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Haiti Liberte 21 Septembre 2022

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Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022

CHAOS, MENSONGES ET CYNISME !

Tèminal

Vare a bloke

Page 6

Dominican Republic

Boosts Troops on Border

as Abinader Travels to

Washington

Page 9

Voir page 3

Jaccéus Joseph parle

de la conjoncture

Page 7

C’est un chaos intellectuel et politique qui règne dans le pays, et personne de ce fantôme de gouvernement ne veut y

faire face ou prendre ses responsabilités. Il ne fait qu’alimenter l’anarchie et plonge la population dans le dénuement

et la misère la plus totale

VOUS ÊTES TOUS DES ASSASSINS !

Mali : le dépotoir de

la guerre!

Page 10

Voir page 4

Le cri de l’ancienne sénatrice du Centre, Edmonde Supplice Beauzile » Vous êtes tous des assassins ! »,

indexant ainsi ses anciens amis de l’ancienne opposition politique

Uruguay : Les

travailleurs

réaffirment leur

soutien à la grève

nationale

Page 17


Editorial

Ce 264e anniversaire de naissance de

Jean-Jacques Dessalines

20 septembre 1758-20 septembre 2022

HAITI

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

Fax: 718-421-3471

3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

Email :

editor@haitiliberte.com

LIBERTÉ

Par Berthony Dupont

C

’est dans un climat de provocations indignes et révoltantes de la

part des forces obscurantistes occupant le pouvoir que ce mardi 20

septembre ramène le 264 ème anniversaire de naissance du père fondateur

de la nation haïtienne : Jean-Jacques Dessalines.

Le révolutionnaire, l’avant-gardiste de l’héroïque révolution haïtienne

de 1804 anti-esclavagiste et anticoloniale qui a conduit les

esclaves de Saint-Domingue à l’indépendance. Celui qui a brisé les

chaînes de l’esclavage, les chaînes du colonialisme, les chaînes d’occupation

du pays par les forces étrangères d’exploitation de l’homme

par l’homme.

Quel sens donner à cet anniversaire, quand le pays qu’il nous a

légué, soyons clairs, vit encore dans un long cauchemar politique tout

en s’enfonçant dans des ténèbres de malheur ? Les forces rétrogrades

de la classe dominante, héritières des traitres et criminels qui avaient

accepté de concocter le parricide de Pont-Rouge pour sauvegarder

leurs privilèges, détiennent encore le pouvoir et continuent à nous

imposer des gouvernements illégitimes, arrogants, immoraux, incompétents

et antipopulaires pour leur faciliter la tâche de continuer non

seulement de piller, dilapider les richesses et ressources du pays mais

de le déstabiliser au profit des puissances dominantes internationales.

Est-ce dans ce même contexte, au Champ de mars, ce 20 septembre

2022, sur la place des héros de l’Indépendance, selon les

témoignages de certains riverains que « des militants proches du

parti politique Ayiti An Aksyon (AAA), de Youri Latortue ont souillé

la mémoire du fondateur de la Nation en salissant son monument de

fatras ». Ce comportement dépravé, malhonnête, honteux, révoltant

et antipatriotique doit être dénoncé avec la plus grande rigueur, considérant

qu’il vise notre plus grand héros national, ce d’autant qu’il

revêt une signification allant à l’encontre des aspirations des masses

populaires.

Aussi n’est-il pas urgent que le peuple défavorisé se mobilise

davantage de façon à donner vie aux rêves et aux idéaux de Dessalines.

Et pour cela, il nous faut lutter contre le complot permanent :

« Tout pour eux; rien pour le peuple». C’est cet égoïsme accaparateur

qui avait poussé Dessalines à déclarer « Les noirs, dont leurs pères

sont en Afrique, n’auront-ils donc rien? » Une autre façon pour lui

de revendiquer le partage équitable des ressources du pays.

Tous les projets de ces gouvernements fantoches, valets des

puissances impérialistes sont contraire à l’idéal Dessalinien et ce sont

leurs agressions qui se multiplient et enfoncent le pays dans l’incertitude

et le doute.

Ce n’est là un secret pour personne, c’est en optant résolument

pour la voie capitaliste et en coopérant étroitement avec l’impérialisme

que les dirigeants du pays, fiers d’être des valets soumis, des

laquais serviles, des courroies de transmission veules se sont donnés

les instruments de sous-développé qu’ils affichent au pays, trahissant

par là l’idéal Dessalinien.

Dessalines, vous avez déclaré le 28 Avril 1804 : « J’ai vengé

l’Amérique » pour signifier que la libération d’Haïti est celle de toute

l’Amérique. Dans cette optique, vous aviez initié un bel exemple de

solidarité qui a abouti à la libération de la Grande Colombie, ce projet

de Francisco Miranda repris avec succès par Pétion et Bolivar et qui a

réussi à galvaniser des masses de l’Amérique latine jusqu’à éliminer

les régimes esclavagistes.

En ce qui concerne les masses défavorisées du pays qui luttent

pour un changement radical, les élections et les transitions à n’en plus

finir ne changeront en rien à la réalité du complot que les dirigeants

ont toujours tramé sur le dos du peuple. Le problème de fond a toujours

été escamoté à savoir : c’est tout le système d’exploitation, pièce

maitresse du capitalisme qui y règne, dont on doit se débarrasser de

façon à transformer l’appareil d’État.

Le sens de cet anniversaire devrait mener à nous défaire d’un

long cauchemar qui nous étreint. Mais y arriver ne se réalisera pas

du jour au lendemain. Le moment viendra où les masses défavorisées

des ghettos, prendront toutes leurs responsabilités pour recouvrer

tous leurs droits dont elles ont été spoliées.

Nous ne sortirons jamais de ce long cauchemar que lorsque les

principes dessaliniens caractérisés par une conviction révolutionnaire

sincère et profonde serviront de modèle. Car Dessalines fut homme du

refus, d’organisation, de l’ordre, du courage, de l’unité des masses,

défenseur de l’intégrité nationale, parangon revendicateur des droits

à l’égalité, internationaliste et héros de l’anticolonialisme.

Comme ils sont nombreux ceux qui se réclament du libérateur,

uniquement pour créer la confusion puisqu’ils sont pour la plupart

des corrompus, des réformistes, des collabos, des vassaux au service

de l’ennemi de classe, il convient alors nécessaire de redire : ils ne

sont qu’une toile d’araignée tissée pour retenir dans leurs mailles la

marche ascensionnelle du peuple, aider ainsi le camp impérialiste adversaire

des masses et du pays de façon à faciliter les riches à devenir

plus riches et faire en sorte que les pauvres deviennent plus pauvres.

La voie dessalinienne est de passer de la phase du spontanéisme

émotionnel à celle de l’organisation sous une direction politique homogène,

honnête, conséquente, sérieuse et légitime de sorte que les

exploités du pays, ouvriers, paysans, chômeurs, sans-logis développent

une conscience de classe pour qu’enfin nous arrivions à démasquer

les fossoyeurs, dans l’espoir de ne plus avoir de mercenaires, de

trafiquants et de bandits légaux à la tête du pays. C’est là le sens de

célébrer l’anniversaire du fondateur de la nation.

Nicolas Maduro, le président du Venezuela a rendu hommage à

l’Empereur sur Twitter « Nous embrassons le peuple haïtien à l’occasion

du 264e anniversaire de la naissance du héros et dirigeant

Jean-Jacques Dessalines. En cette date, nous réitérons notre soutien

et notre solidarité avec la République d’Haïti. Toujours unis dans la

fraternité »,

Encore une fois : Longue vie et Bon Anniversaire à notre Empereur

Jean-Jacques Dessalines ! Que vive la mémoire de ce grand et

immortel révolutionnaire !

Website :

www.haitiliberte.com

DIRECTEUR

Berthony Dupont

RÉDACTEUR EN CHEF

Victoria T. H. Sylvain

RÉDACTION

Berthony Dupont

Wiener Kerns Fleurimond

Kim Ives

Guy Roumer

CORRESPONDANTS

EN HAITI

Daniel Tercier

Bissainthe Anneseau

COLLABORATEURS

Marie-Célie Agnant

J. Fatal Piard

Catherine Charlemagne

Pierre L. Florestal

Yves Camille

Jacques Elie Leblanc

Claudel C. Loiseau

Henriot Dorcent

Dr. Antoine Fritz Pierre

Eddy Toussaint

Edmond Bertin

Robert Garoute

Jacques Nési

Ed Rainer

Robert Lodimus

Elysée Luckner Vil

ADMINISTRATION

Marie Laurette Numa

Didier Leblanc

DISTRIBUTION: MIAMI

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022


A Travers Haiti

Chaos, mensonges et cynisme !

Par Isabelle L. Papillon

« Si vous n’y prenez garde, certains

medias finiront par vous faire

haïr les opprimés et adorer les oppresseurs.

» Malcolm X.

Dans toute société de classe,

l’opinion dominante est toujours

celle des classes dominantes. Pour

la première fois, nous assistons de

la part des masses à un vrai rejet de

l’opinion dominante dans la crise

politique que traverse le pays ravagé

par la famine avec une population

dont la majorité est au chômage.

C’est à cause d’un amalgame honteux

par les véhicules des catégories

dominantes, comprenant un mélange

de mensonges et de cynisme politique

pour affoler l’opinion publique

Manifestation populaire

et l’induire en erreur.

Il faut le dire d’emblée, nous

rejetons, dénonçons énergiquement

et lançons un démenti manifeste

des idées mensongères de la classe

dominante pour désorienter l’opinion

nationale et internationale et

Le Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres

tenter d’exclure des luttes sociales

et politiques les masses défavorisées

vivant dans les ghettos. Dans cet ordre

d’idées il y a des accusations en

cours voulant faire passer des manifestants

contre le régime comme des

bandits. C’est le propre de la politique

impérialiste et de ses sous-fifres. Il fut

un temps, c’est ainsi qu’on ciblait les

Le directeur des affaires de l’hémisphère occidental au Conseil de sécurité

nationale des Etats-Unis, Juan Gonzalez

communistes.

Pour l’instant, à la panique

du pouvoir bourgeois en place

s’ajoute son indifférence à la souffrance

des masses populaires. Nous

pouvons l’affirmer sans hésitation,

la santé mentale du Premier ministre

ou sinistre relève du pathologique. Et

la situation de son régime n’est-elle

pas le reflet du trouble qui anime son

esprit tout à fait dérangé? En faisant

le jeu mesquin de sa classe réactionnaire,

il perd la face vis-à vis de la

population, quand la paranoïa le

pousse à dire ce qu’il ne voyait même

pas, mais qui existe, sans doute, dans

ses pensées et celles de ses tuteurs du

Core Group.

Sa réaction insensible par rapport

à l’émeute et le pillage n’est

pas étonnant, c’est un problème de

classe. Ce sont les idéaux du système

capitaliste qui se sont révélés être

complètement dégénérés et corrompus.

Ariel est l’exemple concret de la

barbarie d’une bourgeoisie parasite,

stérile, d’un indigène au service de

son patron. Il ne fait que se répéter,

raconter ce que les instances internationales

dominantes le forcent à dire

pour générer plus de chaos au pays

de Dessalines.

À l’imposture qui tient lieu de

politique en Haïti, quel triomphe du

mépris ancré dans la duperie et le

mensonge, quand le locataire provisoire

de la Primature a dans son

dernier discours craché sur les réactions

des masses populaires suite à la

hausse des prix du carburant ? C’est

par son manque total de courage et

de probité intellectuelle, pour masquer

la vérité, qu’il a déclaré dans un

langage mystificateur, de cynisme et

d’hypocrisie triomphante :

« Rien ne justifie ces dégâts.

Personne ne pourra lier les pillages

des entreprises, les attaques contre

des responsables politiques et membre

du gouvernement, à la colère

concernant l’augmentation des prix

du carburant. Ce n’est pas à cause

des prix du carburant qu’on a pillé

les écoles, les universités, les hôpitaux,

qu’on a volé des stocks de

semences et de vaccins destinés à

plusieurs communes […] qu’on a

mis à sac l’entrepôt d’une organisation

internationale. On a pu voir des

hommes lourdement armés dirigeant

les manifestations. C’est une preuve

que ce qui se passe dans les rues n’a

rien à voir avec une revendication

concernant le prix du carburant

ou la vie chère […] » ; comme s’il

s’agissait d’un accident ou que c’était

la première fois que cela arrivait.

C’est un chaos intellectuel et

politique qui règne dans le pays,

et personne de ce fantôme de gouvernement

ne veut y faire face ou

prendre ses responsabilités. Il ne fait

qu’alimenter l’anarchie et plonge la

population dans le dénuement et la

misère la plus totale.

Surtout, il s’alimente aux mensonges

les plus éhontés débités par

des cancres qui prêtent main forte à

volonté la classe politique corrompue.

Ainsi, les déclarations mensongères

du Premier ministre de facto

et celles du Secrétaire Général de

l’ONU, Antonio Guterres, couronnées

de celles du directeur des affaires de

l’hémisphère occidental au Conseil

de sécurité nationale des Etats-Unis,

Juan Gonzalez, proviennent d’un

agent informateur du laboratoire, le

menteur patenté, Directeur exécutif

du Réseau national de défense des

droits humains (RNDDH).

Il est le maître à penser de ce

déballage menteur, quand il a rapporté

: « le gouvernement en place est

paniqué face à la réaction populaire

après l’augmentation spectaculaire

des prix du carburant sur le marché

local. Quand on voit le chef du G-9,

Jimmy Cherizier et ses ouailles lourdement

armés pavaner dans les rues

et donner des instructions relatives

aux entreprises commerciales à

piller, ce n’est pas un acte isolé. Le

pouvoir aurait payé les gangs pour

descendre dans les rues, mener des

opérations de déchouquage ciblées

et de pillage afin de discréditer et

d’affaiblir le mouvement revendicatif

des haïtiens qui végètent dans la

crasse et la misère abjecte. »

Pour finalement ajouter à ces

allégations mensongères et tendancieuses:

« il s’agit d’un acte planifié

et une manœuvre du pouvoir

en place pour associer la lutte populaire

aux bandits qui pillent les

entreprises et détruisent les biens

des autres. » Quel fieffé menteur ce

Pierre Espérance, politicien informateur

sous payroll des ambassades

impérialistes, instrument idéologique

pervers au service des classes dominantes.

Toutes ces diatribes sont

souvent gorgées de mensonges, de

cynisme pour créer la confusion.

Le cynisme et le mensonge

Le Premier ministre de

facto Ariel Henry

Quel fieffé menteur ce Pierre Espérance

Le chef du G-9, Jimmy Cherizier

sont devenus les méthodes normales

et courantes de cette classe politique

incapable de formuler une vision

cohérente de l’avenir national. Il est

plus qu’évident que la bêtise a assez

duré. Un immense besoin de révolution

est urgent et indispensable pour

effacer la minorité de traitres, militant

pour un compromis provisoire

avec l’impérialisme et persistant dans

le cynisme, le mensonge et le chaos

afin de garder ses privilèges mal

acquis.

Tant que nous sommes encore

les filles et fils, de Dutty Boukman, de

François Mackandal, de Jean-Jacques

Dessalines, de Capois Lamort et de

Henry Christophe, nos ancêtres, les

va-nu-pieds qui ont forgé leur liberté

les armes à la main, notre lutte de

libération nationale n’abandonnera

pas l’alternative de la lutte armée.

Jamais nous n’y renoncerons dans

la construction de la nouvelle société

haïtienne!

Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022

Haiti Liberté/Haitian Times

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A Travers Haiti

Vous êtes tous des assassins !

L’ancienne sénatrice du

département du Centre,

Edmonde Supplice Beauzile

Par Marie Laurette Numa

C

’est le cri de l’ancienne

sénatrice du Centre, Edmonde

Supplice Beauzile, actuelle

Présidente du parti politique

Fusion allié authentique

du régime de facto en place,

dont l’un des membres, l’ingénieur

Rosemond Pradel est

ministre des travaux publics

Transports et Communications.

Beauzile a dénoncé les attaques

qu’elle a subies, quand

sa maison située à Thomassin

32, commune de Pétion-Ville,

a été saccagée, vandalisée et

pillée.

Elle n’a pas manqué

d’indexer ses anciens amis au

sein de la Direction politique

de l’opposition démocratique

(DIRPOD), une organisation

de la dite opposition contre

le président assassiné Jovenel

Moise.

« J’ai construit une maison

en 20 ans. Aujourd’hui, vous

envoyez des gens attaquer ma

maison. Ma vie et celle de ma

famille sont entre vos mains ».

Elle a cité les noms de Youri

Latortue, de Nenel Cassy et de

Anel Bélizaire qui selon elles

sont les principaux assassins

qui ont commandités le pillage

de sa résidence le jeudi

15 septembre 2022.

Sur le compte twitter

d’Edmonde Supplice Beauzile,

Y & D

HANDYMAN

Marjorie Michel

on pouvait lire : « Je ne me suis a elle aussi envoyé ses flèches

Youri Latortue

Une voiture a été incendiée à la maison de Me André Michel

Plumbing, Heating,

Electrical, Painting,

Cement, Apartment

/Office Cleaning

Yves Dumornay (Owner)

516-864-3707

yvesdumornay@gmail.com

jamais impliquée dans des

malversations, aucun crime

de sang ni de crime économique.

Je fais savoir à Youri,

Nenel, Anel que je ne suis pas

aussi riche que vous »

Dans la même veine Marjorie

Michel du Secteur Démocratique

populaire (SDP), alliée

du pouvoir d’Ariel Henry,

Nenel Cassy

contre Youri Latortue, Nenel

Cassy, Arnel Bélizaire et sa

femme Magalie Habitant du

PHTK. Selon Michel, ces individus

concoctent un plan

macabre visant à incendier

certaines maisons de leurs

adversaires politiques en l’occurrence

celles de Marjory

Michel, d’André Michel, de

Ricard Pierre et d’Edmonde

S. Beauzile. Effectivement la

maison de ces trois personnalités

politiques a été bel et bien

attaquée.

Elle a également souligné

les menaces qu’elles avaient

reçues l’année dernière de

la part des membres du Protocole

d’entente nationale

(PEN) et du directeur exécutif

du Réseau national de défense

Anel Belizaire

des droits humains (RNDDH),

Pierre Esperance.

« Lorsqu’ils ont appris

que le Dr Ariel Henry avait

sollicité de rencontrer le SDP,

ils nous ont appelé pour faire

pression sur nous. […] Ils

nous ont menacé de nous

détruire politiquement, mais

nous n’avons pas su qu’ils

seraient arrivés dans cette

dimension ».

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022


A Travers Haiti

D’où viendra le secours du peuple haïtien ?

Me Marc-Sony CHARLES

Victime d’une tradition politique

déshumanisante, le peuple haïtien

a toujours vécu dans des conditions

scandaleuses. Les masses

défavorisées sont délaissées, abandonnées

à leur sort, tandis qu’une

minorité de privilégiés accaparent

toutes les ressources du pays. De

nos jours, les conditions de vie des

éternels exclus de la société haïtienne

sont absolument insupportables.

Beaucoup de familles ont dû

fuir leur demeure habituelle pour

aller s’installer dans des abris de

fortune, de peur d’être exposées à

la fureur des bandits armés. Aucune

instance de l’État ou de la

société civile ne parvient à fournir

des informations fiables quant au

nombre exact de personnes tuées

ou portées disparues, suite aux

affrontements des gangs. Pas de

données certaines non plus sur le

nombre de familles décapitalisées,

voire appauvries, conséquemment

au phénomène du kidnapping.

La monnaie nationale ne vaut

plus rien face à la flambée du prix

du dollar américain. Rares sont les

familles qui parviennent à s’assurer

d’une ration alimentaire équilibrée.

Environ 50% de nos compatriotes

sont dans une situation d’insécurité

alimentaire chronique. Difficile,

voire impossible, de s’approvisionner

en carburant dans les stations

d’essence. Se déplacer en automobile

devient de plus en plus un véritable

calvaire.

Depuis belles lurettes, le mot

justice sonne creux dans le contexte

haïtien. Même le Palais de Justice

de Port-au-Prince, situé à quelques

kilomètres du Palais National, n’a

échappé aux assauts des bandits.

Pour comble de malheur, l’équipe

au pouvoir n’en a cure. Après plus

d’un an au pouvoir, Ariel Henri et

ses alliés n’ont rien fait pour rendre

la vie vivable sur nos 27500 km2.

Dans une telle situation, n’estil

pas de bon ton de se demander

d’où viendra le secours du peuple

haïtien ? Est-il possible d’entrevoir

un dénouement heureux à la crise

actuelle ?

Rien à espérer de la

communauté internationale

Point n’est besoin d’être trop avisé

pour s’apercevoir qu’Haïti vit sa

descente aux enfers sous le regard

impassible des plus importants

représentants de ce que l’on appelle

la communauté internationale.

En effet, les prétendus pays amis

d’Haïti se sont regroupés, à partir

de l’année 2008, en une structure

dénommée Core Group. Formé du

représentant du Secrétaire Général

des Nations Unies en Haïti, des

ambassadeurs d’Allemagne, des

États-Unis d’Amérique, du Canada,

de l’Espagne, du Brésil, de la

France, de l’Union Européenne et

du représentant spécial de l’Organisation

des États Américains, le Core

Group exerce une grande influence

dans les affaires politiques du pays.

N’est-ce pas sous l’influence des

ambassadeurs du Core Group que

les résultats des élections présidentielles

(2010-2011) ont été modifés,

afin d’écarter la candidature

de Jude Célestin au profit de celle

de Joseph Michel Martelly ? À en

croire Ricardo Seitenfus, c’est sous

l’injonction des autres ambassadeurs

du Core Group que Jose Miguel

Insulza, l’ancien Secrétaire

Général des Nations Unies (2005-

2015), lui a demandé de se retirer

d’Haïti.

Rappelons que le diplomate

Ricardo Seitenfus était devenu un

colis encombrant, une sorte de brebis

galleuse, après avoir indexé certains

pays membres du Core Group

dans la déchéance d’Haïti. Armé

d’un mâle courage, le diplomate

brésilien a dénoncé cette communauté

internationale qui ne fait que

se servir d’Haïti comme d’un laboratoire.

Selon lui, la plupart des soidisant

coopérants, qui s’installent

en Haïti, ne viennent que « pour

faire des affaires ». La lecture de

l’interview, accordée par Seitenfus

à Arnaud Robert, du journal genevois

Le Temps, nous permet de

nous rendre à l’évidence que la

problématique haïtienne échappe

à la communauté internationale.

Aux yeux de l’auteur de L’échec de

l’aide internationale à Haïti, les

représentants de la communauté

internationale sont loin d’être à la

hauteur de la crise haïtienne contemporaine.

À dire vrai, Seitenfus n’est

pas le seul diplomate étranger à

avoir confessé que les Haïtiens ne

devraient rien attendre de la communauté

internationale. L’ancien

ambassadeur des États-Unis en Haïti

de 2009 à 2012, nommé chargé

d’affaires intérimaire, le 28 octobre

2021, en remplacement de Michèle

J. Sison, en a fait des révélations on

ne peut plus éclairantes à ce sujet.

Lors d’une conférence de presse,

donnée dans les jardins de la résidence

privée des ambassadeurs

américains en Haïti, le 11 avril de

l’année en cours, Kenneth Merten

n’a pas ménagé ses mots pour rappeler

aux ressortissants haïtiens

qu’ils se tromperaient grandement

s’ils se mettaient à croire que les

ambassadeurs en poste en Haïti

étaient à leur service ou au service

de leur pays. Alors qu’il s’apprêtait

à tourner le dos à Haïti, Merten a

reconnu, sans le moindre faux-fuyant,

que tous les ambassadeurs

étrangers, œuvrant dans ce pays,

ne cherchent qu’à consolider les

intérêts de leur pays respectif. Ils

ne s’attachent qu’à la politique de

leur propre pays. Le représentant

de l’Administration américaine en

Haïti n’a pas manqué d’exprimer

sa déception de voir des Haïtiens

qui pensent encore pouvoir compter

sur les États-Unis pour la résolution

des problèmes de leur pays.

En clair, la résolution des

problèmes de toutes sortes auxquels

sont confrontés les Haïtiens

ne relève pas des attributions de

la communauté internationale. Il

n’appartient pas aux ambassadeurs

et diplomates étrangers de

s’attaquer aux problèmes résultant

des pratiques politiques délétères,

mettant en péril l’avenir de la nation

haïtienne. En conséquence, il

est logique de se demander dans

quelle mesure les acteurs politiques

haïtiens pourront voler au secours

de ce peuple dont la détresse atteint

de plus en plus des proportions insoupçonnées.

Rien à espérer non plus de la

classe politique traditionnelle

C’est le célèbre philosophe français,

Jean-François Revel, qui a su trouver

la formule adéquate pour énoncer

la finalité de la politique : « Le

but de la politique est le bonheur,

le plus de bonheur possible pour le

plus grand nombre d’hommes possible,

et non le succès de quelques

professionnels qui veulent imposer

leurs vues à la majorité tout

en feignant de la suivre ». Ici, le

penseur français s’inscrit dans la

même perspective que les philosophes

de l’antiquité grecque, notamment

Platon et Aristote. Ces

derniers étaient convaincus que la

politique devrait être la continuation

de l’éthique. Dans cet ordre

d’idées, quiconque s’adonne à la

politique devrait se soucier du bien

commun. Il ne s’agit pas de faire

de la politique pour son enrichissement

personnel au détriment de la

collectivité. Cette manière de concevoir

la politique n’a pas trouvé

trop d’adeptes dans la classe politique

haïtienne traditionnelle.

En Haïti, le politicien

madré, celui qui sait comment s’y

prendre pour se perpétuer au pouvoir,

est un expert en duplicité.

C’est celui qui a mis du temps à

cultiver l’art du caméléon. Aussi

est-il susceptible de changer de

posture en fonction du temps et des

circonstances. Quand il est acculé

à se retrouver dans l’opposition,

il se pose en défenseur du peuple.

Il est celui qui est toujours enclin

à emboucher la trompette révolutionnaire.

Toutes les revendications

populaires se découvrent dans ses

sermons redoutables. Quand il

parvient à s’installer au pouvoir,

il se renie effrontément. Il devient

amnésique. Il n’hésite pas à demander

au peuple de se montrer

un peu plus résilient, alors qu’il

s’arrange avec ses affidés pour dilapider

les maigres ressources de

l’État.

Ces pratiques politiques

infernales, qui, de toute évidence,

Élections provinciales 3 octobre 2022

Jusqu’au 29 septembre

constituent un obstacle à l’émancipation

des couches les plus défavorisées

de la société haïtienne,

ne datent pas d’hier. Plusieurs

historiens haïtiens sont d’avis que

ces manœuvres politiques désobligeantes

ont pris naissance avec

l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines

pour s’institutionnaliser au

cours du long règne de Boyer. Tandis

qu’il fustige l’attitude cynique

des protagonistes de la politique de

doublure en Haïti, Firmin déclare

que c’est l’application persévérante

de cette politique désastreuse

qui explique que « le peuple haïtien

ait traversé tout un siècle en

piétinant sur place, dans une stagnation

dégradante et contristante

». Le machiavélisme politique,

que dénonçait Firmin en 1905,

n’a pris aucune ride dans l’Haïti de

2022. Cette même « politique impie

et débilitante », contre laquelle

s’insurge l’auteur de M. Roosevelt

président des États-Unis et la République

d’Haïti, est le principal

facteur explicatif de la faillite de

l’État d’Haïti.

Autant dire que la perfidie de

la classe politique haïtienne traditionnelle

tend à maintenir le peuple

dans l’abattement. Aucun espoir

n’est donc envisageable avec des

politiciens véreux, qui se moquent

impudemment de l’éthique et de

tout ce qui caractérise la bonne

gouvernance.

S’inspirer de l’histoire pour

mieux s’en sortir

Il existe toute une controverse sur

la question de savoir dans quelle

mesure l’action politique peut être

orientée par la connaissance de

l’histoire. D’aucuns se demandent

si l’action politique peut être

la répétition du passé ou si elle

peut aller jusqu’à inventer quelque

chose de nouveau, voire susciter

une situation nouvelle radicalement

différente. L’on se rappelle

l’approche de Marx qui, dans ses

thèses sur Feuerbach, plus particulièrement

la XIe, soutient l’idée

que l’homme politique n’a pas

à s’inspirer du passé historique

dans le cadre de ses activités politiques.

Aux dires du penseur allemand,

l’action politique revêt

un caractère novateur. De ce fait,

les acteurs politiques n’ont pas à

suite à la page(16)

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au www.elections.quebec/ou-quand *.

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(permis de conduire du Québec, carte d’assurance maladie du Québec, passeport

canadien, certificat de statut d’Indien ou carte d’identité des Forces canadiennes).

Vivez la démocratie en famille !

Vous avez de jeunes enfants ? Initiez-les à la démocratie en les

accompagnant aux petits bureaux de vote. Installés dans chaque

lieu de vote, les petits bureaux de vote permettent aux enfants de

répondre à une question spécialement conçue pour eux. Découvrez

cette question au www.elections.quebec/petitsbureaux .

Pour en savoir plus

Rendez-vous sur notre site Web, au www.elections.quebec ;

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o par téléphone, au 1 888 ÉLECTION (1 888 353-2846) ;

o par courriel, à l’adresse info@electionsquebec.qc.ca ;

o par texto, au 868372 (VOTEQC) (des frais standards s’appliquent)

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lieux où vous pouvez voter le 3 octobre le sont aussi. Pour en savoir plus sur les critères

d’accessibilité de chaque lieu, consultez le www.elections.quebec/ou-quand . Si votre lieu

de vote ne répond pas à vos besoins, communiquez avec votre directrice ou directeur

du scrutin pour demander l’autorisation de voter dans un autre lieu de votre circonscription.

Le 3 octobre,

on inverse la tendance.

Tout le monde vote.

.

Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Kwonik Kreyòl

Yon lòt Ayibobo pou MorisoLewa

Fanfan Latou

Powèt MorisoLewa

M

’ pap kite mwa septanm

sa-a pase san m’pa chante

yon lòt ochan pou parenn lang

kreyòl-la, parenn kilti kreyòlla,

parenn mwen: MorisoLewa.

Mwen dwe-l sa, se yon 5 septanm

potorik gason-an kase koub

lavi-a pou rantre tou dous, tou

drèt nan jaden letènite, nan Ginen

zansèt-yo kote nou tout bay randevou

kamèmdekamèm, vle pa

vle, wè pa wè.

Nan lye verite kote ou ye

a, Moriso, ou dwe pa fè nouvèl

ditou, piske sou lalin kote w’ap

kontinye ekri bèl liv pou pèp ayisyen-an

nan pwen radyo, nan

pwen televizyon, alewè pou ta

genyen entènèt. M’vin pot nouvèl

pou ou, frè-m. M’vin di-w sa

rèd nèt. Sivilizasyon ap fini ak

pèp malere-yo. Gen oun nonm

yo bay pou Georges Bush. Se yon

ansyen prezidan peyi Etazini, oun

prezidan dyòl bòkyè, ki te pran

pouvwa-a daso.

Enben, frè-m, depi se afè

sivilizasyon se nan men-l menm

sa rete. Ou kwè se renmen limanite!

Ayayay! se chanpyon.

Koute sa. Li bese enpo, men se

pi rich-yo ki benefisye:1% moun

benefisye 43% rediksyon enpo-yo.

Te gen yon pwogram èd

pou timounn defavorize, li koupe

60 milyon ladan-l. Nan menm

kad afè timounn-nan, li koupe

35 milyon nan yon pwogram ki

fòme doktè espesyalis nan maladi

timounn.

Kòm chomè se yon klas

mounn ki pa enteresan, li koupe

200 milyon nan pwogram pou

ede yo aprann ti metye. Te gen

yon pwomès 100 milyon dola pou

pwoteksyon forè twopikal-yo.

Depi apre eleksyon Lula nan peyi

Brezil, sa nève-l, li refize bay senk

kòb. Malere te konn benefisye

yon pwogram èd pou ranje kayyo.

Se lontan nonm-lan te gentan

koupe 700 milyon nan lajan sa-a.

Fòk ou konnen, parenn,

bagay non sèlman yo pa chanje,

men yo vin pi mal. Afè pwogram

sosyal, bay imigran jarèt pou pran

pye nan peyi-a, lajan pou bay plis

mounn asirans-sante, pwogram

ki pou pèmèt timounn aprann

lekòl kòm sa ta dwa, enben se

bliye sa. Lajan-yo, milyon yo, se

pou peye aryennafè sipèvize afè

teworis.

Kounye-a, avan yon mounn

ou kite kay-ou, fò-w gade byen

nan glas pou wè si figi-w pa ta vle

sanble ak teworis. Lajan-yo se pou

fanmi-l, fanmi visprezidan-an, yo

tout ki mare sosis-yo ak gwo zouzounn

petwòl-yo nan Teksas. Lajan-yo,

se pou fabrike zam sofistike

ki pèmèt ou wè lennmi-a pi

byen, li te mèt se lannuit pou pete

fyèl-li pi byen. Prezidan meriken-an,

se nèg, osnon fò m’ta di

se blan ki pa respekte okenn òganizasyon

entènasyonal, non. Sa

yo bay pou L’ONI-a, se lòd menm

li pase-l. Nonm-lan gen oun lwa

pouvwa k’ap danse nan ètt-li, ak

kèk kòn malediksyon ki pouse

nan chak bò tèt-li. Se pa vini-w

ki pou sove-w. Se kòm youn Amagedon

ki vin pou ti peyi-yo.

Patizan AAA yo pa respekte

Papa nasyon an

Men sa AAA te rezève pou Desalin sou Channmas jou

fèt anivèse papa Nasyon an

Nan okazyon 264èm anivèsè nesans

fondatè nasyon an, Janjak

Desalin, kèk militant pati AAA ki sou

direksyon ansyen senate Youri Latortue

pa wè ki sa pou yo fè sou plas

Leyogàn an aksyon

Moun Leyogàn te manifeste kòmsadwa

jou ki te lendi 19 septanm

2022 a, anpil barikad te monte nan lari

a. Jounen sa a pat bon menm pou Unibank

kote pèp la pase woulo konpresè

Tèminal Vare a bloke

Ewo sou Channmas lan. Yo sal ak fatra

moniman Anperè a. Mete fatra bien wo

sou Desalin.

Eske se pa yon fason pou yo desann

valè, imilye Desalin.

li sou yon lokal Unibank nan Leyogàn.

Pèp souvren fè anpil dega nan

Unibank lan, kote yo pote ale anpil

materyèl tankou òdinatè, televizyon

elatriye.

Asuiv

Joel H. Poliard

M.D., M.P.H.

Family and Community

Medicine

Public health and Pediatrics

5000 N.E. Second Ave,

Miami FL, 33137

tel. (305) 751-1105

Anpil barikad te monte nan zòn

lan, anpil twou fouye fè aksè a

operatè yo, anplwaye yo ak kamyon

yo pa kab rive nan Tèminal la.

WINECO pa kab antreprann

okenn tranzaksyon pwodwi

petwòlye a. Yo oblije ap tann, si ap

genyen yon amelyorasyon. Nan sans

sa a, tout estasyon ponp gazolin yo

nan peyi a rete fèmen.

6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022


Perspectives

Jaccéus Joseph parle de la conjoncture

Deuxième partie et fin de notre interview avec l’avocat Jaccéus Joseph

Jaccéus Joseph

Haïti Liberté : L’ancien ambassadeur

des États-Unis, Kenneth

Merten, a déclaré dans une récente

interview que les États-Unis, le

Canada et la France allaient commencer

à former la police haïtienne

de manière à « renforcer la sécurité

», ce qui signifie clairement combattre

les groupes armés qui ont

surgi dans les bidonvilles en Haïti,

en particulier ceux qui appellent à

la révolution armée contre la bourgeoisie

haïtienne. Ces formateurs

et conseillers pourraient-ils être le

précurseur d’un déploiement de

troupes plus important et quelle est

la probabilité, selon vous, d’une

quatrième occupation militaire

étrangère dans les mois à venir ?

Jaccéus Joseph : Cela fait

toujours partie de l’ordre des choses.

Au cas où la police, une fois armée

par les trois grandes puissances,

au cas elle n’aurait pas pu donner

la garantie de l’effacement total

des organisations qui ne sont pas

sous contrôle ou entre les mains des

grandes puissances impérialistes, ça

va être l’intervention militaire.

Et c’est ce qui a expliqué en

2004, l’intervention de ces payslà

et même à plusieurs reprises en

Haïti. Quand les forces répressives

du pays sont incapables de répondre

aux besoins des groupes bourgeois

à l’intérieur du pays, leurs

amis, leurs compagnons étrangers,

les propriétaires bourgeois étrangers,

c’est ce qui va arriver. On va

faciliter l’intervention. Mais pour

l’instant, je ne crois pas qu’il soit

nécessaire pour eux d’intervenir,

sauf si la police et le gouvernement

sont incapables de réprimer les forces

opposant au régime en place.

Aujourd’hui, on voit que l’état

est faible. Mais au cours des manifestations,

on a constaté aussi que

la police est très forte pour réprimer

les manifestations pour des revendications

sociales, par contre elle est

très faible pour réprimer les gangs,

les voleurs, les kidnappeurs qui

sont les alliés de la droite pour dire

que l’intervention n’est pas à l’ordre

du jour, sauf s’il y a un changement

majeur de la conjoncture ou que

l’on veut faire des élections et que

ces élections paraîtraient impossible

ou difficile. On attend de voir.

Haïti Liberté : Vous avez

récemment déclaré qu’Haïti avait

besoin d’un gouvernement légitime

pouvant garantir les revendications

sociales des masses opprimées.

Alors que les négociations entre les

Accords de Musseau et du Montana

sont à nouveau au point mort et que

les élections ne se profilent nulle

part à l’horizon, pensez-vous qu’un

gouvernement légitime ne peut être

qu’un gouvernement élu et, si oui,

comment pensez-vous que nous

pourrons y arriver ?

Jaccéus Joseph : Je ne sais

pas pour l’instant, vu la conjoncture

actuelle, comment on pourrait y arriver.

Mais ce que je peux dire, les

gouvernements de transition ne seront

jamais légitimes en Haïti, car

ils ne garantiront jamais les revendications

sociales et les aspirations

légitimes du peuple haïtien. Donc

dans la majorité des cas, les gouvernements

de transition ne sont pas

des gouvernements légitimes. En

grande partie, les gouvernements

de transition sont justement là pour

faciliter les élections pour donner le

pouvoir à un gouvernement élu.

Ce qui est clair dans les études

sur la transition, comme je l’enseigne

dans les classes de sciences

politiques à l’Institut National

d’Administration de gestion et des

Hautes études internationales (IN-

AGHEI), la transition aurait dû permettre

l’établissement d’une société

plus tranquille, plus paisible en attendant

de donner le pouvoir à un

gouvernement élu. Habituellement,

les gens qui ont fait la transition

en Haïti, la seule qui ait réussi, est

celle de Mme Trouillot, c’est parce

qu’elle avait l’unique tâche de faire

des élections.

Dans le cas contraire, un

gouvernement non élu ne pourrait

jamais garantir les revendications

sociales. On est foutu, si on pense

que ça pourrait arriver. Le gouvernement

de transition sur le plan

social et économique doit garantir

la stabilité économique et sociale,

ensuite la stabilité politique. On ne

voit pas comment le gouvernement

d’Ariel qui est décrié avec ces genres

de manifestations pourrait aboutir.

L’autre facette, si on parle de

Montana, est-ce que à Montana, on

pourrait faciliter un gouvernement

de transition qui garantirait les

revendications sociales du peuple

haïtien ? Je ne crois pas non plus.

Même si on prend n’importe qui à

la tête, de Montana, ça ne va pas

aboutir à un gouvernement légitime,

un gouvernement qui garantirait

les revendications sociales.

Il faut se débrouiller pour

changer la donne, voir la situation

d’une autre manière. Je ne crois

pas non plus que les élections vont

tout arranger, mais avec un gouvernement

de transition, on va juste

partager le gâteau entre les acteurs

politiques. Rien ne va changer avec

Montana sur le label des pays occupants.

Ce qui parait un peu bizarre,

la conjoncture est très favorable à

Montana, mais, on n’aura pas un

gouvernement qui garantirait les

revendications sociales. Je pense

que le changement doit se faire avec

quelqu’un qui aime son peuple, qui

s’attache aux revendications de la

population, c’est cette personne-là

qui va garantir un gouvernement

légitime et apporter un volet social,

important dans sa politique

et matérialise ce volet social, ce

gouvernement va être un gouvernement

légitime qui garantirait la

stabilité et la sécurité dans le pays.

Je ne pense pas que l’accord

de Montana soit un accord qui viserait

le renversement d’un système,

qui viserait la transformation de la

société. Le document de Montana et

même les acteurs qui ont participé à

Montana n’ont pas cette prétention.

C’est quoi Montana ?

En réalité, les progressistes

qui ont participé à Montana

étaient très minimes par rapport

aux non-progressistes. C’est pourquoi

on a parlé d’une présidence

collective avec plusieurs individus.

Fritz Jean a été le choix des groupes

progressistes et même dans ce cas,

Fritz Jean paraît minime par rapport

aux autres acteurs qui auront

à présenter leur président tels que

la chambre de Commerce et le PEN

etc. Donc si l’on croyait que Fritz

Jean allait donner quelque chose

de progressiste, quand il sera un

seul représentant parmi les autres

groupes qui n’ont rien à voir avec

les revendications populaires.

A ce moment là, on va donner

de l’espoir à la population avec un

individu. Il sera phagocyté par les

autres et la population n’aura rien

à gagner. Je suis sûr qu’à Montana,

on avait déjà l’aval des ambassades

étrangères, des gouvernements

étrangers, surtout les parlements

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des pays qui dominent Haïti, du

Core Group donc on ne va pas avoir

réellement un gouvernement qui

satisferait les revendications de la

population. Je ne crois pas que ça

va aboutir à quelque chose de progressiste

pour l’amélioration des

conditions de vie de la population.

Le gouvernement de Transition

qui doit être établi après le

départ de Ariel Henry doit refléter

les expressions de la rue et les

revendications telles qu’elles sont

exprimées par les manifestants, notamment

:

1..La baisse du coût de la vie

2…La remise du dollar américain,

tel qu’il est envoyé au bénéficiaire

par la diaspora

3…Le retrait sur l’augmentation

du prix des carburants afin

que le gouvernement continue à

protéger les intérêts majeurs de la

population tout en continuant à

subventionner le produit pétrolier.

4..Créer des conditions pour

obtenir la sécurité partout dans le

pays pour que la vie normale puisse

reprendre dans les marchés et les activités

économiques pour permettre

à la population d’essouffler un peu.

Créer des conditions pour que la

paix, la stabilité socio-économique

puisse régner dans le pays. C’est

ce gouvernement qu’un doit établir

au départ d’Ariel. Donc le pays en

a grandement besoin parce que le

PM Ariel n’a aucun soutien populaire,

aucune légitimité, il n’inspire

pas confiance on ne peut pas croire

qu’il peut réaliser de bonnes élections.

Un gouvernement de transition

illégitime ne peut pas garantir

la paix et la stabilité sociale.

Ainsi le groupe de Montana

qui n’est pas nécessairement le reflet

de ce qui se passe dans les rues.

Vue cette alliance morganatique

qui a entre les différents groupes

sociaux qui n’ont pas les mêmes

intérêts mais qui sont regroupés à

Montana, juste pour le partage du

gâteau. Donc, Montana ne pourra

pas refléter les revendications sociales

des masses populaires. Il faut

une nouvelle façon de penser cette

transition avec des gens honnêtes,

très sensibles aux besoins et aux

intérêts fondamentaux du peuple

haïtien.

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Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022

Haiti Liberté/Haitian Times

7


Haïti, d’une Transition à l’Autre (36)

Pays « lock » version Transition !

Septembre 2022, sous le gouvernement d’Ariel Henry, un régime porté

à bout de bras par Me André Michel et ses amis, est la suite logique des

évènements de « peyi lock » entre 2018 et 2019.

Par Catherine Charlemagne

Les Cayes, Gonaïves, Hinche,

Cap-Haïtien, Petit-Goâve,

Jérémie, Miragoâne, Saint-Marc,

Port-de-Paix, et bien sûr Port-au-

Prince et ses banlieues sont à feu et

à sang. Incendie, pillages, violences,

vandalismes, morts, attaques

des résidences de certains chefs

politiques, et des médias publics et

privés, la révolte gronde en Haïti.

Des institutions publiques et privées

attaquées ; des banques commerciales

incendiées, des ambassades

étrangères fermées ; des commerces

et entreprises privés et publics attaqués

et pillés, des entrepôts de

produits alimentaires des organisations

non gouvernementales (ONG)

et humanitaires pillés, des magasins

pris d’assaut par des manifestants

en colère, etc, etc. Tel est le bilan de

ces semaines de contestations populaires

contre le régime de Transition.

A chacun donc son « peyi lock ». La

population va-t-elle faire mentir Me

André Michel ? C’est la question que

certains en Haïti et dans la diaspora

commencent à se poser depuis

quelques jours.

En déclarant grosso modo que

personne ne peut remplacer le Premier

ministre a.i vu qu’il n’y a aucune

institution pour fixer son mandat, le

leader du Secteur Démocratique et

Populaire (SDP) paraît bien sûr de lui

ou peut-être prend-il ses désirs pour

des réalités ? En disant cela, le fidèle

allié du Premier ministre de facto oublie

trop vite une dernière institution,

celle-là même qu’il prétendait défendre

quand il était l’un des chefs de

l’ancienne opposition radicale contre

le Président Jovenel Moïse. Cette institution,

c’est le peuple. Le peuple

souverain comme il aimait tant à le

répéter avant de le trahir et de devenir

l’un de ses principaux adversaires.

On se souvient que le pays a

déjà connu deux épisodes de « pays

lock » entre 2018 et 2019. C’était au

plus fort des mouvements de contestation

contre le pouvoir PHTK symbolisé

par le feu Président Jovenel

Moïse. A ce moment, les oppositions

étaient vent debout contre le régime

et c’est bien un certain André Michel,

« avoka pèp la », qui était l’un

des principaux organisateurs de ces

soulèvements qui ont failli emporter

le locataire de l’époque du Palais

national.

Faisant fi de tous les principes

et au mépris même de toutes les institutions

régaliennes du pays, particulièrement

la Constitution, le chef de

la mouvance Secteur Démocratique

et Populaire, Me André Michel, et ses

deux lieutenants, Marjorie Michel et

Nènel Cassy, n’avaient qu’un mot à

la bouche : le départ sans condition

du Président de la République. Une

mobilisation, d’ailleurs, qui avait

poussé le chef de l’Etat à se terrer

des jours entiers, voire des semaines,

sans donner le moindre signe de vie.

On pensait même qu’il avait pris la

fuite en abandonnant le pouvoir tant

la pression de la rue sous la houlette

des oppositions et principalement du

SDP était forte. Mais, par miracle et

sans doute avec l’appui et le soutien

très discrets de la Communauté internationale,

il a pu sortir indemne

de ce bras de fer avec l’opposition

avant qu’il ne soit, finalement, assassiné

deux ans plus tard, en 2021.

Tout ceci pour dire que l’opération

« pays lock » à laquelle on assiste

aujourd’hui, en septembre 2022,

sous le gouvernement d’Ariel Henry,

un régime porté à bout de bras par

Me André Michel et ses amis, est la

suite logique des évènements d’il y a

deux ou trois ans.

Les conditions et les causes

qui l’ont produite ont en réalité la

même origine : la vie chère, l’augmentation

du prix du carburant, la

mauvaise gouvernance et l’opposition

politique contre le régime en

place. Penser le contraire signifierait

qu’on fait peu de cas de cette mobilisation

et des revendications qui vont

avec et surtout faire preuve de ne

rien comprendre à la souffrance de

la population. Ainsi donc, l’objectif

des manifestants, de leurs meneurs

et des opposants au régime est le

même : obtenir, si possible, la chute

du gouvernement, c’est-à-dire, le

départ du locataire de la Primature

et du Palais national. Dans la mesure

où le chef du gouvernement est

l’unique chef du Pouvoir exécutif.

Dans ce cas précis, l’ancien

patron de l’ex-opposition devenu

une pièce maitresse dans le dispositif

de l’actuel pouvoir a tort d’oublier

que le peuple représente le dernier

recours quand toutes les institutions

deviennent dysfonctionnelles

comme celles-ci étaient, d’ailleurs,

sous la présidence de Jovenel Moïse

et quand elles n’existent plus comme

c’est le cas actuellement sous

Ariel Henry qui n’est rien d’autre

qu’un chef de l’Exécutif n’ayant

aucune légitimité constitutionnelle

ni populaire. On peut comprendre

l’inquiétude de l’entourage de l’occupant

de la Villa d’Accueil et principalement

de ses principaux supporters

politiques de voir arriver quasi

quotidiennement sous les fenêtres de

la Primature des hordes de manifestants

qui ne jurent que par la chute

de l’aigle qui ronge le peu de ressources

qu’ils ont avec l’augmentation

des prix des produits de première nécessité

et naturellement le carburant

en tête de gondole. En vérité, on est

dans la continuité des évènements

ayant eu lieu entre 2018 et 2019.

Sauf les acteurs qui changent de

bord politique.

Ils ne sont plus dans l’opposition

et occupent aujourd’hui la place

de leurs adversaires d’hier. En fait,

les choses n’ont guère évolué. La

population, les leaders de l’ex-opposition

et l’actuel gouvernement font

face à la théorie selon laquelle : les

mêmes causes produisent les mêmes

effets. L’opération « pays lock » de

2022 est une sorte de continuité, le

peuple poursuit son combat et continue

de réclamer ce qui lui est dû, en

d’autres termes, il réclame sa part de

la richesse du pays. Il a faim. Il a soif

et est sans emploi. Tandis qu’un petit

nombre profite des biens de l’Etat

sans se soucier de son sort. Ceux qui

étaient hier avec lui sous les barricades

face aux forces de l’ordre qui

le douchaient au gaz lacrymogène

« se la coulent douce » depuis plus

d’un an dans les Ministères et les différents

centres de décision de l’Etat

pendant que lui ne voit rien venir.

C’est l’exact contraire de ce qu’il attendait

après qu’on l’ait manipulé en

lui faisant miroiter une « Transition

de rupture », voire un changement

de système ou de paradigme.

Une année après, non

seulement le changement n’est

pas au rendez-vous, mais c’est encore

lui que les nouveaux tenants

du pouvoir, en complicité avec les

oligarques de services, veulent

dépouiller pour enrichir davantage

les plus nantis. Au cri, « assez,

c’est assez », ils décident de monter

la garde en prenant en cœur ces

cris de ralliement : « ils ne passeront

pas », « Abraham di se ase ».

Comment peut-il en être autrement ?

Contrairement à ce qu’imaginent Me

André Michel et ses nouveaux amis,

le soulèvement populaire auquel on

assiste depuis quelques semaines

c’est une mobilisation spontanée

menée par des citoyens conscients

de leurs responsabilités en tant que

fils de ce pays que certains pensent

pouvoir acculer à la déchéance et à

la misère, une situation pouvant les

conduire à l’irréparable. Les gens ont

faim. Le peuple ne réclame ni de l’or

ni des diamants. Il veut seulement se

procurer de quoi se nourrir. Comme

on a été témoin une semaine plus

tôt dans certaines grandes villes de

province, entre autres, Les Cayes

avec le pillage des entrepôts de produits

alimentaires d’associations caritatives,

religieuses et humanitaires.

Malheureusement, d’autres

lieux commerciaux ont été attaqués

et pillés par des individus cherchant

certainement, là encore, des matériaux

susceptibles de les aider à concevoir

un toit où se loger ainsi que

leurs familles. Mais, il n’y a pas que

dans la ville des Cayes dans le Sud

du pays que la révolte gronde. Aussi

à Jacmel et à Jérémie, la population

ne cesse de manifester et de faire entendre

ses revendications. D’ailleurs,

dans le chef-lieu de la Grand’Anse,

Jérémie, comme aux Caye et dans la

plupart des autres centres urbains, la

population locale s’est ruée sur les

stocks de réserves alimentaires des

organisations humanitaires. La ville

du Cap-Haïtien quant à elle a été

l’une des premières où la population

est rentrée en ébullition contre la

cherté de la vie et contre la présence

d’un gouvernement incapable de

comprendre l’état dans lequel elle

évolue. L’annonce de l’augmentation

des prix a été une sorte de déclic

« de carburant », sans jeu de mots,

pour alimenter dans la rue le mécontentement

de la population à travers

tout le pays.

Aux Gonaïves, dans l’Artibonite,

où, les semaines suivantes

divers quartiers populaires séculaires

ont formé une sorte de chaudron où

se concentrent tous les ingrédients

pouvant alimenter une explosion

populaire contre le pouvoir central :

le chômage, la misère, la maladie,

l’insécurité et autres maux dus, justement,

à l’abandon de l’Etat régalien

de cette partie du territoire. Sans

surprise, les gonaïviens ont envahi

les rues de leur ville et attaqué sans

discernement tous les lieux où les

organisations humanitaires stockent

leurs produits alimentaires destinés

à la distribution aux plus démunis,

aux laissés-pour-compte mais pas

seulement. En effet, c’est toute la

République qui se paupérise.

La majeure partie de la population

vit dans la misère et ne sait

plus comment s’en sortir. Abandonnés

par le pouvoir public et les

Ministères de Port-au-Prince érigés

en Citadelles imprenables, les gens

deviennent fous. Fous de rage et

de colère contre un pouvoir et une

élite qui les ignorent. Par ce fait, ils

ne se contrôlent plus et s’en prennent

à tout ce qui paraît à leurs yeux

comme une injustice. Les différents

actes de pillages, de sabotages et

d’attaques de magasins et entreprises

privés, voire d’institutions

publiques et privées peuvent être

Pays Lock

analysés sous l’angle d’un ras-le-bol

généralisé d’une population à bout

de souffle. Comme dit un proverbe

national : sak vid pa kanpe. Oui, le

Premier ministre de facto Ariel Henry,

Me André Michel et son Secteur

Démocratique et Populaire et tous

les signataires de l’Accord du 11

septembre ont de quoi s’inquiéter de

la conjoncture et de ce mouvement

populaire dont personne ne peut

prévoir jusqu’où cela peut conduire

et même ses conséquences pour le

régime de Transition.

En Haïti, à quelques exceptions

près, depuis l’assassinat de

l’Empereur Jean-Jacques Dessalines,

il y a plus de deux siècles, on n’a

toujours pas changé de logiciel politique

ni de mode de changement

de régime politique ou de gouvernement.

Le soulèvement populaire

demeure donc la seule issue possible.

Me André Michel en tant que juriste

a raison de s’interroger sur le statut

du Premier ministre de facto : « Ariel

Henry est au pouvoir, il n’y a aucun

mécanisme pour le remplacer. Comment

peut-on remplacer un Premier

ministre alors qu’il n’y a aucune

institution debout », demandait-il

soi-disant naïvement la semaine

dernière sur radio Magik9. Oui citoyen,

il y en reste une : le peuple.

En l’absence d’institutions étatiques,

comme c’est le cas aujourd’hui en

Haïti dans cette période de chaos absolu,

la Vox Populi symbolise donc

la plus authentique des institutions.

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C.C

8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022


This week in Haiti

Dominican Republic Boosts Troops on Border as Abinader

Travels to Washington

Dominican President Luis Abinader speaking to the OAS Permanent

Council on Sep. 15. “Haiti is a threat to the national security of the

Dominican Republic,” he said

by Ariel Fornari

Tensions between Haiti and the

Dominican Republic have grown

in recent weeks while Dominican

Dominican Molaï Ortiz Mieses was

a leading member of the Martissant

gang headed by “Ti Lapli,” one of

Haiti’s most brazen kidnapping

kingpins

nationals are reportedly collaborating

with some of Haiti’s most

notorious criminal armed groups,

particular the kidnappers based in

Martissant and Village de Dieu.

Last week, Dominican President

Luis Abinader traveled to

Washington to meet with U.S. government

officials about the situation

and address the Permanent Council

of the Organization of American

States (OAS) on Thu. Sep. 15.

“The crisis that overflows the

borders of Haiti is a threat to the

national security of the Dominican

Republic”, Abinader told the body.

He has been pushing for a renewed

foreign military intervention into

Haiti over the past several months

and plans to build a $30 million border

wall along the entire 244-mile

frontier with Haiti, although only a

small 14-mile section is currently

under construction.

Furthermore, the Dominican

Army has deployed some 12,000

troops along the border, including

special forces and the elite 6th

Mountain Rifles Battalion (similar

to U. S. Army Rangers). Other

forces are equipped with armored

halftracks and ATVs mounted with

heavy machine guns. Helicopters

and Super Tucano aircraft have also

been monitoring the border, which

is reinforced with the latest surveillance

technology, besides regular

patrols.

In November 2021, Abinader

took the unusual step of suspending

automatic yearly renewals for Haitian

student visas, purportedly concerned

that Haitian armed groups

could infiltrate the DR disguised as

students.

The increased security measures

may help curb Haitians crossing

into the DR but do nothing to

stop Dominicans from traveling to

“el pais vecino,” the “neighboring

country,” as they often refer to Haiti.

In June, Diario Libre published

a report on Molaï Ortiz Mieses,

known as “Nèg a tè,” who was a

leading member of the Martissant

gang headed by “Ti Lapli,” one of

Haiti’s most brazen kidnapping

kingpins.

According to the Haitian police,

Mieses, 32, said that “many

Dominicans are an integral part of

the armed gangs that currently operate

in Haiti.”

He also “allegedly revealed

that each gang has Dominican nationals

in its ranks” and “other

gangs have direct connections with

Dominicans,” Diario Libre reported.

The Haitian police also said

they had arrested people connected

with illegal arms trafficking across

the border from the Dominican Republic

via the Haitian towns of Belladère

and Ouanaminthe, among

others.

Gédéon Jean, the executive

director of the Center for Analysis

and Research on Human Rights

(CARDH), also feels that Dominicans

are a part of Haitian criminal

gangs, according to the press agency

EFE.

“Some of the kidnapped say

they hear people speaking Spanish

in the places where they are held,

which makes us think of the Dominicans,”

he said. EFE further reported

that “other Latin American nationalities

are part of the [Haitian]

armed gangs,” particularly those of

“Ti Lapli” and the “5 Seconds” gang

headed by “Izo” in Village de Dieu,

another bastion of kidnappers.

The criminal gangs of Ti Lapli,

Izo, as well as the 400 Mawozo,

which kidnapped 17 North Americans

last year, are loosely confederated

with others from Belair

and Cité Soleil in a front called the

“G-Pèp.” Over the past six months,

the “G-Pèp” has been at war with

the “Revolutionary Forces of the G9

Family and Allies, Mess with One,

You Mess with All,” a federation of

armed neighborhood organizations

fighting crime, the de facto regime

of Prime Minister Ariel Henry, and

Haiti’s bourgeoisie. Headed by former

anti-gang policeman Jimmy

“Barbecue” Cherizier, the G9, as it is

commonly called, is often conflated

by U.S. officials and the mainstream

press with the criminal gangs it is

fighting against.

Abinader also mixes the criminal

and anti-criminal federations,

issuing a list last week, published

in leading newspapers, prohibiting

the entry into the DR of their leaders,

adding as well former Haitian

interim Prime Minister and Foreign

Minister Claude Joseph.

As if not to be outdone, presidential

pre-candidate Francisco

Dominguez Brito of the PLD (Partido

de la Liberacion Dominicana)

recently conducted a sobering press

conference in Santo Domingo. Brito,

the DR’s former Attorney General

under Presidents Fernandez and

Medina, publicly called on Abinader

to immediately invoke “proactive”

measures, such as creating an intelligence

database and special unit

to counteract Haiti’s armed groups

as well as intercepting telephone

communications. In short, Brito

was recommending that the DR use

IMSI Catcher/Stingray equipment,

as operated by security agencies in

North America and Europe, in order

to monitor cellphones and track

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“Giving care, one patient at a time.”

people believed to be a threat to the

state and public safety. This clearly

raises many privacy and civil liberty

concerns.

Adding to Brito’s dire warnings,

former Foreign Minister Miguel

Vargas Maldonado publicly declared

that insecurity in Haiti represented a

“real threat” to the Dominican Republic.

He further stated that Haiti’s

insecurity situation was worsening

rapidly, and the power vacuum

placed that nation on the verge of

civil war.

Whenever Haiti has the spotlight,

Dominican ultra nationalist

groups are energized. The “Marcha

Patriotica” action on Aug. 6, was

organized by the “Instituto Duartiano”

and other civic society organizations

and personalities. The Aug.

6 nationalist action was both quantitatively

and qualitatively superior,

to similar activities in the past.

Hundreds or perhaps thousands attended

the march in Santo Domingo’s

Colonial Zone. The hashtag

#MarchaPatrioticaRD trended quite

heavily, especially on the day of action,

and currently there is another

such activity planned for Santiago

in October.

A tragic incident occurred on

the day of the Aug. 6 “Marcha Patriotica,”

the hate crime stabbing

death of an Afro-Dominican man

in Santo Domingo. This hate crime

happened on a bus of OMSA (the

Metropolitan Bus Authority), following

an argument between two

passengers “regarding Haitians.”

The OMSA Communications Director

called the crime an “isolated

act,” knowing fully well that earlier

on Aug. 6 the anti-Haitian “Marcha

Patriotica” had taken place in the

capital. The murder happened later

that afternoon. Furthermore, OMSA

did not immediately release the videos

of this hate crime, according

to the victim’s family, raising suspicions

of evidence tampering and

obstructing justice.

The number of Haitians in

the Dominican Republic is unclear,

with some saying there are about

There are over 12,000 Dominican soldiers on the Haitian border

JOBS

half a million, by UN counts, to as

many as one million or more, according

to other references. Recent

statistics indicate, that sometimes as

many as 7,000 forced repatriations

of Haitians per month or more occur

from Dominican territory.

The ultimate responsibility for

what is transpiring in Haiti right

now falls squarely on the United

States, which has interfered in Haiti’s

internal affairs for over a century.

“The island is one and indivisible,”

Toussaint L’Ouverture

prophetically pronounced over two

centuries ago. Undoubtedly, the

fates of both peoples of Hispaniola

are inextricably linked in this tumultuous

21 st century.

Ariel Fornari is an independent

journalist based in Santiago, Dominican

Republic.

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Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022

Haiti Liberté/Haitian Times

9


MALI : LE DÉPOTOI

La guerre est un accélérateur de la vague réactionnaire qui déferle sur le monde et qui au Mali

se matérialise par une coupe des droits et libertés lancée par le gouvernement de transition

Par Patricia Simon

La crise dite des 4C – crise

climatique, COVID, coûts alimentaires

et conflits – fait rage

avec les près de 400 000 personnes

qui ont dû fuir leur foyer

en raison du conflit au Mali.

Vue d’ici, Bamako ressemble

à une carte postale idyllique

dans laquelle se perdre et ainsi

oublier l’enfer dans lequel s’enfoncent

ceux qui vivent de ce

côté-ci de la capitale malienne.

Pendant les trois mois que dure

la saison des pluies, des pluies

quotidiennes inondent ce bourbier

de boue et de déjections de

bétail qui recouvrent à peine les

tonnes d’ordures sur lesquelles

survivent plus de 650 familles

et 3 500 personnes. Lorsqu’en

2015, la guerre au Mali a commencé

à s’étendre du nord vers

le centre du Mali, des centaines

de ses habitants ont entamé un

exode douloureux vers ce quartier

de la périphérie de la capitale.

Ici, à quelques kilomètres

seulement de l’aéroport international,

vivaient déjà quelques

familles de l’ethnie Peul, traditionnellement

dédiées au pâturage

et à la vente de bétail.

« Ils sont venus ici, à

Faladie Garbal, fuyant les attaques

des groupes djihadistes,

mais aussi d’autres ethnies,

des milices d’autodéfense et

de l’armée. De plus, comme la

plupart des jihadistes au Mali

sont, comme eux, de l’ethnie

peule, les autres communautés

et l’État les accusent d’être des

terroristes. La dernière famille

est arrivée il y a deux jours

parce que la guerre ne s’arrête

pas », raconte Moctar Cissé, qui

jusqu’en 2019, explique-t-il, se

consacrait à travailler comme

guide touristique à Mopti, une

ville connue comme la Venise

du Mali. Ce pays était l’une

des principales destinations des

voyageurs internationaux vers

le continent africain. Au cours

de la première décennie des années

2000, il a reçu plus de 200

000 étrangers par an. En 2011,

avec la guerre en Libye, tout

s’est effondré.

Cette année-là, après

l’intervention internationale

qui allait mettre fin au régime

de Kadhafi, des centaines de

Touaregs qui avaient combattu

aux côtés du régime libyen retournèrent

dans le nord du Mali

pour déclencher une nouvelle

rébellion - la quatrième du siècle

dernier - pour l’indépendance de

la région de l’Azawad. En mars

2012, un coup d’État renverse

le président, que les militaires

accusent de ne pas gérer la situation.

Des groupes djihadistes

ont rejoint le conflit dans le nord

du pays et le gouvernement a

demandé l’intervention de la

France pour les combattre.

Aux troupes envoyées

par l’Elysée, agréées par le

Conseil de sécurité des Nations

unies, se sont ajoutées celles

de l’Union africaine et celles

de l’Union européenne. Une

décennie plus tard, les organisations

ont été liées à Al-Qaïda

et à l’État islamique, opérant

dans le nord et le centre du

pays, et l’opération française

Barkhane a été contrainte de

quitter le Mali après deux autres

soulèvements contre des

dirigeants successifs. Pratiquement

en même temps que leur

retrait, fin juillet, des membres

du Groupe de soutien à l’islam

et aux musulmans (JNIM), allié

à Al-Qaïda, ont perpétré des attentats

à la voiture piégée contre

la plus importante base militaire

du pays, la résidence du président

et situé à 15 kilomètres de

la capitale. Quelques jours plus

tard, Abou Yahya, l’un de ses

membres les plus importants,

annonce la perpétration d’attentats

contre la capitale. Mais

dans ce camp de déplacés on

ne s’occupe plus de la dernière

heure de la guerre. Ils ont survécu

à ses conséquences pendant

Camp pour personnes déplacées à Faladie Garbal, construit sur la plus grande décharge de

Bamako. RICARDO GARCIA VILANOVA

une décennie.

La dissimulation étatique

des déplacés

Un drapeau russe flotte, accompagné

d’un drapeau malien,

au milieu de cette banlieue où

bétail et peuple partagent misère

et faiblesse. Paradoxalement, le

drap blanc, rouge et bleu pourrait

être interprété comme le

plus grand signe d’espoir que

l’on puisse voir à des kilomètres

à la ronde. Il répond au désir de

croire que l’arrivée d’un nouvel

acteur dans le conflit peut

mettre fin à celui-ci et, surtout,

à son malheur.

“Huit parents sont morts

lorsqu’ils ont fui notre communauté

dans un camion qui a

été soufflé par des explosifs”,

explique Djeneba Diallo, assise

sur un seau sous le plastique

où elle vit avec ses six enfants

et son mari. « S’il n’y avait pas

les enfants, nous serions restés

là-bas car avec notre vol nous

avons tout perdu, nous n’avons

rien ici. Mais on avait très peur

de ce qui pouvait nous arriver”,

poursuit-il en expliquant, les

pieds enfoncés dans la même

boue sur laquelle, chaque nuit,

depuis quatre ans, il étend une

bâche pour dormir avec ses six

enfants et leur père. . Autour,

des montagnes de déchets, parmi

ceux qui survivent à peine,

grâce à ceux qui survivent.

Femmes et enfants trient

les déchets pour vendre le

papier, le plastique, le métal.

Il n’échoue pas. Dans les pays

pauvres des cinq continents, les

décharges sont des villes dynamiques

qui accueillent leurs

habitants les plus misérables.

Là, ils doivent rivaliser avec

les mouches, les vautours, les

vaches, les poulets pour un

morceau de nourriture, pour un

morceau de papier, de plastique,

de tissu à avaler, revendre, recycler.

Ce sont des enfers avec

leurs propres réglementations

internationales : ici rien n’est

jeté, il n’y en aurait même nulle

part. Et puis, tout a une valeur

et une utilité. Ils définiront le besoin.

Comme cette télévision à

écran plasma, qui remplit désormais

la plus noble des fonctions

que cet appareil puisse avoir :

faire partie d’une couche de plus

avec laquelle ces gens qui ont

tout perdu en fuyant la guerre

construisent leur cabane. Ici,

la classe sociale est déterminée

par la qualité de la toile dont ils

recouvrent leurs structures de

bâtons et d’argile.

« Ils sont venus et ont

tué. Nous ne savons pas qui

ils étaient, mais ils se sont emparés

des villes, ont exterminé

leurs habitants, ont gardé leurs

terres, leur bétail, leurs biens.

On a tout perdu », explique Fatoumata

Barry, une jeune fille

de 18 ans qui vit avec son fils,

ses parents, ses frères et sœurs

dans une cabane d’à peine trois

mètres carrés. Depuis cinq ans.

Sans aucune perspective de

devenir un jour indépendant. «

Ils ont peur de pointer du doigt

ceux qui les ont attaqués

pour d’éventuelles représailles.

Et parce que leur intention est

de retourner chez eux un jour.

Et si leur vœu est exaucé, ils

devront retourner vivre avec

leurs agresseurs », explique

Moctar Cissé en avançant dans

un dédale de boutiques. A côté

d’eux, des femmes décortiquent

des céréales, tressent les cheveux

de leurs enfants, font

bouillir du riz dans une casserole.

« Les institutions maliennes

ne reconnaissent pas

l’existence des camps de déplacés

à Bamako, c’est pourquoi

elles les appellent ‘villes’

et le nom du quartier dans lequel

ils sont installés. Ils ne

veulent pas que la dimension

de la guerre soit aussi visible

dans la capitale, c’est pourquoi

ils sont contraints de rester à la

périphérie et c’est pourquoi ils

ne permettent pas aux ONG internationales

d’y agir, malgré le

fait que nous soyons conscients

de la gravité de la situation »,

explique le responsable d’une

de ces grandes entités dédiées

à la lutte contre la malnutrition,

le manque d’eau potable

et l’insalubrité à l’intérieur du

pays. L’homme le fait dans

une réunion informelle et sous

anonymat pour éviter de nuire

au travail de l’organisation pour

laquelle il travaille. Le gouvernement

de transition, issu d’un

troisième coup d’État en dix ans,

a expulsé du pays les équipes de

télévision publique France 24

et Radio France International,

ainsi que le porte-parole de la

mission onusienne MINUSMA.

Toute critique de sa politique

peut être interprétée comme une

ingérence.

Ainsi, le peu d’aide reçue

par les milliers de familles vivant

dans les douze camps de déplacés

autour de Bamako provient,

en grande partie, de la société

civile malienne elle-même.

Et de l’impulsion de petites associations

comme Mamadou’s

smile, créée par Gilberto Morales,

un policier espagnol qui

a travaillé entre 2018 et 2020

à l’ambassade d’Espagne. « Il y

avait tellement de misère là-bas

et je gagnais tellement d’argent

que je devais contribuer d’une

manière ou d’une autre à cette

société pauvre. Un jour, je suis

allé au camp de Faladie Garbale

et je me suis figé en voyant tant

de gens vivre dans la crasse.

Ils m’ont demandé de l’eau.

Rien d’autre, de l’eau. Et j’ai

commencé par y aller avec une

trousse de secours pour faire

des cures de base et à la fin j’ai

loué un terrain aux mafias pour

construire un cabinet médical et

une salle de classe », raconte-t-il

par téléphone depuis la frontière

polono-ukrainienne, où il est

maintenant stationné.

Grâce aux dons de connaissances,

le fonctionnaire

a construit dans cet enfer sur

terre, dans ce territoire de nondroit,

la cabane en bois où un

médecin stagiaire consulte trois

fois par semaine et la cabane où

une centaine d’enfants mangent

une portion de nourriture

et reçoivent des cours d’un enseignant.

Les deux salaires sont

payés par l’association.

Le médecin est un jeune

timide d’une vingtaine d’années

dont la pratique consiste à calmer

la douleur de ses patients avec

les médicaments de base qu’il

garde dans une armoire fermée

à clé : paracétamol, ibuprofène

et quelques antibiotiques. « La

plupart des maux évoqués sont

des infections gastro-intestinales

dues aux conditions dans

lesquelles ils vivent. C’est pourquoi

il est si important de les arrêter

chez les mineurs le plus tôt

possible pour éviter la déshydratation

et la malnutrition »,

explique-t-il après avoir consulté

plusieurs mères affligées

par la faiblesse et l’apathie de

leurs bébés. « Il est impossible

de maintenir une hygiène

minimale dans ce contexte. Il

faut leur expliquer qu’ils font

tout ce qu’ils peuvent parce

qu’ils se sentent coupables »,

ajoute le jeune homme. Devant

sa cabane, une fillette de cinq

ans, la tête couverte d’un voile,

joue avec d’autres enfants dans

un baby-foot décrépit. Ils rient

alors qu’ils s’efforcent de gagner.

Mais la joie n’éteint pas la

puanteur de la putréfaction.

La pauvreté totale

Nous, journalistes, savons que

la misère est insaisissable et

trompeuse : sa photogénicité la

rend tolérable devant ceux qui

ne subissent pas sa dépossession

de dignité. Les visages des

créatures, toujours adorables,

peuvent nous faire oublier pendant

quelques secondes leurs

organes génitaux nus, à peine

recouverts de tee-shirts élimés

; ses pieds nus, toujours sur le

point d’être embrochés par le

verre, les clous et les aiguilles

que recrache la décharge à peine

cachée ; leurs torses couverts de

piqûres infectées, leurs cheveux

décolorés par manque de pigments

par la malnutrition ; la

folie du bourdonnement et du

picage continu des mouches.

Le Mali fait partie des

quinze pays les plus pauvres

du monde, un piège sémantique

qui conduit au soulagement,

au sophisme de croire qu’il y

a des dizaines de millions de

personnes qui vivent mieux.

Pas dans des endroits comme

Faladie Garbale, pas la grande

majorité de sa population : la

misère parmi les presque 400

000 déplacés par la guerre au

Mali -30% de plus que l’année

précédente- est aussi absolue

que celle des plus pauvres dans

le reste des plus pauvres nations

sur la planète. Sauf qu’au Mali,

pays de 20 millions d’habitants,

il y a une minorité plus riche

que celle des pays voisins qui

fait monter la moyenne. Mais

leur bien-être n’atténue en rien

le manque de protection des

1,2 million d’enfants de moins

de 5 ans qui souffrent de malnutrition

en raison du manque

de nourriture suffisante pour un

bon développement et de maladies

telles que le paludisme et la

diarrhée.

La diarrhée tue plus que

toute autre maladie dans les

pays les plus pauvres du monde

et son origine est simplement

l’absence de conditions minimales

décentes pour un être

Des filles et des garçons écrivent sur un tableau noir dans le camp de déplacés de Faladie

Garbal, à côté de l’aéroport international de Bamako. RICARDO GARCIA VILANOVA

10 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022


R DE LA GUERRE!

Les familles déplacées doivent garder leur bétail à côté de

leurs huttes. RICARDO GARCIA VILANOVA

humain. Comme celles où ce

gamin joue à faire la vaisselle.

Il joue, mais il les lave vraiment,

dans l’un des ruisseaux qui

canalisent les eaux usées des

humains et du bétail avec l’eau

de pluie. Selon l’UNICEF, trois

cent mille garçons et filles ont

besoin d’un traitement urgent

pour survivre à la malnutrition

sévère au Mali. Le pire chiffre de

la dernière décennie.

« Beaucoup d’enfants qui

ne travaillent pas à la collecte

des ordures finissent par mendier.

Il y a même des familles qui

doivent les laisser aux soins

d’organismes religieux caritatifs

qui les font mendier avec

des bidons sur les routes. Le

mariage des enfants a également

beaucoup augmenté. La

chose habituelle dans les communautés

était qu’ils se marient

entre 14 et 15 ans. Mais à cause

du déplacement, il devient plus

difficile d’entretenir ces bouches,

alors elles sont mariées plus

tôt », explique Amadou Dicko,

un déplacé et fondateur de l’association

Action pour la justice

sociale et la solidarité avec les

victimes de la crise (AJSVIC).

Les mutilations génitales

féminines sont une pratique

répandue parmi la population

malienne, donc personne n’ose

s’attaquer aux conséquences

mortelles que sa pratique peut

avoir dans ces cabanes. Amadou

Dicko reconnaît que, même

s’il ne s’agit pas d’une question

publiquement abordée, le viol

est utilisé par des acteurs armés

comme une arme de guerre contre

les femmes et les filles.

La guerre est un accélérateur

de la vague réactionnaire

qui déferle sur le monde et qui

au Mali se matérialise par une

coupe des droits et libertés

lancée par le gouvernement de

transition qui, entre autres mesures,

a annoncé cet été l’interdiction

du narguilé dans

les restaurants et les bars et la

persécution de l’homosexualité.

Déplacé, dépossession

de tout

Dans le nord de la capitale, à

une heure de route de Faladie

Garbal, 350 autres familles espèrent

un jour quitter ce terrain

Un homme montre l’image d’un enfant assassiné dans sa

communauté. RICARDO GARCIA VILANOVA

vague où il n’y a guère plus

qu’eux qui tentent de survivre.

Une mère assise sur une bâche

en plastique par terre berce

une fille malade qui n’arrête

pas de pleurer. A ses pieds dort

une autre gamine de trois ans,

habituée aux gémissements de

sa sœur tandis que des mouches

s’enfoncent dans ses paupières

et ses lèvres. Quand il se

réveille, ses yeux semblent enflés

à cause d’une infection. Les

insectes continuent de se poser,

maintenant sur sa cornée, sans

que la créature fasse un effort

pour les repousser. La scène

est violente parce qu’une telle

misère absolue continue d’exister

en raison de la volonté politique

de le faire et il n’y a pas de

génocide plus continu et silencieux

que celui subi par les déplacés

et les réfugiés, dépouillés

de tout et condamnés à l’attente

et à la dépendance.

“Ils sont toujours malades,

c’est parce qu’ils doivent vivre

comme ça. Nous ne pouvons

pas acheter de nourriture, cela

devient de plus en plus cher. Et

les hommes reçoivent à peine de

l’argent », raconte la mère, Dikourou

Koulbally, 38 ans, même

si les années, dans certains contextes,

en disent encore moins

que d’habitude. Un autre enfant

volette autour de lui, lui caressant

la tête. A côté d’eux, sur le

sol en terre battue, une lame de

rasoir piétinée mille fois par des

pieds nus d’enfants.

A une centaine de mètres,

Diko Sidibe, 55 ans, berce son

petit-fils Abdrani. Elle le fait

jour et nuit depuis deux mois,

lorsque son accouchement a entraîné

la mort de sa fille. « Depuis

que nous avons fui il y a trois

ans, elle était toujours malade.

Elle est décédée trois jours

après avoir accouché. Depuis, je

m’occupe de mon petit-fils, mais

j’arrive à peine à le faire manger

et dormir”, explique-t-elle

en essayant de lui mettre un

biberon dans la bouche et en le

berçant doucement, la transformant

en berceau. Lorsqu’il enlève

le tissu qui le protège, on

découvre que son corps émacié

a presque la même taille que son

crâne. « Il peut mourir à tout

moment, comme les cinquante

enfants qui sont morts ces deux

dernières années. Ce garçon a

perdu sa mère. Il a passé des

jours à chercher un médicament

contre la toux. Puis il a perdu

son père. Il vient de mourir »,

raconte Ousman Dicko, déplacé

et coordinateur du camp.

Ses paroles flottent sur

la prière qu’une radio solaire

propage à travers le champ.

Une femme nettoie des sacs de

riz vides sur lesquels elle et sa

progéniture dorment chaque

nuit. Essayer de maintenir l’hygiène

pour sauver des vies est

un dévouement qui demande

une grande partie du temps des

femmes dans les camps de déplacés.

Un objectif frustrant et

infructueux dans ces conditions.

Abattre pour bannir

« Sept membres de ma famille

ont été tués. Ils m’ont frappé

à la jambe, mais j’ai réussi à

m’enfuir », raconte Dikourou

Koulbally, tout en montrant

les trois cicatrices au mollet et

au genou. « Ils sont arrivés au

milieu de la fusillade nocturne.

C’étaient les dozo, les chasseurs

dogon. Ils ont pris nos terres

et ils sont toujours là », poursuit

Ousman Dicko, un habitant

d’Ogossagou, un village

bankass du centre du pays. Il a

cinq enfants et ne sait pas quoi

faire maintenant pour les faire

avancer.

« Justement, j’ai quitté le

journalisme le jour de mon arrivée

à Ogossagou, le village

qu’ils fuyaient. Il y avait des cadavres

brûlés, des corps mutilés

et décapités. Ils m’appelaient

sans cesse de tous les médias

internationaux pendant que

cette scène m’entourait. Après

cette journée, j’ai décidé de me

consacrer à d’autres formes de

communication », explique qui

accompagne ces journalistes en

tant que traductrice. Le massacre

d’Ogossagou a eu lieu en

2019. Des membres de la communauté

dogon sont arrivés au

village à l’aube, à moto et armés

de fusils et de grenades. Ils ont

assassiné plus de 150 personnes

en quelques heures lors

du massacre le plus grave commis

à ce jour depuis le début de

la guerre en 2012. Des femmes

ont été taillées en pièces à coups

de machette et de nombreuses

femmes enceintes se sont fait

ouvrir le ventre.

C’est ce que ces gens fuient.

Et chaque cabane abrite un

ensemble de vies soutenues par

des pincettes. Dans la plupart

d’entre elles, un membre de

la famille est porté disparu.

“Ils l’ont tué comme on tue

des animaux.” Ahmed tient le

téléphone plus longtemps que

nécessaire pour identifier, parfaitement,

la section dans le

cou, la masse noire, les taches

de sang séché. L’enfant ne semble

pas avoir plus de dix ans.

“Beaucoup d’autres ont été tués,

y compris des bébés. C’est pourquoi

nous avons quitté Mopti

», conclut l’homme, d’un ton

automatique, déconnecté de ses

émotions.

Mopti est la région qui,

avec Gao et Ménaka, subit le

plus d’attaques jihadistes. Mais

pas seulement. Comme l’explique

le chercheur Iván Navarro

dans le Rapport Sahel. Une

décennie marquée par l’instabilité

dans la triple frontière, de

l’Escola de Cultura de Pau, “les

cycles de violence entre agriculteurs

et éleveurs sont devenus

de plus en plus intenses depuis

2015, se concentrant dans la région

de Mopti, centre du pays”.

Au fur et à mesure que les milices

et les groupes d’autodéfense

ont vu le jour, les conflits sont

devenus plus longs et plus

meurtriers.

Car dans la guerre au

Mali, qui touche aussi les zones

frontalières du Burkina Faso et

du Niger, de plus en plus d’acteurs

sont impliqués : des organisations

djihadistes, les plus

meurtrières selon les experts

comme le Malien Boris G. Karbré,

directeur de l’ONG Reconcilia

Terra, mais aussi des milices

d’autodéfense de différents

groupes ethniques, des groupes

criminels dédiés au trafic d’êtres

humains, de drogue et d’armes,

des missions internationales

telles que celles de l’Union africaine,

de l’Union européenne et

de l’ONU, les mercenaires russes

de Wagner et, aussi, l’armée.

Human Rights Watch a

dénoncé un massacre de plus de

300 civils lors d’une opération

conjointe de l’armée malienne et

des mercenaires de la Warner en

avril 2022 dans la ville de Moura.

Aussi une enquête de Radio

France Internationale, basée sur

de nombreux témoignages - selon

ce qu’elle soutient - dénonce

que les mercenaires russes auraient

violé et abusé de nombreuses

femmes dans le village

de Nia-Ouro, à Mopti, en plus

de procéder à des pillages en

collaboration avec des soldats

locaux et des chasseurs dogons

qui les ont accompagnés lors

d’une attaque début septembre.

Et alimentant tous ces

conflits d’intérêts des différents

acteurs armés, la crise climatique

a aggravé la lutte pour

les ressources entre les ethnies

vouées au pâturage, à l’agriculture,

à la chasse et à la pêche.

“A cela s’ajoute la hausse

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de plus de 20% des prix alimentaires

suite à la guerre en

Ukraine”, explique Ibrahim Diaby,

de l’ONG Stop Sahel. La

région du Sahel, qui traverse le

continent africain, est l’une des

régions les plus touchées par la

crise dite des 4C : celle causée

par la somme de la crise climatique,

de la pandémie du COVID,

des prix alimentaires et des conflits

comme celui en Ukraine.

45% des céréales importées en

Afrique proviennent d’Ukraine

et de Russie.

« Notre changement de

vie a été absolu. Avant nous

étions indépendants, maintenant

nous dépendons totalement

de qui veut nous

aider. Nous n’avons pas de

vitamines, pas de viande ou de

poisson. Il fait très chaud et les

gens tombent malades tout le

temps : plus de 150 adultes et

50 enfants sont morts ces deux

dernières années simplement

à cause des mauvaises conditions

de vie », explique Ousman

Dicko, alors que certains

hommes retournent au camp de

déplacés de Kati après les heures

d’ouverture, cherchent du

travail en ville ou cultivent sur

de petits terrains vagues que les

déplacés ont transformés en jardins

urbains.

«Ils doivent négocier

avec tout le monde et mettre fin

à la guerre une fois pour toutes.

Les déplacés sont ceux qui ont

le plus souffert et ceux qui

continuent de souffrir le plus.

Et c’est nous qui comprenons

qu’il faut faire tout ce qu’il faut

pour sortir de cette situation »,

poursuit Dicko. Et il conclut : «

Nous ne pouvons pas continuer

à enterrer des enfants et des

adultes affamés faute d’avoir

des terres.

Cette chronique fait partie

d’un reportage au Mali réalisé

par Patricia Simón et Ricardo

García Vilanova dans le cadre

d’un projet de l’Institut des

droits de l’homme de Catalogne,

avec la collaboration de l’Escola

de Cultura de Pau, financé par

l’Agence catalane de Coopération

dans le développement.

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Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022

Haiti Liberté/Haitian Times

11


Perspectives

Pourquoi nous sommes communistes !

Le Parti bolchevique – dirigé par Lénine et Trotsky – qui a guidé les

masses vers la victoire.

Le mot « communisme » est certainement

le mot le moins compris

de la langue française. Et ce

n’est pas une surprise. Depuis sa

création, le mouvement communiste

a fait l’objet d’une montagne

de calomnies et de déformations de

la part des défenseurs du statu quo.

Dans les écoles, les universités

et les médias, on nous dit que

le communisme signifie que tout le

monde est payé le même salaire;

qu’il signifie la fin de l’individualité

et de la liberté d’expression; qu’il

signifie un contrôle totalitaire par

un chef suprême. Et surtout, que

le communisme « a été essayé et

a échoué ».

Une quantité industrielle de

textes sont produits dans le seul

but de discréditer le mouvement

communiste et les accomplissements

des révolutions des travailleurs,

comme la Révolution russe.

Et pourtant, rien de tout cela

n’a réussi à endiguer la vague. De

plus en plus de jeunes sont attirés

par les idées du communisme. Aux

États-Unis – « l’antre de la bête »

du capitalisme mondial – plus d’un

tiers des jeunes ont une opinion favorable

du communisme.

Le capitalisme en crise

L’explication de ce phénomène est

très simple. La génération actuelle

a grandi en ne connaissant que la

crise, l’instabilité, l’austérité et la

catastrophe climatique. Partout où

nous regardons, nous voyons la

guerre, la faim et la pauvreté.

Partout dans le monde, le

coût de la vie explose, tandis que le

patronat mène une offensive contre

les salaires et les conditions de

travail, pour faire porter à la classe

ouvrière le coût de la crise du capitalisme.

Pourtant, dans le même

temps, les capitalistes ont vu leurs

bénéfices augmenter de façon considérable

grâce à la pandémie, à la

guerre en Ukraine et à l’inflation.

Il y a longtemps, dans Le

Capital, Marx a souligné que, sous

le capitalisme, « l’accumulation de

richesse à un pôle signifie donc en

même temps à l’autre pôle une accumulation

de misère, de torture à

la tâche, d’esclavage, d’ignorance,

de brutalité et de dégradation morale

».

Plutôt que de pointer du doigt

tel ou telle politicien ou politique,

les jeunes commencent à arriver à

la conclusion correcte que la racine

du problème est le système capitaliste

lui-même.

Cet intérêt pour les idées

communistes ne fera que croître,

alors que le capitalisme continue

de plonger le monde dans une crise

et une lutte des classes intense.

Les idées du communisme sont les

idées de l’avenir. L’histoire est de

notre côté.

Pourquoi le communisme?

Pour les marxistes, le communisme

n’est pas une image idéale de ce à

quoi nous voulons que le monde

ressemble. Il ne s’agit pas non plus

d’un plan détaillé de la façon de

gérer la société. Le communisme

est, pour reprendre les mots de

Marx, « le mouvement réel qui abolit

l’état actuel des choses ».

Le marxisme est une manière

scientifique de voir le monde.

Nous commençons par analyser

les développements réels qui ont

eu lieu sous le capitalisme, et les

forces qui conduisent le système à

sa crise.

Sous le capitalisme, nous

avons assisté à un énorme développement

des forces productives.

Nous disposons d’énormes usines

de haute technologie et d’une agriculture

moderne à grande échelle

qui sont déjà capables de fournir

un niveau de vie décent à chaque

personne sur la planète.

Mais ces moyens de production

sont détenus par une poignée

de monopoles parasitaires, qui ne

s’intéressent qu’à une chose, et

une seule : le profit.

Au lieu d’être utilisés pour

satisfaire les besoins de la majorité

de la société, les moyens de production

sont utilisés pour enrichir

une infime minorité et défendre ses

privilèges. Telle est la logique du

capitalisme.

De plus, malgré la planification

méticuleuse qui a lieu au sein

de ces monopoles géants à l’étape

de la production, une fois que la

marchandise sort de l’usine, sa

distribution est laissée aux forces

aveugles et anarchiques du « libre

» marché.

Nous sommes donc confrontés

à un système chaotique,

non planifié et irrationnel – un

système où la famine et la misère

côtoient la surproduction et le

gaspillage, où le chômage des uns

côtoie l’hyper-exploitation des autres.

Tout cela montre que le capitalisme

est entré en phase de déclin

terminal et qu’il entraîne la société

– et la planète – dans sa chute.

Une transformation socialiste

Pour assurer une existence épanouie

et digne à l’ensemble de l’humanité,

et pour éviter que la société

ne soit entraînée dans la barbarie,

il faudra retirer les moyens de

production des mains privées, en

expropriant la classe capitaliste.

Cela signifie nationaliser les grands

leviers de l’économie et les placer

sous contrôle démocratique des

travailleurs.

Comme l’histoire nous l’a

prouvé, cela ne peut pas être réalisé

petit à petit à travers des réformes

parlementaires. Au lieu de

cela, une lutte révolutionnaire sera

nécessaire pour évincer de force la

classe capitaliste et briser son appareil

d’État répressif.

La seule force sociale capable

de mener à bien cette transformation

révolutionnaire est la

classe ouvrière, qui est aujourd’hui

la classe la plus nombreuse dans

toutes les sociétés, et qui détient de

manière cruciale les leviers clés de

l’économie entre ses mains. Une

fois mobilisée, la classe ouvrière

peut paralyser la société, si elle le

souhaite.

Une fois que nous serons

capables d’utiliser les moyens de

production selon un plan rationnel,

nous pourrons fournir à tout le

monde non seulement les produits

de première nécessité – nourriture,

soins de santé, logement de

bonne qualité, etc. – mais aussi

une éducation de haute qualité, du

berceau jusqu’à la tombe. Sur une

telle base, la science et la culture se

développeraient pour atteindre des

sommets inimaginables.

L’automatisation et l’innovation

technologique pourraient être

utilisées pour réduire notre charge

de travail et augmenter notre

temps de loisir, plutôt que de créer

du chômage et de rendre le travail

plus monotone comme c’est le cas

aujourd’hui.

Avec le temps, sur la base

d’une surabondance de ressources

et de l’élimination de la rareté,

il n’y aurait plus besoin de faire

payer pour l’obtention de biens et

services.

La société serait régie par la

célèbre maxime de Marx : « De

chacun selon ses capacités, à chacun

selon ses besoins. »

Une fois que nous aurons

atteint l’étape du communisme,

les divisions de classes seront devenues

une chose du passé. Et

par conséquent, l’État – qui est

un instrument de répression d’une

classe par une autre – perdra également

sa raison d’être et disparaîtra.

Mais pour aller du point A

au point B, le capitalisme doit être

renversé à l’échelle mondiale. Le

socialisme est international ou il

n’est rien. Puisque cela ne peut se

produire d’un seul coup, une période

transitoire de socialisme constituera

nécessairement un pont

entre la révolution et le communisme.

Durant cette période transitoire,

un État ouvrier sera nécessaire

pour défendre les acquis de la

classe ouvrière contre les forces de

la réaction.

Bolchevisme

Mais comment pouvons-nous

réaliser tout cela? Pour répondre à

cette question, il est nécessaire de

revenir sur l’histoire du mouvement

ouvrier.

La classe ouvrière a tenté à

de nombreuses reprises de prendre

le pouvoir et de transformer la

société dans le sens du socialisme,

et ce depuis la Commune de Paris

en 1871. Cependant, peu de ces

tentatives ont été couronnées de

succès.

En fait, la seule fois dans

l’histoire où la classe ouvrière a

réussi à prendre le pouvoir et à le

conserver est la période qui a suivi

la Révolution russe de 1917.

Dans les années qui ont suivi

la révolution, la classe ouvrière a

réalisé de nombreux progrès importants,

notamment en matière

de planification économique, de

contrôle de l’industrie par les ouvriers

et de véritable démocratie

fondée sur un système de « soviets

», c’est-à-dire de conseils ouvriers.

Des bonds de géant ont été

accomplis dans le domaine des

droits sociaux et politiques, comme

le droit à l’avortement et le

droit à l’autodétermination pour les

nationalités opprimées. Plus d’un

siècle plus tard, le capitalisme dit «

libéral » et « démocratique » s’est

révélé incapable de garantir de tels

droits.

Dans cette lutte, un rôle

décisif a été joué par le Parti bolchevique

– dirigé par Lénine et

Trotsky – qui a guidé les masses

vers la victoire. Des révolutions

surviendront, que nous soyons

prêts ou non, mais sans direction

révolutionnaire, une révolution socialiste

réussie est impossible.

En tant que communistes,

nous nous basons sur les précieuses

leçons de la tradition bolchevique,

car c’est la seule méthode

qui a fait ses preuves.

Rejoins les marxistes!

Lénine et les bolcheviques ont

compris le rôle primordial que les

idées marxistes jouent dans la construction

du parti révolutionnaire.

Comme Lénine l’a fait remarquer :

« Sans théorie révolutionnaire, pas

de mouvement révolutionnaire. »

Ainsi, la première tâche des

communistes d’aujourd’hui est

d’étudier les idées du marxisme,

qui sont les seules à pouvoir expliquer

la crise dans laquelle nous

nous trouvons et à indiquer la voie

à suivre dans la lutte des classes.

Ce n’est qu’en nous armant

d’idées révolutionnaires que nous

pouvons intervenir dans la lutte

des classes en tant que communistes,

capables de gagner la confiance

de notre classe et de la diriger

dans la lutte révolutionnaire.

C’est ce que nous nous efforçons

de faire à la Tendance

marxiste internationale. Ce ne sera

pas facile, mais c’est la tâche que

l’histoire nous a confiée.

Une période de lutte de classe

intense, de révolutions et de contre-révolutions

s’ouvre déjà devant

nous. Nous ne pouvons pas nous

permettre d’être à la traîne. Nous

devons saisir chaque occasion pour

construire les forces du marxisme.

L’avenir est au communisme. Mais

nous avons besoin de vous pour

que ce futur puisse voir le jour.

La Riposte socialiste 15

Septembre 2022

VIENT DE PARAÎTRE : LES CAPSULES DESSALINIENNES

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Dessalines, cet homme fascinant, conséquent, et exceptionnel

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12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022


Devoir de Mémoire

Palestine : 40e anniversaire du massacre

de Sabra et Chatila

Les 15, 16 et 17 septembre 1982, le camp de réfugiés palestiniens de Sabra

et le quartier de Chatila ont été ensanglantés: les milices de la Phalange

libanaise, avec le soutien logistique direct de l’armée israélienne,

massacrent brutalement entre 3 000 et 3 500 Palestiniens, dont des

femmes, des enfants et des personnes âgées.

Ariel Sharon et Menahem Begin, directement responsables du génocide

Par Ramzy Baroud

Le 16 septembre marque le 40e anniversaire

du massacre de Sabra et

Chatila, le massacre d’environ 3 000

Palestiniens aux mains des milices

phalangistes libanaises opérant sous

le commandement de l’armée israélienne.

Quatre décennies se sont écoulées,

mais aucune mesure de justice n’a

été rendue aux survivants du massacre.

Beaucoup d’entre eux sont morts, et

d’autres vieillissent alors qu’ils portent

les cicatrices de blessures physiques

et psychologiques, dans l’espoir que,

peut-être, de leur vivant, ils verront

leurs bourreaux derrière les barreaux.

Cependant, de nombreux commandants

israéliens et Phalange qui

avaient ordonné l’invasion du Liban,

orchestré ou perpétré les massacres

odieux dans les deux camps de réfugiés

palestiniens en 1982, sont déjà morts.

Ariel Sharon, qui a été impliqué par la

commission officielle israélienne Kahan

un an plus tard pour sa “responsabilité

indirecte” dans les massacres et les viols

macabres, a ensuite gravi les échelons

pour devenir, en 2001, le Premier

ministre israélien.

Même avant le massacre de Sabra

et Chatila, le nom de Sharon a toujours

été associé aux meurtres de masse

et à la destruction à grande échelle.

C’est dans la soi-disant « Opération

Shoshana », dans le village palestinien

de Qibya en Cisjordanie en 1953, que

Sharon a acquis sa tristement célèbre

réputation. Après l’occupation israélienne

de Gaza en 1967, le général israélien

est devenu connu sous le nom

de “Le Bulldozer”, et après Sabra et

Chatila, “Le Boucher”.

Le Premier ministre israélien de

l’époque, Menachim Begin, est égale-

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Une femme palestinienne porte des portraits de ses proches qui ont été

tués lors du massacre de Sabra et Chatila lors d’une marche pour marquer

le 30e anniversaire du massacre de Beyrouth. Photo du dossier : Sharif

Karim. Reuter

ment mort, ne montrant aucun remords

pour le meurtre de plus de 17 000 Libanais,

Palestiniens et Syriens lors de l’invasion

du Liban en 1982. Sa réponse

nonchalante aux tueries dans les

camps de réfugiés de Beyrouth-Ouest

incarne l’attitude d’Israël envers tous

les massacres et tous les massacres perpétrés

contre les Palestiniens au cours

des 75 dernières années. « Les Goyim

tuent les Goyim, et ils blâment les Juifs

», a-t-il dit.

Les témoignages de ceux qui

sont arrivés dans les camps de réfugiés

après les jours de massacre dépeignent

une réalité qui nécessite une profonde

réflexion, non seulement parmi les

Palestiniens, les Arabes et surtout les

Israéliens, mais aussi l’humanité dans

son ensemble.

La défunte journaliste américaine

Janet Lee Stevens a décrit ce dont elle

avait été témoin : « J’ai vu des femmes

mortes dans leurs maisons avec leurs

jupes jusqu’à la taille et leurs jambes

écartées ; des dizaines de jeunes hommes

abattus après avoir été alignés

contre un mur de ruelle ; des enfants

égorgés, une femme enceinte au ventre

ouvert, les yeux encore grands ouverts,

son visage noirci hurlant silencieusement

d’horreur ; d’innombrables bébés

et tout-petits qui avaient été poignardés

ou déchirés et qui avaient été

jetés dans des tas d’ordures ».

Le Dr Swee Chai Ang venait

d’arriver au Liban en tant que chirurgien

bénévole, en poste à la Société du

Croissant-Rouge à l’hôpital de Gaza à

Sabra et Chatila. Son livre, « De Beyrouth

à Jérusalem : une femme chirurgienne

avec les Palestiniens », reste

l’une des lectures les plus critiques sur

le sujet.

Dans un article récent, le Dr Swee

a écrit qu’à la suite de la publication de

photographies des « tas de cadavres

dans les allées du camp », une indignation

mondiale s’en est suivie, mais elle

a été de courte durée : « Les familles

des victimes et les survivants ont été

bientôt laissés seuls pour continuer leur

vie et revivre le souvenir de cette double

tragédie du massacre, et des dix semaines

précédentes de bombardements

terrestres, aériens et maritimes intensifs

et de blocus de Beyrouth pendant l’invasion.

Les pertes libanaises et palestiniennes

dans la guerre israélienne

sont dévastatrices en termes de nombre.

Cependant, la guerre a également

changé le Liban à jamais et, suite à

l’exil forcé de milliers d’hommes palestiniens

ainsi que de l’ensemble des

dirigeants de l’OLP, les communautés

palestiniennes au Liban se sont retrouvées

politiquement vulnérables, socialement

défavorisées et économiquement

isolées.

L’histoire de Sabra et Chatila

n’était pas simplement un chapitre

sombre d’une époque révolue, mais

une crise morale permanente qui continue

de définir la relation d’Israël avec

les Palestiniens, met en lumière le piège

démographique et politique dans lequel

vivent de nombreuses communautés

palestiniennes au Moyen-Orient et accentue

l’hypocrisie de la communauté

internationale dominée par l’Occident.

Ce dernier semble ne s’occuper que de

certains types de victimes, et pas des

autres.

Dans le cas des Palestiniens, les

victimes sont souvent décrites par les

gouvernements et les médias occidentaux

comme des agresseurs. Même

pendant cette horrible guerre israélienne

contre le Liban il y a 40 ans, certains

dirigeants occidentaux ont répété

le mantra fatigué : « Israël a le droit de

se défendre ». C’est ce soutien indéfectible

à Israël qui a rendu l’occupation

israélienne, l’apartheid et le siège de

la Cisjordanie et de Gaza politiquement

possibles et financièrement viables – en

fait, rentables.

Israël aurait-il été capable d’envahir

et de massacrer à volonté s’il n’y

avait pas eu le soutien militaire, financier

et politique américain et occidental

? La réponse est un «non» affirmatif.

Ceux qui doutent d’une telle conclusion

n’ont qu’à considérer la tentative,

en 2002, des survivants du massacre

des camps de réfugiés du Liban de tenir

Ariel Sharon responsable. Ils ont porté

leur affaire en Belgique, profitant d’une

loi belge qui autorisait la poursuite des

criminels de guerre internationaux

présumés. Après de nombreux marchandages,

des retards et d’intenses

pressions de la part du gouvernement

américain, le tribunal belge a finalement

abandonné l’affaire. En fin de

compte, Bruxelles a modifié ses propres

lois pour garantir que de telles crises

diplomatiques avec Washington et Tel-

Aviv ne se reproduisent pas.

Pour les Palestiniens, cependant,

l’affaire ne sera jamais abandonnée.

Dans son essai, “Avenging Sabra and

Shatila”, Kifah Sobhi Afifi’ a décrit

l’attaque conjointe phalangiste-israélienne

contre son camp de réfugiés alors

Il y a 40 ans, Sabra et Chatila

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qu’elle n’avait que 12 ans.

“Alors nous avons couru, en essayant

de rester aussi près que possible

des murs du camp”, a-t-elle écrit.

« C’est alors que j’ai vu les tas de cadavres

tout autour. Des enfants, des

femmes et des hommes, mutilés ou

gémissant de douleur en mourant. Les

balles volaient partout. Les gens tombaient

tout autour de moi. J’ai vu un

père utiliser son corps pour protéger ses

enfants, mais ils ont tous été abattus et

tués de toute façon.

suite à la page(16)

Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Perspectives

L’UE mise à genoux par les Straussiens

Pour le professeur Leo Strauss, il valait mieux être Hitler que tomber dans

ses mains. Paul Wolfowitz, Victoria Nuland et Anthony Blinken dans le

bureau de John Kerry.

Par Thierry Meyssan

Un groupuscule états-unien, constitué

autour de la pensée du

philosophe Leo Strauss, contrôle

désormais à la fois le secrétariat à la

Défense et celui d’État. Après avoir

organisé quantité de guerres depuis

celles de Yougoslavie, ils ont imaginé

celle d’Ukraine. Il manipule désormais

l’Union européenne et s’apprête

à la priver de sources d’énergie. Si les

dirigeants européens n’ouvrent pas

les yeux, leur alliance avec Washington

conduira à l’effondrement de

l’économie de l’Union. Il ne sert à

rien de croire que les Européens seront

épargnés parce que développés.

Les straussiens ont écrit, dès 1992,

qu’ils n’hésiteraient pas à détruire

l’Allemagne et l’UE.

À partir de 1949, le philosophe

allemand juif Leo Strauss enseigna à

l’université de Chicago. Il constitua

bientôt un petit groupe de disciples

juifs, choisis parmi ses élèves. Il leur

délivra un enseignement oral, bien

différent de ses écrits. Selon lui, les

démocraties avaient montré leur

incapacité à protéger les juifs de la

solution finale nazie. Pour éviter que

ce drame ne se reproduise et que le

marteau ne s’abatte à nouveau sur

eux, ses disciples devaient donc se

placer de l’autre côté du manche. Il

leur conseilla d’édifier leur propre

dictature.

Organisant ses disciples, Leo

Strauss les appela ses « hoplites »

(les soldats de Sparte). Il les éduqua

à aller perturber les cours de certains

de ses collègues professeurs.

Plusieurs des membres de

cette secte ont occupé de très hautes

fonctions aux États-Unis et en Israël.

Le fonctionnement et l’idéologie de

ce groupuscule ont fait l’objet de controverses

après les attentats du 11

septembre 2001. Une abondante littérature

a opposé les partisans et les

adversaires du philosophe. Les faits

sont cependant indiscutables [1].

Des auteurs antisémites ont

amalgamé, à tort, les straussiens, les

communautés juives de la diaspora et

l’État d’Israël. Or, jamais l’idéologie

de Leo Strauss n’a été discutée dans

le monde juif avant le 11-septembre.

D’un point de vue sociologique, il

s’agit d’un phénomène sectaire, pas

du tout représentatif de la culture

juive. Toutefois, en 2003, les « sionistes

révisionnistes » de Benjamin

Netanyahu conclurent un pacte avec

les straussiens US, en présence d’autres

dirigeants israéliens [2]. Cette

alliance ne fut jamais publicisée.

Une des caractéristiques de ce

groupuscule est d’être prêt à tout. Par

exemple, ils voulaient faire revenir

l’Iraq à l’âge de la pierre. C’est effectivement

ce qu’ils ont fait. Pour eux

tous les sacrifices sont possibles, y

compris pour eux-mêmes, pourvu

qu’ils restent les premiers ; pas les

meilleurs, les premiers [3] !

En 1992, un conseiller du

secrétaire à la Défense, le straussien

Paul Wolfowitz, rédigea le Defense

Planning Guidance. C’était le premier

document officiel US reflétant la

pensée de Leo Strauss [4]. Wolfowitz

a été initié à la pensée de Strauss

par le philosophe états-unien Allan

Bloom (ami du Français Raymond

Aron), il n’a lui-même connu que

brièvement le maître à la fin de son

enseignement à Chicago. Cependant,

l’ambassadrice US à l’Onu, Jeane

Kirkpatrick, l’a reconnu comme

« une des grandes figures straussiennes

» [5].

Dans le contexte de la dissolution

de l’Union soviétique, Wolfowitz

développe une stratégie pour maintenir

l’hégémonie des États-Unis sur la

totalité du reste du monde.

Le Defense Planning Guidance

aurait dû rester confidentiel,

mais le New York Times en révéla

les principales lignes et en publia des

extraits [6]. Trois jours plus tard, le

Washington Post en révéla d’autres

détails [7]. En définitive, le texte

original ne fut jamais rendu public,

mais une version retouchée par

le secrétaire à la Défense (et futur

vice-président), Dick Cheney, circula.

On sait que le document initial

se fonde sur une série de réunions

auxquelles deux autres personnes,

toutes trois straussiennes, ont participé

: Andrew Marshall, le « penseur »

du Pentagone (qui fut remplacé

trois ans après sa mort par Arthur

Cebrowski), Albert Wohlstetter, le

penseur de la stratégie de dissuasion

atomique, et son gendre Richard

Perle, le futur directeur du Defense

Policy Board. Le Defense Planning

Guidance a été rédigé par un élève de

Wohlstetter, Zalmay Khalilzad (futur

ambassadeur à l’Onu).

Le document évoque un nouvel

« ordre mondial [...] au final

soutenu par les États-Unis », dans

lequel l’unique superpuissance

n’aurait plus que des alliances conjoncturelles,

au gré des conflits.

L’Onu et même l’Otan seraient de

plus en plus mises sur la touche.

Plus largement, la doctrine Wolfowitz

théorise la nécessité pour les

États-Unis de bloquer l’émergence de

tout compétiteur potentiel à l’hégémonie

états-unienne, notamment les

« nations industrielles avancées »

telles que l’Allemagne et le Japon.

Particulièrement visée, l’Union européenne

: « Bien que les États-Unis

soutiennent le projet d’intégration

européenne, nous devons veiller à

prévenir l’émergence d’un système

de sécurité purement européen qui

minerait l’Otan, et particulièrement

sa structure de commandement

militaire intégré ». Les Européens

seront ainsi priés d’inclure dans le

Traité de Maastricht une clause subordonnant

leur politique de défense à

celle de l’Otan, tandis que le rapport

du Pentagone préconise l’intégration

des nouveaux États d’Europe centrale

et orientale au sein de l’Union

européenne, tout en leur faisant

bénéficier d’un accord militaire avec

les États-Unis les protégeant contre

une éventuelle attaque russe [8].

Or, depuis trente ans, ce document

est patiemment mis en œuvre.

Le Traité de Maastricht inclut

effectivement au titre V, article J4, un

paragraphe 4 qui stipule : « La politique

de l’Union au sens du présent

article n’affecte pas le caractère

spécifique de la politique de sécurité

et de défense de certains États

membres, elle respecte les obligations

découlant pour certains États

membres du traité de l’Atlantique

Nord et elle est compatible avec la

politique commune de sécurité et de

défense arrêtée dans ce cadre ». Ces

dispositions ont été reprise dans les

différents textes jusqu’à l’article 42

du traité sur l’Union européenne.

Les États, anciennement membres

du Pacte de Varsovie, ont presque

tous adhéré à l’Union européenne.

Cette décision a été un choix imposé

par Washington et annoncé par le

secrétaire d’État James Baker juste

avant la réunion du Conseil européen

qui l’a avalisée.

En 2000, Paul Wolfowitz

fut, avec Zbignew Brzezinki, l’orateur

principal d’un vaste colloque

ukraino-US à Washington, organisé

par les « nationalistes intégraux »

ukrainiens réfugiés aux USA. Il y prit

l’engagement de soutenir l’Ukraine

indépendante, de provoquer une

entrée en guerre de la Russie contre

elle, et au final de financer la destruction

du rival renaissant des États-

Unis [9].

Ces engagements ont été mis

en application avec l’adoption, le

28 avril 2022, de l’Ukraine Democracy

Defense Lend-Lease Act of

2022 [10]. L’Ukraine est désormais

dispensée de toutes les procédures de

contrôle des armements, notamment

des certificats de destination finale.

Des armes très couteuses sont cédées

en prêt-bail par les USA à l’UE pour

défendre l’Ukraine. Lorsque la guerre

sera finie, les Européens devront

payer ce qu’ils auront consommé. Et

l’addition sera lourde.

Bien que les élites européennes

aient jusqu’à présent bénéficié de leur

alliance avec les États-Unis, elles ne

doivent pas s’étonner, au vu du Defense

Planning Guidance, que ceuxci

tentent de les détruire aujourd’hui.

Elles ont déjà vu ce dont Washington

était capable après les attentats du

11-Septembre : Paul Wolfowitz interdit

aux pays qui avaient exprimé

des réserves sur cette guerre, comme

l’Allemagne et la France, de conclure

des contrats pour la reconstruction de

l’Iraq [11].

Actuellement, la hausse des

prix des sources d’énergie auquel

s’ajoute désormais leur raréfaction

menacent non seulement le

chauffage et le transport des particuliers,

mais surtout la survie de toutes

leurs industries. Si ce phénomène se

prolonge, c’est l’économie de l’Union

européenne dans son ensemble qui

s’effondrera brutalement ramenant

sa population au moins un siècle en

arrière.

Ce phénomène est difficile à

analyser car les prix et la disponibilité

des sources d’énergie varient en

fonction de nombreux facteurs.

En premier lieu, les prix dépendent

de l’offre et de la demande. Ils

ont donc remonté avec le redémarrage

économique global de la fin de

l’épidémie de Covid-19.

En second lieu, les sources

d’énergie sont les principales cibles

des spéculateurs. Plus encore que les

monnaies. Le prix mondial du pétrole

peut être multiplié par 2,5 uniquement

par effet de la spéculation.

Jusque là, tout est habituel et

connu. Mais les sanctions occidentales

contre la Russie, à la suite de

son application de l’Accord de Minsk

II dont elle s’était portée garante

devant le Conseil de sécurité, ont

cassé le marché mondial. Désormais,

il n’y a plus de prix global, mais

des prix différents selon les pays

des vendeurs et des clients. Il existe

toujours des prix côtés en bourse à

Wall Street et à la City, mais ils n’ont

aucun rapport avec ceux pratiqués à

Beijing et à New Delhi.

Surtout, le pétrole et le gaz, qui

étaient abondants dans l’Union européenne,

commencent à y manquer,

alors qu’au plan global, ils sont toujours

surabondants.

Tous nos repères sont bousculés.

Nos outils statistiques, conçus

pour le marché global, ne sont absolument

pas adaptés à la période

actuelle. Nous ne pouvons donc que

poser des hypothèses, sans aucun

moyen de les vérifier. Cette situation

permet à beaucoup de raconter n’importe

quoi avec un air docte ; en fait

nous évoluons tous au juger.

L’un des facteurs actuels est le

reflux des dollars qui servaient aux

échanges et à la spéculation et qui ne

sont plus utilisables pour ces transactions

dans certains pays. Cette monnaie,

principalement virtuelle, quitte

la Russie et ses alliés pour aller ou

revenir dans les pays où elle a encore

cours. Il s’agit là d’un phénomène

gigantesque que la Réserve fédérale

et les armées US ont toujours voulu

éviter, mais que les straussiens de

l’administration Biden (le secrétaire

d’État Antony Blinken et son adjointe

Victoria Nuland) ont délibérément

provoqué.

Persuadés à tort que la Russie

à envahi l’Ukraine et tente de l’annexer,

les Européens s’interdisent

de commercer avec Moscou. En pratique,

ils consomment toujours du

gaz russe, mais ils se persuadent que

Gazprom va leur couper le robinet.

Leur presse a, par exemple, annoncé

que la compagnie russe fermait le

gazoduc Nord Stream, alors qu’elle

avait annoncé une interruption technique

de trois jours. Habituellement,

les livraisons des gazoducs sont interrompues

pour maintenance pendant

deux jours, tous les deux mois.

Ici, Gazprom a été entravé dans son

entretien par le blocus occidental

qui empêchait qu’on lui retourne

les turbines qu’il avait envoyées en

réparation au Canada. Peu importe,

les populations ont compris que les

méchants Russes leur avaient coupé

le gaz à la veille de l’hiver.

La propagande européenne

vise à préparer l’opinion publique à

une fermeture définitive du gazoduc

et à en faire porter la responsabilité

à la Russie.

Dans cette affaire, les dirigeants

de l’Union ne font qu’appliquer les

directives des straussiens. Ce faisant,

ils sabordent l’industrie européenne

au détriment de leurs citoyens. Déjà

quelques usines à forte consommation

d’énergie ont réduit leur production,

voire ont fermé.

Ladislav Vrábel organisa la

première manifestation pro-

Russe dans l’Union européenne.

Cet entrepreneur de 44 ans

s’était déjà fait remarquer

en contestant les mesures

contraignantes de Bruxelles

contre l’épidémie de Covid-19.

Le processus de décrépitude de

l’Union européenne se poursuivra

tant que personne n’osera s’y opposer.

À la surprise générale, une

première manifestation favorable à

la Russie s’est tenue, le 3 septembre

à Prague. La police a admis la

présence de 70 000 personnes (pour

un pays de 10 millions d’habitants),

mais ils étaient probablement beaucoup

plus nombreux. Les commentateurs

politiques les méprisent et

les considèrent comme les « idiots

utiles de Poutine ». Mais ces insultes

masquent mal le malaise des élites

européennes.

Les experts en matière d’énergie

considèrent inévitables des coupures

de courant dans toute l’Union.

Seule la Hongrie, qui a obtenu

préalablement des dispenses, pourrait

échapper aux règles du marché

unique de l’énergie. Ceux qui pourront

produire de l’électricité devront

la partager avec ceux qui en sont

incapables. Peu importe que cette incapacité

soit le fruit d’une malchance

ou d’une imprévoyance.

Bruxelles devrait commencer

par des baisses de tension, puis

décréter des coupures la nuit, et

enfin le jour. Les particuliers auront

des difficultés à entretenir des ascenseurs,

à chauffer leurs logements en

hiver, à faire la cuisine s’ils utilisent

des plaques électriques et, ceux qui

utilisent des trains, des autobus ou

des voitures électriques, devraient

avoir des difficultés pour se déplacer.

Les entreprises qui consomment

beaucoup d’énergie, comme les

hauts fourneaux, devraient fermer.

Des infrastructures devraient devenir

impraticables, comme les tunnels

longs qui ne pourront plus être aérés.

Surtout les installations électroniques

conçues pour fonctionner en continu

ne supporteront pas des coupures

répétées. Ce sera par exemple le cas

des antennes indispensables aux réseaux

de téléphonie mobile qui seront

bonnes à jeter au bout de trois

mois de ce traitement.

Dans les pays du tiers-monde

où l’électricité est rare, on utilise des

leds à batterie pour s’éclairer et des

UPS pour alimenter des machines

à faible consommation, comme les

ordinateurs ou des télévisions. Mais

ces matériels sont pour le moment

absents des commerces dans l’Union.

Le PIB de l’UE a déjà baissé de

près de 1 %. Cette récession se poursuivra-t-elle

comme le planifient les

straussiens ou les citoyens de l’Union

l’interrompront-ils comme tente de le

faire une partie du peuple tchèque ?

Les straussiens iront jusqu’au

bout. Ils ont profité de la décadence

états-unienne pour s’arroger le vrai

Pouvoir. Puisque qu’un junkie, jamais

élu, peut utiliser des avions officiels à

gogo pour faire des affaires partout

dans le monde [12], ils se sont discrètement

installés dans l’ombre du

président Biden et gouvernent à sa

place. Les dirigeants européens, eux,

sont soit aveugles, soit trop engagés

pour s’arrêter, reconnaître leur trente

ans d’erreurs et faire demi-tour.

suite à la page(18)

14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022


Perspectives

Israël maintient illégalement en prison l’avocat

franco-palestinien Salah Hamouri

Salah est détenu sans charge, sans avoir droit à un procès équitable. Le

régime de la détention administrative permet à Israël d’incarcérer sans motif

les Palestiniens, pour des durées variables renouvelables indéfiniment.

Plus de 700 prisonniers sont actuellement retenus sous ce statut. C’est un

moyen de répression politique pour tenter d’étouffer les voix qui s’élèvent

contre l’occupation. Il y a aujourd’hui plus de 6000 prisonniers politiques

palestiniens incarcérés dans les prisons de l’occupant.

Par Zena Tahhan

Salah Hammouri, avocat franco-palestinien

âgé de 37 ans, est

emprisonné par Israël sans procès

ni inculpation depuis le mois de

mars, sur la base de « preuves

secrètes », et sa famille a été expulsée.

Israël a renouvelé la détention

de l’avocat franco-palestinien

spécialiste des droits de l’homme,

Salah Hammouri, qui est détenu

sans inculpation ni procès depuis

mars 2022. Les autorités d’occupation

ont annoncé dimanche le

renouvellement de la détention

administrative d’Hamouri pour

trois mois supplémentaires, un jour

avant sa libération prévue. Son

ordre de détention actuel expirera

désormais le 4 décembre.

Dans un communiqué de

presse, la campagne #JusticepourSalah

a appelé à la libération de

Hamouri et a condamné cette décision.

« Quelques heures seulement

avant sa libération prévue de la

prison de Hadarim – l’occupation

israélienne a renouvelé la détention

administrative de Salah ».

« Ni Salah ni son représentant

légal n’ont été informés de

la décision de renouvellement,

laissant Salah, sa famille et ses

proches dans un état d’anxiété et

de détresse psychologique continuelles

», ajoute le communiqué.

Hamouri, âgé de 37 ans est

père de deux enfants. Défenseur

des droits des Palestiniens et avocat

résident à Jérusalem, Salah est

en détention administrative israélienne

depuis le 7 mars. Son ordre

de détention a été renouvelé en

juin pour trois mois, ce qui fait de

dimanche le deuxième renouvellement.

La détention administrative

est une politique israélienne qui

permet d’emprisonner des Palestiniens

sans procès ni inculpation

sur la base de « preuves secrètes

», que ni le détenu ni son avocat

ne peuvent consulter, pour une

durée indéterminée. Au moins 730

Palestiniens sont actuellement détenus

en vertu de tels décisions.

Israël prétend que cette politique

est nécessaire pour des raisons de

sécurité et pour que les renseignements

ne soient pas divulgués.

Analyste et enquêteur sur le

terrain pour le groupe de défense

des droits des prisonniers Addameer,

basé à Ramallah, le cas de

M. Hamouri a eu des répercussions

dans le monde entier, des groupes

de défense des droits internationaux

et locaux demandant sa libération.

Addameer, qui a poursuivi

ses activités malgré l’ordre des autorités

israéliennes d’occupation

de fermer ses portes, ainsi que six

autres groupes de la société civile

palestinienne en août, a déclaré

que le renouvellement de la détention

de Hamouri faisait « partie de

la campagne de harcèlement systématique

et continue de l’occupation

israélienne visant à supprimer

les défenseurs des droits humains

palestiniens et la société civile palestinienne

».

L’affaire Hamouri a retenu

davantage l’attention lorsqu’il a

été révélé en novembre 2021 que

son téléphone avait été piraté par

la société de surveillance israélienne

NSO Group, qu’il a attaquée

en justice en avril.

Révocation du permis de

résidence et expulsion de la

famille

Hammouri a déjà été emprisonné

à plusieurs reprises par Israël, dont

une peine de sept ans entre 2005

et 2011, et 13 mois de détention

administrative en 2017. En 2016,

il a été séparé de force de sa femme

française, Elsa Lefort.

Elsa Lefort a été détenue pendant

trois jours alors qu’elle était

enceinte de six mois, après être arrivée

à l’aéroport Ben-Gourion de

Tel Aviv pour rendre visite à son

mari. Elle a ensuite été expulsée

vers la France et s’est vue infliger

une interdiction de séjour de dix

ans, alors qu’elle disposait d’un

visa de travail à entrées multiples

valable un an.

Les autorités de l’aéroport ont

dit à Mme Lefort qu’elle constituait

« une menace pour la sécurité de

l’État d’Israël », a-t-elle déclaré à

Al Jazeera.

Le couple a maintenant un fils

de six ans et une fille de 16 mois,

qui vivent en France. « Cela a été

vraiment difficile pour notre famille.

Depuis que j’ai été expulsée

de Palestine, nous ne nous sommes

vus que deux à trois semaines

par an. Les enfants grandissent

sans leur père », a déclaré Lefort

à Al Jazeera. « C’est difficile pour

nous, en tant qu’adultes, mais

nous connaissons et comprenons

le contexte politique, mais pour les

enfants – même si nous essayons

de leur expliquer, ils ne peuvent

pas comprendre la vie sous occupation,

ce ne sont que des enfants

– ils veulent juste vivre avec leur

père et leur mère », a-t-elle ajouté.

« La dernière fois que Salah

est venu en France, c’était pour la

naissance de notre fille. Elle avait

11 jours quand il l’a vue, et maintenant

elle a 16 mois – elle n’a jamais

revu son père. »

Alors qu’il était initialement

détenu à la prison israélienne

d’Ofer, près de Ramallah, Hamouri

a été transféré en juillet à la prison

de haute sécurité de Hadarim après

avoir adressé une lettre ouverte au

président français Macron.

Milena Ansari, juriste internationale

auprès d’Addameer, a

déclaré à Al Jazeera qu’Israël traite

Hamouri comme une « menace de

haute sécurité ».

« Il est désormais considéré

comme un prisonnier de ‘haute

sécurité’. Ses bras et ses jambes

sont toujours entravés lorsqu’il

quitte sa chambre, et les détenus

de cette prison ne bénéficient que

d’une à deux heures de promenade

dans la cour », a déclaré Ansari.

« Il n’y a aucune charge contre

Salah et pourtant ils le traitent

comme une menace de sécurité

maximale », a-t-elle ajouté.

En octobre 2021, le ministère

israélien de l’intérieur a révoqué le

permis de résidence de Jérusalem

de Salah Hamouri, bien qu’il soit

né dans la ville et qu’il y ait vécu

toute sa vie, en invoquant une «

violation de l’allégeance » à l’État

israélien.

La décision de révoquer son

permis de résidence est fondée sur

des « allégations vagues et larges d’

‘activités terroristes’, basées sur de

prétendues ‘informations secrètes’

qui sont retenues par l’État », selon

Addameer.

La révocation du statut de

résident de Jérusalem de Hammouri

signifie qu’il risque d’être expulsé

à tout moment, qu’il ne peut pas

être légalement présent dans sa

ville natale et que son assurance

nationale, y compris l’assurance

maladie, a été supprimée.

L’audience finale de son dossier

de résidence doit se tenir en

février 2023 à la Cour suprême israélienne.

Ansari a déclaré qu’Addameer

espère pouvoir rétablir le

permis de résidence d’Hamouri,

car cela créerait un précédent très

large, vague et dangereux pour la

révocation à l’avenir par Israël des

cartes de résidence palestiniennes

de Jérusalem.

Même s’il est libéré de prison,

dit Lefort, la lutte de leur famille

continuera. « Nous devrons nous

battre pour lui permettre de rester

en Palestine. C’est la prochaine

étape », a déclaré Lefort.

En 2005, Hammouri a été arrêté

et on lui a proposé de purger

une peine de prison ou d’être expulsé

vers la France pendant dix

ans. Il a choisi de rester et de purger

sept ans de prison. « Ils veulent

le pousser à partir », explique sa

femme. « Quand votre pays est

sous occupation et que vous luttez

pour la libération de votre terre,

vous ne pouvez pas quitter cette

terre. Vous ne voulez pas non plus

être loin de votre famille, mais

c’est un choix que personne ne

devrait avoir à faire. »

* Zena al-Tahhan est journaliste

à Al Jazeera. Elle couvre

principalement le monde arabe,

avec une spécialisation sur les

pays du Levant. Avant de rejoindre

Al Jazeera, Zena était journaliste

indépendante basée à Jérusalem.

Al-Jazeera 5 septembre 2022

Traduction : Chronique de

Palestine 6 septembre 2022

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen, le Ministère public entendu maintient le

défaut octroyé contre la défenderesse à l'audience précitée, pour le profit

déclare fondée la dite action. Admet en conséquence le divorce du sieur

Dumerlin Jhyms ALMINO d'avec son épouse née Daniella Cenor VALCIN

pour injures graves et publiques aux torts de l'épouse. Prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre les dits époux. Ordonne

à l'officier de l'état civil de la Section Sud de Port-Au-Prince, à transcrire

sur les registres à ce destinés, le dispositif du présent jugement dont un

extrait sera inséré dans l'un des quotidiens s'éditant à la Capitale sous

peine de dommages intérêts envers les tiers s'il y échet. Commet l'huissier

Wiltio ALEXANDRE pour la signification de ce jugement. Compense les

dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous Guy AUGUSTIN, Juge en audience civile,

ordinaire et publique du Mercredi vingt deux Juillet deux mille vingt, en

présence de Me. Paul WESLEY, Substitut Commissaire de ce ressort et avec

l'assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE, Greffier du siège

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après examen, le Ministère public entendu, maintient le défaut

octroyé contre le défendeur à l'audience précitée, pour le profit déclare

fondée la dite action. Admet en conséquence le divorce des époux Jodel

DELECTABLE, la femme née Nadine PAUL pour injures graves et publiques

aux torts de l'époux. Prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre les dits époux. Ordonne à l'officier de l'état civil de la Section

Est de Port-Au-Prince à transcrire sur les registres à ce destinés, le dispositif

du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l'un des quotidiens

s'éditant à la Capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers s'il

y échet. Commet l'huissier Maxime CANDIO pour la signification de ce

jugement ; Compense les dépens

Ainsi jugé et prononcé par nous, Jean Osner PETIT PAPA, Juge en audience

civile, ordinaire et publique du mercredi vingt deux Juin deux mille vingt

deux, en présence de Jeanty SOUVENIR, Substitut Commissaire de ce ressort

et avec l'assistance du sieur Junior Sauvens THELEMAQUE, Greffier du siège

Il est ordonné....etc...

En foi de quoi...etc....

Director: Florence Comeau

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Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Nous rejetons la prolongation du mandat du

BINUH en Haïti

Mouvement socialiste des travailleurs

et des travailleuses

Le 15 juillet, le Conseil de sécurité

de l’ONU a décidé à l’unanimité

de prolonger d’un an le mandat du

Bureau intégré des Nations Unies en

Haïti (BINUH). Le BINUH poursuit

l’ingérence politique de l’impérialisme

en Haïti, représenté ces dernières années

par la Mission des Nations Unies

pour la stabilisation en Haïti (MI-

NUSTAH) et la Mission des Nations

Unies pour l’appui à la justice en

Suite de la page (13)

Haïti (MINUJUSTH). La MINUSTAH

a maintenu l’occupation militaire du

pays entre 2004 et 2017, avec des

contingents allant jusqu’à 9 000

soldats fournis par Lula, les Kirchner,

Bachelet, Correa, Evo, Mujica et

d’autres gouvernements réformistes

d’Amérique latine, ainsi que les maoïstes

au Népal. Entre 2017 et 2019,

la MINUJUSTH comptait plus d’un

millier de policiers et de conseillers à

la sécurité.

L’échec de l’occupation et de

l’ingérence impérialiste en Haïti est

visible. Les gouvernements mafieux

Début d’un massacre qui durera deux jours et trois nuits. Massacre à

huis-clos dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila

Kifah a perdu plusieurs membres de

sa famille. Des années plus tard, elle a

rejoint un groupe de résistance palestinien

et, suite à un raid à la frontière

libano-israélienne, a été arrêtée et torturée

en Israël.

Bien que les massacres israéliens

soient censés mettre fin à la résistance

palestinienne, ils l’alimentent involontairement.

Alors qu’Israël continue

d’agir en toute impunité, les Palestiniens

continuent également de résister.

Ce n’est pas seulement la leçon de Sabra

et Chatila, mais aussi la plus grande

leçon de l’occupation israélienne de la

Palestine.

Ramzy Baroud 14 septembre 2022

imposés en Haïti par la fraude électorale

avec le soutien de l’ONU, de l’OEA

et du Core Group, un autre exemple

d’ingérence des gouvernements d’Europe

et d’Amérique du Nord, ont conduit

à une profonde crise économique

et sociale et au quasi-effondrement

de l’État, exploité par des gangs du

crime organisé pour s’assurer le contrôle

territorial d’une grande partie du

pays. Ces gouvernements de droite,

notamment Martelly et Jovenel Moïse,

ont également profité de la corruption

aux côtés de la bolibourgeoisie* qui

gouverne le Venezuela, en volant

plus de 2 milliards de dollars au fonds

Petrocaribe.

L’approbation unanime de la

résolution présentée conjointement

par les États-Unis et le gouvernement

mexicain dirigé par le faux gauchiste

López Obrador, pour prolonger

la mission du BINUH, a également

démasqué la complicité de l’impérialisme

russe et chinois avec l’ingérence

américaine en Haïti. Les États-Unis

ont occupé militairement Haïti entre

1915 et 1934. Ensuite, ils ont soutenu

des dictatures telles que celles

de la dynastie Duvalier, jusqu’à la

fin des années 80, dans les années

90, ils ont eu une ingérence intense,

y compris l’imposition de politiques

économiques qui ont détruit l’agriculture

du pays.

L’impérialisme et la bourgeoisie

haïtienne ont conduit le pays

au désastre. Ce n’est pas avec plus

d’ingérence impérialiste qu’Haïti surmontera

la crise actuelle, mais avec la

solidarité des travailleurs du monde,

avec le paiement des réparations par

les États-Unis et la France, et avec

l’annulation de la dette extérieure.

Une autre formule politique de la

bourgeoisie haïtienne ne mérite pas

non plus la confiance. Le consensus

nécessaire est celui de la classe

Le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) poursuit

l’ingérence politique de l’impérialisme en Haïti

ouvrière et des secteurs populaires

d’Haïti, ce sont eux qui sont vraiment

intéressés à résoudre les problèmes de

la grande majorité, donc ce sont eux

qui doivent gouverner.

Mouvement socialiste des

travailleurs de la République

dominicaine

11 septembre 2022

Ndlr.

*Bolibourgeoisie (boliburguesía

en espagnol) : expression

politique utilisée par les observateurs

et commentateurs de la vie politique

du Venezuela pour désigner les nouveaux

riches vénézuéliens, les bolibourgeois

(boliburgueses) favorables

à la révolution bolivarienne. Le terme

est une contraction de bourgeois bolivariens.

Suite de la page (5)

tenir compte des prétendues « leçons

du passé ». Ils doivent en revanche

s’évertuer à provoquer des changements

qu’exige la réalité matérielle des

hommes. Pour Marx, l’homme politique

doit se préoccuper de la transformation

du monde et non de chercher

à le penser.

L’approche marxiste a certainement

ses limites. Contrairement à ce

qu’a cru le concepteur du matérialisme

historique, la connaissance du passé

historique n’est pas toujours un frein

à la praxis. Pour Gérard M. Laurent,

faire de la politique sans prendre en

compte le passé historique, c’est œuvrer

dans l’illusion. Aussi affirme-t-il

que « l’histoire est une mine précieuse,

une source inépuisable d’enseignements

». L’historien haïtien est de

ceux qui croient que l’action politique

peut bien s’aider de la connaissance du

passé. Car celle-ci « guide et protège

contre les embûches ».

À la vérité, le peuple haïtien ne

pourra se libérer du système politique

inhumain, hostile à son épanouissement,

sans s’inspirer de l’histoire.

Comme l’a compris Gérard M. Laurent,

la connaissance de l’histoire de

la société dominguoise et de celle de la

société haïtienne peut le guider dans

sa lutte contre l’apartheid et la déshumanisation

dont il est victime.

La connaissance du régime

de Saint-Domingue l’aidera à mieux

s’armer contre certaines embûches. Il

ne va pas se faire l’illusion de croire

que son secours pourra venir de ceux

qui, à l’instar des colons français, ne

s’engagent dans la lutte politique que

pour pouvoir obtenir la suppression de

tout ce qui les empêche de s’enrichir

comme bon leur semble. Il saura, du

même coup, identifier les affranchis

modernes dont l’unique aspiration est

de se mettre sur un même pied d’égalité

avec les principaux bénéficiaires

du compartimentage social. S’inspirant

des différentes stratégies de lutte

adoptées par les esclaves, le peuple

haïtien s’apercevra que ces derniers

n’ont pu recouvrer leur dignité qu’à

partir du moment où ils ont pris la

résolution de s’unir derrière des leaders

progressistes, tels que Boukman,

Toussaint Louverture et Jean-Jacques

Dessalines, en vue de sonner le glas

du système colonial.

La connaissance de l’histoire nationale

permettra au peuple haïtien de

comprendre l’importance d’un projet de

société axé sur la justice sociale. D’une

part, il se rendra à l’évidence que l’effondrement

du pays n’est pas le fait du

hasard. Il saura faire le départ entre les

acteurs politiques animés du désir de

servir le peuple et ceux qui veulent se

servir du peuple pour mieux accaparer

le pouvoir. Il comprendra pourquoi

les premiers, qui se distinguent par

leur souci du bien-être collectif, sont

le plus souvent victimes de la férocité

des seconds. D’autre part, il aura une

idée claire de ce qu’il convient de faire

pour sortir Haïti de l’ornière : ne plus

se faire la proie facile des candidats

venus de nulle part, dont le projet politique

consiste à perpétuer les iniquités

sociales.

En un mot, le salut du peuple

haïtien ne peut venir que de ses propres

initiatives. Il ne peut compter ni

sur la communauté internationale, ni

sur des politiciens malhonnêtes, totalement

dépourvus du sens du bien

commun. Dans sa lutte en faveur de

son émancipation et du respect de sa

dignité, le peuple haïtien ne doit, en

aucun cas, faire fi de l’histoire. Il en a

besoin pour pouvoir distinguer l’ivraie

du bon grain. Il en a besoin pour se

prémunir contre les erreurs dues à la

naïveté. Car, comme l’a dit George

Santayana, « ceux qui ne peuvent se

rappeler le passé sont condamnés à le

répéter ». Le peuple haïtien ne pourra

s’en sortir qu’à partir du moment où il

manifeste son refus de répéter le passé.

Me Marc-Sony CHARLES

Avocat au Barreau

de Port-au-Prince

Doctorant en Théologie

Politologue

Professeur à l’Université

Directeur de JURIS-DICTIO

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16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022


A Travers le monde

Abinader décrit Haïti comme une

menace pour la sécurité

Panama : appel à manifester pour

exiger la réduction du tarif d’électricité

Le président de la République dominicaine, Luis Abinader, s’exprimant

devant le Conseil permanent de l’Organisation des États américains (OEA)

Le président Luis Abinader déclare que

la situation dans ce pays menace la

sécurité et la stabilité régionales.

Le président de la République

dominicaine, Luis Abinader, a exprimé

ce jeudi que la crise multidimensionnelle

à laquelle Haïti est confrontée

constitue une menace pour la sécurité

de son pays et de la région, et a identifié

une série d’aspects dans lesquels

la communauté internationale peut

contribuer à faire que cette nation surmonte

le moment difficile qu’il traverse.

S’exprimant devant le Conseil

permanent de l’Organisation des États

américains (OEA), qui se réunit dans

la capitale américaine, Washington, le

président a souligné que la République

dominicaine ne peut résoudre seule la

situation actuelle en Haïti, qu’il a qualifiée

de « guerre civile d’une faible intensité

».

De même, il a exhorté l’OEA et

son Secrétaire général, Luis Almagro,

à jouer un rôle décisif dans la solution

à la crise haïtienne et dans l’aide à

son peuple. Il a souligné l’importance

du rétablissement de la sécurité de ce

pays et a rappelé que ses autorités ont

demandé la coopération internationale

pour protéger les infrastructures critiques

telles que les ports et les aéroports.

Il a souligné que l’OEA devrait

aider à créer des mécanismes liés au

contrôle des armes et des munitions

qui parviennent aux mains des gangs.

Il a déjà été signalé que bon nombre de

ces approvisionnements provenaient de

contrebande illégale en provenance de

l’État de Floride, dans le sud des États-

Unis.

Il croyait qu’il y avait une possibilité

réelle que ces gangs criminels

tentent de transgresser l’intégrité territoriale

de la République dominicaine

et tentent d’altérer l’ordre public et la

sécurité. Il a ajouté qu’en collaboration

avec les Nations Unies, l’OEA peut

contribuer à la formation de la Police

nationale d’Haïti et garantir un approvisionnement

contrôlé en armes et munitions.

Il a apprécié qu’une fois que la

sécurité le permet, il est nécessaire de

collaborer avec les autorités haïtiennes

pour organiser un processus électoral et

élire un gouvernement « avec leadership,

légitimité et soutien populaire ».

La crise s’intensifie en Haïti

L’intervention d’Abinader a eu lieu

après avoir ordonné l’évacuation du

personnel diplomatique et civil dominicain

qui était de service à l’ambassade et

au consulat national dans le pays voisin.

D’autres pays, comme la France,

l’Espagne, le Mexique et le Canada, ont

adopté des décisions similaires.

Cela était dû à l’augmentation

de la violence et de l’insécurité, ainsi

qu’aux protestations sociales contre le

coût de la vie, la pauvreté et la faim.

Cette dernière s’est intensifiée après la

décision du gouvernement du Premier

ministre, Ariel Henry, de suspendre les

subventions pour l’essence et d’autres

carburants, alléguant que les fonds ne

sont pas disponibles pour eux.

Les médias soulignent que les

mobilisations se sont intensifiées

depuis mercredi dernier. Les manifestants

ont bloqué des routes et arrêté les

transports en commun. De nombreux

commerces restent fermés en raison

d’éventuels attentats et les principales

villes sont quasiment paralysées.

TeleSur 16 septembre 2022

Les manifestants exigent la réduction du tarif de l’électricité et qu’un bon

service soit fourni aux citoyens panaméens.

Suntracs du Panama exige le plein

respect des accords conclus lors de la

première phase de la table de dialogue

unique entre les syndicats et le gouvernement.

Le Syndicat unique des travailleurs

de la construction et assimilés (Suntracs)

du Panama a appelé ce jeudi à

manifester devant le siège de l’Autorité

des services publics (ASEP), à exiger la

réduction du tarif de l’électricité et à exiger

que fournir un bon service aux citoyens

de ce pays d’Amérique centrale.

Selon ce que le secrétaire général

de l’entité a déclaré à la radio panaméenne,

le gouvernement n’a pas

respecté tous les accords conclus lors

de la première phase de la table de

suite à la page(19)

Uruguay : Les travailleurs

réaffirment leur soutien à la

grève nationale

Porto Rico : Il est temps d’en finir

avec le colonialisme

Le gouverneur de Porto Rico, Pedro Pierluisi, à Washington, le 14

septembre 2022

Le gouverneur de Porto Rico exhorte le

Congrès américain à approuver le projet

de loi qui permettra la tenue d’un plébiscite

contraignant sur le statut de l’île.

Pedro Pierlusi a déclaré ce mercredi lors

d’un acte à Washington que « le moment

est venu de mettre fin au colonialisme,

le moment est venu de mettre fin

aux relations territoriales de Porto Rico

avec les États-Unis ».

Le gouverneur est dans la capitale

américaine, avec un groupe d’activistes

et plusieurs législateurs de l’île, dans le

but de promouvoir le projet de référendum

afin que les Portoricains décident

d’un État ou d’une annexion au pays

nord-américain, étant donné qu’actuellement,

Porto Rico est un «État du Commonwealth»

des États-Unis.

L’initiative législative, qui a le

soutien de 34 membres du Congrès

démocrates et de quatre républicains au

Congrès américain, propose d’organiser

un vote sur l’île en novembre 2023

pour que la population choisisse entre

trois options : la création d’un État, la

souveraineté en libre association et l’indépendance.

Est-ce que tout le monde est d’accord

avec un nouveau statut à Porto Rico

?

Et bien non. Le parti politique

de Pierluisi, le New Progressive Party

(PNP), soutient que l’île devienne le 51e

État américain afin d’avoir un traitement

égal et non spécial, selon la commissaire

résidente de Porto Rico aux États-Unis,

Jennifer Gonzalez.

Pendant ce temps, le Parti

démocrate populaire (PPD) d’opposition

défend le statut actuel du Commonwealth

des États-Unis, et d’autres groupes prônent

une plus grande souveraineté, voire

une indépendance.

Porto Rico a organisé six plébiscites

dans son histoire pour définir son

statut politique, le dernier en 2017, où il

a obtenu le statut d’État, mais a été marqué

par une forte abstention et le rejet par

l’opposition du parti PNP.

HispanTV 14 septembre 2022

L

’Assemblée plénière intersyndicale

des travailleurs-Convention nationale

des travailleurs (PIT-CNT) a mené

ce jeudi la grève nationale en Uruguay,

qui était une mesure prise pour faire

pression sur le gouvernement dirigé par

Luis Lacalle Pou afin qu’il réponde à

leurs revendications.

“Une manifestation forte et

massive au niveau national a marqué

Chili refuse les lettres de créance

du nouvel ambassadeur d’Israël

Gabriel Boric

Le président du Chili, Gabriel Boric, a

refusé d’accepter les lettres de créance

du nouvel ambassadeur d’Israël dans

le pays, Gil Artzieli, c’est ce qu’ont

rapporté les médias israéliens.

Le président s’est indigné du «

meurtre d’un garçon palestinien »,

faisant référence à Ouday Salah tué,

le jeudi 15 septembre, par une balle israélienne

dans la tête lors de la prise

la scène nationale par rapport aux

revendications du mouvement syndical,

aux côtés de plus d’une vingtaine

d’organisations sociales”, a déclaré

l’organisation.

De même, les dirigeants de l’entité

ont souligné l’obligation d’écouter

les gens qu’a l’exécutif de Lacalle

Pou, qui jusqu’à présent ignore les

suite à la page(19)

d’assaut par les forces d’occupation de

la localité de Kafardan, en Cisjordanie

occupée.

L’ambassadeur d’Israël au Chili a

même été convoqué auprès du ministre

chilien des Affaires étrangères pour

protester contre ce crime.

Gabriel Boric, élu en décembre

dernier, était jusqu’alors un député de

gauche. gé de 36 ans, il est un critique

des autorités d’occupation israélienne

de longue date, selon la télévision israélienne

i24.

Il avait notamment soutenu un

projet de loi proposant de boycotter les

produits israéliens du Golan syrien occupé,

des colonies de la Cisjordanie et

de l’est d’AlQuds occupées.

Gabriel Boric a par ailleurs exhorté

les Juifs du Chili à condamner

Israël.

Al Manar 16 septembre 2022

Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022

Haiti Liberté/Haitian Times

17


2

Suite de la page (14)

Ce qu’il faut retenir :

Les straussiens forment une

secte fanatique prête à tout pour

maintenir la suprématie des

Etats-Unis sur le monde. Ils ont

imaginé les guerres qui endeuillent

le monde depuis trente ans

et celle d’Ukraine aujourd’hui.

Ils ont persuadé l’Union européenne

que Moscou voulait

annexer d’abord l’Ukraine, puis

toute l’Europe centrale. Sur ce, ils

ont convaincu Bruxelles de stopper

tout commerce avec la Russie.

La crise énergétique qui débute

dirige l’Union européenne vers des

coupures d’électricité et de courant

qui feront des ravages sur le mode

de vie de ses citoyens et sur son

économie.

Thierry Meyssan

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Notes

[1] Les spécialistes de la

pensée politique de Leo Strauss

l’interprètent de manière très contradictoire.

Pour ma part, je ne

m’intéresse pas à ce que pensait

le philosophe d’auteurs classiques,

mais à ce que professent ceux qui,

à tort ou à raison, se réclament de

lui au Pentagone et, désormais, au

département d’État. Political Ideas

of Leo Strauss, Shadia B. Drury,

Palgrave Macmillan (1988.) ; Leo

Strauss and the Politics of American

Empire, Anne Norton, Yale

University Press (2005) ; The

Truth About Leo Strauss : Political

Philosophy and American Democracy,

Catherine H. Zuckert &

Michael P. Zuckert, University of

Chicago Press (2008) ; Leo Strauss

and the conservative movement

in America : a critical appraisal,

Paul Edward Gottfried, Cambridge

University Press (2011) ; Crisis

of the Strauss Divided : Essays

on Leo Strauss and Straussianism,

East and West, Harry V. Jaffa,

Rowman & Littlefield (2012) ; Leo

Strauss and Anglo-American Democracy

: A Conservative Critique,

Grant Havers, Cornell University

Press (2013) ; Leo Strauss and the

Invasion of Iraq : Encountering

the Abyss, Aggie Hirst, Routledge

(2013) ; Leo Strauss, The Straussians,

and the Study of the American

Regime, Kenneth L. Deutsch,

Rowman & Littlefield (2013) ;

Straussophobia : Defending Leo

Strauss and Straussians Against

Shadia Drury and Other Accusers,

Peter Minowitz, Lexington Books

(2016) ; Leo Strauss in Northeast

Asia, Jun-Hyeok Kwak & Sungwoo

Park, Routledge (2019).

[2] « Sommet historique pour

sceller l’Alliance des guerriers de

Dieu », Réseau Voltaire, 17 octobre

2003.

[3] Pour une brève histoire

des straussiens, voir : « Vladimir

Poutine déclare la guerre aux

Straussiens », par Thierry Meyssan,

Réseau Voltaire, 5 mars 2022.

[4] Le rapport de 1976 de

l’« Équipe B » accusant l’URSS de

vouloir dominer le monde n’était

pas un exposé de la doctrine, mais

un argument de propagande pour

la justifier.

[5] Entretien avec James

Mann, cité dans Rise of the Vulcans

: The History of Bush’s War

Cabinet, James Mann, Viking

(2004).

[6] « US Strategy Plan Calls

For Insuring No Rivals Develop »

Patrick E. Tyler, New York Times,

March 8, 1992. Le quotidien publie

également de larges extraits en

page 14 : « Excerpts from Pentagon’s

Plan : “Prevent the Re-Emergence

of a New Rival” ».

[7] « Keeping the US First,

Pentagon Would preclude a Rival

Superpower » Barton Gellman, The

Washington Post, March 11, 1992.

[8] « Paul Wolfowitz, l’âme

du Pentagone », par Paul Labarique,

Réseau Voltaire, 4 octobre

2004.

[9] Cf. [« Ukraine : la Seconde

Guerre mondiale ne s’est jamais

terminée », par Thierry Meyssan,

Réseau Voltaire, 26 avril 2022.

[10] Ukraine Democracy Defense

Lend-Lease Act of 2022, US

Congress.

[11] « Instructions et conclusions

sur les marchés de reconstruction

et d’aide en Irak », par

Paul Wolfowitz, Réseau Voltaire,

10 décembre 2003.

[12] « La décadence de l’Empire

états-unien », par Thierry

Meyssan, Réseau Voltaire, 6 septembre

2022

Réseau Voltaire |

10 septembre 2022

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18 Haiti Liberté/Haitian Times

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peyi a. Se nan sans a, powèt Denize

sot fè a yon kado.

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pibliye, se powèt, editè Tontongi ki

prefase rekèy pwezi sa a.

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la, “yon kado pou Ayiti cheri”. Se

sa li genyen, se sa li pwodui, se sa

limenm li kapab ofri peyi l. Sa w genyen,

se sa ou bay, sitou peyi a gen

anpil nesesite, pèp la ap bouske lavi

toupatou, men lavi ap kouri pou li.

Vannen powèm mwen yo

Vannen yo byen

Anndan kè yo

Na jwenn bon kado

Na jwenn kado lespwa

Ak kado lapè

Na jwenn kado pwogrè

Ak kado respè

Na jwenn kado renmen

Ak kado lavi

Se fason pa Denize Lauture,

pou l manifeste lanmou l pou Ayiti

cheri, epitou pote kout tiwèl pa l, nan

fondasyon rezistans, mas popilè yo

ap konstwi pou kenbe peyi a solid,

pou l pa tonbe finalman anba sekous

sistèm pouri sa a, sistèm pezesouse,

yon tipati jwenn tout, epi majorite popilasyon

menm pa jwenn anyen.

Les Dards empoisonnés du denizen

$20.00

Powèt la montre lanmou l pou

Ayiti, alapapòt nan pwezi « Pye plan

lanmou a », li voye yon kokenn mesaj

lapè bay dirijan yo, dirije yo, bay

tout Ayisyen alawonnbadè :

Pou kapab gen lapè nan makòn

simityè

Nou fouye depi janvye dizuisan kat

lo

Pou kab gen yon bon kabann

Pou granmoun nou kouche fèmen

Vye pòpyè je lou yo.

An nou chache flè pye plan lanmou

Pou nou simen nan demanbre nou

an

An nou penpennen grennbwa pye

plan lanmou

Pou nou plante nan demanbre nou

Pou nou kapb genyen yon sous dlop

pwòp

Pou pase swaf anpil nan nou.

Se youn nan revandikasyon

pèp la jounen jodia se jwenn dlo, bon

dlo potab pou yo bwè.

Nan anpil peyi kote gen goumen

pou chanjman, pwezi toujou jwe

yon kokenn wòl, paske okenn pèp

pa kab viv san rèv, san pwezi, san

literati, ni oraliti. Anfèt libète politik,

libète ekonomik pa mache san libète

lapawòl. Pa gen goumen pou pwogrè

san literati.

Pi devan nan liv la, powèt la

lage yon verite « Bon nanj Nasyon

an bat zèl li li ale ». Imaj sa a ta vle

di, nanm zansèt nou yo ki te sakrifye

pou ba nou peyi sa a kòmkwa yo

ta kite nou nan won pou kont nou,

paske yo wè, se pa anyen n ap regle.

Nou pa sou defann peyi a, vè sa yo

montre klè kijan boujwazi ayisyen ak

kèk endividi nan klas entemèdyè sa

yo rele klasmwayèn nan livre peyi a

pou piyay.

Pitit gason fanm nan mennen

yon nonm kip a papa yo

Yon nonm ki pap janm viv ak

yo kouwè papa ak pitit

Yon nonm ki pap janm rele yo

pitit

Yon nonm ki toujou anvi vomi

chak fwa

Yomenm yo rele onè nan bayè

kay la,

Vin kouche ak manman yon an

kabann papa yo

10 lane

10 rekòl kafe

10 ronn solèy

Powèt la lonje dwèt li sou gwo

reken, gwo mons ki vle pase 1804

anba pye yo. Eske se pa yon mwayen

pou l denonse kadejak okipasyon,

dominasyon peyi enperyalis sou Ayiti

A kiss to the land

ki lage nou

nan kalamite nou ye jounen

jodia.

Yon lonbray desounen

Yon lonbray vole nanm

Yon lonbray atoufè

Jwenn mwayen li fè kadejak

Sou syèl ble Ayiti toma.

Li dechalbore pye palmis 1804

Dan reken monstrans lan

Devore tout chou nan kè pye palmis

lan

Denize ak ensistans li nan literati

ayisyen an vin yon vwa konfime

nan pwezi. Li ekri ni nan lang ayisyen,

ni nan lang franse ak angle.

Pou jwenn liv Denize yo rele

nan : 347-200-3263

Toujou kite yon mesaj

Suite de la page (17)

Suite de la page (17) Uruguay : Les travailleurs réaffirment leur..

dialogue unique, et les services continuent

d’être catastrophiques pour la

grande majorité des Panaméens.

“D’autre part, les hommes d’affaires,

les syndicats, la mafia qu’ils

protègent des médicaments, de la nourriture,

du carburant et de l’électricité,

ont déclaré qu’ils n’allaient pas se conformer

aux dispositions légales édictées

par le gouvernement et le gouvernement

détourne le regard », a déclaré

le dirigeant syndical.

En ce sens, il a signalé qu’avec

Suntracs, les organisations qui composent

l’Alliance United People for

Life, telles que l’Alliance nationale des

peuples organisés (Anadepo) et des

peuples originaires, ont exprimé leur

mécontentement face à la violation des

accords.

“Ce que nous avons eu comme

réponse, c’est pratiquement une

déclaration de guerre de ce secteur

d’hommes d’affaires contre le peuple

panaméen : augmentation des prix et

création de pénuries comme c’est le cas

avec le riz de première qualité”, a expliqué

le syndicaliste.

Concernant l’exécution d’une

deuxième partie du dialogue, Méndez a

souligné que les guildes et les syndicats

ne se sont pas opposés, au contraire, ils

ont accepté les conditions imposées par

l’église en tant que médiateur.

“Nous n’avons aucun problème à

ce qu’ils passent à la deuxième phase et

veuillent discuter de ce dont ils veulent

discuter, car nous avons la capacité de

continuer à démasquer tous les canulars

faits contre le peuple”, a-t-il assuré.

Le syndicaliste panaméen a

également annoncé qu’une réunion des

dirigeants populaires convenue pour le

24 septembre prochain est prévue, où

le respect de ce qui a été convenu dans

la première étape du dialogue avec l’exécutif

sera à nouveau exigé.

TéléSUR 15 septembre 2022

appels à l’attention de la population.

Ce mercredi, le Syndicat national

des ouvriers et ouvriers

des transports a fermé les trajets

des transports urbains à partir de

19h00 (heure locale).

Les manifestants dénoncent

la baisse des salaires, l’augmentation

du coût de la vie, le projet de

réforme de la sécurité sociale et

exigent la défense des entreprises

publiques, un budget plus important

pour l’éducation, entre autres

demandes.

Les travailleurs uruguayens

ont reçu le soutien d’étudiants universitaires,

d’organisations éducatives,

de retraités, de retraités et

d’autres secteurs vulnérables de la

société.

L’arrêt partiel des activités

dans les hôpitaux et les centres

médicaux a également été annoncé,

ainsi que les écoles publiques et

les lycées qui fermeront également

leurs portes face à la réforme éducative

du gouvernement.

TeleSur 16 septembre 2022

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Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022

Haiti Liberté/Haitian Times

19


“Sere pitit pitit fi m

nan bra m se sa ki

te manke m plis

pandan COVID la”

Vaksinen epi rete ajou nan dòz rapèl ou yo.

COVID te difisil pou Nouyòkè ki pi aje yo. Men nan moman la ou kapab

retounen fè bagay ou renmen fè yo etan w ap pwoteje tèt ou.

Fè Depatman Afè Kominote a

(Department of Community

Affairs) konnen kisa w bezwen

kòm asistans nan de (2) fason:

1. Ranpli Sondaj Enskripsyon pou

Asistans apre Siklòn Ida.

bit.ly/IdaSurveyDCA

2. Analize Plan Aksyon pou asistans

Eta a pwopoze a epi bay kòmantè w.

https://www.nj.gov/dca/ddrm/

20 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 12 • Du 21 au 27 Septembre 2022

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