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ORS Rapport Annuel 2021

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<strong>ORS</strong><br />

RAPPORT ANNUEL<br />

<strong>2021</strong><br />

Neutre, flexible, à l'écoute.<br />

1


<strong>ORS</strong> accorde de l’importance à l’égalité des chances entre les sexes. Dans le présent<br />

rapport annuel, nous utilisons un langage adapté aux genres dans le but de conférer<br />

la même visibilité aux femmes, aux hommes et aux personnes non binaires.<br />

2


CONTENU<br />

Éditorial: saisir les opportunités<br />

Le Groupe <strong>ORS</strong> en faits et chiffres<br />

<strong>ORS</strong> Suisse – Opportunités saisies en période de crise<br />

Senad Delic – Le Chevalier de la route devenu directeur d’un foyer pour requérant·e·s d’asile<br />

Leeann Grace – La réfugiée devenue enseignante en langues<br />

Julian Gerber – Agir pour améliorer les chances sur le marché du travail<br />

<strong>ORS</strong> Allemagne – Croissance malgré le coronavirus<br />

Wahid Karimi – Le surdoué des langues devenu responsable de l’encadrement<br />

Christian Hess – Le collaborateur d’encadrement devenu responsable technique<br />

Natalia Borovik – De la Sibérie orientale à Sigmaringen<br />

<strong>ORS</strong> Italie – Entre attentes et accomplissements<br />

Cinzia Sollai – La deuxième chance est parfois la meilleure<br />

<strong>ORS</strong> Autriche – Étapes clés en <strong>2021</strong><br />

Sigrid Bauly – L’expérience personnelle comme tremplin pour la réorientation professionnelle<br />

Formation initiale et continue<br />

RH en chiffres<br />

Résultat annuel <strong>2021</strong><br />

Comité consultatif d’<strong>ORS</strong> – Interview de Thomas Bäumer<br />

Direction du Groupe et valeurs en matière de leadership<br />

Nos valeurs<br />

Glossaire<br />

Nos sites<br />

Mentions légales<br />

4<br />

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3


ÉDITORIAL<br />

«L’engagement de nos<br />

collègues est notre<br />

phare dans les<br />

périodes de<br />

turbulences. Les<br />

crises font émerger<br />

des talents jusqu’alors<br />

insoupçonnés.»<br />

Chères lectrices, chers lecteurs,<br />

Chaque jour, tout le monde a l’occasion de se développer. Nous pouvons tous et toutes le<br />

constater dans notre quotidien professionnel et dans les décisions importantes de notre<br />

vie. Il ne tient qu’à nous de repérer et de saisir ces opportunités. Ces dernières années, j’ai<br />

pu observer à plusieurs reprises nos collègues se retrousser les manches pour affronter<br />

les crises. De telles difficultés les aiguillonnent parfois pour progresser et, par exemple,<br />

accéder à une fonction dirigeante. Les portraits de ce rapport illustrent à souhait les perspectives<br />

passionnantes qui peuvent s’ouvrir lorsque quelqu’un croit en soi et saisit les opportunités<br />

qui se présentent.<br />

Une crise peut en cacher une autre<br />

La gestion du coronavirus a nécessité de grands efforts, mais elle est aujourd’hui entrée<br />

dans nos habitudes. En pleine pandémie, il n’était pas évident que nous puissions exécuter<br />

4


sans interruption les prestations convenues avec nos mandants. La confrontation avec certains<br />

médias critiques et certaines organisations au positionnement idéologique marqué<br />

nous a appris à ne pas nous laisser déstabiliser. Notre travail a été maintes fois mis sur la<br />

sellette et cela nous a renforcés. Dans cette épreuve, nous avons aussi apprécié le soutien de<br />

nos donneurs d’ordre, pour lesquels il était important de pouvoir compter à tout moment<br />

sur notre loyauté et notre professionnalisme.<br />

Nous pensions que les choses s’apaiseraient avec la disparition du Covid-19. Il y a quelques<br />

mois, l’éclatement de la guerre en Ukraine a toutefois douché nos espoirs. La crise a déferlé,<br />

renversant tout sur son passage, et une fois encore, j’éprouve une immense fierté pour<br />

toutes nos équipes, qui s’attellent à ce nouveau défi avec détermination et pragmatisme.<br />

La numérisation a accru notre efficacité<br />

Le marché du travail tout entier est en pleine mutation et nous n’y faisons pas exception.<br />

Au cours de la pandémie de Covid, nous avons numérisé nos processus, notamment dans<br />

les RH, les finances et la formation continue. Désormais, une grande partie de nos cours<br />

sont accessibles en ligne et, grâce au modèle «Flexwork» adopté récemment, nos collaborateurs<br />

et collaboratrices du siège et des bureaux peuvent également travailler à domicile<br />

ou en déplacement. Ces mesures, qui s’ajoutent à de nombreuses autres, ont sensiblement<br />

rehaussé notre efficacité, ce qui se reflète aussi dans les chiffres: notre résultat opérationnel<br />

s’est amélioré par rapport à l’année précédente et contribue à la poursuite de la stabilisation<br />

du Groupe <strong>ORS</strong>. En parallèle, nous gardons constamment en ligne de mire notre<br />

mission fondamentale: mettre toute notre énergie au service de nos mandants et de l’aide<br />

aux personnes accueillies dans nos centres d’hébergement.<br />

L’expérience est une chance<br />

L’histoire d’<strong>ORS</strong> est une formidable réussite. Nous célébrons cette année nos 30 ans. Fondée<br />

en Suisse en 1992, <strong>ORS</strong> appartient aujourd’hui aux principales entreprises en charge<br />

de services externalisés par l’État dans le domaine de la migration en Europe. Loin de nous<br />

reposer sur nos lauriers, nous voulons tout mettre en œuvre pour rester à l’avenir, avec<br />

notre qualité et notre savoir-faire, un partenaire de confiance pour les pouvoirs publics.<br />

C’est à la fois votre chance et notre chance. Je vous souhaite une lecture intéressante de<br />

notre rapport annuel.<br />

Meilleures salutations,<br />

Jürg Rötheli<br />

5


FAITS ET CHIFFRES<br />

Situation au 31 décembre <strong>2021</strong><br />

6


Activités opérationnelles dans 4 pays<br />

Représentations dans 2 pays<br />

1 bureau de liaison avec l’UE<br />

7 pays<br />

CH Zurich<br />

DE Fribourg<br />

AT Vienne<br />

IT Rome<br />

ES Madrid<br />

GR Athènes<br />

BE Bruxelles<br />

Nombre de collaborateur·trice·s<br />

CH 900+<br />

1’400+<br />

DE 450+<br />

IT 100+<br />

AT 5+<br />

+ 14%<br />

80+<br />

Centres d’encadrement<br />

mandats<br />

CH 60+<br />

DE 10+<br />

IT 3<br />

AT 2<br />

Nombre de lits<br />

14’000+<br />

CH<br />

8’000+<br />

DE 5’500+<br />

IT 700+<br />

AT 100+<br />

+ 28%<br />

7


ÉTAPES CLÉS<br />

<strong>2021</strong><br />

01/<strong>2021</strong><br />

Mise en œuvre du modèle d’intégration<br />

en 5 étapes de la restructuration du domaine<br />

de l’asile et des réfugié·e·s dans le<br />

canton de Berne (NaBe) et ouverture du<br />

centre fédéral pour requérant·e·s d’asile<br />

récalcitrant·e·s aux Verrières (NE)<br />

06/<strong>2021</strong><br />

Ouverture du foyer<br />

Uferweg à Berthoud (BE)<br />

en tant qu’hébergement collectif<br />

02/<strong>2021</strong><br />

Adhésion d’<strong>ORS</strong> à l’association<br />

«Myni Gmeind»<br />

04/<strong>2021</strong><br />

Engagement de gestionnaires de<br />

conflits «Floorwalkers» en renfort des<br />

équipes d’encadrement dans les centres<br />

fédéraux pour requérant·e·s d’asile<br />

JANVIER<br />

FÉVRIER<br />

MARS AVRIL MAI JUIN<br />

8


08/<strong>2021</strong><br />

Confirmation du mandat pour la ville de Dübendorf (ZH)<br />

Suisse<br />

09/<strong>2021</strong><br />

Obtention du mandat du canton d’Argovie pour les<br />

situations particulières et exceptionnelles<br />

10/<strong>2021</strong><br />

Lancement de la «Cuisine sous supervision»<br />

aux CFA de Bâle et Kappelen (BE) et<br />

Déménagement du centre de retour d’Adliswil<br />

(ZH) au centre de premier accueil de<br />

Sonnenbühl Ober-Embrach (ZH)<br />

11/<strong>2021</strong><br />

Reconnaissance de l’encadrement<br />

médical de soins en<br />

qualité d’organisme SPITEX<br />

dans le canton de Fribourg<br />

12/<strong>2021</strong><br />

Intégration de la saisie<br />

numérique des données<br />

relatives à l’encadrement<br />

des requérant·e·s<br />

d’asile dans les centres<br />

fédéraux dans le<br />

système informatique<br />

NAVISION<br />

JUILLET AOÛT SEPTEMBRE OCTOBRE NOVEMBRE DÉCEMBRE<br />

9


ÉTAPES CLÉS<br />

<strong>2021</strong><br />

<strong>ORS</strong> Suisse – Opportunités saisies en période de<br />

crise<br />

Dans nos établissements, dont une<br />

majorité sont exploités sous le statut<br />

d’hébergement collectif, nos équipes<br />

ont régulièrement été confrontées aux<br />

conséquences des mesures de quarantaine<br />

et d’isolement liées au coronavirus.<br />

Malgré un surcroît de travail parfois<br />

considérable, le fonctionnement quotidien<br />

des centres a pu être assuré sans<br />

interruption. Notre bonne collaboration<br />

avec nos donneurs d’ordre a porté ses<br />

fruits à tous les niveaux – avec la Confédération,<br />

les cantons et les communes.<br />

Confédération<br />

Dans les centres fédéraux pour requérant·e·s<br />

d’asile, l’engagement de gestionnaires<br />

de conflits appelés «Floorwalkers»<br />

a largement contribué à prévenir la<br />

violence. Ce concept de prévention des<br />

conflits est aujourd’hui déployé avec succès<br />

dans toute la Suisse. <strong>ORS</strong> a été chargée<br />

de la direction de l’encadrement du<br />

centre spécial pour requérant·e·s d’asile<br />

récalcitrant·e·s aux Verrières (NE). Il s’est<br />

avéré opportun, parmi les activités occupationnelles,<br />

d’impliquer les personnes<br />

hébergées dans la préparation de plats.<br />

La «Cuisine sous supervision» a ainsi été<br />

introduite aux CFA de Bâle et Kappelen<br />

(BE).<br />

Mandats cantonaux<br />

Dans les mandats cantonaux de Soleure,<br />

Berne et Zurich, le travail d’encadrement<br />

harmonieux mené dans les centres de<br />

premier accueil et de retour s’est poursuivi.<br />

L’hostilité manifestée par quelques<br />

membres d’associations de soutien et<br />

activistes politiques n’a pas empêché<br />

nos équipes de se concentrer sur la mission<br />

professionnelle à accomplir dans<br />

le respect de la neutralité en termes de<br />

valeurs. Dans une étude réalisée à la<br />

demande du canton de Berne, la Commission<br />

nationale de prévention de la<br />

torture a constaté que le travail de notre<br />

personnel est reconnu et apprécié. Les<br />

propositions d’amélioration émises sur<br />

cette base pour les centres de retour du<br />

canton de Berne, notamment au niveau<br />

de l’infrastructure, ont été prises en<br />

considération et différentes mesures ont<br />

été adoptées pour optimiser les conditions<br />

de vie des personnes encadrées.<br />

Dans le cadre du mandat cantonal de<br />

Zurich, l’attention a été focalisée sur<br />

le déménagement des résident·e·s et de<br />

10


Suisse<br />

l’inventaire du centre de retour vétuste<br />

d’Adliswil vers Ober-Embrach. <strong>ORS</strong><br />

avait déjà exploité le centre de Sonnenbühl<br />

il y a quelques années, de sorte que<br />

ce changement de décor s’est apparenté<br />

à un retour aux sources.<br />

Eu égard à l’évolution démographique,<br />

une importance croissante est accordée<br />

à l’encadrement des personnes âgées<br />

et malades, ainsi qu’aux soins qui leur<br />

sont apportés, dans les structures pour<br />

réfugié·e·s. L’année dernière, nous avons<br />

élaboré et mis en œuvre, en concertation<br />

avec le canton de Fribourg, un concept<br />

d’encadrement et de soins spécifique à<br />

destination de ces personnes. En notre<br />

qualité d’organisme Spitex reconnu, nos<br />

prestations médicales peuvent dorénavant<br />

être facturées directement aux<br />

caisses d’assurance-maladie.<br />

Intégration<br />

L’intégration de réfugié·e·s dans les<br />

mandats communaux et dans le mandat<br />

cantonal d’Emmental-Haute-Argovie<br />

(BE) constitue un défi de taille. À travers<br />

notre modèle d’intégration en cinq<br />

étapes, nous accompagnons les personnes<br />

qui nous sont attribuées sur la<br />

voie de l’autonomie dans le canton de<br />

Berne. En complément à des cours de<br />

langue et des mesures de qualification,<br />

nous nous efforçons de faire en sorte que<br />

les personnes aptes à travailler puissent<br />

réussir leur insertion professionnelle et<br />

s’installer dans un logement individuel.<br />

Nous pouvons par ailleurs nous réjouir<br />

de l’octroi de nouveaux mandats et du<br />

renouvellement de mandats existants en<br />

Suisse alémanique. Nous sommes particulièrement<br />

satisfaits de la poursuite de<br />

notre mandat à Dübendorf, où se trouve<br />

le point de contact central pour tous les<br />

mandats communaux et les mandats<br />

d’intégration de la région de Zurich et<br />

d’Argovie.<br />

Sécurité et propreté<br />

La propreté des lieux et le respect des<br />

règles de sécurité sont d’importants<br />

prérequis pour que les conditions de vie<br />

soient agréables dans les hébergements<br />

pour requérant·e·s d’asile. Afin que ces<br />

exigences soient satisfaites, <strong>ORS</strong> emploie<br />

depuis <strong>2021</strong> un «Responsable Sécurité et<br />

propreté» à temps plein, qui contrôle la<br />

conformité à nos normes rigoureuses et<br />

ordonne les améliorations opportunes.<br />

11


«Les occasions de<br />

changer s’offrent à<br />

qui est ouvert aux<br />

changements. Il suffit<br />

de les saisir.»<br />

Senad Delic<br />

Né en Bosnie en 1988, Senad Delic a grandi en Suisse. Il a abandonné la<br />

conduite de camions pour rendre le séjour aussi agréable que possible aux<br />

personnes accueillies brièvement au centre de retour de Gampelen (BE).<br />

12


Le Chevalier de la route devenu<br />

directeur d’un foyer pour requérant·e·s<br />

d’asile<br />

Transporter une cargaison de marchandises<br />

d’un point A à un point B, assis<br />

au volant d’un camion de 40 tonnes: tel<br />

était le travail quotidien de Senad Delic<br />

depuis plusieurs années. De plus en plus,<br />

il lui déplaisait toutefois de ne jamais<br />

avoir la certitude que ses tournées lui<br />

permettent de rentrer à temps auprès<br />

de sa famille le soir. «Senad, tu es le<br />

candidat idéal pour <strong>ORS</strong>. Il faut que tu<br />

viennes chez nous.» Les paroles de son<br />

voisin, qui travaillait déjà pour <strong>ORS</strong>, lui<br />

ont donné envie de s’occuper de requérant·e·s<br />

d’asile sur le plan intellectuel et<br />

professionnel.<br />

Mais reprenons l’histoire dans l’ordre:<br />

peu après sa naissance, la famille de<br />

Senad Delic, originaire de Bosnie, migre<br />

en Suisse. Au terme de sa scolarité obligatoire,<br />

il accomplit une formation de<br />

peintre. Cette expérience manuelle et<br />

la pratique professionnelle du métier de<br />

chauffeur routier constituent une bonne<br />

base pour postuler une fonction d’entretien<br />

au centre de retour de Gampelen<br />

(BE).<br />

«Je m’attelle à la tâche<br />

où l’on m’appelle et<br />

j’apporte mon aide où<br />

elle est nécessaire.»<br />

Les connaissances humaines de Senad<br />

Delic l’aident à trouver rapidement<br />

ses marques dans les relations avec les<br />

personnes accueillies qui ont reçu une<br />

décision d’asile négative. Il se fait reconnaître<br />

pour sa serviabilité et son attitude<br />

juste. Bientôt, il prend la direction d’une<br />

équipe à titre d’adjoint, puis il lui est<br />

demandé s’il est prêt à assumer la responsabilité<br />

globale du centre d’hébergement.<br />

«J’aime travailler avec les gens et<br />

je suis heureux quand tout fonctionne<br />

bien. Ce qu’on vit avec les êtres humains,<br />

c’est inestimable», commente Senad<br />

Delic, qui s’empresse d’ajouter qu’il<br />

traite toutes les personnes accueillies<br />

de la même manière, quel que soit leur<br />

statut. Il reste pondéré même dans les<br />

situations difficiles. L’année dernière, il<br />

a été victime d’une attaque au couteau,<br />

dont il s’est heureusement sorti avec de<br />

légères blessures seulement. Il n’a toutefois<br />

pas peur au travail.<br />

«On apprend tous les jours. C’est pourquoi<br />

je suis très reconnaissant à <strong>ORS</strong> de<br />

m’offrir la possibilité de me perfectionner<br />

dans le leadership.» Senad Delic souhaite<br />

partager son expérience, tant dans<br />

le domaine du travail d’encadrement que<br />

sur le plan humain. Si tout se passe bien<br />

pour lui, d’autres doivent également en<br />

profiter. Il s’est donc donné pour mission<br />

d’aider au moins une famille frappée par<br />

la pauvreté chaque mois, en Suisse ou<br />

dans sa Bosnie natale. «Quand tu vois<br />

le sourire des personnes qui ont reçu<br />

de l’aide, cela vaut tout l’or du monde.<br />

Quand tu donnes, bien souvent, tu reçois<br />

plus en retour.»<br />

L’expérience de Senad Delic devrait également<br />

profiter aux personnes accueillies<br />

dans le centre. Ce peintre de formation a<br />

l’intention d’acheter de la couleur et de<br />

rafraîchir avec elles les couloirs et les<br />

salles de séjour. L’occasion de se changer<br />

les idées et d’embellir leur lieu de vie.<br />

13


«Les personnes<br />

capables de se<br />

faire comprendre<br />

et de s’exprimer<br />

de manière<br />

compréhensible<br />

ont de meilleures<br />

chances de<br />

s’intégrer.»<br />

Leeann Grace Isegere<br />

Leeann «Tata» Grace est née en 1993 en Afrique. Aujourd’hui encore, elle<br />

vénère sa grand-mère Tata, qui dans son enfance, n’avait pas le droit d’aller<br />

à l’école. Tata n’aurait jamais admis que ses enfants et petits-enfants<br />

n’aient aucune formation. Leeann est sur le point de terminer son Master<br />

en langues. Depuis un an, elle enseigne les langues aux bénéficiaires dans<br />

le canton de Fribourg pour <strong>ORS</strong>.<br />

14


La réfugiée devenue enseignante<br />

en langues: la formation est le plus<br />

grand trésor<br />

Dans de nombreux pays d’Afrique, la<br />

scolarité est payante. Les parents escomptent<br />

donc que leurs enfants accèdent<br />

un jour à un bon niveau social.<br />

Leeann garde un souvenir mitigé de<br />

la période qu’elle a passée à l’école en<br />

Afrique. Après ses études, elle voulait<br />

devenir gardienne pour protéger les<br />

gens et leur habitation. Lorsqu’elle a<br />

dévoilé ces projets à sa mère, elle s’est<br />

fait battre au lieu de recueillir son admiration.<br />

Dans l’esprit de ses parents,<br />

en effet, il était inconcevable de supporter<br />

un tel coût pour l’école pour un<br />

emploi si médiocre.<br />

Aujourd’hui, Leeann se remémore<br />

cette vision naïve et enfantine en<br />

riant. Elle a toutefois gardé intacte sa<br />

passion pour la protection d’autrui.<br />

Leeann s’est enfuie en Suisse à cause<br />

de troubles politiques dans son pays.<br />

Elle a passé les premiers mois dans<br />

un centre fédéral pour requérant·e·s<br />

d’asile de Suisse romande. Elle a ensuite<br />

été assignée au canton de Fribourg<br />

et reconnue comme réfugiée.<br />

«Ce sont les collaborateurs et les collaboratrices<br />

d’<strong>ORS</strong> qui m’ont procuré<br />

une sécurité et une humanité dans ce<br />

monde inconnu.» Elle a appris le français<br />

dans un cours de langue. Pour<br />

elle, "Bonjour" n’était pas une salutation,<br />

mais un son indéfinissable. Petit<br />

à petit, elle est néanmoins parvenue à<br />

se familiariser à cette nouvelle langue<br />

et ce nouveau milieu et elle s’est épanouie<br />

dans l’insouciance. Arrivée en<br />

Suisse en tant que réfugiée, elle a<br />

achevé l’enseignement obligatoire,<br />

puis étudié la psychologie et les langues.<br />

<strong>ORS</strong> l’a accompagnée tout au<br />

long de son intégration.<br />

«Je me réjouis d’avoir<br />

eu tant de possibilités<br />

dans mon nouveau<br />

pays de cœur.»<br />

Son diplôme en poche, le rêve professionnel<br />

qu’elle caressait petite<br />

fille a ressurgi. Leeann a soumis sa<br />

candidature à <strong>ORS</strong> en tant qu’accompagnatrice<br />

et médiatrice et a obtenu<br />

un poste à l’endroit qui a marqué un<br />

tournant dans sa vie de nombreuses<br />

années plus tôt: le centre fédéral<br />

pour requérant·e·s d’asile. «Les réfugié·e·s<br />

que j’accompagne sont pour<br />

moi comme un miroir de mon histoire<br />

passée et présente. Je ressens<br />

une profonde empathie pour ces personnes,<br />

même si je sais que tous les<br />

désirs de vie meilleure ne sont pas<br />

forcément exaucés.» En parallèle, la<br />

jeune femme s’engage en faveur de<br />

l’intégration. Elle donne des cours<br />

de français à des mineur·e·s non accompagné·e·s<br />

et des adultes dans une<br />

école de langues dont <strong>ORS</strong> est responsable.<br />

Là, elle a trouvé sa véritable<br />

vocation: «Les personnes capables<br />

de se faire comprendre et de s’exprimer<br />

de manière compréhensible ont<br />

de meilleures chances de s’intégrer.»<br />

Aujourd’hui, lorsqu’elle croise le regard<br />

de ses élèves dans une salle de<br />

classe, elle se rappelle avec satisfaction<br />

l’époque où elle-même a appris,<br />

dans cette même salle de classe, à saisir<br />

sa chance d’entamer une nouvelle<br />

vie.<br />

15


«Avec la volonté de<br />

s’intégrer, en général,<br />

les chances d’y parvenir<br />

se présentent<br />

naturellement.»<br />

Julian Gerber<br />

Julian Gerber, 34 ans, a effectué un apprentissage de commerce et travaillé<br />

dans le conseil à la clientèle et le marketing avant de rejoindre <strong>ORS</strong>. Il<br />

s’est en outre engagé dans un centre d’hébergement de réfugié·e·s. «Il est<br />

important que chacun prenne ses responsabilités et pense parfois au-delà<br />

de son “pré carré” pour que de nouvelles opportunités voient le jour.»<br />

16


Agir pour améliorer les chances sur<br />

le marché du travail<br />

Selon ses propres termes, Julian Gerber<br />

est un facilitateur pour les personnes<br />

qui, en tant que personnes reconnues<br />

comme réfugiées ou admises à titre<br />

provisoire, souhaitent construire une<br />

nouvelle vie en Suisse sans dépendre<br />

de prestations de soutien de l’État. Il<br />

exerce sa fonction d’agent d’insertion<br />

professionnelle dans le canton de Berne<br />

depuis 2020. Il consulte régulièrement<br />

les entreprises de la région Emmental-Haute-Argovie<br />

sur leurs besoins de<br />

personnel et compare leurs exigences<br />

aux qualifications des réfugié·e·s reconnu·e·s<br />

qu’<strong>ORS</strong> accompagne. Stage,<br />

formation élémentaire, formation ou<br />

emploi, à durée déterminée ou indéterminée:<br />

il est primordial aux yeux<br />

de Julian que les attentes mutuelles de<br />

l’employeur et de la personne placée<br />

concordent au mieux. Bien entendu, il<br />

est aussi conscient que la relation doit<br />

faire ses preuves dans la pratique.<br />

Dans ses activités de placement, Julian<br />

collabore étroitement avec une équipe<br />

de coaches spécialisés dans l’emploi,<br />

qui accompagnent les personnes à<br />

insérer et améliorent leurs chances<br />

sur le marché du travail au travers de<br />

mesures de qualification complémentaires.<br />

Dans ce cadre, de bonnes compétences<br />

linguistiques constituent un<br />

socle minimal.<br />

Chaque personne, avec ses besoins et<br />

ses capacités uniques, occupe toujours<br />

le centre de l’attention. Lorsque tout<br />

a été mis en place au niveau du placement<br />

professionnel, puis que soudain,<br />

les choses tournent mal par un coup du<br />

sort, Julian est déçu. Il s’agit alors de<br />

rester calme, d’analyser la situation et<br />

de garder la foi dans de nouvelles possibilités.<br />

Son travail est placé sous le<br />

signe de l’optimisme au quotidien.<br />

«L’essentiel est la volonté<br />

de s’ouvrir à la<br />

nouveauté. Tout le<br />

monde mérite une<br />

chance et un soutien.»<br />

L’année dernière, une rencontre lui<br />

a laissé un souvenir particulier: un<br />

homme qu’<strong>ORS</strong> avait placé dans une<br />

entreprise de construction routière<br />

s’est présenté au guichet d’<strong>ORS</strong> dans<br />

une tenue d’ouvrier de chantier au<br />

grand complet, casque inclus, et s’est<br />

plaint qu’il attendait depuis 5 minutes.<br />

Il clamait qu’il n’avait pas le temps<br />

d’attendre, car il avait de l’asphalte<br />

sur le sol quelques rues plus loin et<br />

le rouleau pouvait arriver à tout moment.<br />

Pour lui, chaque minute comptait.<br />

«Nous ne pouvons pas perdre de<br />

temps, car tout l’enjeu est de saisir les<br />

opportunités.»<br />

Julian est convaincu que l’intégration<br />

des requérant·e·s d’asile et des réfugié·e·s<br />

est la voie à suivre. Les opinions<br />

à ce sujet sont aussi diversifiées que<br />

les degrés auxquels chacun est prêt à<br />

s’engager. Persuader les entreprises<br />

qu’il porte ses fruits d’offrir la perspective<br />

d’un avenir professionnel aux<br />

personnes présentes en Suisse, que<br />

leur statut de réfugié·e soit reconnu<br />

ou qu’elles soient admises à titre provisoire,<br />

est une passion pour Julian. La<br />

réussite lui donne raison.<br />

17


ÉTAPES CLÉS<br />

<strong>2021</strong><br />

03/<strong>2021</strong><br />

ZUE Düren<br />

Hébergement et encadrement quotidien,<br />

nourriture et soins médicaux<br />

LEA Sigmaringen –<br />

Gestion des locaux<br />

Exploitation technique, maintenance et<br />

entretien de toutes les installations techniques<br />

sur le site<br />

04/<strong>2021</strong><br />

Nouvelle arrivée en<br />

Rhénanie-Palatinat:<br />

AfA Hermeskeil &<br />

AfA Kusel<br />

Hébergement, encadrement<br />

quotidien et conseil social<br />

JANVIER<br />

FÉVRIER<br />

MARS AVRIL MAI JUIN<br />

18


Allemagne<br />

10/<strong>2021</strong><br />

Retour à Berlin:<br />

ouverture du GU Bäkestraße<br />

Hébergement, encadrement quotidien<br />

et conseil social<br />

11/<strong>2021</strong><br />

Fermeture<br />

de l’EA Eggenstein<br />

Hébergement et<br />

encadrement quotidien<br />

JUILLET AOÛT SEPTEMBRE OCTOBRE NOVEMBRE DÉCEMBRE<br />

19


ÉTAPES CLÉS<br />

<strong>2021</strong><br />

Deuxième année de coronavirus pour<br />

<strong>ORS</strong> Allemagne<br />

Printemps <strong>2021</strong> – Poussée de croissance<br />

Fin 2020, début <strong>2021</strong>, l’obtention de<br />

mandats en Rhénanie-du-Nord-Westphalie<br />

et en Rhénanie-Palatinat nous<br />

a plongés dans une grande agitation.<br />

Notre équipe RH a été appelée à recruter<br />

150 nouveaux collègues et à les initier<br />

à leur travail pour <strong>ORS</strong> en l’espace<br />

de quelques semaines. Elle n’a pu relever<br />

ce défi que grâce au soutien dynamique<br />

de nos collègues dans les institutions et<br />

du Groupe <strong>ORS</strong> lui-même. Ce soutien interne<br />

et cette cohésion au sein de l’équipe<br />

face à une crise ont une nouvelle fois fait<br />

leurs preuves. Nous en retirons beaucoup<br />

de fierté et de confiance pour ce que nous<br />

avons accompli et ce que nous accomplirons<br />

encore à l’avenir.<br />

Nouveaux hébergements <strong>2021</strong><br />

En Rhénanie-du-Nord-Westphalie, nous<br />

avons eu le plaisir d’ouvrir le 1 er mars un<br />

troisième centre d’hébergement, le ZUE<br />

Düren, dans le district de Cologne. En parallèle,<br />

nous avons repris les commandes<br />

de la gestion des locaux au centre fédéral<br />

d’accueil d’urgence de Sigmaringen, où<br />

nous assurons désormais l’exploitation<br />

technique, la maintenance et l’entretien<br />

de toutes les installations techniques du<br />

site.<br />

Le 1 er avril, nous avons démarrer une<br />

nouvelle activité en Rhénanie-Palatinat,<br />

assumant l’encadrement dans deux<br />

centres d’hébergement. L’obtention des<br />

mandats relatifs aux centres de prise en<br />

charge des requérant·e·s d’asile (AfA) de<br />

Kusel et Hermeskeil représente un jalon<br />

important pour nous. La Direction de la<br />

surveillance et des services de Trèves, qui<br />

est notre nouvelle donneuse d’ordre, a découvert<br />

nos concepts avec un vif intérêt<br />

et nous avons très rapidement approfondi<br />

les échanges. Après une phase de mise<br />

en place intense, toutefois, nous avons<br />

également rencontré quelques obstacles<br />

dans cette région: dans un milieu rural, le<br />

personnel spécialisé est rare et il est donc<br />

difficile de pourvoir les postes vacants.<br />

Nous avons lancé une initiative de grande<br />

envergure en interne pour renforcer le<br />

recrutement, ce qui a passé, entre autres,<br />

par une équipe de recrutement plus nombreuse,<br />

la recherche de personnel dans la<br />

zone euro et une nouvelle collaboration<br />

avec une agence de recrutement.<br />

L’hiver a été marqué par notre retour à<br />

20


Allemagne<br />

Berlin: après avoir dû céder notre centre<br />

d’hébergement de la Colditzstraße à l’exploitant<br />

suivant en décembre 2020, nous<br />

avons particulièrement apprécié de retrouver<br />

les hébergements partagés de la<br />

Bäkestraße, où nous avons à nouveau pu<br />

accueillir une grande partie de l’ancienne<br />

équipe. Bien que nous n’ayons pas ménagé<br />

nos efforts pour conserver le centre<br />

d’accueil d’urgence d’Eggenstein-Leopoldshafen,<br />

près de Karlsruhe, nous<br />

l’avons perdu dans la procédure d’appel<br />

d’offres organisée fin novembre, qui a<br />

désigné un autre exploitant.<br />

Utilisation des médias numériques: en complément<br />

aux formations continues ordinaires,<br />

10 clips vidéo préparent les collègues novices à<br />

exercer leur travail d’encadrement au quotidien.<br />

Avancée de la numérisation<br />

Au début <strong>2021</strong>, nous avons franchi une<br />

nouvelle étape dans la numérisation de<br />

notre gestion du personnel: nos collègues<br />

peuvent désormais enregistrer et gérer<br />

leurs heures de travail dans une application<br />

sur mobile, et nous planifions également<br />

nos services au format numérique.<br />

Nous avons en outre numérisé une partie<br />

de notre familiarisation avec le travail<br />

et tourné plusieurs clips vidéo illustrant<br />

nos processus d’encadrement afin de faciliter<br />

l’arrivée de nouveaux collègues.<br />

Perspectives pour 2022<br />

L’année 2022 a démarré sur les chapeaux<br />

de roues: pour la première fois, nous<br />

comptons plus de 500 collaborateurs et<br />

collaboratrices au service d’<strong>ORS</strong> Allemagne.<br />

Le 1 er janvier, nous avons repris<br />

les prestations d’encadrement à l’EAE de<br />

Bonn, et nous nous sommes également<br />

agrandis en Rhénanie-Palatinat: depuis<br />

le 1 er février, nous y exerçons la compétence<br />

de la prise en charge sanitaire des<br />

personnes tenues de quitter le pays au<br />

centre de rétention pour les personnes<br />

sous le coup d’un ordre d’éloignement<br />

(GfA) d’Ingelheim.<br />

21


«En alliant patience et<br />

expérience, on peut venir<br />

à bout des tâches les<br />

plus complexes.<br />

Je suis fier de mon<br />

équipe. Nous avons saisi<br />

les opportunités qui se<br />

sont présentées.»<br />

Wahid Karimi<br />

Wahid Karimi est né en Afghanistan en 1988 et il a grandi en Autriche.<br />

Depuis 12 ans, il œuvre pour un encadrement professionnel des requérant·e·s<br />

d’asile auprès d’<strong>ORS</strong> et, en <strong>2021</strong>, il a été promu à la direction de<br />

l’encadrement au ZUE Sankt Augustin.<br />

22


«C’est un privilège de saisir les<br />

opportunités.»<br />

Lorsqu’il était un petit garçon, Wahid<br />

rêvait de parcourir le monde à la<br />

barre d’un navire. Ses rêves de voyage<br />

n’ont pas tardé à se réaliser – mais pas<br />

comme il l’avait imaginé. À la fin des<br />

années 1990, il fuit l’Afghanistan avec<br />

sa famille, car la vie est devenue trop<br />

dangereuse dans l’Hindou Kouch en<br />

guerre. Wahid trouve refuge en Autriche,<br />

apprend rapidement l’allemand<br />

et décroche son bac à la fin de l’école<br />

secondaire. Il fournit des services de<br />

traduction à sa famille et d’autres<br />

personnes d’origine afghane lors de<br />

leurs rencontres avec les autorités et<br />

devient ainsi médiateur culturel et linguistique.<br />

Il considère son propre parcours<br />

de migration comme une chance.<br />

Même si, adolescent, il s’est souvent<br />

heurté à l’incompréhension et à la xénophobie,<br />

il s’est toujours accroché<br />

à sa devise: «Il y a des gens stupides<br />

partout. Ne t’énerve pas et ne te laisse<br />

pas décourager. N’aie pas peur et trace<br />

ton chemin.»<br />

Outre l’allemand, l’anglais, le russe et<br />

le farsi, Wahid parle quatre autres langues.<br />

Il a un tel don dans ce domaine<br />

qu’il en fait finalement son métier: il<br />

crée une société de services d’interprétation,<br />

qui emploie jusqu’à 16 personnes.<br />

En 2015, alors qu’il effectue son<br />

service militaire, il assiste à la crise des<br />

réfugié·e·s au plus près, à la frontière<br />

avec la Slovénie. Wahid décide alors<br />

de s’engager pour les réfugié·e·s. Il se<br />

rappelle précisément l’entretien de<br />

présentation auprès d’<strong>ORS</strong>, dans un<br />

local d’environ 4 mètres carrés: «L’air<br />

empestait la transpiration et la poussière.<br />

C’était peut-être dû à mon excitation,<br />

ou à la situation particulière,<br />

mais peu importe. Partout, il y avait des<br />

réfugié·e·s qui attendaient de l’aide. Il<br />

y avait tellement de monde que beaucoup<br />

ont dû passer plusieurs jours dehors.<br />

Puis il a fallu écouter les histoires<br />

de tous ces requérant·e·s d’asile traumatisés<br />

qui avaient été torturés dans<br />

des prisons syriennes. Cela a été très<br />

éprouvant pour moi et mon équipe.»<br />

À ce jour, Wahid ressent encore l’influence<br />

de ces expériences extraordinaires.<br />

Après cinq ans d’encadrement<br />

des réfugié·e·s dans la république alpine,<br />

il n’hésite pas une seconde lorsqu’il<br />

a l’occasion de postuler pour <strong>ORS</strong><br />

en Allemagne. «Lorsqu’une entreprise<br />

grandit et te propose d’évoluer à la fois<br />

sur le plan personnel et professionnel,<br />

tu dois sauter sur l’occasion.» Initialement<br />

responsable adjoint de l’encadrement,<br />

ses connaissances humaines<br />

substantielles, son empathie pour les<br />

personnes réfugiées et son expérience<br />

du leadership l’aident à se hisser à la<br />

direction de l’encadrement du ZUE<br />

Sankt Augustin, où il a aujourd’hui<br />

60 collaborateurs et collaboratrices<br />

sous ses ordres.<br />

«Percer à jour les<br />

atouts de chacun.»<br />

Sa philosophie, dans l’exercice de ses<br />

fonctions dirigeantes, consiste à percer<br />

à jour les atouts de ses collaborateurs<br />

et collaboratrices. Comme sur le navire<br />

de ses rêves d’enfant, il est à présent à<br />

la barre et met à profit les opportunités<br />

qui se présentent pour garder le cap.<br />

23


«Si on est prêt à<br />

sortir des sentiers<br />

battus, les<br />

opportunités<br />

foisonnent<br />

rapidement.»<br />

Christian Hess<br />

Originaire de Rhénanie-Palatinat, Christian Hess, 37 ans, habite actuellement<br />

près de Fribourg-en-Brisgau. Depuis cinq ans, cet informaticien de<br />

métier s’occupe de tous les problèmes concernant le matériel informatique<br />

et les logiciels du réseau <strong>ORS</strong>. En complément, il participe également à la<br />

gestion de la qualité.<br />

24


Le collaborateur d’encadrement<br />

devenu responsable technique<br />

En cas de problème touchant de près ou<br />

de loin un ordinateur chez <strong>ORS</strong>, tout le<br />

monde se tourne vers le service ICT. C’est<br />

seulement quand quelque chose ne fonctionne<br />

pas qu’on remarque à quel point<br />

ces hommes et ces femmes de l’ombre<br />

sont indispensables. Christian Hess<br />

en fait partie. Depuis cinq ans, il est le<br />

premier interlocuteur pour tous les problèmes<br />

d’ordinateurs, d’imprimantes, de<br />

serveurs et de téléphones portables en<br />

Allemagne.<br />

Chris n’a pas toujours travaillé dans ce<br />

domaine. Ce qui n’était au départ qu’une<br />

passion pour les octets et autres RAM est<br />

devenu sa profession. «Je suis heureux<br />

qu’<strong>ORS</strong> ait perçu mon potentiel et m’ait<br />

encouragé. J’ai eu la possibilité de me<br />

former plus en profondeur.» Il est entré<br />

en contact avec <strong>ORS</strong> pour la première<br />

fois en tant que bénévole lors de la crise<br />

des réfugié·e·s de 2015. Il a alors compris<br />

qu’il devait s’engager à temps plein pour<br />

pouvoir répondre aux besoins de ces innombrables<br />

personnes en quête d’assistance.<br />

Il a donc pris ses responsabilités<br />

et, peu de temps après, il est devenu directeur<br />

d’un centre d’hébergement pour<br />

réfugié·e·s dans la Forêt-Noire. Ses compétences<br />

sont mises à profit lors de l’installation<br />

et de la configuration d’ordinateurs,<br />

et lorsque l’occasion se présente<br />

d’exercer la direction de l’infrastructure<br />

et de la maintenance de tous les postes<br />

de travail informatisés à titre principal, il<br />

n’a aucun doute: il a posé ses valises dans<br />

la bonne entreprise.<br />

«On ne peut pas demander à tous les<br />

collègues travaillant dans les centres<br />

d’hébergement d’être férus de technologie.<br />

Leurs qualités se situent dans l’encadrement<br />

des personnes.» Décrivant<br />

la différence entre son activité initiale<br />

et actuelle, Chris ajoute: «Il faut communiquer<br />

le plus simplement et le plus<br />

brièvement possible.» Il perçoit comme<br />

une opportunité les exigences et attentes<br />

différentes des donneurs d’ordre, du personnel<br />

et des résident·e·s à l’égard des<br />

spécialistes de l’informatique. À chaque<br />

fois, il doit faire preuve de pragmatisme<br />

pour parvenir à une bonne solution.<br />

«Je fournis un support<br />

technique pour que l’encadrement<br />

fonctionne.»<br />

Pendant la pandémie de Covid, les talents<br />

de Chris ont été particulièrement<br />

sollicités. Il a dû veiller à ce que tous<br />

les collaborateurs et collaboratrices en<br />

télétravail restent connectés et puissent<br />

accéder aux documents et programmes<br />

nécessaires. De plus, les capacités wifi<br />

de tous les centres, anciens et nouveaux,<br />

ont dû être renforcées, en particulier,<br />

pour que les résident·e·s en quarantaine<br />

ou en isolement ne soient pas totalement<br />

coupé·e·s du monde extérieur. «Une crise<br />

est une opportunité. J’ai beaucoup appris<br />

sur le plan technique et humain.» Chris<br />

voit un potentiel dans l’amélioration de la<br />

gestion de projet pour rehausser encore<br />

l’efficacité d’<strong>ORS</strong> dans l’administration<br />

sans altérer la qualité de l’encadrement<br />

des personnes en quête d’assistance.<br />

Mais à peine a-t-il terminé sa phrase<br />

que Chris se tourne à nouveau vers<br />

son écran d’ordinateur. Il a reçu un<br />

nouvel e-mail, qui comme bien souvent,<br />

contient un appel à l’aide pour<br />

résoudre un problème informatique.<br />

25


«Saisis les<br />

opportunités<br />

quand elles se<br />

présentent.»<br />

Natalia Borovik<br />

Née en Russie en 1984, Natalia Borovik vit en Allemagne depuis neuf<br />

ans. Cette ingénieure en économie est entrée chez <strong>ORS</strong> en 2016 en tant<br />

que collaboratrice d’encadrement au centre fédéral d’accueil d’urgence de<br />

Sigmaringen. Son empathie pour les réfugié·e·s n’a d’égal que ses qualités<br />

de direction – le profil idéal pour devenir directrice adjointe de l’encadrement<br />

depuis le 1 er mai <strong>2021</strong>.<br />

26


De la Sibérie orientale<br />

à Sigmaringen<br />

«Saisis les opportunités quand elles se<br />

présentent.» Cette devise régit la vie de<br />

Natalia Borovik tout entière. Elle est<br />

née dans une région de Sibérie orientale<br />

connue pour son industrie minière, où<br />

elle a également passé son enfance. Au<br />

moment d’entamer ses études, elle s’est<br />

installée à Saint-Pétersbourg, où elle a<br />

ensuite embrassé une carrière d’ingénieure<br />

en économie et gestionnaire dans<br />

une entreprise publique. C’est l’amour<br />

qui l’a conduit en Allemagne. «J’ai dû<br />

apprendre de A à Z à m’y retrouver<br />

dans un pays inconnu et j’étais ouverte<br />

à tout.» Les besoins criants de personnel<br />

dans l’encadrement des réfugié·e·s l’ont<br />

incitée à répondre à une offre d’emploi<br />

du centre fédéral d’accueil d’urgence<br />

(LEA) de Sigmaringen. Dans un premier<br />

temps, elle a été secouée par la rencontre<br />

avec les personnes de cultures<br />

disparates. D’un côté, elle voulait leur<br />

offrir l’aide qu’elles recherchent, et de<br />

l’autre, elle a dû fixer des limites.<br />

«Au début, c’était pénible pour moi.<br />

Surtout quand j’avais affaire à des personnes<br />

qui avaient un comportement<br />

irrespectueux à mon égard», avoue-telle.<br />

Heureusement, les discussions régulières<br />

avec ses collègues sur les expériences<br />

vécues, ainsi que les formations<br />

proposées par <strong>ORS</strong> sur des thèmes tels<br />

que «Proximité et distance» ou «Gestion<br />

de la violence», l’ont aidée à gagner en<br />

assurance.<br />

Aujourd’hui, Natalia ne peut imaginer<br />

un meilleur travail. Elle met volontiers<br />

toute son énergie pour répondre aux attentes<br />

et elle prend plaisir à entendre<br />

les salutations joyeuses des résident·e·s<br />

qu’elle rencontre dans ce grand LEA.<br />

«Chaque occasion est<br />

une opportunité de<br />

progresser.»<br />

Le 1 er mai <strong>2021</strong>, Natalia a été promue<br />

au rang de directrice adjointe, où elle<br />

assume la responsabilité globale des<br />

affaires sociales. La crise sanitaire a<br />

imposé d’immenses efforts à l’équipe<br />

d’encadrement entourant Natalia. La<br />

création de quartiers d’isolement et<br />

de quarantaine sur le site gigantesque<br />

d’une ancienne caserne de l’armée allemande<br />

a eu pour effet qu’il a pour ainsi<br />

dire fallu gérer deux établissements<br />

distincts. Rétrospectivement, Natalia<br />

se félicite que la collaboration avec<br />

sa donneuse d’ordre, la préfecture de<br />

Tübingen, ait bien fonctionné. «Nous<br />

avons progressé ensemble, comme<br />

équipe dans l’encadrement et comme<br />

partenaire avec les autorités.» Elle espère<br />

à présent que des activités et des<br />

manifestations pourront à nouveau être<br />

organisées pour les personnes accueillies<br />

au LEA après la fin de la pandémie.<br />

Du fait de sa nationalité russe, Natalia<br />

sent des regards particuliers peser sur<br />

elle depuis l’éclatement du conflit en<br />

Ukraine. Elle est bouleversée par les<br />

souffrances humaines et aspire à ce que<br />

toutes les parties prenantes coexistent<br />

en paix. «Tout le monde mérite une<br />

chance. Je suis là pour aider, peu importe<br />

d’où les gens viennent.»<br />

27


ÉTAPES CLÉS<br />

<strong>2021</strong><br />

01/<strong>2021</strong><br />

MONASTIR<br />

Plus de 80 boat people débarquent en Sardaigne malgré les mauvaises conditions<br />

météorologiques. L’équipe d’encadrement d’<strong>ORS</strong> pourvoit à leurs besoins les plus<br />

élémentaires, les héberge dans son centre, met en place leur encadrement et leur<br />

dispense les premiers soins médicaux. Les réfugié·e·s nouvellement accueilli·e·s<br />

doivent subir un test de dépistage du coronavirus et sont mis·e·s en quarantaine<br />

préventivement pendant deux semaines.<br />

02/<strong>2021</strong><br />

MONASTIR<br />

15 personnes résidant dans le centre sont blessées, dont deux<br />

grièvement, dans des bagarres avec des objets dangereux (couteaux,<br />

barres de fer et pierres). L’équipe d’<strong>ORS</strong> assure la médiation entre<br />

les personnes accueillies et la police. Une escalade des violences est<br />

évitée grâce à l’aide des collaborateurs et collaboratrices d’<strong>ORS</strong>.<br />

03/<strong>2021</strong><br />

MONASTIR<br />

<strong>ORS</strong> devient officiellement membre du comité pour<br />

l’ordre et la sécurité de la province de Cagliari. La<br />

Questura (préfecture de police) salue le travail précieux<br />

et de grande qualité accompli par la direction<br />

du centre.<br />

JANVIER<br />

FÉVRIER<br />

MARS AVRIL MAI JUIN<br />

28


10/<strong>2021</strong><br />

MACOMER<br />

Le préfet et le Questore (commissaire de police)<br />

de Nuoro, ainsi que le bourgmestre de Macomer,<br />

visitent le centre. La collaboration entre les pouvoirs<br />

publics, la police et <strong>ORS</strong> est extrêmement appréciée.<br />

07/<strong>2021</strong><br />

MONASTIR<br />

Le Haut Commissariat des Nations unies<br />

pour les réfugiés (UNHCR) visite le centre<br />

de retour (CAS) de Monastir.<br />

MACOMER<br />

Une délégation de l’UNHCR visite le CPR<br />

Macomer. Elle est impressionnée par le professionnalisme<br />

de la direction du centre.<br />

11/<strong>2021</strong><br />

Italie<br />

<strong>ORS</strong> Italie obtient trois<br />

nouveaux mandats pour la<br />

prise en charge et l’encadrement<br />

aux centres de premier<br />

accueil de Milan et Bologne<br />

et au centre de retour de<br />

Rome, pour un total de plus<br />

de 500 places. Les activités<br />

sont lancées le 1 er novembre<br />

au centre de premier accueil<br />

de Milan, et au début 2022<br />

au centre de Rome.<br />

8/<strong>2021</strong><br />

MONASTIR<br />

Une campagne ambitieuse de<br />

vaccination contre le coronavirus est<br />

lancée pour les personnes accueillies,<br />

accompagnée d’un travail d’explication<br />

et d’un soutien psychologique.<br />

MACOMER<br />

Des incendies éclatent partout en<br />

Sardaigne. Les flammes menacent<br />

le centre de Macomer. Les pompiers<br />

réussissent in extremis à éviter<br />

l’évacuation du centre.<br />

CAS Monastir<br />

JUILLET AOÛT SEPTEMBRE OCTOBRE NOVEMBRE DÉCEMBRE<br />

29


ÉTAPES CLÉS<br />

<strong>2021</strong><br />

<strong>ORS</strong> Italie – Entre attentes et accomplissements<br />

En Italie, les activités opérationnelles<br />

se sont principalement limitées<br />

en <strong>2021</strong> à la Sardaigne. À Macomer,<br />

dans la province de Nuoro, nous assurons<br />

la direction du centre de retour<br />

local. La loi réduit fortement la<br />

liberté de circulation des personnes<br />

hébergées dans un centre de retour.<br />

Gestion des tensions<br />

Pour ces réfugié·e·s, le désarroi et le<br />

désespoir compliquent davantage encore<br />

les conditions de vie au centre.<br />

Les activités constantes de médiation<br />

et d’apaisement, ainsi que les relations<br />

respectueuses avec les réfugié·e·s, représentent<br />

un défi quotidien pour<br />

les collaborateurs et collaboratrices<br />

d’<strong>ORS</strong>.<br />

Du fait de la situation complexe et des<br />

divers groupes d’intérêts qui se côtoient<br />

dans le centre – police, armée,<br />

pouvoirs publics, administration et réfugié·e·s,<br />

il s’y produit couramment de<br />

vives tensions. Les réactions des politiques,<br />

des fonctionnaires du gouvernement<br />

et des institutions témoignent<br />

toutefois que la gestion professionnelle<br />

du centre est très appréciée.<br />

Accueil de boat people<br />

Notre deuxième site se trouve dans le<br />

sud de l’île. Le centre de premier accueil<br />

Monastir héberge les personnes<br />

qui arrivent en Sardaigne par la mer et<br />

réclament une protection. Il s’agit en<br />

majorité de réfugié·e·s qui naviguent<br />

jusqu’au rivage dans de petits bateaux<br />

sans conducteur et sont interceptés<br />

par les garde-côtes. La mise en œuvre<br />

des règles de lutte contre la pandémie<br />

de Covid impose un surcroît de travail<br />

considérable au personnel d’<strong>ORS</strong>.<br />

Toute personne réfugiée qui débarque<br />

est accueillie, à toute heure du jour ou<br />

de la nuit, elle reçoit un kit matériel et<br />

des repas, elle est hébergée et elle est<br />

soumise à un examen médical et à un<br />

test de dépistage du coronavirus. Elle<br />

doit ensuite séjourner dans un poste<br />

de quarantaine pendant une durée<br />

pouvant atteindre deux semaines. De<br />

toute évidence, le sentiment d’enfermement<br />

induit un risque élevé d’agitations<br />

et de conflits au sein du centre,<br />

spécialement pour les personnes qui<br />

souhaitent rejoindre des membres de<br />

leur famille ou d’autres destinations.<br />

Les actes de violence et les affronte-<br />

30


Italie<br />

ments dans lesquels des collaborateurs<br />

et collaboratrices d’<strong>ORS</strong> sont<br />

menacés ou blessés sont un phénomène<br />

courant.<br />

Dans le travail d’encadrement, l’une<br />

des nombreuses tâches consiste à<br />

jouer les médiateurs, à canaliser, à<br />

comprendre et à analyser. L’engagement<br />

d’<strong>ORS</strong> à la frontière entre distance<br />

et proximité est reconnu, ainsi<br />

qu’en atteste son intégration officielle<br />

dans le comité pour l’ordre et la sécurité<br />

de la province de Cagliari.<br />

Nouveaux mandats<br />

Les besoins de prestations d’encadrement<br />

dans le domaine des réfugié·e·s<br />

ne cessent de croître en Italie. En<br />

<strong>2021</strong>, plusieurs régions ont d’ailleurs<br />

émis des appels d’offres auxquels <strong>ORS</strong><br />

Italie a participé. Dans la plupart des<br />

marchés concernant le premier accueil,<br />

il est toutefois exigé que l’organisation<br />

soumissionnaire mette à disposition<br />

les bâtiments requis, ce qui<br />

entrave sensiblement notre croissance<br />

à maints égards. À la fin de l’année,<br />

nous avons malgré tout remporté plusieurs<br />

appels d’offres pour la gestion<br />

de centres à Milan, Turin, Bologne et<br />

Rome. Nous pouvons ainsi continuer<br />

de développer nos activités en Italie<br />

en 2022 et poursuivre notre expansion<br />

malgré les difficultés.<br />

Centro Fantoli Milano<br />

31


«J’aime la diversité<br />

culturelle et j’aime<br />

travailler avec les<br />

gens.»<br />

Cinzia Sollai<br />

Née en 1973, Cinzia Sollai a entamé des études de langues et littérature à<br />

l’université de Cagliari, mais le destin l’a empêchée de les mener à terme.<br />

Cette mère célibataire travaille d’abord comme vendeuse, puis en 2018,<br />

elle postule à un emploi de collaboratrice d’encadrement au centre de premier<br />

accueil (CAS) Monastir d’<strong>ORS</strong>. Aujourd’hui directrice adjointe du<br />

centre, elle est reconnaissante pour les opportunités qui lui ont été offertes<br />

dans le domaine de l’encadrement de réfugié·e·s.<br />

32


La deuxième chance est parfois la<br />

meilleure<br />

Par la force des choses, toute personne<br />

qui vit en Sardaigne est reliée à la mer.<br />

Rien d’étonnant donc à ce que Cinzia<br />

Sollai ait rêvé, lorsqu’elle était encore<br />

une petite fille, de sillonner les mers<br />

au grade d’amirale de la marine italienne.<br />

Ce rêve de carrière militaire ne<br />

s’est pas réalisé.<br />

En <strong>2021</strong>, près de 68’000 réfugié·e·s<br />

sont pour leur part arrivé·e·s en Italie<br />

par la mer, dont une partie ont accosté<br />

en Sardaigne. Au Centro di Accoglienza<br />

Straordinaria CAS Monastir,<br />

un centre de premier accueil proche<br />

de Cagliari, l’équipe d’encadrement<br />

d’<strong>ORS</strong> dispense les premiers secours à<br />

ces boat people et autres requérant·e·s<br />

d’asile.<br />

Cinzia s’engage elle aussi pour le bienêtre<br />

des réfugié·e·s au CAS Monastir.<br />

«Malheureusement, nous tombons<br />

parfois sur des personnes violentes,<br />

qui n’ont guère de compréhension à<br />

notre égard. Nous devons alors faire<br />

appel à la police pour nous aider. Mais<br />

par chance, nous rencontrons aussi<br />

énormément de gratitude chez les<br />

personnes que nous aidons», expliquet-elle.<br />

Cinzia décrit son rôle comme<br />

une passerelle entre les demandes des<br />

réfugié·e·s et les prescriptions des autorités.<br />

«J’aime la diversité culturelle<br />

et j’aime travailler avec les gens. Tout<br />

le monde mérite une chance.» Elle attache<br />

néanmoins une grande importance<br />

à la neutralité et au maintien<br />

d’une distance professionnelle avec<br />

les personnes qu’elle encadre.<br />

Cinzia travaille maintenant pour <strong>ORS</strong><br />

depuis trois ans. Au début, elle craignait<br />

de ne pas être à la hauteur des attentes,<br />

mais son inquiétude a rapidement<br />

été balayée. «Ma supérieure était<br />

à mes yeux une femme extraordinaire,<br />

qui m’a tout donné, humainement<br />

et professionnellement, pour que je<br />

puisse progresser. Elle a toujours cru<br />

en moi et, progressivement, elle m’a<br />

accordé une confiance croissante et<br />

attribué davantage de responsabilités.»<br />

Elle qualifie <strong>ORS</strong> de prestataire<br />

de services sérieuse, qui fait face à<br />

des situations en constante mutation,<br />

avec de nouveaux flux et transits de<br />

réfugié·e·s, en déployant des processus<br />

bien rodés et un esprit d’équipe solide.<br />

Dans la vie, sa devise est «Qui reste<br />

immobile se perd». Et d’ajouter:<br />

«Il ne faut pas rester figé<br />

face aux difficultés, mais<br />

chercher des solutions.<br />

De nouvelles chances<br />

voient alors le jour –<br />

dans la sphère privée et<br />

professionnelle.»<br />

Aujourd’hui, Cinzia peut elle aussi se<br />

targuer d’une riche expérience dans<br />

l’encadrement de personnes en quête<br />

d’assistance. L’année dernière, elle a<br />

été désignée directrice adjointe du<br />

CAS Monastir et elle y voit la confirmation<br />

que la deuxième chance, dans<br />

un parcours professionnel, peut parfois<br />

être la meilleure.<br />

33


ÉTAPES CLÉS<br />

<strong>2021</strong><br />

Au cours de cette première année suivant<br />

la suppression des prestations d’encadrement<br />

du mandat fédéral au sein d’<strong>ORS</strong><br />

Autriche, nous avons remanié notre offre.<br />

Alors que par le passé, nous gérions de<br />

grands centres d’accueil et de répartition<br />

sous la forme d’hébergements collectifs<br />

pour le ministère de l’intérieur, notre travail<br />

d’encadrement s’inscrit désormais<br />

sur une plus petite échelle. Avec une<br />

équipe de neuf collaborateurs et collaboratrices,<br />

nous nous concentrons sur l’habitat<br />

assisté pour le compte des länder<br />

dans le cadre de mandats qui nous sont<br />

confiés depuis plusieurs années déjà.<br />

Avec nos équipes sociales mobiles, nous<br />

procurons des logements aux réfugié·e·s<br />

reconnu·e·s tout au long de l’année dans<br />

les länder de Styrie et de Carinthie. Au<br />

second semestre, nous avons étendu cette<br />

activité au land de Basse-Autriche. Sur le<br />

terrain, nous constatons un besoin grandissant<br />

de logements pour les réfugié·e·s.<br />

Après neuf années bien remplies, et<br />

extrêmement fructueuses, en tant que<br />

01/<strong>2021</strong><br />

directeur d’<strong>ORS</strong> Autriche et responsable<br />

des nouveaux marchés, Wilhelm Brunner<br />

a décidé de changer d’orientation. Maurizio<br />

Reppucci et Martin Nyfeler lui succèdent<br />

en tant que codirecteurs. Depuis<br />

toujours, une forte volatilité règne sur<br />

le secteur du travail avec les réfugié·e·s.<br />

Nous nous réjouissons qu’après le revers<br />

du premier semestre, l’évolution ait à<br />

nouveau emprunté une courbe ascendante<br />

à la fin de l’année en Autriche.<br />

Conférence de Vienne sur<br />

les migrations<br />

En octobre, <strong>ORS</strong> a assisté à la Conférence<br />

de Vienne sur les migrations. Cet événement<br />

international, qui réunit d’éminents<br />

membres de gouvernements et<br />

d’autorités publiques, nous permet de<br />

présenter les prestations d’encadrement<br />

dans le domaine des réfugié·e·s à un large<br />

public. Nous bénéficions à cette fin de<br />

notre partenariat avec l’ICMPD (Centre<br />

international pour le développement des<br />

politiques migratoires), dont le directeur,<br />

Michael Spindelegger, siège également<br />

au comité consultatif d’<strong>ORS</strong>.<br />

Acquisition d’un nouveau bureau d’<strong>ORS</strong> à Graz<br />

JANVIER<br />

FÉVRIER<br />

MARS AVRIL MAI JUIN<br />

34


07/<strong>2021</strong><br />

Autriche<br />

Changement au sein de la direction: Maurizio Reppucci<br />

et Martin Nyfeler prennent la codirection<br />

8/<strong>2021</strong><br />

Ajout d’un logement à l’abri. Augmentation du<br />

nombre de places agréées et de logements à Sankt<br />

Veit an der Glan (Carinthie)<br />

10/<strong>2021</strong><br />

Obtention du mandat relatif aux logements<br />

encadrés en Basse-Autriche<br />

11/<strong>2021</strong><br />

Les ordres de quarantaine<br />

plus nombreux parmi les<br />

réfugié·e·s en Carinthie et en<br />

Styrie entraînent une hausse<br />

des charges d’encadrement.<br />

12/<strong>2021</strong><br />

Augmentation des<br />

capacités d’encadrement<br />

à Söchau (Styrie). À la<br />

fin de l’année, toutes les<br />

places d’hébergement<br />

agréées dans les länder<br />

sont occupées.<br />

JUILLET AOÛT SEPTEMBRE OCTOBRE NOVEMBRE DÉCEMBRE<br />

35


«Tout le monde<br />

mérite une<br />

chance.»<br />

Sigrid Bauly<br />

Née en 1958, Sigrid Bauly a étudié le droit et, en tant que fille d’avocat,<br />

elle est convaincue que le droit et l’équité vont de pair. Elle est toutefois<br />

confrontée à une réalité bien différente dans ses activités quotidiennes.<br />

Elle suit une formation complémentaire de médiatrice et elle<br />

doit constater qu’avec l’âge, les chances sur le marché du travail s’amenuisent.<br />

Il y a sept ans, elle entame une carrière dans l’encadrement<br />

pour <strong>ORS</strong> et découvre qu’elle est encore loin d’être bonne pour la retraite.<br />

36


L’expérience personnelle comme<br />

tremplin pour la réorientation<br />

professionnelle<br />

Une personne de 56 ans n’est pas bonne<br />

pour la casse, loin s’en faut. Sigrid Bauly<br />

a longtemps dû se battre pour faire admettre<br />

que son expérience personnelle<br />

et professionnelle peut apporter une<br />

plus-value aux entreprises. À plusieurs<br />

reprises, cette conseillère matrimoniale,<br />

familiale et personnelle diplômée<br />

a essayé en vain de s’engager dans un<br />

nouveau domaine professionnel. Mère<br />

de trois enfants adultes, son âge s’est à<br />

chaque fois avéré rédhibitoire – sauf pour<br />

<strong>ORS</strong>. En 2015, son attention est attirée<br />

par une offre d’emploi pour le recrutement<br />

de personnel d’encadrement pour<br />

réfugié·e·s. Elle est autorisée à se présenter<br />

et peut commencer immédiatement.<br />

Elle est affectée dans un premier temps<br />

dans un camp de tentes provisoire de Carinthie,<br />

qui sert de refuge à des requérant·e·s<br />

d’asile en provenance de Syrie et<br />

d’Afghanistan. «N’ayez jamais de préjugés<br />

à l’égard d’une culture étrangère. Personne<br />

ne quitte sa famille et ses racines<br />

sans raisons sérieuses. Tout le monde<br />

mérite une chance.»<br />

Après cet épisode, Sigrid Bauly, Carinthienne<br />

de naissance, rejoint un centre de<br />

répartition ordinaire pour requérant·e·s<br />

d’asile et, pendant deux ans, elle pose<br />

les jalons qui l’amèneront à endosser un<br />

nouveau rôle de conseillère sociale dans<br />

l’encadrement mobile des réfugié·e·s.<br />

«Avant, je facilitais les premiers pas en<br />

Autriche pour les primo-arrivants. Maintenant,<br />

j’épaule ceux qui sont restés pour<br />

s’implanter de façon stable dans leur<br />

nouveau pays.» Au volant de son véhicule<br />

de fonction, elle parcourt les routes<br />

de Styrie et de Carinthie d’un logement<br />

à l’autre. C’est la première interlocutrice<br />

pour les requérant·e·s d’asile qui ont été<br />

transféré·e·s de l’encadrement fédéral<br />

aux länder et attendent une décision<br />

finale sur leur statut. Elle paie les frais<br />

alimentaires, elle distribue de la nourriture<br />

et des produits d’hygiène, elle prend<br />

des rendez-vous avec les médecins, les<br />

écoles et les autorités et, à l’occasion, elle<br />

passe un peu de temps à discuter de sujets<br />

tantôt futiles, tantôt essentiels. Dans<br />

son travail, elle coopère également avec<br />

les réseaux de soutien locaux, qui constituent<br />

surtout de précieuses ressources<br />

pour ce qui concerne les opportunités<br />

d’emploi et les cours de langue.<br />

«Les personnes qui<br />

s’intègrent ont les<br />

meilleures chances, tant<br />

en termes d’emploi que<br />

dans la société. Je me vois<br />

comme une bonne fée<br />

apportant des<br />

possibilités d’intégration.»<br />

Sigrid Bauly a noué une relation de<br />

confiance avec les quelque 50 personnes<br />

qu’elle doit encadrer. Aujourd’hui, elle<br />

est heureuse de travailler pour <strong>ORS</strong>, où<br />

elle fait partie d’une petite équipe de cinq<br />

assistantes sociales et assistants sociaux.<br />

«Nous fonctionnons très bien ensemble.<br />

L’assistance mutuelle en cas de besoin<br />

coule de source. En même temps, chacun<br />

peut travailler de façon autonome et<br />

prendre ses propres responsabilités dans<br />

son domaine. Pour moi, il n’existe rien<br />

de mieux.»<br />

37


FORMATION INITIALE ET CONTINUE<br />

Les mesures sanitaires imposées par<br />

les gouvernements et les pouvoirs publics<br />

pour lutter contre la pandémie<br />

de Covid ont directement affecté les<br />

possibilités de formation continue<br />

de notre personnel. Les restrictions<br />

des contacts et les obligations de télétravail<br />

ont entraîné l’annulation de<br />

cours. Nous avons saisi cette opportunité<br />

pour convertir différentes formations<br />

dans un format d’e-learning.<br />

Ainsi, 99 cours ont pu être organisés<br />

en allemand, en français et en italien,<br />

selon la région linguistique des participant·e·s.<br />

Nous demandons à l’ensemble de nos<br />

collaborateurs et collaboratrices de<br />

se former en permanence, au moyen<br />

de cours pour débutants et de cours<br />

spécialisés, afin d’optimiser systématiquement<br />

la qualité du travail sur le<br />

terrain. Un axe prioritaire, dans le<br />

développement de notre personnel, a<br />

Leaders Conference sous le slogan «Oser la<br />

confiance» en octobre <strong>2021</strong><br />

trait à la formation de nos cadres. Le<br />

coup d’envoi a été donné en octobre,<br />

avec la Leaders Conference, qui a rassemblé<br />

quelque 30 collaborateurs et<br />

collaboratrices dirigeant·e·s issu·e·s<br />

de toutes nos sociétés nationales. Des<br />

formes de travail et de leadership destinées<br />

à favoriser la communication et<br />

la collaboration au sein des équipes y<br />

ont été imaginées, avec pour fil rouge<br />

«Oser la confiance».<br />

En complément aux formations internes,<br />

<strong>ORS</strong> participe également aux<br />

coûts des formations continues externes<br />

de nos collègues pour autant<br />

que la formation suivie apporte une<br />

valeur ajoutée pour l’exercice des activités<br />

au sein de l’entreprise. 50 mesures<br />

de formation ont ainsi été soutenues<br />

en <strong>2021</strong>.<br />

Nous apprécions l’expérience de nos<br />

collaborateurs et collaboratrices et<br />

nous considérons que leurs aptitudes<br />

renferment un grand potentiel. En<br />

2022, nous continuerons donc d’encourager<br />

le développement personnel<br />

et professionnel de nos collègues.<br />

Nos cours, composés d’un mélange de<br />

webinaires et de formations en présentiel,<br />

leur permettent d’élargir leur<br />

horizon d’apprentissage à tous les niveaux<br />

de direction et dans toutes les<br />

fonctions.<br />

38


Au travers d’événements inédits tels<br />

que Lunch & Learn et de supervisions,<br />

nous offrons en outre la possibilité<br />

aux collaborateurs et collaboratrices<br />

du Groupe <strong>ORS</strong> de réseauter et<br />

de faire de nouvelles connaissances<br />

parmi les collègues. Cette innovation,<br />

sous la houlette de Maurizia Walzthöny,<br />

notre nouvelle responsable<br />

du développement du personnel, atteste<br />

qu’à travers le Groupe <strong>ORS</strong> tout<br />

entier, l’accent est mis sur la qualité<br />

de l’encadrement, la promotion des<br />

compétences de leadership et la cohésion<br />

au sein du personnel.<br />

PROGRAMME DE FORMATION CONTINUE 2022<br />

dans le domaine de l’asile et de la migration<br />

1<br />

NOTRE GESTION DE LA QUALITÉ<br />

<strong>ORS</strong> accorde une grande importance à un encadrement d’une qualité professionnelle,<br />

dans lequel l’être humain est au cœur de l’attention. Nos audits<br />

internes et les contrôles réguliers de nos mandants nous procurent de précieuses<br />

indications pour nous améliorer sans cesse. De surcroît, nous avons<br />

la fierté d’être titulaires de certificats ISO délivrés par l’Organisation suisse<br />

pour des prestations de certification et d’évaluation (SQS).<br />

39


RH ET DÉVELOPPEMENT DU<br />

PERSONNEL<br />

Saisir les opportunités dans le<br />

développement du personnel<br />

Lorsqu’une pandémie comme le Covid<br />

s’abat sur de larges pans de la population,<br />

ses répercussions atteignent<br />

inévitablement le service du personnel<br />

des entreprises. En l’occurrence, le<br />

virus n’a pas épargné les collaborateurs<br />

et collaboratrices d’<strong>ORS</strong>. Malgré une<br />

multitude de cas, nous nous réjouissons<br />

avec le recul que, d’une part, les formes<br />

graves de la maladie aient été l’exception<br />

et, d’autre part, le personnel apte<br />

à travailler ait toujours pu assurer le<br />

fonctionnement de nos établissements.<br />

L’information au personnel s’est pour<br />

l’essentiel concentrée sur les mesures<br />

de lutte contre la pandémie. La vaccination<br />

a été largement acceptée et, pour<br />

nos collaborateurs et collaboratrices<br />

qui n’étaient pas encore vacciné·e·s, une<br />

obligation de test pendant le temps de<br />

travail a été adoptée – lorsqu’elle n’était<br />

pas imposée légalement par ailleurs.<br />

Nouvelles formes de travail<br />

adoptées au quotidien<br />

Nous avons profité de la période de<br />

pandémie pour mettre en place le télétravail.<br />

Les expériences observées nous<br />

ont confortés dans l’idée de conserver<br />

un modèle de temps de travail flexible<br />

après la pandémie. Nous avons l’intime<br />

conviction que le bureau deviendra à<br />

l’avenir un lieu de rencontre, avec<br />

pour fonction première d’accueillir<br />

les échanges entre collaborateurs et<br />

collaboratrices, tandis que les tâches<br />

exigeant réflexion et concentration seront<br />

accomplies en télétravail, spécialement<br />

pour les aspects administratifs<br />

du travail. Nous avons donc commencé<br />

à réaménager les postes de travail dans<br />

les bureaux de façon à ce qu’ils puissent<br />

être utilisés sans attribution fixe, en<br />

s’adaptant aux besoins avec flexibilité.<br />

Malgré les difficultés, la cohésion<br />

d’équipe s’est renforcée. En parallèle,<br />

nous poursuivons la transition numérique<br />

dans le domaine des ressources<br />

humaines.<br />

Numérisation<br />

De la gestion des candidatures au calcul<br />

des salaires, les outils numériques facilitent<br />

désormais notre travail. <strong>ORS</strong> est<br />

une employeuse attrayante, qui entend<br />

combler les besoins croissants de personnel<br />

disponible et qualifié grâce à des<br />

conditions de travail modernes et des<br />

plans de carrière personnalisés. Nous<br />

offrons de multiples possibilités de développement<br />

personnel à nos collègues<br />

déjà en place et à nos nouvelles recrues.<br />

Certifications et audits<br />

Nos mandants et divers organismes de<br />

certification reconnus contrôlent régulièrement<br />

nos conditions d’embauche<br />

et d’emploi. Cela nous donne à chaque<br />

40


Faits et chiffres<br />

Situation au 31 décembre <strong>2021</strong><br />

Nombre de collaborateur·trice·s<br />

Nombre de nationalités<br />

parmi le personnel<br />

CH 910<br />

DE 497<br />

IT 76<br />

AT 9<br />

+ 14%<br />

CH<br />

DE<br />

IT<br />

AT<br />

67<br />

56<br />

10<br />

3<br />

Part de femmes<br />

Femmes occupant des postes<br />

de direction<br />

CH<br />

42%<br />

CH<br />

47%<br />

DE<br />

45%<br />

DE<br />

47%<br />

IT<br />

34%<br />

IT<br />

67%<br />

AT<br />

44%<br />

AT<br />

50%<br />

+ 4% + 10%<br />

Augmentation par rapport à l’année précédente au niveau du Groupe <strong>ORS</strong>.<br />

fois l’occasion de réexaminer et, au besoin,<br />

d’optimiser nos processus. Nous<br />

nous engageons pour l’égalité des droits<br />

et des salaires et nous pratiquons activement<br />

un dialogue adapté à tous les<br />

destinataires dans toutes les communications<br />

avec notre personnel.<br />

Nous avons conscience que le travail<br />

dans le domaine de l’asile représente un<br />

défi particulier pour le personnel. Nous<br />

sommes d’autant plus reconnaissants<br />

envers nos près de 1’500 collaborateurs<br />

et collaboratrices pour le travail qu’ils<br />

accomplissent et le dévouement dont<br />

ils font preuve à l’égard d’<strong>ORS</strong>.<br />

41


RÉSULTAT ANNUEL<br />

<strong>2021</strong><br />

Rétrospective et perspectives<br />

En Europe, les demandes d’asile ont<br />

augmenté de plus de 30% en <strong>2021</strong> par<br />

rapport à l’année précédente. Après<br />

que la plupart des interdictions de<br />

voyages adoptées pour lutter contre<br />

la pandémie de Covid ont été levées,<br />

le nombre de demandes introduites<br />

chaque mois a repris sa courbe ascendante<br />

au début de l’été et a retrouvé le<br />

niveau de 2019 dès le mois d’août.<br />

En comparaison, le travail opérationnel<br />

mené dans les institutions n’a pas<br />

été grandement simplifié par rapport<br />

à l’année précédente. Le faible taux<br />

d’occupation et l’alourdissement des<br />

charges lié aux mesures sanitaires se<br />

sont répercutés sur le résultat global.<br />

Malgré ces conditions plus difficiles,<br />

nous avons à nouveau réussi à réaliser<br />

la croissance planifiée et à renforcer<br />

davantage encore la rentabilité du<br />

Groupe <strong>ORS</strong>. Sachant que certains<br />

concurrents réclament les mêmes honoraires<br />

pour leurs dépenses, qu’ils<br />

recourent même à des garanties de<br />

déficit et qu’ils clôturent malgré tout<br />

leurs comptes en perte, nous sommes<br />

d’autant plus satisfaits de notre performance.<br />

Notre mission nous contraint<br />

à tenir notre budget avec les fonds<br />

publics qui nous sont alloués et à accroître<br />

l’attractivité de notre entreprise.<br />

Eu égard à la situation politique dans<br />

le sud de l’Europe et, en particulier,<br />

en Ukraine, une hausse substantielle<br />

du nombre de demandes d’asile peut<br />

être escomptée en Europe et sur les<br />

marchés d’<strong>ORS</strong>. De nouvelles opportunités<br />

de marchés se créent également<br />

dans des pays où le Groupe <strong>ORS</strong> n’est<br />

pas encore présent à ce jour, notamment<br />

dans le sud de l’Europe (Espagne<br />

et Grèce), mais aussi sur les marchés<br />

actuels.<br />

Suisse<br />

En Suisse, en <strong>2021</strong>, environ 15’000 demandes<br />

d’asile ont été déposées, ce<br />

qui représente une augmentation d’un<br />

peu plus de 35% par rapport à l’année<br />

précédente. Cette hausse en Suisse est<br />

supérieure à la moyenne européenne,<br />

qui est de 30%. Cette tendance a entraîné<br />

une augmentation du nombre de<br />

nuitées et, partant, un chiffre d’affaires<br />

plus élevé que l’année précédente.<br />

Au cours de l’année sous revue, le travail<br />

d’encadrement dans les centres<br />

fédéraux pour requérant·e·s d’asile<br />

est le domaine qui enregistre le chiffre<br />

d’affaires le plus élevé en Suisse. Cela<br />

tient à ce que les capacités liées à ce<br />

mandat ont été constamment accrues<br />

au cours des deux dernières années,<br />

entre autres, à cause de la pandémie<br />

de Covid.<br />

42


Finances<br />

Allemagne<br />

En <strong>2021</strong>, le nombre de premières demandes<br />

d’asile a fortement augmenté<br />

par rapport à l’année précédente, entraînant<br />

un besoin croissant de places<br />

d’encadrement (<strong>2021</strong>: 148’000 | 2020:<br />

102’000). De plus, le mandant a relevé<br />

ses exigences depuis la fin de la crise<br />

des réfugié·e·s. Alors que la crise sanitaire<br />

se prolongeait, les institutions<br />

ont dû maintenir leurs mesures de protection,<br />

ce qui s’est traduit par un besoin<br />

de place accru pour les personnes<br />

à encadrer. Les contrats existants ont<br />

donc pu être conservés à hauteur d’un<br />

volume pratiquement inchangé alors<br />

que le taux d’occupation reculait.<br />

L’évolution des affaires a été stable en<br />

<strong>2021</strong> malgré la crise sanitaire et les<br />

difficultés qu’elle a engendrées dans<br />

les lieux d’hébergement. Nous sommes<br />

parvenus à rehausser notre chiffre<br />

d’affaires d’environ 41% grâce à l’obtention<br />

de nouveaux mandats en Rhénanie-du-Nord-Westphalie,<br />

en Rhénanie-Palatinat<br />

et à Berlin et grâce à<br />

l’extension des prestations convenues<br />

dans des mandats existants. L’évolution<br />

des ressources humaines a suivi<br />

la même trajectoire.<br />

Italie<br />

L’année dernière, <strong>ORS</strong> Italia S.r.l. a décroché<br />

de nouveaux mandats. Après<br />

que de nombreux appels d’offres ont<br />

été retardés l’année précédente, ainsi<br />

qu’au début <strong>2021</strong>, à cause du changement<br />

de gouvernement et de la crise<br />

sanitaire persistante, nous sommes<br />

parvenus à poursuivre notre stratégie<br />

de croissance au cours de l’année sous<br />

revue.<br />

Autriche<br />

En Autriche, l’année dernière, les<br />

demandes d’asile ont sensiblement<br />

augmenté et enregistré une hausse<br />

d’environ 131% par rapport à l’année<br />

précédente. En ce qui concerne les<br />

mandats qui nous restent dans le domaine<br />

des logements encadrés (après<br />

la nationalisation du mandat avec le<br />

BMI), cette hausse n’exerce qu’une<br />

influence limitée sur le cours des affaires.<br />

À la fin de l’année sous revue,<br />

un nouveau mandat nous a été attribué<br />

dans le domaine des logements encadrés<br />

dans le land de Basse-Autriche.<br />

Sources: Statistique en matière d’asile en <strong>2021</strong> – Secrétariat d’État aux migrations (SEM), Berne-Wabern,<br />

15 février 2022 (CH) | BMI: Asylstatistik <strong>2021</strong> (AT) | BAMF (Office fédéral des migrations et des<br />

réfugiés): Statistik <strong>2021</strong> (DE)<br />

43


RÉSULTAT ANNUEL<br />

Chiffre d’affaires par pays (en milliers de<br />

CHF)<br />

2020 <strong>2021</strong><br />

Suisse 71’884 79’702<br />

Autriche 34’285 723<br />

Allemagne 19’898 27’471<br />

Italie 1462 2319<br />

Total 127’529 110’215<br />

Résultat opérationnel* 1322 2579<br />

* Résultat opérationnel avant éléments exceptionnels<br />

Répartition du chiffre d’affaires en Suisse (en<br />

milliers de CHF)<br />

2020 <strong>2021</strong><br />

SEM 24’148 30’903<br />

Hébergements collectifs 25’383 26’133<br />

Mandats communaux 20’108 18’095<br />

Intégration 2’245 4’571<br />

Total <strong>ORS</strong> Suisse 71’884 79’402<br />

Les états financiers consolidés de l’exercice <strong>2021</strong> ont été établis selon les réglementations de Swiss<br />

GAAP RPC et audités par Baker Tilly OBT. Le rapport de l’organe de révision ne contient aucune réserve.<br />

44


Finances<br />

Allemagne<br />

27’471 CHF<br />

Suisse<br />

79’702 CHF<br />

Total<br />

Autriche<br />

723 CHF<br />

110’215 CHF<br />

Italie<br />

2’319 CHF<br />

45


COMITÉ CONSULTATIF<br />

Notre conseil consultatif conseille l’<strong>ORS</strong> en tant qu’organisme spécialisé sur les<br />

questions actuelles et futures liées à la migration. Il recommande des solutions<br />

pour la mise en œuvre de la stratégie et le développement des affaires. Les membres<br />

du conseil consultatif sont des dirigeant·e·s politiques, des chef·fe·s d’entreprise<br />

et des expert·e·s en migration de la région DACH (Allemagne, Autriche et Suisse):<br />

Ruth Metzler-Arnold (présidente)<br />

Ancienne conseillère fédérale (CH),<br />

ministre de la Justice et de la Police,<br />

présidente de Switzerland Global<br />

Enterprise, membre de divers<br />

conseils d’administration<br />

Rita Fuhrer<br />

Ancienne membre du gouvernement<br />

du canton de Zurich à la direction<br />

des affaires sociales et de la<br />

sécurité (CH), ancienne directrice<br />

de l’Économie publique (CH)<br />

Thomas Bäumer<br />

CEO de Colosseum Dental Germany,<br />

ancien CEO d’Adecco Allemagne<br />

et Autriche, membre du<br />

comité directeur de l’union fédérale<br />

des chefs d’entreprises allemands<br />

(BDA, DE)<br />

Erwin Jutzet<br />

Ancien membre du Conseil national<br />

et du gouvernement cantonal de<br />

Fribourg à la direction de la sécurité<br />

et de la justice (CH)<br />

Dr. Michael Spindelegger<br />

Ancien vice-chancelier et ministre<br />

des Affaires étrangères d’Autriche<br />

(AT), directeur général du Centre<br />

international pour le développement<br />

des politiques migratoires<br />

(CIDPM)<br />

Dr. h. c. Fritz Schramma<br />

Maire retraité de la ville de Cologne<br />

et président de la Journée<br />

allemande des villes et des communes<br />

46


Interview de Thomas Bäumer<br />

Au fil de sa vie privée et professionnelle, Thomas Bäumer a saisi de nombreuses<br />

opportunités, mais il a toujours gardé un lien étroit avec Münster, sa ville natale. Les<br />

méandres de la carrière de cet installateur sanitaire de formation l’ont conduit jusqu’au<br />

comité directeur de l’union fédérale des chefs d’entreprises allemands. À 59 ans, il est<br />

aujourd’hui le CEO du principal réseau de praticiens des soins dentaires en Allemagne<br />

et, depuis 2020, il siège également au comité consultatif d’<strong>ORS</strong>.<br />

Où puisez-vous votre motivation à vous engager<br />

dans le comité consultatif d’<strong>ORS</strong>?<br />

L’action d’<strong>ORS</strong> s’articule autour d’êtres humains<br />

et de leur encadrement, leur soutien et<br />

leur intégration dans le respect de la dignité.<br />

L’intégration est la clef de voûte à tous les<br />

niveaux. En tant que représentant du monde<br />

économique, j’apporte mon expertise à cet organisme<br />

spécialisé aux côtés d’autres figures<br />

brillantes de la scène politique nationale et<br />

internationale.<br />

Quelle devise vous guide dans votre vie, votre<br />

travail, votre activité dirigeante?<br />

Prendre tout ce qui est possible! Je veux dire<br />

par là qu’il faut toujours exploiter pleinement<br />

les possibilités et les potentiels, et en même<br />

temps, s’efforcer au maximum d’en tirer un<br />

sens.<br />

Dans mon rôle de cadre, la confiance joue un<br />

rôle essentiel pour moi. Pour réussir, il est fondamental<br />

de lâcher un peu la bride, d’accorder<br />

une certaine liberté dans la prise de décisions,<br />

une responsabilité. En résumé: une ligne directrice<br />

claire avec des ficelles invisibles.<br />

Au travail, j’ai pour devise «laisser libre cours<br />

à la créativité». 30% de mon horaire n’est pas<br />

planifié car les pensées créatives ont besoin<br />

d’une marge de manœuvre suffisante pour<br />

s’épanouir.<br />

Que conseillez-vous pour bien planifier sa carrière<br />

et mettre les opportunités à profit?<br />

Les opportunités n’arrivent pas sur un plateau<br />

d’argent. Pour pouvoir les repérer et s’en saisir,<br />

il faut être attentif et s’identifier fortement<br />

à la profession et à l’entreprise. Mais au final,<br />

dans la vie quotidienne comme au travail, tout<br />

ne se passe pas toujours comme prévu. Le hasard,<br />

la chance, la présence au bon endroit, au<br />

bon moment ne doivent pas être sous-estimés.<br />

L’année <strong>2021</strong> a été particulière à de nombreux<br />

égards. À quoi a-t-elle spécialement été consacrée<br />

dans votre travail?<br />

Le monde du travail a continué d’évoluer sous<br />

l’influence de la crise sanitaire. La numérisation<br />

s’est accélérée, le télétravail, les conférences<br />

et les réunions en ligne appartiennent<br />

désormais à notre quotidien. Plusieurs opportunités<br />

ont été mises à profit pendant cette<br />

crise. Dans l’ensemble, l’économie allemande<br />

s’en est sortie avec une belle stabilité. Je ne<br />

m’y attendais pas au début de la pandémie.<br />

Nous sommes aussi parvenus à maintenir la<br />

trajectoire de croissance de Colosseum Dental<br />

Germany malgré les obstacles. J’espère que le<br />

thème du coronavirus sera moins omniprésent<br />

au second semestre 2022. J’envisage l’avenir<br />

avec confiance. Je suis persuadé que le secteur<br />

médical et pharmaceutique continuera d’évoluer<br />

à un rythme soutenu et que les conditions<br />

pourront ainsi être réunies pour arrêter définitivement<br />

la pandémie.<br />

47


DIRECTION DU GROUPE<br />

«Le professionnalisme et<br />

la flexibilité sont les<br />

piliers d’une collaboration<br />

empreinte de confiance.»<br />

Jürg Rötheli<br />

CEO du Groupe<br />

<strong>ORS</strong><br />

Carolin Wälz-Fabregon<br />

Directrice<br />

<strong>ORS</strong> Allemagne<br />

Claude Gumy<br />

Co-Directeur<br />

<strong>ORS</strong> Suisse<br />

«Une crise est une<br />

opportunité pour grandir<br />

ensemble.»<br />

Maurizio Reppucci<br />

Directeur <strong>ORS</strong> Autriche,<br />

Italie et Espagne<br />

48


Oser la confiance, c’est saisir les opportunités<br />

Confiance, respect, exemplarité, fiabilité des décisions et communication<br />

adaptée à chaque niveau: ces valeurs sont le fondement de la motivation et<br />

du sentiment d’appartenance des collaborateurs et collaboratrices. Nous mettons<br />

donc à profit les opportunités d’exercer notre sens des responsabilités en<br />

interne et en externe.<br />

«Notre travail axé sur les<br />

solutions s’appuie sur<br />

l’expérience et un haut<br />

degré de compréhension<br />

des besoins à satisfaire.»<br />

Martin Nyfeler<br />

CFO du Groupe<br />

<strong>ORS</strong><br />

Lutz Hahn<br />

Head of Communications &<br />

Public Affairs<br />

«Vouloir comprendre<br />

est la première étape<br />

pour être compris. Nous<br />

y contribuons par une<br />

information rapide et<br />

transparente.»<br />

49


NOS<br />

VALEURS<br />

neutre<br />

Nous sommes politiquement et religieusement neutres.<br />

Nous nous occupons de l’encadrement et de l’intégration des<br />

personnes ayant fui leur pays de manière fiable et compétente.<br />

Nous sommes accessibles et dévoué·e·s, sans pour autant<br />

perdre notre objectivité. Nous sommes transparent·e·s<br />

et évaluons la qualité élevée de nos prestations de manière<br />

proactive et en faisant preuve d’autocritique.<br />

flexible<br />

Nous proposons un ensemble de solutions pour les autorités<br />

et pour la société. Grâce à notre expérience internationale<br />

de longue date, nous disposons de processus éprouvés.<br />

Nous agissons ainsi de manière agile et économique. En<br />

cas de changements rapides, nous réagissons vite en apportant<br />

des solutions efficaces à nos donneurs d’ordre et aux<br />

personnes que nous encadrons.<br />

à l'écoute<br />

Nous plaçons l’humain au cœur de notre travail et nous<br />

échangeons dans un respect mutuel. Nous souhaitons créer<br />

des perspectives d’avenir et générer une plus-value pour les<br />

personnes ayant fui leur pays comme pour la population<br />

locale. En outre, nous nous fixons toujours les objectifs les<br />

plus ambitieux possible et les poursuivons en faisant preuve<br />

de savoir-vivre, de modestie et de discernement.<br />

50


51


GLOSSAIRE<br />

Abréviations pour la Suisse<br />

NaBe – Restructuration du domaine de l’asile et des réfugié·e·s dans le canton<br />

de Berne<br />

SPITEX – Organisme de services d’aide et de soins extra-hospitaliers<br />

CFA – Centre fédéral pour requérant·e·s d’asile<br />

RKZ / RZB – Centre de retour<br />

HC – Hébergement collectif<br />

MNA / UMA – Mineur·e·s non accompagné·e·s<br />

SEM – Secrétariat d’État aux migrations<br />

Cantons<br />

AG – Canton d’Argovie<br />

BE – Canton de Berne<br />

BL – Canton de Bâle-Campagne<br />

FR – Canton de Fribourg<br />

SO – Canton de Soleure<br />

TG – Canton de Thurgovie<br />

ZH – Canton de Zurich<br />

Abréviations pour l’Allemagne<br />

BU – Centre d’encadrement<br />

LEA – Centre fédéral d’accueil d’urgence<br />

ZUE – Centre d’hébergement central<br />

EA – Centre d’accueil d’urgence<br />

AfA – Centres de prise en charge des requérant·e·s d’asile<br />

GU – Hébergements partagés<br />

Länder allemands<br />

BW – Bade-Wurtemberg<br />

NRW – Rhénanie-du-Nord-Westphalie<br />

RP – Rhénanie-Palatinat<br />

52


Abréviations pour l’Autriche<br />

BMI – Ministère fédéral de l’Intérieur<br />

BBU – Agence fédérale pour les services d’encadrement et de soutien<br />

Abréviations pour l’Italie<br />

UNHCR – Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés<br />

CAS – Centre de premier accueil<br />

CPR – Centre de retour<br />

53


NOS<br />

SITES<br />

Situation au 31 décembre <strong>2021</strong><br />

Siège<br />

Bureau<br />

Site<br />

Allemagne<br />

Belgique<br />

Bureau de liaison avec<br />

l’UE à Bruxelles<br />

Autriche<br />

Suisse<br />

Italie<br />

Espagne<br />

Grèce<br />

54


Contact<br />

Suisse<br />

<strong>ORS</strong> Group SA<br />

Röschibachstrasse 22<br />

CH-8037 Zurich<br />

Tél. +41 (0)44 386 67 67<br />

info@ors.ch<br />

www.ors-group.org<br />

<strong>ORS</strong> Service AG<br />

Röschibachstrasse 22<br />

CH-8037 Zurich<br />

Tél. +41 (0)44 386 67 67<br />

info@ors.ch<br />

www.ors-schweiz.ch<br />

Allemagne<br />

<strong>ORS</strong> Deutschland GmbH<br />

Güterhallenstrasse 4<br />

D-79106 Freiburg im Breisgau<br />

Tél. +49 (0)761 769 931 20<br />

info@orsdeutschland.de<br />

www.ors-deutschland.de<br />

Autriche<br />

<strong>ORS</strong> Service GmbH<br />

Mooslackengasse 17<br />

AT-1190 Vienne<br />

Tél. +43 1 25301 62362<br />

info@orsservice.at<br />

www.ors-austria.at<br />

Italie<br />

<strong>ORS</strong> Italia S. r. l.<br />

Piazza Annibaliano 18<br />

I-00198 Rome<br />

info@ors-italia.com<br />

www.ors-italia.it<br />

Espagne<br />

<strong>ORS</strong> España<br />

Servicios Sociales S.L.<br />

Avenida Felipe II, 17<br />

1° oficina 1<br />

ES-28009 Madrid<br />

www.ors-espana.es<br />

Grèce<br />

<strong>ORS</strong> Greece Monoprosopi A.E.<br />

280 Kifisias Avenue<br />

GR-15232 Chalandri<br />

Bureau de liaison avec l’UE à<br />

Bruxelles<br />

<strong>ORS</strong> Group<br />

Rond-point Schuman 6, Box 5<br />

BE-1040 Bruxelles<br />

www.ors-group.org<br />

Mentions légales<br />

Éditrice<br />

<strong>ORS</strong> Group SA, Zurich<br />

Juin 2022<br />

© <strong>ORS</strong> Group SA, Zurich<br />

Concept et design<br />

Ellinor Amini<br />

Concept et graphisme<br />

<strong>ORS</strong> Deutschland GmbH<br />

Direction éditoriale<br />

Lutz Hahn<br />

Head of Communications & Public Affairs<br />

<strong>ORS</strong> Group SA<br />

55


www.ors-group.org<br />

56

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