ON-mag (2022-1) : casques et écouteurs audiophiles
Plus d'une trentaine de tests de casques Hifi, casques nomades, sans fil, avec système actif de réduction du bruit, d'écouteurs filaires ou true wireless, d'amplis casques sédentaires ou nomades.
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mag
2022-1
34
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écouteurs et
sources à
l’essai
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SOMMAIRE
Showroom
p. 6 : nouveautés
Casques Hifi
p. 16 : Audeze LCD-5
p. 18 : Dan Clark Stealth
p. 20 : Ezertich Mania et Phobos
p. 22 : Final D8000/D8000 Pro
p. 26 : Grados RS1x
p. 28 : Hifiman Deva
p. 30 : Meze Audio Elite
p. 32 : Ollo Audio S4X
p. 34 : Phonon SMB-01L
p. 36 : Sendy Audio Aiva
p. 38 : Sivga Robin
p. 40 : Stax SR-009S
Écouteurs True Wireless
p. 66 : Bang & Olufsen BeoPlay EQ
p. 68 : Earsonics Grace Platinum
p. 70 : Jabra Elite 7 Active
p. 72 : LG Tone Free FP8
p. 74 : OnePlus Buds Pro
p. 76 : Philips Fidelio T1
p. 78 : Technics EAH-AZ60
Électronniques
p. 82 : Astell & Kern ARCO CA1000
p. 84 : Chord Mojo 2
p. 86 : Exposure XM HP
p. 88 : Feliks Audio Euforia
Casques sans fil
p. 46 : AiAiAi TMA 2 Studio Wireless+
p. 48 : Audio-technica ATH-M50xBT2
p. 50 : Ausounds AUXT-ANC
p. 52 : Bose QuietComfort (QC) 45
p. 54 : JVC HA-S91N (test à venir)
p. 56 : Philips Fidelio L3
p. 58 : Shure Aonic 40
p. 60 : Teufel Blue NC (2021)
p. 62 : Yamaha YH-L700A
Ce magazine vous est proposé par ON-Mag.fr
Diffusion, distribution et reproduction soumises à conditions.
Tous droits réservés.
Communication et publicité : Manuel Courbo (régie Catset), mcourbo@gmail.com, 06 61 09 14 46
Rédaction : Alexandra Bellamy, Manuel Courbo, Guillaume Fourcadier, Sylvain Pichot
et Pierre Stemmelin
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LES
CASQUES
HIFI
TEST
AUDEZE
LCD-5
Véritable instuon du casque à transducteurs
planaires (ou orthoplanar), Audeze n'a clairement
pas fini de s'imposer sur la scène Hifi. En plus
d'une pare sonore retravaillée, son tout
nouveau modèle haut de gamme, le LCD-5,
promet une forme largement modernisée. Un
pari réussi pour ce casque parculièrement
dispendieux ? par Guillaume Fourcadier
5000 €
La fin de l'école du cintre
Aussi techniques qu'ils puissent être, les casques
Audeze sont généralement tout sauf avancés d'un
point de vue ergonomique. Lourds voire très lourds
(certains modèles à oreillettes closes pèsent plus de
650 g), ils ne sont pas non plus des modèles
d'équilibre sur la tête. Justement, le constructeur a
ici totalement transcendé la forme.
Cela passe par l'intégration d'une nouvelle structure
en magnésium et en carbone et un arceau
redessiné. Loin d'être ce duo de coques lourdes
reliées à une armature proche du cintre (en forçant
un peu le trait), le LCD-5 est maintenant un exemple
de confort, au poids beaucoup plus acceptable (420
g). On peut aussi lui accorder une mention spéciale
pour son excellente tenue sur la tête.
Pour ne rien gâcher, le luxe reste omniprésent. Le
travail du bois est irréprochable, les coussinets sont
aussi épais que doux, le moindre détail est étudié.
Enfin, la mallette de rangement et transport,
intégralement en aluminium noir, offre à ce casque
un écrin de luxe digne de ce nom.
Modèle Hifi équilibré, ou pro ultime ?
L'Audeze LCD-5 est assez surprenant à l'écoute, en
particulier lorsqu'on le compare directement au
Meze Audio Elite. Si ce dernier est accessible et
spectaculaire, le LCD-5 est, au contraire, d'une vraie
simplicité ou pureté acoustique. La scène sonore est
cohérente, mais beaucoup plus intimiste,
légèrement portée vers l'avant. De même, la
signature sonore est l'une des plus équilibrées que
nous ayons pu rencontrer. Son sens de la simplicité
va de pair avec une grande richesse sonore.
La qualité du bas du spectre est, encore une fois, le
point fort de ce modèle haut de gamme Audeze.
Tout est nuancé et détaillé, sans aucune exubérance,
avec une tenue en puissance démentielle si besoin.
Les médiums sont aussi brillamment reproduits,
grâce à une linéarité et une qualité technique que ne
renieraient pas les Meze Audio Elite et Empyrean. On
note juste un petit pic dans les aigus qui hausse
légèrement le niveau de détails et la clarté. Cette
16 ON-mag >> 2022-1
pointe est sans
doute le seul
petit écart que se
permet le constructeur américain.
À défaut d'une scène sonore large, l'Audeze LCD-5
se construit autour d'une vision presque pro de la Hifi
et se veut largement adapté à un usage monitoring
(ce que le constructeur met également en avant dans
sa communication). Sa technicité proche de la
perfection ne laisse absolument passer aucun détail,
sans pour autant tomber dans la sécheresse ou
l'agressivité sur les mixages compliqués.
Très polyvalent, l'Audeze LCD-5 demande certes une
source délivrant un minimum de puissance pour
s'exprimer pleinement, mais s'adapte à tous les types
d'amplificateurs (lampes ou transistors) avec la même
aisance, le tout animé de quelques variations de
personnalité. Nous avons testé la bête en écoute
musicale, mais également sur des logiciels de création
sonore, ainsi qu'en jouant à des jeux vidéo. À chaque
fois, le casque s'est montré largement à la hauteur.
S'il n'est pas le casque Hifi le plus audiophile de
tous, l'Audeze LCD-5 est une véritable
quintessence du genre planaire. Un produit
technique, équilibré, polyvalent et infiniment plus
travaillé sur la forme que les anciennes créations
du constructeur. Un casque que l'on apprécie
d'autant plus sur la durée.
Spécifications
•Type : casque Hifi ouvert à transducteurs planaires
•Structure aluminium, magnésium et carbone
•Transducteurs de 90 mm à aimants Fluxor N50
•Membrane Nano-Scale Parallel Uniforce
•Réponse en fréquence : 5 Hz – 50 kHz
•Impédance nominale : 14 ohms
•Sensibilité : 90 dB
•SPL max : >130 dB
•DHT : <0,1 % à 100 dB
•Poids : 420 g
Notre avis
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TEST
DAN CLARK
Stealth
Assez proche du milieu du
modding (tuning et modificaon
de produits d'autres marques) à
ses origines, Dan Clark a depuis
passé la seconde et compte bien
renverser l'univers du casque
audio planaire (ou orthoplanar).
Porté par une technologie
d'amorssement novatrice en
impression 3D, son nouveau
casque Stealth s'affirme tout
simplement comme le meilleur
casque planaire fermé jamais
imaginé. Une prétenon jusfiée ?
par Guillaume Fourcadier
4100 €
Classe carbone
On ressent parfaitement l'esprit Dan Clark dans le
design de ce nouveau Stealth, dans ses coques
asymétriques à la forme vaguement ovoïde et dans
son arceau composé de tiges très fines (alliage
nickel-titane). Et pourtant, le constructeur monte
clairement d'un cran par rapport à ses habitudes. Si
quelques rares éléments façon modding de
l'époque MrSpeakers (l’ancien nom de Dan Clark,
qui débuta en modifiant des casques Fostex)
demeurent, ils sont tous noyés dans l'extraordinaire
soin apporté à l'ensemble.
Les coques fermées sont un magnifique exemple de
mélange entre aluminium anodisé noir et fibre de
carbone. Le constructeur utilise ce matériau à la fois
pour alléger son casque et pour lui donner cet
aspect si futuriste. L'intégration de cette fibre de
carbone est presque parfaite, en grande partie
parce qu'elle ne se limite pas à de simples plaques
mais à des formes plus complexes et vraiment
18 ON-mag >> 2022-1
étudiées.
La structure du casque est extrêmement fine et ne
donne pourtant aucune sensation de fragilité. À
première vue, le Dan Clark Stealth ne paraît pas
aussi impressionnant qu'un modèle comme le Meze
Elite. Mais une fois en main, nous pouvons constater
que sa qualité de fabrication est aussi élevée et
même que son degré de finition est légèrement
supérieur.
Surtout, la structure du casque est pliable, ce qui lui
permet d’occuper un minimum de place et de tenir
dans sa petite housse de rangement dédiée. Elle est
loin de la grosse valise en aluminium des Meze
Empyrean et Audeze LCD-5. C'est moins chic, mais
l'ensemble gagne en praticité ce qu'il perd en luxe.
C'est dit, il n'y a pas de confort universel. Pourtant,
l'univers du casque planaire a évolué depuis
quelques années. Les lourds modèles d’Audeze qui
pesaient plus de 600 g laissent maintenant place à
des concurrents parvenant à s’alléger pour peser
environ 400 g. C'est ce que réussit à faire Dan Clark,
ce qui reste un exploit pour un casque planaire
fermé. Sans surprise, cette structure légère, associée
à des coussinets très enveloppants et profonds,
apporte un vrai bon confort général.
Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes
si le repose-tête ou la structure étaient réglables. Ce
n'est pas le cas ici, puisque tout repose sur
l'élasticité du bandeau, qui s'ajuste en fonction de la
tête du porteur. Cela fonctionne, mais pas
parfaitement, et pas pour toutes les morphologies.
Le bandeau a effectivement tendance à être trop
lâche pour les petites têtes, avec lesquelles les
coussinets touchent déjà le bord de la mâchoire. En
voulant faire universel, Dan Clark risque de passer à
côté des très petites et des très grosses têtes.
Terminons sur le câblage : la marque n'opte pas
pour des prises mini XLR côté casque, mais pour
des connecteurs HR10 à 4 broches (de chez Hirose)
assez efficaces et robustes. Le câble utilisé a tout du
produit DIY (Do It Yourself), car il est à la fois
travaillé, mais habité de quelques imperfections. Au
moins, l'insertion des prises est-elle facile et les
connectiques vraiment solides, parées pour
affronter l'épreuve du temps.
Méta mis quoi dans ce son ?
Un énième casque planaire haut de gamme sur un
marché qui devient très encombré ? Pas vraiment.
Pour commencer, le Dan Clark Stealth est de type
fermé. Le choix de cette topologie est une prise de
risque avec des transducteurs planaire, qui
fonctionnent plus facilement en charge ouverte, tant
l'amortissement de leur onde arrière se révèle ardu.
En optant pour un transducteur planaire de 72 x 50
mm "presque" classique, le constructeur place sa
carte maîtresse en aval : le système AMTS (Acoustic
Metamaterial Tuning System). Cette création
complexe, obtenue à partir d'une impression 3D de
métamatériaux, permet de combiner en un même
objet compact plusieurs structures acoustiques :
diffuseurs, résonateurs de Helmholtz, résonateurs
quart-d'onde. Elle est placée dans les coques, à
l'arrière des transducteurs.
Force est de constater que cette structure, plus
révolutionnaire qu'elle n'y paraît, fait vraiment son
effet sur les performances sonores. Avant même de
parler de qualité sonore ou de musicalité, avec le
Dan Clark Stealth, nous n'avons tout simplement
jamais eu l'impression d'avoir un casque fermé sur
les oreilles tant le système AMTS paraît épauler à la
perfection les transducteurs orthoplanar.
Le point fondamental ici est la signature sonore,
d'un impressionnant équilibre. Aucun pic marqué
n'apparaît à l'écoute, et sauf dans de rares cas, les
petites déviations sont sans conséquence sur la
qualité de l'écoute. Cet équilibre, encore plus
marqué que sur l'Audeze LCD-5, est suivi d'une
musicalité également plus élevée, d'un côté plus
joueur, peut-être moins "pro". Le Stealth est un peu
moins ciselé dans les basses que le LCD-5, mais son
niveau technique général est au moins comparable.
Les avantages de l'architecture fermée ne paraissent
nullement entachés par les habituels défauts qu'elle
provoque.
La structure AMTS permet aux transducteurs
d'exprimer pleinement leur potentiel en matière de
détails et, surtout, d'afficher une gestion de la scène
sonore stratosphérique : très large et profonde,
ouverte. On est à mille lieues d'un casque planaire
fermé classique. La séparation des instruments, en
particulier, est tout simplement bluffante, à la
hauteur des meilleurs casques ouverts du marché.
Peu importe le style musical, le casque s'adapte
extrêmement bien à ce qu'on lui donne.
Néanmoins, contrairement au très polyvalent Meze
Empyrean, le Dan Clark Stealth pardonne beaucoup
moins les mauvais mixages et les exagérations
sonores. On connaît des modèles encore plus
intransigeants, mais sa tolérance reste faible.
La seule problématique, selon nous, est la puissance
demandée. Bien que ce soit l'un des casques les
plus sensibles de Dan Clark, le Stealth demeure
énergivore. Nous avons réalisé une partie de notre
test avec le très puissant et transportable Astell &
Kern ACRO CA1000. Ce dernier nécessite au moins
d'être réglé en gain haut pour jouir des entières
qualités du casque.
Le casque planaire fermé ultime ? Sans doute pas,
mais à coup sûr le meilleur casque fermé jamais
produit. Son tarif élevé est finalement son seul gros
défaut.
Spécifications
•Type : casque Hifi fermé à transducteurs planaires
•Transducteur : V-Planar de 72 x 50 mm
•Coques en aluminium et fibre de carbone
•Amortissement par système AMTS
•THD : <0,003% (20 Hz – 20 kHz)
•Poids : 418 g
•Livré avec : housse de transport thermoformée, câble
type HR10
Notre avis
Construction
Performances
Confort
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
■
19
TEST
ERZETICH
Mania et Phobos
Erzech est une marque de casques Hifi et amplis casque slovène relavement jeune
dont nous suivons l'actualité depuis fin 2016. Depuis peu, elle a un distributeur atré
pour la France. C'est la première fois que nous consacrons un test à l’un de ses produits.
Pour l'occasion nous faisons même coup double avec son modèle électrodynamique
Mania et son modèle planaire magnéque Phobos, deux casques Hifi haut de gamme
loin d'être parfaits, mais qui ne manquent pas d'intérêt.
par Pierre Stemmelin
Erzetich est une société de dimension artisanale,
basée à Šempeter pri Gorici, en Slovénie, à la
frontière avec l'Italie. Elle fabrique ses casques et
ses électroniques en interne et peut donc
revendiquer le label "Made in EU" (fabriqué en
Union Européenne).
Deux casques semblant jumeaux, mais bien
différents
De prime abord, les casques Erzetich Mania et
Phobos paraissent presque identiques. Ils partagent
le même arceau en fibre de carbone, doublé d'un
bandeau en matériau plastique souple avec
revêtement caoutchouteux strié, antidérapant sur le
dessous au niveau de l'appui sur le crâne. Chacune
des oreillettes est attachée à cet arceau par deux
petites pièces de bois et aluminium usiné, et une
20 ON-mag >> 2022-1
glissière métallique qui permet une rotation sur 360°
sans butée ainsi qu'un réglage de hauteur sur une
plage d'environ 1,5 cm. Chaque oreillette est en
outre suspendue par une pièce métallique en U qui
lui donne la possibilité de tourner sur 360° sur l'axe
horizontal, là aussi sans butée.
La structure de chaque oreillette est composée d'un
anneau en bois refermé sur l'arrière par une épaisse
grille en aluminium usiné.
L'ensemble de la construction paraît solide et
sérieuse, mais elle fait très massive et elle est loin
d'être impeccable. Les plaques moulées qui
protègent les transducteurs et maintiennent en
place les coussinets sont mal ébarbées. Les pièces
en bois semblent travaillées de façon assez
approximative. De plus, c'est une question de goût,
mais, pour nous, l'essence de bois utilisée ne fait
pas spécialement haut de gamme. Il s'agit de bois
de tilleul qui présente l'avantage d'être
extrêmement léger.
Bien que semblant jumeaux, les Erzetich Mania et
Phobos sont bien différents. Cela commence par
une différence d'échelle. Les oreillettes du Mania
mesurent 10 cm de large, alors que celles du
Phobos atteignent 11 cm. Il y a aussi une différence
de poids. Le Mania pèse 440 g quand le Phobos,
affiche, lui, 680 g sur la balance.
Autres éléments, rapidement visibles, les grilles
arrière des oreillettes n'ont pas les mêmes
découpes. Et surtout, à l'intérieur ce ne sont pas du
tout les mêmes transducteurs. Ceux de l'Erzetich
Mania sont de type électrodynamique, de 50 mm de
diamètre, à membrane revêtue de titane. Ceux de
l'Erzetich Phobos sont plus haut de gamme, de type
planaire magnétique (ou orthoplanar), d'environ
55 mm de large pour 75 mm de haut.
Après le premier contact déroutant,
finalement on les aime bien
Notre premier contact avec les casques Erzetich
nous a laissés circonspects. Leur apparence
artisanale, leur structure "poids lourd" nous ont un
peu déconcertés par rapport aux réalisations plus
industrielles et bien fignolées que nous avons
habituellement sur les oreilles. En outre, le bois de
tilleul, que la marque utilise massivement pour la
base du pied proposé en option avec ses casques,
ou encore pour le capot de son ampli casque
Bacillus, nous a fait mauvaise impression. La teinte
très sombre, les coups de chaînes et de boulons
censés lui donner une patine à l'ancienne ne font
pas vraiment classe.
Nous avons donc entamé nos écoutes un peu à
reculons et sans grand enthousiasme. Certes, les
casques Erzetich sont d'une conception un peu
rustique. Ce ne sont pas des poids plume. Les
mousses de leurs coussinets pourraient être plus
souples, à mémoire de forme, et leurs câbles
détachables génèrent facilement des bruits
microphoniques. Mais, il faut reconnaître que leur
confort est plutôt bien pensé, notamment grâce aux
axes et charnières des écouteurs qui tournent sur
360°.
Certes aussi, en termes de restitution sonore, les
Mania et Phobos ne sont pas des exemples
d'exactitude et de rectitude. En contrepartie, ils ont
une vraie signature acoustique, qui ne laisse pas
indifférent. Tous deux ont un équilibre tonal
relativement chaleureux, physiologique,
volontairement un peu sombre ou descendant. Mais
ils ne sont pas non plus éteints dans le haut du
spectre. Il ne faut d'ailleurs pas trop les chatouiller
dans ce domaine car ils peuvent se montrer incisifs
si la source est agressive. Ils sont généreux et
ouverts. Ils décrivent une image stéréo ample qui
procure en même temps une bonne sensation
d'intimité avec les musiciens et les chanteurs. Le
Mania se fait remarquer par sa fermeté, son impact,
sa dynamique dans le bas du spectre allié à une
certaine rondeur. Il est plus direct, tandis que le
Phobos est plus doux, plus nuancé, délivre un son
plus enveloppant et affiche une très belle palette de
timbres ainsi qu'une tenue en puissance supérieure.
En conclusion
Malgré leurs défauts de jeunesse et leur approche
très artisanale, les Erzetich Mania et Phobos sont
finalement des casques assez attachants. On sent en
les écoutant que ce ne sont pas uniquement des
exercices de style. Ils réunissent un cocktail de
qualités audiophiles qui montre qu'ils ont été
conçus artisanalement, avec patience et amour, par
des passionnés du son. En ce qui concerne les tarifs,
le Mania, équipé de transducteurs
électrodynamiques, se positionne de façon assez
compétitive. Le Phobos, doté de transducteurs
planaires magnétiques, a quant à lui plus de
concurrents, mais il est aussi plus délicat et nuancé
que son petit frère et a des arguments bien à lui qui
peuvent beaucoup plaire.
■
Spécifications
Erzetich Mania
•Type : casque circum-auriculaire ouvert
•Transducteurs : électrodynamiques de 50 mm à revêtement
titane
•Impédance : 80 ohms
•Accessoires fournis : câble, pochette de rangement
•Poids : 440 g
•Prix : 1200 €
Erzetich Phobos
•Type : casque circum-auriculaire ouvert
•Transducteurs : orthoplanar de 55 x 75 mm
•Impédance : 45 ohms
•Accessoires fournis : câble, pochette de rangement
•Poids : 680 g
•Prix : 2000 €
Notre avis
Construction
Performances
Confort
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
21
TEST
FINAL
AUDIO
D8000 et D8000 Pro
La marque japonaise de casques et écouteurs audiophiles Final Audio a de nouveau, depuis
quelques mois, un distributeur officiel pour la France. C'est pour nous l'occasion de revenir sur son
dernier casque de référence, le modèle Hifi orthoplanar D8000, et de vous le présenter enfin en
test accompagné de sa variaon professionnelle, le D8000 Pro. par Pierre Stemmelin
Cela va peut-être vous faire sourire. Apprenez que
le test que nous publions ici a été commencé il y a
longtemps, durant l'été 2018 plus précisément. Oui,
il nous a fallu presque quatre ans pour le terminer.
L'origine de l'histoire remonte même à mai 2017.
Nous étions alors sur le salon High End de Munich
et avions pu assister à la présentation d'un des
premiers prototypes du Final Audio D8000. Cette
présentation nous avait fort enthousiasmés, car elle
était particulièrement détaillée sur le plan
technique. Final Audio nous expliquait tout le travail
de recherche que ses ingénieurs avaient entrepris
pour créer, en repartant presque d'une feuille
blanche, un nouveau concept de transducteur
orthoplanar à circuit magnétique annulaire et
concentrique, accompagné d'un système
d'amortissement par compression de l'air (appelé
22 ON-mag >> 2022-1
AFDS pour Air Film Damping System). Les
nouveautés de ce genre étant relativement rares
dans le domaine des casques Hifi, nos antennes de
journalistes audiophiles étaient tout émoustillées.
Lors de la présentation, nous pûmes faire une
première écoute rapide du prototype du D8000 et
celui-ci nous sembla particulièrement prometteur.
Puis le produit finalisé nous arriva durant l'été 2018.
Nous pûmes l'essayer pendant plusieurs jours à
domicile et il confirma nos espérances. Nous étions
prêts à publier un test dithyrambique à son sujet.
Mais patatras, la société qui avait en charge de le
distribuer en France mit la clé sous la porte sans
crier gare et notre test partit aux oubliettes.
Mais voici que depuis quelques mois, on nous
reparle de Final Audio en France. La marque n'avait
pas disparu. On avait d'ailleurs eu l'occasion
d'annoncer son modèle D8000 Pro en 2019. Ce
n'était que son distributeur français qui avait mangé
la grenouille.
Nous avons donc pu à nouveau essayer le Final
D8000 il y a quelques semaines et poursuivre
l'expérience avec sa version D8000 Pro.
Un casque orthoplanar innovant aux allures
d'outil de laboratoire
Extérieurement, en dehors du fait que l'un est teinté
noir et que l'autre conserve son aspect métal
naturel, les Final Audio D8000 et D8000 Pro sont
identiques. Ils manifestent dès le premier contact
leur caractère très haut de gamme, fruit d'un
artisanat de luxe. Leurs grandes oreillettes, de 11 cm
de diamètre, impressionnent par leurs châssis en
alliage d'aluminium et magnésium semblant usinés
dans la masse. Elles sont montées sur des rotules à
pivots huilés qui leur donnent la possibilité de
s'incliner dans tous les sens et aussi de tourner vers
l'avant ou vers l'arrière, dans les deux cas sur
plusieurs dizaines de degrés.
Les grandes et larges glissières en métal de l'arceau
permettent par ailleurs d'ajuster la hauteur de
chaque oreillette sur près de 5 cm. L'arceau, lui aussi
relativement large, est gainé de ce qui semble être
du vrai cuir avec des textures légèrement
différentes : lisse pour l'extérieur, plus granuleux
pour l'intérieur.
Les Final D8000 et D8000 Pro sont relativement
lourds. Ils dépassent légèrement les 500 g. À la
longue, cela peut peser sur la tête, d'autant que
s'ajoute le poids de leurs câbles spiralés et
détachables. Néanmoins, le confort est soigné. Le
large arceau, avec son rembourrage fin mais bien
étalé, assure une bonne répartition du poids.
On remarque aussi le travail d'optimisation réalisé
sur les coussinets des oreillettes. Ces coussinets ne
sont pas en mousse à mémoire de forme, mais la
mousse a été taillée de façon assez originale avec
plusieurs encoches sur l'intérieur. Elle est habillée de
toile microfibre d'un aspect assez technique,
comme sur un appareillage de mesure. Le style
global des Final D8000 évoque un peu une
réinterprétation post-futuriste, steampunk des
casques de l'époque de la TSF.
Des casques qui ouvrent de nouveaux
horizons musicaux
alimenter. Un vieil iPhone SE ou un MacBook Air est
un peu limite, mais il n'est absolument pas à
genoux. Bien sûr, un ampli casque haut de gamme
s'impose pour tirer le meilleur des Final D8000 et
D8000 Pro, mais le rendement est plutôt bon et il
n'est pas nécessaire de les nourrir d'une puissance
énorme pour commencer à les faire jouer.
Les Final D8000 et D8000 Pro développent chacun
une signature sonore légèrement différente. Pour
notre part, nous avons une préférence pour le
D8000 Pro qui délivre des graves plus francs, un peu
plus d'impact et un haut du spectre plus incisif. Mais
certains préféreront peut-être l'approche plus
ronde, plus moelleuse et plus calme du D8000.
À l'écoute, avec les deux casques, on est
immédiatement surpris par la densité, la puissance
du registre grave. Les casques orthoplanar nous ont
habitués à être plus édulcorés, timides dans ce
domaine ou à demander un ampli beaucoup plus
costaud. On retrouve cette densité et cette
matérialité des timbres sur toute l'étendue du
spectre. Dès les premières notes de musique, les
Final D8000 et D8000 Pro impressionnent par leur
ampleur, leur force, leur énergie. Ils dressent de
vastes et grandioses panoramas musicaux. Chaque
son est transmis avec force couleur, du grain et de la
densité. À chaque nouveau morceau, on se
surprend à découvrir de nouvelles tessitures
d'acoustique et de timbres. Les Final D8000 et
D8000 Pro sont des casques qui donnent
irrésistiblement envie de pousser le son et de
réécouter tous ses morceaux de musique favoris.
L'effet "Waouh" est toujours au rendez-vous et la
Spécifications
•Type : casque circum-auriculaire ouvert
•Transducteurs : AFDS planar magnétiques
•Sensibilité : 98 dB/mW
•Impédance : 60 ohms
•Câbles : détachables de 1,5 et 3 m avec conducteurs en
cuivre OFC pour le D8000 et en cuivre OFC plaqué argent
pour le D8000 Pro
•Poids : 523 g
•Prix : 3500 € pour le D8000 et 4000 € pour le D8000 Pro
Notre avis
Avant de commencer, il convient de préciser que les
oreillettes des Final D8000 et D8000 Pro sont en
charge ouverte et n’isolent donc que très peu des
bruits extérieurs.
Sur le terrain, contrairement à ce que l'on pourrait
attendre de casques orthoplanar à un tel niveau de
tarif, les D8000 et D8000 Pro s’avèrent faciles à
Construction
Performances
Confort
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
23
tenue en puissance est très élevée, paraissant
presque sans limite.
Certes, les Final D8000 et D8000 Pro ont quelques
défauts. Leur port est peu contraignant. Les
mousses de leurs oreillettes pourraient être un peu
moins fermes et plus épaisses sur l'arrière pour
déplacer l'image stéréophonique vers l'avant et la
rendre plus ouverte en profondeur. Sur le D8000,
l'équilibre tonal est un outre un peu physiologique,
pas totalement neutre, avec un léger soupçon de
dureté dans l'aigu qui pourrait être gommé.
Mais les performances des transducteurs
orthoplanar des Final D8000 et D8000 Pro placent la
barre très haut pour ce qui est de la consistance des
timbres, la sensation d'énergie et de force.
Le Final D8000 nous a particulièrement étonnés sur
le morceau "Zombie" du groupe The Cranberries. Il
a réussi à donner une sensation de grésillement
d'énorme transformateur électrique aux guitares
saturées, tout en assurant une lisibilité surprenante,
superbement rythmée à la basse.
Avec "If I Were Boy" de Beyoncé, la montée
crescendo de la voix de la chanteuse et du morceau
jusqu'au refrain est superbement restituée. Malgré
la déferlante de basses, les chœurs et tout petits
effets d'écho surajoutés au mixage sont clairement
audibles, participant à une ambiance sonore très
24 ON-mag >> 2022-1
riche, très travaillée, ne donnant aucune sensation
brouillonne, car tout est extrêmement bien en place,
détaché tout en fusionnant avec l'ensemble.
Plus intrigante encore a été pour nous l'écoute des
œuvres pour orgue de Bach, Toccata, Fugue et
Faintaisie (BWV 565, 564, 538...) enregistrées en
1975 par André Isoir (disque Calliope CAL 9798). Le
Final D8000 décrit l'espace, l'acoustique,
l'étagement des pupitres, la répartition des tuyaux
latéralement et en hauteur, les couleurs sonores
caractéristiques de leurs alliages avec une véracité
hors norme.
En résumé
Si nous avions terminé notre test en 2018, lors de
notre premier essai du Final D8000, nous aurions
classé ce casque Hifi orthoplanar comme une
référence absolue. Entre temps, d'autres modèles
comme le Meze Empyrean et le Meze Elite, ainsi
que le Dan Clark Stealth à charge close sont arrivés
sur le marché pour lui disputer le podium.
Néanmoins, le Final Audio D8000 et le Final Audio
D8000 Pro qui, à notre avis va encore plus loin,
restent parmi les meilleurs modèles de leur
catégorie.
■
Grace
Platinum.
Émotions et finesse des détails.
Fabriqué dans nos ateliers, le Grace platinum est le dernier flagship d'Earsonics.
Avec ses 20 transducteurs créés exclusivement pour la marque, il sublime les pauses musicales des
amoureux du son, et répond aux attentes des audiophiles les plus avertis.
Avec sa finition platine unique, le Grace Platinum inspire élégance et raffinement.
Véritable aboutissement pour EarSonics, sa puissance et son rendu des détails vous raviront au jour le
jour à l'écoute de vos morceaux de musique favoris.
Handmade in France
TEST
GRADO
RS1x
En douceur, Grado poursuit la refonte de sa
gamme pour passer tous ses casques en
version "x" de 4ème généraon. Après les
modèles de la série Presge, dont nous avons
testé le SR325x, vient le tour de la série
Reference, plus haut de gamme avec des
changements toujours d'apparence modérée,
mais un peu plus importants, dans l'objecf
d'obtenir le son le plus pur et dur. Nous voyons
cela avec le Grado RS1x.
par Pierre Stemmelin
1070 €
Ce serait mentir de dire que le Grado RS1x est très
différent de son prédécesseur, le RS1e. Un casque
Grado ressemble toujours à un casque Grado. Le
look vintage, la structure allant à l'essentiel, mettant
en valeur le fait main et les matériaux nobles, ne
changent pas vraiment. La recette est presque
immuable depuis plusieurs décennies. Mais là, pour
le coup, il y a tout de même une vraie grosse
évolution avec le nouveau Grado RS1x. Les coques
en bois abandonnent leur profil aux angles francs
pour passer à un profil légèrement évasé et en
courbes. Mais surtout, elles inaugurent la structure
"Tri-Wood Oasis". Les coques sont maintenant
faites de trois couches de bois différents : de
l'érable, du chanvre et du cocobolo. D'une part, cela
produit une association de dessins et veinures
étonnante, très luxueuse, assez fascinante. Mais
surtout, cela doit contribuer à limiter les résonances
et colorations parasites pour obtenir un son plus
pur.
Dans le même temps, le Grado RS1x se voit équipé
des nouveaux transducteurs de 50 mm de la série
"x" de la marque de Brooklyn (New York, États-
Unis). Par rapport à la précédente génération,
Grado indique que ces transducteurs ont un aimant
plus puissant, une bobine mobile plus légère et un
diaphragme retravaillé.
Une restitution sonore très pointue
À l'écoute, on peut dire que le Grado RS1x est un
extrémiste. Ses maîtres mots sont neutralité,
précision et justesse. Il ne cherche absolument pas à
en faire beaucoup dans le grave. On ne remarque
aucun traînage, aucune coloration, aucun
embonpoint dans ce registre. Certains trouveront la
restitution de ce casque un peu raide.
Effectivement, le Grado RS1x ne pardonne rien. Si la
source n'est pas la hauteur, que le mixage du
morceau que l'on écoute est un peu approximatif, il
le fait savoir immédiatement. En ce sens, il peut être
26 ON-mag >> 2022-1
un excellent casque de travail, notamment pour
l'enregistrement de voix ou d'instruments
acoustiques. Ne cherchez pas en lui de fausse
chaleur, de douceur attentionnée. Il livre la vérité
toute crue. Sa restitution est carrée, avec une image
stéréophonique bien cadrée, aérée et parfaitement
stable. Sa tenue en puissance est excellente. Il est
très rapide et dynamique. Il excelle sur les
enregistrements soignés de musique Classique et
de Jazz. Sur certains paramètres, le Grado RS1x
touche à l'exceptionnel, mais si vous cherchez un
casque au son chaleureux qui arrondit les angles,
son petit frère, le Grado SR325x, vous conviendra
sûrement mieux.
Spécifications
•Type : casque ouvert, circum-auriculaire
•Transducteurs : électrodynamiques de 50 mm appairés
à 0,5 dB près
•Réponse en fréquence : 12 Hz à 30 kHz
•Sensibilité : 99,8 dB SPL/1 mW
•Impédance nominale : 38 ohms
•Câble solidaire à prise mini jack, adaptateur jack
6,35 mm fourni
•Poids : environ 215 g, hors câble
Notre avis
■
(*)
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Informationetpointsdevente
TEST
HIFIMAN
370 €
Deva (avec Bluemini)
Hifiman est une marque sino-américaine spécialisée dans les casques de technologie
orthoplanar, qui n’est pas nouvelle et un peu ésotérique, mais constitue une forme de
quintessence audiophile et revient très fort depuis quelques années. Elle est leader
dans ce domaine avec Audeze. Néanmoins, elle n’est pas pour autant déconnectée du
marché grand public et y reste attentive. Nous l’avons vu avec ses écouteurs true
wireless TWS600 battant quelques records. Nous allons à nouveau le confirmer avec
le casque sans fil Hifiman Deva, un modèle ouvert très atypique qui redéfinit le niveau
de performances acoustiques pour les modèles à moins de 400 €.
par Pierre Stemmelin
Rien à voir avec un modèle Bose, Sony ou même
Bowers & Wilkins. Le Hifiman Deva n’est pas un
sémillant petit casque nomade, léger et élégant.
Tout dans son approche respire la production en
petite série et une bonne dose de fait main. Le
28 ON-mag >> 2022-1
Hifiman Deva est gros, massif, affiche un look assez
vintage et une conception mécanique assez
rustique. Les cadres de ses oreillettes et les bouts
en plastique métallisé de son arceau ne sont pas
des plus chics. De même pour ses habillages façon
cuir marron clair. Cependant, on peut saluer
l’intelligence et la robustesse de la conception.
L’arceau massif ainsi que les yokes (branches qui
tiennent les oreillettes) en aluminium ont l’air très
solides, conçus pour un usage intensif, voire semipro.
Par ailleurs, malgré la présence de
transducteurs orthoplanar imposants, l’ensemble
conserve un poids raisonnable de 362 g sans le
module Bluetooth.
Le Hifiman Deva est également différent d’un
casque nomade sans fil classique pour ce qui
concerne la structure de ses oreillettes. Ces
dernières fonctionnent en charge ouverte et sont
uniquement habillées extérieurement par des grilles
métalliques de protection. Elles n’isolent donc
aucunement des bruits extérieurs.
Ce n’est pas le premier casque sans fil orthoplanar
en charge ouverte que conçoit la marque. Nous
avons déjà testé le Hifiman Ananda BT, positionné à
1200 €. Le Deva est, en conséquence, le premier
que l’on peut considérer entrer dans la sphère
grand public. Et puis, il y a une autre différence de
taille. L’Ananda BT renferme ses batteries et son
électronique à l’intérieur de ses coques alors que le
Deva, qui nous intéresse ici, possède un module
Bluetooth amovible, baptisé Bluemini. Ce dernier se
branche sur la prise mini jack TRRS de l’oreillette
gauche dont il épouse la courbure. Ce montage
peut faire un peu bricolage, mais présente des
avantages. Si le module tombe en panne ou si ses
batteries sont mortes, il est facile de le remplacer.
Sans lui, le Deva est un casque Hifi de salon
traditionnel. Le module Bluemini amovible est un
gage de durabilité. Par ailleurs, il est suffisamment
léger pour ne pas créer de déséquilibre gênant. Le
Hifiman Deva tient bien sur la tête et peut donc être
porté en balade.
Un casque sans fil qui joue dans une autre
cour, celle des grands de la Hifi
Le Hifiman Deva est équipé de grands transducteurs
orthoplanar de profil légèrement ovoïde de 8 cm de
large, propres à la marque. Ces transducteurs nous
emportent dans une toute autre dimension sonore
que celle des modèles électrodynamiques sans fil
habituels. Ils sont très bien servis par le module
Bluemini qui est compatible avec les codecs audio
SBC, AAC, AptX, AptX HD et LDAC et qui peut en
outre servir de DAC USB lorsqu’il est relié en filaire à
un ordinateur.
La restitution sonore se caractérise par une réponse
en fréquence très large et une tenue en puissance
exceptionnelle pour un casque sans fil. La
configuration en charge ouverte des transducteurs
orthoplanar apporte une image stéréophonique
extrêmement vaste et aérée. L’espace est grandiose,
les timbres sont d’une richesse et d’un équilibre
hors norme. Le Hifiman Deva laisse entendre une
infinité de détails qui passent totalement inaperçus
sur les autres casques sans fil traditionnels. Aucun
doute n’est possible, la différence est très
clairement audible. En dehors du registre grave
peut-être un peu moins percutant que sur les
meilleurs casques nomades à transducteurs
électrodynamiques, mais déjà d’une très belle
profondeur, générosité et tenue, ce modèle Hifiman
surpasse, sur tous les paramètres, et parfois de très
loin ce que l’on a l’habitude d’entendre sur les
casques sans fil à moins de 400 €. Cette approche
extrême, visant à atteindre les meilleures
performances acoustiques, a des contreparties non
négligeables sur l’aspect fonctionnel, mais le
Hifiman Deva n’en demeure pas moins
particulièrement intéressant.
■
Spécifications
Casque seul :
•Type : orthoplanar, circum-auriculaire, ouvert
•Transducteurs : orthoplanar (orthodynamique ou planar
magnétique) de 8 cm de diamètre
•Impédance : 18 Ω
•Sensibilité : 93,5 dB
•Poids : 362 g
Module Bluemini :
•Codecs audio Bluetooth : SBC, AAC, AptX, AptX HD,
LDAC
•DAC USB 24 bits/192 kHz
•Autonomie : 7 à 10 heures
•Poids : 27 g
Notre avis
Construction
Performances
Ergonomie
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
29
TEST
MEZE
4000 €
Elite
Descendant direct de l'Empyrean, le nouveau casque Hifi Meze
Elite a tout de la suite paresseuse sur le papier. Ses 4 000 euros
sont-ils jusfiés par rapport aux autres ténors du genre ?
par Guillaume Fourcadier
Une base identique, toujours aussi
ergonomique et confortable
Si le design du premier casque Meze Audio
Empyrean divisait, ses nombreuses envolées
stylistiques étaient toutes justifiées par des raisons
ergonomiques.
Sans surprise, en reprenant à la pièce près
l'approche de son précédent casque, Meze propose
avec ce nouveau modèle Elite une expérience
30 ON-mag >> 2022-1
utilisateur exemplaire. Les coques en aluminium
usiné, les branches d'arceau en carbone, les
réglettes de hauteur tubulaires en aluminium, les
grilles finement découpées, tout ici est presque
parfait. Quelques micro traces d'usinage demeurent
toutefois.
Le repose-tête et les larges coussinets (2 paires
fournies en habillage alcantara ou alcantara et cuir)
assurent toujours un excellent niveau de confort, le
tout avec un réglage de l'arceau bien plus fluide
qu'auparavant. Le Meze Audio Elite est ainsi un
exemple d'ergonomie. Nous pouvons juste
souligner que sa force de serrage, assez faible,
n'autorise pas vraiment les balancements de tête.
Ce casque de luxe est livré dans une mallette en
aluminium, en adéquation avec son très haut niveau
de finition.
L'aération du dynamique, la majesté du
planaire
Légèrement chaud et particulièrement vaste, le son
du Meze Audio Empyrean avait déjà presque tout
pour faire fondre l'audiophile. Avec l'Elite, Meze
Audio veut monter d'un cran en matière de
précision et technicité, tout en conférant une plus
grande neutralité à la signature sonore.
Dès les premières secondes, nous retrouvons ce qui
fait la force du premier modèle : l'aération est
exceptionnelle pour un casque planaire, voire pour
un casque Hifi en général. C'est simple, seul le HD
800 de Sennheiser paraît le battre dans ce registre,
en affichant une scène sonore encore plus large.
Pour le reste, le Meze Elite distille un niveau de
détails stratosphérique, détails qu'il organise avec
justesse dans une véritable bulle stéréophonique
3D. En comparaison, un excellent casque comme
l'Audeze LCD-5 semblerait presque offrir une image
sonore étriquée.
La force principale de l'Empyrean (les médiums) est
préservée et le Meze Audio Elite se permet d'être
un peu plus précis dans les basses, tout en restant
doux et naturel dans les aigus. Si certains
préféreront le côté plus analytique et droit d'un
Audeze LCD-5, l'Elite est d'une musicalité presque
inégalée. Sa polyvalence irréprochable, son côté
assez peu énergivore, et sa bonne tolérance pour
les "mauvais mixages" lui permettent d'être l'un des
plus brillants casques Hifi de sa génération. Si la
différence technique avec son petit frère l'Empyrean
est mesurée, elle est pourtant bien audible,
s'exprimant particulièrement dans une maîtrise
supérieure du bas du spectre. L'énergie, la douceur,
l'ampleur, l'intimité, tous ces points cohabitent dans
ce casque caméléon.
La différence entre les deux types de coussinets
fournis reste discrète à l'écoute. Elle s'exprime par
des basses un peu plus présentes et des aigus
légèrement plus équilibrés avec les coussinets
hybrides (alcantara et cuir) et par une aération
légèrement supérieure avec les coussinets tout
habillés d'alcantara.
Le Meze Audio Elite ne justifie sans doute pas
totalement les 1 000 euros de différence avec
l'Empyrean, mais il n'en est pas moins l'un des
meilleurs et plus grands casques Hifi du marché.
■
Spécifications
•Type : casque Hifi ouvert planaire
•Transducteur Isodynamic Hybrid Array
•Transducteur Rinaro Parus de 4650 mm²
•Réponse en fréquence : 3 Hz – 112 kHz
•Impédance : 32 ohms
•Sensibilité : 101 dB (1 mW à 1 kHz)
•SPL Max : 130 dB
•THD : < 0,05%
•Poids : 420 g
•Connectique : mini XLR
•Livré avec : deux jeux de coussinets, une mallette de
transport/rangement en aluminium
Notre avis
Construction
Performances
Confort
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
31
TEST
OLLO
AUDIO
400 €
S4X
Ollo Audio est une toute jeune marque à l'échelle du marché des casques audio. Ses
premiers prototypes remontent à 2016. D'origine slovène, elle s'adresse en priorité aux
musiciens et professionnels du son. Son discours markeng manque d'humilité. Mais
cela n'empêche pas son modèle ouvert S4X d'être intéressant pour la Hifi et de marquer
quelques bons points.
par Pierre Stemmelin
En consultant l'histoire officielle d'Ollo Audio sur
son site Web, on apprend que la marque a été
créée par Rok Gulič, musicien du groupe de rock
Sabalmoza. Obligé de faire ses séances de mixage
nocturnes avec un casque, afin de ne pas réveiller sa
femme et ses jumeaux âgés d'un an, il était frustré
de ne pas ressentir physiquement le grave. Il eut
alors l'idée de fixer un haut-parleur sur son fauteuil,
afin qu'il lui transmette les vibrations des basses. Il
fut tellement enthousiasmé par sa trouvaille qu'il
décida de se lancer dans la conception de casques
audio capables de reproduire les mêmes
sensations…
Autant vous le dire tout de suite, cette jolie histoire
ressemble un peu à du pipeau, de même que les
mentions de la marque concernant des recherches
sur la "3D Surround" ou la "réalité virtuelle". En
découvrant le S4X, on a juste l'impression que par
son discours, Ollo Audio veut nous faire croire qu'il
32 ON-mag >> 2022-1
a réinventé le fil à couper le beurre. Ce casque n'a
en effet rien de particulièrement moderne. Sa
conception peut paraître d'un autre âge, basique
voire archaïque. Il n'a pas de moteur haptique,
encore moins de puce DSP et son registre grave n'a
rien d'extravagant.
Heureusement, si l'on fait abstraction de ce discours
un peu trompeur, l'Ollo Audio S4X a de nombreux
arguments positifs. Cela commence par son
packaging écolo, fait d'un simple petit emballage
en carton et papier ne comportant que le
nécessaire : le casque, son câble de raccordement
avec adaptateur jack 6,35 mm et une housse de
rangement.
Le casque, dont la structure est composée d'une
double lame en métal et de coques en bois tourné,
est par ailleurs entièrement démontable. Il est très
facile de le réparer d'autant que toutes ses pièces
détachées sont disponibles sur commande sur le
site de la marque, de même que les exemplaires de
stock "B" qui présentent quelques défauts d'aspect
de fabrication et sont proposés à un prix réduit de
25% au lieu de passer au rebut.
On peut également souligner que si la structure de
l'Ollo Audio S4X est assez basique, en revanche, la
marque a mis le paquet sur ses transducteurs
électrodynamiques, très sérieux, de 50 mm de
diamètre, à membrane en PET (polyéthylène
téréphtalate), avec bobine mobile de pas moins de
25 mm pour encaisser beaucoup de puissance et un
moteur doté d'un puits de ventilation central. On
remarque aussi le travail soigneux réalisé sur le
traitement de la charge acoustique des coques
semi-ouvertes, employant différents types de
mousse et filtres textiles.
Un équilibre sonore sage et un bel effet de
présence
Comme nous le disions, la structure de l'Ollo
Audio S4X est fort basique. Il n'y a pas de glissière
pour ajuster la hauteur des oreillettes. Le réglage se
fait par le large appui-tête accroché par des
bandeaux élastiques. De même, chacune des
oreillettes est fixée sur un axe pivot, mais n'a pas
d'articulation adaptant son inclinaison. Le confort
est sommaire. Néanmoins, le casque reste agréable
à porter sur la durée, tient relativement bien en
place et, malgré ses coques semi-ouvertes, procure
déjà un semblant d'isolation phonique par rapport
aux bruits externes. La fabrication est slovène de
type semi-artisanal. L'ensemble donne une bonne
impression de sérieux et de robustesse.
À l'écoute, comme nous l'avons déjà écrit
précédemment, le registre grave de l'Ollo
Audio S4X n'a rien d'extravagant. Il est légèrement
en retrait, comme le montre la mesure de la courbe
de réponse, mais bien présent et couvrant
relativement bien la plage de fréquences pour un
casque à coques semi-ouvertes. Paradoxalement, le
reste du spectre donne l'impression d'être
relativement descendant, avec un registre médium
légèrement en avant. Il s'en dégage par conséquent
une agréable sensation de chaleur, de rondeur et de
douceur. L'Ollo Audio S4X n'est pas un foudre de
guerre en matière de définition. Ses aigus semblent
légèrement émoussés. Il réussit malgré tout à
concilier une belle sensation d'ouverture, d'aération,
de présence, sur les voix notamment, avec une
absence d'agressivité.
Sur le morceau "Slide" de Sopico, on apprécie le
bon suivi rythmique ainsi que les détails et
l'intelligibilité de la voix du rappeur. On baigne
également avec plaisir dans l'ambiance de petit
cocon sonore, frais et aéré, que procure l'Ollo Audio
S4X sur "The nearer the fountain, more pure the
stream flows" de Damon Albarn. Le casque fait le
focus sur la voix, donnant une très bonne sensation
de proximité avec le chanteur.
En poussant le volume sur "Tears in the club"
(adopté comme jingle sonore par l'émission TV
"Quotidien" de Yann Barthès sur TMC), on se rend
compte que l'Ollo Audio S4X a en outre une bonne
tenue en puissance. Les effets de reverb, vocodeur
et autres Auto-Tune sont bien mis en évidence. On
peut écouter relativement fort sans trop se fatiguer
les oreilles.
En résumé
Avec son look néo-vintage, ses coques semiouvertes
en bois et son arceau minimaliste, l'Ollo
Audio S4X est un casque à l'ancienne et non ultra
innovant comme voudraient le laisser penser ses
concepteurs. Mais on sent aussi qu'il a été conçu
avec passion et cela sauve tout. Le choix de ses
larges transducteurs, l'optimisation des charges
acoustiques ont été faits avec attention. Ce casque
est d'une belle musicalité et agréable à vivre. Il est
en outre réparable et s'inscrit dans une démarche
de développement durable.
■
Spécifications
•Type : casque circum-auriculaire semi-ouvert
•Transducteurs : électrodynamiques de 50 mm à membrane
en PET 25u et bobine mobile double couche
•Réponse en fréquence : 20 Hz à 20 kHz
•Sensibilité : 108 dB/1 Vrms/1 kHz
•Impédance : 32 ohms
•Coques : en noyer américain
•Arceau : en acier avec bandeau simili cuir nautique
•Coussinets : de 90 mm de diamètre, en mousse avec habillage
velours et simili cuir
•Câble : de 2 m, détachable à terminaison en Y, connecteurs
jack 2,5 mm, prise jack 3,5 mm et adaptateur jack
6,35 mm
•Poids : 350 g
•Garantie de 5 ans
Notre avis
Construction
Performances
Confort
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
33
TEST
PHONON
SMB-01L
Modèle haut de gamme du
constructeur japonais Phonon, le
casque audio SMB-01L est un pet
ovni. Équipé de transducteurs
électrodynamiques, il peut
fonconner en configuraon ouverte
ou fermée. Le casque polyvalent
ulme ? par Guillaume Fourcadier
Tu seras sobre mon fils
Robe noire, structure principalement en plastique,
lignes simples : le SMB-01L ne fait pas vraiment
rêver de prime abord et ce n'est d’ailleurs pas son
rôle. Au moins, malgré l'usage de matériaux
classiques, la qualité de construction est finalement
assez bonne. Une certaine densité transparaît et
l'assemblage est tout à fait sérieux. Clairement, ce
casque Phonon peut encaisser les contraintes liées à
son orientation pro. Cela est d'autant plus vrai
qu'une housse/mallette avec mousse de calage est
livrée d’origine ; de quoi transporter ce casque sans
crainte.
Bon point selon nous, la connectique utilisée (côté
casque) est une classique prise jack 3,5 mm, ce qui
permet d'envisager un remplacement assez facile
du câble si besoin.
De même, le confort est suffisamment bon pour que
le SMB-01L puisse être porté durant plusieurs
heures. Il n’atteint certes pas la quintessence du
genre, mais il s’agit d’un casque déjà très bien
étudié.
Difficile de passer à côté de l'un des points forts du
produit : la possibilité de changer les grilles/plaques
arrière. Ici, grâce à un système de quatre vis, il est
possible d'opter pour une plaque ajourée, pour
obtenir une architecture à charge ouverte/semiouverte,
ou bien une plaque pleine, pour une
charge fermée.
Une double personnalité musicale
Très sobre sur la forme, le Phonon SMB-01L, armé
d'un transducteur Fostex de 50 mm avec membrane
bio-cellulose, est bien plus folâtre en matière de
son.
La formule prend déjà assez bien, en particulier en
configuration ouverte. Dans ce mode, les basses et
médiums sont un peu plus mis en avant, ce qui
entraîne une signature chaude, douce, mais pas
molle. La qualité dans les basses est évidente,
portée par une belle ampleur, quoique nous aurions
aimé un peu plus de "rapidité" et d'impact.
34 ON-mag >> 2022-1
L'accent est mis sur cette sonorité agréable et très
polyvalente (pour qui y accroche), un brin légère
dans les aigus mais sans vraie lacune. Très simple à
alimenter, ce casque délivre un bon niveau de
détails et une scène sonore cohérente, sans jamais
trop en faire, sans tourner à la démonstration
technique.
En configuration fermée, les bas médiums se
creusent légèrement et quelques modifications
apparaissent dans les aigus. Offrant une restitution
plus ronde, parfois un peu trop, le SMB-01L fermé
sera un vrai bonheur pour les amoureux des basses.
Néanmoins, les médiums manquent alors d'un peu
de clarté.
Il va de soi que ce casque a été pensé comme un
produit ouvert. En effet, une simple plaque ne
permet pas au transducteur d'exprimer autant de
détails ni une même ouverture qu'en topologie
ouverte.
D'une manière générale, le Phonon SMB-01L est un
casque diablement musical, mais pas parfait sur le
plan technique. Nous tenons clairement l'un des
meilleurs modèles nomades (cet usage étant
largement possible), mais quelques détails
pourraient encore lui faire passer un cap, surtout vu
son prix déjà assez élevé.
Spécifications
•Type : casque audio filaire en charge ouverte/semi-ouverte
ou fermée
•Transducteurs dynamiques de 50 mm bio-cellulose
•Réponse en fréquence : 10 Hz – 40 kHz
•Impédance : 32 Ohms
•Sensibilité : 102 dB/mW
•Poids : 343 g
•Inclus : boîte/housse de rangement, câble jack 3,5 mm
vers jack 3,5 mm, adaptateur jack 3,5 mm vers jack 6,35
mm
Notre avis
740 €
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TEST
SENDY
Aiva
Marque sœur du constructeur de casques audio Sivga,
Sendy est le versant haut de gamme du groupe. À ce
tre, Sendy Audio se réserve les meilleurs transducteurs
planaires et fait preuve d'un raffinement bien plus
marqué. Moins haut de gamme que le fer de lance
Peacock, l'Aiva n'en est pas moins un casque Hifi aux
dents longues, qui se posionne en concurrent direct
des modèles de spécialistes comme Audeze ou Hifiman.
par Guillaume Fourcadier
650 €
Un classicisme boisé presque irréprochable
Sans être magnifique, l'Aiva est un casque déjà très
agréable visuellement et, surtout, travaillé dans les
moindres détails.
Que ce soient ses belles coques usinées en zebrano
massif, ou la prédominance du métal dans sa
structure, l'Aiva transpire le sérieux et même un
certain luxe. La cerise sur le gâteau vient de sa grille
arrière, aux coques ajourées (casque ouvert) par des
motifs en feuilles de gingko.
La connectique est assez standard, portée par un
connecteur jack 3,5 mm mono de chaque côté. Un
seul câble est livré, avec terminaison jack 4,4 mm (un
choix étrange), mais celui-ci est fourni avec un
convertisseur 4,4 mm vers 3,5 mm.
Avec son poids d’environ 420 g, le Sendy Aiva fait
partie des casques planaires (ou orthoplanar) de
salon relativement légers. L'équilibre apporté pas
son bandeau repose-tête, ses coussinets profonds
et doux, ainsi que sa bonne répartition des masses
permettent au Sendy Aiva d’offrir une expérience
parfaitement confortable.
Le pacifiste polyvalent
Animé par d'imposants transducteurs planaires de
97 x 76 mm, le Sendy Aiva se place, dans cette sorte
de milieu de gamme, face à de sérieux concurrents,
notamment de chez Audeze ou Hifiman.
Sendy propose une sonorité très équilibrée et
précise dans les basses, qui se permet un petit pic
dans les 80/100 Hz afin d'apporter du punch à
l'ensemble. Difficile de reprocher quoi que ce soit à
l'Aiva sur ce point, encore qu’il n'affiche pas les
basses les plus amples et encore moins les plus
étendues de l'univers planaire.
Son véritable parti pris tient davantage à sa gestion
des aigus. Ici, à l'instar de ce que nous constatons
sur certains écouteurs Earsonics, les fréquences de 2
à 4 kHz sont légèrement en retrait et quelques
autres creux peuvent s'entendre. Ce choix confère
une personnalité légèrement sombre à l'écoute, un
son qui préfère la douceur au pur tranchant. Ça
36 ON-mag >> 2022-1
passe ou ça casse serait-on tenté de dire. En effet,
certains utilisateurs accrocheront à cette proposition
douce mais certainement pas molle, quand d'autres
pointeront un manque d'aération et de mordant.
Quoiqu'il en soit, la réponse de ce casque n'est
certainement pas écourtée dans les hautes
fréquences, au contraire : l'Aiva fait état d'une
brillance bien gérée et d'une assez belle ouverture
dans l'écoute. Surtout, le niveau de détails, la scène
sonore légèrement projetée vers l'avant et la bonne
séparation des instruments, permettent une belle
polyvalence.
Bien que le Sendy Aiva n'apprécie clairement pas
les mixages étriqués, il sait s'adapter à tous les
styles musicaux. À l'inverse, tous les utilisateurs ne
s'adapteront pas à lui. Un casque très sérieux sur la
forme et qui a sa personnalité.
Spécifications
•Type : casque Hifi ouvert à transducteurs planaires
Transducteurs de 97 x 76 mm
Réponse en fréquence : 20 Hz à 40 kHz
Impédance nominale : 32 Ohms
Sensibilité : 96 dB
Coques usinées en zebrano
Inclus : housse de rangement rigide, câble double jack 3,5
mm mono (côté casque) vers jack 4,4 mm, adaptateur
jack 4,4 mm vers 3,5 mm
Poids : 420 g (sans câble)
Notre avis
■
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MUSICIEN ET COMPOSITEUR,
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TEST
SIVGA
Robin
La marque chinoise Sivga, championne du
rapport qualité-prix, est surtout spécialiste du
casque boisé (ou en d'autres termes : à coques
en bois). Le Robin, le modèle le plus abordable
de son catalogue récent, est une bonne
illustraon de ce savoir-faire esthéque. Son
nom semble prédesné. Voyons s'il est un vrai
Robin des Bois du casque audio.
par Guillaume Fourcadier
Presque un sans-faute sur la forme
Le parti pris esthétique du Sivga Robin est assez
radical. En effet, le bois est au centre de son design,
ce qui est à double tranchant. Ainsi ce casque
oscille-t-il entre une robe assez sobre pour la version
en bois foncé et une proposition presque
caricaturale dans sa seconde déclinaison en bois de
rose, si laqué qu'il prend des airs de plastique.
Passé ce look atypique, le Sivga Robin cache une
construction excellente et un choix de matériaux
très judicieux. Le bois se mêle à une structure
principalement en aluminium et à des éléments
certes en faux cuir, mais de très bonne qualité.
Le point fort de l'ensemble est définitivement le
confort. En effet, son poids très contenu pour un
produit boisé (environ 275 g), l'équilibre sur la tête,
ainsi que ses coussinets extrêmement profonds,
permettent à ce casque de s'asseoir à la table des
meilleurs modèles, nomades (type Bose QC45)
comme sédentaires.
Son orientation n'est pas clairement définie, ce qui
lui permet d'être un casque caméléon, Hifi ou
nomade. L'isolation phonique passive qu'il procure
face aux bruits extérieurs n'est pas immense, mais
suffisante pour recouvrir les fréquences aiguës très
agressives et voiler en partie les sons dans les hautsmédiums.
Un son puissant et énergique, mais pas
irréfléchi
La neutralité ne fait pas partie du vocabulaire du
Sivga Robin, pas d'un point de vue global en tout
cas. Ce casque donne toute sa substance à ce que
l'on appelle communément la "chaleur boisée".
Basses et bas-médiums bien en avant sur un plateau
régulier, il se fait un plaisir d'appuyer, avec justesse,
l'expressivité d'un morceau, son côté viscéral, tout
en reléguant légèrement les voix au second plan.
Malgré ce trait de caractère tranché, il n'est pas la
caricature basseuse que l'on pourrait craindre, au
contraire. Hormis pour une petite portion du
registre médium, le Sivga Robin parvient à maintenir
38 ON-mag >> 2022-1
une assez belle linéarité dans les haut-médiums et
dans la majeure partie des aigus. Cela lui permet de
conserver de la qualité dans tous les registres
sonores, sans devenir mou ou agressif. Seule une
pointe franchement marquée de la réponse en
fréquence fait son apparition vers 8 kHz, ce qui
donne à la restitution sonore un côté légèrement
scintillant et aéré.
Grâce à cette approche et à la bonne qualité de ses
transducteurs électrodynamiques de 50 mm
(visiblement développés par la marque et de
dimension assez rare dans cette gamme de prix), le
Sivga Robin est un casque puissant mais polyvalent,
porté par un bon niveau de détails et une scène
sonore profonde. Il ne rivalise certes pas avec un
Audio-technica MSR7b en termes de maîtrise ou
d'impact, mais sa vision plus chaleureuse lui permet
de se démarquer efficacement et de s'imposer
comme un casque adapté à tous les usages. Le
Sivga Robin est donc un modèle filaire à l'ancienne,
dans le bon sens du terme, et surtout présentant un
excellent rapport qualité-prix.
Spécifications
•Type : casque fermé circum-auriculaire
•Transducteurs de 50 mm
•Coques en bois massif
•Réponse en fréquence : 20 Hz – 20 kHz
•Impédance : 32 Ohms
•Sensibilité : 105 dB
•Poids : 275 g
•Inclus : pochette de transport, câble jack 3,5 mm vers
double jack 3,5 mm (côté casque)
Notre avis
160 €
■
ÉCOUTEURS TRUE WIRELESS
HA-FW1000T
TEST
5400 €
STAX
4050 €
SR-009S et SRM-700T
Alors que le secteur du casque très haut de gamme est désormais presque exclusivement trusté par
la technologie orthodynamique (ou orthoplanar) et que l'électrostaque n'existe plus que grâce à
quelques rares modèles, l'aura du vénérable pionnier Stax est restée praquement intacte. Bien que
le constructeur japonais n'ait pas sor grand-chose de nouveau depuis une dizaine d'années, il
conserve dans ses cartons des références presque intemporelles et incontournables. Tout au sommet
de sa gamme se trouve le déjà mythique casque électrostaque SR-009S, que nous coiffons pour ce
test avec le SRM-700T, le plus récent amplificateur dédié à lampes de Stax. De quoi montrer au
monde que l'électrostaque est toujours au pinacle de la Hifi ? par Guillaume Fourcadier
40 ON-mag >> 2022-1
Conception à l'ancienne, le charme qui va
avec
Ni totalement obsolète ni vraiment moderne, le
design des SR-009S et SRM-700T est caractéristique
de l'héritage très ancien du constructeur japonais.
L'ensemble a quelque chose de délicieusement figé
dans le temps, porté par un design un peu rétro.
Avec ses oreillettes rondes, le SR-009S est presque
un hommage, certes lointain, au tout premier
casque de la marque, le SR-1, sorti il y a plus de 60
ans.
Le casque SR-009S est ainsi typique d'un Stax haut
de gamme. La conception est simple, usant de
lignes sobres et classiques, et enveloppée
d'éléments aux accents vintage. Tout est assez gris,
mais pas forcément triste, les belles grilles/
électrodes plaquées or apportent un peu de couleur
et d'éclat. Le produit évoque davantage les années
1970/1980 que 2020, mais paraît presque moderne
par rapport aux Stax SR-L700 et SR-L500 pourvus
d'oreillettes rectangulaires.
La fabrication, estampillée "Made in Japon", est un
peu dans la même veine. Les oreillettes ainsi que la
majeure partie de la structure sont en aluminium
anodisé, l'arceau de type ARC (nom donné par Stax)
est assemblé à partir d'une lame d'acier engoncée
dans une structure en plastique mat, le repose-tête
est taillé dans une simple épaisseur de cuir (mais
avec des supports de réglage en plastique) et les
coussinets en mousse sont revêtus de cuir d'agneau
(pour la portion en contact avec les oreilles) et de
similicuir (partie externe).
D'une manière générale, le Stax SR-009S fait montre
d'un certain sens du premium, mais n'a clairement
pas l'exigence moderne des casques T+A, des
modèles haut de gamme de Hifiman, du Meze
Empyrean ou des références Hifi de Focal. Certains
éléments de conception ne sont plus vraiment au
goût du jour et restent dans la lignée d’une tradition
artisanale. Une des accroches des branches s'est par
exemple dévissée lors de notre test.
Le câble de raccordement de ce casque est très
atypique, car son rôle est à la fois de transporter le
signal audio et de transmettre la tension de
polarisation (580 V) nécessaire aux transducteurs
électrostatiques. Celui-ci est ainsi plat et assez
lourd, en particulier à cause de son imposante
terminaison à cinq broches. Derrière cette
apparence un peu antique, chaque conducteur est
en cuivre OFC 6N (99,9999% de pureté) plaqué
argent.
Si la forme de ce casque a quelque peu vieilli, le
confort est parfaitement en phase avec les produits
modernes et tout simplement divin. La technologie
électrostatique n'a pas besoin d'une très lourde
structure magnétique comme ce qui existe sur les
casques orthoplanaires, ce qui permet au Stax
SR-009S de conserver un poids convenable (environ
450 g, sans compter le câble). Le fabricant a eu la
bonne idée de développer un bandeau repose-tête
permettant un réglage de la hauteur, le casque peut
donc s'adapter à toutes les morphologies ; la
pression sur le crâne s’en trouve parfaitement
répartie. Un vrai modèle du genre, prêt à être porté
pendant des heures et à supporter quelques
oscillations de tête sans choir.
L'amplificateur Stax SRM-700T possède en
substance le même caractère que le SR-009S. Tout
est très simple, spartiate sans vraiment être austère.
Il n’arbore pas d'écran indicatif, de Led, ni même de
réglages avancés : cet amplificateur porte une
certaine simplicité à l'ancienne, une timidité que
l'on retrouve dans son architecture à lampes
presque dissimulée. Tout en façade se résume à un
bouton d'allumage, à un potentiomètre de volume
et à deux prises pour casque électrostatique. À
l'arrière, on trouve une entrée XLR et une RCA, ainsi
qu'une sortie RCA, laquelle peut fonctionner en
sortie Ligne (mode bypass) ou en préamplification.
La qualité de fabrication est plus qu'honnête, mais
la finition n'a volontairement rien de luxueux. Là
encore, le charme vintage permet de faire en partie
illusion, mais difficile pour le SRM-700T de soutenir
la comparaison esthétique avec des amplificateurs
pour casques électrostatiques comme le WES de
Woo Audio, ou même des modèles plus classiques
comme le Nirvana d’Auris Audio, qui profitent tous
deux d’écrins bien plus raffinés.
Une technologie à part
La technologie des transducteurs électrostatiques
n'a rien à voir avec celle intégrée dans les casques
électrodynamiques et orthodynamiques ; elle reste
la plus prometteuse techniquement, du moins en
théorie. Ici, virtuellement aucun problème de
distorsion, puisque la masse de la membrane est
quasi négligeable du fait de sa finesse et de
l'absence de bobine venant l'alourdir. Une
membrane de transducteur électrostatique est à la
fois très légère et très réactive, ce qui est
particulièrement intéressant pour la transcription
des aigus.
Le déplacement de la membrane s'effectue par un
phénomène d'attraction et de répulsion entre deux
électrodes, suivant le principe physique de la loi de
Coulomb (une des bases en électrostatique). La
membrane est polarisée en permanence par une
tension continue de 580 V et prise en sandwich
entre deux électrodes recevant le signal audio.
Toute la surface de la membrane étant polarisée,
son déplacement est parfaitement uniforme,
contrairement à la technologie électrodynamique
(asservie à une bobine centrale) et, dans une
ON-mag >> 2022-1 41
moindre mesure, à la technologie orthoplanaire
(quasi-uniformité du déplacement).
Stax dote le SR-009S d’une membrane ultra fine en
mylar. Celle-ci est épaulée par les nouvelles
électrodes haut de gamme MLER 2 (Multi-Layer-
Elect-Rods), améliorations des modèles MLER
développées spécialement pour le premier SR-009.
La forme très étudiée et la précision extrême de leur
gravure permettent d'optimiser le flux d'air
traversant leurs petites ouvertures tandis que le
placage or réduit encore la résistance de ces larges
structures. Sur ce point, Stax a fait un véritable
travail d'orfèvre, qui se confirme dans la qualité
sonore du produit.
Pour propulser ce casque particulier, l'amplificateur
SRM-700T, l'un des derniers de la marque japonaise,
est forcément un peu à part. Bien que son rôle
consiste toujours à amplifier un signal audio, ses
ordres de grandeurs et la polarisation nécessaire de
la membrane font que sa conception diffère
largement de celle d'un amplificateur classique. Il
s’agit d’un modèle de type hybride, puisqu'il utilise
des transistors FET soigneusement sélectionnés
(paire parfaitement accordée) pour l'étage d'entrée
et des lampes 6SN7 (de fabrication russe) montées
en Push-pull pour l'étage de puissance. L'intérêt des
lampes se justifie légèrement plus dans le domaine
de l'électrostatique que dans celui des casques Hifi
traditionnels. D'une part leur fonctionnement à
plusieurs centaines de volts reste dans les mêmes
ordres de grandeurs que celui des transducteurs
électrostatiques ; d'autre part, l'impédance
extrêmement élevée du casque permet de se passer
42 ON-mag >> 2022-1
plus facilement de transformateur de sortie. Le Stax
SRM-700T est alors relativement simple dans son
approche et ne comporte que très peu de
composants, tous de type discret.
Le son d'un autre monde
Dès les premières notes, le Stax SR-009S déploie les
extraordinaires qualités de ses transducteurs
électrostatiques. Il distille une atmosphère sonore
tout simplement unique, à la fois immensément
détaillée et très pure.
La signature acoustique de ce casque n'est pas
totalement neutre, mais clairement équilibrée.
Seules quelques petites fluctuations dans le
commencement des aigus tranchent avec la belle
unité proposée. Les basses sont bien étendues, les
médiums d'une rigueur absolue et que dire de
l'aération et de la fluidité des aigus ! Grande qualité
des transducteurs électrostatiques, le haut du
spectre est poussé bien au-delà des limites de
l'audition, le tout avec une facilité, une régularité et
un naturel désarmants.
Plus que tout autre casque testé, le Stax SR-009S est
un révélateur des bons et des mauvais mixages.
Sans jamais sonner de manière agressive ou
désagréable, il est aussi plat qu'il est possible de
l'être sur un enregistrement plat et totalement
grandiose sur un morceau grandiose. Favorisant les
genres à dynamique très élevée, ce casque est un
champion pour reproduire les moindres détails
musicaux comme les petits frottements de cordes
ou les nuances de simples tapotements. Une
expérience si précise et sans emphase qu'elle
permet vraiment au SR-009S de se démarquer des
autres modèles haut de gamme. Tout apparaît de
manière limpide sans que le trait ne soit jamais
forcé, sans que l'on remarque d'accentuation dans
les fréquences. Une vraie expérience de Haute
Fidélité.
Ce casque est incroyablement bon pour faire
ressentir une ambiance Live, le son brut d'un
morceau enregistré tel quel. Que ce soit pour
reproduire l'atmosphère intimiste d'un bar de Jazz,
un concert orchestral, ou un petit enregistrement de
musicien solo, aucun autre casque ne vient titiller
son sens du micro détail ou la justesse de ses
timbres.
Sa scène sonore, large mais surtout très profonde,
lui permet pratiquement de s'asseoir aux côtés d'un
HD800 de Sennheiser. Ce dernier conserve un
avantage certain sur la largeur de sa scène sonore,
mais n'offre pas cette fascinante qualité de
séparation des instruments.
À l'inverse, il ne faut pas lui demander d'être trop
rentre-dedans, de délivrer un son brutal. Le Stax
SR-009S conserve en permanence une personnalité
aérienne, une pureté qui semble lui interdire de
chanter de manière un tant soit peu grasse. Ce n'est
clairement pas l'énergie qui lui manque, mais le brin
de folie nécessaire.
Si le SR-009S n'est pas le modèle le plus polyvalent
qui soit, il est difficile lui opposer une concurrence
sur ses styles musicaux de prédilection, à savoir le
Classique, le Jazz, la musique instrumentale en
général.
Ses seules réelles limitations, en dehors de sa
personnalité sonore, sont davantage à rechercher
du côté de l'amplificateur SRM-700T. Bien qu’il soit
déjà très bon, avec une réponse en fréquence très
étendue, l'architecture à lampes trouve ses limites
bien avant celles des transducteurs électrostatiques.
Quelques distorsions harmoniques assez
caractéristiques des tubes se retrouvent à la mesure
de l'ensemble et une montée de la distorsion dans
les basses, parfois légèrement audible, apparaît,
phénomène qui ne vient clairement pas du casque
lui-même, mais plutôt de l'ampli. La qualité
technique est plus que correcte pour ce type
d'amplification assez difficile à concevoir
proprement, suffisamment pour que le SR-009S
exprime déjà ses immenses qualités, mais certains
amplificateurs pour casques électrostatiques
d'autres marques permettront certainement d'aller
encore plus loin.
Si tout n'est pas parfait avec ce duo Stax SR-009S et
SRM-700T, nous sommes tout de même en présence
d'un des systèmes les plus exceptionnels de la Hifi
casquée. Une expérience très exigeante, mais
vraiment à part.
■
Spécifications Stax SR-009S
•Type : casque Hifi ouvert électrostatique
•Electrodes MLER 2 plaquées or
•Réponse en fréquence : 5 Hz – 42 kHz
•Capacitance : 110 pF
•Impédance : 145 kOhms (à 10 kHz)
•SPL : 101 dB / 100 V RMS
•Max SPL : 118 dB (400 Hz)
•Tension de polarisation : 580 V continu
•Câble en cuivre OFC 6N plaqué argent
•Poids : 450 g (sans câble), 580 g (avec câble)
Notre avis Stax SR-009S
Construction
Performances
Confort
Musicalité
Spécifications Stax SRM-700T
•Type : amplificateur pour casques électrostatiques
•Architecture : hybride
•Transistors FET en étage d'entrée, lampes 6SN7 (OTL)
en amplification de puissance
•Réponse en fréquence : courant continu – 100 kHz
•Gain : 60 dB
•DHT < 0,01% (1 kHz à 100 V RMS)
•Impédance d'entrée : 50 kOhms en RCA, 100 kOhms
en XLR
•Tension de sortie max : 340 V RMS (1 kHz)
•Tension de polarisation : 580 V
•Température de fonctionnement/humidité : entre 0 et
35°C, humidité de l'air inférieure à 90 %
•Entrées : RCA et XLR
•Sorties : RCA et 2 prises casques
•Consommation : 54 W
•Dimensions : 240 x 103 x 393 mm (l x h x p)
•Poids : 5,7 kg
Notre avis Stax SRM-700T
Construction
Performances
Ergonomie
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
43
Mania et Phobos, casques Hifi électrodynamique et planar-magnetic,
Nés pour la Musique.
Distribué par :
+33 (0) 952 572 360
+33 (0) 614 265 265
info@jffdiffusion.fr
www.jffdiffusion.fr
LES
CASQUES
NOMADES
TEST
AiAiAi
350 €
TMA-2 Studio Wire-
Atypique parmi les marques de casques atypiques, AiAiAi fait vivre, depuis plusieurs années, un
bien étrange concept de casque audio modulaire. Le TMA-2 n'est ainsi pas un simple casque, mais
un assemblage de modules : coques/transducteurs, arceau, câble, coussinets. Chaque pièce peut
être acquise séparément et existe en plusieurs déclinaisons plus ou moins haut de gamme et
technologiques. Le produit peut ainsi aller du simple casque filaire à coussinets supra-auriculaires
jusqu'à un modèle Bluetooth et circum-auriculaire aux transducteurs ultra performants. Version
la plus récente et la plus avancée des configuraons prêtes à l'achat (car il est possible de se
construire un modèle sur-mesure), l’AiAiAi TMA-2 Studio Wireless+ est un casque à la fois haut de
gamme et extrêmement polyvalent, marqué par l'apparion d'une transmission sans fil
novatrice. Une vraie réussite ?
par Guillaume Fourcadier
Casque en kit : AiAiAi fait évoluer une
formule qui marche
Quintessence du concept modulaire de la marque,
l'AiAiAi TMA-2 Studio Wireless+ se compose
principalement d'éléments déjà sortis. Ainsi ses
coques/transducteurs ou encore ses coussinets
sont-ils les modèles les plus haut de gamme qui
étaient déjà proposés sur le site de la marque.
À l'inverse - et c'est ce qui constitue l'une des forces
de ce casque - l'arceau est une nouveauté. Assez
rembourré, il renferme à la fois un émetteur
Bluetooth (et l'électronique associée), les
microphones, les boutons de contrôle, ainsi que la
batterie et une prise USB-C pour la recharge. Mais
plus encore, cet arceau est capable de fonctionner
dans un second mode sans fil (accessible via un
commutateur camouflé), le W+ Link, en l'associant à
un boîtier émetteur livré en standard.
46 ON-mag >> 2022-1
Typique du design AiAiAi, ce TMA-2 Studio
Wireless+ est une belle petite réussite formelle. En
plus de sa jolie sobriété esthétique scandinave, ce
casque jouit d'une excellente qualité de fabrication.
Seul bémol, conséquence de sa surface mate très
accrocheuse, il capture très facilement les petites
saletés.
En aparté, il est difficile de ne pas évoquer le côté
modulaire du produit sous l'angle de la durabilité.
Ici, lorsqu'un élément est défectueux, le casque
n'est pas bon à jeter puisque tout peut être
remplacé simplement. Un très bon point qui s'inscrit
dans une démarche écologique de la marque déjà
assez ancienne.
Enfin, le confort est étonnamment bon. Les
coussinets ne sont pas les plus larges du genre, mais
leur douceur et leur profondeur, qui vont de pair
avec un très bon équilibrage du casque, permettent
de longues sessions d'écoute sans aucune gêne.
Polyvalence presque parfaite, en mode zéro
latence
Placer les commandes du casque sur l'arceau est ici
la seule solution, mais elle n'en est pas moins
étrange. Les trois boutons de contrôle sont ainsi
placés près du crâne, ce qui perturbe légèrement au
début. L'absence d'application dédiée sur
smartphone, qui aurait d'autant plus enrichi
l'expérience modulaire, est un peu plus ennuyeuse
selon nous. Clairement, la marque choisit justement
la personnalisation par le matériel et non par le
logiciel.
Sa dénomination "Studio" le laissait présager, ce
casque AiAiAi est certes adapté à une utilisation
nomade, mais il se heurte à un problème de taille,
son isolation phonique très faible. Les coussinets
habillés d'alcantara fournis ici sont très confortables
mais bien moins isolants que les coussinets revêtus
de similicuir de la marque, ce qui rend le TMA-2
Studio Wireless+ plus à l'aise en environnement
calme et sédentaire.
Et pourtant, de solides bases pour le nomadisme
sont là. Premièrement, l'autonomie de la batterie est
presque indécente : plus de 80 h en pratique.
Deuxièmement, le microphone, placé à l'extrémité
droite de l'arceau, est l'un des plus efficaces du
genre en mode kit mains-libres pour les appels
téléphoniques.
Véritable argument de ce nouveau modèle, la
transmission W+ Link, qui fonctionne en raccordant
le large émetteur sur une sortie jack, possède deux
avantages majeurs : une qualité de transmission
sans perte (débit autour de 1 600 kb/s) et une
latence presque inexistante (16 ms). Sur les jeux
vidéo, films et même créations musicales, aucun
décalage ne se fait jamais ressentir entre l'image et
le son. Le W+ Link est, à ce titre, bien plus qu'un
simple accessoire ; il apporte à ce casque une
polyvalence remarquable.
En revanche, l'autonomie est au moins divisée par
quatre ou cinq dans ce mode et la portée de
transmission est relativement faible lorsque l'on
utilise le W+ Link. Autre problème notable, un léger
bruit de fond est constamment présent.
Quand la bio-cellulose s'en mêle sans
s'emmêler
Ne soyons pas dithyrambiques. L'AiAiAi TMA-2
Studio Wireless+ ne va clairement pas titiller un
excellent casque filaire audiophile de gamme de
prix comparable et reste techniquement derrière
une référence comme l'Audio-technica ATH-MSR7b
par exemple. Mais compte tenu de son statut de
casque sans fil, qui plus est avec une telle
polyvalence, il assure déjà une expérience audio
très convaincante.
Ses transducteurs de 40 mm à membrane en biocellulose,
bien qu’ils présentent quelques défauts,
offrent un savant mélange de musicalité et de
technicité. En effet, l'extension dans les basses
fréquences aurait certes pu être supérieure et le
creux aux environs de 2-4 kHz aurait pu être évité
(provoquant un léger effet de voile), mais le reste du
spectre est presque irréprochable.
Ce casque développe un caractère sonore agréable,
légèrement doux mais paradoxalement assez clair
(petite accentuation dans les 8-10 kHz), le tout avec
un vrai sens du détail. Un casque qui réussit fort
bien l'exercice de la polyvalence sonore. Sans être
d'une extrême largeur ou d'une profondeur digne
des meilleures, la scène sonore qu’il propose est
particulièrement riche, avec une séparation des
instruments pertinente.
Pas fondamentalement supérieur aux modèles
Bluetooth/ANC comme le PX7 de Bowers & Wilkins
(lui aussi doté de membranes bio-cellulose), l'AiAiAi
TMA-2 Studio Wireless+ propose un réglage sonore
plutôt intelligent, typé mais pas radical. Il ne se
ferme donc la porte à pratiquement aucun style
musical. Si certaines pistes de Métal ou d'Electro
déjà agressives mettent parfois excessivement en
avant sa brillance dans les aigus, le TMA-2 Studio
Wireless+ se comporte admirablement bien sur les
autres genres.
Véritable caméléon dans ses fonctions et sa
sonorité, le casque modulaire AiAiAi TMA-2 Studio
Wireless+ est une belle réussite pour la petite
marque danoise. La preuve que l'univers pourtant
très calibré du casque sans fil peut réserver de
bonnes surprises.
Spécifications
•Type : casque studio/nomade sans fil
•Transmission Bluetooth et W+ Link
•Transducteurs de 40 mm à membrane en bio-cellulose
•Autonomie annoncée : 80 h
•Codecs audio Bluetooth : SBC/AAC
•Transmission W+ Link Lossless
•Poids : 278 g
Notre avis
Construction
Performances
Confort
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
■
47
TEST
AUDIO-TECHNICA
ATH-M50xBT2
Classique parmi les classiques du constructeur
japonais Audio-technica, le casque M50 a connu
plusieurs itéraons depuis sa créaon. Après les
versions filaires, un premier modèle Bluetooth,
l’ATH-M50xBT, parvint à reproduire l'expérience
en Bluetooth. Version modernisée de ce dernier,
l’ATH-M50xBT2 pourra-t-il enfoncer le clou ?
par Guillaume Fourcadier
La formule presque intemporelle des
classiques
Sur la forme, il est clair que le constructeur désire
conserver sur son nouvel ATH-M50xBT2 ce qui fait la
patte du M50. Le casque n'est pas spécialement
moderne esthétiquement, mais n'a pas tant vieilli
que ça. Ainsi son côté très massif en photo est-il
bien plus nuancé quand on l’a en main. Plutôt
sobre, le casque conserve une certaine harmonie.
Aucun mauvais goût ni déséquilibre : il constitue un
bon compromis entre casque studio et casque
nomade.
Bien sûr, Audio-technica n'a pas oublié de
moderniser les quelques points qui, même en 2019,
nous dérangeaient légèrement. Le port micro-USB a
ainsi été écarté au profit de la norme USB-C.
Sa conception certes brute lui permet d'être
toujours un bel exemple de robustesse. Pliable,
avec coques rabattables, l'Audio-technica ATH-
M50xBT2 est un vrai tank, capable d'encaisser les
torsions et les chocs sans se rompre. Le modèle est
éprouvé, pas aussi solide qu'un DT 770 de
Beyerdynamic, mais néanmoins excellent.
Avec son poids de 310 g environ, ce casque n'est
pas le plus confortable de tous, car il pèse un peu
lourd et a tendance à serrer assez fortement la tête.
En contrepartie, il tient assez bien en place.
Nouvelle ergonomie, nouveaux codecs
Légèrement modernisées aussi, les commandes du
casque reposent toujours sur une approche tout en
boutons, avec un quatuor : appel à l'assistant vocal,
2 boutons de volume/navigation (en laissant le
bouton appuyé), 1 bouton lecture/allumage/
appairage. La formule reste efficace, mais loin d'être
moderne.
Une application dédiée permet d'améliorer
l'expérience utilisateur, à travers l'apparition
d'égaliseurs, d'un réglage de balance droite/
gauche, ou encore de la sélection du codec audio
Bluetooth. À ce titre, l’ATH-M50xBT2 est le premier
de la marque à implémenter le LDAC de Sony, en
délaissant l'AptX de Qualcomm.
48 ON-mag >> 2022-1
Mieux que de simplement implémenter un nouveau
codec sur son casque ATH-M50xBT2, Audiotechnica
l'a fait sans sacrifier l'autonomie. Même en
LDAC, l'endurance atteint sans trop de problème 48
à 50 heures, une performance admirable.
Au doux son nostalgique
Amis de la sonorité M50, vous serez comblés par le
nouvel ATH-M50xBT2. Audio-technica n'a
pratiquement rien modifié de la formule. Que ce
soit en filaire ou en Bluetooth, la sonorité si
caractéristique, loin d'être neutre mais pas
déséquilibrée, est là. La réponse en fréquence de ce
casque est marquée par quelques creux et pics, ce
qui lui confère ce mix d'énergie et de tranchant,
d'ouverture et de sens du détail.
La technicité évidente des transducteurs maison
apporte une maîtrise constante, même sur les
morceaux de musique compliqués. Quelques élans
de neutralité auraient pu être tentés, mais cet ATH-
M50xBT2 joue parfaitement de cette sonorité "sur le
fil", qui flirte constamment avec des notions de
débordements sans jamais les franchir. Cela lui
permet de rester le casque polyvalent et intemporel
que nous connaissons depuis de très nombreuses
années. Il n'atteint pas le niveau technique du
MSR-7B, mais reste plus pratique.
Spécifications
•Type : casque Bluetooth fermé, circum-auriculaire
•Transducteurs dynamiques de 45 mm
•Réponse en fréquence : 15 Hz à 28 kHz
•Puce Bluetooth 5
•Codecs audio supportés : SBC, AAC, LDAC
•DAC intégré : AK4331
•Autonomie annoncée : 50 h
•Poids : 307 g
•Inclus : câble jack de 1,2 m, pochette de transport,
câble USB-C
Notre avis
200 €
■
HTR-1000CDV2
HTA-25BV2
Nouvelegénérationhybrideettubefidèleàl’âmedelamusique
TTA-1000B
HTA-600B
www.hamysound.com
Tél.:0147884702
Informationetpointsdevente
TEST
AUSOUNDS
AU-X ANC
400 €
Après avoir testé avec un plaisir audif non dissimulé son pet frère, l'AU-XT ANC, nous passons au
"gros" modèle d’Ausounds, l'AU-X ANC. Il s’agit toujours d’un casque sans fil, doté d'un système acf
de réducon de bruit (ANC) mais qui adopte, cee fois-ci, des transducteurs haut de gamme
magnéques planaires (orthoplanar), ce qui est à notre connaissance unique sur le marché. En
complément, il s'équipe d'un chipset Qualcomm supportant le codec Bluetooth AptX HD. Voyons dans
la praque si toutes ces technologies embarquées cohabitent au mieux. par Manuel Courbo
La jeune marque américaine Ausounds a été créée
en 2019, par plusieurs transfuges de marques audio
de renom comme Audeze, KEF ou Harman. Après
avoir donné naissance à un premier casque nomade
relativement classique, même si très réussi et
compétitif, elle innove avec ce nouveau modèle
équipé de transducteurs orthoplanar. Il utilise une
technologie haut de gamme que l'on rencontre
souvent sur de luxueux casques Hifi de salon à
oreillettes ouvertes, mais pas habituellement sur un
modèle nomade, à coques fermées, qui plus est
actif et associée à un système antibruit !
Malgré cette approche haut de gamme que l'on
pourrait presque qualifier d'ésotérique, l'Ausounds
AU-X ANC conserve le design sobre, épuré, discret
et moderne, avec beaucoup de plastiques, de son
50 ON-mag >> 2022-1
petit frère. Seuls les ancrages de l’arceau sur les
oreillettes et les réglages de hauteur de celui-ci sont
différents. On remarque aussi une prise de poids
assez importante. Forcément, des transducteurs
orthoplanar pèsent plus lourd que des modèles
électrodynamiques ; l'Ausounds AU-X ANC affiche
donc un poids de 360 g, soit 115 g de plus que son
petit frère. C'est beaucoup pour un modèle
nomade, mais rassurez-vous, le confort reste tout à
fait acceptable, même sur de longues sessions
d'utilisation.
Concernant l'ergonomie, on peut souligner
qu'Ausounds a ajouté sur ce nouveau modèle AU-X
ANC des capteurs de présence, ce qui permet au
casque de se mettre automatiquement en pause
lorsqu'on le retire des oreilles.
La différence se fait à l'écoute et pas
qu'un peu
Étonnant, impressionnant sont les premiers
qualificatifs qui viennent à l’esprit, lors de la
première écoute de l'Ausounds AU-X ANC. Ce
casque est très précis. Il extrait plein de détails qui
passent inaperçus avec d’autres casques. C’est dans
le médium et dans les attaques qu’il excelle, sur le
jeu d'une basse électrique ou sur les coups de
batterie qui explosent et se propagent.
Sur le morceau "Highway" du groupe Pyramid, le
son est à la fois énergique et extrêmement bien
maîtrisé. Les enchaînements rythmiques ont de
l'impact, de la puissance. Ils sont rapides tout en
restant contrôlés, sans dérapage vers une
quelconque agressivité. C'est un festival de couleurs
sur les timbres. Le rendu sonore est vif, incisif, précis
sans aucune froideur. Les différents plans de l'image
stéréophonique sont bien nets. On perçoit aussi
bien les éléments sonores qui arrivent de devant
que ceux qui apparaissent sur le côté ou se
positionnent derrière.
Sur "Huacachina" de MonteRosso, on a l'impression
que deux extensions ont été placées à chaque
extrémité de la scène sonore tant elle est large, en
complément d'une voie placée au centre.
L'ensemble est très ample tout en étant admirable
de précision, de vivacité. Le rendu sonore allie
définition, douceur, suavité et richesse des timbres.
Sur la chanson "Aventine" d’Agnes Obel (album
"The Curse"), on perçoit très distinctement les
susurrements de voix. Les sons vibrants de la
contrebasse cohabitent harmonieusement avec le
piano et le violon sans aucune confusion.
Nous avons essayé le casque Ausounds AU-X avec
son système ANC désactivé puis enclenché. Celui-ci
dégrade un tout petit peu le rendu sonore, mais la
différence reste presque imperceptible. Par ailleurs,
l’efficacité de ce système antibruit s’est avérée très
honorable lors de nos essais dans les transports en
commun parisiens. Il n'est pas tout à fait au niveau
des meilleurs et un peu en dessous de celui de son
petit frère Ausounds AU-XT ANC. Nous avons
remarqué une légère sensibilité au vent. Mais il
fournit déjà de bonnes performances.
En résumé
L'Ausounds AU-X ANC est un modèle atypique voire
unique sur le marché des casques nomades de par
ses transducteurs planaires magnétiques. À l’écoute,
il nous a laissés béats d'admiration. Son rendu sonore
est précis, vif, détaillé, enjoué, vaste, profond, vivant,
surprenant... Ce n'est pas le plus ergonomique des
casques nomades, ni celui qui dispose du système de
réduction de bruit actif le plus efficace (quoiqu'il se
défende déjà pas mal dans ce domaine), mais il est
incontestablement des meilleurs pour les
performances acoustiques et la musicalité. ■
Spécifications
•Type : casque Bluetooth circum-auriculaire fermé à réduction
de bruit active
•Transducteurs : magnétiques planaires de 71 x 55 mm
•Autonomie annoncée en utilisation : 25 h, 20 h avec ANC
•Temps de charge : 120 minutes
•Entrées : USB-C (recharge de la batterie), prise mini jack
stéréo de 3,5 mm
•Réponse en fréquence : 20 Hz à 40 kHz
•Waterproof : IPX5
•Bluetooth : 5.0, compatible AptX HD
•Accessoires fournis : câble mini jack de 3,5 mm, prise
adaptateur 6,35 mm, câble de charge USB-C, prise avion,
pochette de rangement en matière plastifiée semi-rigide
•Poids : 360 g
Notre avis
Construction
Performances
Ergonomie
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
51
TEST
BOSE
QuietComfort 45
Pet frère du très premium Headphones 700, le
nouveau QC45 ou QuietComfort 45 de Bose
s'annonce comme une modernisaon discrète
du très apprécié QC35 II. Avons-nous entre les
mains un produit trop peu innovant ou un
classique efficacement remis au goût du jour ?
par Guillaume Fourcadier
350 €
Un roi du confort presque premium
Malgré les années et les divers casques Bluetooth
bien plus premium - les B&O H95 et B&W PX7 en
tête - le Bose QC45, totalement calqué sur le QC35
II (les deux références bénéficient d’un design et
d’un assemblage semblables), conserve un excellent
niveau de conception.
La simplicité de ses lignes, la bonne qualité du
plastique et du métal, apportent ici une sensation
plus haut de gamme que la moyenne. Le
QuietComfort 45 est pliable, avec des coques
rabattables, ce qui en fait un casque Bluetooth
facilement transportable.
Mais son point fort est clairement le confort. Grâce à
ses coussinets doux et enveloppants, son poids
plume (242 g) et son arceau suffisamment
rembourré, le Bose QC45 demeure le casque
nomade le plus confortable du marché. Un vrai petit
nuage, prêt à être porté durant des heures.
Ces éloges ont beau être justifiés, tous sont
principalement à mettre également au crédit des
anciens modèles QC35/QC35 II. En effet, le QC45
n'innove pratiquement pas sur la forme. Hormis la
présence (enfin) d'un port USB-C, impossible de le
distinguer de ses prédécesseurs.
Techniquement haut de gamme, mais en
stagnation
Bose promet des améliorations techniques. Sontelles
pour autant au rendez-vous ? Oui et non.
Le QuietComfort 45 se classe toujours parmi les
modèles les plus performants en matière de
réduction de bruit active (ANC), presque à égalité
avec le WH-1000Xm4 de Sony ou le PX7 de B&W.
Mais nous n'avons ni mesuré ni constaté de
différence avec ses prédécesseurs. Ce casque
conserve également le même duo de codecs audio
SBC/AAC, ainsi que la connexion Bluetooth
Multipoint et une excellente stabilité de réception
du signal - du classique pas très audiophile, mais
franchement efficace.
À l'inverse, l'endurance a enfin été revue à la
hausse. Bien qu’elle demeure inférieure à celle des
ténors du genre, l'autonomie du Bose QuietComfort
52 ON-mag >> 2022-1
45 atteint ainsi facilement 24 h 30 (contre 20 h dans
le cas du Headphones 700).
Équilibre tranchant pour un son vieillissant
Bien plus mesuré dans les basses que ne le sont les
casques haut de gamme de Sony, le Bose QC45
n'en conserve pas moins les habitudes des premiers
QC35. Proche du Headphones 700 (il utilise
probablement les mêmes transducteurs), il délivre
une sonorité assez équilibrée dans les basses et les
médiums, ce qui développe une certaine aération.
En revanche, il ne peut s'empêcher d'accentuer
certaines gammes dans les hautes fréquences. Si sa
signature possède des avantages, que Bose
exploite assez bien (une bonne énergie et un certain
sens du détail), elle n'évite pas quelques écueils. En
effet, une certaine acidité peut se faire sentir sur les
pistes agressives et les transducteurs, en particulier
sur les aigus, sont techniquement vieillissants pour
du haut de gamme.
Le Bose QC 45 demeure une référence pour les
amateurs de confort et d'isolation phonique
efficace, mais le peu d'innovation apporté depuis le
QC35 II ne joue pas en sa faveur.
Spécifications
•Type : casque Bluetooth à réduction de bruit active
•Puce Bluetooth 5.1
•Codecs supportés : SBC/AAC
•Autonomie annoncée : 24 h
•Charge USB-C
•Dimensions : 18,4 x 15,24 x 7,62 cm
•Poids : 242 g
Notre avis
■
TEST
JVC
HA-S91N
Nous testons des produits de la marque JVC
depuis quelques années déjà et nous sommes
régulièrement surpris de la qualité qu'elle est
capable de proposer sur des écouteurs ou
casques audio à pet prix. Voyons si ce
nouveau modèle JVC HA-S91N équipé d'un
système anbruit et vendu officiellement au
prix de 90 € nous réserve encore une bonne
surprise. par Manuel Courbo
Le HA-S91N de JVC est un petit casque à arceau de
type circum-auriculaire, très léger. Proposé à moins
de 100 €, il correspond parfaitement aux attentes
grand public du moment. Ce modèle est
effectivement sans fil (Bluetooth) et équipé d'un
système actif de réduction des bruits extérieurs
(ANC). Il dispose en outre de différents modes de
filtrage dont "son ambiant" pour une utilisation au
bureau et de trois modes d’écoute. Son autonomie
annoncée, très généreuse, s’élève à 42 heures.
Voyons maintenant si les attraits de ce casque JVC
HA-S91N vont au-delà de sa simple annonce "full
option" et de son prix réduit.
D’abord esthétiquement, ce casque est à la fois
discret et raffiné, mais également léger et compact.
Son rangement et son encombrement, une fois ses
écouteurs repliés vers l’intérieur de l’arceau, sont
optimums.
L’isolation phonique passive et l’efficacité du
système antibruit ne sont pas au niveau de notre
modèle de référence actuel, l’Ausounds AU-XT, mais
la prestation est honorable. Disposant de trois
modes de rendu sonore sélectionnables, qui
agissent comme un égaliseur avec des courbes
"normale", "claire" ou "basse", ce casque JVC
propose donc plusieurs esthétiques sonores afin de
s'adapter à différents styles de musique ou à
l'humeur du moment, ce qui est appréciable.
Des performances plus qu'honorables pour
le prix
À l'écoute, nous avons remarqué sur certains
morceaux de musique un agencement des plans
sonores parfois déroutant, avec la mise en avant de
détails qui passent d’habitude au second voire au
troisième plan, mais globalement ce petit casque
JVC fait correctement son job. Le JVC HA-S91N
n'est pas le casque qui permet d'atteindre des
sommets audiophiles. Mais pour arriver au camp de
base avec lui, il n'y a pas de souci.
Le rendu sonore est globalement propre, clair et
équilibré, même s'il est loin des performances de
nos modèles de référence, qui sont, naturellement,
54 ON-mag >> 2022-1
90 €
bien plus onéreux que le JVC HA-S91N. Ici le son
est légèrement traînant et il n’offre pas autant
d’ouverture ou de cohérence qu'avec les meilleurs.
Mais du moment que l'on conserve un niveau
sonore raisonnable, il est agréable, particulièrement
dans le registre médium et sur les voix. On perçoit
par moments quelques teintes de brillance dans le
haut du spectre, mais cela reste acceptable.
Sur "Whole Lotta Love" de Led Zeppelin, un
morceau pas évident, à 3 min 07, le solo de guitare
venu de l’arrière droite n'est pas aussi incisif qu'on
le connaît, et à 5 min quand la voix de Robert Plant
passe de gauche à droite, accompagné des guitares
et de la basse, on sent qu'on touche aux limites de
ce petit casque.
En revanche, sur le morceau R’nB "La La La" de
Naughty Boy et Sam Smith, le JVC HA-S91N
s’exprime clairement, sans difficulté. Il est même
très à son aise. Nous nous voyons presque en train
de danser avec plaisir entre Bombay et le passage
Brady.
En résumé
Ce casque sans fil et antibruit JVC HA-S91N n’est
pas exempt de défauts, mais, au regard de son prix
officiel de 90 €, il constitue déjà une bonne surprise.
Alors, lorsqu'on le trouve en promo, ce qui est assez
courant, c'est plutôt une bonne affaire pour
l'utilisateur qui recherche un produit abordable, à
l'équipement complet, avec un rendu sonore
correct.
Spécifications
•Type : casque Bluetooth circum-auriculaire à réduction
de bruit active
•Transducteurs : de 40 mm à aimant néodyme
•Autonomie annoncée : 42 h en BT et 37 h en BT + ANC
•Temps de charge complète : 3 h
•Réponse en fréquence : 10 Hz à 22 kHz
•Accessoires fournis : câble de recharge USB-C, pochette
de rangement, câble détachable pour écoute filaire
Poids : 200 g
Notre avis
■
ON-mag c’est aussi...
TEST
PHILIPS
350 €
Fidelio L3
Il aura fallu aendre de nombreuses années pour que le Fidelio L3, successeur des
excellents Fidelio L1 et L2 de Philips, apparaisse enfin. L'héritage luxueux du premier
casque demeure, mais la formule se modernise clairement, passant d'un casque semiouvert
filaire à un modèle Bluetooth à réducon de bruit acve. Une évoluon réussie ?
par Guillaume Fourcadier
Un design moins enthousiasmant, mais un
luxe toujours bien présent
Les deux premiers Fidelio L arboraient un design
aussi reconnaissable qu'inspiré, ce qui est un peu
moins vrai concernant le L3. La formule s'assagit et
rentre légèrement dans le rang. Le casque se plie
davantage aux exigences du nomadisme, il déborde
moins et devient également plus compact.
Et pourtant, même si cette formule divisera, Philips
la maîtrise de bout en bout. La sagesse apparente
du Fidelio L3 n'entrave aucunement sa philosophie
luxueuse. Le moindre élément est travaillé et
parfaitement assemblé. Il est impossible ou presque
de reprocher quoi que ce soit au L3 en matière de
qualité de fabrication, et encore moins concernant
celle des matériaux employés. Philips mêle le cuir
Muirhead et l'aluminium avec un certain brio :
arceau et coussinets en cuir, branches en aluminium,
coques recouvertes d'un revêtement accrocheur...
Le seul reproche que nous pouvons lui adresser,
comme au tout aussi luxueux B&W PX7, est que sa
structure n'est pas pliable.
Philips livre son casque Fidelio L3 avec une housse
de transport en cuir, semi-rigide, particulièrement
agréable au toucher.
Pas aussi confortable que les ténors du genre (Sony
56 ON-mag >> 2022-1
WH-1000Xm3 et Bose Headphones 700) car bien
plus lourd (360 g), le Fidelio L3 reste néanmoins, à
l'image d'un Apple AirPods Max tout aussi pesant,
assez agréable à porter, même lors de longues
sessions d'écoute. À l'image de l’Aonic 50 de Shure,
il paraît toutefois hésiter entre nomadisme et format
Hifi.
Ergonomie moderne, exécution classique
Aucun casque Bluetooth n'a encore trouvé la
formule magique de l'ergonomie et le Philips
Fidelio L3 ne fait clairement pas avancer les lignes.
Ici, l'accent est principalement mis sur des
commandes tactiles placées sur la coque droite,
épaulées par un trio de boutons sur les tranches,
ainsi que des capteurs optiques dans les coussinets.
À l'usage, la surface tactile s'avère très
fonctionnelle, bien qu'elle hérite des mêmes
défauts que ses concurrents, à savoir un petit
manque de réactivité çà et là. À ce titre, Philips tient
presque la comparaison avec le Sony WH-1000Xm4,
ce dernier affichant légèrement moins de latence
entre l'appui et le déclenchement de la commande.
L'expérience, bien qu’elle ne soit pas fabuleuse, est
suffisamment précise pour ne pas être frustrante.
Aux commandes classiques s'ajoute l'application
dédiée sur smartphone. Très claire mais un peu
vieillotte dans sa conception, elle permet d'avoir
directement accès aux modes de réduction de bruit
(non réglables en intensité) et propose un égaliseur
graphique 6 bandes plutôt efficace, personnalisable
et doté de quelques présélections. Il est également
possible de mettre à jour le micrologiciel du casque,
ou encore de désactiver les commandes tactiles et
les capteurs optiques. On remarque assez vite que
cette application est limitée, bien qu'efficace. Elle
n'est pas non plus à l'abri de quelques bugs (un ou
deux plantages).
Un silence de second ordre, mais souvent
suffisant
Philips maîtrise clairement le luxe, mais il ne faut pas
demander à son casque de se confronter aux
meilleurs sur le terrain de la réduction de bruit
active. Le Fidelio L3 propose une isolation phonique
passive efficace, mais sa fonction ANC déçoit un
peu. Bien que cette dernière soit déjà plus que
fonctionnelle, avec une annulation certaine dès les
bruits des plus basses fréquences, l'atténuation ne
dépasse jamais les 15 dB en général.
Sur ce point, le L3 fait tout de même mieux que
l’Aonic 50. Là où le modèle de Shure justifie
difficilement son statut de casque à réduction de
bruit, celui de Philips propose un résultat plus
silencieux et plus régulier. Si les références
proposées par Bose, Sony et B&W se placent bien
devant, le Fidelio L3 constitue un suiveur correct.
Mais nous restons tout de même déçus, vu son tarif.
Heureusement, le Fidelio L3 se rattrape un peu sur
sa qualité de connexion Bluetooth, assez stable
(surtout en AAC et AptX), et marquée par une prise
en charge du codec AptX HD. À cela s'ajoute une
autonomie excellente, dépassant facilement les 30 h
avec la réduction de bruit activée (sous codec AAC,
l'AptX HD diminuant cette endurance de quelques
heures).
Même batterie à plat, le Philips Fidelio L3 autorise
un fonctionnement passif, grâce à son entrée sur
prise mini jack 3,5 mm.
Le plus bel équilibre
une scène sonore assez large mais surtout assez
profonde pour un casque nomade, le tout sans
accentuation de fréquence.
Tout comme le Shure Aonic 50 ou l’Audeze Penrose
(en mode Bluetooth), le Philips Fidelio L3 est un
casque à mi-chemin entre nomadisme et Hifi. Il
partage réellement quelques qualités de cette
dernière catégorie, en particulier sa maîtrise
générale et son niveau de détails. Il développe une
assurance qui lui permet de ne jamais forcer le trait.
Cela se remarque particulièrement dans les basses,
très profondes et amples, mais pas gonflées ni
débordantes comme cela peut être le cas avec le
casque Sony WH-1000Xm3. De même, il n’a pas
besoin d'adoucir les aigus (autour de 2-4 kHz), chose
que n'évitent ni le Sony ni le PX7 de Bowers &
Wilkins.
Les aigus, justement, sont peut-être le seul sujet de
reproche technique. En effet, quelques légères
imprécisions peuvent apparaître, même si
l'ensemble de cette gamme reste d'un très bon
niveau.
Un peu plus rond que le presque analytique Aonic
50 de Shure, le Philips Fidelio L3 est largement de la
même trempe sonore. Les deux possèdent la même
polyvalence, mais ne s'adressent sans doute pas
exactement au même public.
Luxueux et audiophile mais pas si dispendieux, le
Fidelio L3 cultive une image hybride du casque
audio, entre Hifi et nomadisme. Plus audiophile
mais moins technologique que les autres
concurrents haut de gamme, il ne plaira pas à tout
le monde mais saura immanquablement trouver son
public.
■
Spécifications
•Type : casque Bluetooth à réduction de bruit active
•Bluetooth 5.1
•Support des codecs : SBC, AAC, AptX, AptX HD
•Transducteurs dynamiques de 40 mm
•Réponse en fréquence annoncée : 7 Hz – 40 kHz
•Impédance : 16 Ohms
•Sensibilité : 103 dB/mW
•Autonomie annoncée : 32 h avec ANC, 38 h sans ANC
•Poids : 360 g
Véritable point fort des premiers modèles, la qualité
sonore du nouveau Fidelio L3 devrait, à bien des
égards, ravir l'audiophile nomade.
À ce titre, particulièrement en mode ANC,
l'équilibre sonore est assez bluffant mais pas parfait
(encore quelques oscillations). La signature est très
légèrement basseuse, mais propose une harmonie
des plus étonnantes. Le son ne souffre d'aucun
manque et ne présente aucun pic trop marqué. Au
contraire, la qualité technique de l'ensemble permet
de faire parfaitement ressortir les détails, de distiller
Notre avis
Construction
Performances
Ergonomie
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
57
TEST
SHURE
Aonic 40
Sorte d'Aonic 50 en plus abordable, le nouvel
Aonic 40 de Shure est un modèle qui se rêve en
véritable tueur de casque nomade de milieu de
gamme. L'experse Shure à prix contenu est-elle
pour autant synonyme de carton plein ?
par Guillaume Fourcadier
250 €
La densité crée la confiance
Très proche visuellement de son grand frère, le
Shure Aonic 40 n'est pourtant pas aussi premium.
Cette simplification se manifeste dans l'utilisation de
matériaux plus simples, la structure ponctuée
d'aluminium et de cuir cédant la place à un
assemblage essentiellement en plastique. Malgré ce
choix, ce casque parvient à proposer un excellent
niveau de finition. Entièrement pliable, l’Aonic 40
affiche une densité qui inspire une certaine
confiance quant à sa solidité et nous donne même
une meilleure impression qu'un classique comme le
WH-1000Xm3 de Sony.
S'il est un peu lourd (310 g), ce casque reste assez
confortable, avec des coussinets bien enveloppants
et sans serrage excessif. En revanche, il finit par
peser un peu sur le sommet du crâne lors de
longues sessions d’écoute.
Ergonomie classique, égaliseurs
personnalisables et système antibruit juste
pour faire bien
Comme pour son premier casque Aonic, Shure est
encore un peu frileux en ce qui concerne
l'ergonomie, faisant l’impasse sur les commandes
tactiles et les capteurs de proximité. Tout repose sur
les quelques boutons présents sur les tranches des
coques. À défaut de proposer la meilleure
expérience du genre, la marque ne se loupe pas ;
tout est classique et éprouvé.
L'application sur smartphone, ShurePlus Play,
apporte un vrai plus, mais qui paradoxalement ne se
trouve pas dans les réglages ergonomiques. La
grande force de cette application réside dans ses
égaliseurs, largement personnalisables et vraiment
efficaces.
Quel dommage, malgré une connectivité
irréprochable (support du Multipoint et de l’AptX
HD) de ne pas s'être concentré sur la réduction de
bruit. Comme pour l'Aonic 50, sur le nouvel Aonic
40, nous pouvons la qualifier de seulement
fonctionnelle, très loin de ce qu'apportent les ténors
en la matière. À l'inverse, il n’y a rien à dire
concernant l'autonomie, tout simplement royale :
nous avons mesuré environ 40 h avec l’ANC (Active
Noise Cancelling) activé en SBC/AAC.
58 ON-mag >> 2022-1
Des performances sonores inespérées
pour ce tarif
Il faut bien le dire, le prix de ce casque est une
surprise tant la qualité sonore tutoie déjà une
certaine excellence. Hormis en mode ANC off (trop
timide dans les basses), le Shure Aonic 40 est un
excellent exemple de performances et d’équilibre.
Clairement, il n'a pas à rougir face aux Bowers &
Wilkins PX7 et Sony WH-1000Xm4, pourtant bien
plus chers. Il ne développe notamment aucune
outrance sonore afin de pallier un éventuel manque
de technicité.
Sans jamais trop en faire, le Shure Aonic 40 propose
une scène sonore moyennement étendue mais
cohérente et précise, le tout servi par un bon niveau
de détails. Surtout, sa sonorité n'est ni ennuyeuse, ni
agressive, simplement un peu douce. Forcément,
cet aspect peu expansif rebutera les utilisateurs en
quête de sensations fortes. Mais même dans cette
optique, les excellents égaliseurs permettent de
suffisamment modifier la signature sonore pour
apporter ce qu'il faut d'excès.
Un casque pas encore parfait technologiquement
parlant, mais une vraie perle en matière de rapport
qualité/prix.
Spécifications
•Type : casque circum-auriculaire Bluetooth à réduction
de bruit
•Transducteurs de 40 mm
•Codecs audio Bluetooth : SBC, AAC, AptX HD
•Autonomie annoncée : 25 h avec ANC (codec AptX HD)
•Connexion Multipoint
•Poids : 310 g
•Inclus : housse de transport, câble USB-C, câble jack
Notre avis
■
Plaisir et découverte sonore.
Fabriqué à la main en France, le Corsa est la porte d'entrée audiophile chez Earsonics.
Fort de ses technologies EVS, FUSION et TrueWave, le Corsa répond aux attentes des audiophiles en
recherche de nouveauté et de rendu musical.
Le Corsa équipé de ses drivers propriétaires conçus exclusivement pour Earsonics, propose la meilleure
approche haute-fidélité des écouteurs d'Earsonics.
Handmade in France
TEST
TEUFEL
Real Blue NC (2021)
Nouvelle version d'un classique du constructeur
allemand Teufel, le casque Real Blue NC édion 2021
promet une expérience déjà audiophile, pour un tarif
relavement contenu (230 euros). L'expérience de la
marque, qui n'est déjà plus à prouver outre-Rhin, fera-telle
mouche cee fois-ci ? par Guillaume Fourcadier
Tout ce qu'il faut dans cette gamme de prix ?
230 €
Sur la forme, difficile d'être aussi exigeant avec un
casque accessible qu'avec un modèle premium.
Pourtant, sans faire dans le luxe, Teufel propose ici,
avec le Real Blue NC 2021, un modèle sans réel
défaut. La forme de ce casque, sans doute moins
originale que celle du précédent Real Blue NC,
présente une meilleure ergonomie des commandes
et offre surtout un meilleur confort.
Ce casque Teufel, certes tout de plastique, est ainsi
parfaitement assemblé, léger et doté d’une
structure pliable. Il évolue enfin vers une
connectique USB-C et adopte des coussinets
circum-auriculaires bien plus englobants
qu'auparavant.
À ce titre, il nous apparaît comme un excellent
casque de milieu de gamme, parfait pour le
quotidien.
Sans être irréprochable, l'ergonomie des
commandes repose sur un principe assez astucieux
et très convaincant en pratique : le joystick de
navigation. Ce petit appendice façon Marshall
Monitor ANC se manipule dans les quatre directions
(navigation et réglage du volume) et reste cliquable
afin de déclencher la pause et la lecture. À cela
s'ajoutent un simple bouton marche/arrêt/appairage
et un bouton servant à basculer entre les différents
modes de réduction de bruit. Une application
dédiée aurait sans doute enrichi l'expérience, mais
nous ne sentons pas vraiment de manque ici.
Une réduction de bruit encore au second
plan, mais de bons microphones
Teufel n'a pas encore passé le cap de la réduction
de bruit (ANC) efficace, et ce n'est pas cette
mouture 2021 du Real Blue NC qui changera la
donne. Ici, on a affaire à un casque à réduction de
bruit de milieu de gamme plus que moyen, déjà
dépassé par certaines références de chez
Soundcore à 80 euros. Avec l'ANC enclenché, les
bruits extérieurs dans le bas du spectre ainsi que les
médiums sont atténués de 10 dB voire 15 dB, jamais
plus, ce qui procure au final une isolation phonique
seulement correcte.
À l'inverse, les microphones fournissent une assez
bonne qualité en appel téléphonique. Plus
60 ON-mag >> 2022-1
intéressant encore, l'autonomie mesurée s’élève à
plus de 50 heures en fonctionnement, ce qui est un
immense plus.
Label équilibre sonore
Au-delà de cet aspect technologique en demiteinte,
la performance sonore du Teufel Real Blue
NC de 2021 est surprenante.
La marque paraît avoir tout compris à ce qui
constitue un bon casque nomade. Les basses sont
accentuées de manière régulière (afin de suivre le
déclin de l'oreille humaine dans ces fréquences) et
le reste du spectre profite d’un équilibre
absolument admirable.
C'est simple, presque aucun pic ni aucun creux de la
réponse en fréquence ne vient gâcher ou embellir
inutilement cette expérience sonore très riche. Le
Teufel Real Blue NC 2021 offre une restitution
simplement détaillée, avec une belle scène sonore,
qui brille d'une sage polyvalence. Sans le placer
forcément devant les meilleures références de chez
Bose ou Sony, nous apprécions davantage son
approche sonore, plus audiophile, plus raffinée.
Si seulement l'ANC était au niveau des bons
modèles, le Teufel Real Blue NC version 2021
toucherait à l'excellence.
Spécifications
•Type : casque Bluetooth circum-auriculaire à réduction
de bruit
•Puce Bluetooth 5.0
•Codecs audio supportés : SBC, AAC, AptX
•Transducteurs dynamiques de 40 mm
•Réponse en fréquence annoncée : 10 Hz – 20 kHz
•Autonomie annoncée : 55 h
•Poids : 280 g
Notre avis
■
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TEST
YAMAHA
500 €
YH-L700A
Évoluon du déjà haut de gamme YH-E700, le nouveau casque Yamaha YH-L700A est plus qu'une
simple itéraon, il se veut neement plus ambieux, et n'hésite pas à être plus dispendieux. Ici, le
constructeur japonais a mis le paquet sur les technologies en intégrant les codecs et foncons les plus
modernes, un système de réducon du bruit efficace, tout en développant une intrigante opon de
son 3D. Mais les 500 Euros demandés sont-ils jusfiés ? par Guillaume Fourcadier
Grandeur du passé
Prenant presque le contre-pied du design déjà
original du casque E700, Le YH-L700A oscille entre
un style moderne et rétro, avec ses formes
rectangulaires et ses revêtements originaux. Malgré
son orientation haut de gamme, le métal s'y fait
discret. Le plastique mat et accrocheur se mêle au
tissu et aux ilots de similicuir, sur ce casque aux
accents d'antique microphone.
Assez lourd (330 g), le Yamaha YH-L700 est d'un bon
degré de finition, et possède une structure pliable.
On ne constate pas de grincement, ou autre
problème de ce genre. Clairement, ce modèle
Yamaha est d'une finition supérieure à celle des
références haut de gamme de Sony par exemple.
Pourtant, nous lui ferons pas plus de louange.
Certains de ses concurrents, le Bang & Olufsen
Beoplay H9 et le Bowers & Wilkins PX7 en tête,
proposent un luxe incomparablement plus riche.
Comme tous les casques haut de gamme, ce
modèle est de type circum-auriculaire (les coussinets
entourent les oreilles). Si le confort et la tenue sont
globalement très bons, Yamaha ne tutoie pas
encore les sommets façon Sony et Bose. En effet, en
plus du poids qui se ressent sur les longues écoutes,
62 ON-mag >> 2022-1
l'YH-L700A n'est pas adapté aux petites têtes. Dans
notre cas, nous avons d'ailleurs été obligés de régler
l'arceau sur sa longueur minimale.
Ergonomie du compromis, application pour
la technologie
Sans surprise, Yamaha ne réinvente pas l'ergonomie
des casques audio. Le choix fait ici pour les
commandes est celui du tout en boutons, disposés
en deux groupes distincts.
Le premier groupe de boutons concerne la
navigation et le contrôle de volume, et vient se
placer sous la forme d'un trio intégré sur la surface
en similicuir de la coque de l'oreillette droite.
Premier petit accroc, il est assez difficile de
différencier les boutons au toucher, si bien que nous
avons, même après des semaines d'utilisation,
toujours tendance à tâtonner. Passé ce problème, il
est assez aisé de déclencher la lecture/pause, de
naviguer dans les pistes (appui long sur le bouton
de volume), et de modifier le volume.
Sur les tranches des oreillettes gauche et droite,
Yamaha dispose à la fois le bouton marche/arrêt/
appairage, l'activation/réglage de la fonction 3D, et
le bouton de réglage de la réduction de bruit.
L'expérience générale est convenable, mais il est
difficile d'être vraiment convaincu, surtout en
pensant au tarif du modèle. Celui-ci aurait au moins
pu adopter des capteurs de contact pour la lecture
et la pause automatiques.
En marge de cette ergonomie fort simple, l'YH-
L700A est compatible avec l'application Yamaha
Headphones Controller. Très épurée mais
stable,cette dernière se concentre totalement sur
les réglages sonores : ANC, 3D, ainsi que les
automatismes, comme le Listening Care
(optimisation de l'écoute à faible volume) et le
Listening Optimiser (compensation sonores des
"fuites" de son dues au placement des coussinets).
En revanche, aucune trace d'un égaliseur maison, ce
qui est selon nous un manque, car le casque est très
expressif.
Silence, on tourne
Première des grandes technologies intégrées, la
réduction de bruit active est assez bien gérée par le
casque Yamaha YH-L700A, à défaut de vraiment
défier les meilleurs. L'isolation phonique est
effective dès les plus basses fréquences, et restent
d'une certaine constance et d'une bonne efficacité
jusqu'aux aigus. On note tout de même un très
léger souffle dans l'ANC. Une fois dans les hautmédiums,
les coussinets seuls apportent une belle
atténuation, de la trempe d'un assez bon casque
fermé.
Deuxième technologie mise en place, la fonction 3D
"Sound Field", que le casque peut simuler à partir
d'une simple source stéréo.
Cette fonction intègre plusieurs modes (allant du
mode cinéma au mode musical), et peut surtout
fonctionner de concert avec une suivi des
mouvements de la tête. A l'instar de l'Audeze
Mobius, cela permet de définir la direction de la
scène sonore. Ainsi lorsque l'on regarde un
programme sur un écran, la scène sonore reste
callée sur celui-ci et ne se "déplace" pas lorsque
l'on bouge la tête, cela via un principe
gyroscopique.
A l'usage, il faut bien avouer que la 3D est plus
impressionnante sur les jeux vidéo et les films
d'action, où le rendu extrêmement pêchu et
enveloppant de cette technologie fait des
merveilles. Le rendu musical, quant à lui, dépend
énormément du genre, mais peut aller d'une
sensation de live très ample (sur les genres calmes),
à celle de simple écho artificiel voire désagréable.
que ceux des générations précédentes.
Ici, Yamaha reprend à peu près ce qui existe sur le
YH-E700, à savoir une signature globalement
équilibrée dans les médiums et les aigus, mais avec
un boost très conséquent dans les basses. Et ce
boost est encore plus fort avec ANC (système de
réduction du bruit) enclenché.
Difficile de trouver un modèle autant reversant dans
les basses fréquences, que ce soit en termes de
qualité ou de quantité. Excepté dans l'extrême
grave, où la distorsion commence à se faire
ressentir, le Yamaha YH-L700A est un monstre de
rondeur et d'énergie combinées, aussi à l'aise sur de
l'électro que sur le visionnage d'un blockbuster. Ce
niveau de basses a un prix, puisque l'écoute peut
rapidement devenir fatigante au-dessus d'un niveau
modéré. A l'inverse, une écoute à très bas niveau
fait déjà ressortir les qualités du morceau.
Cette accentuation est d'autant plus étrange que le
casque est très technique, précis, défini, et jouit
d'un certain équilibre sur le reste du spectre. A ce
titre, il conserve un très bon niveau de détail, une
scène sonore cohérente, et une richesse des timbres
qu'on ne retrouve pas même sur des casques
comme le WH-1000Xm3 de Sony.
Complet et innovant, le Yamaha YH-L700A ne
s'adresse tout de même pas à tous les utilisateurs,
que ce soit pour son caractère sonore presque
outrancier, ou pour son tarif très élevé.
Spécifications
•Type : casque Bluetooth à réduction de bruit active et
suivi 3D
•Puce Bluetooth 5
•Codecs supportés : SBC, AAC, AptX Adaptive (compatibilité
AptX et AptX HD)
•Prises : USB-C (recharge), Jack 3,5 mm
•Fonction 3D : algorithme Sound Field
•Certification HiRes (uniquement en filaire)
•Réponse en fréquence : 8 Hz – 40 kHz
•Autonomie : Jusqu'à 34 h avec ANC et sans 3D, jusqu'à
11 h avec Sound Field
•Poids : 330 g
•Accessoires inclus : câble USB-A vers USB-C, Câble Jack
3,5 mm vers Jack 3,5 mm, adaptateur pour prise avion,
housse de transport rigide
Notre avis
■
"Archi-basses" au pays de la qualité
Les sensations, et rien que les sensations ? On se
demande parfois ce qui pousse les marques audio
respectées, comme Sony, Sennheiser, et ici Yamaha,
à vouloir faire des casques toujours plus basseux
Construction
Performances
Confort
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
63
GRADO
RS1x
CASQUE REFERENCE
SIEA - 323 ch des Plaines – Bât D – 06370 Mouans Sartoux – tel 04.93.47.03.06
www.3d-lab-av.com
LES
ÉCOUTEURS
AVEC OU
SANS FIL
TEST
BANG &
400 €
OLUFSEN
Beoplay EQ
Plus ambieux écouteurs True Wireless de Bang & Olufsen à ce jour, les nouveaux
Beoplay EQ sont surtout les premiers de la marque à intégrer une réducon de bruit
acve. Bénéficiant des sciences luxueuses et sonores de la marque scandinave, ces EQ
auront fort à faire pour jusfier leur tarif parculièrement élevé de 400 euros.
par Guillaume Fourcadier
Comment maîtriser la forme
Sur la forme, B&O rate très rarement son coup. Sans
surprise, ce n'est pas aujourd'hui que la marque
nous décevra.
Les Beoplay EQ bénéficient d'un design assez
attirant, caractérisé par un dos au découpage
asymétrique et surmonté d'une plaque (tactile) en
aluminium anodisé. On ne parlera pas d'un sommet
de luxe, car le châssis demeure principalement en
polymère (avec une surface antidérapante), mais
tout est clairement au-dessus de la moyenne. Les
écouteurs atteignent une certification IP54, ce qui
est la norme actuelle pour les écouteurs zéro fil, pas
plus.
À l'inverse, les EQ auraient sans doute mérité une
petite cure d'amaigrissement. Nous pourrions leur
adresser le même reproche qu'aux Sony
WF-1000Xm4 : le confort qu’ils procurent est loin
d'être universel. Ainsi, les utilisateurs qui ont hérité
d'un petit espace entre le tragus et la conque de
leurs oreilles (là où les écouteurs se placent) aurontils
beaucoup de difficultés avec les Beoplay EQ. Les
autres trouveront des écouteurs se plaçant dans la
moyenne, plus stables qu'on ne pourrait le penser
66 ON-mag >> 2022-1
de prime abord, assez confortables à l'usage, mais
définitivement pas taillés pour un usage sportif (le
centre de gravité est trop à l'extérieur).
Plus impressionnante que les écouteurs, la boîte de
charge fait vraiment passer le produit du côté
luxueux de l'audio. Compacte, tout en aluminium
anodisé, irréprochablement assemblée, elle se
permet également de soigner la présentation des
écouteurs. Ceux-ci sont élégamment disposés de
chaque côté, presque affleurant dans leur encoche.
Enfin, le fond plat non-métallique permet d’assurer
une recharge par induction, en plus de la charge
USB-C.
L'ergonomie épurée à la mode scandinave
Antithèse de l'expérience façon Sony, Bang &
Olufsen œuvre pour une vraie simplicité, qui confine
presque à l'ascétisme.
À partir des écouteurs, il est possible de déclencher
la lecture/pause, de basculer entre les modes de
réduction de bruit, ou encore de régler le volume.
En revanche, la navigation entre les pistes audio est
impossible. Rien ne permet, via l'application,
d'arranger cela.
L'application Bang & Olufsen, justement, s'attache
au strict minimum. Il n'est par exemple pas possible,
outre les commandes, de régler l'intensité de la
réduction de bruit active ou du retour sonore. Pour
cette fonction, seules l'activation et la désactivation
d'un "ANC adaptatif" (il règle sa force en fonction
de la situation) sont possibles.
L'unique option vraiment utile reste l'intégration
d'un égaliseur à deux modes : prédéfini (5
préréglages) et Beosonic. Ce dernier s'affiche
comme une "roue sonore", qui permet de basculer
vers un son plus ou moins clair ou chaud, plus ou
moins percutant ou doux.
Dommage que Bang & Olufsen limite autant les
possibilités, car à défaut d'être tronquée,
l'expérience ne nous paraît pas aussi riche qu’on
pourrait l’attendre d’un modèle haut de gamme.
ANC déjà très convaincant
La réduction de bruit active (ANC) n'a jamais été
une spécialité de B&O, qui livre avec ses divers
casques des performances un peu en dents de scie.
La surprise est donc de taille ici, puisque l'ANC
intégré aux écouteurs Beoplay EQ est tout à fait
satisfaisant, voire davantage. En revanche, il est très
préférable de désactiver l'option ANC adaptative,
peu fonctionnelle en pratique.
Efficace dès les plus basses fréquences, la réduction
de bruit peut atteindre jusqu'à 20 dB voire 25 dB, ce
qui est une performance de la trempe de celle des
meilleurs du genre. Ce constat pourrait être
idyllique si l'isolation passive était un peu plus
importante (assez faible pour de vrais intras), que ce
soit avec les embouts classiques ou les embouts
Comply en mousse fournis.
Mais surtout, les Beoplay EQ ont un défaut assez
classique des écouteurs True Wireless à réduction
de bruit : le point de croisement entre l'ANC et
l'isolation passive, autour de 1 kHz, est marqué par
une isolation à peu près nulle, ce qui laisse des sons
bien précis déborder. Les Devialet Gemini nous ont
paru, d'une manière générale, supérieurs sur le plan
de la réduction de bruit.
Le mode Transparence, quant à lui, est assez
homogène dans sa reproduction. Sans être naturel,
le rendu est tout à fait convenable et seules les
fréquences au-delà de 4 kHz sont sensiblement
atténuées.
À défaut de se confronter aux Sony WF-1000Xm4 en
matière d'autonomie, les Beoplay EQ ont tenu,
selon notre protocole de test (sous codec AAC) un
peu moins de 6 h avec ANC, et un peu moins de 7 h
sans.
écouteurs à prendre en charge le récent codec AptX
Adaptive. De quoi afficher des performances
sonores de haute volée ? Oui, d'une manière
générale.
Avec ANC (ou Transparence), B&O mise sur une
accentuation assez marquée des basses, sans
débordement excessif, ainsi que sur une légère mise
en retrait des médiums. Les Beoplay EQ n'ont pas la
maîtrise technique des Devialet Gemini dans le bas
du spectre, mais se calent pourtant dans les
meilleurs élèves, avec un rendu ample et très
propre. Nous aurions seulement pu espérer un son
encore un peu plus percutant.
Sans ANC, le boost dans les basses se fait plus
discret, les médiums sont plus équilibrés, ce qui
aère légèrement l'écoute. D'un point de vue
audiophile, c'est le mode à privilégier, bien qu'il ne
transcende pas l'expérience.
Très passe-partout, les Beoplay EQ insistent sur une
écoute polyvalente, relativement douce, marquée
toutefois par quelques pics bien placés dans les
aigus. Nous n'atteignons pas la richesse offerte par
les B&W PI7 dans le haut du spectre, mais les
Beoplay EQ se rattrapent justement par ce côté
légèrement granuleux de l'écoute, un peu vinylique.
Rien n'est jamais froid avec eux.
De son côté, la scène sonore est cohérente, avec un
excellent niveau de détails. Néanmoins, la
séparation des instruments, ou plutôt la profondeur
de cette scène, n'a malheureusement rien
d'exceptionnel.
Spécifications
•Type : écouteurs True Wireless à réduction de bruit
active
•Transducteurs dynamiques de 6,8 mm
•Puce Bluetooth 5.2
•Codecs supportés : SBC, AAC, AptX Adaptive (compatibilité
AptX et AptX HD)
•Autonomie annoncée : jusqu'à 7 h 30 sans réduction de
bruit, 20 h de plus avec le boîtier
•Certification IP54
•Embouts : 4 tailles d'embouts en silicone, 1 paire d'embouts
Comply en mousse
•Poids : 8 g par écouteur, 50 g pour le boîtier de charge
•Déclinaison : noir, blanc sable
Notre avis
Construction
Ergonomie
■
Un son riche, si possible sans ANC
Équipés d’un transducteur de 6,8 mm, les B&O
Beoplay EQ font également partie des rares
Performances
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
67
TEST
EARSONICS
Grace Platinum
Fer de lance de la marque française Earsonics,
les Grace Planum s'affichent comme une
évoluon plus technique et bien plus luxueuse
des Grace HR. Des écouteurs au sommet de la
pyramide audiophile ?
par Guillaume Fourcadier
Du luxe plaqué au platine, gare au poids !
Sans surprise, nous retrouvons sur les Grace
Platinum le virage métallique engagé par Earsonics
depuis ses modèles Stark et Blade. Mais l'objet va
bien au-delà de ce que la marque a déjà produit. Le
fabricant propose ici un modèle très luxueux, au
châssis tout en zinc-magnésium, qui plus est plaqué
à la feuille de platine.
Si l'on omet la présence de deux minuscules vis, rien
ne vient troubler l'harmonie de cette robe rutilante.
La sensation de solidité est plus que présente, voire
parfaite, ce qui se traduit tout de même par un
poids conséquent. Avec leur armure de métal et
leurs dix transducteurs, chaque écouteur pèse pas
moins de 17 g, ce qui se ressent quand on les porte.
Pourtant, bien que le confort ne soit pas parfait, il
reste suffisant pour les longues sessions d'écoute.
Assez volumineux, les écouteurs ne sont pas trop
difficiles à placer dans les oreilles et restent
relativement bien en place. Surtout, les câbles
torsadés en argent utilisés (livrés avec terminaisons
jack 3,5 mm et jack 4,4 mm) éliminent en très grande
partie les éventuels bruits microphoniques.
Cœur d'acrylique, chœur d'or
Directement dérivés des Grace HR, les Grace
Platinum partagent la même architecture quatre
voies et déca-transducteurs (10 transducteurs à
armature balancée !). Le tout est ici placé dans un
cœur en acrylique imprimé en 3D à l'intérieur de
l'enveloppe zinc-magnésium.
Avec ces écouteurs, Earsonics place les basses un
peu en avant (ce qui n'est pas souvent l'apanage
des écouteurs utilisant des transducteurs armature
balancée), tout en privilégiant la clarté au tranchant.
Cela permet de combiner détails (encore supérieurs
à ceux délivrés par les Grace HR) et musicalité et de
les porter à un degré d'excellence. Sans tomber
dans les travers presque voilés de certains anciens
écouteurs Earsonics, les Grace Platinum lissent
légèrement les fréquences "tranchantes", tout en
accentuant subtilement les fréquences plus "claires"
autour de 10 kHz.
Nous ne pouvons donc pas parler d'un maître de
l'équilibre sonore, mais cela ne diminue pas la
68 ON-mag >> 2022-1
qualité du produit. Earsonics sacrifie ici légèrement
la démonstration technique au profit d'une
musicalité extrêmement riche.
Très cohérente, la scène sonore est placée
légèrement en avant, ce qui permet d'étager à la
perfection les plans sonores et les différents détails.
Ces Earsonics Grace Platinum sont des vrais rois du
détail. La scène stéréophonique présente une assez
bonne ampleur, mais tout de même en deçà de
celle des modèles mono-transducteur (dynamique)
comme les Sennheiser IE 900 par exemple.
Très simples à alimenter et parfaitement musicaux à
bas volume, ces écouteurs ne trouvent leurs limites
sur aucun style de musique en particulier. Cette
polyvalence, tout en nuances sonores, va de pair
avec une maîtrise parfaite des deux extrémités du
spectre audible. Rien ne déborde jamais de ces
basses très enveloppantes et réactives, ni de ces
aigus clairs et ciselés. Avec des médiums encore
mieux équilibrés, la copie aurait été parfaite.
Sans être totalement au-dessus de la mêlée, les
écouteurs Earsonics Grace Platinum, tout en
développant un caractère bien trempé, ne
franchissent jamais la limite entre musicalité et
exagération.
Spécifications
•Type : écouteurs intra-auriculaires filaires
• 3 voies, 10 transducteurs à armature équilibrée
•Corps en alliage de magnésium et de zinc, recouvert
d'une feuille de platine, cœur interne en acrylique imprimé
en 3D
•Réponse en fréquence : 10 Hz – 20 kHz
•Impédance nominale : 26,6 ohms
•Sensibilité : 119 dB/mW
Notre avis
1900 €
■
TEST
JABRA
Elite 7 Active
Avec ses Elite 7 Acve, évoluon directe des
excellents Elite 75T, Jabra entend perpétuer
cee gamme si atypique, dans une version
encore plus moderne. La promesse ? Des
écouteurs taillés pour un usage sporf intense
et animés par l'excellent écosystème Jabra.
par Guillaume Fourcadier
180 €
Prêts à souffrir
Sans révolutionner la formule des 75T, Jabra la
perfectionne. Les Elite 7 Active sont plus compacts,
ce qui rend leur port d'autant plus universel.
Plus impressionnant encore : les Elite 7 Active
conservent la résistance IP57 (totalement
waterproof) dont profitaient les Elite 75T Active et
promettent même d'être résistants à la sueur grâce
à un nouveau revêtement accrocheur, le ShakeGrip.
Tous ces points permettent à ces écouteurs, de type
semi intra-auriculaires (canules courtes), d’offrir un
bon confort et une excellente tenue, même pour les
sports intenses, pour peu que l'on choisisse les
embouts adaptés dans la panoplie fournie.
Isolation phonique passive efficace, isolation
active bien étrange
Afin que ses Elite 7 Active restent efficaces en usage
sportif, Jabra les dote non pas de surfaces tactiles
mais de boutons invisibles (sous le revêtement
ShakeGrip). Grâce à une disposition pertinente,
l'ensemble des commandes classiques, navigation
et volume, peuvent être pilotées depuis les
écouteurs. À cela s'ajoute l'application Jabra
Sound+, qui apporte à la fois un égaliseur et des
réglages avancés. Celle-ci représente l'archétype
d'une application complète et simple d'utilisation.
La connectivité Bluetooth est tout aussi brillamment
exécutée, avec un signal stable et longue portée. Si
les codecs audio sont limités au duo SBC/AAC,
Jabra promet à l'avenir (via mise à jour) une
compatibilité Multipoint.
La seule ombre au tableau vient du système de
réduction de bruit active (ANC) des Jabra Elite 7
Active. L'effet de celui-ci semble passablement
tronqué. Ici, la réduction de bruit n'est pas
automatique, mais s'utilise via un réglage manuel
dans l'application. Difficile à maîtriser, ce réglage ne
permet d'atténuer que quelques maigres décibels
dans les basses fréquences, mais pas vraiment plus.
Pour contrebalancer cela, l'isolation phonique
passive (par le biais des seuls embouts intraauriculaires)
est déjà d'un très bon niveau.
Un bien plus grand équilibre, pour une
même technicité
Les Jabra Elite 65T et 75T ne cachaient pas leur
préférence basseuse. Ici, Jabra met de l'eau dans
son vin et affiche une signature sonore
étonnamment équilibrée, bien que celle-ci dépende
en partie de la morphologie du porteur. Les basses
sont certes accentuées, mais de manière bien plus
discrète et mesurée.
Surtout, les écarts sur le reste des fréquences
tiennent dans un mouchoir de poche, ce qui
autorise une véritable polyvalence.
Il n'y a plus, ou presque, les quelques brillances
excessives des anciens modèles, ni les quelques
débordements de basses hasardeux. Pour un peu
plus d'expressivité, les égaliseurs Sound+ sont
toujours là.
Cependant, si les Jabra Elite 7 Active affichent un
niveau de performances acoustiques de bon niveau,
l’approche n’est pas encore totalement audiophile.
Nous sentons bien, sur des morceaux complexes,
que les aigus et les basses ne bénéficient pas
encore de la maîtrise dont font preuve les grands
écouteurs comme les Sennheiser Momentum TW,
de l'ouverture et du niveau de détails des meilleurs.
Toujours aussi bien conçus à défaut d'être parfaits,
les nouveaux Jabra Elite 7 Active sont des écouteurs
parfaits pour un usage quotidien et sportif.
Spécifications
•Type : écouteurs zéro fil à réduction de bruit active
•Puce Bluetooth 5.2
•Codecs supportés : SBC, AAC
•Certification IP57
•Transducteurs dynamiques de 6 mm
•Autonomie : jusqu'à 8 h
•Poids : 5,5 g par écouteur
Notre avis
■
70 ON-mag >> 2022-1
AvecMojo2,commencezl’aventure!
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Informationetpointsdevente
TEST
LG
190 €
Tone Free FP8
À l’image de beaucoup d’autres marques pas seulement issues du domaine de l’audio, LG
propose des écouteurs totalement sans fil (ou True Wireless) avec des commandes
tacles directement accessibles sur les oreillees. Proposés à 189 € et venant
concurrencer les Apple AirPods 2, Oppo Enco X, Jabra Elite 85T ou JBL Live Pro+ pour ne
citer qu’eux, les écouteurs LG Tone Free FP8 sont les modèles les plus haut de gamme du
fabricant sud-coréen. Ils profitent d’un son opmisé par Meridian, partenaire de LG
depuis plusieurs années, d’une foncon de réducon de bruit et d'un boîer de charge
anbactérien UVnano, une différence face à la concurrence.
par Sylvain Pichot
Les nouveaux écouteurs LG Tone Free FP8 sont
déclinés en trois finitions : noir, blanc ou bronze.
Nous avons testé ces écouteurs dans leur version
noire. Le boîtier est exactement dans le même ton
et présente une forme ronde. Une légère encoche à
l’avant permet d’attraper assez facilement la partie
supérieure pour l’ouvrir. Un sticker avertit l’utilisateur
du traitement spécifique dont l’intérieur profite :
une lumière UV-C LED qui élimine jusqu’à 99,9% de
certaines des batteries présentes sur les bouts des
écouteurs, selon le fabricant. Notez que cette
fonction est active exclusivement lorsque le boîtier
est branché électriquement.
Les écouteurs sont très petits, avec une tige plus
courte que celle des Huawei FreeBuds 4i, par
exemple. Chaque écouteur intègre trois
microphones. Le premier est situé au bout de la
tige. Le second est installé juste au-dessus de celleci
alors que le troisième est plutôt du « côté
intérieur », proche du détecteur de proximité qui
permet de stopper automatiquement la musique
lorsqu’on enlève l’un des écouteurs de l’oreille et de
72 ON-mag >> 2022-1
reprendre immédiatement la lecture dès qu’on
remet l’écouteur en place. Les écouteurs tiennent
assez bien dans les oreilles et peuvent supporter
une activité physique, sans trop forcer malgré tout.
Ils sont certifiés IPX4, résistant à la sueur et aux
éclaboussures. Ils sont légers : comptez 5,2 g par
écouteur. À titre de comparaison, les Huawei
FreeBuds 4i pèsent 5,5 g (par écouteur).
Les commandes sont tactiles. En tapant une fois sur
le haut de la tige, on met la musique en pause.
Deux pressions permettent de gérer le volume
tandis que trois tapes commandent le passage à la
chanson suivante ou précédente. Un appui long
active la fonction de réduction de bruit ou l’écoute
du son ambiant pour les conversations et annonces.
Le système est plutôt réactif. Il peut toutefois arriver
qu’il zappe une pression, provoquant quelques
erreurs de commandes, surtout au début. Notez
que les commandes peuvent être personnalisées
depuis l’application LG Tone Free, disponible
gratuitement sur les plateformes Google Play ou
App Store.
L’application : relativement complète, avec
courbes d'égalisation et commandes
personnalisables
L’application n’est pas obligatoire pour écouter de
la musique avec les Tone Free FP8 puisqu’une
simple liaison Bluetooth peut suffire. Nous
conseillons tout de même de la télécharger car elle
permet d’étendre les fonctions des écouteurs et
d’en assurer la personnalisation.
À l’ouverture du boîtier, une notification mentionne
le niveau de batterie de chaque écouteur ainsi que
celui du boîtier, ce qui est une bonne chose. Un
résumé des commandes est disponible sur
l’application pour y revenir en cas d’oubli (au début).
On profite aussi d’un égaliseur et de la possibilité
d’activer les fonctions de réduction de bruit ou pour
écouter les conversations proches. Il y a quelques
profils audio prédéfinis avec deux modes son
complètement personnalisables, ce qui est
appréciable. Impossible en revanche de changer les
commandes qui permettent de prendre un appel
téléphonique, de raccrocher ou d’activer la fonction
de réduction de bruit. Si vous avez égaré vos
écouteurs, l’application permet de déclencher un
bip pour les retrouver. Cela fonctionne dans un
environnement plutôt restreint - la sonnerie peut
être entendue depuis une pièce adjacente, pas
beaucoup plus loin - mais ce type de service est
toujours pratique. Les notifications reçues par le
smartphone peuvent aussi être lues.
À l’usage : un son très naturel et sans excès
Pour diffuser de la musique, des podcasts ou la
simple voix d’un interlocuteur, les écouteurs LG
Tone Free FP8 disposent chacun d’un transducteur
de 8 mm. Ils sont compatibles Bluetooth 5.2 avec
prise en charge des formats SBC et AAC, le
minimum. La portée de la liaison sans fil est tout à
fait satisfaisante puisque nous avons réussi à écouter
de la musique sans coupure alors que le
smartphone source était placé un étage plus bas,
dans un sous-sol. L’isolation phonique passive est
correcte grâce aux embouts prévus à cet effet.
Lorsque la réduction de bruit est activée, nous
n’avons pas ressenti la sensation de bulle
protectrice que l’on peut avoir avec des casques
fermés. À l’usage, les bruits environnants sont certes
atténués, mais pas totalement et il ne faut pas
s’attendre à ne plus rien entendre dans un avion,
par exemple. Le bruit sourd de ce moyen de
transport est toujours présent à l’oreille. Pour le
métro, c’est un peu plus pertinent même si le bruit
ambiant n’est pas totalement annulé. Assis à un
bureau, le son produit par les touches d’un clavier
classique n’est pas perceptible, ce qui est une
bonne chose. Avec la réduction de bruit activée, le
son n’est pas dénaturé et on retrouve bien la
signature sonore Meridian à l’écoute ; celle-ci est
claire, sans excès et naturelle. On apprécie. En
revanche, il peut manquer un peu de basses, et ce,
même si la fonction Bass Boost est activée depuis
l’application. Une fonction Treble Boost (pour les
aigus) est également disponible et peut servir
notamment pour écouter certains styles de
musique, dont le jazz et le classique. Nous nous
attendions à une scène sonore plus large que celle
que nous avons pu constater avec ces écouteurs.
Une autonomie de 10 heures annoncée pour
les écouteurs, assez surestimée
Officiellement, LG annonce une autonomie de 10
heures avec une seule charge, sans activer la
fonction de réduction de bruit. Nous avons utilisé
les écouteurs pendant deux heures avec la fonction
ANC activée et avons constaté être passés de 100%
à 60% en réalisant nos écoutes à un volume moyen.
Cela donne une autonomie de seulement 5 heures
avec l’ANC activé, inférieure à celle des Huawei
FreeBuds 4i, par exemple, qui tiennent 7 heures
dans les mêmes conditions. LG promet 1 heure
d’autonomie (sans l’ANC activé) pour seulement 5
minutes de charge. Le boîtier peut être rechargé sur
une base sans fil Qi.
Spécifications
•Type : écouteurs True Wireless à réduction de bruit
active
•Connexion : Bluetooth 5.2
•Codecs supportés : SBC, AAC
•Transducteurs de 8 mm
•Certification IPX4
•Boîte de recharge : charge par USB-C, UVnano
•Autonomie annoncée : 5 h avec ANC, 10 h sans ANC, 3
recharges supplémentaires avec la boîte
•Embouts : 3 paires d'embouts en silicone
•Poids : 5,2 grammes par écouteur
Notre avis
Construction
Performances
Ergonomie
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
■
73
TEST
ONEPLUS
Buds Pro
150 €
On aend plutôt la marque OnePlus dans le domaine des smartphones, mais le constructeur a
décidé de se lancer également sur le marché des écouteurs intra-auriculaires avec plusieurs
modèles, filaires ou non, dont les plus haut de gamme sont les Buds Pro, tacles, totalement
sans fil et profitant d’un système d’aénuaon des bruits environnants. Venant se froer à la
concurrence tous azimuts, ils veulent défendre une certaine idée de la liberté avec un son
chaleureux et une ergonomie opmisée.
par Sylvain Pichot
Quasiment tous les fabricants de smartphones
proposent, en même temps que leur dernier
smartphone à la mode, une paire d’écouteurs True
Wireless et si possible avec une fonction
d’atténuation des bruits environnants (ANC).
OnePlus ne déroge pas à cette règle et compte
désormais dans son catalogue quatre références
d'écouteurs, dont une filaire. Les trois autres sont
totalement sans fil depuis l’entrée de gamme avec
les Buds Z, puis les Buds et maintenant les Buds Pro,
disponibles depuis quelques semaines à peine. Ces
derniers sont les seuls à proposer la fonction ANC
et viennent se frotter aux ténors du marché déjà très
bien organisés dans ce domaine, à l’image des Sony
WF-1000XM4, la référence, ou des Devialet Gemini
et Bowers & Wilkins PI7 pour ne citer que ceux-là.
74 ON-mag >> 2022-1
Toutefois, les Buds Pro de OnePlus sont disponibles
pour un tarif moins élevé et il faut aussi le prendre
en compte lorsqu’on les introduit dans nos oreilles
pour les tests.
Esthétiquement, les Buds Pro de OnePlus sont assez
jolis. Chaque écouteur pèse 4,35 grammes, se
plaçant donc parmi les plus légers du marché. À
l’usage, d’ailleurs, disons-le tout de suite, on peut
passer plusieurs heures avec ces écouteurs dans les
oreilles sans que cela ne dérange plus que cela. Ils
sont livrés avec trois paires d’embouts confortables
en silicone qui permettent d’assurer une première
isolation phonique passive des bruits extérieurs.
Leur design est assez similaire à celui des fameux
AirPods d’Apple - difficile de ne pas faire le
rapprochement entre les deux produits.
Les OnePlus Buds Pro sont proposés en blanc/
chrome ou noir/chrome - c’est cette dernière
version que nous avons pu tester. Il faut pincer la
tige chromée pour exécuter une commande. Un
pincement permet de mettre en pause. Deux
servent à passer au titre suivant, etc. Au début, on a
un peu de mal à bien saisir naturellement la tige
pour contrôler la lecture de la musique. On se dit
alors qu’une tape ou un effleurement est plus facile
à réaliser. Mais, au final, on se rend compte qu’on
est ainsi plus précis, une fois l’habitude prise de
lever le bras pour attraper la tige et la pincer à une
ou plusieurs reprises. Les écouteurs sont agréables à
manipuler, car ils profitent d’un revêtement doux et
finalement assez peu salissant. Ils s’attrapent
facilement dans leur étui qui sert également,
comme pour tous, de solution de recharge. Ils sont
maintenus par un aimant, assez fort pour ne pas les
faire tomber si on tient l’étui ouvert à l’envers, mais
pas trop insistant non plus pour ne pas rendre leur
saisie difficile. Un très discret bouton permet de
lancer la phase d’appairage avec un smartphone ou
un autre appareil Bluetooth. Assez compact, le
boîtier mesure environ 6 cm sur 5 cm pour un peu
moins de 2,5 cm d’épaisseur et peut être facilement
glissé dans une poche ou dans un sac à dos sans
encombrer. Il se charge par une prise USB-C tandis
qu’un câble de seulement 20 cm est livré avec.
Notez la possibilité de le charger sur un support
sans fil, par induction, compatible Qi. Par exemple,
nous avons pu le charger à l’arrière d’un smartphone
OnePlus 9 Pro, via la fonction de charge inversée de
ce dernier, comme nous avons également pu le faire
pour les écouteurs Sony WF-1000XM4.
Les écouteurs trouvent une place naturelle au creux
des oreilles sans effort et sans pression, avec le bon
embout. Ils tiennent plutôt bien et sont même aptes
à vous proposer de la musique lorsque vous faites
un jogging, par exemple, en restant à un petit
rythme malgré tout. Les activités plus intenses ne
sont pas vraiment conseillées notamment en
extérieur, au risque d’une chute et d’une perte de
l’un des écouteurs. On apprécie qu’ils soient
certifiés IP55, pouvant ainsi résister aux projections
d’eau et à la sueur, autorisant leur port en cas de
pluie - pour une séance sportive, par exemple. Le
boîtier est également certifié IPX4, ce qui signifie
qu’il est aussi protégé contre l’eau, mais pas contre
une immersion totale.
à tous les paramètres des écouteurs. Si vous
possédez un téléphone portable OnePlus appairé, il
vous suffit de vous rendre dans les paramètres du
mobile pour réaliser les réglages nécessaires.
Dès qu’on ouvre le boîtier, une notification apparaît
sur l’écran du téléphone pour mentionner le niveau
de batterie des deux écouteurs et du boîtier luimême,
ce qui est très pratique. Malheureusement,
cette notification n’est pas interactive : on aurait
bien aimé pouvoir appuyer dessus et se retrouver au
sein des paramètres des écouteurs pour effectuer
quelques réglages si nécessaire. Au lieu de cela, il
faut aller dans Bluetooth et Connexion, taper sur la
roue crantée en regard des écouteurs sur l’écran
puis sélectionner le menu Casque. Ouf. C’est un
peu long…
Il est alors possible de définir le niveau de contrôle
du bruit environnant (bas, intelligent ou maximum),
arrêter la fonction ANC ou choisir le mode
transparence qui permet de capter une conversation
autour de soi sans avoir à enlever les écouteurs des
oreilles. Comme évoqué précédemment, c’est aussi
là qu’on peut personnaliser les commandes. Le Zen
Mode Air permet d’écouter des sons naturels
apaisants. Ceux-ci sont directement téléchargés
dans la mémoire des écouteurs, ce qui signifie que
vous pouvez vous éloigner de la source pendant la
lecture. Pourquoi pas.
Ce qui est plus pertinent, c’est la fonction de test
d’ajustement des écouteurs. Cela consiste à
effectuer un essai audio pour que le dispositif
analyse le conduit auditif et adapte au mieux le
rendu sonore. Rappelons aussi que la lecture est
Notre avis
Spécifications
•Type : écouteurs True Wireless à réduction de bruit
•Connexion : Bluetooth 5.2
•Codecs supportés : SBC, AAC, LHDC
•Transducteurs de 11 mm
•Certification IP55
•Boîte de recharge : charge par USB-C, certifiée IPX4
•Autonomie annoncée : 5 h avec ANC, 7 h sans ANC, 4 recharges
supplémentaires avec la boîte
•Embouts : 3 paires d'embouts en silicone
L’application pour ceux qui n'ont pas de
smartphone OnePlus
La personnalisation des commandes de contrôle de
la musique passe par une application si vous ne
disposez pas d’un smartphone de la marque.
Téléchargez alors HeyMelody qui vous donne accès
Construction
Performances
Ergonomie
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
75
automatiquement arrêtée lorsqu’on enlève les
écouteurs des oreilles. Très efficace au cours de
notre test, cette fonction peut être désactivée si
besoin. Enfin, depuis les paramètres (ou
l’application), il est possible de déclencher un bip
pour retrouver l’un ou l’autre des écouteurs égarés
(à une distance raisonnable tout de même).
À l’écoute : des basses et de l'ampleur
Les écouteurs OnePlus Buds Pro sont équipés de
transducteurs de 11 mm, ce qui est assez important
par rapport aux autres dispositifs similaires
disponibles sur le marché. Ils délivrent un son
particulièrement chaud avec des sonorités très
agréables et satisfaisantes, notamment pour des
styles de musique électroniques et rythmées. On a
droit à de nombreux détails et un son tout à fait
cohérent. Pour du jazz ou des morceaux unplugged,
c’est un peu plus délicat, même si les écouteurs s’en
sortent ; ils arrivent à retranscrire une scène sonore
assez large et suffisamment précise au regard du
prix demandé. Nous n’avons pas constaté de
distorsion et on profite globalement d’une bonne
dynamique, quel que soit le niveau de volume.
La fonction de réduction des bruits environnants
peut être réglée sur trois modes différents. Le mode
intelligent ne nous a pas paru très pertinent, à la
différence du mode maximum, nettement plus
efficace. Le constructeur annonce une réduction de
40 dB. Lorsque la fonction est activée, une petite
bulle semble s’être formée autour de nous et on
peut effectivement beaucoup moins entendre les
76 ON-mag >> 2022-1
bruits de roulement d’un métro, jusqu’à presque ne
plus les percevoir. Assez bizarrement, le système a
un peu plus de mal à contrer les conversations des
personnes qui se trouvent à proximité, ce qui peut
être un peu désagréable dans certains
environnements comme les open-spaces, par
exemple.
Les écouteurs renferment plusieurs microphones.
Utilisés pour capter les bruits environnants afin de
pouvoir les atténuer le plus possible, ils servent
également lors des conversations téléphoniques.
Dans ce cas, ils se sont révélés d’une très bonne
tenue, permettant à nos correspondants de nous
entendre avec un niveau sonore suffisant et de
manière plutôt intelligible.
Proposés à un tarif inférieur à 150 €, les écouteurs
OnePlus Buds Pro présentent, selon nous, un très
bon rapport qualité/prix.
L’autonomie : 5 h pour les écouteurs seuls
avec ANC, multipliées par 5, 6 ou 7
Avec la fonction de réduction de bruit activée, les
écouteurs nous ont permis de profiter de la musique
pendant 5 heures d’affilée avec un codec AAC et le
volume à la moitié de sa puissance maximale. C’est
correct, mais sans plus. Cela correspond à
l’autonomie annoncée par le fabricant. La bonne
nouvelle, c’est que le boîtier permet 5 recharges
complètes, autorisant plus de 25 heures d’écoute au
total avec la fonction ANC activée et jusqu’à 38
heures sans.
■
ON-mag c’est aussi...
TEST
PHILIPS
Fidelio T1
Glorieuse gamme du
constructeur Philips, Fidelio est
synonyme de luxe et de son
audiophile depuis de
nombreuses années. Les récents
casques Fidelio L3 et Fidelio X3,
ou encore la barre de son Fidelio
B97, ont tous montré que Philips
n'avait rien perdu de sa belle
science. Premiers écouteurs true
wireless du constructeur, les
Fidelio T1 se placent
logiquement parmi les modèles
haut de gamme du marché.
par Guillaume Fourcadier
300 €
Luxe fidèle, mais confort bien peu universel
Avec les écouteurs true wireless T1, l'expérience
luxueuse Fidelio est décidément bien au rendezvous.
Si nous pouvions craindre que Philips ne
parvienne pas à reproduire le sérieux de ses
casques audio, ici la marque nous fait clairement
mentir. Ses écouteurs sont un pur exemple de
raffinement, malgré leur volume conséquent.
Plus que l'assemblage en lui-même, c'est le couple
design/matériaux qui nous impressionne. Le dos
des écouteurs, par exemple, est entièrement
recouvert d'aluminium brossé du plus bel effet. La
zone tactile, présente sous la forme d'un petit cercle
surélevé, confère une certaine classe à ce produit
pourtant assez sobre. La face intérieure est quant à
elle revêtue d'une matière antidérapante tout aussi
sérieuse. L'ensemble est "seulement" certifié IPX4
(la norme pour l'essentiel des écouteurs), mais cela
n'altère en rien la qualité de la formule.
Ce luxe se reflète d'autant plus dans la boîte de
charge, véritable petit colosse (pour ce type de
produit) d'aluminium anodisé, dont le capot se pare
d’une petite touche de cuir Muirhead. Aucun jeu
n'est à déplorer au niveau de la charnière et la
78 ON-mag >> 2022-1
densité apporte une sensation de solidité qu'on ne
retrouve que chez quelques références luxueuses de
Klipsch ou Master & Dynamic.
Mais les dimensions de l'ensemble ont un revers.
Difficile d'envisager de ranger la boîte dans une
poche de pantalon. Le problème des écouteurs est
un peu plus profond, car il touche directement au
confort.
D’une forme proche de celle des Sony
WF-1000Xm3, les Fidelio T1 sont tout sauf
confortables, en tout cas pas de manière universelle.
Leur canule, bien qu'assez courte, est
particulièrement large, ce qui est assez gênant dans
l'oreille. Dommage, car Philips livre des embouts en
mousse de chez Comply, en plus des embouts en
silicone.
Une ergonomie bas de gamme
La zone tactile assez large des écouteurs Philips
Fidelio T1 aurait pu être la promesse d'une
ergonomie complète. La marque l'a
malheureusement joué petits bras. Seul l'écouteur
droit permet un début de navigation, à savoir la
lecture/pause et le passage à la piste suivante
(respectivement via un et trois appuis). En plus de
cela, il est possible de basculer entre les modes de
réduction de bruit. L'écouteur gauche, quant à lui,
ne permet que d'appeler l'assistant vocal du
téléphone. Une austérité ergonomique tout
simplement ridicule pour un produit haut de
gamme.
Ce n'est pas l'application Philips Headphones qui
arrange réellement les choses, puisqu’en plus de
manquer de stabilité, elle n'autorise que quelques
réglages assez superficiels. Seules quatre courbes
d'égalisation sont par exemple disponibles, nonpersonnalisables
qui plus est. La comparaison avec
l'application de Sony est particulièrement sévère.
Une technologie à maturité
Si l'ergonomie et le confort déçoivent, ce n'est
heureusement pas le cas de la conception
technique des Philips Fidelio T1.
La connectivité, pour commencer, est presque
irréprochable. En plus de l'intégration d'une
connexion Bluetooth multipoint (connexion à
plusieurs appareils à la fois), chose rare sur ce type
d'écouteurs, les Fidelio T1 prennent en charge le
très qualitatif codec LDAC de Sony. À ce jour, seule
une poignée d'écouteurs true wireless peuvent se
targuer d'une telle fiche technique. Ces bonnes
surprises vont de pair avec une excellente stabilité
de connexion.
Bien qu’il ne soit pas aussi impressionnant que celui
des Sony WF-1000Xm4 ou des AirPods Pro, le
système de réduction des bruits extérieurs (ANC)
reste d'un niveau satisfaisant. Nous aurions pu en
attendre encore un peu plus dans les très basses
fréquences et dans les haut-médiums, mais Philips
assure l'essentiel et permet déjà aux Fidelio T1 de
placer l'utilisateur dans une petite bulle de calme.
En outre, le retour sonore (mode Transparence) est
étonnamment naturel.
Mais la performance la plus remarquable concerne
sans conteste l'autonomie. Lors de nos tests, nous
avons mesuré 8 h 45 avec ANC et plus de 12 h 30
sans ANC. Une performance à la hauteur des
champions du genre.
L'hybride c'est la vie ?
Fidelio T1 se démarquent clairement du tout-venant
par une qualité technique digne du haut de gamme.
Les aigus, bien qu'un peu trop mis en avant sur
certaines fréquences, n'en ont pas moins les
qualités et la maîtrise que l'on peut attendre de
bons transducteurs à armature balancée.
Les basses, légèrement mises en avant également,
ne débordent jamais sur les médiums et conservent
une maîtrise suffisante pour briller sur tous les styles
de musique. De manière assez atypique, le mode
ANC fournit les meilleurs résultats, car avec lui, le
son est plus équilibré dans les médiums (légère
accentuation des bas-médiums dans les autres
modes). Nous conseillons également l'utilisation des
embouts en mousse à mémoire de forme Comply,
qui affinent légèrement la restitution dans les aigus.
Les Philips Fidelio T1 développent un chant
légèrement clair à l'oreille, pas neutre mais
suffisamment équilibré pour rester polyvalent. Le
niveau de détails, l'ouverture, la scène sonore, tous
ces points font que ces écouteurs sont parmi les
excellents élèves du genre. Les Sony WF-1000Xm4
ont encore la main sur le bas du spectre, plus
enveloppant et plus détaillé, mais Philips frappe très
fort dans les aigus. La capacité des Fidelio T1 à
alterner le calme et la puissance est particulièrement
marquante. Certains préféreront tout de même une
sonorité plus grasse, plus ronde, les Fidelio T1
pouvant paraître froids pour qui n'accroche pas à
leur signature sonore.
Dommage d'avoir délaissé l'ergonomie et de ne pas
avoir assez travaillé sur le confort, car les Philips
Fidelio T1 restent une belle expérience.
Spécifications
•Type : écouteurs true wireless à réduction de bruit
active
•Architecture sonore : deux voies hybride
•Transducteur dynamique de 10 mm
•Transducteur d'aigu à armature balancée
•Réponse en fréquence : 20 Hz à 40 kHz
•Impédance : 16 Ohms
•Sensibilité : 105 dB
•Puce Bluetooth 5.2
•Codecs Bluetooth supportés : SBC, AAC, LDAC
■
Afin de faire honneur à sa gamme Fidelio, Philips a
équipé les écouteurs T1 d'une architecture
acoustique plutôt ambitieuse, qu'on trouvait déjà
sur les PI7 de Bowers & Wilkins : une topologie
hybride deux voies. Un transducteur dynamique
assure ainsi la reproduction sonore des basses et
des médiums et un transducteur à armature
équilibrée (ou armature balancée) se charge de
reproduire les aigus.
Ne tournons pas autour du pot, à l’écoute, les
Notre avis
Construction
Performances
Ergonomie
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
79
TEST
TECHNICS
EAH-AZ60
Succédant aux écouteurs EAH-AZ70W, les
nouveaux EAH-AZ60 de Technics s'annoncent
comme des true wireless très travaillés sur le
plan audio et parculièrement technologiques.
par Guillaume Fourcadier
Des écouteurs classieux mais épais
Plus harmonieux dans leur forme que leurs grands
frères sphériques, les Technics EAH-AZ60 ne
manquent pas d'une certaine classe. Le design
bicolore est simple mais réussi et donne bien le ton
premium de ces écouteurs. La qualité de fabrication
est également à la hauteur, portée par un
assemblage sérieux et une certaine densité des
matériaux.
Cet élan haut de gamme ne se retrouve
étonnamment pas dans le boîtier, sans génie, très
"plastique", et incompatible avec la recharge par
induction.
Malgré la bonne conception des écouteurs,
Technics n'a pas trouvé la recette miracle pour
réduire leur volume. À l'instar des WF-1000Xm4 de
Sony, les Technics EAH-AZ60 n’offrent pas un
confort « universel », car ils occupent encore
beaucoup de place dans le creux des oreilles.
Des fonctions complètes et modernes
Très pragmatique, Technics exploite très bien les
possibilités d'une simple zone tactile placée au dos
de chacun des écouteurs EAH-AZ60. Via une, deux
ou trois pressions (et un appui long), il est possible
de gérer la navigation, contrôler le volume sonore et
de basculer entre les différents modes de réduction
de bruit.
L'application dédiée de paramétrage des écouteurs
sur smartphone permet en outre de personnaliser
les commandes et apporte quelques réglages fort
utiles, dont des égaliseurs personnalisables.
Plus encore que l'ergonomie, c'est la connectivité
qui permet à Technics d'imposer sa vision du haut
de gamme. Les EAH-AZ60 sont parmi les très rares
écouteurs à être compatibles avec le LDAC (codec
Bluetooth audio Hi-res) et ils proposent une
connexion multipoint. En bref, il n'y a pas plus
moderne.
Plus classiques, l'autonomie (mesurée à 6 h 45 avec
ANC) et la réduction de bruit (ANC) sont très
bonnes, mais sans égaler celles des champions du
genre. La fonction ANC, extrêmement performante
dans les basses, conserve les quelques défauts des
précédents écouteurs de la marque dans les
médiums.
80 ON-mag >> 2022-1
Performances sonores armées à la biocellulose
Avec les écouteurs EAH-AZ60, Technics opte pour
un léger contrepied technique par rapport aux EAH-
AZ70W. Ici, ce sont des transducteurs à membranes
bio-cellulose qui sont utilisés.
Cela se ressent, puisque l'équilibre tonal très strict
s’efface pour laisser place à un son plus rond et
expressif, assez piquant, mais pas caricatural. À
l'écoute, on repère quelques écueils propres à ce
type de membrane, comme un léger voile ou creux
dans le haut-médium, vers 3-4 kHz, et quelques
brillances excessives sur certaines pistes, mais la
qualité technique et l'énergie de la restitution
sonore permettent de compenser ces écarts de la
signature acoustique.
La dualité rondeur/brillance de ces écouteurs
Technics leur autorise une belle polyvalence. Si
l’utilisateur apprécie leur signature acoustique, cela
lui garantit de réelles sensations, une sorte de
d'équilibre punchy, de cohérence "sur le fil" qui
prend presque à coup sûr. Cela fonctionne
particulièrement bien à volume moyen.
Sans atteindre le niveau technique des Philips
Fidelio T1 ou des Sony WF-1000Xm4, les Technics
EAH-AZ60 distillent un excellent niveau de détails et
parviennent à relativement bien projeter la scène
sonore vers l'avant, à bien séparer les instruments,
tout en conservant paradoxalement une certaine
sensation d'intimisme.
Pas parfaits mais différents et très soignés, les
écouteurs true wireless Technics EAH-AZ60 ne
ratent pas leur objectif. Avec une taille plus fine et
donc un peu plus de confort, ils seraient à la table
des champions.
Spécifications
•Type : écouteurs true wireless à réduction de bruit
•Certification IPX4
•Bluetooth : 5.2, SBC, AAC, LDAC
•Transducteurs dynamiques de 8 mm avec membranes
en bio-cellulose
•Autonomie annoncée en AAC : 7 h avec ANC, 7 h 30
sans, jusqu'à 25 h avec boîtier de charge
•Autonomie annoncée en LDAC : 4 h 30 avec ANC, 5 h
sans, jusqu'à 17 h avec boîtier de charge
•Poids : 7 g par écouteur, 45 g pour le boîtier de charge
Notre avis
230 €
■
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LES
SOURCES
TEST
ASTELL
& KERN
2300 €
ACRO CA1000
Concept étrange sur un marché de niche, l’ACRO CA1000 d’Astell & Kern propose une
expérience à part. À l'image des extravagants Sony DMP-Z1 et Shanling M30, ce lecteur de
musique connecté/DAC/ampli casque n'est ni vraiment un baladeur, ni un modèle de
bureau, mais un peu les deux. De format sédentaire alimenté par une baerie, cet appareil
transportable entend réunir le meilleur des deux univers. Mais justement, en voulant bien
faire, n'est-il pas un mauvais mélange ?
par Guillaume Fourcadier
Extravagant, mais d'un luxe irréprochable
Astell & Kern ne nous déçoit jamais sur la qualité de
fabrication et ce n'est clairement pas aujourd'hui
que cette habitude tombera. L'honnêteté nous
pousse à dire que nous n'avons pas immédiatement
mis en fonction cet appareil, tant nous avons
d'abord observé et manipulé l'objet avec
admiration. Qu'on l'aime ou non, son design est des
plus grandioses, à la fois simple et parfaitement
travaillé. L'Astell & Kern CA1000, taillé comme un
joyau dans un unique bloc d'aluminium, est
l'exemple même de l'épure réussie.
Tout est simple mais pas simpliste, rien ne dépasse
(y compris la moindre vis) et aucune imperfection ne
vient entacher la finition. Ce modèle facetté et strié
(sur ses flancs) met très bien en valeur les différents
éléments qui le composent, comme la somptueuse
molette de commande, sans pour autant que cela
soit ostentatoire. Notre description frôlerait le
panégyrique si les boutons de commande étaient
un peu plus que de minuscules appendices et si
l'écran de contrôle, rabattable, était un peu plus
grand.
Le format particulièrement imposant de l'appareil
(104,9 x 45 x 148,8 mm) lui permet d'accueillir des
connectiques presque toujours absentes des
84 ON-mag >> 2022-1
baladeurs audiophiles : entrée optique Toslink,
entrée RCA S/PDIF, entrée RCA (Ligne) et sortie
analogique sur RCA (fixe ou variable). Il est, à ce
titre, totalement au niveau d'un DAC/ampli casque
de salon.
Expérience complète, ergonomie
vieillissante
Difficile de demander plus à l'Astell & Kern ACRO
CA1000 en matière de connectiques. L’appareil agit
en effet comme un petit hub, qui plus est
suffisamment lourd (un peu plus de 900 g, avec des
pieds antidérapants) pour ne pas se laisser entraîner
par le poids des câbles. Plusieurs prises s'activent
automatiquement une fois raccordées, comme les
prises casque, mais d'autres demandent de modifier
des options dans l'interface.
Cette interface passe uniquement par le petit écran
de contrôle de 4,1 pouces. L'expérience générale
n'est alors pas inférieure à celle offerte par les
baladeurs de la marque, mais c'est sur ce point que
nous émettons justement nos premières critiques.
En effet, une surface aussi réduite (loin de la taille
des écrans des smartphones modernes), doublée
d'un affichage de qualité moyenne, montre un
certain manque d'ambition du constructeur, qui
aurait pu proposer une expérience plus
grandiose.
Mais notre reproche principal tient plutôt
à ce qui propulse l'ensemble, le couple
CPU/OS. Ce dernier est une sorte de vieille
version d'Android modifié (sans App Store). Si les
applications musicales (nous avons principalement
utilisé Spotify, Apple Music et Qobuz) sont simples à
installer, force est de constater que l'expérience
"rame". L'écran ne défile pas de manière aussi
fluide que sur les smartphones récents, même
d'entrée ou de milieu de gamme, et les
ralentissements divers ne sont pas rares. Nous
n'avons certes pas rencontré de bug sérieux, mais
Astell & Kern devrait vraiment améliorer cette partie.
Une fois la lecture d'une playlist lancée,
heureusement tout ne repose que sur la partie
sonore ainsi que sur les boutons de contrôle et la
molette. Sur ce point, malgré la simplicité générale,
tout fonctionne sans hésitation.
L'autonomie, comme souvent avec les baladeurs
audiophiles, dépend énormément de la puissance
de l'amplification. Ici, 4 crans sont disponibles : gain
bas, moyen, élevé et super. Annoncée à 10 h 30
environ en gain bas, l'endurance tient largement
cette promesse en pratique. Avec un casque peu
énergivore comme le Grado SR80e, l’autonomie a
presque atteint 12 h. Avec le bien plus énergivore
Dan Clark Stealth (en asymétrique ici), le gain élevé
est nécessaire, ce qui abaisse cette autonomie à 8 h,
mais cela demeure très correct. Le mode super,
quant à lui, reste un peu à part, puisque l'autonomie
peut alors descendre en flèche, généralement en
deçà de 5 h. En configuration de bureau, le CA1000
raccordé sur sa prise USB de charge (avec un
chargeur secteur pas trop anémique) se recharge
presque toujours plus vite qu'il ne se décharge, ce
qui permet de ne pas tirer sur les cycles de batterie.
L'absolue technicité
Astell & Kern ne laisse aucune place au hasard sur le
plan sonore, utilisant ce qui se fait de plus moderne
en la matière. Pour la conversion numériqueanalogique,
ce sont pas moins de 4 DAC ES9068AS
d’ESS qui sont sollicités à l'intérieur de l'ACRO
CA1000, que ce soit en symétrique ou en
asymétrique. À cela s'ajoute l'utilisation d'amplis Op
modernes pour l'amplification des différentes
configurations (symétrique, asymétrique).
Sans surprise, cet appareil cumule tout ce que nous
apprécions chez le constructeur. La sonorité est
d'une technicité tout simplement irréprochable, au
niveau des meilleures cartes son du marché.
L'ouverture sonore, les détails, la dynamique
générale, mais surtout la réserve de puissance, lui
permettent de s'adapter absolument à tous les
modèles du marché, casques comme écouteurs.
Que ce soit avec les écouteurs les plus sensibles ou
les casques les plus difficiles, la même approche du
son demeure, tout en nuances, sans aucun bruit de
fond perceptible ni problème sonore. Les
composants sont de haute qualité et Astell & Kern
sait parfaitement les faire fonctionner ensemble.
Nous avons particulièrement apprécié l'association
avec le Dan Clark Stealth, un casque planaire fermé
de nouvelle génération, qui lui aussi renferme des
composants très modernes et innovants. Ce duo
délivre une scène sonore parfaitement équilibrée,
d'un haut niveau de détails et d'une justesse
exceptionnelle, mettant en avant ce que la science
sonore produit de meilleur ces dernières années.
Irréprochable sur le plan sonore et sur la fabrication,
l'Astell & Kern ACRO CA1000 réussit bien son
numéro d'équilibriste entre produit de salon et
modèle transportable. Dommage que son interface
à l'écran ne soit pas plus moderne.
■
Spécifications
•sType : lecteur/DAC/ampli casque transportable
•DAC : Quad DAC ES9068AS
•Lecture PCM 32 bits, DSD512, MQA 8x
•Système d'alimentation Teraton Alpha
•Entrées : 2 USB (1 charge, 1 data), 1 prise optique Toslink,
1 RCA S/PDIF, 2 RCA Ligne,
•Sorties : 2 RCA analogiques (niveau fixe ou variable),
jack 3,5 mm, jack 6,35 mm, jack 2,5 mm, jack 4,4 mm
•Écran rabattable de 4,1 pouces, définition 720 x 1080
pixels
•Bluetooth (entrée et sortie) avec support des codecs
LDAC et AptX HD
•Dimensions : 104,9 x 45 x 148,8 mm
•Poids : 919 g
Notre avis
Construction
Performances
Fonctions
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
85
TEST
CHORD
600 €
Mojo 2
Le Chord Mojo est un produit iconique pour les audiophiles nomades. Nous avons testé
sa première version en 2016. D'une puissance importante pour un modèle nomade, le
Mojo premier du nom n'avait pas son pareil pour réveiller un casque énergivore haut de
gamme. Sa version de seconde généraon apporte plusieurs perfeconnements, dont
un égaliseur. Le Chord Mojo 2 en a-t-il toujours autant dans le ventre ?
par Pierre Stemmelin
Ses dimensions restent les mêmes et il ne prend
que 8 grammes sur notre balance de cuisine. Le
Chord Mojo 2 est toujours un petit appareil qui tient
dans la main ou dans une poche, que l'on peut
facilement emporter partout avec soi. À l'une de ses
extrémités, il possède deux sorties casque au format
mini jack. De l'autre côté se trouvent les entrées
numériques (micro-USB, USB-C, optique Toslink,
mini jack coaxiale) ainsi que le port micro-USB
séparé, servant à recharger la batterie intégrée.
Les commandes se présentent toujours de la même
façon. Ce sont de petites billes de verre
opalescentes translucides qui s'éclairent de mille
teintes et couleurs. C'est la signature esthétique de
la marque britannique Chord Electronics et c’est ce
qui donne son look si particulier, si attachant au
Mojo 2. Mais au lieu de trois billes/boutons
auparavant, on en a maintenant quatre et de tailles
différentes pour faciliter le repérage. Un bouton
86 ON-mag >> 2022-1
"Menu" vient compléter le bouton d'allumage et
extinction, ainsi que les deux boutons de volume
qui servent également désormais aux réglages des
modes.
Chord introduit de cette manière un réglage
"Crossfeed" supposé agir sur la largeur de la scène
stéréophonique ainsi qu'un égaliseur. Celui-ci est à
quatre bandes à effet cumulatif qui agissent un peu
comme des filtres passe-bas (à 20 Hz et 125 Hz) et
comme des filtres passe-haut (à 3 kHz et 20 kHz),
avec une plage de réglage de plus ±9 dB.
Toujours made in UK avec des algorithmes
exclusifs de traitement numérique
Concernant la fabrication, bonne nouvelle, le Chord
Mojo 2 n'a pas viré sa cuti. Il est toujours construit
au Royaume-Uni. En soi, cela représente une petite
prouesse pour un appareil à moins de 600 €, certes
déjà une belle somme, représentant plusieurs mois
d'économies pour beaucoup de gens, mais
équivalente au prix d'un beau smartphone, donc
encore accessible et compétitif en regard du
marché audiophile.
Le boîtier du Mojo 2 est, comme toujours chez
Chord, ultra robuste, fait d'un bloc d'aluminium
usiné dans la masse. Il est relativement facile de
l'ouvrir pour changer la batterie de 13,69 Wh sous
7,4 V (équivalent à 1850 mAh) qui gagne en capacité
par rapport à celle du Mojo de première génération.
À l'intérieur, le circuit a été redessiné, notamment au
niveau de ses étages de sorties. Mais l'architecture
globale est similaire. La conversion numériqueanalogique
est assurée par une puce FPGA (AMD
Xilinx Artix-7) et non un simple DAC classique. Il
s'agit d'une solution habituellement réservée à des
appareils audiophiles bien plus coûteux. Elle est une
des grandes forces de Chord Electronics, qui
développe lui-même ses propres algorithmes de
traitement numérique.
Plus puissant et plus polyvalent
À l'écoute, le Chord Mojo 2 n'a rien perdu de la
superbe de son prédécesseur. On retrouve cette
signature sonore énergique, très expressive, avec
des timbres qui ont beaucoup de matière. La
puissance est un peu plus importante, l'appareil se
révèle très efficace pour alimenter des casques
difficiles et énergivores comme certains modèles
orthoplanar haut de gamme. Dans le même temps,
le Mojo 2 nous semble avoir gagné un peu en
neutralité. Il développe toujours des graves
profonds et puissants, avec une excellente
articulation. Le son est ample et chaleureux, mais
paraît un peu moins rond et un peu plus ciselé,
ouvert dans le haut du spectre. Surtout, les défauts
que nous avions notés sur le modèle de première
génération ont été gommés. Le petit souffle que
l'on pouvait entendre à partir d'écouteurs de haute
sensibilité a disparu. Le Mojo 2 est ainsi beaucoup
plus polyvalent. Il est tout aussi bien adapté à de
gros casques à faible rendement et haute
impédance qu'à des écouteurs audiophiles à faible
impédance et haut rendement. Le réglage de
volume de l'appareil est très progressif, ce qui
permet de parfaitement l'ajuster de la sourdine
jusqu'aux niveaux les plus élevés, que ce soit à partir
d'écouteurs ou d'un casque.
Si nous n'avons pas remarqué de gros écarts
audibles entre les différents modes "Crossfeed", en
revanche la présence d'un égaliseur représente un
vrai bonus. Certes, les commandes lumineuses ne
sont pas d'une clarté évidente. Sur ce point, Chord
sacrifie un peu l'aspect pratique au profit de
l'esthétique. Il est difficile d'ajuster les réglages de
l'égaliseur sans avoir la notice et les codes couleur
des boutons sous les yeux. Mais ces derniers ont
des points d'inflexion que l'on trouve fort judicieux
et permettent aisément de changer la réponse d'un
casque ou d'écouteurs que l'on trouve un peu trop
sombre ou trop clinquante, sans affecter la
dynamique ou le naturel des timbres.
En résumé
Le Chord Mojo 2 est pour nous une totale réussite.
La précédente version de ce DAC/ampli casque
nomade était déjà une référence pour de nombreux
audiophiles. Sa nouvelle mouture est encore plus
incontournable. Elle conserve sa restitution sonore
enlevée et énergique tout en gagnant un peu en
puissance ainsi qu’en autonomie et en devenant
beaucoup plus polyvalente.
■
Spécifications
•Type : DAC et ampli casque nomade
•Entrées numériques : mini jack coaxiale, optique Toslink,
micro-USB, USB-C
•Puissance de sortie : 600 mW sous 30 ohms (4,2 V
RMS), 90 mW sous 300 ohms (5,2 V RMS)
•Impédance de sortie : 0,06 ohm
•Poids : 180 g
Notre avis
Construction
Performances
Ergonomie
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
87
TEST
EXPOSURE
1650 €
XM HP
Fabriqué au Royaume-Uni par une marque audiophile dont la réputaon n'est plus à
faire, l'Exposure XM HP est un appareil multâche à mi-chemin entre la modernité et la
tradion. C'est à la fois un conversseur (DAC) Hi-res, un ampli adapté à tout type de
casques audio, un préampli Phono (RIAA) et un préampli stéréo. Sait-il remplir tous ces
rôles avec égal talent et musicalité ?
par Pierre Stemmelin
Un exemple de conception sage, durable et
audiophile
L'Exposure XM HP est livré avec une grosse
télécommande en plastique, multi-appareil, qui a le
mérite d'exister et d'être fonctionnelle, mais que
nous trouvons personnellement très moche. En
dehors de cet élément, dans la globalité, la
conception de ce produit nous plaît beaucoup.
L'appareil est particulièrement simple et évident à
utiliser. Les commandes en façade se résument à un
interrupteur, un potentiomètre de volume et une
touche pour choisir la source que l'on veut écouter.
Une rangée de diodes lumineuses indique la source
sélectionnée et quatre prises casque sont
disponibles : deux aux formats jack 6,35 mm et deux
autres de type XLR.
À l'arrière, il est possible de raccorder trois sources
analogiques, dont une Phono MM (pour platine
88 ON-mag >> 2022-1
vinyle) et cinq sources numériques : optiques,
coaxiales et USB. Les entrées coaxiales sont sur
prises BNC. Il aurait été préférable qu'au moins
l’une d'entre elles soit en RCA, mais ce n'est pas
grave, on peut utiliser un adaptateur.
La façade de l'appareil ainsi que son châssis et le
capot sont en aluminium afin d'assurer un bon
blindage. À l'intérieur, l'électronique du XM HP est
bien propre et soignée, comme Exposure en a
l'habitude. Le transformateur d'alimentation toroïdal
(8,5 cm de diamètre pour 3,5 cm de haut) suffirait à
un petit amplificateur Hifi de puissance. Il est
fabriqué sur cahier des charges, spécifiquement
pour Exposure, par Noratel. Deux condensateurs
Kendeil de 10 000 µF sous 63 V chacun le
complètent. C'est vraiment du très costaud.
Le reste des composants sont répartis entre deux
cartes principales en verre époxy de qualité : une
pour le numérique, l'autre pour l'analogique. La
première dispose d'un récepteur USB asynchrone
Xmos et un récepteur S/PDIF Wolfson
(WM8805GEDS), de pas moins de trois horloges et
d'une puce de conversion Wolfson (WM8742GEDS)
travaillant sur 32 bits/192 kHz. La seconde comporte
des amplis OP Burr Brown OPA604AP pour la
régulation d'alimentation, mais l'amplification
casque et la préamplification se font en composants
discrets à partir d'un push-pull de transistors Sanken
(2SA1859 et 2SC4883) pour chaque canal.
Oui, il fait tout bien et avec musicalité
Quel que soit le mode dans lequel on l'utilise (ampli
casque, pur DAC ou préampli stéréo) et quelle que
soit la source (numérique ou analogique), l'Exposure
XM HP délivre un son particulièrement propre et
exempt de bruit ou souffle parasite audible.
L'appareil privilégie la neutralité et la précision
plutôt que d'imposer une personnalité. Avec lui, ce
n'est pas l'effet waouh au premier tour de piste,
mais on l'apprécie de plus en plus au fil des
écoutes. En effet, tout en étant transparent, très
juste, l'Exposure XM HP évite toute forme d'excès. Il
ne fait rien de vraiment exceptionnel : pas de grave
tonitruant ou à l'impact dévastateur, pas d'aigu
scintillant ou ultra ciselé, pas de timbres d'une
richesse inouïe ou d'une matière surnaturelle, pas
d'image stéréophonique ultra large ou produisant
des effets holographiques. Il se contente d'être droit
et exact, cohérent et harmonieux. Ce n'est
finalement pas déplaisant et même assez reposant.
Sur tous les styles de musique, le rendu sonore est
simplement musical. Aucun défaut gênant ou trait
de caractère déroutant ne détourne l'attention. On
ne se pose pas de question sur l'appareil, seule la
musique compte. Et ça, c'est plutôt rare.
En résumé : une valeur audiophile sûre
L'Exposure XM HP, un peu couteau suisse
audiophile, est une valeur sûre. Que ce soit sa
section de conversion, son ampli casque polyvalent,
son préampli Phono ou son préampli stéréo intégré,
tout est sérieusement conçu avec des composants
de qualité et sonne bien.
■
Spécifications
•Type : DAC, ampli casque et préampli stéréo
•Entrées analogiques : 2x Ligne, Phono MM sur RCA
•Entrées numériques : USB (compatible DSD sous DoP),
2x optiques Toslink, 2 x coaxiales sur BNC
•Sorties : 2x jack 6,35 mm, 2x XLR 4 broches, Ligne et
préampli sur RCA
•Ampli casque : impédance de sortie de 5 ohms, 7 V
RMS/1,5 W sous 33 ohms, 7,5 V RMS/120 mW sous
330 ohms
•Conversion : 24 bits/192 kHz et DSD64
Notre avis
Construction
Performances
Fonctions
Musicalité
ON-mag >> 2022-1
89
TEST
FELIKS
AUDIO
Euforia
Encore peu connue dans l'Hexagone, la marque
polonaise d'électroniques à tubes Feliks Audio
s'est parculièrement développée autour de
l'amplificateur haut de gamme pour casques.
L'Euforia, qui constue presque le sommet de
son art, est un pet bijou pour les yeux. Mais
les performances suivent-elles la forme ?
par Guillaume Fourcadier
Design intemporel et fabrication haut de
gamme
Le design des amplificateurs à lampes autorise
toutes les formes, des plus étranges et modernes
(type Viva Egoista) aux plus rétro et exubérantes. Sur
ce plan, Feliks ne prend pas parti et opte pour une
sorte de classicisme chic. La robe noire mate de
l'Euforia met d'autant plus en valeur les très
imposantes lampes plantées sur son châssis. Même
le potentiomètre de volume, l’unique élément
prenant place en façade (sans compter la prise
casque), cultive la sobriété.
Cette apparence ne va heureusement pas sans une
construction pour le moins irréprochable.
L'enveloppe en métal est associée à une très
épaisse façade visiblement usinée. Le capot de
protection des transformateurs, surmonté du logo
Feliks, est lui aussi composé d'une couche
métallique étonnamment épaisse. Cerise sur le
gâteau, les piètements métalliques, en plus de
surélever assez élégamment l'Euforia, sont équipés
d'une surcouche antidérapante et amortissante.
D’aussi belle qualité, les douilles destinées à
recevoir les lampes sont entièrement en Téflon, avec
des connecteurs plaqués or. Le seul défaut, selon
nous, tient à la fermeté de l'accroche des lampes. Il
est assez difficile de les retirer et de les placer de
manière adéquate sans une petite dose de
patience.
On ne demande pas à un amplificateur casque
d'accueillir une connectique pléthorique, mais le
Feliks Euforia est tout de même un peu pauvre en la
matière. En effet, une simple entrée RCA stéréo est
de la partie, ainsi qu'une sortie Ligne stéréo RCA.
Au sommet des lampes, le prix toujours
en tête
En mettant le paquet sur l'architecture, le choix des
composants et la conception des circuits, Feliks
90 ON-mag >> 2022-1
Audio veut se donner les moyens d'exploiter la
qualité des lampes, sans subir leurs défauts.
La sonorité de l'Euforia possède en effet
énormément de qualités. La première d'entre elles
est indubitablement sa présentation de la scène
sonore. Ici, l'espace est parfaitement ordonné, mais
surtout particulièrement large et profond, sans
tomber dans l'exagération. La cohérence est
toujours là, supérieure même à celle de l'excellent
modèle Auris Audio Euterpe, et la séparation des
instruments s’avère tout à fait digne des
amplificateurs haut de gamme.
Si le caractère tubesque de l'Euforia se retrouve
bien dans quelques élans musicaux, l’appareil évite
largement les caricatures de cette architecture. La
signature sonore reste équilibrée, les basses
énergiques, sans aucune mollesse, tandis que les
aigus se montrent parfaitement maîtrisés et
étendus.
Bien sûr, il ne faut pas s'attendre à des sommets de
précision comme peuvent en procurer les
amplificateurs dotés des derniers modules THX-
AAA par exemple, en particulier sur la distorsion ou
la dynamique. Le Feliks Euforia joue sur cette notion
trouble et forcément subjective de musicalité et
d'aération sonore. Sur ce plan, il est une sorte de
quintessence du style, qui adopte les qualités des
lampes sans trop se perdre dans l'ésotérisme de
cette niche.
Spécifications
•Type : amplificateur casque à lampes
•Entrée : 1 RCA stéréo
•Sorties : 1 jack 6,35 mm, 1 RCA Stéréo (Line Out)
•Tubes : 6SN7 (entrée) et 6N13S (puissance)
•Réponse en fréquence annoncée : 8 Hz – 75 kHz (±3 dB,
mesuré à 300 Ohms)
•Impédance prise en charge : 32 – 600 Ohms
•Dimensions : 310 x 205 x 175 mm
•Poids : 6 kg
Notre avis
2100 €
■
Casque électrostatique
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