20.09.2021 Vues

Inspiration No. 04-2021

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<strong>No</strong> <strong>04</strong> | <strong>2021</strong><br />

LE MAGAZINE DES SPORTS DE MONTAGNE<br />

BON PLAN<br />

DAVOS : L’IVRESSE DE<br />

L’OR BLANC<br />

EXPERT<br />

RESTER AU TOP :<br />

RAQUETTES À NEIGE


ACCÈS<br />

RÉSULTAT VS<br />

EXPÉRIENCE<br />

Carte papier, GPS ou smartphone ? Quiconque se prépare à une nouvelle<br />

course de montagne se pose tôt ou tard la question. Est-ce que je me fie<br />

davantage au matériel analogique, moins sujet aux défaillances mais qui<br />

requiert un solide sens de l’orientation ? Ou est-ce que je fais plutôt confiance<br />

aux logiciels rapides et précis qui travaillent à ma place – tant que le réseau<br />

et la batterie ne me jouent pas des tours ? À mon avis, les discussions à<br />

propos du choix d’un « système » se focalisent trop souvent sur le critère du<br />

résultat et passent à côté d’une vraie réflexion sur le sujet. En l’occurrence, la<br />

problématique « numérique ou analogique » ne doit pas être vue comme une<br />

question binaire, qu’il faudrait trancher soit par noir, soit par blanc. Il ne s’agit<br />

pas seulement d’évaluer mon efficacité à prendre des décisions, mais aussi<br />

de savoir si la manière de procéder apporte plus de solidité à ma position. La<br />

question centrale est donc : est-ce que je me sens bien avec mon choix ?<br />

« Numérique ou<br />

analogique ?<br />

Choisissez ce qui<br />

vous met le plus<br />

à l’aise. »<br />

Toutes les décisions d’achat revêtent également un aspect psychologique.<br />

Est-ce que je devrais commander mon nouveau sac à dos de ski de randonnée<br />

via la boutique en ligne, ou est-ce qu’une visite en magasin m’aiderait à trouver<br />

l’option qui me convient le mieux ? Celles et ceux qui savent exactement ce qu’il<br />

leur faut apprécieront les avantages d’une commande en ligne : transparence<br />

de la disponibilité, traitement rapide, gain de temps par rapport à une visite<br />

en magasin. Ceux qui hésitent pourront se rendre en magasin, où les conseillers<br />

leur fourniront les informations nécessaires qui manquent à une décision<br />

d’achat, puis savoureront le plaisir d’avoir fait le bon choix. Les prestations que<br />

nous fournissons quotidiennement à nos clientes et clients ne vivent pas exclusivement<br />

du résultat, mais surtout de la confrontation avec le thème soulevé.<br />

<strong>No</strong>us faisons tout notre possible pour vous accompagner dans vos choix en<br />

vous prodiguant des conseils professionnels. Toutes les technologies et tous<br />

les moyens disponibles nous conviennent, que vous préfériez un entretien personnel<br />

avec nos conseillers, une commande sur notre boutique en ligne ou<br />

une combinaison des deux. Au plaisir de vous retrouver prochainement.<br />

Un équipement sans concession.<br />

Des paysages inoubliables.<br />

CORDIALEMENT,<br />

THOMAS MORAND, CEO BÄCHLI SPORTS DE MONTAGNE SA<br />

thomas.morand@baechli-bergsport.ch<br />

Protection, sécurité et fiabilité, quelle que soit la distance.<br />

INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

1


BON PLAN<br />

DAVOS : L’IVRESSE DE<br />

L’OR BLANC<br />

LE MAGAZINE DES SPORTS DE MONTAGNE<br />

EXPERT<br />

RESTER AU TOP :<br />

RAQUETTES À NEIGE<br />

<strong>No</strong> <strong>04</strong> | <strong>2021</strong><br />

CONTENU<br />

BON PLAN<br />

ÉDITION<br />

<strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

Vous portez encore du plastique ?<br />

RENCONTRE AU SOMMET<br />

34<br />

22<br />

MARE E MONTI<br />

Muzzerone dans les Cinque Terre, le parc national<br />

Paklenica en Croatie et les Calanques près de Marseille<br />

: nous présentons ici trois sites d’escalade<br />

pour terminer la saison en beauté dans la douceur<br />

méditerranéenne.<br />

POINT DE VUE<br />

Les plus belles facettes de la montagne 4<br />

3 X 3<br />

<strong>No</strong>uveautés et news des sports de montagne 8<br />

BON PLAN<br />

Davos: portrait de la Mecque des sports d’hiver 12<br />

Fin de saison : escalade en Méditerranée 22<br />

EXPERT<br />

Raquettes 18<br />

Pantalons de ski de randonnée 30<br />

PASCAL EGLI<br />

Un monde, deux passions : coureur en montagne et<br />

skieur-alpiniste appartenant à l’élite mondiale, Pascal<br />

Egli effectue également un doctorat en glaciologie<br />

afin de mieux comprendre le changement climatique.<br />

Choisissez des vêtements 100 % mérinos.<br />

RENCONTRE AU SOMMET<br />

Chercheur et coureur : Pascal Egli 34<br />

DANS LES COULISSES<br />

Journées ski-test chez Bächli 40<br />

CONTRÔLE DU PARTENAIRE<br />

ATK : fixations made in Italy 42<br />

FINAL<br />

<strong>No</strong>uvelles échelles à la Konkordiahütte 48<br />

Impressum 48<br />

Page de titre : lorsque les jours raccourcissent<br />

et que les premières neiges mettent un terme à<br />

la saison d’alpinisme et d’escalade (sans être<br />

suffisantes pour la randonnée à ski), l’heure est<br />

venue des petites sorties rapides sur des sommets<br />

de moyenne altitude. Ici, Philip Ausserhofer gravit<br />

la Seebergspitze (2085 m), près de l’Achensee au<br />

Tyrol, au lever du soleil.<br />

Photo : Tom Klocker (tomklockerphoto.com)<br />

INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

3


POINT DE VUE<br />

DANS LE<br />

MILLE<br />

Combien de temps les constructeurs<br />

de Stonehenge ont-ils tâtonné<br />

jusqu’à ce que leur heelstone soit<br />

exactement dans l’axe du soleil levant<br />

au solstice d’été ? La réponse paraît<br />

évidente : plus longtemps que Fredi<br />

Brunner pour cette photo. À l’aide<br />

d’applications telles que « Peakfinder<br />

», de calendriers lunaires et d’un<br />

GPS, Brunner a pu définir l’endroit<br />

et l’heure exact de cette prise de vue<br />

depuis son canapé, avec son ordinateur<br />

portable. « L’image a été pris<br />

au Sattelegg. Du point calculé au<br />

préalable, je ne pouvais pas dévier<br />

de cinq mètres à gauche ou à droite,<br />

autrement la lune n’aurait plus été<br />

positionnée aussi parfaitement dans<br />

la niche du Chöpfenberg. » Brunner a<br />

l’habitude des faibles tolérances : ce<br />

photographe amateur travaille comme<br />

dessinateur en bâtiment « pour les<br />

plus hauts immeubles d'habitation<br />

de Suisse ». Selon lui, l’astrophotographie,<br />

discipline qu’il préfère entre<br />

toutes, repose sur « 40 pour cent de<br />

calcul préalable, 30 pour cent de photographie,<br />

20 pour cent de traitement<br />

d’image et 10 pour cent de chance<br />

avec la météo. » Dans le cas présent,<br />

ni la lune, ni Brunner n’ont raté le<br />

rendez-vous.<br />

Voici un court time-lapse du<br />

lever de lune au Chöpfenberg :<br />

instagram.com/reel/CNAgalggU3y<br />

CHÖPFENBERG, 1894 m<br />

PRÉALPES SCHWYZOISES<br />

FREDI BRUNNER<br />

@FREDI_BRUNNER<br />

4 INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

5


POINT DE VUE<br />

SOMMET<br />

DE LA PAIX<br />

En gravissant la Pointe Dufour, non<br />

seulement on atteint la plus haute<br />

montagne de Suisse, mais on ajoute<br />

aussi à sa collection – comme l’alpiniste<br />

inconnu sur l’image – l’un des<br />

plus jeunes sommets helvétiques : la<br />

Pointe Dunant. Cela ne fait que sept<br />

ans que cette cime de 4000 mètres,<br />

jusque-là couramment appelée<br />

« Ostspitze » mais non répertoriée<br />

comme un sommet autonome, porte<br />

un tel nom. En 2014, sur la proposition<br />

de l’ancien président de la Confédération<br />

Didier Burkhalter, le conseil<br />

municipal de Zermatt a donné à cette<br />

pointe le nom du Suisse Henri Dunant,<br />

le fameux humaniste qui a œuvré<br />

pour la création de la Croix Rouge<br />

(1863) et de la Convention de Genève<br />

(1864) et ainsi obtenu le prix <strong>No</strong>bel de<br />

la paix, quelques décennies plus tard.<br />

Tandis qu’à l’occasion des 150 ans de<br />

la Convention de Genève on cherchait<br />

un sommet à baptiser en l’honneur<br />

de Dunant, on a envisagé le <strong>No</strong>rdend<br />

– mais l’idée a finalement été abandonnée,<br />

du fait que ce sommet est trop<br />

connu dans le milieu de la montagne.<br />

POINTE DUNANT, 4631 m<br />

ALPES VALAISANNES, SUISSE<br />

URS NETT<br />

URSNETT.CH<br />

6 INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

7


3 X 3<br />

DES NOUVELLES<br />

DE LA MONTAGNE<br />

NOUVELLES<br />

LECTURES<br />

Les éditions Rothus, à Soleure, ont publié des<br />

nouveautés sur le thème de la randonnée :<br />

trois guides en allemand présentant les plus<br />

belles randonnées de Suisse (CHF 24.–), les<br />

plus beaux circuits (CHF 24.–) et les plus belles<br />

randonnées en poussette (CHF 18.–). Vous les<br />

trouverez dans notre boutique en ligne. À cette<br />

occasion, nous tirerons au sort dix exemplaires<br />

de l’ouvrage « Die 101 schönsten Wanderungen<br />

der Schweiz ».<br />

CHALEUR<br />

REDOUBLÉE<br />

Un bonnet en laine exclusif sera disponible chez Bächli Sports de Montagne à partir<br />

de cet hiver. Il est fabriqué par la coopérative « Ringchan » de la vallée de Hushe,<br />

dans la région du Gilgit-Baltisan – là où se trouvent les plus hautes montagnes du<br />

Karakorum. La coopérative repose sur la fondation du célèbre alpiniste Alberto<br />

Inurrategi, la « Baltistan Fundazioa » créée en 2001 dans la vallée de Hushe. Le fournisseur<br />

en équipements de sports de montagne basque Ternua aide la coopération à<br />

commercialiser ces bonnets afin d’améliorer le revenu des femmes. Les Balti<br />

Beanies se composent à 50 % de laine douce et à 50 % de fibres synthétiques afin de<br />

garantir, de manière égale, régulation de la température, fonctionnalité et propriétés<br />

anti-odeurs. Chaque bonnet porte en outre un badge avec le nom de la femme qui<br />

l’a fabriqué. Pour chaque exemplaire vendu, Bächli Sports de Montagne reverse<br />

CHF 10.– au projet Baltistan. En plus de tenir chaud à leurs propriétaires, ces<br />

bonnets apportent de la chaleur et un travail réglementé à celles qui l’ont fabriqué.<br />

Toutes les infos sur le concours ici :<br />

baechli-bergsport.ch/101-randonees<br />

BALTI BEANI<br />

TERNUA<br />

Prix CHF 39.–<br />

SECONDE<br />

VIE<br />

ASSISTANT<br />

VOCAL<br />

Avec ProtACT2024, l’entreprise Ortovox impose<br />

une nouvelle stratégie de durabilité à tous les<br />

domaines de l’entreprise. La collection limitée<br />

ProtACT en fait partie. Celle-ci comporte 22<br />

produits différents, fabriqués à partir de restes<br />

de tissu, dont des t-shirts, des gilets et des<br />

softshells. Les déchets textiles ont ainsi pu<br />

être valorisés et réintégrés dans le circuit<br />

commercial. La collection est disponible en<br />

exclusivité auprès de revendeurs spécialisés.<br />

Il a fallu attendre longtemps avant qu’Ortovox<br />

ne sorte son nouveau DVA – soit dit en passant,<br />

le produit phare de l’entreprise. Mais<br />

l’attente en a valu la peine : le Diract Voice est<br />

le premier DVA doté d’une navigation vocale<br />

(également utilisable en français) et dont les<br />

commandes sont claires durant toutes les<br />

phases de recherche. Ainsi, dans les situations<br />

de stress, l’écran graphique classique<br />

est complété par un facteur de sécurité<br />

supplémentaire. La bande de recherche de<br />

l’appareil à trois antennes correspond à 50 m.<br />

Lors d’un ensevelissement multiple, la fonction<br />

de marquage permet de chercher jusqu’à<br />

quatre personnes. Un réflecteur Recco, un<br />

mode de protection seconde avalanche, une<br />

mise à jour du système via Bluetooth font<br />

partie de l’équipement du DVA. La batterie se<br />

charge au moyen d’un port USB-C intégré.<br />

Dimensions : 7,9 x 12 x 2,3 cm.<br />

DIRACT VOICE<br />

ORTOVOX<br />

Poids env. 290 g<br />

(incl. système de portage)<br />

Prix CHF 369.–<br />

DE LA FRAÎCHEUR<br />

SUR LA NEIGE<br />

À compter de cet hiver, une nouvelle marque<br />

de skis sera disponible chez Bächli Sports de<br />

Montagne : Ogso de Chamonix. Son créateur<br />

est Tom Seidensticker. L’assortiment d’Ogso<br />

est réparti en quatre catégories baptisées<br />

Elefun, Eleplore, Precoul et Trajora. Les différentes<br />

catégories s’adressent aux freeskieurs,<br />

aux randonneurs à ski orientés montée, aux<br />

débutants et aux avancés. Tous les skis fabriqués<br />

par la marque ont un point commun : ils<br />

garantissent de bonnes performances sur tous<br />

les types de neige. Ce qui rend Ogso Ski spécial,<br />

c’est sa grande expertise dans le domaine<br />

de l’ingénierie numérique. Certains modèles<br />

portent le nom d’alpinistes légendaires, tels<br />

que Bonatti, Whymper, Couturier ou Jaeger,<br />

d’autres sont nommés selon des lieux spécifiques<br />

dans le massif du Mont-Blanc.<br />

Découvrir les skis d’Ogso :<br />

baechli-bergsport.ch/fr/ogso<br />

PHOTOS : BOUBA AG<br />

BLOC<br />

À BADEN<br />

La Ferro-Areal de Baden, ancien lieu de<br />

stockage pour la ferraille et les métaux, va<br />

bientôt bénéficier d’une nouvelle vie. Les athlètes<br />

Bächli Kevin Huser et Dimitri Canonica<br />

prévoient d’ouvrir une salle de bloc dans cette<br />

friche industrielle, sous le nom de Bouba AG.<br />

Selon le Badener Tagblatt, le contrat de bail<br />

est déjà entré en vigueur depuis juillet. Cette<br />

halle de 1600 mètres carrés sera équipée de<br />

deux blocs, d’une paroi d’escalade et d’un<br />

bistro. Le concept pourra éventuellement être<br />

élargi avec un parc de street workout, une<br />

zone fitness et des cours de yoga. La Bouba<br />

AG cherche encore des soutiens pour son projet.<br />

L’ouverture est annoncée pour fin <strong>2021</strong>.<br />

Toutes les informations se trouvent sur<br />

boulder-baden.ch<br />

8 INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

9


3 X 3<br />

HONNEUR<br />

AUX DAMES<br />

Un camp de ski de randonnée réservé aux<br />

femmes – c’est ce que propose Schöffel du<br />

11 au 13 février 2022 à Montafon, Autriche.<br />

Le point de départ se situe aux environs de<br />

Bieler Höhe (2030 m), région bénéficiant<br />

d’une garantie d’enneigement, et les nuitées<br />

ont lieu au Madlenerhaus. De là, des guides<br />

locaux conduisent les participantes, réparties<br />

selon plusieurs degrés de difficulté, dans le<br />

massif de la Silvretta.<br />

Inscription et informations complémentaires sur<br />

baechli-bergsport.ch/fr/schoeffel<br />

PHOTO : SCHÖFFEL<br />

Produits d’<br />

excellence pour<br />

la randonnée<br />

SKI-TESTS <strong>2021</strong>/2022<br />

TESTEZ DES SKIS DE RANDONNÉE<br />

ET DE FREERIDE<br />

Vous cherchez un nouveau ski de randonnée ? Les journées ski-test de Bächli<br />

Sports de Montagne sont l’occasion rêvée ! Au Gemsstock à Andermatt et à<br />

Glacier3000 aux Diablerets, nous proposons à l’essai des skis de randonnée et de<br />

freeride de la saison <strong>2021</strong>/2022. Pendant trois jours, vous pourrez ainsi vous familiariser<br />

avec les modèles dernier cri. Le ski-test d’Andermatt aura lieu du vendredi<br />

3 au dimanche 5 décembre <strong>2021</strong>. Aux Diablerets, le vaste assortiment de skis sera<br />

à votre disposition du samedi 15 au lundi 17 janvier 2022. Réservez déjà la date et<br />

inscrivez-vous dès la fin octobre. <strong>No</strong>us nous réjouissons de votre participation !<br />

baechli-bergsport.ch/ski-test<br />

LANCEMENT DE<br />

LA SAISON<br />

D’HIVER <strong>2021</strong>,<br />

VENDREDI/SAMEDI<br />

29/30 OCTOBRE <strong>2021</strong><br />

L’hiver est à notre porte et, avec lui, les<br />

nouvelles collections <strong>2021</strong>/2022. Venez nous<br />

rendre visite à l’occasion du lancement de la<br />

saison d’hiver et découvrir nos nouveaux<br />

univers hivernaux avec les produits phares de<br />

la saison à venir. À cette occasion, vous pourrez<br />

profiter d’un rabais de 10 %*, également<br />

valable en ligne. Un concours avec des prix attrayants<br />

vous attend dans tous nos magasins.<br />

Vous trouverez de plus amples informations<br />

sur : baechli-bergsport.ch/debutdesaison<br />

<strong>No</strong>us nous réjouissons de vous accueillir !<br />

10<br />

*Uniquement valable les 29 et 30 octobre <strong>2021</strong>. Ce rabais<br />

n’est valable ni dans l’outlet, ni sur les articles à prix net,<br />

tels que skis, fixations, appareils électroniques, livres,<br />

cartes, bons cadeaux ainsi que prestations de service et de<br />

réparation. <strong>No</strong>n cumulable avec d’autres rabais.<br />

<strong>No</strong>tre mission est de créer les meilleurs<br />

produits pour le plein air. Qualité,<br />

fonctionnalité, design et durabilité sont les<br />

mots d’ordre au cœur des préoccupations de<br />

quatre générations depuis 1929.<br />

Welcome to nature.


RUBRIK UNTERRUBRIK<br />

BON PLAN DESTINATION DAVOS<br />

AU ROYAUME<br />

DE LA<br />

POUDREUSE<br />

Davos-Klosters est l’une des destinations de sport d’hiver des Alpes avec<br />

la plus riche tradition. Son essor en tant que station thermale a démarré<br />

au XIX e siècle déjà. De nos jours, autant des chefs d’entreprises que des<br />

fans de hockey, des skieurs de fond comme Dario Cologna, des randonneurs<br />

à ski et des freeriders s’y sentent chez eux.<br />

TEXTE GÜNTER KAST<br />

Monter à la force des<br />

mollets est une longue<br />

tradition à Davos –<br />

12 descendre aussi.<br />

INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

PHOTO : CHRISTIAN EGELMAIR<br />

En temps normal, il règne une forte animation devant et<br />

dans la Jatzhütte sur le Jakobshorn, aussi surnommé<br />

la « montagne festive ». Les basses résonnent. Des<br />

DJs de renom s’activent déjà à l'heure du déjeuner. Dans le<br />

jacuzzi extérieur, les fêtards trinquent autour d’un Schümli-<br />

Pflümli ou d’un légendaire Kaffi Sex. Pour les skieurs aux<br />

jambes fatiguées seulement après une demi-douzaine<br />

de pistes, la Jatzhütte est l'alibi parfait pour terminer la<br />

journée agréablement, avec un peu d’avance. Mais l'hiver<br />

dernier, celui de la pandémie, tout était différent. Respectant<br />

la distance de sécurité, les skieurs dégustaient leur<br />

soupe devant la cabane ou se réchauffaient avec une tasse<br />

de thé. Pas de musique, pas de fête. Rarement avait régné<br />

autant de de calme. C’est à peine si les amateurs de ski de<br />

randonnée et les freeriders chaussant leurs skis ici ont eu<br />

droit à un regard. Auparavant les « ascensionistes » étaient<br />

considérés comme excentriques. Au cours de l'hiver Corona,<br />

ils ont enfin rejoint le Mainstream. Objectif des freeriders :<br />

atteindre le Jatzhorn, qui culmine à 2682 mètres, à moins<br />

d'une demi-heure au-dessus de la cabane. Là-haut, il ne<br />

leur restait plus qu’à enlever les peaux et se préparer à<br />

dévaller les pentes nord et est qui mènent à Teufi via l'Alp<br />

Stillberg, idéalement encore vierges de toutes traces. Un<br />

peu de glisse sur la route enneigée, quelques poussées sur<br />

les bâtons, et les voilà déjà de retour à Davos, prêts pour<br />

de nouvelles aventures hors-piste. 900 mètres de descente<br />

pour seulement 180 mètres de montée : pour beaucoup,<br />

c'est l’équation parfaite.<br />

LES PIONNIERS DE LA POUDREUSE<br />

Les freeriders modernes ne le savent probablement pas,<br />

mais monter à la force des mollets a une très longue tradition<br />

à Davos. Le 23 mars 1894 à Davos-Frauenkirch, il y a 125 ans,<br />

un certain Arthur Conan Doyle équipait ses skis en bois de véritables<br />

peaux de phoque. Ils mesuraient 2,40 mètres de long<br />

et dix centimètres de large. L'objectif du Britannique, déjà<br />

célèbre de son vivant pour ses mystères de Sherlock Holmes :<br />

le col de Maienfelder Furka, à 2436 mètres d’altitude. De là,<br />

il voulait descendre à Arosa avec deux pionniers du ski de la<br />

vallée, les frères Tobias et Johann Branger. « Les Branger ont<br />

été parmi les premiers à pratiquer ce sport, encore inconnu<br />

dans les Alpes à l'époque », explique Käthy Cajacob qui<br />

propose des visites guidées sur les débuts de la ruée vers la<br />

poudreuse au Musée des sports d'hiver de Davos.<br />

Les frères Branger avaient initié Doyle au ski depuis à peine<br />

trois mois. « Une étable en bois était le dernier signe de<br />

civilisation humaine que nous allions voir jusqu'à Arosa »,<br />

rapporte le Britannique dans son récit de cette randonnée<br />

pionnière. Rien n'a changé sur cet itinéraire jusqu’à ce jour.<br />

Alors que les montagnes alentour sont équipées de remontées<br />

mécaniques, le col de Maienfelder Furka est resté<br />

vierge de toute construction. Les skieurs et les randonneurs<br />

à ski en ont autant les uns que les autres pour leur argent<br />

à Davos. Malheureusement, la descente à l'époque n'a pas<br />

été sans accident : l'un des guides s'est foulé la cheville et<br />

le pantalon de l'auteur n'a pas traversé les épreuves de la<br />

petite expédition sans dégâts. Néanmoins, Doyle conclut sur<br />

une note positive : « Il est en fait plus facile de franchir des<br />

cols plus élevés en hiver qu'en été. Sur la neige, l'effort est<br />

deux fois moins important car la descente consiste principalement<br />

en une simple glissade ».<br />

Toutefois, n’allez pas croire que les skieurs ont été les<br />

pionniers du tourisme d'hiver à Davos. « Selon la chronique<br />

locale, les premiers hôtes d'hiver sont arrivés le 2 février<br />

13


WEGWEISER DESTINATION DAVOS<br />

1865. Ce n'était pas la Weissfluh ou le Jakobshorn, mais le<br />

lac de Davos, gelé, qui était le lieu de prédilection des sportifs<br />

à l'époque » corrige Käthy Cajacob. Malgré son éloignement<br />

du centre du village, il exerçait un attrait magique sur<br />

de nombreux hôtes. Parfois avec exagération : en décembre<br />

1881 par exemple, quelques touristes se sont aventurés<br />

DAVOS<br />

EN CHIFFRES<br />

6<br />

STATIONS DE SKI RÉPARTIES AUTOUR<br />

DE DAVOS-KLOSTERS.<br />

3146<br />

MÈTRES AU-DESSUS DU NIVEAU<br />

DE LA MER SE TROUVE LE POINT<br />

CULMINANT DE LA COMMUNE, LE<br />

SOMMET DU FLÜELA SCHWARZHORN.<br />

1696<br />

HEURES D'ENSOLEILLEMENT PAR AN EN<br />

MOYENNE À DAVOS.<br />

Montée au St.-Antö<br />

nier-Joch par<br />

conditions parfaites<br />

lors de la course<br />

Madrisa-Runde.<br />

sur la glace encore fragile et ont dû être laborieusement<br />

secourus à l'aide de perches et de cordes. Ils étaient en<br />

occurrence hollandais. Aujourd'hui, il n’y a plus de risques<br />

de passer à travers la glace, ni dans le grand parc d'aventure<br />

de patinage « Eistraum Davos », ni dans l'arène du<br />

club local de hockey sur glace HC Davos pouvant accueillir<br />

plus de 6000 spectateurs et où se dispute chaque année la<br />

légendaire coupe Spengler.<br />

La destination Davos-Klosters a vraiment quelque chose<br />

à offrir pour tous les goûts. Elle maintient sans peine son<br />

équilibre entre tradition et modernité et sert tantôt de<br />

scène littéraire, tantôt de tribune pour les dirigeants du<br />

monde venus échanger leurs idées au Forum économique<br />

mondial. Ces deux mondes peuvent même parfaitement<br />

se superposer : tout comme Doyle, Hans Castorp, le protagoniste<br />

du livre « Zauberberg » de Thomas Mann, explora<br />

les merveilles de l'hiver avec des lattes aux pieds, même si<br />

sa randonnée à ski vers le col de Strela faillit se terminer<br />

tragiquement. Castorp fût pris dans une véritable tempête<br />

de neige et se réfugia à bout de force à l'abri d'un grenier<br />

à foin, où il s'endormit, épuisé et rêva des mers du Sud.<br />

EXPLORATION DU PÉRIL BLANC<br />

Ni Doyle ni le personnage de roman Castorp ne connaissaient<br />

vraiment les dangers régnant dans les montagnes<br />

en hiver. Aujourd'hui, personne n’a plus d’excuse. Et c'est<br />

en grande partie grâce à une institution à Davos : le WSL<br />

Institut pour l’étude de la neige et des avalanches SLF est<br />

l'autorité par excellence en matière de recherche sur le<br />

péril blanc. Environ 140 employés gèrent une grande variété<br />

de projets dont les résultats profitent à tous les adeptes<br />

de ski hors-piste, et ont amélioré de manière décisive la<br />

PHOTO : RICARDO GÖTZ<br />

PHOTO : MARCEL GIGER<br />

gestion des risques au fil des ans. Bien que le nombre de<br />

personnes pratiquant le ski de randonnée et le freeride<br />

soit beaucoup plus élevé aujourd'hui que par le passé,<br />

le nombre d'accidents n'a pas augmenté en moyenne sur<br />

le long terme, il est même en légère baisse. Depuis 2019,<br />

les scientifiques du SLF étudient également comment la<br />

fréquence et le type d'avalanches évoluent en fonction du<br />

changement climatique. L'institut n'en est qu'au début, mais<br />

les premières indications montrent que les conséquences<br />

de ce phénomène sont graves. Le changement climatique<br />

pourrait entraîner une augmentation des fortes tempêtes<br />

de neige et prolonger les périodes de beau temps. Cela<br />

rendrait le manteau neigeux plus fragile et cassant.<br />

Une chose est sûre : une majeure partie du savoir-faire<br />

concernant « l'or blanc » se concentre à Davos. Alors que<br />

le SLF fournit les bases théoriques en matière de neige et<br />

de sécurité, le gymnase sportif met à disposition du matériel<br />

pratique pour les exercices physiques sur les fameux<br />

flocons blancs. Des stars comme le champion olympique<br />

Iouri Podladtchikov ou Markus Keller, l'ancien champion<br />

du monde de halfpipe, ont fréquenté cette école le matin.<br />

L’après-midi, ils s’entraînaient sur les pistes et dans les<br />

parcs des six domaines skiables de Davos, s’adaptant à la<br />

météo, aux conditions de neige et au risque d’avalanche.<br />

Bien sûr, les pionniers des sports de glisse ne disposaient<br />

pas un tel choix à l'époque. Lorsque le premier téléski à<br />

arbalètes a été inauguré à Bolgen en décembre 1934, il<br />

s'agissait d'une première mondiale. Tout le monde voulait<br />

l'emprunter, mais très peu de personnes savaient skier.<br />

Résultat : ces téméraires redescendaient avec leurs lattes<br />

sur l’épaule. Pour les pionniers du freeride de l’époque,<br />

ces conditions étaient vraiment paradisiaques.<br />

La patinoire et le stade<br />

de hockey sur glace<br />

sont des emblèmes de<br />

Davos au même titre<br />

que le WEF.<br />

Autres informations et courses<br />

aux alentours de Davos sur :<br />

baechli-bergsport.ch/fr/davos<br />

« L’avantage avec le<br />

télémark, c’est qu’on<br />

l’apprend à la descente. »<br />

STEFFI BERNHARD<br />

professeur de ski et garde forestier<br />

VIVE LES<br />

TALONS LIBRES<br />

Steffi ressemble exactement à l'image<br />

que l'on se fait d'un télémarkeur cool :<br />

des dreadlocks jaillissent de sous<br />

son casque, une barbe volumineuse<br />

camoufle son visage et ses yeux vifs<br />

étincellent derrière les verres de ses<br />

lunettes de ski. Lorsque tombe de la<br />

neige fraîche, ils brillent d'un éclat<br />

particulier. Car Steffi peut alors savourer<br />

la splendeur blanche sur son lieu<br />

de travail : en tant que professeur de<br />

ski, il montre à ses clients les meilleures<br />

lignes des six domaines skiables<br />

autour de Davos.<br />

Ils peuvent s'attendre à de véritables<br />

conseils d'initiés, car Steffi a grandi<br />

dans le village voisin de Wiesen et<br />

connaît parfaitement sa région. Ce<br />

qu’il aime le plus, c’est initier ses clients<br />

à l'art du télémark, auquel il est<br />

accro depuis 1993. Ce n'est pas si difficile,<br />

selon lui : « Quelqu'un qui sait<br />

skier et qui n'a pas deux pieds gauches<br />

peut maîtriser la technique de base<br />

après environ une demi-journée. »<br />

HOMME DE LA<br />

MONTAGNE<br />

14 INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

15


« Pour la région, la tuberculose<br />

a été une chance. »<br />

KÄTHY CAJACOB<br />

Musée des sports d’hiver Davos<br />

ATTIRER MALADES<br />

ET BIEN-PORTANTS<br />

DANS UNE VALLÉE DE<br />

MONTAGNE ISOLÉE<br />

Cela peut sembler un peu macabre,<br />

admet Käthy Cajacob, mais c'est à une<br />

maladie que Davois doit son essor en<br />

tant que destination de sports d'hiver :<br />

au milieu du XIX e siècle, les tuberculeux,<br />

principalement britanniques, espéraient<br />

trouver un soulagement à leur mal pulmonaire<br />

dans l'air pur, froid et sec des<br />

montagnes suisses. Seul bémol, il n'y<br />

avait pas de pneumologue à Davos. Mais<br />

par une heureuse coïncidence, Alexander<br />

Spengler, médecin et révolutionnaire,<br />

avait fui le Grand-Duché de Bade pour se<br />

réfugier en Suisse. Il gagna son droit de<br />

séjour en s'engageant comme médecin<br />

de campagne à Davos en 1853. L'Allemand<br />

s’associa à l'investisseur néerlandais<br />

Willem Jan Holsboer, qui finança le<br />

premier sanatorium pour les patients<br />

et le premier hôtel pour leurs proches.<br />

« Le duo a transformé Davos en une<br />

Mecque pour les personnes fortunées<br />

ayant contracté la tuberculose », raconte<br />

Cajacob. « La population quintupla en 50<br />

ans, le tourisme médical apporta dans la<br />

vallée argent, culture, et même le premier<br />

chemin de fer rhétique, qui devait à<br />

l'origine aller en Engadine. » C'est d'ailleurs<br />

Carl, le fils de Spengler, qui a organisé<br />

en 1923 la première Coupe portant<br />

son nom. L'idée derrière ce tournoi de<br />

hockey sur glace : réconcilier les ennemis<br />

de la Première Guerre mondiale<br />

grâce à un sport collectif.<br />

HOMME DE LA<br />

MONTAGNE<br />

QUATUOR<br />

GAGNANT<br />

En plus des nombreuses possibilités sportives avec des vues panoramiques<br />

époustouflantes, Davos Klosters offre une atmosphère nostalgique<br />

et de la bonne cuisine. Ceux qui aspirent au soleil, à l'air de la<br />

montagne et à l'action, entre autres dans le domaine des sports d'hiver,<br />

sont sûrs de trouver ici ce qu'ils recherchent.<br />

MADRISA PRÈS<br />

DE KLOSTERS<br />

Klosters fait partie de la région touristiques<br />

« Destination Davos Klosters ». La montagne<br />

événementielle et familiale de Madrisa est<br />

particulièrement enchanteresse en hiver. Elle<br />

offre une vue panoramique et de nombreuses<br />

possibilités. Et la cuisine y est tout aussi attrayante<br />

pour les familles que pour les gourmets.<br />

davos.ch/entdecken/berge/madrisa<br />

WALSERHUUS<br />

SERTIG<br />

Cette vallée latérale est l'un des joyaux de Davos<br />

Klosters : l'environnement alpin. L'air de la montagne<br />

est réjouissant, la cascade enchanteresse.<br />

Les quelques maisons Walser et la chapelle<br />

veillent à offrir une touche de pur romantisme.<br />

On dit que c'est la raison pour laquelle un repas<br />

ou un verre de vin des Grisons est meilleur ici que<br />

partout ailleurs. walserhuus.ch<br />

PISCHA – UNE MONTAGNE<br />

À L’ÉCART DE L'AGITATION<br />

Vous en avez assez du Mainstream et du<br />

kitsch des pistes ? Pischa est la montagne à<br />

l’état naturel de Davos Klosters. Pas de pistes<br />

damées, mais beaucoup d'espace dans la neige<br />

à son état naturel. Si vous recherchez soleil et<br />

tranquillité, cet endroit est fait pour vous.<br />

davos.ch/entdecken/berge/pischa<br />

SCHATZALP<br />

ENCHANTEUR<br />

C'est ici que le tourisme a vu le jour. Des romans<br />

y ont été écrits, des films y ont été tournés. Le lieu<br />

baigne encore dans une ambiance nostalgique.<br />

Une excellente façon d'admirer la vue imprenable<br />

est de s'asseoir sur une chaise longue avec une<br />

tasse de thé. Avec, comme cerise sur le gâteau,<br />

une descente en luge jusque dans la vallée.<br />

davos.ch/entdecken/berge/schatzalp-strela<br />

PHOTOS : DAVOS KLOSTERS MOUNTAINS, CHRISTIAN EGELMAIR, SCHATZALP, MARCEL GIGER<br />

HÉBERGEMENT<br />

• davosklostersmountains.ch (Davos)<br />

• wynegg.ch (Klosters)<br />

• bellevuewiesen.com (Davos Wiesen)<br />

RESTAURATION<br />

Davos Klosters offre une cuisine locale, régionale<br />

ainsi qu’internationale.<br />

• Les amateurs de viandes et de poissons<br />

aimeront le Pöstli-Grill : morosani.ch/de/<br />

restaurants<br />

• Le Golden Dragon de l’Hotel Grischa propose<br />

une carte de mets authentiquement chinois :<br />

hotelgrischa.ch/restaurants/chinesisch<br />

• La cuisine branchée du Stall Valär :<br />

• stallvalaer.ch<br />

• Soko, le nouveau Japonais du coin, qui cuisine<br />

les nouilles « Ramen » : soko.ch<br />

• Convivial et toujours bon – Restaurant<br />

Bräma : hotelgrischa.ch<br />

• Hotel Dischma: dischma.ch<br />

• À Klosters, les jeunes locaux du Wynegg vous<br />

gâtent avec des plats locaux et traditionnels :<br />

wynegg.ch<br />

SORTIR<br />

DAVOS<br />

Tiejer Flue<br />

2781 m<br />

Weissfluh<br />

2843 m<br />

DAVOS<br />

Jakobshorn<br />

2590 m<br />

• Après-ski à la Jatzhütte sur le Jakobshorn à<br />

2530 m : jatzhuette.ch<br />

Jatzhorn<br />

2682 m<br />

Rinerhorn<br />

2528 m<br />

Älplihorn<br />

3006 m<br />

Gotschna<br />

2281 m<br />

1<br />

Teufi<br />

KLOSTERS<br />

• Faire la fête à Davos ne se conçoit pas sans<br />

une tournée au légendaire Bolgenschanze :<br />

bolgenschanze.ch<br />

• Le Rotliechtli se prête merveilleusement bien<br />

pour un apéritif somptueux : rotliechtli.ch<br />

• Clubbing à Davos : en route pour le Pöstli :<br />

morosani.ch/de/bars-und-night-club/<br />

poestli-club<br />

• Toujours branché et extrêmement musical,<br />

le Montana Bar : montana-bar.ch<br />

• Légendaire, populaire depuis de nombreuses<br />

années auprès des jeunes et des<br />

moins jeunes l'Ex-Bar : ex-bar-davos.ch<br />

GUIDES DE MONTAGNE<br />

Bergführer Davos Klosters,<br />

bergfuehrer-davosklosters.ch<br />

UNE AVENTURE PARTICULIÈRE<br />

3<br />

Gasthaus<br />

Tschuggen<br />

Dischmatal<br />

Gorihorn<br />

2986 m<br />

Traverser l'hiver avec de gros pneus – c'est possible<br />

sur les fatbikes : par exemple à Pischa, car<br />

les descentes y sont particulièrement spectaculaires.<br />

Un petit coup d'adrénaline, ça fait partie<br />

de l’expérience, et c’est addictif ! Les vélos sont<br />

à louer à la station inférieure du téléphérique de<br />

Pischa. Il est aussi possible de contacter directement<br />

la Bike Academy pour se faire conseiller :<br />

davos.ch/aktivitaeten/schneesport/<br />

fatbiken-auf-pischa, bike-academy.ch<br />

2<br />

Schwarzhorn<br />

3146 m<br />

Piz Vadret<br />

3229 m<br />

TOP 3 DU SKI DE<br />

RANDONNÉE<br />

ET DU FREERIDE<br />

1. POUR LES DÉBUTANTS : la descente du<br />

sommet du téléphérique de Jakobshorn à Teufi<br />

dans la vallée de la Dischma, en passant par le<br />

Jatzhorn, est courte mais belle. Cet itinéraire<br />

bien fréquenté est parfait pour les débutants.<br />

2. POUR LES AVANCÉS : le classique sur l’imposante<br />

pyramide rocheuse du Flüela Schwarzhorn<br />

est parfait pour ceux qui aiment transpirer<br />

et offre, en prime, une vue sensationnelle. La<br />

période idéale est au printemps, lorsque la route<br />

du col est ouverte, ce qui permet de débuter la<br />

course plus haut.<br />

3. POUR LES RANDONNEURS EXPÉRIMENTÉS :<br />

les spécialistes osent s’attaquer au Gorihorn, culminant<br />

à presque trois mille mètres. La course<br />

commence dans la vallée de la Flüela, près de<br />

l’auberge de Tschuggen. Par bonnes conditions<br />

d’enneigement, la pente sommitale de 35 degrés<br />

se gravit aisément, mais en cas de neige glacée<br />

ou dure, il faut être prudent et avoir une bonne<br />

technique de progression avec les peaux.<br />

CARTES / LITTÉRATURE<br />

• Rudolf et Siegrun Weiss:<br />

«50 Skitouren rund um Davos»,<br />

Rother Skitourenführer<br />

• Freeride map Daovs: freeride-map.com<br />

REFUGES<br />

• Cabane de Grialetsch :<br />

grialetsch.ch<br />

• Auberge Strela-Pass:<br />

strelapass.ch/strela-pass-restaurant<br />

ÉVÈNEMENTS<br />

Pendant une semaine entière, le Backcountry<br />

Festival propose un programme varié pour<br />

tous les amoureux de sports de montagne.<br />

Des sorties freeride aux cours d'avalanche<br />

en passant par des aventures en split-board,<br />

de nombreuses possibilités de différents niveaux<br />

sont proposées. L’ambiance durant la<br />

semaine est formidable : les soirées et fêtes<br />

sportives sont propices aux rencontres et aux<br />

nouvelles expériences.<br />

INFORMATIONS GÉNÉRALES<br />

davos.ch<br />

klosters.ch<br />

Autres courses loin de la foule :<br />

baechli-bergsport.ch/fr/davos<br />

16<br />

17


EXPERT RAQUETTE<br />

TEXTE THOMAS EBERT<br />

d’autres domaines où l’utilisation des larges<br />

semelles est judicieuse pour les alpinistes.<br />

QUAND PORTANCE<br />

RIME AVEC TRADITION<br />

La raquette est plus vieille que la momie glaciaire Ötzi. Pourtant, cela fait<br />

seulement quelques années que cette chaussure surdimensionnée<br />

jouit du statut d’accessoire de sport et que sa popularité grandit. Voici tout<br />

ce qu’il faut savoir sur le thème de la raquette à neige.<br />

ILLUSTRATION : LAURA KLOHN<br />

La raquette à neige peut se targuer de détenir<br />

un sacré record : à l’exception de la<br />

hache et des vêtements, il s’agit de la plus<br />

ancienne pièce d’équipement au monde. On en<br />

trouve des mentions dans la littérature grecque<br />

antique (tournant d’époque). Une trouvaille<br />

dans les Alpes de l’Ötztal serait même plus ancienne<br />

que la célèbre momie Ötzi. Ainsi, les raquettes<br />

ont permis aux chasseurs, cueilleurs,<br />

bûcherons et trappeurs de progresser dans la<br />

neige ou dans les marais durant des siècles.<br />

La classification de la raquette en tant qu’engin<br />

sportif est toutefois assez récente. Par<br />

exemple, le CAS a conçu sa propre cotation<br />

pour cette discipline en 2005. « À cette époque,<br />

le premier guide de randonnée en raquettes<br />

était publié aux éditions du CAS et il fallait donc<br />

élaborer une cotation de difficulté », explique<br />

Bruno Hasler, responsable formation et sécurité<br />

au CAS. Les raisons qui font de la randonnée<br />

en raquettes un excellent sport hivernal<br />

sont nombreuses. Premièrement, aucune<br />

phase d’apprentissage n’est requise – il suffit<br />

de savoir marcher pour faire de la raquette.<br />

Deuxièmement, aucun accessoire n’est nécessaire<br />

excepté les bâtons, du moins dans un terrain<br />

sécurisé. Troisièmement, les adeptes de<br />

randonnée en raquettes ne sont pas tributaires<br />

des pistes préparées ou des pistes de ski de<br />

fond. Quatrièmement, la randonnée en raquettes<br />

est parfaitement adaptée aux enfants,<br />

et donc, aux familles. Bächli Sports de Montagne<br />

propose un modèle pour enfants dans les<br />

marques leader MSR, TSL et Tubbs, conçu pour<br />

un poids de 18 à 57 kg.<br />

Andrea Brändli, gestionnaire de produits dont<br />

les raquettes, réfute l’idée reçue selon laquelle<br />

les raquettes sont uniquement conçues pour<br />

les alpinistes qui ne maîtrisent pas le ski de<br />

randonnée. « On peut tout à fait pratiquer ces<br />

deux disciplines. Une randonnée en raquettes<br />

facile dans un terrain présentant peu de dangers<br />

constitue une bonne alternative pour les<br />

journées de mauvais temps. » Marche d’approche<br />

jusqu’au site de cascade de glace, alpinisme<br />

hivernal classique, expéditions – voilà<br />

DEUX CATÉGORIES<br />

La raquette présente un autre gros avantage<br />

par rapport au ski (de randonnée) : son marché<br />

est bien plus simple. « Il n’est pas nécessaire<br />

d’acheter une nouvelle paire chaque année »,<br />

confirme Brändli, qui n’a pas constaté d’innovation<br />

révolutionnaire sur le marché de la raquette<br />

au cours des dernières années. Les raquettes<br />

sont très techniques et ont une longue durée de<br />

vie, ce qui rend l’assortiment facile à gérer. Globalement,<br />

tous les modèles modernes devraient<br />

disposer d’une cale de montée rabattable, qui<br />

facilite l’ascension dans les pentes raides. Des<br />

crampons en acier sous la raquette sont également<br />

indispensables pour éviter de glisser sur la<br />

glace. Les raquettes se classent dans les catégories<br />

« randonnée » et « alpinisme ». Les modèles<br />

de la première catégorie suffisent pour<br />

des terrains faciles avec des montées légères,<br />

par exemple en forêt ou en moyenne montagne.<br />

Celles et ceux qui souhaitent aussi effectuer des<br />

ascensions raides et des traversées en haute<br />

montagne opteront pour un modèle qui se prête<br />

aussi à l’alpinisme hivernal. Ces derniers comportent<br />

des dents métalliques plus nombreuses<br />

et plus agressives ainsi qu’un cadre plus solide,<br />

qui supporte aussi des sollicitations extrêmes<br />

lors d’une prise de carre sur pente abrupte.<br />

Le fonctionnement de la raquette n’a pas changé<br />

depuis l’antiquité : une large surface pour une<br />

grande portance. Ce qui est différent, ce sont les<br />

matériaux utilisés – l’osier tressé a fait place à<br />

l’acier, à l’aluminium et à des plastiques spéciaux<br />

qui résistent aux grands froids. Les modèles<br />

Hyperflex de TSL, sortis pour la première<br />

fois sur le marché à l’hiver 2014/15, constituent<br />

des exceptions. « Il s’agit de raquettes en plastique<br />

avec des inserts latéraux en carbone qui,<br />

grâce à leur flexibilité extrême, à leur faible<br />

poids et à leur fixation ergonomique, s’adaptent<br />

à tous les terrains et permettent un déroulé du<br />

pied parfaitement naturel », explique Brändli.<br />

Grâce à un équipement plutôt simple et à un<br />

profil d’exigence clair, on s’approche ici de la<br />

perfection plus que dans n’importe quelle autre<br />

catégorie de produit. « Il existe des modèles polyvalents<br />

adaptés à un plus large spectre d’utili-<br />

INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

19


EXPERT RAQUETTE<br />

suffit de tourner le bouton vers le haut pour<br />

ouvrir la fixation, est également intégré à certains<br />

modèles. Tous ces systèmes sont compatibles<br />

avec des gants. On fera donc son<br />

choix selon ses préférences.<br />

- ©MathisDumas<br />

SHIELD<br />

ALTITUDE MATE<br />

Sensations exaltantes<br />

: les raquettes<br />

sont bien plus qu’une<br />

simple alternative<br />

au ski de randonnée<br />

en cas de mauvais<br />

temps. Ces larges<br />

semelles ouvrent la<br />

porte à l’alpinisme<br />

hivernal et offrent aussi<br />

de belles sensations<br />

à la descente.<br />

sation. Les compromis sont cependant toujours<br />

nécessaires », souligne Andrea Brändli. D’abord,<br />

en ce qui la longueur des raquettes. Ici, la règle<br />

d’or est : les raquettes courtes sont plus agiles<br />

et plus maniables, donc plus agréables lorsque<br />

la pente devient plus raide. Dans les terrains<br />

plus plats en revanche, une raquette plus longue<br />

constitue un avantage. Ce qui compte, c’est de<br />

choisir la longueur de raquette en fonction de<br />

celle de son pas, de sa taille et de son poids –<br />

une décision que l’on prend dans l’idéal en magasin.<br />

Certains fabricants proposent même des<br />

extensions permettant à des raquettes plutôt<br />

courtes de s’adapter à des personnes grandes<br />

et assez lourdes.<br />

« Les raquettes sont<br />

éprouvées et durables et bien<br />

moins sujettes aux<br />

renouvellements que les skis. »<br />

ANDREA BRÄNDLI<br />

GESTIONNAIRE DE PRODUITS<br />

Que faut-il encore savoir avant de se lancer ?<br />

Concernant le choix des chaussures, Andrea<br />

Brändli recommande de bonnes chaussures<br />

de randonnée bien imprégnées et respirantes,<br />

plus hautes que la cheville, avec une semelle<br />

profilée rigide. « L’idéal, c’est une chaussure<br />

de montagne imperméable qui protège du<br />

froid. » Dans les terrains non sécurisés, il faut<br />

naturellement aussi tenir compte du danger<br />

d’avalanche. Comme pour le ski-alpinisme,<br />

une pelle, une sonde et un DVA font partie<br />

de l’équipement de base et il faut pouvoir s’en<br />

servir correctement. Les adeptes de la randonnée<br />

en raquette ont l’avantage de pouvoir<br />

facilement se déplacer vers un lieu plus sûr,<br />

par exemple un terrain vallonné peu raide ou<br />

des zones forestières, tandis que les skieurs<br />

de randonnée se trouvent rarement près de ce<br />

genre d’endroits. Il faudrait aussi tenir compte<br />

de cette liberté accrue dans le choix de l’itinéraire<br />

lorsqu’on monte dans les zones de ski de<br />

randonnée. En effet, les griffes des raquettes<br />

peuvent laisser de gros trous dans les traces<br />

de montée des skieurs, qui gèlent durant la<br />

nuit, rendant désagréable et peu sûre la montée<br />

avec des skis. Dans l’idéal, il vaut donc<br />

mieux éviter de suivre les traces de skis avec<br />

ses raquettes.<br />

Hervé Barmasse & Lise Billon<br />

Chamonix<br />

Les modèles se distinguent également les uns<br />

des autres par la manière dont la fixation est<br />

attachée. Celle-ci est soit reliée au cadre de<br />

manière rigide, soit suspendue de manière<br />

flexible. L’experte Bächli précise : « Une suspension<br />

flexible peut être avantageuse dans<br />

les traversées, car le pied est moins contraint<br />

de prendre une position peu naturelle. Avec une<br />

fixation rigide, le contact avec le sol est plus direct<br />

et confère un sentiment de sécurité accru<br />

en cas d’utilisation extrême. »<br />

TROIS TYPES DE FIXATIONS<br />

À propos de fixation, c’est elle qui est décisive<br />

pour un maniement aisé de la raquette. Rien<br />

n’est plus énervant qu’une fixation compliquée<br />

qu’on ne peut même pas utiliser avec des<br />

gants. Aujourd’hui, la plupart des systèmes de<br />

fixation sont dotés de larges bandes perforées<br />

en caoutchouc, qui sont enfilées au-dessus du<br />

talon et du cou-de-pied, s’ajustant de manière<br />

optimale à la forme de la chaussure. « La fixation<br />

à lanières classique est fiable, peu encombrante<br />

pour le transport et facilement réparable<br />

», explique la gestionnaire produit. On<br />

trouve aussi des fixations dotées d’un système<br />

à cliquet, que l’on connaît bien sur les snowboards.<br />

Ces fixations maintiennent bien le pied<br />

et peuvent être facilement réajustées. Le système<br />

à roulette Boa, simple et éprouvé, où il<br />

20 INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

PHOTO : MARTIN BISSIG<br />

LOUER<br />

DES RAQUETTES<br />

Les personnes qui ne font de la randonnée<br />

en raquettes qu’occasionnellement<br />

ou qui souhaitent d’abord s’essayer à la<br />

discipline avant d’acheter une paire pourront<br />

louer chez Bächli Sports de Montagne<br />

un modèle classique de MSR pour<br />

les courses jusqu’en moyenne montagne.<br />

JULBO.COM<br />

21


BON PLAN ESCALADE MÉRIDIONALE<br />

Échanger sa chaise longue contre des<br />

réglettes et son coup de soleil contre<br />

des crux : si vous partez faire de l’escalade<br />

dans le sud, vous serez surpris<br />

par la diversité qui se cache parmi la<br />

brise marine, les côtes escarpées et<br />

les plaisirs culinaires. Trois destinations<br />

à ajouter à sa liste des choses à<br />

voir absolument.<br />

ENTRE CIEL<br />

ET MER<br />

Approche de rêve : sur le chemin<br />

menant à la voie « Éperon Ouest »<br />

sur l’Aiguille de l’Eissadon, dans<br />

le sud de la France, le regard est<br />

comme aimanté par la calanque<br />

d’En-Vau entourée de falaises<br />

calcaires 22 tombant à pic.<br />

INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

PHOTOS : ANDREAS LATTNER, MARTINA MARTERA/BERSANTE/VERSANTE SUD<br />

CINQUE TERRE<br />

ESCALADE AU PARC NATIONAL<br />

TEXTE ALEXANDRA SCHWEIKART<br />

En 1997, les cinq villages de pêcheurs historiques<br />

Monterosso, Vernazza, Corniglia, Manarola et<br />

Riomaggiore – les Cinque Terre –, sur le littoral de<br />

la Riviera italienne, ont été ajoutés au patrimoine mondial<br />

de l’UNESCO. <strong>No</strong>n loin de ces villages pittoresques,<br />

au cœur du parc national éponyme, se trouve le site<br />

d’escalade de Muzzerone. Les adeptes d’escalade plaisir<br />

trouveront leur compte sur cette côte escarpée entre<br />

Porto Venere et Cinque Terre : le massif rocheux comporte<br />

quelque 90 voies allant jusqu’au 5c. Avec 300 voies jusqu’au<br />

8b, les grimpeurs ambitieux ne sont pas non plus<br />

en reste. De petites prises aiguisées et des gouttes d’eau<br />

se sont formés sur ces rochers calcaires aux tons clairs ;<br />

de nombreuses voies sont raides et très techniques.<br />

C’est l’endroit idéal pour parader lorsque l’on possède<br />

une bonne technique de pieds ! Mais le site offre aussi<br />

des voies d’endurance en dévers et même de l’escalade<br />

sur concrétions, notamment dans le secteur Polveriera.<br />

On peut grimper toute l’année à Muzzerone, mais en<br />

raison de l’exposition sud-ouest des falaises, l’endroit<br />

est plutôt fréquenté de l’automne au printemps. En juin,<br />

juillet et août, on préfère passer ses journées à la mer et<br />

grimper tout au plus en soirée. Certains grimpeurs motivés<br />

viennent même après le coucher du soleil, à la lueur<br />

de leurs lampes frontales.<br />

Muzzerone<br />

Italie<br />

Falaises raides<br />

sans répit : Davide<br />

Battistella dans « <strong>No</strong><br />

Siesta » (8b), dans le<br />

secteur Atlantide à<br />

Muzzerone.<br />

On trouve des zones de baignade partout. La plage de<br />

Monterosso, en particulier, est parfaite pour une journée<br />

de repos. Dans ces eaux limpides, on nage, on fait de la<br />

plongée et on grimpe sur les blocs qui surplombent la mer.<br />

Ceux qui veulent grimper pieds nus doivent faire attention<br />

aux oursins qui peuplent les falaises. Les visiteurs sont<br />

également gâtés sur le plan culinaire, avec des glaces<br />

fabuleuses et des pizzas croustillantes à chaque coin de rue.<br />

Pour compenser les excès de gourmandise, on peut, en plus<br />

de l’escalade, suivre les magnifiques chemins de randonnée<br />

qui longent la côte abrupte, d’un lieu à l’autre (balisage<br />

bleu). Derrière chaque virage, on découvre une vue fantas-<br />

23


BON PLAN ESCALADE MÉRIDIONALE<br />

KLETTERN IM SÜDEN<br />

La barre rocheuse de<br />

Muzzerone ; à l’arrière,<br />

les îles Palmaria et Tino<br />

dans la mer de Ligurie.<br />

PAKLENICA<br />

DANS LA GORGE<br />

DE WINNETOU<br />

TEXTE & PHOTO SIMON SCHÖPF<br />

Paklenica<br />

Croatie<br />

Paklenica » signifie quelque chose comme « petit<br />

enfer ». On aurait difficilement pu choisir un<br />

nom plus inapproprié, car avec ses 96 kilomètres<br />

carrés, ce parc national est tout sauf petit et sa beauté<br />

sauvage évoque aux amoureux de la nature un paradis<br />

plutôt qu’un enfer. Le parc national Paklenica, qui<br />

existe depuis 1949, se situe dans la partie méridionale<br />

de la région de Velebit en Croatie. À l’entrée du parc<br />

déjà, on comprend pourquoi il abrite le plus grand, le<br />

plus connu et le plus beau site d’escalade de Croatie :<br />

tique – c’est donc l’occasion de s’émerveiller et de prendre<br />

des photos ! En suivant les chemins qui longent la côte,<br />

les muscles des jambes risquent de s’échauffer un peu,<br />

car on monte et on descend souvent sur des centaines de<br />

marches. L’afflux touristique ayant fortement augmenté<br />

au cours des dernières années, une taxe est perçue pour<br />

plusieurs sentiers. Après la randonnée, on revient à son<br />

point de départ en bus, en train ou en bateau.<br />

BON À SAVOIR :<br />

Muzzerone se situe à 15 km de La Spezia. Ceux qui<br />

souhaitent laisser leur voiture à la maison prennent le<br />

train via Milan jusqu’à La Spezia, puis la ligne de bus<br />

11 ou le ferry jusqu’à Porto Venere. Le site d’escalade<br />

est accessible à pied par le sentier panoramique (chemin<br />

n° 1 ou 1a en 30 minutes). On peut passer la nuit<br />

à Porto Venere ou dans l’idyllique Refugio Muzzerone,<br />

situé à seulement quelques minutes à pied de la mer<br />

et des rochers. Le Rifugio sert également de base<br />

pour les secours en montagne de La Spezia.<br />

« Ceux qui veulent<br />

grimper pieds nus doivent<br />

faire attention aux<br />

oursins qui peuplent les<br />

falaises. »<br />

DAVIDE BATTISTELLA<br />

«MUZZERONE»<br />

éditeur Versante Süd, 2017<br />

Prix CHF 45.–<br />

PHOTO : DAVIDE BATTISTELLA/VERSANTE SUD<br />

De la dalle compacte au<br />

paradis des cannelures,<br />

en passant par le<br />

surplomb couvert de<br />

concrétions : escalade au<br />

parc national Paklenica.<br />

BE AWARE<br />

OF WHAT<br />

YOU WEAR<br />

The ultimate in style and performance.<br />

<strong>No</strong>w made from recycled materials.<br />

Discover the ODLO BlackcombWarm Eco Collection.<br />

24 INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

odlo.com/sustainable<br />

25


BON PLAN<br />

ESCALADE MÉRIDIONALE<br />

les parois gris cendre se penchent vers les visiteurs de<br />

façon presque menaçante, comme dans une gorge sortie<br />

d’un livre d’images. On serait presque tenté d’oser une<br />

comparaison avec les gorges du Verdon en France – en soi,<br />

le plus beau compliment que l’on puisse faire à une gorge.<br />

La diversité du rocher est inégalée : de la dalle compacte<br />

au paradis des cannelures en passant par le surplomb<br />

couvert de concrétions, ce parc national abrite toutes les<br />

formes de jeu que la roche calcaire peut offrir. Le potentiel<br />

de grimpe y est presque infini, et les classiques comme<br />

« The Show Must Go On » (6c, 280 m), « Domzalski » (6a,<br />

120 m) ou « Velebitaški » (6a+, 350 m) sont connus bien<br />

au-delà des frontières nationales. Cependant, les rochers<br />

de Paklenica mettent la peau des mains à rude épreuve,<br />

car le calcaire y est d’une rugosité phénoménale. Et ceux<br />

qui grimpent dans les grandes parois se rendront rapidement<br />

compte qu’un 5c peut être incroyablement difficile !<br />

Le parc totalise quelque 400 voies, du bloc court au bigwall<br />

technique. On ne s’y ennuie pas de sitôt !<br />

En parlant de Paklenica, on ne doit pas oublier de mentionner<br />

Winnetou. La gorge qui a servi de coulisse pour<br />

le célèbre film de Karl May semble effectivement faite<br />

pour qu’on y tourne des films de cowboys et d’Indiens.<br />

En raison de sa célébrité, elle est très fréquentée en été.<br />

L’accès facile et l’équipement parfait pour les débutants<br />

des jardins d’escalade ainsi que les chemins de randonnée<br />

bien aménagés font du parc national un lieu de pèlerinage<br />

pour les fans d’Indiens comme pour les amoureux de la<br />

nature. Le seul bémol à ce tableau idyllique serait la bora,<br />

un vent souvent tempétueux qui souffle entre Trieste et la<br />

Avant de partir, veuillez vous renseigner sur les<br />

règles et restrictions en vigueur quant au Covid-19.<br />

BORIS CUJIC<br />

«PAKLENICA»<br />

éditeur Astroida, 2017<br />

Prix CHF 38.–<br />

côte adriatique croate. Avec des rafales pouvant atteindre<br />

250 km/h, il s’agit d’un des vents les plus puissants du<br />

monde. En clair, le temps peut vite se rafraîchir.<br />

Malgré la bora, l’entre-saison est la meilleure période<br />

pour visiter Paklenica. Au printemps, tandis que la région<br />

desséchée par l’hiver retrouve lentement ses teintes<br />

verdoyantes, que les températures sont encore idéales<br />

pour des courses d’escalade pendant la journée, que les<br />

appartements et les places de camping de Starigrad sont<br />

encore presque tous inoccupés, voilà venue la période<br />

idéale pour se rendre à Paklenica ! Si les températures<br />

sont encore un peu fraîches pour aborder l’imposante face<br />

nord de l’Anica Kuk, les nombreux sites d’escalade abritent<br />

beauoup d’emplacements ensoleillés. Et n’oublions pas<br />

la plage ! Car quoi de plus agréable, après une épuisante<br />

journée d’escalade, que de contempler le coucher du soleil<br />

en pleine mer et d’interpréter les moutonnants petits<br />

nuages roses comme des signaux de fumée, un peu à la<br />

façon de Winnetou ?<br />

CALANQUES<br />

PAYSAGE DE FJORDS DANS<br />

LA MÉDITERRANÉE<br />

TEXTE ALEXANDRA SCHWEIKART<br />

Calanques<br />

France<br />

Une calanque est une petite crique et se réfère à un<br />

genre de fjord dans la Méditerranée. Mais lorsque<br />

les grimpeurs parlent DES Calanques, ils pensent<br />

aux criques profondément encaissées entre Marseille et<br />

Cassis, sur le littoral méditerranéen. Cette région fait partie<br />

du département des Bouches-du-Rhône. Elle est connue<br />

pour son célèbre mistral, dont les fortes rafales descendantes<br />

peuvent rendre impossible toute randonnée ou<br />

escalade. Sur les parois exposées au sud, on est toutefois à<br />

l’abri du vent même en hiver. Quelques plantes rocheuses<br />

rares, telles que l’astragale de Marseille, ont même réussi<br />

à se faire au climat de l’endroit.<br />

La noueuse forêt de pins, d’oliviers sauvages et de chênes<br />

y est cependant toujours menacée – surtout par les incendies.<br />

C’est pourquoi durant les mois d’été, certains chemins<br />

sont soumis à une interdiction de randonner afin<br />

d’écarter tout risque d’incendie dû à un mégot ou autre<br />

objet inflammable. De toute manière, les grimpeurs préfèrent<br />

venir aux Calanques en automne et au printemps.<br />

En été, le soleil, aidé par la surface réfléchissante de l’eau,<br />

peut faire fondre les semelles des chaussons d’escalade,<br />

si bien qu’on préférera passer son temps dans les criques<br />

aux eaux vert émeraude. Sur le plan de la grimpe,<br />

les Calanques font partie de ce que le sud de la France a<br />

de mieux à offrir : dalles techniques, surplombs raides,<br />

escalades extrêmes sur des voies d’une longueur ou voies<br />

plaisir de plusieurs longueurs. Exposition nord, sud, est<br />

et ouest : dans les Calanques, on trouve de tout. Le massif<br />

est divisé en six régions principales : Marseilleveyre, Les<br />

Goudes, Sormiou, Morgiou, Luminy et Gardiole. Plus de<br />

2500 voies avec des spits y sont apparues au cours des<br />

ans, auxquelles s’ajoutent encore un millier de voies tradi-<br />

BON À SAVOIR<br />

Accès par voie aérienne, de Zurich à Rijeka, Croatie.<br />

Il est judicieux de louer une voiture sur place, puis on<br />

longe la côte adriatique en passant par Senj et Karlobag<br />

jusqu’à Starigrad-Paklenica, env. 180 kilomètres.<br />

GRID<br />

En automne, on trouve sans problème des logements<br />

ou des places de camping. À la haute saison, les<br />

Et durant les jours<br />

campings au bord de la mer sont généralement déjà<br />

de repos ? Traverser<br />

pleins. Les appartements de vacances le long de la<br />

les beautés sauvages<br />

côte sont recommandés en automne, lorsque les jours<br />

HELMET<br />

croates sur les traces<br />

de Winnetou.<br />

raccourcissent – surtout parce que les « apartmani »<br />

sont très bon marché à cette période.<br />

26 INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

27


BON PLAN ESCALADE MÉRIDIONALE<br />

MATÉRIEL<br />

ÉPROUVÉ<br />

Voici un conseil que nous prodiguons<br />

à nos clientes et clients<br />

qui prévoient des excursions en<br />

montagne et des voyages d’escalade<br />

: emportez du matériel<br />

qui a déjà fait ses preuves dans<br />

la pratique, car rien n’est plus<br />

énervant, en vacances, que des<br />

pauses forcées en raison de<br />

matériel défectueux.<br />

« À parcourir d’est en ouest,<br />

ou dans le sens inverse ! Cette<br />

voie d’escalade dominant<br />

la Méditerranée fait définitivement<br />

partie de mes projets. »<br />

GERNOT BÖTTINGER<br />

MARKETING NUMÉRIQUE<br />

BÄCHLI<br />

ON TOUR<br />

Vous souhaitez rafraîchir votre technique d’assurage<br />

avant votre prochain voyage d’escalade ?<br />

Dans notre programme Bächli on Tour, vous<br />

trouverez des courses guidées et des cours. Il a<br />

déjà neigé ? Pas de problème, nous proposons<br />

aussi des cours sur le ski de randonnée !<br />

baechli-bergsport.ch/fr<br />

baechliontour<br />

Une brise légère ?<br />

Au-dessus des embruns,<br />

l’assurage sur l’« Éperon<br />

Ouest » (5c) est fascinant.<br />

tionnelles à équiper soi-même. Le jeu commence aux alentours<br />

de 5a et se termine pour l’instant au 9a. Les voies d’escalade<br />

sportive se concentrent entre 6b et 7b. Les secteurs Oasis et<br />

Paroi Jaune abritent des voies d’une longueur difficiles entre 6c<br />

et 8a. Par mistral, le secteur Paroi des Toits s’avère idéalement<br />

protégé grâce à son exposition au sud. Et ceci, même lors de<br />

journées d’hiver ensoleillées (60 voies de 5c à 8b). Les Calanques<br />

sont également connues pour leurs superbes voies plaisir<br />

jusqu’à 14 longueurs dans le secteur En-Vau, qui surplombe<br />

la mer. L’un des incontournables pour les grimpeurs plaisir<br />

mène sur la Grande Candelle : six longueurs allant jusqu’au 6a<br />

nommées « Arête de Marseille » et entièrement équipées. Une<br />

bonne occupation pour les jours où l’on préfère éviter d’avaler du<br />

dénivelé : dans certaines criques, on peut réaliser des traversées<br />

jusqu’à 15 longueurs, juste au-dessus du niveau de la mer.<br />

BON À SAVOIR<br />

Attention : actuellement plusieurs sites d’escalade sont<br />

interdits pour des raisons de responsabilité. Il convient<br />

impérativement de s’informer au préalable ! Voyage aller : de<br />

Marseille, suivre la D559 en direction de Cassis et bifurquer<br />

jusqu’aux différents secteurs. Le camping sauvage est interdit<br />

dans tout le parc national des Calanques ; on trouve cependant<br />

plusieurs gîtes d’étape ou campings dans les environs.<br />

À et autour de Marseille, il ne faut rien laisser traîner dans<br />

sa voiture – car c’est bien connu, l’occasion fait le larron.<br />

« Des dalles techniques<br />

aux surplombs raides : les<br />

Calanques font partie de<br />

ce que le sud de la France<br />

a de mieux à offrir en<br />

matière d’escalade. »<br />

«ESCALADE LES CALANQUES»<br />

topo-calanques.com, 2017<br />

Prix CHF 45.–<br />

PHOTO : ANDREAS LATTNER<br />

CONFORT<br />

SURPRENANT<br />

Le Quantic Wmn est un chausson d’escalade<br />

sportive qui se prête à tous les types d’escalade.<br />

Grâce à sa forme, il est idéal pour un entraînement<br />

régulier en salle ou sur le rocher,<br />

mais peut aussi être utilisé pour le bloc ou les<br />

voies de plusieurs longueurs. Sa construction<br />

n’est pas agressive, mais offre une performance<br />

maximale sans perdre en confort. Le<br />

chausson est doté d’une légère précontrainte<br />

et d’une forme asymétrique. Le système PAF<br />

au talon soulage le tendon d’Achille et assure<br />

une répartition uniforme de la pression. Le<br />

chaussant plutôt large est adapté au pied féminin.<br />

La semelle Vibram XS Edge (3,5 mm)<br />

offre une excellente adhérence. Ce chausson<br />

doté d’une double fermeture Velcro et d’un<br />

matériau extérieur en microfibre est parfaitement<br />

polyvalent.<br />

QUANTIC WMN<br />

SCARPA<br />

Poids 360 g<br />

Prix CHF 139.–<br />

FIDÈLE<br />

COMPAGNON<br />

Léger, peu coûteux, polyvalent : le Reverso de<br />

Petzl est un classique absolu parmi les dispositifs<br />

d’assurage en escalade. Escalade sportive,<br />

voies de plusieurs longueurs, rappel, assurage<br />

d’un ou de deux seconds : tout est faisable avec<br />

le Reverso, qui fonctionne par ailleurs avec<br />

une large gamme de cordes. Ainsi, le dispositif<br />

peut s’utiliser avec des cordes à simple de 8,5 à<br />

10,5 mm, des cordes à double de 7,1 à 9,2 mm<br />

et des cordes jumelées de 6,9 à 9,2 mm. Des<br />

gorges de freinage augmentent l’efficacité de<br />

freinage de la corde. Grâce à sa construction<br />

robuste en aluminium, le Reverso vous accompagnera<br />

longtemps, l’anodisation en couleur<br />

prenant une belle patine avec le temps.<br />

REVERSO<br />

PETZL<br />

Poids 57 g<br />

Prix CHF 35.–<br />

RÉSISTANCE<br />

À L’EAU<br />

Même si l'escalade en Méditerranée se pratique<br />

davantage sur le rocher que dans l'eau : à proximité<br />

de la mer, une corde bien imprégnée sera toujours<br />

la bienvenue. Grâce à son traitement ThermoShield<br />

ainsi qu’à son imprégnation Pro-Dry de<br />

qualité, la Hummingbird Pro Dry 9.2 d’Edelrid est<br />

protégée durablement contre l’eau et les salissures<br />

et en même temps très agréable à manier.<br />

Elle présente une absorption d’eau inférieure à<br />

2 %. Grâce à la technique de lovage 3D Lapcoil<br />

brevetée par Edelrid, la corde peut être utilisée<br />

immédiatement, sans formation de vrilles. Cette<br />

corde à simple certifiée bluesign possède une<br />

proportion de gaine de 44 %, retient huit chutes<br />

normées et présente une force de choc de 8,8 kN.<br />

Dotée d’un diamètre et d’un poids plutôt faibles,<br />

elle est idéale pour les voies d’escalade sportive<br />

exigeantes dans un environnement hostile.<br />

HUMMINGBIRD PRO DRY 9.2<br />

EDELRID<br />

Poids 57 g/m<br />

Prix dès CHF 199.–<br />

28 29


EXPERT PANTALONS D’HIVER<br />

LES VÊTEMENTS<br />

DE L’OMBRE<br />

Tandis que les vestes de montagne bénéficient de toute l’attention<br />

de la clientèle, les pantalons restent souvent dans l’ombre.<br />

Pourtant, le choix de ce vêtement est tout aussi important que celui de<br />

la veste – surtout pour la saison froide. Voici nos conseils.<br />

ILLUSTRATION: LAURA KLOHN<br />

TEXTE RABEA ZÜHLKE<br />

Du pantalon de rando respirant à la salopette<br />

coupe-vent et imperméable en passant<br />

par le pantalon de trekking ouatiné : celles<br />

et ceux qui pensaient jusqu’à présent qu’un<br />

pantalon d’hiver devait uniquement tenir chaud<br />

se trompaient. C’est du moins de ce suggère<br />

l’augmentation croissante du choix de produits.<br />

« Globalement, nous classons les pantalons<br />

d’hiver dans les catégories ski de randonnée,<br />

freeride, trekking hivernal ainsi que pantalons<br />

chauds, en duvet et d’expédition. <strong>No</strong>us opérons<br />

également une distinction entre les pantalons<br />

avec et sans membrane », résume Daniela Stünzi,<br />

gestionnaire de produits chez Bächli. Bien sûr,<br />

le domaine d’utilisation peut varier selon les<br />

préférences de chacun, mais la classification<br />

par discipline a du sens. En effet, personne n’a<br />

envie de baigner dans sa transpiration lors d’une<br />

ascension difficile ou d’être trempé jusqu’aux<br />

sous-vêtements en cascade de glace. Les sportifs<br />

qui font surtout du ski de randonnée en hiver<br />

opteront dans l’idéal pour un softshell respirant,<br />

contrairement aux freeriders orientés descente<br />

ou aux adeptes d’alpinisme hivernal, qui passent<br />

leur temps dans les faces nord gelées. « Les pantalons<br />

softshell sont parfaits pour les personnes<br />

qui font régulièrement du ski de randonnée ou<br />

qui cherchent un pantalon polyvalent pour l’hiver,<br />

également adapté à la randonnée pédestre, aux<br />

raquettes ou au ski de fond », explique l’experte.<br />

Ces modèles doivent offrir la meilleure protection<br />

possible contre les intempéries, tout en<br />

garantissant respirabilité et liberté de mouvement.<br />

Ainsi, le matériau extérieur perméable<br />

à la vapeur d’eau se compose généralement<br />

de polyamide coupe-vent et résistant à l’abrasion,<br />

combiné à de l’élasthanne pour assurer la<br />

liberté de mouvement nécessaire. Un traitement<br />

supplémentaire – en général une imprégnation<br />

DWR (Durable Water Repellent) – confère au<br />

matériau ses propriétés déperlantes. Si l’effet<br />

déperlant s’atténue, il est possible de réimprégner<br />

le pantalon.<br />

Les pantalons softshell présentent un autre<br />

avantage : grâce à leur intérieur brossé, ils<br />

offrent une agréable sensation sur la peau<br />

lorsqu’on ne porte pas de caleçon long. « Le<br />

matériau intérieur est aussi doux qu’une veste<br />

polaire. De plus, la chaleur peut être stockée<br />

dans les interstices des fibres », ajoute la gestionnaire<br />

de produits. Simultanément, l’humidité<br />

sous forme de transpiration est plus rapidement<br />

absorbée et évacuée vers l’extérieur.<br />

« Ortovox utilise de fines fibres de laine mérinos<br />

aux propriétés anti-odeurs à l’intérieur.<br />

Mais la plupart des fabricants optent pour un<br />

matériau synthétique ».<br />

CIRE ET LAINE<br />

Les pantalons softshell sont également adaptés<br />

au trekking hivernal et à la randonnée. Des<br />

fabricants comme Fjällräven (p. ex. Barents Pro<br />

Winter Trousers), <strong>No</strong>rrøna (p. ex. Svalbard-Cotton-Linie)<br />

ou Lundhags (p. ex. Makke MS Pants)<br />

proposent des modèles en mélange de cotonpolyester,<br />

qui garantissent un confort élevé.<br />

« En principe, les pantalons de trekking hivernal<br />

disposent du même équipement que les modèles<br />

d’été. On y ajoute simplement un intérieur<br />

brossé ou une doublure, comme sur les Barents<br />

Pro Winter Trousers. » Un traitement à la cire<br />

confère à ces pantalons en fibres mélangées<br />

des propriétés coupe-vent et déperlantes ; il<br />

peut être renouvelé en tout temps. Le cirage<br />

au fer à repasser constitue une alternative sans<br />

PFC pour une imprégnation DWR. Une fois<br />

traités, ces pantalons peuvent aussi être utilisés<br />

pour la randonnée en raquettes, en combinaison<br />

avec des guêtres.<br />

VENT ET NEIGE<br />

Lors de courses en haute montagne, par conditions<br />

humides et froides ou au moment de<br />

longues descentes dans la poudreuse : plus la<br />

météo est instable ou plus la course est orientée<br />

sur la descente, plus un pantalon hardshell<br />

trois couches est recommandé. Les laminés de<br />

Gore-Tex, Sympatex ou Dermizax reposent sur<br />

des fonctionnalités différentes, mais poursuivent<br />

le même objectif : résister au vent, à la neige, à<br />

l’humidité et au froid tout en évacuant l’humidité.<br />

Si ces pantalons sont moins respirants que les<br />

softshells, ils sont parfaitement coupe-vent et<br />

imperméables. « Les pantalons hardshell sont<br />

surtout achetés par les adeptes de freeride ou<br />

de ski alpin », précise Stünzi. Ils sont également<br />

adaptés pour l’alpinisme hivernal ou la cascade<br />

de glace. Il convient toutefois de prêter attention<br />

INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

31


EXPERT<br />

PANTALONS D’HIVER<br />

à l’épaisseur de la doublure. Si l’on doit monter<br />

des pentes avec les skis sur le dos, réaliser des<br />

descentes de 1000 mètres de dénivelé dans<br />

la poudreuse ou faire sa trace dans une neige<br />

profonde pour atteindre la cascade de glace, on<br />

a chaud même sans ouatinage.<br />

Daniela Stünzi le résume ainsi : « À celles et<br />

ceux qui se refroidissent vite, je recommande<br />

un modèle équipé d’une membrane. À contrario,<br />

les personnes qui ont tendance à transpirer<br />

devraient opter pour un softshell respirant<br />

sans membrane. » Pour les indécis, il y a des<br />

pantalons hybrides qui allient les avantages des<br />

différents matériaux grâce au body mapping.<br />

« Le Dynafit Beast Hybrid Pants, par exemple,<br />

combine un matériau softshell à un matériau<br />

trois couches imperméable. Le pantalon offre<br />

ainsi une protection contre les intempéries dans<br />

les zones exposées tout en restant respirant. »<br />

HAUTEUR ET LARGEUR<br />

Collant de ski de randonnée moulant, modèle<br />

pour les compétiteurs ou salopette loose trois<br />

couches : c’est l’activité pratiquée qui définit<br />

la bonne coupe. Les pantalons softshell pour<br />

la randonnée à ski ou en raquettes sont généralement<br />

dotés d’une coupe étroite. « Sinon,<br />

les jambes frottent constamment l’une contre<br />

l’autre à la montée. » Ils ne doivent cependant<br />

« À quelqu’un qui a facilement<br />

froid je conseille un modèle avec<br />

membrane. Mais si quelqu'un<br />

a tendance à beaucoup transpirer, il<br />

sera mieux servi avec un tissu<br />

Softshell respirant et sans membrane. »<br />

DANIELA STÜNZI<br />

GESTIONNAIRE DE PRODUITS<br />

pas ressembler à une combinaison de course :<br />

« Les pantalon des coureurs de ski-alpinisme<br />

sont si étroits au mollet qu’ils ne passent que<br />

sur des chaussures d’entraînement », avertit la<br />

gestionnaire produit. Un bas des jambes réglable<br />

par fermeture éclair ou par boutons-pression<br />

est idéal pour pouvoir enfiler le pantalon sur des<br />

chaussures de ski de randonnées polyvalentes.<br />

Une guêtre intégrée avec bordure élastique est<br />

également pratique pour empêcher la neige de<br />

pénétrer. Un insert composé d’un matériau résistant<br />

à l’abrasion, tel que le Cordura, pour protéger<br />

le pantalon des carres des skis et des crampons<br />

fait aussi partie de l’équipement standard.<br />

Tandis que la plupart des freeriders préfèrent<br />

une coupe large pour une liberté de mouvement<br />

maximale, celle-ci est tout sauf idéale pour<br />

les adeptes de cascade de glace : « Le bas des<br />

jambes, en particulier, doit être étroit pour éviter<br />

que les crampons ne s’accrochent aux jambes<br />

du pantalon. » Les modèles hardshell sont en<br />

général dotés d’une taille haute afin de garantir<br />

une bonne tenue. « Plusieurs fabricants produisent<br />

d’ailleurs toujours plus de salopettes »,<br />

observe Stünzi. « Ces dernières protègent les<br />

reins du froid et restent bien en place. » On peut<br />

également opter pour des bretelles. Certains<br />

confectionneurs de vêtements proposent<br />

aussi des vestes et des pantalons pouvant être<br />

assemblés par une fermeture éclair ou des<br />

boutons-pression.<br />

DÉTAILS ET PRÉCISIONS<br />

Les adeptes de ski de randonnée orientés sur la<br />

montée qui ont une préférence pour le matériel<br />

hardshell devraient impérativement choisir des<br />

EXPED – EXPEDITION EQUIPMENT<br />

vêtements dotés d’une ouverture latérale pour<br />

l’aération s’ils ne veulent pas rapidement baigner<br />

dans leur transpiration. Les modèles dotés<br />

d’une fermeture éclair traversante peuvent aussi<br />

faire office de surpantalons lorsque la météo<br />

est instable, car ils s’enfilent sans problème<br />

avec des chaussures de ski de randonnée. Lors<br />

de courses de plusieurs jours réalisées avec un<br />

pantalon softshell, un surpantalon est également<br />

indiqué pour faire face aux éventuelles<br />

intempéries. D’autres caractéristiques, comme<br />

une grande poche sur la cuisse avec mousqueton<br />

intégré pour sécuriser le DVA, sont une<br />

affaire de goût. Stünzi recommande de porter le<br />

DVA avec le support prévu par le fabricant, car la<br />

plupart des appareils sont épais et gênent dans<br />

pantalon. Ce qui n’est en revanche pas gênant<br />

du tout, c’est le réflecteur Recco plat, que l’on<br />

intègre de plus en plus souvent aux vêtements<br />

de montagne (p. ex. Arc’teryxc Beta SV BIB).<br />

Grâce au détecteur SAR1, tracté par un hélicoptère,<br />

ce petit réflecteur garantit une localisation<br />

rapide en cas d’accident ou d’avalanche.<br />

FREERIDE<br />

SKI DE RANDO<br />

RANDONNÉE HIVERNALE<br />

LOFOTEN GORE-TEX<br />

PRO PANTS<br />

NORRONA<br />

MERCURY DST W<br />

PANTS<br />

DYNAFIT<br />

BARENTS PRO WINTER<br />

TROUSERS<br />

FJÄLLRÄVEN<br />

SÉLECTION DE<br />

PRODUITS BÄCHLI<br />

Descentes en poudreuse profonde<br />

et lignes infinies : les pantalons composés<br />

d’un matériau trois couches<br />

qui protègent du vent et de l’humidité<br />

sont parfaits pour le freeride. Celles<br />

et ceux qui s’intéressent davantage<br />

à la montée qu’à la descente seront<br />

en revanche mieux servis avec des<br />

pantalons de ski de randonnée respirants,<br />

coupe-vent et légers. Les<br />

modèles dotés d’une doublure, p.<br />

ex. en mesh brossé, et ayant subi<br />

un traitement à la cire permettent<br />

de rester au chaud et au sec lors de<br />

randonnées hivernales.<br />

32 INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

SERAC 35<br />

SAC À DOS ALPIN HIVERNAL RÉSISTANT AUX INTEMPÉRIES<br />

Ce sac à dos alpin de 35 l, léger comme la plume, est muni d’une fermeture<br />

à enroulement ainsi que d’une fermeture éclair latérale permettant<br />

un accès aisé au contenu. Malgré son design minimaliste, il offre<br />

de détails fonctionnels mûrement réfléchis et est particulièrement bien<br />

équipé pour l‘hiver: tu peux en effet y ranger pelle à neige, peaux de<br />

phoque et compagnie dans son compartiment frontal imperméable<br />

alors qu’un dispositif de fixation des skis bien conçu et divers points<br />

d’arrimage pour l’équipement alpin font du Serac 35 le compagnon<br />

fidèle des virées d’un jour ou des weekends en<br />

montagne en conditions hivernales.<br />

UN MAXIMUM DE PLEIN AIR AVEC UN MINIMUM DE MOYENS | www.exped.com<br />

Extrêmement léger<br />

Résistant aux intempéries<br />

Minimaliste<br />

Photo: Martin Scheel


RENCONTRE AU SOMMET PASCAL EGLI<br />

« SOULIGNONS LES<br />

OPPORTUNITÉS,<br />

PAS LES SACRIFICES. »<br />

Jambes rapides et esprit clair :<br />

quand Pascal Egli court la<br />

montagne – ici, lors de son<br />

action « Alpstein Total », avec<br />

12 sommets et plus de 6000<br />

mètres de dénivelé – il ne peut<br />

s’empêcher de scanner le<br />

paysage.<br />

Un monde, deux passions : coureur en montagne et skieur-alpiniste,<br />

Pascal Egli appartient à l’élite dans le monde de la compétition internationale.<br />

Il effectue aussi un doctorat en glaciologie afin de mieux<br />

comprendre le changement climatique. Un entretien sur le travail<br />

comme moyen de récupération, sur la valeur de la science et sur le<br />

suivi en temps réel des crevasses.<br />

INTERVIEW THOMAS EBERT<br />

Pascal, tu es actuellement doctorant en<br />

glaciologie et géomorphologie. Lorsqu’on<br />

te demande ce que tu étudies,<br />

comment l’expliques-tu ?<br />

La géomorphologie consiste à étudier la<br />

manière dont les processus de surface<br />

forment le paysage. La géologie traite<br />

des grands mouvements, notamment du<br />

plissement des Alpes. Pour notre part,<br />

nous nous intéressons à comprendre les<br />

effets du vent, de l’eau et de la météo,<br />

ainsi que les processus d’érosion et de<br />

sédimentation. Les glaciers sont des moteurs<br />

d’érosion extrêmement efficaces<br />

qui sculptent le paysage, tout comme le<br />

transport de sédiments. Un glacier est<br />

comme un tapis roulant. La situation est<br />

encore plus passionnante aujourd’hui,<br />

car les glaciers reculent fortement.<br />

Beaucoup d’eau de fonte s’écoule et les<br />

moraines changent constamment car il<br />

leur manque un appui latéral. Je travaille<br />

pour ainsi dire à l’intersection entre la<br />

glaciologie et la géomorphologie.<br />

Ok. Et quelles sont les questions classiques<br />

que l’on te pose ?<br />

Haha ! La question typique est « Et à<br />

quoi ça sert ? », comme souvent dans la<br />

recherche. L’un des bénéfices directs de<br />

notre recherche, est que nous livrons de<br />

évaluations quantitatives du transport<br />

de sédiments. C’est important pour les<br />

exploitants de barrage qui veulent savoir<br />

à quelle vitesse leur lac se remplit<br />

de sable et de gravier.<br />

En quoi cela consiste concrètement ?<br />

<strong>No</strong>us travaillons p. ex. au glacier<br />

d’Otemma dans le Val de Bagnes. Un<br />

grand barrage se trouve en-dessous<br />

du glacier. Lorsque le torrent glaciaire<br />

y charrie beaucoup de sédiments, sa<br />

capacité diminue et les exploitants de<br />

la centrale ne peuvent produire que<br />

nettement moins d’électricité. Évidemment,<br />

la Confédération veut aussi savoir<br />

quand et en quelle quantité l’électricité<br />

pourra être fournie. À l’avenir, notre<br />

énergie hydraulique dépendra davantage<br />

de la fonte des neiges et de la pluie<br />

et moins de la fonte des glaces. Pour<br />

la simple et bonne raison que l’eau des<br />

lacs de retenue, sous l’effet du changement<br />

climatique, provient de moins en<br />

moins de la fonte de la glace.<br />

PHOTO : THOMAS LUTZ<br />

34<br />

35


RENCONTRE AU SOMMET<br />

PASCAL EGLI<br />

Vos données sont-elles également<br />

pertinentes pour se protéger des dangers<br />

naturels ?<br />

Elles constituent en tout cas une aide.<br />

Par exemple, lorsque nous découvrons<br />

avec le radar des poches d’eau<br />

qui pourraient éclater d’un seul coup<br />

et causer des inondations. Les laves<br />

torrentielles sont également plus<br />

probables lorsqu’un torrent charrie<br />

beaucoup de sédiments.<br />

Comment peut-on se représenter tes<br />

recherches en pratique ? Avec quels<br />

outils travaillez-vous ?<br />

<strong>No</strong>us travaillons principalement avec<br />

36<br />

Travail de terrain :<br />

Egli transporte<br />

une antenne radar<br />

sur le glacier<br />

d’Otemma.<br />

PORTRAIT<br />

PASCAL EGLI<br />

Pascal Egli, né en 1988, est originaire de Saint-<br />

Gall et vit à Leysin (VD). Il a étudié à l’EPF de<br />

Zurich et de Lausanne ainsi qu’à Vancouver et<br />

à Trondheim, et effectue actuellement un doctorat<br />

à l’Université de Lausanne au sujet de la<br />

géométrie et de la dynamique des canaux subglaciaires.<br />

En 2018, il a remporté les Sky Classic<br />

Series dans le cadre des Skyrunner World<br />

Series. La même année, il a établi son meilleur<br />

chrono avec 32 min 21 s au « Vertical Kilometer<br />

». Par ailleurs, Egli entraîne et conseille de<br />

jeunes sportifs de montagne dans leur carrière.<br />

Il est également ambassadeur de « Protect<br />

Our Winters Switzerland ».<br />

une antenne radar plutôt simple que<br />

nous fixons au sac à dos, puis nous arpentons<br />

le glacier pendant des heures<br />

avec une distance de deux mètres entre<br />

chaque passage. Cela permet d’obtenir<br />

un réseau de données très dense. La<br />

réflexion du signal indique si de l’air, de<br />

la glace ou de l’eau se trouvent sous la<br />

surface. La précision est au décimètre<br />

près. Mais cela suffit pour voir s’il y a<br />

des canaux ou non.<br />

À quelle profondeur pouvez-vous voir ?<br />

Dans les Alpes, la glace comporte<br />

beaucoup d’eau, contrairement p. ex. à<br />

l’Antarctique. Cela absorbe beaucoup<br />

d’énergie du signal radar. Bien sûr,<br />

ce serait super de pouvoir apercevoir<br />

des canaux à 200 ou 300 mètres de<br />

profondeur, mais les antennes ne le<br />

permettent pas encore. Sur le glacier<br />

d’Otemma, nous avons principalement<br />

effectué des mesures dans la partie<br />

inférieure de la langue glaciaire, là<br />

où la glace mesure environ 50 mètres<br />

d’épaisseur.<br />

Que révèlent les canaux sous un<br />

glacier ?<br />

Ce qui nous intéresse surtout, c’est<br />

l’hydraulique : à quelle vitesse coule<br />

l’eau, quelle est la pression hydraulique<br />

? Un grand canal a une puissance<br />

d’écoulement plus grande que<br />

plusieurs petits canaux et peut éroder<br />

davantage de terrain. La vitesse à<br />

laquelle les glaciers émissaires, p.<br />

ex. au Groenland ou en Antarctique,<br />

se déplacent dépend également de la<br />

pression hydraulique dans ces canaux.<br />

S’ils sont bien « graissés » par les<br />

canaux, les inlandsis se déplacent plus<br />

rapidement vers la mer, où ils fondent,<br />

faisant monter le niveau de la mer.<br />

Comme un roulement à billes ?<br />

Plutôt comme une presse hydraulique. Il<br />

peut même arriver que la pression de<br />

l’eau rehausse le glacier, du moins pour<br />

quelques heures ou quelques jours.<br />

Lorsque ce phénomène se produit,<br />

la glace circule très vite pendant un<br />

bref instant jusqu’à ce que l’eau trouve<br />

à nouveau un chemin et que la pression<br />

baisse.<br />

Reste-t-il des glaciers alpins qui ne<br />

sont pas surveillés ?<br />

Tous les glaciers à proximité d’une zone<br />

d’habitation sont assez bien surveillés.<br />

Par exemple à Saas-Fee, lorsqu’un<br />

effondrement menaçait au Weissmies,<br />

on a immédiatement surveillé le glacier<br />

au laser. Mais la Suisse compte plus de<br />

1400 glaciers et on ne peut pas tous les<br />

surveiller. De plus, on ne peut pas tout<br />

savoir à 100 pour cent. Il y a deux ans, le<br />

village de Zermatt a été inondé après la<br />

rupture d’une petite poche d’eau dans la<br />

zone glaciaire. Celles-ci se forment très<br />

rapidement. Par chance, les inondations<br />

n’étaient pas trop importantes.<br />

Quelles surprises avez-vous eues sur le<br />

terrain ?<br />

Pour mesurer la dynamique glaciaire,<br />

nous avons régulièrement pris des<br />

images haute définition des glaciers avec<br />

des drones. Par la suite, un grand canal<br />

s’est effondré sur 50 mètres de long. La<br />

glace était très fine, de l’air a pénétré,<br />

puis la glace a fondu de l’intérieur. Des<br />

blocs sont tombés au milieu du glacier<br />

et ont été évacués par le torrent. Ces<br />

éléments ne sont pas encore vraiment<br />

pris en compte dans le taux de recul des<br />

glaciers. Grâce à nos photos et modélisations<br />

altimétriques quotidiennes de la<br />

situation avant et après de tels incidents,<br />

nous pouvons désormais – un peu<br />

comme on génère un produit dérivé –<br />

écrire un article sur ce phénomène.<br />

PHOTO : MÀD<br />

Question hypothétique : quand est-ce<br />

que les alpinistes pourront voir en<br />

temps réel sur leur téléphone où se<br />

trouvent les crevasses ?<br />

Pff, actuellement c’est difficile à<br />

imaginer. Pour les crevasses visibles<br />

en surface, il faudrait prendre de<br />

nouvelles vues aériennes tous les cinq<br />

jours environ afin de pouvoir suivre<br />

le rythme des mouvements glaciaires.<br />

Mais il y a aussi les crevasses invisibles,<br />

nettement plus complexes. Sur<br />

un plan purement financier, personne<br />

ne serait intéressé à faire voler des<br />

hélicoptères en permanence avec les<br />

systèmes radar appropriés.<br />

En laissant de côté l’aspect financier,<br />

est-ce que l’aventure ne s’en trouverait<br />

pas amoindrie si l’on pouvait cartographier<br />

en direct chaque crevasse ?<br />

C’est ce que je pense. Parfois, c’est<br />

dommage de tout savoir et de ne plus<br />

avoir aucune surprise en route. Car<br />

finalement, on va en montagne pour<br />

s’échapper du monde normal. Les données<br />

GPS amoindrissent déjà quelque<br />

ULTRA GLIDE<br />

INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

peu l’aventure. En avril, nous avons<br />

suivi la Haute Route de Chamonix à<br />

Zermatt. <strong>No</strong>us avons progressé de nuit<br />

sans suivre de trace GPX. L’expérience<br />

est restée mystérieuse et nous nous<br />

sommes perdus de temps à autre. Mais<br />

qui sait, peut-être que dans dix ans,<br />

des lunettes à réalité augmentée nous<br />

permettront de savoir si quelqu’un est<br />

passé par là quelques jours plus tôt.<br />

À propos de Haute Route, abordons<br />

l’aspect sportif de ta vie. Tu tais<br />

élégamment le fait que vous avez<br />

réalisé toute la course dont on vient<br />

de parler en moins de 18 heures. Tu<br />

« Mes collègues se<br />

baignent dans le lac quand moi<br />

je cours en montagne. »<br />

ULTRA GLIDE<br />

LA CHAUSSURE DE TRAIL RUNNING<br />

LA PLUS CONFORTABLE<br />

Superleichter Komfort<br />

für lange Touren!<br />

as également réussi à gravir 1000<br />

mètres de dénivelé en à peine plus de<br />

32 minutes…<br />

… 32:20 ou quelque chose comme ça, oui.<br />

Kilian Jornet est à peine plus rapide et<br />

s’entraîne 1200 à 1400 heures par année.<br />

Comment parviens-tu à concilier<br />

ces performances avec ton travail de<br />

chercheur ?<br />

Je me le demande aussi ! Parfois je<br />

trouve que c’est stupide de vouloir être<br />

bon dans ces deux domaines, car je<br />

ne ferai jamais partie des meilleurs<br />

nulle part. Évidemment, je m’entraîne<br />

beaucoup moins que Kilian. Mais<br />

pour de courtes courses, deux heures<br />

d’entraînement par jour suffisent pour<br />

bien progresser. Le gros problème,<br />

c’est la récupération. Il est certes<br />

possible de s’entraîner dur, jusqu’à<br />

trois heures par jour, tout en travaillant<br />

à plein temps. Toutefois, on<br />

37


RENCONTRE AU SOMMET<br />

PASCAL EGLI<br />

ne récupère pas suffisamment et on<br />

progresse peu.<br />

En 2018, tu as tout de même remporté la<br />

coupe du monde de sky running !<br />

C’est juste. À cette époque, j’ai passé<br />

plusieurs semaines sur le glacier pour<br />

le travail sur le terrain. J’ai participé à<br />

une conférence, beaucoup travaillé au<br />

bureau – et cela ne m’a pas empêché<br />

de réaliser de bonnes performances<br />

sportives. Mais c’était aussi une affaire<br />

de chance. L’hiver précédent, j’avais eu<br />

la possibilité de bien m’entraîner et je<br />

n’avais pas autant de pression au travail<br />

que maintenant, où je dois vraiment terminer<br />

mon doctorat. Les choses ne se<br />

passent pas toujours aussi bien qu’il n’y<br />

paraît de l’extérieur. Il faut simplement<br />

être très efficace au quotidien !<br />

À t’entendre, il semble que tu ne<br />

puisses abandonner ni l’un ni l’autre.<br />

Au bureau, je me sens parfois un peu<br />

mal avec mes 80 pour cent d’occupation<br />

lorsque je vois les autres qui se<br />

donnent à 150 pour cent pour être les<br />

meilleurs chercheurs du monde. Et<br />

dans le sport, c’est la même chose.<br />

Les gens qui courent les Golden Trail<br />

Series se consacrent presque exclusivement<br />

au sport. Comment puis-je<br />

avoir une chance contre eux alors que<br />

je passe 40 heures par semaine au<br />

bureau ? Malgré tout, cela me plaît<br />

de vivre dans deux mondes différents.<br />

D’un côté, la science, ses fervents<br />

nerds et un travail qui fait sens,<br />

puisqu’il s’agit d’effectuer des recherches<br />

sur le changement climatique<br />

et d’attirer l’attention sur les<br />

dangers concrets. D’un autre côté, le<br />

sport, où les gens sont tout aussi<br />

enflammés. Mais si je n’étais qu’un<br />

sportif qui doit se contenter de ses<br />

résultats, il me manquerait quelque<br />

chose. Quand les choses ne se passent<br />

pas bien dans le sport, je me tourne<br />

vers la science – et vice versa. En<br />

fait, je ne me considère ni comme un<br />

scientifique à plein temps, ni vraiment<br />

comme un sportif professionnel.<br />

Parviens-tu à utiliser d’une quelconque<br />

manière tes recherches sur<br />

le terrain pour ton entraînement ?<br />

Sur le glacier, nous campons à 2400<br />

mètres, c’est déjà une bonne adaptation<br />

à l’altitude. À part cela, c’est<br />

difficile. Lorsque l’on n’est pas en train<br />

de prendre des mesures, on recharge<br />

les appareils ou on cuisine. Il me reste<br />

éventuellement trois quart d’heure<br />

le soir ou le matin pour une petite<br />

ascension rapide. Mais au moins, mon<br />

travail implique de beaucoup marcher<br />

et se déroule en altitude. Cela revient<br />

un peu à un entraînement de base et<br />

c’est de toute façon bien mieux que de<br />

rester toute la journée assis devant<br />

l’ordinateur.<br />

Un genre de récupération active ?<br />

Oui, on peut dire ça. En 2018, j’étais sur<br />

le glacier et je suis brièvement descendu<br />

pour courir Sierre-Zinal. C’est<br />

une course très rapide quand tu viens<br />

de passer des journées à randonner<br />

tranquillement dix heures par jour.<br />

Cela donne une impression étrange.<br />

(N.D.L.R. : Egli est arrivé à la 21 e place.<br />

Avec 2 h 44 min 25 s, il a réalisé le troisième<br />

meilleur chrono suisse.)<br />

Que disent tes collègues chercheurs<br />

lorsque tu vas courir le matin avant<br />

Durabilité : Egli<br />

commence<br />

parfois ses randonnées<br />

à ski<br />

sur deux roues.<br />

le travail ?<br />

Ils me trouvent un peu bizarre. Mes<br />

collègues préfèrent faire une pause ou<br />

se baigner dans un lac pendant que<br />

je cours en montagne. Mais depuis le<br />

temps, ils me connaissent !<br />

Quand tu fais du sport, est-ce que<br />

tu parviens à retirer tes lunettes de<br />

scientifique ou est-ce que tu passes ton<br />

temps à scanner la morphologie du<br />

paysage ?<br />

Effectivement, je le fais de plus en plus,<br />

mais davantage lors de l’entraînement<br />

que pendant une course. Je trouve ça<br />

cool et il me semble en voir plus que les<br />

autres, lorsque mon attention est attirée<br />

par des petits détails du paysage.<br />

Comment arrives-tu à concilier tes<br />

recherches environnementales avec tes<br />

nombreux voyages autour du monde ?<br />

Je dois avouer que j’aime beaucoup<br />

voyager. Bien sûr, je compense mes vols,<br />

mais chacun sait que ce n’est pas la<br />

solution, car cela génère quand même<br />

des émissions. Par conséquent, j’essaie<br />

de me limiter. Cette année, j’ai pris<br />

l’avion pour une course à La Palma. Si<br />

je me qualifie pour les championnats du<br />

monde, j’irai encore en Thaïlande. Puis<br />

ce sera tout. Il n’y a pas que l’avion, dont<br />

il faut tenir compte. La construction,<br />

PHOTO : MÀD<br />

« Il faut<br />

simplement être<br />

très efficace<br />

au quotidien ! »<br />

la production de viande, les voitures<br />

rejettent aussi beaucoup de CO 2<br />

. Mon<br />

alimentation est principalement végétarienne,<br />

je vais au travail à vélo ou<br />

en train et j’ai rénové l’isolation et<br />

le chauffage chez moi. Depuis peu, j’ai<br />

une voiture électrique, ce qui est plutôt<br />

sensé en Suisse, où nous avons une<br />

énergie hydraulique assez propre. Je<br />

ne dirai jamais pour autant que je suis<br />

un saint. Cependant, le sport n’est<br />

pas le seul problème. Les chercheurs<br />

mettent en garde contre le changement<br />

climatique, alors que certains d’entre<br />

eux voyagent beaucoup. Mais les choses<br />

sont en train de changer. <strong>No</strong>tre institut<br />

a établi une charte environnementale.<br />

Lorsqu’une conférence peut être atteinte<br />

en moins de huit heures de train,<br />

seul le voyage en train est remboursé.<br />

Que penses-tu des résultats des votations<br />

sur la loi CO 2<br />

en Suisse ?<br />

C’était une déception. Toutefois, bien<br />

que la loi ne soit pas passée, je pense<br />

que des mesures seront prises. Les<br />

choses s’amélioreront, mais peut-être<br />

pas aussi vite que nous le souhaiterions.<br />

Parfois, on a l’impression que<br />

beaucoup de gens parlent volontiers<br />

de réductions tant qu’il ne s’agit pas<br />

d’argent. Autre attitude typique : nous<br />

faisons beaucoup d’efforts pour avoir<br />

de l’énergie propre. Maintenant, c’est<br />

au tour de pays comme la Chine ou les<br />

USA, avec leurs centrales à charbon<br />

de faire leur part. Ce raisonnement<br />

n’est pas tout à fait faux, mais nous<br />

sommes un pays riche et consommons<br />

beaucoup, ce qui augmente les<br />

émissions.<br />

Dans une telle culture de la discussion,<br />

n’est-ce pas difficile de faire<br />

entendre sa voix de scientifique et<br />

de plaider pour le renoncement ?<br />

Autrefois, les scientifiques se contentaient<br />

de fournir des données, sans<br />

donner de conseils. C’est une erreur.<br />

Si nous adoptons cette approche, il ne<br />

se passera jamais rien. Il est de notre<br />

devoir d’indiquer aux gens comment<br />

agir pour contrer le changement climatique.<br />

<strong>No</strong>us pourrions déjà promouvoir<br />

des technologies innovantes et des<br />

startups, p. ex. de meilleurs systèmes<br />

de chauffage, une énergie photovoltaïque<br />

plus efficace, la « séquestration<br />

géologique du dioxyde de carbone »<br />

comme le fait l’entreprise suisse<br />

climeworks. On devrait soulignés les<br />

opportunités de ce challenge, et ne pas<br />

le voir comme un sacrifice. Il faudrait<br />

dire que manger moins de viande n’est<br />

pas seulement meilleur pour le climat,<br />

mais aussi pour la santé. Ou qu’une<br />

pompe à chaleur permet d’économiser<br />

de l’énergie fossile, aussi bien que de<br />

l’argent. Parler de manière positive est<br />

généralement plus utile ! C’est souvent<br />

beaucoup plus constructif que de juger<br />

quelqu’un pour sa grosse voiture ou<br />

ses voyages en avion.<br />

Tu travailles parfois pour Egli Engineering,<br />

l’entreprise de ton père, spécialisée<br />

dans la prévention des inondations.<br />

Les catastrophes seront-elles<br />

plus fréquentes à l’avenir ?<br />

Récemment, j’ai lu un article qui démontrait<br />

qu’à cause du réchauffement<br />

climatique, les événements météorologiques<br />

avec de fortes précipitations<br />

seraient jusqu’à 14 fois plus fréquents<br />

d’ici à la fin du siècle. On peut par<br />

exemple citer les tragiques inondations<br />

de juillet en Allemagne. L’article n’est<br />

apparu que deux ou trois semaines<br />

auparavant. Et oui, les statistiques<br />

changent. Ce qui se produisait autrefois<br />

chaque siècle se produit aujourd’hui<br />

peut-être tous les vingt ans.<br />

Il manque bien sûr encore des séries<br />

de données, mais les simulations<br />

climatiques l’indiquent clairement.<br />

C’est plutôt angoissant. <strong>No</strong>us devons<br />

pouvoir mieux nous adapter, car nous<br />

ne pourrons pas revenir en arrière. Il<br />

y aura des étés très secs et des étés<br />

marqués par les crues, ou même des<br />

étés alternant inondations et périodes<br />

de sécheresse. En outre, les précipitations<br />

seront plus intenses.<br />

Quels sont tes pronostics pour les<br />

sports de montagne ? Quels dangers<br />

le réchauffement climatique nous<br />

réserve-t-il ?<br />

Dans tous les cas, les saisons seront<br />

différentes. Les courses en haute montagne,<br />

comme l’arête des Cosmiques<br />

ou la face nord de l’Eiger, ne se font<br />

plus en juillet ou en août comme avant,<br />

mais plutôt en juin, mai ou avril. Il<br />

reste alors assez de neige et le risque<br />

de chute de glace ou de pierres est<br />

plus faible. Parlons aussi du recul des<br />

glaciers : selon les pronostics actuels,<br />

la plupart des glaciers alpins auront<br />

disparu d’ici à la fin du siècle. Cela modifie<br />

fondamentalement la haute montagne.<br />

L’accès aux glaciers devient plus<br />

difficile. Les moraines sont plus raides<br />

et les crevasses plus nombreuses. Et<br />

il pleuvra davantage en hiver, même<br />

au-dessus de 2000 mètres, ce qui va<br />

accroître le risque d’avalanches de<br />

neige mouillée.<br />

Pour terminer : que penses-tu de l’idée<br />

du ski-alpinisme comme discipline<br />

olympique ?<br />

Eh bien, disons que je suis globalement<br />

sceptique vis-à-vis des Jeux<br />

olympiques. Mais je reconnais que<br />

c’est quand même une grande chance<br />

pour le ski de randonnée. On peut y<br />

voir deux facettes. D’une part, ce<br />

serait une évolution bénéfique pour<br />

le sport, il y aurait plus d’argent et on<br />

pourrait en vivre en tant qu’athlète professionnel.<br />

D’autre part, si les courses<br />

devaient être retransmises de façon à<br />

plaire au public, il se pourrait que la<br />

discipline s’en trouve modifiée. Malgré<br />

tout, je pense que même si cela arrive,<br />

il y aura toujours des courses sympa,<br />

comme la Mezzalama. On verra bien !<br />

38 INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

39


DANS LES COULISSES JOURNÉES SKI-TEST DE BÄCHLI<br />

INTERVIEW THOMAS EBERT<br />

« UN SKI-TEST RENFORCE<br />

ÉNORMÉMENT LA<br />

DÉCISION D’ACHAT. »<br />

Annulés il y a un an en raison du<br />

Covid-19, les ski-tests Bächli devraient<br />

à nouveau pouvoir se tenir cette année.<br />

Michael Bachofner, responsable de la<br />

filiale de Bâle, participe à l’organisation<br />

de l’événement depuis le début.<br />

Depuis quand est-ce que Bächli organise des ski-tests ?<br />

Les ski-tests existent depuis longtemps chez Bächli. Au<br />

départ, ils étaient organisés dans un cadre très restreint. À<br />

l’époque, le concept n’était pas encore très répandu dans<br />

le domaine du ski de randonnée. Durant l’hiver 2012/13,<br />

Thomas Bühlmann et son équipe ont voulu faire une tentative<br />

en organisant un ski-test pour les clients du magasin<br />

de Kriens. J’ai prêté main-forte, lors de l’événement. En<br />

ce sens, j’ai été impliqué dès le début dans l’organisation<br />

de ces « ski-tests de l’ère moderne », comme nous nous<br />

amusons encore à les appeler. L’année suivante, nous avons<br />

lancé des ski-test ouverts aux clients de tous nos magasins.<br />

Et nous en sommes maintenant à la neuvième édition.<br />

Le programme a-t-il toujours été le même ?<br />

L’objectif initial de l’équipe organisatrice était de mettre sur<br />

pied le meilleur test de ski de randonnée des Alpes. <strong>No</strong>us<br />

avons donc cherché à nous améliorer toujours plus. Ainsi,<br />

la durée du ski-test est passée de deux à trois jours, et<br />

l’événement a désormais lieu sur trois sites. Des formations<br />

produit sur le thème de la sécurité ainsi que des<br />

descentes conduites par des guides sont venues s’ajouter<br />

au programme. Une seule chose est restée immuable : les<br />

journées ski-test se déroulent toujours à guichet fermé.<br />

Pourquoi les places sont-elles limitées ?<br />

<strong>No</strong>us mettons à disposition 220 à 240 paires de skis sur<br />

place et permettons à 70 testeuses et testeurs par jour<br />

de les essayer. Si les testeurs étaient plus nombreux,<br />

nous ne pourrions plus garantir la rotation des modèles<br />

de skis. Car chaque participant devrait pouvoir évaluer<br />

les skis comme il le souhaite, soit en testant à fond deux<br />

ou trois paires au cours de la journée, soit en changeant<br />

de modèle après chaque descente. <strong>No</strong>us garantissons la<br />

mise à disposition de l’assortiment complet des skis de<br />

randonnée et de freeride de la saison actuelle. Bien-sûr,<br />

des conseillers sont également présents pour aider les<br />

participants à faire leur choix, ainsi que des représentants<br />

des différents fabricants. La limitation des places permet<br />

d’offrir à notre clientèle une expérience de test unique et<br />

de répondre à ses besoins de manière individuelle.<br />

Comment parvenez-vous à mettre à disposition presque<br />

tout votre assortiment de skis à des fins de test ?<br />

<strong>No</strong>us sommes l’enseigne qui offre le plus grand choix de<br />

Suisse dans le domaine du ski de randonnée et du freeride.<br />

Il faut pour cela une bonne organisation. C’est grâce à une<br />

planification précoce et à l’entretien de bonnes relations<br />

avec les fournisseurs que nous sommes en mesure de proposer<br />

un assortiment aussi vaste. Effectuer un service sur<br />

les modèles de skis entre les trois dates de tests représente<br />

un sacré travail – mais c’est aussi notre gage de qualité.<br />

Est-ce que tu t’achèterais un ski de randonnée que tu<br />

n’as jamais essayé au préalable ?<br />

D’après moi, c’est comme avec une nouvelle voiture. On<br />

peut acheter une voiture sans l’avoir testée, qui fonctionnera<br />

parfaitement. Il faut juste un peu de temps pour s’y habituer.<br />

Mais si j’essaie plusieurs voitures, je choisirai celle qui me<br />

convient le plus. Il en va de même pour un ski. C’est pour<br />

cette raison qu’un ski-test est parfaitement judicieux. Lors<br />

d’un entretien en magasin, je peux généralement limiter la<br />

sélection à trois modèles adaptés qui ne se distinguent que<br />

par de petites nuances. Quel que soit le choix final du client,<br />

il ne sera pas mauvais. Mais lors d’un ski-test, le client a la<br />

« <strong>No</strong>tre but a toujours été de<br />

mettre sur pied un événement qui<br />

soit le meilleur test de skis<br />

de randonnée des Alpes. »<br />

MICHAEL BACHOFNER<br />

RESPONSABLE DU MAGASIN DE BÂLE,<br />

MEMBRE DE L’ÉQUIPE ORGANISATRICE DU SKI-TEST BÄCHLI<br />

SKI-TEST BÄCHLI<br />

EN CHIFFRES<br />

100<br />

CHF : C’EST LA VALEUR DU BON QUE<br />

CHAQUE PARTICIPANT AU TEST REÇOIT<br />

POUR S’ACHETER UNE PAIRE DE SKIS.<br />

220<br />

PAIRES DE SKIS SONT MISES À<br />

DISPOSITION DES TESTEUSES<br />

ET TESTEURS – SOIT TROIS FOIS PLUS<br />

QUE LE NOMBRE DE PARTICIPANTS.<br />

possibilité de tester intensément ces trois modèles.<br />

Faire de longs virages, des virages plus serrés,<br />

prendre de la vitesse, ralentir, déraper, skier sur la<br />

piste, à côté de la piste, etc. Cela permet de se décider<br />

clairement en faveur d’un modèle. Un ski-test<br />

peut énormément renforcer la décision d’achat.<br />

En parlant de numérisation, il existe désormais des<br />

applications censées améliorer nos capacités de<br />

conduite. D’après toi, qu’est-ce qui nous attend?<br />

Le ski est une affaire de sensations. Des semelles<br />

de chaussures qui fournissent des informations<br />

sur notre conduite sont peut-être intéressantes<br />

pour le sport de haut niveau, où l’on veut savoir<br />

quelle quantité d’énergie se perd lors d’un changement<br />

de carres. Mais lors d’une randonnée,<br />

nous skions en montagne en-dehors des pistes.<br />

Les conditions y sont très variables. La neige peut<br />

être croûtée, compactée, poudreuse – chaque jour<br />

est différents. Je ne crois pas que la numérisation<br />

pourrait avoir une quelconque influence dans ce<br />

domaine à moyen terme.<br />

Voici quelques impressions des<br />

éditions précédentes du ski-test :<br />

baechli-bergsport.ch/ski-test<br />

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INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

41


RUBRIK UNTERRUBRIK<br />

CONTRÔLE DU PARTENAIRE ATK<br />

C O N T R Ô L E D U P A R T E N A I R E<br />

CHANGEMENT<br />

DE CAP<br />

Derrière les fixations de ski de randonnée d’ATK Sports se cache la famille<br />

Indulti en Émilie-Romagne. C’est absolument par hasard que l’entreprise<br />

a intégré ce nouveau secteur d’activité en 2006. Mais grâce à sa passion pour<br />

le travail bien fait, la marque est rapidement devenue incontournable<br />

dans la branche – et pas seulement pour les compétiteurs.<br />

TEXTE GÜNTER KAST<br />

A T K<br />

PHOTOS : ATK SPORTS<br />

Lorsque l’on grandit à Fiorano Modenese, une petite<br />

ville de 17 000 habitants dans la province de Modène en<br />

Émilie-Romagne, on ne pense pas immédiatement<br />

au ski de randonnée lorsqu’on parle de sport. Ici, c’est plutôt<br />

le pays des moteurs, la Motor Valley. Maranello est le berceau<br />

de l’une des marques italiennes les plus chargées en<br />

émotions : Ferrari. Des centaines de milliers de fans visitent<br />

chaque année les musées Ferrari et les légendaires autodromes<br />

de la région à Imola et Marzaglia.<br />

SUCCÈS SUR UN MARCHÉ INCONNU<br />

Giovanni Indulti vise également l’industrie automobile<br />

lorsqu’il fonde Giovanni Indulti Meccanica (Gimec) en 1998.<br />

Avec des machines spéciales CNC, il fraise des pièces<br />

de précision pour des systèmes de transmission de tous<br />

genres, utilisés dans la branche automobile mais aussi<br />

dans l’industrie céramique. Les affaires roulent jusqu’à<br />

ce qu’en 2006, un jeune homme entre dans l’entreprise et<br />

mette sous le nez d’Indulti une fixation Pin de Dynafit en lui<br />

demandant : « Est-ce que tu peux faire ça en mieux ? » Ce<br />

chef senior âgé aujourd’hui de 56 ans, qui se tient devant<br />

ses machines avec son tablier couvert de graisse, sourit en<br />

racontant cette histoire. « Je ne savais pas du tout ce que<br />

cet homme attendait de moi. Bien sûr, j’avais déjà skié… à<br />

la descente et sur des pistes. Mais je ne saisissais absolument<br />

pas ce qui pouvait pousser des gens à gravir les<br />

montages avec des skis. <strong>No</strong>us ne savions ni ne comprenions<br />

rien de ce monde. »<br />

Cet ingénieur et bricoleur aussi passionné qu’Enzo Ferrari<br />

accepte le défi. Finalement, il s’agit seulement de<br />

résoudre un problème purement mécanique. Le regard<br />

neuf et impartial qu’il jette sur la fixation semble constituer<br />

un avantage. Grâce à cela, le premier client est plus<br />

que satisfait et recommande la nouvelle fixation autour<br />

de lui. Indulti se familiarise avec la branche et flaire un<br />

marché en rapide expansion. C’est ainsi qu’en 2007, il crée<br />

avec un autre actionnaire la marque ATK, qui fait dans un<br />

premier temps partie de Gimec, et dont le nom renvoie<br />

aux termes Authenticity, Technology et Know-how. Durant<br />

l’hiver 2008/2009, Dennis Brunod et Manfred Reichegger<br />

remportent les championnats du monde de ski-alpinisme<br />

avec la fixation de course ATK conçue par Indulti. Le fait que le<br />

brevet principal de Dynafit pour le système Pin soit arrivé<br />

à échéance en 2006 aide également, puisqu’ainsi Indulti n’a<br />

du coup pas à payer des redevances de licence trop élevées.<br />

Parallèlement, la crise financière frappe impitoyablement<br />

et les ventes de Gimec s’effondrent. Heureuse d’avoir trouvé<br />

à temps une nouvelle source de revenus, Indulti voit la crise<br />

comme une opportunité et mise davantage sur les fixations<br />

de ski de randonnée. La marque connaît cependant des<br />

débuts difficiles. L’ex-partenaire d’Indulti s’empare des<br />

42 INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

43


CONTRÔLE DU PARTENAIRE ATK<br />

ressources économiques et des idées de l’entreprise pour<br />

les vendre à la concurrence. Un procès a lieu en 2009. Indulti<br />

le remporte et fonde, deux ans plus tard, l’entreprise<br />

indépendante ATK.<br />

Toute la famille travaille au succès d’ATK et s’identifie à 100<br />

pour cent avec le produit. Tandis que Davide se charge des<br />

affaires opérationnelles, la maman, Guerrina, l’assiste en<br />

s’occupant de l’administration.<br />

En 2010, le patron décide de développer, outre les fixations<br />

de course, des modèles pour les randonnées polyvalentes<br />

et plaisir. Il passe des nuits entières à cogiter à propos des<br />

machines CNC nécessaires à la production. La livraison<br />

de chaque nouvelle machine qui satisfait ses exigences<br />

constitue une fête aussi importante que <strong>No</strong>ël, Pâques et<br />

son anniversaire réunis. La passion brûle en lui. Il est bien<br />

décidé à arracher des parts de marché à ses concurrents et<br />

à s’agrandir. Pour ce faire, il engage son fils Davide en 2012.<br />

Âgé de 31 ans, celui-ci est le CEO actuel de l’entreprise.<br />

En 2007, ATK fait son entrée sur le marché avec des fixations<br />

à insert légères, presque entièrement en métal.<br />

Aujourd’hui, quelque 70 collaborateurs produisent chaque<br />

année des dizaines de milliers de paires de fixations ainsi que<br />

différents accessoires pour la randonnée à ski. Les produits<br />

ATK sont vendus dans 22 pays et le chiffre d’affaires s’élève<br />

à plusieurs millions d’euros. 85 pour cent des produits ATK<br />

sont commercialisés à l’étranger. Après un creux au début de<br />

la pandémie, ATK a bien profité de la fermeture de la plupart<br />

des domaines skiables dans les Alpes durant l’hiver 2020/21,<br />

faisant encore grossir les ventes. Lorsque l’on visite la fabrique<br />

de Fiorano Modenese, on est impressionné par le haut<br />

degré de fabrication interne : 90 pour cent des pièces sont<br />

directement fraisées par ATK, seules les vis et les couleurs<br />

proviennent de fournisseurs externes. Pour la famille Indulti,<br />

il est essentiel de contrôler l’ensemble de la chaîne logistique<br />

– autre enseignement tiré de la crise financière.<br />

PASSION POUR LA LÉGÈRETÉ<br />

« <strong>No</strong>tre croissance est actuellement si rapide, que nous<br />

avons de la peine à suivre dans certains domaines »,<br />

concède Davide Indulti. Lui aussi ne faisait autrefois que du<br />

ski de piste. « La passion est venue avec le travail. » Désormais,<br />

ce skieur de randonnée enthousiaste aime tester<br />

ses prototypes – notamment dans les Apennins – et réagit<br />

vivement lorsqu’une fixation ATK ne donne pas d’aussi bons<br />

résultats que prévu lors d’un test comparatif. Pour lui, la<br />

critique stimule, pousse à innover. Jusqu’à présent, ATK a<br />

déposé plusieurs dizaines de brevets. De plus, l’entreprise<br />

vise une plus grande durabilité, promet Davide. Aujourd’hui<br />

déjà, les panneaux solaires sur le toit de l’entreprise produisent<br />

quelque 170 kilowattheures par jour. Des systèmes<br />

de miroir réfléchissent la lumière du soleil, réduisant la<br />

consommation d’énergie. La chaleur issue des fraises et<br />

des machines est utilisée pour le chauffage. Les copeaux<br />

en alu sont recyclés : ils sont collectés, comprimés en blocs<br />

et renvoyés au fournisseur afin qu’il les réutilise. Les Indulti<br />

sont en outre parvenus à faire encore baisser la consommation<br />

d’eau et ont investi dans une machine à emballer qui<br />

Après avoir contenté les<br />

fans de ski-alpinisme<br />

avec des fixations<br />

de course ultralégères,<br />

ATK s’intéresse<br />

désormais aussi aux<br />

adeptes de randonnée<br />

à ski orientés sur la<br />

descente. Prochain<br />

objectif : une fixation<br />

hybride.<br />

se passe entièrement de plastique dérivé du pétrole. « <strong>No</strong>us<br />

voulons aussi lancer sur le marché une fixation particulièrement<br />

durable d’ici à 2023/24 », annonce Davide.<br />

La sécurité est aussi au programme. Les fixations à insert<br />

très légères ont la réputation de causer plus de blessures que<br />

les modèles dont le mécanisme de déclenchement est similaire<br />

à celui des fixations alpines. Le CEO souhaite également<br />

concevoir un modèle hybride entre ski de rando et ski alpin, qui<br />

s’adresserait aux amateurs de ski modérés n’ayant pas envie<br />

de devoir s’acheter un modèle différent pour chaque discipline.<br />

ÉTAPES<br />

1998 2006 2007 2010<br />

2011 2012 2020<br />

2023/24<br />

Giovanni Indulti crée<br />

l’entreprise Gimec,<br />

spécialisée dans le<br />

fraisage CNC.<br />

le premier prototype<br />

d’une fixation de ski de<br />

randonnée est créé.<br />

Indulti fonde la<br />

marque ATK, comme<br />

une partie de Gimec.<br />

la première collection<br />

de rando polyvalente<br />

est présentée.<br />

PHOTO : ATK SPORTS<br />

PHOTO : ANTON BREY<br />

ATK Sports devient<br />

une entreprise indépendante.<br />

Davide, le fils de Giovanni<br />

Indulti, intègre<br />

l’entreprise.<br />

l’hiver pandémique de<br />

2020/21 permet à ATK<br />

de réaliser des ventes<br />

record.<br />

ATK entend présenter<br />

sa première fixation<br />

entièrement durable.<br />

44 INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

45


LABORATOIRES DE PRODUITS GORE-TEX<br />

ATK<br />

CHEZ BÄCHLI<br />

baechli-bergsport.ch/fr/ATK<br />

L’ADN de la marque ATK : des fraisages CNC<br />

de grande précision. Giovanni Indulti, fondateur<br />

d’ATK, est passé de l’industrie automobile<br />

au ski de randonnée, se découvrant ainsi une<br />

nouvelle passion.<br />

« <strong>No</strong>us voulons lancer sur le<br />

marché une fixation<br />

particulièrement durable d’ici<br />

à 2023/24. »<br />

DAVIDE INDULTI, CEO ATK SPORTS<br />

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Toutes ces innovations, mais aussi l’expansion sur le marché<br />

nord-américain, exigent beaucoup de capital. L’entreprise<br />

s’est donc dotée de nouveaux investisseurs en mai <strong>2021</strong>.<br />

« L’innovation basée sur une recherche et un développement<br />

permanents est l’ADN de notre entreprise », explique<br />

Davide. « <strong>No</strong>us voulons continuer de fabriquer les fixations<br />

les plus légères et les meilleures : à partir de composants<br />

métalliques, fraisées par CNC, c’est-à-dire usinées dans la<br />

masse, pour un maximum de fiabilité et de précision. »<br />

PHILOSOPHIE : ALLER TOUJOURS PLUS HAUT<br />

Daniele <strong>No</strong>ttaris, directeur de New Rock à Davesco (TI), qui<br />

représente et commercialise la marque ATK depuis 2018 en<br />

Suisse, ne peut que le confirmer. Il est enchanté par la qualité<br />

élevée des produits et par sa bonne collaboration avec ATK.<br />

Ce qui l’enthousiasme le plus, c’est la passion avec laquelle<br />

les fixations d’Émilie-Romagne sont construites. De nouvelles<br />

innovations seront lancées sur le marché en hiver <strong>2021</strong>/22. On<br />

trouvera notamment une réduction du drop de quatre mil-<br />

limètres entre la butée avant et la talonnière. Cela garantit une<br />

tenue plus stable dans la fixation tout en conférant d’excellentes<br />

sensations de conduite à la descente. Les adeptes de vitesse<br />

peuvent se réjouir, car ATK a également ajouté de nouvelles<br />

fonctionnalités à ses fixations INNENFUTTER<br />

(dont certaines ne pèsent pas plus<br />

de 200 grammes), INNENFUTTER<br />

telles INNENFUTTER<br />

que des possibilités de réglage et une<br />

compensation de la longueur à la talonnière – parfait pour une<br />

utilisation en haute montagne, où le poids joue un rôle crucial.<br />

AUSSENSTOFF<br />

AUSSENSTOFF<br />

AUSSENSTOFF<br />

Il n’y a dès lors rien d’étonnant à ce que les skieurs professionnels<br />

suisses misent sur ATK. 15 sportifs du cadre<br />

national courent en effet avec les fixations italiennes. En<br />

mars de cette année, les athlètes ATK Werner Marti et Rémi<br />

Bonnet ont remporté une médaille d’argent au Championnat<br />

du monde longue distance par équipes à la célèbre Pierra<br />

Menta à Arêches-Beaufort. Qui sait, peut-être que la Scuderia,<br />

le département technique de Ferrari, débauchera un<br />

jour ou l’autre des ingénieurs en développement d’ATK pour<br />

pouvoir à nouveau enfin gagner en Formule Un ?<br />

46 INSPIRATION <strong>04</strong> / <strong>2021</strong><br />

PHOTOS : ATK SPORTS<br />

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FINAL<br />

ANCIEN PROBLÈME,<br />

NOUVEAUX ABÎMES<br />

TEXTE SOLVEIG EICHNER<br />

La fonte des glaciers alpins poursuit<br />

sa progression, et le Konkordiaplatz<br />

n’y échappe pas. Les affluents<br />

du glacier d’Aletsch se dissolvent si<br />

rapidement qu’il est souvent difficile<br />

de maintenir l’accès du glacier à la<br />

Konkordiahütte. Lorsqu’en 1877, la<br />

cabane a été construite à 2850 mètres,<br />

elle ne se trouvait qu’à quelques mètres<br />

au-dessus du glacier, dans la roche.<br />

Depuis lors, la glace a tellement diminué<br />

de taille qu’en 1965 déjà, il a fallu<br />

construire neuf échelles en bois et<br />

deux petits ponts pour franchir la paroi<br />

rocheuse haute de 60 mètres qui était<br />

alors apparue. Le glacier a désormais<br />

reculé de quelque 100 mètres et les<br />

anciennes échelles en bois ont été<br />

remplacées par un escalier métallique.<br />

Après sa construction, ce dernier a<br />

régulièrement dû être rallongé car ici,<br />

la glace perd en moyenne deux mètres<br />

d’épaisseur par année.<br />

La roche délitée et le danger élevé<br />

de chutes de pierres – deux autres<br />

signaux avertisseurs du réchauffement<br />

climatique – ont empêché cette année<br />

une nouvelle extension de l’escalier.<br />

Suite à un examen intensif de différents<br />

sites, on a décidé de supprimer<br />

complètement l’escalier et de le réinstaller<br />

ailleurs en réutilisant le matériel<br />

disponible. Cette transformation a duré<br />

quatre semaines et les employés de la<br />

cabane ainsi que des volontaires ont<br />

prêté main forte. Bizarrement, l’escalier<br />

compte 100 marches de moins à<br />

son nouvel emplacement.<br />

RÉNOVER ET PRÉSERVER<br />

Bächli Sports de Montagne voit les<br />

cabanes comme des portes d’entrée sur<br />

la montagne et éprouve une grande gratitude<br />

envers le personnel des cabanes<br />

pour son intense travail quotidien,<br />

notamment durant la pandémie. <strong>No</strong>tre<br />

enseigne souhaite à son tour faire un<br />

geste en promouvant un circuit qui va<br />

de l’équipement vendu à la rénovation<br />

et à l’entretien durables des cabanes.<br />

Ainsi, depuis cette année, Bächli<br />

Sports de Montagne apporte une aide<br />

ponctuelle aux cabanes de montagne<br />

suisses qui sont menacées ou touchées<br />

par des catastrophes environnementales.<br />

Outre le réaménagement de<br />

l’accès à la Konkordiahütte, l’entreprise<br />

soutient financièrement d’autres<br />

cabanes, p. ex. la Trifthütte, détruite par<br />

une avalanche à la fin janvier <strong>2021</strong>.<br />

Une chose est claire : la nature ne<br />

se laisse ni maîtriser, ni dominer, ni<br />

conquérir. Tout ce que nous pouvons<br />

faire, c’est nous y adapter le mieux<br />

possible. Le nouvel escalier ne constituera<br />

certes qu’une solution temporaire.<br />

Malgré tout, il s’agit d’une solution<br />

innovante pour faire face aux conséquences<br />

du réchauffement climatique<br />

de manière créative et sans utiliser<br />

trop de nouvelles ressources.<br />

PHOTO : REBECCA GRESCH<br />

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Éditeur<br />

Bächli Sports de Montagne SA<br />

Gewerbestrasse 12, 8606 Nänikon<br />

Téléphone <strong>04</strong>4 826 76 76<br />

E-mail info@baechli-bergsport.ch<br />

Abonnements et informations<br />

E-mail info@baechli-bergsport.ch<br />

Rédaction, layout et concept<br />

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Eichbergerstrasse 60, 9452 Hinterforst<br />

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Toutes les contributions sont protégées par le droit<br />

d’auteur. Toute utilisation sans le consentement<br />

de l’éditeur est interdite et amendable. Ceci s’applique<br />

en particulier aux reproductions, traductions, stockage<br />

ou diffusion au moyen de systèmes électroniques et<br />

multimédia.<br />

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