29.03.2021 Vues

Qualité Références 88

Des outils numériques pour mieux manager

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Mars - Avril - Mai 2021 / Trimestriel / 20€ N° <strong>88</strong><br />

Dossier<br />

Des outils numériques pour<br />

mieux manager 29<br />

TRIBUNE :<br />

De nouveaux repères pour utiliser la qualité dans les entreprises 9<br />

PREVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT :<br />

Quelles pratiques la crise de la Covid-19 a-t-elle<br />

remises en question ? 12<br />

EXCELLENCE, DEMARCHE :<br />

Excellence relationnelle pour un meilleur<br />

engagement 15<br />

CONTROLE QUALITE INDUSTRIEL :<br />

Des logiciels pour gérer l’agroalimentaire42


ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°72 • février-mars-avril 2021


ÉDITORIAL<br />

L’excellence relationnelle,<br />

le numérique et leurs défis*<br />

©DR<br />

©DR<br />

Valérie Brenugat<br />

Rédactrice en chef.<br />

Pierre Girault<br />

Président de France<br />

<strong>Qualité</strong> et membre du<br />

comité éditorial de <strong>Qualité</strong><br />

<strong>Références</strong>.<br />

En cette période de crise sanitaire, la qualité des relations est plus importante que jamais,<br />

le télétravail ayant révélé des faiblesses managériales. Dans ce numéro, des experts<br />

partagent leurs expériences d’excellence relationnelle.<br />

Oui, la qualité relationnelle s’avère au cœur des démarches de progrès, de la maîtrise<br />

des risques, des défis du management. La qualité au sens large passe d’abord par la dynamique<br />

d’échange participatif avec les salariés et autres parties prenantes, ensuite par la déclinaison d’un<br />

pilotage d’activité/de la performance fondé sur le savoir-être au moins autant que le savoir-faire.<br />

Par ailleurs, dans le cadre du plan de relance et de l’initiative France Num, Bpifrance a mis en œuvre<br />

un appel à projets destiné à développer<br />

l’accompagnement au numérique<br />

« Oui, la qualité relationnelle s’avère au cœur<br />

des démarches de progrès, de la maîtrise des<br />

risques, des défis du management »<br />

des TPE et des PME. L’objectif de cet<br />

appel à projets piloté par la Direction<br />

Générale des Entreprises consiste à<br />

sélectionner des groupements d’opérateurs<br />

intervenant à l‘échelle nationale,<br />

locale ou sectorielle, en capacité de recruter des TPE et des PME éloignées du numérique<br />

afin de les former à des outils et de les sensibiliser à la transformation digitale. Dans le dossier de<br />

ce numéro, des experts abordent les enjeux numériques et les défis du télétravail.<br />

Au-delà, on peut souligner un marqueur important pour l’avenir. Dans le cadre du plan de relance,<br />

plus globalement, l’accès à différentes modalités d’aide, d’accompagnement des entreprises, notamment<br />

PME/PMI, repose sur la satisfaction de critères comme le déploiement du numérique donc,<br />

l’innovation aussi, ou l’engagement croissant en termes de transition écologique-RSE… Autant<br />

de mouvements qui participent de l’amélioration continue du fonctionnement, des résultats des<br />

organismes publics comme privés – et dont l’utilisation des méthodes et outils qualité peut/doit à<br />

la fois conforter l’efficacité et favoriser l’acceptabilité. Une question pour l’avenir : les outils numériques<br />

permettront-ils de pallier les difficultés liées à la crise sanitaire ?<br />

Valérie Brenugat et Pierre Girault<br />

Envie de réagir ?<br />

@qualiref<br />

*Cet éditorial a été coécrit avec Pierre Girault, président de France <strong>Qualité</strong> à l’occasion de la Journée Française France <strong>Qualité</strong>.<br />

ÉDITEUR<br />

MRJ Informatique<br />

22, Boulevard Gambetta<br />

92130 Issy-les-Moulineaux<br />

Tel : 01 84 19 38 10<br />

Fax : 01 34 29 61 02<br />

www.qualite-references.com<br />

redaction@qualite-references.com<br />

/Qualite.References<br />

/@qualiteref<br />

Direction :<br />

Michaël Lévy<br />

Directeur de publication :<br />

Jérémie Roboh<br />

Directeur des rédactions :<br />

Olivier Guillon<br />

Rédactrice en chef :<br />

Valérie Brenugat<br />

COMMERCIALISATION<br />

Publicité :<br />

Sonia Cheniti<br />

s.cheniti@mrj-corp.fr<br />

Diffusion et Abonnements :<br />

https://digital.mrj-presse.fr/<br />

https://qualite-references.com/<br />

la-revue/<br />

Emilie Bellenger<br />

abonnement@qualite-references.com<br />

Prix au numéro :<br />

20 €<br />

Abonnement 1 an France et<br />

Etranger, 4 numéros en version<br />

numérique : 60 € TTC<br />

Abonnement 1 an version<br />

numérique + papier : 85 € TTC<br />

Règlement par chèque<br />

bancaire à l’ordre de MRJ<br />

RÉALISATION<br />

Conception graphique :<br />

Dolioz - Adeline Docquier<br />

Impression :<br />

Quarante Six<br />

Parc d’activités Leapark<br />

130, rue Marcel Hartmann<br />

94200 Ivry-sur-Seine<br />

N°ISSN :<br />

1293‐2949<br />

Dépôt légal : à parution<br />

Périodicité : Trimestrielle<br />

Numéro : 86<br />

Date :<br />

Mars - Avril - Mai 2021<br />

RÉDACTION<br />

Rédactrice en chef<br />

Valérie Brenugat<br />

Comité de rédaction : Christian<br />

Doucet (AME), Pierre Girault (AFQP, Air<br />

France), Olec Kovalevsky (Performance<br />

<strong>Qualité</strong> TPE – PME).<br />

Ont contribué au numéro : Valérie<br />

Brenugat, Christian Doucet, Pierre<br />

Girault, Pierre Maillard, Olec<br />

Kovalevsky, Elisabeth Hachmanian<br />

(PwC), Gérard Vael (Médiateurexpert),<br />

Benoit Fletcher (Groupe Faubourg),<br />

Maxime Lelarge (Sorry Mom<br />

Tatouage), Florent Mourens<br />

(Cultural Broker), Guillaume Attias<br />

(BMO Academy), Laurent Letang<br />

(Les Joyeux Gribouilleurs), William<br />

Zanotti (Digilence), Jean-François<br />

Pirus et Thibault Trintignac (BPMS),<br />

Pierre Lacoin (1792avocats), Mickaël<br />

Delcroix (Speechi), Régis Messali<br />

(Unifab), Samantha Catalon (Borde),<br />

Yaël Assouline (Iteca), Nicolas Cantini<br />

(Hennessy), Nathalie Chesnais<br />

(Servair).<br />

Crédits Photos :<br />

DR, iStock, Basile Crespin, Ville de Nancy, CH<br />

Jean Coulon – Gourdon.<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES• N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021I3


SOMMAIRE<br />

DOSSIER<br />

Des solutions numériques pour<br />

mieux manager<br />

29<br />

30 <strong>Qualité</strong> des données saisies : Comment le Robotic Process<br />

Automation (RPA) est devenu la solution de référence?<br />

32 Digitaliser les processus en tenant compte de leur maturité<br />

technologique<br />

34 ANI du 24/11/2020 sur le télétravail : beaucoup de bruit pour rien ?<br />

36 Speechi : des outils interactifs et collaboratifs<br />

Éditorial<br />

3 L’excellence relationnelle, le<br />

numérique et leurs défis<br />

BILLET<br />

8 L’excellence française à l’heure du<br />

CoVid<br />

TRIBUNE<br />

9 De nouveaux repères pour utiliser la<br />

qualité dans les entreprises<br />

TPE - PME<br />

11 Premiers pas en <strong>Qualité</strong> dans les<br />

TPE – PME<br />

Préventions des risques<br />

12 Quelles pratiques la crise de la<br />

Covid-19 a-t-elle remises en<br />

question ?<br />

Excellence, Démarche,<br />

Management<br />

15 Gérard Vael : de l’AFQP au coaching<br />

19 Aniel : une qualité récompensée<br />

23 Sorry Mom Tatouage : un service de<br />

qualité<br />

26 Comment démultiplier les effets<br />

des démarches d’excellence<br />

opérationnelle ?<br />

Contrôle qualité<br />

industriel<br />

39 Unifab s’attaque à la contrefaçon<br />

42 Servair : sa DGA Process Industriels,<br />

<strong>Qualité</strong> et RSE partage son expérience<br />

44 Borde utilise l’ERP Copilote d’Infologic<br />

46 Partenariat entre La Maison Hennessy<br />

et la start-up Iteca<br />

Outil<br />

48 Agenda<br />

50 Sommaire / Index<br />

Courrier des<br />

lecteurs<br />

Pour recueillir vos réactions<br />

aux articles ou partager votre<br />

expertise, des pages consacrées<br />

aux échanges des lecteurs ont<br />

été créées dans la revue ainsi<br />

qu’un courriel dédié :<br />

> redaction@qualite-references.com<br />

Si vous envoyez un article<br />

entre 2900 et 5800 signes<br />

pour la rubrique « Courrier<br />

des lecteurs » et qu’il est<br />

sélectionné par le comité de<br />

rédaction d’ici le 30 septembre<br />

2021, vous gagnerez un<br />

abonnement gratuit pendant<br />

6 mois à la revue <strong>Qualité</strong><br />

<strong>Références</strong>. Votre avis nous<br />

importe et nous avons besoin de<br />

vos réactions. A vos plumes…<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES• N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021I 5


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www.qualios.com<br />

4, rue du Bois de La Champelle<br />

54500 VANDŒUVRE LES NANCY<br />

Tél. 33 (0)3 83 44 75 50<br />

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E-mail : contact@qualios.com<br />

Lauréat Prix France<br />

<strong>Qualité</strong> Performance 2014<br />

Certifié ISO9001<br />

depuis 2006


© Basile Crespin<br />

EXCELLENCE, DEMARCHE<br />

LES TEMPS FORTS<br />

Excellence relationnelle pour<br />

un meilleur engagement p 15 à 28<br />

Animateur de la Commission « Savoir-être et <strong>Qualité</strong> Relationnelle »<br />

du Think Tank Made in <strong>Qualité</strong> de l’AFQP, Gérard Vaël a publié le Livre<br />

Blanc de la <strong>Qualité</strong> relationnelle. Benoit Fletcher, Directeur Supply<br />

Chain & Opérations du Groupe Faubourg, présente, quant à lui,<br />

l’excellence relationnelle du distributeur de pièces de carrosserie,<br />

Aniel. En outre, Maxime Lelarge, gérant, explique comment Sorry<br />

Mom Tatouage s’attache à la relation client et au bien-être de ses<br />

tatoueurs. Enfin, Guillaume Attias, Fondateur de BMO Academy et<br />

Florent Mourens, Président fondateur de Cultural Broker.<br />

© DR<br />

DOSSIER<br />

Des outils numériques pour<br />

mieux manager p 29 à 38<br />

Digilence explique comment le Robotic Process Automation (RPA) est<br />

devenu la solution de référence pour garantir la qualité des données<br />

saisies. Puis BPMS conseille comment digitaliser les processus en<br />

tenant compte de leur maturité technologique. Pierre Lacoin, avocat<br />

à la Cour au cabinet 1792avocats, fait, quant à lui, le point sur le<br />

nouvel accord national interprofessionnel (ANI) sur le télétravail.<br />

Enfin, Speechi présente et recommande des solutions interactives<br />

et collaboratives pour le télétravail. Précisions.<br />

© DR<br />

PREVENTION DES RISQUES<br />

Quelles pratiques la crise de la<br />

Covid-19 a-t-elle remises en<br />

question ? p 12 à 14<br />

Elisabeth Hachmanian, associée Consulting secteur public et santé<br />

chez PWC, dresse un constat sur le management dans le service<br />

public lors de la crise sanitaire. Dans son avis d’expert, elle traite de<br />

la montée en puissance du télétravail et des interactions à distance, la<br />

reconnaissance du rôle majeur de la logistique et gestion des crises ainsi<br />

que de la transformation des pratiques managériales et l’articulation<br />

central / local. Zoom.<br />

© DR<br />

CONTROLE QUALITE INDUSTRIEL<br />

Des logiciels pour gérer<br />

l’agroalimentaire p 42 à 47<br />

Le dirigeant de la société Borde spécialisée dans les champignons<br />

sylvestres, Alain Borde, revient sur la mise en place du logiciel<br />

de gestion Copilote édité par Infologic en 2014. Quant à la Maison<br />

Hennessy (Groupe LVMH), leader mondial des vins et spiritueux<br />

premium, a confié à la start-up Iteca la conception, le développement<br />

et le déploiement d’un logiciel de digitalisation de l’amélioration<br />

continue. Enfin, Nathalie Chesnais, DGA Process Industriels,<br />

<strong>Qualité</strong> et RSE chez Servair, partage son expérience des logiciels<br />

dans son secteur de la restauration. Explications.<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES• N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I7


BILLET<br />

L’EXCELLENCE FRANÇAISE À L’HEURE DU COVID<br />

© DR<br />

Christian Doucet<br />

Membre du comité éditorial de <strong>Qualité</strong><br />

<strong>Références</strong> et auteur d’ouvrages<br />

Le CoVid 19 aura laissé derrière lui une France en bien<br />

mauvais état dans beaucoup de domaines : des finances<br />

exsangues dans les entreprises, des chômeurs en désespoir,<br />

une économie en régression, de nombreux français<br />

traumatisés. Il a bénéficié, en outre, de l’alliance objective<br />

du réchauffement climatique et notamment de la tempête ALEX<br />

qui a déferlé sur le sud-est, ravageant tout sur son passage.<br />

Dur, dur !<br />

Il nous faudra beaucoup reconstruire. Mais comment s’y<br />

prendre ? Que doit être le monde « d’après » ?<br />

Il est clair qu’il nous faudra respecter notre nouveau patron,<br />

« M. Climat » sous peine de voir se multiplier les déconvenues<br />

et les séismes climatiques destructeurs. Il n’est plus temps de<br />

se limiter à réduire les pollutions et les émanations aggravant<br />

l’effet de serre. Il faut vivre désormais avec un climat dégradé,<br />

arriver à supporter au mieux les tempêtes, les canicules, les<br />

méga-incendies et les pollutions tout en veillant à les réduire<br />

progressivement (mais ce sera long...). Une nouvelle ingénierie<br />

et un nouvel urbanisme sont maintenant à concevoir.<br />

Si l’on consulte l’histoire, après chaque guerre, ce sont souvent<br />

les pays les plus détruits qui ont ensuite dominé, par exemple,<br />

le Japon anéanti par les bombes atomiques de Nagasaki et<br />

Hiroshima, et l’Allemagne post Hitler que les bombardements<br />

de 1945 ont mis à genoux. Ces deux pays ont profité<br />

de la reconstruction pour faire le choix d’une industrie solide,<br />

fondée sur l’innovation et la réponse aux nouveaux besoins<br />

et, surtout, ancrée dans l’excellence, vertu clef pour un succès<br />

commercial durable.<br />

Nous en sommes largement capables comme le démontrent<br />

nos succès dans le luxe, l’aéronautique, le TGV, l’espace... tandis<br />

que les milliards déversés sur l’économie peuvent être notre<br />

plan Marshall moderne. Menons toutefois de front trois défis :<br />

innovons, accompagnons d’une qualité de service sans failles,<br />

soyons rigoureux. Et ne succombons pas aux délices et aux<br />

facilités (pour l’entreprise !) de produits peu durables et peu<br />

innovants, de SAV coûteux, de commerciaux dopés aux prix<br />

bas. Portons au plus haut l’image et de la renommée de nos<br />

entreprises !<br />

D’ores et déjà, le top de départ est lancé pour cette course à<br />

une nouvelle suprématie économique.<br />

C’est le pays qui se sera le plus et le mieux renforcé qui la<br />

gagnera. La Chine ? Et pourquoi pas la France ?<br />

Christian Doucet<br />

Si cet article vous a intéressé, faites part de vos réactions<br />

sur l’e-mail : ccdt@cegetel.net. Après accord de la rédaction,<br />

vos remarques seront publiées dans le prochain numéro de<br />

<strong>Qualité</strong> <strong>Références</strong>.<br />

© DR<br />

8 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


TRIBUNE<br />

De nouveaux repères<br />

pour utiliser la qualité dans les entreprises<br />

Les ruptures actuelles, dans l’évolution de notre écosystème, font perdre un certain nombre<br />

de repères dans la production et l’usage de la qualité au sein des entreprises. Des rencontres<br />

récentes avec des dirigeants, nous incitent à essayer de préciser notamment les liens entre<br />

politique d’entreprise et qualité.<br />

l’information, associées à la modélisation<br />

systémique de la complexité.<br />

© DR<br />

Pierre Maillard<br />

Consultant.<br />

Des dirigeants, dans le contexte<br />

socio-économique critique<br />

actuel, se posent avec acuité<br />

la question des bénéfices pour<br />

l’entreprise des dépenses réalisées au titre de<br />

la qualité, et plus précisément de la place de<br />

la qualité dans leur politique.<br />

Au fil des années, les entreprises ont accumulé<br />

des dépenses pour réaliser des actions<br />

d’améliorations, et répondre à des exigences<br />

normatives, qui couvrent, un champ de<br />

plus en plus large de leurs activités tout<br />

en restant limité à la maîtrise des risques<br />

et au traitement des non-conformités aux<br />

engagements pris vis-à-vis des clients. Ces<br />

dépenses sont principalement perçues<br />

comme des coûts nécessaires sans pouvoir<br />

anticiper d’éventuels retours sur investissements.<br />

Un certain nombre d’entreprises semblent<br />

s’engager dans un nouvel usage de la qualité<br />

qui peut se résumer par le slogan :« optimiser<br />

les Retours sur Investissements par<br />

la Satisfaction des Clients. » (Management<br />

du RISQ). Ce nouvel usage de la qualité qui<br />

s’inscrit parfaitement dans la finalité d’une<br />

entreprise, conduit à de nouvelles méthodologies<br />

qui se développent en donnant une<br />

large place : aux nouvelles techniques de<br />

© DR<br />

« L’expression d’une<br />

politique qualité<br />

doit alors décrire<br />

plus précisément<br />

comment la<br />

production de<br />

la qualité dans<br />

l’entreprise se<br />

met au service<br />

de sa politique<br />

générale. »<br />

Par ailleurs, la plupart des référentiels<br />

normatifs portant sur le management de la<br />

qualité expriment la nécessité d’une politique<br />

qualité en des termes très généraux qui<br />

font que des entreprises limitent l’expression<br />

de leur politique qualité à des intentions<br />

générales souvent quasi identiques d’une<br />

entreprise à l’autre, alors qu’une politique<br />

doit exprimer les choix personnalisés qui<br />

orientent les évolutions de l’entreprise sur le<br />

moyen ou le long terme, et les gains qu’elle<br />

peut en retirer.<br />

Les politiques des entreprises s’orientent<br />

principalement aujourd’hui vers la conquête<br />

de marchés ou le maintien d’une position<br />

stratégique sur un marché, par l’innovation<br />

et par la compétitivité. Pour contribuer à<br />

la réalisation de ces politiques, l’usage et la<br />

production de la qualité dans les entreprises<br />

doivent reposer sur des stratégies qualité<br />

plus offensives que défensives qui consistent<br />

à utiliser la qualité : pour optimiser les<br />

chances de succès des démarches d’innovations,<br />

et pour renforcer la compétitivité<br />

de leurs produits et de leurs services. Les<br />

actions spécifiques des nouvelles démarches<br />

qualité intégrées aux projets d’innovation<br />

et de renforcement de la compétitivité<br />

sont considérées alors comme des investissements<br />

à condition d’identifier leurs<br />

contributions probables aux retours sur<br />

investissements.<br />

L’expression d’une politique qualité doit<br />

alors décrire plus précisément comment la<br />

production de la qualité dans l’entreprise<br />

se met au service de sa politique générale.<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I9


TRIBUNE<br />

Pour illustrer cette évolution nous proposons l’exemple<br />

suivant qui porte sur un groupe international de cliniques<br />

privées… et qui doit pouvoir être porté utilement à la<br />

connaissance d’autres grandes entreprises !<br />

LA POLITIQUE GÉNÉRALE EST LA SUIVANTE :<br />

Notre groupe doit poursuivre son implantation dans l’Est de<br />

l’Europe en gardant sa notoriété basée sur le traitement de<br />

la douleur, l’implication forte des patients dans la prise en<br />

charge thérapeutique, et le confort hôtelier.<br />

Nous espérons ainsi couvrir X % des soins hospitaliers en<br />

Europe en dix ans, et multiplier par quatre notre capital<br />

pendant cette période.<br />

Tout projet d’implantation doit intégrer un programme de<br />

transfert de la culture d’entreprise et de ses modes d’organisation<br />

en restant suffisamment flexible pour s’adapter à la<br />

culture locale sans perte de notoriété.<br />

Un plan d’investissement de Y millions d’euros est prévu<br />

sur dix ans.<br />

LA POLITIQUE QUALITÉ ASSOCIÉE EST LA<br />

SUIVANTE :<br />

Tout projet d’implantation doit se construire en se conformant<br />

au référentiel du label qualité de notre société, qui est<br />

conforme aux réglementations des marques collectives de<br />

certification des lieux d’implantation, et qui assure la validation<br />

: de toute nouvelle innovation technologique, et le<br />

niveau de compétitivité du nouvel établissement, pour réaliser<br />

notre politique.<br />

Le référentiel du label doit être décliné dans un langage<br />

opérationnel spécifique, propre à chaque nouvelle implantation<br />

qui lui sert de socle culturel.<br />

La mise en conformité du futur établissement par rapport<br />

à ce label doit faire l’objet d’une gestion de configuration<br />

spécifique intégrée à chaque revue du projet d’implantation.<br />

L’ouverture d’un nouvel établissement n’est possible que si un<br />

audit approfondi de la conformité du système de management<br />

de la qualité au référentiel du label, par un organisme<br />

tierce partie maîtrisant ce référentiel, ne met pas en évidence<br />

des non-conformités jugées comme des risques inacceptables<br />

par la direction de l’établissement.<br />

Le service qualité du futur établissement sera chargé d’assurer<br />

la conformité permanente du système de manage-<br />

ment de l’établissement au référentiel du label qualité sous<br />

la responsabilité du directeur de l’établissement.<br />

Pour que la politique qualité puisse suffisamment guider<br />

la conduite des activités de l’entreprise, il est préférable<br />

de la décliner sans passer par des strates managériales<br />

intermédiaires au niveau du pilotage de chaque « ligne de<br />

production » de l’entreprise. Une ligne de production est<br />

une chaîne de valeurs particulière qui réalise l’ensemble des<br />

activités de l’entreprise qui conçoivent puis produisent une<br />

famille de produits et de services s’adressant à un segment<br />

de marché. Lorsqu’une entreprise possède plusieurs lignes<br />

de production, les déclinaisons de la politique qualité<br />

peuvent être différentes d’une ligne de production à une<br />

autre tout en reposant sur une « culture qualité » partagée<br />

par l’ensemble des acteurs impliqués dans leur production.<br />

« Ces usages de la qualité reposent<br />

sur des méthodologies nouvelles qui<br />

associent intimement les logiques : qualité,<br />

marketing, et commerciales, aux méthodes<br />

de conduite des projets. »<br />

Ces usages de la qualité reposent sur des méthodologies<br />

nouvelles qui associent intimement les logiques : qualité,<br />

marketing, et commerciales, aux méthodes de conduite<br />

des projets. Ces nouveaux usages de la qualité font évoluer<br />

le rôle des services qualité dans les entreprises en déléguant<br />

l’assurance du respect des exigences réglementaires<br />

à des « ingénieurs d’affaires réglementaires » possédant une<br />

certaine compétence juridique. Les missions du service<br />

qualité se focalisent alors principalement sur l’amont de<br />

la production des produits et sur l’aval au niveau de la<br />

coproduction avec les parties prenantes des services associés<br />

aux produits. ●<br />

Pierre Maillard<br />

«Les missions du service qualité se<br />

focalisent alors principalement sur l’amont<br />

de la production des produits et sur l’aval<br />

au niveau de la coproduction avec les<br />

parties prenantes des services associés aux<br />

produits.»<br />

10 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


TPE - PME<br />

POINT DE VUE<br />

Premiers pas en <strong>Qualité</strong><br />

dans les TPE – PME<br />

Il y a tout juste un an, nous inaugurions cette rubrique destinée à rendre compte des démarches<br />

qualité naissantes dans des TPE – PME de nos territoires. Au fil des 4 publications de 2020, nous avons<br />

présenté des entreprises de tailles et de secteurs d’activités différents qui ont choisi d’engager des<br />

démarches qualité et nous avons partagé leurs motivations ainsi que quelques-uns de leurs outils et<br />

approches qualité. Nous proposons dans ce numéro de faire une synthèse sur ces derniers.<br />

© DR<br />

Olec Kovalevsky,<br />

consultant-formateur,<br />

gérant d’Avantage<br />

<strong>Qualité</strong>.<br />

En effet, compte tenu de la situation<br />

sanitaire tout au long de<br />

l’année 2020, il n’a pas été facile<br />

en ce début 2021 de rencontrer<br />

les entreprises sélectionnées ni pour elles<br />

de nous recevoir et de nous consacrer du<br />

temps.<br />

Après quatre publications en 2020, il nous<br />

a paru intéressant de faire une synthèse sur<br />

les pratiques et outils méthodologiques<br />

principaux que nous préconisons avec<br />

succès depuis 2015 et dont des éléments<br />

ont été présentés séparément au cours des<br />

articles précédents.<br />

les outils qualité utilisés selon les risques<br />

identifiés et les activités concernées.<br />

Cette approche nous a conduit à développer<br />

un métamodèle de management de la<br />

qualité, permettant de déployer des SMQ<br />

individualisés et personnalisés à chaque<br />

entreprise, par une approche articulée<br />

autour de processus métiers de bout en<br />

bout soutenus par des professionnels aux<br />

compétences spécifiques identifiées et par<br />

des activités Support. L’ensemble étant<br />

orienté par la stratégie de chaque entreprise<br />

conduite au travers d’instances de<br />

pilotage et de décisions établies.<br />

Au cœur de l’engagement de Performance<br />

<strong>Qualité</strong> TPE – PME auprès des petites<br />

entreprises, réside la conviction qu’il est<br />

possible de rendre l’adoption des systèmes<br />

de management de la qualité désirable par<br />

les TPE – PME, tout comme la certification<br />

ISO 9001, à condition d’accepter de<br />

se concentrer sur l’essentiel, de prioriser et<br />

de proportionner les moyens de maîtrise et<br />

Nous proposons ci-dessous une plongée<br />

dans cette approche méthodologique ! ●<br />

Olec Kovalevsky<br />

olec.kovalevsky@gmail.com<br />

Vous pourrez consulter son article « Le métamodèle « Performance <strong>Qualité</strong> TPE –<br />

PME » sur le site Internet https://qualite-references.com<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I11


PREVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT<br />

COVID ET SERVICE PUBLIC<br />

AVIS D’EXPERT<br />

Quelles pratiques la crise<br />

de la Covid-19 a-t-elle<br />

remises en question ?<br />

La crise de la Covid-19 a déclenché une onde de choc pour<br />

l’économie et la société et a accéléré des tendances de fond dont<br />

certaines étaient déjà à l’œuvre ; de nombreux scénarios ont tenté<br />

de décrire ce que serait « le monde d’après » en s’interrogeant<br />

sur ce qui allait perdurer ou au contraire se transformer après cet<br />

épisode sans précédent. Force est de constater que la pandémie<br />

se poursuit et la sortie de crise se fait attendre ; la menace d’un<br />

troisième confinement dans un contexte d’incertitudes sanitaires<br />

et de ralentissements dans la mise en œuvre de la stratégie<br />

de vaccination rendent difficilement possible un « retour à la<br />

normale » et plus généralement la perspective de l’occurrence<br />

de nouvelles crises n’est pas à exclure.<br />

Qu’en est-il du secteur public ? Il<br />

est communément challengé<br />

sur sa lourdeur, son hypertrophie,<br />

son défaut d’anticipation,<br />

sa capacité à se réinventer, à gérer<br />

et à tirer les leçons des crises en général.<br />

Quelles pratiques ont-elles été remises en<br />

question, le secteur public a-t-il démontré<br />

agilité et résilience ? Qu’est ce qui va changer<br />

durablement ? Dans quelle mesure<br />

cette crise a-t-elle contribué à accélérer<br />

la transformation de l’Etat et du secteur<br />

public et à préparer à affronter l’avenir et<br />

gérer les futures crises ?<br />

Le secteur public au sens large, qu’il<br />

s’agisse des ministères et de leurs services<br />

déconcentrés, des collectivités territoriales<br />

ou du secteur sanitaire a subi frontalement<br />

les effets de la crise à un double titre :<br />

• D’abord, il a été un acteur majeur<br />

de l’organisation de la lutte contre<br />

la crise en déployant une palette<br />

d’interventions pour en limiter ou<br />

compenser les effets. Il a et continue<br />

©DR<br />

Elisabeth<br />

Hachmanian<br />

associée<br />

consulting secteur<br />

public et santé<br />

chez PWC.<br />

de faire l’objet d’attentes très fortes de<br />

résultats tangibles et rapides, d’une<br />

demande croissante d’assistance et<br />

de protection de la part de la population<br />

et des acteurs économiques,<br />

et même de jouer un rôle d’assureur<br />

(garanties d’emprunts, interventions<br />

financières …).<br />

• Ensuite, il en a lui-même subi les<br />

impacts sur ses modes de fonctionnement<br />

et pratiques managériales et<br />

dû faire face à de nombreux défis : assurer<br />

la continuité de la relation et des<br />

services rendus aux usagers, manager<br />

les ressources humaines à distance,<br />

mobiliser les énergies et organiser<br />

l’action collective, s’assurer de la disponibilité<br />

de l’infrastructure techno-<br />

logique pour soutenir ces nouveaux<br />

modes d’interaction, accélérer des<br />

processus de décision en s’affranchissant<br />

parfois du cadre hiérarchique ou<br />

juridique …<br />

Les travaux récents du think tank Le<br />

Cercle de la Réforme de l’Etat, ont<br />

montré 1 , que « L’Etat a assuré la continuité<br />

de fonctions prioritaires » et « surmonté<br />

une bonne part de ses fragilités par l’adaptabilité,<br />

l’agilité, les initiatives de certains de<br />

ses services et de beaucoup d’agents », mais<br />

le Cercle souligne que la crise a aussi mis<br />

en exergue des handicaps opérationnels<br />

auxquels l’Etat devra remédier , « comme<br />

l’hétérogénéité des réponses, la lourdeur de<br />

son pilotage ou son incapacité à prévoir ».<br />

Bien que le secteur public ne constitue pas<br />

un ensemble homogène et que les enseignements<br />

de la crise sont différents selon<br />

le type d’organisation publique (admi-<br />

1. Note de janvier 2021 intitulée « Attendu, interpellé,<br />

bousculé dans la crise pandémique, l’Etat face<br />

aux crises qui viennent ».<br />

12 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


COVID ET SERVICE PUBLIC<br />

PREVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT<br />

© Ville de Nancy<br />

présentéisme …).Une enquête réalisée<br />

3 en décembre 2020 sur le télétravail<br />

dans la sphère publique montre que<br />

seulement 13 % des agents de la fonction<br />

publique avaient expérimenté le<br />

télétravail avant la crise de la COVID.<br />

Ils étaient en revanche plus de 50 % à<br />

avoir télétravaillé pendant le confinement,<br />

estimant toutefois dans plus de<br />

75 % des cas que leur organisation n’était<br />

pas prête.<br />

nistration centrale, service déconcentré,<br />

collectivité territoriale…), le domaine d’intervention<br />

(régalien, sanitaire, autres…),<br />

et les politiques publiques concernées, on<br />

peut relever toutefois quelques grandes<br />

tendances de fond qui vont perdurer<br />

comme la montée en puissance du télétravail,<br />

la mise en évidence de la criticité<br />

de la fonction logistique et la transformation<br />

des pratiques managériales et de la<br />

relation national/local.<br />

Les collectivités territoriales ont subi<br />

frontalement les effets de la crise.<br />

nistrations, contraintes de sécurité des<br />

systèmes d’information et de protection<br />

des données empêchant l’accès à<br />

des ressources à distance ou l’installation<br />

d’applications de réunions virtuelles…)<br />

et à des freins liés à la culture managériale<br />

(management très hiérarchique et<br />

peu délégataire, faibles latitudes d’actions<br />

du management de proximité, culture du<br />

La pratique du télétravail et des interactions<br />

virtuelles imposée par la situation<br />

a cependant permis d’en montrer la<br />

faisabilité malgré les difficultés rencontrées<br />

(ex : organisation de CODIR<br />

virtuels entre les Agences Régionales<br />

de Santé et le Préfet, enseignement<br />

à distance pour assurer la continuité<br />

pédagogique, procédures d’audition<br />

à distance et recours à la visio-conférence<br />

dans les juridictions pénales…)<br />

et continue de perdurer. Des mesures<br />

générales de renforcement du télétravail<br />

pour les services de l’Etat accompagnées<br />

d’une forte incitation à y recourir ont été<br />

actées par une circulaire d’octobre 2020 et<br />

la ministre de la Transformation et de la<br />

Fonction Publique a fixé comme objectif<br />

que 50 % des agents de l’Etat puisse télétravailler.<br />

LA RECONNAISSANCE DU RÔLE MAJEUR<br />

3. D’après le Baromètre Wimi-Ipsos du Travail<br />

Ouvert.<br />

LA MONTÉE EN PUISSANCE DU<br />

TÉLÉTRAVAIL ET DES INTERACTIONS<br />

À DISTANCE.<br />

Le télétravail était déjà possible dans<br />

le secteur public 2 et déjà adopté dans<br />

certaines grandes collectivités territoriales<br />

ou directions d’administration<br />

centrales, mais sa pratique se heurtait<br />

souvent à des difficultés d’ordre technique<br />

et logistique (indisponibilité de matériel<br />

et d’infrastructures dans certaines admi-<br />

2. décret du 11 février 2016.<br />

Le secteur de la Santé dispose d’expertises pointues en<br />

matière de logistique et de gestion de crise.<br />

© CH Jean Coulon – Gourdon<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I13


PREVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT<br />

COVID ET SERVICE PUBLIC<br />

DE LA LOGISTIQUE ET GESTION DES<br />

CRISES<br />

© DR<br />

Certaines administrations comme l’Intérieur,<br />

la Santé, et bien évidemment les<br />

Armées, ont une compétence et des expertises<br />

pointues en matière de logistique et<br />

de gestion de crise, qui font partie de leurs<br />

missions cœur.<br />

Pourtant la crise a révélé que le secteur<br />

public avait négligé les questions de mise<br />

en œuvre et perdu de vue que l’exécution<br />

de la stratégie était au moins aussi<br />

importante que la définition de la stratégie<br />

elle-même ; qu’il s’agisse de l’approvisionnement<br />

en masques, de tests,<br />

produits critiques de réanimation, matériels<br />

de protection pour les soignants, et<br />

plus récemment des vaccins. La crise a mis<br />

en évidence d’une part les défaillances des<br />

politiques d’approvisionnement, l’insuffisance,<br />

voire l’indisponibilité d’outils de<br />

pilotage et d’anticipation fiables, et d’autre<br />

part des difficultés de coordination entre<br />

les services centraux de l’Etat et les niveaux<br />

déconcentré et décentralisé.<br />

« L’Etat a pris conscience à ses dépens que<br />

la gestion des stocks était un métier et que<br />

la logistique était une filière professionnelle<br />

à part entière » souligne le Cercle de la<br />

Réforme de l’Etat dans la note précitée.<br />

LA TRANSFORMATION DES PRATIQUES<br />

MANAGÉRIALES ET L’ARTICULATION<br />

CENTRAL/LOCAL<br />

La crise a aussi contribué à transformer les<br />

pratiques managériales, stimulé l’innovation,<br />

accéléré des processus de décision,<br />

renforcé les solidarités et les coopérations.<br />

A cet égard, l’avant-projet de loi 4D (Différenciation,<br />

Décentralisation, Déconcentration<br />

et Décomplexification) qui devrait<br />

être discuté courant février et dont l’objectif<br />

est de donner aux collectivités les<br />

responsabilités nécessaires pour mettre<br />

en œuvre leurs compétences en tenant<br />

compte des spécificités de leurs territoires,<br />

prévoit notamment des mesures<br />

de « simplification en période de crise »,<br />

afin de « permettre en cas de nouvelle crise,<br />

sans avoir à repasser par la loi, l’activation<br />

des modalités exceptionnelles de fonctionnement<br />

des collectivités déployées en 2020 ».<br />

De son côté, le Sénat dans un rapport<br />

récent milite pour le renforcement du<br />

pilotage interministériel pour une meilleure<br />

anticipation et réponse aux crises et<br />

urgences sanitaires accompagnée d’une<br />

plus forte intégration de l’échelon local au<br />

national.<br />

Coup d’accélérateur ou mesures nécessaires<br />

imposées par le retour d’expérience<br />

et la reconnaissance de défaillances,<br />

la crise de la Covid n’aura pas été sans<br />

effet sur la transformation de l’Etat et du<br />

secteur public. Elle aura ainsi contribué<br />

à faire aboutir le dossier sensible de la<br />

réforme de la haute fonction publique, qui<br />

va porter notamment sur l’ouverture à plus<br />

de diversité et sur la refonte du parcours<br />

de formation. La création d’un cursus<br />

commun à tous les hauts fonctionnaires<br />

des trois fonctions publiques (Etat, territoriale<br />

et hospitalière) incluant des formations<br />

au numérique, à la gestion de crise et<br />

à des sujets scientifiques est envisagée afin<br />

que « les futurs hauts fonctionnaires aient<br />

un bagage commun, pas forcément épidémiologique,<br />

mais une capacité à traiter ce<br />

discours scientifique, à l’intégrer dans la<br />

gouvernance et aussi à savoir prendre une<br />

distance par rapport à ces discours. » 4<br />

4. Extrait article revue Acteurs Publics du 4<br />

février 2021.<br />

La crise a généré un regain<br />

d’attractivité pour le secteur public.<br />

La crise aura également permis de renforcer<br />

la transparence sur l’exécution des politiques<br />

publiques, comme en témoigne<br />

la mise à disposition en open data de<br />

données sur la mise en œuvre du plan de<br />

relance afin de permettre aux citoyens de<br />

suivre les financements. « La crise a servi<br />

de stress-test pour nos démocraties, et le seul<br />

moyen de les rendre plus résilientes pour<br />

affronter de futures crises est de reconstruire<br />

une meilleure version de la démocratie,<br />

plus ouverte et inclusive 5 » souligne<br />

le Président Macron.<br />

Enfin, pour conclure sur une tonalité<br />

optimiste, une enquête réalisée après le<br />

premier confinement par la plateforme de<br />

recrutement Profil Public montre que la<br />

crise a généré un regain d’attractivité pour<br />

le secteur public puisque plus de 70 % des<br />

répondants envisagent une reconversion<br />

dans le secteur public ou vers un emploi<br />

à impact 6 . Quête de sens, intérêt pour les<br />

métiers à fort impact sociétal, partage de<br />

valeurs d’intérêt général et de solidarité,<br />

besoin d’engagement, le secteur public<br />

saura sans aucun doute attirer les talents<br />

qui vont contribuer à accélérer sa transformation<br />

! ●<br />

5. sommet des chefs d’État membres du Partenariat<br />

pour un gouvernement ouvert (PGO), le<br />

24 septembre 2020<br />

6. étude « Recrutement & secteur public », lancée<br />

en mai 2020 par la plateforme de recrutement<br />

Profil Public , résultats publiés le 19 novembre<br />

avec 642 répondants<br />

14 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


EXCELLENCE RELATIONNELLE<br />

EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT<br />

EXPERTISE<br />

Gérard Vael :<br />

de l’AFQP au coaching<br />

Médiateur professionnel, conseil et coach certifié auprès des dirigeants au sein du Centre<br />

d’Expertise de la <strong>Qualité</strong> Relationnelle, Gérard Vaël anime la Commission « Savoir-être et<br />

<strong>Qualité</strong> Relationnelle » du Think Tank Made in <strong>Qualité</strong> de l’AFQP. Récemment, celui-ci a publié<br />

un premier hors-série, le Livre Blanc de la <strong>Qualité</strong> relationnelle. Entretien.<br />

QUEL RÔLE AVEZ-VOUS<br />

JOUÉ DANS LA COMMISSION<br />

« SAVOIR-ÊTRE ET QUALITÉ<br />

RELATIONNELLE » DU THINK<br />

TANK MADE IN QUALITÉ AU SEIN<br />

DE L’AFQP ?<br />

Gérard Vaël : Le principe de ces<br />

commissions est de travailler sur une<br />

thématique. J’ai proposé à France<br />

<strong>Qualité</strong> la qualité relationnelle qui<br />

n’avait pas été encore abordée d’une<br />

manière structurée. Puis j’ai construit<br />

un groupe qui a travaillé bénévolement<br />

sur ce livre blanc qui vient de<br />

sortir avec 7 personnes : des consultants,<br />

des DRH et des dirigeants d’entreprises.<br />

Nous nous étions répartis<br />

les thématiques après une journée de<br />

travail. Chacun a alors apporté une<br />

© DR<br />

Gérard Vaël<br />

Médiateur<br />

professionnel et<br />

coach certifié chez<br />

Médiateurexpert<br />

contribution à cet ouvrage.<br />

Ce travail passionnant ne fait que<br />

commencer.<br />

Nous sommes en train de préparer une<br />

structure et des prestations autour de<br />

la qualité relationnelle.<br />

QU’AVEZ-VOUS APPRIS EN<br />

TRAVAILLANT SUR CET<br />

OUVRAGE ?<br />

G.V. : Cette expérience est encourageante<br />

car si des personnes se<br />

réunissent autour d’une thématique qui<br />

les intéresse, on peut faire des choses<br />

bénévolement. Si on arrive à mobiliser<br />

des professionnels peu disponibles<br />

motivés par une thématique et qui<br />

veulent travailler ensemble, cela augure<br />

de bons présages pour l’avenir car les<br />

personnes peuvent trouver du temps et<br />

dégager des ressources quand le travail<br />

les intéresse.<br />

Beaucoup d’idées structurantes sortent<br />

de ce livre et ouvrent des portes. Si<br />

certaines thématiques s’appuient peutêtre<br />

sur des éveils des consciences à<br />

propos des relations humaines, notamment<br />

à travers le Covid-19, la distanciation<br />

sociale et le travail à distance.<br />

Je pense que les personnes sont plus<br />

conscientes qu’hier de l’importance du<br />

lien social et du “bien vivre ensemble”.<br />

© DR<br />

Les sociétés sont aujourd’hui plus<br />

conscientes de l’importance du lien social.<br />

Le contexte particulier que nous traversons,<br />

rend cette thématique plus accessible<br />

et mobilise les personnes. Mais<br />

avant cette épidémie, cette thématique<br />

suscitait un intérêt poli. Elle semblait<br />

relever du bon sens alors qu’elle ne va<br />

pas de soi. Le lien avec la performance,<br />

le retour sur investissement ne se faisait<br />

pas, alors que des collaborateurs qui<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I15


EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT<br />

EXCELLENCE RELATIONNELLE<br />

œuvrent dans un climat propice, avec<br />

du respect et de la reconnaissance s’engagent<br />

davantage et durablement.<br />

Les personnes qui travaillent à distance<br />

et coupés des relations avec leurs collaborateurs<br />

rencontrent des difficultés.<br />

La limite de cette autonomie est l’isolement.<br />

Or cela n’est pas facile de vivre<br />

dans l’isolement. Manager à distance<br />

est aussi une façon particulière d’accompagner<br />

les collaborateurs. On<br />

constate qu’il est très important de<br />

rencontrer des personnes et de travailler<br />

avec les autres pour échanger. En<br />

ce moment, on en est un peu privé.<br />

Cela montre donc l’importance des<br />

relations humaines et apportera plus<br />

d’appétences sur ces sujets de qualité<br />

« Manager à distance est<br />

aussi une façon particulière<br />

d’accompagner les<br />

collaborateurs. »<br />

relationnelle qui ne l’étaient pas précédemment.<br />

DANS QUELS SECTEURS<br />

D’ACTIVITÉ LA QUALITÉ<br />

RELATIONNELLE EST-ELLE<br />

IMPORTANTE ?<br />

G.V. : A partir de deux, on forme un<br />

groupe et la qualité relationnelle y<br />

est invitée mais elle n’est pas toujours<br />

présente. Par ailleurs, la déshumanisation<br />

liée au virtuel renforce l’importance<br />

de la vraie relation qui fait défaut.<br />

Par exemple, quand vous êtes confrontée<br />

à un moteur de recherche, un chat<br />

ou une incapacité d’une relation directe<br />

téléphonique et présentielle. Ce vrai<br />

défi du savoir être doit nous tirer vers<br />

le haut : Le virtuel et le présentiel. Il<br />

faut donc avoir les deux et nous nous<br />

ne pouvons pas de nous passer de la<br />

vraie relation.<br />

POURQUOI LA QUALITÉ DE LA<br />

RELATION EST-ELLE DEVENUE<br />

UN VÉRITABLE ENJEU DES<br />

AFFAIRES ET UN ÉLÉMENT DE<br />

DIFFÉRENCIATION MAJEUR POUR<br />

LES ENTREPRISES ?<br />

G.V. : Nous ne sommes pas encore<br />

arrivés à ce stade. Dans le management<br />

bienveillant, cela commence à<br />

bouger. Il faut reconnaître que pour<br />

les personnes et les dirigeants, cela<br />

était important d’en parler et utile mais<br />

de là à agir… A partir de la prise de<br />

conscience qu’on peut opérer sur son<br />

propre comportement, il convient de<br />

promouvoir la qualité relationnelle et<br />

le savoir-être.<br />

Le postulat que vous donnez n’en est<br />

qu’aux prémices. Il faut espérer que<br />

les prises de conscience vont opérer et<br />

que plus d’acteurs travailleront dans ce<br />

sens-là. Mais il y a un élément intéressant<br />

à souligner : dans les grands<br />

groupes et les entreprises du CAC<br />

40 et faisant appel à des capitaux, les<br />

agences de notation commencent<br />

Le défi de l’innovation technologique est de<br />

renforcer la relation humaine.<br />

© DR<br />

16 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


EXCELLENCE RELATIONNELLE<br />

EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT<br />

depuis quelques années à prendre en<br />

compte la RSE, les données plus qualitatives<br />

(climat social, la qualité de vie<br />

au travail dans l’entreprise, les facteurs<br />

humains). Mais il reste beaucoup de<br />

chemin à faire.<br />

COMMENT PASSER DE LA QUALITÉ<br />

RELATIONNELLE À LA QUALITÉ<br />

OPÉRATIONNELLE ?<br />

G.V. : Si vous êtes capable de créer<br />

une relation de confiance, du respect,<br />

de la reconnaissance avec quelqu’un, la<br />

partie opérationnelle se présentera sous<br />

les meilleurs aspects. Si je suis directif<br />

arrogant et que je me contente de vous<br />

donner des ordres, votre implication et<br />

votre engagement seront limités.<br />

Si au contraire, nous avons un bon<br />

contact, nous nous entendons bien<br />

et nous nous faisons confiance,<br />

nous sommes heureux de travailler<br />

ensemble. Je vous déléguerai davantage<br />

et vous serez alors plus motivée,<br />

vous voudrez vous impliquer et prendre<br />

des initiatives. La qualité relationnelle<br />

augure donc bien de la qualité opérationnelle.<br />

COMMENT IMPLIQUER L’ÉQUIPE<br />

DE DIRECTION ET ENTRETENIR<br />

AVEC LES MANAGERS UNE<br />

VÉRITABLE CULTURE DU<br />

SAVOIR-ÊTRE ET DE LA QUALITÉ<br />

RELATIONNELLE ?<br />

G.V. : C’est tout l’enjeu. Ce qui est sûr :<br />

si l’équipe de direction n’est pas moteur,<br />

il ne se passera pas grand-chose durablement.<br />

Cela sera similaire si la qualité<br />

relationnelle n’est pas dans l’ADN de<br />

l’entreprise et si le développement<br />

du savoir-être ou la promotion de la<br />

qualité relationnelle par des actions<br />

concrètes n’entre pas dans la culture<br />

de l’entreprise. Prenons l’exemple de<br />

l’accueil. Si le PDG téléphone comme<br />

n’importe quel client potentiel à son<br />

entreprise, il va voir comment l’accueil<br />

téléphonique se déroule. Quand<br />

il entre dans l’entreprise, il est considéré<br />

comme un dirigeant mais il doit<br />

savoir comment un quidam est reçu<br />

à l’accueil ou sur les sites ou dans les<br />

calls centers... Si la qualité relationnelle<br />

est une préoccupation du dirigeant ou<br />

de la direction, ceux-ci développeront<br />

beaucoup de mesures à partir d’un état<br />

des lieux et d’expertises.<br />

Autre exemple : un recrutement pertinent<br />

c’est important. Soigner l’intégration<br />

c’est déterminant.<br />

« Cela ne se mesure pas<br />

avec un baromètre mais<br />

cela se vit. »<br />

COMMENT SE MESURE<br />

L’EXCELLENCE RELATIONNELLE ?<br />

G.V. : Cela ne se mesure pas avec un<br />

baromètre mais cela se vit. On est dans<br />

une propension d’évaluer tout, tout de<br />

suite, tout le temps et très vite et de<br />

vouloir tout chiffrer et gérer. Je suis<br />

favorable à l’évaluation mais pour un<br />

sujet qualitatif, il ne faut pas chercher<br />

un compteur. Il faut vivre une relation<br />

qui se bonifie. Dans les entreprises avec<br />

un bon climat social ou un management<br />

de qualité, il y a une promotion<br />

de la qualité relationnelle : moins de<br />

personnes poseront des congés maladie<br />

et il y a aura moins d’arrêt de travail,<br />

de burn-out et au pire de suicides, de<br />

départs volontaires, de personnes de<br />

valeur qui quittent la société pour<br />

travailler ailleurs. Moins de personnes<br />

partiront à la fin de leur période d’essai<br />

quand leur période d’intégration ne<br />

leur convient pas. Mais il ne faut pas<br />

vouloir tout gérer et tout mesurer. Nous<br />

sommes dans les relations humaines et<br />

nous sommes alors dans le ressenti et le<br />

vécu. C’est cette qualité qu’on apprécie.<br />

Néanmoins, les qualiticiens passionnés<br />

par l’évaluation peuvent certainement<br />

faire des propositions pour évaluer la<br />

qualité relationnelle…<br />

COMMENT LA CRISE LIÉE<br />

AU COVID 19 A-T-ELLE<br />

IMPACTÉ CETTE QUALITÉ<br />

RELATIONNELLE ?<br />

G.V. : On sent la valeur de la relation<br />

humaine quand elle vous manque. Dans<br />

la qualité relationnelle, on est dans l’affect,<br />

le sentiment et le plaisir de partager.<br />

Pendant cette crise, on est privé<br />

de cette qualité : les gestes barrières,<br />

la distanciation sociale. Les mots sont<br />

souffrances.<br />

POUVEZ-VOUS NOUS PARTAGER<br />

UN EXEMPLE D’EXPÉRIENCE<br />

RÉUSSIE CONCERNANT LA<br />

QUALITÉ RELATIONNELLE<br />

AYANT OBTENU UN MEILLEUR<br />

ENGAGEMENT DES SALARIÉS ET<br />

DES CLIENTS ?<br />

G.V. : Voici un exemple de contexte<br />

difficile : une entreprise de services<br />

informatiques pour les professionnels<br />

de santé regroupant 250 personnes<br />

et rattachée à un grand groupe. Son<br />

équipe de développement est composée<br />

de 15 développeurs. Le patron, Pierre,<br />

travaille avec l’équipe en confiance. Il<br />

s’entend très bien avec son bras droit<br />

Adrien depuis 12 ans. Mais un jour,<br />

Pierre est convoqué par la direction<br />

générale et la DRH pour une promotion<br />

formidable : devenir le patron<br />

d’une filiale qui vient d’être rachetée.<br />

Leur réorientation stratégique<br />

est de développer l’export. Le groupe<br />

cherche pour remplacer Pierre via une<br />

« chasse », un senior bilingue Anglais<br />

ayant une expertise dans l’export. De<br />

facto, Adrien ne prendra pas la place<br />

de Pierre alors que pour tout le monde,<br />

cela était évident qu’Adrien allait le<br />

remplacer.<br />

Étant des personnes très ouvertes<br />

humainement, le DG et le DRH<br />

entendent cette crainte de Pierre. Ils lui<br />

demandent alors de se préparer sur la<br />

manière dont il s’entendra avec Adrien<br />

et sur ce qu’il proposera et de revenir<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I17


EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT<br />

EXCELLENCE RELATIONNELLE<br />

le dirigeant et la DRH est présente avec l’écoute et la capacité d’être en collaboration<br />

dans l’engagement et l’assistance.<br />

Pierre a pu préparer cet entretien délicat lors de son coaching. Entre Pierre et<br />

Adrien, l’entretien s’est passé de manière respectable, courtoise et surtout constructive.<br />

Finalement, Adrien a pris des responsabilités nouvelles avec une création<br />

de poste. Il a été chargé de mettre en place et d’animer la formation des clients.<br />

Concernant les prestations avec des logiciels, une préparation technique des clients<br />

nécessitait des moyens importants. Le casting d’Adrien était juste avec de solides<br />

compétences techniques et qualités de contact. Il a été rapidement très apprécié<br />

des clients et a réussi ainsi à évoluer et à se réaliser dans sa nouvelle mission. ●<br />

Propos recueillis par<br />

Valérie Brenugat<br />

© DR<br />

vers eux pour validation. Pierre est<br />

inquiet et craint que cela se passe mal<br />

pour Adrien, ce qu’il souhaite éviter.<br />

L’entreprise a alors proposé à Pierre, un<br />

coaching avec moi. La première idée a<br />

été de le faire réfléchir aux différentes<br />

alternatives pour qu’Adrien sorte vers le<br />

haut et de faire une liste des différents<br />

scénarios possibles pour qu’Adrien ne<br />

le vive pas comme un échec (l’amener<br />

avec lui, proposer une promotion dans<br />

un autre secteur de l’entreprise...). A<br />

partir de cela, il a préparé son entretien<br />

avec lui sachant que je lui avais proposé<br />

d’être simple, factuel et assertif et donc<br />

dans une relation de confiance : « Voilà<br />

ce que je viens d’apprendre… Cela me<br />

touche et suis préoccupé pour toi. Sache<br />

que l’on va rechercher ensemble la meilleure<br />

option. Nous t’apprécions et tu le<br />

mérites. Comment peut-on imaginer ton<br />

avenir dans l’entreprise ? »<br />

« La qualité et l’intelligence<br />

relationnelle a été<br />

déterminante. »<br />

La qualité et l’intelligence relationnelle<br />

a été déterminante. Cet exemple<br />

montre que la qualité relationnelle avec<br />

Un parcours en 3 étapes<br />

La première étape est celle de<br />

collaborateur d’entreprise.<br />

Diplômé dans une grande école<br />

de commerce, Gérard Vaël<br />

a débuté sa carrière dans le<br />

bâtiment (construction de maisons<br />

individuelles). Il déclare à propos<br />

de cette expérience : « Cela m’a<br />

permis d’avoir une vision simple<br />

et directe du terrain quand on<br />

travaille sur les chantiers ».<br />

Après deux années passées dans<br />

cette entreprise, il rejoint une<br />

société allemande qui s’occupait<br />

d’ingénierie hospitalière, de<br />

laboratoire et de pharmacie<br />

(conception, aménagement,<br />

commercialisation) comme<br />

conseiller commercial. Ensuite, il<br />

a été responsable d’agence avec<br />

une douzaine de personnes puis<br />

directeur marketing. Enfin, il a été<br />

directeur adjoint de la structure de<br />

cette PME de 500 personnes. Cela a<br />

confirmé son goût de la formation<br />

et du conseil. En 1980, il a créé un<br />

cabinet de conseil avec le directeur<br />

de l’entreprise à Stuttgart et à<br />

Paris. Pendant 20 ans, ils ont<br />

travaillé sur le conseil en stratégie.<br />

Gérard Vael a trouvé ce « métier<br />

passionnant et très gratifiant au<br />

niveau intellectuel ».<br />

La troisième phase est le<br />

prolongement. Gérard Vaël<br />

note : « L’accompagnement des<br />

dirigeants dans la stratégie est<br />

aussi humainement intéressant<br />

mais nous avons été conscients<br />

des contraintes extérieures du<br />

projet. J’ai souhaité être moins<br />

dans la prescription et plus dans le<br />

coaching depuis plus de 10 ans. J’ai<br />

découvert cette approche ainsi que<br />

le team-building ». Maintenant, il<br />

assure un accompagnement sur<br />

des problématiques sensibles au<br />

cœur duquel il y a des relations<br />

humaines. Il est également<br />

médiateur professionnel :<br />

mediateurexpert.fr<br />

Enfin, Gérard Vaël a toujours<br />

enseigné en même temps que ses<br />

autres activités professionnelles,<br />

notamment à l’école Centrale où<br />

il a dispensé des cours sur les<br />

ressources humaines pendant 15<br />

ans. Il a aussi créé un Diplôme<br />

d’Université à l’université Paris<br />

V et il a également rédigé des<br />

ouvrages.<br />

18 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


EXCELLENCE RELATIONNELLE<br />

EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT<br />

AUTOMOBILE<br />

Aniel : une qualité récompensée<br />

Le distributeur de pièces de carrosserie, Aniel présente la particularité de livrer des pièces<br />

volumineuses à des réparateurs automobiles situés dans la France entière, avec une promesse :<br />

livrer à J+1. Il a remporté le Prix des Bonnes Pratiques [PME] lors de la 27ème Cérémonie<br />

des Prix Nationaux de la <strong>Qualité</strong> en 2020.<br />

©DR<br />

Un entrepôt d’Aniel.<br />

QUELS SONT LES ENJEUX DE LA QUALITÉ RELATIONNELLE<br />

DANS VOTRE SECTEUR ?<br />

©DR<br />

Benoit Fletcher,<br />

Directeur Supply Chain &<br />

Opérations du Groupe Faubourg.<br />

Benoit Fletcher : Nous avons 4 entrepôts à La Garde près de<br />

Toulon, 32 salariés pour la logistique (un responsable, 6 adjoints<br />

dont un gestionnaire de stock et des manutentionnaires). Concernant<br />

les salariés, l’objectif d’un distributeur est de travailler avec<br />

des moyens logistiques considérables. Il est donc très important<br />

d’obtenir de la part de nos salariés un engagement parce-que ce<br />

sont des travaux parfois pénibles et routiniers. Du point de vue<br />

des salariés, la qualité relationnelle est donc importante car il faut<br />

les faire adhérer à nos processus et leur faire accepter parfois des<br />

choses assez compliquées. Souvent, dans des postes comme ceux<br />

de la manutention, les professionnels travaillent souvent pour des<br />

raisons alimentaires et parce-que le lieu de travail est proche.<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I19


EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT<br />

EXCELLENCE RELATIONNELLE<br />

En outre, beaucoup de KPI ou des indicateurs<br />

de productivité ont été mis en<br />

place. Quand je suis arrivé comme directeur<br />

des opérations du groupe Faubourg<br />

dont Aniel fait partie, il y avait 44 ETP 1<br />

en logistique. Maintenant, ils sont 32 car<br />

j’ai demandé d’arrêter les intérimaires,<br />

les CDD et les heures supérieures illogiques<br />

et de revoir les processus en<br />

remettant les employés au bon endroit.<br />

Par exemple, nous avions 2 responsables<br />

Logistique (1 à la réception et 1<br />

en expédition), j’en ai alors gardé qu’un<br />

seul. De plus, je n’ai pas remplacé les<br />

personnes qui sont partis d’eux-mêmes.<br />

Par ailleurs, la polyvalence inter équipe<br />

a été instaurée en plaçant les bonnes<br />

personnes au bon endroit et en rationalisant<br />

les tranches horaires. Ainsi, l’équipe<br />

de réception travaillait tôt le matin et<br />

finissait en milieu d’après-midi. En<br />

revanche, l’équipe d’expédition commençait<br />

à travailler en milieu de matinée et<br />

finissait plus tard le soir. Ainsi, notre<br />

productivité a été améliorée. A terme,<br />

la polyvalence a permis aux professionnels<br />

de découvrir les métiers des autres<br />

et de trouver que certains métiers étaient<br />

moins routiniers, de mieux connaitre ses<br />

collègues et de s’entraider. Une alchimie<br />

entre les équipes s’est donc créée. Finalement,<br />

avec l’argent gagné avec l ’intérim,<br />

les heures supplémentaires et les CDD,<br />

des primes qualitatifs au mois ont été<br />

créées. Nous avons ainsi réussi à fédérer<br />

les équipes et à leur faire accepter des<br />

tâches plus compliquées en les payant<br />

un peu plus. Nous les récompensons<br />

alors sur un travail de qualité, et nous<br />

avons été capables de nous améliorer.<br />

De plus, on fait prendre conscience aux<br />

salariés que ce sont les clients qui nous<br />

font vivre. Ce travail est donc qualitatif.<br />

Quand des indicateurs de productivité<br />

sont fixés, nous mettons alors des indicateurs<br />

de qualité externe : le feed-back<br />

des clients, le respect du délai de livraison<br />

ou non, la livraison de la marchandise<br />

conforme ou non à nos procédés et<br />

nos processus internes. Nous contrôlons<br />

1. Employé Temps Plein.<br />

alors les marchandises à la réception et<br />

à l’expédition. Si celles-ci sont abimées,<br />

on regarde alors s’il y a eu des problèmes<br />

au niveau du transport, du calage et de<br />

l’emballage.<br />

Pour satisfaire une qualité relationnelle,<br />

le responsable logistique et le commercial<br />

ont rendu visite aux clients afin de<br />

connaître les problématiques terrain :<br />

carrossier, concessionnaire, mécanicien<br />

et réparateur agréé. Finalement, on<br />

s’est rendu compte qu’un commercial ne<br />

remontait pas les bons éléments ou les<br />

avait remontés de manière catastrophée.<br />

Maintenant, nous menons cette action<br />

de façon semestrielle. Au niveau de la<br />

qualité relationnelle, nous n’hésitons pas<br />

à solliciter nos meilleurs clients. Nous<br />

leur demandons de faire une photo du<br />

colis, de signaler ce qui ne marche pas<br />

chez nous et les processus qui correspondent<br />

à leurs attentes.<br />

« Aujourd’hui, la relation<br />

avec le client ou le<br />

fournisseur devient très<br />

stratégique parce qu’il<br />

n’y a pas mieux de la<br />

communication. »<br />

POURQUOI LA QUALITÉ DE LA<br />

RELATION EST-ELLE DEVENUE<br />

UN VÉRITABLE ENJEU DES<br />

AFFAIRES ET UN ÉLÉMENT DE<br />

DIFFÉRENCIATION MAJEUR POUR<br />

LES ENTREPRISES ?<br />

B.F. : J’avais noué un partenariat avec les<br />

transporteurs. Mais comme étant logisticien,<br />

nous sommes en contact avec<br />

tous nos fournisseurs. Aujourd’hui, la<br />

relation avec le client ou le fournisseur<br />

devient très stratégique parce qu’il n’y a<br />

pas mieux de la communication. Dans<br />

des relations de partenariat, nous impliquons<br />

souvent nos clients et nos fournisseurs<br />

dans un rapport Gagnant-gagnant.<br />

Enfin, dans tout le processus de la<br />

supply-chain, la relation est importante<br />

dès la prise de commande jusqu’à<br />

la livraison.<br />

COMMENT LES VALEURS DU<br />

GROUPE FAUBOURG FAVORISENT-<br />

ELLES CETTE EXCELLENCE<br />

RELATIONNELLE ?<br />

B.F. : Au sein du Groupe Faubourg,<br />

figurent 3 sociétés : Aniel, Serenicar et<br />

Traxall. Aujourd’hui, nous avons une<br />

communication Groupe interne. Nous<br />

communiquons énormément sur les<br />

processus internes. Je suis directeur des<br />

opérations du groupe mais je travaille<br />

beaucoup sur la partie Distribution. Ce<br />

que je mets en place au niveau d’Aniel,<br />

je le partage en tant que membre du<br />

Codir à mes homologues dans les autres<br />

sociétés du groupe. On prêche justement<br />

nos valeurs : l’agilité et l’adhésion. Nous<br />

réagissons, en effet, très vite parce que<br />

nous sommes un groupe jeune et dynamique.<br />

La moyenne d’âge dans le groupe<br />

est, en effet, d’une quarantaine d’années.<br />

De plus, nous faisons appel à des jeunes<br />

qui sortent de l’école, étudient ou font<br />

des hautes études ainsi que des patrons<br />

d’anciennes start-ups. Par ailleurs, nous<br />

devenons adaptables. On parle beaucoup<br />

de synergie à l’intérieur du groupe. Nous<br />

essayons de mettre en place des schémas<br />

identiques au sein du Groupe Faubourg.<br />

COMMENT ALLER DE LA QUALITÉ<br />

RELATIONNELLE À LA QUALITÉ<br />

OPÉRATIONNELLE ?<br />

B.F. : Il faut mettre en application. Il ne<br />

suffit pas de le croire et le vendre, il faut<br />

le réaliser. Ce matin, j’ai vu des dysfonctionnements<br />

qui m’ont énervé. J’ai alors<br />

envoyé un mail aux services Achat et<br />

Logistique tout en mettant en copie à la<br />

directrice des achats d’Aniel en lui indiquant<br />

que cela ne fonctionne pas sur un<br />

certain point et cela est perfectible. Il est<br />

urgent d’imposer maintenant un planning<br />

de livraison à l’égard de nos fournisseurs.<br />

Être capable de mettre en application, ce<br />

20 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


EXCELLENCE RELATIONNELLE<br />

EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT<br />

qu’on dit en Codir et d’entendre qu’une<br />

critique peut être constructive. Il y un<br />

manque d’objectivité et d’humilité de<br />

beaucoup de personnes en interne.<br />

Parfois, on dit des choses en Codir et<br />

cela ne fait pas plaisir. En revanche,<br />

quand on met un plan d’actions derrière,<br />

finalement, certains disent : « Tu avais<br />

raison ». Le but n’est pas d’imposer<br />

mais de proposer des solutions et de<br />

les mettre en application de manière<br />

constructive.<br />

« Il faut être capable de<br />

faire son introspection et<br />

faire preuve d’humilité. »<br />

Comment adhérer la direction et<br />

construire avec les managers une réelle<br />

culture du savoir-être et de la qualité<br />

relationnelle ?<br />

B.F. : Il faut être capable de faire son<br />

introspection et faire preuve d’humilité.<br />

On apprend toujours auprès de ses<br />

pairs et moi le premier. J’ai 43 ans et j’ai<br />

23 ans de la logistique. Pour moi, l’ordre<br />

permet d’analyser et de quantifier. Je n’ai<br />

aucun problème à mettre la main à la<br />

pâte avec les managers, d’aller auprès<br />

de mes employés, salariés et collaborateurs<br />

et de leur dire : « Vous ne trouvez<br />

pas qu’il y a un dysfonctionnement sur ce<br />

point ? » Donc je leur demande de nous<br />

proposer une solution et si cela est bien,<br />

les moyens seront donnés et on investira<br />

car cela nous rapportera 2 ou 3 fois plus.<br />

Je dis souvent à mes équipes : « Il y a<br />

le savoir, le savoir-faire et le savoir-faire<br />

faire. Ce qui fait un bon manager, ce sont<br />

ses équipes. » Il faut donc fédérer, avoir<br />

un bon relationnel et un management<br />

empathique et j’adapte mon management<br />

à chaque collaborateur. Finalement,<br />

il faut savoir passer les messages<br />

de façon constructive et positive. Par<br />

ailleurs, quand des postes se libèrent,<br />

au lieu de recruter un expert sauf si<br />

on n’a pas la compétence en interne, si<br />

les personnes sont méritantes, on fait<br />

monter les personnes dans la hiérarchie.<br />

COMMENT MESUREZ-VOUS CETTE<br />

QUALITÉ RELATIONNELLE ?<br />

B.F. : Nous utilisons un outil de<br />

communication interne installé au<br />

niveau du Groupe Faubourg. Ce questionnaire<br />

est envoyé tous les 15 jours aux<br />

courriels des collaborateurs. Des questions<br />

liées à leur activité, la communication<br />

et d’autres thématiques, leur sont<br />

alors posées. Ils doivent répondre avec<br />

des notes 1 à 10 et un commentaire.<br />

Finalement, cela fait souvent émerger<br />

des points auxquels on ne pensait pas<br />

du tout comme des points de frustration<br />

interne. Je ressorts ces points et les<br />

analyse. Ces enquêtes permettent donc<br />

de recueillir de la data et de communiquer.<br />

Ainsi, une newsletter destinée aux<br />

salariés a été mise en place.<br />

Avec nos clients, la qualité relationnelle<br />

est très terrain. J’adore leur rendre visite<br />

avec les commerciaux pour prendre la<br />

mesure.<br />

« Donc c’est un éternel<br />

recommencement. »<br />

QUELLE QUALITÉ DE SERVICE<br />

CLIENT A-T-ELLE ÉTÉ<br />

RÉCOMPENSÉE LE PRIX DES<br />

BONNES PRATIQUES DÉCERNÉ<br />

Le toulonnais Aniel remporte le Prix des Bonnes<br />

Pratiques dans la catégorie des PME en 2020.<br />

PAR L’ASSOCIATION FRANCE<br />

QUALITÉ ?<br />

B.F. : Ce qui était valable il y a 1 ou<br />

2 ans, ne l’est plus aujourd’hui. Je suis<br />

arrivé en juin 2018 au sein du Groupe<br />

Faubourg et je suis un ancien du transporteur<br />

Geodis. Nous avions alors revu<br />

tout le plan de transport et cela nous a<br />

valu ce prix de l’AFQP. Cela était alors<br />

un vrai partenariat avec ce fournisseur<br />

de transport. Le client sentait alors une<br />

vraie amélioration dans les délais et la<br />

qualité. Mais 2020 a été une année très<br />

compliquée. Après le déconfinement<br />

en mai, beaucoup de clients nous ont<br />

demandé pourquoi ils n’étaient plus<br />

livrés le matin. Le paysage routier avait<br />

changé avec le commerce B-to-B et le<br />

B-to-C. Comme beaucoup commandaient<br />

par Internet, les fournisseurs<br />

étaient débordés et finalement, ils<br />

avaient fait bouger des lignes et ils ne<br />

nous avaient pas prévenus. Nous nous<br />

sommes alors retrouvés dans une situation<br />

problématique. Nous avons pris<br />

tous les plans de transport de tous les<br />

départements et nous allons revoir tous<br />

les flux au départ de chaque agence que<br />

nous touchons pour livrer à J+1.<br />

COMMENT LA CRISE LIÉE AU<br />

COVID 19 A-T-ELLE EU DES<br />

CONSÉQUENCES SUR CETTE<br />

QUALITÉ RELATIONNELLE ?<br />

© Basile Crespin<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I21


EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT<br />

EXCELLENCE RELATIONNELLE<br />

© DR<br />

marchandise venaient tous les jours mais<br />

sans contacts extérieurs (ni interservices,<br />

ni moi en télétravail). Je donnais<br />

donc mes instructions par téléphone.<br />

A ce jour, aucun cas contact et aucun<br />

cas Covid ont été identifiés chez nous.<br />

« Nous avons ainsi réussi<br />

à récupérer des clients<br />

qui avaient l’habitude<br />

de commander chez des<br />

concurrents. »<br />

POUVEZ-VOUS NOUS DÉCRIRE UNE<br />

EXPÉRIENCE RÉUSSIE DE QUALITÉ<br />

RELATIONNELLE AYANT EU UNE<br />

MEILLEURE MOBILISATION DES<br />

SALARIÉS ET DES CLIENTS ?<br />

QUELS ÉTAIENT LES ENJEUX ET<br />

LES RÉSULTATS ?<br />

B.F. : Nous n’avons jamais fermé car<br />

Aniel était considéré comme une société<br />

de première nécessité. Les carrossiers<br />

restaient ouverts pour pouvoir réparer<br />

les ambulances et les véhicules de<br />

ceux qui devaient absolument partir<br />

travailler. Nous pouvions alors fournir<br />

le CNPA 2 qui nous avait obligé à<br />

rester ouvert pour fournir les pièces aux<br />

carrossiers. Ainsi, nous avons maintenu<br />

notre activité durant le premier confinement<br />

à un quart de notre chiffre d’affaires<br />

avec un quart de notre personnel.<br />

Nous avons passé la crise malgré tout du<br />

mieux qu’on le pouvait car on a eu aucun<br />

licenciement. En revanche, il y a eu du<br />

chômage partiel.<br />

2. Conseil National des Professions de l’Automobile.<br />

La Team 8, la task force d’Aniel durant<br />

le premier confinement.<br />

Par ailleurs, notre responsable Logistique<br />

et huit adjoints ont formé une<br />

« task force » en interne nommé la<br />

Team 8. Cette équipe a été d’accord pour<br />

travailler pendant la période du confinement.<br />

Nous avons été très surpris car<br />

la Team 8 était composée de manutentionnaires.<br />

Mais cette équipe a dit qu’ils<br />

resteraient en vase clos : chacun devait<br />

se déplacer uniquement entre le domicile<br />

et le lieu de travail et ne sortirait pas<br />

faire des courses… On leur a fourni des<br />

attestations indiquant qu’ils étaient en<br />

maintien d’activité. Ces salariés nous ont<br />

alors tiré vers le haut. Ils ont été épuisés<br />

et nous les avons remerciés avec la<br />

prime Covid.<br />

En outre, nous avons mis en télétravail<br />

les salariés qui pouvaient l’être. En<br />

revanche, ceux qui devaient expédier la<br />

B.F. : Pendant la première période de<br />

confinement lié au Covid, la Team 8 est<br />

un bon exemple. Cela a eu un impact<br />

sur nos salariés parce que des clients de<br />

la région (83 et 06 et entre la Bouche du<br />

Rhône et Paca) ont été très surpris qu’on<br />

soit resté ouvert. Nous avons ainsi réussi<br />

à récupérer des clients qui avaient l’habitude<br />

de commander chez des concurrents.<br />

Ces clients ont été satisfaits d’être<br />

dépannés lors de cette période car nos<br />

concurrents directs étaient restés fermés<br />

les dix premiers jours du confinement.<br />

Cela a maintenu un minimum d’activité.<br />

La Team 8 correspondait un quart<br />

de notre effectif. Nous avons donc rationalisé<br />

nos coûts et finalement, nous<br />

avons cherché de nouveaux clients que<br />

nous n’aurions jamais touché. Après<br />

cette période, ils sont revenus car ils<br />

avaient été bien dépannés. Ainsi, nous<br />

avons gagné des parts de marché. Mais<br />

avec l’impact du Covid, les personnes<br />

devaient rester le plus possible en télétravail<br />

et il y a alors moins de sinistralité.<br />

●<br />

Propos recueillis par<br />

Valérie Brenugat<br />

22 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


EXCELLENCE RELATIONNELLE<br />

EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT<br />

SALON<br />

Sorry Mom Tatouage<br />

un service de qualité<br />

En 2020, Sorry Mom Tatouages a remporté le Prix des Bonnes Pratiques dans la catégorie<br />

TPE lors de la Cérémonie des Prix Nationaux de la <strong>Qualité</strong> organisée par France <strong>Qualité</strong>.<br />

Interview. Pour faire monter le tatouage en gamme, la société révolutionne la relation client<br />

et s’attache au bien-être de ses artistes tatoueurs : bien que 30 % plus chère que le marché,<br />

elle a ouvert 3 boutiques en 3 ans avec un taux de transformation de 74 %. Zoom.<br />

©DR<br />

Maxime<br />

Lelarge<br />

©DR<br />

Gérant de<br />

Sorry Mom<br />

Tatouage.<br />

Le salon Sorry Mom Tatouage.<br />

QUELLE EST VOTRE ACTIVITÉ ?<br />

Maxime Lelarge : Actuellement, je suis propriétaire de trois<br />

boutiques à Toulouse : Sorry Mom, Sorry Dad, Sorry Family.<br />

Nous sommes présentés en tant que salon de tatouage, en<br />

réalité notre activité consiste plutôt dans la mise en relation<br />

entre tatoueurs et tatoués ou futurs tatoués : conseil, présentation<br />

des artistes, prise de rendez-vous, vente de produits<br />

de soin et suivi si besoin.<br />

Notre équipe est composée d’une quinzaine de tatoueurs, et<br />

de cinq experts spécialisés dans le tatouage. Des guests internationaux<br />

sont régulièrement présents au shop.<br />

Dans nos salons de tatouage, vous trouverez le professionnalisme<br />

d’un vrai artiste tatoueur, mettant en avant la création,<br />

l’écoute et avant toutes choses l’hygiène. Vous pouvez<br />

nous suivre sur les réseaux sociaux.<br />

ON NE S’ATTENDAIT PAS FORCÉMENT À ENTENDRE<br />

PARLER DE DÉMARCHE QUALITÉ ET EXCELLENCE<br />

OPÉRATIONNELLE DANS VOTRE SECTEUR<br />

D’ACTIVITÉ… COMMENT CETTE IDÉE EST-ELLE<br />

VENUE ET POURQUOI ?<br />

M.L. : La création de ces boutiques m’a donné envie de se<br />

démarquer des autres acteurs de ce marché par l’excellence<br />

commerciale et opérationnelle qui ne se pratique quasiment<br />

pas dans ce métier. Je me suis rendu compte que les artistes<br />

que je représente sont des fortes personnalités, originales et<br />

créatives et leur qualité première n’est pas toujours dans la<br />

vente de leurs œuvres. De plus, avec la mode croissante de<br />

tatouage, la clientèle a énormément évolué : nous sommes<br />

passés des clients de niches à la mode de masse. Ces clients<br />

et nouveaux clients attendent aujourd’hui une prestation de<br />

service à la hauteur de leurs envies : cadre agréable, sécurité,<br />

hygiène irréprochable, conseil, écoute. En améliorant<br />

en continue la structure, en écoutant les retours des clients<br />

et des tatoueurs, nous avons réussi à bâtir une proposition<br />

client unique et qualitative qui nous assure une forte notoriété<br />

et visibilité sur l’agglomération toulousaine et même<br />

en dehors de celle-ci.<br />

QUELS SONT LES ENJEUX DE LA QUALITÉ<br />

RELATIONNELLE DANS VOTRE SECTEUR ?<br />

M.L. : Les enjeux principaux dans mon activité sont l’amélioration<br />

continue du service et la confiance client et bien<br />

sûr, le maintien de la promotion et la mise en avant de nos<br />

artistes. Aujourd’hui, la réussite d’une entreprise passe en<br />

grande partie par le travail sur le fond de l’état d’esprit de nos<br />

collaborateurs, leur motivation. La façon dont ils accueillent,<br />

conseillent et reçoivent les clients en plus de leur apporter<br />

une satisfaction personnelle, contribue grandement au bienêtre<br />

d’entreprise. Cette qualité des prestations impliquant<br />

ceux qui travaillent et ceux qui nous visitent, est essentielle<br />

pour garder le cap sur la qualité.<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I23


EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT<br />

EXCELLENCE RELATIONNELLE<br />

« Les enjeux principaux dans mon activité<br />

sont l’amélioration continue du service et<br />

la confiance client et bien sûr, le maintien<br />

de la promotion et la mise en avant de nos<br />

artistes. »<br />

COMMENT ÉVALUEZ-VOUS CETTE QUALITÉ<br />

RELATIONNELLE ?<br />

M.L. : Dans le domaine de tatouage, la<br />

confiance est un lien essentiel à établir. La<br />

transformation corporelle permanente est<br />

une décision certes prise personnellement<br />

par chaque client, néanmoins, elle nécessite<br />

un accompagnement attentif. Nos équipes<br />

arrivent facilement à installer cette relation<br />

privilégiée dès la prise en charge à l’accueil.<br />

Les collaborateurs sont conscients et<br />

fiers de la tâche qui leur est confiée. Puis l’artiste<br />

prolonge ce lien naturellement lors des<br />

séances. Il faut savoir que certains rendezvous<br />

durent plusieurs heures. Cela se transforme<br />

en des moments de complicité, des<br />

moments presque amicaux. Nous sommes fiers de la reconnaissance<br />

de nos clients car nous les voyons revenir pour<br />

d’autres projets, leur fidélité est la preuve que nous sommes<br />

sur la bonne voie. D’ailleurs, nos salons sont les plus et les<br />

mieux notés de Toulouse (Google) et cela bien sûr grâce<br />

au travail fourni par l’équipe<br />

QUELLE RELATION CLIENT A ÉTÉ RÉCOMPENSÉE DU<br />

PRIX DES BONNES PRATIQUES DANS LA CATÉGORIE<br />

TPE PAR L’AFQP ?<br />

M.L. : Justement, nous étions récompensés pour la stratégie.<br />

Cela englobe tout le processus, parcours client au sein<br />

de nos boutiques. Lors de la présentation de notre candidature,<br />

nous avons pu facilement mettre en avant la qualité<br />

de déroulement de la prise en charge de chaque client.<br />

SUR QUELLES VALEURS HUMAINES LE VENDEUR<br />

CONSEILLER EST-IL RECRUTÉ ?<br />

M.L. : La motivation à mon sens est la qualité principale<br />

: à partir du moment qu’on est motivé, on peut tout<br />

apprendre et tout réussir. Je reçois souvent les candidats<br />

qui sont passionnés par l’univers de tatouage et j’avoue que<br />

cela en plus de motivation est un avantage. Bien évidemment<br />

l’écoute de l’autre est très importante, cette empathie<br />

est souvent visible au premier entretien.<br />

©DR<br />

Dans le secteur de<br />

tatouage, la confiance est<br />

un lien essentiel à nouer.<br />

COMMENT FAVORISEZ-VOUS LE BIEN-ÊTRE AU<br />

TRAVAIL DE VOS ARTISTES-TATOUEURS ?<br />

M.L. : Afin d’appuyer d’avantage mes préoccupations<br />

pour les artistes (car leur bien-être se transmet au client),<br />

j’ai mis en place également certains éléments pour les<br />

artistes : conseil épargne retraite, gestion de cotisations,<br />

protection personnelle etc. Ils sont suivis, pour ceux qui le<br />

veulent évidemment, par un professionnel du métier qui<br />

les conseille et les aiguille. Ce genre de « détail » est très<br />

souvent négligé dans le métier mais essentiel pour leur<br />

avenir.<br />

De plus, la mise en avant de la communication<br />

et de la promotion est prise en charge par<br />

la structure. Nous gérons également les prises<br />

de rendez-vous ainsi que la sélection et l’achat<br />

de matériel de haute qualité. Tous ces points<br />

de gestion enlevés, les artistes se concentrent<br />

pleinement sur leur créativité et le bien-être<br />

de leurs clients.<br />

COMMENT AVEZ-VOUS AMÉLIORÉ<br />

L’ACCUEIL ET ÉVOLUÉ LES SERVICES<br />

VERS LE CLIENT ? QUELLE DÉMARCHE<br />

ÉTHIQUE VIS-À-VIS DU CLIENT AVEZ-<br />

VOUS DÉVELOPPÉ ?<br />

M.L. : Afin de se rapprocher de nos clients, nous organisons<br />

régulièrement des portes ouvertes. Ce genre d’évènement,<br />

inédits dans notre secteur, permet aux clients de<br />

découvrir l’ambiance de nos salons, faire connaissance avec<br />

l’équipe et les artistes. Cela accentue d’avantage notre priorité<br />

qui est l’accueil et la mise en confiance. Nous avons le<br />

plaisir de leur offrir une boisson et du temps avec l’artiste<br />

de leur choix pour parler de leur projet, peaufiner leurs<br />

goûts. Actuellement, notre taux de transformation s’élève<br />

à 84%, cela est clairement un indicateur de la bonne avancée<br />

de nos efforts.<br />

« Afin de se rapprocher de nos clients,<br />

nous organisons régulièrement des portes<br />

ouvertes. »<br />

POURQUOI AVEZ-VOUS CRÉÉ LE CLUB TATOO<br />

DESTINÉ AUX CLIENTS ?<br />

M.L. : L’objectif du Tattoo Club est de créer une communauté<br />

de passionnés pour mettre au même niveau, les<br />

tatoueurs et les tatoués, nous avons voulu créer une proximité<br />

propice aux échanges. Nous faisons vivre ce cercle<br />

régulièrement avec des soirées, évènements autour du bien-<br />

24 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


EXCELLENCE RELATIONNELLE<br />

EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT<br />

être et de l’art. L’extension de cette communauté se trouve<br />

également au niveau digital avec des concours et les interviews<br />

live.<br />

COMMENT GÉREZ-VOUS LES RISQUES SANITAIRES<br />

LIÉS AU TATOUAGE COMME LE RISQUE<br />

D’INFECTION DU CLIENT ?<br />

M.L. : Tous les artistes tatoueurs sont sensibilisés<br />

aux risques sanitaires, car une formation<br />

sur l’hygiène et la salubrité est exigée<br />

pour exercer en tant que tatoueur dans nos<br />

locaux. Donc nous mettons en place des<br />

protocoles sanitaires sécurisant l’artiste et le<br />

client depuis des années : port du masque et<br />

gants, désinfestation du lieu et bien évidemment<br />

du matériel et cela bien avant la crise<br />

sanitaire. Sur un point de vue installation,<br />

nous mettons tout en œuvre pour que l’hygiène<br />

soit irréprochable avec l’immobilier et<br />

configuration des cabines faciles à nettoyer.<br />

QUELLES RÉPERCUSSIONS LA CRISE LIÉE AU<br />

COVID 19 A-T-ELLE ENTRAÎNÉ SUR CETTE QUALITÉ<br />

RELATIONNELLE ?<br />

©DR<br />

Tous les artistes tatoueurs<br />

suivent une formation sur<br />

l’hygiène et la salubrité.<br />

M.L. : La crise liée au Covid 19 a bien évidemment perturbé<br />

nos clients, notre spécialité nécessite une proximité certaine.<br />

Heureusement, nos protocoles déjà existants ont fait leurs<br />

preuves auprès de nos clients et prospects. Aujourd’hui, les<br />

clients sont rassurés de venir chez nous car nous bénéficions<br />

de la bonne réputation au niveau de l’hygiène.<br />

QUELS SONT LES CRITÈRES POUR<br />

ÉVALUER LA QUALITÉ D’UN BON SALON<br />

DE TATOUAGE ?<br />

M.L. : Pour bien évaluer la qualité d’un bon<br />

salon, bien évidemment, nous allons juger la<br />

qualité d’exécution mais également la capacité<br />

de comprendre la demande du client, de<br />

prendre en compte ses envies et ses aspirations.<br />

Pour cela, l’ambiance de salon est essentielle<br />

afin que le client puisse se livrer, se détendre<br />

et être en confiance.●<br />

Propos recueillis par<br />

Valérie Brenugat<br />

17, rue de Châteaudun<br />

75009 PARIS<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I25


EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT<br />

EXCELLENCE RELATIONNELLE<br />

AVIS D’EXPERT<br />

Comment démultiplier les effets<br />

des démarches d’excellence<br />

opérationnelle ?<br />

Il y a un an quasiment jour pour jour (24/01/2020), les premiers cas<br />

Covid ont été détecté sur le territoire français et la pandémie a depuis<br />

démultiplié ses effets tant sanitaires que socio-économiques et finalement<br />

sociétaux (distanciation physique familiale, télétravail, clic&collect…).<br />

Peut-être encore plus qu’auparavant, l’enjeu de compétitivité et de<br />

survie-développement est la préoccupation existentielle au sein des<br />

organisations. En effet, le changement ou la transformation des modèles<br />

d’affaires ou/et l’exécution de ses opérations ne sont plus des options<br />

pour l’ensemble des entreprises.<br />

Si pour tendre vers plus de performance, les organisations<br />

s’appuient fréquemment sur les leviers technologiques,<br />

digitaux ou les techniques d’excellence<br />

opérationnelle, la question de l’excellence relationnelle<br />

n’est que peu intégrée dans la recherche de performance<br />

à l’exception peut-être de certains services « qualité<br />

» ou « ventes/marketing » où depuis maintenant (une vingtaine<br />

d’années) plusieurs années, la satisfaction clients est<br />

une préoccupation croissante.<br />

En effet, nombreuses sont les entreprises et organisations<br />

à avoir implémentées des outils et méthodes pour tendre<br />

vers l’excellence opérationnelle, tels que l’analyse et/ou l’évaluation<br />

de processus (value streaming mapping, SIPOC,<br />

CMMI…), la résolution de problèmes (QRQC, A3, 8D,<br />

Ishikawa…), la déclinaison stratégique (SWOT/PESTEL,<br />

mission/vision, DOPA…), le pilotage (OGSM, management<br />

visuel, KPI tree, tableau de bord de pilotage, …) ou encore<br />

la gestion des compétences (grille de compétences, grille<br />

de polyvalences…), et de plus en plus aujourd’hui, l’expérience<br />

clients et parfois collaborateurs (Voice Of Customer,<br />

Parcours clients, Personae, enquête de satisfaction et autre<br />

Net Promotor Score…).<br />

Si la performance relationnelle externe (vis-à-vis des clients)<br />

est un peu plus à l’ordre du jour, plus rare sont les échanges<br />

et questionnements liés au développement de la performance<br />

relationnelle interne dans les entreprises. Pour autant,<br />

© DR © DR<br />

© DR<br />

Guillaume Attias<br />

Expert en neurosciences<br />

appliquées<br />

aux processus<br />

décisionnelles –<br />

Fondateur de BMO<br />

Academy.<br />

Florent Mourens<br />

Expert en excellence opérationnelle,<br />

transformation et innovation managériale<br />

–Président fondateur du cabinet de conseil<br />

Cultural Broker.<br />

Laurent Letang<br />

Gribouilleur black belt – Fondateur Les<br />

Joyeux Gribouilleurs.<br />

26 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


EXCELLENCE RELATIONNELLE<br />

EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT<br />

© Laurent Letang<br />

Si les outils de l’excellence opérationnelle permettent<br />

d’aligner les parties prenantes d’une organisation, cela est<br />

souvent énergivore, chronophage et parfois même vain.<br />

Sans recours à une grande pédagogie, une grande clarté<br />

et un échange direct et factuel, qui par conséquent, nécessitent<br />

de recourir à l’excellence relationnelle afin de faire<br />

converger, plus que d’aligner, tout le bon travail technique<br />

se trouvera limité au mieux et parfois interprété et mal<br />

compris. Plus que de ranger des personnes à notre cause,<br />

il s’agit bien de les faire se diriger vers un but commun, ce<br />

qui en termes d’énergie n’a pas la même consommation.<br />

L’excellence relationnelle illustrée par Laurent Letang.<br />

c’est bien à l’intérieur de l’organisation que se créée ou<br />

se dégrade la valeur ajoutée et au final sa compétitivité !<br />

Et comme tout dirigeant d’entreprise, nous savons que la<br />

première source de création de valeur est d’arrêter d’en<br />

détruire : sur-temps, sur-qualité, sur-consommation,<br />

sur-stock… Si pour les ingrédients tangibles et matériels<br />

de la performance, il est aisé de mesurer et donc<br />

d’infléchir sur le paramètre, il est plus difficile de percevoir,<br />

prendre en compte et analyser les éléments immatériels<br />

que sont les temps passés à débattre, expliquer,<br />

convaincre, faire prendre conscience,<br />

modifier un comportement, piloter un<br />

projet, concevoir un produit, collaborer<br />

dans un service ou entre services<br />

autour d’un même processus… Souvent<br />

les plus fortes destructions ou sources<br />

de création de valeur sont présentes<br />

dans les phases de transitions au sein<br />

d’un processus, sur les zones d’interfaces<br />

lorsque l’activité humaine relationnelle<br />

est la plus intense : management<br />

de proximité déclinant la stratégie en opérations, passage<br />

d’un dossier client du service Etudes à sa réalisation par<br />

l’équipe travaux, prestation du service à la facturation…<br />

« Les neurosciences<br />

permettent de créer une<br />

valeur ajoutée immatérielle<br />

pour l’entreprise en<br />

développant une sorte<br />

d’éconologie relationnelle. »<br />

Comment alors développer des relations humaines plus efficaces<br />

et tendre vers l’efficience relationnelle ? Quels leviers<br />

pouvons-nous mobiliser dans notre environnement afin<br />

d’accélérer une prise de décision, la résolution d’une situation<br />

conflictuelle, réduire les risques d’incompréhension<br />

lorsque nous interagissons avec des collègues ou clients ?<br />

Au-delà des outils d’excellence opérationnelle et pour<br />

en démultiplier les effets en dépassant le simple stade de<br />

l’outil par définition inerte et sans intention intrinsèque,<br />

les neurosciences permettent de créer une valeur ajoutée<br />

immatérielle pour l’entreprise en développant une sorte<br />

d’éconologie relationnelle.<br />

Selon une étude de Lightspeed Research menée en 2017, le<br />

cerveau prend 35 000 décisions en moyenne par jour (24<br />

par minutes !!!) alors que nous n’avons conscience que de<br />

0,26% d’entre elles. L’immense majorité de nos décisions<br />

échappe à notre contrôle conscient et volontaire. Depuis<br />

mars 2019, en plaçant des sujets sous IRMF (Imagerie par<br />

résonance magnétique fonctionnelle) et en observant leur<br />

activité neuronale, il nous est désormais possible de prévoir<br />

leurs décisions, jusqu’à 11 secondes avant que les sujets<br />

en aient conscience eux-mêmes. (Roger Koenig-Robert<br />

& Joel Pearson).<br />

Si notre cerveau produit tant de décisions,<br />

sont-elles pour autant toutes<br />

rationnelles ? Absolument pas... Si tel<br />

était le cas, nous n’aurions pas autant<br />

de fumeurs qui mangent «bio» ! Nous<br />

pourrions donc être tenté de penser que<br />

les individus sont des acteurs socio-économiques<br />

incontrôlables et imprévisibles,<br />

mais ce n’est pas le cas. Si les<br />

processus décisionnels ne fonctionnent<br />

pas sur la rationalité, ils fonctionnent<br />

sur une logique de satisfactions addictives ancrée au plus<br />

profond de notre cerveau. Nous pouvons alors parler «d’irrationalité<br />

prévisible» tel que le suggère Dan Ariely, dans<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I27


EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT<br />

EXCELLENCE RELATIONNELLE<br />

son approche des biais cognitifs.<br />

C’est précisément pour cette raison que les entreprises<br />

rencontrent tant de difficultés dans les relations humaines à<br />

tous les niveaux et en tout lieu de l’organisation. Une partie<br />

de ce dysfonctionnement relationnel repose sur le fait que<br />

la grande majorité des organisations, et leurs processus,<br />

sont structurés de façon rationnelle et que cette rationalité<br />

rencontre rarement (si ce n’est jamais) la logique de satisfaction<br />

addictive des individus qui évoluent en son sein. Ceci<br />

a pour conséquence de générer de profondes frustrations,<br />

résistances, désenchantement et actes de désengagements.<br />

Aujourd’hui les neurosciences nous sont d’une aide<br />

précieuse pour mieux vendre, mieux débattre, négocier<br />

un accord collectif, collaborer, manager une équipe ou<br />

encore piloter un programme de transformation en nous<br />

apprenant à développer une meilleure qualité relationnelle<br />

fondée sur les mécanismes addictifs de chaque individu.<br />

Il en résulte une importante réduction des oppositions, le<br />

développement d’un réel engagement, des gains de temps<br />

considérables, une confiance accrue… au final de la création<br />

de valeur grâce à la convergence de l’excellence opérationnelle<br />

et relationnelle.<br />

Notre propos posé, qu’imaginez-vous mettre en œuvre ou<br />

proposer à vos équipes lorsque sera évoqué le désengagement<br />

ou la perte de motivation d’un collaborateur ou d’une<br />

équipe ? Un baby-foot : vraiment ?<br />

Schématiquement, le cerveau de l’être humain évalue son<br />

environnement (lieux, expériences, personnes, produits,<br />

services ...) en fonction de la potentialité de satisfaction<br />

addictive et aversive de ce dernier. Ces deux potentialités<br />

sont en confrontation permanente.<br />

D’un côté la potentialité de satisfaction addictive est définie<br />

par la capacité qu’aura un environnement à déclencher<br />

en nous 4 hormones et/ou neurotransmetteurs que sont :<br />

• La dopamine (voie méso-limbique) dans des contextes<br />

d’atteinte des objectifs d’optimisation des ressources<br />

ou de satisfactions physiologiques entre autres...<br />

• L’ocytocine, considérée comme l’hormone « du lien<br />

social» et principalement produite lors de nos interactions<br />

sociales.<br />

• La sérotonine, surnommée «hormone du bonheur» se<br />

déclenche quand une personne est reconnue pour ce<br />

qu’elle revendique d’elle-même.<br />

• Les endorphines, plus difficile à mettre en œuvre dans<br />

un cadre professionnel il existe cependant nombre de<br />

solutions (pratiques sportives ...etc.).<br />

• La potentialité d’un environnement à déclencher en<br />

nous ces 4 éléments, et donc sa potentialité à satisfaire<br />

nos addictions profondément ancrées en nous, va déterminer<br />

la valeur perçue par notre cerveau et donc<br />

notre désir d’engagement (et/ou d’achat).<br />

• De l’autre côté, la potentialité aversive est définie par<br />

le risque qu’aura un environnement à déclencher en<br />

nous un savant cocktail de cortisol et d’adrénaline que<br />

nous détestons fortement.<br />

• Le cortisol se déclenche principalement quand notre<br />

cerveau identifie un risque pour notre intégrité physique<br />

ou psychologique, lorsque quelque chose minimise<br />

nos ressources, lorsque nous devons produire des<br />

efforts ou encore dans des contextes d’incertitude ou<br />

d’incohérence.<br />

Qui n’a jamais eu une petite voix intérieure ou une intuition<br />

désagréable face à un vendeur de foire, là où dans un<br />

acte d’achat où toute l’information produit et du parcours<br />

d’achat est disponible et vérifiable sur notre produit favori,<br />

l’excitation pouvait être à son comble ?<br />

« Les neurosciences permettent de créer<br />

une valeur ajoutée immatérielle pour<br />

l’entreprise en développant une sorte<br />

d’éconologie relationnelle. »<br />

Si dans un environnement, la potentialité de satisfaction<br />

addictive est supérieure au potentiel aversif alors l’intention<br />

de l’individu sera de s’engager. Dans le cas contraire,<br />

vous verrez apparaître des comportements de résistances<br />

caractérisés par l’immobilisme, le combat ou la fuite.<br />

Il existe des milliers de stratégies de satisfaction des plus<br />

basiques au plus subtiles. De votre capacité à les mettre<br />

en œuvre et à les aligner avec l’excellence opérationnelle<br />

dépendra la réussite de vos projets.<br />

S’il est essentiel de maitriser les techniques et leurs mises en<br />

œuvre dans vos actions de vente, d’accompagnement individuel<br />

ou collectif, l’impact en sera démultiplié si vous savez<br />

le faire en intégrant les contextes de déclenchement des<br />

paramètres de satisfaction addictive des parties prenantes<br />

et c’est la voie que vous invite à prendre l’excellence relationnelle.<br />

●<br />

Guillaume Attias et Florent Mourens<br />

28 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


DES OUTILS NUMÉRIQUES POUR MIEUX MANAGER<br />

DOSSIER<br />

Des solutions numériques<br />

pour mieux manager<br />

© Istock<br />

SOMMAIRE<br />

30 <strong>Qualité</strong> des données saisies : Comment le Robotic Process Automation (RPA) est<br />

devenu la solution de référence<br />

32 Digitaliser les processus en tenant compte de leur maturité technologique<br />

34 ANI du 24/11/2020 sur le télétravail : beaucoup de bruit pour rien ?<br />

36 Speechi : des solutions interactives et collaboratives<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I29


DOSSIER<br />

DES OUTILS NUMÉRIQUES POUR MIEUX MANAGER<br />

AVIS D’EXPERT<br />

<strong>Qualité</strong> des données saisies :<br />

Comment le Robotic Process<br />

Automation (RPA) est devenu<br />

la solution de référence<br />

Alors que l’usage de la donnée se complexifie, un volume conséquent<br />

d’entre elles doit être saisi ou vérifié manuellement. Le RPA est<br />

une solution qui se diffuse grâce à son cout attractif de mise<br />

en œuvre et son effet collatéral en termes de qualité sur les<br />

processus.<br />

La qualité des données est une<br />

composante essentielle à la<br />

qualité des traitements automatisés<br />

– les traitements à base<br />

d’intelligence artificielle étant encore plus<br />

sensibles à la qualité des données.<br />

L’adaptation a un monde devenu très<br />

volatile et collaboratif conduit les entreprises<br />

à s’échanger un volume croissant de<br />

données : commandes, données permettant<br />

de planifier la production, déclarations<br />

en ligne etc.<br />

Par ailleurs, avec le développement des<br />

services, les facturations se complexifient<br />

; Leur élaboration ou leur contrôle<br />

peuvent alors largement reposer sur<br />

des données qui doivent être saisies ou<br />

consultées manuellement à partir d’autres<br />

systèmes – c’est le cas typiquement quand<br />

le temps ou l’investissement nécessaires<br />

aux développements d’interfaces sont<br />

dissuasifs.<br />

S’il est fréquent d’échanger les données<br />

entre partenaires de manière automatique,<br />

près de la moitié des données échangées<br />

© DR<br />

William Zanotti<br />

Président de<br />

Digilence.<br />

Le principe du RPA est assez simple à<br />

mettre en œuvre : il nécessite d’acheter<br />

un logiciel spécialisé (quelques K€) qui va<br />

être programmé pour reproduire toutes les<br />

opérations de saisies faites par un opérateur<br />

humain : l’opérateur virtuel va ainsi<br />

pouvoir se connecter aux mêmes systèmes<br />

que l’employé et lire les données provene<br />

sont pas intégrées automatiquement 1<br />

et nécessitent donc des phases de saisies<br />

manuelles – avec les conséquences inévitables<br />

en termes de qualité des données<br />

saisies, fréquences de mise à jour et couts<br />

de traitements.<br />

Depuis quelques années, les solutions<br />

permettant le RPA ont pu largement se<br />

perfectionner et se diffuser dans les entreprises<br />

: 45% des entreprises interrogées*<br />

ont déployé des solutions à base de RPA<br />

en 2020 pour des usages aussi divers qu’intégrer<br />

des prévisions de ventes ou des<br />

commandes dans leurs systèmes, générer<br />

ou contrôler les factures ou les avoirs pour<br />

les retours de marchandises ou encore<br />

faire les déclarations de demandes de<br />

remboursement des indemnités journalières<br />

de la SS etc.<br />

1. Selon le panorama digital 2020/2021 du lab digital de France Supply Chain, 53% des entreprises<br />

interrogées seulement échangent leurs données avec leurs partenaires en temps réel et/ou utilisent de<br />

manière intensive les EDI ou API<br />

Prenons l’exemple d’une société qui, pour<br />

émettre les avoirs sur retours, doit consulter<br />

les historiques de livraison pour identifier<br />

la date à laquelle le produit retourné<br />

a été initialement livré, les prix pratiqués<br />

sur cette livraison initiale, et vérifier les<br />

résultats du contrôle qualité lors du retour.<br />

Les politiques commerciales évoluent<br />

régulièrement aussi la société n’a jamais<br />

développé d’application intégrée pour<br />

automatiser la gestion de ces retours : ces<br />

vérifications nécessitent qu’un opérateur<br />

se connecte à plusieurs systèmes avant de<br />

pouvoir émettre les avoirs. Or ces tâches<br />

répétitives peuvent être aisément exécutées<br />

par un assistant virtuel, qui les réalisera<br />

sans risque d’erreur, y compris pendant<br />

les périodes de congés.<br />

30 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


DES OUTILS NUMÉRIQUES POUR MIEUX MANAGER<br />

DOSSIER<br />

nant par exemple de systèmes internes,<br />

de portails internet ou de mails et de leurs<br />

pièces jointes, à partir desquels il réalisera<br />

les traitements qu’on lui aura appris en<br />

utilisant le même éventail de droits d’accès.<br />

L’avantage déterminant de cette programmation<br />

est qu’elle ne porte que sur les<br />

opérations de lecture et de saisie, et leur<br />

coût en fait ainsi une solution très rapide<br />

à mettre en œuvre, et engendre typiquement<br />

des retours sur investissements au<br />

bout de quelques mois seulement.<br />

Il y a bien sûr un certain nombre de<br />

précautions à prendre 1 parmi lesquelles :<br />

• Bien sélectionner les cas d’usage –<br />

le RPA n’est pas une panacée pour<br />

tous les cas d’usage.<br />

• Avoir bien analysé – et autant<br />

que possible optimisé – le process<br />

avant la programmation de l’opérateur<br />

virtuel.<br />

• Bien gérer la transformation in-<br />

1. Une fiche de bonnes pratiques a été rédigée par<br />

le lab ETI-PME de France Supply Chain.<br />

En 2020, 45% des entreprises interrogées ont<br />

déployé des solutions à base de RPA.<br />

duite auprès des équipes. Un des<br />

enjeux est notamment de bien impliquer<br />

les équipes dans ce projet<br />

pour ne pas gérer de résistance au<br />

changement passive (« je n’utilise<br />

pas ») voire active (« je suis ouvertement<br />

contre »).<br />

« Au-delà des gains<br />

économiques, le RPA présente<br />

donc plusieurs avantages pour<br />

la qualité et la performance des<br />

processus. »<br />

Au-delà des gains économiques, le RPA<br />

présente donc plusieurs avantages pour la<br />

qualité et la performance des processus :<br />

• Baisse des erreurs humaines de<br />

saisies ou de traitement, augmentation<br />

de la motivation des employés<br />

par une baisse de tâches<br />

répétitives ;<br />

• Gains de temps ou de fréquence<br />

d’actualisation (ex : actualisation<br />

des métadonnées avec des données<br />

plus récentes qui ne nécessitent<br />

© DR<br />

que quelques secondes de traitement<br />

avec le RPA) :<br />

• Effet indirect sur les sources d’inefficacité<br />

et/ou d’erreur car une démarche<br />

RPA va conduire à les<br />

traquer impitoyablement: en effet,<br />

l’humain peut s’adapter très facilement<br />

à un processus alambiqué ou<br />

qui est basé sur des données non<br />

structurées, ou pour lesquelles les<br />

règles sont floues, ce qui constitue<br />

un environnement propice aux<br />

erreurs ; les travaux d’analyse méticuleux<br />

qui précèdent la mise en<br />

œuvre d’outil de RPA vont inévitablement<br />

conduire à apporter un<br />

regard critique pour simplifier et<br />

donc automatiser facilement des<br />

situations qui ont pu se complexifier<br />

inutilement avec le temps ;<br />

• Certaines opérations de contrôles<br />

peuvent devenir possibles alors<br />

qu’elles n’étaient pas envisageables<br />

économiquement avec un processus<br />

manuel ;<br />

• Fluidité dans les remplacements<br />

d’opérateurs (congés, polyvalence,<br />

rotation des équipes…) ;<br />

• Documentation des processus,<br />

clarté des règles. ●<br />

William Zanotti<br />

William Zanotti,<br />

homme multicarte<br />

William Zanotti est président de<br />

Digilence, société spécialisée dans<br />

l’accompagnement des démarches<br />

d’innovation et d’excellence<br />

opérationnelle. Il est aussi membre<br />

des Conseils d’Administration de<br />

Processway et de France Supply<br />

Chain et directeur du lab ETI-PME<br />

de France Supply Chain.<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I31


DOSSIER<br />

DES OUTILS NUMÉRIQUES AU TÉLÉTRAVAIL<br />

AVIS D’EXPERT<br />

Digitaliser les processus<br />

en tenant compte de leur<br />

maturité technologique<br />

BPM, GED, IA, RPA, Chatbot, Blockchain, … toutes ces technologies,<br />

émergentes pour certaines, matures pour d’autres, accompagnent<br />

la transformation numérique de l’entreprise, en améliorant des<br />

services ou en créant de nouveaux.<br />

©DR<br />

Jean-François<br />

Pirus<br />

Président<br />

fondateur de<br />

BPMS et expert<br />

Innovation<br />

auprès de l’Union<br />

Européenne.<br />

©DR<br />

Thibault Trintignac<br />

Business analyste Associé<br />

de BPMS, Président du<br />

chapitre Français de<br />

l’International Institute of<br />

Business Analysis (IIBA)<br />

et Membre du CA de<br />

ProcessWay.<br />

SE TROMPER DE TECHNOLOGIE, UN<br />

ÉCUEIL CLASSIQUE D’UN PROJET<br />

DIGITAL<br />

Mais pour apporter des résultats<br />

tangibles, cette évolution doit s’accompagner<br />

d’une réflexion permanente et<br />

cohérente sur le choix de la technologie<br />

adéquate pour chaque processus<br />

à numériser.<br />

Les influences qui s’exercent sur le<br />

décideur pour aller dans telle ou telle<br />

direction sont nombreuses et souvent<br />

biaisées :<br />

• la stratégie « me too » du dirigeant<br />

qui ne veut pas être en reste par<br />

rapport à ses concurrents ;<br />

• les sites d’information qui préfèrent<br />

mettre en avant les réussites<br />

plutôt que les échecs alors<br />

qu’un manager tirera toujours<br />

plus d’informations utiles des<br />

écueils à éviter ;<br />

• les présentations des éditeurs<br />

dont les meilleurs éléments se<br />

consacrent à la phase avant-vente,<br />

la plus rentable, et qui poussent,<br />

modèle économique oblige, au<br />

« toujours plus » de fonctionnalités<br />

;<br />

• quand ce ne sont pas les équipes<br />

internes de la DSI ou les utilisateurs<br />

finaux qui trouvent plus motivants<br />

de travailler sur des technologies<br />

avant-gardistes.<br />

Au final, le taux d’échec des projets<br />

informatiques reste préoccupant 1 mais<br />

les boucs émissaires sont suffisamment<br />

nombreux (éditeur, intégrateur,<br />

outil, besoin mal défini, …) pour que<br />

rarement soit remis en cause le choix,<br />

non pas de l’outil, mais de la famille à<br />

laquelle il appartient.<br />

Dans ce contexte, le Business Analyste<br />

a un rôle clé à jouer pour aider les<br />

parties prenantes à faire le bon choix.<br />

Par sa neutralité (il ne doit pas porter<br />

de besoins « personnels »), son rôle est<br />

de collecter et structurer les éléments<br />

devant éclairer ce choix.<br />

Ces éléments devront essentiellement<br />

tenir compte de 2 paramètres :<br />

la maturité numérique du processus<br />

existant et le profil des acteurs devant<br />

exécuter au quotidien la version cible<br />

du processus.<br />

Nous nous concentrerons dans la suite<br />

de cet article sur le premier mais il<br />

convient de garder à l’esprit la seconde<br />

dimension qui relève de la stratégie<br />

de conduite du changement. Elle peut<br />

amener à valoriser des stratégies « low<br />

tech » quand celles-ci s’avèrent finalement<br />

bien adaptées à la population<br />

concernée.<br />

1. 70% des projets ont tendance à échouer selon l’étude Pulse of the profession 2018 du Project Management<br />

Institute (PMI) réalisée auprès de 5402 entreprises, moyenne stagnante depuis 2007.<br />

32 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


DES OUTILS NUMÉRIQUES AU TÉLÉTRAVAIL<br />

DOSSIER<br />

© DR<br />

matiser la prise de décision.<br />

Entre structurer des critères décisionnels,<br />

automatiser des tâches répétitives et laisser<br />

la machine décider à notre place, il y<br />

a là 3 enjeux radicalement différents que<br />

porteront respectivement les moteurs de<br />

règles, les outils de Robotic Process Automation<br />

(RPA) ou les composants intégrant<br />

de l’Intelligence Artificielle.<br />

Rajouter de l’IA à un processus déjà robotisé<br />

peut faire sens, vouloir le faire d’emblée<br />

sur un processus très peu automatisé<br />

amène le projet en zone de risques, tant<br />

en termes de définition du besoin que de<br />

manière de le couvrir.<br />

UN OUTIL CLÉ AUX MULTIPLES USAGES<br />

DÉFINIR LA TECHNOLOGIE CIBLE<br />

EN FONCTION DE LA MATURITÉ<br />

TECHNOLOGIQUE DU PROCESSUS DE<br />

DÉPART<br />

Entre le processus entièrement manuel –<br />

il en reste quelques-uns – et celui entièrement<br />

piloté y compris au plan décisionnel,<br />

par de l’intelligence artificielle, on sent bien<br />

qu’il y a différents degrés de digitalisation.<br />

Nous en distinguons une dizaine représentée<br />

par cette échelle de maturité.<br />

Comme toute représentation mono dimensionnelle,<br />

ce tableau est simplificateur et<br />

certains lecteurs auront peut-être envie<br />

d’inverser deux lignes. L’important n’est<br />

pas là. Cette hiérarchie permet de sensibiliser<br />

l’ensemble des parties prenantes, d’une<br />

part sur la variété des solutions à disposition,<br />

d’autre part sur le danger d’avoir des<br />

marches trop hautes à franchir.<br />

Il marque aussi 3 sous-ensembles :<br />

• le premier (jusqu’au niveau 2) regroupe<br />

les processus peu digitalisés<br />

ou digitalisés de manière tradition-<br />

Echelle de numérisation des processus.<br />

nelle (interfaces, …) ;<br />

• le second (les niveaux 3 à 6) présente<br />

des technologies matures dont les bénéfices<br />

sont simples à identifier et la<br />

mise en œuvre peu risquée ;<br />

• enfin, le dernier volet matérialise des<br />

technologies émergentes certes prometteuses<br />

mais aussi plus difficiles à<br />

dompter.<br />

Cette échelle peut être adaptée au contexte<br />

de l’entreprise.<br />

En positionnant doublement le processus<br />

à digitaliser sur ce tableau, la première fois<br />

pour identifier d’où l’on part, la seconde<br />

pour matérialiser où on veut aller, le<br />

Business Analyste mettra en évidence la<br />

hauteur de la marche et interrogera sur la<br />

pertinence de sauter telle ou telle étape en<br />

faisant l’impasse sur telle ou telle technologie.<br />

On pourra aussi juger l’effort à fournir,<br />

les compétences et outils à acquérir, à<br />

déployer, pour passer de l’existant à la cible.<br />

Un cas extrêmement classique est de<br />

confondre les outils permettant d’auto-<br />

Au-delà de son utilisation dans la phase<br />

d’avant-projet qui permet d’appréhender<br />

les actions à mener pour passer d’un état<br />

actuel à un état cible, on peut également<br />

se servir de cette grille en l’appliquant<br />

à une cartographie des processus pour<br />

représenter des ensembles de processus<br />

homogènes en termes de niveau d’automatisation<br />

: en ayant une approche plus<br />

transverse de la digitalisation, on s’offre la<br />

possibilité d’optimiser le retour sur investissement<br />

de ses choix technologiques, en<br />

vérifiant que les objectifs de l’entreprise<br />

sont bien alignés avec les bénéfices que<br />

peut apporter la technologie.<br />

Dans la phase projet proprement dite, une<br />

fois le périmètre de la digitalisation défini,<br />

la même grille permettra de cibler les techniques<br />

pertinentes, au sein de la riche<br />

boîte à outils de la Business Analyse. On<br />

n’analyse pas de la même façon un processus<br />

à outiller avec une GED ou un RPA.<br />

Enfin, au-delà des outils, cette échelle<br />

aidera à mieux identifier les compétences<br />

requises, les risques inhérents. .<br />

Jean-François Pirus et Thibault<br />

Trintignac<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I33


DOSSIER<br />

DES OUTILS NUMÉRIQUES AU TÉLÉTRAVAIL<br />

ANI du 24/11/2020<br />

sur le télétravail :<br />

beaucoup de bruit<br />

pour rien ?<br />

Le télétravail désigne « toute forme d’organisation du<br />

travail dans laquelle un travail qui aurait également<br />

pu être exécuté dans les locaux de l’employeur<br />

est effectué par un salarié hors de ces locaux de<br />

façon volontaire en utilisant les TIC » 1 . Il ôte ainsi<br />

le salarié du lieu habituel d’application du droit<br />

du travail qu’est l’entreprise. Naissent alors des<br />

questions variées quant au lien de subordination,<br />

à l’application du droit du travail « à domicile »,<br />

ou au respect de la vie personnelle.<br />

© DR<br />

AVIS D’EXPERT<br />

Avec l’épidémie de Covid 19, un nouvel accord<br />

national interprofessionnel (ANI) sur le télétravail<br />

a été avalisé le 26 novembre 2020. S’il<br />

encourage les négociations de branche et d’entreprises<br />

en fixant un cadre de mise en œuvre du télétravail,<br />

il ne contient aucune stipulation contraignante<br />

(sauf pour les employeurs membres d’un syndicat patronal<br />

signataire 2 ) et se borne bien souvent à reprendre l’état<br />

du droit antérieur.<br />

RETOUR NÉANMOINS SUR LE STATUT DU TÉLÉTRAVAIL<br />

EN FRANCE.<br />

I.Conditions de mise en œuvre<br />

a). Double volontariat<br />

L’employeur ne peut imposer le télétravail à un salarié, et,<br />

de même, le salarié ne peut imposer à son employeur de<br />

1. Code du travail, art. L 1222-9<br />

2. Medef, CPME et U2P<br />

Pierre Lacoin<br />

Avocat à la Cour au cabinet<br />

1792avocats.<br />

télétravailler. L’employeur qui refuse d’accorder le bénéfice<br />

du télétravail à un salarié qui occupe un poste éligible à<br />

un mode d’organisation en télétravail dans les conditions<br />

prévues par accord collectif ou, à défaut, par charte, doit<br />

néanmoins motiver sa réponse.<br />

Depuis 2009 cependant, en cas de circonstances exceptionnelles<br />

(et notamment de menace d’épidémie) le salarié<br />

peut être contraint d’accepter le télétravail (alors considéré<br />

comme un simple aménagement de poste, c’est-à-dire un<br />

changement des conditions de travail).<br />

b). Formalisme écrit<br />

Le télétravail peut être mis en place et formalisé par tout<br />

moyen écrit (contrat, avenant, accord ou charte d’entreprise).<br />

Le document instaurant le télétravail devra nécessairement<br />

stipuler :<br />

• les conditions de télétravail (rattachement hiérarchique,<br />

modalités d’évaluation de la charge de travail,<br />

de liaison avec l’entreprise, et de compte-rendu,<br />

règles d’utilisation des équipements, etc.) ainsi qu’une<br />

période d’adaptation obligatoire durant laquelle chacune<br />

des parties pourra mettre un terme au télétravail<br />

moyennant le respect d’un délai de prévenance 3 ,<br />

• les conditions de retour à une exécution sans télétra-<br />

3. Uniquement lorsque l’ANI s’applique.<br />

34 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


DES OUTILS NUMÉRIQUES AU TÉLÉTRAVAIL<br />

DOSSIER<br />

vail, dites « clause de réversibilité » (le salarié télétravailleur<br />

dispose d’une priorité générale d’emploi au<br />

sein de l’entreprise lorsqu’un poste est vacant),<br />

• les modalités de contrôle du temps de travail (si un<br />

système de surveillance est mis en place, il devra respecter<br />

les principes de pertinence et de proportionnalité<br />

du Code du travail).<br />

II.Obligations de l’employeur<br />

Le télétravail à domicile.<br />

a). Lors de la mise en place du télétravail<br />

En plus des obligations d’informations inhérentes au<br />

formalisme mentionné point I.b), le comité d’entreprise,<br />

comme le CHSCT, doivent être consultés au titre de leur<br />

compétence relative à la marche générale de l’entreprise.<br />

Selon l’ANI, la qualité de télétravailleur doit par ailleurs<br />

être mentionnée sur le registre unique du personnel.<br />

Les moyens utilisés par l’employeur afin de permettre un<br />

contrôle des télétravailleurs (surveillance de la messagerie<br />

électronique et des connexions internet, géolocalisation,<br />

webcams, etc.) doivent bien sûr être déclarés auprès<br />

de la CNIL.<br />

Les (télé)travailleurs doivent par ailleurs recevoir une<br />

formation aux équipements et logiciels techniques à leur<br />

disposition.<br />

© DR<br />

mis en place pour contrôler l’activité du salarié doivent<br />

donc être cantonnés au domaine professionnel.<br />

De plus, l’employeur doit fixer, en concertation avec le salarié<br />

ou par accord ou charte l’employeur les plages horaires<br />

durant lesquelles il peut habituellement le contacter (droit<br />

à la déconnexion).<br />

Santé et sécurité : toutes les dispositions légales relatives<br />

à la santé et à la sécurité sont applicables aux télétravailleurs.<br />

L’employeur doit donc s’assurer que le télétravailleur<br />

respecte les impératifs de santé et de sécurité et, notamment,<br />

que les locaux dans lesquels il exerce son activité<br />

sont aux normes.<br />

De même, l’accident survenu sur le lieu où est exercé le<br />

télétravail pendant l’exercice de l’activité professionnelle<br />

du télétravailleur est présumé être un accident de travail.<br />

La preuve de la survenance de l’accident pendant l’exercice<br />

de l’activité professionnelle est néanmoins source de<br />

contentieux. A minima, la présomption jouera pendant<br />

les heures de contact habituel déterminées par les parties.<br />

Coût du télétravail : l’employeur doit prendre en charge<br />

le coût d’installation des outils nécessaires à l’exercice du<br />

télétravail, ainsi qu’en assurer la maintenance et assumer<br />

l’ensemble des frais annexes d’utilisation.<br />

Il ne saurait par ailleurs reprocher au télétravailleur d’utiliser,<br />

raisonnablement, à des fins personnelles les moyens<br />

de communication mis à sa disposition.<br />

De plus, la Cour de cassation considère que le salarié peut<br />

prétendre à une indemnité au titre de l’occupation de son<br />

domicile à des fins professionnelles (dès lors que le télétravail<br />

n’est mis en œuvre à sa demande et qu’un local professionnel<br />

n’est pas mis à sa disposition).<br />

Enfin, l’indemnisation des frais engagés par le télétravailleur<br />

pour l’utilisation des outils issus des TIC peut uniquement<br />

s’effectuer sous la forme d’un remboursement des<br />

dépenses réellement exposées. Les indemnités « forfaitaires<br />

» que certains pourraient vouloir verser devront ainsi être<br />

réintégrées dans l’assiette des cotisations sociales. ●<br />

Salarié en télétravail<br />

Pierre Lacoin<br />

© DR<br />

b). Lors de l’exécution du télétravail<br />

Vie privée du salarié : tout salarié à droit au respect de sa<br />

vie privée, à la fois dans et hors de l’entreprise. Les outils<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I35


DOSSIER<br />

DES OUTILS NUMÉRIQUES AU TÉLÉTRAVAIL<br />

DIGITALISATION<br />

Speechi : des solutions<br />

interactives et<br />

collaboratives<br />

Speechi est une société Lilloise spécialiste des solutions interactives<br />

et collaboratives (logicielles et matérielles). Créée en 2004 avec<br />

pour mission première d’améliorer l’éducation à l’aide des nouvelles<br />

technologies numériques, le spécialiste des écrans interactifs<br />

accompagne les entreprises dans la digitalisation de leurs espaces<br />

de travail (salles de réunions et espaces collaboratifs).<br />

QUELLE COORDINATION ET QUELLE<br />

DIRECTION DE L’ACTIVITÉ CONSEILLEZ-<br />

VOUS POUR LA MISE EN ŒUVRE DU<br />

TÉLÉTRAVAIL ?<br />

Mickaël Delcroix : Imposé de manière<br />

généralisée en 2020 et ayant remporté un<br />

succès, le télétravail doit être un mélange<br />

entre une bonne volonté de la direction<br />

(dont le but est d’embarquer l’ensemble<br />

des collaborateurs dans ce mode de fonctionnement)<br />

et des bons outils collaboratifs<br />

(ordinateurs portables, logiciels<br />

collaboratifs, caméras, écrans interactifs…).<br />

Le but étant d’assurer une bonne collaboration<br />

et une bonne communication en<br />

interne (entre les membres d’une même<br />

équipe et entre les différentes équipes)<br />

mais également avec les différents prestataires<br />

externes à la société.<br />

Il est à noter que toutes les équipes ne<br />

peuvent pas forcément faire du télétravail,<br />

il y a donc un mécanisme à trouver et des<br />

bonnes pratiques à mettre en place pour<br />

qu’une collaboration efficace soit mise en<br />

place entre les salariés en présentiels et<br />

ceux à la maison. L’écran interactif peut<br />

faire le lien entre les différents services.<br />

Ainsi, pour garder du lien, des grands<br />

groupes disposent de plusieurs écrans<br />

© DR<br />

Mickaël Delcroix<br />

Directeur<br />

Marketing de<br />

Speechi.<br />

dans plusieurs sites, bureaux ou pays. Ils<br />

peuvent faire des visioconférences, de la<br />

collaboration avec les différents logiciels<br />

ou outils afin que les formations se transmettent<br />

et les projets avancent facilement<br />

et que tous les employés soient embarqués.<br />

Ce travail hybride (sur place et à<br />

distance) se prolongera bien au-delà de<br />

la crise sanitaire, donc autant mettre en<br />

place cette méthode de travail de manière<br />

positive.<br />

« Ce travail hybride (sur place et<br />

à distance) se prolongera bien<br />

au-delà de la crise sanitaire,<br />

donc autant mettre en place<br />

cette méthode de travail de<br />

manière positive. »<br />

Le présentiel est de nouveau possible un<br />

jour par semaine depuis le 7 janvier 2021<br />

(sur la base du volontariat, après accord<br />

entre le salarié et l’employeur). Une bonne<br />

pratique serait un roulement entre les<br />

équipes afin d’éviter que tout le monde se<br />

retrouve dans les locaux en même temps<br />

(effectué chez Speechi). Il faut donc tout<br />

mettre en œuvre pour que les salariés à<br />

la maison et ceux en télétravail puissent<br />

communiquer efficacement.<br />

Enfin, pour les entreprises dotées d’un<br />

service de communication interne, une<br />

newsletter interne est bienvenue (hebdomadaire,<br />

bimensuelle etc.). Cela permet<br />

non seulement de communiquer des<br />

informations importantes à l’ensemble<br />

de l’entreprise, mais aussi de valoriser les<br />

projets (et donc par extension les salariés).<br />

QUE RECOMMANDEZ-VOUS POUR LES<br />

RÉUNIONS ?<br />

M.D. : Il faut éviter la réunionite à tout<br />

prix, mais les contacts doivent être nécessaire.<br />

Voici un exemple de mes bonnes<br />

pratiques :<br />

• Je vois chaque membre de mon<br />

équipe le lundi (30 min maximum,<br />

on balaye les choses à faire et on<br />

avance sur les sujets)<br />

• Mon équipe se connecte tous les<br />

jours à 10h, 15 min pas plus. On<br />

36 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


DES OUTILS NUMÉRIQUES AU TÉLÉTRAVAIL<br />

DOSSIER<br />

©DR<br />

EXEMPLES D’ÉQUIPEMENTS ?<br />

QUELLES SONT LES DERNIÈRES<br />

INNOVATIONS DANS CE DOMAINE ?<br />

balaye les sujets s’il y en a mais le<br />

but est surtout de garder le lien<br />

entre nous (café bienvenu)<br />

• 1 réunion d’équipe par semaine<br />

(1h maximum, de ce fait bien préparée)<br />

D’autres contacts peuvent avoir lieu bien<br />

entendu, mais le but est de faire rapide et<br />

efficace, de garder le lien puis d’avancer<br />

sur les sujets. La clé est la préparation et<br />

d’être clair sur les messages à passer.<br />

Enfin, une réunion de 5 à 6 personnes me<br />

semble plus pratique et plus facile à gérer.<br />

QUEL AVIS AVEZ-VOUS SUR LE<br />

REPORTING ?<br />

M.D. : Rien ne change de ce côté, le<br />

reporting et le suivi des projets se font<br />

de la même façon dont ils pourraient être<br />

effectués en présentiel via les outils mis à<br />

disposition des équipes (Trello, Jira etc).<br />

La clé est bien entendu de bien renseigner<br />

ces outils, mais je pense que cette<br />

question organisationnelle existe pour le<br />

télétravail ou non. La gestion à distance<br />

fait que les participants parlent moins<br />

entre eux. Quand on s’est mis d’accord<br />

Une réunion hybride (en présentiel et en téléconférence)<br />

avec un écran interactif.<br />

sur les outils sur lesquels on travaille,<br />

par la répartition des tâches, il y a forcément<br />

un reporting pas étouffant. Il faut<br />

donc dire quelles tâches ont été réalisées<br />

et les équipes sont au courant de ce qui<br />

se passe.<br />

CONCERNANT LA GESTION RH AVEZ-<br />

VOUS ?<br />

M.D. : Speechi recrute beaucoup et le<br />

service RH passe ses entretiens et la<br />

majorité de l’onboarding se fait à distance.<br />

Une bonne prise en charge est indispensable<br />

pour une intégration réussie (un<br />

parcours d’intégration et une présentation<br />

de l’entreprise clairs).<br />

Pour résumer, il faut une bonne coordination<br />

globale (à tous les niveaux de l’entreprise),<br />

le bon matériel, des bons outils<br />

(une discipline dans les outils de suivi de<br />

projet) et des réunions qu’il faut préparer<br />

et avec un temps limité.<br />

« Le marché des écrans<br />

interactifs est en constante<br />

évolution. »<br />

POUVEZ-VOUS DONNER DES<br />

M.D. : Concernant la partie matérielle,<br />

le marché des écrans interactifs est en<br />

constante évolution. Ces équipements<br />

sont utiles pour manager des équipes et<br />

gérer des projets. Dans le cadre du télétravail<br />

et/ou du travail hybride, l’écran<br />

interactif est, en effet, pratique pour<br />

ceux qui vont travailler dans les locaux.<br />

Dans le cas de la crise actuelle, beaucoup<br />

de personnes sont concernées :<br />

tout le monde n’effectue pas un métier<br />

qui se prête au télétravail. Ainsi, ceux<br />

qui restent dans les locaux de l’entreprise<br />

peuvent démarrer l’écran interactif<br />

(avec des tailles allant jusqu’au 98 pouces<br />

pour les très grandes salles) d’un simple<br />

geste en arrivant le matin. Ils lancent le<br />

logiciel de visioconférence (type Sofa,<br />

Zoom, Hangouts…), partagent le code de<br />

la réunion aux télétravailleurs et le tour<br />

est joué ! On modernise donc sa salle de<br />

réunion avec un écran interactif et une<br />

suite collaborative.<br />

Il est aussi à noter que des écrans interactifs<br />

de plus petites tailles (comme nos<br />

derniers 43 pouces Capacitifs) peuvent<br />

être intégrés au domicile des managers<br />

pour une gestion de l’équipe à distance et<br />

ainsi bénéficier de toutes les fonctionnalités<br />

des écrans (logiciels de visioconférence<br />

et caméra, logiciels de gestion de<br />

projet et de brainstorming comme Ubikey<br />

récemment mis à l’honneur lors du CES<br />

de Las Vegas et Draft notamment).<br />

La gestion des personnes et des projets à<br />

distance passe aussi par l’utilisation des<br />

La caméra de<br />

visioconférence<br />

UV510<br />

la caméra de<br />

visioconférence<br />

MG-401-C<br />

en sont des exemples.<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I37


DOSSIER<br />

DES OUTILS NUMÉRIQUES AU TÉLÉTRAVAIL<br />

©DR<br />

caméras et la visualisation de documents<br />

pour montrer les projets. Ainsi, beaucoup<br />

d’entreprises font appel à des caméras de<br />

visioconférence puissantes (Full HD,<br />

4K, grands angles et avec micro intégré)<br />

pour que les personnes en télétravail ne<br />

manquent aucun détail.<br />

Un visualiseur de documents permet de<br />

compléter la panoplie. Pour beaucoup de<br />

secteurs d’activité (juridique, formation,<br />

financier, etc.), les documents papiers<br />

sont plébiscités et favorisés. Afin de<br />

pouvoir les partager de façon sécurisée<br />

avec les collaborateurs en télétravail et<br />

les annoter numériquement, nous vous<br />

conseillons de vous équiper d’un visualiseur<br />

de documents. Je pense notamment<br />

à Elmo pour qui nous sommes le distributeur<br />

exclusif en France.<br />

Enfin, les logiciels de visioconférence<br />

peuvent être présents dans cette boite<br />

à outils. Ils sont très<br />

nombreux mais on<br />

peut citer Sofa qui<br />

propose un bureau<br />

virtuel avec toutes les<br />

fonctionnalités nécessaires<br />

pour recréer virtuellement une salle<br />

de réunion et cette salle de réunion sécurisée<br />

reste « ouverte » en permanence).<br />

Quand je dis « sécurisé », c’est parce qu’il<br />

ne nécessite que peu de bande passante<br />

(3 fois moins que Skype par exemple),<br />

les communications sont chiffrées et<br />

aucune information n’est stockée dans le<br />

cloud. Toutes les données sont stockées<br />

sur des serveurs dédiés sécurisés et situés<br />

en France tout en respectant la certification<br />

RGPD. Cet outil est prêt à l’emploi<br />

pour mener un projet et se réunir<br />

autour de documents quand les partenaires<br />

sont dispersés géographiquement<br />

ou en télétravail.<br />

Un autre logiciel figure dans l’écosystème<br />

de Speechi : c’est Ubikey. Ce logiciel<br />

est dédié à des phases de créativité,<br />

de “visual management” ou encore de<br />

la planification de tâches, fonctionnalités<br />

importantes pour les entreprises.<br />

Les espaces de travail sont cloisonnés<br />

et sécurisés, le logiciel est multi-sites et<br />

multi-utilisateurs et parfaitement adapté<br />

aux écrans interactifs mais aussi aux PCs<br />

et Smartphones et peuvent donc répondre<br />

aux besoins des grands groupes notamment.<br />

Enfin, iObeya<br />

est un logiciel de<br />

visual management,<br />

très apprécié par nos<br />

clients.<br />

QUI SONT VOS CLIENTS ?<br />

M.D. : Notre clientèle est très large, avec<br />

une forte présence dans l’éducation mais<br />

également une demande importante dans<br />

le monde de l’entreprise (de la TPE aux<br />

grands groupes, tous secteurs confondus).<br />

En voici des exemples :<br />

ATAMO<br />

Une réunion avec un écran<br />

interactif et l’outil Trello.<br />

et Orano<br />

Bureau d’études<br />

Sodeba<br />

Enfin, nous bénéficions d’un réseau de<br />

revendeurs. ●<br />

Propos recueillis par<br />

Valérie Brenugat<br />

38 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


LUTTE CONTRE LA CONTREFAÇON<br />

CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL<br />

ASSOCIATION<br />

Unifab s’attaque à<br />

la contrefaçon<br />

©DR<br />

Créée en 1872, l’Union des Fabricants est une<br />

association française reconnue d’utilité publique.<br />

Elle réunit plus de 200 entreprises de tous<br />

secteurs d’activité. L’Unifab promeut la protection<br />

internationale de la propriété intellectuelle en<br />

luttant contre la contrefaçon. Elle mène des<br />

opérations valorisant les intérêts des entreprises<br />

membres, organisant des formations et des<br />

campagnes de sensibilisation. Précisions.<br />

©DR<br />

Régis Messali<br />

Directeur de communication et du<br />

développement de l’Unifab.<br />

Le musée de la contrefaçon.<br />

QUELS SONT LES SECTEURS<br />

LES PLUS IMPACTÉS PAR LA<br />

CONTREFAÇON ?<br />

Régis Messali : Cela dépend des<br />

années. Le secteur du luxe représente<br />

une très faible part des produits de<br />

contrefaçon. En revanche, les produits<br />

peu onéreux sont extrêmement copiés<br />

car 1 € investi par le contrefacteur par<br />

exemple, peut lui rapporter 100 €. Donc<br />

le rapport Investissement – Profit est<br />

énorme. Forcément, les contrefacteurs<br />

tablent sur des produits de consommation<br />

courante qui leur permettent de<br />

générer plus de profits.<br />

Sur l’année 2019, les secteurs les plus<br />

touchés par la contrefaçon (selon les<br />

produits stoppés par la Douane) ont<br />

été les soins corporels et l’hygiène<br />

en premier (gel douche, déodorant,<br />

dentifrice…) puis les vêtements en<br />

deuxième position puis les jouets et les<br />

articles de sport en troisième position.<br />

Le secteur du jouet est, en effet, très<br />

impacté par la contrefaçon. Le jouet<br />

doit suivre des normes permettant son<br />

utilisation des enfants en toute sécurité.<br />

Toutes les pièces ne peuvent se détacher<br />

du produit : cette norme CE est obligatoire<br />

en Europe et toutes les marques<br />

fabricant des jouets doivent y répondre.<br />

Le contrefacteur évite cette étape car<br />

cela représente un coût supplémentaire<br />

et une étape dans la production pour<br />

arriver à un produit fini de mauvaise<br />

qualité et facture constitué de matières<br />

premières néfastes. Cela met alors en<br />

péril la vie des enfants. Donc chaque<br />

produit a sa particularité et les contrefacteurs<br />

les évitent pour des raisons de<br />

coût.<br />

QUELS SONT LES PRINCIPAUX<br />

ACTEURS DE LA LUTTE CONTRE<br />

LA CONTREFAÇON ?<br />

R.M. : La France est dotée d’un arsenal<br />

pour lutter contre la contrefaçon.<br />

La contrefaçon est un crime et touche<br />

diverses activités économiques avec des<br />

conséquences néfastes. Elle influe aussi<br />

sur la recherche et le développement au<br />

sein des entreprises. Différents acteurs<br />

sont concernés : notamment les titulaires<br />

des droits que sont les marques,<br />

les gouvernements, les pouvoirs<br />

publics, l’INPI 1 et les entreprises technologiques.<br />

Différentes sociétés développent,<br />

en effet, des solutions pouvant<br />

protéger les produits authentiques. La<br />

technologie peut authentifier, tracer<br />

les produits et permettre une reconnaissance<br />

immédiate des produits de<br />

consommation. Autres acteurs principaux<br />

: les fédérations et les associations<br />

de marque. Enfin, les consommateurs<br />

sont les plus grandes victimes<br />

de la contrefaçon qui est à l’origine de<br />

nombreux accidents domestiques.<br />

QUELS SERVICES OU<br />

1. Institut national de la propriété industrielle.<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021I39


CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL<br />

LUTTE CONTRE LA CONTREFAÇON<br />

ÉVÈNEMENTS PROPOSEZ-VOUS<br />

AUX PROFESSIONNELS DE LA<br />

QUALITÉ ?<br />

R.M. : Nous pouvons les accueillir dans<br />

le musée de la contrefaçon créé il y a<br />

plus de 70 ans. Celui-ci était initialement<br />

un musée d’entreprise ouvert au grand<br />

public. Il permet de sensibiliser et d’apprendre<br />

toutes les ficelles de cet univers.<br />

Le musée accueille 10 000 visiteurs chaque<br />

année. De plus, ce musée a une vocation<br />

d’être très pédagogique et didactique. On<br />

peut ainsi comprendre l’univers des faussaires,<br />

les différences entre un vrai et un<br />

faux produit, notamment à travers l’exposition<br />

de 500 objets. Son principe est de<br />

mettre en opposition le produit authentique<br />

avec la contrefaçon.<br />

Nous avons beaucoup d’évènements sur<br />

la contrefaçon. Le premier : le Forum<br />

Européen de la Propriété Intellectuelle<br />

réunit près de 400 personnes débattant et<br />

networkant ensemble. Il permet notamment<br />

l’échange de bonnes pratiques et de<br />

rencontrer des décideurs (politiques, élus<br />

locaux) pour les sensibiliser à la problématique<br />

de la contrefaçon. En outre, nous<br />

avons des évènements grands publics<br />

comme la journée mondiale anticontrefaçon<br />

(entre le 6 et 10 juin) sous le format<br />

d’une conférence de presse qui traite d’un<br />

sujet d’actualité lié à la lutte anticontrefaçon.<br />

Par ailleurs, pour nos adhérents et nos<br />

partenaires, nous organisons des commissions<br />

juridiques et techniques sur des<br />

thèmes d’actualité qui permettent d’avoir<br />

une meilleure connaissance du droit de<br />

la propriété intellectuelle sur des zones<br />

géographiques spécifiques. Souvent, des<br />

directeurs juridiques, des DG des PDG<br />

assistent à ces commissions.<br />

Nous pouvons également proposer des<br />

services d’authentification des produits<br />

destinés à nos membres. Nous sommes<br />

alors mandatés par la marque pour<br />

pouvoir authentifier et certifier de l’authenticité<br />

du produit. La marque nous<br />

confie les clés de la reconnaissance d’un<br />

produit authentique et de la contrefaçon.<br />

« Nous pouvons également<br />

proposer des services<br />

d’authentification des produits<br />

destinés à nos membres. »<br />

QUELS SONT LES INDICATEURS<br />

POUR DÉTECTER LA CONTREFAÇON ?<br />

R.M. : Dans un premier temps, il faut se<br />

questionner si on est dans le bon endroit<br />

pour acquérir le produit.<br />

Deuxièmement, le prix est un excellent<br />

indicateur. Un prix anormalement bas est<br />

suspect : cela doit mettre la puce à l’oreille<br />

du consommateur. De plus, les contrefacteurs<br />

surfent sur les tendances. Sur un<br />

produit qui est extrêmement plébiscité par<br />

les consommateurs, on ne verra jamais de<br />

ristourne de 50 %, voire de 80 %.<br />

Il faut aussi être attentif sur un autre<br />

point : les fautes d’orthographe. Pour 80<br />

% d’entre eux, les faux produits arrivent<br />

de la Chine et au moment de la retranscription<br />

de l’alphabet, des fautes d’orthographes<br />

et de frappe peuvent se glisser. De<br />

plus, les mentions d’utilisation doivent être<br />

obligatoirement dans la langue du pays<br />

dans lequel le produit doit être destiné à<br />

la vente.<br />

Enfin, Internet est un booster de la<br />

En 2017, en Grèce,15 tonnes de roulements SKF<br />

contrefaits avaient été saisis et avaient été détruits.<br />

consommation et le nombre de contrefaçon.<br />

Depuis quelques années, les contrefacteurs<br />

ont vu ce progrès technique<br />

comme une brèche et se sont y infiltrer<br />

pour écouler tous leurs marchandises de<br />

contrefaçon. Il faut aussi vérifier qu’on a<br />

affaire à un site Internet fiable, notamment<br />

quand on donne son numéro de<br />

carte bleue, son nom, son prénom et son<br />

adresse. Ces données peuvent être stockées<br />

par les contrefacteurs afin de les<br />

réutiliser plus tard dans des usurpations<br />

d’identité et les combiner avec des prêts<br />

contractés au nom de personnes. Il faut<br />

donc vérifier l’identité des vendeurs et<br />

regarder les commentaires pour être sûr<br />

que les produits proposés ne sont pas des<br />

contrefaçons.<br />

QUELLES SONT LES NOUVELLES<br />

TECHNIQUES POUR CONTRÔLER LA<br />

QUALITÉ DU PRODUIT ?<br />

R.M. : Les entreprises n’hésitent pas à<br />

apposer des solutions élaborées issues<br />

de la recherche et de développement<br />

pour protéger leurs produits et accentuer<br />

la confiance des consommateurs<br />

qu’ils peuvent avoir sur leurs produits.<br />

La blockchain, une technique émergente,<br />

en est un exemple. Mais il y a<br />

aussi les codes à bulles, les QR codes, les<br />

marquages invisibles, les hologrammes<br />

et l’intelligence artificielle extrêmement<br />

utilisée aujourd’hui et la surveillance en<br />

©DR<br />

40 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


LUTTE CONTRE LA CONTREFAÇON<br />

CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL<br />

Salle des saisies douanières dans le musée.<br />

ligne permettant de tracer et d’authentifier<br />

rapidement et de savoir si le produit<br />

est une contrefaçon. Avec l’IA, on pourra<br />

dessiner le produit trouvé sur Internet en<br />

3 D et essayer de voir sous tous les angles<br />

à quoi correspond la photo… pour savoir<br />

si le produit est suspect.<br />

COMMENT PRÉVENIR LES RISQUES<br />

DE CONTREFAÇON ?<br />

R.M. : Il faut avertir, informer, sensibiliser<br />

les consommateurs. Selon un<br />

sondage de l’Ifop réalisé pour l’Unifab,<br />

37 % des consommateurs ont déjà acheté<br />

une contrefaçon sur Internet en pensant<br />

acquérir un produit authentique, soit 4<br />

consommateurs sur 10 grugés. Il n’y a<br />

aucune possibilité de se retourner car la<br />

prévente n’existe pas. Le consommateur<br />

connait alors la double peine : avoir payé<br />

une contrefaçon au prix de l’authentique.<br />

Or la contrefaçon provoque de nombreux<br />

accidents domestiques car elle ne respecte<br />

pas les normes en vigueur qui assurent une<br />

bonne utilisation en toute santé et sécurité.<br />

« La proposition de contrefaçon<br />

d’articles pendant le<br />

confinement et la crise<br />

explose. »<br />

Elle entraîne aussi des pertes financières<br />

colossales pour les Etats. En Europe, 15<br />

milliards d’euros de recettes publiques ne<br />

sont pas perçues par les Etats à cause des<br />

contrefaçons. Pour la France, cela signifie<br />

6,7 milliards d’€ de pertes en ventes<br />

directes et 33 000 emplois supprimés. Au<br />

niveau mondial, le secteur de la contrefaçon<br />

représente 3,3 % du commerce<br />

mondial et 460 milliards €.<br />

QUELLES CONSÉQUENCES LA CRISE<br />

SANITAIRE A-T-ELLE ENTRAINÉ SUR<br />

LA CONTREFAÇON ?<br />

R.M. : La crise sanitaire a provoqué une<br />

augmentation significative de la consommation<br />

sur Internet. Cette recrudescence<br />

d’achat on line a entrainé une proposition<br />

d’une multitude de produits. Ainsi, des<br />

usines clandestines ont fabriqué divers<br />

produits de différents secteurs. La production<br />

a été alors extrêmement rapide. Ainsi,<br />

des kits anti-Covid, des produits d’hygiène<br />

et des gels ont été fabriqués alors que<br />

personne n’avait de masques. La proposition<br />

de contrefaçon d’articles pendant le<br />

confinement et la crise sanitaire explose.<br />

POUVEZ-VOUS NOUS PARTAGER 1<br />

OU 2 EXEMPLES D’EXPÉRIENCES<br />

RÉUSSIES DE LUTTE CONTRE LA<br />

CONTREFAÇON ? QUELS ÉTAIENT<br />

LES PROBLÉMATIQUES ET LES<br />

RÉSULTATS ?<br />

R.M. : Lors d’une opération sur un atelier<br />

clandestin de crèmes cosmétiques dans<br />

la banlieue parisienne, il y a plusieurs<br />

interpellations avec une centaine de<br />

faux produits saisis. Par ailleurs, il y a de<br />

nombreuses opérations à la frontière de<br />

la France, par exemple, au Perthus près<br />

de l’Espagne. Une affaire a été menée en<br />

septembre dernier et 14 000 sacs à main et<br />

tee-shirts ont été saisis. De plus, un atelier<br />

clandestin a été démantelé sur place.<br />

QU’AVEZ-VOUS À AJOUTER ?<br />

R.M. : Cela n’est pas anodin de consommer<br />

de la contrefaçon. Le marché de la<br />

contrefaçon est détenu par des réseaux<br />

criminels qui utilisent la contrefaçon<br />

comme source de financement pour<br />

leurs autres activités illicites (vente de<br />

drogues, achat d’armes…). La contrefaçon<br />

est la seconde source de financement des<br />

réseaux terroristes pour financer l’achat<br />

d’armes, la radicalisation de leurs agents...<br />

Ces chiffres issus d’un rapport de l’Unifab<br />

remis au Gouvernement sont consultables<br />

sur le site Internet de l’association. ●<br />

Propos recueillis<br />

par Valérie Brenugat<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021I41


CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL<br />

DES LOGICIELS POUR L’AGROALIMENTAIRE<br />

RESTAURATION<br />

Servair : sa DGA<br />

Process Industriels,<br />

<strong>Qualité</strong> et RSE partage<br />

son expérience<br />

Filiale de Gategroup, Servair est la première entreprise<br />

française de restauration aérienne et de nettoyage<br />

cabine. Elle opère dans 31 aéroports répartis dans<br />

19 pays et compte 10 500 salariés. Servair s’est aussi<br />

développée dans les métiers de la restauration hors<br />

domicile, notamment en restauration commerciale<br />

et restauration collective. Elle propose également les<br />

services suivants aux compagnies aériennes : nettoyage<br />

et armement des avions, gestion de la presse, vente<br />

à bord sont autant de services proposés par Servair.<br />

Enfin, son pôle Services Aéroportuaires est chargé des<br />

services assurés dans les aéroports : salons, bars et<br />

snacks, assistance aux personnes handicapées et à<br />

mobilité réduite, boutique Duty free… Entretien avec<br />

Nathalie Chesnais.<br />

QUELS SONT LES ENJEUX DE LA QUALITÉ DE<br />

L’AGROALIMENTAIRE DANS VOTRE SECTEUR ?<br />

Nathalie Chesnais : Dans notre secteur, la sécurité des aliments<br />

est un enjeu essentiel. Tant pour les passagers, que les équipages, il<br />

De l’Ecole de Vétérinaire au<br />

Comex de Servair<br />

De formation, Nathalie Chesnais est docteur vétérinaire. Dès la<br />

fin de ses études, elle s’est intéressée à la sécurité des aliments.<br />

Après une petite expérience en conseil, elle a intégré Servair en<br />

1996 en tant que Responsable Hygiène de la filiale agro-alimentaire.<br />

Le défi était alors l’obtention de la certification ISO 9001. Puis elle<br />

a rejoint le vaisseau amiral, Servair 1, en tant que Responsable<br />

<strong>Qualité</strong>. En 1999, elle est devenue Responsable Hygiène du groupe,<br />

au siège. Ensuite, elle a progressivement étendu ses compétences<br />

à la SST, l’environnement et la RSE. Dernièrement, ses fonctions se<br />

sont élargies à d‘autres domaines en tant que Directrice Générale<br />

Adjointe Process Industriels, <strong>Qualité</strong> et RSE ainsi que membre<br />

du Comex.<br />

Nathalie Chesnais<br />

DGA Process Industriels, <strong>Qualité</strong> et<br />

RSE chez Servair.<br />

ne peut pas être envisagé le moindre écart à ce sujet. Nous produisons<br />

aussi pour des personnes sensibles : enfants en restauration<br />

scolaire, personnes fragiles en hôpital…<br />

La conformité est également très importante en restauration et<br />

dans l’aérien. Nos clients sont attentifs à la conformité des produits<br />

(grammage, dressage, respect du menu) mais également à l’avitaillement<br />

hôtelier. La partie logistique est elle aussi cruciale avec le<br />

chargement avion et le respect de la ponctualité.<br />

QUELS TYPES DE LOGICIELS UTILISEZ-VOUS ?<br />

Montage plateaux.<br />

N.C. : Nous utilisons des logiciels liés au process (traçabilité, chaine<br />

du froid), au produit (information consommateur), à la gestion du<br />

flux d’informations (Gestion Electronique de Documents, traitement<br />

de non-conformité, traitement des réclamations clients). Nous<br />

avons aussi des outils spécifiques pour le laboratoire : un lims qui<br />

est l’équivalent d’un ERP, un outil de consultation en ligne de diffusion<br />

des résultats dans le respect de la confidentialité. Ces logiciels<br />

peuvent être utilisés par les qualiticiens, par les opérateurs ou par<br />

d’autres fonctions supports. Ils sont, pour certains, uniquement<br />

accessibles sur le réseau de l’entreprise et pour d’autres ouverts<br />

© DR<br />

42 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


DES LOGICIELS POUR L’AGROALIMENTAIRE<br />

CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL<br />

Laboratoire de microbiologie.<br />

© DR<br />

indispensables des responsables <strong>Qualité</strong> car nous ne pouvons pas<br />

nous passer de ces outils qu’il faut donc gérer au sein des équipes<br />

<strong>Qualité</strong>. Nous devons trouver des compétences en informatique,<br />

ce qui demande de comprendre les bases de données, les principes<br />

informatiques et également d’être rigoureux, pédagogue et<br />

communiquant. Les sujets « informatiques » peuvent être assez<br />

clivants et ces référents <strong>Qualité</strong> doivent permettre d’être le lien<br />

entre les services informatiques et les qualiticiens ou autres utilisateurs.<br />

QUELLES ONT ÉTÉ LES MODALITÉS DE LA MISE EN PLACE<br />

DE CES SOLUTIONS ?<br />

sur l’extérieur avec des niveaux de sécurité renforcés dans ce cas.<br />

COMMENT CHOISISSEZ-VOUS LES LOGICIELS CONCERNANT<br />

LA QUALITÉ SUR LE MARCHÉ ? LESQUELS ? POURQUOI ?<br />

N.C. : Nous nous tenons régulièrement informés des nouveautés<br />

du marché en consultant la presse spécialisée et en participant à<br />

des salons. Dans tous les cas, cela doit répondre à un besoin réel<br />

et apporter une valeur ajoutée. Le choix est toujours le résultat<br />

d’un travail d’équipe.<br />

La Direction des Services d’Information peut parfois également<br />

nous alerter sur l’obsolescence technique de certains outils qu’il<br />

convient de remplacer.<br />

CONCEVEZ-VOUS EN INTERNE LES LOGICIELS ? QUELLES<br />

SONT LEURS FONCTIONS ?<br />

N.C. : Oui, nous concevons régulièrement des logiciels internes.<br />

Nous sommes amenés à en développer pour 2 raisons principales :<br />

• Lorsqu’ils sont en interaction étroite avec des données<br />

métiers. Dans ce cas, mettre en place un outil externe<br />

demande de nombreuses interfaces, ce qui fragilise les<br />

systèmes compte tenu de la masse de données métiers<br />

que nous avons.<br />

• Une autre raison est que pour des utilisations très spécifiques,<br />

il n’existe parfois pas de logiciel adapté sur le<br />

marché.<br />

EN TANT QUE PROFESSIONNEL DE LA QUALITÉ, COMMENT<br />

COLLABOREZ-VOUS AVEC LE SERVICE INFORMATIQUE ?<br />

QUELLES COMPÉTENCES SONT-ELLES NÉCESSAIRES ?<br />

N.C. : Nous sommes les référents métiers des outils informatiques<br />

qualité et à ce titre, nous travaillons en proximité avec la<br />

Direction des Systèmes d’Information. Cela concerne à la fois les<br />

développements de nouveaux outils et également l’administration<br />

métiers des outils existants. Cela a changé les compétences<br />

N.C. : Généralement, nous mettons en place un groupe de travail,<br />

composé de l’informatique, la direction qualité, les représentants<br />

d’un ou deux sites utilisateur pilote, et les directions fonctionnelles<br />

concernées. Un cahier des charges est d’abord rédigé pour<br />

définir précisément le besoin. Il comprend les aspects fonctionnels<br />

et techniques. Une étude d’opportunité est alors réalisée pour<br />

définir une ou des solutions et évaluer le budget. A cette occasion,<br />

les logiciels disponibles sur le marché sont étudiés ainsi<br />

que les possibilités internes. Une fois le budget et l’outil validés,<br />

un planning de mise en place est défini incluant le recettage, les<br />

tests sur sites pilotes puis le déploiement généralisé.<br />

« Le gain essentiel est la rapidité, la fiabilité, en<br />

particulier lorsque l’on traite de grandes quantités<br />

de données.»<br />

QUELS GAINS MESURABLES AVEZ-VOUS OBTENU AVEC<br />

CES SOLUTIONS ?<br />

N.C. : Le gain essentiel est la rapidité, la fiabilité, en particulier<br />

lorsque l’on traite de grandes quantités de données. Pour illustrer,<br />

nous pouvons faire un focus sur la traçabilité. Nous fabriquons<br />

210 000 plateaux repas par jour à partir d’une base de donnée de<br />

24 000 recettes; aller rechercher des données dans des enregistrements<br />

manuels sur un lot fabriqué il y a 1 semaine peut prendre<br />

plusieurs jours. Saisir les données dans des fichiers type tableurs<br />

Excel améliore l’extraction des données mais demande des temps<br />

de saisies très long. Notre logiciel de traçabilité Traçaprodige,<br />

adossé à notre ERP et basé sur un principe de code à barre,<br />

permettant d’acquérir et d’extraire les données en quelques<br />

minutes. Ces types d’outils sont indispensables en cas de rappel<br />

de lot lorsque les heures sont comptées pour assurer la santé du<br />

consommateur. ●<br />

Propos recueillis par Valérie Brenugat<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I43


CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL<br />

DES LOGICIELS POUR L’AGROALIMENTAIRE<br />

AGROALIMENTAIRE<br />

Borde utilise l’ERP<br />

Copilote d’Infologic<br />

© DR<br />

La société Borde spécialisée dans les champignons<br />

sylvestres a mis en place le logiciel de gestion Copilote<br />

édité par Infologic en 2014. Son dirigeant, Alain Borde<br />

revient sur le choix de l’outil. Quant aux utilisateurs,<br />

ils expliquent comment l’ERP Copilote a facilité leur<br />

travail au quotidien.<br />

Samantha Catalon<br />

Alain Borde<br />

©Nicolas Lehorlat<br />

Chargée de marketing et<br />

communication au sein d’Infologic.<br />

©DR<br />

Dirigeant de la société Borde.<br />

La société Borde est basée à Saugues en Haute-Loire<br />

(43). Cette entreprise familiale a été créée en 1920<br />

par le grand-père de l’actuel dirigeant Alain Borde.<br />

L’entreprise exerce dans un métier de niche : les<br />

champignons sylvestres. L’entreprise transforme, conditionne<br />

et expédie ses champignons qui sont en grande partie importés.<br />

Elle réalise 20 millions d’euros de chiffre d’affaires.<br />

L’entreprise Borde a mis en place l’ERP Copilote édité par<br />

Infologic en 2014. Alain Borde, l’actuel dirigeant de la société<br />

nous explique les raisons de ce choix : « Avant de déployer<br />

l’ERP Copilote, nous travaillions avec un système maison, mais<br />

celui-ci était devenu obsolète. Nous avons choisi de travailler<br />

avec Infologic car Copilote était le logiciel qui nous paraissait<br />

être le plus adapté à ce que nous recherchions. Nous avons voté<br />

et parmi les différentes sociétés en lice, c’est Infologic qui l’a<br />

emporté ». Il faut dire que l’éditeur et intégrateur est spécialisé<br />

dans l’agroalimentaire multi-filières depuis 1982. Infologic<br />

connait donc parfaitement le métier de ses clients, ainsi que<br />

les problématiques rencontrées par les acteurs de la filière.<br />

Parmi les principales problématiques rencontrées par les<br />

industriels et les négociants évoluant dans l’agroalimentaire,<br />

on peut citer la qualité et la traçabilité qui sont essentielles<br />

dans le domaine. Et on peut dire que l’entreprise Borde porte<br />

une attention toute particulière à la qualité de ses produits.<br />

Cela passe par plusieurs étapes de contrôle comme nous l’explique<br />

Alain Borde : « L’entreprise est équipée de deux lignes<br />

de tri. Un tamis vibrant permet d’enlever toutes les petites<br />

particules et une soufflerie permet d’enlever tout ce qui est<br />

plus léger, les brindilles d’herbe… Puis derrière un contrôle<br />

visuel va être effectué. Enfin, l’ensemble de la marchandise va<br />

être passée aux rayons X, puis au détecteur de métaux. C’est<br />

seulement après avoir passé l’ensemble de ces contrôles que les<br />

champignons vont être conditionnés ».<br />

Une fois le produit conditionné, il va être étiqueté. En plus<br />

de l’étiquette qui comporte les éléments tels que la composition<br />

du produit et les autres informations légales, un<br />

numéro de lot va être apposé sur l’emballage du produit.<br />

C’est lui qui permettra de tracer le produit tout au long de<br />

la chaine, jusqu’au client final. Clémence Lardans, Responsable<br />

Recherche & Développement et Responsable RSE chez<br />

Borde détail cela et explique l’intérêt du logiciel de gestion :<br />

« Grâce à l’ERP Copilote, édité par Infologic, en un clic, nous<br />

retrouvons quel est le lot de la matière première par rapport<br />

au lot de produit fini. Nous pouvons suivre exactement le tracé<br />

de tous nos produits. Cela est indispensable. J’ai, par exemple,<br />

eu le cas ce matin d’un appel d’un client, un consommateur,<br />

un particulier qui m’a donné le numéro de lot de son produit<br />

chez lui. J’ai pu retrouver très rapidement le lot de matière<br />

première que nous avions mis dans son pot. C’est un gain de<br />

44 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


DES LOGICIELS POUR L’AGROALIMENTAIRE<br />

CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL<br />

temps énorme et surtout une sécurité pour nous.<br />

Si nous n’avions pas de logiciel qui centralise, cela<br />

se traduirait par des heures de recherche. Là, avec<br />

l’ERP Copilote en 5 minutes j’ai l’information dont<br />

j’ai besoin. L’avantage avec le logiciel Copilote, c’est<br />

qu’au lieu de passer par trois ou quatre outils, en<br />

un seul nous faisons tout. Cela nous facilite vraiment<br />

la vie au quotidien. ». Un logiciel de gestion<br />

permet de mettre en place une véritable traçabilité<br />

amont et aval. En cas de besoin, il est possible<br />

de retrouver très rapidement dans quel lot a été<br />

utilisé telle matière ou inversement de savoir<br />

de quelles matières est constitué un lot ou un<br />

produit. Dans le cas d’un retrait de produit par<br />

exemple, cela permet de cibler très rapidement<br />

les lots concernés et surtout d’aller très vite. Sans<br />

un ERP, une telle réactivité serait impossible.<br />

La mise en place de l’ERP Copilote n’a pas seulement<br />

permis à l’entreprise Borde des gains au<br />

niveau de la qualité et de la traçabilité de ses<br />

produits. En effet, comme l’indique Laurent<br />

Roux, Responsable de production chez Borde,<br />

grâce à Copilote c’est toute la production qui a été<br />

optimisée : « Aujourd’hui, je sais à quelle heure<br />

« Un logiciel<br />

de gestion<br />

permet de<br />

mettre en<br />

place une<br />

véritable<br />

traçabilité<br />

amont et<br />

aval. »<br />

va finir telle production, combien de temps va<br />

prendre la suivante, combien de personnes il<br />

me faut pour cela… Ainsi, je respecte le planning<br />

de production et le planning du personnel<br />

et je peux caler les productions en fonction des<br />

horaires. Pour ma part, je n’ai jamais travaillé<br />

avec un outil aussi global. J’ai vraiment apprécié<br />

à mon arrivée chez Borde d’avoir un outil<br />

comme Copilote pour travailler. ».<br />

C’est au tour de Directeur financier de Borde,<br />

Gilles Grangeons, de conclure sur les bienfaits<br />

de la mise en place d’un logiciel de gestion tel<br />

que Copilote pour l’entreprise : « Aujourd’hui,<br />

grâce à Infologic, l’entreprise Borde a pu absorber<br />

une croissance à deux chiffres depuis les<br />

deux ou trois dernières années. Sans un ERP<br />

compétent, nous n’aurions pas pu absorber cette<br />

croissance, travailler dans de bonnes conditions<br />

et servir nos clients ». ●<br />

Samantha Catalon<br />

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QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I45


CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL<br />

DES LOGICIELS POUR L’AGROALIMENTAIRE<br />

APPLICATION<br />

Partenariat entre La Maison Hennessy et<br />

la start-up Iteca<br />

La Maison Hennessy (Groupe LVMH), basée à Cognac, leader mondial des vins et spiritueux premium,<br />

a confié à la start-up angoumoisine Iteca la conception, le développement et le déploiement d’un<br />

logiciel de digitalisation de l’amélioration continue au sein de ses sites industriels et administratifs.<br />

Yaël Assouline<br />

Nicolas Cantini<br />

©DR<br />

Présidente d’Iteca.<br />

©DR<br />

Directeur Industriel et<br />

Responsable de l’Amélioration<br />

Continue chez Hennessy.<br />

Ce partenariat a commencé lors de la mise en place d’un<br />

jumeau numérique de la future usine d’embouteillage<br />

d’Hennessy alors en construction. Il s’agissait de créer<br />

en 3D une usine de 26.000 m², entièrement HQE, avec<br />

sa ligne d’embouteillage et son magasin grand hauteur. Ce digital<br />

twin visait à mieux comprendre l’ergonomie des différents postes<br />

de travail, à gérer les changements et à former les employés. Il<br />

s’agissait de répondre au besoin d’assurer un plan de continuité<br />

de l’activité et d’accompagner la croissance, sans oublier d’obtenir<br />

l’implication et l’adhésion de tous les salariés.<br />

Jumeau numérique en réalité virtuelle de la zone logistique<br />

du site de production d’Hennessy à Pont Neuf.<br />

© DR<br />

Ce jumeau numérique est un outil très puissant allant de l’aide à<br />

la conception à la communication interne / externe, grâce auquel<br />

tous les salariés ont réalisé en réalité virtuelle une visite de leur<br />

futur environnement de travail. Cette première expérience entre<br />

une start-up et une grande entreprise a été très positive.<br />

« Cette première expérience entre une start-up et<br />

une grande entreprise a été très positive. »<br />

Iteca a ensuite organisé une masterclass sur les technologies<br />

numériques au moyen de séances de travail et de visites de benchmark,<br />

avec des personnes de différents départements d’Hennessy<br />

et c’est au cours de ces échanges qu’Hennessy a chargé Iteca de<br />

réaliser une nouvelle solution d’amélioration continue.<br />

Le concept et la démarche d’amélioration continue étaient déjà<br />

bien implantés au sein des équipes opérationnelles mais il s’agissait<br />

d’en digitaliser les processus jusqu’à en devenir «paperless» :<br />

fiche d’amélioration continue, points 5 minutes et brief d’équipe,<br />

pilotage, reporting, etc...<br />

« Ce choix de créer ex nihilo une solution digitale de l’amélioration<br />

continue, à savoir une traduction numérique des suivis sur<br />

papier, était une première étape opérationnelle dans la stratégie de<br />

la maison Hennessy de mise en place de l’Usine du futur, » introduit<br />

Nicolas Cantini, Directeur Industrialisation et Amélioration<br />

Continue d’Hennessy. « Dès 2015, nous avons d’abord réalisé un<br />

POC (Proof Of Concept) dans une équipe (matières sèches) afin<br />

de valider les besoins et de déterminer les opportunités, » explique<br />

Yaël Assouline, Présidente d’Iteca. « Il s’agissait surtout de bien<br />

définir les indicateurs clés (KPI) et les visuels y afférents avec les<br />

équipes de terrain et leurs managers. »<br />

Création d’une<br />

fiche d’amélioration<br />

via l’application<br />

mobile Numac<br />

sur la Ligne 16 sur<br />

le site de production<br />

d’Hennessy à<br />

Pont Neuf.<br />

© DR<br />

46 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


DES LOGICIELS POUR L’AGROALIMENTAIRE<br />

CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL<br />

Différentes parties distinctes de l’amélioration continue ont été<br />

traitées dans la solution digitale appelée Numac : la gestion des<br />

fiches d’amélioration (remontée de problème, création, affectation,<br />

...) et la création des animations visuelles pour les briefs<br />

d’équipe et réunions de suivi.<br />

Avant, tous les processus s’effectuaient en version papier ou<br />

tableau blanc effaçable, étaient donc chronophages, sources d’erreurs,<br />

d’oublis ou de pertes d’informations, avec un accès limité<br />

à ces informations. Les informations n’étaient consultées que par<br />

les équipes qui étaient physiquement à proximité du tableau d’affichage.<br />

Les fiches d’amélioration sont désormais numériques,<br />

centralisées et historisées. Elles peuvent être créées via l’application<br />

sur sa tablette ou son smartphone (avec prises de photos<br />

ou vidéos, par exemple) ou directement sur les écrans tactiles<br />

qui jalonnent les différents sites d’Hennessy en se connectant<br />

avec son badge. Chaque service, chaque salarié a donc accès en<br />

permanence aux fiches qui lui sont affectées et les managers ont<br />

une vision générale, grâce au tableau de bord, des tâches en cours,<br />

effectuées ou à valider.<br />

Chaque utilisateur a également accès aux informations via son<br />

poste de travail (PC).<br />

Concernant la préparation des briefs d’équipe, ils étaient assez<br />

contraignants pour les animateurs qui devaient récolter les différentes<br />

données soit auprès des différents services soit dans les<br />

différents systèmes internes (SAP, MES, ...).<br />

Aujourd’hui, bien que tout n’ait pas été automatisé afin de garder<br />

le lien de communication entre les équipes, essence même de<br />

l’amélioration continue, on peut estimer le gain de temps à<br />

plusieurs minutes par jour, ce qui est loin d’être négligeable sur<br />

une année. Les briefs d’équipe sont découpés en rubriques : sécurité<br />

et conditions de travail, environnement, qualité, activités,<br />

et vie de l’équipe. Dans la plupart d’entre elles, les visuels sont<br />

spécifiques et ont nécessité un développement sur mesure. Le fait<br />

également d’utiliser des supports visuels innovants et animés a<br />

redynamisé les rituels quotidiens et augmenté la qualité de l’attention<br />

des équipes concernant les informations transmises. La<br />

lisibilité des informations a été très fortement améliorée.<br />

L’interface intuitive et ergonomique facilite l’entrée des données<br />

ainsi que leur mise en page et leur consultation par les équipes. «<br />

On a pu noter également une forte augmentation de l’attention du<br />

personnel lors des briefs d’équipe grâce à l’animation et la dynamisation<br />

des contenus. Il y a donc eu une forte adhésion des salariés à<br />

ces nouvelles technologies (notamment le tactile et la tablette), ce qui<br />

a entraîné une augmentation du nombre de fiches créées et soldées :<br />

c’est donc un cercle vertueux ! », s’enthousiasme Nicolas Cantini.<br />

Un gain de temps important est également obtenu sur la partie<br />

Présentation du Point Flash sur le logiciel Numac devant l’équipe de<br />

la Ligne 16 sur le site de production d’Hennessy à Pont Neuf.<br />

approfondissement lors des reportings hebdomadaires, mensuels<br />

ou même trimestriels car les KPI se calculent automatiquement<br />

et au fur et à mesure de l’enregistrement quotidien des données.<br />

« Nous avons depuis déployé la solution à grande échelle sur<br />

nos deux installations d’embouteillage et notre siège social à La<br />

Richonne », précise Nicolas Cantini.<br />

« En conclusion, ce fut un projet gagnant-gagnant. »<br />

En conclusion, ce fut un projet gagnant-gagnant. Dans ce partenariat,<br />

Iteca, en tant que start-up, a acquis une notoriété et une<br />

reconnaissance en travaillant avec Hennessy et Hennessy a pleinement<br />

exploité les technologies émergentes et innovantes pour<br />

assurer une transformation majeure tout en utilisant une méthodologie<br />

agile. ●<br />

Le Chiffre clés…<br />

Nicolas Cantini et Yaël Assouline<br />

• Délai de mise en place :<br />

4 mois par équipe spécifique<br />

• Nombre d’utilisateurs : 450<br />

• Coût : 5K€/mois (licence)<br />

© DR<br />

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021 I47


AGENDA<br />

Face à la situation sanitaire actuelle, les dates de salons mentionnées ci-dessous sont incertaines<br />

SALON<br />

JUIN<br />

Du 8 au 10<br />

CFIA Rennes<br />

Le CFIA a pour objectif de rassembler tous<br />

les industriels de l’agroalimentaire. Ce salon<br />

propose une offre exclusive répartie en 3 secteurs :<br />

Ingrédients et PAI, Équipements et Procédés,<br />

Emballages et Conditionnements.<br />

Parc Expo Rennes Aéroport<br />

www.cfiaexpo.com<br />

Du 17 au 19<br />

Viva Technology<br />

Le rendez-vous de la Tech mondiale en Europe<br />

sera hybride. Il se distinguera par sa capacité à<br />

faire collaborer grands groupes et startups et<br />

à mixer harmonieusement enjeux business et<br />

découverte des innovations pour tous les publics.<br />

Paris Expo – Porte de Versailles<br />

https://vivatechnology.com<br />

SEPTEMBRE<br />

Du 7 au 9<br />

Documation, Digital Workplace,<br />

I-Expo, Solutions Ressources<br />

Humaines et eLearning expo<br />

Documation, le salon du management de<br />

l’information et des processus documentaires<br />

est organisé parallèlement à Digital Workplace,<br />

le salon de la digital Workplace, de l’intranet,<br />

de la mobilité du travail collaboratif & du RSE.<br />

Par ailleurs, I-Expo & Data Intelligence Forum,<br />

l’évènement des professionnels de la Veille, de<br />

l’Information, de la Connaissance et de la Data<br />

Intelligence, se tient conjointement au salon<br />

Solutions Ressources Humaines et le salon de<br />

la Formation et Du Digital Learning.<br />

Paris Porte de Versailles, pavillon 3<br />

www.documation.fr, www.solutionsressources-humaines.com,<br />

www.i-expo.net,<br />

www.e-learning-expo.com, www.salonintranet.com<br />

Du 6 au 9<br />

Global industrie, Measurement world et CIM<br />

Avec le Congrès International de Métrologie<br />

(CIM), Measurement World et Global Industrie<br />

proposent un panorama encore plus représentatif<br />

de l’Industrie, avec une offre technologique<br />

amplifiée, orientée vers l’industrie du futur.<br />

Eurexpo Lyon<br />

www.global-industrie.com, www.<br />

measurement-world.com<br />

Du 16 au 17<br />

Produrable<br />

En 2020, ce Salon des Acteurs et des Solutions de<br />

l’Économie durable a réuni 8 300 visiteurs et 250<br />

partenaires et exposants autour d’une programmation<br />

de 170 conférences pour plus de 500 intervenants.<br />

Palais des Congrès de Paris<br />

www.produrable.com<br />

Du 22 au 24<br />

Stratégie Clients<br />

Le salon btob de la relation clients offre une<br />

perspective unique en Europe sur le secteur de<br />

la relation client étendu désormais à l’expérience<br />

sous toutes ses formes. Ce rendez-vous annuel<br />

est devenu un carrefour essentiel des technologies<br />

et des enjeux pour les femmes et les hommes au<br />

service du client. Du point de vente à la relation<br />

à distance, du face-à-face au self care, les<br />

innovations de rupture sont présentées et les<br />

meilleures pratiques sont partagées dans les<br />

nombreuses conférences et plénières.<br />

Paris - Porte de Versailles<br />

www.strategieclients.com<br />

Congrès, conférences,<br />

rencontres et séminaires<br />

MARS<br />

Du 29 au 30<br />

Les Rencontres Produrable Lyon<br />

Le lundi 29 mars, deux séminaires de travail sont<br />

organisés en lien direct avec la transformation<br />

durable des organisations sur deux enjeux<br />

majeurs. Par ailleurs, le mardi 30 Mars est<br />

une journée de rencontres et de conférences.<br />

Cela représente 40 conférences et ateliers, 60<br />

partenaires, 300 rendez-vous d’affaires, 100<br />

speakers et Changemakers et 1 000 visiteurs.<br />

Ucly (Lyon Catholic University) à Lyon<br />

www.lesrencontresprodurable.com<br />

MAI<br />

Du 25 au 27<br />

Security/Safety & Prevention<br />

Meetings<br />

Security/Safety & Prevention Meetings est les<br />

rencontres « one to one » de la sécurité, sûreté,<br />

prévention, protection des personnes et des biens.<br />

Hall Riviera – Palais des Congrès et des<br />

Festivals de Cannes<br />

www.security-and-safety-meetings.com<br />

Le 28<br />

8 ième conférence annuelle des<br />

directeurs RSE<br />

Le thème est la performance responsable,<br />

facteur de compétitivité et de résilience face<br />

à la révolution de l’impact.<br />

Paris<br />

www.directeur-rse.fr<br />

JUILLET<br />

Du 1er au 3<br />

Time World<br />

Pour sa deuxième édition en France, le congrès<br />

scientifique mondial TimeWorld se concentre<br />

sur le hasard et le décrypte sous toutes ses<br />

formes, théoriques, appliquées et prospectives.<br />

www.timeworldevent.com<br />

FORMATION<br />

AVRIL<br />

Du 1 au 2<br />

Formation Pratique des Référents <strong>Qualité</strong><br />

Objectifs :<br />

-exercer les missions du référent qualité ;<br />

-être efficace et dynamique dans son rôle de relais<br />

de la qualité ;<br />

-utiliser les outils adéquats.<br />

Profil concerné : Toute personne amenée à jouer<br />

le rôle de référent qualité<br />

Paris / www.demos.fr<br />

Du 13 au 14<br />

Rédiger un plan qualité client<br />

Objectifs :<br />

- identifier les données utiles pour le plan qualité client ;<br />

- rédiger un plan qualité client adapté à ses attentes<br />

et cohérent avec la démarche qualité interne.<br />

Nantes / www.elite-organisation.fr<br />

MAI<br />

Du 19 au 21<br />

Améliorer la qualité opérationnelle en production<br />

Objectifs :<br />

Acquérir les outils pour identifier et diminuer les<br />

non-conformités en production de manière immédiate,<br />

durable et rentable.<br />

Public concerné : responsable qualité ou service<br />

«contrôle», technicien des services qualité,<br />

contrôle, méthodes, production… agent de maîtrise<br />

en production.<br />

Paris / www.cegos.fr<br />

Le 27<br />

Maîtriser la gestion des articles de conditionnement<br />

Objectifs :<br />

-identifier les grands principes de fabrication des<br />

articles de conditionnement (primaires et extérieurs)<br />

ainsi que les principaux défauts liés.<br />

-renforcer ses connaissances sur les éléments<br />

constitutifs d’un plan de prélèvement ainsi que son<br />

niveau d’efficacité.<br />

-appréhender les exigences BPF et identifier les<br />

mesures à mettre en place pour assurer une maîtrise<br />

des articles de conditionnement.<br />

- connaître les moyens existants ou à mettre en place<br />

par son entreprise pour être conforme aux BPF dans<br />

la gestion des articles de conditionnement.<br />

Public concerné : Toute personne travaillant au<br />

contrôle de la qualité ou à l’assurance qualité intervenant<br />

dans les processus d’élaboration de<br />

contrôle ou de qualification des articles de conditionnement.<br />

Boulogne-Billancourt / www.ifis.fr<br />

Retrouvez toutes les dates<br />

de manifestations sur :<br />

www.qualityandco.com/agendas<br />

48 IQUALITÉ RÉFÉRENCES• N°<strong>88</strong> • Mars- Avril - Mai 2021


INDEX<br />

Au sommaire du prochain numéro :<br />

DOSSIER<br />

• Des solutions numériques pour la<br />

formation et le conseil.<br />

EXCELLENCE, DÉMARCHE, MANAGEMENT<br />

• De l’aéronautique au spatial : des<br />

secteurs réduisant leur empreinte<br />

environnementale<br />

PRÉVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT<br />

• La prévention : du levier à l’innovation<br />

• La qualité sanitaire<br />

CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL<br />

• Contrôle des lignes de production et de<br />

l’outil industriel<br />

FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION<br />

• L’ISO 56005 pour un meilleur<br />

management de l’innovation et de la<br />

propriété intellectuelle.<br />

Index des associations, organismes et sociétés cités :<br />

1792AVOCATS...................................................... 34<br />

AB CERTIFICATION................ 3 E DE COUVERTURE<br />

ANIEL.................................................................... 19<br />

AVANTAGE QUALITE............................................ 11<br />

BMO ACADEMY.................................................... 26<br />

BPMS ....................................................................32<br />

CULTURAL BROKER............................................ 26<br />

DIGILENCE........................................................... 30<br />

FÉLIX INFORMATIQUE...........................................4<br />

FREA (AB CERTIFICATION)..................................25<br />

INFOLOGIC........................................................... 44<br />

ISIWARE................................. 4 E DE COUVERTURE<br />

ITECA.................................................................... 46<br />

MEDIATEUREXPERT............................................ 14<br />

PREVENTICA........................................................ 49<br />

PWC ......................................................................12<br />

QUALIOS................................................................. 6<br />

QUALNET................................ 2 E DE COUVERTURE<br />

SERVAIR............................................................... 42<br />

SORRY MOM......................................................... 23<br />

SPEECHI ...............................................................36<br />

UNIFAB................................................................. 39<br />

À SAVOIR !<br />

Un tout nouveau site Web pour le magazine <strong>Qualité</strong> <strong>Références</strong> !<br />

En lançant à la mi-juillet son nouveau site éditorial, MRJ Presse, société éditrice de presse professionnelle, entend répondre<br />

aux attentes en matière de digitalisation de la part de ses lecteurs et de toute la communauté des managers, certificateurs,<br />

des acteurs de la qualité et de l’excellence opérationnelle. Il est également possible de s’abonner à la newsletter bimensuelle<br />

ainsi qu’au magazine papier directement sur le site qualite-references.com<br />

Retrouvez nos anciens numéros sur :<br />

www.qualite-references.com<br />

50 IQUALITÉ RÉFÉRENCES• N°<strong>88</strong> • Mars - Avril - Mai 2021


17, rue de Châteaudun<br />

75009 PARIS

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