14.04.2021 Vues

ON mag (2021-2) : casques et écouteurs audiophiles

Dans ce numéro, nous faisons le focus sur les casques et écouteurs audiophiles, ainsi que tout ce qui permet de les alimenter : DACs, amplis casque, baladeurs. Nous y faisons une petite digression en direction du jeu vidéo, avec 8 casques de gaming comparés, afin de voir s'ils sont aussi bons joueurs que pour faire de la musique. Parmi les stars et cadors Hifi de ce numéro, vous trouverez également le Focal Celestee, le Grado RS2e, le Stax SR-009S ou encore le ZMF Vérité Open-Back.

Dans ce numéro, nous faisons le focus sur les casques et écouteurs audiophiles, ainsi que tout ce qui permet de les alimenter : DACs, amplis casque, baladeurs. Nous y faisons une petite digression en direction du jeu vidéo, avec 8 casques de gaming comparés, afin de voir s'ils sont aussi bons joueurs que pour faire de la musique. Parmi les stars et cadors Hifi de ce numéro, vous trouverez également le Focal Celestee, le Grado RS2e, le Stax SR-009S ou encore le ZMF Vérité Open-Back.

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mag

mars/avril 2021-2

36

casques,

écouteurs, DACs

et sources à

l’essai

FOCAL, GRADO, T+A, STAX, ZMF

LES NOUVEAUX CONTRE LES ANCIENS

CADORS DU CASQUE

AUDIOPHILE

ASUS | AUDEZE | LOGITECH | …

Peut-on être à la fois

gamer et audiophile ?

ÉCOUTEURS

Avec ou sans fil, même combat :

la qualité du son.

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yeux » et

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heures, vous pouvez écouter

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moment, même lorsque vous

êtes en déplacement

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SOMMAIRE

Le Showroom

p.6 : avec Audeze, Audio Research,

Audio-technica, Bang & OlufsenCopland,

Davis, Devialet, Focal, Haute Fidélité

Saumur, KEF, Klipsch, Linn, Marshall,

Master & Dynamic, McIntosh, Mitchell

Acoustics, McIntosh MHA200, Hifiman,

Peachtree, Polk, Spotify, SVS, Triangle,

Wilson Audio

Comparatif casques de gaming

p.22 : Asus Rog Theta Electret

p.23 : Audeze Penrose

p.24 : Audio-Technica ATH-G1 et G1WL

p.26 : JBL Quantum One

p.27 : JVC Exofield Xp-EXT1

p.28 : Logitech G733

p.30 : Turtle Beach Stealth 700 gen 2

Écouteurs

p.66 : Bose QC Earbuds

p.68 : Cambridge Melomania Touch

p.70 : Earsonics Aero

p.72 : Etymotic ER3XR BT

p.74 : Shure Aonic 215

p.76 : Technics EAH AZ70W

À la source

p.80 : Astell & Kern Kann Alpha

p.82 : AudioQuest DragonFly Cobalt

p.84 : Earmen Sparrow

p.86 : iFi Audio iDSD Neo

p.88 : M2Tech Marley mkII

p.90 : Moon by Simaudio 230H

p.92 : NuPrime AMG HPA

Casques

p.34 : Audio-technica ATH-WP900

p.36 : Ausounds AU-XT ANC

p.38 : Austrian Hi-X55

p.40 : Bang & Olufsen Beoplay H95

p.42 : Dali iO-4

p.44 : Focal Celestee

p.46 : Grado RS2e

p.48 : KLH Ultimate One

p.50 : Philips Fidelio X3

p.52 : Shure Aonic 50

p.54 : T+A Solitaire et HA-200

p.58 : Stax SR009 + SRM-700T

p.62 : ZMF Vérité Open-Back

Ce magazine vous est proposé par ON-Mag.fr

Diffusion, distribution et reproduction soumises à conditions.

Tous droits réservés.

Communication et publicité : Manuel Courbo (régie Catset), mcourbo@gmail.com, 06 61 09 14 46

Rédaction : Manuel Courbo, Alexandra Bellamy, Guillaume Fourcadier et Pierre Stemmelin

3 ON-mag >> mars/avril 2021-2



LE

SHOWROOM


SHOWROOM

Streamer Linn Klimax DSM nouvelle

généraon : oui, un lecteur réseau

audiophile peut vous coûter un bras !

à parr de 30 000 € HT

+ d’infos sur ON-mag.fr

Casques et écouteurs

Master & Dynamic : êtesvous

plutôt Paris Saint-

Germain (PSG) ou Peace

& Love ? 300 €

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6 ON-mag >> mars/avril 2021-2


Copland CSA 150 : gros ampli Hifi hybride sûr de sa puissance,

doté d'un conversseur presque rétro. 5000 €

+ d’infos sur ON-mag.fr

Klipsch Forte IV : 4ème version d'un classique

néo-rétro de l'enceinte Hifi pavillonnaire.

6000 € la paire

+ d’infos sur ON-mag.fr

ON-mag >> mars/avril 2021-2

7


SHOWROOM

Cyrus Audio lance sa série d'électroniques audiophiles XR : l'atypique

britannique passe à la next-gen. + d’infos sur ON-mag.fr

Apple AirPods Max : le casque sans fil le plus

moche et plus cher (ou presque) pour parr

dans la galaxie audiophile ?

630 €

+ d’infos sur ON-mag.fr

KEF Mu3 : le surdoué audiophile présente ses

premiers écouteurs True Wireless à réducon de

bruit acve.

230 €

+ d’infos sur ON-mag.fr

8 ON-mag >> mars/avril 2021-2


CASQUE D’EXCELLENCE I CLEAR MG

Casque ouvert pour la maison, Clear Mg offre une restitution sonore exceptionnelle grâce à ses haut-parleurs fonctionnant

sans aucune contrainte : pleinement libéré, le son est d’une pureté remarquable. Clear Mg, c’est aussi l’élégance d’une

finition associée au confort d’un arceau en cuir et de coussinets en microfibre, pour toujours plus de plaisir d’écoute.

Vivez l’excellence


SHOWROOM

Davis Acouscs ressuscite

Krypton avec une gamme

d'enceintes Hifi française

en mode Superman.

1500 € la paire

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10 ON-mag >> mars/avril 2021-2


Audio Research Reference 80S : version allégée de l'ampli

Hifi à lampes High-End Reference 160S. 18 500 €

+ d’infos sur ON-mag.fr

Devialet Phantom I et Phantom II : modernisaon discrète des surpuissantes

enceintes connectées Made in France. à parr de 1000 €

+ d’infos sur ON-mag.fr

ON-mag >> mars/avril 2021-2

11


SHOWROOM

Bang & Olufsen Beosound

Level : une enceinte

de luxe musicale,

à l'aise partout et dans

toutes les posions.

à parr de 1250 €

Test sur ON-mag.fr

Haute Fidélité Saumur : pour écouter les Sonus

Faber Maxima Amator et tout ce que la Hifi

a de plus beau.

+ d’infos sur ON-mag.fr

Hifiman HE-400SE : cédez aux sirènes du casque

Hifi planaire avec ce modèle Hifi à seulement

180 euros

+ d’infos sur ON-mag.fr

12 ON-mag >> mars/avril 2021-2


plaisirs

solitaires

The Clash déchaînés dans votre salon, Lady Day chuchotant à

votre oreille, Claudio Abbado sur vos genoux. Voilà ce que vous

promet l’écoute au casque d’exception : le grand frisson musical

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McIntosh MHA200 :

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3000 €

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Marshall électrise le

marché des écouteurs

True Wireless

avec les très pets

Mode II et Iggy Pop.

180 €

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14 ON-mag >> mars/avril 2021-2


Peachtree Audio preDAC : un préampli Hifi et Dac à la classe boisée,

paré pour toutes les configuraons. 2900 €

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Caissons de grave SVS SB/PB-1000 Pro : les

mêmes, plus pets avec des bretelles et surtout

plus abordables. à parr de 600 €

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ON-mag >> mars/avril 2021-2

15


SHOWROOM

Wilson Audio Alexx V : une enceinte

High End de rêve, aussi morcelée

qu'ultra technologique.

à parr de 158 000 € la paire

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16 ON-mag >> mars/avril 2021-2


Polk Audio Reserve : enceintes

Hifi et Home Cinéma ambieuses

aux tweeters annulaires et boomers

"ondulaires".

à parr de 550 € la paire

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Triangle Antal et Comète 40th :

2 enceintes Hifi iconiques redéfinies

et fabriquées localement

pour fêter les 40 ans.

à parr de 1500 € la paire

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ON-mag >> mars/avril 2021-2

17


SHOWROOM

Mitchell Acouscs uStream One : une paire d'enceintes sans fil à l’esprit

audiophile tout en restant démocraque. 550 € la paire

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Audio-technica AT-ART9XA et AT-ART9XI :

une nouvelle généraon de cellules phono

haut de gamme.

1500 €

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Spofy HiFi : enfin le géant du streaming

musical passe à la musique en vraie qualité

audiophile.

+ d’infos sur ON-mag.fr

18 ON-mag >> mars/avril 2021-2


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COMPARATIF

CASQUES DE

GAMING


TEST

ASUS

ROG Theta Electret

Ambieuse marque d'Asus, ROG (Republic Of Gamers)

dispose de toute une gamme de périphériques

desnés aux gamers. Au milieu de ses nombreuses

références audio, deux casques se détachent dans le

haut de gamme : le modèle USB Theta 7.1 et le Theta

Electret, produit filaire et hybride armé de la

presgieuse technologie éponyme. Un casque

conciliant gaming et Hifi ? par Guillaume Fourcadier

Une présence qui en impose

Très imposant, le ROG Theta Electret est clairement

plus proche d'un casque Hifi que d'un modèle

gamer classique. Avec ses coques immenses et ses

coussinets au diapason, ce casque est

particulièrement lourd (environ 550 g).

Pourtant, sans nous faire oublier sa particularité, le

Theta Electret en joue admirablement. La

fabrication mêlant plastique dense et coques en

métal, ce modèle s'affiche comme l'un des plus

luxueux du genre, et de loin le meilleur de notre

comparatif en termes de qualité de construction.

Son poids est compensé par une assez bonne

répartition des masses, apportant un confort

franchement surprenant. C'est simple, à moins de

balancer la tête fortement, le ROG Theta Electret

reste étonnamment agréable, ne délivrant presque

aucune pression sur le sommet du crâne, même lors

de longues sessions d'utilisation. Les coussinets

(une paire habillée de tissu et une revêtue de

similicuir) sont à la fois confortables et très

respirants.

Clairement orienté audiophile, le Theta Electret voit

les boutons réduits à leur strict minimum, aucune

commande n’étant accessible directement sur le

casque. Son câble, pourtant de bonne qualité, n'est

pas détachable. Quant au micro, détachable lui, sa

qualité est plutôt bonne, mais pas meilleure que ce

qui existe dans cette gamme de prix. Mais surtout,

aucun logiciel de paramétrage n’est prévu : ROG a

dû penser que ce modèle, se destinant aux

excellentes cartes son et aux meilleurs DAC/amplis

casque, n'avait pas besoin de s'encombrer de

nombreux réglages supplémentaires.

Un son à la hauteur des attentes

Disposant, sur chaque oreillette, d'un haut-parleur

dynamique pour les basses et médiums, et d'un

large transducteur à électret pour le reste des

fréquences hautes, le ROG Theta Electret ne cache

pas ses ambitions de gamer audiophile. Et cela

fonctionne clairement très bien. Il dépasse de loin le

22 ON-mag >> mars/avril 2021-2

300 €

cadre d'un simple casque gaming, en particulier

grâce à son excellent équilibre des timbres, sa

scène sonore très vaste et détaillée, mais surtout sa

qualité de restitution dans les aigus. Sans jamais

accentuer les fréquences, il ne donne pas

l'impression de manquer de quoi que ce soit.

Là où nombre de concurrents forcent le trait, le ROG

Theta Electret fait partie de cette nouvelle

génération, à l'image de l'Audeze Penrose, refusant

l'exubérance pour privilégier la qualité et la

performance pures. Grâce à cela, le ROG Theta

Electret est un magnifique caméléon, aussi à l'aise

dans un jeu FPS survolté qu'avec de la musique

classique. Nous pourrions lui reprocher une

extension dans les basses perfectible, mais ce

casque ne s'effondre pas pour autant dans ce

registre, conservant une bonne assise, accentuée

par son très large espace acoustique. Reste que, à

l'image d'un vrai casque Hifi, il est assez exigeant

sur la source, alors que l'Audeze Penrose est livré

clés en mains, le tout avec une ergonomie plus

poussée.

Un casque vraiment réussi, même s’il ne se destine

pas à tous les publics. Brillant audiophile et très bon

joueur, se mariant d'autant mieux avec les sources

3D, le ROG Electret Theta est de la trempe des

meilleurs.

Spécifications

•Type : casque gaming à architecture hybride

•Coussinets : circum-auriculaires

•Transducteurs : électrodynamiques 45 mm et à électret

•Connectivité : filaire (jack)

•Compatibilité : prise jack

•Application dédiée : non

•Réponse en fréquence : 20 Hz – 40 kHz

•Poids : 555 g

Notre avis


AUDEZE

Penrose

Modèle dans la pure lignée du Mobius mais sans la 3D et

libéré de son câble USB, l'Audeze Penrose est un casque

gaming haut de gamme paré pour la next-gen, désireux de

démontrer la supériorité du transducteur planaire sur

l'électrodynamique classique.

par Guillaume Fourcadier

Une forme un peu brute, une ambition

presque intacte

Sur la forme, l'Audeze Penrose ne perturbera pas les

habitués du Mobius, puisque nous avons affaire à un

véritable faux jumeau. Il adopte une structure

principalement en plastique, pas luxueuse mais

plutôt élégante, est équipé de coussinets circumauriculaires

et de nombreux boutons de réglages.

Ce casque se veut aussi à l'aise sans fil (via un

dongle USB) qu'en Bluetooth ou en filaire (liaison

jack ou USB). Le Penrose existe en deux

déclinaisons, PC/Xbox et PC/PlayStation, ce qui lui

permet d'être paré pour la next-gen.

Soyons francs, la fabrication pourrait être encore

plus haut de gamme. Le plastique est dense, mais

quelques bruits structurels sont encore présents et

l'arceau conserve une certaine rigidité. Mais pas de

gros reproche à l'usage, la solidité est vraiment là.

Quant au confort, il pourrait être amélioré

également, bien que ce casque ne soit pas

extrêmement lourd (320 g). L'Audeze Penrose

répartit un peu trop le poids sur le sommet du

crâne, ce qui engendre une certaine pression lors de

longues sessions d'utilisation, sans que cela ne soit

trop dérangeant en pratique.

Application simple, son au-dessus du lot

À l'image du Mobius, l'Audeze Penrose peut être

utilisé seul ou via une application dédiée (PC en

mode USB, ou smartphone en mode Bluetooth)

baptisée AudezeHQ. Celle-ci permet d'accéder à

quelques réglages sonores.

Techniquement et acoustiquement, l'Audeze

Penrose met tout le monde d'accord. Ses larges

transducteurs planaires font un travail impérial, à

l'image d'un vrai casque Hifi, en affichant un niveau

de détails, une maîtrise et une assise dans les

basses irréprochables, le tout sans dévier de sa

signature sonore extrêmement équilibrée.

L'Audeze Penrose est brillant sur tout le spectre,

avec des médiums et des aigus tout en finesse,

jamais dans l'emphase ou l'absence. Il s'adapte

admirablement bien à tous les genres de jeux, sans

jamais paraître plat. Quant à la séparation des

différents détails, le Penrose se joue admirablement

des difficultés - sur des points clés comme les bruits

de pas, par exemple.

Notons tout de même que son espace sonore reste

un poil étriqué, manquant légèrement d'ampleur –

un constat revenant assez souvent sur les casques

planaires. Clairement, ce casque est taillé pour

fonctionner avec le moteur Tempest (audio 3D) de la

PS5, ou le système Dolby Atmos for Headphones

existant dans l'univers Windows. Nous avons pu le

tester avec ce dernier, pour constater que l'Audeze

Penrose est particulièrement convaincant sur les

jeux compatibles, prenant avec brio le relais du

Mobius, quelques raffinements en moins. Pour ne

rien gâcher, son microphone détachable est

d'excellente qualité.

Très audiophile et très joueur, l'Audeze Penrose est

un produit pour gamer exigeant, capable, en bonus,

de devenir un casque nomade (Bluetooth) de haut

vol. Pas loin de la perfection, donc.

Spécifications

•Type : casque gaming

•Coussinets : circum-auriculaires

•Transducteurs : planaires de 100 mm

•Connectivité : sans fil via dongle USB-A (compatible PC/

Xbox ou PS/PC), filaire jack et USB, Bluetooth

•Compatibilité : PC/Xbox (version Penrose X), PC/PlayStation

4-5 (version Penrose)

•Application dédiée : PC et Android

•Réponse en fréquence : 10 Hz – 50 kHz

•Poids : 320 g

Notre avis

300 €

ON-mag >> mars/avril 2021-2

23


TEST

AUDIO-TECHNICA

ATH-G1 et ATH-G1WL

Immense spécialiste des casques Hifi, des planes vinyles

et cellules Phono, le japonais Audio-technica a également

quelques billes placées dans l'univers du gaming, sachant

exploiter l'excellente qualité de ses transducteurs

maison. Avec les ATH-G1 et ATH-G1WL, nous avons deux

casques jumeaux, l'un filaire, le second sans fil (dongle

PC/Mac) avec quelques réglages supplémentaires. Deux

enfants surdoués ?

par Guillaume Fourcadier

180 €

260 €

Quelques points antiques, mais légers, ultra

confortables et solides

À la vue des deux modèles Audio-technica ATH-G1,

difficile de ne pas entrevoir le lien de filiation avec

l'ATH-MSR7 ou l'ATH-M50 : des coques ovales et

inclinées caractéristiques, de larges coussinets ; la

bonne vieille formule éprouvée de la marque

japonaise. Mais les ATH-G1 s'écartent un peu du

chemin tracé par leurs aînés pour se parer d'un

étrange arceau tout en acier noir, presque

entièrement ajouré. Une épure rétro assez élégante,

permettant aux deux casques de conserver une

vraie grande légèreté. Posés sur la tête, il est facile

de totalement les oublier. Ils procurent un confort

presque parfait, même lors de longues sessions

d'utilisation.

Si la finition n'est pas luxueuse en soi, elle reste

parfaitement dans la moyenne de ce que l'on attend

pour des produits de ce calibre : les ATH-G1 sont

solides et bien finis.

Sur la forme, certains détails montrent qu'Audiotechnica

est encore un peu conservateur : prise

micro-USB et simple compatibilité PC/Mac pour

l’ATH-G1WL, câble non détachable pour l’ATH-G1

et pas de réglage d'intensité du microphone dans

les deux cas.

Technicité d'un grand nom, réglages réduits

au minimum

Audio-technica ne propose pas ici d'application

dédiée, ce qui aurait par exemple permis de gérer

la spatialisation ou encore d'intégrer un égaliseur.

Elle aurait été utile, car il faut bien l'avouer, les deux

casques sont parfois difficiles à comprendre. Ils

partagent l'exacte même signature et la même

qualité sonore mais l'Audio-technica ATH-G1-WL

possède en plus un mode surround, qui peut être

activé par un clic sur le réglage de volume. Il est

totalement dispensable, élargissant un peu la scène

sonore mais rendant la restitution moins cohérente.

Sur la qualité des transducteurs, rien à redire, Audiotechnica

propose ce qui se fait de plus technique et

performant dans cette gamme de prix. Du détail,

des basses bien définies et enveloppantes, nous

24 ON-mag >> mars/avril 2021-2

avons bien affaire à une partie sonore optimisée par

un Chef.

Mais le constructeur a pris le parti de l'ancienne

école des casques gaming, avec un équilibre tonal

trop expressif et assez bosselé, montrant une bonne

emphase dans les basses, un bon pic dans les aigus

autour de 8-10 kHz, et surtout quelques creux

marqués. Les deux casques en mettent plein les

oreilles, mais auraient gagné à rester un peu plus

sobres, car ils deviennent vite fatigants, surtout à

fort volume.

La recette fonctionne sur les genres spectaculaires

(avec tout de même un peu d'agressivité) mais peut

manquer de finesse sur d'autres. La scène sonore

est quant à elle très large, même si elle n’est pas

extrêmement profonde. Enfin, la qualité du

microphone reste en deçà de ce que nous pourrions

attendre dans cette gamme de prix. Il manque un

peu de nuance et sature particulièrement vite.

Difficile à juger, les Audio-technica ATH-G1 et ATH-

G1WL sont très solides techniquement, d'une

puissance impressionnante, mais s'éloignent un peu

trop de leurs racines Hifi, tout en étant assez

pauvres en matière d'ergonomie.

Spécifications

•Type : casques gaming

•Coussinets : circum-auriculaires

•Transducteurs : électrodynamiques de 45 mm

•Connectivité : jack (ATH-G1), sans fil via dongle USB-A

(ATH-G1WL)

•Compatibilité : PC (ATH-G1WL), tout (câble jack de

l’ATH-G1)

•Réponse en fréquence : 5 Hz à 40 kHz

•Poids : environ 260 g

•Prix ATH-G1 : 180 euros

•Prix ATH-G1WL : 260 euros

Notre avis


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TEST

JBL

Quantum One

Porté par une ambion folle, le JBL Quantum One se

place au sommet de la nouvelle gamme gaming du

géant JBL. Modèle filaire (USB et jack), compable PC

et console, avec réducon de bruit, son 3D et tracking

des mouvements de la tête, ce casque pour gamers

fous est ce qui se fait de plus complet en la maère.

par Guillaume Fourcadier

250 €

Un casque aux fonctions pléthoriques,

lumineux à défaut d'être ultra distingué

Difficile de faire plus brut que le Quantum One. Ce

monstre de plastique est tout sauf élégant (mais

cela dépend des goûts). Sa structure est le résultat

d'un empilement de différentes couches, ce qui lui

donne des allures de petit cyborg dépenaillé.

Pourtant, la finition est excellente et la construction

sans faille, ne laissant entendre aucun petit bruit de

structure pendant l'utilisation, tandis que les divers

boutons sont d'une très bonne qualité. Brut donc,

mais sérieux. Cette approche est surtout secondée

par un très beau système d'éclairage par LED RVB,

présent à la fois sur le plat des coques et dans un

liseré serpentant sur ses bordures. Pas forcément

utile, mais cela élève un peu le niveau d'élégance et

lui confère un look très gaming.

Le confort est acceptable, avec une bonne

répartition du poids sur le crâne et des coussinets

très enveloppants, mais le serrage reste un peu trop

important pour les grosses têtes.

JBL met clairement le paquet sur l'ergonomie et les

commandes. En plus d'un fonctionnement en jack et

en USB (mode principal), pour une compatibilité

avec tous les systèmes classiques (PC et toutes les

consoles), le casque Quantum One possède de

nombreux boutons de réglages (ANC/antibruit,

mode TalkThru/retour sonore, volume, centrage des

gyroscopes) et il est livré avec beaucoup

d'accessoires, comme son câble USB avec molette

de basculement jeu/tchat. Un microphone

détachable, d'assez bonne qualité, vient compléter

la dotation.

Expérience sonore totale, avec juste

quelques réserves

Centre de contrôle pour le casque (uniquement PC),

le logiciel QuantumEngine est particulièrement

brillant. Simple, clair, il permet d'accéder à tous les

réglages et configurations du JBL Quantum One,

avec égaliseur 10 bandes en tête. Clairement, cela

permet au casque de corriger ses quelques défauts

et de se démarquer de la plupart de ses

concurrents.

Les transducteurs de 50 mm sont de bonne qualité,

délivrant un niveau de détails et une immersion

sonore réussis, avec un équilibre tonal assez porté

sur les basses. Pas envahissantes, loin d'être aussi

marquées que sur le Stealth 700 Gen 2 de Turtle

Beach, les basses peuvent tout de même entraver

légèrement l'expérience. Néanmoins, le JBL

Quantum One, à défaut d'être audiophile, est tout à

fait correct dans son approche musicale. Nous

regrettons juste une gestion un peu oscillante des

aigus, petit défaut qu'il est possible de corriger via

l'égaliseur.

Présentés comme de véritables expériences 3D, les

modes DTS et QuantumSphere 360 (mode 3D

maison) sont encore un peu timides pour nous

convaincre réellement. La représentation sonore,

avec tracking des mouvements de la tête (mode à

calibrer via un microphone fourni), même si elle est

loin d’être gadget, reste un bon cran en dessous de

celle de l'Audeze Mobius.

Extrêmement complet, compatible avec tout ce qui

existe sur le marché, le JBL Quantum One propose

une solide expérience, pour un tarif honnête. Avec

un peu d'amélioration, il pourrait être aussi

convaincant que le Mobius d’Audeze.

Spécifications

•Type : casque gaming

•Coussinets : circum-auriculaires

•Transducteurs : électrodynamiques de 50 mm

•Connectivité : filaire (USB et jack)

•Compatibilité : PC et consoles (PlayStation, Xbox, Nintendo

Switch)

•Application dédiée : PC et Android

•Réponse en fréquence : 20 Hz à 40 kHz

•Poids : 369 g

Notre avis

26 ON-mag >> mars/avril 2021-2


JVC

1000 €

Exofield XP-EXT1

Ovni cinématographique de salon, le JVC Exofield XP-EXT1 n'est pas juste un

casque mais un ensemble constué d'un boîer de traitement électronique et

d’un casque. Desné à reproduire un son home cinéma/3D à parr de n'importe

quelle source, ce système ultra ambieux et très dispendieux nous promet une

immersion sonore totale, que ce soit avec les films ou les jeux vidéo.

par Guillaume Fourcadier

Un système complet, casque + boîtier

émetteur, plus technologique que luxueux

Bien plus cher que les autres modèles de notre

dossier comparatif, l'ensemble JVC Exofield n'est

pas pour autant présenté comme un produit

luxueux - seulement très technologique. Ainsi

n’utilise-t-il pas de matériau vraiment noble ou

même de qualité un peu supérieure à la moyenne.

La présentation du boîtier émetteur, fonctionnant

comme un hub, est franchement cheap par

exemple, tout en plastique assez léger pour une

telle gamme de prix.

Le casque, au moins, est déjà plus sérieux. Très

sobre, il propose quelques envolées métalliques et

une structure plus dense. Sa fabrication pourrait être

encore supérieure, mais nous n'avons pas de gros

reproche à lui faire.

Le casque JVC XP-EXT1 n'est pas le plus léger du

monde (330 g), mais son poids est assez bien

réparti. Sans être un roi du confort, il est

suffisamment bien pensé pour de longues sessions

d'utilisation.

Clés en main, 3D autonome, expérience totale

Marketé pour le home cinéma et le jeu vidéo, le

système JVC Exofield XP-EXT1 fonctionne de

manière totalement autonome, les divers réglages

passant par le boîtier et par le casque. Le boîtier

permet de raccorder trois sources HDMI, une source

audionumérique optique par prise Toslink et une

source analogique sur une paire de prises RCA. Le

tout est complété par une sortie audionumérique

optique. On a affaire à un véritable petit centre de

contrôle, d'une grande simplicité d'utilisation.

Que ce soit pour les films ou les jeux, le principe est

à peu près le même : le JVC Exofield XP-EXT1

émule tout type de sources (stéréo comme

multicanal) pour un rendu 3D/Atmos, mais préfère

un maximum de canaux à la source. Le rendu

"Exofield" peut ainsi être activé (largement

préférable) ou désactivé (rendu stéréo classique).

Efficace ? Oui, clairement. Le casque délivre, en

particulier sur les jeux du type FPS (vue subjective),

un rendu 3D impressionnant. Le son est ultra

immersif et peut, suivant les sources et les jeux,

vraiment donner une illusion très réaliste.

Forcément, cette émulation a ses limites, le JVC

Exofield XP-EXT1 présente parfois quelques défauts

dans les effets de réverbération. De même,

l'émulation n'est vraiment faite que pour les

expériences grandioses, pas pour les jeux à la

localisation sonore peu marquée. Mais en

désactivant le mode Exofield, le casque JVC nous

laisse une signature sonore assez étrange,

beaucoup trop expressive (avec une réponse en V

extrêmement marquée), manquant de finesse pour

un produit à ce tarif.

Antithèse de l'Audeze Penrose, le système JVC

Exofield peut transformer chaque petite action en

un déluge sonore électrique, tout comme il peut

paraître inutilement exubérant. Certainement pas

audiophile, l'ensemble JVC Exofield est un peu plus

à l'aise pour traiter la bande-son des films que le

son des jeux, mais conserve dans les deux cas un

niveau de détails prodigieux.

L’ensemble JVC XP-EXT1 ne s’adresse pas à tout le

monde, mais il est l'un des rares systèmes 3D

vraiment immersif, aussi bien taillé pour le home

cinéma que pour le jeu. Reste que son prix nous

semble un peu élevé.

Spécifications

•Type : ensemble home cinéma et gaming, boîtier +

casque circum-auriculaire

•Transducteurs : électrodynamiques de 40 mm

•Connectivité : Hub avec 3 entrées HDMI, 1 entrée

numérique optique, 1 entrée analogique RCA, 1 sortie

numérique optique

•Compatibilité : de stéréo à DTS:X/Dolby Atmos

•Emulation : 7.2.4

•Réponse en fréquence : non précisée

•Poids du casque : 330 g

Notre avis

ON-mag >> mars/avril 2021-2

27


TEST

LOGITECH

G733

Se posionnant plutôt dans le milieu de

gamme des casques gaming, le G733 est le

best-seller de Logitech. Un casque sans fil

encore accessible, mais proposant une

expérience complète.

par Guillaume Fourcadier

150 €

Légèreté extrême, confort parfait, éclairage

RVB festif

Tout fait de plastique peu dense, le casque de

Logitech n'est pas spécialement impressionnant,

tout en conservant une construction étonnamment

sérieuse, ne manifestant pas vraiment de bruit de

structure pendant sa manipulation. Mais surtout, sa

grande légèreté (278 g) et son large bandeau

élastique lui permettent d'être royal lors de très

longues sessions d'utilisation. Cela va de pair avec

des coussinets circum-auriculaires revêtus de tissu,

doux et respirant.

Coloré, le Logitech G733 est également porté sur

les lumières, réparties en deux bandes de Leds RVB

à l'avant des deux coques. Ces Leds

programmables restent assez amusantes, mais

peuvent tout de même croiser le regard

périphérique, ce qui peut légèrement gêner.

Le Logitech G733 fonctionne sans fil via l'utilisation

d'un dongle propriétaire de type USB-A, qui lui

permet d'être compatible PC, Mac et PlayStation 4.

La next-gen semble donc ignorée (mais cela peut

dépendre des mises à jour des consoles).

Nous ne déplorons aucun gros manque au niveau

ergonomique. Le volume est facilement accessible

via une molette et la marque ne s'égare pas dans un

excès de boutons. Le microphone, détachable et

flexible, pourrait tout de même être un peu plus

travaillé, sa souplesse et son amplitude étant assez

faibles et sa sonorité simplement correcte pour la

gamme de prix.

Une application et des réglages complets,

une sonorité étonnamment équilibrée

Logitech n'est pas un petit nouveau en la matière ;

cela se traduit par son logiciel G Hub adapté à

pratiquement tous ses produits gaming. Très clair,

bien pensé et surtout complet, celui-ci est vraiment

un incontournable compagnon pour le casque

G733, et l'un des meilleurs logiciels du genre. Il est

ainsi possible de régler les lumières, d'égaliser le

son du casque et même d'accéder à une interface

pour le son 3D. Rien à redire.

En jeu, l'expérience sonore est à la fois satisfaisante

28 ON-mag >> mars/avril 2021-2

et équilibrée, presque trop sage même. Clairement,

le Logitech G733 est l'un des casques les plus

mesurés et polyvalents de sa catégorie. Passepartout

donc, mais il peut sembler un peu plat face

aux explosions, aux grondements de moteurs, en

tous les cas pour un public habitué aux casques

gaming classiques plus démonstratifs. Bien qu'il ne

soit pas aussi bon que les Audio-Technica ATH-G1

au niveau des pures performances techniques, sa

signature sonore plus naturelle lui permet d'être

bien plus polyvalent et agréable à la longue.

Le Logitech G733 profite également de l'émulation

DTS Headphone:X 2.0 via le logiciel Logitech G

Hub, qui reproduit un son 3D façon DTS:X. Le

principe est louable, mais le casque prend le parti

du naturel absolu, ce qui assure une excellente

cohérence de l'espace sonore mais sans ajouter une

vraie sensation de 3D ; cela dit, la spatialisation est

déjà assez convaincante de base.

Si sa frilosité apparente ne lui permet pas d’égaler

les meilleurs, le Logitech G733 reste un produit très

recommandable. Confortable et très naturel, il plaira

clairement aux adeptes d'équilibre sonore. Une

belle proposition, fort abordable.

Spécifications

•Type : casque gaming

•Coussinets : circum-auriculaires

•Transducteurs : électrodynamiques de 40 mm

•Connectivité : sans fil via dongle USB-A

•Compatibilité : PC (Windows/Mac), PlayStation 4 (sans

l’option DTS Headphone)

•Application dédiée : PC

•Réponse en fréquence : 20 Hz à 20 kHz

•Poids : 278 g

Notre avis


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TEST

TURTLE BEACH

Stealth 700 Gen 2

Grande marque de l'univers du gaming, Turtle Beach

possède un écosystème parculièrement riche. Son

Stealth 700 Gen 2 est un casque très ambieux. Ce

modèle sans fil décliné en deux versions (PC/Xbox et PS4)

se permet des escapades en audio nomade grâce à sa

puce Bluetooth. Le genre de produit de qualité et très

polyvalent.

par Guillaume Fourcadier

Simple et solide, prêt pour les jeux comme

pour l'audio nomade

Bien que son orientation gaming ne fasse aucun

doute pour les connaisseurs, le Turtle Beach Stealth

700 Gen 2 pourrait presque passer pour un gros

casque nomade dédié à l’écoute de musique. Pas

de LED ou de folles embardées esthétiques ; ce

modèle est assez sobre, presque absorbé par ses

tons noirs.

Bien que principalement en plastique, sa

construction très dense et son bon assemblage le

placent parmi les bons élèves, même si quelques

bruits structurels demeurent lors des manipulations.

Un peu rigide (pour les grosses têtes) et assez lourd,

il offre néanmoins un confort tout à fait valable,

emmené par des coussinets larges et très épais. Une

expérience plutôt à la hauteur de la promesse, qui

ne tranche décidément pas avec les habitudes de la

marque.

Les commandes passent toutes par le côté gauche,

où se regroupent les boutons et molettes : molette

de volume et de réglage du casque, mode sonore

(égalisation), allumage/extinction, bouton

Bluetooth, appairage sans fil. La prise en main n'est

clairement pas immédiate, mais un peu

d'entraînement suffit pour maîtriser ces

commandes. En Bluetooth, le casque se comporte

comme un modèle classique, même si l'ergonomie

est un peu brute pour du nomade. Cette fonction,

pas forcément très développée ailleurs, reste un

sacré avantage.

Notre modèle de test étant une version "Xbox", il

fonctionne avec le protocole Microsoft Wireless,

disponible sur Xbox et sur les PC équipés d'un

dongle dédié (quelques rares PC intègrent ce

protocole en standard). Notons qu'une version

PlayStation existe également. Pour les utilisateurs

des deux univers, il faut malheureusement faire un

choix. Dommage de ne pas avoir poussé encore un

peu plus loin la polyvalence.

Un son très puissant, raffinement en option

Plug and Play, le casque fonctionne seul, mais

bénéficie d'une application dédiée Android/iOS/PC,

30 ON-mag >> mars/avril 2021-2

150 €

baptisée Audio Hub. Elle n’est pas extrêmement

riche mais permet tout de même quelques réglages,

comme la gestion du volume du bon microphone

rabattable, ou la mise en place des modes sonores

(pas extrêmement utile).

Se basant sur des transducteurs de 50 mm, le Turtle

Beach Stealth 700 Gen 2 crache littéralement la

foudre sonore, même dans son mode audio le plus

"équilibré". Très basseuse, plutôt en V, sa réponse

en fréquence accentue fortement le côté

sensationnel des jeux, ce qui fonctionne dans bien

des cas et chez un certain nombre d'utilisateurs.

Forcément, cela se paie sur le côté audiophile, avec

quelques effets de voiles dans l'écoute, limitant le

niveau de détails. Au moins, le casque n'est-il pas

trop agressif, juste extrêmement expressif.

Sa signature sonore "à l'ancienne" met en avant ses

limites techniques, face au duo ATH-G1 d'Audiotechnica

par exemple, mais le casque Turtle Beach

Stealth 700 Gen 2 compense assez bien cela en

étant moins fatigant qu'on ne pourrait le penser. Un

casque complet, confortable, très solide et

extrêmement puissant, mais qui aurait pu prétendre

aux sommets avec un peu plus de retenue dans sa

signature sonore.

Spécifications

•Type : casque gaming

•Coussinets : circum-auriculaires

•Transducteurs : électrodynamiques de 50 mm

•Connectivité : sans fil (Xbox Wireless)

•Compatibilité : Xbox/PC (via dongle non fourni), PlayStation

(version Stealth PS)

•Application dédiée : PC et Smartphone

•Réponse en fréquence : 20 Hz à 22 kHz

•Poids : 453 g

Notre avis


ViVent les libellules !

Superbe !

La Libellule Noire DragonFly Black €99.95

“Avec la Libellule (“DragonFly”), AudioQuest a

créé un moyen simple et abordable d’atteindre

le haut de gamme pour une nouvelle génération

d’auditeurs, ainsi que le produit parfait pour le

système audio personnel de tout audiophile.”

— Robert Harley, The Absolute Sound

Ou mieux encore!

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Black”) figurent parmi les meilleurs exemples d’hifi

pour Monsieur Toutlemonde à jamais avoir été

publiés dans notre revue. Leurs valeurs de quotient

explosent le cadran. ”

— John Darko, Darko.Audio

Et le top du top !

La Libellule Cobalt (“DragonFly Cobalt”) €299.95

La Libellule Cobalt (“DragonFly Cobalt”) rassemble tout ce que les auditeurs

aiment dans la gamme Libellule (“DragonFly”), le son superbement dynamique

et séducteur, dont elle améliore la mise au point tout en enlevant le duvet et le

brouillard dont l’auditeur n’avait même pas conscience jusqu’à ce qu’il

ne l’entende plus ! La Cobalt dispose de la même tension de

sortie 2.1 capable de tout lire que la Rouge, avec son

contrôle de volume numérique à bit parfait, une

qualité de rendement MQA exceptionnelle et

une compatibilité parfaitement fluide avec les

appareils Apple et Androïd.

Quelques ingrédients importants qui

expliquent la performance de Cobalt qui lui

permet aujourd’hui de créer un précédent en

la matière :

• La puce ESS ES9038Q2M DAC dotée

d’un filtre de phase minimum à coupure

progressive permettant un son plus naturel.

• La micropuce PIC32MX274 microprocesseur réduit

l’appel de courant et augmente la vitesse de traitement de

33% par rapport aux Libellules Noire et Rouge (DragonFlys Black

and Red).

• Un système d’alimentation et de filtrage amélioré, conçu spécifiquement pour

réduire les bruits de fond cellulaires ou encore ceux dus au Wifi ou au Bluetooth.

• Comporte un adaptateur Queue de libellule DragonTail USB-C vers USB-A

modulable. Toutes les Queues de Libellule (DragonTails) utilisent les câbles USB à

teneur en carbone de chez AudioQuest.

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LES

CASQUES


TEST

AUDIO-TECHNICA

700 €

34 ON-mag >> mars/avril 2021-2


ATH-WP900

Casque filaire mais d'aspiraon nomade, dans la lignée des mythiques ATH-ESW9 ou

ATH-ES10, l'Audio-technica ATH-WP900 reprend la même recee pour parvenir à la

quintessence sonore. Il s'agit d'un modèle premium, représentant luxueux d'un univers

assez restreint, celui du casque audiophile nomade haut de gamme.

par Guillaume Fourcadier

Pas irréprochable, mais tellement à part

L'argument principal de ce casque est

immanquablement le couple design/fabrication.

Audio-technica dote l’ATH-WP900 de coques en

érable flammé soigneusement sélectionné. Les

motifs splendides, mis en valeur par un épais vernis

brillant, donnent au bois sa belle teinte "Sunburst"

caractéristique de certaines guitares.

La fabrication se modernise assez clairement par

rapport aux anciens modèles Audio-technica de la

série ESW, avec une sellerie et une structure plus

travaillées. Dommage cependant qu'il reste de

nombreuses pièces en plastique, notamment le

cerclage des coques, car cela donne un résultat

général un peu mitigé pour un tel prix.

Au moins, le confort est irréprochable. Les

coussinets circum-auriculaires des oreillettes sont

certes un peu menus pour les grandes oreilles, mais

ce casque de 243 g est un poids plume. L'isolation

phonique, un peu moyenne, cantonne l'ATH-WP900

avant tout à une utilisation dans des

environnements calmes ou moyennement bruyants.

distiller le moindre détail sans aucune difficulté, tout

en nuance. À l'opposé du spectre, les aigus sont

placés en avant mais de façon très pondérée, ce qui

apporte un grain clair et incisif à l'écoute.

Si la scène sonore est encore loin d'égaler celle de

vrais casques Hifi ouverts de cette gamme de prix,

en partie à cause du volume de charge acoustique

restreint, elle reste profonde, avec une excellente

séparation des instruments.

En résumé

Musical et technique, le casque nomade audiophile

Audio-technica ATH-WP900 constitue clairement

une montée en gamme par rapport aux anciens

modèles des série ESW et ES, sans pour autant

trahir leur personnalité sonore atypique. On a là un

produit exclusif, sans doute un peu trop cher pour

ses pures performances sonores, mais l'un des

casques nomades les plus désirables du marché de

par sa musicalité et ses coques en bois à la finition

de guitare électrique.

Signature sonore en "W", en mode

rentre-dedans

Mieux armé que ne l'étaient les ESW9 ou ES10,

l'Audio-technica ATH-WP900 utilise de nouveaux

haut-parleurs de 53 mm avec membrane revêtue de

carbone amorphe.

Cette base détonante lui permet d'afficher un

niveau de technicité sonore bien supérieur aux

casques nomades classiques. Sa signature sonore

en "W" est particulière, assez éloignée de la norme,

mais lui permet d'afficher une personnalité à part,

sans exagération ou manque flagrant.

Légèrement chaud dans sa transcription, voire un

peu gras, l'ATH-WP900 conserve pourtant une

bonne clarté, ainsi qu'un tranchant et une énergie

réjouissants, le tout sans agressivité ou artificialité.

Un peu en retrait sur les voix masculines, plus en

avant sur les voix féminines, ouvert et puissant mais

pas agressif, l'ATH-WP900 est un candidat parfois

dur à appréhender, mais qui sait se faire caméléon

pour qui accroche à son caractère sonore

hétérogène. S'il fallait synthétiser, nous parlerions

d'un casque très rock/électro, puissant et tranchant

mais avec une merveilleuse maîtrise.

Les basses sont d'une qualité rare pour un produit

nomade, le large transducteur permettant de

Spécifications

•Type : casque fermé nomade

•Coques en érable flammé sélectionné par le luthier

japonais Fujigen

•Transducteurs : 53 mm avec membrane DLC

•Réponse en fréquence : 5 Hz – 50 kHz

•Impédance : 38 ohms

•Sensibilité : 100 dB/mW

•Puissance max admissible : 1 000 mW

•Poids : 243 g

•Câbles (détachables à connectique A2DC) : un câble à

terminaison jack 3,5 mm, un câble à terminaison jack

4,4 mm

•Housse de transport souple fournie

Notre avis

Construction

Performances

Confort

Musicalité

ON-mag >> mars/avril 2021-2

35


TEST

AUSOUNDS

AU-XT ANC

Sur le marché très bataillé du casque Bluetooth

circum-auriculaire à réducon de bruit ou règnent en

maîtres, sans trop de partage, les Sony WH-

1000Xm4, Bose Headphones 700 ou Jabra Elite 85h,

la marque américaine Ausounds s'efforce d'apporter

une alternave compéve. Disponibles depuis peu

en France, ses modèles affichent des arguments

techniques et esthéques, mais également des prix

agressifs pour espérer taquiner les cadors.

par Manuel Courbo

220 €

La marque Ausounds vient tout juste d'arriver en

France. Cette société américaine, créée en 2019, est

toute jeune, mais rassemble à sa tête une demidouzaine

de vieux briscards de l’audio venant de

marques comme Audeze, Monster, Harman Kardon,

Beats, McIntosh ou KEF.

Le casque Ausounds AU-XT ANC a vraiment un bon

look avec son dessin sobre, épuré et discret. Il

affiche une apparence plus décontractée que

certaines autres productions américaines et moins

ostentatoire que certaines références anglaises.

Accusant 245 grammes sur la balance, ce qui le

classe dans la fourchette basse, mais pas comme le

roi de sa catégorie, l'Ausound AU-XT ANC est très

confortable même pour des séances d'écoute

prolongées. Les mousses des oreillettes circumauriculaires

sont de forme bien enveloppante et

respirantes. Elles n’occasionnent pas de sensation

d’enfermement, de frottement, d'irritation ou de

chaleur. Il est d’ailleurs à noter au passage qu’une

fois en place, ce casque offre une isolation

phonique passive étonnante.

Les coussinets des oreillettes sont revêtus de "cuir

protéiné" ou pleather, c'est-à-dire une matière

100 % synthétique. Elle est associée à une mousse à

mémoire de forme qui remplit parfaitement son rôle

pratique et ergonomique.

Malgré un aspect tout plastique, la fabrication et la

finition de ce casque semblent fort sérieuses et sans

approximation. Les réglettes de hauteur graduées

des oreillettes sont en métal et s’intègrent

parfaitement dans l’arceau avec juste ce qu'il faut de

résistance et les petits clics de circonstance

lorsqu'on modifie les réglages.

Pour son rangement et son transport, l'Ausounds

AU-XT ANC se la joue façon DJ. Ses oreillettes se

replient et reviennent vers l’intérieur de l'arceau afin

d'obtenir un encombrement minimal. Seul petit

bémol ergonomique, le casque Ausounds possède

un arceau un peu large. Selon les têtes, son

maintien est plus assuré par la pression exercée par

les oreillettes que l'appui de l'arceau sur le dessus

du crâne.

36 ON-mag >> mars/avril 2021-2

Un son à la fois musclé, clair et vif

De prime abord, ce casque nous est apparu comme

assez basseux, une sensation qui s’est confirmée à la

longue, sans que ce penchant un peu chargé ne

nuise ni à la l'intelligibilité du son ni au plaisir

d’écoute. Ce qui est étonnant, c’est que l'Ausounds

AU-XT ANC réussit en parallèle à délivrer des aigus,

des voix, des détails dans le haut du spectre avec

une belle clarté et une bonne précision.

Sur le morceau d’Alpha Blondy "I Wish You Were

Here", reprise reggae "biniouisante" d'un morceau

des Pink Floyd, dès le démarrage, les deux guitares

sèches surgissent avec une propreté et une clarté

saisissantes. Elles sont ensuite rapidement rejointes

par la basse façon Rasta et la voix si particulière et

évocatrice d’Alpha Blondy. C'est un régal.

Quant à l’efficacité du système de réduction du bruit

de l'Ausounds AU-XT ANC, elle s’avère correcte.

Nous avons longuement éprouvé ce casque dans

les transports en commun et, associé à l'isolation

phonique passive excellente, le mode antibruit

(ANC) remplit bien son office. Son action ne semble

pas étriquer le son. Celui-ci devient même un peu

plus clair, sans qu’on note de sensation désagréable

ou limitative lors du déclenchement de ce mode.

Spécifications

•Type : casque Bluetooth 5.0, antibruit

•Transducteurs : 40 mm, dynamiques au graphène

•Autonomie annoncée en utilisation : 30 h

•Connectique : USB-C (recharge) et mini jack

•Étanchéité : IPX4

•Accessoires fournis : câble mini jack de 3,5 mm, câble de

charge USB-C, prise avion, pochette de rangement en

matière plastifiée semi-rigide

•Poids : 245g

Notre avis



TEST

AUSTRIAN

Hi-X55

Créée en 2017 par des anciens d'AKG, la

marque Austrian Audio est un peu le "AKG tel

qu'il aurait pu être". En plus de ses deux

microphones haut de gamme déjà réputés, le

jeune constructeur autrichien propose deux

casques desnés au secteur pro. Le Hi-X55 testé

ici est un modèle circum-auriculaire des plus

intrigants.

par Guillaume Fourcadier

Simple, mais pour très longtemps

Peu de choses débordent de ce casque d'un point

de vue design, ce qui est plutôt une bonne chose.

L'Austrian Audio Hi-X55 repose sur une forme

familière, mais de petits détails lui permettent de se

démarquer. De loin, il ressemble à un casque de

monitoring/mastering quelconque. De près,

l'expérience est beaucoup plus positive.

Sobre mais pas inélégant, il s'appuie sur une qualité

de fabrication tout à fait admirable. Quelques

pièces sont en plastique dense, mais l'essentiel de

sa structure pliable et ses points cruciaux sont taillés

dans le métal. Les branches reliées aux coques, le

réglage de la hauteur, les éléments de torsion, tous

sont en aluminium et impeccablement assemblés.

Même bonne surprise concernant l'arceau, composé

d'une large lame d'acier. Le repose-tête et les

coussinets, habillés de similicuir, sont eux aussi

d'excellente facture. Enfin, la connectique jack est

spécialement pensée pour éviter les torsions, car

moulée dans une excroissance. Un casque prêt à

affronter les années.

À cela s'ajoute un excellent confort et une très

bonne isolation phonique, portés par des coussinets

larges et profonds. Un casque sobre, mais à la

conception presque parfaite.

Un casque ou une loupe sonore ?

Destiné à l'univers studio, l'Austrian Audio Hi-X55

est surtout taillé pour l'écoute analytique et non

purement musicale. Ses transducteurs de 44 mm,

100% développés par Austrian Audio, sont là pour

faire ressortir les moindres détails et imperfections

des enregistrements.

Une réussite sur ce point, puisque ce casque répond

exactement à ce que l'on peut attendre d'un

produit professionnel. Dans la même veine que le

mythique Sony 7506, en plus technique et moins

neutre, le Hi-X55 est une machine à détails, aussi

percutante et précise que l'exige sa fonction.

Proposant une scène sonore particulièrement large

même si elle s’avère peu profonde, ce casque

38 ON-mag >> mars/avril 2021-2

accentue suffisamment les fréquences clés pour

créer une excellente séparation des instruments.

Beaucoup plus sec que rond, il demeure d'une

extrême rigueur dans le bas du spectre. Puissant,

incisif, intransigeant, l'Austrian Audio Hi-X55 n'est

pas ce que l'on peut appeler un casque musical,

bien qu'il se permette, à volume modéré et sur

certains enregistrements, de ne pas être un si

mauvais élève.

Avec son Hi-X55, la marque a choisi de ne pas

s'essayer sur la neutralité, très loin de là, mais de

jouer avec les accentuations afin de créer un rendu

des plus analytiques, quitte à exagérer certains

détails. Cette démarche divisera forcément, surtout

au sein des amateurs de création sonore, mais fait

partie de l'identité de ce casque. L'Austrian Audio

Hi-X55 est une très belle réussite dans son genre,

mais n'est clairement pas fait pour tout le monde.

Son approche l'oriente presque exclusivement vers

un usage professionnel.

Spécifications

•Type : casque fermé professionnel

•Transducteur propriétaire de 44 mm

•Réponse en fréquence : 5 Hz – 28 kHz

•Impédance : 25 Ohms

•Sensibilité : 118 dB/mW

•Puissance max admissible : 150 W

•DHT(1 kHz, pas de précision sur la puissance) < 0,1%

•Poids (sans câble) : 305 g

•Inclus : câble avec terminaison jack 3,5 mm de 3 m,

adaptateur jack 3,5 mm vers jack 6,35 mm, pochette de

transport souple

Notre avis

300 €



TEST

BANG & OLUFSEN

Beoplay H95

Marque de luxe ou fabricant audio ?

Bang & Olufsen a toujours joué avec ce

fragile équilibre, maniant une image

exclusive et une tarificaon

généralement plus élevée que la

moyenne. Le casque sans fil à réducon

de bruit Beoplay H95 ne semble pas prêt

à inverser cee tendance, puisqu'il se

présente comme une accentuaon du

précédent H9 3ème gen. Matériaux

nobles, ergonomie avancée, sonorité

haut de gamme, mais tarificaon qui

verse dans la démesure ; le Beoplay H95

réussit-il son pari insensé ?

par Guillaume Fourcadier

800 €

Une classe au-dessus des autres

Ne tournons pas autour du pot, sur la forme, le

Bang & Olufsen Beoplay H95 est ce qui se fait de

plus impressionnant. Structure presque entièrement

en aluminium, bandeau et coussinets en cuir de

qualité, molettes crantées en aluminium et design

vraiment étudié : on a presque affaire à une œuvre

d'art. Nous pouvons seulement regretter qu'il ne

soit disponible qu'en noir et en gris/blanc, l'école

scandinave restant ici sur des coloris très ternes.

La forme est bien là et l'assemblage suit, presque

irréprochable. Le Beoplay H95 est à la fois luxueux

et moins froid qu'il n'y paraît de prime abord. Bang

& Olufsen a clairement monté le niveau d'un cran

par rapport à la concurrence. Seul le MW65 de

Master & Dynamics n'est pas très éloigné, un

casque comme le B&W PX7 optant quant à lui pour

une autre orientation. Le B&O H95 peut surtout se

plier, ce qui n'était pas le cas des modèles

précédents, et peut se mettre à plat. Cela lui permet

de parfaitement rentrer dans son bel étui de

transport dédié, tout en aluminium.

Le confort n'est pas aussi brillant, ne pouvant pas

rivaliser avec celui d’un Sony WH-1000Xm3 ou d’un

40 ON-mag >> mars/avril 2021-2

Bose Headphones 700. Mais, d'une part ce confort

reste d'un excellent niveau, les coussinets étant bien

larges et enveloppants, d'autre part cet écart vient

principalement du poids plus important (323 g pour

le Beoplay H95 contre environ 250 g pour les

autres), ce qui est certainement lié à sa structure en

aluminium.

Ergonomie profonde, de Surface

L'ergonomie est assez réjouissante, puisque la

marque a eu la bonne idée de combiner la

navigation habituelle, entièrement tactile, avec un

système de molettes cerclant les deux coques, à la

manière d'un Microsoft Surface Headphones. L'une

de ces molettes est assignée au réglage du volume,

l'autre à la réduction de bruit/retour sonore. Leur

fluidité est assez bonne, avec quelques micro

frottements perceptibles.

Le Bang & Olufsen Beoplay H95 est compatible

avec la nouvelle application Bang & OIufsen, épurée

et plutôt utile, même si elle ne s’avère pas

indispensable. En plus de pouvoir mettre à jour le

casque et gérer quelques paramètres, elle permet

d'appliquer un panel d'égaliseurs prédéfinis, ou de


jouer avec une "roue d'égalisation" assez

déroutante, mais efficace.

Cerise sur le gâteau, la connexion est multipoint, ce

qui permet au B&O H95 de se connecter en profil

audio sur deux produits à la fois.

Réduction de bruit et autonomie en progrès

La réduction de bruit du précédent casque Beoplay

H9 (3ème gen) était déjà efficace, mais tout de

même assez loin d’atteindre les performances des

ténors, en particulier dans les basses fréquences. Ici,

Bang & Olufsen corrige largement ce défaut pour se

hisser, non pas au niveau du champion Sony, mais à

un niveau déjà assez élevé.

Sans nous couper du monde extérieur, la réduction

de bruit est déjà efficace dès les 40-50 Hz, et

parvient à tenir un niveau à peu près régulier de 20

voire 25 dB jusqu'aux aigus (1 kHz). Passée cette

gamme de fréquences, l'isolation passive prend le

relais. Là aussi, le progrès en matière d’atténuation

par rapport au modèle précédent est assez tangible,

même s’il pourrait être plus marqué à notre goût.

Nous avons donc affaire à un casque dont le

système antibruit n'est certes pas aussi

impressionnant que celui d'un Sony WH-1000xm3,

mais se tient parfaitement.

B&O introduit également un algorithme de

réduction adaptative du bruit, qui en l'état nous

semble très perfectible, mais valable dans quelques

situations. Mieux vaut pour le moment rester sur la

méthode manuelle.

Le mode Ambiant (retour sonore) pourra

légèrement perturber, car il s'axe sur une

reproduction des voix, tout en conservant la

réduction de bruit dans les basses fréquences.

Annoncée à 38 h avec réduction de bruit active,

l'autonomie atteint environ 35 h en pratique. Un

résultat pour le moins excellent.

Une sonorité vivante et titanesque

Nous ne pouvons passer sous silence un point

extrêmement fâcheux : l'impossibilité d'utiliser le

Bang & Olufsen Beoplay H95 en mode filaire passif,

c’est-à-dire éteint. Un choix vraiment

incompréhensible, surtout à un tel tarif. Tous nos

tests ont donc été réalisés en mode actif.

Pas si éloignée de celle des précédents H9, la

signature sonore du H95 passe clairement un cap

technique, les coussinets bien plus spacieux et

l'utilisation de nouveaux transducteurs avec

membranes anodisées titane changeant la donne

de manière audible.

À la fois très précis et très vivant, le Beoplay H95

délivre une signature sonore en V étiré (légèrement

physiologique donc), se caractérisant par des

extrêmes graves boostés, des médiums légèrement

en retrait mais très réguliers et des aigus légèrement

mis en avant via plusieurs pics et oscillations. Notre

seul vrai reproche concernera justement cette

dernière gamme de fréquences, très expressive

mais vite agressive une fois bousculée, ce qui est

assez typique des membranes titane.

Le son se fond parfaitement dans les genres

modernes (pop, rap, etc) ou le jazz, l’énergie et

l’excellent niveau de maîtrise du Beoplay H95

faisant particulièrement briller les bons

enregistrements, même à bas volume. La texture

des instruments, les petites nuances d’un morceau -

tout est admirablement retranscrit. À l'inverse, les

styles agressifs (ainsi que les hauts volumes) et les

mauvais mix sont rapidement fatigants.

Avec ces caractéristiques, il est logique de retrouver

une scène sonore cohérente, plus profonde que

large (pas assez large peut-être), mais surtout

extrêmement détaillée. Face à des références

comme le Sony WH-1000Xm3 ou le Bowers &

Wilkins PX7, le B&O Beoplay H95 propose un son

moins chaud, moins accessible que celui de ses

deux concurrents, mais d'une certaine façon plus

précis et technique, moins lourd, prenant le pari

d'une sonorité différente, tout en ayant

parfaitement conscience de ses forces et faiblesses.

Le Bang & Olufsen Beoplay H95 justifie-t-il

techniquement ses 800 euros ? Non, il lui faudrait

vraiment se détacher du lot pour cela. Mais il peut

enfin s'asseoir à la table des meilleurs et, pour ce

qui est du design, les regarder de haut.

Spécifications

•Type : casque circum-auriculaire Bluetooth à réduction

de bruit active

•Fabrication : aluminium, cuir d'agneau, cuir de vachette,

tissu

•Puce Bluetooth 5.1

•Codecs audio supportés : SBC, AAC, AptX Adaptive

•Appairage rapide : Google Fast Pair, Microsoft Swift Pair

Multipoint

•Transducteurs de 40 mm avec membranes anodisées

titane

•Réponse en fréquence : 20 Hz à 22 kHz

•Poids : 323 g

•Livré avec : coffret en aluminium, câble USB-C, câble

jack 3,5 mm, adaptateur jack avion

Notre avis

Construction

Performances

Ergonomie

Musicalité

ON-mag >> mars/avril 2021-2

41


TEST

DALI

300 €

iO-4

Le Dali iO-4 est le pet frère du Dali iO-6 que

nous avons déjà testé. Vendu 100 € de moins, il

s’en disngue par l’absence de système

anbruit acf. Esthéquement, les deux

modèles se ressemblent comme deux goues

d’eau, mais à l’écoute nous allons voir qu’ils

sonnent différemment.

par Pierre Stemmelin

Dali est un constructeur danois spécialisé dans les

enceintes acoustiques Hifi et Home Cinéma depuis

1983. Il est aujourd’hui un acteur important sur ce

marché. Il ne s’est lancé dans l’aventure des casques

audio que récemment, en 2019. De la part d’un

spécialiste de l’acoustique, la démarche est logique,

mais nous savons d’expérience qu’elle peut être très

« casse-gueule ». La conception d’un casque audio

présente en effet des difficultés bien différentes de

celles des enceintes acoustiques, notamment pour

ce qui concerne la partie électronique pour les

casques actifs sans fil, ainsi que la mécanique et

l’ergonomie de l’arceau, ou des oreillettes qui

influent grandement sur les résultats sonores.

Les Dali iO-6 et iO-4 sont les deux premiers casques

de Dali. Nous avons salué la qualité de l’iO-6 lors de

son test, mais étions resté un peu sur notre faim, du

fait de son esthétique sonore très (trop) audiophile.

En principe l’iO-4, qui reprend exactement la même

architecture, ne pèse que 8 g de moins et ne se

différencie extérieurement que par la disparition du

bouton ANC (Active Noise Cancellation), devrait

sonner de la même façon. Eh bien, ce n’est pas le

cas.

Un bon son sans se poser de question

Sur le terrain, on retrouve la même apparence

solide, l’isolation phonique passive d’une efficacité

appréciable et le même confort bien étudié. Malgré

son poids un peu élevé, le Dali iO-4 se laisse porter

sans fatigue pendant des heures. À l’écoute on

retrouve aussi des performances similaires à celles

de l’iO-6 pour ce qui concerne l’ouverture du

registre médium, la douceur et le filé des aigus, la

propreté du message, l’aération et la spatialisation

42 ON-mag >> mars/avril 2021-2

fort réussies. À cela, il ajoute un équilibre tonal

peut-être un peu moins audiophile, mais qui nous

semble plus consensuel et en phase avec les

attentes actuelles dans le domaine des casques

nomades. Le bas du spectre est plus chaud, plus

dense. Il a plus d’ampleur tout en conservant une

très bonne tenue. Le Dali iO-4 sait être percutant,

avoir du punch sans tomber dans la lourdeur. Sa

restitution sonore est d’un beau naturel, sans faire

ressortir une portion du spectre audio au détriment

d’une autre. C’est un produit particulièrement réussi

et séduisant qui sonne extrêmement bien sans que

l’on se pose de question.

Spécifications

•Type : casque circum-auriculaire sans fil

•Liaison : Bluetooth AAC, AptX, AptX HD et filaire

•Transducteurs : 50 mm Free Edge à membrane

en papier

•Protection : IP53

•Réponse en fréquence : 10 Hz à 20 kHz

•Accessoires fournis : câble mini jack, câble USB-C, pochette

de rangement

•Autonomie : jusqu’à 60 heures (2 h 30 min de charge)

•Poids : 321 g (sur notre balance de cuisine)

Notre avis


Transmetteur Bluetooth Haute Définition

HDT800

HD

high definition audio

TRANSMETTEUR HAUTE DÉFINITION BLUETOOTH aptX HD

Notre transmetteur HDT800 est véritablement polyvalent, il permet de:

- transmettre le son sans fil entre votre téléviseur et un ou deux casques

bluetooth en qualité haute définition

- transmettre le son sans fil et en haute définition entre deux appareils hifi, dans

ce cas la transmission du signal se fait entre le HDT800 et un récepteur

Bluetooth* aptX ou aptX HD (ex: WTX500, WTX700, WTX1100, WTX-TUBES).

- transmettre le son sans fil entre son PC ou MAC et sa chaine HiFi. Le PC/MAC

sera connecté au HDT800 tandis que votre système hifi sera équipé d’un

récepteur Bluetooth* aptX ou aptX HD (ex: WTX500, WTX700, WTX1100,

WTX-TUBES).

Ce résultat de très haut niveau a été rendu

possible grâce à l’intégration d’un

processeur RISC combiné à un DSP

Kalimba 24-bit / 120Mhz permettant le

support du 24-bit audio «over» Bluetooth.

SPECIFICATIONS

Solution CSR 8675

BT 4.2

Codec

aptX, aptX HD, AAC, SBC

Processing RISC + DSP

Kalimba 24-bit120Mhz

Dimensions 70 x 66 x 20mm W/D/H

ADVANCE

PARIS

www.advanceparis.com


TEST

FOCAL

Celestee

Annoncé comme la version bass-boost de

l'Elegia, le Focal Celestee est un casque Hifi aux

grandes ambions, dans la pure lignée des

références haut de gamme de la marque

stéphanoise. De quoi dynamiser un désormais

grand classique du casque Hifi fermé ?

par Guillaume Fourcadier

1000 €

L'inaltérable qualité Focal

Avec le Celestee, Focal se détache de la très (trop ?)

grande sobriété de l'Elegia. Le casque se pare

d'une belle teinte bleu nuit, que viennent éclairer

les divers éléments de couleur cuivre, y compris

l'imposante grille du haut-parleur à membrane en

alliage d'aluminium et magnésium. Un luxe à la fois

discret et distingué. Comme un appel du pied au

très haut de gamme, le Celestee reprend les motifs

sphériques du magnifique Stellia.

Ce très beau casque exploite bien l'une des recettes

éprouvées de Focal, à savoir la qualité de

fabrication. Hormis les coques en polymère mat, le

Celestee n'est que savant mélange d'aluminium, de

cuir et de velours parfaitement assemblés. Un

casque irréprochable, peaufiné dans les moindres

détails, qui fait vraiment honneur au Made in

France.

Le confort est dans la droite lignée des précédents

modèles de la marque de Saint-Etienne, c’est-à-dire

excellent. Les 430 g de ce casque s'oublient assez

vite et le réglage de l'arceau lui permet de s'adapter

à pratiquement toutes les morphologies de crânes.

Seules les très grosses têtes pourront être

dérangées par la relative rigidité de l'ensemble.

L'un des points forts du Focal Celestee est son

isolation phonique. Malgré sa taille conséquente, ce

casque peut ainsi s'envisager pour du nomadisme

en milieu moyennement bruyant.

La rigueur neutre, avec un brin de folie

salvatrice

Un Elegia, avec un boost dans le bas du spectre - ce

résumé est très simple mais se retrouve presque

parfaitement à l'écoute et à la mesure.

Le Focal Celestee est ainsi un casque à l'équilibre

impressionnant sur l'ensemble du spectre audio,

mais pas d'un caractère trop neutre pour autant. Les

médiums sont d'une très grande richesse et les

aigus sont intelligemment réglés, même s’ils sont

marqués par un léger creux autour de 6-7 kHz. Ce

cocktail permet à ce casque d'être à la fois très

naturel dans sa reproduction de la scène sonore,

44 ON-mag >> mars/avril 2021-2

tout en affichant une certaine douceur. Il n'est pas

de nature batailleuse, ayant même tendance à lisser

les morceaux agressifs, ce qui lui permet d’être

assez conciliant avec les mauvais mixages. Cette

personnalité ne donne pourtant pas de sensation de

manque ou de lenteur, mais plutôt de polyvalence

reposante.

Mais surtout, contrairement à l'Elegia et sa grande

rectitude dans le bas du spectre, le Celestee

accentue légèrement le grave autour de 100 Hz. Les

morceaux autrefois un peu mous gagnent

sensiblement en énergie. Les genres compliqués

comme le métal ou l'électro sont bien plus

agréables ici, le tout sans aucun débordement ni

lourdeur. Certes, la membrane aluminiummagnésium

n'offre pas encore la richesse et la clarté

d'une membrane 100% magnésium ou béryllium

des modèles plus haut de gamme de Focal, mais le

Celestee est un casque Hifi à la fois polyvalent et

équilibré, qui plus est facile à alimenter. Un choix

parfait pour qui désire la qualité technique et

l'assurance de l'Elegia, mais avec un brin d'animalité

supplémentaire.

Spécifications

•Type : casque Hifi fermé

•Transducteurs de 40 mm avec membrane en aluminium

/magnésium à profil M

•Réponse en fréquence : 5 Hz – 23 kHz

•Impédance : 35 Ohms

•Sensibilité : 105 dB

•Poids : 430 g

Notre avis


ON-mag c’est aussi...


TEST

GRADO

665 €

RS2e

Grado, dont les produits sont toujours fabriqués arsanalement à Brooklyn (États-Unis)

dans l'immeuble de l'épicerie de l'arrière-grand-père Grado, est une marque

emblémaque du casque Hifi. Ses modèles bénéficient régulièrement de petes

opmisaons techniques, mais paraissent quasiment immuables et presque inchangés

depuis des décennies. On peut alors se demander s'ils restent dans le coup face à une

concurrence aujourd'hui de plus en plus acve et invenve. La réponse avec le

Grado RS2e.

par Pierre Stemmelin

Intemporel, d'une simplicité biblique,

durable et réparable

Eh oui, de prime abord on pourrait croire le

Grado RS2e tout droit sorti d'un livre d'histoire ou

de la collection d'un musée. Son design totalement

vintage évoque les temps de la TSF. Sa structure est

46 ON-mag >> mars/avril 2021-2

d'une simplicité biblique, mais aussi d'une

robustesse qui a fait ses preuves sur plusieurs

décennies.

L'arceau est fait d'une solide lame en métal souple

et d'un panneau de carton, habillé d'un large

manchon plat en cuir. Les oreillettes y sont

raccordées par de larges pièces en plastique noir et


de grosses tiges métalliques qui pivotent sur 360°.

Le principe est le même pour presque tous les

modèles Grado. Ici, sur le RS2e, les oreillettes, en

charge ouverte, possèdent des coques en bois

Mahogany, dont la forme demeure toujours très

simple puisqu'il s'agit de simples pièces en bois

tourné. Enfin, les coussinets sont constitués de

plusieurs couches contrecollées de mousses

alvéolaires, d'épaisseur et densité différentes,

taillées dans la masse et sans aucun habillage. C'est

basique, mais l'avantage c’est que le Grado ne pèse

que 250 g environ.

On peut certes s'agacer du câble non détachable

relativement massif. Mais celui-ci fait partie

intégrante de la conception. Il cache 8 conducteurs

en alliage de cuivre spécifiquement optimisé.

De leur côté, les transducteurs sont des modèles de

44 mm, comme sur la plupart des casques de la

marque. Chez Grado, l'architecture des

transducteurs ne change quasiment pas d'un

modèle de casque à l'autre, mais la précision du

bobinage, les tolérances au niveau de l'entrefer

évoluent selon le niveau de gamme. Sur le RS2e, les

transducteurs sont en outre appairés avec une

tolérance de 0,05 dB, ce qui est ultra serré, et ils ont

bénéficié d'une séance de "dé-stressage" selon une

méthodologie que la marque garde secrète.

L'assemblage du Grado RS2e témoigne de

quelques imperfections artisanales, mais la

présentation globale est plutôt luxueuse tout en

conservant une certaine sobriété. Le casque est livré

dans son plus simple appareil, dans de la mousse et

une boîte en carton fin, évitant le gâchis de

matériau. Toutes ses pièces semblent durables et

facilement remplaçables ou réparables.

Toujours au sommet de la gloire sonore

Sur le terrain, il n’y a pas à tortiller, un casque Grado

ça marche et ça sonne super bien. D'autant qu'ici,

on a affaire à l’un des modèles les plus intéressants

et les plus équilibrés, avec le SR325e, de la gamme

Hifi de l'artisan "casquier" de Brooklyn. Le son est

moelleux, mais pas trop gras. Les timbres sont

fleuris, mais pas trop colorés. Le confort est un peu

rudimentaire, mais le casque est très léger. On le

porte et l'écoute pendant des heures sans se

fatiguer. La signature sonore est à la fois moelleuse

et claire. La restitution se révèle en même temps

dynamique et douce.

Le Grado RS2e n'est pas le champion de l'infragrave

et ne cherche pas à l'être. En dessous de 40 Hz, il se

met sagement et progressivement en retrait. Malgré

cela, les basses restent rondes et roucoulantes à

souhait, sachant aussi se montrer virulentes et

fermes lorsque le passage musical l'exige. Elles ont

beaucoup de nuances, de subtilité, à l'instar des

autres registres. Le médium est très vivant, ouvert et

aéré tout en délivrant des timbres qui ont de très

belles matières et un beau grain. L'aigu fait preuve à

la fois de finesse et de douceur.

Contrairement aux casques Grado plus haut de

gamme des séries Statement et Professional (voir

nos tests des PS500e, PS1000e, PS2000e ou

GS1000i), le RS2e n'est pas dans une quête de

performances absolues. Il est ainsi plus polyvalent et

facile à alimenter. Avec lui, tous les styles musicaux

passent avec bonheur. On n'a jamais de mauvaise

surprise et en aucun cas on ne reste non plus sur sa

faim.

On peut aussi souligner que l'image

stéréophonique que propose le Grado RS2e est un

de ses gros points forts. Elle est à la fois vaste, très

ouverte et aérée tout en étant fort concise et

précise. La spatialisation est excellente.

En résumé

Grado reste un des plus grands Chefs cuisiniers

acousticiens du casque Hifi. Ce modèle RS2e du

milieu de sa gamme et appartenant à sa série

Reference est l’une de ses réalisations les plus

abouties. Pour un tarif élevé, mais encore

"raisonnable", il met en lumière toute l'expertise

acoustique de Grado, une restitution sonore

enchanteresse, en restant compact, léger et

beaucoup plus facile à alimenter que les modèles

plus haut de gamme et hyper affûtés de la marque.

Spécifications

•Type : casque Hifi circum-auriculaire ouvert

•Transducteurs : électrodynamiques de 44 mm

•Réponse en fréquence : 14 Hz à 28 kHz

•Sensibilité : 99,8 dB SPL pour 1 mW

•Impédance : 32 ohms

•Câble non détachable avec connecteur mini jack, adaptateur

jack 6,35 mm fourni

•Poids : environ 250 g

Notre avis

Construction

Performances

Confort

Musicalité

ON-mag >> mars/avril 2021-2

47


TEST

KLH

Ultimate One

Très ancienne marque américaine de Hifi

(1957), KLH Audio n'est pas forcément le

premier nom qui vient à l’esprit quand on

évoque le domaine des casques Hifi. Et

pourtant, son Ulmate One s'est déjà fait une

certaine réputaon outre-Atlanque. Il s'agit

d'un modèle de salon, assez beau et bien fini,

avec un transducteur à membrane béryllium, le

tout pour à peine 300 euros ! Presque trop

beau pour être vrai. par Guillaume Fourcadier

300 €

Une bonne idée, mais pas 100% originale

Avec le KLH Ultimate One, extérieurement, peu de

choses sont à jeter, mais nous devons tout de même

pointer du doigt la très grande ressemblance de ce

casque avec d'autres modèles qui existent déjà sous

d'autres marques, et bien plus abordables, comme

le SIVGA 007 (déjà testé sur ON-mag). Sur ce qui est

une base générale ou partagée (la marque le

reconnaît), KLH s'est permis d'améliorer de

nombreux points cosmétiques et de fabrication,

mais surtout la qualité des transducteurs. Une

pratique sans doute pas aussi louable que si le

fabricant avait dessiné et développé son casque de

A à Z, mais qui n'a rien de nouveau et permet, d'une

certaine façon, de réduire les coûts.

Simple mais bien conçu, le KLH Ultimate One est

développé autour d'une structure en métal léger,

avec des coques usinées en ébène et une sellerie

(bandeau et coussinets) en cuir d'assez bel effet.

Même s’il n’est pas bâti comme un tank, ni n’a la

maturité d'un Philips Fidelio X3 par exemple, le KLH

Ultimate One est déjà très bien fini.

Bon point également, le confort est suffisamment

bon pour permettre de longues séances d'écoute.

L’Ultimate One n'est pas trop lourd (340 g) et son

poids est assez bien réparti. Néanmoins, ses

coussinets circum-auriculaires peuvent s'avérer un

peu petits pour les grandes oreilles.

Musicalité et puissance

Modèle Hifi ouvert, le KLH Ultimate One intègre en

son sein des transducteurs électrodynamiques de 50

mm, avec des membranes annoncées comme étant

en pur béryllium. En allant un peu plus dans les

détails, il s'agit plus précisément d'une surcouche

de béryllium, ce qui est logique dans cette gamme

de prix.

Dès la première écoute, nous sommes surpris par le

parti pris joueur de ce casque. Relativement

équilibré dans son ensemble, l'Ultimate One n'en

48 ON-mag >> mars/avril 2021-2

est pas moins d'une grande expressivité, quitte à

accentuer légèrement le ressenti des basses

fréquences, ces dernières restant à la fois très

amples et extrêmement techniques. Une qualité

que n'ont pas les aigus, qui malgré un rendu à la

fois clair et non agressif, n'ont pas la richesse que

peuvent apporter de vraies membranes en

béryllium.

Très cohérente, la scène sonore reste pourtant

intimiste, avec des médiums un peu (trop ?) en

retrait. Suffisamment ouverte, l'écoute n'a pas

encore la profondeur de celle offerte par un Fidelio

X3, ce dernier proposant une meilleure séparation

des instruments, une restitution plus détaillée et

analytique. Le KLH Ultimate One chante très

puissamment, avec un grain analogique, quand le

casque de Philips est plus calme et apaisé, un peu

plus froid mais plus aéré, plus proche d'une

expérience Haute Fidélité.

Très polyvalent pour qui accroche à son caractère

généreux, le KLH Ultimate One se marie bien avec à

peu près tous les amplis casque. Une simple sortie

jack 3,5 mm de petit baladeur lui permet déjà de

s'exprimer sans entrave. Il s'agit d'un casque

maîtrisé et musical auquel il est difficile de trouver

de gros défauts.

Spécifications

•Type : casque Hifi ouvert

•Câble en Y

•Transducteurs : éléctrodynamiques de 50 mm avec surcouche

béryllium

•Réponse en fréquence : 18 Hz – 22 kHz

•Sensibilité : 97 dB

•Poids : 340 g

Notre avis


Casque électrostatique

SR-009S

Le seul,

l’unique,

la légende.

Distribué par :

+33 (0) 952 572 360

+33 (0) 614 265 265

info@jffdiffusion.fr

www.jffdiffusion.fr


TEST

PHILIPS

Fidelio X3

400 €

La gamme audiophile Fidelio de Philips, parculièrement renommée, avait disparu un temps,

suite aux nombreux déboires de la licence Philips Audio. Sa dernière réalisaon date d'il y a

quelques années ; il s’agit du Fidelio X2 HR, un casque Hifi circum-auriculaire parculièrement

luxueux, bataillant sur le terrain des légendes HD 600 de Sennheiser, AKG K701, ou encore

DT770 de Beyerdynamics. Des années ont passé et la gamme Fidelio ressuscite maintenant, à la

fois sur le marché nomade, avec le récemment annoncé L3 et, dans le cas présent, avec

l’ambieux casque Hifi Fidelio X3. Les yeux tournés vers le futur sans renier son héritage, Philips

se confronte désormais à des adversaires encore plus affûtés que par le passé.

par Guillaume Fourcadier

Un design toujours luxueux, mais plus épuré

Le Philips Fidelio X3 est clairement dans la

continuité des anciennes versions. Pourtant, à

travers ses différents choix, Philips simplifie et

modernise la formule. Les premiers X1 et X2 étaient

assez imposants, usaient de plus larges pièces

d’aluminium, proposaient un design un peu plus

ostentatoire. Ici, les lignes sont extrêmement

simples, voire dépouillés ; tout ou presque est réduit

à l’épure et aux courbes harmonieuses. Le Philips

Fidelio X3 refuse les lignes tranchées et les tons

colorés. Tout est noir ou gris foncé, jamais rien ne

50 ON-mag >> mars/avril 2021-2

déborde de cette pudique harmonie.

La discrétion ne dissipe pas pour autant l'ambition

du produit, qui se traduit par une excellente qualité

de fabrication. Moins "tank" que ses grands frères,

le Phillips Fidelio X3 n’en recherche pas moins

l’excellence. Il possède une structure entièrement

métallique, un arceau gainé de cuir de marque

Muirhead, des coussinets en velours très doux et

des tissus acoustiques de chez Kvadrat à l’arrière

des coques. Si le rendu n’est pas aussi idyllique que

sur le très haut de gamme et très luxueux Focal

Stellia, difficile de lui trouver des concurrents sérieux

dans sa gamme de prix.


Pour ne rien gâcher, le confort est au diapason. Il

n’est pas aussi fabuleux que celui des meilleurs

Sennheiser, mais on sent toutefois que les quelques

errements des premières versions ont été digérés.

Ce casque reste assez lourd pour un modèle

électrodynamique (380 g), mais se permet d'être

mieux équilibré. Le couple repose-tête élastique/

coussinets englobe parfaitement les oreilles tout en

s’ajustant très simplement à la morphologie du

porteur. Seules les têtes sortant vraiment de la

norme (très grosses ou très petites) risquent de ne

pas trouver leur bonheur.

Le packaging est assez spartiate. Il comprend une

petite pochette en tissu pour le rangement, un

câble avec terminaison jack 3,5 mm (un adaptateur

jack 6,35 mm est également livré) et un câble avec

jack 2,5 mm pour le raccordement à une sortie

symétrique. Notez que notre packaging de test

diffère de celui du marché, puisque notre version est

présentée dans une très imposante (et lourde) boîte

en bois, compartimentée, incluant l’excellent

baladeur Cowon Plenue D2.

Un son Fidelio, envoûtant et bien à lui

Des années après le Fidelio X2, nous serions tentés

de dire qu’avec le X3, l’expérience du son Fidelio

est intacte… Mais il faut largement nuancer cette

affirmation.

Ici, Philips intègre des transducteurs haut de gamme

de 50 mm, orientés à 15° (pour une meilleure scène

sonore), caractéristiques communes aux premiers

modèles. La nouveauté principale réside dans

l’utilisation, à l’arrière des coques, d’un tissu

acoustique spécial. Le casque reste, à ce titre, un

modèle ouvert, mais qui aurait conservé quelques

caractéristiques de casque semi-ouvert.

À l’écoute, nous retrouvons des caractéristiques

typiques de Fidelio, comme la grande qualité des

timbres, le léger grain dans l’écoute, ainsi que son

caractère légèrement tranchant. Philips a exploité la

formule des X1 et X2, mais l’a clairement affinée. On

ne retrouve plus de pic marqué dans les basmédiums,

mais une linéarité impressionnante des

basses jusqu'à l'entame des aigus. Cela se traduit

par un registre médium exemplaire,

particulièrement riche et naturel. C’est simple, sur

ce point, le Philips Fidelio X3 se classe parmi les

meilleurs modèles à moins de 500 euros.

Les aigus, un peu plus vallonnés, restent le talon

d’Achille de la marque. La signature sonore dévoile

un petit creux vers 2-3 kHz, d'où un très léger voile

dans l’écoute, atténuant un brin l'aération. Mais

surtout, la réponse en fréquence du casque

présente un pic assez habituel (pour un Fidelio) vers

8 kHz, qui rehausse la clarté et le tranchant à

l’écoute. L’emphase n’est pas démesurée, mais

suffisamment importante pour sonner un peu acide

sur certains morceaux. Nous gagnons alors en

détails ce que nous perdons en naturel.

Autre léger reproche, le petit manque d’extension

dans les basses. La réponse commence à décroître

en dessous de 60-70 Hz, ce qui ne permet pas au

Philips Fidelio X3 d’atteindre l’ampleur et l'autorité

de certains casques planaires (Orthoplanar ou

planar-magnétiques).

Au final, plus qu’un casque à l’aise ou non avec

certains styles, le Philips Fidelio X3 est surtout très

dépendant du mixage. C’est simple, le X3 délivre un

excellent niveau de détails, une qualité des timbres

véritablement Hifi sur les bons morceaux, tout

comme il peut devenir plat, voire criard sur les mix

de mauvaise qualité. De l’électro pêchue au

classique baroque le plus intimiste, nous tenons un

modèle audiophile et musical, mais pointu. Pour ne

rien gâcher, la scène sonore, même si elle est loin

d’atteindre les sommets de celle offerte par le

Sennheiser HD 800, est relativement large et

profonde, toujours cohérente et détaillée.

Ajoutons à cela que le Philips Fidelio X3 est

particulièrement conciliant sur l’amplification, à la

fois peu énergivore et s’adaptant bien aux

différentes personnalités d’amplificateurs/baladeurs.

Casque Hifi dans la lignée des premiers Fidelio X,

mais plus mature, le Philips Fidelio X3 est une

bonne réponse aux modèles planaires de cette

gamme de prix, qui affiche beaucoup de forces et

seulement quelques faiblesses.

Spécifications

•Type : casque Hifi circum-auriculaire à charge ouverte

T•ransducteurs : électrodynamiques de 50 mm à membrane

LMC

•Réponse en fréquence annoncée : 5 Hz à 40 kHz

•Sensibilité : 100 dB à 1mW

•Impédance : 30 Ohms

•Poids : 380 g

Notre avis

Construction

Performances

Confort

Musicalité

ON-mag >> mars/avril 2021-2

51


TEST

SHURE

Aonic 50

Premier casque à réducon de

bruit du légendaire

constructeur Shure, l’Aonic

entraîne avec lui un train de

promesses audiophiles.

Présenté en grande pompe

lors du CES 2020 de Las Vegas,

ce modèle bataille sur les

terres des plus grands

spécialistes du genre, Sony et

Bose en tête. Le Shure Aonic

50 les met-il KO ? Ou se fait-il

renvoyer dans les cordes ?

par Guillaume Fourcadier

500 €

Le luxe avec un grand Shure

Dès le premier contact, le casque Shure démontre

tout son sérieux. Structure en aluminium et

éléments en cuir, coques en plastique dense, tons

sobres : le Shure Aonic 50 joue dans la même cour

que les B&W et autres B&O.

L'assemblage est irréprochable, sans aucun jeu ni

grincement. À ce niveau, ce casque pourrait

facilement se classer dans la catégorie des modèles

Hifi haut de gamme.

Présenté dans une originale boîte ronde, l'Aonic 50

est livré avec une belle housse rigide, assez

volumineuse… à l'image de ce qu'elle abrite.

En effet, ce casque circum-auriculaire (coussinets

entourant les oreilles) est proche d'un modèle de

salon, que ce soit du point de vue des finitions ou

de l’encombrement. À ce titre, il n'est pas pliable

mais bénéficie tout de même de coques

d'oreillettes pivotantes à 90°, qui lui permettent de

se mettre à plat.

Cette taille et cette qualité des matériaux

impliquent une contrepartie : son poids assez

important, d’environ 335 g. Sur la tête, le Shure

Aonic 50 reste cependant agréable à porter, grâce à

ses coussinets bien épais, doux et enveloppants, et

52 ON-mag >> mars/avril 2021-2

un arceau suffisamment rembourré. Mais son port

lors de longues sessions finit par se ressentir sur les

cervicales.

Une connectivité presque parfaite… et de

maudits boutons !

Loin de jouer à l'audiophile pur, qui délaisserait

toute technologie pour se concentrer uniquement

sur les transducteurs, avec l'Aonic 50, Shure met

véritablement le paquet sur l'approche Bluetooth.

En plus d'une connexion multipoint, la marque

intègre pratiquement tous les codecs Bluetooth

disponibles : SBC, AAC, AptX, AptX, LDAC, et

même AptX Low Latency.

La qualité de connexion est exemplaire, puisque

nous n'avons tout simplement pas eu de

décrochage en usage classique, excepté en utilisant

le LDAC en qualité 990 kbps (ce qui est

malheureusement normal).

Pour parfaire l'expérience, Shure propose

l'application iOS/Android Play. Celle-ci permet

d'afficher le niveau de batterie du casque, de

moduler le niveau de retour sonore du mode

Environnement (renvoyant les sons atténués par

l'isolation passive), ou encore d'accéder à un


égaliseur paramétrique très poussé. Malheur, cent

fois malheur : celui-ci n'est opérant qu'avec le

lecteur intégré à l'application, ne pouvant gérer que

les fichiers locaux.

Les commandes passent par une approche tout en

boutons, ces derniers étant disposés sur la tranche

de l'écouteur droit. Ce type de disposition est assez

éprouvé, mais ce système n’est jamais totalement

intuitif, que ce soit pour la navigation et le réglage

du volume, demandant de tâtonner, ou le

commutateur triple position, qui gère le type de

réduction de bruit : ANC activé, désactivé ou mode

Environnement.

Réduction de bruit et autonomie de milieu

de gamme

Aussi impressionnante que soit la partie technique,

Shure ne peut pas faire de miracle sur un point qu'il

découvre à peine : la réduction de bruit active. À ce

titre, l'Aonic 50 est déjà relativement efficace,

effaçant assez bien les fréquences autour des 100-

300 Hz et arrivant déjà à faire quelque chose autour

des 60–80 Hz.

Mais force est de constater qu’il atteint seulement

15 dB de réduction environ dans le meilleur des cas,

et souvent moins. En bref, les ténors que sont les

Sony WH-1000Xm3, Bose Headphones 700 et B&W

PX7 peuvent dormir tranquilles, étant bien plus

efficaces, sur une gamme de fréquences bien plus

large.

La réduction de bruit passive est, elle aussi,

étonnamment mesurée, plus proche de celle d'un

casque fermé de salon que d'un vrai grand casque

nomade. En pratique, le Shure Aonic 50 est suffisant

pour un usage nomade, mais il ne nous enferme pas

dans une bulle de silence musicale comme peuvent

le faire les casques cités précédemment.

Enfin, son mode Environnement (retour sonore)

manque encore de naturel, gérant assez mal les

bruits soudains et les sons trop sifflants.

L'autonomie de l’Aonic 50 est dans la moyenne,

pouvant osciller, selon nos mesures, entre 13 h (ANC

+ codec LDAC 990 kbps) et 20 h (ANC + codec

AAC), et même davantage sans réduction de bruit.

extrêmement naturels, même s’ils sont très

légèrement en retrait.

Chantant avec un impact impressionnant, sans

aucun effet de lenteur, le tout épaulé par des aigus

légèrement mis en avant, l'Aonic 50 est capable de

jongler entre les styles musicaux puissants et calmes

sans aucun effort ni aucune sibilance (sifflante et

agressivité dans le haut du spectre).

Seule son extension dans les basses (60 Hz et endessous)

est un peu légère, malgré une assise

extrêmement conséquente, supérieure même aux

performances du Sony WH-1000xm3 et égale à ce

que propose le B&W PX7. L'Aonic 50 est

simplement moins rond. Ses graves sont plus

tendus.

Sans être le meilleur partout, ce casque délivre une

expérience auditive extrêmement riche, marquée

par une technicité, des performances véritablement

proches de celles d'un bon casque Hifi, un bon petit

cran au-dessus selon les concurrents.

Impact, précision, gestion des micro détails : tout y

est ou presque. En l’état, seule la qualité des aigus

nous paraît perfectible, ceux-ci n'ayant pas la

consistance, la richesse ou le naturel de ce

qu’offrent les plus grands casques Hifi, d'où une

aération qui pourrait encore s'étoffer.

Modèle Bluetooth et ANC dans le corps d'un

casque de salon, le Shure Aonic 50 est une bien

belle réussite, que quelques améliorations

transformeraient en un casque nomade parfait.

Spécifications

•Type : casque Bluetooth à réduction de bruit active

•Transducteurs de 50 mm

•Réponse en fréquence : 20 Hz - 22 kHz

•Sensibilité : 97,5 dB / mW

•Impédance : 39 Ohms

•Codecs Bluetooth supportés : SBC, AAC, AptX, AptX,

LDAC, AptX Low Latency

•Autonomie annoncée : jusqu'à 20 h

•Coussinets remplaçables

•Poids : 334 g

•Inclus : housse de transport rigide, câble USB-C, câble

jack 3,5 mm

Un son à la fine frontière de la Hifi

Propulsé par des transducteurs de 50 mm, le Shure

Aonic 50 bénéficie d'une sonorité vraiment haut de

gamme. À la frontière du nomadisme et de la Hifi, il

impose un son à la fois très puissant, musical,

articulé et polyvalent.

Sa signature acoustique légèrement en V

(physiologique) dévoile une qualité technique qui

saute aux oreilles, supérieure même aux concurrents

de chez Sony ou B&W. Comme souvent avec Shure,

les médiums demeurent le point fort de ce casque,

Notre avis

Construction

Performances

Ergonomie

Musicalité

ON-mag >> mars/avril 2021-2

53


TEST

6600 €

T+A

4800 €

Solitaire P et HA 200

La marque allemande spécialisée dans l'audio haut de gamme T+A s'est lancée récemment

sur le marché du casque audio de salon avec un bien joli duo. Animés de la même ambion

qu'à l'accoutumée, le casque planaire Solitaire P et le DAC/ampli casque HA 200 veulent

frapper extrêmement fort et s'imposer comme des références absolues. De quoi donner des

sueurs froides aux maîtres du genre ?

par Guillaume Fourcadier

Un luxe qui se donne les moyens, tout en

sobriété et précision

Comment se faire admirer en toute discrétion ? T+A

a la réponse avec ce duo tout à fait dans la lignée

esthétique de ses électroniques Hifi classiques.

Le casque Hifi Solitaire P tout d'abord, est un

exemple rare de modèle haut de gamme

harmonieux et vraiment sobre. Il possède ce côté à

la fois simple mais très efficace, sans défaut formel

mais sans véritable élan artistique, ce qui lui donne

des airs de Sennheiser HD 600 en plus haut de

gamme. Ce casque arbore des oreillettes ovales

54 ON-mag >> mars/avril 2021-2

élégamment striées, des grilles d'aération dévoilant

simplement de très larges transducteurs et leurs

connecteurs, ainsi que des coussinets au cœur

rouge s'accordant très bien avec le noir et le gris

aluminium de l'ensemble.

Bien qu'il ne soit pas pliable, le T+A Solitaire P

dispose d'oreillettes rabattables à plat et possède

un câble détachable. Cela permet de jongler

simplement entre un cordon à terminaison jack 6,35

mm et un autre à terminaison jack 4,4 mm

symétrique (livré en standard).

Alors que les casques Hifi haut de gamme de la

concurrence sont loin d'être tous irréprochables sur


le plan de la qualité de fabrication, T+A fait parler

son savoir-faire premium. Le fabricant allemand livre

ainsi une étonnante symbiose entre sobriété et

qualité de construction.

Le T+A Solitaire P repose entièrement sur la qualité

des matériaux, qui s'accorde parfaitement avec la

simplicité apparente des lignes. Les oreillettes et le

reste de la structure sont entièrement en aluminium

usiné et anodisé. Un ensemble du plus bel effet,

sans aucune petite bavure ou imprécision. De la

vraie qualité allemande.

Pour un peu plus de luxe, la sellerie (les habillages

des coussinets) est principalement composée de

cuir très doux, auquel se mêlent des accents de

velours. Les coussinets sont ainsi recouverts de cuir

sur la tranche externe et de velours sur la surface en

contact avec les oreilles et le crâne - idem pour le

bandeau repose-tête. Une belle qualité générale,

pour un casque parfaitement assemblé. Seul petit

défaut selon nous, les branches de réglage en acier

sont un peu trop fines.

De manière très subjective, nous pouvons regretter

le petit manque de prise de risque de la part de

T+A. Les casques Hifi Focal (Stellia et Utopia) ainsi

que le Meze Empyrean, par exemple, paraissent au

moins aussi bien finis, tout en étant un peu plus

audacieux en matière de design.

Le confort est tout aussi sérieux que la fabrication,

puisque malgré ses 490 g, le poids du T+A Solitaire

P est bien réparti sur le crâne. La tenue est

également bonne, tant que l'utilisateur ne balance

pas la tête trop fortement.

Un DAC/ampli casque qui impose la norme

du haut de ses vumètres

Aux côtés de ce casque déjà très ambitieux, le

colossal DAC/ampli casque T+A HA 200 est une

expérience à part entière, un produit véritablement

au sommet de son art. Évoquant quelques rares

amplificateurs très haut de gamme, il affiche une

sobriété impériale et une qualité de fabrication hors

du commun, avec un coffret tout en aluminium. Que

ce soit son épaisse façade usinée ou les larges

dissipateurs recouvrant ses flancs, le T+A HA 200 est

extrêmement impressionnant et d'un sérieux

irréprochable.

Le design est parfait dans son genre. Tout serait

d'une implacable sobriété si T+A n'avait pas décidé,

comme ultime marque de luxe, de placer de

splendides vumètres rétroéclairés en façade.

Sur le plan ergonomique, il est tout aussi difficile de

le prendre en défaut. Le T+A HA 200 dispose de

pratiquement toutes les entrées et sorties

numériques et analogiques possibles pour ce type

d'appareil : entrées optique Toslink, coaxiale en

RCA, coaxiale BNC, USB type B, AES/EBU sur prise

XLR - et même 3 HDMI (dont une de type ARC),

malheureusement en option. En façade, les sorties

casques offrent le choix entre le jack 6,35 mm, les

prises symétriques jack 4,4 mm et XLR 4 broches.

Cette dernière connexion peut également être

utilisée en tant que sortie préamplifiée, afin d'être

raccordée à un ampli de puissance (même si son

ON-mag >> mars/avril 2021-2

55


placement n'est pas le meilleur qui soit pour ce type

d'usage). Le T+A HA 200 est un vrai centre de

contrôle ultra complet.

L’appareil est même livré avec une belle

télécommande en aluminium, rechargeable grâce à

un port USB placé à l'arrière du produit. Cette

télécommande assez simple permet d'accéder à la

plupart des réglages, également accessibles via les

boutons présents en façade.

Parmi ces réglages : un mode Loudness accentuant

assez intelligemment le bas du spectre, un réglage

séparé des basses et des aigus, l'accès à différents

filtres en sortie de DA et même à un mode NOS-

DAC (non oversamplé). Seule manque peut-être une

véritable unité DSP qui permettrait une égalisation

avancée. Pour un futur HA 200 V2 ?

Une plongée profonde dans l'équilibre

Le constructeur se donne ici les moyens de ses

ambitions, en propulsant le casque avec un

transducteur maison très moderne, baptisé TPM

3100. De type orthodynamique (orthoplanar), celuici

n'est pas révolutionnaire sur la forme, mais

semble aller jusqu'au bout du concept. L'ensemble

magnétique couvre ainsi presque la totalité des

oreillettes, car il se repose sur un réseau d'aimants

de différentes tailles, suivant la forme ovale du profil

des oreillettes. Pour fonctionner de concert, une

bobine plane est déployée sur l’intégralité de la

membrane. Cette approche n'est pas totalement

nouvelle, mais très optimisée. La majorité des

casques planaires reposent généralement sur des

réseaux carrés ou rectangulaires, plus simples à

mettre en place mais limitant la taille de la

membrane.

Le genre planaire est ainsi conçu qu'il affiche

rarement de parti pris radical en termes de

signature sonore, mais il existe des approches plus

56 ON-mag >> mars/avril 2021-2

ou moins chaleureuses ou tranchantes. N'espérez

pas cela de T+A, car le combo Solitaire P et HA 200

est tout aussi sobre à l'écoute que l'est son design.

Les transducteurs du casque se veulent les plus

irréprochables possible d'un point de vue

technique, sans coloration marquée.

Sans être absolument neutre, le Solitaire P possède

une réponse en fréquence très régulière dans les

basses, quoique pas aussi étendue que certains, des

médiums très droits et des aigus certes un poil

oscillants, mais d'un équilibre général certain. Un

casque qui, sur les mesures, est un modèle de

régularité et de maîtrise, reléguant presque les

phénomènes de distorsion aux oubliettes.

À l'écoute, allié au très technique HA 200, ce

Solitaire P donne l'une des sonorités les plus

équilibrées que nous ayons pu expérimenter. Rien

ne semble jamais déborder ni s'ajouter au message.

À l'instar de ce que propose le Stax SR-009S (dans

un registre légèrement différent), un morceau plat

reste plat, un morceau énergique conserve son

énergie sans jamais être agressif, tandis qu’une piste

détaillée et dynamique sera parfaitement

retranscrite, dans toutes ses nuances.

Le registre des aigus, qui constitue souvent le talon

d'Achille des casques planaires, est ici la véritable

force du Solitaire P. Ce casque monte extrêmement

haut et de manière très linéaire, sans aucune

difficulté. Un produit presque de la trempe des

excellents modèles électrostatiques tant il paraît

naturel dans cette gamme de fréquences. Certes le

Stax SR-009S demeure toujours intouchable sur ce

point, mais le T+A est l'un des meilleurs du genre.

À l'inverse, les basses pourront paraître un peu trop

sages. Malgré leur justesse technique, l'impact et la

sensation d'enveloppement n’atteignent pas encore

le niveau des meilleurs Audeze. Le Solitaire P ne

manque clairement pas de puissance ni d'énergie

brute, mais ce n'est pas sa qualité première.


La scène sonore n'est pas spécialement large, mais

toujours d'une vraie cohérence, distillant une bonne

profondeur et une séparation des instruments assez

fabuleuse. Ce casque n'en met pas plein la vue,

mais ne donne presque jamais de sensation de

manque.

Pour servir le caractère pacifique du Solitaire P, le

T+A HA 200 s'affirme comme l'un des DAC/amplis

les plus techniques et les plus sobres qui soit, faisant

de son intransigeance une véritable force. Il procure

à la restitution sonore un niveau de détails proche

de la perfection et une capacité d’adaptation à

pratiquement tous les modèles de casques du

marché.

Cet appareil repose à la fois sur une conversion

moderne en Dual-DAC de puces type Quad-DAC

(quatre canaux de conversion utilisés par canal

audio), mais surtout sur une amplification maison

très élaborée. Dérivé des séries T+A HV, le HA 200

fonctionne en pure classe A à base de transistors

MOS-FET ultra linéaires.

Son architecture est exigeante et énergivore

(jusqu'à 100 W de consommation), mais permet de

faire passer un cap à des casques réputés

compliqués à alimenter comme les Sennheiser HD

600 et HD 800. Le HA 200 est un vrai seigneur dans

son genre, qui ne fait aucun compromis technique,

quitte à passer pour triste face à des amplificateurs

pourtant moins performants. Niveau de détails,

linéarité, gestion des casques énergivores ou des

écouteurs intra-auriculaires les plus timides, ce

DAC/ampli est l'un des appareils les plus aboutis

technologiquement parlant. Pas d'emphase, de

scène sonore volontairement élargie : le message

sonore est au plus près de la source.

Totalement adapté à la personnalité du casque T+A

Solitaire P, le DAC/ampli casque HA 200 lui permet

d'exprimer pleinement ses qualités. Il s'agit d'un

duo sonore qui, clairement, a été conçu comme un

ensemble presque indissociable.

Pour légèrement nous faire mentir, un mode

Loudness existe, lequel permet d'apporter un peu

plus d'assise dans le bas du spectre, à défaut de

réellement changer la personnalité du Solitaire P. Un

raccordement de ce casque au DAC/ampli Auris

Euterpe révèle par exemple un potentiel

légèrement plus joueur pour le casque, un caractère

plus gras, mais il perd alors de sa substance

technique et n'est plus aussi exceptionnel dans les

aigus.

Fidélité au sens le plus strict du terme : pas de

coloration, seulement un très haut niveau technique.

Deux éléments exceptionnels, à un tarif

d'exception.

Spécifications T+A Solitaire P

•Type : casque Hifi ouvert

•Transducteur : orthodynamique

•Réponse en fréquence : 5 Hz – 54 kHz

•Impédance : 80 Ohms

•Sensibilité : 104 dB / mW

•Distorsion : < 0,015 % (100 dB)

•Poids : 490 g

Notre avis T+A Solitaire P

Construction

Performances

Confort

Musicalité

Spécifications T+A HA 200

•Type : DAC et ampli casque de salon

•Conversion : Double Quad-DAC (Dual-DAC)

•Mode NOS-DAC (non oversamplé) activable

•Compatibilité : PCM 32 bits/768 kHz, DSD1024

•Séparation des canaux décodant le PCM et le DSD

•Amplificateur : double mono à technologie HV Amp,

étage de puissance en Classe A

•Entrées numériques : USB, AES-EBU, BNC, coaxiale,

optique, HDMI (optionnel)

•Entrées analogiques : 1 double RCA, 1 double

XLR 3 broches

•Sorties casques : jack 6,35 mm, jack 4,4 mm, XLR

4 broches (fonctionne également en sortie préampli)

•Réponse en fréquence : 0,1 Hz – 200 kHz

•Dimension : 34 x 32 x 10 cm (l x p x h)

•Poids : 6,5 kg

•Finition : gris ou noir

Notre avis T+A HA 200

En résumé

Très haut de gamme, le casque orthoplanaire T+A

Solitaire P et le DAC/ampli casque T+A HA 200 ne

s’adressent pas à tout le monde. Aussi sobres par la

forme que dans leur sonorité, ces deux produits

sont les représentants d'une approche Haute

Construction

Performances

Ergonomie

Musicalité

ON-mag >> mars/avril 2021-2

57


TEST

5400 €

STAX

4050 €

SR-009S et SRM-700T

Alors que le secteur du casque très haut de gamme est désormais presque exclusivement trusté par

la technologie orthodynamique (ou orthoplanar) et que l'électrostaque n'existe plus que grâce à

quelques rares modèles, l'aura du vénérable pionnier Stax est restée praquement intacte. Bien que

le constructeur japonais n'ait pas sor grand-chose de nouveau depuis une dizaine d'années, il

conserve dans ses cartons des références presque intemporelles et incontournables. Tout au sommet

de sa gamme se trouve le déjà mythique casque électrostaque SR-009S, que nous coiffons pour ce

test avec le SRM-700T, le plus récent amplificateur dédié à lampes de Stax. De quoi montrer au

monde que l'électrostaque est toujours au pinacle de la Hifi ? par Guillaume Fourcadier

58 ON-mag >> mars/avril 2021-2


Conception à l'ancienne, le charme qui va

avec

Ni totalement obsolète ni vraiment moderne, le

design des SR-009S et SRM-700T est caractéristique

de l'héritage très ancien du constructeur japonais.

L'ensemble a quelque chose de délicieusement figé

dans le temps, porté par un design un peu rétro.

Avec ses oreillettes rondes, le SR-009S est presque

un hommage, certes lointain, au tout premier

casque de la marque, le SR-1, sorti il y a plus de 60

ans.

Le casque SR-009S est ainsi typique d'un Stax haut

de gamme. La conception est simple, usant de

lignes sobres et classiques, et enveloppée

d'éléments aux accents vintage. Tout est assez gris,

mais pas forcément triste, les belles grilles/

électrodes plaquées or apportent un peu de couleur

et d'éclat. Le produit évoque davantage les années

1970/1980 que 2020, mais paraît presque moderne

par rapport aux Stax SR-L700 et SR-L500 pourvus

d'oreillettes rectangulaires.

La fabrication, estampillée "Made in Japon", est un

peu dans la même veine. Les oreillettes ainsi que la

majeure partie de la structure sont en aluminium

anodisé, l'arceau de type ARC (nom donné par Stax)

est assemblé à partir d'une lame d'acier engoncée

dans une structure en plastique mat, le repose-tête

est taillé dans une simple épaisseur de cuir (mais

avec des supports de réglage en plastique) et les

coussinets en mousse sont revêtus de cuir d'agneau

(pour la portion en contact avec les oreilles) et de

similicuir (partie externe).

D'une manière générale, le Stax SR-009S fait montre

d'un certain sens du premium, mais n'a clairement

pas l'exigence moderne des casques T+A, des

modèles haut de gamme de Hifiman, du Meze

Empyrean ou des références Hifi de Focal. Certains

éléments de conception ne sont plus vraiment au

goût du jour et restent dans la lignée d’une tradition

artisanale. Une des accroches des branches s'est par

exemple dévissée lors de notre test.

Le câble de raccordement de ce casque est très

atypique, car son rôle est à la fois de transporter le

signal audio et de transmettre la tension de

polarisation (580 V) nécessaire aux transducteurs

électrostatiques. Celui-ci est ainsi plat et assez

lourd, en particulier à cause de son imposante

terminaison à cinq broches. Derrière cette

apparence un peu antique, chaque conducteur est

en cuivre OFC 6N (99,9999% de pureté) plaqué

argent.

Si la forme de ce casque a quelque peu vieilli, le

confort est parfaitement en phase avec les produits

modernes et tout simplement divin. La technologie

électrostatique n'a pas besoin d'une très lourde

structure magnétique comme ce qui existe sur les

casques orthoplanaires, ce qui permet au Stax SR-

009S de conserver un poids convenable (environ 450

g, sans compter le câble). Le fabricant a eu la bonne

idée de développer un bandeau repose-tête

permettant un réglage de la hauteur, le casque peut

donc s'adapter à toutes les morphologies ; la

pression sur le crâne s’en trouve parfaitement

répartie. Un vrai modèle du genre, prêt à être porté

pendant des heures et à supporter quelques

oscillations de tête sans choir.

L'amplificateur Stax SRM-700T possède en

substance le même caractère que le SR-009S. Tout

est très simple, spartiate sans vraiment être austère.

Il n’arbore pas d'écran indicatif, de Led, ni même de

réglages avancés : cet amplificateur porte une

certaine simplicité à l'ancienne, une timidité que

l'on retrouve dans son architecture à lampes

presque dissimulée. Tout en façade se résume à un

bouton d'allumage, à un potentiomètre de volume

et à deux prises pour casque électrostatique. À

l'arrière, on trouve une entrée XLR et une RCA, ainsi

qu'une sortie RCA, laquelle peut fonctionner en

sortie Ligne (mode bypass) ou en préamplification.

La qualité de fabrication est plus qu'honnête, mais

la finition n'a volontairement rien de luxueux. Là

encore, le charme vintage permet de faire en partie

illusion, mais difficile pour le SRM-700T de soutenir

la comparaison esthétique avec des amplificateurs

pour casques électrostatiques comme le WES de

Woo Audio, ou même des modèles plus classiques

comme le Nirvana d’Auris Audio, qui profitent tous

deux d’écrins bien plus raffinés.

Une technologie à part

La technologie des transducteurs électrostatiques

n'a rien à voir avec celle intégrée dans les casques

électrodynamiques et orthodynamiques ; elle reste

la plus prometteuse techniquement, du moins en

théorie. Ici, virtuellement aucun problème de

distorsion, puisque la masse de la membrane est

quasi négligeable du fait de sa finesse et de

l'absence de bobine venant l'alourdir. Une

membrane de transducteur électrostatique est à la

fois très légère et très réactive, ce qui est

particulièrement intéressant pour la transcription

des aigus.

Le déplacement de la membrane s'effectue par un

phénomène d'attraction et de répulsion entre deux

électrodes, suivant le principe physique de la loi de

Coulomb (une des bases en électrostatique). La

membrane est polarisée en permanence par une

tension continue de 580 V et prise en sandwich

entre deux électrodes recevant le signal audio.

Toute la surface de la membrane étant polarisée,

son déplacement est parfaitement uniforme,

contrairement à la technologie électrodynamique

(asservie à une bobine centrale) et, dans une

ON-mag >> mars/avril 2021-2 59


moindre mesure, à la technologie orthoplanaire

(quasi-uniformité du déplacement).

Stax dote le SR-009S d’une membrane ultra fine en

mylar. Celle-ci est épaulée par les nouvelles

électrodes haut de gamme MLER 2 (Multi-Layer-

Elect-Rods), améliorations des modèles MLER

développées spécialement pour le premier SR-009.

La forme très étudiée et la précision extrême de leur

gravure permettent d'optimiser le flux d'air

traversant leurs petites ouvertures tandis que le

placage or réduit encore la résistance de ces larges

structures. Sur ce point, Stax a fait un véritable

travail d'orfèvre, qui se confirme dans la qualité

sonore du produit.

Pour propulser ce casque particulier, l'amplificateur

SRM-700T, l'un des derniers de la marque japonaise,

est forcément un peu à part. Bien que son rôle

consiste toujours à amplifier un signal audio, ses

ordres de grandeurs et la polarisation nécessaire de

la membrane font que sa conception diffère

largement de celle d'un amplificateur classique. Il

s’agit d’un modèle de type hybride, puisqu'il utilise

des transistors FET soigneusement sélectionnés

(paire parfaitement accordée) pour l'étage d'entrée

et des lampes 6SN7 (de fabrication russe) montées

en Push-pull pour l'étage de puissance. L'intérêt des

lampes se justifie légèrement plus dans le domaine

de l'électrostatique que dans celui des casques Hifi

traditionnels. D'une part leur fonctionnement à

plusieurs centaines de volts reste dans les mêmes

ordres de grandeurs que celui des transducteurs

électrostatiques ; d'autre part, l'impédance

extrêmement élevée du casque permet de se passer

60 ON-mag >> mars/avril 2021-2

plus facilement de transformateur de sortie. Le Stax

SRM-700T est alors relativement simple dans son

approche et ne comporte que très peu de

composants, tous de type discret.

Le son d'un autre monde

Dès les premières notes, le Stax SR-009S déploie les

extraordinaires qualités de ses transducteurs

électrostatiques. Il distille une atmosphère sonore

tout simplement unique, à la fois immensément

détaillée et très pure.

La signature acoustique de ce casque n'est pas

totalement neutre, mais clairement équilibrée.

Seules quelques petites fluctuations dans le

commencement des aigus tranchent avec la belle

unité proposée. Les basses sont bien étendues, les

médiums d'une rigueur absolue et que dire de

l'aération et de la fluidité des aigus ! Grande qualité

des transducteurs électrostatiques, le haut du

spectre est poussé bien au-delà des limites de

l'audition, le tout avec une facilité, une régularité et

un naturel désarmants.

Plus que tout autre casque testé, le Stax SR-009S est

un révélateur des bons et des mauvais mixages.

Sans jamais sonner de manière agressive ou

désagréable, il est aussi plat qu'il est possible de

l'être sur un enregistrement plat et totalement

grandiose sur un morceau grandiose. Favorisant les

genres à dynamique très élevée, ce casque est un

champion pour reproduire les moindres détails

musicaux comme les petits frottements de cordes

ou les nuances de simples tapotements. Une


expérience si précise et sans emphase qu'elle

permet vraiment au SR-009S de se démarquer des

autres modèles haut de gamme. Tout apparaît de

manière limpide sans que le trait ne soit jamais

forcé, sans que l'on remarque d'accentuation dans

les fréquences. Une vraie expérience de Haute

Fidélité.

Ce casque est incroyablement bon pour faire

ressentir une ambiance Live, le son brut d'un

morceau enregistré tel quel. Que ce soit pour

reproduire l'atmosphère intimiste d'un bar de Jazz,

un concert orchestral, ou un petit enregistrement de

musicien solo, aucun autre casque ne vient titiller

son sens du micro détail ou la justesse de ses

timbres.

Sa scène sonore, large mais surtout très profonde,

lui permet pratiquement de s'asseoir aux côtés d'un

HD800 de Sennheiser. Ce dernier conserve un

avantage certain sur la largeur de sa scène sonore,

mais n'offre pas cette fascinante qualité de

séparation des instruments.

À l'inverse, il ne faut pas lui demander d'être trop

rentre-dedans, de délivrer un son brutal. Le Stax SR-

009S conserve en permanence une personnalité

aérienne, une pureté qui semble lui interdire de

chanter de manière un tant soit peu grasse. Ce n'est

clairement pas l'énergie qui lui manque, mais le brin

de folie nécessaire.

Si le SR-009S n'est pas le modèle le plus polyvalent

qui soit, il est difficile lui opposer une concurrence

sur ses styles musicaux de prédilection, à savoir le

Classique, le Jazz, la musique instrumentale en

général.

Ses seules réelles limitations, en dehors de sa

personnalité sonore, sont davantage à rechercher

du côté de l'amplificateur SRM-700T. Bien qu’il soit

déjà très bon, avec une réponse en fréquence très

étendue, l'architecture à lampes trouve ses limites

bien avant celles des transducteurs électrostatiques.

Quelques distorsions harmoniques assez

caractéristiques des tubes se retrouvent à la mesure

de l'ensemble et une montée de la distorsion dans

les basses, parfois légèrement audible, apparaît,

phénomène qui ne vient clairement pas du casque

lui-même, mais plutôt de l'ampli. La qualité

technique est plus que correcte pour ce type

d'amplification assez difficile à concevoir

proprement, suffisamment pour que le SR-009S

exprime déjà ses immenses qualités, mais certains

amplificateurs pour casques électrostatiques

d'autres marques permettront certainement d'aller

encore plus loin.

Si tout n'est pas parfait avec ce duo Stax SR-009S et

SRM-700T, nous sommes tout de même en présence

d'un des systèmes les plus exceptionnels de la Hifi

casquée. Une expérience très exigeante, mais

vraiment à part.

Spécifications Stax SR-009S

•Type : casque Hifi ouvert électrostatique

•Electrodes MLER 2 plaquées or

•Réponse en fréquence : 5 Hz – 42 kHz

•Capacitance : 110 pF

•Impédance : 145 kOhms (à 10 kHz)

•SPL : 101 dB / 100 V RMS

•Max SPL : 118 dB (400 Hz)

•Tension de polarisation : 580 V continu

•Câble en cuivre OFC 6N plaqué argent

•Poids : 450 g (sans câble), 580 g (avec câble)

Notre avis Stax SR-009S

Construction

Performances

Confort

Musicalité

Spécifications Stax SRM-700T

•Type : amplificateur pour casques électrostatiques

•Architecture : hybride

•Transistors FET en étage d'entrée, lampes 6SN7 (OTL)

en amplification de puissance

•Réponse en fréquence : courant continu – 100 kHz

•Gain : 60 dB

•DHT < 0,01% (1 kHz à 100 V RMS)

•Impédance d'entrée : 50 kOhms en RCA, 100 kOhms

en XLR

•Tension de sortie max : 340 V RMS (1 kHz)

•Tension de polarisation : 580 V

•Température de fonctionnement/humidité : entre 0 et

35°C, humidité de l'air inférieure à 90 %

•Entrées : RCA et XLR

•Sorties : RCA et 2 prises casques

•Consommation : 54 W

•Dimensions : 240 x 103 x 393 mm (l x h x p)

•Poids : 5,7 kg

Notre avis Stax SRM-700T

Construction

Performances

Ergonomie

Musicalité

ON-mag >> mars/avril 2021-2

61


TEST

ZMF

2760 €

Vérité Open-Back

De larges coques en bois précieux, un look rococo, une réalisaon arsanale surmesure…

Le ZMF Vérité Open-Back est un casque Hifi d'esprit purement audiophile

mêlant luxe exclusif et approche haut de gamme. Contrairement à beaucoup d'autres de

sa classe de prix, il opte pour des transducteurs électrodynamiques et non orthoplanars.

Est-ce un bon choix ?

par Pierre Stemmelin

ZMF (Zachary Mehrbach Films) est une société

californienne. Son fondateur, Zachary Mehrbach, est

un jeune audiophile, grand cinéphile et diplômé

d'études cinématographiques de Columbia. Basé à

Chicago, il a commencé en 2010 par la

customisation de casques Fostex puis s'est lancé

dans la conception de ses propres modèles. Ces

derniers sont fabriqués de manière entièrement

artisanale et sur commande.

Une réalisation luxueuse avec un esprit

haute couture

Le ZMF Verité Open-Back est un casque circumauriculaire

ouvert (il existe aussi en version close) qui

en impose. Ses oreillettes mesurent plus de 10 cm

de large. Leurs coques sont en bois verni haut de

gamme usinées de plusieurs ouvertures,

62 ON-mag >> mars/avril 2021-2

soigneusement travaillées, en bordure et sur les

côtés plus une large ouverture centrale fermée par

une grille finement découpée. La construction est le

fruit d'un artisanat de luxe. Elle a quelques petits

défauts. Le verrouillage des réglettes de hauteur est

un peu ferme. Mais l'ensemble paraît très sérieux et

solide. Toutes les pièces de structure sont en métal.

L'arceau est doublé d'un large bandeau repose-tête

en cuir.

Malgré son poids supérieur à 450 g, le ZMF Vérité

Open-Back est relativement confortable à porter

même sur une longue durée de plus d'une heure. Le

casque est livré dans une grosse mallette en

plastique antichoc et à verrouillage. Il est proposé

avec trois jeux de coussinets d'oreillettes de

densités différentes (au choix ; deux sont fournies),

habillées de similicuir ou de feutrine microperforée,

permettant à l'utilisateur d'adapter légèrement le


confort et le rendu sonore à ses goûts. Le câble est

détachable et l'acquéreur a le choix entre trois

modèles avec connectique jack 6,35 mm, XLR 4

broches ou Pentaconn 4,4 mm. Plusieurs options de

finitions (noir, doré, anthracite) sont également

proposées pour les pièces métalliques du casque.

À l'intérieur du Vérité Open-Back, les transducteurs

sont spécifiques à ZMF. Il s'agit de larges unités de

50 mm de diamètre à membranes haut de gamme

en PEN (polyéthylène naphtalate) recouvert d'une

microcouche de béryllium par pulvérisation.

Une restitution sonore grandiose

Le ZMF Vérité Open-Back affiche une impédance de

300 ohms. Pour l'alimenter correctement, il est

nécessaire d'utiliser un ampli casque dédié, mais

rassurez-vous, il n'est pas trop exigeant. Il n'est pas

du genre à appuyer sur le moindre petit défaut et

inversement on peut le pousser très loin. Il met

particulièrement bien en lumière le gain qualitatif

lorsque l'on passe d'une source de milieu de

gamme à un ampli plus haut de gamme.

Dans tous les cas, dès les premiers instants

d'écoute, ce casque ZMF est capable de provoquer

l'effet waouh ! Très large réponse en fréquence,

grosse tenue en puissance, basses profondes et

musclées, image stéréophonique extrêmement

vaste… Le Vérité Open-Back délivre un son

grandiose. Il n'est certes pas exempt de petits

défauts. Ses aigus n'ont pas tout à fait la légèreté et

le filé qu’offrent certains casques orthoplanars ou

électrostatiques et, dans le bas du spectre, s'il

excelle à donner du volume, il pourrait avoir un poil

plus d'impact. Mais ses timbres sont d'une richesse

rare, les voix ont un grain, une matière surnaturels. Il

développe des harmonies, des nuances, des

couleurs qu'il est très difficile de retrouver ailleurs.

Sa restitution est généreuse, confortable, très

enveloppante, tout en donnant une excellente

sensation d'ouverture. Dans sa magnificence, le

ZMF Vérité Open-Back peut parfois donner

l'impression qu'il en fait un peu trop, mais son

écoute ne peut laisser indifférent ou indemne. Ce

casque a des performances hors norme et un

indéniable talent musical.

Spécifications

•Type : casque Hifi, circum-auriculaire, ouvert

•Transducteurs : électrodynamiques de 50 mm à membranes

PEN vaporisées de béryllium

•Coques : en bois d'albizia

•Structure : en magnésium

•Réponse en fréquence : 10 Hz à 25 kHz

•Impédance : 300 ohms

•Sensibilité : 97 dB/mW

•Accessoires fournis : 2 paires de coussinets d'oreillettes,

câble de 1,7 m, mallette de rangement antichoc

•Poids : 468 g sur notre balance de cuisine

En résumé

Le ZMF Vérité Open-Back est un casque Hifi

luxueux, confortable et qui a grand cœur. D'une

réalisation artisanale soignée et doté de

transducteurs électrodynamiques haut de gamme,

optimisés avec talent, il délivre un son rutilant et

charpenté. Il a un gros tempérament, n'est pas

totalement neutre, mais donne immédiatement

l'impression à l'écoute d'avoir affaire à un produit

hors norme.

Notre avis

Construction

Performances

Confort

Musicalité

ON-mag >> mars/avril 2021-2

63


Gabarit Pub V&A6.indd 2 02/04/2021 16:15


LES

ÈCOUTEURS


TEST

BOSE

QuietComfort

(QC) Earbuds

Plus d'un an après Sony et Apple,

Bose intègre enfin la réducon de

bruit acve sur des écouteurs

True Wireless. Un retard presque

étonnant pour le pionnier de

cee technologie, mais qui

pourrait bien augurer un produit

totalement maîtrisé ; Bose a

simplement pris le temps qu'il

fallait pour toucher la perfecon.

Les nouveaux QC Earbuds (ou

QuietComfort Earbuds)

constuent-ils une réussite de

plus pour le constructeur

américain ?

par Guillaume Fourcadier

280 €

Il ne leur manque que la compacité

À première vue, les Bose QC Earbuds sont plus

proches des Sony WF-1000Xm3 que des AirPods Pro

d’Apple. Que ce soit la boîte de charge ou les

écouteurs eux-mêmes, l'ensemble est assez

volumineux. D'une allure moins futuriste que les

Sony, les Bose ont une bouille un peu plus passepartout.

Ainsi, malgré le design allongé de la partie

externe, permettant de loger une large zone tactile,

les écouteurs et leur revêtement noir mat (face

extérieure) sont-ils plutôt discrets à l'usage.

Mais surtout, la fabrication est assez exemplaire.

Rien de luxueux, ni même "premium", mais une

finition proche de la perfection. On ne décèle aucun

jeu dans la structure, composée de deux pièces en

plastique. Même constat concernant la boîte de

charge, certes un peu légère, mais dont la charnière

ne présente aucun défaut.

Véritable point fort de ces écouteurs, le confort est

tout simplement exemplaire, offrant un savant

dosage entre tenue et aération. Assez proches

d'une topologie semi-intra, les Bose QC Earbuds et

leurs embouts en forme de cône ne sont

absolument pas intrusifs. Le résultat n'est pas aussi

impressionnant qu'avec les Apple AirPods Pro qui

se font presque oublier, les canules étant assez

larges, mais les Bose QuietComfort se classent

parmi les tout meilleurs.

Plus encore, en épaulant les embouts avec les

fameuses ailettes, qui viennent se caler dans le repli

des conques, Bose assure une tenue presque

parfaite, permettant déjà aux QC Earbuds de se

frotter à un usage sportif, certification IPX4

(protection contre les projections d'eau et la sueur)

à l'appui.

Un tactile à améliorer, une application à

clarifier

Modernité oblige, les Bose QC Earbuds proposent

une ergonomie entièrement tactile, encore un peu

limitée, mais qui s'améliore au fil des mises à jour.

Il est ainsi possible de déclencher la pause/lecture,

l'appel à l'assistant vocal, d'ajuster la force de la

réduction de bruit active et, depuis la dernière mise

à jour, de contrôler le volume en balayant du doigt

la large zone tactile des écouteurs. Pour aller de pair

avec cette modernité, des détecteurs optiques,

étonnamment précis, déclenchent la pause et la

lecture une fois les écouteurs retirés ou replacés.

Tout n'est pas parfait, à commencer par la gestion

66 ON-mag >> mars/avril 2021-2


encore incomplète de la navigation ou la relative

imprécision du tactile (meilleur que chez Sony), mais

l'ensemble reste très correct.

L'application sur smartphone dédiée aux écouteurs

QuietComfort, Bose Music, visuellement réussie,

n'est pas aussi complète que celles de Sony ou de

Jabra, ni même aussi claire pour accéder à certains

réglages. Il n'est par exemple pas ouvertement

possible d'assigner un type de commande à un type

de réglage, Bose préférant un concept de

"raccourcis" à assigner, et de fonctions à activer

(réglage du volume ou non par exemple). Enfin, un

point nous semble toujours très discutable :

l'obligation d'ouvrir un compte pour utiliser

l'application.

Belles voix et beau silence

Spécialiste de la réduction de bruit active, Bose ne

se loupe clairement pas sur ce point. Cette

réduction active est particulièrement efficace sur le

registre des basses fréquences, tout en ne laissant

presque aucune sensation désagréable dans l'oreille

(bourdonnement de certains modèles). Le système

antibruit, supérieur à celui des Sony et très proche

de celui des AirPods Pro (meilleurs en isolation

phonique passive), est un exemple d'équilibre. Les

voix auraient certes pu être encore un peu mieux

filtrées, mais les QC Earbuds s'adaptent avec brio à

toutes les situations, surtout les plus difficiles.

Le constat est également impressionnant avec la

fonction de retour sonore. Certes un peu inférieure

à celle des AirPods Pro en termes de naturel, elle ne

laisse cependant aucune vraie sensation de

manque, récupérant particulièrement bien les aigus.

Enfin, l'utilisation en kit mains-libres pour téléphoner

montre que Bose maîtrise le sujet. Très naturelle, la

captation de la voix est presque parfaite, même en

conditions très difficiles. Une vraie prouesse pour

des écouteurs Bluetooth.

L'autonomie annoncée - 6 h avec ANC (système

antibruit activé) - tourne en pratique autour de 5 h

45, ce qui est dans la moyenne, sans plus. Avec le

boîtier de recharge, compatible USB-C et Qi

(recharge par induction), il est possible de bénéficier

d'un peu plus de deux charges supplémentaires.

d'être neutre, combine-t-elle une excellente qualité

des basses fréquences, très puissantes, amples et

détaillées, avec des médiums assez réguliers, clairs

en toutes circonstances.

Ce tableau serait idyllique si les aigus, déjà un peu

oscillants, n'étaient pas marqués par cette sensation

de brillance excessive, d'artificialité. Les écouteurs

chantent de manière généreuse, avec une bonne

polyvalence, une bonne énergie, et une scène

sonore assez aérée, mais peuvent sonner un peu

faux sur les voix très aiguës ou sur des instruments

comme la guitare électrique.

Dommage, car cela place les Bose QC Earbuds

techniquement en dessous de ses concurrents,

notamment les Sony WF-1000Xm3, sans doute plus

incisifs mais un peu mieux maîtrisés. Pourtant, les

écouteurs Bose QuietComfort restent tout aussi

musicaux et joueurs que ceux de Sony, avec des

basses plus enveloppantes.

Imposants mais très bien construits, confortables et

très isolants, mettant en avant une excellente

isolation phonique et une qualité presque parfaite

des microphones, les Bose QC Earbuds ne sont

donc pas une révolution dans le monde de

l'écouteur True Wireless, mais constituent une solide

alternative aux références haut de gamme Apple

AirPods Pro et Sony WF-1000Xm3. Comme leurs

deux concurrents, ils sont assez proches d'un idéal

qui reste à atteindre.

Spécifications

•Type : écouteurs True Wireless à réduction de bruit

active

•Certification IPX4

•2 microphones par côté

•Embout semi-intra avec ailettes (2 paires)

•Bluetooth 5.1

•Codecs audio supportés : SBC et AAC

•Autonomie annoncée : 6 h avec ANC

•Temps de charge complet : 2 h pour les écouteurs, 3 h

pour le boîtier

•Compatible recharge Qi

•Dimensions (boîte) : 3,17 x 8,9 x 5,08 cm

•Déclinaisons : noir (version testée) ou gris

Sonorité assez équilibrée, mais aux aigus

familiers

Avec le casque Bose Noise Cancelling Headphones

700, la marque américaine perpétuait l'approche

plutôt équilibrée des QuietComfort 35, mais

reprenait également ses aigus un peu artificiels. En

vraie déclinaison ultraportable, les Quiet Comfort

Earbuds semblent armés des mêmes qualités et des

mêmes défauts.

Ainsi, la signature sonore, plutôt équilibrée à défaut

Notre avis

Construction

Performances

Ergonomie

Musicalité

ON-mag >> mars/avril 2021-2

67


TEST

CAMBRIDGE

AUDIO

Melomania Touch

140 €

Presgieuse marque de l'univers Hifi, Cambridge Audio avait livré avec les Melomania 1 des

écouteurs true wireless imparfaits, mais intéressants. Forte de cee première expérience, la

marque anglaise annonce les nouveaux Melomania Touch, de véritables pets tueurs à

"seulement" 140 euros. Ces écouteurs zéro fil de seconde généraon seraient plus luxueux,

plus confortables et plus ergonomiques, tout en offrant des performances sonores

supérieures. Une réussite ? par Guillaume Fourcadier

Pas de recharge sans fil ni de système de

réduction du bruit, mais une ergonomie et

une tenue grandement améliorées

Alors que les Melomania 1 proposaient une

approche originale mais basique, les Cambridge

Melomania Touch se modernisent et s'affinent. La

forme des écouteurs est plus travaillée, plus proche

de l'oreille, plus élégante.

Entièrement en plastique mais d'assez bonne

qualité, les oreillettes affichent un intérieur mat et

un dos laqué. La qualité de fabrication est donc

bien au rendez-vous et se retrouve également dans

la petite boîte de recharge aux élans de similicuir. Il

faut malheureusement tirer un trait sur la recharge

sans fil, mais Cambridge a enfin intégré une prise

USB-C.

Revoyant l'ergonomie de ses écouteurs de A à Z,

Cambridge s'est inspiré de nombreuses empreintes

d'oreilles pour créer une forme à peu près

"universelle". Et cela fonctionne ! Le confort est

infiniment meilleur qu'auparavant : canule moins

large, meilleur équilibrage des masses, forme moins

envahissante et système d'ailettes venant se caler

dans la conque pour parfaire la tenue. Disponibles

en trois tailles, ces petits appendices, couplés à la

certification IPX4, font toute la différence et

permettent même d'envisager un usage sportif. Une

réserve cependant : la tenue n'est pas aussi ferme

68 ON-mag >> mars/avril 2021-2

qu'avec de vrais écouteurs sportifs.

L'isolation phonique n'est pas non plus la plus

impressionnante qui soit, restant dans une moyenne

suffisante pour les usages nomades classiques. Bien

sûr, nous aurions aimé une réduction de bruit active,

système déjà efficace sur des produits à 100/150

euros (comme sur des modèles d'Oppo ou Huawei

par exemple).

Commandes au doigt et à l'appli, encore à

améliorer

Cambridge Audio n'a pas seulement amélioré la

forme, mais réorganisé aussi les autres éléments.

Cela commence par les commandes présentes sur

les écouteurs, désormais tactiles, via une large zone

couvrant l'intégralité du dos laqué. Tout aussi

complètes que sur la première version, les

commandes des Cambridge Melomania Touch

(volume et navigation) sont plus agréables à utiliser.

Seul gros bémol : il est presque impossible de saisir

les écouteurs sans déclencher une des fonctions

tactiles, ce qui relance ou coupe la lecture, voire

éteint les écouteurs.

L'apparition d'une application pour smartphone

dédiée, sobrement baptisée "Melomania", permet

d'apporter un bon petit plus à l'écosystème. En plus

d'être relativement belle et intuitive, cette appli

ouvre la voie à quelques fonctions supplémentaires :


niveau de batterie précis et pour chaque écouteur,

localisation, mise à jour, sélection du codec et

égaliseur personnalisable sur cinq bandes.

Pas aussi riche que celles de Sony ou Jabra, cette

application reste particulièrement bien pensée.

Néanmoins, difficile de passer sous silence ses bugs

et instabilités de jeunesse. Il arrive encore à

l'application de ne plus reconnaître les écouteurs,

ou de planter, ce qui demande un redémarrage (de

l'application ou des écouteurs). Nous relevons des

progrès sur les toutes dernières mises à jour, mais ce

n'est pas encore parfait.

Armés de puces Qualcomm QCC3020 (une

référence assez récente), les Cambridge Melomania

Touch bénéficient d'une connexion Bluetooth

généralement assez stable, sans saut de son lors de

nos tests. La distance de transmission maximale est

classique, sachant que d'autres écouteurs, comme

les récents Jabra Elite 85T, sont plus performants sur

ce point. De plus, les Cambridge Melomania Touch

ne bénéficient pas d'une connexion Multipoint

(fonction assez rare cela dit). Enfin, nous avons

constaté quelques bugs de connexion (problèmes à

l'appairage notamment), en dehors d'une pure

stabilité du signal.

Au chapitre des codecs Bluetooth, Cambridge

prévoit tout ce qui est possible sur des écouteurs

zéro fil, à savoir le SBC, l'AAC et l'aptX.

Les Cambridge Melomania Touch disposent d'un

mode Ambiant, qui permet d'amplifier les sons

extérieurs. La qualité est… correcte, mais sans plus,

la restitution n'étant pas assez naturelle et trop

sabrée dans les aigus.

Cambridge annonce une autonomie de 7 h ou 9 h

suivant le mode : "Haute Performance" d'un côté,

"Faible Puissance" de l'autre. En Haute

Performance, nous avons atteint 5 h 45 en aptX et 7

h en AAC.

Sonorité technique, expressive et clivante

Porté par son amour du graphène (surcouche sur la

membrane des transducteurs), Cambridge équipe

les Melomania Touch du même type de

transducteur que les Melomania 1, en passant à un

diamètre plus important, à savoir 7 mm contre 5,8

mm auparavant. On peut donc attendre des

progrès, dans les basses notamment.

Soyons clairs, les Cambridge Melomania Touch sont

supérieurs à leurs prédécesseurs, tout en étant assez

proches. La signature sonore conserve ainsi une

même approche descendante : basses en avant,

médiums marqués par une pente assez douce mais

inaltérable (assez sèche dans les bas-médiums, plus

régulière ensuite), aigus encore en retrait, puis se

redressant en un pic assez net vers 10 KHz.

Néanmoins, les Melomania Touch le font avec plus

de discernement et de finesse. Les basses

débordent bien moins sur les médiums et le pic

tardif des aigus est bien plus doux, plus naturel.

À l'écoute, les Cambridge Melomania Touch

maîtrisent toujours leur sujet dans les basses, bien

accentuées mais d'une redoutable précision,

délivrant une excellente assise et un bon niveau de

détails. Aucun problème pour suivre le rythme et la

difficulté des genres musicaux les plus complexes

dans ce registre.

À l'inverse, la gestion des aigus reste toujours

perfectible. En retrait, cette partie du spectre donne

à l'écoute un certain voile, un petit manque

d'ouverture et de tranchant. Au moins, les

Cambridge Melomania Touch ne sont-ils jamais

agressifs ; leur espace sonore reste assez ample et

détaillé, mais leur équilibre tonal est typé.

L'égaliseur permet de modifier cette personnalité,

mais dans une certaine limite. Ces écouteurs

peuvent donc ne pas plaire à tout le monde, mais

enthousiasmeront tout de même beaucoup

d'utilisateurs.

Les Cambridge Melomania Touch constituent donc

une version évoluée des Melomania 1, améliorée

dans pratiquement tous les domaines, tout en

conservant l'essentiel de leur personnalité sonore.

Un incontournable pour les amoureux de la

première version.

Spécifications

•Type : écouteurs Bluetooth True Wireless

•Puce : Bluetooth 5 Qualcomm QCC3020

•Codecs supportés : SBC, AAC, aptX

•Transducteurs de 7 mm avec membrane traitée au

graphène

•Autonomie : 7 h en mode Haute Qualité (en AAC), 9 h en

mode Faible Puissance (AAC), 50 h max avec la boîte de

recharge

•Réponse en fréquence : 20 Hz à 20 kHz

•Poids : 5,9 g par écouteur, 67,4 g au total avec le boîtier

de charge

•Charge USB-C

•Dimensions du boîtier : 30 x 72 x 44 mm

•Finition : noir, blanc

Notre avis

Construction

Performances

Ergonomie

Musicalité

ON-mag >> mars/avril 2021-2

69


TEST

EARSONICS

Aero

Être un spécialiste des écouteurs haut de

gamme ne garant absolument pas de réussir

son passage aux écouteurs True Wireless, dont

la technologie embarquée est proche de celle

d'un pet smartphone. C'est pourtant dans

cee difficile aventure que se lance Earsonics

avec ses Aero.

par Guillaume Fourcadier

Solides, isolants, mais avares en fonctions

Que ce soit en termes de design ou de fabrication,

Earsonics fait preuve ici d'une certaine sagesse. La

forme des Aero est relativement classique (avec une

excroissance en tige façon AirPods), mais la marque

française se distingue par une fabrication vraiment

exemplaire ainsi que par quelques astuces visuelles

(stries et revêtement mat). Le tout est certifié IPX4

(résistant aux projections d'eau), ce qui suffit pour la

majorité des usages.

À l'inverse, la boîte de charge et de rangement

s’avère un peu plus décevante. Compacte, mais

taillée dans un plastique bien léger, elle présente un

peu de jeu dans la charnière et dans le système de

rangement des écouteurs.

Notons un très bon point pour le confort des

écouteurs Earsonics Aero : chacun est porté par une

canule large mais suffisamment courte, et une face

interne très bien étudiée, assurant une excellente

tenue et une bonne isolation phonique passive.

Bien au point sur la qualité de la connexion

Bluetooth et sur les commandes tactiles

(suffisamment réactives, contrôlant navigation et

volume), les Earsonics Aero sont en revanche

totalement dépouillés de fonctions annexes. Ce

choix est assumé par la marque : pas de recharge

par induction, pas de capteurs optiques dans les

oreillettes (pour un démarrage et une mise en pause

automatiques), pas d'ANC, ni même d’application

de paramétrage dédiée sur smartphone. Ces

écouteurs se veulent simples et fonctionnels, sans

avoir besoin de passer par une mise à jour.

L'autonomie des Aero est annoncée entre 5 h et 7 h.

Nous avons atteint environ 5 h 40 en AptX et jusqu'à

7 h en AAC.

Un son à l'identité Earsonics

Les amoureux de la sonorité Earsonics seront aux

anges, car les Aero respectent parfaitement

l'identité sonore légèrement typée de la marque.

Légèrement descendante, mais surtout très riche

(avec beaucoup de corps), sans vraie lacune ou

70 ON-mag >> mars/avril 2021-2

grande exagération dans les fréquences, la

personnalité sonore des Aero est fidèle à ce que

l’on peut attendre d'écouteurs True Wireless

"audiophiles". Procurant une excellente précision

dans les basses et une bonne douceur dans les

aigus, les Earsonics Aero sont surtout agréables dès

le plus bas volume d'écoute. Toutefois, leur sonorité

assez sombre, marquée par des aigus un peu en

retrait, ne plaira pas à tout le monde et ne leur

permet pas d'être aussi tranchants que des

écouteurs comme les Sony WF-1000Xm3.

La présentation de la scène sonore est à la fois

simple, mais très profonde et cohérente, avec un

fabuleux niveau de détails – c’est sans doute ce sur

quoi ces écouteurs se détachent le plus - et une

bonne séparation des instruments.

Avec les Aero, Earsonics s'est vraiment concentré

sur le son, quitte à délaisser le reste, comme une

sorte d'antithèse des modèles de Sony ou Jabra.

Ayant eu la bonne idée de ne pas dépasser le prix

de 200 euros, Earsonics ne se déconnecte pas du

marché en misant sur son seul nom, mais reste au

contraire l'une des rares propositions audiophiles

aux prétentions tarifaires réalistes.

Spécifications

•Type : écouteurs Bluetooth zéro fil

•Certification IPX4

•Puce Bluetooth 5 Qualcomm

•Codecs audio supportés : SBC, AAC, AptX

•Transducteur dynamique de 6 mm

•Autonomie : 5-7 h, jusqu'à 21 h avec la boîte de charge

•Poids : 5 g par écouteur

Notre avis

200 €


230 HAD

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Alors que l’écoute au casque est plus intimiste, elle est aussi plus exigeante.

Chaque note, chaque inspiration est plus présente. Avec l'amplificateur

casque 230HAD, profitez d’une puissance, une transparence et un

dynamisme inégalés.

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*Après enregistrement gratuit sur le site PPL.


TEST

ETYMOTIC

ER3XR-BT

300 €

Spécialiste de la protecon audive et pionnier des écouteurs intra-auriculaires, Etymoc a toujours

été un constructeur atypique. La marque culve savamment ses spécificités à travers des produits

assez haut de gamme, incroyablement isolants et aux sonorités dont la neutralité frise parfois

l'ascésme. Placés au milieu de sa gamme, les ER3XR, ici testés avec module Bluetooth (ER3XR-BT),

représentent parfaitement ce que peuvent donner des écouteurs Etymoc légèrement modernisés et

ouverts au sans fil.

par Guillaume Fourcadier

Un confort à l'ancienne, pour une isolation

incomparable

Tout ou presque dans les Etymotic ER3XR-BT

montre que le constructeur a gardé son identité,

sans presque rien concéder aux évolutions du

marché. Ces écouteurs sont globalement

développés sur la même base que les bons vieux

ER4XR, composés d'un minuscule corps tubulaire en

métal usiné et portés par une connectique MMXC.

Ils ne sont ni raffinés ni luxueux, simplement sérieux,

de qualité vraiment professionnelle.

Le suffixe XR fait référence à un petit boost dans le

bas du spectre, tandis que le ‘’BT’’ indique la

présence d'un module Bluetooth. Ce récepteur

prend en charge le codec AptX HD et intègre un

couple DAC/ampli AKM. Mais il n'assure

malheureusement que 8 h d'autonomie et se charge

uniquement en micro-USB. Enfin, le modèle ER3XR-

BT n'est pas livré avec un simple câble jack

standard.

Qualité première des Etymotic, l'isolation phonique

est ici stratosphérique. Il est difficile de leur trouver

ne serait-ce qu'une paire de concurrents sérieux sur

ce plan. De nombreux embouts en silicone biflange,

triflange, ou en mousse sont livrés avec ces

écouteurs. L'utilisateur dispose ainsi d’un large

choix.

Forcément, cette isolation se ressent sur le confort,

entravé par le côté très intrusif des écouteurs et de

leurs embouts. La tenue est excellente, mais tous les

utilisateurs ne supporteront pas de porter ces

écouteurs typiques de l'ancienne école.

Une sonorité neutre-basseuse

Etymotic ne s'éloigne jamais loin de sa nature

profonde. Même s'ils intègrent un léger boost dans

les basses, les ER3XR-BT délivrent un son équilibré,

marqué par un léger écart entre basses/basmédiums

et le reste du spectre. D'une régularité

72

ON-mag >> mars/avril 2021-2

parfaite de 20 Hz à 400 – 500 Hz (l'essentiel des

voix), les ER3XR affichent ensuite une très légère

pente jusqu'aux aigus.

À l'écoute, les Etymotic ER3XR-BT font preuve d'une

grande technicité et d'un grand équilibre, sans

perdre en musicalité. Ce ne sont pas les écouteurs

froids et trop sages que l'on pouvait craindre (ou

espérer) de la part de la marque. Ici, les fines

emphases et les légers creux construisent un

caractère sonore vraiment polyvalent, détaillé,

maîtrisé… peut-être un peu trop. Pour qui voudrait

de l'explosivité, du tranchant, une expérience

viscérale, les Etymotic ER3XR ne sont pas les

écouteurs adéquats. Il n'en reste pas moins que la

majorité des styles musicaux tirent parfaitement

parti de leur sonorité de caméléons.

Les Etymotic ER3XR-BT ne sont pas forcément audessus

du lot par rapport aux autres écouteurs de

cette gamme de prix, mais ils cultivent une

différence qui, d'autant plus en 2021, est toujours

pertinente.

Spécifications

•Type : écouteurs intra-auriculaires

•Connexion : Bluetooth (filaire en option)

•Transducteurs : à armature équilibrée

•Réponse en fréquence : 20 Hz – 16 kHz

•Impédance nominale : 22 Ohms

•Sensibilité : 102 dB

•Connectique MMCX

•Isolation phonique (pas plus de précision) : 35 – 42 dB

•Inclus : embouts biflange, embouts triflange, embouts

en mousse, pochette de transport, pinces de maintien

(pour accrocher le câble aux vêtements), accessoire de

remplacement des filtres

Notre avis


T60RPSTEREO HEADPHONES

www.hamysound.com

Tél.:0147884702

Informationetpointsdevente


TEST

SHURE

Aonic 215

Premiers écouteurs zéro fil de Shure, les Aonic

215 True Wireless paraissent hésiter entre deux

univers. Filaire voulant être libre ou modèle

Bluetooth désirant profiter de la qualité d’un

écouteur filaire ? Les deux à la fois.

par Guillaume Fourcadier

Les écouteurs Aonic 215 True Wireless sont assez

simples sur le papier et composés chacun de deux

pièces : une oreillette (avec connectique MMCX

pour un raccordement filaire) et son récepteur

Bluetooth. Le tout se place dans une imposante

boîte de charge, au format housse de transport,

avec prise USB-C pour la recharge.

La fabrication n’est pas spécialement premium mais

déjà très correcte, bien qu'un poil plastique à notre

goût. Même constat concernant la boîte de charge,

sérieuse et pratique, tout en entrant difficilement

dans les petites poches.

Les Aonic 215 sont des intra-auriculaires de

l’ancienne école, assez intrusifs, ce qui sera clivant

pour une partie du public. Mais ils restent équilibrés

et surtout extrêmement isolants par rapport aux

bruits extérieurs. Pour qui supporte ce côté intrusif

dans les canaux auditifs, ces écouteurs seront assez

agréables à porter pour les longues sessions

d'écoute.

Encore un peu simples

Les Aonic 215 peuvent fonctionner seuls ou avec

l'application Shure Play. En plus d’adapter les

réglages sonores des modules Bluetooth aux

écouteurs, celle-ci permet de les mettre à jour ou

d’accéder à un égaliseur… local, seulement

applicable aux pistes stockées sur le téléphone. Un

comble à l’âge du streaming – qui a pour effet de

rendre cette fonction, pourtant très poussée, assez

secondaire.

Le reste n’est pas tellement plus brillant,

puisqu’aucun réglage personnalisé des fonctions

(des modules Bluetooth) n’est présent. En l’état, il

n’est pas possible de naviguer entre les pistes de

musique, ou de modifier le volume sonore depuis

les écouteurs. Notons tout de même la présence

d’un mode Environnement, qui permet un retour

sonore des sons atténués. Celui-ci n’est pas très

naturel, mais correct compte tenu de l’immense

isolation prodiguée par les embouts des écouteurs.

Les Aonic 215 atteignent une confortable

autonomie de 7 h avec codec aptX, seulement

entachée par quelques problèmes de connectivité

(notamment de désynchronisation droite/gauche).

74

ON-mag >> mars/avril 2021-2

250 €

Le son Made In Shure

Du son Shure, définitivement, avec quelques

spécificités. Grande spécialité de la marque, les

médiums sont un régal pour les oreilles. Maîtrisés,

incroyablement détaillés, le tout avec une légère

chaleur, un grain très… analogique. Des

caractéristiques absolument parfaites pour le jazz.

Les aigus sont déjà plus oscillants, parfois un peu

trop brillants, parfois un peu voilés, malgré un bon

niveau de détails. Les basses, plus en avant que le

reste, proposent une bonne assise et un bon

enveloppement, privilégiant la douceur à l’énergie,

ce qui ne sera pas efficace sur toutes les pistes. À

l’image de la plupart des modèles Shure, les Aonic

215 brillent surtout sur les mixages musicaux aérées

et calmes.

La scène sonore est extrêmement profonde pour

des écouteurs True Wireless, presque démesurée,

devenant parfois un peu confuse.

Les Aonic 215 ne sont pas parfaits et sans doute

trop hybrides pour satisfaire tout le monde, mais ils

possèdent ce sens du détail, ce timbre chaud, cette

sonorité que nous aimons chez Shure. Des

écouteurs qui mériteraient un peu plus d’énergie

dans les basses et de sagesse dans les aigus, mais

qui peuvent faire un véritable malheur sur le jazz ou

le classique. Ils sont donc techniques, musicaux,

mais pas universels.

Spécifications

•Type : écouteurs Bluetooth True Wireless

•Puce : Bluetooth 5.0

•Codecs audio supportés : SBC, AAC, aptX

•Autonomie annoncée : jusqu'à 8 h, 32 h en comptant la

boîte de recharge

•Architecture sonore : simple transducteur dynamique de

8 mm

•Embouts : en silicone et en mousse à mémoire de forme

•Finitions : noir transparent, bleu transparent, blanc

transparent, blanc opaque

Notre avis


Ce magazine vous est proposé par

mag.fr

Plus de

1000 TESTS

en ligne


TEST

TECHNICS

280 €

EAH-AZ70W

Grande marque audiophile créée par Panasonic, Technics lance les EAH-AZ70W, ses

premiers écouteurs Bluetooth zéro fil. Loin de se reposer sur sa seule réputaon, le

constructeur compte bien profiter de la technologie de réducon de bruit déjà

développée pour les Panasonic RZ-S500W, tout en y apportant sa pae plus audiophile.

Un produit dispendieux, mais diablement ambieux. De quoi pouvoir se froer aux

Sony WF1000Xm3 et aux AirPods Pro d’Apple ?

par Guillaume Fourcadier

Un luxe un peu plus métallique

Pas incroyablement discrets, les écouteurs EAH-

AZ70W de Technics adoptent la forme de petites

sphères, aplaties sur leur face extérieure, et

flanquées d'une canule sur leur face intérieure.

La fabrication, plutôt premium que vraiment

luxueuse, correspond tout à fait à ce que l'on peut

attendre d'un produit de cette gamme de prix.

L'assemblage est impeccable et le dos, gris foncé

aux reflets légèrement métalliques, d'un raffinement

assez haut de gamme.

La boîte de recharge est au moins aussi sérieuse.

Principalement construite dans un plastique assez

dense, elle se retrouve doublée d'un revêtement

métallique, gris sombre, qui permet aux Technics

EAH-AZ70W de se démarquer de leurs concurrents

direct de chez Apple et Sony. Au chapitre de

l’aspect soigné et du sérieux de fabrication, on

remarque en particulier la charnière, très rigide.

Totalement intra-auriculaires, les Technics EAH-

AZ70W diviseront sur le plan du confort, car ils

76 ON-mag >> mars/avril 2021-2

restent assez intrusifs et plutôt volumineux.

Néanmoins, une fois la bonne taille d'embout

choisie (5 tailles sont fournies dans l’emballage), les

écouteurs tiennent étonnamment bien en place et

sont suffisamment bien pensés pour des sessions

d'écoute assez longues. Malgré leur certification

IPX4 (protection contre la transpiration et les

projections d'eau), ces écouteurs ne sont pas

vraiment conseillés pour un usage sportif.

Une application simple, mais à étoffer

Semi-déception, l'application Technics Audio

Connect propose une expérience certes très simple,

claire, mais sans doute pas assez complète pour un

produit haut de gamme. S'il est possible de régler la

réduction de bruit, le niveau du retour sonore, ou

encore d'utiliser un égaliseur 5 bandes assez

efficace, il manque une personnalisation des

commandes, ou encore des fonctions vraiment

avancées. À ce titre, le Sony WF-1000xm3, avec son

application Headphones Connect, reste un modèle


du genre, et bien loin devant les autres.

Heureusement, les commandes tactiles présentes

sur les écouteurs, bien qu’elles ne soient pas

forcément simples à maîtriser, sont très complètes :

réglage du volume, navigation dans les pistes, appel

à l'assistant vocal, changement du mode de

réduction de bruit… tout est faisable ou presque.

La connectivité souffle un peu le chaud et le froid. Si

la portée et la stabilité du signal sont tout à fait

exemplaires, les Technics EAH-AZ70W ne proposent

pas de connexion multipoint (à deux appareils à la

fois). Enfin, les deux écouteurs peuvent fonctionner

en mode mono, il n'y a pas ici de notion de maîtreesclave.

Une réduction de bruit souveraine

Passant directement le cap de la réduction de bruit,

Technics peut nécessairement profiter du savoir-faire

de Panasonic, entreprise qui n'en est pas à son coup

d'essai en la matière. Et le moins que l'on puisse

dire, c'est que les Technics EAH-AZ70W réussissent

un vrai tour de force.

L'isolation passive est déjà excellente avec les bons

embouts. Les aigus sont très nettement sabrés, bien

plus que la moyenne des écouteurs True Wireless,

et les médiums déjà bien atténués.

Mais surtout, la réduction de bruit active est

étonnamment efficace, voire impressionnante.

N'ayons pas peur des mots, nous avons ce qui se

fait de plus performant en la matière, dans les eaux

des performances atteintes par les AirPods Pro.

Avec les deux types d'isolation cumulés, les

Technics EAH-AZ70W nous plongent littéralement

dans une bulle silencieuse. Un vrai roi dans ce

domaine.

Un peu moins impressionnante, l'autonomie reste

plus que valable pour un modèle ANC. Nous avons

ainsi mesuré environ 6 h 10 avec réduction de bruit,

une autonomie inférieure à celle du modèle de

Sony.

Une sonorité exemplaire et exigeante

À l'image Hifi de la marque, les Technics EAH-

AZ70W ne déçoivent vraiment pas. Toutefois, il faut

bien comprendre que ces écouteurs ne sont pas les

plus accessibles d'un point de vue sonore. À ce titre,

il ne s’agit pas d’un produit qui déchaîne les basses,

ni marqué d'une patte trop tranchante, mais d’un

modèle extrêmement équilibré, seulement marqué

de quelques petites inflexions par rapport à une

ligne de réponse en fréquence psychoacoustiquement

plate. Aucun manque flagrant ni

aucune exagération ne se font vraiment ressentir.

Les transducteurs de 10 mm avec leur membrane

revêtue de graphène font vraiment des merveilles

techniques.

Ces écouteurs délivrent un message d'une extrême

technicité, sans qu’il soit trop clair ou voilé. Nous

pourrions, en voulant être strict, les qualifier de

légèrement doux, avec un petit creux en attaquant

les aigus, très proches de la neutralité donc. Mais,

pour ceux qui n'ont pas l'habitude, l'ennui peut

pointer le bout de son nez, la sonorité pouvant

paraître assez plate.

Comparés à des écouteurs comme les AirPods Pro,

les Technics EAH-AZ70W conservent un peu plus de

détails et de qualités dans les aigus, mais les

écouteurs d’Apple sont un brin plus énergiques et

plus passe-partout. L’écart se creuse face aux Sony

WF-1000Xm3, bien plus joueurs, plus démonstratifs,

plus à l'aise avec les morceaux à faible dynamique

et parfois un peu plus artificiels. La sagesse des

Technics se montre particulièrement intéressante sur

les excellents mixages, où leur qualité technique

leur permet de délivrer une scène sonore naturelle,

profonde et assez détaillée.

Royaux sur des genres musicaux comme le Jazz, le

Classique ou la variété-Pop, les Technics EAH-

AZ70W ne se brisent pas sur les styles plus

énergiques mais, pour certains utilisateurs, ils

pourront sembler manquer un peu de punch. La

signature sonore, doublée de la grande technicité

des transducteurs, fait de ces EAH-AZ700W des

écouteurs hautement recommandables pour une

écoute de qualité, sans emphase. Mais à ne pas

mettre entre toutes les oreilles.

Spécifications

•Type : écouteurs Bluetooth true wireless avec réduction

de bruit active

•Puce Bluetooth 5.0 avec prise en charge des codecs SBC

et AAC

•Certification IPX4

•Réponse en fréquence : 20 Hz à 20 kHz

•Autonomie annoncée : 6 h 30 avec réduction de bruit,

19 h 30 avec le boîtier de recharge

•Recharge : USB-C et sans fil

•Poids : 7 g par écouteur, 65 g pour la station de charge

•Accessoires fournis : câble de recharge, 5 paires d'embouts

en silicone de tailles différentes

Notre avis

Construction

Performances

Ergonomie

Musicalité

ON-mag >> mars/avril 2021-2

77


GRADO

GT220

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LES

SOURCES


TEST

ASTELL

& KERN

1200 €

Kann Alpha

Troisième modèle de la gamme Kann d'Astell & Kern, le Kann Alpha est un baladeur

connecté qui ne fait pas dans la demi-mesure : lourd, épais, doté d’une puissance de sore

impressionnante. Il constue certes une version plus "raisonnable" du tanesque Kann

Cube, mais il compte bien montrer la même aisance sonore, que ce soit dans l'univers de

salon (en DAC/ampli casque) ou dans le cadre d’un usage purement nomade.

par Guillaume Fourcadier

Lingot d'aluminium à la mode luxe

Les habitués de la marque Astell & Kern le savent, le

constructeur soigne la forme de ses produits à

l'extrême. Le châssis entièrement usiné en

aluminium est ici un petit bijou du genre, très

luxueux malgré son épaisseur.

A&K réutilise une recette éprouvée, à savoir

l'intégration d'une molette de volume sur la tranche

droite et de trois discrets boutons de navigation sur

la tranche gauche. Aussi brut qu'élégant, l'Astell &

Kern Kann Alpha ne souffre d'aucun défaut de

fabrication, d'aucun petit point laissé au hasard.

Son allure générale ne l'empêche pas d'afficher une

belle prestance, une présentation tout en angles et

en chanfreins, particulièrement agréable. Mention

spéciale pour l'encoche contenant la molette,

creusée en forme de A à l'image du logo de la

marque. Ce design est d'autant mieux pensé qu'il

s'accorde avec une ergonomie très simple mais

efficace. L'épaisseur du châssis, associée à un écran

tactile de seulement 4 pouces, permet de manipuler

facilement le baladeur, même d'une seule main.

Clairement, le Kann Alpha est bien plus proche d'un

vrai baladeur que ne peut l'être le monstrueux Kann

80 ON-mag >> mars/avril 2021-2

Cube.

Sur cet appareil, le constructeur introduit enfin la

connectique jack 4,4 mm (symétrique) dans sa

gamme de baladeurs, tout en conservant la prise 2,5

mm et le classique connecteur jack 3,5 mm

(asymétrique). Cette connectique peut également

être utilisée en sortie Ligne analogique, ainsi qu'en

sortie audionumérique optique (format Toslink).

Enfin, la face inférieure du baladeur abrite quant à

elle un port d'extension pour carte micro SD

(permettant d'étendre les 64 Go seulement de

mémoire interne), ainsi que la prise USB-C pour la

recharge, le transfert de fichiers (depuis PC/Mac) et

le fonctionnement comme DAC USB externe.

Ergonomie Android restrictive, simple et

efficace

L'expérience connectée A&K implique une vision

assez spartiate des choses, ce qui ne plaira pas à

tout le monde. L'OS est ainsi une version modifiée/

simplifiée à l'extrême d'Android 9, se présentant

sous la forme d'un simple lecteur, avec quelques

options avancées, dont le menu déroulant Android

(en balayant depuis le haut de l'écran vers le bas). À


ce titre, il n'y a pas de Playstore intégré ni autre App

store. Néanmoins, quelques applications de

streaming sont disponibles en standard et les autres

peuvent être installées en copiant des fichiers

d'installation .APK depuis un PC, ce qui permet une

expérience connectée de la musique.

Propulsé par une mystérieuse puce quadricœur,

l'Astell & Kern Kann Alpha offre une expérience

utilisateur suffisamment fluide, même si elle n'est

pas aussi impressionnante que sur les Fiio M11 et

Fiio M15. Que ce soit avec le lecteur local ou les

applications de streaming, nous n'avons pas eu

d'écran figé ou d'importantes latences. Seuls

quelques micro ralentissements sont à noter. Les

baladeurs de la marque tiennent en général très

bien sur la durée, nous espérons donc que ce sera

ici aussi le cas.

Annoncée à 14 h 30 (gain bas en lecture de fichiers

FLAC 16 bits), l'autonomie de la batterie de l'A&K

Kann Alpha est extrêmement dépendante du

volume sonore. Si les 14 h 30 sont effectivement

atteignables en gain bas, le passage à des casques

de salon (gain moyen et haut), en particulier sur

sorties symétriques, fait vite chuter l'autonomie à 10

h (gain moyen et volume à 50 % en jack 4,4 mm)

voire autour de 5 h dans les configurations les plus

énergivores (gain haut en jack 4,4 mm). Il faut

également noter que la recharge est assez lente :

elle nécessite entre 3 h 30 et 5 h selon le chargeur.

Riche, puissant et intransigeant

Les circuits de l'Astell & Kern Kann Alpha intègrent

une architecture en Dual Dac (un convertisseur par

canal) d’ES9068AS, une puce de dernière

génération. Cette disposition, secondée par

l'amplification toujours très neutre des modèles

Astell & Kern, permet à la marque de livrer un

baladeur à la technicité extrême et à la linéarité

quasi totale.

À l'écoute, quel que soit le casque ou les écouteurs

ciblés, le Kann Alpha délivre une sonorité d'une rare

puissance. Sans avoir l'agressivité des anciens

convertisseurs Sabre, l’ES9068AS sait être

extrêmement tranchant et sec si le morceau l'exige.

Oubliez la rondeur d'un modèle comme l’iBasso

DX160 ou le chant légèrement porté sur les

médiums du Fiio M15, le Kann Alpha est

intransigeant sur le plan de la fidélité des timbres.

Grâce à cela, il propose un niveau de détails

absolument hors du commun et une scène sonore

qui, si elle n'est pas aussi étendue que ce que

proposent les meilleures références Fiio, possède

une profondeur et une focalisation des instruments

exemplaires.

Le son du Kann Alpha est d'autant plus impérial

qu'il ne se laisse jamais déborder, ne serait-ce qu'un

peu, par les casques les plus coriaces. Son

importante puissance de sortie, particulièrement en

sortie symétrique, lui permet de dompter le

Sennheiser HD800, le T+A Solitaire P, l'antique AKG

K340, voire le très exigeant Hifiman Susvara.

Que ce soit sur sa puissance de sortie ou sa

sonorité, le Kann Alpha cultive sa personnalité

intransigeante mais musicale. Difficile de faire un

baladeur plus révélateur des mauvais mixages. Les

adeptes de sonorités "vinyles", un peu chaudes,

seront difficilement emballés par cet appareil. En

revanche, ceux qui recherchent une neutralité

maîtrisée, sans aucune limite de puissance, seront

aux anges, car ce modèle réussit totalement son

pari.

Bien qu'imposant et bénéficiant d’une autonomie

restreinte, l'Astell & Kern Kann Alpha est peut-être

bien le Kann de la maturité, celui qui, par ses petits

compromis et ses petits ajustements, peut être

vraiment considéré comme un système audiophile

complet et sans limite, à la fois très bon baladeur et

DAC/ampli casque de bureau.

Spécifications

•Type : baladeur audiophile connecté

•Ecran 4,1" - 720 x 1280 pixels

OS : Android 9.0

•Mémoire interne 64 Go

•Port micro SD

•Puce quadricœur

•DAC : Dual DAC ESS ES9068AS

•Lecture : PCM 32 bits/384 kHz, DSD256, MQA

•Puissance de sortie : jusqu'à 12 V RMS en symétrique,

6 V RMS en asymétrique ; réglage du gain 3 positions

•Sortie : jack 3,5 mm (asymétrique), jack 2,5 mm et jack

4,4 mm (symétrique) et optique (via prise jack 3,5 mm)

•Connecteur USB-C (recharge et fonction DAC externe)

•Bluetooth : prise en charge des codecs SBC, AAC, AptX,

AptX HD et LDAC

•Autonomie : 14 h 30 (en FLAC 16 bits et réglage du gain

sur bas)

•Recharge en 3 h 30 (via fast charging 9 V/1,67 A) ou 5 h

(5 V/2 A)

•Dimensions : 68,3 x 117 x 25 mm (l x h x p)

Poids : 316 g

Notre avis

Construction

Performances

Ergonomie

Musicalité

ON-mag >> mars/avril 2021-2

81


TEST

AUDIOQUEST

DragonFly Cobalt

L’AudioQuest DragonFly Cobalt ressemble à une

grosse clé USB revêtue d’une luxueuse peinture

métallisée de carrosserie automobile. Mine de

rien, il s’agit d’un vrai pet appareil audiophile

intégrant un DAC USB et un ampli casque

puissant. C’est le troisième du nom : il s’ajoute

aux DragonFly Red et Black déjà présents au

catalogue de la marque américaine et gagne

plusieurs amélioraons. par Pierre Stemmelin

300 €

L’AudioQuest DragonFly Cobalt reprend le format

de ses prédécesseurs DragonFly Black et Red, dans

une version légèrement miniaturisée et affinée, avec

un corps en métal revêtu d’une superbe finition bleu

cobalt nacré (comme sa référence l’indique). Il

conserve les mêmes équipements : d’un côté un

port USB type A mâle et de l’autre une prise minijack

3,5 mm femelle. En complément, il est livré avec

un adaptateur USB de type C de grade audiophile

(conducteurs à faible teneur en carbone) de chez

AudioQuest, qui permet le raccordement à un

appareil Android, par exemple. Il est aussi possible

de le brancher sur un appareil iOS, mais pour ce

faire il faudra acheter un adaptateur Lightning en

supplément.

L’AudioQuest DragonFly Cobalt est une mini carte

son qui permet de transformer un ordinateur (PC,

Mac et même Linux), un smartphone ou une tablette

en une source audiophile. Sa sortie mini-jack peut

aussi bien alimenter un casque audio haut de

gamme qu’attaquer une chaîne Hifi. Son

fonctionnement est simplissime. Il suffit de le

brancher au port USB de la source pour qu’il soit

prêt. Il est «plug’n play», c’est-à-dire qu’il ne

nécessite pas l’installation de pilotes.

Le Cobalt est le plus avancé techniquement de la

série DragonFly d’AudioQuest. Il intègre un

nouveau convertisseur ESS Sabre 32 bits

(ES9038Q2M) doté d’un filtre à pente douce pour

éviter les rotations de phase et duretés dans le haut

du spectre. Son processeur Microchip PIC32MX274

est 33 % plus puissant que celui du DragonFly Black.

Il met en œuvre l’algorithme «StreamLength

asynchronous-transfer» et la technologie

«monoClock», spécialement développés pour

AudioQuest par Gordon Rankin, grand spécialiste

de l’audionumérique. Ces procédés ont pour but

d’apporter une réduction drastique du jitter et de

limiter fortement les interférences dues aux ondes

Wi-Fi, Bluetooth ou cellulaires.

Ces circuits sont associés à un contrôle numérique

du volume de type Bit Perfect sur 64 bits pour éviter

toute perte de résolution même à faible niveau,

82 ON-mag >> mars/avril 2021-2

ainsi qu’à un ampli analogique ESS Sabre 9601 dont

le niveau de sortie est de 2,1 volts.

On le voit, l’AudioQuest DragonFly Cobalt est

minuscule et néanmoins bourré de matière grise

audiophile. Est-ce que cela s’entend à l’écoute ?

Nous répondons immédiatement par l’affirmative.

Nous avons notamment essayé le Cobalt avec les

casques orthoplanar Audeze LCD2 Closed-Back et

Quad Era-1. Il se singularise immédiatement par son

haut degré de résolution. AudioQuest déclare à son

propos : «un son séducteur et d’une beauté

naturelle – en y enlevant le duvet et le brouillard

dont l’auditeur n’avait même pas conscience jusqu’à

ce qu’il ne les entende plus». C’est dit de façon

poétique, mais assez vrai. Cette carte son de poche

apporte une transparence surprenante, tout en

alliant fluidité, douceur et luminosité dans le haut du

spectre. Elle ne force pas le trait, sa dynamique n’est

pas exacerbée, mais elle explore également bien le

bas du spectre jusqu’à ses tréfonds. La restitution

sur nos casques orthoplanar a une belle ampleur, de

la consistance et de la maîtrise dans les graves.

L’image sonore est bien construite, à la fois très

détaillée, stable, aérée et en relief. L’AudioQuest

DragonFly Cobalt tient donc ses promesses

audiophiles.

Spécifications

•Type : DAC-USB et ampli casque

•Connectique : port d’entrée numérique USB-A, prise de

sortie analogique mini-jack

•Résolution native supportée : PCM jusqu’en 24 bits/96

kHz, MQA

•Niveau de sortie : 2,1 volts

•Accessoires fournis : housse de protection en cuir,

câble adaptateur USB-C

•Dimensions : 57.5 x 18.6 x 11.9 mm

Notre avis


ON-mag c’est aussi...


TEST

EARMEN

Sparrow

Troisième produit de la marque EarMen, le

minuscule Sparrow s’aaque au pet mais

concurrenel segment du mini DAC/ampli

casque. Un produit qui va soit démontrer à

nouveau le savoir-faire de la marque, soit se

prendre les pieds dans le tapis en sautant le pas

de l’ultra miniaturisaon.

par Guillaume Fourcadier

Un châssis en aluminium anodisé noir, des façades

en verre sombre aux bords arrondis : avec un peu

d'effort, cela nous rappellerait presque la qualité

d’un smartphone haut de gamme. Sur ce point, le

Sparrow paraît une classe au-dessus des DragonFly

d’Audioquest et du Hi-mDac de NuPrime. Le verre

semble également solide. D’ailleurs, pendant nos

tests, l’EarMen Sparrow est tombé sur un carrelage

et n’a pas fait d’éclat… de verre.

On note cependant un petit bémol sur l'intégration

de la prise jack 2,5 mm. Faute de place, celle-ci est

insérée au châssis dans un disque aplati sur deux

côtés. La partie plastique du connecteur semble

ainsi avoir été rentrée tant bien que mal, même si en

pratique, la solidité est là.

Mesdames, messieurs, la symétrie audiophile

Carte son USB-C fonctionnant en sortie d’ordinateur

ou de smartphone, l’EarMen Sparrow est tout ce

qu’il y a de plus épuré. Pas de bouton de volume

intégré, la seule animation passe par une petite

diode colorée, indiquant le type de flux entrant :

une couleur pour le PCM/DSD et une autre pour le

MQA.

Mais l’un des intérêts de l’EarMen Sparrow réside

dans sa double sortie : jack 3,5 mm asymétrique et

2,5 mm en symétrique, cette dernière étant très rare

sur les petites cartes son externes de ce type.

Une puissante neutralité

L’EarMen Sparrow est équipé d’un convertisseur

ES9281Pro, l’une des meilleures puces de chez ESS.

Son approche haut de gamme se vérifie assez vite à

l’écoute, puisque nous avons affaire à une vraie

leçon de maîtrise sonore.

Certes le Sparrow ne va pas titiller les excellentes

cartes plus volumineuses, sa grande sœur TR-Amp

en tête, mais propose un son à la fois très équilibré,

presque neutre, tout en étant particulièrement

dynamique, extrêmement rapide et maîtrisé dans le

bas du spectre, sans une once d’agressivité. Un

constat d’autant plus valable sur sa sortie

84 ON-mag >> mars/avril 2021-2

230 €

symétrique.

Le niveau de détails est également important et la

scène sonore relativement profonde, même si elle

n’est pas incroyablement vaste. Le bruit de fond est,

quant à lui, presque inexistant (sauf avec quelques

écouteurs intra-auriculaires très sensibles).

La restitution sonore de l’EarMen Sparrow nous a

paru plus maîtrisée et technique que celle du

DragonFly Red, et même un brin plus riche que

celle du DragonFly Cobalt. Le NuPrime Hi-mDac

est, paradoxalement, son pire adversaire. Le

Sparrow est certes plus musical, plus puissant et

mieux construit, mais il est tout de même 65 % plus

cher. Notons que ce modèle, surtout en symétrique,

est très puissant, si bien qu’il est nécessaire de

vraiment doser le niveau sonore sur des écouteurs

intra-auriculaires. Son niveau de sortie de 4 V (en

symétrique) le rend suffisamment puissant pour la

quasi intégralité des casques du marché, y compris

ceux de haute impédance.

Petit et audiophile, l’EarMen Sparrow est l’un des

meilleurs DAC USB-C au format mini que nous

ayons pu tester - un peu plus cher que la moyenne,

mais diablement convaincant.

Spécifications

•Type : DAC / ampli casque USB-C

•Entrée : USB Type C

•Sorties : jack 3,5 mm (asymétrique), jack 2,5 mm (symétrique)

•DAC : ESS Sabre ES9281Pro

•Compatibilité : PCM 32 bits/384 kHz, DSD128, MQA

•Tension max de sortie : 2 Vrms (symétrique) et 1,4 Vrms

(asymétrique) sous 32 Ohms, 4 Vrms (asymétrique) et 2

Vrms (asymétrique) sous 600 ohms

•Dimensions : 42 x 8 x 22 mm

Notre avis


plaisirs

solitaires

The Clash déchaînés dans votre salon, Lady Day chuchotant à

vos oreilles, Claudio Abbado sur vos genoux. Voilà ce que vous

promet l’écoute au casque d’exception : le grand frisson musical

au plus près des artistes, à tout moment, rien que pour vous.

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TEST

iFi AUDIO

750 €

Neo iDSD

Le Neo iDSD est le conversseur et ampli casque haut de gamme de dernière généraon de la

gamme iFi Audio conçue par le spécialiste britannique AMR. Fonconnant en symétrique et

acceptant tous les formats audionumériques Hi-res, il est parfait sur le papier, tandis que son

prix largement sous la barre des 1000 € reste encore très raisonnable. Voyons donc s'il ent ses

promesses sur le terrain.

par Pierre Stemmelin

Le Neo iDSD inaugure un nouveau format de boîtier

pour iFi Audio. Compact et d'une esthétique

affirmée, ce boîtier peut se poser à l'horizontale ou

à la verticale grâce à son support fourni, comme

parfait compagnon audiophile de bureau, à côté

d'un ordinateur. Sa construction est particulièrement

robuste. Derrière la façade en aluminium de 1 cm

d'épaisseur et en finition perlée, le châssis est formé

d'un profilé d'alliage d'aluminium monobloc dont

les parois atteignent de 3 à 4 mm d'épaisseur. Pour

parfaire le tout, la plaque arrière qui referme ce

boîtier n'est pas faite d'un simple morceau de tôle,

mais réalisée dans un panneau également en

aluminium et de bonne épaisseur (2 mm).

Les commandes de l'appareil sont très simples. En

façade, à côté de deux prises casque au format jack

6,35 mm et jack symétrique 4,4 mm sont placés

deux petits boutons de mise sous tension et

sélection des sources, puis vient la molette de

volume à pression et le petit afficheur. Une

télécommande presque tout aussi simple, au format

carte à puce, complète l'ensemble.

À l'arrière, l'iFi Audio Neo iDSD possède 3 entrées

numériques : coaxiale sur RCA, optique Toslink et

USB 3.0. Une antenne Bluetooth est aussi présente.

L'appareil est compatible avec les flux

audionumériques dans la meilleure définition

possible jusqu'en PCM 32 bits/768 kHz et DSD512. Il

comprend le format MQA et accepte les codecs

Bluetooth les plus avancés (AAC, SBC, AptX, AptX

HD, AptX Adaptive, AptX LL, LDAC, LHDC/HWA).

Les sorties Ligne/préampli analogiques sont, de leur

côté, doublées, en asymétrique sur RCA et en

symétrique sur XLR.

L'alimentation de l'appareil est assurée par un

86 ON-mag >> mars/avril 2021-2

transformateur extérieur 5 V/2,5 A de type iPower, à

faible bruit et spécifique à la marque. Quatre petits

pieds en caoutchouc, ainsi que deux câbles (USB 3.0

et modulation stéréo RCA) sont fournis avec le Neo

iDSD. Cela relève d'une charmante attention, assez

rare. Dommage cependant que les câbles soient un

peu courts (50 cm de long chacun).

Des circuits optimisés et des composants de

haute volée

iFi Audio n'en est pas à son premier appareil du

genre. Il a déjà réalisé des modèles bien plus haut

de gamme pour audiophiles furieux comme

l'excellent Pro iDSD (2750 €), mais aussi des modèles

d'entrée de gamme très accessibles comme le Zen

DAC (150 €). Il maîtrise donc très bien son sujet, les

coûts, et dispose de ses propres recettes techniques

savamment rodées et optimisées. Avec ce bagage,

il est en mesure de proposer un Neo iDSD

extrêmement compétitif du point de vue technique.

À l'intérieur du Neo iDSD officie un convertisseur

Burr Brown DSD1793 (la marque ne le précise pas

dans sa documentation technique, mais nous

sommes allés enquêter dans les circuits de

l'appareil) ainsi qu'une puce Bluetooth de dernière

génération de la série QCC5100 de Qualcomm,

sans oublier une interface USB asynchrone Xmos. Le

DAC travaille sur 24 bits/192 kHz, mais l'appareil

accepte bien les flux numériques jusqu'en PCM 32

bits/768 kHz et DSD512 ou DXDx2. Lors de la

conception, une attention particulière a été portée à

la réduction du jitter, ce qui se traduit par l'adoption

d'une horloge de type GMT-Femto de haute

précision. Le Neo iDSD reprend par ailleurs le


système de filtrage numérique GTO (Gibbs

Transient Optimised) propre à la marque et

développé initialement pour son modèle haut de

gamme Pro iDSD.

Pour le reste, on retrouve les recettes habituelles

d'iFi Audio avec notamment l'utilisation d'amplis

Op haut de gamme réalisés sur cahier des charges

de type OV (Operation Verstärker) ou encore des

capacités céramiques TDK et Murata.

Une restitution sonore qui gagne en

caractère

Par rapport aux précédentes réalisations d’iFi Audio

que nous avons pu tester dans cette gamme de

prix, le Neo iDSD marque des progrès et un léger

tournant. La restitution sonore est toujours très

précise et détaillée, mais se détache d'une certaine

rigueur, d'une certaine neutralité, pour prendre plus

de muscle et de caractère. Ce nouveau DAC/ampli

casque/préampli numérique n'est absolument pas

froid, trop analytique ou technique (comme le dirait

notre collègue Guillaume Fourcadier). Il propose un

équilibre tonal légèrement physiologique, avec une

courbe de réponse subjective en "V". Ses basses

sont rondes, profondes et denses, que ce soit à

partir de ses sorties casques ou de ses sorties Ligne/

préampli.

Lors de l'écoute au casque, on note une légère

brillance, un petit artifice dans le haut du spectre,

mais cela reste très doux. Il s'agit plutôt d'une

« coquetterie » (selon une expression de notre

ancien collègue Yves Marzio), un trait de caractère

attachant plus qu'un défaut.

L'image stéréophonique est d'une belle ampleur. Au

casque, la latéralisation entre les oreillettes gauche

et droite est bien marquée sans que cela nuise à la

cohésion globale ou ne crée un trou au centre. Avec

l'iFi Audio Neo iDSD, on ne ressent absolument pas

d'effet de "close-up" trop poussé ou l'impression

d'être confiné. Les basses descendent très bas sur

nos morceaux de Rap lourd. Ce n'est pas totalement

exceptionnel pour cette classe de prix, mais déjà de

haut niveau. L'assise est très sympa et copieuse. Le

Neo iDSD fait parler la puissance de ses étages de

sorties casque et s'en sort très bien sur les modèles

énergivores même d'impédance élevée jusqu'à 300

ou 600 Ω.

À partir des sorties préampli, on retrouve le même

caractère énergique et musclé. Les timbres sont un

peu plus mats. L’iFi Audio Neo iDSD délivre un

médium assez sobre. Dans ce registre, il n'a pas la

rutilance de certains concurrents, notamment sur les

instruments acoustiques et la musique Classique

Baroque, par exemple. Il n'en sonne pas moins de

façon très naturelle. Les rythmes pulsent bien. Ce

DAC/préampli sait se montrer précis et sage sans

donner la sensation de freiner la dynamique. Il

cultive l'équilibre entre énergie et rigueur, franchise

et justesse. Nous trouvons cette esthétique

particulièrement agréable et convaincante.

Spécifications

•Type : convertisseur, ampli casque, préampli pour

sources numériques

•Entrées : numériques USB 3.0 B, optique Toslink, coaxiale

sur RCA, Bluetooth 5.0 (AAC, SBC, AptX, AptX HD,

AptX Adaptive, AptX LL, LDAC, LHDC/HWA)

•Flux numériques acceptés : jusqu'en PCM 32 bits/768

kHz et DSD512, DSD2x, MQA

•Sorties : variables RCA et XLR, casque sur jack 6,35 mm

et jack 4,4 mm symétrique

•Niveau de sortie préampli max. : 7,7 V en XLR, 3,9 V sur

RCA

•Puissance de sortie casque :

- 1040 mW sous 32 Ω et 68,6 mW sous 600 Ω en symétrique

- 295 mW sous 32 Ω et 17,6 mW sous 600 Ω en symétrique

•Alimentation externe : iPower DC 5 V/2,5 A

•Dimensions : 214 x 146 x 41 mm

•Poids : 970 g

Notre avis

Construction

Performances

Fonctions

Musicalité

ON-mag >> mars/avril 2021-2

87


TEST

M2TECH

Marley MkII

1900 €

Dernier-né de la marque audiophile toscane M2Tech, fabriqué localement, le Marley MkII est

un amplificateur casque aussi ambieux que menu. Simple mais complet, cet appareil haut

de gamme s'aaque pourtant à de sacrés adversaires.

par Guillaume Fourcadier

Compacité et ordre

Le M2Tech Marley MkII n'est pas le plus

impressionnant amplificateur du genre, du moins de

prime abord. Ses dimensions très réduites, sa petite

molette et son design minimaliste font qu'il ne

marque pas autant que des appareils comme l’Auris

Euterpe ou le Sennheiser HDV 820. Son aspect n'est

pourtant pas le fruit d'un manque d'ambition ou

d'une trop grande simplicité, mais d'une

uniformisation de la gamme Rockstars dont il fait

partie.

À ce titre, il jouit d'une assez bonne qualité de

fabrication générale. Son châssis est enserré par une

épaisse structure en aluminium anodisé et son

architecture interne est d'une très grande propreté.

Le seul vrai bémol vient de la molette cliquable,

dont l'axe de rotation n'est pas parfait. En tournant,

un petit frottement peut se manifester çà et là.

Les connectiques sont suffisamment complètes pour

l'essentiel des usages, avec la présence de deux

entrées RCA, d'une entrée XLR, d'une sortie RCA

préamplifiée et d'une sortie RCA type Rec (pour

enregistreur). En façade, le choix est laissé entre le

bon vieux jack 6,35 mm (asymétrique) et un XLR 4

broches (symétrique).

Via sa molette, une télécommande infrarouge, mais

également une application dédiée proposant le

contrôle en Bluetooth, le Marley MkII se permet de

proposer un grand nombre de réglages :

impédance de sortie, légère égalisation, réglage du

pas de volume, etc. Un vrai petit centre de contrôle

qui ne transforme pas l'expérience, mais offre déjà

la possibilité de la bonifier et la personnaliser.

Un son racé et ouvert

Le M2Tech Marley MkII est un bel exemple de

transcription très musicale et maîtrisée. Pas de parti

pris sur la réponse en fréquence, parfaitement

régulière et équilibrée, mais une grande technicité

et une excellente énergie, le tout avec beaucoup de

88 ON-mag >> mars/avril 2021-2

petites nuances et de détails.

Le Marley MkII brille par sa polyvalence, que ce soit

pour les styles musicaux variés ou les différents

casques et écouteurs qu'on lui demande

d'alimenter. Sa grande puissance de sortie lui

permet de se confronter aux hautes impédances et

sa maîtrise à faible tension lui confère la capacité de

s'adapter avec brio aux écouteurs les moins

énergivores.

Si l'image stéréophonique reste bien cadrée, sans

exagération, M2Tech délivre là un modèle de

cohérence et de transparence, étageant

particulièrement bien les différents instruments. Cet

appareil se refuse à faire un compromis entre qualité

technique et qualité musicale, prouvant que les

deux sont bien compatibles.

Son tarif le place pourtant face à une concurrence

extrêmement affûtée. Le NuPrime AMG HPA par

exemple, bien plus volumineux, propose des

prestations sonores un peu plus consensuelles. Le

M2Tech Marley MkII se positionne comme un

produit de haute de volée donc, très compact,

made in Italy, avec une esthétique sonore affirmée.

Spécifications

•Type : amplificateur casque avec sortie préamplifiée

•Amplification double symétrique en classe A

•Entrées : 2 RCA, 1 XLR

•Sorties : jack 6,35 mm (casque), XLR 4 broches

(casque), préampli en RCA, sortie de bande (RCA)

•Tension de sortie max : 9 VRMS (8 Ohms, Lo-Z), 8 VRMS

(300 Ohms, Lo-Z)

•Alimentation, transformateur de 15 VDC, entrée pour

alimentation spéciale

•Dimensions : 200 x 200 x 50 mm

•Poids : 2 kg

Notre avis


Casque électrostatique

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Distribué par :

+33 (0) 952 572 360

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TEST

MOON BY SIMAUDIO

Neo 230HAD

Le Neo 230HAD de la société québécoise Moon

by SimAudio, est à la fois un ampli casque, un

DAC USB compable Hi-Res et DSD ainsi qu'un

préampli. C'est un appareil très complet,

puissant, d'une très belle qualité de

construcon et qui sonne bien à l'écoute.

par Pierre Stemmelin

Spécifications

•Puissance par canal : 1 W sous 50 Ω, 200 mW sous

300 Ω, 100 mW sous 600 Ω

•Entrées : 2x analogiques sur RCA et mini-jack, 4x numériques

RCA coaxiales (2x), Toslink optique, USB

•Flux numériques supportés : jusqu’à 24 bits/192 kHz

(toutes entrées), jusqu’à 32 bits/384 kHz et DSD256

(sur USB)

•Sorties : jack 6,35 mm pour casque en façade, 2x sorties

L•igne sur RCA à l’arrière (niveau fixe et variable)

•Impédances de sortie compatibles : de 20 à 600 Ω

•Réponse en fréquence (audible) : 20 Hz à 20 kHz ±0,1 dB

•Réponse en fréquence (étendue) : 5 Hz - 100 kHz

+0/-3 dB

•Distorsion Harmonique Totale (DHT) à 1 kHz, 0 dBFS

(pondération A) : 0,005 %

•Distorsion d’intermodulation : 0,005 %

•Rapport signal/bruit : 115 dB

•Diaphonie : 80 dB

•Impédance d’entrée/sortie : 22 kΩ/1,25 Ω

•Poids : 2,8 kg

•Dimensions : 17,8 x 7,6 x 28 cm

Notre avis

90 ON-mag >> mars/avril 2021-2

1300 €

Doté d'une façade en aluminium usiné dans la

masse et d'un châssis bien rigide en tôles épaisses,

le Neo 230HAD est en accord avec la qualité de

fabrication à laquelle nous a habitués Moon by

Simaudio. C'est de l'ouvrage très propre,

professionnel et rassurant.

L'appareil est livré avec une télécommande bien

boutonneuse et dispose d'une riche connectique

avec des entrées analogiques et numériques

(optique, coaxiales, USB), ainsi que des sorties

casque, Ligne et à niveau variable. Sa section

"CNA" (çà veut dire "DAC" en québécois !) utilise

une puce ESS Sabre (ES9018) et accepte les signaux

Hi-Res jusqu'en 32 bits/384 kHz ou DSD256 (par

USB).

Les étages d'amplification font appel de leur côté à

des circuits à transconductance différentielle (amplis

op). Très costauds, ils sont en mesure d'alimenter

des casques d'une impédance de 600 Ω avec une

puissance de 100 mW nominale par canal.

Sur le terrain, cela se remarque immédiatement. Le

réglage de volume du Neo 230HAD est très sensible

(ce qui est parfois un peu gênant sur des casques à

faible impédance et bonne sensibilité). Il envoie "la

patate" dés le premier dixième de tour. Cette

électronique Moon by Simaudio est effectivement

bien calibrée pour alimenter des casques

gourmands et exigeants. Mais sa restitution est

également bien posée, avec des timbres soyeux,

définis et moelleux, de la matière dans le grave et

une certaine légèreté dans le médium. Le Neo

230HAD sait restituer de beaux espaces, conciliant

ampleur et finesse. C'est beau et fort agréable.


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TEST

1900 €

NUPRIME

AMG HPA

Dernier modèle de la série haut de

gamme AMG de NuPrime, le HPA est un

ampli casque des plus ambieux. Ne

versant pas dans l'exubérance, il se veut

dans la pure lignée des produits Hifi

technologiquement très recherchés de la

marque. De quoi se faire une place dans

une gamme de prix assez encombrée ?

par Guillaume Fourcadier

Complet dans son épure, un peu brut

Même si relativement fin, le NuPrime AMG HPA est

un ampli casque de belle taille, qui n'adopte

clairement pas l'approche un peu folle de modèles

comme l'Auris Euterpe. Néanmoins, son design tout

en sagesse est servi par une qualité de finition et de

fabrication irréprochables. Il se singularise par un

châssis tout en aluminium, assemblé à la perfection

ainsi qu'une façade aux Leds discrètes et aux bords

chanfreinés. En poupe, une légère avancée lui

apporte un brin d'excentricité.

Mais plus que son design sage et sa fabrication

somptueuse, l'AMG HPA est surtout très complet et

peut être perçu comme un véritable petit centre

audio. Nous avons sous la main pas moins de quatre

entrées audio analogiques, trois en RCA et une en

double XLR trois broches. Le NuPrime AMG HPA

assume également la fonction de préamplificateur,

avec une sortie RCA et une sortie en double XLR à

niveau variable. Enfin, pour la fonction principale,

celle d'amplificateur pour casque, l'AMG HPA

possède une prise jack 6,35 mm (asymétrique) ainsi

qu’un duo de prises symétriques en jack 4,4 mm et

en XLR 4 broches.

L'ergonomie est un point encore un peu perfectible.

L'écran indicatif, composé de Leds formant des

caractères alphanumériques, est franchement

austère (ou pas assez rétro) pour un produit haut de

gamme. Même constat en ce qui concerne la

télécommande, dense et très bien finie, qui assure

certes les fonctions élémentaires (allumage/

extinction, sélection de la source, réglage du

volume), mais paraît sortir d'un autre âge en matière

de confort d'utilisation.

La sonorité impériale d'un vrai haut

de gamme

Peu importent les critiques sur l'ergonomie, ou

même l'absence d'étage de conversion numériqueanalogique

; la technicité de l’AMG HPA est

largement à la hauteur de ses prétentions.

Fonctionnant tout en transistors, il ne présente

92 ON-mag >> mars/avril 2021-2

pourtant aucun des défauts potentiels de ce type

d'amplificateur. Absolument pas agressif, ce modèle

qui adopte une architecture interne double mono,

fonctionnant en classe A, est un savant mélange de

puissance et de maîtrise ; il délivre une scène sonore

très cohérente et suffisamment vaste.

L'une des forces du NuPrime AMG HPA est de

combiner un excellent sens de l'énergie, ne se

laissant jamais déborder par une piste quelle que

soit sa complexité, avec une pureté sonore tout en

contrôle. Malgré sa très légère pointe dans les

aigus, il ne fait pas chanter les casques de manière

artificielle, quel que soit le modèle.

Face à l’Auris Euterpe, il affiche une personnalité

tout aussi musicale mais un peu plus analytique,

tandis que son concurrent possède une sorte de

grain plus analogique et des timbres plus chauds.

Dans un cas comme dans l'autre, ces deux modèles

se placent clairement dans le haut du panier en

matière d'amplis casque. Toutefois, techniquement,

le NuPrime AMG HPA est un brin au-dessus (mais

sans fonction DAC).

Le NuPrime AMG HPA est donc une belle réussite,

un amplificateur casque loin d'être abordable, mais

qui fait vraiment partie des modèles d'exception.

Spécifications

•Type : ampli casque/préampli stéréo

•Architecture dual-mono symétrique

•Impédance d'entrée : 1 MOhm

•Entrées : 3 RCA (Ligne), 1 XLR (Ligne)

•Sorties : 1 RCA, 1 double XLR 3 broches, 1 jack 6,35 mm, 1

jack 4,4 mm, 1 XLR 4 broches (sortie casque)

•Puissance de sortie (casque) : 2000 mW (asymétrique)

et 3 500 mW (symétrique) sous 32 Ohms, 150 mW (asymétrique)

et 300 mW (symétrique) sous 600 Ohms

•Dimensions : 235 x 55 x 300 mm

•Poids : 2,5 kg

Notre avis


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