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Haiti Liberte 28 Septembre 2022

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Vol 16 # 13 • Du 28 Septembre au 4 Octobre 2022

CARREFOUR REJOINT

LA MOBILISATION

Estrateji pou devlope

wout Ayiti yo

Page 6

Ex-U.S. Special Envoy

to Haiti Daniel Foote: Send

Special Forces to Haiti or

25,000 Troops

Page 9

Haïti au seuil d’une

nouvelle occupation ?

Page 7

Voir page 3

Plusieurs milliers de manifestants ont protesté le lundi 26 et mardi 27 septembre 2022 dans les rues de la commune

de Carrefour pour réclamer la démission du Premier ministre de facto Ariel Henry

TROIS JOURS DE GRÈVE

Le véritable

programme US

en Afrique c’est

l’hégémonie

Page 10

Voir page 3

Les deux premiers jours de cette grève ont été amplement respectés par la population, toutes les activités

dans la région métropolitaine de Port-au-Prince ont été paralysées

Royaume-Uni :

Les dockers de

Liverpool et de

Felixstowe unis

dans la grève

Page 17


Editorial

Pour une lutte populaire, sociale et

révolutionnaire !

Par Berthony Dupont

Deux classes se trouvent face à face dans le pays. L’une défendant les

privilèges et les intérêts des grandes puissances tout en ignorant les

aspirations profondes des masses populaires. Sa politique économique

néolibérale est faite de privatisations, plan d’ajustement imposé par

le FMI avec des objectifs clairs et bien définis: anéantir les conquêtes

démocratiques, activer l’inflation, réduire les salaires des ouvriers pour

permettre l’élévation des profits du patronat.

Cette classe recourt en permanence à une répression économique

sous toutes ses formes et est devenue la caractéristique essentielle du

pouvoir en place qui pourtant n’a aucune légitimité ni confiance populaire.

La réalité du pays devient cruauté quand le régime bourgeois

pourri ne vise qu’à appauvrir davantage les plus démunis, priver les

masses défavorisées de toute possibilité de vivre dignement afin d’enrichir

les nantis, au point que les inégalités sociales ont atteint des

niveaux intolérables pour la grande majorité de la population.

L’autre s’accrochant à un combat libérateur que mène le peuple

haïtien afin de déjouer toutes les manœuvres pouvant contribuer à

désorienter la lutte que mènent les masses exploitées, opprimées contre

leurs ennemis personnifiés par l’impérialisme et ses valets réactionnaires

locaux. Le sentiment de révolte qui gagne présentement en

ampleur est nourri non seulement par la hausse du prix des carburants

et le salaire stagnant des travailleurs, mais aussi par le complot concocté

des puissances impérialistes pour mettre le peuple le dos au mur,

devant un fait accompli et l’abandonner à son douloureux sort.

Il s’agit d’une profonde crise économique que traverse actuellement

le pays, avec son cortège d’affreuses misères et souffrances.

Les irresponsables dirigeants des appareils répressifs de l’Etat violent

quotidiennement les principes les plus élémentaires des droits des Haïtiens.

Le détonateur de cette puissante colère populaire à laquelle on

assiste depuis près d’un mois est en réaction à l’obstination du pouvoir

à maintenir la hausse le prix du carburant. Et dans une logique de

lutte de classe, le pouvoir a reçu tout naturellement la solidarité de

la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Ouest (CCIO), cette caste

patronale inféodée aux puissances capitalistes qui continue à bénéficier

de la rente pétrolière, de la corruption généralisée et du monopole des

licences d’importation.

Il est évident que le pouvoir temporaire n’a aucune motivation de

rompre avec le passé où l’arbitraire, la corruption et l’injustice sociale

ont été érigés en système de gouvernement pour faciliter l’exploitation

éhontée et le pillage organisé des richesses de l’Etat. Une petite

et infime minorité en profite, en use et en abuse, tandis que le peuple

continue de croupir dans la misère. Une politique rétrograde et machiavélique

qui a conduit aujourd’hui notre pays à la banqueroute totale

et ce dans tous les domaines de la vie politique, économique et sociale.

Cette politique abjecte qui bloque les énergies de notre peuple dans le

seul dessein de servir à jamais l’impérialisme international.

En conséquence, la lutte populaire a grandi et a attiré de nouvelles

couches de manifestants, tous, unis autour d’un objectif commun : exiger

d’Ariel Henry et son Accord de Musseau de quitter le pouvoir. Mais

on ne peut s’arrêter là, le plus important c’est de mettre en déroute ce

système. Il ne doit pas se régénérer autour d’une quelconque Transition

ou d’un transfert de pouvoir au sommet.

Le peuple doit éviter le piège du compromis avec une autre aile

de la classe dirigeante pro-impérialiste à travers l’Accord de Montana.

Il doit se concentrer sur une rupture totale et complète avec cette bourgeoisie

réformiste, élitiste et opportuniste qui a tout promis de sorte que

rien ne change.

En réalité, ce qui irrite tant les masses opprimées, c’est qu’en dépit

de la conspiration du silence et de la complicité de la classe politique sur

leur sort, la clique dominante tente jusqu’à présent d’être inébranlable

face au soulèvement populaire et veut gagner du temps par des discours

manipulateurs de l’opinion nationale et internationale, histoire de

continuer à planifier la misère et le sous-développement du pays. Tandis

que les médias dominants et les intellectuels au service des exploiteurs

diabolisent celles et ceux qui se rebellent. Ils les accusent de

gangs violents, de complotistes et de tout autre épithète négative pour

déstabiliser, voire arrêter la dynamique du soulèvement.

Outre les déclarations mensongères de Antonio Guterres, appuyées

par Gonzalez et répétées par Ariel Henry, il est clair que toutes les

institutions impérialistes se sentent menacées. Par conséquent, elles

jetteront tout leur poids dans la balance pour tirer parti de la situation

actuelle et éviter la chute de leur laquais. Ainsi, ce soulèvement

populaire, sans précédent sous un régime intérimaire, a même forcé

le Président des Etats-Unis Joe Biden à prendre position. A la Tribune

des Nations Unies, il s’est démasqué en injuriant le peuple haïtien en

déclarant : « Nous continuons de soutenir Haïti, notre voisin, qui fait

face à la violence de gangs alimentée par des facteurs politiques, et à

une immense crise humanitaire. »

Finalement, ce que les masses ouvrières en lutte pour un changement

fondamental doivent réaliser et comprendre, c’est que l’ennemi

n’est pas uniquement la bourgeoisie haïtienne que représente Ariel

Henry, mais aussi les puissances impérialistes qui sont le véritable fer

de lance de cette imposture. En ce sens, notre avenir dépendra de notre

capacité à résister et à organiser notre combat libérateur. Cela doit être

clair, seul le rapport de force fera reculer ces quatre entités : USA-Ariel-

ONU-OEA de leurs objectifs criminels à l’égard du peuple haïtien qu’ils

considèrent comme des bandits.

Nous exhortons, les artisans, ouvriers, travailleurs, paysans pauvres,

chômeurs, professeurs et étudiants : pour édifier un pays nouveau

avec des structures nouvelles, vous êtes les seuls à posséder les solutions

nécessaires pour sortir le pays du chaos et du carcan de l’anarchie,

pour que les droits du peuple haïtien soient enfin rétablis et consacrés.

Nous de Haïti Liberté, rien n’ébranlera notre foi totale dans notre

peuple héroïque. Nous renouvelons notre soutien à la lutte que mène

notre grand peuple, ce peuple travailleur contre l’exploitation et l’hégémonie

impérialiste afin d’accomplir notre libération nationale et de bâtir

la démocratie populaire et la souveraineté des classes laborieuses. La

dynamique révolutionnaire du mouvement de masse, entamée contre

les mauvaises conditions de vie et pour vaincre les plans d’austérité,

manque seulement d’un vrai Parti révolutionnaire de la classe ouvrière

pour l’accompagner et l’aider à prendre toutes les formes nécessaires.

Nous y arriverons !

Et qu’il en soit ainsi ! Pour une lutte populaire, sociale et révolutionnaire.

Vive la lutte du peuple haïtien pour sa souveraineté populaire

!

HAITI

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

Fax: 718-421-3471

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Berthony Dupont

RÉDACTEUR EN CHEF

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Berthony Dupont

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EN HAITI

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J. Fatal Piard

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Claudel C. Loiseau

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 13 • Du 28 Septembre au 4 Octobre 2022


A Travers Haiti

Trois jours de grève

La commune de Carrefour

rejoint la mobilisation

Le syndicaliste Méhu Changeux

Par Marie Laurette Numa

Des membres du Front Unifié des Transporteurs et des Travailleurs

d’Haïti (FUTRAH)

Le bâtiment de la Direction Départementale du Ministère de l’Économie

et des Finances a été incendié

Le Front Unifié des Transporteurs

et des Travailleurs d’Haïti (FU-

TRAH) avait appelé à trois jours de

grève du lundi 26 au mercredi 28

septembre 2022 pour protester non

seulement contre l’augmentation

brutale des prix du carburant mais

pour exiger aussi la démission du

Premier ministre Ariel Henry choisi

par le Core Group.

En effet, les deux premiers

jours de cette grève ont été amplement

respectés par la population qui

en un sens a paralysé toutes les activités

dans la région métropolitaine

de Port-au-Prince dont le transport et

le commerce.

Les rues de la capitale étaient

vides, quasiment désertes, avec la

présence de quelques motocyclettes,

le secteur informel fonctionnait nettement

au ralenti. Mais il faut le dire,

les banques, les bureaux de l’administration

publique et la plupart des

entreprises privées étaient restées

fermées.

Le syndicaliste Méhu Changeux,

président de l’Association des

propriétaires et chauffeurs d’Haïti

(APCH) a félicité les travailleurs

pour la réussite de ce mouvement

de grève. Selon lui « Le mot d’ordre

a été respecté à 90 pour cent dans

les villes de provinces et à 80 pour

cent dans l’Ouest. On ne compte pas

s’arrêter en chemin. Nous resterons

mobilisés jusqu’à ce que le gouvernement

dirigé par Ariel Henry entende

la raison. Notre objectif est

de forcer le gouvernement à revenir

sur sa décision d’ajuster à la hausse

les prix des produits pétroliers » Le

Nouvelliste 26-09-2022

« C’est un signe palpable que

les masses ouvrières ne peuvent plus

supporter cette condition de vie,

elles veulent que les choses changent

» a déclaré un ouvrier de la

Par Thomas Peralte

Mobilisation populaire dans la commune de Carrefour

Dans le cadre de la mobilisation populaire

contre la hausse des prix des

produits pétroliers et plus précisément

pour réclamer la démission du Premier

ministre de facto Ariel Henry, les habitants

de la commune de Carrefour ont

apporté leur contribution à la lutte.

En effet, à l’occasion du premier

jour de grève le lundi 26 septembre

2022, plusieurs milliers de Carrefourois,

sans doute les forces réactionnaires

vont les qualifier de bandits,

dont la majorité vient de Rivière Froide

munis de leurs pancartes et de branches

d’arbres, ont marché pacifiquement du

point de rassemblement jusqu’à Tabarre

pour se rendre devant l’ambassade des

Etats-Unis.

Tout au cours de la marche, les

manifestants n’ont jamais cessé de

lancer des slogans hostiles au pouvoir

et contre la hausse des prix des produits

de premières nécessités, la hausse du

taux de change de la gourde et la pénurie

de produits pétroliers.

Les manifestants, en ébullition

n’ont pas pardonné l’ancien député

Jacques Beauvil pour son silence complice

et qui s’était infiltré dans le défilé

populaire. Il a été contraint de laisser

la marche car selon les protestateurs,

c’était une marche des couches défavorisées,

des laissés pour compte, et

qu’en fait aucun politicien roulibeur ne

devrait utiliser cette lutte pour redorer

leur blason.

Plusieurs milliers de personnes

à Carrefour ont à nouveau manifesté

le mardi 27 septembre, toujours dans

l’optique de dénoncer l’augmentation

des prix des produits pétroliers et réclamer

la démission du premier ministre

Ariel Henry.

Une succursale de la Banque

Nationale de Crédit à Côte Plage 16 a

failli être vandalisée par les manifestants,

toutefois elle a été brutalement

saccagée ; la barrière principale du bâtiment

a été endommagée et quelques

vitres brisées.

sous-traitance à Haïti Liberté.

À Saint-Marc et à Petit-Goâve,

le mot d’ordre de grève a été aussi

respecté. Par ailleurs aux Gonaïves,

tôt dans la matinée du lundi, des

protestataires de la Cité de l’indépendance

ont incendié le bâtiment

logeant la Direction Départementale

du Ministère de l’Économie et des Finances

situé au centre-ville.

Il est évident que les deux premiers

jours de grève ont été suivis,

mais il reste à attendre le dernier

en l’occurrence le mercredi 28 septembre.

Cependant les syndicalistes

menacent de gagner les rues pour

demander la démission du chef du

gouvernement les 28 et 29 septembre

aux côtés des organisations politiques

et populaires, si leurs revendications

ne sont pas satisfaites.

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Vol 16 # 13 • Du 28 Septembre au 4 Octobre 2022

Haiti Liberté/Haitian Times

3


A Travers Haiti

Les manifestations contre la crise politique et sociale

se poursuivent en Haïti alors que les puissances

impérialistes envisagent une intervention militaire

Des manifestants protestent contre la hausse des prix du carburant et

demandent la démission du premier ministre haïtien Ariel Henry, à Portau-Prince,

en Haïti, le lundi 19 septembre 2022

Par Alex Johnson

Les manifestations de masse se sont

intensifiées à travers Haïti après des

semaines de résistance aux conditions de

pauvreté et d’oppression auxquelles des

millions de personnes sont confrontées.

Ce mouvement s’accompagne d’une

opposition politique au premier ministre

Ariel Henry, largement perçu comme un

pion de l’élite dirigeante américaine et

dont les manifestants exigent l’éviction.

En réponse à certaines des plus grandes

manifestations de ces dernières années,

les médias internationaux et les gouvernements

impérialistes envisagent ou

demandent explicitement une intervention

militaire étrangère pour réprimer la

dissidence.

L’opposition à l’establishment

politique corrompu, au climat social intolérable

et à l’oppression impérialiste qui

dure depuis des décennies s’exprime par

des attaques ciblées contre des institutions

essentielles largement considérées

comme des bastions de la domination

néocoloniale sur la petite île.

Une banque locale de la commune

côtière de Léogâne, l’Unibank, était l’une

des nombreuses banques du pays que les

manifestants ont attaquées et partiellement

brûlées. Les manifestants ont peint

des graffitis sur le bâtiment indiquant «À

bas les États-Unis» et «À bas les États-

Unis et Ariel Henry». À Jérémie, une

commune de la région sud-est d’Haïti,

des manifestants ont été filmés en train

de brûler et de saccager les installations

d’une organisation non gouvernementale

(ONG), tandis que d’autres ONG dans le

pays signalent avoir été attaquées.

Les ONG ont fait l’objet d’un immense

mépris de la part de la population

à la suite du tremblement de terre dévastateur

de 2010. Des milliers d’ONG sont

venues gérer environ 80 % des services

publics de base du pays, apparemment

pour reconstruire les infrastructures et

fournir des emplois à long terme à la

population locale sans emploi. Au lieu de

cela, elles ont siphonné des millions de

dollars d’aide humanitaire qui sont restés

totalement introuvables, tandis que des

employés grassement payés ont profité

de la misère du pays.

D’autres exemples incluent des

incendies criminels à grande échelle, y

compris l’incendie de barricades à Portau-Prince

après qu’Henry ait qualifié les

manifestants de «gangs» financés par des

entreprises locales et des intérêts étrangers.

L’idée que les troubles en Haïti soient

avant tout le produit de la violence des

gangs plutôt que d’une inégalité sociale

déchaînée est répétée dans les cercles

dirigeants. Lors de son discours à l’Assemblée

générale des Nations Unies

mercredi, le secrétaire général de l’ONU,

António Guterres, a déclaré que les gangs

en Haïti «détruisaient les fondements

mêmes de la société».

António Guterres s’est joint au

président de la République dominicaine,

Luis Abinader, dont le gouvernement a

réclamé ces dernières semaines le retour

d’une force de «maintien de la paix» de

l’ONU comme la MINUSTAH, une occupation

militaire internationale dirigée par

le Brésil qui avait pour mission de réprimer

l’opposition dans les bidonvilles d’Haïti

après le renversement du président élu et

ancien prêtre Jean-Bertrand Aristide en

2004.

Le commentaire le plus cynique et

le plus hypocrite de l’Assemblée générale

est sans doute celui de Sébastien Carrière,

ambassadeur du Canada à Port-au-

Prince, qui a déclaré que «la communauté

internationale doit s’unir et soutenir

Haïti». Carrière a fait l’éloge de la police

haïtienne, déclarant qu’il avait «le plus

grand respect pour la [police] et le travail

qu’elle fait», et que ce qui manquait pour

résoudre la crise, c’était que «les acteurs

politiques se réunissent et fassent de leur

mieux pour parvenir à un accord inclusif

qui ne laisse personne derrière et remette

le pays sur la bonne voie».

Des vidéos largement diffusées

sur les médias sociaux ont réfuté cette

flatterie dégoûtante, documentant clairement

la même police haïtienne, formée

et armée par les différentes puissances

impérialistes, battant, mutilant et abattant

les manifestants au cours du dernier

mois. Le Canada a été un acteur complice

dans cette affaire, fournissant 42 millions

de dollars de financement pour les forces

de sécurité haïtiennes rien que cette année.

Les soi-disant «acteurs politiques»

cités par Carrière ont été triés sur le volet

par les puissances impérialistes ellesmêmes,

avant tout Henry, pour former

le gouvernement d’Haïti après l’assassinat

du président Jovenel Moïse en juillet

2021. Cela s’est fait par l’intermédiaire

du Core Group des ambassadeurs impérialistes

opérant en Haïti qui ont vu Henry

comme une figure de proue plus propice

à un régime fantoche que le président intérimaire

Claude Joseph.

Henry, qui n’a pas été élu, a été

soigneusement choisi en raison de son

passé politiquement criminel en tant

qu’agent du gouvernement américain,

qui remonte au début des années 2000,

lorsqu’il a dirigé le mouvement Convergence

démocratique (CD) qui a joué

un rôle essentiel dans le renversement

d’Aristide lors d’un coup d’État soutenu

par les États-Unis. Avant le coup d’État,

la CD a lancé des appels explicites aux

États-Unis en faveur d’une invasion et

de la restauration de l’armée haïtienne

violente qui a torturé et tué des milliers

de personnes dans les années 1990.

L’organisation d’Henry a fourni une

couverture politique aux escadrons de la

mort et aux anciens officiers de l’armée,

formés et financés par la CIA, qui allaient

procéder au renversement violent d’Aristide.

Avant de devenir premier ministre,

Henry a occupé des postes ministériels

sous les présidences des laquais américains

Michel Martelly et Moïse, le premier

ayant été installé en 2011 par des

élections frauduleuses orchestrées par

Hillary Clinton, avant de placer Moïse au

pouvoir en tant que successeur trié sur le

volet dans le cadre d’un autre processus

électoral totalement bidon.

Martelly et Moïse étaient tous

deux tristement célèbres pour leurs liens

avec l’élite économique rapace d’Haïti et

pour la répression policière brutale des

manifestants dans les bidonvilles d’Haïti.

Dans les derniers jours de son mandat,

Martelly s’est appuyé sur la police haïtienne

et la BOID (Brigade départementale

d’opérations et d’interventions), une

unité paramilitaire destinée à écraser

l’opposition à sa corruption endémique,

tandis que les Haïtiens mouraient de faim

avec des salaires de misère et des infrastructures

délabrées.

Tout récemment, un procès a été

intenté contre Martelly, selon lequel des

fonctionnaires haïtiens et des sociétés

multinationales auraient conspiré pour

fixer les prix des envois de fonds et des

appels téléphoniques des États-Unis vers

Haïti, détournant des millions de dollars

de fonds fiscaux vers des mains privées

au lieu de remplir le trésor public. La crise

politique insoluble d’Haïti a atteint son

paroxysme sous la présidence de Moïse,

qui a saccagé le corps législatif fédéral, le

système judiciaire et les gouvernements

locaux, et a défié la limite constitutionnelle

de son mandat dans le but d’instaurer

un régime dictatorial.

Des manifestations de grande

ampleur contre Moïse ont éclaté après

qu’une enquête criminelle a révélé que

Moïse et ses acolytes politiques ont

détourné des millions par le biais d’un

fonds de développement, le programme

PetroCaribe, subventionné par le Venezuela

et destiné à aider les Haïtiens à faible

revenu.

La résistance massive de la classe

ouvrière opprimée d’Haïti, qui est confrontée

à la surexploitation par les entreprises

américaines de vêtements et

autres, a donné lieu à une offensive de

propagande de la part des diplomates

et stratèges étrangers visant à faire des

gangs et des oligarques les responsables

des soulèvements. Juan Gonzalez, directeur

principal du Conseil national de

sécurité pour l’hémisphère occidental et

assistant spécial de Biden, a déclaré lors

d’une intervention lundi à la réunion de

l’Institut américain pour la paix, basé à

Washington DC, que l’instabilité d’Haïti

était financée par des personnes «qui ont

des manoirs dans différentes parties du

monde et qui paient pour que les gens

descendent dans la rue».

Le Washington Post, propriété

de Jeff Bezos, un intermédiaire de propagande

pour l’armée et les agences de

renseignement américaines, claironne

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une fois de plus une autre intervention

de style colonial en Haïti. Les rédacteurs

du Post ont repris leurs commentaires

d’un éditorial de l’année dernière après

l’assassinat de Moïse, appelant à des

«bottes sur le terrain» ou à une autre intervention

militaire violente. Ils se plaignent

de «l’absence d’action musclée de la

part d’acteurs extérieurs» et affirment que

«soutenir le premier ministre [Henry]»

est une erreur. L’éditorial du Post insiste

sur le fait qu’en dehors d’une expédition

étrangère sur l’île et d’une force extérieure,

toute décision politique en Haïti

est une «abdication de responsabilité».

En plus de faire un faux amalgame

entre le carnage violent actuellement perpétré

par des groupes comme le G9 et sa

famille et les véritables expressions de la

colère populaire contre la pauvreté et la

répression politique, l’éditorial du Post

passe entièrement sous silence le fait que

le désastre social et la guerre des gangs

sont le résultat des actions de Henry et de

ses prédécesseurs qui ont reçu le soutien

total des administrations démocrates et

républicaines.

Un grand journal américain qui

appelle à la reprise de la domination directe

de style colonial sur Haïti a des

implications effrayantes, car il rappelle

l’occupation d’Haïti par les Marines

américains pendant deux décennies

après l’assassinat du président Jean Vilbrun

Guillaume Sam. Cette occupation

a marqué le début de plus d’un siècle de

pillage impérialiste, au cours duquel des

centaines de milliers de personnes ont été

tuées sous la dictature des Duvalier, les

juntes militaires soutenues par les États-

Unis et une opération militaire de l’ONU

qui a duré 13 ans. Les agences de renseignement

américaines et les fonctionnaires

du département d’État ont financé

les escadrons de la mort qui ont assassiné

sans retenue dans les bidonvilles d’Haïti.

C’est ce siècle de domination impérialiste

qui a cimenté un héritage de conditions

économiques épouvantables dont la crise

actuelle est issue.

Henry et d’autres hauts responsables

du gouvernement plaident également

en faveur d’une intervention internationale

dans le cadre des conflits

politiques insolubles qui font rage dans le

pays. Le ministre des Affaires étrangères,

Jean Victor Généus, a déclaré samedi aux

délégués de l’ONU à New York qu’Haïti

était confronté à une crise sociopolitique

et économique aux multiples facettes,

exacerbée par la terreur des gangs, et

qu’elle ne pouvait «être résolue qu’avec

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Généus a cité les propres mots de Henry,

affirmant que le premier ministre n’avait

«aucun désir de rester au pouvoir plus

longtemps que nécessaire» et a lancé un

appel aux patrons étrangers du régime

pour faciliter une coalition électorale.

Une partie de l’élite dirigeante haïtienne

se tourne vers des moyens toujours

plus violents pour produire les conditions

du renversement de Henry afin

de consolider le contrôle des secteurs les

plus rentables d’Haïti.

Lors de l’Assemblée générale,

Biden a émis de fades platitudes, professant

son intention de «se tenir aux côtés

de notre voisin haïtien confronté à la violence

des gangs alimentée par la politique

et à une énorme crise humaine», sans

prendre aucune décision politique à long

terme pour résoudre la crise.

Bien que l’administration Biden

n’ait pas dévoilé de plans d’intervention

immédiats, les États-Unis ont maintenu

leurs politiques anti-immigrants criminelles

qui ont placé les migrants haïtiens

dans des conditions équivalentes à la

torture, tout en continuant à expulser

les réfugiés en masse sans aucune considération

de leurs demandes d’asile. Un

nouveau rapport d’Amnesty International

documente les mauvais traitements

discriminatoires et dégradants infligés

aux demandeurs d’asile haïtiens qui ont

accompagné les expulsions massives

dans le cadre de la politique du Titre 42

de l’ère Trump que Biden a poursuivie.

Quelle que soit la coloration de tout

régime politique qui émerge de la crise,

que ce soit la prolongation du règne de

Henry ou le bricolage d’une coalition

incluant ses opposants politiques, ce

qui est certain, c’est que les États-Unis

et l’impérialisme mondial arrangeront

une alliance fractionnelle aussi cupide et

corrompue que tous les autres gouvernements

qui ont suivi le coup d’État de

2004. Les mensonges égocentriques sur

le «soutien» apporté à Haïti ne visent pas

à garantir la démocratie, mais à faciliter

un nouveau cycle d’élections frauduleuses

comme toutes celles qui ont eu lieu

depuis l’installation de Martelly.

Pour mettre fin à la calamité sociale

à laquelle elles font face, les masses

haïtiennes doivent lancer une lutte politique

indépendante dirigée par la classe

ouvrière, à la tête des masses opprimées

et dans l’unité la plus étroite avec leurs

frères et sœurs de classe au niveau international.

Les conditions auxquelles sont

confrontés les Haïtiens sont loin d’être

des expériences isolées, puisque des protestations

et des grèves contre la vie insupportable

créée par le capitalisme éclatent

au Sri Lanka, aux États-Unis et dans

le monde entier. Ce qui est nécessaire est

une base unifiée pour un mouvement de

la classe ouvrière internationale luttant

pour le socialisme.

Wsws 26 septembre 2022

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 13 • Du 28 Septembre au 4 Octobre 2022


Haiti/République Dominicaine

L’hypocrisie d’Abinader démasquée par la

communauté dominicaine d’origine haïtienne

Des citoyens dominicains privés de nationalité dominicaine parce qu’ils

sont d’origine haïtienne

Concernant le mandat de deux ans

de Luis Abinader, la communauté

dominicaine d’origine haïtienne lui a

adressé une lettre ouverte comparant

le discours du président en 2013, lorsqu’il

s’est opposé au jugement 168-

13 qui a retiré la nationalité à des

centaines de milliers de Dominicains

d’origine haïtienne, avec la réalité de

son gouvernement, où il a maintenu

et intensifié une politique de ségrégation

raciale et de violation du droit

fondamental à la nationalité.

À l’occasion du neuvième anniversaire

de ladite condamnation

aujourd’hui, La Voz de los Trabajadores

reproduit la lettre complète

dans laquelle l’hypocrisie d’Abinader

et de son gouvernement raciste est

évidente.

Président Luis Abinader

Le 16 août a marqué deux ans depuis

le début de votre gouvernement. Malheureusement,

pour la communauté

dominicaine d’origine haïtienne

privée de nationalité par l’arrêt TC

168-13, il n’y a eu aucun changement

pour surmonter l’héritage de

discrimination et de marginalisation

laissé par les gouvernements précédents.

Au cours de ces deux années,

la ségrégation raciale s’est poursuivie

dans laquelle nous avons moins de

droits que le reste du peuple dominicain,

et notre situation s’est aggravée

du fait que nous souffrons d’arrestations

arbitraires par la police et les

agents de l’immigration.

En quoi il y a eu un changement

important, c’est dans son discours

et sa position. Pour voir ce que

l’Abinader d’hier dirait à l’Abinader

d’aujourd’hui, il suffit de lire son

discours lors de l’acte intitulé « Solidarity

Hug », dans l’Aula Magna de

l’UASD, un acte de solidarité avec les

personnes d’origine haïtienne. Vous

devez vous en souvenir. C’était le 5

décembre 2013, un peu plus de deux

mois s’étaient écoulés depuis la condamnation

168-13. Voilà ce que vous

aviez dit en ce temps-là:

Luis Abinader

« Nous vivons un moment dramatique.

Le pays semble avoir abandonné

le gouvernement de la raison

pour le gouvernement des émotions.

Les sentiments débordés sont de

mauvais conseillers, les grands

drames de l’humanité ont été le résultat

d’émotions incontrôlées. La

pire des émotions est la peur. La peur

recouvre la géographie spirituelle de

nombre de nos concitoyens. Les pays

effrayés, comme les individus, deviennent

souvent hostiles, et cette hostilité,

je dois le dire avec tristesse et

honte, blesse de nombreux Dominicains.

C’est le temps des responsabilités,

il n’y a pas de place pour des

positions ambiguës, ou la dignité

des personnes est défendue ou contre

elle.

Le penseur et philosophe

français (Tzvetan) Todorov a fait

une description, aujourd’hui opportune,

de la différence entre pays barbares

et pays civilisés : Les barbares

sont ceux qui considèrent que les autres,

parce qu’ils ne leur ressemblent

pas, appartiennent à une humanité

inférieure... Être civilisé, c’est être

capable de reconnaître pleinement

l’humanité des autres, même s’ils ont

des visages différents.

Des décisions injustes et non

civilisées retirent le droit à la nationalité

à des Dominicains aux visages

différents. Aujourd’hui, nous

sommes venus leur montrer notre

solidarité, nous le faisons parce que

nous pourrions être l’un d’entre eux.

Comme beaucoup d’autres milliers de

Dominicains, je suis un descendant

d’immigrants, mon histoire personnelle

est similaire à celle de beaucoup

de personnes touchées. Les Abinaders,

comme beaucoup d’autres, sont

venus au pays fuyant l’intolérance

politique et religieuse et les difficultés

économiques d’une région dévastée

par les guerres. Le premier Abinader

est arrivé ici comme les autres jeunes

qui ont suivi les histoires de grandes

opportunités qui leur sont venues de

parents ou d’amis qui avaient voyagé

de ce côté du monde à la recherche

de liberté et de moyens de subsistance…

Tous les immigrés européens

et asiatiques qui sont venus dans les

Amériques au XIXe siècle à la recherche

de fortune, ils n’apportaient que

les vêtements qu’ils portaient.

Les conditions de vie de ces

premiers immigrants lorsqu’ils sont

arrivés ici n’étaient pas différentes

de ce que nous voyons des immigrants

d’aujourd’hui. El Eco del

pueblo à Santiago rapporte qu’en

1884 les Arabes portaient des vêtements

inappropriés, travaillant dur

dans la seule option pour rejoindre

le marché du travail, qui était de

travailler dans les rues, comme vendeurs

ambulants... Ceux-là, les vendeurs

ambulants vivaient jour après

jour avec ce qu’ils portaient et pendant

des années entassés dans des

maisons en si mauvais état qu’elles

ont failli s’effondrer. L’historien

Jaime de Jesús Domínguez raconte

qu’en 1910, quelque 47 Arabes

vivaient ensemble dans une seule

maison, dans une grande pauvreté.

Pendant deux décennies, ce style

a été maintenu, mais cette activité

de colporteur a permis à la communauté

arabe de dominer le commerce,

Greater Brooklyn

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du moins dans les principales villes,

et aujourd’hui, ils sont le tronc des

familles qui contribuent beaucoup à

la société dominicaine.

Je suis dans la vie politique

parce que je veux garantir à tous les

Dominicains l’égalité devant la loi.

Un pays civilisé ne devrait tolérer

aucune forme de discrimination. La

constitution et les lois sont de leur

côté, les accords internationaux

signés par le pays nous obligent à respecter

leurs droits. Vous n’êtes pas

seuls, comptez sur moi, comptez sur

nous tous, comptez sur vos compatriotes

de bonne volonté, nous resterons

à vos côtés jusqu’à ce que la peur

disparaisse de l’esprit de beaucoup et

que nous redevenions la République

dominicaine, qui est vraiment un

pays uni et solidaire pour toujours ».

Président Abinader, c’est maintenant

vraiment le moment de la responsabilité.

Il vous appartient maintenant

de mettre fin à la violation

des droits humains des Dominicains

d’origine haïtienne. Allez-vous maintenir

en vigueur la politique que vous

avez vous-même définie comme “pas

très civilisée”, consistant à nous refuser

la nationalité et l’égalité des

droits ? Vous positionnerez-vous en

faveur de la dignité des personnes ou

continuerez-vous à la violer ?

Allez-vous dissiper la peur infondée

des immigrants haïtiens et

de leurs enfants et petits-enfants

dominicains, qui alimente la haine et

JOBS

la discrimination racistes, ou continuerez-vous

à nous stigmatiser comme

un fardeau pour l’État et une prétendue

menace à la souveraineté, nous

persécutant même dans les écoles et

les hôpitaux ? ? Continuerez-vous à

priver les Dominicains d’origine haïtienne

des opportunités qu’avaient les

enfants et petits-enfants d’immigrés

d’Europe et du Moyen-Orient, comme

vous, de participer pleinement à

la vie sociale, économique et politique

du pays ? Allez-vous prendre des

mesures concrètes pour “civiliser” la

Une manifestation de l’organisation de Dominicains d’origine haïtienne :

Reconoci.do

République dominicaine dans le sens

d’éliminer définitivement la discrimination

raciale ?

Vous devez connaître le proverbe

arabe qui nous rappelle qu’il y a

quatre choses qui ne peuvent être

défaites : la balle tirée, la parole prononcée,

le temps passé et l’occasion

manquée. Les mots que vous avez

prononcés ne peuvent être effacés,

pas plus que les années qui se sont

écoulées depuis 2013, y compris les

deux années de votre gouvernement.

Ne perdez pas l’occasion de corriger la

grande injustice que l’État dominicain

a commise contre nous les dominicains

et dominicaines d’origine haïtienne.

Reconocido 3 septembre 2022

Mouvement socialiste

des travailleurs de la

République dominicaine

23 septembre 2022

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Vol 16 # 13 • Du 28 Septembre au 4 Octobre 2022

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Kwonik Kreyòl

Estrateji pou devlope wout Ayiti

Emmanuel W. Védrine

Wout an jeneral enpòtan pou

ede anpil nan devlopman

yon peyi. Yo fasilite kominikasyon,

biznis, vwayaj, transpòtasyon,

sikilasyon touris, e tout sa ki ka akselere

aktivite ekonomik peyi sa a.

Nan kad wout, nou ka di Ayiti se

yon peyi vyèy si n ap konpare l ak

Repiblik Dominikèn (repiblik vwazin)

ki gen bèl wout ki fasilite pwen

enpòtan nou mansyone yo. Li enposib

pou n ta pale de devlopman

Ayiti, epi pou n ta kite enfrastrikti

enpòtan sa a dèyè — youn ki esansyèl

pou akselere aktivite ekonomik

yon peyi.

Lè n ap gade Ayiti, youn nan

gwo pwoblèm nou genyen ki kole

peyi sa a, ki fè l pa devlope, se

wout. — Sistèm wout ki pa devlope

fason nou wè sa lòt kote. E nou

kapab pran egzanp repiblik vwazin

nan lè n gade modèl wout (kòman

yo ye, e kòman sa ede trapde pou

sòti nan yon zòn ale nan yon lòt,

kòman sa kapab ede nan aktivite

ekonomik, e kòman sa kapab ede

tou pou bloke egzòd riral).

Sètadi, moun ki soti nan

komin natif yo pa bezwen kite l pou

al dèyè lavi miyò nan Pòtoprens. Lè

kapital sa a boure ak moun, yo oblije

pati al lòt kote (pa egzanp nan

repiblik vwazin nan, pran kanntè

pou eseye ateri Bahamas, Miyami

(Etazini), e lòt kote nan Dyaspora

Ayisyen an.

Sèjousi se Chili anpil jèn Ayisyen

ale, aprè Brezil. Nan kesyon

wout la, li enpòtan pou n mansyone

konstriksyon pon ki dwe fèt kote ki

nesesè, e sou rivyè*. Rivyè sa yo

dwe fouye dekwa pou pa gaye lè yo

desann oubyen debòde lè yo gonfle.

Sa ka koze anpil dega. Pa egzanp

y ale ak bèt, jaden, moun bare

lòt bò dlo (akoz pon ki pa genyen

pou travèse), elèv pa ka al lekòl...

Donk tout aktivite ekonomik bloke.

Men yon fwa ta gen gran wout

(otowout) oubyen haywe ki konekte

tout depatman (jewografik) yo

pa egzanp, wout atravè komin yo

ki konekte seksyon kominal yo,

oubyen seksyon riral, konsa aktivite

ekonomik kab fèt trapde lè jou

mache nan diferan komin.

Li enpòtan pou n mansyone

jou mache (kòm aktivite ekonomik

enpòtan), yon komin kapab al nan

mache ka yon lòt (selon jou mache

chak komin), nan seksyon riral,

oubyen yon komin ki touprè, yon

komin vwazin (avwazinant), kote

kapab gen aktivite ekonomik, e aktivite

touristik o nivo nasyonal an

menm tan tou. Sètadi, Ayisyen k

ap soti nan yon komin al fè touris

nan lòt, e tou o nivo touristik entènasyonal,

k ap antre soti lòt peyi

vin vizite Ayiti.

Donk san wout, nou pa ka fè

sa. San wout, Ayiti p ap ka reyèlman

rive atenn yon nivo devlopman.

Nan tout bagay, gen estrateji.

Konsa, nou kapab konseye lidè ki

alatèt yo k ap pran desizyon, estrateji

pou fè wout yo. Ki kèk nan

estrateji sa yo?

Ebyen nou kapab site kote ki

trè danjre yo pou ta gen yon lis kisa

pou yo fè. Pa egzanp, pou elaji yo,

kote ki gen falèz (pou elaji yo dekwa

pou veyikil pa fè aksidan, epi

yo ka sikile nòmalman. Gen kote

ki gen twou kote yo ka plante pyebwa

ladan yo, e bwa sa yo kapab

itilize pou fè planch (pi devan).

Pami bwa sa yo, nou ka mansyone

kajou (swietenia mahogony), gayak

(guaiacum officinale) pou fè

planch, mèb, e lòt pyebwa tou yo

kapab pran an konsiderasyon ki

kapab itilize pou fè planch.

Non sèlman li enpòtan pou

elaji kote sa yo, men yon fwa twou

sa yo bouche, machin p ap patinen;

yo p ap chavire. Aprè sa, nou ka

pale de falèz, wout ki apik pa egzanp.

Tout moun tande pale de Mòn

Kabrit. Gen lòt kote tou ki trè apik

Ayiti ki bezwen aplani (pou vin pi

plat) e pou elaji tou.

Gen kote ki gen ravin pa

egzanp, ki koze dega lè lapli tonbe.

Ravin sa yo ka ale ak tè, e bèt

moun. Yo kapab fouye e betonnen

ravin sa yo pou ba yo direksyon

pou y al tonbe dirèkteman nan baraj

pou ede ak irigasyon. Tout sa kapab

sèvi kòm fason pou ede kannale

dlo. Sa ka ede kreye lak atifisyèl tou

pou fè pisikilti, ki ka kreye aktivite

ekonomik pou lapèch kote moun

yo kapab viv de sa tou atravè yon

baraj pa egzanp.

Nou pran Mòn* Piliboro pa

egzanp, se yon wout trè danjre

pou moun ki pral nan nò (ki sot

nan sant oubyen Pòtoprens ki pral

Okap). Donk, li ta sipoze elaji. Non

sèlman li apik, men tou li gen falèz

lè de bò.

Nou gen wout Jakmèl la ki fèt

Wout Nasyonal nimewo 2

an zigzag pa egzanp ki trè danjre.

Okontrè, te gen siy ladan epòk diktati

Jean-Claude Duvalier ki make:

«La route vous tue, la route vous

blesse, la route est dangereuse.

Conduisez avec prudence!» (Wout

la ap touye w, wout la ap blese w,

wout la danjre. Kondi ak pridans!).

Pou kisa kounyeya wout sa a pa

kapab elaji olye pou vin avèk siy sa

yo, lè n konnen travay ki pou fèt yo

pa fèt pou evite?

Gen kote tou, lè w rive nan

yon koub, ou pa wè machin k ap vin

sou ou a, oubyen anfas ou. Donk

enjenyè, moun k ap trase wout yo

tankou apantè, tout moun k ap travay

yo ta sipoze byen mezire wout

la a distans avèk lonnvi pa egzanp

pou make l (menm jan sa fèt Etazini),

kote gen moun ki kenbe jalon,

lòt moun k ap make wout la pou wè

kote yo ye a (si yo wè nòmalman),

yon fason pou elaji l.

Lè w rive nan yon koub, se pa

lè sa a pou gen sipriz, epi pou yon

machin vin fas a fas avèk ou pou

fè kolizyon tèt a tèt epi tout moun

mouri. Nou gen tout pwoblèm sa

yo Ayiti, an tèm estrateji woutye

(woutyè). Li enpòtan kòman wout

yo dwe fèt. Kote ki trè danjre ki dwe

repare ou amelyore yo. Kote etwat

yo dwe elaji. Kote ki gen falèz dwe

bare, oubyen elaji.

Tout bagay sa yo dwe fèt.

Wout ki aplani (nan zòn apla), ki

pa koze pwoblèm kapab fèt annaprè.

Lòt bagay ankò ki esansyèl

se asfal. Lefèt ke asfal la koute lajan,

yon fwa wout la elaji ase (pa

egzanp, espesyalman nan pwovens)

ebyen asfal la ka ale o milye.

Sètadi, lè gen lajan disponib (si pa t

gen sifizamman), tanzantan asfal la

Wout Okap pou ale Labadi

gen dwa touche de bò wout la, pase

pa gen twòp trafik an pwovens.

Donk yon fwa asfal la ale o

milye wout la, lòt veyikil k ap vin

an fas la pa egzanp kapab toujou

kouri sou kote. Veyikil sa a p

ap gen pwoblèm lè l kapab wè lòt

anfas li... Epi, tanzantan, wout la

kapab elaji kote plis asfal kapab

ajoute.

Gen kote tou ki dwe betonnen.

Pa egzanp, an n di yon seri

kote ki glise (tèlke nan pant e wout

ki apik). Non sèlman yo dwe kraze

yon pati mòn nan, men tou grate

kote ki ta apik oubyen kote veyikil

ka patinen dekwa pou kenbe kawotchou

yo (oubyen jwenn grip) lè y

ap monte oubyen desann.

Sa rive lè lapli tonbe, kote

l glise e sa ka koze aksidan. Nou

wè ke l enpòtan pou nou te fè ti

pale sa a sou wout, e n ap mande

tout moun ki li atik sa a oubyen ki

tande vokal la (atravè ribrik nou,

«Edike Ayisyen Ayiti, e Ayisyen

nan Dyaspora», pou ta pataje l ak

lis kontak yo dekwa pou mesaj

la rive nan zòrèy tout lidè kouwè

majistra, depite, senatè, prezidan

e tout moun ki eli e ki okipe yon

pòs lidèchip pou konnen enpòtans

wout an Ayiti.

An rezime, san volonte politik

e vizyon pou devlopman Ayiti,

nou pa kapab gen yon peyi devlope

san pran devlopman wout an konsiderasyon,

kote moun kapab rete

nan komin e seksyon riral yo soti

pou devlope aktivite ekonomik.

Yon fwa yo kreye wout epi yo byen

jere, moun p ap bezwen vin konble

(nan) Pòtoprens dèyè aktivite

ekonomik, yo kapab fè tou nan

komin yo soti.

6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 13 • Du 28 Septembre au 4 Octobre 2022


Perspectives

Haïti au seuil d’une nouvelle

occupation ?

La situation actuelle

dans le pays est critique

C’est la « pacification violente » du pays tentée par la MINUSTAH qui a

contribué au scénario actuel

Par Lautaro Rivara*

Le dernier communiqué du Secrétariat

général de l’Organisation des États

américains (OEA) sur Haïti sera sans

doute à l’avenir un cas d’école, en raison

de la force avec laquelle l’organisation

dresse un bilan dévastateur des 20

dernières années d’« interventionnisme

humanitaire », le considérant comme «

l’un des échecs les plus graves et les plus

patents de la communauté internationale

». En outre, selon l’OEA, c’est au cours

de ces « 20 dernières années de stratégie

politique erronée », et sous l’égide de la «

communauté internationale » elle-même,

qu’ont « germé » les « bandes criminelles

qui assiègent aujourd’hui le pays ».

Des résultats désastreux

Mais ce qui est curieux, c’est que, partant

d’un diagnostic essentiellement correct,

Luis Almagro, dans une interview

au Miami Herald, a défendu la nécessité

de réoccuper le pays, un territoire

par lequel sont passées une douzaine

de missions civiles, policières, militaires

et politiques au cours des 30 dernières

années, avec des résultats désastreux, si

l’on considère les scandales de violence

sexuelle systématique commise par les

troupes d’occupation ; les massacres

répétés commis dans les quartiers populaires

; et l’introduction de l’épidémie

de choléra qui a causé la mort de 9 000

personnes et en a contaminé près de 800

000, comme l’a reconnu lui-même l’ancien

secrétaire général des Nations unies

Ban Ki-moon.

Le renouvellement de l’interventionnisme

est à présent justifié par le

désastre sécuritaire complet que vit la

nation haïtienne. Divers analystes citent

l’assassinat de Jovenel Moïse en juillet

dernier comme le début de cette spirale

de violence. Cependant, quelle que soit la

variable que nous prenons (la circulation

des armes, le nombre de gangs, leur capacité

opérationnelle et leur contrôle territorial,

les enlèvements, la perpétration

de massacres, de meurtres et de viols, le

nombre de personnes déplacées, etc.),

nous verrons qu’il s’agit d’une tendance

à plus long terme qui a commencé à se

consolider avec l’arrivée au pouvoir du

PHTK en 2010, un parti toujours au

pouvoir qui a déjà placé trois chefs d’État

et/ou de gouvernement successifs : Michel

Martelly, Moïse lui-même, et maintenant

Ariel Henry. Ce n’est pas avec le

retrait des troupes de la MINUSTAH que

ces dangereuses tendances sécuritaires

ont commencé à se manifester, mais plusieurs

années auparavant, ensuite approfondies

par l’occupation elle-même.

Des chars de la force d’occupation et de répression : la MINUSTAH

Paramilitarisme

Comme le démontre l’étude du paramilitarisme

et du crime organisé, ces

phénomènes sociaux trouvent leur terreau

le plus propice dans le vide généré

par différents facteurs : par la faiblesse

ou l’effondrement des capacités de l’État,

par des crises économiques aiguës, par

des phénomènes de guerre civile, par

des occupations ou des conflits guerriers

internationaux, par la survenue de

catastrophes humanitaires, etc. En d’autres

termes, par tout ce qui brise, affaiblit

ou rétracte le tissu social, étatique et/ou

communautaire. Un tissu qui, en Haïti,

en raison de sa longue histoire anticoloniale

et des caractéristiques absolument

intrinsèque de sa société, a eu historiquement

une unité et une résilience particulières.

Mais c’est la « pacification violente

» du pays tentée par la MINUSTAH qui

a contribué au scénario actuel. Cela est

dû à plusieurs facteurs : le processus de

substitution des capacités de l’État opéré

par « l’occupation sans fin » ; l’affaiblissement

de la société civile haïtienne

grâce à l’action indiscriminée de plus

de 12 000 organisations non gouvernementales

qui rivalisent entre elles,

démobilisent et capturent les ressources

humaines locales, surtout depuis le

post-séisme de 2010 ; par les politiques

économiques néolibérales qui, depuis les

années 80, ont détruit les dernières traces

de la capacité industrielle, agro-industrielle

et agricole du pays, générant des

phénomènes tels que l’exode rural et la

surpopulation urbaine, et augmentant la

pauvreté et le chômage ; et surtout par

le processus de répression sélective dans

certains des bidonvilles populaires de la

zone métropolitaine de Port-au-Prince,

qui ont créé le vide terrifiant que les

groupes criminels et paramilitaires sont

venus combler.

Armes de la Floride

Quelques remarques sont à faire sur

l’origine de ce phénomène. 1) Ni Haïti ni

son voisin, la République dominicaine,

ne produisent d’armes d’aucune sorte,

leur origine est donc nécessairement

étrangère. 2) Les États-Unis sont le principal

producteur et exportateur d’armes

et de munitions — ainsi que le plus

proche — avec 36 % du marché mondial,

un chiffre qui a augmenté au cours

de la dernière décennie. 3) Dans tous les

cas connus à ce jour, les armes ont été

Luis Almagro, dans une interview

au Miami Herald, a défendu la

nécessité de réoccuper Haïti

introduites clandestinement par les aéroports

ou des terminaux portuaires depuis

le sud de la Floride. Et ce, malgré le fait

que le pays est soumis à un embargo sur

les armes depuis 1991, partiellement assoupli

en 2006.

La Commission nationale pour le

désarmement, le démantèlement et la

réintégration a estimé en 2019 qu’environ

500 000 armes illégales étaient en

circulation dans le pays, une estimation

qui, malheureusement, a été largement

dépassée ces dernières années. Le premier

moyen évident de couper la spirale

de la violence à la racine serait de contrôler

et d’empêcher ce flux qui, chaque

jour, met des armes de gros calibre entre

les mains de jeunes issus des populations

les plus démunies de la zone métropolitaine,

aujourd’hui un territoire pratiquement

assiégé par les bandes criminelles.

Compte tenu de la croisade interventionniste

de l’OEA, de la fin prochaine

du mandat du Bureau intégré

des Nations unies en Haïti (BINUH) et

des débats ouverts aux États-Unis sur

ce qu’ils doivent faire de leur allié inconfortable

dans le Bassin des Caraïbes,

des concepts tels que la « responsabilité

de protéger », le « principe de non-indifférence

» et d’autres genres de récits

interventionnistes inventés dans l’ère

de l’après-guerre froide commenceront à

résonner de plus en plus. Ceux-ci nient

ou cherchent à suspendre les piliers juridiques

de l’ordre international depuis

la constitution de l’ONU : les droits à la

souveraineté et à l’autodétermination

des nations.

Élections

Le problème de sécurité d’Haïti a des

dimensions spécifiquement policières et

opérationnelles. Mais dans sa dimension

politique plus large, le contrôle territorial

du pays ne pourra jamais être repris sans

un processus électoral qui permettrait la

restauration du pouvoir politique à une

autorité légitime, considérant que des

élections n’ont pas eu lieu dans le pays

depuis six ans, et que les pouvoirs judiciaire

et législatif ont été pratiquement

démantelés, tandis que les services d’éducation

et de santé ont été suspendus ou

gravement affaiblis. Le report continu

des élections ne fera qu’affaiblir davantage

l’État et sa classe politique, sapant

ainsi leur capacité de manœuvre.

En outre, les politiques de choc

économique telles que l’augmentation

de 100 % des prix du carburant récemment

décrétée ne seront pas seulement

Laurenel Louis

Le dirigeant de la Confédération

des travailleurs des secteurs public

et privé (CTSP) d’Haïti, organisation

membre du CLATE, a évoqué la

nouvelle vague de protestations dans

le pays, après la décision du gouvernement

d’augmenter les prix du carburant.

La population réclame la démission

du Premier ministre Ariel Henry.

La crise politique, sociale et

économique en Haïti s’est intensifiée

la semaine dernière lorsque le gouvernement,

dirigé par le Premier ministre

Ariel Henry, a doublé le prix de l’essence

et augmenté le prix du diesel de

près de 90 %, déclenchant des manifestations

massives dans tout le pays. « Le

gouvernement haïtien, sous la pression

du Fonds monétaire international, a

supprimé la subvention de l’État à l’essence,

un produit stratégique et transversal,

et a augmenté son prix deux

fois en un an », a expliqué Laurenel

Louis.

« La première fois, c’était en

décembre 2021, lorsque le gallon d’essence

est monté à 250 gourdes (environ

2 dollars). Depuis près de trois

mois, la situation est encore plus critique.

Le gouvernement a provoqué

une pénurie de ce produit essentiel,

afin d’éliminer la subvention et de

vendre un gallon d’essence jusqu’à

570 gourdes (environ 4,85 $) et un

gallon de diesel jusqu’à 630 gourdes

(environ 5,30 $). », a informé le syndicaliste.

Louis a déclaré que « la population

n’accepte pas cette décision officielle

du gouvernement et demande sa

démission sans condition ». Il a ajouté

: « Il y a un soulèvement général de la

population dans tout le pays. Il y a des

scènes de pillage. Il y a la répression

policière. Il y a beaucoup de morts.

La population est dans la rue tous les

jours ».

Enfin, il a précisé que « ce n’est

plus une question d’essence : la seule

demande est la démission d’Ariel Henry,

chef du gouvernement ».

Clate Press / Résumé latino-américain,

26 septembre 2022

un coup de grâce pour une large majorité

des classes populaires qui luttent

pour survivre, mais elles donneront

également de plus en plus d’oxygène à

l’expansion et au contrôle territorial des

bandes armées, approfondissant, peutêtre

de manière irréversible, la paramilitarisation

du pays.

*Lautaro Rivara, Sociologue, doctorant

en histoire à l’UNLP ; boursier et

chercheur à l’IdIHCS/CONICET.

Source : Pagina|12

Traduction : Venesol

21 septembre 2022

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Vol 16 # 13 • Du 28 Septembre au 4 Octobre 2022

Haiti Liberté/Haitian Times

7


Haïti, d’une Transition à l’Autre (37)

André Michel, apprenti sorcier ou provocateur !

Par Catherine Charlemagne

Depuis bientôt un mois, la République

brûle ! Les manifestations

populaires enregistrées à travers

le pays ne sont ni manipulées ni

téléguidées. Elles sont le témoignage

de l’échec avéré non seulement de la

Transition post-Jovenel Moise, mais

surtout de l’échec d’une politique :

celle du gouvernement présidé par

le Premier ministre a.i Dr Ariel Henry

depuis plus de 14 mois. Or, il

se trouve que le pouvoir en place,

dominé par ce qu’on appelle l’ancienne

opposition, détient tous les

rouages des institutions. On l’a déjà

dit mille fois, hormis les régimes dictatoriaux,

jamais un pouvoir en Haïti

n’a eu autant de liberté pour agir à

sa convenance. Inutile ici de refaire

la liste des institutions dysfonctionnelles.

Et pour cause. Elles n’existent

tout simplement plus. Même

l’apprenti sorcier ou provocateur,

Me André Michel du SDP, le reconnaît

: « Nous sommes dans la crise

politique la plus difficile de l’histoire

des trente dernières années. C’est la

première fois que nous faisons face

à une crise politique dans le pays

où toutes les institutions sont dysfonctionnelles.

Autrefois, des institutions

comme la Cour de cassation, le Parlement,

restaient debout même durant

les crises. Aujourd’hui, toutes

les institutions sont à genoux...

Seule une branche de l’Exécutif est

fonctionnelle ; le gouvernement

ayant à sa tête le Premier ministre

qui est le chef de l’Administration

publique. Aucune autre institution

n’est fonctionnelle. C’est pour cela

André Michel

que je souhaite dire aux autres acteurs

politiques, aux acteurs de la

Société civile, qu’il y a une nécessité

de prendre la voie du dialogue » a-t-il

dit sur radio Magik9 le 13 septembre

2022. Effectivement, un homme,

un seul peut décider quand il veut,

comme il veut de la politique sécuritaire,

sociale et économique qu’il

entend appliquer pour les 12 millions

d’haïtiens. Si nous ne sommes pas

encore dans un régime dictatorial, on

aimerait bien que quelqu’un nous définisse

ce que c’est la dictature. Pourtant,

rien, absolument rien ne fonctionne.

Ne marche dans cette contrée

qui semble condamnée à être la risée

du monde.

On l’a bien vu et le pays assiste

à un déferlement de brutalité

et même de morts de la part des

forces de police à chaque fois que

les citoyens tentent non pas de provoquer

une révolution ou même de

renverser la table, mais seulement

André Michel reçoit un accueil en héros lors de la marche du 30

septembre 2013 à Port-au-Prince

de réclamer un peu de compréhension,

de compassion et d’humanité

auprès des décideurs autoproclamés.

Puisqu’aucun citoyen haïtien ne leur

a donné mandat. Si les haïtiens dans

leurs mouvements de revendications

réclament la fin de la vie chère, la

baisse du coût des produits pétroliers

et au passage la fin de cette dictature

qui ne dit pas son nom, en sollicitant

le départ de ce Premier ministre

totalement insensible à leur sort, ils

sont persuadés de leur bon droit.

Pourtant, il semble que certains

parmi les alliés du Premier ministre

veulent leur enlever ce droit acquis

si chèrement depuis 1986 en leur

faisant peur. Or, malgré les menaces,

les mises en garde et autres intimidations

des profiteurs du régime

de facto, les manifestations contre

l’augmentation des prix du carburant

(essence) continuent pour la plus

belle partout dans le pays.

C’est le chaos auquel vient se

greffer une paralysie totale du territoire

avec l’opération « pays lock ».

Même l’ONU et les principales représentations

diplomatiques en Haïti

plient bagages. Y compris, d’ailleurs,

une partie du personnel de l’ambassade

des USA à Port-au-Prince.

C’est dire que l’inquiétude est à son

paroxysme. Du Cap-Haïtien à Jérémie

en passant par les Gonaïves, les

Cayes, Hinche ou Miragoâne, le cri

est unanime : on n’en peut plus. A la

capitale et sa périphérie, toujours à la

pointe des contestations pour être le

centre névralgique des Pouvoirs politiques,

économiques et culturelles,

mais surtout où la population subit

et ressent plus fortement le poids de

cette cherté de la vie, les habitants

sont vent debout quasiment 24h sur

24 depuis un mois. Première victime

de la hausse des prix compte

tenu qu’elle est condamnée à se déplacer

soit en transport en commun

soit en taxi-motos, la population de

la région métropolitaine de Port-au-

Prince, comme de coutume, paie un

lourd tribut durant les manifestations

populaires de ces dernières semaines.

Mais, en dépit de ces pertes en

vie humaine et des dégâts collatéraux

qui sont les conséquences directes de

l’échec de la politique du gouvernement,

des dirigeants de l’ex-opposition

aujourd’hui au pouvoir et vivant

apparemment sur une autre planète

puisqu’ils profitent à vue d’œil de

leur proximité avec les richesses de

l’Etat, ne trouvent rien de moins à

faire que de les intimider. En effet, le

mardi 13 septembre 2022, on imagine

qu’on n’était pas le seul à être

sidéré d’entendre sur radio Magik9

dans l’émission Panel Magik l’un

des plus surprenants politiciens haïtiens

de cette décennie, s’agissant de

Me André Michel chef incontesté du

SDP (Secteur Démocratique et Populaire)

justifiant la décision du régime

d’augmenter les prix du carburant.

L’homme fort du régime de facto

conduit par le Premier ministre Ariel

Henry, Me André Michel, ne cesse

de surprendre de plus en plus non

seulement tous les observateurs politiques

locaux et étrangers mais aussi

son propre camp politique. Il ne fait

pas de doute, Me André Michel est

un pur produit du système politique

haïtien, ce qui n’est pas vraiment un

compliment en le disant. Celui qu’on

peut sans hésiter qualifier de l’un des

tombeurs du feu Président Jovenel

Moïse surprend par son attitude.

Il s’adapte aux conjonctures

politiques de ce pays comme un enfant

qui vient de naitre connaît immédiatement

l’odeur de sa maman.

Opposant intransigeant au Mouvement

puis au Parti Fanmi Lavalas

de l’ancien Président Jean-Bertrand

Aristide, il a poursuivi sans transition

sa politique de déstabilisation

gouvernementale contre tous les régimes

jusqu’à ce qu’il découvre enfin

le luxe et les délices du pouvoir

avec sa nouvelle égérie Ariel Henry.

De Jean-Bertrand Aristide au régime

dit PHTK mené d’abord par l’ex-Président

Michel Martelly et ensuite par

le Président Jovenel Moïse jusqu’au

magnicide du mois de juillet 2021,

Me André Michel est de toutes les

oppositions. Se faisant passer pour

l’avocat du peuple depuis des années,

André Michel occupe l’intégralité

du paysage politique haïtien.

Omniprésent et extrémiste, il colonise

la scène sociopolitique du pays.

Toujours dans une opposition intégrale

et sans concession, jamais il

n’a laissé le temps aux régimes précédents

de s’épanouir et de prendre

forme afin qu’ils puissent mener une

quelconque politique.

Aujourd’hui, ce qui frappe

en premier lieu c’est l’intégration et

l’adaptation si naturelle de André Michel

à un régime, certes, qu’il a plus

au moins couvé discrètement. Mais,

pour quelqu’un autoproclamé défenseur

du peuple et de la démocratie,

cela continue d’étonner plus d’un,

dans la mesure où ce régime qu’il

chérit tant est le pire que le pays ait

connu depuis la chute des Duvalier

et des régimes militaires éphémères

post-dictatoriaux. On n’en revient

pas de la métamorphose du leader du

Secteur Démocratique et Populaire

passant de chef d’opposition radicale

à celui de défenseur intransigeant

d’un pouvoir impopulaire honni de la

quasi-totalité de la population. Pire,

André Michel emploie aujourd’hui

les mêmes méthodes qu’il utilisait

du temps qu’il ferraillait dans une

opposition carrée en menaçant ses

adversaires de la pire sentence pour

défendre un pouvoir sans aucune

légitimité ayant été installé par la

seule volonté de la Communauté internationale,

en l’occurrence le Core

Group.

Quel ne fut pas notre étonnement

d’entendre dire par cet homme

de loi devenu défenseur des causes

perdues que personne ne pourra renverser

Ariel Henry du pouvoir. Et

que le seul moyen de le remplacer

est d’accepter d’aller aux élections.

D’après le chef du SDP, il n’y a aucun

autre moyen de le faire. « (…)

Je veux dire aux acteurs politiques,

de la Société civile qui n’ont pas encore

compris que le dialogue est la

seule option, que ce sont eux qui, en

quelque sorte, font que M. Ariel Henry

reste le plus longtemps possible au

pouvoir. Tant que nous n’entamons

pas un processus de dialogue pour

trouver un consensus pour rétablir la

sécurité dans le pays afin d’organiser

les élections, pour rendre les institutions

opérationnelles, faire la passation

du pouvoir à des autorités élues,

Ariel Henry restera au pouvoir (…) »

a avancé sans rire Me André Michel

sur Magik9 le 13 septembre 2022.

On croit rêver et franchement nous

sommes persuadés qu’on n’était pas

le seul dans cette situation.

André Michel, hier le chantre

de la démocratie et partisan tous

azimuts de la mobilisation populaire

contre tous les pouvoirs établis en

Haïti se fait aujourd’hui l’avocat de

l’impossible. Bien sûr qu’on serait

tout à fait d’accord avec l’avocat si,

il n’y a pas si longtemps, il n’était

pas le farouche pourfendeur de tous

les dirigeants qui avaient au moins

un minimum de légitimité au Palais

national, en tout cas, reconnus

constitutionnellement par un mandat

fixe et aussi soutenus par une partie

de la population même minime.

Prenant goût au pouvoir qu’il a eu

par procuration, le dirigeant du SDP

se croit vraiment au timon des affaires

à travers un Premier ministre

de facto que la population, celle-là

même qui a fait sa fortune politique

durant les années passées, ne reconnait

pas. Aujourd’hui, non seulement

le leader du SDP change totalement

de vocabulaire en menaçant

ceux qui pensent se mettre en travers

du chemin de son champion qui est

à la Primature, André Michel emploie

également un langage qui en dit long

sur sa détermination à conserver le

pouvoir.

Ce comportement de soldat

intrépide pousse aussi à s’interroger

sur le rôle de certains dans l’arrivée

de cette équipe au pouvoir. Voilà il y

a à peine une année qu’un chef de

l’Etat en fonction a été assassiné justement

parce qu’il rêva de terminer

son mandat constitutionnel. Ne pouvant

attendre l’échéance prévue par

De gauche à droite : André Michel, Youri Latortue et Nènèl Cassy

la Constitution, les oligarques économiques

et politiques, impatients de

prendre le pouvoir et de s’installer

à la tête du pays, ont tout naturellement

écourté ledit mandat. Il se

trouve que les premiers vrais bénéficiaires

de ce crime politique sont les

radicaux qui avaient prédit ce sort

funeste au Président s’il ne se démet

pas de ses pouvoirs. Dans le contexte

des mouvements sociaux à travers le

pays réclamant le départ du Premier

ministre a.i, par provocation ou par

mise en garde à ceux qui tenteraient

de pousser son protégé vers la sortie,

Me André Michel revient à une formulation

ressemblant étrangement

à cet épisode malheureux et criminel

dans l’histoire récente d’Haïti en déclarant,

lors de son passage à l’émission

Panel Magik de Magik9, (…)

« Ariel Henry est au pouvoir, il n’y a

aucun mécanisme pour le remplacer.

Comment peut-on remplacer

un Premier ministre alors qu’il n’y a

aucune institution debout ? Il n’y a

que deux mécanismes pour le remplacer

: l’organisation des élections

et une autre cause biologique, la

mort (…) ». Autrement dit, soit les

autres protagonistes ou Accords acceptent

les propositions du Premier

ministre a.i et cautionnent donc l’organisation

des élections quelles que

soient les conditions sécuritaires du

pays. Ou Ariel Henry demeure ad

vitam aeternam à la Primature et

au Palais national jusqu’à ce que le

Core Group le chasse ou soit, dans le

cas extrême, qu’il subisse le sort du

feu Président Jovenel Moïse, c’est-àdire

qu’on l’assassine ou qu’il meure

de mort naturelle. Sinon, personne,

même pas le peuple, ne pourrait le

contraindre à abandonner la Villa

d’Accueil s’il ne décidait de quitter le

pouvoir de son plein gré. Qui a

parlé de Transition de rupture en Haïti

? Voire du retour à la démocratie !

C.C

8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 13 • Du 28 Septembre au 4 Octobre 2022


This week in Haiti

Ex-U.S. Special Envoy to Haiti Daniel Foote: Send Special

Forces to Haiti or 25,000 Troops

Ex-special envoy to Haiti Daniel Foote at a Sep. 19 rally in Washington,

DC: “I proposed sending a company or so of U.S. special forces to train an

anti-gang task force within the Haitian National Police.”

by Dan Cohen

As the Haitian government teeters

on the brink of collapse amid a

popular uprising, ex-U.S. Special Envoy

to Haiti Daniel Foote insists the

U.S. must either send special forces to

train a Haitian National Police SWAT

unit or invade with 25,000 soldiers at

an “imminent” date.

On Sep. 19, activists gathered

outside the White House to commemorate

one year since the mass deportation

of Haitian asylum seekers in Del

Rio, Texas.

The commemoration came as

a popular uprising in Haiti entered its

third week, sparked by International

Monetary Fund-imposed fuel price

hikes amid spiraling inflation and a

state of total insecurity.

“We will have to readjust the

price of gas,” Interim Prime Minister

Ariel Henry told Haitians in a televised

speech on Sep. 11, seeking to avoid

blame. “I know there are people who

will try to heat up your heads, tell you

to take to the streets so that gas does

not come back to its normal price… Violence

has no place. Violence won’t get

us anywhere. I put out a call for calm

to everyone.”

The U.S. and its junior partners,

however, have sought to shift blame

for the unrest onto local economic interests

and so-called “gangs.”

On Sep. 21, U.S. President Joe

Biden told the United Nations General

Assembly (UNGA): “We continue

to stand with our neighbor in Haiti as

it faces political-fueled gang violence,

and an enormous human crisis, and

we call on the world to do the same,”

adding that, “we have more to do.”

“If you look at the protests that

are taking place as a result of the end

of fuel subsidies, they are financed by

economic actors,” top Biden advisor

and National Security Council Director

Juan Gonzales commented.

In attendance at the White

House protest was former U.S. Special

Envoy for Haiti Daniel Foote, who

warned that if Washington does not

train a Haitian National Police unit to

Two young men bring fresh tires to a burning barricade in Port-au-Prince

on Sep. 16, 2022. Photo: Haïti Liberté

crush Haiti’s so-called “gangs,” it will

launch a full scale invasion.

“The U.S. has two choices: either

reinforce the police now, probably

using military trainers, so send a company

of special forces trainers to teach

the police and set up an anti-gang task

force, or send 25,000 troops at some

undetermined but imminent period in

the future,” Foote declared.

Foote resigned from his post in

September 2021, citing the inhumane

treatment of Haitians at the border as

the breaking point.

“I realized I could no longer have

the positive impact and push Haiti towards

where it needs to go in my role

as special envoy because of the guy in

that building right there,” he told the

crowd, pointing at the White House.

The resignation earned him

praise from prominent intellectuals

including filmmaker Raoul Peck, who

called Foote’s congressional testimony

“shattering and redemptive,” saying

that it “restored some measure of honor

to decades of shameless American

intervention.”

Since his resignation, Foote has

been vocally opposed to continued

U.S. support for Haitian Interim Prime

Minister Ariel Henry, who remains in

office despite being implicated in the

July 2021 assassination of President

Jovenel Moïse.

Rather than withdrawing support

for Henry, Washington has sought

to unite him with his principal rival, a

coalition of traditional political parties

and dozens of so-called civil society

groups, known as the Montana Accord.

Described as a “Haitian-led” alternative

to Henry, the Montana coalition

proposes a two-year transitional

government leading to elections.

This Accord is headed by Magali

Comeau Denis, who, like Ariel Henry,

was a key figure in the 2004 U.S.-orchestrated

coup d’état against President

Jean-Bertrand Aristide as well as

Culture Minister of the de facto regime

set up after the ouster.

So far, the Biden administration’s

attempts to unite the two coalitions

have proven unsuccessful.

Despite Henry’s ongoing premiership,

the Montana Accord is increasingly

favored by Washington,

with Assistant Secretary of State for

Western Hemisphere Affairs Brian

Nichols publicly endorsing it.

As the uprising has rocked Henry’s

government, the U.S. establishment’s

flagship foreign policy think

tank, The Council on Foreign Relations

(CFR), published a strategy paper endorsing

the Montana Accord as “the

most credible Haitian plan on the table,”

saying “the United States should

still help Haitians initiate its implementation.”

Early in 2022, as the Biden administration

pressured the Montana

group to compromise with Ariel Henry,

the accord fractured.

The Movement of Haitian Liberty

and Equality for Fraternity (MO-

LEGHAF) pulled out, accusing Montana

of partaking in “an international

plot” and saying “we’re not going to

facilitate the work of the imperialists.”

The Lavalas Family party of former

President Aristide quietly followed

suit.

As these members have broken

off, Foote and the liberal establishment

have promoted the accord as the ideal

partner for the United States and its

institutions.

“They need somebody whom the

international community, the IMF, the

donors, can trust and work with and

the Haitian people can trust and work

with to improve their lives and move

towards choosing their own leaders,”

he explained.

While Foote advises who should

lead Haiti, he is careful to project the

opposite. When MintPress News asked

if the Montana Accord is a mechanism

to arrive at such leadership, he replied:

“Let’s not call it that because then

I’m offering preference for one group

or another. A consensus, let’s call it.

And the Montana Group, last Oct. 31,

I think, of 2021, signed a consensus

agreement and broadened it significantly

by January to the point that

80% plus of the actors in Haiti, everyone

that wanted in, was in on it. And

that’s adequate consensus.”

Canadian Prime Minister Justin

Trudeau speaks similarly. “We cannot

continue to see external elements, no

matter how well meaning, try to determine

the future of Haiti,” he said at a

press conference.

However, the very same day,

while leading discussion of a Haiti advisory

group on the UNGA’s sidelines,

Trudeau listed several foreign powers

who he insists will be involved in Haiti’s

future. “Regional partners like CAR-

ICOM and global partners like Canada,

the U.S., France, the European Union,

and others have an extremely important

role to play as well,” he said.

The primary objective for Foote,

Washington, and its partners is to

eliminate the so-called gangs.

“The gangs went from [former

president Jean Bertrand] Aristide’s

guys that he would pay to go out on

the streets to raise hell and get things

done, [and] have developed into very

sophisticated, heavily armed criminal

organizations at this point in time,”

Foote said.

Despite the criminal acts of

groups like the 400 Mawazo, which

kidnapped American and Canadian

missionaries last year, the U.S.’s

top target is its rival – a federation of

armed groups known as the “Revolutionary

Forces of the G9 Family and

Allies, Mess with One, You Mess with

All” or G9.

“The G9 coalition, they were a

year ago at least, the best organized

and the best funded,” Foote said.

This coalition, which calls for social

revolution, is led by former police

officer Jimmy “Barbecue” Cherizier.

The U.S. government, through

the National Endowment for Democracy

(NED), has accused Cherizier of

committing a series of massacres but

presented no evidence, qualifying its

charges as “alleged.”

Nonetheless, Cherizier is the

only so-called gang leader in Haiti under

U.S. Magnitsky sanctions.

Cherizier has gained support

over the past two years as his calls for

revolution have resonated amid ever

worsening conditions.

Foote, in Haiti’s largest daily

newspaper warned Haitians to not listen

to Cherizier, calling him a “criminal”

that must be “hunted down.”

“The issue is they have no natural

predator in Haiti,” Foote lamented.

“The police can’t take them on. They

can’t compete with the gangs; they’re

outmanned, outgunned, and everything.”

Cherizier has taken center stage

in the ongoing uprising, blocking the

country’s largest fuel terminal, and

clashing with the Haitian National Police

(PNH). (The G9 previously blocked

the terminal in October and November

2021 in a bid to unseat Henry,

but eventually called a “truce” which

last several months.) Leading human

rights figure, Pierre Espérance, head

of the NED-funded Haitian National

Network for Defense of Human Rights

(RNDDH), claimed that Cherizier is

Jimmy “Barbecue” Cherizier, leader

of the Revolutionary Forces of the

G9 Family and Allies: “We are the

movement!... Haitian people, stand

behind your barricades.”

actually stamping out protests on behalf

of Ariel Henry, though offering no

proof for his allegation.

Cherizier, manning a barricade

outside the Varreux fuel terminal, addressed

the Haitian people and the besieged

prime minister.

“Ariel Henry, get ready for

what’s coming,” Cherizier said, brandishing

a rifle. “This time, we will run

over your legs. You can continue to

give the little hungry thieving politicians

money, continue to give hungry,

greedy journalists money, who say

that we are getting money to destroy

the movement. We are the movement!

The Revolutionary Forces of the G9

Family and Allies, we are the movement!

Ariel is on our ass. Haitian people,

stand behind your barricades!”

As special envoy, Foote advocated

U.S. deployment of special forces to

train a PNH unit to take out so-called

“gang leaders” like Cherizier.

“Did you ever propose any kind

of military intervention to Haiti?” CBS’

Margaret Brennan asked Foote last fall.

“I proposed sending a company

or so of U.S. special forces to train an

anti-gang task force within the Haitian

U.S. National Security Council director Juan Gonzalez: “Just leaving it up

to Haitians to solve their problems is a line that I think ignores a really,

really concerning and deteriorating situation inside the country.”

National Police. So you’re talking about

30, 60 people,” Foote responded.

As Haiti spirals out of control

under Henry, United Nations Secretary

General Antonio Guterres and Haitian

Foreign Minister Jean Généus make

similar proposals.

“The proposition I put on the

table is that we must have an international

program of support for the

training and equipping of the police,”

Guterres said, “but it will be

suite à la page(17)

Vol 16 # 13 • Du 28 Septembre au 4 Octobre 2022

Haiti Liberté/Haitian Times

9


C’EST L’HÉ

LE VÉRITABLE PROGRA

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken présente la nouvelle

stratégie africaine de Washington à l’Université de Pretoria

Par Pepe Escobar *

Oubliez le développement. Le principal

intérêt de Washington en Afrique

aujourd’hui est de garder les Chinois

et les Russes à l’écart.

Dans un environnement rationnel,

la 77e session de l’Assemblée

Générale des Nations Unies (AGNU)

devrait discuter de l’allègement des

tribulations du Sud, en particulier de

l’Afrique.

Ce ne sera pas le cas. Comme

un cerf pris dans les phares géopolitiques,

le Secrétaire Général des Nations

Unies, Antonio Guterres, a émis

des platitudes sur un sombre « hiver

de mécontentement mondial », alors

même que les prophètes de malheur

impériaux critiquaient la « crise de foi

» de l’ONU et fustigeaient la « guerre

non provoquée » déclenchée par la

Russie.

Bien sûr, le génocide au ralenti

des résidents russophones du Donbass

pendant huit ans ne sera jamais

reconnu comme une provocation.

M. Guterres a parlé de l’Afghanistan,

« où l’économie est en ruine

et où les droits de l’homme sont

bafoués » - mais il n’a pas osé offrir

de contexte. En Libye, « les divisions

continuent de mettre en péril le pays

» - là encore, aucun contexte. Sans

parler de l’Irak, où « les tensions

actuelles menacent la stabilité en

cours ».

L’Afrique compte 54 Nations

membres de l’ONU. Toute réunion

de l’AGNU vraiment représentative

devrait placer les problèmes de l’Afrique

au premier plan. Une fois de

plus, ce n’est pas le cas. Il revient

donc aux dirigeants africains d’offrir

ce contexte indispensable en dehors

du bâtiment de l’ONU à New York.

Seul membre africain du G20,

le Président sud-africain Cyril Ramaphosa

a récemment exhorté les États-

Unis à ne pas « punir » l’ensemble du

continent en obligeant les Nations à

diaboliser ou à sanctionner la Russie.

L’introduction par Washington d’une

législation baptisée « Countering Malign

Russian Activities in AfricaAct »

(loi sur la lutte contre les activités

malignes de la Russie en Afrique),

dit-il, « nuira à l’Afrique et marginalisera

le continent ».

L’Afrique du Sud est membre

des BRICS - un concept qui est un

anathème dans le Beltway[la Nouvelle

Route de la Soie] - et adopte une

politique de non-alignement entre les

puissances mondiales. Une version

émergente du 21e siècle du Mouvement

des non-alignés (MNA) des années

1960 se renforce dans le Sud de

la planète, et notamment en Afrique,

au grand dam des États-Unis et de

leurs laquais.

Toujours à l’AGNU, António

Guterres a invoqué la crise mondiale

des engrais - là encore, sans contexte.

La diplomatie russe a souligné à

plusieurs reprises que Moscou était

prêt à exporter 30 millions de tonnes

de céréales et plus de 20 millions de

tonnes d’engrais d’ici à la fin 2022.

Ce que l’Occident ne dit pas, c’est que

seule l’importation d’engrais vers

l’UE est « autorisée », alors que le

transit vers l’Afrique ne l’est pas.

M. Guterres a déclaré qu’il essayait

de persuader les dirigeants de

l’UE de lever les sanctions sur les

exportations d’engrais russes, qui

John Bolton, en décembre 2018, à la Heritage Foundation : les États-

Unis en Afrique n’ont rien à voir avec le soutien à la démocratie et au

développement durable. Il s’agit de contrer la Russie et la Chine

affectent directement le paiement des

cargaisons et les assurances maritimes.

La société russe Uralchem, par

exemple, a même proposé de fournir

gratuitement des engrais à l’Afrique.

Pourtant, du point de vue des

États-Unis et de leurs vassaux de

l’UE, la seule chose qui compte est

de contrer la Russie et la Chine en

Afrique. Le président du Sénégal,

MackySall, a fait remarquer que cette

politique laissait « un goût amer ».

« Nous vous interdisons de

construire votre pipeline »

La situation empire. Le Parlement

Européen, largement inefficace, veut

maintenant arrêter la construction de

l’oléoduc d’Afrique de l’Est (EACOP),

long de 1 445 km, qui relie l’Ouganda

à la Tanzanie, en invoquant

de vagues violations des droits de

l’homme et des menaces environnementales,

et en « conseillant » aux

pays membres d’abandonner purement

et simplement le projet.

L’Ouganda compte sur plus de

6 milliards de barils de pétrole pour

soutenir un boom de l’emploi et faire

enfin passer le pays au statut de

pays à revenu intermédiaire. Il revenait

au vice-président du Parlement

ougandais, Thomas Tayebwa, De

présenter un contexte indispensable

: « Il est imprudent de dire que les

projets pétroliers de l’Ouganda vont

aggraver le changement climatique,

pourtant c’est un fait que le bloc de

l’UE avec seulement 10 % de la population

mondiale est responsable de

25 % des émissions mondiales, et

l’Afrique avec 20 % de la population

mondiale est responsable de 3

% des émissions. L’UE et les autres

pays occidentaux sont historiquement

responsables du changement

climatique. Qui donc devrait arrêter

ou ralentir le développement des ressources

naturelles ? Certainement

pas l’Afrique ou l’Ouganda ».

Le Parlement européen est en

outre une marionnette fidèle du lobby

des biocarburants. Il a refusé de

modifier une loi qui aurait mis fin à

l’utilisation de cultures vivrières pour

la production de carburant, ce qui aurait

contribué à ce que le Programme

alimentaire des Nations Unies a décrit

comme « une urgence mondiale

d’une ampleur sans précédent ». Pas

moins de 350 millions de personnes

sont au bord de la famine en Afrique.

Au lieu de cela, la notion «

d’aide » du G7 à l’Afrique est cristallisée

dans le projet Build Back Better

World (B3W) dirigé par les États-Unis

- la tentative anémique de Washington

de contrer l’ambitieuse initiative

Belt and Road (BRI) de Pékin - qui

se concentre sur « le climat, la santé

et la sécurité sanitaire, la technologie

numérique et l’équité et l’égalité entre

les sexes », selon la Maison Blanche.

Les questions pratiques d’infrastructure

et de développement durable,

qui sont au cœur du plan de la Chine,

sont tout simplement ignorées par le

B3W.

Initialement, quelques projets

« prometteurs » ont été identifiés par

une délégation étasunienne en déplacement

au Sénégal et au Ghana.

Des sources diplomatiques sénégalaises

ont depuis confirmé que ces

projets n’ont absolument rien à voir

avec la construction d’infrastructures.

Comme on pouvait s’y attendre,

le B3W a fait long feu. Après

tout, le projet dirigé par les États-

Unis n’était guère plus qu’un gadget

de relations publiques visant à saper

les Chinois, avec un effet négligeable

sur la réduction des plus de 40 000

milliards de dollars d’infrastructures

à construire dans le Sud d’ici 2035.

Avec un YALI, vous voyagerez

Les initiatives impériales

en Afrique - hormis le

Commandement de l’Armée

des Etats-Unis pour l’Afrique

(AFRICOM), qui équivaut à une

militarisation brute du continent

- nous amènent au cas curieux

de la YALI (Young African

Leaders Initiative), largement

présentée par l’axe Washington-

New York comme la politique «

la plus innovante » des années

Obama.

Lancé en 2010, la YALI a été conçu

pour « donner les moyens d’agir à la

nouvelle génération de dirigeants africains

» - un euphémisme pour les

éduquer (ou leur laver le cerveau) à la

manière US. Le mécanisme est simple

: il s’agit d’investir sur des centaines

de jeunes leaders africains potentiels

et de les faire venir dans des universités

des Etats-Unis pour une courte

« formation » de six semaines sur «

les affaires, le leadership civil, l’entrepreneuriat

et la gestion publique

». Puis, quatre jours à Washington

pour rencontrer des « dirigeants de

l’administration » et une séance de

photos avec Obama.

Le projet, coordonné par les

Ambassades US en Afrique, s’adressait

à des jeunes hommes et femmes

originaires des 49 pays d’Afrique

subsaharienne - y compris ceux

soumis à des sanctions étasuniennes,

comme le Soudan, l’Érythrée et le

Zimbabwe - maîtrisant l’anglais et

s’engageant à retourner en Afrique.

Au cours des premières années, près

de 80 % d’entre eux n’avaient jamais

mis les pieds aux États-Unis et plus

de 50 % avaient grandi en dehors des

grandes villes.

Puis, lors d’un discours prononcé

en 2013 en Afrique du Sud,

Obama a annoncé la création de la

Washington Fellowship, rebaptisée

par la suite Mandela-Washington

Fellowship (MWF).

Il est toujours en cours. En

2022, le MWF devrait être accordé

à 700 « jeunes leaders exceptionnels

d’Afrique subsaharienne », qui suivent

des « Leadership Institutes » dans

près de 40 universités étasuniennes,

avant leur court passage à Washington.

Après quoi, ils seront prêts pour

un « engagement à long terme entre

les États-Unis et l’Afrique ».

Et tout cela pour des clopinettes,

puisque le MWF a été présenté

avec enthousiasme par l’establishment

démocrate comme étant rentable

: 24 000 dollars par boursier,

payés par les universities étasuniennes

participantes ainsi que par Coca-Cola,

IBM, MasterCard Foundation,

Microsoft, Intel, McKinsey, GE

et Procter & Gamble.

Et cela ne s’est pas arrêté à

MWF. L’USAID est allé plus loin et

a investi plus de 38 millions de dollars

- plus 10 millions de dollars de la

Fondation MasterCard - pour mettre

en place quatre centres régionaux de

leadership (RLC) en Afrique du Sud,

au Kenya, au Ghana et au Sénégal.

Ces centres ont formé, à distance et

en classe, au moins 3 500 « futurs

dirigeants » par an.

Il n’est pas étonnant que la

Brookings Institution se soit extasié

sur tant de « rentabilité » lorsqu’il

s’agit d’investir « dans l’avenir de

l’Afrique » et pour que les États-Unis

« restent compétitifs » en Afrique. Le

YALI est certainement plus présentable

que l’AFRICOM.

Quelques exemples de réussite

ne semblent cependant pas rivaliser

avec le flux constant de footballeurs

africains qui font un tabac en Europe

- et réinvestissent ensuite la plupart

de leurs bénéfices dans leur pays. Les

années Trump ont vu une réduction

du financement de YALI - de 19 millions

de dollars en 2017 à environ 5

millions de dollars.

Tant de dirigeants à « former ».

Comme on pouvait s’y attendre, la

Maison Blanche de Joe Biden a recommencé

à faire du YALI. Prenez

cet attaché de presse des Etats-Unis

au Nigéria qui décrit clairement l’accent

mis actuellement sur « l’éducation

aux médias et à l’information »,

indispensable pour lutter contre la «

propagation de la désinformation »,

notamment « dans les mois précédant

l’élection présidentielle nationale ».

Les États-Unis, dans le cadre

de l’initiative YALI, ont donc « formé

1 000 jeunes Nigérians à reconnaître

les signes de désinformation en ligne

et dans les médias ». Et maintenant,

la suite est constituée d’ateliers de «

formation des formateurs », « enseignant

à 40 journalistes, créateurs de

contenu et militants (dont la moitié

seront des femmes) de Yobe, Borno,

Adamawa, Zamfara et Katsina, comment

identifier, enquêter et signaler

la désinformation ». Facebook, à qui

le FBI a ordonné de censurer les faits

10 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 13 • Du 28 Septembre au 4 Octobre 2022


MME US EN AFRIQUE

GÉMONIE

Le Secrétaire Général des Nations Unies, Antonio Guterres

Lancé en 2010, la YALI a été conçu pour « donner les moyens d’agir à la

nouvelle génération de dirigeants africains » - un euphémisme pour les

éduquer (ou leur laver le cerveau) à la manière US

« gênants », susceptibles de modifier

les élections, ne fait pas partie du

programme.

YALI est le visage doux et Instagrammé

de l’AFRICOM. Les États-

Unis ont participé au renversement

de plusieurs gouvernements africains

au cours des deux dernières décennies,

avec des troupes formées sous

l’AFRICOM, obsédé par le secret. Il

n’y a eu aucun audit sérieux du Pentagone

sur l’armement des « partenaires

» locaux de l’AFRICOM. Pour

ce que nous en savons - comme en

Syrie et en Libye - l’armée US pourrait

être en train d’armer encore plus

de terroristes.

Et comme on pouvait s’y attendre,

tout cela est bipartisan. Le

néo-con enragé et ancien conseiller à

la sécurité nationale de Trump, John

Bolton, en décembre 2018, à la HeritageFoundation

, a été on ne peut

plus clair : les États-Unis en Afrique

n’ont rien à voir avec le soutien à la

démocratie et au développement durable.

Il s’agit de contrer la Russie et

la Chine.

Lorsqu’elle a appris que Pékin

envisageait de construire une base

navale en Guinée Equatoriale, pays

riche en pétrole, la Maison-Blanche

de M. Biden a envoyé des émissaires

à Malabo, la capitale, pour convaincre

le gouvernement de cesser ses activités.

En vain.

En revanche, le Ministre des

Affaires Etrangères russe, Sergei Lavrov,

a été reçu comme une superstar

lors de sa récente tournée en Afrique,

où l’on estime que les prix mondiaux

des denrées alimentaires et le drame

des engrais sont une conséquence

directe des sanctions occidentales

contre la Russie. Le dirigeant ougandais

Yoweri Museveni est allé droit au

but en déclarant : « Comment pouvons-nous

être contre quelqu’un qui

ne nous a jamais fait de mal ? »

Du 13 au 15 décembre, la Maison-Blanche

prévoit d’organiser à

Washington un grand sommet des dirigeants

étasuniens et africains pour

discuter principalement de la sécurité

alimentaire et du changement climatique

- parallèlement aux éternelles

conférences sur la démocratie et les

droits de l’homme. La plupart des

dirigeants ne seront pas vraiment

impressionnés par cette nouvelle

démonstration de « l’engagement

durable des États-Unis d’Amérique

envers l’Afrique ». Eh bien, il y a toujours

YALI. Tant de jeunes dirigeants

à endoctriner, en si peu de temps.

* Pepe Escobar est un journaliste

brésilien de l’Asia Times et

d’Al-Jazeera. Pepe Escobar est aussi

l’auteur de : « Globalistan : How

the Globalized World is Dissolving

into Liquid War » (Nimble Books,

2007) ; « Red Zone Blues : a snapshot

of Baghdad during the surge »

; « Obama does Globalistan » (Nimble

Books, 2009), Empire of Chaos

(Nimble Books, 2014), et 2030 en

format Kindi. Vous pouvez le suivre

sur Facebook. - @RealPepeEscobar

The Cradle September 21 2022

Traduit de l’anglais pour El

Correo de la Diaspora par :

Estelle et Carlos Debiasi

El Correo de la Diaspora

24 septembre 2022

One time use only. Cannot be used in conjunction with any other coupon or offer.

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service except subscription fees. Must mention coupon at time of sale.

Fè Depatman Afè Kominote a

(Department of Community

Affairs) konnen kisa w bezwen

kòm asistans nan de (2) fason:

1. Ranpli Sondaj Enskripsyon pou

Asistans apre Siklòn Ida.

bit.ly/IdaSurveyDCA

2. Analize Plan Aksyon pou asistans

Eta a pwopoze a epi bay kòmantè w.

https://www.nj.gov/dca/ddrm/

Vol 16 # 13 • Du 28 Septembre au 4 Octobre 2022

Haiti Liberté/Haitian Times

11


Perspectives

Les menaces occidentales pour les peuples d’Abya

Yala à l’ère de la multipolarité

Par Jorge Capelán

Nous vivons une époque véritablement

historique dans le monde : celle

de l’effondrement du plus grand empire

que l’humanité ait jamais connu. L’Occident

(les États-Unis, l’Europe et quelques

autres alliés) exerce toujours un pouvoir

considérable, mais dans la pratique, le

monde est désormais multipolaire à bien

des égards. Quels défis cette situation

pose-t-elle à nos peuples d’Abya Yala ?

Les signes de la fin de l’unipolarité

imposée par l’Occident après l’effondrement

de l’Union soviétique en 1990 se

manifestent aujourd’hui par l’échec retentissant

des sanctions contre la Russie

à la suite de la guerre en Ukraine, par

la poussée croissante des BRICS, par le

développement de la Chine, etc.

Ce qui s’effondre en fait, ce n’est

pas seulement l’empire américain, mais

aussi toute la civilisation qui s’est construite

dans le sillage de la colonisation

européenne du monde.

Face à la perte de leur hégémonie,

l’élite de l’élite occidentale cherche une

sorte d’échappatoire qui lui permettra

de maintenir ses privilèges, ceux des

0,00001% de la population mondiale.

L’agenda est facile à comprendre pour

quiconque se soucie de lire les publications

du Forum économique mondial et

peut voir les éléments communs dans

les déclarations disparates des dirigeants

politiques américains, qu’ils soient

démocrates ou “trumpistes” : neutraliser

la Chine et la Russie, veiller à ce que l’Europe

ne devienne jamais un concurrent

sérieux et détruire chaque État souverain

afin d’imposer la dictature directe de

leurs multinationales sur tout ce qui vit

sur terre.

Le capitalisme actuel, laissé à la

merci des grands monopoles financiarisés

qui le contrôlent, n’est capable de produire

que de la spéculation, une concentration

encore plus grande des richesses

et, bien sûr, des guerres. La tendance à

la baisse du taux de profit du capital ne

motive pas ces monopoles à investir de

manière productive.

Seuls les États dotés de politiques

de développement à moyen et long terme

sont en mesure d’obliger le capital à produire,

ou de démocratiser la propriété, afin

que puisse se développer l’économie réelle

qui produit de véritables biens et services

tangibles et non de simples marques ou

produits marketing.

Ce que les élites occidentales cherchent,

c’est à “remeubler” le monde en

fonction de leurs intérêts minoritaires

microscopiques, et pour y parvenir, elles

doivent détruire la capacité des peuples à

décider de leur propre destin. Ils veulent

se débarrasser de la majeure partie de

l’humanité, qui, selon eux, consomme

trop de ressources, et laisser la terre comme

un terrain de chasse privé pour les super-riches.

Certains rêvent d’envoyer des

colons à la conquête d’autres planètes,

tandis que d’autres souhaitent télécharger

leur esprit et leur âme sur un serveur internet

et vivre ainsi éternellement.

Au nom d’un modernisme matérialiste,

les élites occidentales veulent

détruire tous les acquis de l’humanité et

les remplacer par leur vision du “progrès”,

très éloignée des êtres humains et de leurs

besoins, mais très proche des mécanismes

des machines.

Au-delà de la destruction des souverainetés

étatiques, l’agenda impérial

cherche à détruire les souverainetés culturelles

et sociales, ainsi que la subjectivité

des personnes. Ils veulent l’être interchangeable

ultime, ils veulent un être

matérialiste et sans âme, ils veulent le

simple consommateur et non le producteur,

et pour cela ils mettent en place une

politique corrosive pour contrer la multipolarité

émergente.

La multipolarité, contrairement

à l’agenda occidental, signifie plusieurs

pôles de civilisations diverses, avec des

façons différentes de comprendre le

monde mais avec une volonté commune

de vivre ensemble dans cette maison

commune qu’est la Terre Mère. Chacun

de ces pôles représente une lutte de civilisation

historique des peuples dans

différentes régions du monde. La multipolarité

signifie à la fois la préservation

des racines culturelles et existentielles, et

la construction de nouvelles façons d’être

dans et avec le monde.

À Abya Yala, nous avons une

tâche civilisatrice héroïque à accomplir,

celle que nous ont léguée Tupac Katari,

Bolívar, Sandino, El Che, Fidel et Chávez.*

Nous ne sommes pas des Européens,

ni des “fils d’Espagne”, même

si nous parlons des langues ibériques

ou européennes. Nous sommes destinés

à retrouver nos racines indigènes, africaines

et européennes (parmi beaucoup

d’autres) afin de construire un présent

et un avenir de dignité. Notre projet civilisateur

n’est ni asiatique, ni slave, ni

anglo-saxon, ni européen, ni africain, ni

arabe : c’est Abya Yala, le nom de la terre

vivante du peuple Cuna avant l’arrivée de

Christophe Colomb, et non l’Amérique de

l’Italien Amerigo Vespucci, qui a dessiné

les premières cartes de notre région.

Nos peuples n’ont jamais cessé

de se battre. Ce dernier point est particulièrement

vrai pour la dernière décennie,

lorsque l’empire a déclenché une

contre-offensive pour neutraliser les

avancées réalisées par nos peuples après

le triomphe de la révolution bolivarienne

au Venezuela en 1998. Les journées de

lutte de peuples comme ceux du Chili,

de l’Équateur et de la Colombie contre

les régimes néolibéraux dans leurs pays

respectifs ont été mémorables, tout comme

la victoire électorale d’Andrés Manuel

López Obrador au Mexique, au point que

dans de nombreux endroits, on a commencé

à parler d’une véritable “marée

rose” en Amérique latine. Nous pensons

qu’il ne faut pas être trop optimiste. Alors

que l’empire est affaibli, les faiblesses

dans notre propre camp sont tout à fait

évidentes.

La crise civilisationnelle que le

monde traverse nous touche tous, au sein

d’un même pays, d’une même organisation

ou d’un même mouvement, voire

au niveau d’une même famille ou d’un

même individu.

La constante idéologique la plus

importante de la contre-offensive impériale

est son objectif de semer la confusion

et le sectarisme parmi toutes les forces qui

s’opposent à l’unipolarité occidentale. Si,

après l’attaque des tours jumelles le 11

septembre 2001, ils ont institué la “guerre

contre le terrorisme” et instillé des préjugés

contre les musulmans et les habitants du

Moyen-Orient dans le monde entier, tout

en diabolisant des pays comme la Syrie

et l’Iran, ils veulent aujourd’hui que nous

choisissions notre camp dans une guerre

entre les soi-disant démocrates (sociaux)

“progressistes” et les “néonazis”, dans le

style des supposés partisans de Donald

Trump ou de Jair Bolsonaro.

Que se passe-t-il aujourd’hui ?

Nous devons comprendre que l’empire

occidental, dans son état de sénilité, ne

produit pas d’idéologie, mais qu’il s’empare

de questions pertinentes pour le peuple

afin de le subvertir. Tout au long de

l’histoire des États-Unis, de grands magnats

comme Rockefeller, Ford, Carnegie,

Soros, Pierre Omydiar (eBay) et d’autres

ont investi des milliers de milliards de dollars

dans toutes sortes de fondations et

de groupes de réflexion pour manipuler

le peuple, mais il n’y a pas de nouvelles

idées.

Ils ont changé le scénario de “soit

vous êtes avec nous, soit vous êtes avec

Ben Laden” à “soit vous êtes avec nous,

soit vous êtes avec les fascistes de Trump”

: D’un côté, les “fascistes”, et de l’autre,

les “socialistes-mondialistes-totalitaires”.

Il s’agit d’images qui ne correspondent

pas tout à fait à la réalité, des zones d’ombre

avec lesquelles ils veulent que nous

nous tressions pour saigner à mort avec

nos amis, nos parents, nos voisins, nos

collègues de travail, nos peuples et nos

pays.

Le danger pour les peuples du

monde est de supposer que ces caricatures

expriment réellement leurs intérêts

et d’accepter de prendre parti dans une

guerre destinée à les détruire, au nord

comme au sud.

Biden et Trump ont des points

fondamentaux en commun : la Destinée

manifeste, la croyance en l’exceptionnalisme

de l’Amérique et la proximité de l’argent.

Aucun d’entre eux n’ira à l’encontre

des diktats de l’État profond, des banques,

de l’industrie de l’armement ou de

l’une des quelques familles oligarchiques

qui contrôlent les États-Unis.

Le centre du pouvoir aux États-

Unis est financier-militaire et son agenda

stratégique est mondialiste. L’épouvantail

pour le mettre en œuvre est “le

fasciste Trump” (ou Bolsonaro, ou toute

autre variante locale), mais l’orientation

générale est toujours la même.

Cet agenda est facile à voir pour

quiconque prend la peine de lire les publications

du Forum économique mondial :

la dictature directe des multinationales sur

tout ce qui vit sur terre. Au-delà des belles

paroles (pour certains), ce qu’ils cherchent,

c’est à détruire l’économie mondiale

et à monopoliser les débris restants par

des moyens dictatoriaux, tant au Nord

qu’au Sud : une dictature médiévale de

haute technologie, tout simplement.

Sur le plan économique, les “progressistes”

(sociaux-démocrates) des

États-Unis et d’Europe recommandent des

variantes de la théorie monétaire moderne,

qui consiste à imprimer de l’argent

sans support productif pour (soi-disant)

combattre le chômage, créer des emplois

et relancer l’économie. Leurs propositions

sont souvent considérées comme progressistes,

par exemple les promesses de

“revenus de base universels”, notamment

par rapport aux propositions des partisans

“fascistes” du “Trump fou”, qui ne consistent

qu’à baisser les impôts, de préférence

ceux des riches, à gauche comme à droite.

Ce que ni les “progressistes” ni les

“fascistes” occidentaux n’aiment faire,

c’est remettre en question le sacro-saint

système capitaliste, démocratiser l’économie,

redistribuer les terres et encore moins

les richesses.

Dans le domaine économique, les

mesures des uns et des autres ne font

qu’accentuer la dépendance financière,

économique et technologique de nos peuples

et de nos pays, qui ne disposent pas

de monnaies de réserve internationales

comme le dollar ou l’euro.

Alors que les “progressistes” parlent

sans cesse du danger du changement

climatique et proposent même un “new

deal vert” (un programme d’investissement

public “vert” similaire au New Deal

de Roosevelt contre la Grande Dépression

dans les années 1930), les “fascistes”

nient toute menace d’effondrement

écologique et proposent de continuer à

utiliser les combustibles fossiles, l’énergie

nucléaire, etc. Dans cette cacophonie

entre “progressistes” et “fascistes” occidentaux,

les voix de la majorité de l’humanité

qui posent le problème de la crise

écologique en termes de justice climatique

sont noyées.

L’Occident a fondé son développement

sur l’exploitation impitoyable

de l’espace de dioxyde de carbone de la

planète. C’est maintenant aux pays occidentaux

de se serrer la ceinture et de permettre

aux pays de la périphérie, notamment

les plus pauvres, de se développer.

Les “accords verts” des progressistes

occidentaux sont inapplicables

parce qu’ils coûtent d’énormes quantités

de dioxyde de carbone dans la production

d’équipements tels que les panneaux

solaires, les parcs éoliens et les

voitures électriques. Les propositions de

culture à grande échelle de céréales pour

la production de biocarburants sont une

chimère et l’utilisation massive de cultures

génétiquement modifiées dans l’alimentation

constitue une menace pour la

biodiversité. Ces propositions ne sont que

des tentatives pour prolonger la durée de

vie du capitalisme occidental en finançant

publiquement les monopoles capitalistes

privés en Occident.

D’autre part, les propositions négationnistes

du changement climatique sont

un suicide pour nos peuples, notamment

parce que les conséquences du changement

climatique se font sentir depuis

longtemps. La crise écologique est réelle,

avec des modèles de pêche et d’agriculture

totalement non durables, basés sur

la destruction des économies paysannes à

travers la planète.

Ce dont nos peuples ont besoin,

ce sont des réponses qui prennent en

compte tous les aspects du problème,

qui garantissent le développement sans

perdre de vue la Terre Mère en tant que

sujet de droits, en combinant la recherche

scientifique et les technologies les plus

avancées avec les connaissances ancestrales,

la sagesse et les pratiques des

peuples.

Les “progressistes” prétendent être

les champions des droits des femmes et de

la diversité sexuelle, mais la vérité est que

ces droits, surtout en Occident, semblent

Notre projet civilisateur n’est ni asiatique, ni slave, ni anglo-saxon,

ni européen, ni africain, ni arabe : c’est Abya Yala, le nom de la terre

vivante du peuple Cuna avant l’arrivée de Christophe Colomb, et non

l’Amérique de l’Italien Amerigo Vespucci, qui a dessiné les premières

cartes de notre région.

avoir une tendance à la baisse par bonds.

Les “fascistes”, pour leur part, prétendent

être les champions des droits de la famille,

bien qu’ils considèrent comme acquis que

la famille qu’ils prétendent défendre est

d’un type très particulier, selon leurs propres

préférences.

Ce qui s’est réellement produit au

cours des dernières décennies, c’est une

appropriation par l’Occident de la lutte

pour les droits des femmes et de la diversité

sexuelle en faveur d’un programme

universitaire postmoderne qui réduit

tout au langage et à un individualisme

forcené.

Les réformes linguistiques ne

font guère progresser les droits réels

des femmes à contrôler leurs conditions

de vie, notamment matérielles, et

suite à la page(16)

12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 13 • Du 28 Septembre au 4 Octobre 2022


Devoir de Mémoire

La Russie ne félicitera pas la CIA pour son jubilé

de diamant

Allen Dulles, ayant pris le poste

de directeur de la CIA, a apporté

de l’agressivité et un manque

de moralité aux activités du

renseignement américain afin

d’atteindre des objectifs.

Par M. K. BHADRAKUMAR

Dans la revue russe Natsionalnaya Oborona

(Défense nationale), le chef du

renseignement extérieur russe, Sergey

Naryshkin, a écrit un essai passionnant

sur le 75e anniversaire de la Central Intelligence

Agency, qui tombe ce dimanche

18 septembre 2022. C’est un geste

inhabituel, surtout en pleine guerre hybride

en Ukraine.

Probablement, cela sert-il un objectif

? Très certainement, il sert à rappeler

au peuple russe et aux étrangers que rien

n’a été oublié, rien n’a été pardonné.

Le titre de l’essai – 75 bougies

sur le gâteau de la CIA – est quelque

peu trompeur, car la remarque finale de

Naryshkin est la suivante : « Il n’y aura

pas de félicitations ni de souhaits d’anniversaire.

Car il ne peut y avoir de compromis

dans l’évaluation de son rôle (de

La CIA a fait de nombreuses

tentatives d’assassinat sur Fidel

Castro, mais elles ont toutes été

déjouées par les forces de sécurité

cubaines. En 1975, une commission

du Sénat américain a recensé huit

tentatives d’assassinat de Fidel

Castro par des agents de la CIA

entre 1960 et 1965.

la CIA) dans l’histoire et de ses « mérites

» pour l’humanité ».

L’essai de Naryshkin sera étudié

de près par les services de renseignement

occidentaux à la recherche de

tout « indice ». En effet, quels sont ses

messages ? Naryshkin et le président

Vladimir Poutine se connaissent depuis

40 ans. Naryshkin venait d’être diplômé

de l’une des institutions les plus prestigieuses

de Moscou, l’École supérieure

Felix Dzerzhinsky du KGB, et Poutine

travaillait déjà dans le département du

renseignement extérieur du KGB de Leningrad

lorsqu’ils se sont croisés dans les

couloirs de la Grande Maison (comme

on appelait le siège régional du KGB à

Leningrad).

Il n’est pas surprenant que Naryshkin

parle de la CIA avec une familiarité

facile. Comme il le dit lui-même, « la

CIA a été créée au début de l’ère de la

Sergei NARYSHKIN Directeur du

Service de renseignement extérieur

de la Fédération de Russie

Siège de la Central Intelligence Agency des États-Unis. Langley, Virginie, siège de la Central Intelligence Agency

des États-Unis. Langley, Virginie.

guerre froide afin de mener des activités

de renseignement dans le monde entier

comme outil pour contrer l’existence et

le renforcement du rôle de l’URSS dans

le monde, la formation d’un bloc d’États

socialistes et la montée du mouvement

de libération nationale en Afrique, en

Asie et en Amérique du Sud ».

Il est néanmoins amusant de

constater que la CIA a commencé par

un échec colossal en matière de renseignement

lorsqu’elle a prédit, le 20 septembre

1949, que la première bombe

atomique soviétique apparaîtrait à la mi-

1953, alors qu’en réalité, 22 jours avant

la publication de cette prévision, l’Union

soviétique avait déjà effectué son premier

essai d’un engin nucléaire.

La CIA était une fois de plus

désemparée lorsque Poutine a annoncé

en mars 2018, lors d’un discours devant

le Parlement russe, que la Russie avait

développé un nouveau système de missiles

hypersoniques, qui « sera pratiquement

invulnérable. » Les responsables

et analystes américains ont été pris de

court. La CIA a l’habitude de se tromper

sur la Russie, y compris sur l’effondrement

de l’Union soviétique.

Mais la CIA a également connu

des succès – par exemple, le renversement

du premier ministre iranien

démocratiquement élu, Mohammed

Mossadegh, en 1951, après sa décision

de nationaliser les champs pétrolifères

iraniens. Dans les années 1950, la CIA

s’était déjà transformée en un « monstre

multidisciplinaire », puisqu’en plus des

activités de renseignement traditionnelles,

elle était également « chargée de

suivre et de supprimer tout processus

politique, économique et militaire dans

toutes les parties de la planète qui pourrait

menacer l’hégémonie mondiale des

États-Unis et de leurs alliés. » Naryshkin

attribue le mérite de cette métamorphose

à Allen Dulles. Dulles a introduit

« l’agressivité et le manque de moralité

dans les activités » de la CIA. Il était justement

l’homme de la situation, ayant été

chef de station de l’OSS (prédécesseur

de la CIA) à Berne en 1942-1945, qui

avait des relations clandestines avec les

nazis dans le dos de l’allié soviétique des

États-Unis.

Naryshkin nous fait découvrir la

chronique des « coups d’État, des interventions

militaires directes, des provocations

de toutes sortes, des assassinats

de politiciens répréhensibles, de la

terreur, du sabotage, de la corruption »

de la CIA et de toutes ces activités de

cape et d’épée, qui ont amené le président

Lyndon Johnson à condamner

l’agence en la qualifiant de « satanée

corporation du meurtre ». Comme dans

la scène du fantôme de Banquo à la table

du banquet de Macbeth dans la pièce de

Shakespeare, les victimes apparaissent –

Patrice Lumumba, Salvador Allende …

Il y a des références effrayantes à

la pratique de la CIA consistant à utiliser

la technologie de propagation du cancer

pour éliminer les dirigeants latino-américains

« répréhensibles » – Kirchner en

Argentine (cancer de la thyroïde), Lugo

au Paraguay (lymphome), Lula da Silva

au Brésil (cancer du larynx) et D. Dilma

Rousseff (lymphome) – et, bien sûr,

Hugo Chavez au Venezuela (cancer de la

trachée). Selon Naryshkin, « En 1955, la

CIA a tenté d’éliminer le premier ministre

chinois Zhou Enlai, perçu par les Américains

comme « un fanatique maniaque

cherchant à s’emparer du monde », mais

a échoué lamentablement. Des agents

font exploser l’avion à bord duquel Zhou

devait se rendre à une conférence de

dirigeants asiatiques et africains en Indonésie

». Dulles élabore alors un plan

pour empoisonner Zhou, mais renonce

à le faire de peur que l’implication de la

CIA ne soit révélée !

En 1975, une commission du

Sénat américain a découvert et confirmé

l’implication de la CIA dans des assassinats

sous contrat et des coups d’État.

Elle a recensé huit cas de tentatives d’assassinat

de Fidel Castro par des agents

et des mercenaires de la CIA au cours de

la seule période 1960-1965. La Havane

a ensuite révélé le décompte complet :

de 1959 à 1990, la CIA a planifié 634

tentatives d’assassinat sur Fidel. Pour

citer Naryshkin, « Avec une persistance

maniaque, les agents de la CIA ont

développé des moyens tout simplement

exotiques pour éliminer le Comandante.

Ils ont essayé de le tuer avec l’aide de

pilotes suicidaires, d’agents parachutistes,

d’agents recrutés dans le cercle

intérieur, en bombardant des voitures

et des yachts depuis des navires, des

bateaux et des saboteurs subversifs, à

l’aide d’équipements de plongée avec

un bacille tuberculeux apporté là, de

cigares empoisonnés, de pilules empoisonnées

pour la nourriture et bien plus

encore. »

« La CIA a utilisé toutes les opportunités

pour infliger un maximum de

dommages à l’Union soviétique, y compris

des dommages économiques. Le directeur

de la CIA, W. Casey, s’est adressé

personnellement au roi d’Arabie saoudite

et l’a persuadé d’augmenter fortement

la production de pétrole, ce qui a

entraîné une chute de près de trois fois

des prix mondiaux des principales ressources

d’exportation de l’URSS. Pour le

budget de l’Union soviétique, il s’agissait

d’une perte énorme, qui a sérieusement

influencé la suite des événements

politiques en URSS. »

Naryshkin jette un regard fascinant

sur la saga de l’Ukraine au cours de

la période 1948-1949, lorsque la CIA « a

activement utilisé l’expérience des services

spéciaux d’Hitler pour lancer des

actions subversives contre l’URSS avec

des recrues dans les camps de déplacés

d’Europe de l’Est, dont un quart de

million d’Ukrainiens ». « Presque tous

les dirigeants et hauts fonctionnaires

des nationalistes ukrainiens étaient

liés d’une manière ou d’une autre à la

coopération avec les nazis et étaient

donc complètement contrôlés » par la

CIA et les services secrets britanniques.

En novembre 1950, le chef du bureau

de coordination des politiques de la CIA,

Frank Wisner, se vante que la CIA est

capable de déployer jusqu’à 100 000

nationalistes ukrainiens en cas de guerre

avec l’Union soviétique.

L’incident de l’U2 – l’abattage de

l’avion espion de la CIA – dans l’Oural le

1er mai 1960 a été dramatique. Washington

a accusé l’URSS d’avoir détruit

un avion scientifique et un pilote scientifique,

mais a été profondément embarrassé

lorsque Moscou a présenté aux

médias non seulement l’épave de l’avion

et le matériel d’espionnage, « mais

aussi le pilote vivant Francis Gary Powers,

qui a franchement raconté ce qu’il

faisait dans le ciel de l’URSS et sur les

instructions de qui ».

D’autre part, le coup de maître

d’un Boeing sud-coréen pénétrant dans

l’espace aérien soviétique et abattu en

1983 a fourni juste la « base de propagande

» au président Reagan « pour annoncer

une nouvelle « croisade contre le

communisme ». La politique de détente a

été mise de côté, et un nouveau cycle de

la course aux armements a commencé. »

La réflexion finale de Naryshkin

est calme et posée, sans aucune trace

d’hyperbole : « L’évaluation de l’efficacité

de tout service spécial est toujours

relative. La Central Intelligence

Agency américaine, qui entre dans sa

76e année d’existence, a été et reste

un exécuteur zélé de la volonté des cercles

dirigeants de son pays. Malgré les

changements significatifs qui s’opèrent,

ils continuent à s’imaginer comme le

seul hégémon dans le monde unipolaire.

L’organisation est un service de renseignement,

comme son nom l’indique,

mais dont l’objectif sensible est de mener

des actions subversives contre des

États souverains. »

Les moudjahidines afghans ont été formés à l’utilisation au combat

des MANPADS Stinger contre l’aviation soviétique sous la direction

d’instructeurs de la CIA.

Pour les Indiens, la CIA est devenue

une créature bénigne, qui n’est plus

crainte. Avoir des liens avec la CIA ne

porte aucun stigmate parmi les élites

indiennes. Elles considèrent la « phobie

de la CIA » comme un héritage de l’ère

Indira Gandhi. Et ils prospèrent en tant

que chroniqueurs, groupes de réflexion

et faiseurs d’opinion. L’essai de Naryshkin

nous rappelle que l’histoire n’est pas

terminée et qu’elle ne le sera jamais.

Indian Punchline

15 septembre 2022

Afrique-Asie 16 septembre 2022

Vol 16 # 13 • Du 28 Septembre au 4 Octobre 2022

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Perspectives

Le parti pris des médias occidentaux favorise la guerre

d’Israël contre la Palestine

Un titre de l’article de la BBC paru le 16 août 2022, Les enfants de Gaza sont habitués à la

mort et aux bombardements…

Par RAMZY BAROUD

Outre les armes et le soutien

politique de l’Occident, un

courant sans fin de désinformation

et de représentation

erronée dans les médias permet

les guerres meurtrières

d’Israël contre Gaza.

Si les grands médias américains

et occidentaux restent

biaisés en faveur d’Israël, ils

se présentent souvent comme

une tierce partie neutre. Or,

la réalité est clairement différente.

Citons l’exemple de l’article

publié le 6 août 2022 par

le journal New York Times

au sujet de la guerre la plus

récente contre les Gazaouis,

Les combats entre Israël et

Gaza s’intensifient après deux

jours. Ce reportage reflète la

couverture médiatique occidentale

classique du conflit

israélo-palestinien, mais avec

une touche propre au NYT.

En effet, le rédacteur

parvient à faire entendre un

langage nuancé au lecteur non

informé pour relater des faits

opposant deux camps égaux.

Cette équivalence morale

trompeuse constitue l’un des

plus importants angles morts

intellectuels des journalistes

occidentaux. S’ils ne défendent

pas ouvertement le discours

d’Israël sur la sécurité et

le droit à la défense, ils créent

de faux parallèles entre Palestiniens

et Israéliens, en prétendant

qu’un colonisateur militaire

et une nation colonisée

détiennent des droits et des

responsabilités comparables.

De toute évidence, cette

logique ne vaut pas pour la

guerre opposant la Russie à

l’Ukraine. Pour le NYT et tous

les grands médias occidentaux,

il n’existe aucun doute

sur l’identité des opprimés et

des oppresseurs dans ce combat

sanglant.

L’Occident a toujours

considéré les « militants palestiniens«

et « terroristes«

comme un camp méprisable.

Selon le raisonnement de leur

couverture médiatique, Israël

ne déclenche pas de guerres

injustifiées contre les Palestiniens,

et n’est pas un colonisateur

militaire impénitent ni

un régime raciste d’apartheid.

Ce discours ne peut être tenu

que par les médias marginaux

« radicaux« et « de gauche«

, mais jamais par les grands

médias.

La brève introduction

de l’article du NYT traite de

l’alourdissement du bilan des

victimes. Cependant, dans

un premier temps, elle omet

de mentionner que parmi les

20 Palestiniens tués figurent

des enfants. Au contraire,

elle souligne que les attaques

israéliennes ont tué un chef

militant.

Dans le deuxième paragraphe

de l’article, le rédacteur

révèle que six enfants ont perdu

la vie à la suite des attaques

israéliennes. Puis, il précise

immédiatement, et sans commencer

une nouvelle phrase

que « selon Israël, des militants

dissimulant des armes

dans des zones résidentielles

ont provoqué la tuerie de certains

civils« . En outre, des

roquettes palestiniennes « mal

tirées« en ont tué d’autres.

Le 16 août, l’armée israélienne

a finalement admis

qu’elle était à l’origine des

frappes qui ont causé la mort

de 5 jeunes Palestiniens à Jabaliya.

Il importe peu que le

NYT en ait fait état ou non.

Le mal est fait, et telle était

l’intention d’Israël depuis le

départ.

Le titre de l’article de la

BBC paru le 16 août 2022, Les

enfants de Gaza sont habitués

à la mort et aux bombardements,

ne désigne pas immédiatement

les responsables

de ces attaques meurtrières.

Les porte-parole militaires

israéliens, comme nous le

découvrirons plus tard, seraient

d’accord avec une telle

déclaration, bien qu’ils rejettent

toujours la faute sur les

terroristes palestiniens.

La journaliste annonce

finalement qu’une petite fille,

Layan, a été tuée dans une

frappe israélienne, tout en

nuançant soigneusement son

langage afin de minimiser la

responsabilité de ses meurtriers

israéliens. La fillette, lit-on,

se rendait à la plage avec sa

famille lorsque leur tuk-tuk est

passé près d’un camp militaire

dirigé par l’organisation armée

du Jihad islamique palestinien,

qui, à ce moment précis (…) a

été visée par des tirs israéliens.

L’auteure de l’article ne prend

pas la peine d’expliquer comment

elle est parvenue à la

conclusion que la famille

n’était pas la cible de ces attaques.

Cette narration laisse

transparaître que l’intention

d’Israël n’était pas de tuer

Layan, et logiquement, aucun

des 17 autres enfants assassinés

pendant les trois jours

de guerre contre Gaza. D’ailleurs,

selon la BBC, Israël a

essayé de sauver la petite fille.

Hélas, une semaine de traitement

dans un hôpital israélien

n’a pas pu lui sauver la vie.

Parallèlement, des

politiciens israéliens se sont

ouvertement exprimés sur le

fait de supprimer les enfants

palestiniens. C’est le cas de

l’ancienne ministre israélienne

de la Justice Ayelet Shaked

qui a avancé : les mères palestiniennes

mettent au monde

des ‘petits serpents’. Malgré

de tels discours, le reportage

de la BBC, ainsi que d’autres

reportages sur la dernière

guerre, n’en ont jamais fait

mention. Au lieu de cela, la

journaliste cite le Premier ministre

israélien Yair Lapid qui a

déclaré : la mort de civils innocents,

en particulier d’enfants,

est déchirante. En fait, Lapid

a donné l’ordre de lancer la

dernière guerre contre Gaza,

qui a causé 49 morts palestiniens.

Même un reportage d’intérêt

humain sur le meurtre

d’un enfant palestinien a évité,

d’une manière ou d’une autre,

de choisir des mots qui pourraient

désigner Israël comme

responsable du massacre

sans pitié d’une petite fille.

En outre, la BBC s’est également

efforcée de présenter

Israël sous un jour positif, en

se contentant de rapporter la

déclaration de l’armée d’occupation

selon laquelle elle était

dévastée par la mort de Layan

et celle de tous les civils.

Le NYT et la BBC ont été

sélectionnés dans le cadre de

cet article non pas parce qu’ils

représentent les pires exemples

de partialité des médias

occidentaux, mais plutôt pour

être souvent présentés comme

des médias libéraux, voire progressistes.

Leur couverture est

cependant révélatrice d’une

crise permanente du journalisme

occidental, notamment

en ce qui concerne la Palestine.

À ce propos, des livres

ont été rédigés, et des organisations

de la société civile

ont été créées pour amener les

médias occidentaux à rendre

des comptes. De surcroît, de

nombreuses réunions de comités

de rédaction ont été tenues

afin d’exercer une certaine

pression sur les rédacteurs en

chef occidentaux, en vain.

Désespérés par les récits

pro-israéliens immuables, certains

défenseurs des droits de

l’homme pro-palestiniens affirment

souvent qu’il existe de

plus grandes marges au sein

des grands médias israéliens

qu’aux États-Unis, par exemple.

Cette observation se révèle

également inexacte.

La conception erronée

de médias israéliens prétendument

davantage neutres

découle directement de l’incapacité

à influencer la couverture

médiatique occidentale

de la Palestine et d’Israël.

Cette fausse notion est souvent

soutenue sous prétexte

qu’un journal israélien, tel que

Haaretz, accorde des espaces

de discussion libres aux voix

critiques, comme celles des

journalistes israéliens Gideon

Levy et Amira Hass.

Or, la propagande israélienne,

l’une des plus puissantes

et des plus sophistiquées au

monde, peut difficilement être

pondérée par des chroniques

ponctuelles de quelques journalistes

dissidents.

En outre, le journal

Haaretz fait souvent figure

d’exemple de journalisme

relativement juste, essentiellement

en raison de l’absence

d’alternative. Le Times

of Israel, le Jerusalem Post et

d’autres médias israéliens de

droite sont exemplaires en termes

d’insensibilité, de manque

d’objectivité et d’interprétation

erronée des faits.

Les partis pris pro-israéliens

présents dans les

médias occidentaux se répercutent

souvent sur la presse

pro-palestinienne au Moyen-Orient

et dans le reste du

monde, en particulier ceux qui

relatent les informations en

anglais et en français.

Étant donné que de

nombreux journaux et plateformes

en ligne font appel à

des agences de presse occidentales,

ils adoptent, souvent

par inadvertance, le même

langage que celui utilisé dans

les sources d’information occidentales.

Ainsi, ils décrivent

les résistants ou les combattants

palestiniens comme des

militants, l’armée d’occupation

israélienne comme les

Forces de défense israéliennes

et la guerre israélienne contre

Gaza comme des flambées de

violence.

Dans son ensemble, ce

langage interprète de manière

erronée la lutte palestinienne

pour la liberté en la réduisant

à des actes de violence aléatoires

dans un conflit interminable

où des civils innocents,

comme Layan, sont pris entre

deux feux.

Outre les armes et le

soutien politique de l’Occident,

un courant sans fin de désinformation

et de représentation

erronée dans les médias permet

les guerres meurtrières

d’Israël contre Gaza. Alors que

le colonisateur a assassiné des

milliers de civils palestiniens

ces dernières années, les médias

occidentaux persistent à

défendre Israël comme si rien

n’avait changé.

Common Dreams

August 26, 2022

Traduit de l’anglais par K.

Amara

Investig’Action 23

septembre 2022

14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 13 • Du 28 Septembre au 4 Octobre 2022


Perspectives

Soulèvement national révolutionnaire

de la jeunesse iranienne

L’USAID et les poches avides

de la contre-révolution

Des troubles ont été signalés dans au moins 145 villes des 31 provinces

du pays, dont 16 universités, le dimanche 25 septembre.

Par Esaias Yavari

Les manifestations en Iran, déclenchées

par le meurtre d’une

jeune femme kurde, Mahsa Amini,

se sont maintenant étendues

à au moins 140 villes dans toutes

les provinces du pays. Elles se sont

transformées en un soulèvement

national, incomparable à tout autre

mouvement précédent dans l’histoire

de la République islamique.

Le régime a répondu par une

répression dure. Il a fermé l’accès à

Internet et mobilisé la quasi-totalité

de ses forces de sécurité : la police,

les unités anti-insurrectionnelles,

la Garde révolutionnaire [lire : contre-révolutionnaire]

et les paramilitaires

bassidjis. Ces forces du régime

tirent de plus en plus ouvertement

sur la foule, et plus de 100 morts

ont déjà été confirmés. Le nombre

réel est probablement trois à cinq fois

plus élevé, et des centaines d’autres

personnes ont été arrêtées ou blessées.

En réponse, les manifestants

ont commencé à se défendre. Jeudi,

à Téhéran, des manifestants armés

de bâtons et de tiges métalliques

ont repoussé les forces de sécurité,

avant de prendre d’assaut le bureau

du procureur général, obligeant les

fonctionnaires et les forces de sécurité

à fuir dans la panique. À Qeshm,

comme dans de nombreuses autres

villes, dans la nuit de jeudi à vendredi,

des manifestants ont pris d’assaut

le bureau de l’imam du vendredi et

l’ont incendié, un manifestant s’exclamant

: « Vous avez torturé le peuple

pendant 40 ans – voilà le résultat.

»

Les manifestations les plus

combatives se déroulent à Téhéran

et dans les banlieues environnantes,

bien que ces zones soient confrontées

à la répression la plus dure, avec une

sérieuse campagne d’arrestation des

étudiants révolutionnaires. Cela n’a

fait qu’enhardir les manifestants.

Vendredi, en plein jour, des manifestants

ont brûlé des images de l’ayatollah

Khamenei devant sa propre

maison. En réponse à la dure répression,

l’utilisation de cocktails molotovs

est devenue monnaie courante

à Téhéran.

Le fouet de la réaction

Dès le début de ce mouvement, le

régime a été presque complètement

dépassé. Nous l’avons vu dans la

ville kurde de Sandanj, où le régime

a déclaré la loi martiale et réprimé le

mouvement dans la nuit de mercredi

à jeudi, mais où des foules de jeunes

ont commencé à envahir les rues le

jeudi soir, brisant toutes les barrières

de contrôle de la foule et repoussant

les forces de sécurité.

À Téhéran et dans ses environs,

les manifestations sont dispersées,

avant de reprendre dans un

autre quartier de la ville. Le régime

est incapable de suivre le rythme

d’une jeunesse de plus en plus combative.

Nous avons observé ce même

schéma général dans tout l’Iran, où

la répression du régime ne fait que

déclencher des manifestations dans

un autre quartier de la même ville,

parfois en quelques heures, parfois

presque immédiatement.

Incapable d’affronter directement

les manifestants, le régime a

été contraint de déguiser ses forces

de sécurité en vêtements civils. Cette

stratégie a toutefois eu l’effet inverse

de celui escompté, puisque les manifestants

libèrent les personnes arrêtées

par les agents de sécurité en

civil, entourent ces derniers et les

tabassent.

Même l’arrestation de manifestants

connus à leur domicile devient

difficile. À Anzali, par exemple, les

forces de sécurité ont tenté d’arrêter

des jeunes à leur domicile familial,

mais les parents et voisins les ont

jetés hors du bâtiment.

Tout comme les manifestations

de jeunes en 1978, prélude à

la révolution iranienne de 1979, les

funérailles des personnes tuées par

les forces de sécurité se sont transformées

en manifestations, avec des

discours appelant à la chute du régime.

Chaque affrontement, chaque

arrestation et chaque martyr n’ont

fait qu’ajouter du carburant à la rage

des masses. En une seule journée, de

mercredi à jeudi, les manifestations

se sont étendues à 50 villes supplémentaires.

À l’heure actuelle, il n’y a

plus de grande ville où le mouvement

n’est pas présent, ce qui signifie qu’il

ne lui reste à s’étendre qu’aux petites

villes et villages!

Le mouvement ne doit pas

être vaincu : pour une grève

générale!

Une période de soulèvements et de

grèves et manifestations à répétition

est en cours en Iran depuis

2018, mais le mouvement actuel est

plus important par son ampleur et

son caractère combatif que tous les

soulèvements précédents. L’occupation

et l’incendie de bâtiments officiels,

alors que les forces de sécurité

sont débordées dans presque toutes

les grandes villes, constituent un

saut qualitatif par rapport à tout ce

qui a été vu précédemment. Ce sont

les mêmes méthodes que celles observées

lors du prélude à la révolution

iranienne de 1979.

Malgré l’humeur combative des

jeunes à l’avant-garde, si ce mouvement

reste isolé, le régime gagnera

du terrain au fil du temps dans une

lutte prolongée et sanglante, qui

pourrait prendre des jours, voire des

semaines. Seule la classe ouvrière, en

raison de son rôle dans la production,

est capable de paralyser la société, de

stopper le régime dans son élan et de

l’empêcher de faire régner la terreur

nécessaire au maintien de son pouvoir.

Alors que de nombreuses organisations

indépendantes de travailleurs

qui se sont formées au cours

de la dernière période de lutte ont fait

des déclarations de solidarité avec les

manifestations, malheureusement,

seul le syndicat des chauffeurs d’autobus

de Téhéran a jusqu’à présent

appelé à une grève générale.

Le régime n’a rien d’autre à offrir

aux masses que les pires formes

d’oppression, de pauvreté et de terreur.

Il ne reste donc qu’une seule

voie à suivre pour la classe ouvrière

iranienne : une lutte politique sans

relâche contre la République islamique.

Le temps des simples déclarations

de solidarité est révolu depuis

Par Raul Antonio Capote

Le 3 novembre 1961 fut créée

l’Agence des États-Unis pour le

développement international (US-

AID), censée aider au développement

économique et social de l’Amérique

latine.

Mais en réalité, les fonds gérés

par cette organisation ont été utilisés

pour la répression contre des pays, des

organisations, des mouvements ou des

personnes ayant des idées de gauche

ou tout simplement progressistes.

Contre Cuba, l’USAID, ainsi que

la NED, ont servi de façade aux actions

de la CIA, et de canal pour les fonds

destinés à financer la contre-révolution.

Le site Cuba Money Project, créé

par la journaliste étasunienne Tracey

Eaton, cite des données obtenues

auprès du programme Foreign Aid Explorer

de l’USAID, qui indiquent que le

montant destiné aux programmes de

subversion contre Cuba depuis 1990

s’élève à 261 395 214 dollars.

Depuis l’arrivée de Donald Trump

à la Maison Blanche le 20 janvier 2017,

l’USAID a investi près de 50 millions de

longtemps. La situation actuelle

n’exige rien de moins qu’une grève

générale pour renverser la République

islamique pourrie!

Les organisations ouvrières

doivent immédiatement lancer le

mot d’ordre de grève générale dans

tous les secteurs de l’économie. Elles

doivent appeler à la formation de

conseils de quartier, d’école et d’industrie

pour donner un caractère organisé

au leadership de cette lutte,

un système qui doit être généralisé à

VIENT DE PARAÎTRE : LES CAPSULES DESSALINIENNES

Les haïtiens curieux et intéressés à mieux comprendre

Dessalines, cet homme fascinant, conséquent, et exceptionnel

de l’humanité noire, peuvent se procurer, au prix de $45. (+ les

frais postaux si nécessaires) « Les capsules dessaliniennes »

du professeur retraité Raymond Wainwright en téléphonant au

no 1-450-933-5451 ou 718-421-0162

Ce livre concis campe le fondateur, à l’aide de 1804 capsules

émaillées de poèmes adaptés, de citations appropriées et de

significatifs documents authentiques.

Bonne Lecture

dollars pour « changer le système politique

» à Cuba.

Récemment, John Barsa, l’administrateur

intérimaire de l’USAID,

a rejoint la campagne anti-cubaine de

l’ONG contre-révolutionnaire Observatorio

Cubano de Derechos Humanos

(Observatoire cubain des droits de

l’Homme), basée à Madrid, qui reçoit

250 000 dollars par an de la NED et

127 000 dollars de l’USAID.

Ces deux organisations, façades

de la CIA, distribuent 410 000 dollars

par an au média ADN Cuba, et

-220 000 dollars au Diario de Cuba et

à Cubanet, respectivement ; une véritable

danse de millions pour tenter

de renverser la Révolution cubaine,

l’argent des contribuables étasuniens

étant destiné à tomber, pour l’essentiel,

dans les poches avides de la mafia

cubano-américaine de Miami et de

ses sbires, mais, comme l’a souligné le

président Miguel Diaz-Canel, Ceux qui

persistent à écrire l’épitaphe de cette

Révolution triomphante resteront encore

une fois sur leur faim.

Granma 8 septembre 2022

tout le pays.

Face à un tel mouvement de

masse organisé, la République islamique

serait complètement impuissante

et rapidement renversée.

À bas la République islamique!

À bas le capitalisme!

Le mouvement se dirige vers une

épreuve de force décisive avec le

régime, qui se jouera dans les prochains

jours.

suite à la page(18)

Joel H. Poliard

M.D., M.P.H.

Family and Community

Medicine

Public health and Pediatrics

5000 N.E. Second Ave,

Miami FL, 33137

tel. (305) 751-1105

Vol 16 # 13 • Du 28 Septembre au 4 Octobre 2022

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (12)

contribuent plutôt à idéologiser davantage

le débat et à diviser les secteurs

populaires au lieu de favoriser de larges

alliances contre la violence.

Jusqu’à il y a environ 20 ans, la

différence entre le sexe biologique (les

différences chromosomiques entre les

sexes) et le genre en tant que “construction

sociale” (ce que chaque société

définit comme appartenant au masculin,

au féminin, etc.), c’est-à-dire une

construction historique de significations

par de grands groupes sociaux, était

généralement acceptée.

Actuellement, dans le débat public,

le genre est compris comme une essence

identitaire définie par chaque individu

de manière “subjective” ; en outre,

il semble que le sexe n’existe plus mais

le “genre” conçu de manière subjective.

Au-delà du droit de chaque personne

majeure à transformer son corps comme

elle le souhaite, ce débat “trans” a

eu des effets extrêmement pernicieux,

tant pour les femmes que pour les enfants,

en confondant tous les termes de

l’identité.

Les femmes, qui ont travaillé si

dur (même de façon précaire) pour obtenir

un certain nombre de droits, sont

maintenant désignées, avec les hommes,

comme faisant partie du “problème”

et accusées d’être “hétéronormatives”

simplement pour avoir défendu

leur identité de femmes.

L’inclusion du changement de

sexe en tant que service dans le modèle

de santé publique est quelque chose

de très étrange dans de larges secteurs

d’Abya Yala qui luttent encore pour

l’accès aux soins de santé les plus élémentaires,

mais pas seulement. En tant

qu’alternative individuelle, la “chirurgie

transgenre” n’est pas très réaliste pour

la grande majorité des transsexuels car

il s’agit d’une intervention très douloureuse,

dangereuse, irréversible et coûteuse

qui n’entraîne pas un véritable

changement de sexe.

De même, avec l’excuse du débat

sur les “trans”, des générations d’enfants

qui avaient déjà été agressivement

sexualisés par toute l’industrie médiatique

multinationale sont sexualisés

depuis l’Occident, ce qui crée de graves

problèmes d’identité pour les enfants, les

obligeant presque à choisir leur “identité

sexuelle” dès leur plus jeune âge alors

qu’ils n’ont même pas la moindre idée

de ce que cela signifie.

Il est évident que l’ensemble de

ce programme divise fortement et suscite

un rejet généralisé dans les secteurs

populaires. Tout conservatisme n’est

pas réactionnaire, surtout s’il tend à préserver

des valeurs, des conceptions et

des pratiques qui ont permis aux gens

de résister à l’oppression pendant des

centaines d’années.

Pour de larges secteurs populaires

d’Abya Yala, indépendamment de leur

profession de foi, la vie a une valeur en

soi, c’est pourquoi ils s’opposent avec

ferveur à l’avortement. Cette position

doit être respectée.

D’autre part, ceux qui critiquent le

programme “trans” des “progressistes”

tombent souvent dans la position opposée,

qui consiste à nier l’oppression et

la violence de genre de la part de nombreux

hommes, à nier la discrimination

à l’égard des femmes et des minorités

sexuelles, et même, dans certains cas,

à défendre la maltraitance des enfants. Il

s’agit évidemment d’un retour en arrière

intolérable, surtout dans une région du

monde où les femmes n’acceptent tout

simplement plus l’oppression sexiste.

Le Nicaragua a été critiqué dans

certains cercles pour le cours que le

pays, sous la direction du Comandante

Daniel Ortega et de la camarade Rosario

Murillo, a pris sur des questions telles

que l’avortement, mais la vérité est que

peu de pays à Abya Yala ont fait plus de

progrès en termes de droits des femmes,

de diversité sexuelle et de droits des enfants

grâce au dialogue et au consensus

entre les secteurs populaires.

Les priorités imposées par les

ONG “genre” de l’empire se heurtent

souvent aux véritables priorités des

femmes, qui réclament un réel accès à la

santé, un réel pouvoir économique, une

représentation politique, la protection de

la justice et le respect de leurs valeurs.

Un autre front que les “progressistes”

impériaux ont essayé de manipuler

pour diviser les gens est celui

du racisme, de l’antiracisme et des

identités des peuples. Encore une fois,

ces problèmes sont réels, tant au Nord

qu’au Sud, et ne sont pas des inventions

impériales.

L’Occident en tant que centre de

pouvoir impérial doit tout au génocide de

peuples entiers et à l’établissement d’un

ordre raciste universel avec son nombril

comme centre du monde. Cependant,

l’antiracisme brandi comme un étendard

par les sociaux-démocrates impériaux

ne vise pas à rendre justice à ces questions,

mais au contraire à empêcher les

peuples de trouver des alternatives politiques

efficaces qui les amèneraient à

devenir des sujets de l’histoire.

Aucune des figures de proue de

l’antiracisme du XXe siècle, de Ho Chi

Minh ou Sandino à Franz Fanon, Martin

Luther King ou Malcolm X, n’a pu comprendre

ce que beaucoup appellent aujourd’hui

“antiracisme”, un antiracisme

qui n’est pas solidaire des peuples attaqués

par l’impérialisme, et qui semble

plus intéressé à abattre des statues ou

à mener des guerres de symboles qu’à

contribuer à l’avènement d’un monde

multipolaire et à mettre fin à l’unipolarité

occidentale, véritable origine du racisme

sur terre.

Les antiracistes des pays du Nord

qui comprennent la nécessité de lutter

contre l’empire sont malheureusement

minoritaires. Par exemple, on constate

que la majorité des antiracistes occidentaux

avalent sans mot dire la propagande

anti-russe et slavophobe occidentale.

Ce qui domine la conscience

médiatique promue par l’Occident est un

antiracisme libéral, fondé sur des attitudes

individuelles et la promesse qu’un

jour “tout le monde” aura sa place au

soleil de l’empire néolibéral. Ce qui existe,

ce n’est pas une lutte pour gagner

des droits, mais une guérilla perpétuelle

pour maintenir vivante la querelle entre

les bons progressistes qui luttent contre

les “discriminations” et les mauvais

fascistes qui se disent “discriminés” par

tant d’antiracisme. Malheureusement,

ce sont souvent les pauvres des deux

côtés qui sont confrontés et qui subissent

les véritables conséquences.

La cacophonie idéologique criminelle

de l’empire est un piège mortel :

si nos mouvements commencent à considérer

la moitié de la population comme

“fasciste”, c’est le signe que la perspective

de la lutte pour l’hégémonie est

abandonnée et que le danger de tomber

dans les guerres sectaires de l’Occident

est à nos portes.

Les exemples du Chili et de l’Argentine

illustrent des tendances dangereuses

et destructrices à la polarisation

au sein d’Abya Yala en raison de

cette guerre psychologique impériale.

Au Chili, la défaite du “oui” lors

du plébiscite constitutionnel du 4 septembre,

où 85% de l’électorat (un record

historique) a rejeté catégoriquement le

projet de constitution élaboré par l’Assemblée

constituante, montre la grave

division qui existe. Non seulement il

y avait une “majorité silencieuse” qui

soutenait la droite, mais il y avait aussi

un million d’électeurs qui, deux ans plus

tôt, s’étaient exprimés en faveur d’une

Assemblée constituante et qui, cette année,

ont rejeté le document élaboré par

celle-ci.

La cause de la défaite ne réside

pas seulement dans la campagne agressive

de désinformation de la droite, mais

aussi dans la tendance à transformer un

document qui devrait être une déclaration

de principes et un cadre de coexistence

en une boîte à souhaits des organisations

participantes, dans un contexte

où l’on savait déjà qu’il y avait des idées

très conflictuelles au niveau social sur

un certain nombre de questions.

D’un point de vue régional, il

est très contestable qu’il ait été inclus

que, dans ses relations internationales,

le Chili s’engage à “la promotion et au

respect des droits de l’homme (etc.)”

dans d’autres pays, en particulier dans

la région, ce qui constitue une rupture

avec les accords de la CELAC dans le

sens du respect de la souveraineté et

de la non-ingérence dans les affaires

intérieures d’autres pays. Il serait très

dangereux qu’un pays d’Abya Yala

veuille s’ériger en juge moral du reste de

la région, à l’instar des gouvernements

occidentaux et de leur réseau d’ONG

toxiques.

L’Argentine traverse actuellement

une grave crise, avec une longue campagne

de haine dans les médias de droite

et des tentatives d’assassinat contre la

vice-présidente Cristina Fernández, ainsi

qu’une polarisation croissante, aggravée

par une crise interne sur la direction du

processus.

Cette polarisation se produit dans

un contexte de grande frustration, non

seulement dans les secteurs moyens,

face aux résultats économiques désastreux

de l’administration néolibérale

de Mauricio Macri, qui a endetté le pays

à des niveaux records, et face aux effets

de la pandémie, qui ont entraîné

des coûts énormes pour l’État. L’un des

rares domaines dans lesquels la coalition

progressiste au pouvoir a réussi à

progresser est la question de l’égalité

entre les sexes, certes avec beaucoup de

soutien de la part de certains secteurs de

la population, notamment en ce qui concerne

la violence à l’égard des femmes,

mais aussi avec beaucoup de rejet, par

exemple sur des questions telles que

l’avortement.

Sur le plan politique, le président

Alberto Fernández dit un jour qu’il veut

resserrer les liens avec la Russie et le

lendemain il vote avec l’Occident sur

l’Ukraine ; un jour il dit qu’il veut diriger

la CELAC et le lendemain il se soumet

aux ordres américains de détourner un

avion vénézuélien avec tout son équipage,

et le jour suivant il se rend à

Washington pour demander une aide

économique.

Tant au Chili qu’en Argentine, les

gouvernements influencés par le progressisme

d’inspiration occidentale vacillent

entre l’engagement en faveur d’un

monde “Notre Amérique” et multipolaire

et les diktats occidentaux, récoltant encore

plus de frustrations et ouvrant la

voie à des contradictions qui se règlent

violemment dans la rue.

En Colombie, dont le nouveau

président Gustavo Petro a commencé

son mandat par une série de mesures

qui ont suscité une grande attente, tant

à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières,

pour surprendre avec la proposition

qu’il a faite début septembre

au général Laura L. Richardson, commandant

du Commandement Sud des

États-Unis, de créer une force militaire

conjointe afin de “protéger l’Amazonie

de situations d’urgence telles que les incendies

de forêt”.

Il est vrai que la Colombie est un

pays militairement occupé par les États-

Unis, avec plusieurs bases sur son territoire,

et qu’elle a également l’honneur

douteux d’être un “partenaire mondial”

de l’OTAN, mais le simple fait de laisser

les bottes des Marines opérer officiellement

en Amazonie est quelque chose

qui dépasse les frontières nationales

pour devenir une menace directe pour le

Pérou, l’Équateur, la Bolivie, le Venezuela

et le Brésil, sans parler de l’ensemble

d’Abya Yala.

La visite de M. Richardson en Colombie

s’inscrivait dans le cadre d’une

tournée dans plusieurs pays de la région

dans le but exprès de contrer l’influence

de la Chine et de la Russie, et de promouvoir

l’isolement, notamment, du

Nicaragua, de Cuba et du Venezuela. Ce

type de pression diplomatico-militaire

fait partie de l’arsenal impérial visant à

subvertir la volonté de nos peuples. Il

n’est pas exclu que l’empire occidental

cherche à déclencher une ou plusieurs

guerres entre pays frères de la région

sous le prétexte des feux de l’Amazone,

de la triple frontière du lithium, du trafic

de drogue ou de toute autre chose.

L’autre arsenal impérial est constitué

d’une véritable armée d’ONG

occidentales utilisant des thèmes

variés comme couverture (genre, environnement,

travail des jeunes, peuples

indigènes, etc.) afin de coopter les

mouvements populaires d’Abya Yala.

De même, toutes les fondations sociales-démocrates

d’Amérique du Nord

et d’Europe allouent des fonds à l’aide

politique, mais l’objectif de cette aide est

totalement subordonné à la stratégie de

l’OTAN et n’a rien à voir avec ceux de

nos peuples. Enfin, tout un attirail similaire

est mobilisé par l’Occident pour

influencer nos peuples “de droite” afin

d’enflammer et de diviser notre région.

Les mouvements socio-politiques

d’Abya Yala doivent réfléchir en profondeur

aux points que nous avons soulevés

et étudier les stratégies de l’empire

afin de les identifier et de les combattre

dans chacun de leurs processus. L’Occident

s’effondre, mais il conserve un

pouvoir destructeur pour longtemps encore.

Vision Sandinista

20 septembre 2022

Traduction Bernard Tornare

23 Septembre 2022

*Ndlr.

Assurément, les peuples d’Abya

Yala aussi bien que tous les peuples

du monde victimes des impérialismes

et épris de liberté et de souveraineté

savent gré à l’auteur, Jorge Capelán,

d’avoir dénoncé haut et fort les « menaces

occidentales [dirigées contre eux] à

l’ère de la multipolarité ». Sans doute,

dans la perspective des nations indigènes

d’Amérique, leur choix, vers

1992, d’utiliser Abya Yala pour désigner

cette immense portion de terre ancestrale

qui est leur est louable, plutôt que

de continuer à utiliser le mot Amérique

choisi par un certain Amerigo Vespucci

bien que ce nom ait été utilisé, semblet-il,

pour la première fois en 1507 par

le cosmologiste et cartographe allemand

Martin Waldseemüller, précisément en

l’honneur de Vespucci, explorateur florentin

(Enciclopedia Latinoamericana).

Cependant, l’auteur, pourfendeur

d’un capitalisme humanicide, noble

défenseur des peuples opprimés et de

leur avenir doit se rappeler que toutes

les Antilles, originellement formées de «

nations indigènes », font solidairement

partie de Abya Yala. À ce titre, Haïti occupe

un rang particulier, transcendant et

historique dans l’univers antillais pour

avoir été la première et la seule nation

d’esclaves à proclamer la liberté, après

avoir combattu et vaincu le colonialisme

français et un cruel régime d’esclavage à

Saint-Domingue qui allait devenir Haïti.

Dans cette perspective d’une «

tâche civilisatrice héroïque à accomplir

», l’évocation, méritée, de la mémoire

de Tupac Katari, Bolívar, Sandino, El

Che, Fidel et Chávez devrait aussi comporter

celle de l’immensément héroïque

Jean-Jacques Dessalines, ancien esclave

qui s’est haussé à la hauteur d’un redoutable

et victorieux chef révolutionnaire,

a défait l’armée d’un arrogant

Bonaparte esclavagiste et, surtout, s’est

fait père de LIBERTÉ pour tous en Haïti

et, bien sûr, dans Abya Yala.

Pour les afro-descendants, pour

les descendants des peuples indigènes,

pour l’universalité de la notion de liberté,

il faut, sans désemparer, rappeler

le rôle éminemment souverain de Jean

Jacques Dessalines dans l’émancipation

et la liberté d’un peuple asservi,

celui de Saint-Domingue devenu Haïti,

et des autres peuples opprimés d’Abya

Yala. De ne pas le faire, c’est continuer,

même involontairement, à contribuer à

l’effacement de la contribution de Dessalines

au plus grand service qu’il ait

rendu à l’humanité : proclamer la liberté

une pour tous.

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16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 16 # 13 • Du 28 Septembre au 4 Octobre 2022


A Travers le monde

Royaume-Uni : Les dockers de Liverpool

et de Felixstowe unis dans la grève

Par Nick Clark

Piquet de grève à l’entrée du port de Liverpool le 21 septembre

Les grèves des dockers de Liverpool

et de Felixstowe [premier port

d’Angleterre pour les containers], dans

le Suffolk, ont montré leur force pour

mettre un terme aux activités du port

à partir de ce mardi 27 septembre. Les

travailleurs des deux quais – qui sont

membres du syndicat Unite – font

grève pour les salaires et organisent

des piquets de grève massifs. Ils savent

qu’ils peuvent gagner.

De grandes mobilisations ont

permis aux grévistes de Liverpool

d’entamer leur deuxième semaine de

grève plus confiante que jamais, avec

des marches et des slogans «les dockers

unis ne seront jamais vaincus».

Les deux secteurs (Liverpool et Felixstowe)

de travailleurs se battent après

que leurs patrons leur ont proposé une

augmentation de salaire de 7%. Face

à une inflation supérieure à 12%, cela

représente une baisse de salaire de 5%

en termes réels. A Liverpool, ils ont mis

en place des piquets de grève permanents

depuis le mardi 20 septembre,

avec une participation massive quotidienne.

Des dizaines de personnes, parfois

des centaines, s’alignent dans les

rues à l’entrée principale du port, avec

des feux [pour se réchauffer], des barbecues

et de la musique mise à fond.

D’autres encore se tiennent sur un

rond-point voisin, appelant des passants

à soutenir les grévistes. Tous se

rassemblent de temps en temps pour

marcher jusqu’à la porte du port et

revenir, en scandant «Fuck the Tories».

«Notre détermination est toujours

aussi forte que lorsque nous avons

commencé – nous sommes ici pour la

durée de la lutte et il faudra plus que

le mauvais temps pour entamer notre

moral», a déclaré Paul Turkington,

représentant d’Unite. «Nous avons

beaucoup de gars en colère, et c’est

pourquoi nous sommes ici 24 heures

sur 24. Nous ferons tout ce qui est

en notre pouvoir pour que cela aboutisse.»

«Ça a été comme ça toute la semaine,

tous les jours, 24 heures sur

24, 7 jours sur 7», a dit John, un autre

gréviste. «Ça nous a tous rapprochés.

Beaucoup d’entre nous travaillent

habituellement dans des équipes différentes;

alors nous retrouver tous sur

le piquet de grève ici a été une bonne

chose.» Il ajoute: «Nous avons reçu

également beaucoup de soutien local.»

«Chaque jour, quelqu’un est

venu nous soutenir. La solidarité est le

mot clé.» Paul Turkington dit que des

habitants du voisinage ont rendu visite

au piquet de grève avec de la nourriture

et des chocolats. Et les conducteurs de

camion ne cessent de donner des coups

de klaxon solidaires. «Sur le piquet de

grève, nous avons fait signe aux fourgons

et aux gars qui entrent dans le

port pour les sensibiliser à la situation»,

a-t-il déclaré. «Ces conducteurs

de camions entrent et sortent tout le

temps – ils nous connaissent.»

Des militants pour le climat se

sont également rendus sur les piquets

de grève vendredi 23 septembre avec

une banderole indiquant «Les militants

pour le climat soutiennent les

grévistes». Ils ont défilé autour du pi-

Bolivie: Luis Arce rejette les

propositions du FMI

quet de grève en scandant «justice climatique-justice

pour les dockers».

Les dockers leur ont réservé un

accueil fantastique et un représentant

d’Unite les a remerciés et leur a demandé

de revenir. Les travailleurs de

Felixstowe ont rejoint l’action ce mardi

27 septembre, défiant les intimidations

et les menaces implicites de la part des

grands patrons.

Le PDG du port de Felixstowe,

Clemence Cheng, a déclaré au East Anglian

Daily Times que les travailleurs

«ont peur d’être intimidés [par les syndicalistes

grévistes!] s’ils se présentent

les jours de grève». Il a également

écrit aux travailleurs au début du mois

de septembre pour les mettre en garde:

«Réfléchissez bien à ce que vous

espérez obtenir en faisant grève. Pensez

à votre avenir, à l’avenir du port

et de la communauté locale lorsque

vous prenez votre décision.» Mais les

travailleurs savent aussi qu’ils ont le

Le président de la Bolivie

Luis Arce

Le président bolivien Luis Arce a décliné

vendredi les recommandations

du FMI visant à réorienter l’économie

de son pays et il a réaffirmé l’indépendance

et l’efficacité du modèle

économique suivi par son gouvernement.

« Notre ‘modèle économique,

social, communautaire et productif’

est souverain et continue de démontrer

son succès dans la réduction des

inégalités sociales et économiques

», a-t-il dit sur les réseaux sociaux. «

C’est pourquoi nous n’acceptons pas les

propositions du FMI, qui seraient préjudiciables

au peuple, en particulier à la

classe ouvrière », a ajouté le président

Arce.

Dans un rapport publié jeudi,

le FMI a recommandé à la Bolivie

de réévaluer la parité entre sa devise

nationale, le boliviano, et le dollar

nord-américain, qui est resté la même

depuis 2011, ainsi que les subventions

gouvernementales au carburant et à

certains secteurs économiques.

Le ministre bolivien de l’Economie

et des Finances, Marcelo Montenegro,

a déclaré jeudi que ces recommandations

du FMI concernant les

subventions étaient contradictoires et

que son gouvernement n’avait pas l’intention

de les suivre.

Il a qualifié les formules du FMI

de dépassées, affirmant qu’elles avaient

été appliquées les décennies passées

par des gouvernements néolibéraux,

mais qu’elles n’étaient plus viables aujourd’hui,

notamment en Bolivie.

La stabilité du taux de change est

due à la force du boliviano, a assuré le

ministre bolivien de l’Économie et des

Finances, soulignant que chaque pays

devait définir et appliquer sa propre

politique économique et financière de

façon souveraine, sans être influencé

par le FMI.

Radio Havana Cuba (RHC) 16

Septembre 2022

pouvoir de gagner – surtout lorsqu’ils

agissent ensemble.

Les grévistes de Liverpool devaient

mettre fin à leur action lundi prochain.

La grève à Felixstowe se poursuit

jusqu’à mercredi prochain. «Dès

que Felixstowe est dans le mouvement,

ce sera un événement marquant»,

a déclaré Paul. «En effet, les ports de

Liverpool et de Felixstowe représentent

environ 65% du trafic quotidien

de conteneurs pour l’ensemble du

Royaume-Uni – cela aura un effet

massif. Personne ne remarque quand

les patrons disparaissent, mais cela se

verra très vite quand les travailleurs

disparaissent des quais.»

Socialist Worker

27 septembre 2022

Traduction rédaction

A l’Encontre

27 septembre 2022

Suite de la page (9)

necessary to have in this perspective

a robust force capable of putting an

end to the action of the gangs.”

“The national police is able to

carry out its work but it needs robust

assistance from our partners,

and it needs adequate training on

the ground with aid from the international

community,” Généus told

the UNGA, speaking in place of Ariel

Henry.

Other political forces are calling

for an international force to do the

job. Following meetings with U.S.

Vice President Kamala Harris and

other top officials, the Dominican

Republic has sent troops to its border

and called for an international invasion

of Haiti.

“The crisis that overflows the

borders of Haiti is a threat to the national

security of the Dominican Republic,”

President Luis Abinader told

the Organization of American States’

Permanent Council.

“We met not only with Nancy

Pelosi, but with Senator Charles

Schumer of New York, and we also

touched on this topic when me met

with the [Senate] Foreign Relations

Committee Chair Senator Bob Menendez

of New Jersey, and also with

when we met with USAID Director

Samantha Power,” he later said in

an interview with Noticias SIN. “I

believe all that’s left is to coordinate

the means... Now we [CARICOM and

Dominican Republic] have the same

opinion, it has to be a ‘special force’

that pacifies that country.”

“It must be focused, we have

repeated numerous times, in the

immediate peacekeeping, a robust

force is necessary that is capable of

recuperating peace and bringing an

end to the violence unleashed by the

armed groups,” Dominican Foreign

Minister Roberto Alvarez told the

UNGA.

U.S.-led aid to the PNH has

been extensive. From 2010 to 2020,

Washington pumped in $312 million

for weapons and training. In 2021,

the White House and State Department

sent a combined $20 million.

In July 2022, the State Department

bolstered the SWAT training program

with a $48 million package.

The United Nations has sent

another $28 million, and Canada

$12 million.

While the U.S. reinforces Haitian

police, they have sought to cut

off unauthorized arms trafficking,

intercepting shipments smuggled

through ports and making arrests.

The Biden administration is

pressing the UN Security Council

to enact its own sanctions against

Cherizier and those whom it alleges

are arms traffickers.

But Haiti is awash with weapons,

and the PNH is an anemic

force. Although they have attacked

G9 neighborhoods and arrested

and killed multiple leaders, the police

have been unable to crush this

neighborhood federation.

State Department officials have

publicly said that a U.S.-led training

program, working with France, Brazil

and Canada, is underway.

On Jul. 30, Mike Stokes, a

State Department police trainer in

Haiti, complained in a Facebook

post that “Only U.S. politicians could

think sending eight instructors down

here could make a difference. Haiti

needs military action if it wants true

change.”

But Foote says the Biden administration

is reluctant to ramp up

U.S. involvement with Ariel Henry

in office.

“It’s a critical step, and the

appetite is... very reticent to work

and jump in with both feet with Ariel

Henry despite the fact that he is

U.S.-anointed,” Foote said.

With Washington conscious of

popular sentiment in Haiti against

foreign interference, the Montana

Accord’s image as “Haitian-led” is

critical to imperial designs.

A switch from Henry to the

Montana Accord would create credibility

for more U.S. involvement.

The CFR notes that “for the United

States, working in greater partnership

with such organizations… could

help restore Haitian confidence.”

Montana Accord founding

member Ted St. Dic wrote on Sep. 7

that “to give this process a fighting

chance of success, the United States

should use creative and aggressive

tactics to intercept criminal activity

in Haiti.”

While “Haitian-led” is a

useful slogan for public consumption,

U.S. policymakers seek to lead

from behind.

“I also think just leaving

it up to Haitians to solve their problems

is a line that I think ignores a

really really concerning and deteriorating

situation inside the country,”

commented Juan Gonzales.

“I’ve heard your answers

about your overall goal of a Haitian-led

democratic process,” Sen.

Bob Menendez (D-NJ) said to Todd

Robinson, Assistant Secretary for

the Bureau of International Narcotics

and Law Enforcement Affairs (INL).

“I share that, but what is our initiative

to try to create some semblance

of security?”

“We at INL are working

very closely with the Haitian National

Police, the new director general,

we are going to send advisors,” said

Robinson replied.

However, in the UN Security

Council, Russia and China voted

to shorten the U.S. police advisor

mandate, prompting Washington to

look for a way around international

bodies.

“Why do you think Russia

and China stop this? Because

they want total unrest in the hemisphere…

Authoritarianism.” Menendez

concluded, “At some point we

have to think about how to circumvent

that.”

suite à la page(18)

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Haiti Liberté/Haitian Times

17


Suite de la page (17)

methods also include “psychological out to do but there’s no sustainability

operations and information operations

there whatsoever,” Foote said.

Suite de la page (15)

engagements.”

While Foote and administra-

Washington has done just that. A The GFA and Montana Accord

tion officials disagree on tactics, they

2019 law called the Global Fragility

work in conjunction. The CFR agree that U.S. intervention is the

Act (GFA) has created a framework summarizes the U.S. strategy as “a answer.

for U.S. intervention. The GFA aims more targeted form of international “The other has been to try to

to strengthen U.S. control of socalled

assistance through the Global Fra-

strengthen the Haitian National Po-

“fragile states” as part of the gility Act, with Haitians playing the lice so that an international presence

2017 National Security Strategy’s principal role.”

is not necessary – that is challenging

focus on great power competition. It If the U.S. doesn’t turn to the and a long term undertaking,” Gonzales

is a joint State Department, USAID, Montana Accord and the GFA to carry

said.

and Defense Department program

out its military objectives along-

Regardless of whether Ariel

that would direct the U.S. military side the PNH, Foote says an invasion

Henry remains in power or the Mon-

to “play a critical role in facilitating

of Haiti – the fourth in a century tana Accord replaces him, the U.S. is

basic public order and build the capacity

– is guaranteed.

locked and loaded, with options for

of foreign security forces.” “Train the police, give the po-

all scenarios.

U.S. troops would operate “through lice their capacity back, or we’re going

small-footprint, coordinated, partner-focused

to have to send 25,000 troops

activities” – similar to in a combat stabilization mission,

Daniel Foote’s formula. Pentagon which will accomplish what it sets

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Quelle que soit l’issue du soulèvement

actuel, les masses, et en particulier la

jeunesse, se réapproprient les traditions

révolutionnaires du mouvement ouvrier

iranien. De nombreuses universités

ont un groupe d’étudiants révolutionnaires,

inspiré des organisations communistes

d’avant 1979. Nombre de ces

groupes se sont montrés résolus dans

les manifestations en cours, mais leur

tâche est plus grande que cela.

La jeunesse iranienne révolutionnaire,

inspirée par les idées du marxisme,

doit devenir la section la plus déterminée

du mouvement en cours, en

lançant systématiquement des appels à

la grève générale et aux conseils ouvriers.

Mais elle doit aussi expliquer patiemment

que la seule façon d’avancer

est de renverser à la fois la République

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légalisation des syndicats indépendants

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générations futures qu’avec l’abolition

du capitalisme.

Les gangsters capitalistes iraniens

n’ont rien d’autre à offrir que la

pauvreté et la dictature. La chute de la

République islamique doit devenir la

première étape de la prise du pouvoir

par la classe ouvrière iranienne. Et pour

y parvenir, il est nécessaire d’entamer

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Discours à l’ONU du Mali

A Travers le monde

Intervention du Colonel Abdoulaye Maiga, Premier ministre Malien par

intérim à l’Assemblée Générale de l’ONU/ excellent!

Par Diagne Fodé Roland

Un tournant majeur dans l’affrontement

entre souverainisme et néocolonialisme

en Afrique

Le discours du Mali à l’ONU de ce

24 septembre 2022, lendemain

du 22 septembre date anniversaire de

l’indépendance du Mali, restera dans

l’histoire comme un tournant majeur

dans la confrontation montante entre

néocolonialisme et souverainisme

en Afrique. Dès septembre 2016,

nous écrivions que la « Françafrique

craque » de la Côte d’Ivoire, Gabon,

Centrafrique, Tchad et Mali. Et avant

en 2006, nous annoncions la nécessaire

« sortie progressive des années

contre-révolutionnaires 80/90 ».

Ces prévisions politiques n’ont rien

de mystiques ; elles émanent de

l’analyse que nous faisions de l’aggravation

de la crise du capitalisme

impérialiste, de la fin progressive

des illusions sur le diktat totalitaire

impérialiste de la pensée unique

libérale synthétisée par Margaret

Thatcher avec la formule « there is

no alternative », des premières victoires

électorales des anti-libéraux

et anti-impérialistes en Amérique

du Sud et de l’inévitable montée en

puissance économique, scientifique,

technologique, culturelle et militaire

des pays rescapés du camp socialiste

(Chine, Vietnam, Corée du Nord,

Cuba), de la Russie et de l’Inde bourgeoise,

des Brics, etc.

A la surprise de beaucoup,

le Mali souverainiste a saisi l’ONU

contre les agissements illégaux et la

duplicité des impérialistes français en

demandant d’y exposer les preuves

qu’il détient sur les infractions à sa

souveraineté nationale, a expulsé

l’armée française de son territoire,

a rejeté l’interdit français d’accès à

l’armée et à l’administration malienne

à Kidal, a démasqué les accointances

françaises avec des fanatiques djihado-terroristes

que l’ex-ministre

français social-démocrate, Laurent

Fabius, louait sans scrupules disant

que « Al Nostra fait du bon boulot en

Syrie », a dénoncé l’inféodation néocoloniale

des sanctions de l’UEMOA/

CEDEAO à la Françafrique.

Le Mali vient clairement de signifier

à :

- la CEDEAO « qu’il existe un

principe de subsidiarité, d’ailleurs

aux contours flous, entre la CE-

DEAO et les Nations Unies et non un

principe de mimétisme. Également,

il est important de lui préciser que

le Secrétaire Général des Nations

Unies n’est pas un Chef d’Etat et le

Président en exercice de la CEDEAO

n’est pas un fonctionnaire. Par

conséquent, il serait indiqué qu’il ne

banalise pas la CEDEAO ».

- l’ONU qu’«il nous faut reconnaître

que près de 10 ans après

son établissement, les objectifs pour

lesquels la MINUSMA a été déployée

au Mali ne sont pas atteints. Et ce,

en dépit des nombreuses résolutions

du Conseil de sécurité. C’est

pourquoi, le Gouvernement du

Mali réitère sa demande, maintes

fois exprimée, d’un changement de

paradigme, d’une adaptation de la

MINUSMA à l’environnement dans

lequel elle est déployée et d’une meilleure

articulation de cette mission

avec les autorités maliennes ».

- Macron, le président français,

que « Les autorités françaises profondément

anti-françaises pour

avoir renié les valeurs morales universelles

et trahi le lourd héritage

humaniste des philosophes des lumières,

se sont transformées en une

junte au service de l’obscurantisme.

Obscurantisme de la junte française

nostalgique de pratique néocoloniale,

condescendante, paternaliste

et revancharde, qui a commandité

et prémédité des sanctions inédites,

illégales, illégitimes et inhumaines

de la CEDEAO et de l’UEMOA contre

le Mali ».

- Macron : «Obscurantisme de

la junte française qui s’est rendue

coupable d’instrumentalisation des

différends ethniques, en oubliant

si vite sa responsabilité dans le

génocide contre les Tutsis au Rwanda,

coupable également de tenter

désespérément de diviser les maliens

enfants d’une même famille. Enfin,

obscurantisme de la junte française,

qui a violé l’espace aérien malien en

y faisant voler des vecteurs aériens

tels que des drones, des hélicoptères

militaires et des avions de chasse,

plus d’une cinquantaine de fois, en

apportant des renseignements, des

armes et munitions aux groupes terroristes

».

- Macron et au Secrétaire

général de l’ONU : « Eu égard à la

gravité des faits commis par la junte

française, le Mali dans sa lettre en

date du 15 août 2022, a demandé

la tenue d’une réunion d’urgence

du Conseil de Sécurité des Nations

Unies. Cette réunion a pour objet de

permettre au Mali de présenter les

éléments de preuve en sa possession,

démontrant que l’armée française a

agressé en de maintes reprises, mon

pays, en violant, de manière répétitive

et fréquente l’espace aérien malien,

sans autorisation des autorités

maliennes et parfois en falsifiant

des documents de vol. Plus grave,

Monsieur le Président, le Mali sera

en mesure de prouver que la junte

française a fourni des renseignements

et des armes à des groupes

terroristes ».

L’opposition grandissante entre

camps néocolonial et patriotique

panafricain dans tous les pays africains

prend au Mali la forme de la

résistance du régime de transition du

Mali à l’agressivité des prédateurs

impérialistes de la Françafrique, de

l’eurafrique et de l’usafrique alors

qu’ailleurs elle prend la forme de

partis- fronts électoraux regroupant

les représentants des classes sociales

bourgeoisies, petites-bourgeoises

et les classes laborieuses souverainistes.

L’Afrique est en marche pour

rejoindre le concert du multilatéralisme

adossé à la souveraineté nationale

contre l’unilatéralisme prédateur

néocolonial.

Fernent 24 septembre 2022

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