LG_243
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Mai / Juin 2021 | n˚ <strong>243</strong><br />
www.gemengen.lu<br />
Pierre-Jean Forrer<br />
Principal<br />
EY Luxembourg<br />
PAULETTE LENERT<br />
Ministère de la Santé<br />
Pour une santé publique cohérente et durable<br />
DAVID BÜCHEL<br />
Chambre des salariés<br />
#Safe at work<br />
GÉRARD HOFFMANN<br />
Proximus Luxembourg<br />
Grand gagnant de la crise?
POUR ACCÉLÉRER LA TRANSITION,<br />
TRANSFORMONS LA MOBILITÉ.<br />
BGL BNP PARIBAS S.A. (50, avenue J.F. Kennedy, L-2951 Luxembourg, R.C.S. Luxembourg : B 6481) Communication Marketing avril 2021. © Hervé Plumet.<br />
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qui change
EDITO<br />
PAR ADELINE JACOB<br />
Le Luxembourg anéanti<br />
Il pose une question choc et fait du bruit dans les sphères politique,<br />
cinématographique et privée. Le docu-fiction «An Zéro - Comment<br />
le Luxembourg a disparu», diffusé sur ARTE le 21 avril, nous<br />
plonge dans une Europe où le Grand-Duché serait rayé de la carte<br />
suite à un accident nucléaire majeur à Cattenom. Cette centrale<br />
lorraine, située à 10 kilomètres de la frontière luxembourgeoise<br />
et à 35 kilomètres de la capitale, cristallise en effet de nombreuses<br />
tensions depuis des décennies, le Luxembourg estimant son<br />
système de sécurité défaillant. Scénario plausible donc pour ce film<br />
d’anticipation co-réalisé par Julien Becker et Myriam Tonelotto.<br />
Derrière l’écran, le téléspectateur s’immisce dans le quotidien<br />
d’Hervé, avocat et père de famille eschois campé par Luc Schiltz,<br />
et Emma, journaliste insatisfaite interprétée par Sophie Mousel,<br />
jusqu’à ce que tout bascule. De la fuite de l’accident nucléaire sur<br />
les réseaux sociaux à l’évacuation des populations en passant par les<br />
mouvements de panique, Julien Becker, réalisateur du volet fiction,<br />
a voulu «imaginer le pire afin de lancer le débat». En effet, à ce<br />
scénario catastrophe, que d’aucuns qualifient de «sensationnaliste»,<br />
réagissent une série d’experts qui commentent le déroulement de<br />
l’histoire et imaginent les conséquences de la catastrophe… jusqu’à<br />
ce que ne s’installe une espèce de dialogue de sourd où fiction et<br />
documentaire semblent ne plus se répondre, le second dépassant<br />
la première et soulignant ses lacunes au passage. Là où politiques,<br />
historiens, constitutionnalistes et autres experts parviennent à<br />
mettre des mots sur certaines éventualités, la fiction peine à illustrer<br />
l’invisible: la disparition d’un État de droit, l’extinction progressive<br />
de l’identité culturelle d’un pays, les pathologies de l’exil, etc.<br />
Aux abonnés absents également, «l’an zéro» annoncé par le titre.<br />
Les réalisateurs nous transportent en réalité du Jour-J à l’an trois,<br />
éludant l’exode des évacués.<br />
elle, omettrait délibérément certains aspects scientifiques jugés<br />
dérangeants pour les anti-nucléaires. En supprimant du montage<br />
les interventions de certains experts qui nuançaient le scénario<br />
catastrophe de la fiction, ARTE et la NDR (Norddeutscher<br />
Rundfunk, chaîne régionale allemande et coproductrice du film) se<br />
sont attiré les foudres de la co-réalisatrice qui dénonce une censure<br />
idéologique. La version diffusée par la chaîne franco-allemande<br />
est selon elle anti-nucléaire mais aussi peu scientifique puisqu’elle<br />
sous-entendrait que l’exil sans retour serait la seule option des<br />
Luxembourgeois. Or, en termes d’impacts sur les populations, de<br />
récents rapports sur les dernières catastrophes nucléaires tendent<br />
plutôt à incriminer leur mauvaise gestion plutôt que les retombées<br />
radioactives elles-mêmes.<br />
Ce désaveu aura certainement servi au docu-fiction en soulevant<br />
certaines questions auxquelles le film s’est gardé de répondre,<br />
ouvrant ainsi complètement le débat. L’accusation de censure<br />
confronte le téléspectateur à la critique du discours qui lui est<br />
proposé. Les divergences de vues entre les deux réalisateurs les<br />
poussent à s’interroger sur un genre cinématographique hybride<br />
qui jongle entre pure fiction et approche scientifique. À cet égard,<br />
le parti pris des réalisateurs (un scénario qui joue sur la corde<br />
émotionnelle entrecoupé de témoignages d’experts dans un cadre<br />
aseptisé) a cela d’honnête qu’il ne brouille pas les lignes entre fiction<br />
et réalité. L’acteur reste artiste, l’intervenant seul est expert, dans le<br />
plus grand respect du spectateur, mais au détriment de l’harmonie<br />
de l’ensemble. Il est alors légitime de se demander si la rencontre<br />
des genres était opportune… Quoi qu’il en soit, si la volonté était<br />
de susciter le débat, le pari est réussi. Les questions soulevées sont<br />
percutantes. L’onde de choc continuera sans doute à se répandre. n<br />
Mais ce qui suscite la polémique n’est pas tant ce que la fiction<br />
peinerait à reproduire que ce que le documentaire occulterait.<br />
Myriam Tonelotto, co-réalisatrice du film en charge du volet<br />
documentaire, a elle-même désavoué cette production qui, selon
4<br />
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
SOMMAIRE<br />
ICT<br />
40 | GUY BRANDENBOURGER ET<br />
RASA SARKE — PwC Luxembourg<br />
COVERSTORY<br />
10 | PIERRE-JEAN FORRER<br />
EY Luxembourg<br />
Futur de la médecine et médecine du futur<br />
SANTÉ & SÉCURITÉ AU TRAVAIL<br />
46 | PAULETTE LENERT<br />
Ministère de la Santé<br />
Soutenir et renforcer l’innovation au sein du secteur public<br />
Pour une santé publique cohérente<br />
et durable<br />
ICT<br />
18 | POST Group<br />
ICT<br />
28 | MIKE REIFFERS<br />
skeeled Luxembourg<br />
SANTÉ & SÉCURITÉ AU TRAVAIL<br />
50 | GEORGES WAGNER<br />
Association d’Assurance Accident (AAA)<br />
Le travail, c’est définitivement ce que l’on<br />
fait, et non pas l’endroit où l’on se trouve!<br />
Déjà deux communes séduites<br />
par le recrutement digital<br />
Un pas de plus vers la VISION ZERO<br />
ICT<br />
20 | OLIVIER PENIN<br />
Telkea Group<br />
ICT<br />
34 | GEORGES WANTZ<br />
Deloitte Luxembourg<br />
SMART BUILDING<br />
60 | JEAN-PAUL MENTEN ET<br />
THIERRY GILLES — SIA.architects<br />
Des solutions flexibles<br />
et innovantes pour chaque métier<br />
Cloud non-européen et protection des<br />
données personnelles, un duo compatible?<br />
Concepteurs d’innovation
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
5<br />
SMART BUILDING<br />
64 | Schroeder & Associés<br />
ÉCONOMIE<br />
106 | MIKE POIRÉ<br />
Commune de Mertzig<br />
Mieux communiquer pour mieux construire,<br />
un enjeu majeur du BIM<br />
DÉVELOPPEMENT DURABLE<br />
86 | ELISE REIN ET JÉRÉMY VAN LEEUWEN<br />
Betic Ingénieurs-Conseils<br />
Photo © Fränk Henkes<br />
Première commune de l’Économie<br />
pour le Bien commun<br />
FOCUS COMMUNES<br />
114 | TAINA BOFFERDING<br />
Ministère de l’Intérieur et de l’Égalité<br />
entre les femmes et les hommes<br />
LETZEBUERGER GEMENGEN<br />
Publication éditée par Euro-Editions S.A.<br />
www.gemengen.lu<br />
Société éditrice<br />
Euro-Editions S.A.<br />
24, rue Michel Rodange • L-4660 Differdange<br />
Régie publicitaire<br />
Julien Malherbe<br />
marketing@euroeditions.lu<br />
Administration<br />
Lucia Ori<br />
Tél. 58 45 46-29 • Fax 58 49 19<br />
admin@euroeditions.lu<br />
Raouf Hatira<br />
secretariat@euroeditions.lu<br />
Économie circulaire et bâtiment:<br />
une transition incontournable<br />
PORTRAIT<br />
128 | GÉRARD HOFFMANN<br />
Proximus Luxembourg<br />
La participation citoyenne fait battre le cœur<br />
de la vie communale<br />
Rédaction<br />
Martina Cappuccio<br />
martina@euroeditions.lu<br />
Pierre Birck<br />
Adeline Jacob<br />
Raouf Hatira<br />
Stéphane Etienne<br />
Dominique Coutant<br />
Mathieu Lopez<br />
Marc Auxenfants<br />
Conception et réalisation graphique<br />
Sophie Glibert<br />
sophie@euroeditions.lu<br />
Photographie<br />
Marie De Decker<br />
Eric Devillet<br />
Agence Kapture<br />
Nader Ghavami – Photopro Luxembourg<br />
Impression<br />
Imprimerie Centrale<br />
Secteur des télécommunications et de l’informatique: grand gagnant de la crise?<br />
© Euro-Editions<br />
Tous droits de reproduction réservés pour tous pays.<br />
Tous manuscrits, photos et documents envoyés à la<br />
rédaction ne peuvent être exploités qu’avec l’accord de<br />
leurs auteurs. Publiés ou non, ils ne seront pas restitués.<br />
Les reportages signés n’engagent que leurs auteurs.<br />
Les prix figurant dans cette revue sont indicatifs et<br />
peuvent être sujets à des variations dont l’éditeur ne<br />
pourrait nullement être tenu pour responsable.
6<br />
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
INDEX<br />
10 | PIERRE-JEAN<br />
FORRER<br />
Principal<br />
EY Luxembourg<br />
14 | FABRICE<br />
CROISEAUX<br />
CEO<br />
InTech S.A.<br />
16 | YANNICK<br />
BRUCK<br />
CTO<br />
Fujitsu Luxembourg<br />
20 | OLIVIER<br />
PENIN<br />
Directeur Sales, Marketing<br />
& Solutions<br />
Telkea Group<br />
22 | STEVE<br />
EIFFES<br />
Directeur commercial<br />
Lineheart<br />
24 | ROBERT<br />
ROUX<br />
CEO<br />
System Solutions<br />
Luxembourg<br />
28 | MIKE<br />
REIFFERS<br />
Co-fondateur<br />
skeeled Luxembourg<br />
34 | GEORGES<br />
WANTZ<br />
Managing Director<br />
Deloitte Luxembourg<br />
36 | CHLOË<br />
LELLINGER<br />
Data Protection Officer<br />
LISER<br />
38 | THOMAS<br />
FLACHAIRE<br />
CISO<br />
EBRC<br />
38 | ANTHONY<br />
AMBROGI<br />
Membre de l’équipe RISC<br />
EBRC<br />
40 | GUY<br />
BRANDENBOURGER<br />
Partner, Healthcare, Pharma<br />
and Life-science Leader<br />
PwC Luxembourg<br />
40 | RASA<br />
SARKE<br />
Global Business Driver,<br />
Healthcare Industries<br />
PwC Luxembourg<br />
46 | PAULETTE<br />
LENERT<br />
Ministre de la Santé<br />
50 | GEORGES<br />
WAGNER<br />
Chargé de direction<br />
Association d’Assurance<br />
Accident (AAA)<br />
52 | DAVID<br />
BÜCHEL<br />
Conseiller de la direction<br />
Chambre des salariés<br />
Luxembourg<br />
60 | JEAN-PAUL<br />
MENTEN<br />
Administrateur<br />
SIA.architects<br />
60 | THIERRY<br />
GILLES<br />
Administrateur<br />
SIA.architects<br />
64 | MARCO<br />
DA CHAO<br />
Cadre dirigeant et chef de<br />
service BIM<br />
Schroeder & Associés<br />
64 | KEVIN<br />
SOARES<br />
BIM Manager<br />
Schroeder & Associés
Towards the future of managed services<br />
Advisory & Consulting Digital Factory<br />
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it is crucial to grab the opportunities it offers. The future success<br />
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8<br />
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
INDEX<br />
70 | GILBERT<br />
REYLAND<br />
Directeur<br />
SecuriTec<br />
72 | GÜNTER<br />
KRINGS<br />
Directeur d’agence<br />
Viessmann Luxembourg<br />
82 | GILLES<br />
HEMPEL<br />
CEO<br />
Fondation pour l’Accès au<br />
Logement<br />
86 | ELISE<br />
REIN<br />
Team Manager Pôle Sud<br />
Betic S.A.<br />
86 | JÉRÉMY<br />
VAN LEEUWEN<br />
Ingénieur énergétique<br />
Betic S.A.<br />
90 | PHILIPP<br />
RASS<br />
Assistant de direction<br />
Avantag Energy<br />
92 | PATRICK<br />
DE BRIEY<br />
Administrateur délégué et<br />
responsable RSE<br />
Wako<br />
94 | XAVIER<br />
MAKA<br />
Directeur général<br />
Naturgas Kielen<br />
96 | MANUEL<br />
MARINHO<br />
Gérant<br />
Marinho Steel<br />
98 | JÜRGEN<br />
BERG<br />
Gérant<br />
Flex by CFL Mobility<br />
Photo © Fränk Henkes<br />
106 | MIKE<br />
POIRÉ<br />
Bourgmestre<br />
Commune de Mertzig<br />
108 | MICHEL-EDOUARD<br />
RUBEN<br />
Senior économiste<br />
Fondation IDEA asbl<br />
114 | TAINA<br />
BOFFERDING<br />
Ministre de l’Intérieur et<br />
ministre de l’Égalité entre<br />
les femmes et les hommes<br />
116 | JEAN-PAUL<br />
SCHAAF<br />
Bourgmestre<br />
Commune d’Ettelbruck<br />
120 | FERNAND<br />
MERGEN<br />
Bourgmestre<br />
Commune de Feulen<br />
122 | DAVID<br />
VIAGGI<br />
Bourgmestre<br />
Commune de Bissen<br />
124 | EMILE<br />
EICHER<br />
Bourgmestre<br />
Commune de Clervaux<br />
126 | THIERRY<br />
LAGODA<br />
Bourgmestre<br />
Commune de Beckerich<br />
128 | GÉRARD<br />
HOFFMANN<br />
CEO<br />
Proximus Luxembourg
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10 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
COVERSTORY<br />
Soutenir et renforcer<br />
l’innovation au sein<br />
du secteur public<br />
Mouvementée à bien des niveaux, l’année 2020 s’est révélée<br />
riche en innovations pour le secteur public. Donnant un<br />
coup d’accélération à sa stratégie de digitalisation, l’État<br />
luxembourgeois a multiplié les initiatives visant à simplifier<br />
les démarches administratives et à renforcer leur accessibilité.<br />
Partenaire de certaines de ces modernisations, EY<br />
Luxembourg continue à délivrer conseils et propositions aux<br />
administrations pour répondre à leurs besoins. Pierre-Jean<br />
Forrer, Principal, nous en parle en détail dans cette interview.<br />
Quel a été l’impact de la pandémie sur<br />
les projets de digitalisation du secteur<br />
public luxembourgeois?<br />
Hormis deux semaines de flottement en<br />
mars 2020, nécessaires au déploiement<br />
d’une infrastructure permettant le télétravail<br />
de ses collaborateurs, nous avons<br />
constaté que le secteur public a bien résisté<br />
à la crise liée à l’épidémie de Covid-19. Le<br />
travail à distance a même renforcé notre<br />
proximité avec les acteurs publics car les<br />
rencontres virtuelles nous ont offert une<br />
plus grande flexibilité et nous ont permis<br />
d’augmenter la fréquence de nos échanges.<br />
Le présentiel restera toutefois une composante<br />
importante de nos relations clients<br />
afin de combler les limites du distanciel.<br />
L’agenda 2020 des projets de transformation,<br />
d’innovation et de modernisation a<br />
été maintenu. Au cours des six derniers mois,<br />
nous avons même noté une nette accélération<br />
du nombre de lancements de projets dans<br />
tous les domaines de même qu’un maintien<br />
des ambitions annoncées dans l’accord de<br />
coalition gouvernemental. En effet, au vu des<br />
échéances politiques concernant les réformes<br />
prévues pour 2023, toute une série de projets<br />
devraient bientôt être lancés.<br />
En définissant le gouvernement numérique,<br />
l’OCDE a par ailleurs donné un cadre à la<br />
digitalisation du secteur public. Chaque<br />
année le Luxembourg fournit beaucoup<br />
d’efforts pour évoluer dans ce domaine en<br />
accélérant sa transformation digitale. Dans<br />
un même temps, le pays veille à répondre<br />
aux attentes des citoyens en matière de<br />
simplicité et d’accessibilité des démarches<br />
administratives. D’autres projets de réformes<br />
qui n’étaient pas à l’agenda voient ainsi le<br />
jour dans une optique de modernisation et<br />
de digitalisation de certaines procédures.<br />
Que penser de la stratégie «Gouvernance<br />
électronique 2021-2025» récemment<br />
dévoilée par le gouvernement?<br />
Les projets actuellement développés<br />
par l’État sont tout à fait en phase avec<br />
cette stratégie affichée d’évoluer vers un<br />
gouvernement digital tel que défini par<br />
l’OCDE. L’État, dans la manière dont<br />
il organise les projets et les moyens, se<br />
conforme aux principes à respecter pour le<br />
déploiement d’une administration digitale<br />
efficiente: demander une seule fois ses<br />
données au citoyen, appliquer le digital<br />
par défaut pour l’accès aux démarches,<br />
veiller à leur accessibilité pour tous, faire<br />
preuve d’ouverture envers les citoyens et le<br />
secteur privé et garantir la transparence du<br />
traitement, assurer la sécurité des données,<br />
et enfin, veiller à l’interopérabilité de ses<br />
systèmes informatiques.<br />
Chez EY Luxembourg, nous voulons<br />
soutenir le Grand-Duché dans la mise en<br />
place de ce gouvernement numérique. Pour<br />
y parvenir, nous sensibilisons nos consultants<br />
à l’importance d’adresser des propositions<br />
de refonte des processus publics et des<br />
procédures administratives en lien avec le<br />
«digital by design» et centrées sur l’expérience<br />
utilisateur. Par ailleurs, il y a aujourd’hui<br />
une richesse des données dans les systèmes<br />
d’information de l’État dont il faut exploiter<br />
davantage la valeur à travers la structuration<br />
des projets mis en place. Ainsi leur partage et<br />
leur accès doivent être revus de même que les<br />
mécanismes de prise de décision qui devront<br />
être davantage déterminés par ces données.<br />
Nous veillons également, pour chacun de<br />
nos projets, à mettre le service au citoyen à<br />
l’honneur; toutes les solutions mises en place<br />
sont de moins en moins des organisations<br />
structurées en silos mais sont plutôt<br />
organisées en plateformes. L’État veut aussi<br />
favoriser un accès simplifié et digitalisé aux<br />
démarches. Guichet.lu est un bon exemple<br />
dans ce sens: il s’agit d’une grande réussite<br />
pour laquelle le gouvernement a beaucoup<br />
investi afin de proposer une application<br />
mobile offrant les mêmes services que<br />
le portail, mais en en simplifiant l’accès.<br />
Ces éléments font désormais partie de la<br />
charte que nous devons respecter dans la<br />
préparation et le dessin de tous les projets<br />
que nous élaborons. Enfin, dans une
même idée, nous veillons à proposer des<br />
solutions proactives, anticipant les besoins<br />
des utilisateurs. Dans une logique «open by<br />
default», toutes les données et politiques<br />
publiques seront ouvertes à tous dans les<br />
limites de la loi et de la sécurité nationale.<br />
Quels sont les services fournis par EY<br />
pour soutenir l’innovation au sein des<br />
administrations?<br />
Cela fait trois années que je suis responsable de<br />
ces activités et que nous menons des réflexions<br />
dans l’objectif de mieux adresser le secteur<br />
public. Nous avons mis en place certaines<br />
choses simples comme le déploiement<br />
d’une communication et la soumission de<br />
propositions plus concrètes et pragmatiques.<br />
En ce sens, nous veillons à proposer des<br />
«quick wins», soit des réalisations rapides en<br />
réponse à des besoins identifiés sur le terrain.<br />
“L’agenda 2020<br />
des projets<br />
de transformation,<br />
d’innovation<br />
et de modernisation<br />
a été maintenu”<br />
Offrant nos services à tous les niveaux<br />
(ministères, administrations, entités dont<br />
l’actionnaire est l’État,…), nous faisons<br />
d’une part un travail proactif de veille<br />
quant aux besoins des administrations mais<br />
continuons d’autre part à réagir aux appels<br />
d’offres. En tant que cabinet de conseil,<br />
notre rôle est aussi de mettre en relation des<br />
Pierre-Jean Forrer<br />
administrations entre elles pour partager<br />
les bonnes pratiques et leur donner un plus<br />
grand rayonnement.<br />
Nous avons jusqu’ici une bonne collaboration<br />
avec ce secteur, qui se positionne en deuxième<br />
place après le financier proportionnellement<br />
au chiffre d’affaires d’EY au niveau mondial.<br />
Une nouvelle génération de jeunes diplômés<br />
luxembourgeois est venue renforcer nos<br />
rangs, ce qui, couplé à notre management<br />
historique luxembourgeois, fait d’EY un des<br />
cabinets de conseil avec le plus fort ADN<br />
local. Nous sommes ainsi conscients des<br />
enjeux du secteur public dans son ensemble.<br />
À travers nos cinq offres stratégiques<br />
majeures, nous l’aidons à développer soit<br />
les méthodes soit les expertises permettant<br />
l’identification d’innovations nécessaires dans<br />
les processus en place. Grâce à celles-ci, nous<br />
entendons doubler notre présence sur ce<br />
secteur d’ici 2026.
12 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
COVERSTORY<br />
“Soutenir<br />
le Grand-Duché<br />
dans la mise<br />
en place<br />
d’un gouvernement<br />
numérique”<br />
Un des grands piliers de notre croissance<br />
consiste en l’accompagnement de la<br />
transformation digitale. Nous investissons<br />
énormément dans nos propositions<br />
d’innovations technologiques orientées<br />
utilisateurs et impliquant la modernisation<br />
des systèmes d’information par l’IA, la<br />
blockchain, l’IoT, SAP S4 HANA,…<br />
Dans un second temps, nous proposons<br />
nos services en matière de cybersécurité<br />
et de protection des données. Il s’agit<br />
d’un défi technologique et réglementaire<br />
pour lequel nous devons encore faire<br />
preuve d’imagination afin de proposer des<br />
solutions permettant de prévenir les risques<br />
de cyberattaques.<br />
Si la transition digitale est une grande partie<br />
des préoccupations de l’État, d’autres se<br />
font également ressentir… Nous le suivons<br />
donc également dans ses transformations<br />
nécessaires liées au changement climatique.<br />
Cet accompagnement se fait dans plusieurs<br />
domaines: transition énergétique, durabilité,<br />
éthique,… Bien que les demandes soient<br />
encore timides, nous envisageons déjà<br />
des suggestions d’innovation aux niveaux<br />
fiscal, de la réduction du bilan carbone, de<br />
l’autonomie énergétique du Luxembourg,…<br />
Beaucoup de réformes à venir viendront<br />
certainement des besoins de protection de<br />
notre écosystème! Le Luxembourg est un<br />
acteur de choix en Europe dans le milieu<br />
du développement durable et commence<br />
à explorer de nouvelles pistes, comme<br />
la participation à une filière hydrogène<br />
européenne. Nous suivons de près ces<br />
évolutions et travaillons sur des offres<br />
pour soutenir ces axes de développement.<br />
Nous conseillons également le secteur<br />
public dans l’évolution de ses modèles<br />
d’investissements et de financements des<br />
infrastructures et l’aidons à optimiser son<br />
portefeuille d’actifs immobiliers. Enfin,<br />
nous le soutenons dans la transformation de<br />
ses organisations à plusieurs niveaux comme<br />
le développement des compétences et le<br />
recrutement, l’adaptation de sa gouvernance,<br />
l’amélioration de son attractivité,…<br />
En fin d’année dernière, l’État s’est doté<br />
d’un GovTech Lab. Que penser de cette<br />
initiative dont le but est d’accélérer le<br />
développement et le perfectionnement<br />
des services publics numériques?<br />
Il s’agit d’une belle initiative! Nous<br />
sommes très à l’écoute des projets qu’il<br />
lance et qui permettront de multiplier les<br />
partenariats d’innovation public/privé. La<br />
concrétisation physique du GovTech Lab<br />
dans les locaux du CTIE en fin d’année<br />
2021 créera par ailleurs un environnement<br />
propice aux rencontres et à l’émulation de<br />
l’innovation.<br />
Par cette action, la volonté de l’État est<br />
de donner plus d’agilité à l’innovation. Le<br />
GovTech Lab est un lieu à travers lequel<br />
le secteur public pourra plus facilement<br />
exprimer un besoin ou une problématique<br />
et ouvrir des possibilités de réponse à<br />
toute une série d’acteurs issus du privé et<br />
du monde des startups. Cela nous pousse<br />
à nous réinventer et à créer davantage de<br />
partenariats avec ces startups pour faire de<br />
nouvelles propositions innovantes!<br />
Nous essayons également de rester connectés<br />
aux travaux concernant les enjeux relatifs<br />
à la création d’un cadre d’interopérabilité<br />
afin d’y apporter notre point de vue.<br />
Nous suivons donc de près ces initiatives<br />
créant des synergies entre le secteur privé et<br />
le secteur public. Notre objectif est de faire<br />
bénéficier ce dernier de nos réflexions et de<br />
notre expertise afin de l’accompagner sur le<br />
chemin de l’innovation. n<br />
EY Luxembourg<br />
35E avenue John F. Kennedy<br />
L-1855 Luxembourg<br />
www.ey.com
Nous aidons les startups<br />
à concrétiser leurs projets<br />
Nous développons<br />
des solutions<br />
innovantes avec<br />
rapidité et agilité<br />
#agilité<br />
#réactivité<br />
#innovation<br />
#technologies<br />
#passion<br />
Conseil, expertise, développement IT<br />
www.intech.lu
14 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
ICT<br />
Un pont technologique<br />
entre startups et grands comptes<br />
Quel est votre cœur de métier?<br />
Telle est l’ambition affichée par InTech, une filiale du groupe<br />
POST Luxembourg depuis 2014. En plaçant l’innovation au<br />
cœur de sa stratégie, la société est devenue au fil des ans le<br />
fer de lance de la révolution numérique au Luxembourg. Pour<br />
Fabrice Croiseaux, son CEO, les entreprises bien établies et<br />
les jeunes pousses ont bien plus de choses à partager qu’on ne<br />
pourrait le croire. Rencontre.<br />
Il s’agit du développement de plateformes<br />
logicielles basées sur les spécifications fournies<br />
la plupart du temps par les clients. Nous<br />
travaillons pour les grands comptes, mais<br />
aussi, et c’est ce qui fait notre originalité, pour<br />
les startups. Nous avons ainsi accompagné de<br />
nombreuses jeunes entreprises à fort potentiel<br />
comme Tokeny, une FinTech spécialisée<br />
dans la blockchain, VisitMe.Doctor, une<br />
plateforme de téléconsultation et de téléexpertise<br />
pour les professionnels de la<br />
santé, ou encore EarthLab, qui propose des<br />
solutions innovantes combinant l’intelligence<br />
artificielle, les technologies de Big Data et la<br />
télédétection.<br />
Fabrice Croiseaux
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
15<br />
Parfois, nous participons à la genèse même du<br />
projet comme ce fut le cas avec FundsDLT.<br />
Financée par des poids lourds de la finance<br />
internationale (Bourse de Luxembourg,<br />
Clearstream, Natixis et Crédit Suisse),<br />
l’entreprise a pour objectif de faciliter la<br />
distribution des fonds d’investissement en<br />
s’appuyant sur une technologie de registre<br />
distribué (autrement dit, la blockchain).<br />
Nous sommes également le partenaire<br />
technologique de LUMENA (LUxembourg,<br />
MEtz, NAncy), le premier startup studio<br />
transfrontalier. Cette usine à startups a pour<br />
objectif de mettre rapidement des projets sur<br />
le marché et de trouver les porteurs de projets<br />
pour mener à bien leur développement.<br />
Pourquoi est-ce si important pour vous<br />
de collaborer avec les startups?<br />
Pour plusieurs raisons. Accompagner les<br />
startups nous donne la possibilité d’accéder à<br />
des sujets innovants dans des environnements<br />
agiles et flexibles. Nous améliorons ainsi<br />
notre expertise et abordons des technologies<br />
qui ne sont pas encore très utilisées sur des<br />
cas très concrets. Cette expérience acquise<br />
nous permet non seulement de proposer<br />
ces nouvelles technologies dans les systèmes<br />
d’information de nos clients que sont les<br />
grands comptes, mais aussi de développer<br />
des projets pour notre propre compte. Nous<br />
avons ainsi créé une plateforme qui permet à<br />
des écoles, des universités, des entreprises ou<br />
des institutions d’organiser des événements<br />
virtuels. Notre solution a notamment été<br />
utilisée par Moovijob pour les deux dernières<br />
éditions virtuelles de son salon emploi,<br />
formation et carrière.<br />
“Travailler avec<br />
les startups est<br />
essentiel si nous<br />
voulons rester<br />
au plus près de<br />
l’innovation”<br />
ingénieurs en herbe. Le développement<br />
de compétences et la formation jouent<br />
également un rôle très important. Nous<br />
apprenons à nos jeunes recrues à faire preuve<br />
d’agilité, c’est-à-dire pouvoir travailler dans<br />
des environnements aussi différents qu’une<br />
grande banque, une administration ou une<br />
startup.<br />
Outre notre agilité et notre appétit au<br />
changement, nous nous distinguons<br />
également par notre culture d’entreprise<br />
et notre capacité à pouvoir constituer<br />
des équipes performantes. De nombreux<br />
collaborateurs restent chez nous car ils<br />
sont conscients qu’ils ne retrouveront<br />
pas nécessairement un tel état d’esprit<br />
ailleurs. Il fait bon travailler chez nous.<br />
En 2020, nous avons obtenu le label Great<br />
Place To Work pour la cinquième année<br />
consécutive et avons été classés premiers<br />
dans la catégorie «Grande entreprise» de<br />
plus de 100 employés. Cet état d’esprit<br />
rassure également nos clients. Ils savent<br />
que nous mettons à leur disposition une<br />
équipe soudée, qui ne se contente pas<br />
d’être un prestataire de services, mais agit<br />
au contraire comme un véritable partenaire<br />
déterminé à mener sa mission à bien.<br />
Notre approche centrée sur l’innovation<br />
augmente également notre visibilité et<br />
nous donne la possibilité de percer dans<br />
des secteurs d’activité plus difficilement<br />
accessibles par la voie classique. Elle nous<br />
permet de générer du business futur,<br />
car les startups vont grandir et auront<br />
besoin de ressources. De plus, grâce à ces<br />
projets de natures parfois fort différentes,<br />
nous fournissons à nos collaborateurs<br />
des projets complexes et diversifiés.<br />
L’organisation y est beaucoup plus souple et<br />
les interactions plus nombreuses. Souvent,<br />
nos ingénieurs sont obligés de dépasser<br />
l’aspect purement technologique et de<br />
participer à la construction d’un nouveau<br />
modèle d’affaires. Dans de nombreux cas,<br />
la technologie utilisée entraîne en effet une<br />
profonde rupture et modifie radicalement<br />
la chaîne de valeurs existante.<br />
Précisément, comment procédezvous<br />
pour recruter vos collaborateurs?<br />
À l’heure actuelle, la demande est<br />
largement supérieure à l’offre…<br />
Il est clair que, pour le moment, les<br />
développeurs n’ont que l’embarras du<br />
choix. Cela étant, nous avons des relations<br />
très suivies avec de nombreuses universités.<br />
Grâce au fait que certains d’entre nous y<br />
donnent cours, nous pouvons facilement<br />
identifier les meilleurs éléments parmi les<br />
D’après vous, quelle sera la prochaine<br />
technologie disruptive?<br />
Sans aucun doute l’informatique quantique.<br />
Pour le moment, elle reste encore très<br />
discrète, mais elle provoquera à l’avenir<br />
de profonds bouleversements dans les<br />
technologies de l’information, notamment<br />
en matière de protection des données. Grâce<br />
à sa gigantesque puissance de calcul, un<br />
ordinateur quantique serait capable de venir<br />
à bout de n’importe quel chiffrement et de<br />
révolutionner le secteur de la cybersécurité.<br />
Et ce n’est là qu’un de ses nombreux<br />
aspects. Pour les développeurs aussi, ce sera<br />
un grand changement. Les programmes<br />
quantiques auront une approche et un<br />
langage totalement différents de ceux que<br />
nous connaissons à l’heure actuelle. Chez<br />
InTech, nous sommes très attentifs à cette<br />
nouvelle technologie. Disposer d’une<br />
expertise en la matière et identifier des<br />
cas concrets dans lesquels l’informatique<br />
quantique pourrait être utilisée font partie<br />
de nos priorités. n<br />
InTech S.A.<br />
208, rue de Noetzange<br />
L-3670 Kayl<br />
www.intech.lu
16 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
ICT<br />
L’approche<br />
DevOps, levier<br />
d’une digital factory<br />
L’approche DevOps est dans tous les esprits et au bout de<br />
toutes les plumes. Pourtant, son implémentation est loin<br />
d’être couronnée de succès pour tous. Yannick Bruck, CTO de<br />
Fujitsu Luxembourg, nous parle des avantages de ce concept.<br />
DevOps, votre Sherpa vers l’âge moderne<br />
de l’IT<br />
Le concept est simple: aligner les pratiques<br />
Dev et Ops pour assurer une continuité du<br />
développement des déploiements. Si l’on lit<br />
entre les lignes, cela signifie ouvrir les silos et<br />
se focaliser sur la livraison de valeur. Le fond<br />
du problème réside alors en deux questions<br />
fondamentales. Comment répartir les rôles et<br />
responsabilités de manière pragmatique dans<br />
une structure hiérarchisée? Quels sont les choix<br />
d’outils, d’implémentation, d’intégration,<br />
en bref quelle est sa meilleure «toolchain<br />
DevOps» et quels bénéfices métiers en tirer?<br />
En s’appuyant sur l’exemple du DevOps,<br />
nous allons proposer des pistes pour faire<br />
ses propres choix, et ensuite généraliser<br />
l’approche «XOps» à d’autres sujets, car il<br />
s’agit d’une bonne pratique à implémenter et<br />
qui est bénéfique pour tous.<br />
Saupoudrer de l’agilité dans une structure<br />
rigide et hiérarchisée<br />
Le premier challenge dans l’implémentation<br />
d’une approche DevOps réside dans le<br />
conflit entre l’agilité inhérente à l’approche<br />
et la structure traditionnellement en place.<br />
Pourtant, si l’on adopte une approche<br />
pragmatique, en étendant les rôles traditionnels<br />
aux responsabilités dans une chaîne DevOps,<br />
il est possible de retirer des bénéfices tout en<br />
respectant une structure hiérarchisée.<br />
La clé est de bien répartir les rôles et<br />
responsabilités dans les différentes équipes:<br />
une première de support DevOps pour<br />
implémenter et maintenir la toolchain, une<br />
deuxième orientée «Release et Ops» pour<br />
garantir les déploiements et le fonctionnement<br />
des couches infrastructure et plateforme, et<br />
une dernière de développement garantissant<br />
également la qualité du code.<br />
Le second défi est d’automatiser un maximum<br />
pour garantir le niveau de qualité et de<br />
déterminisme dans les déploiements. Fini<br />
le classique «cela fonctionnait pourtant sur<br />
mon poste». Pour cela, il est primordial de<br />
bien penser sa toolchain, et d’y intégrer un<br />
maximum d’éléments, infrastructure as code<br />
et testing automatisé au minimum, comme<br />
expliqué ci-après.<br />
Ne pas penser toolchain, mais plateforme<br />
Il s’agit tout d’abord de penser la «DevOps<br />
toolchain» de manière stratégique, dans<br />
le contexte actuel des développements et<br />
de son infrastructure, mais également de<br />
leurs évolutions respectives. Un langage<br />
propriétaire amènera d’autres choix qu’une<br />
approche plus ouverte.<br />
La subtilité de l’approche vient surtout des<br />
aspects infrastructures. Selon que la cible soit<br />
«on-premises» uniquement ou multi-cloud,<br />
le choix sera différent. La plateforme DevOps<br />
faisant partie intégrante de l’écosystème<br />
IT de manière pérenne, autant choisir une<br />
plateforme adaptée mais évolutive dès le<br />
départ et éviter une migration ultérieure.<br />
Un client principalement .Net déployant sur<br />
ses propres serveurs ira naturellement vers<br />
Visual Studio Azure DevOps Services. Ce qui<br />
lui assurera un potentiel déploiement vers le<br />
cloud Azure. Cependant, si un déploiement<br />
vers d’autres environnements cloud est une<br />
éventualité, il conviendra alors de réfléchir à<br />
une approche plus agnostique.<br />
Un client développant sous Java vers<br />
IBM Websphere pourra considérer une<br />
approche Git+Jenkins+Nexus pour son<br />
environnement actuel. Et s’il souhaite<br />
évoluer vers un déploiement containerisé<br />
vers Openshift, il lui suffira de déployer les<br />
plug-ins nécessaires. S’il veut s’orienter vers<br />
© Marie De Decker<br />
un cloud provider, selon le service choisi, il<br />
conviendra alors d’inclure des technologies<br />
type Ansible ou Terraform.<br />
Le choix est vaste et il convient d’être<br />
bien renseigné ou accompagné. Il en va<br />
de même concernant l’inclusion de tests<br />
automatisés. Exécuter des tests unitaires<br />
en phase de développement ou de build est<br />
courant, mais inclure des «quality gates»<br />
automatisées l’est moins. Pourtant, le<br />
rapport coûts/bénéfices est intéressant.<br />
Pour résumer<br />
Un profil Dev sera responsable du développement<br />
du logiciel, mais également de sa partie<br />
de tests automatisés, ainsi que de l’alignement<br />
avec un profil Ops pour externaliser ses<br />
éléments de configuration applicative et ses<br />
dépendances à l’environnement cible.
Un profil Ops sera responsable de la réalisation<br />
des fichiers de configuration des<br />
déploiements, de s’assurer de leur complétude<br />
par rapport à l’environnement et de les<br />
maintenir à disposition dans les outils.<br />
Un profil DevOps sera quant à lui responsable<br />
du bon fonctionnement, mais aussi de<br />
l’évolution de la chaîne DevOps, en s’alignant<br />
avec les autres profils technologiques, mais<br />
également de manière stratégique pour<br />
anticiper les évolutions d’environnements.<br />
Un profil testeur sera quant à lui en charge<br />
de l’analyse des résultats de tests automatisés<br />
et du développement no-code des tests<br />
utilisateurs si un tel outil est disponible.<br />
Cette approche permet de découpler les tests<br />
liés à l’infrastructure, à la qualité du code et<br />
à l’adéquation du produit livré aux besoins<br />
fonctionnels. De plus, l’approche se fondant<br />
sur l’automatisation des tâches, le gain de<br />
temps et l’augmentation de la fréquence des<br />
déploiements viennent s’ajouter aux bénéfices<br />
de qualité.<br />
Extension XOps<br />
Les déploiements de modèles d’analyse de<br />
données (ModelOps), de chaînes d’extraction<br />
de données (DataOps) et cloud se<br />
sont inspirées de cette séparation de rôles/<br />
responsabilités et du principe d’automatisation<br />
pour améliorer ces disciplines.<br />
Ces bonnes pratiques permettent aux<br />
départements concernés d’en retirer les<br />
bénéfices, et surtout de transformer le risque<br />
d’introduire de l’agilité dans une structure<br />
hiérarchisée en une opportunité de mieux<br />
structurer. L’architecture de ces chaînes<br />
XOps et le choix des outils n’en restant pas<br />
Yannick Bruck<br />
moins fondamental. Cerise sur le gâteau:<br />
intégrer tout ou partie de ces approches<br />
permet de supprimer les barrières entre<br />
les silos d’une entreprise, de fortement<br />
accroître la collaboration entre les équipes<br />
et, à l’échelle de l’entreprise, d’entrer dans<br />
le monde du DigitalOps où l’énergie est<br />
centralisée et focalisée vers la livraison de<br />
valeur pour le client final. n<br />
Fujitsu<br />
Parc d’Activités Capellen<br />
89 C, rue Pafebruch<br />
L-8308 Capellen<br />
www.fujitsu-luxembourg.lu
18 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
ICT<br />
Le travail, c’est définitivement<br />
ce que l’on fait, et non pas<br />
l’endroit où l’on se trouve!<br />
La pandémie a contribué à accentuer cette notion, faisant du télétravail une nécessité<br />
et obligeant chaque structure à repenser son organisation en profondeur. Les avancées<br />
technologiques permettent désormais, même pour de plus petites structures, de se doter<br />
d’outils informatiques flexibles et performants qui répondent à des besoins spécifiques. L’un<br />
des principaux enjeux consiste à proposer à chaque collaborateur un espace de travail virtuel<br />
adéquat tout en assurant la sécurité des données de l’entreprise, et ceci indépendamment<br />
du choix du mode de connexion. Émettre des appels, rester joignable, accéder à internet,<br />
disposer d’un réseau d’entreprise informatique performant et d’un WiFi sécurisé et fiable,<br />
travailler depuis la maison et accéder de façon sécurisée au réseau de l’entreprise comme si<br />
l’on était au bureau… c’est possible grâce à une solution modulaire de POST, dénommée<br />
«ConnectedOffice» et qui regroupe tous ces services et bien d’autres encore…
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
19<br />
ConnectedOffice, une connectivité sans<br />
limite<br />
ConnectedOffice combine les services<br />
télécoms et ICT répondant aux besoins<br />
de la majorité des entreprises ainsi que<br />
des organismes administratifs. Un seul<br />
prestataire, POST, pilote et assure la gestion<br />
de votre infrastructure informatique et<br />
télécom à distance!<br />
Avec ConnectedOffice, POST déploie une<br />
offre de connectivité qui intègre un accès<br />
internet illimité avec une bande passante de<br />
20 Mbit/s jusqu’à 1.000 Mbit/s, des solutions<br />
pour améliorer la collaboration au bureau<br />
comme à distance et garantir la sécurité<br />
informatique ou encore la mise à disposition<br />
d’équipements professionnels additionnels.<br />
Afin de répondre à des besoins spécifiques<br />
et ponctuels, POST propose des services<br />
télécom à la carte qui peuvent ainsi évoluer.<br />
Cette solution modulaire est proposée par<br />
POST en mode «managed», permettant<br />
à ses clients de se focaliser sur leur cœur<br />
de métier: toute la gestion du réseau et des<br />
systèmes est assurée par POST.<br />
Disposant d’un volume internet illimité,<br />
grâce à la fibre, ConnectedOffice permet<br />
d’allier, entre autres, téléphonie sur IP, avec<br />
notamment CloudPBX, accès à des outils de<br />
communication et de collaboration dans le<br />
cloud, sécurisation des échanges, Managed<br />
Printing,… La solution offerte facilite le<br />
télétravail tout en permettant d’étendre le<br />
réseau informatique de l’entreprise (LAN)<br />
aux sites distants en toute sécurité.<br />
La partie téléphonie intégrée dans<br />
ConnectedOffice, avec CloudPBX, permet<br />
de faciliter de manière significative la<br />
communication et la collaboration, de<br />
soutenir la mobilité des collaborateurs tout<br />
en garantissant la sécurité des informations<br />
et des systèmes informatiques, grâce aux<br />
plateformes POST de «Voix sur IP» géoredondantes.<br />
Simple, hébergée et gérée par POST,<br />
cette solution est flexible et s’adapte aux<br />
besoins spécifiques de chaque structure,<br />
et repose sur une gamme d’équipements<br />
professionnels de la marque Poly. Les<br />
communications sont acheminées via<br />
le réseau privé sécurisé de POST et<br />
séparé d’internet: cette ligne dédiée<br />
permet de prioriser la transmission de la<br />
voix, d’assurer la qualité de service et la<br />
confidentialité.<br />
Grâce à la convergence fixe-mobile, chaque<br />
employé est joignable à tout moment: les<br />
appels arrivent en même temps sur le poste<br />
fixe et le mobile! Ce qui représente un<br />
atout indéniable et plus particulièrement en<br />
situation de télétravail. L’offre CloudPBX<br />
présente également l’avantage non<br />
négligeable de la parfaite maitrise des coûts:<br />
POST a lancé de nouveaux forfaits de<br />
communication illimités en fonction des<br />
besoins en communication réels de chaque<br />
client professionnel.<br />
ConnectedOffice, une large gamme<br />
d’options sur-mesure:<br />
- Sécurité avancée (IDS, IPS, anti-virus,<br />
anti-malware, Content Filter)<br />
- 4G Back-Up<br />
- Bornes WiFi Indoor & Outdoor<br />
«WiFi CERTIFIED 6»<br />
- Wifi Hotspot gratuit<br />
- Client VPN pour le télétravail gratuit<br />
et rapide<br />
- Teleworker VPN pour le télétravail<br />
sécurisé<br />
- Site-to-site VPN pour l’interconnexion<br />
entre sites différents<br />
- Plusieurs niveaux de contrats de qualité<br />
de service (Advanced SLA)<br />
Grâce à ConnectedOffice, chaque entreprise<br />
ou structure administrative peut<br />
ainsi se concentrer à la fois sur son cœur<br />
de métier et son développement tout en<br />
gagnant en productivité!<br />
“D’ici fin 2024,<br />
le réseau fixe<br />
analogique<br />
classique et ISDN<br />
sera intégralement<br />
remplacé par un<br />
réseau basé sur<br />
la technologie IP”<br />
Le saviez-vous?<br />
Le réseau traditionnel fait place au «All IP».<br />
La société évolue rapidement, entrainant<br />
avec elle le développement croissant<br />
de nouvelles technologies qui demande<br />
toujours plus de services de connectivité. À<br />
l’avenir, les services de télécommunication<br />
tels que la téléphonie fixe, la télévision, la<br />
téléphonie mobile et l’internet n’utiliseront<br />
plus qu’une «langue commune» pour<br />
communiquer, à savoir la technologie IP<br />
(protocole internet). C’est pourquoi d’ici<br />
fin 2024, le réseau fixe analogique classique<br />
et ISDN sera intégralement remplacé par<br />
un réseau basé sur la technologie IP.<br />
POST a commencé, il y a quelques<br />
années déjà, à proposer à ses clients cette<br />
transformation de leur ligne analogique<br />
et ISDN vers des raccordements basés sur<br />
la téléphonie sur IP et poursuit dans cette<br />
direction afin d’assurer à ses clients un<br />
service basé sur des technologies innovantes<br />
au meilleur prix.<br />
ConnectedOffice fait partie des nombreuses<br />
solutions IP que POST propose à ses clients<br />
professionnels. n<br />
Pour en savoir plus sur<br />
ConnectedOffice?<br />
Il suffit de nous appeler au numéro<br />
gratuit 8002 4000 ou de nous contacter<br />
par email à: commercial.telecom@post.lu<br />
POST Group<br />
20, rue de Reims<br />
L-2417 Luxembourg<br />
www.post.lu
20 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
ICT<br />
Telkea Group:<br />
des solutions flexibles<br />
et innovantes<br />
pour chaque métier<br />
En quelques années, le groupe Telkea a connu d’importantes<br />
transformations, à l’instar des domaines d’activité dans<br />
lesquels il opère. Aujourd’hui structuré autour de trois<br />
sociétés sœurs, il fournit des solutions ICT, télécom et cloud<br />
aux professionnels du Luxembourg, de la Grande Région et<br />
à l’international. Olivier Penin, directeur Sales, Marketing<br />
& Solutions chez Telkea, évoque quelques sujets d’actualité<br />
qui font écho aux activités du groupe. Coup de projecteur sur<br />
la montée en puissance du cloud, la forte accélération de la<br />
digitalisation du secteur de la santé et le remplacement obligé<br />
des abonnements téléphoniques fixes traditionnels.<br />
La force d’un groupe<br />
Héritier de la Société Luxembourgeoise de<br />
Téléphonie fondée en 1929, l’actuel groupe<br />
Telkea est un acteur historique en matière<br />
de réseaux d’entreprises, communications<br />
unifiées et sécurité physique qui a, au fil<br />
des décennies, élargi son portefeuille de<br />
services pour accompagner ses clients dans<br />
leur transformation digitale. Désormais<br />
intégrateur de solutions ICT, opérateur<br />
télécom et cloud mais aussi développeur web<br />
et applicatif, le groupe repose sur l’expertise<br />
de 150 collaborateurs et trois sociétés:<br />
Telkea ICT, Telkea Telecom et Telkea Soft.<br />
«Notre structure à taille humaine nous<br />
confère dynamisme, flexibilité et agilité,<br />
mais également l’organisation pour travailler<br />
avec de grands groupes. Nos solutions se<br />
déclinent en six spécialisations métiers<br />
(finance et assurance; santé et hôtellerie;<br />
secteur public et institutions; transports et<br />
logistique; industrie, services) et s’adaptent<br />
facilement aux besoins de chacun de nos<br />
clients, qu’ils soient des PME ou des grandes<br />
entreprises», déclare Olivier Penin.<br />
Un cloud hybride et flexible<br />
À l’image du groupe, l’environnement cloud<br />
de Telkea se veut hybride et flexible. Selon<br />
les besoins, deux types d’hébergements<br />
sont proposés: le «housing», à savoir<br />
l’hébergement d’équipement du client<br />
dans ses data centres luxembourgeois, ou le<br />
«hosting», l’hébergement des applications<br />
du client sur ses plateformes cloud PaaS<br />
(Platform as a Service) ou IaaS (Infrastructure<br />
as a Service). Des applicatifs cloud sont<br />
également mis à disposition, que ce soit en<br />
mode cloud privé ou public. Parmi ceux-ci,<br />
le groupe propose un panel diversifié qui<br />
comprend l’environnement informatique et<br />
bureautique, des solutions de communication<br />
et de collaboration mais aussi des solutions<br />
plus spécifiques allant, entre autres, de<br />
l’enregistrement des communications (voix,<br />
vidéo, mobile) à la gestion du pointage.<br />
«Finalement, ce que nous proposons, c’est<br />
une combinaison de tous ces services en<br />
fonction des besoins spécifiques de nos clients.<br />
Selon leur taille, leur métier et leur criticité,<br />
nous déterminons également les niveaux de<br />
redondance et de sécurité adéquats. Pour<br />
répondre aux exigences les plus hautes à cet<br />
égard, notre cloud a la particularité d’être<br />
délivré dans deux data centres Tier IV basés à<br />
Bettembourg et à Bissen et entre lesquels tout<br />
est intégralement redondant. Un back-up est<br />
même réalisé dans un troisième data centre»,<br />
explique Olivier Penin.<br />
Des solutions spécifiques au monde<br />
médical<br />
S’il est un secteur dont la digitalisation<br />
s’est révélée cruciale au cours des derniers<br />
mois, c’est celui de la santé, auquel<br />
Telkea propose un large portefeuille de<br />
services. Aux médecins, la société offre<br />
ses solutions classiques, à savoir le PC,<br />
le système téléphonique, la voix, l’accès<br />
internet, la sécurité du bâtiment, mais<br />
propose également une solution applicative<br />
permettant d’administrer intégralement un<br />
cabinet médical. Dénommée GestoMed, sa<br />
version 2.0, éditée et entièrement réécrite<br />
par Telkea Soft, sera commercialisée fin<br />
juin et permettra, entre autres, la gestion<br />
de la facturation comme du dossier patient.<br />
AssDep, une suite applicative développée<br />
par la société depuis 20 ans, en est le pendant<br />
pour les maisons de soins. Elle permet<br />
de gérer ces établissements de A à Z, du<br />
personnel aux dossiers patients, de la<br />
gestion financière au bâtiment ou encore<br />
la restauration. Pour ces institutions mais<br />
aussi pour les hôpitaux, Telkea déploie en<br />
outre des solutions d’appel infirmière, de<br />
vidéosurveillance et de contrôle d’accès, de<br />
géolocalisation ou encore des systèmes antifugue<br />
avec bracelets et détecteurs. Au-delà de<br />
ces environnements médicalisés, l’entreprise<br />
fournit des solutions de téléalarme destinées
aux patients des réseaux de soins à domicile.<br />
«Toutes ces solutions, comme l’ensemble du<br />
portefeuille classique de Telkea lorsqu’il est<br />
décliné au secteur de la santé, font l’objet<br />
de précautions particulières quant à leur<br />
criticité, aussi bien du point de vue de la<br />
sécurité informatique que de l’accès aux<br />
données», souligne Olivier Penin.<br />
Du “Move”ment dans le secteur télécom<br />
Au-delà des transformations cloud, une<br />
autre révolution s’opère, cette fois dans<br />
le domaine des télécommunications.<br />
Après plusieurs décennies d’existence, le<br />
réseau téléphonique traditionnel (ISDN<br />
et analogique) arrive en fin de vie et sera<br />
progressivement mis hors service au<br />
Luxembourg, comme dans le reste de<br />
l’Europe. Les abonnements téléphoniques<br />
fixes devront être substitués, dans les<br />
trois années à venir et selon un calendrier<br />
différent pour chaque zone du territoire,<br />
par une solution de type «SIP Trunking»,<br />
une technologie nouvelle mais qui octroie<br />
toujours le même service, à savoir la<br />
possibilité de passer des appels. Avec son<br />
programme «IP Move», Telkea remplace<br />
les abonnements fixes traditionnels par des<br />
abonnements de ce type tout en conservant<br />
le système téléphonique en place et ses<br />
fonctionnalités. «La substitution doit être<br />
opérée aussi bien dans les petites que dans<br />
les grandes entreprises. Telkea Telecom<br />
propose des solutions de «SIP Trunking»<br />
permettant le remplacement des abonnements<br />
traditionnels de façon simple et<br />
économique pour les premières, mais<br />
également des services très avancés pour les<br />
secondes. Parmi ceux-ci: un accès redondant<br />
à une plateforme SIP de secours en plus<br />
de la plateforme principale redondante<br />
sur nos deux data centres, la gestion des<br />
Telkea Group<br />
1, rue de Bitbourg<br />
L-1273 Luxembourg<br />
www.telkea.com<br />
Olivier Penin<br />
plans de BCP, des outils de monitoring et<br />
de statistiques avancés, l’annonce vocale<br />
interactive, la gestion fax server ou encore<br />
la convergence fixe-mobile en combinaison<br />
avec les offres Telkea Mobile», précise<br />
Olivier Penin.<br />
«Finalement, le point fort de notre groupe<br />
est d’opérer dans de nombreux domaines<br />
d’activité avec nos propres équipes, ce<br />
qui lui permet d’approcher le marché en<br />
tant qu’acteur global, hybride et flexible»,<br />
conclut-il. n
22 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
ICT<br />
L’école à domicile: une aventure<br />
digitale et pédagogique<br />
Popularisé au Luxembourg en tant que partenaire officiel<br />
de la marque Apple, Lineheart offre également des services<br />
pour les professionnels encore partiellement méconnus sur<br />
le marché. Pourtant, l’entreprise accompagne plus d’une<br />
centaine d’écoles à travers le pays dans l’intégration d’outils<br />
pédagogiques digitaux et dans le déploiement et la gestion<br />
de l’infrastructure qui les soutient. Steve Eiffes, directeur<br />
commercial, nous détaille l’offre à destination des communes<br />
et de leurs écoles proposée par l’entreprise qui souffle ses 30<br />
bougies cette année.<br />
Steve Eiffes<br />
Comment soutenez-vous les établissements<br />
scolaires dans leur transformation<br />
digitale?<br />
La digitalisation de l’enseignement est<br />
encouragée par le ministère de l’Éducation<br />
qui a notamment décidé d’équiper les écoles<br />
de l’enseignement secondaire de tablettes<br />
Apple. Bien que nous ne soyons pas les seuls<br />
sur le marché, Lineheart bénéficie d’une<br />
expérience de 30 ans dans ce domaine, si bien<br />
que nous accompagnons et conseillons plus<br />
d’une centaine d’écoles fondamentales et de<br />
lycées dans leur transformation digitale. Nous<br />
avons ainsi été retenus lors de soumissions
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
23<br />
publiques par le ministère de l’Éducation<br />
pour la fourniture de tablettes auprès des<br />
établissements secondaires.<br />
La pandémie de Covid-19 a évidemment<br />
accentué la demande de la part des écoles,<br />
puisque ces outils permettaient d’assurer<br />
la continuité de l’enseignement tout en<br />
respectant les mesures sanitaires en place.<br />
Il ne s’agit toutefois pas uniquement<br />
de distribuer des tablettes aux élèves et<br />
professeurs. D’un point de vue technique,<br />
les écoles font face à une augmentation des<br />
connexions simultanées sur leur réseau,<br />
les forçant à revoir leurs infrastructures<br />
et systèmes WiFi. Nous pouvons les aider<br />
dans cette démarche en jouant un rôle<br />
stratégique dans le conseil, le déploiement,<br />
la gestion et la sécurisation tant pour le<br />
réseau informatique, que pour une flotte<br />
d’iPad, que nous conseillons de renouveler<br />
tous les trois à quatre ans. Pour ce dernier,<br />
nous pouvons paramétrer le matériel afin d’y<br />
installer certaines restrictions dans l’usage,<br />
comme l’impossibilité de se rendre sur<br />
certains sites, ou certaines fonctionnalités<br />
comme la gestion de plusieurs profils<br />
utilisateurs sur un même iPad.<br />
Toutes les communes n’ont pas les mêmes<br />
ressources et nous pouvons répondre à leurs<br />
besoins au cas par cas soit en formant leur<br />
personnel pour qu’il devienne autonome<br />
soit en gérant ces aspects à leur place. Le<br />
matériel, quant à lui, peut être acheté ou<br />
loué par les écoles; deux formules qui sont<br />
revues avec les intéressées en fonction<br />
de leur budget et du nombre de tablettes<br />
et ordinateurs dont elles ont besoin. Par<br />
ailleurs, en tant qu’Apple Service Provider,<br />
notre service après-vente peut réparer les<br />
produits Apple en interne, depuis notre<br />
site à Leudelange. Nos clients ont donc<br />
l’avantage d’un service local et réactif.<br />
“Un rôle<br />
stratégique<br />
dans la mise en<br />
place d’un réseau,<br />
sa sécurisation<br />
et la gestion<br />
d’une flotte d’iPad”<br />
Enfin, nous pouvons également soutenir<br />
les écoles dans le remplacement de leurs<br />
tableaux classiques par des tableaux<br />
interactifs. Ces derniers permettent<br />
de nombreuses fonctionnalités comme<br />
le partage d’un ou plusieurs écrans en<br />
simultané ou la possibilité d’écrire et<br />
modifier des éléments sur le tableau comme<br />
sur une tablette. De plus, grâce à ses outils<br />
intégrés, il permet aux élèves qui ne seraient<br />
pas dans la salle de classe de suivre la leçon<br />
à distance comme leurs camarades présents.<br />
Quel soutien formatif pouvez-vous leur<br />
apporter?<br />
Nous apportons une formation technique<br />
à nos clients et, grâce à un partenaire,<br />
nous proposons également une formation<br />
pédagogique en langue luxembourgeoise.<br />
Ce dernier soutient les enseignants dans<br />
cette transition vers l’enseignement digitalisé<br />
en les aidant à adapter leurs cours et<br />
en leur montrant comment fonctionne le<br />
coding pour qu’ils puissent le transmettre<br />
à leur tour aux élèves. Le gouvernement<br />
souhaite en effet inscrire cette matière au<br />
programme, le corps enseignant est donc<br />
invité à se préparer à cet apprentissage. Par<br />
ailleurs, le fait de pouvoir manipuler des<br />
outils digitaux dès le plus jeune âge donnera<br />
aux élèves une aisance certaine dans le<br />
monde du travail. Bien que ces outils soient<br />
intuitifs, ils évoluent en permanence et sont<br />
aujourd’hui pleinement ancrés dans tous<br />
les métiers. Nous nous rendons compte<br />
qu’il va falloir apporter plus de conseils et<br />
d’encadrement aux enseignants pour les<br />
aider à maitriser ces outils d’un point de vue<br />
technique et pédagogique, afin d’exploiter<br />
pleinement leurs fonctionnalités et de ne<br />
pas se laisser dépasser par les élèves euxmêmes.<br />
Les écoles luxembourgeoises ont également<br />
la possibilité de décrocher la certification<br />
Apple Distinguished School (ADS).<br />
Cette dernière est un gage de qualité<br />
d’enseignement digitalisé. Elle comprend<br />
de nombreux critères de certification: l’école<br />
entière et toutes ses salles de classes doivent<br />
être digitalisées avec l’appui d’un partenaire<br />
local, comme Lineheart par exemple. La<br />
pédagogie doit également être adaptée à<br />
ce nouveau mode de fonctionnement et<br />
approuvée par Apple. Lineheart a été le<br />
principal partenaire d’un établissement<br />
scolaire en cours de certification. Nous<br />
avons aidé cette nouvelle école à intégrer<br />
des outils digitaux tels que des tablettes<br />
liées à des vidéoprojecteurs interactifs.<br />
Quels sont les autres services que<br />
Lineheart peut offrir aux communes et à<br />
ses autres clients professionnels?<br />
Lineheart propose des services cloud made<br />
in Luxembourg pour toute entreprise,<br />
administration ou école qui souhaiterait<br />
héberger ses données en toute sécurité.<br />
En effet, nos services cloud sont hébergés<br />
dans un centre de données de type Tier IV<br />
au Luxembourg. Dans le cadre de la<br />
protection de la confidentialité des<br />
données, il s’agit d’un véritable avantage<br />
puisque notre solution luxembourgeoise<br />
garantit l’application du RGPD. C’est<br />
donc à un acteur local que nos clients<br />
professionnels peuvent s’adresser pour<br />
leur services cloud. n<br />
Lineheart<br />
1, rue Drosbach<br />
L-3372 Leudelange<br />
mail@lineheart.lu<br />
www.lineheart.lu
24 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
ICT<br />
Stocker ses données<br />
en toute sécurité<br />
grâce à un nuage<br />
de solutions…<br />
Récemment élue «HPE Partner of the Year», System Solutions<br />
diversifie son offre de produits et services IT pour les<br />
entreprises. Répondant à la demande du marché concernant<br />
des infrastructures plus flexibles et faciles à gérer ainsi qu’à un<br />
besoin grandissant de stockage de données non-structurées<br />
et toujours plus nombreuses, l’intégrateur a noué de précieux<br />
partenariats avec des acteurs fiables lui permettant d’offrir des<br />
solutions complètes et sécurisées aux organisations. Robert<br />
Roux, son CEO, nous parle en détail des dernières offres de<br />
la société…<br />
Présentez-nous System Solutions en<br />
quelques mots…<br />
L’entreprise a été créée en avril 1996<br />
au Luxembourg et bénéficie de 25 ans<br />
d’expérience en tant qu’intégrateur de solutions<br />
informatiques. Grâce aux partenariats<br />
que nous avons noués au fil du temps,<br />
nous proposons à notre clientèle des<br />
solutions globales. En effet, nous ne nous<br />
limitons pas à la vente de matériel IT et à<br />
la gestion des licences, mais avons étendu<br />
notre activité à la gestion complète de<br />
l’ensemble des besoins informatiques d’une<br />
entreprise. De plus, depuis une dizaine<br />
d’années, nous proposons une offre cloud<br />
privé et hybride répartie sur trois data<br />
centers au Luxembourg. Cette activité,<br />
nous l’avons commercialisée en Belgique<br />
et en France depuis notre maison-mère<br />
luxembourgeoise.<br />
Nos consultants sont régulièrement formés<br />
pour comprendre les problématiques<br />
de nos clients et les orienter vers des<br />
solutions adaptées. En tant qu’intégrateur,<br />
nous veillons à les accompagner dans<br />
l’installation des outils, leur paramétrage et<br />
leur intégration dans leur environnement.<br />
Nous offrons ensuite des contrats<br />
d’assistance à la carte qui peuvent être<br />
réactifs et intervenir en cas de problème ou<br />
proactifs à travers une vérification régulière<br />
des infrastructures. Notre atout est d’offrir<br />
la même expertise qu’un grand groupe tout<br />
en conservant la souplesse et la réactivité<br />
d’une PME.<br />
Vous avez récemment obtenu les récompenses<br />
«HPE Partner of the Year» et<br />
«HPE Platinium Partner». Quels sont les<br />
atouts qui ont été valorisés dans ce cadre?<br />
Nous collaborons avec HPE depuis nos<br />
débuts et avons été récompensés pour notre<br />
fidélité envers la marque. Nous sommes très<br />
fiers d’avoir reçu ce prix qui symbolise le<br />
partenariat fructueux qui nous unit depuis<br />
25 ans. HPE fournit un matériel de qualité<br />
d’un point de vue technologique et est très<br />
réactif en cas de problème. En choisissant un<br />
partenaire unique et fiable, nous nous sommes<br />
véritablement spécialisés dans l’intégration de<br />
leurs produits. Ces certifications offrent aux<br />
clients une garantie supplémentaire quant<br />
à notre expertise technologique et nous<br />
démarquent sur le marché.<br />
Comment avez-vous accompagné les<br />
entreprises depuis le début de la crise<br />
du Covid-19?<br />
Depuis le début de la pandémie, nous<br />
accompagnons les entreprises clientes aux<br />
niveaux matériel, infrastructurel et sécuritaire.<br />
Nous avons tout d’abord dû équiper leurs<br />
employés de matériel informatique leur<br />
permettant de travailler à distance. Il a ensuite<br />
fallu redimensionner leur infrastructure<br />
informatique de départ pour garantir un accès<br />
à distance aux collaborateurs et pouvoir gérer<br />
cet afflux de connexions venant de l’extérieur.<br />
Enfin, nous avons dû renforcer la sécurité<br />
en lien avec la nouvelle organisation de<br />
travail. Il semble que le télétravail conservera<br />
une place importante après la crise et qu’il<br />
faudra conserver ces accès à distance. Le<br />
premier conseil que je donnerais donc<br />
aux entreprises est de renforcer la sécurité<br />
de leurs infrastructures. Nous pouvons<br />
les accompagner dans cette démarche en<br />
commençant par réaliser un audit – afin<br />
d’identifier d’éventuelles failles – à partir<br />
duquel nous pourrons faire des propositions<br />
afin d’améliorer les mesures de sécurité.<br />
Parmi les conséquences de la crise, on<br />
note aussi un intérêt grandissant pour le<br />
cloud. Comment l’expliquer?<br />
Tout simplement car il s’agit d’une réponse<br />
simple aux problématiques causées par la<br />
décentralisation du travail. En effet, comme<br />
l’infrastructure n’est plus dans l’entreprise,<br />
l’accès à distance devient naturel que ce soit<br />
pour les employés travaillant sur site ou<br />
depuis leur domicile. Pour les accompagner<br />
dans cette transition, nos infrastructures<br />
cloud hautement sécurisées séduisent nos<br />
clients.
Quelles sont les solutions que vous<br />
proposez pour faciliter la gestion des<br />
infrastructures informatiques de vos<br />
clients ainsi que pour le stockage et la<br />
sauvegarde de leurs données?<br />
Tout d’abord, nous avons conclu un<br />
partenariat avec Nutanix afin d’offrir une<br />
plus grande flexibilité à notre clientèle. Sa<br />
solution d’infrastructure hyperconvergée<br />
intègre plusieurs éléments d’infrastructure<br />
(serveurs, réseau, stockage) en une seule<br />
plateforme, ce qui représente un gain de<br />
temps dans la mise en place mais surtout<br />
dans la gestion quotidienne. La tendance<br />
générale étant à la réduction des ressources<br />
informatiques disponibles, le marché est<br />
forcément séduit par cette approche. Les<br />
infrastructures hyperconvergées proposent<br />
une alternative nécessitant moins de main<br />
d’œuvre et facilitent ainsi la gestion de<br />
l’infrastructure informatique.<br />
Par ailleurs, face à la croissance exponentielle<br />
des données à sauvegarder, nous avons opté<br />
pour la technologie du stockage objet qui<br />
permet une sauvegarde sécurisée des données.<br />
“Offrir la même<br />
expertise<br />
qu’un grand groupe<br />
tout en conservant<br />
la souplesse<br />
et la réactivité<br />
d’une PME”<br />
À travers nos partenariats, nous proposons<br />
une solution 3 en 1 pour les sauvegardes.<br />
En effet, nous fournissons à la fois la partie<br />
physique (disques et serveurs) via HPE,<br />
le logiciel de stockage des données par<br />
Scality ainsi que sa sécurisation contre les<br />
ransomwares, assurée par Veeam. Scality<br />
offre en effet une couche logicielle au<br />
stockage des données non-structurées dont<br />
la capacité peut facilement évoluer grâce à<br />
l’ajout de disques dans les serveurs. Cette<br />
System Solutions Luxembourg<br />
36, Parc d’Activité<br />
L-8308 Capellen<br />
www.systemsolutions.com<br />
Robert Roux<br />
solution, sécurisée par Veeam, est idéale<br />
pour les sauvegardes des entreprises. Nous<br />
ne pouvons mettre aucune société à l’abri<br />
d’une opération malveillante, en revanche,<br />
nous pouvons veiller à ce que cette<br />
dernière n’entrave pas la continuité des<br />
activités de nos clients en leur fournissant<br />
une sauvegarde structurée et détachée<br />
de la production dans un environnement<br />
hautement protégé.<br />
En tant qu’intégrateur, nous livrons<br />
ainsi une solution complète et sommes<br />
l’interlocuteur unique des sociétés d’un bout<br />
à l’autre du processus d’intégration, depuis<br />
la planification aux interventions, en passant<br />
par l’installation et le paramétrage. n
26 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
ICT<br />
L’impression<br />
entre tradition et modernité<br />
Numérisation des activités et crise environnementale ont<br />
profondément modifié notre rapport au papier. C’est pourquoi,<br />
au fil des années, l’Imprimerie Centrale s’est dotée de nouveaux<br />
outils permettant de répondre aux besoins changeants du<br />
marché. En prenant le tournant du digital, celle-ci a étoffé<br />
son offre de services tout en continuant d’investir dans les<br />
technologies offset plus traditionnelles qui cohabiteront à<br />
l’avenir avec les presses numériques. Le point sur la question<br />
de la digitalisation d’une industrie séculaire.<br />
nos outils actuels. Cette veille nous a aussi<br />
permis de constater des changements dans le<br />
comportement des clients, changements liés<br />
récemment à la crise sanitaire. L’information<br />
est consommée de plus en plus depuis le<br />
domicile, le client se déplace plus rarement,<br />
parfois seulement pour visiter l’imprimerie<br />
au moment de l’impression de sa commande,<br />
pour les beaux livres, par exemple.<br />
Un avenir 100% digital?<br />
Les services digitaux proposés par<br />
l’Imprimerie Centrale<br />
Au fil des années, l’entreprise s’est dotée<br />
d’outils permettant de répondre aux nouveaux<br />
besoins du marché. Prenons l’exemple<br />
des outils d’impression Web2Print: certains<br />
clients ne souhaitent pas se déplacer et<br />
passent leurs commandes en ligne par<br />
ce système. Ainsi, sur son interface web<br />
personnalisée, l’utilisateur peut, en direct<br />
et sans aucune difficulté, commander des<br />
documents récurrents et même opérer des<br />
mises à jour dans ses fichiers avant de les<br />
réimprimer. Cette prise en charge simplifiée<br />
des impressions alliée à des technologies<br />
d’impression digitale nous permet donc<br />
de proposer des services supplémentaires,<br />
comme la mise sous pli des documents.<br />
Le mailing est un levier de communication<br />
qui permet aux entreprises d’informer, de<br />
démarcher et de faire acte du suivi de leurs<br />
clients. Cette démarche est d’autant plus<br />
intéressante qu’elle permet de personnaliser<br />
chaque envoi. Un gain de temps considérable<br />
dans un monde où tout va plus vite et où<br />
chaque client a des besoins bien spécifiques.<br />
En outre, nous avons une activité d’impression<br />
digitale qui sert le secteur bancaire avec<br />
notre statut de Professionnel du Secteur<br />
Financier dont nous disposons depuis 2007.<br />
Des développements informatiques nous<br />
permettent de donner une grande facilité<br />
aux clients de ce secteur.<br />
Pour autant, et au-delà du développement<br />
digital de notre secteur, le monde de<br />
l’imprimerie reste un lieu de création dans<br />
lequel il faut jouer avec les contraintes<br />
de chaque production. Rien ne saurait<br />
se substituer aux conseils avisés et à<br />
l’expérience de nos équipes en production<br />
et en contact avec les clients.<br />
“Nous étudions<br />
continuellement<br />
des solutions<br />
pour améliorer,<br />
optimiser<br />
ou compléter<br />
notre service”<br />
Nouveaux locaux à la Cloche d’Or et<br />
nouveaux services numériques<br />
Le déménagement de notre imprimerie à<br />
la rue Emile Bian à Luxembourg-Cloche<br />
d’Or rend notre production plus fluide<br />
et a considérablement augmenté notre<br />
productivité.<br />
Un système de gestion des opérations<br />
préliminaires à la vente nous procure un gain<br />
de temps important et renforce la sécurité<br />
des données. À terme, cette intégration<br />
globale concernera également toutes nos<br />
certifications (ISO 9001, ISO 14001, ISO<br />
12647-2, FSC, Imprim’Vert, etc.).<br />
Concernant le développement d’autres<br />
services numériques, nous étudions<br />
continuellement des solutions pour<br />
améliorer, optimiser ou compléter notre<br />
service et proposer à nos clients une batterie<br />
complète d’outils qui puisse répondre à<br />
ses besoins d’impression. En parallèle,<br />
nos équipes opèrent régulièrement des<br />
veilles informatives et technologiques afin<br />
d’être au fait de ce qui se fait ailleurs tout<br />
en développant des solutions internes avec<br />
Comme évoqué précédemment, les presses<br />
digitales sont beaucoup plus souples que<br />
leurs grandes sœurs, les machines offset.<br />
En termes de gabarit, les premières sont<br />
bien moins imposantes que les secondes.<br />
Au-delà de leur physique et de leurs<br />
technologies différentes, ces machines<br />
ont des caractéristiques particulières.<br />
En impression digitale, on tourne aux<br />
alentours de 7.000 impressions A4 par<br />
heure alors que l’on est sur des standards<br />
avoisinant les 15.000 feuilles par heure pour<br />
sa cousine offset. Ainsi, on peut facilement<br />
mettre en évidence les qualités de chacune<br />
de ces technologies qui ont finalement<br />
leurs publics respectifs. D’où l’importance<br />
d’avoir une offre globale, à l’image de notre<br />
économie globalisée.<br />
Il semble évident que l’avenir sera porté<br />
sur le digital. Ceci dit, d’après nous, l’offset<br />
sera toujours préférable pour la réalisation<br />
de grandes séries et de grands formats,<br />
alors que le digital servira à répondre à une<br />
nette tendance vers les petites séries, ce qui<br />
permet au client de mettre à jour le contenu<br />
de son imprimé à chaque édition. n<br />
Imprimerie Centrale<br />
3, rue Emile Bian<br />
L-1235 Luxembourg<br />
message@ic.lu<br />
www.ic.lu
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
27
28 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
ICT<br />
skeeled: déjà deux<br />
communes séduites<br />
par le recrutement<br />
digital<br />
La jeune société innovante skeeled a déjà convaincu une<br />
centaine de clients au Luxembourg (Cactus, Losch, Lalux,<br />
Sales Lentz Group, Voyages Emile Weber, etc.). Il faut dire<br />
que son logiciel de recrutement présente de nombreux<br />
atouts: intuitif, flexible, collaboratif, multilingue incluant le<br />
luxembourgeois et conforme au RGPD. Mike Reiffers, son<br />
co-fondateur, nous parle des avantages de la plateforme pour<br />
les entreprises, mais aussi pour les communes…<br />
Quels ont été les débuts de skeeled?<br />
L’idée de l’entreprise a germé lorsque<br />
Nicolas Speeckaert, co-fondateur, et moimême<br />
faisions nos masters. Étant à la<br />
recherche d’un emploi, notre expérience<br />
candidat était très médiocre, face à des<br />
processus mal structurés et pour la plupart<br />
non digitaux. Une frustration additionnelle<br />
était le manque d’interaction avec les<br />
recruteurs et les délais – voire l’inexistence –<br />
de réponse. Passionnés de technologie, notre<br />
idée de digitaliser le monde du recrutement<br />
en l’enrichissant de nouveaux outils s’est très<br />
vite concrétisée avec la création de notre<br />
entreprise au Luxembourg en 2015.<br />
Malgré la dimension internationale de nos<br />
activités avec une présence dans 20 pays, nous<br />
restons une entreprise à ancrage local. Nous<br />
sommes d’ailleurs le leader national dans<br />
ce domaine avec une centaine de clients au<br />
Luxembourg de petite et grande tailles, et ce,<br />
dans tous les secteurs et domaines d’activité.<br />
Quelles sont les fonctionnalités de votre<br />
logiciel d’acquisition de talents?<br />
La plateforme permet aux candidats de<br />
soumettre leur candidature à travers un<br />
processus digital de façon standardisée avec<br />
des éléments classiques comme le CV et la<br />
lettre de motivation. Nous offrons également<br />
la possibilité aux recruteurs de recourir à des<br />
tests de pré-emploi. Dans ce cadre, nous<br />
collaborons avec AssessFirst, leader dans ce<br />
domaine, pour avoir un meilleur aperçu de<br />
la personnalité, la motivation et la capacité<br />
de raisonnement des candidats. De plus, le<br />
recruteur peut leur poser plusieurs questions<br />
prédéfinies auxquelles ils devront répondre<br />
en vidéo préenregistrée, parfois même<br />
dans une langue imposée. L’outil évaluera<br />
ensuite le niveau de correspondance des<br />
candidatures par rapport au profil recherché.<br />
L’une des raisons qui fait de skeeled un<br />
logiciel révolutionnaire est l’ensemble de<br />
tous ces éléments permettant d’analyser les<br />
«hard» et «soft skills» dans le processus<br />
de recrutement. Par conséquent, nous<br />
offrons la possibilité aux recruteurs de baser<br />
leurs décisions sur plus de données qu’un<br />
processus traditionnel de recrutement.<br />
Comment la plateforme se présente-telle?<br />
Il s’agit d’un logiciel accessible en ligne à l’aide<br />
d’un identifiant et d’un mot de passe et sans<br />
installation nécessaire. L’interface se veut très<br />
intuitive: en un coup d’œil, l’utilisateur visualise<br />
tous les postes ouverts et peut voir les profils de<br />
candidats de manière structurée et organisée.<br />
L’outil est également collaboratif puisqu’il<br />
permet de personnaliser toutes les étapes du<br />
recrutement et d’inclure à tout moment un<br />
responsable dans le processus afin de solliciter<br />
son avis. D’autres fonctionnalités relatives aux<br />
prises de rendez-vous et à l’évaluation des<br />
profils sont paramétrables, jusqu’au moment<br />
où le recrutement a été effectué.<br />
Quels sont ses avantages, notamment<br />
pour les communes?<br />
Très traditionnelles, les communes<br />
passent encore souvent par le papier<br />
malgré la difficulté de rester conformes<br />
aux réglementations du RGPD. Le gain<br />
de temps que le digital peut leur apporter<br />
est donc considérable. Nous pouvons<br />
également les aider à travailler leur image<br />
de marque en tant qu’employeur et les<br />
épauler dans la création ou l’adaptation<br />
de l’onglet «carrière» de leur site en y<br />
reprenant leur vision et leur message afin<br />
de les rendre plus attractifs sur le marché<br />
du travail.<br />
Nous avons d’ailleurs fait cette démarche<br />
avec les communes de Dudelange et de<br />
Niederanven. Notre logiciel est complètement<br />
modulable, nous avons donc pu<br />
l’adapter à la réalité du recrutement et des<br />
différentes exigences particulières de chaque<br />
commune. Notre collaboration avec ces<br />
communes a permis de moderniser et optimiser<br />
leur fonctionnement en recrutement.
Pendant la crise, skeeled a permis aux<br />
communes de poursuivre leurs activités de<br />
recrutement tout en collaborant depuis leur<br />
domicile. De plus, en faisant appel à un acteur<br />
local, elles s’assurent d’un support individuel<br />
et rapide en cas de difficulté.<br />
Pourquoi avoir créé la branche «skeeled.<br />
advisory» dédiée à la consultance et au<br />
conseil?<br />
Nous sommes partis du constat que la<br />
transition vers le recrutement digital<br />
nécessitait souvent un accompagnement<br />
professionnel. «skeeled.advisory» a donc<br />
pour objectif premier d’accompagner<br />
les clients dans ce changement, de le<br />
coordonner et d’assurer sa communication<br />
interne et externe. De nouveaux<br />
processus de recrutement faisant appel à<br />
de nouveaux rôles doivent en effet être<br />
mis en place au sein de l’administration<br />
afin d’optimiser l’investissement dans ce<br />
type de logiciel en en exploitant toutes les<br />
possibilités.<br />
Son deuxième but est d’aider les entreprises<br />
à créer une véritable image de marque.<br />
Cela passe par la gestion de leurs réseaux<br />
sociaux et de leur site internet, mais aussi<br />
par la définition d’une vision et l’envoi d’un<br />
message forgeant une véritable identité<br />
en tant qu’employeur. Nous les aidons<br />
également à rédiger leurs offres d’emploi.<br />
Enfin, nous proposons aux sociétés<br />
d’analyser leur capital humain afin de<br />
déterminer quelles sont les compétences<br />
qu’elles regroupent en interne. Cette analyse<br />
permet de réorganiser les équipes et<br />
de les optimiser en proposant par exemple<br />
des formations pour acquérir certaines<br />
compétences manquantes.<br />
Nous avons pour but d’aider toujours plus<br />
d’entreprises et d’organisations publiques<br />
au Luxembourg à réussir le virage inévitable<br />
vers la digitalisation dans le recrutement.<br />
Nous voulons également accompagner au<br />
mieux les acteurs locaux en apportant une<br />
évolution constante de nos produits et<br />
services. n<br />
Mike Reiffers devant la commune de Dudelange dont il est résident<br />
“Leader national<br />
avec une centaine<br />
de clients<br />
au Luxembourg<br />
de toutes tailles,<br />
dans tous<br />
les secteurs<br />
et domaines<br />
d’activité”
30 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
ICT<br />
Dan Biancalana<br />
Paul Nosbusch<br />
Commune de Dudelange<br />
Dan Biancalana, bourgmestre de la commune de Dudelange,<br />
et Paul Nosbusch, responsable RH<br />
Qu’est-ce que la digitalisation du processus de traitement des candidatures vous<br />
a apporté?<br />
DB: La digitalisation est aujourd’hui un incontournable pour une commune. Nous étions à la<br />
recherche d’un outil qui traite nos 1.200 candidatures annuelles, aide notre service des ressources<br />
humaines à optimiser son temps en automatisant le tri des candidatures, tout en assurant la gestion<br />
du RGPD.<br />
Comment l’outil a-t-il amélioré votre travail journalier?<br />
PN: L’outil skeeled nous a permis d’avoir une base de données complète avec une facilité de<br />
gestion des dossiers. Il nous permet d’analyser de façon rapide et efficace les diplômes et CV des<br />
candidats. Le traitement des dossiers et le délai des réponses sont accélérés, car l’outil RH nous<br />
permet de personnaliser les réponses par email. Une approche proactive est garantie, car il nous<br />
est possible d’impliquer davantage les responsables de services dans le processus de recrutement<br />
en leur donnant accès aux dossiers de candidature.<br />
Quel support skeeled vous apporte-t-il en cas de difficulté?<br />
PN: skeeled fournit un support rapide par email et téléphone et veille à une actualisation constante<br />
du software avec l’ajout de nouveaux gadgets et fonctionnalités. Des réunions régulières sont<br />
organisées avec notre gestionnaire skeeled afin d’optimiser les flux et processus dans la gestion<br />
du traitement des candidatures de recrutement.<br />
Commune de Niederanven<br />
Raymond Weydert, bourgmestre de la commune de Niederanven,<br />
et Jean Kox, responsable RH<br />
Pourquoi avoir voulu digitaliser le recrutement? Qu’est-ce que cette digitalisation<br />
vous a apporté?<br />
RW: La commune de Niederanven est connue pour être moderne, toujours prête à offrir à ses<br />
citoyens le profit des dernières technologies, tout en restant proche et accessible à toutes les<br />
générations. Certes, certains moyens sont nécessaires pour garantir un tel service, mais c’est<br />
justement là que nous décidons à chaque fois de mettre nos capacités financières et administratives<br />
à disposition de tous les acteurs, internes comme externes. C’est donc sans hésitation que nous<br />
avons voulu mettre à disposition ce service de recrutement. Nous serons ainsi plus près de la<br />
population et pourrons alléger la tâche administrative de nos agents en même temps, tout en<br />
restant efficaces dans le processus.<br />
Comment l’outil a-t-il amélioré votre travail journalier?<br />
JK: Il nous permet d’avoir à tout temps un parfait aperçu de l’évolution des candidatures; on peut<br />
plus facilement se faire une idée, sans pour autant surcharger de copies papiers notre service<br />
de courrier interne. Dans un même temps, les délais peuvent considérablement être raccourcis,<br />
car grâce au screening, vidéos, etc. nous pourrons filtrer nos choix beaucoup plus rapidement.<br />
Non seulement le recruteur profite de ces atouts techniques, mais de plus, pour le candidat une<br />
approche pointée et vive plaira certainement mieux que la voie traditionnelle postale d’expérience<br />
plus maladroite et stérile. Les nouveaux recrutés sont souvent jeunes et quoi de plus rassurant<br />
pour eux que de savoir que leur éventuel futur patron est à la pointe de la technologie?<br />
Quel support skeeled vous apporte-t-il en cas de difficulté?<br />
JK: La procédure n’est pas totalement exempte de présence humaine. En cas de problème, le<br />
service skeeled garantit le contact avec une personne spécifique en charge de votre administration<br />
ainsi qu’un contact permanent et rapide par email, en cas de questions. skeeled est très soucieuse<br />
de maintenir à chaque instant un lien étroit avec ses administrations et se montre très coopérative<br />
en proposant des suggestions et innovations ou idées nouvelles.<br />
Raymond Weydert<br />
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32 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
BRÈVES COMMUNALES – CENTRE<br />
PAR PIERRE BIRCK<br />
LUXEMBOURG-VILLE<br />
Moyocci a cessé d’organiser des fêtes<br />
ou des visites guidées en raison de<br />
l’épidémie de Covid-19. L’entreprise a<br />
ainsi élaboré un nouveau concept, celui<br />
des visites audioguidées pour découvrir<br />
sous une angle nouveau le Grand-Duché<br />
de Luxembourg. Il suffit de scanner le<br />
QR Code présent sur différents points<br />
d’intérêts via l’application «Sightseeing.<br />
lu» et de suivre les instructions du<br />
smartphone. C’est une façon ludique et<br />
inédite de découvrir ou redécouvrir le<br />
Luxembourg.<br />
<br />
Source: sightseeing.lu<br />
HESPERANGE<br />
Les 11, 12 et 13 juin prochains aura<br />
lieu l’événement «Ambiance jardin»,<br />
organisé par l’asbl G.O.A.T. Events<br />
et par la commune. Ces trois jours<br />
seront réservés à la vente de plantes<br />
et décorations de jardin. Le prix<br />
d’entrée est de sept euros et gratuit<br />
pour les moins de seize ans.<br />
<br />
Source: hesperange.lu<br />
BERTRANGE<br />
Dans le cadre des travaux de réhabilitation<br />
du pont OA816 avec aménagement<br />
d’une piste cyclable sur la<br />
N35 à Bertrange-Gare, la commune<br />
informe que l’administration des Ponts<br />
& Chaussées procède à la fermeture<br />
complète du pont OA816 en direction de<br />
la commune de Strassen. Une déviation<br />
est assurée par la rue de Luxembourg<br />
et la N34 tandis que la circulation en<br />
direction de la commune de Bertrange<br />
reste garantie pendant toute la durée du<br />
chantier, et ce, jusqu’en fin d’année.<br />
<br />
Source: bertrange.lu<br />
MAMER<br />
La commune de Mamer a installé<br />
dans ses bâtiments publics 18 bornes<br />
d’eau potable en libre-service afin de<br />
promouvoir la consommation d’eau<br />
du robinet et de diminuer l’utilisation<br />
du plastique à usage unique. Elle a<br />
également offert des bidons isothermes<br />
en inox à tous les écoliers, les enseignants<br />
et les employés communaux, soit une<br />
distribution totale de 1.000 bidons.<br />
<br />
Source: mamer.lu<br />
<br />
CONTERN<br />
Le collège échevinal a revu et adapté son approche de<br />
communication sur base d’une nouvelle vision et d’une<br />
nouvelle charte graphique en avril dernier. Les citoyens<br />
disposent désormais de nouvelles plateformes d’information<br />
modernes qui facilitent la communication mais également la<br />
prise de contact et le dialogue avec les responsables politiques<br />
et les services communaux.<br />
<br />
Source: contern.lu<br />
LUXEMBOURG-VILLE<br />
Lydie Polfer, bourgmestre, Simone Beissel, échevine responsable<br />
en matière d’infrastructures et de nouvelles constructions,<br />
et Patrick Goldschmidt, échevin de la mobilité, ont inauguré<br />
le nouveau P+R provisoire de la Cloche d’Or. Ce dernier se<br />
situe aux abords du Stade de Luxembourg. D’une superficie<br />
d’environ 2,10 ha, le nouveau parking dispose d’une capacité<br />
de 606 emplacements, dont cinq réservés aux personnes<br />
à mobilité réduite. Gratuit pendant 24 heures à l’instar du<br />
régime applicable aux autres P+R de la capitale, le P+R<br />
provisoire de la Cloche d’Or vise à garantir un certain nombre<br />
d’emplacements aux visiteurs du Stade de Luxembourg à<br />
l’occasion d’événements sportifs ou culturels.<br />
<br />
Source: vdl.lu<br />
STRASSEN<br />
Les arrêts de bus peuvent-ils se muer en galerie d’art? La<br />
commune de Strassen le prouve grâce au projet «Lignes ART»<br />
qui permet aux photographes d’exposer leurs photos dans<br />
les arrêts de bus de la commune. En intégrant l’art dans la vie<br />
quotidienne, celui-ci est rendu plus accessible. Nul besoin de<br />
visiter un musée. Les photos sont ainsi exposées dans huit arrêts<br />
sur la route d’Arlon et en face de la mairie. Le photographe<br />
Jerry Klein est le premier artiste à exposer ses photos montrant<br />
la route d’Arlon sous un autre angle.<br />
<br />
Source: strassen.lu<br />
© VDL Phototheque Charles Soubry<br />
KOPSTAL<br />
Un grand sondage citoyen et anonyme<br />
sur la communication de la commune<br />
de Kopstal est en cours. Afin de suivre<br />
l’évolution des besoins en communication<br />
et faisant suite aux résultats de l’enquête<br />
Covid-19 récemment menée qui a laissé<br />
apparaître la possibilité d’améliorer<br />
l’information, la commune envisage de<br />
développer de nouveaux concepts de<br />
communication. Il s’agit de répondre à<br />
un questionnaire de dix minutes. Pour y<br />
participer, il suffit de se rendre sur le site<br />
internet de la commune.<br />
<br />
Source: kopstal.lu<br />
STRASSEN<br />
Les élèves de l’école fondamentale<br />
de Strassen ont remis un chèque de<br />
3.000 euros à la Fondation Caritas. La<br />
commune a suivi en lui faisant don de<br />
4.000 euros. Les sommes récoltées<br />
serviront à aider les personnes<br />
touchées par le Covid-19 et les différentes<br />
mesures de confinement.<br />
<br />
Source: strassen.lu<br />
MAMER<br />
L’été approche à grands pas. L’arrivée de<br />
la belle saison est toujours accompagnée<br />
par une fréquentation plus élevée des<br />
aires de jeu. Pour garantir davantage<br />
de sécurité, la commune entretient<br />
régulièrement toutes les aires de jeu<br />
situées sur son territoire. 22 des 24<br />
installations ont été contrôlées. Les<br />
experts n’ont pas découvert de défauts.<br />
Toutes les aires de jeu soumises au<br />
contrôle ont par conséquent reçu le label<br />
«Sécher Spillplazen» de Luxcontrol. L’aire<br />
de jeu de la maison relais du campus<br />
Kinneksbond n’a pas été inspectée parce<br />
qu’elle est en cours de rénovation.<br />
<br />
Source: mamer.lu<br />
SANDWEILER<br />
En mars dernier, le collège des bourgmestre<br />
et échevins a présenté l’avant-projet<br />
de la nouvelle maison communale, en<br />
collaboration avec le bureau d’architecture<br />
LLArchitectes. L’objectif est<br />
notamment de répondre à la croissance<br />
constante de la population afin d’offrir de<br />
meilleurs services communaux.<br />
<br />
Source: sandweiler.lu
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34 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
ICT<br />
Cloud non-européen et protection<br />
des données personnelles,<br />
un duo compatible?<br />
En juillet dernier, le jugement Schrems II émis par la Cour de justice de l’Union européenne<br />
a invalidé la certification «Privacy Shield» utilisée pour le transfert des données personnelles<br />
vers les États-Unis, décrétant ce mécanisme non-conforme au RGPD et a également mis en<br />
doute l’utilisation d’autres mécanismes de transfert dans certains contextes. Sans provoquer<br />
de vent de panique sur le marché, cette décision remet pourtant en question le recours à des<br />
services cloud offerts par des fournisseurs très souvent américains, largement majoritaires sur<br />
ce marché. Georges Wantz, Managing Director chez Deloitte Luxembourg, nous aide à mieux<br />
cerner les solutions que les entreprises peuvent déployer pour se conformer à la loi.<br />
Georges Wantz
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
35<br />
Quels sont les outils fournis par le<br />
RGPD pour encadrer le transfert des<br />
données vers l’étranger?<br />
Il existe trois grands types d’outils légaux<br />
permettant le transfert de données<br />
personnelles hors UE. En premier lieu,<br />
la Commission européenne analyse<br />
régulièrement les cadres légaux des pays<br />
étrangers et peut émettre des décisions<br />
d’adéquation reconnaissant leur conformité<br />
au RGPD et autorisant ainsi les transferts<br />
de données vers une liste de pays donnée.<br />
En deuxième lieu, les entreprises peuvent<br />
recourir à des bases contractuelles dont<br />
les plus communes sont les Clauses<br />
Contractuelles Types (CCT) – établies par<br />
la Commission européenne et auxquelles<br />
l’exportateur et l’importateur de données<br />
doivent adhérer – ou les «Binding<br />
corporate rules» créées par des groupes<br />
d’entreprises et approuvées par les autorités<br />
de contrôle européennes. Enfin, il existe<br />
des exceptions appliquées ponctuellement<br />
et de manière limitée comme dans le cadre<br />
de l’exécution d’un contrat où les banques<br />
peuvent transférer les données nécessaires<br />
à l’exécution d’un virement exceptionnel à<br />
l’étranger.<br />
Qu’implique le jugement Schrems II<br />
rendu par la Cour de justice de l’Union<br />
européenne (CJUE) en juillet 2020?<br />
Ce jugement a remis en cause la décision<br />
d’adéquation prise par la Commission<br />
européenne envers les États-Unis dans<br />
le contexte «Privacy Shield». D’abord<br />
désigné sous le nom de «Safe Harbor»,<br />
ce mécanisme permettait aux entreprises<br />
européennes de transférer des données<br />
personnelles de manière sécurisée vers les<br />
États-Unis, avant même le déploiement<br />
du RGPD. Toutefois, lors de son<br />
premier jugement, remis à la suite d’une<br />
plainte déposée par le citoyen autrichien<br />
Maximillian Schrems, la CJUE a décrété<br />
ce mécanisme insuffisant dans sa forme,<br />
puisque sa décision d’adéquation n’était<br />
basée sur aucun cadre clairement défini.<br />
La Commission a alors déployé un<br />
nouveau mécanisme, le «Privacy Shield»,<br />
mieux documenté. Toutefois, Maximillian<br />
Schrems a à nouveau porté plainte pour<br />
non-respect du RGPD quant au transfert<br />
de données personnelles vers les USA.<br />
Les juges ont alors rendu le «Privacy<br />
Shield» caduc sur base de son contenu,<br />
révélé insuffisant non seulement du point<br />
de vue du RGPD mais aussi des droits<br />
fondamentaux européens. Les juges ont<br />
également spécifié que tout mécanisme de<br />
transfert basé sur des contrats (comme les<br />
Clauses Contractuelles Types) doit offrir le<br />
même niveau de protection que le RGPD<br />
et les droits fondamentaux européens.<br />
Or, les lois états-uniennes permettent aux<br />
renseignements nationaux de consulter tous<br />
types de données s’ils le jugent nécessaire<br />
pour des raisons de sécurité nationale,<br />
et ce, d’une manière non-conforme aux<br />
dispositions européennes. En tant que<br />
citoyens, nous n’aurions donc aucun moyen<br />
de faire valoir nos droits au regard de la loi<br />
américaine.<br />
Décrétant que les CCT peuvent être<br />
insuffisantes lors de transferts établis avec<br />
les États-Unis, la CJUE a imposé l’ajout de<br />
garanties supplémentaires, sans toutefois<br />
préciser lesquelles… Si de telles garanties<br />
sont nécessaires et ne peuvent être émises,<br />
alors le traitement des données devra tout<br />
bonnement être arrêté.<br />
Comme la plupart des fournisseurs de<br />
services cloud sont basés aux États-<br />
Unis, quel sera l’impact de ce jugement<br />
sur ces services?<br />
Il convient d’abord de définir ce qu’est<br />
un transfert. A partir du moment où les<br />
données sont rendues accessibles depuis<br />
un pays hors Communauté européenne,<br />
alors on considère qu’il y a transfert. Les<br />
services cloud sont donc effectivement<br />
concernés par ce jugement. Par ailleurs, la<br />
responsabilité du traitement non-conforme<br />
des données sera imputée à l’entreprise<br />
effectivement responsable des données et<br />
non au fournisseur de services cloud, qui<br />
n’est qu’un sous-traitant.<br />
Aujourd’hui, aucune pénalité financière<br />
n’a encore été émise par les régulateurs qui<br />
se contentent pour l’instant d’expliquer<br />
le problème et de conseiller aux entités<br />
d’arrêter cette pratique. Certaines<br />
entreprises n’ont donc pas encore mesuré<br />
les conséquences du jugement. D’autres,<br />
n’y voyant pas de solution, ne comptent<br />
pas se pencher sur la question tant que le<br />
reste du marché ne s’y conformera pas.<br />
Plus rares sont les sociétés ayant pris des<br />
mesures telles que l’arrêt du contrat avec<br />
leur fournisseur américain ou la recherche<br />
d’une solution européenne. Le risque<br />
est que les bons élèves ne dénoncent<br />
les mauvais en portant plainte pour<br />
concurrence déloyale ou qu’une personne<br />
concernée ne porte plainte auprès d’un<br />
régulateur. Ce dernier n’aura alors plus<br />
d’autre choix que de sanctionner par des<br />
amendes, mais également de prononcer<br />
l’arrêt immédiat du traitement qui pourrait<br />
occasionner des pertes financières encore<br />
plus importantes.<br />
Certains imaginent sans doute que la<br />
Commission européenne pourrait trouver<br />
un nouvel accord avec les États-Unis<br />
dans le but de faciliter ces échanges. Or,<br />
le seul moyen d’y parvenir serait que<br />
le législateur américain change les lois<br />
pour garantir la protection des données<br />
comme nous l’entendons en Europe. De<br />
plus, la Commission pourra difficilement<br />
se permettre un troisième jugement<br />
dûment remis en cause sans souffrir d’une<br />
perte de crédibilité… Cela semble donc<br />
peu probable. Quant aux fournisseurs<br />
américains, ils ne chercheront pas de<br />
solutions techniques ou organisationnelles<br />
tant que les entreprises européennes<br />
continueront à faire appel à leurs services<br />
et ne feront pas front commun pour exercer<br />
une plus grande pression sur ces «cloud<br />
providers».<br />
Quels sont vos conseils pour aider<br />
les entreprises à se conformer à ce<br />
jugement?<br />
Entre la difficulté de la tâche et l’absence<br />
actuelle de sanction, la plupart des<br />
entreprises ne semblent pas encore chercher<br />
activement de solution. Pourtant, le risque<br />
est bien réel. C’est pourquoi notre premier<br />
conseil serait d’analyser le traitement et de<br />
déterminer si le mécanisme utilisé pour<br />
permettre le transfert nécessite l’ajout de<br />
ces garanties supplémentaires demandées<br />
par la CJUE, afin de prendre conscience<br />
du risque encouru. Il faut ensuite qu’elles<br />
recherchent des garanties supplémentaires<br />
envisageables, les mettent en place et dans<br />
le pire des cas, cherchent des alternatives<br />
exclusivement européennes.<br />
Ces garanties supplémentaires pourraient<br />
être la pseudonymisation ou le cryptage des<br />
données avec une clé dont ne disposerait<br />
pas le fournisseur cloud et qui les<br />
rendraient inexploitables par les autorités<br />
étrangères. Ces mécanismes sont encore<br />
peu répandus, assez difficiles à mettre en<br />
place et ne sont pas toujours utiles, tout<br />
en gardant la totalité des fonctionnalités<br />
du service. Malheureusement, la solution<br />
miracle n’existe pas. Ce n’est toutefois pas<br />
en ignorant cette problématique qu’elle<br />
disparaitra… n<br />
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36 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
ICT<br />
Privacy Engineering:<br />
quelles opportunités et<br />
applications pour les recherches<br />
scientifiques publiques?<br />
La recherche publique, et tout particulièrement les centres de recherche publics [1], est<br />
confrontée aux règles de protection des données à caractère personnel et cherche des solutions<br />
concrètes pour protéger ses participants. Dans cet article, Chloë Lellinger, Data Protection<br />
Officer au LISER, vient mettre en lumière un pan relativement nouveau de la recherche en<br />
génie informatique: la «Privacy Engineering» et explique comment ce domaine peut apporter<br />
des méthodes et techniques appliquées à l’informatique pour garantir la protection des données<br />
à caractère personnel.<br />
Chloë Lellinger
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
37<br />
Malgré l’échec de l’assistant vocal de<br />
notre voiture à comprendre nos demandes<br />
d’appel après un rendez-vous chez le<br />
dentiste ou de notre tondeuse à gazon<br />
intelligente à se dégager seule de la boule<br />
de pétanque en plastique oubliée là par<br />
nos enfants, il n’est plus à nier que les<br />
nouvelles technologies sont d’une grande<br />
aide dans notre vie de tous les jours – du<br />
moins elles essaient. Alors, pour quelles<br />
raisons ces nouvelles technologies ne<br />
pourraient-elles pas nous aider à protéger<br />
notre vie personnelle? Cette question,<br />
nous nous la sommes posée au Luxembourg<br />
Institute of Socio-Economic Research (LISER).<br />
Plus particulièrement, nous nous sommes<br />
demandé comment protéger au mieux la vie<br />
privée des participants des recherches tout<br />
en continuant à expliquer les challenges de<br />
la société de demain et y apporter des pistes<br />
de réponses?<br />
Tout chercheur largement inspiré par<br />
les principes éthiques de sa profession le<br />
confirmera: les activités de recherche ne<br />
doivent pas être réalisées au détriment des<br />
participants, toute information partagée<br />
est un gage de confiance nécessaire à la<br />
recherche publique, et plus particulièrement<br />
la recherche publique a l’individu<br />
et la société pour centre d’intérêt pour<br />
poursuivre ses missions dans l’intérêt<br />
général. Ces principes de bonne conduite du<br />
chercheur trouvent en partie écho dans les<br />
règles du droit à la protection des données.<br />
Ce domaine du droit trouve ses origines<br />
dans la convention internationale 108 [2] de<br />
1981 puis s’est ancré indirectement dans<br />
les systèmes juridiques européens par une<br />
directive en 1995 et enfin directement par<br />
le règlement 2016/679 sur la protection des<br />
données [3] (RGPD). Ces normes impactant<br />
la gestion des données par les infrastructures<br />
informatiques ont nécessité une traduction<br />
technique. Ceci a ouvert la voie à un<br />
nouveau domaine de recherche scientifique,<br />
qui est l’ingénierie pour la protection<br />
des données ou Privacy Engineering, plus<br />
récemment connu sous la dénomination de<br />
Data Protection Engineering.<br />
Définition de la Privacy Engineering<br />
L’ingénierie de la protection des données<br />
trouve ses fondements académiques au début<br />
des années 2000 puis a vu une explosion de<br />
son intérêt à partir de 2012 [4], probablement<br />
en lien avec l’acceptation internationale de<br />
la résolution sur la Privacy by Design [5] par<br />
les commissaires à la protection des données.<br />
Gürses et al., en 2016 lors de l’«International<br />
Workshop for Privacy Engineering» [6] définissent<br />
la Privacy Engineering comme la<br />
discipline qui traite de la conception, du<br />
développement et de la fabrication de<br />
systèmes informatiques matériels ou logiciels<br />
ayant pour objectif la protection des données<br />
et le respect de la vie privée des utilisateurs.<br />
La Privacy Engineering repose sur des<br />
principes venant remettre en cause le design<br />
d’architectures informatiques et de logiciels.<br />
Un des enjeux de cette discipline qui repose<br />
notamment sur la maîtrise des techniques de<br />
cryptographie (cryptographie symétrique,<br />
asymétrique, etc.), est l’apport de réponses<br />
aux nouvelles difficultés émergeant des<br />
traitements de Big Data.<br />
“Les activités<br />
de recherche<br />
ne doivent pas<br />
être réalisées<br />
au détriment<br />
des participants”<br />
Exemples de techniques et méthodes<br />
Différentes techniques ont été développées<br />
pour faciliter et encourager la protection de<br />
l’identité des individus dans l’espace digital,<br />
qu’elles soient absolues, en rendant les personnes<br />
définitivement non-réidentifiables<br />
(anonymisation), ou relatives, en rendant temporairement<br />
les individus non-réidentifiables<br />
(pseudonymisation). Parmi ces techniques,<br />
on compte les méthodes de contrôle de<br />
confidentialité statistique (par exemple,<br />
le logiciel Eurostat publié en open source<br />
depuis 2014 [7]) ou encore la confidentialité<br />
différentielle actuellement en vogue. Pour<br />
une vue globale des techniques actuelles<br />
en matière de pseudonymisation, l’ENISA<br />
(agence européenne de cybersécurité) a<br />
publié en janvier 2021 un recueil de bonnes<br />
pratiques [8].<br />
D’autres solutions permettent d’analyser<br />
les données à caractère personnel grâce à<br />
une technique cryptographique sans avoir<br />
à donner accès ou à partager les données<br />
(calcul multipartite sécurisé – secure<br />
multiparty computation). Cette méthode est<br />
aujourd’hui au centre de nombreux projets<br />
de recherche qui sont actuellement financés<br />
par le programme H2020 et qui tentent de<br />
développer des plateformes intégrant tous<br />
les modules nécessaires aux utilisateurs<br />
pour analyser les données à caractère<br />
personnel en grand nombre (Big Data) tout<br />
en garantissant la protection effective des<br />
données [9].<br />
Cas concrets d’application pour la<br />
recherche<br />
Les cas d’utilisation de telles techniques et<br />
méthodes respectueuses de la protection<br />
des données sont multiples: de la<br />
pseudonymisation des données des assurés<br />
à la sécurité sociale pour des études sur les<br />
trajectoires professionnelles de ces individus,<br />
au partage de données chiffrées de bout<br />
en bout d’administrations vers le LISER<br />
pour la réalisation d’échantillonnages<br />
pour l’identification de la population cible<br />
d’enquêtes statistiques, en passant par des<br />
techniques de design utilisateur pour faciliter<br />
la compréhension des modèles algorithmiques<br />
de prédiction des phénomènes économiques<br />
ou sociaux étudiés.<br />
Les techniques et méthodes de la Privacy<br />
Engineering sortent lentement de l’ombre<br />
et se voient appropriées par le législateur<br />
et les gouvernements européens. On voit<br />
certaines des techniques présentées désormais<br />
citées dans des propositions de textes de<br />
lois européens (proposition de Règlement<br />
(UE) sur la gouvernance des données –<br />
Data Governance Act [10]) et faire l’objet<br />
d’appels d’offres nationaux (par exemple,<br />
l’appel d’offres luxembourgeois pour une<br />
infrastructure nationale de pseudonymisation<br />
et d’anonymisation). Il reste à parier sur<br />
l’avenir radieux de cette discipline et de ces<br />
techniques ainsi que de leur appropriation par<br />
les centres de recherche pour une protection<br />
renforcée des participants aux activités de<br />
recherche publique. n<br />
[1] Loi du 3 décembre 2014 portant sur l’organisation des<br />
Centres de Recherche Publics http://legilux.public.lu/eli/etat/leg/<br />
loi/2014/12/03/n2/jo<br />
[2] www.europarl.europa.eu/meetdocs/2014_2019/plmrep/<br />
COMMITTEES/LIBE/DV/2018/09-10/Convention_108_<br />
EN.pdf<br />
[3] www.eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/<br />
TXT/?uri=CELEX%3A32016R0679<br />
[4] Gürses et al, 2016, www.ieeexplore.ieee.org/document/7448344<br />
[5] Cavoukian, Privacy and Security by Design, an Enterprise<br />
Architecture approach, 2009, www.ipc.on.ca/wp-content/uploads/<br />
Resources/pbd-privacy-and-security-by-design-oracle.pdf<br />
[6] www.iwpe.info/index.html<br />
[7] www.joinup.ec.europa.eu/collection/statistics/solution/sdctoolstools-statistical-disclosure-control/about<br />
[8] www.enisa.europa.eu/publications/pseudonymisationtechniques-and-best-practices<br />
[9] www.cordis.europa.eu/article/id/428769-data-protection-newtechnologies-to-protect-privacy<br />
[10] Proposition de règlement européen sur la gouvernance<br />
des données, en son considérant six sont nommés:<br />
www.eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/<br />
PDF/?uri=CELEX:52020PC0767&from=EN<br />
Luxembourg Institute<br />
of Socio-Economic Research (LISER)<br />
11, Porte des Sciences<br />
L-4366 Esch-sur-Alzette<br />
www.liser.lu
38 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
ICT<br />
Sécurité des données<br />
de santé, des vies humaines<br />
en dépendent<br />
Dans le domaine de la santé, la protection et la sécurité des données s’avèrent d’une importance<br />
capitale. EBRC a récemment étendu la couverture de sa certification HDS (Hébergeur de<br />
Données de Santé) qui lui permet aujourd’hui non seulement d’intégrer le marché français et<br />
ses établissements de santé, mais aussi d’offrir une dimension supplémentaire à ses clients au<br />
niveau européen. Thomas Flachaire, CISO, ainsi qu’Anthony Ambrogi, membre de l’équipe<br />
RISC chez EBRC, reviennent sur l’obtention de la certification, ses opportunités et ses enjeux<br />
dans un domaine aussi sensible que celui de la santé.<br />
Thomas Flachaire et Anthony Ambrogi
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
39<br />
Prévention, détection, réaction et amélioration<br />
continue<br />
«En 2021, les établissements de santé ont<br />
été la cible d’une vague de cyberattaques<br />
sans précédent. Ils se sont révélés<br />
particulièrement vulnérables ce qui les a<br />
obligés, pour certains, à revenir au papier et<br />
au crayon, en pleine crise de la pandémie de<br />
Covid-19. Plus que jamais ces événements<br />
rappellent l’importance pour les entreprises<br />
et les établissements de santé de mettre<br />
en place une politique de cybersécurité et<br />
de continuité des affaires en s’appuyant<br />
sur les normes ISO 27001 (sécurité de<br />
l’information) et ISO 22301 (continuité<br />
des affaires). La prise en considération de<br />
l’humain en matière de cyber-résilience ne<br />
doit pas être négligée dans cette démarche,<br />
faire participer les équipes à l’élaboration<br />
des plans et procédures de réaction<br />
s’avère déterminant. Les sessions de<br />
sensibilisation et la formation permettent<br />
souvent d’améliorer l’état d’esprit ainsi que<br />
le savoir-faire des équipes, sans toutefois<br />
rivaliser avec l’ingéniosité des hackers.<br />
Il est donc essentiel de travailler sur plusieurs<br />
axes à savoir la prévention, la détection,<br />
la réaction et l’amélioration continue»,<br />
précise Thomas Flachaire, CISO chez<br />
EBRC.<br />
Trois risques majeurs<br />
L’informatique est aussi devenue un outil<br />
essentiel et critique dans le domaine médical<br />
nécessaire au bon fonctionnement de toute<br />
la chaine du système de santé: «Dans le<br />
cadre de l’IT et des données patients, trois<br />
risques majeurs doivent être couverts par les<br />
établissements de santé: l’indisponibilité, le<br />
vol et l’altération illégitime des données de<br />
santé. Pour les hackers, les deux premiers<br />
ont majoritairement un intérêt financier,<br />
tandis que le dernier est essentiellement<br />
lié à l’hacktivisme [1] ou au terrorisme»,<br />
explique Anthony Ambrogi.<br />
«En contrôlant les personnes autorisées à<br />
lire des données, nous pouvons réduire les<br />
risques de vol ou de corruption car si un<br />
tiers parvient à en prendre possession, il<br />
peut tout mettre en péril», précise Thomas<br />
Flachaire. Pour pallier ces risques majeurs,<br />
des solutions existent: la haute disponibilité<br />
en mode actif/passif pour pouvoir basculer<br />
sur la même infrastructure, la restauration<br />
de backups ou une segmentation forte entre<br />
les assets accessibles depuis l’extérieur et les<br />
machines de production.<br />
Garantir la sécurité des données de santé,<br />
tel est l’enjeu des acteurs du secteur médical.<br />
En France, ces derniers sont soumis<br />
à de fortes contraintes réglementaires<br />
qui ont été renforcées avec le RGPD<br />
(Règlement Général sur la Protection<br />
des Données). La certification HDS<br />
(Hébergeur de Données de Santé) encadre<br />
et contrôle les activités d’hébergement et<br />
d’infogérance des données de santé tant<br />
pour les établissements de santé que pour<br />
leurs fournisseurs de services IT. Pour les<br />
professionnels de santé, elle simplifie la<br />
sélection de leur prestataire lorsqu’elles<br />
sous-traitent leurs activités informatiques.<br />
“Nous sommes<br />
convaincus<br />
qu’il existera<br />
une norme<br />
européenne<br />
pour la gestion<br />
des données<br />
de santé à l’instar<br />
du RGPD”<br />
La certification HDS<br />
La norme «Hébergeur de Données<br />
de Santé» permet de répondre aux<br />
réglementations françaises et donc de<br />
proposer des solutions aux établissements<br />
de santé en France. Elle offre un gage<br />
de qualité pour garantir la sécurité des<br />
données. La certification permet d’établir<br />
un standard qui se compose de six activités<br />
dont deux concernent les hébergeurs<br />
et quatre les infogéreurs. «La première<br />
s’applique au maintien des sites physiques.<br />
Puis, nous montons en gamme pour couvrir<br />
les exigences des services de type IaaS,<br />
PaaS, et SaaS jusqu’à la dernière activité<br />
touchant à la gestion des sauvegardes.<br />
L’une des forces d’EBRC est d’être un «one<br />
stop shop» IT et de proposer des services<br />
qui couvrent les différents niveaux de la<br />
norme», indique Anthony Ambrogi.<br />
Pour EBRC, mettre en place une<br />
politique de certification ambitieuse<br />
permet également d’assurer à ses clients<br />
un niveau d’exigence garanti sur la qualité<br />
des services délivrés. «La norme HDS<br />
complète naturellement notre portefeuille<br />
de certifications notamment avec les<br />
normes ISO 27001 pour les systèmes de<br />
management de la sécurité de l’information,<br />
ISO 22301 pour le volet continuité des<br />
opérations et ISO 20000 pour la gestion de<br />
service», précise Thomas Flachaire.<br />
Pour soutenir son développement, EBRC<br />
s’attache à offrir à ses clients des services de<br />
qualité alignés sur les plus hauts standards.<br />
Aujourd’hui, l’obtention de la certification<br />
HDS ajoute une couche supplémentaire aux<br />
aspects cybersécurité et cyber-résilience au<br />
sein de l’entreprise. Elle permet également<br />
de s’inscrire dans une stratégie à vocation<br />
européenne et une vision à long terme.<br />
Vers une norme européenne?<br />
«La France est l’un des premiers pays<br />
à exiger ce type de certification. Nous<br />
sommes convaincus qu’il existera une<br />
norme européenne pour la gestion des<br />
données de santé à l’instar du RGPD.<br />
Tout porte à croire que ce type de standard<br />
pourrait voir le jour, notamment avec le<br />
projet de cloud européen GAIA-X et le<br />
contexte pandémique», présume Anthony<br />
Ambrogi. Si cette tendance se confirme,<br />
EBRC se positionne déjà comme un acteur<br />
majeur dans la définition de ce standard.<br />
«En s’assurant de la santé de leurs<br />
citoyens, les pays s’assurent aussi du bon<br />
fonctionnement de leur économie. Il serait<br />
idéal qu’elles puissent partager certaines<br />
informations de santé, notamment de<br />
vaccination lors de la saison touristique.<br />
Pour que ce genre de pratique puisse voir le<br />
jour, il est nécessaire de garantir la sécurité<br />
des données de santé. Or, sans standard<br />
européen, cela semble compromis», conclut<br />
Thomas Flachaire. n<br />
[1] Le hacktivisme (mot-valise, contraction de hacker et<br />
activisme), aussi appelé cyber activisme au Québec, est une<br />
forme de militantisme utilisant des compétences du piratage<br />
informatique dans le but de favoriser des changements politiques<br />
ou sociétaux. (Source Wikipedia)<br />
EBRC<br />
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40 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
ICT<br />
Futur de la médecine<br />
et médecine du futur<br />
L’écosystème de la santé a répondu avec une rapidité certaine au choc de la pandémie de<br />
Covid-19, notamment en recourant largement, et pour ainsi dire du jour au lendemain, à<br />
des technologies numériques et des plateformes de consultation virtuelle. Ce faisant, cet<br />
écosystème a non seulement assuré la continuité des soins, mais aussi anticipé une décennie<br />
de réformes en quelques mois. Plutôt que de revenir à la normale, il y a désormais la possibilité<br />
de jeter les bases d’un système de santé réinventé. C’est ce que révèle le rapport «Global Top<br />
Health Industry Issues 2021» publié en début d’année par PwC. Etayé par le questionnement<br />
de 10.000 acteurs du secteur de la santé, ainsi que par des entretiens avec des leaders de<br />
l’industrie de la santé, il permet de mieux comprendre la capacité de la population à s’adapter<br />
au changement et examine les défis qui affectent désormais le secteur. Présentation avec<br />
Guy Brandenbourger, Partner, Healthcare, Pharma and Life-science Leader, au sein de PwC<br />
Luxembourg, et Rasa Sarke, PwC Global Business Driver, Healthcare Industries.<br />
Rasa Sarke et Guy Brandenbourger
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
41<br />
D’emblée, votre rapport souligne le<br />
coup d’accélérateur sans précédent que<br />
la crise a donné à la digitalisation du<br />
secteur de la santé. Qu’impliquent des<br />
transformations si rapides?<br />
RS: Nous tirerons immanquablement de<br />
nombreuses leçons de cette crise et celles-ci<br />
nous permettront de construire un système<br />
de santé plus résilient, dynamique, ouvert<br />
à de nouvelles possibilités et, finalement,<br />
plus efficient en termes de santé publique,<br />
mais aussi d’un point de vue clinique,<br />
recherche clinique comprise, le tout au<br />
bénéfice des patients. Pour y parvenir,<br />
nous devrons accélérer cette dynamique de<br />
transformation, notamment en y dédiant<br />
des moyens financiers supplémentaires.<br />
Bien sûr, les avancées réalisées en quelques<br />
mois s’accompagnent d’un certain nombre<br />
de défis. Le premier concerne évidemment<br />
la cybersécurité. Plus les patients recourent<br />
à la téléconsultation ou aux applications<br />
de santé, plus les points d’entrée pour<br />
les cybercriminels sont nombreux. Les<br />
organisations qui proposent ce type de<br />
solutions devront y être particulièrement<br />
attentives. Deuxièmement, nous devons<br />
reconnaître qu’il ne suffit pas de développer<br />
des outils digitaux, il convient également de<br />
perfectionner les compétences numériques<br />
des professionnels de santé pour améliorer<br />
l’expérience patient.<br />
“Développer<br />
un système<br />
de santé<br />
plus résilient,<br />
interconnecté<br />
et efficient<br />
en termes<br />
de santé publique”<br />
L’un des grands défis qui attend<br />
désormais le secteur de la santé serait<br />
de trouver l’équilibre entre médecine<br />
«traditionnelle» et télémédecine. Quels<br />
sont les enjeux soulevés par cette problématique?<br />
GB: Le rapport a révélé une utilisation de<br />
plus en plus importante de la téléconsultation<br />
[1] et, par conséquent, la capacité<br />
des États et des professionnels de santé à<br />
mettre en place des solutions virtuelles,<br />
sécurisées, qui permettent d’assurer la<br />
continuité des soins, sans que les patients<br />
aient à se déplacer. Aujourd’hui, nous ne<br />
nous interrogeons pas sur la pérennité<br />
et l’amplitude à donner à ces solutions,<br />
elles sont désormais acquises, mais sur la<br />
téléconsultation: va-t-elle se diffuser audelà<br />
des cabinets des médecins généralistes,<br />
vers les spécialistes ou dans les centres<br />
hospitaliers? Si oui, avons-nous toujours<br />
besoin d’autant d’hôpitaux, dits aigus?<br />
C’est une question-clé qui se pose déjà dans<br />
certains pays, comme en Allemagne. La<br />
relation entre le médecin et le patient doit<br />
aussi être interrogée, car la téléconsultation<br />
n’est certainement pas à recommander dans<br />
toutes les situations et ne doit en aucun cas<br />
devenir une sorte de commodité.<br />
RS: En effet, certaines spécialités s’y<br />
prêtent mieux que d’autres. Le suivi d’une<br />
maladie chronique ou les consultations<br />
psychologiques, par exemple, se prêtent<br />
très bien à ce type de prestations. Selon le<br />
sondage réalisé dans le cadre du rapport<br />
«Global Top Health Industry Issues 2021»,<br />
44% des personnes ayant effectivement<br />
eu recours à la téléconsultation ont<br />
affirmé être enclines à l’utiliser à l’avenir<br />
pour des consultations orientées sur<br />
des aspects d’ordre psychologique. Si la<br />
télémédecine semble très prometteuse,<br />
elle risque néanmoins de renforcer,<br />
voire de créer, certaines inégalités. Selon<br />
le Forum Économique Mondial, 3,6<br />
milliards de personnes sont «digitalement<br />
déconnectés». Donc, quels que soient les<br />
services de télésanté qui seront créés, près<br />
de la moitié de la population mondiale<br />
n’y aura pas accès. C’est un fait dont les<br />
organisations de santé et les gouvernements<br />
doivent tenir compte lorsqu’ils réfléchissent<br />
à ces transformations, faute de quoi<br />
certaines disparités s’aggraveront.<br />
GB: À l’inverse, les nouvelles solutions de<br />
téléconsultation ont permis de réduire les<br />
zones blanches et de faciliter l’accès aux<br />
soins pour les personnes qui vivent loin des<br />
centres urbains. Ce sera aux gouvernements<br />
et aux professionnels de santé de trouver le<br />
meilleur moyen de diffuser ces outils, tout<br />
en veillant à maintenir un certain niveau<br />
de proximité pour ceux qui ne pourraient<br />
y accéder, que ce soit en raison de leur âge,<br />
de leur facilité à accéder ou utiliser les outils<br />
numériques ou par manque de moyens, si<br />
certains services devaient être payants.<br />
La pandémie de Covid-19 était la<br />
première crise de la sorte à l’ère du<br />
Big Data et de l’intelligence artificielle.<br />
Quels avantages avons-nous pu tirer de<br />
ces technologies et comment libérer<br />
davantage leur potentiel?<br />
RS: L’intelligence artificielle et le Big<br />
Data stimulent la recherche et l’innovation<br />
thérapeutique, améliorent les soins et<br />
l’expérience des patients et permettent de<br />
réaliser des économies, mais on ne peut<br />
libérer pleinement leur potentiel sans accès<br />
à un volume très important de données. La<br />
collaboration entre différents acteurs est<br />
donc indispensable. Médecins, patients,<br />
hôpitaux, entreprises pharmaceutiques,<br />
gouvernements, pharmaciens et mêmes<br />
géants du web devraient former un<br />
écosystème dans lequel certaines données<br />
seraient partagées,… parfois dans le cloud<br />
aussi! Bien sûr, leur accessibilité n’est pas le<br />
seul enjeu: leur traitement et leur utilisation<br />
ont également toute leur importance. À cet<br />
égard, la création d’un cloud souverain<br />
européen permettant de stocker, structurer<br />
et partager des données de santé, tel<br />
qu’envisagé par la récente initiative<br />
GAIA-X, serait un réel atout.
42 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
ICT<br />
GB: La crise a véritablement révélé la<br />
valeur des données de santé, aussi bien aux<br />
yeux des professionnels du secteur qu’à<br />
ceux des gouvernements. En déployant le<br />
«Large Scale Testing», initialement avec le<br />
LIH et depuis le début de la lutte contre<br />
la pandémie de Covid-19, le gouvernement<br />
luxembourgeois a mis au point une<br />
stratégie qui lui a permis de comprendre<br />
la propagation du virus et la formation<br />
de clusters, afin d’y réagir rapidement.<br />
Aux mêmes fins et dans l’idée de croiser<br />
les données, le LIST conduit aussi des<br />
analyses sur la concentration du virus dans<br />
les eaux usées. Les autorités de santé et<br />
les instituts de recherche vont désormais<br />
traiter ces données et en tirer des leçons<br />
qui permettront d’éviter le pire à l’avenir.<br />
À l’échelle planétaire, ce sont des milliards<br />
de données qui seront étudiées pour guider<br />
la prise de décision, notamment en termes<br />
de lutte contre les pandémies, mais pas<br />
seulement.<br />
Le rapport «Global Top Health Industry<br />
Issues 2021» s’intéresse également aux<br />
essais cliniques qui tendent à se digitaliser<br />
eux-aussi…<br />
GB: En effet, le sondage réalisé par PwC<br />
révèle que 93% des dirigeants du secteur<br />
pharmaceutique et des sciences de la<br />
vie considèrent que les essais cliniques<br />
reposant sur des solutions numériques<br />
seront importants pour leur entreprise<br />
au cours des cinq prochaines années,<br />
tandis que 66% des personnes interrogées<br />
ont déclaré qu’elles seraient disposées à<br />
s’engager dans des essais fondés sur de tels<br />
outils. Les premiers y voient un moyen de<br />
renforcer leur efficacité opérationnelle,<br />
tandis que les secondes prennent conscience<br />
qu’elles peuvent en tirer bénéfice pour leur<br />
propre santé. Pour l’instant, de nombreux<br />
patients préfèrent que leurs données<br />
soient protégées mais, à l’avenir, ils seront<br />
certainement de plus en plus enclins à les<br />
partager avec des centres de recherche<br />
ou des entreprises pharmaceutiques, car<br />
ils y verront un bienfait pour eux-mêmes<br />
et pour la communauté. Si l’échange de<br />
données s’opère dans un cadre contractuel<br />
clair et sécurisé, il est probable que les<br />
fameuses cohortes de patients sur lesquelles<br />
sont réalisées des études sur des dizaines<br />
d’années tendront à disparaître, dans leur<br />
forme actuelle, au profit d’essais cliniques<br />
basés sur des données de type «Real World<br />
Data», via des «wearable devices» par<br />
exemple. Certains GAFA investissent dans<br />
ces accessoires connectés mais, à l’heure<br />
actuelle, rien ne prouve qu’ils deviendront<br />
des leaders de la recherche clinique.<br />
Peut-être y parviendront-ils, mais je crois<br />
que les centres de recherche publics ont<br />
encore leur carte à jouer. Dans tous les<br />
cas, la révolution du «digital pill» [2] a déjà<br />
commencé et s’annonce maintenant comme<br />
une révolution majeure dans nos sociétés<br />
et qui aura une influence bénéfique sur le<br />
traitement des maladies chroniques, mais<br />
aussi sur la manière de prévenir certaines<br />
maladies.<br />
Le système de santé luxembourgeois estil<br />
en passe de se réinventer également?<br />
GB: Une réflexion sur l’avenir de notre<br />
système de santé dans les trois, cinq ou huit<br />
prochaines années est actuellement en cours<br />
dans le cadre du Gesondheetsdësch, un<br />
échange participatif et structuré, autour des<br />
défis auxquels il est confronté aujourd’hui.<br />
Sous la houlette de la ministre de la Santé,<br />
Paulette Lenert, les acteurs du secteur de<br />
la santé se sont réunis afin de déterminer<br />
les actions requises pour définir les pistes<br />
de développement du système de santé du<br />
Grand-Duché. Dans ce cadre, un groupe<br />
de travail dédié au recours aux nouvelles<br />
technologies dans le domaine de la santé a<br />
été mis en place. Il étudie notamment les<br />
investissements nécessaires et les solutions<br />
numériques à développer pour rendre le<br />
système plus efficient. On peut penser que<br />
le DSP (Dossier de Soins Partagé) se profile<br />
désormais comme étant la pierre angulaire<br />
de cette transformation digitale, utile et<br />
utilisé aussi bien par les patients que leurs<br />
médecins.<br />
Enfin, la médecine des 4P (Personnalisée,<br />
Préventive, Prédictive et Participative)<br />
en sera un autre pilier. Rappelons que<br />
l’âge moyen en bonne santé, en 2018,<br />
au Luxembourg, est de 60,7 ans (contre<br />
plus de 70 ans dans les pays nordiques)<br />
et que l’espérance de vie au Luxembourg<br />
est autour des 80 ans pour les hommes<br />
et de 85 ans pour les femmes. Entre les<br />
deux, la population luxembourgeoise vit<br />
donc, au-delà de 60 ans, relativement en<br />
mauvaise santé et ceci donc, pendant plus<br />
de 20 années. Tout l’enjeu sera de mettre<br />
en place un système qui permettra d’éviter<br />
les maladies qui peuvent l’être (dont les<br />
maladies chroniques), avant même l’âge de<br />
60 ans. n<br />
[1] 51% des sondés ont recouru à une forme de soins virtuels<br />
autre que vidéo avant ou durant la pandémie. Parmi ceux-ci, ils<br />
sont 91% à vouloir réitérer l’expérience à l’avenir.<br />
[2] Traduire «digital pill» par «médicament numérique».<br />
“Un système<br />
de gouvernance<br />
basé sur<br />
les données<br />
contribuerait<br />
largement<br />
à l’innovation<br />
thérapeutique<br />
ainsi qu’à<br />
l’amélioration<br />
des soins”<br />
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44 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
BRÈVES COMMUNALES – SUD<br />
PAR PIERRE BIRCK<br />
DUDELANGE<br />
Depuis le 10 avril, l’avenue G.-D.<br />
Charlotte se transforme chaque samedi<br />
en zone piétonne entre 12h et 19h. Le<br />
trafic motorisé, y compris les bus, est<br />
dévié via la rue de l’Étang. Les visiteurs<br />
peuvent donc flâner en toute quiétude<br />
dans la rue commerçante de la ville<br />
et profiter des terrasses désormais<br />
ouvertes. Le collège des bourgmestre<br />
et échevins, en collaboration avec la<br />
fédération des commerçants et artisans<br />
de Dudelange, démontre ainsi son<br />
soutien continu au commerce local.<br />
<br />
Source: dudelange.lu<br />
SCHIFFLANGE<br />
L’an dernier, la campagne de nettoyage<br />
de printemps de Schifflange<br />
a été annulée en raison de la crise<br />
liée au Covid-19. Elle a néanmoins<br />
pu avoir lieu cette année, le 10 avril.<br />
Malgré le mauvais temps, près de<br />
100 bénévoles ont nettoyé les bas<br />
côtés des routes, pistes cyclables et<br />
autres sentiers forestiers. Tous les<br />
participants ont été récompensés<br />
de leurs efforts par une bouteille<br />
réutilisable.<br />
<br />
Source: schifflange.lu<br />
LEUDELANGE<br />
L’administration communale dispose<br />
désormais d’un terminal de paiement.<br />
Les citoyens peuvent dorénavant<br />
effectuer facilement leurs paiements<br />
via bancomat ou Digicash au bureau<br />
de la population au rez-de-chaussée<br />
ainsi qu’au bureau des recettes au<br />
deuxième étage de la mairie.<br />
<br />
Source: leudelange.lu<br />
RUMELANGE<br />
«Mangeons local dans le Sud!», c’est<br />
l’enquête menée par le LISER, à l’initiative<br />
de Pro-Sud et de ses communes<br />
membres. Près de 10.000 ménages ont<br />
été invités à répondre à un sondage<br />
concernant les produits locaux. Il<br />
s’agira ensuite de mieux comprendre le<br />
contexte du commerce local pour mieux<br />
valoriser les produits régionaux.<br />
<br />
Source: rumelange.lu<br />
<br />
DIFFERDANGE<br />
Afin de dynamiser le commerce à Differdange, l’administration<br />
communale se lance dans de nouvelles idées avec la création<br />
d’une boutique éphémère dans la commune. Ces boutiques<br />
permettent aux commerçants de faire connaitre leurs produits<br />
en dehors de leurs locaux et de leurs villes habituelles. Depuis<br />
son lancement en octobre 2020, la boutique éphémère de<br />
Differdange connait un succès certain. Elle a accueilli les<br />
locataires du 1535° Creative Hub d’abord, puis la boutique<br />
Volio, spécialisée dans l’huile d’olive italienne, et ensuite, le<br />
magasin B Conscious.<br />
<br />
Source: differdange.lu<br />
ESCH-SUR-ALZETTE<br />
En date du 14 avril, la Ville d’Esch-sur-Alzette a officiellement<br />
présenté et lancé «My Young Esch», une nouvelle campagne<br />
d’enquête auprès des jeunes âgés entre 12 et 30 ans. Cette<br />
enquête est considérée comme un premier pas dans une<br />
nouvelle stratégie pour la réactivation du plan communal<br />
jeunesse. L’enquête digitale accessible via un formulaire en<br />
ligne tourne autour d’une foule de sujets dont les loisirs, la<br />
politique et le travail. La plateforme est consultable via le lien:<br />
myyoung.esch.lu.<br />
<br />
Source: administration.esch.lu<br />
DUDELANGE<br />
La Ville invite les propriétaires à ouvrir leurs jardins dans le<br />
cadre de la «18 e journée des portes de jardin ouvertes» qui aura<br />
lieu le 27 juin prochain. Les intéressés ont pu s’inscrire auprès<br />
de la Ligue CTF jusqu’au 7 mai.<br />
<br />
Source: dudelange.lu<br />
MONDERCANGE<br />
Dans le cadre de la campagne lancée<br />
par l’Administration de la nature et<br />
des forêts, la commune recherche les<br />
plus beaux arbres de son territoire.<br />
Elle invite ses citoyens à lui envoyer<br />
une photo avec la localisation du plus<br />
bel arbre. Vous pouvez les joindre par<br />
téléphone au +352 247 -56783 ou par<br />
email: eisbeem.as@anf.etat.lu.<br />
<br />
Source: mondercange.lu<br />
ESCH-SUR-ALZETTE<br />
Le 1 er avril 2011, la convention du<br />
Groupement Européen de Coopération<br />
Territoriale Alzette-Belval<br />
(GECT Alzette-Belval) fut signée<br />
par la Ville d’Esch-sur-Alzette et les<br />
communes de Sanem, Schifflange et<br />
Mondercange. Elle fête cette année son<br />
dixième anniversaire. Ses principales<br />
missions sont d’assurer la concertation,<br />
le dialogue et le débat politique,<br />
d’établir une cohérence transfrontalière<br />
sur l’ensemble du territoire, de faciliter la<br />
gestion, la réalisation de projets et la vie<br />
quotidienne des habitants.<br />
Source: administration.esch.lu<br />
KAYL<br />
Un sondage sur l’intégration et le vivre<br />
ensemble dans la commune a été lancé.<br />
Les élus tiennent à valoriser le respect<br />
mutuel, qui est, selon eux, l’un des<br />
composants primordiaux d’un concept<br />
réussi de vivre ensemble, de meilleure<br />
qualité de vie et de cohésion sociale.<br />
<br />
Source: kayl.lu<br />
DIFFERDANGE<br />
Au printemps dernier, la Ville de<br />
Differdange a réalisé un sondage<br />
pour connaitre les habitudes de ses<br />
administrés concernant le commerce<br />
local. Plus de 1.000 personnes ont<br />
répondu aux questions accessibles en<br />
ligne ou par téléphone. La commune<br />
procédera à l’évaluation du sondage<br />
ces prochaines semaines afin de<br />
dresser un état des lieux et mieux<br />
comprendre la situation du commerce<br />
en ville afin de l’améliorer.<br />
<br />
Source: differdange.lu
MIR SINN DO. FIR JIDDEREEN.<br />
moskito.lu<br />
D’CMCM ass do fir jiddereen. Ouni Ausnam an onofhängeg vum Alter a Gesondheetszoustand vum Member.<br />
Et gëtt kee Krankheetsdossier gefrot a keng Zousazkäschte bei all neiem Familljemember.<br />
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46 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
SANTÉ & SÉCURITÉ AU TRAVAIL<br />
Pour une santé<br />
publique cohérente<br />
et durable<br />
PAR MARC AUXENFANTS<br />
Selon Paulette Lenert, ministre de la Santé, notre pays a<br />
besoin d’une stratégie forte avec une vision inspirante et<br />
partagée, face aux défis sanitaires actuels et futurs. Une vision<br />
à long terme dont elle a fait sa principale mission, en pariant<br />
sur la digitalisation des démarches et des outils, au service des<br />
citoyens.<br />
Comment le ministère de la Santé<br />
intègre-t-il la digitalisation dans son<br />
propre fonctionnement?<br />
Avec la pandémie, nous avons accéléré nos<br />
démarches digitales, notamment en termes<br />
de centralisation et de structuration des<br />
données. Aussi, nous avons très rapidement<br />
mis en place des banques de données et des<br />
outils de monitoring, avec le soutien du<br />
Centre des Technologies de l’Information<br />
de l’État (CTIE). Ceci afin de recueillir<br />
de manière centralisée un maximum<br />
d’informations nécessaires par exemple sur<br />
les tests Covid-19, les capacités des lits dans<br />
les hôpitaux, etc.<br />
Nous avons ainsi pu promouvoir en interne<br />
une certaine culture de la gestion des<br />
données. Ce qui nous a aussi permis de<br />
mesurer la plus-value d’une telle démarche,<br />
en termes de gain de temps, de fiabilité et<br />
de qualité, que ce soit dans notre travail<br />
au quotidien, dans nos estimations et<br />
projections ou encore, évidemment, dans<br />
nos prises de décisions.<br />
À l’avenir nous devons continuer dans cette<br />
approche digitale, que ce soit au niveau de<br />
nos tâches quotidiennes ou de projets comme<br />
le programme «Gesondheetsdësch»,<br />
dans lequel nous avons un groupe de travail<br />
spécialement dédié à la digitalisation. Sur<br />
base aussi des expériences réalisées sur la<br />
réserve sanitaire, nous avons un projet de<br />
registre digital des professions de santé;<br />
jusqu’à présent nous travaillions avec des<br />
données très administratives et sur papier,<br />
mais la pandémie nous a fait ainsi réaliser<br />
qu’il fallait très rapidement instaurer un<br />
registre digital avec les différentes instances<br />
concernées.<br />
Quelles autres applications et solutions<br />
digitales prévoyez-vous dans les prochains<br />
mois?<br />
Nous sommes en discussion sur le projet<br />
du tiers payant actuellement en phase de<br />
test, qui reposera sur une application de<br />
paiement direct très conviviale. Je pense par<br />
ailleurs au Dossier de Soins Partagés (DSP),<br />
le dossier médical électronique du patient<br />
qui vient d’être lancé. Nous cherchons là<br />
aussi à familiariser la patientèle avec cette<br />
façon de fonctionner.<br />
Nous prévoyons en outre le lancement<br />
d’une nouvelle application mobile, qui vise<br />
à dématérialiser un peu plus la gestion des<br />
mémoires d’honoraires et des ordonnances,<br />
avec comme avantage que les salariés<br />
pourront par exemple disposer de leur<br />
certificat d’incapacité de travail directement<br />
via un PC ou un téléphone. D’autres<br />
chantiers ont été lancés indépendamment<br />
de la pandémie, comme le certificat de<br />
vaccination électronique, qui est pour le<br />
moment en phase pilote.<br />
Quels sont les grands axes santé des<br />
mois à venir?<br />
Aujourd’hui, il s’agit de saisir l’occasion<br />
post-pandémie et de poursuivre les objectifs<br />
du «Gesondheetsdësch» à savoir: définir des<br />
mesures destinées à améliorer l’efficacité<br />
du système de santé en tenant compte des<br />
besoins de la population, de l’évolution des<br />
techniques médicales et des ressources dont<br />
dispose le pays. Aussi le développement<br />
rapide des nouvelles technologies de santé<br />
et le progrès médical représentent des défis<br />
majeurs pour la pérennité de notre système.<br />
Ceux-ci ont en effet rendu plus pressante<br />
la nécessité d’en améliorer l’efficacité et la<br />
résilience.<br />
Chaque patient doit avoir droit à des soins<br />
de qualité et bénéficier de la meilleure prise<br />
en charge possible, à la pointe du progrès,<br />
que ce soit au niveau des soins primaires,<br />
secondaires ou encore de la prévention. Dans<br />
ce sens, la santé mentale de nos citoyens me<br />
tient particulièrement à cœur, et nous allons<br />
nous investir davantage encore dans les mois<br />
à venir dans ce domaine.<br />
Cette pandémie a en effet mis à rude<br />
épreuve l’ensemble du secteur de la santé.<br />
Elle a souligné plus que jamais l’importance<br />
des professionnels de la santé – médecins,<br />
infirmiers, aides-soignants, etc. – et a attiré<br />
l’attention sur leur rôle de pilier indispensable<br />
dans notre système de santé national.<br />
Je me réjouis d’autant plus que nous avons<br />
pu mettre en place conjointement avec<br />
le ministère de l’Éducation nationale, de
l’Enfance et de la Jeunesse, le ministère de<br />
l’Enseignement supérieur et de la Recherche,<br />
le ministère de la Sécurité sociale, et le<br />
ministère de la Famille, de l’Intégration et à<br />
la Grande Région, une réforme de l’exercice<br />
et des formations de certaines catégories de<br />
professions de santé au Luxembourg, que<br />
nous avons présentée récemment et qui vise<br />
aussi à assurer l’attrait de ces professions.<br />
Quelles sont actuellement vos grandes<br />
priorités face à la pandémie?<br />
La vaccination, la vaccination et encore<br />
la vaccination! L’accès à des vaccins sûrs<br />
et efficaces contre le Covid-19 est bien<br />
évidemment un élément-clé du dispositif<br />
national pour sortir peu à peu de cette<br />
pandémie. Cette approche nous permettra<br />
un retour progressif à la normale. En<br />
attendant, et à court terme, nous ne devons<br />
cependant pas lâcher prise, mais, optimiste<br />
de nature, je suis confiante dans l’idée que<br />
nous allons y arriver.<br />
Ensuite, j’ai beaucoup de respect pour les<br />
avancées de la recherche et espère qu’il<br />
sera possible de développer dans un avenir<br />
proche un traitement médical efficace<br />
contre le Covid-19.<br />
Comment envisagez-vous la politique<br />
de santé post-Covid-19?<br />
Pour élaborer une politique de santé<br />
publique cohérente, durable et capable de<br />
répondre aux grands défis que rencontre<br />
notre système de santé, il est nécessaire<br />
de prendre en compte l’ensemble des<br />
facteurs qui influent sur notre état de<br />
santé: la génétique, les habitudes de vie,<br />
les conditions de travail, l’environnement,<br />
l’habitat et les relations sociales et familiales<br />
– chaque fois en plaçant le patient au<br />
centre des réflexions. Mettre en place une<br />
politique active de promotion de la santé et<br />
de prévention des facteurs à risque, tout au<br />
long de la vie, est ainsi une autre de mes<br />
priorités.<br />
“Nous avons<br />
pu promouvoir<br />
en interne une<br />
certaine culture<br />
de la gestion<br />
des données”<br />
Paulette Lenert
48 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
SANTÉ & SÉCURITÉ AU TRAVAIL<br />
“Nous ne devons<br />
pas lâcher prise,<br />
mais, optimiste<br />
de nature,<br />
je suis confiante<br />
dans l’idée<br />
que nous allons<br />
y arriver”<br />
Pour cela, notre pays a besoin d’une<br />
stratégie forte en santé publique avec<br />
une vision inspirante et partagée. Cette<br />
stratégie à long terme devra se matérialiser<br />
dans un plan national Santé, comme prévu<br />
dans le programme de gouvernement<br />
2018-2023. C’est pourquoi le volet «La<br />
santé par la prévention: un changement de<br />
paradigme» est un des thèmes majeurs du<br />
«Gesondheetsdësch».<br />
Un accent fort sera donc mis sur la prévention,<br />
afin d’améliorer la lutte contre les<br />
maladies chroniques – surtout celles causées<br />
par des facteurs de risque liés à l’hygiène<br />
de vie, notamment le tabagisme, la<br />
consommation abusive d’alcool, les régimes<br />
alimentaires non équilibrés et l’inactivité<br />
physique – et la promotion des modes de<br />
vie sains sera activement poursuivie. En ce<br />
sens, la question de la santé est également<br />
une question éminemment sociale.<br />
Autre dossier que je considère comme<br />
prioritaire pour les mois à venir: le renforcement<br />
des soins primaires! Il est essentiel<br />
que le système de santé luxembourgeois<br />
puisse reposer sur un réseau solide de<br />
médecins et de professionnels de santé.<br />
Le médecin-généraliste traitant doit<br />
être la pierre angulaire dans le parcours<br />
médical de chaque individu et surtout des<br />
patients atteints de maladies chroniques.<br />
Il m’importe de créer un environnement<br />
où tous les acteurs se retrouvent, tant au<br />
niveau hospitalier qu’extrahospitalier.<br />
Plus généralement, quelles leçons<br />
personnelles, professionnelles et politiques<br />
tirez-vous de cette expérience<br />
depuis votre arrivée au gouvernement<br />
et au ministère de la Santé?<br />
La plus grande leçon que je tire de cette<br />
expérience ministérielle, mais qui se<br />
confirme aussi à travers mes précédentes<br />
expériences professionnelles, c’est qu’il est<br />
essentiel de savoir travailler en équipe. Pour<br />
moi, c’est bien là la force de notre pays et<br />
de la fonction publique luxembourgeoise<br />
que de pouvoir se connaître, de pratiquer<br />
le networking et le travail collaboratif. Par<br />
conséquent, nous avons tous tout intérêt à<br />
nous serrer les coudes, à travailler ensemble<br />
de manière flexible, pour mutualiser sur ce<br />
qu’on sait bien faire et ne pas commencer<br />
à faire sa propre cuisine, chacun dans son<br />
coin. n<br />
En quoi consiste le programme<br />
“Gesondheetsdësch”?<br />
Ce programme réunit tous les acteurs de<br />
terrain pour définir une vision partagée du<br />
système de santé de demain, qui tient compte<br />
des défis existants tout en restant attractif pour<br />
le patient et pour le prestataire. Les idées et<br />
suggestions des parties prenantes serviront<br />
de base à l’élaboration du Plan National Santé.<br />
Le programme compte actuellement<br />
treize projets, dont:<br />
• La création d’un registre digital unique<br />
pour les professions de santé qui répertorie<br />
en temps réel des données actualisées sur<br />
tout le personnel de santé (actif/inactif), afin<br />
d’effectuer une projection des ressources<br />
disponibles dans les différentes professions;<br />
• La mise en place d’un paiement immédiat<br />
direct pour le remboursement des frais de<br />
maladie à l’assuré. Le système sera opérationnel<br />
dès 2023;<br />
• La digitalisation du tiers payant social – à savoir<br />
la prise en charge directement par la Caisse<br />
nationale de santé des prestations médicales<br />
et dentaires des personnes sans ressources<br />
– simplifiera les formalités administratives<br />
pour toutes les parties prenantes.
SENSIBILISATION | PRÉVENTION | FORMATION<br />
CHANGEONS NOS ATTITUDES, ENGAGEONS-NOUS DANS LA VISION ZERO<br />
La VISION ZERO est la stratégie nationale de prévention des accidents du travail, des accidents de trajet et des maladies<br />
professionnelles.<br />
COMMENT ADHÉRER EN TANT QU’ENTREPRISE ?<br />
Pour adhérer à la VISION ZERO, consultez le site www.visionzero.lu et inscrivez votre entreprise par un simple formulaire.<br />
Engagez-vous par un plan d’action en matière de sécurité et de santé au travail et réduisons ensemble le nombre et la<br />
gravité des accidents et des maladies professionnelles.<br />
Les labels de la VISION ZERO :<br />
• Label « Sécher & Gesond mat System » (SGS) de l’AAA<br />
• Label « Entreprise Responsable » (ESR) de l’INDR<br />
visionzerolu<br />
Les initiateurs de la VISION ZERO :<br />
prevention.aaa@secu.lu<br />
+352 26 19 15 - 2201
50 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
SANTÉ & SÉCURITÉ AU TRAVAIL<br />
Un pas de plus<br />
vers la VISION ZERO<br />
VISION ZERO est la stratégie nationale de prévention des<br />
accidents du travail, des accidents de trajet et des maladies<br />
professionnelles. Alors que sa charte nationale (2016-2022)<br />
approche du terme de sa durée initiale, ses initiateurs,<br />
l’Association d’Assurance Accident (AAA), l’Union des<br />
Entreprises Luxembourgeoises (UEL) et l’Institut national<br />
pour le développement durable et la responsabilité sociale<br />
des entreprises (INDR), s’apprêtent à dresser un bilan<br />
intermédiaire et préparent déjà l’avenir. Interview avec<br />
Georges Wagner, chargé de direction de l’AAA.<br />
Quels sont les derniers développements<br />
de la stratégie VISION ZERO?<br />
Nous avons récemment développé quelques<br />
nouveautés, parmi lesquelles de nouvelles<br />
brochures de sensibilisation – disponibles sur<br />
les sites internet de l’Association d’Assurance<br />
Accident (www.aaa.lu) et de la VISION<br />
ZERO (www.visionzero.lu) – ainsi que deux<br />
nouvelles formations. Proposés par l’AAA<br />
en collaboration avec différents centres de<br />
compétences, ces deux modules s’adressent<br />
en particulier aux chefs d’entreprises,<br />
cadres, travailleurs désignés, délégués à<br />
la sécurité et aux responsables QSE et<br />
traitent notamment des sept règles d’or de<br />
la VISION ZERO ainsi que des conseils de<br />
gestion de la sécurité et de la santé au travail<br />
qui s’appliquent à tous les secteurs.<br />
L’autre nouveauté, qui résulte directement<br />
du contexte sanitaire, est la mise en place d’un<br />
service de consultation par visioconférence.<br />
Toute entreprise, adhérente à la VISION<br />
ZERO ou non, peut solliciter nos agents<br />
du Service Prévention et se voir délivrer des<br />
conseils en matière de sécurité et de santé<br />
au travail à distance. Ce service permet un<br />
entretien plus interactif afin de guider les<br />
entreprises et institutions publiques.<br />
Statistiquement, quelles sont les conséquences<br />
de la pandémie sur la santé et la<br />
sécurité au travail?<br />
L’année 2020 a été très spéciale en raison de<br />
la pandémie. C’est une année qui, d’un point<br />
de vue statistique, devrait être mise de côté car<br />
le confinement de mars-avril et le recours au<br />
télétravail faussent les données. Les chiffres<br />
officiels ne seront connus qu’en septembre<br />
mais les résultats préliminaires indiquent<br />
une baisse de 25% des accidents du travail<br />
au cours de l’année écoulée. Le télétravail a<br />
une influence très clairement bénéfique à cet<br />
égard mais aussi sur le nombre d’accidents<br />
de trajet qui a également diminué. Notons<br />
tout de même qu’un accident qui se produit<br />
à la maison durant les heures de télétravail<br />
est reconnu par l’AAA comme un accident<br />
du travail sous certaines conditions. Une<br />
FAQ à ce sujet est disponible sur notre site<br />
internet (www.aaa.lu).<br />
“Les entreprises<br />
ont compris<br />
l’intérêt d’investir<br />
dans la sécurité et<br />
la santé au travail”<br />
En ce qui concerne les maladies professionnelles,<br />
les déclarations recensées ont<br />
doublé par rapport aux années précédentes.<br />
Sur environ 250 cas déclarés en 2020, plus<br />
de la moitié (130) sont dus à une infection<br />
au Covid-19 sur le lieu de travail. Dans 95%<br />
des cas, la maladie a été contractée par des<br />
travailleurs du secteur de la santé, donc dans<br />
les hôpitaux, les maisons de retraites ou encore<br />
lors de prestations au domicile des patients. Il<br />
y a eu très peu de déclarations d’infection au<br />
coronavirus dans d’autres secteurs.<br />
La charte nationale de la stratégie<br />
VISION ZERO arrivera prochainement<br />
à terme. Les objectifs fixés pourront-ils<br />
être rencontrés?<br />
Nous ne pouvons pas encore l’affirmer car<br />
la pandémie a faussé les chiffres de l’année<br />
dernière, mais nous sommes probablement<br />
très proches de les atteindre. Pour rappel,<br />
nous visions une diminution de 20% du<br />
taux de fréquence national des accidents<br />
liés au travail par rapport à 2014 et nous<br />
avons atteint les 15% en 2019. Un bilan<br />
intermédiaire sera présenté fin 2021.<br />
Sachant que le délai pour atteindre cet<br />
objectif est en 2022, je pense qu’il est<br />
encore atteignable, ce qui prouve que les<br />
entreprises ont compris l’intérêt d’investir<br />
dans la sécurité et la santé au travail.<br />
D’ailleurs, des études internationales<br />
démontrent que chaque euro investi dans<br />
ce domaine en rapporte au moins le double.<br />
Bien sûr, nous allons fixer de nouveaux<br />
objectifs pour la prochaine période<br />
pluriannuelle. Une analyse sectorielle est<br />
en cours afin de mieux les cadrer.
La 14 e édition du Forum de la sécurité<br />
et de la santé au travail aura lieu en fin<br />
d’année. Que peut-on attendre de cette<br />
édition?<br />
Le Forum 2021 aura lieu le 23 novembre<br />
sous forme de conférence virtuelle en<br />
quatre modules. La journée sera rythmée<br />
par des tables-rondes, des interviews et<br />
des présentations vidéo. Au programme<br />
également: la présentation du bilan<br />
intermédiaire de la VISION ZERO ainsi<br />
que la nouvelle campagne média qui sera<br />
lancée en automne. Le programme détaillé<br />
du Forum sera publié sous peu.<br />
Quant au Prix national sécurité-santé au<br />
travail, traditionnellement remis tous les<br />
deux ans, il sera décerné lors du Forum<br />
de 2022. Les entreprises et institutions<br />
publiques ont donc encore le temps<br />
d’élaborer des projets innovants afin de<br />
pouvoir postuler à la prochaine édition.<br />
Pour rappel, cinq prix, d’une valeur<br />
de 5.000 euros chacun, récompensent<br />
des initiatives innovantes en matière<br />
de sécurité, de santé et de bien-être<br />
au travail. Pour le volet sécurité, nous<br />
récompensons une entreprise de moins<br />
de 50 salariés et une entreprise de plus de<br />
50 salariés. Il en va de même pour le volet<br />
santé. Le cinquième prix est quant à lui<br />
décerné à des entreprises qui agissent en<br />
«agents multiplicateurs». Pour postuler,<br />
il faut soit avoir mis en place une mesure<br />
organisationnelle innovante, soit avoir<br />
développé un produit en matière de<br />
sécurité et de santé au travail.<br />
J’aimerais tout particulièrement encourager<br />
les communes et institutions publiques à<br />
rejoindre la stratégie nationale VISION<br />
ZERO, à postuler à notre prix et peut-être<br />
devenir la première institution publique à<br />
le décrocher. Pour adhérer à la VISION<br />
ZERO, il suffit de s’inscrire sur le site www.<br />
visiozero.lu et de soumettre par la suite<br />
un plan d’action en matière de sécuritésanté<br />
au travail. Les adhérents, au nombre<br />
d’environ 200 aujourd’hui, s’engagent dans<br />
une politique sécurité-santé au travail,<br />
améliorent leur image de marque et<br />
disposent d’un espace dédié aux entreprises<br />
sur le site. n<br />
Georges Wagner<br />
Association d’assurance accident (AAA)<br />
www.aaa.lu<br />
Stratégie nationale VISION ZERO<br />
www.visionzero.lu
52 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
SANTÉ & SÉCURITÉ AU TRAVAIL<br />
#Safe at work<br />
Le 26 avril dernier, alors qu’elle lançait simultanément une<br />
nouvelle campagne de sensibilisation, la Chambre des salariés<br />
(CSL) a présenté une note relative à la santé et la sécurité<br />
au travail lors d’une conférence de presse. Pointant du doigt<br />
les inégalités qui demeurent à cet égard entre les salariés et<br />
certaines insuffisances dans la protection de la santé physique<br />
et mentale sur le lieu de travail, elle a exposé ses revendications<br />
et proposé quelques remèdes qui permettraient de soigner un<br />
système jugé inadapté aux conditions et exigences actuelles.<br />
L’occasion également pour David Büchel, psychologue du<br />
travail et conseiller de la direction à la CSL, de revenir pour<br />
nous sur la démarche de prévention dans les entreprises avec<br />
des exemples concrets pour diminuer les risques au travail.<br />
Un diagnostic qui donne lieu à de nombreuses<br />
revendications<br />
Aujourd’hui, au Grand-Duché, le risque de<br />
dépression modérée ou élevée touche près<br />
d’un tiers des salariés, 35% des travailleurs<br />
se plaignent de douleurs régulières au dos<br />
ou de problèmes d’articulations et, malgré<br />
l’augmentation des demandes introduites,<br />
le taux de reconnaissance des maladies<br />
professionnelles est largement en dessous de la<br />
moyenne européenne (sur base des statistiques<br />
de 1960 à 2010, il s’élève à 26% contre 40%<br />
environ en Europe). Pour noircir le tableau,<br />
le pays, qui devrait disposer d’un médecin du<br />
travail pour 5.000 salariés en compte plutôt<br />
un pour 7.000. En cause, une législation qui<br />
manque d’ambition, une organisation des<br />
services de santé au travail inadaptée, une<br />
médecine du travail qui manque de moyens<br />
humains et financiers, une intensification du<br />
travail, un tableau des maladies professionnelles<br />
incomplet ou encore la sous-déclaration des<br />
cancers pour raisons professionnelles. En<br />
outre, il manque des données statistiques et<br />
des analyses plus détaillées sur les maladies<br />
professionnelles (nombre de cas déclarés et<br />
de cas reconnus) et les accidents du travail, et<br />
les chiffres et informations figurant dans les<br />
rapports annuels des services de santé au travail<br />
ne répondent pas à une norme uniforme. C’est<br />
ce que révèle la note intitulée «Améliorer la<br />
santé au travail au Luxembourg» rédigée par<br />
CSL.<br />
Forcément, la liste des revendications est<br />
à l’image de celle des problèmes soulevés:<br />
longue. «La revendication prioritaire en la<br />
matière est bien entendu de donner à chaque<br />
salarié les moyens d’exercer son travail<br />
en toute sécurité et en bonne santé. Il y a<br />
beaucoup à faire pour y arriver: organiser<br />
une médecine du travail cohérente et<br />
unique qui prenne en charge les salariés en<br />
toute impartialité, faire de la prévention et<br />
renforcer le rôle des délégués à la sécurité<br />
dans les entreprises n’en sont que quelques<br />
exemples. La présente note sera envoyée au<br />
monde politique pour animer le débat sur ce<br />
sujet – qui évolue bien trop lentement – et<br />
pousser les représentants du gouvernement<br />
à changer de paradigme face à la politique<br />
de santé au travail», interpelle la présidente<br />
de la CSL, Nora Back.<br />
Une campagne de sensibilisation pour<br />
prévenir les maux<br />
Déclinée en cinq vidéos mettant en garde<br />
contre les risques les plus représentatifs<br />
(troubles musculosquelettiques, burn-out,<br />
mal-être, exposition à des substances<br />
dangereuses et accidents de travail), la<br />
nouvelle campagne de la CSL entend<br />
bien sensibiliser les salariés et le grand<br />
public à l’importance de la prévention des<br />
risques en termes de sécurité et de santé<br />
au travail. «Il existe en réalité trois niveaux<br />
de prévention. On entend par prévention<br />
primaire l’ensemble des actions qui ciblent<br />
les causes d’accidents et de mal-être au<br />
travail dans les organisations. Le niveau<br />
secondaire regroupe les actions destinées<br />
à éveiller la conscience des salariés, par<br />
exemple des formations ou des campagnes<br />
de sensibilisation. Le niveau tertiaire est<br />
celui de l’accompagnement des salariés en<br />
difficulté. Evidemment, nous privilégions<br />
toujours les deux premiers niveaux dans<br />
l’espoir de ne pas atteindre le troisième»,<br />
précise David Büchel.<br />
Agissant ici sur le second niveau de prévention,<br />
«la CSL espère que les salariés se poseront<br />
les bonnes questions et se renseigneront<br />
davantage sur les risques qu’ils encourent et les<br />
moyens de les prévenir. C’est une incitation à<br />
la prise de conscience», affirme Nora Back.<br />
Et que les employeurs se rassurent: si la<br />
campagne de sensibilisation repose sur<br />
l’adage «mieux vaut prévenir que guérir»,<br />
c’est qu’investir dans la prévention est<br />
rentable pour les entreprises. Diverses études<br />
internationales prouvent en effet qu’un euro<br />
investi dans une politique de prévention<br />
en rapporte au minimum 2,5 à 4,8. Cela<br />
s’explique par l’évitement d’un certain<br />
nombre de situations négatives. «Grâce à<br />
une bonne politique de prévention, on évite<br />
des accidents, l’absentéisme, mais aussi le<br />
présentéisme des employés qui craignent de<br />
se mettre en maladie et qui sont finalement<br />
peu productifs. Enfin, on diminue le taux de<br />
renouvellement du personnel, lui aussi néfaste<br />
pour les compétences, l’attractivité et l’image<br />
d’une entreprise», explique David Büchel.<br />
“Organiser<br />
une médecine<br />
du travail cohérente<br />
et unique”<br />
Piqûre de rappel: quelques bonnes pratiques<br />
La CSL peaufine actuellement la nouvelle<br />
version de son «Guide pratique du délégué<br />
à la sécurité et à la santé» recelant de<br />
conseils adressés aux travailleurs désignés.<br />
Dans ces pages, elle revient notamment sur<br />
la méthode Kinney, un outil d’évaluation<br />
des risques d’accidents (R) selon laquelle<br />
ceux-ci sont le produit de la probabilité<br />
(P), de la fréquence d’exposition (F) et de<br />
l’effet produit (E). «Prenons l’exemple d’un<br />
agent d’entretien exposé au risque de chute<br />
de plain-pied sur un sol rendu glissant lors<br />
du nettoyage d’un bâtiment. La première<br />
action à entreprendre serait de lui fournir<br />
des chaussures antidérapantes, permettant<br />
ainsi de réduire la probabilité (P) de<br />
l’accident et, par conséquent, le risque.<br />
Prenons maintenant le cas d’un maçon.<br />
Son métier l’expose particulièrement à<br />
des chutes d’objets. En l’équipant d’un<br />
casque, on ne réduit ni la probabilité de<br />
l’accident (P) ni la fréquence d’exposition<br />
(F) mais bien l’effet produit (E). Enfin,<br />
en permettant à un agent administratif de<br />
télétravailler deux jours par semaine, on
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
53<br />
diminue le risque d’accident de trajet en<br />
jouant sur la fréquence d’exposition (F)»,<br />
illustre David Büchel.<br />
Quant aux risques psychosociaux, la démarche<br />
est plus complexe et nécessite, avant toute<br />
chose, de libérer la problématique des<br />
tabous qui l’entourent mais aussi une réelle<br />
volonté de la direction et du management de<br />
s’impliquer directement et honnêtement dans<br />
le processus. Une fois ces conditions réunies,<br />
la CSL préconise de suivre une démarche<br />
en cinq étapes. «La première consiste à<br />
mettre en place un comité de pilotage doté<br />
de moyens humains et financiers suffisants<br />
et d’inscrire la démarche dans le cadre d’un<br />
dialogue social avec les représentants des<br />
salariés. La deuxième étape, quant à elle, vise<br />
à évaluer l’ampleur du problème via l’analyse<br />
de certaines données administratives comme<br />
le taux d’absentéisme, le nombre d’accidents,<br />
d’incidents ou le turnover. Ensuite, il faut<br />
s’intéresser aux signaux individuels: les<br />
employés sont-ils démotivés, fatigués,<br />
cyniques? Y a-t-il de plus en plus de conflits?<br />
Pour aller dans le détail, il est recommandé<br />
de charger un expert de préparer un sondage<br />
sur les facteurs de risques psychosociaux»,<br />
développe David Büchel. «Dans un troisième<br />
temps, je conseille de confier l’analyse des<br />
résultats et l’identification des problèmes<br />
concrets à un expert. Vient ensuite l’étape de<br />
l’élaboration des solutions. Si les problèmes<br />
sont multiples, il faudra établir une liste de<br />
priorités et les traiter dans cet ordre. Les<br />
mesures de prévention doivent être adaptées<br />
aux circonstances organisationnelles plutôt<br />
que d’utiliser des approches toutes faites.<br />
Il est important de garantir l’implication de<br />
tous les partenaires de l’organisation dans la<br />
mise en œuvre des solutions (les employés, les<br />
dirigeants, les syndicats, les gestionnaires,…).<br />
Enfin, la dernière phase consiste à mettre en<br />
place un plan d’action détaillé et à observer<br />
les réactions du personnel par rapport à celuici<br />
dans l’année qui suit. Un nouveau sondage<br />
permettra de déterminer, chiffres à l’appui,<br />
s’il y a eu amélioration ou non», poursuit-il.<br />
David Büchel<br />
Nora Back<br />
Parfois, les solutions simples, même bien<br />
intentionnées, risquent de négliger les vrais<br />
problèmes, s’il y en a, et de donner au personnel<br />
l’impression qu’il n’est pas pris au sérieux, ce<br />
qui peut entraîner des frustrations. «Il n’y a pas<br />
toujours une solution simple à un problème<br />
complexe», rappelle David Büchel. n<br />
Chambre des salariés Luxembourg<br />
18, rue Auguste Lumière<br />
L-1950 Luxembourg<br />
csl@csl.lu<br />
Plus d’informations sur www.csl.lu,<br />
rubrique Santé et Bien-être au travail
54 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
SANTÉ & SÉCURITÉ AU TRAVAIL<br />
Pour une politique RSE<br />
ambitieuse et pérenne<br />
Pour la deuxième année consécutive, le Groupe BNP Paribas au Luxembourg publie son<br />
rapport de responsabilité sociétale d’entreprise. Il s’agit en réalité de la 4 e édition pour la<br />
banque, BGL BNP Paribas ayant publié son premier rapport RSE en 2017 et ayant élargi le<br />
périmètre dudit rapport à l’ensemble du Groupe BNP Paribas au Luxembourg depuis 2020.<br />
S’inspirant des 17 objectifs de développement durable lancés en septembre 2015 par l’ONU,<br />
la banque met tout en œuvre pour participer à la construction d’un avenir durable tout en<br />
assurant la pérennité et la stabilité du Groupe. La réussite de cet engagement se base sur quatre<br />
piliers: économique, social, civique et environnemental. Toutefois, la banque n’oublie pas que<br />
le succès d’une telle politique nécessite l’implication au plus haut niveau de la direction et<br />
l’adhésion de l’ensemble de ses collaborateurs. L’engagement d’entreprise constitue un enjeu<br />
stratégique et de gouvernance pour l’entièreté du Groupe BNP Paribas, un des plus grands<br />
employeurs du pays, et fait partie intégrante de sa raison d’être.<br />
Les engagements durables de BGL BNP<br />
Paribas ne datent pas d’hier. En 2011, celleci<br />
a été la première banque commerciale<br />
au Luxembourg à recevoir le label ESR<br />
de la part de l’Institut national pour le<br />
développement durable.<br />
Une responsabilité économique et environnementale<br />
Signataire en 2018 des «Principles for<br />
Responsible Banking» (PRB), le Groupe<br />
BNP Paribas s’est engagé, avec plus de 130<br />
autres banques à travers le monde, à aligner<br />
sa stratégie commerciale sur les objectifs<br />
de développement durable de l’ONU et<br />
sur l’accord de Paris. Les PRB affirment<br />
la volonté de ses signataires d’assurer un<br />
rôle de leader en matière de gestion du<br />
changement environnemental, social et<br />
économique.<br />
Le Groupe a défini, en concertation avec<br />
des experts indépendants, des politiques<br />
s’imposant à l’ensemble des métiers et<br />
pays dans lesquels il est implanté. A titre<br />
d’exemple, en mai 2020, le Groupe BNP<br />
Paribas a annoncé une stratégie de sortie<br />
totale du charbon thermique d’ici 2030<br />
en Europe et dans les pays de l’OCDE<br />
et d’ici 2040 dans le reste du monde. La<br />
totalité de la chaîne de valeur est couverte:<br />
extraction minière, infrastructures dédiées<br />
et production d’électricité. En outre,<br />
BNP Paribas a remporté un mandat pour<br />
accompagner l’Union européenne dans<br />
l’émission inaugurale de son programme de<br />
dette sous forme d’obligations sociales, doté<br />
d’un budget total de 100 milliards d’euros,<br />
et ceci afin de soutenir l’économie durable.<br />
Plus localement, dans le contexte difficile de<br />
la crise sanitaire, BGL BNP Paribas a mis<br />
en place un dispositif pour accompagner<br />
et soutenir ses clients professionnels et<br />
entreprises.<br />
“Une volonté<br />
au plus haut niveau<br />
de l’entreprise<br />
de conjuguer<br />
performance,<br />
responsabilité,<br />
éthique et<br />
transparence”<br />
Par ailleurs, son offre dans le domaine de<br />
l’investissement durable s’étoffe, comme<br />
avec le lancement, en février 2020, du<br />
premier compte d’épargne solidaire<br />
«Finance4Good». Grâce à celui-ci, les<br />
épargnants peuvent soutenir le financement<br />
de projets et d’entreprises à impact social<br />
ou environnemental.<br />
Le Groupe promeut également la finance<br />
durable en sponsorisant des événements<br />
d’envergure comme le «Sustainable Finance<br />
Forum» ou bien encore «l’IMS Luxembourg<br />
Sustainability Forum». Parmi ses engagements<br />
on compte aussi la promotion, au<br />
travers de la Fondation Alphonse Weicker,<br />
de l’étude et de la recherche dans le domaine<br />
scientifique, ainsi que l’attribution du Prix du<br />
progrès économique durable.<br />
L’engagement environnemental du Groupe<br />
BNP Paribas et de sa structure luxembourgeoise<br />
est un enjeu stratégique important qui<br />
contribue à préserver la planète et renforce le<br />
rôle de la finance verte dans le développement<br />
durable. Aux côtés de plusieurs autres<br />
banques de la place, BGL BNP Paribas<br />
a largement contribué à l’émission par<br />
l’État luxembourgeois du premier emprunt<br />
souverain durable d’une valeur de 1,5 milliard<br />
d’euros. Ces obligations ont notamment pour<br />
but d’aider le pays à atteindre ses objectifs<br />
dans le cadre de la Convention de Paris sur<br />
le climat.<br />
De son côté, BNP Paribas Real Estate a lancé<br />
le premier Fonds immobilier institutionnel<br />
européen visant une réduction de 40%<br />
des émissions de gaz à effet de serre sur<br />
l’ensemble de son portefeuille européen à<br />
l’horizon 2030.<br />
Le Groupe s’engage également au quotidien<br />
grâce à des pratiques vertueuses comme<br />
l’installation de ruches dans les jardins de<br />
de son siège au Kirchberg pour préserver
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
55<br />
la biodiversité, la plantation de plusieurs<br />
milliers d’arbres, ou encore la suppression<br />
du plastique à usage unique. Sur le plan<br />
énergétique, ses bâtiments eKinox et oKsigen<br />
au Luxembourg ont obtenu une triple<br />
certification environnementale à dimension<br />
européenne.<br />
L’engagement civique et social<br />
La banque n’oublie pas ses collaborateurs<br />
et leur bien-être. Elle veille à les faire<br />
bénéficier d’un environnement sécurisé<br />
tout en préservant leur santé et l’équilibre<br />
entre leur vie professionnelle et privée.<br />
Les collaborateurs jouissent d’une grande<br />
flexibilité dans l’organisation de leur<br />
temps de travail. Pas moins de 24% des<br />
effectifs bénéficient d’un temps partiel.<br />
Par ailleurs, de nombreux services tels<br />
qu’une conciergerie, une salle de fitness,<br />
des restaurants d’entreprise, une crèche et<br />
des espaces récréatifs sont mis à disposition<br />
des collaborateurs. BGL BNP Paribas<br />
a par ailleurs renforcé son dispositif de<br />
communication pour maintenir le lien avec<br />
ses employés en temps de crise sanitaire<br />
et 92% des collaborateurs estiment que<br />
la banque a pris les bonnes mesures pour<br />
garantir leur sécurité et leur santé et pour<br />
assurer la continuité des activités. La banque<br />
a d’ailleurs obtenu, pour la cinquième fois<br />
consécutive, le label Top Employer.<br />
De plus, la promotion de la diversité et<br />
de l’inclusion est au cœur des valeurs de<br />
la banque. Les entités du Groupe BNP<br />
Paribas au Luxembourg sont signataires de<br />
la Charte de la Diversité et font de l’égalité<br />
entre les femmes et les hommes un objectif<br />
prioritaire. Les mêmes efforts sont consentis<br />
dans la gestion responsable de l’emploi en<br />
s’appuyant sur deux leviers: la formation<br />
continue et la mobilité interne. Malgré la<br />
crise sanitaire, le Groupe BNP Paribas au<br />
Luxembourg a pu dispenser 40.000 heures<br />
de formation, souvent digitalisée. En outre,<br />
afin d’encourager l’engagement civique,<br />
le Groupe a lancé en 2020 le programme<br />
«1MillionHours2Help» permettant aux<br />
collaborateurs de contribuer, sur leur temps<br />
de travail, à l’effort des associations pour un<br />
monde plus durable et plus inclusif.<br />
Dans le cadre du plan de soutien d’urgence<br />
initié par le Groupe BNP Paribas dans<br />
le contexte de la crise sanitaire, un don<br />
global de 100.000 euros a été alloué à la<br />
Fondation des Hôpitaux Robert Schuman,<br />
à Caritas Luxembourg et à Stëmm vun<br />
der Strooss. D’autre part, et grâce au<br />
programme «Help2Help» porté par des<br />
collaborateurs actifs et retraités du Groupe<br />
au Luxembourg, plus de 100 associations<br />
ont pu bénéficier d’aides et de financements<br />
à hauteur de 760.000 euros sur une dizaine<br />
d’années.<br />
BGL BNP Paribas apporte également une<br />
aide précieuse à l’entreprenariat social et à<br />
la microfinance. Enfin, faut-il le rappeler,<br />
BGL BNP Paribas a toujours été très active<br />
dans la vie culturelle et sportive du pays. n<br />
BGL BNP Paribas<br />
50, avenue J.F. Kennedy<br />
L-2951 Luxembourg<br />
www.bgl.lu
56 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
SANTÉ & SÉCURITÉ AU TRAVAIL
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
57<br />
Former pour réduire les risques<br />
liés aux déchets problématiques<br />
C’est en pleine pandémie que la Superdreckskëscht a développé<br />
sa formation SDK-Fachkraft. En effet, après avoir identifié un<br />
besoin en développement de compétences liées au traitement<br />
des déchets problématiques au sein des centres de recyclage,<br />
elle a créé une formation complémentaire à celle organisée<br />
par le CNFPC. Laure Guyot, responsable de la formation<br />
continue à la SDK Akademie, et Petra Biwersi, responsable<br />
de l’action SDK fir Bierger, nous parlent du contenu de cette<br />
formation et de ses avantages pour une manipulation plus<br />
sûre des produits dangereux.<br />
Pourquoi avoir créé la formation SDK-<br />
Fachkraft?<br />
<strong>LG</strong>: Cette formation est née en fin d’année<br />
2020 de la collaboration entre la SDK fir<br />
Bierger et la SDK Akademie suite à une<br />
demande de la part des centres de recyclage.<br />
Ces derniers souhaitaient en effet renforcer<br />
les compétences de leur personnel en<br />
contact avec des produits dangereux ou<br />
problématiques qu’ils envoient ensuite à<br />
la SDK. Notre objectif est donc de leur<br />
transmettre les informations nécessaires pour<br />
garantir leur sécurité au travail et réduire<br />
l’impact de ces produits sur l’environnement.<br />
PB: Pour accéder à cet enseignement, les<br />
apprenants doivent d’abord compléter la<br />
formation de six mois dispensée par le Centre<br />
National des Formations pour Professionnels<br />
Continue (CNFPC). Au cours de celleci,<br />
ils ont accès à toutes les informations<br />
concernant les structures luxembourgeoises<br />
de gestion des déchets, les réglementations<br />
et les lois. Cette première approche est<br />
importante afin de fixer les connaissances<br />
de base pour les personnes travaillant dans<br />
les centres de recyclage. La SDK-Fachkraft<br />
est une formation complémentaire qui<br />
apporte des connaissances approfondies<br />
concernant la manipulation et le stockage<br />
sécurisé et correct des produits dangereux et<br />
problématiques.<br />
Comment se compose cette formation?<br />
<strong>LG</strong>: La formation SDK-Fachkraft est<br />
consti-tuée de trois modules, chacun conclu<br />
par un test. Au total, une quarantaine<br />
d’heures sont réparties en sessions variant<br />
d’une demi-journée à une journée complète<br />
à raison d’une fois par semaine. Les cours<br />
sont tantôt donnés en ligne, tantôt en<br />
présentiel, lorsque des visites sur certains<br />
sites et des exercices pratiques sont<br />
nécessaires. À la fin de chaque module, la<br />
SDK Akademie transmet des supports de<br />
cours aux participants afin qu’ils puissent<br />
approfondir la matière avant leur évaluation.<br />
Lors de la dernière séance de chaque<br />
module, une heure est dédiée à l’évaluation<br />
des compétences. C’est uniquement après<br />
avoir obtenu une notre supérieure à 50%<br />
à ces trois épreuves que l’apprenant est<br />
qualifié SDK-Fachkraft. Nous prévoyons<br />
par la suite des sessions de rappel tous les<br />
deux mois au cours desquelles les personnes<br />
qualifiées peuvent poser leurs questions afin<br />
de rafraichir leurs connaissances.<br />
PB: Cette formation apporte davantage<br />
de sécurité aux fonctions exercées dans les<br />
centres de recyclage ainsi qu’un savoir-faire<br />
en matière de manipulation des déchets. En<br />
effet, les produits dangereux évoluent sans<br />
arrêt, il y a dix ans par exemple, ceux utilisés<br />
dans le cadre du traitement de piscines<br />
privées n’existaient pas encore, aujourd’hui<br />
ces produits chimiques sont pourtant d’usage<br />
courant! Les produits à risques spécifiques,<br />
comme les substances corrosives, nocives<br />
ou inflammables, comportent chacun un<br />
type de danger différent qu’il faut pouvoir<br />
identifier en vue de leur manipulation et<br />
traitement sécurisés. Pour chacun d’entre<br />
eux, notre formation précise comment les<br />
stocker et dans quel type d’emballage ainsi<br />
que comment les étiqueter et préparer leur<br />
transport. Il est par exemple important de<br />
ne pas les mélanger entre eux!<br />
Pour des produits encore plus spécifiques et<br />
plus rares, nous les aidons à effectuer des<br />
recherches en ligne et leur conseillons des<br />
sites de référence où ils pourront trouver les<br />
informations qui pourraient leur manquer.<br />
<strong>LG</strong>: La première formation SDK-Fachkraft<br />
a débuté en mars 2021, nous l’avons donc<br />
organisée en fonction des mesures sanitaires<br />
qui étaient déjà en vigueur. Nous avions la<br />
volonté d’offrir un apprentissage en partie<br />
en ligne pour éviter les déplacements,<br />
puisque nous demandons déjà aux<br />
participants de se rendre sur différents sites<br />
lors des parties pratiques. Cela leur offre<br />
ainsi plus de flexibilité.<br />
Nous avons par ailleurs collaboré avec<br />
différents partenaires, comme des<br />
formateurs externes de la House of<br />
Training et le Luxembourg Science Center<br />
de Differdange, qui a développé une série<br />
d’exercices pratiques. Ces expériences ont<br />
toute leur importance puisqu’il s’agit d’un<br />
enseignement destiné à des personnes<br />
exerçant des métiers de terrain qui doivent<br />
pouvoir appliquer ce nouvel apprentissage à<br />
leurs pratiques quotidiennes.<br />
Quel est le retour des participants?<br />
PB: La première édition de la SDK-<br />
Fachkraft prendra fin au mois de juin avec<br />
la remise des certifications. Nous aurons<br />
alors un premier retour complet des<br />
participants. Après chaque module, nous<br />
récoltons toutefois leurs impressions sur<br />
les cours. Il en ressort qu’ils trouvent cette<br />
formation intéressante. Ils estiment qu’il est<br />
nécessaire de disposer de ces informations<br />
supplémentaires sur les risques et<br />
dangers encourus lors de la manipulation<br />
de produits dangereux. Ils apprécient<br />
également la diversité de l’enseignement<br />
mêlant formation pratique sur notre site à<br />
Colmar-Berg et théorique, en distanciel.<br />
Ils soulignent également l’importance<br />
des démonstrations réalisées dans le<br />
Luxembourg Science Center qui montrent<br />
comment les produits peuvent réagir<br />
dans certaines conditions, ce qui permet<br />
d’identifier concrètement les dangers et les<br />
risques liés à leur manipulation. n<br />
SuperDrecksKëscht ®<br />
Z.I. Piret<br />
L-7737 Colmar-Berg<br />
www.sdk.lu
58 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
BRÈVES COMMUNALES – EST<br />
PAR PIERRE BIRCK<br />
ECHTERNACH<br />
Une vente aux enchères d’œuvres<br />
d’artistes renommés d’Echternach et<br />
des environs a été organisée au profit<br />
de l’action Télévie le 21 avril dernier.<br />
En raison de la situation actuelle liée au<br />
Covid-19, le nombre de participants a<br />
été limité à 100 personnes.<br />
<br />
Source: echternach.lu<br />
LENNINGEN<br />
Une maison des jeunes ouvrira<br />
bientôt ses portes dans la commune.<br />
Pour mieux comprendre les besoins,<br />
le bourgmestre, Arnold Rippinger,<br />
a invité ses administrés à répondre<br />
à une enquête. Ces réponses aux<br />
questions permettront de mieux<br />
cibler les attentes et de proposer un<br />
service de qualité.<br />
<br />
Source: lenningen.lu<br />
NIEDERANVEN<br />
Lors de la réunion du conseil communal<br />
du 5 février 2021, une subvention pour<br />
les bornes de recharge privées pour les<br />
voitures électriques a été votée. Le but<br />
de cette subvention est d’encourager<br />
les citoyens à acheter des véhicules<br />
neutres en CO 2<br />
et de résoudre<br />
en même temps le problème des<br />
bornes de recharge manquantes. La<br />
commune paie 50% de la subvention<br />
de l’État pour l’installation d’une<br />
borne de recharge privée. De plus, les<br />
subventions peuvent passer à 100%<br />
de la subvention de l’État si la borne<br />
de recharge privée est connectée à un<br />
système photovoltaïque. Les primes<br />
du «Restart Luxembourg» ont été<br />
prolongées jusqu’à fin mars 2022.<br />
<br />
Source: niederanven.lu<br />
BETZDORF<br />
Pendant toute la campagne de vaccination,<br />
la commune met à disposition<br />
son «Betzbus». Celui-ci emmène gratuitement<br />
les personnes de 65 ans et plus<br />
au centre de vaccination Covid-19 au<br />
Hall Victor Hugo à Limpertsberg. Il<br />
suffit de réserver son aller-retour au 691<br />
800 950. Le Betzbus reste néanmoins<br />
à disposition pour les destinations<br />
habituelles.<br />
<br />
Source: betzdorf.lu<br />
<br />
SCHENGEN<br />
Afin de promouvoir davantage l’Accord de Schengen, une<br />
nouvelle attraction touristique a été ouverte dans la commune,<br />
près du château. Il s’agit du point de photo #schengenisalive.<br />
En tant qu’invité d’honneur, le ministre des Classes moyennes<br />
et du Tourisme, Lex Delles, a souligné l’importance du message<br />
«Schengen vit», alors que les frontières avec l’Allemagne et la<br />
France ont été fermées l’année dernière.<br />
<br />
Source: Schengen.lu<br />
VALLÉE DE L’ERNZ<br />
Une demande d’autorisation relative à l’exploitation d’un parc<br />
éolien de trois éoliennes sur le territoire de la commune de la<br />
Vallée de l’Ernz, sections ED d’Eppeldorf et EC d’Ermsdorf, a<br />
été introduite par la société Wandpark Aerenzdall S.A. du 21<br />
avril au 6 mai dernier. La commune a procédé à une enquête de<br />
commodo et incommodo le 12 mai.<br />
<br />
Source: aerenzdall.lu<br />
GREVENMACHER<br />
En collaboration avec le Syndicat d’Initiative de Tourisme<br />
et l’Union Commerciale et Artisanale de Grevenmacher, la<br />
commune a décidé de se moderniser en changeant de logo.<br />
Celui-ci a pour objectif d’illustrer le «Miseler Way of Life»,<br />
synonyme de joie de vivre, d’ouverture d’esprit et d’ambiance<br />
festive. Cette identité visuelle minimaliste représente non<br />
seulement la ville, mais aussi ses citoyens.<br />
<br />
Source: grevenmacher.lu<br />
STADTBREDIMUS<br />
Mi-avril, la commune a procédé à un<br />
curage/rinçage des conduites d’eau<br />
dans la localité de Greiveldange, ce qui<br />
a pu occasionner des coupures d’eau<br />
durant la procédure. La rue «Klaus»<br />
et la partie inférieure rue «Neie Weie»<br />
jusqu’à Huettermuehle ont également<br />
été curées.<br />
<br />
Source: stadtbredimus.lu<br />
WALDBREDIMUS<br />
Suite à la nouvelle stratégie de communication,<br />
le service “SMS2CITIZEN”<br />
a été réactivé en mars dernier. Pour<br />
rappel, cette application permet<br />
de recevoir facilement toutes les<br />
informations utiles de la commune<br />
par SMS et de s’abonner à différentes<br />
thématiques d’information.<br />
<br />
Source: waldbredimus.lu<br />
DALHEIM<br />
La commune a publié les horaires<br />
d’ouverture d’été de son parc de<br />
recyclage. Du 6 avril au 30 octobre,<br />
du mardi au samedi, celui-ci sera<br />
ouvert de 13h30 à 17h30. Le collège<br />
des bourgmestre et échevins rappelle<br />
également que le parc de recyclage<br />
n’accepte que les matières provenant<br />
des ménages de Dalheim.<br />
<br />
Source: dalheim.lu<br />
SCHENGEN<br />
Le bureau d’architecture Valentiny<br />
hvp Architects situé à Remerschen<br />
fête son 40 e anniversaire cette année.<br />
Au total, plus de 400 projets ont été<br />
conçus durant cette période au niveau<br />
national et international. À cette<br />
occasion, un livre intitulé «40 years<br />
Valentiny hvp Architects - Stories<br />
from the Inside» a été édité. Celui-ci<br />
est une rétrospective qui retrace les<br />
histoires de ces projets et contient du<br />
matériel inédit provenant des archives<br />
de la Fondation Valentiny. Une<br />
chose en particulier se dégage: un<br />
développement indéniable du langage<br />
architectural, qui au fil des années et<br />
malgré toutes les modes a permis<br />
l’essor d’une identité et d’un langage<br />
individuel incontestables.<br />
<br />
Source: hvp architects
60 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
SMART BUILDING<br />
SIA.architects,<br />
concepteurs d’innovation<br />
Avec 25 ans d’expérience, dont 5 années d’application systématique de la méthodologie BIM,<br />
SIA.architects est un bureau dynamique et créatif, constamment à la recherche de partenariats<br />
dans le but faire émerger des innovations pouvant améliorer la qualité des services qu’il fournit,<br />
mais également le monde de la construction dans son ensemble. Ses cinq administrateurs<br />
Thierry Geldof, Yannick Buyle, Jean-Paul Menten, Thierry Gilles et Gregorio Saura, dressent<br />
le portrait d’un bureau dont les projets sont résolument axés sur le futur.<br />
Jean-Paul Menten et Thierry Gilles
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
61<br />
25 années d’expérience<br />
Créé en 1995, SIA.architects bénéficie de<br />
25 ans d’expérience dans la conception<br />
de bâtiments multi-résidentiels, publics,<br />
hôteliers, industriels ou encore de bureaux<br />
pour des clients promoteurs, développeurs<br />
ou acteurs publics. Ses 48 experts aux profils<br />
variés et de 14 nationalités différentes sont<br />
répartis à travers ses implantations au<br />
Luxembourg, en Belgique et en Espagne,<br />
bien qu’ils soient également actifs sur des<br />
chantiers en cours au Maroc, en France et<br />
en Egypte.<br />
Collaboration, écoute, création et<br />
adaptation: ces quatre mots caractérisent<br />
parfaitement le travail de SIA.architects.<br />
Au fil de ses expériences, le bureau s’est<br />
créé un véritable écosystème d’échange et<br />
de partage avec de nombreux partenaires<br />
de tous horizons pour faire évoluer<br />
continuellement ses services et outils et<br />
en faire profiter l’ensemble du marché.<br />
Chaque projet est d’ailleurs analysé à<br />
travers le prisme des 17 objectifs de<br />
développement durable édictés par l’ONU.<br />
Se positionnant en tant que prescripteur<br />
d’une architecture durable, il apporte des<br />
solutions contribuant à ce développement<br />
et les défend auprès de ses clients, auxquels<br />
appartient bien sûr la décision finale.<br />
Connu au niveau national pour la conception<br />
du projet «Les jardins du Luxembourg»<br />
à Merl, le bureau a en effet imaginé la<br />
revalorisation de la friche industrielle qui<br />
abritait les usines Luxlait en un quartier<br />
rassemblant bureaux, commerces, restaurants<br />
ainsi que 1.000 appartements organisés autour<br />
d’espaces publics qualitatifs, de chemins<br />
cyclo-pédestres et d’aménagements paysagers<br />
et végétalisés favorisant les rencontres et le<br />
partage. Touchant à sa fin, le projet a remporté<br />
le Prix d’Excellence FIABCI dans la catégorie<br />
«Residential», ce qui est une première pour<br />
le Luxembourg.<br />
“Depuis 2016,<br />
SIA.architects<br />
a généralisé<br />
l’application de la<br />
méthodologie BIM<br />
à tous ses projets”<br />
Une structure favorisant l’innovation<br />
SIA.architects est structuré par quatre<br />
entités qui peuvent fonctionner de manière<br />
indépendante mais qui interagissent au<br />
quotidien afin de trouver de nouvelles<br />
voies pertinentes dans l’art de concevoir<br />
l’architecture de demain.<br />
Le premier département, SIA.link, est dédié<br />
à l’ouverture sur le monde et à la création de<br />
nouveaux partenariats favorisant le partage<br />
d’expériences et l’échange de connaissances.<br />
Sur cette base sont développées des<br />
solutions telles que de nouveaux outils,<br />
services ou business models à travers le<br />
SIA.lab. Une fois ces outils conçus, ils sont<br />
utilisés dans la SIA.factory qui produit<br />
des livrables à destination des clients, en<br />
fonction de leurs demandes. Enfin, dans<br />
l’espace de rencontres du SIA.hub, ces<br />
innovations pourront être partagées avec<br />
des clients, partenaires ou autres visiteurs<br />
à travers des événements, conférences et<br />
afterworks, dès que la situation sanitaire<br />
le permettra. Ce lieu d’échange favorisera<br />
la création de nouveaux partenariats par le<br />
SIA.link!<br />
A travers ce cadre souple et résilient, SIA.<br />
architects s’assure une grande flexibilité et<br />
une ouverture sur l’innovation. Il faut dire<br />
que le métier d’architecte a complètement<br />
été révolutionné au cours des dernières<br />
années et est soumis à une évolution<br />
constante de ses outils et pratiques. Plutôt<br />
que de subir ces transformations, le bureau<br />
veut être un acteur du changement. Parmi<br />
les innovations récemment mises en<br />
œuvre, le logiciel POWERBIM développé<br />
par son partenaire espagnol BIM6D<br />
CONSULTING & PERFORMANCE, a<br />
grandement facilité sa communication de<br />
maquettes et de données aux promoteurs et<br />
développeurs. Se présentant sous la forme<br />
d’une interface Web, l’outil leur permet de<br />
consulter en ligne les maquettes de leurs<br />
projets en cours et de consulter certaines<br />
données extraites de ces maquettes à travers<br />
un tableau de bord interactif. Ce dernier est<br />
programmé de manière à ce que le client<br />
puisse faire varier certains paramètres et<br />
observer leur impact sur le coût final de<br />
son projet. Il pourra ainsi en vérifier la<br />
faisabilité ou bien envisager des adaptations<br />
pour assurer sa rentabilité. Une fois validé,<br />
le bureau peut réutiliser la maquette déjà<br />
élaborée et l’enrichir d’autres informations.<br />
Il s’agit là du début d’un long processus<br />
offrant de nombreuses fonctionnalités…<br />
PIXEL PARK<br />
Concepteur de ses nouveaux locaux<br />
belges, SIA.architects a imaginé ce projet<br />
d’immeuble de bureaux avec Devlop.<br />
Possédant la moitié du projet et sachant<br />
qu’il n’en occuperait pas l’ensemble, le<br />
bureau a voulu créer un espace polyvalent<br />
qui pourrait s’adapter à ses différents<br />
occupants. Divisible en quatre unités<br />
parfaitement indépendantes, et ce, sans<br />
frais supplémentaires, la construction de cet<br />
immeuble a surtout permis aux architectes<br />
de pousser au maximum la méthodologie<br />
BIM. Ils ont en effet créé un plan as built<br />
agrémenté d’une base de données complète<br />
sur chacun des éléments constitutifs du<br />
bâtiment – qui sera complétée avec les<br />
fiches techniques et factures dès que la<br />
situation sanitaire permettra un retour dans<br />
les locaux – et ont développé un jumeau<br />
numérique de leur partie de la construction.<br />
Dans un futur proche, les locaux seront<br />
dotés de capteurs reliés à la maquette<br />
numérique pour créer une interaction<br />
entre le bâtiment physique et numérique.<br />
L’objectif? Trouver un moyen d’exploiter
62 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
SMART BUILDING<br />
ces données à partir desquelles créer de<br />
la valeur-ajoutée et ainsi aboutir à une<br />
meilleure gestion du bâtiment. Grâce à ce<br />
laboratoire en interne, différentes solutions<br />
pourraient être testées, puis proposées<br />
à la clientèle sur base de cette première<br />
expérience. Un architecte est rarement<br />
consulté au-delà de l’étape de création des<br />
plans as built, or SIA.architects dispose des<br />
compétences nécessaires pour développer<br />
des services de Facility Management à<br />
travers le BIM et entend bien profiter de<br />
ce projet pour se positionner sur le marché.<br />
Faire évoluer les services prestés à<br />
travers le BIM<br />
Depuis 2016, SIA.architects a généralisé<br />
l’application de la méthodologie BIM à<br />
tous ses projets, que le client l’exige ou<br />
non. En effet, tous les livrables peuvent<br />
être générés grâce à ce processus, et ce,<br />
beaucoup plus rapidement et efficacement.<br />
Il permet aussi d’offrir des services<br />
supplémentaires tels que la visualisation<br />
d’une future construction en VR, et ce, de<br />
manière systématique.<br />
L’avantage d’une conception architecturale<br />
en BIM est notamment de recourir à une<br />
source d’information et de modélisation<br />
unique à partir de laquelle les livrables<br />
peuvent être produits. De plus,<br />
l’information centralisée est pérenne et il<br />
est facile d’y retrouver des éléments précis<br />
ainsi que les versions antérieures d’un<br />
projet.<br />
Bien que ces prestations aient un coût, elles<br />
sont largement rentabilisées sur la durée<br />
d’une construction, en évitant les pertes<br />
de temps et les erreurs et en améliorant<br />
la qualité finale du produit. De plus, la<br />
collaboration entre les différents acteurs<br />
est facilitée grâce à l’utilisation de logiciels<br />
compatibles et une communication passant<br />
essentiellement par la maquette.<br />
En 2019, SIA.architects a remporté le<br />
concours BIM Awards dans la catégorie<br />
«Petites et moyennes entreprises» pour<br />
la conception des nouveaux bureaux<br />
partagés d’IDELUX. Comme pour tous<br />
leurs projets, les architectes de chez SIA<br />
ont réalisé une maquette numérique et en<br />
ont extrait un estimatif du prix ainsi que<br />
des images de synthèse. Leur objectif était<br />
alors de semer une graine numérique dans<br />
un environnement analogique.<br />
Tout le projet a été pensé à travers le BIM<br />
et un jumeau numérique est même en<br />
phase de création pour permettre au maitre<br />
d’ouvrage de valider les propositions<br />
sur une base plus concrète. De plus, le<br />
gestionnaire souhaitait bénéficier de cette<br />
maquette dans l’objectif de digitaliser à<br />
moyens termes son Facility Management.<br />
La totalité du bâtiment existant a donc<br />
été modélisée avec un niveau de détail<br />
basique afin de laisser l’opportunité à<br />
son exploitant de l’alimenter au fur et à<br />
mesure de la mise en place de la gestion<br />
numérisée du bâtiment. SIA.architects<br />
continuera à proposer son aide dans le<br />
cadre de l’utilisation de ce service afin qu’il<br />
puisse faire évoluer cette prestation dans<br />
le but de l’appliquer à l’avenir à d’autres<br />
projets publics. Dès la réception du permis<br />
d’urbanisme, le bureau soumettra un appel<br />
d’offres afin de trouver des entrepreneurs<br />
capables de réaliser les travaux dans une<br />
méthodologie BIM. Une première pour<br />
SIA qui mènera ainsi à bien son premier<br />
chantier BIM.<br />
Recherche et innovation: un moteur<br />
pour le futur<br />
Multipliant les partenariats de recherche et<br />
d’innovation, SIA.architects a notamment<br />
intégré le réseau européen «European<br />
network for digital building permits»<br />
rassemblant entreprises, entités publiques<br />
ou encore universités et coordonné par<br />
l’Université TUDelft aux Pays-Bas. Dans le<br />
même objectif, le bureau a noué un partenariat<br />
dans le cadre d’une thèse avec l’Université de<br />
Mons pour développer des stratégies pour<br />
l’implémentation du permis d’urbanisme<br />
numérique en Wallonie. L’automatisation de<br />
l’obtention de ce permis facilitera à la fois le<br />
travail des bureaux d’architecture et celui des<br />
administrations publiques. C’est pourquoi<br />
SIA.architects entend inclure ces dernières<br />
dans sa démarche afin de mieux cerner leurs<br />
besoins et apporter une solution commune à<br />
cette problématique.<br />
Enfin, SIA a récemment intégré l’écosystème<br />
Co.Building développé par Co.Station, qui<br />
est le premier écosystème pour l’innovation<br />
dans les bâtiments en Belgique à travers<br />
différentes thématiques. Mêlant l’expertise<br />
et les points de vue d’acteurs de tous<br />
horizons, Co.Station encadre l’innovation<br />
par des coachings et des conseils juridiques<br />
pour définir la forme que pourrait prendre<br />
l’aboutissement de cette création commune,<br />
axée sur l’économie circulaire.<br />
À travers ces projets, le bureau veut se positionner<br />
à tous les niveaux de l’innovation<br />
et y apporter son expertise, en tant<br />
qu’architecte, grâce à sa vision globale du<br />
bâtiment. Son ambition est de continuer<br />
à apporter des réponses pérennes et<br />
innovantes aux défis que les métiers de la<br />
construction rencontrent chaque jour. n
Silencieuse et dotée d’une unité extérieure au design<br />
moderne, cette pompe à chaleur s’intègre tant dans<br />
des projets de nouvelle construction que de rénovation.<br />
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64 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
SMART BUILDING<br />
Mieux communiquer<br />
pour mieux construire,<br />
un enjeu majeur du BIM<br />
Le processus BIM est encore trop méconnu sur le marché. Jugé trop coûteux et difficile à mettre<br />
en place, il provoque encore de la réticence auprès des commanditaires. Marco Da Chao, cadre<br />
dirigeant et chef de service BIM, et Kevin Soares, BIM Manager pour le bureau Schroeder<br />
& Associés, déconstruisent ces préjugés un à un. Ils expliquent notamment qu’en recourant<br />
à ce processus, la communication entre les différents acteurs d’un projet s’en voit hautement<br />
améliorée. Son avantage premier? Une économie de temps et d’argent. Démonstration.<br />
De gauche à droite: Benoît Maréchal, Yuyiu Au, Marco Da Chao, Steve Breden et Kevin Soares
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
65<br />
Depuis combien de temps votre bureau<br />
recourt-il au processus BIM?<br />
MDC: Les premières utilisations de<br />
logiciels de fabrication assistés par<br />
ordinateurs datent des années 1950 et<br />
l’utilisation d’un système de description des<br />
bâtiments des années 1970. Chez Schroeder<br />
& Associés, nous avons fait nos débuts en<br />
modélisation 3D de structures métalliques<br />
en 1999 et à partir de 2011, nous avons<br />
commencé à appliquer le processus BIM.<br />
Nous nous sommes d’abord concentrés<br />
sur la modélisation avant d’appréhender<br />
d’autres fonctionnalités du processus et<br />
de développer les conventions de travail<br />
nécessaires à son utilisation.<br />
Le BIM est un processus standardisé à<br />
travers le monde qui permet de générer et<br />
de gérer des informations fonctionnelles<br />
ou physiques relatives à un projet de<br />
construction. Il ne s’agit donc pas<br />
uniquement d’un logiciel de modélisation,<br />
c’est aussi et surtout un processus de<br />
collaboration améliorant la communication<br />
et les relations entre les différents acteurs<br />
d’un même projet. Il permet de structurer<br />
la donnée et de l’enrichir tout au long du<br />
cycle de vie d’un ouvrage.<br />
Le marché n’a pas immédiatement été<br />
réceptif à ce nouveau processus car sa mise<br />
en place peut sembler laborieuse et coûteuse.<br />
Elle implique par exemple l’acquisition de<br />
certains outils digitaux (ordinateurs plus<br />
puissants, cloud,…) et le développement de<br />
compétences. Toutefois, ces dépenses sont<br />
largement amorties puisque le coût final<br />
du projet ainsi que sa durée globale sont<br />
optimisés et les données utilisées tout au<br />
long du Facility Management.<br />
“Un processus<br />
collaboratif<br />
de communication<br />
qui définit<br />
des relations entre<br />
différents acteurs<br />
d’un même projet”<br />
Quelles sont les compétences réunies au<br />
sein de votre équipe BIM?<br />
KS: Notre département BIM, fondé<br />
en 2016, était au départ conçu comme<br />
un support interne. Il fournissait aux<br />
ingénieurs-conseils une assistance à la<br />
modélisation 3D et les aidait à intégrer<br />
le processus BIM dans leur manière de<br />
travailler afin de pouvoir répondre aux<br />
exigences des clients.<br />
Aujourd’hui, elle compte six membres<br />
aux profils variés pouvant compter sur<br />
l’ensemble de la famille Schroeder &<br />
Associés, avec des compétences dans les<br />
champs d’activité bâtiment, infrastructures,<br />
topographie, SIG, Project Management et<br />
IT complétées par une soif de recherche et<br />
d’innovation ainsi qu’une appétence pour<br />
le digital. Notre comité BIM, comptant<br />
un représentant de chaque métier dont<br />
nous disposons en interne, est par ailleurs<br />
chargé de nous communiquer ses besoins<br />
en fonction des projets en cours. Comme<br />
il s’agit d’un processus répondant aux<br />
besoins propres d’un projet, des formations<br />
générales ne sont pas toujours suffisantes.<br />
Parfois, les solutions que nous recherchons<br />
n’existent même pas! Le BIM nécessite<br />
en effet une veille technologique et des<br />
formations continues que notre équipe<br />
assure au quotidien.<br />
Nous disposons aujourd’hui de BIM<br />
Managers, soit des chefs d’orchestre d’un<br />
projet BIM, définissant les conventions et<br />
la gestion de la donnée entre les différents<br />
acteurs de sorte à respecter l’objectif BIM<br />
du client. Ce qui nous différencie d’autres<br />
acteurs est que nous sommes axés sur la<br />
mise en pratique et l’exécution du processus<br />
en le combinant à notre savoir-faire dans<br />
les différents métiers de la construction.<br />
Récemment, nous avons par exemple<br />
transformé des relevés topographiques<br />
en modèles, permettant ainsi la création<br />
de métrés automatisés, l’amélioration des<br />
plans «as built» et l’optimisation du Facility<br />
Management. Nous disposons également<br />
de tout le bagage technique de sorte à<br />
conseiller et assister nos différents clients<br />
souhaitant migrer vers le digital en mettant<br />
en place le schéma qui correspond le mieux<br />
à leurs besoins.<br />
Quel est votre rôle en tant que BIM<br />
Manager dans un projet?<br />
MDC: Il dépend du commanditaire et<br />
des besoins qu’il nous exprime! C’est sur<br />
cette base que nous déterminons au sein<br />
de notre équipe les ressources et les outils<br />
nécessaires pour y répondre. Chaque projet<br />
est différent et nécessite des compétences<br />
adaptées. Notre force réside dans la<br />
composition très complémentaire de notre<br />
équipe, qui a une connaissance des métiers<br />
de la construction et qui propose donc des<br />
solutions pragmatiques et personnalisées.<br />
KS: En tant que BIM Manager, nous<br />
créons tout d’abord une convention BIM<br />
définissant quels logiciels seront utilisés,<br />
les procédures à respecter et les rôles<br />
de chacun. Nous suivons et assistons les<br />
différents acteurs, qui ont différents niveaux<br />
de maitrise du processus, pendant toutes les<br />
phases du projet. Ce cadre de collaboration<br />
nous permet de nous assurer que le produit<br />
fini corresponde aux attentes du client.<br />
Un autre de nos rôles peut être de contrôler<br />
la cohérence des prestations fournies par les<br />
acteurs du projet afin de faire un suivi qualité<br />
au client. Nous veillons à l’harmonisation<br />
de la maquette finale afin que le maitre<br />
d’ouvrage puisse l’exploiter correctement<br />
sur le long-terme et l’alimenter à son tour<br />
pendant toute sa durée de vie.
66 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
SMART BUILDING<br />
“Gagner un temps<br />
précieux lors<br />
de la construction,<br />
notamment en<br />
évitant les erreurs”<br />
Quels sont les principaux avantages de<br />
ce processus?<br />
MDC: En travaillant en BIM, nous pouvons<br />
communiquer au travers d’une maquette<br />
complète, reprenant tout l’environnement<br />
du projet et ses alentours. De plus, en<br />
adressant une tâche à chaque acteur du projet,<br />
tous connaitront leurs rôle et responsabilités<br />
ainsi que les échéances qui y sont liées. Il<br />
est aussi possible d’associer un processus de<br />
validation à chaque tâche. Le déroulement<br />
de la construction est ainsi clairement<br />
défini étape par étape, et ce, visuellement.<br />
L’effort fourni dans la mise en place d’une<br />
communication centralisée et d’un cadre de<br />
travail précis permet par la suite de gagner<br />
un temps précieux lors de la construction,<br />
notamment en évitant les erreurs.<br />
KS: Dans cette même idée, différents<br />
pays se sont coordonnés pour définir une<br />
appellation unique pour chaque objet, un<br />
format normalisé qu’on appelle les IFC.<br />
Destiné à faciliter la communication entre<br />
des acteurs internationaux, ce langage est<br />
en constante évolution. Nous le suivons<br />
de près pour adapter notre structure de la<br />
donnée.<br />
MDC: Enfin, à chaque changement effectué<br />
dans la maquette par un des acteurs,<br />
l’entièreté du projet se met à jour automatiquement<br />
et dévoile les incompatibilités<br />
en 3D. Nous pouvons alors rapidement<br />
créer des scénarios évitant ces conflits en<br />
réarrangeant la planification. Cela permet<br />
de diminuer drastiquement les retours en<br />
arrière dans le processus de construction<br />
et par là, la perte de temps et les coûts<br />
supplémentaires qui en découlent.<br />
Pourriez-vous nous donner un exemple<br />
concret de fonctionnalités qu’il permet?<br />
MDC: Le processus BIM permet de digitaliser<br />
plusieurs étapes, comme une maquette 3D,<br />
le planning communément appelé «la 4D»,<br />
les coûts «5D», le Facility Management<br />
«6D» et la durabilité «7D» pendant la phase<br />
conceptuelle, de planification, d’exécution et<br />
de maintenance de l’ouvrage.<br />
L’utilisation d’une maquette permet de<br />
faciliter la compréhension du projet,<br />
de réduire les incompatibilités entre<br />
les différents acteurs, de simplifier la<br />
constitution des dossiers d’appel d’offres,<br />
d’optimiser le planning et la méthodologie<br />
de construction par la création de scénarios<br />
et de mieux gérer les métrés et la facturation<br />
pendant la phase de la réalisation d’un projet.<br />
La centralisation des informations dans la<br />
maquette permet par exemple d’optimiser<br />
le Facility Management en exploitant une<br />
maquette de l’ouvrage réceptionné. Ces<br />
données seront accessibles et mises à jour<br />
tout au long du cycle de vie de celui-ci,<br />
servant également pour sa déconstruction.<br />
Nous travaillons par ailleurs sur un<br />
projet pilote financé par la Commission<br />
européenne en collaboration avec le LIST<br />
pour mettre à profit toutes ces informations<br />
lors de la déconstruction d’un édifice. La<br />
revalorisation des matériaux sera en effet<br />
facilitée par la connaissance de ses éléments<br />
constitutifs. De plus, de nombreuses<br />
fonctionnalités sont également disponibles<br />
à travers des outils collaboratifs: création<br />
d’alertes pour l’entretien des équipements<br />
techniques, archivage des garanties,<br />
automatisation des échéances auxquelles<br />
remplacer certains éléments, optimisation<br />
des performances énergétiques,…<br />
Sans oublier que dans le cas d’une rénovation<br />
ou transformation d’un ouvrage classé, la<br />
centralisation des informations et la disponibilité<br />
de la maquette permet par exemple<br />
de retrouver facilement la liste et la fiche<br />
technique des matériaux qui le composent.<br />
Quelles sont vos ambitions pour le<br />
futur?<br />
MDC: Le processus BIM présente de<br />
nombreux avantages pour le domaine de la<br />
construction «bâtiments» et «infrastructures»,<br />
nous voulons donc continuer à assister et<br />
conseiller nos clients pour les aider à évoluer<br />
dans ce processus. Grâce à la standardisation<br />
de nos méthodes, nous pourrons les conseiller<br />
quant aux étapes à franchir pour le mettre en<br />
place et sélectionner les outils personnalisés<br />
qui leur seront utiles.<br />
En parallèle, nous continuerons à nous<br />
former et à approfondir notre compréhension<br />
afin d’améliorer la qualité du service rendu.<br />
Nous suivrons attentivement l’innovation<br />
et intégrerons les nouvelles technologies de<br />
sorte à apporter la meilleure solution aux<br />
besoins de nos clients et à persévérer en tant<br />
que partenaire confirmé dans ce domaine. n
Empfänken, logéieren<br />
a begleeden
68 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
SMART BUILDING<br />
Le parking idéalisé<br />
En ville, stationner son véhicule à proximité de chez soi peut<br />
s’avérer être un luxe. L’ascensoriste TK Elevator (TKE),<br />
anciennement thyssenkrupp Ascenseurs, l’a bien compris.<br />
C’est pourquoi il a récemment étoffé sa gamme de solutions<br />
en intégrant à son catalogue les monte-voitures de la firme<br />
italienne IdealPark. Combinés aux systèmes de stationnement<br />
Wöhr, ils permettent à ce spécialiste de la mobilité dans les<br />
bâtiments établi au Luxembourg depuis 1987 d’offrir une<br />
gamme complète de systèmes de levage. Vincent Sarazain,<br />
responsable commercial Wöhr et modernisation chez TK<br />
Elevator, nous présente ce nouveau produit installé pour la<br />
première fois au Grand-Duché.<br />
Une innovation italienne<br />
Voici une dizaine d’années que TK Elevator<br />
Luxembourg s’engage à améliorer la mobilité<br />
urbaine grâce au partenariat exclusif établi<br />
avec la société allemande Wöhr, leader<br />
mondial dans le domaine des parkings mécaniques.<br />
Depuis peu, IdealPark, le distributeur<br />
italien de la marque germanique, lui-même<br />
constructeur de monte-voitures, utilise le<br />
réseau Wöhr pour exporter ses propres<br />
produits. C’est ainsi que TK Elevator a<br />
récemment élargi sa gamme de solutions<br />
aux systèmes de son confrère transalpin.<br />
«Les solutions de la firme allemande vont<br />
des installations mécaniques les plus simples,<br />
qui s’adressent plus spécifiquement aux<br />
particuliers et au secteur résidentiel, aux<br />
systèmes complètement automatisés davantage<br />
dédiés au secteur tertiaire. Il s’agit essentiellement<br />
de solutions de stationnement.<br />
IdealPark, quant à elle, propose des montevoitures,<br />
un système qui permet à un véhicule<br />
de rejoindre différents niveaux de sous-sols.<br />
Les produits de la société italienne sont donc<br />
complémentaires au système Wöhr et nous<br />
permettent d’offrir à nos clients une gamme<br />
complète de systèmes de levage», explique<br />
Vincent Sarazain.
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
69<br />
“Là où<br />
l’installation<br />
d’une rampe<br />
d’accès<br />
à un sous-sol<br />
n’est pas possible,<br />
le système<br />
IdealPark<br />
est la solution<br />
d’acheminement<br />
du véhicule<br />
en sous-terrain<br />
la plus indiquée”<br />
Une économie d’espace inégalée<br />
La plupart des villes n’ont pas été conçues<br />
pour l’automobile. D’où les difficultés<br />
de stationnement éprouvées en leurs<br />
centres. Maximiser l’espace disponible<br />
tout en respectant l’intégrité des traditions<br />
architecturales est donc l’une des priorités<br />
des villes à forte densité comme celles<br />
du Luxembourg. Et la nouvelle solution<br />
proposée par TKE participe justement à<br />
une telle réorganisation des espaces. Là<br />
où l’installation d’une rampe d’accès à un<br />
sous-sol n’est pas possible, notamment par<br />
manque de place, le système IdealPark est<br />
la solution d’acheminement du véhicule en<br />
sous-terrain la plus indiquée. «Ces montevoitures<br />
sont idéaux pour des immeubles<br />
de centre-ville mais aussi pour des villas<br />
et des petites résidences où les espaces<br />
manquent pour réaliser des rampes d’accès.<br />
À l’inverse des ascenseurs-voitures, les<br />
monte-voitures ne possèdent pas de cabine<br />
fermée. Le système repose uniquement<br />
sur un plateau, entièrement sécurisé,<br />
ce qui le libère de certaines contraintes<br />
dimensionnelles. Quand l’installation d’un<br />
ascenseur nécessite 3,4 mètres de hauteur<br />
sous dalle, celle d’un monte-voitures n’en<br />
requiert que 2,1. Avec ses dimensions<br />
personnalisables, le système permet de tirer<br />
le meilleur parti de la surface disponible, un<br />
atout non négligeable compte-tenu des prix<br />
de l’immobilier. Autre avantage: IdealPark<br />
se décline en une version accompagnée<br />
ou non-accompagnée. Le conducteur<br />
peut donc rester dans le véhicule lors de<br />
la manœuvre. Si le système s’adapte à des<br />
sous-sols de plusieurs niveaux, la manœuvre<br />
n’est toutefois pas des plus rapides.<br />
Conformément à la directive 2006/42/CE<br />
relative aux machines, la vitesse de l’appareil<br />
est limité à 0,15 mètre par seconde, ce qui<br />
le rend un peu plus lent qu’un ascenseurvoitures»,<br />
détaille Vincent Sarazain.<br />
Une solution personnalisable<br />
L’autre atout du système IdealPark<br />
réside dans son esthétisme. Le modèle à<br />
baldaquin de la firme italienne s’enterre<br />
entièrement dans le sol, devenant ainsi<br />
complètement invisible de l’extérieur grâce<br />
à l’utilisation, en toiture, de matériaux<br />
qui se fondent dans leur environnement.<br />
À l’intérieur, le monte-voitures est également<br />
personnalisable, que ce soit au niveau<br />
de la couleur de la structure ou encore de<br />
l’éclairage. Des solutions plus classiques,<br />
avec un accès par une entrée de garage,<br />
sont également proposées. «La première<br />
installation de ce type au Luxembourg<br />
vient d’ailleurs d’être réalisée. Après une<br />
année de commercialisation, nous sommes<br />
heureux de l’intérêt que ce produit suscite<br />
aussi bien chez les particuliers que chez les<br />
propriétaires de petites résidences», ajoute<br />
Vincent Sarazain<br />
Nul doute que cette solution qui a su<br />
trouver l’équilibre entre la praticité des<br />
nouvelles technologies d’une part, et la<br />
préservation des espaces urbains et des<br />
bâtiments historiques des centres-villes<br />
d’autre part, continuera de convaincre! n<br />
TK Elevator Luxembourg<br />
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L-5324 Contern<br />
www.tkelevator.com
70 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
SMART BUILDING<br />
À la pointe de la sécurité<br />
Depuis plusieurs mois, SecuriTec installe ses quartiers dans un nouveau showroom, au cœur<br />
du pays, qui promet d’être l’un des plus grands du Grand-Duché dans le domaine de la sécurité.<br />
Y sera exposée une large gamme de produits: du matériel d’alarmes à celui de sécurité incendie,<br />
en passant par les systèmes de vidéosurveillance, de vidéoparlophonie, de contrôle d’accès et<br />
bien d’autres. Gilbert Reyland, directeur de SecuriTec, présente les nouveautés que ses clients<br />
professionnels ou particuliers pourront s’y procurer.<br />
Des systèmes qui évoluent<br />
Aux yeux du directeur, le nouveau bâtiment<br />
de Bissen est un investissement pour l’avenir.<br />
«Ce showroom nous offre plus de proximité<br />
avec nos clients, plus de place et plus de<br />
possibilités. Nous y exposons un choix de<br />
produits encore plus large que dans nos locaux<br />
de Livange. Lorsqu’on m’interroge sur les<br />
nouveautés, j’ai tendance à rappeler qu’il n’y<br />
a pas de révolution tous les ans. Par contre,<br />
nous évoluons doucement vers de nouvelles<br />
technologies très intéressantes», annonce-t-il.<br />
Parmi celles-ci, citons la nouvelle solution<br />
de verrouillage iLOQ S50 qui permet de<br />
transformer n’importe quel smartphone<br />
en clé grâce à un cylindre sans batterie ni<br />
câble, compatible NFC (Near Frequency<br />
Communication), capable de récupérer<br />
l’énergie dont il a besoin pour fonctionner<br />
dans le téléphone. «Une fois l’application<br />
correspondante installée, il suffit d’approcher<br />
son portable du cylindre pour déverrouiller<br />
la porte. C’est une innovation unique au<br />
monde, qui succède en quelque sorte à la<br />
solution auto-alimentée iLOQ S5 que nous<br />
commercialisons depuis huit ans. Celle-ci<br />
fonctionne également grâce à des cylindres<br />
programmables mais qui s’ouvrent grâce<br />
à des clés à puce sans batterie. C’est alors<br />
le mouvement d’insertion de la clé dans le<br />
cylindre qui génère l’énergie nécessaire pour<br />
déverrouiller la serrure. Aucun remplacement<br />
de pile n’est donc nécessaire, ce qui permet<br />
de réduire aussi bien les coûts d’entretien que<br />
l’impact environnemental de l’installation.<br />
L’un comme l’autre, ces systèmes s’adaptent<br />
à n’importe quelle porte et permettent de<br />
paramétrer les droits d’accès très aisément via<br />
le logiciel iLOQ Manager», détaille Gilbert<br />
Reyland.<br />
Du côté de la vidéosurveillance, les dernières<br />
évolutions concernent principalement<br />
la qualité de l’image. Chaque<br />
nouveau modèle promet davantage de pixels<br />
et de nombreuses caméras de surveillance<br />
proposent aujourd’hui une définition<br />
d’image 4K.<br />
“Il suffit<br />
d’approcher<br />
son portable<br />
du cylindre<br />
pour déverrouiller<br />
la porte.<br />
C’est une<br />
innovation<br />
unique au monde”<br />
Les technologies évoluent également en ce<br />
qui concerne la reconnaissance de plaques<br />
minéralogiques. Le système existe depuis<br />
longtemps mais n’est pas infaillible. «Une<br />
plaque se démonte et se remonte facilement.<br />
C’est pourquoi les nouvelles solutions vont<br />
plus loin en liant chaque plaque à sa voiture.<br />
Ils reconnaissent non seulement la plaque<br />
mais aussi la marque, le modèle et la couleur<br />
du véhicule. Ces nouvelles technologies<br />
permettent de renforcer la sécurité dans le<br />
contrôle d’accès à l’extérieur», explique le<br />
directeur de SecuriTec.<br />
De nouvelles technologies pour lutter<br />
contre la pandémie<br />
Très récemment, d’autres technologies<br />
ont été développées et mises à profit pour<br />
vérifier le respect des mesures sanitaires<br />
mises en place pour lutter contre la pandémie<br />
de Covid-19. «Les caméras thermiques,<br />
qui existent depuis une bonne quarantaine<br />
d’années, permettent, grâce à de récents<br />
développements, de contrôler la température<br />
d’un individu. Installées dans une entrée, elles<br />
peuvent donner l’alerte lorsqu’une personne<br />
fiévreuse pénètre à l’intérieur d’un bâtiment.<br />
Aujourd’hui, elles parviennent également à<br />
détecter une personne qui ne porterait pas<br />
de masque où à contrôler que des individus<br />
rassemblés dans une même pièce ne dépassent<br />
pas le nombre autorisé. Si la technologie<br />
n’est pas neuve, son utilisation est tout à fait<br />
nouvelle», indique Gilbert Reyland.<br />
Les systèmes de contrôle d’accès ont,<br />
eux aussi, connu quelques évolutions<br />
qui permettent de limiter le risque de<br />
transmission du virus en privilégiant<br />
notamment les technologies sans contact.<br />
«Les systèmes de reconnaissance faciale,<br />
très sûrs, permettent d’ouvrir une porte sans<br />
avoir à toucher aucune poignée. La marque<br />
suisse TBS, dont nous sommes revendeurs<br />
au Luxembourg, a également mis au point un<br />
lecteur d’empreintes digitales sans contact. Il<br />
suffit d’insérer son doigt dans un boîtier, sans<br />
en toucher les parois, pour qu’un scanner<br />
3D lise les empreintes. Le grand avantage<br />
de ce système, c’est qu’il fonctionne même<br />
si l’utilisateur porte un gant en latex. Il est<br />
donc tout indiqué pour les hôpitaux ou les<br />
laboratoires, par exemple. C’est une belle<br />
évolution qui permet de limiter le risque de<br />
transmission du virus», développe-t-il.
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
71<br />
Gilbert Reyland<br />
Au-delà du contexte sanitaire, les systèmes<br />
d’identification biométriques se révèlent<br />
conviviaux et commodes puisqu’ils ne<br />
nécessitent ni la mémorisation d’un mot<br />
de passe ni le transport de badge ou de clé.<br />
Ils préviennent également tout risque de<br />
fraude.<br />
Plus de dix ans d’expérience au service<br />
du client<br />
Toutes ces innovations sont désormais<br />
exposées dans leur nouvel écrin à Bissen.<br />
«Avec une antenne à Livange, au Sud, et une<br />
seconde dans le Centre, nous renforçons<br />
notre proximité avec nos clients. Où qu’ils<br />
se trouvent au Luxembourg, ceux-ci sont à<br />
moins de 45 minutes d’un de nos showrooms.<br />
C’est important car la sécurité peut avoir<br />
quelque chose d’abstrait pour les nonconnaisseurs.<br />
S’informer sur un produit dans<br />
un catalogue, c’est bien; manipuler et tester<br />
ce même produit, c’est mieux. Un système<br />
de sécurité s’installe pour le long terme,<br />
autant le choisir en toute connaissance de<br />
cause», déclare Gilbert Reyland.<br />
Choisir SecuriTec, c’est opter pour des<br />
conseils sur-mesure, une installation réussie et<br />
un service après-vente à l’écoute, disponible<br />
24h sur 24, grâce à une équipe d’experts en<br />
la matière. En dix ans, la société, qui propose<br />
alarmes intrusion et détection incendie, vidéosurveillance,<br />
contrôle d’accès, cylindres et<br />
serrures intelligentes, gestion horaire, gestion<br />
de clés, coffres-forts, barrières et bornes<br />
escamotables automatiques, tourniquets et<br />
bien d’autres solutions, s’est taillé une solide<br />
place sur le marché luxembourgeois de la<br />
sécurité et entend bien fortifier sa position<br />
dans les années à venir. n<br />
SecuriTec<br />
21, ZAC Klengbousbierg<br />
L-7795 Bissen<br />
19, rue Geespelt<br />
L-3378 Livange<br />
Tél.: 26 300 221<br />
info@securitec.lu<br />
www.securitec.lu
72 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
SMART BUILDING<br />
Silence, ça chauffe!<br />
Au sein d’une nouvelle construction classique luxembourgeoise,<br />
aucun bruit n’est perceptible. Pourtant, une pompe<br />
à chaleur air/eau y est installée… Étonnant? Pas vraiment!<br />
La nouvelle génération de pompes à chaleur Viessmann assure<br />
un rendement presque équivalent aux systèmes saumure/eau,<br />
à coûts accessibles et aux émissions sonores drastiquement<br />
réduites. Günter Krings, directeur d’agence Viessmann au<br />
Luxembourg, nous la présente…<br />
Quels sont les paramètres à prendre en<br />
compte lors du choix d’une pompe à<br />
chaleur?<br />
Il faut tout d’abord savoir qu’il en existe<br />
deux catégories: les pompes à chaleur<br />
air/eau et saumure/eau. Si les premières<br />
prennent leur source d’énergie de l’air<br />
extérieur et la transmettent ensuite à l’eau<br />
des radiateurs, du chauffage sol ou de<br />
l’eau sanitaire, les secondes disposent de<br />
toutes sortes de sources de chaleur. Que<br />
ce soit à travers un capteur placé à 100<br />
m de profondeur par forage dans le sol,<br />
à l’aide d’un collecteur horizontal placé<br />
dans un jardin ou bien par un système de<br />
clôture énergétique extérieure couplé à un<br />
réservoir enterré, la pompe saumure/eau<br />
utilise l’énergie gratuite de la nature pour<br />
chauffer un bâtiment et son eau sanitaire.<br />
Au Luxembourg, la tendance est plutôt à la<br />
pompe à chaleur air/eau qui nécessite moins<br />
de travaux. En effet, seule l’installation d’un<br />
ventilateur extérieur relié à un évaporateur<br />
récupérant la chaleur contenue dans l’air<br />
doit être planifiée, une démarche qui s’avère<br />
peu coûteuse. De plus, la technologie<br />
de ces mêmes pompes a évolué et offre<br />
aujourd’hui un rendement proche des<br />
autres systèmes, tout en restant accessible à<br />
toutes les bourses.<br />
Pour en optimiser encore le rendement,<br />
nous préconisons le recours à un chauffage<br />
sol basse température afin que l’écart<br />
de température entre l’air extérieur et<br />
le chauffage soit moins grand et moins<br />
énergivore à combler. Nous conseillons<br />
également de bien isoler son habitation<br />
pour diminuer les besoins en chauffage.<br />
Chez Viessmann nous proposons nos<br />
conseils pour la conception de la production<br />
de chaleur afin d’optimiser le système de<br />
chauffage – qu’il soit alimenté par des<br />
énergies fossiles ou renouvelables, ou par<br />
une combinaison de différentes sources<br />
d’énergie.<br />
Quels sont les outils que vous proposez<br />
pour en assurer une bonne gestion?<br />
Les pompes à chaleur nécessitent très peu<br />
d’entretien de la part de l’utilisateur; un<br />
contrôle des paramètres et du rapport de<br />
l’analyse fonctionnelle doit être effectué au<br />
moins une fois par an par un installateur.<br />
Des vérifications plus fréquentes peuvent<br />
optimiser son rendement, surtout en début<br />
d’utilisation.<br />
Comme nos chaudières, elles peuvent<br />
également être raccordées à l’application<br />
ViCare, pour une gestion centralisée du<br />
chauffage. Cet outil fonctionnera même<br />
bientôt avec la géolocalisation du smartphone<br />
et donc la détection de présence. En résumé,<br />
lorsque tous les résidents quittent la maison,<br />
le chauffage diminue automatiquement. Le<br />
client peut également l’éteindre ou l’allumer<br />
à distance ou changer les températures<br />
et les heures de chauffe pièce par pièce.<br />
Quant à l’installateur, il pourra surveiller<br />
l’installation, modifier certains paramètres,<br />
recevoir des messages d’alerte à distance<br />
et pourra aussi plus facilement planifier<br />
ses entretiens. Il suffit que l’utilisateur lui<br />
permette d’accéder à son installation via<br />
internet.<br />
Vous proposez également d’associer<br />
la pompe à chaleur à une installation<br />
photovoltaïque…<br />
Les panneaux photovoltaïques peuvent<br />
effectivement être couplés à une batterie<br />
électrique et reliés à une pompe à chaleur,<br />
le tout géré par un Energy Manager. Ce<br />
dernier communique avec le reste de la<br />
maison pour identifier ses besoins en énergie
et télécharger les données météorologiques<br />
par l’Internet des Objets (IoT). Ainsi, il<br />
identifie les moments de la journée les<br />
plus propices à la libération du volume de<br />
stockage dans la batterie – par exemple en<br />
remplissant le boiler d’eau chaude sanitaire –<br />
afin d’emmagasiner l’énergie photovoltaïque<br />
lorsque le temps est au beau fixe.<br />
Dans un futur proche, les fournisseurs<br />
d’électricité luxembourgeois prévoient<br />
d’envoyer des signaux aux pompes à chaleur,<br />
Energy Manager ou autre objets intelligents<br />
lors d’une surproduction d’énergie verte<br />
afin qu’ils puissent la stocker sous forme<br />
de chaleur ou dans les batteries électriques<br />
lorsqu’elle est à bas prix. À l’inverse, lors<br />
des pics de consommation et/ou les jours<br />
où la météo ne permet pas une production<br />
d’énergie renouvelable en suffisance, le<br />
fournisseur en alertera ces appareils qui<br />
veilleront alors à économiser l’électricité<br />
pour ne pas devoir la consommer lorsque<br />
son prix est élevé. Nos appareils sont déjà<br />
prêts à recevoir ce type de communications,<br />
nous attendons le feu vert des fournisseurs<br />
pour pouvoir déployer cette fonctionnalité.<br />
“Conseiller quant<br />
à la conception<br />
du système de<br />
chauffage pour<br />
l’optimiser et<br />
le rentabiliser<br />
rapidement”<br />
Que dire aux clients qui craignent<br />
qu’une pompe à chaleur n’occasionne<br />
trop de bruit dans leur habitation?<br />
Les pompes à chaleur saumure/eau sont<br />
entièrement silencieuses; seuls les ventilateurs<br />
et compresseurs liés aux pompes à<br />
chaleur air/eau émettent un léger bruit.<br />
Ces appareils ont pourtant la réputation<br />
d’émettre beaucoup de bruit, ce qui était<br />
encore le cas il y a quelques années et toujours<br />
Viessmann Luxembourg<br />
35, rue J.F. Kennedy<br />
L-7327 Steinsel<br />
info@viessmann.lu<br />
www.viessmann.lu<br />
Günter Krings<br />
vrai concernant les produits bas de gamme.<br />
Aujourd’hui, beaucoup d’efforts ont été<br />
réalisés à ce niveau, si bien que nos pompes<br />
«Made in Germany» ont drastiquement<br />
réduit leurs émissions sonores. En effet, les<br />
émissions de nos machines sont sous le seuil<br />
des 35 db(A) à partir de 3 m de distance.<br />
Leur emplacement reste toutefois très<br />
important car il faut veiller, au cas par cas,<br />
à ce que les vibrations de la machine ne se<br />
transmettent mécaniquement ou à travers les<br />
conduites et n’occasionnent ainsi des bruits<br />
dans une habitation. Nous offrons dans ce<br />
cadre nos services de conseil aux architectes,<br />
bureaux d’études, installateurs et particuliers<br />
quant à leur positionnement. n
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76 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
IMMOBILIER & CONSTRUCTION<br />
Bauhärepräis OAI 2020:<br />
Château d’eau, Ban de Gasperich<br />
Maitre d’ouvrage mentionné: Ville de Luxembourg, service des eaux<br />
Le château d’eau, qui alimente en eau le quartier du Ban de<br />
Gasperich, est sorti lauréat d’un concours d’architecture en<br />
2013. Localisé à la jonction d’autoroutes reliant Est-Ouest<br />
et Nord-Sud il a été, pour Jim Clemes Associates, l’occasion<br />
de poser la question de l’intégration esthétique des ouvrages<br />
techniques dans le paysage et le vécu d’une telle structure<br />
dans les angles de perception en mouvement. Habillé d’une<br />
structure métallique blanche en bandes d’aluminium tissé,<br />
rappelant de la dentelle, le château d’eau présente une image<br />
unique. La façade métallique ajourée, tel un plan d’eau<br />
dans un parc, capte et reflète la lumière, en projetant une<br />
image perpétuellement changeante. Une mise en lumière<br />
sophistiquée l’accompagne en soirée. Le tissage en dentelle<br />
souligne la préciosité de l’eau en tant que denrée de plus en<br />
plus rare. Le château d’eau a été inauguré en 2018.<br />
Jim Clemes Associates<br />
Avez-vous des conseils à donner à de<br />
futurs maitres d’ouvrage?<br />
L’accompagnement du maitre d’ouvrage<br />
est aussi essentiel que celui des équipes<br />
de maitrise d’œuvre dans la réalisation<br />
d’un projet. Il est indispensable de garder<br />
la mémoire des choix techniques et<br />
architecturaux tout au long du projet. Pour<br />
cela il est important de mettre en place les<br />
personnes qui pourront assurer la continuité<br />
du processus de réalisation de l’ouvrage.<br />
Comment s’est passée votre collaboration<br />
avec l’équipe des concepteurs?<br />
Le projet a été remporté suite à un concours<br />
par l’équipe formée par les architectes de<br />
Jim Clemes Associates et les ingénieurs de<br />
Schroeder & Associés. Ils avaient proposé<br />
un projet à l’image architecturale forte<br />
et techniquement réfléchie. Nous avons<br />
mené quelques réunions de conception<br />
technique où chacun était à l’écoute des<br />
problématiques de l’autre, pour trouver les<br />
solutions les plus pertinentes. Les échanges<br />
ont toujours été très constructifs et le projet<br />
est à l’image du travail réalisé. n<br />
Ingénieur-conseil: Schroeder & Associés Ingénieurs-Conseils S.A.<br />
Architecte: Jim Clemes Associates<br />
BAUHÄREPRÄIS OAI 2020<br />
MENTION<br />
ORDRE DES ARCHITECTES ET DES INGÉNIEURS-CONSEILS<br />
O A I<br />
BAUHÄREPRÄIS OAI 2020<br />
Quels enseignements tirez-vous de votre<br />
expérience en tant que maitre d’ouvrage?<br />
Nos équipes gèrent de nombreux projets et<br />
nous avons conscience que chacun d’entre<br />
eux est unique. Il est indispensable d’adapter<br />
notre gestion aux impératifs de chaque projet.<br />
Dans le cadre de la réalisation du château<br />
d’eau de Gasperich, nous devions également<br />
répondre à un défi urbain et mettre en œuvre<br />
un édifice marqueur du nouveau quartier de<br />
Luxembourg Gasperich.<br />
Porter un projet emblématique du territoire<br />
et mettre en valeur le travail des équipes du<br />
service des eaux de la Ville de Luxembourg fût<br />
une mise en lumière des qualités individuelles<br />
et collectives de nos collaborateurs.<br />
Commentaire du jury<br />
«Repère emblématique placé stratégiquement»<br />
Article réalisé en partenariat avec l’OAI et<br />
s’inscrivant dans une série destinée à présenter<br />
les maitres d’ouvrage du secteur communal<br />
distingués lors du Bauhärepräis OAI 2020.<br />
Plus d’informations sur www.bhp.lu.
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
77<br />
Bauhärepräis OAI 2020:<br />
Extension maison relais Woiwer<br />
Maitre d’ouvrage nominé: administration communale de Differdange<br />
En raison du besoin d’espace accru au vu du nombre d’enfants<br />
à accueillir, le Campus Woiwer existant a été agrandi par un<br />
bâtiment supplémentaire. L’extension, ainsi que la première<br />
construction, se veulent antagonistes par rapport au bâtiment<br />
initial un peu triste, de par leurs formes arrondies et fluides.<br />
Sa construction en bois présente plusieurs avantages de taille,<br />
tels que la durabilité et une période de construction réduite.<br />
Steve Troes<br />
Quels enseignements tirez-vous de<br />
votre expérience en tant que maitre<br />
d’ouvrage?<br />
Les constructions en bois ont le très grand<br />
avantage d’impliquer des travaux sur site<br />
beaucoup plus rapides et occasionnant<br />
moins de dérangements (bruit, poussière,…)<br />
que les constructions classiques. Ceci est<br />
d’autant plus important si l’on construit par<br />
exemple une annexe à une école existante<br />
et en service.<br />
Comment s’est passée votre collaboration<br />
avec l’équipe des concepteurs?<br />
Les membres de l’équipe des concepteurs<br />
se connaissaient déjà grâce au premier<br />
projet qui avait été réalisé quelques années<br />
auparavant. Ils ont à nouveau très bien<br />
travaillé ensemble.<br />
De quelle manière vos attentes ont-elles<br />
été prises en compte par les concepteurs?<br />
Les concepteurs ont toujours parfaitement<br />
pris en compte tous nos avis et demandes,<br />
même ceux des futurs utilisateurs du<br />
bâtiment. n<br />
Architecte: Alleva Enzio Architectes & Associés S. à r. l.<br />
Ingénieur structure: MP Ingénieurs-Conseils S. à r. l.<br />
Ingénieur technique: Dalzotto & Associés S. à r. l.<br />
Article réalisé en partenariat avec l’OAI et<br />
s’inscrivant dans une série destinée à présenter<br />
les maitres d’ouvrage du secteur communal<br />
distingués lors du Bauhärepräis OAI 2020.<br />
Plus d’informations sur www.bhp.lu.<br />
BAUHÄREPRÄIS OAI 2020
78 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
IMMOBILIER & CONSTRUCTION<br />
Bauhärepräis OAI 2020:<br />
école fondamentale Rénert<br />
à Berbourg<br />
Maitre d’ouvrage nominé: SYNECOSPORT<br />
Le nouveau bâtiment scolaire de l’école fondamentale<br />
«Rénert» à Berbourg complète l’offre du campus scolaire<br />
du syndicat intercommunal. Construit sur un terrain étroit<br />
et long, le nouveau bâtiment est implanté en flanc de colline<br />
en tenant compte de la topographie du terrain pour laisser<br />
libre place à la cour d’école. Le choix architectural des façades<br />
en bois et des toitures vertes a généré une bonne intégration<br />
de l’ensemble construit dans le paysage naturel des vergers<br />
adjacents. La mise en place d’ouvertures zénithales et de<br />
patios intérieurs garantit un éclairage naturel généreux à<br />
l’intérieur de l’école.<br />
Neckel Scholtus<br />
Quels enseignements tirez-vous de votre<br />
expérience en tant que maitre d’ouvrage?<br />
Il n’est pas possible de tout planifier à<br />
l’avance, mais il est également nécessaire<br />
d’être flexible lors de la procédure<br />
de construction afin de s’adapter aux<br />
circonstances, tout d’abord par rapport<br />
au terrain et aux autres problèmes qui<br />
surviennent lors de la construction.<br />
Comment s’est passée votre collaboration<br />
avec l’équipe des concepteurs?<br />
C’était une collaboration constructive,<br />
bien que nous avions des avis différents<br />
sur certains points. Nous avons pu nous<br />
mettre d’accord avec l’architecte sur la base<br />
d’arguments et de discussions quant à la<br />
meilleure solution technique et esthétique.<br />
En fin de compte, cela en vaut la peine pour<br />
le constructeur.<br />
De quelle manière vos attentes ont-elles<br />
été prises en compte par les concepteurs?<br />
Ensemble, le constructeur et le concepteur,<br />
nous avons trouvé une utilisation optimale<br />
de l’école dans un contexte de terrain<br />
difficile. n<br />
Architecte: ROMAIN SCHMIZ architectes & urbanistes<br />
Ingénieur structure: Schroeder & Associés Ingénieurs-Conseils S.A.<br />
Ingénieur technique: Jean Schmit Engineering S. à r. l.<br />
Article réalisé en partenariat avec l’OAI et<br />
s’inscrivant dans une série destinée à présenter<br />
les maitres d’ouvrage du secteur communal<br />
distingués lors du Bauhärepräis OAI 2020.<br />
Plus d’informations sur www.bhp.lu.<br />
BAUHÄREPRÄIS OAI 2020
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
79<br />
Bauhärepräis OAI 2020:<br />
crèche «Am Bongert»<br />
Maitre d’ouvrage lauréat: administration communale de Schuttrange<br />
Le choix du mode de construction s’est porté sur une<br />
construction modulaire réalisée en bois et qui permet de<br />
satisfaire un double objectif. D’une part, aspirer à un mode<br />
de construction «temporaire» devant toutefois permettre une<br />
utilisation répondant à des critères de qualité à long terme<br />
de l’édifice. D’autre part, garantir une «transposabilité» des<br />
modules de construction et la possibilité de recomposition des<br />
modules, ceci afin de pouvoir réaliser un nouveau complexe<br />
lors d’une phase de développement ultérieure. Il a été essayé<br />
de concevoir un endroit sympathique pour les bouts de chou<br />
de moins de trois ans, par des installations imaginées de sorte à<br />
refléter leur taille et un choix de matériaux dans le but de donner<br />
une impression de naturel et de rayonnement de chaleur.<br />
Avez-vous des conseils à donner à de<br />
futurs maitres d’ouvrage?<br />
N’hésitez pas à avoir recours à la<br />
construction modulaire de haute qualité.<br />
De quelle manière vos attentes ont-elles<br />
été prises en compte par les concepteurs?<br />
Le projet a été développé en étroite<br />
collaboration avec le maitre d’ouvrage<br />
et le futur exploitant des structures. Les<br />
bâtiments ainsi réalisés répondent aux<br />
attentes de toutes les parties et ont été<br />
achevés à la pleine satisfaction de ces<br />
dernières. n<br />
Architecte: Elementar S. à r. l.<br />
Ingénieur-conseil: AuCarré Ingénieurs-conseils S. à r. l..<br />
BAUHÄREPRÄIS OAI 2020<br />
LAURÉAT<br />
ORDRE DES ARCHITECTES ET DES INGÉNIEURS-CONSEILS<br />
O A I<br />
BAUHÄREPRÄIS OAI 2020<br />
Quels enseignements tirez-vous de<br />
votre expérience en tant que maitre<br />
d’ouvrage?<br />
La construction modulaire préfabriquée<br />
permet de réaliser à court terme de très<br />
beaux projets de haute qualité.<br />
Comment s’est passée votre collaboration<br />
avec l’équipe des concepteurs?<br />
La collaboration entre les concepteurs, le<br />
constructeur et le maitre d’ouvrage était<br />
professionnelle et se déroulait dans une<br />
ambiance amicale.<br />
Commentaire du jury<br />
«Modestie, en sus de l’accueil des enfants<br />
un accueil des parents réussi, rigidité<br />
aménagement spatial intéressant, module<br />
amovible»<br />
Article réalisé en partenariat avec l’OAI et<br />
s’inscrivant dans une série destinée à présenter<br />
les maitres d’ouvrage du secteur communal<br />
distingués lors du Bauhärepräis OAI 2020.<br />
Plus d’informations sur www.bhp.lu.
80 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
IMMOBILIER & CONSTRUCTION<br />
MERCREDI 21 AVRIL 2021<br />
Démocratiser le marché foncier local<br />
Le 21 avril dernier s’est déroulée sur le site de Luxexpo The Box une table ronde<br />
publique sur le thème des communes et du logement abordable au Luxembourg.<br />
Sous l’égide de l’OAI, en partenariat avec le Syvicol, des invités de marque tels<br />
que Henri Kox et Taina Bofferding, respectivement ministres du Logement et de<br />
l’Intérieur, ont pu échanger et poser les jalons d’une future politique grand-ducale<br />
d’accessibilité universelle au logement en présence de Maurice Bauer, échevin de la<br />
Ville de Luxembourg, Émile Eicher, président du Syvicol, ainsi que le président de<br />
la Chambre immobilière Jean-Paul Scheuren.<br />
En prélude à ce débat, les études des architectes Arlette Schneiders, Jonas et Beng<br />
ont tous trois présenté des exemples de réalisation en la matière. L’ensemble de<br />
l’assistance présentielle et virtuelle a également pu apprécier les interventions de<br />
Josef Mathis, bourgmestre de la commune autrichienne de Zwischenwasser, et<br />
d’Antoine Paccoud, géographe social au LISER, grâce à leur travail de fond visant<br />
à établir des diagnostics et à élaborer des solutions concrètes à la démocratisation<br />
du marché foncier local.<br />
1. De gauche à droite: première rangée: Emile Eicher, président du Syvicol; Taina Bofferding, ministre de l’Intérieur;<br />
Henri Kox, ministre du Logement; Maurice Bauer, échevin de la Ville de Luxembourg.<br />
Deuxième rangée: Jean-Paul Scheuren, président de la Chambre Immobilière; Sala Makumbundu, secrétaire générale<br />
de l’OAI; Pierre Hurt, directeur de l’OAI.<br />
Photos © Christof Weber<br />
1
Le logement Triple A<br />
Accessible - Abordable - Accompagné<br />
Le promoteur social<br />
www.abitatio.lu<br />
Le bailleur social<br />
www.ais.lu<br />
L’inclusion sociale<br />
www.accompagnement.lu<br />
Une fondation, 3 départements<br />
Contactez-nous au 26 48 39 52 ou par email : info@fondation-logement.lu<br />
www.fondation-logement.lu<br />
202b, rue de Hamm L-1713 Luxembourg
Gilles Hempel
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
83<br />
IMMOBILIER & CONSTRUCTION<br />
Aux origines de la gestion<br />
locative sociale<br />
La Fondation pour l’Accès au Logement (FAL) est le gestionnaire<br />
de l’Agence Immobilière Sociale (AIS) qui œuvre à<br />
l’inclusion sociale par le logement. Créée en 2009, l’AIS est le<br />
fruit d’une idée qui a mûri durant presque une décennie. Gilles<br />
Hempel, directeur de la FAL, revient sur l’histoire de l’agence<br />
et son rôle pionnier en matière de gestion locative sociale.<br />
Quelles sont les origines de l’AIS?<br />
Les origines remontent à peu près au<br />
tournant du millénaire. La situation du<br />
logement n’était pas aussi grave qu’aujourd’hui<br />
mais la pénurie s’approchait à<br />
grands pas. D’ailleurs, les logements sociaux<br />
n’existaient pas ou très peu au Luxembourg<br />
contrairement à son voisin français par<br />
exemple. Pourtant, déjà à l’époque, il était<br />
très difficile pour les personnes à revenus<br />
plus modestes de se loger sur le marché<br />
immobilier luxembourgeois. De plus, les<br />
travailleurs sociaux constataient que leurs<br />
efforts vis-à-vis des plus vulnérables étaient<br />
vains. En effet, il est difficile de sortir d’une<br />
détresse psychologique, d’une dépendance<br />
à la drogue, de trouver un travail ou une<br />
formation lorsque l’on n’a pas de domicile<br />
adapté.<br />
C’est ainsi qu’à partir de 2000, plusieurs<br />
travailleurs sociaux ont organisé des<br />
groupes de travail et des plateformes afin de<br />
discuter d’une agence immobilière sociale<br />
au Luxembourg, à l’image du modèle qui<br />
existait en Belgique. Grâce à ce système, les<br />
travailleurs sociaux peuvent se concentrer<br />
sur leurs activités et leur cœur de métier,<br />
tandis que l’agence s’occupe du volet<br />
logement. Ce dernier est primordial mais<br />
n’est pas une fin en soi, c’est un moyen pour<br />
favoriser l’inclusion sociale<br />
Cependant, l’AIS a été créée presque dix<br />
années plus tard, en 2009. Pourquoi?<br />
L’idée de l’AIS a d’abord été reprise<br />
dans le Plan d’Action National pour<br />
l’Inclusion Sociale (PANincl.) en 2003,<br />
puis est devenue une priorité politique<br />
dans la mouture 2006-2008 du PANincl.,<br />
et maintenue pour la suivante (2008-2010)<br />
avant de voir le jour en 2009. Durant toutes<br />
ces années, la Wunnengshëllef et EAPN<br />
Lëtzebuerg, la branche luxembourgeoise<br />
du European Anti Poverty Network, ont<br />
promu l’AIS et revendiqué la création<br />
d’une telle agence, cela parallèlement à<br />
une aggravation de la problématique du<br />
logement au Luxembourg.<br />
“Le logement<br />
est primordial mais<br />
n’est pas une fin en<br />
soi, c’est un moyen<br />
pour favoriser<br />
l’inclusion sociale”<br />
Au cours du deuxième semestre 2008, le<br />
ministère de la Famille et le ministère du<br />
Logement ont proposé à la Wunnengshëllef<br />
et EAPN Lëtzebuerg de créer ensemble<br />
une fondation susceptible de gérer l’AIS,<br />
qui dès la création de l’entité juridique<br />
pourrait recevoir un financement sur base<br />
d’une convention avec l’État. La Fondation<br />
pour l’Accès au Logement (FAL) a été<br />
fondée le 3 février 2009 et, le 28 septembre,<br />
l’AIS a finalement ouvert ses portes.<br />
L’AIS peut-elle donc être considérée<br />
comme pionnière de la gestion locative<br />
sociale au Luxembourg?<br />
Nous sommes le pionnier mais également<br />
l’acteur majeur de la gestion locative sociale<br />
(GLS) au Grand-Duché. Nous sommes<br />
fiers du chemin parcouru. En tant que<br />
Fondation, l’idée n’était pas d’avoir un<br />
maximum de marché, mais de promouvoir<br />
une idée et de la développer.<br />
Fort du succès de l’AIS, l’État a généralisé<br />
le principe de gestion locative sociale<br />
pour mobiliser les logements inoccupés<br />
et les mettre à disposition des ménages<br />
temporairement en difficulté financière.<br />
Environ 1.000 logements sont ainsi<br />
concernés par le marché de la GLS, dont<br />
environ 40% sont aujourd’hui gérés par<br />
l’AIS. De plus, nous assurons la gestion de<br />
200 logements étatiques, qui ne tombent<br />
pas sous le champ d’application de la GLS.<br />
Au fil des années, l’AIS a été rejointe<br />
progressivement par une trentaine d’autres<br />
acteurs aujourd’hui tous conventionnés<br />
par le ministère du Logement. Certaines<br />
communes s’occupent de ce volet ellesmêmes,<br />
mais la moitié d’entre-elles<br />
travaillent avec l’AIS, cela dépend de la<br />
politique communale.<br />
Comment voyez-vous l’avenir de la<br />
gestion locative sociale au Luxembourg?<br />
La gestion locative sociale est aujourd’hui<br />
vue comme un tremplin pour retourner sur<br />
le premier marché immobilier. Ce système<br />
fonctionne très bien. Nous restons malgré<br />
tout confrontés à des problèmes d’ordre<br />
conjoncturel car les prix de l’immobilier<br />
s’envolent. En effet, nous travaillons avec<br />
des personnes vulnérables qui n’auront<br />
pas forcément les moyens financiers pour<br />
atteindre le premier marché immobilier.<br />
C’est pourquoi il faut amener de nouvelles<br />
solutions comme nous le faisons avec<br />
Abitatio qui est notre département dédié à<br />
la promotion immobilière sociale.<br />
Selon moi, l’État devrait se pencher sur la<br />
construction de logements sociaux locatifs<br />
pour faire face à cette problématique.<br />
La gestion locative sociale n’est, et<br />
restera, qu’une solution transitoire pour<br />
accompagner les ménages à revenus plus<br />
modestes et pour faciliter l’inclusion<br />
sociale. n<br />
Agence Immobilière Sociale<br />
202b, rue de Hamm<br />
L-1713 Luxembourg<br />
www.ais.lu
84 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
BRÈVES COMMUNALES – NORD<br />
PAR PIERRE BIRCK<br />
WEISWAMPACH<br />
La commune recherche des agents<br />
recenseurs. Suite au report du<br />
recensement général de la population,<br />
les inscriptions peuvent être<br />
introduites jusqu’au 30 juin 2021.<br />
L’âge minimum a été réduit à 16<br />
ans. Les montants minimaux alloués<br />
seront les suivants: 25 euros pour la<br />
participation à la séance de formation,<br />
1 euro par immeuble recensé, 2 euros<br />
par logement recensé.<br />
<br />
Source: weiswampach.lu<br />
PUTSCHEID<br />
L’administration communale met<br />
en vente huit places à bâtir dans<br />
un nouveau lotissement dénommé<br />
«Kiert» dans la rue de Wahlhausen à<br />
Merscheid au prix de 36.000 euros<br />
l’are. Dans une première phase<br />
d’attribution qui s’est terminée le<br />
31 mai, les lots seront attribués aux<br />
parties intéressées remplissant les<br />
critères spéciaux définis dans le<br />
cahier des charges.<br />
<br />
Source: putscheid.lu<br />
ESCH-SUR-SÛRE<br />
La campagne «Change the Future» a<br />
été mise en place par l’Alliance pour<br />
le climat. L’administration communale<br />
d’Esch-sur-Sûre y participe. L’objectif<br />
est de promouvoir les initiatives qui<br />
contribuent à l’environnement où à<br />
l’amélioration de la vie quotidienne.<br />
Il s’agit de choisir des activités à<br />
compléter et commencer à accumuler<br />
des “Points de changement”, que ce<br />
soit en tant qu’individu ou en équipe<br />
(voisins, famille, collègues ou amis). La<br />
campagne convient aussi parfaitement<br />
aux écoles et entreprises.<br />
<br />
Source: esch-sur-sure.lu<br />
DIEKIRCH<br />
Une partie de l’histoire de Diekirch,<br />
mais aussi du Luxembourg, s’en<br />
est allée dans la nuit du 18 avril.<br />
Un incendie a eu lieu sur le site de<br />
l’ancienne brasserie. Le drame n’a pas<br />
fait de victime. La piste de l’incendie<br />
criminel n’est pas écartée.<br />
<br />
Source: diekirch.lu<br />
<br />
WILTZ<br />
La première édition du nouveau magazine bilingue (allemand<br />
et français) de la commune de Wiltz, «De Jan», est parue au<br />
mois d’avril et a été distribuée à tous les ménages du territoire<br />
communal. Celle-ci s’intéresse notamment aux projets de<br />
budget 2021, à l’extension de l’école «Schoulkauz» ou encore<br />
à la rénovation de l’Hôtel de Ville. Le nom du magazine fait<br />
référence au «Grof Jan», le comte populaire qui fit construire le<br />
Château de Wiltz en 1631. «De Jan» est également disponible<br />
en version numérique.<br />
<br />
Source: wiltz.lu<br />
CLERVAUX<br />
La «Lauschtour» est une visite audio-guidée de la ville de<br />
Clervaux. Il est ainsi possible de découvrir le château comtal,<br />
la bataille des Ardennes ou l’exposition photographique «The<br />
Family of Man» à l’aide de son smartphone. Les contenus<br />
audios démarrent automatiquement avec l’activation GPS.<br />
Il suffit de télécharger l’application «Lauschtour». La visite<br />
commence dans la vieille ville.<br />
<br />
Source: clervaux.lu<br />
DIEKIRCH<br />
Le collège des bourgmestre et échevins tient à informer ses<br />
citoyens que les caméras installées depuis peu sur les panneaux<br />
de signalisation à Diekirch servent au comptage des voitures<br />
que le bureau d’études Schroeder & Associés SA est en train<br />
d’exécuter pour l’Administration des Ponts et Chaussées.<br />
<br />
Source: diekirch.lu<br />
Jean-Pol GRANDMONT, CC BY-SA 3.0 LU, via Wikimedia Commons<br />
WINCRANGE<br />
Afin de garantir davantage de sécurité<br />
au sein de ses localités, la commune<br />
de Wincrange a introduit des zones<br />
à 30 km/h sur certains tronçons. Les<br />
travaux relatifs à ce projet seront<br />
finalisés en juin de cette année.<br />
<br />
Source: wincrange.lu<br />
PARC HOSINGEN<br />
La commune offre gratuitement dix<br />
ampoules LED E27 à ses citoyens<br />
grâce au programme enoprimes<br />
d’Enovos. Ces ampoules permettent<br />
d’effectuer des économies d’énergie.<br />
Le retrait des kits de LED se fait<br />
uniquement sur rendez-vous: du<br />
1 er avril au 31 septembre 2021.<br />
<br />
Source: hosingen.lu<br />
ETTELBRUCK<br />
Les taxes de stationnement ont changé<br />
depuis le 1 er avril. Le parking Deich est<br />
aujourd’hui payant, tout comme le secteur<br />
«disque» de la rue de Burden et de la rue<br />
de Welscheid jusqu’à hauteur de la rue<br />
Bourschterbach. Les zones de parking<br />
résidentiel ont également été adaptées.<br />
Le plan et les tarifs sont disponibles sur le<br />
site internet de la commune.<br />
<br />
Source: ettelbruck.lu<br />
SCHIEREN<br />
Le collège échevinal, en collaboration<br />
avec le Tennis-Club Schieren, a décidé<br />
de mettre en location la buvette<br />
du club pour y installer un caférestaurant.<br />
L’objectif de cette initiative<br />
consiste à créer un lieu de rencontre<br />
convivial pour répondre aux besoins<br />
des membres du club mais aussi des<br />
habitants de la commune et alentours.<br />
<br />
Source: schieren.lu<br />
WAHL<br />
La commune participe aux semaines<br />
Fairtrade organisées chaque année<br />
par l’ONG Fairtrade Luxembourg.<br />
L’objectif est de créer un monde plus<br />
équitable envers les producteurs et<br />
travailleurs du Sud en choisissant des<br />
produits certifiés lors des achats de<br />
tout un chacun.<br />
<br />
Source: wahl.lu
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86 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
DÉVELOPPEMENT DURABLE<br />
Économie circulaire<br />
et bâtiment:<br />
une transition incontournable<br />
Lentement, une révolution s’opère. À mesure que les ressources naturelles s’amenuisent et<br />
que l’environnement se dégrade, nuisant au passage à la santé publique et au bien-être des êtres<br />
humains, le secteur de la construction s’engage sur la voie de la transition. Jérémy Van Leeuwen<br />
et Elise Rein, respectivement ingénieur énergétique et Team Manager du «Pôle Sud», le service<br />
de Betic Ingénieurs-Conseils dédié à la conception durable, évoquent les domaines d’expertise<br />
dans lesquels ils se sont spécialisés pour accompagner ce changement de paradigme.<br />
Elise Rein et Jérémy Van Leeuwen
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
87<br />
Quels sont les aspects à considérer pour<br />
créer des bâtiments ayant un impact<br />
positif sur l’environnement mais aussi<br />
sur le bien-être, le confort et la santé de<br />
leurs occupants?<br />
ER: Dans la construction, contrairement<br />
aux aspects liés à l’efficacité énergétique des<br />
bâtiments, les facteurs environnementaux ont<br />
longtemps échappé à toute considération,<br />
tout comme ceux liés à la santé ou encore au<br />
bien-être des occupants. Mais aujourd’hui,<br />
ces derniers prennent clairement une place<br />
prépondérante dans les projets. Jusqu’à<br />
présent, on ne se souciait guère que des<br />
économies d’énergie, c’est-à-dire de la<br />
consommation énergétique des bâtiments.<br />
Désormais, de nouvelles questions se<br />
posent, notamment en raison de la crise<br />
environnementale mais aussi de la crise<br />
sanitaire actuelle, et nous cherchons donc<br />
à agir sur d’autres paramètres comme la<br />
consommation d’eau, la qualité de l’air<br />
intérieur ou le confort acoustique des<br />
occupants. La crise sanitaire a souligné<br />
l’importance de ces deux derniers éléments.<br />
Confinés dans nos intérieurs, nous<br />
sommes forcément plus sensibles à une<br />
bonne acoustique ainsi qu’à une bonne<br />
qualité de l’air, pas seulement en termes<br />
de concentration du virus, mais aussi de<br />
polluants. Nous sommes sans conteste dans<br />
une période de transition, où nos manières<br />
de penser changent. Jusqu’alors, nous produisions<br />
des biens, les utilisions, puis nous nous<br />
en débarrassions. Aujourd’hui, nous sommes<br />
conscients que les ressources dont nous<br />
disposons sur Terre ne sont pas illimitées.<br />
C’est pourquoi nous basculons d’une logique<br />
linéaire à une approche circulaire et durable.<br />
JVL: Cela fait effectivement quatre ans<br />
qu’ont été initiés des programmes qui<br />
permettent de prendre en compte, aux côtés<br />
des aspects énergétiques, des éléments plutôt<br />
environnementaux, notamment en ce qui<br />
concerne les matériaux de construction.<br />
Plus leur incidence environnementale sera<br />
faible et leur production peu énergivore,<br />
plus ceux-ci permettront de diminuer<br />
l’empreinte écologique du secteur. La façon<br />
de les mettre en œuvre rentre également en<br />
jeu. En réfléchissant dès la construction au<br />
démontage et à la séparabilité des différents<br />
matériaux en fin de vie du bâtiment, une<br />
réintroduction dans leur cycle de production<br />
est donc possible. On privilégiera par exemple<br />
les fixations mécaniques et l’utilisation de<br />
matériaux écologiques et renouvelables.<br />
Ces derniers sont également plus sains, et<br />
préservent la santé des occupants et des<br />
travailleurs du secteur de la construction.<br />
“Nous basculons<br />
d’une logique<br />
linéaire à une<br />
approche circulaire<br />
et durable”<br />
Il existe diverses possibilités de subvention<br />
et de certification qui encouragent<br />
les maitres d’ouvrage et maitres d’œuvre<br />
à construire plus sainement, aussi bien<br />
pour l’environnement que pour les<br />
occupants. Quelles sont-elles?<br />
JVL: Les subventions et certifications<br />
concernent aussi bien les rénovations<br />
énergétiques – qui représentent le plus grand<br />
potentiel d’économie – que les constructions<br />
neuves. Pour les logements, l’État a déployé<br />
un programme d’aides, dit PRIMe House,<br />
qui permet d’encourager la rénovation<br />
énergétique durable des habitations existantes<br />
et de soutenir les nouvelles constructions<br />
durables. De plus, la certification Lenoz a<br />
été introduite pour amorcer la transition vers<br />
des bâtiments durables. Elle sert en outre de<br />
base afin de fixer certains critères essentiels<br />
à l’obtention des aides étatiques dans les<br />
bâtiments neufs. D’autres types d’aides<br />
sont directement adressées aux communes<br />
via le Fonds Climat et Énergie. Elles leur<br />
permettent de soutenir les projets en matière<br />
d’efficacité énergétique et de promotion des<br />
énergies nouvelles et renouvelables. Du côté<br />
des entreprises, l’obtention d’une prime ou<br />
d’une certification relève plutôt de démarches<br />
volontaires dans le cadre d’audits pour<br />
améliorer leur processus ou l’utilisation de<br />
leurs outils.<br />
ER: En ce qui concerne le confort, le<br />
bien-être et la santé des occupants d’un<br />
bâtiment, la certification WELL peut être<br />
considérée comme la référence, bien qu’elle<br />
ne commence seulement qu’à s’implanter en<br />
Europe. Avec l’appui du groupe VK Architects<br />
& Engineers, dont nous faisons partie et qui<br />
comprend bon nombre de spécialistes en<br />
la matière, nous entendons bien acquérir<br />
l’expertise nécessaire pour offrir aux maitres<br />
d’ouvrage luxembourgeois une approche<br />
globale de la santé et du bien-être dans les<br />
bâtiments, notamment via cette certification.<br />
J’ai le sentiment qu’elle devrait véritablement<br />
être développée au Luxembourg (où les<br />
critères de qualité exigés dans la construction<br />
sont très élevés) car c’est un excellent moyen<br />
de promouvoir un bâtiment respectueux du<br />
bien-être et de la santé de ses occupants.<br />
Malgré ces encouragements, quels sont<br />
les principaux freins à la réalisation de<br />
tels projets?<br />
JVL: Dans certains cas, cela peut être des<br />
coûts qui se révèleraient plus importants.<br />
Dans cette période de transition que nous<br />
vivons, le marché de la construction durable<br />
n’est pas encore assez développé. Il faut<br />
revoir nos façons de penser nos bâtiments en<br />
tentant d’éviter certains coûts superflus pour<br />
consacrer une partie du budget à des postes<br />
liés au bien-être, à la santé ou encore à la<br />
fonctionnalité. Il peut également y avoir des<br />
freins techniques, soit parce que les nouveaux<br />
procédés n’ont pas encore totalement fait<br />
leurs preuves, soit parce que certaines<br />
expertises doivent encore être développées.<br />
ER: Il arrive en effet que les maitres d’œuvre<br />
manquent d’expertise pour valider certains<br />
concepts novateurs. La construction en bois<br />
est une excellente alternative pour construire<br />
durablement mais l’un des principaux freins
88 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
DÉVELOPPEMENT DURABLE<br />
à ce type de projet au Luxembourg est la<br />
sécurité incendie. En effet, les limitations qui<br />
sont imposées sont en réalité calibrées pour<br />
les constructions en béton. Or, aujourd’hui,<br />
nous manquons d’experts locaux capables de<br />
certifier la résistance au feu d’un bâtiment en<br />
bois. À nouveau, notre intégration au groupe<br />
VK, qui possède un service d’experts incendie,<br />
devrait nous permettre de combler cette<br />
lacune en offrant, à terme, ce savoir-faire sur<br />
le marché luxembourgeois. Ce n’est qu’un<br />
exemple parmi d’autres car plusieurs domaines<br />
d’expertise sont relativement sous-représentés<br />
au Grand-Duché en raison de la taille du<br />
marché.<br />
Votre équipe «Pôle Sud» est justement<br />
dédiée à la conception durable. Quelles<br />
sont les missions et les expertises<br />
spécifiques de ce service?<br />
ER: Nous avons créé le «Pôle Sud» il y a<br />
quelques années seulement, justement pour<br />
développer tous les métiers qui accompagnent<br />
cette transition de pensée. Notre<br />
cœur de métier était l’ingénierie technique<br />
et, par conséquent, toutes les compétences<br />
liées à l’environnement, aux économies<br />
d’énergie ou à la qualité des matériaux de<br />
construction, étaient disséminées auprès de<br />
différents membres du bureau. Nous avons<br />
décidé de les centraliser au sein d’une équipe<br />
spécifique afin de nous perfectionner dans<br />
ces domaines. Initialement, le «Pôle Sud»<br />
était spécialisé dans la certification de la<br />
performance énergétique des bâtiments puis<br />
a étendu ses activités en accompagnant les<br />
maitres d’ouvrage dans leurs démarches de<br />
demande de subsides, dans le développement<br />
de concepts énergétiques innovants<br />
qui maximisent le recours aux énergies<br />
renouvelables ou encore dans la réalisation<br />
de simulations thermiques dynamiques<br />
permettant de vérifier et d’optimiser le<br />
confort. En parallèle, nous nous sommes<br />
intéressés à la physique du bâtiment et au<br />
traitement des nœuds constructifs, ainsi<br />
qu’à l’accompagnement pour construire<br />
de manière plus durable. Enfin, le «Pôle<br />
Sud» accompagne les maitres d’ouvrage<br />
dans l’élaboration des dossiers commodoincommodo,<br />
qui traitent de tous les aspects<br />
qui ont un impact sur la sécurité des<br />
occupants et/ou sur l’environnement.<br />
JVL: L’équipe a également la charge des<br />
audits énergétiques, principalement pour les<br />
bâtiments fonctionnels ou industriels. Nous<br />
travaillons par exemple à l’amélioration des<br />
systèmes de filtration des piscines de Mamer,<br />
du Limpersberg et d’Esch-sur-Alzette.<br />
L’objectif est de proposer des solutions qui<br />
permettent de réduire la consommation d’eau<br />
dans le processus de contre-lavage des filtres.<br />
L’idée, lorsque nous accompagnons un client<br />
qui possède un large parc immobilier, comme<br />
une commune, est de l’aider à déterminer<br />
où intervenir en priorité pour obtenir<br />
rapidement les résultats les plus significatifs.<br />
Quand et comment l’équipe «Pôle Sud»<br />
intervient-elle?<br />
ER: Dans le cas d’un bâtiment neuf qui se<br />
voudrait innovant, notre équipe prendra part<br />
au projet dès le début de la phase d’étude.<br />
Cette intervention précoce est essentielle au<br />
développement d’un concept novateur car<br />
bon nombre de choix doivent être arrêtés<br />
très tôt et acceptés par l’ensemble des<br />
acteurs du projet. Il est très important que<br />
ceux-ci soient conscientisés aux objectifs<br />
écologiques qui sont fixés et comprennent<br />
le bien-fondé de chaque décision. Ensuite,<br />
durant l’exécution du projet et jusqu’à la<br />
fin de celui-ci, nous vérifions que tout ait<br />
été réalisé comme convenu. Lorsqu’elle<br />
intervient sur des bâtiments existants, notre<br />
équipe cherche à exploiter au mieux ce qui<br />
a déjà été construit pour ne pas avoir à bâtir<br />
du neuf. Ce serait la solution de facilité qui<br />
nous ramènerait à la logique de l’économie<br />
linéaire que nous tentons d’abandonner! n<br />
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MAI / JUIN 2021<br />
DÉVELOPPEMENT DURABLE<br />
Et la lumière fit…<br />
Avantag Energy!<br />
Au milieu du printemps d’une année économiquement difficile pour nombre d’entreprises<br />
et sociétés au Grand-Duché comme dans le monde entier, nous sommes allés à la rencontre<br />
du jeune et visionnaire assistant de direction d’Avantag Energy, Philipp Rass. Le fils d’Uli<br />
Rass, co-fondateur et dirigeant de cette société florissante spécialisée dans les installations<br />
photovoltaïques, fait un bref tour d’horizon et nous livre son point de vue.<br />
Quels sont vos projets en cours et à<br />
venir au Luxembourg et en Allemagne?<br />
Avantag Energy a récemment mis en œuvre<br />
un projet à Sanem en faveur de la société<br />
autrichienne Kronospan. C’est là-bas que<br />
nous avons construit le plus grand système<br />
photovoltaïque sur toiture du Luxembourg<br />
pour alimenter le réseau local avec près de<br />
5 mégawatts crête (MWc). Depuis janvier<br />
2021, tout fonctionne parfaitement au<br />
quotidien. Nous avons également prévu<br />
de construire prochainement une structure<br />
encore plus conséquente pouvant atteindre<br />
9,5 MWc dans la région de Munich.<br />
Quels obstacles votre entreprise a-t-elle<br />
rencontrés dans ce contexte de crise<br />
sanitaire?<br />
Nous avons eu la chance de sentir faiblement<br />
cette crise. La plupart de nos clients<br />
venant de la logistique, cette industrie<br />
a plutôt bénéficié de la crise. Grâce à<br />
l’explosion des commandes «en ligne»,<br />
de nombreux hangars logistiques ont vu<br />
le jour. Évidemment, lorsque nos clients<br />
se portent bien, nous allons généralement<br />
bien aussi. Cependant, nous constatons<br />
une augmentation significative des prix<br />
des matières premières telles que l’acier, le<br />
cuivre, l’aluminium, le silicium, etc. Bien<br />
entendu, cela entraîne une augmentation<br />
de nos prix d’achat. Notre marché n’a pas<br />
encore été durement touché mais il est clair<br />
que tôt ou tard, il faudra se montrer plus<br />
créatif pour affronter de telles situations.<br />
Une installation photovoltaïque est essentiellement<br />
un produit d’investissement,<br />
or si les coûts augmentent, le retour sur<br />
investissement diminue pour le consommateur<br />
final. Cela va devenir un risque à<br />
intégrer à l’avenir. Tôt ou tard, la hausse<br />
des prix réduira la demande dans divers<br />
segments. Ceci dit, nous vivons une époque<br />
passionnante.<br />
De quelles pénuries souffrez-vous exactement?<br />
À l’heure actuelle, nous assistons à<br />
une pénurie de matières premières sur<br />
l’ensemble du marché mondial, et qui<br />
prédomine pour un large éventail de<br />
produits bruts. Par conséquent, ces<br />
matières premières et les produits en étant<br />
issus deviennent à la fois plus onéreux et<br />
moins disponibles. Cela peut concerner par<br />
exemple les modules solaires et les sousstructures<br />
nécessaires à leur installation<br />
sur les toits, ou encore de simples câbles<br />
servant aux installations photovoltaïques.<br />
“Une installation<br />
photovoltaïque<br />
est essentiellement<br />
un produit<br />
d’investissement”<br />
Comme nous avons la chance de pouvoir<br />
travailler sur le long terme avec nos<br />
fournisseurs et d’avoir conclu des contrats<br />
d’approvisionnement à longue échéance, ces<br />
pénuries et difficultés d’approvisionnement<br />
ne nous ont guère affectés jusqu’à présent.<br />
De plus, nous avons prévu des solutions de<br />
précaution, notamment en constituant des<br />
stocks. Néanmoins, la situation actuelle<br />
complique notre planification et nous met<br />
au défi de trouver une issue adéquate à<br />
l’évolution du marché. Ceci étant, cette<br />
tendance va s’inverser à moyen terme et le<br />
marché se normalisera à nouveau.<br />
Dans l’ensemble, on peut quand même<br />
continuer à observer un nombre important<br />
et grandissant d’investisseurs (par rapport<br />
aux projets) désireux d’investir dans<br />
notre domaine d’activité. Or, si autant<br />
d’investisseurs se pressent autour d’un<br />
produit ou d’un marché, c’est toujours le<br />
signe qu’il y a des rendements attractifs et<br />
des avancées utiles à concrétiser. Et le fait<br />
qu’il y ait beaucoup plus d’investisseurs<br />
que de projets est bien sûr un élément<br />
prépondérant pour notre développement.<br />
Voir autant d’entreprises installer des<br />
systèmes photovoltaïques ou simplement<br />
y investir elles-mêmes indique que nous<br />
sommes sur la voie de la réussite dans le<br />
domaine de l’énergie durable.<br />
Les gestes barrières et la flexibilité font<br />
également partie de votre quotidien?<br />
Nous nous sommes normalement conformés<br />
à diverses mesures. Actuellement,<br />
80% du personnel travaillent à domicile ou<br />
à l’extérieur, directement sur les chantiers.<br />
Nos locaux étant bien répartis à la base,<br />
nous avons pu largement réduire le niveau<br />
de présence sur place et encourager le<br />
travail à domicile. Nous avons également<br />
commandé des tests rapides pour nos<br />
employés permettant à chacun de se faire<br />
tester une ou deux fois par semaine après<br />
être arrivé au bureau.<br />
Quid de la rentabilité d’un tel secteur en<br />
termes de luminosité et d’ensoleillement<br />
dans cette partie de l’Europe septentrionale?<br />
Sans équivoque, c’est un secteur qui en vaut<br />
absolument la peine, surtout pendant l’été,<br />
où l’on produit naturellement davantage<br />
d’énergie et d’électricité. Dès lors, suivant<br />
la taille de l’installation photovoltaïque et la<br />
consommation d’électricité de l’entreprise<br />
pendant la saison chaude, une grande partie<br />
de l’électricité produite peut souvent être<br />
autoconsommée. Du reste, même en hiver<br />
et malgré un ensoleillement moindre, les<br />
clients peuvent pratiquement toujours<br />
utiliser leur propre électricité. Pour bon
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
91<br />
nombre d’entreprises, c’est avec un soleil<br />
au zénith que l’on produit un maximum<br />
d’énergie, mais que la demande énergétique<br />
s’accroît également. Ensuite, on peut assez<br />
bien adapter l’un et l’autre.<br />
En outre, on peut implémenter différents<br />
modèles, allant de l’alimentation intégrale<br />
en courant à l’autoconsommation en passant<br />
par la fourniture directe d’électricité.<br />
Philipp Rass<br />
Nous n’essayons pas de construire «la<br />
plus grande structure possible» mais<br />
nous envisageons plutôt avec le client<br />
le gabarit d’installation photovoltaïque<br />
idéal. Ce sur quoi peuvent influer des<br />
contraintes réglementaires ou encore<br />
l’optimisation de l’autoconsommation.<br />
En Allemagne, l’avantage économique<br />
d’une installation photovoltaïque dépend<br />
beaucoup de l’autoconsommation, alors<br />
qu’au Luxembourg, le modèle le plus<br />
économique repose en règle générale sur<br />
une alimentation complète en courant.<br />
Par conséquent, au Grand-Duché, on<br />
s’oriente généralement par rapport à la<br />
réglementation juridique encadrant la<br />
production d’électricité et sa tarification<br />
de rachat. S’agissant de la durée<br />
d’amortissement, je l’estime pour ma<br />
part dans une fourchette de six à huit ans<br />
en moyenne. Mais cet intervalle dépend<br />
beaucoup des variations conjoncturelles.<br />
Avantag Energy a-t-elle des vues sur<br />
les pays voisins, voire des perspectives<br />
d’expansion dans le monde?<br />
Un projet en Belgique est d’actualité mais<br />
nous sommes encore dans l’expectative.<br />
À long terme, cela deviendra certainement<br />
un marché annexe intéressant. Bien entendu,<br />
nous nous concentrons principalement<br />
sur l’Europe où l’engouement pour les<br />
systèmes photovoltaïques va crescendo.<br />
En Afrique, entre autres, d’autres modèles<br />
préfigurent probablement mais c’est<br />
trop loin pour nous. Très bientôt, nous<br />
allons certainement élaborer un projet en<br />
Suisse. De même, les Pays-Bas s’avèrent<br />
être un marché assez attrayant. En outre,<br />
nous sommes actuellement en lice pour<br />
un important appel d’offres en Pologne<br />
car l’un de nos clients est dans l’optique<br />
de construire une usine dans ce pays. La<br />
République tchèque et la Hongrie sont<br />
d’autres options. n<br />
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MAI / JUIN 2021<br />
DÉVELOPPEMENT DURABLE<br />
L’enjeu majeur<br />
de la neutralité carbone<br />
Créée en 1930 à Differdange, Wako s’impose aujourd’hui comme une société phare dans le<br />
domaine de la fabrication et l’installation de portes, fenêtres, châssis et volets dans le paysage<br />
économique du Grand-Duché. En mettant en place un plan d’action ambitieux en faveur du développement<br />
durable, Wako s’engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre et son impact<br />
environnemental. Patrick de Briey, administrateur délégué et responsable RSE, nous en dit plus.<br />
Quelles sont les solutions proposées par<br />
Wako?<br />
Notre société est active dans la fermeture de<br />
bâtiments, à savoir la fabrication et la pose<br />
de fenêtres, portes, stores et volets. Si nous<br />
travaillons avec des produits haut de gamme<br />
qui offrent une isolation de qualité, celleci<br />
ne sera optimale et efficace que si elle est<br />
accompagnée d’un savoir-faire lié à un montage<br />
de qualité. Le meilleur châssis qui soit, s’il est<br />
mal posé, n’atteindra jamais les performances<br />
d’isolation thermique et acoustique voulues.<br />
C’est d’autant plus important que, depuis 2017<br />
et selon les réglementations en vigueur, toutes<br />
les nouvelles constructions au Luxembourg<br />
doivent répondre à des normes très strictes<br />
afin de pouvoir obtenir «l’Energiepass». Nous<br />
mettons donc tout en place afin d’atteindre<br />
l’excellence dans la mise en œuvre des produits<br />
que nous fabriquonss et commercialisons.<br />
Toujours en matière d’isolation, faisant appel<br />
aux dernières technologies en matière de<br />
domotique, nous proposons des solutions<br />
innovantes en matière de stores intelligents<br />
qui permettent de réduire la surchauffe des<br />
pièces en fonction de la luminosité et de<br />
l’exposition solaire des fenêtres. Cela entre<br />
parfaitement dans le calcul de la performance<br />
énergétique du bâtiment et évite, par exemple,<br />
une surutilisation de la climatisation lors de<br />
périodes de fortes chaleurs.<br />
Ces solutions répondent ainsi à trois objectifs<br />
majeurs que nous nous sommes fixés: réduire<br />
la facture énergétique de nos clients, leur<br />
faire bénéficier des dernières technologies<br />
pour améliorer leur confort de vie et enfin<br />
proposer des fenêtres qui optimisent l’apport<br />
de lumière dans les espaces de vie.<br />
Comment parvenez-vous à réduire votre<br />
empreinte carbone?<br />
Chaque année nous produisons 40.000 portes<br />
et fenêtres PVC et aluminium sur nos sites<br />
de Gembloux en Belgique et Rédange au<br />
Luxembourg. Grâce à leurs propriétés de<br />
haute isolation thermique, leur installation<br />
participe de facto grandement à la réduction<br />
des gaz à effet de serre. Mais il s’agit là de<br />
l’empreinte carbone de nos clients.<br />
Dès 2015, Wako a entamé un processus<br />
visant à obtenir le label ESR délivré par<br />
l’INDR (Institut National pour le Développement<br />
durable et la RSE www.indr.lu).<br />
Deux ans de réflexions et de structuration au<br />
sein de l’entreprise nous ont permis de définir<br />
des priorités afin de réduire l’empreinte<br />
écologique liée à nos activités. Nous avons<br />
donc mandaté en 2017 la société CO 2<br />
Strategy<br />
afin qu’elle réalise deux bilans carbone selon<br />
les principes les plus ambitieux définis par<br />
le «Green House Gas Protocol» à savoir le<br />
«Scope 3» . Celui-ci reprend dans ses calculs<br />
toutes les émissions directes et indirectes<br />
de notre entreprise, de la combustion des<br />
énergies fossiles à la consommation d’énergie<br />
en passant par la fabrication des produits, les<br />
trajets du personnel et des clients pour finir<br />
avec le transport des marchandises.<br />
Cette démarche se devait d’être le travail de<br />
toute une équipe, raison pour laquelle nous<br />
avons organisé un brainstorming avec tous<br />
nos collaborateurs. Remplacer l’éclairage par<br />
des LED, miser sur le covoiturage, optimiser<br />
la gestion des déchets grâce au partenariat<br />
avec la SuperDrecksKëscht, installer des<br />
panneaux photovoltaïques sur les toits de tous<br />
nos bâtiments, basculer vers l’électromobilité,<br />
éviter l’utilisation des plastiques à usage<br />
unique,… sont autant d’actions qui ont été<br />
définies et mises en œuvre tous ensemble pour<br />
réduire nos émissions. Les résultats de 2020<br />
prouvent que nos efforts ont été récompensés<br />
car nous avons réussi à réduire notre empreinte<br />
carbone de 20% par rapport à 2018.<br />
Comment compenser les émissions qui<br />
sont inhérentes à vos activités industrielles<br />
et commerciales?<br />
Afin d’atteindre la neutralité carbone fin<br />
2020, nous avons donc décidé de compenser<br />
les émissions de CO 2<br />
que nous n’avons pas<br />
réussi à réduire. Cette compensation passe par<br />
des investissements dans des projets de «puits<br />
carbone» tels que des actions de reforestation.<br />
Nous avons donc pris nos responsabilités<br />
en contribuant au projet de Graine de Vie<br />
sur l’île de Madagascar. Cette asbl belgoluxembourgeoise<br />
est active en Afrique depuis<br />
2009 et a progressivement étendu ses activités<br />
de reforestation au Bénin, au Togo et au<br />
Cameroun. Grâce à son dynamisme, près de<br />
35 millions d’arbres de 131 espèces ont été<br />
plantés depuis la création de l’ONG.<br />
En 2015, l’intervention de Wako a permis<br />
de planter 20.000 arbres. L’an dernier, nous<br />
avons atteint 140.000 arbres. Cela représente<br />
les 80% que nous n’avons pas pu réduire. En<br />
5 ans, Wako et ses partenaires ont ainsi permis<br />
à l’ONG de planter pas moins de 260.000<br />
arbres dans le nord-est de l’île de Madagascar!<br />
Un dernier mot sur l’obtention du prix du<br />
Progrès économique et durable décerné<br />
par la Fondation Weicker?<br />
Cette récompense légitime notre action et<br />
prouve que notre stratégie RSE, développée<br />
depuis plusieurs années, est payante et nous<br />
a permis d’atteindre la neutralité carbone<br />
sur base du scope le plus large. Des clients<br />
à nos collaborateurs en passant par nos<br />
fournisseurs, c’est toute la communauté qui<br />
tourne autour de Wako qui a collaboré —<br />
chacun à sa manière — pour atteindre ce défi<br />
que nous nous sommes lancé. À travers nos<br />
actions, et en toute humilité, nous voulons<br />
démontrer que l’avenir de notre planète est<br />
l’affaire de tout un chacun. Aujourd’hui, les<br />
entreprises jouent un rôle essentiel dans la<br />
lutte pour la réduction des émissions de gaz à<br />
effet de serre à travers des actions concrètes et<br />
en sensibilisant leur personnel. n<br />
Wako<br />
Z.A.C. Haneboesch II<br />
L-4563 Niederkorn<br />
www.wako.lu
Patrick de Briey
94 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
DÉVELOPPEMENT DURABLE<br />
Le biogaz,<br />
une énergie stratégique<br />
Dans l’inéluctable transition du linéaire au circulaire,<br />
la biométhanisation est le seul processus permettant de<br />
transformer les déchets agricoles et organiques en engrais<br />
écologique et en énergie verte. Pour lui tailler une place<br />
dans la bioéconomie et l’économie circulaire, il ne manque<br />
plus qu’une stratégie cohérente à l’échelle nationale. Xavier<br />
Maka, directeur de Naturgas Kielen, la centrale qui injecte<br />
du biométhane dans le réseau de gaz naturel luxembourgeois<br />
depuis dix ans déjà, analyse cette stratégie et évoque les<br />
projets de sa société.<br />
Une double approche…<br />
Le ministère de l’Énergie se penche actuellement<br />
sur le développement de sa future<br />
stratégie relative à la biométhanisation.<br />
Inspirée d’une étude réalisée par l’IFEU<br />
(Institut für Energie- und Umweltforschung<br />
Heidelberg), un institut allemand<br />
indépendant à but non lucratif dédié à<br />
l’écologie, la stratégie gouvernementale<br />
devrait promouvoir le recours aux déchets<br />
agricoles dans les nouvelles centrales de<br />
biogaz. «L’objectif du gouvernement<br />
grand-ducal serait de méthaniser 50% du<br />
volume de fumier et de lisier disponible<br />
au Luxembourg (contre environ 12%<br />
Xavier Maka
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
95<br />
actuellement). En plus d’augmenter la<br />
production de biogaz, cette stratégie<br />
permettrait d’accroître le volume de<br />
matières agricoles transformées en digestat.<br />
Utilisé comme engrais en lieu et place<br />
du fumier et du lisier, celui-ci diminue le<br />
risque de pollution des sols et des nappes<br />
phréatiques et contribue à la réduction des<br />
émissions d’ammoniac. Pour atteindre cet<br />
objectif, le gouvernement entend alimenter<br />
les nouvelles centrales de biogaz par 90%<br />
de matières agricoles et 10% seulement de<br />
déchets organiques», explique Xavier Maka.<br />
Si la proportion semble étonnante, c’est que<br />
cette stratégie relative à la biométhanisation<br />
va de pair avec un plan anti-gaspillage visant<br />
la réduction des déchets organiques. Or, la<br />
population luxembourgeoise devrait croître<br />
jusqu’à atteindre le million d’habitants d’ici<br />
2030 ou 2035; une croissance démographique<br />
qui ne peut être sans incidence sur la masse<br />
d’ordures produite. «Le gouvernement<br />
estime qu’en luttant contre le gaspillage<br />
alimentaire la quantité de déchets future ne<br />
devrait pas excéder le volume actuel et que<br />
les installations de biogaz existantes, comme<br />
celle de Naturgas Kielen, auront la capacité<br />
nécessaire pour méthaniser les matières<br />
organiques restantes. Malheureusement, cela<br />
ne me paraît pas totalement réaliste. Le plan<br />
anti-gaspillage est une excellente mesure,<br />
mais les déchets organiques se maintiendront<br />
à un volume relativement important malgré<br />
tout. Aujourd’hui déjà, une partie de ceuxci<br />
quitte le Luxembourg pour être traitée<br />
à l’étranger. C’est pourquoi j’estime que la<br />
part qu’on leur réserve dans les nouvelles<br />
installations de biogaz est insuffisante. Des<br />
biométhaniseurs bien gérés, alimentés par<br />
des flux constants, contribueront à réduire<br />
les déchets, à augmenter la part de gaz vert<br />
et ainsi à diminuer l’empreinte carbone du<br />
pays. La biométhanisation fait donc partie<br />
de la solution, moyennant une stratégie<br />
gouvernementale claire, assumant le volume<br />
de déchets organiques réel», défend le<br />
directeur de Naturgas Kielen.<br />
“La biométhanisation<br />
fait partie<br />
de la solution,<br />
moyennant<br />
une stratégie<br />
gouvernementale<br />
claire, assumant<br />
le volume de déchets<br />
organiques réel”<br />
… pour atteindre un seul et même objectif<br />
Pour promouvoir la durabilité, le<br />
gouvernement multiplie donc plans et<br />
stratégies: ils portent sur l’économie<br />
circulaire, le zéro déchet, la lutte contre<br />
le gaspillage alimentaire ou encore les<br />
énergies renouvelables mais peu d’entre eux<br />
concernent l’ensemble des acteurs impliqués<br />
dans la transition écologique. «Je déplore le<br />
fait que le gouvernement n’ait pas la volonté<br />
de mettre tous les acteurs concernés autour<br />
d’une même table pour discuter ensemble<br />
d’une politique commune. Il serait temps que<br />
nous arrêtions de nous considérer comme<br />
des concurrents car nous travaillons tous<br />
pour atteindre le même objectif: améliorer<br />
l’empreinte écologique du pays. Certes,<br />
chacun doit trouver son compte, mais il nous<br />
faut pour cela une politique commune qui<br />
intègre l’ensemble de la filière des déchets, audelà<br />
de la fraction organique. Les filières de<br />
recyclage sont relativement bien organisées<br />
mais il est dommage que les plastiques soient<br />
encore recyclés à l’étranger car le transport<br />
génère un surplus d’émissions de gaz à effet<br />
de serre. Le Luxembourg n’est pas bien grand<br />
et disposerait de tous les atouts pour traiter<br />
ses ordures en autonomie totale. C’est un<br />
débat auquel tous les acteurs qui sont liés de<br />
près ou de loin au développement durable<br />
devraient participer. Malheureusement nous<br />
manquons d’une plateforme qui permettrait<br />
de rassembler aussi bien les collecteurs que<br />
les valorisateurs de déchets et les ministères<br />
de l’Énergie, de l’Environnement, de<br />
l’Agriculture et de l’Économie», regrette<br />
Xavier Maka.<br />
Booster la transition énergétique<br />
Le biogaz présente les mêmes propriétés<br />
que le gaz naturel et a donc pour avantage<br />
de convenir aux mêmes usages, à savoir<br />
la production de chaleur, de carburant ou<br />
d’électricité, avec des rendements divers.<br />
Bien que de nombreux projets de recherche<br />
entendent utiliser la biométhanisation<br />
pour réguler la production d’électricité<br />
renouvelable dans le bouquet énergétique,<br />
le rôle principal de la filière reste de réduire<br />
l’empreinte carbone en termes de chauffage.<br />
«Je ne recommande pas particulièrement<br />
l’utilisation du gaz vert en cogénération pour<br />
produire de l’électricité en raison des pertes<br />
engendrées. Il vaut mieux le maintenir sous<br />
forme gazeuse, soit comme carburant, soit<br />
comme mode de chauffage. Convertir le<br />
biométhane en hydrogène pour l’automobile<br />
n’est pas non plus la meilleure option<br />
car le processus génère beaucoup de CO 2<br />
(9,5 tonnes pour une 1 tonne d’hydrogène).<br />
A contrario, il serait possible d’utiliser de<br />
l’hydrogène vert pour amplifier la production<br />
de biométhane d’une installation. Nous<br />
étudions actuellement la faisabilité et la<br />
rentabilité d’un tel projet pour accroître la<br />
production de la centrale de Naturgas Kielen.<br />
Il est évident que si la quantité de biométhane<br />
injectée dans le réseau augmente, nous<br />
contribuerons encore davantage à limiter<br />
l’empreinte carbone du Luxembourg ainsi<br />
qu’à réduire sa dépendance énergétique envers<br />
les exportateurs de gaz naturel qui émettent<br />
énormément de CO 2<br />
», conclut Xavier Maka. n<br />
Naturgas Kielen<br />
B.P. 26<br />
Route N12<br />
L-8205 Kehlen<br />
www.naturgaskielen.lu
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MAI / JUIN 2021<br />
DÉVELOPPEMENT DURABLE<br />
Marinho Steel<br />
étend son offre<br />
Spécialisée dans le négoce de produits métallurgiques,<br />
Marinho Steel a fêté son douzième anniversaire cette année.<br />
Avec près d’une décennie d’expérience, Manuel Marinho,<br />
gérant de la société, tire un bilan positif de l’ensemble de<br />
son activité. L’entreprise ne compte pourtant pas s’arrêter<br />
là et souhaite étendre son offre de services en misant sur<br />
la construction modulaire et sur la sous-traitance de la<br />
fabrication de structures métalliques et de serrureries telles<br />
que garde-corps, escaliers,…<br />
Deux nouvelles offres…<br />
L’arrivée progressive des constructions<br />
modulaires a changé les approches de<br />
plusieurs domaines et notamment celui de la<br />
construction. «Nous sommes actuellement<br />
en train de développer ce service pour<br />
étendre nos activités et ces édifices<br />
s’inscrivent dans un principe qui prend de<br />
plus en plus d’ampleur: l’économie circulaire.<br />
Elles présentent plusieurs avantages.<br />
D’abord une construction modulaire coûte<br />
relativement moins cher qu’un bâtiment en<br />
construction traditionnelle. Puis, comme<br />
son nom l’indique, elle est complètement<br />
modulable, il est donc très facile de s’adapter<br />
en fonction des demandes, sans parler de la<br />
rapidité d’exécution et de montage. Enfin, le<br />
fait d’être entièrement démontable permet<br />
la réutilisation de tous ses matériaux et<br />
matières premières pour une installation<br />
future. En plus, nous constatons une<br />
augmentation de la demande concernant<br />
le modulable», explique Manuel Marinho,<br />
gérant de la société.<br />
Très souvent, ces ouvrages prennent la<br />
forme de conteneurs et ils restent idéaux<br />
pour les bâtiments qui doivent être réalisées<br />
très rapidement comme des baraquements<br />
de chantiers. «Ces structures clés en<br />
main peuvent également servir pour bâtir<br />
des crèches ou encore des écoles. Elles<br />
permettent de répondre à tous types de<br />
demandes».<br />
Manuel Marinho tient également à évoquer<br />
un second volet important qui contribuera<br />
au développement de son entreprise: la<br />
sous-traitance et fabrication de structures<br />
métalliques et de serrureries telles que<br />
des garde-corps etc. Cette activité a déjà<br />
pris forme sur le terrain puisque la société<br />
spécialisée dans le négoce de produits<br />
métallurgiques a déjà réalisé des projets de<br />
grande envergure au Luxembourg.<br />
…et des activités historiques renforcées<br />
Ces deux nouvelles activités reposent<br />
sur l’acier, une matière première qui se<br />
retrouve presque dans tous les produits<br />
du quotidien. «Un fauteuil de bureau, un<br />
caddie de supermarché, un ascenseur, la<br />
structure d’un bâtiment, un panneau de<br />
signalisation,… tout est en acier et ces<br />
biens matériels sont pour beaucoup issus<br />
de produits que nous vendons», indique<br />
Manuel Marinho. Mais les extensions de son<br />
offre n’ont été possibles qu’en renforçant<br />
ses activités traditionnelles, dans un marché<br />
à la fois local mais qui a réussi à s’étendre<br />
et à s’implanter à l’échelle européenne: de<br />
la France à l’Angleterre en passant par le
Portugal, les pays nordiques, la Suisse ou<br />
encore l’Espagne. «Nos avantages et notre<br />
ligne de conduite? Offrir les meilleurs<br />
services aux professionnels, cela au meilleur<br />
prix et dans les meilleurs délais», résume<br />
Manuel Marinho.<br />
Ses principaux produits se déclinent sous<br />
trois formes. D’abord, les tubes en acier,<br />
qui sont très souvent utilisés dans les<br />
constructions et l’architecture, puisqu’ils<br />
s’adaptent à quasiment tous les domaines…<br />
pêle-mêle: sécurité dans les bâtiments,<br />
machines agricoles, éclairage public ou<br />
encore les rouleaux de manutention. «Les<br />
poutrelles en acier représentent la deuxième<br />
autre grande partie de notre catalogue.<br />
Elles aussi sont destinées à la construction<br />
métallique mais pas uniquement, car<br />
elles s’adressent également à d’autres<br />
utilisations comme les travaux d’étaiements<br />
ou les travaux publics», détaille le gérant.<br />
Enfin, Marinho Steel propose également<br />
des tôles de qualités, formats et épaisseurs<br />
très variés.<br />
“L’économie<br />
circulaire, un<br />
principe qui prend<br />
de plus en plus<br />
d’ampleur”<br />
Une adaptation à sa clientèle<br />
En plus de ces trois produits phares,<br />
Marinho Steel peut aussi fournir d’autres<br />
matériaux tels que les laminés marchands, le<br />
fil machine ou les produits refendus. «Nous<br />
sommes très flexibles et nous attachons<br />
une très grande importance aux différentes<br />
demandes des clients en leur proposant<br />
des produits prêts à l’emploi. Ils peuvent<br />
directement être assemblés ou montés,<br />
ce qui leur fait gagner du temps tout en<br />
leur permettant de réaliser des économies<br />
Marinho Steel Trading<br />
10, rue de l’industrie<br />
L-4991 Sanem<br />
www.marinhosteel.com<br />
Manuel Marinho<br />
substantielles. Finalement, nous sommes<br />
toujours à l’écoute des clients pour trouver<br />
les solutions les plus adéquates».<br />
Les collaborateurs de la société entretiennent<br />
un contact permanent avec les<br />
usines sidérurgiques et avec chacun de<br />
leurs partenaires. Cette étroite relation<br />
permet à Marinho Steel d’être sans cesse<br />
informée des évolutions du secteur ou<br />
de la qualité de telle ou telle matière. Et<br />
pour cause, la société vise la proximité et<br />
la compréhension des besoins spécifiques<br />
d’une clientèle dense et variée. n
98 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
MOBILITÉ<br />
Une réinvention<br />
continuelle<br />
du car-sharing<br />
Depuis sa création, le service Flex de CFL Mobility ne cesse<br />
d’innover. Remplaçant sa flotte de première génération, c’est<br />
avec de nouveaux modèles traditionnels et électriques que<br />
la société surprend sa clientèle. Faisant également preuve<br />
de flexibilité dans son offre destinée aux communes, Flex<br />
lance un concept de «pop-up stations» pour les aider à mieux<br />
cerner la demande sur leur territoire. Jürgen Berg, gérant de<br />
l’entreprise, nous parle de ces dernières actualités et nous<br />
annonce également un changement de logiciel pour la fin<br />
d’année 2021…<br />
Comment a évolué votre activité au<br />
cours de ces derniers mois?<br />
Nous gérons à l’heure actuelle 4.800 abonnements<br />
et une flotte de 115 véhicules, y<br />
compris ceux déployés dans les stations<br />
privatisées par des entreprises. De nouvelles<br />
stations viendront par ailleurs compléter notre<br />
réseau au début du mois de juin à Strassen,<br />
Roeser, Frisange ainsi que dans le nouveau<br />
parking situé au niveau du rond-point Serra<br />
au Kirchberg, positionnée stratégiquement<br />
à proximité du pôle d’échange tram et bus.<br />
En conséquence de l’épidémie de Covid-19,<br />
certaines stations ont vu leur popularité<br />
monter en flèche et d’autres baisser à un point<br />
tel qu’elles fermeront cette année. De manière<br />
générale, nous avons tout de même constaté<br />
une augmentation du nombre d’abonnements<br />
sur l’année écoulée.<br />
Après trois ans et demi passés sur les routes,<br />
nos véhicules de première génération<br />
seront remplacés afin d’assurer une sécurité<br />
optimale aux utilisateurs. Plus de 70 voitures<br />
sont concernées, soit la totalité de nos Seat<br />
et BMW, et seront remplacées par 25 Audi<br />
A3, 34 BMW Série 1, 5 Seat Break ainsi que<br />
3 Škoda Enyaq et 20 Mini SE électriques.<br />
Nous avons avant tout choisi ces véhicules<br />
pour leur fiabilité et la sécurité qu’ils offrent,<br />
mais aussi pour la valeur résiduelle qu’ils<br />
conservent à la fin de notre leasing.<br />
“Tenir la promesse<br />
de flexibilité faite<br />
à nos utilisateurs<br />
dès la création<br />
de Flex”<br />
Parlez-nous plus spécifiquement de vos<br />
Mini électriques…<br />
Au mois de mars dernier, 17 Mini SE<br />
électriques ont rejoint notre flotte et 3 supplémentaires<br />
ont déjà été commandées.<br />
Avec les Škoda Enyaq, elles remplacent<br />
nos BMW i3 électriques. Ces voitures<br />
sont idéales pour une conduite en milieu<br />
urbain où leur autonomie peut dépasser les<br />
200 km. Elles sont d’ailleurs disponibles en<br />
Ville dans notre station de la gare et au parking<br />
de l’Europe au Kirchberg, mais aussi à Eschsur-Alzette<br />
centre et gare, Belval-Université,<br />
Differdange, Wasserbillig, Hesperange et<br />
également à Diekirch dès le mois de juin.<br />
Nous avons investi dans des bornes dédiées<br />
aux véhicules Flex à toutes nos stations<br />
électriques pour éviter les problèmes de<br />
chargement entre deux utilisateurs et ne pas<br />
encombrer le réseau public Chargy. Après<br />
chaque utilisation, nos clients doivent<br />
brancher leur véhicule à une borne Flex.<br />
Sans frais d’abonnement supplémentaires,<br />
ces véhicules leur permettent de privilégier<br />
une alternative écologique et parfois moins<br />
coûteuse, lorsque le prix de l’électricité est<br />
bas, comme c’est le cas à l’heure actuelle.<br />
Quels sont vos projets pour cette année<br />
2021?<br />
Notre plus grand défi reste de trouver<br />
des partenaires pouvant nous fournir<br />
des emplacements pour implanter notre<br />
service. C’est pourquoi, dès le mois de<br />
juin, nous proposerons aux cinq communes<br />
intéressées une phase test de six mois, leur<br />
permettant de mieux appréhender notre<br />
service et d’évaluer l’intérêt des habitants<br />
pour celui-ci. C’est également un moyen<br />
pour elle de tester la popularité des<br />
emplacements choisis! Nous y installerons<br />
ainsi des «pop-up stations» comprenant<br />
deux véhicules. Au terme de ce test, nous
leur fournirons des statistiques d’utilisation<br />
grâce auxquelles elles pourront décider de<br />
la suite à donner à notre collaboration sur<br />
une base réelle. Notre objectif n’est pas<br />
de créer de nouvelles stations à tout prix,<br />
il faut que celles-ci soient fréquentées pour<br />
qu’elles soient rentables. Si ce n’est pas le<br />
cas, il est également dans notre intérêt d’y<br />
arrêter le service.<br />
Cette action montre aux communes que<br />
Flex est un bon moyen de proposer une<br />
mobilité alternative à leurs citoyens. Notre<br />
service rassemble en effet des utilisateurs<br />
aux profils différents qui y ont recours pour<br />
des raisons variées et offre une alternative à<br />
l’investissement dans un véhicule personnel<br />
qui ne servirait que ponctuellement. C’est une<br />
solution économique, mais aussi écologique!<br />
En interne, nous poursuivons notre projet<br />
CFlex de car-sharing, au sein de la maisonmère<br />
des CFL. Le principe est simple: les<br />
voitures de service sont utilisées à des fins<br />
professionnelles pendant la journée mais<br />
sont également à disposition du personnel,<br />
pour un usage privé en dehors des horaires<br />
de bureau. À l’heure actuelle, en raison<br />
de l’épidémie de Covid-19, une vingtaine<br />
de voitures seulement sont concernées<br />
par cette phase test. En effet, avec la<br />
généralisation du télétravail, il nous est<br />
encore difficile d’évaluer le potentiel de ce<br />
projet tant que les équipes ne reprendront<br />
pas un rythme normal. Nous remarquons<br />
toutefois que l’offre est bien reçue par<br />
les collaborateurs et que sa popularité ne<br />
cesse d’augmenter. Dès que les conditions<br />
sanitaires nous le permettront, nous<br />
inclurons donc davantage de véhicules dans<br />
cette action.<br />
Vous préparez également un changement<br />
de logiciel pour la fin de l’année…<br />
Nous avons en effet décidé de migrer vers<br />
un logiciel plus moderne, proposé par une<br />
startup dynamique. Grâce à celui-ci nous<br />
pourrons innover, proposer davantage de<br />
services et être plus flexibles vis-à-vis de<br />
nos clients. Les quartiers résidentiels ou<br />
Flex by CFL Mobility S.A.<br />
Tél.: 2883 3882<br />
b2b@flex.lu<br />
www.flex.lu<br />
Jürgen Berg<br />
résidences immobilières accèderont par<br />
ailleurs à de nouvelles fonctionnalités ainsi<br />
qu’à des offres sur-mesure plus faciles à<br />
gérer à travers un espace dédié.<br />
Il s’agit d’une opération délicate pour<br />
laquelle nous effectuons de nombreux tests<br />
en amont. L’objectif est de réaliser les ajustements<br />
nécessaires avant son lancement<br />
officiel. Les utilisateurs n’aiment en général<br />
pas le changement et notre rôle sera de les<br />
accompagner à travers cette transition en les<br />
aidant à s’adapter à la nouvelle interface et<br />
en leur montrant tous les avantages dont ils<br />
pourront bénéficier grâce à cette nouvelle<br />
application. Avec ce changement stratégique,<br />
nous voulons continuer à tenir la promesse<br />
de flexibilité faite à nos utilisateurs dès la<br />
création de Flex… n
100 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021 101<br />
Le bus qui électrise<br />
les villes européennes<br />
MOBILITÉ<br />
Les autobus MAN Lion’s City E sont excellents par leur<br />
autonomie, leur durabilité et leur fiabilité. De nombreuses<br />
villes européennes se sont déjà tournées vers ce bus urbain<br />
entièrement électrique. La Belgique mais aussi le Luxembourg<br />
se sont récemment dotés de ces véhicules qui impressionnent<br />
les opérateurs, les passagers et les conducteurs.<br />
«Quatre bus électriques MAN Lion’s City E<br />
sont très récemment entrés en service<br />
au Luxembourg», déclare Rudi Kuchta,<br />
responsable de l’unité commerciale Bus<br />
chez MAN Truck & Bus. Ces véhicules<br />
électriques de douze mètres de long ont été<br />
commandés par Voyages Emile Weber et<br />
sont utilisés par sa filiale Voyages Ecker au<br />
nord de la Ville de Luxembourg. La société<br />
de transport luxembourgeoise s’est associée<br />
avec MAN Truck & Bus il y a quelques<br />
années pour établir un partenariat d’innovation.<br />
«L’objectif est d’unir nos forces et<br />
de faire des technologies de conduite<br />
alternatives un élément incontournable des<br />
transports publics», poursuit Rudi Kuchta.<br />
Cette année, Hansea en Belgique a également<br />
introduit ce bus sur la ligne 36 d’Anvers<br />
entre Rooseveltplaats et Linkeroever.<br />
Un test de performance lors d’un road<br />
trip européen<br />
De nombreux véhicules de démonstration<br />
sont en service depuis l’année dernière dans<br />
certaines villes telles que Munich, Hambourg<br />
ou encore Wolfsburg pour des essais à<br />
long terme. Le Lion’s City E parvient à<br />
surmonter des conditions difficiles telles que<br />
des températures supérieures à 35 degrés ou<br />
des itinéraires délicats avec des pentes raides.<br />
«Nous avons décidé d’envoyer une flotte de<br />
démonstration sur le terrain pour acquérir<br />
de l’expérience dans des conditions comme<br />
celles-ci et améliorer notre offre de services<br />
en fonction des tests. Nous visons à soutenir<br />
au mieux les communes et les entreprises de<br />
transport pour parvenir à une mobilité zéro<br />
émission au niveau européen», précise le<br />
responsable.<br />
Cet intérêt pour les bus électriques découle<br />
du Roadshow organisé par MAN Trucks<br />
& Bus. Il est possible de le suivre sous<br />
#ElectrifyingEurope. Avec 78 arrêts, 15 pays<br />
européens et 141 points de contact clients,<br />
et malgré la crise sanitaire, 2020 a tout pour<br />
être qualifiée de bonne année. Au vu de son<br />
succès, un nouveau Roadshow a été mis en<br />
route en 2021. Il traversera notamment la<br />
Russie, l’Italie, le Portugal, la Roumanie ou<br />
encore la Lituanie. Cette liste est loin d’être<br />
exhaustive. «Il est important pour nous que<br />
le plus grand nombre possible d’entreprises<br />
et de clients potentiels conduisent notre<br />
MAN Lion’s City E et découvrent à quel<br />
point la mobilité électrique peut être<br />
passionnante», explique Rudi Kuchta.<br />
“Soutenir<br />
les communes<br />
et les entreprises<br />
de transport<br />
pour parvenir<br />
à une mobilité<br />
zéro émission”<br />
Une production qui s’accélère<br />
En tant que véhicule sans émission, le<br />
MAN Lion’s City E entièrement électrique<br />
complète la nouvelle génération de bus<br />
urbains de la marque. En octobre 2020, et<br />
pour répondre à la forte demande, l’usine<br />
MAN située à Starachowice en Pologne,<br />
a lancé une production en série de bus<br />
urbains électriques (notamment le modèle<br />
Lion’s City 12 E qui fait 12 mètres de<br />
long). Les premiers véhicules sont sortis<br />
de la chaine de production et alimentent<br />
déjà l’opérateur allemand Verkehrsbetriebe<br />
Hamburg Holstein. D’autres suivront pour<br />
exécuter les commandes importantes de<br />
Malmö et Nuremberg. Ce mois d’avril,<br />
c’était au tour du Lion’s City 18 E, un bus<br />
articulé de 18 mètres de long, d’entrer en<br />
production en série. Celui-ci peut accueillir<br />
jusqu’à 120 passagers.<br />
D’un point de vue purement mécanique,<br />
MAN a placé un moteur central sur l’essieu<br />
arrière pour la propulsion électrique de<br />
son bus – ou deux moteurs centraux sur<br />
le deuxième et troisième essieux dans le<br />
cas des variantes articulées – ce qui lui<br />
offre davantage de maniabilité. Quant à<br />
la puissance de transmission, elle provient<br />
des batteries situées sur le toit du véhicule.<br />
Celles-ci ont respectivement une capacité<br />
de 480 kWh et 640 kWh pour les bus solos<br />
et articulés. Les cars électriques offrent ainsi<br />
une autonomie de 200 km, voire 270 km<br />
si les conditions sont favorables, et ce, tout<br />
au long de la durée de vie des batteries.<br />
«L’augmentation du nombre de passagers,<br />
alliée à la réduction des émissions de<br />
polluants et de bruit, placent les opérateurs<br />
de transports publics dans une situation<br />
délicate. Avec le MAN Lion’s City E,<br />
nous avons lancé un autobus urbain à zéro<br />
émission et à forte capacité de passagers. Ses<br />
caractéristiques le rendent indispensable<br />
pour surmonter ces défis», conclut Rudi<br />
Kuchta. n<br />
Garage Losch Truck, Van & Bus<br />
59, rue Gabriel Lippmann<br />
L-6947 Niederanven<br />
www.losch.lu
102 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
MOBILITÉ<br />
1<br />
JEUDI 22 AVRIL<br />
Une première en Europe<br />
dans le domaine du transport public<br />
Lors d’une conférence de presse, organisée le 22 avril dernier dans les locaux de l’entreprise à<br />
Bascharage, et en présence de Claude Turmes, ministre de l’Énergie, le transporteur Sales-<br />
Lentz a présenté son concept «Mobile Charge». L’entreprise a codéveloppé avec la société<br />
allemande ADS-TEC, spécialisée dans les solutions de stockage et de gestion d’énergie, une<br />
remorque de type «Mobile High Power Charge» adaptée aux opérations en bus électriques.<br />
Cette remorque chargeur est une première en Europe dans le domaine du transport public<br />
et permet de charger à des endroits dépourvus de raccordement au réseau électrique.<br />
La capacité totale des batteries garantit le chargement complet de dix bus électriques.<br />
Cette solution épargnera des milliers de kilomètres de trajets à vide de bus électriques<br />
vers les dépôts. Au total Sales-Lentz exploite aujourd’hui un parc de 630 véhicules dont<br />
60 autobus urbains 100% électriques.<br />
1. Claude Turmes, ministre de l’Énergie<br />
2. Thomas Lächner, responsable Grands comptes, ADS-TEC Energy<br />
3. Georges Hilbert, directeur général Sales-Lentz<br />
2<br />
3
104 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
BRÈVES ÉCONOMIQUES<br />
PAR RAOUF HATIRA<br />
L’ARTISANAT RÉSISTE<br />
À LA CRISE<br />
Dans un communiqué de presse publié<br />
le 3 mai, la Chambre des Métiers<br />
dresse le bilan de l’année écoulée,<br />
marquée par la crise du Covid-19.<br />
L’artisanat a plutôt bien résisté à cette<br />
épreuve, avec toutefois de grandes<br />
disparités sectorielles. En 2020, le chiffre<br />
d’affaires global dans ce secteur a<br />
baissé en moyenne de 8%. Au niveau<br />
de la trésorerie, seulement 6% des<br />
entreprises indiquent que leurs recettes<br />
étaient suffisantes pour couvrir leurs<br />
frais courants. Les autres ont géré<br />
cette situation tendue en recourant aux<br />
aides étatiques non-remboursables,<br />
en augmentant leurs capitaux ou en<br />
utilisant un financement externe.<br />
Source: Chambre des Métiers<br />
PLUS DE RSE DANS LES<br />
STRATÉGIES D’ENTREPRISES<br />
Dans le dernier numéro de son<br />
«Consensus économique», la Fondation<br />
Idea estime que la RSE sera davantage<br />
prise en compte dans les stratégies<br />
des entreprises à l’avenir. 66% d’entre<br />
elles estiment que les engagements<br />
environnementaux seront renforcés<br />
dans leurs stratégies respectives.<br />
Des évolutions qui ne sont pas<br />
liées directement à la pandémie,<br />
mais qui découlent d’obligations<br />
réglementaires et du changement de<br />
mentalité des consommateurs.<br />
<br />
Source: Fondation Idea<br />
L’E-COMMERCE<br />
EN CONSTANTE PROGRESSION<br />
Selon l’enquête du STATEC sur l’utilisation<br />
des technologies de l’information et de<br />
la communication (TIC) menée auprès<br />
des ménages et des individus, 85% des<br />
internautes interrogés entre mars et juin<br />
2020 ont acheté des biens ou services<br />
en ligne auprès d’entreprises ou de<br />
particuliers. Ils étaient 80% en 2019, 72%<br />
en 2010 et 60% en 2005. Les internautes<br />
de la tranche d’âge comprise entre 25 et<br />
44 ans sont les plus nombreux à acheter<br />
sur la toile avec un taux de 78%. On<br />
compte 65% d’acheteurs en ligne parmi<br />
les 16 à 24 ans et 49% parmi les seniors.<br />
<br />
Source: STATEC<br />
<br />
DE NOUVEAUX BÂTIMENTS<br />
POUR LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE<br />
La Société Générale, première banque étrangère à s’établir<br />
au Luxembourg en 1893, va déménager ses équipes dans un<br />
nouveau bâtiment à Esch/Belval. En présence du ministre des<br />
Finances, Pierre Gramegna, et de hauts responsables de la<br />
banque, la première pierre de ce chantier a été posée le 30 avril<br />
dernier. D’une superficie totale de 9.700 m 2 , les deux bâtiments<br />
modernes à hautes exigences environnementales anticipent<br />
les nouveaux modes de travail et proposent de grands espaces<br />
collaboratifs, flexibles et digitalisés.<br />
<br />
Source: Société Générale Luxembourg<br />
Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur;<br />
Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères et européennes;<br />
Franz Fayot, ministre de l’Économie<br />
INAUGURATION DU SIÈGE<br />
DU SUPER CALCULATEUR EUROPÉEN<br />
Suite à la visite du commissaire européen au Marché intérieur,<br />
Thierry Breton, dans le cadre de l’inauguration du siège<br />
de l’EuroHPC à Luxembourg, le Grand-Duché renforce sa<br />
position européenne dans le numérique et le calcul à très<br />
haute puissance. Le premier ministre Xavier Bettel a déclaré:<br />
«La numérisation est un objectif commun que je partage avec<br />
le commissaire européen et beaucoup d’États membres. Que<br />
ce soit le big data, l’intelligence artificielle ou encore le calcul<br />
à très haute puissance, mon pays est prêt pour faire avancer la<br />
digitalisation dans l’Union européenne».<br />
<br />
Source: gouv.lu<br />
UNE BONNE RÉSISTANCE<br />
DU MARCHÉ DU TRAVAIL<br />
Le marché du travail s’est mieux tenu qu’initialement envisagé<br />
en 2020, avec une croissance de l’emploi de 2% et un taux de<br />
chômage à 6.3%, alors que les prévisions d’automne partaient<br />
encore sur une croissance de l’emploi comprise entre 1.6%<br />
et 1.9% et sur un chômage à 6.5% de la population active. Au<br />
premier trimestre 2021, la croissance de l’emploi se situe à<br />
1.8% sur un an, soit un rythme deux fois inférieur à celui d’avant<br />
crise, mais toujours nettement au-dessus de celui des autres<br />
pays européens.<br />
<br />
Source: STATEC<br />
©MAEE<br />
LES RECETTES PUBLIQUES<br />
EN HAUSSE<br />
Malgré la crise sanitaire, les recettes<br />
perçues par l’Administration de l’enregistrement,<br />
des domaines et de la TVA,<br />
connaissent une hausse importante de<br />
l’ordre de 207 millions d’euros, soit une<br />
augmentation de 14,2% par rapport à<br />
l’exercice antérieur. Elles se chiffrent<br />
ainsi, au 31 mars 2021, à un total de<br />
1.656 millions d’euros. La hausse est<br />
avant tout soutenue par les recettes de<br />
TVA perçues, dont la progression reste<br />
toutefois à confirmer dans les mois à<br />
venir, ainsi que par les recettes dues<br />
à la taxe d’abonnement (taxe sur les<br />
transactions financières) et aux droits<br />
d’enregistrement.<br />
Source: ministère des Finances<br />
TROISIÈME SACRE ESR<br />
POUR L’UEL<br />
Pour la troisième fois consécutive,<br />
l’Union des Entreprises Luxembourgeoises<br />
(UEL) a reçu le label ESR après<br />
la validation de son processus de relabellisation.<br />
L’organisation place les<br />
entreprises et leurs enjeux au cœur de<br />
sa vision de la société luxembourgeoise<br />
et œuvre pour une économie durable<br />
et prospère. Depuis 2010, 180 entreprises<br />
employant plus de 54.000<br />
salariés au Luxembourg ont été<br />
labellisées. Le groupe des entreprises<br />
labellisées ESR se positionne ainsi<br />
comme l’un des plus grands réseaux<br />
d’entreprises responsables en Europe.<br />
<br />
Source: UEL<br />
LE MARCHÉ DES VÉHICULES<br />
ÉLECTRIQUES SE RENFORCE<br />
Le marché des véhicules électriques<br />
poursuit sa progression. Plus d’un véhicule<br />
neuf sur trois vendu au Luxembourg<br />
est électrique. C’est ce qu’indique<br />
la Fédération luxembourgeoise de<br />
l’automobile et du Cycle (Febiac) dans<br />
un communiqué. L’arrivée de nouveaux<br />
modèles plus performants et le maintien<br />
des primes à l’achat renforcent cette<br />
tendance. Sous certaines conditions, les<br />
aides resteront fixées à 8.000 euros pour<br />
l’achat d’une voiture 100% électrique<br />
jusqu’au 31 mars 2022.<br />
<br />
Source: Febiac
#mertzig4all<br />
MERTZIG<br />
entend L’Économie devenir pour le Bien la 1ère commun commune<br />
propose<br />
un modèle économique éthique fondé sur<br />
de l’Economie pour le Bien commun<br />
la cohésion du sociale Luxembourg et la participation ! citoyenne.<br />
la dignité humaine, la solidarité, la durabilité écologique,<br />
Ces valeurs deviennent le fondement de toute action.
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MAI / JUIN 2021<br />
ÉCONOMIE<br />
Mertzig, première commune<br />
de l’Économie pour le Bien commun<br />
En 2019, la commune de Mertzig s’engageait dans l’Économie pour le Bien commun à travers<br />
son projet #mertzig4all. Ce modèle économique alternatif a pour vocation de placer l’humain<br />
et l’environnement au centre des préoccupations. Certifiée en décembre dernier, la commune<br />
vise désormais l’amélioration continue. Mike Poiré, bourgmestre, revient sur les avantages<br />
d’un tel modèle au quotidien ainsi que sur ses opportunités.<br />
En février 2019, vous lanciez #Mertzig4All.<br />
Pouvez-vous nous rappeler les grandes<br />
lignes de ce projet ainsi que les principaux<br />
éléments qui fondent l’Économie pour le<br />
Bien Commun?<br />
L’Économie pour le Bien commun<br />
consiste à renforcer des critères sociaux et<br />
environnementaux dans l’économie pour<br />
assurer la cohésion sociale dans une société<br />
individualiste où l’esprit de solidarité ne<br />
cesse de se déliter. Pour ce faire, elle s’appuie<br />
sur des valeurs telles que la dignité humaine,<br />
la solidarité, la durabilité écologique,<br />
la cohésion sociale et la participation<br />
citoyenne. Ainsi, aux objectifs quantitatifs<br />
permettant d’évaluer le «succès» d’un acteur<br />
économique, s’ajoutent des objectifs sociaux<br />
et environnementaux plus qualitatifs.<br />
À Mertzig, l’aventure a commencé le<br />
1 er février 2019 avec la délibération du<br />
conseil communal approuvant à l’unanimité<br />
le projet LEADER (Liaison entre actions<br />
de développement de l’économie rurale)<br />
dénommé #Mertzig4all avec l’objectif de<br />
devenir la première commune de l’Économie<br />
pour le Bien commun du Luxembourg.<br />
Plusieurs événements se sont enchainés: le<br />
«kick-off» avec Christian Felber, co-initiateur<br />
du mouvement, ensuite, les voyages d’étude<br />
en Autriche et en Allemagne pour rencontrer<br />
d’autres municipalités œuvrant dans ce modèle<br />
économique, les «workshops» organisés à<br />
Mertzig avec la participation de citoyens<br />
engagés, partenaires, entrepreneurs locaux et<br />
agents communaux pour finalement aboutir<br />
à la rédaction du rapport officiel et l’audit<br />
externe qui nous a permis d’être certifiés en<br />
décembre dernier.<br />
Quels seront les impacts de la certification<br />
dans la vie communale et dans la<br />
vie des citoyens au quotidien?<br />
Le modèle économique de l’Économie<br />
pour le Bien commun nous aide à analyser,<br />
à remettre en question et à canaliser le<br />
travail et les efforts en permanence grâce<br />
à l’instrument de la matrice des valeurs.<br />
Chaque action politique nécessite d’abord<br />
une remise en question fondamentale,<br />
pour ensuite aboutir à une solution qui<br />
contribue le plus au Bien commun selon la<br />
matrice. Par définition, les administrations<br />
communales doivent s’engager pour le Bien<br />
commun, mais cela ne va certainement pas<br />
de soi. En effet, celles-ci doivent d’abord<br />
s’en tenir au cadre légal et réglementaire.<br />
Elles peuvent ensuite aller plus loin,<br />
aborder un sujet autrement en y incluant les<br />
valeurs précitées et, dans le meilleur des cas,<br />
être porteuses d’idées pour concrétiser des<br />
solutions innovantes. À titre d’exemple, je<br />
cite le programme «Nachhaltigkeit macht<br />
Schule» dans les écoles, l’organisation<br />
de «Repair-Cafés», la «Givebox» et la<br />
«Bicherbox», le «Mäerzeger Themewee»,<br />
mais aussi des projets d’infrastructure de<br />
grande envergure comme le projet intégré<br />
de l’école et de la maison relais de Mertzig<br />
selon le concept «LernLandschaft» ou<br />
encore le réaménagement inclusif de la<br />
maison communale.<br />
Comment se déroule l’ «après-certification»?<br />
C’est un processus qui ne se termine jamais<br />
car c’est un travail d’amélioration continu.<br />
En effet, dans le cadre du rapport, nous<br />
avons communiqué les mesures effectuées<br />
dans chaque chapitre, ainsi que l’évaluation<br />
envisagée du progrès.<br />
L’évaluation finale de l’auditeur se base<br />
sur une échelle de -10 à 10 points. Nous<br />
nous réjouissons qu’aucun solde négatif<br />
n’ait été retenu. Par contre, le meilleur<br />
score est de 4 points et la grande moyenne<br />
se situe à 2,3 points. Les marges de<br />
progression dans certains chapitres sont<br />
donc considérables! Avec la première<br />
certification a donc commencé le travail<br />
de la seconde évaluation qui aboutira à<br />
un nouvel audit, et je l’espère, encore une<br />
meilleure certification qui contribuera à<br />
l’amélioration du Bien commun dans notre<br />
commune.<br />
Mertzig est la première commune à<br />
obtenir une telle certification au Luxembourg.<br />
Pensez-vous devenir une source<br />
d’inspiration pour d’autres localités qui<br />
souhaiteraient franchir le pas?<br />
Les échos sont très positifs. Grâce au groupe<br />
d’action locale LEADER Atert-Wark,<br />
l’évolution de notre processus a toujours<br />
été communiquée. Ainsi, les communes<br />
membres du Syndicat intercommunal<br />
«Kanton Réiden» sont prêtes à entamer<br />
la démarche. D’autres, de tous les coins<br />
du pays, nous ont contactés et quelques<br />
rendez-vous ont déjà été fixés. Il s’agit en<br />
effet de collaborer, d’unir les forces et de<br />
créer des synergies. De manière générale,<br />
ce modèle économique est un outil idéal<br />
pour les communes étant donné qu’elles<br />
sont tenues d’œuvrer pour le Bien commun<br />
par définition.<br />
Selon vous, cette philosophie peut-elle<br />
s’appliquer à l’échelle d’un pays tout<br />
entier?<br />
S’il s’agit de promouvoir le développement<br />
d’un réseau afin de collaborer et d’échanger<br />
davantage dans le but de renforcer<br />
l’Économie pour le Bien commun au<br />
Luxembourg, l’État peut inciter les<br />
acteurs économiques et les soutenir dans<br />
un esprit de solidarité et d’impact sociétal<br />
en créant, par exemple, des avantages<br />
fiscaux pour les entreprises qui œuvrent<br />
dans ce sens. Le législateur pourrait par<br />
ailleurs mettre en place un cadre légal<br />
contraignant instaurant un devoir de<br />
vigilance pour les entreprises enregistrées<br />
au Luxembourg afin de sensibiliser les<br />
acteurs économiques au respect des droits<br />
humains, à la responsabilité sociale et aux
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
107<br />
“Un outil<br />
idéal pour les<br />
communes étant<br />
donné qu’elles<br />
sont tenues<br />
d’œuvrer pour<br />
le Bien commun<br />
par définition”<br />
Mike Poiré<br />
normes environnementales ; le tout dans un<br />
esprit éthique. Le débat politique autour<br />
du PIB du bien-être illustre parfaitement<br />
que le bien-être commun d’une société<br />
ne réside pas uniquement dans les<br />
richesses matérielles, mais également<br />
dans une très grande dimension sociale et<br />
environnementale.<br />
À l’heure où la société s’individualise,<br />
où la tendance est au repli sur soi, n’y<br />
a-t-il pas, à travers l’Économie pour le<br />
Bien Commun, une certaine remise<br />
en question des mécanismes de notre<br />
société actuelle?<br />
En effet, dans le système économique<br />
actuel, produire à bas prix est indispensable<br />
pour être concurrentiel. Dans cette logique,<br />
il est avantageux pour les entreprises<br />
d’amenuiser les critères sociaux et environnementaux<br />
d’une manière telle que leurs<br />
produits ou leurs services soient les moins<br />
chers. Les entreprises qui agissent de la<br />
sorte dominent car ce qui est moins cher<br />
se vend mieux. Or, l’environnement se<br />
dégrade, ce qui a des répercussions néfastes<br />
sur la santé humaine. Par ailleurs, de plus<br />
en plus de personnes souffrent d’isolement<br />
et de stress. L’Économie pour le Bien<br />
commun propose un autre modèle d’avenir<br />
qui dispose de tous les ingrédients pour<br />
améliorer nos façons de faire et de penser. n<br />
Administration communale de Mertzig<br />
22 rue Principale<br />
L-9168 Mertzig<br />
www.mertzig.lu<br />
Photos © Fränk Henkes
108 <strong>LG</strong><br />
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ÉCONOMIE<br />
Et le potentiel de la quatrième<br />
révolution industrielle se révéla<br />
Dans un article publié en 2017, des économistes de Stanford et du MIT confiaient qu’il<br />
semblait de plus en plus difficile d’avoir de «bonnes idées» [1]. Concrètement, ils ont noté que<br />
la productivité de la recherche, y compris dans le domaine médical, avait eu tendance à décliner<br />
au cours des décennies. Leur article – relativement techno-pessimiste – venait grossir les rangs<br />
des publications qui avançaient que les innovations récentes (trop concentrées dans le domaine<br />
de la communication et du divertissement) étaient plus anecdotiques que transformatives et<br />
invitaient à relativiser l’impact positif à attendre de la quatrième révolution industrielle sur<br />
l’économie et la société. Michel-Edouard Ruben, senior économiste de la Fondation IDEA asbl,<br />
remet en question leur constat dans cet article…<br />
Michel-Edouard Ruben<br />
Par bien des aspects, certaines évolutions<br />
observées depuis un an semblent donner tort<br />
aux techno-pessimistes. Il est ainsi apparu que<br />
quelques-unes des technologies (numériques,<br />
médicales, environnementales, de production)<br />
qui font la quatrième révolution technologique<br />
pouvaient, au même titre que les<br />
«grandes inventions» du passé, réinventer<br />
l’économie et qu’il était possible de trouver<br />
dans les avancées scientifiques des dernières<br />
décennies matière à espérer d’importants<br />
regains de productivité et de progrès.<br />
Dans le domaine de la santé<br />
La rapidité avec laquelle un vaccin considéré<br />
comme sûr et efficace a pu être mis au point<br />
est une véritable prouesse. Seulement dix<br />
semaines après que la séquence du Sars-<br />
Cov-2 ait été rendue publique débutaient<br />
les premiers essais de la vaccination. Cela<br />
a été possible notamment grâce à une<br />
nouvelle approche (vaccins à ARN messager)<br />
utilisée par des BioTechs (Moderna, Walvax<br />
Biotechnology, BioNTech, etc.). Cette<br />
nouvelle modalité vaccinale et ce succès<br />
gigantesque des BioTechs sont, au-delà du<br />
Covid-19, de bon augure dans la lutte contre<br />
les maladies infectieuses. Ils pourraient<br />
ouvrir la voie à de nouvelles générations<br />
de vaccins et devraient donner lieu à de<br />
nouvelles collaborations prometteuses entre<br />
de gros acteurs industriels et des startups<br />
biotechnologiques à même de libérer tout le<br />
potentiel de cette «révolution» vaccinale et<br />
de régénérer la médecine moderne.<br />
“Quelques-unes<br />
des technologies<br />
qui font la quatrième<br />
révolution<br />
technologique<br />
peuvent réinventer<br />
l’économie”<br />
Dans le domaine du travail<br />
Avec les obligations de distanciation<br />
physique afin de lutter contre la propagation<br />
du coronavirus, la crise a représenté une<br />
rupture sans précédent pour le marché du<br />
travail qui a malgré tout pu résister au choc<br />
grâce à la généralisation du télétravail. Du<br />
jour au lendemain, ce sont des centaines de<br />
millions de travailleurs qui ont découvert<br />
qu’il était «possible» de travailler<br />
autrement grâce aux nouvelles technologies<br />
(ordinateur, VPN, zoom, etc.). Si l’impact<br />
du télétravail sur la productivité des salariés<br />
et des organisations est encore discuté, il<br />
est permis de penser que cette «révolution»<br />
dans la façon de travailler qui a lieu dans<br />
le contexte de la crise ne devrait pas être<br />
neutre sur l’organisation future du travail<br />
(notamment en termes d’autonomie des<br />
salariés, d’offre d’emploi et éventuellement<br />
en termes de dépenses en immobilier<br />
d’entreprises) et pourrait amener à repenser<br />
l’organisation territoriale.<br />
En plus des avancées marquantes et<br />
enthousiasmantes en matière de santé et<br />
d’organisation du travail, il a été observé<br />
depuis un an une avancée à grand pas de la<br />
numérisation de l’économie (commerce en<br />
ligne, crypto-actifs, monnaie numérique de<br />
banques centrales, objets connectés, contacttracing<br />
sanitaire, télésanté, dématérialisation<br />
de la restauration et de l’enseignement,<br />
production fondée sur les données, etc.).<br />
A côté de cela, les États semblent vouloir<br />
renouer avec leur rôle de stratège (souhait<br />
américain de «Build back better», désir<br />
européen d’être stratégiquement autonome,<br />
volonté chinoise d’être moins dépendante<br />
de l’innovation extérieure) et remettre en<br />
question les acquisitions tueuses et la capacité<br />
des brevets à créer indûment des obstacles à<br />
l’entrée et à la propagation technologique<br />
qui peuvent empêcher de futures avancées.<br />
S’il est trop tôt pour savoir si de tout ce<br />
foisonnement sortira un nouvel âge d’or [2],<br />
il est tout de même permis de le souhaiter.<br />
Aussi, les entreprises, les salariés et les<br />
pouvoirs publics seraient bien avisés de s’y<br />
préparer avec le double objectif d’en tirer<br />
parti et de se prémunir contre les risques<br />
qu’il comporte. n<br />
[1] BLOOM, Nicholas, Charles I. JONES, John Van REENEN &<br />
Michael WEBB (2017), «Are ideas getting harder to find?».<br />
[2] Robert Gordon (2016), La fin de l’âge d’or - Finances &<br />
Développement, FMI.
Mario Grotz, président de Luxinnovation; Franz Fayot, ministre de l’Économie et Sasha Baillie, CEO de Luxinnovation<br />
2020: une année charnière<br />
pour l’innovation<br />
©MECO<br />
Jeudi 22 avril dernier, Franz Fayot, ministre de l’Économie, et Sasha Baillie, CEO de<br />
Luxinnovation, ont présenté le rapport d’activité 2020 de Luxinnovation. Une année<br />
particulière pour l’agence nationale pour la promotion de l’innovation. Elle a non seulement<br />
œuvré pour offrir les outils nécessaires aux entreprises afin de répondre aux nouveaux défis<br />
dus à la pandémie de Covid-19, mais aussi pour identifier les opportunités et les nouvelles<br />
tendances du marché.<br />
Une année marquée par le Covid-19<br />
Depuis plus de 35 ans, Luxinnovation<br />
soutient les entreprises dans leurs efforts de<br />
recherche, développement et innovation.<br />
Entre temps, le Covid-19 a néanmoins eu<br />
des impacts sur les activités de l’agence.<br />
Avec le ministère de l’Économie, elle a<br />
en effet mis en œuvre des mesures pour<br />
aider les entreprises à faire face à la crise,<br />
surmonter ses nombreux défis et initier<br />
des processus de relance. Parmi eux: le<br />
lancement du programme stratégique Fit<br />
4 Resilience, le développement et la mise<br />
en place de la plateforme EPI-Covid19.lu<br />
qui permet la mise en adéquation de l’offre<br />
et de la demande en matière de protection<br />
individuelle, ou encore la création du<br />
concours StartupsVsCovid19 qui aura<br />
permis à quinze jeunes pousses de recevoir<br />
une aide publique de 150.000 euros.<br />
En 2020, 414 entreprises ont été<br />
soutenues et accompagnées au sein des<br />
clusters de Luxinnovation et les équipes<br />
pluridisciplinaires de l’agence ont permis à<br />
257 demandes d’aides d’être approuvées par<br />
le ministère de l’Économie. Franz Fayot,<br />
ministre de l’Économie, a notamment<br />
rappelé le rôle clé que joue l’agence<br />
dans l’écosystème de la recherche et de<br />
l’innovation au Luxembourg.<br />
Le programme Fit 4 Digital a connu un<br />
succès équivalent à l’année précédente (107<br />
participants contre 110 un an plus tôt), tandis<br />
que le nouveau programme Fit 4 Digital<br />
Packages, lancé fin 2019, a été suivi par plus<br />
de 180 participants. «Nous avons également<br />
adopté des solutions digitales en interne pour<br />
soutenir les entreprises, avec l’organisation<br />
d’événements digitaux d’information, ainsi<br />
que la préparation active de la conférence<br />
E-DIH qui a eu lieu en janvier 2021 et a attiré<br />
2.600 participants issus de 40 pays», a déclaré<br />
Sasha Baillie, CEO de Luxinnovation.<br />
“Nous sommes<br />
au cœur<br />
d’une véritable<br />
transition<br />
de notre économie<br />
dans laquelle<br />
l’innovation joue<br />
un rôle moteur”<br />
Les données, un atout de taille pour le<br />
Luxembourg<br />
Sasha Baillie a également souligné que de<br />
nombreuses opportunités se trouvent dans<br />
l’économie basée sur les données. «Je suis<br />
convaincue que le Luxembourg a des atouts<br />
qui permettraient aux entreprises de se<br />
lancer dans cette nouvelle économie avec<br />
succès et nous serons à leurs côtés pour les<br />
accompagner et les aider à concrétiser tout<br />
leur potentiel», a-t-elle précisé.<br />
Franz Fayot a conclu: «En cette année<br />
2020 si particulière et complexe, l’agence a<br />
été un partenaire clé non seulement pour<br />
le ministère de l’Économie, mais également<br />
pour les entreprises. Nous sommes au cœur<br />
d’une véritable transition de notre économie<br />
dans laquelle l’innovation joue un rôle<br />
moteur. En tant qu’agence nationale pour<br />
la promotion de l’innovation, le soutien de<br />
Luxinnovation est ainsi particulièrement<br />
précieux pour soutenir la double transition<br />
vers une économie digitale et durable.<br />
À travers son soutien aux projets d’envergure<br />
du L-DIH et de Gaia-X, l’agence contribue<br />
activement à l’implémentation de la<br />
stratégie d’innovation basée sur les données<br />
et continuera à être un partenaire-clé dans<br />
le futur». n<br />
Stimuler la transformation digitale<br />
Soutenir la transformation digitale de<br />
l’économie et des entreprises fait également<br />
partie des objectifs principaux de<br />
Luxinnovation.<br />
Il s’agit en effet pour Luxinnovation, de<br />
trouver des partenaires et des opportunités<br />
d’innovation à l’étranger. Les activités<br />
digitales de prospection ont notamment<br />
conduit à l’incorporation de dix entreprises<br />
étrangères au Grand-Duché en 2020.<br />
Source: SIP
Soutenir ceux qui font l’économie,<br />
de près comme de loin.<br />
Nous finançons votre avenir.<br />
www.snci.lu
112 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
BRÈVES MINISTÉRIELLES<br />
PAR RAOUF HATIRA<br />
MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE<br />
Dans le cadre d’un projet d’intérêt<br />
européen commun, le ministère<br />
de l’Économie lance un appel aux<br />
opérateurs économiques souhaitant<br />
participer à des projets innovants<br />
visant à développer une chaîne de<br />
valeur stratégique relative à l’économie<br />
de l’hydrogène. Le but de l’appel est<br />
d’identifier les acteurs luxembourgeois<br />
qui pourraient apporter une contribution<br />
nationale à la conception, à la<br />
production et à l’utilisation, au sein<br />
de l’Union européenne, de solutions<br />
énergétiques à partir d’hydrogène.<br />
<br />
Source: SIP<br />
MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION<br />
Jusqu’à la fin de l’année scolaire, des<br />
autotests rapides seront proposés<br />
aux élèves et au personnel de tous<br />
les établissements scolaires publics<br />
et privés appliquant les programmes<br />
nationaux, ainsi que les maisons<br />
relais. Le taux de participation à<br />
l’autotesting dans les écoles s’élève<br />
à 85,5 %. Il témoigne de la forte<br />
acceptation de ce nouvel instrument<br />
de lutte contre la pandémie. Les<br />
responsables des écoles rapportent<br />
au ministère que les enfants et les<br />
jeunes n’ont pas eu de difficulté à<br />
réaliser le test à l’école.<br />
<br />
Source: SIP<br />
MINISTÈRE DE LA FONCTION<br />
PUBLIQUE<br />
Le ministère de la Fonction publique<br />
et la Confédération générale de la<br />
fonction publique (CGFP) ont signé<br />
un nouvel accord salarial. Marqué<br />
par la crise sanitaire, cet accord, qui<br />
court jusqu’au 31 décembre 2022, ne<br />
contient pas d’augmentation financière<br />
structurelle, mais l’accent est mis sur la<br />
qualité des conditions de travail des<br />
agents de l’État et sur l’aménagement<br />
de leur temps de travail. Dans ce<br />
contexte, les deux parties ont convenu<br />
que le télétravail, qui a connu une<br />
évolution importante lors de la crise<br />
sanitaire, serait encadré à l’avenir par<br />
un règlement grand-ducal à élaborer<br />
conjointement.<br />
<br />
Source: SIP<br />
<br />
MINISTÈRE DE LA SÉCURITÉ INTÉRIEURE<br />
Les nouveaux locaux de l’École de Police ont été inaugurés<br />
le 26 avril dernier, en présence de Henri Kox, ministre de la<br />
Sécurité intérieure. Le nouveau site de l’École de Police se<br />
trouve dans un bâtiment entièrement réaménagé selon les<br />
besoins spécifiques de la formation policière à Luxembourg-<br />
Findel, rue de Neudorf, et permet d’accueillir quelques 200<br />
fonctionnaires-stagiaires policiers par an recrutés dans le<br />
contexte du plan de recrutement extraordinaire.<br />
<br />
Source: SIP<br />
François Bausch, Vice-Premier ministre, ministre de la Mobilité et des Travaux<br />
publics et Lydie Polfer, bourgmestre de la Ville de Luxembourg<br />
MINISTÈRE DE LA MOBILITÉ<br />
Le ministère de la Mobilité et la Ville de Luxembourg ont présenté<br />
la prochaine étape du chantier du tram qui va relier la Gare<br />
centrale au Lycée de Bonnevoie. Les travaux de construction<br />
comprennent la plateforme même du tram, les stations et<br />
l’ensemble des systèmes et équipements dont l’alimentation<br />
électrique aérienne. La mise en œuvre de ce nouveau tronçon<br />
se fait dans la continuité des aménagements du centre-ville avec<br />
des zones végétalisées entre les stations. Ces travaux seront<br />
réalisés par secteurs en différentes phases et commenceront au<br />
niveau du futur pôle d’échange «Lycée Bouneweg».<br />
<br />
Source: SIP<br />
MINISTÈRE DE LA PROTECTION<br />
DES CONSOMMATEURS<br />
Afin que les entreprises nationales intéressées à profiter du<br />
système simplifié d’étiquetage Nutri-Score puissent s’y préparer,<br />
le ministère de la Protection des consommateurs, en collaboration<br />
avec la House of Entrepreneurship de la Chambre de Commerce,<br />
a organisé le 28 avril un webinaire auquel une trentaine de<br />
professionnels ont participé. Les échanges tournaient entre<br />
autres autour de la présence de produits arborant le logo sur le<br />
marché luxembourgeois et des modalités techniques quant à<br />
l’étiquetage correct des fabrications relatives.<br />
<br />
Source: SIP<br />
VDL / Charles Soubry<br />
MINISTÈRE DU TRAVAIL<br />
Lors d’une conférence de presse,<br />
le ministre du Travail, Dan Kersch,<br />
a présenté un nouveau projet visant<br />
à proposer des formations continues<br />
dans le domaine digital à toutes<br />
les personnes qui se trouvaient au<br />
chômage partiel entre le 1 er janvier 2021<br />
et le 31 mars 2021. Les bénéficiaires<br />
de cette nouvelle mesure reçoivent,<br />
depuis le 26 avril, un courrier avec<br />
un code personnalisé. Celui-ci leur<br />
permettra de télécharger, sur le portail<br />
guichet.lu, leur bon de formation d’une<br />
valeur de 500 euros. 240 formations en<br />
ligne sont disponibles dans 34 centres<br />
de formation différents.<br />
<br />
Source: SIP<br />
MINISTÈRE DES AFFAIRES<br />
ÉTRANGÈRES<br />
En présence du commissaire européen<br />
au Marché intérieur, Thierry<br />
Breton, le ministre des Affaires<br />
étrangères, Jean Asselborn, et le<br />
ministre de l’Économie, Franz Fayot,<br />
ont inauguré officiellement le siège<br />
de l’entreprise commune européenne<br />
pour le calcul à haute performance<br />
(EuroHPC), installé au Luxembourg.<br />
Ce réseau apportera à terme les<br />
capacités de calcul nécessaires aux<br />
entreprises, aux centres de recherche<br />
et aux universités et ceci afin d’assurer<br />
la compétitivité de l’UE dans le cadre<br />
du développement de l’économie<br />
digitale.<br />
<br />
Source: SIP<br />
MINISTÈRE DES FINANCES<br />
Le Luxembourg a transmis son Plan<br />
pour la reprise et la résilience (PRR) à<br />
la Commission européenne. Ce plan<br />
fait partie du paquet de relance de l’UE<br />
dénommé «Next Generation EU» d’un<br />
montant total de 750 milliards d’euros.<br />
Le PRR du Luxembourg porte sur<br />
une enveloppe totale de 183 millions<br />
d’euros, dont 93 millions seront<br />
financés par l’Union européenne. Le<br />
plan du Luxembourg repose sur trois<br />
piliers: la cohésion et résilience sociale,<br />
la transition verte et la digitalisation,<br />
innovation et gouvernance.<br />
<br />
Source: SIP
Plus de 40 % du<br />
plastique n’est utilisé<br />
qu’une fois, avant<br />
d’être jeté.<br />
5000 milliards<br />
de morceaux de<br />
plastique flottent<br />
déjà dans nos<br />
océans.<br />
Entre 27 et 42% seulement<br />
des emballages plastiques<br />
pourraient être recyclés à<br />
des coûts satisfaisants<br />
selon PlasticEurope.<br />
Les estimations<br />
sur la durée de vie<br />
du plastique vont<br />
de 450 ans<br />
à l’infini.<br />
L’Imprimerie Centrale propose à ses clients des alternatives à la plastification<br />
de leurs documents. Dans une optique durable et en accord avec les valeurs de<br />
l’entreprise, nous proposons à nos clients, au-delà de nos multiples certifications,<br />
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114 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
FOCUS COMMUNES<br />
La participation<br />
citoyenne fait<br />
battre le cœur<br />
de la vie communale<br />
PAR PIERRE BIRCK<br />
Depuis 2004, douze fusions communales ont modifié la carte du<br />
Luxembourg qui compte désormais 102 communes. Ce chiffre<br />
pourrait diminuer au cours des prochaines années avec trois<br />
fusions potentielles et le ministère de l’Intérieur invite les élus<br />
à se pencher sur d’éventuels autres mariages. Taina Bofferding,<br />
ministre de l’Intérieur et ministre de l’Égalité entre les femmes<br />
et les hommes, présente les grandes lignes de sa politique en<br />
matière de fusion communale et revient aussi sur la promotion<br />
de l’égalité sur l’ensemble du territoire grand-ducal en plaçant<br />
la participation citoyenne au cœur des décisions.<br />
Le ministère de l’Intérieur a publié un<br />
ouvrage intitulé «Fusion des communes –<br />
Toolbox» en début d’année. Quel est son<br />
objectif et quelles sont ses retombées après<br />
cinq mois d’existence?<br />
Le but de cette boîte à outils est d’informer<br />
les communes, notamment celles qui sont<br />
intéressées par une éventuelle fusion, et<br />
de leur donner une panoplie de réponses<br />
aux questions récurrentes. Cet ouvrage<br />
fournit également des témoignages d’élus<br />
locaux qui ont déjà vécu cette expérience.<br />
En plus du côté informatif, il y a un côté<br />
pratique puisqu’il contient un descriptif des<br />
différentes procédures et étapes à entamer.<br />
En l’espace de cinq mois, certaines communes<br />
ont déjà manifesté leur intérêt pour<br />
une éventuelle fusion mais à ce stade, cela<br />
reste encore confidentiel. Actuellement,<br />
nous travaillons sur les trois fusions déjà<br />
en cours: Wahl et Grosbous qui envisagent<br />
un référendum avant l’été, Bettendorf,<br />
Diekirch, Erpeldange-sur-Sûre, Ettelbruck<br />
et Schieren au niveau de la Nordstad qui<br />
viennent tout juste de lancer des groupes de<br />
travail avec leurs citoyens et enfin Bous et<br />
Waldbredimus. Malgré la période de crise<br />
sanitaire, toutes sont restées très motivées<br />
et engagées dans les différentes démarches.<br />
Notre objectif est de motiver les communes<br />
à l’idée d’une fusion car elle présente de<br />
nombreux avantages qui sont également<br />
présentés dans cet ouvrage.<br />
Quels sont ces avantages et comment<br />
rassurez-vous les bourgmestres préoccupés<br />
voire réticents à l’idée d’une fusion?<br />
Les communes fusionnées peuvent créer<br />
d’autres services communaux et améliorer<br />
leur qualité, renforcer les synergies au<br />
niveau de la gestion même du personnel<br />
et de l’administration ou encore relancer<br />
la vie associative. En étoffant ses services,<br />
l’administration locale est mieux équipée<br />
et plus autonome. Toute la population est<br />
concernée et pas seulement les élus. Cette<br />
participation citoyenne intervient en amont<br />
de chaque décision de fusion et elle revêt<br />
d’une importance capitale à mes yeux.<br />
Je suis contre les fusions forcées. Une fusion<br />
doit s’appuyer sur la volonté des élus et des<br />
citoyens. Le ministère de l’Intérieur est<br />
avant tout un partenaire fort qui conseille<br />
et accompagne les communes dans ces<br />
processus. C’est dans ce contexte que<br />
nous avons lancé «Fusion des communes<br />
– Toolbox» avec son lot de conseils pour<br />
éviter les erreurs qui ont déjà pu être<br />
faites par le passé et notamment celles de<br />
ne pas impliquer les citoyens ou de ne pas<br />
communiquer suffisamment.<br />
La loi communale qui règle l’organisation,<br />
les attributions des organes de la commune<br />
ainsi que la surveillance de la gestion<br />
communale est en application depuis 1988<br />
et nécessite une réécriture complète pour<br />
s’adapter aux besoins des communes modernes.<br />
Pouvez-vous revenir sur les principaux<br />
objectifs de ce projet de refonte<br />
ainsi que son état d’avancement?<br />
La réforme de la tutelle administrative et<br />
son objectif de réduction des approbations<br />
nous pousse à nous digitaliser. Nous<br />
sommes en train de créer un guichet unique<br />
pour les communes. Celui-ci permettra<br />
de centraliser toutes les procédures. Cela<br />
entraîne des simplifications administratives<br />
et un régime plus allégé de surveillance de<br />
l’État sur la gestion des communes.<br />
Nous sommes actuellement dans la deuxième<br />
phase du projet. J’ai demandé à la Chambre<br />
des députés un débat de consultation afin de<br />
savoir quelles sont, selon eux, les priorités<br />
politiques de cette grande réforme, ainsi<br />
que les différents sujets pertinents à étudier<br />
tels que le statut social d’un élu local ou la<br />
conciliation entre vie professionnelle et privée<br />
qui se pose également dans la vie politique.
Cette refonte vise aussi à motiver les jeunes<br />
et les femmes à se lancer dans la politique<br />
et la vie communale grâce à un cadre bien<br />
établi, moderne, digital et flexible, qui puisse<br />
s’adapter aux 102 communes si hétéroclites<br />
de notre pays. D’où le slogan de la refonte –<br />
mais aussi de ma vision politique – «mateneen<br />
fir eng modern Gemeng» (ensemble vers une<br />
commune moderne).<br />
En tant que ministre de l’Égalité entre<br />
les femmes et les hommes, vous attachez<br />
logiquement énormément d’importance<br />
à ce principe. Le site megacommune.lu a<br />
été lancé dernièrement… Quel est l’état<br />
des lieux de l’égalité dans les communes<br />
et comment ces dernières peuvent-elles<br />
la promouvoir au quotidien?<br />
Les communes sont très sensibles à ce sujet.<br />
Certaines ont par exemple déjà instauré<br />
des commissions consultatives, des services<br />
d’égalité ou encore des délégués au sein du<br />
personnel communal pour se consacrer à<br />
l’égalité. Afin de mieux se familiariser avec<br />
ce principe, nous avons lancé un projet<br />
pilote avec trois communes: Schieren,<br />
Mertert et Clervaux. Celui-ci consiste à<br />
analyser la situation sur leur territoire et<br />
les moyens mis en œuvre pour déployer<br />
l’égalité des sexes. Suite à cela, j’envisage<br />
de créer une convention flexible pour<br />
renforcer la collaboration avec le ministère<br />
et améliorer le principe d’égalité au niveau<br />
de toutes les communes.<br />
Nous sommes aussi en train de collecter les<br />
bonnes pratiques afin de démontrer que<br />
l’égalité entre les genres est très concrète.<br />
Suivant la constitution, les communes y<br />
participent et ont même la responsabilité<br />
d’appliquer l’égalité au quotidien à travers<br />
différentes actions comme l’événement<br />
«MaMer Egalitéit» organisé début mai et<br />
qui était la première semaine thématique<br />
organisée par la commune de Mamer autour<br />
de l’égalité entre les femmes et les hommes. n<br />
Taina Bofferding<br />
“Je suis contre<br />
les fusions forcées.<br />
Une fusion doit<br />
s’appuyer sur<br />
la volonté des élus<br />
et des citoyens”
Jean-Paul Schaaf
FOCUS COMMUNES<br />
<strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021117<br />
Un centre d’attraction pour le Nord<br />
Ettelbruck, Schieren, Erpeldange-sur-Sûre, Diekirch et Bettendorf, ces communes du Nord<br />
représentant presque 24.000 habitants envisagent de ne faire qu’une. Jean-Paul Schaaf,<br />
bourgmestre d’Ettelbruck, nous conte l’histoire de la Nordstad, ce centre d’attraction pour<br />
toute une région, et évoque les dernières évolutions du processus de fusion. Il explique<br />
également comment les projets de sa commune se fondent dans ce large plan. Interview.<br />
“Au printemps,<br />
les conseils<br />
communaux<br />
décideront<br />
si nous pouvons<br />
poursuivre<br />
le processus<br />
de fusion”<br />
Pouvez-vous revenir sur l’histoire de<br />
la Nordstad et l’évolution récente du<br />
processus de fusion?<br />
Le concept de Nordstad a été imaginé en<br />
1973 par l’économiste et juriste Adrien Ries<br />
et est né du constat qu’il manquait un centre<br />
urbain attractif au nord du pays comme l’est<br />
Luxembourg-Ville pour le centre ou Eschsur-Alzette<br />
pour le sud. Aucune démarche<br />
n’a toutefois été entreprise jusqu’au début<br />
de ce siècle, lorsque le plan directeur sur<br />
l’aménagement du territoire de 2003 a<br />
défini la Nordstad comme un centre de<br />
développement et d’attraction (CDA)<br />
d’ordre moyen. Depuis 2006, l’État et<br />
les communes concernées (définies alors<br />
comme une bande urbaine s’étendant de<br />
Colmar-Berg à Bettendorf) sont liés par une<br />
convention de coopération. Depuis lors,<br />
nous travaillons sur des projets communs<br />
ayant trait, par exemple, au tourisme, au<br />
trafic routier ou encore à la construction en<br />
zones inondables.<br />
En 2008, les six communes partenaires se<br />
sont dotées d’un masterplan définissant<br />
l’axe central qui relie les gares d’Ettelbruck<br />
et de Diekirch comme noyau de la<br />
Nordstad. Pour faire de celle-ci un<br />
CDA d’ordre moyen, cet axe se devait de<br />
devenir un pôle d’attraction pour l’emploi.<br />
Nous avons donc décidé de constituer un<br />
syndicat à vocations multiples, le ZANO,<br />
chargé de la création, l’aménagement, la<br />
promotion et l’exploitation d’une zone<br />
d’activités économiques sur le territoire de<br />
la Nordstad. Il aura fallu presque dix ans<br />
et d’importants efforts de la part des six<br />
communes pour préfinancer le projet, mais<br />
les premières entreprises sont désormais<br />
sur place. La délocalisation de certaines<br />
sociétés qui éprouvaient des difficultés à<br />
se développer dans les centres-villes vers<br />
cette zone d’activités où elles ont davantage<br />
de potentiel permet aussi de libérer de<br />
l’espace au niveau des agglomérations et<br />
d’y déployer de nouvelles activités. C’est<br />
ainsi que, de fil en aiguille, nous parvenons<br />
à construire cette fonction centrale qui est<br />
la nôtre.<br />
Quant à la question de la fusion, elle a<br />
véritablement émergé lors des dernières<br />
élections communales. Très vite, les conseils<br />
communaux d’Ettelbruck, de Schieren et<br />
d’Erpeldange ont entamé une réflexion à<br />
ce sujet. Dans un deuxième temps, nous<br />
avons décidé d’ouvrir la discussion aux<br />
autres communes membres de la Nordstad.<br />
Diekirch et Bettendorf ont accepté mais<br />
Colmar-Berg a refusé de prendre part à un<br />
projet qui irait plus loin qu’une coopération<br />
ou une collaboration dans le cadre d’un<br />
syndicat. Nous étions donc à cinq pour<br />
entamer le processus de fusion. Depuis,<br />
nous avons établi un nouveau masterplan<br />
qui rassemble nos dernières idées et, en<br />
2020, le gouvernement a créé une société<br />
de développement qui permettra d’acquérir<br />
le foncier nécessaire à la réalisation de l’axe<br />
central Ettelbruck-Diekirch (actuellement<br />
aux mains de différents propriétaires) et de<br />
le développer de façon harmonieuse avant<br />
de le remettre en vente.<br />
Depuis l’année dernière, les collèges échevinaux<br />
mènent des discussions exploratoires<br />
et procèdent à des analyses de fond devant<br />
déterminer si la fusion fait réellement sens.<br />
En collaboration avec le SIGI, nous avons<br />
réalisé une analyse financière qui a été<br />
transmise aux cinq conseils communaux.<br />
Dans un second temps, nous avons organisé<br />
des rencontres avec la population dans<br />
chacune des communes concernées. Pour<br />
pallier la faible fréquentation due à la<br />
situation sanitaire, nous avons mis en place<br />
une consultation en ligne qui permettait<br />
à chacun de s’investir malgré tout. Au<br />
printemps, les conseils communaux<br />
décideront, sur bases de ces résultats, si<br />
nous pouvons poursuivre le processus de<br />
fusion.
118 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
FOCUS COMMUNES<br />
D’après les résultats du processus de<br />
consultation citoyenne, quelles sont les<br />
questions qui préoccupent les habitants?<br />
À l’inverse, quels sont les aspects qui les<br />
enthousiasment?<br />
La fusion de cinq communes est un exercice<br />
d’envergure. Dès lors, de nombreuses<br />
questions se posent quant aux services<br />
communaux et les citoyens ont beaucoup<br />
de petites et grandes idées pour y répondre.<br />
De la création d’une application citoyenne<br />
à la digitalisation de certains services en<br />
passant par l’aménagement des horaires<br />
d’ouverture, les sondés se sont prononcés<br />
pour une meilleure qualité de services<br />
et davantage de spécialisation. Parmi les<br />
habitants, certains souhaitent également<br />
renforcer la participation citoyenne,<br />
peut-être via la création d’un parlement<br />
des jeunes, une idée que je trouve très<br />
intéressante.<br />
Les sondés ont aussi exprimé leurs préoccupations<br />
quant à l’accès au logement, à<br />
l’avenir des commerces locaux en centreville<br />
et à la mobilité. Ils ont notamment<br />
exposé leurs craintes quant à l’évolution<br />
du trafic routier ainsi que leur souhait<br />
de voir se développer des solutions en<br />
termes de mobilité douce. Nos citoyens<br />
ont également émis une panoplie d’idées<br />
en ce qui concerne les espaces de loisirs et<br />
les infrastructures sportives et culturelles.<br />
Certains plébiscitent la création d’un jardin<br />
communautaire ou d’une plage le long de<br />
l’Alzette, d’autres la construction d’une<br />
piscine supplémentaire, l’aménagement de<br />
chemins de randonnée de meilleure qualité<br />
ou encore l’organisation de compétitions<br />
sportives intra-Nordstad. Les participants<br />
souhaiteraient également disposer d’espaces<br />
dédiés aux activités créatives.<br />
En parallèle, la ville d’Ettelbruck s’est fixé<br />
ses propres objectifs de développement<br />
pour l’horizon 2030. Comment votre<br />
vision s’intègre-t-elle dans le contexte<br />
plus large de la Nordstad?<br />
En élaborant notre «Vision urbaine 2030»,<br />
nous avons défini nos objectifs à long<br />
terme et déterminé des actions concrètes<br />
pour les atteindre. Cette vision repose sur<br />
la créativité, la qualité des espaces urbains<br />
et l’attractivité, notamment pour les plus<br />
jeunes générations.<br />
À titre d’exemple, nous avons travaillé avec<br />
la Croix-Rouge luxembourgeoise pour<br />
mener à bien le projet HARIKO. Dans ce<br />
cadre, nous avons rénové un vieux bâtiment<br />
communal dans lequel nous avons aménagé<br />
un atelier mis gratuitement à disposition<br />
des artistes. En retour, ceux-ci offrent des<br />
stages ou des workshops à des jeunes de la<br />
région et contribuent à l’animation de la<br />
ville durant les fêtes.<br />
“L’idée est<br />
de renforcer<br />
le centre-ville<br />
dans son rôle,<br />
ce qui rejoint<br />
parfaitement<br />
la vision<br />
Nordstad”<br />
En ce qui concerne l’aménagement urbain,<br />
nous avons fait appel à un architecte pour<br />
mener une réflexion sur le rattachement<br />
du quartier de la gare – actuellement en<br />
rénovation – au centre de la ville. L’idée est<br />
de lier les deux espaces par un prolongement<br />
de la zone piétonne. Le même architecte a<br />
également réfléchi au mobilier urbain et à son<br />
intégration harmonieuse dans la verdure. En<br />
effet, notre vision 2030 est aussi très axée sur la<br />
nature. Notre souci est d’offrir aux habitants<br />
du centre-ville davantage d’espaces verts<br />
dont ils puissent profiter gratuitement. C’est<br />
pourquoi nous allons entièrement rénover<br />
la place Marie-Adélaïde. Après consultation<br />
des citoyens, nous avons décidé d’en rétrécir<br />
le parking de moitié pour aménager sur les<br />
50% dégagés un petit pavillon restaurant et<br />
un espace de jeu sur le thème du marché. Les<br />
travaux pour la construction d’une nouvelle<br />
passerelle piétonne sont en cours. Nous avons<br />
également pour projet de revaloriser le parc<br />
de l’Alzette en y aménageant des bancs, des<br />
gradins, un espace de petite restauration ou<br />
un bar, ou encore une zone pour accueillir des<br />
camping-cars.<br />
Finalement, l’idée est de renforcer le centreville<br />
dans son rôle, ce qui rejoint parfaitement<br />
la vision Nordstad.<br />
Vous développez également certains<br />
projets qui, à nos yeux, rapprochent<br />
Ettelbruck d’une ville intelligente.<br />
Pouvez-vous nous en parler?<br />
Il est vrai que certains projets s’apparentent<br />
à ceux d’une Smart City. Nous avons installé<br />
le WiFi dans la zone piétonne ainsi que des<br />
bornes d’informations digitales. Un projet lié<br />
à la signalétique est également en phase de<br />
réalisation: prochainement, des totems seront<br />
installés dans la ville pour encourager les gens<br />
à la découvrir à pied. Toujours concernant la<br />
mobilité, il nous tient à cœur de faciliter le<br />
parking en ville. C’est pourquoi nous nous<br />
sommes tournés vers une entreprise basée<br />
à Ettelbruck pour installer un système de<br />
parkings connectés. Grâce à des capteurs<br />
optiques qui détectent les mouvements sur<br />
les emplacements, nous pouvons afficher à<br />
l’entrée des parkings le nombre de places<br />
disponibles en temps réel. Le système permet<br />
de guider aisément les automobilistes vers<br />
les espaces libres. C’est d’ailleurs l’un des<br />
meilleurs projets que nous ayons réalisés! n<br />
RMS.lu fluidifie<br />
le trafic routier d’Ettelbruck<br />
L’entreprise basée à Ettelbruck et évoquée<br />
par Jean-Paul Schaaf n’est autre que la société<br />
RMS.lu, spécialisée dans le développement,<br />
l’installation et le support de solutions<br />
d’identification automatique et de mobilité<br />
pour les services publics, l’industrie et le<br />
commerce. Elle y a installé un système de<br />
parkings connectés. Au total, près de 1.000<br />
places de parking sont monitorées en temps<br />
réel par l’application RMS Trafic via un réseau<br />
de capteurs Upciti et IoT Sigfox. «Des capteurs<br />
optiques et magnétiques détectent si une place<br />
est libre ou occupée. Cela permet d’afficher<br />
le nombre d’emplacements disponibles en<br />
temps réel à l’entrée des parkings», indique<br />
Carlo Posing, CEO de RMS. En déployant<br />
cette solution, Ettelbruck est devenue la<br />
première commune du Luxembourg ayant<br />
complètement connecté son stationnement.<br />
«Nous avons également installé des bornes<br />
arrêt minute à des emplacements stratégiques<br />
en ville. Celles-ci permettent de stationner<br />
gratuitement durant 20 minutes et ont été<br />
entièrement fabriquées dans la Nordstad»,<br />
précise Carlo Posing. Ces innovations<br />
bénéficient avant tout aux citoyens, aux<br />
visiteurs de la ville ainsi qu’aux gestionnaires<br />
de parkings.<br />
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120 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
FOCUS COMMUNES<br />
Feulen vit au rythme<br />
de sa croissance<br />
PAR PIERRE BIRCK<br />
Historiquement agricole et nichée entre le lac de la Haute-Sûre et Ettelbruck, la commune<br />
de Feulen est stratégiquement placée sur la carte du territoire luxembourgeois. Située à<br />
proximité des grands axes routiers, des zones industrielles et de la capitale, Feulen est devenue<br />
attractive au fil des années. La demande en logements et en terrains à bâtir n’a pas cessé<br />
d’augmenter. Dans le même temps, la commune a su prendre le tournant du développement<br />
durable pour mettre en place des initiatives et des projets en adéquation avec la protection de<br />
l’environnement. État des lieux avec Fernand Mergen, bourgmestre, qui nous en dit plus.<br />
Fernand Mergen<br />
La commune de Feulen s’est aussi associée<br />
à celle de Mertzig dans le cadre de<br />
«Greenergy», une coopérative née d’une<br />
initiative citoyenne dont l’objectif principal<br />
consiste à réaliser des projets produisant<br />
de l’électricité propre et renouvelable au<br />
sein des deux communes. Par ailleurs, bien<br />
avant les discussions autour du NaturPakt,<br />
le bourgmestre avait déjà lancé quelques<br />
projets en matière de protection de la<br />
biodiversité sur son territoire comme la<br />
piste cyclable «Niederfeulen-Warken» qui<br />
est un maillon du réseau Natura 2000.<br />
Une commune soucieuse du développement<br />
durable<br />
Feulen est certifiée à 50% du Pacte Climat.<br />
«Nous continuons à œuvrer dans le sens du<br />
développement durable pour atteindre la<br />
certification or», explique le bourgmestre<br />
Fernand Mergen. Pour ce faire, les bâtiments<br />
communaux ont fait peau neuve grâce au<br />
remplacement du chauffage par des systèmes<br />
plus soucieux de l’environnement, au<br />
renouvellement des luminaires par du LED<br />
ou encore à l’amélioration de l’isolation.<br />
«Nous avons en effet investi près de 80.000<br />
euros pour remplacer les luminaires des<br />
routes communales par des LED. Des<br />
panneaux photovoltaïques ont également<br />
été installés sur certains bâtiments, comme<br />
le hall sportif, la caserne des pompiers<br />
ou encore l’école fondamentale. Toutes<br />
ces modifications nous permettent de<br />
revoir notre modèle énergétique, de<br />
réaliser des économies et d’agir pour<br />
l’environnement», résume l’ancien échevin.<br />
De plus, la commune est actuellement en<br />
train de construire une nouvelle mairie et<br />
prépare ce projet en respectant les principes<br />
de l’économie circulaire, notamment<br />
en veillant à la réutilisation future des<br />
matériaux.<br />
L’importance des logements à prix<br />
abordable<br />
En 1970, Feulen comptait 713 habitants,<br />
1.505 en 2005 et 2.261 en 2020. En<br />
l’espace de 50 ans, la commune a triplé<br />
sa population. Avec la hausse des prix de<br />
l’immobilier, il était nécessaire de miser<br />
sur la création de logements, et notamment<br />
ceux à prix abordable. Les élus travaillent<br />
ainsi en étroite collaboration avec l’Office<br />
Social Nordstad (OSNOS) pour le volet<br />
de la gestion locative sociale. Ce dernier<br />
gère par exemple la location de trois<br />
appartements qui constituaient auparavant<br />
une grange. «Nous comptons plus d’une<br />
dizaine de logements sociaux dans la<br />
commune», conclut Fernand Mergen. n
122 <strong>LG</strong><br />
MAI / JUIN 2021<br />
FOCUS COMMUNES<br />
Bissen: la convivialité rurale<br />
au rendez-vous<br />
PAR MATHIEU LOPEZ<br />
Situé au cœur géographique du pays et industrialisé depuis<br />
les années 60 (Arbed, Goodyear), le village a connu un<br />
nouveau boom économique dans les années 2000. Ceci<br />
grâce à l’installation de son pôle industriel aux abords de<br />
la Nationale 7. David Viaggi, bourgmestre de Bissen, nous<br />
explique comment il mêle désormais dynamisme économique<br />
et convivialité rurale.<br />
David Viaggi<br />
Et pour agir, j’ai pensé qu’il fallait vraiment<br />
favoriser la mobilité douce. En tant que<br />
bourgmestre, il nous faut être exemplaire et<br />
imaginatif. Les chemins pédestres en forêt<br />
ou les pistes cyclables doivent aussi avoir des<br />
répercussions positives sur le commerce.<br />
C’est un pari pour l’avenir et je pense que<br />
chacun aura besoin de beaucoup de liberté<br />
et de se divertir, lorsque nous serons enfin<br />
sortis de cette pandémie.<br />
La commune dispose de près de 500 ha<br />
de forêt. Au départ, nous avons aménagé<br />
de nombreux chemins pédestres. Nous<br />
sommes en train de les relier au village pour<br />
permettre aux promeneurs de profiter de ce<br />
formidable poumon et être encore mieux<br />
connectés au tourisme régional.<br />
Comment êtes-vous parvenu à relancer<br />
la croissance démographique dans votre<br />
commune?<br />
En quelque sorte, il a fallu fermer le tissu<br />
urbain en «rapprochant» le cœur du<br />
village et les maisons déjà construites par<br />
le passé. Je pense notamment aux quartiers<br />
«Brill» ou «An der Blei», l’ancien site<br />
sportif où des habitations standards, ainsi<br />
qu’un centre pour personnes âgées et des<br />
habitations à coût modéré verront bientôt<br />
le jour. De manière générale, nous avons<br />
acquis des terrains en centre-ville pour une<br />
valeur globale de 4 millions d’euros, afin de<br />
pouvoir développer l’offre en logements à<br />
coût modéré.<br />
Dans une même idée, nous allons aménager<br />
des logements pour jeunes ainsi que des<br />
habitations à coût modéré dans un bloc de<br />
quatre immeubles anciens en plein cœur<br />
du village que nous avons eu l’opportunité<br />
de racheter l’année dernière. Pendant la<br />
pandémie, nous avons en effet reçu des<br />
appels de la part de jeunes qui se sont<br />
retrouvés à la rue, sans savoir où dormir...<br />
Il est urgent de trouver une solution,<br />
conjointement avec la maison des jeunes<br />
et le ministère de l’Enfance, nous espérons<br />
donc pouvoir lancer ce chantier en début<br />
d’année prochaine.<br />
À titre politique, que signifie pour vous<br />
l’engagement écologique?<br />
Si on veut faire quelque chose pour la<br />
nature, pour l’écologie, je crois qu’on doit<br />
arrêter d’en parler. On doit surtout agir.<br />
Quels sont les projets en ce sens?<br />
Sur la piste cyclable qui traverse le cœur<br />
du village, nous disposons d’une ancienne<br />
maison de gare qui est désormais la<br />
propriété de la commune. En lieu et<br />
place, nous allons y installer notre «cyclocroc»!<br />
Ce dernier comprend une cuisine,<br />
une mezzanine et une terrasse extérieure<br />
pour les cyclistes souhaitant se restaurer<br />
ou prendre un verre. Nous y ajouterons<br />
une station de réparation pour les vélos,<br />
un point de recharge pour leurs batteries,<br />
ainsi qu’un espace de lavage. Si tout va bien,<br />
nous pourrons prendre notre premier café<br />
au «cyclo-croc» dès le mois de septembre.<br />
Enfin, nous allons créer un hôtel dédié aux<br />
cyclistes dans l’ancien moulin situé à environ<br />
600 mètres de cette piste cyclable. Ce<br />
projet audacieux a énormément séduit Lex<br />
Delles, notre ministre du Tourisme. Nous<br />
consultons actuellement les architectes sur<br />
sa faisabilité. Si le vote valide ce projet, nous<br />
lancerions son aménagement en 2023. n
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MAI / JUIN 2021<br />
FOCUS COMMUNES<br />
Clervaux mise<br />
sur la coopération régionale<br />
PAR PIERRE BIRCK<br />
Le château de Clervaux, qui surplombe les habitations et la<br />
ville, rappelle que l’histoire est un élément fondamental du<br />
présent et de l’avenir. Emile Eicher, bourgmestre ayant pris<br />
ses fonctions à Munnhausen en 1994, puis en 2011 à Clervaux,<br />
présente sa commune mais aussi ses évolutions, notamment<br />
placées sous le signe du développement durable.<br />
Emile Eicher<br />
que nous avons ensuite ratifié en 2013.<br />
Nous nous sommes alliés aux communes<br />
du Parc de l’Our afin de créer des synergies<br />
et réaliser des économies en investissant<br />
dans le sens du développement durable<br />
et de la protection de l’environnement»,<br />
explique le bourgmestre. Ainsi, depuis<br />
25 ans, la commune utilise le biogaz dans<br />
l’école et la maison-relais de Reuler. Elle<br />
a aussi introduit un système qui convertit<br />
l’eau froide en eau chaude dans le bâtiment<br />
technique communal. Quant au parc éolien,<br />
il représente un apport total de 20.700 kW.<br />
«Nous nous penchons désormais sur<br />
l’utilisation des données pour mieux isoler<br />
et gérer la consommation en énergie. Par<br />
ailleurs, nous avons opté pour l’éclairage<br />
LED», précise Emile Eicher.<br />
Comme pour le Pacte Climat, la commune<br />
s’allie à celles du Parc de l’Our pour le Pacte<br />
Nature et commence à réfléchir à divers<br />
projets à réaliser de manière commune au<br />
cours de ces prochaines années<br />
Située au nord du pays, Clervaux est<br />
aujourd’hui connue des touristes pour<br />
son château, son côté pittoresque et<br />
historique, mais aussi pour sa nouvelle<br />
école européenne. «En décembre 2020,<br />
notre commune comptait 5.600 habitants<br />
et la population augmente tous les ans.<br />
La principale raison étant la faible hausse<br />
du prix des logements qui est moins forte<br />
dans nos régions rurales», explique Emile<br />
Eicher, bourgmestre de Clervaux depuis<br />
2011.<br />
Pour répondre aux recommandations du<br />
Pacte Logement 2.0, la commune propose<br />
des logements à coût abordable. «Les<br />
petites communes ont plus de difficulté<br />
à se professionnaliser dans l’immobilier.<br />
Construire est une chose; gérer un parc<br />
immobilier en est une autre. Nous discutons<br />
avec la SNHBM pour développer un site<br />
de 2 ha à Hupperdange qui sera bientôt<br />
aménagé. Avec le Fonds du Logement,<br />
nous cherchons d’autres places à bâtir qu’il<br />
serait intéressant de développer. Enfin,<br />
nous avons un accord avec Resonord<br />
pour gérer certains bâtiments. Quant aux<br />
Baulückens et à la construction modulaire,<br />
ils représentent une alternative pour les<br />
propriétaires», résume Emile Eicher.<br />
Pacte Climat, une entente régionale<br />
«A mon arrivée, j’ai demandé un audit<br />
de la situation énergétique des bâtiments<br />
communaux. Il s’avérait que les factures<br />
d’énergie étaient bien trop importantes.<br />
En entreprenant divers travaux, nous<br />
allions déjà dans le sens du Pacte Climat<br />
La problématique du «Last Mile»<br />
Le monde rural jouit de plusieurs avantages<br />
certains, mais Emile Eicher tient à soulever<br />
la problématique de la mobilité. «À Clervaux<br />
comme dans beaucoup d’autres communes,<br />
les distances importantes sont combinées<br />
à une population faible. La problématique<br />
du «Last Mile» doit être approfondie<br />
pour offrir davantage de flexibilité. De<br />
plus, la réorganisation du réseau RGTR<br />
implique de nombreux changements dans<br />
le transport scolaire. Il est nécessaire<br />
de se concentrer sur cette partie afin de<br />
trouver les meilleures connexions car<br />
notre nouvelle école européenne accueille<br />
des élèves habitants à l’extérieur de notre<br />
commune», conclut le bourgmestre. n
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MAI / JUIN 2021<br />
FOCUS COMMUNES<br />
Beckerich,<br />
pionnière de l’esprit «vert»<br />
PAR PIERRE BIRCK<br />
Beckerich fait figure d’exemple en matière d’écologie.<br />
Feu Camille Gira, membre du parti déi gréng et ancien<br />
bourgmestre de la commune de 1990 à 2013, a insufflé cette<br />
vague verte auprès de ses administrés: production d’énergies<br />
alternatives, revalorisation des ressources locales, économie<br />
d’énergie, etc. Thierry Lagoda lui a succédé à la fin de l’année<br />
2013 en prenant les rênes de la commune. Il suit aujourd’hui<br />
la même ligne de conduite que son prédécesseur et vise<br />
notamment l’autonomie énergétique d’ici 2030.<br />
Thierry Lagoda<br />
«L’an passé, nous étions une commune<br />
pilote pour la mise en place du Naturpakt,<br />
en collaboration avec le SICONA. L’été<br />
dernier, nous avons par exemple procédé à<br />
la renaturation d’un tronçon de 125 mètres<br />
du ruisseau de la Schwebach à Sweich»,<br />
explique Thierry Lagoda. Toujours en<br />
termes d’environnement, Beckerich a<br />
déjà beaucoup œuvré au niveau du Pacte<br />
Climat avec l’installation de panneaux<br />
photovoltaïques à plusieurs endroits de<br />
la commune, tels que le toit de l’église<br />
d’Elvange, le moulin, le hall sportif, la<br />
caserne des pompiers ou encore la maison<br />
relais. Les énergies fossiles qui chauffent<br />
les bâtiments communaux sont ainsi<br />
remplacées par des sources renouvelables.<br />
Les agriculteurs de la commune se sont<br />
notamment regroupés dans une coopérative<br />
de biométhanisation. Cela a permis de<br />
créer un réseau de chauffage urbain qui<br />
alimente certaines localités de Beckerich.<br />
Aujourd’hui, la ville parvient à afficher une<br />
certification de catégorie 3 (84,6%) pour le<br />
Pacte Climat.<br />
Viser l’autonomie énergétique<br />
À terme, l’objectif affiché est d’atteindre<br />
l’autonomie énergétique d’ici 2030. Un<br />
projet éolien est notamment à l’étude avec<br />
les neuf autres communes du canton de<br />
Rédange-sur-Attert. Cet immense projet<br />
prévu pour 2023 devrait couvrir les besoins<br />
en électricité basse tension sur l’ensemble<br />
du territoire cantonal.<br />
Concernant les logements à prix abordable,<br />
Beckerich a déjà pris les devants par rapport<br />
aux préconisations du Pacte Logement 2.0.<br />
Avec ses 2.700 habitants, elle compte déjà<br />
huit logements à prix abordable et travaille<br />
également avec le service de gestion<br />
locative sociale Haus Care pour être<br />
épaulée dans cette mission. Cette agence<br />
couvre les besoins en matière de logement à<br />
coût modéré au sein du canton de Rédange.<br />
«Nous essayons aussi de sensibiliser nos<br />
citoyens à la problématique des Baulücken.<br />
Ces terrains permettraient d’offrir davantage<br />
de logements au sein de notre<br />
commune», précise Thierry Lagoda. n
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MAI / JUIN 2021<br />
PORTRAIT<br />
Secteur des télécommunications<br />
et de l’informatique:<br />
grand gagnant de la crise?<br />
PAR MARTINA CAPPUCCIO<br />
Crise du Covid-19: difficulté à surmonter ou source d’opportunités? Les conséquences<br />
de la pandémie ne sont décidément pas les mêmes pour tous. Les acteurs de l’ICT et des<br />
télécommunications sont souvent considérés, parfois à tort, comme les grands gagnants de<br />
la crise. Or, comme beaucoup d’entreprises, celles de ce secteur souffrent du ralentissement<br />
dans les investissements dû à l’impossibilité de se projeter dans le monde d’après. Gérard<br />
Hoffmann, CEO de Proximus Luxembourg, témoigne des obstacles rencontrés par sa société,<br />
mais nous laisse également entrevoir le rayon d’opportunités laissé par le nuage de la crise…<br />
Rétrospective: une année de Covid-19<br />
Nous sommes en mars 2020 et, comme beaucoup<br />
d’entreprises, Proximus Luxembourg<br />
est dans l’obligation de fermer ses portes<br />
et d’organiser le télétravail de ses employés<br />
avec un avantage toutefois, celui de<br />
recourir elle-même aux outils digitaux<br />
qu’elle commercialise. Ces derniers, elle les<br />
maitrise déjà, ce qui va faciliter sa transition<br />
vers le travail à distance.<br />
Seulement voilà, après un an de travail<br />
en distanciel de 70% des collaborateurs,<br />
l’impact sur la vie sociale de l’entreprise<br />
se fait tout de même ressentir. «Les<br />
premières activités qui en souffrent sont<br />
celles de l’innovation, dont l’objectif est<br />
de développer de nouveaux projets et<br />
initiatives. La créativité nait des échanges,<br />
souvent informels. Or la convivialité<br />
nécessaire à l’inventivité a complètement<br />
disparu de notre quotidien!», témoigne<br />
Gérard Hoffmann. Sur le plan privé,<br />
de plus en plus d’employés manifestent<br />
leur besoin de revenir au bureau, ne<br />
supportant plus le travail à domicile pour<br />
diverses raisons. «La richesse d’une vie<br />
est de pouvoir alterner maison, travail<br />
et divertissements; or devoir rester en<br />
permanence chez soi, sans perspective de<br />
sorties – même pour travailler! – attaque<br />
le moral de nos équipes», confie le CEO.<br />
Les réunions par vidéoconférence ne<br />
suffisant plus à combler le manque de lien<br />
social, Proximus Luxembourg a procédé<br />
à la réouverture partielle de ses bureaux<br />
depuis le 17 mai dans le respect des règles<br />
sanitaires en vigueur. «Nous encourageons<br />
un maximum de retours, dans une certaine<br />
limite nous permettant de continuer à<br />
respecter les distances de sécurité. Nous<br />
allons par ailleurs alléger les mesures pour<br />
les employés vaccinés et pour ceux ayant été<br />
atteints du Covid-19 il y a moins de trois<br />
mois, de manière à mobiliser davantage de<br />
collaborateurs. Enfin, nous encourageons<br />
nos équipes à la vaccination car nous<br />
pensons qu’il s’agit de la seule manière de<br />
sortir de cette situation!».<br />
“9% de la base<br />
de clients abonnés<br />
mobile possèdent<br />
un smartphone 5G”<br />
Gagnants ou perdants face à la crise?<br />
Face à cette question, Gérard Hoffmann<br />
semble dubitatif: «Je ne sais pas si nous<br />
sortons vraiment «gagnants» de cette<br />
crise. Certes, en comparaison avec certains<br />
secteurs comme celui de l’Horesca, nous<br />
nous estimons heureux d’avoir pu rester<br />
stables. Toutefois, au niveau télécom par<br />
exemple, où les abonnements sont à prix<br />
fixes, nous n’avons pas généré davantage de<br />
revenus, mais au contraire plus de coûts en<br />
termes de charge du réseau».<br />
Le bilan de l’année écoulée est en effet<br />
mitigé; au début de la crise, plusieurs<br />
entreprises clientes ont dû être équipées<br />
d’ordinateurs portables, ce qui a directement<br />
profité à Telindus, marque de Proximus<br />
Luxembourg. De plus, la digitalisation est<br />
devenue une priorité tant pour le secteur<br />
privé que public, ce qui devrait en toute<br />
logique leur bénéficier également… Mais<br />
pas à court terme! En effet, nombreuses sont<br />
les sociétés dont les projets de digitalisation<br />
restent au stade d’étude et qui retardent leurs<br />
investissements en attendant d’y voir plus<br />
clair en termes de planification budgétaire.<br />
L’année 2021, transitoire, s’annonce donc<br />
plus difficile que la précédente. Selon Gérard<br />
Hoffmann, Proximus Luxembourg ne sortira<br />
pas gagnante de cette crise avant une vraie<br />
relance économique: «Le virus ne disparaitra<br />
sans doute pas, mais nous espérons que nous<br />
parviendrons bientôt à coexister avec ce<br />
dernier en l’acceptant et en le combattant<br />
avec une campagne de vaccination plus large,<br />
qui nous permettrait de revenir à une certaine<br />
normalité. Nous pourrions alors nous<br />
attendre à une reprise des investissements<br />
dans la digitalisation. C’est seulement à ce<br />
moment-là que nous serons bénéficiaires des<br />
transformations induites par la pandémie».<br />
La force de la société réside toutefois dans<br />
la diversité de sa clientèle. Ne dépendant<br />
pas d’un seul secteur, la répercussion<br />
qu’elle constatera sur ses activités sera à<br />
l’image de celle que connaitra l’économie<br />
luxembourgeoise dans son ensemble.<br />
Optimiste, le CEO a d’ailleurs confiance en<br />
sa résilience et en sa productivité<br />
La crise, parfois source d’opportunités<br />
Depuis une dizaine d’années, Telindus<br />
s’est notamment positionnée comme un<br />
des leaders dans le domaine du cloud<br />
privé au Luxembourg. S’ajoute à présent la<br />
dimension du cloud public proposé par les
Gérard Hoffmann
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MAI / JUIN 2021<br />
PORTRAIT<br />
grands prestataires américains présents en<br />
Europe et que Telindus revend: «Les deux<br />
axes sont en croissance et nous ne notons pas<br />
de préférence pour l’un ou l’autre, si ce n’est<br />
une tendance favorable au cloud privé pour<br />
certaines applications critiques. Dans les deux<br />
cas, nous notons cet intérêt grandissant de la<br />
part des entreprises et assurons actuellement<br />
des prestations avant-ventes pour les<br />
conseiller sur cette infrastructure à travers<br />
laquelle se déploiera leur digitalisation».<br />
En déployant le télétravail à grande échelle,<br />
les entreprises ont par ailleurs créé des<br />
vulnérabilités. Une forte augmentation des<br />
cyberattaques a ainsi été notée en 2020 et<br />
cette tendance semble se prolonger en 2021.<br />
Chez Telindus, cela s’est inévitablement<br />
traduit par une croissance importante de<br />
la demande en cybersécurité tant et si bien<br />
que l’entreprise a rencontré ses limites en<br />
termes de disponibilité du personnel: «En<br />
tant que grand prestataire en cybersécurité,<br />
nous avons fait beaucoup, mais nous aurions<br />
pu faire davantage. Il s’agit d’une véritable<br />
difficulté à surmonter pour nos équipes qui<br />
commencent à fatiguer face à la charge de<br />
travail».<br />
Pour y remédier, Proximus Luxembourg ne<br />
peut malheureusement pas compter sur le<br />
recrutement, comme l’explique son CEO:<br />
«Il est de plus en plus difficile de recruter<br />
dans la Grande Région et il s’agit sans doute<br />
là du plus grand bouleversement causé par<br />
la crise. Beaucoup de frontaliers réalisent<br />
que leur rythme de vie ne leur convient pas<br />
et recherchent un poste à proximité de leur<br />
lieu de résidence. Une solution pourrait être<br />
l’augmentation de la part de télétravail dans<br />
les nouveaux contrats, mais cela nécessiterait<br />
un accord à l’échelle européenne qui a peu<br />
de chances de voir le jour. Nous avons<br />
donc intérêt à changer nos approches de<br />
recrutement, en allant chercher la main<br />
d’œuvre plus loin ou en encourageant les<br />
frontaliers à devenir résidents».<br />
“La prochaine<br />
pandémie<br />
sera digitale,<br />
il est donc dans<br />
l’intérêt du pays<br />
d’investir dans<br />
la cybersécurité”<br />
2020, année du déploiement de la 5G<br />
La 5G inaugure l’avènement d’une nouvelle<br />
ère dans la télécommunication et ses effets<br />
bénéfiques se font déjà ressentir dans<br />
l’augmentation de la capacité du réseau<br />
mobile. Elle permet notamment d’améliorer<br />
la qualité des communications en diminuant<br />
les coupures réseaux et en multipliant le<br />
nombre possible d’appels-vidéos – moyen<br />
de communication grandement plébiscité<br />
depuis le début de la pandémie – sur une<br />
même antenne sans en altérer la qualité.<br />
«Au fil de son déploiement, cette technologie<br />
transformera la télécommunication de<br />
manière importante en favorisant l’apparition<br />
de nouvelles applications. Cela augmentera<br />
également la consommation. La 5G pourrait<br />
être un instrument de relance économique<br />
puisqu’elle permettra de communiquer de<br />
manière plus fiable et avec d’autres facilités»,<br />
assure Gérard Hoffmann.<br />
Quant à son impact sur notre environnement<br />
et notre santé, Gérard Hoffmann<br />
se montre confiant envers le régulateur:<br />
«Je pense que le Luxembourg est très<br />
consciencieux et qu’il a vérifié cet impact<br />
sur base des connaissances dont il disposait<br />
lorsqu’il a créé les réglementations que<br />
nous respectons aujourd’hui. De plus,<br />
nous restons dans le monde des ondes<br />
électromagnétiques déjà émises par la 4G<br />
et qui ne sont pas tellement différentes…».<br />
Deux tendances parfaitement contraires<br />
semblent par ailleurs émerger au sein de<br />
la population face à l’avènement de la 5G.<br />
Si une partie craint son déploiement, une<br />
autre est avide de nouvelles technologies et<br />
l’a démontré à travers les ventes d’appareils<br />
compatibles au-delà des projections de<br />
l’opérateur: «Chez Tango, à ce jour, 9% de<br />
la base de clients abonnés mobile possèdent<br />
un smartphone 5G, ce qui dépasse nos<br />
estimations. Cela devrait atteindre les 25%<br />
d’ici à la fin de l’année».<br />
Pour les prochaines étapes de déploiement,<br />
Proximus Luxembourg suivra le planning<br />
octroyé par les licences jusqu’en 2023,<br />
bien que les permis d’exploitation soient<br />
actuellement en retard. En parallèle, la<br />
société continue à promouvoir avec succès<br />
ses abonnements 5G et est par ailleurs la<br />
première au Luxembourg à proposer un<br />
abonnement broadband avec une bande<br />
de 2 gigas: «C’est un axe que nous voulons<br />
encore développer pour devenir un acteur<br />
de référence en matière de bande passante<br />
importante en fixe ou en mobile auprès<br />
de la nouvelle génération, friande de<br />
jeux-vidéos, plateformes de streaming et<br />
autres applications gourmandes en bande<br />
passante».<br />
Ses projections pour l’avenir? Renforcer son<br />
offre en cybersécurité. Gérard Hoffmann<br />
conclut: «La prochaine pandémie sera<br />
digitale, il est donc dans l’intérêt du pays<br />
– et il s’agit là d’une question de sécurité<br />
nationale – d’investir, conjointement avec<br />
le secteur privé, dans la cybersécurité. Des<br />
scénarios catastrophes peuvent arriver et<br />
générer des crises. Le secteur public, y<br />
compris les communes, a une responsabilité<br />
particulière à ce niveau et devra encourager<br />
ce type de défense pour les éviter». n
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Lëtzebuerger Gemengen <strong>243</strong> Mai / Juin 2021