Haiti Liberte 27 Octobre 2021

haitiliberte
  • No tags were found...

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021

GRÈVE CONTRE L’INSÉCURITÉ

Deklarasyon G9 sou

akizasyon 52 milyon

Goud la

Page 6

Who Is Responsible for

Haiti’s Worsening

Situation?

Page 9

Haïti : les habitants en

grève contre

l’insécurité, au sommet

de leurs problèmes

Voir page 3

Page 7

L’objectif primordial de la grève menée par le Front uni des transporteurs et des travailleurs en collaboration

avec l’Association des propriétaires et chauffeurs, serait d’exiger que le Premier ministre Ariel Henry

assume la responsabilité de la situation actuelle

PNH: FRANTZ ELBÉ REMPLACE

LÉON CHARLES

Etats-Unis:

«La grande grève

de 2021»

Page 10

Voir page 3

C’est l’inspecteur général, l’ancien responsable des commissariats de Grand-Goâve, de la Grande Rivière du Nord,

de la Croix-des-Bouquets, des Nippes, du Centre et du Sud’Est, Frantz Elbé qui a été choisi pour être le nouveau

chef de la Police Nationale Haïtienne

Panama :

Le Peuple Uni

descend dans

les rues de

la ville

Page 17


Editorial

La situation s’empire, qui est responsable?

HAITI

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

Fax: 718-421-3471

3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

LIBERTÉ

Par Berthony Dupont

L

’agenda secret de Washington juste après l’assassinat du

président Jovenel Moise, est d’utiliser une de ses méthodes

d’une tête à deux faces, à savoir, dire tout haut ce qu’il refuse

catégoriquement en renforçant par tous les moyens, ce qu’il

décline ouvertement en vue de continuer le processus d’affaiblissement

et de déstabilisation du pays.

Fidèle à son credo de domination hégémonique, aucune

manœuvre politique, si spectaculaire soit-elle, du Département

d’État américain n’a jamais réussi dans aucun pays. Sauf dans

la guerre civile au Rwanda, une guerre qui a opposé le gouvernement

rwandais d’alors constitué de Hutu aux Tutsi du Front

patriotique rwandais de Paul Kagamé.

La reconstruction du Rwanda ce n’était pas pour faire

montre d’une certaine volonté, ni une question de principe

d’aider un pays à se développer, se moderniser. Si c’était dans

son ADN politique, il l’aurait fait dans d’autres pays comme

Haïti qui périt sous sa domination directe depuis plus d’un

siècle. Ce modèle de réussite a été fabriqué afin d’exprimer

et confirmer une victoire sur sa rivale impérialiste qu’est la

France qui a perdu cette sale guerre dans sa chasse gardée du

continent africain.

L’actuelle crise haïtienne démontre avec force le rôle primordial

joué par les Américains dans la politique haïtienne.

En effet, la prise de position contradictoire de Daniel Foote et

Bryan Nichols à l’égard du Premier ministre a.i, Ariel Henry

ne prête à aucune ambigüité. Elle illustre un clair désaccord

entre les émissaires de Joe Biden et le Core Group sur la marche

à suivre. Une chose est certaine, elle n’a été qu’un jeu subtil,

une conspiration propre aux américains destinée à jouer sur

deux tableaux à la fois de manière à détourner l’attention du

monumental gâchis dont ils sont responsables.

Il est évident que le soutien appuyé des Etats-Unis au

projet d’Accord mis en place par la Primature supportés par le

Secteur Démocratique et Populaire, le PHTK, le MTV, la Fusion

et autres, vient de haut. Ce qui ressemble fort à un coup de

poignard dans le dos, un coup bas contre les initiateurs de

l’Accord de Montana. Ce coup s’est révélé une stratégie méticuleusement

élaborée par la Maison Blanche et le Département

d’État. Cela prouve aussi une chose, ils ne font aucune confiance

à cette panoplie de partis et d’organisations politiques de

droite comme de gauche formant la Commission de la Société

civile pour une solution haïtienne à la crise proposant un projet

ambitieux, et ayant la velléité de remettre un peu d’ordre dans

cette instabilité chronique qui ronge le pays de Dessalines.

Malgré les explications données, il semble acquis que

Washington n’est pas réellement satisfait de leurs propositions

d’Accords. Jouant le Ponce Pilate avec une attitude de neutralité,

il entend de préférence jouer un rôle de médiateur. Les

Etats-Unis vont jusqu’à proposer une approche ou une solution

globale par le fusionnement des trois Accords : le PEN,

l’Accord de Montana et celui de la Primature dit l’Accord pour

une gouvernance apaisée, prétextant de trouver un grand

compromis historique en faveur du pays. Projet irréalisable,

Washington le sait mieux que quiconque !

Cependant, ce choix provient de la nécessité de protéger

certains intérêts vitaux américains en Haïti. Pour les Etats-

Unis, Ariel Henry et sa bande présentent des avantages évidents.

Une poule aux œufs d’or. Tout d’abord, il n’a aucune

légitimité populaire ; ensuite il serait impliqué jusqu’au cou

dans l’assassinat crapuleux du président Moïse le 7 juillet

dernier. Une suspicion qui le rend au bout du compte vulnérable

et pour cela il a besoin des Etats-Unis pour l’aider à

maintenir et à gérer la Transition.

A ce stade, une conclusion s’impose et elle est simple.

Dans ce jeu brutal, inique et cynique, on ne peut rien attendre

de cette classe politique inféodée aux tutelles de Washington

et qui ne respecte point les droits sacrés de son peuple. À

la lumière du comportement mesquin et malsain de ces dirigeants,

refusant de mettre Washington au pied du mur, il faut

se rendre à l’évidence, que ce sont des hommes et femmes à

mentalité colonisée. Ils lient leur sort aux forces du mal, pratiquant

ainsi, une politique mystificatrice tout en désacralisant

la cause haïtienne.

Dans cette crise, la classe dirigeante haïtienne se révèle

plus que jamais l’instrument docile, conscient, complice et

mercenaire de la stratégie laborieusement mise au point par

les grandes chancelleries. Voilà pourquoi, jusqu’à présent, elle

n’a pas l’embryon d’une réponse à la question fondamentale

que tout le monde se pose : qui est responsable de l’effondrement

du pays ?

Responsable et coupable, est cette classe politique corrompue

qui laisse le champ libre à toute manœuvre impérialiste

déstabilisatrice. Responsables et coupables, sont les gouvernements

successifs qui ont mis en œuvre les politiques

stipendiés visant à exploiter les masses populaires. En ce moment,

il ne se passe pas un jour sans que s’amplifie la campagne

d’intoxication, de déformation et de calomnie menée

par l’impérialisme et la presse à ses ordres à l’encontre de

certains ghettos qui tentent de s’organiser de façon à ne plus

être au service de la lumpen-bourgeoisie, du pouvoir et de

l’ancienne opposition.

Le peuple haïtien exploité et opprimé doit coûte que

coûte se réveiller pour s’engager dans un vaste mouvement

de libération nationale qui viendra frapper aux portes de ces

faux dirigeants et de ces réactionnaires pour leur demander

des comptes sur la tragédie du pays et leur faire payer le prix

de leur rançon et de leur trahison.

Email :

editor@haitiliberte.com

Website :

www.haitiliberte.com

DIRECTEUR

Berthony Dupont

RÉDACTEUR EN CHEF

Victoria T. H. Sylvain

RÉDACTION

Berthony Dupont

Wiener Kerns Fleurimond

Kim Ives

Guy Roumer

CORRESPONDANTS

EN HAITI

Daniel Tercier

Bissainthe Anneseau

COLLABORATEURS

Marie-Célie Agnant

J. Fatal Piard

Catherine Charlemagne

Pierre L. Florestal

Yves Camille

Jacques Elie Leblanc

Roger Leduc

Claudel C. Loiseau

Henriot Dorcent

Dr. Antoine Fritz Pierre

Jackson Rateau

Eddy Toussaint

Ray Laforest

Edmond Bertin

Robert Garoute

Jacques Nési

Ed Rainer

Ing. Roosevelt René

Robert Lodimus

Elysée Luckner Vil

ADMINISTRATION

Marie Laurette Numa

Didier Leblanc

DISTRIBUTION: MIAMI

Pierre Baptiste

(786) 262-4457

COMPOSITION ET ARTS

GRAPHIQUES

Mevlana Media Solutions Inc.

computertrusting@gmail.com

Bulletin d'Abonnement

A remplir et à retourner à Haiti Liberté 1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210

Tel : 718-421-0162, Fax 718-421-3471

Etats-Unis

Tarifs d’abonnements

Canada

Nom: _________________________

Prénom: ______________________

Adresse: ______________________

Ville: _________________________

Etat/Pays: ____________________

Zip Code/Code Postal: ___________

Tél: __________________________

E-mail: _______________________

Modalités de paiement

Montant : $ ___________

Chèque Mandat bancaire

Carte de crédit

Numéro : ________________________

Date d’expiration : ________ /_______

Code de sécurité : _________________

Première Classe

$100 pour un an

$50 pour six mois

Amerique

Centrale,

Amerique du

Sud et Caraïbes

$125 pour un an

$65 pour six mois

Europe

$150 pour un an

$80 pour six mois

Afrique

$140 pour un an

$80 pour six mois $150 pour un an

$85 pour six mois

2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021


A Travers Hait

PNH : Frantz Elbé

remplace Léon Charles

Grève contre l’insécurité

Port Terminal de Varreux

Cérémonie d’installation par le Premier ministre Ariel Henry du nouveau

directeur par intérim de la police nationale

Frantz Elbé le nouveau directeur

de la PNH

Par Thomas Peralte

Le jeudi 21 octobre, le Premier

ministre Ariel Henry dont le nom

est cité dans le complot d’assassinat

de Jovenel Moise, a procédé à

l’installation à la Direction Générale

de l’institution policière située à

Tabarre, d’un nouveau directeur par

intérim de la police nationale pour

succéder à Léon Charles.

C’est l’inspecteur général

Frantz Elbé qui a été choisi pour

être le nouveau chef de la PNH. Il

est l’ancien responsable des commissariats

de Grand-Goâve, de la

Grande Rivière du Nord, et de la

Croix-des-Bouquets. Il a également

été directeur départemental du Sud-

Est de la Police nationale d’Haïti,

puis des Nippes, du Centre et du

Sud’Est.

Dans un discours de circonstance,

le Premier ministre a fait

savoir : « Nous souhaitons que

la paix publique soit rétablie, que

nous retrouvions une vie normale

et que nous retrouvions le chemin

de la démocratie. Enfin, nous

aimerions organiser des élections.

Nous souhaitons au nouveau DG

par intérim bon travail et succès

».

Le nouveau DG semble partie

de la même démagogie quand,

pour plaire à ses patrons, il a l’audace

de promettre « de mettre tout

son poids dans la balance pour

rétablir la sécurité dans le pays

spécialement dans la région métropolitaine

pour prévenir les cas de

kidnapping, empêcher les bandits

de commettre d’autres crimes et

permettre à la population de vaquer

librement à ses occupations ». Comme

quoi la sécurité du pays dépend

uniquement des dispositions qui

seront mises en place par les forces

policières.

Rappelons que Frantz Elbé

n’est pas un nouveau venu dans

le carré des démagogues inutiles.

Il a été sous la transition de Jocelerme

Privert, coordonnateur de la

Sécurité Présidentielle, puis Ministre

conseiller à la Mission permanente

d’Haïti à l’ONU. Depuis le mois de

juillet 2017, le tout nouveau DG

de la PNH fonctionnait en tant que

membre du Cabinet du Directeur

général de la PNH. Cela indique qu’il

a travaillé avec trois anciens directeurs

tels que Michel-Ange Gédéon,

Normil Rameau et Léon Charles.

Le DG a eu sa première

réunion le vendredi 22 octobre sous

la direction du Premier Ministre

haïtien, Ariel Henry. Etaient aussi

présents à cette réunion, le responsable

du Bureau Intégré des Nations

Unies en Haïti, le Représentant

résident du Programme des Nations

Unies pour le Développement

(PNUD), ainsi que des ambassadeurs

et Chefs de mission accrédités

en Haïti.

Le journaliste photographe

Wesly Gedeon décédé

Le journaliste photographe Wesly Gedeon est décédé vendredi dernier 22

octobre 2021 au cours d’un accident de sa moto à la ruelle Nazon, au

détour du Car Wash

Par Isabelle L. Papillon

Les banques commerciales,

l’administration publique, les

écoles, les commerces formels

et informels dans les grandes

villes du pays, tels que: Port-au-

Prince, Pétion-Ville, Cap-Haïtien,

Hinche, Gonaïves, Plaisance,

Limbé, Les Cayes, à Saint-Marc,

Ennery, Jacmel, Grand-Goâve

et Petit Goâve, Mirebalais, et

Jérémie ont maintenu leurs

portes fermées de façon à respecter

les deux premières des

trois journées de grève contre la

rareté et la hausse des prix du

carburant et également contre

l’insécurité grandissante qui n’a

fait qu’attiser la colère et la criante

de plus d’uns.

Suite à cette grève des syndicats

de transports en commun,

qu’ils ont baptisée d’opération

«Pays fermé» entamée le lundi

25 octobre, les hôpitaux et les

centres de services médicaux

sont amplement touchés. En particulier

les hôpitaux St Luc et St

Damien ont été obligés d’annoncer

que, en raison du manque

d’oxygène et d’électricité et si

les approvisionnements en carburant

ne sont pas reçus d’ici

mardi, 26 octobre, cela pourrait

entraîner non seulement un arrêt

de certains de leurs services mais

des pertes de vies humaines.

Même constat pour l’hôpital Justinien

au Cap-Haïtien.

A Port-au-Prince, où

les rues sont presque désertes,

les transports en commun

ne fonctionnent pas, à part

quelques rares motos-taxis. Des

barricades de pneus usés en feu

ont été dressées dans plusieurs

endroits. Dans certaines villes,

le gallon de la gazoline se vend

entre 1500 et 2000 gourdes sur

le marché informel.

Certains transporteurs ont

tenté de se rendre au terminal

de Varreux pour faire le plein. Ils

déclarent qu’ils ont été contraints

de rebrousser chemin suite à des

barricades entreposées le long de

la route.

Alors que les syndicats

menacent d’étendre le mouvement

dans les prochains jours

si le gouvernement n’est pas

en mesure de résoudre les problèmes

d’insécurité – responsables

de quelque 800 enlèvements

jusqu’à présent cette

année, en plus du problème du

carburant face à la crise dans les

hôpitaux – certains syndicalistes

veulent eux-mêmes la fin de la

grève sous prétexte de ne pas

Une barricade de pneus enflammés à Delmas

Le syndicaliste Anderson

Desroches de la FOSAH

Fils Aimé Ignace Saint-

Fleur, directeur du Bureau de

monétisation des programmes

d’aide au développement (BMPAD)

se solidariser avec la coalition

G9 qui barricade l’accès menant

au terminal de Varreux dans sa

lutte contre le Premier ministre

de facto Ariel Henry. « Nous ne

pouvons pas être ceux qui mettent

la pression sur l’État pour

assumer ses responsabilités

pour la distribution des produits

pétroliers et en même temps poser

des obstacles au déblocage

des choses. Certains profitent du

mot d’ordre de grève pour régler

leurs affaires. Il faudrait à mon

avis lever cette grève pour laisser

le gouvernement et la police

face à leurs responsabilités en

vue de faciliter la situation qui

met le pays à l’arrêt », a fait

savoir Duclos Bénisoit, le mardi

26 octobre, à l’émission Le Point

de Radio-Télé Métropole.

L’objectif primordial de la

grève menée par le Front uni des

transporteurs et des travailleurs

en collaboration avec l’Association

des propriétaires et chauffeurs,

entre autres syndicats,

serait d’exiger que le Premier

ministre Ariel Henry assume la

responsabilité de la situation

actuelle. Le gouvernement reste

encore sourd et muet, aucune

déclaration n’est faite pour assurer

à la population qu’il y aurait

une certaine amélioration.

Comme l’a rapporté le syndicaliste

Jacques Anderson Desroches

de la FOSAH, le gouvernement

en place est incapable de résoudre

les problèmes liés au kidnapping

et à l’absence de carburant

dans les pompes.

Pour sa part, Fils Aimé Ignace

Saint-Fleur, directeur du

Bureau de monétisation des

programmes d’aide au développement

(BMPAD), entreprise

chargée de l’importation des produits

pétroliers dans le pays, n’a

pas manqué de signaler sur plusieurs

medias qu’il n’y a pas de

manque de carburant.

The Law Offices of

YOLETTE M. SAINTINY, ESQ

Real Estate Law

& Brokerage

SAINTINY REAL ESTATE

For residential & commercial buyers,

sellers & investors in Brooklyn.

Also property management

Mailing Address: 276 Fifth Avenue,

Suite 704, New York, NY 10001

Consultations in Brooklyn

by Appointment Only

www.SaintinyLaw.com

347.955.1515

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

3


A Travers Haiti

Quel est le bilan de Léon Charles à la tête de la Police nationale d’Haïti?

L’ancien directeur de la police

nationale Léon Charles

Par Emmanuel Moïse Yves

L’ancien directeur part sur un

échec une nouvelle fois. Il a

pourtant été remercié par un

nouveau poste dans la diplomatie

haïtienne.

Il y a près d’un an, en novembre

2020, Léon Charles était installé

comme directeur général de la Police

nationale d’Haïti. Dans son

discours lors de l’installation, il a

assuré que l’insécurité que vivait

le pays allait prendre fin. « Toutes

les zones du pays doivent être accessibles.

Il n’est pas question

que les groupes armés prennent

d’assaut certaines zones au détriment

de la population. Les actes

malhonnêtes, le kidnapping, l’assassinat,

le viol, le vol… doivent

cesser », déclarait-il.

Onze mois après, le 21 octobre

2021, Léon Charles démissionne

sans avoir pacifié les zones

de non-droit et mis fin aux actes

de banditisme qui terrorisent au

quotidien la population Haïtienne.

Rares sont les interventions

policières qui ont été exécutées

avec succès depuis l’arrivée de

l’ex-directeur général au sein de

la PNH.

Dans la foulée, l’histoire retiendra

que l’ex-président haïtien

Jovenel Moïse a été assassiné

dans sa résidence privée à Pèlerin

5 pendant que Léon Charles était

aux commandes de la PNH. Une

première depuis la création de l’institution

en 1995. « La PNH est à

présent démobilisée et démotivée.

Beaucoup de policiers laissent le

pays en raison de l’insécurité et du

comportement des hommes politiques

qui refusent que des bandits

soient neutralisés», dénonce

Pierre Espérance, coordonnateur

du réseau national de la défense

des droits humains (RNDDH).

Pierre Espérance croit que

Léon Charles a eu un bilan désastreux

à la tête de la PNH. Mais

l’ex-directeur n’en est pas à son

premier échec. C’était aussi le cas

en 2004, alors qu’il tentait vainement

de mettre fin à l’Opération

Bagdad, pendant laquelle les

cas d’enlèvements et les actions

d’éclat des bandes armées étaient

en hausse.

Des taches indélébiles

Dès son entrée en fonction, Léon

Charles s’était lancé dans des attaques

contre les gangs. Il s’est

accordé un satisfecit pour des

opérations menées au bas Delmas,

à Village de Dieu et dans d’autres

zones réputées dangereuses du

pays. Il a connu le revers de la

médaille en mars 2021 au Village

de Dieu.

Une opération a mal tourné

pour des policiers pris au piège par

le gang de ce quartier dirigé par

Izo. Ils ont été tués malgré leurs

demandes de renfort formulées

via leur radio de communication.

Un blindé de la PNH a été

saisi par les bandits après cette

opération. « Cette intervention a

affecté l’institution sur le plan

psychologique, puisque les agents

victimes faisaient partie du corps

d’élite de l’institution. Après cette

attaque, les bandits ont repris

confiance et n’ont plus peur d’affronter

les blindés de la PNH»,

analyse Gédéon Jean, directeur

exécutif du Centre d’analyse et

de recherche en droit de l’homme

(CARDH).

Toutes les zones du pays

doivent être accessibles. Il n’est

pas question que les groupes

armés prennent d’assaut certaines

zones au détriment de la population.

Les actes malhonnêtes, le

kidnapping, l’assassinat, le viol,

le vol… doivent cesser

Les gangs ont aussi paralysé

les routes menant dans le département

du Sud, pendant le mandat

de Léon Charles. La guerre des

gangs pour le contrôle des territoires

dans le quartier de Martissant

paralyse jusqu’à présent la

circulation sur cet axe routier. La

PNH n’a pas pu rétablir l’ordre

dans ces quartiers durant cette

guerre. Après le séisme du 14 août

dernier, les gangs ont offert une

garantie que l’État avait échoué

à donner: ils ont permis aux convois

humanitaires à destination du

grand Sud de passer.

A date, aucun de ces groupes

armés n’a été démantelé par la Police.

Les gangs se sont multipliés,

et se renforcent en toute quiétude.

Ils défilent au quotidien dans les

rues et multiplient les enlèvements

sous les yeux de la PNH.

Aucune intervention musclée n’a

eu lieu dans le fief des gangs dans

lequel sont séquestrées les personnes

enlevées.

Léon Charles à l’OEA

Lutte contre la SPNH

L’ex-directeur Léon Charles a

cependant connu quelques succès

à la tête de la PNH. Parmi les

coups réussis, le présumé chef de

gang de Delmas 95 Ernst Julmé

alias ti Greg a été arrêté au cours

d’une opération menée par des

agents de plusieurs unités spécialisées.

D’autres présumés bandits

comme Manilo, membre du G9 et

2e chef du gang « Krache dife »

opérant au Bel-Air, ainsi que Arnel

Joseph, ex-chef de bande au

Village de Dieu, ont été tués lors

d’interventions policières.

D’un autre côté, selon le

responsable du RNDDH, Léon

Charles n’a jamais eu le courage

de défendre le droit des policiers.

« L’ex-DG de la PNH avait qualifié

de terroristes les membres du

syndicat de la Police nationale

d’Haïti (SPNH), alors les membres

du gang G-9 an fanmi e alye n’ont

jamais été qualifiés de la sorte »,

fait savoir Pierre Espérance.

Selon lui, les policiers qui se

sont regroupés autour du SPNH

avaient agi selon les prescrits de

la Constitution en vigueur qui prescrit

que la liberté syndicale est garantie

et que tout travailleur, qu’il

soit public ou privé, peut adhérer

au syndicat de ses activités professionnelles

pour la défense de

ses intérêts de travail.

Pour Pierre Espérance,

Léon Charles n’avait nul droit de

persécuter des policiers faisant

partie de ce syndicat. Leurs revendications

sont foulées aux pieds

et certains ont été mis en prison,

révoqués alors que d’autres finissent

par abandonner l’institution à

cause des représailles.

Depuis des années, l’institution

policière fonctionne en

sous-effectif. Les difficultés financières

auxquelles fait face

la PNH, couplées au manque de

matériels sont parfois des éléments

évoqués pour tenter d’expliquer

la faiblesse de l’institution

dans le combat contre la criminalité

en Haïti. Pierre Espérance croit

le contraire. « Peu importe l’effectif

et la quantité de matériels mis à

la disposition de la PNH, l’institution

ne produira pas de vrai résultat

tant que les autorités politiques

ne coupent pas les ponts avec les

gangs », dit-il.

Le CSPN est aussi responsable

Le bilan catastrophique de Léon

Charles ne peut pas être pris

de manière isolée. L’aspect socio-politique

doit être aussi pris en

compte. « L’échec de Léon Charles

est aussi l’échec du Conseil

supérieur de la police nationale

(CSPN) qui définit, entre autres,

les stratégies et politiques de sécurité

qui devraient être adoptées. Le

directeur de la PNH ne représente

que le bras opérationnel du CSPN

au sein de l’institution policière »,

explique Gédéon Jean.

Plus loin, le directeur exécutif

du CARDH indexe le défunt

président Jovenel Moïse comme

responsable de la faillite extrême

de l’institution. Il n’a pas accepté

les efforts de dépolitiser l’institution.

« Le défunt président avait

pris un arrêté en 2018 pour limiter

certaines mesures que doit

prendre le DG de la PNH dans ses

fonctions pour contrer l’insécurité

», relate-t-il.

Selon cet arrêté paru en date

du 23 mai 2018, les décisions

concernant les nominations ou

transferts au niveau des directions

centrales et départementales de

la PNH doivent être soumises à

l’approbation du CSPN. D’autres

dispositions qui étaient jadis du

ressort du directeur général de la

PNH sont aussi révisées dans ce

décret.

Selon Gédéon Jean, la police

est fortement influencée par la

politique. « Les directeurs Normil

Rameau et Léon Charles ont hérité

de ce système et ils ne pourraient

rien faire sans l’approbation des

hommes politiques », dit-il. À cet

effet, Pierre Espérance présume

que Haïti a besoin d’un nouveau

régime qui détient la capacité de

renforcer la PNH au lieu de faire

alliance avec les gangs. « Les autorités

étatiques doivent cesser

d’utiliser les ressources de l’Etat

au profit des gangs pour terroriser

la population », affirme-t-il.

Emmanuel Yves Moise

Ayibopost

Greater Brooklyn

Gastroenterology Care

Michel Jose Charles MD, FACG, AGAF

Board Certified Gastroenterology

Dr. Kesler Dalmacy

1671 New York Ave.

Brooklyn, New York 11226

Tel: 718-434-5345

Le docteur de la

Communauté Haïtienne

à New York

Office Locations

3621 Glenwood Rd, Brooklyn NY 11210

9602 Avenue L, Brooklyn, NY 11236

By Appointment Only

Tel: 718-434-0202 / 718-869-1501

E-mail: charlesmjcharles@hotmail.com

“Giving care, one patient at a time.”

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021


Perspectives

Le procès mondialisé du système capitalisme impérial

Joseph Michel Martelly, alias

Sweet Mickey. Il est un « joueur

polyvalent » pour l’exécution du

plan du capitalisme en Haïti

Par Jean Willy Belfleur

La mise en accusation de ce système

destructeur par le Centre de Recherche

et d’Analyse en Histoire Contemporaine

d’Haïti (CRAHICH) en 217 e année de

l’indépendance

Les richesses minières en Haïti, un enjeu

majeur dans la déstabilisation du

pays par le groupe des pays capitalistes

durant les cinquante dernières années.

Par ailleurs, il n’y a pas que les

conséquences liées à l’agriculture qui

sont dues à l’implantation des zones

franches qui affectent notre environnement.

Il y a bien d’autres ambitions et

intérêts capitalistes néfastes qui menacent

à la fois notre environnement et notre

stabilité politique. Par exemple, l’un

des plus grands enjeux pour le groupe

des pays capitalistes développés d’avoir

le contrôle des pouvoirs publics en Haïti,

au cours de ces dernières décennies, est

bien évidemment, l’exploitation minière.

Car il est censé être un secret de polichinelle

qu’Haïti contient dans son soussol

: de l’or, de la bauxite, du cuivre,

de l’argent, de l’uranium, du pétrole

et bien d’autres minéraux de moindre

valeur suivant le rapport d’une étude

menée par le PNUD entre 1970 et 1990

(62). Ce faisant, après le retour d’Aristide

du premier exil, en février 1997,

sous l’administration de Monsieur René

Préval, deux compagnies canadiennes :

Ste-Geneviève, S.A. et Citadelle S.A.

signèrent une convention avec le gouvernement

haïtien. Mais, ces deux conventions

n’ont jamais été soumises à

la ratification du parlement haïtien, il a

fallu à ce que la canada combatte avec

acharnement le président Jean-Bertrand

Aristide jusqu’à son enlèvement dans la

nuit du 28 au 29 mars 2004 afin d’installer

un gouvernement intérimaire et

de profiter de l’absence du parlement

pour satisfaire leur ambition en faisant

faire à Gérard Latortue de présenter

lesdits conventions au conseil des ministres

qui en a accepté unanimement

les modalités (63). Car, la constitution

haïtienne du 27 mars 1987 en son article

98-3, stipule (au point 3) que l’assemblée

nationale a comme attribution

d’approuver ou de rejeter les traités et

conventions internationaux. Cela dit,

l’absence ou la suppression du parlement

haïtien est toujours souhaitée voire

recherchée par le bloc des pays capitalistes

très développés. Vous comprendrez

pourquoi ils constituent une association

Mafiosi en Haïti pour générer des crises

récurrentes en permanence. Nous serons

déjà très satisfaits si cette analyse

puisse permettre à nos lecteurs-trices

d’aller regarder avec un regard curieux

le contexte de la signature des différents

traités et conventions internationaux

dans notre histoire à certaine période

bien spécifique.

En effet, il faut comprendre et

situer les velléités du gouvernement de

Martelly dans cette logique-là, quand en

2012 il a désigné l’exploitation des ressources

minières comme étant l’un des

quatre piliers de l’économie pour réussir

le pari de faire d’Haïti un « pays

émergent » d’ici 2030. (64) Il faut se

rappeler que depuis 2006, le gouvernement

de Préval commençait à accorder

des permis de prospection, de recherche

et d’exploration et cela a continué

avec le gouvernement qui lui a succédé

jusqu’en 2012. Entre 2006 et 2012 pas

moins de 52 permis d’activités minières

ont été livrés à des géantes compagnies

multinationales de l’occident. Il s’agit

bien évidemment des permis de recherche

et d’exploration certes, mais il faut

souligner que les permis sont progressifs.

Pour le moment, il n’existe que trois

permis d’exploitation des gisements d’or

et d’autres ressources minérales, sur une

surface de 70 km 2 , entre les mains de

deux compagnies : VS/Delta et Majescor-SOMINE

(65). Car, à partir de l’année

2013, deux mois après l’attribution

des permis par le BME, un moratoire a

été observé sur la question minière en

Haïti, suite à une résolution du sénat en

faveur d’un moratoire et sur les activités

liées à ces permis. Vraisemblablement,

ce moratoire a été adopte à cause des

antagonismes liés à certain pôle intéressé

du gouvernement d’alors et la

compagnie en question. Parce qu’en fait,

une résolution du Senat n’est pas imposable

de manière contraignante au gouvernement.

On était sous l’administration

de Martelly-Lamorthe, en guise de

rappel. Selon les conventions de 1997,

mentionnées plus haut, trois groupes

d’entreprises ont acquis des droits en

achetant les permis aux deux entreprises

canadiennes précitées : Ste-Geneviève

et Citadelle. Ces trois compagnies sont :

Newmont Mining Corporation, Eurasian

Minerals Inc. et Majescor Resources Inc.

L’état des lieux de la situation

socio-économico-politique après

une décennie

Depuis 14 mai 2011, ce régime est en

place par les puissances impérialistes.

Dix ans après, son bilan est catastrophique

à tous les niveaux. Tous les indices

de développement humain sont en

rouge (66). Je vous propose de jeter un

coup d’œil sur le rapport de 2020 du

PNUD. Le pays est déclassé négativement

dans quasiment tous les rapports

annuels des institutions d’obédience

mondiale. Cherté de la vie, décapitalisation

de la classe moyenne, inflation

à double chiffre, « institutionnalisation »

de la corruption, et de la gangstérisation

du pays avec plus de 60 % du

territoire contrôlés par les gangs alliés

du pouvoir en place. L’impunité règne

au cours de cette décennie, à cause du

mode de gouvernance de ce pouvoir

néo-duvaliériste-macouto-bourgeois,

caractérisé par le banditisme, la corruption,

le crime politique et financier.

À titre d’exemple, c’est sous ce régime

qu’on a connu le plus grand scandale

de détournement de fonds publics. Ce

que les médias occidentaux appellent

« le vaste stratagème de corruption »

dans lequel s’empêtre le président en

fonction, inculqué, en l’occurrence, M.

Jovenel Moise. La corruption devient la

norme de gouvernance sous le règne de

ce régime. La justice est banalisée, car

elle est sous contrôle du pouvoir exécutif.

Elle fonctionne à l’image de l’exécutif

et ses décisions « judiciaires » reflètent

tout bonnement les caprices de l’exécutif

ou de Monsieur Moise lui-même

et aussi de la volonté du Core-group. Il

y a lieu de parler d’institution du banditisme

d’État par ce régime d’extrême

droite (neoduvalieriste) qui se nomme

« bandit légal ». Nous assistons à l’effondrement

de tous les pouvoirs publics

et l’établissement d’un État autocratique,

hors la loi, depuis janvier 2020.

On assiste aussi à l’installation d’un dispositif

de répression et de terreur comme

mécanisme de gouvernance dont le

kidnapping en est l’expression la plus

éloquente. Le taux de l’inflation est à

16 % en avril 2021 contre 7.9% en avril

2011, soit une accélération de 8.1% en

dix ans. Tan disque la dépréciation de la

monnaie nationale s’augmente de 39.66

gourdes pour $ 1 us en 2011 à 97.99

gourdes à la fin du mois d’aout 2021

pour le même dollar us. Ce qui veut dire

qu’en dix ans, nous subissons une augmentation

de 58.33 %. Autrement dit, la

gourde se dévalue a plus de 58% de sa

valeur suivant les données de l’IHSI(67)

repris par la BRH. La violation systématique

des droits humains, des droits de

femmes, de filles, inclusivement des

enfants devient monnaie courante. Par

ailleurs, pas moins d’une dizaine de

massacres d’Etat ont été enregistrés,

dénoncés et documentés par les principaux

organismes des droits humains

tant nationaux qu’internationaux entre

Novembre 2018 et juin 2021 dont le

dernier en date correspond au génocide

de Matissant depuis le premier juin 2021

jusqu’au 14 d’août (68). Les activistes

des droits humains font état de crimes

contre l’humanité, ils en prennent pour

preuves : les massacres de Lassaline,

de Bel-Air et de cité-soleil. De surcroit,

cette administration n’a respecté aucun

rendez-vous « démocratique ». Pas

même une élection libre, transparente et

inclusive en dix ans, exceptée celle-là à

travers laquelle, M. Moїse a été imposée

frauduleusement au timon des affaires

en 2017. Or, il s’agissait d’une vaste

mascarade orchestrée par les pays dits

« démocratiques ». Un vrai coup d’État

par les urnes concocté par une association

constituée des représentants des

principaux pays capitalistes qui se nomme

: Core-group (69) agissant suivant la

ligne politique et diplomatique de l’Oncle

Sam.

Nature, quintessence et genèse du

pouvoir des bandits légaux.

Banditisme et politique

Le régime qu’a institué Joseph Michel

Martelly en 2011 suite à la décision

de la Maison Blanche de le placer à la

magistrature suprême de l’Etat d’Haïti

est de type gangocratique. Ce règne mafiosique

est le produit net de l’impérialisme

américain. Car, il a été institué par

the white housse suite à la réalisation

d’une comédie électorale organisée sous

leur occupation d’Haïti sous couvert des

nations-unies. Dans un pays occupé,

placer des gens à des postes de responsabilité

revient une des premières prérogatives

de l’occupant. Dans un cas pareil,

deux cas de figure sont possibles : soit

que « le blanc » remplisse directement

la fonction où il la remplit indirectement

par le biais des exécutants ou des gestionnaires

politiques des intérêts du

capital, agissant sous l’ordre de l’occupant,

le réel détenteur des pouvoir

publics. Dans le cas qui nous intéresse

ils ont toujours choisi des vassaux, des

ignorants, des immoraux et/ ou des corrompus

pour faire le sale boulot. C’est

ainsi que les USA avaient sélectionné

celui qui se nomma déjà bandit légal

comme marionnette pour exécuter son

ordre en Haïti. Pourquoi ce fût lui-même,

alors qu’il y avait au moins une dizaine

de compétiteurs ? Parce qu’il était peutêtre,

le plus corrompu, le voyou le plus

connu et de surcroît, c’était un cocaïnomane

et un pervers sans égal. Cela fît

l’affaire du système de corruption qu’on

appelle techniquement et théoriquement

capitalisme qui se défini, suivant la définition

du dictionnaire Le Robert, comme

le Régime économique et social dans

lequel les capitaux, source de revenu,

les moyens de production et d’échange

n’appartiennent pas à ceux qui les

mettent en œuvre par leur propre travail.

Ce système mondialise caractérisé

par la violence, l’abus, l’exploitation et

domination pour fonctionner à besoin

de l’Etat comme instrument répressif

devant à la fois protéger ses biens tout

en validant ses forfaits. C’est-ce qui explique

qu’en 2010, dans les résultats du

premier tour des accoutrements organisées

par un certain Gaillot Dorsainvil et

Leopold Berlanger, M. Martelly a été en

cinquième position, le représentant en

chef de l’occupation, en l’occurrence,

M. Edmond Mulet (70) a été voir le

président d’alors, M. Préval, pour lui

dicter le genre de résultat que les USA

voulaient avoir. Ils ne voulaient pas que

n’importe qui gagnait. Il fallait faire un

arrangement pour que ce soit les résultats

voulus qui soient publiés par le CEP.

Ce faisant pour conformer les résultats

à la toute-puissance volonté de l’Oncle

Sam, ils ont tiré Martelly en cinquième

position et le placé en deuxième, après

Myrlande Hyppolite Manigat. Ainsi, ils

ont proclamé que Martelly est vainqueur

des affublements électoraux. Cependant,

il faut se le rappeler, le peuple haïtien

avait bien compris qu’il s’agissait d’un

véritable simulacre et que leur choix

n’allait pas être respecté, de ce fait, la

très grande majorité de la population

avait joué au boycottage. Seulement 20

pour cent (20 %) de l’électorat, suivant

les chiffres officiels, a pris part à ce carnaval

électoral orchestré par les capitalistes

en collaboration avec les « chiens

de garde » du système au niveau local.

C’est la position d’une énième pierre

dans l’implantation de leur édifice en

Haïti.

La mafia internationale,

ses hommes de mains et la

gangstérisation politique d’Haïti

A partir du 14 mai 2011 le pouvoir gangocratique

a concrétisé sa mise en œuvre

par la prestation de serment d’un président,

citoyen américain, choisi par la

maison blanche, elle-même. Ce pouvoir

de tendance neoduvalieriste-macouto-bourgeois,

mis en place par les puissances

capitalistes, pour fonctionner,

avait besoin de plusieurs maillons pour

constituer la chaine d’exploitation et de

domination inhérente au régime capitalisme.

N’ayant pas assez satisfait du rendement

de l’administration de Monsieur

Préval, en dépit de tout ce qu’il avait

accepté et encaissé, allant jusqu’à cohabiter

(70) avec l’ancien président des

Etats-Unis d’Amérique, Monsieur William

Jefferson Clinton (Bill Clinton) au

palais national, l’impérialisme américain

devait à la fois droitiser et gangstériser

davantage Haïti dans son intérêt. Pour

ce faire, on a recruté l’exécutant principal

de tendance extrême droite fasciste,

issue de l’ancienne structure criminelle,

instituée au cours des années 1992-

1993 pour maintenir le coup d’état contre

Jean-Bertrand Aristide, dénommé,

FRAPH (71). Il était le bras droit du

fameux massacreur, l’ex-colonel, Joseph

Michel François, dont il héritera

plus tard son pseudonyme. Celui-là, il

s’appelle Joseph Michel Martelly, alias

Sweet Mickey (72). Il est un « joueur

polyvalent » pour l’exécution du plan

du capitalisme en Haïti conformément

aux normes capitalistes dans la logique

de division internationale du travail.

Car, en fait, le fonctionnement du capitalisme

mondial nécessite des gens

mafieux, drogués, conservateurs, rétrogrades

et réactionnaires pour maintenir

et consolider le système. Or, il y a toutes

ces vertus capitalistiques en Martelly.

De surcroît, il était bien situé, étant du

clan des oligarques qui constituent un

véritable relais du capitalisme impérial

dans le pays ; il avait de bonne collaboration

avec les cartels de drogue et

les plus puissantes associations criminelles

basées en Haïti et en République

Dominicaine.

Ainsi donc, toutes les conditions

appropriées étaient bien réunies pour

faire de Monsieur Martelly, un président

d’Haïti comme il faut dans l’intérêt des

capitalistes. Pour bien conduire cette

« mission », l’ex-collaborateur de l’ancien

colonel putschiste, Joseph Michel

François (74), devait aligner les piliers

forts de son pouvoir. Étant donné qu’il

détenait son pouvoir de la main des

puissances étrangères, son premier allié

était, bien évidemment, l’ensemble des

ambassadeurs des pays occidentaux,

réunis dans une association diplomaticopolitique

appelée Core-group. Son

deuxième allié naturel est l’oligarchie

américano-syro-libanais, prédatrice

et détentrice de quasiment toutes les

richesses du pays. Le troisième pied du

Pouvoir de Martelly c’était les plus puissantes

associations criminelles et des

barons de Drug fonctionnant sur toute

l’île d’Haïti. À titre d’exemple, on peut

citer le cas du gang dénommé « galil »,

dirigé par un certain Woodly Ethéart

(75), alias Sonson La Familia, très bon

ami et associé du président. Le cas du

Drug-dealer, Evinx Daniel (76) qui

est porté disparu (77) depuis le 5 janvier

2014 à Marre-rouge, un quartier

de l’arrondissement du Môle St-Nicolas

dans le Nord-Ouest d’Haïti, jusqu’aujourd’hui,

suite à la saisie d’une cargaison

de produit illicite en son domicile par les

agents de la brigade anti-Drug, le BLTS

(78) de la police nationale d’Haïti, en

septembre 2013. Il a été interpellé, puis

relâché par la suite sans aucune forme

de procès. D’ailleurs, le commissaire

du gouvernement, Me. Jean-Marie Salomon

qui ordonnait son arrestation a

été révoqué immédiatement après. De

plus, on peut aussi considérer le fait que

sous le règne de Joseph Michel Martelly

Marc-Antoine Acra n’a pas été inquiété

bien qu’inculper pour trafic de

drogue ; tout au contraire lors du premier

voyage de Jovenel Moïse en 2016,

en République Dominicaine, le nommé

Marc-Antoine Acra (79) a été choisi

par le « parrain » comme l’un des plus

importants membres de sa délégation.

Ce fait, n’est-il pas aussi un exemple très

éloquent à ce sujet. Parce que celui-là a

été impliqué dans un scandale de bateau

de « drogue sucré » (80) qui l’inculpait

au cabinet d’instruction. Tandis qu’il

fuyait la justice, mais Martelly l’a trouvé

et a eu le culot de l’insérer dans sa

délégation officielle pour aller négocier

coopération en République voisine. Pas

la peine d’en citer davantage. Tout cela

consistait à établir que Martelly baignait

dans un environnement mafieux. En

plus, très tôt, pour faire face à la contestation,

à la dénonciation de sa gouvernance

entachée de gabegie, de corruption,

de criminalité et du népotisme,

Michel Martelly s’est renforcé de l’armement

des lumpens dans les quartiers

populeux et défavorisés. Cette milicisation

s’étend jusqu’à la police nationale

d’Haïti (PNH). On parlait de le police

ou police rose pour designer ces voyous

habillés en uniforme de police entourant

Sweet- Mickey. C’est ici le début du

processus de la banditisation de l’Etat

d’Haïti par ce régime qui s’est nommé :

bandit légal, suivant la dénomination du

band à Martelly avant même qu’il était

devenu « président » de la République

d’Haïti. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il a

gouverné effectivement en vrai bandit,

d’où le sens même de la notion de pouvoir

gangocratique.

Ainsi c’est justement à travers

cet appareillage mafieux que le premier

quinquennat du régime des jouisseurs a

été épuisé en dilapidant plus de quatre

milliards dollars us du fonds petrocaribe

(81) accordé à Haïti par le président

Hugo Chavez du Venezuela. Et, en définitive,

c’est aussi dans cette camarilla

que Jovenel Moise va naitre et apparaître

sur l’échiquier politique en qualité de fi l s

légitime de celui qui le tenait entre les

mains comme un enfant qu’on amène

à sa première communion. Pour le

dévoiler au public pour la première, il le

présente comme un petit vagabond qui a

une folie de « faire de la banane » (82).

Tel père, tel fils, dit-on. En effet, l’incognito,

Jovenel Moise sera « auréolé » de

l’héritage doux-amer de son « père » ou

son parrain.

Le pouvoir gangocratique de

Jovenel Moise, un cadeau mal

acquis et empoisonné

L’instabilité étant profitable à l’impérialisme

pour régler ses « affaires », ils n’ont

pas exigé à leur exécutant d’organiser

des élections. Martelly se montrait de

plus en plus arrogant et insupportable

aux yeux de tous les acteurs politiques

nationaux. Les acteurs durcissaient

leur position en refusant d’aller aux

élections dans n’importe quelle condition.

Martelly, de son côté, hésita

suite à la page(15)

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Kwonik Kreyòl

Deklarasyon G9 sou akizasyon 52 milyon Goud la

ap mande pèp Ayisyen an, sa k ap

N viv anndan peyi a, tankou aletranje.

Kòmanse pran sa pou abitid. Lè nou

tande nèg a mikwo nan laplipa medya

tradisyonèl an Ayiti ak sou rezo sosyal

ap pale yon seri koze, fò k nou gade

dabò:

1) Kiyès moun sa yo ye. Nan ki

kan yo kanpe. Ki enterè yo genyen ak

ki motivasyon ki dèyè akizasyon voye

monte y’ap simaye pou kreye konfizyon

nan tèt nou.

2) Ki moun yo sible. Pou ki

gwoup moun y’ap travay kont ki lòt

gwoup?

N ap pran egzanp, dosye rimè

52 milyon Goud yo di G9 reklame pou

kite kamyon gaz yo sòti nan tèminal

Vare a . Kiyès ki premye fè bri sa kouri

sou rezo sosyal yo? Se yon jounal anliy

Gazette Ayiti, ki se pwopriyete Assad

Volcy. Ki kote Assad Volcy ye nan

moman an? Nan kabinè Ariel Henry.

Kiyès ki Ariel Henry? Youn nan prensipal

prezime asasen Prezidan Jovenel

Moise yo, ki, selon rapò DCPJ ak konpayi

Digicel, ki te nan kominikasyon

byen dri avèk youn nan pi gwo asasen

dirèk Prezidan Jovenel Moise yo ki se

Joseph Félix Badio.

An nou gade G9 fas ak Ariel

Henry ak tout gouvènman li a, kijan

Bòs Wonal : Yon tayè wòch

J Fatal pya

alye Ariel Henry yo, tankou Assad Volcy

ki pat janm renmen Prezidan Jovenel

Moise wè nou menm Fòs Revolisyonè

G9.

Depi lè Prezidan Jovenel Moise te

sou pouvwa a, nan lane 2020 pou rive

nan moman n’ap pale la, kote Prezidan

Jovenel pa la ankò (Paix à son Ame),

menm Assad Volcy sa ak akolit li yo te

fè konnen se te pòv Prezidan Jovenel

Moise ki te federe gang nan Pòtoprens,

ki vin bay Fòs Revolisyonè G9. Yo te

toujou di se pou Jovenel Moise n’ap

travay. Jodia, malgre tout mepri nou te

jwenn devan pouvwa Jovenel Moise la

ak alye li yo, nou se sèl ra gwoup jenn

fanm ak jenn gason ki sèmante :radiyès

pèmèt sa ki se asasina lawont nèg

ki sou pouvwa a yo jodia komèt sou

Prezidan Repiblik la pap rete enpini e

nou reklame depa san kondisyon tout

asasen yo nan leta a. Alò, se nòmal

pou Assad Volcy ki touve l’ nan bòl li

yon fwa ankò anndan manmèl kès leta

a atravè Ariel Henry, menmjan sa te ye

avèk tranzisyon Jocelerme Privert a,

pou l ap voye labou sou FRG9.

Kounyea, men sa nou dwe konprann.

Si FRG9 te mande 52 milyon

Goud pou nou kite gaz soti nan tèminal

la al distribye nan ponp yo, avèk

kiyès nan gouvènman an nou te fè

Yon samdi maten septanm ki sot

pase a reyon solèy yo te ge tan fin

blayi nan tout rakwen sou zile a. Se

Jimmy Cherizier pòtpawòl G9

negosiasyon sa a? Moun ki bay nouvèl

la, ki se Assad Volcy, li menm ki nan

kabinè Ariel Henry rapòte se selon sous

gouvènman an li bay enfòmasyon an.

Ok. Te gen negosyasyon, pa vre? Kote

moun sa yo G9 te negosye avèk yo a ?

Kijan yo rele, ki pòs yo okipe e kisa yomenm

yo te di nou nan negosyasyon

sa yo?

Pèp Ayisyen, jodia li lè pou nou

ouvè je nou. Nou pa nan tan akayik

yo ankò. Lontan se te sou cheval yo

te konn voye mesaje pote mesaj. Jodia

se yon kesyon TEKNOLOJI, TELEFÒN

ENTELIJAN, REZO SOSYAL, etc.

Gen diferans ant enfòmasyon, zen,

divèsyon ak manipilasyon. Twò lontan

nèg sa yo chita dèyè yon mikwo

ak yon telefòn nan medya tradisyonèl

konsa m rete lide di m fè yon ti mache

rive Metivye. Anplis li bon pou kenbe

sante a djanm, gen yon bon akasan

yo ak rezo sosyal ap fè nou detwi chak

moun ki vle libere nou anba grif sistèm

pouri sa ki konpoze ak yon bann fo

politisyen abolotcho, militan politik

mesken, sèten jounalis san kolòn vètebral,

eskanmòtè dwazimen ki kenbe

nou annotaj.

Si jodia, nan lajan peyi a, yon

nèg ta pote 52 milyon Goud ba nou,

nou t ap twò kontan resevwa l’. Paske,

non sèlman se lajan swè nou, lajan

manman nou ki se machann manje,

madansara, men se lajan ki te dwe

voye timoun lekòl, mete lopital, sant

sante, fè wout, bati bonjan enfrastrikti,

bonjan bibliyotèk, mete kantin nan

lekòl yo, ranfòse Kès Asistans Sosyal

pou apeze grangou ki se youn nan

pwazon k’ap fini avèk sèvo ti jenn yo

nan sosyete a jiskaske fanm kou gason

oblije ap vann kò yo pou yon plat

manje.

Objektif atak sa yo, se pou demobilize,

afebli, kase ren lit FRG9 la ak pèp

la anjeneral. Assad Volcy ap toujou la

pou bay manti sou tout moun ki kanpe

pou defann enterè majorite a, pandan li

pap janm ba nou verite sou move zak

sal l’ap mennen anndan peyi sa depi

sou René Préval jis rive nan Ariel Henry

jodia. Soti nan kidnaping sou René

Préval jis rive nan vann bal ak zam nan

tou cho ak pen tou fre ki pe tann mwen

anlè a. Byen bonè anvan solèy la koumanse

two cho m pike monte Metivye

se yon ti lokalite ki nan tèt Doko.

Pou w rive Metivye kote ki gen

anpil sous dlo fre ak pye zabriko men

wòtè, w ka pase Morèt si w te nan zon

Meyòt. Sizoka w ta sou Wout Frè apati

kalfou Akademi w pike monte ka Gwo.

Depi w swiv wout la monte nèt l ap

mennen Metivye tèt dwat. Se konsa

dentan m fin vire nan Kalfou Madyowo

m vire sou lamen gòch.

Apre yon ti vanse sou yon 100

mèt m tande yon sèl anbyans mizik

chante ladoudous. Ki sa l ye ? Se yon

konvre bèt volay ki deside bay kalinda

granm maten an. Bon, lè m tande jan

mizik la dous m di kite m anrejistre l

pou m ka fè lòt moun tande l. Paske

gen dwa se pou yon sèl grenn fwa m

ka gen chans koute yo nan vi m.

Gen de bagay w pa ni jwenn,

ni wè, ni tnde 2 fwa. Lè m fi n anrejistre

yo m kontinye vanse pou m al

vire monte nan kafou Doko. M gade m

pa wè yon gwo pye zabriko ki te gen

yon pye figye modi ki makònen sou

li si w konn si w konn se yon makòn

anmoure ki pe danse anba tonnèl pay

kokoye nan fèt chanpè Limonad.

M te toujou konn renmen gade

yo chak fwa m pase. Nan mande

mande, gen yon gran moun tou pre a

ki di m se yon fil hot tansyon ki te kase

sot tonbe sou li detan yon gwo lapli.

Epi l tou boule l. Apre konpayi elektrik

te voye vin koupe l met atè plat. Kèk

pa pi devan w wè yon sitwayen ki pe

toke kot yon wòch koulè. Se ti ko w, ti

kow, ti kow.

Misye te gen yon mayo gri sou

li, yon pantalon long chaje ak pousyè

wòch la sou li. Yon bonèt gri nan tèt li

pou bay solèy la kanpe lwen. Li byen

konsantre detan l ap travay sou kote

wòch la li mete kanpe sou de janm li

ki repliye. Li chita sou twa blòk li met

kouche youn sou lòt pou wè yon bèl

wotè.

Fò w ta di se yon bon kòkòday li

l pe karese tèlman l pran swen pou l fè

sa. Kòm se te tou pre wout la m vanse

sou li, kore misye epi m koumanse

poze l kesyon l te byen kontan reponn.

Fòk w ta di se sa misye t ap tann. Atizan

tayè wòch la te byen kontan rakonte

m bèl istwa l ak bon zanmi l sa a.

M vle pale de wòch sa ki chaje ak

koulè. Fòk w ta di se yon atis ki pentire

l ak yon penso fen. Travay wòch

ak poze seramik se pa menm travay.

Paske seramik la tou ekè ki vle di kat

peyi a pandan se menm nèg sa yo k’ap

denonse kidnaping ak ensekirite.

FRG9 pa nan pale anpil. Men,

se yon devwa nou genyen pou chak

fwa yon abolotcho politik ak sangwen

a mikwo sou rezo sosyal konprann yo

ka fè nou pase menm jan ak Prezidan

Jovenel Moise, sasinen karaktè nou

avan yo sasinen kò nou, nan fè amalgam

pou fè nou parèt lèd nan je nasyon

sa, se pou nou redrese yo avèk bonjan

pawòl laverite. Nou mande depa Ariel

Henry ki se yon enkilpe nan asasina

Prezidan Jovenel Moise nan tèt peyi a

san kondisyon ak tout akolit li yo.

Ou menm pèp Ayisyen an, moman

pa w la rive pou w aji ak reaji pou

w libere tèt ou anba grif sistèm sa a.

Prezidan Jovenel Moise te di si nou pa

pwofite moman sa nou pap janm jwenn

chans sa ankò pou nou soti nan sa yo

mete nou la, depi 36 dènye ane sa yo.

Assad Volcy, ou vle nou pale?

Ebyen, nou pral pale koze. Se yon gran

opòtinite ou ofri pèp sa pou l’ wè anba

nou e n’ap ede l’ wè anba tout vagabon

patannte nan lakou Pòtoprens.

Mèsi!

FRG9 an Fanmi e Alye: Manyen

youn. Manyen Tout.

kwen yo tou kare. Men wòch la mande

anpil anpil ladrès pou w ba l fòm pou l

byen chita sou lòt la ou akote lòt la pou

l byen parèt. « M te aprann metye taye

wòch la ak papa m depi lè m te lekòl.

Sa vle dim grandi ak metye a. Se depi

1996 kou vakans rive m toujou ale ak

papa m sou chantye. Pou jis kounye

papa m toujou ap travay nan metye a.

Bos Wonal esplike n li pase tout peyi a

pe fè bèl travay sa a. Anpil nan travay

m fè yo toujou byen soti ».

Se konsa l te pale ak nou. Bos

tayè woch la rakonte n se depi l te fin

fè yon travay nan zon Fo Jak. Sa te fè l

vin jwenn anpil anpil gwo kliyan. Bos

tayè Woch la ki di n l abite Metivye

fè konnen l sèvi ak mato rachòt pikòp,

nivo fil, aplon ak tiwèl pou n ka brase

epi mete mòtye pou ka plake wòch

yo. « M fè 5 elèv deja. E depi lè m te

apranti m te koumanse fè elèv. Pou

le moman m gen yon elèv m ap fome.

Youn nan travay m fè ki pi reyisi se

Plas Zetwal ki sou zile Lagonav. Si n

vle n ka jwenn li sou Youtoub. M tèlman

alèz nan metye a menm si yon

moun kanpe ban m abiye l ak wòch m

ap ka fè l byen fasil ».

Bòs Wonal te kontan di n kliyan

an yo toujou satisfè pou travay li

fè yo. Okontrè anpil fwa se detan l ap

travay kliyan an konn ap pase li tèlman

kontan pou jan l travay la l tou

pran telefòn li. Gen nan yo ki konn

pran 3 lane anvan yo rele l pou yo ba

l travay. « Se sèlman nan Grandans

m p ko al travay. Depi se kote yon kliyan

bezwen m m toujou la. Se Fèmat

m konn al achte wòch koulè yo pou m

al fè travay yo. Kliyan an yo toujou fè

m konfyans. Gen nan yo ki konn okipe

de tout sa k pou fè m santi m byen.

Gen nan yo ki konn pase vin sipèvize

trvay la ».

Pawòl bòs tayè wòch la

Gen kèk nan yo ki konn tou ret

chita la pou asiste kouman travay la

ap fèt. M renmen travay map fè a. E,

chak jou m fè anpil jèfò pou m travay

pi byen toujou chak jou. Paske lè se

atis ou ye, ou dwe tujou fè sa w kapab

pou zèv ou yo san repwòch. Se konsa

bòs Wonal Tayè Wòch te kontinye pale

ak nou.

Apre tout bèl pawòl sa a yo,

men sa bòs Wonal te di pou l te mete

yon bout nan bat boucha

« Si Leta te konnen pou l te

ankadre talan an yo, se pa ni de ni

twa bèl zèv atis yo ta pwodui pou lònè

ak respè Ayiti! »

6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021


Perspectives

Belachat: « Un jeune, un

métier » dans les Ghettos

Par Jodania N. MARCELIN

Haïti : les habitants en grève contre

l’insécurité, au sommet de leurs problèmes

Interview de Frédéric Thomas

Une entreprise sociale dont la

politique est de transformer

chaque ghetto en foyer de relance

de la production locale

avec pour principale acteur, les

jeunes dans les quartiers populaires,

telle est l’initiative d’un

jeune de quartiers populaires,

l’entrepreneur Dieunaldo Mereste.

Il nous en dit plus à travers

ces lignes.

Les jeunes vivant dans les

quartiers populaires sont

généralement perçus comme des

délinquants, des fainéants par

une partie de l’opinion publique

haïtienne. Une perception que

ce jeune entrepreneur Dieunaldo

Mereste dément. En effet, il

a implanté un atelier de couture

dans les quartiers populaires

dont la mission est de participer

à la relance de la production locale

en mettant les jeunes dans

les quartiers populaires comme

acteurs principaux.

Selon Dieunaldo, « cet

atelier a été conçu pour encadrer

ces jeunes du ghetto en

leur donnant une formation

adéquate et en leur permettant

de mettre à profit ce qu’ils ont

comme talents et compétences.

Avoir un métier manuel en

mains est également un des

meilleurs moyens de lutter contre

la pauvreté et l’insécurité en

Haïti », a-t-il précisé.

Par ailleurs, les jeunes qui

auront l’opportunité de suivre

cette formation doivent habiter

dans l’un de ces 5 quartiers :

Kokiyo, Solino, Delmas 24, Fort

National, Christ-roi. Globalement,

ces 5 quartiers sont ciblés

pour la première édition du projet.

Cette initiative d’un atelier

de couture a débouché sur une

entreprise prospère dénommée

« Bèl Achat ». Une entreprise

sociale dont la politique est de

transformer chaque ghetto en

foyer de relance de la production

locale avec pour principale

acteur, les jeunes dans les

quartiers populaires.

En effet, l’atelier va audelà

d’une école. Bel Achat se

donne pour mission d’habiller

environ 1000 haïtiens avec des

habits locaux. Au mois d’août,

dernier l’entreprise a habillé environs

70 haïtiens. Le premier

fut l’artiste haïtien BIC de son

vrai nom Roosevelt Saillant.

Un métier face aux réalités

socio-économiques

Le responsable de Bel Achat

explique à la rédaction que cet

atelier a été conçu dans une

démarche de valorisation des

métiers manuels. Ce qui permettra

aux jeunes d’acquérir

des compétences adéquates

qui correspondent aux réalités

socio-économiques. « Dans le

passé, les parents haïtiens se

sont donnés pour mission de

donner à tous les jeunes qui

Dieunaldo Mereste

grandissent un métier manuel.

Mais avec l’évolution du temps

ces pratiques ont été abandonnées

pour des professions

telles que : ingénieurs, agronomes,

médecins, etc. Mais

les statistiques de ces derniers

jours montrent clairement que

ce marché de l’emploi est saturé,

ce qui fait que beaucoup

de jeunes diplômés lâchent les

armes sans mentionner une autre

catégorie importante qui est

celle des jeunes qui n’ont pas

les moyens de faire ces études

et d’autres », a-t-il expliqué.

Bel Achat, un rêve devenu

réalité

Fondée en 2018 par Mereste

Dieunaldo connu sous le nom

de K-lanbourik, Bel Achat se

situe à Nazon dans la localité

de Kokiyo, et aussi dans les

quartiers environnants et autres

zones telles que : Solino, Delmas

24, Fort-National, Christroi.

Sa politique se définit en

trois mots: Jeunesse, Engagement,

Créativité. Belle Achat est

devenu une entreprise légale en

2021.

Sachant que la première

édition du programme « un

jeune, un métier » a débuté avec

la couture, K-lanbourik nous

explique qu’il vise à continuer

dans d’autres professions ou

formation qui peuvent aider les

jeunes des quartiers populaires

à devenir financièrement autonomes.

Les exemples incluent

une formation en chimie industrielle,

sérigraphie, broderie,

etc.

Avant d’aboutir à ce grand

rêve, Dieunaldo explique que

Bèl Achat a en effet rencontré

beaucoup de difficultés. «

Premièrement, ça a été vraiment

difficile pour nous de

convaincre les consommateurs

haïtiens de consommer des produits

locaux et également de

trouver de bonnes voitures et de

bonnes matières premières afin

d’arriver à un produit fini pouvant

rivaliser avec les produits

d’outre-mer. En plus des difficultés

économiques auxquelles

nous sommes toujours confrontés

pour équiper l’espace

Bèl Achat telles que : l’achat

des génératrices, de machines à

coudre, etc. »

Koukouwouj

29 septembre 2021

Dix-sept missionnaires

nord-américains ont été enlevés

par un gang ce 16 octobre

en Haïti. Deux jours après, les

Haïtiens entamaient une grève

générale pour exprimer leur

ras-le-bol de l’insécurité. Selon

le spécialiste d’Haïti Frédéric

Thomas (Centre tricontinental),

ces événements mettent

en lumière une situation socioéconomique

et politique très

dégradée.

Les routes risquent de rester

bloquées encore quelques

temps en Haïti. Ce 18 octobre,

les habitants de l’île caribéenne

ont entamé une grève générale

illimitée, pour protester contre

l’insécurité. Les Haïtiens exigent

que l’État prenne ses responsabilités.

La situation sécuritaire

est de plus en plus incertaine

depuis l’assassinat de l’ancien

président Jovenel Moïse début

juillet.

Selon le chercheur au Centre

tricontinental (CETRI) à Louvain,

spécialiste d’Haïti Frédéric

Thomas, l’insécurité est au sommet

d’une pyramide de problèmes

structurels au sein du pays.

TV5MONDE : Que montrent

ces enlèvements et grèves

de la situation en Haïti ?

Frédéric Thomas : Cela

démontre une dégradation

généralisée. On en parle à l’heure

actuelle du fait de l’enlèvement

collectif d’étrangers, mais c’est la

réalité quotidienne d’une grande

partie de la population haïtienne,

surtout dans la capitale à Port-au-

Prince. Il n’y a plus aucune liberté

de mouvement. Lorsqu’une

personne se déplace, elle le fait

toujours avec la crainte d’être

agressée, enlevée et séquestrée.

Cet enlèvement met vraiment

en exergue le décalage entre

la manière dont est discutée

la situation en Haïti à l’international.

Par ailleurs, cet enlèvement

survient dans un contexte particulier

: quelques jours après une

visite de hauts-fonctionnaires

des États-Unis, au lendemain

d’une réunion du Conseil de

sécurité de l’ONU. Cela met vraiment

en exergue le décalage entre

la manière dont est discutée

la situation en Haïti à l’international,

mais plus spécifiquement

aux États-Unis et la situation sur

place. On peut voir cet enlèvement

comme un camouflé de la

politique américaine et l’alignement

de la politique internationale

derrière-elle.

TV5MONDE : L’enlèvement

des 17 missionnaires aurait

été commis par le gang des

« 400 Mawozo ». Ce n’est pas la

première fois qu’ils agissent de la

sorte. Pourquoi ?

Frédéric Thomas : Ils enlèvent

essentiellement des Haïtiens.

Leur mode opératoire est

un peu particulier. Ils n’hésitent

pas à recourir à des enlèvements

massifs d’une dizaine ou plus de

personnes. Ils opèrent aussi sur

un axe routier important, reliant

Port-au-Prince à la République

Dominicaine.

Les enlèvements constituent

leurs principales sources de

revenus. Cela explique pourquoi

ils en font autant. Et lorsqu’ils

touchent à des étrangers, cela a

un écho médiatique important.

TV5MONDE : Que dire de

la corruption dans le pays ?

Frédéric Thomas : Je pense

que la dégradation sécuritaire

prends ses racines dans une crise

politique et socioéconomique qui

ne cesse de ce creuser. Elle alimente

d’elle-même l’insécurité,

qui elle-même s’accroît en raison

de l’impunité généralisée. Celle-ci

existe à cause des bandes armées

mais aussi aux liens et complicités

dont elles bénécifient au sein

de l’État.

L’insécurité actuelle constitue

un peu le sommet d’un

ensemble de problèmes qui trouvent

ses racines dans une situation

socioéconomique et politique.

On se focalise sur le problème

sécuritaire. Mais il ne peut

pas être réglé tant que l’impunité,

la corruption seront-là. La classe

politique est entièrement tournée

vers ses propres intérêts, vers ses

propres relations internationales

et pas vers l’action pour les besoins

de la population. L’insécurité

actuelle constitue un peu le sommet

d’un ensemble de problèmes

qui trouvent ses racines dans

une situation socioéconomique

et politique.

Frédéric Thomas

TV5MONDE : Quelles sont

les attentes des Haïtiens à travers

cette grève ?

Frédéric Thomas : Il me

semble que la grève avait été

annoncée quelques jours avant

l’enlèvement des missionnaires

américains et canadiens. C’est

le signe d’un ras-le-bol. La population

est face à une situation

intenable, sans aucun appui de

l’État ni des autorités publiques.

C’est une nouvelle manière de

montrer leur difficulté de vivre et

leur opposition à cette complicité

de l’État avec ces bandes armées.

C’est véritablement le signe

que ces personnes se sentent

complètement abandonnées.

Cette grève devait initialement

durer deux jours. Mais une

grève des transporteurs pétroliers

est désormais annoncée à partir

d’aujourd’hui. C’est véritablement

le signe que ces personnes

se sentent complètement abandonnées.

Elles n’ont pas d’autres

recours que d’essayer une

nouvelle fois de tirer la sonnette

d’alarme pour que les choses

changent.

Cetri 21 octobre 2021

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

7


La Tribune de Catherine Charlemagne (191)

Pendant ce temps, le Protectorat se met en place ! (2 e partie)

De gauche à droite, André Michel de l’incontournable Secteur Démocratique

et Populaire (SDP) et l’ancien émissaire américain Daniel Lewis Foote

Certains ne savent pas que deux jours

avant l’arrivée à Port-au-Prince des

agents de la Cyber Security & Infrastructure

Security Agency (CISA), une

première équipe d’experts américains

avait déjà foulé le sol haïtien dans le

cadre du soutien à la sécurité du territoire,

sollicité par les autorités d’Haïti.

C’est une équipe de la Transportation

Security Administration (TSA) américaine

qui est à pied d’œuvre en Haïti

depuis le 25 juillet 2021. Officiellement,

ces techniciens travaillent de

concert avec leurs homologues haïtiens

de l’AAN (Autorité Aéroportuaire Nationale)

et de l’OFNAC (Office National

de l’Aviation Civile). En vérité, la réalité

est tout autre. Ces employés américains

ont tout naturellement pris le contrôle

des aéroports et ports du pays qui,

il faut le reconnaître, ne sont que de

véritables passoires livrées à la contrebande

opérée par des oligarques et les

tenants du système.

Il suffit de voir comment un

groupe de mercenaires est infiltré dans

le pays en traversant le plus calmement

du monde le plus grand aéroport international

du pays et les frontières haïtiennes

sans être inquiétés jusqu’à commettre

leur forfait sur un chef d’Etat en

exercice sans élever aucun soupçon.

Pour les dirigeants de Washington, il

ne fait aucun doute : les aéroports et

ports d’Haïti sont les maillons faibles

du système de sécurité du pays. Pour

eux, il était temps qu’ils les prennent

en main. Depuis, c’est fait. On n’oublie

point la présence des conseillers américains

dans les différents ministères

surtout celui de l’Economie et des Finances

qui tentent, depuis leur arrivée

au cœur de ce bastion régalien de l’Etat,

un redressement difficile sur le plan

économique. Pour le moment, le gouvernement

américain n’a pas encore

pris de manière effective le contrôle

de la banque centrale d’Haïti (BRH)

comme en 1915 et le rapatriement des

Réserves d’or du pays dans les coffres

de la Reserve Fédérale Bank. Mais, au

train où va ce pays, nous n’en sommes

pas loin.

Tout comme s’il n’y a pas encore

de troupes militaires américains qui défilent

officiellement à travers les rues de

villes et campagnes haïtiennes, le moins

que l’on puisse dire, leur présence n’est

pas si loin. Puisque, dans les heures qui

ont suivi l’annonce de l’assassinat du

chef de l’Etat haïtien et à la demande

des autorités du pays, plusieurs dizaine

de militaires US sont envoyés et ont

débarqué en Haïti dans le but de renforcer

et d’assurer la sécurité des Sites

et du personnel américains et d’autres

étrangers résidents sur le territoire haïtien,

selon la terminologie officielle.

Certes, ils se font discrets et même

furtifs à travers les rues de la capitale

en restant cantonnés dans leurs bases

soit à l’ambassade US soit dans les résidences

des diplomates prêts à passer

à l’action en cas de troubles sérieux à

l’ordre public et à la demande de leurs

chefs politiques et militaires. D’ailleurs,

les premiers groupes de militaires US

ont été renforcés par l’envoi en Haïti

de 200 autres marines dans le cadre du

support des Etats-Unis aux victimes du

séisme qui a dévasté les trois départements

du Grand Sud (Grand’Anse, Nippes

et Sud) le 14 août 2021.

Ce tremblement de terre d’une

magnitude 7,2 sur l’échelle de Richter

dans le Grand Sud dont le bilan

ne cesse de s’élever (2 248 morts,

329 disparus, 12 763 blessés, 53 815

maisons détruites et 83 770 endommagées.

Embarqués à bord du navire «

USS Arlington » le 17 août, les marines

ont touché le sol haïtien le samedi 21

août 2021 pour être déployés sur le terrain,

avait annoncé l’ambassade américaine

à Port-au-Prince sur son compte

Twitter. « USS Arlington est parti le 17

août avec une Unité de péniches de

débarquement de l’Unité de péniches

d’assaut 2 afin de fournir une assistance

humanitaire et des secours suite

au tremblement de terre de magnitude

7,2 survenu le 14 août en Haïti. Notre

premier objectif est de sauver des vies

tout en allégeant les souffrances du

peuple haïtien » avait déclaré le Capitaine

Eric Kellum, Commandant de

l’USS Arlington. Justement, en pleine

gestion de cet énième cataclysme dans

le pays, l’ex-Envoyé spécial, Daniel

Lewis Foote s’était précipité pour effectuer

un second voyage en Haïti en

moins d’un mois en vue de poursuivre

son travail de reprise en main du pays

et de mettre l’ensemble de la classe

politique au pas.

D’un côté, le bras socioéconomique

et humanitaire du

gouvernement américain, assuré par

l’USAID (Agence des Etats-Unis pour

le développement international), prend

la gestion Post-séisme en Haïti à travers

ses différentes agences et des sous

traitants locaux (gouvernement et ONG

privées). De l’autre côté, il y avait le

vrai patron, Daniel Lewis Foote qui

donnait les directives aux autorités

haïtiennes et dire ce qui doit être fait

et surtout définir l’après-Jovenel Moïse

selon sa vision et celle de Washington.

Dès son arrivée dans la capitale haïtienne

les jours qui ont suivi le tremblement

de terre du 14 août, l’ex-Envoyé

spécial pour Haïti s’était consacré à

rencontrer et écouter une nouvelle fois

tous les acteurs sociopolitiques et du

monde des affaires. Cette fois, l’ambassadeur

Foote avait fait fort. Peut-être

aussi que les autres avaient compris

que, définitivement, en ce qui concerne

les choses politiques en Haïti, il n’y a

qu’un décideur. Il s’appelle Monsieur

Foote tout au moins Washington.

En effet, au cours de cette nouvelle

convocation aux dirigeants des

formations politiques, mêmes les leaders

les plus radicaux avaient répondu

présents à son invitation. Ceux

qui avaient fait le gros dos lors de la

première visite, s’étaient tous précipités

au bureau du chef, pour entendre

sa définition de la Constitution en ce

qui concerne le Pouvoir exécutif haïtien

aujourd’hui. « Nous avons dit à

Monsieur Foote que la Constitution

haïtienne amendée de 1987 encore

debout exige un Exécutif à deux têtes.

Le Premier ministre ne peut pas convoquer

le peuple dans ses comices. C’est

une attribution présidentielle selon la

Constitution » répéta Rosemond Pradel

de la Fusion qui pensait convaincre

l’ex-Envoyé spécial de Washington.

Depuis, Rosemond Pradel et son parti

FUSION ont changé d’avis sur une direction

bicéphale pour la Transition en

signant l’Accord du 11 septembre 2021

avec le Premier ministre a.i Ariel Henry.

D’ailleurs, ils ne sont pas les seuls.

S’affirmant de plus en plus en

véritable patron et donneur d’ordre,

Daniel Lewis Foote avait d’emblée mis

les points sur les I avec ses invités. Il

laissa entendre aux chefs de Partis

politiques qui étaient venus se plaindre

du caractère inconstitutionnel de la

seule présence du Dr Ariel Henry à la

tête du pays en tant que chef du gouvernement

et chef du Pouvoir exécutif

qu’il était hors de question de désigner

un successeur provisoire au feu Président

Jovenel Moïse. Rosemond Pradel,

Secrétaire général de la DIRPOD (Direction

Politique de l’Opposition Démocratique),

reçu parmi les de chefs de Partis,

avait été surpris de la réaction de

l’ex-Envoyé spécial de Joe Biden pour

Haïti quand il avait abordé la question

de l’exécutif haïtien. Selon le journal Le

Nouvelliste du 20 août 2021 qui a rapporté

les propos de Rosemond Pradel,

l’ex-Envoyé spécial pour Haïti a été

on ne peut plus clair sur la question de

l’exécutif bicéphale « Monsieur Foote

nous a dit qu’au lieu de deux dirigeants

inconstitutionnels, vaut mieux en avoir

un seul à la tête du pays » dont acte.

Après ce refus catégorique de

Washington de revenir sur la désignation

d’un Président provisoire de la République

avant les élections générales,

tous les leaders des partis de l’opposition

qui s’étaient rendus chez Daniel

Lewis Foote se sont rabattus finalement

sur des sujets moins clivants. Comme

les élections et l’insécurité dans le pays

avant de se faire une raison avec le

Premier ministre Ariel Henry et son «

Accord » dit de la Primature dans lequel

ce sont les radicaux qui tiennent le haut

du parvis. De Fanmi Lavalas à Tèt Ansanm

en passant par En Avant de l’ancien

député Jerry Tardieu sans oublier

l’incontournable Secteur Démocratique

et Populaire (SDP) d’André Michel qui

avaient rencontré celui qui faisait officieusement

office de Gouverneur, tous

avaient présenté les mêmes requêtes

devant Daniel Lewis Foote. « Nous

sommes dans une situation exceptionnelle.

Il faut nécessairement trouver

un consensus assorti d’un accord

politique pour : la mise en place d’un

gouvernement de consensus ; un coup

de balai au niveau du leadership de la

Police nationale d’Haïti (PNH) en vue

de rétablir la sécurité et de démanteler

les groupes armés. La transparence financière

; la réalisation des procès des

différents massacres d’État perpétrés

dans les quartiers populaires et ainsi

que le procès PetroCaribe.

La libération des prisonniers

politiques, la mise en place d’un CEP

provisoire, crédible, suivant le premier

modèle constitutionnel et l’organisation

de la Conférence nationale avec un débat

particulier sur la Constitution et la

participation de la diaspora. Pas d’élections

à la fin de l’année 2021. Voilà, en

gros, ce que nous avons défendu à cette

rencontre avec Monsieur Daniel Foote »

avait déclaré à la presse André Michel

à sa sortie de la rencontre avec l’ex-Envoyé

spécial de Washington pour Haïti.

Une position partagée par l’ensemble

des leaders politiques : les élections ne

sont pas possibles cette année. Pour

Rosemond Pradel de la DIRPOD, il faudra

attendre même la fin de 2022, le

temps que le pays soit complètement

sécurisé. « Des élections oui, mais pas

cette année. Il faut planifier les élections

pour au moins à la fin de 2022 afin

d’avoir des élus en fonction au début de

l’année 2023 » répète le dirigeant de la

Fusion des Sociaux Démocrates depuis

rallié au pouvoir.

Sauf que, depuis, le Secteur

Démocratique et Populaire (SDP) d’André

Michel et ses amis s’est approprié

de l’Accord politique d’Ariel Henry

allant même à s’opposer à une fusion

des différents Accords qui sont sur la

table. Après ces rencontres, les acteurs

politiques haïtiens y compris le

chef du gouvernement a.i Ariel Henry

dont le nom est cité dans le Rapport du

RNDDH pour avoir reçu au matin du

meurtre deux appels téléphoniques de

Joseph Félix Badio, l’un des principaux

accusés dans l’assassinat du Président

Moïse, tout le monde attendait la

réponse de « Monsieur Foote » après

son retour à Washington. Car, le pays

se trouve dans une telle dépendance

vis-à-vis des Etats-Unis que la moindre

décision ne peut venir que de son Envoyé

spécial ou de ses émissaires pour

Haïti. Officiellement, en Haïti, pour le

moment il n’y a ni un amiral US ni un

Gouverneur encore moins de navires

de guerre sauf (l’USS Arlington) visibles

dans les rades du Cap-Haïtien ou

de Port-au-Prince comme il y en avait il

y a 106 ans pour marquer l’autorité et

l’hégémonie américaine sur la République

d’Haïti.

Mais, avec des Envoyés spéciaux

pour Haïti, même résidés à Washington,

ou d’autres « Emissaires » perpétuellement

en mission à Port-au-Prince

et l’installation déjà dans le pays de

différentes agences US Government,

les Etats-Unis d’Amérique ont constitué

une tête de pont d’occupation très

avancée dans le pays depuis l’assassinat

du Président Jovenel Moïse le 7

juillet 2021 bien que pour le moment

cela prend la forme d’un « Protectorat.

Le retour à Port-au-Prince en octobre

2021 de l’ambassadeur Kenneth Merten

pour succéder à Michèle J. Sison

en fin de mission confirme ce que plus

d’un redoutaient depuis l’assassinat

du Président Jovenel Moïse. En effet,

la nomination de ce fin connaisseur

d’Haïti, de la classe politique et des

élites socioéconomiques de ce pays

peut être interprété comme le signe

évident d’une mise sous tutelle d’Haïti

par Washington compte tenu de ses

connaissances du fonctionnement du

système politique, administratif et institutionnel

haïtien. Car l’ambassadeur

Kenneth Merten a déjà fait ses preuves

en tant qu’intervenant direct dans les

affaires intérieures haïtiennes au plus

haut niveau.

Son célèbre « Michel Joseph

Martelly n’est pas un citoyen américain

» le 8 mars 2012 demeura graver dans

les annales haïtiennes suite à ce qu’on

appelle « l’affaire de nationalité américaine

» de Michel Martelly alors accusé

par le sénateur Jean-Charles Moïse de

détenir un passeport des Etats Unis

d’Amérique. Celui qui est désormais

chargé de faire le relais de la politique

américaine en Haïti avec les différents «

Emissaires et Missions » délégués par la

Maison Blanche charrie aussi sur nom

un tas de dossiers qui ne fait guère honneur

à sa réputation en Haïti entre autres,

la CIRH, l’élection présidentielle de

2011 et même celui du fonds PetroCaribe

qui a été dilapidé par les dirigeants

haïtiens sans qu’il ne leva les petits

doigts. En tous cas, il est trop tôt pour

titrer « Les blancs débarquent » en Haïti.

Mais, compte tenu de la succession

de catastrophes politiques et naturelles

qui s’abattent sur le pays et l’incapacité

de la classe politique à définir une politique

publique capable de sortir le pays

et la population du désastre, on ne peut

plus écarter cette hypothèse qui devient

de plus en plus probable.

L’enlèvement des 16 citoyens

américains et 1 ressortissant canadien

le samedi 16 octobre 2021 par le gang

« 400 Mawozo », est peut-être l’acte

ultime qu’attendait la Maison Blanche

pour donner son feu vert à cette intervention

dont certains pensent désormais

est une question de temps. Il y

a plus d’un siècle (juillet 1915), l’Oncle

Sam était déjà venu au secours des

élites politiques, économiques et culturelles

après l’effondrement de leur

pays. A l’époque, personne n’avait

rien demandé, en tout cas, il n’y avait

pas de demande officielle émanant

des autorités haïtiennes. Sauf que la

bourgeoisie n’était pas mécontente de

voir arriver les Marines qui venaient

pour les protéger. En 2021, c’est le

gouvernement haïtien qui, dépassé

par un événement que personne n’attendait,

sauf bien évidemment par

ceux qui l’ont provoqué et devant

l’ampleur de ce drame politique qu’est

suite à la page(16)

LACROIX MULTI SERVICES

Tel: 718-703-0168 * Cell: 347-249-8276

Fax:718-703-4640

1209 Rogers Avenue, Brooklyn, NY 11226

www.lacroixmultiservices.com

• Income Tax • Electronic Filing

• Refund Anticipation Check (RAC)

• Direct Deposit - IRS Check

• Business Tax • Notary Public

• Immigration Services

• Translation, Preparation, Application, Inquiry letters

• 6 Hour Defensive Driving Course • Fax Send & Receive

• Resume • Property Management • Credit Repair

Lacroixmultiservices@yahoo.com

8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021


This week in Haiti

Who Is Responsible for Haiti’s Worsening Situation?

New U.S. Chargé d’Affaires to Haiti Kenneth Merten has upheld the Biden

administration line of support for Ariel Henry, while leading on a rival

“civil society” coalition

by Berthony Dupont

Washington’s strategy after President

Jovenel Moïse’s Jul. 7

assassination is to use a two-faced

tactic. It is pretending to parlay with

one of the political coalitions proposing

a roadmap to elections and

reconstitution of Haiti’s government,

while clearly backing a rival coalition,

headed by Prime Minister a.i.

Ariel Henry.

The U.S. State Department’s

political strategies to engineer new

regimes to its liking rarely work,

but one exception is the state which

emerged from the 1990s Rwan-

dan civil war, which pitted the then

Rwandan government, made up of

Hutus, against the Rwandan Patriotic

Front, made up primarily of the

Tutsis, and headed by Paul Kagamé.

Rwanda’s dramatic resurrec-

tion from the ashes of massacres and

war after Kagamé’s victory was not

because Washington suddenly embraced

the principle of helping poor

African countries develop. If that

principle were in its political DNA,

the U.S. would have done so in other

countries such as Haiti, which

has steadily declined under its direct

domination. Rwanda became a model

of fabricated success because the

U.S. had to ensure its victory over

its imperial rival France, which had

backed the Hutu government. But

the French lost this dirty war with

Washington in its chasse gardée, the

African continent.

The current political moment

clearly demonstrates the dominant

role played by the U.S. in Haitian politics.

The State Department is clearly

backing Ariel Henry and his political

coalition composed of the opposition’s

Popular Democratic Sector, the

ruling PHTK, Réginald Boulos’ MTV,

the social-democratic Fusion, and

others. This dogged support of Henry

even caused the resignation of U.S.

emissary Daniel Foote.

But the State Department’s

Brian Nichols and the new Chargé

d’Affaires Kenneth Merten have

held the line. The Biden administration

has a clear disagreement with

other European ambassadors in the

“Core Group.” They, like Foote, appear

to have some sympathy for

the Civil Society Commission for a

Haitian-Led Solution to the Crisis

(CCSHC), a panoply of parties and

organizations from the right and left,

which have drawn up an ambitious

project to address Haiti’s chronic instability

so that free and fair elections

might be held.

The United States has expressed

its strong support for the

draft agreement put in place by the

Prime Minister’s office. This looks

very much like a stab in the back, a

low blow, to the CCSHC, which inked

its Montana Accord also last month.

This coup proved to be a meticulously

crafted strategy implemented by

the White House and the State Department.

Quite simply, Washington

does not trust the CCSHC.

Despite discussions with this

Washington supports Dr. Ariel Henry because he is weak and vulnerable,

hence dependent on U.S. backing.

coalition, it seems clear that Washington

is not really happy with its

proposed plan. Playing Pontius Pilate

with an attitude of neutrality,

the U.S. wants to remain in the role

of mediator and will likely propose

a “global solution” by merging the

Montana Accord with Henry’s “Accord

for Peaceful and Efficient Good

Governance.” This “great historic

compromise” will be presented as

being in Haiti’s best interests. It’s an

unrealizable project, and Washington

knows it!

However, the U.S. strategy

stems from the need to protect certain

vital American interests. For

the United States, Ariel and his crew

have obvious advantages. First of

all, he has no popular legitimacy,

and he is implicated in the horrific

Jul. 7 assassination of Jovenel Moïse.

These factors make him vulnerable

and therefore dependent on the

United States to maintain power and

manage the transition.

This sad spectacle leads to only

one conclusion: nothing can be expected

from this “political class,”

which dominates both rival coalitions.

It is subservient to Washington’s

tutelage and does not respect

the sacred right of Haiti’s people to

self-determination. These leaders refuse

to clearly and roundly denounce

Washington’s meddling. We must

finally come to the conclusion that

they are all dupes, men and women

with a colonized mentality, who

link their fate to the imperial forces of

evil. Despite patriotic posturing and

labeling, they practice a duplicitous

policy, desecrating the Haitian cause.

The Haitian ruling class is

proving itself more than ever the

docile, conscious, and mercenary

instrument of the strategies painstakingly

developed by the foreign

offices of North American and European

imperial governments. That is

why it does not have any way to answer

the fundamental question: Who

is responsible for the collapse of the

country?

Responsible and guilty is this

corrupt political class which leaves

Haiti open to any destabilizing imperialist

maneuver. Responsible and

guilty are the successive governments

which have implemented policies

aimed at exploiting, sacrificing,

and subjugating the popular masses.

At the present time, not a day goes

by without the amplification of the

campaign of disinformation and

slander waged by imperialism and

its subservient media against the autonomous

organizations emerging in

Haiti’s ghettos, which are beginning

to organize and act in a way which is

no longer at the service of the lumpen-bourgeoisie,

the government, and

the old opposition. The ghetto organizations

are not invited into either

of the rival coalitions. On the contrary,

it is targeted by both.

The exploited and oppressed

Haitian people must wake up at all

costs to engage in a vast national liberation

movement that will knock on

the doors of these false leaders and

reactionaries to hold them accountable

for Haiti’s tragedy and make

them pay the price for their betrayal.

Chanm-Chanm Book Store

(formerly Rincher’s Book Store)

• All Types of Books (New & Used)

• Kits contain books and CDs to teach English,

Spanish, French, Kreyòl with Rincher’s system

Rincher’s Translation Service

• Birth Certificate

• School Certificate

• Document Search

“Cheapest in Town”

• Resumé

• Marriage Certificate

• Religious Certificate

Translations done in French, Spanish, English, Portuguese, Kreyòl

2716 Church Avenue, Brooklyn, NY 11226

718.282.4033 ● 718.282.4032 fax

Director: Florence Comeau

Interlink Translation

Services

* Translations * Interpreters

* Immigration Services

* Resumé * Fax Send & Receive

* Much more.

English • French • Kreyòl • Spanish

Tel: 718-363-1585

899 Franklin Avenue,

Brooklyn, NY 11225

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

9


ETATS-UNIS: «LA GRA

Des dizaines de milliers de salariés sont en grève aux États-Unis. Dans un mouvement lancé début octobre, ils

dénoncent leurs conditions de travail, rendues encore plus difficiles par la crise du Covid-19

Des infirmières se tiennent sur une ligne de piquetage devant l’hôpital St. Vincent de Worcester, Massachusetts

Le secrétaire à l’Agriculture, Tom Vilsack, s’entretient avec des membres des United Auto Workers à l’extérieur

d’une usine John Deere, le 20 octobre 2021, à Ankeny, Iowa. Environ 10 000 travailleurs de l’UAW se sont mis

en grève contre John Deere dans des usines de l’Iowa, de l’Illinois et du Kansas.

Par Jack Rasmus*

La meilleure définition d’une grève

est la suivante: «les travailleurs suspendent

leur travail» pour obtenir

de meilleurs salaires et de meilleures

conditions de travail. La sagesse populaire

veut que les syndicats fassent

la grève. Mais c’est actuellement

faux. Les travailleurs se mettent en

grève et ne sont pas nécessairement

membres d’un syndicat. Ce fait est évident

aujourd’hui, alors que des millions

de travailleurs des Etats-Unis

refusent de reprendre leur travail. Ils

«suspendent leur travail» en quête de

meilleurs salaires et d’un avenir.

Nous assistons à la «grande grève

de 2021» et elle est composée principalement

de millions de travailleurs

et travailleuses non syndiqués et à

bas salaires!

Les travailleurs ont retrouvé un

emploi au rythme de 889 000 par

mois au cours du deuxième trimestre

de 2021 (avril-juin) lorsque l’économie

a redémarré. Selon l’Economic

Policy Institute, cette moyenne est

tombée à seulement 280 000 par mois

au cours du troisième trimestre 2021

(juillet-septembre) qui vient de s’achever.

Le chiffre le plus récent pour

le mois de septembre était seulement

de 194 000 emplois, selon le rapport

mensuel sur la situation de l’emploi

du Département du travail. Ce chiffre

ne correspond pas aux prévisions des

économistes dominants, qui tablaient

sur 500 000.

Selon les différents tableaux des

«Employment Situation Reports» du

Département du travail (A-1, A-13,

B-1), seule la moitié des travailleurs

qui étaient sans emploi au début de

l’année 2021 ont retrouvé du travail.

Officiellement, selon le département,

plus de 5 millions n’ont toujours pas

accédé à un emploi. Mais ces 5 millions

représentent une forte sous-estimation.

Ce chiffre ne tient pas compte

des 3 millions de personnes supplémentaires

qui ont complètement

quitté la population active et qui ne

sont pas moins sans emploi que les

personnes officiellement enregistrées

comme chômeurs et chômeuses. Ces

5 millions ne comprennent pas non

plus les quelques millions de salarié·e·s

qui ont été classés à tort par le

Département du travail comme ayant

un emploi en mars 2020, lorsque la

pandémie a commencé, simplement

parce qu’ils ont indiqué, lors d’une

enquête du gouvernement sur le taux

de chômage, qu’ils s’attendaient à reprendre

le travail, même s’ils ne travaillaient

pas au moment de l’enquête.

Le Département du travail a reconnu

peu après que c’était une erreur de les

compter comme en emploi. Mais à ce

jour, il a toujours refusé de corriger les

données chiffrées. Le nombre de personnes

classées à tort comme ayant

un emploi reste aujourd’hui d’environ

1 million.

Il y a donc environ 8 à 10 millions

de travailleurs et travailleuses

aux Etats-Unis qui n’ont toujours pas

d’emploi (sans compter les millions

d’autres qui sont sous-employés, travaillant

à temps partiel ou quelques

heures par semaine, ici ou là).

Parmi ces quelque 9 millions de

personnes, beaucoup ne retournent

pas au travail par choix, c’est-à-dire

qu’elles «suspendent leur travail».

Elles sont en fait en grève pour obtenir

quelque chose de mieux.

Si la plupart d’entre elles sont

faiblement rémunérées, leurs rangs

ne se limitent pas aux secteurs qui

viennent d’abord à l’esprit, comme

l’hôtellerie ou le commerce de

détail. Les rangs des personnes à bas

salaires relèvent, aujourd’hui, d’une

réalité partagée dans presque toutes

les industries aux Etats-Unis, et pas

seulement dans l’hôtellerie ou le commerce

de détail.

En comparant le niveau d’emploi

du Département du travail en

septembre 2021 aux mois pré-pandémiques

de janvier-février 2020, les

chiffres montrent que les travailleurs

qui «suspendent leur travail» sont

répandus dans toutes les industries et

professions. Le secteur des loisirs et

de l’hôtellerie compte 1,6 million de

travailleurs en moins, en septembre

2021, par rapport aux mois pré-pandémiques

de janvier-février 2020.

Mais le secteur des soins de santé,

qui compte des centaines de milliers

de travailleurs faiblement rémunérés

dans les soins à domicile et les cliniques,

compte 524 000 salarié·e·s de

moins aujourd’hui qu’en janvier 2020.

Le nombre de personnes ayant des

contrats individuels dans les secteurs

des services a été réduit à hauteur de

385 000. Pour ce qui est du secteur

de l’éducation au sens large – avec ses

centaines de milliers d’auxiliaires dans

l’enseignement supérieur et ses millions

d’enseignants de la maternelle à

la terminale, payés à bas salaire dans

les petits districts scolaires, et non

syndiqués – les emplois ont baissé

de 676 000. On pourrait penser que

dans la production, ce serait l’inverse.

Mais non. Des millions de travailleurs

de l’industrie manufacturière sont employés

comme «intérimaires», avec des

salaires réduits et aucun avantage (assurance

maladie, etc.), et cela même

dans le cadre de contrats syndicaux.

Le secteur manufacturier compte 353

000 emplois de moins aujourd’hui

qu’au début de janvier 2020. Idem

pour la construction, avec 201 000

emplois en moins. Et ainsi de suite.

Cela représente plus de 5 millions

d’emplois en moins, sans compter

ceux qui ont complètement quitté

la population active ou ceux qui sont

encore considérés à tort comme des

travailleurs et travailleuses.

On peut supposer qu’au moins

la moitié des 9 millions de personnes

sans emploi refusent de retourner au

travail par choix. Cela représente 4 à

5 millions de personnes qui sont de

facto «en grève» (au sens de «suspension

du travail»). Les Etats-Unis sont

en quelque sorte en plein milieu de la

«grande grève de 2021», impliquant

des millions de travailleurs et travailleuses

mal payés et surexploités dans

pratiquement tous les secteurs!

Des signes commencent à apparaître

que leur «exemple» pourrait

maintenant s’étendre à la main-d’œuvre

syndiquée également. Les renouvellements

de contrats syndicaux sont

rejetés – et des grèves sont imminentes

ou en cours – dans des secteurs

allant de la transformation alimentaire

(travailleurs et travailleuses de Kellog)

aux équipements agricoles (John

Deere) en passant par les hôpitaux et

les soins de santé sur la côte Ouest. Il

s’agit d’importantes négociations syndicales

impliquant des milliers, voire

des dizaines de milliers de travailleurs

syndiqués.

L’idéologie capitaliste: inverser les

causes et les effets

Les employeurs, les médias liés au

business, les politiciens et la plupart

des économistes traditionnels ne reconnaissent

pas qu’ils sont confrontés

à une vague de grèves de travailleurs

et travailleuses syndiqués et non syndiqués.

Cependant ils sont unis pour

essayer de les blâmer pour ce qui est

un débrayage de facto par millions.

Ils se lamentent tous et se grattent la

tête, sans réponse quant aux raisons

pour lesquelles tant de travailleurs et

travailleuses ne retournent pas à leur

emploi ou sont prêts à le quitter – surtout

maintenant que des vaccins sont

disponibles et que les employeurs annoncent

des offres d’emploi.

Leur explication, au début de

l’été dernier, était que les allocations

de chômage étaient trop généreuses

et étaient donc responsables du fait

que des millions de travailleurs ne reprennent

pas le travail. Ce thème était

particulièrement populaire parmi les

politiciens des Etats rouges [républicains].

A partir du mois de juin 2021,

de nombreux gouverneurs et élus des

Etats rouges ont unilatéralement et

préventivement réduit les allocations

de chômage, même si celles-ci auraient

dû se poursuivre jusqu’en septembre.

Ils se sont ensuite tus lorsque

les données recueillies au cours de l’été

ont montré que les quelques Etats bleus

[démocrates] qui n’ont pas réduit

les allocations de manière anticipée

– comme la Californie, le New Jersey,

etc. – ont en fait enregistré un taux de

retour à l’emploi plus élevé au cours

de l’été que les Etats rouges qui ont

réduit les allocations de chômage de

manière anticipée. Voilà pour cet argument

sur les allocations de chômage

trop élevées faisant obstacle à la reprise

d’emploi.

Aujourd’hui, les employeurs, les

politiciens et les Etats rouges répètent

10 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021


NDE GRÈVE DE 2021»

à tue-tête que les allocations familiales

et l’amélioration des bons d’alimentation

empêchent les travailleurs et travailleurs

de reprendre un emploi. C’est

la vieille stratégie de grève du patronat:

«affamez-les et ils reviendront au

travail».

En d’autres termes, le refus des

travailleurs de reprendre le travail

n’aurait rien à voir avec des salaires

bas insupportables, avec l’absence de

soins de santé alternatifs pour euxmêmes

et leur famille, puisque le retour

au travail signifie la perte des

paiements COBRA du gouvernement

[aide à l’obtention de soins] ou de

Medicaid [assurance maladie pour les

bas revenus], sans mentionner que le

retour au travail implique les coûts de

services de garde d’enfants non disponibles

ou inabordables financièrement.

Cela n’aurait rien à voir avec la

pratique des employeurs de proposer à

de nombreux travailleurs et travailleuses

de reprendre le travail, mais avec

un nombre d’heures réduit et sans

garantie des heures nécessaires pour

assurer un salaire hebdomadaire suffisant

pour payer leurs factures. Cela

n’aurait rien à voir avec le fait que les

employeurs insistent sur des horaires

de travail instables qui détruisent la

famille, sur l’absence de congés payés

civilisés et, d’une manière générale,

sur l’absence d’espoir de sortir un jour

de ce qui est en fait un système d’esclavage

moderne dont souffrent aujourd’hui

des dizaines de millions de

travailleurs et travailleuses des Etats-

Unis.

Selon de nombreux employeurs,

leurs médias et leurs politiciens, c’est

la faute aux travailleurs et travailleuses.

On leur a trop donné pendant

la pandémie [allusion aux chèques et

diverses aides] et maintenant ils ne

veulent plus travailler! C’est le mantra

capitaliste et l’explication au fait que

des millions de personnes «refusent de

reprendre» ces emplois.

Avec cette explication, les employeurs,

les médias, les politiciens et

les économistes traditionnels mettent

la réalité cul par-dessus tête! Comme

il est caractéristique des perversions

langagières de l’idéologie capitaliste,

ils ont inversé la cause et l’effet. Les

victimes – les travailleurs et les travailleuses

– sont la cause du problème

et non le résultat ou l’effet. Ils et elles

sont la cause de la chute de deux tiers

du taux de retour à l’emploi au cours

des trois derniers mois par rapport à

la période précédente d’avril à juin

2021. On n’a pas mentionné les pratiques

qui ont cours depuis des décennies

et qui consistent à verser des bas

salaires insupportables, à offrir peu

ou pas d’avantages sociaux et à imposer

des conditions de travail si inadéquates

que pratiquement toutes les

autres économies capitalistes avancées

les ont abandonnées il y a des années

(pas de congés payés, de garderies,

d’un système de soins de santé national,

etc.).

La manière la plus précise de

comprendre ce qui se passe est que

peut-être la moitié des 9 à 10 millions

de personnes qui n’ont toujours

pas de travail aujourd’hui refusent de

travailler et recherchent de meilleurs

salaires, de meilleures prestations, de

meilleures conditions et de nouveaux

emplois qui donnent un certain espoir

pour l’avenir. Quatre à cinq millions de

travailleurs américains sont en fait «en

grève».

La grande vague de grèves de

1970-71

La dernière grande vague de grèves

aux Etats-Unis remonte à 50 ans, en

1970-71. A l’époque, ce sont les travailleurs

syndiqués qui ont débrayé

en masse dans les secteurs de la construction,

du transport par camion, de

l’industrie automobile, sur les docks et

dans des dizaines d’autres grandes entreprises

manufacturières, de construction

et de transport.

Cette histoire de la classe ouvrière

a été largement ignorée par les

universitaires et les médias capitalistes.

Probablement parce que les grèves ont

été si fructueuses, dans presque tous

les cas, les travailleurs en grève et

leurs syndicats ont remporté alors de

grandes victoires! En moyenne, cette

vague de grèves s’est traduite par des

augmentations immédiates de 25%

des salaires et des avantages sociaux

dans le cadre d’accords contractuels

d’une durée maximale de trois ans

[ce qui implique leur renouvellement

plus rapide que des contrats actuels

d’une durée de six ans]. Les travailleurs

et les syndicats ne pouvaient

être arrêtés dans leur action par les

employeurs. Leur succès était tel que

les entreprises ont dû se tourner vers

le gouvernement pour mettre un terme

aux grèves et aux accords contractuels.

Elles se sont tournées vers Richard

Nixon, le président de l’époque, qui, au

cours de l’été 1971, a rapidement pris

des décrets d’urgence pour geler les

salaires obtenus par les grèves, puis

ramener les augmentations de salaires

et d’avantages sociaux de 25% à un

maximum de 5,5%.

Le gel et la réduction des salaires

étaient des éléments centraux du dit

«New Economic Program» (NEP) de

Nixon, publié en août 1971, en même

temps que le décret sur le gel des

salaires. Dans le NEP, Nixon a également

attaqué les concurrents des capitalistes

américains en Europe et ailleurs

avec diverses mesures commerciales.

Il a mis fin à la garantie d’échange du

dollar américain, 32 dollars pour une

once d’or. Cela a fait exploser ce qu’on

appelait le système capitaliste international

de Bretton Woods, que les Etats-

Unis avaient eux-mêmes mis en place

en 1944.

Lors de l’ancienne grande vague

de grèves de 1970-71, 10 800 grèves

ont eu lieu au cours de ces deux années,

avec la participation de plus de

6,6 millions de travailleurs et travailleuses

et 114 millions de journées de

travail perdues en raison des grèves.

La vague de grèves de 1970-71 a été,

à certains égards, aussi importante que

la grande vague précédente de 1945-

46. Au cours de cette période, il y a

eu environ 9750 grèves impliquant

8,1 millions de travailleurs et 154 millions

de jours de travail perdus en raison

des grèves, ce qui est encore plus

important. (Source: Analysis of Work

Stoppages, US Department of Labor,

Bulletin 1777, 1973)

Avançons rapidement d’un

demi-siècle, jusqu’à aujourd’hui. Il y

a presque autant de travailleurs qui

«suspendent leur travail», soit environ

4 à 5 millions, et ce nombre pourrait

augmenter à mesure que les travailleurs

syndiqués rejoignent leurs rangs

à l’expiration de leurs contrats. Le

nombre de jours de travail perdus n’est

pas encore estimé. Mais il ne fait aucun

doute qu’un nouveau militantisme

est en train de naître, les travailleurs

et travailleuses prenant leur destin en

main – ou plutôt avec leurs pieds – en

quittant leur emploi et en suspendant

leur travail!

Ce qui est différent aujourd’hui,

c’est que la «grande grève de 2021»

n’est pas menée par les syndicats.

Les syndicats du secteur privé aux

Etats-Unis ont été décimés et presque

détruits depuis 1980 en raison des

politiques néolibérales qui ont entraîné

des décennies de délocalisation des

emplois, des accords de libre-échange

et des subventions fiscales massives

accordées par le gouvernement aux

entreprises pour remplacer les travailleurs

par l’automatisation, les machines

et des investissements en biens

d’équipement.

Cette destruction d’emplois au

cours des quatre dernières décennies a

été remplacée par des dizaines de millions

d’emplois à bas salaire, d’emplois

de services de qualité inférieure, d’emplois

temporaires, d’emplois à temps

partiel, d’emplois de type «gig» [travail

à la tâche, médiée par les plateformes

numériques] et d’emplois «précaires»

similaires. La récente crise du covid a

exacerbé et approfondi la contraction

économique de 2020-21. Aujourd’hui,

les travailleurs à bas salaire, précaires

et de facto en situation de servitude se

révoltent.

De nombreuses industries et

entreprises doivent maintenant augmenter

leurs salaires et payer des

primes de rappel ou d’embauche pour

essayer de faire revenir les travailleurs

et travailleuses, car ils continuent à

«suspendre leur travail» et à créer une

pénurie de main-d’œuvre. Une pénurie

de main-d’œuvre signifie généralement

que les salaires doivent augmenter.

Mais cette pratique est inégale

selon les secteurs et reste largement

anecdotique.

Signification historique de la

«grande grève de 2021»

Les Etats-Unis sont au milieu d’un

événement historique. Des secteurs

Ces démissions doivent être considérées comme allant de pair avec un autre courant puissant que de nombreux

économistes ignorent: la volonté croissante des travailleurs et travailleuses syndiqués de se mettre en grève.

de la classe ouvrière américaine sont

peut-être en train de se réveiller – de

leur propre chef – et ne sont pas dirigés

par des syndicats qui ont été détruits

ou qui sont dirigés par des hauts responsables

syndicaux qui ne veulent

pas engager des grèves de peur de

«gêner» leurs amis du Parti démocrate.

La «grande grève de 2021» est

composée, en revanche, principalement

de la main-d’œuvre non syndiquée

– travailleurs des services faiblement

rémunérés, camionneurs indépendants

sur de longues distances, chauffeurs-livreurs

dans les villes, travailleurs

de l’hôtellerie et de la restauration,

travailleurs du commerce de détail, travailleurs

sur des projets de construction

locaux, enseignants et chauffeurs d’autobus

scolaires, infirmières «épuisées»

par des heures supplémentaires chroniques,

travailleurs des entrepôts et de

l’industrie alimentaire poussés à bout

depuis 18 mois, aides à domicile exploité·e·s

par des intermédiaires, etc. La

liste est longue.

Les économistes mainstream et

les politiciens dominants comprennent

très peu les changements structurels

fondamentaux des processus de production

et des marchés de produits

et services que la période de covid et

la profonde contraction économique

ont entraînés. Ces changements sont

encore à découvrir. Et beaucoup

s’avéreront profonds. La restructuration

des marchés du travail américains

qui apparaît aujourd’hui n’est qu’à ses

débuts. La «grande grève de 2021»

n’en est que le symptôme. Les marchés

de produits et la distribution mondiale

des biens et des services sont soumis

à des tensions et à des changements

similaires. Enfin, les contrecoups de

l’envol des marchés d’actifs financiers

– actions, obligations, produits dérivés,

devises, monnaie numérique, etc. –

sont encore à enregistrer. Lorsqu’ils se

produiront, ils pourraient s’avérer les

plus déstabilisants de tous.

*Jack Rasmus est l’auteur de The

Scourge of Neoliberalism: US Economic

Policy from Reagan to Trump, Clarity

Press, janvier 2020. Il enseigne l’économie

au Saint Mary’s College of California.

Il tient un blog sur jackrasmus.com

et anime l’émission de radio hebdomadaire

Alternative Visions sur le Progressive

Radio Network.

Jack Rasmus 18 octobre 2021

A l’Encontre 22 octobre 2021

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

11


Perspectives

10e anniversaire de l’assassinat de Kadhafi : Une Libye

disparue et divisée

Par Alberto Negri

La Libye a disparu et elle a été divisée.

En ce dixième anniversaire

de l’assassinat de Kadhafi à Syrte, la

Libye n’a plus guère d’importance. Si

ce n’est pour lancer des appels plus ou

moins crédibles à la « stabilité », dont

il a également été question hier lors de

la conférence internationale de Tripoli.

Dans le vide politique qui a résulté

de l’attaque occidentale en 2011,

la Libye a disparu et elle a été divisée.

En ce dixième anniversaire de l’assassinat

de Kadhafi à Syrte, la Libye

importe peu désormais. Si ce n’est

pour lancer des appels plus ou moins

crédibles à la « stabilité », dont il a

également été question hier lors de la

conférence internationale de Tripoli, la

première du genre organisée en Libye,

seule note positive de l’événement.

La stabilité et la sécurité en Libye ne

signifient en fait pas grand-chose pour

nous : d’abord l’arrêt des vagues migratoires,

le reste vient plus tard, des

élections au retrait des troupes mercenaires

dont la présence a été qualifiée

hier d’ « inquiétante » par le premier

ministre Dabaiba. Mais aucune conclusion

n’a été tirée à Tripoli, ni sur les

soldats et mercenaires turcs et russes,

ni sur les élections présidentielles et

législatives.

Pas un mot n’a été gaspillé sur

les milliers d’êtres humains réduits

en esclavage dans les camps libyens.

Pourtant, les juges d’Agrigente qui ont

porté plainte contre le navire de l’ONG

Mediterranea – qui a refusé de remettre

les migrants aux Libyens – ont été explicites

: non seulement il est juste de

ne pas communiquer avec les « garde-côtes

libyens », mais une contradiction

flagrante se dégage des conclusions

de la justice. Quiconque finance

et forme les « garde-côtes libyens »,

c’est-à-dire l’Italie, viole le droit international

et se rend complice d’un comportement

criminel.

La stabilité de la Libye n’a jamais

vraiment été souhaitée par quiconque

au cours de cette décennie,

depuis le lynchage et l’assassinat de

Mouhammar Kadhafi le 20 octobre à

Syrte. Avec l’intervention aérienne

de mars 2011, après la chute des raïs

Ben Ali et Moubarak, la France et la

Grande-Bretagne, avec le soutien des

États-Unis, n’avaient pas l’intention

d’exporter la démocratie mais de remplacer

le régime de Tripoli par un gouvernement

plus malléable et proche

des intérêts de Paris et de Londres. Sarkozy,

qui avait reçu de l’argent libyen

pour sa campagne électorale de 2007,

en voulait amèrement à M. Kadhafi,

qui avait refusé d’acheter ses centrales

nucléaires, tandis que le raïs libyen

poursuivait ses accords énergétiques

avec l’Italie et ENI.

La Grande-Bretagne et la France

n’ont pas toléré le retour de la Libye,

quoique d’une manière totalement différente

de son passé colonial, dans la

Depuis le lynchage et l’assassinat

de Mouhammar Kadhafi le 20

octobre à Syrte, la Libye a disparu,

elle a été divisée

Quatrième Banque italienne, un événement

sanctionné par le défilé pompeux

du rais libyen à Rome le 30 août 2010.

Des accords avaient été mis sur la table

pour 55 milliards d’euros : plus du

double de la loi budgétaire actuelle de

Draghi.

Ces éléments apparaissent également

dans l’intéressant documentaire

de la RAI intitulé « Il était une fois Kadhafi

» où le général des services Roberto

Jucci témoigne abondamment de

la manière dont il a bloqué les ordres

de Aldo Moro de renverser Kadhafi

par un coup d’État en 1971. Le documentaire

raconte également comment

Jucci, inspiré par Andreotti, a répondu

aux demandes de fournitures militaires

de Kadhafi. Comme on le sait, ce sont

Craxi et Andreotti qui ont sauvé le colonel

libyen des sanctions américaines,

y compris les raids aériens de 1986 ordonnés

par Reagan.

C’est pourquoi la décision de

l’Italie de se joindre aux raids de

l’OTAN contre Kadhafi n’a pas été prise

pour des raisons humanitaires mais

simplement parce que les États-Unis,

la Grande-Bretagne et la France nous

faisaient du chantage et menaçaient

même de bombarder les usines ENI.

L’Italie subit alors sa plus grande défaite

depuis la Seconde Guerre mondiale

et perd toute crédibilité résiduelle

sur la rive sud. La décennie qui vient

de s’écouler depuis l’explosion du printemps

arabe n’a pas été suffisante pour

retrouver un rôle en Méditerranée, un

rôle qu’Aldo Moro avait déjà fortement

défendu dans les années 1960 et

1970. L’Italie ne peut qu’espérer que

les puissances se battent entre elles et

se heurtent dans les espaces restants.

C’est ce qui se passe, par exemple,

dans le cas de la Turquie : après l’accord

militaire du 30 septembre entre

la France et la Grèce, Rome cherche

le soutien d’Ankara dans l’exploration

offshore des zones économiques spéciales

qui coupent désormais la Méditerranée

en tranches.

Nous gardons un profil bas dans

le jeu libyen, sous la pression de Paris

et face à la tentative française de convoquer

une autre conférence libyenne

le 12 novembre. Et espérer un candidat

présidentiel proche des intérêts

italiens. Aux noms controversés de

Seif Islam Gaddafi et Khalifa Haftar, on

peut préférer l’actuel premier ministre

Dabaiba, qui a rencontré Di Maio hier.

Mais le plus déconcertant en

ce dixième anniversaire de la mort

de Kadhafi, c’est la réévaluation historique

larvée de ce dernier par les

mêmes médias et journaux qui ont

applaudi les raids occidentaux qui ont

plongé le pays dans le chaos. En Libye,

les Américains ont vu l’assassinat d’un

ambassadeur envoyé pour traiter avec

la guérilla islamique à Benghazi par

Hillary Clinton et sa « stratégie du chaos

» démentielle (11 septembre 2012).

La France a imprudemment manœuvré

avec Haftar contre le gouvernement

Sarraj, soutenue par l’Italie et l’ONU,

la Grande-Bretagne a systématiquement

saboté les tentatives de stabilisation,

avec pour résultat qu’aujourd’hui

nous avons la Turquie en Tripolitaine

et des mercenaires et pilotes russes

en Cyrénaïque. Et la liste des erreurs

tragiques commises en Libye, que

nous dressons ici, est suffisante pour

aujourd’hui.

Source : Il quotidiano del sud &

ariannaeditrice 22 octobre 2021

Euro-synergies 23 octobre 2021

Criminel et menteur, Colin Powell échappe à la justice humaine

contre l’Irak et les Irakiens innocents

et de ne rien faire à ce sujet. Les Irakiens

sont aujourd’hui occupés à essayer

de sauver leur pays et à épargner des

larmes pour leurs jeunes manifestants

pacifiques, leurs fils et leurs filles qui

ont été tués par les milices et les gangs

pro-iraniens », a-t-il déclaré. « Les Irakiens

ne verseront pas de larmes pour

Colin Powell ».

Un “guerrier avec des scrupules” ?

Powell est décédé lundi à l’âge de 84

ans des complications liées à une infection

Covid-19. On a beaucoup parlé de

son statut de premier secrétaire d’État

noir et de sa [supposée] réputation de

prudence et de pondération au sein de

l’administration de l’ancien président

George W. Bush, qui était par ailleurs

connu pour son esprit violent et belliciste.

Les nécrologies l’ont décrit comme

un “pionnier” et l’ont qualifié de

“guerrier avec des scrupules” dans la

guerre en Irak. Il désavouera plus tard

son célèbre discours de 2003 à l’ONU,

le décrivant comme une “tache” sur sa

carrière.

Salam Ali, membre du Comité

central du Parti communiste irakien, a

déclaré que le discours de Powell aux

Nations unies avait contribué à influencer

des personnes, tant à l’intérieur

qu’à l’extérieur des États-Unis, qui

étaient “réticentes à l’idée de lancer la

guerre en Irak”.

« Colin Powell fait partie des

hauts fonctionnaires de l’administration

américaine responsables de la

conduite de cette guerre criminelle,

et qui ont trompé le monde avec des

informations fabriquées, qui auraient

dû être tenus responsables de ce qu’ils

ont fait. »

Sa relation avec l’Irak a commencé

en 1991, lorsqu’en tant que

président des chefs d’état-major interarmées,

il a contribué à chasser les

forces de Saddam du Koweït. « Notre

stratégie pour s’attaquer à cette armée

est très simple », avait-il alors déclaré

aux journalistes. « D’abord, nous allons

l’isoler, et ensuite nous allons la

tuer ».

Même si les États-Unis n’ont

pas fini par aller aussi loin en 1991,

en 2003, les forces de Saddam ont finalement

été vaincues, Bremer dissolvant

l’armée et en prenant rapidement

le contrôle – une décision qui aura des

conséquences désastreuses pour les

États-Unis, car des vagues d’anciens

soldats sans emploi et mécontents ont

rejoint la résistance armée contre l’occupation

américaine.

Ahmed Habib, rédacteur à la

publication ShakoMako.net basée à

Bagdad, a déclaré que le rôle de Powell

en Irak ne pouvait être masqué et il

a repoussé les tentatives de le dépeindre

comme une colombe dont le rôle

suite à la page(19)

Arrogant, menteur, criminel... Colin Powell était l’archétype du militaire

américain brutal et sûr de son bon droit

Par Alex MacDonald

Les Irakiens disent qu’ils ne pleureront

pas la mort de l’ancien secrétaire

d’État américain qui a supervisé l’invasion

catastrophique de leur pays.

Le décès de l’ancien secrétaire d’État

américain Colin Powell a, comme

d’habitude lors du décès d’une personnalité

politique majeure, provoqué un

débat sur son héritage et sur ce que

son mandat a signifié pour le reste du

monde. Pour des millions d’Irakiens,

Powell restera dans les mémoires comme

l’homme qui a menti devant les

Nations unies sur l’existence et la menace

des armes de destruction massive

(ADM) de l’ancien dirigeant Saddam

Hussein.

Les affirmations de Powell selon

lesquelles Saddam avait des liens avec

Al-Qaïda et cachait des ADM ont contribué

à accélérer l’invasion de l’Irak en

2003 et les années de chaos et d’effusion

de sang qui en ont résulté et dont

le pays souffre encore aujourd’hui.

Kamal Jabir, homme politique de

l’Alliance démocratique civile et ancien

combattant de la liberté contre Saddam

dans les années 80 et 90, a vu de nombreuses

personnes tuées par l’administration

de Saddam et a consacré une

grande partie de sa vie au combat et à

l’exil à cause de lui.

Cependant, il considère toujours

la guerre en Irak comme ayant été une

catastrophe.

« Depuis 2003, les Irakiens ont

beaucoup souffert parce que les administrations

américaines – républicaines

et démocrates – ont insisté pour soutenir

les fonctionnaires et les extrémistes

islamiques les plus corrompus, les plus

malhonnêtes et les plus déloyaux afin

qu’ils accèdent au pouvoir, ruinent

l’Irak et massacrent les Irakiens », a-til

déclaré à Middle East Eye.

Il a noté que si Powell avait

une réputation de décence en tant que

politicien, il n’a pas réussi à s’opposer

à la guerre de 2003 ou aux “innombrables

erreurs délibérées” commises par le

chef de l’Autorité provisoire de la coalition,

Paul Bremer, pendant son règne

sur le pays occupé. « [Powell] a choisi

d’assister passivement aux massacres

12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021


Notre Mémoire se souvient

La mémoire au service des luttes : Gabriel Prosser

Par FUIQP et Alain Saint-Victor

Il y a 221 ans, le 7 octobre 1800,

l’esclave Gabriel Prosser était pendu.

Il était l’organisateur d’une des

premières tentatives de révolte d’esclaves

aux États-Unis.

Né dans l’esclavage en 1775

dans le comté de Henrico (Virginie),

il fut inspiré par la Révolution haïtienne,

ses espoirs de liberté et d’égalité.

La révolte était méticuleusement

préparée pendant l’été 1800. Des centaines

d’esclaves avaient été recrutés

et organisés en unités militaires. Des

ateliers de fabrications d’armes sont

mis en place pour produire des centaines

d’épées et de piques. Ces armes

sont produites par les esclaves forgerons

à partir des outils agricoles. Les

armes découvertes indiquent que les

insurgés comptaient sur la participation

de milliers d’esclaves.

À cause d’une pluie torrentielle,

la révolte, prévue le 30 août 1800,

est avortée. En outre, un traître avait

averti les esclavagistes. Les insurgés

étaient attendus par la milice d’État.

Arrêté, Gabriel est emprisonné à

Richmond. Il refuse de répondre aux

questions lors de son interrogatoire.

Avec 24 autres insurgés, dont deux

de ses frères, Gabriel est pendu. La

peur des maîtres était telle que la législation

esclavagiste fut encore renforcée

dans plusieurs États.

La révolte prévue eut un impact

énorme non pas du fait de ses résultats

puisqu’elle n’a pas eu lieu, mais

du fait qu’elle souligne aux yeux des

esclaves la possibilité d’inverser les

rapports de force.

À cette époque, en effet, près de

40% de la population totale de la Virginie

est constitué d’esclaves. Même

défaite, la révolte brise le mythe de

l’invincibilité des colons blancs.

Par la suite, les maîtres ne

cessèrent d’avoir peur de révoltes

d’esclaves. Ils avaient raison. Deux

ans après la tentative de révolte de

Gabriel, les bateliers esclaves se révoltaient

à leur tour en Virginie. Les

révoltes ne cesseront plus. Même si

elles sont défaites et réprimées sauvagement,

l’esclavagisme est d’ores

et déjà condamné.

En 2002 la ville de Richmond

a présenté des excuses officielles en

reconnaissant que «la fin de l’esclavage

et la poursuite de l’égalité pour

toutes les personnes ont prévalu, à la

lumière de l’histoire.»

Souvenons-nous de ces pionniers

afro-américains qui donnèrent

leur vie pour la liberté et l’émancipation.

Repose en paix frère et camarade.

Texte: FUIQP et

Alain Saint-Victor

Grenade : 38 ans après l’intervention militaire criminelle des États-Unis

De gauche à droite Daniel Ortega, Maurice Bishop et Fidel Castro

Par Tony López

Ce lundi 25 octobre, c’était le 38e

anniversaire de l’intervention militaire

des États-Unis sur la petite île de

Grenade. Sous l’argument, brandi par le

président Ronald Reagan, que le gouvernement

de la petite île de quelque

90 000 mille habitants, était un danger

pour la sécurité nationale des États-

Unis, il montre le mépris et la sous-estimation

de l’intelligence de nos peuples.

Sous ce prétexte, a ajouté Reagan,

un autre Cuba ne peut être autorisé et

encore moins, lorsqu’ils construisent un

aéroport pour en faire une base aérienne

russe.

En effet, après le triomphe de la

Révolution Grenadienne, menée par

Maurice Bishop et avec les excellentes

relations établies avec Cuba et avec le

Commandant en Chef Fidel Castro. Bishop

lui a demandé de l’aider à construire

un aéroport qui permettrait à sa petite île

de recevoir des touristes, l’un des principaux

moyens d’obtenir des revenus

monétaires pour son pays, également

dans d’autres domaines de coopération

dans l’éducation, la santé, la construction

et autres.

Cet aéroport n’a jamais été considéré

comme une base militaire soviétique,

mais ce sont des mensonges

auxquels le gouvernement des États-

Unis est habitué. En Irak, il possédait

d’armes de destruction massive, et sur

cette base, ils l’ont envahi, avec ce grand

mensonge, Noriega non plus. Il était un

trafiquant de drogue et ils ont envahi

le Panama et assassiné des milliers de

Panaméens.

Le gouvernement des États-Unis,

face au cap que prenait la petite île de

Grenade, a commencé par la politique

de sanctions, et l’une de ses premières

actions a été de geler les crédits internationaux

de la Grenade, lui causant

une série de difficultés économiques et

financières.

Les relations de Bishop avec Cuba

ont été fortement critiquées par le président

américain Ronald Reagan, pour

être un gouvernement progressiste et un

exemple de coopération régionale entre

Cuba et l’île des Caraïbes. Environ 800

Cubains, y compris des médecins, des

éducateurs, des constructeurs et d’autres

professions, coopéraient à Grenade lors

de l’invasion américaine.

Au même titre, l’île de Grenade

s’est renforcée et a gagné en espace et

en prestige avec le système politique,

économique et social qui, malgré les

obstacles, faisait son chemin, bénéficiait

d’un soutien dans le pays, grâce aux

progrès que ses citoyens faisaient peu à

peu. L’île est devenue un exemple pour

les Caraïbes et les États-Unis n’étaient

pas étrangers à ce progrès, ni qu’il y

avait un groupe d’éléments ennemis

du New Jewel Movement, du Premier

ministre et chef de ce mouvement révolutionnaire,

Maurice Bishop. Le gouvernement

Reagan a commencé à prêter

attention et soutien à ces groupes d’opposition

contre-révolutionnaires, afin de

créer les conditions pour le renverser.

Les attentats et les sabotages des

temps anciens ont été commencés dans

le but de déstabiliser le pays, bien que

ce ne soit pas le temps des réseaux sociaux,

si ce fut le temps de l’utilisation

de stations dans la région des Caraïbes

financées par les États-Unis qui ont

violemment attaqué le processus révolutionnaire

de Grenade, devant ces actions,

menées par Bishop et le Mouvement

Nueva Joya qui avaient organisé

une marche en juin 1980 en soutien à la

Révolution, les contre-révolutionnaires

ont fait exploser une bombe avec le solde

de trois jeunes femmes mortes et plusieurs

blessés, cela a choqué la société

insulaire.

Les pratiques violentes sont devenues

plus fréquentes, tandis que les

États-Unis ont promu la nécessité de

mettre fin au gouvernement Bishop et

n’ont pas caché leur intention d’envahir

Grenade. Mais d’autres problèmes

sérieux avaient surgi au sein du Mouvement

Nueva Joya, des différences et des

contradictions qui nuisaient à l’UNITÉ,

se révélèrent, à des niveaux élevés

du gouvernement, parmi lesquels le

Vice-Premier Ministre Bernhard Coard.

Ces contradictions étaient si

graves, où apparemment, Coard ambitionnait

de devenir le grand chef, qu’avec

d’autres traîtres, il ordonna l’arrestation

de Maurie Bishop, qui, avec 14 autres de

ses fidèles compagnons, fut assassiné le

19 octobre 1983. , avec le grand scandale

que cela a causé, les États-Unis,

sous prétexte qu’ils devraient protéger

des centaines d’Américains qui étudiaient

sur l’île, ont ordonné une attaque

militaire sur l’île. C’est ainsi que Bernhard

Coard a servi la belle œuvre révolutionnaire

à Grenade sur un plateau

d’argent et a ouvert la voie aux États-

Unis et à la droite de Grenade, en brisant

l’UNITÉ révolutionnaire.

Il est important de garder cette expérience

à l’esprit et que les mouvements

révolutionnaires de notre continent sont

clairs sur le fait que les ambitions personnelles

et les divisions internes contribuent

à l’utilisation de la droite et des

alliés des États-Unis à leurs fins néocoloniales,

pour empêcher les révolutions

populaires ou pour les renverser.

Au petit matin du 25 octobre

1983, les puissantes forces militaires

américaines ont commencé le bombardement

et le débarquement d’environ

8000 marines sur la petite île de

seulement 344 kilomètres carrés en

géographie et avec une armée de 800

FRANTZ DANIEL JEAN

FUNERAL SERVICES INC.

• Funerals in All Boroughs

• Transportation of Remains

• Cremation

Nou pale kreyòl.

5020 Foster Avenue

Brooklyn, NY 11203

718.613.0228

À la mort au combat de 24 internationalistes cubains lors de l’invasion

de la Grenade par les États-Unis en octobre 1983, un mémorial a été

inauguré en leur honneur à l’aéroport international Maurice Bishop

membres. Démonstration de l’abus et

du mépris du gouvernement gringo,

c’est le gouvernement qui se proclame

démocrate et défenseur des droits humains.

Pendant plus d’un an, les troupes

étrangères restent sur l’île et mettent fin

à la Révolution. La propagande des médias

gringo et de ses alliés en Amérique

latine, a propagé une campagne dans

laquelle ils ont dit que « Le peuple a

reçu les envahisseurs par des applaudissements

» mais le journaliste Peter

David qui dirigeait Radio Free Granada

à l’époque a précisé « Le peuple n’a pas

applaudi à l’invasion qui a mis fin à notre

Révolution, si les Américains nous

avaient envahis du vivant de Maurice,

l’histoire aurait eu un autre but ».

Guarino Funeral Home

Serving the Haitian Community

for Over 30 Years

9222 Flatlands Avenue

Brooklyn, NY 11236

718-257-2890

Parmi les objectifs de l’invasion

criminelle, il s’agissait de bombarder

et de débarquer des centaines de parachutistes

et de marines à l’aéroport en

construction, où se trouvait un groupe

important de constructeurs cubains, qui

ont été attaqués par les forces américaines,

celles-ci avec les quelques

armes qu’ils avaient, destinés qu’au

soin des moyens techniques de travail,

des matériaux et de leurs propriétés,

ils défendaient courageusement leurs

positions. Les marines ont également

attaqué le petit bâtiment où se trouvait

le bureau de l’attaché militaire cubain,

c’est à cet endroit que notre camarade

Carlos Díaz est tombé mort, qui était

arrivé sur l’île la veille, en compagnie

suite à la page(16)

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Perspectives

Un agent secret avoue enfin: le FBI a tué Malcolm X.

Voici pourquoi

Malcolm X doit être étudié et

développé. D’un bandit qui a

connu la prison et l’oppression de

la vie de ghetto, il est devenu un

révolutionnaire

PAR JEAN-MARC B

On sait que Martin Luther King a été assassiné

peu de temps après avoir appelé

à un combat de classe contre le racisme

et l’agression impérialiste au Vietnam.

L’assassinat de Malcolm X offre un parallèle

saisissant. Voici le témoignage le

plus précis.

Alors que l’on vient d’apprendre

qu’un agent secret de la police a déclaré

sur son lit de mort que Malcolm X

a été assassiné par le FBI, - il avait confié

à un ami qu’il était menacé de mort

si il révélait la vérité- et que les filles du

révolutionnaire portent plainte, il est important

de comprendre pourquoi l’Etat

l’a assassiné. Aux Etats-Unis comme

en France ou dans n’importe quel Etat

instrument de la dictature du capital,

la bourgeoisie déploie tous les moyens

pour neutraliser, par divers moyens, qui

vont jusqu’au meurtre, les hommes et les

femmes qui menacent sa domination.

On sait que Martin Luther King a

été assassiné peu de temps après avoir

appelé à un combat de classe contre le

racisme et l’agression impérialiste au

Vietnam. L’assassinat de Malcolm X offre

un parallèle saisissant. Voici le témoignage

le plus précis, un article de 2015

de Barry Sheppard, en contact étroit avec

Malcolm X comme membre de la direction

du Socialist Workers Party, organisation

alors section de la IVème Internationale,

et fer de lance dans plusieurs

secteurs de la mobilisation anti-impérialiste

et antiraciste.

Faisons revivre l’héritage de

Malcolm X

Malcolm X fut l’un des plus grands dirigeants

du mouvement de libération des

Noirs des années 1960. Lénine a écrit

: « Du vivant des grands révolutionnaires,

les classes oppressives les ont

constamment harcelés, ont reçu leurs

théories avec le plus grand mépris, la

plus furieuse haine et les campagnes de

mensonges et de calomnies les plus sans

scrupules. Après leur mort, on tente de

les dissimuler sous forme d’icônes inoffensives,

de les canoniser, pour ainsi

dire, et de sanctifier leur nom dans une

certaine mesure pour la consolation

des classes opprimées et dans le but de

tromper ces dernières, tout en dépouillant

la théorie révolutionnaire de sa

substance, en émoussant son aspect

révolutionnaire et en la vulgarisant ».

Lénine parlait de nombre de “socialistes”

de son époque qui tentaient

de transformer Marx en une icône inoffensive,

mais son observation peut être

appliquée à la manière dont la classe

dirigeante a tenté de transformer des

figures comme Martin Luther King et

Malcolm X en icônes inoffensives après

leur mort.

La classe dirigeante a certainement

concentré sur Malcolm “le plus

grand mépris, la plus furieuse des haines

et les campagnes de mensonges et de

calomnies les plus peu scrupuleuses” de

son vivant, et même au moment de sa

mort.

On peut le voir dans l’éditorial

du New York Times sur Malcolm X au

lendemain de l’assassinat : “C’était un

cas d’école, ainsi qu’un homme extraordinaire

et tordu, transformant de

nombreux dons véritables en des fins

maléfiques.” “Tordu” était leur façon de

dire qu’il était mentalement déséquilibré,

fou et maléfique en plus. Les éditeurs du

Times ont ajouté que “sa croyance impitoyable

et fanatique dans la violence...

l’a rendu célèbre et l’a conduit à une

fin violente.” Il était responsable de sa

propre mort. Le fait que le réputé Times

puisse proférer des calomnies aussi viles

était révélateur. La presse de caniveau

était encore pire.

Mais dans les décennies qui ont

suivi, le Times et d’autres voix de la

classe dirigeante ont cherché à “canoniser”

Malcolm. Des routes, des écoles

et d’autres institutions ont été baptisées

de son nom. Le gouvernement a même

émis un timbre-poste en son honneur.

Tout en cherchant à émousser et à vulgariser

son message révolutionnaire. Les

libéraux, qu’ils soient noirs ou blancs,

ont cherché à le dépeindre comme un

simple libéral pro-capitaliste comme eux.

Depuis Ferguson, une nouvelle

génération de jeunes leaders noirs a

émergé. Ils cherchent à se réaproprier

le véritable héritage de personnalités

comme le Dr. King et Malcolm X. On l’a

vu cette année lors des célébrations de

l’anniversaire de King, où cette nouvelle

génération les a transformés en actions

militantes, bien loin des événements statiques

et pro-système de ces dernières

années.

Malcolm s’est d’abord fait connaître

en tant que leader de la Nation

de l’Islam. Il s’agissait à l’origine d’un

culte religieux relativement petit, que

Malcolm a contribué à transformer en

une puissante organisation. Mais c’était

plus qu’un simple culte religieux. C’est

un mouvement qui a inspiré une nouvelle

génération dans les années 1950 et

1960 avec son message de nationalisme

noir militant, qui a touché une corde

sensible, en particulier dans les ghettos

du Nord, tandis que le mouvement des

droits civils était centré sur l’apartheid

(ségrégation légale) dans le Sud.

Alors que Malcolm allait rompre

avec la Nation de l’Islam à la fin de 1963

et au début de 1964, et tracer une nouvelle

voie allant bien au-delà de ses enseignements

antérieurs, il a continué à

défendre jusqu’à sa mort les convictions

clés de ce qu’il a épousé en tant que leader

de la Nation. Ces aspects peuvent être

brièvement résumés en partie :

Les Noirs ne peuvent obtenir leur

liberté qu’en se battant pour elle;

Le gouvernement américain est

un gouvernement raciste et ne va pas

accorder la liberté;

Le gradualisme, programme des

libéraux, blancs et noirs, n’est pas la

voie de l’égalité ;

Il faut dénoncer et s’opposer aux

personnes noires trompeuses

Les Noirs doivent compter sur

eux-mêmes et contrôler leur propre lutte

Les Noirs doivent déterminer leur

propre stratégie et tactique

Les Noirs doivent choisir leurs

propres dirigeants ;

Les Noirs ont le droit à l’autodéfense

armée contre la violence raciste.

C’est cette dernière position qui a

conduit le Times et les libéraux à affirmer,

de manière trompeuse, que Malcolm était

un partisan de la violence. Il a défendu

l’exact opposé, à savoir vaincre la violence

des racistes par l’autodéfense.

En 1963, le centre de la lutte des

Noirs a commencé à se déplacer vers les

villes du Nord, où le message du nationalisme

noir a trouvé un public prêt, et où

les Noirs sont descendus dans la rue. Peu

avant la marche historique de 1963 sur

Washington pour la liberté et l’emploi,

un des points culminants de la lutte du

Sud, il y eut une marche aussi grande ou

plus grande à Detroit, centre du nationalisme

noir.

C’est dans ce contexte que des

tensions sont apparues au sein de la Nation

de l’Islam. Par sa position militante,

la Nation a contribué à pousser d’autres

organisations noires vers la gauche. Ce

fut leur contribution positive. Mais elles

étaient en marge de la lutte, pas des acteurs.

Parmi les jeunes membres de la

Nation, il y avait des signes d’une volonté

de s’engager dans la bataille, de

passer de la propagande à l’action. C’est

ce qui a conduit à la scission de Malcolm

avec la Nation. Le facteur fondamental

de cette scission était la croissance du

militantisme et de l’action de masse dans

la communauté noire, et les différentes

façons dont les deux principales tendances

de la Nation voulaient répondre

aux masses qui frappaient aux portes de

leurs mosquées.

Malcolm X a rompu avec le chef

spirituel de la nation, Elijah Muhammad,

et a tourné son attention vers la lutte des

Noirs en général. Malcolm dira plus tard

: “Je me sens comme un homme qui a

dormi un peu et qui est sous le contrôle

de quelqu’un d’autre. J’ai l’impression

que ce que je pense et dis maintenant,

c’est pour moi. Avant, c’était pour et

sous la direction d’Elijah Muhammad.

Maintenant, je pense avec mon propre

esprit”.

Ainsi commença une nouvelle

étape dans la vie de Malcolm, sa dernière

et trop brève année, qui le vit grandir

mentalement à pas de géant. Cette ultime

année, il a beaucoup voyagé à l’étranger

et a rencontré des révolutionnaires

de nombreux pays et races. Il a également

découvert que le véritable Islam

considère toutes les races de la même

façon. En conséquence, il a jeté par-dessus

bord toute la mythologie sur les races

supérieures et inférieures et sa doctrine

sur le mal inhérent et la dégénérescence

dans une peau blanche. Répudiant le racisme

sous toutes ses formes, il a décidé

de juger les gens et les mouvements sur

la base de leurs actes et non de la couleur

de leur peau. Des actes, pas des mots.

Malcolm a entrepris de construire

une nouvelle organisation radicale noire,

sur une base totalement différente de la

religion, bien qu’il soit lui-même resté

musulman. Elle accueillerait tous les

Noirs qui voudraient lutter, indépendamment

de leur religion, de leur philosophie

ou d’autres différences. Cette nouvelle

organisation, qu’il s’efforçait de construire

lorsqu’il a été assassiné, s’appelait

l’Organisation de l’unité afro-américaine

(OAAU en anglais). Le nom a été emprunté

à l’Organisation de l’Unité Africaine,

reflétant son identification avec la révolution

anticoloniale alors en plein essor

non seulement en Afrique, mais aussi en

Asie et en Amérique latine.

Tout en conservant son nationalisme

noir, il l’a dépassé pour adopter une

position internationaliste. Cette identification

à la lutte de tous les opprimés se

retrouve dans ses discours lorsqu’il était

à la Nation, mais elle s’est accentuée au

cours de sa dernière année, influencée

par ses voyages internationaux. Le gouvernement

a été alarmé par sa campagne

visant à obtenir un soutien international

pour que les États-Unis soient jugés

aux Nations unies pour leur oppression

raciste. Dans le même temps, sa dénonciation

de l’impérialisme américain, qui

a également commencé alors qu’il était

dans la Nation de l’Islam, s’est renforcée.

Il a été particulièrement éloquent dans

sa dénonciation du bilan des États-Unis

dans le meurtre de Lumumba au Congo,

la guerre du Vietnam, les attaques contre

les révolutions cubaine et chinoise, etc. Il

JOBS

a cherché à positionner la lutte des Noirs

américains dans l’essor mondial des peuples

de couleur.

Enfin, il y a l’évolution de Malcolm

tout au long de sa dernière année

vers l’anticapitalisme et le socialisme. Un

des fils de sa pensée était le résultat de

ses voyages internationaux. Il a commencé

à souligner que dans les pays

qu’il a visités et qui ont été récemment

libérés du colonialisme, il semblait qu’ils

se tournaient contre le capitalisme et vers

le socialisme. Un autre fil conducteur est

l’approfondissement de sa relation avec

le Parti socialiste des travailleurs (SWP

en anglais) et l’Alliance des jeunes socialistes

(YSA en anglais).

Le SWP, sous l’influence des positions

prises par l’Internationale Communiste

à l’époque de Lénine, affirmait

que les Noirs aux États-Unis souffraient

d’une forme d’oppression nationale. Ce

constat a été renforcé lors de discussions

avec le leader bolchevique Leon Trotsky

lors de son dernier exil au Mexique. Le

résultat a été que le SWP, lors de sa convention

fondatrice en 1938, a adopté

une résolution largement rédigée par le

marxiste antillais C.L.R. James, qui reconnaissait

cette oppression nationale

et la nature progressiste du nationalisme

noir en réaction à celle-ci.

Lorsque le nationalisme noir a

connu une nouvelle poussée au début

des années 1960, le SWP en était. Dans

sa convention de 1963, le SWP a noté

que le nationalisme noir et le socialisme

“sont non seulement compatibles mais

complémentaires, et qu’ils devraient être

étroitement liés dans la pensée et l’action”.

Nous avions pris note des discours

militants de Malcolm X lorsqu’il était encore

dans la Nation. Le journal du SWP,

The Militant, a couvert ses discours, en

reprenant souvent les propres mots de

Malcolm, de manière positive. Cela contrastait

fortement avec les partis communistes

et socialistes, qui dénonçaient

Malcolm X et le nationalisme noir. Malcolm

a pris note de cela et du fait que The

Militant défendait les droits démocratiques

de la Nation de l’Islam lorsqu’ils

étaient attaqués par le gouvernement. Il

achetait le journal lorsqu’il était vendu à

la sortie de ses réunions.

Nous avons vu l’importance de la

rupture de Malcolm avec la Nation, et de

son nouveau cap. Peu de temps après,

en avril 1964, Malcolm accepta de prendre

la parole lors d’une grande réunion

organisée par le Militant Labor Forum,

associé au SWP, sur le thème “La Révolution

noire”. L’un des aspects de son

discours était sa forte opposition au soutien

des Noirs au Parti Démocrate, thème

qu’il a développé tout au long de sa

dernière année. Il a mis en garde à plusieurs

reprises contre le risque de tomber

dans le piège du soutien au “renard” (les

démocrates) par répulsion pour le “loup”

(les républicains).

Il s’est à nouveau exprimé au Forum

en mai 1964, lors d’une réunion

que nous avons organisée pour contrer

la peur d’un “Harlem Hate Gang” - une

attaque à peine voilée contre l’OUA organisée

par la presse capitaliste. Lors de

cette réunion, il a déclaré à propos du

capitalisme américain : « Il est impossible

pour une poule de produire un œuf

de canard... elle ne peut produire que

selon... ce pour quoi elle a été construite.

Le système dans ce pays ne peut pas

produire la liberté pour un Afro-Américain.

Il est impossible pour ce système,

ce système économique, ce système politique,

ce système social, ce système, un

point c’est tout.... Et si jamais une poule

produisait un œuf de canard, je suis sûr

que vous diriez que c’était certainement

une poule révolutionnaire ! »

En janvier 1965, Malcolm s’est à

nouveau exprimé lors du Labor Militant

Forum. Il a déclaré que c’était “toujours

un honneur” de prendre la parole au Forum,

et que “le journal Militant est l’un

des meilleurs de New York. En fait, c’est

l’un des meilleurs partout où vous allez

aujourd’hui parce que partout où je vais,

je le vois. Je l’ai même vu à Paris il y a

environ un mois... Si vous y mettez les

bonnes choses, ce que vous y mettez le

fera circuler.”

Après cette réunion, j’ai demandé

à Malcolm s’il voulait être interviewé

pour le journal de la YSA, dont j’étais

le rédacteur en chef. Il a accepté, et Jack

Barnes, qui était un dirigeant de la YSA,

et moi-même avons mené l’interview

peu avant son assassinat. Une citation

de cette interview en réponse à la question

“Quelle est votre opinion sur la lutte

mondiale entre le capitalisme et le socialisme

? “Il est impossible pour le capitalisme

de survivre... ce n’est qu’une question

de temps à mon avis avant qu’il ne

s’effondre complètement.” Un marxiste

pourrait objecter que le capitalisme ne

s’effondrera pas tout seul, mais qu’il doit

être renversé, mais ce n’est certainement

pas une déclaration pro-capitaliste.

Quelques années plus tard, Martin

Luther King a commencé à arriver aux

mêmes conclusions anticapitalistes. À

partir de points de départ différents, ces

deux géants ont commencé à converger.

Mediapart 2 Mars 2021

!!TRAVAY OSPITALITE!!

• NETWAYAJ NAN KAY

• MOUN KI KA LAVE

• ASISTAN KWIZIN

• TRAVAY NAN NWIT E NAN JOUNEN

ASISTANS DEMENAJMAN POU

NEVADA, PENNSYLVANIA,

WISCONSIN, OHIO,

TEXAS, COLORADO

Pou aplike rele (305) 892-0680 ou swa vini nan

1175 NE 125th St, Suite 612, N. Miami, FL 33161

14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021


Perspectives

Suffit-il de taxer les riches ?

La députée démocrate étasunienne Alexandria Ocasio-Cortez vêtue d’une

robe dont le dos était brodé en caractères gras :Taxez les riches !

Par ARJAE RED

La députée démocrate étasunienne Alexandria

Ocasio-Cortez (de l’État de

New York) a été au cœur d’un vaste

débat sur les réseaux sociaux à la suite

de son apparition à l’événement du

Met Gala de cette année (2021). Elle

était vêtue d’une robe dont le dos était

brodé en caractères gras Taxez les

riches. De nombreuses personnalités et

célébrités fortunées assistent chaque

année à cet événement de collecte de

fonds.

Le public a scruté à la loupe les motivations

personnelles et antécédents

de Alexandria Occasion-Cortez. Or, le

débat a essentiellement ignoré l’aspect

le plus fondamental, à savoir le slogan

Taxez les riches. Afin d’appréhender ce

message, il s’avère nécessaire de bien

comprendre l’exploitation de la classe

ouvrière au sein du système capitaliste.

L’essence du problème

Les inégalités de richesse représentent

l’une des plus évidentes fractures du

capitalisme. Outre la part de richesse

dont disposent les citoyens, il existe

une contradiction bien plus profonde

qui explique l’énorme fossé qui sépare

les riches des pauvres.

Parmi toutes les oppositions

du capitalisme, celle qui caractérise le

plus notre réalité concerne la propriété

; l’opposition entre les possédants et les

autres.

La classe bourgeoise détient les

moyens de production, source de la

création de richesses. Elle revendique

dès lors le droit à tous les produits que

ses travailleurs génèrent. De ce fait, le

prolétariat ne possède rien d’autre que

sa propre force de travail.

Bien que certains ouvriers aient

la possibilité d’être propriétaires d’un

bien immobilier ou même d’une voiture,

ils ne jouissent pas de la terre, des

outils, des usines et des autres moyens

de création de leurs propres biens. Par

conséquent, ils sont contraints de travailler

pour ceux qui les détiennent, en

échange d’un salaire bien inférieur à la

quantité de valeur qu’ils créent réellement.

Les possédants gardent pour eux

toutes les ressources accumulées, en

réinvestissant une partie dans le cycle

de production. Ils ne distribuent que des

miettes aux ouvriers, juste assez pour

qu’ils puissent survivre et retourner au

travail jour après jour.

Les employés génèrent toutes

les richesses de la société pour les

voir expropriées par les patrons. Telle

est l’exploitation à visage découvert,

et pourtant, sans la main-d’œuvre, le

capitalisme ne peut exister.

Une augmentation des impôts ne

suffit pas à assurer le changement

L’expression Taxez les riches consiste

en un slogan relativement progressiste,

particulièrement pour susciter l’intérêt

des riches qui déboursent près de 30

000 dollars pour participer au Met Gala.

Ce message met en évidence la nature

corrompue du système capitaliste, dans

lequel les riches versent un montant

d’impôts disproportionné, voire nul,

par rapport à la classe ouvrière. Néanmoins,

ce slogan se limite à ce fait et

n’explique pas la véritable racine du

problème.

En effet, il ne remet pas en question

le concept même de l’appropriation

privée, pas plus que la réalité de

la classe ouvrière et des opprimés qui

ne bénéficient ni de la propriété ni du

contrôle du capital qu’ils produisent au

sein de la société. De plus, ils n’ont pas

la possibilité d’exercer un quelconque

contrôle sur leur espace de travail.

Le slogan se révèle déficient, car

une augmentation du taux d’imposition

des plus aisés n’améliorerait pas les

rapports de propriété privée. C’est ainsi

que le simple fait de relever les taxes

ne règlerait en rien la dynamique du

pouvoir entre la classe capitaliste dominante

et la classe ouvrière exploitée,

privée de la possession des moyens

de production. En effet, [si leurs taxes

augmentent] les capitalistes risquent de

modérer les dépenses en réduisant les

salaires du prolétariat ou en gonflant

les prix à la consommation.

La révolution socialiste et le

renversement des relations de propriété

privée reflètent l’unique façon

pour les travailleurs et les opprimés de

bouleverser leur rapport aux moyens

de production et de s’autonomiser de

manière significative.

Afin d’exiger que les plus fortunés

acquittent leur juste part, il convient

de recouvrer leurs richesses et leur

propriété privée en vue de les restituer

aux prolétaires qui les ont collectivement

produites.

Source: Workers World

2 septembre 2021

Traduit de l’anglais

par Khaoula Amara

Investig’Action 21 Octobre 2021

Suite de la page (5)

d’organiser des joutes pour lesquelles il

n’avait pas déjà eu son successeur immédiat.

Car, il est venu de nulle part.

Il avait acheté une bannière pour se

faire élire, une fois « élu », il a jeté cette

couverture électorale comme une vieille

chaussette. Ainsi, il lui fallait du temps

d’accoucher une espèce de parti dont le

nom ne veut rien dire : parti haïtien tête

sans cheveux ou Pati ayisyen tèt kale

(PHTK) en créole haïtien. Il fallait trouver

un homme « comme il faut » comme

lui pour imposer à sa place pour continuer

l’œuvre en cours. Un blanchisseur

des avoir lui semblait nécessaire.

Ainsi, au dernier moment, il a découvert

un certain Jovenel Moïse qui lui convient

bien ; d’emblée il lui a accordé un prêt

de 6 000 000 dollars us et 100 hectares

de terres pour une plantation de

banane comme projet phare pour une

bonne campagne électorale sans bilan

du quinquennat clôturé. Il a pu monter

son conseil électoral dans lequel il contrôle

au moins six des neuf membres.

Maintenant, la table étant servie, c’est

le moment de s’empresser pour se faire

remplacer par ce Poulin bien « comme il

faut » mais inconnu de tout le monde.

Cela va sans dire qu’aucune élection

n’aurait eu lieu pas avant que tous les

stratagèmes de corruption aient été mise

en place pour imposer M. jovenel Mo se

à la tête du pays avec une participation

de 10% de l’électorat haïtien, suivant les

chiffres officiels. Le 25 octobre 2015,

des mascarades de théâtralité ont eu

lieu sous fond de contestations à divers

niveaux. Malgré tout, les donneurs

d’ordres disaient : adelante. Le peuple

surgit sur la scène et dit non. La mobilisation

populaire a contraint d’annuler

ces « élections frauduleuses au début

de l’année de 2016. Martelly s’en va à

toute jambe et Jocelerme Privert, président

du sénat à l’époque tient lieu de

président provisoire pour réorganiser

les élections. Leurs reprises furent le

20 novembre 2016 et, sans surprise,

on a proclamé la victoire du poulain de

Sweet Mickey comme victorieux dès

le premier tour à soixante-quatre pour

cent, 64% du scrutin dans un message

diffusé en créole sur les téléphones de

tous les abonnés de cette compagnie de

téléphonie mobile. Ces résultats ont été

diffusés par une entreprise multinationale

de téléphonie mobile avant même

la fermeture des bureaux de votes. La

compagnie a ajouté que la puissante

chaine de télévision américaine : CNN

a déjà confirmé la victoire de Jovenel.

Voici donc le contenu exact du message

que j’avais reçu sur mon portable et

que je n’ai jamais supprimé : « Jovenel

MOÏSE genyen eleksyon yo à 64%

vòt yo depi premye tou. Rezilta yo

konfime sa nan 10 depatman peyi a.

CNN anonse viktwa Jovenel. » (84)

Quelques jours après le CEP de Léopold

Berlanger a entériné le résultat soudain

de la compagnie multinationale, la Digicel,

en déclarant officiellement que Monsieur

Jovenel Moïse a gagné les élections

à 55.6 % de l’intention du vote. C’était

un vaste complot orchestré par cette

géante machine quadripode pour prendre

et gérer le pouvoir aux dépens de la

majorité et contre les intérêts supérieurs

de la nation. Car, il s’agit d’un pouvoir

acquis par l’investissement des capitaux

importants des oligarques américano-syro-libanais.

En conséquence, le

pouvoir conquis/pris au nom de Monsieur

Moїse doit inéluctablement générer

des bénéfices capitalistiques.

Une « victoire » contestée,

un budget anti-peuple, une insurrection

populaire et des massacres

punitifs…

Parvenu au pouvoir dans de telles

conditions et en n’ayant comme pied-àterre

que ces piliers-là, que nous venons

d’énumérer, celui-là qui prend les rênes

de l’État ne saurait être autre qu’un

« président » souffrant dès le départ d’un

déficit de légitimité populaire énorme.

Du coup, ayant souffert de cette invalidité

populaire et social, il a fallu qu’il

ait une légalité suffisante, voire parfaite.

Or, dans le cas que nous analysons,

ces « compétitions électorales » étaient

frappées d’une illégalité flagrante dans

la façon de valider les bulletins et de

comptabiliser les votes. Il n’y a eu pas

mal de contestations devant les tribunaux

spéciaux accusant l’entité politique

qu’on a proclamé gagner d’avoir orchestré

de fraudes massives suffisamment

graves et flagrantes pour radier son

candidat en l’expulsant tout bonnement

de la courses « électorale ». Il s’agissait

du candit Jovenel Moise. Mais la puissance

de l’argent sale, des armes et de

l’ingérence des puissances capitalistes a

contraint tout le monde à capituler. Car,

dans un pays opprimé et asphyxié, ne

pas approuver et appuyer ce que décide

le groupe des « maitres du monde » est

passible de sanction de toutes sortes inclusivement

de sanction mortelle. Ainsi,

le Rapport de force a imposé M. Moїse

au timon des affaires en dépit du désaccord

péremptoire du peuple souverain

qui ne se reconnait pas dans cet incognito

surgissant sur la scène politique par

VIENT DE PARAÎTRE : LES CAPSULES DESSALINIENNES

Les haïtiens curieux et intéressés à mieux comprendre

Dessalines, cet homme fascinant, conséquent, et exceptionnel

de l’humanité noire, peuvent se procurer, au prix de $45. (+ les

frais postaux si nécessaires) « Les capsules dessaliniennes »

du professeur retraité Raymond Wainwright en téléphonant au

no 1-450-933-5451 ou 718-421-0162

Ce livre concis campe le fondateur, à l’aide de 1804 capsules

émaillées de poèmes adaptés, de citations appropriées et de

significatifs documents authentiques.

Bonne Lecture

effraction.

La justice expéditive du régime de

la mafia légale d’Haïti

De surcroît, malgré son illégitimité

criante, très tôt dans l’élaboration et

l’application de sa loi de finance 17-18,

Jovenel Moïse s’est clairement démarqué

de la grande majorité des plus nécessiteux

au profit des nantis. Ce qui

a suscité une colère irréductible chez

les masses défavorisées de La Saline

(85) en particulier, les jeunes de divers

horizons, les étudiants, les ouvriers,

etc. ; bref, toute un pan de la société

civile haïtienne. Ce mécontentement

les pousse à gagner la rue pour exiger à

l’État de réviser son budget qu’ils qualifiaient

de « budget criminel ». Car, ce

budget a été caractérisé par l’augmentation

exponentielle des taxes sur les biens

et services. Moїse reste insensible au cri

de ce peuple qu’il prétend servir. Au lieu

des mesures d’apaisement social, il augmente

les prix à la pompe de produits

pétroliers ce qui lui a valu un mouvement

insurrectionnel instantané qui a

durée du 6 au 9 juillet de l’année 2018.

Ce soulèvement populaire se transforme

en une vague de mouvement de protestation

et de contestation des « politiques

publiques » de Moїse. Cette mobilisation

a failli renverser le Président mal-élu »,

n’était-ce pas le support indéfectible

des impérialistes Nord-Américain et

Européens, notamment. En rebondissant,

il a recouru à la répression : en

utilisant des mesures agressives contre

les manifestants tout en criminalisant

les techniques de manifestation non violente

et en surveillant ses opposants

de façon accrue et illégale, comme

suite à la page(16)

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (15)

l’a bien souligné l’IHRC (84) et

l’OHCCH(87) dans leur rapport publié

en Avril 2021, intitulé : Massacre

cautionné par l’État : le règne de

l’impunité en Haïti (88). Avec la

mise en place de cette « machine répressive

d’État » caractérisant par des assassinats

ciblés et des menaces (de mort)

à l’endroit des critiques de son administration,

Jovenel Moïse a exaspéré les

couches populaires et une bonne frange

de la classe moyenne contre lui. Ainsi, il

ne pouvait plus prendre la parole devant

une foule de compatriotes sans se faire

chahuter. Ses déplacements étaient devenus

très limités. Il était devenu donc

un véritable pestiféré. Partout il osait

prendre la parole, il se faisait huer par

les citoyens de la masse et de la petite

bourgeoisie de gauche. C’est justement

dans ce contexte d’ébullition sociopolitique

que le 17 octobre 2018, Monsieur

Moïse tentait de mettre les pieds à Pont-

Rouge, l’endroit où l’on avait assassiné

l’Empereur J.-J Dessalines le 17 octobre

1806. Les habitants des quartiers du

boulevard Jean-Jacques Dessalines et

de l’avenue Harry Truman et quelques

individus armés des quartiers pauvres

de Lassaline empêchaient à Monsieur

Mo se de déposer son offrande florale

en toute sérénité. Parce qu’ils estiment

que ce geste venant d’un « président »

contesté et réputé corrompu est, pour le

moins, indigne à l’égard de la mémoire

de Dessalines, le vénérable père fondateur

de la nation haïtienne. En

conséquence, la population indignée et

révoltée de la zone a contraint Monsieur

Moïse à vider les dits-lieux à la hâte. En

revanche, Jovenel Moïse ne tarderait

pas à se donner justice, en mobilisant

ses ouailles et ses sbires pour punir la

« témérité » des habitants de ce quartier

hostile à son pouvoir.

Tout bien considéré, le bilan du

régime neoduvalieriste-macouto-bourgeois

ne peut être constitué que d’assassinat,

de massacres, de kidnapping,

d’exécutions sommaires, de persécution

politique de toutes sortes contre les opposants

politiques. En outre, il me paraît

important de souligner que ce régime a

institué un nouveau mode d’élimination

physique qui est inhérent au fonctionnement

de la mafia en général. Ce nouveau

mode d’exécution sommaire à

domicile, après le « cas inaugural » de

l’assassinat de Monsieur Guiteau ou

Guyto Toussaint (89), l’ex-président

de la Banque Nationale de Crédit (BNC)

en 2011, il est censé enclencher au

début de l’année dernière. Il s’agit, au

fait, d’expédier à l’intérieur de chez soi

des commandos d’exécution. On peut

se rappeler au moins quelques cas flagrants

où les sbires du pouvoir entrent

en pleine nuit dans l’intimité des gens

pour les exécuter froidement sans s’inquiéter.

Par exemple (90) le cas de madame

Farah Martine Lhérisson et son

époux, Lavoisier Lamothe, tous deux,

assassinés dans la nuit du 15 juin 2020

à Peguyville. À Delmas 75, au soir du

samedi 27 juin 2020, un cadre de la

BRH (91), du nom de Norvella Bellamy

a été assassiné en sa résidence privée

sise à Fragneauville. Celui du Bâtonnier

de l’Ordre des avocats de Port-au-

Prince, Me Monferrier Dorval, assassiné

dans la nuit du vendredi 28 aout 2020.

Et, le plus récent et le plus effrayant qui

défraie la chronique est celui de Jovenel

Mo se, lui- même, dans sa chambre,

assassiné et torturé dans la nuit du 6

au 7 juillet 2021. Il est exécuté seul,

sans aucune autre victime collatérale

sinon sa femme, Marie-Martine Etienne

Joseph Moïse, qui a l’air blessée

légèrement au bras droit. Tel est pris qui

croyait prendre, dit une vieille maxime

française. Il est assassiné comme un

vulgaire chef de gang qui n’avait pas de

« soldat » loyal à ses côtés pour le défendre.

Il a été assassiné brutalement le 7

juillet 2021 en pleine nuit par un commando

bien armée, dit-on. On n’en sait

pas plus pour l’instant. Peut-on espérer

avoir la lumière sur cet énième assassinat

crapuleux enregistré au cours de la

décennie du régime mafiocratique ? En

tout cas, nous doutons. Néanmoins, cet

assassinat nous a poussés à revisionner

le film français I comme Icare réalisé par

Henri Verneuil. (92) Et, en n le regardant,

je parviens à me faire de petites

idées sur la suite de l’affaire. Nous présumons

que le dénouement de l’affaire

Moїse pourrait être similaire au dénouement

dudit film. Sinon pire. Autant dire

qu’on ne peut s’empêcher de faire ce

questionnement pour comprendre le ou

les mobile-s de ce forfait aussi téméraire

qu’odieux perpétré sur la personne de

Jovenel Moïse.

En définitive, se demande-t-on :

son assassinat, d’où vient-il ? Aurait-il

un lien quelconque avec la disparition

de Daniel Evinx (disparu depuis 7 ans)

dans les périphéries du département où

Moïse résidait juste avant qu’il fût devenu

président ? On n’en sait rien. Son

assassinat proviendrait-il d’un complot

national ou transnational ? Après

4 ans de gouvernance, la mission que

lui a confiée l’impérialisme américain,

n’aurait-t-elle pas été assez-bien accomplie

? Ou plutôt, le capitalisme mondialisé

serait-il en train de monter une

nouvelle pièce de théâtre, un nouveau

« film hollywoodien » afin d’inaugurer

une nouvelle logique d’intimidation

capitaliste (93) sur l’échiquier politique

haïtien ? S’agirait-il d’une manœuvre

cynique et criminelle pour effrayer les

hommes politiques haïtiens désirant

prendre le pouvoir suivant une autre

vision du monde incompatible à celle

de l’occident ? Ou encore, s’agirait-il,

d’un règlement de compte national ou

international dans le cadre des activités

illicites ? En d’autres termes, Jovenel

Moïse, serait-il victime d’un conflit entre

des cartels de drogue, sachant que plusieurs

de ces proches (94) ont été déjà

arrêtés par la police nationale d’Haïti

ou la DEA (Drug Enforcement Administration)

dont son très proche ami et

« chauffeur » particulier, Mathieu Lissner

Joseph (95), le vendredi 05 mars

(96) 2021 à Miragoâne ? Bref, l’assassinat

de Moïse serait-il la conséquence

de sa désobéissance à l’égard de son/

ses maitre-s, son mentor ou son parrain

? Peut-être qu’un jour une bonne

enquête libre nous apportera la réponse

véridique à toutes ces questions et on

saura, en conséquence, le/les veritable-s

motif-s de l’exécution crapuleux

de Moise, ex-président de facto d’Haïti

qui travaillait par et pour l’impérialisme

international jusqu’au jour de son assassinat.

Notes

62. P. 237, Le Nord-Est d’Haïti

– La perle d’un monde fini : entre illusions

et réalités (open for business),

L’Harmattan, Paris, 2018.

63

« Inventaires des ressources

minières de la République d’Haïti, fascicule

I : département du Nord-Ouest »

bureau des mines et de l’énergie [en

ligne] (1990), p.4 < http://www.bme.

gouv.ht/mines/fascicule/FNordOuest.

pdf > (cité par Haïti justice initiative-University

of California Hastings

College of the law & Global Justice Clinic

nyu school of law dans leur étude réalisée

entre Décembre 2015 et avril 2016,

intitulé : Byen Konte, Mal Kalkile ? Les

risques de l’exploitations de l’or pour

les droits humains et l’environnement

en Haïti.

64

. Ibid., p. 43.

65

. Ibid., p. 44. Voir “Haiti poverty

reduction strategy paper, N o 14/154”

international monetary fund (IMF), [en

ligne] (juin 2014), < http://www.imf.

org/external/pubs/ft/scr2014/cr14154.

pdf > .

66

Ibid., p. 45. Voir < http://

vcsmining.com/granted-permits.html >.

67

. Voir ici, le rapport de PNUD

en 2020 où se classe Haïti par rapport

à l’évolution de l’IDH : http://hdr.undp.

org/sites/all/themes/hdr_theme/country-notes/fr/HTI.pdf

68

. https://ihsi.ayiti.digital/bulletins

69

. Les gangs ont accordé une

trêve « humanitaire » après le tremblement

de terre de magnitude 7.2 qui a

saccagé la péninsule Sud du Pays. Les

assauts sont repris après environs deux

semaines.

70

. Une association de soutien au

statuquo ante. Voir : https://rezonodwes.

com/2021/04/09/le-core-group-a-etecree-en-2003-pour-discuter-de-lindependance-dhaiti-avoue-lex-deputecanadien-denis-paradis/

ou encore :

https://www.lenational.org/post_free.

php?elif=1_CONTENUE/tribunes&rebmun=1018

71

https://news.un.org/fr/

story/2010/05/184132-haiti-lonu-aide-preparer-les-elections

/ https://

lenouvelliste.com/article/115203/edmond-mulet-voulait-la-tete-de-renepreval

.

72

. Il s’agissait bien entendu de

co-présider avec Clinton, le Conseil Intérimaire

pour la Reconstruction d’Haïti

(CIRH) après le tremblement dévastateur

du 12 janvier 2010. Le président

Préval était le vice-président du CIRH

dont Clinton le président.

73

Front révolutionnaire armée

pour le progrès d’Haïti, ci-après, Front

révolutionnaire pour l’avancement et

le progrès d’Haïti. Il s’agit en réalité

d’un front criminel pour massacrer les

opposants démocrates qui se tenaient

debout contre le putsch.

74. Il s’attribua le même pseudonyme

que son mentor colonel. Son chef

de la structure criminelle à laquelle il appartenait,

lui aussi.

75

. Il était colonel de la FAD’ H, il a

été connu surtout à travers les exactions

qu’il a commises avec ces escadrons de

la mort, lors du coup d’état du 30 septembre

1991 contre le premier président

élu démocratiquement. Joseph Michel

François, alias Sweet- Mickey, est condamné

par contumas pour avoir assassiné

Felix Lamy et Antoine Izmery.

Ce tortionnaire est décédé dans la nuit

du 20 au 21 février 2017 à Honduras, à

l’âge de 60 ans.

76

.https://www.alterpresse.org/

spip.php?article18090#.YQxbcIhKhnI

https://mail.haitienmarche.com/index.

php?option=com_content&view=article

&id=4763:2015-04-27&catid=14&Ite

mid=294

77

.https://www.alterpresse.org/

spip.php?article17629#.YQxc3ohKhnI

https://www.lenational.org/post_free.

php?elif=1_CONTENUE/tribunes&rebmun=1085

78

. https://lenouvelliste.com/article/126589/lhomme-daffaires-evinxdaniel-disparu-depuis-le-5-janvier

79

. Brigade de lutte contre le trafic

de stupéfiant.

80

.http://www.hpnhaiti.com/

nouvelles/index.php/politique/36-

space/1521-haiti-justice-l-homme-daffaire-marc-antoine-acra-inculpe-pourdrogue.

81

Un chargement de sucre venu

de Panama, à bord du « Manzanares »,

contenant de l’héroïne mélangé avec

du sucre pour tromper la vigilance des

agents douaniers.

82

https://fr.wikipedia.org/

wiki/PetroCaribe / https://www.

lepoint.fr/monde/haiti-ou-estpasse-l-argent-du-petrole-venezuelien-22-11-2018-2273565_24.php

83

Kote ti vagabon ki gen foli fè

bannann lan ? Ecouter et regarder la

vidéo ou Martelly présentait le 20 juin

2015, le citoyen lambda, Jovenel Moïse

aux hommes d’affaires, aux « oligarques

corrompus » de Port-au-Prince !

Voici donc le lien YouTube pour visionner

cette vidéo : < https://rezonodwes.

com/2020/06/20/video-flashback-20-

juin-2015-martelly-presente-jovenelmoise-aux-hommes-daffaires-dhaiti-etannonce-lexportation-de-10-containers-de-bananes-chaque-vendredi-pourun-demi-million/

>.

Fin

Suite de la page (13)

d’un haut responsable de nos forces

armées : MM remplissant une mission

de notre gouvernement, afin de

garantir et préserver la sécurité de

nos collaborateurs et de notre mission

diplomatique.

Au total, lors de l’invasion

de la petite île de Grenade, 24 internationalistes

cubains ont été assassinés

par les troupes d’invasion

américaines, et c’est pourquoi aujourd’hui,

que notre pays continue

d’être menacé, je veux rendre

hommage aux chers compagnons

cubains qui sont victimes de cette

intervention criminelle américaine et

surtout au camarade CARLOS DIAZ,

au fil des années, qui nous a rejoint,

au travail, qu’il a effectué en tant

que chef de la section Caraïbes du

département Amérique.

Honneur et gloire à nos frères

internationalistes déchus. Ni oubliés

ni morts, comme Fidel l’a proclamé

dans sa défense historique dans le

procès de Moncada, les morts de Grenade

non plus. Un grand monument

aux 24 Cubains tombés au combat

est dressé sur l’île de Grenade, en

souvenir de ceux qui ont donné leur

vie, alors qu’ils accomplissaient un

travail social, constructif et diplomatique,

au profit du peuple de l’île

bien-aimée des Caraïbes.

Résumé latino-américain 26

octobre 2021

Suite de la page (8)

l’assassinat d’un Président de la

République, n’a rien trouvé de plus

rassurant pour lui que de solliciter

une intervention étrangère dans

son pays. Si cette fois-ci la pilule est

moins difficile à avaler pour certains,

il ne reste pas moins qu’elle demeure

VENUS

RESTAURANT

Now 2 locations

in Brooklyn!

AMBIANCE

EXPRESS

insupportable pour d’autres qui ont

toujours cru dans la force du peuple

à trouver lui-même la solution à ses

problèmes.

En voulant se mettre sous la

protection du « grand frère » américain,

les dirigeants haïtiens font preuve

qu’ils n’étaient jamais préparés ni

prêts à occuper la place qu’ils occupent

depuis les trente dernières années

sur la scène politique nationale.

Quant aux élites économiques et intellectuelles,

elles non plus ne sont

pas exemptes de cette catastrophe

dans laquelle se vautre le pays depuis

des années. Par leur inconséquence

et leur incohérence, les membres de

ces élites ont contribué de manière

KATOU

RESTAURANT

5012 Ave M

(Entre E. 51 et Utica)

10h am – 10h pm

éloquente à ce point de non retour

donnant l’occasion à l’Oncle Sam de

faire un retour, certes plus discret,

mais non moins remarqué sur le sol

sacré des Pères Fondateurs. Comme

d’habitude, les oligarques de tout

acabit devraient pouvoir sortir sans

vergogne de cette situation honteuse

pour le pays car, d’une manière ou

d’une autre, ils sont toujours les

grands gagnants. Seul le peuple en

boira la coupe. Tel semble son destin

dans ce pays. Pourtant, il n’en

est pas moins légitime cette minorité,

que cette castre, qui se croit être les

seuls fils de Jupiter! (Fin)

CATERING & TAKE-OUT

Now 3 Locations in Brooklyn

C.C

637 Rogers Avenue

(corner of Parkside Avenue)

718-287-4949

924 Remsen Avenue

(near Avenue D)

718-975-7710

“Venus, l’entroit idéal”

• Restaurant

• Fritaille

• Patés

1433 Flatbush Avenue

(just off Farragut Road)

Brooklyn, NY

New Location Now Open!

General Manager: Marie S

718.434.4287

Une innovation dans la cuisine

haïtienne à Brooklyn

Tous les plats haïtiens réalisés par une

équipe de cordons bleus recrutés sous

la supervision de Katou

Griots – Poissons – Poissons Gros Sel

– Dinde – Poulet – Cabri

– Boeuf – Légumes

Bouillon le samedi – Soupe le

dimanche – Bouillie de banane le soir

Appelez le 718-618-0920

Livraison à domicile

Si vous avez du goût, vous ne

lâcherez pas Katou Restaurant

8221 Flatlands Avenue

(b/t E. 82 & 83 St.)

718.975.7488

2816 Church Avenue (b/t Nostrand

& Rogers Aves.) 718.856.2100

1738 Flatbush Avenue (b/t Aves I & J)

718.258.0509

16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021


A Travers le monde

Mexique : plus de 4 000 migrants forment une

nouvelle caravane en direction des États-Unis

Une caravane de migrants, principalement d’Amérique centrale, se

dirigeant vers le nord, s’arrête pour se reposer dans la communauté

d’Alvaro Obregon, municipalité de Tapachula, État du Chiapas, Mexique,

le samedi 23 octobre 2021. (AP Photo / Marco Ugarte)

Les migrants ont percé un dispositif

de sécurité installé dans

la municipalité de Viva Mexico

alors qu’ils se rendaient à Mexico,

où ils demanderont la régularisation

de leur statut.

Samedi, une nouvelle caravane

de migrants s’est dirigée vers

les États-Unis, frontière sud

de la municipalité de Tapachula

dans l’État mexicain du Chiapas.

Au moins 4 000 migrants ont

formé la nouvelle caravane appelée

« pour la liberté, la dignité

et la paix ».

Les migrants ont traversé

un dispositif de sécurité installé

Turquie : déclarera « persona non grata »

à 10 ambassadeurs, dont celui des États-Unis

Le président turc Recep Tayyip Erdogan

Le président turc Recep Tayyip

Erdogan a ordonné au

ministère des Affaires étrangères

de déclarer les ambassadeurs de 10

pays occidentaux, dont l’envoyé

américain, “persona non gratas”

pour leur appel conjoint à Ankara

pour la libération d’Osman Kavala,

un leader de la société civile.

Kavala, 64 ans, fait face à

une série d’accusations liées aux

manifestations antigouvernementales

de 2013 et à un coup d’État

manqué à la mi-août 2016. Le militant

des droits, qui est en prison

depuis quatre ans, nie les allégations

de financement des rassemblements

de 2013 et de participation

au coup d’Etat frustré.

Lundi, les ambassadeurs

du Canada, du Danemark, de la

France, de l’Allemagne, des Pays-

Bas, de la Norvège, de la Suède, de

la Finlande, de la Nouvelle-Zélande

et des États-Unis, dans une déclaration

commune, ont appelé le

gouvernement turc à proposer une

résolution juste et rapide au cas de

Kavala. « Les retards persistants

dans le procès (de Kavala) (...)

jettent une ombre sur le respect de

la démocratie, de l’état de droit et

de la transparence du système judiciaire

turc », ont déclaré les ambassadeurs

dans leur communiqué.

Ils ont également appelé à

leur “libération urgente”, une décision

qui a provoqué la colère d’Ankara

et a incité le ministère turc des

Affaires étrangères à les convoquer

tous mardi pour ce qu’il considérait

comme une déclaration “inacceptable”

qui “repoussait les limites” et

“tentait de politiser le processus juridique

et faire pression sur le pouvoir

judiciaire.

Ce samedi, Erdogan a déclaré

avoir demandé au ministère des

Affaires étrangères d’expulser ces

ambassadeurs du pays. « J’ai donné

l’ordre nécessaire à notre ministre

des Affaires étrangères et j’ai

dit ce qu’il faut faire : Ces 10 ambassadeurs

doivent être déclarés

par l’Institut national des migrations

(INM) et la Garde nationale

dans la municipalité de Viva

Mexico en route vers Mexico, où

ils demanderont la régularisation

de leur statut. Les migrants ont

déclaré qu’ils ne voulaient que

transiter pacifiquement vers les

États-Unis car ils fuient la violence,

le chômage et le manque

de protection de leur pays d’origine.

Début septembre, les autorités

mexicaines ont contrecarré

l’avancée de quatre caravanes

de migrants au départ de Tapachula.

La région d’Amérique centrale

connaît une augmentation

des flux migratoires depuis le

début de l’année. Les autorités

mexicaines ont détecté 147 000

migrants sans papiers de janvier

à août, un chiffre qui a triplé le

nombre enregistré en 2020.

La directrice de l’accès à

l’asile, Alejandra Macias, a noté

que plus de 80 000 demandes

d’asile ont été enregistrées cette

année, dont un grand nombre viennent

du Chiapas.

Telesur 24 Octobre 2021

persona non grata immédiatement.

Il y remédiera immédiatement

», a déclaré le président turc

dans un discours prononcé dans

la ville d’Eskisehir, dans le nordouest

de la Turquie.

« Ils connaîtront et comprendront

la Turquie. Le jour où ils

ne connaîtront pas et ne comprendront

pas la Turquie, ils partiront

», a déclaré Erdogan sous les acclamations

de la foule.

Vendredi, Kavala a déclaré

qu’il serait “inutile” pour lui d’assister

à son procès, affirmant qu’un

procès équitable était impossible

compte tenu des récents commentaires

du président turc.

Le Conseil de l’Europe a

prévenu qu’il engagerait une

procédure d’infraction contre la

Turquie si Kavala n’était pas libéré

avant la prochaine réunion de l’instance

des droits de l’homme, qui

aura lieu du 30 novembre au 2

décembre. La prochaine audience

de Kavala est prévue pour le 26

novembre.

Quelques heures après la

publication de la déclaration conjointe

des ambassadeurs occidentaux

lundi, le ministre turc de la

Justice Abdulhamit Gul a également

dénoncé la déclaration, affirmant

qu’ « aucun ambassadeur

n’avait le droit de faire une recommandation

ou une suggestion à

nos tribunaux ».

« C’est cette ignorance des

limites et des frontières qui éclipse

l’état de droit », a ajouté Gul sur

Twitter.

Source: Al Mayadeen

Résumé Moyen-Orient

23 octobre 2021

Panama : Le Peuple Uni descend

dans les rues de la ville

Manifestation de différentes organisations syndicales dans les

rues de Panama City

Par John Alonso

Différentes organisations sont

descendues dans les rues de

Panama City pour exprimer leur

mécontentement à l’égard de la

classe politique établie.

Sous le slogan du « Peuple

uni », différentes organisations

syndicales sont descendues dans

les rues de Panama City le mercredi

20 octobre, les travailleurs

considèrent que certains groupes

économiques et gouvernants sont

de connivence avec l’intention

de privatiser la Caisse de sécurité

sociale (CSS) l’organisme chargé

d’administrer le programme Invalidité,

vieillesse et décès.

Les manifestants réclament

également le respect des garanties

du travail et de leur droit à un travail

décent, quelques jours après

le 31 octobre prochain le chiffre

de la suspension des contrats, qui

maintient encore environ 80 mille

personnes sans emploi, doit être

défini par les entreprises qui n’ont

pas réactivé leurs fonctions jusqu’à

aujourd’hui.

Le mécontentement va également

à l’encontre des modifications

apportées par l’Assemblée

nationale au Code électoral, après

l’approbation récente du projet de

loi 544.

La déconnexion entre les intérêts

de la classe dirigeante et les

citoyens se creuse, comme le suggèrent

certains des manifestants,

parmi lesquels l’appel à un processus

constituant pour restructurer

l’organisation du pays est à nouveau

évoqué.

HispanTV 22 octobre 2021

Donald Trump lance son propre

réseau social baptisé « Truth Social »

Par le Média en 4-4-2

Trump revient en force pour faire

face à Facebook, Twitter et Youtube

: « La mission de Trump Media

& Technology Group est de créer

un rival au consortium médiatique

libéral et de lutter contre les entreprises

« Big Tech » de la Silicon

Valley, qui ont utilisé leur pouvoir

unilatéral pour faire taire les voix

opposées en Amérique ».

Le président Donald J. Trump,

président de TMTG, a déclaré dans

un communiqué de presse du 20

octobre 2021 : « J’ai créé TRUTH

Social et TMTG pour résister à la

tyrannie des Big Tech. Nous vivons

dans un monde où les talibans sont

très présents sur Twitter, mais votre

président américain préféré a été

réduit au silence. C’est inacceptable.

Je suis ravi d’envoyer très bientôt

ma première VÉRITÉ sur VÉRITÉ

Sociale. TMTG a été fondée avec

pour mission de donner la parole à

tous. Je suis ravi de commencer bientôt

à partager mes réflexions sur

TRUTH Social et de lutter contre Big

Tech. Tout le monde me demande

pourquoi personne ne tient tête à la

Big Tech ? Eh bien, nous le ferons

bientôt ! »

Et comme il vous sera difficile

de trouver l’application, car tous les

sites d’information mainstream se

gardent bien de vous donner son

lien, sur Le Média en 4-4-2 nous

ne faisons pas de rétention d’information.

Donc vous pouvez dès à

présent vous pré-inscrire pour obtenir

l’application « Truth Social » qui

commencera un lancement bêta pour

les invités d’ici novembre, avant de

faire ses débuts officiellement au

cours du premier trimestre de 2022.

Réseau International

22 octobre 2021

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

17


A Travers le monde

Brésil : la commission sénatoriale brésilienne

approuve un rapport accusant Bolsonaro de

crimes contre l’humanité

Le document dépasse le millier de

pages et indique que Bolsonaro est

responsable de diverses actions

punissables. | Photo : PT

Le président de la CPI, Omar

Aziz, a affirmé que le rapport

sera transmis aux instances judiciaires

correspondantes.

La Commission d’enquête parlementaire

(CPI) du Sénat

brésilien a approuvé mardi le

rapport final, promu par le sénateur

Renan Calheiros, qui accuse

le chef de l’Etat, Jair Bolsonaro,

de divers crimes, dont des crimes

contre l’humanité.

Après près de six mois de

débats, le rapport final a été approuvé

avec sept voix pour et

quatre contre, pour lesquels le

Brésil : Le MST reçoit le prix de la justice

sociale de l’OIT pour avoir agi en faveur de la

classe ouvrière

Par Fernanda Alcantara

Le Mouvement des sans-terres

(MST) était l’un des cinq

choisis parmi des centaines

d’organisations et d’individus

des pays du Sud, luttant pour

la justice sociale, pour le prix

commémoratif Esther Busser.

La remise des prix a eu lieu

virtuellement le 22 octobre à 8

heures du matin.

L

’Organisation internationale

du travail (OIT), créatrice

du prix, est une agence multilatérale

des Nations Unies

(ONU), basée à Genève, et se

concentre sur le travail sur la

réglementation du travail, notamment

sur le respect des

normes (conventions et recommandations

internationales).

Le nom du prix est un

hommage à Esther Busser, infatigable

défenseure des droits

des travailleurs, en mettant

président et d’autres responsables

de l’Exécutif sont accusés

de leurs actions et omissions

pendant la pandémie de

Covid-19 qui a fait des milliers

de morts à la campagne. « Le CPI

termine ses travaux après six

mois avec le rapport approuvé

par la collégiale et c’est maintenant

une nouvelle étape, nous

devons le transmettre aux instances

compétentes pour que

nous puissions rendre justice »,

a déclaré le président de la CPI,

Omar Aziz.

Le document dépasse

plus de mille pages et indique

que Bolsonaro est responsable

d’actes punissables de violation

des mesures sanitaires préventives

; utilisation irrégulière des

ressources publiques; incitation

au crime; falsification de documents

privés; crime d’intrusion;

charlatanisme; crime contre l’humanité;

et crime de responsabilité.

Après avoir confirmé l’approbation

du rapport, le sénateur

Calheiros a souligné que

l’accent sur son rôle de chercheuse

et directrice adjointe de

la Confédération syndicale internationale

(CSI) pendant une

décennie.

Reconnaissance

Fondé en 1984, le Mouvement,

dans le contexte de la re-démocratisation

du Brésil, est devenu

un symbole national de

la lutte pour l’accès à la terre

et compte actuellement environ

350 000 familles installées

dans 24 États fédéraux. Parmi

ses plus grandes contributions

à la société figurent la production

d’aliments sains pour

la défense de la souveraineté

alimentaire, la préservation

de l’environnement et la lutte

intransigeante pour les droits

humains et l’accès universel à

une éducation de qualité et à la

santé publique.

Rien que dans cette pandémie,

le MST, en tant que symbole

de solidarité avec la classe

la justice doit collecter toutes

les sanctions détaillées dans le

document. « Nous avons vu des

crimes horribles et des atrocités

inhumaines, du mépris pour la

douleur et du ridicule avec la

vie », a-t-il ajouté.

Les atrocités commises par

ce gouvernement ne seront pas

oubliées (...) Le chaos de Jair

Bolsonaro restera dans l’histoire

comme le plus bas échelon de la

misère humaine et civilisatrice, il

rassemble le plus rudimentaire,

le plus infâme et le plus sombre

de l’humanité”, dit Calheiros.

Les parlementaires qui ont

soutenu le rapport contre Bolsonaro

sont : Omar Aziz, Eduardo

Braga, Humberto Costa, Otto

Alencar Randolfe Rodrigues, Renan

Calheiros et Tasso Jereissati.

Alors que les sénateurs

Eduardo Girão, Marcos Rogério,

Jorginho Mello et Luis Carlos

Heinze, ont voté contre.

Résumé latino-américain, 26

octobre 2021

ouvrière, a déjà fait don de plus

de 5 000 tonnes de nourriture

et d’environ 1 million de boîtes

à lunch. Depuis le Plan national

“Planter des arbres, produire

des aliments sains”, plus d’un

million d’arbres ont été plantés

dans tout le pays et, le mois

dernier, il a construit plus de

100 pépinières pour la Réforme

agraire populaire, dans le but

de promouvoir les semis production

et plantation d’arbres.

Résumé latino-américain,

21 octobre 2021

LA DIFFERENCE

AUTO SCHOOL

LEARN TO DRIVE

La Différence Auto School

836 Rogers Avenue

(between Church Avenue

& Erasmus Street)

Brooklyn, NY 11226

Manager: Ernst Sevère

Tel: 718-693-2817

Cell: 917-407-8201

À l’attention de Marta Rojas

Par Miguel Barnet

Je célèbre ton existence pleine de

joie et d’optimisme. Je célèbre ton

énergie quotidienne, ta vocation

de journaliste qui a su valoriser

comme personne les témoignages

de notre histoire récente, ta

fidélité à la cause de Fidel.

Je célèbre ton existence pleine

de joie et d’optimisme. Je

célèbre ton énergie quotidienne,

ta vocation de journaliste qui a

su valoriser comme personne les

témoignages de notre histoire

récente, ta fidélité à la cause de

Fidel, des trésors de zèle dont

tu as fait montre pour préserver

L’Histoire m’acquittera, où tu as

su aussi valoriser, et au bon moment,

que dans ce discours on

pouvait entrevoir les germes de

notre destin comme nation. Tu

as toujours été une amie proche,

celle qui a transformé l’utopie en

actions concrètes, les rêves en

réalité, l’ennui en une impulsion

ailée et volatile.

Je célèbre ton éternelle jeunesse,

ton mépris de la mort, ta

majesté féconde et victorieuse,

ton rejet de toute idée d’éternité,

ta main sur le papier et sur

l’épaule de ton ami. Tu as su contourner

la censure de Batista et au

moyen de « la petite géante » tu

as imprimé une page glorieuse de

Marta Rojas

Prime Time Driving School

Learn to Drive Cars & Buses

Driving instructors wanted!

$17-$25 per hour.

Must have highschool diploma or GED

PrimeTimeDrivingSchool.com

la Patrie. Tu as créé une image de

souplesse artistique en donnant à

l’histoire ses gestes les plus chaleureux.

Tes romans sont porteurs

de la charge impétueuse de la dignité

face à l’opprobre raciste et au

poison colonial. Ta perception littéraire

était libérée de tout dogme

esthétique. Et dans Inglesa por

un año (Anglaise pour un an),

ton magnifique roman sur la prise

de La Havane par les Anglais, tu

as dépeint avec brio le côté épique

de Pepe Antonio et du Memorial

de Beatriz Justiz, Marquise de

Santa Ana.

Tu as cultivé un esprit de

fraternité avec l’apothéose de

ton tempérament exultant. Et tu

as épuisé les possibles comme le

voulait Pindar.

Pendant ta longue vie, tu

ne t’es jamais laissé vieillir. Ton

esprit juvénile et ta santé à toute

épreuve nous ont fait croire que

tu ne nous quitterais jamais, que

tu allais porter le deuil de nos absences.

Mais il en est allé autrement,

tu es partie tranquillement,

sur les pages de ton dernier roman,

ou peut-être de ton dernier

article pour Granma. Cependant,

tu nous as quittés sans faire d’histoires,

avec ton humilité proverbiale,

pour nous survivre une fois

de plus dans ce qui t’était destiné

: le marbre de l’immortalité.

Granma 14 octobre 2021

Vêtements, chaussures, tennis...

Nou selman vann nan bal.

Bon bagay!

1628 Nostrand Avenue

Brooklyn, NY 11226

718-859-8526

18 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021


2

Suite de la page (12)

dans la guerre aurait été celui d’un

participant involontaire.

« L’héritage de Colin Powell

se perpétue dans les millions

de vies détruites ou exilées, dans

l’infrastructure préhistorique que

les Irakiens de tous les jours sont

forcés d’[endurer] aujourd’hui,

une infrastructure dont ses actions

sont presque entièrement responsables

», a-t-il déclaré à MEE.

Un héritage fait de violence

En octobre 2019, l’Irak a été submergé

par des manifestations antigouvernementales

qui visaient à déloger

la classe politique que l’invasion avait

portée au pouvoir, et à s’attaquer au

chômage de masse, à la pauvreté, à

la corruption et à l’ingérence étrangère

qui sont devenus une réalité dans le

Classified

Directory Tel: 718-421-0162

editor@haitiliberte.com

Post CLASSIFIED ADS online for FREE at Haitiliberte.com

pays.

La réponse du gouvernement,

des responsables de la sécurité et

des groupes armés a été de réprimer

violemment et de menacer les

personnes qui réclamaient une

amélioration de leur niveau de vie.

En particulier, les groupes soutenus

par l’Iran sont devenus une menace

quotidienne pour de nombreux militants.

Ali Khyail, un militant pour

la démocratie qui a grandi dans la

tourmente de l’après-invasion, a

déclaré que l’effet ultime des actions

de Powell avait été de “livrer

l’Irak à l’Iran”, tout en éliminant

une menace pour Israël. S’il s’agissait

de sauver l’Irak, l’Irak n’aurait

pas été remis à un pays avec lequel

il y a eu une guerre qui a duré huit

ans “, a-t-il déclaré à MEE. « Les

États-Unis cherchaient à sauver

Israël de la menace de Saddam et

ne souhaitaient pas libérer l’Irak.

Colin cherchait à sauver Israël de

ceux qui le menacent. »

Même si l’Irak n’est plus aussi

imbibé de sang qu’au milieu des années

2000, la violence et l’instabilité

sont encore le quotidien de nombre

de ses habitants. Les élections législatives

du 10 octobre ont connu le

taux de participation le plus bas jamais

enregistré. La classe politique,

composée en grande partie d’exilés

revenus en Irak après l’invasion de

2003, est largement méprisée et

l’espoir d’un avenir meilleur par les

urnes ne cesse de s’amenuiser.

En tant que figure cruciale de

l’administration Bush, largement

responsable de cet état de fait,

l’héritage de Powell en Irak ne sera

pas celui d’un libérateur des gens

ordinaires de la tyrannie de Saddam,

mais celui de quelqu’un qui a

supervisé le déclin du pays.

« Nous vivons maintenant

dans un état de terreur et nous ne

lui pardonnerons jamais », a déclaré

Khyail.

Middle East Eye

18 octobre 2021

Traduction : Chronique de

Palestine 19 Octobre 2021

AUTO DONATIONS

Drive Out Breast Cancer: Donate a

car today! The benefits of donating

your car or boat: Fast Free Pickup

- 24hr Response Tax Deduction

- Easy To Do! Call 24/7: 855-905-

4755

EDUCATION

Mega Institution Mixte. Mission

d’Education pour les générations

de l’Avenir. Lilavois 53, Plaine du

Cul de Sac, Haiti. Ecole Primaire et

Bilingue. Fondateur : Jean L. Vallon,

M.S. EDU, Tel : (011509) 3813-

1107. Email : levallon@aol.com,

vjeanlesly@yahoo.com

EDUCATION / CAREER TRAINING

COMPUTER & IT TRAINING

PROGRAM! Train ONLINE to get the

skills to become a Computer & Help

Desk Professional now! Grants and

Scholarships available for certain

programs for qualified applicants.

Call CTI for details! (844) 947-0192

(M-F 8am-6pm ET)

EDUCATION / CAREER TRAINING

TRAIN AT HOME TO DO MEDICAL

BILLING! Become a Medical Office

Professional online at CTI! Get

Trained, Certified & ready to work in

months! Call 855-543-6440. The

Mission, Program Information and

Tuition is located at CareerTechnical.

edu/consumer-information. (M-F

8am-6pm ET)

HEALTH

VIAGRA & CIALIS! 60 pills for $99.

100 pills for $150. FREE shipping.

Money back guaranteed! 1-855-579-

8907

HEALTH

Drink “SOUL,” the anti-oxidant

power supplement made from seeds!

Banish pain, reclaim youth, inject

energy. Packets: $4 each. Box of 30:

$78. Two boxes: $143. Call (305)

610-6913 or visit www.myrainlife.

com/rejuvenation.

HELP WANTED

Haïti Liberté is looking to hire a

Wordpress specialist (or someone

willing to be trained) with a working

knowledge of French, Kreyòl, and

English and a sense of design to

help with the regular update and

maintenance of its website. Send

résumés to: editor@haitiliberte.com;

or call 718-421-0162

HELP WANTED

Driver Tractor Trailer & Owner

Operators Wanted, for Container

Work, 3 Years Pier Experience

Required, CDL Class A Licence,

Clean Record, Twic Cart Required.

Good Pay, Steady Work, Please Call

Gabriel or Mark (973) 690-5363 or

Inquire Within 187-189 Foundry St.

Newark, NJ 07105

HELP WANTED

Driver with a vehicle needed for

Wednesday newspaper deliveries.

Routes available in New York &

Miami. Call 718-421-0162.

HOME IMPROVEMENT

Never Pay For Covered Home

Repairs Again! Complete Care

Home Warranty COVERS

ALL MAJOR SYSTEMS AND

APPLIANCES. 30 DAY RISK

FREE. $200.00 OFF + 2 FREE

Months! 866-440-6501

HOME IMPROVEMENT

Eliminate gutter cleaning forever!

LeafFilter, the most advanced debrisblocking

gutter protection. Schedule

a FREE LeafFilter estimate today.

15% off and 0% financing for those

who qualify. PLUS Senior & Military

Discounts. Call 1-877-763-2379

HOME IMPROVEMENT

Upgrade Your Home with a

NEW METAL ROOF

Guaranteed to Last a Lifetime!

LIMITED TIME OFFER

60 % off

YOUR INSTALLATION

+

TAKE AN ADDITIONAL

10 % off

Install for Military, Health

Workers and First Responders

Limited time offer.

Expires 12.31.21

Warranty- Limited Lifetime.

Transferable to 1 subsequent

owner from original purchaser.

Terms and conditions apply.

Hail up to 2.5”, Appearance

of the surface coating beyond

normal wear and tear.

STRONG AS STEEL WITH THE

ATTRACTIVE LOOK OF VARIOUS

ROOF STYLES

From Dimensional Shingles to classic styles

reminiscent of Cedar Shake and Spanish Tile, an

architectural roofing system by Erie Metal Roofs

can enhance the beauty of your home while

protecting your family and property for a lifetime.

Call today to schedule your

FREE ESTIMATE 1-855-492-6084

Made in

the USA

Prepare for

power outages

with a Generac

home standby

generator

REQUEST A FREE QUOTE!

877-516-1160

FREE

7-Year Extended Warranty*

A $695 Value!

Limited Time Offer - Call for Details

Special Financing Available

Subject to Credit Approval

The Generac PWRcell, a solar plus

battery storage system. SAVE money,

reduce your reliance on the grid,

prepare for power outages and power

your home. Full installation services

available. $0 Down Financing

Option. Request a FREE, no

obligation, quote today. Call 1-888-

871-0194

MISCELLANEOUS

BEST SATELLITE TV with 2 Year

Price Guarantee! $59.99/mo with

190 channels and 3 months free

premium movie channels! Free next

day installation! Call 888-508-5313

TV INTERNET PHONE

DISH TV $64.99 For 190 Channels

+ $14.95 High Speed Internet. Free

New orders only. Does not include material costs. Cannot be combined with any

other offer. Minimum purchase required. Other restrictions may apply. This is an

advertisement placed on behalf of Erie Construction Mid-West, Inc (“Erie”). Offer

terms and conditions may apply and the offer may not be available in your area.

Offer expires December 31st 2021. If you call the number provided, you consent

to being contacted by telephone, SMS text message, email, pre-recorded messages

by Erie or its affiliates and service providers using automated technologies notwithstanding

if you are on a DO NOT CALL list or register. Please review our Privacy

Policy and Terms of Use on homeservicescompliance.com. All rights reserved.

*To qualify, consumers must request a quote, purchase, install and activate the

generator with a participating dealer. Call for a full list of terms and conditions.

Installation, Smart HD DVR Included,

Free Voice Remote. Some restrictions

apply. Promo Expires 1/21/22.

1-888-609-9405

TV INTERNET PHONE

NURSING HOMES, HOME CARE AGENCIES

& HOSPITALS ARE HIRING!

Jobs Available • Train to be a Health Care Worker in less than 2 MONTHS

RN and LPN review 2.5 month course: ..............................................................$4900

Morning (10 am to 3 pm) & evening (6 pm and 10 pm), Mon to Thu classes start

Oct. 21 & end Dec. 30, 2019 • Weekend, Sat & Sun, start Oct. 26 from 10 am to 4 pm

Upgrade your expired HHA in 7 days: ...............................................................$695

CNA become a HHA in 7 days: ...........................................................................$695

EKG and phlebotomy, PCT, PCA review: Start Sep.23

DAISLEY INSTITUTE: 718.467.8497

229 Empire Blvd., Brooklyn, NY (bet Bedford & Rogers)

THE NATION’S

G U T T E R

1

G U A R D

FINANCING THAT FITS YOUR BUDGET! 1

Promo Code: 285

1 Subject to credit approval. Call for details.

CALL US TODAY FOR

A FREE ESTIMATE

BACKED BY A YEAR-ROUND

CLOG-FREE GUARANTEE

Mon-Thurs: 8am-11pm, Fri-Sat: 8am-5pm, Sun: 2pm-8pm EST

EXCLUSIVE LIMITED TIME OFFER!

15 %

OFF &

YOUR ENTIRE

SENIORS &

PURCHASE *

MILITARY!

10

+ 5

% OFF

TO THE FIRST 50

CALLERS ONLY! **

1-855-478-9473

LIFETIME

WARRANTY

%

OFF

WE INSTALL

YEAR-ROUND!

*For those who qualify. One coupon per household. No obligation estimate valid for 1 year. **Offer valid at time of estimate only 2 The leading consumer reporting

agency conducted a 16 month outdoor test of gutter guards in 2010 and recognized LeafFilter as the “#1 rated professionally installed gutter guard system in America.”

CSLB# 1035795 DOPL #10783658-5501 License# 7656 License# 50145 License# 41354 License# 99338 License# 128344 License# 218294 WA UBI# 603 233 977

License# 2102212986 License# 2106212946 License# 2705132153A License# LEAFFNW822JZ License# WV056912 License# WC-29998-H17 Nassau HIC License#

H01067000 Registration# 176447 Registration# HIC.0649905 Registration# C127229 Registration# C127230 Registration# 366920918 Registration# PC6475 Registration#

IR731804 Registration# 13VH09953900 Registration# PA069383 Suffolk HIC License# 52229-H License# 2705169445 License# 262000022 License# 262000403

License# 0086990 Registration# H-19114

DENTAL Insurance

from Physicians Mutual Insurance Company

Call to get your FREE Information Kit

1-855-225-1434

Dental50Plus.com/nypress

Product not available in all states. Includes the Participating (in GA: Designated) Providers and Preventive Benefits

Rider. Acceptance guaranteed for one insurance policy/certificate of this type. Contact us for complete details about

this insurance solicitation. This specific offer is not available in CO, NY; call 1-800-969-4781 or respond for similar offer.

Certificate C250A (ID: C250E; PA: C250Q); Insurance Policy P150 (GA: P150GA; NY: P150NY; OK: P150OK; TN: P150TN). Rider

kinds: B438, B439 (GA: B439B).

6208-0721

Saving a Life EVERY 11 MINUTES

alone

I’m never

Life Alert ® is always

here for me.

One touch of a button

sends help fast, 24/7.

Help at Home

I’ve fallen and I can’t get up!

®

with

GPS!

Help On-the-Go

Get DIRECTV! ONLY $69.99/month!

155 Channels & 1000s of Shows/

Movies On Demand (w/SELECT All

Included Package.) PLUS Stream on

Up to FIVE Screens Simultaneously

at No Additional Cost. Call DIRECTV

1-888-534-6918

Batteries Never Need Charging.

For a FREE brochure call:

1-800-404-9776

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021

Haiti Liberté/Haitian Times

19


Art et Culture

Pleins Feux Sur : Eric Mazarin (Port-au-Prince- 1956 ?)

« Un timbre alambiqué »

Par Ed Rainer Sainvill

Une sorte d’enfant de la balle, Eric

a eu le privilège de grandir dans

l’ombre d’un frère ainé ; en l’occurrence

Ricot Mazarin. Qui lui-même

a occupé le devant de la scène musicale

tout au cours des années 1960 ;

avec sa voix solennelle et distinguée.

Successivement comme vocaliste

des « Diplomates », des « Incognitos

» ci-devant « Tabou Combo », des «

Fantaisistes » de Carrefour et du «

Volo Volo » de Boston comme vedette

principale, en tandem avec la

future star Ti Manno. C’est donc en

plein dans le mille qu’Eric a appris ses

sujets vocaux. Qu’il a continué à cultiver

à travers multiples associations

éphémères. Tout en recueillant d’autres

influences qui vont le permettre

d’échafauder un style caractéristique.

Notamment basé sur des envolées

aériennes et des subtilités distinctives.

Des signes qui vont le mettre

dans le collimateur des groupes débutants.

Tout en s’acquittant dans des

‘’jam’s’’ improvisés et des sérénades

qui sont l’apanage d’une filiation en

quête d’exposition. Une propulsion

qu’il a maintenue en compagnie d’autres

prétendants artistes comme : Joël

Théodore, André Dubuisson en compagnie

desquels il a composé un trio

de vocalistes qui a fait une prestation

remarquée au ‘’Boulo Show’’ sur Télé

Haïti. Une occasion dont l’aboutissement

l’a permis d’être repéré par des

instances supérieures. Pour marquer

un tournant décisif dans la carrière

d’Eric. Qui éventuellement va faire

son entrée au sein du plus fameux

mini-jazz « Les Ambassadeurs » ;

revenus de longs périples nord-américains

et antillais. A une époque où la

musique ambiante est en mutation.

En effet, l’invasion de la

cadence lypso antillaise avec sa

‘’horn-section’’, la ferveur du disco

en plus de l’incorporation du synthé,

ce nouvel instrument avec sa sonorité

distinctive avaient bien changé

les donnes. C’est donc dans des «

Ambassadeurs » tout à fait métamorphosés,

vidés des patterns de sa

méringue typique. Qu’E. Mazarin a

eu l’opportunité de faire des débuts

convaincants dans Alléluia ; l’ayant

autorisé d’introduire sa marque chanterelle

dans l’arène musicale. Au

milieu d’un quator vocal composé

de l’incontournable Pascal Albert et

des vocalistes circonstanciels comme

: Tipum et Ernst Ménélas le maestro.

Avec pas assez d’espace pour

se mouvoir, Eric est assez imbu des

possibilités à venir. Après avoir été

exposé parmi des conquérants, il est

vrai, qui étaient en fin de cycle.

Ce qui a opportunément tourné

en faveur de Mazarin dont cet étalage

l’a permis d’être repéré par Robert

Martino le maestro du « Scorpio

», qui en a fait appel pour palier à la

démission du chanteur du groupe Olson

J. Louis qui a immigré au state.

C’est donc en fanfare qu’Eric a fait

son introduction au sein du « Scorpio/

Universel » ; dans lequel il est rejoint

par Gracia Jean Philipe dit ‘’Tikit’’.

Avec lequel il compose un duo vocal

complémentaire. Campant ‘’Tikit’’ en

animateur ; alors que lui Eric s’est

installé en pourvoyeur du dosage.

Comme il l’a montré dans le titre et

l’album : ‘’1980’’. En propulsant son

tempo vertigineux infus de tangibilité

et d’autres subtilités qui ont permis

à ‘’la bête’’ de sortir d’une mauvaise

impasse. Bien que son séjour au sein

Eric Mazarin

de la bande à Martino n’ait pas fait

long feu.

Puisqu’il est convoqué par Arsène

Apollon qui venait encore une

fois de se brouiller avec ses partenaires

de New-York. En vue de prendre

part à son « Skah-Shah Plus ».

Qu’il entend installer au pays du

konpa même. C’est donc la voix

d’Eric et de celle du vétéran ‘’Blagueur’’

Lainé, qu’Arsène a trouvé

plus appropriées pour les paramètres

de son « Skah-Shah » d’Haïti. Ce que

Eric s’est contenté d’exécuter amplement

dans l’album :’’ Croyance’’ ; en

prouvant qu’il a atteint ce palier supplémentaire

dans quelques titres tels

: el la cucina, un midley des tubes

du « Skah-Shah », qu’il a délivré en

tandem avec ‘’Blagueur’’, avec lequel

il partage un timbre similaire. Suivi

d’un second opus : ‘’Souvenir des

Antilles’’, à travers lequel il a fait

part des morceaux : illusions, regrè

etc ; prouvant sa progression.

Une étape qui a vu le statut du

groupe prendre de l’ampleur dans

l’arène de la musique locale et antillaise.

Et, finalement pour Eric Mazarin

le chemin du vedettariat ; qui

l’a éventuellement catapulté sur les

routes du monde. Et subséquemment

les villes des E.U, jusqu’à New-York

où l’ensemble s’est finalement dispersé.

Laissant Eric en ballotage et

sans preneur ; entre les petites associations

fortuites qui ne l’aident pas

à sortir de la traverse. Pour rallier en

fin de compte un groupe obscur du

nom de « Traffic » à New-Jersey. Alors

assemblé par l’ancien saxophoniste

du « Skah-Shah #1 » l’états-unien

Ed Cohen qui s’imaginait qu’il pouvait

faire du Loubert Chancy. Dans

une musique de nature conflictuelle,

voire baroque. A travers laquelle Eric

a montré qu’il n’a pas vraiment cultivé

son registre durant ses périodes

d’inactivité. Et pour cause, l’album :

‘’Magic Night’’ n’a pas été pour lui

une sortie mémorable.

Aksyon Bonè se Kle!

Mande Doktè Ou Enfòmasyon sou Tretman Antikò Monoklonal

Tretman antikò monoklonal se pou moun ki genyen COVID-19 oswa ki te ekspoze

resaman ak yon moun ki genyen COVID-19. Tretman Antikò Monoklonal:

• Ede kò ou konbat COVID-19 pandan sistèm iminitè ou ap kòmanse

fè pwòp antikò pa li

• Redwi risk ou pou ou vini malad anba COVID-19 epi

evite entène lopital

• Rekòmande pou nenpòt moun ki gen laj 12 ane oswa plis

ki anba gwo risk pou yo malad grav ak COVID-19, tankou

granmoun aje yo ak moun ki gen lòt pwoblèm sante yo

• Pa yon ranplasan pou vaksinasyon

Pou jwenn yon sit ki ap ofri tretman antikò monoklonal, vizite

nyc.gov/health/map.

Pou jwenn yon sit vaksinasyon, vizite nyc.gov/vaccinefinder

oswa rele 877-829-4692.

20 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 15 # 17 • Du 27 Octobre au 2 Novembre 2021

More magazines by this user
Similar magazines