ON mag (2021-2) : casques et écouteurs audiophiles
Dans ce numéro, nous faisons le focus sur les casques et écouteurs audiophiles, ainsi que tout ce qui permet de les alimenter : DACs, amplis casque, baladeurs. Nous y faisons une petite digression en direction du jeu vidéo, avec 8 casques de gaming comparés, afin de voir s'ils sont aussi bons joueurs que pour faire de la musique. Parmi les stars et cadors Hifi de ce numéro, vous trouverez également le Focal Celestee, le Grado RS2e, le Stax SR-009S ou encore le ZMF Vérité Open-Back.
Dans ce numéro, nous faisons le focus sur les casques et écouteurs audiophiles, ainsi que tout ce qui permet de les alimenter : DACs, amplis casque, baladeurs. Nous y faisons une petite digression en direction du jeu vidéo, avec 8 casques de gaming comparés, afin de voir s'ils sont aussi bons joueurs que pour faire de la musique. Parmi les stars et cadors Hifi de ce numéro, vous trouverez également le Focal Celestee, le Grado RS2e, le Stax SR-009S ou encore le ZMF Vérité Open-Back.
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mag
mars/avril 2021-2
36
casques,
écouteurs, DACs
et sources à
l’essai
FOCAL, GRADO, T+A, STAX, ZMF
LES NOUVEAUX CONTRE LES ANCIENS
CADORS DU CASQUE
AUDIOPHILE
ASUS | AUDEZE | LOGITECH | …
Peut-on être à la fois
gamer et audiophile ?
ÉCOUTEURS
Avec ou sans fil, même combat :
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SOMMAIRE
Le Showroom
p.6 : avec Audeze, Audio Research,
Audio-technica, Bang & OlufsenCopland,
Davis, Devialet, Focal, Haute Fidélité
Saumur, KEF, Klipsch, Linn, Marshall,
Master & Dynamic, McIntosh, Mitchell
Acoustics, McIntosh MHA200, Hifiman,
Peachtree, Polk, Spotify, SVS, Triangle,
Wilson Audio
Comparatif casques de gaming
p.22 : Asus Rog Theta Electret
p.23 : Audeze Penrose
p.24 : Audio-Technica ATH-G1 et G1WL
p.26 : JBL Quantum One
p.27 : JVC Exofield Xp-EXT1
p.28 : Logitech G733
p.30 : Turtle Beach Stealth 700 gen 2
Écouteurs
p.66 : Bose QC Earbuds
p.68 : Cambridge Melomania Touch
p.70 : Earsonics Aero
p.72 : Etymotic ER3XR BT
p.74 : Shure Aonic 215
p.76 : Technics EAH AZ70W
À la source
p.80 : Astell & Kern Kann Alpha
p.82 : AudioQuest DragonFly Cobalt
p.84 : Earmen Sparrow
p.86 : iFi Audio iDSD Neo
p.88 : M2Tech Marley mkII
p.90 : Moon by Simaudio 230H
p.92 : NuPrime AMG HPA
Casques
p.34 : Audio-technica ATH-WP900
p.36 : Ausounds AU-XT ANC
p.38 : Austrian Hi-X55
p.40 : Bang & Olufsen Beoplay H95
p.42 : Dali iO-4
p.44 : Focal Celestee
p.46 : Grado RS2e
p.48 : KLH Ultimate One
p.50 : Philips Fidelio X3
p.52 : Shure Aonic 50
p.54 : T+A Solitaire et HA-200
p.58 : Stax SR009 + SRM-700T
p.62 : ZMF Vérité Open-Back
Ce magazine vous est proposé par ON-Mag.fr
Diffusion, distribution et reproduction soumises à conditions.
Tous droits réservés.
Communication et publicité : Manuel Courbo (régie Catset), mcourbo@gmail.com, 06 61 09 14 46
Rédaction : Manuel Courbo, Alexandra Bellamy, Guillaume Fourcadier et Pierre Stemmelin
3 ON-mag >> mars/avril 2021-2
LE
SHOWROOM
SHOWROOM
Streamer Linn Klimax DSM nouvelle
généraon : oui, un lecteur réseau
audiophile peut vous coûter un bras !
à parr de 30 000 € HT
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Casques et écouteurs
Master & Dynamic : êtesvous
plutôt Paris Saint-
Germain (PSG) ou Peace
& Love ? 300 €
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6 ON-mag >> mars/avril 2021-2
Copland CSA 150 : gros ampli Hifi hybride sûr de sa puissance,
doté d'un conversseur presque rétro. 5000 €
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Klipsch Forte IV : 4ème version d'un classique
néo-rétro de l'enceinte Hifi pavillonnaire.
6000 € la paire
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ON-mag >> mars/avril 2021-2
7
SHOWROOM
Cyrus Audio lance sa série d'électroniques audiophiles XR : l'atypique
britannique passe à la next-gen. + d’infos sur ON-mag.fr
Apple AirPods Max : le casque sans fil le plus
moche et plus cher (ou presque) pour parr
dans la galaxie audiophile ?
630 €
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KEF Mu3 : le surdoué audiophile présente ses
premiers écouteurs True Wireless à réducon de
bruit acve.
230 €
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8 ON-mag >> mars/avril 2021-2
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sans aucune contrainte : pleinement libéré, le son est d’une pureté remarquable. Clear Mg, c’est aussi l’élégance d’une
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10 ON-mag >> mars/avril 2021-2
Audio Research Reference 80S : version allégée de l'ampli
Hifi à lampes High-End Reference 160S. 18 500 €
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Devialet Phantom I et Phantom II : modernisaon discrète des surpuissantes
enceintes connectées Made in France. à parr de 1000 €
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ON-mag >> mars/avril 2021-2
11
SHOWROOM
Bang & Olufsen Beosound
Level : une enceinte
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Test sur ON-mag.fr
Haute Fidélité Saumur : pour écouter les Sonus
Faber Maxima Amator et tout ce que la Hifi
a de plus beau.
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Hifiman HE-400SE : cédez aux sirènes du casque
Hifi planaire avec ce modèle Hifi à seulement
180 euros
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12 ON-mag >> mars/avril 2021-2
plaisirs
solitaires
The Clash déchaînés dans votre salon, Lady Day chuchotant à
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marché des écouteurs
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14 ON-mag >> mars/avril 2021-2
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Caissons de grave SVS SB/PB-1000 Pro : les
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ON-mag >> mars/avril 2021-2
15
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16 ON-mag >> mars/avril 2021-2
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ON-mag >> mars/avril 2021-2
17
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audiophile tout en restant démocraque. 550 € la paire
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une nouvelle généraon de cellules phono
haut de gamme.
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Spofy HiFi : enfin le géant du streaming
musical passe à la musique en vraie qualité
audiophile.
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18 ON-mag >> mars/avril 2021-2
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COMPARATIF
CASQUES DE
GAMING
TEST
ASUS
ROG Theta Electret
Ambieuse marque d'Asus, ROG (Republic Of Gamers)
dispose de toute une gamme de périphériques
desnés aux gamers. Au milieu de ses nombreuses
références audio, deux casques se détachent dans le
haut de gamme : le modèle USB Theta 7.1 et le Theta
Electret, produit filaire et hybride armé de la
presgieuse technologie éponyme. Un casque
conciliant gaming et Hifi ? par Guillaume Fourcadier
Une présence qui en impose
Très imposant, le ROG Theta Electret est clairement
plus proche d'un casque Hifi que d'un modèle
gamer classique. Avec ses coques immenses et ses
coussinets au diapason, ce casque est
particulièrement lourd (environ 550 g).
Pourtant, sans nous faire oublier sa particularité, le
Theta Electret en joue admirablement. La
fabrication mêlant plastique dense et coques en
métal, ce modèle s'affiche comme l'un des plus
luxueux du genre, et de loin le meilleur de notre
comparatif en termes de qualité de construction.
Son poids est compensé par une assez bonne
répartition des masses, apportant un confort
franchement surprenant. C'est simple, à moins de
balancer la tête fortement, le ROG Theta Electret
reste étonnamment agréable, ne délivrant presque
aucune pression sur le sommet du crâne, même lors
de longues sessions d'utilisation. Les coussinets
(une paire habillée de tissu et une revêtue de
similicuir) sont à la fois confortables et très
respirants.
Clairement orienté audiophile, le Theta Electret voit
les boutons réduits à leur strict minimum, aucune
commande n’étant accessible directement sur le
casque. Son câble, pourtant de bonne qualité, n'est
pas détachable. Quant au micro, détachable lui, sa
qualité est plutôt bonne, mais pas meilleure que ce
qui existe dans cette gamme de prix. Mais surtout,
aucun logiciel de paramétrage n’est prévu : ROG a
dû penser que ce modèle, se destinant aux
excellentes cartes son et aux meilleurs DAC/amplis
casque, n'avait pas besoin de s'encombrer de
nombreux réglages supplémentaires.
Un son à la hauteur des attentes
Disposant, sur chaque oreillette, d'un haut-parleur
dynamique pour les basses et médiums, et d'un
large transducteur à électret pour le reste des
fréquences hautes, le ROG Theta Electret ne cache
pas ses ambitions de gamer audiophile. Et cela
fonctionne clairement très bien. Il dépasse de loin le
22 ON-mag >> mars/avril 2021-2
300 €
cadre d'un simple casque gaming, en particulier
grâce à son excellent équilibre des timbres, sa
scène sonore très vaste et détaillée, mais surtout sa
qualité de restitution dans les aigus. Sans jamais
accentuer les fréquences, il ne donne pas
l'impression de manquer de quoi que ce soit.
Là où nombre de concurrents forcent le trait, le ROG
Theta Electret fait partie de cette nouvelle
génération, à l'image de l'Audeze Penrose, refusant
l'exubérance pour privilégier la qualité et la
performance pures. Grâce à cela, le ROG Theta
Electret est un magnifique caméléon, aussi à l'aise
dans un jeu FPS survolté qu'avec de la musique
classique. Nous pourrions lui reprocher une
extension dans les basses perfectible, mais ce
casque ne s'effondre pas pour autant dans ce
registre, conservant une bonne assise, accentuée
par son très large espace acoustique. Reste que, à
l'image d'un vrai casque Hifi, il est assez exigeant
sur la source, alors que l'Audeze Penrose est livré
clés en mains, le tout avec une ergonomie plus
poussée.
Un casque vraiment réussi, même s’il ne se destine
pas à tous les publics. Brillant audiophile et très bon
joueur, se mariant d'autant mieux avec les sources
3D, le ROG Electret Theta est de la trempe des
meilleurs.
Spécifications
•Type : casque gaming à architecture hybride
•Coussinets : circum-auriculaires
•Transducteurs : électrodynamiques 45 mm et à électret
•Connectivité : filaire (jack)
•Compatibilité : prise jack
•Application dédiée : non
•Réponse en fréquence : 20 Hz – 40 kHz
•Poids : 555 g
Notre avis
■
AUDEZE
Penrose
Modèle dans la pure lignée du Mobius mais sans la 3D et
libéré de son câble USB, l'Audeze Penrose est un casque
gaming haut de gamme paré pour la next-gen, désireux de
démontrer la supériorité du transducteur planaire sur
l'électrodynamique classique.
par Guillaume Fourcadier
Une forme un peu brute, une ambition
presque intacte
Sur la forme, l'Audeze Penrose ne perturbera pas les
habitués du Mobius, puisque nous avons affaire à un
véritable faux jumeau. Il adopte une structure
principalement en plastique, pas luxueuse mais
plutôt élégante, est équipé de coussinets circumauriculaires
et de nombreux boutons de réglages.
Ce casque se veut aussi à l'aise sans fil (via un
dongle USB) qu'en Bluetooth ou en filaire (liaison
jack ou USB). Le Penrose existe en deux
déclinaisons, PC/Xbox et PC/PlayStation, ce qui lui
permet d'être paré pour la next-gen.
Soyons francs, la fabrication pourrait être encore
plus haut de gamme. Le plastique est dense, mais
quelques bruits structurels sont encore présents et
l'arceau conserve une certaine rigidité. Mais pas de
gros reproche à l'usage, la solidité est vraiment là.
Quant au confort, il pourrait être amélioré
également, bien que ce casque ne soit pas
extrêmement lourd (320 g). L'Audeze Penrose
répartit un peu trop le poids sur le sommet du
crâne, ce qui engendre une certaine pression lors de
longues sessions d'utilisation, sans que cela ne soit
trop dérangeant en pratique.
Application simple, son au-dessus du lot
À l'image du Mobius, l'Audeze Penrose peut être
utilisé seul ou via une application dédiée (PC en
mode USB, ou smartphone en mode Bluetooth)
baptisée AudezeHQ. Celle-ci permet d'accéder à
quelques réglages sonores.
Techniquement et acoustiquement, l'Audeze
Penrose met tout le monde d'accord. Ses larges
transducteurs planaires font un travail impérial, à
l'image d'un vrai casque Hifi, en affichant un niveau
de détails, une maîtrise et une assise dans les
basses irréprochables, le tout sans dévier de sa
signature sonore extrêmement équilibrée.
L'Audeze Penrose est brillant sur tout le spectre,
avec des médiums et des aigus tout en finesse,
jamais dans l'emphase ou l'absence. Il s'adapte
admirablement bien à tous les genres de jeux, sans
jamais paraître plat. Quant à la séparation des
différents détails, le Penrose se joue admirablement
des difficultés - sur des points clés comme les bruits
de pas, par exemple.
Notons tout de même que son espace sonore reste
un poil étriqué, manquant légèrement d'ampleur –
un constat revenant assez souvent sur les casques
planaires. Clairement, ce casque est taillé pour
fonctionner avec le moteur Tempest (audio 3D) de la
PS5, ou le système Dolby Atmos for Headphones
existant dans l'univers Windows. Nous avons pu le
tester avec ce dernier, pour constater que l'Audeze
Penrose est particulièrement convaincant sur les
jeux compatibles, prenant avec brio le relais du
Mobius, quelques raffinements en moins. Pour ne
rien gâcher, son microphone détachable est
d'excellente qualité.
Très audiophile et très joueur, l'Audeze Penrose est
un produit pour gamer exigeant, capable, en bonus,
de devenir un casque nomade (Bluetooth) de haut
vol. Pas loin de la perfection, donc.
Spécifications
•Type : casque gaming
•Coussinets : circum-auriculaires
•Transducteurs : planaires de 100 mm
•Connectivité : sans fil via dongle USB-A (compatible PC/
Xbox ou PS/PC), filaire jack et USB, Bluetooth
•Compatibilité : PC/Xbox (version Penrose X), PC/PlayStation
4-5 (version Penrose)
•Application dédiée : PC et Android
•Réponse en fréquence : 10 Hz – 50 kHz
•Poids : 320 g
Notre avis
300 €
■
ON-mag >> mars/avril 2021-2
23
TEST
AUDIO-TECHNICA
ATH-G1 et ATH-G1WL
Immense spécialiste des casques Hifi, des planes vinyles
et cellules Phono, le japonais Audio-technica a également
quelques billes placées dans l'univers du gaming, sachant
exploiter l'excellente qualité de ses transducteurs
maison. Avec les ATH-G1 et ATH-G1WL, nous avons deux
casques jumeaux, l'un filaire, le second sans fil (dongle
PC/Mac) avec quelques réglages supplémentaires. Deux
enfants surdoués ?
par Guillaume Fourcadier
180 €
260 €
Quelques points antiques, mais légers, ultra
confortables et solides
À la vue des deux modèles Audio-technica ATH-G1,
difficile de ne pas entrevoir le lien de filiation avec
l'ATH-MSR7 ou l'ATH-M50 : des coques ovales et
inclinées caractéristiques, de larges coussinets ; la
bonne vieille formule éprouvée de la marque
japonaise. Mais les ATH-G1 s'écartent un peu du
chemin tracé par leurs aînés pour se parer d'un
étrange arceau tout en acier noir, presque
entièrement ajouré. Une épure rétro assez élégante,
permettant aux deux casques de conserver une
vraie grande légèreté. Posés sur la tête, il est facile
de totalement les oublier. Ils procurent un confort
presque parfait, même lors de longues sessions
d'utilisation.
Si la finition n'est pas luxueuse en soi, elle reste
parfaitement dans la moyenne de ce que l'on attend
pour des produits de ce calibre : les ATH-G1 sont
solides et bien finis.
Sur la forme, certains détails montrent qu'Audiotechnica
est encore un peu conservateur : prise
micro-USB et simple compatibilité PC/Mac pour
l’ATH-G1WL, câble non détachable pour l’ATH-G1
et pas de réglage d'intensité du microphone dans
les deux cas.
Technicité d'un grand nom, réglages réduits
au minimum
Audio-technica ne propose pas ici d'application
dédiée, ce qui aurait par exemple permis de gérer
la spatialisation ou encore d'intégrer un égaliseur.
Elle aurait été utile, car il faut bien l'avouer, les deux
casques sont parfois difficiles à comprendre. Ils
partagent l'exacte même signature et la même
qualité sonore mais l'Audio-technica ATH-G1-WL
possède en plus un mode surround, qui peut être
activé par un clic sur le réglage de volume. Il est
totalement dispensable, élargissant un peu la scène
sonore mais rendant la restitution moins cohérente.
Sur la qualité des transducteurs, rien à redire, Audiotechnica
propose ce qui se fait de plus technique et
performant dans cette gamme de prix. Du détail,
des basses bien définies et enveloppantes, nous
24 ON-mag >> mars/avril 2021-2
avons bien affaire à une partie sonore optimisée par
un Chef.
Mais le constructeur a pris le parti de l'ancienne
école des casques gaming, avec un équilibre tonal
trop expressif et assez bosselé, montrant une bonne
emphase dans les basses, un bon pic dans les aigus
autour de 8-10 kHz, et surtout quelques creux
marqués. Les deux casques en mettent plein les
oreilles, mais auraient gagné à rester un peu plus
sobres, car ils deviennent vite fatigants, surtout à
fort volume.
La recette fonctionne sur les genres spectaculaires
(avec tout de même un peu d'agressivité) mais peut
manquer de finesse sur d'autres. La scène sonore
est quant à elle très large, même si elle n’est pas
extrêmement profonde. Enfin, la qualité du
microphone reste en deçà de ce que nous pourrions
attendre dans cette gamme de prix. Il manque un
peu de nuance et sature particulièrement vite.
Difficile à juger, les Audio-technica ATH-G1 et ATH-
G1WL sont très solides techniquement, d'une
puissance impressionnante, mais s'éloignent un peu
trop de leurs racines Hifi, tout en étant assez
pauvres en matière d'ergonomie.
Spécifications
•Type : casques gaming
•Coussinets : circum-auriculaires
•Transducteurs : électrodynamiques de 45 mm
•Connectivité : jack (ATH-G1), sans fil via dongle USB-A
(ATH-G1WL)
•Compatibilité : PC (ATH-G1WL), tout (câble jack de
l’ATH-G1)
•Réponse en fréquence : 5 Hz à 40 kHz
•Poids : environ 260 g
•Prix ATH-G1 : 180 euros
•Prix ATH-G1WL : 260 euros
Notre avis
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TEST
JBL
Quantum One
Porté par une ambion folle, le JBL Quantum One se
place au sommet de la nouvelle gamme gaming du
géant JBL. Modèle filaire (USB et jack), compable PC
et console, avec réducon de bruit, son 3D et tracking
des mouvements de la tête, ce casque pour gamers
fous est ce qui se fait de plus complet en la maère.
par Guillaume Fourcadier
250 €
Un casque aux fonctions pléthoriques,
lumineux à défaut d'être ultra distingué
Difficile de faire plus brut que le Quantum One. Ce
monstre de plastique est tout sauf élégant (mais
cela dépend des goûts). Sa structure est le résultat
d'un empilement de différentes couches, ce qui lui
donne des allures de petit cyborg dépenaillé.
Pourtant, la finition est excellente et la construction
sans faille, ne laissant entendre aucun petit bruit de
structure pendant l'utilisation, tandis que les divers
boutons sont d'une très bonne qualité. Brut donc,
mais sérieux. Cette approche est surtout secondée
par un très beau système d'éclairage par LED RVB,
présent à la fois sur le plat des coques et dans un
liseré serpentant sur ses bordures. Pas forcément
utile, mais cela élève un peu le niveau d'élégance et
lui confère un look très gaming.
Le confort est acceptable, avec une bonne
répartition du poids sur le crâne et des coussinets
très enveloppants, mais le serrage reste un peu trop
important pour les grosses têtes.
JBL met clairement le paquet sur l'ergonomie et les
commandes. En plus d'un fonctionnement en jack et
en USB (mode principal), pour une compatibilité
avec tous les systèmes classiques (PC et toutes les
consoles), le casque Quantum One possède de
nombreux boutons de réglages (ANC/antibruit,
mode TalkThru/retour sonore, volume, centrage des
gyroscopes) et il est livré avec beaucoup
d'accessoires, comme son câble USB avec molette
de basculement jeu/tchat. Un microphone
détachable, d'assez bonne qualité, vient compléter
la dotation.
Expérience sonore totale, avec juste
quelques réserves
Centre de contrôle pour le casque (uniquement PC),
le logiciel QuantumEngine est particulièrement
brillant. Simple, clair, il permet d'accéder à tous les
réglages et configurations du JBL Quantum One,
avec égaliseur 10 bandes en tête. Clairement, cela
permet au casque de corriger ses quelques défauts
et de se démarquer de la plupart de ses
concurrents.
Les transducteurs de 50 mm sont de bonne qualité,
délivrant un niveau de détails et une immersion
sonore réussis, avec un équilibre tonal assez porté
sur les basses. Pas envahissantes, loin d'être aussi
marquées que sur le Stealth 700 Gen 2 de Turtle
Beach, les basses peuvent tout de même entraver
légèrement l'expérience. Néanmoins, le JBL
Quantum One, à défaut d'être audiophile, est tout à
fait correct dans son approche musicale. Nous
regrettons juste une gestion un peu oscillante des
aigus, petit défaut qu'il est possible de corriger via
l'égaliseur.
Présentés comme de véritables expériences 3D, les
modes DTS et QuantumSphere 360 (mode 3D
maison) sont encore un peu timides pour nous
convaincre réellement. La représentation sonore,
avec tracking des mouvements de la tête (mode à
calibrer via un microphone fourni), même si elle est
loin d’être gadget, reste un bon cran en dessous de
celle de l'Audeze Mobius.
Extrêmement complet, compatible avec tout ce qui
existe sur le marché, le JBL Quantum One propose
une solide expérience, pour un tarif honnête. Avec
un peu d'amélioration, il pourrait être aussi
convaincant que le Mobius d’Audeze.
Spécifications
•Type : casque gaming
•Coussinets : circum-auriculaires
•Transducteurs : électrodynamiques de 50 mm
•Connectivité : filaire (USB et jack)
•Compatibilité : PC et consoles (PlayStation, Xbox, Nintendo
Switch)
•Application dédiée : PC et Android
•Réponse en fréquence : 20 Hz à 40 kHz
•Poids : 369 g
Notre avis
■
26 ON-mag >> mars/avril 2021-2
JVC
1000 €
Exofield XP-EXT1
Ovni cinématographique de salon, le JVC Exofield XP-EXT1 n'est pas juste un
casque mais un ensemble constué d'un boîer de traitement électronique et
d’un casque. Desné à reproduire un son home cinéma/3D à parr de n'importe
quelle source, ce système ultra ambieux et très dispendieux nous promet une
immersion sonore totale, que ce soit avec les films ou les jeux vidéo.
par Guillaume Fourcadier
Un système complet, casque + boîtier
émetteur, plus technologique que luxueux
Bien plus cher que les autres modèles de notre
dossier comparatif, l'ensemble JVC Exofield n'est
pas pour autant présenté comme un produit
luxueux - seulement très technologique. Ainsi
n’utilise-t-il pas de matériau vraiment noble ou
même de qualité un peu supérieure à la moyenne.
La présentation du boîtier émetteur, fonctionnant
comme un hub, est franchement cheap par
exemple, tout en plastique assez léger pour une
telle gamme de prix.
Le casque, au moins, est déjà plus sérieux. Très
sobre, il propose quelques envolées métalliques et
une structure plus dense. Sa fabrication pourrait être
encore supérieure, mais nous n'avons pas de gros
reproche à lui faire.
Le casque JVC XP-EXT1 n'est pas le plus léger du
monde (330 g), mais son poids est assez bien
réparti. Sans être un roi du confort, il est
suffisamment bien pensé pour de longues sessions
d'utilisation.
Clés en main, 3D autonome, expérience totale
Marketé pour le home cinéma et le jeu vidéo, le
système JVC Exofield XP-EXT1 fonctionne de
manière totalement autonome, les divers réglages
passant par le boîtier et par le casque. Le boîtier
permet de raccorder trois sources HDMI, une source
audionumérique optique par prise Toslink et une
source analogique sur une paire de prises RCA. Le
tout est complété par une sortie audionumérique
optique. On a affaire à un véritable petit centre de
contrôle, d'une grande simplicité d'utilisation.
Que ce soit pour les films ou les jeux, le principe est
à peu près le même : le JVC Exofield XP-EXT1
émule tout type de sources (stéréo comme
multicanal) pour un rendu 3D/Atmos, mais préfère
un maximum de canaux à la source. Le rendu
"Exofield" peut ainsi être activé (largement
préférable) ou désactivé (rendu stéréo classique).
Efficace ? Oui, clairement. Le casque délivre, en
particulier sur les jeux du type FPS (vue subjective),
un rendu 3D impressionnant. Le son est ultra
immersif et peut, suivant les sources et les jeux,
vraiment donner une illusion très réaliste.
Forcément, cette émulation a ses limites, le JVC
Exofield XP-EXT1 présente parfois quelques défauts
dans les effets de réverbération. De même,
l'émulation n'est vraiment faite que pour les
expériences grandioses, pas pour les jeux à la
localisation sonore peu marquée. Mais en
désactivant le mode Exofield, le casque JVC nous
laisse une signature sonore assez étrange,
beaucoup trop expressive (avec une réponse en V
extrêmement marquée), manquant de finesse pour
un produit à ce tarif.
Antithèse de l'Audeze Penrose, le système JVC
Exofield peut transformer chaque petite action en
un déluge sonore électrique, tout comme il peut
paraître inutilement exubérant. Certainement pas
audiophile, l'ensemble JVC Exofield est un peu plus
à l'aise pour traiter la bande-son des films que le
son des jeux, mais conserve dans les deux cas un
niveau de détails prodigieux.
L’ensemble JVC XP-EXT1 ne s’adresse pas à tout le
monde, mais il est l'un des rares systèmes 3D
vraiment immersif, aussi bien taillé pour le home
cinéma que pour le jeu. Reste que son prix nous
semble un peu élevé.
Spécifications
•Type : ensemble home cinéma et gaming, boîtier +
casque circum-auriculaire
•Transducteurs : électrodynamiques de 40 mm
•Connectivité : Hub avec 3 entrées HDMI, 1 entrée
numérique optique, 1 entrée analogique RCA, 1 sortie
numérique optique
•Compatibilité : de stéréo à DTS:X/Dolby Atmos
•Emulation : 7.2.4
•Réponse en fréquence : non précisée
•Poids du casque : 330 g
Notre avis
■
ON-mag >> mars/avril 2021-2
27
TEST
LOGITECH
G733
Se posionnant plutôt dans le milieu de
gamme des casques gaming, le G733 est le
best-seller de Logitech. Un casque sans fil
encore accessible, mais proposant une
expérience complète.
par Guillaume Fourcadier
150 €
Légèreté extrême, confort parfait, éclairage
RVB festif
Tout fait de plastique peu dense, le casque de
Logitech n'est pas spécialement impressionnant,
tout en conservant une construction étonnamment
sérieuse, ne manifestant pas vraiment de bruit de
structure pendant sa manipulation. Mais surtout, sa
grande légèreté (278 g) et son large bandeau
élastique lui permettent d'être royal lors de très
longues sessions d'utilisation. Cela va de pair avec
des coussinets circum-auriculaires revêtus de tissu,
doux et respirant.
Coloré, le Logitech G733 est également porté sur
les lumières, réparties en deux bandes de Leds RVB
à l'avant des deux coques. Ces Leds
programmables restent assez amusantes, mais
peuvent tout de même croiser le regard
périphérique, ce qui peut légèrement gêner.
Le Logitech G733 fonctionne sans fil via l'utilisation
d'un dongle propriétaire de type USB-A, qui lui
permet d'être compatible PC, Mac et PlayStation 4.
La next-gen semble donc ignorée (mais cela peut
dépendre des mises à jour des consoles).
Nous ne déplorons aucun gros manque au niveau
ergonomique. Le volume est facilement accessible
via une molette et la marque ne s'égare pas dans un
excès de boutons. Le microphone, détachable et
flexible, pourrait tout de même être un peu plus
travaillé, sa souplesse et son amplitude étant assez
faibles et sa sonorité simplement correcte pour la
gamme de prix.
Une application et des réglages complets,
une sonorité étonnamment équilibrée
Logitech n'est pas un petit nouveau en la matière ;
cela se traduit par son logiciel G Hub adapté à
pratiquement tous ses produits gaming. Très clair,
bien pensé et surtout complet, celui-ci est vraiment
un incontournable compagnon pour le casque
G733, et l'un des meilleurs logiciels du genre. Il est
ainsi possible de régler les lumières, d'égaliser le
son du casque et même d'accéder à une interface
pour le son 3D. Rien à redire.
En jeu, l'expérience sonore est à la fois satisfaisante
28 ON-mag >> mars/avril 2021-2
et équilibrée, presque trop sage même. Clairement,
le Logitech G733 est l'un des casques les plus
mesurés et polyvalents de sa catégorie. Passepartout
donc, mais il peut sembler un peu plat face
aux explosions, aux grondements de moteurs, en
tous les cas pour un public habitué aux casques
gaming classiques plus démonstratifs. Bien qu'il ne
soit pas aussi bon que les Audio-Technica ATH-G1
au niveau des pures performances techniques, sa
signature sonore plus naturelle lui permet d'être
bien plus polyvalent et agréable à la longue.
Le Logitech G733 profite également de l'émulation
DTS Headphone:X 2.0 via le logiciel Logitech G
Hub, qui reproduit un son 3D façon DTS:X. Le
principe est louable, mais le casque prend le parti
du naturel absolu, ce qui assure une excellente
cohérence de l'espace sonore mais sans ajouter une
vraie sensation de 3D ; cela dit, la spatialisation est
déjà assez convaincante de base.
Si sa frilosité apparente ne lui permet pas d’égaler
les meilleurs, le Logitech G733 reste un produit très
recommandable. Confortable et très naturel, il plaira
clairement aux adeptes d'équilibre sonore. Une
belle proposition, fort abordable.
Spécifications
•Type : casque gaming
•Coussinets : circum-auriculaires
•Transducteurs : électrodynamiques de 40 mm
•Connectivité : sans fil via dongle USB-A
•Compatibilité : PC (Windows/Mac), PlayStation 4 (sans
l’option DTS Headphone)
•Application dédiée : PC
•Réponse en fréquence : 20 Hz à 20 kHz
•Poids : 278 g
Notre avis
■
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TEST
TURTLE BEACH
Stealth 700 Gen 2
Grande marque de l'univers du gaming, Turtle Beach
possède un écosystème parculièrement riche. Son
Stealth 700 Gen 2 est un casque très ambieux. Ce
modèle sans fil décliné en deux versions (PC/Xbox et PS4)
se permet des escapades en audio nomade grâce à sa
puce Bluetooth. Le genre de produit de qualité et très
polyvalent.
par Guillaume Fourcadier
Simple et solide, prêt pour les jeux comme
pour l'audio nomade
Bien que son orientation gaming ne fasse aucun
doute pour les connaisseurs, le Turtle Beach Stealth
700 Gen 2 pourrait presque passer pour un gros
casque nomade dédié à l’écoute de musique. Pas
de LED ou de folles embardées esthétiques ; ce
modèle est assez sobre, presque absorbé par ses
tons noirs.
Bien que principalement en plastique, sa
construction très dense et son bon assemblage le
placent parmi les bons élèves, même si quelques
bruits structurels demeurent lors des manipulations.
Un peu rigide (pour les grosses têtes) et assez lourd,
il offre néanmoins un confort tout à fait valable,
emmené par des coussinets larges et très épais. Une
expérience plutôt à la hauteur de la promesse, qui
ne tranche décidément pas avec les habitudes de la
marque.
Les commandes passent toutes par le côté gauche,
où se regroupent les boutons et molettes : molette
de volume et de réglage du casque, mode sonore
(égalisation), allumage/extinction, bouton
Bluetooth, appairage sans fil. La prise en main n'est
clairement pas immédiate, mais un peu
d'entraînement suffit pour maîtriser ces
commandes. En Bluetooth, le casque se comporte
comme un modèle classique, même si l'ergonomie
est un peu brute pour du nomade. Cette fonction,
pas forcément très développée ailleurs, reste un
sacré avantage.
Notre modèle de test étant une version "Xbox", il
fonctionne avec le protocole Microsoft Wireless,
disponible sur Xbox et sur les PC équipés d'un
dongle dédié (quelques rares PC intègrent ce
protocole en standard). Notons qu'une version
PlayStation existe également. Pour les utilisateurs
des deux univers, il faut malheureusement faire un
choix. Dommage de ne pas avoir poussé encore un
peu plus loin la polyvalence.
Un son très puissant, raffinement en option
Plug and Play, le casque fonctionne seul, mais
bénéficie d'une application dédiée Android/iOS/PC,
30 ON-mag >> mars/avril 2021-2
150 €
baptisée Audio Hub. Elle n’est pas extrêmement
riche mais permet tout de même quelques réglages,
comme la gestion du volume du bon microphone
rabattable, ou la mise en place des modes sonores
(pas extrêmement utile).
Se basant sur des transducteurs de 50 mm, le Turtle
Beach Stealth 700 Gen 2 crache littéralement la
foudre sonore, même dans son mode audio le plus
"équilibré". Très basseuse, plutôt en V, sa réponse
en fréquence accentue fortement le côté
sensationnel des jeux, ce qui fonctionne dans bien
des cas et chez un certain nombre d'utilisateurs.
Forcément, cela se paie sur le côté audiophile, avec
quelques effets de voiles dans l'écoute, limitant le
niveau de détails. Au moins, le casque n'est-il pas
trop agressif, juste extrêmement expressif.
Sa signature sonore "à l'ancienne" met en avant ses
limites techniques, face au duo ATH-G1 d'Audiotechnica
par exemple, mais le casque Turtle Beach
Stealth 700 Gen 2 compense assez bien cela en
étant moins fatigant qu'on ne pourrait le penser. Un
casque complet, confortable, très solide et
extrêmement puissant, mais qui aurait pu prétendre
aux sommets avec un peu plus de retenue dans sa
signature sonore.
Spécifications
•Type : casque gaming
•Coussinets : circum-auriculaires
•Transducteurs : électrodynamiques de 50 mm
•Connectivité : sans fil (Xbox Wireless)
•Compatibilité : Xbox/PC (via dongle non fourni), PlayStation
(version Stealth PS)
•Application dédiée : PC et Smartphone
•Réponse en fréquence : 20 Hz à 22 kHz
•Poids : 453 g
Notre avis
■
ViVent les libellules !
Superbe !
La Libellule Noire DragonFly Black €99.95
“Avec la Libellule (“DragonFly”), AudioQuest a
créé un moyen simple et abordable d’atteindre
le haut de gamme pour une nouvelle génération
d’auditeurs, ainsi que le produit parfait pour le
système audio personnel de tout audiophile.”
— Robert Harley, The Absolute Sound
Ou mieux encore!
La Libellule Rouge (“DragonFly Red”) €199.95
“Les Libellules Rouge et Noire (“DragonFly Red and
Black”) figurent parmi les meilleurs exemples d’hifi
pour Monsieur Toutlemonde à jamais avoir été
publiés dans notre revue. Leurs valeurs de quotient
explosent le cadran. ”
— John Darko, Darko.Audio
Et le top du top !
La Libellule Cobalt (“DragonFly Cobalt”) €299.95
La Libellule Cobalt (“DragonFly Cobalt”) rassemble tout ce que les auditeurs
aiment dans la gamme Libellule (“DragonFly”), le son superbement dynamique
et séducteur, dont elle améliore la mise au point tout en enlevant le duvet et le
brouillard dont l’auditeur n’avait même pas conscience jusqu’à ce qu’il
ne l’entende plus ! La Cobalt dispose de la même tension de
sortie 2.1 capable de tout lire que la Rouge, avec son
contrôle de volume numérique à bit parfait, une
qualité de rendement MQA exceptionnelle et
une compatibilité parfaitement fluide avec les
appareils Apple et Androïd.
Quelques ingrédients importants qui
expliquent la performance de Cobalt qui lui
permet aujourd’hui de créer un précédent en
la matière :
• La puce ESS ES9038Q2M DAC dotée
d’un filtre de phase minimum à coupure
progressive permettant un son plus naturel.
• La micropuce PIC32MX274 microprocesseur réduit
l’appel de courant et augmente la vitesse de traitement de
33% par rapport aux Libellules Noire et Rouge (DragonFlys Black
and Red).
• Un système d’alimentation et de filtrage amélioré, conçu spécifiquement pour
réduire les bruits de fond cellulaires ou encore ceux dus au Wifi ou au Bluetooth.
• Comporte un adaptateur Queue de libellule DragonTail USB-C vers USB-A
modulable. Toutes les Queues de Libellule (DragonTails) utilisent les câbles USB à
teneur en carbone de chez AudioQuest.
DragonFly Le DAC + Preamp + Amp de Casque
Du MP3 au MQA et à la Haute Résolution, les Libellules préservent tout
le corps et toutes la chaleur et la couleur naturelle de votre musique.
Profitez de plus de beauté musicale chez vous et partout où vous choisirez
d’écouter votre musique.
LES
CASQUES
TEST
AUDIO-TECHNICA
700 €
34 ON-mag >> mars/avril 2021-2
ATH-WP900
Casque filaire mais d'aspiraon nomade, dans la lignée des mythiques ATH-ESW9 ou
ATH-ES10, l'Audio-technica ATH-WP900 reprend la même recee pour parvenir à la
quintessence sonore. Il s'agit d'un modèle premium, représentant luxueux d'un univers
assez restreint, celui du casque audiophile nomade haut de gamme.
par Guillaume Fourcadier
Pas irréprochable, mais tellement à part
L'argument principal de ce casque est
immanquablement le couple design/fabrication.
Audio-technica dote l’ATH-WP900 de coques en
érable flammé soigneusement sélectionné. Les
motifs splendides, mis en valeur par un épais vernis
brillant, donnent au bois sa belle teinte "Sunburst"
caractéristique de certaines guitares.
La fabrication se modernise assez clairement par
rapport aux anciens modèles Audio-technica de la
série ESW, avec une sellerie et une structure plus
travaillées. Dommage cependant qu'il reste de
nombreuses pièces en plastique, notamment le
cerclage des coques, car cela donne un résultat
général un peu mitigé pour un tel prix.
Au moins, le confort est irréprochable. Les
coussinets circum-auriculaires des oreillettes sont
certes un peu menus pour les grandes oreilles, mais
ce casque de 243 g est un poids plume. L'isolation
phonique, un peu moyenne, cantonne l'ATH-WP900
avant tout à une utilisation dans des
environnements calmes ou moyennement bruyants.
distiller le moindre détail sans aucune difficulté, tout
en nuance. À l'opposé du spectre, les aigus sont
placés en avant mais de façon très pondérée, ce qui
apporte un grain clair et incisif à l'écoute.
Si la scène sonore est encore loin d'égaler celle de
vrais casques Hifi ouverts de cette gamme de prix,
en partie à cause du volume de charge acoustique
restreint, elle reste profonde, avec une excellente
séparation des instruments.
En résumé
Musical et technique, le casque nomade audiophile
Audio-technica ATH-WP900 constitue clairement
une montée en gamme par rapport aux anciens
modèles des série ESW et ES, sans pour autant
trahir leur personnalité sonore atypique. On a là un
produit exclusif, sans doute un peu trop cher pour
ses pures performances sonores, mais l'un des
casques nomades les plus désirables du marché de
par sa musicalité et ses coques en bois à la finition
de guitare électrique.
■
Signature sonore en "W", en mode
rentre-dedans
Mieux armé que ne l'étaient les ESW9 ou ES10,
l'Audio-technica ATH-WP900 utilise de nouveaux
haut-parleurs de 53 mm avec membrane revêtue de
carbone amorphe.
Cette base détonante lui permet d'afficher un
niveau de technicité sonore bien supérieur aux
casques nomades classiques. Sa signature sonore
en "W" est particulière, assez éloignée de la norme,
mais lui permet d'afficher une personnalité à part,
sans exagération ou manque flagrant.
Légèrement chaud dans sa transcription, voire un
peu gras, l'ATH-WP900 conserve pourtant une
bonne clarté, ainsi qu'un tranchant et une énergie
réjouissants, le tout sans agressivité ou artificialité.
Un peu en retrait sur les voix masculines, plus en
avant sur les voix féminines, ouvert et puissant mais
pas agressif, l'ATH-WP900 est un candidat parfois
dur à appréhender, mais qui sait se faire caméléon
pour qui accroche à son caractère sonore
hétérogène. S'il fallait synthétiser, nous parlerions
d'un casque très rock/électro, puissant et tranchant
mais avec une merveilleuse maîtrise.
Les basses sont d'une qualité rare pour un produit
nomade, le large transducteur permettant de
Spécifications
•Type : casque fermé nomade
•Coques en érable flammé sélectionné par le luthier
japonais Fujigen
•Transducteurs : 53 mm avec membrane DLC
•Réponse en fréquence : 5 Hz – 50 kHz
•Impédance : 38 ohms
•Sensibilité : 100 dB/mW
•Puissance max admissible : 1 000 mW
•Poids : 243 g
•Câbles (détachables à connectique A2DC) : un câble à
terminaison jack 3,5 mm, un câble à terminaison jack
4,4 mm
•Housse de transport souple fournie
Notre avis
Construction
Performances
Confort
Musicalité
ON-mag >> mars/avril 2021-2
35
TEST
AUSOUNDS
AU-XT ANC
Sur le marché très bataillé du casque Bluetooth
circum-auriculaire à réducon de bruit ou règnent en
maîtres, sans trop de partage, les Sony WH-
1000Xm4, Bose Headphones 700 ou Jabra Elite 85h,
la marque américaine Ausounds s'efforce d'apporter
une alternave compéve. Disponibles depuis peu
en France, ses modèles affichent des arguments
techniques et esthéques, mais également des prix
agressifs pour espérer taquiner les cadors.
par Manuel Courbo
220 €
La marque Ausounds vient tout juste d'arriver en
France. Cette société américaine, créée en 2019, est
toute jeune, mais rassemble à sa tête une demidouzaine
de vieux briscards de l’audio venant de
marques comme Audeze, Monster, Harman Kardon,
Beats, McIntosh ou KEF.
Le casque Ausounds AU-XT ANC a vraiment un bon
look avec son dessin sobre, épuré et discret. Il
affiche une apparence plus décontractée que
certaines autres productions américaines et moins
ostentatoire que certaines références anglaises.
Accusant 245 grammes sur la balance, ce qui le
classe dans la fourchette basse, mais pas comme le
roi de sa catégorie, l'Ausound AU-XT ANC est très
confortable même pour des séances d'écoute
prolongées. Les mousses des oreillettes circumauriculaires
sont de forme bien enveloppante et
respirantes. Elles n’occasionnent pas de sensation
d’enfermement, de frottement, d'irritation ou de
chaleur. Il est d’ailleurs à noter au passage qu’une
fois en place, ce casque offre une isolation
phonique passive étonnante.
Les coussinets des oreillettes sont revêtus de "cuir
protéiné" ou pleather, c'est-à-dire une matière
100 % synthétique. Elle est associée à une mousse à
mémoire de forme qui remplit parfaitement son rôle
pratique et ergonomique.
Malgré un aspect tout plastique, la fabrication et la
finition de ce casque semblent fort sérieuses et sans
approximation. Les réglettes de hauteur graduées
des oreillettes sont en métal et s’intègrent
parfaitement dans l’arceau avec juste ce qu'il faut de
résistance et les petits clics de circonstance
lorsqu'on modifie les réglages.
Pour son rangement et son transport, l'Ausounds
AU-XT ANC se la joue façon DJ. Ses oreillettes se
replient et reviennent vers l’intérieur de l'arceau afin
d'obtenir un encombrement minimal. Seul petit
bémol ergonomique, le casque Ausounds possède
un arceau un peu large. Selon les têtes, son
maintien est plus assuré par la pression exercée par
les oreillettes que l'appui de l'arceau sur le dessus
du crâne.
36 ON-mag >> mars/avril 2021-2
Un son à la fois musclé, clair et vif
De prime abord, ce casque nous est apparu comme
assez basseux, une sensation qui s’est confirmée à la
longue, sans que ce penchant un peu chargé ne
nuise ni à la l'intelligibilité du son ni au plaisir
d’écoute. Ce qui est étonnant, c’est que l'Ausounds
AU-XT ANC réussit en parallèle à délivrer des aigus,
des voix, des détails dans le haut du spectre avec
une belle clarté et une bonne précision.
Sur le morceau d’Alpha Blondy "I Wish You Were
Here", reprise reggae "biniouisante" d'un morceau
des Pink Floyd, dès le démarrage, les deux guitares
sèches surgissent avec une propreté et une clarté
saisissantes. Elles sont ensuite rapidement rejointes
par la basse façon Rasta et la voix si particulière et
évocatrice d’Alpha Blondy. C'est un régal.
Quant à l’efficacité du système de réduction du bruit
de l'Ausounds AU-XT ANC, elle s’avère correcte.
Nous avons longuement éprouvé ce casque dans
les transports en commun et, associé à l'isolation
phonique passive excellente, le mode antibruit
(ANC) remplit bien son office. Son action ne semble
pas étriquer le son. Celui-ci devient même un peu
plus clair, sans qu’on note de sensation désagréable
ou limitative lors du déclenchement de ce mode.
Spécifications
•Type : casque Bluetooth 5.0, antibruit
•Transducteurs : 40 mm, dynamiques au graphène
•Autonomie annoncée en utilisation : 30 h
•Connectique : USB-C (recharge) et mini jack
•Étanchéité : IPX4
•Accessoires fournis : câble mini jack de 3,5 mm, câble de
charge USB-C, prise avion, pochette de rangement en
matière plastifiée semi-rigide
•Poids : 245g
Notre avis
■
TEST
AUSTRIAN
Hi-X55
Créée en 2017 par des anciens d'AKG, la
marque Austrian Audio est un peu le "AKG tel
qu'il aurait pu être". En plus de ses deux
microphones haut de gamme déjà réputés, le
jeune constructeur autrichien propose deux
casques desnés au secteur pro. Le Hi-X55 testé
ici est un modèle circum-auriculaire des plus
intrigants.
par Guillaume Fourcadier
Simple, mais pour très longtemps
Peu de choses débordent de ce casque d'un point
de vue design, ce qui est plutôt une bonne chose.
L'Austrian Audio Hi-X55 repose sur une forme
familière, mais de petits détails lui permettent de se
démarquer. De loin, il ressemble à un casque de
monitoring/mastering quelconque. De près,
l'expérience est beaucoup plus positive.
Sobre mais pas inélégant, il s'appuie sur une qualité
de fabrication tout à fait admirable. Quelques
pièces sont en plastique dense, mais l'essentiel de
sa structure pliable et ses points cruciaux sont taillés
dans le métal. Les branches reliées aux coques, le
réglage de la hauteur, les éléments de torsion, tous
sont en aluminium et impeccablement assemblés.
Même bonne surprise concernant l'arceau, composé
d'une large lame d'acier. Le repose-tête et les
coussinets, habillés de similicuir, sont eux aussi
d'excellente facture. Enfin, la connectique jack est
spécialement pensée pour éviter les torsions, car
moulée dans une excroissance. Un casque prêt à
affronter les années.
À cela s'ajoute un excellent confort et une très
bonne isolation phonique, portés par des coussinets
larges et profonds. Un casque sobre, mais à la
conception presque parfaite.
Un casque ou une loupe sonore ?
Destiné à l'univers studio, l'Austrian Audio Hi-X55
est surtout taillé pour l'écoute analytique et non
purement musicale. Ses transducteurs de 44 mm,
100% développés par Austrian Audio, sont là pour
faire ressortir les moindres détails et imperfections
des enregistrements.
Une réussite sur ce point, puisque ce casque répond
exactement à ce que l'on peut attendre d'un
produit professionnel. Dans la même veine que le
mythique Sony 7506, en plus technique et moins
neutre, le Hi-X55 est une machine à détails, aussi
percutante et précise que l'exige sa fonction.
Proposant une scène sonore particulièrement large
même si elle s’avère peu profonde, ce casque
38 ON-mag >> mars/avril 2021-2
accentue suffisamment les fréquences clés pour
créer une excellente séparation des instruments.
Beaucoup plus sec que rond, il demeure d'une
extrême rigueur dans le bas du spectre. Puissant,
incisif, intransigeant, l'Austrian Audio Hi-X55 n'est
pas ce que l'on peut appeler un casque musical,
bien qu'il se permette, à volume modéré et sur
certains enregistrements, de ne pas être un si
mauvais élève.
Avec son Hi-X55, la marque a choisi de ne pas
s'essayer sur la neutralité, très loin de là, mais de
jouer avec les accentuations afin de créer un rendu
des plus analytiques, quitte à exagérer certains
détails. Cette démarche divisera forcément, surtout
au sein des amateurs de création sonore, mais fait
partie de l'identité de ce casque. L'Austrian Audio
Hi-X55 est une très belle réussite dans son genre,
mais n'est clairement pas fait pour tout le monde.
Son approche l'oriente presque exclusivement vers
un usage professionnel.
Spécifications
•Type : casque fermé professionnel
•Transducteur propriétaire de 44 mm
•Réponse en fréquence : 5 Hz – 28 kHz
•Impédance : 25 Ohms
•Sensibilité : 118 dB/mW
•Puissance max admissible : 150 W
•DHT(1 kHz, pas de précision sur la puissance) < 0,1%
•Poids (sans câble) : 305 g
•Inclus : câble avec terminaison jack 3,5 mm de 3 m,
adaptateur jack 3,5 mm vers jack 6,35 mm, pochette de
transport souple
Notre avis
300 €
■
TEST
BANG & OLUFSEN
Beoplay H95
Marque de luxe ou fabricant audio ?
Bang & Olufsen a toujours joué avec ce
fragile équilibre, maniant une image
exclusive et une tarificaon
généralement plus élevée que la
moyenne. Le casque sans fil à réducon
de bruit Beoplay H95 ne semble pas prêt
à inverser cee tendance, puisqu'il se
présente comme une accentuaon du
précédent H9 3ème gen. Matériaux
nobles, ergonomie avancée, sonorité
haut de gamme, mais tarificaon qui
verse dans la démesure ; le Beoplay H95
réussit-il son pari insensé ?
par Guillaume Fourcadier
800 €
Une classe au-dessus des autres
Ne tournons pas autour du pot, sur la forme, le
Bang & Olufsen Beoplay H95 est ce qui se fait de
plus impressionnant. Structure presque entièrement
en aluminium, bandeau et coussinets en cuir de
qualité, molettes crantées en aluminium et design
vraiment étudié : on a presque affaire à une œuvre
d'art. Nous pouvons seulement regretter qu'il ne
soit disponible qu'en noir et en gris/blanc, l'école
scandinave restant ici sur des coloris très ternes.
La forme est bien là et l'assemblage suit, presque
irréprochable. Le Beoplay H95 est à la fois luxueux
et moins froid qu'il n'y paraît de prime abord. Bang
& Olufsen a clairement monté le niveau d'un cran
par rapport à la concurrence. Seul le MW65 de
Master & Dynamics n'est pas très éloigné, un
casque comme le B&W PX7 optant quant à lui pour
une autre orientation. Le B&O H95 peut surtout se
plier, ce qui n'était pas le cas des modèles
précédents, et peut se mettre à plat. Cela lui permet
de parfaitement rentrer dans son bel étui de
transport dédié, tout en aluminium.
Le confort n'est pas aussi brillant, ne pouvant pas
rivaliser avec celui d’un Sony WH-1000Xm3 ou d’un
40 ON-mag >> mars/avril 2021-2
Bose Headphones 700. Mais, d'une part ce confort
reste d'un excellent niveau, les coussinets étant bien
larges et enveloppants, d'autre part cet écart vient
principalement du poids plus important (323 g pour
le Beoplay H95 contre environ 250 g pour les
autres), ce qui est certainement lié à sa structure en
aluminium.
Ergonomie profonde, de Surface
L'ergonomie est assez réjouissante, puisque la
marque a eu la bonne idée de combiner la
navigation habituelle, entièrement tactile, avec un
système de molettes cerclant les deux coques, à la
manière d'un Microsoft Surface Headphones. L'une
de ces molettes est assignée au réglage du volume,
l'autre à la réduction de bruit/retour sonore. Leur
fluidité est assez bonne, avec quelques micro
frottements perceptibles.
Le Bang & Olufsen Beoplay H95 est compatible
avec la nouvelle application Bang & OIufsen, épurée
et plutôt utile, même si elle ne s’avère pas
indispensable. En plus de pouvoir mettre à jour le
casque et gérer quelques paramètres, elle permet
d'appliquer un panel d'égaliseurs prédéfinis, ou de
jouer avec une "roue d'égalisation" assez
déroutante, mais efficace.
Cerise sur le gâteau, la connexion est multipoint, ce
qui permet au B&O H95 de se connecter en profil
audio sur deux produits à la fois.
Réduction de bruit et autonomie en progrès
La réduction de bruit du précédent casque Beoplay
H9 (3ème gen) était déjà efficace, mais tout de
même assez loin d’atteindre les performances des
ténors, en particulier dans les basses fréquences. Ici,
Bang & Olufsen corrige largement ce défaut pour se
hisser, non pas au niveau du champion Sony, mais à
un niveau déjà assez élevé.
Sans nous couper du monde extérieur, la réduction
de bruit est déjà efficace dès les 40-50 Hz, et
parvient à tenir un niveau à peu près régulier de 20
voire 25 dB jusqu'aux aigus (1 kHz). Passée cette
gamme de fréquences, l'isolation passive prend le
relais. Là aussi, le progrès en matière d’atténuation
par rapport au modèle précédent est assez tangible,
même s’il pourrait être plus marqué à notre goût.
Nous avons donc affaire à un casque dont le
système antibruit n'est certes pas aussi
impressionnant que celui d'un Sony WH-1000xm3,
mais se tient parfaitement.
B&O introduit également un algorithme de
réduction adaptative du bruit, qui en l'état nous
semble très perfectible, mais valable dans quelques
situations. Mieux vaut pour le moment rester sur la
méthode manuelle.
Le mode Ambiant (retour sonore) pourra
légèrement perturber, car il s'axe sur une
reproduction des voix, tout en conservant la
réduction de bruit dans les basses fréquences.
Annoncée à 38 h avec réduction de bruit active,
l'autonomie atteint environ 35 h en pratique. Un
résultat pour le moins excellent.
Une sonorité vivante et titanesque
Nous ne pouvons passer sous silence un point
extrêmement fâcheux : l'impossibilité d'utiliser le
Bang & Olufsen Beoplay H95 en mode filaire passif,
c’est-à-dire éteint. Un choix vraiment
incompréhensible, surtout à un tel tarif. Tous nos
tests ont donc été réalisés en mode actif.
Pas si éloignée de celle des précédents H9, la
signature sonore du H95 passe clairement un cap
technique, les coussinets bien plus spacieux et
l'utilisation de nouveaux transducteurs avec
membranes anodisées titane changeant la donne
de manière audible.
À la fois très précis et très vivant, le Beoplay H95
délivre une signature sonore en V étiré (légèrement
physiologique donc), se caractérisant par des
extrêmes graves boostés, des médiums légèrement
en retrait mais très réguliers et des aigus légèrement
mis en avant via plusieurs pics et oscillations. Notre
seul vrai reproche concernera justement cette
dernière gamme de fréquences, très expressive
mais vite agressive une fois bousculée, ce qui est
assez typique des membranes titane.
Le son se fond parfaitement dans les genres
modernes (pop, rap, etc) ou le jazz, l’énergie et
l’excellent niveau de maîtrise du Beoplay H95
faisant particulièrement briller les bons
enregistrements, même à bas volume. La texture
des instruments, les petites nuances d’un morceau -
tout est admirablement retranscrit. À l'inverse, les
styles agressifs (ainsi que les hauts volumes) et les
mauvais mix sont rapidement fatigants.
Avec ces caractéristiques, il est logique de retrouver
une scène sonore cohérente, plus profonde que
large (pas assez large peut-être), mais surtout
extrêmement détaillée. Face à des références
comme le Sony WH-1000Xm3 ou le Bowers &
Wilkins PX7, le B&O Beoplay H95 propose un son
moins chaud, moins accessible que celui de ses
deux concurrents, mais d'une certaine façon plus
précis et technique, moins lourd, prenant le pari
d'une sonorité différente, tout en ayant
parfaitement conscience de ses forces et faiblesses.
Le Bang & Olufsen Beoplay H95 justifie-t-il
techniquement ses 800 euros ? Non, il lui faudrait
vraiment se détacher du lot pour cela. Mais il peut
enfin s'asseoir à la table des meilleurs et, pour ce
qui est du design, les regarder de haut.
Spécifications
•Type : casque circum-auriculaire Bluetooth à réduction
de bruit active
•Fabrication : aluminium, cuir d'agneau, cuir de vachette,
tissu
•Puce Bluetooth 5.1
•Codecs audio supportés : SBC, AAC, AptX Adaptive
•Appairage rapide : Google Fast Pair, Microsoft Swift Pair
Multipoint
•Transducteurs de 40 mm avec membranes anodisées
titane
•Réponse en fréquence : 20 Hz à 22 kHz
•Poids : 323 g
•Livré avec : coffret en aluminium, câble USB-C, câble
jack 3,5 mm, adaptateur jack avion
Notre avis
Construction
Performances
Ergonomie
Musicalité
ON-mag >> mars/avril 2021-2
■
41
TEST
DALI
300 €
iO-4
Le Dali iO-4 est le pet frère du Dali iO-6 que
nous avons déjà testé. Vendu 100 € de moins, il
s’en disngue par l’absence de système
anbruit acf. Esthéquement, les deux
modèles se ressemblent comme deux goues
d’eau, mais à l’écoute nous allons voir qu’ils
sonnent différemment.
par Pierre Stemmelin
Dali est un constructeur danois spécialisé dans les
enceintes acoustiques Hifi et Home Cinéma depuis
1983. Il est aujourd’hui un acteur important sur ce
marché. Il ne s’est lancé dans l’aventure des casques
audio que récemment, en 2019. De la part d’un
spécialiste de l’acoustique, la démarche est logique,
mais nous savons d’expérience qu’elle peut être très
« casse-gueule ». La conception d’un casque audio
présente en effet des difficultés bien différentes de
celles des enceintes acoustiques, notamment pour
ce qui concerne la partie électronique pour les
casques actifs sans fil, ainsi que la mécanique et
l’ergonomie de l’arceau, ou des oreillettes qui
influent grandement sur les résultats sonores.
Les Dali iO-6 et iO-4 sont les deux premiers casques
de Dali. Nous avons salué la qualité de l’iO-6 lors de
son test, mais étions resté un peu sur notre faim, du
fait de son esthétique sonore très (trop) audiophile.
En principe l’iO-4, qui reprend exactement la même
architecture, ne pèse que 8 g de moins et ne se
différencie extérieurement que par la disparition du
bouton ANC (Active Noise Cancellation), devrait
sonner de la même façon. Eh bien, ce n’est pas le
cas.
Un bon son sans se poser de question
Sur le terrain, on retrouve la même apparence
solide, l’isolation phonique passive d’une efficacité
appréciable et le même confort bien étudié. Malgré
son poids un peu élevé, le Dali iO-4 se laisse porter
sans fatigue pendant des heures. À l’écoute on
retrouve aussi des performances similaires à celles
de l’iO-6 pour ce qui concerne l’ouverture du
registre médium, la douceur et le filé des aigus, la
propreté du message, l’aération et la spatialisation
42 ON-mag >> mars/avril 2021-2
fort réussies. À cela, il ajoute un équilibre tonal
peut-être un peu moins audiophile, mais qui nous
semble plus consensuel et en phase avec les
attentes actuelles dans le domaine des casques
nomades. Le bas du spectre est plus chaud, plus
dense. Il a plus d’ampleur tout en conservant une
très bonne tenue. Le Dali iO-4 sait être percutant,
avoir du punch sans tomber dans la lourdeur. Sa
restitution sonore est d’un beau naturel, sans faire
ressortir une portion du spectre audio au détriment
d’une autre. C’est un produit particulièrement réussi
et séduisant qui sonne extrêmement bien sans que
l’on se pose de question.
Spécifications
•Type : casque circum-auriculaire sans fil
•Liaison : Bluetooth AAC, AptX, AptX HD et filaire
•Transducteurs : 50 mm Free Edge à membrane
en papier
•Protection : IP53
•Réponse en fréquence : 10 Hz à 20 kHz
•Accessoires fournis : câble mini jack, câble USB-C, pochette
de rangement
•Autonomie : jusqu’à 60 heures (2 h 30 min de charge)
•Poids : 321 g (sur notre balance de cuisine)
Notre avis
■
Transmetteur Bluetooth Haute Définition
HDT800
HD
high definition audio
TRANSMETTEUR HAUTE DÉFINITION BLUETOOTH aptX HD
Notre transmetteur HDT800 est véritablement polyvalent, il permet de:
- transmettre le son sans fil entre votre téléviseur et un ou deux casques
bluetooth en qualité haute définition
- transmettre le son sans fil et en haute définition entre deux appareils hifi, dans
ce cas la transmission du signal se fait entre le HDT800 et un récepteur
Bluetooth* aptX ou aptX HD (ex: WTX500, WTX700, WTX1100, WTX-TUBES).
- transmettre le son sans fil entre son PC ou MAC et sa chaine HiFi. Le PC/MAC
sera connecté au HDT800 tandis que votre système hifi sera équipé d’un
récepteur Bluetooth* aptX ou aptX HD (ex: WTX500, WTX700, WTX1100,
WTX-TUBES).
Ce résultat de très haut niveau a été rendu
possible grâce à l’intégration d’un
processeur RISC combiné à un DSP
Kalimba 24-bit / 120Mhz permettant le
support du 24-bit audio «over» Bluetooth.
SPECIFICATIONS
Solution CSR 8675
BT 4.2
Codec
aptX, aptX HD, AAC, SBC
Processing RISC + DSP
Kalimba 24-bit120Mhz
Dimensions 70 x 66 x 20mm W/D/H
ADVANCE
PARIS
www.advanceparis.com
TEST
FOCAL
Celestee
Annoncé comme la version bass-boost de
l'Elegia, le Focal Celestee est un casque Hifi aux
grandes ambions, dans la pure lignée des
références haut de gamme de la marque
stéphanoise. De quoi dynamiser un désormais
grand classique du casque Hifi fermé ?
par Guillaume Fourcadier
1000 €
L'inaltérable qualité Focal
Avec le Celestee, Focal se détache de la très (trop ?)
grande sobriété de l'Elegia. Le casque se pare
d'une belle teinte bleu nuit, que viennent éclairer
les divers éléments de couleur cuivre, y compris
l'imposante grille du haut-parleur à membrane en
alliage d'aluminium et magnésium. Un luxe à la fois
discret et distingué. Comme un appel du pied au
très haut de gamme, le Celestee reprend les motifs
sphériques du magnifique Stellia.
Ce très beau casque exploite bien l'une des recettes
éprouvées de Focal, à savoir la qualité de
fabrication. Hormis les coques en polymère mat, le
Celestee n'est que savant mélange d'aluminium, de
cuir et de velours parfaitement assemblés. Un
casque irréprochable, peaufiné dans les moindres
détails, qui fait vraiment honneur au Made in
France.
Le confort est dans la droite lignée des précédents
modèles de la marque de Saint-Etienne, c’est-à-dire
excellent. Les 430 g de ce casque s'oublient assez
vite et le réglage de l'arceau lui permet de s'adapter
à pratiquement toutes les morphologies de crânes.
Seules les très grosses têtes pourront être
dérangées par la relative rigidité de l'ensemble.
L'un des points forts du Focal Celestee est son
isolation phonique. Malgré sa taille conséquente, ce
casque peut ainsi s'envisager pour du nomadisme
en milieu moyennement bruyant.
La rigueur neutre, avec un brin de folie
salvatrice
Un Elegia, avec un boost dans le bas du spectre - ce
résumé est très simple mais se retrouve presque
parfaitement à l'écoute et à la mesure.
Le Focal Celestee est ainsi un casque à l'équilibre
impressionnant sur l'ensemble du spectre audio,
mais pas d'un caractère trop neutre pour autant. Les
médiums sont d'une très grande richesse et les
aigus sont intelligemment réglés, même s’ils sont
marqués par un léger creux autour de 6-7 kHz. Ce
cocktail permet à ce casque d'être à la fois très
naturel dans sa reproduction de la scène sonore,
44 ON-mag >> mars/avril 2021-2
tout en affichant une certaine douceur. Il n'est pas
de nature batailleuse, ayant même tendance à lisser
les morceaux agressifs, ce qui lui permet d’être
assez conciliant avec les mauvais mixages. Cette
personnalité ne donne pourtant pas de sensation de
manque ou de lenteur, mais plutôt de polyvalence
reposante.
Mais surtout, contrairement à l'Elegia et sa grande
rectitude dans le bas du spectre, le Celestee
accentue légèrement le grave autour de 100 Hz. Les
morceaux autrefois un peu mous gagnent
sensiblement en énergie. Les genres compliqués
comme le métal ou l'électro sont bien plus
agréables ici, le tout sans aucun débordement ni
lourdeur. Certes, la membrane aluminiummagnésium
n'offre pas encore la richesse et la clarté
d'une membrane 100% magnésium ou béryllium
des modèles plus haut de gamme de Focal, mais le
Celestee est un casque Hifi à la fois polyvalent et
équilibré, qui plus est facile à alimenter. Un choix
parfait pour qui désire la qualité technique et
l'assurance de l'Elegia, mais avec un brin d'animalité
supplémentaire.
Spécifications
•Type : casque Hifi fermé
•Transducteurs de 40 mm avec membrane en aluminium
/magnésium à profil M
•Réponse en fréquence : 5 Hz – 23 kHz
•Impédance : 35 Ohms
•Sensibilité : 105 dB
•Poids : 430 g
Notre avis
■
ON-mag c’est aussi...
TEST
GRADO
665 €
RS2e
Grado, dont les produits sont toujours fabriqués arsanalement à Brooklyn (États-Unis)
dans l'immeuble de l'épicerie de l'arrière-grand-père Grado, est une marque
emblémaque du casque Hifi. Ses modèles bénéficient régulièrement de petes
opmisaons techniques, mais paraissent quasiment immuables et presque inchangés
depuis des décennies. On peut alors se demander s'ils restent dans le coup face à une
concurrence aujourd'hui de plus en plus acve et invenve. La réponse avec le
Grado RS2e.
par Pierre Stemmelin
Intemporel, d'une simplicité biblique,
durable et réparable
Eh oui, de prime abord on pourrait croire le
Grado RS2e tout droit sorti d'un livre d'histoire ou
de la collection d'un musée. Son design totalement
vintage évoque les temps de la TSF. Sa structure est
46 ON-mag >> mars/avril 2021-2
d'une simplicité biblique, mais aussi d'une
robustesse qui a fait ses preuves sur plusieurs
décennies.
L'arceau est fait d'une solide lame en métal souple
et d'un panneau de carton, habillé d'un large
manchon plat en cuir. Les oreillettes y sont
raccordées par de larges pièces en plastique noir et
de grosses tiges métalliques qui pivotent sur 360°.
Le principe est le même pour presque tous les
modèles Grado. Ici, sur le RS2e, les oreillettes, en
charge ouverte, possèdent des coques en bois
Mahogany, dont la forme demeure toujours très
simple puisqu'il s'agit de simples pièces en bois
tourné. Enfin, les coussinets sont constitués de
plusieurs couches contrecollées de mousses
alvéolaires, d'épaisseur et densité différentes,
taillées dans la masse et sans aucun habillage. C'est
basique, mais l'avantage c’est que le Grado ne pèse
que 250 g environ.
On peut certes s'agacer du câble non détachable
relativement massif. Mais celui-ci fait partie
intégrante de la conception. Il cache 8 conducteurs
en alliage de cuivre spécifiquement optimisé.
De leur côté, les transducteurs sont des modèles de
44 mm, comme sur la plupart des casques de la
marque. Chez Grado, l'architecture des
transducteurs ne change quasiment pas d'un
modèle de casque à l'autre, mais la précision du
bobinage, les tolérances au niveau de l'entrefer
évoluent selon le niveau de gamme. Sur le RS2e, les
transducteurs sont en outre appairés avec une
tolérance de 0,05 dB, ce qui est ultra serré, et ils ont
bénéficié d'une séance de "dé-stressage" selon une
méthodologie que la marque garde secrète.
L'assemblage du Grado RS2e témoigne de
quelques imperfections artisanales, mais la
présentation globale est plutôt luxueuse tout en
conservant une certaine sobriété. Le casque est livré
dans son plus simple appareil, dans de la mousse et
une boîte en carton fin, évitant le gâchis de
matériau. Toutes ses pièces semblent durables et
facilement remplaçables ou réparables.
Toujours au sommet de la gloire sonore
Sur le terrain, il n’y a pas à tortiller, un casque Grado
ça marche et ça sonne super bien. D'autant qu'ici,
on a affaire à l’un des modèles les plus intéressants
et les plus équilibrés, avec le SR325e, de la gamme
Hifi de l'artisan "casquier" de Brooklyn. Le son est
moelleux, mais pas trop gras. Les timbres sont
fleuris, mais pas trop colorés. Le confort est un peu
rudimentaire, mais le casque est très léger. On le
porte et l'écoute pendant des heures sans se
fatiguer. La signature sonore est à la fois moelleuse
et claire. La restitution se révèle en même temps
dynamique et douce.
Le Grado RS2e n'est pas le champion de l'infragrave
et ne cherche pas à l'être. En dessous de 40 Hz, il se
met sagement et progressivement en retrait. Malgré
cela, les basses restent rondes et roucoulantes à
souhait, sachant aussi se montrer virulentes et
fermes lorsque le passage musical l'exige. Elles ont
beaucoup de nuances, de subtilité, à l'instar des
autres registres. Le médium est très vivant, ouvert et
aéré tout en délivrant des timbres qui ont de très
belles matières et un beau grain. L'aigu fait preuve à
la fois de finesse et de douceur.
Contrairement aux casques Grado plus haut de
gamme des séries Statement et Professional (voir
nos tests des PS500e, PS1000e, PS2000e ou
GS1000i), le RS2e n'est pas dans une quête de
performances absolues. Il est ainsi plus polyvalent et
facile à alimenter. Avec lui, tous les styles musicaux
passent avec bonheur. On n'a jamais de mauvaise
surprise et en aucun cas on ne reste non plus sur sa
faim.
On peut aussi souligner que l'image
stéréophonique que propose le Grado RS2e est un
de ses gros points forts. Elle est à la fois vaste, très
ouverte et aérée tout en étant fort concise et
précise. La spatialisation est excellente.
En résumé
Grado reste un des plus grands Chefs cuisiniers
acousticiens du casque Hifi. Ce modèle RS2e du
milieu de sa gamme et appartenant à sa série
Reference est l’une de ses réalisations les plus
abouties. Pour un tarif élevé, mais encore
"raisonnable", il met en lumière toute l'expertise
acoustique de Grado, une restitution sonore
enchanteresse, en restant compact, léger et
beaucoup plus facile à alimenter que les modèles
plus haut de gamme et hyper affûtés de la marque.
■
Spécifications
•Type : casque Hifi circum-auriculaire ouvert
•Transducteurs : électrodynamiques de 44 mm
•Réponse en fréquence : 14 Hz à 28 kHz
•Sensibilité : 99,8 dB SPL pour 1 mW
•Impédance : 32 ohms
•Câble non détachable avec connecteur mini jack, adaptateur
jack 6,35 mm fourni
•Poids : environ 250 g
Notre avis
Construction
Performances
Confort
Musicalité
ON-mag >> mars/avril 2021-2
47
TEST
KLH
Ultimate One
Très ancienne marque américaine de Hifi
(1957), KLH Audio n'est pas forcément le
premier nom qui vient à l’esprit quand on
évoque le domaine des casques Hifi. Et
pourtant, son Ulmate One s'est déjà fait une
certaine réputaon outre-Atlanque. Il s'agit
d'un modèle de salon, assez beau et bien fini,
avec un transducteur à membrane béryllium, le
tout pour à peine 300 euros ! Presque trop
beau pour être vrai. par Guillaume Fourcadier
300 €
Une bonne idée, mais pas 100% originale
Avec le KLH Ultimate One, extérieurement, peu de
choses sont à jeter, mais nous devons tout de même
pointer du doigt la très grande ressemblance de ce
casque avec d'autres modèles qui existent déjà sous
d'autres marques, et bien plus abordables, comme
le SIVGA 007 (déjà testé sur ON-mag). Sur ce qui est
une base générale ou partagée (la marque le
reconnaît), KLH s'est permis d'améliorer de
nombreux points cosmétiques et de fabrication,
mais surtout la qualité des transducteurs. Une
pratique sans doute pas aussi louable que si le
fabricant avait dessiné et développé son casque de
A à Z, mais qui n'a rien de nouveau et permet, d'une
certaine façon, de réduire les coûts.
Simple mais bien conçu, le KLH Ultimate One est
développé autour d'une structure en métal léger,
avec des coques usinées en ébène et une sellerie
(bandeau et coussinets) en cuir d'assez bel effet.
Même s’il n’est pas bâti comme un tank, ni n’a la
maturité d'un Philips Fidelio X3 par exemple, le KLH
Ultimate One est déjà très bien fini.
Bon point également, le confort est suffisamment
bon pour permettre de longues séances d'écoute.
L’Ultimate One n'est pas trop lourd (340 g) et son
poids est assez bien réparti. Néanmoins, ses
coussinets circum-auriculaires peuvent s'avérer un
peu petits pour les grandes oreilles.
Musicalité et puissance
Modèle Hifi ouvert, le KLH Ultimate One intègre en
son sein des transducteurs électrodynamiques de 50
mm, avec des membranes annoncées comme étant
en pur béryllium. En allant un peu plus dans les
détails, il s'agit plus précisément d'une surcouche
de béryllium, ce qui est logique dans cette gamme
de prix.
Dès la première écoute, nous sommes surpris par le
parti pris joueur de ce casque. Relativement
équilibré dans son ensemble, l'Ultimate One n'en
48 ON-mag >> mars/avril 2021-2
est pas moins d'une grande expressivité, quitte à
accentuer légèrement le ressenti des basses
fréquences, ces dernières restant à la fois très
amples et extrêmement techniques. Une qualité
que n'ont pas les aigus, qui malgré un rendu à la
fois clair et non agressif, n'ont pas la richesse que
peuvent apporter de vraies membranes en
béryllium.
Très cohérente, la scène sonore reste pourtant
intimiste, avec des médiums un peu (trop ?) en
retrait. Suffisamment ouverte, l'écoute n'a pas
encore la profondeur de celle offerte par un Fidelio
X3, ce dernier proposant une meilleure séparation
des instruments, une restitution plus détaillée et
analytique. Le KLH Ultimate One chante très
puissamment, avec un grain analogique, quand le
casque de Philips est plus calme et apaisé, un peu
plus froid mais plus aéré, plus proche d'une
expérience Haute Fidélité.
Très polyvalent pour qui accroche à son caractère
généreux, le KLH Ultimate One se marie bien avec à
peu près tous les amplis casque. Une simple sortie
jack 3,5 mm de petit baladeur lui permet déjà de
s'exprimer sans entrave. Il s'agit d'un casque
maîtrisé et musical auquel il est difficile de trouver
de gros défauts.
Spécifications
•Type : casque Hifi ouvert
•Câble en Y
•Transducteurs : éléctrodynamiques de 50 mm avec surcouche
béryllium
•Réponse en fréquence : 18 Hz – 22 kHz
•Sensibilité : 97 dB
•Poids : 340 g
Notre avis
■
Casque électrostatique
SR-009S
Le seul,
l’unique,
la légende.
Distribué par :
+33 (0) 952 572 360
+33 (0) 614 265 265
info@jffdiffusion.fr
www.jffdiffusion.fr
TEST
PHILIPS
Fidelio X3
400 €
La gamme audiophile Fidelio de Philips, parculièrement renommée, avait disparu un temps,
suite aux nombreux déboires de la licence Philips Audio. Sa dernière réalisaon date d'il y a
quelques années ; il s’agit du Fidelio X2 HR, un casque Hifi circum-auriculaire parculièrement
luxueux, bataillant sur le terrain des légendes HD 600 de Sennheiser, AKG K701, ou encore
DT770 de Beyerdynamics. Des années ont passé et la gamme Fidelio ressuscite maintenant, à la
fois sur le marché nomade, avec le récemment annoncé L3 et, dans le cas présent, avec
l’ambieux casque Hifi Fidelio X3. Les yeux tournés vers le futur sans renier son héritage, Philips
se confronte désormais à des adversaires encore plus affûtés que par le passé.
par Guillaume Fourcadier
Un design toujours luxueux, mais plus épuré
Le Philips Fidelio X3 est clairement dans la
continuité des anciennes versions. Pourtant, à
travers ses différents choix, Philips simplifie et
modernise la formule. Les premiers X1 et X2 étaient
assez imposants, usaient de plus larges pièces
d’aluminium, proposaient un design un peu plus
ostentatoire. Ici, les lignes sont extrêmement
simples, voire dépouillés ; tout ou presque est réduit
à l’épure et aux courbes harmonieuses. Le Philips
Fidelio X3 refuse les lignes tranchées et les tons
colorés. Tout est noir ou gris foncé, jamais rien ne
50 ON-mag >> mars/avril 2021-2
déborde de cette pudique harmonie.
La discrétion ne dissipe pas pour autant l'ambition
du produit, qui se traduit par une excellente qualité
de fabrication. Moins "tank" que ses grands frères,
le Phillips Fidelio X3 n’en recherche pas moins
l’excellence. Il possède une structure entièrement
métallique, un arceau gainé de cuir de marque
Muirhead, des coussinets en velours très doux et
des tissus acoustiques de chez Kvadrat à l’arrière
des coques. Si le rendu n’est pas aussi idyllique que
sur le très haut de gamme et très luxueux Focal
Stellia, difficile de lui trouver des concurrents sérieux
dans sa gamme de prix.
Pour ne rien gâcher, le confort est au diapason. Il
n’est pas aussi fabuleux que celui des meilleurs
Sennheiser, mais on sent toutefois que les quelques
errements des premières versions ont été digérés.
Ce casque reste assez lourd pour un modèle
électrodynamique (380 g), mais se permet d'être
mieux équilibré. Le couple repose-tête élastique/
coussinets englobe parfaitement les oreilles tout en
s’ajustant très simplement à la morphologie du
porteur. Seules les têtes sortant vraiment de la
norme (très grosses ou très petites) risquent de ne
pas trouver leur bonheur.
Le packaging est assez spartiate. Il comprend une
petite pochette en tissu pour le rangement, un
câble avec terminaison jack 3,5 mm (un adaptateur
jack 6,35 mm est également livré) et un câble avec
jack 2,5 mm pour le raccordement à une sortie
symétrique. Notez que notre packaging de test
diffère de celui du marché, puisque notre version est
présentée dans une très imposante (et lourde) boîte
en bois, compartimentée, incluant l’excellent
baladeur Cowon Plenue D2.
Un son Fidelio, envoûtant et bien à lui
Des années après le Fidelio X2, nous serions tentés
de dire qu’avec le X3, l’expérience du son Fidelio
est intacte… Mais il faut largement nuancer cette
affirmation.
Ici, Philips intègre des transducteurs haut de gamme
de 50 mm, orientés à 15° (pour une meilleure scène
sonore), caractéristiques communes aux premiers
modèles. La nouveauté principale réside dans
l’utilisation, à l’arrière des coques, d’un tissu
acoustique spécial. Le casque reste, à ce titre, un
modèle ouvert, mais qui aurait conservé quelques
caractéristiques de casque semi-ouvert.
À l’écoute, nous retrouvons des caractéristiques
typiques de Fidelio, comme la grande qualité des
timbres, le léger grain dans l’écoute, ainsi que son
caractère légèrement tranchant. Philips a exploité la
formule des X1 et X2, mais l’a clairement affinée. On
ne retrouve plus de pic marqué dans les basmédiums,
mais une linéarité impressionnante des
basses jusqu'à l'entame des aigus. Cela se traduit
par un registre médium exemplaire,
particulièrement riche et naturel. C’est simple, sur
ce point, le Philips Fidelio X3 se classe parmi les
meilleurs modèles à moins de 500 euros.
Les aigus, un peu plus vallonnés, restent le talon
d’Achille de la marque. La signature sonore dévoile
un petit creux vers 2-3 kHz, d'où un très léger voile
dans l’écoute, atténuant un brin l'aération. Mais
surtout, la réponse en fréquence du casque
présente un pic assez habituel (pour un Fidelio) vers
8 kHz, qui rehausse la clarté et le tranchant à
l’écoute. L’emphase n’est pas démesurée, mais
suffisamment importante pour sonner un peu acide
sur certains morceaux. Nous gagnons alors en
détails ce que nous perdons en naturel.
Autre léger reproche, le petit manque d’extension
dans les basses. La réponse commence à décroître
en dessous de 60-70 Hz, ce qui ne permet pas au
Philips Fidelio X3 d’atteindre l’ampleur et l'autorité
de certains casques planaires (Orthoplanar ou
planar-magnétiques).
Au final, plus qu’un casque à l’aise ou non avec
certains styles, le Philips Fidelio X3 est surtout très
dépendant du mixage. C’est simple, le X3 délivre un
excellent niveau de détails, une qualité des timbres
véritablement Hifi sur les bons morceaux, tout
comme il peut devenir plat, voire criard sur les mix
de mauvaise qualité. De l’électro pêchue au
classique baroque le plus intimiste, nous tenons un
modèle audiophile et musical, mais pointu. Pour ne
rien gâcher, la scène sonore, même si elle est loin
d’atteindre les sommets de celle offerte par le
Sennheiser HD 800, est relativement large et
profonde, toujours cohérente et détaillée.
Ajoutons à cela que le Philips Fidelio X3 est
particulièrement conciliant sur l’amplification, à la
fois peu énergivore et s’adaptant bien aux
différentes personnalités d’amplificateurs/baladeurs.
Casque Hifi dans la lignée des premiers Fidelio X,
mais plus mature, le Philips Fidelio X3 est une
bonne réponse aux modèles planaires de cette
gamme de prix, qui affiche beaucoup de forces et
seulement quelques faiblesses.
■
Spécifications
•Type : casque Hifi circum-auriculaire à charge ouverte
T•ransducteurs : électrodynamiques de 50 mm à membrane
LMC
•Réponse en fréquence annoncée : 5 Hz à 40 kHz
•Sensibilité : 100 dB à 1mW
•Impédance : 30 Ohms
•Poids : 380 g
Notre avis
Construction
Performances
Confort
Musicalité
ON-mag >> mars/avril 2021-2
51
TEST
SHURE
Aonic 50
Premier casque à réducon de
bruit du légendaire
constructeur Shure, l’Aonic
entraîne avec lui un train de
promesses audiophiles.
Présenté en grande pompe
lors du CES 2020 de Las Vegas,
ce modèle bataille sur les
terres des plus grands
spécialistes du genre, Sony et
Bose en tête. Le Shure Aonic
50 les met-il KO ? Ou se fait-il
renvoyer dans les cordes ?
par Guillaume Fourcadier
500 €
Le luxe avec un grand Shure
Dès le premier contact, le casque Shure démontre
tout son sérieux. Structure en aluminium et
éléments en cuir, coques en plastique dense, tons
sobres : le Shure Aonic 50 joue dans la même cour
que les B&W et autres B&O.
L'assemblage est irréprochable, sans aucun jeu ni
grincement. À ce niveau, ce casque pourrait
facilement se classer dans la catégorie des modèles
Hifi haut de gamme.
Présenté dans une originale boîte ronde, l'Aonic 50
est livré avec une belle housse rigide, assez
volumineuse… à l'image de ce qu'elle abrite.
En effet, ce casque circum-auriculaire (coussinets
entourant les oreilles) est proche d'un modèle de
salon, que ce soit du point de vue des finitions ou
de l’encombrement. À ce titre, il n'est pas pliable
mais bénéficie tout de même de coques
d'oreillettes pivotantes à 90°, qui lui permettent de
se mettre à plat.
Cette taille et cette qualité des matériaux
impliquent une contrepartie : son poids assez
important, d’environ 335 g. Sur la tête, le Shure
Aonic 50 reste cependant agréable à porter, grâce à
ses coussinets bien épais, doux et enveloppants, et
52 ON-mag >> mars/avril 2021-2
un arceau suffisamment rembourré. Mais son port
lors de longues sessions finit par se ressentir sur les
cervicales.
Une connectivité presque parfaite… et de
maudits boutons !
Loin de jouer à l'audiophile pur, qui délaisserait
toute technologie pour se concentrer uniquement
sur les transducteurs, avec l'Aonic 50, Shure met
véritablement le paquet sur l'approche Bluetooth.
En plus d'une connexion multipoint, la marque
intègre pratiquement tous les codecs Bluetooth
disponibles : SBC, AAC, AptX, AptX, LDAC, et
même AptX Low Latency.
La qualité de connexion est exemplaire, puisque
nous n'avons tout simplement pas eu de
décrochage en usage classique, excepté en utilisant
le LDAC en qualité 990 kbps (ce qui est
malheureusement normal).
Pour parfaire l'expérience, Shure propose
l'application iOS/Android Play. Celle-ci permet
d'afficher le niveau de batterie du casque, de
moduler le niveau de retour sonore du mode
Environnement (renvoyant les sons atténués par
l'isolation passive), ou encore d'accéder à un
égaliseur paramétrique très poussé. Malheur, cent
fois malheur : celui-ci n'est opérant qu'avec le
lecteur intégré à l'application, ne pouvant gérer que
les fichiers locaux.
Les commandes passent par une approche tout en
boutons, ces derniers étant disposés sur la tranche
de l'écouteur droit. Ce type de disposition est assez
éprouvé, mais ce système n’est jamais totalement
intuitif, que ce soit pour la navigation et le réglage
du volume, demandant de tâtonner, ou le
commutateur triple position, qui gère le type de
réduction de bruit : ANC activé, désactivé ou mode
Environnement.
Réduction de bruit et autonomie de milieu
de gamme
Aussi impressionnante que soit la partie technique,
Shure ne peut pas faire de miracle sur un point qu'il
découvre à peine : la réduction de bruit active. À ce
titre, l'Aonic 50 est déjà relativement efficace,
effaçant assez bien les fréquences autour des 100-
300 Hz et arrivant déjà à faire quelque chose autour
des 60–80 Hz.
Mais force est de constater qu’il atteint seulement
15 dB de réduction environ dans le meilleur des cas,
et souvent moins. En bref, les ténors que sont les
Sony WH-1000Xm3, Bose Headphones 700 et B&W
PX7 peuvent dormir tranquilles, étant bien plus
efficaces, sur une gamme de fréquences bien plus
large.
La réduction de bruit passive est, elle aussi,
étonnamment mesurée, plus proche de celle d'un
casque fermé de salon que d'un vrai grand casque
nomade. En pratique, le Shure Aonic 50 est suffisant
pour un usage nomade, mais il ne nous enferme pas
dans une bulle de silence musicale comme peuvent
le faire les casques cités précédemment.
Enfin, son mode Environnement (retour sonore)
manque encore de naturel, gérant assez mal les
bruits soudains et les sons trop sifflants.
L'autonomie de l’Aonic 50 est dans la moyenne,
pouvant osciller, selon nos mesures, entre 13 h (ANC
+ codec LDAC 990 kbps) et 20 h (ANC + codec
AAC), et même davantage sans réduction de bruit.
extrêmement naturels, même s’ils sont très
légèrement en retrait.
Chantant avec un impact impressionnant, sans
aucun effet de lenteur, le tout épaulé par des aigus
légèrement mis en avant, l'Aonic 50 est capable de
jongler entre les styles musicaux puissants et calmes
sans aucun effort ni aucune sibilance (sifflante et
agressivité dans le haut du spectre).
Seule son extension dans les basses (60 Hz et endessous)
est un peu légère, malgré une assise
extrêmement conséquente, supérieure même aux
performances du Sony WH-1000xm3 et égale à ce
que propose le B&W PX7. L'Aonic 50 est
simplement moins rond. Ses graves sont plus
tendus.
Sans être le meilleur partout, ce casque délivre une
expérience auditive extrêmement riche, marquée
par une technicité, des performances véritablement
proches de celles d'un bon casque Hifi, un bon petit
cran au-dessus selon les concurrents.
Impact, précision, gestion des micro détails : tout y
est ou presque. En l’état, seule la qualité des aigus
nous paraît perfectible, ceux-ci n'ayant pas la
consistance, la richesse ou le naturel de ce
qu’offrent les plus grands casques Hifi, d'où une
aération qui pourrait encore s'étoffer.
Modèle Bluetooth et ANC dans le corps d'un
casque de salon, le Shure Aonic 50 est une bien
belle réussite, que quelques améliorations
transformeraient en un casque nomade parfait.
Spécifications
•Type : casque Bluetooth à réduction de bruit active
•Transducteurs de 50 mm
•Réponse en fréquence : 20 Hz - 22 kHz
•Sensibilité : 97,5 dB / mW
•Impédance : 39 Ohms
•Codecs Bluetooth supportés : SBC, AAC, AptX, AptX,
LDAC, AptX Low Latency
•Autonomie annoncée : jusqu'à 20 h
•Coussinets remplaçables
•Poids : 334 g
•Inclus : housse de transport rigide, câble USB-C, câble
jack 3,5 mm
Un son à la fine frontière de la Hifi
Propulsé par des transducteurs de 50 mm, le Shure
Aonic 50 bénéficie d'une sonorité vraiment haut de
gamme. À la frontière du nomadisme et de la Hifi, il
impose un son à la fois très puissant, musical,
articulé et polyvalent.
Sa signature acoustique légèrement en V
(physiologique) dévoile une qualité technique qui
saute aux oreilles, supérieure même aux concurrents
de chez Sony ou B&W. Comme souvent avec Shure,
les médiums demeurent le point fort de ce casque,
Notre avis
Construction
Performances
Ergonomie
Musicalité
ON-mag >> mars/avril 2021-2
53
TEST
6600 €
T+A
4800 €
Solitaire P et HA 200
La marque allemande spécialisée dans l'audio haut de gamme T+A s'est lancée récemment
sur le marché du casque audio de salon avec un bien joli duo. Animés de la même ambion
qu'à l'accoutumée, le casque planaire Solitaire P et le DAC/ampli casque HA 200 veulent
frapper extrêmement fort et s'imposer comme des références absolues. De quoi donner des
sueurs froides aux maîtres du genre ?
par Guillaume Fourcadier
Un luxe qui se donne les moyens, tout en
sobriété et précision
Comment se faire admirer en toute discrétion ? T+A
a la réponse avec ce duo tout à fait dans la lignée
esthétique de ses électroniques Hifi classiques.
Le casque Hifi Solitaire P tout d'abord, est un
exemple rare de modèle haut de gamme
harmonieux et vraiment sobre. Il possède ce côté à
la fois simple mais très efficace, sans défaut formel
mais sans véritable élan artistique, ce qui lui donne
des airs de Sennheiser HD 600 en plus haut de
gamme. Ce casque arbore des oreillettes ovales
54 ON-mag >> mars/avril 2021-2
élégamment striées, des grilles d'aération dévoilant
simplement de très larges transducteurs et leurs
connecteurs, ainsi que des coussinets au cœur
rouge s'accordant très bien avec le noir et le gris
aluminium de l'ensemble.
Bien qu'il ne soit pas pliable, le T+A Solitaire P
dispose d'oreillettes rabattables à plat et possède
un câble détachable. Cela permet de jongler
simplement entre un cordon à terminaison jack 6,35
mm et un autre à terminaison jack 4,4 mm
symétrique (livré en standard).
Alors que les casques Hifi haut de gamme de la
concurrence sont loin d'être tous irréprochables sur
le plan de la qualité de fabrication, T+A fait parler
son savoir-faire premium. Le fabricant allemand livre
ainsi une étonnante symbiose entre sobriété et
qualité de construction.
Le T+A Solitaire P repose entièrement sur la qualité
des matériaux, qui s'accorde parfaitement avec la
simplicité apparente des lignes. Les oreillettes et le
reste de la structure sont entièrement en aluminium
usiné et anodisé. Un ensemble du plus bel effet,
sans aucune petite bavure ou imprécision. De la
vraie qualité allemande.
Pour un peu plus de luxe, la sellerie (les habillages
des coussinets) est principalement composée de
cuir très doux, auquel se mêlent des accents de
velours. Les coussinets sont ainsi recouverts de cuir
sur la tranche externe et de velours sur la surface en
contact avec les oreilles et le crâne - idem pour le
bandeau repose-tête. Une belle qualité générale,
pour un casque parfaitement assemblé. Seul petit
défaut selon nous, les branches de réglage en acier
sont un peu trop fines.
De manière très subjective, nous pouvons regretter
le petit manque de prise de risque de la part de
T+A. Les casques Hifi Focal (Stellia et Utopia) ainsi
que le Meze Empyrean, par exemple, paraissent au
moins aussi bien finis, tout en étant un peu plus
audacieux en matière de design.
Le confort est tout aussi sérieux que la fabrication,
puisque malgré ses 490 g, le poids du T+A Solitaire
P est bien réparti sur le crâne. La tenue est
également bonne, tant que l'utilisateur ne balance
pas la tête trop fortement.
Un DAC/ampli casque qui impose la norme
du haut de ses vumètres
Aux côtés de ce casque déjà très ambitieux, le
colossal DAC/ampli casque T+A HA 200 est une
expérience à part entière, un produit véritablement
au sommet de son art. Évoquant quelques rares
amplificateurs très haut de gamme, il affiche une
sobriété impériale et une qualité de fabrication hors
du commun, avec un coffret tout en aluminium. Que
ce soit son épaisse façade usinée ou les larges
dissipateurs recouvrant ses flancs, le T+A HA 200 est
extrêmement impressionnant et d'un sérieux
irréprochable.
Le design est parfait dans son genre. Tout serait
d'une implacable sobriété si T+A n'avait pas décidé,
comme ultime marque de luxe, de placer de
splendides vumètres rétroéclairés en façade.
Sur le plan ergonomique, il est tout aussi difficile de
le prendre en défaut. Le T+A HA 200 dispose de
pratiquement toutes les entrées et sorties
numériques et analogiques possibles pour ce type
d'appareil : entrées optique Toslink, coaxiale en
RCA, coaxiale BNC, USB type B, AES/EBU sur prise
XLR - et même 3 HDMI (dont une de type ARC),
malheureusement en option. En façade, les sorties
casques offrent le choix entre le jack 6,35 mm, les
prises symétriques jack 4,4 mm et XLR 4 broches.
Cette dernière connexion peut également être
utilisée en tant que sortie préamplifiée, afin d'être
raccordée à un ampli de puissance (même si son
ON-mag >> mars/avril 2021-2
55
placement n'est pas le meilleur qui soit pour ce type
d'usage). Le T+A HA 200 est un vrai centre de
contrôle ultra complet.
L’appareil est même livré avec une belle
télécommande en aluminium, rechargeable grâce à
un port USB placé à l'arrière du produit. Cette
télécommande assez simple permet d'accéder à la
plupart des réglages, également accessibles via les
boutons présents en façade.
Parmi ces réglages : un mode Loudness accentuant
assez intelligemment le bas du spectre, un réglage
séparé des basses et des aigus, l'accès à différents
filtres en sortie de DA et même à un mode NOS-
DAC (non oversamplé). Seule manque peut-être une
véritable unité DSP qui permettrait une égalisation
avancée. Pour un futur HA 200 V2 ?
Une plongée profonde dans l'équilibre
Le constructeur se donne ici les moyens de ses
ambitions, en propulsant le casque avec un
transducteur maison très moderne, baptisé TPM
3100. De type orthodynamique (orthoplanar), celuici
n'est pas révolutionnaire sur la forme, mais
semble aller jusqu'au bout du concept. L'ensemble
magnétique couvre ainsi presque la totalité des
oreillettes, car il se repose sur un réseau d'aimants
de différentes tailles, suivant la forme ovale du profil
des oreillettes. Pour fonctionner de concert, une
bobine plane est déployée sur l’intégralité de la
membrane. Cette approche n'est pas totalement
nouvelle, mais très optimisée. La majorité des
casques planaires reposent généralement sur des
réseaux carrés ou rectangulaires, plus simples à
mettre en place mais limitant la taille de la
membrane.
Le genre planaire est ainsi conçu qu'il affiche
rarement de parti pris radical en termes de
signature sonore, mais il existe des approches plus
56 ON-mag >> mars/avril 2021-2
ou moins chaleureuses ou tranchantes. N'espérez
pas cela de T+A, car le combo Solitaire P et HA 200
est tout aussi sobre à l'écoute que l'est son design.
Les transducteurs du casque se veulent les plus
irréprochables possible d'un point de vue
technique, sans coloration marquée.
Sans être absolument neutre, le Solitaire P possède
une réponse en fréquence très régulière dans les
basses, quoique pas aussi étendue que certains, des
médiums très droits et des aigus certes un poil
oscillants, mais d'un équilibre général certain. Un
casque qui, sur les mesures, est un modèle de
régularité et de maîtrise, reléguant presque les
phénomènes de distorsion aux oubliettes.
À l'écoute, allié au très technique HA 200, ce
Solitaire P donne l'une des sonorités les plus
équilibrées que nous ayons pu expérimenter. Rien
ne semble jamais déborder ni s'ajouter au message.
À l'instar de ce que propose le Stax SR-009S (dans
un registre légèrement différent), un morceau plat
reste plat, un morceau énergique conserve son
énergie sans jamais être agressif, tandis qu’une piste
détaillée et dynamique sera parfaitement
retranscrite, dans toutes ses nuances.
Le registre des aigus, qui constitue souvent le talon
d'Achille des casques planaires, est ici la véritable
force du Solitaire P. Ce casque monte extrêmement
haut et de manière très linéaire, sans aucune
difficulté. Un produit presque de la trempe des
excellents modèles électrostatiques tant il paraît
naturel dans cette gamme de fréquences. Certes le
Stax SR-009S demeure toujours intouchable sur ce
point, mais le T+A est l'un des meilleurs du genre.
À l'inverse, les basses pourront paraître un peu trop
sages. Malgré leur justesse technique, l'impact et la
sensation d'enveloppement n’atteignent pas encore
le niveau des meilleurs Audeze. Le Solitaire P ne
manque clairement pas de puissance ni d'énergie
brute, mais ce n'est pas sa qualité première.
La scène sonore n'est pas spécialement large, mais
toujours d'une vraie cohérence, distillant une bonne
profondeur et une séparation des instruments assez
fabuleuse. Ce casque n'en met pas plein la vue,
mais ne donne presque jamais de sensation de
manque.
Pour servir le caractère pacifique du Solitaire P, le
T+A HA 200 s'affirme comme l'un des DAC/amplis
les plus techniques et les plus sobres qui soit, faisant
de son intransigeance une véritable force. Il procure
à la restitution sonore un niveau de détails proche
de la perfection et une capacité d’adaptation à
pratiquement tous les modèles de casques du
marché.
Cet appareil repose à la fois sur une conversion
moderne en Dual-DAC de puces type Quad-DAC
(quatre canaux de conversion utilisés par canal
audio), mais surtout sur une amplification maison
très élaborée. Dérivé des séries T+A HV, le HA 200
fonctionne en pure classe A à base de transistors
MOS-FET ultra linéaires.
Son architecture est exigeante et énergivore
(jusqu'à 100 W de consommation), mais permet de
faire passer un cap à des casques réputés
compliqués à alimenter comme les Sennheiser HD
600 et HD 800. Le HA 200 est un vrai seigneur dans
son genre, qui ne fait aucun compromis technique,
quitte à passer pour triste face à des amplificateurs
pourtant moins performants. Niveau de détails,
linéarité, gestion des casques énergivores ou des
écouteurs intra-auriculaires les plus timides, ce
DAC/ampli est l'un des appareils les plus aboutis
technologiquement parlant. Pas d'emphase, de
scène sonore volontairement élargie : le message
sonore est au plus près de la source.
Totalement adapté à la personnalité du casque T+A
Solitaire P, le DAC/ampli casque HA 200 lui permet
d'exprimer pleinement ses qualités. Il s'agit d'un
duo sonore qui, clairement, a été conçu comme un
ensemble presque indissociable.
Pour légèrement nous faire mentir, un mode
Loudness existe, lequel permet d'apporter un peu
plus d'assise dans le bas du spectre, à défaut de
réellement changer la personnalité du Solitaire P. Un
raccordement de ce casque au DAC/ampli Auris
Euterpe révèle par exemple un potentiel
légèrement plus joueur pour le casque, un caractère
plus gras, mais il perd alors de sa substance
technique et n'est plus aussi exceptionnel dans les
aigus.
Fidélité au sens le plus strict du terme : pas de
coloration, seulement un très haut niveau technique.
Deux éléments exceptionnels, à un tarif
d'exception.
Spécifications T+A Solitaire P
•Type : casque Hifi ouvert
•Transducteur : orthodynamique
•Réponse en fréquence : 5 Hz – 54 kHz
•Impédance : 80 Ohms
•Sensibilité : 104 dB / mW
•Distorsion : < 0,015 % (100 dB)
•Poids : 490 g
Notre avis T+A Solitaire P
Construction
Performances
Confort
Musicalité
Spécifications T+A HA 200
•Type : DAC et ampli casque de salon
•Conversion : Double Quad-DAC (Dual-DAC)
•Mode NOS-DAC (non oversamplé) activable
•Compatibilité : PCM 32 bits/768 kHz, DSD1024
•Séparation des canaux décodant le PCM et le DSD
•Amplificateur : double mono à technologie HV Amp,
étage de puissance en Classe A
•Entrées numériques : USB, AES-EBU, BNC, coaxiale,
optique, HDMI (optionnel)
•Entrées analogiques : 1 double RCA, 1 double
XLR 3 broches
•Sorties casques : jack 6,35 mm, jack 4,4 mm, XLR
4 broches (fonctionne également en sortie préampli)
•Réponse en fréquence : 0,1 Hz – 200 kHz
•Dimension : 34 x 32 x 10 cm (l x p x h)
•Poids : 6,5 kg
•Finition : gris ou noir
Notre avis T+A HA 200
■
En résumé
Très haut de gamme, le casque orthoplanaire T+A
Solitaire P et le DAC/ampli casque T+A HA 200 ne
s’adressent pas à tout le monde. Aussi sobres par la
forme que dans leur sonorité, ces deux produits
sont les représentants d'une approche Haute
Construction
Performances
Ergonomie
Musicalité
ON-mag >> mars/avril 2021-2
57
TEST
5400 €
STAX
4050 €
SR-009S et SRM-700T
Alors que le secteur du casque très haut de gamme est désormais presque exclusivement trusté par
la technologie orthodynamique (ou orthoplanar) et que l'électrostaque n'existe plus que grâce à
quelques rares modèles, l'aura du vénérable pionnier Stax est restée praquement intacte. Bien que
le constructeur japonais n'ait pas sor grand-chose de nouveau depuis une dizaine d'années, il
conserve dans ses cartons des références presque intemporelles et incontournables. Tout au sommet
de sa gamme se trouve le déjà mythique casque électrostaque SR-009S, que nous coiffons pour ce
test avec le SRM-700T, le plus récent amplificateur dédié à lampes de Stax. De quoi montrer au
monde que l'électrostaque est toujours au pinacle de la Hifi ? par Guillaume Fourcadier
58 ON-mag >> mars/avril 2021-2
Conception à l'ancienne, le charme qui va
avec
Ni totalement obsolète ni vraiment moderne, le
design des SR-009S et SRM-700T est caractéristique
de l'héritage très ancien du constructeur japonais.
L'ensemble a quelque chose de délicieusement figé
dans le temps, porté par un design un peu rétro.
Avec ses oreillettes rondes, le SR-009S est presque
un hommage, certes lointain, au tout premier
casque de la marque, le SR-1, sorti il y a plus de 60
ans.
Le casque SR-009S est ainsi typique d'un Stax haut
de gamme. La conception est simple, usant de
lignes sobres et classiques, et enveloppée
d'éléments aux accents vintage. Tout est assez gris,
mais pas forcément triste, les belles grilles/
électrodes plaquées or apportent un peu de couleur
et d'éclat. Le produit évoque davantage les années
1970/1980 que 2020, mais paraît presque moderne
par rapport aux Stax SR-L700 et SR-L500 pourvus
d'oreillettes rectangulaires.
La fabrication, estampillée "Made in Japon", est un
peu dans la même veine. Les oreillettes ainsi que la
majeure partie de la structure sont en aluminium
anodisé, l'arceau de type ARC (nom donné par Stax)
est assemblé à partir d'une lame d'acier engoncée
dans une structure en plastique mat, le repose-tête
est taillé dans une simple épaisseur de cuir (mais
avec des supports de réglage en plastique) et les
coussinets en mousse sont revêtus de cuir d'agneau
(pour la portion en contact avec les oreilles) et de
similicuir (partie externe).
D'une manière générale, le Stax SR-009S fait montre
d'un certain sens du premium, mais n'a clairement
pas l'exigence moderne des casques T+A, des
modèles haut de gamme de Hifiman, du Meze
Empyrean ou des références Hifi de Focal. Certains
éléments de conception ne sont plus vraiment au
goût du jour et restent dans la lignée d’une tradition
artisanale. Une des accroches des branches s'est par
exemple dévissée lors de notre test.
Le câble de raccordement de ce casque est très
atypique, car son rôle est à la fois de transporter le
signal audio et de transmettre la tension de
polarisation (580 V) nécessaire aux transducteurs
électrostatiques. Celui-ci est ainsi plat et assez
lourd, en particulier à cause de son imposante
terminaison à cinq broches. Derrière cette
apparence un peu antique, chaque conducteur est
en cuivre OFC 6N (99,9999% de pureté) plaqué
argent.
Si la forme de ce casque a quelque peu vieilli, le
confort est parfaitement en phase avec les produits
modernes et tout simplement divin. La technologie
électrostatique n'a pas besoin d'une très lourde
structure magnétique comme ce qui existe sur les
casques orthoplanaires, ce qui permet au Stax SR-
009S de conserver un poids convenable (environ 450
g, sans compter le câble). Le fabricant a eu la bonne
idée de développer un bandeau repose-tête
permettant un réglage de la hauteur, le casque peut
donc s'adapter à toutes les morphologies ; la
pression sur le crâne s’en trouve parfaitement
répartie. Un vrai modèle du genre, prêt à être porté
pendant des heures et à supporter quelques
oscillations de tête sans choir.
L'amplificateur Stax SRM-700T possède en
substance le même caractère que le SR-009S. Tout
est très simple, spartiate sans vraiment être austère.
Il n’arbore pas d'écran indicatif, de Led, ni même de
réglages avancés : cet amplificateur porte une
certaine simplicité à l'ancienne, une timidité que
l'on retrouve dans son architecture à lampes
presque dissimulée. Tout en façade se résume à un
bouton d'allumage, à un potentiomètre de volume
et à deux prises pour casque électrostatique. À
l'arrière, on trouve une entrée XLR et une RCA, ainsi
qu'une sortie RCA, laquelle peut fonctionner en
sortie Ligne (mode bypass) ou en préamplification.
La qualité de fabrication est plus qu'honnête, mais
la finition n'a volontairement rien de luxueux. Là
encore, le charme vintage permet de faire en partie
illusion, mais difficile pour le SRM-700T de soutenir
la comparaison esthétique avec des amplificateurs
pour casques électrostatiques comme le WES de
Woo Audio, ou même des modèles plus classiques
comme le Nirvana d’Auris Audio, qui profitent tous
deux d’écrins bien plus raffinés.
Une technologie à part
La technologie des transducteurs électrostatiques
n'a rien à voir avec celle intégrée dans les casques
électrodynamiques et orthodynamiques ; elle reste
la plus prometteuse techniquement, du moins en
théorie. Ici, virtuellement aucun problème de
distorsion, puisque la masse de la membrane est
quasi négligeable du fait de sa finesse et de
l'absence de bobine venant l'alourdir. Une
membrane de transducteur électrostatique est à la
fois très légère et très réactive, ce qui est
particulièrement intéressant pour la transcription
des aigus.
Le déplacement de la membrane s'effectue par un
phénomène d'attraction et de répulsion entre deux
électrodes, suivant le principe physique de la loi de
Coulomb (une des bases en électrostatique). La
membrane est polarisée en permanence par une
tension continue de 580 V et prise en sandwich
entre deux électrodes recevant le signal audio.
Toute la surface de la membrane étant polarisée,
son déplacement est parfaitement uniforme,
contrairement à la technologie électrodynamique
(asservie à une bobine centrale) et, dans une
ON-mag >> mars/avril 2021-2 59
moindre mesure, à la technologie orthoplanaire
(quasi-uniformité du déplacement).
Stax dote le SR-009S d’une membrane ultra fine en
mylar. Celle-ci est épaulée par les nouvelles
électrodes haut de gamme MLER 2 (Multi-Layer-
Elect-Rods), améliorations des modèles MLER
développées spécialement pour le premier SR-009.
La forme très étudiée et la précision extrême de leur
gravure permettent d'optimiser le flux d'air
traversant leurs petites ouvertures tandis que le
placage or réduit encore la résistance de ces larges
structures. Sur ce point, Stax a fait un véritable
travail d'orfèvre, qui se confirme dans la qualité
sonore du produit.
Pour propulser ce casque particulier, l'amplificateur
SRM-700T, l'un des derniers de la marque japonaise,
est forcément un peu à part. Bien que son rôle
consiste toujours à amplifier un signal audio, ses
ordres de grandeurs et la polarisation nécessaire de
la membrane font que sa conception diffère
largement de celle d'un amplificateur classique. Il
s’agit d’un modèle de type hybride, puisqu'il utilise
des transistors FET soigneusement sélectionnés
(paire parfaitement accordée) pour l'étage d'entrée
et des lampes 6SN7 (de fabrication russe) montées
en Push-pull pour l'étage de puissance. L'intérêt des
lampes se justifie légèrement plus dans le domaine
de l'électrostatique que dans celui des casques Hifi
traditionnels. D'une part leur fonctionnement à
plusieurs centaines de volts reste dans les mêmes
ordres de grandeurs que celui des transducteurs
électrostatiques ; d'autre part, l'impédance
extrêmement élevée du casque permet de se passer
60 ON-mag >> mars/avril 2021-2
plus facilement de transformateur de sortie. Le Stax
SRM-700T est alors relativement simple dans son
approche et ne comporte que très peu de
composants, tous de type discret.
Le son d'un autre monde
Dès les premières notes, le Stax SR-009S déploie les
extraordinaires qualités de ses transducteurs
électrostatiques. Il distille une atmosphère sonore
tout simplement unique, à la fois immensément
détaillée et très pure.
La signature acoustique de ce casque n'est pas
totalement neutre, mais clairement équilibrée.
Seules quelques petites fluctuations dans le
commencement des aigus tranchent avec la belle
unité proposée. Les basses sont bien étendues, les
médiums d'une rigueur absolue et que dire de
l'aération et de la fluidité des aigus ! Grande qualité
des transducteurs électrostatiques, le haut du
spectre est poussé bien au-delà des limites de
l'audition, le tout avec une facilité, une régularité et
un naturel désarmants.
Plus que tout autre casque testé, le Stax SR-009S est
un révélateur des bons et des mauvais mixages.
Sans jamais sonner de manière agressive ou
désagréable, il est aussi plat qu'il est possible de
l'être sur un enregistrement plat et totalement
grandiose sur un morceau grandiose. Favorisant les
genres à dynamique très élevée, ce casque est un
champion pour reproduire les moindres détails
musicaux comme les petits frottements de cordes
ou les nuances de simples tapotements. Une
expérience si précise et sans emphase qu'elle
permet vraiment au SR-009S de se démarquer des
autres modèles haut de gamme. Tout apparaît de
manière limpide sans que le trait ne soit jamais
forcé, sans que l'on remarque d'accentuation dans
les fréquences. Une vraie expérience de Haute
Fidélité.
Ce casque est incroyablement bon pour faire
ressentir une ambiance Live, le son brut d'un
morceau enregistré tel quel. Que ce soit pour
reproduire l'atmosphère intimiste d'un bar de Jazz,
un concert orchestral, ou un petit enregistrement de
musicien solo, aucun autre casque ne vient titiller
son sens du micro détail ou la justesse de ses
timbres.
Sa scène sonore, large mais surtout très profonde,
lui permet pratiquement de s'asseoir aux côtés d'un
HD800 de Sennheiser. Ce dernier conserve un
avantage certain sur la largeur de sa scène sonore,
mais n'offre pas cette fascinante qualité de
séparation des instruments.
À l'inverse, il ne faut pas lui demander d'être trop
rentre-dedans, de délivrer un son brutal. Le Stax SR-
009S conserve en permanence une personnalité
aérienne, une pureté qui semble lui interdire de
chanter de manière un tant soit peu grasse. Ce n'est
clairement pas l'énergie qui lui manque, mais le brin
de folie nécessaire.
Si le SR-009S n'est pas le modèle le plus polyvalent
qui soit, il est difficile lui opposer une concurrence
sur ses styles musicaux de prédilection, à savoir le
Classique, le Jazz, la musique instrumentale en
général.
Ses seules réelles limitations, en dehors de sa
personnalité sonore, sont davantage à rechercher
du côté de l'amplificateur SRM-700T. Bien qu’il soit
déjà très bon, avec une réponse en fréquence très
étendue, l'architecture à lampes trouve ses limites
bien avant celles des transducteurs électrostatiques.
Quelques distorsions harmoniques assez
caractéristiques des tubes se retrouvent à la mesure
de l'ensemble et une montée de la distorsion dans
les basses, parfois légèrement audible, apparaît,
phénomène qui ne vient clairement pas du casque
lui-même, mais plutôt de l'ampli. La qualité
technique est plus que correcte pour ce type
d'amplification assez difficile à concevoir
proprement, suffisamment pour que le SR-009S
exprime déjà ses immenses qualités, mais certains
amplificateurs pour casques électrostatiques
d'autres marques permettront certainement d'aller
encore plus loin.
Si tout n'est pas parfait avec ce duo Stax SR-009S et
SRM-700T, nous sommes tout de même en présence
d'un des systèmes les plus exceptionnels de la Hifi
casquée. Une expérience très exigeante, mais
vraiment à part.
■
Spécifications Stax SR-009S
•Type : casque Hifi ouvert électrostatique
•Electrodes MLER 2 plaquées or
•Réponse en fréquence : 5 Hz – 42 kHz
•Capacitance : 110 pF
•Impédance : 145 kOhms (à 10 kHz)
•SPL : 101 dB / 100 V RMS
•Max SPL : 118 dB (400 Hz)
•Tension de polarisation : 580 V continu
•Câble en cuivre OFC 6N plaqué argent
•Poids : 450 g (sans câble), 580 g (avec câble)
Notre avis Stax SR-009S
Construction
Performances
Confort
Musicalité
Spécifications Stax SRM-700T
•Type : amplificateur pour casques électrostatiques
•Architecture : hybride
•Transistors FET en étage d'entrée, lampes 6SN7 (OTL)
en amplification de puissance
•Réponse en fréquence : courant continu – 100 kHz
•Gain : 60 dB
•DHT < 0,01% (1 kHz à 100 V RMS)
•Impédance d'entrée : 50 kOhms en RCA, 100 kOhms
en XLR
•Tension de sortie max : 340 V RMS (1 kHz)
•Tension de polarisation : 580 V
•Température de fonctionnement/humidité : entre 0 et
35°C, humidité de l'air inférieure à 90 %
•Entrées : RCA et XLR
•Sorties : RCA et 2 prises casques
•Consommation : 54 W
•Dimensions : 240 x 103 x 393 mm (l x h x p)
•Poids : 5,7 kg
Notre avis Stax SRM-700T
Construction
Performances
Ergonomie
Musicalité
ON-mag >> mars/avril 2021-2
61
TEST
ZMF
2760 €
Vérité Open-Back
De larges coques en bois précieux, un look rococo, une réalisaon arsanale surmesure…
Le ZMF Vérité Open-Back est un casque Hifi d'esprit purement audiophile
mêlant luxe exclusif et approche haut de gamme. Contrairement à beaucoup d'autres de
sa classe de prix, il opte pour des transducteurs électrodynamiques et non orthoplanars.
Est-ce un bon choix ?
par Pierre Stemmelin
ZMF (Zachary Mehrbach Films) est une société
californienne. Son fondateur, Zachary Mehrbach, est
un jeune audiophile, grand cinéphile et diplômé
d'études cinématographiques de Columbia. Basé à
Chicago, il a commencé en 2010 par la
customisation de casques Fostex puis s'est lancé
dans la conception de ses propres modèles. Ces
derniers sont fabriqués de manière entièrement
artisanale et sur commande.
Une réalisation luxueuse avec un esprit
haute couture
Le ZMF Verité Open-Back est un casque circumauriculaire
ouvert (il existe aussi en version close) qui
en impose. Ses oreillettes mesurent plus de 10 cm
de large. Leurs coques sont en bois verni haut de
gamme usinées de plusieurs ouvertures,
62 ON-mag >> mars/avril 2021-2
soigneusement travaillées, en bordure et sur les
côtés plus une large ouverture centrale fermée par
une grille finement découpée. La construction est le
fruit d'un artisanat de luxe. Elle a quelques petits
défauts. Le verrouillage des réglettes de hauteur est
un peu ferme. Mais l'ensemble paraît très sérieux et
solide. Toutes les pièces de structure sont en métal.
L'arceau est doublé d'un large bandeau repose-tête
en cuir.
Malgré son poids supérieur à 450 g, le ZMF Vérité
Open-Back est relativement confortable à porter
même sur une longue durée de plus d'une heure. Le
casque est livré dans une grosse mallette en
plastique antichoc et à verrouillage. Il est proposé
avec trois jeux de coussinets d'oreillettes de
densités différentes (au choix ; deux sont fournies),
habillées de similicuir ou de feutrine microperforée,
permettant à l'utilisateur d'adapter légèrement le
confort et le rendu sonore à ses goûts. Le câble est
détachable et l'acquéreur a le choix entre trois
modèles avec connectique jack 6,35 mm, XLR 4
broches ou Pentaconn 4,4 mm. Plusieurs options de
finitions (noir, doré, anthracite) sont également
proposées pour les pièces métalliques du casque.
À l'intérieur du Vérité Open-Back, les transducteurs
sont spécifiques à ZMF. Il s'agit de larges unités de
50 mm de diamètre à membranes haut de gamme
en PEN (polyéthylène naphtalate) recouvert d'une
microcouche de béryllium par pulvérisation.
Une restitution sonore grandiose
Le ZMF Vérité Open-Back affiche une impédance de
300 ohms. Pour l'alimenter correctement, il est
nécessaire d'utiliser un ampli casque dédié, mais
rassurez-vous, il n'est pas trop exigeant. Il n'est pas
du genre à appuyer sur le moindre petit défaut et
inversement on peut le pousser très loin. Il met
particulièrement bien en lumière le gain qualitatif
lorsque l'on passe d'une source de milieu de
gamme à un ampli plus haut de gamme.
Dans tous les cas, dès les premiers instants
d'écoute, ce casque ZMF est capable de provoquer
l'effet waouh ! Très large réponse en fréquence,
grosse tenue en puissance, basses profondes et
musclées, image stéréophonique extrêmement
vaste… Le Vérité Open-Back délivre un son
grandiose. Il n'est certes pas exempt de petits
défauts. Ses aigus n'ont pas tout à fait la légèreté et
le filé qu’offrent certains casques orthoplanars ou
électrostatiques et, dans le bas du spectre, s'il
excelle à donner du volume, il pourrait avoir un poil
plus d'impact. Mais ses timbres sont d'une richesse
rare, les voix ont un grain, une matière surnaturels. Il
développe des harmonies, des nuances, des
couleurs qu'il est très difficile de retrouver ailleurs.
Sa restitution est généreuse, confortable, très
enveloppante, tout en donnant une excellente
sensation d'ouverture. Dans sa magnificence, le
ZMF Vérité Open-Back peut parfois donner
l'impression qu'il en fait un peu trop, mais son
écoute ne peut laisser indifférent ou indemne. Ce
casque a des performances hors norme et un
indéniable talent musical.
Spécifications
•Type : casque Hifi, circum-auriculaire, ouvert
•Transducteurs : électrodynamiques de 50 mm à membranes
PEN vaporisées de béryllium
•Coques : en bois d'albizia
•Structure : en magnésium
•Réponse en fréquence : 10 Hz à 25 kHz
•Impédance : 300 ohms
•Sensibilité : 97 dB/mW
•Accessoires fournis : 2 paires de coussinets d'oreillettes,
câble de 1,7 m, mallette de rangement antichoc
•Poids : 468 g sur notre balance de cuisine
En résumé
Le ZMF Vérité Open-Back est un casque Hifi
luxueux, confortable et qui a grand cœur. D'une
réalisation artisanale soignée et doté de
transducteurs électrodynamiques haut de gamme,
optimisés avec talent, il délivre un son rutilant et
charpenté. Il a un gros tempérament, n'est pas
totalement neutre, mais donne immédiatement
l'impression à l'écoute d'avoir affaire à un produit
hors norme.
■
Notre avis
Construction
Performances
Confort
Musicalité
ON-mag >> mars/avril 2021-2
63
Gabarit Pub V&A6.indd 2 02/04/2021 16:15
LES
ÈCOUTEURS
TEST
BOSE
QuietComfort
(QC) Earbuds
Plus d'un an après Sony et Apple,
Bose intègre enfin la réducon de
bruit acve sur des écouteurs
True Wireless. Un retard presque
étonnant pour le pionnier de
cee technologie, mais qui
pourrait bien augurer un produit
totalement maîtrisé ; Bose a
simplement pris le temps qu'il
fallait pour toucher la perfecon.
Les nouveaux QC Earbuds (ou
QuietComfort Earbuds)
constuent-ils une réussite de
plus pour le constructeur
américain ?
par Guillaume Fourcadier
280 €
Il ne leur manque que la compacité
À première vue, les Bose QC Earbuds sont plus
proches des Sony WF-1000Xm3 que des AirPods Pro
d’Apple. Que ce soit la boîte de charge ou les
écouteurs eux-mêmes, l'ensemble est assez
volumineux. D'une allure moins futuriste que les
Sony, les Bose ont une bouille un peu plus passepartout.
Ainsi, malgré le design allongé de la partie
externe, permettant de loger une large zone tactile,
les écouteurs et leur revêtement noir mat (face
extérieure) sont-ils plutôt discrets à l'usage.
Mais surtout, la fabrication est assez exemplaire.
Rien de luxueux, ni même "premium", mais une
finition proche de la perfection. On ne décèle aucun
jeu dans la structure, composée de deux pièces en
plastique. Même constat concernant la boîte de
charge, certes un peu légère, mais dont la charnière
ne présente aucun défaut.
Véritable point fort de ces écouteurs, le confort est
tout simplement exemplaire, offrant un savant
dosage entre tenue et aération. Assez proches
d'une topologie semi-intra, les Bose QC Earbuds et
leurs embouts en forme de cône ne sont
absolument pas intrusifs. Le résultat n'est pas aussi
impressionnant qu'avec les Apple AirPods Pro qui
se font presque oublier, les canules étant assez
larges, mais les Bose QuietComfort se classent
parmi les tout meilleurs.
Plus encore, en épaulant les embouts avec les
fameuses ailettes, qui viennent se caler dans le repli
des conques, Bose assure une tenue presque
parfaite, permettant déjà aux QC Earbuds de se
frotter à un usage sportif, certification IPX4
(protection contre les projections d'eau et la sueur)
à l'appui.
Un tactile à améliorer, une application à
clarifier
Modernité oblige, les Bose QC Earbuds proposent
une ergonomie entièrement tactile, encore un peu
limitée, mais qui s'améliore au fil des mises à jour.
Il est ainsi possible de déclencher la pause/lecture,
l'appel à l'assistant vocal, d'ajuster la force de la
réduction de bruit active et, depuis la dernière mise
à jour, de contrôler le volume en balayant du doigt
la large zone tactile des écouteurs. Pour aller de pair
avec cette modernité, des détecteurs optiques,
étonnamment précis, déclenchent la pause et la
lecture une fois les écouteurs retirés ou replacés.
Tout n'est pas parfait, à commencer par la gestion
66 ON-mag >> mars/avril 2021-2
encore incomplète de la navigation ou la relative
imprécision du tactile (meilleur que chez Sony), mais
l'ensemble reste très correct.
L'application sur smartphone dédiée aux écouteurs
QuietComfort, Bose Music, visuellement réussie,
n'est pas aussi complète que celles de Sony ou de
Jabra, ni même aussi claire pour accéder à certains
réglages. Il n'est par exemple pas ouvertement
possible d'assigner un type de commande à un type
de réglage, Bose préférant un concept de
"raccourcis" à assigner, et de fonctions à activer
(réglage du volume ou non par exemple). Enfin, un
point nous semble toujours très discutable :
l'obligation d'ouvrir un compte pour utiliser
l'application.
Belles voix et beau silence
Spécialiste de la réduction de bruit active, Bose ne
se loupe clairement pas sur ce point. Cette
réduction active est particulièrement efficace sur le
registre des basses fréquences, tout en ne laissant
presque aucune sensation désagréable dans l'oreille
(bourdonnement de certains modèles). Le système
antibruit, supérieur à celui des Sony et très proche
de celui des AirPods Pro (meilleurs en isolation
phonique passive), est un exemple d'équilibre. Les
voix auraient certes pu être encore un peu mieux
filtrées, mais les QC Earbuds s'adaptent avec brio à
toutes les situations, surtout les plus difficiles.
Le constat est également impressionnant avec la
fonction de retour sonore. Certes un peu inférieure
à celle des AirPods Pro en termes de naturel, elle ne
laisse cependant aucune vraie sensation de
manque, récupérant particulièrement bien les aigus.
Enfin, l'utilisation en kit mains-libres pour téléphoner
montre que Bose maîtrise le sujet. Très naturelle, la
captation de la voix est presque parfaite, même en
conditions très difficiles. Une vraie prouesse pour
des écouteurs Bluetooth.
L'autonomie annoncée - 6 h avec ANC (système
antibruit activé) - tourne en pratique autour de 5 h
45, ce qui est dans la moyenne, sans plus. Avec le
boîtier de recharge, compatible USB-C et Qi
(recharge par induction), il est possible de bénéficier
d'un peu plus de deux charges supplémentaires.
d'être neutre, combine-t-elle une excellente qualité
des basses fréquences, très puissantes, amples et
détaillées, avec des médiums assez réguliers, clairs
en toutes circonstances.
Ce tableau serait idyllique si les aigus, déjà un peu
oscillants, n'étaient pas marqués par cette sensation
de brillance excessive, d'artificialité. Les écouteurs
chantent de manière généreuse, avec une bonne
polyvalence, une bonne énergie, et une scène
sonore assez aérée, mais peuvent sonner un peu
faux sur les voix très aiguës ou sur des instruments
comme la guitare électrique.
Dommage, car cela place les Bose QC Earbuds
techniquement en dessous de ses concurrents,
notamment les Sony WF-1000Xm3, sans doute plus
incisifs mais un peu mieux maîtrisés. Pourtant, les
écouteurs Bose QuietComfort restent tout aussi
musicaux et joueurs que ceux de Sony, avec des
basses plus enveloppantes.
Imposants mais très bien construits, confortables et
très isolants, mettant en avant une excellente
isolation phonique et une qualité presque parfaite
des microphones, les Bose QC Earbuds ne sont
donc pas une révolution dans le monde de
l'écouteur True Wireless, mais constituent une solide
alternative aux références haut de gamme Apple
AirPods Pro et Sony WF-1000Xm3. Comme leurs
deux concurrents, ils sont assez proches d'un idéal
qui reste à atteindre.
■
Spécifications
•Type : écouteurs True Wireless à réduction de bruit
active
•Certification IPX4
•2 microphones par côté
•Embout semi-intra avec ailettes (2 paires)
•Bluetooth 5.1
•Codecs audio supportés : SBC et AAC
•Autonomie annoncée : 6 h avec ANC
•Temps de charge complet : 2 h pour les écouteurs, 3 h
pour le boîtier
•Compatible recharge Qi
•Dimensions (boîte) : 3,17 x 8,9 x 5,08 cm
•Déclinaisons : noir (version testée) ou gris
Sonorité assez équilibrée, mais aux aigus
familiers
Avec le casque Bose Noise Cancelling Headphones
700, la marque américaine perpétuait l'approche
plutôt équilibrée des QuietComfort 35, mais
reprenait également ses aigus un peu artificiels. En
vraie déclinaison ultraportable, les Quiet Comfort
Earbuds semblent armés des mêmes qualités et des
mêmes défauts.
Ainsi, la signature sonore, plutôt équilibrée à défaut
Notre avis
Construction
Performances
Ergonomie
Musicalité
ON-mag >> mars/avril 2021-2
67
TEST
CAMBRIDGE
AUDIO
Melomania Touch
140 €
Presgieuse marque de l'univers Hifi, Cambridge Audio avait livré avec les Melomania 1 des
écouteurs true wireless imparfaits, mais intéressants. Forte de cee première expérience, la
marque anglaise annonce les nouveaux Melomania Touch, de véritables pets tueurs à
"seulement" 140 euros. Ces écouteurs zéro fil de seconde généraon seraient plus luxueux,
plus confortables et plus ergonomiques, tout en offrant des performances sonores
supérieures. Une réussite ? par Guillaume Fourcadier
Pas de recharge sans fil ni de système de
réduction du bruit, mais une ergonomie et
une tenue grandement améliorées
Alors que les Melomania 1 proposaient une
approche originale mais basique, les Cambridge
Melomania Touch se modernisent et s'affinent. La
forme des écouteurs est plus travaillée, plus proche
de l'oreille, plus élégante.
Entièrement en plastique mais d'assez bonne
qualité, les oreillettes affichent un intérieur mat et
un dos laqué. La qualité de fabrication est donc
bien au rendez-vous et se retrouve également dans
la petite boîte de recharge aux élans de similicuir. Il
faut malheureusement tirer un trait sur la recharge
sans fil, mais Cambridge a enfin intégré une prise
USB-C.
Revoyant l'ergonomie de ses écouteurs de A à Z,
Cambridge s'est inspiré de nombreuses empreintes
d'oreilles pour créer une forme à peu près
"universelle". Et cela fonctionne ! Le confort est
infiniment meilleur qu'auparavant : canule moins
large, meilleur équilibrage des masses, forme moins
envahissante et système d'ailettes venant se caler
dans la conque pour parfaire la tenue. Disponibles
en trois tailles, ces petits appendices, couplés à la
certification IPX4, font toute la différence et
permettent même d'envisager un usage sportif. Une
réserve cependant : la tenue n'est pas aussi ferme
68 ON-mag >> mars/avril 2021-2
qu'avec de vrais écouteurs sportifs.
L'isolation phonique n'est pas non plus la plus
impressionnante qui soit, restant dans une moyenne
suffisante pour les usages nomades classiques. Bien
sûr, nous aurions aimé une réduction de bruit active,
système déjà efficace sur des produits à 100/150
euros (comme sur des modèles d'Oppo ou Huawei
par exemple).
Commandes au doigt et à l'appli, encore à
améliorer
Cambridge Audio n'a pas seulement amélioré la
forme, mais réorganisé aussi les autres éléments.
Cela commence par les commandes présentes sur
les écouteurs, désormais tactiles, via une large zone
couvrant l'intégralité du dos laqué. Tout aussi
complètes que sur la première version, les
commandes des Cambridge Melomania Touch
(volume et navigation) sont plus agréables à utiliser.
Seul gros bémol : il est presque impossible de saisir
les écouteurs sans déclencher une des fonctions
tactiles, ce qui relance ou coupe la lecture, voire
éteint les écouteurs.
L'apparition d'une application pour smartphone
dédiée, sobrement baptisée "Melomania", permet
d'apporter un bon petit plus à l'écosystème. En plus
d'être relativement belle et intuitive, cette appli
ouvre la voie à quelques fonctions supplémentaires :
niveau de batterie précis et pour chaque écouteur,
localisation, mise à jour, sélection du codec et
égaliseur personnalisable sur cinq bandes.
Pas aussi riche que celles de Sony ou Jabra, cette
application reste particulièrement bien pensée.
Néanmoins, difficile de passer sous silence ses bugs
et instabilités de jeunesse. Il arrive encore à
l'application de ne plus reconnaître les écouteurs,
ou de planter, ce qui demande un redémarrage (de
l'application ou des écouteurs). Nous relevons des
progrès sur les toutes dernières mises à jour, mais ce
n'est pas encore parfait.
Armés de puces Qualcomm QCC3020 (une
référence assez récente), les Cambridge Melomania
Touch bénéficient d'une connexion Bluetooth
généralement assez stable, sans saut de son lors de
nos tests. La distance de transmission maximale est
classique, sachant que d'autres écouteurs, comme
les récents Jabra Elite 85T, sont plus performants sur
ce point. De plus, les Cambridge Melomania Touch
ne bénéficient pas d'une connexion Multipoint
(fonction assez rare cela dit). Enfin, nous avons
constaté quelques bugs de connexion (problèmes à
l'appairage notamment), en dehors d'une pure
stabilité du signal.
Au chapitre des codecs Bluetooth, Cambridge
prévoit tout ce qui est possible sur des écouteurs
zéro fil, à savoir le SBC, l'AAC et l'aptX.
Les Cambridge Melomania Touch disposent d'un
mode Ambiant, qui permet d'amplifier les sons
extérieurs. La qualité est… correcte, mais sans plus,
la restitution n'étant pas assez naturelle et trop
sabrée dans les aigus.
Cambridge annonce une autonomie de 7 h ou 9 h
suivant le mode : "Haute Performance" d'un côté,
"Faible Puissance" de l'autre. En Haute
Performance, nous avons atteint 5 h 45 en aptX et 7
h en AAC.
Sonorité technique, expressive et clivante
Porté par son amour du graphène (surcouche sur la
membrane des transducteurs), Cambridge équipe
les Melomania Touch du même type de
transducteur que les Melomania 1, en passant à un
diamètre plus important, à savoir 7 mm contre 5,8
mm auparavant. On peut donc attendre des
progrès, dans les basses notamment.
Soyons clairs, les Cambridge Melomania Touch sont
supérieurs à leurs prédécesseurs, tout en étant assez
proches. La signature sonore conserve ainsi une
même approche descendante : basses en avant,
médiums marqués par une pente assez douce mais
inaltérable (assez sèche dans les bas-médiums, plus
régulière ensuite), aigus encore en retrait, puis se
redressant en un pic assez net vers 10 KHz.
Néanmoins, les Melomania Touch le font avec plus
de discernement et de finesse. Les basses
débordent bien moins sur les médiums et le pic
tardif des aigus est bien plus doux, plus naturel.
À l'écoute, les Cambridge Melomania Touch
maîtrisent toujours leur sujet dans les basses, bien
accentuées mais d'une redoutable précision,
délivrant une excellente assise et un bon niveau de
détails. Aucun problème pour suivre le rythme et la
difficulté des genres musicaux les plus complexes
dans ce registre.
À l'inverse, la gestion des aigus reste toujours
perfectible. En retrait, cette partie du spectre donne
à l'écoute un certain voile, un petit manque
d'ouverture et de tranchant. Au moins, les
Cambridge Melomania Touch ne sont-ils jamais
agressifs ; leur espace sonore reste assez ample et
détaillé, mais leur équilibre tonal est typé.
L'égaliseur permet de modifier cette personnalité,
mais dans une certaine limite. Ces écouteurs
peuvent donc ne pas plaire à tout le monde, mais
enthousiasmeront tout de même beaucoup
d'utilisateurs.
Les Cambridge Melomania Touch constituent donc
une version évoluée des Melomania 1, améliorée
dans pratiquement tous les domaines, tout en
conservant l'essentiel de leur personnalité sonore.
Un incontournable pour les amoureux de la
première version.
Spécifications
•Type : écouteurs Bluetooth True Wireless
•Puce : Bluetooth 5 Qualcomm QCC3020
•Codecs supportés : SBC, AAC, aptX
•Transducteurs de 7 mm avec membrane traitée au
graphène
•Autonomie : 7 h en mode Haute Qualité (en AAC), 9 h en
mode Faible Puissance (AAC), 50 h max avec la boîte de
recharge
•Réponse en fréquence : 20 Hz à 20 kHz
•Poids : 5,9 g par écouteur, 67,4 g au total avec le boîtier
de charge
•Charge USB-C
•Dimensions du boîtier : 30 x 72 x 44 mm
•Finition : noir, blanc
Notre avis
Construction
Performances
Ergonomie
Musicalité
ON-mag >> mars/avril 2021-2
■
69
TEST
EARSONICS
Aero
Être un spécialiste des écouteurs haut de
gamme ne garant absolument pas de réussir
son passage aux écouteurs True Wireless, dont
la technologie embarquée est proche de celle
d'un pet smartphone. C'est pourtant dans
cee difficile aventure que se lance Earsonics
avec ses Aero.
par Guillaume Fourcadier
Solides, isolants, mais avares en fonctions
Que ce soit en termes de design ou de fabrication,
Earsonics fait preuve ici d'une certaine sagesse. La
forme des Aero est relativement classique (avec une
excroissance en tige façon AirPods), mais la marque
française se distingue par une fabrication vraiment
exemplaire ainsi que par quelques astuces visuelles
(stries et revêtement mat). Le tout est certifié IPX4
(résistant aux projections d'eau), ce qui suffit pour la
majorité des usages.
À l'inverse, la boîte de charge et de rangement
s’avère un peu plus décevante. Compacte, mais
taillée dans un plastique bien léger, elle présente un
peu de jeu dans la charnière et dans le système de
rangement des écouteurs.
Notons un très bon point pour le confort des
écouteurs Earsonics Aero : chacun est porté par une
canule large mais suffisamment courte, et une face
interne très bien étudiée, assurant une excellente
tenue et une bonne isolation phonique passive.
Bien au point sur la qualité de la connexion
Bluetooth et sur les commandes tactiles
(suffisamment réactives, contrôlant navigation et
volume), les Earsonics Aero sont en revanche
totalement dépouillés de fonctions annexes. Ce
choix est assumé par la marque : pas de recharge
par induction, pas de capteurs optiques dans les
oreillettes (pour un démarrage et une mise en pause
automatiques), pas d'ANC, ni même d’application
de paramétrage dédiée sur smartphone. Ces
écouteurs se veulent simples et fonctionnels, sans
avoir besoin de passer par une mise à jour.
L'autonomie des Aero est annoncée entre 5 h et 7 h.
Nous avons atteint environ 5 h 40 en AptX et jusqu'à
7 h en AAC.
Un son à l'identité Earsonics
Les amoureux de la sonorité Earsonics seront aux
anges, car les Aero respectent parfaitement
l'identité sonore légèrement typée de la marque.
Légèrement descendante, mais surtout très riche
(avec beaucoup de corps), sans vraie lacune ou
70 ON-mag >> mars/avril 2021-2
grande exagération dans les fréquences, la
personnalité sonore des Aero est fidèle à ce que
l’on peut attendre d'écouteurs True Wireless
"audiophiles". Procurant une excellente précision
dans les basses et une bonne douceur dans les
aigus, les Earsonics Aero sont surtout agréables dès
le plus bas volume d'écoute. Toutefois, leur sonorité
assez sombre, marquée par des aigus un peu en
retrait, ne plaira pas à tout le monde et ne leur
permet pas d'être aussi tranchants que des
écouteurs comme les Sony WF-1000Xm3.
La présentation de la scène sonore est à la fois
simple, mais très profonde et cohérente, avec un
fabuleux niveau de détails – c’est sans doute ce sur
quoi ces écouteurs se détachent le plus - et une
bonne séparation des instruments.
Avec les Aero, Earsonics s'est vraiment concentré
sur le son, quitte à délaisser le reste, comme une
sorte d'antithèse des modèles de Sony ou Jabra.
Ayant eu la bonne idée de ne pas dépasser le prix
de 200 euros, Earsonics ne se déconnecte pas du
marché en misant sur son seul nom, mais reste au
contraire l'une des rares propositions audiophiles
aux prétentions tarifaires réalistes.
Spécifications
•Type : écouteurs Bluetooth zéro fil
•Certification IPX4
•Puce Bluetooth 5 Qualcomm
•Codecs audio supportés : SBC, AAC, AptX
•Transducteur dynamique de 6 mm
•Autonomie : 5-7 h, jusqu'à 21 h avec la boîte de charge
•Poids : 5 g par écouteur
Notre avis
200 €
■
230 HAD
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TEST
ETYMOTIC
ER3XR-BT
300 €
Spécialiste de la protecon audive et pionnier des écouteurs intra-auriculaires, Etymoc a toujours
été un constructeur atypique. La marque culve savamment ses spécificités à travers des produits
assez haut de gamme, incroyablement isolants et aux sonorités dont la neutralité frise parfois
l'ascésme. Placés au milieu de sa gamme, les ER3XR, ici testés avec module Bluetooth (ER3XR-BT),
représentent parfaitement ce que peuvent donner des écouteurs Etymoc légèrement modernisés et
ouverts au sans fil.
par Guillaume Fourcadier
Un confort à l'ancienne, pour une isolation
incomparable
Tout ou presque dans les Etymotic ER3XR-BT
montre que le constructeur a gardé son identité,
sans presque rien concéder aux évolutions du
marché. Ces écouteurs sont globalement
développés sur la même base que les bons vieux
ER4XR, composés d'un minuscule corps tubulaire en
métal usiné et portés par une connectique MMXC.
Ils ne sont ni raffinés ni luxueux, simplement sérieux,
de qualité vraiment professionnelle.
Le suffixe XR fait référence à un petit boost dans le
bas du spectre, tandis que le ‘’BT’’ indique la
présence d'un module Bluetooth. Ce récepteur
prend en charge le codec AptX HD et intègre un
couple DAC/ampli AKM. Mais il n'assure
malheureusement que 8 h d'autonomie et se charge
uniquement en micro-USB. Enfin, le modèle ER3XR-
BT n'est pas livré avec un simple câble jack
standard.
Qualité première des Etymotic, l'isolation phonique
est ici stratosphérique. Il est difficile de leur trouver
ne serait-ce qu'une paire de concurrents sérieux sur
ce plan. De nombreux embouts en silicone biflange,
triflange, ou en mousse sont livrés avec ces
écouteurs. L'utilisateur dispose ainsi d’un large
choix.
Forcément, cette isolation se ressent sur le confort,
entravé par le côté très intrusif des écouteurs et de
leurs embouts. La tenue est excellente, mais tous les
utilisateurs ne supporteront pas de porter ces
écouteurs typiques de l'ancienne école.
Une sonorité neutre-basseuse
Etymotic ne s'éloigne jamais loin de sa nature
profonde. Même s'ils intègrent un léger boost dans
les basses, les ER3XR-BT délivrent un son équilibré,
marqué par un léger écart entre basses/basmédiums
et le reste du spectre. D'une régularité
72
ON-mag >> mars/avril 2021-2
parfaite de 20 Hz à 400 – 500 Hz (l'essentiel des
voix), les ER3XR affichent ensuite une très légère
pente jusqu'aux aigus.
À l'écoute, les Etymotic ER3XR-BT font preuve d'une
grande technicité et d'un grand équilibre, sans
perdre en musicalité. Ce ne sont pas les écouteurs
froids et trop sages que l'on pouvait craindre (ou
espérer) de la part de la marque. Ici, les fines
emphases et les légers creux construisent un
caractère sonore vraiment polyvalent, détaillé,
maîtrisé… peut-être un peu trop. Pour qui voudrait
de l'explosivité, du tranchant, une expérience
viscérale, les Etymotic ER3XR ne sont pas les
écouteurs adéquats. Il n'en reste pas moins que la
majorité des styles musicaux tirent parfaitement
parti de leur sonorité de caméléons.
Les Etymotic ER3XR-BT ne sont pas forcément audessus
du lot par rapport aux autres écouteurs de
cette gamme de prix, mais ils cultivent une
différence qui, d'autant plus en 2021, est toujours
pertinente.
Spécifications
•Type : écouteurs intra-auriculaires
•Connexion : Bluetooth (filaire en option)
•Transducteurs : à armature équilibrée
•Réponse en fréquence : 20 Hz – 16 kHz
•Impédance nominale : 22 Ohms
•Sensibilité : 102 dB
•Connectique MMCX
•Isolation phonique (pas plus de précision) : 35 – 42 dB
•Inclus : embouts biflange, embouts triflange, embouts
en mousse, pochette de transport, pinces de maintien
(pour accrocher le câble aux vêtements), accessoire de
remplacement des filtres
Notre avis
■
T60RPSTEREO HEADPHONES
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Informationetpointsdevente
TEST
SHURE
Aonic 215
Premiers écouteurs zéro fil de Shure, les Aonic
215 True Wireless paraissent hésiter entre deux
univers. Filaire voulant être libre ou modèle
Bluetooth désirant profiter de la qualité d’un
écouteur filaire ? Les deux à la fois.
par Guillaume Fourcadier
Les écouteurs Aonic 215 True Wireless sont assez
simples sur le papier et composés chacun de deux
pièces : une oreillette (avec connectique MMCX
pour un raccordement filaire) et son récepteur
Bluetooth. Le tout se place dans une imposante
boîte de charge, au format housse de transport,
avec prise USB-C pour la recharge.
La fabrication n’est pas spécialement premium mais
déjà très correcte, bien qu'un poil plastique à notre
goût. Même constat concernant la boîte de charge,
sérieuse et pratique, tout en entrant difficilement
dans les petites poches.
Les Aonic 215 sont des intra-auriculaires de
l’ancienne école, assez intrusifs, ce qui sera clivant
pour une partie du public. Mais ils restent équilibrés
et surtout extrêmement isolants par rapport aux
bruits extérieurs. Pour qui supporte ce côté intrusif
dans les canaux auditifs, ces écouteurs seront assez
agréables à porter pour les longues sessions
d'écoute.
Encore un peu simples
Les Aonic 215 peuvent fonctionner seuls ou avec
l'application Shure Play. En plus d’adapter les
réglages sonores des modules Bluetooth aux
écouteurs, celle-ci permet de les mettre à jour ou
d’accéder à un égaliseur… local, seulement
applicable aux pistes stockées sur le téléphone. Un
comble à l’âge du streaming – qui a pour effet de
rendre cette fonction, pourtant très poussée, assez
secondaire.
Le reste n’est pas tellement plus brillant,
puisqu’aucun réglage personnalisé des fonctions
(des modules Bluetooth) n’est présent. En l’état, il
n’est pas possible de naviguer entre les pistes de
musique, ou de modifier le volume sonore depuis
les écouteurs. Notons tout de même la présence
d’un mode Environnement, qui permet un retour
sonore des sons atténués. Celui-ci n’est pas très
naturel, mais correct compte tenu de l’immense
isolation prodiguée par les embouts des écouteurs.
Les Aonic 215 atteignent une confortable
autonomie de 7 h avec codec aptX, seulement
entachée par quelques problèmes de connectivité
(notamment de désynchronisation droite/gauche).
74
ON-mag >> mars/avril 2021-2
250 €
Le son Made In Shure
Du son Shure, définitivement, avec quelques
spécificités. Grande spécialité de la marque, les
médiums sont un régal pour les oreilles. Maîtrisés,
incroyablement détaillés, le tout avec une légère
chaleur, un grain très… analogique. Des
caractéristiques absolument parfaites pour le jazz.
Les aigus sont déjà plus oscillants, parfois un peu
trop brillants, parfois un peu voilés, malgré un bon
niveau de détails. Les basses, plus en avant que le
reste, proposent une bonne assise et un bon
enveloppement, privilégiant la douceur à l’énergie,
ce qui ne sera pas efficace sur toutes les pistes. À
l’image de la plupart des modèles Shure, les Aonic
215 brillent surtout sur les mixages musicaux aérées
et calmes.
La scène sonore est extrêmement profonde pour
des écouteurs True Wireless, presque démesurée,
devenant parfois un peu confuse.
Les Aonic 215 ne sont pas parfaits et sans doute
trop hybrides pour satisfaire tout le monde, mais ils
possèdent ce sens du détail, ce timbre chaud, cette
sonorité que nous aimons chez Shure. Des
écouteurs qui mériteraient un peu plus d’énergie
dans les basses et de sagesse dans les aigus, mais
qui peuvent faire un véritable malheur sur le jazz ou
le classique. Ils sont donc techniques, musicaux,
mais pas universels.
Spécifications
•Type : écouteurs Bluetooth True Wireless
•Puce : Bluetooth 5.0
•Codecs audio supportés : SBC, AAC, aptX
•Autonomie annoncée : jusqu'à 8 h, 32 h en comptant la
boîte de recharge
•Architecture sonore : simple transducteur dynamique de
8 mm
•Embouts : en silicone et en mousse à mémoire de forme
•Finitions : noir transparent, bleu transparent, blanc
transparent, blanc opaque
Notre avis
■
Ce magazine vous est proposé par
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Plus de
1000 TESTS
en ligne
TEST
TECHNICS
280 €
EAH-AZ70W
Grande marque audiophile créée par Panasonic, Technics lance les EAH-AZ70W, ses
premiers écouteurs Bluetooth zéro fil. Loin de se reposer sur sa seule réputaon, le
constructeur compte bien profiter de la technologie de réducon de bruit déjà
développée pour les Panasonic RZ-S500W, tout en y apportant sa pae plus audiophile.
Un produit dispendieux, mais diablement ambieux. De quoi pouvoir se froer aux
Sony WF1000Xm3 et aux AirPods Pro d’Apple ?
par Guillaume Fourcadier
Un luxe un peu plus métallique
Pas incroyablement discrets, les écouteurs EAH-
AZ70W de Technics adoptent la forme de petites
sphères, aplaties sur leur face extérieure, et
flanquées d'une canule sur leur face intérieure.
La fabrication, plutôt premium que vraiment
luxueuse, correspond tout à fait à ce que l'on peut
attendre d'un produit de cette gamme de prix.
L'assemblage est impeccable et le dos, gris foncé
aux reflets légèrement métalliques, d'un raffinement
assez haut de gamme.
La boîte de recharge est au moins aussi sérieuse.
Principalement construite dans un plastique assez
dense, elle se retrouve doublée d'un revêtement
métallique, gris sombre, qui permet aux Technics
EAH-AZ70W de se démarquer de leurs concurrents
direct de chez Apple et Sony. Au chapitre de
l’aspect soigné et du sérieux de fabrication, on
remarque en particulier la charnière, très rigide.
Totalement intra-auriculaires, les Technics EAH-
AZ70W diviseront sur le plan du confort, car ils
76 ON-mag >> mars/avril 2021-2
restent assez intrusifs et plutôt volumineux.
Néanmoins, une fois la bonne taille d'embout
choisie (5 tailles sont fournies dans l’emballage), les
écouteurs tiennent étonnamment bien en place et
sont suffisamment bien pensés pour des sessions
d'écoute assez longues. Malgré leur certification
IPX4 (protection contre la transpiration et les
projections d'eau), ces écouteurs ne sont pas
vraiment conseillés pour un usage sportif.
Une application simple, mais à étoffer
Semi-déception, l'application Technics Audio
Connect propose une expérience certes très simple,
claire, mais sans doute pas assez complète pour un
produit haut de gamme. S'il est possible de régler la
réduction de bruit, le niveau du retour sonore, ou
encore d'utiliser un égaliseur 5 bandes assez
efficace, il manque une personnalisation des
commandes, ou encore des fonctions vraiment
avancées. À ce titre, le Sony WF-1000xm3, avec son
application Headphones Connect, reste un modèle
du genre, et bien loin devant les autres.
Heureusement, les commandes tactiles présentes
sur les écouteurs, bien qu’elles ne soient pas
forcément simples à maîtriser, sont très complètes :
réglage du volume, navigation dans les pistes, appel
à l'assistant vocal, changement du mode de
réduction de bruit… tout est faisable ou presque.
La connectivité souffle un peu le chaud et le froid. Si
la portée et la stabilité du signal sont tout à fait
exemplaires, les Technics EAH-AZ70W ne proposent
pas de connexion multipoint (à deux appareils à la
fois). Enfin, les deux écouteurs peuvent fonctionner
en mode mono, il n'y a pas ici de notion de maîtreesclave.
Une réduction de bruit souveraine
Passant directement le cap de la réduction de bruit,
Technics peut nécessairement profiter du savoir-faire
de Panasonic, entreprise qui n'en est pas à son coup
d'essai en la matière. Et le moins que l'on puisse
dire, c'est que les Technics EAH-AZ70W réussissent
un vrai tour de force.
L'isolation passive est déjà excellente avec les bons
embouts. Les aigus sont très nettement sabrés, bien
plus que la moyenne des écouteurs True Wireless,
et les médiums déjà bien atténués.
Mais surtout, la réduction de bruit active est
étonnamment efficace, voire impressionnante.
N'ayons pas peur des mots, nous avons ce qui se
fait de plus performant en la matière, dans les eaux
des performances atteintes par les AirPods Pro.
Avec les deux types d'isolation cumulés, les
Technics EAH-AZ70W nous plongent littéralement
dans une bulle silencieuse. Un vrai roi dans ce
domaine.
Un peu moins impressionnante, l'autonomie reste
plus que valable pour un modèle ANC. Nous avons
ainsi mesuré environ 6 h 10 avec réduction de bruit,
une autonomie inférieure à celle du modèle de
Sony.
Une sonorité exemplaire et exigeante
À l'image Hifi de la marque, les Technics EAH-
AZ70W ne déçoivent vraiment pas. Toutefois, il faut
bien comprendre que ces écouteurs ne sont pas les
plus accessibles d'un point de vue sonore. À ce titre,
il ne s’agit pas d’un produit qui déchaîne les basses,
ni marqué d'une patte trop tranchante, mais d’un
modèle extrêmement équilibré, seulement marqué
de quelques petites inflexions par rapport à une
ligne de réponse en fréquence psychoacoustiquement
plate. Aucun manque flagrant ni
aucune exagération ne se font vraiment ressentir.
Les transducteurs de 10 mm avec leur membrane
revêtue de graphène font vraiment des merveilles
techniques.
Ces écouteurs délivrent un message d'une extrême
technicité, sans qu’il soit trop clair ou voilé. Nous
pourrions, en voulant être strict, les qualifier de
légèrement doux, avec un petit creux en attaquant
les aigus, très proches de la neutralité donc. Mais,
pour ceux qui n'ont pas l'habitude, l'ennui peut
pointer le bout de son nez, la sonorité pouvant
paraître assez plate.
Comparés à des écouteurs comme les AirPods Pro,
les Technics EAH-AZ70W conservent un peu plus de
détails et de qualités dans les aigus, mais les
écouteurs d’Apple sont un brin plus énergiques et
plus passe-partout. L’écart se creuse face aux Sony
WF-1000Xm3, bien plus joueurs, plus démonstratifs,
plus à l'aise avec les morceaux à faible dynamique
et parfois un peu plus artificiels. La sagesse des
Technics se montre particulièrement intéressante sur
les excellents mixages, où leur qualité technique
leur permet de délivrer une scène sonore naturelle,
profonde et assez détaillée.
Royaux sur des genres musicaux comme le Jazz, le
Classique ou la variété-Pop, les Technics EAH-
AZ70W ne se brisent pas sur les styles plus
énergiques mais, pour certains utilisateurs, ils
pourront sembler manquer un peu de punch. La
signature sonore, doublée de la grande technicité
des transducteurs, fait de ces EAH-AZ700W des
écouteurs hautement recommandables pour une
écoute de qualité, sans emphase. Mais à ne pas
mettre entre toutes les oreilles.
■
Spécifications
•Type : écouteurs Bluetooth true wireless avec réduction
de bruit active
•Puce Bluetooth 5.0 avec prise en charge des codecs SBC
et AAC
•Certification IPX4
•Réponse en fréquence : 20 Hz à 20 kHz
•Autonomie annoncée : 6 h 30 avec réduction de bruit,
19 h 30 avec le boîtier de recharge
•Recharge : USB-C et sans fil
•Poids : 7 g par écouteur, 65 g pour la station de charge
•Accessoires fournis : câble de recharge, 5 paires d'embouts
en silicone de tailles différentes
Notre avis
Construction
Performances
Ergonomie
Musicalité
ON-mag >> mars/avril 2021-2
77
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LES
SOURCES
TEST
ASTELL
& KERN
1200 €
Kann Alpha
Troisième modèle de la gamme Kann d'Astell & Kern, le Kann Alpha est un baladeur
connecté qui ne fait pas dans la demi-mesure : lourd, épais, doté d’une puissance de sore
impressionnante. Il constue certes une version plus "raisonnable" du tanesque Kann
Cube, mais il compte bien montrer la même aisance sonore, que ce soit dans l'univers de
salon (en DAC/ampli casque) ou dans le cadre d’un usage purement nomade.
par Guillaume Fourcadier
Lingot d'aluminium à la mode luxe
Les habitués de la marque Astell & Kern le savent, le
constructeur soigne la forme de ses produits à
l'extrême. Le châssis entièrement usiné en
aluminium est ici un petit bijou du genre, très
luxueux malgré son épaisseur.
A&K réutilise une recette éprouvée, à savoir
l'intégration d'une molette de volume sur la tranche
droite et de trois discrets boutons de navigation sur
la tranche gauche. Aussi brut qu'élégant, l'Astell &
Kern Kann Alpha ne souffre d'aucun défaut de
fabrication, d'aucun petit point laissé au hasard.
Son allure générale ne l'empêche pas d'afficher une
belle prestance, une présentation tout en angles et
en chanfreins, particulièrement agréable. Mention
spéciale pour l'encoche contenant la molette,
creusée en forme de A à l'image du logo de la
marque. Ce design est d'autant mieux pensé qu'il
s'accorde avec une ergonomie très simple mais
efficace. L'épaisseur du châssis, associée à un écran
tactile de seulement 4 pouces, permet de manipuler
facilement le baladeur, même d'une seule main.
Clairement, le Kann Alpha est bien plus proche d'un
vrai baladeur que ne peut l'être le monstrueux Kann
80 ON-mag >> mars/avril 2021-2
Cube.
Sur cet appareil, le constructeur introduit enfin la
connectique jack 4,4 mm (symétrique) dans sa
gamme de baladeurs, tout en conservant la prise 2,5
mm et le classique connecteur jack 3,5 mm
(asymétrique). Cette connectique peut également
être utilisée en sortie Ligne analogique, ainsi qu'en
sortie audionumérique optique (format Toslink).
Enfin, la face inférieure du baladeur abrite quant à
elle un port d'extension pour carte micro SD
(permettant d'étendre les 64 Go seulement de
mémoire interne), ainsi que la prise USB-C pour la
recharge, le transfert de fichiers (depuis PC/Mac) et
le fonctionnement comme DAC USB externe.
Ergonomie Android restrictive, simple et
efficace
L'expérience connectée A&K implique une vision
assez spartiate des choses, ce qui ne plaira pas à
tout le monde. L'OS est ainsi une version modifiée/
simplifiée à l'extrême d'Android 9, se présentant
sous la forme d'un simple lecteur, avec quelques
options avancées, dont le menu déroulant Android
(en balayant depuis le haut de l'écran vers le bas). À
ce titre, il n'y a pas de Playstore intégré ni autre App
store. Néanmoins, quelques applications de
streaming sont disponibles en standard et les autres
peuvent être installées en copiant des fichiers
d'installation .APK depuis un PC, ce qui permet une
expérience connectée de la musique.
Propulsé par une mystérieuse puce quadricœur,
l'Astell & Kern Kann Alpha offre une expérience
utilisateur suffisamment fluide, même si elle n'est
pas aussi impressionnante que sur les Fiio M11 et
Fiio M15. Que ce soit avec le lecteur local ou les
applications de streaming, nous n'avons pas eu
d'écran figé ou d'importantes latences. Seuls
quelques micro ralentissements sont à noter. Les
baladeurs de la marque tiennent en général très
bien sur la durée, nous espérons donc que ce sera
ici aussi le cas.
Annoncée à 14 h 30 (gain bas en lecture de fichiers
FLAC 16 bits), l'autonomie de la batterie de l'A&K
Kann Alpha est extrêmement dépendante du
volume sonore. Si les 14 h 30 sont effectivement
atteignables en gain bas, le passage à des casques
de salon (gain moyen et haut), en particulier sur
sorties symétriques, fait vite chuter l'autonomie à 10
h (gain moyen et volume à 50 % en jack 4,4 mm)
voire autour de 5 h dans les configurations les plus
énergivores (gain haut en jack 4,4 mm). Il faut
également noter que la recharge est assez lente :
elle nécessite entre 3 h 30 et 5 h selon le chargeur.
Riche, puissant et intransigeant
Les circuits de l'Astell & Kern Kann Alpha intègrent
une architecture en Dual Dac (un convertisseur par
canal) d’ES9068AS, une puce de dernière
génération. Cette disposition, secondée par
l'amplification toujours très neutre des modèles
Astell & Kern, permet à la marque de livrer un
baladeur à la technicité extrême et à la linéarité
quasi totale.
À l'écoute, quel que soit le casque ou les écouteurs
ciblés, le Kann Alpha délivre une sonorité d'une rare
puissance. Sans avoir l'agressivité des anciens
convertisseurs Sabre, l’ES9068AS sait être
extrêmement tranchant et sec si le morceau l'exige.
Oubliez la rondeur d'un modèle comme l’iBasso
DX160 ou le chant légèrement porté sur les
médiums du Fiio M15, le Kann Alpha est
intransigeant sur le plan de la fidélité des timbres.
Grâce à cela, il propose un niveau de détails
absolument hors du commun et une scène sonore
qui, si elle n'est pas aussi étendue que ce que
proposent les meilleures références Fiio, possède
une profondeur et une focalisation des instruments
exemplaires.
Le son du Kann Alpha est d'autant plus impérial
qu'il ne se laisse jamais déborder, ne serait-ce qu'un
peu, par les casques les plus coriaces. Son
importante puissance de sortie, particulièrement en
sortie symétrique, lui permet de dompter le
Sennheiser HD800, le T+A Solitaire P, l'antique AKG
K340, voire le très exigeant Hifiman Susvara.
Que ce soit sur sa puissance de sortie ou sa
sonorité, le Kann Alpha cultive sa personnalité
intransigeante mais musicale. Difficile de faire un
baladeur plus révélateur des mauvais mixages. Les
adeptes de sonorités "vinyles", un peu chaudes,
seront difficilement emballés par cet appareil. En
revanche, ceux qui recherchent une neutralité
maîtrisée, sans aucune limite de puissance, seront
aux anges, car ce modèle réussit totalement son
pari.
Bien qu'imposant et bénéficiant d’une autonomie
restreinte, l'Astell & Kern Kann Alpha est peut-être
bien le Kann de la maturité, celui qui, par ses petits
compromis et ses petits ajustements, peut être
vraiment considéré comme un système audiophile
complet et sans limite, à la fois très bon baladeur et
DAC/ampli casque de bureau.
■
Spécifications
•Type : baladeur audiophile connecté
•Ecran 4,1" - 720 x 1280 pixels
OS : Android 9.0
•Mémoire interne 64 Go
•Port micro SD
•Puce quadricœur
•DAC : Dual DAC ESS ES9068AS
•Lecture : PCM 32 bits/384 kHz, DSD256, MQA
•Puissance de sortie : jusqu'à 12 V RMS en symétrique,
6 V RMS en asymétrique ; réglage du gain 3 positions
•Sortie : jack 3,5 mm (asymétrique), jack 2,5 mm et jack
4,4 mm (symétrique) et optique (via prise jack 3,5 mm)
•Connecteur USB-C (recharge et fonction DAC externe)
•Bluetooth : prise en charge des codecs SBC, AAC, AptX,
AptX HD et LDAC
•Autonomie : 14 h 30 (en FLAC 16 bits et réglage du gain
sur bas)
•Recharge en 3 h 30 (via fast charging 9 V/1,67 A) ou 5 h
(5 V/2 A)
•Dimensions : 68,3 x 117 x 25 mm (l x h x p)
Poids : 316 g
Notre avis
Construction
Performances
Ergonomie
Musicalité
ON-mag >> mars/avril 2021-2
81
TEST
AUDIOQUEST
DragonFly Cobalt
L’AudioQuest DragonFly Cobalt ressemble à une
grosse clé USB revêtue d’une luxueuse peinture
métallisée de carrosserie automobile. Mine de
rien, il s’agit d’un vrai pet appareil audiophile
intégrant un DAC USB et un ampli casque
puissant. C’est le troisième du nom : il s’ajoute
aux DragonFly Red et Black déjà présents au
catalogue de la marque américaine et gagne
plusieurs amélioraons. par Pierre Stemmelin
300 €
L’AudioQuest DragonFly Cobalt reprend le format
de ses prédécesseurs DragonFly Black et Red, dans
une version légèrement miniaturisée et affinée, avec
un corps en métal revêtu d’une superbe finition bleu
cobalt nacré (comme sa référence l’indique). Il
conserve les mêmes équipements : d’un côté un
port USB type A mâle et de l’autre une prise minijack
3,5 mm femelle. En complément, il est livré avec
un adaptateur USB de type C de grade audiophile
(conducteurs à faible teneur en carbone) de chez
AudioQuest, qui permet le raccordement à un
appareil Android, par exemple. Il est aussi possible
de le brancher sur un appareil iOS, mais pour ce
faire il faudra acheter un adaptateur Lightning en
supplément.
L’AudioQuest DragonFly Cobalt est une mini carte
son qui permet de transformer un ordinateur (PC,
Mac et même Linux), un smartphone ou une tablette
en une source audiophile. Sa sortie mini-jack peut
aussi bien alimenter un casque audio haut de
gamme qu’attaquer une chaîne Hifi. Son
fonctionnement est simplissime. Il suffit de le
brancher au port USB de la source pour qu’il soit
prêt. Il est «plug’n play», c’est-à-dire qu’il ne
nécessite pas l’installation de pilotes.
Le Cobalt est le plus avancé techniquement de la
série DragonFly d’AudioQuest. Il intègre un
nouveau convertisseur ESS Sabre 32 bits
(ES9038Q2M) doté d’un filtre à pente douce pour
éviter les rotations de phase et duretés dans le haut
du spectre. Son processeur Microchip PIC32MX274
est 33 % plus puissant que celui du DragonFly Black.
Il met en œuvre l’algorithme «StreamLength
asynchronous-transfer» et la technologie
«monoClock», spécialement développés pour
AudioQuest par Gordon Rankin, grand spécialiste
de l’audionumérique. Ces procédés ont pour but
d’apporter une réduction drastique du jitter et de
limiter fortement les interférences dues aux ondes
Wi-Fi, Bluetooth ou cellulaires.
Ces circuits sont associés à un contrôle numérique
du volume de type Bit Perfect sur 64 bits pour éviter
toute perte de résolution même à faible niveau,
82 ON-mag >> mars/avril 2021-2
ainsi qu’à un ampli analogique ESS Sabre 9601 dont
le niveau de sortie est de 2,1 volts.
On le voit, l’AudioQuest DragonFly Cobalt est
minuscule et néanmoins bourré de matière grise
audiophile. Est-ce que cela s’entend à l’écoute ?
Nous répondons immédiatement par l’affirmative.
Nous avons notamment essayé le Cobalt avec les
casques orthoplanar Audeze LCD2 Closed-Back et
Quad Era-1. Il se singularise immédiatement par son
haut degré de résolution. AudioQuest déclare à son
propos : «un son séducteur et d’une beauté
naturelle – en y enlevant le duvet et le brouillard
dont l’auditeur n’avait même pas conscience jusqu’à
ce qu’il ne les entende plus». C’est dit de façon
poétique, mais assez vrai. Cette carte son de poche
apporte une transparence surprenante, tout en
alliant fluidité, douceur et luminosité dans le haut du
spectre. Elle ne force pas le trait, sa dynamique n’est
pas exacerbée, mais elle explore également bien le
bas du spectre jusqu’à ses tréfonds. La restitution
sur nos casques orthoplanar a une belle ampleur, de
la consistance et de la maîtrise dans les graves.
L’image sonore est bien construite, à la fois très
détaillée, stable, aérée et en relief. L’AudioQuest
DragonFly Cobalt tient donc ses promesses
audiophiles.
Spécifications
•Type : DAC-USB et ampli casque
•Connectique : port d’entrée numérique USB-A, prise de
sortie analogique mini-jack
•Résolution native supportée : PCM jusqu’en 24 bits/96
kHz, MQA
•Niveau de sortie : 2,1 volts
•Accessoires fournis : housse de protection en cuir,
câble adaptateur USB-C
•Dimensions : 57.5 x 18.6 x 11.9 mm
Notre avis
■
ON-mag c’est aussi...
TEST
EARMEN
Sparrow
Troisième produit de la marque EarMen, le
minuscule Sparrow s’aaque au pet mais
concurrenel segment du mini DAC/ampli
casque. Un produit qui va soit démontrer à
nouveau le savoir-faire de la marque, soit se
prendre les pieds dans le tapis en sautant le pas
de l’ultra miniaturisaon.
par Guillaume Fourcadier
Un châssis en aluminium anodisé noir, des façades
en verre sombre aux bords arrondis : avec un peu
d'effort, cela nous rappellerait presque la qualité
d’un smartphone haut de gamme. Sur ce point, le
Sparrow paraît une classe au-dessus des DragonFly
d’Audioquest et du Hi-mDac de NuPrime. Le verre
semble également solide. D’ailleurs, pendant nos
tests, l’EarMen Sparrow est tombé sur un carrelage
et n’a pas fait d’éclat… de verre.
On note cependant un petit bémol sur l'intégration
de la prise jack 2,5 mm. Faute de place, celle-ci est
insérée au châssis dans un disque aplati sur deux
côtés. La partie plastique du connecteur semble
ainsi avoir été rentrée tant bien que mal, même si en
pratique, la solidité est là.
Mesdames, messieurs, la symétrie audiophile
Carte son USB-C fonctionnant en sortie d’ordinateur
ou de smartphone, l’EarMen Sparrow est tout ce
qu’il y a de plus épuré. Pas de bouton de volume
intégré, la seule animation passe par une petite
diode colorée, indiquant le type de flux entrant :
une couleur pour le PCM/DSD et une autre pour le
MQA.
Mais l’un des intérêts de l’EarMen Sparrow réside
dans sa double sortie : jack 3,5 mm asymétrique et
2,5 mm en symétrique, cette dernière étant très rare
sur les petites cartes son externes de ce type.
Une puissante neutralité
L’EarMen Sparrow est équipé d’un convertisseur
ES9281Pro, l’une des meilleures puces de chez ESS.
Son approche haut de gamme se vérifie assez vite à
l’écoute, puisque nous avons affaire à une vraie
leçon de maîtrise sonore.
Certes le Sparrow ne va pas titiller les excellentes
cartes plus volumineuses, sa grande sœur TR-Amp
en tête, mais propose un son à la fois très équilibré,
presque neutre, tout en étant particulièrement
dynamique, extrêmement rapide et maîtrisé dans le
bas du spectre, sans une once d’agressivité. Un
constat d’autant plus valable sur sa sortie
84 ON-mag >> mars/avril 2021-2
230 €
symétrique.
Le niveau de détails est également important et la
scène sonore relativement profonde, même si elle
n’est pas incroyablement vaste. Le bruit de fond est,
quant à lui, presque inexistant (sauf avec quelques
écouteurs intra-auriculaires très sensibles).
La restitution sonore de l’EarMen Sparrow nous a
paru plus maîtrisée et technique que celle du
DragonFly Red, et même un brin plus riche que
celle du DragonFly Cobalt. Le NuPrime Hi-mDac
est, paradoxalement, son pire adversaire. Le
Sparrow est certes plus musical, plus puissant et
mieux construit, mais il est tout de même 65 % plus
cher. Notons que ce modèle, surtout en symétrique,
est très puissant, si bien qu’il est nécessaire de
vraiment doser le niveau sonore sur des écouteurs
intra-auriculaires. Son niveau de sortie de 4 V (en
symétrique) le rend suffisamment puissant pour la
quasi intégralité des casques du marché, y compris
ceux de haute impédance.
Petit et audiophile, l’EarMen Sparrow est l’un des
meilleurs DAC USB-C au format mini que nous
ayons pu tester - un peu plus cher que la moyenne,
mais diablement convaincant.
Spécifications
•Type : DAC / ampli casque USB-C
•Entrée : USB Type C
•Sorties : jack 3,5 mm (asymétrique), jack 2,5 mm (symétrique)
•DAC : ESS Sabre ES9281Pro
•Compatibilité : PCM 32 bits/384 kHz, DSD128, MQA
•Tension max de sortie : 2 Vrms (symétrique) et 1,4 Vrms
(asymétrique) sous 32 Ohms, 4 Vrms (asymétrique) et 2
Vrms (asymétrique) sous 600 ohms
•Dimensions : 42 x 8 x 22 mm
Notre avis
■
plaisirs
solitaires
The Clash déchaînés dans votre salon, Lady Day chuchotant à
vos oreilles, Claudio Abbado sur vos genoux. Voilà ce que vous
promet l’écoute au casque d’exception : le grand frisson musical
au plus près des artistes, à tout moment, rien que pour vous.
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TEST
iFi AUDIO
750 €
Neo iDSD
Le Neo iDSD est le conversseur et ampli casque haut de gamme de dernière généraon de la
gamme iFi Audio conçue par le spécialiste britannique AMR. Fonconnant en symétrique et
acceptant tous les formats audionumériques Hi-res, il est parfait sur le papier, tandis que son
prix largement sous la barre des 1000 € reste encore très raisonnable. Voyons donc s'il ent ses
promesses sur le terrain.
par Pierre Stemmelin
Le Neo iDSD inaugure un nouveau format de boîtier
pour iFi Audio. Compact et d'une esthétique
affirmée, ce boîtier peut se poser à l'horizontale ou
à la verticale grâce à son support fourni, comme
parfait compagnon audiophile de bureau, à côté
d'un ordinateur. Sa construction est particulièrement
robuste. Derrière la façade en aluminium de 1 cm
d'épaisseur et en finition perlée, le châssis est formé
d'un profilé d'alliage d'aluminium monobloc dont
les parois atteignent de 3 à 4 mm d'épaisseur. Pour
parfaire le tout, la plaque arrière qui referme ce
boîtier n'est pas faite d'un simple morceau de tôle,
mais réalisée dans un panneau également en
aluminium et de bonne épaisseur (2 mm).
Les commandes de l'appareil sont très simples. En
façade, à côté de deux prises casque au format jack
6,35 mm et jack symétrique 4,4 mm sont placés
deux petits boutons de mise sous tension et
sélection des sources, puis vient la molette de
volume à pression et le petit afficheur. Une
télécommande presque tout aussi simple, au format
carte à puce, complète l'ensemble.
À l'arrière, l'iFi Audio Neo iDSD possède 3 entrées
numériques : coaxiale sur RCA, optique Toslink et
USB 3.0. Une antenne Bluetooth est aussi présente.
L'appareil est compatible avec les flux
audionumériques dans la meilleure définition
possible jusqu'en PCM 32 bits/768 kHz et DSD512. Il
comprend le format MQA et accepte les codecs
Bluetooth les plus avancés (AAC, SBC, AptX, AptX
HD, AptX Adaptive, AptX LL, LDAC, LHDC/HWA).
Les sorties Ligne/préampli analogiques sont, de leur
côté, doublées, en asymétrique sur RCA et en
symétrique sur XLR.
L'alimentation de l'appareil est assurée par un
86 ON-mag >> mars/avril 2021-2
transformateur extérieur 5 V/2,5 A de type iPower, à
faible bruit et spécifique à la marque. Quatre petits
pieds en caoutchouc, ainsi que deux câbles (USB 3.0
et modulation stéréo RCA) sont fournis avec le Neo
iDSD. Cela relève d'une charmante attention, assez
rare. Dommage cependant que les câbles soient un
peu courts (50 cm de long chacun).
Des circuits optimisés et des composants de
haute volée
iFi Audio n'en est pas à son premier appareil du
genre. Il a déjà réalisé des modèles bien plus haut
de gamme pour audiophiles furieux comme
l'excellent Pro iDSD (2750 €), mais aussi des modèles
d'entrée de gamme très accessibles comme le Zen
DAC (150 €). Il maîtrise donc très bien son sujet, les
coûts, et dispose de ses propres recettes techniques
savamment rodées et optimisées. Avec ce bagage,
il est en mesure de proposer un Neo iDSD
extrêmement compétitif du point de vue technique.
À l'intérieur du Neo iDSD officie un convertisseur
Burr Brown DSD1793 (la marque ne le précise pas
dans sa documentation technique, mais nous
sommes allés enquêter dans les circuits de
l'appareil) ainsi qu'une puce Bluetooth de dernière
génération de la série QCC5100 de Qualcomm,
sans oublier une interface USB asynchrone Xmos. Le
DAC travaille sur 24 bits/192 kHz, mais l'appareil
accepte bien les flux numériques jusqu'en PCM 32
bits/768 kHz et DSD512 ou DXDx2. Lors de la
conception, une attention particulière a été portée à
la réduction du jitter, ce qui se traduit par l'adoption
d'une horloge de type GMT-Femto de haute
précision. Le Neo iDSD reprend par ailleurs le
système de filtrage numérique GTO (Gibbs
Transient Optimised) propre à la marque et
développé initialement pour son modèle haut de
gamme Pro iDSD.
Pour le reste, on retrouve les recettes habituelles
d'iFi Audio avec notamment l'utilisation d'amplis
Op haut de gamme réalisés sur cahier des charges
de type OV (Operation Verstärker) ou encore des
capacités céramiques TDK et Murata.
Une restitution sonore qui gagne en
caractère
Par rapport aux précédentes réalisations d’iFi Audio
que nous avons pu tester dans cette gamme de
prix, le Neo iDSD marque des progrès et un léger
tournant. La restitution sonore est toujours très
précise et détaillée, mais se détache d'une certaine
rigueur, d'une certaine neutralité, pour prendre plus
de muscle et de caractère. Ce nouveau DAC/ampli
casque/préampli numérique n'est absolument pas
froid, trop analytique ou technique (comme le dirait
notre collègue Guillaume Fourcadier). Il propose un
équilibre tonal légèrement physiologique, avec une
courbe de réponse subjective en "V". Ses basses
sont rondes, profondes et denses, que ce soit à
partir de ses sorties casques ou de ses sorties Ligne/
préampli.
Lors de l'écoute au casque, on note une légère
brillance, un petit artifice dans le haut du spectre,
mais cela reste très doux. Il s'agit plutôt d'une
« coquetterie » (selon une expression de notre
ancien collègue Yves Marzio), un trait de caractère
attachant plus qu'un défaut.
L'image stéréophonique est d'une belle ampleur. Au
casque, la latéralisation entre les oreillettes gauche
et droite est bien marquée sans que cela nuise à la
cohésion globale ou ne crée un trou au centre. Avec
l'iFi Audio Neo iDSD, on ne ressent absolument pas
d'effet de "close-up" trop poussé ou l'impression
d'être confiné. Les basses descendent très bas sur
nos morceaux de Rap lourd. Ce n'est pas totalement
exceptionnel pour cette classe de prix, mais déjà de
haut niveau. L'assise est très sympa et copieuse. Le
Neo iDSD fait parler la puissance de ses étages de
sorties casque et s'en sort très bien sur les modèles
énergivores même d'impédance élevée jusqu'à 300
ou 600 Ω.
À partir des sorties préampli, on retrouve le même
caractère énergique et musclé. Les timbres sont un
peu plus mats. L’iFi Audio Neo iDSD délivre un
médium assez sobre. Dans ce registre, il n'a pas la
rutilance de certains concurrents, notamment sur les
instruments acoustiques et la musique Classique
Baroque, par exemple. Il n'en sonne pas moins de
façon très naturelle. Les rythmes pulsent bien. Ce
DAC/préampli sait se montrer précis et sage sans
donner la sensation de freiner la dynamique. Il
cultive l'équilibre entre énergie et rigueur, franchise
et justesse. Nous trouvons cette esthétique
particulièrement agréable et convaincante.
Spécifications
•Type : convertisseur, ampli casque, préampli pour
sources numériques
•Entrées : numériques USB 3.0 B, optique Toslink, coaxiale
sur RCA, Bluetooth 5.0 (AAC, SBC, AptX, AptX HD,
AptX Adaptive, AptX LL, LDAC, LHDC/HWA)
•Flux numériques acceptés : jusqu'en PCM 32 bits/768
kHz et DSD512, DSD2x, MQA
•Sorties : variables RCA et XLR, casque sur jack 6,35 mm
et jack 4,4 mm symétrique
•Niveau de sortie préampli max. : 7,7 V en XLR, 3,9 V sur
RCA
•Puissance de sortie casque :
- 1040 mW sous 32 Ω et 68,6 mW sous 600 Ω en symétrique
- 295 mW sous 32 Ω et 17,6 mW sous 600 Ω en symétrique
•Alimentation externe : iPower DC 5 V/2,5 A
•Dimensions : 214 x 146 x 41 mm
•Poids : 970 g
Notre avis
Construction
Performances
Fonctions
Musicalité
■
ON-mag >> mars/avril 2021-2
87
TEST
M2TECH
Marley MkII
1900 €
Dernier-né de la marque audiophile toscane M2Tech, fabriqué localement, le Marley MkII est
un amplificateur casque aussi ambieux que menu. Simple mais complet, cet appareil haut
de gamme s'aaque pourtant à de sacrés adversaires.
par Guillaume Fourcadier
Compacité et ordre
Le M2Tech Marley MkII n'est pas le plus
impressionnant amplificateur du genre, du moins de
prime abord. Ses dimensions très réduites, sa petite
molette et son design minimaliste font qu'il ne
marque pas autant que des appareils comme l’Auris
Euterpe ou le Sennheiser HDV 820. Son aspect n'est
pourtant pas le fruit d'un manque d'ambition ou
d'une trop grande simplicité, mais d'une
uniformisation de la gamme Rockstars dont il fait
partie.
À ce titre, il jouit d'une assez bonne qualité de
fabrication générale. Son châssis est enserré par une
épaisse structure en aluminium anodisé et son
architecture interne est d'une très grande propreté.
Le seul vrai bémol vient de la molette cliquable,
dont l'axe de rotation n'est pas parfait. En tournant,
un petit frottement peut se manifester çà et là.
Les connectiques sont suffisamment complètes pour
l'essentiel des usages, avec la présence de deux
entrées RCA, d'une entrée XLR, d'une sortie RCA
préamplifiée et d'une sortie RCA type Rec (pour
enregistreur). En façade, le choix est laissé entre le
bon vieux jack 6,35 mm (asymétrique) et un XLR 4
broches (symétrique).
Via sa molette, une télécommande infrarouge, mais
également une application dédiée proposant le
contrôle en Bluetooth, le Marley MkII se permet de
proposer un grand nombre de réglages :
impédance de sortie, légère égalisation, réglage du
pas de volume, etc. Un vrai petit centre de contrôle
qui ne transforme pas l'expérience, mais offre déjà
la possibilité de la bonifier et la personnaliser.
Un son racé et ouvert
Le M2Tech Marley MkII est un bel exemple de
transcription très musicale et maîtrisée. Pas de parti
pris sur la réponse en fréquence, parfaitement
régulière et équilibrée, mais une grande technicité
et une excellente énergie, le tout avec beaucoup de
88 ON-mag >> mars/avril 2021-2
petites nuances et de détails.
Le Marley MkII brille par sa polyvalence, que ce soit
pour les styles musicaux variés ou les différents
casques et écouteurs qu'on lui demande
d'alimenter. Sa grande puissance de sortie lui
permet de se confronter aux hautes impédances et
sa maîtrise à faible tension lui confère la capacité de
s'adapter avec brio aux écouteurs les moins
énergivores.
Si l'image stéréophonique reste bien cadrée, sans
exagération, M2Tech délivre là un modèle de
cohérence et de transparence, étageant
particulièrement bien les différents instruments. Cet
appareil se refuse à faire un compromis entre qualité
technique et qualité musicale, prouvant que les
deux sont bien compatibles.
Son tarif le place pourtant face à une concurrence
extrêmement affûtée. Le NuPrime AMG HPA par
exemple, bien plus volumineux, propose des
prestations sonores un peu plus consensuelles. Le
M2Tech Marley MkII se positionne comme un
produit de haute de volée donc, très compact,
made in Italy, avec une esthétique sonore affirmée.
Spécifications
•Type : amplificateur casque avec sortie préamplifiée
•Amplification double symétrique en classe A
•Entrées : 2 RCA, 1 XLR
•Sorties : jack 6,35 mm (casque), XLR 4 broches
(casque), préampli en RCA, sortie de bande (RCA)
•Tension de sortie max : 9 VRMS (8 Ohms, Lo-Z), 8 VRMS
(300 Ohms, Lo-Z)
•Alimentation, transformateur de 15 VDC, entrée pour
alimentation spéciale
•Dimensions : 200 x 200 x 50 mm
•Poids : 2 kg
Notre avis
■
Casque électrostatique
SR-009S
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Distribué par :
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TEST
MOON BY SIMAUDIO
Neo 230HAD
Le Neo 230HAD de la société québécoise Moon
by SimAudio, est à la fois un ampli casque, un
DAC USB compable Hi-Res et DSD ainsi qu'un
préampli. C'est un appareil très complet,
puissant, d'une très belle qualité de
construcon et qui sonne bien à l'écoute.
par Pierre Stemmelin
Spécifications
•Puissance par canal : 1 W sous 50 Ω, 200 mW sous
300 Ω, 100 mW sous 600 Ω
•Entrées : 2x analogiques sur RCA et mini-jack, 4x numériques
RCA coaxiales (2x), Toslink optique, USB
•Flux numériques supportés : jusqu’à 24 bits/192 kHz
(toutes entrées), jusqu’à 32 bits/384 kHz et DSD256
(sur USB)
•Sorties : jack 6,35 mm pour casque en façade, 2x sorties
L•igne sur RCA à l’arrière (niveau fixe et variable)
•Impédances de sortie compatibles : de 20 à 600 Ω
•Réponse en fréquence (audible) : 20 Hz à 20 kHz ±0,1 dB
•Réponse en fréquence (étendue) : 5 Hz - 100 kHz
+0/-3 dB
•Distorsion Harmonique Totale (DHT) à 1 kHz, 0 dBFS
(pondération A) : 0,005 %
•Distorsion d’intermodulation : 0,005 %
•Rapport signal/bruit : 115 dB
•Diaphonie : 80 dB
•Impédance d’entrée/sortie : 22 kΩ/1,25 Ω
•Poids : 2,8 kg
•Dimensions : 17,8 x 7,6 x 28 cm
Notre avis
90 ON-mag >> mars/avril 2021-2
1300 €
Doté d'une façade en aluminium usiné dans la
masse et d'un châssis bien rigide en tôles épaisses,
le Neo 230HAD est en accord avec la qualité de
fabrication à laquelle nous a habitués Moon by
Simaudio. C'est de l'ouvrage très propre,
professionnel et rassurant.
L'appareil est livré avec une télécommande bien
boutonneuse et dispose d'une riche connectique
avec des entrées analogiques et numériques
(optique, coaxiales, USB), ainsi que des sorties
casque, Ligne et à niveau variable. Sa section
"CNA" (çà veut dire "DAC" en québécois !) utilise
une puce ESS Sabre (ES9018) et accepte les signaux
Hi-Res jusqu'en 32 bits/384 kHz ou DSD256 (par
USB).
Les étages d'amplification font appel de leur côté à
des circuits à transconductance différentielle (amplis
op). Très costauds, ils sont en mesure d'alimenter
des casques d'une impédance de 600 Ω avec une
puissance de 100 mW nominale par canal.
Sur le terrain, cela se remarque immédiatement. Le
réglage de volume du Neo 230HAD est très sensible
(ce qui est parfois un peu gênant sur des casques à
faible impédance et bonne sensibilité). Il envoie "la
patate" dés le premier dixième de tour. Cette
électronique Moon by Simaudio est effectivement
bien calibrée pour alimenter des casques
gourmands et exigeants. Mais sa restitution est
également bien posée, avec des timbres soyeux,
définis et moelleux, de la matière dans le grave et
une certaine légèreté dans le médium. Le Neo
230HAD sait restituer de beaux espaces, conciliant
ampleur et finesse. C'est beau et fort agréable.
■
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TEST
1900 €
NUPRIME
AMG HPA
Dernier modèle de la série haut de
gamme AMG de NuPrime, le HPA est un
ampli casque des plus ambieux. Ne
versant pas dans l'exubérance, il se veut
dans la pure lignée des produits Hifi
technologiquement très recherchés de la
marque. De quoi se faire une place dans
une gamme de prix assez encombrée ?
par Guillaume Fourcadier
Complet dans son épure, un peu brut
Même si relativement fin, le NuPrime AMG HPA est
un ampli casque de belle taille, qui n'adopte
clairement pas l'approche un peu folle de modèles
comme l'Auris Euterpe. Néanmoins, son design tout
en sagesse est servi par une qualité de finition et de
fabrication irréprochables. Il se singularise par un
châssis tout en aluminium, assemblé à la perfection
ainsi qu'une façade aux Leds discrètes et aux bords
chanfreinés. En poupe, une légère avancée lui
apporte un brin d'excentricité.
Mais plus que son design sage et sa fabrication
somptueuse, l'AMG HPA est surtout très complet et
peut être perçu comme un véritable petit centre
audio. Nous avons sous la main pas moins de quatre
entrées audio analogiques, trois en RCA et une en
double XLR trois broches. Le NuPrime AMG HPA
assume également la fonction de préamplificateur,
avec une sortie RCA et une sortie en double XLR à
niveau variable. Enfin, pour la fonction principale,
celle d'amplificateur pour casque, l'AMG HPA
possède une prise jack 6,35 mm (asymétrique) ainsi
qu’un duo de prises symétriques en jack 4,4 mm et
en XLR 4 broches.
L'ergonomie est un point encore un peu perfectible.
L'écran indicatif, composé de Leds formant des
caractères alphanumériques, est franchement
austère (ou pas assez rétro) pour un produit haut de
gamme. Même constat en ce qui concerne la
télécommande, dense et très bien finie, qui assure
certes les fonctions élémentaires (allumage/
extinction, sélection de la source, réglage du
volume), mais paraît sortir d'un autre âge en matière
de confort d'utilisation.
La sonorité impériale d'un vrai haut
de gamme
Peu importent les critiques sur l'ergonomie, ou
même l'absence d'étage de conversion numériqueanalogique
; la technicité de l’AMG HPA est
largement à la hauteur de ses prétentions.
Fonctionnant tout en transistors, il ne présente
92 ON-mag >> mars/avril 2021-2
pourtant aucun des défauts potentiels de ce type
d'amplificateur. Absolument pas agressif, ce modèle
qui adopte une architecture interne double mono,
fonctionnant en classe A, est un savant mélange de
puissance et de maîtrise ; il délivre une scène sonore
très cohérente et suffisamment vaste.
L'une des forces du NuPrime AMG HPA est de
combiner un excellent sens de l'énergie, ne se
laissant jamais déborder par une piste quelle que
soit sa complexité, avec une pureté sonore tout en
contrôle. Malgré sa très légère pointe dans les
aigus, il ne fait pas chanter les casques de manière
artificielle, quel que soit le modèle.
Face à l’Auris Euterpe, il affiche une personnalité
tout aussi musicale mais un peu plus analytique,
tandis que son concurrent possède une sorte de
grain plus analogique et des timbres plus chauds.
Dans un cas comme dans l'autre, ces deux modèles
se placent clairement dans le haut du panier en
matière d'amplis casque. Toutefois, techniquement,
le NuPrime AMG HPA est un brin au-dessus (mais
sans fonction DAC).
Le NuPrime AMG HPA est donc une belle réussite,
un amplificateur casque loin d'être abordable, mais
qui fait vraiment partie des modèles d'exception.
Spécifications
•Type : ampli casque/préampli stéréo
•Architecture dual-mono symétrique
•Impédance d'entrée : 1 MOhm
•Entrées : 3 RCA (Ligne), 1 XLR (Ligne)
•Sorties : 1 RCA, 1 double XLR 3 broches, 1 jack 6,35 mm, 1
jack 4,4 mm, 1 XLR 4 broches (sortie casque)
•Puissance de sortie (casque) : 2000 mW (asymétrique)
et 3 500 mW (symétrique) sous 32 Ohms, 150 mW (asymétrique)
et 300 mW (symétrique) sous 600 Ohms
•Dimensions : 235 x 55 x 300 mm
•Poids : 2,5 kg
Notre avis
■
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