20.05.2021 Vues

LG_243

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

Mai / Juin 2021 | n˚ <strong>243</strong><br />

www.gemengen.lu<br />

Pierre-Jean Forrer<br />

Principal<br />

EY Luxembourg<br />

PAULETTE LENERT<br />

Ministère de la Santé<br />

Pour une santé publique cohérente et durable<br />

DAVID BÜCHEL<br />

Chambre des salariés<br />

#Safe at work<br />

GÉRARD HOFFMANN<br />

Proximus Luxembourg<br />

Grand gagnant de la crise?


POUR ACCÉLÉRER LA TRANSITION,<br />

TRANSFORMONS LA MOBILITÉ.<br />

BGL BNP PARIBAS S.A. (50, avenue J.F. Kennedy, L-2951 Luxembourg, R.C.S. Luxembourg : B 6481) Communication Marketing avril 2021. © Hervé Plumet.<br />

Concrètement, pour soutenir l’engagement<br />

de nos clients particuliers et entreprises,<br />

nous étoffons constamment notre offre<br />

de leasing de véhicules électriques et<br />

hybrides. Plus de 30 % des véhicules<br />

commandés depuis début 2021 sont des<br />

véhicules électrifiés.<br />

Pour réussir le défi de la transition,<br />

accélérons ensemble.<br />

bgl.lu/fr/engagement<br />

La banque<br />

d’un monde<br />

qui change


EDITO<br />

PAR ADELINE JACOB<br />

Le Luxembourg anéanti<br />

Il pose une question choc et fait du bruit dans les sphères politique,<br />

cinématographique et privée. Le docu-fiction «An Zéro - Comment<br />

le Luxembourg a disparu», diffusé sur ARTE le 21 avril, nous<br />

plonge dans une Europe où le Grand-Duché serait rayé de la carte<br />

suite à un accident nucléaire majeur à Cattenom. Cette centrale<br />

lorraine, située à 10 kilomètres de la frontière luxembourgeoise<br />

et à 35 kilomètres de la capitale, cristallise en effet de nombreuses<br />

tensions depuis des décennies, le Luxembourg estimant son<br />

système de sécurité défaillant. Scénario plausible donc pour ce film<br />

d’anticipation co-réalisé par Julien Becker et Myriam Tonelotto.<br />

Derrière l’écran, le téléspectateur s’immisce dans le quotidien<br />

d’Hervé, avocat et père de famille eschois campé par Luc Schiltz,<br />

et Emma, journaliste insatisfaite interprétée par Sophie Mousel,<br />

jusqu’à ce que tout bascule. De la fuite de l’accident nucléaire sur<br />

les réseaux sociaux à l’évacuation des populations en passant par les<br />

mouvements de panique, Julien Becker, réalisateur du volet fiction,<br />

a voulu «imaginer le pire afin de lancer le débat». En effet, à ce<br />

scénario catastrophe, que d’aucuns qualifient de «sensationnaliste»,<br />

réagissent une série d’experts qui commentent le déroulement de<br />

l’histoire et imaginent les conséquences de la catastrophe… jusqu’à<br />

ce que ne s’installe une espèce de dialogue de sourd où fiction et<br />

documentaire semblent ne plus se répondre, le second dépassant<br />

la première et soulignant ses lacunes au passage. Là où politiques,<br />

historiens, constitutionnalistes et autres experts parviennent à<br />

mettre des mots sur certaines éventualités, la fiction peine à illustrer<br />

l’invisible: la disparition d’un État de droit, l’extinction progressive<br />

de l’identité culturelle d’un pays, les pathologies de l’exil, etc.<br />

Aux abonnés absents également, «l’an zéro» annoncé par le titre.<br />

Les réalisateurs nous transportent en réalité du Jour-J à l’an trois,<br />

éludant l’exode des évacués.<br />

elle, omettrait délibérément certains aspects scientifiques jugés<br />

dérangeants pour les anti-nucléaires. En supprimant du montage<br />

les interventions de certains experts qui nuançaient le scénario<br />

catastrophe de la fiction, ARTE et la NDR (Norddeutscher<br />

Rundfunk, chaîne régionale allemande et coproductrice du film) se<br />

sont attiré les foudres de la co-réalisatrice qui dénonce une censure<br />

idéologique. La version diffusée par la chaîne franco-allemande<br />

est selon elle anti-nucléaire mais aussi peu scientifique puisqu’elle<br />

sous-entendrait que l’exil sans retour serait la seule option des<br />

Luxembourgeois. Or, en termes d’impacts sur les populations, de<br />

récents rapports sur les dernières catastrophes nucléaires tendent<br />

plutôt à incriminer leur mauvaise gestion plutôt que les retombées<br />

radioactives elles-mêmes.<br />

Ce désaveu aura certainement servi au docu-fiction en soulevant<br />

certaines questions auxquelles le film s’est gardé de répondre,<br />

ouvrant ainsi complètement le débat. L’accusation de censure<br />

confronte le téléspectateur à la critique du discours qui lui est<br />

proposé. Les divergences de vues entre les deux réalisateurs les<br />

poussent à s’interroger sur un genre cinématographique hybride<br />

qui jongle entre pure fiction et approche scientifique. À cet égard,<br />

le parti pris des réalisateurs (un scénario qui joue sur la corde<br />

émotionnelle entrecoupé de témoignages d’experts dans un cadre<br />

aseptisé) a cela d’honnête qu’il ne brouille pas les lignes entre fiction<br />

et réalité. L’acteur reste artiste, l’intervenant seul est expert, dans le<br />

plus grand respect du spectateur, mais au détriment de l’harmonie<br />

de l’ensemble. Il est alors légitime de se demander si la rencontre<br />

des genres était opportune… Quoi qu’il en soit, si la volonté était<br />

de susciter le débat, le pari est réussi. Les questions soulevées sont<br />

percutantes. L’onde de choc continuera sans doute à se répandre. n<br />

Mais ce qui suscite la polémique n’est pas tant ce que la fiction<br />

peinerait à reproduire que ce que le documentaire occulterait.<br />

Myriam Tonelotto, co-réalisatrice du film en charge du volet<br />

documentaire, a elle-même désavoué cette production qui, selon


4<br />

<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

SOMMAIRE<br />

ICT<br />

40 | GUY BRANDENBOURGER ET<br />

RASA SARKE — PwC Luxembourg<br />

COVERSTORY<br />

10 | PIERRE-JEAN FORRER<br />

EY Luxembourg<br />

Futur de la médecine et médecine du futur<br />

SANTÉ & SÉCURITÉ AU TRAVAIL<br />

46 | PAULETTE LENERT<br />

Ministère de la Santé<br />

Soutenir et renforcer l’innovation au sein du secteur public<br />

Pour une santé publique cohérente<br />

et durable<br />

ICT<br />

18 | POST Group<br />

ICT<br />

28 | MIKE REIFFERS<br />

skeeled Luxembourg<br />

SANTÉ & SÉCURITÉ AU TRAVAIL<br />

50 | GEORGES WAGNER<br />

Association d’Assurance Accident (AAA)<br />

Le travail, c’est définitivement ce que l’on<br />

fait, et non pas l’endroit où l’on se trouve!<br />

Déjà deux communes séduites<br />

par le recrutement digital<br />

Un pas de plus vers la VISION ZERO<br />

ICT<br />

20 | OLIVIER PENIN<br />

Telkea Group<br />

ICT<br />

34 | GEORGES WANTZ<br />

Deloitte Luxembourg<br />

SMART BUILDING<br />

60 | JEAN-PAUL MENTEN ET<br />

THIERRY GILLES — SIA.architects<br />

Des solutions flexibles<br />

et innovantes pour chaque métier<br />

Cloud non-européen et protection des<br />

données personnelles, un duo compatible?<br />

Concepteurs d’innovation


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

5<br />

SMART BUILDING<br />

64 | Schroeder & Associés<br />

ÉCONOMIE<br />

106 | MIKE POIRÉ<br />

Commune de Mertzig<br />

Mieux communiquer pour mieux construire,<br />

un enjeu majeur du BIM<br />

DÉVELOPPEMENT DURABLE<br />

86 | ELISE REIN ET JÉRÉMY VAN LEEUWEN<br />

Betic Ingénieurs-Conseils<br />

Photo © Fränk Henkes<br />

Première commune de l’Économie<br />

pour le Bien commun<br />

FOCUS COMMUNES<br />

114 | TAINA BOFFERDING<br />

Ministère de l’Intérieur et de l’Égalité<br />

entre les femmes et les hommes<br />

LETZEBUERGER GEMENGEN<br />

Publication éditée par Euro-Editions S.A.<br />

www.gemengen.lu<br />

Société éditrice<br />

Euro-Editions S.A.<br />

24, rue Michel Rodange • L-4660 Differdange<br />

Régie publicitaire<br />

Julien Malherbe<br />

marketing@euroeditions.lu<br />

Administration<br />

Lucia Ori<br />

Tél. 58 45 46-29 • Fax 58 49 19<br />

admin@euroeditions.lu<br />

Raouf Hatira<br />

secretariat@euroeditions.lu<br />

Économie circulaire et bâtiment:<br />

une transition incontournable<br />

PORTRAIT<br />

128 | GÉRARD HOFFMANN<br />

Proximus Luxembourg<br />

La participation citoyenne fait battre le cœur<br />

de la vie communale<br />

Rédaction<br />

Martina Cappuccio<br />

martina@euroeditions.lu<br />

Pierre Birck<br />

Adeline Jacob<br />

Raouf Hatira<br />

Stéphane Etienne<br />

Dominique Coutant<br />

Mathieu Lopez<br />

Marc Auxenfants<br />

Conception et réalisation graphique<br />

Sophie Glibert<br />

sophie@euroeditions.lu<br />

Photographie<br />

Marie De Decker<br />

Eric Devillet<br />

Agence Kapture<br />

Nader Ghavami – Photopro Luxembourg<br />

Impression<br />

Imprimerie Centrale<br />

Secteur des télécommunications et de l’informatique: grand gagnant de la crise?<br />

© Euro-Editions<br />

Tous droits de reproduction réservés pour tous pays.<br />

Tous manuscrits, photos et documents envoyés à la<br />

rédaction ne peuvent être exploités qu’avec l’accord de<br />

leurs auteurs. Publiés ou non, ils ne seront pas restitués.<br />

Les reportages signés n’engagent que leurs auteurs.<br />

Les prix figurant dans cette revue sont indicatifs et<br />

peuvent être sujets à des variations dont l’éditeur ne<br />

pourrait nullement être tenu pour responsable.


6<br />

<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

INDEX<br />

10 | PIERRE-JEAN<br />

FORRER<br />

Principal<br />

EY Luxembourg<br />

14 | FABRICE<br />

CROISEAUX<br />

CEO<br />

InTech S.A.<br />

16 | YANNICK<br />

BRUCK<br />

CTO<br />

Fujitsu Luxembourg<br />

20 | OLIVIER<br />

PENIN<br />

Directeur Sales, Marketing<br />

& Solutions<br />

Telkea Group<br />

22 | STEVE<br />

EIFFES<br />

Directeur commercial<br />

Lineheart<br />

24 | ROBERT<br />

ROUX<br />

CEO<br />

System Solutions<br />

Luxembourg<br />

28 | MIKE<br />

REIFFERS<br />

Co-fondateur<br />

skeeled Luxembourg<br />

34 | GEORGES<br />

WANTZ<br />

Managing Director<br />

Deloitte Luxembourg<br />

36 | CHLOË<br />

LELLINGER<br />

Data Protection Officer<br />

LISER<br />

38 | THOMAS<br />

FLACHAIRE<br />

CISO<br />

EBRC<br />

38 | ANTHONY<br />

AMBROGI<br />

Membre de l’équipe RISC<br />

EBRC<br />

40 | GUY<br />

BRANDENBOURGER<br />

Partner, Healthcare, Pharma<br />

and Life-science Leader<br />

PwC Luxembourg<br />

40 | RASA<br />

SARKE<br />

Global Business Driver,<br />

Healthcare Industries<br />

PwC Luxembourg<br />

46 | PAULETTE<br />

LENERT<br />

Ministre de la Santé<br />

50 | GEORGES<br />

WAGNER<br />

Chargé de direction<br />

Association d’Assurance<br />

Accident (AAA)<br />

52 | DAVID<br />

BÜCHEL<br />

Conseiller de la direction<br />

Chambre des salariés<br />

Luxembourg<br />

60 | JEAN-PAUL<br />

MENTEN<br />

Administrateur<br />

SIA.architects<br />

60 | THIERRY<br />

GILLES<br />

Administrateur<br />

SIA.architects<br />

64 | MARCO<br />

DA CHAO<br />

Cadre dirigeant et chef de<br />

service BIM<br />

Schroeder & Associés<br />

64 | KEVIN<br />

SOARES<br />

BIM Manager<br />

Schroeder & Associés


Towards the future of managed services<br />

Advisory & Consulting Digital Factory<br />

Today’s world is digital. With all the challenges digitalization brings,<br />

it is crucial to grab the opportunities it offers. The future success<br />

of organizations relies on state-of-the-art digital technologies as<br />

well as people who lead and support their creation. At Deloitte<br />

Luxembourg, we embrace both with our Digital Factory, providing<br />

a strong and modern technology layer that helps our specialists<br />

deliver excellence to you.<br />

www.deloitte.com/lu/consulting/digital-factory<br />

© 2021, Deloitte Tax & Consulting, Sarl


8<br />

<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

INDEX<br />

70 | GILBERT<br />

REYLAND<br />

Directeur<br />

SecuriTec<br />

72 | GÜNTER<br />

KRINGS<br />

Directeur d’agence<br />

Viessmann Luxembourg<br />

82 | GILLES<br />

HEMPEL<br />

CEO<br />

Fondation pour l’Accès au<br />

Logement<br />

86 | ELISE<br />

REIN<br />

Team Manager Pôle Sud<br />

Betic S.A.<br />

86 | JÉRÉMY<br />

VAN LEEUWEN<br />

Ingénieur énergétique<br />

Betic S.A.<br />

90 | PHILIPP<br />

RASS<br />

Assistant de direction<br />

Avantag Energy<br />

92 | PATRICK<br />

DE BRIEY<br />

Administrateur délégué et<br />

responsable RSE<br />

Wako<br />

94 | XAVIER<br />

MAKA<br />

Directeur général<br />

Naturgas Kielen<br />

96 | MANUEL<br />

MARINHO<br />

Gérant<br />

Marinho Steel<br />

98 | JÜRGEN<br />

BERG<br />

Gérant<br />

Flex by CFL Mobility<br />

Photo © Fränk Henkes<br />

106 | MIKE<br />

POIRÉ<br />

Bourgmestre<br />

Commune de Mertzig<br />

108 | MICHEL-EDOUARD<br />

RUBEN<br />

Senior économiste<br />

Fondation IDEA asbl<br />

114 | TAINA<br />

BOFFERDING<br />

Ministre de l’Intérieur et<br />

ministre de l’Égalité entre<br />

les femmes et les hommes<br />

116 | JEAN-PAUL<br />

SCHAAF<br />

Bourgmestre<br />

Commune d’Ettelbruck<br />

120 | FERNAND<br />

MERGEN<br />

Bourgmestre<br />

Commune de Feulen<br />

122 | DAVID<br />

VIAGGI<br />

Bourgmestre<br />

Commune de Bissen<br />

124 | EMILE<br />

EICHER<br />

Bourgmestre<br />

Commune de Clervaux<br />

126 | THIERRY<br />

LAGODA<br />

Bourgmestre<br />

Commune de Beckerich<br />

128 | GÉRARD<br />

HOFFMANN<br />

CEO<br />

Proximus Luxembourg


ConnectedOffice<br />

L’Offre TOUT-EN-UN qui inclut :<br />

Téléphonie + Internet + WiFi + Réseaux + Sécurité<br />

Plus d’infos au 8002 4000


10 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

COVERSTORY<br />

Soutenir et renforcer<br />

l’innovation au sein<br />

du secteur public<br />

Mouvementée à bien des niveaux, l’année 2020 s’est révélée<br />

riche en innovations pour le secteur public. Donnant un<br />

coup d’accélération à sa stratégie de digitalisation, l’État<br />

luxembourgeois a multiplié les initiatives visant à simplifier<br />

les démarches administratives et à renforcer leur accessibilité.<br />

Partenaire de certaines de ces modernisations, EY<br />

Luxembourg continue à délivrer conseils et propositions aux<br />

administrations pour répondre à leurs besoins. Pierre-Jean<br />

Forrer, Principal, nous en parle en détail dans cette interview.<br />

Quel a été l’impact de la pandémie sur<br />

les projets de digitalisation du secteur<br />

public luxembourgeois?<br />

Hormis deux semaines de flottement en<br />

mars 2020, nécessaires au déploiement<br />

d’une infrastructure permettant le télétravail<br />

de ses collaborateurs, nous avons<br />

constaté que le secteur public a bien résisté<br />

à la crise liée à l’épidémie de Covid-19. Le<br />

travail à distance a même renforcé notre<br />

proximité avec les acteurs publics car les<br />

rencontres virtuelles nous ont offert une<br />

plus grande flexibilité et nous ont permis<br />

d’augmenter la fréquence de nos échanges.<br />

Le présentiel restera toutefois une composante<br />

importante de nos relations clients<br />

afin de combler les limites du distanciel.<br />

L’agenda 2020 des projets de transformation,<br />

d’innovation et de modernisation a<br />

été maintenu. Au cours des six derniers mois,<br />

nous avons même noté une nette accélération<br />

du nombre de lancements de projets dans<br />

tous les domaines de même qu’un maintien<br />

des ambitions annoncées dans l’accord de<br />

coalition gouvernemental. En effet, au vu des<br />

échéances politiques concernant les réformes<br />

prévues pour 2023, toute une série de projets<br />

devraient bientôt être lancés.<br />

En définissant le gouvernement numérique,<br />

l’OCDE a par ailleurs donné un cadre à la<br />

digitalisation du secteur public. Chaque<br />

année le Luxembourg fournit beaucoup<br />

d’efforts pour évoluer dans ce domaine en<br />

accélérant sa transformation digitale. Dans<br />

un même temps, le pays veille à répondre<br />

aux attentes des citoyens en matière de<br />

simplicité et d’accessibilité des démarches<br />

administratives. D’autres projets de réformes<br />

qui n’étaient pas à l’agenda voient ainsi le<br />

jour dans une optique de modernisation et<br />

de digitalisation de certaines procédures.<br />

Que penser de la stratégie «Gouvernance<br />

électronique 2021-2025» récemment<br />

dévoilée par le gouvernement?<br />

Les projets actuellement développés<br />

par l’État sont tout à fait en phase avec<br />

cette stratégie affichée d’évoluer vers un<br />

gouvernement digital tel que défini par<br />

l’OCDE. L’État, dans la manière dont<br />

il organise les projets et les moyens, se<br />

conforme aux principes à respecter pour le<br />

déploiement d’une administration digitale<br />

efficiente: demander une seule fois ses<br />

données au citoyen, appliquer le digital<br />

par défaut pour l’accès aux démarches,<br />

veiller à leur accessibilité pour tous, faire<br />

preuve d’ouverture envers les citoyens et le<br />

secteur privé et garantir la transparence du<br />

traitement, assurer la sécurité des données,<br />

et enfin, veiller à l’interopérabilité de ses<br />

systèmes informatiques.<br />

Chez EY Luxembourg, nous voulons<br />

soutenir le Grand-Duché dans la mise en<br />

place de ce gouvernement numérique. Pour<br />

y parvenir, nous sensibilisons nos consultants<br />

à l’importance d’adresser des propositions<br />

de refonte des processus publics et des<br />

procédures administratives en lien avec le<br />

«digital by design» et centrées sur l’expérience<br />

utilisateur. Par ailleurs, il y a aujourd’hui<br />

une richesse des données dans les systèmes<br />

d’information de l’État dont il faut exploiter<br />

davantage la valeur à travers la structuration<br />

des projets mis en place. Ainsi leur partage et<br />

leur accès doivent être revus de même que les<br />

mécanismes de prise de décision qui devront<br />

être davantage déterminés par ces données.<br />

Nous veillons également, pour chacun de<br />

nos projets, à mettre le service au citoyen à<br />

l’honneur; toutes les solutions mises en place<br />

sont de moins en moins des organisations<br />

structurées en silos mais sont plutôt<br />

organisées en plateformes. L’État veut aussi<br />

favoriser un accès simplifié et digitalisé aux<br />

démarches. Guichet.lu est un bon exemple<br />

dans ce sens: il s’agit d’une grande réussite<br />

pour laquelle le gouvernement a beaucoup<br />

investi afin de proposer une application<br />

mobile offrant les mêmes services que<br />

le portail, mais en en simplifiant l’accès.<br />

Ces éléments font désormais partie de la<br />

charte que nous devons respecter dans la<br />

préparation et le dessin de tous les projets<br />

que nous élaborons. Enfin, dans une


même idée, nous veillons à proposer des<br />

solutions proactives, anticipant les besoins<br />

des utilisateurs. Dans une logique «open by<br />

default», toutes les données et politiques<br />

publiques seront ouvertes à tous dans les<br />

limites de la loi et de la sécurité nationale.<br />

Quels sont les services fournis par EY<br />

pour soutenir l’innovation au sein des<br />

administrations?<br />

Cela fait trois années que je suis responsable de<br />

ces activités et que nous menons des réflexions<br />

dans l’objectif de mieux adresser le secteur<br />

public. Nous avons mis en place certaines<br />

choses simples comme le déploiement<br />

d’une communication et la soumission de<br />

propositions plus concrètes et pragmatiques.<br />

En ce sens, nous veillons à proposer des<br />

«quick wins», soit des réalisations rapides en<br />

réponse à des besoins identifiés sur le terrain.<br />

“L’agenda 2020<br />

des projets<br />

de transformation,<br />

d’innovation<br />

et de modernisation<br />

a été maintenu”<br />

Offrant nos services à tous les niveaux<br />

(ministères, administrations, entités dont<br />

l’actionnaire est l’État,…), nous faisons<br />

d’une part un travail proactif de veille<br />

quant aux besoins des administrations mais<br />

continuons d’autre part à réagir aux appels<br />

d’offres. En tant que cabinet de conseil,<br />

notre rôle est aussi de mettre en relation des<br />

Pierre-Jean Forrer<br />

administrations entre elles pour partager<br />

les bonnes pratiques et leur donner un plus<br />

grand rayonnement.<br />

Nous avons jusqu’ici une bonne collaboration<br />

avec ce secteur, qui se positionne en deuxième<br />

place après le financier proportionnellement<br />

au chiffre d’affaires d’EY au niveau mondial.<br />

Une nouvelle génération de jeunes diplômés<br />

luxembourgeois est venue renforcer nos<br />

rangs, ce qui, couplé à notre management<br />

historique luxembourgeois, fait d’EY un des<br />

cabinets de conseil avec le plus fort ADN<br />

local. Nous sommes ainsi conscients des<br />

enjeux du secteur public dans son ensemble.<br />

À travers nos cinq offres stratégiques<br />

majeures, nous l’aidons à développer soit<br />

les méthodes soit les expertises permettant<br />

l’identification d’innovations nécessaires dans<br />

les processus en place. Grâce à celles-ci, nous<br />

entendons doubler notre présence sur ce<br />

secteur d’ici 2026.


12 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

COVERSTORY<br />

“Soutenir<br />

le Grand-Duché<br />

dans la mise<br />

en place<br />

d’un gouvernement<br />

numérique”<br />

Un des grands piliers de notre croissance<br />

consiste en l’accompagnement de la<br />

transformation digitale. Nous investissons<br />

énormément dans nos propositions<br />

d’innovations technologiques orientées<br />

utilisateurs et impliquant la modernisation<br />

des systèmes d’information par l’IA, la<br />

blockchain, l’IoT, SAP S4 HANA,…<br />

Dans un second temps, nous proposons<br />

nos services en matière de cybersécurité<br />

et de protection des données. Il s’agit<br />

d’un défi technologique et réglementaire<br />

pour lequel nous devons encore faire<br />

preuve d’imagination afin de proposer des<br />

solutions permettant de prévenir les risques<br />

de cyberattaques.<br />

Si la transition digitale est une grande partie<br />

des préoccupations de l’État, d’autres se<br />

font également ressentir… Nous le suivons<br />

donc également dans ses transformations<br />

nécessaires liées au changement climatique.<br />

Cet accompagnement se fait dans plusieurs<br />

domaines: transition énergétique, durabilité,<br />

éthique,… Bien que les demandes soient<br />

encore timides, nous envisageons déjà<br />

des suggestions d’innovation aux niveaux<br />

fiscal, de la réduction du bilan carbone, de<br />

l’autonomie énergétique du Luxembourg,…<br />

Beaucoup de réformes à venir viendront<br />

certainement des besoins de protection de<br />

notre écosystème! Le Luxembourg est un<br />

acteur de choix en Europe dans le milieu<br />

du développement durable et commence<br />

à explorer de nouvelles pistes, comme<br />

la participation à une filière hydrogène<br />

européenne. Nous suivons de près ces<br />

évolutions et travaillons sur des offres<br />

pour soutenir ces axes de développement.<br />

Nous conseillons également le secteur<br />

public dans l’évolution de ses modèles<br />

d’investissements et de financements des<br />

infrastructures et l’aidons à optimiser son<br />

portefeuille d’actifs immobiliers. Enfin,<br />

nous le soutenons dans la transformation de<br />

ses organisations à plusieurs niveaux comme<br />

le développement des compétences et le<br />

recrutement, l’adaptation de sa gouvernance,<br />

l’amélioration de son attractivité,…<br />

En fin d’année dernière, l’État s’est doté<br />

d’un GovTech Lab. Que penser de cette<br />

initiative dont le but est d’accélérer le<br />

développement et le perfectionnement<br />

des services publics numériques?<br />

Il s’agit d’une belle initiative! Nous<br />

sommes très à l’écoute des projets qu’il<br />

lance et qui permettront de multiplier les<br />

partenariats d’innovation public/privé. La<br />

concrétisation physique du GovTech Lab<br />

dans les locaux du CTIE en fin d’année<br />

2021 créera par ailleurs un environnement<br />

propice aux rencontres et à l’émulation de<br />

l’innovation.<br />

Par cette action, la volonté de l’État est<br />

de donner plus d’agilité à l’innovation. Le<br />

GovTech Lab est un lieu à travers lequel<br />

le secteur public pourra plus facilement<br />

exprimer un besoin ou une problématique<br />

et ouvrir des possibilités de réponse à<br />

toute une série d’acteurs issus du privé et<br />

du monde des startups. Cela nous pousse<br />

à nous réinventer et à créer davantage de<br />

partenariats avec ces startups pour faire de<br />

nouvelles propositions innovantes!<br />

Nous essayons également de rester connectés<br />

aux travaux concernant les enjeux relatifs<br />

à la création d’un cadre d’interopérabilité<br />

afin d’y apporter notre point de vue.<br />

Nous suivons donc de près ces initiatives<br />

créant des synergies entre le secteur privé et<br />

le secteur public. Notre objectif est de faire<br />

bénéficier ce dernier de nos réflexions et de<br />

notre expertise afin de l’accompagner sur le<br />

chemin de l’innovation. n<br />

EY Luxembourg<br />

35E avenue John F. Kennedy<br />

L-1855 Luxembourg<br />

www.ey.com


Nous aidons les startups<br />

à concrétiser leurs projets<br />

Nous développons<br />

des solutions<br />

innovantes avec<br />

rapidité et agilité<br />

#agilité<br />

#réactivité<br />

#innovation<br />

#technologies<br />

#passion<br />

Conseil, expertise, développement IT<br />

www.intech.lu


14 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

ICT<br />

Un pont technologique<br />

entre startups et grands comptes<br />

Quel est votre cœur de métier?<br />

Telle est l’ambition affichée par InTech, une filiale du groupe<br />

POST Luxembourg depuis 2014. En plaçant l’innovation au<br />

cœur de sa stratégie, la société est devenue au fil des ans le<br />

fer de lance de la révolution numérique au Luxembourg. Pour<br />

Fabrice Croiseaux, son CEO, les entreprises bien établies et<br />

les jeunes pousses ont bien plus de choses à partager qu’on ne<br />

pourrait le croire. Rencontre.<br />

Il s’agit du développement de plateformes<br />

logicielles basées sur les spécifications fournies<br />

la plupart du temps par les clients. Nous<br />

travaillons pour les grands comptes, mais<br />

aussi, et c’est ce qui fait notre originalité, pour<br />

les startups. Nous avons ainsi accompagné de<br />

nombreuses jeunes entreprises à fort potentiel<br />

comme Tokeny, une FinTech spécialisée<br />

dans la blockchain, VisitMe.Doctor, une<br />

plateforme de téléconsultation et de téléexpertise<br />

pour les professionnels de la<br />

santé, ou encore EarthLab, qui propose des<br />

solutions innovantes combinant l’intelligence<br />

artificielle, les technologies de Big Data et la<br />

télédétection.<br />

Fabrice Croiseaux


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

15<br />

Parfois, nous participons à la genèse même du<br />

projet comme ce fut le cas avec FundsDLT.<br />

Financée par des poids lourds de la finance<br />

internationale (Bourse de Luxembourg,<br />

Clearstream, Natixis et Crédit Suisse),<br />

l’entreprise a pour objectif de faciliter la<br />

distribution des fonds d’investissement en<br />

s’appuyant sur une technologie de registre<br />

distribué (autrement dit, la blockchain).<br />

Nous sommes également le partenaire<br />

technologique de LUMENA (LUxembourg,<br />

MEtz, NAncy), le premier startup studio<br />

transfrontalier. Cette usine à startups a pour<br />

objectif de mettre rapidement des projets sur<br />

le marché et de trouver les porteurs de projets<br />

pour mener à bien leur développement.<br />

Pourquoi est-ce si important pour vous<br />

de collaborer avec les startups?<br />

Pour plusieurs raisons. Accompagner les<br />

startups nous donne la possibilité d’accéder à<br />

des sujets innovants dans des environnements<br />

agiles et flexibles. Nous améliorons ainsi<br />

notre expertise et abordons des technologies<br />

qui ne sont pas encore très utilisées sur des<br />

cas très concrets. Cette expérience acquise<br />

nous permet non seulement de proposer<br />

ces nouvelles technologies dans les systèmes<br />

d’information de nos clients que sont les<br />

grands comptes, mais aussi de développer<br />

des projets pour notre propre compte. Nous<br />

avons ainsi créé une plateforme qui permet à<br />

des écoles, des universités, des entreprises ou<br />

des institutions d’organiser des événements<br />

virtuels. Notre solution a notamment été<br />

utilisée par Moovijob pour les deux dernières<br />

éditions virtuelles de son salon emploi,<br />

formation et carrière.<br />

“Travailler avec<br />

les startups est<br />

essentiel si nous<br />

voulons rester<br />

au plus près de<br />

l’innovation”<br />

ingénieurs en herbe. Le développement<br />

de compétences et la formation jouent<br />

également un rôle très important. Nous<br />

apprenons à nos jeunes recrues à faire preuve<br />

d’agilité, c’est-à-dire pouvoir travailler dans<br />

des environnements aussi différents qu’une<br />

grande banque, une administration ou une<br />

startup.<br />

Outre notre agilité et notre appétit au<br />

changement, nous nous distinguons<br />

également par notre culture d’entreprise<br />

et notre capacité à pouvoir constituer<br />

des équipes performantes. De nombreux<br />

collaborateurs restent chez nous car ils<br />

sont conscients qu’ils ne retrouveront<br />

pas nécessairement un tel état d’esprit<br />

ailleurs. Il fait bon travailler chez nous.<br />

En 2020, nous avons obtenu le label Great<br />

Place To Work pour la cinquième année<br />

consécutive et avons été classés premiers<br />

dans la catégorie «Grande entreprise» de<br />

plus de 100 employés. Cet état d’esprit<br />

rassure également nos clients. Ils savent<br />

que nous mettons à leur disposition une<br />

équipe soudée, qui ne se contente pas<br />

d’être un prestataire de services, mais agit<br />

au contraire comme un véritable partenaire<br />

déterminé à mener sa mission à bien.<br />

Notre approche centrée sur l’innovation<br />

augmente également notre visibilité et<br />

nous donne la possibilité de percer dans<br />

des secteurs d’activité plus difficilement<br />

accessibles par la voie classique. Elle nous<br />

permet de générer du business futur,<br />

car les startups vont grandir et auront<br />

besoin de ressources. De plus, grâce à ces<br />

projets de natures parfois fort différentes,<br />

nous fournissons à nos collaborateurs<br />

des projets complexes et diversifiés.<br />

L’organisation y est beaucoup plus souple et<br />

les interactions plus nombreuses. Souvent,<br />

nos ingénieurs sont obligés de dépasser<br />

l’aspect purement technologique et de<br />

participer à la construction d’un nouveau<br />

modèle d’affaires. Dans de nombreux cas,<br />

la technologie utilisée entraîne en effet une<br />

profonde rupture et modifie radicalement<br />

la chaîne de valeurs existante.<br />

Précisément, comment procédezvous<br />

pour recruter vos collaborateurs?<br />

À l’heure actuelle, la demande est<br />

largement supérieure à l’offre…<br />

Il est clair que, pour le moment, les<br />

développeurs n’ont que l’embarras du<br />

choix. Cela étant, nous avons des relations<br />

très suivies avec de nombreuses universités.<br />

Grâce au fait que certains d’entre nous y<br />

donnent cours, nous pouvons facilement<br />

identifier les meilleurs éléments parmi les<br />

D’après vous, quelle sera la prochaine<br />

technologie disruptive?<br />

Sans aucun doute l’informatique quantique.<br />

Pour le moment, elle reste encore très<br />

discrète, mais elle provoquera à l’avenir<br />

de profonds bouleversements dans les<br />

technologies de l’information, notamment<br />

en matière de protection des données. Grâce<br />

à sa gigantesque puissance de calcul, un<br />

ordinateur quantique serait capable de venir<br />

à bout de n’importe quel chiffrement et de<br />

révolutionner le secteur de la cybersécurité.<br />

Et ce n’est là qu’un de ses nombreux<br />

aspects. Pour les développeurs aussi, ce sera<br />

un grand changement. Les programmes<br />

quantiques auront une approche et un<br />

langage totalement différents de ceux que<br />

nous connaissons à l’heure actuelle. Chez<br />

InTech, nous sommes très attentifs à cette<br />

nouvelle technologie. Disposer d’une<br />

expertise en la matière et identifier des<br />

cas concrets dans lesquels l’informatique<br />

quantique pourrait être utilisée font partie<br />

de nos priorités. n<br />

InTech S.A.<br />

208, rue de Noetzange<br />

L-3670 Kayl<br />

www.intech.lu


16 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

ICT<br />

L’approche<br />

DevOps, levier<br />

d’une digital factory<br />

L’approche DevOps est dans tous les esprits et au bout de<br />

toutes les plumes. Pourtant, son implémentation est loin<br />

d’être couronnée de succès pour tous. Yannick Bruck, CTO de<br />

Fujitsu Luxembourg, nous parle des avantages de ce concept.<br />

DevOps, votre Sherpa vers l’âge moderne<br />

de l’IT<br />

Le concept est simple: aligner les pratiques<br />

Dev et Ops pour assurer une continuité du<br />

développement des déploiements. Si l’on lit<br />

entre les lignes, cela signifie ouvrir les silos et<br />

se focaliser sur la livraison de valeur. Le fond<br />

du problème réside alors en deux questions<br />

fondamentales. Comment répartir les rôles et<br />

responsabilités de manière pragmatique dans<br />

une structure hiérarchisée? Quels sont les choix<br />

d’outils, d’implémentation, d’intégration,<br />

en bref quelle est sa meilleure «toolchain<br />

DevOps» et quels bénéfices métiers en tirer?<br />

En s’appuyant sur l’exemple du DevOps,<br />

nous allons proposer des pistes pour faire<br />

ses propres choix, et ensuite généraliser<br />

l’approche «XOps» à d’autres sujets, car il<br />

s’agit d’une bonne pratique à implémenter et<br />

qui est bénéfique pour tous.<br />

Saupoudrer de l’agilité dans une structure<br />

rigide et hiérarchisée<br />

Le premier challenge dans l’implémentation<br />

d’une approche DevOps réside dans le<br />

conflit entre l’agilité inhérente à l’approche<br />

et la structure traditionnellement en place.<br />

Pourtant, si l’on adopte une approche<br />

pragmatique, en étendant les rôles traditionnels<br />

aux responsabilités dans une chaîne DevOps,<br />

il est possible de retirer des bénéfices tout en<br />

respectant une structure hiérarchisée.<br />

La clé est de bien répartir les rôles et<br />

responsabilités dans les différentes équipes:<br />

une première de support DevOps pour<br />

implémenter et maintenir la toolchain, une<br />

deuxième orientée «Release et Ops» pour<br />

garantir les déploiements et le fonctionnement<br />

des couches infrastructure et plateforme, et<br />

une dernière de développement garantissant<br />

également la qualité du code.<br />

Le second défi est d’automatiser un maximum<br />

pour garantir le niveau de qualité et de<br />

déterminisme dans les déploiements. Fini<br />

le classique «cela fonctionnait pourtant sur<br />

mon poste». Pour cela, il est primordial de<br />

bien penser sa toolchain, et d’y intégrer un<br />

maximum d’éléments, infrastructure as code<br />

et testing automatisé au minimum, comme<br />

expliqué ci-après.<br />

Ne pas penser toolchain, mais plateforme<br />

Il s’agit tout d’abord de penser la «DevOps<br />

toolchain» de manière stratégique, dans<br />

le contexte actuel des développements et<br />

de son infrastructure, mais également de<br />

leurs évolutions respectives. Un langage<br />

propriétaire amènera d’autres choix qu’une<br />

approche plus ouverte.<br />

La subtilité de l’approche vient surtout des<br />

aspects infrastructures. Selon que la cible soit<br />

«on-premises» uniquement ou multi-cloud,<br />

le choix sera différent. La plateforme DevOps<br />

faisant partie intégrante de l’écosystème<br />

IT de manière pérenne, autant choisir une<br />

plateforme adaptée mais évolutive dès le<br />

départ et éviter une migration ultérieure.<br />

Un client principalement .Net déployant sur<br />

ses propres serveurs ira naturellement vers<br />

Visual Studio Azure DevOps Services. Ce qui<br />

lui assurera un potentiel déploiement vers le<br />

cloud Azure. Cependant, si un déploiement<br />

vers d’autres environnements cloud est une<br />

éventualité, il conviendra alors de réfléchir à<br />

une approche plus agnostique.<br />

Un client développant sous Java vers<br />

IBM Websphere pourra considérer une<br />

approche Git+Jenkins+Nexus pour son<br />

environnement actuel. Et s’il souhaite<br />

évoluer vers un déploiement containerisé<br />

vers Openshift, il lui suffira de déployer les<br />

plug-ins nécessaires. S’il veut s’orienter vers<br />

© Marie De Decker<br />

un cloud provider, selon le service choisi, il<br />

conviendra alors d’inclure des technologies<br />

type Ansible ou Terraform.<br />

Le choix est vaste et il convient d’être<br />

bien renseigné ou accompagné. Il en va<br />

de même concernant l’inclusion de tests<br />

automatisés. Exécuter des tests unitaires<br />

en phase de développement ou de build est<br />

courant, mais inclure des «quality gates»<br />

automatisées l’est moins. Pourtant, le<br />

rapport coûts/bénéfices est intéressant.<br />

Pour résumer<br />

Un profil Dev sera responsable du développement<br />

du logiciel, mais également de sa partie<br />

de tests automatisés, ainsi que de l’alignement<br />

avec un profil Ops pour externaliser ses<br />

éléments de configuration applicative et ses<br />

dépendances à l’environnement cible.


Un profil Ops sera responsable de la réalisation<br />

des fichiers de configuration des<br />

déploiements, de s’assurer de leur complétude<br />

par rapport à l’environnement et de les<br />

maintenir à disposition dans les outils.<br />

Un profil DevOps sera quant à lui responsable<br />

du bon fonctionnement, mais aussi de<br />

l’évolution de la chaîne DevOps, en s’alignant<br />

avec les autres profils technologiques, mais<br />

également de manière stratégique pour<br />

anticiper les évolutions d’environnements.<br />

Un profil testeur sera quant à lui en charge<br />

de l’analyse des résultats de tests automatisés<br />

et du développement no-code des tests<br />

utilisateurs si un tel outil est disponible.<br />

Cette approche permet de découpler les tests<br />

liés à l’infrastructure, à la qualité du code et<br />

à l’adéquation du produit livré aux besoins<br />

fonctionnels. De plus, l’approche se fondant<br />

sur l’automatisation des tâches, le gain de<br />

temps et l’augmentation de la fréquence des<br />

déploiements viennent s’ajouter aux bénéfices<br />

de qualité.<br />

Extension XOps<br />

Les déploiements de modèles d’analyse de<br />

données (ModelOps), de chaînes d’extraction<br />

de données (DataOps) et cloud se<br />

sont inspirées de cette séparation de rôles/<br />

responsabilités et du principe d’automatisation<br />

pour améliorer ces disciplines.<br />

Ces bonnes pratiques permettent aux<br />

départements concernés d’en retirer les<br />

bénéfices, et surtout de transformer le risque<br />

d’introduire de l’agilité dans une structure<br />

hiérarchisée en une opportunité de mieux<br />

structurer. L’architecture de ces chaînes<br />

XOps et le choix des outils n’en restant pas<br />

Yannick Bruck<br />

moins fondamental. Cerise sur le gâteau:<br />

intégrer tout ou partie de ces approches<br />

permet de supprimer les barrières entre<br />

les silos d’une entreprise, de fortement<br />

accroître la collaboration entre les équipes<br />

et, à l’échelle de l’entreprise, d’entrer dans<br />

le monde du DigitalOps où l’énergie est<br />

centralisée et focalisée vers la livraison de<br />

valeur pour le client final. n<br />

Fujitsu<br />

Parc d’Activités Capellen<br />

89 C, rue Pafebruch<br />

L-8308 Capellen<br />

www.fujitsu-luxembourg.lu


18 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

ICT<br />

Le travail, c’est définitivement<br />

ce que l’on fait, et non pas<br />

l’endroit où l’on se trouve!<br />

La pandémie a contribué à accentuer cette notion, faisant du télétravail une nécessité<br />

et obligeant chaque structure à repenser son organisation en profondeur. Les avancées<br />

technologiques permettent désormais, même pour de plus petites structures, de se doter<br />

d’outils informatiques flexibles et performants qui répondent à des besoins spécifiques. L’un<br />

des principaux enjeux consiste à proposer à chaque collaborateur un espace de travail virtuel<br />

adéquat tout en assurant la sécurité des données de l’entreprise, et ceci indépendamment<br />

du choix du mode de connexion. Émettre des appels, rester joignable, accéder à internet,<br />

disposer d’un réseau d’entreprise informatique performant et d’un WiFi sécurisé et fiable,<br />

travailler depuis la maison et accéder de façon sécurisée au réseau de l’entreprise comme si<br />

l’on était au bureau… c’est possible grâce à une solution modulaire de POST, dénommée<br />

«ConnectedOffice» et qui regroupe tous ces services et bien d’autres encore…


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

19<br />

ConnectedOffice, une connectivité sans<br />

limite<br />

ConnectedOffice combine les services<br />

télécoms et ICT répondant aux besoins<br />

de la majorité des entreprises ainsi que<br />

des organismes administratifs. Un seul<br />

prestataire, POST, pilote et assure la gestion<br />

de votre infrastructure informatique et<br />

télécom à distance!<br />

Avec ConnectedOffice, POST déploie une<br />

offre de connectivité qui intègre un accès<br />

internet illimité avec une bande passante de<br />

20 Mbit/s jusqu’à 1.000 Mbit/s, des solutions<br />

pour améliorer la collaboration au bureau<br />

comme à distance et garantir la sécurité<br />

informatique ou encore la mise à disposition<br />

d’équipements professionnels additionnels.<br />

Afin de répondre à des besoins spécifiques<br />

et ponctuels, POST propose des services<br />

télécom à la carte qui peuvent ainsi évoluer.<br />

Cette solution modulaire est proposée par<br />

POST en mode «managed», permettant<br />

à ses clients de se focaliser sur leur cœur<br />

de métier: toute la gestion du réseau et des<br />

systèmes est assurée par POST.<br />

Disposant d’un volume internet illimité,<br />

grâce à la fibre, ConnectedOffice permet<br />

d’allier, entre autres, téléphonie sur IP, avec<br />

notamment CloudPBX, accès à des outils de<br />

communication et de collaboration dans le<br />

cloud, sécurisation des échanges, Managed<br />

Printing,… La solution offerte facilite le<br />

télétravail tout en permettant d’étendre le<br />

réseau informatique de l’entreprise (LAN)<br />

aux sites distants en toute sécurité.<br />

La partie téléphonie intégrée dans<br />

ConnectedOffice, avec CloudPBX, permet<br />

de faciliter de manière significative la<br />

communication et la collaboration, de<br />

soutenir la mobilité des collaborateurs tout<br />

en garantissant la sécurité des informations<br />

et des systèmes informatiques, grâce aux<br />

plateformes POST de «Voix sur IP» géoredondantes.<br />

Simple, hébergée et gérée par POST,<br />

cette solution est flexible et s’adapte aux<br />

besoins spécifiques de chaque structure,<br />

et repose sur une gamme d’équipements<br />

professionnels de la marque Poly. Les<br />

communications sont acheminées via<br />

le réseau privé sécurisé de POST et<br />

séparé d’internet: cette ligne dédiée<br />

permet de prioriser la transmission de la<br />

voix, d’assurer la qualité de service et la<br />

confidentialité.<br />

Grâce à la convergence fixe-mobile, chaque<br />

employé est joignable à tout moment: les<br />

appels arrivent en même temps sur le poste<br />

fixe et le mobile! Ce qui représente un<br />

atout indéniable et plus particulièrement en<br />

situation de télétravail. L’offre CloudPBX<br />

présente également l’avantage non<br />

négligeable de la parfaite maitrise des coûts:<br />

POST a lancé de nouveaux forfaits de<br />

communication illimités en fonction des<br />

besoins en communication réels de chaque<br />

client professionnel.<br />

ConnectedOffice, une large gamme<br />

d’options sur-mesure:<br />

- Sécurité avancée (IDS, IPS, anti-virus,<br />

anti-malware, Content Filter)<br />

- 4G Back-Up<br />

- Bornes WiFi Indoor & Outdoor<br />

«WiFi CERTIFIED 6»<br />

- Wifi Hotspot gratuit<br />

- Client VPN pour le télétravail gratuit<br />

et rapide<br />

- Teleworker VPN pour le télétravail<br />

sécurisé<br />

- Site-to-site VPN pour l’interconnexion<br />

entre sites différents<br />

- Plusieurs niveaux de contrats de qualité<br />

de service (Advanced SLA)<br />

Grâce à ConnectedOffice, chaque entreprise<br />

ou structure administrative peut<br />

ainsi se concentrer à la fois sur son cœur<br />

de métier et son développement tout en<br />

gagnant en productivité!<br />

“D’ici fin 2024,<br />

le réseau fixe<br />

analogique<br />

classique et ISDN<br />

sera intégralement<br />

remplacé par un<br />

réseau basé sur<br />

la technologie IP”<br />

Le saviez-vous?<br />

Le réseau traditionnel fait place au «All IP».<br />

La société évolue rapidement, entrainant<br />

avec elle le développement croissant<br />

de nouvelles technologies qui demande<br />

toujours plus de services de connectivité. À<br />

l’avenir, les services de télécommunication<br />

tels que la téléphonie fixe, la télévision, la<br />

téléphonie mobile et l’internet n’utiliseront<br />

plus qu’une «langue commune» pour<br />

communiquer, à savoir la technologie IP<br />

(protocole internet). C’est pourquoi d’ici<br />

fin 2024, le réseau fixe analogique classique<br />

et ISDN sera intégralement remplacé par<br />

un réseau basé sur la technologie IP.<br />

POST a commencé, il y a quelques<br />

années déjà, à proposer à ses clients cette<br />

transformation de leur ligne analogique<br />

et ISDN vers des raccordements basés sur<br />

la téléphonie sur IP et poursuit dans cette<br />

direction afin d’assurer à ses clients un<br />

service basé sur des technologies innovantes<br />

au meilleur prix.<br />

ConnectedOffice fait partie des nombreuses<br />

solutions IP que POST propose à ses clients<br />

professionnels. n<br />

Pour en savoir plus sur<br />

ConnectedOffice?<br />

Il suffit de nous appeler au numéro<br />

gratuit 8002 4000 ou de nous contacter<br />

par email à: commercial.telecom@post.lu<br />

POST Group<br />

20, rue de Reims<br />

L-2417 Luxembourg<br />

www.post.lu


20 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

ICT<br />

Telkea Group:<br />

des solutions flexibles<br />

et innovantes<br />

pour chaque métier<br />

En quelques années, le groupe Telkea a connu d’importantes<br />

transformations, à l’instar des domaines d’activité dans<br />

lesquels il opère. Aujourd’hui structuré autour de trois<br />

sociétés sœurs, il fournit des solutions ICT, télécom et cloud<br />

aux professionnels du Luxembourg, de la Grande Région et<br />

à l’international. Olivier Penin, directeur Sales, Marketing<br />

& Solutions chez Telkea, évoque quelques sujets d’actualité<br />

qui font écho aux activités du groupe. Coup de projecteur sur<br />

la montée en puissance du cloud, la forte accélération de la<br />

digitalisation du secteur de la santé et le remplacement obligé<br />

des abonnements téléphoniques fixes traditionnels.<br />

La force d’un groupe<br />

Héritier de la Société Luxembourgeoise de<br />

Téléphonie fondée en 1929, l’actuel groupe<br />

Telkea est un acteur historique en matière<br />

de réseaux d’entreprises, communications<br />

unifiées et sécurité physique qui a, au fil<br />

des décennies, élargi son portefeuille de<br />

services pour accompagner ses clients dans<br />

leur transformation digitale. Désormais<br />

intégrateur de solutions ICT, opérateur<br />

télécom et cloud mais aussi développeur web<br />

et applicatif, le groupe repose sur l’expertise<br />

de 150 collaborateurs et trois sociétés:<br />

Telkea ICT, Telkea Telecom et Telkea Soft.<br />

«Notre structure à taille humaine nous<br />

confère dynamisme, flexibilité et agilité,<br />

mais également l’organisation pour travailler<br />

avec de grands groupes. Nos solutions se<br />

déclinent en six spécialisations métiers<br />

(finance et assurance; santé et hôtellerie;<br />

secteur public et institutions; transports et<br />

logistique; industrie, services) et s’adaptent<br />

facilement aux besoins de chacun de nos<br />

clients, qu’ils soient des PME ou des grandes<br />

entreprises», déclare Olivier Penin.<br />

Un cloud hybride et flexible<br />

À l’image du groupe, l’environnement cloud<br />

de Telkea se veut hybride et flexible. Selon<br />

les besoins, deux types d’hébergements<br />

sont proposés: le «housing», à savoir<br />

l’hébergement d’équipement du client<br />

dans ses data centres luxembourgeois, ou le<br />

«hosting», l’hébergement des applications<br />

du client sur ses plateformes cloud PaaS<br />

(Platform as a Service) ou IaaS (Infrastructure<br />

as a Service). Des applicatifs cloud sont<br />

également mis à disposition, que ce soit en<br />

mode cloud privé ou public. Parmi ceux-ci,<br />

le groupe propose un panel diversifié qui<br />

comprend l’environnement informatique et<br />

bureautique, des solutions de communication<br />

et de collaboration mais aussi des solutions<br />

plus spécifiques allant, entre autres, de<br />

l’enregistrement des communications (voix,<br />

vidéo, mobile) à la gestion du pointage.<br />

«Finalement, ce que nous proposons, c’est<br />

une combinaison de tous ces services en<br />

fonction des besoins spécifiques de nos clients.<br />

Selon leur taille, leur métier et leur criticité,<br />

nous déterminons également les niveaux de<br />

redondance et de sécurité adéquats. Pour<br />

répondre aux exigences les plus hautes à cet<br />

égard, notre cloud a la particularité d’être<br />

délivré dans deux data centres Tier IV basés à<br />

Bettembourg et à Bissen et entre lesquels tout<br />

est intégralement redondant. Un back-up est<br />

même réalisé dans un troisième data centre»,<br />

explique Olivier Penin.<br />

Des solutions spécifiques au monde<br />

médical<br />

S’il est un secteur dont la digitalisation<br />

s’est révélée cruciale au cours des derniers<br />

mois, c’est celui de la santé, auquel<br />

Telkea propose un large portefeuille de<br />

services. Aux médecins, la société offre<br />

ses solutions classiques, à savoir le PC,<br />

le système téléphonique, la voix, l’accès<br />

internet, la sécurité du bâtiment, mais<br />

propose également une solution applicative<br />

permettant d’administrer intégralement un<br />

cabinet médical. Dénommée GestoMed, sa<br />

version 2.0, éditée et entièrement réécrite<br />

par Telkea Soft, sera commercialisée fin<br />

juin et permettra, entre autres, la gestion<br />

de la facturation comme du dossier patient.<br />

AssDep, une suite applicative développée<br />

par la société depuis 20 ans, en est le pendant<br />

pour les maisons de soins. Elle permet<br />

de gérer ces établissements de A à Z, du<br />

personnel aux dossiers patients, de la<br />

gestion financière au bâtiment ou encore<br />

la restauration. Pour ces institutions mais<br />

aussi pour les hôpitaux, Telkea déploie en<br />

outre des solutions d’appel infirmière, de<br />

vidéosurveillance et de contrôle d’accès, de<br />

géolocalisation ou encore des systèmes antifugue<br />

avec bracelets et détecteurs. Au-delà de<br />

ces environnements médicalisés, l’entreprise<br />

fournit des solutions de téléalarme destinées


aux patients des réseaux de soins à domicile.<br />

«Toutes ces solutions, comme l’ensemble du<br />

portefeuille classique de Telkea lorsqu’il est<br />

décliné au secteur de la santé, font l’objet<br />

de précautions particulières quant à leur<br />

criticité, aussi bien du point de vue de la<br />

sécurité informatique que de l’accès aux<br />

données», souligne Olivier Penin.<br />

Du “Move”ment dans le secteur télécom<br />

Au-delà des transformations cloud, une<br />

autre révolution s’opère, cette fois dans<br />

le domaine des télécommunications.<br />

Après plusieurs décennies d’existence, le<br />

réseau téléphonique traditionnel (ISDN<br />

et analogique) arrive en fin de vie et sera<br />

progressivement mis hors service au<br />

Luxembourg, comme dans le reste de<br />

l’Europe. Les abonnements téléphoniques<br />

fixes devront être substitués, dans les<br />

trois années à venir et selon un calendrier<br />

différent pour chaque zone du territoire,<br />

par une solution de type «SIP Trunking»,<br />

une technologie nouvelle mais qui octroie<br />

toujours le même service, à savoir la<br />

possibilité de passer des appels. Avec son<br />

programme «IP Move», Telkea remplace<br />

les abonnements fixes traditionnels par des<br />

abonnements de ce type tout en conservant<br />

le système téléphonique en place et ses<br />

fonctionnalités. «La substitution doit être<br />

opérée aussi bien dans les petites que dans<br />

les grandes entreprises. Telkea Telecom<br />

propose des solutions de «SIP Trunking»<br />

permettant le remplacement des abonnements<br />

traditionnels de façon simple et<br />

économique pour les premières, mais<br />

également des services très avancés pour les<br />

secondes. Parmi ceux-ci: un accès redondant<br />

à une plateforme SIP de secours en plus<br />

de la plateforme principale redondante<br />

sur nos deux data centres, la gestion des<br />

Telkea Group<br />

1, rue de Bitbourg<br />

L-1273 Luxembourg<br />

www.telkea.com<br />

Olivier Penin<br />

plans de BCP, des outils de monitoring et<br />

de statistiques avancés, l’annonce vocale<br />

interactive, la gestion fax server ou encore<br />

la convergence fixe-mobile en combinaison<br />

avec les offres Telkea Mobile», précise<br />

Olivier Penin.<br />

«Finalement, le point fort de notre groupe<br />

est d’opérer dans de nombreux domaines<br />

d’activité avec nos propres équipes, ce<br />

qui lui permet d’approcher le marché en<br />

tant qu’acteur global, hybride et flexible»,<br />

conclut-il. n


22 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

ICT<br />

L’école à domicile: une aventure<br />

digitale et pédagogique<br />

Popularisé au Luxembourg en tant que partenaire officiel<br />

de la marque Apple, Lineheart offre également des services<br />

pour les professionnels encore partiellement méconnus sur<br />

le marché. Pourtant, l’entreprise accompagne plus d’une<br />

centaine d’écoles à travers le pays dans l’intégration d’outils<br />

pédagogiques digitaux et dans le déploiement et la gestion<br />

de l’infrastructure qui les soutient. Steve Eiffes, directeur<br />

commercial, nous détaille l’offre à destination des communes<br />

et de leurs écoles proposée par l’entreprise qui souffle ses 30<br />

bougies cette année.<br />

Steve Eiffes<br />

Comment soutenez-vous les établissements<br />

scolaires dans leur transformation<br />

digitale?<br />

La digitalisation de l’enseignement est<br />

encouragée par le ministère de l’Éducation<br />

qui a notamment décidé d’équiper les écoles<br />

de l’enseignement secondaire de tablettes<br />

Apple. Bien que nous ne soyons pas les seuls<br />

sur le marché, Lineheart bénéficie d’une<br />

expérience de 30 ans dans ce domaine, si bien<br />

que nous accompagnons et conseillons plus<br />

d’une centaine d’écoles fondamentales et de<br />

lycées dans leur transformation digitale. Nous<br />

avons ainsi été retenus lors de soumissions


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

23<br />

publiques par le ministère de l’Éducation<br />

pour la fourniture de tablettes auprès des<br />

établissements secondaires.<br />

La pandémie de Covid-19 a évidemment<br />

accentué la demande de la part des écoles,<br />

puisque ces outils permettaient d’assurer<br />

la continuité de l’enseignement tout en<br />

respectant les mesures sanitaires en place.<br />

Il ne s’agit toutefois pas uniquement<br />

de distribuer des tablettes aux élèves et<br />

professeurs. D’un point de vue technique,<br />

les écoles font face à une augmentation des<br />

connexions simultanées sur leur réseau,<br />

les forçant à revoir leurs infrastructures<br />

et systèmes WiFi. Nous pouvons les aider<br />

dans cette démarche en jouant un rôle<br />

stratégique dans le conseil, le déploiement,<br />

la gestion et la sécurisation tant pour le<br />

réseau informatique, que pour une flotte<br />

d’iPad, que nous conseillons de renouveler<br />

tous les trois à quatre ans. Pour ce dernier,<br />

nous pouvons paramétrer le matériel afin d’y<br />

installer certaines restrictions dans l’usage,<br />

comme l’impossibilité de se rendre sur<br />

certains sites, ou certaines fonctionnalités<br />

comme la gestion de plusieurs profils<br />

utilisateurs sur un même iPad.<br />

Toutes les communes n’ont pas les mêmes<br />

ressources et nous pouvons répondre à leurs<br />

besoins au cas par cas soit en formant leur<br />

personnel pour qu’il devienne autonome<br />

soit en gérant ces aspects à leur place. Le<br />

matériel, quant à lui, peut être acheté ou<br />

loué par les écoles; deux formules qui sont<br />

revues avec les intéressées en fonction<br />

de leur budget et du nombre de tablettes<br />

et ordinateurs dont elles ont besoin. Par<br />

ailleurs, en tant qu’Apple Service Provider,<br />

notre service après-vente peut réparer les<br />

produits Apple en interne, depuis notre<br />

site à Leudelange. Nos clients ont donc<br />

l’avantage d’un service local et réactif.<br />

“Un rôle<br />

stratégique<br />

dans la mise en<br />

place d’un réseau,<br />

sa sécurisation<br />

et la gestion<br />

d’une flotte d’iPad”<br />

Enfin, nous pouvons également soutenir<br />

les écoles dans le remplacement de leurs<br />

tableaux classiques par des tableaux<br />

interactifs. Ces derniers permettent<br />

de nombreuses fonctionnalités comme<br />

le partage d’un ou plusieurs écrans en<br />

simultané ou la possibilité d’écrire et<br />

modifier des éléments sur le tableau comme<br />

sur une tablette. De plus, grâce à ses outils<br />

intégrés, il permet aux élèves qui ne seraient<br />

pas dans la salle de classe de suivre la leçon<br />

à distance comme leurs camarades présents.<br />

Quel soutien formatif pouvez-vous leur<br />

apporter?<br />

Nous apportons une formation technique<br />

à nos clients et, grâce à un partenaire,<br />

nous proposons également une formation<br />

pédagogique en langue luxembourgeoise.<br />

Ce dernier soutient les enseignants dans<br />

cette transition vers l’enseignement digitalisé<br />

en les aidant à adapter leurs cours et<br />

en leur montrant comment fonctionne le<br />

coding pour qu’ils puissent le transmettre<br />

à leur tour aux élèves. Le gouvernement<br />

souhaite en effet inscrire cette matière au<br />

programme, le corps enseignant est donc<br />

invité à se préparer à cet apprentissage. Par<br />

ailleurs, le fait de pouvoir manipuler des<br />

outils digitaux dès le plus jeune âge donnera<br />

aux élèves une aisance certaine dans le<br />

monde du travail. Bien que ces outils soient<br />

intuitifs, ils évoluent en permanence et sont<br />

aujourd’hui pleinement ancrés dans tous<br />

les métiers. Nous nous rendons compte<br />

qu’il va falloir apporter plus de conseils et<br />

d’encadrement aux enseignants pour les<br />

aider à maitriser ces outils d’un point de vue<br />

technique et pédagogique, afin d’exploiter<br />

pleinement leurs fonctionnalités et de ne<br />

pas se laisser dépasser par les élèves euxmêmes.<br />

Les écoles luxembourgeoises ont également<br />

la possibilité de décrocher la certification<br />

Apple Distinguished School (ADS).<br />

Cette dernière est un gage de qualité<br />

d’enseignement digitalisé. Elle comprend<br />

de nombreux critères de certification: l’école<br />

entière et toutes ses salles de classes doivent<br />

être digitalisées avec l’appui d’un partenaire<br />

local, comme Lineheart par exemple. La<br />

pédagogie doit également être adaptée à<br />

ce nouveau mode de fonctionnement et<br />

approuvée par Apple. Lineheart a été le<br />

principal partenaire d’un établissement<br />

scolaire en cours de certification. Nous<br />

avons aidé cette nouvelle école à intégrer<br />

des outils digitaux tels que des tablettes<br />

liées à des vidéoprojecteurs interactifs.<br />

Quels sont les autres services que<br />

Lineheart peut offrir aux communes et à<br />

ses autres clients professionnels?<br />

Lineheart propose des services cloud made<br />

in Luxembourg pour toute entreprise,<br />

administration ou école qui souhaiterait<br />

héberger ses données en toute sécurité.<br />

En effet, nos services cloud sont hébergés<br />

dans un centre de données de type Tier IV<br />

au Luxembourg. Dans le cadre de la<br />

protection de la confidentialité des<br />

données, il s’agit d’un véritable avantage<br />

puisque notre solution luxembourgeoise<br />

garantit l’application du RGPD. C’est<br />

donc à un acteur local que nos clients<br />

professionnels peuvent s’adresser pour<br />

leur services cloud. n<br />

Lineheart<br />

1, rue Drosbach<br />

L-3372 Leudelange<br />

mail@lineheart.lu<br />

www.lineheart.lu


24 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

ICT<br />

Stocker ses données<br />

en toute sécurité<br />

grâce à un nuage<br />

de solutions…<br />

Récemment élue «HPE Partner of the Year», System Solutions<br />

diversifie son offre de produits et services IT pour les<br />

entreprises. Répondant à la demande du marché concernant<br />

des infrastructures plus flexibles et faciles à gérer ainsi qu’à un<br />

besoin grandissant de stockage de données non-structurées<br />

et toujours plus nombreuses, l’intégrateur a noué de précieux<br />

partenariats avec des acteurs fiables lui permettant d’offrir des<br />

solutions complètes et sécurisées aux organisations. Robert<br />

Roux, son CEO, nous parle en détail des dernières offres de<br />

la société…<br />

Présentez-nous System Solutions en<br />

quelques mots…<br />

L’entreprise a été créée en avril 1996<br />

au Luxembourg et bénéficie de 25 ans<br />

d’expérience en tant qu’intégrateur de solutions<br />

informatiques. Grâce aux partenariats<br />

que nous avons noués au fil du temps,<br />

nous proposons à notre clientèle des<br />

solutions globales. En effet, nous ne nous<br />

limitons pas à la vente de matériel IT et à<br />

la gestion des licences, mais avons étendu<br />

notre activité à la gestion complète de<br />

l’ensemble des besoins informatiques d’une<br />

entreprise. De plus, depuis une dizaine<br />

d’années, nous proposons une offre cloud<br />

privé et hybride répartie sur trois data<br />

centers au Luxembourg. Cette activité,<br />

nous l’avons commercialisée en Belgique<br />

et en France depuis notre maison-mère<br />

luxembourgeoise.<br />

Nos consultants sont régulièrement formés<br />

pour comprendre les problématiques<br />

de nos clients et les orienter vers des<br />

solutions adaptées. En tant qu’intégrateur,<br />

nous veillons à les accompagner dans<br />

l’installation des outils, leur paramétrage et<br />

leur intégration dans leur environnement.<br />

Nous offrons ensuite des contrats<br />

d’assistance à la carte qui peuvent être<br />

réactifs et intervenir en cas de problème ou<br />

proactifs à travers une vérification régulière<br />

des infrastructures. Notre atout est d’offrir<br />

la même expertise qu’un grand groupe tout<br />

en conservant la souplesse et la réactivité<br />

d’une PME.<br />

Vous avez récemment obtenu les récompenses<br />

«HPE Partner of the Year» et<br />

«HPE Platinium Partner». Quels sont les<br />

atouts qui ont été valorisés dans ce cadre?<br />

Nous collaborons avec HPE depuis nos<br />

débuts et avons été récompensés pour notre<br />

fidélité envers la marque. Nous sommes très<br />

fiers d’avoir reçu ce prix qui symbolise le<br />

partenariat fructueux qui nous unit depuis<br />

25 ans. HPE fournit un matériel de qualité<br />

d’un point de vue technologique et est très<br />

réactif en cas de problème. En choisissant un<br />

partenaire unique et fiable, nous nous sommes<br />

véritablement spécialisés dans l’intégration de<br />

leurs produits. Ces certifications offrent aux<br />

clients une garantie supplémentaire quant<br />

à notre expertise technologique et nous<br />

démarquent sur le marché.<br />

Comment avez-vous accompagné les<br />

entreprises depuis le début de la crise<br />

du Covid-19?<br />

Depuis le début de la pandémie, nous<br />

accompagnons les entreprises clientes aux<br />

niveaux matériel, infrastructurel et sécuritaire.<br />

Nous avons tout d’abord dû équiper leurs<br />

employés de matériel informatique leur<br />

permettant de travailler à distance. Il a ensuite<br />

fallu redimensionner leur infrastructure<br />

informatique de départ pour garantir un accès<br />

à distance aux collaborateurs et pouvoir gérer<br />

cet afflux de connexions venant de l’extérieur.<br />

Enfin, nous avons dû renforcer la sécurité<br />

en lien avec la nouvelle organisation de<br />

travail. Il semble que le télétravail conservera<br />

une place importante après la crise et qu’il<br />

faudra conserver ces accès à distance. Le<br />

premier conseil que je donnerais donc<br />

aux entreprises est de renforcer la sécurité<br />

de leurs infrastructures. Nous pouvons<br />

les accompagner dans cette démarche en<br />

commençant par réaliser un audit – afin<br />

d’identifier d’éventuelles failles – à partir<br />

duquel nous pourrons faire des propositions<br />

afin d’améliorer les mesures de sécurité.<br />

Parmi les conséquences de la crise, on<br />

note aussi un intérêt grandissant pour le<br />

cloud. Comment l’expliquer?<br />

Tout simplement car il s’agit d’une réponse<br />

simple aux problématiques causées par la<br />

décentralisation du travail. En effet, comme<br />

l’infrastructure n’est plus dans l’entreprise,<br />

l’accès à distance devient naturel que ce soit<br />

pour les employés travaillant sur site ou<br />

depuis leur domicile. Pour les accompagner<br />

dans cette transition, nos infrastructures<br />

cloud hautement sécurisées séduisent nos<br />

clients.


Quelles sont les solutions que vous<br />

proposez pour faciliter la gestion des<br />

infrastructures informatiques de vos<br />

clients ainsi que pour le stockage et la<br />

sauvegarde de leurs données?<br />

Tout d’abord, nous avons conclu un<br />

partenariat avec Nutanix afin d’offrir une<br />

plus grande flexibilité à notre clientèle. Sa<br />

solution d’infrastructure hyperconvergée<br />

intègre plusieurs éléments d’infrastructure<br />

(serveurs, réseau, stockage) en une seule<br />

plateforme, ce qui représente un gain de<br />

temps dans la mise en place mais surtout<br />

dans la gestion quotidienne. La tendance<br />

générale étant à la réduction des ressources<br />

informatiques disponibles, le marché est<br />

forcément séduit par cette approche. Les<br />

infrastructures hyperconvergées proposent<br />

une alternative nécessitant moins de main<br />

d’œuvre et facilitent ainsi la gestion de<br />

l’infrastructure informatique.<br />

Par ailleurs, face à la croissance exponentielle<br />

des données à sauvegarder, nous avons opté<br />

pour la technologie du stockage objet qui<br />

permet une sauvegarde sécurisée des données.<br />

“Offrir la même<br />

expertise<br />

qu’un grand groupe<br />

tout en conservant<br />

la souplesse<br />

et la réactivité<br />

d’une PME”<br />

À travers nos partenariats, nous proposons<br />

une solution 3 en 1 pour les sauvegardes.<br />

En effet, nous fournissons à la fois la partie<br />

physique (disques et serveurs) via HPE,<br />

le logiciel de stockage des données par<br />

Scality ainsi que sa sécurisation contre les<br />

ransomwares, assurée par Veeam. Scality<br />

offre en effet une couche logicielle au<br />

stockage des données non-structurées dont<br />

la capacité peut facilement évoluer grâce à<br />

l’ajout de disques dans les serveurs. Cette<br />

System Solutions Luxembourg<br />

36, Parc d’Activité<br />

L-8308 Capellen<br />

www.systemsolutions.com<br />

Robert Roux<br />

solution, sécurisée par Veeam, est idéale<br />

pour les sauvegardes des entreprises. Nous<br />

ne pouvons mettre aucune société à l’abri<br />

d’une opération malveillante, en revanche,<br />

nous pouvons veiller à ce que cette<br />

dernière n’entrave pas la continuité des<br />

activités de nos clients en leur fournissant<br />

une sauvegarde structurée et détachée<br />

de la production dans un environnement<br />

hautement protégé.<br />

En tant qu’intégrateur, nous livrons<br />

ainsi une solution complète et sommes<br />

l’interlocuteur unique des sociétés d’un bout<br />

à l’autre du processus d’intégration, depuis<br />

la planification aux interventions, en passant<br />

par l’installation et le paramétrage. n


26 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

ICT<br />

L’impression<br />

entre tradition et modernité<br />

Numérisation des activités et crise environnementale ont<br />

profondément modifié notre rapport au papier. C’est pourquoi,<br />

au fil des années, l’Imprimerie Centrale s’est dotée de nouveaux<br />

outils permettant de répondre aux besoins changeants du<br />

marché. En prenant le tournant du digital, celle-ci a étoffé<br />

son offre de services tout en continuant d’investir dans les<br />

technologies offset plus traditionnelles qui cohabiteront à<br />

l’avenir avec les presses numériques. Le point sur la question<br />

de la digitalisation d’une industrie séculaire.<br />

nos outils actuels. Cette veille nous a aussi<br />

permis de constater des changements dans le<br />

comportement des clients, changements liés<br />

récemment à la crise sanitaire. L’information<br />

est consommée de plus en plus depuis le<br />

domicile, le client se déplace plus rarement,<br />

parfois seulement pour visiter l’imprimerie<br />

au moment de l’impression de sa commande,<br />

pour les beaux livres, par exemple.<br />

Un avenir 100% digital?<br />

Les services digitaux proposés par<br />

l’Imprimerie Centrale<br />

Au fil des années, l’entreprise s’est dotée<br />

d’outils permettant de répondre aux nouveaux<br />

besoins du marché. Prenons l’exemple<br />

des outils d’impression Web2Print: certains<br />

clients ne souhaitent pas se déplacer et<br />

passent leurs commandes en ligne par<br />

ce système. Ainsi, sur son interface web<br />

personnalisée, l’utilisateur peut, en direct<br />

et sans aucune difficulté, commander des<br />

documents récurrents et même opérer des<br />

mises à jour dans ses fichiers avant de les<br />

réimprimer. Cette prise en charge simplifiée<br />

des impressions alliée à des technologies<br />

d’impression digitale nous permet donc<br />

de proposer des services supplémentaires,<br />

comme la mise sous pli des documents.<br />

Le mailing est un levier de communication<br />

qui permet aux entreprises d’informer, de<br />

démarcher et de faire acte du suivi de leurs<br />

clients. Cette démarche est d’autant plus<br />

intéressante qu’elle permet de personnaliser<br />

chaque envoi. Un gain de temps considérable<br />

dans un monde où tout va plus vite et où<br />

chaque client a des besoins bien spécifiques.<br />

En outre, nous avons une activité d’impression<br />

digitale qui sert le secteur bancaire avec<br />

notre statut de Professionnel du Secteur<br />

Financier dont nous disposons depuis 2007.<br />

Des développements informatiques nous<br />

permettent de donner une grande facilité<br />

aux clients de ce secteur.<br />

Pour autant, et au-delà du développement<br />

digital de notre secteur, le monde de<br />

l’imprimerie reste un lieu de création dans<br />

lequel il faut jouer avec les contraintes<br />

de chaque production. Rien ne saurait<br />

se substituer aux conseils avisés et à<br />

l’expérience de nos équipes en production<br />

et en contact avec les clients.<br />

“Nous étudions<br />

continuellement<br />

des solutions<br />

pour améliorer,<br />

optimiser<br />

ou compléter<br />

notre service”<br />

Nouveaux locaux à la Cloche d’Or et<br />

nouveaux services numériques<br />

Le déménagement de notre imprimerie à<br />

la rue Emile Bian à Luxembourg-Cloche<br />

d’Or rend notre production plus fluide<br />

et a considérablement augmenté notre<br />

productivité.<br />

Un système de gestion des opérations<br />

préliminaires à la vente nous procure un gain<br />

de temps important et renforce la sécurité<br />

des données. À terme, cette intégration<br />

globale concernera également toutes nos<br />

certifications (ISO 9001, ISO 14001, ISO<br />

12647-2, FSC, Imprim’Vert, etc.).<br />

Concernant le développement d’autres<br />

services numériques, nous étudions<br />

continuellement des solutions pour<br />

améliorer, optimiser ou compléter notre<br />

service et proposer à nos clients une batterie<br />

complète d’outils qui puisse répondre à<br />

ses besoins d’impression. En parallèle,<br />

nos équipes opèrent régulièrement des<br />

veilles informatives et technologiques afin<br />

d’être au fait de ce qui se fait ailleurs tout<br />

en développant des solutions internes avec<br />

Comme évoqué précédemment, les presses<br />

digitales sont beaucoup plus souples que<br />

leurs grandes sœurs, les machines offset.<br />

En termes de gabarit, les premières sont<br />

bien moins imposantes que les secondes.<br />

Au-delà de leur physique et de leurs<br />

technologies différentes, ces machines<br />

ont des caractéristiques particulières.<br />

En impression digitale, on tourne aux<br />

alentours de 7.000 impressions A4 par<br />

heure alors que l’on est sur des standards<br />

avoisinant les 15.000 feuilles par heure pour<br />

sa cousine offset. Ainsi, on peut facilement<br />

mettre en évidence les qualités de chacune<br />

de ces technologies qui ont finalement<br />

leurs publics respectifs. D’où l’importance<br />

d’avoir une offre globale, à l’image de notre<br />

économie globalisée.<br />

Il semble évident que l’avenir sera porté<br />

sur le digital. Ceci dit, d’après nous, l’offset<br />

sera toujours préférable pour la réalisation<br />

de grandes séries et de grands formats,<br />

alors que le digital servira à répondre à une<br />

nette tendance vers les petites séries, ce qui<br />

permet au client de mettre à jour le contenu<br />

de son imprimé à chaque édition. n<br />

Imprimerie Centrale<br />

3, rue Emile Bian<br />

L-1235 Luxembourg<br />

message@ic.lu<br />

www.ic.lu


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

27


28 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

ICT<br />

skeeled: déjà deux<br />

communes séduites<br />

par le recrutement<br />

digital<br />

La jeune société innovante skeeled a déjà convaincu une<br />

centaine de clients au Luxembourg (Cactus, Losch, Lalux,<br />

Sales Lentz Group, Voyages Emile Weber, etc.). Il faut dire<br />

que son logiciel de recrutement présente de nombreux<br />

atouts: intuitif, flexible, collaboratif, multilingue incluant le<br />

luxembourgeois et conforme au RGPD. Mike Reiffers, son<br />

co-fondateur, nous parle des avantages de la plateforme pour<br />

les entreprises, mais aussi pour les communes…<br />

Quels ont été les débuts de skeeled?<br />

L’idée de l’entreprise a germé lorsque<br />

Nicolas Speeckaert, co-fondateur, et moimême<br />

faisions nos masters. Étant à la<br />

recherche d’un emploi, notre expérience<br />

candidat était très médiocre, face à des<br />

processus mal structurés et pour la plupart<br />

non digitaux. Une frustration additionnelle<br />

était le manque d’interaction avec les<br />

recruteurs et les délais – voire l’inexistence –<br />

de réponse. Passionnés de technologie, notre<br />

idée de digitaliser le monde du recrutement<br />

en l’enrichissant de nouveaux outils s’est très<br />

vite concrétisée avec la création de notre<br />

entreprise au Luxembourg en 2015.<br />

Malgré la dimension internationale de nos<br />

activités avec une présence dans 20 pays, nous<br />

restons une entreprise à ancrage local. Nous<br />

sommes d’ailleurs le leader national dans<br />

ce domaine avec une centaine de clients au<br />

Luxembourg de petite et grande tailles, et ce,<br />

dans tous les secteurs et domaines d’activité.<br />

Quelles sont les fonctionnalités de votre<br />

logiciel d’acquisition de talents?<br />

La plateforme permet aux candidats de<br />

soumettre leur candidature à travers un<br />

processus digital de façon standardisée avec<br />

des éléments classiques comme le CV et la<br />

lettre de motivation. Nous offrons également<br />

la possibilité aux recruteurs de recourir à des<br />

tests de pré-emploi. Dans ce cadre, nous<br />

collaborons avec AssessFirst, leader dans ce<br />

domaine, pour avoir un meilleur aperçu de<br />

la personnalité, la motivation et la capacité<br />

de raisonnement des candidats. De plus, le<br />

recruteur peut leur poser plusieurs questions<br />

prédéfinies auxquelles ils devront répondre<br />

en vidéo préenregistrée, parfois même<br />

dans une langue imposée. L’outil évaluera<br />

ensuite le niveau de correspondance des<br />

candidatures par rapport au profil recherché.<br />

L’une des raisons qui fait de skeeled un<br />

logiciel révolutionnaire est l’ensemble de<br />

tous ces éléments permettant d’analyser les<br />

«hard» et «soft skills» dans le processus<br />

de recrutement. Par conséquent, nous<br />

offrons la possibilité aux recruteurs de baser<br />

leurs décisions sur plus de données qu’un<br />

processus traditionnel de recrutement.<br />

Comment la plateforme se présente-telle?<br />

Il s’agit d’un logiciel accessible en ligne à l’aide<br />

d’un identifiant et d’un mot de passe et sans<br />

installation nécessaire. L’interface se veut très<br />

intuitive: en un coup d’œil, l’utilisateur visualise<br />

tous les postes ouverts et peut voir les profils de<br />

candidats de manière structurée et organisée.<br />

L’outil est également collaboratif puisqu’il<br />

permet de personnaliser toutes les étapes du<br />

recrutement et d’inclure à tout moment un<br />

responsable dans le processus afin de solliciter<br />

son avis. D’autres fonctionnalités relatives aux<br />

prises de rendez-vous et à l’évaluation des<br />

profils sont paramétrables, jusqu’au moment<br />

où le recrutement a été effectué.<br />

Quels sont ses avantages, notamment<br />

pour les communes?<br />

Très traditionnelles, les communes<br />

passent encore souvent par le papier<br />

malgré la difficulté de rester conformes<br />

aux réglementations du RGPD. Le gain<br />

de temps que le digital peut leur apporter<br />

est donc considérable. Nous pouvons<br />

également les aider à travailler leur image<br />

de marque en tant qu’employeur et les<br />

épauler dans la création ou l’adaptation<br />

de l’onglet «carrière» de leur site en y<br />

reprenant leur vision et leur message afin<br />

de les rendre plus attractifs sur le marché<br />

du travail.<br />

Nous avons d’ailleurs fait cette démarche<br />

avec les communes de Dudelange et de<br />

Niederanven. Notre logiciel est complètement<br />

modulable, nous avons donc pu<br />

l’adapter à la réalité du recrutement et des<br />

différentes exigences particulières de chaque<br />

commune. Notre collaboration avec ces<br />

communes a permis de moderniser et optimiser<br />

leur fonctionnement en recrutement.


Pendant la crise, skeeled a permis aux<br />

communes de poursuivre leurs activités de<br />

recrutement tout en collaborant depuis leur<br />

domicile. De plus, en faisant appel à un acteur<br />

local, elles s’assurent d’un support individuel<br />

et rapide en cas de difficulté.<br />

Pourquoi avoir créé la branche «skeeled.<br />

advisory» dédiée à la consultance et au<br />

conseil?<br />

Nous sommes partis du constat que la<br />

transition vers le recrutement digital<br />

nécessitait souvent un accompagnement<br />

professionnel. «skeeled.advisory» a donc<br />

pour objectif premier d’accompagner<br />

les clients dans ce changement, de le<br />

coordonner et d’assurer sa communication<br />

interne et externe. De nouveaux<br />

processus de recrutement faisant appel à<br />

de nouveaux rôles doivent en effet être<br />

mis en place au sein de l’administration<br />

afin d’optimiser l’investissement dans ce<br />

type de logiciel en en exploitant toutes les<br />

possibilités.<br />

Son deuxième but est d’aider les entreprises<br />

à créer une véritable image de marque.<br />

Cela passe par la gestion de leurs réseaux<br />

sociaux et de leur site internet, mais aussi<br />

par la définition d’une vision et l’envoi d’un<br />

message forgeant une véritable identité<br />

en tant qu’employeur. Nous les aidons<br />

également à rédiger leurs offres d’emploi.<br />

Enfin, nous proposons aux sociétés<br />

d’analyser leur capital humain afin de<br />

déterminer quelles sont les compétences<br />

qu’elles regroupent en interne. Cette analyse<br />

permet de réorganiser les équipes et<br />

de les optimiser en proposant par exemple<br />

des formations pour acquérir certaines<br />

compétences manquantes.<br />

Nous avons pour but d’aider toujours plus<br />

d’entreprises et d’organisations publiques<br />

au Luxembourg à réussir le virage inévitable<br />

vers la digitalisation dans le recrutement.<br />

Nous voulons également accompagner au<br />

mieux les acteurs locaux en apportant une<br />

évolution constante de nos produits et<br />

services. n<br />

Mike Reiffers devant la commune de Dudelange dont il est résident<br />

“Leader national<br />

avec une centaine<br />

de clients<br />

au Luxembourg<br />

de toutes tailles,<br />

dans tous<br />

les secteurs<br />

et domaines<br />

d’activité”


30 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

ICT<br />

Dan Biancalana<br />

Paul Nosbusch<br />

Commune de Dudelange<br />

Dan Biancalana, bourgmestre de la commune de Dudelange,<br />

et Paul Nosbusch, responsable RH<br />

Qu’est-ce que la digitalisation du processus de traitement des candidatures vous<br />

a apporté?<br />

DB: La digitalisation est aujourd’hui un incontournable pour une commune. Nous étions à la<br />

recherche d’un outil qui traite nos 1.200 candidatures annuelles, aide notre service des ressources<br />

humaines à optimiser son temps en automatisant le tri des candidatures, tout en assurant la gestion<br />

du RGPD.<br />

Comment l’outil a-t-il amélioré votre travail journalier?<br />

PN: L’outil skeeled nous a permis d’avoir une base de données complète avec une facilité de<br />

gestion des dossiers. Il nous permet d’analyser de façon rapide et efficace les diplômes et CV des<br />

candidats. Le traitement des dossiers et le délai des réponses sont accélérés, car l’outil RH nous<br />

permet de personnaliser les réponses par email. Une approche proactive est garantie, car il nous<br />

est possible d’impliquer davantage les responsables de services dans le processus de recrutement<br />

en leur donnant accès aux dossiers de candidature.<br />

Quel support skeeled vous apporte-t-il en cas de difficulté?<br />

PN: skeeled fournit un support rapide par email et téléphone et veille à une actualisation constante<br />

du software avec l’ajout de nouveaux gadgets et fonctionnalités. Des réunions régulières sont<br />

organisées avec notre gestionnaire skeeled afin d’optimiser les flux et processus dans la gestion<br />

du traitement des candidatures de recrutement.<br />

Commune de Niederanven<br />

Raymond Weydert, bourgmestre de la commune de Niederanven,<br />

et Jean Kox, responsable RH<br />

Pourquoi avoir voulu digitaliser le recrutement? Qu’est-ce que cette digitalisation<br />

vous a apporté?<br />

RW: La commune de Niederanven est connue pour être moderne, toujours prête à offrir à ses<br />

citoyens le profit des dernières technologies, tout en restant proche et accessible à toutes les<br />

générations. Certes, certains moyens sont nécessaires pour garantir un tel service, mais c’est<br />

justement là que nous décidons à chaque fois de mettre nos capacités financières et administratives<br />

à disposition de tous les acteurs, internes comme externes. C’est donc sans hésitation que nous<br />

avons voulu mettre à disposition ce service de recrutement. Nous serons ainsi plus près de la<br />

population et pourrons alléger la tâche administrative de nos agents en même temps, tout en<br />

restant efficaces dans le processus.<br />

Comment l’outil a-t-il amélioré votre travail journalier?<br />

JK: Il nous permet d’avoir à tout temps un parfait aperçu de l’évolution des candidatures; on peut<br />

plus facilement se faire une idée, sans pour autant surcharger de copies papiers notre service<br />

de courrier interne. Dans un même temps, les délais peuvent considérablement être raccourcis,<br />

car grâce au screening, vidéos, etc. nous pourrons filtrer nos choix beaucoup plus rapidement.<br />

Non seulement le recruteur profite de ces atouts techniques, mais de plus, pour le candidat une<br />

approche pointée et vive plaira certainement mieux que la voie traditionnelle postale d’expérience<br />

plus maladroite et stérile. Les nouveaux recrutés sont souvent jeunes et quoi de plus rassurant<br />

pour eux que de savoir que leur éventuel futur patron est à la pointe de la technologie?<br />

Quel support skeeled vous apporte-t-il en cas de difficulté?<br />

JK: La procédure n’est pas totalement exempte de présence humaine. En cas de problème, le<br />

service skeeled garantit le contact avec une personne spécifique en charge de votre administration<br />

ainsi qu’un contact permanent et rapide par email, en cas de questions. skeeled est très soucieuse<br />

de maintenir à chaque instant un lien étroit avec ses administrations et se montre très coopérative<br />

en proposant des suggestions et innovations ou idées nouvelles.<br />

Raymond Weydert<br />

skeeled Luxembourg<br />

19A rue de la Reconnaissance Nationale<br />

L-4936 Käerjeng<br />

Contact: Mike Reiffers<br />

mr@skeeled.com<br />

www.skeeled.com<br />

Jean Kox


Zanter 30 Joer Apple Partner vum<br />

Enseignement zu Lëtzebuerg.<br />

Wielt haut déi richteg Servicer a Produiten fir en gelongenen IT-Projet an ärer Schoul.<br />

▶ Berodung<br />

▶ Installatioun<br />

▶ Support-Formatioun<br />

▶ Locatioun/Finanzement<br />

▶ iPad / MacBook / iMac<br />

▶ Accessoiren<br />

▶ Wifi-Réseau<br />

▶ Projektioun<br />

Fir e Projet mat Wäitsiicht, kontaktéiert eis Apple Spezialisten fir d’Educatioun.<br />

lineheart.lu/education • +352 44 68 44 - 1 • education@lineheart.lu


32 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

BRÈVES COMMUNALES – CENTRE<br />

PAR PIERRE BIRCK<br />

LUXEMBOURG-VILLE<br />

Moyocci a cessé d’organiser des fêtes<br />

ou des visites guidées en raison de<br />

l’épidémie de Covid-19. L’entreprise a<br />

ainsi élaboré un nouveau concept, celui<br />

des visites audioguidées pour découvrir<br />

sous une angle nouveau le Grand-Duché<br />

de Luxembourg. Il suffit de scanner le<br />

QR Code présent sur différents points<br />

d’intérêts via l’application «Sightseeing.<br />

lu» et de suivre les instructions du<br />

smartphone. C’est une façon ludique et<br />

inédite de découvrir ou redécouvrir le<br />

Luxembourg.<br />

<br />

Source: sightseeing.lu<br />

HESPERANGE<br />

Les 11, 12 et 13 juin prochains aura<br />

lieu l’événement «Ambiance jardin»,<br />

organisé par l’asbl G.O.A.T. Events<br />

et par la commune. Ces trois jours<br />

seront réservés à la vente de plantes<br />

et décorations de jardin. Le prix<br />

d’entrée est de sept euros et gratuit<br />

pour les moins de seize ans.<br />

<br />

Source: hesperange.lu<br />

BERTRANGE<br />

Dans le cadre des travaux de réhabilitation<br />

du pont OA816 avec aménagement<br />

d’une piste cyclable sur la<br />

N35 à Bertrange-Gare, la commune<br />

informe que l’administration des Ponts<br />

& Chaussées procède à la fermeture<br />

complète du pont OA816 en direction de<br />

la commune de Strassen. Une déviation<br />

est assurée par la rue de Luxembourg<br />

et la N34 tandis que la circulation en<br />

direction de la commune de Bertrange<br />

reste garantie pendant toute la durée du<br />

chantier, et ce, jusqu’en fin d’année.<br />

<br />

Source: bertrange.lu<br />

MAMER<br />

La commune de Mamer a installé<br />

dans ses bâtiments publics 18 bornes<br />

d’eau potable en libre-service afin de<br />

promouvoir la consommation d’eau<br />

du robinet et de diminuer l’utilisation<br />

du plastique à usage unique. Elle a<br />

également offert des bidons isothermes<br />

en inox à tous les écoliers, les enseignants<br />

et les employés communaux, soit une<br />

distribution totale de 1.000 bidons.<br />

<br />

Source: mamer.lu<br />

<br />

CONTERN<br />

Le collège échevinal a revu et adapté son approche de<br />

communication sur base d’une nouvelle vision et d’une<br />

nouvelle charte graphique en avril dernier. Les citoyens<br />

disposent désormais de nouvelles plateformes d’information<br />

modernes qui facilitent la communication mais également la<br />

prise de contact et le dialogue avec les responsables politiques<br />

et les services communaux.<br />

<br />

Source: contern.lu<br />

LUXEMBOURG-VILLE<br />

Lydie Polfer, bourgmestre, Simone Beissel, échevine responsable<br />

en matière d’infrastructures et de nouvelles constructions,<br />

et Patrick Goldschmidt, échevin de la mobilité, ont inauguré<br />

le nouveau P+R provisoire de la Cloche d’Or. Ce dernier se<br />

situe aux abords du Stade de Luxembourg. D’une superficie<br />

d’environ 2,10 ha, le nouveau parking dispose d’une capacité<br />

de 606 emplacements, dont cinq réservés aux personnes<br />

à mobilité réduite. Gratuit pendant 24 heures à l’instar du<br />

régime applicable aux autres P+R de la capitale, le P+R<br />

provisoire de la Cloche d’Or vise à garantir un certain nombre<br />

d’emplacements aux visiteurs du Stade de Luxembourg à<br />

l’occasion d’événements sportifs ou culturels.<br />

<br />

Source: vdl.lu<br />

STRASSEN<br />

Les arrêts de bus peuvent-ils se muer en galerie d’art? La<br />

commune de Strassen le prouve grâce au projet «Lignes ART»<br />

qui permet aux photographes d’exposer leurs photos dans<br />

les arrêts de bus de la commune. En intégrant l’art dans la vie<br />

quotidienne, celui-ci est rendu plus accessible. Nul besoin de<br />

visiter un musée. Les photos sont ainsi exposées dans huit arrêts<br />

sur la route d’Arlon et en face de la mairie. Le photographe<br />

Jerry Klein est le premier artiste à exposer ses photos montrant<br />

la route d’Arlon sous un autre angle.<br />

<br />

Source: strassen.lu<br />

© VDL Phototheque Charles Soubry<br />

KOPSTAL<br />

Un grand sondage citoyen et anonyme<br />

sur la communication de la commune<br />

de Kopstal est en cours. Afin de suivre<br />

l’évolution des besoins en communication<br />

et faisant suite aux résultats de l’enquête<br />

Covid-19 récemment menée qui a laissé<br />

apparaître la possibilité d’améliorer<br />

l’information, la commune envisage de<br />

développer de nouveaux concepts de<br />

communication. Il s’agit de répondre à<br />

un questionnaire de dix minutes. Pour y<br />

participer, il suffit de se rendre sur le site<br />

internet de la commune.<br />

<br />

Source: kopstal.lu<br />

STRASSEN<br />

Les élèves de l’école fondamentale<br />

de Strassen ont remis un chèque de<br />

3.000 euros à la Fondation Caritas. La<br />

commune a suivi en lui faisant don de<br />

4.000 euros. Les sommes récoltées<br />

serviront à aider les personnes<br />

touchées par le Covid-19 et les différentes<br />

mesures de confinement.<br />

<br />

Source: strassen.lu<br />

MAMER<br />

L’été approche à grands pas. L’arrivée de<br />

la belle saison est toujours accompagnée<br />

par une fréquentation plus élevée des<br />

aires de jeu. Pour garantir davantage<br />

de sécurité, la commune entretient<br />

régulièrement toutes les aires de jeu<br />

situées sur son territoire. 22 des 24<br />

installations ont été contrôlées. Les<br />

experts n’ont pas découvert de défauts.<br />

Toutes les aires de jeu soumises au<br />

contrôle ont par conséquent reçu le label<br />

«Sécher Spillplazen» de Luxcontrol. L’aire<br />

de jeu de la maison relais du campus<br />

Kinneksbond n’a pas été inspectée parce<br />

qu’elle est en cours de rénovation.<br />

<br />

Source: mamer.lu<br />

SANDWEILER<br />

En mars dernier, le collège des bourgmestre<br />

et échevins a présenté l’avant-projet<br />

de la nouvelle maison communale, en<br />

collaboration avec le bureau d’architecture<br />

LLArchitectes. L’objectif est<br />

notamment de répondre à la croissance<br />

constante de la population afin d’offrir de<br />

meilleurs services communaux.<br />

<br />

Source: sandweiler.lu


Relevez le Défi<br />

de la Cyber-Résilience<br />

Depuis 20 ans, EBRC gère et protège vos informations sensibles et vous<br />

accompagne pour relever le défi de la Cyber-Résilience, en toute sérénité.<br />

Découvrez notre offre Trusted Services Europe<br />

Advisory<br />

Managed<br />

Services<br />

Cloud Security Resilience<br />

Data<br />

Centre<br />

3<br />

FACILITY ®<br />

ebrc - Luxembourg<br />

Resilience Centre South<br />

June 11, 2013<br />

www.ebrc.com


34 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

ICT<br />

Cloud non-européen et protection<br />

des données personnelles,<br />

un duo compatible?<br />

En juillet dernier, le jugement Schrems II émis par la Cour de justice de l’Union européenne<br />

a invalidé la certification «Privacy Shield» utilisée pour le transfert des données personnelles<br />

vers les États-Unis, décrétant ce mécanisme non-conforme au RGPD et a également mis en<br />

doute l’utilisation d’autres mécanismes de transfert dans certains contextes. Sans provoquer<br />

de vent de panique sur le marché, cette décision remet pourtant en question le recours à des<br />

services cloud offerts par des fournisseurs très souvent américains, largement majoritaires sur<br />

ce marché. Georges Wantz, Managing Director chez Deloitte Luxembourg, nous aide à mieux<br />

cerner les solutions que les entreprises peuvent déployer pour se conformer à la loi.<br />

Georges Wantz


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

35<br />

Quels sont les outils fournis par le<br />

RGPD pour encadrer le transfert des<br />

données vers l’étranger?<br />

Il existe trois grands types d’outils légaux<br />

permettant le transfert de données<br />

personnelles hors UE. En premier lieu,<br />

la Commission européenne analyse<br />

régulièrement les cadres légaux des pays<br />

étrangers et peut émettre des décisions<br />

d’adéquation reconnaissant leur conformité<br />

au RGPD et autorisant ainsi les transferts<br />

de données vers une liste de pays donnée.<br />

En deuxième lieu, les entreprises peuvent<br />

recourir à des bases contractuelles dont<br />

les plus communes sont les Clauses<br />

Contractuelles Types (CCT) – établies par<br />

la Commission européenne et auxquelles<br />

l’exportateur et l’importateur de données<br />

doivent adhérer – ou les «Binding<br />

corporate rules» créées par des groupes<br />

d’entreprises et approuvées par les autorités<br />

de contrôle européennes. Enfin, il existe<br />

des exceptions appliquées ponctuellement<br />

et de manière limitée comme dans le cadre<br />

de l’exécution d’un contrat où les banques<br />

peuvent transférer les données nécessaires<br />

à l’exécution d’un virement exceptionnel à<br />

l’étranger.<br />

Qu’implique le jugement Schrems II<br />

rendu par la Cour de justice de l’Union<br />

européenne (CJUE) en juillet 2020?<br />

Ce jugement a remis en cause la décision<br />

d’adéquation prise par la Commission<br />

européenne envers les États-Unis dans<br />

le contexte «Privacy Shield». D’abord<br />

désigné sous le nom de «Safe Harbor»,<br />

ce mécanisme permettait aux entreprises<br />

européennes de transférer des données<br />

personnelles de manière sécurisée vers les<br />

États-Unis, avant même le déploiement<br />

du RGPD. Toutefois, lors de son<br />

premier jugement, remis à la suite d’une<br />

plainte déposée par le citoyen autrichien<br />

Maximillian Schrems, la CJUE a décrété<br />

ce mécanisme insuffisant dans sa forme,<br />

puisque sa décision d’adéquation n’était<br />

basée sur aucun cadre clairement défini.<br />

La Commission a alors déployé un<br />

nouveau mécanisme, le «Privacy Shield»,<br />

mieux documenté. Toutefois, Maximillian<br />

Schrems a à nouveau porté plainte pour<br />

non-respect du RGPD quant au transfert<br />

de données personnelles vers les USA.<br />

Les juges ont alors rendu le «Privacy<br />

Shield» caduc sur base de son contenu,<br />

révélé insuffisant non seulement du point<br />

de vue du RGPD mais aussi des droits<br />

fondamentaux européens. Les juges ont<br />

également spécifié que tout mécanisme de<br />

transfert basé sur des contrats (comme les<br />

Clauses Contractuelles Types) doit offrir le<br />

même niveau de protection que le RGPD<br />

et les droits fondamentaux européens.<br />

Or, les lois états-uniennes permettent aux<br />

renseignements nationaux de consulter tous<br />

types de données s’ils le jugent nécessaire<br />

pour des raisons de sécurité nationale,<br />

et ce, d’une manière non-conforme aux<br />

dispositions européennes. En tant que<br />

citoyens, nous n’aurions donc aucun moyen<br />

de faire valoir nos droits au regard de la loi<br />

américaine.<br />

Décrétant que les CCT peuvent être<br />

insuffisantes lors de transferts établis avec<br />

les États-Unis, la CJUE a imposé l’ajout de<br />

garanties supplémentaires, sans toutefois<br />

préciser lesquelles… Si de telles garanties<br />

sont nécessaires et ne peuvent être émises,<br />

alors le traitement des données devra tout<br />

bonnement être arrêté.<br />

Comme la plupart des fournisseurs de<br />

services cloud sont basés aux États-<br />

Unis, quel sera l’impact de ce jugement<br />

sur ces services?<br />

Il convient d’abord de définir ce qu’est<br />

un transfert. A partir du moment où les<br />

données sont rendues accessibles depuis<br />

un pays hors Communauté européenne,<br />

alors on considère qu’il y a transfert. Les<br />

services cloud sont donc effectivement<br />

concernés par ce jugement. Par ailleurs, la<br />

responsabilité du traitement non-conforme<br />

des données sera imputée à l’entreprise<br />

effectivement responsable des données et<br />

non au fournisseur de services cloud, qui<br />

n’est qu’un sous-traitant.<br />

Aujourd’hui, aucune pénalité financière<br />

n’a encore été émise par les régulateurs qui<br />

se contentent pour l’instant d’expliquer<br />

le problème et de conseiller aux entités<br />

d’arrêter cette pratique. Certaines<br />

entreprises n’ont donc pas encore mesuré<br />

les conséquences du jugement. D’autres,<br />

n’y voyant pas de solution, ne comptent<br />

pas se pencher sur la question tant que le<br />

reste du marché ne s’y conformera pas.<br />

Plus rares sont les sociétés ayant pris des<br />

mesures telles que l’arrêt du contrat avec<br />

leur fournisseur américain ou la recherche<br />

d’une solution européenne. Le risque<br />

est que les bons élèves ne dénoncent<br />

les mauvais en portant plainte pour<br />

concurrence déloyale ou qu’une personne<br />

concernée ne porte plainte auprès d’un<br />

régulateur. Ce dernier n’aura alors plus<br />

d’autre choix que de sanctionner par des<br />

amendes, mais également de prononcer<br />

l’arrêt immédiat du traitement qui pourrait<br />

occasionner des pertes financières encore<br />

plus importantes.<br />

Certains imaginent sans doute que la<br />

Commission européenne pourrait trouver<br />

un nouvel accord avec les États-Unis<br />

dans le but de faciliter ces échanges. Or,<br />

le seul moyen d’y parvenir serait que<br />

le législateur américain change les lois<br />

pour garantir la protection des données<br />

comme nous l’entendons en Europe. De<br />

plus, la Commission pourra difficilement<br />

se permettre un troisième jugement<br />

dûment remis en cause sans souffrir d’une<br />

perte de crédibilité… Cela semble donc<br />

peu probable. Quant aux fournisseurs<br />

américains, ils ne chercheront pas de<br />

solutions techniques ou organisationnelles<br />

tant que les entreprises européennes<br />

continueront à faire appel à leurs services<br />

et ne feront pas front commun pour exercer<br />

une plus grande pression sur ces «cloud<br />

providers».<br />

Quels sont vos conseils pour aider<br />

les entreprises à se conformer à ce<br />

jugement?<br />

Entre la difficulté de la tâche et l’absence<br />

actuelle de sanction, la plupart des<br />

entreprises ne semblent pas encore chercher<br />

activement de solution. Pourtant, le risque<br />

est bien réel. C’est pourquoi notre premier<br />

conseil serait d’analyser le traitement et de<br />

déterminer si le mécanisme utilisé pour<br />

permettre le transfert nécessite l’ajout de<br />

ces garanties supplémentaires demandées<br />

par la CJUE, afin de prendre conscience<br />

du risque encouru. Il faut ensuite qu’elles<br />

recherchent des garanties supplémentaires<br />

envisageables, les mettent en place et dans<br />

le pire des cas, cherchent des alternatives<br />

exclusivement européennes.<br />

Ces garanties supplémentaires pourraient<br />

être la pseudonymisation ou le cryptage des<br />

données avec une clé dont ne disposerait<br />

pas le fournisseur cloud et qui les<br />

rendraient inexploitables par les autorités<br />

étrangères. Ces mécanismes sont encore<br />

peu répandus, assez difficiles à mettre en<br />

place et ne sont pas toujours utiles, tout<br />

en gardant la totalité des fonctionnalités<br />

du service. Malheureusement, la solution<br />

miracle n’existe pas. Ce n’est toutefois pas<br />

en ignorant cette problématique qu’elle<br />

disparaitra… n<br />

Deloitte Luxembourg<br />

20 Boulevard de Kockelscheuer<br />

L-1821 Luxembourg<br />

www.deloitte.com


36 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

ICT<br />

Privacy Engineering:<br />

quelles opportunités et<br />

applications pour les recherches<br />

scientifiques publiques?<br />

La recherche publique, et tout particulièrement les centres de recherche publics [1], est<br />

confrontée aux règles de protection des données à caractère personnel et cherche des solutions<br />

concrètes pour protéger ses participants. Dans cet article, Chloë Lellinger, Data Protection<br />

Officer au LISER, vient mettre en lumière un pan relativement nouveau de la recherche en<br />

génie informatique: la «Privacy Engineering» et explique comment ce domaine peut apporter<br />

des méthodes et techniques appliquées à l’informatique pour garantir la protection des données<br />

à caractère personnel.<br />

Chloë Lellinger


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

37<br />

Malgré l’échec de l’assistant vocal de<br />

notre voiture à comprendre nos demandes<br />

d’appel après un rendez-vous chez le<br />

dentiste ou de notre tondeuse à gazon<br />

intelligente à se dégager seule de la boule<br />

de pétanque en plastique oubliée là par<br />

nos enfants, il n’est plus à nier que les<br />

nouvelles technologies sont d’une grande<br />

aide dans notre vie de tous les jours – du<br />

moins elles essaient. Alors, pour quelles<br />

raisons ces nouvelles technologies ne<br />

pourraient-elles pas nous aider à protéger<br />

notre vie personnelle? Cette question,<br />

nous nous la sommes posée au Luxembourg<br />

Institute of Socio-Economic Research (LISER).<br />

Plus particulièrement, nous nous sommes<br />

demandé comment protéger au mieux la vie<br />

privée des participants des recherches tout<br />

en continuant à expliquer les challenges de<br />

la société de demain et y apporter des pistes<br />

de réponses?<br />

Tout chercheur largement inspiré par<br />

les principes éthiques de sa profession le<br />

confirmera: les activités de recherche ne<br />

doivent pas être réalisées au détriment des<br />

participants, toute information partagée<br />

est un gage de confiance nécessaire à la<br />

recherche publique, et plus particulièrement<br />

la recherche publique a l’individu<br />

et la société pour centre d’intérêt pour<br />

poursuivre ses missions dans l’intérêt<br />

général. Ces principes de bonne conduite du<br />

chercheur trouvent en partie écho dans les<br />

règles du droit à la protection des données.<br />

Ce domaine du droit trouve ses origines<br />

dans la convention internationale 108 [2] de<br />

1981 puis s’est ancré indirectement dans<br />

les systèmes juridiques européens par une<br />

directive en 1995 et enfin directement par<br />

le règlement 2016/679 sur la protection des<br />

données [3] (RGPD). Ces normes impactant<br />

la gestion des données par les infrastructures<br />

informatiques ont nécessité une traduction<br />

technique. Ceci a ouvert la voie à un<br />

nouveau domaine de recherche scientifique,<br />

qui est l’ingénierie pour la protection<br />

des données ou Privacy Engineering, plus<br />

récemment connu sous la dénomination de<br />

Data Protection Engineering.<br />

Définition de la Privacy Engineering<br />

L’ingénierie de la protection des données<br />

trouve ses fondements académiques au début<br />

des années 2000 puis a vu une explosion de<br />

son intérêt à partir de 2012 [4], probablement<br />

en lien avec l’acceptation internationale de<br />

la résolution sur la Privacy by Design [5] par<br />

les commissaires à la protection des données.<br />

Gürses et al., en 2016 lors de l’«International<br />

Workshop for Privacy Engineering» [6] définissent<br />

la Privacy Engineering comme la<br />

discipline qui traite de la conception, du<br />

développement et de la fabrication de<br />

systèmes informatiques matériels ou logiciels<br />

ayant pour objectif la protection des données<br />

et le respect de la vie privée des utilisateurs.<br />

La Privacy Engineering repose sur des<br />

principes venant remettre en cause le design<br />

d’architectures informatiques et de logiciels.<br />

Un des enjeux de cette discipline qui repose<br />

notamment sur la maîtrise des techniques de<br />

cryptographie (cryptographie symétrique,<br />

asymétrique, etc.), est l’apport de réponses<br />

aux nouvelles difficultés émergeant des<br />

traitements de Big Data.<br />

“Les activités<br />

de recherche<br />

ne doivent pas<br />

être réalisées<br />

au détriment<br />

des participants”<br />

Exemples de techniques et méthodes<br />

Différentes techniques ont été développées<br />

pour faciliter et encourager la protection de<br />

l’identité des individus dans l’espace digital,<br />

qu’elles soient absolues, en rendant les personnes<br />

définitivement non-réidentifiables<br />

(anonymisation), ou relatives, en rendant temporairement<br />

les individus non-réidentifiables<br />

(pseudonymisation). Parmi ces techniques,<br />

on compte les méthodes de contrôle de<br />

confidentialité statistique (par exemple,<br />

le logiciel Eurostat publié en open source<br />

depuis 2014 [7]) ou encore la confidentialité<br />

différentielle actuellement en vogue. Pour<br />

une vue globale des techniques actuelles<br />

en matière de pseudonymisation, l’ENISA<br />

(agence européenne de cybersécurité) a<br />

publié en janvier 2021 un recueil de bonnes<br />

pratiques [8].<br />

D’autres solutions permettent d’analyser<br />

les données à caractère personnel grâce à<br />

une technique cryptographique sans avoir<br />

à donner accès ou à partager les données<br />

(calcul multipartite sécurisé – secure<br />

multiparty computation). Cette méthode est<br />

aujourd’hui au centre de nombreux projets<br />

de recherche qui sont actuellement financés<br />

par le programme H2020 et qui tentent de<br />

développer des plateformes intégrant tous<br />

les modules nécessaires aux utilisateurs<br />

pour analyser les données à caractère<br />

personnel en grand nombre (Big Data) tout<br />

en garantissant la protection effective des<br />

données [9].<br />

Cas concrets d’application pour la<br />

recherche<br />

Les cas d’utilisation de telles techniques et<br />

méthodes respectueuses de la protection<br />

des données sont multiples: de la<br />

pseudonymisation des données des assurés<br />

à la sécurité sociale pour des études sur les<br />

trajectoires professionnelles de ces individus,<br />

au partage de données chiffrées de bout<br />

en bout d’administrations vers le LISER<br />

pour la réalisation d’échantillonnages<br />

pour l’identification de la population cible<br />

d’enquêtes statistiques, en passant par des<br />

techniques de design utilisateur pour faciliter<br />

la compréhension des modèles algorithmiques<br />

de prédiction des phénomènes économiques<br />

ou sociaux étudiés.<br />

Les techniques et méthodes de la Privacy<br />

Engineering sortent lentement de l’ombre<br />

et se voient appropriées par le législateur<br />

et les gouvernements européens. On voit<br />

certaines des techniques présentées désormais<br />

citées dans des propositions de textes de<br />

lois européens (proposition de Règlement<br />

(UE) sur la gouvernance des données –<br />

Data Governance Act [10]) et faire l’objet<br />

d’appels d’offres nationaux (par exemple,<br />

l’appel d’offres luxembourgeois pour une<br />

infrastructure nationale de pseudonymisation<br />

et d’anonymisation). Il reste à parier sur<br />

l’avenir radieux de cette discipline et de ces<br />

techniques ainsi que de leur appropriation par<br />

les centres de recherche pour une protection<br />

renforcée des participants aux activités de<br />

recherche publique. n<br />

[1] Loi du 3 décembre 2014 portant sur l’organisation des<br />

Centres de Recherche Publics http://legilux.public.lu/eli/etat/leg/<br />

loi/2014/12/03/n2/jo<br />

[2] www.europarl.europa.eu/meetdocs/2014_2019/plmrep/<br />

COMMITTEES/LIBE/DV/2018/09-10/Convention_108_<br />

EN.pdf<br />

[3] www.eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/<br />

TXT/?uri=CELEX%3A32016R0679<br />

[4] Gürses et al, 2016, www.ieeexplore.ieee.org/document/7448344<br />

[5] Cavoukian, Privacy and Security by Design, an Enterprise<br />

Architecture approach, 2009, www.ipc.on.ca/wp-content/uploads/<br />

Resources/pbd-privacy-and-security-by-design-oracle.pdf<br />

[6] www.iwpe.info/index.html<br />

[7] www.joinup.ec.europa.eu/collection/statistics/solution/sdctoolstools-statistical-disclosure-control/about<br />

[8] www.enisa.europa.eu/publications/pseudonymisationtechniques-and-best-practices<br />

[9] www.cordis.europa.eu/article/id/428769-data-protection-newtechnologies-to-protect-privacy<br />

[10] Proposition de règlement européen sur la gouvernance<br />

des données, en son considérant six sont nommés:<br />

www.eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/<br />

PDF/?uri=CELEX:52020PC0767&from=EN<br />

Luxembourg Institute<br />

of Socio-Economic Research (LISER)<br />

11, Porte des Sciences<br />

L-4366 Esch-sur-Alzette<br />

www.liser.lu


38 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

ICT<br />

Sécurité des données<br />

de santé, des vies humaines<br />

en dépendent<br />

Dans le domaine de la santé, la protection et la sécurité des données s’avèrent d’une importance<br />

capitale. EBRC a récemment étendu la couverture de sa certification HDS (Hébergeur de<br />

Données de Santé) qui lui permet aujourd’hui non seulement d’intégrer le marché français et<br />

ses établissements de santé, mais aussi d’offrir une dimension supplémentaire à ses clients au<br />

niveau européen. Thomas Flachaire, CISO, ainsi qu’Anthony Ambrogi, membre de l’équipe<br />

RISC chez EBRC, reviennent sur l’obtention de la certification, ses opportunités et ses enjeux<br />

dans un domaine aussi sensible que celui de la santé.<br />

Thomas Flachaire et Anthony Ambrogi


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

39<br />

Prévention, détection, réaction et amélioration<br />

continue<br />

«En 2021, les établissements de santé ont<br />

été la cible d’une vague de cyberattaques<br />

sans précédent. Ils se sont révélés<br />

particulièrement vulnérables ce qui les a<br />

obligés, pour certains, à revenir au papier et<br />

au crayon, en pleine crise de la pandémie de<br />

Covid-19. Plus que jamais ces événements<br />

rappellent l’importance pour les entreprises<br />

et les établissements de santé de mettre<br />

en place une politique de cybersécurité et<br />

de continuité des affaires en s’appuyant<br />

sur les normes ISO 27001 (sécurité de<br />

l’information) et ISO 22301 (continuité<br />

des affaires). La prise en considération de<br />

l’humain en matière de cyber-résilience ne<br />

doit pas être négligée dans cette démarche,<br />

faire participer les équipes à l’élaboration<br />

des plans et procédures de réaction<br />

s’avère déterminant. Les sessions de<br />

sensibilisation et la formation permettent<br />

souvent d’améliorer l’état d’esprit ainsi que<br />

le savoir-faire des équipes, sans toutefois<br />

rivaliser avec l’ingéniosité des hackers.<br />

Il est donc essentiel de travailler sur plusieurs<br />

axes à savoir la prévention, la détection,<br />

la réaction et l’amélioration continue»,<br />

précise Thomas Flachaire, CISO chez<br />

EBRC.<br />

Trois risques majeurs<br />

L’informatique est aussi devenue un outil<br />

essentiel et critique dans le domaine médical<br />

nécessaire au bon fonctionnement de toute<br />

la chaine du système de santé: «Dans le<br />

cadre de l’IT et des données patients, trois<br />

risques majeurs doivent être couverts par les<br />

établissements de santé: l’indisponibilité, le<br />

vol et l’altération illégitime des données de<br />

santé. Pour les hackers, les deux premiers<br />

ont majoritairement un intérêt financier,<br />

tandis que le dernier est essentiellement<br />

lié à l’hacktivisme [1] ou au terrorisme»,<br />

explique Anthony Ambrogi.<br />

«En contrôlant les personnes autorisées à<br />

lire des données, nous pouvons réduire les<br />

risques de vol ou de corruption car si un<br />

tiers parvient à en prendre possession, il<br />

peut tout mettre en péril», précise Thomas<br />

Flachaire. Pour pallier ces risques majeurs,<br />

des solutions existent: la haute disponibilité<br />

en mode actif/passif pour pouvoir basculer<br />

sur la même infrastructure, la restauration<br />

de backups ou une segmentation forte entre<br />

les assets accessibles depuis l’extérieur et les<br />

machines de production.<br />

Garantir la sécurité des données de santé,<br />

tel est l’enjeu des acteurs du secteur médical.<br />

En France, ces derniers sont soumis<br />

à de fortes contraintes réglementaires<br />

qui ont été renforcées avec le RGPD<br />

(Règlement Général sur la Protection<br />

des Données). La certification HDS<br />

(Hébergeur de Données de Santé) encadre<br />

et contrôle les activités d’hébergement et<br />

d’infogérance des données de santé tant<br />

pour les établissements de santé que pour<br />

leurs fournisseurs de services IT. Pour les<br />

professionnels de santé, elle simplifie la<br />

sélection de leur prestataire lorsqu’elles<br />

sous-traitent leurs activités informatiques.<br />

“Nous sommes<br />

convaincus<br />

qu’il existera<br />

une norme<br />

européenne<br />

pour la gestion<br />

des données<br />

de santé à l’instar<br />

du RGPD”<br />

La certification HDS<br />

La norme «Hébergeur de Données<br />

de Santé» permet de répondre aux<br />

réglementations françaises et donc de<br />

proposer des solutions aux établissements<br />

de santé en France. Elle offre un gage<br />

de qualité pour garantir la sécurité des<br />

données. La certification permet d’établir<br />

un standard qui se compose de six activités<br />

dont deux concernent les hébergeurs<br />

et quatre les infogéreurs. «La première<br />

s’applique au maintien des sites physiques.<br />

Puis, nous montons en gamme pour couvrir<br />

les exigences des services de type IaaS,<br />

PaaS, et SaaS jusqu’à la dernière activité<br />

touchant à la gestion des sauvegardes.<br />

L’une des forces d’EBRC est d’être un «one<br />

stop shop» IT et de proposer des services<br />

qui couvrent les différents niveaux de la<br />

norme», indique Anthony Ambrogi.<br />

Pour EBRC, mettre en place une<br />

politique de certification ambitieuse<br />

permet également d’assurer à ses clients<br />

un niveau d’exigence garanti sur la qualité<br />

des services délivrés. «La norme HDS<br />

complète naturellement notre portefeuille<br />

de certifications notamment avec les<br />

normes ISO 27001 pour les systèmes de<br />

management de la sécurité de l’information,<br />

ISO 22301 pour le volet continuité des<br />

opérations et ISO 20000 pour la gestion de<br />

service», précise Thomas Flachaire.<br />

Pour soutenir son développement, EBRC<br />

s’attache à offrir à ses clients des services de<br />

qualité alignés sur les plus hauts standards.<br />

Aujourd’hui, l’obtention de la certification<br />

HDS ajoute une couche supplémentaire aux<br />

aspects cybersécurité et cyber-résilience au<br />

sein de l’entreprise. Elle permet également<br />

de s’inscrire dans une stratégie à vocation<br />

européenne et une vision à long terme.<br />

Vers une norme européenne?<br />

«La France est l’un des premiers pays<br />

à exiger ce type de certification. Nous<br />

sommes convaincus qu’il existera une<br />

norme européenne pour la gestion des<br />

données de santé à l’instar du RGPD.<br />

Tout porte à croire que ce type de standard<br />

pourrait voir le jour, notamment avec le<br />

projet de cloud européen GAIA-X et le<br />

contexte pandémique», présume Anthony<br />

Ambrogi. Si cette tendance se confirme,<br />

EBRC se positionne déjà comme un acteur<br />

majeur dans la définition de ce standard.<br />

«En s’assurant de la santé de leurs<br />

citoyens, les pays s’assurent aussi du bon<br />

fonctionnement de leur économie. Il serait<br />

idéal qu’elles puissent partager certaines<br />

informations de santé, notamment de<br />

vaccination lors de la saison touristique.<br />

Pour que ce genre de pratique puisse voir le<br />

jour, il est nécessaire de garantir la sécurité<br />

des données de santé. Or, sans standard<br />

européen, cela semble compromis», conclut<br />

Thomas Flachaire. n<br />

[1] Le hacktivisme (mot-valise, contraction de hacker et<br />

activisme), aussi appelé cyber activisme au Québec, est une<br />

forme de militantisme utilisant des compétences du piratage<br />

informatique dans le but de favoriser des changements politiques<br />

ou sociétaux. (Source Wikipedia)<br />

EBRC<br />

5, rue Eugène Ruppert, Tour A<br />

L-2453 Luxembourg<br />

www.ebrc.com


40 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

ICT<br />

Futur de la médecine<br />

et médecine du futur<br />

L’écosystème de la santé a répondu avec une rapidité certaine au choc de la pandémie de<br />

Covid-19, notamment en recourant largement, et pour ainsi dire du jour au lendemain, à<br />

des technologies numériques et des plateformes de consultation virtuelle. Ce faisant, cet<br />

écosystème a non seulement assuré la continuité des soins, mais aussi anticipé une décennie<br />

de réformes en quelques mois. Plutôt que de revenir à la normale, il y a désormais la possibilité<br />

de jeter les bases d’un système de santé réinventé. C’est ce que révèle le rapport «Global Top<br />

Health Industry Issues 2021» publié en début d’année par PwC. Etayé par le questionnement<br />

de 10.000 acteurs du secteur de la santé, ainsi que par des entretiens avec des leaders de<br />

l’industrie de la santé, il permet de mieux comprendre la capacité de la population à s’adapter<br />

au changement et examine les défis qui affectent désormais le secteur. Présentation avec<br />

Guy Brandenbourger, Partner, Healthcare, Pharma and Life-science Leader, au sein de PwC<br />

Luxembourg, et Rasa Sarke, PwC Global Business Driver, Healthcare Industries.<br />

Rasa Sarke et Guy Brandenbourger


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

41<br />

D’emblée, votre rapport souligne le<br />

coup d’accélérateur sans précédent que<br />

la crise a donné à la digitalisation du<br />

secteur de la santé. Qu’impliquent des<br />

transformations si rapides?<br />

RS: Nous tirerons immanquablement de<br />

nombreuses leçons de cette crise et celles-ci<br />

nous permettront de construire un système<br />

de santé plus résilient, dynamique, ouvert<br />

à de nouvelles possibilités et, finalement,<br />

plus efficient en termes de santé publique,<br />

mais aussi d’un point de vue clinique,<br />

recherche clinique comprise, le tout au<br />

bénéfice des patients. Pour y parvenir,<br />

nous devrons accélérer cette dynamique de<br />

transformation, notamment en y dédiant<br />

des moyens financiers supplémentaires.<br />

Bien sûr, les avancées réalisées en quelques<br />

mois s’accompagnent d’un certain nombre<br />

de défis. Le premier concerne évidemment<br />

la cybersécurité. Plus les patients recourent<br />

à la téléconsultation ou aux applications<br />

de santé, plus les points d’entrée pour<br />

les cybercriminels sont nombreux. Les<br />

organisations qui proposent ce type de<br />

solutions devront y être particulièrement<br />

attentives. Deuxièmement, nous devons<br />

reconnaître qu’il ne suffit pas de développer<br />

des outils digitaux, il convient également de<br />

perfectionner les compétences numériques<br />

des professionnels de santé pour améliorer<br />

l’expérience patient.<br />

“Développer<br />

un système<br />

de santé<br />

plus résilient,<br />

interconnecté<br />

et efficient<br />

en termes<br />

de santé publique”<br />

L’un des grands défis qui attend<br />

désormais le secteur de la santé serait<br />

de trouver l’équilibre entre médecine<br />

«traditionnelle» et télémédecine. Quels<br />

sont les enjeux soulevés par cette problématique?<br />

GB: Le rapport a révélé une utilisation de<br />

plus en plus importante de la téléconsultation<br />

[1] et, par conséquent, la capacité<br />

des États et des professionnels de santé à<br />

mettre en place des solutions virtuelles,<br />

sécurisées, qui permettent d’assurer la<br />

continuité des soins, sans que les patients<br />

aient à se déplacer. Aujourd’hui, nous ne<br />

nous interrogeons pas sur la pérennité<br />

et l’amplitude à donner à ces solutions,<br />

elles sont désormais acquises, mais sur la<br />

téléconsultation: va-t-elle se diffuser audelà<br />

des cabinets des médecins généralistes,<br />

vers les spécialistes ou dans les centres<br />

hospitaliers? Si oui, avons-nous toujours<br />

besoin d’autant d’hôpitaux, dits aigus?<br />

C’est une question-clé qui se pose déjà dans<br />

certains pays, comme en Allemagne. La<br />

relation entre le médecin et le patient doit<br />

aussi être interrogée, car la téléconsultation<br />

n’est certainement pas à recommander dans<br />

toutes les situations et ne doit en aucun cas<br />

devenir une sorte de commodité.<br />

RS: En effet, certaines spécialités s’y<br />

prêtent mieux que d’autres. Le suivi d’une<br />

maladie chronique ou les consultations<br />

psychologiques, par exemple, se prêtent<br />

très bien à ce type de prestations. Selon le<br />

sondage réalisé dans le cadre du rapport<br />

«Global Top Health Industry Issues 2021»,<br />

44% des personnes ayant effectivement<br />

eu recours à la téléconsultation ont<br />

affirmé être enclines à l’utiliser à l’avenir<br />

pour des consultations orientées sur<br />

des aspects d’ordre psychologique. Si la<br />

télémédecine semble très prometteuse,<br />

elle risque néanmoins de renforcer,<br />

voire de créer, certaines inégalités. Selon<br />

le Forum Économique Mondial, 3,6<br />

milliards de personnes sont «digitalement<br />

déconnectés». Donc, quels que soient les<br />

services de télésanté qui seront créés, près<br />

de la moitié de la population mondiale<br />

n’y aura pas accès. C’est un fait dont les<br />

organisations de santé et les gouvernements<br />

doivent tenir compte lorsqu’ils réfléchissent<br />

à ces transformations, faute de quoi<br />

certaines disparités s’aggraveront.<br />

GB: À l’inverse, les nouvelles solutions de<br />

téléconsultation ont permis de réduire les<br />

zones blanches et de faciliter l’accès aux<br />

soins pour les personnes qui vivent loin des<br />

centres urbains. Ce sera aux gouvernements<br />

et aux professionnels de santé de trouver le<br />

meilleur moyen de diffuser ces outils, tout<br />

en veillant à maintenir un certain niveau<br />

de proximité pour ceux qui ne pourraient<br />

y accéder, que ce soit en raison de leur âge,<br />

de leur facilité à accéder ou utiliser les outils<br />

numériques ou par manque de moyens, si<br />

certains services devaient être payants.<br />

La pandémie de Covid-19 était la<br />

première crise de la sorte à l’ère du<br />

Big Data et de l’intelligence artificielle.<br />

Quels avantages avons-nous pu tirer de<br />

ces technologies et comment libérer<br />

davantage leur potentiel?<br />

RS: L’intelligence artificielle et le Big<br />

Data stimulent la recherche et l’innovation<br />

thérapeutique, améliorent les soins et<br />

l’expérience des patients et permettent de<br />

réaliser des économies, mais on ne peut<br />

libérer pleinement leur potentiel sans accès<br />

à un volume très important de données. La<br />

collaboration entre différents acteurs est<br />

donc indispensable. Médecins, patients,<br />

hôpitaux, entreprises pharmaceutiques,<br />

gouvernements, pharmaciens et mêmes<br />

géants du web devraient former un<br />

écosystème dans lequel certaines données<br />

seraient partagées,… parfois dans le cloud<br />

aussi! Bien sûr, leur accessibilité n’est pas le<br />

seul enjeu: leur traitement et leur utilisation<br />

ont également toute leur importance. À cet<br />

égard, la création d’un cloud souverain<br />

européen permettant de stocker, structurer<br />

et partager des données de santé, tel<br />

qu’envisagé par la récente initiative<br />

GAIA-X, serait un réel atout.


42 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

ICT<br />

GB: La crise a véritablement révélé la<br />

valeur des données de santé, aussi bien aux<br />

yeux des professionnels du secteur qu’à<br />

ceux des gouvernements. En déployant le<br />

«Large Scale Testing», initialement avec le<br />

LIH et depuis le début de la lutte contre<br />

la pandémie de Covid-19, le gouvernement<br />

luxembourgeois a mis au point une<br />

stratégie qui lui a permis de comprendre<br />

la propagation du virus et la formation<br />

de clusters, afin d’y réagir rapidement.<br />

Aux mêmes fins et dans l’idée de croiser<br />

les données, le LIST conduit aussi des<br />

analyses sur la concentration du virus dans<br />

les eaux usées. Les autorités de santé et<br />

les instituts de recherche vont désormais<br />

traiter ces données et en tirer des leçons<br />

qui permettront d’éviter le pire à l’avenir.<br />

À l’échelle planétaire, ce sont des milliards<br />

de données qui seront étudiées pour guider<br />

la prise de décision, notamment en termes<br />

de lutte contre les pandémies, mais pas<br />

seulement.<br />

Le rapport «Global Top Health Industry<br />

Issues 2021» s’intéresse également aux<br />

essais cliniques qui tendent à se digitaliser<br />

eux-aussi…<br />

GB: En effet, le sondage réalisé par PwC<br />

révèle que 93% des dirigeants du secteur<br />

pharmaceutique et des sciences de la<br />

vie considèrent que les essais cliniques<br />

reposant sur des solutions numériques<br />

seront importants pour leur entreprise<br />

au cours des cinq prochaines années,<br />

tandis que 66% des personnes interrogées<br />

ont déclaré qu’elles seraient disposées à<br />

s’engager dans des essais fondés sur de tels<br />

outils. Les premiers y voient un moyen de<br />

renforcer leur efficacité opérationnelle,<br />

tandis que les secondes prennent conscience<br />

qu’elles peuvent en tirer bénéfice pour leur<br />

propre santé. Pour l’instant, de nombreux<br />

patients préfèrent que leurs données<br />

soient protégées mais, à l’avenir, ils seront<br />

certainement de plus en plus enclins à les<br />

partager avec des centres de recherche<br />

ou des entreprises pharmaceutiques, car<br />

ils y verront un bienfait pour eux-mêmes<br />

et pour la communauté. Si l’échange de<br />

données s’opère dans un cadre contractuel<br />

clair et sécurisé, il est probable que les<br />

fameuses cohortes de patients sur lesquelles<br />

sont réalisées des études sur des dizaines<br />

d’années tendront à disparaître, dans leur<br />

forme actuelle, au profit d’essais cliniques<br />

basés sur des données de type «Real World<br />

Data», via des «wearable devices» par<br />

exemple. Certains GAFA investissent dans<br />

ces accessoires connectés mais, à l’heure<br />

actuelle, rien ne prouve qu’ils deviendront<br />

des leaders de la recherche clinique.<br />

Peut-être y parviendront-ils, mais je crois<br />

que les centres de recherche publics ont<br />

encore leur carte à jouer. Dans tous les<br />

cas, la révolution du «digital pill» [2] a déjà<br />

commencé et s’annonce maintenant comme<br />

une révolution majeure dans nos sociétés<br />

et qui aura une influence bénéfique sur le<br />

traitement des maladies chroniques, mais<br />

aussi sur la manière de prévenir certaines<br />

maladies.<br />

Le système de santé luxembourgeois estil<br />

en passe de se réinventer également?<br />

GB: Une réflexion sur l’avenir de notre<br />

système de santé dans les trois, cinq ou huit<br />

prochaines années est actuellement en cours<br />

dans le cadre du Gesondheetsdësch, un<br />

échange participatif et structuré, autour des<br />

défis auxquels il est confronté aujourd’hui.<br />

Sous la houlette de la ministre de la Santé,<br />

Paulette Lenert, les acteurs du secteur de<br />

la santé se sont réunis afin de déterminer<br />

les actions requises pour définir les pistes<br />

de développement du système de santé du<br />

Grand-Duché. Dans ce cadre, un groupe<br />

de travail dédié au recours aux nouvelles<br />

technologies dans le domaine de la santé a<br />

été mis en place. Il étudie notamment les<br />

investissements nécessaires et les solutions<br />

numériques à développer pour rendre le<br />

système plus efficient. On peut penser que<br />

le DSP (Dossier de Soins Partagé) se profile<br />

désormais comme étant la pierre angulaire<br />

de cette transformation digitale, utile et<br />

utilisé aussi bien par les patients que leurs<br />

médecins.<br />

Enfin, la médecine des 4P (Personnalisée,<br />

Préventive, Prédictive et Participative)<br />

en sera un autre pilier. Rappelons que<br />

l’âge moyen en bonne santé, en 2018,<br />

au Luxembourg, est de 60,7 ans (contre<br />

plus de 70 ans dans les pays nordiques)<br />

et que l’espérance de vie au Luxembourg<br />

est autour des 80 ans pour les hommes<br />

et de 85 ans pour les femmes. Entre les<br />

deux, la population luxembourgeoise vit<br />

donc, au-delà de 60 ans, relativement en<br />

mauvaise santé et ceci donc, pendant plus<br />

de 20 années. Tout l’enjeu sera de mettre<br />

en place un système qui permettra d’éviter<br />

les maladies qui peuvent l’être (dont les<br />

maladies chroniques), avant même l’âge de<br />

60 ans. n<br />

[1] 51% des sondés ont recouru à une forme de soins virtuels<br />

autre que vidéo avant ou durant la pandémie. Parmi ceux-ci, ils<br />

sont 91% à vouloir réitérer l’expérience à l’avenir.<br />

[2] Traduire «digital pill» par «médicament numérique».<br />

“Un système<br />

de gouvernance<br />

basé sur<br />

les données<br />

contribuerait<br />

largement<br />

à l’innovation<br />

thérapeutique<br />

ainsi qu’à<br />

l’amélioration<br />

des soins”<br />

PwC Luxembourg<br />

2, rue Gerhard Mercator<br />

L-1014 Luxembourg<br />

www.pwc.lu


Avec le Cloud,<br />

accédez à vos données<br />

et logiciels à tout moment<br />

Un service accessible<br />

24/24h, 7/7 jours et<br />

Un service accessible<br />

depuis partout.<br />

24/24h, 7/7 jours et<br />

depuis partout.<br />

Avec notre offre<br />

CK Cloud, vous<br />

Avec notre offre<br />

réduisez vos coûts<br />

CK Cloud, vous<br />

en maintenance de<br />

réduisez vos coûts<br />

matériel et de mises à<br />

en maintenance de<br />

jour, et sécurisez vos<br />

matériel et de mises à<br />

données grâce aux<br />

jour, et sécurisez vos<br />

backups effectués<br />

données grâce aux<br />

régulièrement.<br />

backups effectués<br />

régulièrement.<br />

Découvrez nos solutions :<br />

ck-officetechnologies.lu<br />

accentaigu<br />

Charles Kieffer Group<br />

2, rue Léon Laval<br />

L-3372 Leudelange<br />

Tél. +352 26 380 1<br />

Fax +352 26 380 380<br />

sales@ck-group.lu<br />

ck-group.lu


44 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

BRÈVES COMMUNALES – SUD<br />

PAR PIERRE BIRCK<br />

DUDELANGE<br />

Depuis le 10 avril, l’avenue G.-D.<br />

Charlotte se transforme chaque samedi<br />

en zone piétonne entre 12h et 19h. Le<br />

trafic motorisé, y compris les bus, est<br />

dévié via la rue de l’Étang. Les visiteurs<br />

peuvent donc flâner en toute quiétude<br />

dans la rue commerçante de la ville<br />

et profiter des terrasses désormais<br />

ouvertes. Le collège des bourgmestre<br />

et échevins, en collaboration avec la<br />

fédération des commerçants et artisans<br />

de Dudelange, démontre ainsi son<br />

soutien continu au commerce local.<br />

<br />

Source: dudelange.lu<br />

SCHIFFLANGE<br />

L’an dernier, la campagne de nettoyage<br />

de printemps de Schifflange<br />

a été annulée en raison de la crise<br />

liée au Covid-19. Elle a néanmoins<br />

pu avoir lieu cette année, le 10 avril.<br />

Malgré le mauvais temps, près de<br />

100 bénévoles ont nettoyé les bas<br />

côtés des routes, pistes cyclables et<br />

autres sentiers forestiers. Tous les<br />

participants ont été récompensés<br />

de leurs efforts par une bouteille<br />

réutilisable.<br />

<br />

Source: schifflange.lu<br />

LEUDELANGE<br />

L’administration communale dispose<br />

désormais d’un terminal de paiement.<br />

Les citoyens peuvent dorénavant<br />

effectuer facilement leurs paiements<br />

via bancomat ou Digicash au bureau<br />

de la population au rez-de-chaussée<br />

ainsi qu’au bureau des recettes au<br />

deuxième étage de la mairie.<br />

<br />

Source: leudelange.lu<br />

RUMELANGE<br />

«Mangeons local dans le Sud!», c’est<br />

l’enquête menée par le LISER, à l’initiative<br />

de Pro-Sud et de ses communes<br />

membres. Près de 10.000 ménages ont<br />

été invités à répondre à un sondage<br />

concernant les produits locaux. Il<br />

s’agira ensuite de mieux comprendre le<br />

contexte du commerce local pour mieux<br />

valoriser les produits régionaux.<br />

<br />

Source: rumelange.lu<br />

<br />

DIFFERDANGE<br />

Afin de dynamiser le commerce à Differdange, l’administration<br />

communale se lance dans de nouvelles idées avec la création<br />

d’une boutique éphémère dans la commune. Ces boutiques<br />

permettent aux commerçants de faire connaitre leurs produits<br />

en dehors de leurs locaux et de leurs villes habituelles. Depuis<br />

son lancement en octobre 2020, la boutique éphémère de<br />

Differdange connait un succès certain. Elle a accueilli les<br />

locataires du 1535° Creative Hub d’abord, puis la boutique<br />

Volio, spécialisée dans l’huile d’olive italienne, et ensuite, le<br />

magasin B Conscious.<br />

<br />

Source: differdange.lu<br />

ESCH-SUR-ALZETTE<br />

En date du 14 avril, la Ville d’Esch-sur-Alzette a officiellement<br />

présenté et lancé «My Young Esch», une nouvelle campagne<br />

d’enquête auprès des jeunes âgés entre 12 et 30 ans. Cette<br />

enquête est considérée comme un premier pas dans une<br />

nouvelle stratégie pour la réactivation du plan communal<br />

jeunesse. L’enquête digitale accessible via un formulaire en<br />

ligne tourne autour d’une foule de sujets dont les loisirs, la<br />

politique et le travail. La plateforme est consultable via le lien:<br />

myyoung.esch.lu.<br />

<br />

Source: administration.esch.lu<br />

DUDELANGE<br />

La Ville invite les propriétaires à ouvrir leurs jardins dans le<br />

cadre de la «18 e journée des portes de jardin ouvertes» qui aura<br />

lieu le 27 juin prochain. Les intéressés ont pu s’inscrire auprès<br />

de la Ligue CTF jusqu’au 7 mai.<br />

<br />

Source: dudelange.lu<br />

MONDERCANGE<br />

Dans le cadre de la campagne lancée<br />

par l’Administration de la nature et<br />

des forêts, la commune recherche les<br />

plus beaux arbres de son territoire.<br />

Elle invite ses citoyens à lui envoyer<br />

une photo avec la localisation du plus<br />

bel arbre. Vous pouvez les joindre par<br />

téléphone au +352 247 -56783 ou par<br />

email: eisbeem.as@anf.etat.lu.<br />

<br />

Source: mondercange.lu<br />

ESCH-SUR-ALZETTE<br />

Le 1 er avril 2011, la convention du<br />

Groupement Européen de Coopération<br />

Territoriale Alzette-Belval<br />

(GECT Alzette-Belval) fut signée<br />

par la Ville d’Esch-sur-Alzette et les<br />

communes de Sanem, Schifflange et<br />

Mondercange. Elle fête cette année son<br />

dixième anniversaire. Ses principales<br />

missions sont d’assurer la concertation,<br />

le dialogue et le débat politique,<br />

d’établir une cohérence transfrontalière<br />

sur l’ensemble du territoire, de faciliter la<br />

gestion, la réalisation de projets et la vie<br />

quotidienne des habitants.<br />

Source: administration.esch.lu<br />

KAYL<br />

Un sondage sur l’intégration et le vivre<br />

ensemble dans la commune a été lancé.<br />

Les élus tiennent à valoriser le respect<br />

mutuel, qui est, selon eux, l’un des<br />

composants primordiaux d’un concept<br />

réussi de vivre ensemble, de meilleure<br />

qualité de vie et de cohésion sociale.<br />

<br />

Source: kayl.lu<br />

DIFFERDANGE<br />

Au printemps dernier, la Ville de<br />

Differdange a réalisé un sondage<br />

pour connaitre les habitudes de ses<br />

administrés concernant le commerce<br />

local. Plus de 1.000 personnes ont<br />

répondu aux questions accessibles en<br />

ligne ou par téléphone. La commune<br />

procédera à l’évaluation du sondage<br />

ces prochaines semaines afin de<br />

dresser un état des lieux et mieux<br />

comprendre la situation du commerce<br />

en ville afin de l’améliorer.<br />

<br />

Source: differdange.lu


MIR SINN DO. FIR JIDDEREEN.<br />

moskito.lu<br />

D’CMCM ass do fir jiddereen. Ouni Ausnam an onofhängeg vum Alter a Gesondheetszoustand vum Member.<br />

Et gëtt kee Krankheetsdossier gefrot a keng Zousazkäschte bei all neiem Familljemember.<br />

Loscht Member ze gin? Méi Info op www.cmcm.lu<br />

cmcm_luxembourg @cmcm_lu CMCM Luxembourg cmcm_lu App


46 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

SANTÉ & SÉCURITÉ AU TRAVAIL<br />

Pour une santé<br />

publique cohérente<br />

et durable<br />

PAR MARC AUXENFANTS<br />

Selon Paulette Lenert, ministre de la Santé, notre pays a<br />

besoin d’une stratégie forte avec une vision inspirante et<br />

partagée, face aux défis sanitaires actuels et futurs. Une vision<br />

à long terme dont elle a fait sa principale mission, en pariant<br />

sur la digitalisation des démarches et des outils, au service des<br />

citoyens.<br />

Comment le ministère de la Santé<br />

intègre-t-il la digitalisation dans son<br />

propre fonctionnement?<br />

Avec la pandémie, nous avons accéléré nos<br />

démarches digitales, notamment en termes<br />

de centralisation et de structuration des<br />

données. Aussi, nous avons très rapidement<br />

mis en place des banques de données et des<br />

outils de monitoring, avec le soutien du<br />

Centre des Technologies de l’Information<br />

de l’État (CTIE). Ceci afin de recueillir<br />

de manière centralisée un maximum<br />

d’informations nécessaires par exemple sur<br />

les tests Covid-19, les capacités des lits dans<br />

les hôpitaux, etc.<br />

Nous avons ainsi pu promouvoir en interne<br />

une certaine culture de la gestion des<br />

données. Ce qui nous a aussi permis de<br />

mesurer la plus-value d’une telle démarche,<br />

en termes de gain de temps, de fiabilité et<br />

de qualité, que ce soit dans notre travail<br />

au quotidien, dans nos estimations et<br />

projections ou encore, évidemment, dans<br />

nos prises de décisions.<br />

À l’avenir nous devons continuer dans cette<br />

approche digitale, que ce soit au niveau de<br />

nos tâches quotidiennes ou de projets comme<br />

le programme «Gesondheetsdësch»,<br />

dans lequel nous avons un groupe de travail<br />

spécialement dédié à la digitalisation. Sur<br />

base aussi des expériences réalisées sur la<br />

réserve sanitaire, nous avons un projet de<br />

registre digital des professions de santé;<br />

jusqu’à présent nous travaillions avec des<br />

données très administratives et sur papier,<br />

mais la pandémie nous a fait ainsi réaliser<br />

qu’il fallait très rapidement instaurer un<br />

registre digital avec les différentes instances<br />

concernées.<br />

Quelles autres applications et solutions<br />

digitales prévoyez-vous dans les prochains<br />

mois?<br />

Nous sommes en discussion sur le projet<br />

du tiers payant actuellement en phase de<br />

test, qui reposera sur une application de<br />

paiement direct très conviviale. Je pense par<br />

ailleurs au Dossier de Soins Partagés (DSP),<br />

le dossier médical électronique du patient<br />

qui vient d’être lancé. Nous cherchons là<br />

aussi à familiariser la patientèle avec cette<br />

façon de fonctionner.<br />

Nous prévoyons en outre le lancement<br />

d’une nouvelle application mobile, qui vise<br />

à dématérialiser un peu plus la gestion des<br />

mémoires d’honoraires et des ordonnances,<br />

avec comme avantage que les salariés<br />

pourront par exemple disposer de leur<br />

certificat d’incapacité de travail directement<br />

via un PC ou un téléphone. D’autres<br />

chantiers ont été lancés indépendamment<br />

de la pandémie, comme le certificat de<br />

vaccination électronique, qui est pour le<br />

moment en phase pilote.<br />

Quels sont les grands axes santé des<br />

mois à venir?<br />

Aujourd’hui, il s’agit de saisir l’occasion<br />

post-pandémie et de poursuivre les objectifs<br />

du «Gesondheetsdësch» à savoir: définir des<br />

mesures destinées à améliorer l’efficacité<br />

du système de santé en tenant compte des<br />

besoins de la population, de l’évolution des<br />

techniques médicales et des ressources dont<br />

dispose le pays. Aussi le développement<br />

rapide des nouvelles technologies de santé<br />

et le progrès médical représentent des défis<br />

majeurs pour la pérennité de notre système.<br />

Ceux-ci ont en effet rendu plus pressante<br />

la nécessité d’en améliorer l’efficacité et la<br />

résilience.<br />

Chaque patient doit avoir droit à des soins<br />

de qualité et bénéficier de la meilleure prise<br />

en charge possible, à la pointe du progrès,<br />

que ce soit au niveau des soins primaires,<br />

secondaires ou encore de la prévention. Dans<br />

ce sens, la santé mentale de nos citoyens me<br />

tient particulièrement à cœur, et nous allons<br />

nous investir davantage encore dans les mois<br />

à venir dans ce domaine.<br />

Cette pandémie a en effet mis à rude<br />

épreuve l’ensemble du secteur de la santé.<br />

Elle a souligné plus que jamais l’importance<br />

des professionnels de la santé – médecins,<br />

infirmiers, aides-soignants, etc. – et a attiré<br />

l’attention sur leur rôle de pilier indispensable<br />

dans notre système de santé national.<br />

Je me réjouis d’autant plus que nous avons<br />

pu mettre en place conjointement avec<br />

le ministère de l’Éducation nationale, de


l’Enfance et de la Jeunesse, le ministère de<br />

l’Enseignement supérieur et de la Recherche,<br />

le ministère de la Sécurité sociale, et le<br />

ministère de la Famille, de l’Intégration et à<br />

la Grande Région, une réforme de l’exercice<br />

et des formations de certaines catégories de<br />

professions de santé au Luxembourg, que<br />

nous avons présentée récemment et qui vise<br />

aussi à assurer l’attrait de ces professions.<br />

Quelles sont actuellement vos grandes<br />

priorités face à la pandémie?<br />

La vaccination, la vaccination et encore<br />

la vaccination! L’accès à des vaccins sûrs<br />

et efficaces contre le Covid-19 est bien<br />

évidemment un élément-clé du dispositif<br />

national pour sortir peu à peu de cette<br />

pandémie. Cette approche nous permettra<br />

un retour progressif à la normale. En<br />

attendant, et à court terme, nous ne devons<br />

cependant pas lâcher prise, mais, optimiste<br />

de nature, je suis confiante dans l’idée que<br />

nous allons y arriver.<br />

Ensuite, j’ai beaucoup de respect pour les<br />

avancées de la recherche et espère qu’il<br />

sera possible de développer dans un avenir<br />

proche un traitement médical efficace<br />

contre le Covid-19.<br />

Comment envisagez-vous la politique<br />

de santé post-Covid-19?<br />

Pour élaborer une politique de santé<br />

publique cohérente, durable et capable de<br />

répondre aux grands défis que rencontre<br />

notre système de santé, il est nécessaire<br />

de prendre en compte l’ensemble des<br />

facteurs qui influent sur notre état de<br />

santé: la génétique, les habitudes de vie,<br />

les conditions de travail, l’environnement,<br />

l’habitat et les relations sociales et familiales<br />

– chaque fois en plaçant le patient au<br />

centre des réflexions. Mettre en place une<br />

politique active de promotion de la santé et<br />

de prévention des facteurs à risque, tout au<br />

long de la vie, est ainsi une autre de mes<br />

priorités.<br />

“Nous avons<br />

pu promouvoir<br />

en interne une<br />

certaine culture<br />

de la gestion<br />

des données”<br />

Paulette Lenert


48 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

SANTÉ & SÉCURITÉ AU TRAVAIL<br />

“Nous ne devons<br />

pas lâcher prise,<br />

mais, optimiste<br />

de nature,<br />

je suis confiante<br />

dans l’idée<br />

que nous allons<br />

y arriver”<br />

Pour cela, notre pays a besoin d’une<br />

stratégie forte en santé publique avec<br />

une vision inspirante et partagée. Cette<br />

stratégie à long terme devra se matérialiser<br />

dans un plan national Santé, comme prévu<br />

dans le programme de gouvernement<br />

2018-2023. C’est pourquoi le volet «La<br />

santé par la prévention: un changement de<br />

paradigme» est un des thèmes majeurs du<br />

«Gesondheetsdësch».<br />

Un accent fort sera donc mis sur la prévention,<br />

afin d’améliorer la lutte contre les<br />

maladies chroniques – surtout celles causées<br />

par des facteurs de risque liés à l’hygiène<br />

de vie, notamment le tabagisme, la<br />

consommation abusive d’alcool, les régimes<br />

alimentaires non équilibrés et l’inactivité<br />

physique – et la promotion des modes de<br />

vie sains sera activement poursuivie. En ce<br />

sens, la question de la santé est également<br />

une question éminemment sociale.<br />

Autre dossier que je considère comme<br />

prioritaire pour les mois à venir: le renforcement<br />

des soins primaires! Il est essentiel<br />

que le système de santé luxembourgeois<br />

puisse reposer sur un réseau solide de<br />

médecins et de professionnels de santé.<br />

Le médecin-généraliste traitant doit<br />

être la pierre angulaire dans le parcours<br />

médical de chaque individu et surtout des<br />

patients atteints de maladies chroniques.<br />

Il m’importe de créer un environnement<br />

où tous les acteurs se retrouvent, tant au<br />

niveau hospitalier qu’extrahospitalier.<br />

Plus généralement, quelles leçons<br />

personnelles, professionnelles et politiques<br />

tirez-vous de cette expérience<br />

depuis votre arrivée au gouvernement<br />

et au ministère de la Santé?<br />

La plus grande leçon que je tire de cette<br />

expérience ministérielle, mais qui se<br />

confirme aussi à travers mes précédentes<br />

expériences professionnelles, c’est qu’il est<br />

essentiel de savoir travailler en équipe. Pour<br />

moi, c’est bien là la force de notre pays et<br />

de la fonction publique luxembourgeoise<br />

que de pouvoir se connaître, de pratiquer<br />

le networking et le travail collaboratif. Par<br />

conséquent, nous avons tous tout intérêt à<br />

nous serrer les coudes, à travailler ensemble<br />

de manière flexible, pour mutualiser sur ce<br />

qu’on sait bien faire et ne pas commencer<br />

à faire sa propre cuisine, chacun dans son<br />

coin. n<br />

En quoi consiste le programme<br />

“Gesondheetsdësch”?<br />

Ce programme réunit tous les acteurs de<br />

terrain pour définir une vision partagée du<br />

système de santé de demain, qui tient compte<br />

des défis existants tout en restant attractif pour<br />

le patient et pour le prestataire. Les idées et<br />

suggestions des parties prenantes serviront<br />

de base à l’élaboration du Plan National Santé.<br />

Le programme compte actuellement<br />

treize projets, dont:<br />

• La création d’un registre digital unique<br />

pour les professions de santé qui répertorie<br />

en temps réel des données actualisées sur<br />

tout le personnel de santé (actif/inactif), afin<br />

d’effectuer une projection des ressources<br />

disponibles dans les différentes professions;<br />

• La mise en place d’un paiement immédiat<br />

direct pour le remboursement des frais de<br />

maladie à l’assuré. Le système sera opérationnel<br />

dès 2023;<br />

• La digitalisation du tiers payant social – à savoir<br />

la prise en charge directement par la Caisse<br />

nationale de santé des prestations médicales<br />

et dentaires des personnes sans ressources<br />

– simplifiera les formalités administratives<br />

pour toutes les parties prenantes.


SENSIBILISATION | PRÉVENTION | FORMATION<br />

CHANGEONS NOS ATTITUDES, ENGAGEONS-NOUS DANS LA VISION ZERO<br />

La VISION ZERO est la stratégie nationale de prévention des accidents du travail, des accidents de trajet et des maladies<br />

professionnelles.<br />

COMMENT ADHÉRER EN TANT QU’ENTREPRISE ?<br />

Pour adhérer à la VISION ZERO, consultez le site www.visionzero.lu et inscrivez votre entreprise par un simple formulaire.<br />

Engagez-vous par un plan d’action en matière de sécurité et de santé au travail et réduisons ensemble le nombre et la<br />

gravité des accidents et des maladies professionnelles.<br />

Les labels de la VISION ZERO :<br />

• Label « Sécher & Gesond mat System » (SGS) de l’AAA<br />

• Label « Entreprise Responsable » (ESR) de l’INDR<br />

visionzerolu<br />

Les initiateurs de la VISION ZERO :<br />

prevention.aaa@secu.lu<br />

+352 26 19 15 - 2201


50 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

SANTÉ & SÉCURITÉ AU TRAVAIL<br />

Un pas de plus<br />

vers la VISION ZERO<br />

VISION ZERO est la stratégie nationale de prévention des<br />

accidents du travail, des accidents de trajet et des maladies<br />

professionnelles. Alors que sa charte nationale (2016-2022)<br />

approche du terme de sa durée initiale, ses initiateurs,<br />

l’Association d’Assurance Accident (AAA), l’Union des<br />

Entreprises Luxembourgeoises (UEL) et l’Institut national<br />

pour le développement durable et la responsabilité sociale<br />

des entreprises (INDR), s’apprêtent à dresser un bilan<br />

intermédiaire et préparent déjà l’avenir. Interview avec<br />

Georges Wagner, chargé de direction de l’AAA.<br />

Quels sont les derniers développements<br />

de la stratégie VISION ZERO?<br />

Nous avons récemment développé quelques<br />

nouveautés, parmi lesquelles de nouvelles<br />

brochures de sensibilisation – disponibles sur<br />

les sites internet de l’Association d’Assurance<br />

Accident (www.aaa.lu) et de la VISION<br />

ZERO (www.visionzero.lu) – ainsi que deux<br />

nouvelles formations. Proposés par l’AAA<br />

en collaboration avec différents centres de<br />

compétences, ces deux modules s’adressent<br />

en particulier aux chefs d’entreprises,<br />

cadres, travailleurs désignés, délégués à<br />

la sécurité et aux responsables QSE et<br />

traitent notamment des sept règles d’or de<br />

la VISION ZERO ainsi que des conseils de<br />

gestion de la sécurité et de la santé au travail<br />

qui s’appliquent à tous les secteurs.<br />

L’autre nouveauté, qui résulte directement<br />

du contexte sanitaire, est la mise en place d’un<br />

service de consultation par visioconférence.<br />

Toute entreprise, adhérente à la VISION<br />

ZERO ou non, peut solliciter nos agents<br />

du Service Prévention et se voir délivrer des<br />

conseils en matière de sécurité et de santé<br />

au travail à distance. Ce service permet un<br />

entretien plus interactif afin de guider les<br />

entreprises et institutions publiques.<br />

Statistiquement, quelles sont les conséquences<br />

de la pandémie sur la santé et la<br />

sécurité au travail?<br />

L’année 2020 a été très spéciale en raison de<br />

la pandémie. C’est une année qui, d’un point<br />

de vue statistique, devrait être mise de côté car<br />

le confinement de mars-avril et le recours au<br />

télétravail faussent les données. Les chiffres<br />

officiels ne seront connus qu’en septembre<br />

mais les résultats préliminaires indiquent<br />

une baisse de 25% des accidents du travail<br />

au cours de l’année écoulée. Le télétravail a<br />

une influence très clairement bénéfique à cet<br />

égard mais aussi sur le nombre d’accidents<br />

de trajet qui a également diminué. Notons<br />

tout de même qu’un accident qui se produit<br />

à la maison durant les heures de télétravail<br />

est reconnu par l’AAA comme un accident<br />

du travail sous certaines conditions. Une<br />

FAQ à ce sujet est disponible sur notre site<br />

internet (www.aaa.lu).<br />

“Les entreprises<br />

ont compris<br />

l’intérêt d’investir<br />

dans la sécurité et<br />

la santé au travail”<br />

En ce qui concerne les maladies professionnelles,<br />

les déclarations recensées ont<br />

doublé par rapport aux années précédentes.<br />

Sur environ 250 cas déclarés en 2020, plus<br />

de la moitié (130) sont dus à une infection<br />

au Covid-19 sur le lieu de travail. Dans 95%<br />

des cas, la maladie a été contractée par des<br />

travailleurs du secteur de la santé, donc dans<br />

les hôpitaux, les maisons de retraites ou encore<br />

lors de prestations au domicile des patients. Il<br />

y a eu très peu de déclarations d’infection au<br />

coronavirus dans d’autres secteurs.<br />

La charte nationale de la stratégie<br />

VISION ZERO arrivera prochainement<br />

à terme. Les objectifs fixés pourront-ils<br />

être rencontrés?<br />

Nous ne pouvons pas encore l’affirmer car<br />

la pandémie a faussé les chiffres de l’année<br />

dernière, mais nous sommes probablement<br />

très proches de les atteindre. Pour rappel,<br />

nous visions une diminution de 20% du<br />

taux de fréquence national des accidents<br />

liés au travail par rapport à 2014 et nous<br />

avons atteint les 15% en 2019. Un bilan<br />

intermédiaire sera présenté fin 2021.<br />

Sachant que le délai pour atteindre cet<br />

objectif est en 2022, je pense qu’il est<br />

encore atteignable, ce qui prouve que les<br />

entreprises ont compris l’intérêt d’investir<br />

dans la sécurité et la santé au travail.<br />

D’ailleurs, des études internationales<br />

démontrent que chaque euro investi dans<br />

ce domaine en rapporte au moins le double.<br />

Bien sûr, nous allons fixer de nouveaux<br />

objectifs pour la prochaine période<br />

pluriannuelle. Une analyse sectorielle est<br />

en cours afin de mieux les cadrer.


La 14 e édition du Forum de la sécurité<br />

et de la santé au travail aura lieu en fin<br />

d’année. Que peut-on attendre de cette<br />

édition?<br />

Le Forum 2021 aura lieu le 23 novembre<br />

sous forme de conférence virtuelle en<br />

quatre modules. La journée sera rythmée<br />

par des tables-rondes, des interviews et<br />

des présentations vidéo. Au programme<br />

également: la présentation du bilan<br />

intermédiaire de la VISION ZERO ainsi<br />

que la nouvelle campagne média qui sera<br />

lancée en automne. Le programme détaillé<br />

du Forum sera publié sous peu.<br />

Quant au Prix national sécurité-santé au<br />

travail, traditionnellement remis tous les<br />

deux ans, il sera décerné lors du Forum<br />

de 2022. Les entreprises et institutions<br />

publiques ont donc encore le temps<br />

d’élaborer des projets innovants afin de<br />

pouvoir postuler à la prochaine édition.<br />

Pour rappel, cinq prix, d’une valeur<br />

de 5.000 euros chacun, récompensent<br />

des initiatives innovantes en matière<br />

de sécurité, de santé et de bien-être<br />

au travail. Pour le volet sécurité, nous<br />

récompensons une entreprise de moins<br />

de 50 salariés et une entreprise de plus de<br />

50 salariés. Il en va de même pour le volet<br />

santé. Le cinquième prix est quant à lui<br />

décerné à des entreprises qui agissent en<br />

«agents multiplicateurs». Pour postuler,<br />

il faut soit avoir mis en place une mesure<br />

organisationnelle innovante, soit avoir<br />

développé un produit en matière de<br />

sécurité et de santé au travail.<br />

J’aimerais tout particulièrement encourager<br />

les communes et institutions publiques à<br />

rejoindre la stratégie nationale VISION<br />

ZERO, à postuler à notre prix et peut-être<br />

devenir la première institution publique à<br />

le décrocher. Pour adhérer à la VISION<br />

ZERO, il suffit de s’inscrire sur le site www.<br />

visiozero.lu et de soumettre par la suite<br />

un plan d’action en matière de sécuritésanté<br />

au travail. Les adhérents, au nombre<br />

d’environ 200 aujourd’hui, s’engagent dans<br />

une politique sécurité-santé au travail,<br />

améliorent leur image de marque et<br />

disposent d’un espace dédié aux entreprises<br />

sur le site. n<br />

Georges Wagner<br />

Association d’assurance accident (AAA)<br />

www.aaa.lu<br />

Stratégie nationale VISION ZERO<br />

www.visionzero.lu


52 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

SANTÉ & SÉCURITÉ AU TRAVAIL<br />

#Safe at work<br />

Le 26 avril dernier, alors qu’elle lançait simultanément une<br />

nouvelle campagne de sensibilisation, la Chambre des salariés<br />

(CSL) a présenté une note relative à la santé et la sécurité<br />

au travail lors d’une conférence de presse. Pointant du doigt<br />

les inégalités qui demeurent à cet égard entre les salariés et<br />

certaines insuffisances dans la protection de la santé physique<br />

et mentale sur le lieu de travail, elle a exposé ses revendications<br />

et proposé quelques remèdes qui permettraient de soigner un<br />

système jugé inadapté aux conditions et exigences actuelles.<br />

L’occasion également pour David Büchel, psychologue du<br />

travail et conseiller de la direction à la CSL, de revenir pour<br />

nous sur la démarche de prévention dans les entreprises avec<br />

des exemples concrets pour diminuer les risques au travail.<br />

Un diagnostic qui donne lieu à de nombreuses<br />

revendications<br />

Aujourd’hui, au Grand-Duché, le risque de<br />

dépression modérée ou élevée touche près<br />

d’un tiers des salariés, 35% des travailleurs<br />

se plaignent de douleurs régulières au dos<br />

ou de problèmes d’articulations et, malgré<br />

l’augmentation des demandes introduites,<br />

le taux de reconnaissance des maladies<br />

professionnelles est largement en dessous de la<br />

moyenne européenne (sur base des statistiques<br />

de 1960 à 2010, il s’élève à 26% contre 40%<br />

environ en Europe). Pour noircir le tableau,<br />

le pays, qui devrait disposer d’un médecin du<br />

travail pour 5.000 salariés en compte plutôt<br />

un pour 7.000. En cause, une législation qui<br />

manque d’ambition, une organisation des<br />

services de santé au travail inadaptée, une<br />

médecine du travail qui manque de moyens<br />

humains et financiers, une intensification du<br />

travail, un tableau des maladies professionnelles<br />

incomplet ou encore la sous-déclaration des<br />

cancers pour raisons professionnelles. En<br />

outre, il manque des données statistiques et<br />

des analyses plus détaillées sur les maladies<br />

professionnelles (nombre de cas déclarés et<br />

de cas reconnus) et les accidents du travail, et<br />

les chiffres et informations figurant dans les<br />

rapports annuels des services de santé au travail<br />

ne répondent pas à une norme uniforme. C’est<br />

ce que révèle la note intitulée «Améliorer la<br />

santé au travail au Luxembourg» rédigée par<br />

CSL.<br />

Forcément, la liste des revendications est<br />

à l’image de celle des problèmes soulevés:<br />

longue. «La revendication prioritaire en la<br />

matière est bien entendu de donner à chaque<br />

salarié les moyens d’exercer son travail<br />

en toute sécurité et en bonne santé. Il y a<br />

beaucoup à faire pour y arriver: organiser<br />

une médecine du travail cohérente et<br />

unique qui prenne en charge les salariés en<br />

toute impartialité, faire de la prévention et<br />

renforcer le rôle des délégués à la sécurité<br />

dans les entreprises n’en sont que quelques<br />

exemples. La présente note sera envoyée au<br />

monde politique pour animer le débat sur ce<br />

sujet – qui évolue bien trop lentement – et<br />

pousser les représentants du gouvernement<br />

à changer de paradigme face à la politique<br />

de santé au travail», interpelle la présidente<br />

de la CSL, Nora Back.<br />

Une campagne de sensibilisation pour<br />

prévenir les maux<br />

Déclinée en cinq vidéos mettant en garde<br />

contre les risques les plus représentatifs<br />

(troubles musculosquelettiques, burn-out,<br />

mal-être, exposition à des substances<br />

dangereuses et accidents de travail), la<br />

nouvelle campagne de la CSL entend<br />

bien sensibiliser les salariés et le grand<br />

public à l’importance de la prévention des<br />

risques en termes de sécurité et de santé<br />

au travail. «Il existe en réalité trois niveaux<br />

de prévention. On entend par prévention<br />

primaire l’ensemble des actions qui ciblent<br />

les causes d’accidents et de mal-être au<br />

travail dans les organisations. Le niveau<br />

secondaire regroupe les actions destinées<br />

à éveiller la conscience des salariés, par<br />

exemple des formations ou des campagnes<br />

de sensibilisation. Le niveau tertiaire est<br />

celui de l’accompagnement des salariés en<br />

difficulté. Evidemment, nous privilégions<br />

toujours les deux premiers niveaux dans<br />

l’espoir de ne pas atteindre le troisième»,<br />

précise David Büchel.<br />

Agissant ici sur le second niveau de prévention,<br />

«la CSL espère que les salariés se poseront<br />

les bonnes questions et se renseigneront<br />

davantage sur les risques qu’ils encourent et les<br />

moyens de les prévenir. C’est une incitation à<br />

la prise de conscience», affirme Nora Back.<br />

Et que les employeurs se rassurent: si la<br />

campagne de sensibilisation repose sur<br />

l’adage «mieux vaut prévenir que guérir»,<br />

c’est qu’investir dans la prévention est<br />

rentable pour les entreprises. Diverses études<br />

internationales prouvent en effet qu’un euro<br />

investi dans une politique de prévention<br />

en rapporte au minimum 2,5 à 4,8. Cela<br />

s’explique par l’évitement d’un certain<br />

nombre de situations négatives. «Grâce à<br />

une bonne politique de prévention, on évite<br />

des accidents, l’absentéisme, mais aussi le<br />

présentéisme des employés qui craignent de<br />

se mettre en maladie et qui sont finalement<br />

peu productifs. Enfin, on diminue le taux de<br />

renouvellement du personnel, lui aussi néfaste<br />

pour les compétences, l’attractivité et l’image<br />

d’une entreprise», explique David Büchel.<br />

“Organiser<br />

une médecine<br />

du travail cohérente<br />

et unique”<br />

Piqûre de rappel: quelques bonnes pratiques<br />

La CSL peaufine actuellement la nouvelle<br />

version de son «Guide pratique du délégué<br />

à la sécurité et à la santé» recelant de<br />

conseils adressés aux travailleurs désignés.<br />

Dans ces pages, elle revient notamment sur<br />

la méthode Kinney, un outil d’évaluation<br />

des risques d’accidents (R) selon laquelle<br />

ceux-ci sont le produit de la probabilité<br />

(P), de la fréquence d’exposition (F) et de<br />

l’effet produit (E). «Prenons l’exemple d’un<br />

agent d’entretien exposé au risque de chute<br />

de plain-pied sur un sol rendu glissant lors<br />

du nettoyage d’un bâtiment. La première<br />

action à entreprendre serait de lui fournir<br />

des chaussures antidérapantes, permettant<br />

ainsi de réduire la probabilité (P) de<br />

l’accident et, par conséquent, le risque.<br />

Prenons maintenant le cas d’un maçon.<br />

Son métier l’expose particulièrement à<br />

des chutes d’objets. En l’équipant d’un<br />

casque, on ne réduit ni la probabilité de<br />

l’accident (P) ni la fréquence d’exposition<br />

(F) mais bien l’effet produit (E). Enfin,<br />

en permettant à un agent administratif de<br />

télétravailler deux jours par semaine, on


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

53<br />

diminue le risque d’accident de trajet en<br />

jouant sur la fréquence d’exposition (F)»,<br />

illustre David Büchel.<br />

Quant aux risques psychosociaux, la démarche<br />

est plus complexe et nécessite, avant toute<br />

chose, de libérer la problématique des<br />

tabous qui l’entourent mais aussi une réelle<br />

volonté de la direction et du management de<br />

s’impliquer directement et honnêtement dans<br />

le processus. Une fois ces conditions réunies,<br />

la CSL préconise de suivre une démarche<br />

en cinq étapes. «La première consiste à<br />

mettre en place un comité de pilotage doté<br />

de moyens humains et financiers suffisants<br />

et d’inscrire la démarche dans le cadre d’un<br />

dialogue social avec les représentants des<br />

salariés. La deuxième étape, quant à elle, vise<br />

à évaluer l’ampleur du problème via l’analyse<br />

de certaines données administratives comme<br />

le taux d’absentéisme, le nombre d’accidents,<br />

d’incidents ou le turnover. Ensuite, il faut<br />

s’intéresser aux signaux individuels: les<br />

employés sont-ils démotivés, fatigués,<br />

cyniques? Y a-t-il de plus en plus de conflits?<br />

Pour aller dans le détail, il est recommandé<br />

de charger un expert de préparer un sondage<br />

sur les facteurs de risques psychosociaux»,<br />

développe David Büchel. «Dans un troisième<br />

temps, je conseille de confier l’analyse des<br />

résultats et l’identification des problèmes<br />

concrets à un expert. Vient ensuite l’étape de<br />

l’élaboration des solutions. Si les problèmes<br />

sont multiples, il faudra établir une liste de<br />

priorités et les traiter dans cet ordre. Les<br />

mesures de prévention doivent être adaptées<br />

aux circonstances organisationnelles plutôt<br />

que d’utiliser des approches toutes faites.<br />

Il est important de garantir l’implication de<br />

tous les partenaires de l’organisation dans la<br />

mise en œuvre des solutions (les employés, les<br />

dirigeants, les syndicats, les gestionnaires,…).<br />

Enfin, la dernière phase consiste à mettre en<br />

place un plan d’action détaillé et à observer<br />

les réactions du personnel par rapport à celuici<br />

dans l’année qui suit. Un nouveau sondage<br />

permettra de déterminer, chiffres à l’appui,<br />

s’il y a eu amélioration ou non», poursuit-il.<br />

David Büchel<br />

Nora Back<br />

Parfois, les solutions simples, même bien<br />

intentionnées, risquent de négliger les vrais<br />

problèmes, s’il y en a, et de donner au personnel<br />

l’impression qu’il n’est pas pris au sérieux, ce<br />

qui peut entraîner des frustrations. «Il n’y a pas<br />

toujours une solution simple à un problème<br />

complexe», rappelle David Büchel. n<br />

Chambre des salariés Luxembourg<br />

18, rue Auguste Lumière<br />

L-1950 Luxembourg<br />

csl@csl.lu<br />

Plus d’informations sur www.csl.lu,<br />

rubrique Santé et Bien-être au travail


54 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

SANTÉ & SÉCURITÉ AU TRAVAIL<br />

Pour une politique RSE<br />

ambitieuse et pérenne<br />

Pour la deuxième année consécutive, le Groupe BNP Paribas au Luxembourg publie son<br />

rapport de responsabilité sociétale d’entreprise. Il s’agit en réalité de la 4 e édition pour la<br />

banque, BGL BNP Paribas ayant publié son premier rapport RSE en 2017 et ayant élargi le<br />

périmètre dudit rapport à l’ensemble du Groupe BNP Paribas au Luxembourg depuis 2020.<br />

S’inspirant des 17 objectifs de développement durable lancés en septembre 2015 par l’ONU,<br />

la banque met tout en œuvre pour participer à la construction d’un avenir durable tout en<br />

assurant la pérennité et la stabilité du Groupe. La réussite de cet engagement se base sur quatre<br />

piliers: économique, social, civique et environnemental. Toutefois, la banque n’oublie pas que<br />

le succès d’une telle politique nécessite l’implication au plus haut niveau de la direction et<br />

l’adhésion de l’ensemble de ses collaborateurs. L’engagement d’entreprise constitue un enjeu<br />

stratégique et de gouvernance pour l’entièreté du Groupe BNP Paribas, un des plus grands<br />

employeurs du pays, et fait partie intégrante de sa raison d’être.<br />

Les engagements durables de BGL BNP<br />

Paribas ne datent pas d’hier. En 2011, celleci<br />

a été la première banque commerciale<br />

au Luxembourg à recevoir le label ESR<br />

de la part de l’Institut national pour le<br />

développement durable.<br />

Une responsabilité économique et environnementale<br />

Signataire en 2018 des «Principles for<br />

Responsible Banking» (PRB), le Groupe<br />

BNP Paribas s’est engagé, avec plus de 130<br />

autres banques à travers le monde, à aligner<br />

sa stratégie commerciale sur les objectifs<br />

de développement durable de l’ONU et<br />

sur l’accord de Paris. Les PRB affirment<br />

la volonté de ses signataires d’assurer un<br />

rôle de leader en matière de gestion du<br />

changement environnemental, social et<br />

économique.<br />

Le Groupe a défini, en concertation avec<br />

des experts indépendants, des politiques<br />

s’imposant à l’ensemble des métiers et<br />

pays dans lesquels il est implanté. A titre<br />

d’exemple, en mai 2020, le Groupe BNP<br />

Paribas a annoncé une stratégie de sortie<br />

totale du charbon thermique d’ici 2030<br />

en Europe et dans les pays de l’OCDE<br />

et d’ici 2040 dans le reste du monde. La<br />

totalité de la chaîne de valeur est couverte:<br />

extraction minière, infrastructures dédiées<br />

et production d’électricité. En outre,<br />

BNP Paribas a remporté un mandat pour<br />

accompagner l’Union européenne dans<br />

l’émission inaugurale de son programme de<br />

dette sous forme d’obligations sociales, doté<br />

d’un budget total de 100 milliards d’euros,<br />

et ceci afin de soutenir l’économie durable.<br />

Plus localement, dans le contexte difficile de<br />

la crise sanitaire, BGL BNP Paribas a mis<br />

en place un dispositif pour accompagner<br />

et soutenir ses clients professionnels et<br />

entreprises.<br />

“Une volonté<br />

au plus haut niveau<br />

de l’entreprise<br />

de conjuguer<br />

performance,<br />

responsabilité,<br />

éthique et<br />

transparence”<br />

Par ailleurs, son offre dans le domaine de<br />

l’investissement durable s’étoffe, comme<br />

avec le lancement, en février 2020, du<br />

premier compte d’épargne solidaire<br />

«Finance4Good». Grâce à celui-ci, les<br />

épargnants peuvent soutenir le financement<br />

de projets et d’entreprises à impact social<br />

ou environnemental.<br />

Le Groupe promeut également la finance<br />

durable en sponsorisant des événements<br />

d’envergure comme le «Sustainable Finance<br />

Forum» ou bien encore «l’IMS Luxembourg<br />

Sustainability Forum». Parmi ses engagements<br />

on compte aussi la promotion, au<br />

travers de la Fondation Alphonse Weicker,<br />

de l’étude et de la recherche dans le domaine<br />

scientifique, ainsi que l’attribution du Prix du<br />

progrès économique durable.<br />

L’engagement environnemental du Groupe<br />

BNP Paribas et de sa structure luxembourgeoise<br />

est un enjeu stratégique important qui<br />

contribue à préserver la planète et renforce le<br />

rôle de la finance verte dans le développement<br />

durable. Aux côtés de plusieurs autres<br />

banques de la place, BGL BNP Paribas<br />

a largement contribué à l’émission par<br />

l’État luxembourgeois du premier emprunt<br />

souverain durable d’une valeur de 1,5 milliard<br />

d’euros. Ces obligations ont notamment pour<br />

but d’aider le pays à atteindre ses objectifs<br />

dans le cadre de la Convention de Paris sur<br />

le climat.<br />

De son côté, BNP Paribas Real Estate a lancé<br />

le premier Fonds immobilier institutionnel<br />

européen visant une réduction de 40%<br />

des émissions de gaz à effet de serre sur<br />

l’ensemble de son portefeuille européen à<br />

l’horizon 2030.<br />

Le Groupe s’engage également au quotidien<br />

grâce à des pratiques vertueuses comme<br />

l’installation de ruches dans les jardins de<br />

de son siège au Kirchberg pour préserver


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

55<br />

la biodiversité, la plantation de plusieurs<br />

milliers d’arbres, ou encore la suppression<br />

du plastique à usage unique. Sur le plan<br />

énergétique, ses bâtiments eKinox et oKsigen<br />

au Luxembourg ont obtenu une triple<br />

certification environnementale à dimension<br />

européenne.<br />

L’engagement civique et social<br />

La banque n’oublie pas ses collaborateurs<br />

et leur bien-être. Elle veille à les faire<br />

bénéficier d’un environnement sécurisé<br />

tout en préservant leur santé et l’équilibre<br />

entre leur vie professionnelle et privée.<br />

Les collaborateurs jouissent d’une grande<br />

flexibilité dans l’organisation de leur<br />

temps de travail. Pas moins de 24% des<br />

effectifs bénéficient d’un temps partiel.<br />

Par ailleurs, de nombreux services tels<br />

qu’une conciergerie, une salle de fitness,<br />

des restaurants d’entreprise, une crèche et<br />

des espaces récréatifs sont mis à disposition<br />

des collaborateurs. BGL BNP Paribas<br />

a par ailleurs renforcé son dispositif de<br />

communication pour maintenir le lien avec<br />

ses employés en temps de crise sanitaire<br />

et 92% des collaborateurs estiment que<br />

la banque a pris les bonnes mesures pour<br />

garantir leur sécurité et leur santé et pour<br />

assurer la continuité des activités. La banque<br />

a d’ailleurs obtenu, pour la cinquième fois<br />

consécutive, le label Top Employer.<br />

De plus, la promotion de la diversité et<br />

de l’inclusion est au cœur des valeurs de<br />

la banque. Les entités du Groupe BNP<br />

Paribas au Luxembourg sont signataires de<br />

la Charte de la Diversité et font de l’égalité<br />

entre les femmes et les hommes un objectif<br />

prioritaire. Les mêmes efforts sont consentis<br />

dans la gestion responsable de l’emploi en<br />

s’appuyant sur deux leviers: la formation<br />

continue et la mobilité interne. Malgré la<br />

crise sanitaire, le Groupe BNP Paribas au<br />

Luxembourg a pu dispenser 40.000 heures<br />

de formation, souvent digitalisée. En outre,<br />

afin d’encourager l’engagement civique,<br />

le Groupe a lancé en 2020 le programme<br />

«1MillionHours2Help» permettant aux<br />

collaborateurs de contribuer, sur leur temps<br />

de travail, à l’effort des associations pour un<br />

monde plus durable et plus inclusif.<br />

Dans le cadre du plan de soutien d’urgence<br />

initié par le Groupe BNP Paribas dans<br />

le contexte de la crise sanitaire, un don<br />

global de 100.000 euros a été alloué à la<br />

Fondation des Hôpitaux Robert Schuman,<br />

à Caritas Luxembourg et à Stëmm vun<br />

der Strooss. D’autre part, et grâce au<br />

programme «Help2Help» porté par des<br />

collaborateurs actifs et retraités du Groupe<br />

au Luxembourg, plus de 100 associations<br />

ont pu bénéficier d’aides et de financements<br />

à hauteur de 760.000 euros sur une dizaine<br />

d’années.<br />

BGL BNP Paribas apporte également une<br />

aide précieuse à l’entreprenariat social et à<br />

la microfinance. Enfin, faut-il le rappeler,<br />

BGL BNP Paribas a toujours été très active<br />

dans la vie culturelle et sportive du pays. n<br />

BGL BNP Paribas<br />

50, avenue J.F. Kennedy<br />

L-2951 Luxembourg<br />

www.bgl.lu


56 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

SANTÉ & SÉCURITÉ AU TRAVAIL


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

57<br />

Former pour réduire les risques<br />

liés aux déchets problématiques<br />

C’est en pleine pandémie que la Superdreckskëscht a développé<br />

sa formation SDK-Fachkraft. En effet, après avoir identifié un<br />

besoin en développement de compétences liées au traitement<br />

des déchets problématiques au sein des centres de recyclage,<br />

elle a créé une formation complémentaire à celle organisée<br />

par le CNFPC. Laure Guyot, responsable de la formation<br />

continue à la SDK Akademie, et Petra Biwersi, responsable<br />

de l’action SDK fir Bierger, nous parlent du contenu de cette<br />

formation et de ses avantages pour une manipulation plus<br />

sûre des produits dangereux.<br />

Pourquoi avoir créé la formation SDK-<br />

Fachkraft?<br />

<strong>LG</strong>: Cette formation est née en fin d’année<br />

2020 de la collaboration entre la SDK fir<br />

Bierger et la SDK Akademie suite à une<br />

demande de la part des centres de recyclage.<br />

Ces derniers souhaitaient en effet renforcer<br />

les compétences de leur personnel en<br />

contact avec des produits dangereux ou<br />

problématiques qu’ils envoient ensuite à<br />

la SDK. Notre objectif est donc de leur<br />

transmettre les informations nécessaires pour<br />

garantir leur sécurité au travail et réduire<br />

l’impact de ces produits sur l’environnement.<br />

PB: Pour accéder à cet enseignement, les<br />

apprenants doivent d’abord compléter la<br />

formation de six mois dispensée par le Centre<br />

National des Formations pour Professionnels<br />

Continue (CNFPC). Au cours de celleci,<br />

ils ont accès à toutes les informations<br />

concernant les structures luxembourgeoises<br />

de gestion des déchets, les réglementations<br />

et les lois. Cette première approche est<br />

importante afin de fixer les connaissances<br />

de base pour les personnes travaillant dans<br />

les centres de recyclage. La SDK-Fachkraft<br />

est une formation complémentaire qui<br />

apporte des connaissances approfondies<br />

concernant la manipulation et le stockage<br />

sécurisé et correct des produits dangereux et<br />

problématiques.<br />

Comment se compose cette formation?<br />

<strong>LG</strong>: La formation SDK-Fachkraft est<br />

consti-tuée de trois modules, chacun conclu<br />

par un test. Au total, une quarantaine<br />

d’heures sont réparties en sessions variant<br />

d’une demi-journée à une journée complète<br />

à raison d’une fois par semaine. Les cours<br />

sont tantôt donnés en ligne, tantôt en<br />

présentiel, lorsque des visites sur certains<br />

sites et des exercices pratiques sont<br />

nécessaires. À la fin de chaque module, la<br />

SDK Akademie transmet des supports de<br />

cours aux participants afin qu’ils puissent<br />

approfondir la matière avant leur évaluation.<br />

Lors de la dernière séance de chaque<br />

module, une heure est dédiée à l’évaluation<br />

des compétences. C’est uniquement après<br />

avoir obtenu une notre supérieure à 50%<br />

à ces trois épreuves que l’apprenant est<br />

qualifié SDK-Fachkraft. Nous prévoyons<br />

par la suite des sessions de rappel tous les<br />

deux mois au cours desquelles les personnes<br />

qualifiées peuvent poser leurs questions afin<br />

de rafraichir leurs connaissances.<br />

PB: Cette formation apporte davantage<br />

de sécurité aux fonctions exercées dans les<br />

centres de recyclage ainsi qu’un savoir-faire<br />

en matière de manipulation des déchets. En<br />

effet, les produits dangereux évoluent sans<br />

arrêt, il y a dix ans par exemple, ceux utilisés<br />

dans le cadre du traitement de piscines<br />

privées n’existaient pas encore, aujourd’hui<br />

ces produits chimiques sont pourtant d’usage<br />

courant! Les produits à risques spécifiques,<br />

comme les substances corrosives, nocives<br />

ou inflammables, comportent chacun un<br />

type de danger différent qu’il faut pouvoir<br />

identifier en vue de leur manipulation et<br />

traitement sécurisés. Pour chacun d’entre<br />

eux, notre formation précise comment les<br />

stocker et dans quel type d’emballage ainsi<br />

que comment les étiqueter et préparer leur<br />

transport. Il est par exemple important de<br />

ne pas les mélanger entre eux!<br />

Pour des produits encore plus spécifiques et<br />

plus rares, nous les aidons à effectuer des<br />

recherches en ligne et leur conseillons des<br />

sites de référence où ils pourront trouver les<br />

informations qui pourraient leur manquer.<br />

<strong>LG</strong>: La première formation SDK-Fachkraft<br />

a débuté en mars 2021, nous l’avons donc<br />

organisée en fonction des mesures sanitaires<br />

qui étaient déjà en vigueur. Nous avions la<br />

volonté d’offrir un apprentissage en partie<br />

en ligne pour éviter les déplacements,<br />

puisque nous demandons déjà aux<br />

participants de se rendre sur différents sites<br />

lors des parties pratiques. Cela leur offre<br />

ainsi plus de flexibilité.<br />

Nous avons par ailleurs collaboré avec<br />

différents partenaires, comme des<br />

formateurs externes de la House of<br />

Training et le Luxembourg Science Center<br />

de Differdange, qui a développé une série<br />

d’exercices pratiques. Ces expériences ont<br />

toute leur importance puisqu’il s’agit d’un<br />

enseignement destiné à des personnes<br />

exerçant des métiers de terrain qui doivent<br />

pouvoir appliquer ce nouvel apprentissage à<br />

leurs pratiques quotidiennes.<br />

Quel est le retour des participants?<br />

PB: La première édition de la SDK-<br />

Fachkraft prendra fin au mois de juin avec<br />

la remise des certifications. Nous aurons<br />

alors un premier retour complet des<br />

participants. Après chaque module, nous<br />

récoltons toutefois leurs impressions sur<br />

les cours. Il en ressort qu’ils trouvent cette<br />

formation intéressante. Ils estiment qu’il est<br />

nécessaire de disposer de ces informations<br />

supplémentaires sur les risques et<br />

dangers encourus lors de la manipulation<br />

de produits dangereux. Ils apprécient<br />

également la diversité de l’enseignement<br />

mêlant formation pratique sur notre site à<br />

Colmar-Berg et théorique, en distanciel.<br />

Ils soulignent également l’importance<br />

des démonstrations réalisées dans le<br />

Luxembourg Science Center qui montrent<br />

comment les produits peuvent réagir<br />

dans certaines conditions, ce qui permet<br />

d’identifier concrètement les dangers et les<br />

risques liés à leur manipulation. n<br />

SuperDrecksKëscht ®<br />

Z.I. Piret<br />

L-7737 Colmar-Berg<br />

www.sdk.lu


58 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

BRÈVES COMMUNALES – EST<br />

PAR PIERRE BIRCK<br />

ECHTERNACH<br />

Une vente aux enchères d’œuvres<br />

d’artistes renommés d’Echternach et<br />

des environs a été organisée au profit<br />

de l’action Télévie le 21 avril dernier.<br />

En raison de la situation actuelle liée au<br />

Covid-19, le nombre de participants a<br />

été limité à 100 personnes.<br />

<br />

Source: echternach.lu<br />

LENNINGEN<br />

Une maison des jeunes ouvrira<br />

bientôt ses portes dans la commune.<br />

Pour mieux comprendre les besoins,<br />

le bourgmestre, Arnold Rippinger,<br />

a invité ses administrés à répondre<br />

à une enquête. Ces réponses aux<br />

questions permettront de mieux<br />

cibler les attentes et de proposer un<br />

service de qualité.<br />

<br />

Source: lenningen.lu<br />

NIEDERANVEN<br />

Lors de la réunion du conseil communal<br />

du 5 février 2021, une subvention pour<br />

les bornes de recharge privées pour les<br />

voitures électriques a été votée. Le but<br />

de cette subvention est d’encourager<br />

les citoyens à acheter des véhicules<br />

neutres en CO 2<br />

et de résoudre<br />

en même temps le problème des<br />

bornes de recharge manquantes. La<br />

commune paie 50% de la subvention<br />

de l’État pour l’installation d’une<br />

borne de recharge privée. De plus, les<br />

subventions peuvent passer à 100%<br />

de la subvention de l’État si la borne<br />

de recharge privée est connectée à un<br />

système photovoltaïque. Les primes<br />

du «Restart Luxembourg» ont été<br />

prolongées jusqu’à fin mars 2022.<br />

<br />

Source: niederanven.lu<br />

BETZDORF<br />

Pendant toute la campagne de vaccination,<br />

la commune met à disposition<br />

son «Betzbus». Celui-ci emmène gratuitement<br />

les personnes de 65 ans et plus<br />

au centre de vaccination Covid-19 au<br />

Hall Victor Hugo à Limpertsberg. Il<br />

suffit de réserver son aller-retour au 691<br />

800 950. Le Betzbus reste néanmoins<br />

à disposition pour les destinations<br />

habituelles.<br />

<br />

Source: betzdorf.lu<br />

<br />

SCHENGEN<br />

Afin de promouvoir davantage l’Accord de Schengen, une<br />

nouvelle attraction touristique a été ouverte dans la commune,<br />

près du château. Il s’agit du point de photo #schengenisalive.<br />

En tant qu’invité d’honneur, le ministre des Classes moyennes<br />

et du Tourisme, Lex Delles, a souligné l’importance du message<br />

«Schengen vit», alors que les frontières avec l’Allemagne et la<br />

France ont été fermées l’année dernière.<br />

<br />

Source: Schengen.lu<br />

VALLÉE DE L’ERNZ<br />

Une demande d’autorisation relative à l’exploitation d’un parc<br />

éolien de trois éoliennes sur le territoire de la commune de la<br />

Vallée de l’Ernz, sections ED d’Eppeldorf et EC d’Ermsdorf, a<br />

été introduite par la société Wandpark Aerenzdall S.A. du 21<br />

avril au 6 mai dernier. La commune a procédé à une enquête de<br />

commodo et incommodo le 12 mai.<br />

<br />

Source: aerenzdall.lu<br />

GREVENMACHER<br />

En collaboration avec le Syndicat d’Initiative de Tourisme<br />

et l’Union Commerciale et Artisanale de Grevenmacher, la<br />

commune a décidé de se moderniser en changeant de logo.<br />

Celui-ci a pour objectif d’illustrer le «Miseler Way of Life»,<br />

synonyme de joie de vivre, d’ouverture d’esprit et d’ambiance<br />

festive. Cette identité visuelle minimaliste représente non<br />

seulement la ville, mais aussi ses citoyens.<br />

<br />

Source: grevenmacher.lu<br />

STADTBREDIMUS<br />

Mi-avril, la commune a procédé à un<br />

curage/rinçage des conduites d’eau<br />

dans la localité de Greiveldange, ce qui<br />

a pu occasionner des coupures d’eau<br />

durant la procédure. La rue «Klaus»<br />

et la partie inférieure rue «Neie Weie»<br />

jusqu’à Huettermuehle ont également<br />

été curées.<br />

<br />

Source: stadtbredimus.lu<br />

WALDBREDIMUS<br />

Suite à la nouvelle stratégie de communication,<br />

le service “SMS2CITIZEN”<br />

a été réactivé en mars dernier. Pour<br />

rappel, cette application permet<br />

de recevoir facilement toutes les<br />

informations utiles de la commune<br />

par SMS et de s’abonner à différentes<br />

thématiques d’information.<br />

<br />

Source: waldbredimus.lu<br />

DALHEIM<br />

La commune a publié les horaires<br />

d’ouverture d’été de son parc de<br />

recyclage. Du 6 avril au 30 octobre,<br />

du mardi au samedi, celui-ci sera<br />

ouvert de 13h30 à 17h30. Le collège<br />

des bourgmestre et échevins rappelle<br />

également que le parc de recyclage<br />

n’accepte que les matières provenant<br />

des ménages de Dalheim.<br />

<br />

Source: dalheim.lu<br />

SCHENGEN<br />

Le bureau d’architecture Valentiny<br />

hvp Architects situé à Remerschen<br />

fête son 40 e anniversaire cette année.<br />

Au total, plus de 400 projets ont été<br />

conçus durant cette période au niveau<br />

national et international. À cette<br />

occasion, un livre intitulé «40 years<br />

Valentiny hvp Architects - Stories<br />

from the Inside» a été édité. Celui-ci<br />

est une rétrospective qui retrace les<br />

histoires de ces projets et contient du<br />

matériel inédit provenant des archives<br />

de la Fondation Valentiny. Une<br />

chose en particulier se dégage: un<br />

développement indéniable du langage<br />

architectural, qui au fil des années et<br />

malgré toutes les modes a permis<br />

l’essor d’une identité et d’un langage<br />

individuel incontestables.<br />

<br />

Source: hvp architects


60 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

SMART BUILDING<br />

SIA.architects,<br />

concepteurs d’innovation<br />

Avec 25 ans d’expérience, dont 5 années d’application systématique de la méthodologie BIM,<br />

SIA.architects est un bureau dynamique et créatif, constamment à la recherche de partenariats<br />

dans le but faire émerger des innovations pouvant améliorer la qualité des services qu’il fournit,<br />

mais également le monde de la construction dans son ensemble. Ses cinq administrateurs<br />

Thierry Geldof, Yannick Buyle, Jean-Paul Menten, Thierry Gilles et Gregorio Saura, dressent<br />

le portrait d’un bureau dont les projets sont résolument axés sur le futur.<br />

Jean-Paul Menten et Thierry Gilles


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

61<br />

25 années d’expérience<br />

Créé en 1995, SIA.architects bénéficie de<br />

25 ans d’expérience dans la conception<br />

de bâtiments multi-résidentiels, publics,<br />

hôteliers, industriels ou encore de bureaux<br />

pour des clients promoteurs, développeurs<br />

ou acteurs publics. Ses 48 experts aux profils<br />

variés et de 14 nationalités différentes sont<br />

répartis à travers ses implantations au<br />

Luxembourg, en Belgique et en Espagne,<br />

bien qu’ils soient également actifs sur des<br />

chantiers en cours au Maroc, en France et<br />

en Egypte.<br />

Collaboration, écoute, création et<br />

adaptation: ces quatre mots caractérisent<br />

parfaitement le travail de SIA.architects.<br />

Au fil de ses expériences, le bureau s’est<br />

créé un véritable écosystème d’échange et<br />

de partage avec de nombreux partenaires<br />

de tous horizons pour faire évoluer<br />

continuellement ses services et outils et<br />

en faire profiter l’ensemble du marché.<br />

Chaque projet est d’ailleurs analysé à<br />

travers le prisme des 17 objectifs de<br />

développement durable édictés par l’ONU.<br />

Se positionnant en tant que prescripteur<br />

d’une architecture durable, il apporte des<br />

solutions contribuant à ce développement<br />

et les défend auprès de ses clients, auxquels<br />

appartient bien sûr la décision finale.<br />

Connu au niveau national pour la conception<br />

du projet «Les jardins du Luxembourg»<br />

à Merl, le bureau a en effet imaginé la<br />

revalorisation de la friche industrielle qui<br />

abritait les usines Luxlait en un quartier<br />

rassemblant bureaux, commerces, restaurants<br />

ainsi que 1.000 appartements organisés autour<br />

d’espaces publics qualitatifs, de chemins<br />

cyclo-pédestres et d’aménagements paysagers<br />

et végétalisés favorisant les rencontres et le<br />

partage. Touchant à sa fin, le projet a remporté<br />

le Prix d’Excellence FIABCI dans la catégorie<br />

«Residential», ce qui est une première pour<br />

le Luxembourg.<br />

“Depuis 2016,<br />

SIA.architects<br />

a généralisé<br />

l’application de la<br />

méthodologie BIM<br />

à tous ses projets”<br />

Une structure favorisant l’innovation<br />

SIA.architects est structuré par quatre<br />

entités qui peuvent fonctionner de manière<br />

indépendante mais qui interagissent au<br />

quotidien afin de trouver de nouvelles<br />

voies pertinentes dans l’art de concevoir<br />

l’architecture de demain.<br />

Le premier département, SIA.link, est dédié<br />

à l’ouverture sur le monde et à la création de<br />

nouveaux partenariats favorisant le partage<br />

d’expériences et l’échange de connaissances.<br />

Sur cette base sont développées des<br />

solutions telles que de nouveaux outils,<br />

services ou business models à travers le<br />

SIA.lab. Une fois ces outils conçus, ils sont<br />

utilisés dans la SIA.factory qui produit<br />

des livrables à destination des clients, en<br />

fonction de leurs demandes. Enfin, dans<br />

l’espace de rencontres du SIA.hub, ces<br />

innovations pourront être partagées avec<br />

des clients, partenaires ou autres visiteurs<br />

à travers des événements, conférences et<br />

afterworks, dès que la situation sanitaire<br />

le permettra. Ce lieu d’échange favorisera<br />

la création de nouveaux partenariats par le<br />

SIA.link!<br />

A travers ce cadre souple et résilient, SIA.<br />

architects s’assure une grande flexibilité et<br />

une ouverture sur l’innovation. Il faut dire<br />

que le métier d’architecte a complètement<br />

été révolutionné au cours des dernières<br />

années et est soumis à une évolution<br />

constante de ses outils et pratiques. Plutôt<br />

que de subir ces transformations, le bureau<br />

veut être un acteur du changement. Parmi<br />

les innovations récemment mises en<br />

œuvre, le logiciel POWERBIM développé<br />

par son partenaire espagnol BIM6D<br />

CONSULTING & PERFORMANCE, a<br />

grandement facilité sa communication de<br />

maquettes et de données aux promoteurs et<br />

développeurs. Se présentant sous la forme<br />

d’une interface Web, l’outil leur permet de<br />

consulter en ligne les maquettes de leurs<br />

projets en cours et de consulter certaines<br />

données extraites de ces maquettes à travers<br />

un tableau de bord interactif. Ce dernier est<br />

programmé de manière à ce que le client<br />

puisse faire varier certains paramètres et<br />

observer leur impact sur le coût final de<br />

son projet. Il pourra ainsi en vérifier la<br />

faisabilité ou bien envisager des adaptations<br />

pour assurer sa rentabilité. Une fois validé,<br />

le bureau peut réutiliser la maquette déjà<br />

élaborée et l’enrichir d’autres informations.<br />

Il s’agit là du début d’un long processus<br />

offrant de nombreuses fonctionnalités…<br />

PIXEL PARK<br />

Concepteur de ses nouveaux locaux<br />

belges, SIA.architects a imaginé ce projet<br />

d’immeuble de bureaux avec Devlop.<br />

Possédant la moitié du projet et sachant<br />

qu’il n’en occuperait pas l’ensemble, le<br />

bureau a voulu créer un espace polyvalent<br />

qui pourrait s’adapter à ses différents<br />

occupants. Divisible en quatre unités<br />

parfaitement indépendantes, et ce, sans<br />

frais supplémentaires, la construction de cet<br />

immeuble a surtout permis aux architectes<br />

de pousser au maximum la méthodologie<br />

BIM. Ils ont en effet créé un plan as built<br />

agrémenté d’une base de données complète<br />

sur chacun des éléments constitutifs du<br />

bâtiment – qui sera complétée avec les<br />

fiches techniques et factures dès que la<br />

situation sanitaire permettra un retour dans<br />

les locaux – et ont développé un jumeau<br />

numérique de leur partie de la construction.<br />

Dans un futur proche, les locaux seront<br />

dotés de capteurs reliés à la maquette<br />

numérique pour créer une interaction<br />

entre le bâtiment physique et numérique.<br />

L’objectif? Trouver un moyen d’exploiter


62 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

SMART BUILDING<br />

ces données à partir desquelles créer de<br />

la valeur-ajoutée et ainsi aboutir à une<br />

meilleure gestion du bâtiment. Grâce à ce<br />

laboratoire en interne, différentes solutions<br />

pourraient être testées, puis proposées<br />

à la clientèle sur base de cette première<br />

expérience. Un architecte est rarement<br />

consulté au-delà de l’étape de création des<br />

plans as built, or SIA.architects dispose des<br />

compétences nécessaires pour développer<br />

des services de Facility Management à<br />

travers le BIM et entend bien profiter de<br />

ce projet pour se positionner sur le marché.<br />

Faire évoluer les services prestés à<br />

travers le BIM<br />

Depuis 2016, SIA.architects a généralisé<br />

l’application de la méthodologie BIM à<br />

tous ses projets, que le client l’exige ou<br />

non. En effet, tous les livrables peuvent<br />

être générés grâce à ce processus, et ce,<br />

beaucoup plus rapidement et efficacement.<br />

Il permet aussi d’offrir des services<br />

supplémentaires tels que la visualisation<br />

d’une future construction en VR, et ce, de<br />

manière systématique.<br />

L’avantage d’une conception architecturale<br />

en BIM est notamment de recourir à une<br />

source d’information et de modélisation<br />

unique à partir de laquelle les livrables<br />

peuvent être produits. De plus,<br />

l’information centralisée est pérenne et il<br />

est facile d’y retrouver des éléments précis<br />

ainsi que les versions antérieures d’un<br />

projet.<br />

Bien que ces prestations aient un coût, elles<br />

sont largement rentabilisées sur la durée<br />

d’une construction, en évitant les pertes<br />

de temps et les erreurs et en améliorant<br />

la qualité finale du produit. De plus, la<br />

collaboration entre les différents acteurs<br />

est facilitée grâce à l’utilisation de logiciels<br />

compatibles et une communication passant<br />

essentiellement par la maquette.<br />

En 2019, SIA.architects a remporté le<br />

concours BIM Awards dans la catégorie<br />

«Petites et moyennes entreprises» pour<br />

la conception des nouveaux bureaux<br />

partagés d’IDELUX. Comme pour tous<br />

leurs projets, les architectes de chez SIA<br />

ont réalisé une maquette numérique et en<br />

ont extrait un estimatif du prix ainsi que<br />

des images de synthèse. Leur objectif était<br />

alors de semer une graine numérique dans<br />

un environnement analogique.<br />

Tout le projet a été pensé à travers le BIM<br />

et un jumeau numérique est même en<br />

phase de création pour permettre au maitre<br />

d’ouvrage de valider les propositions<br />

sur une base plus concrète. De plus, le<br />

gestionnaire souhaitait bénéficier de cette<br />

maquette dans l’objectif de digitaliser à<br />

moyens termes son Facility Management.<br />

La totalité du bâtiment existant a donc<br />

été modélisée avec un niveau de détail<br />

basique afin de laisser l’opportunité à<br />

son exploitant de l’alimenter au fur et à<br />

mesure de la mise en place de la gestion<br />

numérisée du bâtiment. SIA.architects<br />

continuera à proposer son aide dans le<br />

cadre de l’utilisation de ce service afin qu’il<br />

puisse faire évoluer cette prestation dans<br />

le but de l’appliquer à l’avenir à d’autres<br />

projets publics. Dès la réception du permis<br />

d’urbanisme, le bureau soumettra un appel<br />

d’offres afin de trouver des entrepreneurs<br />

capables de réaliser les travaux dans une<br />

méthodologie BIM. Une première pour<br />

SIA qui mènera ainsi à bien son premier<br />

chantier BIM.<br />

Recherche et innovation: un moteur<br />

pour le futur<br />

Multipliant les partenariats de recherche et<br />

d’innovation, SIA.architects a notamment<br />

intégré le réseau européen «European<br />

network for digital building permits»<br />

rassemblant entreprises, entités publiques<br />

ou encore universités et coordonné par<br />

l’Université TUDelft aux Pays-Bas. Dans le<br />

même objectif, le bureau a noué un partenariat<br />

dans le cadre d’une thèse avec l’Université de<br />

Mons pour développer des stratégies pour<br />

l’implémentation du permis d’urbanisme<br />

numérique en Wallonie. L’automatisation de<br />

l’obtention de ce permis facilitera à la fois le<br />

travail des bureaux d’architecture et celui des<br />

administrations publiques. C’est pourquoi<br />

SIA.architects entend inclure ces dernières<br />

dans sa démarche afin de mieux cerner leurs<br />

besoins et apporter une solution commune à<br />

cette problématique.<br />

Enfin, SIA a récemment intégré l’écosystème<br />

Co.Building développé par Co.Station, qui<br />

est le premier écosystème pour l’innovation<br />

dans les bâtiments en Belgique à travers<br />

différentes thématiques. Mêlant l’expertise<br />

et les points de vue d’acteurs de tous<br />

horizons, Co.Station encadre l’innovation<br />

par des coachings et des conseils juridiques<br />

pour définir la forme que pourrait prendre<br />

l’aboutissement de cette création commune,<br />

axée sur l’économie circulaire.<br />

À travers ces projets, le bureau veut se positionner<br />

à tous les niveaux de l’innovation<br />

et y apporter son expertise, en tant<br />

qu’architecte, grâce à sa vision globale du<br />

bâtiment. Son ambition est de continuer<br />

à apporter des réponses pérennes et<br />

innovantes aux défis que les métiers de la<br />

construction rencontrent chaque jour. n


Silencieuse et dotée d’une unité extérieure au design<br />

moderne, cette pompe à chaleur s’intègre tant dans<br />

des projets de nouvelle construction que de rénovation.<br />

5<br />

Ans<br />

Garantie*<br />

* Conditions sur www.viessmann.lu<br />

La pompe à chaleur air/eau Vitocal 200 se caractérise par:<br />

• Une unité extérieure très silencieuse (35 dB(A) à 3 mètres de distance)<br />

• Un rendement élevé : SCOP jusqu’à 4,64 (climat moyen, basse température 35°C)<br />

• Un dégivrage naturel<br />

• Des pompes de circulation à faible consommation électrique<br />

• Une commande aisée au moyen de votre smartphone grâce à l’app ViCare gratuite<br />

Pour de plus amples renseignements : www.viessmann.lu<br />

Viessmann Luxembourg<br />

Rue J.F. Kennedy 35<br />

L- 7327 Steinsel


64 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

SMART BUILDING<br />

Mieux communiquer<br />

pour mieux construire,<br />

un enjeu majeur du BIM<br />

Le processus BIM est encore trop méconnu sur le marché. Jugé trop coûteux et difficile à mettre<br />

en place, il provoque encore de la réticence auprès des commanditaires. Marco Da Chao, cadre<br />

dirigeant et chef de service BIM, et Kevin Soares, BIM Manager pour le bureau Schroeder<br />

& Associés, déconstruisent ces préjugés un à un. Ils expliquent notamment qu’en recourant<br />

à ce processus, la communication entre les différents acteurs d’un projet s’en voit hautement<br />

améliorée. Son avantage premier? Une économie de temps et d’argent. Démonstration.<br />

De gauche à droite: Benoît Maréchal, Yuyiu Au, Marco Da Chao, Steve Breden et Kevin Soares


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

65<br />

Depuis combien de temps votre bureau<br />

recourt-il au processus BIM?<br />

MDC: Les premières utilisations de<br />

logiciels de fabrication assistés par<br />

ordinateurs datent des années 1950 et<br />

l’utilisation d’un système de description des<br />

bâtiments des années 1970. Chez Schroeder<br />

& Associés, nous avons fait nos débuts en<br />

modélisation 3D de structures métalliques<br />

en 1999 et à partir de 2011, nous avons<br />

commencé à appliquer le processus BIM.<br />

Nous nous sommes d’abord concentrés<br />

sur la modélisation avant d’appréhender<br />

d’autres fonctionnalités du processus et<br />

de développer les conventions de travail<br />

nécessaires à son utilisation.<br />

Le BIM est un processus standardisé à<br />

travers le monde qui permet de générer et<br />

de gérer des informations fonctionnelles<br />

ou physiques relatives à un projet de<br />

construction. Il ne s’agit donc pas<br />

uniquement d’un logiciel de modélisation,<br />

c’est aussi et surtout un processus de<br />

collaboration améliorant la communication<br />

et les relations entre les différents acteurs<br />

d’un même projet. Il permet de structurer<br />

la donnée et de l’enrichir tout au long du<br />

cycle de vie d’un ouvrage.<br />

Le marché n’a pas immédiatement été<br />

réceptif à ce nouveau processus car sa mise<br />

en place peut sembler laborieuse et coûteuse.<br />

Elle implique par exemple l’acquisition de<br />

certains outils digitaux (ordinateurs plus<br />

puissants, cloud,…) et le développement de<br />

compétences. Toutefois, ces dépenses sont<br />

largement amorties puisque le coût final<br />

du projet ainsi que sa durée globale sont<br />

optimisés et les données utilisées tout au<br />

long du Facility Management.<br />

“Un processus<br />

collaboratif<br />

de communication<br />

qui définit<br />

des relations entre<br />

différents acteurs<br />

d’un même projet”<br />

Quelles sont les compétences réunies au<br />

sein de votre équipe BIM?<br />

KS: Notre département BIM, fondé<br />

en 2016, était au départ conçu comme<br />

un support interne. Il fournissait aux<br />

ingénieurs-conseils une assistance à la<br />

modélisation 3D et les aidait à intégrer<br />

le processus BIM dans leur manière de<br />

travailler afin de pouvoir répondre aux<br />

exigences des clients.<br />

Aujourd’hui, elle compte six membres<br />

aux profils variés pouvant compter sur<br />

l’ensemble de la famille Schroeder &<br />

Associés, avec des compétences dans les<br />

champs d’activité bâtiment, infrastructures,<br />

topographie, SIG, Project Management et<br />

IT complétées par une soif de recherche et<br />

d’innovation ainsi qu’une appétence pour<br />

le digital. Notre comité BIM, comptant<br />

un représentant de chaque métier dont<br />

nous disposons en interne, est par ailleurs<br />

chargé de nous communiquer ses besoins<br />

en fonction des projets en cours. Comme<br />

il s’agit d’un processus répondant aux<br />

besoins propres d’un projet, des formations<br />

générales ne sont pas toujours suffisantes.<br />

Parfois, les solutions que nous recherchons<br />

n’existent même pas! Le BIM nécessite<br />

en effet une veille technologique et des<br />

formations continues que notre équipe<br />

assure au quotidien.<br />

Nous disposons aujourd’hui de BIM<br />

Managers, soit des chefs d’orchestre d’un<br />

projet BIM, définissant les conventions et<br />

la gestion de la donnée entre les différents<br />

acteurs de sorte à respecter l’objectif BIM<br />

du client. Ce qui nous différencie d’autres<br />

acteurs est que nous sommes axés sur la<br />

mise en pratique et l’exécution du processus<br />

en le combinant à notre savoir-faire dans<br />

les différents métiers de la construction.<br />

Récemment, nous avons par exemple<br />

transformé des relevés topographiques<br />

en modèles, permettant ainsi la création<br />

de métrés automatisés, l’amélioration des<br />

plans «as built» et l’optimisation du Facility<br />

Management. Nous disposons également<br />

de tout le bagage technique de sorte à<br />

conseiller et assister nos différents clients<br />

souhaitant migrer vers le digital en mettant<br />

en place le schéma qui correspond le mieux<br />

à leurs besoins.<br />

Quel est votre rôle en tant que BIM<br />

Manager dans un projet?<br />

MDC: Il dépend du commanditaire et<br />

des besoins qu’il nous exprime! C’est sur<br />

cette base que nous déterminons au sein<br />

de notre équipe les ressources et les outils<br />

nécessaires pour y répondre. Chaque projet<br />

est différent et nécessite des compétences<br />

adaptées. Notre force réside dans la<br />

composition très complémentaire de notre<br />

équipe, qui a une connaissance des métiers<br />

de la construction et qui propose donc des<br />

solutions pragmatiques et personnalisées.<br />

KS: En tant que BIM Manager, nous<br />

créons tout d’abord une convention BIM<br />

définissant quels logiciels seront utilisés,<br />

les procédures à respecter et les rôles<br />

de chacun. Nous suivons et assistons les<br />

différents acteurs, qui ont différents niveaux<br />

de maitrise du processus, pendant toutes les<br />

phases du projet. Ce cadre de collaboration<br />

nous permet de nous assurer que le produit<br />

fini corresponde aux attentes du client.<br />

Un autre de nos rôles peut être de contrôler<br />

la cohérence des prestations fournies par les<br />

acteurs du projet afin de faire un suivi qualité<br />

au client. Nous veillons à l’harmonisation<br />

de la maquette finale afin que le maitre<br />

d’ouvrage puisse l’exploiter correctement<br />

sur le long-terme et l’alimenter à son tour<br />

pendant toute sa durée de vie.


66 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

SMART BUILDING<br />

“Gagner un temps<br />

précieux lors<br />

de la construction,<br />

notamment en<br />

évitant les erreurs”<br />

Quels sont les principaux avantages de<br />

ce processus?<br />

MDC: En travaillant en BIM, nous pouvons<br />

communiquer au travers d’une maquette<br />

complète, reprenant tout l’environnement<br />

du projet et ses alentours. De plus, en<br />

adressant une tâche à chaque acteur du projet,<br />

tous connaitront leurs rôle et responsabilités<br />

ainsi que les échéances qui y sont liées. Il<br />

est aussi possible d’associer un processus de<br />

validation à chaque tâche. Le déroulement<br />

de la construction est ainsi clairement<br />

défini étape par étape, et ce, visuellement.<br />

L’effort fourni dans la mise en place d’une<br />

communication centralisée et d’un cadre de<br />

travail précis permet par la suite de gagner<br />

un temps précieux lors de la construction,<br />

notamment en évitant les erreurs.<br />

KS: Dans cette même idée, différents<br />

pays se sont coordonnés pour définir une<br />

appellation unique pour chaque objet, un<br />

format normalisé qu’on appelle les IFC.<br />

Destiné à faciliter la communication entre<br />

des acteurs internationaux, ce langage est<br />

en constante évolution. Nous le suivons<br />

de près pour adapter notre structure de la<br />

donnée.<br />

MDC: Enfin, à chaque changement effectué<br />

dans la maquette par un des acteurs,<br />

l’entièreté du projet se met à jour automatiquement<br />

et dévoile les incompatibilités<br />

en 3D. Nous pouvons alors rapidement<br />

créer des scénarios évitant ces conflits en<br />

réarrangeant la planification. Cela permet<br />

de diminuer drastiquement les retours en<br />

arrière dans le processus de construction<br />

et par là, la perte de temps et les coûts<br />

supplémentaires qui en découlent.<br />

Pourriez-vous nous donner un exemple<br />

concret de fonctionnalités qu’il permet?<br />

MDC: Le processus BIM permet de digitaliser<br />

plusieurs étapes, comme une maquette 3D,<br />

le planning communément appelé «la 4D»,<br />

les coûts «5D», le Facility Management<br />

«6D» et la durabilité «7D» pendant la phase<br />

conceptuelle, de planification, d’exécution et<br />

de maintenance de l’ouvrage.<br />

L’utilisation d’une maquette permet de<br />

faciliter la compréhension du projet,<br />

de réduire les incompatibilités entre<br />

les différents acteurs, de simplifier la<br />

constitution des dossiers d’appel d’offres,<br />

d’optimiser le planning et la méthodologie<br />

de construction par la création de scénarios<br />

et de mieux gérer les métrés et la facturation<br />

pendant la phase de la réalisation d’un projet.<br />

La centralisation des informations dans la<br />

maquette permet par exemple d’optimiser<br />

le Facility Management en exploitant une<br />

maquette de l’ouvrage réceptionné. Ces<br />

données seront accessibles et mises à jour<br />

tout au long du cycle de vie de celui-ci,<br />

servant également pour sa déconstruction.<br />

Nous travaillons par ailleurs sur un<br />

projet pilote financé par la Commission<br />

européenne en collaboration avec le LIST<br />

pour mettre à profit toutes ces informations<br />

lors de la déconstruction d’un édifice. La<br />

revalorisation des matériaux sera en effet<br />

facilitée par la connaissance de ses éléments<br />

constitutifs. De plus, de nombreuses<br />

fonctionnalités sont également disponibles<br />

à travers des outils collaboratifs: création<br />

d’alertes pour l’entretien des équipements<br />

techniques, archivage des garanties,<br />

automatisation des échéances auxquelles<br />

remplacer certains éléments, optimisation<br />

des performances énergétiques,…<br />

Sans oublier que dans le cas d’une rénovation<br />

ou transformation d’un ouvrage classé, la<br />

centralisation des informations et la disponibilité<br />

de la maquette permet par exemple<br />

de retrouver facilement la liste et la fiche<br />

technique des matériaux qui le composent.<br />

Quelles sont vos ambitions pour le<br />

futur?<br />

MDC: Le processus BIM présente de<br />

nombreux avantages pour le domaine de la<br />

construction «bâtiments» et «infrastructures»,<br />

nous voulons donc continuer à assister et<br />

conseiller nos clients pour les aider à évoluer<br />

dans ce processus. Grâce à la standardisation<br />

de nos méthodes, nous pourrons les conseiller<br />

quant aux étapes à franchir pour le mettre en<br />

place et sélectionner les outils personnalisés<br />

qui leur seront utiles.<br />

En parallèle, nous continuerons à nous<br />

former et à approfondir notre compréhension<br />

afin d’améliorer la qualité du service rendu.<br />

Nous suivrons attentivement l’innovation<br />

et intégrerons les nouvelles technologies de<br />

sorte à apporter la meilleure solution aux<br />

besoins de nos clients et à persévérer en tant<br />

que partenaire confirmé dans ce domaine. n


Empfänken, logéieren<br />

a begleeden


68 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

SMART BUILDING<br />

Le parking idéalisé<br />

En ville, stationner son véhicule à proximité de chez soi peut<br />

s’avérer être un luxe. L’ascensoriste TK Elevator (TKE),<br />

anciennement thyssenkrupp Ascenseurs, l’a bien compris.<br />

C’est pourquoi il a récemment étoffé sa gamme de solutions<br />

en intégrant à son catalogue les monte-voitures de la firme<br />

italienne IdealPark. Combinés aux systèmes de stationnement<br />

Wöhr, ils permettent à ce spécialiste de la mobilité dans les<br />

bâtiments établi au Luxembourg depuis 1987 d’offrir une<br />

gamme complète de systèmes de levage. Vincent Sarazain,<br />

responsable commercial Wöhr et modernisation chez TK<br />

Elevator, nous présente ce nouveau produit installé pour la<br />

première fois au Grand-Duché.<br />

Une innovation italienne<br />

Voici une dizaine d’années que TK Elevator<br />

Luxembourg s’engage à améliorer la mobilité<br />

urbaine grâce au partenariat exclusif établi<br />

avec la société allemande Wöhr, leader<br />

mondial dans le domaine des parkings mécaniques.<br />

Depuis peu, IdealPark, le distributeur<br />

italien de la marque germanique, lui-même<br />

constructeur de monte-voitures, utilise le<br />

réseau Wöhr pour exporter ses propres<br />

produits. C’est ainsi que TK Elevator a<br />

récemment élargi sa gamme de solutions<br />

aux systèmes de son confrère transalpin.<br />

«Les solutions de la firme allemande vont<br />

des installations mécaniques les plus simples,<br />

qui s’adressent plus spécifiquement aux<br />

particuliers et au secteur résidentiel, aux<br />

systèmes complètement automatisés davantage<br />

dédiés au secteur tertiaire. Il s’agit essentiellement<br />

de solutions de stationnement.<br />

IdealPark, quant à elle, propose des montevoitures,<br />

un système qui permet à un véhicule<br />

de rejoindre différents niveaux de sous-sols.<br />

Les produits de la société italienne sont donc<br />

complémentaires au système Wöhr et nous<br />

permettent d’offrir à nos clients une gamme<br />

complète de systèmes de levage», explique<br />

Vincent Sarazain.


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

69<br />

“Là où<br />

l’installation<br />

d’une rampe<br />

d’accès<br />

à un sous-sol<br />

n’est pas possible,<br />

le système<br />

IdealPark<br />

est la solution<br />

d’acheminement<br />

du véhicule<br />

en sous-terrain<br />

la plus indiquée”<br />

Une économie d’espace inégalée<br />

La plupart des villes n’ont pas été conçues<br />

pour l’automobile. D’où les difficultés<br />

de stationnement éprouvées en leurs<br />

centres. Maximiser l’espace disponible<br />

tout en respectant l’intégrité des traditions<br />

architecturales est donc l’une des priorités<br />

des villes à forte densité comme celles<br />

du Luxembourg. Et la nouvelle solution<br />

proposée par TKE participe justement à<br />

une telle réorganisation des espaces. Là<br />

où l’installation d’une rampe d’accès à un<br />

sous-sol n’est pas possible, notamment par<br />

manque de place, le système IdealPark est<br />

la solution d’acheminement du véhicule en<br />

sous-terrain la plus indiquée. «Ces montevoitures<br />

sont idéaux pour des immeubles<br />

de centre-ville mais aussi pour des villas<br />

et des petites résidences où les espaces<br />

manquent pour réaliser des rampes d’accès.<br />

À l’inverse des ascenseurs-voitures, les<br />

monte-voitures ne possèdent pas de cabine<br />

fermée. Le système repose uniquement<br />

sur un plateau, entièrement sécurisé,<br />

ce qui le libère de certaines contraintes<br />

dimensionnelles. Quand l’installation d’un<br />

ascenseur nécessite 3,4 mètres de hauteur<br />

sous dalle, celle d’un monte-voitures n’en<br />

requiert que 2,1. Avec ses dimensions<br />

personnalisables, le système permet de tirer<br />

le meilleur parti de la surface disponible, un<br />

atout non négligeable compte-tenu des prix<br />

de l’immobilier. Autre avantage: IdealPark<br />

se décline en une version accompagnée<br />

ou non-accompagnée. Le conducteur<br />

peut donc rester dans le véhicule lors de<br />

la manœuvre. Si le système s’adapte à des<br />

sous-sols de plusieurs niveaux, la manœuvre<br />

n’est toutefois pas des plus rapides.<br />

Conformément à la directive 2006/42/CE<br />

relative aux machines, la vitesse de l’appareil<br />

est limité à 0,15 mètre par seconde, ce qui<br />

le rend un peu plus lent qu’un ascenseurvoitures»,<br />

détaille Vincent Sarazain.<br />

Une solution personnalisable<br />

L’autre atout du système IdealPark<br />

réside dans son esthétisme. Le modèle à<br />

baldaquin de la firme italienne s’enterre<br />

entièrement dans le sol, devenant ainsi<br />

complètement invisible de l’extérieur grâce<br />

à l’utilisation, en toiture, de matériaux<br />

qui se fondent dans leur environnement.<br />

À l’intérieur, le monte-voitures est également<br />

personnalisable, que ce soit au niveau<br />

de la couleur de la structure ou encore de<br />

l’éclairage. Des solutions plus classiques,<br />

avec un accès par une entrée de garage,<br />

sont également proposées. «La première<br />

installation de ce type au Luxembourg<br />

vient d’ailleurs d’être réalisée. Après une<br />

année de commercialisation, nous sommes<br />

heureux de l’intérêt que ce produit suscite<br />

aussi bien chez les particuliers que chez les<br />

propriétaires de petites résidences», ajoute<br />

Vincent Sarazain<br />

Nul doute que cette solution qui a su<br />

trouver l’équilibre entre la praticité des<br />

nouvelles technologies d’une part, et la<br />

préservation des espaces urbains et des<br />

bâtiments historiques des centres-villes<br />

d’autre part, continuera de convaincre! n<br />

TK Elevator Luxembourg<br />

5 Läiteschbaach<br />

L-5324 Contern<br />

www.tkelevator.com


70 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

SMART BUILDING<br />

À la pointe de la sécurité<br />

Depuis plusieurs mois, SecuriTec installe ses quartiers dans un nouveau showroom, au cœur<br />

du pays, qui promet d’être l’un des plus grands du Grand-Duché dans le domaine de la sécurité.<br />

Y sera exposée une large gamme de produits: du matériel d’alarmes à celui de sécurité incendie,<br />

en passant par les systèmes de vidéosurveillance, de vidéoparlophonie, de contrôle d’accès et<br />

bien d’autres. Gilbert Reyland, directeur de SecuriTec, présente les nouveautés que ses clients<br />

professionnels ou particuliers pourront s’y procurer.<br />

Des systèmes qui évoluent<br />

Aux yeux du directeur, le nouveau bâtiment<br />

de Bissen est un investissement pour l’avenir.<br />

«Ce showroom nous offre plus de proximité<br />

avec nos clients, plus de place et plus de<br />

possibilités. Nous y exposons un choix de<br />

produits encore plus large que dans nos locaux<br />

de Livange. Lorsqu’on m’interroge sur les<br />

nouveautés, j’ai tendance à rappeler qu’il n’y<br />

a pas de révolution tous les ans. Par contre,<br />

nous évoluons doucement vers de nouvelles<br />

technologies très intéressantes», annonce-t-il.<br />

Parmi celles-ci, citons la nouvelle solution<br />

de verrouillage iLOQ S50 qui permet de<br />

transformer n’importe quel smartphone<br />

en clé grâce à un cylindre sans batterie ni<br />

câble, compatible NFC (Near Frequency<br />

Communication), capable de récupérer<br />

l’énergie dont il a besoin pour fonctionner<br />

dans le téléphone. «Une fois l’application<br />

correspondante installée, il suffit d’approcher<br />

son portable du cylindre pour déverrouiller<br />

la porte. C’est une innovation unique au<br />

monde, qui succède en quelque sorte à la<br />

solution auto-alimentée iLOQ S5 que nous<br />

commercialisons depuis huit ans. Celle-ci<br />

fonctionne également grâce à des cylindres<br />

programmables mais qui s’ouvrent grâce<br />

à des clés à puce sans batterie. C’est alors<br />

le mouvement d’insertion de la clé dans le<br />

cylindre qui génère l’énergie nécessaire pour<br />

déverrouiller la serrure. Aucun remplacement<br />

de pile n’est donc nécessaire, ce qui permet<br />

de réduire aussi bien les coûts d’entretien que<br />

l’impact environnemental de l’installation.<br />

L’un comme l’autre, ces systèmes s’adaptent<br />

à n’importe quelle porte et permettent de<br />

paramétrer les droits d’accès très aisément via<br />

le logiciel iLOQ Manager», détaille Gilbert<br />

Reyland.<br />

Du côté de la vidéosurveillance, les dernières<br />

évolutions concernent principalement<br />

la qualité de l’image. Chaque<br />

nouveau modèle promet davantage de pixels<br />

et de nombreuses caméras de surveillance<br />

proposent aujourd’hui une définition<br />

d’image 4K.<br />

“Il suffit<br />

d’approcher<br />

son portable<br />

du cylindre<br />

pour déverrouiller<br />

la porte.<br />

C’est une<br />

innovation<br />

unique au monde”<br />

Les technologies évoluent également en ce<br />

qui concerne la reconnaissance de plaques<br />

minéralogiques. Le système existe depuis<br />

longtemps mais n’est pas infaillible. «Une<br />

plaque se démonte et se remonte facilement.<br />

C’est pourquoi les nouvelles solutions vont<br />

plus loin en liant chaque plaque à sa voiture.<br />

Ils reconnaissent non seulement la plaque<br />

mais aussi la marque, le modèle et la couleur<br />

du véhicule. Ces nouvelles technologies<br />

permettent de renforcer la sécurité dans le<br />

contrôle d’accès à l’extérieur», explique le<br />

directeur de SecuriTec.<br />

De nouvelles technologies pour lutter<br />

contre la pandémie<br />

Très récemment, d’autres technologies<br />

ont été développées et mises à profit pour<br />

vérifier le respect des mesures sanitaires<br />

mises en place pour lutter contre la pandémie<br />

de Covid-19. «Les caméras thermiques,<br />

qui existent depuis une bonne quarantaine<br />

d’années, permettent, grâce à de récents<br />

développements, de contrôler la température<br />

d’un individu. Installées dans une entrée, elles<br />

peuvent donner l’alerte lorsqu’une personne<br />

fiévreuse pénètre à l’intérieur d’un bâtiment.<br />

Aujourd’hui, elles parviennent également à<br />

détecter une personne qui ne porterait pas<br />

de masque où à contrôler que des individus<br />

rassemblés dans une même pièce ne dépassent<br />

pas le nombre autorisé. Si la technologie<br />

n’est pas neuve, son utilisation est tout à fait<br />

nouvelle», indique Gilbert Reyland.<br />

Les systèmes de contrôle d’accès ont,<br />

eux aussi, connu quelques évolutions<br />

qui permettent de limiter le risque de<br />

transmission du virus en privilégiant<br />

notamment les technologies sans contact.<br />

«Les systèmes de reconnaissance faciale,<br />

très sûrs, permettent d’ouvrir une porte sans<br />

avoir à toucher aucune poignée. La marque<br />

suisse TBS, dont nous sommes revendeurs<br />

au Luxembourg, a également mis au point un<br />

lecteur d’empreintes digitales sans contact. Il<br />

suffit d’insérer son doigt dans un boîtier, sans<br />

en toucher les parois, pour qu’un scanner<br />

3D lise les empreintes. Le grand avantage<br />

de ce système, c’est qu’il fonctionne même<br />

si l’utilisateur porte un gant en latex. Il est<br />

donc tout indiqué pour les hôpitaux ou les<br />

laboratoires, par exemple. C’est une belle<br />

évolution qui permet de limiter le risque de<br />

transmission du virus», développe-t-il.


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

71<br />

Gilbert Reyland<br />

Au-delà du contexte sanitaire, les systèmes<br />

d’identification biométriques se révèlent<br />

conviviaux et commodes puisqu’ils ne<br />

nécessitent ni la mémorisation d’un mot<br />

de passe ni le transport de badge ou de clé.<br />

Ils préviennent également tout risque de<br />

fraude.<br />

Plus de dix ans d’expérience au service<br />

du client<br />

Toutes ces innovations sont désormais<br />

exposées dans leur nouvel écrin à Bissen.<br />

«Avec une antenne à Livange, au Sud, et une<br />

seconde dans le Centre, nous renforçons<br />

notre proximité avec nos clients. Où qu’ils<br />

se trouvent au Luxembourg, ceux-ci sont à<br />

moins de 45 minutes d’un de nos showrooms.<br />

C’est important car la sécurité peut avoir<br />

quelque chose d’abstrait pour les nonconnaisseurs.<br />

S’informer sur un produit dans<br />

un catalogue, c’est bien; manipuler et tester<br />

ce même produit, c’est mieux. Un système<br />

de sécurité s’installe pour le long terme,<br />

autant le choisir en toute connaissance de<br />

cause», déclare Gilbert Reyland.<br />

Choisir SecuriTec, c’est opter pour des<br />

conseils sur-mesure, une installation réussie et<br />

un service après-vente à l’écoute, disponible<br />

24h sur 24, grâce à une équipe d’experts en<br />

la matière. En dix ans, la société, qui propose<br />

alarmes intrusion et détection incendie, vidéosurveillance,<br />

contrôle d’accès, cylindres et<br />

serrures intelligentes, gestion horaire, gestion<br />

de clés, coffres-forts, barrières et bornes<br />

escamotables automatiques, tourniquets et<br />

bien d’autres solutions, s’est taillé une solide<br />

place sur le marché luxembourgeois de la<br />

sécurité et entend bien fortifier sa position<br />

dans les années à venir. n<br />

SecuriTec<br />

21, ZAC Klengbousbierg<br />

L-7795 Bissen<br />

19, rue Geespelt<br />

L-3378 Livange<br />

Tél.: 26 300 221<br />

info@securitec.lu<br />

www.securitec.lu


72 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

SMART BUILDING<br />

Silence, ça chauffe!<br />

Au sein d’une nouvelle construction classique luxembourgeoise,<br />

aucun bruit n’est perceptible. Pourtant, une pompe<br />

à chaleur air/eau y est installée… Étonnant? Pas vraiment!<br />

La nouvelle génération de pompes à chaleur Viessmann assure<br />

un rendement presque équivalent aux systèmes saumure/eau,<br />

à coûts accessibles et aux émissions sonores drastiquement<br />

réduites. Günter Krings, directeur d’agence Viessmann au<br />

Luxembourg, nous la présente…<br />

Quels sont les paramètres à prendre en<br />

compte lors du choix d’une pompe à<br />

chaleur?<br />

Il faut tout d’abord savoir qu’il en existe<br />

deux catégories: les pompes à chaleur<br />

air/eau et saumure/eau. Si les premières<br />

prennent leur source d’énergie de l’air<br />

extérieur et la transmettent ensuite à l’eau<br />

des radiateurs, du chauffage sol ou de<br />

l’eau sanitaire, les secondes disposent de<br />

toutes sortes de sources de chaleur. Que<br />

ce soit à travers un capteur placé à 100<br />

m de profondeur par forage dans le sol,<br />

à l’aide d’un collecteur horizontal placé<br />

dans un jardin ou bien par un système de<br />

clôture énergétique extérieure couplé à un<br />

réservoir enterré, la pompe saumure/eau<br />

utilise l’énergie gratuite de la nature pour<br />

chauffer un bâtiment et son eau sanitaire.<br />

Au Luxembourg, la tendance est plutôt à la<br />

pompe à chaleur air/eau qui nécessite moins<br />

de travaux. En effet, seule l’installation d’un<br />

ventilateur extérieur relié à un évaporateur<br />

récupérant la chaleur contenue dans l’air<br />

doit être planifiée, une démarche qui s’avère<br />

peu coûteuse. De plus, la technologie<br />

de ces mêmes pompes a évolué et offre<br />

aujourd’hui un rendement proche des<br />

autres systèmes, tout en restant accessible à<br />

toutes les bourses.<br />

Pour en optimiser encore le rendement,<br />

nous préconisons le recours à un chauffage<br />

sol basse température afin que l’écart<br />

de température entre l’air extérieur et<br />

le chauffage soit moins grand et moins<br />

énergivore à combler. Nous conseillons<br />

également de bien isoler son habitation<br />

pour diminuer les besoins en chauffage.<br />

Chez Viessmann nous proposons nos<br />

conseils pour la conception de la production<br />

de chaleur afin d’optimiser le système de<br />

chauffage – qu’il soit alimenté par des<br />

énergies fossiles ou renouvelables, ou par<br />

une combinaison de différentes sources<br />

d’énergie.<br />

Quels sont les outils que vous proposez<br />

pour en assurer une bonne gestion?<br />

Les pompes à chaleur nécessitent très peu<br />

d’entretien de la part de l’utilisateur; un<br />

contrôle des paramètres et du rapport de<br />

l’analyse fonctionnelle doit être effectué au<br />

moins une fois par an par un installateur.<br />

Des vérifications plus fréquentes peuvent<br />

optimiser son rendement, surtout en début<br />

d’utilisation.<br />

Comme nos chaudières, elles peuvent<br />

également être raccordées à l’application<br />

ViCare, pour une gestion centralisée du<br />

chauffage. Cet outil fonctionnera même<br />

bientôt avec la géolocalisation du smartphone<br />

et donc la détection de présence. En résumé,<br />

lorsque tous les résidents quittent la maison,<br />

le chauffage diminue automatiquement. Le<br />

client peut également l’éteindre ou l’allumer<br />

à distance ou changer les températures<br />

et les heures de chauffe pièce par pièce.<br />

Quant à l’installateur, il pourra surveiller<br />

l’installation, modifier certains paramètres,<br />

recevoir des messages d’alerte à distance<br />

et pourra aussi plus facilement planifier<br />

ses entretiens. Il suffit que l’utilisateur lui<br />

permette d’accéder à son installation via<br />

internet.<br />

Vous proposez également d’associer<br />

la pompe à chaleur à une installation<br />

photovoltaïque…<br />

Les panneaux photovoltaïques peuvent<br />

effectivement être couplés à une batterie<br />

électrique et reliés à une pompe à chaleur,<br />

le tout géré par un Energy Manager. Ce<br />

dernier communique avec le reste de la<br />

maison pour identifier ses besoins en énergie


et télécharger les données météorologiques<br />

par l’Internet des Objets (IoT). Ainsi, il<br />

identifie les moments de la journée les<br />

plus propices à la libération du volume de<br />

stockage dans la batterie – par exemple en<br />

remplissant le boiler d’eau chaude sanitaire –<br />

afin d’emmagasiner l’énergie photovoltaïque<br />

lorsque le temps est au beau fixe.<br />

Dans un futur proche, les fournisseurs<br />

d’électricité luxembourgeois prévoient<br />

d’envoyer des signaux aux pompes à chaleur,<br />

Energy Manager ou autre objets intelligents<br />

lors d’une surproduction d’énergie verte<br />

afin qu’ils puissent la stocker sous forme<br />

de chaleur ou dans les batteries électriques<br />

lorsqu’elle est à bas prix. À l’inverse, lors<br />

des pics de consommation et/ou les jours<br />

où la météo ne permet pas une production<br />

d’énergie renouvelable en suffisance, le<br />

fournisseur en alertera ces appareils qui<br />

veilleront alors à économiser l’électricité<br />

pour ne pas devoir la consommer lorsque<br />

son prix est élevé. Nos appareils sont déjà<br />

prêts à recevoir ce type de communications,<br />

nous attendons le feu vert des fournisseurs<br />

pour pouvoir déployer cette fonctionnalité.<br />

“Conseiller quant<br />

à la conception<br />

du système de<br />

chauffage pour<br />

l’optimiser et<br />

le rentabiliser<br />

rapidement”<br />

Que dire aux clients qui craignent<br />

qu’une pompe à chaleur n’occasionne<br />

trop de bruit dans leur habitation?<br />

Les pompes à chaleur saumure/eau sont<br />

entièrement silencieuses; seuls les ventilateurs<br />

et compresseurs liés aux pompes à<br />

chaleur air/eau émettent un léger bruit.<br />

Ces appareils ont pourtant la réputation<br />

d’émettre beaucoup de bruit, ce qui était<br />

encore le cas il y a quelques années et toujours<br />

Viessmann Luxembourg<br />

35, rue J.F. Kennedy<br />

L-7327 Steinsel<br />

info@viessmann.lu<br />

www.viessmann.lu<br />

Günter Krings<br />

vrai concernant les produits bas de gamme.<br />

Aujourd’hui, beaucoup d’efforts ont été<br />

réalisés à ce niveau, si bien que nos pompes<br />

«Made in Germany» ont drastiquement<br />

réduit leurs émissions sonores. En effet, les<br />

émissions de nos machines sont sous le seuil<br />

des 35 db(A) à partir de 3 m de distance.<br />

Leur emplacement reste toutefois très<br />

important car il faut veiller, au cas par cas,<br />

à ce que les vibrations de la machine ne se<br />

transmettent mécaniquement ou à travers les<br />

conduites et n’occasionnent ainsi des bruits<br />

dans une habitation. Nous offrons dans ce<br />

cadre nos services de conseil aux architectes,<br />

bureaux d’études, installateurs et particuliers<br />

quant à leur positionnement. n


Woran<br />

erkennen Sie<br />

nachhaltig<br />

handelnde<br />

Betriebe?<br />

Achten Sie auf das Label SDK bei Ihren Aufträgen an<br />

Dienstleister! Das Label steht für:<br />

l Abfallvermeidung l Ressourcenschutz l Klimaschutz<br />

FIR EN<br />

NOHALTEGEN ËMGANG<br />

MAT RESSOURCEN<br />

SDK – gelebter Klimaschutz – mehr Infos: Tel. 488 2161, www.sdk.lu und bei<br />

Eine Aktion der SDK mit ihren Partnern:


76 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

IMMOBILIER & CONSTRUCTION<br />

Bauhärepräis OAI 2020:<br />

Château d’eau, Ban de Gasperich<br />

Maitre d’ouvrage mentionné: Ville de Luxembourg, service des eaux<br />

Le château d’eau, qui alimente en eau le quartier du Ban de<br />

Gasperich, est sorti lauréat d’un concours d’architecture en<br />

2013. Localisé à la jonction d’autoroutes reliant Est-Ouest<br />

et Nord-Sud il a été, pour Jim Clemes Associates, l’occasion<br />

de poser la question de l’intégration esthétique des ouvrages<br />

techniques dans le paysage et le vécu d’une telle structure<br />

dans les angles de perception en mouvement. Habillé d’une<br />

structure métallique blanche en bandes d’aluminium tissé,<br />

rappelant de la dentelle, le château d’eau présente une image<br />

unique. La façade métallique ajourée, tel un plan d’eau<br />

dans un parc, capte et reflète la lumière, en projetant une<br />

image perpétuellement changeante. Une mise en lumière<br />

sophistiquée l’accompagne en soirée. Le tissage en dentelle<br />

souligne la préciosité de l’eau en tant que denrée de plus en<br />

plus rare. Le château d’eau a été inauguré en 2018.<br />

Jim Clemes Associates<br />

Avez-vous des conseils à donner à de<br />

futurs maitres d’ouvrage?<br />

L’accompagnement du maitre d’ouvrage<br />

est aussi essentiel que celui des équipes<br />

de maitrise d’œuvre dans la réalisation<br />

d’un projet. Il est indispensable de garder<br />

la mémoire des choix techniques et<br />

architecturaux tout au long du projet. Pour<br />

cela il est important de mettre en place les<br />

personnes qui pourront assurer la continuité<br />

du processus de réalisation de l’ouvrage.<br />

Comment s’est passée votre collaboration<br />

avec l’équipe des concepteurs?<br />

Le projet a été remporté suite à un concours<br />

par l’équipe formée par les architectes de<br />

Jim Clemes Associates et les ingénieurs de<br />

Schroeder & Associés. Ils avaient proposé<br />

un projet à l’image architecturale forte<br />

et techniquement réfléchie. Nous avons<br />

mené quelques réunions de conception<br />

technique où chacun était à l’écoute des<br />

problématiques de l’autre, pour trouver les<br />

solutions les plus pertinentes. Les échanges<br />

ont toujours été très constructifs et le projet<br />

est à l’image du travail réalisé. n<br />

Ingénieur-conseil: Schroeder & Associés Ingénieurs-Conseils S.A.<br />

Architecte: Jim Clemes Associates<br />

BAUHÄREPRÄIS OAI 2020<br />

MENTION<br />

ORDRE DES ARCHITECTES ET DES INGÉNIEURS-CONSEILS<br />

O A I<br />

BAUHÄREPRÄIS OAI 2020<br />

Quels enseignements tirez-vous de votre<br />

expérience en tant que maitre d’ouvrage?<br />

Nos équipes gèrent de nombreux projets et<br />

nous avons conscience que chacun d’entre<br />

eux est unique. Il est indispensable d’adapter<br />

notre gestion aux impératifs de chaque projet.<br />

Dans le cadre de la réalisation du château<br />

d’eau de Gasperich, nous devions également<br />

répondre à un défi urbain et mettre en œuvre<br />

un édifice marqueur du nouveau quartier de<br />

Luxembourg Gasperich.<br />

Porter un projet emblématique du territoire<br />

et mettre en valeur le travail des équipes du<br />

service des eaux de la Ville de Luxembourg fût<br />

une mise en lumière des qualités individuelles<br />

et collectives de nos collaborateurs.<br />

Commentaire du jury<br />

«Repère emblématique placé stratégiquement»<br />

Article réalisé en partenariat avec l’OAI et<br />

s’inscrivant dans une série destinée à présenter<br />

les maitres d’ouvrage du secteur communal<br />

distingués lors du Bauhärepräis OAI 2020.<br />

Plus d’informations sur www.bhp.lu.


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

77<br />

Bauhärepräis OAI 2020:<br />

Extension maison relais Woiwer<br />

Maitre d’ouvrage nominé: administration communale de Differdange<br />

En raison du besoin d’espace accru au vu du nombre d’enfants<br />

à accueillir, le Campus Woiwer existant a été agrandi par un<br />

bâtiment supplémentaire. L’extension, ainsi que la première<br />

construction, se veulent antagonistes par rapport au bâtiment<br />

initial un peu triste, de par leurs formes arrondies et fluides.<br />

Sa construction en bois présente plusieurs avantages de taille,<br />

tels que la durabilité et une période de construction réduite.<br />

Steve Troes<br />

Quels enseignements tirez-vous de<br />

votre expérience en tant que maitre<br />

d’ouvrage?<br />

Les constructions en bois ont le très grand<br />

avantage d’impliquer des travaux sur site<br />

beaucoup plus rapides et occasionnant<br />

moins de dérangements (bruit, poussière,…)<br />

que les constructions classiques. Ceci est<br />

d’autant plus important si l’on construit par<br />

exemple une annexe à une école existante<br />

et en service.<br />

Comment s’est passée votre collaboration<br />

avec l’équipe des concepteurs?<br />

Les membres de l’équipe des concepteurs<br />

se connaissaient déjà grâce au premier<br />

projet qui avait été réalisé quelques années<br />

auparavant. Ils ont à nouveau très bien<br />

travaillé ensemble.<br />

De quelle manière vos attentes ont-elles<br />

été prises en compte par les concepteurs?<br />

Les concepteurs ont toujours parfaitement<br />

pris en compte tous nos avis et demandes,<br />

même ceux des futurs utilisateurs du<br />

bâtiment. n<br />

Architecte: Alleva Enzio Architectes & Associés S. à r. l.<br />

Ingénieur structure: MP Ingénieurs-Conseils S. à r. l.<br />

Ingénieur technique: Dalzotto & Associés S. à r. l.<br />

Article réalisé en partenariat avec l’OAI et<br />

s’inscrivant dans une série destinée à présenter<br />

les maitres d’ouvrage du secteur communal<br />

distingués lors du Bauhärepräis OAI 2020.<br />

Plus d’informations sur www.bhp.lu.<br />

BAUHÄREPRÄIS OAI 2020


78 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

IMMOBILIER & CONSTRUCTION<br />

Bauhärepräis OAI 2020:<br />

école fondamentale Rénert<br />

à Berbourg<br />

Maitre d’ouvrage nominé: SYNECOSPORT<br />

Le nouveau bâtiment scolaire de l’école fondamentale<br />

«Rénert» à Berbourg complète l’offre du campus scolaire<br />

du syndicat intercommunal. Construit sur un terrain étroit<br />

et long, le nouveau bâtiment est implanté en flanc de colline<br />

en tenant compte de la topographie du terrain pour laisser<br />

libre place à la cour d’école. Le choix architectural des façades<br />

en bois et des toitures vertes a généré une bonne intégration<br />

de l’ensemble construit dans le paysage naturel des vergers<br />

adjacents. La mise en place d’ouvertures zénithales et de<br />

patios intérieurs garantit un éclairage naturel généreux à<br />

l’intérieur de l’école.<br />

Neckel Scholtus<br />

Quels enseignements tirez-vous de votre<br />

expérience en tant que maitre d’ouvrage?<br />

Il n’est pas possible de tout planifier à<br />

l’avance, mais il est également nécessaire<br />

d’être flexible lors de la procédure<br />

de construction afin de s’adapter aux<br />

circonstances, tout d’abord par rapport<br />

au terrain et aux autres problèmes qui<br />

surviennent lors de la construction.<br />

Comment s’est passée votre collaboration<br />

avec l’équipe des concepteurs?<br />

C’était une collaboration constructive,<br />

bien que nous avions des avis différents<br />

sur certains points. Nous avons pu nous<br />

mettre d’accord avec l’architecte sur la base<br />

d’arguments et de discussions quant à la<br />

meilleure solution technique et esthétique.<br />

En fin de compte, cela en vaut la peine pour<br />

le constructeur.<br />

De quelle manière vos attentes ont-elles<br />

été prises en compte par les concepteurs?<br />

Ensemble, le constructeur et le concepteur,<br />

nous avons trouvé une utilisation optimale<br />

de l’école dans un contexte de terrain<br />

difficile. n<br />

Architecte: ROMAIN SCHMIZ architectes & urbanistes<br />

Ingénieur structure: Schroeder & Associés Ingénieurs-Conseils S.A.<br />

Ingénieur technique: Jean Schmit Engineering S. à r. l.<br />

Article réalisé en partenariat avec l’OAI et<br />

s’inscrivant dans une série destinée à présenter<br />

les maitres d’ouvrage du secteur communal<br />

distingués lors du Bauhärepräis OAI 2020.<br />

Plus d’informations sur www.bhp.lu.<br />

BAUHÄREPRÄIS OAI 2020


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

79<br />

Bauhärepräis OAI 2020:<br />

crèche «Am Bongert»<br />

Maitre d’ouvrage lauréat: administration communale de Schuttrange<br />

Le choix du mode de construction s’est porté sur une<br />

construction modulaire réalisée en bois et qui permet de<br />

satisfaire un double objectif. D’une part, aspirer à un mode<br />

de construction «temporaire» devant toutefois permettre une<br />

utilisation répondant à des critères de qualité à long terme<br />

de l’édifice. D’autre part, garantir une «transposabilité» des<br />

modules de construction et la possibilité de recomposition des<br />

modules, ceci afin de pouvoir réaliser un nouveau complexe<br />

lors d’une phase de développement ultérieure. Il a été essayé<br />

de concevoir un endroit sympathique pour les bouts de chou<br />

de moins de trois ans, par des installations imaginées de sorte à<br />

refléter leur taille et un choix de matériaux dans le but de donner<br />

une impression de naturel et de rayonnement de chaleur.<br />

Avez-vous des conseils à donner à de<br />

futurs maitres d’ouvrage?<br />

N’hésitez pas à avoir recours à la<br />

construction modulaire de haute qualité.<br />

De quelle manière vos attentes ont-elles<br />

été prises en compte par les concepteurs?<br />

Le projet a été développé en étroite<br />

collaboration avec le maitre d’ouvrage<br />

et le futur exploitant des structures. Les<br />

bâtiments ainsi réalisés répondent aux<br />

attentes de toutes les parties et ont été<br />

achevés à la pleine satisfaction de ces<br />

dernières. n<br />

Architecte: Elementar S. à r. l.<br />

Ingénieur-conseil: AuCarré Ingénieurs-conseils S. à r. l..<br />

BAUHÄREPRÄIS OAI 2020<br />

LAURÉAT<br />

ORDRE DES ARCHITECTES ET DES INGÉNIEURS-CONSEILS<br />

O A I<br />

BAUHÄREPRÄIS OAI 2020<br />

Quels enseignements tirez-vous de<br />

votre expérience en tant que maitre<br />

d’ouvrage?<br />

La construction modulaire préfabriquée<br />

permet de réaliser à court terme de très<br />

beaux projets de haute qualité.<br />

Comment s’est passée votre collaboration<br />

avec l’équipe des concepteurs?<br />

La collaboration entre les concepteurs, le<br />

constructeur et le maitre d’ouvrage était<br />

professionnelle et se déroulait dans une<br />

ambiance amicale.<br />

Commentaire du jury<br />

«Modestie, en sus de l’accueil des enfants<br />

un accueil des parents réussi, rigidité<br />

aménagement spatial intéressant, module<br />

amovible»<br />

Article réalisé en partenariat avec l’OAI et<br />

s’inscrivant dans une série destinée à présenter<br />

les maitres d’ouvrage du secteur communal<br />

distingués lors du Bauhärepräis OAI 2020.<br />

Plus d’informations sur www.bhp.lu.


80 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

IMMOBILIER & CONSTRUCTION<br />

MERCREDI 21 AVRIL 2021<br />

Démocratiser le marché foncier local<br />

Le 21 avril dernier s’est déroulée sur le site de Luxexpo The Box une table ronde<br />

publique sur le thème des communes et du logement abordable au Luxembourg.<br />

Sous l’égide de l’OAI, en partenariat avec le Syvicol, des invités de marque tels<br />

que Henri Kox et Taina Bofferding, respectivement ministres du Logement et de<br />

l’Intérieur, ont pu échanger et poser les jalons d’une future politique grand-ducale<br />

d’accessibilité universelle au logement en présence de Maurice Bauer, échevin de la<br />

Ville de Luxembourg, Émile Eicher, président du Syvicol, ainsi que le président de<br />

la Chambre immobilière Jean-Paul Scheuren.<br />

En prélude à ce débat, les études des architectes Arlette Schneiders, Jonas et Beng<br />

ont tous trois présenté des exemples de réalisation en la matière. L’ensemble de<br />

l’assistance présentielle et virtuelle a également pu apprécier les interventions de<br />

Josef Mathis, bourgmestre de la commune autrichienne de Zwischenwasser, et<br />

d’Antoine Paccoud, géographe social au LISER, grâce à leur travail de fond visant<br />

à établir des diagnostics et à élaborer des solutions concrètes à la démocratisation<br />

du marché foncier local.<br />

1. De gauche à droite: première rangée: Emile Eicher, président du Syvicol; Taina Bofferding, ministre de l’Intérieur;<br />

Henri Kox, ministre du Logement; Maurice Bauer, échevin de la Ville de Luxembourg.<br />

Deuxième rangée: Jean-Paul Scheuren, président de la Chambre Immobilière; Sala Makumbundu, secrétaire générale<br />

de l’OAI; Pierre Hurt, directeur de l’OAI.<br />

Photos © Christof Weber<br />

1


Le logement Triple A<br />

Accessible - Abordable - Accompagné<br />

Le promoteur social<br />

www.abitatio.lu<br />

Le bailleur social<br />

www.ais.lu<br />

L’inclusion sociale<br />

www.accompagnement.lu<br />

Une fondation, 3 départements<br />

Contactez-nous au 26 48 39 52 ou par email : info@fondation-logement.lu<br />

www.fondation-logement.lu<br />

202b, rue de Hamm L-1713 Luxembourg


Gilles Hempel


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

83<br />

IMMOBILIER & CONSTRUCTION<br />

Aux origines de la gestion<br />

locative sociale<br />

La Fondation pour l’Accès au Logement (FAL) est le gestionnaire<br />

de l’Agence Immobilière Sociale (AIS) qui œuvre à<br />

l’inclusion sociale par le logement. Créée en 2009, l’AIS est le<br />

fruit d’une idée qui a mûri durant presque une décennie. Gilles<br />

Hempel, directeur de la FAL, revient sur l’histoire de l’agence<br />

et son rôle pionnier en matière de gestion locative sociale.<br />

Quelles sont les origines de l’AIS?<br />

Les origines remontent à peu près au<br />

tournant du millénaire. La situation du<br />

logement n’était pas aussi grave qu’aujourd’hui<br />

mais la pénurie s’approchait à<br />

grands pas. D’ailleurs, les logements sociaux<br />

n’existaient pas ou très peu au Luxembourg<br />

contrairement à son voisin français par<br />

exemple. Pourtant, déjà à l’époque, il était<br />

très difficile pour les personnes à revenus<br />

plus modestes de se loger sur le marché<br />

immobilier luxembourgeois. De plus, les<br />

travailleurs sociaux constataient que leurs<br />

efforts vis-à-vis des plus vulnérables étaient<br />

vains. En effet, il est difficile de sortir d’une<br />

détresse psychologique, d’une dépendance<br />

à la drogue, de trouver un travail ou une<br />

formation lorsque l’on n’a pas de domicile<br />

adapté.<br />

C’est ainsi qu’à partir de 2000, plusieurs<br />

travailleurs sociaux ont organisé des<br />

groupes de travail et des plateformes afin de<br />

discuter d’une agence immobilière sociale<br />

au Luxembourg, à l’image du modèle qui<br />

existait en Belgique. Grâce à ce système, les<br />

travailleurs sociaux peuvent se concentrer<br />

sur leurs activités et leur cœur de métier,<br />

tandis que l’agence s’occupe du volet<br />

logement. Ce dernier est primordial mais<br />

n’est pas une fin en soi, c’est un moyen pour<br />

favoriser l’inclusion sociale<br />

Cependant, l’AIS a été créée presque dix<br />

années plus tard, en 2009. Pourquoi?<br />

L’idée de l’AIS a d’abord été reprise<br />

dans le Plan d’Action National pour<br />

l’Inclusion Sociale (PANincl.) en 2003,<br />

puis est devenue une priorité politique<br />

dans la mouture 2006-2008 du PANincl.,<br />

et maintenue pour la suivante (2008-2010)<br />

avant de voir le jour en 2009. Durant toutes<br />

ces années, la Wunnengshëllef et EAPN<br />

Lëtzebuerg, la branche luxembourgeoise<br />

du European Anti Poverty Network, ont<br />

promu l’AIS et revendiqué la création<br />

d’une telle agence, cela parallèlement à<br />

une aggravation de la problématique du<br />

logement au Luxembourg.<br />

“Le logement<br />

est primordial mais<br />

n’est pas une fin en<br />

soi, c’est un moyen<br />

pour favoriser<br />

l’inclusion sociale”<br />

Au cours du deuxième semestre 2008, le<br />

ministère de la Famille et le ministère du<br />

Logement ont proposé à la Wunnengshëllef<br />

et EAPN Lëtzebuerg de créer ensemble<br />

une fondation susceptible de gérer l’AIS,<br />

qui dès la création de l’entité juridique<br />

pourrait recevoir un financement sur base<br />

d’une convention avec l’État. La Fondation<br />

pour l’Accès au Logement (FAL) a été<br />

fondée le 3 février 2009 et, le 28 septembre,<br />

l’AIS a finalement ouvert ses portes.<br />

L’AIS peut-elle donc être considérée<br />

comme pionnière de la gestion locative<br />

sociale au Luxembourg?<br />

Nous sommes le pionnier mais également<br />

l’acteur majeur de la gestion locative sociale<br />

(GLS) au Grand-Duché. Nous sommes<br />

fiers du chemin parcouru. En tant que<br />

Fondation, l’idée n’était pas d’avoir un<br />

maximum de marché, mais de promouvoir<br />

une idée et de la développer.<br />

Fort du succès de l’AIS, l’État a généralisé<br />

le principe de gestion locative sociale<br />

pour mobiliser les logements inoccupés<br />

et les mettre à disposition des ménages<br />

temporairement en difficulté financière.<br />

Environ 1.000 logements sont ainsi<br />

concernés par le marché de la GLS, dont<br />

environ 40% sont aujourd’hui gérés par<br />

l’AIS. De plus, nous assurons la gestion de<br />

200 logements étatiques, qui ne tombent<br />

pas sous le champ d’application de la GLS.<br />

Au fil des années, l’AIS a été rejointe<br />

progressivement par une trentaine d’autres<br />

acteurs aujourd’hui tous conventionnés<br />

par le ministère du Logement. Certaines<br />

communes s’occupent de ce volet ellesmêmes,<br />

mais la moitié d’entre-elles<br />

travaillent avec l’AIS, cela dépend de la<br />

politique communale.<br />

Comment voyez-vous l’avenir de la<br />

gestion locative sociale au Luxembourg?<br />

La gestion locative sociale est aujourd’hui<br />

vue comme un tremplin pour retourner sur<br />

le premier marché immobilier. Ce système<br />

fonctionne très bien. Nous restons malgré<br />

tout confrontés à des problèmes d’ordre<br />

conjoncturel car les prix de l’immobilier<br />

s’envolent. En effet, nous travaillons avec<br />

des personnes vulnérables qui n’auront<br />

pas forcément les moyens financiers pour<br />

atteindre le premier marché immobilier.<br />

C’est pourquoi il faut amener de nouvelles<br />

solutions comme nous le faisons avec<br />

Abitatio qui est notre département dédié à<br />

la promotion immobilière sociale.<br />

Selon moi, l’État devrait se pencher sur la<br />

construction de logements sociaux locatifs<br />

pour faire face à cette problématique.<br />

La gestion locative sociale n’est, et<br />

restera, qu’une solution transitoire pour<br />

accompagner les ménages à revenus plus<br />

modestes et pour faciliter l’inclusion<br />

sociale. n<br />

Agence Immobilière Sociale<br />

202b, rue de Hamm<br />

L-1713 Luxembourg<br />

www.ais.lu


84 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

BRÈVES COMMUNALES – NORD<br />

PAR PIERRE BIRCK<br />

WEISWAMPACH<br />

La commune recherche des agents<br />

recenseurs. Suite au report du<br />

recensement général de la population,<br />

les inscriptions peuvent être<br />

introduites jusqu’au 30 juin 2021.<br />

L’âge minimum a été réduit à 16<br />

ans. Les montants minimaux alloués<br />

seront les suivants: 25 euros pour la<br />

participation à la séance de formation,<br />

1 euro par immeuble recensé, 2 euros<br />

par logement recensé.<br />

<br />

Source: weiswampach.lu<br />

PUTSCHEID<br />

L’administration communale met<br />

en vente huit places à bâtir dans<br />

un nouveau lotissement dénommé<br />

«Kiert» dans la rue de Wahlhausen à<br />

Merscheid au prix de 36.000 euros<br />

l’are. Dans une première phase<br />

d’attribution qui s’est terminée le<br />

31 mai, les lots seront attribués aux<br />

parties intéressées remplissant les<br />

critères spéciaux définis dans le<br />

cahier des charges.<br />

<br />

Source: putscheid.lu<br />

ESCH-SUR-SÛRE<br />

La campagne «Change the Future» a<br />

été mise en place par l’Alliance pour<br />

le climat. L’administration communale<br />

d’Esch-sur-Sûre y participe. L’objectif<br />

est de promouvoir les initiatives qui<br />

contribuent à l’environnement où à<br />

l’amélioration de la vie quotidienne.<br />

Il s’agit de choisir des activités à<br />

compléter et commencer à accumuler<br />

des “Points de changement”, que ce<br />

soit en tant qu’individu ou en équipe<br />

(voisins, famille, collègues ou amis). La<br />

campagne convient aussi parfaitement<br />

aux écoles et entreprises.<br />

<br />

Source: esch-sur-sure.lu<br />

DIEKIRCH<br />

Une partie de l’histoire de Diekirch,<br />

mais aussi du Luxembourg, s’en<br />

est allée dans la nuit du 18 avril.<br />

Un incendie a eu lieu sur le site de<br />

l’ancienne brasserie. Le drame n’a pas<br />

fait de victime. La piste de l’incendie<br />

criminel n’est pas écartée.<br />

<br />

Source: diekirch.lu<br />

<br />

WILTZ<br />

La première édition du nouveau magazine bilingue (allemand<br />

et français) de la commune de Wiltz, «De Jan», est parue au<br />

mois d’avril et a été distribuée à tous les ménages du territoire<br />

communal. Celle-ci s’intéresse notamment aux projets de<br />

budget 2021, à l’extension de l’école «Schoulkauz» ou encore<br />

à la rénovation de l’Hôtel de Ville. Le nom du magazine fait<br />

référence au «Grof Jan», le comte populaire qui fit construire le<br />

Château de Wiltz en 1631. «De Jan» est également disponible<br />

en version numérique.<br />

<br />

Source: wiltz.lu<br />

CLERVAUX<br />

La «Lauschtour» est une visite audio-guidée de la ville de<br />

Clervaux. Il est ainsi possible de découvrir le château comtal,<br />

la bataille des Ardennes ou l’exposition photographique «The<br />

Family of Man» à l’aide de son smartphone. Les contenus<br />

audios démarrent automatiquement avec l’activation GPS.<br />

Il suffit de télécharger l’application «Lauschtour». La visite<br />

commence dans la vieille ville.<br />

<br />

Source: clervaux.lu<br />

DIEKIRCH<br />

Le collège des bourgmestre et échevins tient à informer ses<br />

citoyens que les caméras installées depuis peu sur les panneaux<br />

de signalisation à Diekirch servent au comptage des voitures<br />

que le bureau d’études Schroeder & Associés SA est en train<br />

d’exécuter pour l’Administration des Ponts et Chaussées.<br />

<br />

Source: diekirch.lu<br />

Jean-Pol GRANDMONT, CC BY-SA 3.0 LU, via Wikimedia Commons<br />

WINCRANGE<br />

Afin de garantir davantage de sécurité<br />

au sein de ses localités, la commune<br />

de Wincrange a introduit des zones<br />

à 30 km/h sur certains tronçons. Les<br />

travaux relatifs à ce projet seront<br />

finalisés en juin de cette année.<br />

<br />

Source: wincrange.lu<br />

PARC HOSINGEN<br />

La commune offre gratuitement dix<br />

ampoules LED E27 à ses citoyens<br />

grâce au programme enoprimes<br />

d’Enovos. Ces ampoules permettent<br />

d’effectuer des économies d’énergie.<br />

Le retrait des kits de LED se fait<br />

uniquement sur rendez-vous: du<br />

1 er avril au 31 septembre 2021.<br />

<br />

Source: hosingen.lu<br />

ETTELBRUCK<br />

Les taxes de stationnement ont changé<br />

depuis le 1 er avril. Le parking Deich est<br />

aujourd’hui payant, tout comme le secteur<br />

«disque» de la rue de Burden et de la rue<br />

de Welscheid jusqu’à hauteur de la rue<br />

Bourschterbach. Les zones de parking<br />

résidentiel ont également été adaptées.<br />

Le plan et les tarifs sont disponibles sur le<br />

site internet de la commune.<br />

<br />

Source: ettelbruck.lu<br />

SCHIEREN<br />

Le collège échevinal, en collaboration<br />

avec le Tennis-Club Schieren, a décidé<br />

de mettre en location la buvette<br />

du club pour y installer un caférestaurant.<br />

L’objectif de cette initiative<br />

consiste à créer un lieu de rencontre<br />

convivial pour répondre aux besoins<br />

des membres du club mais aussi des<br />

habitants de la commune et alentours.<br />

<br />

Source: schieren.lu<br />

WAHL<br />

La commune participe aux semaines<br />

Fairtrade organisées chaque année<br />

par l’ONG Fairtrade Luxembourg.<br />

L’objectif est de créer un monde plus<br />

équitable envers les producteurs et<br />

travailleurs du Sud en choisissant des<br />

produits certifiés lors des achats de<br />

tout un chacun.<br />

<br />

Source: wahl.lu


WAKO, à votre service depuis plus de 90 ans !<br />

• Fenêtres, portes et coulissants fabriqués au Luxembourg<br />

• Aluminium Aliplast, Schüco et PVC Schüco<br />

• Volets roulants, stores extérieurs, moustiquaires<br />

• Portes de garages<br />

• Vérandas, pergolas, marquises<br />

• Motorisation stores & volets<br />

Un montage soigné par des équipes de pose qualifiées<br />

WAKO S.A.<br />

T. +352 58 80 65<br />

Z.A.C. Haneboesch II<br />

L-4563 Differdange<br />

info@wako.lu<br />

www.wako.lu


86 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

DÉVELOPPEMENT DURABLE<br />

Économie circulaire<br />

et bâtiment:<br />

une transition incontournable<br />

Lentement, une révolution s’opère. À mesure que les ressources naturelles s’amenuisent et<br />

que l’environnement se dégrade, nuisant au passage à la santé publique et au bien-être des êtres<br />

humains, le secteur de la construction s’engage sur la voie de la transition. Jérémy Van Leeuwen<br />

et Elise Rein, respectivement ingénieur énergétique et Team Manager du «Pôle Sud», le service<br />

de Betic Ingénieurs-Conseils dédié à la conception durable, évoquent les domaines d’expertise<br />

dans lesquels ils se sont spécialisés pour accompagner ce changement de paradigme.<br />

Elise Rein et Jérémy Van Leeuwen


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

87<br />

Quels sont les aspects à considérer pour<br />

créer des bâtiments ayant un impact<br />

positif sur l’environnement mais aussi<br />

sur le bien-être, le confort et la santé de<br />

leurs occupants?<br />

ER: Dans la construction, contrairement<br />

aux aspects liés à l’efficacité énergétique des<br />

bâtiments, les facteurs environnementaux ont<br />

longtemps échappé à toute considération,<br />

tout comme ceux liés à la santé ou encore au<br />

bien-être des occupants. Mais aujourd’hui,<br />

ces derniers prennent clairement une place<br />

prépondérante dans les projets. Jusqu’à<br />

présent, on ne se souciait guère que des<br />

économies d’énergie, c’est-à-dire de la<br />

consommation énergétique des bâtiments.<br />

Désormais, de nouvelles questions se<br />

posent, notamment en raison de la crise<br />

environnementale mais aussi de la crise<br />

sanitaire actuelle, et nous cherchons donc<br />

à agir sur d’autres paramètres comme la<br />

consommation d’eau, la qualité de l’air<br />

intérieur ou le confort acoustique des<br />

occupants. La crise sanitaire a souligné<br />

l’importance de ces deux derniers éléments.<br />

Confinés dans nos intérieurs, nous<br />

sommes forcément plus sensibles à une<br />

bonne acoustique ainsi qu’à une bonne<br />

qualité de l’air, pas seulement en termes<br />

de concentration du virus, mais aussi de<br />

polluants. Nous sommes sans conteste dans<br />

une période de transition, où nos manières<br />

de penser changent. Jusqu’alors, nous produisions<br />

des biens, les utilisions, puis nous nous<br />

en débarrassions. Aujourd’hui, nous sommes<br />

conscients que les ressources dont nous<br />

disposons sur Terre ne sont pas illimitées.<br />

C’est pourquoi nous basculons d’une logique<br />

linéaire à une approche circulaire et durable.<br />

JVL: Cela fait effectivement quatre ans<br />

qu’ont été initiés des programmes qui<br />

permettent de prendre en compte, aux côtés<br />

des aspects énergétiques, des éléments plutôt<br />

environnementaux, notamment en ce qui<br />

concerne les matériaux de construction.<br />

Plus leur incidence environnementale sera<br />

faible et leur production peu énergivore,<br />

plus ceux-ci permettront de diminuer<br />

l’empreinte écologique du secteur. La façon<br />

de les mettre en œuvre rentre également en<br />

jeu. En réfléchissant dès la construction au<br />

démontage et à la séparabilité des différents<br />

matériaux en fin de vie du bâtiment, une<br />

réintroduction dans leur cycle de production<br />

est donc possible. On privilégiera par exemple<br />

les fixations mécaniques et l’utilisation de<br />

matériaux écologiques et renouvelables.<br />

Ces derniers sont également plus sains, et<br />

préservent la santé des occupants et des<br />

travailleurs du secteur de la construction.<br />

“Nous basculons<br />

d’une logique<br />

linéaire à une<br />

approche circulaire<br />

et durable”<br />

Il existe diverses possibilités de subvention<br />

et de certification qui encouragent<br />

les maitres d’ouvrage et maitres d’œuvre<br />

à construire plus sainement, aussi bien<br />

pour l’environnement que pour les<br />

occupants. Quelles sont-elles?<br />

JVL: Les subventions et certifications<br />

concernent aussi bien les rénovations<br />

énergétiques – qui représentent le plus grand<br />

potentiel d’économie – que les constructions<br />

neuves. Pour les logements, l’État a déployé<br />

un programme d’aides, dit PRIMe House,<br />

qui permet d’encourager la rénovation<br />

énergétique durable des habitations existantes<br />

et de soutenir les nouvelles constructions<br />

durables. De plus, la certification Lenoz a<br />

été introduite pour amorcer la transition vers<br />

des bâtiments durables. Elle sert en outre de<br />

base afin de fixer certains critères essentiels<br />

à l’obtention des aides étatiques dans les<br />

bâtiments neufs. D’autres types d’aides<br />

sont directement adressées aux communes<br />

via le Fonds Climat et Énergie. Elles leur<br />

permettent de soutenir les projets en matière<br />

d’efficacité énergétique et de promotion des<br />

énergies nouvelles et renouvelables. Du côté<br />

des entreprises, l’obtention d’une prime ou<br />

d’une certification relève plutôt de démarches<br />

volontaires dans le cadre d’audits pour<br />

améliorer leur processus ou l’utilisation de<br />

leurs outils.<br />

ER: En ce qui concerne le confort, le<br />

bien-être et la santé des occupants d’un<br />

bâtiment, la certification WELL peut être<br />

considérée comme la référence, bien qu’elle<br />

ne commence seulement qu’à s’implanter en<br />

Europe. Avec l’appui du groupe VK Architects<br />

& Engineers, dont nous faisons partie et qui<br />

comprend bon nombre de spécialistes en<br />

la matière, nous entendons bien acquérir<br />

l’expertise nécessaire pour offrir aux maitres<br />

d’ouvrage luxembourgeois une approche<br />

globale de la santé et du bien-être dans les<br />

bâtiments, notamment via cette certification.<br />

J’ai le sentiment qu’elle devrait véritablement<br />

être développée au Luxembourg (où les<br />

critères de qualité exigés dans la construction<br />

sont très élevés) car c’est un excellent moyen<br />

de promouvoir un bâtiment respectueux du<br />

bien-être et de la santé de ses occupants.<br />

Malgré ces encouragements, quels sont<br />

les principaux freins à la réalisation de<br />

tels projets?<br />

JVL: Dans certains cas, cela peut être des<br />

coûts qui se révèleraient plus importants.<br />

Dans cette période de transition que nous<br />

vivons, le marché de la construction durable<br />

n’est pas encore assez développé. Il faut<br />

revoir nos façons de penser nos bâtiments en<br />

tentant d’éviter certains coûts superflus pour<br />

consacrer une partie du budget à des postes<br />

liés au bien-être, à la santé ou encore à la<br />

fonctionnalité. Il peut également y avoir des<br />

freins techniques, soit parce que les nouveaux<br />

procédés n’ont pas encore totalement fait<br />

leurs preuves, soit parce que certaines<br />

expertises doivent encore être développées.<br />

ER: Il arrive en effet que les maitres d’œuvre<br />

manquent d’expertise pour valider certains<br />

concepts novateurs. La construction en bois<br />

est une excellente alternative pour construire<br />

durablement mais l’un des principaux freins


88 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

DÉVELOPPEMENT DURABLE<br />

à ce type de projet au Luxembourg est la<br />

sécurité incendie. En effet, les limitations qui<br />

sont imposées sont en réalité calibrées pour<br />

les constructions en béton. Or, aujourd’hui,<br />

nous manquons d’experts locaux capables de<br />

certifier la résistance au feu d’un bâtiment en<br />

bois. À nouveau, notre intégration au groupe<br />

VK, qui possède un service d’experts incendie,<br />

devrait nous permettre de combler cette<br />

lacune en offrant, à terme, ce savoir-faire sur<br />

le marché luxembourgeois. Ce n’est qu’un<br />

exemple parmi d’autres car plusieurs domaines<br />

d’expertise sont relativement sous-représentés<br />

au Grand-Duché en raison de la taille du<br />

marché.<br />

Votre équipe «Pôle Sud» est justement<br />

dédiée à la conception durable. Quelles<br />

sont les missions et les expertises<br />

spécifiques de ce service?<br />

ER: Nous avons créé le «Pôle Sud» il y a<br />

quelques années seulement, justement pour<br />

développer tous les métiers qui accompagnent<br />

cette transition de pensée. Notre<br />

cœur de métier était l’ingénierie technique<br />

et, par conséquent, toutes les compétences<br />

liées à l’environnement, aux économies<br />

d’énergie ou à la qualité des matériaux de<br />

construction, étaient disséminées auprès de<br />

différents membres du bureau. Nous avons<br />

décidé de les centraliser au sein d’une équipe<br />

spécifique afin de nous perfectionner dans<br />

ces domaines. Initialement, le «Pôle Sud»<br />

était spécialisé dans la certification de la<br />

performance énergétique des bâtiments puis<br />

a étendu ses activités en accompagnant les<br />

maitres d’ouvrage dans leurs démarches de<br />

demande de subsides, dans le développement<br />

de concepts énergétiques innovants<br />

qui maximisent le recours aux énergies<br />

renouvelables ou encore dans la réalisation<br />

de simulations thermiques dynamiques<br />

permettant de vérifier et d’optimiser le<br />

confort. En parallèle, nous nous sommes<br />

intéressés à la physique du bâtiment et au<br />

traitement des nœuds constructifs, ainsi<br />

qu’à l’accompagnement pour construire<br />

de manière plus durable. Enfin, le «Pôle<br />

Sud» accompagne les maitres d’ouvrage<br />

dans l’élaboration des dossiers commodoincommodo,<br />

qui traitent de tous les aspects<br />

qui ont un impact sur la sécurité des<br />

occupants et/ou sur l’environnement.<br />

JVL: L’équipe a également la charge des<br />

audits énergétiques, principalement pour les<br />

bâtiments fonctionnels ou industriels. Nous<br />

travaillons par exemple à l’amélioration des<br />

systèmes de filtration des piscines de Mamer,<br />

du Limpersberg et d’Esch-sur-Alzette.<br />

L’objectif est de proposer des solutions qui<br />

permettent de réduire la consommation d’eau<br />

dans le processus de contre-lavage des filtres.<br />

L’idée, lorsque nous accompagnons un client<br />

qui possède un large parc immobilier, comme<br />

une commune, est de l’aider à déterminer<br />

où intervenir en priorité pour obtenir<br />

rapidement les résultats les plus significatifs.<br />

Quand et comment l’équipe «Pôle Sud»<br />

intervient-elle?<br />

ER: Dans le cas d’un bâtiment neuf qui se<br />

voudrait innovant, notre équipe prendra part<br />

au projet dès le début de la phase d’étude.<br />

Cette intervention précoce est essentielle au<br />

développement d’un concept novateur car<br />

bon nombre de choix doivent être arrêtés<br />

très tôt et acceptés par l’ensemble des<br />

acteurs du projet. Il est très important que<br />

ceux-ci soient conscientisés aux objectifs<br />

écologiques qui sont fixés et comprennent<br />

le bien-fondé de chaque décision. Ensuite,<br />

durant l’exécution du projet et jusqu’à la<br />

fin de celui-ci, nous vérifions que tout ait<br />

été réalisé comme convenu. Lorsqu’elle<br />

intervient sur des bâtiments existants, notre<br />

équipe cherche à exploiter au mieux ce qui<br />

a déjà été construit pour ne pas avoir à bâtir<br />

du neuf. Ce serait la solution de facilité qui<br />

nous ramènerait à la logique de l’économie<br />

linéaire que nous tentons d’abandonner! n<br />

Betic S.A.<br />

2, Route de Luxembourg<br />

L-4972 Dippach<br />

5, Zac Salzbaach<br />

L-9559 Wiltz<br />

www.betic.lu


Nous célébrons avec vous<br />

le tournant énergétique<br />

l Service optimal d’ingénierie d'installation photovoltaïque<br />

l Rentabilité maximale<br />

l Solutions sur-mesure<br />

AVANTAG Energy s.à r.l.<br />

51, route de Wasserbillig<br />

L-6686 Mertert<br />

Tél. +352 267 140 61<br />

info@avantag-energy.com<br />

www.avantag-energy.com


90 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

DÉVELOPPEMENT DURABLE<br />

Et la lumière fit…<br />

Avantag Energy!<br />

Au milieu du printemps d’une année économiquement difficile pour nombre d’entreprises<br />

et sociétés au Grand-Duché comme dans le monde entier, nous sommes allés à la rencontre<br />

du jeune et visionnaire assistant de direction d’Avantag Energy, Philipp Rass. Le fils d’Uli<br />

Rass, co-fondateur et dirigeant de cette société florissante spécialisée dans les installations<br />

photovoltaïques, fait un bref tour d’horizon et nous livre son point de vue.<br />

Quels sont vos projets en cours et à<br />

venir au Luxembourg et en Allemagne?<br />

Avantag Energy a récemment mis en œuvre<br />

un projet à Sanem en faveur de la société<br />

autrichienne Kronospan. C’est là-bas que<br />

nous avons construit le plus grand système<br />

photovoltaïque sur toiture du Luxembourg<br />

pour alimenter le réseau local avec près de<br />

5 mégawatts crête (MWc). Depuis janvier<br />

2021, tout fonctionne parfaitement au<br />

quotidien. Nous avons également prévu<br />

de construire prochainement une structure<br />

encore plus conséquente pouvant atteindre<br />

9,5 MWc dans la région de Munich.<br />

Quels obstacles votre entreprise a-t-elle<br />

rencontrés dans ce contexte de crise<br />

sanitaire?<br />

Nous avons eu la chance de sentir faiblement<br />

cette crise. La plupart de nos clients<br />

venant de la logistique, cette industrie<br />

a plutôt bénéficié de la crise. Grâce à<br />

l’explosion des commandes «en ligne»,<br />

de nombreux hangars logistiques ont vu<br />

le jour. Évidemment, lorsque nos clients<br />

se portent bien, nous allons généralement<br />

bien aussi. Cependant, nous constatons<br />

une augmentation significative des prix<br />

des matières premières telles que l’acier, le<br />

cuivre, l’aluminium, le silicium, etc. Bien<br />

entendu, cela entraîne une augmentation<br />

de nos prix d’achat. Notre marché n’a pas<br />

encore été durement touché mais il est clair<br />

que tôt ou tard, il faudra se montrer plus<br />

créatif pour affronter de telles situations.<br />

Une installation photovoltaïque est essentiellement<br />

un produit d’investissement,<br />

or si les coûts augmentent, le retour sur<br />

investissement diminue pour le consommateur<br />

final. Cela va devenir un risque à<br />

intégrer à l’avenir. Tôt ou tard, la hausse<br />

des prix réduira la demande dans divers<br />

segments. Ceci dit, nous vivons une époque<br />

passionnante.<br />

De quelles pénuries souffrez-vous exactement?<br />

À l’heure actuelle, nous assistons à<br />

une pénurie de matières premières sur<br />

l’ensemble du marché mondial, et qui<br />

prédomine pour un large éventail de<br />

produits bruts. Par conséquent, ces<br />

matières premières et les produits en étant<br />

issus deviennent à la fois plus onéreux et<br />

moins disponibles. Cela peut concerner par<br />

exemple les modules solaires et les sousstructures<br />

nécessaires à leur installation<br />

sur les toits, ou encore de simples câbles<br />

servant aux installations photovoltaïques.<br />

“Une installation<br />

photovoltaïque<br />

est essentiellement<br />

un produit<br />

d’investissement”<br />

Comme nous avons la chance de pouvoir<br />

travailler sur le long terme avec nos<br />

fournisseurs et d’avoir conclu des contrats<br />

d’approvisionnement à longue échéance, ces<br />

pénuries et difficultés d’approvisionnement<br />

ne nous ont guère affectés jusqu’à présent.<br />

De plus, nous avons prévu des solutions de<br />

précaution, notamment en constituant des<br />

stocks. Néanmoins, la situation actuelle<br />

complique notre planification et nous met<br />

au défi de trouver une issue adéquate à<br />

l’évolution du marché. Ceci étant, cette<br />

tendance va s’inverser à moyen terme et le<br />

marché se normalisera à nouveau.<br />

Dans l’ensemble, on peut quand même<br />

continuer à observer un nombre important<br />

et grandissant d’investisseurs (par rapport<br />

aux projets) désireux d’investir dans<br />

notre domaine d’activité. Or, si autant<br />

d’investisseurs se pressent autour d’un<br />

produit ou d’un marché, c’est toujours le<br />

signe qu’il y a des rendements attractifs et<br />

des avancées utiles à concrétiser. Et le fait<br />

qu’il y ait beaucoup plus d’investisseurs<br />

que de projets est bien sûr un élément<br />

prépondérant pour notre développement.<br />

Voir autant d’entreprises installer des<br />

systèmes photovoltaïques ou simplement<br />

y investir elles-mêmes indique que nous<br />

sommes sur la voie de la réussite dans le<br />

domaine de l’énergie durable.<br />

Les gestes barrières et la flexibilité font<br />

également partie de votre quotidien?<br />

Nous nous sommes normalement conformés<br />

à diverses mesures. Actuellement,<br />

80% du personnel travaillent à domicile ou<br />

à l’extérieur, directement sur les chantiers.<br />

Nos locaux étant bien répartis à la base,<br />

nous avons pu largement réduire le niveau<br />

de présence sur place et encourager le<br />

travail à domicile. Nous avons également<br />

commandé des tests rapides pour nos<br />

employés permettant à chacun de se faire<br />

tester une ou deux fois par semaine après<br />

être arrivé au bureau.<br />

Quid de la rentabilité d’un tel secteur en<br />

termes de luminosité et d’ensoleillement<br />

dans cette partie de l’Europe septentrionale?<br />

Sans équivoque, c’est un secteur qui en vaut<br />

absolument la peine, surtout pendant l’été,<br />

où l’on produit naturellement davantage<br />

d’énergie et d’électricité. Dès lors, suivant<br />

la taille de l’installation photovoltaïque et la<br />

consommation d’électricité de l’entreprise<br />

pendant la saison chaude, une grande partie<br />

de l’électricité produite peut souvent être<br />

autoconsommée. Du reste, même en hiver<br />

et malgré un ensoleillement moindre, les<br />

clients peuvent pratiquement toujours<br />

utiliser leur propre électricité. Pour bon


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

91<br />

nombre d’entreprises, c’est avec un soleil<br />

au zénith que l’on produit un maximum<br />

d’énergie, mais que la demande énergétique<br />

s’accroît également. Ensuite, on peut assez<br />

bien adapter l’un et l’autre.<br />

En outre, on peut implémenter différents<br />

modèles, allant de l’alimentation intégrale<br />

en courant à l’autoconsommation en passant<br />

par la fourniture directe d’électricité.<br />

Philipp Rass<br />

Nous n’essayons pas de construire «la<br />

plus grande structure possible» mais<br />

nous envisageons plutôt avec le client<br />

le gabarit d’installation photovoltaïque<br />

idéal. Ce sur quoi peuvent influer des<br />

contraintes réglementaires ou encore<br />

l’optimisation de l’autoconsommation.<br />

En Allemagne, l’avantage économique<br />

d’une installation photovoltaïque dépend<br />

beaucoup de l’autoconsommation, alors<br />

qu’au Luxembourg, le modèle le plus<br />

économique repose en règle générale sur<br />

une alimentation complète en courant.<br />

Par conséquent, au Grand-Duché, on<br />

s’oriente généralement par rapport à la<br />

réglementation juridique encadrant la<br />

production d’électricité et sa tarification<br />

de rachat. S’agissant de la durée<br />

d’amortissement, je l’estime pour ma<br />

part dans une fourchette de six à huit ans<br />

en moyenne. Mais cet intervalle dépend<br />

beaucoup des variations conjoncturelles.<br />

Avantag Energy a-t-elle des vues sur<br />

les pays voisins, voire des perspectives<br />

d’expansion dans le monde?<br />

Un projet en Belgique est d’actualité mais<br />

nous sommes encore dans l’expectative.<br />

À long terme, cela deviendra certainement<br />

un marché annexe intéressant. Bien entendu,<br />

nous nous concentrons principalement<br />

sur l’Europe où l’engouement pour les<br />

systèmes photovoltaïques va crescendo.<br />

En Afrique, entre autres, d’autres modèles<br />

préfigurent probablement mais c’est<br />

trop loin pour nous. Très bientôt, nous<br />

allons certainement élaborer un projet en<br />

Suisse. De même, les Pays-Bas s’avèrent<br />

être un marché assez attrayant. En outre,<br />

nous sommes actuellement en lice pour<br />

un important appel d’offres en Pologne<br />

car l’un de nos clients est dans l’optique<br />

de construire une usine dans ce pays. La<br />

République tchèque et la Hongrie sont<br />

d’autres options. n<br />

AVANTAG ENERGY s.à.r.l.<br />

51, route de Wasserbillig<br />

L-6686 Mertert<br />

info@avantag-energy.com<br />

www.avantag-energy.com


92 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

DÉVELOPPEMENT DURABLE<br />

L’enjeu majeur<br />

de la neutralité carbone<br />

Créée en 1930 à Differdange, Wako s’impose aujourd’hui comme une société phare dans le<br />

domaine de la fabrication et l’installation de portes, fenêtres, châssis et volets dans le paysage<br />

économique du Grand-Duché. En mettant en place un plan d’action ambitieux en faveur du développement<br />

durable, Wako s’engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre et son impact<br />

environnemental. Patrick de Briey, administrateur délégué et responsable RSE, nous en dit plus.<br />

Quelles sont les solutions proposées par<br />

Wako?<br />

Notre société est active dans la fermeture de<br />

bâtiments, à savoir la fabrication et la pose<br />

de fenêtres, portes, stores et volets. Si nous<br />

travaillons avec des produits haut de gamme<br />

qui offrent une isolation de qualité, celleci<br />

ne sera optimale et efficace que si elle est<br />

accompagnée d’un savoir-faire lié à un montage<br />

de qualité. Le meilleur châssis qui soit, s’il est<br />

mal posé, n’atteindra jamais les performances<br />

d’isolation thermique et acoustique voulues.<br />

C’est d’autant plus important que, depuis 2017<br />

et selon les réglementations en vigueur, toutes<br />

les nouvelles constructions au Luxembourg<br />

doivent répondre à des normes très strictes<br />

afin de pouvoir obtenir «l’Energiepass». Nous<br />

mettons donc tout en place afin d’atteindre<br />

l’excellence dans la mise en œuvre des produits<br />

que nous fabriquonss et commercialisons.<br />

Toujours en matière d’isolation, faisant appel<br />

aux dernières technologies en matière de<br />

domotique, nous proposons des solutions<br />

innovantes en matière de stores intelligents<br />

qui permettent de réduire la surchauffe des<br />

pièces en fonction de la luminosité et de<br />

l’exposition solaire des fenêtres. Cela entre<br />

parfaitement dans le calcul de la performance<br />

énergétique du bâtiment et évite, par exemple,<br />

une surutilisation de la climatisation lors de<br />

périodes de fortes chaleurs.<br />

Ces solutions répondent ainsi à trois objectifs<br />

majeurs que nous nous sommes fixés: réduire<br />

la facture énergétique de nos clients, leur<br />

faire bénéficier des dernières technologies<br />

pour améliorer leur confort de vie et enfin<br />

proposer des fenêtres qui optimisent l’apport<br />

de lumière dans les espaces de vie.<br />

Comment parvenez-vous à réduire votre<br />

empreinte carbone?<br />

Chaque année nous produisons 40.000 portes<br />

et fenêtres PVC et aluminium sur nos sites<br />

de Gembloux en Belgique et Rédange au<br />

Luxembourg. Grâce à leurs propriétés de<br />

haute isolation thermique, leur installation<br />

participe de facto grandement à la réduction<br />

des gaz à effet de serre. Mais il s’agit là de<br />

l’empreinte carbone de nos clients.<br />

Dès 2015, Wako a entamé un processus<br />

visant à obtenir le label ESR délivré par<br />

l’INDR (Institut National pour le Développement<br />

durable et la RSE www.indr.lu).<br />

Deux ans de réflexions et de structuration au<br />

sein de l’entreprise nous ont permis de définir<br />

des priorités afin de réduire l’empreinte<br />

écologique liée à nos activités. Nous avons<br />

donc mandaté en 2017 la société CO 2<br />

Strategy<br />

afin qu’elle réalise deux bilans carbone selon<br />

les principes les plus ambitieux définis par<br />

le «Green House Gas Protocol» à savoir le<br />

«Scope 3» . Celui-ci reprend dans ses calculs<br />

toutes les émissions directes et indirectes<br />

de notre entreprise, de la combustion des<br />

énergies fossiles à la consommation d’énergie<br />

en passant par la fabrication des produits, les<br />

trajets du personnel et des clients pour finir<br />

avec le transport des marchandises.<br />

Cette démarche se devait d’être le travail de<br />

toute une équipe, raison pour laquelle nous<br />

avons organisé un brainstorming avec tous<br />

nos collaborateurs. Remplacer l’éclairage par<br />

des LED, miser sur le covoiturage, optimiser<br />

la gestion des déchets grâce au partenariat<br />

avec la SuperDrecksKëscht, installer des<br />

panneaux photovoltaïques sur les toits de tous<br />

nos bâtiments, basculer vers l’électromobilité,<br />

éviter l’utilisation des plastiques à usage<br />

unique,… sont autant d’actions qui ont été<br />

définies et mises en œuvre tous ensemble pour<br />

réduire nos émissions. Les résultats de 2020<br />

prouvent que nos efforts ont été récompensés<br />

car nous avons réussi à réduire notre empreinte<br />

carbone de 20% par rapport à 2018.<br />

Comment compenser les émissions qui<br />

sont inhérentes à vos activités industrielles<br />

et commerciales?<br />

Afin d’atteindre la neutralité carbone fin<br />

2020, nous avons donc décidé de compenser<br />

les émissions de CO 2<br />

que nous n’avons pas<br />

réussi à réduire. Cette compensation passe par<br />

des investissements dans des projets de «puits<br />

carbone» tels que des actions de reforestation.<br />

Nous avons donc pris nos responsabilités<br />

en contribuant au projet de Graine de Vie<br />

sur l’île de Madagascar. Cette asbl belgoluxembourgeoise<br />

est active en Afrique depuis<br />

2009 et a progressivement étendu ses activités<br />

de reforestation au Bénin, au Togo et au<br />

Cameroun. Grâce à son dynamisme, près de<br />

35 millions d’arbres de 131 espèces ont été<br />

plantés depuis la création de l’ONG.<br />

En 2015, l’intervention de Wako a permis<br />

de planter 20.000 arbres. L’an dernier, nous<br />

avons atteint 140.000 arbres. Cela représente<br />

les 80% que nous n’avons pas pu réduire. En<br />

5 ans, Wako et ses partenaires ont ainsi permis<br />

à l’ONG de planter pas moins de 260.000<br />

arbres dans le nord-est de l’île de Madagascar!<br />

Un dernier mot sur l’obtention du prix du<br />

Progrès économique et durable décerné<br />

par la Fondation Weicker?<br />

Cette récompense légitime notre action et<br />

prouve que notre stratégie RSE, développée<br />

depuis plusieurs années, est payante et nous<br />

a permis d’atteindre la neutralité carbone<br />

sur base du scope le plus large. Des clients<br />

à nos collaborateurs en passant par nos<br />

fournisseurs, c’est toute la communauté qui<br />

tourne autour de Wako qui a collaboré —<br />

chacun à sa manière — pour atteindre ce défi<br />

que nous nous sommes lancé. À travers nos<br />

actions, et en toute humilité, nous voulons<br />

démontrer que l’avenir de notre planète est<br />

l’affaire de tout un chacun. Aujourd’hui, les<br />

entreprises jouent un rôle essentiel dans la<br />

lutte pour la réduction des émissions de gaz à<br />

effet de serre à travers des actions concrètes et<br />

en sensibilisant leur personnel. n<br />

Wako<br />

Z.A.C. Haneboesch II<br />

L-4563 Niederkorn<br />

www.wako.lu


Patrick de Briey


94 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

DÉVELOPPEMENT DURABLE<br />

Le biogaz,<br />

une énergie stratégique<br />

Dans l’inéluctable transition du linéaire au circulaire,<br />

la biométhanisation est le seul processus permettant de<br />

transformer les déchets agricoles et organiques en engrais<br />

écologique et en énergie verte. Pour lui tailler une place<br />

dans la bioéconomie et l’économie circulaire, il ne manque<br />

plus qu’une stratégie cohérente à l’échelle nationale. Xavier<br />

Maka, directeur de Naturgas Kielen, la centrale qui injecte<br />

du biométhane dans le réseau de gaz naturel luxembourgeois<br />

depuis dix ans déjà, analyse cette stratégie et évoque les<br />

projets de sa société.<br />

Une double approche…<br />

Le ministère de l’Énergie se penche actuellement<br />

sur le développement de sa future<br />

stratégie relative à la biométhanisation.<br />

Inspirée d’une étude réalisée par l’IFEU<br />

(Institut für Energie- und Umweltforschung<br />

Heidelberg), un institut allemand<br />

indépendant à but non lucratif dédié à<br />

l’écologie, la stratégie gouvernementale<br />

devrait promouvoir le recours aux déchets<br />

agricoles dans les nouvelles centrales de<br />

biogaz. «L’objectif du gouvernement<br />

grand-ducal serait de méthaniser 50% du<br />

volume de fumier et de lisier disponible<br />

au Luxembourg (contre environ 12%<br />

Xavier Maka


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

95<br />

actuellement). En plus d’augmenter la<br />

production de biogaz, cette stratégie<br />

permettrait d’accroître le volume de<br />

matières agricoles transformées en digestat.<br />

Utilisé comme engrais en lieu et place<br />

du fumier et du lisier, celui-ci diminue le<br />

risque de pollution des sols et des nappes<br />

phréatiques et contribue à la réduction des<br />

émissions d’ammoniac. Pour atteindre cet<br />

objectif, le gouvernement entend alimenter<br />

les nouvelles centrales de biogaz par 90%<br />

de matières agricoles et 10% seulement de<br />

déchets organiques», explique Xavier Maka.<br />

Si la proportion semble étonnante, c’est que<br />

cette stratégie relative à la biométhanisation<br />

va de pair avec un plan anti-gaspillage visant<br />

la réduction des déchets organiques. Or, la<br />

population luxembourgeoise devrait croître<br />

jusqu’à atteindre le million d’habitants d’ici<br />

2030 ou 2035; une croissance démographique<br />

qui ne peut être sans incidence sur la masse<br />

d’ordures produite. «Le gouvernement<br />

estime qu’en luttant contre le gaspillage<br />

alimentaire la quantité de déchets future ne<br />

devrait pas excéder le volume actuel et que<br />

les installations de biogaz existantes, comme<br />

celle de Naturgas Kielen, auront la capacité<br />

nécessaire pour méthaniser les matières<br />

organiques restantes. Malheureusement, cela<br />

ne me paraît pas totalement réaliste. Le plan<br />

anti-gaspillage est une excellente mesure,<br />

mais les déchets organiques se maintiendront<br />

à un volume relativement important malgré<br />

tout. Aujourd’hui déjà, une partie de ceuxci<br />

quitte le Luxembourg pour être traitée<br />

à l’étranger. C’est pourquoi j’estime que la<br />

part qu’on leur réserve dans les nouvelles<br />

installations de biogaz est insuffisante. Des<br />

biométhaniseurs bien gérés, alimentés par<br />

des flux constants, contribueront à réduire<br />

les déchets, à augmenter la part de gaz vert<br />

et ainsi à diminuer l’empreinte carbone du<br />

pays. La biométhanisation fait donc partie<br />

de la solution, moyennant une stratégie<br />

gouvernementale claire, assumant le volume<br />

de déchets organiques réel», défend le<br />

directeur de Naturgas Kielen.<br />

“La biométhanisation<br />

fait partie<br />

de la solution,<br />

moyennant<br />

une stratégie<br />

gouvernementale<br />

claire, assumant<br />

le volume de déchets<br />

organiques réel”<br />

… pour atteindre un seul et même objectif<br />

Pour promouvoir la durabilité, le<br />

gouvernement multiplie donc plans et<br />

stratégies: ils portent sur l’économie<br />

circulaire, le zéro déchet, la lutte contre<br />

le gaspillage alimentaire ou encore les<br />

énergies renouvelables mais peu d’entre eux<br />

concernent l’ensemble des acteurs impliqués<br />

dans la transition écologique. «Je déplore le<br />

fait que le gouvernement n’ait pas la volonté<br />

de mettre tous les acteurs concernés autour<br />

d’une même table pour discuter ensemble<br />

d’une politique commune. Il serait temps que<br />

nous arrêtions de nous considérer comme<br />

des concurrents car nous travaillons tous<br />

pour atteindre le même objectif: améliorer<br />

l’empreinte écologique du pays. Certes,<br />

chacun doit trouver son compte, mais il nous<br />

faut pour cela une politique commune qui<br />

intègre l’ensemble de la filière des déchets, audelà<br />

de la fraction organique. Les filières de<br />

recyclage sont relativement bien organisées<br />

mais il est dommage que les plastiques soient<br />

encore recyclés à l’étranger car le transport<br />

génère un surplus d’émissions de gaz à effet<br />

de serre. Le Luxembourg n’est pas bien grand<br />

et disposerait de tous les atouts pour traiter<br />

ses ordures en autonomie totale. C’est un<br />

débat auquel tous les acteurs qui sont liés de<br />

près ou de loin au développement durable<br />

devraient participer. Malheureusement nous<br />

manquons d’une plateforme qui permettrait<br />

de rassembler aussi bien les collecteurs que<br />

les valorisateurs de déchets et les ministères<br />

de l’Énergie, de l’Environnement, de<br />

l’Agriculture et de l’Économie», regrette<br />

Xavier Maka.<br />

Booster la transition énergétique<br />

Le biogaz présente les mêmes propriétés<br />

que le gaz naturel et a donc pour avantage<br />

de convenir aux mêmes usages, à savoir<br />

la production de chaleur, de carburant ou<br />

d’électricité, avec des rendements divers.<br />

Bien que de nombreux projets de recherche<br />

entendent utiliser la biométhanisation<br />

pour réguler la production d’électricité<br />

renouvelable dans le bouquet énergétique,<br />

le rôle principal de la filière reste de réduire<br />

l’empreinte carbone en termes de chauffage.<br />

«Je ne recommande pas particulièrement<br />

l’utilisation du gaz vert en cogénération pour<br />

produire de l’électricité en raison des pertes<br />

engendrées. Il vaut mieux le maintenir sous<br />

forme gazeuse, soit comme carburant, soit<br />

comme mode de chauffage. Convertir le<br />

biométhane en hydrogène pour l’automobile<br />

n’est pas non plus la meilleure option<br />

car le processus génère beaucoup de CO 2<br />

(9,5 tonnes pour une 1 tonne d’hydrogène).<br />

A contrario, il serait possible d’utiliser de<br />

l’hydrogène vert pour amplifier la production<br />

de biométhane d’une installation. Nous<br />

étudions actuellement la faisabilité et la<br />

rentabilité d’un tel projet pour accroître la<br />

production de la centrale de Naturgas Kielen.<br />

Il est évident que si la quantité de biométhane<br />

injectée dans le réseau augmente, nous<br />

contribuerons encore davantage à limiter<br />

l’empreinte carbone du Luxembourg ainsi<br />

qu’à réduire sa dépendance énergétique envers<br />

les exportateurs de gaz naturel qui émettent<br />

énormément de CO 2<br />

», conclut Xavier Maka. n<br />

Naturgas Kielen<br />

B.P. 26<br />

Route N12<br />

L-8205 Kehlen<br />

www.naturgaskielen.lu


96 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

DÉVELOPPEMENT DURABLE<br />

Marinho Steel<br />

étend son offre<br />

Spécialisée dans le négoce de produits métallurgiques,<br />

Marinho Steel a fêté son douzième anniversaire cette année.<br />

Avec près d’une décennie d’expérience, Manuel Marinho,<br />

gérant de la société, tire un bilan positif de l’ensemble de<br />

son activité. L’entreprise ne compte pourtant pas s’arrêter<br />

là et souhaite étendre son offre de services en misant sur<br />

la construction modulaire et sur la sous-traitance de la<br />

fabrication de structures métalliques et de serrureries telles<br />

que garde-corps, escaliers,…<br />

Deux nouvelles offres…<br />

L’arrivée progressive des constructions<br />

modulaires a changé les approches de<br />

plusieurs domaines et notamment celui de la<br />

construction. «Nous sommes actuellement<br />

en train de développer ce service pour<br />

étendre nos activités et ces édifices<br />

s’inscrivent dans un principe qui prend de<br />

plus en plus d’ampleur: l’économie circulaire.<br />

Elles présentent plusieurs avantages.<br />

D’abord une construction modulaire coûte<br />

relativement moins cher qu’un bâtiment en<br />

construction traditionnelle. Puis, comme<br />

son nom l’indique, elle est complètement<br />

modulable, il est donc très facile de s’adapter<br />

en fonction des demandes, sans parler de la<br />

rapidité d’exécution et de montage. Enfin, le<br />

fait d’être entièrement démontable permet<br />

la réutilisation de tous ses matériaux et<br />

matières premières pour une installation<br />

future. En plus, nous constatons une<br />

augmentation de la demande concernant<br />

le modulable», explique Manuel Marinho,<br />

gérant de la société.<br />

Très souvent, ces ouvrages prennent la<br />

forme de conteneurs et ils restent idéaux<br />

pour les bâtiments qui doivent être réalisées<br />

très rapidement comme des baraquements<br />

de chantiers. «Ces structures clés en<br />

main peuvent également servir pour bâtir<br />

des crèches ou encore des écoles. Elles<br />

permettent de répondre à tous types de<br />

demandes».<br />

Manuel Marinho tient également à évoquer<br />

un second volet important qui contribuera<br />

au développement de son entreprise: la<br />

sous-traitance et fabrication de structures<br />

métalliques et de serrureries telles que<br />

des garde-corps etc. Cette activité a déjà<br />

pris forme sur le terrain puisque la société<br />

spécialisée dans le négoce de produits<br />

métallurgiques a déjà réalisé des projets de<br />

grande envergure au Luxembourg.<br />

…et des activités historiques renforcées<br />

Ces deux nouvelles activités reposent<br />

sur l’acier, une matière première qui se<br />

retrouve presque dans tous les produits<br />

du quotidien. «Un fauteuil de bureau, un<br />

caddie de supermarché, un ascenseur, la<br />

structure d’un bâtiment, un panneau de<br />

signalisation,… tout est en acier et ces<br />

biens matériels sont pour beaucoup issus<br />

de produits que nous vendons», indique<br />

Manuel Marinho. Mais les extensions de son<br />

offre n’ont été possibles qu’en renforçant<br />

ses activités traditionnelles, dans un marché<br />

à la fois local mais qui a réussi à s’étendre<br />

et à s’implanter à l’échelle européenne: de<br />

la France à l’Angleterre en passant par le


Portugal, les pays nordiques, la Suisse ou<br />

encore l’Espagne. «Nos avantages et notre<br />

ligne de conduite? Offrir les meilleurs<br />

services aux professionnels, cela au meilleur<br />

prix et dans les meilleurs délais», résume<br />

Manuel Marinho.<br />

Ses principaux produits se déclinent sous<br />

trois formes. D’abord, les tubes en acier,<br />

qui sont très souvent utilisés dans les<br />

constructions et l’architecture, puisqu’ils<br />

s’adaptent à quasiment tous les domaines…<br />

pêle-mêle: sécurité dans les bâtiments,<br />

machines agricoles, éclairage public ou<br />

encore les rouleaux de manutention. «Les<br />

poutrelles en acier représentent la deuxième<br />

autre grande partie de notre catalogue.<br />

Elles aussi sont destinées à la construction<br />

métallique mais pas uniquement, car<br />

elles s’adressent également à d’autres<br />

utilisations comme les travaux d’étaiements<br />

ou les travaux publics», détaille le gérant.<br />

Enfin, Marinho Steel propose également<br />

des tôles de qualités, formats et épaisseurs<br />

très variés.<br />

“L’économie<br />

circulaire, un<br />

principe qui prend<br />

de plus en plus<br />

d’ampleur”<br />

Une adaptation à sa clientèle<br />

En plus de ces trois produits phares,<br />

Marinho Steel peut aussi fournir d’autres<br />

matériaux tels que les laminés marchands, le<br />

fil machine ou les produits refendus. «Nous<br />

sommes très flexibles et nous attachons<br />

une très grande importance aux différentes<br />

demandes des clients en leur proposant<br />

des produits prêts à l’emploi. Ils peuvent<br />

directement être assemblés ou montés,<br />

ce qui leur fait gagner du temps tout en<br />

leur permettant de réaliser des économies<br />

Marinho Steel Trading<br />

10, rue de l’industrie<br />

L-4991 Sanem<br />

www.marinhosteel.com<br />

Manuel Marinho<br />

substantielles. Finalement, nous sommes<br />

toujours à l’écoute des clients pour trouver<br />

les solutions les plus adéquates».<br />

Les collaborateurs de la société entretiennent<br />

un contact permanent avec les<br />

usines sidérurgiques et avec chacun de<br />

leurs partenaires. Cette étroite relation<br />

permet à Marinho Steel d’être sans cesse<br />

informée des évolutions du secteur ou<br />

de la qualité de telle ou telle matière. Et<br />

pour cause, la société vise la proximité et<br />

la compréhension des besoins spécifiques<br />

d’une clientèle dense et variée. n


98 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

MOBILITÉ<br />

Une réinvention<br />

continuelle<br />

du car-sharing<br />

Depuis sa création, le service Flex de CFL Mobility ne cesse<br />

d’innover. Remplaçant sa flotte de première génération, c’est<br />

avec de nouveaux modèles traditionnels et électriques que<br />

la société surprend sa clientèle. Faisant également preuve<br />

de flexibilité dans son offre destinée aux communes, Flex<br />

lance un concept de «pop-up stations» pour les aider à mieux<br />

cerner la demande sur leur territoire. Jürgen Berg, gérant de<br />

l’entreprise, nous parle de ces dernières actualités et nous<br />

annonce également un changement de logiciel pour la fin<br />

d’année 2021…<br />

Comment a évolué votre activité au<br />

cours de ces derniers mois?<br />

Nous gérons à l’heure actuelle 4.800 abonnements<br />

et une flotte de 115 véhicules, y<br />

compris ceux déployés dans les stations<br />

privatisées par des entreprises. De nouvelles<br />

stations viendront par ailleurs compléter notre<br />

réseau au début du mois de juin à Strassen,<br />

Roeser, Frisange ainsi que dans le nouveau<br />

parking situé au niveau du rond-point Serra<br />

au Kirchberg, positionnée stratégiquement<br />

à proximité du pôle d’échange tram et bus.<br />

En conséquence de l’épidémie de Covid-19,<br />

certaines stations ont vu leur popularité<br />

monter en flèche et d’autres baisser à un point<br />

tel qu’elles fermeront cette année. De manière<br />

générale, nous avons tout de même constaté<br />

une augmentation du nombre d’abonnements<br />

sur l’année écoulée.<br />

Après trois ans et demi passés sur les routes,<br />

nos véhicules de première génération<br />

seront remplacés afin d’assurer une sécurité<br />

optimale aux utilisateurs. Plus de 70 voitures<br />

sont concernées, soit la totalité de nos Seat<br />

et BMW, et seront remplacées par 25 Audi<br />

A3, 34 BMW Série 1, 5 Seat Break ainsi que<br />

3 Škoda Enyaq et 20 Mini SE électriques.<br />

Nous avons avant tout choisi ces véhicules<br />

pour leur fiabilité et la sécurité qu’ils offrent,<br />

mais aussi pour la valeur résiduelle qu’ils<br />

conservent à la fin de notre leasing.<br />

“Tenir la promesse<br />

de flexibilité faite<br />

à nos utilisateurs<br />

dès la création<br />

de Flex”<br />

Parlez-nous plus spécifiquement de vos<br />

Mini électriques…<br />

Au mois de mars dernier, 17 Mini SE<br />

électriques ont rejoint notre flotte et 3 supplémentaires<br />

ont déjà été commandées.<br />

Avec les Škoda Enyaq, elles remplacent<br />

nos BMW i3 électriques. Ces voitures<br />

sont idéales pour une conduite en milieu<br />

urbain où leur autonomie peut dépasser les<br />

200 km. Elles sont d’ailleurs disponibles en<br />

Ville dans notre station de la gare et au parking<br />

de l’Europe au Kirchberg, mais aussi à Eschsur-Alzette<br />

centre et gare, Belval-Université,<br />

Differdange, Wasserbillig, Hesperange et<br />

également à Diekirch dès le mois de juin.<br />

Nous avons investi dans des bornes dédiées<br />

aux véhicules Flex à toutes nos stations<br />

électriques pour éviter les problèmes de<br />

chargement entre deux utilisateurs et ne pas<br />

encombrer le réseau public Chargy. Après<br />

chaque utilisation, nos clients doivent<br />

brancher leur véhicule à une borne Flex.<br />

Sans frais d’abonnement supplémentaires,<br />

ces véhicules leur permettent de privilégier<br />

une alternative écologique et parfois moins<br />

coûteuse, lorsque le prix de l’électricité est<br />

bas, comme c’est le cas à l’heure actuelle.<br />

Quels sont vos projets pour cette année<br />

2021?<br />

Notre plus grand défi reste de trouver<br />

des partenaires pouvant nous fournir<br />

des emplacements pour implanter notre<br />

service. C’est pourquoi, dès le mois de<br />

juin, nous proposerons aux cinq communes<br />

intéressées une phase test de six mois, leur<br />

permettant de mieux appréhender notre<br />

service et d’évaluer l’intérêt des habitants<br />

pour celui-ci. C’est également un moyen<br />

pour elle de tester la popularité des<br />

emplacements choisis! Nous y installerons<br />

ainsi des «pop-up stations» comprenant<br />

deux véhicules. Au terme de ce test, nous


leur fournirons des statistiques d’utilisation<br />

grâce auxquelles elles pourront décider de<br />

la suite à donner à notre collaboration sur<br />

une base réelle. Notre objectif n’est pas<br />

de créer de nouvelles stations à tout prix,<br />

il faut que celles-ci soient fréquentées pour<br />

qu’elles soient rentables. Si ce n’est pas le<br />

cas, il est également dans notre intérêt d’y<br />

arrêter le service.<br />

Cette action montre aux communes que<br />

Flex est un bon moyen de proposer une<br />

mobilité alternative à leurs citoyens. Notre<br />

service rassemble en effet des utilisateurs<br />

aux profils différents qui y ont recours pour<br />

des raisons variées et offre une alternative à<br />

l’investissement dans un véhicule personnel<br />

qui ne servirait que ponctuellement. C’est une<br />

solution économique, mais aussi écologique!<br />

En interne, nous poursuivons notre projet<br />

CFlex de car-sharing, au sein de la maisonmère<br />

des CFL. Le principe est simple: les<br />

voitures de service sont utilisées à des fins<br />

professionnelles pendant la journée mais<br />

sont également à disposition du personnel,<br />

pour un usage privé en dehors des horaires<br />

de bureau. À l’heure actuelle, en raison<br />

de l’épidémie de Covid-19, une vingtaine<br />

de voitures seulement sont concernées<br />

par cette phase test. En effet, avec la<br />

généralisation du télétravail, il nous est<br />

encore difficile d’évaluer le potentiel de ce<br />

projet tant que les équipes ne reprendront<br />

pas un rythme normal. Nous remarquons<br />

toutefois que l’offre est bien reçue par<br />

les collaborateurs et que sa popularité ne<br />

cesse d’augmenter. Dès que les conditions<br />

sanitaires nous le permettront, nous<br />

inclurons donc davantage de véhicules dans<br />

cette action.<br />

Vous préparez également un changement<br />

de logiciel pour la fin de l’année…<br />

Nous avons en effet décidé de migrer vers<br />

un logiciel plus moderne, proposé par une<br />

startup dynamique. Grâce à celui-ci nous<br />

pourrons innover, proposer davantage de<br />

services et être plus flexibles vis-à-vis de<br />

nos clients. Les quartiers résidentiels ou<br />

Flex by CFL Mobility S.A.<br />

Tél.: 2883 3882<br />

b2b@flex.lu<br />

www.flex.lu<br />

Jürgen Berg<br />

résidences immobilières accèderont par<br />

ailleurs à de nouvelles fonctionnalités ainsi<br />

qu’à des offres sur-mesure plus faciles à<br />

gérer à travers un espace dédié.<br />

Il s’agit d’une opération délicate pour<br />

laquelle nous effectuons de nombreux tests<br />

en amont. L’objectif est de réaliser les ajustements<br />

nécessaires avant son lancement<br />

officiel. Les utilisateurs n’aiment en général<br />

pas le changement et notre rôle sera de les<br />

accompagner à travers cette transition en les<br />

aidant à s’adapter à la nouvelle interface et<br />

en leur montrant tous les avantages dont ils<br />

pourront bénéficier grâce à cette nouvelle<br />

application. Avec ce changement stratégique,<br />

nous voulons continuer à tenir la promesse<br />

de flexibilité faite à nos utilisateurs dès la<br />

création de Flex… n


100 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021 101<br />

Le bus qui électrise<br />

les villes européennes<br />

MOBILITÉ<br />

Les autobus MAN Lion’s City E sont excellents par leur<br />

autonomie, leur durabilité et leur fiabilité. De nombreuses<br />

villes européennes se sont déjà tournées vers ce bus urbain<br />

entièrement électrique. La Belgique mais aussi le Luxembourg<br />

se sont récemment dotés de ces véhicules qui impressionnent<br />

les opérateurs, les passagers et les conducteurs.<br />

«Quatre bus électriques MAN Lion’s City E<br />

sont très récemment entrés en service<br />

au Luxembourg», déclare Rudi Kuchta,<br />

responsable de l’unité commerciale Bus<br />

chez MAN Truck & Bus. Ces véhicules<br />

électriques de douze mètres de long ont été<br />

commandés par Voyages Emile Weber et<br />

sont utilisés par sa filiale Voyages Ecker au<br />

nord de la Ville de Luxembourg. La société<br />

de transport luxembourgeoise s’est associée<br />

avec MAN Truck & Bus il y a quelques<br />

années pour établir un partenariat d’innovation.<br />

«L’objectif est d’unir nos forces et<br />

de faire des technologies de conduite<br />

alternatives un élément incontournable des<br />

transports publics», poursuit Rudi Kuchta.<br />

Cette année, Hansea en Belgique a également<br />

introduit ce bus sur la ligne 36 d’Anvers<br />

entre Rooseveltplaats et Linkeroever.<br />

Un test de performance lors d’un road<br />

trip européen<br />

De nombreux véhicules de démonstration<br />

sont en service depuis l’année dernière dans<br />

certaines villes telles que Munich, Hambourg<br />

ou encore Wolfsburg pour des essais à<br />

long terme. Le Lion’s City E parvient à<br />

surmonter des conditions difficiles telles que<br />

des températures supérieures à 35 degrés ou<br />

des itinéraires délicats avec des pentes raides.<br />

«Nous avons décidé d’envoyer une flotte de<br />

démonstration sur le terrain pour acquérir<br />

de l’expérience dans des conditions comme<br />

celles-ci et améliorer notre offre de services<br />

en fonction des tests. Nous visons à soutenir<br />

au mieux les communes et les entreprises de<br />

transport pour parvenir à une mobilité zéro<br />

émission au niveau européen», précise le<br />

responsable.<br />

Cet intérêt pour les bus électriques découle<br />

du Roadshow organisé par MAN Trucks<br />

& Bus. Il est possible de le suivre sous<br />

#ElectrifyingEurope. Avec 78 arrêts, 15 pays<br />

européens et 141 points de contact clients,<br />

et malgré la crise sanitaire, 2020 a tout pour<br />

être qualifiée de bonne année. Au vu de son<br />

succès, un nouveau Roadshow a été mis en<br />

route en 2021. Il traversera notamment la<br />

Russie, l’Italie, le Portugal, la Roumanie ou<br />

encore la Lituanie. Cette liste est loin d’être<br />

exhaustive. «Il est important pour nous que<br />

le plus grand nombre possible d’entreprises<br />

et de clients potentiels conduisent notre<br />

MAN Lion’s City E et découvrent à quel<br />

point la mobilité électrique peut être<br />

passionnante», explique Rudi Kuchta.<br />

“Soutenir<br />

les communes<br />

et les entreprises<br />

de transport<br />

pour parvenir<br />

à une mobilité<br />

zéro émission”<br />

Une production qui s’accélère<br />

En tant que véhicule sans émission, le<br />

MAN Lion’s City E entièrement électrique<br />

complète la nouvelle génération de bus<br />

urbains de la marque. En octobre 2020, et<br />

pour répondre à la forte demande, l’usine<br />

MAN située à Starachowice en Pologne,<br />

a lancé une production en série de bus<br />

urbains électriques (notamment le modèle<br />

Lion’s City 12 E qui fait 12 mètres de<br />

long). Les premiers véhicules sont sortis<br />

de la chaine de production et alimentent<br />

déjà l’opérateur allemand Verkehrsbetriebe<br />

Hamburg Holstein. D’autres suivront pour<br />

exécuter les commandes importantes de<br />

Malmö et Nuremberg. Ce mois d’avril,<br />

c’était au tour du Lion’s City 18 E, un bus<br />

articulé de 18 mètres de long, d’entrer en<br />

production en série. Celui-ci peut accueillir<br />

jusqu’à 120 passagers.<br />

D’un point de vue purement mécanique,<br />

MAN a placé un moteur central sur l’essieu<br />

arrière pour la propulsion électrique de<br />

son bus – ou deux moteurs centraux sur<br />

le deuxième et troisième essieux dans le<br />

cas des variantes articulées – ce qui lui<br />

offre davantage de maniabilité. Quant à<br />

la puissance de transmission, elle provient<br />

des batteries situées sur le toit du véhicule.<br />

Celles-ci ont respectivement une capacité<br />

de 480 kWh et 640 kWh pour les bus solos<br />

et articulés. Les cars électriques offrent ainsi<br />

une autonomie de 200 km, voire 270 km<br />

si les conditions sont favorables, et ce, tout<br />

au long de la durée de vie des batteries.<br />

«L’augmentation du nombre de passagers,<br />

alliée à la réduction des émissions de<br />

polluants et de bruit, placent les opérateurs<br />

de transports publics dans une situation<br />

délicate. Avec le MAN Lion’s City E,<br />

nous avons lancé un autobus urbain à zéro<br />

émission et à forte capacité de passagers. Ses<br />

caractéristiques le rendent indispensable<br />

pour surmonter ces défis», conclut Rudi<br />

Kuchta. n<br />

Garage Losch Truck, Van & Bus<br />

59, rue Gabriel Lippmann<br />

L-6947 Niederanven<br />

www.losch.lu


102 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

MOBILITÉ<br />

1<br />

JEUDI 22 AVRIL<br />

Une première en Europe<br />

dans le domaine du transport public<br />

Lors d’une conférence de presse, organisée le 22 avril dernier dans les locaux de l’entreprise à<br />

Bascharage, et en présence de Claude Turmes, ministre de l’Énergie, le transporteur Sales-<br />

Lentz a présenté son concept «Mobile Charge». L’entreprise a codéveloppé avec la société<br />

allemande ADS-TEC, spécialisée dans les solutions de stockage et de gestion d’énergie, une<br />

remorque de type «Mobile High Power Charge» adaptée aux opérations en bus électriques.<br />

Cette remorque chargeur est une première en Europe dans le domaine du transport public<br />

et permet de charger à des endroits dépourvus de raccordement au réseau électrique.<br />

La capacité totale des batteries garantit le chargement complet de dix bus électriques.<br />

Cette solution épargnera des milliers de kilomètres de trajets à vide de bus électriques<br />

vers les dépôts. Au total Sales-Lentz exploite aujourd’hui un parc de 630 véhicules dont<br />

60 autobus urbains 100% électriques.<br />

1. Claude Turmes, ministre de l’Énergie<br />

2. Thomas Lächner, responsable Grands comptes, ADS-TEC Energy<br />

3. Georges Hilbert, directeur général Sales-Lentz<br />

2<br />

3


104 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

BRÈVES ÉCONOMIQUES<br />

PAR RAOUF HATIRA<br />

L’ARTISANAT RÉSISTE<br />

À LA CRISE<br />

Dans un communiqué de presse publié<br />

le 3 mai, la Chambre des Métiers<br />

dresse le bilan de l’année écoulée,<br />

marquée par la crise du Covid-19.<br />

L’artisanat a plutôt bien résisté à cette<br />

épreuve, avec toutefois de grandes<br />

disparités sectorielles. En 2020, le chiffre<br />

d’affaires global dans ce secteur a<br />

baissé en moyenne de 8%. Au niveau<br />

de la trésorerie, seulement 6% des<br />

entreprises indiquent que leurs recettes<br />

étaient suffisantes pour couvrir leurs<br />

frais courants. Les autres ont géré<br />

cette situation tendue en recourant aux<br />

aides étatiques non-remboursables,<br />

en augmentant leurs capitaux ou en<br />

utilisant un financement externe.<br />

Source: Chambre des Métiers<br />

PLUS DE RSE DANS LES<br />

STRATÉGIES D’ENTREPRISES<br />

Dans le dernier numéro de son<br />

«Consensus économique», la Fondation<br />

Idea estime que la RSE sera davantage<br />

prise en compte dans les stratégies<br />

des entreprises à l’avenir. 66% d’entre<br />

elles estiment que les engagements<br />

environnementaux seront renforcés<br />

dans leurs stratégies respectives.<br />

Des évolutions qui ne sont pas<br />

liées directement à la pandémie,<br />

mais qui découlent d’obligations<br />

réglementaires et du changement de<br />

mentalité des consommateurs.<br />

<br />

Source: Fondation Idea<br />

L’E-COMMERCE<br />

EN CONSTANTE PROGRESSION<br />

Selon l’enquête du STATEC sur l’utilisation<br />

des technologies de l’information et de<br />

la communication (TIC) menée auprès<br />

des ménages et des individus, 85% des<br />

internautes interrogés entre mars et juin<br />

2020 ont acheté des biens ou services<br />

en ligne auprès d’entreprises ou de<br />

particuliers. Ils étaient 80% en 2019, 72%<br />

en 2010 et 60% en 2005. Les internautes<br />

de la tranche d’âge comprise entre 25 et<br />

44 ans sont les plus nombreux à acheter<br />

sur la toile avec un taux de 78%. On<br />

compte 65% d’acheteurs en ligne parmi<br />

les 16 à 24 ans et 49% parmi les seniors.<br />

<br />

Source: STATEC<br />

<br />

DE NOUVEAUX BÂTIMENTS<br />

POUR LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE<br />

La Société Générale, première banque étrangère à s’établir<br />

au Luxembourg en 1893, va déménager ses équipes dans un<br />

nouveau bâtiment à Esch/Belval. En présence du ministre des<br />

Finances, Pierre Gramegna, et de hauts responsables de la<br />

banque, la première pierre de ce chantier a été posée le 30 avril<br />

dernier. D’une superficie totale de 9.700 m 2 , les deux bâtiments<br />

modernes à hautes exigences environnementales anticipent<br />

les nouveaux modes de travail et proposent de grands espaces<br />

collaboratifs, flexibles et digitalisés.<br />

<br />

Source: Société Générale Luxembourg<br />

Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur;<br />

Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères et européennes;<br />

Franz Fayot, ministre de l’Économie<br />

INAUGURATION DU SIÈGE<br />

DU SUPER CALCULATEUR EUROPÉEN<br />

Suite à la visite du commissaire européen au Marché intérieur,<br />

Thierry Breton, dans le cadre de l’inauguration du siège<br />

de l’EuroHPC à Luxembourg, le Grand-Duché renforce sa<br />

position européenne dans le numérique et le calcul à très<br />

haute puissance. Le premier ministre Xavier Bettel a déclaré:<br />

«La numérisation est un objectif commun que je partage avec<br />

le commissaire européen et beaucoup d’États membres. Que<br />

ce soit le big data, l’intelligence artificielle ou encore le calcul<br />

à très haute puissance, mon pays est prêt pour faire avancer la<br />

digitalisation dans l’Union européenne».<br />

<br />

Source: gouv.lu<br />

UNE BONNE RÉSISTANCE<br />

DU MARCHÉ DU TRAVAIL<br />

Le marché du travail s’est mieux tenu qu’initialement envisagé<br />

en 2020, avec une croissance de l’emploi de 2% et un taux de<br />

chômage à 6.3%, alors que les prévisions d’automne partaient<br />

encore sur une croissance de l’emploi comprise entre 1.6%<br />

et 1.9% et sur un chômage à 6.5% de la population active. Au<br />

premier trimestre 2021, la croissance de l’emploi se situe à<br />

1.8% sur un an, soit un rythme deux fois inférieur à celui d’avant<br />

crise, mais toujours nettement au-dessus de celui des autres<br />

pays européens.<br />

<br />

Source: STATEC<br />

©MAEE<br />

LES RECETTES PUBLIQUES<br />

EN HAUSSE<br />

Malgré la crise sanitaire, les recettes<br />

perçues par l’Administration de l’enregistrement,<br />

des domaines et de la TVA,<br />

connaissent une hausse importante de<br />

l’ordre de 207 millions d’euros, soit une<br />

augmentation de 14,2% par rapport à<br />

l’exercice antérieur. Elles se chiffrent<br />

ainsi, au 31 mars 2021, à un total de<br />

1.656 millions d’euros. La hausse est<br />

avant tout soutenue par les recettes de<br />

TVA perçues, dont la progression reste<br />

toutefois à confirmer dans les mois à<br />

venir, ainsi que par les recettes dues<br />

à la taxe d’abonnement (taxe sur les<br />

transactions financières) et aux droits<br />

d’enregistrement.<br />

Source: ministère des Finances<br />

TROISIÈME SACRE ESR<br />

POUR L’UEL<br />

Pour la troisième fois consécutive,<br />

l’Union des Entreprises Luxembourgeoises<br />

(UEL) a reçu le label ESR après<br />

la validation de son processus de relabellisation.<br />

L’organisation place les<br />

entreprises et leurs enjeux au cœur de<br />

sa vision de la société luxembourgeoise<br />

et œuvre pour une économie durable<br />

et prospère. Depuis 2010, 180 entreprises<br />

employant plus de 54.000<br />

salariés au Luxembourg ont été<br />

labellisées. Le groupe des entreprises<br />

labellisées ESR se positionne ainsi<br />

comme l’un des plus grands réseaux<br />

d’entreprises responsables en Europe.<br />

<br />

Source: UEL<br />

LE MARCHÉ DES VÉHICULES<br />

ÉLECTRIQUES SE RENFORCE<br />

Le marché des véhicules électriques<br />

poursuit sa progression. Plus d’un véhicule<br />

neuf sur trois vendu au Luxembourg<br />

est électrique. C’est ce qu’indique<br />

la Fédération luxembourgeoise de<br />

l’automobile et du Cycle (Febiac) dans<br />

un communiqué. L’arrivée de nouveaux<br />

modèles plus performants et le maintien<br />

des primes à l’achat renforcent cette<br />

tendance. Sous certaines conditions, les<br />

aides resteront fixées à 8.000 euros pour<br />

l’achat d’une voiture 100% électrique<br />

jusqu’au 31 mars 2022.<br />

<br />

Source: Febiac


#mertzig4all<br />

MERTZIG<br />

entend L’Économie devenir pour le Bien la 1ère commun commune<br />

propose<br />

un modèle économique éthique fondé sur<br />

de l’Economie pour le Bien commun<br />

la cohésion du sociale Luxembourg et la participation ! citoyenne.<br />

la dignité humaine, la solidarité, la durabilité écologique,<br />

Ces valeurs deviennent le fondement de toute action.


106 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

ÉCONOMIE<br />

Mertzig, première commune<br />

de l’Économie pour le Bien commun<br />

En 2019, la commune de Mertzig s’engageait dans l’Économie pour le Bien commun à travers<br />

son projet #mertzig4all. Ce modèle économique alternatif a pour vocation de placer l’humain<br />

et l’environnement au centre des préoccupations. Certifiée en décembre dernier, la commune<br />

vise désormais l’amélioration continue. Mike Poiré, bourgmestre, revient sur les avantages<br />

d’un tel modèle au quotidien ainsi que sur ses opportunités.<br />

En février 2019, vous lanciez #Mertzig4All.<br />

Pouvez-vous nous rappeler les grandes<br />

lignes de ce projet ainsi que les principaux<br />

éléments qui fondent l’Économie pour le<br />

Bien Commun?<br />

L’Économie pour le Bien commun<br />

consiste à renforcer des critères sociaux et<br />

environnementaux dans l’économie pour<br />

assurer la cohésion sociale dans une société<br />

individualiste où l’esprit de solidarité ne<br />

cesse de se déliter. Pour ce faire, elle s’appuie<br />

sur des valeurs telles que la dignité humaine,<br />

la solidarité, la durabilité écologique,<br />

la cohésion sociale et la participation<br />

citoyenne. Ainsi, aux objectifs quantitatifs<br />

permettant d’évaluer le «succès» d’un acteur<br />

économique, s’ajoutent des objectifs sociaux<br />

et environnementaux plus qualitatifs.<br />

À Mertzig, l’aventure a commencé le<br />

1 er février 2019 avec la délibération du<br />

conseil communal approuvant à l’unanimité<br />

le projet LEADER (Liaison entre actions<br />

de développement de l’économie rurale)<br />

dénommé #Mertzig4all avec l’objectif de<br />

devenir la première commune de l’Économie<br />

pour le Bien commun du Luxembourg.<br />

Plusieurs événements se sont enchainés: le<br />

«kick-off» avec Christian Felber, co-initiateur<br />

du mouvement, ensuite, les voyages d’étude<br />

en Autriche et en Allemagne pour rencontrer<br />

d’autres municipalités œuvrant dans ce modèle<br />

économique, les «workshops» organisés à<br />

Mertzig avec la participation de citoyens<br />

engagés, partenaires, entrepreneurs locaux et<br />

agents communaux pour finalement aboutir<br />

à la rédaction du rapport officiel et l’audit<br />

externe qui nous a permis d’être certifiés en<br />

décembre dernier.<br />

Quels seront les impacts de la certification<br />

dans la vie communale et dans la<br />

vie des citoyens au quotidien?<br />

Le modèle économique de l’Économie<br />

pour le Bien commun nous aide à analyser,<br />

à remettre en question et à canaliser le<br />

travail et les efforts en permanence grâce<br />

à l’instrument de la matrice des valeurs.<br />

Chaque action politique nécessite d’abord<br />

une remise en question fondamentale,<br />

pour ensuite aboutir à une solution qui<br />

contribue le plus au Bien commun selon la<br />

matrice. Par définition, les administrations<br />

communales doivent s’engager pour le Bien<br />

commun, mais cela ne va certainement pas<br />

de soi. En effet, celles-ci doivent d’abord<br />

s’en tenir au cadre légal et réglementaire.<br />

Elles peuvent ensuite aller plus loin,<br />

aborder un sujet autrement en y incluant les<br />

valeurs précitées et, dans le meilleur des cas,<br />

être porteuses d’idées pour concrétiser des<br />

solutions innovantes. À titre d’exemple, je<br />

cite le programme «Nachhaltigkeit macht<br />

Schule» dans les écoles, l’organisation<br />

de «Repair-Cafés», la «Givebox» et la<br />

«Bicherbox», le «Mäerzeger Themewee»,<br />

mais aussi des projets d’infrastructure de<br />

grande envergure comme le projet intégré<br />

de l’école et de la maison relais de Mertzig<br />

selon le concept «LernLandschaft» ou<br />

encore le réaménagement inclusif de la<br />

maison communale.<br />

Comment se déroule l’ «après-certification»?<br />

C’est un processus qui ne se termine jamais<br />

car c’est un travail d’amélioration continu.<br />

En effet, dans le cadre du rapport, nous<br />

avons communiqué les mesures effectuées<br />

dans chaque chapitre, ainsi que l’évaluation<br />

envisagée du progrès.<br />

L’évaluation finale de l’auditeur se base<br />

sur une échelle de -10 à 10 points. Nous<br />

nous réjouissons qu’aucun solde négatif<br />

n’ait été retenu. Par contre, le meilleur<br />

score est de 4 points et la grande moyenne<br />

se situe à 2,3 points. Les marges de<br />

progression dans certains chapitres sont<br />

donc considérables! Avec la première<br />

certification a donc commencé le travail<br />

de la seconde évaluation qui aboutira à<br />

un nouvel audit, et je l’espère, encore une<br />

meilleure certification qui contribuera à<br />

l’amélioration du Bien commun dans notre<br />

commune.<br />

Mertzig est la première commune à<br />

obtenir une telle certification au Luxembourg.<br />

Pensez-vous devenir une source<br />

d’inspiration pour d’autres localités qui<br />

souhaiteraient franchir le pas?<br />

Les échos sont très positifs. Grâce au groupe<br />

d’action locale LEADER Atert-Wark,<br />

l’évolution de notre processus a toujours<br />

été communiquée. Ainsi, les communes<br />

membres du Syndicat intercommunal<br />

«Kanton Réiden» sont prêtes à entamer<br />

la démarche. D’autres, de tous les coins<br />

du pays, nous ont contactés et quelques<br />

rendez-vous ont déjà été fixés. Il s’agit en<br />

effet de collaborer, d’unir les forces et de<br />

créer des synergies. De manière générale,<br />

ce modèle économique est un outil idéal<br />

pour les communes étant donné qu’elles<br />

sont tenues d’œuvrer pour le Bien commun<br />

par définition.<br />

Selon vous, cette philosophie peut-elle<br />

s’appliquer à l’échelle d’un pays tout<br />

entier?<br />

S’il s’agit de promouvoir le développement<br />

d’un réseau afin de collaborer et d’échanger<br />

davantage dans le but de renforcer<br />

l’Économie pour le Bien commun au<br />

Luxembourg, l’État peut inciter les<br />

acteurs économiques et les soutenir dans<br />

un esprit de solidarité et d’impact sociétal<br />

en créant, par exemple, des avantages<br />

fiscaux pour les entreprises qui œuvrent<br />

dans ce sens. Le législateur pourrait par<br />

ailleurs mettre en place un cadre légal<br />

contraignant instaurant un devoir de<br />

vigilance pour les entreprises enregistrées<br />

au Luxembourg afin de sensibiliser les<br />

acteurs économiques au respect des droits<br />

humains, à la responsabilité sociale et aux


<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

107<br />

“Un outil<br />

idéal pour les<br />

communes étant<br />

donné qu’elles<br />

sont tenues<br />

d’œuvrer pour<br />

le Bien commun<br />

par définition”<br />

Mike Poiré<br />

normes environnementales ; le tout dans un<br />

esprit éthique. Le débat politique autour<br />

du PIB du bien-être illustre parfaitement<br />

que le bien-être commun d’une société<br />

ne réside pas uniquement dans les<br />

richesses matérielles, mais également<br />

dans une très grande dimension sociale et<br />

environnementale.<br />

À l’heure où la société s’individualise,<br />

où la tendance est au repli sur soi, n’y<br />

a-t-il pas, à travers l’Économie pour le<br />

Bien Commun, une certaine remise<br />

en question des mécanismes de notre<br />

société actuelle?<br />

En effet, dans le système économique<br />

actuel, produire à bas prix est indispensable<br />

pour être concurrentiel. Dans cette logique,<br />

il est avantageux pour les entreprises<br />

d’amenuiser les critères sociaux et environnementaux<br />

d’une manière telle que leurs<br />

produits ou leurs services soient les moins<br />

chers. Les entreprises qui agissent de la<br />

sorte dominent car ce qui est moins cher<br />

se vend mieux. Or, l’environnement se<br />

dégrade, ce qui a des répercussions néfastes<br />

sur la santé humaine. Par ailleurs, de plus<br />

en plus de personnes souffrent d’isolement<br />

et de stress. L’Économie pour le Bien<br />

commun propose un autre modèle d’avenir<br />

qui dispose de tous les ingrédients pour<br />

améliorer nos façons de faire et de penser. n<br />

Administration communale de Mertzig<br />

22 rue Principale<br />

L-9168 Mertzig<br />

www.mertzig.lu<br />

Photos © Fränk Henkes


108 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

ÉCONOMIE<br />

Et le potentiel de la quatrième<br />

révolution industrielle se révéla<br />

Dans un article publié en 2017, des économistes de Stanford et du MIT confiaient qu’il<br />

semblait de plus en plus difficile d’avoir de «bonnes idées» [1]. Concrètement, ils ont noté que<br />

la productivité de la recherche, y compris dans le domaine médical, avait eu tendance à décliner<br />

au cours des décennies. Leur article – relativement techno-pessimiste – venait grossir les rangs<br />

des publications qui avançaient que les innovations récentes (trop concentrées dans le domaine<br />

de la communication et du divertissement) étaient plus anecdotiques que transformatives et<br />

invitaient à relativiser l’impact positif à attendre de la quatrième révolution industrielle sur<br />

l’économie et la société. Michel-Edouard Ruben, senior économiste de la Fondation IDEA asbl,<br />

remet en question leur constat dans cet article…<br />

Michel-Edouard Ruben<br />

Par bien des aspects, certaines évolutions<br />

observées depuis un an semblent donner tort<br />

aux techno-pessimistes. Il est ainsi apparu que<br />

quelques-unes des technologies (numériques,<br />

médicales, environnementales, de production)<br />

qui font la quatrième révolution technologique<br />

pouvaient, au même titre que les<br />

«grandes inventions» du passé, réinventer<br />

l’économie et qu’il était possible de trouver<br />

dans les avancées scientifiques des dernières<br />

décennies matière à espérer d’importants<br />

regains de productivité et de progrès.<br />

Dans le domaine de la santé<br />

La rapidité avec laquelle un vaccin considéré<br />

comme sûr et efficace a pu être mis au point<br />

est une véritable prouesse. Seulement dix<br />

semaines après que la séquence du Sars-<br />

Cov-2 ait été rendue publique débutaient<br />

les premiers essais de la vaccination. Cela<br />

a été possible notamment grâce à une<br />

nouvelle approche (vaccins à ARN messager)<br />

utilisée par des BioTechs (Moderna, Walvax<br />

Biotechnology, BioNTech, etc.). Cette<br />

nouvelle modalité vaccinale et ce succès<br />

gigantesque des BioTechs sont, au-delà du<br />

Covid-19, de bon augure dans la lutte contre<br />

les maladies infectieuses. Ils pourraient<br />

ouvrir la voie à de nouvelles générations<br />

de vaccins et devraient donner lieu à de<br />

nouvelles collaborations prometteuses entre<br />

de gros acteurs industriels et des startups<br />

biotechnologiques à même de libérer tout le<br />

potentiel de cette «révolution» vaccinale et<br />

de régénérer la médecine moderne.<br />

“Quelques-unes<br />

des technologies<br />

qui font la quatrième<br />

révolution<br />

technologique<br />

peuvent réinventer<br />

l’économie”<br />

Dans le domaine du travail<br />

Avec les obligations de distanciation<br />

physique afin de lutter contre la propagation<br />

du coronavirus, la crise a représenté une<br />

rupture sans précédent pour le marché du<br />

travail qui a malgré tout pu résister au choc<br />

grâce à la généralisation du télétravail. Du<br />

jour au lendemain, ce sont des centaines de<br />

millions de travailleurs qui ont découvert<br />

qu’il était «possible» de travailler<br />

autrement grâce aux nouvelles technologies<br />

(ordinateur, VPN, zoom, etc.). Si l’impact<br />

du télétravail sur la productivité des salariés<br />

et des organisations est encore discuté, il<br />

est permis de penser que cette «révolution»<br />

dans la façon de travailler qui a lieu dans<br />

le contexte de la crise ne devrait pas être<br />

neutre sur l’organisation future du travail<br />

(notamment en termes d’autonomie des<br />

salariés, d’offre d’emploi et éventuellement<br />

en termes de dépenses en immobilier<br />

d’entreprises) et pourrait amener à repenser<br />

l’organisation territoriale.<br />

En plus des avancées marquantes et<br />

enthousiasmantes en matière de santé et<br />

d’organisation du travail, il a été observé<br />

depuis un an une avancée à grand pas de la<br />

numérisation de l’économie (commerce en<br />

ligne, crypto-actifs, monnaie numérique de<br />

banques centrales, objets connectés, contacttracing<br />

sanitaire, télésanté, dématérialisation<br />

de la restauration et de l’enseignement,<br />

production fondée sur les données, etc.).<br />

A côté de cela, les États semblent vouloir<br />

renouer avec leur rôle de stratège (souhait<br />

américain de «Build back better», désir<br />

européen d’être stratégiquement autonome,<br />

volonté chinoise d’être moins dépendante<br />

de l’innovation extérieure) et remettre en<br />

question les acquisitions tueuses et la capacité<br />

des brevets à créer indûment des obstacles à<br />

l’entrée et à la propagation technologique<br />

qui peuvent empêcher de futures avancées.<br />

S’il est trop tôt pour savoir si de tout ce<br />

foisonnement sortira un nouvel âge d’or [2],<br />

il est tout de même permis de le souhaiter.<br />

Aussi, les entreprises, les salariés et les<br />

pouvoirs publics seraient bien avisés de s’y<br />

préparer avec le double objectif d’en tirer<br />

parti et de se prémunir contre les risques<br />

qu’il comporte. n<br />

[1] BLOOM, Nicholas, Charles I. JONES, John Van REENEN &<br />

Michael WEBB (2017), «Are ideas getting harder to find?».<br />

[2] Robert Gordon (2016), La fin de l’âge d’or - Finances &<br />

Développement, FMI.


Mario Grotz, président de Luxinnovation; Franz Fayot, ministre de l’Économie et Sasha Baillie, CEO de Luxinnovation<br />

2020: une année charnière<br />

pour l’innovation<br />

©MECO<br />

Jeudi 22 avril dernier, Franz Fayot, ministre de l’Économie, et Sasha Baillie, CEO de<br />

Luxinnovation, ont présenté le rapport d’activité 2020 de Luxinnovation. Une année<br />

particulière pour l’agence nationale pour la promotion de l’innovation. Elle a non seulement<br />

œuvré pour offrir les outils nécessaires aux entreprises afin de répondre aux nouveaux défis<br />

dus à la pandémie de Covid-19, mais aussi pour identifier les opportunités et les nouvelles<br />

tendances du marché.<br />

Une année marquée par le Covid-19<br />

Depuis plus de 35 ans, Luxinnovation<br />

soutient les entreprises dans leurs efforts de<br />

recherche, développement et innovation.<br />

Entre temps, le Covid-19 a néanmoins eu<br />

des impacts sur les activités de l’agence.<br />

Avec le ministère de l’Économie, elle a<br />

en effet mis en œuvre des mesures pour<br />

aider les entreprises à faire face à la crise,<br />

surmonter ses nombreux défis et initier<br />

des processus de relance. Parmi eux: le<br />

lancement du programme stratégique Fit<br />

4 Resilience, le développement et la mise<br />

en place de la plateforme EPI-Covid19.lu<br />

qui permet la mise en adéquation de l’offre<br />

et de la demande en matière de protection<br />

individuelle, ou encore la création du<br />

concours StartupsVsCovid19 qui aura<br />

permis à quinze jeunes pousses de recevoir<br />

une aide publique de 150.000 euros.<br />

En 2020, 414 entreprises ont été<br />

soutenues et accompagnées au sein des<br />

clusters de Luxinnovation et les équipes<br />

pluridisciplinaires de l’agence ont permis à<br />

257 demandes d’aides d’être approuvées par<br />

le ministère de l’Économie. Franz Fayot,<br />

ministre de l’Économie, a notamment<br />

rappelé le rôle clé que joue l’agence<br />

dans l’écosystème de la recherche et de<br />

l’innovation au Luxembourg.<br />

Le programme Fit 4 Digital a connu un<br />

succès équivalent à l’année précédente (107<br />

participants contre 110 un an plus tôt), tandis<br />

que le nouveau programme Fit 4 Digital<br />

Packages, lancé fin 2019, a été suivi par plus<br />

de 180 participants. «Nous avons également<br />

adopté des solutions digitales en interne pour<br />

soutenir les entreprises, avec l’organisation<br />

d’événements digitaux d’information, ainsi<br />

que la préparation active de la conférence<br />

E-DIH qui a eu lieu en janvier 2021 et a attiré<br />

2.600 participants issus de 40 pays», a déclaré<br />

Sasha Baillie, CEO de Luxinnovation.<br />

“Nous sommes<br />

au cœur<br />

d’une véritable<br />

transition<br />

de notre économie<br />

dans laquelle<br />

l’innovation joue<br />

un rôle moteur”<br />

Les données, un atout de taille pour le<br />

Luxembourg<br />

Sasha Baillie a également souligné que de<br />

nombreuses opportunités se trouvent dans<br />

l’économie basée sur les données. «Je suis<br />

convaincue que le Luxembourg a des atouts<br />

qui permettraient aux entreprises de se<br />

lancer dans cette nouvelle économie avec<br />

succès et nous serons à leurs côtés pour les<br />

accompagner et les aider à concrétiser tout<br />

leur potentiel», a-t-elle précisé.<br />

Franz Fayot a conclu: «En cette année<br />

2020 si particulière et complexe, l’agence a<br />

été un partenaire clé non seulement pour<br />

le ministère de l’Économie, mais également<br />

pour les entreprises. Nous sommes au cœur<br />

d’une véritable transition de notre économie<br />

dans laquelle l’innovation joue un rôle<br />

moteur. En tant qu’agence nationale pour<br />

la promotion de l’innovation, le soutien de<br />

Luxinnovation est ainsi particulièrement<br />

précieux pour soutenir la double transition<br />

vers une économie digitale et durable.<br />

À travers son soutien aux projets d’envergure<br />

du L-DIH et de Gaia-X, l’agence contribue<br />

activement à l’implémentation de la<br />

stratégie d’innovation basée sur les données<br />

et continuera à être un partenaire-clé dans<br />

le futur». n<br />

Stimuler la transformation digitale<br />

Soutenir la transformation digitale de<br />

l’économie et des entreprises fait également<br />

partie des objectifs principaux de<br />

Luxinnovation.<br />

Il s’agit en effet pour Luxinnovation, de<br />

trouver des partenaires et des opportunités<br />

d’innovation à l’étranger. Les activités<br />

digitales de prospection ont notamment<br />

conduit à l’incorporation de dix entreprises<br />

étrangères au Grand-Duché en 2020.<br />

Source: SIP


Soutenir ceux qui font l’économie,<br />

de près comme de loin.<br />

Nous finançons votre avenir.<br />

www.snci.lu


112 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

BRÈVES MINISTÉRIELLES<br />

PAR RAOUF HATIRA<br />

MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE<br />

Dans le cadre d’un projet d’intérêt<br />

européen commun, le ministère<br />

de l’Économie lance un appel aux<br />

opérateurs économiques souhaitant<br />

participer à des projets innovants<br />

visant à développer une chaîne de<br />

valeur stratégique relative à l’économie<br />

de l’hydrogène. Le but de l’appel est<br />

d’identifier les acteurs luxembourgeois<br />

qui pourraient apporter une contribution<br />

nationale à la conception, à la<br />

production et à l’utilisation, au sein<br />

de l’Union européenne, de solutions<br />

énergétiques à partir d’hydrogène.<br />

<br />

Source: SIP<br />

MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION<br />

Jusqu’à la fin de l’année scolaire, des<br />

autotests rapides seront proposés<br />

aux élèves et au personnel de tous<br />

les établissements scolaires publics<br />

et privés appliquant les programmes<br />

nationaux, ainsi que les maisons<br />

relais. Le taux de participation à<br />

l’autotesting dans les écoles s’élève<br />

à 85,5 %. Il témoigne de la forte<br />

acceptation de ce nouvel instrument<br />

de lutte contre la pandémie. Les<br />

responsables des écoles rapportent<br />

au ministère que les enfants et les<br />

jeunes n’ont pas eu de difficulté à<br />

réaliser le test à l’école.<br />

<br />

Source: SIP<br />

MINISTÈRE DE LA FONCTION<br />

PUBLIQUE<br />

Le ministère de la Fonction publique<br />

et la Confédération générale de la<br />

fonction publique (CGFP) ont signé<br />

un nouvel accord salarial. Marqué<br />

par la crise sanitaire, cet accord, qui<br />

court jusqu’au 31 décembre 2022, ne<br />

contient pas d’augmentation financière<br />

structurelle, mais l’accent est mis sur la<br />

qualité des conditions de travail des<br />

agents de l’État et sur l’aménagement<br />

de leur temps de travail. Dans ce<br />

contexte, les deux parties ont convenu<br />

que le télétravail, qui a connu une<br />

évolution importante lors de la crise<br />

sanitaire, serait encadré à l’avenir par<br />

un règlement grand-ducal à élaborer<br />

conjointement.<br />

<br />

Source: SIP<br />

<br />

MINISTÈRE DE LA SÉCURITÉ INTÉRIEURE<br />

Les nouveaux locaux de l’École de Police ont été inaugurés<br />

le 26 avril dernier, en présence de Henri Kox, ministre de la<br />

Sécurité intérieure. Le nouveau site de l’École de Police se<br />

trouve dans un bâtiment entièrement réaménagé selon les<br />

besoins spécifiques de la formation policière à Luxembourg-<br />

Findel, rue de Neudorf, et permet d’accueillir quelques 200<br />

fonctionnaires-stagiaires policiers par an recrutés dans le<br />

contexte du plan de recrutement extraordinaire.<br />

<br />

Source: SIP<br />

François Bausch, Vice-Premier ministre, ministre de la Mobilité et des Travaux<br />

publics et Lydie Polfer, bourgmestre de la Ville de Luxembourg<br />

MINISTÈRE DE LA MOBILITÉ<br />

Le ministère de la Mobilité et la Ville de Luxembourg ont présenté<br />

la prochaine étape du chantier du tram qui va relier la Gare<br />

centrale au Lycée de Bonnevoie. Les travaux de construction<br />

comprennent la plateforme même du tram, les stations et<br />

l’ensemble des systèmes et équipements dont l’alimentation<br />

électrique aérienne. La mise en œuvre de ce nouveau tronçon<br />

se fait dans la continuité des aménagements du centre-ville avec<br />

des zones végétalisées entre les stations. Ces travaux seront<br />

réalisés par secteurs en différentes phases et commenceront au<br />

niveau du futur pôle d’échange «Lycée Bouneweg».<br />

<br />

Source: SIP<br />

MINISTÈRE DE LA PROTECTION<br />

DES CONSOMMATEURS<br />

Afin que les entreprises nationales intéressées à profiter du<br />

système simplifié d’étiquetage Nutri-Score puissent s’y préparer,<br />

le ministère de la Protection des consommateurs, en collaboration<br />

avec la House of Entrepreneurship de la Chambre de Commerce,<br />

a organisé le 28 avril un webinaire auquel une trentaine de<br />

professionnels ont participé. Les échanges tournaient entre<br />

autres autour de la présence de produits arborant le logo sur le<br />

marché luxembourgeois et des modalités techniques quant à<br />

l’étiquetage correct des fabrications relatives.<br />

<br />

Source: SIP<br />

VDL / Charles Soubry<br />

MINISTÈRE DU TRAVAIL<br />

Lors d’une conférence de presse,<br />

le ministre du Travail, Dan Kersch,<br />

a présenté un nouveau projet visant<br />

à proposer des formations continues<br />

dans le domaine digital à toutes<br />

les personnes qui se trouvaient au<br />

chômage partiel entre le 1 er janvier 2021<br />

et le 31 mars 2021. Les bénéficiaires<br />

de cette nouvelle mesure reçoivent,<br />

depuis le 26 avril, un courrier avec<br />

un code personnalisé. Celui-ci leur<br />

permettra de télécharger, sur le portail<br />

guichet.lu, leur bon de formation d’une<br />

valeur de 500 euros. 240 formations en<br />

ligne sont disponibles dans 34 centres<br />

de formation différents.<br />

<br />

Source: SIP<br />

MINISTÈRE DES AFFAIRES<br />

ÉTRANGÈRES<br />

En présence du commissaire européen<br />

au Marché intérieur, Thierry<br />

Breton, le ministre des Affaires<br />

étrangères, Jean Asselborn, et le<br />

ministre de l’Économie, Franz Fayot,<br />

ont inauguré officiellement le siège<br />

de l’entreprise commune européenne<br />

pour le calcul à haute performance<br />

(EuroHPC), installé au Luxembourg.<br />

Ce réseau apportera à terme les<br />

capacités de calcul nécessaires aux<br />

entreprises, aux centres de recherche<br />

et aux universités et ceci afin d’assurer<br />

la compétitivité de l’UE dans le cadre<br />

du développement de l’économie<br />

digitale.<br />

<br />

Source: SIP<br />

MINISTÈRE DES FINANCES<br />

Le Luxembourg a transmis son Plan<br />

pour la reprise et la résilience (PRR) à<br />

la Commission européenne. Ce plan<br />

fait partie du paquet de relance de l’UE<br />

dénommé «Next Generation EU» d’un<br />

montant total de 750 milliards d’euros.<br />

Le PRR du Luxembourg porte sur<br />

une enveloppe totale de 183 millions<br />

d’euros, dont 93 millions seront<br />

financés par l’Union européenne. Le<br />

plan du Luxembourg repose sur trois<br />

piliers: la cohésion et résilience sociale,<br />

la transition verte et la digitalisation,<br />

innovation et gouvernance.<br />

<br />

Source: SIP


Plus de 40 % du<br />

plastique n’est utilisé<br />

qu’une fois, avant<br />

d’être jeté.<br />

5000 milliards<br />

de morceaux de<br />

plastique flottent<br />

déjà dans nos<br />

océans.<br />

Entre 27 et 42% seulement<br />

des emballages plastiques<br />

pourraient être recyclés à<br />

des coûts satisfaisants<br />

selon PlasticEurope.<br />

Les estimations<br />

sur la durée de vie<br />

du plastique vont<br />

de 450 ans<br />

à l’infini.<br />

L’Imprimerie Centrale propose à ses clients des alternatives à la plastification<br />

de leurs documents. Dans une optique durable et en accord avec les valeurs de<br />

l’entreprise, nous proposons à nos clients, au-delà de nos multiples certifications,<br />

une démarche engagée pour trouver avec vous, la solution la moins impactante<br />

pour l’environnement.<br />

Nous avons les solutions, à vous de passer à l’action.<br />

#rethinkplastic #ecofriendlysolutions #plasticfreeoceans<br />

Sources : zerowastefrance.org<br />

IMPRIMERIE CENTRALE SOCIÉTÉ ANONYME • 3, RUE EMILE BIAN • L-1235 LUXEMBOURG<br />

T +352 48 00 22-1 • WWW.IC.LU • MESSAGE@IC.LU • @IMPRIMERIECENTRALE


114 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

FOCUS COMMUNES<br />

La participation<br />

citoyenne fait<br />

battre le cœur<br />

de la vie communale<br />

PAR PIERRE BIRCK<br />

Depuis 2004, douze fusions communales ont modifié la carte du<br />

Luxembourg qui compte désormais 102 communes. Ce chiffre<br />

pourrait diminuer au cours des prochaines années avec trois<br />

fusions potentielles et le ministère de l’Intérieur invite les élus<br />

à se pencher sur d’éventuels autres mariages. Taina Bofferding,<br />

ministre de l’Intérieur et ministre de l’Égalité entre les femmes<br />

et les hommes, présente les grandes lignes de sa politique en<br />

matière de fusion communale et revient aussi sur la promotion<br />

de l’égalité sur l’ensemble du territoire grand-ducal en plaçant<br />

la participation citoyenne au cœur des décisions.<br />

Le ministère de l’Intérieur a publié un<br />

ouvrage intitulé «Fusion des communes –<br />

Toolbox» en début d’année. Quel est son<br />

objectif et quelles sont ses retombées après<br />

cinq mois d’existence?<br />

Le but de cette boîte à outils est d’informer<br />

les communes, notamment celles qui sont<br />

intéressées par une éventuelle fusion, et<br />

de leur donner une panoplie de réponses<br />

aux questions récurrentes. Cet ouvrage<br />

fournit également des témoignages d’élus<br />

locaux qui ont déjà vécu cette expérience.<br />

En plus du côté informatif, il y a un côté<br />

pratique puisqu’il contient un descriptif des<br />

différentes procédures et étapes à entamer.<br />

En l’espace de cinq mois, certaines communes<br />

ont déjà manifesté leur intérêt pour<br />

une éventuelle fusion mais à ce stade, cela<br />

reste encore confidentiel. Actuellement,<br />

nous travaillons sur les trois fusions déjà<br />

en cours: Wahl et Grosbous qui envisagent<br />

un référendum avant l’été, Bettendorf,<br />

Diekirch, Erpeldange-sur-Sûre, Ettelbruck<br />

et Schieren au niveau de la Nordstad qui<br />

viennent tout juste de lancer des groupes de<br />

travail avec leurs citoyens et enfin Bous et<br />

Waldbredimus. Malgré la période de crise<br />

sanitaire, toutes sont restées très motivées<br />

et engagées dans les différentes démarches.<br />

Notre objectif est de motiver les communes<br />

à l’idée d’une fusion car elle présente de<br />

nombreux avantages qui sont également<br />

présentés dans cet ouvrage.<br />

Quels sont ces avantages et comment<br />

rassurez-vous les bourgmestres préoccupés<br />

voire réticents à l’idée d’une fusion?<br />

Les communes fusionnées peuvent créer<br />

d’autres services communaux et améliorer<br />

leur qualité, renforcer les synergies au<br />

niveau de la gestion même du personnel<br />

et de l’administration ou encore relancer<br />

la vie associative. En étoffant ses services,<br />

l’administration locale est mieux équipée<br />

et plus autonome. Toute la population est<br />

concernée et pas seulement les élus. Cette<br />

participation citoyenne intervient en amont<br />

de chaque décision de fusion et elle revêt<br />

d’une importance capitale à mes yeux.<br />

Je suis contre les fusions forcées. Une fusion<br />

doit s’appuyer sur la volonté des élus et des<br />

citoyens. Le ministère de l’Intérieur est<br />

avant tout un partenaire fort qui conseille<br />

et accompagne les communes dans ces<br />

processus. C’est dans ce contexte que<br />

nous avons lancé «Fusion des communes<br />

– Toolbox» avec son lot de conseils pour<br />

éviter les erreurs qui ont déjà pu être<br />

faites par le passé et notamment celles de<br />

ne pas impliquer les citoyens ou de ne pas<br />

communiquer suffisamment.<br />

La loi communale qui règle l’organisation,<br />

les attributions des organes de la commune<br />

ainsi que la surveillance de la gestion<br />

communale est en application depuis 1988<br />

et nécessite une réécriture complète pour<br />

s’adapter aux besoins des communes modernes.<br />

Pouvez-vous revenir sur les principaux<br />

objectifs de ce projet de refonte<br />

ainsi que son état d’avancement?<br />

La réforme de la tutelle administrative et<br />

son objectif de réduction des approbations<br />

nous pousse à nous digitaliser. Nous<br />

sommes en train de créer un guichet unique<br />

pour les communes. Celui-ci permettra<br />

de centraliser toutes les procédures. Cela<br />

entraîne des simplifications administratives<br />

et un régime plus allégé de surveillance de<br />

l’État sur la gestion des communes.<br />

Nous sommes actuellement dans la deuxième<br />

phase du projet. J’ai demandé à la Chambre<br />

des députés un débat de consultation afin de<br />

savoir quelles sont, selon eux, les priorités<br />

politiques de cette grande réforme, ainsi<br />

que les différents sujets pertinents à étudier<br />

tels que le statut social d’un élu local ou la<br />

conciliation entre vie professionnelle et privée<br />

qui se pose également dans la vie politique.


Cette refonte vise aussi à motiver les jeunes<br />

et les femmes à se lancer dans la politique<br />

et la vie communale grâce à un cadre bien<br />

établi, moderne, digital et flexible, qui puisse<br />

s’adapter aux 102 communes si hétéroclites<br />

de notre pays. D’où le slogan de la refonte –<br />

mais aussi de ma vision politique – «mateneen<br />

fir eng modern Gemeng» (ensemble vers une<br />

commune moderne).<br />

En tant que ministre de l’Égalité entre<br />

les femmes et les hommes, vous attachez<br />

logiquement énormément d’importance<br />

à ce principe. Le site megacommune.lu a<br />

été lancé dernièrement… Quel est l’état<br />

des lieux de l’égalité dans les communes<br />

et comment ces dernières peuvent-elles<br />

la promouvoir au quotidien?<br />

Les communes sont très sensibles à ce sujet.<br />

Certaines ont par exemple déjà instauré<br />

des commissions consultatives, des services<br />

d’égalité ou encore des délégués au sein du<br />

personnel communal pour se consacrer à<br />

l’égalité. Afin de mieux se familiariser avec<br />

ce principe, nous avons lancé un projet<br />

pilote avec trois communes: Schieren,<br />

Mertert et Clervaux. Celui-ci consiste à<br />

analyser la situation sur leur territoire et<br />

les moyens mis en œuvre pour déployer<br />

l’égalité des sexes. Suite à cela, j’envisage<br />

de créer une convention flexible pour<br />

renforcer la collaboration avec le ministère<br />

et améliorer le principe d’égalité au niveau<br />

de toutes les communes.<br />

Nous sommes aussi en train de collecter les<br />

bonnes pratiques afin de démontrer que<br />

l’égalité entre les genres est très concrète.<br />

Suivant la constitution, les communes y<br />

participent et ont même la responsabilité<br />

d’appliquer l’égalité au quotidien à travers<br />

différentes actions comme l’événement<br />

«MaMer Egalitéit» organisé début mai et<br />

qui était la première semaine thématique<br />

organisée par la commune de Mamer autour<br />

de l’égalité entre les femmes et les hommes. n<br />

Taina Bofferding<br />

“Je suis contre<br />

les fusions forcées.<br />

Une fusion doit<br />

s’appuyer sur<br />

la volonté des élus<br />

et des citoyens”


Jean-Paul Schaaf


FOCUS COMMUNES<br />

<strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021117<br />

Un centre d’attraction pour le Nord<br />

Ettelbruck, Schieren, Erpeldange-sur-Sûre, Diekirch et Bettendorf, ces communes du Nord<br />

représentant presque 24.000 habitants envisagent de ne faire qu’une. Jean-Paul Schaaf,<br />

bourgmestre d’Ettelbruck, nous conte l’histoire de la Nordstad, ce centre d’attraction pour<br />

toute une région, et évoque les dernières évolutions du processus de fusion. Il explique<br />

également comment les projets de sa commune se fondent dans ce large plan. Interview.<br />

“Au printemps,<br />

les conseils<br />

communaux<br />

décideront<br />

si nous pouvons<br />

poursuivre<br />

le processus<br />

de fusion”<br />

Pouvez-vous revenir sur l’histoire de<br />

la Nordstad et l’évolution récente du<br />

processus de fusion?<br />

Le concept de Nordstad a été imaginé en<br />

1973 par l’économiste et juriste Adrien Ries<br />

et est né du constat qu’il manquait un centre<br />

urbain attractif au nord du pays comme l’est<br />

Luxembourg-Ville pour le centre ou Eschsur-Alzette<br />

pour le sud. Aucune démarche<br />

n’a toutefois été entreprise jusqu’au début<br />

de ce siècle, lorsque le plan directeur sur<br />

l’aménagement du territoire de 2003 a<br />

défini la Nordstad comme un centre de<br />

développement et d’attraction (CDA)<br />

d’ordre moyen. Depuis 2006, l’État et<br />

les communes concernées (définies alors<br />

comme une bande urbaine s’étendant de<br />

Colmar-Berg à Bettendorf) sont liés par une<br />

convention de coopération. Depuis lors,<br />

nous travaillons sur des projets communs<br />

ayant trait, par exemple, au tourisme, au<br />

trafic routier ou encore à la construction en<br />

zones inondables.<br />

En 2008, les six communes partenaires se<br />

sont dotées d’un masterplan définissant<br />

l’axe central qui relie les gares d’Ettelbruck<br />

et de Diekirch comme noyau de la<br />

Nordstad. Pour faire de celle-ci un<br />

CDA d’ordre moyen, cet axe se devait de<br />

devenir un pôle d’attraction pour l’emploi.<br />

Nous avons donc décidé de constituer un<br />

syndicat à vocations multiples, le ZANO,<br />

chargé de la création, l’aménagement, la<br />

promotion et l’exploitation d’une zone<br />

d’activités économiques sur le territoire de<br />

la Nordstad. Il aura fallu presque dix ans<br />

et d’importants efforts de la part des six<br />

communes pour préfinancer le projet, mais<br />

les premières entreprises sont désormais<br />

sur place. La délocalisation de certaines<br />

sociétés qui éprouvaient des difficultés à<br />

se développer dans les centres-villes vers<br />

cette zone d’activités où elles ont davantage<br />

de potentiel permet aussi de libérer de<br />

l’espace au niveau des agglomérations et<br />

d’y déployer de nouvelles activités. C’est<br />

ainsi que, de fil en aiguille, nous parvenons<br />

à construire cette fonction centrale qui est<br />

la nôtre.<br />

Quant à la question de la fusion, elle a<br />

véritablement émergé lors des dernières<br />

élections communales. Très vite, les conseils<br />

communaux d’Ettelbruck, de Schieren et<br />

d’Erpeldange ont entamé une réflexion à<br />

ce sujet. Dans un deuxième temps, nous<br />

avons décidé d’ouvrir la discussion aux<br />

autres communes membres de la Nordstad.<br />

Diekirch et Bettendorf ont accepté mais<br />

Colmar-Berg a refusé de prendre part à un<br />

projet qui irait plus loin qu’une coopération<br />

ou une collaboration dans le cadre d’un<br />

syndicat. Nous étions donc à cinq pour<br />

entamer le processus de fusion. Depuis,<br />

nous avons établi un nouveau masterplan<br />

qui rassemble nos dernières idées et, en<br />

2020, le gouvernement a créé une société<br />

de développement qui permettra d’acquérir<br />

le foncier nécessaire à la réalisation de l’axe<br />

central Ettelbruck-Diekirch (actuellement<br />

aux mains de différents propriétaires) et de<br />

le développer de façon harmonieuse avant<br />

de le remettre en vente.<br />

Depuis l’année dernière, les collèges échevinaux<br />

mènent des discussions exploratoires<br />

et procèdent à des analyses de fond devant<br />

déterminer si la fusion fait réellement sens.<br />

En collaboration avec le SIGI, nous avons<br />

réalisé une analyse financière qui a été<br />

transmise aux cinq conseils communaux.<br />

Dans un second temps, nous avons organisé<br />

des rencontres avec la population dans<br />

chacune des communes concernées. Pour<br />

pallier la faible fréquentation due à la<br />

situation sanitaire, nous avons mis en place<br />

une consultation en ligne qui permettait<br />

à chacun de s’investir malgré tout. Au<br />

printemps, les conseils communaux<br />

décideront, sur bases de ces résultats, si<br />

nous pouvons poursuivre le processus de<br />

fusion.


118 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

FOCUS COMMUNES<br />

D’après les résultats du processus de<br />

consultation citoyenne, quelles sont les<br />

questions qui préoccupent les habitants?<br />

À l’inverse, quels sont les aspects qui les<br />

enthousiasment?<br />

La fusion de cinq communes est un exercice<br />

d’envergure. Dès lors, de nombreuses<br />

questions se posent quant aux services<br />

communaux et les citoyens ont beaucoup<br />

de petites et grandes idées pour y répondre.<br />

De la création d’une application citoyenne<br />

à la digitalisation de certains services en<br />

passant par l’aménagement des horaires<br />

d’ouverture, les sondés se sont prononcés<br />

pour une meilleure qualité de services<br />

et davantage de spécialisation. Parmi les<br />

habitants, certains souhaitent également<br />

renforcer la participation citoyenne,<br />

peut-être via la création d’un parlement<br />

des jeunes, une idée que je trouve très<br />

intéressante.<br />

Les sondés ont aussi exprimé leurs préoccupations<br />

quant à l’accès au logement, à<br />

l’avenir des commerces locaux en centreville<br />

et à la mobilité. Ils ont notamment<br />

exposé leurs craintes quant à l’évolution<br />

du trafic routier ainsi que leur souhait<br />

de voir se développer des solutions en<br />

termes de mobilité douce. Nos citoyens<br />

ont également émis une panoplie d’idées<br />

en ce qui concerne les espaces de loisirs et<br />

les infrastructures sportives et culturelles.<br />

Certains plébiscitent la création d’un jardin<br />

communautaire ou d’une plage le long de<br />

l’Alzette, d’autres la construction d’une<br />

piscine supplémentaire, l’aménagement de<br />

chemins de randonnée de meilleure qualité<br />

ou encore l’organisation de compétitions<br />

sportives intra-Nordstad. Les participants<br />

souhaiteraient également disposer d’espaces<br />

dédiés aux activités créatives.<br />

En parallèle, la ville d’Ettelbruck s’est fixé<br />

ses propres objectifs de développement<br />

pour l’horizon 2030. Comment votre<br />

vision s’intègre-t-elle dans le contexte<br />

plus large de la Nordstad?<br />

En élaborant notre «Vision urbaine 2030»,<br />

nous avons défini nos objectifs à long<br />

terme et déterminé des actions concrètes<br />

pour les atteindre. Cette vision repose sur<br />

la créativité, la qualité des espaces urbains<br />

et l’attractivité, notamment pour les plus<br />

jeunes générations.<br />

À titre d’exemple, nous avons travaillé avec<br />

la Croix-Rouge luxembourgeoise pour<br />

mener à bien le projet HARIKO. Dans ce<br />

cadre, nous avons rénové un vieux bâtiment<br />

communal dans lequel nous avons aménagé<br />

un atelier mis gratuitement à disposition<br />

des artistes. En retour, ceux-ci offrent des<br />

stages ou des workshops à des jeunes de la<br />

région et contribuent à l’animation de la<br />

ville durant les fêtes.<br />

“L’idée est<br />

de renforcer<br />

le centre-ville<br />

dans son rôle,<br />

ce qui rejoint<br />

parfaitement<br />

la vision<br />

Nordstad”<br />

En ce qui concerne l’aménagement urbain,<br />

nous avons fait appel à un architecte pour<br />

mener une réflexion sur le rattachement<br />

du quartier de la gare – actuellement en<br />

rénovation – au centre de la ville. L’idée est<br />

de lier les deux espaces par un prolongement<br />

de la zone piétonne. Le même architecte a<br />

également réfléchi au mobilier urbain et à son<br />

intégration harmonieuse dans la verdure. En<br />

effet, notre vision 2030 est aussi très axée sur la<br />

nature. Notre souci est d’offrir aux habitants<br />

du centre-ville davantage d’espaces verts<br />

dont ils puissent profiter gratuitement. C’est<br />

pourquoi nous allons entièrement rénover<br />

la place Marie-Adélaïde. Après consultation<br />

des citoyens, nous avons décidé d’en rétrécir<br />

le parking de moitié pour aménager sur les<br />

50% dégagés un petit pavillon restaurant et<br />

un espace de jeu sur le thème du marché. Les<br />

travaux pour la construction d’une nouvelle<br />

passerelle piétonne sont en cours. Nous avons<br />

également pour projet de revaloriser le parc<br />

de l’Alzette en y aménageant des bancs, des<br />

gradins, un espace de petite restauration ou<br />

un bar, ou encore une zone pour accueillir des<br />

camping-cars.<br />

Finalement, l’idée est de renforcer le centreville<br />

dans son rôle, ce qui rejoint parfaitement<br />

la vision Nordstad.<br />

Vous développez également certains<br />

projets qui, à nos yeux, rapprochent<br />

Ettelbruck d’une ville intelligente.<br />

Pouvez-vous nous en parler?<br />

Il est vrai que certains projets s’apparentent<br />

à ceux d’une Smart City. Nous avons installé<br />

le WiFi dans la zone piétonne ainsi que des<br />

bornes d’informations digitales. Un projet lié<br />

à la signalétique est également en phase de<br />

réalisation: prochainement, des totems seront<br />

installés dans la ville pour encourager les gens<br />

à la découvrir à pied. Toujours concernant la<br />

mobilité, il nous tient à cœur de faciliter le<br />

parking en ville. C’est pourquoi nous nous<br />

sommes tournés vers une entreprise basée<br />

à Ettelbruck pour installer un système de<br />

parkings connectés. Grâce à des capteurs<br />

optiques qui détectent les mouvements sur<br />

les emplacements, nous pouvons afficher à<br />

l’entrée des parkings le nombre de places<br />

disponibles en temps réel. Le système permet<br />

de guider aisément les automobilistes vers<br />

les espaces libres. C’est d’ailleurs l’un des<br />

meilleurs projets que nous ayons réalisés! n<br />

RMS.lu fluidifie<br />

le trafic routier d’Ettelbruck<br />

L’entreprise basée à Ettelbruck et évoquée<br />

par Jean-Paul Schaaf n’est autre que la société<br />

RMS.lu, spécialisée dans le développement,<br />

l’installation et le support de solutions<br />

d’identification automatique et de mobilité<br />

pour les services publics, l’industrie et le<br />

commerce. Elle y a installé un système de<br />

parkings connectés. Au total, près de 1.000<br />

places de parking sont monitorées en temps<br />

réel par l’application RMS Trafic via un réseau<br />

de capteurs Upciti et IoT Sigfox. «Des capteurs<br />

optiques et magnétiques détectent si une place<br />

est libre ou occupée. Cela permet d’afficher<br />

le nombre d’emplacements disponibles en<br />

temps réel à l’entrée des parkings», indique<br />

Carlo Posing, CEO de RMS. En déployant<br />

cette solution, Ettelbruck est devenue la<br />

première commune du Luxembourg ayant<br />

complètement connecté son stationnement.<br />

«Nous avons également installé des bornes<br />

arrêt minute à des emplacements stratégiques<br />

en ville. Celles-ci permettent de stationner<br />

gratuitement durant 20 minutes et ont été<br />

entièrement fabriquées dans la Nordstad»,<br />

précise Carlo Posing. Ces innovations<br />

bénéficient avant tout aux citoyens, aux<br />

visiteurs de la ville ainsi qu’aux gestionnaires<br />

de parkings.<br />

RMS.lu<br />

16 rue de la Gare<br />

L-9044 Ettelbruck<br />

www.rms.lu<br />

©KAPTURE


De Carsharing mat ville Méiglechkeeten.<br />

Mir hun déi passend Léisung fir är Bierger a Mataarbechter.<br />

Interesséiert? Mir komme gären laanscht.<br />

Mail: b2b@flex.lu<br />

Tel.: 691 438 OO4<br />

be mobile. anytime, anywhere.<br />

www.flex.lu


120 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

FOCUS COMMUNES<br />

Feulen vit au rythme<br />

de sa croissance<br />

PAR PIERRE BIRCK<br />

Historiquement agricole et nichée entre le lac de la Haute-Sûre et Ettelbruck, la commune<br />

de Feulen est stratégiquement placée sur la carte du territoire luxembourgeois. Située à<br />

proximité des grands axes routiers, des zones industrielles et de la capitale, Feulen est devenue<br />

attractive au fil des années. La demande en logements et en terrains à bâtir n’a pas cessé<br />

d’augmenter. Dans le même temps, la commune a su prendre le tournant du développement<br />

durable pour mettre en place des initiatives et des projets en adéquation avec la protection de<br />

l’environnement. État des lieux avec Fernand Mergen, bourgmestre, qui nous en dit plus.<br />

Fernand Mergen<br />

La commune de Feulen s’est aussi associée<br />

à celle de Mertzig dans le cadre de<br />

«Greenergy», une coopérative née d’une<br />

initiative citoyenne dont l’objectif principal<br />

consiste à réaliser des projets produisant<br />

de l’électricité propre et renouvelable au<br />

sein des deux communes. Par ailleurs, bien<br />

avant les discussions autour du NaturPakt,<br />

le bourgmestre avait déjà lancé quelques<br />

projets en matière de protection de la<br />

biodiversité sur son territoire comme la<br />

piste cyclable «Niederfeulen-Warken» qui<br />

est un maillon du réseau Natura 2000.<br />

Une commune soucieuse du développement<br />

durable<br />

Feulen est certifiée à 50% du Pacte Climat.<br />

«Nous continuons à œuvrer dans le sens du<br />

développement durable pour atteindre la<br />

certification or», explique le bourgmestre<br />

Fernand Mergen. Pour ce faire, les bâtiments<br />

communaux ont fait peau neuve grâce au<br />

remplacement du chauffage par des systèmes<br />

plus soucieux de l’environnement, au<br />

renouvellement des luminaires par du LED<br />

ou encore à l’amélioration de l’isolation.<br />

«Nous avons en effet investi près de 80.000<br />

euros pour remplacer les luminaires des<br />

routes communales par des LED. Des<br />

panneaux photovoltaïques ont également<br />

été installés sur certains bâtiments, comme<br />

le hall sportif, la caserne des pompiers<br />

ou encore l’école fondamentale. Toutes<br />

ces modifications nous permettent de<br />

revoir notre modèle énergétique, de<br />

réaliser des économies et d’agir pour<br />

l’environnement», résume l’ancien échevin.<br />

De plus, la commune est actuellement en<br />

train de construire une nouvelle mairie et<br />

prépare ce projet en respectant les principes<br />

de l’économie circulaire, notamment<br />

en veillant à la réutilisation future des<br />

matériaux.<br />

L’importance des logements à prix<br />

abordable<br />

En 1970, Feulen comptait 713 habitants,<br />

1.505 en 2005 et 2.261 en 2020. En<br />

l’espace de 50 ans, la commune a triplé<br />

sa population. Avec la hausse des prix de<br />

l’immobilier, il était nécessaire de miser<br />

sur la création de logements, et notamment<br />

ceux à prix abordable. Les élus travaillent<br />

ainsi en étroite collaboration avec l’Office<br />

Social Nordstad (OSNOS) pour le volet<br />

de la gestion locative sociale. Ce dernier<br />

gère par exemple la location de trois<br />

appartements qui constituaient auparavant<br />

une grange. «Nous comptons plus d’une<br />

dizaine de logements sociaux dans la<br />

commune», conclut Fernand Mergen. n


122 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

FOCUS COMMUNES<br />

Bissen: la convivialité rurale<br />

au rendez-vous<br />

PAR MATHIEU LOPEZ<br />

Situé au cœur géographique du pays et industrialisé depuis<br />

les années 60 (Arbed, Goodyear), le village a connu un<br />

nouveau boom économique dans les années 2000. Ceci<br />

grâce à l’installation de son pôle industriel aux abords de<br />

la Nationale 7. David Viaggi, bourgmestre de Bissen, nous<br />

explique comment il mêle désormais dynamisme économique<br />

et convivialité rurale.<br />

David Viaggi<br />

Et pour agir, j’ai pensé qu’il fallait vraiment<br />

favoriser la mobilité douce. En tant que<br />

bourgmestre, il nous faut être exemplaire et<br />

imaginatif. Les chemins pédestres en forêt<br />

ou les pistes cyclables doivent aussi avoir des<br />

répercussions positives sur le commerce.<br />

C’est un pari pour l’avenir et je pense que<br />

chacun aura besoin de beaucoup de liberté<br />

et de se divertir, lorsque nous serons enfin<br />

sortis de cette pandémie.<br />

La commune dispose de près de 500 ha<br />

de forêt. Au départ, nous avons aménagé<br />

de nombreux chemins pédestres. Nous<br />

sommes en train de les relier au village pour<br />

permettre aux promeneurs de profiter de ce<br />

formidable poumon et être encore mieux<br />

connectés au tourisme régional.<br />

Comment êtes-vous parvenu à relancer<br />

la croissance démographique dans votre<br />

commune?<br />

En quelque sorte, il a fallu fermer le tissu<br />

urbain en «rapprochant» le cœur du<br />

village et les maisons déjà construites par<br />

le passé. Je pense notamment aux quartiers<br />

«Brill» ou «An der Blei», l’ancien site<br />

sportif où des habitations standards, ainsi<br />

qu’un centre pour personnes âgées et des<br />

habitations à coût modéré verront bientôt<br />

le jour. De manière générale, nous avons<br />

acquis des terrains en centre-ville pour une<br />

valeur globale de 4 millions d’euros, afin de<br />

pouvoir développer l’offre en logements à<br />

coût modéré.<br />

Dans une même idée, nous allons aménager<br />

des logements pour jeunes ainsi que des<br />

habitations à coût modéré dans un bloc de<br />

quatre immeubles anciens en plein cœur<br />

du village que nous avons eu l’opportunité<br />

de racheter l’année dernière. Pendant la<br />

pandémie, nous avons en effet reçu des<br />

appels de la part de jeunes qui se sont<br />

retrouvés à la rue, sans savoir où dormir...<br />

Il est urgent de trouver une solution,<br />

conjointement avec la maison des jeunes<br />

et le ministère de l’Enfance, nous espérons<br />

donc pouvoir lancer ce chantier en début<br />

d’année prochaine.<br />

À titre politique, que signifie pour vous<br />

l’engagement écologique?<br />

Si on veut faire quelque chose pour la<br />

nature, pour l’écologie, je crois qu’on doit<br />

arrêter d’en parler. On doit surtout agir.<br />

Quels sont les projets en ce sens?<br />

Sur la piste cyclable qui traverse le cœur<br />

du village, nous disposons d’une ancienne<br />

maison de gare qui est désormais la<br />

propriété de la commune. En lieu et<br />

place, nous allons y installer notre «cyclocroc»!<br />

Ce dernier comprend une cuisine,<br />

une mezzanine et une terrasse extérieure<br />

pour les cyclistes souhaitant se restaurer<br />

ou prendre un verre. Nous y ajouterons<br />

une station de réparation pour les vélos,<br />

un point de recharge pour leurs batteries,<br />

ainsi qu’un espace de lavage. Si tout va bien,<br />

nous pourrons prendre notre premier café<br />

au «cyclo-croc» dès le mois de septembre.<br />

Enfin, nous allons créer un hôtel dédié aux<br />

cyclistes dans l’ancien moulin situé à environ<br />

600 mètres de cette piste cyclable. Ce<br />

projet audacieux a énormément séduit Lex<br />

Delles, notre ministre du Tourisme. Nous<br />

consultons actuellement les architectes sur<br />

sa faisabilité. Si le vote valide ce projet, nous<br />

lancerions son aménagement en 2023. n


A WIEN IWWERWAACHT ÄERT HAUS?<br />

WAART NET BIS ET ZE SPÉIT ASS!<br />

Entdeckt och elo eis nei Websäit!<br />

www.securitec.lu<br />

Äre Partner fir Alarmsystemer, Videoiwwerwaachung, Coffre-forten a méi!<br />

PROFESSIONELL SÉCHERHEET<br />

FIR DOHEEM A BETRIBER<br />

www.securitec.lu<br />

21 Z.A.C. Klengbousbierg, L-7795 Bissen<br />

19 rue Geespelt, L-3378 Livange<br />

T (+352) 26 300 221


124 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

FOCUS COMMUNES<br />

Clervaux mise<br />

sur la coopération régionale<br />

PAR PIERRE BIRCK<br />

Le château de Clervaux, qui surplombe les habitations et la<br />

ville, rappelle que l’histoire est un élément fondamental du<br />

présent et de l’avenir. Emile Eicher, bourgmestre ayant pris<br />

ses fonctions à Munnhausen en 1994, puis en 2011 à Clervaux,<br />

présente sa commune mais aussi ses évolutions, notamment<br />

placées sous le signe du développement durable.<br />

Emile Eicher<br />

que nous avons ensuite ratifié en 2013.<br />

Nous nous sommes alliés aux communes<br />

du Parc de l’Our afin de créer des synergies<br />

et réaliser des économies en investissant<br />

dans le sens du développement durable<br />

et de la protection de l’environnement»,<br />

explique le bourgmestre. Ainsi, depuis<br />

25 ans, la commune utilise le biogaz dans<br />

l’école et la maison-relais de Reuler. Elle<br />

a aussi introduit un système qui convertit<br />

l’eau froide en eau chaude dans le bâtiment<br />

technique communal. Quant au parc éolien,<br />

il représente un apport total de 20.700 kW.<br />

«Nous nous penchons désormais sur<br />

l’utilisation des données pour mieux isoler<br />

et gérer la consommation en énergie. Par<br />

ailleurs, nous avons opté pour l’éclairage<br />

LED», précise Emile Eicher.<br />

Comme pour le Pacte Climat, la commune<br />

s’allie à celles du Parc de l’Our pour le Pacte<br />

Nature et commence à réfléchir à divers<br />

projets à réaliser de manière commune au<br />

cours de ces prochaines années<br />

Située au nord du pays, Clervaux est<br />

aujourd’hui connue des touristes pour<br />

son château, son côté pittoresque et<br />

historique, mais aussi pour sa nouvelle<br />

école européenne. «En décembre 2020,<br />

notre commune comptait 5.600 habitants<br />

et la population augmente tous les ans.<br />

La principale raison étant la faible hausse<br />

du prix des logements qui est moins forte<br />

dans nos régions rurales», explique Emile<br />

Eicher, bourgmestre de Clervaux depuis<br />

2011.<br />

Pour répondre aux recommandations du<br />

Pacte Logement 2.0, la commune propose<br />

des logements à coût abordable. «Les<br />

petites communes ont plus de difficulté<br />

à se professionnaliser dans l’immobilier.<br />

Construire est une chose; gérer un parc<br />

immobilier en est une autre. Nous discutons<br />

avec la SNHBM pour développer un site<br />

de 2 ha à Hupperdange qui sera bientôt<br />

aménagé. Avec le Fonds du Logement,<br />

nous cherchons d’autres places à bâtir qu’il<br />

serait intéressant de développer. Enfin,<br />

nous avons un accord avec Resonord<br />

pour gérer certains bâtiments. Quant aux<br />

Baulückens et à la construction modulaire,<br />

ils représentent une alternative pour les<br />

propriétaires», résume Emile Eicher.<br />

Pacte Climat, une entente régionale<br />

«A mon arrivée, j’ai demandé un audit<br />

de la situation énergétique des bâtiments<br />

communaux. Il s’avérait que les factures<br />

d’énergie étaient bien trop importantes.<br />

En entreprenant divers travaux, nous<br />

allions déjà dans le sens du Pacte Climat<br />

La problématique du «Last Mile»<br />

Le monde rural jouit de plusieurs avantages<br />

certains, mais Emile Eicher tient à soulever<br />

la problématique de la mobilité. «À Clervaux<br />

comme dans beaucoup d’autres communes,<br />

les distances importantes sont combinées<br />

à une population faible. La problématique<br />

du «Last Mile» doit être approfondie<br />

pour offrir davantage de flexibilité. De<br />

plus, la réorganisation du réseau RGTR<br />

implique de nombreux changements dans<br />

le transport scolaire. Il est nécessaire<br />

de se concentrer sur cette partie afin de<br />

trouver les meilleures connexions car<br />

notre nouvelle école européenne accueille<br />

des élèves habitants à l’extérieur de notre<br />

commune», conclut le bourgmestre. n


Marinho Steel Trading SA<br />

Iron and Steel Industry<br />

10 Rue de l’Industrie<br />

L-4991 Sanem, Luxembourg<br />

Tél : (+352) 26 55 00 91<br />

Fax : (+352) 26 55 00 92<br />

Email : info@mst.lu<br />

www.marinhosteel.com


126 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

FOCUS COMMUNES<br />

Beckerich,<br />

pionnière de l’esprit «vert»<br />

PAR PIERRE BIRCK<br />

Beckerich fait figure d’exemple en matière d’écologie.<br />

Feu Camille Gira, membre du parti déi gréng et ancien<br />

bourgmestre de la commune de 1990 à 2013, a insufflé cette<br />

vague verte auprès de ses administrés: production d’énergies<br />

alternatives, revalorisation des ressources locales, économie<br />

d’énergie, etc. Thierry Lagoda lui a succédé à la fin de l’année<br />

2013 en prenant les rênes de la commune. Il suit aujourd’hui<br />

la même ligne de conduite que son prédécesseur et vise<br />

notamment l’autonomie énergétique d’ici 2030.<br />

Thierry Lagoda<br />

«L’an passé, nous étions une commune<br />

pilote pour la mise en place du Naturpakt,<br />

en collaboration avec le SICONA. L’été<br />

dernier, nous avons par exemple procédé à<br />

la renaturation d’un tronçon de 125 mètres<br />

du ruisseau de la Schwebach à Sweich»,<br />

explique Thierry Lagoda. Toujours en<br />

termes d’environnement, Beckerich a<br />

déjà beaucoup œuvré au niveau du Pacte<br />

Climat avec l’installation de panneaux<br />

photovoltaïques à plusieurs endroits de<br />

la commune, tels que le toit de l’église<br />

d’Elvange, le moulin, le hall sportif, la<br />

caserne des pompiers ou encore la maison<br />

relais. Les énergies fossiles qui chauffent<br />

les bâtiments communaux sont ainsi<br />

remplacées par des sources renouvelables.<br />

Les agriculteurs de la commune se sont<br />

notamment regroupés dans une coopérative<br />

de biométhanisation. Cela a permis de<br />

créer un réseau de chauffage urbain qui<br />

alimente certaines localités de Beckerich.<br />

Aujourd’hui, la ville parvient à afficher une<br />

certification de catégorie 3 (84,6%) pour le<br />

Pacte Climat.<br />

Viser l’autonomie énergétique<br />

À terme, l’objectif affiché est d’atteindre<br />

l’autonomie énergétique d’ici 2030. Un<br />

projet éolien est notamment à l’étude avec<br />

les neuf autres communes du canton de<br />

Rédange-sur-Attert. Cet immense projet<br />

prévu pour 2023 devrait couvrir les besoins<br />

en électricité basse tension sur l’ensemble<br />

du territoire cantonal.<br />

Concernant les logements à prix abordable,<br />

Beckerich a déjà pris les devants par rapport<br />

aux préconisations du Pacte Logement 2.0.<br />

Avec ses 2.700 habitants, elle compte déjà<br />

huit logements à prix abordable et travaille<br />

également avec le service de gestion<br />

locative sociale Haus Care pour être<br />

épaulée dans cette mission. Cette agence<br />

couvre les besoins en matière de logement à<br />

coût modéré au sein du canton de Rédange.<br />

«Nous essayons aussi de sensibiliser nos<br />

citoyens à la problématique des Baulücken.<br />

Ces terrains permettraient d’offrir davantage<br />

de logements au sein de notre<br />

commune», précise Thierry Lagoda. n


System Solutions élue<br />

« HPE Partner of the Year »<br />

pour l’année 2021.<br />

Depuis plus de 25 ans System Solutions est votre expert IT. Ensemble avec<br />

HPE, nous accompagnons nos clients dans leur transformation digitale en<br />

fournissant une infrastructure IT innovante et sur mesure, adaptée à leurs<br />

besoins.<br />

Découvrez nos services sur<br />

www.systemsolutions.com<br />

SYSTEM SOLUTIONS | LUXEMBOURG | PARC D’ACTIVITÉS 36 - L-8308 CAPELLEN | +352 31 40 40 1 | INFO@SYSTEMSOLUTIONS.COM


128 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

PORTRAIT<br />

Secteur des télécommunications<br />

et de l’informatique:<br />

grand gagnant de la crise?<br />

PAR MARTINA CAPPUCCIO<br />

Crise du Covid-19: difficulté à surmonter ou source d’opportunités? Les conséquences<br />

de la pandémie ne sont décidément pas les mêmes pour tous. Les acteurs de l’ICT et des<br />

télécommunications sont souvent considérés, parfois à tort, comme les grands gagnants de<br />

la crise. Or, comme beaucoup d’entreprises, celles de ce secteur souffrent du ralentissement<br />

dans les investissements dû à l’impossibilité de se projeter dans le monde d’après. Gérard<br />

Hoffmann, CEO de Proximus Luxembourg, témoigne des obstacles rencontrés par sa société,<br />

mais nous laisse également entrevoir le rayon d’opportunités laissé par le nuage de la crise…<br />

Rétrospective: une année de Covid-19<br />

Nous sommes en mars 2020 et, comme beaucoup<br />

d’entreprises, Proximus Luxembourg<br />

est dans l’obligation de fermer ses portes<br />

et d’organiser le télétravail de ses employés<br />

avec un avantage toutefois, celui de<br />

recourir elle-même aux outils digitaux<br />

qu’elle commercialise. Ces derniers, elle les<br />

maitrise déjà, ce qui va faciliter sa transition<br />

vers le travail à distance.<br />

Seulement voilà, après un an de travail<br />

en distanciel de 70% des collaborateurs,<br />

l’impact sur la vie sociale de l’entreprise<br />

se fait tout de même ressentir. «Les<br />

premières activités qui en souffrent sont<br />

celles de l’innovation, dont l’objectif est<br />

de développer de nouveaux projets et<br />

initiatives. La créativité nait des échanges,<br />

souvent informels. Or la convivialité<br />

nécessaire à l’inventivité a complètement<br />

disparu de notre quotidien!», témoigne<br />

Gérard Hoffmann. Sur le plan privé,<br />

de plus en plus d’employés manifestent<br />

leur besoin de revenir au bureau, ne<br />

supportant plus le travail à domicile pour<br />

diverses raisons. «La richesse d’une vie<br />

est de pouvoir alterner maison, travail<br />

et divertissements; or devoir rester en<br />

permanence chez soi, sans perspective de<br />

sorties – même pour travailler! – attaque<br />

le moral de nos équipes», confie le CEO.<br />

Les réunions par vidéoconférence ne<br />

suffisant plus à combler le manque de lien<br />

social, Proximus Luxembourg a procédé<br />

à la réouverture partielle de ses bureaux<br />

depuis le 17 mai dans le respect des règles<br />

sanitaires en vigueur. «Nous encourageons<br />

un maximum de retours, dans une certaine<br />

limite nous permettant de continuer à<br />

respecter les distances de sécurité. Nous<br />

allons par ailleurs alléger les mesures pour<br />

les employés vaccinés et pour ceux ayant été<br />

atteints du Covid-19 il y a moins de trois<br />

mois, de manière à mobiliser davantage de<br />

collaborateurs. Enfin, nous encourageons<br />

nos équipes à la vaccination car nous<br />

pensons qu’il s’agit de la seule manière de<br />

sortir de cette situation!».<br />

“9% de la base<br />

de clients abonnés<br />

mobile possèdent<br />

un smartphone 5G”<br />

Gagnants ou perdants face à la crise?<br />

Face à cette question, Gérard Hoffmann<br />

semble dubitatif: «Je ne sais pas si nous<br />

sortons vraiment «gagnants» de cette<br />

crise. Certes, en comparaison avec certains<br />

secteurs comme celui de l’Horesca, nous<br />

nous estimons heureux d’avoir pu rester<br />

stables. Toutefois, au niveau télécom par<br />

exemple, où les abonnements sont à prix<br />

fixes, nous n’avons pas généré davantage de<br />

revenus, mais au contraire plus de coûts en<br />

termes de charge du réseau».<br />

Le bilan de l’année écoulée est en effet<br />

mitigé; au début de la crise, plusieurs<br />

entreprises clientes ont dû être équipées<br />

d’ordinateurs portables, ce qui a directement<br />

profité à Telindus, marque de Proximus<br />

Luxembourg. De plus, la digitalisation est<br />

devenue une priorité tant pour le secteur<br />

privé que public, ce qui devrait en toute<br />

logique leur bénéficier également… Mais<br />

pas à court terme! En effet, nombreuses sont<br />

les sociétés dont les projets de digitalisation<br />

restent au stade d’étude et qui retardent leurs<br />

investissements en attendant d’y voir plus<br />

clair en termes de planification budgétaire.<br />

L’année 2021, transitoire, s’annonce donc<br />

plus difficile que la précédente. Selon Gérard<br />

Hoffmann, Proximus Luxembourg ne sortira<br />

pas gagnante de cette crise avant une vraie<br />

relance économique: «Le virus ne disparaitra<br />

sans doute pas, mais nous espérons que nous<br />

parviendrons bientôt à coexister avec ce<br />

dernier en l’acceptant et en le combattant<br />

avec une campagne de vaccination plus large,<br />

qui nous permettrait de revenir à une certaine<br />

normalité. Nous pourrions alors nous<br />

attendre à une reprise des investissements<br />

dans la digitalisation. C’est seulement à ce<br />

moment-là que nous serons bénéficiaires des<br />

transformations induites par la pandémie».<br />

La force de la société réside toutefois dans<br />

la diversité de sa clientèle. Ne dépendant<br />

pas d’un seul secteur, la répercussion<br />

qu’elle constatera sur ses activités sera à<br />

l’image de celle que connaitra l’économie<br />

luxembourgeoise dans son ensemble.<br />

Optimiste, le CEO a d’ailleurs confiance en<br />

sa résilience et en sa productivité<br />

La crise, parfois source d’opportunités<br />

Depuis une dizaine d’années, Telindus<br />

s’est notamment positionnée comme un<br />

des leaders dans le domaine du cloud<br />

privé au Luxembourg. S’ajoute à présent la<br />

dimension du cloud public proposé par les


Gérard Hoffmann


130 <strong>LG</strong><br />

MAI / JUIN 2021<br />

PORTRAIT<br />

grands prestataires américains présents en<br />

Europe et que Telindus revend: «Les deux<br />

axes sont en croissance et nous ne notons pas<br />

de préférence pour l’un ou l’autre, si ce n’est<br />

une tendance favorable au cloud privé pour<br />

certaines applications critiques. Dans les deux<br />

cas, nous notons cet intérêt grandissant de la<br />

part des entreprises et assurons actuellement<br />

des prestations avant-ventes pour les<br />

conseiller sur cette infrastructure à travers<br />

laquelle se déploiera leur digitalisation».<br />

En déployant le télétravail à grande échelle,<br />

les entreprises ont par ailleurs créé des<br />

vulnérabilités. Une forte augmentation des<br />

cyberattaques a ainsi été notée en 2020 et<br />

cette tendance semble se prolonger en 2021.<br />

Chez Telindus, cela s’est inévitablement<br />

traduit par une croissance importante de<br />

la demande en cybersécurité tant et si bien<br />

que l’entreprise a rencontré ses limites en<br />

termes de disponibilité du personnel: «En<br />

tant que grand prestataire en cybersécurité,<br />

nous avons fait beaucoup, mais nous aurions<br />

pu faire davantage. Il s’agit d’une véritable<br />

difficulté à surmonter pour nos équipes qui<br />

commencent à fatiguer face à la charge de<br />

travail».<br />

Pour y remédier, Proximus Luxembourg ne<br />

peut malheureusement pas compter sur le<br />

recrutement, comme l’explique son CEO:<br />

«Il est de plus en plus difficile de recruter<br />

dans la Grande Région et il s’agit sans doute<br />

là du plus grand bouleversement causé par<br />

la crise. Beaucoup de frontaliers réalisent<br />

que leur rythme de vie ne leur convient pas<br />

et recherchent un poste à proximité de leur<br />

lieu de résidence. Une solution pourrait être<br />

l’augmentation de la part de télétravail dans<br />

les nouveaux contrats, mais cela nécessiterait<br />

un accord à l’échelle européenne qui a peu<br />

de chances de voir le jour. Nous avons<br />

donc intérêt à changer nos approches de<br />

recrutement, en allant chercher la main<br />

d’œuvre plus loin ou en encourageant les<br />

frontaliers à devenir résidents».<br />

“La prochaine<br />

pandémie<br />

sera digitale,<br />

il est donc dans<br />

l’intérêt du pays<br />

d’investir dans<br />

la cybersécurité”<br />

2020, année du déploiement de la 5G<br />

La 5G inaugure l’avènement d’une nouvelle<br />

ère dans la télécommunication et ses effets<br />

bénéfiques se font déjà ressentir dans<br />

l’augmentation de la capacité du réseau<br />

mobile. Elle permet notamment d’améliorer<br />

la qualité des communications en diminuant<br />

les coupures réseaux et en multipliant le<br />

nombre possible d’appels-vidéos – moyen<br />

de communication grandement plébiscité<br />

depuis le début de la pandémie – sur une<br />

même antenne sans en altérer la qualité.<br />

«Au fil de son déploiement, cette technologie<br />

transformera la télécommunication de<br />

manière importante en favorisant l’apparition<br />

de nouvelles applications. Cela augmentera<br />

également la consommation. La 5G pourrait<br />

être un instrument de relance économique<br />

puisqu’elle permettra de communiquer de<br />

manière plus fiable et avec d’autres facilités»,<br />

assure Gérard Hoffmann.<br />

Quant à son impact sur notre environnement<br />

et notre santé, Gérard Hoffmann<br />

se montre confiant envers le régulateur:<br />

«Je pense que le Luxembourg est très<br />

consciencieux et qu’il a vérifié cet impact<br />

sur base des connaissances dont il disposait<br />

lorsqu’il a créé les réglementations que<br />

nous respectons aujourd’hui. De plus,<br />

nous restons dans le monde des ondes<br />

électromagnétiques déjà émises par la 4G<br />

et qui ne sont pas tellement différentes…».<br />

Deux tendances parfaitement contraires<br />

semblent par ailleurs émerger au sein de<br />

la population face à l’avènement de la 5G.<br />

Si une partie craint son déploiement, une<br />

autre est avide de nouvelles technologies et<br />

l’a démontré à travers les ventes d’appareils<br />

compatibles au-delà des projections de<br />

l’opérateur: «Chez Tango, à ce jour, 9% de<br />

la base de clients abonnés mobile possèdent<br />

un smartphone 5G, ce qui dépasse nos<br />

estimations. Cela devrait atteindre les 25%<br />

d’ici à la fin de l’année».<br />

Pour les prochaines étapes de déploiement,<br />

Proximus Luxembourg suivra le planning<br />

octroyé par les licences jusqu’en 2023,<br />

bien que les permis d’exploitation soient<br />

actuellement en retard. En parallèle, la<br />

société continue à promouvoir avec succès<br />

ses abonnements 5G et est par ailleurs la<br />

première au Luxembourg à proposer un<br />

abonnement broadband avec une bande<br />

de 2 gigas: «C’est un axe que nous voulons<br />

encore développer pour devenir un acteur<br />

de référence en matière de bande passante<br />

importante en fixe ou en mobile auprès<br />

de la nouvelle génération, friande de<br />

jeux-vidéos, plateformes de streaming et<br />

autres applications gourmandes en bande<br />

passante».<br />

Ses projections pour l’avenir? Renforcer son<br />

offre en cybersécurité. Gérard Hoffmann<br />

conclut: «La prochaine pandémie sera<br />

digitale, il est donc dans l’intérêt du pays<br />

– et il s’agit là d’une question de sécurité<br />

nationale – d’investir, conjointement avec<br />

le secteur privé, dans la cybersécurité. Des<br />

scénarios catastrophes peuvent arriver et<br />

générer des crises. Le secteur public, y<br />

compris les communes, a une responsabilité<br />

particulière à ce niveau et devra encourager<br />

ce type de défense pour les éviter». n


echloossemechimpfen.lu<br />

Impfung COVID-19<br />

Mat Solidaritéit<br />

zeréck an<br />

d’Normalitéit.<br />

Helpline Santé<br />

247-65533<br />

covidvaccination.lu<br />

Merci !<br />

Maacht och Dir mat<br />

a schéckt Är Foto eran!


Lëtzebuerger Gemengen <strong>243</strong> Mai / Juin 2021

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!