Qualité Références 91

MRJ.Presse

Le marché de la certification en 2021 et ses perspectives pour 2022

Décembre - Janvier - Février 2022 / Trimestriel / 20€ N° 91

Dossier

Le marché de la certification en 2021

et ses perspectives pour 2022 22

CERTIFICATION, CONSEIL :

L’agroalimentaire et l’atteinte des ODD 20

PREVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT :

Des solutions pour la QHSE 10

EXCELLENCE, DEMARCHE :

Vers un numérique responsable 29

CONTROLE QUALITE INDUSTRIEL :

Spécial Aéronautique, Spatial et Défense 33


ı PRODUCTION MAINTENANCE • N°72 • février-mars-avril 2021


ÉDITORIAL

Contrôle Qualité, Numérique

responsable : vers plus d’innovations

©DR

Valérie Brenugat

Rédactrice en chef

Parmi les lauréats du fonds de modernisation et de diversification de la filière Aéronautique

dans le cadre de France Relance en novembre dernier, figurent plusieurs projets

où la qualité est pris en compte. Le Projet « Relance Menoge » de l’ETI spécialisée dans

la sous-traitance industrielle et le service, ADTP, en est un exemple. Il consiste à poursuivre

la modernisation de l’outil de production électronique et l’ajout d’équipements de contrôle

qualité. Par ailleurs, le projet « Focus 4.0 Issoundun » de Safran Seats France comprend, entre

autres, l’amélioration de la qualité et des délais en production grâce à des moyens de contrôle automatiques

et numériques et la prise en compte des critères de qualité perçue dès la phase de pré

développement en corrélation avec la qualité perçue attendue des produits. Dans le dossier Spécial

Aéronautique, Spatial et Défense,

vous pourrez découvrir différentes

démarches et plusieurs instruments

pour le Contrôle Qualité.

« Le Projet « Relance Menoge » de l’ETI

spécialisée dans la sous-traitance industrielle

et le service, ADTP, en est un exemple. »

Par ailleurs, issu d’une initiative

franco-canadienne lancée en 2018

et soutenue par le Président de la République, le PMIA (Partenariat mondial pour l’Intelligence

artificielle) promeut une utilisation éthique et responsable de l’IA, dans le respect des principes

définis par l’OCDE. Lors de son dernier Sommet, Cédric O, secrétaire d’Etat chargé de la Transition

numérique et des Communications électroniques, a déclaré : « Le sommet annuel du PMIA

est le temps fort de cette initiative internationale multipartite, légère et souple, qui ambitionne de

devenir le GIEC de l’IA et ainsi fournir des rapports structurants et proposer des actions concrètes

pour défendre une innovation éthique et responsable au service des populations mondiales ». Dans

un avis d’expert, Marielle Roux, Manager de projets Aménagement du Territoire du groupe La

Poste, donne des pistes pour développer une stratégie numérique responsable. Comment les organisations

peuvent-elles allier la modernisation et la transition écologique ?

Valérie Brenugat

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@qualiref

ÉDITEUR

MRJ Informatique

22, Boulevard Gambetta

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Valérie Brenugat

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la-revue/

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abonnement@qualite-references.com

Prix au numéro :

20 €

Abonnement 1 an France et

Etranger, 4 numéros en version

numérique : 60 € TTC

Abonnement 1 an version

numérique + papier : 85 € TTC

Règlement par chèque

bancaire à l’ordre de MRJ

RÉALISATION

Conception graphique :

Dolioz - Adeline Docquier

Impression :

GT Print EOZ

6, avenue Jean d’Alembert 78190 Trappes

N°ISSN :

1293‐2949

Dépôt légal : à parution

Périodicité : Trimestrielle

Numéro : 91

Date :

Décembre 2021 -Janvier-Février 2022

RÉDACTION

Rédactrice en chef

Valérie Brenugat

Comité de rédaction : Christian

Doucet (AME), Pierre Girault (AFQP, Air

France), Olec Kovalevsky (Performance

Qualité TPE – PME).

Ont contribué au numéro : Valérie

Brenugat, Christian Doucet,

Olec Kovalevsky, Marie Pommier

(QualNet), Marina Vial (BOC France),

Olivier Rohou (eLamp), Pierre Lacoin

(1792avocats), Adrien Content

(Koovea), Georges Abi Rached (AB

Certification), Olivier Audebert

(SGS), Olivier Fauroux et Pierre

Bouchet (LRQA), Hans Lepelaars

(ASC Instrument), Valérie Lecoeur

(Jumo Régulation), Simon Côté

(Creaform), Gwendal Girard-Suard

(Trioptics France)

Encart jeté : KERN & SOHN

Crédits Photos :

Photo de couverture : iStock - Skynesher,

QUALITÉ RÉFÉRENCES• N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022I3


SOMMAIRE

DOSSIER

Le marché de la certification en

2021 et ses perspectives pour 2022

Regards croisés entre Georges Abi Rached (AB

Certification), Olivier Audebert (SGS), Olivier Fauroux

(LRQA) et Pierre Bouchet (LRQA)

22

Éditorial

3 Contrôle Qualité, Numérique

responsable : vers plus d’innovations

BILLET

8 Réseaux (a)sociaux

TPE - PME

9 Premier pas en Qualité dans les

TPE-PME

Préventions des risques

10 Les tendances du marché logiciel :

les solutions doivent s’adapter aux

organisations et non l’inverse

12 L’intérêt d’une démarche QHSE

avec un outil BPM comme Adonis

15 Comment adopter une gestion

automatisée des habilitations

pour faciliter les audits dans un

environnement complexe ?

18 Délits de corruption et de trafic

d’influence : attention aux

cadeaux !

Formation, Conseil,

Certification

20 Koovea : innovation, proximité et

recyclage

Excellence, Démarche,

Management

29 Numérique responsable : mode ou

urgence ?

Contrôle qualité

industriel

33 Garantir l’étanchéité des gilets pareballes

: éliminer les risques ou risquer

de se faire éliminer ?

34 Jumo : la qualité est une question de

volonté

36 Conception de supports d’antenne sur

avions pour les systèmes SAR et les

différents niveaux de précision requis

lors de la numérisation

Outil

39 Boite à outils

40 Agenda

42 Sommaire / Index

Courrier des

lecteurs

Pour recueillir vos réactions

aux articles ou partager votre

expertise, des pages consacrées

aux échanges des lecteurs ont

été créées dans la revue ainsi

qu’un courriel dédié :

> redaction@qualite-references.com

Si vous envoyez un article

entre 2900 et 5800 signes

pour la rubrique « Courrier

des lecteurs » et qu’il est

sélectionné par le comité

de rédaction d’ici Juin 2022,

vous gagnerez un abonnement

gratuit pendant 6 mois à la

revue Qualité Références.

Votre avis nous importe et nous

avons besoin de vos réactions.

À vos plumes…

QUALITÉ RÉFÉRENCES• N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022I 5


LES TEMPS FORTS

PREVENTION DES RISQUES

© DR

Des solutions pour la QHSE p 10 à 17

La Directrice Produit de QualNet expose les tendances du marché

logiciel où les solutions QHSE doivent s’adapter aux organisations.

La responsable des activités commerciales de Boc France explique,

quant à elle,l’intérêt d’une démarche QHSE avec un outil BPM.

Enfin, le Président & co-fondateur de eLamp présente un cas chez

un client, de Get Link visant à faciliter les réponses aux audits et

contrôles opérationnels avec l’automatisation du renouvellement

des habilitations des équipes. Précisions.

© DR

DOSSIER

Le marché de la certification

en 2021 et ses perspectives

en 2022 p 22 à 28

Georges Abi Rached, Directeur Général d’AB Certification, Olivier

Audebert, Directeur Technique et Développements chez SGS, Olivier

Fauroux, Olivier Fauroux, LRQA Sustainability Technical Specialist et

Pierre Bouchet, LRQA Food Technical Manager, dressent un bilan 2021

sur le marché de la certification et présentent leurs développements

en 2022. Echanges.

EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT

Un numérique responsable p 29 à 31

© DR

En novembre dernier, lors de la COP26 à Glasgow, des chiffres

dévoilés sur le réchauffement climatique ont été alarmants. Dans

un avis d’expert, Marielle Roux, Manager de projets Aménagement

du Territoire du groupe La Poste, présente les leviers qu’une

entreprise peut mettre en oeuvre pour développer une stratégie

de numérique responsable.

© DR

CONTROLE QUALITE INDUSTRIEL

Spécial Aéronautique, spatial

et défense p 32 à 38

Dans un avis d’expert, ASC Instrument présente un moyen de contrôle

des souples packs balistiques des gilets pare-balles offrant une réelle

garantie d’étanchéité. Par ailleurs, Jumo Régulation explique les

enjeux du contrôle qualité et de la qualité pour sa société. Creaform

présente, quant à lui, un cas d’application dans un centre allemand

pour l’aéronautique et l’aérospatiale où trois solutions de mesure

3D portables ont été utilisées. Enfin, Trioptics France expose son

activité de fournisseur d’instruments destinés au contrôle qualité

des systèmes optiques.

QUALITÉ RÉFÉRENCES• N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022 I7


BILLET

RÉSEAUX (A)SOCIAUX

© DR

Christian Doucet

Membre du comité éditorial de Qualité

Références et auteur d’ouvrages

Les réseaux sociaux ont un fabuleux tableau de chasse

à leur actif ! À force de fakenews et autres billevesées,

ils ont contribué de façon déterminante à l’élection de

Donald TRUMP puis de Jair BOLSONARO. Ils contribuent

maintenant largement au refus du vaccin et du pass sanitaire

en France... Ce que les trublions de Facebook affirment est

devenu parole d’évangile même si c’est totalement fantaisiste...

Ainsi le nouveau vaccin anti covid a-t-il d’abord été censé injecter

chez ses cobayes des puces destinées à en faire des esclaves

quand il ne s’agissait pas tout simplement d’un complot des

chinois pour exterminer les occidentaux... Et maintenant, au

lieu de se réjouir d’avoir une prévention efficace face à la pandémie

(imaginons ce que serait la situation s’il n’existait pas...), il

est accusé d’être dangereux alors qu’aucun vaccin n’a jamais été

autant étudié et que des milliards de personnes l’ont déjà testé...

Et chaque fois des milliers sinon des millions de personnes

les croient, voire deviennent même addicts à ces réseaux !

Bref ils peuvent faire la pluie et le beau temps tout en déniant

frontalement les informations scientifiques. Avec eux tout

semble possible, même l’impossible !

Cela donne des idées... Pourquoi ne pas créer un réseau social

d’entreprises incitant fermement les patrons à accorder des

augmentations de salaires régulières ? Et inversement un autre

(moins drôle) qui pousserait les salariés à penser qu’ils sont

trop bien payés et ne travaillent pas assez ? Vu les exemples

précédents, il y a toutes les chances pour que ça fonctionne.

Pour la qualité ce serait bien aussi : d’une part pour amener

nos clients à trouver nos produits excellents sans conditions,

d’autre part pour insuffler à tous les autres services un amour

immodéré pour le PDCA et les normes ISO 9000.

Le pied !

Christian Doucet

Si cet article vous a intéressé, faites part de vos réactions

sur l’e-mail : ccdt@cegetel.net. Après accord de la rédaction,

vos remarques seront publiées dans le prochain numéro de

Qualité Références.

© DR

8 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


TPE - PME

POINT DE VUE

Premiers pas en Qualité

dans les TPE – PME

Retour, dans ce numéro, sur le témoignage de démarches qualité naissantes dans des TPE –

PME de nos territoires. L’enquête annuelle de l’ISO montre une stabilité du nombre de certificats

en France (+ 0,8 % sur 1 an) et une augmentation plus sensible du nombre de sites concernés

(+ 3,5 % sur 1 an). Puissent ces articles contribuer à la décision de s’engager !

© DR

Olec Kovalevsky,

consultant-formateur,

gérant d’Avantage

Qualité

En cette fin d’année 2021, la

situation globale du pays est

telle que toutes les conjectures

sont possibles : les

optimistes peuvent voir des signes

encourageants dans la reprise économique,

la maîtrise de la situation sanitaire,

la vitalité du marché du travail,

l’intérêt grandissant pour l’écologie …

et les pessimistes peuvent nourrir

leurs sombres prévisions et affirmer,

même sans certitude, que nos actions

et progrès ne seront pas suffisants face

aux menaces, risques et défis auxquels

nous sommes ou serons confrontés.

C’est déjà une chance que notre

situation globale autorise cette double

lecture !

Toutes choses égales par ailleurs, les

chiffres fournis par l’ISO dans son

enquête annuelle sur la certification de

systèmes de management dans le monde

(ISO 9001, ISO 14001, ISO 27001, ISO

22000, ISO 45001 …), établis fin 2020

et publiés en septembre 2021, légitiment

une double lecture également. La

croissance en nombre de certificats et

de sites concernés suit le nombre croissant

de référentiels et leur développement,

même faible, dans les pays, plus

nombreux à les adopter aussi. Pour l’année

2020, largement impactée par les

conséquences du Covid-19, ces résultats

montrent pour le moins une bonne

résistance des démarches qualité, sécurité,

environnement. Les plus optimistes

pourraient même y voir une certaine

causalité entre certification de systèmes

de management et la résistance des

entreprises face aux crises et aux aléas !

D’autres, plus sceptiques et critiques,

peuvent légitimement faire remarquer

que la Chine porte à elle seule l’essentiel

du résultat positif de croissance pour

l’ISO 9001 et l’ISO 14001, représentant

près de 80 % des certifications mesurées.

Cela inciterait donc à avoir une lecture

fine, par régions du monde voire par

pays. En ce qui concerne la France,

comme annoncé dans le chapeau introductif,

les chiffres sont plutôt encourageants

: légère croissance en nombre

de certificats (ISO 9001 : + 0,8 % et

ISO 14001 : + 0,9 %) et augmentation

davantage marquée au niveau du

nombre de sites concernés.

Est-ce un résultat de plus, accréditant

l’idée que la France a plutôt bien

traversé cette période mouvementée ?

Faut-il y voir un signe d’espoir ? Chacun

est libre de l’interprétation qu’il entend

faire de ces données globales, traditionnellement

critiquées car basées sur des

déclarations faites à l’ISO par les organismes

de certifications.

Pour ce qui nous concerne, au sein

du groupement Performance Qualité

TPE-PME, notre engagement auprès

des TPE – PME pour leurs démarches

qualité, QSE et RSE reste intact ! Nous

vous proposons, dans ce numéro, le

témoignage de l’entreprise Terberg

Matec SAS, équipementier dans le

secteur de la collecte des déchets, accompagnée

dans sa démarche de certification

ISO 9001 par Stéphanie Heurtaut,

membre de notre groupement et gérante

d’Optim’Conseil, spécialisée en amélioration

de la performance interne des

TPE – PME ●

Olec Kovalevsky

olec.kovalevsky@gmail.com

Vous pourrez consulter son article« Premiers pas en qualité de Terberg Matec

Sas, équipementier de collecte de déchets » sur le site Internet https://qualite-references.com

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022 I9


PREVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT

DES SOLUTIONS POUR LA QHSE

AVIS D’EXPERT

Les tendances du marché logiciel : les solutions

doivent s’adapter aux organisations et

non l’inverse

Le marché des logiciels QHSE fait face à des enjeux importants pour accompagner les organisations

dans leurs évolutions, guidées par des changements réglementaires ou normatifs. Plusieurs pistes

de réflexions techniques, fonctionnelles et organisationnelles sont à explorer pour répondre à

cette situation.

Marie Pommier

Directrice Produit chez QualNet

©DR

© DR

C’est un fait : le monde change et le rythme des évolutions

s’accélère. Déjà constatée avant la pandémie, la

mutation des organisations s’amplifie. Le contexte réglementaire

et normatif accentue ces mutations.

Les logiciels n’échappent pas à ce mouvement : ils doivent eux

aussi s’adapter.

Par ailleurs, la démocratisation des smartphones et l’utilisation

d’applications mobiles sont entrées dans nos pratiques depuis de

nombreuses années. Les utilisateurs souhaitent bénéficier avec

leurs outils professionnels de la même souplesse que celle offerte

par leurs outils à usage personnel.

La combinaison de ces phénomènes oblige désormais les solutions

logicielles dans le domaine QHSE à être agile rapidement.

Comment les logiciels peuvent-ils être au service des changements

d’organisation ? Comment les éditeurs peuvent garantir une

continuité de services et une grande réactivité ? Comment assurer

aux utilisateurs un usage fluide, agile et souple des solutions ?

LE TEMPS DES PROJETS INFORMATIQUES SE RÉDUIT

L’avènement de la micro-informatique et la démocratisation des

équipements se sont accompagnés d’une simplification des projets

informatiques. Encore courants dans les années 90, les projets

avec une échéance à long terme sont aujourd’hui très rares. Peu de

structures, entreprises privées ou entités publiques, se projettent

sur un tel horizon.

En 2014, une étude menée par le cabinet Vanson Bourne 1 auprès

1. https://www.generation-nt.com/etude-dsi-informatique-delai-projet-problematique-actualite-1890942.html

de DSI français a montré que le délai moyen entre une demande

et la fourniture d’un service était de 5 mois. Ce délai était considéré

comme une source de difficultés pour l’entreprise et 2/3 des

personnes interrogées estimaient que cela créait une inertie néfaste

pour la productivité de l’entreprise.

Aujourd’hui, les cahiers des charges font état de planning de

déploiement sur quelques semaines seulement.

LA TENDANCE « NO CODE » OU « LOWCODE »

L’expression « solution no-code » se répand depuis des mois sur

les réseaux et les articles de blog sur le sujet se comptent désormais

par dizaines.

Derrière cet anglicisme technique, se cache une réalité opérationnelle

: même s’il s’agit avant tout de produits informatiques,

la technologie n’est pas ou n’est plus le sujet principal.

Les logiciels doivent être au plus près des usages et des attentes

des utilisateurs. Un responsable Qualité doit être en capacité de

mettre en œuvre de façon autonome son logiciel QHSE. Déployer

un plan d’actions ou une collecte d’événements indésirables doit

pouvoir se faire simplement et directement par les professionnels

concernés.

10 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91• Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


DES SOLUTIONS POUR LA QHSE

PREVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT

HÉBERGEMENT & SIMPLIFICATION DES INFRASTRUCTURES

Les solutions en ligne, hébergées ou Saas se développent et

simplifient le maintien en conditions opérationnelles des

logiciels. Cependant, il est impératif de maîtriser la sécurisation

des données : la protection des données et la conformité

au référentiel européen RGPD reste une priorité.

Des solutions d’hébergement extrêmement sécurisées sont

aujourd’hui disponibles sur le marché. C’est notamment le

cas des plateformes certifiées ISO 27 001, agréées pour héberger

des données sensibles.

PRISE EN COMPTE DE L’EXPÉRIENCE UTILISATEUR

Une autre notion émerge ces dernières années : l’expérience

utilisateur. L’objectif de l’UX Design est de créer la meilleure

expérience d’usage possible dans toute situation d’interaction.

Aujourd’hui, l’UX ne rime pas seulement avec numérique,

mais s’applique aussi aux objets physiques et fait partie de

notre quotidien. Les logiciels professionnels n’échappent pas

à la tendance et la conception d’applications doit prendre en

compte le parcours de l’utilisateur de A à Z.

Créer des interfaces intuitives et plus adaptées limite le

besoin d’assistance et de documentation, les frustrations et

incompréhensions des utilisateurs.

UN ACCOMPAGNEMENT RÉACTIF : LA TMA

Les éditeurs de logiciels doivent proposer un haut niveau de

services à leurs clients, réactif et performant. Des contrats de

services tel que ceux de Tierce Maintenance Applicative (TMA)

sécurisent les utilisateurs durant tout le cycle de vie du logiciel.

En effet, la TMA vise à déléguer à un prestataire externe tout ou

partie des opérations pour assurer le bon fonctionnement des

applications métiers. Il peut s’agir de prestations préventives,

correctives ou évolutives.

Ce type de contrat présente, entre autres, les bénéfices suivants :

• Soulager les équipes informatiques et fonctionnelles,

• Disposer de l’expertise technique et fonctionnelle de

l’éditeur,

• Accélérer la réalisation des projets,

• Bénéficier d’une assistance personnalisée.

Ces dernières années ont montré que les organisations doivent

faire face à de perpétuelles évolutions réglementaires, normatives

et technologiques. Les utilisateurs aspirent également à des outils

professionnels en phase avec ces changements.

Pour répondre à cette situation, mieux vaut adopter une solution

agile, sécurisée et offrant un large éventail de services. Qu’elles

soient techniques, fonctionnelles, ergonomiques ou humaines,

les pistes sont nombreuses et laissent présager de belles innovations

dans les années à venir.

Marie Pommier

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QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91• Décembre 2021 -Janvier-Février 2022 I11


PREVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT

DES SOLUTIONS POUR LA QHSE

AVIS D’EXPERT

L’intérêt d’une démarche QHSE avec un outil

BPM comme Adonis.

Les organisations sont de plus en plus tenues, du fait de facteurs d’influence externes et internes,

de fournir des preuves de conformité à un large éventail d’exigences légales ou de normes de

qualité au sens large (Qualité, Environnement, Sûreté, Sécurité, etc.) : ISO 9001 pour la qualité,

ISO 14001 pour l’environnement, OHSAS 18001 pour la sécurité... Au-delà de ces exigences, de

nombreuses organisations s’appuient sur des standards et des cadres (par exemple : BPMN 2.0,

TOGAF etc), afin de répondre à des questions et de traiter les enjeux durablement et efficacement.

©DR

Marina Vial

Responsable des activités commerciales

de BOC France

La conformité à ces normes et leur respect entraînent

souvent une augmentation de la productivité et de la

qualité, et peuvent également apporter des avantages

concurrentiels significatifs.

Des solutions de gestion des processus métier avec une approche

qualité telles que Adonis, supportent ce type de démarche grâce

notamment à la gestion d’un référentiel métier partagé, unique

source de vérité, à un métamodèle « fit for business » 1 adapté aux

réalités du métier, et à des fonctionnalités d’analyse et de pilotage

de l’information. Adonis est l’outil idéal pour vous accompagner

dans vos démarches d’amélioration continue quelles qu’elles

soient : gestion des processus, gestion du SI, gestion du contrôle

interne, gestion des risques et de la conformité, etc.

ASSURER ET PROUVER DE SA CONFORMITÉ AUX NORMES EN

VIGUEUR : « AUDIT READY » AVEC ADONIS

Sans intégration des systèmes de gestion, les différentes parties

prenantes travaillent côte à côte de manière isolée. Les informations

relatives aux différentes disciplines sont incomplètes

et sillonnées. Par exemple, la documentation existante dans un

service ne peut être réutilisée et complétée par un autre. Au

contraire, une documentation gérée dans un référentiel unique

et partagé, au-delà de la frontière des services, permet de briser

les silos, de travailler plus efficacement, mais aussi de mieux

1. Adonis est 100% conforme au standard international BPMN 2.0 enrichi

par d’autres objets pour permettre aux modélisateurs de représenter leurs

processus conformément à la réalité du métier.

comprendre des contextes plus larges. C’est l’un des avantages

d’un outil comme Adonis par rapport aux outils traditionnels

de gestion comme Word, Excel, ou PowerPoint.

L’intégration des systèmes de gestion dans une solution unique

offre également la possibilité de réutiliser et d’enrichir la documentation

existante. Si vous n’avez pas à vous occuper vousmême

de la collecte d’informations provenant d’autres services,

vous pouvez non seulement travailler plus efficacement sur votre

domaine de compétence, mais aussi obtenir une plus grande

fiabilité en termes de qualité des données. La qualité est l’affaire

de tous : toutes les expertises et départements de l’organisation

contribuent directement et personnellement à enrichir le référentiel

partagé de l’organisation.

Afin d’être conforme aux obligations de vérification, des critères

très stricts doivent être respectés comme la traçabilité, l’historisation,

le versionnage ou la conformité aux règles d’audit.

Dans ce contexte, l’utilisation d’un outil comme Adonis permet,

au-delà de la modélisation, de fournir une documentation des

exigences.

Enfin et dans le contexte d’une démarche d’audit, des modèles

exemples de référence sont proposés par la solution Adonis

et montre l’exhaustivité des éléments d’audit. Ces modèles de

référence sont issus de différentes disciplines, que ce soit pour

débuter une démarche qualité ou tout autre démarche d’amélioration

continue impliquant un audit : évaluations de la maturité

dans le contexte de l’ISO 9001:2015 et de l’EFQM, descriptions

des processus de référence dans l’environnement de l’ISO/

IEC 27001, COBIT 5.0 ou ITIL, ou catalogues de risques et de

contrôles basés sur Bâle II/Bâle III, Solvency II et bien d’autres.

Un outil « Audit Ready » doit permettre à l’organisation de faciliter

le pilotage de sa démarche QHSE et proposer des rapports

prêts à l’emploi reprenant les éléments essentiels de l’audit pour

être partagés avec les différentes institutions et parties prenantes

impliquées dans la démarche d’audit.

12 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91• Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


DES SOLUTIONS POUR LA QHSE

PREVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT

Figure 1 - Audit Ready avec Adonis

AMÉLIORER SA PERFORMANCE AVEC

UN OUTIL D’AIDE AU PILOTAGE

Une organisation en quête de performance

doit gérer activement et améliorer

en permanence ses processus métier.

Ce n’est qu’ainsi qu’elle peut établir et

mettre en œuvre des processus efficaces

et allégés et une structure de coûts correspondante.

Cela s’accompagne également

d’une flexibilité sensiblement accrue, afin

de pouvoir répondre aux exigences sans

cesse changeantes des clients, ainsi que

d’une affectation plus rapide et plus ciblée

des ressources existantes.

Un outil comme Adonis supporte ce type

d’initiative en permettant par exemple de :

• Organiser vos processus selon une

hiérarchie/méthodologie que vous

aurez choisie : procédures stratégiques,

procédures opérationnelles

;

• Publier les processus de manière

simple et transparente ;

• Simuler des scénarios pour vous

aider dans vos prises de décision ;

• Améliorer vos processus de manière

continue ;

• Prioriser vos actions et communiquer

autour du changement ;

• Évaluer le niveau de maturité de

vos initiatives ;

• Contrôler le degré de conformité

de vos actifs aux objectifs de

contrôle.

MAÎTRISER LES RISQUES PAR LES

OPÉRATIONNELS MAIS AUSSI PAR LE

MANAGEMENT

Dans le contexte d’une démarche QHSE,

toute organisation doit s’interroger sur

les risques liés à ses processus et sur

les dommages potentiels qu’ils peuvent

causer.

Cela veut dire aussi la mise en place

de contrôles traitant efficacement les

©DR

risques et une bonne gestion du plan d’action

visant à mitiger les risques.

Il est extrêmement difficile de mener ce

type de démarche sans un outil de gestion

des risques et de la conformité (GRC).

En effet, vous aurez besoin de consolider

les connaissances des différentes parties

prenantes de la démarche, afin d’identifier

et d’évaluer tout type de risque.

Par la suite, vous pourrez mettre en place

des contrôles correctement ancrés dans

votre activité et en assurer le suivi.

Ce n’est qu’avec un métamodèle suffisamment

riche et compris par tous, un

circuit de validation, ainsi que des vues

graphiques permettant le pilotage (e.g.

heatmaps, analyses d’impact, vues portefeuille,

histogrammes) que vous pourrez

mener à bien votre démarche GRC efficacement.

Au-delà des préoccupations managériales,

la gestion opérationnelle des risques revêt

une importance particulière. En effet,

toutes les tâches relatives à l’initiative

GRC doivent être accomplies consciencieusement

et à temps, en plus des affaires

courantes. Cela conduit généralement à

jongler entre les différentes tâches et à

trouver un équilibre.

Il est donc très important pour les opérationnels

de disposer d’un outil leur

FIGURE 2 - ANALYSE ET REPORTING AVEC ADONIS

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91• Décembre 2021 -Janvier-Février 2022 I13


PREVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT

DES SOLUTIONS POUR LA QHSE

Figure 3 - Approche GRC avec ADONIS

permettant d’accomplir leurs tâches efficacement et collaborativement.

Il convient d’éviter la collecte redondante de données

afin de ne pas mobiliser inutilement des ressources au niveau

opérationnel.

CAS CLIENT

Un client Adonis, fournisseur d’énergie de renommée internationale,

a souhaité mettre en place il y a quelques années un système

de management durable basé sur 3 piliers : la dimension environnementale,

la dimension sociale et la dimension économique.

Les cartes de processus et de contrôles ont fourni le cadre de ce

système de gestion. Afin d’aborder les principaux enjeux, l’organisation

a lancé un projet de certification ISO9001 (gestion de

la qualité) et ISO 14001 (gestion environnementale) afin de traiter

les enjeux liés à la démarche de mise en place d’un système

de management durable.

LES DÉFIS

Un des principaux défis était d’atteindre ce niveau de certification

en 20 mois et de se conformer aux exigences en termes d’optimisation

des processus, d’amélioration continue et de réduction

des effets sur l’environnement.

Des thèmes tels que la structuration du paysage des processus,

l’illustration de procédures détaillées et l’utilisation de hiérarchies

de processus ont été discutés au début de démarche. C’est

ainsi que le projet a finalement pu être lancé.

Sur la base de ces discussions, deux itérations d’ateliers de processus

(modélisation et optimisation) ont été réalisées.

Dans la phase suivante, les processus définis ont été mis en œuvre

dans les unités organisationnelles compétentes.

Dans la phase finale, des audits internes suivis de la réalisation

d’un plan d’action ont été réalisés avant les audits de certification

proprement dits.

©DR

LES RÉSULTATS

Pendant toute la durée du projet, un système de gestion a été

créé et 3 grandes familles de processus ont vu le jour : processus

de pilotage, processus opérationnels et processus de supports.

La chaîne de valeur a été caractérisée, par les processus, la performance

du marché et la sécurisation de l’approvisionnement et de

l’infrastructure. La chaîne de valeur a également été clairement

définie à l’aide de processus détaillés.

Le fait d’utiliser à la fois des procédures centralisées et décentralisées

a permis d’interpréter les procédures avec une certaine flexibilité

et de les rendre exploitables par différents départements.

Cette approche a également permis de produire une documentation

détaillée et de haute qualité.

Grâce à cette méthode, des flux de travail détaillés ont été collectés

par les départements. Le niveau le plus haut de la hiérarchie

des processus (niveau 1 de cartographie), les objets de modélisation

tels que les rôles, les responsabilités et les systèmes d’information,

mais encore l’assurance qualité et le cycle de vie des

modèles ont été gérés et définis centralement.

DES PROCESSUS OPTIMISÉS

Parallèlement à la mise en œuvre des processus axée sur le métier,

l’autre objectif était d’identifier les coûts opérationnels récurrents

et à les réduire autant que possible.

Les cycles de mise à jour de la documentation des processus ainsi

que le back-up du référentiel d’Adonis ont été automatisés. Enfin,

certains aspects du système de reporting basé sur les processus

ont été améliorés.

CONCLUSION

La définition et la conduite d’un projet cohérent, l’utilisation d’un

outil de gestion de processus bien établi, ainsi que le support de

l’éditeur sont autant d’éléments qui permettent à une organisation

de mettre en place une démarche QHSE. L’obtention des certifications

ISO 9001, ISO 14001 et OHSAS 18001 sont l’aboutissement

de la démarche et du bon équilibre trouvé entre la réalité

du métier, la méthodologie utilisée et le support de l’outil.

Dans l’ensemble, les facteurs clés de succès peuvent être résumés

comme suit :

• Approche simple de la démarche qualité ;

• Analyse décentralisée des procédures détaillées ;

• Gestion centralisée des cartes macros, des rôles, des responsabilités

et des systèmes d’information ;

• Modélisation des processus selon les normes et l’identité

de l’entreprise ;

• Automatisation de la publication et de la sauvegarde des

modèles et du contenu.

Marina Vial

14 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91• Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


DES SOLUTIONS POUR LA QHSE

PREVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT

APPLICATION

Comment adopter une gestion automatisée des

habilitations pour faciliter les audits dans un

environnement complexe ?

Dans le contexte réglementaire de la sécurité ferroviaire, je vous propose une problématique

QHSE, à travers un cas client, visant à faciliter les réponses aux audits et contrôles opérationnels

avec l’automatisation du renouvellement des habilitations de vos équipes.

©DR ©DR

Olivier Rohou

Président &

co-fondateur de eLamp

Dans cet exemple, les équipes QHSE

souhaitaient gérer dynamiquement

l’ensemble des certifications

et habilitations des collaborateurs,

soumises aux règles d’obtention et de renouvellement

des compétences internes sécuritaires.

Le tout dans un écosystème SI assez complexe

nécessitant une connexion aux outils de planification

et de formation.

Nous allons analyser, dans cet article, comment

une application à destination des managers et

superviseurs de Get Link a permis de gérer les

compétences sécuritaires de leurs équipes grâce

à la mise à jour automatique des habilitations

des collaborateurs en fonction des formations

suivies et des tâches planifiées.

LE CONTEXTE

Get Link, ex-Eurotunnel, est un groupe de 3 500

personnes, acteur majeur des infrastructures de

mobilité, des échanges internationaux et leader

du transport éco-responsable.

Les métiers d’Eurotunnel sont multiples mais

présentent tous des enjeux de certifications et

compétences techniques habilitantes. Le suivi

constant de leur validité pour chaque collaborateur

est au centre de leurs opérations :

• Formation et certification des collaborateurs

sur des opérations sécuritaires

(conduite ferroviaire, conduite d’engins,

habilitations électriques, maintenance…)

• Gestion des affectations des collaborateurs

en fonction de leur poste et de

leurs certifications.

• Respect des réglementations ferroviaires

et sécuritaires.

• Favoriser la mobilité interne ponctuelle

ou cyclique au regard de pic d’activités.

Ces enjeux ont fait naître un besoin commun

aux différentes entités d’Eurotunnel de bénéficier

d’un outil partagé de la gestion des données

compétences sécuritaires et certifications, tant

par les responsables QHSE que les équipes

opérationnelles et RH.

LES ENJEUX

De multiples façons d’acquérir une compétence

Enjeux métiers

Le premier enjeu métier concerne le gain de

temps dans le staffing opérationnel en identifiant

en temps réel les collaborateurs habilités

à effectuer les tâches à planifier. La deuxième

porte sur la gestion des formations en accélérant

la communication entre managers opérationnels

et responsables formation. Enfin, le dernier

est sur la désintermédiation de la gestion des

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91• Décembre 2021 -Janvier-Février 2022 I15


PREVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT

DES SOLUTIONS POUR LA QHSE

Suivi de tâches et opération

compétences techniques en centralisant toutes les opérations :

demandes de formations, réalisation des évaluations et assignation

des résultats.

Enjeux réglementaires

Le premier enjeu réglementaire est de garantir la validité

des données générées en appliquant les règles de

gestion et les autorisations internes. Quant au second

enjeu, il consiste à garantir l’historisation des acquisitions

et des renouvellements des compétences pour

répondre aux réglementations en termes de suivi et

d’audit.

LES DIFFICULTÉS RENCONTRÉES

Le projet de mise en place d’une plateforme de gestion

des compétences sécuritaires au sein d’Eurotunnel a

présenté un certain nombre de difficultés auxquelles

il fallait apporter une solution. La première difficulté

portait sur la diversité des métiers impliqués : métiers

du transport ferroviaire (conducteurs, membres d’équipage),

d’infrastructure, de maintenance et matériels

roulants… Chacun d’entre eux présente ses spécificités dans la

définition des compétences, leur paramétrages (durées de validité,

modes d’acquisition…) et les règles de gestion associées. La

deuxième difficulté résidait dans la configuration précise des accès

et autorisations pour correspondre à la réalité d’une organisation

matricielle : superviseurs par secteurs, superviseurs médicaux ou

transverses, managers ayant des accès en consultation limités...

Enfin, la dernière difficulté concernait la capacité de reprendre

l’intégralité des données générées par les outils historiques afin

d’assurer une continuité dans le suivi des compétences.

©DR

Avant : plusieurs entrées et re-saisies

manuelles sur plusieurs systèmes

Après : une seule entrée (eLamp) et

synchronisation automatique

LES SOLUTIONS MISES EN PLACE

Plusieurs solutions ont été alors déployées. Ainsi, une application

web & mobile dédiée aux Superviseurs de compétences et Managers

hiérarchiques a permis le suivi en temps réel des compétences

à l’échelle de son équipe ou d’une unité structurelle grâce à une

cartographie dynamique des compétences, un affichage des statuts,

modes d’acquisition, de renouvellement, pour un accès immédiat

à toutes les informations des collaborateurs et des compétences

et un accès direct aux actions (assignation de formation,

évaluations...). En outre, des référentiels de compétences dédiés

à chaque usage ont été installés : certifications communes gérées

de manière transversale et compétences techniques spécifiques à

chaque métier, chacune avec leurs propres permissions et règles

de gestion associées. Possibilité de tout faire évoluer dynamiquement

grâce à l’interface Skill Master, à la main de chaque responsable

de secteur.

Autre solution : la reprise et la synchronisation des données en

temps réel. Elle s’est concrétisée par une reprise des données existantes,

référentiel et profils de compétences et métiers des collaborateurs

depuis l’outil de gestion des compétences existant et SAP.

Par ailleurs, l’intégration au processus de formation a été réalisée

avec une connexion en API pour assurer la transmission automatique

des informations dans le système. Elle a été aussi effectuée

aussi avec l’envoi des demandes de formation des Utilisateurs

vers SAP pour gérer les sessions de formation. Enfin, une récupération

depuis SAP des formations réalisées a rendu possible la

validation et la mise à jour les compétences formées.

L’intégration du Processus d’évaluation a été effectuée par une

application propriétaire Eurotunnel pour la réalisation d’évaluations

sur le terrain, directement embarquée dans la solution

eLamp. Il y a aussi un interfaçage direct avec les compétences des

collaborateurs pour une mise à jour immédiate à l’issue d’une

acquisition ou d’un renouvellement à la suite d’une évaluation.

Concernant l’intégration au processus de planification, il y a une

mise à disposition par API des compétences et leur statut de validité

aux outils de planification pour affecter les collaborateurs en

fonction de leur profil actualisé.

©DR

16 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91• Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


DES SOLUTIONS POUR LA QHSE

PREVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT

La personnalisation a été également une solution. Des rôles Superviseurs, Superviseurs

spécialisés Santé, Managers aux accès et permissions poussés ont été définis

pour correspondre aux besoins fonctionnels Eurotunnel. Enfin, des flux d’alertes

personnalisés ont été créés pour chaque entité : délais de prévoyance en fonction

de la criticité de la certification/compétence concernée, actions déclenchées

contextualisées… Des alertes spécifiques ont été déterminées en fonction du rôle

de l’utilisateur (superviseur qui doit agir ou manager en consultation).

LES RÉSULTATS OBTENUS

Cette solution a été déployée sur 3 000 collaborateurs. 20 compétences techniques,

habilitations et certifications ont été suivies en moyenne en temps réel par collaborateur.

200 formations ont été suggérées et assignées automatiquement par mois

par les managers. Une proactivité opérationnelle et sécuritaire a été constatée pour

les équipes QHSE grâce au système de notifications in-app 1 et email. Une cartographie

de compétences exportables a été obtenue pour le pilotage des équipes

opérationnelles. Des documents d’habilitations réglementaires ont été aussi édités

directement dans la solution. De plus, des e-observations de tâches réglementaires

et opérationnelles ont été directement intégrées. En outre, le taux d’erreur

par rapport à l’ancienne solution a été réduit de 15% car les compétences expirées

sont renouvelées à temps. Par ailleurs, les réponses aux audits EPSF 2 ont été facilitées.

Enfin, l’intégration SAP et la connexion en API aux outils de planification

permettent d’identifier les collaborateurs habilités disponibles.

Olivier Rohou

Une solution adaptée

aux industriels et aux

ESN

Diplômé de l’école d’ingénieur des Mines en

2013, Olivier Rohou a co-fondé eLamp en 2015

avec deux de ses camarades de promotion. Leur

ambition était de créer un espace où chacun pourra

être reconnu objectivement pour l’intégralité

de son potentiel.

eLamp est aujourd’hui une technologie SaaS de

gestion des expertises qui permet aux entreprises

industrielles, sociétés d’ingénierie et ESN de

suivre au quotidien leurs compétences critiques.

Après une levée de fonds de 2M€ en 2020 et une

équipe en croissance de plus de 25 collaborateurs,

la société poursuit activement son développement

afin de devenir la référence en matière de gestion

de données sur les compétences techniques.

Parmi ses références, figurent Spie ICS, Orano,

Apside, Naval Group, Eurotunnel, Eiffage, La

HSC, Teréga, Altera Group, Enorail ou encore

Bouygues Construction...

1. L’In-app correspond à toutes les actions s’effectuant au sein d’une application mobile.

2. Établissement Public de Sécurité Ferroviaire

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QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91• Décembre 2021 -Janvier-Février 2022 I17


PREVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT

PRÉVENIR LA CORRUPTION

AVIS D’EXPERT

Délits de corruption et de trafic d’influence :

attention aux cadeaux !

Loin des scandales du Watergate de Nixon ou du Lava Jato (Petrobras) de Lula, les règles définissant

la corruption sont précises et sanctionnent aussi, notamment en entreprise, des situations auxquelles

nous pouvons bien plus facilement être confrontés.

©DR

Pierre Lacoin

Avocat à la Cour

chez 1792avocats

Le délit de corruption se divise

en France en corruption dite

active et corruption passive.

La corruption active 1 est le

fait de proposer à une personne un

avantage quelconque, pour elle ou

pour autrui, pour qu’elle accomplisse,

s’abstienne d’accomplir, parce qu’elle

a accompli, ou s’est abstenue d’accomplir,

un acte facilité par son activité

ou sa fonction en violation de ses

obligations (légales, contractuelles ou

professionnelles).

Attention, la simple proposition

constitue donc déjà l’infraction de

corruption (et non une simple tentative).

La corruption passive 2 est le fait de

solliciter ou d’accepter un tel avantage.

Ces deux infractions, certes complémentaires,

sont distinctes et autonomes.

Elles peuvent être poursuivies

1. En ce qui concerne les personnes privées, art.

445-1 du Code pénal

2. En ce qui concerne les personnes privées art.

445-2 du Code pénal

et jugées séparément, et la répression

de l’une n’est nullement subordonnée

à la sanction de l’autre.

Les faits de corruption, active comme

passive, sont punis d’un plafond de

5 ans d’emprisonnement et 500.000

euros d’amende, outre diverses peines

additionnelles, tel le retrait des droits

civiques pour une personne physique

ou l’exclusion des marchés publics pour

une personne morale. Ce plafond est

porté à 1.000.000 d’euros d’amende et

10 ans d’emprisonnement en cas de

corruption passive exercée par une

personne publique.

En matière de corruption d’une

personne publique, il a été créé un

statut de repenti selon lequel la peine

privative de liberté encourue est réduite

de moitié si, ayant averti l’autorité administrative

ou judiciaire, l’auteur a permis

de faire cesser l’infraction ou d’identifier

les autres auteurs ou complices.

Le délit de trafic d’influence est, lui,

le fait de proposer à une personne un

avantage quelconque, pour elle ou pour

autrui, pour abuser ou avoir abusé de

son influence réelle ou supposée en vue

de faire obtenir d’une autorité ou administration

une décision favorable.

Il existe lui aussi sous des formes active

et passive, et est sanctionné des mêmes

peines.

Si la corruption ou le trafic d’influence

échoue, le simple accord sur le pacte

corrupteur ou d’influence consomme

l’infraction (Cass. crim. n° 94-84204).

Ces infractions se prescrivent par 3

ans à compter du jour de la proposition

du corrupteur si elle n’a pas

eu l’effet recherché, ou du jour de la

dernière perception de l’avantage par

le corrompu si l’effet souhaité a été

obtenu.

Les dernières évolutions de la

Chambre criminelle de la Cour de

cassation semblent cependant affirmer

que le point de départ du délai

de prescription de faits de corruption

ou de trafic d’influence qui ont

été dissimulés est reporté à la date où

ils sont apparus et ont pu être constatés

(n° 08-84107).

Par ailleurs, depuis la loi n° 2013-

1117 relative à la lutte contre la fraude

fiscale et la grande délinquance économique

et financière, les associations de

lutte contre la corruption peuvent se

constituer partie civile 3 .

Ont par exemple été sanctionnés au

titre de ces infractions des faits de :

• Monnayage d’un carnet d’adresses

en vue de faire obtenir à une société,

par des interventions auprès

de diverses autorités, un

marché d’armement (Cass. crim.

3. art. 2-23 du Code de procédure pénale

18 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91• Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


DES SOLUTIONS POUR LA QHSE

PREVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT

n° 10-85.381),

• Demande de paiement d’un supplément

en espèces au prix de

vente officiel lors de la vente de

ses parts sociales par une personne

physique (Cass. Crim. n°

16-81.698),

• Mise à disposition d’un appartement

contre l’attribution de

contrats (Cass. Crim. n°96-

83.698),

• Sollicitation de versement de

commissions ne correspondant

pas à un travail réel en échange

de l’attribution d’un marché

(Cass. Crim. n°20-83.098),

• Paiements occultes en contrepartie

d’une surfacturation (Cass.

Crim. n°17-84.964),

• Rémunérations destinées à obtenir

d’un agent public habilité

à consulter une base de données

non accessible au public des fichiers

couverts par le secret

professionnel (Cass. crim. n° 16-

83.724),

• Obtention de la liste de clients

d’une chambre de compensation

(Cass. crim. 16-83.724).

La loi du 9 décembre 2016 dite « Sapin

II » a, de plus, fait évoluer le droit de

la corruption en mettant en place des

obligations de « compliance » (conformité)

au sein des grandes entreprises,

avec des peines pour l’entreprise.

Si ces obligations concernent surtout

les relations entre entreprises, elles

ont aussi incité à la mise en place de

politiques internes anti-corruption et

blanchiment.

Ainsi, de nombreuses entreprises

interdisent à leurs salariés d’offrir ou

de recevoir des cadeaux d’une valeur

supérieure à un montant fixé, pouvant

varier en fonction de la relation d’affaires

concernée comme de la classification

du salarié.

Il convient naturellement de respecter

ces règlements intérieurs, au regard

du droit du travail évidemment, mais

surtout au regard des dispositions

pénales précitées.

A défaut d’un tel règlement, il est bon

de retenir la notion d’avantage indu,

en y incluant les (propositions de)

cadeaux « de remerciements » (c’està-dire

postérieurs à la réalisation d’un

service).

En cas de doute, ou pour signaler une

infraction, il convient de se tourner

vers les services d’une association

anti-corruption à défaut de politique

au sein de l’entreprise.

Pierre Lacoin

Portail de la qualité,

sécurité et de

l’environnement.

Le site leader en

organisation de la

performance.

Quality & Co est le site portail

de la performance en entreprise.

Vous y trouverez tous

les acteurs du marché

de la certification

et de la qualité

(Consultants, Formateurs,

Certificateurs, Editeurs

de logiciels…).

www.qualityandco.com

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91• Décembre 2021 -Janvier-Février 2022 I19


FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION

LES ODD DANS L’AGROALIMENTAIRE

FROID

Koovea : innovation,

proximité et recyclage

Lutter contre le gaspillage des produits car leur température

n’a pas été respectée : tel était l’objectif que le fondateur de

Koovea, la start-up montpelliéraine en forte croissance s’est fixée.

L’entreprise spécialisée dans la chaîne du froid (technologie et objets

connectés fabriqués en France) a mis au point une technologie

composée de capteurs intelligents, d’un routeur connecté et d’une

plateforme de suivi de température en temps réel, permettant

d’assurer le suivi de la chaîne du froid lors du transport et du

stockage de produits agroalimentaires pour éviter les pertes.

©DR

Adrien Content

Cofondateur de

Koovea

Une solution

innovante de suivi

de température

connectée

Face aux solutions du marché jugées trop

complexes et trop coûteuses (solutions

filaires, relevés manuels, installation de

plusieurs heures, …), après 3 ans de R&D

et de multiples brevets, la jeune pousse

Montpelliéraine a lancé, en 2018, une

solution composée d’enregistreur de

température intelligents et miniaturisés

permettant un suivi de température à

distance et en temps réel. La simplicité de

la technologie permet un déploiement en

seulement quelques minutes aussi bien

pour le transport que pour le stockage,

et dans le monde entier.

Afin de respecter les obligations

réglementaires de ses

clients et de garantir une

solution conforme à leurs

exigences en termes de qualité, l’enregistreur

de température a été certifiée

dès le début de sa commercialisation EN

12830. Cette norme permet de garantir

des enregistreurs conformes au suivi de

produits de santé et alimentaire avec une

précision et sécurisation de la donnée

maîtrisée. Koovea accompagne également

chacun de ses enregistreurs d’un

certificat d’étalonnage réalisé en laboratoire

Cofrac selon l’ISO 17025. Cette

norme permet de garantir une précision

et une incertitude de mesure conforment

aux exigences en vigueur.

Chacun de ses produits est également

certifié CE pour une commercialisation

sur l’ensemble du territoire européen.

La société dispose aussi du marquage E

dans le cadre de son activité transport

afin de garantir des équipements compatibles

pour l’intégration directement au

sein d’un véhicule sans en perturber le

fonctionnement.

Adrien Content, cofondateur de

Koovea, déclare à propos du management

de la qualité « L’obtention de

normes et certifications peut représenter

un coût important pour une jeune

entreprise. Mais il est impératif d’intégrer

chacun de ses investissements dès le

début dans le financement de son innovation

et de son entreprise, au risque de

voir de nombreuses portes se fermer du

fait de la non-conformité de la solution

avec son marché. Assurer une démarche

qualité dès le début et de façon continue,

c’est aussi le meilleur moyen de se démarquer

de la concurrence en proposant des

produits fiables et robustes conformément

aux normes en vigueur. »

« L’obtention de normes

et certifications peut

représenter un coût important

pour une jeune entreprise. »

Selon le cofondateur de la start-up, la «

rigueur » et « l’organisation » sont sûrement

les qualités indispensables pour

être un bon manager dans le monde de

la qualité. Adrien Content ajoute : « Il

est aussi primordial d’assurer une veille

permanente sur l’évolution des normes

afin de toujours avoir un temps avance

20 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


LES ODD DANS L’AGROALIMENTAIRE

FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION

L’application web et mobile K-APP permet de contrôler

la température des produits durant la logistique.

et ne pas se retrouver pénalisé dans le

processus de commercialisation d’un

produit. »

En outre, Koovea commercialise des

enregistreurs de température permettant

de garantir une chaîne du froid

sans interruption, et donc de ne pas

exposer ses clients à des risques sanitaires

importants, ou encore des pertes

financières colossales. Adrien Content

note aussi : « Mais ce n’était pas pour

autant que nous devions nous même

nous affranchir des contraintes environnementales.

C’est pour cela que

nos enregistreurs ont été pensés 100%

réutilisables et recyclables (plastique

ABS recyclables, favoriser le retour de

©DR

matériel en fin de vie avec le principe

de caution…). »

Par ailleurs, la start-up a fait le choix de

faire fabriquer la totalité de ses produits

sur le territoire Français. De plus, elle

choisit que des fournisseurs à moins de

2 heures de route au sein de sa région.

Cette proximité lui permet de maîtriser

totalement et efficacement ses relations

fournisseurs sans que la distance

puisse être une faille à la qualité et

la fiabilité de ses produits. D’ailleurs,

la société s’assure en continu du bon

avancement des projets en cours. Pour

Adrien Content, il est primordial de

détecter une anomalie dès son apparition,

bien avant que les répercutions

deviennent très pénalisantes pour l’entreprise.

Le thermomètre enregistreur sans-fil K-TAG peut

mesurer des températures allant de -40°C à +80°C.

La responsabilité sociétale figure

toujours parmi les valeurs de la

start-up. Le cofondateur de la société

précise : « En créant cette solution innovante

reposant sur une technologie de

pointe ; il était impossible d’imaginer

que celle-ci ne soit inscrite au sein d’une

démarche environnementale responsable.

Avec nos produits conçus 100%

recyclables et en privilégiant une fabrication

en local, nous sommes très fiers de

pouvoir le mettre en avant auprès de nos

clients. Nous innovons sans cesse pour

que la technologie nous permet d’avancer

mais il est impératif d’intégrer des

matériaux et des procédés de fabrication

ne représentant pas une source de pollution.

Sinon, cela reviendrait à faire un

pas en avant pour en faire ensuite deux

en arrière… »

L’enjeu dans la démarche éco-responsable

de la start-up est de continuer à

concevoir nos produits localement avec

des matériaux 100% recyclables malgré

un volume de production croissant à

venir. Ainsi, pour atteindre les objectifs

de développement durable, avec ses

équipements réutilisables et possédant

des durées de vies de plusieurs années,

Koovea souhaite faire face aux équipements

à usages uniques utilisés

seulement quelques jours puis jetés et

encore beaucoup trop répandu chez ses

concurrents.

Auparavant, pour le suivi de température

le système le plus répandu était le

dispositif dit « Datalogger » constitué

d’un simple enregistreur de température

numérique pouvant être lu à son arrivée

par USB. Ce dispositif est encore très

répandu aujourd’hui, en raison de son

faible coût. Mais selon Adrien Content,

le principal problème est qu’il est destiné

à utiliser qu’une seule fois avant d’être

jeté par la suite. Pour faire face à cette

problématique, la start-up a donc conçu

des enregistreurs de température miniaturisés

et disposant d’une durée de vie

de plusieurs années. Avec son offre par

abonnement, ses clients bénéficient aussi

d’un renouvellement illimité quand ses

équipements arrivent en fin de vie ou

pour les réétalonnages périodiques en

laboratoire. Koovea les incite ainsi à

leur retourner les anciens équipements

pour un reconditionnement. En cas de

non-retour, les clients sont alors pénalisés

avec la retenue d’une caution. Ce

principe permet ainsi de donner une

seconde vie à plus de 90% de ses équipements,

ou alors de recycler ceux ne

pouvant plus être utilisés…

Valérie Brenugat

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022 I21


DOSSIER

Le marché de la certification en 2021 et ses perspectives

© DR

Audit de certification Qualiopi

(Référentiel National Qualité)

INTERVIEW

AB Certification, LRQA et SGS :

regards croisés

Georges Abi Rached, Directeur Général d’AB Certification, Olivier Audebert, Directeur Technique et

Développements chez SGS, Olivier Fauroux, Food Technical Manager chez LRQA et Pierre Bouchet,

Food Technical Manager chez LRQA dressent un bilan 2021 sur le marché de la certification et

présentent leurs développements en 2022.

© DR

Georges

Abi Rached

Directeur

Général d’AB

Certification

© DR

Olivier

Audebert

Directeur

Technique et

Développements

chez SGS

© DR

Olivier

Fauroux

LRQA

Sustainability

Technical

Specialist

© DR

Pierre

Bouchet

LRQA Food

Technical

Manager

QUELS SONT LES FAITS MARQUANTS DE VOTRE

ORGANISME EN 2021 ?

Georges Abi Rached : Le lancement de la certification

Qualiopi pour les Opac (Organismes de Prestations d’Actions

pour le développement des Compétences) et notamment les

organismes de formation tels que Total Learning Solutions

(Total Energie), Cnam Normandie, le Cours Florent, l’EEMI

(École Européenne de Métiers de l’Internet), Burger King,

Campus de la RATP, Galileo (Pôle Arts et Créations), etc.

AB Certification observe une croissance en matière de certification

tant ISO 9001 que 14001, 45001 et 50001. Des lignes

RATP ont été certifiées par AB Certification telle que Orlyval,

la ligne 8, et d’autres en cours.

Dans le domaine médical, la certification tant pour les Dispositifs

Médicaux que pour la Certification des laboratoires et prestataires

dans le cadre de l’Information par Démarchage ou Prospection

visant à la Promotion des Médicaments, est en pleine croissance.

Olivier Audebert :

• Développement des activités dans le domaine de l’IT : RGPD

/ ISO 27001 / HDS (Hébergeur de données de santé) / certification

de compétences DPO ;

• Finalisation du développement de la certification RNQ sous

marque Qualiopi ;

• Nouvelle norme ISO 19443 (organisations de la chaîne d’approvisionnement

du secteur de l’énergie nucléaire) ;

• Développement de l’activité en RSE avec de nouveaux labels ;

• Développement des offres dans le domaine de l’éco-

22 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


Le marché de la certification en 2021 et ses perspectives

DOSSIER

nomie circulaire : par exemple,

prestations d’audits dans le cadre

du fonds de réparation pour le

compte d’éco-organismes.

« AB Certification observe

une croissance en matière

de certification tant ISO 9001

que 14001, 45001 et 50001. »

Georges Abi Rached

Pierre Bouchet : Notre organisme,

LRQA, a su adapter ses méthodes pour

continuer à servir ses clients.

Dans un contexte de profonds changements,

la digitalisation a été une des

solutions embarquées pour rester à

l’écoute des besoins marchés et de nos

clients avec agilité.

Olivier Fauroux : La nouvelle norme

ISO 45003 est parue en juin. Cette

norme est l’application des préceptes

de l’ISO 45001 adaptée à la maîtrise

des risques psycho sociaux. La pandémie

a accentué la prise de conscience

des décideurs dans ce domaine car la

corrélation entre bien-être au travail et

performance de l’entreprise est démontrée

et travailler sur ces enjeux est une

formule gagnant / gagnant à la fois

pour l’individu et pour le collectif.

LRQA a toujours été investie dans ce

domaine et le point d’orgue du projet a

été le grand webinaire que nous avons

organisé pour présenter à nos clients

comment la norme ISO 45003 peut

être un accélérateur de performance,

notamment au travers du retour d’expérience

de notre client et partenaire

Total ACS.

Le métier de l’audit a également beaucoup

évolué en très peu de temps. Nos

clients ont demandé à LRQA d’adapter

ses méthodes pour délivrer une

partie de la prestation à distance. Pour

ce faire LRQA s’est appuyé sur les règles

internationales (IAF MD4) mais également

sur la grande capacité d’adaptation

de nos équipes d’auditeurs qui

ont su faire preuve de souplesse et de

créativité pour continuer à apporter

la même valeur ajoutée à nos clients,

tout en s’adaptant aux contraintes de

la pandémie. Nous pensons que cette

tendance va perdurer dans le temps,

bien au-delà des mesures de restrictions

imposées par la crise sanitaire.

En termes de faits marquants, il faut

bien sûr citer un changement profond à

venir pour notre entreprise, le changement

d’actionnaire, qui va être finalisé

d’ici quelques semaines. Ce changement

d’actionnariat va s’accompagner

d’un changement de marque très orientée

« sustainability ». Nous ne pouvons

pas en dire plus pour le moment,

mais nous sommes très impatients de

pouvoir faire profiter nos clients de

cette nouvelle orientation qui va ouvrir

de nouvelles perspectives pour accompagner

le monde dans les grands défis

environnementaux et technologiques

à venir.

QUELS IMPACTS LA CRISE LIÉE AU

COVID-19 A-T-ELLE EU SUR VOS

ACTIVITÉS EN 2021 ? COMMENT

L’AVEZ-VOUS SURMONTÉ ?

G.A.R. : L’impact de la crise liée au

Covid-19 a été assez important en

matière d’organisation des audits et

mise en place d’audits à distance en

fonction de l’activité de l’entreprise

concernée. L’adaptation de nos auditeurs

aux techniques d’audit à distance a

permis de réduire les risques potentiels

liés à l’approche de l’audit à distance et

permettre la réalisation d’audits efficaces

et pragmatiques.

O.A. : La crise sanitaire liée au Covid-

19 au cours de l’année 2021 n’a pas eu

d’influence particulière sur nos activités.

Là, où en 2020, la réalisation de la

quasi-totalité des audits avait été stoppée

sur le premier semestre avec une

forte reprise en fin d’année sans pouvoir

rattraper complètement le retard pris,

l’année 2021 est une année tout à fait

satisfaisante avec une augmentation du

nombre de nouveaux contrats et donc

de certificats.

Certes, certains clients ont revu leur

stratégie à moyen terme relativement à

la certification (arrêt de certains référentiels

ou report de projets), mais en

parallèle, des clients se sont engagés

dans de nouveaux projets.

« La crise sanitaire liée

au Covid-19 au cours de

l’année 2021 n’a pas eu

d’influence particulière sur

nos activités. »

Olivier Audebert

P.B. : Le Covid a modifié les volumes

de nos activités en créant des pics d’activités

certains mois. En 2020, le confinement

a arrêté la réalisation des audits

agro-alimentaire reconnus par le GFSI 1 ,

cela a donc créé une période creuse,

quelquefois compensé par des audits

à distance dans les domaines qui le

permettaient. Cela a obligé notre organisme

à reporter les audits terrains de

mars/juin 2020 à juillet/octobre, voire

novembre 2020. Cette modification

de la répartition des volumes d’audits

à réaliser mois par mois, est encore

palpable en 2021.

L’ISO A PUBLIÉ SON ENQUÊTE

ANNUELLE CONCERNANT L’ANNÉE

2020 SUR LA CERTIFICATION DANS

LE MONDE. QUELS SONT LES POINTS

IMPORTANTS À RETENIR ?

G.A.R. : La stabilisation du nombre

de certificats établis en France tant

1. GFSI (Initiative mondiale de sécurité alimentaire)

est une collaboration entre les membres

du réseau Consumer Goods Forum dans le but

d’améliorer la gestion des risques en matière de

sécurité alimentaire le long des chaînes d’approvisionnement

et de réduire la lassitude liée aux

audits.

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022 I23


DOSSIER

Le marché de la certification en 2021 et ses perspectives

Audit de certification ISO 9001 (système

de management de la qualité)

P.B. : Les résultats globaux montrent

une augmentation, par rapport à 2019,

de 18% du nombre total de certificats

valides pour les 12 normes de systèmes

de management couvertes par l’enquête.

Une partie de cette augmentation significative

est due à la croissance importante

de la certification à ISO 45001 ;

cette norme a été publiée en 2018 et

avait, par conséquent, un nombre limité

de certifications dans l’édition précédente

de l’enquête.

Le taux d’augmentation pour l’ISO 9001

et l’ISO 14001 a été plus important par

rapport aux années précédentes avec

+4% pour l’ISO 9001 et +12% pour

l’ISO 14001 principalement en raison

d’une importante augmentation en

Chine.

en ISO 9001, 14001, 13485 et autres

normes de systèmes de management

avec une légère croissance de la certification

ISO 45001.

O.A. : En France, la tendance à la

hausse du nombre de certificats ISO

9001 et ISO 14001 est confirmée en

2020, toutefois avec une croissance

beaucoup plus faible (de l’ordre de

0,8 %). Cette tendance haussière est

également visible à l’échelle mondiale

avec une croissance beaucoup plus

forte de l’ordre de 4 % pour les certificats

ISO 9001. Malgré la crise sanitaire

et contrairement à ce qui aurait pu

être envisagé, cela met en évidence une

certaine reprise dans l’engagement des

entreprises dans ce type de démarches

volontaires.

Le nombre de certificats ISO 45001,

quant à lui, a logiquement fortement

augmenté, du fait du transfert de la

certification OHSAS 18001 vers cette

nouvelle norme.

Par ailleurs, nous pouvons constater le

maintien d’une forte augmentation du

nombre de certificats ISO 27001, mais

dans une moindre proportion qu’au

cours de l’année 2019. Concernant la

France, ceci s’explique toujours par le

rattrapage par la France de son retard

sur ce standard, comparativement aux

autres pays équivalents tels que l’Allemagne,

le Royaume-Uni ou le Japon

avec un nombre de certificats dans ces

pays, qui est trois à dix fois plus important

qu’en France.

Le nombre de certificats ISO 50001

quant à lui enregistre une baisse

sensible de l’ordre de 4 % à l’échelle

de la France (comparativement à une

augmentation de 5 % en 2019) alors

que ce nombre est en forte croissance

au niveau mondial. Ceci s’explique par

les effets de la crise qui ont remis en

question les démarches volontaires de

valorisation des politiques de réductions

des consommations énergétiques.

© DR

« Les résultats globaux

montrent une augmentation,

par rapport à 2019, de

18% du nombre total de

certificats valides pour les

12 normes de systèmes de

management couvertes par

l’enquête.»

Pierre Bouchet

QUELLES SONT LES ATTENTES

DES ENTREPRISES ET DES

ORGANISATIONS EN FRANCE PAR

RAPPORT AUX NOUVELLES NORMES

APPARUES EN 2021 ?

G.A.R. : Les demandes de certification

pour de nouvelles normes sont en

baisse. Les chefs d’entreprise trouvent,

pour le moment, qu’il y a beaucoup de

normes à mettre en place et sont en

attente de maturité des normes existantes

au sein de leur structure avant

de commencer à mettre en place et en

œuvre de nouvelles normes même s’ils

les trouvent intéressantes. C’était une

constatation en 2019 qui se confirme

avec la crise liée au Covid-19.

O.A. : A ce jour, nous n’avons noté

aucune sollicitation sur ces nouveaux

référentiels. Il est important de dire

que c’est rarement l’organisme certificateur

qui est interrogé par les entreprises

sur ces sujets de nouvelles

24 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


Le marché de la certification en 2021 et ses perspectives

DOSSIER

normes ne conduisant pas à une certification

(plus à une évaluation), car nous

ne sommes pas identifiés comme des

acteurs pouvant accompagner, du fait

de notre statut particulier de tiers indépendant.

Concernant les référentiels des années

précédentes, nous constatons la même

chose : ces documents normatifs sont

des outils et des guides utiles pour les

entreprises, mais ils ne conduisent que

très rarement à une démarche de certification.

Ceci s’explique notamment

par le fait que la prescription, aussi

bien publique que celle induite par le

marché, est quasi inexistante et de ce

fait, ne favorise pas le développement

de ces activités.

Nous avons toutefois pu noter des sollicitations

ponctuelles sur les normes

suivantes :

• Soit plus anciennes : ISO 18295

(Centre de contacts clients) / ISO

18788 (Management des opérations

de sécurité privée) / ISO 21001 (Organismes

d’éducation/formation)

• Soit plus récentes : ISO 30415 (Management

des ressources humaines

– diversité et inclusion)

O.F. : La nouvelle norme ISO 45003

est parue en juin. Cette norme

est l’application des préceptes de

l’ISO 45001 adaptée à la maîtrise

des risques psycho sociaux. La

pandémie a accentué la prise de

conscience des décideurs dans ce

domaine car la corrélation entre

bien-être au travail et performance

de l’entreprise est démontrée et

travailler sur ces enjeux est une

formule gagnant / gagnant à la fois

pour l’individu et pour le collectif.

LRQA a toujours été investie dans

ce domaine et le point d’orgue du

projet a été le grand webinaire que

nous avons organisé pour présenter

à nos clients comment la norme ISO

45003 peut être un accélérateur de

performance, notamment au travers

du retour de notre client et partenaire

Total ACS.

QUELLES CONSÉQUENCES LES

NOUVELLES VERSIONS OU

NOUVELLES NORMES ONT-ELLES

EU SUR VOTRE ACTIVITÉ EN 2021 ?

G.A.R. : La norme en pleine croissance

au sein d’AB Certification est celle relative

aux OPAC qui est rendue obligatoire

à partir de janvier 2022 pour

bénéficier des fonds publics ou mutualisés.

Il n’y aura pas de nouvelle version

de la norme ISO 9001, du moins pour

le moment.

« La norme en pleine

croissance au sein d’AB

Certification est celle

relative aux OPAC… »

Georges Abi Rached

O.A. : S’agissant des normes ISO 45001

et ISO 50001, la tendance est dans la

lignée de ce qu’il se passe habituellement

dans le cadre d’une transition.

Les clients attendent le dernier moment

ou leur audit de renouvellement pour

s’engager dans cette transition. Ce

qui conduit à un retardement des

En agroalimentaire, l’ISO a perdu du terrain au

profil des référentiels d’audit privés.

© DR

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022I25


DOSSIER

Le marché de la certification en 2021 et ses perspectives

audits. Toutefois, avec la crise sanitaire

qui a offert un délai supplémentaire

pour la date de fin de transition,

le volume d’audits a pu être étalé sur

l’année 2020 avec une finalisation de

la vague en 2021.

Concernant les nouvelles normes, elles

n’ont pas conduit à de réels nouveaux

développements d’activité en 2021.

Seule la norme ISO 19443 (déclinaison

de l’ISO 9001 au secteur du nucléaire)

est une réelle opportunité de développement

pour les années à venir.

Pour le développement de nos activités,

nous nous appuyons donc plus

soit sur des démarches réglementaires

françaises ou européennes (RGPD /

Marquage CE des dispositifs médicaux

/ Qualiopi), soit sur des démarches

volontaires répondant à des enjeux de

société (RSE).

P.B. : Dans le secteur agroalimentaire,

les évolutions des nouvelles normes,

notamment en IFS et FSSC 22.000 ont

été rapides de par l’impulsion du GFSI.

Les conséquences sont importantes

• Puisque les rapports d’audit sont

plus conséquents : leur contenu

doit comporter des plus amples informations

• Augmentation de l’approche terrain

: nos auditeurs ont désormais

l’obligation de consacrer au moins

50 % de leur évaluation sur le

terrain. Pour cela ils doivent privilégier

les interviews et croiser,

collecter plus de données pour statuer

sur la conformité des organisations.

• A cela s’ajoute depuis le début de

2021 l’obligation de réaliser une

fois tous les 3 ans, au minimum

une évaluation inopinée.

O.F. : Dans mon domaine, l’OHSAS

18001 a expiré en septembre 2021.

Tous nos clients ont désormais migré

vers l’ISO 45001 qui est laisse la part

belle aux organismes pour booster

leur culture santé sécurité au travail

notamment en misant sur la participation

et la consultation de leurs travailleurs.

C’est peut-être la leçon de la

pandémie, sans la solidarité, la flexibilité

et la créativité des hommes et des

femmes qui composent les entreprises,

nous n’aurions jamais pu traverser cette

crise avec une telle résilience. Il faut

que les systèmes de management qui

permettent de piloter les organismes

s’attachent à mettre encore plus d’humain

dans ses rouages.

D’AUTRES RÉFÉRENTIELS

DE CERTIFICATION SONT EN

CROISSANCE OU ÉMERGENT.

COMMENT VOTRE ORGANISME

CONSTRUIT-IL SA STRATÉGIE DE

DIVERSIFICATION ?

G.A.R. : Nous nous développons

notamment dans le cadre de la certification

de produits et services et consolidons

nos efforts pour les normes de

systèmes de management les plus

connus.

O.F. : La démarche de certification des

organismes de formation selon le Réfé-

© DR

Audit de certification ISO/IEC 27001 (Système de management

de la sécurité de l’information)

26 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


Le marché de la certification en 2021 et ses perspectives

DOSSIER

rentiel National Qualité mis en place par la DFEGP à travers

France Compétences sous la marque Qualiopi représente

une part de développement d’activité important pour SGS en

2021. Les conséquences de la crise sanitaire sur ce dispositif

avec notamment le report d’un an de l’échéance de certification

pour les organismes de formation ont modifié le calendrier

avec un étalement des demandes de certification et

finalement, un report du volume d’audits sur l’année 2021.

Ainsi, la fin de l’année 2021 voit les organismes de formation,

s’engageant dans la démarche au dernier moment, nous

solliciter en masse pour répondre à leur demande avant la

date fatidique du 31 décembre.

La tendance de développement des démarches volontaires

dans le domaine de la RSE s’est renforcée en 2021, après une

année 2020 qui avait vu le report d’un certain nombre de

démarches (par exemple, le secteur de l’évènementiel avec

la certification selon la norme ISO 20121 qui a été fortement

impacté par la crise sanitaire). Ainsi, de nouveaux

labels généralistes, sur le thème de la biodiversité ou plus

sectoriels, dans le domaine du sport ou du mécénat, voient

le jour avec la perspective d’un certain développement dans

les prochaines années. La prise de conscience au sein des

organisations se confirme, la RSE représentant un mix efficient

entre la stratégie, la réduction des coûts (achats, énergie)

et le bien-être des ressources humaines (qualité de vie

au travail, gestion de carrières et innovation).

La protection des données (à travers la réglementation

RGPD ou la norme ISO 27701) et plus généralement ce

qui concerne la sécurité des informations (avec la norme

ISO 27001) représente un potentiel de développement en

certification. Des dysfonctionnements liés à la cybersécurité

sont très régulièrement visibles et médiatisés et nécessitent,

notamment de la part des grandes multinationales,

un renforcement de la protection de leur système. Ces entreprises

doivent ainsi donner des garanties à leurs clients sur

la maîtrise de leur système d’informations et des données

qu’elles utilisent. La perspective de la sortie prochaine d’un

dispositif de certification garantissant la mise en œuvre du

règlement général sur la protection des données au niveau

européen renforce les possibilités de développement des

activités de certification.

La réglementation française sur l’économie circulaire avec

la loi AGEC (loi anti-gaspillage pour une économie circulaire)

a été l’opportunité du développement de nombreuses

réflexions dans le champ de la certification en 2021 et présage

de nouveaux projets pour l’année 2022. Des problématiques

telles que le gaspillage alimentaire, le recyclage des déchets,

la sortie de statut de déchet deviennent des sujets prioritaires

nécessitant une attention particulière. Ceci a conduit SGS à

élaborer des partenariats avec des grands acteurs directement

impliqués dans les domaines de l’économie circulaire.

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QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022I27


DOSSIER

Le marché de la certification en 2021 et ses perspectives

Autour de cette thématique, se mettent

en œuvre à la fois des prestations d’inspection,

de contrôle et d’audit.

« Des problématiques

tels que le gaspillage

alimentaire, le recyclage

des déchets, la sortie de

statut de déchet deviennent

des sujets prioritaires

nécessitant une attention

particulière. »

Olivier Fauroux

P.B. : LRQA reste centrer sur son cœur

de métier, l’audit tierce partie mais se

développe aussi dans le domaine des

audits seconde partie, c’est-à-dire des

prestations spécifiques sur mesure à

la demande. Notre cœur de cible reste

principalement l’industrie, nos secteurs

privilégiés seront ceux tournés vers la

sécurité de l’information (ISO 27001,

22301) mais aussi les solutions RSE en

réponse au changement climatique, les

énergies nouvelles, ISO 19443 dans le

nucléaire, la sécurité alimentaire mais

aussi la formation.

COMMENT LA FRANCE SE

DIFFÉRENCIE-T-ELLE DES AUTRES

PAYS EUROPÉENS DANS SA DEMANDE

DE CERTIFICATION ISO ?

G.A.R. : La croissance de l’ISO 45001

est parmi les fortes croissances par

rapport aux autres normes de système

de management dans la majorité des

pays européens. Le taux de croissance

en Allemagne pour la certification des

normes de système de management est

légèrement supérieur à celui de la France

excepté les dispositifs médicaux.

O.A. : On constate que la France présente

toujours un niveau de certification inférieur

à la plupart des autres pays ayant

un contexte économique comparable.

Notre pays à travers son fonctionnement

et sa culture est très orienté vers

des démarches locales s’appuyant sur

des obligations réglementaires locales.

Ainsi, les démarches volontaires ont

beaucoup de mal à se développer fortement

et dans la durée.

En France, les secteurs les plus développés

en termes de certification sont :

• Dans le domaine industriel : la métallurgie

/ l’électronique / la plasturgie

et associés / la construction

/ l’agro-alimentaire ;

• Dans le secteur des services : le

transport / le retail / les bureaux

d’étude.

P.B : La certification ISO 22.000 en

France représente moins de 3% des

certificat dans le monde, la Chine en

a plus de 32 %, loin devant l’Inde et le

Japon. Mais ces chiffres ne donnent pas

une bonne idée de la dynamique de la

certification.

En agroalimentaire, l’ISO a perdu du

terrain au profil des référentiels d’audit

privés que sont IFS, BRC et FSSC

22000 car les donneurs d’ordre que sont

notamment la Grande Distribution en

Europe demande une reconnaissance

des certificats au niveau GFSI.

« Notre pays à travers

son fonctionnement et sa

culture est très orienté

vers des démarches

locales s’appuyant sur des

obligations réglementaires

locales. »

Olivier Audebert

QUELS SONT VOS PROJETS POUR

2022 ?

G.A.R. : Consolider notre croissance

pour la certification suivant les normes

de système de management.

O.A. : Notre politique de développement

repose sur 4 thématiques principales

:

• Le développement de nos démarches

en lien avec la sécurité de

l’information ;

• Le développement des audits et

évaluations dans le domaine de la

RSE et sur les thèmes liés à l’économie

circulaire ;

• Le développement de notre activité

dans le domaine du nucléaire ;

• Le renforcement de notre présence

dans le secteur médical (à travers

la certification des dispositifs médicaux)

et de la pharmacie / cosmétique

(notamment par le biais

des audits associés aux bonnes

pratiques de fabrication et bonnes

pratiques de distribution).

O.F. : Nous pensons que le poids

du changement climatique sur la

société va naturellement accroître la

demande de transparence des déclarations

des entreprises, notamment

en termes d’émissions de gaz à effet de

serre. LRQA anticipe cette demande

en formant des vérificateurs selon les

exigences de l’ISO 14064 et de l’EU-

ETS entre autres. Au niveau européen,

le Green Deal ouvre d’immenses

perspectives avec un poids réglementaire

supplémentaire sur le transport

routier et le bâtiment, qui sont encore

des secteurs très pourvoyeurs de rejets

de gaz à effet de serre et sur lesquels

il faudra agir très rapidement pour

atteindre la neutralité carbone en 2050.

P.B : Nos secteurs privilégiés seront

ceux tournés vers la sécurité de l’information

(ISO 27001, 22301) mais

aussi les solutions RSE, développement

durable en réponse au changement

climatique, les énergies nouvelles,

l’ISO 19443 dans le nucléaire, la sécurité

alimentaire et la formation. ●

Propos recueillis par

Valérie Brenugat

28 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


UN NUMÉRIQUE RESPONSABLE

EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT

AVIS D’EXPERT

Numérique responsable

mode ou urgence ?

En novembre 2021, la COP26, un des plus importants rendez-vous des dirigeants s’est déroulé

à Glasgow. Les chiffres présentés sont alarmants. Si l’humanité poursuit la trajectoire actuelle,

le seuil d’1,5°C pourrait être dépassé dès 2030, soit 10 ans plus tôt que prévu.

L’empreinte environnementale

du numérique augmente de 5

à 6 % par an. Le numérique est

un enjeu prioritaire pour les

Français tant sur son impact environnemental

que sur son impact sociétal.

Le numérique représente aujourd’hui

4% des d’émissions de gaz à effet de

serre par an soit autant que l’aviation

civile. Les changements climatiques

et la révolution numérique, sont donc

interdépendants, et sont aussi les deux

domaines qui façonnent notre monde

actuel. Ces deux thématiques nous

poussent aussi à nous questionner sur

la place que nous souhaitons attribuer

aux technologies numériques. Doiventelles

nous amener à avoir un impact

négatif sur notre monde ou au contraire

Intérieur d’un ordinateur portable

© DR

Marielle Roux

Manager de projets

Aménagement du

Territoire du groupe

La Poste

nous aider à progresser vers un monde

pérenne ?

Il s’agit maintenant de savoir si les

organisations ont la capacité d’être au

rendez-vous avec les attentes de leurs

clients.

Quand on interroge les Français sur

les mots qu’ils associent à la notion

numérique responsable, ils énoncent

les mots : écologie, avenir, futur,

empreinte carbone. Il est donc maintenant

acquis que les clients des

entreprises ont associé le concept de

numérique responsable comme la

Responsabilité Sociétale des Entreprises

appliquée au numérique. La

fragilité face à l’accès et à l’usage de la

digitalisation concerne plus de 30 %

des Français selon l’Ademe. Et plus de

80% des Français, déclarent comme

prioritaire, la formation aux enjeux du

numérique responsable.

QUELS SONT LES LEVIERS

QU’UNE ENTREPRISE PEUT

METTRE EN ŒUVRE POUR INITIER

SA STRATÉGIE DE NUMÉRIQUE

RESPONSABLE ?

© Alexandre Debiève

L’approche des 3P des objectifs de

développement durable de l’ONU

est un point de départ. Elle permet

de définir les axes d’une stratégie de

réduction de l’impact des activités

numériques d’une organisation :

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N° 91 •Décembre 2021 -Janvier-Février 2022 I29


EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT

UN NUMÉRIQUE RESPONSABLE

• Prosperity (Economie) : L’avènement de l’intelligence

artificielle est une possibilité d’analyser et de modéliser

des données. La fondation ClimateWorks, a publié

dans son rapport Sustainability in the Digital Age, une

modélisation de 200 programmes de réduction des

impacts environnementaux des activités numériques.

Il démontre qu’il est possible de favoriser une stratégie

numérique verte grâce au développement des

données d’aide à la décision responsable. Mais toutefois,

ces mêmes technologies utilisées dans un but de

leadership climatique, peuvent à leur tour développer

des conséquences négatives pour l’environnement en

nous poussant à consolider le pouvoir économique et

politique entre les mains de super puissances numériques.

Au niveau des organisations, la première analyse

est l’identification des éléments de sous-qualité et

de non-qualité. Ainsi, le contrôle de l’utilisation des

outils numériques peut commencer à devenir un objectif

réaliste et envisageable. En se plaçant dans une

démarche de revue et de pilotage des contrats fournisseurs

avec notamment l’analyse des SLA (niveaux

de service), l’entreprise a la capacité d’identifier des

leviers lui permettant de réduire son impact sur la

consommation d’électricité par exemple. Les centres

de stockage des données (data centers), sont responsables

de la moitié des émissions de gaz à effet de

serre du secteur numérique. Toute optimisation par

le nettoyage des données stockées inutilement est la

bienvenue. L’apport de l’approche de l’analyse du cycle

de vie des équipements par son approche multidimensionnelle

permet à l’entreprise d’aligner sa vision

de performance globale et ses choix d’investissement.

• Planet (Environnement) : toutes les technologies numériques

comportent, en elles-mêmes, un coût environnemental.

Les conséquences de leur utilisation

sont négatives sur l’environnement, et en autre sur

la consommation d’eau, l’extraction de matières premières

non renouvelables et les émissions. Des études

sur le développement des solutions IT, indiquent que

70% des fonctionnalités demandées par les utilisateurs

ne sont jamais ou rarement utilisées. Ces 70% de codes

inutiles dans les solutions IT mises en œuvre dans

les entreprises gaspillent donc des ressources pour être

maintenus en condition d’utilisation et mis à jour. Une

meilleure approche par un dialogue efficace avec les

parties prenantes dans la phase de conception fonctionnelle

et d’architecture technique est nécessaire. Pour être

responsable, le numérique doit être mesurable, transparent

et lisible. Aussi, il est aujourd’hui indispensable

d’insérer des clauses environnementales dans les appels

d’offres d’équipements mais aussi dans les achats de

prestations de services, notamment IT. Le premier niveau

d’exigences requises de la part du fournisseur peut

être solutionné par une demande de certification ISO

14001 mais elle n’est pas suffisante. L’entreprise cliente

se doit de construire son propre référentiel de critères

numériques responsables alignés sur ses activités et ses

objectifs d’engagements sociétaux. Il est incontournable

d’évaluer périodiquement l’empreinte environnementale

émise par l’usage d’outils de modélisation tel que le

Vue de Calgary au Canada

© Jude Joshua

30 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N° 91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


UN NUMÉRIQUE RESPONSABLE

EXCELLENCE, DEMARCHE, MANAGEMENT

PAP50 et le WegreenIT par exemple.

• People (Social) : 82% des Français pensent que les technologies

numériques sont sources de progrès, mais leurs

utilisations sont rarement sereines (source Inria / Harris).

En prenant le risque de ne pas développer des offres

de services accessibles et inclusives, les organisations

risquent de passer à côté des besoins de leurs clients

et donc de leur fidélité. De même, ne pas opter pour

des pratiques de développement et d’usage numérique

éthique et responsable, est à moyen terme, un risque

d’être mis en défaut par les parties prenantes en se référant

à l’ensemble des lois et règlements qui se mettent en

place en France et en Europe. Exploité judicieusement, le

numérique peut nous permettre de créer des économies

plus vertes et inclusives. La simplification du parcours

utilisateur est incontournable dans la recherche d’efficacité

par le green IT. L’obligation d’accessibilité numérique

des sites internet, est portée par l’article 47 de la loi

handicap de 2005. Elle représente aussi une opportunité

d’être dans une démarche « low tech » et donc « climat

friendly ». Parmi les collectivités qui nous démontrent

qu’il n’est pas nécessaire d’être une grande organisation

pour se doter d’une approche numérique responsable,

nous pouvons citer la commune de Prunay-en-Yvelines,

887 habitants, dont le site internet se place dans le top

3 des sites internet à bas impact environnemental. On

peut de même saluer les entreprises qui adoptent une

position de transparence sur l’impact environnemental

de leur activité vis-à-vis de leurs clients. Ces dernières

pratiquent une symétrie d’action en aidant leurs clients

à mesurer leur propre impact, à adopter des attitudes

d’achat (articles reconditionnés) et de recyclage et ainsi

recourir aux services de réparation de leurs produits

high tech, …

Cette année, lors de la COP26, de nombreuses entreprises

des technologies et du numérique participent à l’événement

et prendront des engagements à cette occasion. Ce n’est donc

plus une hypothèse mais, un fait que le numérique responsable

est un enjeu prioritaire de notre société.

Quelle que soit la taille ou la maturité de la connaissance du

dirigeant sur le green IT et le numérique, la méthode des

« petits pas » est possible pour toutes les organisations. En

montrant et en associant leurs parties prenantes, les organisations

qui se lancent dans une telle démarche sont celles

qui énoncent publiquement leurs engagements à répondre

aux questions sur l’avenir de l’environnement, de la santé et

de l’éthique. Leurs dirigeants ne sont pas des utopistes mais

des dirigeants ancrés dans le monde d’aujourd’hui. ●

Marielle Roux

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N° 91 •Décembre 2021 -Janvier-Février 2022 I31


CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL

AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE

AVIS D’EXPERT

Garantir l’étanchéité des

gilets pare-balles

éliminer les risques ou

risquer de se faire éliminer ?

Hormis les spécialistes de la protection balistique, peu de gens

connaissent les packs souples balistiques qui se trouvent à

l’intérieur des gilets pare-balles. Ces packs offrent la protection à

son porteur en cas d’impact de balle. Ils contiennent de multiples

couches croisées de tissus de fibres à très haute résistance qui

permettent de freiner instantanément le projectile, moyennant

une déformation minimale du pack côté corps.

© DR

Encore moins de personnes savent

à quel point il est important

d’éviter tout contact de ces fibres

avec l’eau, le rôle crucial de l’enveloppe

étanche qui enferme le matériau

balistique. En effet, l’eau peut provoquer

un effet de lubrification entre les fibres, qui

de ce fait s’écarteront plus facilement lors

d’un impact, avec comme conséquence

une perte d’efficacité balistique qui peut

atteindre les 50% !

Les procédures d’essais balistiques

prennent en compte ce phénomène ; elles

incluent des essais sur un échantillon de

ASC BAIT avec pack souple

posé dans l’enceinte

Hans Lepelaars

Sales manager

d’ASC Instrument

packs souples après immersion sous eau

pendant un certain temps.

L’enveloppe étanche des packs souples

consiste en deux morceaux de tissu

imperméable, soudés ensemble à la périphérie.

Le soudage se fait par soudure

thermique ou à ultrasons. La production

de ces packs, vu la multitude de formes et

de tailles, est difficilement automatisable.

Comme tout processus industriel, ces

opérations ne sont pas infaillibles. Un

bout de fibre ou autre contamination,

un pli, ou encore un incident sur les

mâchoires peut provoquer un défaut de

soudure.

D’un autre côté, on ne peut exclure un

défaut dans le tissu imperméable, voire

un trou ou accroc survenu lors d’une

mauvaise manipulation.

Un contrôle visuel ne permet que de

déceler les cas les plus flagrants. En outre,

comment savoir si un micro-pli dans une

soudure s’est traduite par une fuite ou pas ?

Le test par immersion dans l’eau pendant

X heures, avec une pesée avant/après pour

détecter un gain de poids en cas d’absorption

d’eau, est fastidieux et peut (péniblement)

convenir pour tester un échantillon,

mais n’est nullement adapté à un contrôle

systématique de milliers de packs souples.

Consultée sur cette problématique par l’armée

française en tant que spécialiste du

contrôle d’étanchéité, ASC Instrument a

réussi à développer un moyen de contrôle

des packs balistiques souples offrant une

réelle garantie d’étanchéité, tout en étant

facile à mettre en œuvre et simple d’emploi,

baptisé BAIT, pour Body Armour

Integrity Tester.

Le principe utilisé par l’ASC BAIT (basé

sur une méthode brevetée par ASC)

comprend une mise sous vide contrôlée

du pack souple, placé dans une enceinte

de test. L’enveloppe imperméable se gonfle

sous l’effet du vide, et rentre en contact

avec un capteur, qui mesure ensuite l’évolution

de la pression à l’intérieur de l’enveloppe.

Cette évolution donne une image

32 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE

CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL

Pack souple balistique

précise de l’état d’étanchéité du pack.

La pression dans un pack non étanche va

décroitre plus ou moins rapidement selon

l’importance de la fuite, tandis qu’un pack

étanche montrera une perte de pression

quasi-nulle.

La variation de pression mesurée est

comparée à un seuil d’acceptation, et la

pièce testée est déclarée Conforme ou Non

Conforme, signalé par un voyant vert ou

rouge.

Le procédé total prend moins de 30

secondes, ce qui permet de contrôler des

quantités importantes en un minimum

de temps (jusqu’à 80 pces/hr avec un seul

appareil).

Les résultats sont enregistrés automatiquement

par l’instrument, pour être

restitués sous forme de rapport à la fin

de la journée ou du lot testé. En cas de

pièces sérialisées, les résultats peuvent être

associés aux numéros de série des pièces

à l’aide d’un lecteur de code barre ou de

QR code, offrant une traçabilité totale.

Simple à utiliser, ergonomique et robuste,

l’ASC BAIT est conçu pour être intégré

directement sur les lignes de production

chez les fabricants, pour leur permettre

de répondre au besoin croissant de fournir

des garanties sur la qualité de leurs

© DR

produits, y compris sur l’étanchéité des

packs.

Pour les fabricants, le test systématique

par le BAIT offre la certitude que

chaque pack prélevé au hasard dans un

lot passera le test balistique après immersion

sans problème.

L’instrument d’ASC permet également le

contrôle des packs souples après retour du

terrain ou à intervalle régulier au cours

de leur cycle de vie. Les services R&D

peuvent utiliser le BAIT pour évaluer la

robustesse de nouvelles conceptions, de

nouveaux moyens de soudure, comparer

des fabrications, etc.

Différentes dimensions d’enceinte

existent, couvrant l’ensemble des protections

balistiques souples.

« Un système de Pack Etalon,

parfaitement étanche, est

utilisé pour rapidement certifier

le bon fonctionnement du

BAIT. »

Un système de Pack Etalon, parfaitement

étanche, est utilisé pour rapidement certifier

le bon fonctionnement du BAIT. Le

Pack Etalon est équipé d’un connecteur

et livré avec plusieurs Fuites Etalons, qui

permettent de vérifier les valeurs mesurées

à chacun de ces niveaux de fuite,

simulant les différents cas de défauts

susceptibles de se produire.

Une étude de corrélation avec une spécification

de test d’immersion peut être effectuée

dans le laboratoire d’ASC Instrument

sur demande. Cette étude permet d’établir

le bon seuil d’acceptation, offrant la

garantie contre tout risque d’entrée d’eau

d’une part, tout en évitant de verser dans

la sur-qualité et de rejeter des packs inutilement.

ASC Instrument effectue également des

prestations d’expertise et d’étude de faisabilité,

et détermine avec les utilisateurs les

procédures adaptées à la mise en œuvre de

ce test. La technologie de contrôle développée

par les ingénieurs d’ASC est utilisée

de manière similaire sur d’autres types

d’EPI étanches (gants, gilets gonflables,

tenues de protection, …). ●

Hans Lepelaars

Pack Etalon avec jeu de Fuites Etalons

© DR

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 •Décembre 2021 -Janvier-Février 2022 I33


CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL

AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE

MESURE

Jumo : la qualité est une

question de volonté

Jumo est un des leaders dans le domaine des capteurs industriels

et de l’automatisation. Sa gamme de produits innovante englobe

toute la chaîne de mesure du capteur jusqu’aux systèmes

d’automatisation : température, pression, analyse des fluides,

niveau et humidité. L’entreprise familiale propose, à ses clients

à travers le monde, la solution optimale qu’il s’agisse de sécurité

des process, d’efficacité énergétique, et d’optimisation des coûts.

Entretien

QUELS SONT LES ENJEUX DU CONTRÔLE

QUALITÉ DANS LES SECTEURS

INDUSTRIELS DE L’AÉRONAUTIQUE, DU

SPATIAL ET DE LA DÉFENSE ?

Valérie Lecoeur : Le personnel de

production de Jumo, formé, qualifié et

expérimenté fabrique chaque capteur

individuellement à la main selon les

exigences du client. Chaque opérateur

réalise un auto-contrôle.

Dans les secteurs aéronautique, spatial

et défense, des FAI 1 sont réalisées afin de

garantir la conformité aux caractéristiques

de conception. Nous passons en revue la

documentation du processus de fabrication

(plans de fabrication, gammes de

production) afin de garantir que toutes les

opérations soient achevées et respectent

les types de matières, les exigences et les

approbations appropriés.

Notre service qualité vérifie ensuite les

documents supports dans la FAI (résultats

de contrôle, résultats d’essai, procédure

d’essai de réception, approbation des

procédés spéciaux et certifications) afin

de ne rien omettre. Nous vérifions que la

réalisation des pièces ait bien été effectuée

avec l’outillage de conception requis.

1. First Article Inspection

© DR

Valérie Lecoeur

Responsable

Qualité chez Jumo

Régulation

Une attention particulière est également

portée sur la vérification du marquage

des articles, sa lisibilité, son contenu, son

emplacement, ses dimensions. S’ajoutent,

ensuite, un contrôle dimensionnel, fonctionnel

des capteurs et une vérification

par rapport à un plan de contrôle appliqué

pour toutes les futures productions.

Les articles du secteur aéronautique,

spatial et défense sont gérés en article de

configuration. Ils disposent d’une référence

unique et donc de caractéristiques

figées. Les modifications sont autorisées

mais doivent respecter les procédures

avant validation.

Les bénéfices de cette gestion sont les

suivants :

• la documentation utilisée est celle

de la dernière version approuvée ;

• la cohérence entre le produit et

l’information du produit est assurée

;

• la traçabilité des modifications est

enregistrée ;

• les auteurs des modifications sont

identifiés ;

• un retour à une version antérieure

est facilement réalisable.

Sur demande, les capteurs peuvent être

étalonnés. Jumo dispose d’un laboratoire

de métrologie accrédité Cofrac 2 température

et pression pour une prestation en

laboratoire. Il vous propose des prestations

d’étalonnages température – pression

– hygrométrie en laboratoire ou sur

site client.

POURQUOI LA CERTIFICATION EN 9100

EST-ELLE IMPORTANTE POUR VOTRE

SOCIÉTÉ ?

V.L. : La certification EN 9100 est la référence

internationale dans le domaine de

l’Aéronautique, Spatial & Défense. Elle

permet aux entreprises spécialisées de

planifier, d’établir et de mettre en œuvre

un système de management de la qualité

spécifique à ce secteur. Elle vise l’amélioration

de la qualité et permet d’identifier

Jumo comme un acteur du secteur.

Elle permet aussi d’être référencée dans la

base Oasis 3 , gage de fiabilité et de qualité

2. Accréditations N°2-1656 & N°2-5942

3. La base de données Oasis est gérée par l’IAQG

(International Aerospace Quality Group).

Chaque capt

34 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE

CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL

eur est fabriqué à la main selon les exigences du client.

© DR

de nos prestations en tant que fournisseur.

Etant référencée, notre entreprise

est accessible à tous les acteurs du secteur

quelle que soit leur localisation géographique.

Ce référencement nous confère

une reconnaissance internationale.

QUELS SONT VOS PROJETS

CONCERNANT LA QUALITÉ ?

V.L. : La qualité et l’amélioration continue

sont une priorité chez Jumo Régulation.

Nous nous efforçons d’assurer

une qualité exemplaire de nos produits

et services. Jumo France travaille sur la

mise en place du Lean Management pour

une application en 2022.

Cette méthode optimise les processus en

réduisant les temps sans valeur, les causes

©DR

de non-qualité. Elle est portée par une

dimension managériale importante qui

permet aux collaborateurs de travailler

dans les meilleures conditions. Deux

objectifs principaux sont visés : la satisfaction

complète des clients et le succès

de chaque salarié.

« L’homme est à la base de

toute performance. »

COMMENT L’AMÉLIORATION DE

LA QUALITÉ DE VIE AU TRAVAIL

ENTRAINE-T-ELLE ÉGALEMENT DES

GAINS ?

V.L. : L’homme est à la base de toute

performance. Plus un produit est performant,

plus il est important d’avoir une

équipe bien rôdée et dotée de collaboratrices

et de collaborateurs motivés. Ils

contribuent tous à la réussite de l’entreprise.

L’initiative est à l’origine de la capacité

d’innover. A tous les niveaux, nous

encourageons les initiatives personnelles

de nos collaborateurs : par une hiérarchie

peu marquée et beaucoup de fairplay, car

une ambiance de travail empreinte de

confiance est source de performances.

QUEL SERVICE PROPOSEZ-VOUS AUX

SECTEURS DE L’AÉRONAUTIQUE, DU

SPATIAL ET DE LA DÉFENSE ?

V.L. : Jumo Régulation France a créé

son laboratoire Métrologie en 2000 et a

ensuite obtenu son accréditation Cofrac

Température pour son laboratoire de

Metz en 2005 et Cofrac

Pression en 2015.

Des sondes Jumo

Concernant l’étalonnage en

laboratoire et sur site, nos

prestations concernent une

plage d’étalonnage : A -196°

C et de -85° C à 1200° C

(en laboratoire). Elles font

appel à des sondes à résistance,

des convertisseurs

de température, des enregistreurs,

des thermocouples, des fours

portables, des thermomètres mécaniques

et des indicateurs de température.

Notre prise en charge complète permet

d’ajuster et de régler l’appareil afin d’obtenir

les spécifications requises. Les prestations

modulaires intègrent toutes les

étapes nécessaires à l’obtention d’un parc

d’instruments conformes et pouvant

prendre en considération toute la chaîne

de mesure. Par ailleurs, nous conseillons

sur le choix de nouveaux appareils

et nous apportons une assistance pour un

échange ou une modification du matériel.

Autre atout : la reconnaissance au

niveau international des étalonnages sous

accréditation Cofrac. Enfin, Jumo se positionne

comme un expert de la mesure

physique et de l’automatisation au service

de ses clients avec des solutions complètes

et novatrices.

POUVEZ-VOUS CITER UN EXEMPLE

D’APPLICATION DANS LES SECTEURS

INDUSTRIELS DE L’AÉRONAUTIQUE, DU

SPATIAL OU DE LA DÉFENSE ?

V.L. : Jumo France fournit en capteurs de

températures depuis plusieurs années, des

grands acteurs du secteur aéronautique,

spatial et défense. Forte de son expérience

dans le domaine de la mesure depuis

de nombreuses années, notre bureau

d’études, a su mettre en application toutes

ses connaissances à leurs services afin de

satisfaire les exigences les plus élevées.

Notre équipe, composée de techniciens

et de spécialistes, les a accompagnés dans

leurs projets les plus complexes. Nous

avons aussi élaboré des produits sur-mesure

suivant leurs besoins, de la conception

à la réalisation. Nous nous sommes

également attachés à être réactifs, créatifs,

respectueux des délais et disponibles.

Enfin, une même idée fédère l’ensemble

de l’équipe : bâtir ensemble et créer des

capteurs de haute qualité ●

Propos recueillis par

Valérie Brenugat

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 •Décembre 2021 -Janvier-Février 2022 I35


CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL

AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE

APPLICATION

Conception de supports d’antenne sur

avions pour les systèmes SAR la qualité

est une question de volonté

Dans le cadre de la mission allemande de satellite radar TanDEM-X, l’Institut de technologie haute

fréquence et des systèmes radars du Centre allemand pour l’aéronautique et l’aérospatiale (DLR) ont

dû effectuer des essais préliminaires à l’aide de systèmes radars montés sur des avions. À cette fin,

des structures de support adaptées ont été requises afin de monter les antennes sur le fuselage de

l’avion. Des données de contour exactes de diverses zones des avions ont donc été nécessaires lors

de la conception. Puisque chacune des zones à mesurer requérait un niveau de précision particulier,

le DLR a fait le choix d’utiliser trois solutions de mesure 3D portables complémentaires.

Simon Côté

succéder à ces deux satellites en bande X. Récemment, l’institut

a travaillé sur un nouveau projet d’observation terrestre avec

deux satellites radar dans la gamme de fréquences de la bande L.

© DR

Chef de produit chez Creaform

L’Institut du DLR développe des capteurs, des algorithmes

et des applications pour la télédétection par

satellite radar au sol et dans l’air, principalement basée

sur le principe du SAR (Synthetic Aperture Radar).

Dans le cadre de la mission TanDEM-X, le DLR exploite les

satellites radar allemands TerraSAR-X et TanDEM-X et les

recherches actuelles portent sur les systèmes qui pourraient

Toutefois, bien avant un éventuel lancement de satellite, les

systèmes radars et leurs paramètres pour les futures missions

d’observation par satellite doivent être étudiés méticuleusement.

Pour ce faire, le DLR détermine les caractéristiques du

système par des expériences sur avion, qui ont un degré élevé

de flexibilité. A la fin de cette recherche, les nouveaux systèmes

ont été installés sur deux avions Dornier Do 228, afin de fournir

les données radar requises. Les antennes et les structures de

support nécessaires ont donc été conçues, testées et intégrées

au système de l’avion. Ces structures devaient être parfaitement

adaptées, tant aux antennes qu’aux avions.

SCANS 3D ET DE MODÈLES CAO DES

DIVERSES ZONES DE L’AVION.

© DR

L’Institut du DLR développe des capteurs, des algorithmes et des applications

pour la télédétection par satellite radar au sol et dans l’air.

Afin de concevoir l’espace disponible

pour l’installation des supports d’antenne

sur et dans l’avion, des données

géométriques très précises ont été

requises. Ici, les structures étaient

montées sur les glissières des sièges

à l’intérieur de l’avion et en saillie à

travers un conduit dans le plancher

sous le fuselage de l’avion. L’antenne

est montée à cet endroit dans un carénage

aérodynamique.

Pour ce projet, le conduit et les zones

36 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE

CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL

qui l’entourent - le plancher à l’intérieur de la cabine et la zone

située sous le fuselage de l’avion - présentaient un intérêt particulier.

Pour réaliser le projet, des modèles CAO exacts des zones

de deux avions ont été nécessaires pour la construction de ces

structures porteuses ou supports. Dans un premier temps, il a

donc fallu créer des scans 3D, à partir desquels les modèles CAO

ont ensuite pu être générés, pour servir de base à la construction

des supports d’antenne de deux Do 228, sous le fuselage

de l’avion.

Utilisation du MetraSCAN 3D pour le fuselage

Le modèle de positionnement complet de l’avion (zone intérieure

et extérieure) a été enregistré à l’aide de MaxSHOT 3D,

un système de photogrammétrie qui a permis d’accroître l’exactitude

de la mesure complète et de combiner les dimensions de

la zone extérieure avec celles de le la zone intérieure. Le scanner

MetraSCAN 3D a été utilisé afin de capturer les zones extérieures

importantes de l’avion, comme le fuselage, alors que le

scanner HandySCAN 3D a été employé pour saisir les détails

et les zones difficiles à atteindre à l’intérieur de l’avion, comme

la trappe du plancher.

© DR

Scan de la trappe de plancher d’un avion et modèle CAO

© DR

ÉQUIPEMENT DE MÉTROLOGIE ET DE SCAN UTILISÉS

Le post-traitement des scans a été effectué avec le logiciel

VXmodel. Tout d’abord, le scan a été corrigé, aligné, et les

surfaces inutiles ont été supprimées. Puis, le scan a été préparé

pour la rétro-ingénierie. Par avion, les mesures sur site (y

compris l’installation et le démontage) n’ont pris que 4 à 5

heures, le post-traitement environ 2 à 3 heures et la rétro-ingénierie

presque deux semaines

Pour les scans de surface et de volume, le DLR a fait appel à

de l’équipement de métrologie et au service d’ingénierie de

Creaform.En raison de l’exactitude requise, du niveau de détail

souhaité et de l’accessibilité des zones, les systèmes de scan de

Creaform offraient à ce projet la portabilité, la vitesse et l’exactitude

nécessaires. Les scanners 3D MetraSCAN 3D et HandyS-

CAN 3D ainsi que le système de photogrammétrie MaxSHOT

3D ont été utilisés. Deux avions ont été scannés dans le cadre

des opérations de vol de recherche du DLR sur les sites d’Oberpfaffenhofen

et de Braunschweig.

HandySCAN 3D utilisé pour la trappe de plancher

Modèle CAO intégré

Une première esquisse de la construction de l’un des deux

supports d’antenne, intégrés dans l’actuel scan 3D de la cabine

de l’avion, est présentée dans l’image du modèle CAO intégré

ci-dessus. On peut tenir compte, au niveau des données, des

positions de rivets individuels, des glissières des sièges à l’intérieur

ou des joints de la tôle sur le fuselage de l’avion.

© DR

Ultimement, les solutions métrologiques utilisées, ainsi que les

vastes possibilités de traitement des données se sont avérées

optimales pour cette tâche singulière. Cette nouvelle approche

a permis à DLR d’optimiser leur temps de travail d’environ 6 à

8 semaines, sans sacrifier l’exactitude des mesures ●

Simon Côté

© DR

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 •Décembre 2021 -Janvier-Février 2022 I37


CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL

AÉRONAUTIQUE, SPATIAL ET DÉFENSE

TECHNOLOGIE

Trioptics France : un

fournisseur d’instruments

dédiés au contrôle qualité

des systèmes optiques

Filiale française de la société Trioptics GMBH, membre du

groupe Jenoptik, Trioptics France assure la vente en France

de matériel de micro et nanopositionnement, spectrométrie,

métrologie des optiques et des surfaces. Il travaille principalement

avec la recherche, la défense, le spatial et l’aéronautique.

© DR

Gwendal Girard-Suard,

Responsable commercial

de Trioptics France

Une application

à Air France

La mesure d’un impact sur un

gros disque d’aube (pièce >

500k€) dans un endroit difficile

d’accès (dans un pied de sapin)

est un exemple d’utilisation des

services de Trioptics France.

Selon Gwendal Girard-Suard,

Air France était incapable de

faire cette mesure et la pièce

risquait d’être rebutée faute de

savoir si le défaut était dans

les tolérances. Ainsi, l’InSpec

a permis de mesurer cet impact

en quelques secondes et de

valider que la pièce pouvait être

remontée sur moteur. De plus,

il a été rentabilisé en quelques

secondes.

« Les enjeux du contrôle qualité sont capitaux

dans les secteurs spatiaux et aéronautiques où les

pièces et les erreurs coûtent très chèrses. » déclare

Gwendal Girard-Suard, responsable commercial

de Trioptics France.

La MRO (Maintenance, Repair and Operations)

est une activité à part entière et propre

à l’aéronautique, avec des entreprises spécialisées

dans le contrôle et la métrologie des pièces.

Elle représente une part non négligeable du coût

de vol d’un avion et elle joue un rôle crucial

dans le process de sécurité. Avant la crise du

Covid, sa croissance était estimée à x 10 sur les

15 ans à venir.

La solution InSpec proposée par Trioptics

France a été développée par 4D Technologie et

financée par GE, acteur majeur de l’aéronautique.

Son cahier des charges était de disposer

d’un instrument capable de qualifier les

défauts de surfaces (rayures, impacts, usure)

des moteurs d’avion (disques de fan, aubes …),

qui soit rapide, sans contact, simple d’utilisation

et utilisable en atelier sur pièce directement. Ses

objectifs principaux étaient de remplacer l’utilisation

des pâtes (replicast ou reprorubber),

« Les enjeux du contrôle qualité sont

capitaux dans les secteurs spatiaux

et aéronautiques où les pièces et les

erreurs coûtent très cher. »

coûteuses en temps, le transport des pièces en

laboratoire de métrologie, et d’accélérer la prise

de mesure sur certaines pièces ou les défauts se

comptent par centaine. Néanmoins, l’InSpec

ne peut pas mesurer la rugosité, mais un autre

instrument est en cours de développement pour

caractériser les états de surface et défauts inférieurs

à 5 µm. De plus, il ne peut pas voir dans

la matière. Par ailleurs, ses clients sont principalement

les compagnies aériennes (Air France,

KLM …) et les fabricants de moteurs d’avion

(GE, Safran Aircraft, Rolls Royce …). Ainsi,

Safran Aircraft Saint Quentin, Air France Industries

Roissy et Orly figurent parmi sa clientèle.

Enfin, Trioptics France devrait être présent dans

les salons Measurement World, MRO et Laser,

Control via sa maison mère ou ses partenaires.

Valérie Brenugat

38 IQUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


BOITE À OUTILS

L’ENTREPRISE

contributive

Dans un style direct et

décalé, les auteurs traitent

avec humour et autodérision,

comment les fonctions

importantes des organisations

(management, finance,

modèles d’affaires, comptabilité,

innovation, marketing, RH, communication,

IT...) - devront changer afin de répondre

aux contraintes climatique et géologique. Enfin,

des réalisations de pionniers cités dans ce

livre démontrent que l’entreprise peut être

contributive.

Fabrice Bonnifet est directeur du développement

durable du Groupe Bouygues et

président du Collège des directeurs de développement

durable (C3D) et administrateur

du Shift Project.

Céline Puff Ardichvili est, quant à elle, entrepreneure

et communicante et intègre dans

sa profession les enjeux du développement

durable. Partenaire au sein de l’agence Look

Sharp (relations presse et publiques), elle

confie la parole aux acteurs du changement.

« L’entreprise contributive »,

Fabrice Bonnifet et Céline Puff

Ardichvili, Dunod, 272 p, 18,90 €

www.dunod.com

INTELLIGENCE COLLECTIVE

en action

Cet ouvrage raconte la success

story d’Elis, société familiale

devenue leader européen

dans le secteur des services à

l’entreprise en matière d’hygiène,

de confort et de bienêtre.

Philippe Bernard, son

président jusqu’en 2007, et Vincent Lenhardt, le

spécialiste du coaching en France, qui l’a accompagné,

précisent comment ils ont conduit le

changement au sein de l’entreprise et développé

l’intelligence collective de l’équipe de direction.

Ils témoignent du travail en profondeur

qu’a requis cette mise en place. Ils théorisent

l’approche intégrative et souligne l’exemplarité

des acteurs et à l’accompagnement individuel

et collectif. Dans cette troisième édition,

Vincent Lenhardt décrit des nouveaux développements

tels que la mise en place d’une

culture Coach & Team, avec chaque dirigeant

développeur de talents, et l’importance de l’agilité,

la productivité et la responsabilité sociale

et environnementale. Il explique également

comment la pandémie de Covid a amplifié des

mutations en cours. Enfin, ce livre permettra

au dirigeant d’évoluer vers l’excellence en

accord avec ses équipes.

« L’intelligence collective en action »,

Vincent Lenhardt et Philippe Bernard,

Pearson, 210 p, 25 €

www.pearson.fr

40 MOTS POUR

un numérique responsable

Ce guide est destiné aux organisations

privées et publiques

qui veulent réussir leur

transformation numérique

responsable. L’auteur, Frédérick

Marchand, a choisi 40

mots afin d’établir un panorama

des défis du numérique responsable avec

des explications simples et parfois humoristiques

: des expressions les plus courantes

comme éco-conception, effet de serre, ACV

ou accessibilité aux termes les plus pointus

comme conséquence scanning ou dégradation

élégante tout en passant par illectronisme

et sobriété. Tout au long de l’ouvrage, l’auteur

propose des idées d’ateliers à effectuer en

équipe pour une mise en pratique immédiate.

Expert de la transformation numérique des

organisations avec plus de 20 ans d’expérience,

Frédérick Marchand est le Président et cofondateur

du groupe Digital4better, entreprise

à mission qui a pour raison d’être le numérique

responsable.

« 40 mots pour un numérique responsable »,

Frédérick Marchand, éditions

ContentA, 176 p, 12 €

www. editionscontenta.com

L’ISO 26 000

à l’ère du digital

Ce livre traite de la méthodologie

décrite par la norme

ISO 26000. Il donne des clés

et des outils afin de mettre la

norme ISO 26000 à la portée

de tous : Secteurs privé, public,

associatif… Avec des témoignages

et des exemples, Corinne Coullet-Demaizière

guide dirigeant, micro-entrepreneur,

manager, collaborateur, agent de la Fonction

publique… qui souhaite déployer une

démarche DD-RSE. À partir de son expertise

d’ISO 26000, des labels et autres outils autour

de cette norme, de retours d’expérience et de

partages de bonnes pratiques, elle montre

comment chacun peut activer des leviers de

performance « responsable ».

« L’ISO 26000 à l’ère du digital »,

Corinne Coullet-Demaizière, Afnor

Editions, 240 p, 30, 50 €

www.boutique.afnor.org

LE TRAVAIL

est malade

Maxime Bellego pose un

diagnostic sur la santé

mentale du travail, sur ses

dérives et ses pathologies afin

de proposer une réflexion

et une solution thérapeutique.

Ce docteur en psychologie

et psychologue clinicien, spécialiste de

l’individu et du collectif a été un ex-conseiller

national en organisation du travail chez

Orange. Directeur de l’Institut Milton Erickson

Méditerranée, responsable d’enseignement

et coach à l’École Centrale de Marseille,

il est aussi Officier conseiller du Service de

Santé des Armées.

« Le travail est malade. Il nous fait souffrir »,

Maxime Bellego, De Boeck Supérieur,

176 p, 18,90 €

www.deboecksuperieur.com

QUALITÉ RÉFÉRENCES • N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022 I 39


AGENDA

Face à la situation sanitaire actuelle, les dates de salons mentionnées ci-dessous sont incertaines

SALON

JANVIER

Du 18 au 20

Preventica Toulouse

Prévenir les risques, réinventer le travail,

optimiser la reprise… : ces sujets seront abordés

durant 3 jours, au travers de 180 conférences

et ateliers et de solutions proposées par près

de 380 exposants.

Toulouse Parc des expositions

www.preventica.com

MARS

Du 8 au 11

CFIA Rennes

Ce salon présentera une offre complète de 1 600

exposants proposant des solutions à destination

de tous les métiers du secteur agroalimentaire.

Pour l’occasion, l’évènement créé en 1997 au

cœur de la 1 ère région agroalimentaire européenne

fêtera ses 25 ans.

Parc Expo de Rennes

www.cfiaexpo.com

Du 14 au 15

Paris Space Week

Cette 8 e édition de ce rendez-vous d’affaires

est consacrée à l’industrie spatiale.

Espace Grande Arche, Puteaux

www.paris-space-week.com

Du 22 au 24

Documation, I-expo, Solutions

RH, Solutions IC&R intranet-

RSE & collaboratif E-Learning

Veille collaborative, curation, RSE… la

complémentarité est avérée, le collaboratif

s’impose dans la collecte des informations

stratégiques… Ces sont les secteurs présents

dans les salons I-Expo et Solutions Intranet-

RSE & Collaboratif. En outre, Documation

s’attache à décrypter les tendances qui ne

font que bouleverser la notion de document

et de gestion d’information. De plus, le salon

e-learning expo présente les offres concernant

le digital learning, le mobile learning, le social

learning, les serious games, les moocs, la

gamification, la réalité virtuelle, l’intelligence

artificielle, l’immersive learning... Enfin, le salon

Intranet Collaboratif, Digital Workplace & RSE

réunit les experts et professionnels de l’intranet,

des médias sociaux et du travail collaboratif.

Porte de Versailles, Paris

www.documation.fr, www.i-expo.net, www.

solutions-ressources-humaines.com,

www.e-learning-expo.com

Du 29 au 31

Stratégies clients

Le salon de la relation client est un lieu de partage

et une source d’inspiration pour les visiteurs.

Il est organisé en deux pôles : Relation client

et connaissance client.

Paris Porte de Versailles – Pavillon 4

www.strategieclients.com

AVRIL

Du 25 au 28

Cafmet

Le Cafmet, en partenariat avec l’EHTP de

Casablanca, organise la 8 è Conférence

Internationale de Métrologie en Afrique.

Cafmet 2021 constitue un carrefour d’échanges

d’information, d’idées et d’expériences en

métrologie et en management de la Qualité,

autour de conférences, de tables rondes, d’ateliers

techniques et de stands d’exposition.

Centre De Conférence de l’EHTP

(Ecole Hassania des Travaux Publics),

Casablanca

www.cafmet-conference.com

MAI

Du 17 au 20

Global Industrie

Ce salon propose une offre complète rassemblant

en un seul et même lieu tout l’écosystème

industriel, toute la chaîne de valeurs et toutes

les filières utilisatrices.

Paris Nord-Villepinte

www.global-industrie.com

FORMATION

FÉVRIER

Du 7 au 9

Améliorer la qualité opérationnelle en production

Objectifs :

- Établir un bilan qualité de sa production

- Mettre en place un plan de contrôle qualité

efficace

- Anticiper l’apparition des non-conformités

- Réagir aux incidents et réclamations

clients

- L’amélioration continue au quotidien.

Profil concerné :

- Responsable qualité ou service «contrôle».

- Technicien des services qualité, contrôle, méthodes,

production…

- Agent de maîtrise en production

Paris

www.cegos.fr

MARS

Du 14 au 15

Le système qualité pharmaceutique (ICH Q10 et

chapitre 1 des BPF)

Objectifs

- Revoir les différents référentiels de management

de la qualité et plus particulièrement l’ISO 9001 et

le système qualité pharmaceutique (ICH Q10/BPF)

appliqués aux médicaments et expliquer leurs interrelations.

- Concevoir et renforcer son système de management

de la qualité en utilisant les nouveaux paradigmes

ICH dans un objectif partagé d’amélioration

continue.

- Intégrer et adapter les exigences en matière de

maîtrise de la qualité au sein de son organisation.

-S’approprier les démarches, les outils et les méthodes

de la gestion au quotidien de la qualité pour

mettre en place un système qualité efficace.

Profil concerné :

- Pharmaciens responsables, pharmaciens responsables

intérimaires, pharmaciens délégués,

personnes qualifiées, membres de l’encadrement

des affaires réglementaires, de la qualité et de la

production

Boulogne-Billancourt

www.ifis.asso.fr

AVRIL

7 au 8

Formation pratique des correspondants/animateurs

qualité

Objectifs :

- Exercer les missions du référent qualité

être efficace et dynamique dans son rôle de relais

de la qualité.

- Utiliser les outils adéquats

Profil concerné :

- Cette formation Qualité s’adresse à toute personne

amenée à jouer le rôle de référent qualité.

Paris

www.demos.fr

Retrouvez toutes les dates

de manifestations sur :

www.qualityandco.com/agendas

40 IQUALITÉ RÉFÉRENCES• N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


INDEX

Au sommaire du prochain numéro :

DOSSIER

• Spécial Agroalimentaire, cosmétique

et pharmaceutique : Comment

assurer le contrôle de la qualité

(capteurs, surveillance, IoT, logiciels

MES…) et manager la qualité

EXCELLENCE, DÉMARCHE, MANAGEMENT

• Augmenter la performance RSE de

son entreprise

• Data Qualité : un pilier essentiel de la

stratégie d’entreprise

FORMATION, CONSEIL, CERTIFICATION

• Outils digitaux : BPM, GED,

dématérialisation, IA, ERP, relation

client, applications, plateforme…

PRÉVENTION DES RISQUES, ENVIRONNEMENT

• La prévention : du levier à l’innovation

• La qualité sanitaire

CONTRÔLE QUALITÉ INDUSTRIEL

• Qu’apportent les technologies en

matière de vision industrielle dans la

fiabilité des process, la traçabilité et la

qualité des produits ?

Index des associations, organismes et sociétés cités :

1792AVOCATS.......................................................18

AB CERTIFICATION......................... 4 E DE COUV, 22

ASC INSTRUMENT................................................32

BOC GROUP...........................................................12

CREAFORM............................................................36

DECLE....................................................................41

ELAMP...................................................................15

FELIX INFORMATIQUE.......................................... 4

FREA INFORMATIQUE..........................................11

ISIWARE..................................................................6

JUMO REGULATION..............................................34

KERN & SOHN..................................... ENCARTAGE

KOOVEA.................................................................20

LA POSTE GROUPE...............................................29

LRQA......................................................................22

MAINTENANCE & CO............................................31

MESURES & TESTS..............................................27

QUALIOS................................................................43

QUALITY AND CO..................................................19

QUALNET........................................ 2 E DE COUV , 10

SGS........................................................................22

TRIOPTICS FRANCE.............................................38

A SAVOIR !

Retrouvez l’actualité de la

Qualité sur notre site Web

Avec son site éditorial,

MRJ Presse, société

éditrice de presse

professionnelle,

entend répondre aux

attentes en matière de

digitalisation de la part

de ses lecteurs et de

toute la communauté

des managers,

certificateurs, des

acteurs de la qualité

et de l’excellence

opérationnelle. Il est également possible de s’abonner

à la newsletter bimensuelle ainsi qu’au magazine

papier directement sur le site.

Retrouvez nos anciens numéros sur :

www.qualite-references.com

42 IQUALITÉ RÉFÉRENCES• N°91 • Décembre 2021 -Janvier-Février 2022


17, rue de Châteaudun

75009 PARIS


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