16.03.2022 Vues

ON-mag (2022-1) : casques et écouteurs audiophiles

Plus d'une trentaine de tests de casques Hifi, casques nomades, sans fil, avec système actif de réduction du bruit, d'écouteurs filaires ou true wireless, d'amplis casques sédentaires ou nomades.

Plus d'une trentaine de tests de casques Hifi, casques nomades, sans fil, avec système actif de réduction du bruit, d'écouteurs filaires ou true wireless, d'amplis casques sédentaires ou nomades.

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mag

2022-1

34

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écouteurs et

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SOMMAIRE

Showroom

p. 6 : nouveautés

Casques Hifi

p. 16 : Audeze LCD-5

p. 18 : Dan Clark Stealth

p. 20 : Ezertich Mania et Phobos

p. 22 : Final D8000/D8000 Pro

p. 26 : Grados RS1x

p. 28 : Hifiman Deva

p. 30 : Meze Audio Elite

p. 32 : Ollo Audio S4X

p. 34 : Phonon SMB-01L

p. 36 : Sendy Audio Aiva

p. 38 : Sivga Robin

p. 40 : Stax SR-009S

Écouteurs True Wireless

p. 66 : Bang & Olufsen BeoPlay EQ

p. 68 : Earsonics Grace Platinum

p. 70 : Jabra Elite 7 Active

p. 72 : LG Tone Free FP8

p. 74 : OnePlus Buds Pro

p. 76 : Philips Fidelio T1

p. 78 : Technics EAH-AZ60

Électronniques

p. 82 : Astell & Kern ARCO CA1000

p. 84 : Chord Mojo 2

p. 86 : Exposure XM HP

p. 88 : Feliks Audio Euforia

Casques sans fil

p. 46 : AiAiAi TMA 2 Studio Wireless+

p. 48 : Audio-technica ATH-M50xBT2

p. 50 : Ausounds AUXT-ANC

p. 52 : Bose QuietComfort (QC) 45

p. 54 : JVC HA-S91N (test à venir)

p. 56 : Philips Fidelio L3

p. 58 : Shure Aonic 40

p. 60 : Teufel Blue NC (2021)

p. 62 : Yamaha YH-L700A

Ce magazine vous est proposé par ON-Mag.fr

Diffusion, distribution et reproduction soumises à conditions.

Tous droits réservés.

Communication et publicité : Manuel Courbo (régie Catset), mcourbo@gmail.com, 06 61 09 14 46

Rédaction : Alexandra Bellamy, Manuel Courbo, Guillaume Fourcadier, Sylvain Pichot

et Pierre Stemmelin

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LES

CASQUES

HIFI


TEST

AUDEZE

LCD-5

Véritable instuon du casque à transducteurs

planaires (ou orthoplanar), Audeze n'a clairement

pas fini de s'imposer sur la scène Hifi. En plus

d'une pare sonore retravaillée, son tout

nouveau modèle haut de gamme, le LCD-5,

promet une forme largement modernisée. Un

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dispendieux ? par Guillaume Fourcadier

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La fin de l'école du cintre

Aussi techniques qu'ils puissent être, les casques

Audeze sont généralement tout sauf avancés d'un

point de vue ergonomique. Lourds voire très lourds

(certains modèles à oreillettes closes pèsent plus de

650 g), ils ne sont pas non plus des modèles

d'équilibre sur la tête. Justement, le constructeur a

ici totalement transcendé la forme.

Cela passe par l'intégration d'une nouvelle structure

en magnésium et en carbone et un arceau

redessiné. Loin d'être ce duo de coques lourdes

reliées à une armature proche du cintre (en forçant

un peu le trait), le LCD-5 est maintenant un exemple

de confort, au poids beaucoup plus acceptable (420

g). On peut aussi lui accorder une mention spéciale

pour son excellente tenue sur la tête.

Pour ne rien gâcher, le luxe reste omniprésent. Le

travail du bois est irréprochable, les coussinets sont

aussi épais que doux, le moindre détail est étudié.

Enfin, la mallette de rangement et transport,

intégralement en aluminium noir, offre à ce casque

un écrin de luxe digne de ce nom.

Modèle Hifi équilibré, ou pro ultime ?

L'Audeze LCD-5 est assez surprenant à l'écoute, en

particulier lorsqu'on le compare directement au

Meze Audio Elite. Si ce dernier est accessible et

spectaculaire, le LCD-5 est, au contraire, d'une vraie

simplicité ou pureté acoustique. La scène sonore est

cohérente, mais beaucoup plus intimiste,

légèrement portée vers l'avant. De même, la

signature sonore est l'une des plus équilibrées que

nous ayons pu rencontrer. Son sens de la simplicité

va de pair avec une grande richesse sonore.

La qualité du bas du spectre est, encore une fois, le

point fort de ce modèle haut de gamme Audeze.

Tout est nuancé et détaillé, sans aucune exubérance,

avec une tenue en puissance démentielle si besoin.

Les médiums sont aussi brillamment reproduits,

grâce à une linéarité et une qualité technique que ne

renieraient pas les Meze Audio Elite et Empyrean. On

note juste un petit pic dans les aigus qui hausse

légèrement le niveau de détails et la clarté. Cette

16 ON-mag >> 2022-1

pointe est sans

doute le seul

petit écart que se

permet le constructeur américain.

À défaut d'une scène sonore large, l'Audeze LCD-5

se construit autour d'une vision presque pro de la Hifi

et se veut largement adapté à un usage monitoring

(ce que le constructeur met également en avant dans

sa communication). Sa technicité proche de la

perfection ne laisse absolument passer aucun détail,

sans pour autant tomber dans la sécheresse ou

l'agressivité sur les mixages compliqués.

Très polyvalent, l'Audeze LCD-5 demande certes une

source délivrant un minimum de puissance pour

s'exprimer pleinement, mais s'adapte à tous les types

d'amplificateurs (lampes ou transistors) avec la même

aisance, le tout animé de quelques variations de

personnalité. Nous avons testé la bête en écoute

musicale, mais également sur des logiciels de création

sonore, ainsi qu'en jouant à des jeux vidéo. À chaque

fois, le casque s'est montré largement à la hauteur.

S'il n'est pas le casque Hifi le plus audiophile de

tous, l'Audeze LCD-5 est une véritable

quintessence du genre planaire. Un produit

technique, équilibré, polyvalent et infiniment plus

travaillé sur la forme que les anciennes créations

du constructeur. Un casque que l'on apprécie

d'autant plus sur la durée.

Spécifications

•Type : casque Hifi ouvert à transducteurs planaires

•Structure aluminium, magnésium et carbone

•Transducteurs de 90 mm à aimants Fluxor N50

•Membrane Nano-Scale Parallel Uniforce

•Réponse en fréquence : 5 Hz – 50 kHz

•Impédance nominale : 14 ohms

•Sensibilité : 90 dB

•SPL max : >130 dB

•DHT : <0,1 % à 100 dB

•Poids : 420 g

Notre avis


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TEST

DAN CLARK

Stealth

Assez proche du milieu du

modding (tuning et modificaon

de produits d'autres marques) à

ses origines, Dan Clark a depuis

passé la seconde et compte bien

renverser l'univers du casque

audio planaire (ou orthoplanar).

Porté par une technologie

d'amorssement novatrice en

impression 3D, son nouveau

casque Stealth s'affirme tout

simplement comme le meilleur

casque planaire fermé jamais

imaginé. Une prétenon jusfiée ?

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Classe carbone

On ressent parfaitement l'esprit Dan Clark dans le

design de ce nouveau Stealth, dans ses coques

asymétriques à la forme vaguement ovoïde et dans

son arceau composé de tiges très fines (alliage

nickel-titane). Et pourtant, le constructeur monte

clairement d'un cran par rapport à ses habitudes. Si

quelques rares éléments façon modding de

l'époque MrSpeakers (l’ancien nom de Dan Clark,

qui débuta en modifiant des casques Fostex)

demeurent, ils sont tous noyés dans l'extraordinaire

soin apporté à l'ensemble.

Les coques fermées sont un magnifique exemple de

mélange entre aluminium anodisé noir et fibre de

carbone. Le constructeur utilise ce matériau à la fois

pour alléger son casque et pour lui donner cet

aspect si futuriste. L'intégration de cette fibre de

carbone est presque parfaite, en grande partie

parce qu'elle ne se limite pas à de simples plaques

mais à des formes plus complexes et vraiment

18 ON-mag >> 2022-1

étudiées.

La structure du casque est extrêmement fine et ne

donne pourtant aucune sensation de fragilité. À

première vue, le Dan Clark Stealth ne paraît pas

aussi impressionnant qu'un modèle comme le Meze

Elite. Mais une fois en main, nous pouvons constater

que sa qualité de fabrication est aussi élevée et

même que son degré de finition est légèrement

supérieur.

Surtout, la structure du casque est pliable, ce qui lui

permet d’occuper un minimum de place et de tenir

dans sa petite housse de rangement dédiée. Elle est

loin de la grosse valise en aluminium des Meze

Empyrean et Audeze LCD-5. C'est moins chic, mais

l'ensemble gagne en praticité ce qu'il perd en luxe.

C'est dit, il n'y a pas de confort universel. Pourtant,

l'univers du casque planaire a évolué depuis

quelques années. Les lourds modèles d’Audeze qui

pesaient plus de 600 g laissent maintenant place à

des concurrents parvenant à s’alléger pour peser

environ 400 g. C'est ce que réussit à faire Dan Clark,


ce qui reste un exploit pour un casque planaire

fermé. Sans surprise, cette structure légère, associée

à des coussinets très enveloppants et profonds,

apporte un vrai bon confort général.

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes

si le repose-tête ou la structure étaient réglables. Ce

n'est pas le cas ici, puisque tout repose sur

l'élasticité du bandeau, qui s'ajuste en fonction de la

tête du porteur. Cela fonctionne, mais pas

parfaitement, et pas pour toutes les morphologies.

Le bandeau a effectivement tendance à être trop

lâche pour les petites têtes, avec lesquelles les

coussinets touchent déjà le bord de la mâchoire. En

voulant faire universel, Dan Clark risque de passer à

côté des très petites et des très grosses têtes.

Terminons sur le câblage : la marque n'opte pas

pour des prises mini XLR côté casque, mais pour

des connecteurs HR10 à 4 broches (de chez Hirose)

assez efficaces et robustes. Le câble utilisé a tout du

produit DIY (Do It Yourself), car il est à la fois

travaillé, mais habité de quelques imperfections. Au

moins, l'insertion des prises est-elle facile et les

connectiques vraiment solides, parées pour

affronter l'épreuve du temps.

Méta mis quoi dans ce son ?

Un énième casque planaire haut de gamme sur un

marché qui devient très encombré ? Pas vraiment.

Pour commencer, le Dan Clark Stealth est de type

fermé. Le choix de cette topologie est une prise de

risque avec des transducteurs planaire, qui

fonctionnent plus facilement en charge ouverte, tant

l'amortissement de leur onde arrière se révèle ardu.

En optant pour un transducteur planaire de 72 x 50

mm "presque" classique, le constructeur place sa

carte maîtresse en aval : le système AMTS (Acoustic

Metamaterial Tuning System). Cette création

complexe, obtenue à partir d'une impression 3D de

métamatériaux, permet de combiner en un même

objet compact plusieurs structures acoustiques :

diffuseurs, résonateurs de Helmholtz, résonateurs

quart-d'onde. Elle est placée dans les coques, à

l'arrière des transducteurs.

Force est de constater que cette structure, plus

révolutionnaire qu'elle n'y paraît, fait vraiment son

effet sur les performances sonores. Avant même de

parler de qualité sonore ou de musicalité, avec le

Dan Clark Stealth, nous n'avons tout simplement

jamais eu l'impression d'avoir un casque fermé sur

les oreilles tant le système AMTS paraît épauler à la

perfection les transducteurs orthoplanar.

Le point fondamental ici est la signature sonore,

d'un impressionnant équilibre. Aucun pic marqué

n'apparaît à l'écoute, et sauf dans de rares cas, les

petites déviations sont sans conséquence sur la

qualité de l'écoute. Cet équilibre, encore plus

marqué que sur l'Audeze LCD-5, est suivi d'une

musicalité également plus élevée, d'un côté plus

joueur, peut-être moins "pro". Le Stealth est un peu

moins ciselé dans les basses que le LCD-5, mais son

niveau technique général est au moins comparable.

Les avantages de l'architecture fermée ne paraissent

nullement entachés par les habituels défauts qu'elle

provoque.

La structure AMTS permet aux transducteurs

d'exprimer pleinement leur potentiel en matière de

détails et, surtout, d'afficher une gestion de la scène

sonore stratosphérique : très large et profonde,

ouverte. On est à mille lieues d'un casque planaire

fermé classique. La séparation des instruments, en

particulier, est tout simplement bluffante, à la

hauteur des meilleurs casques ouverts du marché.

Peu importe le style musical, le casque s'adapte

extrêmement bien à ce qu'on lui donne.

Néanmoins, contrairement au très polyvalent Meze

Empyrean, le Dan Clark Stealth pardonne beaucoup

moins les mauvais mixages et les exagérations

sonores. On connaît des modèles encore plus

intransigeants, mais sa tolérance reste faible.

La seule problématique, selon nous, est la puissance

demandée. Bien que ce soit l'un des casques les

plus sensibles de Dan Clark, le Stealth demeure

énergivore. Nous avons réalisé une partie de notre

test avec le très puissant et transportable Astell &

Kern ACRO CA1000. Ce dernier nécessite au moins

d'être réglé en gain haut pour jouir des entières

qualités du casque.

Le casque planaire fermé ultime ? Sans doute pas,

mais à coup sûr le meilleur casque fermé jamais

produit. Son tarif élevé est finalement son seul gros

défaut.

Spécifications

•Type : casque Hifi fermé à transducteurs planaires

•Transducteur : V-Planar de 72 x 50 mm

•Coques en aluminium et fibre de carbone

•Amortissement par système AMTS

•THD : <0,003% (20 Hz – 20 kHz)

•Poids : 418 g

•Livré avec : housse de transport thermoformée, câble

type HR10

Notre avis

Construction

Performances

Confort

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

19


TEST

ERZETICH

Mania et Phobos

Erzech est une marque de casques Hifi et amplis casque slovène relavement jeune

dont nous suivons l'actualité depuis fin 2016. Depuis peu, elle a un distributeur atré

pour la France. C'est la première fois que nous consacrons un test à l’un de ses produits.

Pour l'occasion nous faisons même coup double avec son modèle électrodynamique

Mania et son modèle planaire magnéque Phobos, deux casques Hifi haut de gamme

loin d'être parfaits, mais qui ne manquent pas d'intérêt.

par Pierre Stemmelin

Erzetich est une société de dimension artisanale,

basée à Šempeter pri Gorici, en Slovénie, à la

frontière avec l'Italie. Elle fabrique ses casques et

ses électroniques en interne et peut donc

revendiquer le label "Made in EU" (fabriqué en

Union Européenne).

Deux casques semblant jumeaux, mais bien

différents

De prime abord, les casques Erzetich Mania et

Phobos paraissent presque identiques. Ils partagent

le même arceau en fibre de carbone, doublé d'un

bandeau en matériau plastique souple avec

revêtement caoutchouteux strié, antidérapant sur le

dessous au niveau de l'appui sur le crâne. Chacune

des oreillettes est attachée à cet arceau par deux

petites pièces de bois et aluminium usiné, et une

20 ON-mag >> 2022-1

glissière métallique qui permet une rotation sur 360°

sans butée ainsi qu'un réglage de hauteur sur une

plage d'environ 1,5 cm. Chaque oreillette est en

outre suspendue par une pièce métallique en U qui

lui donne la possibilité de tourner sur 360° sur l'axe

horizontal, là aussi sans butée.

La structure de chaque oreillette est composée d'un

anneau en bois refermé sur l'arrière par une épaisse

grille en aluminium usiné.

L'ensemble de la construction paraît solide et

sérieuse, mais elle fait très massive et elle est loin

d'être impeccable. Les plaques moulées qui

protègent les transducteurs et maintiennent en

place les coussinets sont mal ébarbées. Les pièces

en bois semblent travaillées de façon assez

approximative. De plus, c'est une question de goût,

mais, pour nous, l'essence de bois utilisée ne fait

pas spécialement haut de gamme. Il s'agit de bois


de tilleul qui présente l'avantage d'être

extrêmement léger.

Bien que semblant jumeaux, les Erzetich Mania et

Phobos sont bien différents. Cela commence par

une différence d'échelle. Les oreillettes du Mania

mesurent 10 cm de large, alors que celles du

Phobos atteignent 11 cm. Il y a aussi une différence

de poids. Le Mania pèse 440 g quand le Phobos,

affiche, lui, 680 g sur la balance.

Autres éléments, rapidement visibles, les grilles

arrière des oreillettes n'ont pas les mêmes

découpes. Et surtout, à l'intérieur ce ne sont pas du

tout les mêmes transducteurs. Ceux de l'Erzetich

Mania sont de type électrodynamique, de 50 mm de

diamètre, à membrane revêtue de titane. Ceux de

l'Erzetich Phobos sont plus haut de gamme, de type

planaire magnétique (ou orthoplanar), d'environ

55 mm de large pour 75 mm de haut.

Après le premier contact déroutant,

finalement on les aime bien

Notre premier contact avec les casques Erzetich

nous a laissés circonspects. Leur apparence

artisanale, leur structure "poids lourd" nous ont un

peu déconcertés par rapport aux réalisations plus

industrielles et bien fignolées que nous avons

habituellement sur les oreilles. En outre, le bois de

tilleul, que la marque utilise massivement pour la

base du pied proposé en option avec ses casques,

ou encore pour le capot de son ampli casque

Bacillus, nous a fait mauvaise impression. La teinte

très sombre, les coups de chaînes et de boulons

censés lui donner une patine à l'ancienne ne font

pas vraiment classe.

Nous avons donc entamé nos écoutes un peu à

reculons et sans grand enthousiasme. Certes, les

casques Erzetich sont d'une conception un peu

rustique. Ce ne sont pas des poids plume. Les

mousses de leurs coussinets pourraient être plus

souples, à mémoire de forme, et leurs câbles

détachables génèrent facilement des bruits

microphoniques. Mais, il faut reconnaître que leur

confort est plutôt bien pensé, notamment grâce aux

axes et charnières des écouteurs qui tournent sur

360°.

Certes aussi, en termes de restitution sonore, les

Mania et Phobos ne sont pas des exemples

d'exactitude et de rectitude. En contrepartie, ils ont

une vraie signature acoustique, qui ne laisse pas

indifférent. Tous deux ont un équilibre tonal

relativement chaleureux, physiologique,

volontairement un peu sombre ou descendant. Mais

ils ne sont pas non plus éteints dans le haut du

spectre. Il ne faut d'ailleurs pas trop les chatouiller

dans ce domaine car ils peuvent se montrer incisifs

si la source est agressive. Ils sont généreux et

ouverts. Ils décrivent une image stéréo ample qui

procure en même temps une bonne sensation

d'intimité avec les musiciens et les chanteurs. Le

Mania se fait remarquer par sa fermeté, son impact,

sa dynamique dans le bas du spectre allié à une

certaine rondeur. Il est plus direct, tandis que le

Phobos est plus doux, plus nuancé, délivre un son

plus enveloppant et affiche une très belle palette de

timbres ainsi qu'une tenue en puissance supérieure.

En conclusion

Malgré leurs défauts de jeunesse et leur approche

très artisanale, les Erzetich Mania et Phobos sont

finalement des casques assez attachants. On sent en

les écoutant que ce ne sont pas uniquement des

exercices de style. Ils réunissent un cocktail de

qualités audiophiles qui montre qu'ils ont été

conçus artisanalement, avec patience et amour, par

des passionnés du son. En ce qui concerne les tarifs,

le Mania, équipé de transducteurs

électrodynamiques, se positionne de façon assez

compétitive. Le Phobos, doté de transducteurs

planaires magnétiques, a quant à lui plus de

concurrents, mais il est aussi plus délicat et nuancé

que son petit frère et a des arguments bien à lui qui

peuvent beaucoup plaire.

Spécifications

Erzetich Mania

•Type : casque circum-auriculaire ouvert

•Transducteurs : électrodynamiques de 50 mm à revêtement

titane

•Impédance : 80 ohms

•Accessoires fournis : câble, pochette de rangement

•Poids : 440 g

•Prix : 1200 €

Erzetich Phobos

•Type : casque circum-auriculaire ouvert

•Transducteurs : orthoplanar de 55 x 75 mm

•Impédance : 45 ohms

•Accessoires fournis : câble, pochette de rangement

•Poids : 680 g

•Prix : 2000 €

Notre avis

Construction

Performances

Confort

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

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TEST

FINAL

AUDIO

D8000 et D8000 Pro

La marque japonaise de casques et écouteurs audiophiles Final Audio a de nouveau, depuis

quelques mois, un distributeur officiel pour la France. C'est pour nous l'occasion de revenir sur son

dernier casque de référence, le modèle Hifi orthoplanar D8000, et de vous le présenter enfin en

test accompagné de sa variaon professionnelle, le D8000 Pro. par Pierre Stemmelin

Cela va peut-être vous faire sourire. Apprenez que

le test que nous publions ici a été commencé il y a

longtemps, durant l'été 2018 plus précisément. Oui,

il nous a fallu presque quatre ans pour le terminer.

L'origine de l'histoire remonte même à mai 2017.

Nous étions alors sur le salon High End de Munich

et avions pu assister à la présentation d'un des

premiers prototypes du Final Audio D8000. Cette

présentation nous avait fort enthousiasmés, car elle

était particulièrement détaillée sur le plan

technique. Final Audio nous expliquait tout le travail

de recherche que ses ingénieurs avaient entrepris

pour créer, en repartant presque d'une feuille

blanche, un nouveau concept de transducteur

orthoplanar à circuit magnétique annulaire et

concentrique, accompagné d'un système

d'amortissement par compression de l'air (appelé

22 ON-mag >> 2022-1

AFDS pour Air Film Damping System). Les

nouveautés de ce genre étant relativement rares

dans le domaine des casques Hifi, nos antennes de

journalistes audiophiles étaient tout émoustillées.

Lors de la présentation, nous pûmes faire une

première écoute rapide du prototype du D8000 et

celui-ci nous sembla particulièrement prometteur.

Puis le produit finalisé nous arriva durant l'été 2018.

Nous pûmes l'essayer pendant plusieurs jours à

domicile et il confirma nos espérances. Nous étions

prêts à publier un test dithyrambique à son sujet.

Mais patatras, la société qui avait en charge de le

distribuer en France mit la clé sous la porte sans

crier gare et notre test partit aux oubliettes.

Mais voici que depuis quelques mois, on nous

reparle de Final Audio en France. La marque n'avait

pas disparu. On avait d'ailleurs eu l'occasion


d'annoncer son modèle D8000 Pro en 2019. Ce

n'était que son distributeur français qui avait mangé

la grenouille.

Nous avons donc pu à nouveau essayer le Final

D8000 il y a quelques semaines et poursuivre

l'expérience avec sa version D8000 Pro.

Un casque orthoplanar innovant aux allures

d'outil de laboratoire

Extérieurement, en dehors du fait que l'un est teinté

noir et que l'autre conserve son aspect métal

naturel, les Final Audio D8000 et D8000 Pro sont

identiques. Ils manifestent dès le premier contact

leur caractère très haut de gamme, fruit d'un

artisanat de luxe. Leurs grandes oreillettes, de 11 cm

de diamètre, impressionnent par leurs châssis en

alliage d'aluminium et magnésium semblant usinés

dans la masse. Elles sont montées sur des rotules à

pivots huilés qui leur donnent la possibilité de

s'incliner dans tous les sens et aussi de tourner vers

l'avant ou vers l'arrière, dans les deux cas sur

plusieurs dizaines de degrés.

Les grandes et larges glissières en métal de l'arceau

permettent par ailleurs d'ajuster la hauteur de

chaque oreillette sur près de 5 cm. L'arceau, lui aussi

relativement large, est gainé de ce qui semble être

du vrai cuir avec des textures légèrement

différentes : lisse pour l'extérieur, plus granuleux

pour l'intérieur.

Les Final D8000 et D8000 Pro sont relativement

lourds. Ils dépassent légèrement les 500 g. À la

longue, cela peut peser sur la tête, d'autant que

s'ajoute le poids de leurs câbles spiralés et

détachables. Néanmoins, le confort est soigné. Le

large arceau, avec son rembourrage fin mais bien

étalé, assure une bonne répartition du poids.

On remarque aussi le travail d'optimisation réalisé

sur les coussinets des oreillettes. Ces coussinets ne

sont pas en mousse à mémoire de forme, mais la

mousse a été taillée de façon assez originale avec

plusieurs encoches sur l'intérieur. Elle est habillée de

toile microfibre d'un aspect assez technique,

comme sur un appareillage de mesure. Le style

global des Final D8000 évoque un peu une

réinterprétation post-futuriste, steampunk des

casques de l'époque de la TSF.

Des casques qui ouvrent de nouveaux

horizons musicaux

alimenter. Un vieil iPhone SE ou un MacBook Air est

un peu limite, mais il n'est absolument pas à

genoux. Bien sûr, un ampli casque haut de gamme

s'impose pour tirer le meilleur des Final D8000 et

D8000 Pro, mais le rendement est plutôt bon et il

n'est pas nécessaire de les nourrir d'une puissance

énorme pour commencer à les faire jouer.

Les Final D8000 et D8000 Pro développent chacun

une signature sonore légèrement différente. Pour

notre part, nous avons une préférence pour le

D8000 Pro qui délivre des graves plus francs, un peu

plus d'impact et un haut du spectre plus incisif. Mais

certains préféreront peut-être l'approche plus

ronde, plus moelleuse et plus calme du D8000.

À l'écoute, avec les deux casques, on est

immédiatement surpris par la densité, la puissance

du registre grave. Les casques orthoplanar nous ont

habitués à être plus édulcorés, timides dans ce

domaine ou à demander un ampli beaucoup plus

costaud. On retrouve cette densité et cette

matérialité des timbres sur toute l'étendue du

spectre. Dès les premières notes de musique, les

Final D8000 et D8000 Pro impressionnent par leur

ampleur, leur force, leur énergie. Ils dressent de

vastes et grandioses panoramas musicaux. Chaque

son est transmis avec force couleur, du grain et de la

densité. À chaque nouveau morceau, on se

surprend à découvrir de nouvelles tessitures

d'acoustique et de timbres. Les Final D8000 et

D8000 Pro sont des casques qui donnent

irrésistiblement envie de pousser le son et de

réécouter tous ses morceaux de musique favoris.

L'effet "Waouh" est toujours au rendez-vous et la

Spécifications

•Type : casque circum-auriculaire ouvert

•Transducteurs : AFDS planar magnétiques

•Sensibilité : 98 dB/mW

•Impédance : 60 ohms

•Câbles : détachables de 1,5 et 3 m avec conducteurs en

cuivre OFC pour le D8000 et en cuivre OFC plaqué argent

pour le D8000 Pro

•Poids : 523 g

•Prix : 3500 € pour le D8000 et 4000 € pour le D8000 Pro

Notre avis

Avant de commencer, il convient de préciser que les

oreillettes des Final D8000 et D8000 Pro sont en

charge ouverte et n’isolent donc que très peu des

bruits extérieurs.

Sur le terrain, contrairement à ce que l'on pourrait

attendre de casques orthoplanar à un tel niveau de

tarif, les D8000 et D8000 Pro s’avèrent faciles à

Construction

Performances

Confort

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

23


tenue en puissance est très élevée, paraissant

presque sans limite.

Certes, les Final D8000 et D8000 Pro ont quelques

défauts. Leur port est peu contraignant. Les

mousses de leurs oreillettes pourraient être un peu

moins fermes et plus épaisses sur l'arrière pour

déplacer l'image stéréophonique vers l'avant et la

rendre plus ouverte en profondeur. Sur le D8000,

l'équilibre tonal est un outre un peu physiologique,

pas totalement neutre, avec un léger soupçon de

dureté dans l'aigu qui pourrait être gommé.

Mais les performances des transducteurs

orthoplanar des Final D8000 et D8000 Pro placent la

barre très haut pour ce qui est de la consistance des

timbres, la sensation d'énergie et de force.

Le Final D8000 nous a particulièrement étonnés sur

le morceau "Zombie" du groupe The Cranberries. Il

a réussi à donner une sensation de grésillement

d'énorme transformateur électrique aux guitares

saturées, tout en assurant une lisibilité surprenante,

superbement rythmée à la basse.

Avec "If I Were Boy" de Beyoncé, la montée

crescendo de la voix de la chanteuse et du morceau

jusqu'au refrain est superbement restituée. Malgré

la déferlante de basses, les chœurs et tout petits

effets d'écho surajoutés au mixage sont clairement

audibles, participant à une ambiance sonore très

24 ON-mag >> 2022-1

riche, très travaillée, ne donnant aucune sensation

brouillonne, car tout est extrêmement bien en place,

détaché tout en fusionnant avec l'ensemble.

Plus intrigante encore a été pour nous l'écoute des

œuvres pour orgue de Bach, Toccata, Fugue et

Faintaisie (BWV 565, 564, 538...) enregistrées en

1975 par André Isoir (disque Calliope CAL 9798). Le

Final D8000 décrit l'espace, l'acoustique,

l'étagement des pupitres, la répartition des tuyaux

latéralement et en hauteur, les couleurs sonores

caractéristiques de leurs alliages avec une véracité

hors norme.

En résumé

Si nous avions terminé notre test en 2018, lors de

notre premier essai du Final D8000, nous aurions

classé ce casque Hifi orthoplanar comme une

référence absolue. Entre temps, d'autres modèles

comme le Meze Empyrean et le Meze Elite, ainsi

que le Dan Clark Stealth à charge close sont arrivés

sur le marché pour lui disputer le podium.

Néanmoins, le Final Audio D8000 et le Final Audio

D8000 Pro qui, à notre avis va encore plus loin,

restent parmi les meilleurs modèles de leur

catégorie.


Grace

Platinum.

Émotions et finesse des détails.

Fabriqué dans nos ateliers, le Grace platinum est le dernier flagship d'Earsonics.

Avec ses 20 transducteurs créés exclusivement pour la marque, il sublime les pauses musicales des

amoureux du son, et répond aux attentes des audiophiles les plus avertis.

Avec sa finition platine unique, le Grace Platinum inspire élégance et raffinement.

Véritable aboutissement pour EarSonics, sa puissance et son rendu des détails vous raviront au jour le

jour à l'écoute de vos morceaux de musique favoris.

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TEST

GRADO

RS1x

En douceur, Grado poursuit la refonte de sa

gamme pour passer tous ses casques en

version "x" de 4ème généraon. Après les

modèles de la série Presge, dont nous avons

testé le SR325x, vient le tour de la série

Reference, plus haut de gamme avec des

changements toujours d'apparence modérée,

mais un peu plus importants, dans l'objecf

d'obtenir le son le plus pur et dur. Nous voyons

cela avec le Grado RS1x.

par Pierre Stemmelin

1070 €

Ce serait mentir de dire que le Grado RS1x est très

différent de son prédécesseur, le RS1e. Un casque

Grado ressemble toujours à un casque Grado. Le

look vintage, la structure allant à l'essentiel, mettant

en valeur le fait main et les matériaux nobles, ne

changent pas vraiment. La recette est presque

immuable depuis plusieurs décennies. Mais là, pour

le coup, il y a tout de même une vraie grosse

évolution avec le nouveau Grado RS1x. Les coques

en bois abandonnent leur profil aux angles francs

pour passer à un profil légèrement évasé et en

courbes. Mais surtout, elles inaugurent la structure

"Tri-Wood Oasis". Les coques sont maintenant

faites de trois couches de bois différents : de

l'érable, du chanvre et du cocobolo. D'une part, cela

produit une association de dessins et veinures

étonnante, très luxueuse, assez fascinante. Mais

surtout, cela doit contribuer à limiter les résonances

et colorations parasites pour obtenir un son plus

pur.

Dans le même temps, le Grado RS1x se voit équipé

des nouveaux transducteurs de 50 mm de la série

"x" de la marque de Brooklyn (New York, États-

Unis). Par rapport à la précédente génération,

Grado indique que ces transducteurs ont un aimant

plus puissant, une bobine mobile plus légère et un

diaphragme retravaillé.

Une restitution sonore très pointue

À l'écoute, on peut dire que le Grado RS1x est un

extrémiste. Ses maîtres mots sont neutralité,

précision et justesse. Il ne cherche absolument pas à

en faire beaucoup dans le grave. On ne remarque

aucun traînage, aucune coloration, aucun

embonpoint dans ce registre. Certains trouveront la

restitution de ce casque un peu raide.

Effectivement, le Grado RS1x ne pardonne rien. Si la

source n'est pas la hauteur, que le mixage du

morceau que l'on écoute est un peu approximatif, il

le fait savoir immédiatement. En ce sens, il peut être

26 ON-mag >> 2022-1

un excellent casque de travail, notamment pour

l'enregistrement de voix ou d'instruments

acoustiques. Ne cherchez pas en lui de fausse

chaleur, de douceur attentionnée. Il livre la vérité

toute crue. Sa restitution est carrée, avec une image

stéréophonique bien cadrée, aérée et parfaitement

stable. Sa tenue en puissance est excellente. Il est

très rapide et dynamique. Il excelle sur les

enregistrements soignés de musique Classique et

de Jazz. Sur certains paramètres, le Grado RS1x

touche à l'exceptionnel, mais si vous cherchez un

casque au son chaleureux qui arrondit les angles,

son petit frère, le Grado SR325x, vous conviendra

sûrement mieux.

Spécifications

•Type : casque ouvert, circum-auriculaire

•Transducteurs : électrodynamiques de 50 mm appairés

à 0,5 dB près

•Réponse en fréquence : 12 Hz à 30 kHz

•Sensibilité : 99,8 dB SPL/1 mW

•Impédance nominale : 38 ohms

•Câble solidaire à prise mini jack, adaptateur jack

6,35 mm fourni

•Poids : environ 215 g, hors câble

Notre avis


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Informationetpointsdevente


TEST

HIFIMAN

370 €

Deva (avec Bluemini)

Hifiman est une marque sino-américaine spécialisée dans les casques de technologie

orthoplanar, qui n’est pas nouvelle et un peu ésotérique, mais constitue une forme de

quintessence audiophile et revient très fort depuis quelques années. Elle est leader

dans ce domaine avec Audeze. Néanmoins, elle n’est pas pour autant déconnectée du

marché grand public et y reste attentive. Nous l’avons vu avec ses écouteurs true

wireless TWS600 battant quelques records. Nous allons à nouveau le confirmer avec

le casque sans fil Hifiman Deva, un modèle ouvert très atypique qui redéfinit le niveau

de performances acoustiques pour les modèles à moins de 400 €.

par Pierre Stemmelin

Rien à voir avec un modèle Bose, Sony ou même

Bowers & Wilkins. Le Hifiman Deva n’est pas un

sémillant petit casque nomade, léger et élégant.

Tout dans son approche respire la production en

petite série et une bonne dose de fait main. Le

28 ON-mag >> 2022-1

Hifiman Deva est gros, massif, affiche un look assez

vintage et une conception mécanique assez

rustique. Les cadres de ses oreillettes et les bouts

en plastique métallisé de son arceau ne sont pas

des plus chics. De même pour ses habillages façon


cuir marron clair. Cependant, on peut saluer

l’intelligence et la robustesse de la conception.

L’arceau massif ainsi que les yokes (branches qui

tiennent les oreillettes) en aluminium ont l’air très

solides, conçus pour un usage intensif, voire semipro.

Par ailleurs, malgré la présence de

transducteurs orthoplanar imposants, l’ensemble

conserve un poids raisonnable de 362 g sans le

module Bluetooth.

Le Hifiman Deva est également différent d’un

casque nomade sans fil classique pour ce qui

concerne la structure de ses oreillettes. Ces

dernières fonctionnent en charge ouverte et sont

uniquement habillées extérieurement par des grilles

métalliques de protection. Elles n’isolent donc

aucunement des bruits extérieurs.

Ce n’est pas le premier casque sans fil orthoplanar

en charge ouverte que conçoit la marque. Nous

avons déjà testé le Hifiman Ananda BT, positionné à

1200 €. Le Deva est, en conséquence, le premier

que l’on peut considérer entrer dans la sphère

grand public. Et puis, il y a une autre différence de

taille. L’Ananda BT renferme ses batteries et son

électronique à l’intérieur de ses coques alors que le

Deva, qui nous intéresse ici, possède un module

Bluetooth amovible, baptisé Bluemini. Ce dernier se

branche sur la prise mini jack TRRS de l’oreillette

gauche dont il épouse la courbure. Ce montage

peut faire un peu bricolage, mais présente des

avantages. Si le module tombe en panne ou si ses

batteries sont mortes, il est facile de le remplacer.

Sans lui, le Deva est un casque Hifi de salon

traditionnel. Le module Bluemini amovible est un

gage de durabilité. Par ailleurs, il est suffisamment

léger pour ne pas créer de déséquilibre gênant. Le

Hifiman Deva tient bien sur la tête et peut donc être

porté en balade.

Un casque sans fil qui joue dans une autre

cour, celle des grands de la Hifi

Le Hifiman Deva est équipé de grands transducteurs

orthoplanar de profil légèrement ovoïde de 8 cm de

large, propres à la marque. Ces transducteurs nous

emportent dans une toute autre dimension sonore

que celle des modèles électrodynamiques sans fil

habituels. Ils sont très bien servis par le module

Bluemini qui est compatible avec les codecs audio

SBC, AAC, AptX, AptX HD et LDAC et qui peut en

outre servir de DAC USB lorsqu’il est relié en filaire à

un ordinateur.

La restitution sonore se caractérise par une réponse

en fréquence très large et une tenue en puissance

exceptionnelle pour un casque sans fil. La

configuration en charge ouverte des transducteurs

orthoplanar apporte une image stéréophonique

extrêmement vaste et aérée. L’espace est grandiose,

les timbres sont d’une richesse et d’un équilibre

hors norme. Le Hifiman Deva laisse entendre une

infinité de détails qui passent totalement inaperçus

sur les autres casques sans fil traditionnels. Aucun

doute n’est possible, la différence est très

clairement audible. En dehors du registre grave

peut-être un peu moins percutant que sur les

meilleurs casques nomades à transducteurs

électrodynamiques, mais déjà d’une très belle

profondeur, générosité et tenue, ce modèle Hifiman

surpasse, sur tous les paramètres, et parfois de très

loin ce que l’on a l’habitude d’entendre sur les

casques sans fil à moins de 400 €. Cette approche

extrême, visant à atteindre les meilleures

performances acoustiques, a des contreparties non

négligeables sur l’aspect fonctionnel, mais le

Hifiman Deva n’en demeure pas moins

particulièrement intéressant.

Spécifications

Casque seul :

•Type : orthoplanar, circum-auriculaire, ouvert

•Transducteurs : orthoplanar (orthodynamique ou planar

magnétique) de 8 cm de diamètre

•Impédance : 18 Ω

•Sensibilité : 93,5 dB

•Poids : 362 g

Module Bluemini :

•Codecs audio Bluetooth : SBC, AAC, AptX, AptX HD,

LDAC

•DAC USB 24 bits/192 kHz

•Autonomie : 7 à 10 heures

•Poids : 27 g

Notre avis

Construction

Performances

Ergonomie

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

29


TEST

MEZE

4000 €

Elite

Descendant direct de l'Empyrean, le nouveau casque Hifi Meze

Elite a tout de la suite paresseuse sur le papier. Ses 4 000 euros

sont-ils jusfiés par rapport aux autres ténors du genre ?

par Guillaume Fourcadier

Une base identique, toujours aussi

ergonomique et confortable

Si le design du premier casque Meze Audio

Empyrean divisait, ses nombreuses envolées

stylistiques étaient toutes justifiées par des raisons

ergonomiques.

Sans surprise, en reprenant à la pièce près

l'approche de son précédent casque, Meze propose

avec ce nouveau modèle Elite une expérience

30 ON-mag >> 2022-1

utilisateur exemplaire. Les coques en aluminium

usiné, les branches d'arceau en carbone, les

réglettes de hauteur tubulaires en aluminium, les

grilles finement découpées, tout ici est presque

parfait. Quelques micro traces d'usinage demeurent

toutefois.

Le repose-tête et les larges coussinets (2 paires

fournies en habillage alcantara ou alcantara et cuir)

assurent toujours un excellent niveau de confort, le

tout avec un réglage de l'arceau bien plus fluide


qu'auparavant. Le Meze Audio Elite est ainsi un

exemple d'ergonomie. Nous pouvons juste

souligner que sa force de serrage, assez faible,

n'autorise pas vraiment les balancements de tête.

Ce casque de luxe est livré dans une mallette en

aluminium, en adéquation avec son très haut niveau

de finition.

L'aération du dynamique, la majesté du

planaire

Légèrement chaud et particulièrement vaste, le son

du Meze Audio Empyrean avait déjà presque tout

pour faire fondre l'audiophile. Avec l'Elite, Meze

Audio veut monter d'un cran en matière de

précision et technicité, tout en conférant une plus

grande neutralité à la signature sonore.

Dès les premières secondes, nous retrouvons ce qui

fait la force du premier modèle : l'aération est

exceptionnelle pour un casque planaire, voire pour

un casque Hifi en général. C'est simple, seul le HD

800 de Sennheiser paraît le battre dans ce registre,

en affichant une scène sonore encore plus large.

Pour le reste, le Meze Elite distille un niveau de

détails stratosphérique, détails qu'il organise avec

justesse dans une véritable bulle stéréophonique

3D. En comparaison, un excellent casque comme

l'Audeze LCD-5 semblerait presque offrir une image

sonore étriquée.

La force principale de l'Empyrean (les médiums) est

préservée et le Meze Audio Elite se permet d'être

un peu plus précis dans les basses, tout en restant

doux et naturel dans les aigus. Si certains

préféreront le côté plus analytique et droit d'un

Audeze LCD-5, l'Elite est d'une musicalité presque

inégalée. Sa polyvalence irréprochable, son côté

assez peu énergivore, et sa bonne tolérance pour

les "mauvais mixages" lui permettent d'être l'un des

plus brillants casques Hifi de sa génération. Si la

différence technique avec son petit frère l'Empyrean

est mesurée, elle est pourtant bien audible,

s'exprimant particulièrement dans une maîtrise

supérieure du bas du spectre. L'énergie, la douceur,

l'ampleur, l'intimité, tous ces points cohabitent dans

ce casque caméléon.

La différence entre les deux types de coussinets

fournis reste discrète à l'écoute. Elle s'exprime par

des basses un peu plus présentes et des aigus

légèrement plus équilibrés avec les coussinets

hybrides (alcantara et cuir) et par une aération

légèrement supérieure avec les coussinets tout

habillés d'alcantara.

Le Meze Audio Elite ne justifie sans doute pas

totalement les 1 000 euros de différence avec

l'Empyrean, mais il n'en est pas moins l'un des

meilleurs et plus grands casques Hifi du marché.

Spécifications

•Type : casque Hifi ouvert planaire

•Transducteur Isodynamic Hybrid Array

•Transducteur Rinaro Parus de 4650 mm²

•Réponse en fréquence : 3 Hz – 112 kHz

•Impédance : 32 ohms

•Sensibilité : 101 dB (1 mW à 1 kHz)

•SPL Max : 130 dB

•THD : < 0,05%

•Poids : 420 g

•Connectique : mini XLR

•Livré avec : deux jeux de coussinets, une mallette de

transport/rangement en aluminium

Notre avis

Construction

Performances

Confort

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

31


TEST

OLLO

AUDIO

400 €

S4X

Ollo Audio est une toute jeune marque à l'échelle du marché des casques audio. Ses

premiers prototypes remontent à 2016. D'origine slovène, elle s'adresse en priorité aux

musiciens et professionnels du son. Son discours markeng manque d'humilité. Mais

cela n'empêche pas son modèle ouvert S4X d'être intéressant pour la Hifi et de marquer

quelques bons points.

par Pierre Stemmelin

En consultant l'histoire officielle d'Ollo Audio sur

son site Web, on apprend que la marque a été

créée par Rok Gulič, musicien du groupe de rock

Sabalmoza. Obligé de faire ses séances de mixage

nocturnes avec un casque, afin de ne pas réveiller sa

femme et ses jumeaux âgés d'un an, il était frustré

de ne pas ressentir physiquement le grave. Il eut

alors l'idée de fixer un haut-parleur sur son fauteuil,

afin qu'il lui transmette les vibrations des basses. Il

fut tellement enthousiasmé par sa trouvaille qu'il

décida de se lancer dans la conception de casques

audio capables de reproduire les mêmes

sensations…

Autant vous le dire tout de suite, cette jolie histoire

ressemble un peu à du pipeau, de même que les

mentions de la marque concernant des recherches

sur la "3D Surround" ou la "réalité virtuelle". En

découvrant le S4X, on a juste l'impression que par

son discours, Ollo Audio veut nous faire croire qu'il

32 ON-mag >> 2022-1

a réinventé le fil à couper le beurre. Ce casque n'a

en effet rien de particulièrement moderne. Sa

conception peut paraître d'un autre âge, basique

voire archaïque. Il n'a pas de moteur haptique,

encore moins de puce DSP et son registre grave n'a

rien d'extravagant.

Heureusement, si l'on fait abstraction de ce discours

un peu trompeur, l'Ollo Audio S4X a de nombreux

arguments positifs. Cela commence par son

packaging écolo, fait d'un simple petit emballage

en carton et papier ne comportant que le

nécessaire : le casque, son câble de raccordement

avec adaptateur jack 6,35 mm et une housse de

rangement.

Le casque, dont la structure est composée d'une

double lame en métal et de coques en bois tourné,

est par ailleurs entièrement démontable. Il est très

facile de le réparer d'autant que toutes ses pièces

détachées sont disponibles sur commande sur le


site de la marque, de même que les exemplaires de

stock "B" qui présentent quelques défauts d'aspect

de fabrication et sont proposés à un prix réduit de

25% au lieu de passer au rebut.

On peut également souligner que si la structure de

l'Ollo Audio S4X est assez basique, en revanche, la

marque a mis le paquet sur ses transducteurs

électrodynamiques, très sérieux, de 50 mm de

diamètre, à membrane en PET (polyéthylène

téréphtalate), avec bobine mobile de pas moins de

25 mm pour encaisser beaucoup de puissance et un

moteur doté d'un puits de ventilation central. On

remarque aussi le travail soigneux réalisé sur le

traitement de la charge acoustique des coques

semi-ouvertes, employant différents types de

mousse et filtres textiles.

Un équilibre sonore sage et un bel effet de

présence

Comme nous le disions, la structure de l'Ollo

Audio S4X est fort basique. Il n'y a pas de glissière

pour ajuster la hauteur des oreillettes. Le réglage se

fait par le large appui-tête accroché par des

bandeaux élastiques. De même, chacune des

oreillettes est fixée sur un axe pivot, mais n'a pas

d'articulation adaptant son inclinaison. Le confort

est sommaire. Néanmoins, le casque reste agréable

à porter sur la durée, tient relativement bien en

place et, malgré ses coques semi-ouvertes, procure

déjà un semblant d'isolation phonique par rapport

aux bruits externes. La fabrication est slovène de

type semi-artisanal. L'ensemble donne une bonne

impression de sérieux et de robustesse.

À l'écoute, comme nous l'avons déjà écrit

précédemment, le registre grave de l'Ollo

Audio S4X n'a rien d'extravagant. Il est légèrement

en retrait, comme le montre la mesure de la courbe

de réponse, mais bien présent et couvrant

relativement bien la plage de fréquences pour un

casque à coques semi-ouvertes. Paradoxalement, le

reste du spectre donne l'impression d'être

relativement descendant, avec un registre médium

légèrement en avant. Il s'en dégage par conséquent

une agréable sensation de chaleur, de rondeur et de

douceur. L'Ollo Audio S4X n'est pas un foudre de

guerre en matière de définition. Ses aigus semblent

légèrement émoussés. Il réussit malgré tout à

concilier une belle sensation d'ouverture, d'aération,

de présence, sur les voix notamment, avec une

absence d'agressivité.

Sur le morceau "Slide" de Sopico, on apprécie le

bon suivi rythmique ainsi que les détails et

l'intelligibilité de la voix du rappeur. On baigne

également avec plaisir dans l'ambiance de petit

cocon sonore, frais et aéré, que procure l'Ollo Audio

S4X sur "The nearer the fountain, more pure the

stream flows" de Damon Albarn. Le casque fait le

focus sur la voix, donnant une très bonne sensation

de proximité avec le chanteur.

En poussant le volume sur "Tears in the club"

(adopté comme jingle sonore par l'émission TV

"Quotidien" de Yann Barthès sur TMC), on se rend

compte que l'Ollo Audio S4X a en outre une bonne

tenue en puissance. Les effets de reverb, vocodeur

et autres Auto-Tune sont bien mis en évidence. On

peut écouter relativement fort sans trop se fatiguer

les oreilles.

En résumé

Avec son look néo-vintage, ses coques semiouvertes

en bois et son arceau minimaliste, l'Ollo

Audio S4X est un casque à l'ancienne et non ultra

innovant comme voudraient le laisser penser ses

concepteurs. Mais on sent aussi qu'il a été conçu

avec passion et cela sauve tout. Le choix de ses

larges transducteurs, l'optimisation des charges

acoustiques ont été faits avec attention. Ce casque

est d'une belle musicalité et agréable à vivre. Il est

en outre réparable et s'inscrit dans une démarche

de développement durable.

Spécifications

•Type : casque circum-auriculaire semi-ouvert

•Transducteurs : électrodynamiques de 50 mm à membrane

en PET 25u et bobine mobile double couche

•Réponse en fréquence : 20 Hz à 20 kHz

•Sensibilité : 108 dB/1 Vrms/1 kHz

•Impédance : 32 ohms

•Coques : en noyer américain

•Arceau : en acier avec bandeau simili cuir nautique

•Coussinets : de 90 mm de diamètre, en mousse avec habillage

velours et simili cuir

•Câble : de 2 m, détachable à terminaison en Y, connecteurs

jack 2,5 mm, prise jack 3,5 mm et adaptateur jack

6,35 mm

•Poids : 350 g

•Garantie de 5 ans

Notre avis

Construction

Performances

Confort

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

33


TEST

PHONON

SMB-01L

Modèle haut de gamme du

constructeur japonais Phonon, le

casque audio SMB-01L est un pet

ovni. Équipé de transducteurs

électrodynamiques, il peut

fonconner en configuraon ouverte

ou fermée. Le casque polyvalent

ulme ? par Guillaume Fourcadier

Tu seras sobre mon fils

Robe noire, structure principalement en plastique,

lignes simples : le SMB-01L ne fait pas vraiment

rêver de prime abord et ce n'est d’ailleurs pas son

rôle. Au moins, malgré l'usage de matériaux

classiques, la qualité de construction est finalement

assez bonne. Une certaine densité transparaît et

l'assemblage est tout à fait sérieux. Clairement, ce

casque Phonon peut encaisser les contraintes liées à

son orientation pro. Cela est d'autant plus vrai

qu'une housse/mallette avec mousse de calage est

livrée d’origine ; de quoi transporter ce casque sans

crainte.

Bon point selon nous, la connectique utilisée (côté

casque) est une classique prise jack 3,5 mm, ce qui

permet d'envisager un remplacement assez facile

du câble si besoin.

De même, le confort est suffisamment bon pour que

le SMB-01L puisse être porté durant plusieurs

heures. Il n’atteint certes pas la quintessence du

genre, mais il s’agit d’un casque déjà très bien

étudié.

Difficile de passer à côté de l'un des points forts du

produit : la possibilité de changer les grilles/plaques

arrière. Ici, grâce à un système de quatre vis, il est

possible d'opter pour une plaque ajourée, pour

obtenir une architecture à charge ouverte/semiouverte,

ou bien une plaque pleine, pour une

charge fermée.

Une double personnalité musicale

Très sobre sur la forme, le Phonon SMB-01L, armé

d'un transducteur Fostex de 50 mm avec membrane

bio-cellulose, est bien plus folâtre en matière de

son.

La formule prend déjà assez bien, en particulier en

configuration ouverte. Dans ce mode, les basses et

médiums sont un peu plus mis en avant, ce qui

entraîne une signature chaude, douce, mais pas

molle. La qualité dans les basses est évidente,

portée par une belle ampleur, quoique nous aurions

aimé un peu plus de "rapidité" et d'impact.

34 ON-mag >> 2022-1

L'accent est mis sur cette sonorité agréable et très

polyvalente (pour qui y accroche), un brin légère

dans les aigus mais sans vraie lacune. Très simple à

alimenter, ce casque délivre un bon niveau de

détails et une scène sonore cohérente, sans jamais

trop en faire, sans tourner à la démonstration

technique.

En configuration fermée, les bas médiums se

creusent légèrement et quelques modifications

apparaissent dans les aigus. Offrant une restitution

plus ronde, parfois un peu trop, le SMB-01L fermé

sera un vrai bonheur pour les amoureux des basses.

Néanmoins, les médiums manquent alors d'un peu

de clarté.

Il va de soi que ce casque a été pensé comme un

produit ouvert. En effet, une simple plaque ne

permet pas au transducteur d'exprimer autant de

détails ni une même ouverture qu'en topologie

ouverte.

D'une manière générale, le Phonon SMB-01L est un

casque diablement musical, mais pas parfait sur le

plan technique. Nous tenons clairement l'un des

meilleurs modèles nomades (cet usage étant

largement possible), mais quelques détails

pourraient encore lui faire passer un cap, surtout vu

son prix déjà assez élevé.

Spécifications

•Type : casque audio filaire en charge ouverte/semi-ouverte

ou fermée

•Transducteurs dynamiques de 50 mm bio-cellulose

•Réponse en fréquence : 10 Hz – 40 kHz

•Impédance : 32 Ohms

•Sensibilité : 102 dB/mW

•Poids : 343 g

•Inclus : boîte/housse de rangement, câble jack 3,5 mm

vers jack 3,5 mm, adaptateur jack 3,5 mm vers jack 6,35

mm

Notre avis

740 €


importe et distribue des

marques de Hi-Fi d’exception

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Marc +33 6 49 89 68 88 • Pierre +33 6 07 72 63 18

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F 7200

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TEST

SENDY

Aiva

Marque sœur du constructeur de casques audio Sivga,

Sendy est le versant haut de gamme du groupe. À ce

tre, Sendy Audio se réserve les meilleurs transducteurs

planaires et fait preuve d'un raffinement bien plus

marqué. Moins haut de gamme que le fer de lance

Peacock, l'Aiva n'en est pas moins un casque Hifi aux

dents longues, qui se posionne en concurrent direct

des modèles de spécialistes comme Audeze ou Hifiman.

par Guillaume Fourcadier

650 €

Un classicisme boisé presque irréprochable

Sans être magnifique, l'Aiva est un casque déjà très

agréable visuellement et, surtout, travaillé dans les

moindres détails.

Que ce soient ses belles coques usinées en zebrano

massif, ou la prédominance du métal dans sa

structure, l'Aiva transpire le sérieux et même un

certain luxe. La cerise sur le gâteau vient de sa grille

arrière, aux coques ajourées (casque ouvert) par des

motifs en feuilles de gingko.

La connectique est assez standard, portée par un

connecteur jack 3,5 mm mono de chaque côté. Un

seul câble est livré, avec terminaison jack 4,4 mm (un

choix étrange), mais celui-ci est fourni avec un

convertisseur 4,4 mm vers 3,5 mm.

Avec son poids d’environ 420 g, le Sendy Aiva fait

partie des casques planaires (ou orthoplanar) de

salon relativement légers. L'équilibre apporté pas

son bandeau repose-tête, ses coussinets profonds

et doux, ainsi que sa bonne répartition des masses

permettent au Sendy Aiva d’offrir une expérience

parfaitement confortable.

Le pacifiste polyvalent

Animé par d'imposants transducteurs planaires de

97 x 76 mm, le Sendy Aiva se place, dans cette sorte

de milieu de gamme, face à de sérieux concurrents,

notamment de chez Audeze ou Hifiman.

Sendy propose une sonorité très équilibrée et

précise dans les basses, qui se permet un petit pic

dans les 80/100 Hz afin d'apporter du punch à

l'ensemble. Difficile de reprocher quoi que ce soit à

l'Aiva sur ce point, encore qu’il n'affiche pas les

basses les plus amples et encore moins les plus

étendues de l'univers planaire.

Son véritable parti pris tient davantage à sa gestion

des aigus. Ici, à l'instar de ce que nous constatons

sur certains écouteurs Earsonics, les fréquences de 2

à 4 kHz sont légèrement en retrait et quelques

autres creux peuvent s'entendre. Ce choix confère

une personnalité légèrement sombre à l'écoute, un

son qui préfère la douceur au pur tranchant. Ça

36 ON-mag >> 2022-1

passe ou ça casse serait-on tenté de dire. En effet,

certains utilisateurs accrocheront à cette proposition

douce mais certainement pas molle, quand d'autres

pointeront un manque d'aération et de mordant.

Quoiqu'il en soit, la réponse de ce casque n'est

certainement pas écourtée dans les hautes

fréquences, au contraire : l'Aiva fait état d'une

brillance bien gérée et d'une assez belle ouverture

dans l'écoute. Surtout, le niveau de détails, la scène

sonore légèrement projetée vers l'avant et la bonne

séparation des instruments, permettent une belle

polyvalence.

Bien que le Sendy Aiva n'apprécie clairement pas

les mixages étriqués, il sait s'adapter à tous les

styles musicaux. À l'inverse, tous les utilisateurs ne

s'adapteront pas à lui. Un casque très sérieux sur la

forme et qui a sa personnalité.

Spécifications

•Type : casque Hifi ouvert à transducteurs planaires

Transducteurs de 97 x 76 mm

Réponse en fréquence : 20 Hz à 40 kHz

Impédance nominale : 32 Ohms

Sensibilité : 96 dB

Coques usinées en zebrano

Inclus : housse de rangement rigide, câble double jack 3,5

mm mono (côté casque) vers jack 4,4 mm, adaptateur

jack 4,4 mm vers 3,5 mm

Poids : 420 g (sans câble)

Notre avis


JACOB COLLIER

MUSICIEN ET COMPOSITEUR,

GAGNANT D´UN GRAMMY ® AWARD

AONIC 40 CASQUE SANS FIL À RÉDUCTION DE BRUIT ACTIVE

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Pour en savoir plus : shure.com/AONIC

shure.com

© 2021 Shure Incorporated. Voir shure.com/trademarks


TEST

SIVGA

Robin

La marque chinoise Sivga, championne du

rapport qualité-prix, est surtout spécialiste du

casque boisé (ou en d'autres termes : à coques

en bois). Le Robin, le modèle le plus abordable

de son catalogue récent, est une bonne

illustraon de ce savoir-faire esthéque. Son

nom semble prédesné. Voyons s'il est un vrai

Robin des Bois du casque audio.

par Guillaume Fourcadier

Presque un sans-faute sur la forme

Le parti pris esthétique du Sivga Robin est assez

radical. En effet, le bois est au centre de son design,

ce qui est à double tranchant. Ainsi ce casque

oscille-t-il entre une robe assez sobre pour la version

en bois foncé et une proposition presque

caricaturale dans sa seconde déclinaison en bois de

rose, si laqué qu'il prend des airs de plastique.

Passé ce look atypique, le Sivga Robin cache une

construction excellente et un choix de matériaux

très judicieux. Le bois se mêle à une structure

principalement en aluminium et à des éléments

certes en faux cuir, mais de très bonne qualité.

Le point fort de l'ensemble est définitivement le

confort. En effet, son poids très contenu pour un

produit boisé (environ 275 g), l'équilibre sur la tête,

ainsi que ses coussinets extrêmement profonds,

permettent à ce casque de s'asseoir à la table des

meilleurs modèles, nomades (type Bose QC45)

comme sédentaires.

Son orientation n'est pas clairement définie, ce qui

lui permet d'être un casque caméléon, Hifi ou

nomade. L'isolation phonique passive qu'il procure

face aux bruits extérieurs n'est pas immense, mais

suffisante pour recouvrir les fréquences aiguës très

agressives et voiler en partie les sons dans les hautsmédiums.

Un son puissant et énergique, mais pas

irréfléchi

La neutralité ne fait pas partie du vocabulaire du

Sivga Robin, pas d'un point de vue global en tout

cas. Ce casque donne toute sa substance à ce que

l'on appelle communément la "chaleur boisée".

Basses et bas-médiums bien en avant sur un plateau

régulier, il se fait un plaisir d'appuyer, avec justesse,

l'expressivité d'un morceau, son côté viscéral, tout

en reléguant légèrement les voix au second plan.

Malgré ce trait de caractère tranché, il n'est pas la

caricature basseuse que l'on pourrait craindre, au

contraire. Hormis pour une petite portion du

registre médium, le Sivga Robin parvient à maintenir

38 ON-mag >> 2022-1

une assez belle linéarité dans les haut-médiums et

dans la majeure partie des aigus. Cela lui permet de

conserver de la qualité dans tous les registres

sonores, sans devenir mou ou agressif. Seule une

pointe franchement marquée de la réponse en

fréquence fait son apparition vers 8 kHz, ce qui

donne à la restitution sonore un côté légèrement

scintillant et aéré.

Grâce à cette approche et à la bonne qualité de ses

transducteurs électrodynamiques de 50 mm

(visiblement développés par la marque et de

dimension assez rare dans cette gamme de prix), le

Sivga Robin est un casque puissant mais polyvalent,

porté par un bon niveau de détails et une scène

sonore profonde. Il ne rivalise certes pas avec un

Audio-technica MSR7b en termes de maîtrise ou

d'impact, mais sa vision plus chaleureuse lui permet

de se démarquer efficacement et de s'imposer

comme un casque adapté à tous les usages. Le

Sivga Robin est donc un modèle filaire à l'ancienne,

dans le bon sens du terme, et surtout présentant un

excellent rapport qualité-prix.

Spécifications

•Type : casque fermé circum-auriculaire

•Transducteurs de 50 mm

•Coques en bois massif

•Réponse en fréquence : 20 Hz – 20 kHz

•Impédance : 32 Ohms

•Sensibilité : 105 dB

•Poids : 275 g

•Inclus : pochette de transport, câble jack 3,5 mm vers

double jack 3,5 mm (côté casque)

Notre avis

160 €


ÉCOUTEURS TRUE WIRELESS

HA-FW1000T


TEST

5400 €

STAX

4050 €

SR-009S et SRM-700T

Alors que le secteur du casque très haut de gamme est désormais presque exclusivement trusté par

la technologie orthodynamique (ou orthoplanar) et que l'électrostaque n'existe plus que grâce à

quelques rares modèles, l'aura du vénérable pionnier Stax est restée praquement intacte. Bien que

le constructeur japonais n'ait pas sor grand-chose de nouveau depuis une dizaine d'années, il

conserve dans ses cartons des références presque intemporelles et incontournables. Tout au sommet

de sa gamme se trouve le déjà mythique casque électrostaque SR-009S, que nous coiffons pour ce

test avec le SRM-700T, le plus récent amplificateur dédié à lampes de Stax. De quoi montrer au

monde que l'électrostaque est toujours au pinacle de la Hifi ? par Guillaume Fourcadier

40 ON-mag >> 2022-1


Conception à l'ancienne, le charme qui va

avec

Ni totalement obsolète ni vraiment moderne, le

design des SR-009S et SRM-700T est caractéristique

de l'héritage très ancien du constructeur japonais.

L'ensemble a quelque chose de délicieusement figé

dans le temps, porté par un design un peu rétro.

Avec ses oreillettes rondes, le SR-009S est presque

un hommage, certes lointain, au tout premier

casque de la marque, le SR-1, sorti il y a plus de 60

ans.

Le casque SR-009S est ainsi typique d'un Stax haut

de gamme. La conception est simple, usant de

lignes sobres et classiques, et enveloppée

d'éléments aux accents vintage. Tout est assez gris,

mais pas forcément triste, les belles grilles/

électrodes plaquées or apportent un peu de couleur

et d'éclat. Le produit évoque davantage les années

1970/1980 que 2020, mais paraît presque moderne

par rapport aux Stax SR-L700 et SR-L500 pourvus

d'oreillettes rectangulaires.

La fabrication, estampillée "Made in Japon", est un

peu dans la même veine. Les oreillettes ainsi que la

majeure partie de la structure sont en aluminium

anodisé, l'arceau de type ARC (nom donné par Stax)

est assemblé à partir d'une lame d'acier engoncée

dans une structure en plastique mat, le repose-tête

est taillé dans une simple épaisseur de cuir (mais

avec des supports de réglage en plastique) et les

coussinets en mousse sont revêtus de cuir d'agneau

(pour la portion en contact avec les oreilles) et de

similicuir (partie externe).

D'une manière générale, le Stax SR-009S fait montre

d'un certain sens du premium, mais n'a clairement

pas l'exigence moderne des casques T+A, des

modèles haut de gamme de Hifiman, du Meze

Empyrean ou des références Hifi de Focal. Certains

éléments de conception ne sont plus vraiment au

goût du jour et restent dans la lignée d’une tradition

artisanale. Une des accroches des branches s'est par

exemple dévissée lors de notre test.

Le câble de raccordement de ce casque est très

atypique, car son rôle est à la fois de transporter le

signal audio et de transmettre la tension de

polarisation (580 V) nécessaire aux transducteurs

électrostatiques. Celui-ci est ainsi plat et assez

lourd, en particulier à cause de son imposante

terminaison à cinq broches. Derrière cette

apparence un peu antique, chaque conducteur est

en cuivre OFC 6N (99,9999% de pureté) plaqué

argent.

Si la forme de ce casque a quelque peu vieilli, le

confort est parfaitement en phase avec les produits

modernes et tout simplement divin. La technologie

électrostatique n'a pas besoin d'une très lourde

structure magnétique comme ce qui existe sur les

casques orthoplanaires, ce qui permet au Stax

SR-009S de conserver un poids convenable (environ

450 g, sans compter le câble). Le fabricant a eu la

bonne idée de développer un bandeau repose-tête

permettant un réglage de la hauteur, le casque peut

donc s'adapter à toutes les morphologies ; la

pression sur le crâne s’en trouve parfaitement

répartie. Un vrai modèle du genre, prêt à être porté

pendant des heures et à supporter quelques

oscillations de tête sans choir.

L'amplificateur Stax SRM-700T possède en

substance le même caractère que le SR-009S. Tout

est très simple, spartiate sans vraiment être austère.

Il n’arbore pas d'écran indicatif, de Led, ni même de

réglages avancés : cet amplificateur porte une

certaine simplicité à l'ancienne, une timidité que

l'on retrouve dans son architecture à lampes

presque dissimulée. Tout en façade se résume à un

bouton d'allumage, à un potentiomètre de volume

et à deux prises pour casque électrostatique. À

l'arrière, on trouve une entrée XLR et une RCA, ainsi

qu'une sortie RCA, laquelle peut fonctionner en

sortie Ligne (mode bypass) ou en préamplification.

La qualité de fabrication est plus qu'honnête, mais

la finition n'a volontairement rien de luxueux. Là

encore, le charme vintage permet de faire en partie

illusion, mais difficile pour le SRM-700T de soutenir

la comparaison esthétique avec des amplificateurs

pour casques électrostatiques comme le WES de

Woo Audio, ou même des modèles plus classiques

comme le Nirvana d’Auris Audio, qui profitent tous

deux d’écrins bien plus raffinés.

Une technologie à part

La technologie des transducteurs électrostatiques

n'a rien à voir avec celle intégrée dans les casques

électrodynamiques et orthodynamiques ; elle reste

la plus prometteuse techniquement, du moins en

théorie. Ici, virtuellement aucun problème de

distorsion, puisque la masse de la membrane est

quasi négligeable du fait de sa finesse et de

l'absence de bobine venant l'alourdir. Une

membrane de transducteur électrostatique est à la

fois très légère et très réactive, ce qui est

particulièrement intéressant pour la transcription

des aigus.

Le déplacement de la membrane s'effectue par un

phénomène d'attraction et de répulsion entre deux

électrodes, suivant le principe physique de la loi de

Coulomb (une des bases en électrostatique). La

membrane est polarisée en permanence par une

tension continue de 580 V et prise en sandwich

entre deux électrodes recevant le signal audio.

Toute la surface de la membrane étant polarisée,

son déplacement est parfaitement uniforme,

contrairement à la technologie électrodynamique

(asservie à une bobine centrale) et, dans une

ON-mag >> 2022-1 41


moindre mesure, à la technologie orthoplanaire

(quasi-uniformité du déplacement).

Stax dote le SR-009S d’une membrane ultra fine en

mylar. Celle-ci est épaulée par les nouvelles

électrodes haut de gamme MLER 2 (Multi-Layer-

Elect-Rods), améliorations des modèles MLER

développées spécialement pour le premier SR-009.

La forme très étudiée et la précision extrême de leur

gravure permettent d'optimiser le flux d'air

traversant leurs petites ouvertures tandis que le

placage or réduit encore la résistance de ces larges

structures. Sur ce point, Stax a fait un véritable

travail d'orfèvre, qui se confirme dans la qualité

sonore du produit.

Pour propulser ce casque particulier, l'amplificateur

SRM-700T, l'un des derniers de la marque japonaise,

est forcément un peu à part. Bien que son rôle

consiste toujours à amplifier un signal audio, ses

ordres de grandeurs et la polarisation nécessaire de

la membrane font que sa conception diffère

largement de celle d'un amplificateur classique. Il

s’agit d’un modèle de type hybride, puisqu'il utilise

des transistors FET soigneusement sélectionnés

(paire parfaitement accordée) pour l'étage d'entrée

et des lampes 6SN7 (de fabrication russe) montées

en Push-pull pour l'étage de puissance. L'intérêt des

lampes se justifie légèrement plus dans le domaine

de l'électrostatique que dans celui des casques Hifi

traditionnels. D'une part leur fonctionnement à

plusieurs centaines de volts reste dans les mêmes

ordres de grandeurs que celui des transducteurs

électrostatiques ; d'autre part, l'impédance

extrêmement élevée du casque permet de se passer

42 ON-mag >> 2022-1

plus facilement de transformateur de sortie. Le Stax

SRM-700T est alors relativement simple dans son

approche et ne comporte que très peu de

composants, tous de type discret.

Le son d'un autre monde

Dès les premières notes, le Stax SR-009S déploie les

extraordinaires qualités de ses transducteurs

électrostatiques. Il distille une atmosphère sonore

tout simplement unique, à la fois immensément

détaillée et très pure.

La signature acoustique de ce casque n'est pas

totalement neutre, mais clairement équilibrée.

Seules quelques petites fluctuations dans le

commencement des aigus tranchent avec la belle

unité proposée. Les basses sont bien étendues, les

médiums d'une rigueur absolue et que dire de

l'aération et de la fluidité des aigus ! Grande qualité

des transducteurs électrostatiques, le haut du

spectre est poussé bien au-delà des limites de

l'audition, le tout avec une facilité, une régularité et

un naturel désarmants.

Plus que tout autre casque testé, le Stax SR-009S est

un révélateur des bons et des mauvais mixages.

Sans jamais sonner de manière agressive ou

désagréable, il est aussi plat qu'il est possible de

l'être sur un enregistrement plat et totalement

grandiose sur un morceau grandiose. Favorisant les

genres à dynamique très élevée, ce casque est un

champion pour reproduire les moindres détails

musicaux comme les petits frottements de cordes

ou les nuances de simples tapotements. Une


expérience si précise et sans emphase qu'elle

permet vraiment au SR-009S de se démarquer des

autres modèles haut de gamme. Tout apparaît de

manière limpide sans que le trait ne soit jamais

forcé, sans que l'on remarque d'accentuation dans

les fréquences. Une vraie expérience de Haute

Fidélité.

Ce casque est incroyablement bon pour faire

ressentir une ambiance Live, le son brut d'un

morceau enregistré tel quel. Que ce soit pour

reproduire l'atmosphère intimiste d'un bar de Jazz,

un concert orchestral, ou un petit enregistrement de

musicien solo, aucun autre casque ne vient titiller

son sens du micro détail ou la justesse de ses

timbres.

Sa scène sonore, large mais surtout très profonde,

lui permet pratiquement de s'asseoir aux côtés d'un

HD800 de Sennheiser. Ce dernier conserve un

avantage certain sur la largeur de sa scène sonore,

mais n'offre pas cette fascinante qualité de

séparation des instruments.

À l'inverse, il ne faut pas lui demander d'être trop

rentre-dedans, de délivrer un son brutal. Le Stax

SR-009S conserve en permanence une personnalité

aérienne, une pureté qui semble lui interdire de

chanter de manière un tant soit peu grasse. Ce n'est

clairement pas l'énergie qui lui manque, mais le brin

de folie nécessaire.

Si le SR-009S n'est pas le modèle le plus polyvalent

qui soit, il est difficile lui opposer une concurrence

sur ses styles musicaux de prédilection, à savoir le

Classique, le Jazz, la musique instrumentale en

général.

Ses seules réelles limitations, en dehors de sa

personnalité sonore, sont davantage à rechercher

du côté de l'amplificateur SRM-700T. Bien qu’il soit

déjà très bon, avec une réponse en fréquence très

étendue, l'architecture à lampes trouve ses limites

bien avant celles des transducteurs électrostatiques.

Quelques distorsions harmoniques assez

caractéristiques des tubes se retrouvent à la mesure

de l'ensemble et une montée de la distorsion dans

les basses, parfois légèrement audible, apparaît,

phénomène qui ne vient clairement pas du casque

lui-même, mais plutôt de l'ampli. La qualité

technique est plus que correcte pour ce type

d'amplification assez difficile à concevoir

proprement, suffisamment pour que le SR-009S

exprime déjà ses immenses qualités, mais certains

amplificateurs pour casques électrostatiques

d'autres marques permettront certainement d'aller

encore plus loin.

Si tout n'est pas parfait avec ce duo Stax SR-009S et

SRM-700T, nous sommes tout de même en présence

d'un des systèmes les plus exceptionnels de la Hifi

casquée. Une expérience très exigeante, mais

vraiment à part.

Spécifications Stax SR-009S

•Type : casque Hifi ouvert électrostatique

•Electrodes MLER 2 plaquées or

•Réponse en fréquence : 5 Hz – 42 kHz

•Capacitance : 110 pF

•Impédance : 145 kOhms (à 10 kHz)

•SPL : 101 dB / 100 V RMS

•Max SPL : 118 dB (400 Hz)

•Tension de polarisation : 580 V continu

•Câble en cuivre OFC 6N plaqué argent

•Poids : 450 g (sans câble), 580 g (avec câble)

Notre avis Stax SR-009S

Construction

Performances

Confort

Musicalité

Spécifications Stax SRM-700T

•Type : amplificateur pour casques électrostatiques

•Architecture : hybride

•Transistors FET en étage d'entrée, lampes 6SN7 (OTL)

en amplification de puissance

•Réponse en fréquence : courant continu – 100 kHz

•Gain : 60 dB

•DHT < 0,01% (1 kHz à 100 V RMS)

•Impédance d'entrée : 50 kOhms en RCA, 100 kOhms

en XLR

•Tension de sortie max : 340 V RMS (1 kHz)

•Tension de polarisation : 580 V

•Température de fonctionnement/humidité : entre 0 et

35°C, humidité de l'air inférieure à 90 %

•Entrées : RCA et XLR

•Sorties : RCA et 2 prises casques

•Consommation : 54 W

•Dimensions : 240 x 103 x 393 mm (l x h x p)

•Poids : 5,7 kg

Notre avis Stax SRM-700T

Construction

Performances

Ergonomie

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

43


Mania et Phobos, casques Hifi électrodynamique et planar-magnetic,

Nés pour la Musique.

Distribué par :

+33 (0) 952 572 360

+33 (0) 614 265 265

info@jffdiffusion.fr

www.jffdiffusion.fr


LES

CASQUES

NOMADES


TEST

AiAiAi

350 €

TMA-2 Studio Wire-

Atypique parmi les marques de casques atypiques, AiAiAi fait vivre, depuis plusieurs années, un

bien étrange concept de casque audio modulaire. Le TMA-2 n'est ainsi pas un simple casque, mais

un assemblage de modules : coques/transducteurs, arceau, câble, coussinets. Chaque pièce peut

être acquise séparément et existe en plusieurs déclinaisons plus ou moins haut de gamme et

technologiques. Le produit peut ainsi aller du simple casque filaire à coussinets supra-auriculaires

jusqu'à un modèle Bluetooth et circum-auriculaire aux transducteurs ultra performants. Version

la plus récente et la plus avancée des configuraons prêtes à l'achat (car il est possible de se

construire un modèle sur-mesure), l’AiAiAi TMA-2 Studio Wireless+ est un casque à la fois haut de

gamme et extrêmement polyvalent, marqué par l'apparion d'une transmission sans fil

novatrice. Une vraie réussite ?

par Guillaume Fourcadier

Casque en kit : AiAiAi fait évoluer une

formule qui marche

Quintessence du concept modulaire de la marque,

l'AiAiAi TMA-2 Studio Wireless+ se compose

principalement d'éléments déjà sortis. Ainsi ses

coques/transducteurs ou encore ses coussinets

sont-ils les modèles les plus haut de gamme qui

étaient déjà proposés sur le site de la marque.

À l'inverse - et c'est ce qui constitue l'une des forces

de ce casque - l'arceau est une nouveauté. Assez

rembourré, il renferme à la fois un émetteur

Bluetooth (et l'électronique associée), les

microphones, les boutons de contrôle, ainsi que la

batterie et une prise USB-C pour la recharge. Mais

plus encore, cet arceau est capable de fonctionner

dans un second mode sans fil (accessible via un

commutateur camouflé), le W+ Link, en l'associant à

un boîtier émetteur livré en standard.

46 ON-mag >> 2022-1

Typique du design AiAiAi, ce TMA-2 Studio

Wireless+ est une belle petite réussite formelle. En

plus de sa jolie sobriété esthétique scandinave, ce

casque jouit d'une excellente qualité de fabrication.

Seul bémol, conséquence de sa surface mate très

accrocheuse, il capture très facilement les petites

saletés.

En aparté, il est difficile de ne pas évoquer le côté

modulaire du produit sous l'angle de la durabilité.

Ici, lorsqu'un élément est défectueux, le casque

n'est pas bon à jeter puisque tout peut être

remplacé simplement. Un très bon point qui s'inscrit

dans une démarche écologique de la marque déjà

assez ancienne.

Enfin, le confort est étonnamment bon. Les

coussinets ne sont pas les plus larges du genre, mais

leur douceur et leur profondeur, qui vont de pair

avec un très bon équilibrage du casque, permettent

de longues sessions d'écoute sans aucune gêne.


Polyvalence presque parfaite, en mode zéro

latence

Placer les commandes du casque sur l'arceau est ici

la seule solution, mais elle n'en est pas moins

étrange. Les trois boutons de contrôle sont ainsi

placés près du crâne, ce qui perturbe légèrement au

début. L'absence d'application dédiée sur

smartphone, qui aurait d'autant plus enrichi

l'expérience modulaire, est un peu plus ennuyeuse

selon nous. Clairement, la marque choisit justement

la personnalisation par le matériel et non par le

logiciel.

Sa dénomination "Studio" le laissait présager, ce

casque AiAiAi est certes adapté à une utilisation

nomade, mais il se heurte à un problème de taille,

son isolation phonique très faible. Les coussinets

habillés d'alcantara fournis ici sont très confortables

mais bien moins isolants que les coussinets revêtus

de similicuir de la marque, ce qui rend le TMA-2

Studio Wireless+ plus à l'aise en environnement

calme et sédentaire.

Et pourtant, de solides bases pour le nomadisme

sont là. Premièrement, l'autonomie de la batterie est

presque indécente : plus de 80 h en pratique.

Deuxièmement, le microphone, placé à l'extrémité

droite de l'arceau, est l'un des plus efficaces du

genre en mode kit mains-libres pour les appels

téléphoniques.

Véritable argument de ce nouveau modèle, la

transmission W+ Link, qui fonctionne en raccordant

le large émetteur sur une sortie jack, possède deux

avantages majeurs : une qualité de transmission

sans perte (débit autour de 1 600 kb/s) et une

latence presque inexistante (16 ms). Sur les jeux

vidéo, films et même créations musicales, aucun

décalage ne se fait jamais ressentir entre l'image et

le son. Le W+ Link est, à ce titre, bien plus qu'un

simple accessoire ; il apporte à ce casque une

polyvalence remarquable.

En revanche, l'autonomie est au moins divisée par

quatre ou cinq dans ce mode et la portée de

transmission est relativement faible lorsque l'on

utilise le W+ Link. Autre problème notable, un léger

bruit de fond est constamment présent.

Quand la bio-cellulose s'en mêle sans

s'emmêler

Ne soyons pas dithyrambiques. L'AiAiAi TMA-2

Studio Wireless+ ne va clairement pas titiller un

excellent casque filaire audiophile de gamme de

prix comparable et reste techniquement derrière

une référence comme l'Audio-technica ATH-MSR7b

par exemple. Mais compte tenu de son statut de

casque sans fil, qui plus est avec une telle

polyvalence, il assure déjà une expérience audio

très convaincante.

Ses transducteurs de 40 mm à membrane en biocellulose,

bien qu’ils présentent quelques défauts,

offrent un savant mélange de musicalité et de

technicité. En effet, l'extension dans les basses

fréquences aurait certes pu être supérieure et le

creux aux environs de 2-4 kHz aurait pu être évité

(provoquant un léger effet de voile), mais le reste du

spectre est presque irréprochable.

Ce casque développe un caractère sonore agréable,

légèrement doux mais paradoxalement assez clair

(petite accentuation dans les 8-10 kHz), le tout avec

un vrai sens du détail. Un casque qui réussit fort

bien l'exercice de la polyvalence sonore. Sans être

d'une extrême largeur ou d'une profondeur digne

des meilleures, la scène sonore qu’il propose est

particulièrement riche, avec une séparation des

instruments pertinente.

Pas fondamentalement supérieur aux modèles

Bluetooth/ANC comme le PX7 de Bowers & Wilkins

(lui aussi doté de membranes bio-cellulose), l'AiAiAi

TMA-2 Studio Wireless+ propose un réglage sonore

plutôt intelligent, typé mais pas radical. Il ne se

ferme donc la porte à pratiquement aucun style

musical. Si certaines pistes de Métal ou d'Electro

déjà agressives mettent parfois excessivement en

avant sa brillance dans les aigus, le TMA-2 Studio

Wireless+ se comporte admirablement bien sur les

autres genres.

Véritable caméléon dans ses fonctions et sa

sonorité, le casque modulaire AiAiAi TMA-2 Studio

Wireless+ est une belle réussite pour la petite

marque danoise. La preuve que l'univers pourtant

très calibré du casque sans fil peut réserver de

bonnes surprises.

Spécifications

•Type : casque studio/nomade sans fil

•Transmission Bluetooth et W+ Link

•Transducteurs de 40 mm à membrane en bio-cellulose

•Autonomie annoncée : 80 h

•Codecs audio Bluetooth : SBC/AAC

•Transmission W+ Link Lossless

•Poids : 278 g

Notre avis

Construction

Performances

Confort

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

47


TEST

AUDIO-TECHNICA

ATH-M50xBT2

Classique parmi les classiques du constructeur

japonais Audio-technica, le casque M50 a connu

plusieurs itéraons depuis sa créaon. Après les

versions filaires, un premier modèle Bluetooth,

l’ATH-M50xBT, parvint à reproduire l'expérience

en Bluetooth. Version modernisée de ce dernier,

l’ATH-M50xBT2 pourra-t-il enfoncer le clou ?

par Guillaume Fourcadier

La formule presque intemporelle des

classiques

Sur la forme, il est clair que le constructeur désire

conserver sur son nouvel ATH-M50xBT2 ce qui fait la

patte du M50. Le casque n'est pas spécialement

moderne esthétiquement, mais n'a pas tant vieilli

que ça. Ainsi son côté très massif en photo est-il

bien plus nuancé quand on l’a en main. Plutôt

sobre, le casque conserve une certaine harmonie.

Aucun mauvais goût ni déséquilibre : il constitue un

bon compromis entre casque studio et casque

nomade.

Bien sûr, Audio-technica n'a pas oublié de

moderniser les quelques points qui, même en 2019,

nous dérangeaient légèrement. Le port micro-USB a

ainsi été écarté au profit de la norme USB-C.

Sa conception certes brute lui permet d'être

toujours un bel exemple de robustesse. Pliable,

avec coques rabattables, l'Audio-technica ATH-

M50xBT2 est un vrai tank, capable d'encaisser les

torsions et les chocs sans se rompre. Le modèle est

éprouvé, pas aussi solide qu'un DT 770 de

Beyerdynamic, mais néanmoins excellent.

Avec son poids de 310 g environ, ce casque n'est

pas le plus confortable de tous, car il pèse un peu

lourd et a tendance à serrer assez fortement la tête.

En contrepartie, il tient assez bien en place.

Nouvelle ergonomie, nouveaux codecs

Légèrement modernisées aussi, les commandes du

casque reposent toujours sur une approche tout en

boutons, avec un quatuor : appel à l'assistant vocal,

2 boutons de volume/navigation (en laissant le

bouton appuyé), 1 bouton lecture/allumage/

appairage. La formule reste efficace, mais loin d'être

moderne.

Une application dédiée permet d'améliorer

l'expérience utilisateur, à travers l'apparition

d'égaliseurs, d'un réglage de balance droite/

gauche, ou encore de la sélection du codec audio

Bluetooth. À ce titre, l’ATH-M50xBT2 est le premier

de la marque à implémenter le LDAC de Sony, en

délaissant l'AptX de Qualcomm.

48 ON-mag >> 2022-1

Mieux que de simplement implémenter un nouveau

codec sur son casque ATH-M50xBT2, Audiotechnica

l'a fait sans sacrifier l'autonomie. Même en

LDAC, l'endurance atteint sans trop de problème 48

à 50 heures, une performance admirable.

Au doux son nostalgique

Amis de la sonorité M50, vous serez comblés par le

nouvel ATH-M50xBT2. Audio-technica n'a

pratiquement rien modifié de la formule. Que ce

soit en filaire ou en Bluetooth, la sonorité si

caractéristique, loin d'être neutre mais pas

déséquilibrée, est là. La réponse en fréquence de ce

casque est marquée par quelques creux et pics, ce

qui lui confère ce mix d'énergie et de tranchant,

d'ouverture et de sens du détail.

La technicité évidente des transducteurs maison

apporte une maîtrise constante, même sur les

morceaux de musique compliqués. Quelques élans

de neutralité auraient pu être tentés, mais cet ATH-

M50xBT2 joue parfaitement de cette sonorité "sur le

fil", qui flirte constamment avec des notions de

débordements sans jamais les franchir. Cela lui

permet de rester le casque polyvalent et intemporel

que nous connaissons depuis de très nombreuses

années. Il n'atteint pas le niveau technique du

MSR-7B, mais reste plus pratique.

Spécifications

•Type : casque Bluetooth fermé, circum-auriculaire

•Transducteurs dynamiques de 45 mm

•Réponse en fréquence : 15 Hz à 28 kHz

•Puce Bluetooth 5

•Codecs audio supportés : SBC, AAC, LDAC

•DAC intégré : AK4331

•Autonomie annoncée : 50 h

•Poids : 307 g

•Inclus : câble jack de 1,2 m, pochette de transport,

câble USB-C

Notre avis

200 €


HTR-1000CDV2

HTA-25BV2

Nouvelegénérationhybrideettubefidèleàl’âmedelamusique

TTA-1000B

HTA-600B

www.hamysound.com

Tél.:0147884702

Informationetpointsdevente


TEST

AUSOUNDS

AU-X ANC

400 €

Après avoir testé avec un plaisir audif non dissimulé son pet frère, l'AU-XT ANC, nous passons au

"gros" modèle d’Ausounds, l'AU-X ANC. Il s’agit toujours d’un casque sans fil, doté d'un système acf

de réducon de bruit (ANC) mais qui adopte, cee fois-ci, des transducteurs haut de gamme

magnéques planaires (orthoplanar), ce qui est à notre connaissance unique sur le marché. En

complément, il s'équipe d'un chipset Qualcomm supportant le codec Bluetooth AptX HD. Voyons dans

la praque si toutes ces technologies embarquées cohabitent au mieux. par Manuel Courbo

La jeune marque américaine Ausounds a été créée

en 2019, par plusieurs transfuges de marques audio

de renom comme Audeze, KEF ou Harman. Après

avoir donné naissance à un premier casque nomade

relativement classique, même si très réussi et

compétitif, elle innove avec ce nouveau modèle

équipé de transducteurs orthoplanar. Il utilise une

technologie haut de gamme que l'on rencontre

souvent sur de luxueux casques Hifi de salon à

oreillettes ouvertes, mais pas habituellement sur un

modèle nomade, à coques fermées, qui plus est

actif et associée à un système antibruit !

Malgré cette approche haut de gamme que l'on

pourrait presque qualifier d'ésotérique, l'Ausounds

AU-X ANC conserve le design sobre, épuré, discret

et moderne, avec beaucoup de plastiques, de son

50 ON-mag >> 2022-1

petit frère. Seuls les ancrages de l’arceau sur les

oreillettes et les réglages de hauteur de celui-ci sont

différents. On remarque aussi une prise de poids

assez importante. Forcément, des transducteurs

orthoplanar pèsent plus lourd que des modèles

électrodynamiques ; l'Ausounds AU-X ANC affiche

donc un poids de 360 g, soit 115 g de plus que son

petit frère. C'est beaucoup pour un modèle

nomade, mais rassurez-vous, le confort reste tout à

fait acceptable, même sur de longues sessions

d'utilisation.

Concernant l'ergonomie, on peut souligner

qu'Ausounds a ajouté sur ce nouveau modèle AU-X

ANC des capteurs de présence, ce qui permet au

casque de se mettre automatiquement en pause

lorsqu'on le retire des oreilles.


La différence se fait à l'écoute et pas

qu'un peu

Étonnant, impressionnant sont les premiers

qualificatifs qui viennent à l’esprit, lors de la

première écoute de l'Ausounds AU-X ANC. Ce

casque est très précis. Il extrait plein de détails qui

passent inaperçus avec d’autres casques. C’est dans

le médium et dans les attaques qu’il excelle, sur le

jeu d'une basse électrique ou sur les coups de

batterie qui explosent et se propagent.

Sur le morceau "Highway" du groupe Pyramid, le

son est à la fois énergique et extrêmement bien

maîtrisé. Les enchaînements rythmiques ont de

l'impact, de la puissance. Ils sont rapides tout en

restant contrôlés, sans dérapage vers une

quelconque agressivité. C'est un festival de couleurs

sur les timbres. Le rendu sonore est vif, incisif, précis

sans aucune froideur. Les différents plans de l'image

stéréophonique sont bien nets. On perçoit aussi

bien les éléments sonores qui arrivent de devant

que ceux qui apparaissent sur le côté ou se

positionnent derrière.

Sur "Huacachina" de MonteRosso, on a l'impression

que deux extensions ont été placées à chaque

extrémité de la scène sonore tant elle est large, en

complément d'une voie placée au centre.

L'ensemble est très ample tout en étant admirable

de précision, de vivacité. Le rendu sonore allie

définition, douceur, suavité et richesse des timbres.

Sur la chanson "Aventine" d’Agnes Obel (album

"The Curse"), on perçoit très distinctement les

susurrements de voix. Les sons vibrants de la

contrebasse cohabitent harmonieusement avec le

piano et le violon sans aucune confusion.

Nous avons essayé le casque Ausounds AU-X avec

son système ANC désactivé puis enclenché. Celui-ci

dégrade un tout petit peu le rendu sonore, mais la

différence reste presque imperceptible. Par ailleurs,

l’efficacité de ce système antibruit s’est avérée très

honorable lors de nos essais dans les transports en

commun parisiens. Il n'est pas tout à fait au niveau

des meilleurs et un peu en dessous de celui de son

petit frère Ausounds AU-XT ANC. Nous avons

remarqué une légère sensibilité au vent. Mais il

fournit déjà de bonnes performances.

En résumé

L'Ausounds AU-X ANC est un modèle atypique voire

unique sur le marché des casques nomades de par

ses transducteurs planaires magnétiques. À l’écoute,

il nous a laissés béats d'admiration. Son rendu sonore

est précis, vif, détaillé, enjoué, vaste, profond, vivant,

surprenant... Ce n'est pas le plus ergonomique des

casques nomades, ni celui qui dispose du système de

réduction de bruit actif le plus efficace (quoiqu'il se

défende déjà pas mal dans ce domaine), mais il est

incontestablement des meilleurs pour les

performances acoustiques et la musicalité. ■

Spécifications

•Type : casque Bluetooth circum-auriculaire fermé à réduction

de bruit active

•Transducteurs : magnétiques planaires de 71 x 55 mm

•Autonomie annoncée en utilisation : 25 h, 20 h avec ANC

•Temps de charge : 120 minutes

•Entrées : USB-C (recharge de la batterie), prise mini jack

stéréo de 3,5 mm

•Réponse en fréquence : 20 Hz à 40 kHz

•Waterproof : IPX5

•Bluetooth : 5.0, compatible AptX HD

•Accessoires fournis : câble mini jack de 3,5 mm, prise

adaptateur 6,35 mm, câble de charge USB-C, prise avion,

pochette de rangement en matière plastifiée semi-rigide

•Poids : 360 g

Notre avis

Construction

Performances

Ergonomie

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

51


TEST

BOSE

QuietComfort 45

Pet frère du très premium Headphones 700, le

nouveau QC45 ou QuietComfort 45 de Bose

s'annonce comme une modernisaon discrète

du très apprécié QC35 II. Avons-nous entre les

mains un produit trop peu innovant ou un

classique efficacement remis au goût du jour ?

par Guillaume Fourcadier

350 €

Un roi du confort presque premium

Malgré les années et les divers casques Bluetooth

bien plus premium - les B&O H95 et B&W PX7 en

tête - le Bose QC45, totalement calqué sur le QC35

II (les deux références bénéficient d’un design et

d’un assemblage semblables), conserve un excellent

niveau de conception.

La simplicité de ses lignes, la bonne qualité du

plastique et du métal, apportent ici une sensation

plus haut de gamme que la moyenne. Le

QuietComfort 45 est pliable, avec des coques

rabattables, ce qui en fait un casque Bluetooth

facilement transportable.

Mais son point fort est clairement le confort. Grâce à

ses coussinets doux et enveloppants, son poids

plume (242 g) et son arceau suffisamment

rembourré, le Bose QC45 demeure le casque

nomade le plus confortable du marché. Un vrai petit

nuage, prêt à être porté durant des heures.

Ces éloges ont beau être justifiés, tous sont

principalement à mettre également au crédit des

anciens modèles QC35/QC35 II. En effet, le QC45

n'innove pratiquement pas sur la forme. Hormis la

présence (enfin) d'un port USB-C, impossible de le

distinguer de ses prédécesseurs.

Techniquement haut de gamme, mais en

stagnation

Bose promet des améliorations techniques. Sontelles

pour autant au rendez-vous ? Oui et non.

Le QuietComfort 45 se classe toujours parmi les

modèles les plus performants en matière de

réduction de bruit active (ANC), presque à égalité

avec le WH-1000Xm4 de Sony ou le PX7 de B&W.

Mais nous n'avons ni mesuré ni constaté de

différence avec ses prédécesseurs. Ce casque

conserve également le même duo de codecs audio

SBC/AAC, ainsi que la connexion Bluetooth

Multipoint et une excellente stabilité de réception

du signal - du classique pas très audiophile, mais

franchement efficace.

À l'inverse, l'endurance a enfin été revue à la

hausse. Bien qu’elle demeure inférieure à celle des

ténors du genre, l'autonomie du Bose QuietComfort

52 ON-mag >> 2022-1

45 atteint ainsi facilement 24 h 30 (contre 20 h dans

le cas du Headphones 700).

Équilibre tranchant pour un son vieillissant

Bien plus mesuré dans les basses que ne le sont les

casques haut de gamme de Sony, le Bose QC45

n'en conserve pas moins les habitudes des premiers

QC35. Proche du Headphones 700 (il utilise

probablement les mêmes transducteurs), il délivre

une sonorité assez équilibrée dans les basses et les

médiums, ce qui développe une certaine aération.

En revanche, il ne peut s'empêcher d'accentuer

certaines gammes dans les hautes fréquences. Si sa

signature possède des avantages, que Bose

exploite assez bien (une bonne énergie et un certain

sens du détail), elle n'évite pas quelques écueils. En

effet, une certaine acidité peut se faire sentir sur les

pistes agressives et les transducteurs, en particulier

sur les aigus, sont techniquement vieillissants pour

du haut de gamme.

Le Bose QC 45 demeure une référence pour les

amateurs de confort et d'isolation phonique

efficace, mais le peu d'innovation apporté depuis le

QC35 II ne joue pas en sa faveur.

Spécifications

•Type : casque Bluetooth à réduction de bruit active

•Puce Bluetooth 5.1

•Codecs supportés : SBC/AAC

•Autonomie annoncée : 24 h

•Charge USB-C

•Dimensions : 18,4 x 15,24 x 7,62 cm

•Poids : 242 g

Notre avis



TEST

JVC

HA-S91N

Nous testons des produits de la marque JVC

depuis quelques années déjà et nous sommes

régulièrement surpris de la qualité qu'elle est

capable de proposer sur des écouteurs ou

casques audio à pet prix. Voyons si ce

nouveau modèle JVC HA-S91N équipé d'un

système anbruit et vendu officiellement au

prix de 90 € nous réserve encore une bonne

surprise. par Manuel Courbo

Le HA-S91N de JVC est un petit casque à arceau de

type circum-auriculaire, très léger. Proposé à moins

de 100 €, il correspond parfaitement aux attentes

grand public du moment. Ce modèle est

effectivement sans fil (Bluetooth) et équipé d'un

système actif de réduction des bruits extérieurs

(ANC). Il dispose en outre de différents modes de

filtrage dont "son ambiant" pour une utilisation au

bureau et de trois modes d’écoute. Son autonomie

annoncée, très généreuse, s’élève à 42 heures.

Voyons maintenant si les attraits de ce casque JVC

HA-S91N vont au-delà de sa simple annonce "full

option" et de son prix réduit.

D’abord esthétiquement, ce casque est à la fois

discret et raffiné, mais également léger et compact.

Son rangement et son encombrement, une fois ses

écouteurs repliés vers l’intérieur de l’arceau, sont

optimums.

L’isolation phonique passive et l’efficacité du

système antibruit ne sont pas au niveau de notre

modèle de référence actuel, l’Ausounds AU-XT, mais

la prestation est honorable. Disposant de trois

modes de rendu sonore sélectionnables, qui

agissent comme un égaliseur avec des courbes

"normale", "claire" ou "basse", ce casque JVC

propose donc plusieurs esthétiques sonores afin de

s'adapter à différents styles de musique ou à

l'humeur du moment, ce qui est appréciable.

Des performances plus qu'honorables pour

le prix

À l'écoute, nous avons remarqué sur certains

morceaux de musique un agencement des plans

sonores parfois déroutant, avec la mise en avant de

détails qui passent d’habitude au second voire au

troisième plan, mais globalement ce petit casque

JVC fait correctement son job. Le JVC HA-S91N

n'est pas le casque qui permet d'atteindre des

sommets audiophiles. Mais pour arriver au camp de

base avec lui, il n'y a pas de souci.

Le rendu sonore est globalement propre, clair et

équilibré, même s'il est loin des performances de

nos modèles de référence, qui sont, naturellement,

54 ON-mag >> 2022-1

90 €

bien plus onéreux que le JVC HA-S91N. Ici le son

est légèrement traînant et il n’offre pas autant

d’ouverture ou de cohérence qu'avec les meilleurs.

Mais du moment que l'on conserve un niveau

sonore raisonnable, il est agréable, particulièrement

dans le registre médium et sur les voix. On perçoit

par moments quelques teintes de brillance dans le

haut du spectre, mais cela reste acceptable.

Sur "Whole Lotta Love" de Led Zeppelin, un

morceau pas évident, à 3 min 07, le solo de guitare

venu de l’arrière droite n'est pas aussi incisif qu'on

le connaît, et à 5 min quand la voix de Robert Plant

passe de gauche à droite, accompagné des guitares

et de la basse, on sent qu'on touche aux limites de

ce petit casque.

En revanche, sur le morceau R’nB "La La La" de

Naughty Boy et Sam Smith, le JVC HA-S91N

s’exprime clairement, sans difficulté. Il est même

très à son aise. Nous nous voyons presque en train

de danser avec plaisir entre Bombay et le passage

Brady.

En résumé

Ce casque sans fil et antibruit JVC HA-S91N n’est

pas exempt de défauts, mais, au regard de son prix

officiel de 90 €, il constitue déjà une bonne surprise.

Alors, lorsqu'on le trouve en promo, ce qui est assez

courant, c'est plutôt une bonne affaire pour

l'utilisateur qui recherche un produit abordable, à

l'équipement complet, avec un rendu sonore

correct.

Spécifications

•Type : casque Bluetooth circum-auriculaire à réduction

de bruit active

•Transducteurs : de 40 mm à aimant néodyme

•Autonomie annoncée : 42 h en BT et 37 h en BT + ANC

•Temps de charge complète : 3 h

•Réponse en fréquence : 10 Hz à 22 kHz

•Accessoires fournis : câble de recharge USB-C, pochette

de rangement, câble détachable pour écoute filaire

Poids : 200 g

Notre avis


ON-mag c’est aussi...


TEST

PHILIPS

350 €

Fidelio L3

Il aura fallu aendre de nombreuses années pour que le Fidelio L3, successeur des

excellents Fidelio L1 et L2 de Philips, apparaisse enfin. L'héritage luxueux du premier

casque demeure, mais la formule se modernise clairement, passant d'un casque semiouvert

filaire à un modèle Bluetooth à réducon de bruit acve. Une évoluon réussie ?

par Guillaume Fourcadier

Un design moins enthousiasmant, mais un

luxe toujours bien présent

Les deux premiers Fidelio L arboraient un design

aussi reconnaissable qu'inspiré, ce qui est un peu

moins vrai concernant le L3. La formule s'assagit et

rentre légèrement dans le rang. Le casque se plie

davantage aux exigences du nomadisme, il déborde

moins et devient également plus compact.

Et pourtant, même si cette formule divisera, Philips

la maîtrise de bout en bout. La sagesse apparente

du Fidelio L3 n'entrave aucunement sa philosophie

luxueuse. Le moindre élément est travaillé et

parfaitement assemblé. Il est impossible ou presque

de reprocher quoi que ce soit au L3 en matière de

qualité de fabrication, et encore moins concernant

celle des matériaux employés. Philips mêle le cuir

Muirhead et l'aluminium avec un certain brio :

arceau et coussinets en cuir, branches en aluminium,

coques recouvertes d'un revêtement accrocheur...

Le seul reproche que nous pouvons lui adresser,

comme au tout aussi luxueux B&W PX7, est que sa

structure n'est pas pliable.

Philips livre son casque Fidelio L3 avec une housse

de transport en cuir, semi-rigide, particulièrement

agréable au toucher.

Pas aussi confortable que les ténors du genre (Sony

56 ON-mag >> 2022-1

WH-1000Xm3 et Bose Headphones 700) car bien

plus lourd (360 g), le Fidelio L3 reste néanmoins, à

l'image d'un Apple AirPods Max tout aussi pesant,

assez agréable à porter, même lors de longues

sessions d'écoute. À l'image de l’Aonic 50 de Shure,

il paraît toutefois hésiter entre nomadisme et format

Hifi.

Ergonomie moderne, exécution classique

Aucun casque Bluetooth n'a encore trouvé la

formule magique de l'ergonomie et le Philips

Fidelio L3 ne fait clairement pas avancer les lignes.

Ici, l'accent est principalement mis sur des

commandes tactiles placées sur la coque droite,

épaulées par un trio de boutons sur les tranches,

ainsi que des capteurs optiques dans les coussinets.

À l'usage, la surface tactile s'avère très

fonctionnelle, bien qu'elle hérite des mêmes

défauts que ses concurrents, à savoir un petit

manque de réactivité çà et là. À ce titre, Philips tient

presque la comparaison avec le Sony WH-1000Xm4,

ce dernier affichant légèrement moins de latence

entre l'appui et le déclenchement de la commande.

L'expérience, bien qu’elle ne soit pas fabuleuse, est

suffisamment précise pour ne pas être frustrante.

Aux commandes classiques s'ajoute l'application


dédiée sur smartphone. Très claire mais un peu

vieillotte dans sa conception, elle permet d'avoir

directement accès aux modes de réduction de bruit

(non réglables en intensité) et propose un égaliseur

graphique 6 bandes plutôt efficace, personnalisable

et doté de quelques présélections. Il est également

possible de mettre à jour le micrologiciel du casque,

ou encore de désactiver les commandes tactiles et

les capteurs optiques. On remarque assez vite que

cette application est limitée, bien qu'efficace. Elle

n'est pas non plus à l'abri de quelques bugs (un ou

deux plantages).

Un silence de second ordre, mais souvent

suffisant

Philips maîtrise clairement le luxe, mais il ne faut pas

demander à son casque de se confronter aux

meilleurs sur le terrain de la réduction de bruit

active. Le Fidelio L3 propose une isolation phonique

passive efficace, mais sa fonction ANC déçoit un

peu. Bien que cette dernière soit déjà plus que

fonctionnelle, avec une annulation certaine dès les

bruits des plus basses fréquences, l'atténuation ne

dépasse jamais les 15 dB en général.

Sur ce point, le L3 fait tout de même mieux que

l’Aonic 50. Là où le modèle de Shure justifie

difficilement son statut de casque à réduction de

bruit, celui de Philips propose un résultat plus

silencieux et plus régulier. Si les références

proposées par Bose, Sony et B&W se placent bien

devant, le Fidelio L3 constitue un suiveur correct.

Mais nous restons tout de même déçus, vu son tarif.

Heureusement, le Fidelio L3 se rattrape un peu sur

sa qualité de connexion Bluetooth, assez stable

(surtout en AAC et AptX), et marquée par une prise

en charge du codec AptX HD. À cela s'ajoute une

autonomie excellente, dépassant facilement les 30 h

avec la réduction de bruit activée (sous codec AAC,

l'AptX HD diminuant cette endurance de quelques

heures).

Même batterie à plat, le Philips Fidelio L3 autorise

un fonctionnement passif, grâce à son entrée sur

prise mini jack 3,5 mm.

Le plus bel équilibre

une scène sonore assez large mais surtout assez

profonde pour un casque nomade, le tout sans

accentuation de fréquence.

Tout comme le Shure Aonic 50 ou l’Audeze Penrose

(en mode Bluetooth), le Philips Fidelio L3 est un

casque à mi-chemin entre nomadisme et Hifi. Il

partage réellement quelques qualités de cette

dernière catégorie, en particulier sa maîtrise

générale et son niveau de détails. Il développe une

assurance qui lui permet de ne jamais forcer le trait.

Cela se remarque particulièrement dans les basses,

très profondes et amples, mais pas gonflées ni

débordantes comme cela peut être le cas avec le

casque Sony WH-1000Xm3. De même, il n’a pas

besoin d'adoucir les aigus (autour de 2-4 kHz), chose

que n'évitent ni le Sony ni le PX7 de Bowers &

Wilkins.

Les aigus, justement, sont peut-être le seul sujet de

reproche technique. En effet, quelques légères

imprécisions peuvent apparaître, même si

l'ensemble de cette gamme reste d'un très bon

niveau.

Un peu plus rond que le presque analytique Aonic

50 de Shure, le Philips Fidelio L3 est largement de la

même trempe sonore. Les deux possèdent la même

polyvalence, mais ne s'adressent sans doute pas

exactement au même public.

Luxueux et audiophile mais pas si dispendieux, le

Fidelio L3 cultive une image hybride du casque

audio, entre Hifi et nomadisme. Plus audiophile

mais moins technologique que les autres

concurrents haut de gamme, il ne plaira pas à tout

le monde mais saura immanquablement trouver son

public.

Spécifications

•Type : casque Bluetooth à réduction de bruit active

•Bluetooth 5.1

•Support des codecs : SBC, AAC, AptX, AptX HD

•Transducteurs dynamiques de 40 mm

•Réponse en fréquence annoncée : 7 Hz – 40 kHz

•Impédance : 16 Ohms

•Sensibilité : 103 dB/mW

•Autonomie annoncée : 32 h avec ANC, 38 h sans ANC

•Poids : 360 g

Véritable point fort des premiers modèles, la qualité

sonore du nouveau Fidelio L3 devrait, à bien des

égards, ravir l'audiophile nomade.

À ce titre, particulièrement en mode ANC,

l'équilibre sonore est assez bluffant mais pas parfait

(encore quelques oscillations). La signature est très

légèrement basseuse, mais propose une harmonie

des plus étonnantes. Le son ne souffre d'aucun

manque et ne présente aucun pic trop marqué. Au

contraire, la qualité technique de l'ensemble permet

de faire parfaitement ressortir les détails, de distiller

Notre avis

Construction

Performances

Ergonomie

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

57


TEST

SHURE

Aonic 40

Sorte d'Aonic 50 en plus abordable, le nouvel

Aonic 40 de Shure est un modèle qui se rêve en

véritable tueur de casque nomade de milieu de

gamme. L'experse Shure à prix contenu est-elle

pour autant synonyme de carton plein ?

par Guillaume Fourcadier

250 €

La densité crée la confiance

Très proche visuellement de son grand frère, le

Shure Aonic 40 n'est pourtant pas aussi premium.

Cette simplification se manifeste dans l'utilisation de

matériaux plus simples, la structure ponctuée

d'aluminium et de cuir cédant la place à un

assemblage essentiellement en plastique. Malgré ce

choix, ce casque parvient à proposer un excellent

niveau de finition. Entièrement pliable, l’Aonic 40

affiche une densité qui inspire une certaine

confiance quant à sa solidité et nous donne même

une meilleure impression qu'un classique comme le

WH-1000Xm3 de Sony.

S'il est un peu lourd (310 g), ce casque reste assez

confortable, avec des coussinets bien enveloppants

et sans serrage excessif. En revanche, il finit par

peser un peu sur le sommet du crâne lors de

longues sessions d’écoute.

Ergonomie classique, égaliseurs

personnalisables et système antibruit juste

pour faire bien

Comme pour son premier casque Aonic, Shure est

encore un peu frileux en ce qui concerne

l'ergonomie, faisant l’impasse sur les commandes

tactiles et les capteurs de proximité. Tout repose sur

les quelques boutons présents sur les tranches des

coques. À défaut de proposer la meilleure

expérience du genre, la marque ne se loupe pas ;

tout est classique et éprouvé.

L'application sur smartphone, ShurePlus Play,

apporte un vrai plus, mais qui paradoxalement ne se

trouve pas dans les réglages ergonomiques. La

grande force de cette application réside dans ses

égaliseurs, largement personnalisables et vraiment

efficaces.

Quel dommage, malgré une connectivité

irréprochable (support du Multipoint et de l’AptX

HD) de ne pas s'être concentré sur la réduction de

bruit. Comme pour l'Aonic 50, sur le nouvel Aonic

40, nous pouvons la qualifier de seulement

fonctionnelle, très loin de ce qu'apportent les ténors

en la matière. À l'inverse, il n’y a rien à dire

concernant l'autonomie, tout simplement royale :

nous avons mesuré environ 40 h avec l’ANC (Active

Noise Cancelling) activé en SBC/AAC.

58 ON-mag >> 2022-1

Des performances sonores inespérées

pour ce tarif

Il faut bien le dire, le prix de ce casque est une

surprise tant la qualité sonore tutoie déjà une

certaine excellence. Hormis en mode ANC off (trop

timide dans les basses), le Shure Aonic 40 est un

excellent exemple de performances et d’équilibre.

Clairement, il n'a pas à rougir face aux Bowers &

Wilkins PX7 et Sony WH-1000Xm4, pourtant bien

plus chers. Il ne développe notamment aucune

outrance sonore afin de pallier un éventuel manque

de technicité.

Sans jamais trop en faire, le Shure Aonic 40 propose

une scène sonore moyennement étendue mais

cohérente et précise, le tout servi par un bon niveau

de détails. Surtout, sa sonorité n'est ni ennuyeuse, ni

agressive, simplement un peu douce. Forcément,

cet aspect peu expansif rebutera les utilisateurs en

quête de sensations fortes. Mais même dans cette

optique, les excellents égaliseurs permettent de

suffisamment modifier la signature sonore pour

apporter ce qu'il faut d'excès.

Un casque pas encore parfait technologiquement

parlant, mais une vraie perle en matière de rapport

qualité/prix.

Spécifications

•Type : casque circum-auriculaire Bluetooth à réduction

de bruit

•Transducteurs de 40 mm

•Codecs audio Bluetooth : SBC, AAC, AptX HD

•Autonomie annoncée : 25 h avec ANC (codec AptX HD)

•Connexion Multipoint

•Poids : 310 g

•Inclus : housse de transport, câble USB-C, câble jack

Notre avis


Plaisir et découverte sonore.

Fabriqué à la main en France, le Corsa est la porte d'entrée audiophile chez Earsonics.

Fort de ses technologies EVS, FUSION et TrueWave, le Corsa répond aux attentes des audiophiles en

recherche de nouveauté et de rendu musical.

Le Corsa équipé de ses drivers propriétaires conçus exclusivement pour Earsonics, propose la meilleure

approche haute-fidélité des écouteurs d'Earsonics.

Handmade in France


TEST

TEUFEL

Real Blue NC (2021)

Nouvelle version d'un classique du constructeur

allemand Teufel, le casque Real Blue NC édion 2021

promet une expérience déjà audiophile, pour un tarif

relavement contenu (230 euros). L'expérience de la

marque, qui n'est déjà plus à prouver outre-Rhin, fera-telle

mouche cee fois-ci ? par Guillaume Fourcadier

Tout ce qu'il faut dans cette gamme de prix ?

230 €

Sur la forme, difficile d'être aussi exigeant avec un

casque accessible qu'avec un modèle premium.

Pourtant, sans faire dans le luxe, Teufel propose ici,

avec le Real Blue NC 2021, un modèle sans réel

défaut. La forme de ce casque, sans doute moins

originale que celle du précédent Real Blue NC,

présente une meilleure ergonomie des commandes

et offre surtout un meilleur confort.

Ce casque Teufel, certes tout de plastique, est ainsi

parfaitement assemblé, léger et doté d’une

structure pliable. Il évolue enfin vers une

connectique USB-C et adopte des coussinets

circum-auriculaires bien plus englobants

qu'auparavant.

À ce titre, il nous apparaît comme un excellent

casque de milieu de gamme, parfait pour le

quotidien.

Sans être irréprochable, l'ergonomie des

commandes repose sur un principe assez astucieux

et très convaincant en pratique : le joystick de

navigation. Ce petit appendice façon Marshall

Monitor ANC se manipule dans les quatre directions

(navigation et réglage du volume) et reste cliquable

afin de déclencher la pause et la lecture. À cela

s'ajoutent un simple bouton marche/arrêt/appairage

et un bouton servant à basculer entre les différents

modes de réduction de bruit. Une application

dédiée aurait sans doute enrichi l'expérience, mais

nous ne sentons pas vraiment de manque ici.

Une réduction de bruit encore au second

plan, mais de bons microphones

Teufel n'a pas encore passé le cap de la réduction

de bruit (ANC) efficace, et ce n'est pas cette

mouture 2021 du Real Blue NC qui changera la

donne. Ici, on a affaire à un casque à réduction de

bruit de milieu de gamme plus que moyen, déjà

dépassé par certaines références de chez

Soundcore à 80 euros. Avec l'ANC enclenché, les

bruits extérieurs dans le bas du spectre ainsi que les

médiums sont atténués de 10 dB voire 15 dB, jamais

plus, ce qui procure au final une isolation phonique

seulement correcte.

À l'inverse, les microphones fournissent une assez

bonne qualité en appel téléphonique. Plus

60 ON-mag >> 2022-1

intéressant encore, l'autonomie mesurée s’élève à

plus de 50 heures en fonctionnement, ce qui est un

immense plus.

Label équilibre sonore

Au-delà de cet aspect technologique en demiteinte,

la performance sonore du Teufel Real Blue

NC de 2021 est surprenante.

La marque paraît avoir tout compris à ce qui

constitue un bon casque nomade. Les basses sont

accentuées de manière régulière (afin de suivre le

déclin de l'oreille humaine dans ces fréquences) et

le reste du spectre profite d’un équilibre

absolument admirable.

C'est simple, presque aucun pic ni aucun creux de la

réponse en fréquence ne vient gâcher ou embellir

inutilement cette expérience sonore très riche. Le

Teufel Real Blue NC 2021 offre une restitution

simplement détaillée, avec une belle scène sonore,

qui brille d'une sage polyvalence. Sans le placer

forcément devant les meilleures références de chez

Bose ou Sony, nous apprécions davantage son

approche sonore, plus audiophile, plus raffinée.

Si seulement l'ANC était au niveau des bons

modèles, le Teufel Real Blue NC version 2021

toucherait à l'excellence.

Spécifications

•Type : casque Bluetooth circum-auriculaire à réduction

de bruit

•Puce Bluetooth 5.0

•Codecs audio supportés : SBC, AAC, AptX

•Transducteurs dynamiques de 40 mm

•Réponse en fréquence annoncée : 10 Hz – 20 kHz

•Autonomie annoncée : 55 h

•Poids : 280 g

Notre avis


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TEST

YAMAHA

500 €

YH-L700A

Évoluon du déjà haut de gamme YH-E700, le nouveau casque Yamaha YH-L700A est plus qu'une

simple itéraon, il se veut neement plus ambieux, et n'hésite pas à être plus dispendieux. Ici, le

constructeur japonais a mis le paquet sur les technologies en intégrant les codecs et foncons les plus

modernes, un système de réducon du bruit efficace, tout en développant une intrigante opon de

son 3D. Mais les 500 Euros demandés sont-ils jusfiés ? par Guillaume Fourcadier

Grandeur du passé

Prenant presque le contre-pied du design déjà

original du casque E700, Le YH-L700A oscille entre

un style moderne et rétro, avec ses formes

rectangulaires et ses revêtements originaux. Malgré

son orientation haut de gamme, le métal s'y fait

discret. Le plastique mat et accrocheur se mêle au

tissu et aux ilots de similicuir, sur ce casque aux

accents d'antique microphone.

Assez lourd (330 g), le Yamaha YH-L700 est d'un bon

degré de finition, et possède une structure pliable.

On ne constate pas de grincement, ou autre

problème de ce genre. Clairement, ce modèle

Yamaha est d'une finition supérieure à celle des

références haut de gamme de Sony par exemple.

Pourtant, nous lui ferons pas plus de louange.

Certains de ses concurrents, le Bang & Olufsen

Beoplay H9 et le Bowers & Wilkins PX7 en tête,

proposent un luxe incomparablement plus riche.

Comme tous les casques haut de gamme, ce

modèle est de type circum-auriculaire (les coussinets

entourent les oreilles). Si le confort et la tenue sont

globalement très bons, Yamaha ne tutoie pas

encore les sommets façon Sony et Bose. En effet, en

plus du poids qui se ressent sur les longues écoutes,

62 ON-mag >> 2022-1

l'YH-L700A n'est pas adapté aux petites têtes. Dans

notre cas, nous avons d'ailleurs été obligés de régler

l'arceau sur sa longueur minimale.

Ergonomie du compromis, application pour

la technologie

Sans surprise, Yamaha ne réinvente pas l'ergonomie

des casques audio. Le choix fait ici pour les

commandes est celui du tout en boutons, disposés

en deux groupes distincts.

Le premier groupe de boutons concerne la

navigation et le contrôle de volume, et vient se

placer sous la forme d'un trio intégré sur la surface

en similicuir de la coque de l'oreillette droite.

Premier petit accroc, il est assez difficile de

différencier les boutons au toucher, si bien que nous

avons, même après des semaines d'utilisation,

toujours tendance à tâtonner. Passé ce problème, il

est assez aisé de déclencher la lecture/pause, de

naviguer dans les pistes (appui long sur le bouton

de volume), et de modifier le volume.

Sur les tranches des oreillettes gauche et droite,

Yamaha dispose à la fois le bouton marche/arrêt/

appairage, l'activation/réglage de la fonction 3D, et

le bouton de réglage de la réduction de bruit.


L'expérience générale est convenable, mais il est

difficile d'être vraiment convaincu, surtout en

pensant au tarif du modèle. Celui-ci aurait au moins

pu adopter des capteurs de contact pour la lecture

et la pause automatiques.

En marge de cette ergonomie fort simple, l'YH-

L700A est compatible avec l'application Yamaha

Headphones Controller. Très épurée mais

stable,cette dernière se concentre totalement sur

les réglages sonores : ANC, 3D, ainsi que les

automatismes, comme le Listening Care

(optimisation de l'écoute à faible volume) et le

Listening Optimiser (compensation sonores des

"fuites" de son dues au placement des coussinets).

En revanche, aucune trace d'un égaliseur maison, ce

qui est selon nous un manque, car le casque est très

expressif.

Silence, on tourne

Première des grandes technologies intégrées, la

réduction de bruit active est assez bien gérée par le

casque Yamaha YH-L700A, à défaut de vraiment

défier les meilleurs. L'isolation phonique est

effective dès les plus basses fréquences, et restent

d'une certaine constance et d'une bonne efficacité

jusqu'aux aigus. On note tout de même un très

léger souffle dans l'ANC. Une fois dans les hautmédiums,

les coussinets seuls apportent une belle

atténuation, de la trempe d'un assez bon casque

fermé.

Deuxième technologie mise en place, la fonction 3D

"Sound Field", que le casque peut simuler à partir

d'une simple source stéréo.

Cette fonction intègre plusieurs modes (allant du

mode cinéma au mode musical), et peut surtout

fonctionner de concert avec une suivi des

mouvements de la tête. A l'instar de l'Audeze

Mobius, cela permet de définir la direction de la

scène sonore. Ainsi lorsque l'on regarde un

programme sur un écran, la scène sonore reste

callée sur celui-ci et ne se "déplace" pas lorsque

l'on bouge la tête, cela via un principe

gyroscopique.

A l'usage, il faut bien avouer que la 3D est plus

impressionnante sur les jeux vidéo et les films

d'action, où le rendu extrêmement pêchu et

enveloppant de cette technologie fait des

merveilles. Le rendu musical, quant à lui, dépend

énormément du genre, mais peut aller d'une

sensation de live très ample (sur les genres calmes),

à celle de simple écho artificiel voire désagréable.

que ceux des générations précédentes.

Ici, Yamaha reprend à peu près ce qui existe sur le

YH-E700, à savoir une signature globalement

équilibrée dans les médiums et les aigus, mais avec

un boost très conséquent dans les basses. Et ce

boost est encore plus fort avec ANC (système de

réduction du bruit) enclenché.

Difficile de trouver un modèle autant reversant dans

les basses fréquences, que ce soit en termes de

qualité ou de quantité. Excepté dans l'extrême

grave, où la distorsion commence à se faire

ressentir, le Yamaha YH-L700A est un monstre de

rondeur et d'énergie combinées, aussi à l'aise sur de

l'électro que sur le visionnage d'un blockbuster. Ce

niveau de basses a un prix, puisque l'écoute peut

rapidement devenir fatigante au-dessus d'un niveau

modéré. A l'inverse, une écoute à très bas niveau

fait déjà ressortir les qualités du morceau.

Cette accentuation est d'autant plus étrange que le

casque est très technique, précis, défini, et jouit

d'un certain équilibre sur le reste du spectre. A ce

titre, il conserve un très bon niveau de détail, une

scène sonore cohérente, et une richesse des timbres

qu'on ne retrouve pas même sur des casques

comme le WH-1000Xm3 de Sony.

Complet et innovant, le Yamaha YH-L700A ne

s'adresse tout de même pas à tous les utilisateurs,

que ce soit pour son caractère sonore presque

outrancier, ou pour son tarif très élevé.

Spécifications

•Type : casque Bluetooth à réduction de bruit active et

suivi 3D

•Puce Bluetooth 5

•Codecs supportés : SBC, AAC, AptX Adaptive (compatibilité

AptX et AptX HD)

•Prises : USB-C (recharge), Jack 3,5 mm

•Fonction 3D : algorithme Sound Field

•Certification HiRes (uniquement en filaire)

•Réponse en fréquence : 8 Hz – 40 kHz

•Autonomie : Jusqu'à 34 h avec ANC et sans 3D, jusqu'à

11 h avec Sound Field

•Poids : 330 g

•Accessoires inclus : câble USB-A vers USB-C, Câble Jack

3,5 mm vers Jack 3,5 mm, adaptateur pour prise avion,

housse de transport rigide

Notre avis

"Archi-basses" au pays de la qualité

Les sensations, et rien que les sensations ? On se

demande parfois ce qui pousse les marques audio

respectées, comme Sony, Sennheiser, et ici Yamaha,

à vouloir faire des casques toujours plus basseux

Construction

Performances

Confort

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

63


GRADO

RS1x

CASQUE REFERENCE

SIEA - 323 ch des Plaines – Bât D – 06370 Mouans Sartoux – tel 04.93.47.03.06

www.3d-lab-av.com


LES

ÉCOUTEURS

AVEC OU

SANS FIL


TEST

BANG &

400 €

OLUFSEN

Beoplay EQ

Plus ambieux écouteurs True Wireless de Bang & Olufsen à ce jour, les nouveaux

Beoplay EQ sont surtout les premiers de la marque à intégrer une réducon de bruit

acve. Bénéficiant des sciences luxueuses et sonores de la marque scandinave, ces EQ

auront fort à faire pour jusfier leur tarif parculièrement élevé de 400 euros.

par Guillaume Fourcadier

Comment maîtriser la forme

Sur la forme, B&O rate très rarement son coup. Sans

surprise, ce n'est pas aujourd'hui que la marque

nous décevra.

Les Beoplay EQ bénéficient d'un design assez

attirant, caractérisé par un dos au découpage

asymétrique et surmonté d'une plaque (tactile) en

aluminium anodisé. On ne parlera pas d'un sommet

de luxe, car le châssis demeure principalement en

polymère (avec une surface antidérapante), mais

tout est clairement au-dessus de la moyenne. Les

écouteurs atteignent une certification IP54, ce qui

est la norme actuelle pour les écouteurs zéro fil, pas

plus.

À l'inverse, les EQ auraient sans doute mérité une

petite cure d'amaigrissement. Nous pourrions leur

adresser le même reproche qu'aux Sony

WF-1000Xm4 : le confort qu’ils procurent est loin

d'être universel. Ainsi, les utilisateurs qui ont hérité

d'un petit espace entre le tragus et la conque de

leurs oreilles (là où les écouteurs se placent) aurontils

beaucoup de difficultés avec les Beoplay EQ. Les

autres trouveront des écouteurs se plaçant dans la

moyenne, plus stables qu'on ne pourrait le penser

66 ON-mag >> 2022-1

de prime abord, assez confortables à l'usage, mais

définitivement pas taillés pour un usage sportif (le

centre de gravité est trop à l'extérieur).

Plus impressionnante que les écouteurs, la boîte de

charge fait vraiment passer le produit du côté

luxueux de l'audio. Compacte, tout en aluminium

anodisé, irréprochablement assemblée, elle se

permet également de soigner la présentation des

écouteurs. Ceux-ci sont élégamment disposés de

chaque côté, presque affleurant dans leur encoche.

Enfin, le fond plat non-métallique permet d’assurer

une recharge par induction, en plus de la charge

USB-C.

L'ergonomie épurée à la mode scandinave

Antithèse de l'expérience façon Sony, Bang &

Olufsen œuvre pour une vraie simplicité, qui confine

presque à l'ascétisme.

À partir des écouteurs, il est possible de déclencher

la lecture/pause, de basculer entre les modes de

réduction de bruit, ou encore de régler le volume.

En revanche, la navigation entre les pistes audio est

impossible. Rien ne permet, via l'application,

d'arranger cela.


L'application Bang & Olufsen, justement, s'attache

au strict minimum. Il n'est par exemple pas possible,

outre les commandes, de régler l'intensité de la

réduction de bruit active ou du retour sonore. Pour

cette fonction, seules l'activation et la désactivation

d'un "ANC adaptatif" (il règle sa force en fonction

de la situation) sont possibles.

L'unique option vraiment utile reste l'intégration

d'un égaliseur à deux modes : prédéfini (5

préréglages) et Beosonic. Ce dernier s'affiche

comme une "roue sonore", qui permet de basculer

vers un son plus ou moins clair ou chaud, plus ou

moins percutant ou doux.

Dommage que Bang & Olufsen limite autant les

possibilités, car à défaut d'être tronquée,

l'expérience ne nous paraît pas aussi riche qu’on

pourrait l’attendre d’un modèle haut de gamme.

ANC déjà très convaincant

La réduction de bruit active (ANC) n'a jamais été

une spécialité de B&O, qui livre avec ses divers

casques des performances un peu en dents de scie.

La surprise est donc de taille ici, puisque l'ANC

intégré aux écouteurs Beoplay EQ est tout à fait

satisfaisant, voire davantage. En revanche, il est très

préférable de désactiver l'option ANC adaptative,

peu fonctionnelle en pratique.

Efficace dès les plus basses fréquences, la réduction

de bruit peut atteindre jusqu'à 20 dB voire 25 dB, ce

qui est une performance de la trempe de celle des

meilleurs du genre. Ce constat pourrait être

idyllique si l'isolation passive était un peu plus

importante (assez faible pour de vrais intras), que ce

soit avec les embouts classiques ou les embouts

Comply en mousse fournis.

Mais surtout, les Beoplay EQ ont un défaut assez

classique des écouteurs True Wireless à réduction

de bruit : le point de croisement entre l'ANC et

l'isolation passive, autour de 1 kHz, est marqué par

une isolation à peu près nulle, ce qui laisse des sons

bien précis déborder. Les Devialet Gemini nous ont

paru, d'une manière générale, supérieurs sur le plan

de la réduction de bruit.

Le mode Transparence, quant à lui, est assez

homogène dans sa reproduction. Sans être naturel,

le rendu est tout à fait convenable et seules les

fréquences au-delà de 4 kHz sont sensiblement

atténuées.

À défaut de se confronter aux Sony WF-1000Xm4 en

matière d'autonomie, les Beoplay EQ ont tenu,

selon notre protocole de test (sous codec AAC) un

peu moins de 6 h avec ANC, et un peu moins de 7 h

sans.

écouteurs à prendre en charge le récent codec AptX

Adaptive. De quoi afficher des performances

sonores de haute volée ? Oui, d'une manière

générale.

Avec ANC (ou Transparence), B&O mise sur une

accentuation assez marquée des basses, sans

débordement excessif, ainsi que sur une légère mise

en retrait des médiums. Les Beoplay EQ n'ont pas la

maîtrise technique des Devialet Gemini dans le bas

du spectre, mais se calent pourtant dans les

meilleurs élèves, avec un rendu ample et très

propre. Nous aurions seulement pu espérer un son

encore un peu plus percutant.

Sans ANC, le boost dans les basses se fait plus

discret, les médiums sont plus équilibrés, ce qui

aère légèrement l'écoute. D'un point de vue

audiophile, c'est le mode à privilégier, bien qu'il ne

transcende pas l'expérience.

Très passe-partout, les Beoplay EQ insistent sur une

écoute polyvalente, relativement douce, marquée

toutefois par quelques pics bien placés dans les

aigus. Nous n'atteignons pas la richesse offerte par

les B&W PI7 dans le haut du spectre, mais les

Beoplay EQ se rattrapent justement par ce côté

légèrement granuleux de l'écoute, un peu vinylique.

Rien n'est jamais froid avec eux.

De son côté, la scène sonore est cohérente, avec un

excellent niveau de détails. Néanmoins, la

séparation des instruments, ou plutôt la profondeur

de cette scène, n'a malheureusement rien

d'exceptionnel.

Spécifications

•Type : écouteurs True Wireless à réduction de bruit

active

•Transducteurs dynamiques de 6,8 mm

•Puce Bluetooth 5.2

•Codecs supportés : SBC, AAC, AptX Adaptive (compatibilité

AptX et AptX HD)

•Autonomie annoncée : jusqu'à 7 h 30 sans réduction de

bruit, 20 h de plus avec le boîtier

•Certification IP54

•Embouts : 4 tailles d'embouts en silicone, 1 paire d'embouts

Comply en mousse

•Poids : 8 g par écouteur, 50 g pour le boîtier de charge

•Déclinaison : noir, blanc sable

Notre avis

Construction

Ergonomie

Un son riche, si possible sans ANC

Équipés d’un transducteur de 6,8 mm, les B&O

Beoplay EQ font également partie des rares

Performances

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

67


TEST

EARSONICS

Grace Platinum

Fer de lance de la marque française Earsonics,

les Grace Planum s'affichent comme une

évoluon plus technique et bien plus luxueuse

des Grace HR. Des écouteurs au sommet de la

pyramide audiophile ?

par Guillaume Fourcadier

Du luxe plaqué au platine, gare au poids !

Sans surprise, nous retrouvons sur les Grace

Platinum le virage métallique engagé par Earsonics

depuis ses modèles Stark et Blade. Mais l'objet va

bien au-delà de ce que la marque a déjà produit. Le

fabricant propose ici un modèle très luxueux, au

châssis tout en zinc-magnésium, qui plus est plaqué

à la feuille de platine.

Si l'on omet la présence de deux minuscules vis, rien

ne vient troubler l'harmonie de cette robe rutilante.

La sensation de solidité est plus que présente, voire

parfaite, ce qui se traduit tout de même par un

poids conséquent. Avec leur armure de métal et

leurs dix transducteurs, chaque écouteur pèse pas

moins de 17 g, ce qui se ressent quand on les porte.

Pourtant, bien que le confort ne soit pas parfait, il

reste suffisant pour les longues sessions d'écoute.

Assez volumineux, les écouteurs ne sont pas trop

difficiles à placer dans les oreilles et restent

relativement bien en place. Surtout, les câbles

torsadés en argent utilisés (livrés avec terminaisons

jack 3,5 mm et jack 4,4 mm) éliminent en très grande

partie les éventuels bruits microphoniques.

Cœur d'acrylique, chœur d'or

Directement dérivés des Grace HR, les Grace

Platinum partagent la même architecture quatre

voies et déca-transducteurs (10 transducteurs à

armature balancée !). Le tout est ici placé dans un

cœur en acrylique imprimé en 3D à l'intérieur de

l'enveloppe zinc-magnésium.

Avec ces écouteurs, Earsonics place les basses un

peu en avant (ce qui n'est pas souvent l'apanage

des écouteurs utilisant des transducteurs armature

balancée), tout en privilégiant la clarté au tranchant.

Cela permet de combiner détails (encore supérieurs

à ceux délivrés par les Grace HR) et musicalité et de

les porter à un degré d'excellence. Sans tomber

dans les travers presque voilés de certains anciens

écouteurs Earsonics, les Grace Platinum lissent

légèrement les fréquences "tranchantes", tout en

accentuant subtilement les fréquences plus "claires"

autour de 10 kHz.

Nous ne pouvons donc pas parler d'un maître de

l'équilibre sonore, mais cela ne diminue pas la

68 ON-mag >> 2022-1

qualité du produit. Earsonics sacrifie ici légèrement

la démonstration technique au profit d'une

musicalité extrêmement riche.

Très cohérente, la scène sonore est placée

légèrement en avant, ce qui permet d'étager à la

perfection les plans sonores et les différents détails.

Ces Earsonics Grace Platinum sont des vrais rois du

détail. La scène stéréophonique présente une assez

bonne ampleur, mais tout de même en deçà de

celle des modèles mono-transducteur (dynamique)

comme les Sennheiser IE 900 par exemple.

Très simples à alimenter et parfaitement musicaux à

bas volume, ces écouteurs ne trouvent leurs limites

sur aucun style de musique en particulier. Cette

polyvalence, tout en nuances sonores, va de pair

avec une maîtrise parfaite des deux extrémités du

spectre audible. Rien ne déborde jamais de ces

basses très enveloppantes et réactives, ni de ces

aigus clairs et ciselés. Avec des médiums encore

mieux équilibrés, la copie aurait été parfaite.

Sans être totalement au-dessus de la mêlée, les

écouteurs Earsonics Grace Platinum, tout en

développant un caractère bien trempé, ne

franchissent jamais la limite entre musicalité et

exagération.

Spécifications

•Type : écouteurs intra-auriculaires filaires

• 3 voies, 10 transducteurs à armature équilibrée

•Corps en alliage de magnésium et de zinc, recouvert

d'une feuille de platine, cœur interne en acrylique imprimé

en 3D

•Réponse en fréquence : 10 Hz – 20 kHz

•Impédance nominale : 26,6 ohms

•Sensibilité : 119 dB/mW

Notre avis

1900 €



TEST

JABRA

Elite 7 Active

Avec ses Elite 7 Acve, évoluon directe des

excellents Elite 75T, Jabra entend perpétuer

cee gamme si atypique, dans une version

encore plus moderne. La promesse ? Des

écouteurs taillés pour un usage sporf intense

et animés par l'excellent écosystème Jabra.

par Guillaume Fourcadier

180 €

Prêts à souffrir

Sans révolutionner la formule des 75T, Jabra la

perfectionne. Les Elite 7 Active sont plus compacts,

ce qui rend leur port d'autant plus universel.

Plus impressionnant encore : les Elite 7 Active

conservent la résistance IP57 (totalement

waterproof) dont profitaient les Elite 75T Active et

promettent même d'être résistants à la sueur grâce

à un nouveau revêtement accrocheur, le ShakeGrip.

Tous ces points permettent à ces écouteurs, de type

semi intra-auriculaires (canules courtes), d’offrir un

bon confort et une excellente tenue, même pour les

sports intenses, pour peu que l'on choisisse les

embouts adaptés dans la panoplie fournie.

Isolation phonique passive efficace, isolation

active bien étrange

Afin que ses Elite 7 Active restent efficaces en usage

sportif, Jabra les dote non pas de surfaces tactiles

mais de boutons invisibles (sous le revêtement

ShakeGrip). Grâce à une disposition pertinente,

l'ensemble des commandes classiques, navigation

et volume, peuvent être pilotées depuis les

écouteurs. À cela s'ajoute l'application Jabra

Sound+, qui apporte à la fois un égaliseur et des

réglages avancés. Celle-ci représente l'archétype

d'une application complète et simple d'utilisation.

La connectivité Bluetooth est tout aussi brillamment

exécutée, avec un signal stable et longue portée. Si

les codecs audio sont limités au duo SBC/AAC,

Jabra promet à l'avenir (via mise à jour) une

compatibilité Multipoint.

La seule ombre au tableau vient du système de

réduction de bruit active (ANC) des Jabra Elite 7

Active. L'effet de celui-ci semble passablement

tronqué. Ici, la réduction de bruit n'est pas

automatique, mais s'utilise via un réglage manuel

dans l'application. Difficile à maîtriser, ce réglage ne

permet d'atténuer que quelques maigres décibels

dans les basses fréquences, mais pas vraiment plus.

Pour contrebalancer cela, l'isolation phonique

passive (par le biais des seuls embouts intraauriculaires)

est déjà d'un très bon niveau.

Un bien plus grand équilibre, pour une

même technicité

Les Jabra Elite 65T et 75T ne cachaient pas leur

préférence basseuse. Ici, Jabra met de l'eau dans

son vin et affiche une signature sonore

étonnamment équilibrée, bien que celle-ci dépende

en partie de la morphologie du porteur. Les basses

sont certes accentuées, mais de manière bien plus

discrète et mesurée.

Surtout, les écarts sur le reste des fréquences

tiennent dans un mouchoir de poche, ce qui

autorise une véritable polyvalence.

Il n'y a plus, ou presque, les quelques brillances

excessives des anciens modèles, ni les quelques

débordements de basses hasardeux. Pour un peu

plus d'expressivité, les égaliseurs Sound+ sont

toujours là.

Cependant, si les Jabra Elite 7 Active affichent un

niveau de performances acoustiques de bon niveau,

l’approche n’est pas encore totalement audiophile.

Nous sentons bien, sur des morceaux complexes,

que les aigus et les basses ne bénéficient pas

encore de la maîtrise dont font preuve les grands

écouteurs comme les Sennheiser Momentum TW,

de l'ouverture et du niveau de détails des meilleurs.

Toujours aussi bien conçus à défaut d'être parfaits,

les nouveaux Jabra Elite 7 Active sont des écouteurs

parfaits pour un usage quotidien et sportif.

Spécifications

•Type : écouteurs zéro fil à réduction de bruit active

•Puce Bluetooth 5.2

•Codecs supportés : SBC, AAC

•Certification IP57

•Transducteurs dynamiques de 6 mm

•Autonomie : jusqu'à 8 h

•Poids : 5,5 g par écouteur

Notre avis

70 ON-mag >> 2022-1


AvecMojo2,commencezl’aventure!

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Informationetpointsdevente


TEST

LG

190 €

Tone Free FP8

À l’image de beaucoup d’autres marques pas seulement issues du domaine de l’audio, LG

propose des écouteurs totalement sans fil (ou True Wireless) avec des commandes

tacles directement accessibles sur les oreillees. Proposés à 189 € et venant

concurrencer les Apple AirPods 2, Oppo Enco X, Jabra Elite 85T ou JBL Live Pro+ pour ne

citer qu’eux, les écouteurs LG Tone Free FP8 sont les modèles les plus haut de gamme du

fabricant sud-coréen. Ils profitent d’un son opmisé par Meridian, partenaire de LG

depuis plusieurs années, d’une foncon de réducon de bruit et d'un boîer de charge

anbactérien UVnano, une différence face à la concurrence.

par Sylvain Pichot

Les nouveaux écouteurs LG Tone Free FP8 sont

déclinés en trois finitions : noir, blanc ou bronze.

Nous avons testé ces écouteurs dans leur version

noire. Le boîtier est exactement dans le même ton

et présente une forme ronde. Une légère encoche à

l’avant permet d’attraper assez facilement la partie

supérieure pour l’ouvrir. Un sticker avertit l’utilisateur

du traitement spécifique dont l’intérieur profite :

une lumière UV-C LED qui élimine jusqu’à 99,9% de

certaines des batteries présentes sur les bouts des

écouteurs, selon le fabricant. Notez que cette

fonction est active exclusivement lorsque le boîtier

est branché électriquement.

Les écouteurs sont très petits, avec une tige plus

courte que celle des Huawei FreeBuds 4i, par

exemple. Chaque écouteur intègre trois

microphones. Le premier est situé au bout de la

tige. Le second est installé juste au-dessus de celleci

alors que le troisième est plutôt du « côté

intérieur », proche du détecteur de proximité qui

permet de stopper automatiquement la musique

lorsqu’on enlève l’un des écouteurs de l’oreille et de

72 ON-mag >> 2022-1

reprendre immédiatement la lecture dès qu’on

remet l’écouteur en place. Les écouteurs tiennent

assez bien dans les oreilles et peuvent supporter

une activité physique, sans trop forcer malgré tout.

Ils sont certifiés IPX4, résistant à la sueur et aux

éclaboussures. Ils sont légers : comptez 5,2 g par

écouteur. À titre de comparaison, les Huawei

FreeBuds 4i pèsent 5,5 g (par écouteur).

Les commandes sont tactiles. En tapant une fois sur

le haut de la tige, on met la musique en pause.

Deux pressions permettent de gérer le volume

tandis que trois tapes commandent le passage à la

chanson suivante ou précédente. Un appui long

active la fonction de réduction de bruit ou l’écoute

du son ambiant pour les conversations et annonces.

Le système est plutôt réactif. Il peut toutefois arriver

qu’il zappe une pression, provoquant quelques

erreurs de commandes, surtout au début. Notez

que les commandes peuvent être personnalisées

depuis l’application LG Tone Free, disponible

gratuitement sur les plateformes Google Play ou

App Store.


L’application : relativement complète, avec

courbes d'égalisation et commandes

personnalisables

L’application n’est pas obligatoire pour écouter de

la musique avec les Tone Free FP8 puisqu’une

simple liaison Bluetooth peut suffire. Nous

conseillons tout de même de la télécharger car elle

permet d’étendre les fonctions des écouteurs et

d’en assurer la personnalisation.

À l’ouverture du boîtier, une notification mentionne

le niveau de batterie de chaque écouteur ainsi que

celui du boîtier, ce qui est une bonne chose. Un

résumé des commandes est disponible sur

l’application pour y revenir en cas d’oubli (au début).

On profite aussi d’un égaliseur et de la possibilité

d’activer les fonctions de réduction de bruit ou pour

écouter les conversations proches. Il y a quelques

profils audio prédéfinis avec deux modes son

complètement personnalisables, ce qui est

appréciable. Impossible en revanche de changer les

commandes qui permettent de prendre un appel

téléphonique, de raccrocher ou d’activer la fonction

de réduction de bruit. Si vous avez égaré vos

écouteurs, l’application permet de déclencher un

bip pour les retrouver. Cela fonctionne dans un

environnement plutôt restreint - la sonnerie peut

être entendue depuis une pièce adjacente, pas

beaucoup plus loin - mais ce type de service est

toujours pratique. Les notifications reçues par le

smartphone peuvent aussi être lues.

À l’usage : un son très naturel et sans excès

Pour diffuser de la musique, des podcasts ou la

simple voix d’un interlocuteur, les écouteurs LG

Tone Free FP8 disposent chacun d’un transducteur

de 8 mm. Ils sont compatibles Bluetooth 5.2 avec

prise en charge des formats SBC et AAC, le

minimum. La portée de la liaison sans fil est tout à

fait satisfaisante puisque nous avons réussi à écouter

de la musique sans coupure alors que le

smartphone source était placé un étage plus bas,

dans un sous-sol. L’isolation phonique passive est

correcte grâce aux embouts prévus à cet effet.

Lorsque la réduction de bruit est activée, nous

n’avons pas ressenti la sensation de bulle

protectrice que l’on peut avoir avec des casques

fermés. À l’usage, les bruits environnants sont certes

atténués, mais pas totalement et il ne faut pas

s’attendre à ne plus rien entendre dans un avion,

par exemple. Le bruit sourd de ce moyen de

transport est toujours présent à l’oreille. Pour le

métro, c’est un peu plus pertinent même si le bruit

ambiant n’est pas totalement annulé. Assis à un

bureau, le son produit par les touches d’un clavier

classique n’est pas perceptible, ce qui est une

bonne chose. Avec la réduction de bruit activée, le

son n’est pas dénaturé et on retrouve bien la

signature sonore Meridian à l’écoute ; celle-ci est

claire, sans excès et naturelle. On apprécie. En

revanche, il peut manquer un peu de basses, et ce,

même si la fonction Bass Boost est activée depuis

l’application. Une fonction Treble Boost (pour les

aigus) est également disponible et peut servir

notamment pour écouter certains styles de

musique, dont le jazz et le classique. Nous nous

attendions à une scène sonore plus large que celle

que nous avons pu constater avec ces écouteurs.

Une autonomie de 10 heures annoncée pour

les écouteurs, assez surestimée

Officiellement, LG annonce une autonomie de 10

heures avec une seule charge, sans activer la

fonction de réduction de bruit. Nous avons utilisé

les écouteurs pendant deux heures avec la fonction

ANC activée et avons constaté être passés de 100%

à 60% en réalisant nos écoutes à un volume moyen.

Cela donne une autonomie de seulement 5 heures

avec l’ANC activé, inférieure à celle des Huawei

FreeBuds 4i, par exemple, qui tiennent 7 heures

dans les mêmes conditions. LG promet 1 heure

d’autonomie (sans l’ANC activé) pour seulement 5

minutes de charge. Le boîtier peut être rechargé sur

une base sans fil Qi.

Spécifications

•Type : écouteurs True Wireless à réduction de bruit

active

•Connexion : Bluetooth 5.2

•Codecs supportés : SBC, AAC

•Transducteurs de 8 mm

•Certification IPX4

•Boîte de recharge : charge par USB-C, UVnano

•Autonomie annoncée : 5 h avec ANC, 10 h sans ANC, 3

recharges supplémentaires avec la boîte

•Embouts : 3 paires d'embouts en silicone

•Poids : 5,2 grammes par écouteur

Notre avis

Construction

Performances

Ergonomie

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

73


TEST

ONEPLUS

Buds Pro

150 €

On aend plutôt la marque OnePlus dans le domaine des smartphones, mais le constructeur a

décidé de se lancer également sur le marché des écouteurs intra-auriculaires avec plusieurs

modèles, filaires ou non, dont les plus haut de gamme sont les Buds Pro, tacles, totalement

sans fil et profitant d’un système d’aénuaon des bruits environnants. Venant se froer à la

concurrence tous azimuts, ils veulent défendre une certaine idée de la liberté avec un son

chaleureux et une ergonomie opmisée.

par Sylvain Pichot

Quasiment tous les fabricants de smartphones

proposent, en même temps que leur dernier

smartphone à la mode, une paire d’écouteurs True

Wireless et si possible avec une fonction

d’atténuation des bruits environnants (ANC).

OnePlus ne déroge pas à cette règle et compte

désormais dans son catalogue quatre références

d'écouteurs, dont une filaire. Les trois autres sont

totalement sans fil depuis l’entrée de gamme avec

les Buds Z, puis les Buds et maintenant les Buds Pro,

disponibles depuis quelques semaines à peine. Ces

derniers sont les seuls à proposer la fonction ANC

et viennent se frotter aux ténors du marché déjà très

bien organisés dans ce domaine, à l’image des Sony

WF-1000XM4, la référence, ou des Devialet Gemini

et Bowers & Wilkins PI7 pour ne citer que ceux-là.

74 ON-mag >> 2022-1

Toutefois, les Buds Pro de OnePlus sont disponibles

pour un tarif moins élevé et il faut aussi le prendre

en compte lorsqu’on les introduit dans nos oreilles

pour les tests.

Esthétiquement, les Buds Pro de OnePlus sont assez

jolis. Chaque écouteur pèse 4,35 grammes, se

plaçant donc parmi les plus légers du marché. À

l’usage, d’ailleurs, disons-le tout de suite, on peut

passer plusieurs heures avec ces écouteurs dans les

oreilles sans que cela ne dérange plus que cela. Ils

sont livrés avec trois paires d’embouts confortables

en silicone qui permettent d’assurer une première

isolation phonique passive des bruits extérieurs.

Leur design est assez similaire à celui des fameux

AirPods d’Apple - difficile de ne pas faire le

rapprochement entre les deux produits.


Les OnePlus Buds Pro sont proposés en blanc/

chrome ou noir/chrome - c’est cette dernière

version que nous avons pu tester. Il faut pincer la

tige chromée pour exécuter une commande. Un

pincement permet de mettre en pause. Deux

servent à passer au titre suivant, etc. Au début, on a

un peu de mal à bien saisir naturellement la tige

pour contrôler la lecture de la musique. On se dit

alors qu’une tape ou un effleurement est plus facile

à réaliser. Mais, au final, on se rend compte qu’on

est ainsi plus précis, une fois l’habitude prise de

lever le bras pour attraper la tige et la pincer à une

ou plusieurs reprises. Les écouteurs sont agréables à

manipuler, car ils profitent d’un revêtement doux et

finalement assez peu salissant. Ils s’attrapent

facilement dans leur étui qui sert également,

comme pour tous, de solution de recharge. Ils sont

maintenus par un aimant, assez fort pour ne pas les

faire tomber si on tient l’étui ouvert à l’envers, mais

pas trop insistant non plus pour ne pas rendre leur

saisie difficile. Un très discret bouton permet de

lancer la phase d’appairage avec un smartphone ou

un autre appareil Bluetooth. Assez compact, le

boîtier mesure environ 6 cm sur 5 cm pour un peu

moins de 2,5 cm d’épaisseur et peut être facilement

glissé dans une poche ou dans un sac à dos sans

encombrer. Il se charge par une prise USB-C tandis

qu’un câble de seulement 20 cm est livré avec.

Notez la possibilité de le charger sur un support

sans fil, par induction, compatible Qi. Par exemple,

nous avons pu le charger à l’arrière d’un smartphone

OnePlus 9 Pro, via la fonction de charge inversée de

ce dernier, comme nous avons également pu le faire

pour les écouteurs Sony WF-1000XM4.

Les écouteurs trouvent une place naturelle au creux

des oreilles sans effort et sans pression, avec le bon

embout. Ils tiennent plutôt bien et sont même aptes

à vous proposer de la musique lorsque vous faites

un jogging, par exemple, en restant à un petit

rythme malgré tout. Les activités plus intenses ne

sont pas vraiment conseillées notamment en

extérieur, au risque d’une chute et d’une perte de

l’un des écouteurs. On apprécie qu’ils soient

certifiés IP55, pouvant ainsi résister aux projections

d’eau et à la sueur, autorisant leur port en cas de

pluie - pour une séance sportive, par exemple. Le

boîtier est également certifié IPX4, ce qui signifie

qu’il est aussi protégé contre l’eau, mais pas contre

une immersion totale.

à tous les paramètres des écouteurs. Si vous

possédez un téléphone portable OnePlus appairé, il

vous suffit de vous rendre dans les paramètres du

mobile pour réaliser les réglages nécessaires.

Dès qu’on ouvre le boîtier, une notification apparaît

sur l’écran du téléphone pour mentionner le niveau

de batterie des deux écouteurs et du boîtier luimême,

ce qui est très pratique. Malheureusement,

cette notification n’est pas interactive : on aurait

bien aimé pouvoir appuyer dessus et se retrouver au

sein des paramètres des écouteurs pour effectuer

quelques réglages si nécessaire. Au lieu de cela, il

faut aller dans Bluetooth et Connexion, taper sur la

roue crantée en regard des écouteurs sur l’écran

puis sélectionner le menu Casque. Ouf. C’est un

peu long…

Il est alors possible de définir le niveau de contrôle

du bruit environnant (bas, intelligent ou maximum),

arrêter la fonction ANC ou choisir le mode

transparence qui permet de capter une conversation

autour de soi sans avoir à enlever les écouteurs des

oreilles. Comme évoqué précédemment, c’est aussi

là qu’on peut personnaliser les commandes. Le Zen

Mode Air permet d’écouter des sons naturels

apaisants. Ceux-ci sont directement téléchargés

dans la mémoire des écouteurs, ce qui signifie que

vous pouvez vous éloigner de la source pendant la

lecture. Pourquoi pas.

Ce qui est plus pertinent, c’est la fonction de test

d’ajustement des écouteurs. Cela consiste à

effectuer un essai audio pour que le dispositif

analyse le conduit auditif et adapte au mieux le

rendu sonore. Rappelons aussi que la lecture est

Notre avis

Spécifications

•Type : écouteurs True Wireless à réduction de bruit

•Connexion : Bluetooth 5.2

•Codecs supportés : SBC, AAC, LHDC

•Transducteurs de 11 mm

•Certification IP55

•Boîte de recharge : charge par USB-C, certifiée IPX4

•Autonomie annoncée : 5 h avec ANC, 7 h sans ANC, 4 recharges

supplémentaires avec la boîte

•Embouts : 3 paires d'embouts en silicone

L’application pour ceux qui n'ont pas de

smartphone OnePlus

La personnalisation des commandes de contrôle de

la musique passe par une application si vous ne

disposez pas d’un smartphone de la marque.

Téléchargez alors HeyMelody qui vous donne accès

Construction

Performances

Ergonomie

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

75


automatiquement arrêtée lorsqu’on enlève les

écouteurs des oreilles. Très efficace au cours de

notre test, cette fonction peut être désactivée si

besoin. Enfin, depuis les paramètres (ou

l’application), il est possible de déclencher un bip

pour retrouver l’un ou l’autre des écouteurs égarés

(à une distance raisonnable tout de même).

À l’écoute : des basses et de l'ampleur

Les écouteurs OnePlus Buds Pro sont équipés de

transducteurs de 11 mm, ce qui est assez important

par rapport aux autres dispositifs similaires

disponibles sur le marché. Ils délivrent un son

particulièrement chaud avec des sonorités très

agréables et satisfaisantes, notamment pour des

styles de musique électroniques et rythmées. On a

droit à de nombreux détails et un son tout à fait

cohérent. Pour du jazz ou des morceaux unplugged,

c’est un peu plus délicat, même si les écouteurs s’en

sortent ; ils arrivent à retranscrire une scène sonore

assez large et suffisamment précise au regard du

prix demandé. Nous n’avons pas constaté de

distorsion et on profite globalement d’une bonne

dynamique, quel que soit le niveau de volume.

La fonction de réduction des bruits environnants

peut être réglée sur trois modes différents. Le mode

intelligent ne nous a pas paru très pertinent, à la

différence du mode maximum, nettement plus

efficace. Le constructeur annonce une réduction de

40 dB. Lorsque la fonction est activée, une petite

bulle semble s’être formée autour de nous et on

peut effectivement beaucoup moins entendre les

76 ON-mag >> 2022-1

bruits de roulement d’un métro, jusqu’à presque ne

plus les percevoir. Assez bizarrement, le système a

un peu plus de mal à contrer les conversations des

personnes qui se trouvent à proximité, ce qui peut

être un peu désagréable dans certains

environnements comme les open-spaces, par

exemple.

Les écouteurs renferment plusieurs microphones.

Utilisés pour capter les bruits environnants afin de

pouvoir les atténuer le plus possible, ils servent

également lors des conversations téléphoniques.

Dans ce cas, ils se sont révélés d’une très bonne

tenue, permettant à nos correspondants de nous

entendre avec un niveau sonore suffisant et de

manière plutôt intelligible.

Proposés à un tarif inférieur à 150 €, les écouteurs

OnePlus Buds Pro présentent, selon nous, un très

bon rapport qualité/prix.

L’autonomie : 5 h pour les écouteurs seuls

avec ANC, multipliées par 5, 6 ou 7

Avec la fonction de réduction de bruit activée, les

écouteurs nous ont permis de profiter de la musique

pendant 5 heures d’affilée avec un codec AAC et le

volume à la moitié de sa puissance maximale. C’est

correct, mais sans plus. Cela correspond à

l’autonomie annoncée par le fabricant. La bonne

nouvelle, c’est que le boîtier permet 5 recharges

complètes, autorisant plus de 25 heures d’écoute au

total avec la fonction ANC activée et jusqu’à 38

heures sans.


ON-mag c’est aussi...


TEST

PHILIPS

Fidelio T1

Glorieuse gamme du

constructeur Philips, Fidelio est

synonyme de luxe et de son

audiophile depuis de

nombreuses années. Les récents

casques Fidelio L3 et Fidelio X3,

ou encore la barre de son Fidelio

B97, ont tous montré que Philips

n'avait rien perdu de sa belle

science. Premiers écouteurs true

wireless du constructeur, les

Fidelio T1 se placent

logiquement parmi les modèles

haut de gamme du marché.

par Guillaume Fourcadier

300 €

Luxe fidèle, mais confort bien peu universel

Avec les écouteurs true wireless T1, l'expérience

luxueuse Fidelio est décidément bien au rendezvous.

Si nous pouvions craindre que Philips ne

parvienne pas à reproduire le sérieux de ses

casques audio, ici la marque nous fait clairement

mentir. Ses écouteurs sont un pur exemple de

raffinement, malgré leur volume conséquent.

Plus que l'assemblage en lui-même, c'est le couple

design/matériaux qui nous impressionne. Le dos

des écouteurs, par exemple, est entièrement

recouvert d'aluminium brossé du plus bel effet. La

zone tactile, présente sous la forme d'un petit cercle

surélevé, confère une certaine classe à ce produit

pourtant assez sobre. La face intérieure est quant à

elle revêtue d'une matière antidérapante tout aussi

sérieuse. L'ensemble est "seulement" certifié IPX4

(la norme pour l'essentiel des écouteurs), mais cela

n'altère en rien la qualité de la formule.

Ce luxe se reflète d'autant plus dans la boîte de

charge, véritable petit colosse (pour ce type de

produit) d'aluminium anodisé, dont le capot se pare

d’une petite touche de cuir Muirhead. Aucun jeu

n'est à déplorer au niveau de la charnière et la

78 ON-mag >> 2022-1

densité apporte une sensation de solidité qu'on ne

retrouve que chez quelques références luxueuses de

Klipsch ou Master & Dynamic.

Mais les dimensions de l'ensemble ont un revers.

Difficile d'envisager de ranger la boîte dans une

poche de pantalon. Le problème des écouteurs est

un peu plus profond, car il touche directement au

confort.

D’une forme proche de celle des Sony

WF-1000Xm3, les Fidelio T1 sont tout sauf

confortables, en tout cas pas de manière universelle.

Leur canule, bien qu'assez courte, est

particulièrement large, ce qui est assez gênant dans

l'oreille. Dommage, car Philips livre des embouts en

mousse de chez Comply, en plus des embouts en

silicone.

Une ergonomie bas de gamme

La zone tactile assez large des écouteurs Philips

Fidelio T1 aurait pu être la promesse d'une

ergonomie complète. La marque l'a

malheureusement joué petits bras. Seul l'écouteur

droit permet un début de navigation, à savoir la

lecture/pause et le passage à la piste suivante


(respectivement via un et trois appuis). En plus de

cela, il est possible de basculer entre les modes de

réduction de bruit. L'écouteur gauche, quant à lui,

ne permet que d'appeler l'assistant vocal du

téléphone. Une austérité ergonomique tout

simplement ridicule pour un produit haut de

gamme.

Ce n'est pas l'application Philips Headphones qui

arrange réellement les choses, puisqu’en plus de

manquer de stabilité, elle n'autorise que quelques

réglages assez superficiels. Seules quatre courbes

d'égalisation sont par exemple disponibles, nonpersonnalisables

qui plus est. La comparaison avec

l'application de Sony est particulièrement sévère.

Une technologie à maturité

Si l'ergonomie et le confort déçoivent, ce n'est

heureusement pas le cas de la conception

technique des Philips Fidelio T1.

La connectivité, pour commencer, est presque

irréprochable. En plus de l'intégration d'une

connexion Bluetooth multipoint (connexion à

plusieurs appareils à la fois), chose rare sur ce type

d'écouteurs, les Fidelio T1 prennent en charge le

très qualitatif codec LDAC de Sony. À ce jour, seule

une poignée d'écouteurs true wireless peuvent se

targuer d'une telle fiche technique. Ces bonnes

surprises vont de pair avec une excellente stabilité

de connexion.

Bien qu’il ne soit pas aussi impressionnant que celui

des Sony WF-1000Xm4 ou des AirPods Pro, le

système de réduction des bruits extérieurs (ANC)

reste d'un niveau satisfaisant. Nous aurions pu en

attendre encore un peu plus dans les très basses

fréquences et dans les haut-médiums, mais Philips

assure l'essentiel et permet déjà aux Fidelio T1 de

placer l'utilisateur dans une petite bulle de calme.

En outre, le retour sonore (mode Transparence) est

étonnamment naturel.

Mais la performance la plus remarquable concerne

sans conteste l'autonomie. Lors de nos tests, nous

avons mesuré 8 h 45 avec ANC et plus de 12 h 30

sans ANC. Une performance à la hauteur des

champions du genre.

L'hybride c'est la vie ?

Fidelio T1 se démarquent clairement du tout-venant

par une qualité technique digne du haut de gamme.

Les aigus, bien qu'un peu trop mis en avant sur

certaines fréquences, n'en ont pas moins les

qualités et la maîtrise que l'on peut attendre de

bons transducteurs à armature balancée.

Les basses, légèrement mises en avant également,

ne débordent jamais sur les médiums et conservent

une maîtrise suffisante pour briller sur tous les styles

de musique. De manière assez atypique, le mode

ANC fournit les meilleurs résultats, car avec lui, le

son est plus équilibré dans les médiums (légère

accentuation des bas-médiums dans les autres

modes). Nous conseillons également l'utilisation des

embouts en mousse à mémoire de forme Comply,

qui affinent légèrement la restitution dans les aigus.

Les Philips Fidelio T1 développent un chant

légèrement clair à l'oreille, pas neutre mais

suffisamment équilibré pour rester polyvalent. Le

niveau de détails, l'ouverture, la scène sonore, tous

ces points font que ces écouteurs sont parmi les

excellents élèves du genre. Les Sony WF-1000Xm4

ont encore la main sur le bas du spectre, plus

enveloppant et plus détaillé, mais Philips frappe très

fort dans les aigus. La capacité des Fidelio T1 à

alterner le calme et la puissance est particulièrement

marquante. Certains préféreront tout de même une

sonorité plus grasse, plus ronde, les Fidelio T1

pouvant paraître froids pour qui n'accroche pas à

leur signature sonore.

Dommage d'avoir délaissé l'ergonomie et de ne pas

avoir assez travaillé sur le confort, car les Philips

Fidelio T1 restent une belle expérience.

Spécifications

•Type : écouteurs true wireless à réduction de bruit

active

•Architecture sonore : deux voies hybride

•Transducteur dynamique de 10 mm

•Transducteur d'aigu à armature balancée

•Réponse en fréquence : 20 Hz à 40 kHz

•Impédance : 16 Ohms

•Sensibilité : 105 dB

•Puce Bluetooth 5.2

•Codecs Bluetooth supportés : SBC, AAC, LDAC

Afin de faire honneur à sa gamme Fidelio, Philips a

équipé les écouteurs T1 d'une architecture

acoustique plutôt ambitieuse, qu'on trouvait déjà

sur les PI7 de Bowers & Wilkins : une topologie

hybride deux voies. Un transducteur dynamique

assure ainsi la reproduction sonore des basses et

des médiums et un transducteur à armature

équilibrée (ou armature balancée) se charge de

reproduire les aigus.

Ne tournons pas autour du pot, à l’écoute, les

Notre avis

Construction

Performances

Ergonomie

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

79


TEST

TECHNICS

EAH-AZ60

Succédant aux écouteurs EAH-AZ70W, les

nouveaux EAH-AZ60 de Technics s'annoncent

comme des true wireless très travaillés sur le

plan audio et parculièrement technologiques.

par Guillaume Fourcadier

Des écouteurs classieux mais épais

Plus harmonieux dans leur forme que leurs grands

frères sphériques, les Technics EAH-AZ60 ne

manquent pas d'une certaine classe. Le design

bicolore est simple mais réussi et donne bien le ton

premium de ces écouteurs. La qualité de fabrication

est également à la hauteur, portée par un

assemblage sérieux et une certaine densité des

matériaux.

Cet élan haut de gamme ne se retrouve

étonnamment pas dans le boîtier, sans génie, très

"plastique", et incompatible avec la recharge par

induction.

Malgré la bonne conception des écouteurs,

Technics n'a pas trouvé la recette miracle pour

réduire leur volume. À l'instar des WF-1000Xm4 de

Sony, les Technics EAH-AZ60 n’offrent pas un

confort « universel », car ils occupent encore

beaucoup de place dans le creux des oreilles.

Des fonctions complètes et modernes

Très pragmatique, Technics exploite très bien les

possibilités d'une simple zone tactile placée au dos

de chacun des écouteurs EAH-AZ60. Via une, deux

ou trois pressions (et un appui long), il est possible

de gérer la navigation, contrôler le volume sonore et

de basculer entre les différents modes de réduction

de bruit.

L'application dédiée de paramétrage des écouteurs

sur smartphone permet en outre de personnaliser

les commandes et apporte quelques réglages fort

utiles, dont des égaliseurs personnalisables.

Plus encore que l'ergonomie, c'est la connectivité

qui permet à Technics d'imposer sa vision du haut

de gamme. Les EAH-AZ60 sont parmi les très rares

écouteurs à être compatibles avec le LDAC (codec

Bluetooth audio Hi-res) et ils proposent une

connexion multipoint. En bref, il n'y a pas plus

moderne.

Plus classiques, l'autonomie (mesurée à 6 h 45 avec

ANC) et la réduction de bruit (ANC) sont très

bonnes, mais sans égaler celles des champions du

genre. La fonction ANC, extrêmement performante

dans les basses, conserve les quelques défauts des

précédents écouteurs de la marque dans les

médiums.

80 ON-mag >> 2022-1

Performances sonores armées à la biocellulose

Avec les écouteurs EAH-AZ60, Technics opte pour

un léger contrepied technique par rapport aux EAH-

AZ70W. Ici, ce sont des transducteurs à membranes

bio-cellulose qui sont utilisés.

Cela se ressent, puisque l'équilibre tonal très strict

s’efface pour laisser place à un son plus rond et

expressif, assez piquant, mais pas caricatural. À

l'écoute, on repère quelques écueils propres à ce

type de membrane, comme un léger voile ou creux

dans le haut-médium, vers 3-4 kHz, et quelques

brillances excessives sur certaines pistes, mais la

qualité technique et l'énergie de la restitution

sonore permettent de compenser ces écarts de la

signature acoustique.

La dualité rondeur/brillance de ces écouteurs

Technics leur autorise une belle polyvalence. Si

l’utilisateur apprécie leur signature acoustique, cela

lui garantit de réelles sensations, une sorte de

d'équilibre punchy, de cohérence "sur le fil" qui

prend presque à coup sûr. Cela fonctionne

particulièrement bien à volume moyen.

Sans atteindre le niveau technique des Philips

Fidelio T1 ou des Sony WF-1000Xm4, les Technics

EAH-AZ60 distillent un excellent niveau de détails et

parviennent à relativement bien projeter la scène

sonore vers l'avant, à bien séparer les instruments,

tout en conservant paradoxalement une certaine

sensation d'intimisme.

Pas parfaits mais différents et très soignés, les

écouteurs true wireless Technics EAH-AZ60 ne

ratent pas leur objectif. Avec une taille plus fine et

donc un peu plus de confort, ils seraient à la table

des champions.

Spécifications

•Type : écouteurs true wireless à réduction de bruit

•Certification IPX4

•Bluetooth : 5.2, SBC, AAC, LDAC

•Transducteurs dynamiques de 8 mm avec membranes

en bio-cellulose

•Autonomie annoncée en AAC : 7 h avec ANC, 7 h 30

sans, jusqu'à 25 h avec boîtier de charge

•Autonomie annoncée en LDAC : 4 h 30 avec ANC, 5 h

sans, jusqu'à 17 h avec boîtier de charge

•Poids : 7 g par écouteur, 45 g pour le boîtier de charge

Notre avis

230 €


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Plus de

1200 TESTS

en ligne



LES

SOURCES


TEST

ASTELL

& KERN

2300 €

ACRO CA1000

Concept étrange sur un marché de niche, l’ACRO CA1000 d’Astell & Kern propose une

expérience à part. À l'image des extravagants Sony DMP-Z1 et Shanling M30, ce lecteur de

musique connecté/DAC/ampli casque n'est ni vraiment un baladeur, ni un modèle de

bureau, mais un peu les deux. De format sédentaire alimenté par une baerie, cet appareil

transportable entend réunir le meilleur des deux univers. Mais justement, en voulant bien

faire, n'est-il pas un mauvais mélange ?

par Guillaume Fourcadier

Extravagant, mais d'un luxe irréprochable

Astell & Kern ne nous déçoit jamais sur la qualité de

fabrication et ce n'est clairement pas aujourd'hui

que cette habitude tombera. L'honnêteté nous

pousse à dire que nous n'avons pas immédiatement

mis en fonction cet appareil, tant nous avons

d'abord observé et manipulé l'objet avec

admiration. Qu'on l'aime ou non, son design est des

plus grandioses, à la fois simple et parfaitement

travaillé. L'Astell & Kern CA1000, taillé comme un

joyau dans un unique bloc d'aluminium, est

l'exemple même de l'épure réussie.

Tout est simple mais pas simpliste, rien ne dépasse

(y compris la moindre vis) et aucune imperfection ne

vient entacher la finition. Ce modèle facetté et strié

(sur ses flancs) met très bien en valeur les différents

éléments qui le composent, comme la somptueuse

molette de commande, sans pour autant que cela

soit ostentatoire. Notre description frôlerait le

panégyrique si les boutons de commande étaient

un peu plus que de minuscules appendices et si

l'écran de contrôle, rabattable, était un peu plus

grand.

Le format particulièrement imposant de l'appareil

(104,9 x 45 x 148,8 mm) lui permet d'accueillir des

connectiques presque toujours absentes des

84 ON-mag >> 2022-1

baladeurs audiophiles : entrée optique Toslink,

entrée RCA S/PDIF, entrée RCA (Ligne) et sortie

analogique sur RCA (fixe ou variable). Il est, à ce

titre, totalement au niveau d'un DAC/ampli casque

de salon.

Expérience complète, ergonomie

vieillissante

Difficile de demander plus à l'Astell & Kern ACRO

CA1000 en matière de connectiques. L’appareil agit

en effet comme un petit hub, qui plus est

suffisamment lourd (un peu plus de 900 g, avec des

pieds antidérapants) pour ne pas se laisser entraîner

par le poids des câbles. Plusieurs prises s'activent

automatiquement une fois raccordées, comme les

prises casque, mais d'autres demandent de modifier

des options dans l'interface.

Cette interface passe uniquement par le petit écran

de contrôle de 4,1 pouces. L'expérience générale

n'est alors pas inférieure à celle offerte par les

baladeurs de la marque, mais c'est sur ce point que

nous émettons justement nos premières critiques.

En effet, une surface aussi réduite (loin de la taille

des écrans des smartphones modernes), doublée

d'un affichage de qualité moyenne, montre un

certain manque d'ambition du constructeur, qui


aurait pu proposer une expérience plus

grandiose.

Mais notre reproche principal tient plutôt

à ce qui propulse l'ensemble, le couple

CPU/OS. Ce dernier est une sorte de vieille

version d'Android modifié (sans App Store). Si les

applications musicales (nous avons principalement

utilisé Spotify, Apple Music et Qobuz) sont simples à

installer, force est de constater que l'expérience

"rame". L'écran ne défile pas de manière aussi

fluide que sur les smartphones récents, même

d'entrée ou de milieu de gamme, et les

ralentissements divers ne sont pas rares. Nous

n'avons certes pas rencontré de bug sérieux, mais

Astell & Kern devrait vraiment améliorer cette partie.

Une fois la lecture d'une playlist lancée,

heureusement tout ne repose que sur la partie

sonore ainsi que sur les boutons de contrôle et la

molette. Sur ce point, malgré la simplicité générale,

tout fonctionne sans hésitation.

L'autonomie, comme souvent avec les baladeurs

audiophiles, dépend énormément de la puissance

de l'amplification. Ici, 4 crans sont disponibles : gain

bas, moyen, élevé et super. Annoncée à 10 h 30

environ en gain bas, l'endurance tient largement

cette promesse en pratique. Avec un casque peu

énergivore comme le Grado SR80e, l’autonomie a

presque atteint 12 h. Avec le bien plus énergivore

Dan Clark Stealth (en asymétrique ici), le gain élevé

est nécessaire, ce qui abaisse cette autonomie à 8 h,

mais cela demeure très correct. Le mode super,

quant à lui, reste un peu à part, puisque l'autonomie

peut alors descendre en flèche, généralement en

deçà de 5 h. En configuration de bureau, le CA1000

raccordé sur sa prise USB de charge (avec un

chargeur secteur pas trop anémique) se recharge

presque toujours plus vite qu'il ne se décharge, ce

qui permet de ne pas tirer sur les cycles de batterie.

L'absolue technicité

Astell & Kern ne laisse aucune place au hasard sur le

plan sonore, utilisant ce qui se fait de plus moderne

en la matière. Pour la conversion numériqueanalogique,

ce sont pas moins de 4 DAC ES9068AS

d’ESS qui sont sollicités à l'intérieur de l'ACRO

CA1000, que ce soit en symétrique ou en

asymétrique. À cela s'ajoute l'utilisation d'amplis Op

modernes pour l'amplification des différentes

configurations (symétrique, asymétrique).

Sans surprise, cet appareil cumule tout ce que nous

apprécions chez le constructeur. La sonorité est

d'une technicité tout simplement irréprochable, au

niveau des meilleures cartes son du marché.

L'ouverture sonore, les détails, la dynamique

générale, mais surtout la réserve de puissance, lui

permettent de s'adapter absolument à tous les

modèles du marché, casques comme écouteurs.

Que ce soit avec les écouteurs les plus sensibles ou

les casques les plus difficiles, la même approche du

son demeure, tout en nuances, sans aucun bruit de

fond perceptible ni problème sonore. Les

composants sont de haute qualité et Astell & Kern

sait parfaitement les faire fonctionner ensemble.

Nous avons particulièrement apprécié l'association

avec le Dan Clark Stealth, un casque planaire fermé

de nouvelle génération, qui lui aussi renferme des

composants très modernes et innovants. Ce duo

délivre une scène sonore parfaitement équilibrée,

d'un haut niveau de détails et d'une justesse

exceptionnelle, mettant en avant ce que la science

sonore produit de meilleur ces dernières années.

Irréprochable sur le plan sonore et sur la fabrication,

l'Astell & Kern ACRO CA1000 réussit bien son

numéro d'équilibriste entre produit de salon et

modèle transportable. Dommage que son interface

à l'écran ne soit pas plus moderne.

Spécifications

•sType : lecteur/DAC/ampli casque transportable

•DAC : Quad DAC ES9068AS

•Lecture PCM 32 bits, DSD512, MQA 8x

•Système d'alimentation Teraton Alpha

•Entrées : 2 USB (1 charge, 1 data), 1 prise optique Toslink,

1 RCA S/PDIF, 2 RCA Ligne,

•Sorties : 2 RCA analogiques (niveau fixe ou variable),

jack 3,5 mm, jack 6,35 mm, jack 2,5 mm, jack 4,4 mm

•Écran rabattable de 4,1 pouces, définition 720 x 1080

pixels

•Bluetooth (entrée et sortie) avec support des codecs

LDAC et AptX HD

•Dimensions : 104,9 x 45 x 148,8 mm

•Poids : 919 g

Notre avis

Construction

Performances

Fonctions

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

85


TEST

CHORD

600 €

Mojo 2

Le Chord Mojo est un produit iconique pour les audiophiles nomades. Nous avons testé

sa première version en 2016. D'une puissance importante pour un modèle nomade, le

Mojo premier du nom n'avait pas son pareil pour réveiller un casque énergivore haut de

gamme. Sa version de seconde généraon apporte plusieurs perfeconnements, dont

un égaliseur. Le Chord Mojo 2 en a-t-il toujours autant dans le ventre ?

par Pierre Stemmelin

Ses dimensions restent les mêmes et il ne prend

que 8 grammes sur notre balance de cuisine. Le

Chord Mojo 2 est toujours un petit appareil qui tient

dans la main ou dans une poche, que l'on peut

facilement emporter partout avec soi. À l'une de ses

extrémités, il possède deux sorties casque au format

mini jack. De l'autre côté se trouvent les entrées

numériques (micro-USB, USB-C, optique Toslink,

mini jack coaxiale) ainsi que le port micro-USB

séparé, servant à recharger la batterie intégrée.

Les commandes se présentent toujours de la même

façon. Ce sont de petites billes de verre

opalescentes translucides qui s'éclairent de mille

teintes et couleurs. C'est la signature esthétique de

la marque britannique Chord Electronics et c’est ce

qui donne son look si particulier, si attachant au

Mojo 2. Mais au lieu de trois billes/boutons

auparavant, on en a maintenant quatre et de tailles

différentes pour faciliter le repérage. Un bouton

86 ON-mag >> 2022-1

"Menu" vient compléter le bouton d'allumage et

extinction, ainsi que les deux boutons de volume

qui servent également désormais aux réglages des

modes.

Chord introduit de cette manière un réglage

"Crossfeed" supposé agir sur la largeur de la scène

stéréophonique ainsi qu'un égaliseur. Celui-ci est à

quatre bandes à effet cumulatif qui agissent un peu

comme des filtres passe-bas (à 20 Hz et 125 Hz) et

comme des filtres passe-haut (à 3 kHz et 20 kHz),

avec une plage de réglage de plus ±9 dB.

Toujours made in UK avec des algorithmes

exclusifs de traitement numérique

Concernant la fabrication, bonne nouvelle, le Chord

Mojo 2 n'a pas viré sa cuti. Il est toujours construit

au Royaume-Uni. En soi, cela représente une petite

prouesse pour un appareil à moins de 600 €, certes


déjà une belle somme, représentant plusieurs mois

d'économies pour beaucoup de gens, mais

équivalente au prix d'un beau smartphone, donc

encore accessible et compétitif en regard du

marché audiophile.

Le boîtier du Mojo 2 est, comme toujours chez

Chord, ultra robuste, fait d'un bloc d'aluminium

usiné dans la masse. Il est relativement facile de

l'ouvrir pour changer la batterie de 13,69 Wh sous

7,4 V (équivalent à 1850 mAh) qui gagne en capacité

par rapport à celle du Mojo de première génération.

À l'intérieur, le circuit a été redessiné, notamment au

niveau de ses étages de sorties. Mais l'architecture

globale est similaire. La conversion numériqueanalogique

est assurée par une puce FPGA (AMD

Xilinx Artix-7) et non un simple DAC classique. Il

s'agit d'une solution habituellement réservée à des

appareils audiophiles bien plus coûteux. Elle est une

des grandes forces de Chord Electronics, qui

développe lui-même ses propres algorithmes de

traitement numérique.

Plus puissant et plus polyvalent

À l'écoute, le Chord Mojo 2 n'a rien perdu de la

superbe de son prédécesseur. On retrouve cette

signature sonore énergique, très expressive, avec

des timbres qui ont beaucoup de matière. La

puissance est un peu plus importante, l'appareil se

révèle très efficace pour alimenter des casques

difficiles et énergivores comme certains modèles

orthoplanar haut de gamme. Dans le même temps,

le Mojo 2 nous semble avoir gagné un peu en

neutralité. Il développe toujours des graves

profonds et puissants, avec une excellente

articulation. Le son est ample et chaleureux, mais

paraît un peu moins rond et un peu plus ciselé,

ouvert dans le haut du spectre. Surtout, les défauts

que nous avions notés sur le modèle de première

génération ont été gommés. Le petit souffle que

l'on pouvait entendre à partir d'écouteurs de haute

sensibilité a disparu. Le Mojo 2 est ainsi beaucoup

plus polyvalent. Il est tout aussi bien adapté à de

gros casques à faible rendement et haute

impédance qu'à des écouteurs audiophiles à faible

impédance et haut rendement. Le réglage de

volume de l'appareil est très progressif, ce qui

permet de parfaitement l'ajuster de la sourdine

jusqu'aux niveaux les plus élevés, que ce soit à partir

d'écouteurs ou d'un casque.

Si nous n'avons pas remarqué de gros écarts

audibles entre les différents modes "Crossfeed", en

revanche la présence d'un égaliseur représente un

vrai bonus. Certes, les commandes lumineuses ne

sont pas d'une clarté évidente. Sur ce point, Chord

sacrifie un peu l'aspect pratique au profit de

l'esthétique. Il est difficile d'ajuster les réglages de

l'égaliseur sans avoir la notice et les codes couleur

des boutons sous les yeux. Mais ces derniers ont

des points d'inflexion que l'on trouve fort judicieux

et permettent aisément de changer la réponse d'un

casque ou d'écouteurs que l'on trouve un peu trop

sombre ou trop clinquante, sans affecter la

dynamique ou le naturel des timbres.

En résumé

Le Chord Mojo 2 est pour nous une totale réussite.

La précédente version de ce DAC/ampli casque

nomade était déjà une référence pour de nombreux

audiophiles. Sa nouvelle mouture est encore plus

incontournable. Elle conserve sa restitution sonore

enlevée et énergique tout en gagnant un peu en

puissance ainsi qu’en autonomie et en devenant

beaucoup plus polyvalente.

Spécifications

•Type : DAC et ampli casque nomade

•Entrées numériques : mini jack coaxiale, optique Toslink,

micro-USB, USB-C

•Puissance de sortie : 600 mW sous 30 ohms (4,2 V

RMS), 90 mW sous 300 ohms (5,2 V RMS)

•Impédance de sortie : 0,06 ohm

•Poids : 180 g

Notre avis

Construction

Performances

Ergonomie

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

87


TEST

EXPOSURE

1650 €

XM HP

Fabriqué au Royaume-Uni par une marque audiophile dont la réputaon n'est plus à

faire, l'Exposure XM HP est un appareil multâche à mi-chemin entre la modernité et la

tradion. C'est à la fois un conversseur (DAC) Hi-res, un ampli adapté à tout type de

casques audio, un préampli Phono (RIAA) et un préampli stéréo. Sait-il remplir tous ces

rôles avec égal talent et musicalité ?

par Pierre Stemmelin

Un exemple de conception sage, durable et

audiophile

L'Exposure XM HP est livré avec une grosse

télécommande en plastique, multi-appareil, qui a le

mérite d'exister et d'être fonctionnelle, mais que

nous trouvons personnellement très moche. En

dehors de cet élément, dans la globalité, la

conception de ce produit nous plaît beaucoup.

L'appareil est particulièrement simple et évident à

utiliser. Les commandes en façade se résument à un

interrupteur, un potentiomètre de volume et une

touche pour choisir la source que l'on veut écouter.

Une rangée de diodes lumineuses indique la source

sélectionnée et quatre prises casque sont

disponibles : deux aux formats jack 6,35 mm et deux

autres de type XLR.

À l'arrière, il est possible de raccorder trois sources

analogiques, dont une Phono MM (pour platine

88 ON-mag >> 2022-1

vinyle) et cinq sources numériques : optiques,

coaxiales et USB. Les entrées coaxiales sont sur

prises BNC. Il aurait été préférable qu'au moins

l’une d'entre elles soit en RCA, mais ce n'est pas

grave, on peut utiliser un adaptateur.

La façade de l'appareil ainsi que son châssis et le

capot sont en aluminium afin d'assurer un bon

blindage. À l'intérieur, l'électronique du XM HP est

bien propre et soignée, comme Exposure en a

l'habitude. Le transformateur d'alimentation toroïdal

(8,5 cm de diamètre pour 3,5 cm de haut) suffirait à

un petit amplificateur Hifi de puissance. Il est

fabriqué sur cahier des charges, spécifiquement

pour Exposure, par Noratel. Deux condensateurs

Kendeil de 10 000 µF sous 63 V chacun le

complètent. C'est vraiment du très costaud.

Le reste des composants sont répartis entre deux

cartes principales en verre époxy de qualité : une

pour le numérique, l'autre pour l'analogique. La


première dispose d'un récepteur USB asynchrone

Xmos et un récepteur S/PDIF Wolfson

(WM8805GEDS), de pas moins de trois horloges et

d'une puce de conversion Wolfson (WM8742GEDS)

travaillant sur 32 bits/192 kHz. La seconde comporte

des amplis OP Burr Brown OPA604AP pour la

régulation d'alimentation, mais l'amplification

casque et la préamplification se font en composants

discrets à partir d'un push-pull de transistors Sanken

(2SA1859 et 2SC4883) pour chaque canal.

Oui, il fait tout bien et avec musicalité

Quel que soit le mode dans lequel on l'utilise (ampli

casque, pur DAC ou préampli stéréo) et quelle que

soit la source (numérique ou analogique), l'Exposure

XM HP délivre un son particulièrement propre et

exempt de bruit ou souffle parasite audible.

L'appareil privilégie la neutralité et la précision

plutôt que d'imposer une personnalité. Avec lui, ce

n'est pas l'effet waouh au premier tour de piste,

mais on l'apprécie de plus en plus au fil des

écoutes. En effet, tout en étant transparent, très

juste, l'Exposure XM HP évite toute forme d'excès. Il

ne fait rien de vraiment exceptionnel : pas de grave

tonitruant ou à l'impact dévastateur, pas d'aigu

scintillant ou ultra ciselé, pas de timbres d'une

richesse inouïe ou d'une matière surnaturelle, pas

d'image stéréophonique ultra large ou produisant

des effets holographiques. Il se contente d'être droit

et exact, cohérent et harmonieux. Ce n'est

finalement pas déplaisant et même assez reposant.

Sur tous les styles de musique, le rendu sonore est

simplement musical. Aucun défaut gênant ou trait

de caractère déroutant ne détourne l'attention. On

ne se pose pas de question sur l'appareil, seule la

musique compte. Et ça, c'est plutôt rare.

En résumé : une valeur audiophile sûre

L'Exposure XM HP, un peu couteau suisse

audiophile, est une valeur sûre. Que ce soit sa

section de conversion, son ampli casque polyvalent,

son préampli Phono ou son préampli stéréo intégré,

tout est sérieusement conçu avec des composants

de qualité et sonne bien.

Spécifications

•Type : DAC, ampli casque et préampli stéréo

•Entrées analogiques : 2x Ligne, Phono MM sur RCA

•Entrées numériques : USB (compatible DSD sous DoP),

2x optiques Toslink, 2 x coaxiales sur BNC

•Sorties : 2x jack 6,35 mm, 2x XLR 4 broches, Ligne et

préampli sur RCA

•Ampli casque : impédance de sortie de 5 ohms, 7 V

RMS/1,5 W sous 33 ohms, 7,5 V RMS/120 mW sous

330 ohms

•Conversion : 24 bits/192 kHz et DSD64

Notre avis

Construction

Performances

Fonctions

Musicalité

ON-mag >> 2022-1

89


TEST

FELIKS

AUDIO

Euforia

Encore peu connue dans l'Hexagone, la marque

polonaise d'électroniques à tubes Feliks Audio

s'est parculièrement développée autour de

l'amplificateur haut de gamme pour casques.

L'Euforia, qui constue presque le sommet de

son art, est un pet bijou pour les yeux. Mais

les performances suivent-elles la forme ?

par Guillaume Fourcadier

Design intemporel et fabrication haut de

gamme

Le design des amplificateurs à lampes autorise

toutes les formes, des plus étranges et modernes

(type Viva Egoista) aux plus rétro et exubérantes. Sur

ce plan, Feliks ne prend pas parti et opte pour une

sorte de classicisme chic. La robe noire mate de

l'Euforia met d'autant plus en valeur les très

imposantes lampes plantées sur son châssis. Même

le potentiomètre de volume, l’unique élément

prenant place en façade (sans compter la prise

casque), cultive la sobriété.

Cette apparence ne va heureusement pas sans une

construction pour le moins irréprochable.

L'enveloppe en métal est associée à une très

épaisse façade visiblement usinée. Le capot de

protection des transformateurs, surmonté du logo

Feliks, est lui aussi composé d'une couche

métallique étonnamment épaisse. Cerise sur le

gâteau, les piètements métalliques, en plus de

surélever assez élégamment l'Euforia, sont équipés

d'une surcouche antidérapante et amortissante.

D’aussi belle qualité, les douilles destinées à

recevoir les lampes sont entièrement en Téflon, avec

des connecteurs plaqués or. Le seul défaut, selon

nous, tient à la fermeté de l'accroche des lampes. Il

est assez difficile de les retirer et de les placer de

manière adéquate sans une petite dose de

patience.

On ne demande pas à un amplificateur casque

d'accueillir une connectique pléthorique, mais le

Feliks Euforia est tout de même un peu pauvre en la

matière. En effet, une simple entrée RCA stéréo est

de la partie, ainsi qu'une sortie Ligne stéréo RCA.

Au sommet des lampes, le prix toujours

en tête

En mettant le paquet sur l'architecture, le choix des

composants et la conception des circuits, Feliks

90 ON-mag >> 2022-1

Audio veut se donner les moyens d'exploiter la

qualité des lampes, sans subir leurs défauts.

La sonorité de l'Euforia possède en effet

énormément de qualités. La première d'entre elles

est indubitablement sa présentation de la scène

sonore. Ici, l'espace est parfaitement ordonné, mais

surtout particulièrement large et profond, sans

tomber dans l'exagération. La cohérence est

toujours là, supérieure même à celle de l'excellent

modèle Auris Audio Euterpe, et la séparation des

instruments s’avère tout à fait digne des

amplificateurs haut de gamme.

Si le caractère tubesque de l'Euforia se retrouve

bien dans quelques élans musicaux, l’appareil évite

largement les caricatures de cette architecture. La

signature sonore reste équilibrée, les basses

énergiques, sans aucune mollesse, tandis que les

aigus se montrent parfaitement maîtrisés et

étendus.

Bien sûr, il ne faut pas s'attendre à des sommets de

précision comme peuvent en procurer les

amplificateurs dotés des derniers modules THX-

AAA par exemple, en particulier sur la distorsion ou

la dynamique. Le Feliks Euforia joue sur cette notion

trouble et forcément subjective de musicalité et

d'aération sonore. Sur ce plan, il est une sorte de

quintessence du style, qui adopte les qualités des

lampes sans trop se perdre dans l'ésotérisme de

cette niche.

Spécifications

•Type : amplificateur casque à lampes

•Entrée : 1 RCA stéréo

•Sorties : 1 jack 6,35 mm, 1 RCA Stéréo (Line Out)

•Tubes : 6SN7 (entrée) et 6N13S (puissance)

•Réponse en fréquence annoncée : 8 Hz – 75 kHz (±3 dB,

mesuré à 300 Ohms)

•Impédance prise en charge : 32 – 600 Ohms

•Dimensions : 310 x 205 x 175 mm

•Poids : 6 kg

Notre avis

2100 €


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