06.07.2022 Vues

L'Essentiel Prépas n° 62 - Juillet 2022

L'Essentiel du Sup Prépas est le magazine numérique dédié aux professeurs des classes préparatoires, aux étudiants et à leurs parents. Chaque mois, retrouvez toute l'actualité des classes préparatoires économiques et commerciales et des Grandes Ecoles. Ce magazine vous est proposé par HEADway Advisory, cabinet de conseil en stratégie dédié à l'enseignement supérieur.

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JUILLET <strong>2022</strong> | N° <strong>62</strong><br />

CLASSES PRÉPAS ÉCONOMIQUES ET COMMERCIALES GÉNÉRALES<br />

ENQUÊTE<br />

L’expérience étudiante au cœur<br />

de l’enseignement supérieur<br />

REPÈRES<br />

Comment financer la montée en<br />

puissance de l’apprentissage ?<br />

DÉBAT<br />

Transition environnementale :<br />

l’enseignement supérieur<br />

au pied du mur<br />

Emploi des jeunes diplômés<br />

des Grandes écoles :<br />

ça redémarre !


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS ÉDITO + SOMMAIRE<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

TRANSITION ENVIRONNEMENTALE :<br />

FORMER DES MANAGERS<br />

RESPONSABLES<br />

Chaque remise de diplômes est là pour le prouver : les étudiants sont<br />

engagés dans la sauvegarde de la planète. C’est-à-dire tout simplement<br />

de leur propre avenir. Après la démonstration des étudiants d’Agro ParisTech<br />

c’est successivement à HEC, l’Ecole polytechnique ou encore<br />

Sciences Po que les remises de diplômes ont donné lieu à des discours<br />

démontrant toute l’implication de leurs étudiants.<br />

Mais alors que doit-on faire aujourd’hui quand on est étudiant pour montrer son implication<br />

? Comme les étudiants d’Agro ParisTech refuser de s’impliquer de quelque manière<br />

que ce soit dans le système ? Ou tenter de changer les entreprises de l’intérieur ?<br />

Si on parle souvent de greenwashing vis-à-vis d’entreprises qui feraient preuve d’hypocrises<br />

en annonçant de grands engagements pour le climat vite démentis par les<br />

faits, beaucoup d’entre elles n’en sont pas moins à la recherche de compétences pour<br />

assurer leur transition environnementale. Les assureurs, les industriels de l’automobile<br />

ou de l’aéronautique mais aussi de l’agro-alimentaire, de tous les secteurs en fait,<br />

doivent à la fois répondre à des injonctions réglementaires de plus en plus drastiques<br />

et, plus prosaïquement, à une augmentation exponentielle du prix de l’énergie. Autant<br />

de défis qui appellent de nouvelles compétences, formées à des technologies moins<br />

dispendieuses en énergie et moins polluantes, quand les responsables actuels ont été<br />

biberonnés à la dépense énergétique et sont trop peu soucieux de l’environnement.<br />

C’est tout un nouveau marché du travail qui s’ouvre dans lequel les ingénieurs, plus<br />

impliqués, mieux préparés, pourraient bien peu à peu reprendre le flambeau de la direction<br />

d’entreprises dont les managers se sont largement emparés ces dernières<br />

années. C’est dire si les écoles de management doivent prendre à bras-le-corps l’enseignement<br />

des transitions environnementales. La plupart le font mais l’implication<br />

de leurs étudiants est-elle aujourd’hui à la hauteur des enjeux ? Trop souvent privés<br />

des références technologiques indispensables à leur future mission, comprennent-ils<br />

vraiment que les entreprises doivent aujourd’hui se réformer de l’intérieur et qu’ils y<br />

auront un rôle majeur à jouer ? Dispenser des cours dédiés, instiller partout le message,<br />

passer par une Fresque du Climat qui peut sembler anxiogène mais pose le débat,<br />

autant d’évolutions indispensables pour vraiment faire prendre conscience aux<br />

futurs managers quelles sont leurs missions.<br />

Sommaire<br />

LES ESSENTIELS DU MOIS<br />

4 • TBS Education construit son nouveau<br />

campus<br />

5 • Le campus historique de l’Inseec s’agrandit<br />

6 • Emlyon réforme son PGE<br />

8 • Cap sur l’Inde pour Kedge<br />

9 • Le Hcéres salue la gestion<br />

de l’EM Normandie<br />

ENQUÊTE<br />

10 • L’expérience étudiante au cœur<br />

de l’enseignement supérieur<br />

DOSSIER<br />

13 • Emploi des jeunes diplômés des Grandes<br />

écoles : ça redémarre !<br />

REPÈRES<br />

19 • Comment financer la montée<br />

en puissance de l’apprentissage ?<br />

23 • Transition environnementale :<br />

l’enseignement supérieur au pied du mur<br />

Le 14 octobre prochain les journées Continuum<br />

auront lieu au sein des locaux de<br />

emlyon BS. L’occasion d’avancer sur tous<br />

ces sujets en réunissant professeurs de<br />

l’APHEC, représentants des écoles, anciens<br />

élèves de classes préparatoires devenus<br />

étudiants de ces mêmes écoles et<br />

proviseurs.<br />

Olivier Rollot, rédacteur en chef<br />

ORollot<br />

« L’Essentiel du sup » est une publication du groupe HEADway<br />

Advisory, SAS au capital de 30 000 €, RCS 53298990200046 Paris,<br />

CPPAP 0920W93756, 33, rue d’Amsterdam, 75008 Paris.<br />

Directeur de la publication : Sébastien Vivier-Lirimont.<br />

Rédacteur en chef : Olivier Rollot (o.rollot@headway-advisory.com).<br />

Responsable commerciale : Fanny Bole du Chomont<br />

(f.boleduchomont@headway-advisory.com).<br />

Création graphique et mise en pages : Élise Godmuse / olo. éditions<br />

Photo de couverture : JP Elie<br />

2


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS L’ESSENTIEL DU MOIS<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

TBS Education construit<br />

son nouveau campus<br />

Covid, élections municipales reportées, plan<br />

d’occupation des sols modifiés, TBS Education<br />

a connu bien des retards dans la construction<br />

de son nouveau campus toulousain. Aujourd’hui,<br />

accompagnée par son actionnaire majoritaire, la CCI<br />

Toulouse Haute-Garonne, et par Toulouse Métropole,<br />

les travaux de projet de 30 000 m², qui pourra accueillir<br />

plus de 4 500 étudiants, devraient démarrer fin <strong>2022</strong> et<br />

ouvrir en 2026. « TBS contribue à l›équilibre du triptyque<br />

Formation - Recherche - Emploi, indispensable pour<br />

préserver et entretenir notre dynamique et conserver<br />

notre rang de 2e ville étudiante de France, après Paris »,<br />

explique Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et<br />

président de Toulouse Métropole.<br />

Ce nouveau campus sera doté d’espaces dédiés aux<br />

activités associatives, à la vie étudiante, aux projets<br />

d’entreprises (incubateur) et aux activités sportives<br />

mais aussi « d’équipements de pointe permettant de<br />

développer des formats pédagogiques innovants. » Le<br />

bâtiment a également été imaginé dans le respect des<br />

normes les plus strictes en matière de Développement<br />

Durable et Responsabilité Sociétale. Il a notamment<br />

remporté l’appel à projets « Bâtiments NoWatt en<br />

Occitanie » lancé par la Région Occitanie, qui vise à<br />

soutenir des projets innovants de construction et de<br />

rénovation.<br />

Pour construire l’ensemble du nouveau campus, dont TBS<br />

Education sera propriétaire, un budget de 120 millions<br />

d’euros a été engagé sur cinq ans, incluant un soutien<br />

financier du Conseil régional à hauteur de 6,5 millions<br />

d’euros et la cession du foncier par Toulouse Métropole.<br />

L’ISC met à<br />

l’honneur ses alumni<br />

entrepreneurs<br />

Le Groupe ISC Paris a<br />

lancé le 1 er juin sa popup<br />

store en ligne dédiée<br />

à ses alumni entrepreneuses<br />

et entrepreneurs. Jusqu’au<br />

21 juin, le grand public peut y<br />

découvrir, les marques<br />

et produits créés par ses<br />

almuni. Pour cette première<br />

édition le concept store<br />

valorise plusieurs marques<br />

et produits innovants dans<br />

le secteur de la mode, de<br />

la santé, de la food, ou<br />

encore de la décoration.<br />

Le pop-up store en<br />

ligne alumni ISC Paris<br />

s’intègre dans le cadre<br />

des actions menées par le<br />

nouveau Fonds de dotation<br />

de l’école qui vise à soutenir<br />

l’entrepreneuriat et la création<br />

de projets à impact menés<br />

par les étudiants ou alumni<br />

de l’école.<br />

HEC Paris deuxième meilleur<br />

E-MBA au monde<br />

On ne peut pas toujours être premiers.<br />

La sixième édition du QS Executive<br />

MBA Rankings, publiée le 23 juin par<br />

QS Quacquarelli Symonds, voit ainsi<br />

HEC Paris détrôné par l’IESE Business<br />

School tout en s’imposant toujours devant<br />

son concurrent historique qu’est la Wharton<br />

School de l’Université de Pennsylvanie,<br />

qui arrive à la troisième place.<br />

HEC Paris s’illustre notamment par son<br />

impact sur la recherche où elle obtient un<br />

score de 99,7 pour le « leadership éclairé<br />

», soit le troisième meilleur score au<br />

monde. Elle est ainsi la seule école de<br />

commerce non américaine à se classer<br />

parmi les cinq meilleures au monde pour<br />

cette mesure. QS classe en tout 14 écoles<br />

de commerce françaises, ce qui en fait<br />

le deuxième pays le plus représenté der-<br />

rière les États-Unis. Seule autre école du<br />

top 10, l’INSEAD se classe 8e grâce notamment<br />

à sa grande renommée auprès<br />

des employeurs internationaux avec un<br />

score parfait de 100. SKEMA Business<br />

School et TBS Education se classent pour<br />

la première fois, avec respectivement les<br />

39e et 100e places. SKEMA bénéficie de<br />

la cohorte la plus diversifiée au monde,<br />

avec un score de 96,4, tandis qu’elle affiche<br />

également le troisième meilleur<br />

score pour les « résultats de carrière »,<br />

avec 99,5.<br />

QS établit également une liste de 26<br />

des meilleurs programmes conjoints de<br />

MBA pour cadres du monde. Cette liste<br />

est menée par le TRIUM de HEC Paris,<br />

la London School of Economics and Political<br />

Science et l’Université de New York.<br />

Digital, IA et data :<br />

Audencia ouvre cinq<br />

nouveaux cours en PGE<br />

En 2021-<strong>2022</strong>, Audencia a proposé à ses étudiants de<br />

programme Grande école de nouvelles formations hybrides.<br />

À la rentrée <strong>2022</strong>, cinq nouveaux cours spécialisés<br />

dans le digital, l’IA et la data seront disponibles :<br />

Cybersécurité, Introduction aux Systèmes d’Information<br />

et aux Technologies, Business Intelligence, Techniques<br />

quantitatives de gestion et enfin Data Analytics<br />

Fundamentals. Constitués chacun de 24 heures d’enseignement<br />

en présentiel.<br />

Tous les étudiants d’Audencia avaient déjà l’opportunité<br />

d’acquérir les fondamentaux dans ce domaine. En<br />

master 2, ils peuvent se spécialiser via l’un des 28 MS/<br />

MSc proposés par l’école, dont certains dédiés à la data :<br />

Data Management for Finance, Data Science for Marketing,<br />

Digital Marketing, ou encore Digital Business<br />

& Data Management.<br />

4


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS L’ESSENTIEL DU MOIS<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

Le campus historique<br />

de l’Inseec s’agrandit<br />

Les trois écoles du groupe OMNES Education que<br />

sont INSEEC Grande École, les MSc & MBA<br />

INSEEC et Sup Career vont pouvoir profiter de<br />

nouveaux espace. OMNES Education agrandit<br />

en effet de plus de 50 % son campus parisien historique,<br />

situé sur l’avenue Claude Vellefaux, à proximité<br />

du Canal St-Martin et de la place de la République, en<br />

ouvrant un nouveau bâtiment appelé « Vellefaux 2 ».<br />

Cet espace de 8 000 m² pouvant accueillir 1 700 élèves<br />

comprend des espaces modulables, un incubateur,<br />

une salle des marchés équipée par Bloomberg, un<br />

Career Center, un centre de recherche, des espaces de<br />

co-working, des lieux de rencontre pour les associations<br />

étudiantes, une cafétéria, une salle de dégustation, 2<br />

amphithéâtres et même un rooftop intérieur où trône<br />

un oranger.<br />

Le bâtiment Vellefaux 2 est une ancienne armurerie de<br />

la préfecture de police de Paris qui a été transformée,<br />

après 14 mois de travaux. Les travaux ont été accomplis<br />

par le cabinet d’architectures A26, la maîtrise d’ouvrage<br />

AESTIAM et avec le concours de l’assistant maîtrise<br />

d’ouvrage ASC Oréal. La conception et le suivi de travaux<br />

ont été réalisés par Marc SEIFERT, Pascale DAVID et<br />

Lorenzo MAZZEI d’A26 architectures du BET fluides B27<br />

BIGS, du BET électricité BLEUSE, du BET ACOUSTIQUE<br />

APPLIQUÉE et du BET Structure CapStructure.<br />

Inseec BS<br />

SKEMA prend le large « Tout sauf Clermont ? » :<br />

l’ESC Clermont BS joue<br />

une campagne BCE<br />

décalée<br />

Diplômé du Programme Grande École<br />

de SKEMA Business School en 2015,<br />

Benjamin Ferré va participer au Vendée<br />

Globe en 2024. Entraîné par Jean<br />

Le Cam, il est soutenu par plusieurs partenaires<br />

parmi lesquels Monnoyeur, Duo<br />

for a job, Huntéo et bien sûr SKEMA.<br />

Aventurier, entrepreneur, navigateur (il<br />

a terminé troisième de la Mini Transat<br />

en 2019), Benjamin est le fondateur de<br />

l’incubateur d’aventures IMAGO. Ses<br />

années d’expérience de l’aventure lui ont<br />

permis de développer une méthodolo-<br />

gie de passage à l’action et de gestion de<br />

projet qu’il partage aux néo-aventuriers en<br />

quête de sens à travers cette association.<br />

Il y a dix ans, étudiant au sein du programme<br />

Grande École de SKEMA, Benjamin<br />

Ferré entreprenait déjà de faire<br />

le tour du monde, caméra embarquée,<br />

en stop et en solitaire à la rencontre des<br />

diplômés de SKEMA. Un périple de<br />

40 000 km qu’il réalisera dans le cadre<br />

de son année de césure, de 2012 à 2013.<br />

Distinguée deux fois pour son très bon<br />

accueil admissibles, l’ESC Clermont Business<br />

School sort cette semaine un court<br />

métrage humoristique destiné à faire sourire<br />

les candidats BCE issus de classes<br />

préparatoires et leur donner envie de découvrir<br />

l’ambiance de l’école. Le pitch :<br />

« Choisir les villes dans lesquelles il va<br />

falloir se rendre pour les oraux est un moment<br />

à la fois grisant et stressant. Quelles<br />

écoles, quelles dates, quel parcours…<br />

dans la vidéo, les deux protagonistes vont<br />

tout tenter pour faire LE BON CHOIX.<br />

Élimination méthodique, pile ou face,<br />

concours de fléchettes… le résultat est<br />

sans appel, Clermont-Ferrand semble<br />

incontournable ! »<br />

5


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS L’ESSENTIEL DU MOIS<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

Emlyon réforme son PGE<br />

À<br />

la rentrée <strong>2022</strong>, le Programme Grande École<br />

(PGE) de emlyon BS évolue pour « anticiper<br />

les évolutions du monde socio-économique,<br />

faire émerger les métiers de demain et répondre<br />

mieux encore aux attentes des entreprises et<br />

des étudiants ».<br />

Aller plus loin dans les ODD. Au-delà des cours<br />

obligatoires dédiés « Agir pour le climat », « Futurs<br />

durables » et « Corporate social responsibility » l’école a<br />

accélére l’intégration des 17 objectifs de développement<br />

durable de l’ONU dans l’ensemble des cours. En 2023,<br />

100% des cours auront intégré un ou plusieurs objectifs,<br />

irriguant ainsi l’ensemble de l’offre de formation d’emlyon<br />

avec les enjeux socio-environnementaux. L’école a<br />

créé un label « SDG Inside » fondé sur un référentiel<br />

de compétences développé spécifiquement par les<br />

enseignants-chercheurs de l’école.<br />

Pour aller encore plus loin, elle crée en master 2 la<br />

première spécialisation en « Natural DisasterManagement<br />

». En lien avec le gouvernement de la région<br />

de l’Odisha en Inde, reconnu mondialement pour son<br />

expertise sur le sujet, l’école va former ses étudiants<br />

à la gestion des situations de catastrophes naturelles.<br />

Les étudiants bénéficieront ainsi des enseignements<br />

des acteurs de ces sauvetages de masse, pour être<br />

capables demain d’intervenir dans le monde entier.<br />

De nouveaux cours :<br />

en première année quatre nouveaux cours compléteront<br />

la formation : « Negotiation and sales », «<br />

Human ressources management », « Agir pour le<br />

climat » et « Perspectives en Sciences Sociales » ;<br />

en master 1, trois nouveaux cours obligatoires enrichiront<br />

le socle des compétences : « Business data compliance<br />

», « Business Quality Management » et « Transformations<br />

». Ils répondent à la nécessité de « traiter<br />

les données avec éthique, de mettre en œuvre des<br />

processus qualité conformes aux meilleurs standards<br />

internationaux et de transformer les organisations » ;<br />

dans la logique de continuum CPGE-Grande école, le<br />

cours « Perspectives en Sciences Sociales » formera<br />

quant à lui les étudiants aux dernières avancées de la<br />

recherche en sciences sociales (sociologie, anthropologie,<br />

psychologie sociale, …).<br />

En parallèle, emlyon ouvre « em politique » pour renforcer<br />

le continuum en politique et notamment sur les grands<br />

enjeux mondiaux (inégalités sociales, souveraineté<br />

économique, capitalisme et démocratie) dès la première<br />

année du PGE.<br />

L’école renforce sa stratégie d’hybridation en signant<br />

des accords de partenariat avec l’École nationale supérieure<br />

des beaux-arts de Lyon et le Conservatoire<br />

national supérieur de musique et de danse de Lyon. Les<br />

étudiants pourront se former aux enjeux du marché<br />

de l’art avec des professeurs des Beaux-Arts, mais<br />

également à l’art oratoire et à la maitrise gestuelle avec<br />

les professeurs du Conservatoire.<br />

Trois temps de spécialisations. Alors que l’école<br />

proposait jusqu’ici un parcours uniquement composé<br />

d’électifs à la carte à partir du master 1, le PGE se dote<br />

de trois temps de spécialisations renforcées :<br />

• en master 1, les étudiants de classes préparatoires<br />

pourront choisir une première spécialisation de 72 heures<br />

dans un domaine de gestion puis poursuivre leur formation<br />

vers un stage très spécialisé ;<br />

• en master 2, les étudiants pourront choisir deux<br />

autres spécialisations soit dans la même discipline pour<br />

consolider leur expertise, soit dans deux disciplines ou<br />

métiers distincts avec par exemple une spécialisation<br />

dans le métier de « Manager RSE » ;<br />

• enfin les étudiants auront la possibilité d’effectuer un<br />

semestre d’échange académique à l’étranger en master<br />

2 en lieu et place d’une des spécialisations, renforçant<br />

l’ouverture internationale du cursus.<br />

À la rentrée <strong>2022</strong>, l’école créditera (par crédits<br />

ECTS) les activités et expériences des étudiants en<br />

sport, art, culture et politique.<br />

Le futur campus de emlyon<br />

EN BREF<br />

Le Financial Times vient<br />

de publier son classement<br />

des Masters in Finance<br />

pre-experience <strong>2022</strong>.<br />

Et comme en 2021 ce sont<br />

cinq écoles de management<br />

françaises qui conservent<br />

le leadership. Dans l’ordre<br />

les masters de HEC Paris,<br />

ESCP BS, Skema BS, Essec<br />

BS et l’Edhec devancent<br />

Saïd (Oxford, quatre places<br />

de gagnées) et la School of<br />

Economics and Management<br />

de Tsinghua (+5).<br />

Y SCHOOLS crée Y NOT,<br />

un programme de bourses<br />

à destination des jeunes<br />

méritants pour ouvrir de<br />

nouvelles opportunités en<br />

finançant intégralement<br />

leur cursus. Y NOT prévoit<br />

l’attribution de 64 bourses<br />

valorisées à hauteur de<br />

600 000 euros. Elles<br />

seront financées par les<br />

collectivités territoriales des<br />

territoires d’implantations<br />

de Y SCHOOLS, le Crédit<br />

Agricole Champagne<br />

Bourgogne et notre Club des<br />

Mécènes. Sont concernés<br />

aussi bien les étudiants<br />

de SCBS que de l’École<br />

Supérieure de Tourisme<br />

ou l’école Pigier à Metz.<br />

emlyon BS<br />

6


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS L’ESSENTIEL DU MOIS<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

Cap sur l’Inde pour Kedge<br />

Quand la Chine tousse, l’Inde se réveille et<br />

c’est avec la Jagdish Sheth school of management<br />

(JAGSoM), la business school de<br />

de la Vijaybhoomi University, implantée à<br />

Mumbai et Bangalore, que Kedge va s’y implanter. Les<br />

étudiants des deux institutions pourront y suivre un<br />

International bachelor degree in business administration<br />

(IBBA) commun divisé en deux périodes de formation<br />

de deux ans dans chaque pays. Pour autant Kedge ne<br />

délaisse pas la Chine où elle est présente au sein de<br />

deux Instituts franco-chinois. « Nous y recevons des<br />

étudiants chinois qui peuvent ensuite venir effectuer<br />

une partie de leur cursus en France. En revanche il est<br />

vrai que nos étudiants ne peuvent pas aller en Chine<br />

mais ce n’était pas notre modèle », analyse le directeur<br />

général de Kedge, Alexandre de Navailles lors d’un point<br />

d’étape un an après le lancement d’une stratégie Kedge<br />

25, qui verra également l’école se développer de plus<br />

en plus en Afrique<br />

ESCP se dote d’une identité sonore<br />

Après l’Edhec elle est la deuxième<br />

école de management français à se doter<br />

d’une identité sonore, ESCP a fait appel<br />

à l’agence de marketing sonore We Compoze<br />

pour créer une signature sonore qui<br />

puisse exprimer « toute la diversité des<br />

différentes valeurs de la marque : l’excellence,<br />

la singularité, la créativité et<br />

le pluralisme ». « La signature sonore<br />

est une composante importante de la<br />

marque. Elle mobilise un sens sous-exploité,<br />

l’audition, qui mobilise pourtant<br />

la mémoire autant que les émotions. Nous<br />

souhaitions aussi proposer toute une palette<br />

d’arrangements aux styles variés<br />

afin de ne pas lasser nos cibles, internes<br />

et externes, et les mobiliser différemment<br />

Fin <strong>2022</strong> Kedge doublera la surface de son implantation<br />

parisienne, qui passera à 6 500 m 2 , lui permettant<br />

de recevoir près de 1 500 étudiants, contre 400 à l’heure<br />

actuelle, dont des étudiants en bachelor.<br />

en fonction du contexte : remises de diplômes,<br />

conférences, vidéos institutionnelles,<br />

communication promotionnelle…<br />

Cette charte sonore symbolise aussi ce<br />

qu’est la communauté de ESCP, école<br />

européenne : unis dans la diversité »,<br />

explique Dimitri Champollion, le directeur<br />

de la marque et de la communication<br />

de ESCP.<br />

En plus des 800 compositeurs de We<br />

Compoze, le réseau d’alumni et les étudiants<br />

des différents campus en Europe<br />

ont pu participer à la composition de cette<br />

nouvelle identité sonore. Ainsi, c’est près<br />

de 50 propositions sur mesure qui ont pu<br />

être étudiées.<br />

8<br />

Kedge réaccréditée<br />

Equis pour 5 ans<br />

KEDGE Business School<br />

vient d’obtenir pour la<br />

seconde fois consécutive<br />

le renouvellement de son<br />

accréditation EQUIS (EFMD<br />

Quality Improvement<br />

System) pour la durée<br />

maximale de 5 ans. Les<br />

auditeurs EQUIS ont<br />

notamment jugé les points<br />

suivants remarquables :<br />

• l’apprentissage par<br />

l’expérientiel, alimenté<br />

par des liens très bien<br />

établis avec la pratique ;<br />

• des mesures innovantes<br />

visant à stimuler le<br />

développement personnel<br />

des étudiants, parmi eux<br />

la démarche Be-U pour<br />

accompagner les étudiants<br />

dans le développement<br />

de leurs compétences<br />

et la construction de<br />

leur employabilité, et la<br />

pédagogie par l’action ;<br />

• la gestion des ressources<br />

financières qui fournissent<br />

une base solide pour<br />

le développement<br />

futur de l’école ;<br />

• une approche centrée sur<br />

l’apprenant bien reconnue,<br />

un atout en particulier pour<br />

la formation continue.<br />

EN BREF<br />

À l’occasion de la célébration<br />

de son 150 ème anniversaire,<br />

le 24 juin dernier, emlyon<br />

a rassemblé près de 2000<br />

invités au Cité Centre<br />

des Congrès autour d’un<br />

moment festif et fédérateur<br />

« saluant l’histoire de<br />

l’école et son avenir ».<br />

Le MSc in International<br />

Management - MIEX d’ICN<br />

Business School vient<br />

d’obtenir le renouvellement<br />

de son accréditation délivrée<br />

par la conférence des grandes<br />

écoles pour une durée de<br />

6 ans, durée maximale.<br />

Dans le cadre de son<br />

engagement stratégique<br />

à promouvoir l’équité<br />

et l’inclusion, ESCP a<br />

conclu un partenariat avec<br />

le Women’s Forum.<br />

Grenoble École de<br />

Management a été choisie<br />

par la société Kahler<br />

Communication France<br />

pour déployer Process<br />

Communication Model®<br />

pour Coach. Cette formation,<br />

est un outil de décodage<br />

des interactions humaines<br />

qui permet de « prédire<br />

et éviter le comportement<br />

sous stress grâce à une<br />

meilleure connaissance de<br />

soi et des autres ». GEM sera<br />

l’unique Business School<br />

habilitée à dispenser des<br />

formations certifiantes Coach<br />

PCM, et KCF. Lancement<br />

de la première session<br />

du programme :<br />

30 novembre <strong>2022</strong>.<br />

Contentsquare,<br />

plateforme de l’Experience<br />

Analytics, et KEDGE<br />

Business School créent un<br />

partenariat afin de donner<br />

aux étudiants l’opportunité<br />

de se former à la plateforme<br />

Contentsquare. La première<br />

promotion d’étudiants issus<br />

du programme Master<br />

of Science MSc Digital<br />

Marketing & Sales, a été<br />

certifiée en mars <strong>2022</strong><br />

au terme de la formation.<br />

Le partenariat sera de<br />

nouveau déployé auprès<br />

du MSc Digital Marketing<br />

& Sales de KEDGE lors<br />

des prochaines éditions.<br />

Entreprise Générale du<br />

Digital (EGD) dont le<br />

chiffre d’affaires dépasser<br />

les 2,5 milliards d’euros,<br />

Econocom a signé un<br />

partenariat avec OMNES<br />

Education. Ce partenariat<br />

prévoit le recrutement<br />

par Econocom, dès la<br />

première année, d’une<br />

centaine d’étudiants<br />

d’OMNES Education.


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS L’ESSENTIEL DU MOIS<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

«<br />

Le Hcéres salue la gestion<br />

de l’EM Normandie<br />

La situation financière de l’école paraît saine et<br />

lui donne les moyens de traduire en actions la<br />

stratégie de développement qu’elle envisage. »<br />

Le Hcéres (Haut Conseil de l’évaluation de la<br />

recherche et de l’enseignement supérieur) vient de<br />

publier son premier rapport d’évaluation de l’EM Normandie.<br />

Une école en fort développement dans lequel<br />

les experts se montrent confiants : « La solidité des<br />

fondamentaux du budget actuel donne des garanties<br />

certaines quant au caractère soutenable de la trajectoire<br />

envisagée ». En effet selon eux « l’école a parfaitement<br />

su maîtriser l’évolution de sa masse salariale, dont le<br />

poids a même décru récemment (passant de 60 % en<br />

2017-2018 à 53 % en 2020-2021) ».<br />

Côté critiques, le comité relève des « problèmes de<br />

lisibilité de l’organisation interne » et recommande d’en<br />

« déduire assez rapidement un nouvel organigramme<br />

fonctionnel, qui pourrait servir de feuille de route<br />

pour la mise en fonction des nouvelles implantations,<br />

y compris à Paris ».<br />

Le comité regrette également que le pourcentage de<br />

boursiers d’État ait baissé des dernières années, de<br />

15 % en 2016 à 8 % en 2020, alors que la valeur cible<br />

affichée par l’école dans le cadre du plan stratégique<br />

2017-2021 était de 25 %. Une évolution qui semble<br />

« être en partie la conséquence de l’augmentation des<br />

recrutements juste après le bac, niveau qui attire des<br />

étudiants pouvant bénéficier des capacités financières<br />

suffisantes pour couvrir les frais de scolarité au cours<br />

d’un cycle de formation de cinq ans ».<br />

Les points forts :<br />

• un positionnement institutionnel cohérent qui permet<br />

tout à la fois de renforcer l’ancrage territorial de l’établissement<br />

et de déployer une stratégie internationale<br />

ambitieuse ;<br />

• un accompagnement des étudiants de grande qualité,<br />

qui offre des parcours réellement individualisés et une<br />

insertion professionnelle réussie ;<br />

• une offre de formation riche, bien structurée, et qui<br />

se caractérise notamment par des voies d’entrée diversifiées<br />

et un positionnement fort juste après le bac ;<br />

• une stratégie de recrutement et d’incitations à la<br />

recherche qui a permis d’augmenter le niveau de la<br />

production scientifique ;<br />

• une gouvernance forte, dynamique et qui porte une<br />

vision stratégique claire sur les objectifs de l’établissement<br />

; des implantations en propre à l’étranger, qui<br />

renforcent l’attractivité des formations.<br />

Les points faibles :<br />

• un pilotage des ressources humaines qui demeure insuffisamment<br />

structuré pour accompagner la trajectoire<br />

de croissance envisagée par l’école et qui ne permet<br />

pas d’apaiser totalement les inquiétudes suscitées par<br />

les objectifs de résultats retenus ;<br />

• une structuration de la recherche qui ne fait pas<br />

ressortir clairement les spécificités thématiques de<br />

l’établissement à l’échelle de tous ses campus ;<br />

• une recherche qui bénéficie relativement peu des<br />

nombreux partenariats internationaux mis en place par<br />

l’école dans le domaine de la formation, en particulier<br />

au travers de ses implantations étrangères ;<br />

• une offre de formation continue qui, en l’état, ne parvient<br />

pas à exploiter pleinement le potentiel de l’établissement.<br />

Les recommandations :<br />

• préciser rapidement les missions, l’organisation et<br />

l’articulation avec les différents services de la nouvelle<br />

direction des ressources humaines, de façon notamment<br />

à être en mesure de déployer au plus tôt une gestion<br />

prévisionnelle des emplois et des compétences, et<br />

en veillant par ailleurs à informer régulièrement les<br />

instances statutaires (en particulier le CSE) de l’état<br />

d’avancement des réflexions dans ce domaine ;<br />

• définir, pour la recherche, une stratégie claire visant<br />

à faire émerger un nombre restreint de thématiques<br />

qui permette d’assurer la visibilité des compétences<br />

scientifiques de l’école ;<br />

• intensifier les efforts pour donner aux activités de<br />

recherche de l’école un véritable ancrage territorial<br />

sur ses sites à l’étranger, et prendre appui sur le<br />

réseau des partenaires académiques étrangers pour<br />

augmenter le volume des collaborations scientifiques<br />

à l’international ;<br />

• veiller attentivement à ce que la stratégie choisie pour<br />

développer la formation continue qualifiante et certifiante<br />

(création de la SAS EM Normandie Compétences)<br />

soit compatible avec le respect des critères de qualité<br />

que l’école applique dans ses formations diplômantes.<br />

9<br />

SKEMA et Sorbonne<br />

Université partenaires<br />

en géopolitique<br />

SKEMA et Sorbonne<br />

Université ont signé un<br />

partenariat académique<br />

d’excellence associant<br />

le programme de Master<br />

2 « Géopolitique –<br />

Information Géographique<br />

Numérique » de l’UFR de<br />

Géographie de la faculté des<br />

Lettres de Sorbonne d’une<br />

part et le Programme Grande<br />

École de SKEMA d’autre<br />

part. Ce partenariat permettra<br />

notamment aux étudiants<br />

de SKEMA d’obtenir un<br />

double diplôme : le Master<br />

in Management de SKEMA<br />

et le Master 2 Geoint de<br />

Sorbonne Université.<br />

EN BREF<br />

Afin de renforcer son offre<br />

internationale, Grenoble<br />

EM proposera en <strong>2022</strong>-2023<br />

deux nouveaux parcours<br />

transcontinentaux aux<br />

étudiants de son Programme<br />

Grande École, l’un à Taipei,<br />

l’autre en Afrique du Sud.<br />

Le groupe OMNES<br />

Education et<br />

ECONOCOM, première<br />

entreprise générale du<br />

digital en Europe signent<br />

un partenariat de trois ans<br />

comprenant notamment,<br />

dès la première année, le<br />

recrutement d’une centaine<br />

d’étudiants du Groupe<br />

OMNES Education de<br />

Bordeaux par ECONOCOM<br />

(stage, alternance ou<br />

premier emploi).


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS ENQUÊTE<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

L’expérience étudiante au cœur<br />

de l’enseignement supérieur<br />

Depuis une dizaine d’années<br />

la notion d’expérience étudiante est<br />

devenue une dimension essentielle pour<br />

l’enseignement supérieur,<br />

et singulièrement pour les écoles<br />

de management.<br />

Une thèse pour HESAM Université, préparée au Conservatoire<br />

national des arts et métiers (Cnam) dans le<br />

cadre d’un contrat Cifre au sein du cabinet HEADway<br />

Advisory, par la chercheuse Juliette Berardi fait justement<br />

le point. Dans sa thèse sur « L’influence de la qualité<br />

perçue des services numériques sur la satisfaction.<br />

Le cas de l’expérience étudiante non-académique dans<br />

les écoles de commerce françaises » la chercheuse<br />

s’intéresse tout particulièrement à l’expérience étudiante<br />

non-académique numérique des étudiants d’écoles<br />

de commerce françaises, c’est-à-dire aux services<br />

numériques qui ne sont pas directement associés à<br />

l’apprentissage mais qui le facilitent. Un élément crucial<br />

d’une expérience étudiante qui s’est peu à peu déplacée<br />

ces dernières années vers l’immatériel.<br />

Comme le résume la chercheuse, « les résultats des<br />

deux études empiriques mettent en évidence l’impact<br />

positif de la qualité perçue des services numériques<br />

non-académiques sur la satisfaction, les services<br />

associés à la vie quotidienne ayant la plus grande<br />

influence. Plus spécifiquement, ce sont l’ergonomie, la<br />

sécurité vis-à-vis des données et la fiabilité du service<br />

qui impactent le plus la satisfaction. Cette recherche<br />

révèle également une méconnaissance des étudiants<br />

de l’offre de services proposée, ce qui dégrade leur<br />

satisfaction. Enfin, elle démontre l’existence d’un biais<br />

de surconfiance : les étudiants surestiment leurs compétences<br />

numériques ».<br />

Nous allons vous présenter en deux temps les<br />

conclusions de cette thèse. Dans cette première partie<br />

nous nous concentrons sur l’expérience étudiante. À<br />

rentrée nous nous intéresserons au cœur de la thèse<br />

que sont les expériences étudiantes numériques.<br />

En « quête d’expériences mémorables »<br />

Dans leur contribution de 2019 à la Revue françaises<br />

de gestion sur la Création de valeur des écoles de<br />

commerce françaises pour leurs diplômés, Jérôme<br />

Caby et Géraldine Michel expliquaient que l’évolution<br />

du modèle économique des écoles de commerce<br />

françaises « conduit à placer le client (les étudiants,<br />

les parents et les diplômés) au cœur de leurs préoccupations<br />

». Dans un univers où les consommateurs<br />

sont en « quête d’expériences mémorables » beaucoup<br />

évoquent même la nécessité de « réenchanter » les<br />

expériences étudiantes, que ce soit sur les campus,<br />

en dehors des campus, dans les cours ou en dehors<br />

des cours. Une nécessité d’autant plus forte qu’entre<br />

les stages, les césures, les séjours académiques à<br />

l’étranger, les étudiants passent de moins en moins<br />

de temps sur leurs campus. Et ont donc de moins en<br />

moins de chances d’en garder des souvenirs gages<br />

d’une appartenance à une communauté pour laquelle<br />

ils se sentiront impliqués toute leur vie.<br />

Les nouveaux locaux de BSB à Lyon<br />

qui ont ouvert leurs portes en 2021<br />

Une thèse, une étude<br />

À l’aide d’une étude<br />

réalisée auprès de 2 779<br />

étudiants de 8 écoles de<br />

commerce françaises, le<br />

travail de Juliette Berardi<br />

s’attache plus précisément<br />

encore à « comprendre<br />

quelle est l’influence de la<br />

qualité perçue des services<br />

numériques associés à<br />

l’expérience étudiante<br />

non-académique sur la<br />

satisfaction des étudiants de<br />

PGE et de Bachelor d’écoles<br />

de commerce françaises ».<br />

BSB<br />

10


L’ESSENTIEL DU SUP<br />

PRÉPAS<br />

ENQUÊTE<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

Construire des<br />

campus durables<br />

Une bulle de travail sur le campus<br />

de Marseille de Kedge<br />

Cette expérience étudiante démarre dès la période<br />

de recrutement. C’est ce que prouvent les résultats<br />

contrastés de l’affectation des candidats issus de<br />

classes préparatoires quand les oraux ont lieu ou pas.<br />

Relisons ainsi l’analyse que faisait en 2021 le directeur<br />

général de BSB, Stéphan Bourcieu, apprenant que les<br />

oraux des concours BCE auraient bien lieu après leur<br />

annulation pour cause de Covid en 2020 : « C’est un<br />

enjeu majeur après la petite sortie de route que nous<br />

avons connue en 2020 en n’affectant pas toutes les<br />

places que nous avions ouvertes. Bien sûr il y a cette<br />

année moins d’interactions avec les candidats que<br />

les années précédentes, la dimension d’expérience<br />

de vie de l’école est réduite à la portion congrue. Mais<br />

il est essentiel pour nous de pouvoir échanger avec<br />

les étudiants pendant 24 heures, de leur faire visiter la<br />

ville et de leur parler chaque matin dans nos amphis.<br />

Nous demandons à nos admisseurs de se comporter<br />

en « buddy » en établissant une relation individuelle<br />

avec chaque candidat ».<br />

Les étudiants sont-ils des consommateurs<br />

comme les autres ?<br />

C’est LA question ! À trop vouloir répondre aux besoins<br />

de l’étudiant, en fait-on un consommateur d’éducation ?<br />

Voire un client ? Avec toutes les dérives que cela peut<br />

amener, notamment dès lors que l’enseignement supérieur<br />

est payant comme c’est le cas dans les écoles<br />

de management ? Comme l’expliquent Linda Brennan et<br />

Lynne Bennington en 2000 dans leur article Concepts<br />

in Conflict : Students and Customers–An Australian<br />

Perspective, le rôle de l’enseignement supérieur est<br />

fonction du rôle que l’on attribue aux étudiants. En 1996<br />

James L. Ratcliff mettait ainsi en avant trois approches<br />

du rôle de l’ESR dans son article Assessment, Accreditation,<br />

and Evaluation of Higher Education in the US :<br />

L’enseignement supérieur cherche principalement à<br />

préparer l’intégration des étudiants sur le marché du<br />

travail. Cette vision recouvre aussi bien l’apprentissage<br />

de nouvelles compétences que la mise à disposition d’un<br />

réseau d’alumni pour favoriser la recherche d’emploi ;<br />

L’enseignement supérieur a pour objectif principal<br />

d’enseigner et de diffuser aux étudiants de nouvelles<br />

connaissances. Pour Ratcliff cela reprend la « philosophie<br />

de « la recherche est primordiale » adoptée par<br />

de nombreuses institutions » ;<br />

L’enseignement supérieur a pour vocation de développer<br />

l’humain, son esprit et ses mécanismes de pensée.<br />

Cette approche considère « l’apprentissage pour le<br />

plaisir d’apprendre et ne cherche pas à obtenir des<br />

résultats spécifiques pour les étudiants ».<br />

Juliette Berardi en conclut que si « l’étudiant peut donc<br />

être perçu comme un consommateur, il n’est pas le<br />

seul consommateur de l’enseignement supérieur et<br />

de la recherche ». Il est d’ailleurs « difficile de savoir<br />

si le premier consommateur des établissements est<br />

l’étudiant, ses parents, la communauté, les employés,<br />

le monde de la recherche, l’État ou la société ». Dans<br />

son article The Objectives Matrix as a Facilitating<br />

Framework for Quality Assessment and Improvement<br />

in Education, Kostas N. Dervitsiotis proposait ainsi en<br />

1995 de scinder les consommateurs de l’enseignement<br />

supérieur en deux catégories :<br />

Kedge BS<br />

A la suite d’un audit<br />

détaillé de ses pratiques<br />

en 2020-2021, l’EDHEC<br />

finalise aujourd’hui le bilan<br />

carbone de l’ensemble de ses<br />

programmes et déploie une<br />

stratégie systématique pour<br />

que ses campus soient des<br />

espaces de vie responsables<br />

: eau de pluie pour les<br />

sanitaires, installation de<br />

détecteurs de mouvements,<br />

bornes de charge pour voiture<br />

électrique, encouragement<br />

aux mobilités douces,<br />

bannissement des produits<br />

pesticides dans le parc,<br />

jardin potager, protection<br />

des arbres centenaires et<br />

plantation d’essences rares.<br />

11


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS ENQUÊTE<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

• les consommateurs externes à l’établissement : ce<br />

sont les étudiants, les futurs employeurs, l’économie<br />

et la société ;<br />

• les consommateurs internes à l’établissement regroupent<br />

le corps enseignant et administratif.<br />

Un autre chercheur, D. L Hubbard considère quant à lui<br />

que les étudiants sont des consommateurs internes et<br />

précise que « les instructeurs et les étudiants sont des<br />

fournisseurs qui fabriquent un produit (connaissance)<br />

pour de futurs clients ; et à ce titre, ils doivent travailler<br />

ensemble pour fabriquer le meilleur produit ». Cette<br />

approche de l’étudiant comme co-acteur de l’expérience<br />

est pour Andy Hines (Framework foresight for exploring<br />

emerging student needs) la manifestation d’un « changement<br />

de l’équilibre des pouvoirs des établissements<br />

vers les étudiants » qui rend ces derniers plus influents<br />

dans la création de l’expérience étudiante.<br />

Actant les étudiants ne « sont pas des consommateurs<br />

traditionnels », Juliette Berardi en conclut que les étudiants<br />

sont des « coproducteurs et des cocréateurs<br />

de la valeur » plutôt que de simples consommateurs,<br />

car le « secteur de l’enseignement supérieur possède<br />

des caractéristiques intrinsèques qui le différencient<br />

des marchés traditionnels ».<br />

L’expérience étudiante non-académique<br />

L’expérience étudiante non-académique regroupe de<br />

« nombreuses approches qui prennent principalement<br />

la forme de services aux étudiants mais peuvent<br />

également se matérialiser au travers de programmes,<br />

de communautés ou d’associations ». Les services<br />

non-académiques doivent soutenir les étudiants de<br />

trois façons : « cognitive » (l’apprentissage), « affective »<br />

(favoriser un environnement propice) et « systémique »<br />

(proposer des processus administratifs efficients)<br />

explique ainsi Alan Tait (Planning Student Support<br />

for Open and Distance Learning). Sur le blog du<br />

directeur général adjoint de Grenoble EM, Jean-François<br />

Fiorina, le professeur de marketing, fondateur<br />

et directeur de l’Institut du Capital Client Daniel Ray,<br />

parle du « zero moment of truth » de Google. Encore en<br />

classe préparatoire, l’étudiant voit GEM, son site, sur<br />

Google : « La satisfaction de l’étudiant commence au<br />

zero moment of truth puis continue jusqu’au moment<br />

où il sort de GEM, voire bien après ! »<br />

Andy Hines définit quant à lui cette expérience non<br />

académique au travers de 6 grandes catégories :<br />

• les aspects liés à la vie de l’étudiant : ce sont les<br />

« habitudes de consommation, la santé et le logement<br />

des étudiants » ;<br />

• l’implication des étudiants dans la vie civique et leurs<br />

interactions avec des groupes gouvernementaux et<br />

non gouvernementaux ;<br />

• la carrière : cette catégorie s’intéresse aux expériences<br />

de l’étudiant liées au monde du travail ;<br />

• les loisirs et les moments de détente des étudiants ;<br />

• les liens interpersonnels : cette catégorie s’intéresse<br />

« à la façon dont les élèves se connectent les uns<br />

aux autres avec leurs amis, famille et collègues dans<br />

l’espace physique et virtuel » ;<br />

• l’apprentissage : cela concerne la façon dont les étudiants<br />

apprennent, que ce soit au sein de l’institution<br />

ou chez eux.<br />

Comme l’explique Juliette Berardi, l’expérience étudiante<br />

(académique et non-académique) est en fait<br />

un « concept multidimensionnel qui est co-produit,<br />

à la fois par l’établissement et par l’étudiant ». Ainsi,<br />

les caractéristiques associées à chacun de ces deux<br />

acteurs influencent directement l’expérience vécue par<br />

les étudiants. Par exemple, pour les caractéristiques<br />

propres à l’établissement, « on peut citer la culture<br />

institutionnelle, la qualité des infrastructures ou la<br />

qualité de la relation existante entre les étudiants et<br />

les corps administratifs et enseignants ». Pour les<br />

caractéristiques des étudiants on « peut mentionner<br />

l’existence d’un projet, son intégration ou ses caractéristiques<br />

intrinsèques ».<br />

De plus, comme le souligne Pierre Benckendorff dans<br />

son article Deconstructing the Student Experience :<br />

A Conceptual Framework « l’évolution des modes<br />

de vie et la nécessité pour les étudiants de trouver<br />

un équilibre entre leurs études, leur travail et leurs<br />

engagements familiaux ont eu un impact à la fois sur<br />

la composition de la cohorte d’étudiants et sur la façon<br />

dont les étudiants s’engagent dans leur apprentissage<br />

et dans l’établissement en général ». Une expérience<br />

étudiante qui évolue donc au rythme des changements<br />

de la société comme de la volonté des consommateurs<br />

/ étudiants / apprenants de devenir de plus en plus des<br />

acteurs agissants de leur processus global de formation.<br />

Paris 8ème meilleure<br />

ville universitaire<br />

au monde<br />

Paris grimpe en <strong>2022</strong> d’une<br />

place pour se classer au 8e<br />

rang mondial dans l’édition<br />

<strong>2022</strong> du QS Best Student<br />

Cities Ranking. Trois villes<br />

françaises sont classées dans<br />

le top 100 mondial, dont<br />

Montpellier qui se classe pour<br />

la première fois. Paris obtient<br />

un score de 92,6/100 pour la<br />

désirabilité, soit le cinquième<br />

meilleur score au monde.<br />

En revanche, elle recule en<br />

ce qui concerne l’opinion<br />

des étudiants. Cette mesure<br />

prend en compte le point de<br />

vue de plus de 98 000 anciens<br />

étudiants sur leur expérience<br />

d’étude dans une ville.<br />

Sébastien Gémon<br />

12


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

Emploi des jeunes diplômés<br />

des Grandes écoles :<br />

ça redémarre !<br />

L’heure est bien à l’embellie pour les diplômés<br />

des Grandes écoles. Après une année 2020-2021 gâchée<br />

par le Covid jamais autant d’entre eux n’ont trouvé<br />

un travail si rapidement selon l’enquête annuelle<br />

de la Conférence des Grandes écoles (CGE).<br />

Des étudiants sur le campus de ESCP<br />

près de la gare Montparnasse<br />

JP Elie<br />

13


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

Les enquêtes menées par Universum<br />

sur l’emploi des jeunes diplômés l’avaient<br />

déjà laissé percevoir. Après des années<br />

Covid la relance économique donne une<br />

belle embellie au marché de l’emploi des<br />

jeunes diplômés selon l’étude annuelle de<br />

la Conférence des Grandes écoles (CGE)<br />

présentée le 15 juin. 73,3 % des diplômés<br />

2021 sont ainsi en activité professionnelle<br />

huit mois après leur diplomation contre<br />

64,5 % en 2020. « On revient et même<br />

on améliore les chiffres par rapport au<br />

niveau d’avant crise », analyse Nicolas<br />

Glady, qui préside la commission aval de<br />

la Conférence des Grandes écoles (CGE)<br />

en charge de l’étude annuelle.<br />

LE TAUX NET D’EMPLOI<br />

PROGRESSE DE PLUS DE 10<br />

POINTS<br />

Obtenu en retirant ceux qui suivent encore<br />

un cursus après leur diplomation,<br />

le « taux net d’emploi » atteint 89,8 % en<br />

progression de 10,7 points pour l’ensemble<br />

des diplômés. Chez les ingénieurs le taux<br />

monte même à 91,1 %. « C’est un plus haut<br />

historique », se félicite Nicolas Glady qui<br />

note aussi que 63,6 % des diplômés ont<br />

trouvé leur emploi avant même l’obtention<br />

de leur diplôme. 20 % l’ont trouvé dans<br />

les deux mois suivants.<br />

De plus la part des emplois à durée<br />

indéterminée remonte de 4 à 7 points<br />

pour atteindre 81,8 % de l’ensemble des<br />

diplômés, tous types d’écoles confondus.<br />

Après le recul observé l’an dernier (- 5,1<br />

points), on retrouve là encore le niveau<br />

d’avant-crise.<br />

SALAIRES : UNE AUGMENTATION<br />

SUPÉRIEURE À 3 %<br />

En passant en moyenne de 35 461 € par<br />

an pour la promotion 2020 à 36 551 €<br />

pour la promotion 2021 les salaires sont<br />

en hausse de 3 % et rattrapent même la<br />

tendance d’avant Covid. « C’est comme<br />

si la crise n’avait jamais eu lieu. Le creux<br />

de l’année dernière a été effacé alors<br />

que cela avait été beaucoup plus long en<br />

2008 », établit Nicolas Glady, tout en « reconnaissant<br />

le contexte inflationniste ».<br />

Le rattrapage est bien plus fort pour<br />

les managers, dont les salaires annuels<br />

progressent de 5,3 % et passent ainsi<br />

de 36 209 € à 38 146 €, que pour les<br />

Les grandes évolutions du recrutement en 2021<br />

Forum emploi à TBS Education<br />

Christian Rivière<br />

14


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

ingénieurs qui progressent pour leur part<br />

de 1,7 % et passent 35 240 € à 35 839 €.<br />

Les femmes sont toujours significativement<br />

moins bien payées que les hommes.<br />

Le salaire moyen hors primes des hommes<br />

se révèle ainsi supérieur de 5 % à celui<br />

des femmes (hommes : 37 268 euros,<br />

femmes : 35 505 euros contre 6,6 %<br />

l’an dernier).<br />

LA RÉPARTITION DES EMPLOIS<br />

EN FRANCE EST STABLE<br />

Sans surprise, l’Île-de-France domine<br />

(53,2 %), surtout portée par les managers<br />

et les diplômés des écoles d’autres<br />

spécialités. Elle accueille plus des trois<br />

quarts de leurs emplois alors que 61,9 %<br />

des emplois d’ingénieurs se situent en<br />

régions.<br />

Les apprentis favorisés<br />

Parmi les répondants de la promotion<br />

2021, 20,6 % ont effectué leurs études<br />

en contrat d’apprentissage. Ce statut<br />

de scolarité est plus fréquent dans les<br />

écoles de management, avec une part de<br />

35,9 % de leurs diplômés, contre 22,4 %<br />

dans les écoles d’autres spécialités et<br />

14,1 % dans les écoles d’ingénieurs.<br />

Le taux d’apprentis est le plus faible chez les<br />

femmes ingénieures (11 %). Les apprentis<br />

se répartissent en autant d’ingénieurs que<br />

de managers (43 %) et seulement 14 % de<br />

diplômés des écoles d’autres spécialités.<br />

Parmi les diplômés issus de l’apprentissage,<br />

la part en activité professionnelle est<br />

supérieure de 1,4 point comparée à<br />

l’ensemble des diplômés (respectivement<br />

74,7 % contre 73,3 %). Les apprentis<br />

diplômés en 2021, comme l’ensemble<br />

des diplômés, sont très peu en<br />

recherche d’emploi (8,7 %).<br />

Moins de 6 mois après l’obtention du<br />

diplôme, le taux net d’emploi des apprentis<br />

atteint 90 %, à peine au-dessus de<br />

l’ensemble des diplômés (89,8 %). L’an<br />

dernier, en période de crise, l’écart était<br />

de +2,6 en faveur des apprentis.<br />

LE RECOURS AU TÉLÉTRAVAIL<br />

Le télétravail est désormais largement<br />

installé dans les pratiques. Plus de 61 %<br />

des diplômés 2021 déclarent passer<br />

un jour ou plus chez eux - dont 22,4 %<br />

deux jours – pour une moyenne de 1,6<br />

jour. Un recours au télétravail beaucoup<br />

plus courant chez les managers – plus<br />

de 72 % - que chez les ingénieurs où<br />

ils ne sont qu’un peu plus de 58,5 % à<br />

y recourir.<br />

Essentiellement salariés<br />

La quasi-totalité des<br />

diplômés de 2021 en<br />

activité professionnelle<br />

sont salariés (97,4 %).<br />

Parmi les non-salariés, les<br />

plus nombreux sont micro /<br />

auto-entrepreneurs (48,4 %)<br />

ou gérants-chefs d’entreprise<br />

(40,8 %). Les professions<br />

libérales représentent environ<br />

7 % des non-salariés pour<br />

les managers et les diplômés<br />

des autres spécialités. Les<br />

femmes y sont plus présentes<br />

en proportion, comme dans<br />

les autres catégories de<br />

travailleurs indépendants.<br />

Très bonnes perspectives<br />

de salaire à deux ans<br />

Pour les diplômés des<br />

écoles de management, les<br />

perspectives de salaire à deux<br />

ans sont très favorables : ils<br />

peuvent envisager 5 300 € de<br />

plus en deux ans. En effet, si<br />

l’on compare le salaire brut<br />

annuel moyen avec primes de<br />

la promotion 2021 à celui de<br />

la promotion 2019, on passe<br />

de 43 151 € à la sortie de<br />

l’école à 48 454 € deux ans<br />

après l’obtention du diplôme.<br />

Sur le même mode de calcul,<br />

les perspectives d’évolution<br />

de salaire pour les ingénieurs<br />

sont également bonnes : ils<br />

peuvent envisager 3 400 €<br />

de plus après deux ans<br />

d’expérience professionnelle<br />

(de 38 248 € à 41 689 €).<br />

15


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

Embellie générale<br />

Les diplômés des promotions<br />

précédentes, qu’on aurait pu<br />

croire sacrifiées, ont un taux<br />

de recherche d’emploi assez<br />

faible. Pour la promotion<br />

2021 on approche ainsi cette<br />

année les 95 % de taux net<br />

d’emploi. Pour la promotion<br />

2020, 4,1 % des diplômés<br />

sont en recherche d’emploi un<br />

an après l’obtention de leur<br />

diplôme, et seulement 2,5 %<br />

pour la promotion 2019, deux<br />

ans après l’obtention de leur<br />

diplôme, ce qui correspond<br />

au niveau incompressible<br />

dû à la période de latence<br />

entre deux postes.<br />

Des écarts de salaires en<br />

faveur des managers<br />

Les managers perçoivent<br />

en moyenne, en salaire brut<br />

annuel hors primes, 2 300 €<br />

de plus que les ingénieurs<br />

et 2 000 € de plus que les<br />

diplômés des écoles d’autres<br />

spécialités. Cet écart s’est<br />

agrandi, comparé aux années<br />

précédentes (de l’ordre de<br />

1 000 à 1 500 €). La prise en<br />

compte des primes accroit<br />

encore cet écart : 4 000 € de<br />

plus que les diplômés des<br />

écoles d’autres spécialités<br />

et presque 5 000 € de<br />

plus que les ingénieurs.<br />

16


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

La part des emplois<br />

à l’étranger recule<br />

Elle reste plus forte chez les<br />

managers et les diplômés<br />

des écoles d’autres<br />

spécialités (respectivement<br />

15,8 % et 16,1 %) que les<br />

ingénieurs (8,7 %). La<br />

Suisse reste la destination<br />

principale des diplômés<br />

des Grandes écoles. En<br />

dépit des confinements<br />

successifs, la Chine est<br />

toujours dans le top 5<br />

des destinations.<br />

Les secteurs qui emploient<br />

le plus les jeunes managers<br />

Comme toujours les<br />

managers s’orientent<br />

plutôt vers les sociétés<br />

de conseil et les<br />

activités informatiques (TIC<br />

services) : plus d’un diplômé<br />

sur trois (34,7 %) y a<br />

trouvé son emploi. Les<br />

activités informa- tiques, où<br />

sont classées les entreprises<br />

de services du numérique<br />

(ESN), ont quant à elle<br />

recruté 16,1 % des nouveaux<br />

managers, soit 4,7 points<br />

de plus que dans l’enquête<br />

précédente. Cela fait reculer<br />

la banque-assurance au<br />

3ème rang, avec 14,8<br />

% des recrutements.<br />

Le commerce se maintient<br />

au 4 ème rang avec<br />

9,5 % des emplois.<br />

17


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DOSSIER JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

Les secteurs qui emploient<br />

le plus les jeunes ingénieurs<br />

Les ingénieurs plébiscitent<br />

eux aussi les sociétés de<br />

conseil, d’ingénierie et les<br />

bureaux d’études (à hauteur<br />

de 25,1 %) ainsi que les<br />

activités informatiques<br />

dont ESN (à 22,2%). La<br />

construction-BTP se<br />

maintient au 3 ème rang avec<br />

7,3% des emplois. L’industrie<br />

des transports retrouve sa<br />

place d’il y a deux ans :<br />

5,4% des emplois (6 % en<br />

2020). Elle se place devant<br />

l’énergie (4 % des emplois).<br />

Dans son ensemble,<br />

l’industrie (y compris<br />

les secteurs non présents<br />

parmi les principaux)<br />

représente 22,1 % des<br />

emplois d’ingénieurs, ce<br />

qui reste comparable<br />

aux 22,6 % de l’an dernier.<br />

18


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS REPÈRES<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

Comment financer<br />

la montée en puissance<br />

de l’apprentissage ?<br />

Depuis cinq ans le nombre d’apprentis explose. Et tout particulièrement dans<br />

l’enseignement supérieur. Seulement le système ne sait pas comment le financer.<br />

Un rapport de la Cour des comptes fait le point.<br />

C’est une formidable avancée du précédent<br />

quinquennat et l’actuelle Première<br />

ministre, Elisabeth Borne, en fut l’une<br />

des grandes actrices en tant que ministre<br />

du Travail. Entre 2016 et 2021, le nombre<br />

d’entrées de jeunes en alternance est passé<br />

de 438 000 à près de 800 000, soit une<br />

hausse de 82 %, largement imputable aux<br />

années 2019 à 2021. Alors que les entrées<br />

en contrat de professionnalisation se sont<br />

effondrées (- 57 % entre 2019 et 2021),<br />

les entrées en apprentissage ont parallèlement<br />

augmenté de 98 % sur la même<br />

période, soutenues notamment par les<br />

aides exceptionnelles versées aux employeurs<br />

d’alternants pour faire face à la<br />

crise. Résultat : le montant total des dépenses<br />

d’apprentissage pourrait atteindre<br />

11,3 Md€ en 2021 contre 5,5 Md€ en<br />

2018 sous l’effet de l’augmentation du<br />

coût des aides (5,7 Md€) et des contrats<br />

d’apprentissage (5,3 Md€).<br />

Mais alors comment financer cet essor<br />

s’interrogent les experts de la Cour<br />

des comptes. Dans leur rapport intitulé<br />

La formation en alternance : Une<br />

voie en plein essor, un financement à<br />

définir ils constatent que « le premier<br />

exercice de détermination, par les<br />

branches professionnelles et France<br />

compétences, des niveaux de prise en<br />

charge des contrats d’apprentissage a<br />

été réalisé sur des bases fragiles ». Il<br />

aurait ainsi abouti à une croissance du<br />

coût des formations par apprenti d’au<br />

moins 17 % et à des « écarts injustifiés<br />

entre formations de même niveau et de<br />

même domaine ». Il importe donc déjà<br />

pour la Cour Des Comptes que « France<br />

compétences redéfinisse la méthode de<br />

détermination des niveaux de prise en<br />

charge, sur la base du coût de revient<br />

de chaque diplôme et que la capacité de<br />

modulation des branches soit strictement<br />

encadrée ».<br />

Parallèlement, la Cour a contrôlé l’établissement<br />

public créé en 2019 pour assurer<br />

la régulation et le financement de<br />

la formation professionnelle et de l’alternance<br />

: France Compétences. Le référé<br />

issu de ce contrôle met en particulier l’accent<br />

sur une situation financière préoccupante<br />

qui, comme le souligne la Cour,<br />

« appelle des mesures pérennes concernant<br />

l’alternance et le compte personnel<br />

de formation »…<br />

L’enseignement supérieur<br />

en première ligne<br />

L’apprentissage permet à un nombre de<br />

plus en plus élevé de jeunes de financer<br />

leur cursus dans l’enseignement supérieur,<br />

tout en apportant des financements<br />

aux établissements d’enseignement<br />

supérieur. La pérennité du financement de<br />

l’apprentissage est donc devenu un sujet<br />

majeur pour l’enseignement supérieur.<br />

La hausse des effectifs s’est en effet accompagnée<br />

d’une évolution du profil des<br />

apprentis : en 2016, la part des apprentis<br />

préparant un diplôme d’un niveau inférieur<br />

ou équivalent au baccalauréat professionnel<br />

représentait 63 % du total ; en<br />

2020 ils n’en représentent plus que 49 %.<br />

Comme le soulignent les experts de la<br />

Cour de Comptes, « l’apprentissage est<br />

désormais perçu comme une voie d’accès<br />

à des niveaux élevés de qualification ».<br />

Mais que se passerait-il si France Compétence<br />

venait à baisser le niveau de<br />

prise en charge des contrats ? « Il ne faut<br />

pas baisser le coût contrat. Aux Arts<br />

et Métiers il est de 8 500 à 9 500 € par<br />

an selon les formations mais chaque<br />

étudiant nous revient bien plus cher »,<br />

assure le président de la Conférence des<br />

Grandes écoles (CGE) et directeur général<br />

des Arts et Métiers, Laurent Champaney.<br />

Même volonté de préserver les financements<br />

du côté d’Alice Guilhon, la<br />

présidente de la Conférence des directeurs<br />

des écoles françaises de management<br />

(Cdefm) et directrice générale de<br />

Skema BS, pour laquelle le financement<br />

de l’apprentissage au coût complet « doit<br />

absolument être préservé ». Mais elle ne<br />

rejette pas pour autant toute adaptation<br />

- « Certaines familles pourraient participer<br />

si les entreprises ne prennent pas<br />

le relais » - tout en militant pour que les<br />

pouvoirs publics « concentrent leurs financements<br />

sur les établissements reconnus<br />

par le MESRI » : « Nos diplômes sont<br />

visés par l’Etat, sont auscultés de partout,<br />

sont parfois EESPIG, en termes de qua-<br />

19


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS REPÈRES<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

lité sont au plus haut. Plus de 300 écoles<br />

utilisent le titre d’écoles de commerce, il<br />

y en a seulement 35 à la Cdefm. Travaillons<br />

avec l’État main dans la main ».<br />

Alors que, selon la dernière enquête emploi<br />

de la CGE, près de 36 % des managers<br />

et un peu plus de 14 % des ingénieurs<br />

que forment ses écoles membres suivent<br />

leur cursus en apprentissage, d’autres établissements<br />

y ont largement plus recours.<br />

Président de l’association de promotion<br />

de l’alternance Walt (pour « We Are Alternants<br />

») Yves Hinnekint dirige ainsi<br />

un groupe Talis, dont 90 % des élèves<br />

sont apprentis. Il insiste donc particulièrement<br />

pour qu’on « ne détricote pas ce<br />

qui a été bien tricoté » ! : « Nous sommes<br />

en crise de croissance. Maintenant il<br />

faut stabiliser le système. Nous avons<br />

été entendus jusqu’en janvier 2023<br />

pour le financement de l’apprentissage<br />

et les primes pour le recrutement d’un<br />

apprenti ont quant à elles été maintenues<br />

jusqu’en juin <strong>2022</strong>. Mais il est également<br />

possible de réfléchir à des mises à niveau<br />

progressives ».<br />

Une évolution absolument<br />

pas anticipée<br />

Les facteurs qui expliquent la forte croissance<br />

du nombre de contrats d’apprentissage<br />

sont doubles. D’un côté la mise en<br />

œuvre de la réforme de l’apprentissage<br />

intervenue fin 2018 a facilité la création<br />

de places. De l’autre les aides exceptionnelles<br />

accordées aux employeurs à la rentrée<br />

2020, dans le contexte de crise sanitaire,<br />

ont démultiplié le recours des<br />

entreprises à l’apprentissage. En 2020<br />

et 2021, la création des places a répondu<br />

en outre à une demande des entreprises<br />

stimulée par les aides exceptionnelles.<br />

Avec la prolongation de ces aides<br />

annoncée par le Gouvernement à la fin<br />

mai <strong>2022</strong>, les entrées en apprentissage<br />

resteront vraisemblablement à un niveau<br />

élevé.<br />

L’étude d’impact de la loi pour la Liberté<br />

de choisir son avenir professionnel ne<br />

présentait pas d’analyse de la soutenabilité<br />

financière de la réforme de l’apprentissage.<br />

Si la baisse des recettes de France<br />

Compétences due la crise sanitaire (- 1,5<br />

Md€ pour la période 2020-<strong>2022</strong>) n’était<br />

pas prévisible, le développement des effectifs<br />

d’apprentis, objectif affiché de la<br />

réforme, n’a « pas été anticipé, pas plus<br />

que la croissance du coût unitaire par<br />

apprenti », déplorent les experts de la<br />

Cour des Comptes. Conjuguée à la baisse<br />

des recettes, la hausse des dépenses d’apprentissage<br />

a fortement contribué au déficit<br />

enregistré par France compétences en<br />

2020 (4,6 Md€) et 2021 (3,2 Md€), ainsi<br />

qu’aux fortes tensions de trésorerie en<br />

2021, qui ont conduit l’établissement à recourir<br />

à l’emprunt à hauteur de 1,7 Md€<br />

et l’État à lui verser des subventions exceptionnelles<br />

pour un montant de 2,75<br />

Md€. Malgré ce soutien massif, de nouvelles<br />

difficultés de trésorerie sont prévues<br />

dès l’été <strong>2022</strong>.<br />

Le total des produits comptables des CFA<br />

(centres de formation d’apprentis) s’élèverait<br />

à 4,4 Md€ en 2020, en hausse très<br />

nette par rapport à 2018 (3,6 Md€), dont<br />

3,4 Md€ en provenance des opérateurs<br />

de compétences. D’après leurs remontées<br />

financières à France compétences,<br />

les opérateurs de compétences ont versé<br />

cette année-là 2,591 Md€ aux CFA<br />

et aux établissements gérant des sections<br />

d’apprentissage.<br />

Montpellier BS est la Grande école la plus en pointe dans le développement de l’apprentissage<br />

MBS<br />

Le ténébreux<br />

mode de calcul des<br />

« coûts contrat »<br />

L’analyse des ressources des CFA au<br />

cours des années 2016 à 2018 révèle<br />

qu’avant la réforme la ressource moyenne<br />

de fonctionnement par apprenti se situait<br />

autour de 7 000 €. Après la réforme le niveau<br />

de prise en charge (NPEC) moyen<br />

se situerait à 8 269 € pour les contrats signés<br />

en 2020.<br />

Rappelons-le : la détermination des niveaux<br />

de prise en charge des contrats<br />

d’apprentissage par les branches profes-<br />

20


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS REPÈRES<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

sionnelles a été pilotée par France Compétences.<br />

Elle a impliqué les branches<br />

professionnelles représentées par leur<br />

commission paritaire nationale de l’emploi<br />

et de la formation professionnelle<br />

(CPNE) ainsi que les Opco (Opérateurs<br />

de compétences), chargés d’assister les<br />

CPNE, mais très marginalement les établissements<br />

et encore plus marginalement<br />

l’enseignement supérieur.<br />

Le premier référentiel national des niveaux<br />

de prise en charge a été publié en<br />

septembre 2019. Il comprend les valeurs<br />

définies par les CPNE et les valeurs de<br />

carence déterminées par France compétences,<br />

qui s’appliquent lorsque la CPNE<br />

n’a pas proposé de valeur ou qu’elle n’a<br />

pas respecté les recommandations de<br />

France compétences<br />

Les branches professionnelles ont adopté<br />

différentes stratégies. Schématiquement,<br />

celles qui étaient déjà fortement<br />

investies dans la gouvernance des CFA<br />

(par exemple, métallurgie, mécanique automobile,<br />

bâtiment) ont utilisé les résultats<br />

de la comptabilité analytique de leurs<br />

CFA et ont déterminé leurs propositions<br />

sur la base du prix de revient estimé des<br />

différents diplômes. Cette démarche analytique<br />

n’a concerné qu’environ un tiers<br />

des branches. Les autres ont travaillé sur<br />

la base des coûts de formation en apprentissage<br />

publiés sur les listes préfectorales,<br />

soit en calculant des moyennes, soit en ne<br />

retenant que les coûts associés aux CFA<br />

où elles comptaient le plus d’apprentis.<br />

In fine, 81 % des branches, couvrant environ<br />

98 % des contrats d’apprentissage,<br />

ont proposé en 2019 des niveaux de prise<br />

en charge.<br />

Comme l’établissent les auditeurs de<br />

la Cour des Comptes, « plus de 70 %<br />

des valeurs proposées par les branches<br />

professionnelles ont été acceptées et<br />

les résultats montrent que l’effort de<br />

convergence a été nettement insuffisant :<br />

l’analyse des niveaux de prise en charge<br />

révèle des écarts importants entre<br />

diplômes de même niveau et de même<br />

spécialité qui ne semblent pas justifiés ».<br />

L’analyse réalisée par France compétences<br />

n’a en effet pas « permis de<br />

fiabiliser les propositions des branches<br />

pour deux raisons principales : un<br />

manque de connaissance du coût réel des<br />

formations, en l’absence d’une analyse<br />

préalable approfondie du coût de revient<br />

des formations, et un manque de temps<br />

qui a conduit à retenir une analyse statistique<br />

très simple pour déterminer les<br />

valeurs de carence et les fourchettes ».<br />

La Cour des Comptes regrette particulièrement<br />

que France compétences n’ait pas<br />

utilisé de comparaisons de coût de revient<br />

moyen par type de diplôme et par secteur,<br />

ce qui aurait permis « d’identifier les valeurs<br />

atypiques et de réduire les écarts<br />

de niveau de prise en charge, en particulier<br />

lorsque peu de branches s’étaient<br />

positionnées sur un diplôme ».<br />

Ce que propose la Cour<br />

des Comptes<br />

Dans son rapport la Cour des Comptes<br />

explique que la « profonde dégradation<br />

financière impose de prendre des mesures<br />

fortes d’équilibrage du système<br />

d’alternance, en mobilisant tous les paramètres<br />

: les ressources disponibles, le<br />

coût moyen par contrat d’apprentissage,<br />

ainsi que le nombre d’entrées en appren-<br />

Le rapport public thématique de la<br />

Cour des comptes, accompagné de cinq<br />

cahiers régionaux, analyse l’essor de l’apprentissage,<br />

soutenu par les aides du plan<br />

1jeune1solution, ses conséquences financières<br />

majeures et les points de vigilance<br />

qui demeurent après trois années<br />

de mise en œuvre de la réforme<br />

Kedge BS<br />

21


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS REPÈRES<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

tissage, dont une partie pourrait se reporter<br />

sans dommage sur les contrats de<br />

professionnalisation, moins coûteux ».<br />

Au-delà de la redéfinition à court terme<br />

des niveaux de prise en charge, une stratégie<br />

nationale de l’alternance pour le<br />

moyen terme devrait « définir les objectifs<br />

de développement et les modalités de<br />

financement associés ».<br />

En matière de dépenses, les aides aux employeurs<br />

pourraient être « modulées en<br />

fonction des objectifs de développement<br />

de l’apprentissage ».<br />

En matière de recettes, plusieurs pistes<br />

sont envisageables, comme :<br />

• la suppression des exonérations de taxe<br />

d’apprentissage ;<br />

• le recours à des contributions conventionnelles<br />

définies par accord collectif<br />

de branche ;<br />

• le développement de restes à charge pour<br />

certains employeurs.<br />

Une augmentation de la contribution<br />

des entreprises comme la création<br />

d’une subvention annuelle de l’État à<br />

France Compétences « pourraient également<br />

être envisagées ». Et les experts<br />

d’insister : « Il est particulièrement<br />

important que la « stratégie nationale<br />

de l’alternance veille à l’efficience de<br />

la dépense publique en priorisant les<br />

situations où l’apprentissage apporte<br />

une réelle plus-value et en évitant les<br />

effets d’aubaine, qu’illustre le déport<br />

des contrats de professionnalisation vers<br />

l’apprentissage ».<br />

Sébastien Gémon<br />

France Compétences décide<br />

Plombé par un déficit est de<br />

plus en plus abyssal, France<br />

Compétences a finalement<br />

décidé fin juin de réduire<br />

les crédits alloués aux<br />

organismes de formation<br />

de 10% : la moitié le 1er<br />

septembre <strong>2022</strong> l’autre<br />

moitié 1er avril 2023. Cette<br />

baisse des financements<br />

résulte d’une étude du coût<br />

de chaque formation qui<br />

vont donc être plus ou moins<br />

touchés selon les cas. Une<br />

décision qui devrait permettre<br />

d’économiser jusqu’à 800<br />

millions d’euros par an.<br />

22


L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DÉBAT<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

Transition<br />

environnementale :<br />

l’enseignement supérieur<br />

au pied du mur<br />

À la rentrée 2021, on comptabilise plus de 40 000 étudiants en situation<br />

de handicap dans l’enseignement supérieur, soit 5 fois plus qu’en 2017.<br />

Mais comment les établissements s’organisent-ils pour traiter tous les cas ?<br />

La vidéo des étudiants d’Agro ParisTech<br />

dénonçant leur enseignement, leur appel<br />

à se détourner de jobs « destructeurs »,<br />

auxquels « AgroParisTech forme chaque<br />

année des centaines d’ingénieurs » a provoqué<br />

une onde de choc dans les écoles<br />

d’ingénieurs. Et pas seulement.<br />

Depuis chaque remise de diplômes donne<br />

des sueurs froides. Comme en témoigne<br />

le Manifeste étudiant pour un Réveil Écologique<br />

paru en 2018, ce n’est pas la première<br />

fois que les diplômés, et singulièrement<br />

ceux des école d’ingénieurs,<br />

prennent la parole pour demander que<br />

les questions environnementales soient<br />

mieux mises en avant dans leur formation.<br />

Un sujet qui a provoqué beaucoup de réactions<br />

lors du dernier colloque de la<br />

Cdefi (Conférence des directeurs des<br />

écoles françaises d’ingénieurs). « On<br />

doit entendre ces prises de position dans<br />

la mesure où elles sont argumentées.<br />

Mais il faut agir de l’intérieur dans<br />

les entreprises si on veut les faire<br />

évoluer », réagit le président de la Cdefi,<br />

Jacques Fayolle. « C’est plus simple de<br />

déconsidérer ce qu’on possède déjà. On<br />

ne change pas les choses comme cela.<br />

Il faut des personnes compétentes pour<br />

créer un monde désirable », remarque Nicola<br />

Ngo, chef des relations entre sciences<br />

et société du ministère de l’Enseignement<br />

supérieur, de la Recherche (MESR).<br />

Réaction similaire du côté de la Conférence<br />

des Grandes écoles (CGE) et de<br />

son président Laurent Champaney : « Ces<br />

étudiants ont tout à fait le droit de porter<br />

ce discours. Je comprends leur démarche<br />

personnelle. En revanche affirmer que<br />

les technologies et les start up sont des<br />

outils capitalistiques, que l’école les<br />

pousse à entrer dans des entreprises, est<br />

une attitude individualiste. S’ils veulent<br />

vraiment faire évoluer le système, ils<br />

devraient entrer dans ces entreprises<br />

dont ils dénoncent les agissements pour<br />

les réformer ».<br />

Quels rapports entretenir<br />

avec les entreprises ?<br />

Ce que dénoncent d’abord les étudiants<br />

d’Agro ParisTech c’est un système dans<br />

lequel ils disent se sentir livrés à des<br />

grandes entreprises qui n’ont d’autre vision<br />

que le profit maximum. Forums de<br />

recrutements, conventions de partenariat,<br />

soutien à l’enseignement, les entreprises<br />

gèrent aujourd’hui leur marque employeur<br />

avec d’autant plus d’attention qu’elles ont<br />

du mal à recruter. Et, du côté des établissements<br />

d’enseignement supérieur, cette<br />

opposition soudaine aux rapprochements<br />

avec les entreprises est d’autant plus difficile<br />

à gérer qu’ils se targuent d’être les<br />

meilleures vecteurs vers l’emploi tout en<br />

s’appuyant largement sur les financements<br />

de ces entreprises.<br />

A cet égard la lutte des étudiants de<br />

l’Ecole polytechnique contre l’installation<br />

sur leur campus du nouveau centre<br />

de recherche de TotalEnergie est emblématique.<br />

« Après quatre ans pour finaliser<br />

une nouvelle solution que je trouvais<br />

satisfaisante, TotalEnergies a préféré<br />

se retirer et stopper son implantation<br />

sur le parc d’innovation sur lequel il<br />

devait installer son centre de R&D. Je<br />

le regrette, mais nous sommes heureux<br />

de conserver de forts partenariats en<br />

cours avec TotalEnergies », explique<br />

le président de l’X, Eric Labaye, qui a<br />

lancé tout un travail sur le développement<br />

de son parc d’innovations : « Le<br />

MIT comme l’EPFL ont pris vingt<br />

Excelia BS est l’école qui s’est la première investie dans les questions<br />

de responsabilité sociale et environnementale (RSE)<br />

Excelia BS<br />

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L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DÉBAT<br />

JUILLET <strong>2022</strong> N° <strong>62</strong><br />

ans pour développer ces parcs. Nous<br />

avons aujourd’hui reçu des expressions<br />

d’intérêt de beaucoup d’industriels. Et<br />

nous sommes évidemment très clairs sur<br />

l›indépendance de notre recherche vis-àvis<br />

des entreprises partenaires ».<br />

Un débat qui avait également eu lieu<br />

contre le financement exclusif par BNP<br />

Paribas de la licence Sciences pour un<br />

monde durable de PSL. Finalement Foncia<br />

s’y est également associé à hauteur<br />

de 300 000 €. Une goutte d’eau puisque<br />

la contribution de la banque atteint elle<br />

près de huit millions d’euros comme a dû<br />

l’admettre PSL. Une décision du Tribunal<br />

administratif de Paris lui a en effet enjoint<br />

de communiquer les montants d’un<br />

« sponsoring » qui interroge forcément<br />

sur l’indépendance des établissements.<br />

Comment montrer<br />

les vertus du progrès<br />

scientifique ?<br />

C’est une question inattendue pour des<br />

écoles qui ont bâti leur excellence sur<br />

le progrès scientifique : « Comment<br />

réenchanter le métier d’ingénieur alors<br />

que le progrès est remis en cause ? »,<br />

s’interroge Alexis Michel, directeur de<br />

l’Enib et président de la commission international<br />

et développement de la Cdefi.<br />

« Il faut mettre en avant tout ce que<br />

le progrès scientifique a permis ces cent<br />

dernières années », lui répond Yves Bamberger,<br />

vice-président de l’Académie des<br />

technologies.<br />

Mais justement ce progrès scientifique est<br />

aussi synonyme de destruction pour de<br />

plus en plus de jeunes. Il faut donc évoluer<br />

et le démontrer dans l’enseignement. Dans<br />

le livre blanc « Tech, le monde d’après.<br />

Un défi pour l’enseignement supérieur »<br />

que publie le Pôle Léonard de Vinci avec<br />

HEADway un article s’interroge justement<br />

: « Les techs sauveront-elles la planète<br />

? » « La tech fondée sur les sciences<br />

est un « driver «puissant pour l’évolution<br />

de nos sociétés. Nos diplômés doivent en<br />

être imprégnés, en maîtriser les enjeux,<br />

le potentiel, mais en même en temps en<br />

comprendre l’impact dans toutes les dimensions<br />

y compris écologique. Et pour<br />

cela, il faut qu’ils connaissent ce qu’il<br />

y a derrière un « clic » par exemple en<br />

allant jusqu’aux mines de lithium et de<br />

cobalt en passant par les gigantesques<br />

datacenters exigés par l’IA, etc. », soutient<br />

le président du Pôle Léonard de Vinci,<br />

Pascal Brouaye quand Damien Amichaud,<br />

chef du projet ClimatSup de The<br />

Shift Project, think tank de référence<br />

sur les questions de transition énergétique<br />

qui a piloté toute une étude avec le<br />

groupe Insa, insiste : « Nous travaillons à<br />

faire évoluer la formation des ingénieurs<br />

qui occupent une place charnière entre<br />

la tech et la société. Pour en faire des<br />

professionnels éclairés, les amener à<br />

questionner le monde ou le mode de<br />

fonctionnement des entreprises, il faut<br />

changer leurs enseignements ».<br />

Les universités en<br />

première ligne<br />

Les experts du climat sont d’abord dans<br />

les universités avec au premier plan l’Institut<br />

Pierre-Simon Laplace (Sorbonne<br />

Université) dont fait partie la co-présidente<br />

du groupe de travail sur les bases<br />

physiques du changement climatique du<br />

Groupe intergouvernemental d’experts<br />

sur l’évolution du climat (GIEC), l’emblématique<br />

Valérie Masson-Delmotte. À<br />

son exemple les initiatives se multiplient<br />

un peu partout dans les universités pour<br />

mettre les questions de transition au premier<br />

plan. L’Université Jean Moulin Lyon<br />

3 crée ainsi à la rentrée <strong>2022</strong> une « École<br />

de la transition écologique (ETRE) »<br />

dont l’objectif est de « sensibiliser<br />

et former aux enjeux de la transition<br />

écologique et du développement durable<br />

dans l’enseignement supérieur » en développant<br />

une offre de formation et de<br />

recherche innovante et pluridisciplinaire.<br />

« Nous voulons être le pôle de référence<br />

et d’excellence du site de Lyon-<br />

Saint Etienne en matière de transition<br />

écologique et d’humanités environnementales.<br />

Tous nos étudiants seront formés<br />

aux enjeux environnementaux d’ici 5 ans.<br />

Il s’agit de faire de la compétence environnementale<br />

une compétence transversale,<br />

comme nous l’avons fait dans l’enseignement<br />

des langues. Il s’agit aussi de<br />

former, dès la rentrée, le public en emploi<br />

à travers le développement de la formation<br />

continue », définit Éric Carpano,<br />

le président de l’Université Jean Moulin :<br />

« ETRE » a également pour objectif<br />

de répondre à une demande sociale<br />

croissante de la part des collectivités publiques<br />

et des employeurs privés mais<br />

aussi des étudiants, de plus en plus soucieux<br />

de s’orienter vers des entreprises<br />

« à mission » au sein desquelles ils souhaitent<br />

s’engager en matière de développement<br />

durable et de responsabilité sociétale.<br />

Pour aller plus loin encore, le<br />

conseil d’administration de l’Université<br />

Jean Moulin sera amené à se prononcer<br />

sur la création d’un nouveau diplôme universitaire<br />

(DU), « Enjeux et dynamiques<br />

de la transition écologique », proposant<br />

une formation annuelle pluridisciplinaire<br />

de 200 heures, dans le cadre de la formation<br />

continue. Enfin un service général<br />

« Développement Durable & Responsabilité<br />

Sociétale » sera créé à la rentrée et<br />

un vice-président en charge de la transition<br />

écologique sera nommé à la rentrée<br />

de septembre.<br />

Que font les écoles<br />

de management ?<br />

Preuve que les écoles de managements<br />

sont également dans la course, le classement<br />

du Positive Impact Rating, dé-<br />

Audencia a créé une école dédée aux transitons<br />

environnementale et sociétales<br />

Audencia BS<br />

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L’ESSENTIEL DU SUP PRÉPAS DÉBAT<br />

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voilé le 3 juin lors du Forum mondial<br />

PRME <strong>2022</strong> des Nations Unies, en place<br />

quatre dans le niveau d’excellence 4 sur<br />

5, celui des « écoles en phase de transformation<br />

» : Audencia, GEM, Iéseg et<br />

Rennes SB. Le rapport met particulièrement<br />

en évidence l’action de quatre<br />

écoles (Audencia, Iéseg, Antwerp Management<br />

School, en Belgique, et HKUST<br />

Business School, à Hong Kong ) qui ont<br />

« réalisé des progrès constants au cours<br />

des trois dernières années, ce qui les<br />

positionne dans le groupe avancé des<br />

écoles en transformation ». Une reconnaissance<br />

logique pour Audencia, seule<br />

école à avoir créé une école dédiée à la<br />

transition écologique et sociétale, Gaïa.<br />

Pour aller plus loin dans l’enseignement,<br />

Audencia a ainsi organisé cette année son<br />

premier Gaïa Case Bootcamp pour réaliser<br />

des cas pratiques dédiés qui seront<br />

ensuite partagés dans tout l’enseignement<br />

supérieur. Surtout Audencia travaille<br />

avec The Shift Project à un rapport<br />

très attendu ClimatSup Business<br />

– Former les acteurs de l’économie de<br />

demain dont une version intermédiaire<br />

a déjà été publiée (le rapport final sera<br />

publié le 8 novembre <strong>2022</strong>).<br />

Parmi les écoles leaders en le matière,<br />

ESCP a également profondément fait évoluer<br />

ses cursus. « La soutenabilité est un<br />

sujet depuis 1992 et la création d’un premier<br />

cours avant toutes les autres écoles.<br />

Aujourd’hui c’est tout un département en<br />

soutenabilité qui a été créé autour de ces<br />

questions avec quinze professeurs. Mais<br />

il s’agit aussi d’influencer tous les autres<br />

départements académiques », insiste Valérie<br />

Moatti, la doyenne de ESCP. « Nous<br />

sommes passés d’un stade d’innovations<br />

locales avec des spécialisations à une volonté<br />

de dispenser des cours à tous avec<br />

un socle commun », confirme Aurélien<br />

Acquier, le doyen associé à la transition<br />

durable de ESCP. Son « ESCP Transition<br />

Network », qui réunit ainsi professeurs,<br />

alumni, en appui des projets de<br />

l’école, vient même de lancer en partenariat<br />

avec @Carbone4 Commons For<br />

Future, une plateforme gratuite pour accéder<br />

à tous les contenus fournis aux étudiants<br />

de Master 2 dans le cadre du cours<br />

Énergie, business, climat et géopolitique.<br />

Une étude du WWF France et de Pour un<br />

Réveil Écologique révèle justement un fort<br />

décalage entre les attentes des étudiants et<br />

la réalité des formations : près de la moitié<br />

des étudiants (47 %) interrogés qui suivent<br />

des cours de finance considèrent que la<br />

transition écologique n’est pas assez, voire<br />

pas du tout, enseignée, et 75 % d’entre eux<br />

souhaitent que ces enjeux soient mieux<br />

intégrés dans leurs cours. Les entretiens<br />

menés avec neuf écoles de commerce<br />

dans la deuxième partie de l’étude ont<br />

confirmé l’intérêt croissant des étudiants<br />

pour les sujets de durabilité. Afin de répondre<br />

à cette demande, celles-ci tentent<br />

d’évoluer : trois quarts des formations interrogées<br />

vont effectuer une refonte de<br />

leur offre de cours afin d’intégrer complètement<br />

les enjeux de durabilité à leurs<br />

formations d’ici 2023-2024.<br />

Comment impliquer tout<br />

un établissement ?<br />

L’un des problèmes que rencontrent les<br />

écoles pour gérer la transition environnementale<br />

est le déficit de légitimité que ressentent<br />

beaucoup de professeurs à l’enseigner.<br />

C’est précisément pour générer un<br />

engagement de tout son corps professoral<br />

que le groupe Insa a lancé son étude avec<br />

The Shift Project signale Damien Amichaud<br />

: « Depuis septembre 2020, nous<br />

travaillons en co-construction avec l’IN-<br />

SA Lyon pour établir un état des lieux et<br />

construire une proposition sur le contenu<br />

de la formation (élargir le socle de<br />

connaissances, comprendre les bases<br />

du changement climatique et faire le lien<br />

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avec les métiers de l’ingénieur, développer<br />

leur pensée critique, etc.) pour que<br />

l’établissement puisse se forger une vision<br />

stratégique. Nous les accompagnons<br />

ensuite dans la mise en œuvre. Mais, pour<br />

la réussite du projet et son acceptabilité,<br />

il est important que les professeurs et les<br />

étudiants soient impliqués en amont ».<br />

Mais jusqu’où faut-il aller s’interroge<br />

Laurent Champaney : « Nous sommes<br />

sur le fil sur ces questions environnementales<br />

avec des étudiants qui demandent<br />

plus de cours sur le enjeux climatiques,<br />

les nouveaux modèles de production<br />

ou encore l’économie circulaire et des<br />

entreprises qui restent d’abord focalisées<br />

sur des questions très techniques.<br />

Ce qui donne parfois l’impression que<br />

les écoles de s’intéressent pas au sujet<br />

alors qu’elles sont volontaristes en signant<br />

les Accords de Grenoble, en suivant<br />

la Cop 2 ou encore en adoptant les<br />

référentiels DD&RS ». Beaucoup d’établissements<br />

d’enseignement supérieur<br />

sont aujourd’hui mobilisés par la transition<br />

environnementale, mais comment<br />

en convaincre des étudiants sceptiques ?<br />

Mines Paris-PSL crée The Transition Institute 1.5<br />

Pour encore mieux démontrer un<br />

engagement largement porté par son<br />

professeur star qu’est Jean-Marc Jancovici,<br />

Mines Paris-PSL crée The Transition<br />

Institute 1.5 (TTI.5). « Pour faire face à<br />

l’urgence climatique, ce nouvel institut<br />

souhaite apporter des réponses concrètes<br />

et significatives pour réaliser l’avènement<br />

de transition attendue. Il s’appuie sur<br />

une vision partagée, élaborée en coconstruction<br />

par les différentes entités de<br />

l’école, et il est articulé autour d’un projet<br />

scientifique ambitieux », explique Nadia<br />

Maïzi, la directrice de TTI.5, professeure à<br />

Mines Paris – PSL et auteure principale du<br />

dernier Rapport du GIEC. Son TT1.5 entend<br />

à la fois être en pointe sur la recherche<br />

et la vulgariser. « Nous devons designer<br />

des solutions qui ne deviennent pas les<br />

problèmes des autres. Les technologies<br />

sont là mais il y a beaucoup d’autre éléments<br />

à mettre en avant pour que les solutions<br />

soient acceptées », reprend la directrice.<br />

L’autre vocation du TTI.5 est d’informer,<br />

le public lors de journées d’échanges,<br />

colloques, notes d’influence, podcasts,<br />

etc. mais aussi de potentiellement former<br />

les décideurs. TTI5 ambitionne en effet<br />

d’être le vecteur d’un nouvel Institut des<br />

hautes études comme il en existe déjà dans<br />

la défense nationale (IHEDN) ou la science<br />

et la technologie (IHEST). « Directement<br />

sous la tutelle du Premier ministre, il<br />

pourrait propulser notre visions vers les<br />

cadres en poste », promet Nadia Maïzi.<br />

Olivier Rollot<br />

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