24.02.2023 Vues

Boxoffice Pro - N°387 / 17 juin 2020

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

<strong>N°387</strong> / <strong>17</strong> <strong>juin</strong> <strong>2020</strong><br />

KMBO PRÉSENTE<br />

CET ÉTÉ, VIVEZ VOS RÊVES LES PLUS FOUS !<br />

UNE PRODUCTION FIRST LADY FILM EN ASSOCIATION AVEC HYDRALAB ET EIDNES STUDIOS CO-FINANCÉ PAR DR V/ FILMKLUBBEN, SOLA MEDIA, SF STUDIOS AVEC LE SOUTIEN DE THE DANISH FILM INSTITUTE, NORDISK FILM & TV FOND, CREATIVE EUROPE<br />

SCÉNARIO SØREN GRINDERSLEV HANSEN UNE IDÉE ORIGINALE DE KIM HAGEN JENSEN CO-RÉALISÉ PAR TONNI ZINCK MONTAGE RIKKE SELIN FOKDAL SON KRISTIAN SELIN EIDNES ANDERSEN & JACQUES PEDERSEN COMPOSITEUR KRISTIAN SELIN EIDNES ANDERSEN<br />

PRODUCTEUR ASSOCIÉ SUNIT PAREKH PRODUCTRICE DÉLÉGUÉE SOLVEIG LANGELAND PRODUCTRICE EXÉCUTIVE ANETTE IVERSEN PRODUIT PAR NYNNE SELIN EIDNES RÉALISATEUR KIM HAGEN JENSEN<br />

AVEC LES VOIX FRANÇAISES DE AUDREY D’HULSTÈRE, ESTHER AFLALO, MAXIME DONNAY, STEVE DRIESEN ET DE LOLA DUBINI DANS LE RÔLE DE KAREN<br />

© FIRST LADY FILM APS <strong>2020</strong><br />

GRAPHISME :<br />

AU CINÉMA LE 5 AOÛT


L’ADAPTATION ALLEMANDE<br />

DE LA ISLA MINIMA<br />

UN FILM DE<br />

CHRISTIAN ALVART<br />

AU CINÉMA LE 29 JUILLET<br />

CINEMA


RICHARD PATRY<br />

LE PRÉSIDENT DE LA FNCF<br />

ÉVOQUE LA REPRISE<br />

FRANÇOIS AYMÉ<br />

LE MONDE D’APRÈS<br />

POUR LES SALLES ART ET ESSAI<br />

LAURENCE<br />

FRANCESCHINI<br />

LA RECOMMANDATION<br />

DE LA MÉDIATRICE DU CINÉMA<br />

LES FILMS DE L’ÉTÉ<br />

LA RENTRÉE DU CINÉMA : PARTIE 1<br />

Le fabuleux retour en salles<br />

<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> retrouve la voie de la boîte aux<br />

lettres, sans pour autant vous avoir quittés<br />

pendant ces trois mois. Tant de choses à se dire,<br />

tant de sujets à aborder. Un dossier sur les films<br />

de juillet pour vous inspirer, des rencontres et<br />

des partages... pour être un peu en avance du<br />

jour J !<br />

Nous sommes le 22 <strong>juin</strong>, il est 9 heures, 3<br />

minutes et 45 secondes, Leonardo se lève en<br />

cette Saint Alban ; il hume par la fenêtre, un<br />

parfum estival dans l’air, il entend les enfants<br />

dans la cour de l’école. Pendant ce temps, à<br />

Dunkerque, Cathy descend d’un pas décidé la<br />

rue des Fusiliers Marins. Au 13 rue Berthelot,<br />

à Lyon, Frédérique met la clé dans la serrure<br />

de la porte d’entrée. À Frontignan, Priscilla<br />

allume les lumières de la façade sur le tableau<br />

électrique. Rue Saint Simon à Versailles, Régis<br />

allume la caisse et le TMS. Gérard respire, les<br />

projecteurs éclairent les écrans à Palaiseau. C’est<br />

l’heure, Natacha se dirige vers les portes vitrées,<br />

à l'ombre de la cathédrale de Chartres. Leonardo<br />

est là, devant le cinéma, sourire au lèvres. « Alors,<br />

qu'est ce qu’il y a de bien à voir en ce moment ? »<br />

Marion Delique


SOMMAIRE<br />

© Sony Pictures<br />

Comme Margot Robbie, exploitants et spectateurs attendent avec impatience les films de l'été.<br />

..<br />

ACTUALITÉS<br />

Richard Patry évoque<br />

la réouverture et les difficultés du secteur 8<br />

Guide sanitaire : une session d’échanges<br />

pour mieux encadrer la reprise 10<br />

François Aymé et la reprise<br />

des cinémas art et essai 12<br />

Laurence Franceshini,<br />

la recommandation de la Médiatrice du cinéma 16<br />

Aurélien Bosc et les enjeux<br />

des Cinémas Pathé Gaumont 18<br />

Les CIP attaquent la reprise<br />

plus impatients que jamais 20<br />

..<br />

DOSSIER<br />

26<br />

Les films de l’été, partie 1 26<br />

..<br />

CHIFFRES<br />

Calendrier 22<br />

..<br />

FOCUS<br />

Le Galaxy de Cognac rouvre ses portes 44<br />

..<br />

INSTITUTIONNELS<br />

Nouvelles CDACi/CNACi 46<br />

Agenda de la profession<br />

@<strong>Boxoffice</strong>France<br />

@<strong>Boxoffice</strong>_fr<br />

@boxofficefr<br />

<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> France<br />

N°ISSN : 2608-8924<br />

<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> est édité par THE BOXOFFICE COMPANY au capital de 2 075 620 euros, c/o<br />

Webedia 2 rue Paul Vaillant-Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS PERRET CEDEX<br />

Tél 01 85 09 95 87 / E-mail redaction@boxoffice.com – Dépôt Légal à parution<br />

Directeur de la publication<br />

Julien Marcel / julien@boxoffice.com<br />

Rédactrice en chef Marion Delique / marion.delique@boxoffice.com<br />

Rédacteurs Aysegül Algan / aysegul.algan@boxoffice.com,<br />

Cécile Vargoz / cecile.vargoz@boxoffice.com,<br />

Cécile Desclaux / cecile.desclaux@boxoffice.com<br />

Tanguy Colon / tanguy.colon@boxoffice.com<br />

Stagiaires Rédaction<br />

Corentin Marouby / corentin.marouby@boxoffice.com<br />

Base de données Films guillaume.martin@boxoffice.com<br />

Publicité / Base de données distributeurs<br />

Pauline Luigi / pauline.luigi@boxoffice.com<br />

Justine Deltombe / justine.deltombe@boxoffice.com<br />

Réalisation THE BOXOFFICE COMPANY, Maquette / Infographie<br />

Philippe Cosqueric / philippe.cosqueric@boxoffice.com,<br />

Charlie Coulot / charlie.coulot@boxoffice.com<br />

Impression SOCOSPRINT IMPRIMEURS 36 route d’Archettes 88 000 Epinal<br />

<strong>Pro</strong>venance du papier : Espagne<br />

Taux de fibres recyclées : 0,28 %<br />

Eutrophisation : 0,02 kg/tonne<br />

4


RETROUVEZ LA SUITE DES AVENTURES DE BIGFOOT SUR GRAND ÉCRAN<br />

LE 5 AOÛT AU CINÉMA<br />

MATÉRIEL DISPONIBLE SUR LE FILM :<br />

AFFICHES<br />

120x160 et 40x60<br />

Disponibles chez Sonis<br />

PLV TOTEM avec TOISE<br />

140x210cm<br />

Disponibles chez Sonis<br />

PLV DE COMPTOIR<br />

PLV POT POP CORN<br />

40cm de haut<br />

LIVRET D’ACTIVITÉ<br />

16 PAGES DE JEUX<br />

ÉCRANS 1080x1920<br />

Disponibles sur<br />

http://materiel.apollo-films.com/<br />

FONDS D’ÉCRAN FLAT et SCOPE<br />

Disponibles sur<br />

http://materiel.apollo-films.com/<br />

COPIES DISPONIBLES POUR VOS AVP DÈS LE 9 JUILLET<br />

MATÉRIEL VIDÉO :<br />

FA - TRAILER TOGETHER (DURÉE 1’57’’)<br />

FLAT : BigFootFamily_TLR-together_F_FR-XX_FR-NR_51_2K_ST_<strong>2020</strong>0612_NOI_IOP_OV<br />

SCOPE : BigFootFamily_TLR-together_S_FR-XX_FR-NR_51_2K_ST_<strong>2020</strong>0612_NOI_IOP_OV<br />

TEASER EXTRAORDINARY (DURÉE 45”)<br />

FLAT : BigFootFamily_TSR-extra_F_FR-XX_FR-NR_51_2K_ST_<strong>2020</strong>0612_NOI_IOP_OV<br />

SCOPE : BigFootFamily_TSR-extra_S_FR-XX_FR-NR_51_2K_ST_<strong>2020</strong>0612_NOI_IOP_OV<br />

TEASER SAVE THE WORLD (DURÉE 45”)<br />

FLAT : BigFootFamily_TSR-save_F_FR-XX_FR-NR_51_2K_ST_<strong>2020</strong>0612_NOI_IOP_OV<br />

SCOPE : BigFootFamily_TSR-save_S_FR-XX_FR-NR_51_2K_ST_<strong>2020</strong>0612_NOI_IOP_OV<br />

TEASER WILD RIDE (DURÉE 45”)<br />

FLAT : BigFootFamily_TSR-wild_F_FR-XX_FR-NR_51_2K_ST_<strong>2020</strong>0612_NOI_IOP_OV<br />

SCOPE : BigFootFamily_TSR-wild_S_FR-XX_FR-NR_51_2K_ST_<strong>2020</strong>0612_NOI_IOP_OV<br />

envoyés par Globecast, Disponibles sur Cinégo et sur http://materiel.apollo-films.com/<br />

Pour toute commande de matériel, veuillez contacter Oriane Joseph-Dezaize ojoseph@apollo-films.com et Déborah Legrand dlegrand@apollo-films.com<br />

VISA : N°150 427 / DURÉE 1H27 / FORMAT IMAGE : SCOPE / FORMAT SON : 5.1<br />

Retrouvez plus d’infos sur MATERIEL.APOLLO-FILMS.COM / ApolloDistrib / @Apollo_Distrib / @Apollo_Distrib


EN BREF...<br />

Séverine Garrigo<br />

Aurélie Bordier<br />

Fabienne Hanclot<br />

Anne Ouvrard<br />

MOUVEMENTS<br />

Séverine Garrido chez Disney<br />

La responsable marketing salles et coordination marketing<br />

chez UGC Distribution a rejoint The Walt Disney Company<br />

depuis le 25 mars dernier. Séverine Garrido avait fait ses<br />

premiers pas dans la profession à la programmation chez SND<br />

(2001-2005), avant d’intégrer UGC Distribution (de 2005 à<br />

<strong>2020</strong>). « Le line-up de The Walt Disney Company France s’est<br />

considérablement étoffé, avec le rachat des actifs de la 20 th Century<br />

Fox. J’ai rejoint Giovanny Lallemand pour renforcer le pôle de<br />

l’In-Theater Marketing, au sein de l’équipe distribution dirigée<br />

par Frédéric Monnereau, afin de travailler sur ce portefeuille<br />

extraordinaire de labels qui composent Disney aujourd’hui :<br />

Marvel, Pixar, Lucasfilm, Disney animation, Disney Live Action,<br />

Fox, Searchlight », explique l'intéressée. « Mon rôle sera de définir<br />

une stratégie marketing salle à 360 degrés média et hors-média. »<br />

Une nouvelle déléguée générale à l’ACID…<br />

À partir du 1 er juillet, Aurélie Bordier, l’actuelle adjointe à la<br />

communication et aux actions culturelles à l'AFCAE, remplacera<br />

Fabienne Hanclot au poste de déléguée générale de<br />

l'ACID. Cette dernière, qui a œuvré à l'association du cinéma<br />

indépendant pour sa diffusion durant 13 ans, rejoint le CNC<br />

en tant que cheffe de la création au sein de la direction de la<br />

Création, des Territoires et des Publics, sous l'égide de Julien<br />

Neutres. Aurélie Bordier avait auparavant été projectionniste<br />

puis directrice de deux salles de l'agglomération bordelaise<br />

pendant sept ans, avant de devenir la première déléguée générale<br />

de l'association de cinéma de proximité en Aquitaine<br />

(ACPA) et de l'association des cinémas de proximité de Gironde<br />

(ACPC). De 2004 à 2016, elle a produit des courts et longs<br />

métrages, dont Sans Adieu de Christophe Agou, notamment<br />

programmé à l'ACID Cannes 20<strong>17</strong>.<br />

… et une réorganisation de<br />

l’équipe de l’AFCAE<br />

À l'Association française des cinémas art et essai, c’est Anne<br />

Ouvrard qui remplace Aurélie Bordier. Après avoir dirigé le<br />

Max Linder de Paris puis un passage aux Écrans de Paris, la<br />

nouvelle adjointe à la communication et aux actions culturelles<br />

avait rejoint l’AFCAE en février 2018 en tant que chargée de<br />

mission sur la procédure de recommandation et de la plateforme<br />

de visionnement qu’elle a contribué à mettre en place.<br />

À l’occasion de cette passation, Jeanne Frommer, déjà coordinatrice<br />

du groupe Jeune Public, devient également coordinatrice<br />

de la communication et du Courrier Art et Essai. Jeanne<br />

Frommer, qui est notamment passée par les services pédagogiques<br />

de la Cinémathèque de Toulouse et de la Cinémathèque<br />

Française, fait partie de l’équipe de l’AFCAE depuis août 2016.<br />

Philippe Kaempf<br />

Philippe Kaempf de retour chez ARP<br />

Après plus de neuf ans à la tête de la distribution et des opérations<br />

d’EuropaCorp, Philippe Kaempf retrouve chez ARP<br />

Sélection le poste de directeur des ventes qu’il avait occupé de<br />

1998 à 2005. Renaud Davy a quitté la société mi-mars.<br />

Un duo de programmatrices<br />

à L’Archipel de Paris<br />

Alors que Damien Truchot s’envole vers de nouveaux horizons<br />

après sept années passées à en orchestrer la programmation et<br />

l'animation, le cinéma art et essai parisien membre des CIP<br />

accueille deux programmatrices dans son équipe : Margot<br />

Merzouk, qui a rejoint la structure depuis l'automne dernier,<br />

et Emmanuelle Lacalm, aurapavant chargée de distribution<br />

salle et marketing chez Potemkine Films. Elles s’occuperont<br />

respectivement, dès le 1 er septembre, des films principalement<br />

de continuation et des séances événementielles, travaillant en<br />

binôme aussi bien sur la programmation que sur tous les<br />

aspects de la gestion de L’Archipel, qui rouvrira ses portes le<br />

26 août [voir p.20].<br />

MON NINJA ET MOI<br />

Une opération masquée<br />

Besoin d’un peu de fantaisie en matière de port de masque<br />

non sanitaire ? Alba Films a pensé à vous, avec un ravissant<br />

masque Mon ninja et moi, à découper dans le livret de présentation<br />

accompagnant ce numéro de <strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong>. Le film<br />

d’animation danois de Anders Matthesen et Thorbjørn<br />

Christoffersen arrive sur les écrans dès le 15 juillet. De quoi<br />

réveiller le ninja qui dort en vous !<br />

Jeanne Frommer<br />

6


LE FESTIVAL D’ANGOULÊME MAINTENU<br />

à la fin de l’été<br />

23 e CINÉ COOL FIN AOÛT<br />

Appel à films<br />

C’est l’un des rares événements cinéma à avoir pu maintenir ses dates à quelques jours près : le Festival<br />

du film francophone d’Angoulême aura lieu du 28 août au 2 septembre prochain. Et dans la joie, avec<br />

un jury présidé par les réalisateurs Benoît Delépine et Gustave Kervern. Malgré les conditions sanitaires,<br />

ses délégués généraux Marie-France Brière et Dominique Besnehard se sont dits « déterminés à faire en<br />

sorte que la convivialité l’événement ne s’en trouve pas entachée ».<br />

Le festival sera l’occasion, cette année, de donner carte blanche à la Semaine de la Critique qui, n’ayant<br />

pu se dérouler à Cannes, proposera cinq films francophones qu’elle a décidé de labelliser et d’accompagner<br />

Hors Les Murs :<br />

After Love de Aleem Khan ;<br />

De l’or pour les chiens de Anna Cazenave Cambet (Rezo) ;<br />

La Nuée de Just Philippot (The Jokers/Capricci – 4 novembre) ;<br />

Sous le ciel d’Alice de Chloé Mazlo (Ad Vitam) ;<br />

La Terre des hommes de Naël Marandin (Ad Vitam – 25 novembre).<br />

Par ailleurs, les distributeurs, producteurs et réalisateurs ont jusqu’au 30 <strong>juin</strong> pour soumettre un film aux<br />

organisateurs d’Angoulême (et peuvent utiliser pour cela la plateforme en ligne sur le site du festival).<br />

Les accréditations seront ouvertes à partir du 15 juillet.<br />

Les Syndicat de directeurs de cinémas de l’Est et Association<br />

des cinémas indépendants de l’Est lancent leur opération<br />

estivale qui aura lieu du 22 au 29 août <strong>2020</strong> dans près<br />

de 70 établissements (en Alsace, Champagne-Ardenne<br />

et Lorraine). Ciné Cool propose au public, durant une<br />

semaine, un tarif unique de 4,5 euros la séance, dont un<br />

grand nombre d’avant-premières (270 en 2019). Les<br />

distributeurs souhaitant proposer un ou plusieurs films<br />

en avant-première, avec participation éventuelle d'équipes,<br />

sont invités à contacter les organisateurs avant la fin du<br />

mois de <strong>juin</strong>, en précisant si le nombre d’avant-premières<br />

peut être élargi aux exploitations de toutes tailles, ainsi<br />

que la combinaison de sortie prévue pour le film.<br />

Contact : Denis Blum / aci.grandest@gmail.com /<br />

06 18 44 21 91.<br />

“Une loi ne pourra jamais obliger un homme à m’aimer<br />

mais il est important qu’elle lui interdise de me lyncher.”<br />

martin luther king<br />

G E N E<br />

HACKMAN<br />

UN FILM DE<br />

ALAN PARKER<br />

W I L L E M<br />

DAFOE<br />

VERSION RESTAURÉE<br />

AU CINÉMA LE 15 JUILLET


INTERVIEW<br />

Je ne m'inquiète pas tant de la réouverture de<br />

l'intégralité de notre parc, mais de son maintien<br />

les deux, trois prochaines années.<br />

RICHARD PATRY<br />

Sans éluder les difficultés qui attendent le secteur, le président de la FNCF salue<br />

l’unité des exploitants et les appelle à une gestion rigoureuse.<br />

Si les cinémas peuvent reprendre leur activité dès le 22 <strong>juin</strong>, certains ont annoncé qu’ils ne<br />

rouvriraient que beaucoup plus tardivement. Comprenez-vous ce choix ?<br />

La date de réouverture a été décidée par le Gouvernement en fonction de la situation sanitaire générale,<br />

les cinémas étant le dernier secteur de la culture à pouvoir rouvrir. Mais surtout nous étions convaincus<br />

de la nécessité d’une ouverture nationale, sans distinction de zones oranges ou vertes, afin d’avoir un<br />

message cohérent et unitaire. Après, que certaines salles, pour des raisons qui sont les leurs, décident de<br />

rouvrir plus tard, c’est leur choix et la Fédération n’a aucune recommandation particulière à faire. Il ressort<br />

malgré tout que nous serons une très grande majorité à être opérationnels dès le 22 <strong>juin</strong>, et pratiquement<br />

tout le parc dès le 24..<br />

© FNCF / Mano<br />

Ce retour au cinéma s’accompagne d’une campagne<br />

de communication sans précédent, avec notamment<br />

l’aide des télévisions : leur soutien a-t-il été spontané ?<br />

L’ensemble des grands médias nationaux sont spontanément<br />

venus vers nous pour œuvrer autour d’une campagne qui va<br />

démarrer le 22 <strong>juin</strong> jusqu’à début juillet. Chacun a souhaité<br />

montrer son amour du cinéma avec des propositions qui<br />

permettront à tout le monde de savoir, que ce soit dans la rue,<br />

dans les transports, à la radio, à la télévision ou sur internet,<br />

que les cinémas auront rouvert. C’est une campagne historique<br />

qui montre bien que la France, sans la salle de cinéma, ce n’est<br />

pas la France.<br />

Si les spectateurs assidus ont fait part de leur volonté<br />

de revenir rapidement au cinéma, quelle sera, selon<br />

vous, la tranche la plus difficile à reconquérir ?<br />

Je suis très optimiste. Le public va revenir massivement dans<br />

les salles et les spectateurs habitués seront parmi les premiers.<br />

Le plus dur sera en effet de faire revenir les occasionnels, que<br />

l’on attire généralement avec des films très populaires. Sur ce<br />

point, je regrette plus le report de Wonder Woman 1984 à<br />

l’automne que celui de Tenet, repoussé, on espère, de quelques<br />

jours seulement. Cela va nous permettre d’avoir plus de place<br />

pour exploiter Mulan, avec une meilleure répartition des films<br />

populaires sur l’été. Mais même avec la plus belle campagne<br />

de communication, sans films, il n’y a pas de spectateurs. Et<br />

cela risque de mettre en danger tout le secteur.<br />

À quels niveaux ?<br />

Les charges fixes sont équivalentes, quel que soit le niveau de<br />

fréquentation. Les salles gagnent de l’argent sur le peu d’entrées<br />

réalisées au-dessus du seuil de rentabilité. Et cet été, voire les<br />

semaines suivantes, nous risquons de rester en dessous de ce<br />

seuil, si les jauges réduites se maintiennent, si laune programmation<br />

est moins forte, et les occasionnels moins présents...<br />

Il y aura du public, mais peut être pas assez au départ pour<br />

être rentable.. Il faudra très rapidement sortir de cette situation<br />

qui, si elle dure, suscitera une très forte inquiétude. C’est<br />

pourquoi la mise en œuvre par le CNC d’un plan pour maintenir<br />

la filière, et notamment la salle, est crucial. J’ai toujours<br />

dit que nous allions limiter la casse pendant la fermeture mais<br />

que le plus difficile serait la réouverture. Je ne m'inquiète pas<br />

tant de la réouverture de l'intégralité de notre parc cinématographique<br />

mais de son maintien les deux ou trois prochaines<br />

années. Il faut absolument éviter que des salles ferment. La<br />

crise commence maintenant et elle concerne tout le monde,<br />

circuits, salles associatives, privés indépendants, salles municipales.<br />

Les difficultés de chaque type de salle sont différentes,<br />

mais tous en connaissent.<br />

8


Dans cette période d’incertitude qui s’ouvre, quel est votre message<br />

pour les exploitants ?<br />

Soyez des gestionnaires rigoureux. Il faut chercher la moindre économie sans pour<br />

autant rogner sur l’accueil du public et sur la relation avec les collaborateurs, qui<br />

seront essentiels à la relance. Ne relâchez pas votre vigilance et gérez, en gardant<br />

constamment un œil sur votre trésorerie, en continuant à utiliser les mesures comme<br />

le chômage partiel ; et n’attendez pas d’être en difficulté pour solliciter des conseils<br />

ou vous faire aider par vos interlocuteurs habituels (FNCF, syndicat, expert comptable,<br />

banque…). L’annulation de la TSA pour février et mars, qui représente <strong>17</strong><br />

millions d’euros, serait une mesure essentielle pour le court terme. Mais ce n’est<br />

pas suffisant à moyen terme.<br />

Comment le CNC, lui aussi durement impacté par la crise, peut-il pourvoir<br />

son aide ?<br />

Le CNC va, au bas mot, perdre 150 millions d’euros dans cette crise. Il faut le<br />

refinancer et pour cela, l’État qui avait prélevé sur le CNC 370 millions d’euros<br />

entre 2014 et 20<strong>17</strong>, doit en rendre une large partie. Ce n’est pas de l’argent public<br />

mais l’argent du public. On doit pouvoir trouver ce plan de sauvegarde du secteur<br />

dans le 1,3 milliard d’euros débloqué pour la Culture. Si l’État veut sauver le cinéma<br />

en France, il n’y a pas d’autre solution. C’est seulement quand le CNC sera réarmé<br />

que nous pourrons envisager un vrai plan de relance, mais qui ne devrait pas<br />

intervenir avant l’automne.<br />

Qu’est-ce que cette période inédite a finalement révélé de la profession ?<br />

Tout d’abord, l’importance du cinéma dans notre vie. Je le répète : sans salle, pas<br />

de cinéma et vivre sans cinéma en France, ce n’est pas vivre. Tout le monde est<br />

conscient du rôle capital, voire vital, que jouent les salles dans un monde qui traverse<br />

beaucoup de turbulences, et pas seulement sanitaires. Ensuite, l’exploitation a su<br />

garder son unité. Il n’y a pas de petits, de moyens ou de grands, mais une communauté<br />

d’exploitants, fragile, certes, mais qui reste forte en restant ensemble.<br />

Un mot, pour finir, sur les événements de fin d’année : comment se<br />

profilent le Congrès et la célébration du cinéma, qui remplacerait en<br />

quelque sorte la Fête du cinéma ?<br />

Le Congrès s’annonce bien, avec chaque jour son lot de bonnes nouvelles. La jauge<br />

du CID pourrait être limitée mais nous travaillons pour accueillir tous les événements<br />

du Congrès y compris la journée des éditeurs/distributeurs, sans laquelle le<br />

Congrès ne serait pas le Congrès. Plus on avance dans le temps, plus les restrictions<br />

s’allègent. Ce sera probablement une édition un peu différente, mais nous sommes<br />

attachés à l'idée d'un événement en présentiel ; il est important de se retrouver<br />

après cette période. Les détails devraient être communiqués début juillet.<br />

Concernant la célébration du cinéma, nous aimerions mettre en place un événement<br />

autour du dernier trimestre. Je rêve d’organiser une semaine d’avant-premières des<br />

films labellisés de Cannes dans tous les cinémas de France. Thierry Frémaux est au<br />

courant de nos envies et nous poursuivons nos discussions.<br />

Soyez des gestionnaires rigoureux, cherchez la moindre économie<br />

sans pour autant rogner sur l’accueil du public et sur la relation avec<br />

les collaborateurs, qui seront essentiels à la relance.<br />

ARTISTES ET TECHNICIENS<br />

DU SPECTACLE,<br />

AYEZ LE RÉFLEXE AUDIENS<br />

SUR LE WEB<br />

En cette période de crise<br />

sanitaire qui affecte durement<br />

les artistes et techniciens<br />

du spectacle, Audiens<br />

reste mobilisé à vos côtés.<br />

Retrouvez toutes les solutions<br />

de soutien sur audiens.org,<br />

profil intermittents, rubrique<br />

Actualités.<br />

Découvrez également<br />

Audiens Le Média, le<br />

magazine web culture<br />

et protection sociale<br />

d’Audiens :<br />

www.audienslemedia.org<br />

PRENDRE SOIN DE VOUS ET<br />

PRÉSERVER VOTRE SANTÉ<br />

Pour le remboursement de vos frais<br />

médicaux, pensez à la complé mentaire<br />

santé dédiée aux intermittents.<br />

507h effecutées en 2019 ? Vos<br />

cotisations sont réduites en <strong>2020</strong><br />

et 2021<br />

0 <strong>17</strong>3 <strong>17</strong>3 590<br />

Pour votre visite médicale, le suivi de<br />

votre santé au travail ou encore vous<br />

informer sur les risques professionnels<br />

liés à votre activité :<br />

www.cmb-sante.fr<br />

Pour réaliser un bilan de santé spécifique<br />

aux professionnels du spectacle<br />

afin de prévenir les pathologies liées à<br />

vos métiers :<br />

0 <strong>17</strong>3 <strong>17</strong>3 394<br />

PRÉVOYANCE<br />

Pour vous renseigner sur votre couverture,<br />

y compris pendant vos périodes<br />

d’inactivité, en cas d’incapacité temporaire<br />

totale de travail (ITT), d’invalidité<br />

3 e catégorie ou de décès :<br />

0 <strong>17</strong>3 <strong>17</strong>3 921<br />

Artistes et techniciennes, découvrez<br />

votre accompagnement maternité<br />

spécifique.<br />

0 <strong>17</strong>3 <strong>17</strong>3 465<br />

CONGÉS SPECTACLES<br />

Pour connaître vos droits à une période<br />

de congé, vous immatriculer et effectuer<br />

votre demande de congé annuel :<br />

0 <strong>17</strong>3 <strong>17</strong>3 434<br />

ou conges-spectacles.audiens.org<br />

La protection sociale professionnelle est une création continue<br />

© Erwan Floch<br />

PRÉPARER VOTRE RETRAITE<br />

POUR BIEN LA VIVRE<br />

Pour vous informer, recevoir un relevé de<br />

situation dès 35 ans, reconstituer votre carrière,<br />

bénéficier d’un entretien information<br />

retraite personnalisé à partir de 45 ans...<br />

0 <strong>17</strong>3 <strong>17</strong>3 755<br />

Pour faire de cette étape une expérience<br />

positive, réfléchir à votre projet de vie,<br />

participez à nos réunions d’information et<br />

d’échange.<br />

0 <strong>17</strong>3 <strong>17</strong>3 726<br />

AIDE À LA GARDE D’ENFANTS<br />

Une aide financière pour la garde de<br />

votre enfant, jusqu’à ses 4 ans, quel<br />

que soit le mode de garde.<br />

0 <strong>17</strong>3 <strong>17</strong>3 343


EXPLOITATION<br />

Lors d’un webinar<br />

organisé le 11 <strong>juin</strong> par<br />

<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> et Le Film<br />

français, la FNCF,<br />

représentée par son<br />

président Richard<br />

Patry, sa présidente<br />

adjointe Odile Tarizzo,<br />

et les membres de la<br />

cellule de réouverture,<br />

Christine Beauchemin-<br />

Flot et Marie-Christine<br />

Desandré, est revenue<br />

sur les points les plus<br />

saillants du protocole<br />

et a tenu à rassurer la<br />

profession sur la<br />

nouvelle organisation<br />

du travail.<br />

GUIDE SANITAIRE<br />

Une session d’échange pour mieux<br />

appréhender la reprise<br />

Longtemps attendu, et depuis sa publication le 3 <strong>juin</strong><br />

longuement étudié par les professionnels, le guide des<br />

mesures sanitaires de réouverture permet de répondre aux<br />

questionnements des exploitants sur l’accueil du public et<br />

la protection de leurs salariés pour la reprise. Après avoir<br />

salué le travail « intense et équilibré » de la cellule de réouverture<br />

et reconnu les difficultés passées comme à venir<br />

pour les salles, Richard Patry a rappelé que l’exploitation<br />

était le seul secteur à pouvoir s’appuyer sur un protocole<br />

sanitaire trois semaines en amont de sa reprise d’activité,<br />

avec l’enjeu « de préserver l’émotion du cinéma et ne pas<br />

transformer les salles en salles blanches d’hôpital ».<br />

Principalement, la Fédération rappelle que toutes les informations<br />

essentielles et obligatoires sont dans le guide et<br />

peuvent être adaptées selon la typologie de salle, les exploitants<br />

étant libres d’y ajouter des mesures supplémentaires.<br />

Plusieurs questions spécifiques ont été soulevées. La distance<br />

à respecter entre les spectateurs ou groupes de spectateurs<br />

est d’un fauteuil de part et d’autre, le mètre de rigueur<br />

n’est ici pas applicable : « Pas question ici de surinterpréter<br />

les consignes énoncées dans le guide », tempère Richard Patry.<br />

La durée minimale de l’inter-séance est préférentiellement<br />

de 30 minutes, ce qui revient à organiser une séance en<br />

moins dans l’après-midi. Cette durée est modulable selon<br />

les salles et la diffusion de spots de prévention. « Nous avons<br />

une responsabilité de rassurer les spectateurs et devons garantir<br />

que ce que nous avons mis en place permet au public de venir<br />

sereinement et aux salariés de travailler en sécurité », résume<br />

Christine Beauchemin-Flot. Les groupes de scolaires ou<br />

de centres de loisirs restent interdits au-delà de dix<br />

personnes ; sur ce point, Richard Patry conseille à titre<br />

personnel d’accueillir les enfants en les espaçant chacun<br />

d’un siège, toujours en respectant la jauge d’occupation de<br />

50 %. En ce qui concerne les talons de tickets, « il faut<br />

imaginer de nouveaux gestes et éviter tout contact au maximum »,<br />

recommande Christine Beauchemin-Flot. Il est donc<br />

préférable de ne plus manipuler les tickets, et il est idéal,<br />

si équipés, de les scanner. Quant aux programmes papier,<br />

il vaut mieux ne plus les échanger, mais cet élément de<br />

communication essentiel pour les salles art et essai n’est<br />

pas interdit : il est conseillé d’informer les spectateurs pour<br />

éviter toute manipulation abusive. La reprise au quotidien<br />

permettra d’affiner et d’adapter certaines dispositions. Les<br />

mesures s’avèrent d’ailleurs moins draconiennes que n’avait<br />

pu le craindre la Fédération au début des discussions : il<br />

n’est désormais plus question de nettoyer les fauteuils entre<br />

chaque séance, d’interdire la vente de confiserie ni la<br />

distribution de réhausseurs. « La force de cette épidémie est<br />

10


de faire comprendre à tous qu’une vie sans cinéma n’est pas<br />

une vie. Nous garantissons aux spectateurs une sécurité optimale<br />

sans tomber dans l’excès inverse au risque d’être contre-productifs<br />

», analyse Richard Patry. Pour rappel, le guide a été<br />

validé par les ministères de la Culture, de la Santé et<br />

du Travail.<br />

Sur le domaine des mesures à destination des salariés des<br />

cinémas, Odile Tarizzo souligne que le guide sanitaire a<br />

aussi été validé par l'ensemble des organisations syndicales<br />

de la profession, faisant dès lors force de loi pour les délégués<br />

du personnel et le CSE, et que sa communication<br />

auprès des équipes avant la réouverture est une obligation.<br />

Autre obligation, le référent COVID peut être l’exploitant<br />

lui-même ou le responsable du site. Il sera non seulement<br />

chargé de la formation du personnel, mais aussi de suivre<br />

et partager toutes les évolutions des mesures sanitaires. La<br />

présidente de la commission des affaires sociales rappelle<br />

aussi que le Document Unique (DUER) est une obligation<br />

pour toutes les structures à partir d’un salarié. Un<br />

document-type est à disposition sur le site de la FNCF.<br />

À la question des risques encourus en cas de non respect<br />

du guide sanitaire, Odile Tarizzo répond qu’en cas de<br />

contrôle de l’inspection ou de la médecine du travail, la<br />

responsabilité de l’employeur pourra être engagée. Ce<br />

dernier est aussi attaquable par un salarié pour mise en<br />

danger d’autrui. « Je ne sous-estime pas l’anxiété de certains<br />

de nos salariés de reprendre, l’employeur doit prendre la<br />

dimension de la réassurance du public mais aussi du personnel »,<br />

estime la vice-présidente de la Fédération.<br />

« Il y a des contraintes et de nouvelles pratiques à mettre en<br />

place, mais le calendrier évolue plus rapidement que prévu »,<br />

note Richard Patry. La fin de l’état d’urgence sanitaire,<br />

attendue pour le 10 juillet, permettra en effet d’alléger les<br />

mesures, notamment celles de la limitation de jauge. « Nous<br />

suivons tout cela de près, étape par étape, avec pour objectif<br />

de vous accompagner vers un retour à la normale de nos<br />

conditions d'accueil du public et de travail de nos salariés. »<br />

LES ENJEUX D’UNE<br />

COMMUNICATION<br />

RÉUSSIE<br />

Marie-Christine Desandré a souligné l’importance<br />

pour les salles de travailler leur communication<br />

pour réussir leur réouverture :<br />

auprès des exploitants, avec un guide clair<br />

et facile à lire, qui propose des mesures adaptables<br />

mais obligatoires à mettre en place. « N’abordez<br />

pas ce guide comme un épouvantail ! Les mesures<br />

préconisées et validées sont tout à fait gérables » ;<br />

auprès du personnel, avec des fiches sanitaires<br />

qui détaillent les process poste par poste, à<br />

utiliser non seulement pour informer mais<br />

former les équipes, « maillons entre cinéma et<br />

public. Il faut nous rendre disponibles en permanence,<br />

gérer les inquiétudes et les incertitudes.<br />

Des salariés détendus, c’est un public détendu » ;<br />

auprès du public : la FNCF a mis en ligne un<br />

kit de communication déclinable qui reprend<br />

les préconisations générales standard, notamment<br />

une série de pictogrammes dont chaque<br />

exploitant peut se servir pour le parcours client<br />

ou en fin de séance, qui soulève l’épineuse<br />

question de couper ou non le générique du<br />

film. Des tutoriels sont ainsi mis à disposition<br />

pour composer ses propres messages d’information.<br />

Il pourra notamment être rappelé au<br />

public que le choix du port du masque est à la<br />

discrétion du spectateur.<br />

se réjouit de la réouverture des salles de cinéma<br />

et souhaite une belle reprise d’activité à tous les<br />

exploitants<br />

#OnIraTousAuCinema<br />

NATIXIS COFICINÉ est à vos côtés pour vos projets de création, d’extension et de rénovation.<br />

Contacts : Armand Thiévet (Responsable) - Sébastien Arthaud (Adjoint)<br />

Tel : 01 58 19 32 00 - coficine.na@coficine.natixis.com<br />

<strong>N°387</strong> / <strong>17</strong> <strong>juin</strong> <strong>2020</strong><br />

11


INTERVIEW<br />

Il faudra prendre encore plus<br />

soin du public, dans tous les<br />

sens du terme.<br />

FRANÇOIS AYMÉ<br />

Au-delà des préoccupations communes à tous les exploitants, comment les salles<br />

art et essai envisagent-elles cette période de réouverture et leur avenir ?<br />

Quelles sont leurs attentes concrètes ? Rencontre avecle président de l’AFCAE.<br />

© Isabelle Nègre<br />

François Aymé à Cannes 20<strong>17</strong>.<br />

Bonne nouvelle : les Rencontres nationales art et<br />

essai sont datées et vont se tenir physiquement.<br />

Un signal important pour la reprise ?<br />

Comme le Congrès de la FNCF, nos Rencontres sont un<br />

rendez-vous annuel incontournable où les professionnels<br />

se retrouvent, ce qui est d’autant plus important cette année<br />

après des mois d’isolement. Elles auront lieu à la Coursive<br />

de La Rochelle, du 25 au 27 août prochain. Toutes les<br />

conditions sont réunies : le cinéma, en nombre de fauteuils,<br />

et la ville, en matière d'hébergement, ont une très grande<br />

capacité d’accueil ; c’est à trois heures de Paris et proche<br />

d'Angoulême, où le festival du film francophone démarre<br />

le 28. Les exploitants, distributeurs et réalisateurs venant<br />

à La Rochelle pourront donc enchaîner les deux événements.<br />

Comme les années précédentes, nous y tiendrons notre<br />

assemblée générale et une douzaine de films seront projetés,<br />

en lien avec le Festival de Cannes mais sans forcément<br />

s'interdire quelques autres coups de cœur. La sélection est<br />

en cours, en concertation avec Thierry Frémaux, et sera<br />

annoncée mi-juillet. L’enjeu est d’être, à notre hauteur, un<br />

tremplin pour ces films et de permettre aux exploitants de<br />

bien préparer la rentrée. Et cette année, l’AFCAE participera<br />

aux frais de ses adhérents à hauteur de 120 euros.<br />

Quant aux Rencontres art et essai jeune public, elles auront<br />

lieu quinze jours après, du 9 au 11 septembre, au même endroit.<br />

12


Quelles sont les mesures à prendre pour la réouverture et la trésorerie<br />

des salles, sur le court et moyen terme ?<br />

La prolongation du chômage partiel jusqu’au 30 septembre est très rassurante<br />

pour les salles qui ne pourront pas reprendre une activité à plein régime dès<br />

cet été. Nous avons deux autres demandes fortes, avec la FNCF : la stabilité<br />

du budget du CNC, qui doit récupérer le manque à gagner lié à l’absence<br />

de TSA pendant la fermeture, et un plan d’aide visant à compenser la perte<br />

d’exploitation sur les mois qui viennent, alors que nous aurons des frais de<br />

fonctionnement importants et une grande incertitude concernant la fréquentation,<br />

en particulier des personnes âgées dans les salles art et essai. Il ne<br />

faut surtout pas que les salles entrent dans une spirale où elles devraient<br />

licencier du personnel, donc baisser leur activité, perdre des entrées et à<br />

nouveau licencier.<br />

Nous sommes à un moment charnière où l’on peut craindre que le visionnement<br />

d'œuvres à domicile ait changé les comportements, et devons<br />

réfléchir sur le moyen terme. L’attractivité de nos cinémas art et essai passe<br />

véritablement par les animations, ce qui a un coût. Pour consolider notre<br />

modèle économique, nous demandons des contrats d’objectifs et de moyens<br />

sur trois ans croisés entre le CNC (ou le ministère de la Culture), les régions<br />

et les collectivités, négociés en concertation avec les professionnels. En effet,<br />

sur les trente dernières années, les collectivités et le CNC ont en général<br />

aidé les salles chacun de leur côté, de façon inégale selon les territoires ou<br />

les communes. Si l’on veut maintenir, non seulement le maillage territorial,<br />

mais la fonction sociale de notre réseau de salles, il faut entreprendre non<br />

pas un plan de sauvetage, mais une réorganisation sur la durée. Sans une<br />

évolution structurelle de l’exploitation indépendante, les gens continueront<br />

d’aller au cinéma, mais ils s’y rendront moins. Et ce moins peut inciter les<br />

producteurs et réalisateurs à ne plus passer par la case cinéma.<br />

Concernant l’accès aux films, quelles sont vos demandes ?<br />

Les petites salles ne peuvent plus attendre la cinquième semaine pour<br />

programmer un film d’actualité, ce qui est une éternité dans le temps<br />

médiatique et une aberration, aujourd’hui, face à l’offre pléthorique sur les<br />

télévisions et les plateformes. Nous demandons que ce délai soit ramené à<br />

deux semaines, avec des garde-fous pour ne pas que les salles soient saturées<br />

par le nombre de films ; mais il faut arrêter cette discrimination territoriale<br />

entre petites et grandes villes. On ne peut solliciter le soutien des communes,<br />

mettre en avant l’importance du cinéma dans la vie locale, sans pouvoir<br />

proposer des nouveautés. Cela vaut aussi pour les cinémas indépendants<br />

parisiens : le CNC ou la Ville de Paris leur donnent beaucoup d’argent sans<br />

qu’on leur garantisse un accès aux films qui les rende suffisamment attractifs<br />

pour une partie du public. C’est incohérent. Cela doit passer par une<br />

régulation : nous demandons que le Médiateur du cinéma devienne une<br />

autorité administrative indépendante qui puisse imposer des arbitrages<br />

contraignants, pour préserver la diversité et rétablir un équilibre entre les<br />

circuits et les indépendants. C’est un sujet récurrent sur lequel nous insistons,<br />

car le marché va se tendre cet été : avant le 22 juillet, sans grosse sortie, les<br />

cinémas de 15 écrans vont programmer des films d’auteur.<br />

L’AFCAE demande aussi au CNC qu’il efface l’ardoise Cinenum concernant<br />

l’avance remboursable. Aujourd’hui, environ 500 cinémas n’ont pas fini de<br />

rembourser l’avance pour leurs équipements. Ce sont des petits cinémas,<br />

pour lesquels les distributeurs sont peu enclins à payer des contributions<br />

numériques, qui n’obtiennent donc pas de sorties nationales et ne peuvent<br />

pas rembourser l’avance Cinenum. Il faut sortir de cet engrenage : cela<br />

arrangera aussi les distributeurs et fluidifiera la circulation des films sur tout<br />

le territoire.<br />

<strong>N°387</strong> / <strong>17</strong> <strong>juin</strong> <strong>2020</strong>


INTERVIEW<br />

© Jean-Pierre Bazard<br />

© Festival International du Film de La Rochelle<br />

La Coursive-Scène Nationale à La Rochelle, une grande capacité pour accueillir tous les adhérents de l'AFCAE<br />

La réussite du classement, c’est sa dimension<br />

incitative et proportionnée au travail des salles.<br />

Et sur la subvention art et essai ?<br />

Nous demandons la fin de l’enveloppe fermée pour l’art et essai. Après le<br />

COVID-19, la tendance au développement art et essai est structurelle : il y<br />

aura dans un premier temps moins de films grand public et les programmateurs<br />

vont se reporter sur les films d’auteur pour lesquels le pourcentage du nombre<br />

de séances va mathématiquement augmenter. Il devrait donc y avoir plus de<br />

salles classées, et mieux classées. Si l’enveloppe allouée par le CNC reste fermée,<br />

l’écrêtement des subventions, de 5 et 7 % ces deux dernières années, risque de<br />

passer de 15 à 20 % dans les années à venir. Un exploitant, qui développe son<br />

travail art et essai, mais voit sa subvention baisser, c’est un contresens ! La<br />

réussite du classement, c’est sa dimension incitative et proportionnée au travail<br />

des salles. Certes, cela donne l’impression que l’on demande toujours plus,<br />

mais sur l’enveloppe globale du CNC, cela ne représenterait qu’un ou deux<br />

millions d’euros supplémentaires. Et cette progression est toujours réinjectée<br />

dans la filière : quand 500 salles art et essai diffusent un film indépendant, cela<br />

finit par représenter des entrées.<br />

Quelle est votre position sur la procédure de classement 2021 ?<br />

A la différence de la FNCF et du SCARE, qui penchent pour une reconduction<br />

de la subvention en 2021 sur une troisième année, dans un souci de<br />

simplification et pour avoir une avance de trésorerie de trois mois, l'AFCAE<br />

préconise de rester sur le calendrier initial, avec un nouvel examen des dossiers<br />

pour 2021. En effet, la période la plus compliquée à examiner est celle qui<br />

arrive, qui va du 1er juillet <strong>2020</strong> au 30 <strong>juin</strong> 2021. Si l’on maintient le calendrier<br />

prévu pour le classement 2021, les commissions vont étudier la période qui<br />

finit le 30 <strong>juin</strong> <strong>2020</strong>, qui aura été marquée, malgré les mois de fermeture, par<br />

l’excellent travail de 2019. Nous reconnaissons ainsi ce beau travail qui, avec<br />

un classement établi sur deux ans, sera la référence pour l’année suivante, celle<br />

de la très difficile reprise. Certes, avec cette hypothèse, nous renonçons à une<br />

avance de trésorerie précieuse : mais nous considérons que cette avance ne doit<br />

pas relever du dispositif art et essai, mais plutôt du plan d’urgence en général,<br />

pour tous les cinémas qui ont tous été fermés.<br />

Nous sommes en train de sortir de la pandémie et nous devons nous projeter<br />

sur les deux années qui viennent, en respectant la récente réforme de l’art et<br />

essai, en apportant quelques ajustements comme cela était prévu. Si l’on proroge<br />

le classement sur une troisième année, cela veut dire que les aides versées aux<br />

salles correspondront à la période de référence commencée en 20<strong>17</strong> ! Entre<br />

temps, beaucoup de salles ont pu changer leur façon de travailler et progresser.<br />

On vous sait inquiet des habitudes de consommation à domicile<br />

prises pendant le confinement. Mais n’ont-elles pas entretenu la<br />

cinéphilie, voire aiguisé la curiosité du public ?<br />

Nous avons peu de chiffres à ce sujet : les audiences de télévision montrent<br />

surtout le succès des grandes comédies populaires françaises, mais combien de<br />

gens ont regardé les films de Truffaut sur Netflix ? Des services comme LaCinetek<br />

ont augmenté leur fréquentation pendant le confinement, mais en partant de<br />

chiffres assez bas. Pour découvrir le cinéma dans toute sa diversité, il est nécessaire<br />

de passer par une médiation – la salle, la presse, les festivals - avec une<br />

incitation à découvrir d’autres œuvres. Car si Netflix a les moyens financiers<br />

d’acquérir des catalogues importants, a-t-il la volonté et le temps de susciter<br />

un désir pour faire émerger de nouveaux auteurs ?<br />

Depuis que la plateforme existe, elle a surtout montré des films d’auteurs qui<br />

avaient été révélés par les acteurs traditionnels. Quant aux auteurs de série,<br />

leurs noms s'effacent derrière celui de la marque. Des films sont vus par des<br />

millions d’abonnés sur les plateformes, mais on ne sait pas qui les a réalisés.<br />

Le terme d’« abonné » est d’ailleurs révélateur, alors que l’on va au cinéma sur<br />

un choix qui nous appartient. Il faut que les deux coexistent sur des bases claires.<br />

Au-delà de la période immédiate d’après-crise, comment envisagezvous<br />

« le monde d’après » pour les cinémas art et essai ?<br />

Les cinémas du monde d’après devront être de taille moyenne : ni trop petits,<br />

avec la capacité d'offrir du choix et d’avoir un modèle économique viable, ni<br />

trop grands, pour que le quantitatif ne prenne pas le pas sur le qualitatif ; sans<br />

chercher de gros cadencements de séances, mais avec plus de séances événementialisées.<br />

Aujourd’hui, le rythme des multiplexes, qui proposent environ 500 projections<br />

par semaine, me semble démesuré. Il faut aérer ces séances, que les gens prennent<br />

le temps, ne piétinent pas dans le hall, participent à des débats. Il faudra prendre<br />

encore plus soin du public, dans tous les sens du terme.<br />

Voir aussi p. 6 : Une réorganisation de l’équipe de l’AFCAE<br />

14


« UNE RONDE DU CRIME SAUVAGE ET JUBILATOIRE. »<br />

FRANÇOIS GUERIF<br />

« BOURRÉ D’HUMOUR NOIR, UN POLAR CORÉEN RÉJOUISSANT<br />

ET DIABLEMENT MIS EN SCÈNE »<br />

PREMIÈRE<br />

LUCKY<br />

strike<br />

BIEN MAL ACQUIS NE PROFITE JAMAIS...<br />

MAINTENANT C’EST CHACUN POUR SOI !<br />

un film de KIM YONG-HOON<br />

JEON DO-YEON JUNG WOO-SUNG BAE SEONG-WOO JEONG MAN-SIK SHIN HYUN-BEEN JUNG GA-RAM “LUCKY STRIKE“<br />

MegaboxJoongAng PLUS M présentent une production B.A. Entertainment<br />

musique KANG NENE son KANG HYE-YOUNG costumes KIM YUN-SUK CHO HEE-RAN maquillage LEE EUN-JU décors HAN AH-RUM montage HAN MEE-YEON<br />

éclairage KIM KYEONG-SEOK directeur de la photographie KIM TAE-SUNG producteur délégué KIM JIN-SUN produit par<br />

BILLY ACUMEN d’après le roman “Waranimosugaru Kemonotachi” de Keisuke Sone, publié par<br />

Kodansha Ltd.<br />

écrit et réalisé par<br />

KIM YONG-HOON ventes internationnales M-LINE DISTRIBUTION distribution France WILD BUNCH DISTRIBUTION<br />

Copyright © 2019 MegaboxJoongAng PLUS M & B.A. ENTERTAINMENT CORPORATION, ALL RIGHTS RESERVED.<br />

AU CINÉMA LE 8 JUILLET


PROGRAMMATION<br />

MÉDIATRICE DU CINÉMA<br />

Recommandation pour l’après-crise<br />

Laurence Franceschini<br />

Donner la priorité aux films arrêtés au moment de<br />

la fermeture des salles, allonger la durée d’exploitation<br />

des œuvres, permettre l’accès aux films<br />

porteurs pour toutes les salles et la multiprogrammation<br />

: la Médiatrice du cinéma a publié, dès<br />

l’annonce de la réouverture des salles, ses recommandations<br />

pour la période de reprise de<br />

l’activité.<br />

« Il était essentiel que cette recommandation, publiée le 29 mai,<br />

soit prête au moins trois semaines avant la réouverture des salles,<br />

qui ont besoin de visibilité », explique Laurence Franceschini,<br />

qui a commencé à y travailler dès le début du confinement,<br />

en consultant toutes les organisations professionnelles représentatives<br />

du secteur. « Nous avons notamment tout de suite<br />

échangé avec Éric Busidan de l’ADRC, qui préparait son questionnaire<br />

pour recueillir l’avis des exploitants et des distributeurs,<br />

qui a été très précieux sur le sujet de la régulation et du rôle de la<br />

médiation dans cette période. »<br />

Bien sûr, la préoccupation générale concerne l’attitude et la<br />

crainte éventuelle du public au moment du retour en salles.<br />

Mais l’approche peut différer selon le métier de chacun. « De<br />

la part des salles, il y a la volonté d’avoir rapidement des films<br />

forts pour faire revenir les spectateurs et réaffirmer que le cinéma,<br />

c’est en salle et nulle part ailleurs. Du côté des distributeurs, certains<br />

prennent le risque d’être présents très vite, d’autres préfèrent observer<br />

l’évolution de cet été. » La Médiatrice distingue en effet deux<br />

périodes consécutives : l’une qui va consister, dans un marché<br />

inhabituel, à « réapprivoiser le public », et l’autre qui pourrait<br />

être marquée par une surabondance de films. « Mais on ne sait<br />

pas quand va commencer cette deuxième période, ni dans quelle<br />

mesure le retard et le report des tournages va influer sur le calendrier<br />

des sorties et provoquer des embouteillages. »<br />

Deuxième période, mais quand ?<br />

« Ce deuxième temps fera l’objet de consultations ultérieures tant<br />

sur ses principes que sur ses modalités », précise le texte publié le<br />

29 mai. Pour Laurence Franceschini, il est en effet « capital,<br />

dans cette période d’incertitude, d’observer et de faire un bilan<br />

fin août pour avoir une vision de la suite ». Et pour être connectée<br />

au réel, sa recommandation sera complétée selon les besoins<br />

qui apparaîtront. Pourrait-on, en particulier, réguler le calendrier<br />

de sorties des films ? Le sujet n’est pas nouveau et juridiquement<br />

complexe au regard du droit à la concurrence, qui<br />

interdit les arrangements entre professionnels. « Le risque majeur<br />

est que les films n’aient pas une durée d’exposition assez longue.<br />

Je lance donc un appel à la responsabilité des professionnels, pour<br />

qu’ils soient attentifs à ce que le calendrier permette à leurs œuvres<br />

de rencontrer leur public. La médiation peut leur permettre de se<br />

parler pour aboutir à une régulation souple et pragmatique, sans<br />

tomber sous le coup du droit de la concurrence ni recourir à un<br />

encadrement trop rigide. »<br />

Car l’objectif de la recommandation est de « préserver ce qui<br />

fait la force du cinéma français : la diversité du parc de salles et<br />

la diversité de l’offre de films », rappelle Laurence Franceschini.<br />

Ainsi elle encourage la multiprogrammation, qui « trouve une<br />

justification complémentaire dans le contexte de réouverture :<br />

permettre à un maximum de salles, dont le nombre de séances<br />

sera réduit par les contraintes sanitaires, l’accès à des films forts,<br />

sans pour autant faire disparaître des films art et essai plus<br />

confidentiels. Cette multiprogrammation ne doit pas être anarchique<br />

: elle doit correspondre au public de la salle et s’accompagner<br />

d’une plus longue exploitation des films. » Annoncée le 4<br />

<strong>juin</strong>, l’intervention de l’ADRC dès la première semaine d’un<br />

film, en contrepartie d’une plus longue exposition, est à ce<br />

titre complémentaire de la recommandation de la Médiatrice.<br />

De façon générale, on aura remarqué que cette recommandation<br />

répond à des questions qui existaient... bien avant la<br />

crise du COVID-19. S’il est précisé qu’elle ne doit pas faire<br />

jurisprudence, « il faudra faire vivre cette recommandation lors<br />

des futures médiations et en tirer des conclusions quand on aura<br />

repris un régime de croisière ». Car comme dans tant d’autres<br />

domaines, « cette crise est un accélérateur mais ne doit pas être<br />

destructrice », conclut Laurence Franceschini.<br />

Il est capital, dans cette période<br />

d’incertitude, d’observer et de faire un bilan<br />

fin août pour avoir une vision de la suite.<br />

UN NOUVEAU<br />

SITE INTERNET<br />

Le site du Médiateur du cinéma vient d’être mis<br />

à neuf : plus beau, mais surtout plus fonctionnel<br />

et intuitif. Il permet d’accéder facilement à une<br />

documentation générale et propre au Médiateur<br />

du cinéma, avec des liens vers d’autres instances.<br />

La demande de médiation en ligne est facilitée,<br />

plus visible et interactive. Selon Laurence<br />

Franceschini, ce nouveau site peut devenir un<br />

réel outil de concertation et d’échanges.<br />

www.lemediateurducinema.fr<br />

16


AFFICHE LUNE 120X160.indd 1 03/03/<strong>2020</strong> 13:01<br />

Sans titre-2 1 21/01/<strong>2020</strong> 15:51<br />

I_SEE_YOU._AFFICHE_CINE_HD. 10/06/<strong>2020</strong><br />

INTERNATIONAL SALES AND LICENSING BY BANKSIDE FILMS<br />

© 2019 ISY HOLDINGS LLC<br />

CHERS AMIS EXPLOITANTS<br />

PRÉPARONS ENSEMBLE<br />

LA RÉOUVERTURE DES SALLES !<br />

RETROUVEZ LA LISTE DE NOS FILMS INÉDITS À PROGRAMMER DÈS MAINTENANT :<br />

★★★★<br />

EMPIRE MAGAZINE<br />

“UN FILM MEDITATIF QUI INVITE A LA<br />

REFLEXION ET L’EMERVEILLEMENT”<br />

FILMINK<br />

“INSPIRANT”<br />

DAVID STRATTON<br />

“POIGNANT”<br />

JAMES CROOT<br />

“AUTHENTIQUE”<br />

JOHN BRIERLEY<br />

“SPLENDIDE”<br />

SARAH MCMULLAN<br />

SUR ROUTE<br />

LA<br />

DE<br />

COMPOSTELLE<br />

(ULTREÏA !)<br />

CAMINO SKIES PRODUCTIONS PRÉSENTE « SUR LA ROUTE DE COMPOSTELLE »<br />

AVEC CHERYL STONE, JULIE ZARIFEH, CLAUDE TRANCHANT, SUE MORRIS, MARK THOMSON, TERRY<br />

DIRECTRICE DE PRODUCTION PHOEBE CURRAN MUSIQUE PAR TOM MCLEOD MONTAGE RAMON WATKINS DIRECTEUR DE LA PHOTOGRAPHIE NOEL SMYTH<br />

RÉALISÉ ET PRODUIT PAR FERGUS GRADY & NOEL SMYTH<br />

THE GREAT GREEN WALL<br />

Disponible dès le 22 <strong>juin</strong> <strong>2020</strong><br />

GREATGREENWALL-AFF-OK.indd 1 18/02/<strong>2020</strong> 18:46<br />

UK | 2019 | documentaire | 1h32<br />

La musicienne malienne Inna Modja<br />

nous accompagne dans un voyage<br />

musico-écologique le long de cette<br />

grande muraille verte et nous aide<br />

à comprendre ce qui n’est plus<br />

uniquement un enjeu africain<br />

mais mondial !<br />

SUR LA ROUTE DE COMPOSTELLE<br />

Avant-premières dès le 22 <strong>juin</strong> <strong>2020</strong><br />

Sortie nationale 09 septembre <strong>2020</strong><br />

AUSTRALIE & NOUVELLE-ZÉLANDE | 2019<br />

documentaire | 1h20<br />

Six « pèlerins » se lancent sur le Chemin<br />

de Compostelle, long de 800 kilomètres<br />

entre la France et l’Espagne. Ce chemin<br />

initiatique et spirituel, celui de la vie,<br />

permet à chacun de se révéler ...<br />

Une histoire de gens ordonaires réalisant<br />

un périple extraordinaire, Ultréïa !<br />

I SEE YOU<br />

Disponible dès le 22 <strong>juin</strong> <strong>2020</strong><br />

pour des séances exceptionnelles<br />

USA | 2019 | fiction thriller | 1h38<br />

Justin Whitter, 10 ans, disparait alors<br />

qu’il faisait du vélo dans un parc.<br />

L’inspecteur de police en charge de<br />

l’affaire découvre de nombreuses<br />

similitudes avec de précédents cas<br />

d’enlèvements d’enfants dans la région<br />

tandis que sa famille fait face à des<br />

phénomènes étranges et inhabituels<br />

qui se produisent dans leur maison…<br />

FILMS TOUJOURS DISPONIBLES POUR DES SÉANCES SPÉCIALES :<br />

« Une immersion<br />

toute en finesse. »<br />

LA CROIX<br />

« Une magnifique<br />

humanité. »<br />

TOUTE LA CULTURE<br />

NOMADES PRÉSENTE<br />

« Un film qui distille<br />

une joie inspirante. »<br />

LE FIGARO MAGAZINE<br />

« Des mots forts,<br />

des témoignages<br />

poignants. »<br />

FRANCE 3<br />

« Enfin une vision optimiste<br />

pour notre planète et notre avenir »<br />

DR GOOD<br />

« Un enthousiasme<br />

communicatif »<br />

Alternatives Economiques<br />

« Un film passionnant<br />

sur le monde de demain »<br />

AUFÉMININ<br />

« Le défi de<br />

notre génération »<br />

NATIONAL GEOGRAPHIC KIDS<br />

J’IRAI DÉCROCHER LA LUNE<br />

Disponible dès le 22 <strong>juin</strong> <strong>2020</strong><br />

FRANCE | 2019 | documentaire | 1h32<br />

Quand on a la trentaine, être indépendant semble tout à fait<br />

normal. Mais quand on a un chromosome en plus, ce n’est pas<br />

une évidence ! Découvrez un film qui interroge notre rapport<br />

à la différence et nous amène à porter un regard nouveau<br />

sur la trisomie 21.<br />

« Un joyeux documentaire qui interroge<br />

notre regard sur la différence. »<br />

PSYCHOLOGIES MAGAZINE<br />

avec STÉPHANIE GABÉ MARIO HUCHETTE ÉLÉONORE LALOUX GILLES-EMMANUEL MOUVEAUX ROBIN SEVETTE ÉLISE WICKART producteur DOMINIQUE HENNEQUIN image NATHANAËL LOUVET BRICE MEYER<br />

son et mixage SAMUEL ABRAHAM montage DAMIEN CERNA LAURENT BOILEAU étalonnage MICHAËL CINQUIN musique originale SIEGFRIED CANTO MAXIME CATTELOIN YANNIC SEDDIKI<br />

directrice de production JULIE BILDSTEIN administratrice de production CHARLOTTE HENNEQUIN une coproduction NOMADES TV FRANCE TÉLÉVISIONS PICTANOVO en partenariat avec DOWN UP<br />

avec la participation du CNC avec le soutien de la RÉGION HAUTS DE FRANCE et de la RÉGION GRAND EST en partenariat avec le CNC et le financement participatif de 3<strong>17</strong> DONATEURS un film écrit et réalisé par LAURENT BOILEAU<br />

GRAPHISME pour L’atelier d’images<br />

2040<br />

Sortie nationale le 26 février <strong>2020</strong><br />

AUSTRALIE | 2019 | documentaire | 1h32<br />

Après le succès de SUGARLAND, Damon Gameau s’interroge<br />

sur l’avenir de nos enfants : à quoi pourrait ressembler leur futur<br />

en 2040 si nous adoptions simplement des solutions déjà<br />

disponibles pour le traitement de la nourriture, de l’énergie<br />

et de l’éducation?<br />

<strong>Pro</strong>grammation Davy ANTOINE - 06.87.39.39.57 - davy.antoine@orange.fr


INTERVIEW<br />

Le circuit français<br />

leader fait face à la<br />

crise en tirant le<br />

meilleur parti de son<br />

déploiement digital et<br />

international.<br />

Dialogue avec le<br />

président des<br />

Cinémas<br />

Pathé Gaumont.<br />

Réaffirmer l’expérience cinéma<br />

passe par plus d’innovation, de<br />

grand spectacle… mais aussi par la<br />

création de vrais lieux de vie avant<br />

et après la séance.<br />

AURÉLIEN BOSC<br />

18


Comment envisagez-vous les premières semaines de réouverture, marquées<br />

par d’importantes contraintes sanitaires et une offre de films inhabituelle ?<br />

Nous attendons la réouverture de nos salles depuis maintenant plus de trois mois :<br />

nous sommes donc terriblement impatients et résolument optimistes. Les mesures<br />

sanitaires nous semblent suffisamment claires et efficaces pour rassurer nos spectateurs.<br />

L’ensemble du protocole doit permettre d’offrir une expérience en salles à la fois<br />

sécurisante et non contraignante, sans générer de sentiment de frustration pour nos<br />

clients. C’est un équilibre difficile à trouver, qui nécessite de bien articuler et cadencer<br />

notre stratégie de communication lors de la réouverture.<br />

À court terme, l’application de l’ensemble de ces mesures constitue un vrai « contrela-montre<br />

» qui requiert une mobilisation extrêmement forte de nos équipes, ainsi<br />

qu’une coordination renforcée avec nos prestataires. Cette situation unique représente<br />

par ailleurs une opportunité évidente de renforcer nos partenariats avec les distributeurs<br />

et d’innover dans les stratégies de promotion des films.<br />

Quelle sera la programmation des Cinémas Pathé Gaumont cet été ?<br />

Prévoyez-vous de mettre en place des événements particuliers pour faire<br />

revenir le public ?<br />

La réouverture des cinémas est extrêmement plus complexe que la fermeture, et la<br />

programmation est l’un des challenges majeurs du 22 <strong>juin</strong>. Après une phase d’incertitude,<br />

nous sommes désormais relativement confiants sur les films à l’affiche.<br />

Concrètement, nous donnerons la priorité aux films dont la carrière a été brutalement<br />

écourtée le 14 mars et qui ont souhaité garder une sortie exclusive en salles, tels<br />

que La Bonne Épouse et De Gaulle. Nous mettrons également à l’affiche des films<br />

frais qui ont eu le courage de sortir au moment de la réouverture et de soutenir ainsi<br />

les exploitants. Je citerai par exemple le très joli film Les Parfums à qui nous avons<br />

attribué notre label « Coup de cœur ». Nous espérons ensuite l’arrivée tant attendue<br />

du Tenet de Nolan et le nouveau Mulan de Disney qui seront sur nos écrans aux<br />

côtés de plusieurs films français, dont Tout simplement Noir et Été 85 de François Ozon.<br />

Enfin, nous réservons à nos spectateurs beaucoup de surprises et nous mettrons en<br />

place plusieurs gros événements éditorialisés, dont un cycle Christopher Nolan,<br />

notamment dans le format IMAX tant apprécié du réalisateur. Enfin, nous compléterons<br />

notre programmation avec des sorties exclusives de films dans nos formats<br />

immersifs (4DX), qui devraient séduire des communautés de fans.<br />

Comment allez-vous communiquer et repenser la relation client ?<br />

La relation avec nos clients est plus que jamais essentielle. Nous allons mobiliser pour<br />

cela l’ensemble de nos canaux de communication : réseaux sociaux, campagnes de<br />

marketing direct, promotion en salles et partenariats d’amplification.<br />

Nous avons choisi de maintenir un lien étroit avec nos spectateurs pendant toute la<br />

durée du confinement et avons acté dès le 14 mars la nécessité de faire vivre nos<br />

réseaux sociaux. Cette stratégie nous a permis d’augmenter très significativement la<br />

taille de nos communautés, notamment sur Instagram.<br />

Dès le 22 <strong>juin</strong>, notre communication va se concentrer essentiellement sur le plaisir<br />

retrouvé du cinéma en salles. Nous ne souhaitons en aucun cas placer les mesures<br />

sanitaires en son centre. Si leur application précise et la réassurance des clients sont<br />

des prérequis, l’essentiel est de promouvoir le plaisir de l’expérience cinéma, le retour<br />

à la vie sociale et aux émotions collectives. Par ailleurs, la campagne nationale organisée<br />

par la FNCF et rendue possible par les chaînes de télévision partenaires sera<br />

un signal puissant.<br />

La vente en ligne, l’application… vous êtes pionniers dans l’utilisation du<br />

digital. Pensez-vous que votre longueur d’avance va vous aider à traverser<br />

cette période exceptionnelle ?<br />

Incontestablement. Nous avons investi très significativement et depuis plusieurs<br />

années dans le placement numéroté pour l’ensemble de nos salles et dans des outils<br />

digitaux qui sont d’ores et déjà très utilisés par nos clients. Avant la crise du COVID-<br />

19, 60 à 65 % de nos billets étaient dématérialisés et je suis convaincu que cette<br />

pratique va fortement s’accélérer après la réouverture. Associé à nos applications<br />

mobiles et sites web, nous permettrons à nos spectateurs de voir en temps réel le<br />

remplissage de leur séance et de « sécuriser » leur fauteuil !<br />

Dans cette période exceptionnelle, ces outils sont des atouts évidents car ils permettent<br />

de simplifier la mise en œuvre opérationnelle des mesures sanitaires : le système<br />

bloquera par exemple immédiatement et de manière automatique les fauteuils qui<br />

sont adjacents aux places achetées, et limitera la jauge à 50 % sans aucune intervention<br />

manuelle. Ils permettent également de limiter le nombre de caisses nécessaires<br />

et ainsi de concentrer nos équipes sur l’accueil, la fluidité du parcours client et l’articulation<br />

des mesures sanitaires.<br />

Allez-vous continuer votre magazine papier ?<br />

Nous avons décidé de ne pas sortir notre magazine en version papier pendant la<br />

période de restrictions sanitaires. Le lien avec nos spectateurs est absolument essentiel<br />

et nous développons tous nos points de contact. Pendant la fermeture, nous<br />

sommes restés en lien étroit avec notre public via le CRM et les réseaux sociaux. Les<br />

taux d’engagement ont été 2 à 3 fois supérieurs aux taux habituels. Le magazine<br />

papier s’inscrit dans cet écosystème de communication et chaque média a son rôle.<br />

Au cours des prochains mois, nous analyserons le ressenti de nos spectateurs et<br />

adapterons éventuellement les modes de diffusion et les volumes d’impression<br />

du magazine.<br />

Pensez-vous que la forte consommation à domicile pendant le confinement<br />

va changer le comportement du public ?<br />

Nous considérons le cinéma en salle comme un loisir en tant que tel et les plateformes<br />

ne représentent donc pas un danger dès lors que nous prenons conscience des évolutions<br />

qui s’imposent à notre profession : modernisation des cinémas, renforcement du confort,<br />

digitalisation de la billetterie et sophistication de la relation client sont autant de priorités<br />

dont il faut s’emparer rapidement afin de soutenir la fréquentation et préserver l’envie<br />

du public et opérer avec des outils digitaux compétitifs et efficaces.<br />

Il faut offrir de nouvelles expériences à nos clients et ne pas hésiter à se réinventer. Ceci<br />

passe par une veille technologique internationale et des investissements réguliers et<br />

importants pour maintenir nos cinémas aux plus hauts standards technologiques.<br />

Réaffirmer l’expérience cinéma passe nécessairement par toujours plus d’innovation, de<br />

grand spectacle, garantissant ainsi toujours plus de différenciation et d’émotion collective.<br />

Cela passe également par la création de vrais lieux de vie avant et après la séance.<br />

Quels impacts le confinement a-t-il eu sur vos projets ?<br />

L’impact financier d’une fermeture complète de notre circuit pendant 100 jours est<br />

évidemment très significatif. Dans ce contexte, nous avons pris des mesures importantes<br />

de prudence budgétaire afin de préserver notre trésorerie et notre solidité<br />

financière. Celles-ci passent entre autres par des décalages de calendrier systématiques<br />

sur nos investissements en cours, aussi bien en France qu’à l’étranger. Nous revisiterons<br />

les plannings de mise en œuvre de nos projets dès que nous disposerons d’une<br />

visibilité satisfaisante sur la sortie de cette crise sanitaire et sur notre fréquentation<br />

post-COVID-19.<br />

Pathé Gaumont est implanté dans plusieurs territoires européens :<br />

comment gérer la réouverture en tenant compte des recommandations<br />

sanitaires différentes ?<br />

Notre organisation opérationnelle décentralisée a permis à chaque pays d’adapter<br />

son mode opératoire en fonction des recommandations sanitaires locales. L’enjeu<br />

principal réside dans le besoin renforcé de coordination, notamment sur les décisions<br />

marketing et sur les ajustements nécessaires de notre modèle économique (i.e.<br />

amplitudes horaires, staffing, stratégie commerciale…). Cependant, la mise en<br />

commun des ressources pays et le partage d’expérience sur chaque vague de réouverture<br />

(notamment avec les Pays-Bas rouverts depuis le 1 er <strong>juin</strong>) sont des leviers d’efficacité<br />

significatifs qui nous permettent de tirer bénéfice de notre taille, d’anticiper<br />

plus aisément certaines situations et de mutualiser nos approvisionnements.<br />

Dans l’avenir et sur le long terme, comment envisagez-vous le « monde<br />

d’après » pour les salles de cinéma ?<br />

Même si nous avons tous conscience de la probable inertie de cette reprise, nous<br />

demeurons confiants sur les perspectives du cinéma en salles. La crise accélèrera sans<br />

doute différents mouvements de fond qui bousculaient déjà notre industrie avant le<br />

COVID-19. En prenant conscience de ces évolutions, en les accompagnant attentivement<br />

au sein de nos établissements et en les mettant au centre de nos priorités,<br />

nous préserverons, j’en suis sûr, l’attachement intime des spectateurs à nos salles.<br />

<strong>N°387</strong> / <strong>17</strong> <strong>juin</strong> <strong>2020</strong> 19


EXPLOITATION<br />

PARIS<br />

Les Cinémas indépendants<br />

parisiens attaquent la reprise plus<br />

unis et impatients que jamais<br />

LE LUCERNAIRE,<br />

L’ARCHIPEL, LE CLUB<br />

DE L’ÉTOILE ET LES<br />

7 PARNASSIENS<br />

ROUVRIRONT À LA<br />

RENTRÉE<br />

Si la majorité des salles CIP seront opérationnelles<br />

entre le 22 <strong>juin</strong> et le 1 er juillet, quatre attendront<br />

fin août, début septembre pour accueillir à<br />

nouveau leurs spectateurs. Ainsi, l’Archipel<br />

rouvrira le 26 août : « En tant que salle de continuation,<br />

on ne peut accéder aux films que très<br />

tardivement en raison d'une situation géographique<br />

très concurrentielle, à proximité de l'UGC Les Halles<br />

et du MK2 Beaubourg », a expliqué le cinéma<br />

dans un communiqué. Il rappelle le « marché<br />

parisien ultra tendu » et alerte ses partenaires<br />

« sur la durée [d’exposition] des films qui s'embouteilleront<br />

a priori de nouveau à compter du<br />

24 <strong>juin</strong> ».<br />

Date similaire pour Le Lucernaire, qui a indiqué<br />

sur Facebook que sa priorité était d’accueillir<br />

les spectateurs « à la rentrée en toute sécurité et<br />

sérénité pour vous offrir ces moments d’émotion<br />

et de convivialité qui nous ont tant manqué ».<br />

Le Club de l’Étoile reprendra à la rentrée, décision<br />

également motivée par l’envie d’accueillir<br />

dans les meilleures conditions son public, mais<br />

aussi car « nous n’avons jamais beaucoup de<br />

projections ouvertes au public pendant l’été »,<br />

indique Alexandre Paquot, directeur du cinéma.<br />

Enfin, la raison est tout autre pour Les 7<br />

Parnassiens : l’établissement se refait une beauté<br />

sous la houlette du cabinet Grima Loussouarn.<br />

Après les parties communes et les sanitaires ce<br />

mois-ci, ce sont les salles qui seront remises à<br />

neuf.<br />

Impacts de la crise, programmation et événements à venir : à la veille de la<br />

réouverture, petit point sur l’état de santé et la motivation des salles indépendantes<br />

de la capitale après trois mois de fermeture.<br />

La lumière au bout du tunnel. Alors que se profile la<br />

réouverture le 22 <strong>juin</strong>, les cinémas indépendants parisiens<br />

sortent de cette période exceptionnelle en ayant limité la<br />

casse financièrement. « Toutes nos équipes ont été mises au<br />

chômage technique. Le plus gros problème concernait le loyer<br />

et certains exploitants ont réussi à s’entendre avec leurs propriétaires<br />

», explique Isabelle Gibbal-Hardy, présidente du réseau<br />

dont le mandat s’achève à la fin du mois. « Nous avons pour<br />

la plupart sollicité un prêt garanti par l’État et le versement<br />

anticipé de la subvention art et essai par le CNC a été bienvenu.<br />

Nous allons aussi très rapidement recevoir le versement de<br />

l’aide à la programmation difficile, dont la commission s’est<br />

réunie le 5 <strong>juin</strong>. » À cela s’ajoute l’aide de 300 000 euros<br />

aux 36 cinémas indépendants de la capitale votée par la<br />

Ville de Paris dans le cadre d’un plan d’aide exceptionnel<br />

destiné aux acteurs de la culture. Un montant qui vient<br />

compléter les 905 000 euros de subventions annuelles. Par<br />

ailleurs, la Région Île-de-France réfléchit également à un<br />

soutien financier pour les cinémas. Si le prolongement de<br />

la mesure de chômage partiel rassure la présidente des CIP,<br />

elle souhaite, à l’instar de l’ensemble de l’exploitation<br />

hexagonale, que la suspension des charges sociales se transforme<br />

en annulation.<br />

Succès pour l’opération « J’aime mon cinéma indépendant<br />

parisien »<br />

Hormis ces préoccupations financières, le confinement aura<br />

surtout permis au réseau de renforcer ses liens. « Pendant cette<br />

période, les réunions hebdomadaires du conseil d’administration<br />

ont été ouvertes à l’ensemble des adhérents. Ce partage global a<br />

resserré nos relations et nous ressortons de cette crise encore plus<br />

unis », se réjouit Isabelle Gibbal-Hardy. Plus d’unité, mais aussi<br />

plus de motivation. Les salles ont regorgé d’initiatives pour<br />

maintenir le lien avec les spectateurs, à travers des défis ludiques,<br />

des discussions en direct, des conseils et partages de coup de<br />

cœur. Et les témoignages ont afflué. « Le public souhaitait nous<br />

aider et c’est ce qui nous a poussé à mettre en place “J’aime mon<br />

cinéma indépendant parisien” », indique Chiara Dacco, déléguée<br />

générale des CIP. Cette opération est pour l’instant un succès :<br />

plus de 400 places au tarif de six euros ont été pré-achetées.<br />

« C’est la preuve de l’attachement des spectateurs à nos salles. »<br />

Une relation qui en a même poussé certains à concrétiser des<br />

projets d’envergure. Ainsi, le cinéaste-spectateur Antonin<br />

Peretjatko (La Fille du 14 juillet) a tourné un film en 16 mm,<br />

Les Rendez-vous lumineux, qu’il projettera en avant-première<br />

le 22 <strong>juin</strong> au Max Linder, en présence de ses acteurs Alma<br />

Jodorowsky et Damien Bonnard.<br />

L’événementiel, l’un des fers de lance des CIP, sera bien<br />

entendu à l’honneur pour la reprise, bien que les 28 salles<br />

du réseau ne rouvrent pas leurs portes en simultané. Vingt<br />

d’entre elles accueilleront du public à compter du 22 ou du<br />

24 <strong>juin</strong> ; L’Épée de Bois, le Studio 28 et le Studio Galande<br />

rouvriront le 1 er juillet tandis que L’Archipel, Le Club de<br />

l’Étoile, Le Lucernaire et Les 7 Parnassiens ne reprendront<br />

que fin août-début septembre (voir encadré). Pour celles<br />

opérationnelles dès le 22, plusieurs événements vont accompagner<br />

la reprise. À titre d’exemple, le Grand Action organise<br />

une projection de Once Upon a Time… in Hollywood en 35<br />

mm le lundi soir, le Brady propose The Bride with White<br />

Hair de Ronny Yu le mardi soir quand le Max Linder<br />

projettera la version restaurée de Mississippi Burning. À noter<br />

que de nombreuses avants-premières prévues en mars seront<br />

reprogrammées, comme celles de Brooklyn Secret ou Kongo.<br />

« Il y aura aussi deux séances spéciales avec la projection du film<br />

20


LE FESTIVAL<br />

AVANT-PREMIÈRE !<br />

DÉCALÉ EN FIN D’ANNÉE<br />

L’événement, qui propose chaque année une<br />

vingtaine de films en avant-première dans<br />

toutes les salles des CIP, ne pourra se tenir<br />

comme de tradition début juillet. Pour autant,<br />

la 5 e édition du festival « aura bien lieu en <strong>2020</strong> »,<br />

assure Isabelle Gibbal-Hardy. Deux mois sont<br />

nécessaires pour la préparation de la manifestation<br />

; aussi, les organisateurs vont suivre<br />

attentivement l’évolution de la situation en<br />

espérant pouvoir annoncer les nouvelles dates<br />

en juillet. « Nous allons discuter avec les distributeurs<br />

et voir la manière dont nous pourrons<br />

nous approprier les films ayant reçu le label<br />

Cannes <strong>2020</strong> », indique la déléguée générale<br />

Chiara Dacco.<br />

Le Brady<br />

© Tanguy Colon<br />

De chaque instant présenté par son réalisateur Nicolas Philibert,<br />

dont une partie des bénéfices sera reversée aux hôpitaux »,<br />

annonce Chiara Dacco.<br />

Des recommandations de la Médiatrice bienvenues<br />

Outre ces événements qui se précisent, nombre de salles<br />

planchent encore sur leur programmation. Consultés par la<br />

Médiatrice du cinéma pour l’élaboration des préconisations<br />

entourant la reprise, les CIP saluent l’intégration de leurs<br />

demandes : « Nous souhaitions l’extension de la multiprogrammation<br />

au territoire parisien et l’instauration du concept de<br />

laboratoire pour la période qui s’ouvre jusqu’à la rentrée, avec des<br />

assouplissements des demandes des distributeurs et un processus<br />

de médiation simplifié. Dans nos négociations en cours, nous<br />

sentons que les distributeurs ont envie de donner les films mais<br />

qu’il y a plus de réticences concernant la multiprogrammation.<br />

C’est pourquoi j’ai conseillé aux adhérents d’interpeller la Médiatrice<br />

dès que nécessaire, car il faut porter nos problèmes aux yeux et<br />

aux oreilles des autorités », commente Isabelle Gibbal-Hardy.<br />

Les discussions seront d’autant plus animées que le nombre<br />

de séances sera réduit, avec la traditionnelle séance de 22 h<br />

qui devrait être suspendue dans la majorité des CIP.<br />

Quid des recommandations sanitaires dans les halls de ces<br />

établissements historiques et parfois difficilement malléables ?<br />

« Aucun problème pour appliquer le guide sanitaire, nous<br />

allons largement privilégier le sans contact en déplaçant les<br />

lecteurs d’abonnements et de QR code pour les réservations à<br />

l’extérieur des cabines de caisse. Et il y aura des distributeurs<br />

de gel hydroalcoolique partout ! » À l’instar de ses confrères<br />

exploitants, la limitation de la capacité des salles inquiète<br />

la présidente des CIP, qui espère que cette restriction sera<br />

rapidement levée.<br />

Malgré ce contexte inédit, l’optimisme reste de mise au sein<br />

du réseau. « Nous avons conscience que l’indépendance est une<br />

force. Et cette crise a semble-t-il redonné aux gens le goût de la<br />

proximité. Il n’y a qu’à voir la fréquentation incroyable des<br />

petites librairies où ils retrouvent du conseil et de l’échange,<br />

contrairement à d’autres supports. C’est de bon augure », souffle<br />

Isabelle Gibbal-Hardy. Et ce ne sont pas les études sur les<br />

habitudes de visionnement des films pendant le confinement<br />

qui viendront troubler la détermination des CIP. « Les témoignages<br />

de nos spectateurs révèlent l’importance qu’ont nos salles<br />

pour eux. Nous sommes plus que jamais impatients de les retrouver. »<br />

<strong>N°387</strong> / <strong>17</strong> <strong>juin</strong> <strong>2020</strong><br />

21


CALENDRIER<br />

SEMAINE DE SORTIE JOUR FÉRIÉ Zone A Zone B Zone C<br />

S 26<br />

22 JUIN<br />

NOUVELLE DATE<br />

REPRISE<br />

CONTENU ALTERNATIF<br />

Besançon, Bordeaux,<br />

Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,<br />

Limoges, Lyon, Poitiers<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

Aix-Marseille, Amiens, Caen,<br />

Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,<br />

Orléans-Tours, Reims, Rennes,<br />

Rouen, Strasbourg<br />

SPLENDOR FILMS BE NATURAL, L’HISTOIRE CACHÉE D’ALICE GUY-BLACHÉ 1h42 P.B.Green E.R.Wood/A.Samberg/G.Davis<br />

ADVITAM BENNI 1h58 N.Fingscheidt H.Zengel/A.Schuch/G.M.Schmeide<br />

SOPHIE DULAC DISTRIBUTION CANCIÓN SIN NOMBRE 1h37 M.León P.Mendoza/T.Párraga/L.A.Rojas<br />

CARLOTTA FILMS ELEPHANT MAN 2h05 D.Lynch A.Hopkins/J.Hurt/A.Bancroft<br />

KMBO FILMS FILLES DE JOIE 1h31 F.Fonteyne/A.Paulicevich S.Forestier/N.Lvovsky/A.Lengronne<br />

JHR FILMS GREEN BOYS 1h11 A.Doublet<br />

FRATEL FILMS JEUNESSE SAUVAGE 1h20 F.Carpentier P.Cobo/D.Muselet/L.François<br />

L'ATELIER DISTRIBUTION J'IRAI DÉCROCHER LA LUNE 1h32 L.Boileau<br />

LES FILMS DU CAMELIA L'AMOUR À LA VILLE 1h49 M.Antonioni/F.Fellini/D.Risi R.Josa/D.Marrosu/R.Carta<br />

CONDOR DISTRIBUTION L'OMBRE DE STALINE 1h59 A.Holland J.Norton/V.Kirby/P.Sarsgaard<br />

LES FILMS DU PREAU LA PETITE TAUPE AIME LA NATURE 0h43 Z.Miler<br />

DIAPHANA DISTRIBUTION LE CAPITAL AU XXIE SIÈCLE 1h43 J.Pemberton/T.Piketty<br />

TAMASA DISTRIBUTION LE CHEIK BLANC 1h25 R.Fellini G.Masina/A.Sordi/B.Bovo<br />

LA VINGT-CINQUIEME HEURE MON NOM EST CLITORIS 1h28 D.Leblond/L.B.Monet<br />

ALFAMA FILMS MOSQUITO 2h02 J.N.Pinto J.N.Monteiro/S.Jehkul/F.Duarte<br />

LES BOOKMAKERS / THE JOKERS FILMS NOUS, LES CHIENS 1h42 O.Sung-Yoon/L.Choon-Baek C.Tefnin/F.Dacquin/F.Loriaux<br />

BOBINE FILMS PERRO BOMBA 1h20 J.Caceres S.Benjamin/A.Castro/B.Lewin<br />

ALBA FILMS THE DEMON INSIDE 1h27 P.R.Teo R.Kazinsky/P.Jason/F.Faivre<br />

L'ATELIER DISTRIBUTION THE GREAT GREEN WALL 1h30 J.P.Scott I.Modja<br />

UNIVERSAL PICTURES (FRANCE) THE HUNT 1h31 C.Zobel B.Gilpin/H.Swank/W.Duvall<br />

Créteil, Montpellier,<br />

Paris, Toulouse,<br />

Versailles<br />

S 26<br />

24 JUIN<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

MALAVIDA FILMS<br />

BO WIDERBERG, CINÉASTE REBELLE – RÉTROSPECTIVE<br />

PARTIE 1<br />

B.Widerberg<br />

Le Péché suédois/Le Quartier du Corbeau/<br />

Amour 65/Elvira Madigan/Adalen 31/Joe<br />

Hill<br />

TAMASA MIDNIGHT RUNNER 1h32 H.Baumgartner M.Hubacher/A.Euling/S.Rohrer<br />

MOVIE MOON MON FILS 0h59 F.Mouillard<br />

SAINT ANDRE DES ARTS PARKOUR(S) 1h21 F.Z.Zamoum A.Bendimered/N.Halladja/H.Hachemi<br />

SAINT ANDRE DES ARTS VOYAGE EN KABYLIE 1h20 H.Mess/M.Tuffreau L.Zerioul/D.Hammache/Z.Messaoudène<br />

S 27<br />

1 ER JUIL<br />

3 3 3<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

JHR FILMS BROOKLYN SECRET 1h29 I.Sandoval I.Sandoval/E.Farren/I.Aquino<br />

UNIVERSAL PICTURES (FRANCE) IRRESISTIBLE 1h41 J.Stewart S.Carell/R.Byrne/M.Davis<br />

REZO FILMS JUMBO 1h33 Z.Wittock N.Merlant/E.Bercot/B.Bouillon<br />

OPTIMALE FILM LE COLOCATAIRE 1h51 M.Berger G.Re/A.Barón/M.Irusta<br />

PYRAMIDE DISTRIBUTION LES PARFUMS 1h40 G.Magne E.Devos/G.Montel/G.Kervern<br />

WARNER BROS. RÉTROSPECTIVE FORBIDDEN HOLLYWOOD divers<br />

Âmes libres/Baby Face/Blonde Crazy/Entrée<br />

des employés/Female/Jewel Robbery/L'Ange<br />

blanc La Belle de Saïgon/Red-Headed<br />

Woman/The Mind Reader<br />

UNIVERSAL PICTURES (FRANCE) THE KING OF STATEN ISLAND 2h16 J.Apatow P.Davidson/M.Tomei/M.Apatow<br />

TAMASA THEMROC 1h45 C.Faraldo M.Piccoli/B.Romand/M.Tolo<br />

S 28<br />

8 JUIL<br />

14 JUIL<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

ART HOUSE CHAINED 1h52 Y.Shani E.Naim/S.Almagor/S.Patai<br />

CARLOTTA FILMS CRASH 1h40 D.Cronenberg J.Spader/H.Hunter/R.Arquette<br />

SND FILMS DIVORCE CLUB SORTIE AU 14 JUILLET 1h48 M.Youn A.Ducret/F.Demaison/C.Anglade<br />

DIAPHANA DISTRIBUTION ETÉ 85 SORTIE AU 14 JUILLET 1h40 F.Ozon F.Lefebvre/B.Voisin/P.Velge<br />

PATHÉ / ORANGE STUDIO L'AVENTURE DES MARGUERITE SORTIE AU 14 JUILLET P.Coré A.Pol/C.Cornillac/L.Gueneau<br />

ARIZONA FILMS DISTRIBUTION L'ENVOLÉE 1h23 E.Riley F.Box/A.Deegan/S.Whyte<br />

SOLARIS DISTRIBUTION LA DANSE DE MORT 1h28 M.Cravenne E.V.Stroheim/J.Servais/M.Serato<br />

KMBO FILMS LA FORÊT DE MON PÈRE 1h31 V.Cratzborn L.Souchaud/L.Sagnier/A.Lenoir<br />

WILD BUNCH DISTRIBUTION LUCKY STRIKE 1h48 Y.Kim J.Do-Yeon/W.Jung/S.Bae<br />

SHELLAC MALMKROG 3h21 C.Puiu F.S.Richard/D.Sakalauskaité/U.Broussot<br />

TAMASA PARK 1h40 S.Exarchou D.Kitsos/D.Vlagopoulou/T.B.Larsen<br />

MARY-X DISTRIBUTION THE HIT : LE TUEUR ÉTAIT PRESQUE PARFAIT 1h38 S.Frears J.Hurt/T.Roth/T.Stamp<br />

GAUMONT TOUT SIMPLEMENT NOIR J.Zadi/J.Wax J.Zadi/Fary/C.Anglade<br />

S29<br />

15 JUIL<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

UFO DISTRIBUTION ABOU LEILA 2h15 A.Sidi-Boumedine S.Benouari/L.Salem/M.Medjkane<br />

ART HOUSE BELOVED 1h48 Y.Shani E.Naim/S.Almagor<br />

DAMNED DISTRIBUTION EXIT 1h24 R.K.Bro C.Sønderris/K.Mikic/S.Semere<br />

REZO FILMS FELICITÀ 1h22 B.Merle P.Marmaï/R.Merle/C.Rutherford<br />

JOUR2FETE LA NUIT VENUE 1h35 F.Farrucci G.Huo/C.Jordana/X.Liang<br />

UNIVERSAL PICTURES (FRANCE) LA VOIX DU SUCCÈS 1h54 N.Ganatra D.Johnson/T.E.Ross/K.H.Jr<br />

EPICENTRE FILMS LES MEILLEURES INTENTIONS 1h27 A.G.Blaya J.Drolas/A.Minujín/J.Stuart<br />

LES ACACIAS MISSISSIPPI BURNING 2h08 A.Parker W.Dafoe/Gene Hackman/F.McDormand<br />

ALBA FILMS MON NINJA ET MOI 1h22<br />

A.Matthesen/T.<br />

Christoffersen<br />

A.Agaësse-Mahieu/S.Ronchewski/A.<br />

Chetail<br />

SHELLAC SAPPHIRE CRYSTAL V.Vernier<br />

CINE SORBONNE VOYAGE À DEUX 1h52 S.Donen A.Hepburn/A.Finney/E.Bron<br />

22


S 30<br />

22 JUIL<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

SPLENDOR FILMS HIGH HOPES 1h48 M.Leigh P.Davis/R.Sheen/E.Dore<br />

CARLOTTA FILMS LES FLEURS DE SHANGHAI 2h10 H.Hou T.L.C.Wai/C.Lau/J.Kao<br />

LE PACTE MADRE 2h09 R.Sorogoyen M.Nieto/A.Consigny/A.Brendemühl<br />

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE MULAN 1h55 N.Caro Y.Liu/D.Yen/J.S.Lee<br />

ARP NÉ À JÉRUSALEM (ET TOUJOURS VIVANT) Y.Atia/D.Ofek Y.Atia/L.Kornowski/I.Rose<br />

TAMASA TIEMPO DESPUÉS 1h35 J.L.Cuerda A.Valls/B.Romero/R.Álamo<br />

WARNER BROS.<br />

TENET<br />

À l'heure où nous bouclons ce magazine, la sortie américaine du film a été décalée au 31 juillet<br />

et sa nouvelle date française n'est pas encore officialisée.<br />

C.Nolan<br />

J.D.Washington/R.Pattinson/E.Debicki<br />

S 31<br />

29 JUIL<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

UGC DISTRIBUTION ADORABLES S.Cicurel E.Zylberstein/L.Jean-Baptiste/I.Matos<br />

PARAMOUNT PICTURES FRANCE BOB L'ÉPONGE - LE FILM : ÉPONGE EN EAUX TROUBLES 1h23 T.Hill<br />

LES ACACIAS GUENDALINA 1h40 A.Lattuada J.Sassard/R.Vallone/S.Koscina<br />

LES ACACIAS HOTEL BY THE RIVER 1h36 H.Sang-Soo K.Joo-Bong/M.Kim/H.Kwon<br />

EUROZOOM IP MAN 4 : LE DERNIER COMBAT 1h45 W.Yip D.Yen/Y.Wu/S.Adkins<br />

UFO DISTRIBUTION L'OISEAU DE PARADIS 1h29 P.Manate S.Urzendowsky/B.Huri/A.Temaru<br />

KMBO FILMS LANDS OF MURDERS 2h09 C.Alvart F.Kramer/T.Pütter/N.V.Waldstatten<br />

LES ACACIAS LES ADOLESCENTES 1h30 A.Lattuada C.Spaak/C.Marquand/J.Sorel<br />

LES BOOKMAKERS / LA RABBIA PLUIE NOIRE 1h58 S.Imamura M.Norihei/Y.Tanaka/K.Kitamura<br />

JOUR2FETE POMPEI 1h35 J.Shank/A.Falguères A.Schneider/G.Marillier/V.Rottiers<br />

LE PACTE SHOOTING THE MAFIA 1h34 K.Longinotto L.Battaglia<br />

PATHE T’AS PÉCHO ? A.Picault R.Bédia/V.Macaigne/S.Larrouy<br />

METROPOLITAN FILMEXPORT THE CLIMB 1h34 M.A.Covino K.Marvin/M.A.Covino/G.Rankin<br />

ADVITAM TIJUANA BIBLE 1h32 J.Hue P.Anderson/A.Paz/N.Hernandez<br />

JUILLET DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

CINE SORBONNE ARIZONA JUNIOR 1h34 J.Coen/E.Coen N.Cage/H.Hunter/T.Wilson<br />

ART HOUSE L'HOMME QUI VENAIT DE LA MER 1h29 K.Fukada D.Fujioka/M.Tsuruta/Taiga<br />

LOST FILMS THE WICKER MAN 1h24 R.Hardy E.Woodward/C.Lee/I.Pitt<br />

S 32<br />

5 AOÛT<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

APOLLO FILMS BIGFOOT FAMILY 1h32 B.Stassen/J.Degruson<br />

THEATRE DU TEMPLE DAWSON CITY: LE TEMPS SUSPENDU 2h00 B.Morrison B.Morrison<br />

CARLOTTA FILMS DERNIER CAPRICE 1h38 Y.Ozu G.Nakamura/S.Hara/K.Kobayashi<br />

KMBO FILMS DREAMS 1h18 K.H.Jensen<br />

ARIZONA FILMS DISTRIBUTION EVA EN AOÛT 2h09 J.Trueba I.Arana/V.Sanz/I.Stoffel<br />

REZO FILMS JUST KIDS C.Blanc K.M.Klein/A.Maggiulli/A.Vartolomei<br />

ART HOUSE L'INFIRMIÈRE 1h44 K.Fukada M.Tsutsui/M.Ichikawa/S.Ikematsu<br />

STUDIOCANAL LA HAINE 1h35 M.Kassovitz V.Cassel/H.Koundé/S.Taghmaoui<br />

DESTINY DISTRIBUTION LE DÉFI DU CHAMPION 1h45 L.D'agostini S.Accorsi/A.Carpenzano/L.Martino<br />

SND FILMS LES BLAGUES DE TOTO P.Bourdiaux S.Faliu/G.D.Tonquédec/I.Candelier<br />

WILD BUNCH DISTRIBUTION THE VIGIL 1h28 K.Thomas D.Davis/M.Lustig/M.Goldman<br />

LES BOOKMAKERS / THE JOKERS FILMS WHITE RIOT 1h20 R.Shah<br />

S 33<br />

12 AOÛT<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

UGC DISTRIBUTION BRUTUS VS CÉSAR Kheiron Kheiron/T.Lhermitte/G.Darmon<br />

CARLOTTA FILMS LES RÉVOLTÉS DE L'AN 2000 1h47 N.I.Serrador L.Fiander/P.Ransome/L.Ciges<br />

CONDOR DISTRIBUTION LIGHT OF MY LIFE 1h59 C.Affleck C.Affleck/E.Moss/A.Pniowsky<br />

SOPHIE DULAC DISTRIBUTION LIL'BUCK REAL SWAN 1h25 L.Wallecan<br />

APOLLO FILMS TERRIBLE JUNGLE H.Benamozig/D.Caviglioli V.Dedienne/C.Deneuve/A.Belaïdi<br />

LE PACTE THE PERFECT CANDIDATE 1h45 H.A.Mansour M.Alzahrani/N.A.Awad/K.Abdulrhim<br />

PYRAMIDE DISTRIBUTION VOIR LE JOUR 1h31 M.Laine B.Rouan/S.Bonnaire/A.Atika<br />

BAC FILMS YAKARI, LE FILM X.Giacometti/T.Genkel<br />

RETROUVEZ LES DERNIÈRES MISES À JOUR<br />

DU CALENDRIER DES SORTIES<br />

SUR WWW.BOXOFFICEPRO.FR<br />

POUR TOUS CHANGEMENTS CONCERNANT CE CALENDRIER, CONTACTEZ-NOUS PAR MAIL À CALENDRIER@BOXOFFICEFRANCE.FR.<br />

Avis aux distributeurs : afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de <strong>Boxoffice</strong>, n’hésitez pas à faire parvenir<br />

régulièrement votre line up mis à jour.<br />

<strong>N°387</strong> / <strong>17</strong> <strong>juin</strong> <strong>2020</strong><br />

23


UNIVERSALPICTURES.FR<br />

UNIVERSALFR<br />

#KINGOFSTATENISLAND<br />

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FRANCE ACCOMPAGNE<br />

LA RÉOUVERTURE DES SALLES DE CINÉMA CET ÉTÉ AVEC 6 FILMS INÉDITS<br />

DISPONIBLES DÈS LE 22 JUIN<br />

SI VOUS SENTEZ SA PRÉSENCE<br />

IL EST DÉJÀ TROP TARD<br />

ELISABETH MOSS<br />

INVISIBLE<br />

MAN<br />

InvisibleMan-LeFilm.com #InvisibleMan<br />

/UniversalHorreur<br />

@UniversalFR<br />

- INVISIBLE MAN -<br />

DE LEIGH WHANNELL<br />

AVEC ELISABETH MOSS<br />

- THE HUNT -<br />

DE CRAIG ZOBEL<br />

AVEC BETTY GILPIN, HILARY SWANK,<br />

WAYNE DUVALL, EMMA ROBERTS<br />

DISPONIBLES DÈS LE 1 ER JUILLET (EN VOST EXCLUSIVEMENT)<br />

PAR LE RÉALISATEUR DE<br />

CRAZY AMY, EN CLOQUE, MODE D'EMPLOI & 40 ANS, TOUJOURS PUCEAU<br />

PETE DAVIDSON EST<br />

- IRRESISTIBLE -<br />

DE JON STEWART<br />

AVEC STEVE CARELL, ROSE BYRNE,<br />

CHRIS COPPER<br />

- THE KING OF STATEN ISLAND -<br />

DE JUDD APATOW<br />

AVEC PETE DAVIDSON, MARISA TOMEI


SORTIE LE 15 JUILLET<br />

SORTIE LE 19 AOÛT<br />

PAR LES CRÉATEURS DE<br />

YESTERDAY & LE JOURNAL DE BRIDGET JONES<br />

ÉCRIT ET RÉALISÉ PAR ELIZA HITTMAN<br />

SON PARCOURS. SON CHOIX.<br />

FOCUS FEATURES et BBC FILMS présentent une production PASTEL en association avec TANGO ENTERTAINMENT MUTRESSA MOVIES et CINEREACH un film de Eliza Hittman ‘’NEVER RARELY SOMETIMES ALWAYS’’<br />

Sidney Flanigan Talia Ryder Théodore Pellerin avec Ryan Eggold et Sharon Van Etten casting de Geraldine Baron Salome Oggenfuss supervision de la musique Maggie Phillips Christine Greene Roe<br />

musique de Julia Holter designer sonore Chris Foster costumes de Olga Mill décors de Meredith Lippincott montage de Scott Cummings directrice de la photographie Hélène Louvart A.F.C. co-producteurs Max Silva Brad Becker-Parton<br />

Tatiana Bears Lara Costa-Calzado producteurs exécutifs Rose Garnett Tim Headington Lia Buman Elika Portnoy Alex Orlovsky Barry Jenkins Mark Ceryak produit par Adele Romanski p.g.a. Sara Murphy p.g.a<br />

écrit et réalisé par Eliza Hittman<br />

OURS D’ARGENT<br />

Festival<br />

International<br />

du film de Berlin<br />

GRAND PRIX DU JURY<br />

QUAND TA BOSS<br />

EST VRAIMENT UNE DIVA<br />

DAKOTA<br />

JOHNSON<br />

TRACEE<br />

ELLIS ROSS<br />

KELVIN<br />

HARRISON, JR.<br />

ET<br />

ICE CUBE<br />

LE 19 AOÛT AU CINÉMA<br />

Universalpictures.fr<br />

UniversalFR<br />

LE 15 JUILLET AU CINÉMA<br />

LaVoixDuSucces-lefilm.com /UniversalFR @UniversalFR #LaVoixDuSucces<br />

AVP POSSIBLE LE 14 JUILLET<br />

- LA VOIX DU SUCCÈS -<br />

DE NISHA GANATRA<br />

AVEC DAKOTA JOHNSON, TRACEE ELLIS ROSS,<br />

KELVIN HARRISON JR.<br />

- NEVER RARELY<br />

SOMETIMES ALWAYS -<br />

DE ELIZA HITTMAN<br />

AVEC SIDNEY FLANIGAN, TALIA RYDER,<br />

THÉODORE PELLERIN<br />

CONTACTS PROGRAMMATION<br />

GRP ................................................................................................................ aurelien.dauge@nbcuni.com<br />

PARIS – PÉRIPHERIE ................................................................thomas.jalilihaghighi@nbcuni.com<br />

BORDEAUX ....................................................................................................... tom.abrami@nbcuni.com<br />

LYON et EST ...................................................................................................julien.esnouf@nbcuni.com<br />

MARSEILLE et NORD ............................................................................ pauline.costaz@nbcuni.com


DOSSIER<br />

1 re partie<br />

Juin et juillet<br />

Voilà l’été tant attendu de la reprise… mais plus que jamais lié<br />

au marché international. Pour l’immédiat, entre les films arrêtés<br />

au moment de la fermeture, la centaine qui devait sortir entre<br />

mi-mars et début <strong>juin</strong>, entre les nouveautés et les classiques réédités,<br />

jamais l’offre n’aura été si abondante pour la dernière<br />

semaine de <strong>juin</strong>, même sans un seul blockbuster... ni Fête du<br />

cinéma. L’occasion, pour toutes les salles, de programmer des<br />

films d’auteur et du patrimoine, des films pour enfants et des<br />

documentaires, et de retrouver, peu à peu, tous leurs publics. A<br />

l'heure où nous bouclons ce numéro, la grande incertitude<br />

concerne la date de sortie française de Tenet. Mais ce qui est sûr,<br />

c’est qu’au fil de juillet/août, des films plus porteurs arriveront,<br />

pour lesquels les récents accompagnements – recommandation<br />

de la Médiatrice, intervention de l’ADRC dès la première semaine<br />

– devraient permettre de larges combinaisons.<br />

Dans les pages qui suivent, nous avons choisi de ne mentionner<br />

que les nouvelles sorties connues à ce jour, confiants dans le fait<br />

que les films stoppés dans leur premier élan retrouveront toute<br />

leur place : de La Bonne Épouse à La Communion, de De Gaulle à<br />

Trois étés en passant par Un fils ou Woman, qui attendent d’être<br />

déconfinés. Alors… En avant !<br />

L’art et essai est à l’honneur pour la réouverture, que ce soit dès le lundi 22 ou le<br />

mercredi 24 <strong>juin</strong>, avec des nouveautés qui pourront bien entendu être programmées<br />

tout au long de l’été. Après sa tournée d’avant-premières en mars, Filles de joie<br />

(KMBO) de Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich, porté par un trio d’actrices<br />

explosives, Sara Forestier, Noémie Lvovsky et Annabelle Lengronne fait enfin sa<br />

vraie sortie. Condor déploie dans 350 salles L’Ombre de Staline d’Agnieszka<br />

Holland avec James Norton, immersion dans les coulisses du régime stalinien.<br />

Toujours au rayon des drames historiques, Sophie Dulac Distribution lance Canción<br />

sin nombre, plongée dans la crise politique qui frappe le Pérou dans les années 80<br />

22 et 24 JUIN<br />

tandis qu’Alfama dévoile Mosquito, du Portugais João Nuno Pinto, « un film de<br />

guerre intense sur une période méconnue de l'Histoire : les combats entre armées coloniales<br />

durant la Première Guerre mondiale ». Ad Vitam présente Benni de l’Allemande<br />

Nora Fingscheidt, Prix du meilleur premier film à la Berlinale 2019 et qui a rassemblé<br />

600 000 spectateurs outre-Rhin, tandis que Fratel propose Jeunesse sauvage,<br />

premier long-métrage de Frédéric Carpentier, qui s’intéresse aux jeux de pouvoirs<br />

au sein d’une bande de voleurs de rue. Tamasa distribue Midnight Runner du<br />

Suisse Hannes Baumgartner, biopic sur Jonas Widmer, cuisinier helvète qui rêve<br />

de courir le marathon aux Jeux olympiques.<br />

Filles de joie de Frédéric Fonteyn (KMBO) - ©Versus production _ Les Films du Poisson<br />

Canción Sin Nombre de Melina León (Sophie Dulac Distribution)<br />

26


Mosquito de João Nuno Pinto (Alfama Films)<br />

Benni de Nora Fingscheidt (Ad Vitam)<br />

Midnight-Runner de Hannes Baumgartner (Tamasa Distribution)<br />

The Demon Inside de Pearry Teo (Alba Films)<br />

Deux thrillers horrifiques américains sont aussi au programme : The Demon Inside<br />

(Alba Films) sur 250 à 300 copies et destiné aux 15-25 ans, et The Hunt, un temps<br />

retiré du line-up d’Universal et disponible en VOD aux États-Unis mais que le<br />

studio propose aux salles françaises. Après l’avoir tenu trois mois en laisse, Les<br />

Bookmakers et The Jokers sortent Nous, les chiens, film d’animation coréen<br />

recommandé à partir de 6 ans, « qui célèbre la quête du bonheur universel et rappelle<br />

notre désir d'émancipation. Un message qui vise à réconforter les spectateurs de tout<br />

âge, après des semaines de confinement ».<br />

Dans une animation différente, Les Films du Préau proposent un nouveau programme<br />

autour du personnage créé par le Tchèque Zdenek Miler, La petite taupe aime la<br />

nature, idéal pour les tout-petits dès 2 ans.<br />

Côté documentaires, Le Capital au XXI e siècle (Diaphana), de Justin Pemberton<br />

et Thomas Piketty d’après le best-seller de ce dernier, offre une réflexion plus<br />

que jamais nécessaire sur le monde aujourd’hui. L’Atelier Distribution propose<br />

J'irai décrocher la lune, un nouveau regard sur la trisomie 21, et The Great<br />

Green Wall, sur le projet fou d’un mur d'arbres de 8 000 km du Sénégal à<br />

l'Ethiopie. Green Boys d’Ariane Doublet (JHR), qui retrace avec poésie l’amitié<br />

entre un jeune réfugié guinéen et un adolescent normand, disponible en VOD<br />

depuis début mai, est inédit en salles. Be Natural, l’histoire cachée d’Alice<br />

Guy-Blaché (Splendor), revient sur la première femme cinéaste de l’histoire<br />

et Mon nom est clitoris (La 25 e Heure), disponible aussi en e-cinéma, évoque<br />

la sexualité féminine sans tabou.<br />

Belle offre enfin concernant les œuvres de patrimoine, avec la version restaurée<br />

4K d’un des chefs-d’œuvres de David Lynch, Elephant Man (Carlotta),<br />

Le Cheik blanc de Fellini (Tamasa), et le film à sketches italien L’Amour à la<br />

ville (Les Films du Camélia). Malavida de son côté sort la première partie,<br />

avec six films, de la rétrospective Bo Widerberg, chef de file de la nouvelle<br />

vague suédoise des années 1960, soutenue par le groupe répertoire de l’AFCAE.<br />

Nous les Chiens de Oh Sung-yoon & Lee Choon-baek (The Jokers)<br />

La petite taupe aime la nature de Zdenek Miler (Les Films du préau)<br />

Le Capital au XXIe siècle de Justin Pemberton et Thomas Piketty<br />

(Diaphana) - ©Upside-GFC<br />

Green Boys d'Ariane Doublet (JHR Films)<br />

Elephant Man de David Lynch (Carlotta)<br />

<strong>N°387</strong> / <strong>17</strong> <strong>juin</strong> <strong>2020</strong><br />

27


DOSSIER<br />

WARNER BROS. PRÉSENTE<br />

RÉTROSPECTIVE EN 10 FILMS AU CINÉMA<br />

HOLLYWOOD<br />

forbidden<br />

L’ÈRE PRÉ-CODE<br />

RED-HEADED WOMAN (1932)<br />

DE JACK CONWAY<br />

BLONDE CRAZY (1931)<br />

DE ROY DEL RUTH<br />

BABY FACE (1933)<br />

DE ALFRED E. GREEN<br />

LA BELLE DE SAÏGON (1932)<br />

DE VICTOR FLEMING<br />

EMPLOYEES’ ENTRANCE (1933)<br />

DE ROY DEL RUTH<br />

FEMALE (1933)<br />

DE MICHAEL CURTIZ<br />

THE MIND READER (1933)<br />

DE ROY DEL RUTH<br />

JEWEL ROBBERY (1932)<br />

DE WILLIAM DIETERLE<br />

L’ANGE BLANC (1931)<br />

DE WILLIAM A. WELLMAN<br />

ÂMES LIBRES (1931)<br />

DE CLARENCE BROWN<br />

Universal, pour être présent dès la reprise, a choisi<br />

de sortir deux comédies exclusivement en VOST :<br />

The King of Staten Island de Judd Apatow, qui<br />

revient sur le parcours de l'humoriste américain<br />

Pete Davidson, et Irrésistible, où Steve Carell joue<br />

un consultant politique démocrate qui aide un<br />

colonel de la marine à se porter candidat aux<br />

municipales. Dans un autre registre, JHR lance<br />

Brooklyn Secret, lauréat du dernier festival Chéries-<br />

Chéris et sélectionné à la Mostra de Venise, qui<br />

suit les amours d’une jeune soignante philippine<br />

fragilisée par son statut d’immigrée dans l’Amérique<br />

contemporaine.<br />

Deux propositions francophones sur des rencontres<br />

inédites : Jumbo (Rezo) de la Belge Zoé Wittock<br />

avec Noémie Merlant, Emmanuelle Bercot et<br />

Bastien Bouillon, l’histoire d’une relation étrange<br />

et intime entre une jeune femme et l’attraction<br />

phare d’un parc, passée par Sundance et qui a<br />

récemment ouvert le Champs-Élysées Film Festival ;<br />

1 ER JUILLET<br />

Les Parfums de Grégory Magne, qui est pour<br />

Pyramide « la comédie phare de notre line-up qui<br />

redonnera le goût et l’odorat aux spectateurs » autour<br />

de la rencontre entre une créatrice de parfums<br />

(Emmanuelle Devos) et son chauffeur (Grégory<br />

Montel, de la série Dix pour cent).<br />

Le Colocataire (Optimale) de l’Argentin Marco<br />

Berger, raconte l'histoire d’amour entre Juan et son<br />

nouveau coloc. De son côté, Warner Bros. propose<br />

la rétrospective Forbidden Hollywood, co-produite<br />

avec le Festival Lumière et soutenue par le groupe<br />

Répertoire/Patrimoine de l’AFCAE en partenariat<br />

avec l'ADRC. Dix films rares qui racontent l’histoire<br />

d’une parenthèse enchantée, entre 1929 et 1934,<br />

quand plusieurs cinéastes mettaient en scène une<br />

vision du monde subversive dont la valeur ultime est<br />

la liberté.<br />

The King of Staten Island de Judd Apatow (Universal) - ©<strong>2020</strong> Universal Studios<br />

Irrésistible de Jon Stewart (Universal) ©<strong>2020</strong> Focus Features, LLC<br />

Brooklyn Secret d'Isabel Sandoval (JHR Films)<br />

Jumbo de Zoé Wittock (Rezo Films) ©Insolence <strong>Pro</strong>ductions – Les Films Fauves – Kwassa Films<br />

Les Parfums de Grégory Magne (Pyramide)<br />

Le Colocataire de Marco Berger (Optimale Distribution)<br />

28


Partageons tous une reprise réussie avec<br />

Les Bâtons de berger mini<br />

Tous en salle avec vous &


DOSSIER<br />

8 JUILLET<br />

Lucky Strike de Kim Yong-Hoon (Wild Bunch)<br />

L'Envolée d'Eva Riley (Arizona Distribution)<br />

La Forêt de mon père (KMBO)<br />

Art House dévoile Chained, premier volet du diptyque<br />

qu’il forme avec Beloved attendu sept jours plus tard.<br />

Dans cet opus, l'Israélien Yaron Shani s’intéresse à un<br />

policier dont le travail et la vie de famille sont mis à rude<br />

épreuve. Lucky Strike (Wild Bunch) marque la découverte<br />

d’un nouvel auteur de polar coréen, Kim Yong-<br />

Hoon. Malmkrog (Shellac) signe le retour, quatre ans<br />

après Sieranevada, de l’un des auteurs phares de la<br />

Nouvelle Vague roumaine, Cristi Puiu. Dans son nouveau<br />

long-métrage, primé en février à Berlin, il signe une<br />

fresque philosophique sur Dieu, l'homme, la guerre, le<br />

bien et le mal. Park (Tamasa) de la Grecque Sofia<br />

Exarchou, peint avec réalisme des émois adolescents<br />

dans une Athènes post-Jeux olympiques, marquée par<br />

la crise. L'Envolée (Arizona) suit le parcours initiatique<br />

d’une gymnaste de 14 ans qui vit dans la banlieue de<br />

Brighton : premier long-métrage énergique de l’Écossaise<br />

Eva Riley, héritière de Ken Loach. Sujet proche, mais<br />

autre tonalité pour La Forêt de mon père (KMBO),<br />

premier film de la Belge Vero Cratzborn, où une jeune<br />

fille est confrontée à la folie de son père. Le sulfureux et<br />

polémique Crash (Carlotta) de David Cronenberg,<br />

adapté d’une nouvelle de J. G. Ballard, ressort en 4K,<br />

23 ans après son Prix spécial du jury à Cannes. Mary-X<br />

réédite The Hit, le polar de Stephen Frears de 1984,<br />

avec John Hurt, Tim Roth, Terence Stamp et sa BO<br />

hypnotique et Solaris La Danse de mort de Marcel<br />

Cravenne, avec le grand Erich Von Stroheim. Enfin,<br />

Gaumont lancera sa fameuse comédie de l’été, Tout<br />

simplement noir de Jean-Pascal Zadi et John Wax, dont<br />

les premières images avaient ravi les exploitants lors du<br />

dernier Congrès de la FNCF. Où JP, acteur raté, branche<br />

ses amis (Fary, Fabrice Eboué, Ramzy Bedia, Lilian<br />

Thuram, JoeyStarr, Melha Bedia…) pour organiser la<br />

première marche de contestation noire en France : dans<br />

l’air du temps, mais en se marrant !<br />

Park de Sofia Exarchou (Tamasa Distribution)<br />

Malmkrog de Cristi Puiu (Shellac)<br />

Crash de David Cronenberg (Carlotta)<br />

Tout simplement noir de Jean-Pascal Zadi et John Wax (Gaumont Distribution) - ©<strong>2020</strong> Gaumont – C8 Films<br />

30


DOSSIER<br />

14 et 15 JUILLET<br />

Divorce Club de Michaël Youn (SND)<br />

Été 85 de François Ozon (Diaphana)<br />

Felicità de Bruno Merle (Rezo Films) ©Unité – Jack n’a qu’un œil<br />

Exit de Rasmus Kloster Bro (Damned)<br />

La semaine suivante commence un mardi, jour de fête nationale ! Avec une autre<br />

comédie attendue : Divorce Club (SND), troisième réalisation de Michaël Youn,<br />

qui entraîne ses complices Arnaud Ducret et François-Xavier Demaison dans un<br />

club de divorcés… et de délires trash. Dès le 14 aussi, François Ozon revient, après<br />

le succès de Grâce à Dieu, avec un sujet plus léger : Été 85 (Diaphana), la rencontre<br />

entre Alexis, 16 ans (Félix Lefebvre), et David, 18 ans (Benjamin Voisin) : cette amitié<br />

rêvée durera-t-elle plus d’un été ? Le film est labellisé Cannes <strong>2020</strong>. Le même jour<br />

sortira L'Aventure des Marguerite de Pierre Coré avec Alice Pol, Lila Gueneau et<br />

Clovis Cornillac, distribué par Pathé, qui suit le destin similaire de deux jeunes filles<br />

en 1942 et 2018 alors que chacune est mystérieusement transportée dans l’époque<br />

de l’autre. Pour une exploration de l’histoire et de la mémoire.<br />

Des quotidiens qui basculent, c’est aussi la trame de Felicità (Rezo) disponible à<br />

partir du 15. Le second long métrage de Bruno Merle, avec notamment Pio Marmaï,<br />

suit une famille normale dont la fille s’apprête à rentrer au collège… avant que leur<br />

quotidien ne soit complètement chamboulé. Une comédie tout sauf « normale ».<br />

Suivra Beloved (Art House), second film du diptyque entamé avec Chained de<br />

l’Israélien Yaron Shani, où c’est cette fois une infirmière de Tel Aviv qui doit se<br />

reconnecter à sa vie de femme d’aujourd’hui. Pour un reconfinement pleinement<br />

consenti, rien de mieux qu’Exit (Damned), un survival danois dans le chantier du<br />

métro de Copenhague, formidablement anxiogène. La Nuit venue (Jour2Fête),<br />

aborde avec délicatesse le parcours d’un jeune Chinois sans papiers, chauffeur de<br />

VTC à Paris, et ses rencontres nocturnes avec la talentueuse Camelia Jordana. Dans<br />

La Voix du succès (Universal), Dakota Johnson est l’assistante d’une méga-star de<br />

la scène musicale de Los Angeles (Tracee Ellis Ross, la fille de Diana Ross), qui rêve<br />

de saisir sa chance à son tour. Dans un autre registre, UFO propose l’une des sensations<br />

de la Semaine de la Critique 2019 : Abou Leila suit deux amis à la recherche<br />

d’un terroriste dans l’immensité du Sahara. Les Meilleures Intentions (Epicentre)<br />

est une chaleureuse chronique familiale argentine autour de trois enfants pris entre<br />

une mère très carrée et un père rock’n’roll. Pour les plus jeunes, Alba dévoile Mon<br />

ninja et moi, film d’animation danois à partir de 8 ans, qui met en scène les péripéties<br />

du jeune Alex et de son nouveau jouet ninja… qui s’anime et parle ! Enfin, la<br />

réédition de Mississippi Burning d’Alan Parker chez Les Acacias, malheureusement<br />

toujours actuel, aborde sans détour la question de la violence raciale aux Etats-Unis.<br />

Et pour le voyage et les vacances, on repartira avec délice sur la Côte d’Azur avec<br />

Audrey Hepburn et Albert Finney dans Voyage à deux de Stanley Donen, que Cine<br />

Sorbonne ressort en numérique 4K.<br />

La Nuit venue de Frédéric Farrucci (Jour2Fête)<br />

La Voix du succès de Nisha Ganatra (Universal) - ©<strong>2020</strong><br />

Focus Features, LLC<br />

Abou Leila d'Amin Sidi-Boumedine (UFO Distribution)<br />

Les Meilleures Intentions d'Ana Garcia Blaya (Epicentre Films)<br />

L'Aventure des Marguerite de Pierre Coré (Pathé Films)<br />

Mon Ninja et moi d'Anders Matthesen et Thorbjorn Christoffersen (Alba Films)<br />

32


CGR Cinémas remercie<br />

la Fédération Nationale des Cinémas Français,<br />

ses dirigeants, ses équipes et l’ensemble<br />

des professionnels ayant contribué<br />

quotidiennement à accompagner la profession<br />

durant cet « entracte » !<br />

Nous souhaitons une bonne réouverture<br />

à tous les exploitants<br />

#TOUSAUCINÉMA<br />

www.cgrcinemas.fr | www.icetheaters.com


DOSSIER<br />

22 JUILLET<br />

Mulan de Niki Caro (Disney)<br />

Madre de Rodrigo Sorogoyen (Le Pacte) - ©Manolo Pavon<br />

Alors que son lancement américain a été repoussé au 31 juillet par la Warner, la<br />

date de sortie du Tenet de Christopher Nolan en France n’est toujours pas connue<br />

à l’heure de notre bouclage, laissant un boulevard à Mulan, nouvelle version live<br />

des studios Disney. Derrière, quelles sont les alternatives ? Le nouveau film de<br />

Rodrigo Sorogoyen, qui change de registre après ses foudroyants Que Dios nos<br />

perdone et El Reino, mais n’abandonne pas le suspense : Madre suit Elena, jeune<br />

Espagnole partie dans les Landes, où la rencontre avec un adolescent va lui<br />

rappeler son fils disparu il y a dix ans. « Le réalisateur et l’actrice principale viendront<br />

en France du 10 au 22 juillet pour assurer la promotion, dont une tournée<br />

province », annonce Le Pacte.<br />

Une comédie un peu grinçante chez ARP, Né à Jérusalem (et toujours vivant),<br />

où une sorte de Woody Allen israélien lance une visite guidée de Jérusalem pour<br />

faire le tour... des attentats de ces dernières années. Un bond dans le futur avec<br />

Tamasa qui ose l’inénarrable Tiempo después, dystopie déjantée qui marque le<br />

retour du grand cinéaste espagnol José Luis Cuerda, imaginant un drôle de « monde<br />

d’après », en 9<strong>17</strong>7. Les ressorties de la semaine mettront à l’honneur le chef d’œuvre<br />

Les Fleurs de Shanghai (Carlotta), dans lequel Hou Hsiao-Hsien filme la splendeur<br />

et la détresse des courtisanes chinoises, à découvrir dans une nouvelle restauration<br />

4K ; et la version 2K du film qui révéla Mike Leigh, High Hopes, où le cinéaste<br />

britannique suit un socialiste désabusé par son entourage dans le Londres brumeux<br />

des années 1980.<br />

Né à Jérusalem (et toujours vivant) de Yossi Atia et David Ofek (ARP) - ©Shai<br />

Goldman<br />

Tiempo Después de José Luis Cuerda (Tamasa Distribution)<br />

29 JUILLET<br />

Les Fleurs de Shanghai de Hou Hsiao-Hsien (Carlotta)<br />

Tenet or not Tenet ? En attendant, la fin du mois est favorable<br />

aux films à destination d’un public jeune, avec notamment<br />

Ip Man 4 : Le dernier combat de Wilson Yip que sort<br />

Eurozoom : « Le film a fait ses preuves au box-office en Chine et<br />

aux États-Unis et est très attendu du public, notamment des très<br />

nombreux amateurs d’art martiaux et fans de Donnie Yen et<br />

Bruce Lee en France. » Présenté comme le film familial de l’été,<br />

Bob l’Éponge, Éponge en eaux troubles (Paramount) est la<br />

troisième adaptation cinéma de la célèbre série animée. Deux<br />

comédies françaises sont à l’affiche : T’as pécho ? (Pathé) avec<br />

Sophie-Marie Larrouy, Ramzy Bedia et Vincent Macaigne,<br />

pour lequel des avant-premières sont possibles la semaine<br />

précédente, et Adorables (UGC), avec Elsa Zylberstein et<br />

Lucien Jean-Baptiste en parents débordés par leur fille ado.<br />

Tenet de Christopher Mulan : date inconnue au moment du bouclage -<br />

©<strong>2020</strong> Warner Bros. Entertainment<br />

34


T'as pécho ? d'Adeline Picault (Pathé Films)<br />

Ip Man 4 - Le dernier combat de Wilson Yip (Eurozoom)<br />

Tijuana Bible de Jean-Charles Hue (Ad Vitam) - ©Avalon<br />

Lands of Murders de Christian Alvart (KMBO)<br />

Les films d’auteur auront aussi une place de choix avec notamment Tijuana Bible<br />

(Ad Vitam) de Jean-Charles Hue, le réalisateur de Mange tes morts, qui filme une<br />

jeune Mexicaine à la recherche de son frère et un vétéran de la guerre d’Irak dans<br />

les quartiers chauds dirigés par les narcotrafiquants. Lands of Murders (KMBO)<br />

plonge deux flics dans une enquête sur un meurtre d’adolescents qui va les mener<br />

sur une affaire d’envergure au cœur de l’Allemagne réunifiée. Dans Pompei<br />

(Jour2Fête), deux frères dans la misère sentimentale voient leur quotidien chamboulé<br />

par l’arrivée d’une jeune fille (Garance Marillier découverte dans Grave)<br />

débordante de romantisme. Récompensé à Un Certain Regard et Deauville, The<br />

Climb (Metropolitan) est un buddy-movie moderne, de et avec Michael Angelo<br />

Covino et Kyle Marvin, sous influence de Woody Allen et Pierre Étaix ( !). Dans<br />

L’Oiseau de Paradis (UFO), premier film du Polynésien Paul Manate, un jeune<br />

parlementaire en difficulté part à la recherche d’une lointaine cousine maorie et<br />

Hotel by the River de Hong Sang-soo (Les Acacias) - © 2018 Jeonwonsa Film Co<br />

nous embarque dans un voyage mystique au cœur des légendes tahitiennes.<br />

Semaine dense pour Les Acacias avec la sortie de l’inédit Hotel by the River où<br />

le génial Hong Sang-soo filme les retrouvailles d’un père et de ses fils dans un<br />

hôtel en bord de mer, qui abrite également des désespoirs amoureux.<br />

Le distributeur présente aussi deux œuvres d’Alberto Lattuada en version restaurée :<br />

Les Adolescentes, portrait d’une jeune italienne qui s’éprend d’un architecte de<br />

vingt ans son aîné, et Guendalina, le dilemme d’une adolescente tiraillée entre<br />

son premier amour et l’envie d’empêcher le divorce de ses parents. Une belle<br />

ressortie aussi chez La Rabbia, « très attachée au devoir de mémoire », avec Pluie<br />

noire de Shohei Imamura sur la catastrophe d’Hiroshima, dont c’est le 75 e<br />

anniversaire cet été, et ses conséquences terribles sur la population<br />

civile japonaise.<br />

The Climb de Michael Angelo Covino (Metropolitan Filmexport) - ©Topic Studios<br />

Les Adolescentes d’Alberto Lattuada (Les Acacias) - ©1961 – Titanus – Laetitia Rome – TF1 Droits<br />

Audiovisuels – S.G.C.<br />

Pluie noire de Shohei Imamura (La Rabbia)<br />

L'Oiseau de paradis de Paul Manate (UFO)<br />

Guendalina d'Alberto Lattuada (Les Acacias) - ©1957 S.P.A. – CEI INCOM – Les<br />

Films Marceau – TF1 Droits Audiovisuels<br />

À SUIVRE DANS LE PROCHAIN NUMÉRO : AOÛT <strong>2020</strong>


DISTRIBUTION<br />

ANTOINE DE MAXIMY<br />

Une tournée « J’irai rouvrir votre cinéma »<br />

L’homme à la chemise rouge, harnaché de caméras, part en tournée du 26 <strong>juin</strong> au 16 septembre avec un film de fiction, J’irai mourir dans<br />

les Carpates. Toujours prêt pour les défis, Antoine de Maximy se veut solidaire des exploitants et s’engage pour un tour de France estival<br />

« J’irai rouvrir votre cinéma ». Rencontre.<br />

un documentaire sur le travail de monteur (le rôle principal interprété par Alice<br />

Pol), et même « une réflexion sur l'intégration de certains pays qui rejoignent l’Europe.<br />

Le film est exactement comme je l'avais imaginé, inhabituel, rythmé et drôle ».<br />

Une tournée engagée<br />

Antoine de Maximy se réjouit de participer, « à son petit niveau », à la remise en<br />

route des salles, à encourager les exploitants et à redonner envie aux gens de revenir<br />

au cinéma. Afin de soutenir son financement participatif à hauteur de 250 000 €,<br />

il a parcouru 6 000 km et visité 30 salles en trois semaines. « Je finissais mes interventions<br />

en disant que je ne savais pas où dormir et ce n'était pas une blague ! Je n’ai<br />

pas dormi une seule fois à l'hôtel. J’ai aussi envie de retrouver les gens qui m’ont soutenu<br />

et les salles qui m’ont accueilli gracieusement comme le Véo Muret, Le Pathé Atlantis à<br />

Nantes ou encore l’Eden à La Ciotat. » Il captera le retour des premiers spectateurs<br />

Affiche de la campagne de crowfunding.<br />

Même pas peur ! Vingt ans qu’Antoine de Maximy va dormir chez vous. Douze<br />

ans après J’irai dormir à Hollywood, il sortira son deuxième long métrage de cinéma,<br />

J'irai mourir dans les Carpates, le 16 septembre. C’est un projet que le réalisateur<br />

avait en tête depuis dix ans : « Personne ne voulait me suivre sur ce film ! Arrivé à 60<br />

balais, j’ai décidé que plus rien ne m'arrêterait. Le 16 mai 2019, nous avons lancé un<br />

financement participatif avec mes deux producteurs, Bonne Pioche et Rouge International.<br />

Nous avons commencé le tournage en octobre, je n'avais même pas encore le casting !<br />

Un an après, le film est bouclé. »<br />

Un film de cinéma<br />

Et pourquoi le grand écran, Antoine de Maximy ? « C'est une fiction totalement<br />

atypique et surprenante. Je me suis amusé à imaginer tout ce qui aurait pu vraiment<br />

mal se passer dans J'irai dormir chez vous. Le film est un thriller mené comme une<br />

enquête, avec un travail très précis de dissimulation d’indices. J’avais envie que le<br />

spectateur soit dans l'histoire, en face à face avec le film, et puisse découvrir tous les<br />

détails que nous y avons cachés. »<br />

Outre le point de vue du spectateur, le réalisateur voulait changer d’univers. « Les<br />

gens de cinéma vont moins vite, et donc ils réfléchissent davantage. Ce n’est pas le même<br />

esprit qu’en télévision, sans placer l’un au dessus de l’autre. Le rythme d’un tournage de<br />

téléfilm est hyper efficace. Pour le cinéma, on prend le temps de déterminer ce que l’on<br />

veut obtenir, le travail est plus minutieux, du tournage jusqu’au mixage. Ça ne donne<br />

pas le même résultat. » Le cinéaste précise que son nouveau film propose plusieurs<br />

niveaux de lecture : un thriller mais aussi une exploration des coulisses de la série,<br />

J'irai mourir dans le Carpates, Max Boublil et Alice Pol pendant le tournage avec Antoine de Maximy.<br />

au cinéma, et son nouveau dispositif technique lui permettra même des live sur les<br />

réseaux sociaux. Une vingtaine de projections sont déjà datées, à commencer par<br />

celle du 26 <strong>juin</strong> au CGR La Rochelle. Les salles sont invitées à se manifester auprès<br />

de l’équipe d’Apollo Films pour caler leur avant-première.<br />

« Nous voulons traverser l’été avec Antoine, mais aussi Max Boublil et Alice Pol. L’idée<br />

est d’accompagner les salles à leur réouverture et de profiter des vacances dans une<br />

ambiance festive », témoigne François Clerc, président d'Apollo Films. « Nous pensons<br />

que c’est le film idéal pour le faire, simple et généreux comme Antoine. Un vrai feel good<br />

movie. » Apollo sera présent dans les salles avec deux autres films cet été : Bigfoot<br />

Family (5/08), animation familiale à partir de 4 ans, et la comédie Terrible Jungle<br />

le 12 août (initialement prévue le 6 mai).<br />

©ApolloFilms<br />

36


NOUS SOMMES<br />

À VOS CÔTÉS.<br />

NOUS LE SERONS<br />

ENCORE LONGTEMPS...<br />

D’ailleurs le 22 <strong>juin</strong>, vous pourriez bien<br />

rencontrer nos équipes dans vos salles !<br />

THE BOXOFFICE COMPANY souhaite à l’ensemble<br />

de la filière cinématographique une bonne reprise.


EXPLOITATION<br />

CGR CINÉMAS<br />

Le groupe organise sa reprise<br />

Jocelyn Bouyssy, directeur du groupe CGR<br />

Le groupe rochelais a mis à profit le<br />

confinement pour innover et se mettre<br />

en ordre de marche. Pleins phares sur<br />

les mesures sanitaires, la vente en ligne<br />

et une programmation événementielle<br />

pour la réouverture.<br />

Jocelyn Bouyssy l’affirme, le groupe est prêt depuis un<br />

certain temps pour le 22 <strong>juin</strong>. « Pas de grosses surprises, les<br />

mesures sanitaires validées par le gouvernement correspondent<br />

à ce qui avait été proposé par le groupe de travail de la<br />

Fédération. » Le directeur général espère cependant que ces<br />

mesures seront provisoires et assouplies au fil du temps :<br />

« Il faut que les gens se sentent rassurés sans que ce soit anxiogène.<br />

» Non seulement les recommandations ont été suivies,<br />

mais CGR va plus loin, avec notamment l’achat de 5 000<br />

masques lavables pour les salariés auprès d’une société<br />

rochelaise (Martine Sellerie), ainsi que l’installation de<br />

plexiglas aux différents points de vente et de distributeurs<br />

de gel dans toutes les salles du groupe. « Ce sont des mesures<br />

propres à CGR ; nous avons fabriqué 1 200 distributeurs de<br />

gel hydroalcoolique, très qualitatifs, qui feront aussi la promotion<br />

d’un film et le premier sera Bob l'éponge - Le Film :<br />

Éponge en eaux troubles (Paramount, 29/07). »<br />

Le groupe rouvrira avec le nombre de séances habituel et<br />

les équipes, réduites dans un premier temps, seront réintégrées<br />

au fur et à mesure. « Il faut que la reprise soit forte<br />

pour compenser les dépenses qu’il y aura ensuite. Je suis optimiste<br />

mais réaliste. » Pour ce faire, le groupe a opté pour une offre<br />

offensive à 5 € la place en VàD pour les 15 premiers jours<br />

de reprise. « D’une part, nous disons à nos clients que nous<br />

sommes contents de les retrouver avec un cadeau de bienvenue.<br />

D’autre part, cela les incite à acheter leur place en ligne et à<br />

privilégier le sans contact, tout en palliant le manque de<br />

contenus des premières semaines. Notre stratégie est d’être dans<br />

l’action et de donner envie à nos spectateurs de revenir dans<br />

les salles, de regarder les bandes-annonces et de reprendre leurs<br />

habitudes », affirme Jocelyn Bouyssy avec conviction.<br />

©Tanguy Colon<br />

Le click & collect pour rassurer le consommateur de<br />

confiseries<br />

Autre mesure sanitaire : le groupe a généralisé le click & collect<br />

confiserie, testé depuis plusieurs mois à Brignais et La Rochelle,<br />

à l’ensemble de ses cinémas. À la tête des opérations, Alfonso<br />

Corrales, directeur des ventes retail du groupe, a concocté une<br />

offre d’achat en ligne avec trois tailles de menus pop-corn/<br />

boissons (1 € de remise sur chaque menu jusqu’au 21 juillet).<br />

Après avoir commandé sur son smartphone ou sur internet,<br />

le client se rend directement au comptoir dédié. Si le client<br />

n’a pas acheté sa confiserie et son billet en ligne, il peut aussi<br />

le faire dans le hall via une des huit bornes (en moyenne)<br />

caisse/confiserie ou dédiée confiserie. Une sur deux sera éteinte<br />

afin de respecter les distanciations dans le hall. « Tout le parcours<br />

client a été étudié, avec la mise à disposition de gel à chaque étape<br />

(bornes, comptoirs, salles), la distribution de lingettes à la confiserie,<br />

les agents portant un masque et des gants en supplément du<br />

plexiglas. Nous avons également organisé un protocole de formation<br />

pour les employés. Notre objectif est d'assurer la sécurité de<br />

nos clients mais aussi de lui faire oublier le COVID-19 », explique<br />

Alfonso Corrales. Entre autres mesures et protocoles, les palettes<br />

de produits réceptionnées seront entreposées 24 heures avant<br />

d’être défilmées, le pop-corn en vrac mis en warmer en quantités<br />

plus petites ou encore les pelles des murs à bonbons<br />

désinfectées plusieurs fois dans la journée.<br />

Et pour le directeur des ventes, « ce qui fera la différence auprès<br />

de nos spectateurs, c'est l’humain. Nous pouvons prévoir et proposer<br />

des process et des innovations, nos agents feront la différence.<br />

L'entertainment commence dans le hall. »<br />

38


Une offre premium et événementielle pour booster<br />

la fréquentation<br />

L’application ludique Demandez le programme, lancée<br />

par CGR, a recueilli plus de 100 000 votes, qui ont<br />

distingué un certain nombre de films en reprise ou à<br />

sortir. « Le film numéro un que les spectateurs ont envie de<br />

voir est Avatar, le premier comme le deuxième, en ICE ou<br />

en standard », annonce Jocelyn Bouyssy qui a donc tout<br />

simplement approché James Cameron pour lui proposer<br />

de découvrir son film en ICE, au Regal L.A. LIVE de<br />

Los Angeles, et le convaincre de proposer le prochain<br />

dans ce procédé.<br />

90 % des places prévendues pour la réouverture sont en<br />

ICE. « Nous misons beaucoup sur nos salles premium, nous<br />

travaillons sur les prochains films comme Mulan, Bob<br />

l’éponge, Bigfoot family. » L'intérêt pour des ouvertures<br />

de salles ICE s’intensifie même jusqu’en Amérique du<br />

Sud et en Arabie Saoudite, où le chantier du Vox à Jeddah<br />

a repris pour être impérativement prêt à la rentrée. « On<br />

sent que les exploitants veulent apporter quelque chose de<br />

plus à leur offre. Avant le confinement, la salle de Riyad<br />

était complète à toutes les séances. Je n’avais pas imaginé que<br />

les demandes arriveraient aussi rapidement. Nous sommes<br />

sur la bonne voie. »<br />

Un Ciné Music Festival<br />

Autre projet pour cet été : le groupe a imaginé le Ciné<br />

Music Festival, en collaboration avec Universal Music,<br />

pour le dernier week-end de juillet et les deux premiers<br />

d'août. David Scantamburlo, directeur marketing du<br />

groupe, compte proposer un ensemble de retransmissions<br />

de concerts et documentaires sur des jeunes talents tels<br />

que Bigflo et Oli et Angèle, reconnus comme Sting,<br />

Bernard Lavilliers, Marc Lavoine, Matthieu Chedid ou<br />

encore disparus comme Queen, Christophe et John Lennon.<br />

« Nous avons rassemblé un ensemble de contenus, peu voire<br />

pas du tout exploités en salle », explique le directeur marketing.<br />

« Suite à l’annulation des festivals et des manifestations<br />

musicales, nous souhaitons proposer non seulement un<br />

événement original, mais aussi pallier le manque de films<br />

de cet été. » À l’instar des rassemblements musicaux, les<br />

festivaliers pourront bénéficier d’un tarif unitaire de 7,5 €,<br />

de 10 € pour deux places ou d’un pass weekend à 25 €.<br />

La relance sera soutenue par des campagnes de communication<br />

sur les réseaux sociaux, comme des lives Instagram<br />

avec des talents, et par une large campagne sur les médias<br />

TV en partenariat avec certains films.<br />

Le groupe se veut confiant. « Je suis sûr qu’en dépit de toutes<br />

ces peurs et cette douleur économique, il y a aura un effet<br />

positif sur l’envie d’aller au cinéma. Malgré la surconsommation<br />

sur les plateformes, je pense que les spectateurs<br />

reviendront aux vraies valeurs. Et la vraie valeur, c’est le<br />

cinéma. Ils se rendent compte que rien ne remplace la salle<br />

de cinéma, le restaurant, la sortie et le lien social. Nous<br />

devons inventer, réinventer et oser. Même si nous devons<br />

courber l'échine dans un premier temps, je ne suis pas<br />

défaitiste » conclut Jocelyn Bouyssy.


INTERNATIONAL<br />

Le congrès européen<br />

de l’exploitation,<br />

habituellement tenu à<br />

Barcelone, se déroule<br />

en ligne, dès ces<br />

mercredi <strong>17</strong> et jeudi 18<br />

<strong>juin</strong>. En amont et<br />

au-delà de ce rendezvous,<br />

l’Union<br />

internationale des<br />

cinémas continue sans<br />

relâche sa mission de<br />

représentation et de<br />

défense du secteur.<br />

UNIC<br />

Un CineEurope On-Line et une<br />

mobilisation bien réelle<br />

CineEurope 2019<br />

©A.Algan<br />

©A.Algan<br />

Laura Houlgatte, CEO de l'UNIC,<br />

lors de CineEurope 2019<br />

sous le soleil barcelonais<br />

*Habituellement publiés en amont de<br />

CineEurope au mois de <strong>juin</strong>, les résultats de<br />

fréquentation de ses différents territoires de<br />

l’UNIC seront cette année communiqués à<br />

l’automne.<br />

CineEurope On-line<br />

« Les deux après-midis de cette édition en ligne ne remplaceront<br />

pas les quatre jours de réunion que représente CineEurope, concède<br />

Laura Houlgatte, CEO de l’Union internationale des cinémas,<br />

mais il y avait un réel besoin pour l’industrie de rester connectée. »<br />

Si les restrictions de voyages et de rassemblements, tout comme<br />

le souci d’assurer la sécurité sanitaire des participants, ont eu<br />

raison de l’idée initiale d’un décalage de la manifestation à<br />

début août, la solution en ligne possède de multiples atouts.<br />

« Nous avons gardé l’esprit de ce qui fait CineEurope, avec une<br />

cérémonie d’ouverture, des tables rondes et séminaires, la traditionnelle<br />

session Coca-Cola, la présentation du line-up Event<br />

Cinema spécialisé en diffusion hors-film, un espace d'exposition<br />

virtuel… et beaucoup de contenus provenant des studios. » Le<br />

déroulé en ligne empêche ces derniers de dévoiler les images<br />

inédites dont ils offrent d’habitude la primeur au congrès<br />

européen, mais les messages des dirigeants, de réalisateurs et<br />

d’acteurs sont au rendez-vous. « Cette forte présence des studios<br />

est un signe, l’Europe est un territoire clé pour eux. »<br />

Mais pour la CEO de l’UNIC, ce rendez-vous virtuel est<br />

surtout l’occasion « de dire que nous sommes là, tous ensemble…<br />

et peut-être l’opportunité pour certains qui ne sont jamais venus<br />

à CineEurope d’avoir un avant-goût de la manifestation et peutêtre<br />

de nous rejoindre l’année prochaine à Barcelone ! »<br />

Des besoins reconnus...<br />

Depuis le début de la crise sanitaire, l’Union internationale<br />

des cinémas n’a pas ménagé ses efforts pour assurer un soutien<br />

continu au secteur. « Les cinémas ne vont pas uniquement souffrir<br />

de leur fermeture mais aussi du redémarrage, avec le souci<br />

prioritaire de préserver la santé du public et de leurs équipes »,<br />

estime Laura Houlgatte. « Les exploitants ont su faire preuve<br />

d’une mobilisation incroyable, se préparant à rouvrir dès le début<br />

de... la période de fermeture ! »<br />

De son côté, l’UNIC aussi est restée très activement mobilisée,<br />

notamment auprès de la Commission et du Parlement européens<br />

« pour rappeler que les cinémas sont indispensables et qu’ils<br />

ont besoin d'aide ». Un plaidoyer qui n’a pas été difficile à<br />

imposer, tant la fermeture physique des cinémas a marqué les<br />

esprits de tous : « Dans les réunions des instances européennes, la<br />

salle de cinéma est toujours évoquée parmi les incidences culturelles<br />

de la crise sanitaire. D’ailleurs dans le plan de soutien d’urgence<br />

présenté par la Commission, le secteur culturel et créatif est identifié<br />

comme l'un des quatorze secteurs les plus impactés – aux côtés<br />

du transport, du tourisme… » Pour autant, en dehors de l’aide<br />

du programme Europe Créative/MEDIA pour Europa Cinemas,<br />

les salles doivent principalement se reposer sur les États membres,<br />

ces derniers gardant, selon le principe de subsidiarité, le pouvoir<br />

décisionnaire sur leur politique de soutien à la culture et à<br />

l’audiovisuel.<br />

… et des défis constants<br />

Allègement des coûts fixes, préservation de l’emploi, diminution<br />

des impôts, aides sur fonds de création… L’UNIC recense<br />

régulièrement l’ensemble des aides mises en place dans chaque<br />

pays, tout comme les informations relatives aux fermetures et<br />

modalités de réouvertures. « Nous sollicitons nos membres sur<br />

les informations les plus précises possible et partageons tous types<br />

de documents utiles pour leur permettre de faire du lobbying auprès<br />

de leurs gouvernements. Le secteur est en souffrance partout, les<br />

informations complexes et parfois difficiles à obtenir, d’autant<br />

plus que souvent, on ne sait pas quand les aides annoncées seront<br />

débloquées. Toutes ces mesures de soutien sont non seulement<br />

nécessaires mais aussi urgentes…. » La CEO de l’UNIC observe<br />

en effet que malgré le feu vert dans différents pays, beaucoup<br />

de cinémas n’ont pas encore pu rouvrir leurs portes à cause de<br />

mesures sanitaires difficiles à mettre en place et à appliquer.<br />

« Le plus grand défi qui attend les salles est celui de ré-accueillir<br />

le public dans les meilleures conditions possibles dans le cadre de<br />

ce “nouveau normal”. Il ne s’agit pas de réinventer mais de réadapter<br />

le métier. Même avec un siège qui nous sépare, le sentiment de<br />

partager le film et nos émotions seront là malgré tout. Et le succès<br />

des salles en 2019*, qui a été une année exceptionnelle, est bien<br />

la preuve que le public adore la salle de cinéma. »<br />

40


UGC<br />

Deux multiplexes du circuit ferment leurs portes en Île-de-France<br />

L’UGC George V implanté sur les Champs-Élysées ferme définitivement ses portes. À Meaux, en Seine-et-Marne, le Majestic entame des<br />

travaux d’agrandissement entraînant la fermeture prolongée de l’établissement.<br />

UGC George V - ©Capture Google<br />

Clap de fin pour l’historique UGC George V à Paris. Le bail n’ayant pas été renouvelé<br />

par Groupama, propriétaire de l’immeuble de plus de 20 000 m², le cinéma<br />

de onze salles et 1 707 sièges, ouvert en 1938 puis rebaptisé George V en 1952,<br />

devra rendre ses clés le 30 <strong>juin</strong>. Cette fermeture symbolise une étape supplémentaire<br />

dans le déclin de l’offre cinématographique sur les Champs-Élysées, où UGC<br />

n’exploite plus que le Normandie, quatre écrans, alors que l’avenue en a compté<br />

jusqu’à une quarantaine. Il n’en reste désormais plus que trois, dont le Publicis et<br />

le Gaumont Marignan. Mais un quatrième devrait bientôt voir le jour.<br />

Ces derniers temps, Le George V souffrait d’un net recul de sa fréquentation,<br />

tombée de 700 000 entrées au début des années 2010 à 415 000 spectateurs<br />

en 2019. En lieu et place de l’UGC, un cinéma MK2 devrait prendre ses<br />

quartiers ; l’inauguration « ne se fera pas avant 2023 », nous confiait Nathanäel<br />

Karmitz, président du directoire du réseau en décembre 2018. Le groupe<br />

parisien planche sur un établissement de huit écrans et plus de 1 000 fauteuils<br />

modulables avec certaines salles privatisables. « Nous ferons quelque chose qui<br />

sera à la hauteur des lieux. Avec la mairie de Paris, nous voulons que les Parisiens<br />

se réapproprient les Champs via la culture. Et ce n’est pas avec une salle classique<br />

que nous allons les faire revenir, ni en ne nous adressant qu’aux Parisiens que nous<br />

en ferons un succès. Il faut innover, car si nous n’avons pas d’idées pour le cinéma<br />

de demain, personne ne l’inventera à notre place », nous expliquait également<br />

Elisha Karmitz, directeur général de MK2.<br />

Dans l’est francilien, l’UGC Majestic de Meaux ne rouvrira pas non plus ses<br />

portes le 22 <strong>juin</strong>, d’après le site Actu.fr. Mais la raison est bien différente : la<br />

direction du groupe travaille depuis plusieurs années sur l’agrandissement du<br />

cinéma, projet régulièrement retardé par les négociations avec la brasserie<br />

voisine. L’établissement devait notamment maintenir une exploitation pendant<br />

la durée du chantier ; il sera intégralement fermé au public au moins jusqu’à<br />

septembre 2021. La capacité du multiplexe passera de sept écrans et 1 088<br />

places à neuf salles et une jauge de sièges similaire. Il avait réalisé 255 222<br />

entrées en 2019.


ASSEMBLÉES GÉNÉRALES... EN LIGNE !<br />

SLEC<br />

En attendant les vraies retrouvailles<br />

Circonstances obligent, la 101 e assemblée générale du Syndicat des cinémas lyonnais s’est tenue mardi 9 <strong>juin</strong> dans un environnement virtuel,<br />

pour échanger sur les préoccupations pour le moins réelles et urgentes des adhérents.<br />

UN MESSAGE ET UN<br />

RENDEZ-VOUS<br />

Si les participants de cette assemblée virtuelle<br />

ont dû se passer des présentations de line-up<br />

de distributeurs, ils ont pu découvrir une vidéo<br />

surprise de François Ozon, qui tenait particulièrement<br />

à remercier les exploitants de la région<br />

lyonnaise pour leur soutien à Grâce à Dieu en<br />

2019. « Sans votre travail et votre acharnement,<br />

le film n’aurait jamais eu un tel succès. Cette<br />

année, les enjeux sont différents. Il ne s’agit pas<br />

de se battre contre les censures ou les pressions<br />

de la justice, mais de reprendre le chemin des<br />

salles après plusieurs mois de confinement. »<br />

Suite au label Cannes <strong>2020</strong>, avec son distributeur<br />

Diaphana, le cinéaste a choisi de sortir son<br />

nouveau film Été 85 le 14 juillet. « C’est un vrai<br />

risque, un pari, mais nous pensons que le public,<br />

comme nous, a envie de revenir devant le grand<br />

écran, particulièrement après de semaines de<br />

télévision et d’écrans numériques », pronostique<br />

François Ozon qui espère retrouver les exploitants<br />

au plus vite, « si possible pour des avant-premières<br />

avec toute l’équipe du film ! ».<br />

L’AIDE DE L’ENTRAIDE<br />

L’assemblée générale s’est clôturée avec le<br />

traditionnel tirage au sort de l’Entraide pour<br />

remporter un séjour d’une semaine dans l’une<br />

des résidences de Blonville-sur-Mer, Saint-Gervais<br />

ou Paris (félicitations à Géraldine Bertiller,<br />

assistante de direction du cinéma Arlequin de<br />

Belley dans l’Ain !). Pour rappel, l’Entraide, qui<br />

par mesure de soutien exonère ses membres<br />

de leurs cotisations sur la totalité des deuxième<br />

et troisième trimestres, a rouvert ses réservations<br />

d’appartements depuis le 6 <strong>juin</strong>, « toujours au<br />

même prix et aux mêmes conditions », a précisé<br />

Sylvie Surpal, responsable communication et<br />

développement de la structure.<br />

Ils étaient plus de 130 pour ce rendez-vous en ligne, organisé<br />

avec le soutien technique de The <strong>Boxoffice</strong> Company, qui a<br />

débuté avec les traditionnels rapports financier et d'activité<br />

du syndicat qui rassemble 211 salles et 384 écrans.<br />

Pour la petite exploitation, Mélody Besset, directrice du Ciné<br />

Chaplin de Rive-de-Gier, a particulièrement détaillé le projet<br />

de la commission de branche de la Fédération d’un plan de<br />

relance spécifique. Parmi ses axes figurent la création d’une<br />

cellule de crise afin d'accompagner les petites exploitations«<br />

en difficulté économique ou politique suite à la réouverture »,<br />

l’accès aux films pour le maintien de l’attractivité et de la<br />

diversité, et l’éducation à l'image, « notre cœur de métier » avec<br />

le souci de mobiliser l’Éducation nationale et de rassurer sur<br />

les conditions d'accueil pour le retour des scolaires. La petite<br />

exploitation réclame aussi une augmentation du nombre de<br />

postes de médiateurs culturels au niveaux des Régions et, sur<br />

l’axe économique, demande, comme l’AFCAE, un effacement<br />

des remboursements Cinenum pour les salles encore soumises<br />

aux contributions numériques, ainsi que la suspension du<br />

règlement de la TSA sur le trimestre de réouverture avec<br />

conservation des droits acquis.<br />

Sylvie Jaillet, exploitante du Ciné Festival d'Ambérieu-en-Bugey,<br />

a elle aussi principalement évoqué les sujets traités par la<br />

commission de la moyenne exploitation lors de sa réunion du<br />

5 <strong>juin</strong>, soulignant en particulier la liberté laissée aux établissements<br />

de gérer les mesures de distanciation physique et l’importance,<br />

en matière de communication dans les médias, de ne pas<br />

trop détailler le guide sanitaire pour « rester sur des messages<br />

positifs concernant la reprise d’activité ». La moyenne exploitation<br />

se réjouit aussi de la relance de l'opération Cinéday dès le mardi<br />

23 <strong>juin</strong> : « Si, de surcroît, certains distributeurs proposaient des<br />

films en avant-première, le signal envoyé aux spectateurs mais aussi<br />

aux exploitants serait positif ! » Parmi les préparatifs à ne pas<br />

oublier, la branche rappelle que les e-réservations, contrairement<br />

aux e-billets, ne deviennent des billets CNC qu’au moment de<br />

leur validation lorsque le spectateur se présente. Parmi les<br />

préparatifs à ne pas oublier, la branche rappelle que les e-réservations,<br />

contrairement aux e-billets, ne deviennent des billets<br />

Christophe Maffi, président du SLEC, en compagnie de Sandrine Gueynard, déléguée<br />

générale du syndicat, Frédéric Rougier, secrétaire trésorier adjoint, Mélody<br />

Besset, secrétaire générale, et Sylvie Jaillet, trésorière<br />

CNC qu’au moment de leur validation lorsque le spectateur se<br />

présente. Enfin, elle souligne, parmi l'offre des billets pré-payés,<br />

le « côté vertueux » de ceux de l'Entraide, « qui profite à nos<br />

salariés. En cette période de crise, nous soulignons l'importance de<br />

ce fonctionnement qui profite à l'ensemble de notre filière. »<br />

Thierry Rocourt ayant quitté ses fonctions au sein du SLEC à<br />

l’occasion de son départ à la retraite, la branche grande exploitation<br />

n’a pas présenté de rapport. Désormais responsable des<br />

Pathé Bellecour, Vaise, Carré de soie, soit 39 écrans à Lyon et<br />

Vaulx-en-Velin, Alexis Guillaume le remplace en tant que<br />

représentant de la branche dans le CA du syndicat.<br />

Parmi les invités qui se sont succédé sur « scène », le délégué<br />

général de l’ADRC Éric Busidan a détaillé le nouveau système<br />

d’intervention en première semaine qui concerne 850 cinémas<br />

(de 1 à 3 écrans et réalisant moins de 50 000 entrées annuelles)<br />

adhérents de l'Agence. En outre, il a précisé les noms des cinq<br />

membres du comité professionnel chargé de déterminer la liste<br />

des films éligibles au dispositif, composé des exploitants<br />

Christophe Maffi, François Thirriot, Emmanuel Baron, et des<br />

distributeurs Roxane Arnold (Pyramide) et Etienne Ollagnier<br />

(Jour2Fête).<br />

Le président de l’AFCAE François Aymé a évoqué le classement<br />

art et essai et les prochaines Rencontres nationales [voir notre<br />

interview p.12]. Puis c’était au tour de Richard Patry, suivi<br />

d’Odile Tarizzo, de répondre aux interrogations des adhérents,<br />

notamment sur la question du guide sanitaire [voir aussi p.10].<br />

SYNDICAT DES CINÉMAS DES PAYS DE SAVOIE<br />

Être attentifs, rassurants… et ludiques !<br />

David Marguin, président du Syndicat des cinémas des Pays de Savoie,<br />

“face” à Richard Patry<br />

Les cinémas savoyards aussi se sont retrouvés en ligne,<br />

le vendredi 5 <strong>juin</strong> dernier, autour de leur président<br />

David Marguin. Le syndicat assure une prise en charge<br />

de 50 % des bornes de gel hydroalcoolique pour ses<br />

adhérents. Laissant de côté le déroulé habituel d’une<br />

assemblé générale, le bureau a profité de la présence<br />

du président de la FNCF Richard Patry pour l’interroger<br />

sur le guide sanitaire alors tout fraîchement<br />

publié, les mesures de soutien du CNC en attente, le<br />

Congrès de Deauville et la campagne de communication<br />

prévue pour la réouverture des salles. « Surveillez<br />

bien la situation européenne, c’est important d’observer<br />

ce qui se passe ailleurs », a conseillé en conclusion David<br />

Marguin, qui, en tant qu’exploitant du cinéma Voltaire<br />

de Ferney, suit de près ce qui se passe chez ses voisins<br />

suisses, où les cinémas ont pu reprendre leur activité<br />

depuis le 6 <strong>juin</strong>. Le président du syndicat a par ailleurs<br />

rappelé aux adhérents l'importance d’anticiper les<br />

contacts avec les services culturels, la médecine du<br />

travail, de rassurer les employés et de s’efforcer à rendre<br />

le dispositif sanitaire d'accueil du public « plus ludique<br />

que anxiogène ».<br />

42


FOCUS EXPLOITATION<br />

©CinéWest<br />

(RÉ)OUVERTURE<br />

Un nouveau cru pour le cinéma à Cognac<br />

Le 11 mars, l’ancien<br />

Galaxy de centre-ville<br />

a laissé sa place à un<br />

nouvel établissement<br />

de six salles, basé dans<br />

la commune voisine de<br />

Châteaubernard.<br />

Fermé au bout de<br />

quatre jours<br />

d’exploitation à cause<br />

du COVID-19, il<br />

s’apprête à rouvrir le<br />

24 <strong>juin</strong>.<br />

« C’est un coup d’épée dans l’eau. » Voilà le résumé clair et concis<br />

de Daniel Taillandier, président de CinéWest, au moment<br />

d’évoquer son nouveau cinéma à Cognac, contraint de fermer<br />

ses portes mi-mars quatre jours après son ouverture. « À l’époque,<br />

il y avait un peu de curiosité de la part du public, mais on sentait<br />

qu’il allait se passer quelque chose. Le confinement n’a pas été une<br />

surprise. » Une fermeture brutale pour un site qui faisait pourtant<br />

basculer le cinéma dans une nouvelle Galaxy à Cognac.<br />

Exit le centre-ville, où l’ancien établissement a fermé ses portes<br />

le 8 mars ; le nouveau de six salles a pris place dans un nouvel<br />

écrin ultra moderne au cœur d’un quartier en plein expansion.<br />

C’est l’architecte Gilles Imbert qui a réalisé ce cinéma très<br />

anguleux, recouvert d’une coque tout en sobriété. L’entrée se<br />

fait par une grande partie vitrée, permettant au hall intérieur<br />

de gagner en volume. « Nous avons voulu jouer sur l’identité<br />

locale pour habiller cet espace. Cognac est une ville qui fait référence<br />

au travail du tonneau, de la vigne. Il y a donc de nombreux<br />

rappels en bois avec certains éléments réalisés par un tonnelier<br />

professionnel, comme la décoration du comptoir confiserie », détaille<br />

Daniel Taillandier. Un espace cosy est prévu pour prendre café<br />

et autres gourmandises fournies par des artisans locaux, comme<br />

la brûlerie Marignan ou la pâtisserie La Fromentière.<br />

Devenir le deuxième pôle cinéma après Angoulême<br />

Après le hall, un couloir égayé par des bandes murales jaunes<br />

donne accès aux six salles et 1 076 fauteuils, une de moins que<br />

dans l’ancien Galaxy. « Mais dans ce dernier, le plus grand écran<br />

avait une base de dix mètres, soit presque la taille du plus petit<br />

dans le nouvel équipement, qui sera doté d’un écran de 19 mètres<br />

de base. Nous avons donc privilégié le confort dans le nouveau<br />

cinéma. » Ainsi, l’offre est complétée par des projecteurs Sony<br />

Digital 4K dans les six salles, un double projecteur pour la<br />

3D, le Dolby Atmos dans une salle et les autres en 7.1 avec<br />

renfort de basses ainsi que des fauteuils club. Par ailleurs, un<br />

espace de réception a été aménagé avec un accès direct à deux<br />

salles, dans le même esprit qu’au Lido de Royan et à l’Atlantic<br />

Sonis a installé sa régie tryptique dans le cinéma Galaxy à Cognac !<br />

C’est le 37ème site équipé de la Régie Sonis<br />

Ils nous font déja confiance<br />

Intéressé ? Contactez-nous ! - www.sonis.fr ou regie@sonis.fr


FOCUS EXPLOITATION<br />

©Quentin Petit / Charente Libre<br />

RENSEIGNEMENTS<br />

Coordonnées Cinéma Galaxy<br />

1, rue de la Belle Allée - 16100<br />

Châteaubernard<br />

Tél 05 45 32 37 98<br />

Site cine-cognac.com<br />

Horaires La semaine à partir de<br />

13h45, le week-end à partir de<br />

11h.<br />

Les Tarifs Normal : 8,20 €, réduit<br />

(en semaine de 14h à 18h30) :<br />

6,50 €, étudiants et moins de 18<br />

ans : 5,80 €, moins de 14 ans : 4 €,<br />

avant-première : 5,50 €, supplément<br />

3D : 1 €<br />

Abonnement 10 places : 60 €<br />

Le hall rend hommage à l'histoire de Cognac.<br />

LES ÉQUIPEMENTS *<br />

GLOBAL<br />

Maître d’œuvre / pilote : GILLES IMBERT<br />

BÂTIMENT<br />

Gros œuvre : LONGEVILLE, NOPAL, FOURNIER, CIBETANCHE<br />

Électricité et réseaux : BRUNET<br />

Climatisation/chauffage : CHASSÉRIAU<br />

FAÇADE/HALL<br />

Système de billetterie : CINÉDIGITALSERVICE<br />

Affichage dynamique : CINÉDIGITALSERVICE<br />

SALLES<br />

Fauteuils : KLESLO<br />

CABINES<br />

Installateur : CINEMANEXT<br />

Marque des projecteurs : SONY<br />

EXPLOITATION<br />

<strong>Pro</strong>grammation : THIBAUT MARTINES/CINÉWEST<br />

SITE INTERNET<br />

Conception du site internet : CINÉDIGITALSERVICE<br />

Fournisseur VAD : CINÉDIGITALSERVICE<br />

Ciné de Saintes, également gérés par CinéWest. Il permettra<br />

d’accueillir tantôt des spectacles vivants, tantôt des cocktails<br />

pour des entreprises, qui auront la possibilité de privatiser les<br />

lieux. Pour Daniel Taillandier, l’objectif est de devenir « le<br />

deuxième pôle du département après Angoulême », où se trouvent<br />

notamment CGR et Megarama, et reconquérir un public qui<br />

avait tendance à se tourner vers cette ville ou Saintes.<br />

La réouverture du Galaxy se fera, comme les autres cinémas<br />

du groupe (comprenant également Les Toiles du Moun de<br />

Saint-Pierre-du-Mont et le Royal de Mont-de-Marsan), le 24<br />

<strong>juin</strong>. « J’ai la chance d’avoir des sites assez neufs où il est plus<br />

simple de mettre en place les mesures sanitaires et donc de rassurer<br />

le public. La limitation des salles à 50 % est le seul vrai problème. »<br />

Cette reprise tronquée se fera sans véritable ligne éditoriale<br />

s’agissant de la programmation : « L’idée est de proposer des films<br />

qui satisferont le plus large public possible en prévision d’un été<br />

qui s’annonce faible », indique Daniel Taillandier. Dans l’optique<br />

d’attirer un public jeune, l’exploitant a mis à profit le confinement<br />

pour élaborer un concept inédit dans ses salles :<br />

CinéWest Langues. « L’été, beaucoup d’enfants et d’élèves partaient<br />

faire des stages à l’étranger pour perfectionner leur langue. Cette<br />

année, cela semble compliqué. C’est pourquoi nous avons passé<br />

un accord avec le Centre d’apprentissage régional d’étude des<br />

langues pour organiser des cours d’anglais hebdomadaires d’une<br />

heure et demie au Lido, au Galaxy et à l’Atlantic Ciné. Présentés<br />

par des professeurs diplômés actifs, trois niveaux seront proposés<br />

dès le 6 juillet : un niveau 6 e -5 e , un 4 e -3 e et un lycée. Ces cours<br />

seront axés autour de la projection d’un court métrage en anglais,<br />

négociés avec l’Agence du court, et d’une série de questions auxquelles<br />

les élèves — et les parents s’ils le souhaitent — pourront répondre<br />

via une application. L’objectif est de donner envie aux jeunes de<br />

venir au cinéma à travers des activités ludiques. Si le format<br />

fonctionne, nous envisageons de l’étendre à toutes les vacances<br />

scolaires puis d’ouvrir des cours en espagnol. »<br />

Daniel Taillandier, président de CinéWest entouré de Philippe Johan,<br />

directeur général d’exploitation et Thierry Guiet, directeur du Galaxy.<br />

©Quentin Petit / Charente Libre<br />

44


CARACTÉRISTIQUES DES SALLES<br />

SALLE<br />

FAUTEUILS<br />

PMR<br />

DIM, BASE<br />

ÉCRAN (m)<br />

SON<br />

IMAGE<br />

1 350 8 19 7.1 4K<br />

2 166 5 13 7.1 4K<br />

3 230 6 15 ATMOS 4K<br />

4 142 4 12 7.1 4K<br />

5 94 3 9 7.1 4K<br />

6 94 3 9 7.1 4K<br />

Total 1 076 29<br />

Clap de fin pour le cinéma en centre-ville<br />

À Cognac, c’est une page importante qui s’est tournée pour<br />

le cinéma, plus de cent ans après l’ouverture de la première<br />

salle. Le centre-ville de la commune charentaise a notamment<br />

connu L’Olympia, construit en 1918, Le Marignan, érigé à la<br />

fin des années 1950 et le Pathé, qui succède à l’Olympia au<br />

début des années 1980 et deviendra ensuite le Galaxy. En<br />

2011, ce dernier est repris par Franck Gagneux, qui entreprend<br />

dans la foulée une série de travaux de rénovation. En 2015, il<br />

s’associe à Daniel Taillandier sous l’entité CinéWest pour<br />

exploiter le cinéma de Cognac et l’ABC et le Lido à Royan,<br />

avant de lui céder ses parts en octobre 2018. « Cette opération<br />

était prévue dès le départ avec également en tête l’idée de lancer<br />

le projet d’un nouveau Galaxy, pour répondre à la volonté d’avoir<br />

un réseau de salles modernes », raconte le président de CinéWest.<br />

Le chantier accuse plusieurs mois de retard en raison du<br />

changement de commune, de fouilles archéologiques et de la<br />

découverte de crevasses autour du site. C’est donc au printemps<br />

2019 que les premiers coups de pelle sont donnés, aboutissant,<br />

en moins d’un an, à l’ouverture de ce nouveau complexe, pour<br />

un budget de six millions d’euros. La fin des salles en centreville<br />

est alors signée. « La ville se développe avec la construction<br />

de nouveaux équipements hôteliers notamment. Il était donc<br />

logique de proposer un cinéma moderne. »<br />

À l’avenir, Daniel Taillandier se réserve même le droit d’agrandir<br />

le Galaxy de deux salles supplémentaires ; une hypothèse qui<br />

concerne aussi le Lido de Royan. Dans un maillage dense entre<br />

la Charente et la Charente-Maritime, l’exploitant reste persuadé<br />

« qu’en apportant la bonne offre, adaptée à la demande, avec du<br />

contenu et de l’équipement inédits, nous pouvons encore attirer<br />

de nouveaux spectateurs. Nous sommes dans une région équipée<br />

mais pas optimisée. » Plus au sud, le président de CinéWest<br />

réfléchit à l’avenir du Royal de Mont-de-Marsan (Landes),<br />

racheté en 2018, et des Toiles du Moun de Saint-Pierre-du-<br />

Mont. Il vient d’augmenter la capacité du second de 89 fauteuils<br />

et envisage, à terme, de passer de quatre à six écrans : « Le<br />

fermeture du Royal en centre-ville est inéluctable, avec notamment<br />

la concurrence du Club (géré par la famille Pfiester, ndlr.). L’idée<br />

est donc de transvaser sa capacité dans le cinéma des Toiles. » Au<br />

total, CinéWest représente 28 écrans et près de 900 000 entrées.<br />

Dans son nouvel écrin de Cognac, le groupe visait les 200 000<br />

spectateurs en première année, une ambition fortement mise<br />

à mal par la crise du COVID-19. « Nous allons être sur une<br />

baisse de 35 à 40 % de l’activité sur l’année. La totalité de nos<br />

frais ne sont pas couverts. J’ai de la chance d’avoir une structure<br />

financière qui devrait me permettre de traverser cette période.<br />

Mais je reste inquiet et surpris du silence concernant les aides à<br />

l’exploitation. » Pas de quoi pour autant freiner les projets de<br />

Daniel Taillandier. Si l’ouest reste son territoire de prédilection,<br />

le président de CinéWest confie être sollicité pour des reprises<br />

et cessions dans l’ensemble de l’Hexagone.<br />

* * *<br />

Affichages<br />

Guide files<br />

Réhausseurs<br />

Accessoires Confiseries<br />

* * *<br />

Suivez notre actualité sur<br />

L’équipe CINÉMOB est heureuse d’avoir collaboré à la réalisation du<br />

Cinéma Galaxy à Cognac<br />

Solutions de mobiliers adaptés à votre cinéma<br />

Du standard au sur-mesure, vous trouverez forcément<br />

une solution d’agencement pour votre cinéma<br />

et un budget adapté à votre projet<br />

Retrouvez-nous sur www.cine-mob.fr<br />

CINEMOB - Brouillet <strong>Pro</strong>duction ZI 3 Rue des Mûriers - Martigné-Briand 49540 TERRANJOU Tél : 02 41 59 43 70<br />

www.cine-mob.fr - commercial@brouillet-production.fr<br />

RCS : 788.277.267


INSTITUTIONNELS<br />

TABLEAU DES DERNIÈRES CDACi/CNACi<br />

DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO DÉCISION<br />

CDACi<br />

03/03/20 SARL PEI REX 2 226<br />

Extension de l'actuel établissement<br />

(1 salles, 265 places)<br />

Soorts-Hossegor Landes Capbreton AUTORISÉ<br />

04/03/20 SAS LE CEZANNE CEZANNE 1 6<br />

Extension de l'actuel établissement<br />

(9 salles, 1 539 places)<br />

Aix-en-<strong>Pro</strong>vence<br />

Bouches-du-Rhône<br />

Marseille<br />

- Aix-en-<strong>Pro</strong>vence AUTORISÉ<br />

11/03/<strong>2020</strong><br />

(annulée)<br />

STAR PICTURES LE STAR 4 539<br />

Réouverture après restructuration de l'ancien<br />

cinéma (4 salles, 702 places) fermé depuis<br />

janvier 2016<br />

Cannes Alpes-Maritimes Nice<br />

AUTORISATION<br />

TACITE<br />

<strong>17</strong>/03/<strong>2020</strong><br />

(annulée)<br />

SAS LES CINEMAS DE BRIGNOLES CINEMA COURS LIBERTE 6 848<br />

En remplacement de l'actuel La boîte aux images<br />

(2 salles, 253 places)<br />

Brignoles Var Brignoles RETIRÉ<br />

11/06/20 SA OMNIA REX MAJESTIC 10 1 886<br />

24/06/20 SAS CINE LES NACELLES CINE LES NACELLES 7 1 161<br />

En remplacement de l'actuel cinéma Les<br />

Tanneurs (6 salles, 1 037 places)<br />

En remplacement de l'actuel Les Nacelles<br />

(4 salles, 525 places)<br />

Dole Jura Dole AUTORISÉ<br />

Annonay Ardèche Annonay<br />

25/06/20 SARL ECRANS DU GRAND EST MAJESTIC LE FRANCE 10 1 030 Remiremont Vosges Remiremont<br />

AGENDA DE LA PROFESSION<br />

ÉVÉNEMENT DATE LIEU<br />

CINEEUROPE ON-LINE <strong>17</strong> et 18/06/20 en ligne<br />

AG DES CIP 30/06/20 Paris (75)<br />

RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI<br />

DE L'AFCAE<br />

FESTIVAL DU FILM FRANCOPHONE<br />

D’ANGOULÊME<br />

RENCONTRES ART ET ESSAI JEUNE PUBLIC<br />

DE L'AFCAE<br />

25 au 27/08/20 La Rochelle (<strong>17</strong>)<br />

28/08 au 02/09/20 Angoulême (16)<br />

09 au 11/09/20 La Rochelle (<strong>17</strong>)<br />

AG DE L'UCF 18/09/20 Marignanne (13)<br />

75 E CONGRÈS FNCF 21 au 24/09/20 Deauville (14)<br />

5 E JOURNÉE EUROPÉENNE DU CINÉMA ART<br />

ET ESSAI<br />

08/11/20 à travers le monde<br />

STUDIOSHOW 03 au 04/12/20 Paris<br />

Retrouvez toutes ces manifestations plus détaillées sur boxofficepro.fr rubrique Agenda<br />

AFCAE<br />

Soutiens<br />

Actions <strong>Pro</strong>motion<br />

La Communion (Corpus Christi) de Jan Komasa, Bodega Films - reprise sortie<br />

initale du 11 mars<br />

Benni de Nora Fingscheidt, Ad Vitam - 22 <strong>juin</strong><br />

Brooklyn Secret d'Isabel Sandoval, JHR Films - 1er juillet<br />

The Perfect Candidate de Haifaa Al Mansour, Le Pacte - 12 août<br />

Light of My Life de Casey Affleck, Condor Films - 12 août<br />

Epicentro de Hubert Sauper, Les Films du Losange - 26 août<br />

Adolescentes de Sébastien Lifshitz, Ad Vitam - 9 septembre<br />

Rocks de Sarah Gavron, Haut et Court - 16 septembre<br />

Ondine de Christian Petzold, Les Films du Losange - 23 septembre<br />

Patrimoine/Répertoire<br />

Elephant Man de David Lynch, Carlotta Films - 24 <strong>juin</strong><br />

Rétrospective Bo Widerberg, partie 1, Malavida Films - 24 <strong>juin</strong><br />

Rétrospective Forbidden Hollywood, Warner Bros - 1er juillet<br />

Pluie noire de Shôhei Imamura, La Rabbia/Les Bookmakers - 29 juillet<br />

Ne vous retournez pas de Nicolas Roeg, Potemkine - 16 septembre<br />

Jeune Public<br />

La Petite Taupe aime la nature de Zdeněk Miler, Les Films du Préau - 22 <strong>juin</strong><br />

Les Mal aimés d'Hélène Ducrocq, Cinéma Public Films - 16 septembre<br />

Youpi ! C'est mercredi de Siri Melchior, Gébéka Films - 23 septembre<br />

GNCR<br />

Soutiens<br />

143 rue du désert de Hassen Ferhani, Météore Films – 16 décembre<br />

46


TEAM = EQUIPE © <strong>2020</strong> The Coca-Cola Company, Coca-Cola, Fanta, Sprite sont des marques déposées de The Coca-Cola Company. © <strong>2020</strong><br />

DP Beverages Limited. FUZE TEA est une marque déposée de DP Beverages Limited. © <strong>2020</strong> Tropico SAS, Tropico est une marque déposée de<br />

Tropico SAS. Coca-Cola European Partners France SAS - Issy-les-Moulineaux - RCS Nanterre 343 688 016.

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!