Y-mail 41 - août 2022
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<strong>mail</strong><br />
AOÛT <strong>2022</strong> MAGAZINE DU CENTRE HOSPITALIER JAN YPERMAN<br />
EDITION <strong>41</strong><br />
Pompes à insuline<br />
INNOVANTES<br />
Chirurgie endoscopique<br />
DU DOS<br />
La clinique de soins<br />
DES PLAIES
EDITO<br />
Chère lectrice et cher lecteur,<br />
C’est un honneur pour moi de signer<br />
mon premier édito dans ce magazine<br />
en tant que nouveau médecin-chef<br />
du centre hospitalier Jan Yperman.<br />
Le sommaire de ce numéro illustre<br />
parfaitement ce que nous voulons<br />
représenter en tant qu’hôpital dans<br />
notre région du Westhoek. Notre<br />
hôpital est certes un bâtiment d’une<br />
taille imposante, mais c’est avant<br />
tout un lieu où des personnes<br />
sont là pour d’autres personnes.<br />
Où le bien-être du personnel<br />
et du patient est au centre des<br />
préoccupations, comme à la<br />
clinique de soins des plaies et à<br />
l’hôpital de jour gériatrique (voir<br />
page 4 et page 7). Où les soins<br />
doivent aussi être innovants et<br />
à la pointe de la technologie,<br />
comme dans la chirurgie discale<br />
par voie endoscopique (voir page<br />
10) et dans la thérapie en boucle<br />
fermée hybride pour le traitement<br />
du diabète (voir page 12). Et où<br />
les soins sont étroitement liés aux<br />
acteurs de première ligne : voyez<br />
la communication transmurale des<br />
plans de médication (voir page 17)<br />
et la question d’un généraliste sur<br />
l’électrophorèse des protéines<br />
(voir page 13).<br />
À toutes et tous, je vous souhaite<br />
une bonne lecture!<br />
docteur Hans Feys,<br />
médecin-chef
Lisez tous les numéros<br />
d’Y-<strong>mail</strong><br />
contenu<br />
04 La clinique de soins des plaies 07 Hôpital de jour<br />
gériatrique 10 Chirurgie endoscopique du dos<br />
12 Pompes à insuline innovantes<br />
Le laboratoire clinique a mis au point un test PCR permettant de<br />
diagnostiquer rapidement les cas de variole du singe. Les médecins<br />
généralistes qui suspectent une infection peuvent envoyer leur<br />
patient directement à la clinique des maladies infectieuses pour y<br />
subir un prélèvement. En semaine, les tests PCR sont pratiqués tous<br />
les jours. Pour l’instant, cette analyse est gratuite.<br />
Rendez-vous via le 057 35 71 80<br />
3
LE DOIGT SUR LA PLAIE<br />
Premier commandement<br />
des soins des plaies : mieux<br />
vaut trop tôt que trop tard.<br />
« Les médecins généralistes<br />
qui ne savent pas si une plaie<br />
évolue dans la bonne<br />
direction ont tout intérêt à<br />
référer le patient à la clinique<br />
des plaies », explique Filiep<br />
Manderyck, infirmier spécialisé<br />
en soins des plaies.<br />
Docteur Stefan Sohier<br />
(chirurgie générale<br />
et abdominale) montre la<br />
photo d’un orteil rouge et<br />
enflé à cause d’une petite<br />
blessure qui a failli être<br />
lourde de conséquences.<br />
« Ce patient nous a été<br />
référencé par son médecin<br />
généraliste. Juste à temps.<br />
À cause d’un problème<br />
neurologique sous-jacent,<br />
la blessure ne guérissait<br />
pas et l’orteil commençait<br />
à se nécroser. Nous avons<br />
pu éviter de toute justesse<br />
l’amputation de l’orteil ou<br />
d’une partie de la jambe. »<br />
AGIR RAPIDEMENT<br />
Lorsqu’une plaie cicatrise<br />
mal, c’est souvent à cause<br />
d’un problème sous-jacent.<br />
Tant que ce problème<br />
n’est pas résolu, la plaie ne<br />
pourra pas aller mieux.<br />
La force de la clinique des<br />
soins des plaies est qu’elle<br />
réunit en son sein tout un<br />
éventail de compétences.<br />
Les cas difficiles sont donc<br />
examinés par une équipe<br />
multidisciplinaire. Docteur<br />
Sohier illustre ses propos<br />
en montrant une deuxième<br />
photo d’une plaie<br />
béante à la jambe.<br />
« Un ulcère veineux, dû à<br />
une insuffisance veineuse.<br />
Dans ce genre de cas,<br />
la clinique de soins des<br />
plaies fait immédiatement<br />
appel à un chirurgien<br />
vasculaire ou à un dermatologue.<br />
Dans d’autres cas,<br />
ce sera un orthopédiste,<br />
un gériatre ou un<br />
chirurgien généraliste. De<br />
cette façon, nous évitons<br />
de perdre du temps : le<br />
patient obtient rapidement<br />
un diagnostic et un<br />
plan de traitement approprié.<br />
La blessure de cette<br />
dame est bien refermée. »<br />
LARGE GAMME<br />
L’infirmier en soins des<br />
plaies Filiep Manderyck est<br />
la personne de contact de la<br />
4
LE VIDE<br />
POUR GUÉRIR<br />
Quand on a affaire à de grandes plaies complexes<br />
qui cicatrisent difficilement, on parvient assez<br />
souvent à les guérir en appliquant la thérapie par<br />
pression négative. Cette méthode de traitement<br />
des plaies est également appelée thérapie VAC,<br />
qui est l’abréviation de « vacuum assisted closure ».<br />
L’infirmier en soins des plaies Filiep Manderyck :<br />
« Nous remplissons la plaie d’un matériau spongieux<br />
qui a une bonne perméabilité aux liquides<br />
et nous scellons le tout de manière hermétique<br />
avec un film. Sur ce film est fixée une canule<br />
d’aspiration reliée à une pompe à vide. Ce dispositif<br />
reste attaché à la plaie jour et nuit et assure le<br />
drainage du liquide de la plaie, des germes et des<br />
débris. Le système stimule également l’apport<br />
sanguin et donc la guérison. »<br />
La durée du traitement dépend de la nature et<br />
de la taille de la plaie. Il est souvent suivi d’une<br />
greffe de peau.<br />
docteur Stefan Sohier<br />
et infirmier en soins des<br />
plaies Filiep Manderyck<br />
clinique de soins des plaies.<br />
Il maîtrise toute la gamme<br />
des techniques de soin des<br />
plaies et est entouré d’une<br />
équipe pluridisciplinaire<br />
composée de médecins,<br />
mais aussi de nutritionnistes,<br />
de kinés et d’autres<br />
paramédicaux.<br />
Filiep Manderyck : « Outre<br />
les plaies chroniques qui<br />
cicatrisent mal, comme<br />
les ulcères veineux ou les<br />
escarres, nous traitons aussi<br />
les plaies traumatiques, les<br />
brûlures et autres plaies<br />
aiguës. Mais les soins que<br />
nous prodiguons ne sont<br />
pas toujours des soins<br />
hautement spécialisés.<br />
Lorsqu’une personne qui se<br />
déplace en fauteuil roulant<br />
présente des plaies ouvertes<br />
au niveau du coccyx ou sur<br />
le flanc, une assise adaptée<br />
pour son fauteuil roulant<br />
peut déjà être d’un grand<br />
secours. C’est simple et<br />
pourtant, c’est le genre de<br />
choses que l’on négligeait<br />
souvent quand les patients<br />
venaient ici. »<br />
Le conseil de la clinique<br />
de traitement des plaies<br />
aux soignants de première<br />
ligne : n’attendez pas trop<br />
longtemps pour référer vos<br />
patients. « Quand une infirmière<br />
de soins à domicile<br />
remarque que les soins sont<br />
inefficaces, elle doit réagir<br />
sans tarder en prévenant<br />
le médecin généraliste ou<br />
en envoyant le patient à<br />
l’hôpital. »<br />
Clinique de soins des plaies<br />
057 35 72 00<br />
secheelkunde@yperman.net<br />
5
CONTRÔLE POSTOPÉRATOIRE<br />
Bracelet pour maman<br />
Le centre hospitalier Jan Yperman souhaite que les parents puissent<br />
profiter rapidement de leur bébé, même après une césarienne. Si l’on<br />
parvient à soulager efficacement les douleurs postopératoires de la<br />
maman, elle peut alors retourner en chambre plus tôt.<br />
Docteur Stefan Van Hooreweghe (anesthésie) : « Par « plus tôt », il faut<br />
comprendre avant que l’anesthésie rachidienne se soit entièrement<br />
dissipée. Ce suivi est désormais assuré par les sages-femmes qui<br />
disposent d’un outil précieux avec les bracelets d’alerte en cas<br />
d’anesthésie régionale. Ce bracelet indique à la patiente quand elle<br />
devrait être capable de lever à nouveau ses jambes. Si elle réussit, elle<br />
peut retirer le bracelet. Dans le cas contraire, elle doit en informer la<br />
sage-femme qui contactera l’anesthésiste si nécessaire. De cette façon,<br />
les mamans participent activement à leur rétablissement tout en nous<br />
permettant de détecter les complications à temps. »<br />
RAPPORT ANNUEL<br />
Des graines<br />
qui germent<br />
Le rapport annuel 2021 du centre<br />
hospitalier Jan Yperman s’intitule<br />
« Des nouveautés sont en train de<br />
germer ici ». Parce que 2021 a été<br />
bien plus que la 2e année COVID :<br />
c’est aussi l’année où l’on a semé<br />
les graines de nouvelles initiatives,<br />
de grands projets et de petites<br />
actions.<br />
Secrétariat anesthésie<br />
057 35 61 21<br />
secret-anesthesie@yperman.net<br />
Pour lire le rapport, scannez le code QR.<br />
docteur Stefan Van Hooreweghe<br />
NOUVEAUTÉ AU LABORATOIRE DE CATHÉTÉRISME<br />
L’artère coronaire en détail<br />
Depuis peu, le laboratoire de cathétérisme du centre hospitalier Jan<br />
Yperman dispose de deux nouvelles techniques de diagnostic.<br />
Docteur Mathieu Coeman (cardiologie) : « Pour évaluer avec plus de<br />
précision les sténoses de l’artère coronaire, nous utilisons le tout nouveau<br />
système d’imagerie par tomographie à cohérence optimale. Pour cet examen,<br />
on insère une minuscule caméra lumineuse dans l’artère coronaire en<br />
passant par le poignet ou l’aine. Cela nous permet de mieux évaluer et de<br />
traiter avec plus de précision les sténoses plus complexes. L’on a par ailleurs<br />
investi dans Coroventis CoroFlow, pour étudier les dysfonctionnements<br />
coronaires. Le muscle cardiaque reçoit le sang par les artères coronaires qui<br />
se ramifient en un réseau de capillaires. Ces petits vaisseaux sanguins ne<br />
sont pas visibles lors d’un examen angiographique classique, alors qu’ils<br />
assurent pourtant 90 % du transport de l’oxygène. Le système CoroFlow<br />
nous permet de mesurer la résistance et le débit sanguin des petits<br />
vaisseaux sanguins des artères coronaires au moyen d’un fin fil muni de<br />
capteurs de pression et de température. »<br />
NOUS RECHERCHONS<br />
Collaborateurs<br />
Notre centre hospitalier recherche<br />
actuellement :<br />
- un médecin spécialisé en<br />
hématologie<br />
- des infirmiers/infirmières<br />
- un physiothérapeute<br />
- un chef cuisinier<br />
Consultez toutes les offres<br />
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Secrétariat cardiologie<br />
057 35 71 90<br />
seccardiopneumo@yperman.net<br />
6
HÔPITAL DE JOUR GÉRIATRIQUE<br />
Chez les patients âgés et fragiles, le<br />
traitement du cancer fait parfois plus<br />
de tort que de bien. Un bilan oncogériatrique<br />
montre la voie à suivre. C’est<br />
une des nombreuses raisons justifiant<br />
une visite à l’hôpital gériatrique de jour.<br />
Impact<br />
considérable<br />
350<br />
patients par an<br />
pour le trajet<br />
ostéoporose<br />
Chez les patients gériatriques<br />
affaiblis, une<br />
chimiothérapie présente<br />
parfois plus d’inconvénients<br />
que d’avantages.<br />
Docteur Bart Werbrouck<br />
(gériatrie) : « La malnutrition,<br />
la perte de<br />
masse musculaire et un<br />
début de démence peuvent<br />
accroître considérablement<br />
la toxicité de la chimio.<br />
À la demande de l’oncologue<br />
ou de l’interniste,<br />
nous effectuons un bilan<br />
oncogériatrique pour<br />
mesurer l’utilité d’un éventuel<br />
traitement. Parfois,<br />
nous parvenons à redonner<br />
suffisamment de forces à<br />
un patient fragile ou nous<br />
adaptons la chimio thérapie.<br />
D’autres fois, nous déconseillons<br />
la chimiothérapie. »<br />
Le bilan oncogériatrique<br />
a lieu à l’hôpital de jour<br />
gériatrique. Sur recommandation<br />
de leur médecin<br />
généraliste, les patients âgés<br />
de plus de 75 ans peuvent<br />
s’y rendre pour passer de<br />
nombreux autres tests, par<br />
exemple pour l’incontinence,<br />
l’ostéoporose, les<br />
problèmes de mémoire ou<br />
la polypharmacie.<br />
Docteur Werbrouck : « La<br />
gériatrie est une spécialisation<br />
faite de nuances.<br />
En faisant quelques<br />
ajustements ici et là, nous<br />
pouvons avoir un impact<br />
important sur les soins<br />
et la qualité de vie de nos<br />
patients. »<br />
Docteur Bart<br />
Werbrouck :<br />
« Parfois nous<br />
déconseillons<br />
la chimiothérapie.<br />
»<br />
7
HÔPITAL DE JOUR GÉRIATRIQUE<br />
DOCTEURE TINE PECCEU<br />
« Notre trajet ostéoporose commence par des examens<br />
d’imagerie et des analyses de sang et la mise en<br />
place d’un traitement ciblé. Nous effectuons aussi<br />
une évaluation de la démarche et des chutes et nous<br />
donnons des conseils concrets. Romosozumab, qui est<br />
disponible depuis le début de cette année en traitement<br />
sous-cutané, donne de meilleurs résultats que<br />
les biphosphonates chez les patientes ménopausées<br />
souffrant d’ostéoporose sévère. La demande de<br />
remboursement est adressée directement à la mutuelle. »<br />
DOCTEUR GEERT GABRIEL<br />
« Simple oubli ou symptôme de démence? Voilà<br />
la réponse que nous essayons de trouver à la<br />
clinique de la mémoire. Nous examinons le<br />
patient pendant une journée et remettons<br />
ensemble les pièces du puzzle. Ensuite, nous<br />
nous concertons avec le patient et sa famille. Nos<br />
conseils dépendent du type de démence et<br />
du contexte social. »<br />
270<br />
patients par an<br />
pour la clinique de<br />
la mémoire<br />
8<br />
DOCTEURE ELISABETH DE MONT<br />
« Avec la clinique urinaire, nous voulons briser<br />
le tabou de l’incontinence urinaire. Au cours des<br />
examens étalés sur deux jours, nous identifions<br />
le type d’incontinence dont souffre le patient.<br />
Nous formulons ensuite un avis en concertation<br />
avec l’urologue et notre infirmière de référence en<br />
soins de continence. Il y a souvent moyen de faire<br />
quelque chose pour aider le patient. »<br />
DOCTEUR BART WERBROUCK<br />
« Les patients gériatriques qui<br />
prennent de nombreux médicaments<br />
sont exposés à un risque lié à leurs<br />
effets secondaires et interactions.<br />
Lors de la consultation en polypharmacie,<br />
nous mettons en balance<br />
les avantages et les inconvénients.<br />
Nous réduisons progressivement les<br />
médicaments inutiles, nous vérifions<br />
tout par rapport aux directives en<br />
vigueur et nous suggérons parfois des<br />
compléments lorsque c’est utile. »<br />
Hôpital de jour gériatrique<br />
057 35 62 71<br />
gdzh@yperman.net
BIOLOGIE MOLÉCULAIRE<br />
SOUS LE MICROSCOPE<br />
Le laboratoire clinique du centre hospitalier Jan Yperman utilise des<br />
techniques moléculaires de pointe pour tester le matériel génétique<br />
viral, bactérien et parasitaire. Voici les principaux avantages.<br />
UNE CAPACITÉ ACCRUE<br />
jusqu’à 96 échantillons<br />
peuvent être testés en<br />
même temps<br />
MISE EN ŒUVRE PLUS RAPIDE<br />
DE NOUVEAUX TESTS<br />
3 cas positifs de variole du<br />
singe ont été identifiés<br />
DES RÉSULTATS PLUS RAPIDES<br />
pour la méningite<br />
en 2 heures au lieu de 1 jour<br />
pour les problèmes gastro-intestinaux<br />
en 2 heures au lieu de 2 jours<br />
PLUS DE POSSIBILITÉS<br />
Pour la méningite<br />
un seul test permet de dépister<br />
6 8 1<br />
simultanément, ainsi que<br />
Pour les problèmes gastro-intestinaux<br />
un seul test permet de dépister<br />
16 3<br />
simultanément, ainsi que<br />
Pour les problèmes gastro-intestinaux<br />
un seul test permet de dépister<br />
6 13 4<br />
simultanément, ainsi que<br />
virus bactéries parasites levure<br />
LES PLUS PRATIQUÉS<br />
1<br />
SRAS-CoV-2<br />
2<br />
Grippe et VRS<br />
3<br />
Chlamydia trachomatis et<br />
Neisseria gonorrhoeae<br />
L’ÉQUIPE<br />
bieke decaesteker<br />
biologiste moléculaire<br />
stijn jonckheere<br />
biologiste clinique<br />
9
NOUVELLE TECHNIQUE<br />
Très peu invasive, la chirurgie endoscopique<br />
du dos occasionne moins de douleurs<br />
postopératoires et permet une récupération<br />
plus rapide. Bien que récente, cette chirurgie<br />
va devenir la norme, prédit docteur Sam<br />
Thomas. En juillet, l’orthopédiste a réalisé<br />
sa première intervention basée sur cette<br />
technique pour traiter une hernie.<br />
Opération des hernies<br />
par voie endoscopique<br />
P<br />
our d’autres articulations,<br />
l’endoscopie<br />
est déjà la norme<br />
depuis un certain temps.<br />
Désormais, cette technique<br />
est aussi utilisée pour les<br />
opérations des hernies.<br />
Le service orthopédie du<br />
centre hospitalier Jan<br />
Yperman est l’un des<br />
premiers centres de<br />
Belgique à proposer la<br />
chirurgie endoscopique<br />
du dos.<br />
Docteur Sam Thomas est<br />
enthousiaste : « La chirurgie<br />
endo sco pique du dos<br />
offre plusieurs avantages<br />
par rapport à la chirurgie<br />
classique ouverte ou<br />
mini-ouverte. C’est une<br />
technique élégante et<br />
peu invasive. Le patient<br />
ressent moins de douleurs<br />
postopératoires et la rééducation<br />
est plus rapide.<br />
Bien que les opérations<br />
des hernies n’entraînent<br />
que très rarement des<br />
infections, le rinçage<br />
continu à l’eau rend ce<br />
risque quasi nul. Grâce à<br />
ce rinçage, il y a également<br />
moins d’adhérences et<br />
de tissu cicatriciel, ce qui<br />
est un grand avantage si<br />
jamais le patient doit subir<br />
une autre intervention au<br />
même niveau. »<br />
DEUX TECHNIQUES<br />
La chirurgie endoscopique<br />
du dos fonctionne selon<br />
le même principe que les<br />
autres chirurgies endoscopiques<br />
orthopédiques,<br />
mais utilise un endoscope<br />
spécifique avec les instruments<br />
correspondants.<br />
Une incision d’environ 1 cm<br />
suffit pour introduire le<br />
dispositif et le positionner.<br />
Docteur Thomas :<br />
« L’endoscope a un diamètre<br />
d’environ 6 mm et<br />
contient une caméra, un<br />
canal lumineux et un canal<br />
de travail pour les instruments<br />
et le rinçage<br />
à l’eau. L’hôpital a acheté<br />
une nouvelle tour endoscopique<br />
et deux sets<br />
différents d’instruments.<br />
Il existe en effet deux<br />
techniques d’approche de<br />
la hernie : interlaminaire<br />
avec iLESSYS ou transforaminale<br />
avec TESSYS. »<br />
Pour iLESSYS, on utilise le<br />
même corridor que dans<br />
la chirurgie classique des<br />
hernies : en passant à travers<br />
la couche musculaire,<br />
on retire une quantité<br />
minimale d’os et de ligaments<br />
pour atteindre les<br />
éléments nerveux.<br />
Docteur Thomas :<br />
« Ensuite, avec un peu<br />
d’habileté technique, on<br />
parvient à glisser la canule<br />
de travail dans le canal,<br />
à pousser la racine sur le<br />
côté et à retirer la hernie.<br />
iLESSYS convient surtout<br />
aux niveaux où le canal<br />
est assez large, classiquement<br />
L5-S1, parfois L4-L5.<br />
Au-dessus de L5-S1, on<br />
utilise généralement<br />
TESSYS, en insérant l’endoscope<br />
par le côté, à travers le<br />
trou de sortie de la racine<br />
nerveuse, pour ainsi retirer<br />
la hernie du canal. »<br />
BEL AVENIR<br />
En raison notamment du<br />
coût élevé des matériaux<br />
jetables, la chirurgie<br />
endoscopique du dos<br />
coûte plus cher que la<br />
chirurgie conventionnelle.<br />
Docteur Thomas estime<br />
pourtant que cette<br />
technique va s’imposer à<br />
long terme. « Les techniques<br />
chirurgicales<br />
conventionnelles ne nous<br />
permettent pas de traiter<br />
les problèmes articulaires<br />
liés à l’usure de la colonne<br />
vertébrale. D’où tout<br />
l’intérêt des techniques qui<br />
nous permettent de traiter<br />
les problèmes de racines<br />
nerveuses causés par cette<br />
usure en causant le moins<br />
de dommages collatéraux<br />
possible. À l’avenir, j’espère<br />
pouvoir traiter aussi par<br />
voie endoscopique des<br />
problèmes tels que la<br />
sténose spinale. »<br />
10
« C’est une<br />
technique élégante<br />
et peu invasive »<br />
Secrétariat orthopédie - traumatologie<br />
057 35 73 70<br />
secortho@yperman.net<br />
11
POMPES À INSULINE INNOVANTES<br />
Secrétariat endocrinologie - diabétologie<br />
057 35 72 70<br />
secinwendige@yperman.net<br />
De plus en plus de patients atteints de diabète de type 1<br />
optent pour une pompe à insuline. Notre hôpital propose<br />
aussi depuis peu le système innovant Hybrid Closed Loop<br />
dans lequel les valeurs glycémiques mesurées par un capteur<br />
de glucose sont transférées à la pompe à insuline. Celle-ci<br />
calcule automatiquement la quantité d’insuline à administrer.<br />
(R)évolution<br />
Ces dernières années,<br />
la médecine du<br />
diabète a vu arriver<br />
sur le marché un<br />
grand nombre de nouveaux<br />
médicaments et dispositifs<br />
électroniques, comme la<br />
pompe à insuline. Au centre<br />
hospitaliser Jan Yperman,<br />
docteure An Nollet a lancé en<br />
2012 la convention « pompes à<br />
insuline ». Depuis l’arrivée de<br />
la docteure Barbara Deconinck<br />
en 2017, le nombre de patients<br />
atteints de diabète de type 1 qui<br />
se présentent à l’hôpital pour<br />
une pompe à insuline n’a cessé<br />
d’augmenter.<br />
Docteure Deconinck (endocrinologie<br />
- diabétologie) :<br />
« La pompe à insuline délivre<br />
de l’insuline via un cathéter<br />
sous-cutané, selon le principe<br />
de la perfusion sous-cutanée<br />
continue d’insuline (CSII).<br />
La CSII est une alternative<br />
pratique à l’administration<br />
manuelle sous-cutanée<br />
d’insuline. Le patient ne doit<br />
plus s’autoadministrer de<br />
l’insuline au moyen du stylo<br />
à insuline et les paramètres<br />
biochimiques tels que le HbA1c<br />
sont également meilleurs. »<br />
BOUCLE FERMÉE HYBRIDE<br />
La boucle fermée hybride<br />
(Hybrid Closed Loop ou HCL)<br />
représente une nouvelle<br />
(r)évolution. La pompe à<br />
insuline est ici reliée à un<br />
capteur de glucose.<br />
Docteure Deconinck : « Le<br />
capteur de glucose est fixé à<br />
la peau (du ventre). Il mesure<br />
le taux de glucose en permanence<br />
de sorte que le patient<br />
n’a plus à piquer le doigt pour<br />
mesurer ce taux. Les valeurs<br />
sont transmises à la pompe qui<br />
est reliée par un petit tube à un<br />
cathéter implanté dans la peau<br />
abdominale. Le système calcule<br />
automatiquement la quantité<br />
d’insuline que la pompe doit<br />
délivrer. L’utilisateur doit<br />
cependant continuer à compter<br />
et à ajuster les glucides aux<br />
repas. En cas d’hypoglycémie<br />
imminente, l’administration<br />
d’insuline est immédiatement<br />
interrompue. Il y a cependant<br />
un point auquel il faut être<br />
vraiment attentif : il faut éviter<br />
que la pompe à insuline ne se<br />
détache ou ne se bloque, sous<br />
peine que l’administration<br />
d’insuline s’arrête. »<br />
docteure An Nollet et docteure Deconinck<br />
La différence avec les pompes<br />
à insuline classiques est que<br />
la boucle fermée hybride<br />
fonctionne de manière quasi<br />
entièrement automatique. De<br />
ce fait, le système imite mieux<br />
la fonction pancréatique normale,<br />
ce qui garantit de bons<br />
paramètres biochimiques.<br />
« Il arrive en de rares occasions<br />
qu’une erreur intervienne dans<br />
le calcul de l’administration<br />
automatique d’insuline, mais<br />
il y a toujours un mécanisme<br />
d’échappement. »<br />
Le centre hospitalier Jan<br />
Yperman utilise le Medtronic<br />
Minimed 780G. La HCL est<br />
remboursée dans le cadre de la<br />
convention diabète.<br />
JEUNES ET MOINS JEUNES<br />
Même les patients qui souffrent<br />
de diabète de type 1 depuis des<br />
décennies peuvent bénéficier<br />
d’une pompe à insuline.<br />
Docteure An Nollet : « Nous<br />
avons récemment commencé<br />
un traitement par pompe à<br />
insuline sur une patiente de<br />
72 ans qui souffre de diabète<br />
de type 1 depuis 49 ans. Après<br />
lui avoir appris ce qu’elle devait<br />
savoir et lui avoir fourni des<br />
explications diététiques sur<br />
le comptage des glucides par<br />
exemple, la procédure a été<br />
entamée en ambulatoire, en<br />
coopération avec l’infirmière à<br />
domicile. Tout s’est super bien<br />
passé. La HCL a apporté un<br />
soulagement immédiat à cette<br />
patiente en la délivrant de son<br />
problème d’hypoglycémies<br />
nocturnes sévères qu’elle traînait<br />
depuis des années. Cette<br />
nouvelle technologie contribue<br />
à améliorer de manière significative<br />
la qualité de vie des<br />
patients et de leurs familles. »<br />
12
LE CABINET DES QUESTIONS<br />
Docteur Peter Decloedt,<br />
médecin généraliste :<br />
« Nous ne savons pas<br />
bien quelles valeurs sont<br />
inquiétantes. »<br />
?<br />
POUR QUELLE INDICATION FAUT-IL DEMANDER UNE<br />
ÉLECTROPHORÈSE DES PROTÉINES? COMMENT FAUT-IL<br />
INTERPRÉTER LES VALEURS QUI S’ÉCARTENT DE LA NORMALE ?<br />
Docteur Peter Decloedt<br />
MÉDECIN GÉNÉRALISTE À ZONNEBEKE<br />
Secrétariat médecine interne<br />
057 35 72 70<br />
secinwendige@yperman.net<br />
«<br />
Dans notre cabinet de<br />
médecine générale,<br />
nous demandons<br />
une électrophorèse<br />
des protéines en cas de<br />
malaise prolongé ou de fatigue<br />
persistante », explique le<br />
docteur Peter Decloedt. « Nous<br />
réalisons ainsi un dépistage<br />
plus large qu’avec une prise de<br />
sang standard. »<br />
La docteure Hélène De Wolf<br />
(biologie clinique) donne tout<br />
d’abord quelques explications<br />
sur la technique de test :<br />
l’électrophorèse capillaire.<br />
« Nous injectons le sérum<br />
dans un fin capillaire composé<br />
de silice et d’une solution<br />
tampon de base et induisons<br />
une différence de tension. Les<br />
protéines migrent à travers le<br />
champ électrique de l’anode<br />
vers la cathode à une vitesse<br />
qui dépend de la densité de<br />
charge. Nous pouvons ainsi<br />
séparer les molécules en albumine,<br />
globulines α1, globulines<br />
α2, globulines β et globulines γ.<br />
Chacune de ces fractions est<br />
constituée de protéines différentes.<br />
»<br />
L’électrophorèse des protéines<br />
sériques est principalement<br />
utilisée pour détecter les<br />
protéines monoclonales (protéines<br />
M ou paraprotéines).<br />
Ces anticorps identiques<br />
résultent d’une prolifération<br />
de lympho cytes B anormaux,<br />
comme dans la maladie de<br />
Kahler ou le myélome multiple.<br />
Docteur Kurt Geldhof<br />
(oncologie - hématologie) :<br />
« L’électrophorèse des protéines<br />
est utile lorsque vous<br />
avez l’impression qu’il y a<br />
quelque chose qui cloche et<br />
que vous ne parvenez pas à<br />
mettre le doigt dessus. Ce test<br />
peu coûteux met en évidence<br />
des para protéines chez 2 % de<br />
la population générale. Mais<br />
dans seulement 0,2 % des cas,<br />
un examen plus approfondi<br />
révèle que le patient est atteint<br />
de la maladie de Kahler ou<br />
d’une autre maladie encore<br />
plus rare. Dans les 1,8 % de<br />
cas restants, on parle de<br />
gammopathie monoclonale<br />
de signification indéterminée<br />
(MGUS). Mais la grande question<br />
est de savoir comment<br />
assurer le suivi de ces 1,8 %. »<br />
SUIVI DE LA MGUS<br />
L’hématologue américain<br />
Robert Kyle a consacré sa vie<br />
à essayer de répondre à cette<br />
question. Le résultat est un<br />
guide pratique.<br />
Docteur Geldhof : « Kyle divise<br />
les 2 % de la population présentant<br />
des paraprotéines en<br />
trois groupes, en fonction de<br />
la quantité de par aprotéines,<br />
de plasmocytes de la moelle<br />
osseuse et de protéines<br />
monoclonales urinaires. Ces<br />
trois groupes sont la MGUS, le<br />
myélome multiple foudroyant<br />
(SMM) et le myélome multiple<br />
(MM). Pour le groupe MGUS, il<br />
recommande un monitoring.<br />
Plus les facteurs de risque sont<br />
nombreux, plus il est probable<br />
qu’un patient atteint de MGUS<br />
évolue vers la SMM ou le MM<br />
dans les 20 prochaines années.<br />
Ce guide permet aux médecins<br />
généralistes de suivre correctement<br />
leurs patients atteints de<br />
MGUS. S’ils ont des questions,<br />
ils peuvent bien sûr toujours<br />
nous contacter ou nous référer<br />
les patients. »<br />
Scannez le code QR pour<br />
le guide MGUS<br />
13
DOKTER IN THE HOUSE<br />
Un homme est hospitalisé<br />
pour une douleur intense dans<br />
l’abdomen supérieur, des nausées<br />
et des vomissements. Docteur<br />
Lieven Dedrye suspecte qu’il ne<br />
s’agit pas d’une simple crise de<br />
bile ou d’un problème de foie.<br />
Docteur<br />
Lieven Dedrye:<br />
« Le diagnistoc du<br />
syndrome de Wilkie<br />
est généralement<br />
posé sur la base<br />
d’imagerie. »<br />
Un angle<br />
douloureusement aigu<br />
Le patient, âgé de<br />
32 ans, présente un<br />
trouble psychologique<br />
léger dû à<br />
la pandémie de COVID-19.<br />
Cela fait 18 mois qu’il a des<br />
problèmes quand il mange.<br />
Docteur Lieven Dedrye<br />
(chirurgie abdominale) :<br />
« Il avait perdu 10 kilos,<br />
mais un scanner du thorax,<br />
de l’abdomen et du crâne<br />
et une endoscopie gastrointestinale<br />
n’ont identifié<br />
aucune cause, hormis une<br />
cholélithiase asymptomatique.<br />
»<br />
RETOUR AUX URGENCES<br />
Lorsque le patient se<br />
présente aux urgences, il<br />
ressent depuis cinq jours<br />
des pointes de douleur<br />
intense dans l’hypocondre<br />
droit, associées à des<br />
nausées et vomissements,<br />
sans fièvre. Après quelques<br />
jours sans selles, il souffre<br />
aussi de diarrhée. Le diagnostic<br />
: une crise biliaire<br />
prolongée avec une leucocytose<br />
biochimiquement<br />
légère (11.800) et une<br />
perturbation limitée de la<br />
fonction hépatique (avec<br />
CRP normale), début de<br />
cholécystite.<br />
Docteur Dedrye : « Nous<br />
décidons de réaliser une<br />
cholécystectomie laparoscopique<br />
avec cholangiographie<br />
peropératoire.<br />
Après l’intervention, le<br />
cholangiogramme est normal<br />
et le transit du liquide<br />
de contraste vers le duodénum<br />
est normal. On remarque<br />
que le duodénum est<br />
un peu plus large. »<br />
Deux jours plus tard,<br />
le patient se présente à<br />
nouveau aux urgences<br />
avec de fortes nausées, des<br />
vomissements de bile et<br />
une anorexie. Pourtant,<br />
tout semble être en ordre.<br />
On conseille au patient<br />
de manger de plus petites<br />
portions et il rentre chez<br />
lui. Une semaine plus tard,<br />
il est de retour. « Nous<br />
recherchons alors d’autres<br />
affections plus rares associées<br />
aux vomissements. Le<br />
CT angioabdominal montre<br />
un espace aorto-mésentérique<br />
de seulement 4,5 mm<br />
alors qu’il devrait faire<br />
normalement entre 10 et<br />
28 mm. L’angle aorto-mésentérique<br />
est de 10 degrés,<br />
ce qui crée une pression sur<br />
la partie distale du segment<br />
D3 du duodénum qui est<br />
aplati à 3 mm. Une radiographie<br />
de l’œsophage, de<br />
l’estomac et du duodénum<br />
montre une position<br />
normale du duodénum,<br />
sans distension évidente,<br />
mais une vidange gastrique<br />
et un passage de contraste<br />
plutôt lents. Le diagnostic:<br />
syndrome de l’artère<br />
mésentérique supérieure<br />
(MSS). »<br />
L’approche classique basée<br />
sur des postures et des<br />
compléments alimentaires<br />
(voir encadré) est sans effet.<br />
En concertation avec le<br />
patient, le choix se porte<br />
sur une solution définitive :<br />
une duodéno-jéjunostomie<br />
laparoscopique assistée par<br />
robot (voir encadré).<br />
Docteur Dedrye : « En<br />
postopératoire, la radio<br />
de l’OED semble bonne. Il<br />
y aura encore une courte<br />
admission du patient<br />
pour des crampes, et<br />
un examen pour les<br />
diarrhées, mais les<br />
principaux symptômes<br />
ont disparu. »<br />
14
Baron von<br />
Rokitansky<br />
Normalement, une accumulation de graisse se<br />
forme autour de l’artère mésentérique supérieure<br />
(AMS), qui se ramifie de l’aorte selon un angle de<br />
30 à 65 degrés. Une perte de poids importante,<br />
par exemple en cas de stress prolongé ou de paraplégie,<br />
peut réduire cette graisse et rendre l’angle<br />
entre les deux vaisseaux sanguins plus aigu, entre<br />
6 et 25 degrés.<br />
Docteur Lieven Dedrye : « Cela provoque une<br />
compression de la troisième partie du duodénum<br />
et une anorexie, des nausées et des vomissements.<br />
Décrit pour la première fois en 1861 par<br />
le pathologiste-chirurgien viennois, le baron Karl<br />
von Rokitansky, l’AMSS est également connu<br />
sous le nom de syndrome de Wilkie. Le diagnostic<br />
est généralement posé sur la base de l’imagerie.<br />
Encore faut-il y penser ! »<br />
Robot et 3D<br />
Les symptômes de l’AMSS peuvent être atténués<br />
en s’allongeant sur le côté gauche et en ramenant<br />
les genoux vers la poitrine. Le traitement classique<br />
consiste aussi à encourager le patient à manger<br />
davantage pour reprendre du poids.<br />
Docteur Lieven Dedrye : « Mais c’était justement le<br />
point problématique. Souvent, la meilleure solution<br />
reste de type chirurgical. Dans le passé, l’intervention<br />
consistait à insérer un gastro-jéjunostome,<br />
mais cela ne suffisait généralement pas. Il existe<br />
une autre technique, la procédure de Strong, qui<br />
consiste à mobiliser le duodénum en détachant le<br />
ligament de Treitz, mais cela ne suffit souvent pas<br />
non plus. La technique la plus appropriée est une<br />
duodéno-jéjunostomie par voie laparoscopique.<br />
Nous avons choisi de réaliser cette intervention ici<br />
à l’aide du robot Da Vinci, car il offre une excellente<br />
image 3D et une visualisation optimale pendant la<br />
laparoscopie. »<br />
15
C-LOUNGE<br />
Cinq ans déjà<br />
Moins de lits, plus de patients : dans C-lounge,<br />
les patients attendent habillés et se rendent<br />
eux-mêmes au bloc opératoire. Après cinq ans, le<br />
système est toujours aussi efficace.<br />
Le principe est simple :<br />
pour limiter au maximum<br />
la mobilisation des lits, les<br />
patients n’en reçoivent un<br />
qu’après l’opération. Ce<br />
système permet à l’hôpital<br />
d’économiser aussi des<br />
lits C.<br />
Stefaan Peene (infirmier -<br />
-chef de service du bloc<br />
opératoire) : « Avant,<br />
la plupart des patients<br />
arrivaient à 7h. du matin,<br />
même s’ils ne devaient<br />
être opérés qu’à 16h.<br />
Aujourd’hui, ils viennent<br />
sur rendez-vous et<br />
attendent habillés dans<br />
le C-lounge. Après les<br />
préparatifs nécessaires, ils<br />
se rendent eux-mêmes au<br />
bloc opératoire. »<br />
Cela apporte une réelle<br />
plus-value.<br />
Stefaan Peene : « Dans<br />
le C-lounge, les patients<br />
restent mobiles plus longtemps<br />
et se sentent moins<br />
comme des patients.<br />
Nous les préparons pour<br />
l’opération, ce qui réduit<br />
la charge de travail pour<br />
les autres services. Alors<br />
qu’au départ, ce système<br />
était surtout destiné aux<br />
patients orthopédiques,<br />
nous avons maintenant<br />
aussi des patients d’autres<br />
disciplines, à condition<br />
qu’ils soient suffisamment<br />
mobiles et qu’ils ne<br />
présentent pas de troubles<br />
sous-jacents graves. En<br />
2018, nous avons vu défiler<br />
ici 1.869 patients ; l’année<br />
dernière, ils étaient 2.595.<br />
En septembre, nous recruterons<br />
de nouveaux collaborateurs<br />
pour poursuivre<br />
notre croissance. »<br />
Stefaan Peene<br />
De<br />
1.869<br />
à<br />
2.595<br />
patients<br />
16<br />
INCONTINENCE ET PROLAPSUS<br />
Suivi assuré<br />
Le centre hospitalier Jan Yperman vise à améliorer sans cesse la qualité de<br />
ses soins. C’est pourquoi le service d’urologie interroge tous les patients qui<br />
subissent une intervention chirurgicale pour cause de fuites urinaires ou de<br />
prolapsus. Via Mynexuzhealth ou lors d’une consultation, ils remplissent un<br />
questionnaire validé.<br />
Docteure Anneleen Verbrugghe (urologie) : « Les questionnaires sur<br />
l’incontinence sont en cours dans plusieurs hôpitaux flamands, ceux sur<br />
le prolapsus sont un projet pilote de notre hôpital et de l’AZ Groeninge.<br />
Certaines questions portent sur les facteurs de risque du prolapsus,<br />
d’autres sur les symptômes ou les complications possibles. Parce que notre<br />
approche est centrée sur le patient, nous posons également des questions<br />
sur l’impact de l’intervention sur sa vie quotidienne. Cela nous permet de<br />
mieux informer les patients sur ce qu’ils peuvent attendre d’une intervention,<br />
de savoir quel type de patient retire le plus de bénéfices de tel ou tel type de<br />
chirurgie et d’améliorer encore la qualité de nos soins. »<br />
Secrétariat chirurgie<br />
057 35 72 00<br />
secheelkunde@yperman.net<br />
RÉSERVEZ LA DATE<br />
Symposium<br />
Le 15 décembre, le<br />
service de neurochirurgie<br />
du centre<br />
hospitalier Jan<br />
Yperman organisera<br />
un symposium<br />
destiné aux médecins généralistes<br />
et aux autres professionnels de<br />
la santé. Réservez déjà la date<br />
dans votre agenda et gardez un<br />
œil sur yperman.net/professional/<br />
homeopaths/symposia pour le<br />
programme.<br />
Inscrivez-vous via yperman.net/<br />
professional/homeopaths/symposia<br />
ou le code QR
TRAJET DE SOINS<br />
Hors de nos murs<br />
Oubli, mauvaise compréhension,<br />
double<br />
prise d’un même médicament<br />
sous deux noms<br />
différents : le transfert<br />
des infos sur les médicaments<br />
entre l’hôpital<br />
et les soins de première<br />
ligne n’est pas toujours<br />
infaillible. Cela peut<br />
avoir des conséquences<br />
pour le patient. D’après la<br />
littérature scientifique,<br />
20 % des réadmissions<br />
sont dues à une politique<br />
de médication transmurale<br />
inadéquate. Comment<br />
est-ce possible à l’ère du<br />
numérique ?<br />
Caroline Gheysen<br />
(directrice information,<br />
innovation et réseaux) :<br />
« Chaque prestataire de<br />
soins de l’équipe de soins<br />
Il reste des choses à améliorer au niveau<br />
du transfert des données relatives aux<br />
médicaments entre l’hôpital et les soins de<br />
première ligne. Dans les secteurs qui ne<br />
sont pas encore desservis par l’autoroute<br />
numérique de Vitalink, l’enveloppe verte<br />
comble un manque dans l’intervalle.<br />
du patient devrait avoir<br />
accès à un plan de médication<br />
numérique à jour et<br />
correct sur la plateforme<br />
Vitalink. En théorie du<br />
moins. Dans la pratique,<br />
Vitalink fonctionne déjà<br />
en première ligne, mais le<br />
déploiement technique du<br />
système n’est pas encore<br />
complètement terminé<br />
en deuxième ligne. Les<br />
médecins hospitaliers<br />
peuvent déjà consulter<br />
la plateforme Vitalink<br />
et l’importer dans leur<br />
dossier local. Mais s’ils<br />
ajustent la médication,<br />
ils ne peuvent pas encore<br />
enregistrer cette information<br />
dans Vitalink. La<br />
première ligne n’a donc<br />
pas connaissance du plan<br />
de médication adapté. »<br />
BRISER LE CERCLE<br />
À ce niveau, l’autoroute<br />
numérique est donc interrompue.<br />
Si le généraliste<br />
n’adapte pas lui-même le<br />
plan de médication dans<br />
Vitalink après la sortie de<br />
l’hôpital, les différents<br />
prestataires de soins n’ont<br />
pas une vue précise des<br />
changements dans la<br />
situation du patient.<br />
Caroline Gheysen : « Les<br />
médecins généralistes<br />
constatent que leur travail<br />
de départ ne reçoit pas<br />
un suivi correct après la<br />
sortie de l’hôpital. Certains<br />
renoncent à tenir à jour<br />
le plan de médication de<br />
leurs patients. L’on risque<br />
donc de se retrouver dans<br />
un cercle vicieux. C’est<br />
dommage, car le potentiel<br />
17
La boîte jaune<br />
18<br />
est là : le système pourrait<br />
fonctionner à merveille. »<br />
COOPÉRATION?<br />
Les acteurs hospitaliers de<br />
la région ne veulent pas<br />
attendre les bras croisés<br />
que le système informatique<br />
de Vitalink soit<br />
pleinement opérationnel.<br />
Les patients ont en effet<br />
droit à un transfert correct<br />
des données relatives à leur<br />
médication. Leur solution :<br />
« l’enveloppe verte ».<br />
Caroline Gheysen : « Cela<br />
peut paraître un peu vieux<br />
jeu, mais nous utilisons<br />
la lettre au format papier<br />
pour combler les lacunes<br />
du système numérique.<br />
Lorsque les patients<br />
sortent de l’hôpital, nous<br />
leur remettons une enveloppe<br />
A5 portant l’inscription<br />
« Remettez cette enveloppe<br />
à votre pharmacien ».<br />
Elle contient une version<br />
papier du plan de médication.<br />
Le pharmacien peut<br />
ensuite mettre ce plan à<br />
disposition sous forme<br />
numérique sur Vitalink. Il<br />
peut également contacter<br />
le médecin généraliste<br />
pour discuter de tout problème<br />
éventuel. Le plan de<br />
médication ne peut être<br />
modifié qu’avec l’accord du<br />
médecin généraliste. »<br />
Parfois, le patient se rend<br />
chez son généraliste avant<br />
de passer par la case pharmacien.<br />
S’il a l’enveloppe<br />
verte sur lui, le médecin<br />
généraliste doit vérifier<br />
le plan de médication<br />
et l’encoder sous forme<br />
électronique sur Vitalink.<br />
En tout cas, le généraliste<br />
recevra, comme avant, la<br />
lettre de sortie via eHealth<br />
et/ou sur papier.<br />
Caroline Gheysen : « Peu<br />
importe qui fait la mise<br />
à jour dans Vitalink tant<br />
qu’elle est faite. Nous espérons<br />
que cette expérience<br />
sera riche en enseignements<br />
pour toutes les parties<br />
et qu’elle renforcera<br />
la coopération. Il y va de<br />
l’intérêt de nos patients! »<br />
DÉBUT EN GÉRIATRIE<br />
Au centre hospitalier Jan<br />
Yperman, tous les patients<br />
hospitalisés des services<br />
gériatriques ont reçu<br />
l’enveloppe verte depuis<br />
le 1er juin. Les patients<br />
admis en centre de soins<br />
résidentiels et les patients<br />
sous dialyse ne sont pas<br />
inclus dans le projet.<br />
Afin de clarifier les responsabilités<br />
de chacun dans<br />
la politique de médication<br />
transmurale, le centre<br />
hospitalier Jan Yperman,<br />
le cercle de médecins<br />
généralistes Westhoek et le<br />
projet « empact » de soins<br />
chroniques de la région<br />
de Flandre occidentale<br />
centrale ont élaboré<br />
ensemble une feuille de<br />
route qui est accessible<br />
via bit.ly/3GgzSLb ou le<br />
QR-code.<br />
L’enveloppe verte n’est pas le seul service de dépôt<br />
analogique en marge de la construction des autoroutes<br />
de l’information. La boîte jaune contient des<br />
feuilles de papier, que les patients ont rassemblées<br />
et remplies avec leurs soignants. Outre l’impression<br />
du plan de médication Vitalink, ces feuilles<br />
contiennent des données médicales et diagnostiques<br />
ainsi que les coordonnées de l’équipe<br />
soignante et des contacts d’urgence du patient.<br />
Caroline Gheysen : « Toutes ces informations<br />
seront disponibles à l’avenir dans le dossier intégré<br />
du patient, mais ce dossier est encore dans les<br />
starting-blocks. D’où la version papier dans une<br />
boîte en plastique. Le patient la conserve dans<br />
son réfrigérateur chez lui et colle l’autocollant<br />
correspondant sur le côté intérieur<br />
de la porte d’entrée. Si les médecins<br />
du SMUR viennent pour une<br />
intervention, ils savent immédiatement<br />
où trouver les informations<br />
médicales importantes. »<br />
Sauver des vies<br />
Caroline Gheysen<br />
La boîte jaune est une idée venue du Canada –<br />
beaucoup de Canadiens en ont une dans leur<br />
réfrigérateur. La médecin urgentiste docteure<br />
Katrien Van Laeken espère que la boîte va aussi<br />
s’implanter dans notre quotidien.<br />
Docteure Katrien Van Laeken : « Il nous arrive<br />
de trouver une personne inconsciente dont nous<br />
ne connaissons pas les antécédents médicaux.<br />
Quand une personne perd beaucoup de sang,<br />
nous devons par exemple savoir si elle prend des<br />
anticoagulants avant de lui donner un antidote. Il<br />
serait pratique – et cela pourrait même sauver des<br />
vies – que nous puissions toujours trouver ces informations<br />
à un endroit fixe sans perdre de temps.<br />
Cela nous permettrait aussi de prévenir le médecin<br />
généraliste et les proches quand<br />
une personne est transportée à<br />
l’hôpital ou que son pronostic vital<br />
est engagé. La boîte jaune procure<br />
une plus grande tranquillité<br />
d’esprit au patient et à sa famille. »<br />
docteure Katrien Van Laeken
Le programme<br />
peut accueiller<br />
12<br />
personnes<br />
LE PATIENT<br />
VIDÉO D’ANIMATION<br />
Coûts<br />
Jan Yperman Ziekenhuis<br />
Briekestraat 12 Ieper<br />
057 35 35 35<br />
info@yperman.net<br />
Poli Poperinge<br />
Oostlaan 11 Poperinge<br />
057 35 72 50<br />
poli.poperinge@yperman.net<br />
Campus Wervik<br />
Steenakker 30 Wervik<br />
057 35 62 40<br />
dominique.croes@yperman.net<br />
Charlotte Dejonckheere,<br />
ABA-thérapeute centre hospitalier<br />
Jan Yperman<br />
NOUVELLE SÉRIE<br />
Programme ABA<br />
Le 25 octobre, le centre hospitalier<br />
Jan Yperman, le PZ Heilig<br />
Hart, Kwadraat et CGG Largo<br />
proposeront une nouvelle série<br />
du programme de traitement<br />
ambulatoire de l’alcoolisme (ABA).<br />
Ce programme, qui s’inscrit dans<br />
une perspective cognitivo-comportementale,<br />
est étalé sur huit<br />
demi-jours (le mardi après-midi)<br />
et peut accueillir de cinq à douze<br />
personnes. L’objectif est de sensibiliser<br />
les personnes aux risques<br />
de l’alcool pour elles-mêmes et<br />
pour leur entourage, et ce, dès le<br />
stade le plus précoce possible du<br />
comportement problématique. Le<br />
but de la formation est de trouver<br />
un mode de vie sain et agréable<br />
sans alcool. L’ensemble des formations<br />
et des sessions d’information<br />
coûte 190 euros.<br />
Informations pratiques et autotest pour<br />
les patients sur aba-ieper.be<br />
Ticket modérateur, statut<br />
conventionné, différence entre<br />
une chambre simple et une<br />
chambre double : ces infos sont<br />
importantes pour le patient,<br />
car elles déterminent le montant<br />
de sa facture d’hôpital.<br />
En collaboration avec CAST<br />
Animation et 19 autres hôpitaux,<br />
le centre hospitalier Jan<br />
Yperman a donc fait réaliser une<br />
vidéo d’animation attrayante sur<br />
la facturation. La vidéo explique<br />
brièvement et clairement aux<br />
patients ce qu’ils doivent savoir<br />
pour éviter les mauvaises<br />
surprises financières. C’est déjà<br />
la troisième fois que le centre<br />
hospitalier Jan Yperman, en<br />
collaboration avec d’autres hôpitaux,<br />
passe par un achat groupé<br />
pour la conception d’une vidéo<br />
d’animation destinée au patient.<br />
Pour lire le rapport, scannez le code QR.<br />
Radiologisch kabinet Comines<br />
Spoorwegstraat 8 Comines<br />
057 35 74 02<br />
secradio@yperman.net<br />
Radiologisch kabinet Diksmuide<br />
Kasteelstraat 7 Diksmuide<br />
057 35 74 03<br />
secradio@yperman.net<br />
Radiologisch kabinet Klaverstraat<br />
Klaverstraat 1 Ieper<br />
057 35 74 01<br />
secradio@yperman.net<br />
Kinderpsychiatrie Twoape<br />
Poperingseweg 16 Ieper<br />
057 35 69 30<br />
ieper@twoape.be<br />
Collectieve Autodialyse Veurne<br />
Klinieklaan 1 Veurne<br />
058 33 38 20<br />
nefrologie@yperman.net<br />
Annuaire de<br />
tous les médecins<br />
Y-<strong>mail</strong> est le magazine du<br />
centre hospitalier Jan Yperman.<br />
www.yperman.net<br />
E.R. : Frederik Chanterie<br />
Coordination Pieter-Jan Breyne<br />
pieter-jan.breyne@yperman.net<br />
Y-<strong>mail</strong> est réalisé par<br />
f-twee communication<br />
www.f-twee.be<br />
19
Guichet d’information financière<br />
À partir du 1er octobre, les patients pourront poser toutes<br />
leurs questions financières à un nouveau guichet d’information.<br />
De cette façon, les personnes qui sont moins<br />
à l’aise dans l’environnement numérique ou qui<br />
préfèrent parler à quelqu’un en présentiel seront<br />
également aidées de la meilleure façon possible.<br />
De 8h30 à 12h et de 13h à 16h30, Christel<br />
Crombez répondra aux questions concernant<br />
les factures ou leur paiement. Elle<br />
se tiendra aussi à la disposition des<br />
patients qui souhaitent obtenir une<br />
estimation préalable du coût de<br />
leur admission. Toutes les<br />
informations resteront<br />
bien entendu aussi<br />
disponibles en<br />
ligne.<br />
Christel Crombez,<br />
Guichet d’information financière<br />
057 35 65 29<br />
christel.crombez@yperman.net<br />
Exp. : Briekestraat 12, 8900 Ieper<br />
Y-<strong>mail</strong><br />
Magazine du centre hospitalier Jan Yperman<br />
trimestriel - <strong>août</strong> - sept - oct <strong>2022</strong><br />
Bureau de dépôt Gand X<br />
P806231<br />
PB-PP B-00703<br />
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