depuis, beaucoup d’eau a

coulé sous les ponts. L’opposition,

toutes tendances confondues, n’ayant

jamais pu, ou voulu, saisir les perches

annonceuses, propulseuses, avertisseuses,

déclaratrices, proclamatrices

de Pitit continua à jouer de ses

pinces ambitionnelles comme crabes

en panier. Ils ne firent absolument rien

pour faire le point toutes les fois que

l’occasion se présentait, d’autant que

l’ambition ne vieillit point et que les

politiciens misent sur le point de départ

et le point d’arrivée, en négligeant le

chemin qui passe entre les deux.

Aussi, agacé au plus haut

point par l’obsession constitutionnelle

de Jovenel, sa prétention affichée de

garder le pouvoir jusqu’au 7 février

2022, et l’immobilisme de l’ensemble

de l’opposition, Pitit s’est emporté. Il

a décidé de faire le point : il a annoncé

une série de mobilisations à partir du

31 janvier jusqu’au 7 février, en vue de

contraindre le président de la République

à quitter le Palais national, le 7

février au pipirit chantant. « Le mot

d’ordre est la mobilisation populaire

jusqu’au 7 février. Dans les dix départements

du pays, nous allons lancer

les mobilisations pour rappeler à Jovenel

Moïse que son mandat arrivera

à terme le 7 février 2021 », vle pa vle.

On a l’impression que Pitit

voyant le 7 février 2021 avancer à

toute bouline a voulu mettre des bottes

de cent lieues. Il devrait se rappeler

que « rien ne sert de courir, il faut partir

à point » et que je vèt, parti depuis

longtemps, sait comment marquer

les points. Le vrai point pour un dessalinien

c’est de marcher drèt avec les

masses en prenant tous les risques,

comme tout vrai leader conséquent. Un

point c’est tout. Simple comme tout.

1 er février 2021

Director: Florence Comeau

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Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Kwonik Kreyòl

Federasyon Bawo yo deklare: 7 fevriye 2021

se fen manda Jovenel Moïse!

Anthony Barbier ak Serge

Gilles mouri

Mèt Jacques LETANG, Batonye

Okoto, Prezidan Federasyon Bawo

Ayisyen an

derasyon Bawo Ayisyen yo,

Feki reyini tout bawo peyi a,

pwononse yo ofisyèlman sou kriz

enstitisyonèl peyi a ap travèse ak

sou fen manda prezidansyèl la. Yo

endike: manda Prezidan Jovenel

Moïse dwe fini 7 fevriye 2021, oswa

senk lane, apre dat eleksyon yo".

Nan yon rezolisyon ki te pibliye

30 janvye 2021, Federasyon

Bawo Ayisyen yo, ki site anpil atik

nan Konstitisyon an e ki konsidere

plizyè reyalite, ki deside fen manda

konstitisyonèl Jovenel Moïse la ap

fini nan mwens pase yon semèn.

Rezolisyon sa a inisyalize pa

plis pase ven Bâtonniers ki te tire

konklizyon yo nan konsiltasyon

nan 17 atik nan Konstitisyon an,

ki gen ladan yon sèl la toujou mansyone

pa opozisyon an, Atik 134-

2. Epitou, yo te souliye ke yo te

sipèvize lwa Federasyon Bar Ayiti

yo ansanm ak rezolisyon 2020-05

ak 2020-06 yo te adopte pa Konsèy

Administrasyon Federasyon Bar

Ayiti an 2020. Aprè anpil konsiderasyon,

yo te vin jwenn yon konklizyon

twa pwen.

Federasyon an konsidere dire

manda prezidan an dwe konprann

nan limyè entèpretasyon restriksyon

ki te fini manda palmantè yo 13 janvye

2020. Lè sa a, rezolisyon sa a

note donk manda Prezidan Jovenel

Moïse dwe fini 7 fevriye 2021, sètadi

"senk lane, ... apre dat eleksyon

li".

Konsèy Elektoral Pwovizwa

(KEP), prezidan an te inilateralman

nonmen an pa dwe jwi okenn lejitimite

pou òganize pwochen eleksyon

yo.

Alatraka

Peyi a

Andegraba

Devandèyè

Peyi a kanpe

Tankou yon mont

Ki pa gen pil

Peyi a kanpe

Tankou yon mont

Ki pa gen chenn

Twòta

San lè bare

Ayiti nan fènwa

Twòta

San lè bare

Ayiti nan lari.

Peyi a

Anreta

Peyi a

Alatraka

Alamizè

Alamò

Pòtre yon revèy

San zegwi

nan lannuit 29 janvye a

Se Anthony Barbier kite sa li

te gen 74 lane. Serge Gilles limenm

mouri nan lannuit 1fevriye

nan Lopital Kanapevè. Li te gen

85 lane.

Legliz Katolik raple Jovenel Moïse "se

yon sèl lwa pou tout moun"

pil lòt vwa kontinye ap

Anleve pou mande Prezidan

Repiblik la retounen kle palè a souple.

Konferans Episkopal Ayiti a

konseye Prezidan Jovenel Moïse

pou l demisyone 7 fevriye 2021.

Konferans lan fè chèf leta a re-

PAR CES MOTIFS

PAR CES MOTIFS

make "se yon sèl grenn lwa pou

tout moun", Sa vle di menm lwa

li te pran pou deklare kont senatè

yo nan dezyèm lendi mwa janvye

2020 la, manda yo bout la, se

menm lwa sa a tou ki di manda pa

l rive nan bout li.

Le Tribunal, après examen sur les conclusions du Ministère public

maintient le défaut octroyé contre Franztcise MARQUIS ,à l'audience

précitée, pour le profit déclare fondée la dite action ;Admet en

conséquence le divorce de Trouillot COPHY d'avec Frantzcise

MARQUIS, pour incompatibilité de caractères, prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entre les dits époux, Ordonne à

l'officier de l'état civil de Liancourt Commune des Verrettes de

transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens

s'éditant à la Capitale, sous peine de dommages intérêts envers les

tiers, s'il y échet compense les dépens,

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Gabnel FRANÇOIS , juge en

audience civile, ordinaire et publiques en date du treize Mars deux

mille dix neuf en présence de Me Grand Pierre Estimé substitut du

commissaire du gouvernement de ce ressort avec l'assistance du

greffier pascal Toussaint

Il est ordonné. ....etc...... En foi de quoi.... etc .....

Le tribunal après examen. Le Ministère public entendu, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit

déclare fondée la dite action. Admet en conséquence le divorce du sieur

Jean HORACE, d'avec son épouse née Rachelle MENELAS pour injures

graves et publiques aux torts de l'épouse. Prononce la dissolution des

liens matrimoniaux existant entre les dits époux; Ordonne à l'officier de

l'état civil de la Section Est de Port au Prince à transcrire sur les registres

à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré

dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s'il y échet. Commet l'huissier Johnny JEAN pour

la signification de ce jugement, compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Guy AUGUSTIN, juge en audience civile

ordinaire et publique du mercredi onze Novembre deux mille vingt en

présence de Me Paul WESLEY, Substitut du commissaire de ce ressort et

avec l'assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE, Greffier du siège.

Il est ordonné ....etc..... En foi de quoi......etc ......

Berthony Dupont

6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021


Perspectives

7 février 2021 : Que la volonté du peuple haïtien soit faite!

Par Robert Lodimus

« Dans une révolution, on doit triompher

ou mourir. »

(Ernesto Che Guevara)

7

février 1986. Les États-Unis embarquent

Jean-Claude Duvalier et

sa famille dans un avion qui atterrit en

France. Mettant ainsi fin à 29 ans d’exercice,

de pratique de pouvoir dictatorial,

qui a assassiné des milliers de citoyens.

Certains diront 35 000. Et sans

exagération. Durant toutes ces années

de terreur, de répression et d’horreur indescriptibles,

la porte de l’existence des

Haïtiens restait ouverte sur le vide du

mutisme, le résignationnisme morbide,

les prisons carnivores de Fort Dimanche

ou des Casernes Dessalines, la dénonciation

traîtresse, la torture physique,

la détresse psychologique, la mort violente...et

l’exil.

Le soleil paraissait se lever timidement

sur un pays moribond, impotent,

qui commençait à gazouiller le mot

« LIBERTÉ ». François Duvalier avait

enlevé à la Nation tous ses droits citoyens.

Il a rédigé et appliqué lui-même

une constitution, – comme veut le faire

l’inculte Jovenel Moïse –, qui bannissait

le mécanisme de l’alternance de la présidence.

La constitution de 1964 qu’il

imposait à la population craintive faisait

de lui le nouvel empereur d’Haïti avec

le droit de nommer son successeur. Lorsque

le dictateur miné par la maladie est

décédé en 1971, c’était pour ainsi dire:

« Le roi est mort...Vive le roi! »

Jean-Claude Duvalier, à l’âge de

19 ans, s’est retrouvé sans expérience

politique, à moitié débile, à la tête du

pays. Aidé de certains criminels (Luc

Désir, Albert Pierre alias Ti Boule, le

Dracula Luckner Cambronne…) qui

étaient déjà à la solde de son père, il a

dirigé les Haïtiens lui aussi d’une main

de fer. L’assassinat crapuleux des trois

élèves, Jean Robert Cius, Mackenson

Michel, Gabriel Ismaël, le 28 novembre

1985 dans la ville des Gonaïves a déclenché

les hostilités qui ont conduit au

renversement du Bokassa de la Caraïbe

le 7 février 1986. Les États-Unis ont

résolu de confier le pouvoir à une junte

civilo-militaire dirigée par le général

« soûlard » et « bambochard » Henri

Namphy. Dès le lendemain du départ de

la famille Duvalier pour l’exil, la fièvre

de retour s’est emparée de la diaspora

haïtienne. Les exilés affluaient de toutes

parts. Sur les murs de la capitale, on y

observait une prolifération de caricatures

colorées, surplombées de slogans

pimentés :

« Haïti Libérée... »

« Américains, allez-vous en de

mon pays...! »

« La queue du macaque est

coupée... »

Les persécutés d’hier étaient subitement

devenus les nouveaux acteurs

– il faut le reconnaître – de ces instants

d’horreur et d’atrocité incontrôlables.

Les persécuteurs, les bourreaux de 29

ans de cruauté politique, comme dans

un conte de feu, étaient forcés d’endosser

les manteaux de la souffrance et de

la frayeur pour être conduits ensuite au

bûcher ou à l’échafaud de l’expiation

et de la vengeance. La peur changeait

de camps. Les foules grisées dans la

macération de frustration et de liesse

détruisaient tout sur leur passage. Cette

chasse aux sorcières, pareille aux dix

plaies d’Égypte, a semé la terreur du défoulement

exubérant et vindicatif dans

tous les départements géographiques

du pays*. Une odeur de chair humaine

brûlée se mélangeait à l’air déjà insalubre

des villes, des bourgs et des villages.

C’était l’époque trépidante du «

rache manyòk ou, bay tè a blanch... »

(...arrachez votre manioc..., débarrassez

nos terres et foutez le camp...à tout

jamais...!) Rome brûlait. Les Haïtiens

contemplaient les ruines du château de

César en jouant de la cithare. Le revers

de l’histoire,... quoi! Comme l’a si bien

À la veille du 7 février 2021, nous invoquons les esprits des héros de 1804

pour qu’ils continuent d’accompagner les masses populaires haïtiennes

sur le chemin difficile de la lutte pour l’aboutissement de la Révolution

dessalinienne!

dit le curé, dans le film de Roman Polanski,

Tess d’Uberville: « De très Haut

les puissants tombent! »

Les États-Unis, la France, le Canada

et les autres pays qui supportaient

le gouvernement de Jean-Claude Duvalier

étaient eux aussi dépassés par l’ampleur

du mouvement. Inquiétés même.

Le caractère explosif de la situation était

préoccupant à leurs yeux. Ce petit pays

révolté, dégoûté, grisé par la rébellion,

voulait coûte que coûte découvrir la voie

politique et idéologique qui puisse conduire

véritablement à l’incarnation des

valeurs d’égalité, d’équité et de justice

sociale à l’échelle planétaire, entre les

individus. Au lendemain de l’effondrement

de la présidence, les revendications

des masses s’apparentaient – et

elles étaient interprétées comme tel

– à un désir de « Révolution ». Pour

court-circuiter l’insurrection, le gouvernement

américain est allé repêcher

une vieille stratégie politique qu’il a

appliquée dans d’autres pays, mais qui

a échoué piteusement au Nicaragua en

1979. Voyant Anastasio Somoza et ses

troupes sur le point d’être anéantis par

les sandinistes, il a demandé à ce dernier

d’abandonner le pouvoir et de confier

la direction du pays à son vice-président.

Le gouvernement américain pensait

que des changements physiques

opérés dans le système pouvaient éviter

qu’il soit ébranlé. C’était comme si les

nicaraguayens n’avaient des problèmes

qu’avec le clan des Somoza. Il a donc

tenté de maintenir en place tout l’appareil

structurel de la dictature, naturellement,

en prenant soin d’éjecter du circuit

le prédateur principal et sa famille

immédiate. Le chef des sandinistes,

Daniel Ortega, a compris le stratagème.

Il a menacé de refaire entendre la crépitation

des mitraillettes, si l’imposteur

désigné et mis en place par Washington

refusait encore dans les heures qui suivaient

de faire ses valises et de s’en aller.

La CIA a obtempéré. Elle n’avait pas

d’autres choix. En Haïti, le coup a réussi.

Les États-Unis, la France, le Canada,

et les autres puissances internationales

alliées sont parvenus à prévenir l’éclatement

du système politique duvaliérien

en faisant partir Jean-Claude et en confiant

le pouvoir à un Conseil National de

Gouvernement (CNG), une junte civilo-militaire,

composée de personnalités

qui partagent la même idéologie « macoutique

», à l’exception, peut-être, de

feu Me Gérard Gourgue qui a démissionné

peu de temps après sa nomination.

Autres facteurs importants à

considérer dans cet épisode historique,

c’est cette lutte farouche interindividuelle

ou interclanique pour l’accession au

trône... qui a ouvert des brèches de faiblesse

dans les remparts de la lutte. Les

groupes politiques ont poussé comme

de la mauvaise herbe. Par la suite, les

observateurs dénombreront au moins

86 candidats à la présidence pour les

élections de novembre 1987 avortées

dans le massacre des votants à la ruelle

Vaillant. En voulant exercer leur

droit de vote après plus de trente ans, de

simples citoyens ont pris rendez-vous

avec la mort sans le savoir. Un drame

inconcevable, une tragédie inimaginable,

un cocktail de monstruosité, de

cynisme et d’épouvante à la Corneille, à

la Racine, qui dépassait l’entendement

et l’imagination... Comme Benjamin

Constant: « Nous avons vu se graver

sur ces figures nobles et expressives

les signes avant-coureurs de la mort...

» C’est qu’à la veille des élections, des

duvaliéristes frustrés laissaient clairement

entendre qu’il y aurait du grabuge

la journée du déroulement du scrutin.

Ils ont proféré des menaces à l’encontre

du Conseil Électoral Provisoire (CEP)

qui a établi l’invalidité de leur droit de

candidature en fonction de l’article 295

de la nouvelle constitution haïtienne.

C’est un Jean Robert Sabalat bouleversé

qui est venu exprimer ses inquiétudes à

la télévision nationale quelques heures

avant l’ouverture des bureaux de vote.

Effectivement, le Conseil Électoral Provisoire

a dû interrompre le processus

pour arrêter le carnage. Les massacreurs

macoutes n’ont pas été inquiétés, voire

poursuivis, arrêtés et punis !

Il faut rappeler aussi le côté cocasse

de l’affaire: chacun des candidats

à ces élections était assuré par la Maison

Blanche, comme le Samuel de l’ancien

Testament, d’être couronné à la tête de

la République. Répondant aux exigences

de la communauté internationale, ils

sillonnaient le pays pour expliquer aux

manifestants encore présents dans les

rues que le général Henry Namphy était

animé de « bonnes intentions ». « Il faut

lui laisser le temps de réorganiser le

pays », répétaient-ils avec insistance. «

Rentrez chez vous, et faites confiance

au général...! » Le travail de déracinement

du système politique de 1957 entrepris

fiévreusement par l’ensemble de

la population n’a donc pas été achevé.

Le système idéologique de

François Duvalier a nettement inféodé le

corps sociétal haïtien. Les événements

du 7 février 1986 n’en sont pas venus à

bout. C’est pour cela que 7 février 2021

ne doit pas être une occasion ratée! Il

faut que tous ensemble nous arrivions

à déraciner l’arbre de la misère, de la

répression, du kidnapping, de l’assassinat,

de la médiocratie, du néocolonialisme,

de l’hégémonisme, du viol…

Que de vies sacrifiées!

La nation haïtienne est née par césarienne.

Personnellement, je me découvre

devant tant de courage, de bravoure,

de dignité, de conviction, de détermination…

Des femmes, des hommes arrachés

sauvagement à leurs terres nourricières

ont triomphé des humiliations et

des injustices du colonialisme pervers et

rébarbatif. Nos ancêtres sont les Spartacus

de l’Amérique. Ils furent les premiers

individus à dérégler le mécanisme

de la surexploitation humaine pour déclencher

le processus de destruction, de

l’anéantissement de « l’ordre cannibale

du monde1 », imposé par l’impérialisme

colonial. Les sacrifices consentis par les

esclaves devraient conduire en tout état

de cause à la création glorieuse d’une

patrie souveraine et libre : quoique la

sagesse des grands penseurs de la sociopolitologie

nous ait appris que la

liberté et la souveraineté n’existent pas

au sens absolu. Aucune société n’est

autarcique. Ce postulat compromettrait

donc au départ l’espérance pour tous

les peuples de l’univers d’atteindre le

sommet du « nirvana » de l’existence

terrestre. La nature est déchirée entre

le « bien » et le « mal ». Héraclite l’exprime

clairement : « La contradiction est

le principe même du monde. » Si tout

ne saurait exister que par son contraire,

ne faudrait-il donc pas continuer de

creuser davantage les questions liées à

la « fonction de complémentarité » des

espèces pour tenter de renverser les

conceptions stéréotypées qui forment

les murailles des souffrances et des

désespérances humaines, ce qui nous

conduirait allègrement à la thèse soutenue

par l’illustre Anténor Firmin sur

le principe sacré de « l’égalité des races

humaines ». Hélas! l’individu n’est sorti

de son état de nature que pour se retrouver

dans un système de société fondé

sur l’asservissement, l’exploitation outrancière,

la discrimination raciale, l’oppression

et la répression. L’Afrique noire

et l’Amérique des Indiens n’ont pas

échappé à l’observation plautéenne qui

voit en chaque individu un loup pour

ses semblables.

Le problème fondamental de

l’État haïtien, depuis le 1er janvier 1804,

date de sa création historique, se pose en

termes de survie dans une jungle politique

et économique entretenue par les

appétits féroces des sociétés cannibales

occidentales, néocoloniales, impérialistes

qui ne sont jamais revenues de

leur humiliante défaite à Vertières, celle

qui a ouvert l’exemple et les portes de la

LIBERTÉ à l’humanité sous les fers de

l’exploitation. L’Amérique latine en particulier

s’en souvient. Certes, les « forts »

n’ont pas arrêté de manger les « faibles

». Mais il y a eu des fins heureuses comme

au Venezuela de Chávez, comme à

Cuba de Fidel et du Che. Le courage,

la persévérance et la détermination du

Mouvement vers le socialisme (MAS) et

des masses boliviennes organisées qui

récemment ont reconquis leur pouvoir

nous permettent de penser que la volonté

ferme et la ténacité des hommes

et des femmes de la République d’Haïti,

finiront par leur permettre d’accéder à

leur part d’humanité.

Jean Ziegler écrit dans L’Empire

de la honte : « De la connaissance, naît

le combat, du combat la liberté et les

conditions matérielles de la recherche

du bonheur. »

… Et Gracchus Babeuf (souligné

dans l’ouvrage de Ziegler) : « Que le

peuple renverse toutes les institutions

barbares… Tous les maux sont à leur

comble, ils ne peuvent plus empirer.

Ils ne peuvent se réparer que par un

bouleversement total. » Il ne faut pas

avoir peur de le révéler au grand jour

et ce n’est même pas sorcier de le faire

: le bouleversement total dont parle

Babeuf évoque le concept tant redouté

par les tenants du système politique et

économique mondial : « la Révolution

». Sous quelle forme? Dans une pareille

circonstance, le pouvoir discrétionnaire

appartient totalement au déterminisme

historique. La conjoncture politique d’où

essaiment les besoins et les impératifs

de la lutte y pourvoira. Comme pour

l’agneau du sacrifice d’Abraham! Il

importe sérieusement aujourd’hui de

comprendre et d’admettre que la révolte

des esclaves de Saint-Domingue

s’est arrêtée bien avant d’atteindre «

la perfection du bonheur » de Jacques

Roux. Elle s’est estompée, peut-être,

avec l’assassinat de l’Empereur Jean-

Jacques Dessalines qui comprenait la

nécessité de poser correctement l’équation

du mouvement insurrectionnel,

au lendemain de sa matérialisation :

Égalité+Fraternité=Liberté. Cela n’a pas

été fait! Le drame de Pont-Rouge, malheureusement,

a fissuré la fondation de

la solidarité nationale. Jusqu’à présent,

Haïti – au grand bénéfice de la communauté

internationale – est une terre de

division, de haine, de cruauté, d’injustice,

d’inégalité, d’impunité, de discrimination,

de mulâtrisme, de noirisme,

d’assassinat, de traitrise, de déloyauté,

d’illégalité, d’inconstitutionnalité, de

pauvreté, de misère, de prostitution,

de proxénétisme, de maladie, de souffrance,

d’humiliation, d’immoralité, de

vol, de corruption, de viol…

Je suis convaincu, comme Blaise

Pascal, que « la justice sans la force est

impuissante » et qu’il faut combiner les

deux entités de sorte qu’elles puissent

mener à l’élaboration d’un contrat social

qui respecte effectivement les idéaux

démocratiques des citoyennes et des

citoyens à l’échelle de l’univers. C’est

seulement ainsi – je le crois – que « la

justice sera forte » et que « la force deviendra

juste. »

Le peuple haïtien a toujours

été maintenu dans une situation de «

soumission forcée » qui s’apparente à la

dictature et au totalitarisme. Parvenu à

ce stade de misérabilisme, seule la cruauté

des bras répressifs du système politique

mis en place en 1915 par les occupants

nord-américains (les Yankees)

explique l’obéissance de la population

à des gouvernements illégitimes, insouciants,

irresponsables… Cependant,

la menace de « la liberté de choix », en

se référant aux études du psychologue

américain Jack Brehm, finit toujours par

entraîner des conséquences graves pour

la sécurité publique et même pour la

paix mondiale. Les droits humains sont

naturels. Pas historiques. Dites-vous

bien, les situations des libertés compromises

peuvent finalement engendrer les

conditions objectives d’une forme quelconque

de « révolution »! Quelqu’un a

dit à Lawrence d’Arabie1: « Vous voulez

de la démocratie dans votre pays? »

Celui-ci a répondu : « Je vous le dirai

quand mon pays existera. » En d’autres

mots, il faut construire la maison, avant

d’acheter les meubles.

L’implantation de la démocratie,

si l’on se réfère « au siècle de Périclès

» – il ne s’agit pas d’une démocratie «

trompe-l’œil », uniquement sur le papier

– correspond à la volonté de défricher

le terrain politique oppressif pour

aménager un espace collectif de justice

sociale. Les sociétés comme celle de la

République d’Haïti où la pauvreté extrême

est couvée depuis longtemps dans

les bidonvilles boueux, dans les bourgs

et villages pestiférés finiront tôt ou

suite à la page(16)

FRANTZ DANIEL JEAN

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Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

7


2

La Tribune de Catherine Charlemagne (153)

Quand Jovenel Moïse veut redessiner les institutions d’Haïti ! (2 e partie)

Après les critiques, somme toute,

fondées de l’opposition plurielle

qui croyait que le Président Jovenel

Moïse allait plus ou moins ralentir sa

course au pas de charge vers un pouvoir

personnel, elle constate qu’elle avait tout

faux. Quelques jours après la formation

du Conseil Electoral Provisoire (CEP)

du 22 septembre, en effet, elle apprend

qu’un Comité Consultatif Indépendant

(CCI) formé à la discrétion du Président

de la République a été monté dans le but

de lui apporter sur un plateau un texte

constitutionnel qui devrait régir la vie

des Haïtiens sans qu’aucune autre entité

du pays n’ait son mot à dire sur les

personnes qui ont été nommées. Pour

l’opposition, la coupe est pleine. Définitivement,

Jovenel Moïse s’est démasqué.

Il est devenu le dictateur dont elle a

longtemps annoncé la venue et dont elle

avait mis en garde la population. Les

chefs de l’opposition plurielle ne parlent

plus que du Président-dictateur qui est

au Palais national.

L’opposition redouble d’intensité

dans ses actions et surtout cherche à remobiliser

la population contre l’apprenti

dictateur qui est au Palais national avant

qu’il ne soit trop tard. Sauf que, divisée

comme jamais, l’opposition plurielle ne

trouve plus de ressources pour mobiliser

la population sur une cause commune.

Ou du moins, chaque chef, chaque chapelle

mobilise ses fidèles dans son coin

ou dans un quartier de la capitale ou

d’une ville de province. Résultat, l’effet

escompté est moindre. Toute la presse

constate avec émoi le manque de maturité

des leaders de l’opposition qui, en

réalité, jouent tous le jeu du « dictateur »

qu’ils ont eux-mêmes contribué à fabriquer

à force de jouer à la politique du pire

et du jusqu’au-boutisme. Entretemps, le

Ministère de la Justice et de la Sécurité

Publique, sous l’impulsion du Président

Jovenel Moïse, sort son nouveau Code

d’instruction criminelle dans lequel

l’Administration Jovenel Moïse/Joseph

Jouthe revoie la quasi-totalité des articles

existant en élargissant les actes criminels

tout en durcissant les peines.

Le « dictateur » au pouvoir ne

s’arrête point en si bon chemin devant

le vide politique constaté. Il enfonce le

clou en publiant le jeudi 26 novembre

2020 un décret présidentiel portant sur le

« Renforcement de la sécurité publique ».

Ce décret définit ce que sont les actes

terroristes et les peines encourues. Un

chef-d’œuvre de la puissance publique.

Le problème est que les actes sont tellement

étendus, les amendes et les peines

si élargies, qu’il y a fort à parier que ce

décret ne vise pas seulement les actes de

terrorisme proprement dits, mais toutes

les activités politiques des opposants et

même les manifestations publiques contre

le pouvoir établi. Mais le pire était à

venir. Car l’opposition n’est pas au bout

de ses surprises. Dans le même numéro

spécial du journal officiel de la République,

Le Moniteur, dans lequel a été

publié l’arrêté sur le « Renforcement de

la sécurité publique », le 26 novembre

2020, comme tous les citoyens du pays,

elle apprend, stupéfaite, que le Président

de la République crée par décret

l’Agence Nationale d’Intelligence (ANI),

un service de renseignement et de contre-renseignement

(espion) dont la mission

est la mise en œuvre de la politique

du gouvernement en matière de sécurité

nationale.

Cette Agence, à en croire les 73

articles constituant sa mise en œuvre a

un pouvoir quasi illimité sur l’ensemble

du territoire national. Si l’on prend le

seul article 5 de ce fameux décret qui

définit la création, l’organisation et le

fonctionnement de l’Agence Nationale

d’Intelligence, l’on comprend vite que

le Président Jovenel Moïse ne fait pas

dans la dentelle. L’article 5 stipule que

l’attribution de l’ANI est de « Collecter

et traiter les informations intéressant la

sécurité nationale et la protection des

intérêts fondamentaux de la nation ; collecter,

traiter et gérer l›information et les

renseignements visant le renforcement

de la sécurité intérieure et extérieure,

la sauvegarde de l›intégrité du territoire

de la République ; assurer la prévention

et concourir à la répression de toute

forme d›ingérence extérieure de nature à

mettre en péril l›indépendance nationale,

l›intégrité du territoire et l›ordre républicain;

Concourir à la prévention et à la

répression des actes de terrorisme et

dérives sectaires ou portant atteinte à la

sûreté de l›État, à l›intégrité du territoire

ou à la permanence des institutions de

la République. » Les auteurs de ce décret

veulent doter la République d’une

Centrale de renseignement à la hauteur

d’une puissance publique forte et motivée.

Ainsi, ils chargent au maximum

cet article 5 qui porte en lui l’essentiel des

attributions de l’Agence Nationale d’Intelligence.

Puisqu’elle doit aussi « Participer

à la surveillance des individus et

des groupes susceptibles de recourir à la

violence et de porter atteinte à la sécurité

nationale et la paix sociale ; concourir à

la prévention et à la répression des actes

portant atteinte au secret de la défense

nationale ou à ceux portant atteinte au

potentiel économique, financier, industriel

ou scientifique du pays ; concourir à la

prévention et à la répression des activités

liées à l›acquisition, à la fabrication ou à

la commercialisation d›armes en dehors

du cadre légal ; concourir à la prévention

et à la répression de la criminalité

liée aux technologies de l›information

et de la communication ; contrecarrer

et réprimer les actes et les menaces de

Le Président Jovenel Moise crée par décret l’Agence Nationale d’Intelligence

(ANI), un service de renseignement et de contre-renseignement (espion)

dont la mission est la mise en œuvre de la politique du gouvernement en

matière de sécurité nationale.

déstabilisation globale ; travailler de concert

avec le Conseil National de Sécurité

et de Défense (CNSD), en vue de coordonner

l’action des services spécialisés

de renseignements et de s’assurer de leur

bonne coopération ; recevoir et exécuter

le mandat d›enquêter pour la justice, appréhender

les personnes recherchées par

l›autorité judiciaire et les déférer devant

les instances compétentes. »

En fait, l’ANI est à l’image, tout au

moins, est une copie de l’Agence Fédérale

d’Investigation (FBI) américaine tant

son champ d’action est vaste en qualité

de recherche, de renseignement et de la

sécurité intérieure. A l’image du FBI, les

agents de l’ANI ne seront pas connus du

grand public et de la population sauf son

Directeur général de l’enseignement et

l’inspecteur général de l’Agence. Mieux,

non seulement les membres de l’Agence

travailleront dans l’anonymat le plus

complet, ils sont placés pratiquement audessus

des lois de la République puisque

seul le Président de la République peut

autoriser qu’ils soient mis à la disposition

de la justice après avis préalable de

l’inspection générale de renseignement

(art. 49). Sauf que non seulement ces

dispositifs sont contestés par l’opposition

plurielle mais c’est l’ensemble du décret

du 26 novembre 2020 créant l’ANI qui

est mis en cause par l’opposition. Pour

l’ancien sénateur de la République,

Steven Benoît, ce n’est rien de moins

qu’une « folie de dictateur ». Intervenant

sur Télé 20, l’ex-parlementaire estime

que le chef de l’Etat se trompe d’époque.

« Jovenel Moïse se croit en 1957, quand

François Duvalier avait créé à coté des

Volontaires de la Sécurité Nationale

(VSN) le SD (Service de Détective) qui

faisait un travail d’espionnage et de

répression. Jovenel Moïse a une folie de

dictateur. Il ne se rend pas compte que

nous ne sommes plus en 1957. »

D’autres personnalités de la

Société civile ne cachent pas leur

inquiétude devant ces décrets mettant

d’après eux périls la liberté politique,

individuelle des citoyens haïtiens. A

l’image du cinéaste, Arnold Antonin qui,

s’exprimant sur radio Magik 9 le lundi

7 décembre 2020 eut à déclarer qu’il

ne comprend pas où le Président a été

chercher ces idées dépassées. « Je ne

sais pas dans quelle poubelle ils sont

allés chercher ce décret. Ce décret est

pire en comparaison de celui adopté

en 1969 sous Duvalier pour réprimer

le communisme » dit cet ancien exilé

au Venezuela dans les années 60.

D’autre part, Me Patrick Laurent qui

s’est intéressé particulièrement aux

articles 67 et 68 du décret portant sur la

création, organisation et fonctionnement

de l’Agence. L’avocat constate que

les Agents de l’Agence Nationale

d’Intelligence ont plus de pouvoir que le

chef de l’Etat qui, lui-même est passible

devant les Tribunaux spéciaux. « Ils ont

en ce sens plus de pouvoir que même le

Président de la République qui, lui, est

passible devant la haute cour de justice

pour les crimes commis dans l’exercice

de ses fonctions » estime-t-il.

Enfin, le Secteur Démocratique

et Populaire (SDP) s’exprimé sur ces

fameux décrets présidentiels à travers

l’un de ses membres Fernando Duclair.

Celui-ci reprend à son compte le même

vocabulaire de Steven Benoît pour

dire que : « Jovenel Moïse a une folie de

dictateur. Il veut avoir le contrôle du pays

à la manière des Duvalier. » Les critiquent

vont au-delà du champ de l’opposition et

de la Société civile. Même le Core Group

a pris ses distances avec le Président

sur ces deux décrets liberticides. Cet

organisme diplomatique en Haïti a pris

le contrepied du décret sur la création

de l’ANI mais aussi sur celui partant sur

le Renforcement de la Sécurité Publique.

Les diplomates du Core Group composé

des Ambassadeurs d’Allemagne, du

Brésil, du Canada, d’Espagne, des États-

Unis d’Amérique, de France, de l’Union

Européenne, du Représentant spécial de

l’Organisation des États Américains et de

la Représentante spéciale du Secrétaire

général des Nations Unies croient que

ce décret donne trop de possibilité à des

abus de pouvoir : « Ces deux décrets

présidentiels, pris dans des domaines

qui relèvent de la compétence d’un

Parlement, ne semblent pas conformes

à certains principes fondamentaux de

la démocratie, de l’Etat de droit, et des

droits civils et politiques des citoyens »

ont déclaré les membres du Core Group.

Avec la création de l’Agence Nationale

de l’Intelligence (ANI), le Président

Jovenel Moïse détient pour de bon le

pourvoir d’un monarque.

L’opposition qui espérait que le

chef de l’Etat fasse machine arrière dans

son approche du pouvoir absolu avant

de lâcher les rênes du pouvoir en Février

2021, n’a pas fini de se ronger les ongles.

Tout au début de l’année dernière, les

leaders de l’opposition ne savaient si

bien dire quand ils disaient : Jovenel

Moïse avance vers un pouvoir dictatorial

et personnel en gouvernant par décret.

Méthodique, minutieux et sans faire de

bruit, le Président Jovenel Moïse s’est

donné tous les moyens politiques et

institutionnels pour rester au pouvoir au

moins jusqu’en février 2022 bien avant

de disposer de « l’arme absolue » qu’est

sa nouvelle Constitution qui l’autorisera,

certainement, à se représenter à

l’élection présidentielle que son Conseil

Electoral Provisoire aura à organiser au

cours de cette année après le referendum

populaire sur la Constitution qui aura lieu

le 25 avril prochain.

Dans ces conditions, quelle est la

seule vraie réponse qu’on peut apporter

à la question : Jovenel Moïse est-il un

Président réformateur ou un Président

apprenti-dictateur ? Pour le moment, il

n’est ni l’un ni l’autre. Jovenel Moïse est

seulement un joueur d’échec calculateur

et très futé profitant de la faiblesse de

ses adversaires politiques pour pousser

ses pions dans la direction qu’il souhaite

en attendant de marquer le coup fatal :

échec et mat. Mais, il n’a pas encore

gagné, ses adversaires peuvent encore le

contraindre à renoncer et à abandonner

la partie. Cela dépendra de la maturité

politique et la capacité des leaders de

l’opposition à anticiper les coups de

leur adversaire qui est encore au Palais

national. Jusqu’à quand…? (Fin)

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8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021


This week in Haiti

General Strike Demanding

President Step Down is a

Complete Success, but He

Vows to Cling to Power

The usually thronged streets of Port-au-Prince were eerily empty during

the anti-Moïse general strike of Feb. 1 and 2.

by Kim Ives

e usually clogged and bustling

Thstreets were empty in Haiti’s

capital, Port-au-Prince, as well as other

cities like Cap Haïtien in the North and

Les Cayes in the South, as a general

strike called by Haiti’s unions and supported

by the opposition brought industry,

transportation, and commerce to a

nationwide standstill on Feb. 1 and 2.

It was a replay of the extended

“peyi lòk” (locked up country) demonstrations

which almost drove President

On Feb. 1, trying to blunt the

movement demanding he step

down, President Jovenel Moïse

spoke for over an hour in a video

address.

Photo:

Dieu Nalio Chery/AP

Jovenel Moïse from power in late 2019.

The difference this time is that, according

to Haiti’s 1987 Constitution, Moïse

must step down on Feb. 7.

While Moïse and the opposition

have argued since the start of his term

about whether that should be the Feb.

7 of 2021 or 2022, Haiti’s Bar Association

(FBH) seems to have finally put

the matter to rest. In a six-page Jan.

30 resolution, the body concluded that

what’s good for the goose is also good

for the gander.

In legal terms, President Moïse

is subject to the same “restrictive interpretation

[of the Constitution] imposed

on parliamentarians on Jan. 13, 2020,”

when Moïse forced all of the Deputies

and two-thirds of the Senate to resign

and began ruling by decree, the body

wrote.

As a result, “the mandate of

President Jovenel Moïse must end on

Feb. 7, 2021, i.e. ‘five years ... following

the date of the elections’” and

“the Provisional Electoral Council unilaterally

appointed by President Jovenel

Moïse has no legitimacy to organize the

next electoral calendar.”

The next day, the two principal

wings of Haiti’s constantly fracturing

and uniting opposition – the Political

Direction of the Democratic Opposition

(DIRPOD) and the Dessalines Children

Platform (PPD) of former Sen.

Moïse Jean-Charles – along with a

smaller, newer coalition known as the

National Front for Democracy (FND),

announced the Terrace Garden Final

Accord, which created the “National

Commission for the Establishment of

the Transition (CNT) composed of 15

members as follows: Seven members

of civil society... [and] eight members

from the political parties, groups, and

groupings of the opposition.”

The CNT is tasked with appointing

before Feb. 7 “as President a

Supreme Court [Court de Cassation]

judge, regularly appointed, deemed to

be honest, deemed capable of respecting

the [transition’s] roadmap, and

against whom no charges of action

contrary to the rule of law have been

levied.” If it fails to find a suitable judge,

the CNT “will choose from among one

of the powers that the Commission has

deemed duly established or any other

suitable institutional solution. This procedure

will be adopted and applied by

the Commission by consensus or by a

2/3 majority vote.”

For the Prime Minister (Haiti’s

most powerful executive post), all the

opposition groups who signed the Terrace

Garden Final Accord will present

the CNT with a list of candidates. The

CNT’s supposedly separate civil society

and political wings then chooses seven

of the candidates, votes for one of

them, and then submits their choice for

approval to the president they have just

chosen.

As the Terrace Garden Final Accord

was unveiled, anti-government

demonstrations were taking place not

only in the capital but in rural towns

around Haiti including Mirebalais, Verretes,

Cap Haïtien, Saint-Marc, and Pétionville.

In the face of these developments,

on Feb. 1, Jovenel Moïse again

took to the airwaves as he did exactly

one week earlier, to make a one hour

19 minute rambling and at times incoherent

video address to the nation,

trying to blunt the growing movement

against him. He vowed that he would

remain in office to respect the “will of

the Haitian people.”

“Jovenel Moïse doesn’t have

power,” he said. “That master is not

the big shot who sits plotting or writing

a nice declaration so that he can

seize power. Power has only one master.

That master is called: the Haitian

people. That means the 12 million who

live in Haiti and the four million living

in the diaspora.”

Concerning his dismantling of

Haitian state institutions and rewriting

the Constitution, he said:

suite à la page(16)

Some Myths about Haiti are as Dangerous

and Hard to Stamp Out as COVID-19

Canadian press reports have suggested that arriving Haitian air-travelers

are COVID-19 carriers when the coronavirus infection rate is far higher in

Montréal than in Haiti.

Many who would deny prejudice

or racism continue to apply

centuries-old stereotypes to Haitians

with seeming impunity or even

self-awareness

hird flight from Haiti lands with

“Tmany COVID-infected passengers”

shrieked a Jan. 21 Toronto Sun

headline.

“COVID-infected flights from

Haiti under scrutiny” cried a title the

day before.

Yet another Sun story reported,

“questions are still swirling about

two flights from Haiti that landed in

Montréal last week, apparently with

so many COVID-19 infected passengers

that Health Canada said all rows

were potentially impacted.” A few

days earlier Le Journal de Montréal

bellowed: “Deux vols en provenance

d’Haïti bourrés de cas de COVID”

(Two flights from Haiti full of COVID

cases) while CTV declared “Many

COVID-infected passengers aboard

three Haiti-to-Montreal flights, federal

data shows.”

But the COVID-19 rate is far

higher in Montréal than Port-au-

Prince, so from a macro public health

standpoint, it makes little sense to be

particularly worried about Haitians

infecting Canadians. In fact, Haitians

should be concerned about Canadians

traveling there. Ostensibly, the

Sun and other media are focused on

Haiti because Ottawa delayed by 15

days (Jan 6 to Jan 21) implementing

a requirement for inbound travelers

to show a negative COVID-19 test.

While it’s difficult to parse out

legitimate public health concerns

from deeply entrenched anti-Haitianism,

historically it is clear that Haitians

have repeatedly been stigmatized

as diseased. Most infamously,

Haitians were labeled as the carriers

of the AIDS virus (HIV) in the U.S.

in the early 1980s. As a result, the

country’s significant tourism industry

basically collapsed overnight.

Some Haitian exports were even

blocked from entering the U.S.!

The Centers for Disease Control

(CDC) labeled Haitians a high-risk

group, concocting the infamous “4-

H’s” designation of dangerous categories

(Homosexuals, Hemophiliacs,

Heroin addicts, and Haitians), unscientifically

lumping a nationality

in with medical classifications that

had conditions or practices that made

them vulnerable to AIDS. At the time,

the Canadian Red Cross also publicly

identified Haitians as a “high-risk”

group for AIDS, the only nationality

singled out. In 1983, they called

on homosexuals and bisexuals with

multiple partners, intravenous drug

users, hemophiliacs, and recent immigrants

from Haiti to voluntarily

stop giving blood, another version of

the “4-H’s.” But, again, the incidence

of AIDS in New York or San Francisco

was far greater than in Haiti in the

early 1980s. By 1987, it was lower

in Haiti than in the U.S. and other

Caribbean nations.

Decades later the stigmatization

remains. In 2017, U.S. President

Donald Trump reportedly said Haitian

immigrants “all have AIDS,” and

in 2016, former MP André Arthur

claimed “Haiti is the country where

AIDS started.” The Quebec City radio

host added that the “hopeless,” “sexually

deviant,” nation should be taken

over by France as in the “heyday

of colonial Haiti” (“belle époque de

l’Haïti colonial”).

In another example of stigmatizing

Haitians over disease, CDC incident

manager for the Haiti cholera

response Jordan W. Tappero blamed

Haitian cultural norms for the 2010

cholera outbreak in that country. He

told Associated Press journalist Jonathan

Katz that Haitians don’t experience

the “shame associated with

open defecation.” This absurd fallacy

was quickly exploded. Within weeks,

it was revealed that Nepalese UN

troops had introduced cholera into

Haiti by following poor sanitation

practices, dumping their feces into a

river which people used for drinking,

washing, and irrigation. More than

10,000 Haitians died, and hundreds

of thousands were made ill as a result

of the waterborne disease.

Impoverishment and weakness

are part of what makes it possible to

blame and stigmatize Haitians. But

there is also a broader, deeply entrenched,

anti-Haitian discourse.

Vodou, for instance, has been

demonized for two centuries. In 1986

a CBC Journal reporter casually noted,

“large numbers of Haitians are driven

by wild stories and voodoo rituals

and myths” while a 1994 Montreal

Gazette article calling for “trusteeship”

of Haiti claimed: “The true religion

of the people is voodoo, with its

fearful profusion of capricious spirits,

the ‘loa,’ who always threaten

to punish human beings who fail to

placate them by sacrifices. Haiti is a

society with little solidarity.”

But Vodou helped win Haitian

independence, offering spiritual/ideological

strength to those who rose

up against their slave masters. At a

Vodou ceremony at Bois Caïman on

Aug. 24, 1791, the slaves planned

the revolt that swept the northern

plain a week later and became the

Haitian Revolution.

Some two centuries later evangelical

Christians openly denigrated

the Bois Caïman ceremony as demonic.

After the deadly 2010 earthquake,

influential U.S. pastor Pat

Robertson claimed it was punishment

for a “deal made with Satan” at Bois

Caïman. He told his TV viewers that

Haitians “were under the heel of the

French. You know, Napoleon III and

Photo:

Richard Elkins/AP

Haitians protest their classification as an HIV vector at the Federal

Building in New York on Apr. 20, 1990.

whatever … And they got together

and swore a pact to the devil. They

said, ‘We will serve you if you will

get us free from the French.’ True

story. And so, the devil said, ‘OK,

it’s a deal.’” Robertson added, “you

know, the Haitians revolted and got

themselves free. But ever since, they

Television evangelist Pat Robertson

claimed that Haiti’s 2010

earthquake was punishment for a

"deal made with Satan" in 1791.

have been cursed by one thing after

the other.”

The 1791 – 1804 Haitian revolution

dealt a crushing blow to slavery,

colonialism, and white supremacy

globally. “Arguably”, notes Peter

Hallward in Damning the Flood: Haiti

and the Politics of Containment,

“there is no single event in the whole

of modern history whose implications

were more threatening to the

dominant global order of things.”

In the aftermath of the Haitian

Revolution, thousands of illustrations,

articles, and books denigrated

Haiti, depicting the slaves as barbaric

despite the fact that 350,000

Africans were killed, versus 75,000

Europeans, over 13 years. The reason

was the fear of successful revolt

instilled in the “white” slave-owning

world.

There is a connection between

the reaction to the Haitian Revolution

and COVID-19 headlines in Canadian

newspapers today. Anti-Haitian

sentiment runs deep.

Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

9


EN INDE, DES CENTAINES DE MILLIERS DE

PAYSANS RÉVOLTÉS CERNENT NEW DELHI

Par Côme Bastin

Des centaines de milliers d’agriculteurs manifestent dans les

rues de New Delhi

Les agriculteurs au Fort Rouge continuent de protester contre les lois

agricoles à New Delhi

Après deux mois de manifestation

contre la libéralisation du secteur agricole,

les paysans ont obtenu son gel

par la Cour suprême Indienne. Insuffisant

pour les fermiers, qui exigent le

retrait pur et simple de trois lois concernées.

Massés autour de la capitale

avec une logistique impressionnante,

les manifestants n’entendent pas faire

machine arrière.

s réformes sont mises en pause

Lemais le mouvement, lui, ne connaît

pas la trêve. Après deux mois à

manifester aux portes de Delhi contre

la libéralisation du secteur agricole,

les agriculteurs ont obtenu une mince

victoire. La Cour suprême a ordonné

mardi 12 janvier la suspension des

trois lois agricoles, appelées Farm Bills,

à l’origine de la crise. Auparavant, de

nombreux rounds de négociation entre

les fermiers et le gouvernement avaient

échoué, au point que la plus haute institution

du pays a été forcée d’intervenir.

Car la demande des agriculteurs

s’écrit en trois mots : « retrait des lois

», ce à quoi le gouvernement de Narendra

Modi se refuse. Pour cette raison, ils

sont désormais des centaines de milliers

à camper le long des autoroutes qui mènent

à la capitale, dont l’accès est bloqué.

Et la décision de la Cour suprême

a peu de chances de calmer l’afflux aux

portes de New Delhi. « Nous nous félicitons

de la suspension des lois, mais ce

que nous voulons, c’est une abrogation

complète », dit un manifestant.

Les organisations paysannes

flairent le piège : faire mine de reculer

pour mieux passer. « Cela va permettre

de dénoncer nos manifestations, a

ainsi réagi le compte twitter du mouvement,

baptisé Kisan Ekta Morcha.

Les porte-paroles du BJP vont pouvoir

demander “pourquoi les agriculteurs

protestent-ils alors que les lois ont été

suspendues ?” » Le comité de quatre

membres, désigné par la Cour suprême

pour faciliter le dialogue, prend

d’ailleurs déjà l’eau. Icône de la lutte

paysanne, Bhupinder Singh Mann en

a démissionné jeudi 14 janvier, invoquant

« les appréhensions des syndicats

agricoles et du public en général ».

Plus qu’à une manifestation, c’est

désormais à une Zad titanesque que le

mouvement ressemble. À ceci près qu’il

ne s’agit pas de défendre des terres contre

le béton, mais la survie des petits

paysans à travers les prix minimums

d’achat des denrées menacés par ces

réformes, notamment le blé et le riz.

Une fois passés les barrages de police

lourdement armés, c’est dans une ambiance

de festival que l’on est plongé à

la frontière de Singhu, qui sépare New

Delhi de l’Haryana. Reconnaissables à

leur longue barbe et à leurs turbans, les

paysans sikhs de cet État ainsi que du

Pendjab mènent joyeusement la contestation.

En remontant l’autoroute, on

réalise que les agriculteurs ont mis en

place un véritable siège. Partout, on

distribue gratuitement de la nourriture.

« Chaque fermier arrive avec des

réserves de plusieurs mois, explique un

cuistot volontaire. D’autres envoient

des céréales depuis leurs exploitations.

» La pratique s’ancre dans la tradition

sikhe des « langar » : des cuisines communautaires,

gratuites et ouvertes à

toutes les religions. On tombe sur des

scènes de meeting, des dortoirs, des

dispensaires médicaux, des laveries et

même des librairies ou ateliers de peinture.

Des hébergements solidaires

contre le froid

Des manifestants brandissent des pancartes en langue Punjabi

En cet hiver, les températures approchent

de zéro autour de la capitale. Des

dizaines de fermiers sont déjà morts de

froid. Dans un centre commercial abandonné,

une équipe a installé des tentes

à perte de vue. « Nous hébergeons en

priorité les femmes et les personnes

âgées », explique un responsable.

Surender Kumar, pharmacien à Delhi,

a rejoint le mouvement par solidarité :

« Si le monde agricole est livré au secteur

privé, les prix vont augmenter. Ces

gens se battent donc pour tous les Indiens.

Nous distribuons du paracétamol

ou de l’amoxicilline gratuitement à

partir de nos stocks. » Un manifestant

est même venu de Londres pour

suite à la page(18)

Vil New York ap retounen

solid ankò avèk vaksen

kont COVID-19 yo.

Vaksen NYC an pou tout moun:

san danje, gratis, fasil.

nyc.gov/covidvaccine

Bill de Blasio

Majistra

Dave A. Chokshi, MD MSc

Manm Komisyon

10 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021


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Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

11


Perspectives

Solidarité avec Dimitris Koufodinas, en grève de la faim dans sa

prison grecque !

mitris Koufodinas purge 11 peines

Dide prison à vie plus 25 ans après

avoir été condamné comme membre

de l’Organisation révolutionnaire 17

novembre (17N). Le 17N était actif en

Grèce de 1975 à 2002, date à laquelle

il a été démantelé par les autorités

grecques en collaboration avec des policiers

usaméricains et britanniques. Il a

été l'une des organisations qui ont vu

le jour pendant la dictature grecque et

après son effondrement. Il est notoire

que cette dictature a été soutenue par

l'ambassade usaméricaine. La première

apparition du 17N a eu lieu en 1975,

avec l'assassinat du chef de la CIA pour

l'Europe du Sud-Est. Depuis lors, la

dissolution du 17N a été une exigence

fondamentale des USA, qui ont exercé

de grandes pressions sur tous les gouvernements

grecs. En 1989, un homme

politique et journaliste grec, Pavlos

Bakogiannis, a été victime de l'organisation.

Il était le beau-frère de l'actuel

Premier ministre, mari de sa sœur, Dora

Bakogianni, ex-ministre des affaires

étrangères, et le père de l'actuel maire

d'Athènes.

Dimitris Koufodinas s'est rendu

en 2002, lors des opérations policières

pour le démantèlement du 17N. Il a déclaré

qu'il était membre de l'organisation

et qu'il assumait la responsabilité

politique de ses actions. Il ne s'est pas

défendu et n'a témoigné contre aucun

de ses coaccusés. Mais lors des audiences

du tribunal, il a évoqué les motivations

des actions du 17N et c'est pour

cette raison qu'il a été condamné pour

la plupart d'entre elles. Cette position a

été appréciée par une partie importante

de la société grecque, même si elle était

très hostile à l'activité meurtrière de

l'organisation.

Depuis 2002, Dimitris Koufodinas

était détenu en permanence dans

une aile souterraine spéciale de la prison

de Korydallos (à Athènes), construite

après le démantèlement, spécialement

pour les membres du 17N.

Selon la loi, les prisonniers, après

leur condamnation, ont droit à des

droits et à un traitement égal, qui ne

peut être dépendant du type de crime

pour lequel ils ont été condamnés.

Mais D. Koufodinas n'a pas été

autorisé à bénéficier d'une égalité de

traitement, même si, pendant les 18

années où il a purgé sa peine, il a été

un prisonnier modèle, respectant les

règles de la prison, et il a été respecté

par les autres détenus, le personnel et

l'administration de la prison, où qu'il ait

été détenu. Il a passé son temps en prison

à lire, étudier, écrire des articles, il

a également écrit deux livres et traduit

des livres politiques sur les mouvements

d'Amérique latine et d’ailleurs.

En 2014, le gouvernement de

la Nouvelle Démocratie, a transformé

les prisons de Domokos, dans une petite

ville de montagne au centre de la

Grèce, en prisons de haute sécurité pour

la détention de criminels considérés

comme dangereux. La loi qui a instauré

ce type de prison avait été critiquée

par toute la communauté juridique.

Quelques jours avant les élections qui

ont amené le parti de gauche Syriza au

pouvoir, D. Koufodinas a été transféré

dans ces prisons sans aucune motivation,

car il n'avait jamais troublé la vie

de la prison pendant toute la durée de

son incarcération. Le nouveau gouvernement

(Tsipras) a annulé la loi et D.

Koufodinas est retourné à la prison de

Korydallos.

Bien qu'il ait eu droit à des permissions

de sortie temporaire de prison

depuis 2010, il n’a obtenu la première

qu’en 2017 et par la suite, il a obtenu

cinq autres permissions. Et il est intéressant

de mentionner que même la

Fédération des personnels pénitentiaires

a publié deux fois des communiqués

de presse soutenant ces mesures.

Mais un nombre important d'intellectuels

ont également soutenu son droit

à une permission de sortie. Parmi eux,

le héros de la résistance à l'occupation

allemande, Manolis Glezos et le président

de l'Union grecque des juges et des

procureurs, X. Sevastidis.

En 2018, après 16 ans passés

dans l'aile spéciale de Korydallos, il a

été transféré au centre de détention rural

de Volos, prévu par la loi, pour les

prisonniers qui ont respecté les règles

de la prison et où les conditions de

détention sont notablement meilleures.

Cependant, l'octroi d'une permission

de sortie de prison temporaire

à D. Koufodinas a été intensément et

systématiquement combattu par une

partie des médias, mais aussi par des

politiciens qui se sont exprimés et sont

intervenus contre ces décisions, par

des déclarations et des interventions

publiques, et ont demandé de mettre

fin à l'octroi de permissions de sortie.

Parmi eux se trouvaient l'actuel Premier

ministre et les membres de sa famille.

L'ambassade usaméricaine est également

intervenue bruyamment contre

lui.

En raison de cette polémique,

depuis le printemps 2019, les permissions

de sortie ont été refusées pour des

raisons liées aux convictions politiques

de Koufodinas et à son refus d'exprimer

son repentir - ce qui n'est pas requis

pour la jouissance des droits du condamné

en vertu de la loi grecque. La

question de l'autorisation de sortie de

Koufodinas est parvenue à la Cour suprême

(Areios Pagos), qui a jugé que le

rejet de ses demandes pertinentes était

infondé et non motivé juridiquement,

et a renvoyé l'affaire devant le tribunal

local pour qu'il statue. Cependant,

le tribunal de Volos, chargé d'accorder

l'autorisation de sortie de prison temporaire

n'a pas changé d'avis et a définitivement

refusé de reconnaître son

droit à sortir temporairement de prison.

Quelques jours plus tard, Kyriakos Mitsotakis

et son parti ont gagné les élections,

comme on s’y attendait.

Le président du parti de la Nouvelle

Démocratie, Kyriakos Mitsotakis,

avait publiquement promis que, lorsqu'il

arriverait au pouvoir, il exclurait

ce prisonnier particulier de l'autorisation

de sortie et des prisons rurales.

En effet, en décembre 2020, la loi

4760/2020 a été votée et promulguée

à la hâte par la majorité parlementaire

de N.D., dans laquelle une disposition

spéciale prévoit que les condamnés

pour crimes « terroristes » sont exclus

des permissions de sortie et des prisons

rurales, en application de la promesse

antérieure du Premier ministre.

A l'époque (et jusqu'à aujourd'hui),

le seul condamné de cette

catégorie, qui se trouvait dans une prison

rurale, était D. Koufodinas. Lors du

débat législatif au Parlement, D. Koufodinas

a été personnellement désigné

comme le destinataire de cette loi.

Le 23 décembre 2020, D. Koufodinas

a été soudainement transféré

de l’établissement rural à la prison de

Domokos, à la manière d'un enlèvement.

Des photos de son lieu de détention

rural, prises illégalement, ont été

données aux médias, afin de soutenir

le discours contre ses soi-disant « privilèges

» (un lieu commun à propos des

prisons rurales).

À Domokos, il est enfermé avec

deux autres prisonniers dans une petite

cellule étouffante, 15 heures par jour,

sans avoir l'espace ni le temps de mener

aucune de ses activités précédentes,

et en supportant le tabagisme et les autres

besoins de ses codétenus.

Dimitris Koufodinas, aujourd'hui

âgé de 63 ans, connaît une détérioration

dramatique de ses conditions de

détention, avec des conséquences catastrophiques

pour sa personnalité, sa

santé mentale et physique.

Mais le transfert à Domokos était

complètement illégal car il violait même

les dispositions de la loi récente, ayant

été promulguée spécialement pour lui,

car selon ces dispositions, il aurait dû

être renvoyé à Korydallos, la prison

où il avait été détenu pendant les 16

années précédentes, plus proche de sa

famille, même si elle était pire que les

autres.

En conséquence, une guerre a été

lancée contre D. Koufodinas

Le secrétaire général du ministère

responsable de la protection des citoyens,

répondant à la demande des avocats,

a refusé de donner la copie des

décisions concernées, nécessaire pour

remettre en question la légitimité de la

procédure et ses motivations.

Il a également déclaré dans une

réponse officielle que la loi avait été

pleinement appliquée et que le prisonnier

avait été transféré à Korydallos

d'abord et ensuite à la prison de

Domokos. C'était un mensonge. Le

secrétaire général du ministère a menti

dans des documents officiels.

Il a également déclaré publiquement

que Koufodinas ne peut avoir aucun

espoir de sortir de prison. Mais selon

la loi, il a le droit de demander une

assignation à résidence à ce stade (une

possibilité qu'il ne voulait pas utiliser)

et une libération conditionnelle après

10 mois. Selon la loi, une telle demande

ne peut être rejetée par le tribunal, mais

uniquement en raison de son comportement

pendant son incarcération, qui a

toujours été un comportement modèle.

Le secrétaire général a également

donné différents motifs pour ce

transfert à Domokos, tous infondés et

faux : la lutte contre le terrorisme au

début, l'ordre public ensuite, les mesures

COVID-19, et enfin le ministère a

produit une poursuite pénale - non existante

avant - (concernant une signature

de intéressé d’un texte commun de

solidarité des prisonniers, il y a 3 ans)

comme raison du transfert.

Tout cela a donné lieu à une intervention

du médiateur grec, qui a

posé des questions au ministère, auxquelles

il n'a pas été répondu jusqu'à

présent.

Le contexte général suggère que

le transfert de D. Koufodinas a été effectué

par vengeance et sous la pression

de l'ambassade des USA. Les membres

de l'administration actuelle avaient

précédemment annoncé et se sont engagés

à aggraver les conditions de ce

prisonnier particulier. Les violations de

la loi, même de celle qui n'a été adoptée

que pour aggraver les conditions d'exécution

de la peine de Koufodinas,

constituent un cas sans précédent d'ingérence

arbitraire dans le système judiciaire

pour des raisons de vengeance

personnelle, d'une ingérence arbitraire

requise par une famille politiquement

puissante.

De plus, d'après les déclarations

de personnalités ayant de hautes

fonctions publiques, il semble que la famille

du Premier ministre ait l'intention

d'intervenir même dans le domaine de

la justice, afin d'exclure D. Koufodinas

des droits qui sont accordés à tout autre

prisonnier.

Après la confirmation délibérément

inexacte du ministère, Dimitris

Koufodinas a décidé de protester contre

toutes ces méthodes de conspiration à

son encontre et il a annoncé une grève

de la faim pour appuyer sa demande

d'être transféré à Korydallos, comme le

prévoit la dernière loi, promulguée spécialement

pour lui. Il a commencé le 8

janvier 2021 et il continue, ne buvant

que de l'eau, sans rien d'autre. Il a été

transféré 3 fois à l'hôpital et en est revenu

après avoir refusé toute aide ou intervention

médicale. Maintenant, il est

dans une cellule de prisonnier à l'hôpital

de Lamia, ne buvant que de l'eau et

refusant toute autre chose.

La demande actuelle est que

Dimitris Koufodinas soit transféré à la

prison de Korydallos et que cessent les

interventions arbitraires - légales et factuelles

- à son encontre, ainsi que son

traitement systématiquement discriminatoire.

Le ministère ne veut pas se

rétracter. Le gréviste de la faim non

plus. Les médias, en particulier les

chaînes de télévision, dont la plupart

sont très proches du gouvernement,

sont engagés dans une guerre de discrédit

moral contre le prisonnier. D'autre

part, de nombreuses signatures ont

été apportées en soutien à l'homme, par

des intellectuels, des avocats, des juristes,

des professeurs d'université, des

organisations et des partis soutenant la

demande et demandant que la loi soit

appliquée pour lui. Beaucoup d'entre

eux ont été moralement attaqués et

menacés pour leur signature.

Il n'existe pas encore d'ordonnance

du procureur pour une alimentation

forcée, et il est certain que personne

n'ose pour l'instant faire une telle

chose, car cela est considéré comme

une torture. Une intervention médicale

ne peut avoir lieu que dans le moment

où il se trouve dans une situation de

perte de sens. Mais à ce moment-là, de

graves lésions cérébrales se produiront.

Solidarité avec le prisonnier révolutionnaire grec Dimitris Koufodinas

Et dans ce cas, il n'aura pas la volonté

de survivre.

Il n'est pas incongru de croire

qu'un tel développement inacceptable

serait bien accepté par ceux qui mènent

la guerre contre lui.

Dimitris Koufodinas risque d’être

la première victime d’une grève de la

faim en Europe au 21ème siècle.

Athènes, le 30 janvier 2021

Premières signatures

América Latina

PLENARIA MEMORIA Y JUSTI-

CIA, Uruguay

Jorge Zabalza, Uruguay – jubilado,

ex preso político del MLN (Tupamaros)

Irma Leites, Uruguay – integrante

de Plenaria Memoria y Justicia y ex

presa política del MLN (Tupamaros)

Manuel Marx Menéndez

suite à la page(16)

12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021


Notre Mémoire se Souvient!

La mémoire au service des luttes : Paul Robeson

Par FUIQP et Alain Saint-Victor

y a 45 ans, le 23 janvier 1976, l’acteur,

chanteur, athlète et écrivain

Il

Paul Robeson décédait.

Né à Princeton au New- Jersey,

le 9 avril 1898, il est le fils d’un père

esclave, William Drew Robeson, enfui,

à l’âge de 15 ans, d’une plantation de

Caroline du Nord et d’une mère métisse,

Maria Louisa Bustill, descendante

d’une famille quaker abolitionniste.

William Drew entreprit des études universitaires

et devient pasteur de l’Église

presbytérienne de Princeton de 1880 à

1901. Il est décédé en 1918, alors que

le jeune Paul n’a que vingt ans.

Ne pouvant pas entrer à l’université

Princeton, à cause de sa couleur,

Paul Robson intégra l’université

Rutgers où il fit de brillantes études.

Il fut admis, par la suite, à l’université

Columbia où il décrocha un diplôme en

droit en 1923. Il fréquenta également

l’École des études orientales et africaines

de Londres.

À l’époque du Jim Crow (période

de plus de 100 ans au cours de laquelle

les Afro-Américains furent victimes

systématiquement de violence raciste),

il était très difficile à un Noir d’exercer

le métier d’avocat. Malgré qu’il fût

l’un des meilleurs de sa classe, Robson

dut abandonner sa carrière en droit et

joignit le Provincetown Players, un

groupe de théâtre de New York qui

compte en son sein le dramaturge Eugene

O’Neill (1888-1953).

En 1924, Robson fait partie des

acteurs de la pièce d’O’Neill, All God’s

Chillun Got Wings (inspirée du Negro

spiritual). Au cours de la même année

et en 1925, il devient célèbre à New

York et à Londres en interprétant le

premier rôle de la pièce du même auteur,

Emperor Jones (perçue, par certains,

comme une critique de l’occupation

étatsunienne d’Haïti, 1915-1934).

En plus de ses talents d’acteur,

Robson avait une superbe voix baryton-basse.

En 1925, il donna son

premier récital d’art vocal au Greenwich

Village (New York). Il atteint une

réputation internationale sous le nom

de Joe dans la comédie musicale Show

Boat.

La célébrité de Robson est à

son apogée lors de son interprétation

magistrale d’ Othelo en 1930, qui bat

tous les records des pièces shakespeariennes

jouées à Broadway, à l’époque.

Robson devient célèbre non

seulement en Europe et aux États-Unis

mais également en Afrique, faisant ainsi

craindre son influence sur les peuples

colonisés d’Afrique subsaharienne.

Parmi ses plus grands succès

figure le célèbre Song of Freedom.

Paul Robeson devient, au cours de ses

voyages dans le monde entier, un ambassadeur

du mouvement des droits

civiques et un dénonciateur des conditions

de vie des Afro-Américains aux

États-Unis, en particulier dans les États

du Sud ségrégationnistes. Il utilise sa

notoriété pour mobiliser l’opinion contre

les lynchages qui, à l’époque, se

multiplient.

Au cours des années 1950,

alors que le Maccarthysme devient

l’idéologie dominante aux États-Unis

(prêchant un anticommunisme primaire

et violent), Paul Robson est victime

d’un véritable boycott organisé

contre ses films et enregistrements. On

lui retire également son passeport de

1950 à 1958.

Après le décès de son épouse,

Eslanda, en 1966, Robson, de plus en

plus isolé et marginalisé, connut une

période de déchéance. Après deux infarctus,

il meurt dans la pauvreté d’un

arrêt cardiaque en 1976, à l’âge de 77

ans.

De Paul Robson, l’historien Afro-Américain

Gerald Horne écrit: « Il

a été un précurseur pour des hommes

comme Malcom X et Dr. Martin Luther

King. En fait, on ne peut comprendre

la vie et le parcours de ces deux hommes

sans tenir compte de Paul Robeson.

»

Pour illustrer son engagement,

Robson écrit: « L’artiste doit choisir

de lutter pour la liberté ou pour l’esclavage.

J’ai fait mon choix. Je n’avais

pas d’alternative ». Ce qui résume

bien toute la trajectoire de son existence.

C’est ce type d’artistes dont

nous avons besoin.

Repose en paix frère et camarade.

Texte: FUIQP et Alain Saint-Victor

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Par Frantz Latour

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Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021

Statue du général Dumas détruite

par l’occupant nazi durant la

deuxième Guerre mondiale

était le 4 février 1794, lorsque

C’ la Convention nationale, régime

politique français qui gouverna la

France du 21 septembre 1792 au 26

octobre 1795 lors de la Révolution

française, vota le décret d’abolition de

l’esclavage.

De fait, prenant acte de la révolte

des esclaves dans la province

du Nord de la possession française

de Saint-Domingue, le 23 août 1793,

le commissaire de la République

Léger-Félicité Sonthonax y abolissait

l'esclavage, étendant l’abolition aux

autres colonies françaises. La convention

nationale abolissait l'esclavage

et reconnaissait la citoyenneté à tous

les habitants des colonies françaises,

sans distinction de couleur. Aucune

indemnité n'avait été accordée aux esclavagistes.

En mai 1802, Napoléon rétablissait

l'esclavage, qui ne devait être définitivement

aboli qu'en 1848 : décret

d'abolition de l'esclavage du 27 avril

1848 en France et dans les colonies

françaises d'outre-mer (Guadeloupe,

Martinique, Réunion, Guyane, Sénégal)

mais aussi dans les nouvelles

colonies africaines ou la France abolit

l'esclavage arabo-berbère et interafricain

en Algérie et au Sénégal.

Pour le philosophe, écrivain et

PAR CES MOTIFS

réalisateur français Claude Ribbe, auteur

de Le crime de Napoléon, président

de l'association des Amis du

général Dumas, même si l'abolition

de 1794 a été imposée par la révolte

des esclaves, il s'agit d'un acte qui fait

honneur à la République et fixe ses

principes fondateurs.

L'abolition de l'esclavage fut l'un

des acquis les plus significatifs de la

Révolution et figure de ce fait au nombre

des valeurs les plus sacrées de la

République française.

Cet événement fondamental, qui

universalisait la déclaration des droits

de l'homme et du citoyen est célébré

depuis le 4 février 2014 par l’association

des Amis du général Dumas, place

du général-Catroux, Paris 17e, pour

qu'il ne soit pas effacé de la mémoire

nationale. Il renoue avec une tradition

qui en fait remonte à 1795, et qui a

été officialisée dès 1798. Certes, cette

commémoration n'est pas inscrite dans

le calendrier officiel, mais l'honneur, la

dignité, l'équité et le bon sens l’imposent.

Cette année, ce sera aussi l’occasion

de prendre acte de la volonté

des élus parisiens de remettre en place

la statue du général Dumas détruit

Le Tribunal, après en avoir délibéré au vœu de la loi, statuant publiquement et à

charge d'appel, accueille l'action du sieur Pierre Raphaël David pour être fondée

tant en la forme qu'au fond ; Dit que le sieur Pierre Raphaël David est en

personne légale de la propriété dépendant de l'habitation de Saint Georges.

Maintient le défaut octroyé à l'audience du jeudi vingt février deux mille vingt

contre le sieur Marc Fortunat ; Déclare infondée l'opposition faite par le défendeur

à l'opération d'arpentage ; Accorde main levée de la dite opposition; ordonne

la continuation de l'opération d'arpentage ; défend formellement le sieur Marc

Fortunat de ne plus troubler à l'avenir la possession du requérant. Condamne le

défendeur à payer au demandeur la somme de Dix mille gourdes (10,000) Gdes

à titre de dommages et intérêts en réparation des préjudices causés au demandeur;

condamne enfin le demandeur aux frais et dépens de l'instance

Donné de nous, Jacson Flerisma, suppléant juge de paix de la Commune de Saint

Louis du Sud en audience civile et publique du jeudi vingt février deux mille vingt

An 217ème de l'indépendance avec l'assistance du sieur Mathéau Coulange, notre

greffier

Il est ordonné. ....etc..... En foi de quoi ......etc ....

Décret de la Convention Nationale. Abolissant l’esclavage dans les

colonies françaises

par les collaborateurs en 1943. Vœu

présenté à l'ensemble du conseil de

PAR CES MOTIFS

Paris du 18 janvier 2021 et ratifié le 2

février 2021.

Le tribunal après examen. Le Ministère public entendu, maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit

déclare fondée la dite action .Admet en conséquence le divorce du sieur

Michaël AUGUSTIN ,d'avec son épouse née, Shalouse PIERRE , pour incompatibilité

de caractères aux torts exclusifs l'épouse Prononce la dissolution

des liens matrimoniaux existant entre les dits époux; Ordonne à l'officier

de l'état civil de la Section Est de Port au Prince à transcrire sur les

registres à ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un extrait

sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous peine de

dommages intérêts envers les tiers s'il y échet . Commet l'huissier Johnny

JEAN pour la signification de ce jugement ;Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous Guy AUGUSTIN juge, en audience civile,

ordinaire et publiques du mercredi vingt sept janvier deux mille vingt et

un en présence de Me Paul WESLEY Substitut du commissaire de ce ressort

et avec l'assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE. Greffier du

siège. Il est ordonné ......etc...... En foi de quoi .....etc ......

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Perspectives

Biden nomme des va-t-en-guerre

Par Sara Flounders

Anthony Blinken

Les auditions de confirmation au

Sénat des membres du cabinet Biden

- qui ont débuté la semaine du 18

janvier - devraient servir d’avertissement

sur la poursuite de la dangereuse

politique de guerre des USA.

s médias capitalistes se sont

Leconcentrés sur la promesse de

Biden de renverser de nombreux volets

de la politique de l’ancien président

Trump. Mais tout au long de sa

campagne, Biden s’est engagé à ne

faire « aucun changement substantiel

» - et ses nominations aux postes

de politique étrangère montrent qu’il

pensait vraiment ce qu’il disait. Malgré

les flonflons médiatiques sur la

Victoria Nuland

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justice, la nouvelle politique et la diversité,

en coulisses, les mêmes vieilles

politiques militaristes usaméricaines

sont renforcées par les choix de

membres du cabinet de Biden et leurs

liens directs avec les fabriques d’idées

financées par l’industrie et les entreprises

de sous-traitance militaires.

Les nominations au cabinet de

Biden suivent les politiques impérialistes

ratées des administrations

Trump, Obama, Bush junior, Clinton

et Bush senior de ces trois dernières

décennies. Ces choix sont de mauvais

augure pour les travailleurs usaméricains

et pour les peuples du monde

entier qui suffoquent sous le joug de

l’impérialisme US.

La nomination et le témoignage

du faucon de guerre Anthony

Blinken, nommé au poste de

secrétaire d’État, est l’un des nombreux

exemples éclatants de la position

militariste de Biden.

Dans son témoignage de confirmation

du 19 janvier, Blinken a

clairement indiqué qu’il soutenait

l’expansion de la guerre impérialiste

en Syrie, en déclarant « Les États-

Unis n’en font pas assez. » Il est pour

« une pression constante sur la Corée

du Nord [la République populaire

démocratique de Corée] » afin de lui

« couper tous les vivres » Il est pour

un déploiement accru de missiles afin

d’encercler et de faire pression sur

la Chine. Il est favorable à de nouvelles

exigences et au maintien des

sanctions contre l’Iran. Il soutient

les efforts continus pour renverser le

gouvernement élu du Venezuela. (Le

témoignage complet de Blinken est disponible

sur tinyurl.com/yyr7k58w).

Blinken a également témoigné

: « Notre engagement pour la sécurité

d’Israël est sacro-saint, et c’est

quelque chose que le président élu

ressent très fortement. » Il a salué

à plusieurs reprises la politique de

Trump sur la normalisation des relations

entre l’Israël de l’apartheid et

les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le

Maroc et le Soudan, en soulignant :

« Il y a un certain nombre de choses

de mon point de vue que l’administration

Trump a faites au-delà de nos

frontières que j’applaudirais ». Le

sénateur raciste de droite de Caroline

du Sud, Lindsey Graham, a qualifié

Blinken de « choix exceptionnel ».

(Washington Post, 19 janvier)

Les initiés de l’industrie militaire

Blinken, ancien secrétaire

d’État adjoint sous Obama, est bien

connu pour avoir profité de ses anciens

postes gouvernementaux pour

obtenir des emplois lucratifs de consultant

auprès d’entrepreneurs militaires.

Blinken a cofondé WestExec

Advisors, une société de conseil pratiquant

le secret pour les industries

militaires comme Boeing et pour les

grandes banques et sociétés d’investissement

comme Bank of America et

Blackstone.

WestExec a en fait été qualifiée

de « gouvernement en attente » pour

les anciens fonctionnaires de l’administration

Obama liés à la politique militaire

US. (politico.com, 23 novembre

JOBS

Avril Haines

2020) Elle se vante sur son site web

que son nom “est dérivé de “West Executive

Avenue”, la rue fermée qui va

de l’aile ouest de la Maison Blanche

au bâtiment du bureau exécutif Eisenhower.

C’est, littéralement, le chemin

qui mène à la Salle de crise ».

Les partenaires de WestExec

sont d’anciens fonctionnaires du

gouvernement, des officiers militaires

et des diplomates. En se définissant

comme « consultants stratégiques »,

ils peuvent éviter d’être enregistrés

comme lobbyistes ou agents étrangers

et peuvent ainsi entrer ou revenir

au service du gouvernement sans

l’attente d’un an exigée des lobbyistes

rémunérés. Les clients qui consultent

WestExec sont tenus secrets.

Le général Lloyd Austin, récemment

nommé au cabinet Biden,

a été affilié à WestExec Advisors et

a siégé au conseil d’administration

de l’un des plus grands fabricants

d’armes usaméricains, Raytheon.

Austin a précédemment servi comme

commandant des forces US en Irak

et des forces spéciales en Syrie. Sa

nomination nécessitait une dérogation

spéciale car, selon la loi US, le

secrétaire à la Défense doit être un

civil.

Avril Haines, récemment confirmée

au poste de Directrice du renseignement

national, a également été

affiliée à WestExec. En tant qu’ancienne

directrice adjointe de la CIA,

Haines a dirigé son programme

de drones et a contribué à créer

la justification légale des assassinats

ciblés comme une action normalisée

dans le cadre de la politique

étrangère usaméricaine. En plus des

assassinats par drones, elle a soutenu

les sanctions économiques usaméricaines

qui s’attaquent à la nutrition et

à la santé des populations civiles de

pays entiers.

Selon Politico News, WestExec

est plein d’autres anciens hauts responsables

démocrates de la sécurité

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nationale et de la politique étrangère

qui ont collecté des fonds pour la campagne

Biden, ont rejoint son équipe

de transition ou ont servi de conseillers

non officiels. De nombreux autres

consultants devraient être nommés

par Biden. (tinyurl.com/y2hydkdm)

Va-t-en-guerre fabricants d’idées

Il existe toute une série d’autres

fabriques d’idées et de sociétés de

conseil stratégique qui proposent des

postes extrêmement bien financés

aux fonctionnaires du gouvernement

- tant républicains que démocrates

- entre deux nominations gouvernementales.

Le rôle de ces fabriques

d’idées est de développer un personnel

expérimenté et avisé qui est au

service du pouvoir des entreprises,

tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du

gouvernement.

Selon un rapport du Center for

International Policy publié en 2020,

les entreprises de défense, ainsi que

les agences de sécurité nationale et de

défense du gouvernement usaméricain,

ont contribué à hauteur de plus

d’un milliard de dollars à 50 des fabriques

d’idées les plus influeents au

cours des cinq dernières années. (tinyurl.com/y45jkd52)

Parmi les autres personnes

récemment nommées par Biden et

provenant d’une fabrique d’idées, on

peut citer Kathleen Hicks au poste

de secrétaire adjointe à la Défense.

Elle a été vice-présidente du CSIS

(Center for Strategic and International

Studies), le groupe de réflexion

le plus belliciste de Washington. Le

CSIS est financé par des industries

militaires géantes telles que BAE Systems,

Lockheed Martin et Northrop

Grumman et agit en tant que « centre

d’influence » pour celles-ci. Hicks

s’oppose au retrait des troupes usaméricaines

de Corée du Sud, d’Afghanistan

et de Syrie.

Kurt Campbell - président de

The Asia Group, un « groupe de conseil

en stratégie et en capital » - a été

nommé au poste nouvellement créé

de coordinateur du Conseil national

de sécurité pour l’Indo-Pacifique.

Campbell, en tant qu’ancien soussecrétaire

d’État adjoint aux affaires

de l’Asie de l’Est et du Pacifique,

était considéré comme l’architecte

du « Pivot vers l’Asie » d’Obama. Il

s’agissait d’une politique provocatrice

de repositionnement des batteries de

missiles, des troupes et des porte-avions

pour encercler la Chine et menacer

la RPDC. Son nouveau rôle de «

tsar de l’Asie » de Biden est d’intégrer

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la stratégie anti-Chine et de renforcer

les alliances des USA dans la région.

La nomination de Victoria

Nuland au poste de sous-secrétaire

d’État est particulièrement révélatrice

de la politique militariste de Biden.

Nuland a été PDG du CNAS (Center

for New American Security), un autre

groupe de réflexion militaire bien

financé. Elle a également fait partie

du groupe Albright Stonebridge, un

groupe de réflexion mis en place par

l’ancienne secrétaire d’État Madeleine

Albright. Nuland a servi dans

l’administration Bush-Cheney et dans

l’administration Obama-Biden.

Sous cette dernière administration,

en tant que secrétaire d’État

adjointe aux affaires européennes

et eurasiennes, Mme Nuland s’est

vantée d’avoir contribué à l’organisation

du coup d’État fasciste

de 2014 qui a renversé le gouvernement

élu de l’Ukraine, grâce

à un financement de 5 milliards de

dollars de la National Endowment for

Democracy.

Toutes ces nominations ont favorisé

les guerres usaméricaines en

Afghanistan, en Irak, en Syrie, en

Libye, les sanctions de famine contre

le Venezuela, la Corée et l’Iran, ainsi

Kathleen Hicks

que les plans US visant à renforcer

l’OTAN contre la Russie, à encercler

la RPDC et à menacer en particulier la

Chine militairement et économiquement.

Ces nominations contredisent

les forces libérales et social-démocrates

qui affirmaient que

Biden pourrait être poussé vers des

politiques progressistes par une pression

de gauche.

Workers World 26 Janvier 2021

Traduit par Fausto Giudice

Tlaxcala 1er Février 2021

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14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021


Le devoir de mettre fin à l’apartheid

Par Gideon Levy

Haïti : le kidnapping

comme politique d’État

Cette semaine, j’ai tenté d’expliquer

ici que la poursuite de l’occupation

et sa transformation d’une situation

soi-disant temporaire en une

situation permanente, avec l’effacement

de la ligne verte (pour les

Juifs), a créé une nouvelle situation

: il n’est à présent plus possible de

parler d’ « apartheid dans les territoires

».

sort de plus de 6 millions

Le de Palestiniens – arabes israéliens,

résidents de Jérusalem

Est, de Cisjordanie et de Gaza – est

décidé par le gouvernement juif à

Jérusalem et l’état-major général juif

de l’armée à Tel-Aviv.

Le système auquel les Palestiniens

sont soumis est sans conteste

un système de discrimination,

d’oppression, de dépossession et de

séparation sur la base de la nationalité,

et constitue donc un système

d’apartheid.

La démocratie pour les seuls

juifs est bien sûr une plaisanterie

de la démocratie. Par conséquent, si

Israël est tyrannique dans une partie

de son territoire à l’égard de certains

de ses sujets, alors tout Israël

est tyrannique. Si l’apartheid existe

sur une portion de son territoire pour

certains de ses résidents, alors c’est

un État d’apartheid.

Aucune démocratie ne peut

contenir une tyrannie régionale

ou un apartheid régional. Lorsque

j’étais dans le village de Ras Kurkar

cette semaine, entouré de toutes

parts par des colonies, il était impossible

de ne pas penser à l’apartheid.

Depuis le balcon de la maison que

j’ai visitée, par temps clair, on peut

voir la mer. Mais seuls les Juifs peuvent

y aller.

Les prochaines élections à la

Knesset, qui affecteront également

le sort de ce village, sont réservées

aux Juifs.

Une communauté est vaccinée,

et celle d’à côté ne l’est pas,

sur la base de la nationalité… N’estce

pas l’apartheid ? Le développement,

la construction, l’eau et la

terre – tout cela fonctionne sur la

base de la suprématie juive.

Le système judiciaire est différent

et les lois sont différentes,

la sanction est différente pour les

mêmes actions, pour les Juifs et les

Arabes. Qu’est-ce que c’est sinon de

l’apartheid ?

Cet apartheid est façonné

par les Israéliens juifs. Ils sont les

seuls à l’avoir décidé, de façon non

démocratique, bien sûr. C’est pourquoi

leur État, notre État, est un État

Bethléem, Cisjordanie occupée, 14 avril 2019 - Des travailleurs palestiniens

traversent le point de contrôle de Bethléem, géré par des Israéliens,

pour se rendre à leur travail dans les villes israéliennes. Le point de

contrôle a été rénové début avril avec de nouvelles voies, des tourniquets

supplémentaires et des "barrières rapides" électroniques qui s'ouvrent en

glissant une carte magnétique pré-approuvée que les Palestiniens doivent

solliciter. Dès les premières heures du matin, des milliers de Palestiniens

du sud de la Cisjordanie arrivent au point de contrôle de Bethléem,

attendant son ouverture pour passer le plus rapidement possible - Photo :

Anne Paq/ActiveStills

d’apartheid, même si Zvi Bar’el*

n’est pas d’accord.

Ce n’est pas un simple jeu de

mots. Cette définition sévère donne

lieu à des conclusions pratiques qui

sont tout aussi sévères et douloureuses.

Si c’est un État d’apartheid,

alors la communauté internationale

est obligée de le traiter comme son

prédécesseur.

Israël, qui se plaint souvent

d’être soumis à un traitement discriminatoire,

d’être jugé à l’aune de

deux poids deux mesures, sans parler

de l’antisémitisme, est apparemment

le pays le plus gâté du monde.

Aucun autre État n’a reçu autant de

ressources et de soutien depuis des

décennies, tout en jouissant d’une

tolérance incroyable.

Cet État d’apartheid est comme

le chouchou de l’Occident, son

enfant gâté, à qui on ne demande jamais

d’assumer la véritable responsabilité

de ses actes et de payer pour

ses crimes.

Sa nouvelle définition d’un

État d’apartheid pourrait forcer le

monde à changer d’attitude. Pour

qu’il cesse d’être aussi indulgent et

qu’il cesse de fermer les yeux. Il ne

peut pas continuer à croire que l’occupation

est transitoire, qu’il y a un

« processus de paix » qui est juste «

gelé » en ce moment, attendant un

« partenaire » palestinien, et qu’une

solution est en attente au coin de la

rue.

Cela n’arrivera jamais. Les Israéliens

ne se réveilleront jamais un

matin en reconnaissant que l’occupation

n’est pas bonne et pas juste

et qu’il faut y mettre fin. Cela n’arrivera

tout simplement pas.

Cela ne s’est pas produit

depuis 53 ans et il n’y a aucune

raison que cela se produise soudainement

maintenant. La raison

ne peut survenir que par le biais de

la communauté internationale – si

celle-ci exige qu’Israël reconnaisse

sa responsabilité et soit soumis à

des mesures punitives. C’est le droit

et le devoir de la communauté internationale.

Ce devoir est d’autant plus

impérieux qu’il ne s’agit plus de

violations temporaires du droit international,

de crimes de guerre

éphémères ou d’une occupation

militaire comme les autres. Lorsque

l’occupation devient un apartheid et

détermine l’identité de l’État, une

action internationale est nécessaire

– oui, comme cela s’est produit avec

l’Afrique du Sud.

Ce qui a fonctionné là-bas

pourrait fonctionner ici aussi. Voyons

ce qui se passera quand les Israéliens

commenceront à payer pour

les graves fautes de leur État. Un

vrai patriote devrait espérer ce jour.

C’est pourquoi la discussion sur Israël

en tant qu’État d’apartheid est

si importante.

Ndlr.

*Zvi Bar’el. Homme politique

israélien et actuel maire de

la ville israélienne de Ramat Gan.

Ancien commandant du bataillon

de parachutistes 202 au cours de

la guerre des Six Jours ; plus tard,

il a commandé l'école de formation

des officiers des Forces de défense

israéliennes. Il est ensuite devenu le

commandant de la police des frontières

d'Israël.

Haaretz Haaretz 20 janvier 2021

Traduction : Chronique de

Palestine 24 janvier 2021

Par REHMONCO*

usieurs personnes sont kid-

contre rançon au

Plnappées

quotidien dans les principales villes

du pays, dont Port-au-Prince. Le

21 janvier 2021, plusieurs centaines

d’élèves ont manifesté dans

la banlieue sud de la capitale pour

exiger la libération sans condition

d’une camarade enlevée.

Au lieu de poursuivre les

bandits, les forces spécialisées de

la police nationale ont réprimés

à coups de matraque, de balles

en caoutchouc et de gaz lacrymogènes

les écoliers et écolières

qui manifestaient leur solidarité à

l’égard de leur camarade kidnappée.

Dans l’opinion publique, les

forces de l’ordre sont perçues comme

un allié de premier ordre des

gangs criminels et les associations

de kidnappeurs à travers le pays.

C’est en ce sens qu’après

l’enlèvement du docteur Télémaque,

le 28 novembre 2020, la

police a sauvagement réprimé la

manifestation de médecins résidents

de l’Hôpital de l’Université

d’État d’Haïti (HUEH). L’un d’entre

eux, un interne, y est grièvement

blessé après avoir reçu en

plein visage une bonbonne de gaz

lacrymogène lancée par les policiers.

Il devient de plus en plus

évident que la campagne de répression

policière s’en prend ouvertement

à toute forme de mouvements

revendicatifs contre les

inégalités, la misère, l’insécurité

et la corruption endémique dans

le pays.

Le 20 janvier 2021 plusieurs

milliers de personnes ont manifesté

pour dénoncer l’instauration

ouverte d’une autocratie et la

volonté du régime au pouvoir de

réécrire unilatéralement la constitution

du pays afin de garder le

pouvoir au-delà de l’échéance constitutionnelle

du 7 février 2021.

Sachant pertinemment qu’il

aura la caution des puissances

impérialistes, le régime a mobilisé

les principales unités de la police

pour réprimer les manifestantes

et manifestants. L’intervention

policière s’est soldée par plusieurs

dizaines de personnes blessées par

balles dont de nombreux journalistes.

Une vingtaine d’arrestations

arbitraires ont également été effectuées.

Alors que le pouvoir s’investit

à fond dans l’oppression et

la répression de tout mouvement

de protestation dans le pays, les

chefs des gangs jouissent de la

complicité des autorités dans les

différents échelons du gouvernement.

Ils bénéficient régulièrement

de l’appui logistique de certaines

unités de la police, dont la

brigade d’opération et d’intervention

départementale (BOID). Cet

appui rend encore plus efficace

leurs forfaits criminels contre la

population. C’est le cas par exemple

des différents massacres

perpétrés dans les quartiers populaires

de Port-au-Prince et des

villes de province.

Les principaux chefs ont

défilé librement et sans aucune

crainte dans plusieurs rues et

quartiers de Port-au-Prince le vendredi

22 janvier 2021 et ils y ont

contraint les résidents de les accompagner.

Alors qu’ils sont soidisant

recherchés par la justice

pour des crimes commis contre

la population, dont le carnage de

La Saline, ils demeurent l’unique

groupe autorisé à manifester par le

pouvoir.

Il est clair maintenant que

les gangs se transforment en

une véritable force paramilitaire

au service du pouvoir. À l’instar

des milices de Duvalier, ils terrorisent

les quartiers populaires,

s’enrichissent au détriment de la

population et occupent de plus

en plus de place dans la société

civile. Dans les faits, ces gangs

qui se sont fédérés constituent la

principale force de répression de

l’équipe gouvernementale. Comme

l’a clairement souligné Odma,

l’un des principaux chefs de gangs

opérant dans le département de

l’Artibonite, « les gangs travaillent

à la solde du gouvernement, des

bandits ordinaires ne sauraient

mener à bien une entreprise aussi

lucrative que le kidnapping sans

l’encadrement des autorités au

sommet de l’État.»

Par ailleurs, plusieurs enquêtes

menées par des organismes

des droits humains sur le kidnapping

auraient prouvé que des

membres du gouvernement ainsi

que des parlementaires seraient

impliqués dans cette activité criminelle.

Les cas du sénateurs Gracia

Delva, membre du bureau du

sénat et du sénateur Kedlaire Augustin,

ancien conseiller du président,

ne sont que des exemples

parmi d’autres.

Ce n’est pas une simple

coïncidence que les tenants du

suite à la page(18)

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Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (7)

tard par provoquer la surchauffe des

réacteurs de régulation des tensions

politiques locales, régionales et mondiales.

Pour protéger ses intérêts,

l’impérialisme a inventé des «

démocraties » auxquelles se rattachent

tous les qualificatifs (représentative,

participative...) dont se nourrit le « parlementarisme

bourgeois ». Je me contenterai

ici de citer Roger Garaudy : «

Le Parlement n’est plus depuis longtemps

le centre vivant de la politique.

D’abord, dès que les partis ouvriers y

ont pris une place importante, il importait,

pour maintenir la règle du jeu, de

dépouiller le Parlement de ses pouvoirs

fondamentaux : pour le passé, le contrôle

du budget; pour l’avenir, l’élaboration

du Plan. Avoir le gouvernement ne

signifie pas avoir le pouvoir : il existe

des forces économiques (nationales ou

internationales), capables de bloquer

toute initiative gouvernementale de

rénovation, et il existe des forces militaires

intérieures mais éventuellement

épaulées de l’extérieur), pour interdire

toute mutation économique, sociale et

politique véritable… »

Tous les systèmes politiques

impérialistes ont des liens de parenté

avec le « sommet » que représente l’oligarchie.

Et ils n’ont rien à voir avec le

bien-être du respect de la base. Dans

certains cas, le loup se déguise ridiculement

en grand-mère pour manger

« le petit chaperon rouge ». La

démocratie est une et indivisible. Elle

reste et demeure les lieux sacrés de

la matérialisation de l’idéal humain:

santé, nourriture, emploi, logement,

éducation, loisir, libre circulation, liberté

d’opinions… Sans la moindre tentation,

d’un côté ou de l’autre, d’agiter

le drapeau aux couleurs du nihilisme et

de l’exclusion. Là où une seule famille

manque d’eau potable et de pain, – je

ne dis pas est privée – il n’y a pas de

« démocratie ». Existe-il un pays au

monde où tous les foyers sont exempts

des conditions avilissantes de sévères

privations économiques ? Seulement,

il faut l’admettre, il existe des sociétés

– nous citons seulement Cuba, Venezuela,

Bolivie… – où les efforts des gouvernements

en matière de respect fondamental

des droits de la personne sont

encourageants et louables. Élection,

alternance politique ne caricaturent

pas fidèlement ces soi-disant sociétés

démocratiques qui font partie des États

mondiaux dominants. Grâce à Donald

Trump, nous a découverts les cadavres

dissimulés dans les placards politiques

de la Maison Blanche, du Département

d’État et du Pentagone. Les pays qui

subissent l’hégémonie des États-Unis

seront éternellement reconnaissants

à ce personnage mystérieux, bizarre,

venu d’une planète inconnue.

Haïti finira par exploser

Parler du monde d’aujourd’hui nous

entraîne, comme Paul Éluard, à évoquer

regrettablement « un temps sans

joie et sans auréole ». Haïti occupe une

position peu enviable sur l’échelle des

catastrophes sociales et économiques.

Elle est devenue une bombe à retardement,

exactement comme l’a été le «

Dimanche rouge [1] » de Saint-Pétersbourg

qui allait faire basculer la Russie

dans une escalade de violences qui emporta

le Tsar Alexandre II.

La grande machine de répression

ne parviendra pas à retarder infiniment

l’instant décisif. La montée de la misère

trouvera toujours sur sa route un père

Hidalgo, un brave insurgé qui lancera

au visage de son bourreau, comme ce

chef rebelle bolivien sur le point d’être

exécuté vers 1811: « Je meurs; mais la

torche que j’ai allumée, personne ne

pourra l’éteindre. » Nous l’avons assez

vu : lorsque les poussées des mécontentements

populaires franchissent

les limites irréversibles, les tranchées

des promesses en matière de réformes

sociales creusées à la dernière minute

n’arrivent pas à abriter l’État. Les régions

occidentales utilisent la locution

substantive « pays de contraste » pour

désigner la République d’Haïti.

La richesse opulente, arrogante

et la pauvreté enlaidissante, humiliante

se partagent sans gêne une population

de 11 millions d’habitants environ installée

sur un petit territoire de 27 750

kilomètres carrés. Le salut de la nation

naîtra d’une réflexion politique élaborée

pour la mise en place d’une société alternative

qui sera l’incarnation du «

rêve haïtien. »

À la veille du 7 février 2021,

nous invoquons les esprits des héros

de 1804 pour qu’ils continuent d’accompagner

les masses populaires haïtiennes

sur le chemin difficile de la lutte

pour l’aboutissement de la Révolution

dessalinienne!

Notes

[1] Janvier 1905. Dimanche.

Deux cent mille Russes manifestent à

Saint-Pétersbourg contre le chômage,

la pauvreté et la faim. Le Tsar Alexandre

II intime l’ordre à ses officiers de

les massacrer. Bilan : des centaines de

morts parmi la foule composée d’hommes,

de femmes et d’enfants…

Robert Lodimus

Suite de la page (12)

(Marxito) – herrero y soldador jubilado,

ex preso político del MLN (Tupamaros)

Veronika Engler, Uruguay – trabajadora

social

Carlos Casares, Uruguay – jubilado

gráfico, integrante del colectivo Comunicación

participativa desde el Cono

sur – COMCOSUR

Cecilia Duffau, Uruguay – editora, imprentera

Andrea Tommasino, Uruguay – magister

en Ciencias Ambientales

Ramón Hernández, Uruguay – docente

jubilado y militante por los Derechos

Humanos

Sirio López Velasco, Brasil – filósofo y

profesor universitario jubilado

Homar Garcés, Venezuela – escritor,

analista y militante sempiterno de la

Utopía Revolucionaria

Carlos Gabetta, Argentina – ex director

de Le Monde Diplomatique en español,

Edición Cono Sur

Ismael Jalil, Argentina - abogado de

Organismos de DDHH en el Encuentro

Memoria Verdad y Justicia

Matías Cremonte, Argentina - vicepresidente

de la Asociación Latinoamericana

de Abogados Laboralistas

(ALAL)

Daniel De Santis, Argentina – escritor

y periodista

Luis Brunetto, Argentina - historiador

y periodista, Portal Estación Finlandia

Manuel Justo Gaggero, Argentina –

abogado y periodista

Jorge Luis Ubertalli Ombrelli, Argentina

– periodista y escritor

Edgardo Gonzalez, Argentina – abogado

Olegario Natividad Chamorro, Argentina

– trabajador metalúrgico (jubilado),

Pte. Movimiento de trabajadores

desocupados 19 de Diciembre

Luis E. Sabini Fernández, uruguayo en

Argentina – docente y periodista (ahora

pensionado)

Abel Bohoslavsky, Argentina – médico,

escritor

Carlos Bayona, Argentina – médico

Emilio Alberto Grass, Argentina – arquitecto

Mensaje de solidaridad del VENCER-

EMOS-Partido de Trabajador@s,

Argentina http://venceremos-arg.

org/2021/01/21/solidaridad-con-dimitris-koufodinas-preso-politico-en-huelga-de-hambre/

Europe

Christine Poupin, France –porte-parole

du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste

Catherine Samary, France – économiste,

http://csamary.fr

Léon Crémieux, France – Syndicaliste

Solidaires Sud Aérien, Membre du

Conseil National du NPA

Pierre Rousset, France – Europe solidaire

sans frontières (ESSF)

Eric Toussaint, Belgique – CADTM

Thomas Weyts, Belgium – SAP - Antikapitalisten

/ Gauche anticapitaliste

Daniel Tanuro, Belgique – Écosocialiste,

Gauche anticapitaliste / SAP - Antikapitalisten

Stefanie Prezioso, Switzerland – Conseillère

nationale (Membre of National

Parlament-Switzerland), Ensemble à

Gauche

Juan Tortosa, Switzerland – SolidaritéS

,

Dr. Joost. Kircz, Netherlands, active

socialist, board and staff member of

the International Instutute for Research

and Education http://www.

kra.nl/Website/benik.htm

Dr. Manuel Kellner, Germany – member

of Metal workers union IG Metall

and of the ISO-German section of IVth

International

Henning Kleeblatt, Germany – Taunus,

Hesse

Jakob Schäfer, Germany – member of

the ISO-German section of IVth International

Christoph Assheuer, Germany – Psychologist,

writer, Berlin

Margrit Schiller, Germany – former political

prisoner

Habibe Sentürk, Germany – student

Mayarí Cantoni, Suecia – participante

de “Espika FM”, Malmö

Stein Lillevolden, Denmark – Sosialarbeider

i København

Ian Parker, UK – Anti-Capitalist Resistance,

Manchester

USA

Jeff Mackler, National Secretary, Socialist

Action/USA and past Vice President,

American Federation of Teachers,

Hayward Local 1424, California

Tlaxcala 31 janvier 2021

Suite de la page (9)

“When I speak, I want you to understand

that this system which I found here,

which I said I would destroy, it’s not me

who is destroying it, it’s you, the Haitian

people, since you put me here to destroy

it.”

He also claimed that “the way I

see things going, by the end of February,

if not mid-February, we will be completely

out of this coronavirus thing.” Haiti

has not yet received any vaccines and

has seen a spike in Covid-19 cases over

the past month, registering 187 cases on

Jan. 26, according to the John Hopkins

Coronavirus Research Center.

Most importantly, Moïse’s new

chief of police Léon Charles has been

very aggressive against demonstrators,

just as he was against anti-coup anti-occupation

uprisings in 2005, which is the

reason he’s been reactivated.

Human rights lawyer Mario Joseph,

who heads the International Lawyers

Office (BAI), spoke out against the

police repression in a Jan. 27 press conference.

“The BAI is extremely concerned

that the corrupt PHTK [Haitian Bald

Headed Party] government has weaponized

the PNH [Haitian National Police] to

use bullets, teargas, physical aggression,

arbitrary arrests, and imprisonment to

crush popular protests,” Joseph said.

On Feb. 2, Jovenel Moïse lost an

ally whose defection almost always is a

harbinger of a regime’s fall: the Catholic

Church. “It seems to us that everyone

agrees that no one is above the law and

the constitution in the country,” wrote

Haiti’s 10 bishops in an open letter,

noting, like the Bar Association, that

through his actions in January 2020,

the president had “affirmed the unity of

the law for all elected officials, including Demonstrations demanding that Jovenel Moïse step down have taken

himself.”

place in towns across Haiti

“The country is on the verge of

explosion,” the bishops continued. “The daily life of the people is death, assas- sinations, impunity, insecurity. Discontent

is everywhere, in almost all areas.

Many enraging topics, such as: how to

establish a Provisional Electoral Council,

how to write another constitution, etc. So

it is not only the ravages of kidnapping

that make the country totally unlivable.

Should we accept or tolerate this?”

In 1986, it was the Catholic

Church’s open divorce from Jean-Claude

“Baby Doc” Duvalier’s dictatorship which

quickly brought about his flight from the

country on Feb. 7 of that year, thereby

establishing the start date of a repeatedly

betrayed democracy which Jovenel

Moïse is now being called on to respect.

One week before Baby Doc fled the

country, he declared on television that he

would hold onto power “as strong as a

monkey’s tail.” Today, Haitians everywhere

are now waiting to see if Feb. 7

this year will look anything like that of

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16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021


A Travers le monde

Les Brésiliens célèbrent l’arrivée

depuis le Venezuela de milliers

de litres d’oxygène à Manaus !

Soudan : Après la chute de la dictature, la

longue marche des travailleurs !

La révolution au Soudan a éliminé le

dictateur Omar El Bashir, mais les travailleurs

se battent toujours pour les

droits fondamentaux de s’organiser.

Les militants du Soudan Labour Bulletin

sont en première ligne pour mobiliser

la solidarité dans leurs luttes

pour la dignité. Cet entretien avec les

animateurs du Sudan Labour Bulletin

a été réalisé par Anne Alexander.

Merci Venezuela ! Votre oxygène sauve des vies au Brésil

Le 19 janvier, le Mouvement des Travailleurs Sans Terre, le parti des

Travailleurs et d’autres devant l’ambassade du Venezuela au Brésil pour

remercier la révolution bolivarienne

rès l’effondrement du système

Apde santé de l’état brésilien

d’Amazonas, le Venezuela a envoyé

130.000 litres d’oxygène et une brigade

de 107 médecins pour aider à

combattre la pandémie.

Des camions transportant des

bouteilles d’oxygène depuis le Venezuela

sont arrivés dans la nuit du

10 janvier à la ville de Manaus, dans

l’état brésilien d’Amazonas. Le Venezuela

avait annoncé le 14 janvier que

vu la crise humanitaire provoquée

par une forte augmentation de cas de

Covid 19 en Amazonas, il allait envoyer

130.000 litres d’oxygène pour

soutenir le système de santé en difficulté.

L’arrivée des bouteilles d’oxygène

au Brésil était célébrée par les

autorités et par les habitants d’Amazonas,

ainsi que par le peuple à travers

tout le Brésil.

Marcellus Campêlo, Secrétaire

de Santé pour l’état d’Amazonas, a

dit à Telesur que « l’arrivée de cet oxygène

à Manaus depuis le Venezuela

est très importante pour stabiliser

l’approvisionnement en oxygène dans

le système public d’Amazonas. Nous

traversons des moments très difficiles

en ce qui concerne notre approvisionnement,

donc toute aide et toute

donation que nous recevons sont les

bienvenues, surtout cette grande cargaison

qui vient du Venezuela ».

Il a ajouté que le peuple d’Amazonas

« remercie le peuple vénézuélien

pour leur soutien à la ville de Manaus

et à l’état d’Amazonas. Nous transmettons

nos remerciements chaleureux

pour le soutien qu’il nous offre

ici ».

En plus des bouteilles d’oxygène,

le gouvernement bolivarien

a aussi formé une brigade de 107

médecins brésiliens et vénézuéliens,

diplômés de l’Ecole latino-américaine

Salvador Allende de Caracas, pour

aider à combattre la pandémie. Le

ministre des Affaires étrangères, Jorge

Arreaza a dit que la brigade nouvellement

formée s’appellera la brigade

Simon Bolivar.

« Nous apportons la paix, nous

apportons de la joie, mettant en œuvre

notre diplomatie de paix ici avec

nos frères et nos sœurs du peuple

brésilien qui ont besoin de nous » a dit

Patricia Silva, Consul de la République

Bolivarienne du Venezuela, à Telesur.

Elle a ajouté « en tant que gouvernement

bolivarien, nous défendons

notre principe de coopération et de solidarité.

La solidarité entre les peuples

nous sauvera, surtout en plein milieu

de cette pandémie terrible. C’est pour

cela que nous sommes venus, pour

tendre la main à ces gens qui nous ont

offert tellement d’amour ».

Plus tôt dans la journée, plusieurs

mouvements sociaux et des partis

de gauche y compris le Mouvement

des Travailleurs Sans Terre, le parti

des Travailleurs de Brésil et d’autres,

se sont rassemblé le 19 janvier dernier

devant l’ambassade vénézuélienne à

Brasilia, capital du Brésil, pour remercier

la nation pour son magnifique

geste de solidarité.

Source originale: People Dispatch

20 Janvier 2021

Traduit de l’anglais par A.K pour

Investig’Action 29 Janvier 2021

Anne Alexander : Comment le

mouvement ouvrier au Soudan a-t-il

commencé?

Sudan Labour Bulletin (SLB) :

Le mouvement ouvrier a vu le jour au

Soudan comme une conséquence naturelle

des projets coloniaux dans la

région. La première grève au Soudan

a été organisée par les travailleurs du

secteur forestier en 1908. Elle a été

suivie d’autres grèves de moindre importance.

Finalement, la «conscience de

soi» de la classe ouvrière, numériquement

réduite, a trouvé son expression

dans les clubs ouvriers omniprésents

qui ont émergé au milieu des années

1930.

La plus grande grève jamais enregistrée

à cette époque a été organisée

en mars 1948 par la toute jeune Railway

Workers’ Affairs Association. Elle

est inscrite dans les annales du mouvement

ouvrier sous le nom de «La grève

des 33 jours», indiquant ainsi sa durée

héroïque.

La grève était la réponse des

cheminots au refus initial des autorités

coloniales britanniques de reconnaître

leur association, sans doute le premier

syndicat du Soudan [l’indépendance

intervient en 1956; sans que les provinces

du sud soient incluses dans l’Etat

fédéral, ce qui déboucha sur un conflit

militaire fort long].

Cette durée de grève record n’a

été dépassée que récemment par la

grève des travailleurs de l’usine sucrière

Kenana [à Khartoum] en 2020.

La première loi sur les syndicats

a été adoptée plus tard, en 1948. La

Fédération générale des syndicats a été

créée en 1950. Les syndicats qui ont

joué un rôle important dans l’histoire

du Soudan sont le Syndicat des cheminots,

celui des travailleurs portuaires,

des travailleurs du textile, ainsi que les

syndicats des médecins et des enseignants.

Anne Alexander : Les travailleurs

sont-ils majoritaires dans la société

soudanaise?

SLB : Cette question fait l’objet

d’un débat considérable et, par la suite,

d’une scission au sein du mouvement

communiste soudanais. En effet, on

peut affirmer que le travail salarié en

tant que tel ne constitue pas une majorité

de la main-d’œuvre. La majorité

des populations soudanaises continuent

de vivre de la terre, en tant que

paysans ou pasteurs [la population en

2018 s’élevait à quelque 41 millions

d’habitants].

Toutefois, la pénétration de la

commercialisation et du travail salarié

se poursuit sans relâche. Selon des modalités

et des formes qui ne créent pas

une main-d’œuvre «industrielle» majoritaire,

mais qui donnent naissance

néanmoins à une masse croissante de

personnes qui gagnent leur vie en vendant

leur force de travail.

L’expression «travail informel»

et ses ramifications sont mal adaptées

pour décrire cette vaste catégorie de

personnes, sans doute hétérogène, en

termes d’intégration dans un «marché

du travail» fragmenté. Leur expérience

du travail salarié est souvent saisonnière.

En général, elle se fait selon des

modalités coercitives et marquées par

des privations.

Toutefois, l’emploi, même s’il

est temporaire, est un bienfait dans

de telles conditions. En effet, les êtres

humains sont superflus pour le capitalisme.

La vie de ceux qui meurent dans

les conflits militaires qui se déroulent

dans les périphéries ne trouve pas une

résonnance centrale dans le discours

public qui est bien sûr contrôlé par la

classe dirigeante.

Un élément important et central

du système de travail salarié est

le régime de travail agricole saisonnier

et son articulation avec les guerres

périphériques du Soudan. C’est un aspect

peu exploré de l’évolution du travail

salarié au Soudan et un point aveugle

majeur dans la théorisation et le

débat sur la classe ouvrière soudanaise.

Anne Alexander : Quels étaient

les principaux défis auxquels étaient

confrontés les militants syndicaux pendant

la dictature d’Omar al-Bachir [de

1989-1993 à 2019]?

SLB : Après le coup d’État de

1989 qui a porté Al-Bachir au pouvoir,

un comité a été créé pour licencier de

leur travail les opposants politiques au

régime. Le comité a publié ce qu’il a

appelé «la loi sur le bien public» pour

justifier ses actions.

Les premiers organismes de travailleurs

qui ont souffert de cette loi ont

été le syndicat des chemins de fer, le

syndicat des transports routiers et celui

des transports fluviaux. Dans un épisode

d’extrême brutalité, le nouveau

régime a assassiné le docteur Ali Fadul

[le 21 avril 1990], qui était à la tête

d’une grève des médecins. D’autres

militants syndicaux et politiques ont

été arbitrairement arrêtés et licenciés

dans le cadre de ce qui était une purge

faite par la bureaucratie de l’État des

opposants politiques ou des opposants

probables. Les syndicalistes licenciés

ont été remplacés par des partisans du

régime.

Le régime a rapidement lancé

ses propres syndicats d’entreprise et sa

fédération syndicale tout en adoptant

une nouvelle loi qui criminalisait les

grèves. Dans ces conditions répressives,

les grèves ont fait un retour surprenant.

Les syndicats d’entreprise du régime

ont subi de fortes pressions suite

aux grèves sauvages des employé·e·s

Des travailleurs soudanais en grève

des échelons inférieurs de l’État: les enseignants,

les infirmières et les travailleurs

des installations publiques d’eau

et d’électricité. Ainsi, la loi est devenue

une lettre morte et une autre relique du

musée de l’oppression. Le mouvement

ouvrier, pourtant fragmenté et dépourvu

d’une structure syndicale, a mis à

mal le modèle des syndicats d’entreprise.

Au-delà des mesures répressives,

le plus grand défi auquel le mouvement

syndical était confronté résidait

dans les changements sectoriels et

démographiques au sein de la classe

laborieuse. Cette évolution est principalement

la conséquence de la vente

des entreprises d’État à des privés et

du fort démantèlement du secteur public,

étant donné que l’État était et reste

l’employeur dominant sur le marché du

travail dit formel.

Dès lors, a été perdue la force

principale de certains secteurs – à

savoir la concentration géographique

de contingents stratégiques des travailleurs

– comme celui des syndicats

des cheminots. La fragmentation de la

main-d’œuvre dans les petites unités

de fabrication et de services est sans

doute un défi majeur pour l’organisation

des travailleurs.

Les grèves des travailleurs de la

santé et des enseignants, ainsi que les

autres grèves mentionnées ci-dessus,

ont donné aux professionnels confiance

dans leur capacité à s’organiser. Elles

ont également ouvert de nouveaux espaces

pour s’opposer au régime totalitaire.

À plus grande échelle, ces luttes

ont rappelé à tous les secteurs de la

population que les thèmes et les revendications

soulevées par les différentes

organisations sont liés. Et, dès lors, ces

exigences ne pouvaient être satisfaites

que par le renversement du régime.

Anne Alexander : Quel rôle les

travailleurs organisés ont-ils joué dans

la révolution contre Al-Bachir?

SLB : Les travailleurs ont participé

à la révolution contre Al-Bachir

en tant que citoyens ordinaires et

parfois en tant que membres de petits

suite à la page(19)

Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

17


Art et Culture

Pleins Feux Sur : Joël Théodore ( ? – NY, 1994)

« La voix d’une filiation »

Par Ed Rainer Sainvill

deuxième moitié des années

1970 reste une époque

La

charnière de la musique ambiante

du terroir natal. La génération des

mini-jazz étant à sa fin de cycle,

quelques aspirants baladins

se montrent le nez dans le but de

contribuer artistiquement à leur

temps. C’est ainsi qu’est apparu

Joël Théodore, jeune vocaliste friand

de sérénades parmi d’autres

qui tient mordicus à se faire une

place sous les projecteurs du music-hall

local. Dans un environnement

sonore, surtout marqué par

les variétés françaises. Avec notamment

: Johnny, Cloclo, Sardou,

Mike Brant, Lenorman, Fréderic

François, Joe Dassin et autres

comme modèles, alors que Ansy

Dérose et Léon Dimanche et Roger

Colas à un degré moindre, constituent

au pays les seuls remparts

d’une chanson autochtone.

Pendant que le très raffiné

Gilbert Fombrun, présentateur de

l’émission prisée :’’Aux trapèzes

des étoiles’’ sur Radio Métropole,

ainsi que Lyonel Benjamin, animateur

fringant de ‘tam-Tam

129’’, sur les mêmes ondes,

revendiquent aussi leur statut de

chansonnier. C’est dans ce flux et

reflux que va émerger une lignée

d’amateurs ‘’crooners’’ comme :

Romel qui a déjà un tube à son

actif, doté du refrain :’’je dois retourner

dans mon cher pays/car

vraiment ma vie n’est pas ailleurs…’’.Et

aussi Gérard Pierre

avec quelques prestations convaincantes,

un certain ‘’teen

idole’’ du nom de Ed Sainvill dans

des performances à l’auditorium

de Saint-Louis de Gonzague, et

entre autres : Frantz Kam, Duval

Destin(d.cd récemment) ; sans

oublier la légion de Carrefour/Fontamara

avec : le diminutif Daddy,

Marco Jeanty avant qu’il ne s’allie

à Manno Charlemagne.

Et dans le même sérail, le trio

André Dubuisson, Erick Mazarin

et Joël Théodore qui a fait un tabac

au ‘’Boulo Show’’ de Boulo

Valcourt sur Télé Haïti. Evidemment,

c’est le déclic pour Joël qui

commence à savourer sa position

de vedette en herbe. Avec son timbre

haut-perché et clairsemé qui

se distingue bien de par sa musicalité

envahissante. C’est l’époque

des récitals d’étudiants au Collège

Grégoire Eugene à l’avenue Christophe

au Bas-Peu-de-Chose, chez

Gérard Gourgue au Haut-Peu-de-

Chose à Pacot et chez Frank Etienne

à Bel Air. Ces établissements

scolaires qui consistaient le ‘’Golf

Drouot’’ (1), Haïtien, pour ces

artistes émergents. Lesquels voulaient

se positionner en dehors de

la musique de danse dite commerciale.

Mais, c’est aussi la continuité

de l’exode des cerveaux au

cœur d’un pays ‘’Pèlen Tèt’’ pour

la génération subséquente ; qui

n’avait qu’un projet après l’école

ou l’université : partir, sans laisser

de traces, avec un dégout d’apatride.

Néanmoins, Joël Théodore

lui est resté au pays, malgré vents

et marées. Décidé à faire un impact

considérable et s’imposer

comme la voix de sa filiation. Pari

réussi pour ce ménestrel à la verve

déclamatoire qui a su faire valoir

sa marque sentimentale avec la

sortie de son premier album en

solo :’’Ti Pitite’’, comprenant : je

ne comprends pas, Haïti, Diana,

sosyete, et je t’aime tellement,

encore un mois, qui le

campe en interprète des variétés.

Et en même temps comme l’idole

de la gent féminine qui est tombé

à la renverse pour ce romantique

à la folie. A la même période, il est

sollicité par le « Bossa Combo »

dont une partie du groupe avait

décidé de ne pas retourner au

pays des tontons- macoutes, lors

d’une tournée à NY. Dont le chanteur

Charly Dorsainvil qu’il devait

remplacer pour s’installer en duo

avec le vétéran Raymond Cajuste.

Pour faire figure de gamin au sein

d’un groupe composé de vieux

routiers, auquel il avait apporté du

sang neuf, une audience féminine

et de nouvelles perspectives, après

l’éclatement de NY.

Contribuant en ce sens à la

renaissance du « Bossa Combo »

devenu ‘’Big band Bossa’’. Fort de

sa fraicheur, son exubérance et sa

voix éloquente qui a gratifié des

tubes comme : à la plage, gare

du nord, la patronne, arivis,

fanm alakokèt etc. Tout en

maintenant de front sa carrière

‘’solo’’ dans l’octroi d’un nouveau

disque avec les morceaux : je

t’aime, nou pa gen dwa kite,

yon mòso manman, se pou’n

lite, kite m viv, nowèl. Une ascension

tentaculaire pour Joël qui

est alors convié à tant d’initiatives.

Comme d’être le timbre approprié

de la dernière collaboration entre

le chef d’orchestre ‘’master brain’’

Nemours J. Baptiste et le ‘’maestro

difficile’’ Webert Sicot dans l’album

:’’L’union’’. Dans la perpétuation

du binôme konpa-kadans,

durant la première moitié des années

1980, juste avant la mort

de ces derniers.il a aussi pris part

à l’œuvre ‘’Lakòl’’ de Claude

Marcelin qui fut un prélude à la

nouvelle génération musicale.

Subséquemment, et face à la

détérioration continue des structures

morales et matérielles de son

pays, Joël a eu fini par prendre

part au ‘’sauve qui peut’’ général,

en allant s’établir à Brooklyn, NY

avec sa famille. Où il continué de

faire les délices de ses fans dans

les atmosphères des bistrots. Nous

donnant l’occasion de nous retrouver

en maintes fois dans les

bals privés ; tout en me donnant

des attentions et respect dus à un

alter-ego. Et s’étonnant encore

que je n’aie pas fait suite à ma

passion musicale. Pour ma part,

je lui fus gré d’avoir tenu le cap

et représenter une filière artistique

dont il a demeuré l’extension. Par

la suite, on s’est revus plusieurs

fois sur l’artère de Flatbush Avenue

à Brooklyn, alors qu’il était

la proie d’une terrible maladie.

Le voyant déambuler dans les

rues, démuni de ses forces n’était

pas facile. Et jamais il n’a semblé

perdre de sa jovialité et de ses

bonnes manières. Trouvant même

le temps de me prodiguer des conseils

salutaires. Et sa mort imminente

au cours d’un printemps

morose fut pleurée par tous les

amants de la musique.

Notes

1. Le Golf Drout fut un ancien

terrain de golf transformé en

espace de spectacles qui a servi au

lancement de la carrière musicale

des artistes de la génération yé-yé

française tels : Johnny Halliday,

Claude François, Michel Polnareff,

Eddy Mitchell, Richard Anthony,

Jacques Dutronc, Françoise Hardy

parmi tant d’autres.

Suite de la page (15)

régime s’auto-définissent « bandits

légaux ». Ce régime dépend désormais

du fonctionnement des associations

criminelles et mafieuses que

contrôle un cercle restreint d’escrocs

et de brasseurs d’affaires. Ce qui explique

pourquoi les infrastructures de

télécommunications sont régulièrement

utilisées pour faciliter la négociation

des rançons au vu et su de

tous. Il en est de même des équipements

publics, dont des véhicules

immatriculés « service de l’État » et

des uniformes de la police mis au

service des gangs fédérés pour leur

opération de kidnapping.

Tout ce drame social montre

clairement que les individus au pouvoir

ne se contentent plus de dilapider

les fonds publics, ils s’associent, de

surcroit, à des organisations criminelles

pour extorquer la population.

Des travailleurs et travailleuses déjà

largement éprouvés par l’exploitation

abjecte de l’oligarchie et des

firmes multinationales se trouvent au

quotidien dans l’obligation de verser

des rançons pour la libération d’un

proche à des gangs criminels à la solde

du pouvoir.

À part l’extorsion fort lucrative

que procure le kidnapping, il

y a également le climat de terreur

qu’entretiennent ces activités criminelles.

Les personnes enlevées sont

parfois soumises aux tortures les plus

sauvages avant d’être laissées pour

mortes sur des montagnes d’immondices.

Les femmes et les adolescentes

sont souvent l’objet de viols

collectifs à répétition avant d’être

exécutés.

Soulignons pour finir que cette

terreur n’a rien d’accidentel, elle fait

partie intégrante de l’essence du régime

au pouvoir et de l’attente de

l’oligarchie haïtienne qui veut conserver

le statu quo par tous les moyens.

C’est pratiquement leur mode

opératoire pour tenir en respect les

travailleurs et travailleuses et les autres

groupes opprimés de la société.

C’est la meilleure façon de garantir

les intérêts de cette oligarchie et des

firmes multinationales dans le pays.

Les puissances occidentales

qui sont directement intervenues

pour imposer ce régime, suite au

cataclysme du 12 janvier 2010, continuent

ouvertement à l’appuyer en

dépit de la forte mobilisation des millions

d’haïtiens et d’haïtiennes qui

continuent de lutter contre à la fois

ce régime et l’ordre social capitaliste

néocolonial dans le pays.

Pour authentification.

Renel Exentus

Ricardo Gustave

Montréal, le premier

février 2021

*Le Regroupement des Haïtiens

de Montréal Contre

l’Occupation d’Haïti

Contact : rehmoncohaiti1915@

gmail.com

Suite de la page (10)

camper avec sa communauté Sikh.

Dans les États voisins, voilà cinq

mois que les manifestations ont commencé.

Au Pendjab, un fermier de soixante-cinq

ans s’est récemment donné

la mort. Dans l’Haryana, la police a fait

usage du canon à eau pour repousser des

manifestants du Parti du Congrès, principal

parti d’opposition à Narendra Modi.

En dépit de la décision de la Cour Suprême,

Rahul Gandhi, la figure du Parti

du Congrès, a d’ailleurs manifesté dans

la capitale vendredi 15. « Le Congrès ne

cédera pas tant que ces lois ne seront pas

abrogées. Ces lois ne visent pas à aider

les agriculteurs, mais à les achever. »

D’autres États comme le Rajasthan,

l’Uttar Pradesh ou le Maharashtra

ont récemment rejoint la lutte. Dans les

quasi-villes autonomes qui poussent

aux frontières de Delhi, les participants,

toujours plus nombreux, sont résolus

à tenir des mois, voire jusqu’à la mort.

Alité dans un dortoir, l’un d’eux témoigne.

« Mon grand-père est mort après

soixante-quatorze jours de grève de la

faim. Aujourd’hui, le gouvernement de

Narendra Modi veut nous enterrer. Alors

depuis dix jours, j’ai moi aussi cessé de

m’alimenter et de boire. »

Prochaine étape : le 26 janvier,

jour de la fête nationale, dite Republic

Day. À 83 ans, le célèbre activiste Anna

Hazare a annoncé qu’il y entamerait lui

aussi « sa dernière grève de la faim ». Certains

manifestants ont menacé de marcher

sur la capitale. Des intentions que les

syndicats agricoles se sont empressés de

réfuter. Certains craignent en effet que

d’éventuelles violences puissent profiter

au BJP, le parti de Narendra Modi, qui

affirme que les fermiers sont manipulés

par l’opposition et qu’ils sont violents.

À quelques jours de la grande parade, la

tension est à son comble.

NDLR: Le 26 janvier, les paysans

ont été autorisés à manifester à New

Delhi, mais des confrontations ont rapidement

éclaté avec les forces de l’ordre.

La mobilisation ne faiblit pas. S’appuyant

sur un large soutien populaire, les

paysans réclament toujours le retrait des

Farm Bills. (IGA)

Source: Reporterre

Investig’Action 28 Janvier 2021

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18 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021


Suite de la page (17)

groupes «fermés». Cela était dû à la

nature répressive du régime. Toutefois,

quelques moments exceptionnels sont

à signaler, par exemple les travailleurs

du Port terrestre (le principal terminus

de bus pour Khartoum et sa banlieue

– un ensemble d’environ un million

d’habitants) ont organisé une grève

au cours de laquelle ils ont bloqué le

réseau de bus de la capitale.

Par ailleurs, les nombreuses

manifestations des travailleurs et des

professionnels de différents secteurs

tels que l’électricité, les télécommunications

et les soins de santé ont porté

des coups fatals au régime et ont conduit

à sa chute en avril 2019.

Anne Alexander : Pouvez-vous

nous en dire plus sur la

façon dont les grèves générales ont été

organisées pendant la révolution?

SLB : En 2019, les révolutionnaires

ont lancé des slogans et des

revendications qui ont uni différents

secteurs politiques et professionnels.

L’Association des professionnels soudanais

(SPA), qui regroupe différents

corps professionnels (médecins, avocats

et journalistes), a adopté ces

revendications et a soutenu les révolutionnaires

dans la rue. C’est pourquoi,

lorsque la SPA a appelé à des grèves

générales, les masses ont réagi rapidement.

Tous les corps professionnels

et ouvriers ont mené des grèves

générales qui ont forcé les généraux du

Conseil militaire de transition (CMT) à

ouvrir des négociations avec la coalition

politique d’opposition, les Forces

de la liberté et du changement (FFC).

L’atmosphère politique générale

a également contribué à l’unité des

masses après le massacre du 3 juin

2019, au cours duquel le CMT a

fait assassiner des révolutionnaires

qui manifestaient devant le quartier

général militaire de Khartoum.

Anne Alexander : Que s’est-il

passé depuis l’arrivée au pouvoir du

gouvernement de transition?

SLB : Malgré la formation d’un

gouvernement de transition, les conditions

des travailleurs sont les mêmes.

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Les conditions de vie se détériorent de

jour en jour et les salaires ne peuvent

pas suivre l’augmentation des prix. De

plus, les mêmes lois du travail sont

toujours en vigueur. De nombreux

travailleurs ont été arbitrairement licenciés

depuis la création de ce gouvernement

pour avoir revendiqué leurs

droits fondamentaux.

Les grèves se poursuivent, la

dernière en date étant celle des médecins

en formation. Ils réclament une

échelle de carrière, des salaires (la

plupart d’entre eux travaillent pendant

des années sans aucun salaire) et une

assurance maladie.

Anne Alexander : Quelles sont

les évolutions juridiques en matière de

droit d’organisation des travailleurs et

travailleuses?

SLB : En ce qui concerne le droit

d’organisation, les conditions des travailleurs

sont les mêmes que pendant

l’ère Al-Bachir. Jusqu’à présent, le

gouvernement de transition a nommé

des comités directeurs de travailleurs

au lieu de laisser les travailleurs élire

démocratiquement leurs représentants.

La plupart de ces nominations

ont été purement politiques. En outre,

la loi sur les syndicats n’a toujours pas

été adoptée, car les autorités tentent

d’imposer une loi qui limitera les libertés

syndicales.

L’Association des professionnels

soudanais et le Parti communiste soudanais

soutiennent également cette

loi. Le Parti communiste est enclin à

davantage de restrictions et à une plus

grande intervention de l’État dans

les organisations de travailleurs. La

cause de cette orientation nécessite

une compréhension de la stratégie

d’ensemble du parti. Il s’est coupé de

la classe ouvrière et est convaincu que

l’alliance avec la bourgeoisie est le

seul outil pour transformer la société,

même si certaines tensions peuvent

être transcendées. Cela signifie qu’il

faut considérer les syndicats comme

une monnaie d’échange politique dans

les négociations avec les autres pouvoirs

politiques plutôt que comme des

«écoles de lutte».

En bref, les intérêts des travailleurs

ont été ignorés lors de la rédaction

du projet de loi, et les options

étatistes dominent. Cette proposition

de loi a été rédigée et décrétée d’en

haut et les travailleurs n’ont jamais

été consultés à ce sujet. Et bien que

le Soudan ait signé la Convention n°

87 de l’OIT, qui garantit le droit des

travailleurs à s’organiser, dans la réalité

celle-ci n’a pas été mise en œuvre.

Tout discours sur les libertés syndicales

n’est que pure propagande de la

part du gouvernement.

Anne Alexander : Les partis

politiques jouent-ils un rôle important

dans le mouvement syndical?

SLB : Les partis politiques actuels

jouent un rôle négatif dans le

mouvement ouvrier: premièrement, en

faisant partie de la coalition au pouvoir,

les partis politiques répriment activement

le mouvement ouvrier pour les

raisons mentionnées précédemment

et, deuxièmement, en insistant sur un

acte autoritaire qui viole les principes

de base de la construction d’un mouvement

ouvrier démocratique

Anne Alexander : Quels sont

les défis auxquels s’affronte aujourd’hui

le mouvement syndical soudanais?

SLB : Les principales revendications

des travailleurs portent sur

l’amélioration des conditions de travail,

l’augmentation des salaires, la

liberté d’organisation sans harcèlement

de la part des employeurs. Les

défis à relever sont les suivants: la

création d’organisations de base qui

représentent véritablement les intérêts

des travailleurs et la modification des

lois qui paralysent le mouvement ouvrier,

en particulier le code du travail

de 1997 au moyen duquel des centaines

de travailleurs ont été arbitrairement

licenciés depuis que ce gouvernement

de transition est au pouvoir,

en septembre 2019.

MENA Solidarity Network 17

janvier 2021

Traduction rédaction A l’Encontre

1 er février 2021

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20 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 14 # 31 • Du 3 au 9 Février 2021

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