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Journal asmac No 2 - avril 2023

Partenariat - Chercher, trouver, conserver Politique - Formation postgraduée et temps de travail Thromboses - «Effets secondaires» de la pandémie Proctologie - Symptômes cardinaux et mesures

Partenariat - Chercher, trouver, conserver
Politique - Formation postgraduée et temps de travail
Thromboses - «Effets secondaires» de la pandémie
Proctologie - Symptômes cardinaux et mesures

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<strong>Journal</strong><br />

N o 2, <strong>avril</strong> <strong>2023</strong><br />

<strong>asmac</strong><br />

Le journal de l’Association suisse des médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique<br />

Partenariat<br />

Chercher, trouver, conserver<br />

Page 20<br />

Politique<br />

Formation postgraduée<br />

et temps de travail<br />

Page 6<br />

Thromboses<br />

«Effets secondaires»<br />

de la pandémie<br />

Page 50<br />

Proctologie<br />

Symptômes cardinaux<br />

et mesures<br />

Page 54


<strong>No</strong>us respectons votre<br />

individualité.<br />

Des services et des logiciels en harmonie avec votre cabinet.<br />

Chaque cabinet médical ou thérapeutique est différent. Et c’est une bonne chose. Voilà<br />

pourquoi les offres de logiciels et de services de la Caisse des Médecins sont modulaires<br />

et combinables de multiples façons. Même dans le secteur très réglementé de la santé,<br />

un haut niveau d’individualité demeure ainsi possible.<br />

Vous trouverez d’autres informations sur le site<br />

caisse-des-medecins.ch<br />

La Caisse des Médecins: une coopérative<br />

professionnelle à vos côtés<br />

publix.ch


Sommaire<br />

Partenariat<br />

Chercher, trouver, conserver<br />

Illustration de la page<br />

de couverture: Stephan Schmitz<br />

Editorial<br />

5 L’union fait la force, ou pas?<br />

Politique<br />

6 La formation postgraduée<br />

c’est du temps de travail!<br />

9 L’essentiel en bref<br />

Formation postgraduée/<br />

Conditions de travail<br />

10 Qu’est-ce que la formation postgraduée<br />

structurée?<br />

13 Dans l’univers des médecinsassistant(e)s<br />

<strong>asmac</strong><br />

14 <strong>No</strong>uvelles des sections<br />

18 <strong>asmac</strong>-Inside<br />

19 Conseil juridique de l’<strong>asmac</strong><br />

Perspectives<br />

50 Actualités en médecine vasculaire:<br />

thromboses artérielles et veineuses<br />

lors d’infections à COVID-19<br />

54 Aus der «Therapeutischen<br />

Umschau» – Übersichtsarbeit:<br />

Leitsymptome bei proktologischen<br />

Erkrankungen und allgemeine<br />

Massnahmen<br />

59 Un lieu particulier<br />

mediservice<br />

60 Boîtes aux lettres<br />

62 En meilleure forme grâce à l’escalade<br />

64 La mobilité du futur<br />

66 Impressum<br />

Annonce<br />

Point de mire:<br />

Partenariat<br />

20 Quête virtuelle d’un bonheur<br />

analogique<br />

24 En harmonie sur la glace<br />

28 La face oubliée de la nature<br />

30 Conseils pour réussir dans<br />

un cabinet de groupe<br />

36 Entretenir les points communs<br />

38 «On est bien ensemble»<br />

40 L’amour derrière les barreaux<br />

44 Un guide en toute circonstance<br />

48 Atténuer les souffrances liées<br />

au divorce<br />

<strong>No</strong>us pouvons proposer de bons services aux médecins, parce que nous les comprenons bien.<br />

En tant que membre de mediservice <strong>asmac</strong>, vous appartenez à un groupe privilégié: vous avez<br />

un accès exclusif à un portail de l’emploi en ligne et sur un agenda en ligne avec des offres de<br />

séminaires. En tant que médecin en formation, vous avez par ailleurs la possibilité de participer<br />

à des congrès de carrière de très haut niveau. www.mediservice-<strong>asmac</strong>.ch<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 3


Médecine<br />

Interne Générale<br />

Update Refresher<br />

20. – 23.06.<strong>2023</strong> Lausanne<br />

31 h<br />

Médecine Interne<br />

Update Refresher<br />

05. – 09.12.<strong>2023</strong> Lausanne<br />

40 h<br />

Médecin de famille<br />

Journées de<br />

formation continue<br />

28. – 29.09.<strong>2023</strong> Montreux<br />

14 h<br />

Cardiologie<br />

Update Refresher<br />

04. – 05.05.<strong>2023</strong> Genève<br />

14 h<br />

Endocrinologie-<br />

Diabétologie<br />

Update Refresher<br />

11. – 12.05.<strong>2023</strong> Lausanne<br />

12 SSED | 12 SSMIG | 16 ASDD<br />

Gynécologie<br />

Update Refresher<br />

08. – 09.11.<strong>2023</strong> Lausanne<br />

14 SGGG | 1 SSUM | 2 SSMIG<br />

Pédiatrie<br />

Update Refresher<br />

29.11. – 01.12.23 Lausanne<br />

21 h<br />

Psychiatrie et<br />

Psychothérapie<br />

Update Refresher<br />

29.11. – 01.12.23 Lausanne<br />

20 h<br />

Information / Inscription<br />

tél. 041 567 29 80 | info@fomf.ch<br />

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Editorial<br />

L’union fait la<br />

force, ou pas?<br />

Catherine Aeschbacher<br />

Rédactrice en chef<br />

du <strong>Journal</strong> <strong>asmac</strong><br />

Certains partenariats paraissent à première vue assez surprenants.<br />

Tellement surprenants qu’ils ont longtemps été<br />

relégués dans le royaume des contes. On trouve ainsi dans<br />

la mythologie des Américains natifs la légende de l’amitié<br />

entre coyotes et blaireaux. Une caméra cachée a effectivement capturé<br />

des images d’un coyote et d’un blaireau qui affichaient un comportement<br />

très familier. Même si les scientifiques ne voulaient pas pousser<br />

l’interprétation trop loin en qualifiant cela d’amitié, ils ont tout de<br />

même évoqué l’idée que «deux animaux sauvages étaient manifestement<br />

conscients de leur partenariat».<br />

Dans notre Point de mire, il n’est pas seulement question de partenariats<br />

exotiques, mais des nombreuses formes de rassemblement,<br />

de collaboration et de convivialité. Comment choisit-on par exemple<br />

le bon partenaire pour fonder un cabinet de groupe? Comment les<br />

couples sportifs se constituent-ils pour ensuite glisser en harmonie sur<br />

la glace? Qu’est-ce qui relie les villes qui concluent des jumelages<br />

au-delà des continents? Comment les aveugles et leurs chiens guides<br />

forment-ils une équipe parfaite? Et qu’en est-il des partenariats dans<br />

des conditions difficiles, par exemple entre détenus?<br />

Grâce aux réseaux sociaux, la recherche de partenaires est nettement<br />

simplifiée par les innombrables contacts disponibles. Ces possibilités<br />

apparemment illimitées ne sont pas sans embûches comme le prouve<br />

notre experte pour Tinder et cie dans notre Point de mire. Serge et<br />

Raymonde se sont rencontrés dans la vraie vie et se sont mariés il y a<br />

plus de cinquante ans. Ils nous donnent des conseils pour une relation<br />

durable. Et si jamais les choses ne se terminent pas comme prévu,<br />

vous lirez les différentes options envisageables en cas de séparation<br />

dans un article écrit par une avocate spécialiste du sujet. Pour finir,<br />

nous revenons à la nature: le généticien de l’évolution nous fait comprendre<br />

que la nature propose encore d’autres options mises à part<br />

celle de manger et de se faire manger, comme par exemple la cohabitation<br />

et l’entraide qui contribuent efficacement à renforcer les chances<br />

de survie.<br />

La formation postgraduée fait partie des tâches essentielles des établissements<br />

de formation postgraduée pourrait-on penser. Tout est<br />

réglé dans les contrats, dans la Réglementation pour la formation<br />

postgraduée et défini dans les programmes correspondants, comme<br />

les quatre heures de formation postgraduée structurée par semaine.<br />

Mais la réalité montre que seule une minorité des médecins-assistant(e)s<br />

peut régulièrement profiter de l’offre. Dans notre article politique<br />

et celui sur la formation postgraduée structurée à la rubrique<br />

Formation postgraduée/conditions de travail, il est question, une fois<br />

n’est pas coutume, de l’importance de la formation postgraduée dans<br />

le cadre du travail quotidien.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 5


Politique<br />

La formation postgraduée<br />

c’est du temps de travail!<br />

La formation postgraduée structurée doit être prise en compte<br />

comme temps de travail. C’est ce que précise le SECO dans<br />

une lettre adressée aux inspectorats cantonaux du travail. Pour l’<strong>asmac</strong>,<br />

il s’agit d’une précision importante et précieuse.<br />

Philipp Thüler, responsable politique et communication / directeur adjoint de l’<strong>asmac</strong><br />

La formation postgraduée structurée est obligatoire pour les médecins et compte donc comme temps de travail.<br />

D’après la Réglementation pour<br />

la formation postgraduée de<br />

l’Institut suisse pour la formation<br />

médicale postgraduée et<br />

continue (ISFM), les médecins-assistant(e)s<br />

doivent suivre quatre heures de formation<br />

postgraduée structurée par semaine (voir<br />

aussi l’article «Qu’est-ce que la formation<br />

postgraduée structurée?» à la page 10).<br />

La question de savoir si cette formation<br />

postgraduée structurée est considérée<br />

comme temps de travail ou non suscite<br />

régulièrement des discussions. En refusant<br />

de la compter comme temps de travail,<br />

les hôpitaux peuvent contourner ou<br />

étendre la durée hebdomadaire de travail<br />

de 50 heures fixée par la loi.<br />

Le Secrétariat d’Etat à l’économie<br />

(SECO) met un terme à cette pratique. En<br />

novembre dernier, il a adressé une lettre<br />

aux inspectorats cantonaux du travail<br />

précisant que le temps consacré à la formation<br />

postgraduée comptait comme<br />

temps de travail. Dans cette appréciation,<br />

le SECO s’appuie sur la loi sur les professions<br />

médicales et la Réglementation pour<br />

la formation postgraduée de l’ISFM: «La<br />

loi sur les professions médicales précise<br />

que la formation universitaire fournit les<br />

fondements nécessaires à l’exercice de la<br />

Photo: Adobe Stock<br />

6<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Politique<br />

Photo: màd<br />

profession médicale choisie, alors que la<br />

formation postgrade permet aux personnes<br />

qui la suivent d’accroître leurs compétences<br />

et de se spécialiser dans le domaine choisi.<br />

Enfin, la formation continue garantit la<br />

mise à jour des connaissances et des compétences<br />

professionnelles. La formation<br />

postgraduée comprend d’une part l’apprentissage<br />

pratique sur le patient et en<br />

parallèle une partie dite ‹structurée›, c’està-dire<br />

‹la formation dispensée dans le<br />

cadre de cours organisés offrant un programme<br />

d’apprentissage précis et une<br />

relation encadrée entre la personne qui<br />

enseigne et celle qui apprend›. L’ISFM<br />

exige que chaque établissement de formation<br />

postgraduée élabore un ‹concept<br />

de formation postgraduée›. Le concept<br />

confirme que les médecins en formation<br />

peuvent suivre, pendant leurs heures de<br />

travail, les congrès et cours exigés par le<br />

programme et que l’établissement propose<br />

une formation postgraduée structurée à<br />

hauteur d’au moins quatre heures par semaine<br />

à destination des médecins en formation.»<br />

Pour le SECO, ces explications montrent<br />

«que la formation postgraduée est obligatoire<br />

pour les médecins-assistant(e)s qui<br />

souhaitent se spécialiser dans un domaine.<br />

Par conséquent, le temps consacré à la formation<br />

postgraduée compte comme temps<br />

de travail, conformément à l’article 13, alinéa<br />

4, de l’ordonnance 1 relative à la loi sur<br />

le travail (OLT 1). En particulier les heures<br />

de la formation postgraduée ‹structurée›<br />

doivent être documentées dans la saisie du<br />

temps de travail et prises en compte dans le<br />

planning, afin de garantir que les dispositions<br />

de la loi sur le travail et de ses ordonnances<br />

concernant la durée de travail et de<br />

repos, et notamment celle concernant la<br />

durée hebdomadaire maximale de travail<br />

soient respectées.»<br />

Une clarification importante<br />

et précieuse<br />

Cette précision était absolument nécessaire<br />

et aide l’<strong>asmac</strong> dans son engagement<br />

en faveur de bonnes conditions de travail<br />

et de formation postgraduée. «Le concept<br />

des 42+4 heures ne fonctionne que s’il est<br />

clairement défini que les quatre heures<br />

de formation structurée font également<br />

partie du temps de travail», déclare<br />

<strong>No</strong>ra Bienz, vice-présidente de l’<strong>asmac</strong>.<br />

«Le SECO le confirme maintenant, et ce<br />

point est particulièrement important pour<br />

les discussions avec les employeurs et les<br />

inspectorats du travail, car cette question<br />

a régulièrement été sujette à controverse.»<br />

Avec la semaine de 42+4 heures, l’<strong>asmac</strong><br />

veut que la planification des services<br />

se fonde sur une durée maximale de<br />

42 heures de prestations au patient et de<br />

quatre heures de formation postgraduée<br />

structurée. «On peut ainsi garantir que<br />

les médecins puissent suivre les quatre<br />

heures de formation postgraduée structurée<br />

sans dépasser la durée de travail<br />

hebdomadaire maximale», explique <strong>No</strong>ra<br />

Bienz.<br />

La formation postgraduée pour<br />

une minorité<br />

Un sondage récent réalisé par la «Neue<br />

Zürcher Zeitung» (NZZ) et auquel ont<br />

participé environ 4500 médecins-assistant(e)s<br />

a montré que cette revendication<br />

reste plus que jamais d’actualité. Le sondage<br />

a révélé non seulement que les horaires<br />

de travail sont trop longs, mais aussi<br />

que la formation postgraduée structurée,<br />

en principe obligatoire, ne peut souvent<br />

pas être suivie. Près de 40% des médecinsassistant(e)s<br />

ont indiqué travailler en<br />

moyenne plus de onze heures par jour.<br />

Seulement 7% travaillent moins de dix<br />

heures par jour. En même temps, plus de la<br />

moitié des personnes interrogées ont répondu<br />

que leur employeur ne proposait<br />

tout simplement pas les quatre heures<br />

de formation postgraduée. Et 40 % disent<br />

qu’il existe une offre de formation postgraduée,<br />

mais qu’ils ne peuvent pas ou que<br />

rarement la suivre en raison de l’importante<br />

charge de travail ou des horaires de<br />

services (NZZ du 20 février <strong>2023</strong>).<br />

Signaler les problèmes<br />

Cela signifie que seule une petite partie<br />

des médecins-assistant(e)s peut suivre<br />

la formation postgraduée structurée dans<br />

la mesure prévue. Cette situation doit<br />

changer, notamment dans l’intérêt d’un<br />

approvisionnement en soins de qualité en<br />

Suisse. La lettre du SECO (en allemand)<br />

peut être téléchargée sur le site web de<br />

l’<strong>asmac</strong>. Elle a aussi été distribuée aux<br />

visiteuses et visiteurs de l’<strong>asmac</strong> qui<br />

contrôlent régulièrement les établissements<br />

de formation postgraduée. «Il est<br />

toutefois nécessaire que les problèmes<br />

concernant les conditions de travail et<br />

de formation postgraduée continuent de<br />

nous être signalés», précise <strong>No</strong>ra Bienz.<br />

«Pour cela, les personnes concernées<br />

peuvent utiliser le bureau de notification<br />

en ligne de l’<strong>asmac</strong>, mais aussi directement<br />

contacter les sections ou l’association<br />

faîtière <strong>asmac</strong>. <strong>No</strong>us suivons tous<br />

les cas.»<br />

Les hôpitaux ont aussi tout intérêt à<br />

proposer de bonnes conditions de travail et<br />

de formation postgraduée pour recruter et<br />

fidéliser des collaborateurs. L’<strong>asmac</strong> apporte<br />

volontiers son aide, par exemple avec<br />

le conseil gratuit en matière de planification<br />

des services qui peut montrer comment<br />

satisfaire aux exigences de la loi sur<br />

le travail et de la réglementation pour la<br />

formation postgraduée.<br />

Vous en saurez plus sur le sujet sur<br />

www.<strong>asmac</strong>.ch/conditions-de-travail/<br />

droit-du-travail/ ou<br />

www.meldestelle-vsao.ch/fr/bureaude-notification/<br />

@vsao<strong>asmac</strong><br />

<strong>No</strong>us vous remercions de<br />

votre participation!<br />

Début mars, nous avons reçu les<br />

dernières réponses dans le cadre de<br />

notre quatrième sondage auprès<br />

des membres. Tous les médecinsassistant(e)s<br />

et chef(fe)s de clinique<br />

membres de l’<strong>asmac</strong> étaient invités<br />

à y participer. Plus de 3200 personnes<br />

ont répondu à nos questions. L’objectif<br />

de 3000 participants a donc été largement<br />

atteint. Un grand merci à tous!<br />

Les réponses sont très précieuses pour<br />

notre travail politique et l’engagement<br />

en faveur de nos membres. <strong>No</strong>us publierons<br />

l’analyse complète des résultats<br />

début mai.<br />

Démission du CD<br />

Patrizia Kündig,<br />

membre de longue<br />

date du Comité<br />

directeur (CD) et<br />

vice-présidente de<br />

l’<strong>asmac</strong> jusqu’en<br />

mai 2022, démissionnera<br />

à la fin <strong>avril</strong> <strong>2023</strong><br />

de ses fonctions de membre du CD<br />

et responsable du ressort formation<br />

postgraduée. Elle a décidé de s’accorder<br />

une pause prolongée pour se développer<br />

sur le plan professionnel et personnel.<br />

L’<strong>asmac</strong> remercie chaleureusement<br />

Patrizia pour son engagement. Richard<br />

Mansky reprendra la direction du ressort<br />

formation postgraduée dès le mois de<br />

mai. Il est membre du CD et du ressort<br />

formation postgraduée depuis <strong>avril</strong> 2021.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 7


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Politique<br />

La main-d’œuvre<br />

se fait rare<br />

Photo: màd<br />

«La main-d’œuvre de la future génération Z se fera<br />

rare», a dernièrement déclaré l’économiste Marcus<br />

Schlögel dans la «Neue Zürcher Zeitung». Les<br />

entreprises et les cadres dirigeants ne devraient<br />

donc pas se plaindre des revendications de la jeune génération,<br />

mais reconnaître son potentiel. Car il s’agit «de non seulement<br />

mettre en valeur les jeunes talents et collaborateurs, mais aussi<br />

de les recruter activement pour assurer la pérennité de l’entreprise».<br />

Cela semble logique. En effet, une entreprise qui ne<br />

parvient pas à recruter des jeunes collaborateurs disparaîtra<br />

tôt ou tard. Ou autrement dit, une entreprise qui n’arrive<br />

pas à satisfaire les besoins des jeunes talents<br />

qu’elle souhaite recruter n’aura pas<br />

d’avenir.<br />

Les exemples d’entreprises qui relèvent<br />

ce défi avec succès sont nombreux<br />

et il n’est pas même nécessaire<br />

de consulter Google pour les trouver.<br />

Il y a quelques jours, j’ai lu dans le<br />

journal un article sur le projet du<br />

canton de Berne qui vise à établir un<br />

apprentissage à temps partiel. Cela<br />

n’existait apparemment pas jusqu’ici,<br />

mais répond manifestement à un besoin.<br />

L’article évoque le cas d’une jeune<br />

femme qui est devenue maman à 18 ans<br />

et souhaite maintenant, à 26 ans, faire un<br />

apprentissage à temps partiel, c’est-à-dire à<br />

80 %. Des engagements à 60 ou 70 % seront aussi<br />

possibles. Le canton semble avoir perçu les signes<br />

des temps et peut ainsi recruter des spécialistes qui lui rendront,<br />

on peut l’espérer, de bons et loyaux services à plus long terme.<br />

Dans le système de santé et en particulier dans la formation<br />

médicale postgraduée, cette idée tarde à faire son chemin. Un<br />

ancien médecin-chef a ainsi déclaré, aussi dans la NZZ, qu’un<br />

grand nombre de jeunes médecins-assistant(e)s souhaitent<br />

travailler à temps partiel, mais que les «professions médicales ne<br />

sont pas des emplois de bureau». Un autre ancien médecin-cadre<br />

a écrit dans le Bulletin des médecins suisses qu’il avait pendant<br />

toute sa vie travaillé les tristement célèbres «60 à 80 heures par<br />

semaine» et constaté qu’il n’avait subi aucun préjudice, mais bien<br />

au contraire pu en profiter. La teneur de ces messages est «<strong>No</strong>us<br />

avons aussi beaucoup travaillé et cela ne nous a pas fait de mal»<br />

et «La génération actuelle est gâtée et n’a jamais appris à travailler<br />

pour de vrai». Les besoins exprimés sont pourtant légitimes.<br />

Si le conjoint veut aussi travailler, si les enfants ou les proches<br />

doivent être pris en charge, si l’on veut s’adonner à un passe-temps<br />

ou exercer un mandat politique, est-il vraiment présomptueux<br />

L’essentiel<br />

en bref<br />

et aberrant d’exiger de l’employeur que la planification des services<br />

soit à peu près fiable et que la loi sur le travail soit respectée?<br />

Bien sûr que non. Et pour en revenir au point de départ: il faut<br />

aller bien plus loin encore. Il ne peut pas seulement être question<br />

d’une planification des services fiable et du respect de la loi sur<br />

le travail. Il s’agit aussi de prendre au sérieux les besoins et désirs<br />

des collaborateurs, de les respecter et si possible d’y répondre<br />

pour pouvoir, en contrepartie, mobiliser leur main-d’œuvre.<br />

Les collaborateurs qui sont pris au sérieux, qui se sentent écoutés<br />

et respectés, sont tout à fait disposés à faire preuve de loyauté,<br />

à travailler plus longtemps si la situation l’exige ou à<br />

s’engager pour une collègue malade. La condition<br />

à cela est cependant de se mettre d’accord<br />

sur une conception commune des rapports<br />

de travail selon le principe «donner et<br />

recevoir». Ce n’est que de cette manière<br />

que le système de santé sera en<br />

mesure de recruter à l’avenir une<br />

main-d’œuvre qui se fait de plus<br />

en plus rare.<br />

Philipp Thüler,<br />

responsable politique et communication,<br />

directeur adjoint de l’<strong>asmac</strong><br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 9


Formation postgraduée / Conditions de travail<br />

Au travail, les médecins acquièrent quotidiennement<br />

de nouvelles compétences. La formation postgraduée<br />

structurée est cependant tout aussi importante.<br />

Qu’est-ce que la<br />

formation postgraduée<br />

structurée?<br />

Quatre heures de formation postgraduée structurée<br />

sont obligatoires pour les médecins en formation.<br />

Mais qu’entend-on par formation postgraduée structurée?<br />

Une notice de l’ISFM clarifie la question.<br />

Philipp Thüler, responsable politique et communication / directeur adjoint de l’<strong>asmac</strong><br />

Photo: Adobe Stock<br />

10<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Formation postgraduée / Conditions de travail<br />

La durée maximale de travail de<br />

50 heures par semaine est régulièrement<br />

dépassée dans de<br />

nombreux hôpitaux. Rares sont<br />

donc les médecins-assistant(e)s qui peuvent<br />

suivre les quatre heures de formation<br />

postgraduée structurée obligatoire selon la<br />

Réglementation pour la formation postgraduée<br />

de l’Institut suisse pour la formation<br />

médicale postgraduée et continue (ISFM).<br />

Certains hôpitaux ne proposent pas du<br />

tout cette formation postgraduée, dans<br />

d’autres, les médecins­ assistant(e)s ne<br />

peuvent pas ou seulement partiellement la<br />

suivre à cause de la forte charge de travail<br />

et/ou d’une planification des services tout<br />

sauf optimale. Le grand sondage réalisé<br />

par la «Neue Zürcher Zeitung» (NZZ du<br />

20 février <strong>2023</strong>) l’a une fois de plus confirmé.<br />

Cela rejoint d’ailleurs aussi les résultats<br />

d’enquêtes auprès des membres réalisées<br />

par l’<strong>asmac</strong>.<br />

L’<strong>asmac</strong> vise donc une semaine de<br />

42+4 heures, c’est-à-dire 42 heures de travail<br />

au chevet des patients et quatre heures<br />

de formation postgraduée structurée. Si ce<br />

principe est systématiquement appliqué<br />

pour la planification des services, cela réduit<br />

considérablement le risque que la durée<br />

maximale de travail de 50 heures par<br />

semaine soit atteinte ou dépassée, et augmente<br />

grandement la probabilité de pouvoir<br />

effectivement suivre la formation<br />

postgraduée structurée.<br />

Plusieurs options sont envisageables<br />

Mais qu’entend-on par formation postgraduée<br />

structurée? L’ISFM a publié une notice<br />

à ce sujet qui peut être téléchargée sur<br />

le site web de l’ISFM ou sur celui de l’<strong>asmac</strong>.<br />

On y opère une distinction entre la formation<br />

postgraduée selon le principe fondamental<br />

Learning on the Job, qui ne peut pas<br />

être quantifiée, et la formation postgraduée<br />

structurée qui est obligatoire à hauteur de<br />

quatre heures par semaine.<br />

Le Learning on the Job inclut l’acquisition<br />

de compétences supplémentaires pendant<br />

la prestation clinique. Cela ne correspond<br />

cependant pas à une formation<br />

postgraduée structurée, car d’après la notice,<br />

celle-ci doit «avoir une structure et<br />

mettre explicitement l’accent sur la formation<br />

des médecins [...]. Lorsque la formation<br />

structurée est intégrée dans le quotidien<br />

clinique, il est capital qu’elle distingue trois<br />

phases: préparation, exécution et débriefing<br />

de l’activité». Les évaluations en milieu<br />

de travail, l’enseignement au chevet du patient<br />

ou les EPA (Entrustable Professional<br />

Activities) sont des exemples pertinents de<br />

formation postgraduée structurée.<br />

D’autres formes de la formation postgraduée<br />

structurée sont résumées dans la<br />

notice. Il s’agit par exemple de:<br />

– Congrès et assemblées annuelles des sociétés<br />

de discipline médicale avec participation<br />

en présentiel ou hybride/virtuelle<br />

– Sessions organisées par l’institution ou<br />

interdisciplinaires reconnues avec animateur<br />

(y compris sessions en ligne,<br />

comme par exemple exposés et présentations<br />

de cas, colloques interdisciplinaires,<br />

conférences clinico-pathologiques,<br />

conférences morbidité/mortalité<br />

ou discussions sur les CIRS [Critical Incidence<br />

Reporting System])<br />

– Sessions de formation postgraduée et<br />

continue au sein de la clinique dans le<br />

cadre de cursus spécifiques, comme par<br />

exemple exposés, discussions de cas avec<br />

animateur, mettant l’accent sur l’aspect<br />

didactique, ateliers ou <strong>Journal</strong> Clubs<br />

– Sessions interactives, comme par exemple<br />

formation pratique ou cours de simulation<br />

médicale<br />

Les teachable moments sont spécialement<br />

mentionnés dans la notice. Ce sont des<br />

«événements, des situations ou des expériences<br />

se prêtant particulièrement à l’enseignement<br />

de quelque chose qui se révèle<br />

par hasard au cours du travail clinique».<br />

Ils peuvent être considérés comme de la<br />

formation postgraduée structurée s’ils<br />

durent au moins dix minutes et qu’ils présentent<br />

une structure incluant préparation<br />

et débriefing. Comme ils arrivent généralement<br />

de manière impromptue, ils<br />

ne peuvent pas être inclus dans les quatre<br />

heures hebdomadaires de formation<br />

postgraduée structurée.<br />

Mettre du temps à disposition<br />

Dans la notice, l’ISFM rend attentif au fait<br />

que «chaque établissement de formation<br />

postgraduée n’est pas tenu de proposer à<br />

lui seul l’ensemble de la formation postgraduée<br />

structurée». Pour les petits établissements<br />

de formation postgraduée, la collaboration<br />

avec des cliniques de plus grande<br />

taille peut être une option intéressante.<br />

Il est cependant primordial «que les établissements<br />

de formation postgraduée<br />

laissent le temps nécessaire à la disposition<br />

des médecins en formation pour<br />

qu’elles ou ils puissent effectivement profiter<br />

de l’offre».<br />

Selon la notice, les quatre heures de<br />

formation structurée devraient «de manière<br />

générale ... être hebdomadaires. Les<br />

blocs de formation postgraduée (p. ex.<br />

cours externes) peuvent cependant être<br />

calculés dans le sens d’une interprétation<br />

flexible de ces conditions.»<br />

La formation postgraduée structurée<br />

constitue un élément central de la formation<br />

des médecins spécialistes. D’après<br />

les enquêtes évoquées, on ne lui accorde<br />

pas toujours l’importance qu’elle mérite.<br />

Les problèmes constatés dans ce contexte<br />

peuvent en tout temps être communiqués<br />

au bureau de notification de l’<strong>asmac</strong>. L’<strong>asmac</strong><br />

suit chaque cas et prie ses membres<br />

de signaler les cas où la formation postgraduée<br />

ne peut pas être suivie comme prévu.<br />

<strong>No</strong>us vous remercions de votre collaboration!<br />

Vous trouverez d’autres informations sur<br />

www.vsao.ch/fr/formation-medicalecontinue/concepts-et-contrats/<br />

ou<br />

www. meldestelle-vsao.ch/fr/bureaude-notification/<br />

@vsao<strong>asmac</strong><br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 11


Vos besoins, notre<br />

centre d’intérêt<br />

Visites<br />

Evaluations, salaires, horaires de<br />

travail, crèches, offres d’emploi<br />

et bien plus encore: medicus<br />

est le portail global pour votre<br />

carrière. Vous y trouverez le<br />

poste parfaitement adapté à vos<br />

attentes!<br />

Les hôpitaux et sections de<br />

l’<strong>asmac</strong> mettent à disposition des<br />

informations importantes relatives<br />

aux conditions de travail.<br />

Toutefois, c’est vous qui apportez<br />

la contribution la plus importante:<br />

en évaluant de manière<br />

anonyme votre ancien employeur.<br />

Vous aidez ainsi les autres et<br />

profitez de leurs expériences.<br />

Quelle est la qualité de la formation<br />

postgraduée dans les cliniques?<br />

Les visites se penchent en détail<br />

sur cette question. Il y a toujours un<br />

membre de l’<strong>asmac</strong> qui fait partie<br />

de l’équipe d’experts. Les visites<br />

sur place permettent d’identifier les<br />

possibilités d’amélioration. Car en<br />

tant que membre, nous voulons que<br />

vous puissiez profiter d’une formation<br />

postgraduée de qualité.<br />

Si vous souhaitez accompagner<br />

des visites, envoyez un e-mail<br />

à visites@<strong>asmac</strong>.ch et vous en<br />

saurez plus!<br />

www.<strong>asmac</strong>.ch/visites<br />

www.medicus.ch<br />

Feedback-<br />

Pool<br />

Pour vous en tant que membre,<br />

elle est fondamentale: la formation<br />

postgraduée. C’est pourquoi nous<br />

réalisons régulièrement des sondages<br />

à ce sujet auprès de notre<br />

base. Grâce au Feedback-Pool,<br />

nous pouvons orienter notre travail<br />

de manière ciblée sur vos attentes.<br />

Vous voulez y participer?<br />

Alors écrivez un e-mail à<br />

secretariat@<strong>asmac</strong>.ch.<br />

www.<strong>asmac</strong>.ch/etudes-etsondages<br />

Profession de<br />

médecin et famille<br />

• Comment puis-je concilier famille, loisirs et<br />

profession?<br />

• Comment puis-je reprendre mon travail<br />

après mon congé maternité?<br />

• Comment puis-je surmonter les défis<br />

quotidiens?<br />

En tant que membre de l’<strong>asmac</strong>, vous obtiendrez<br />

des réponses à ces questions avec notre<br />

coaching gratuit. Le conseil téléphonique est<br />

assuré par le Bureau UND.<br />

044 462 71 23<br />

info@fachstelle-und.ch<br />

www.<strong>asmac</strong>.ch/coaching-telephonique


Formation postgraduée / Conditions de travail<br />

Dans l’univers des médecins-assistant(e)s<br />

Un début de carrière dans la<br />

jungle (10.12.–23.12.2022)<br />

La «jungle de Calais»: c’est ainsi<br />

que l’on nomme les campements<br />

de fortune situés autour<br />

des villes portuaires de Calais<br />

et Dunkerque en France. Ils abritent des<br />

milliers de réfugiés qui ont pour destination<br />

finale l’Angleterre, à environ 33 km<br />

de l’autre côté de la Manche.<br />

Aujourd’hui, je troque le maquillage,<br />

la coiffure soignée, la blouse d’hôpital<br />

stérile et les baskets propres que je porte<br />

habituellement à l’hôpital, contre une<br />

tenue peu élégante (mais qui tient chaud,<br />

c’est l’essentiel), chaussée de jolies bottes<br />

en caoutchouc fourrées, pour pénétrer<br />

dans un paysage marécageux du nord de<br />

la France, sous la pluie, le vent et par<br />

moins dix degrés. Le terrain est occupé<br />

par une multitude de tentes colorées,<br />

et le sol est jonché de détritus et de vêtements<br />

sales. Une odeur de plastique brûlé<br />

flotte dans l’air, les réfugiés s’affairent<br />

autour de foyers improvisés pour faire<br />

griller du pain ou de la viande.<br />

Des volontaires disséminés çà et là<br />

portent des vestes indiquant leur appartenance<br />

aux différentes organisations humanitaires.<br />

Ici, un «doctor» ou une<br />

«nurse» (car ici, en plus de l’arabe et du<br />

farsi, l’anglais est privilégié) est tout aussi<br />

apprécié que la station de charge mobile,<br />

les accessoires de coiffure et le café instantané<br />

ou encore (une première pour<br />

moi) le chocolat chaud préparé avec de<br />

l’eau. Avec ou sans expérience, toute<br />

aide est bienvenue.<br />

L’équipe du First Aid Support Team<br />

(FAST) se rend chaque jour dans un<br />

autre campement à bord d’une Citroën<br />

Berlingo bleu foncé, équipée d’une pharmacie<br />

mobile et de divers matériels de<br />

soin. Le véhicule est à peine garé qu’une<br />

première file de personnes se forme, venant<br />

récupérer du paracétamol, de la<br />

pommade au diclofénac, du gel dentaire<br />

analgésique et du sirop contre la toux.<br />

On nous remet parfois une dent qui vient<br />

de tomber. Les cas les plus graves sont<br />

transférés à l’hôpital le plus proche.<br />

La situation est un peu plus délicate<br />

lorsqu’une personne se plaint de démangeaisons.<br />

Encore plus délicate lorsque<br />

les trois ou quatre patients suivants présentent<br />

les mêmes symptômes. Un coup<br />

d’œil rapide sur les mains et/ou les<br />

coudes, complété par une anamnèse sociale<br />

et environnementale, et le malfaiteur<br />

est rapidement identifié. Le sarcopte<br />

scabiei<br />

a trouvé ici des conditions de vie idéales:<br />

des vêtements chauds et humides, un<br />

manque d’hygiène (sans perspective de<br />

changement) et de nombreuses personnes<br />

vivant dans un espace exigu. Un compagnon<br />

indésirable dont on ne peut malheureusement<br />

pas se débarrasser si facilement<br />

et rapidement dans la situation<br />

donnée. Seule une désinfection méticuleuse<br />

sur place peut être effectuée en<br />

attendant le rendez-vous à l’hôpital. Qui<br />

ne sera peut-être jamais honoré. Car si la<br />

météo est clémente et la mer calme, une<br />

place libre sur le canot pneumatique pour<br />

Douvres sera évidemment prioritaire à<br />

l’élimination d’un acarien ...<br />

Ma conclusion: voilà une bonne<br />

occasion d’avoir un aperçu bref, mais<br />

percutant de l’aide humanitaire et de la<br />

médecine, et de laisser de côté toute<br />

vanité. Et après une telle expérience,<br />

on se réjouit deux fois plus d’enfiler les<br />

vêtements stériles de l’hôpital et on apprend<br />

aussi à apprécier le café d’ordinaire<br />

peu ragoûtant du distributeur.<br />

Camille Bertossa,<br />

médecin-assistante en<br />

première année de formation<br />

postgraduée<br />

Photo: màd<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 13


<strong>asmac</strong><br />

<strong>No</strong>uvelles<br />

des sections<br />

Berne<br />

Invitation à l’assemblée<br />

générale ordinaire <strong>2023</strong> de<br />

l’ASMAC Berne<br />

Jeudi 27 <strong>avril</strong> <strong>2023</strong>, PROGR Berne,<br />

Waisenhausplatz 30, 3011 Berne<br />

Programme<br />

Dès 18h30 apéro<br />

19h00 assemblée générale avec<br />

Remo Zumstein, Poetry Slam<br />

20h15 souper et tombola<br />

Ordre du jour<br />

1. Procès-verbal de l’assemblée<br />

générale ordinaire 2022<br />

2. Rapport annuel 2022 de la<br />

présidence<br />

3. Comptes annuels 2022<br />

4. Budget <strong>2023</strong><br />

5. Cotisations 2024<br />

6. Elections (présidence, comité)<br />

7. Election de l’organe de révision<br />

8. Négociations salariales <strong>2023</strong><br />

9. Campagne 2022 et réseaux<br />

sociaux<br />

10. Questions et discussion<br />

Inscription jusqu’au 20 <strong>avril</strong> <strong>2023</strong> en<br />

ligne sur www.vsao-bern.ch<br />

L’inscription est envoyée par courrier postal.<br />

Le rapport annuel sera mis en ligne en<br />

allemand et en français dès le 1 er <strong>avril</strong> <strong>2023</strong>.<br />

(Veuillez emporter de l’argent liquide pour<br />

les billets de tombola!)<br />

Janine Junker, directrice de l’ASMAC Berne<br />

Tessin<br />

<strong>No</strong>uvelle convention collective<br />

de travail (CCT) pour les<br />

médecins-assistant(e)s et<br />

chef(fe)s de clinique et nouvelle<br />

gestion du temps de<br />

travail en cas de maternité<br />

La section Tessin (ASMACT) a le plaisir de<br />

vous informer qu’après de longues négociations,<br />

la nouvelle CCT pour les médecins-assistant(e)s<br />

et chef(fe)s de clinique<br />

qui travaillent à l’Ente Ospedaliero Cantonale<br />

est entrée en vigueur le 1er janvier<br />

<strong>2023</strong> pour une durée de cinq ans.<br />

Parmi les principales avancées obtenues<br />

par notre association, on peut citer:<br />

– La réduction du temps de travail<br />

hebdomadaire d’actuellement 50 heures<br />

à 46 heures par semaine, y compris<br />

4 heures de formation postgraduée<br />

structurée (42+4), à salaire équivalent, à<br />

partir de janvier 2025.<br />

– L’engagement de l’EOC à mettre l’accent<br />

sur la formation postgraduée<br />

structurée par une définition claire du<br />

temps de travail et du temps de formation<br />

postgraduée.<br />

– Le timbrage des pauses effectives, dans<br />

la mesure où le médecin peut s’absenter<br />

de son poste.<br />

– Le passage du congé de maternité de 18<br />

à 19 semaines.<br />

– Le projet-pilote sur deux ans qui prévoit,<br />

en cas de grossesse, la prolongation<br />

automatique du contrat de travail<br />

jusqu’à la fin du congé de maternité.<br />

– Le passage du congé de paternité de 10<br />

à 15 jours.<br />

– L’augmentation des salaires de 2,5% en<br />

<strong>2023</strong>.<br />

PROGR: vue à vol d’oiseau sur la cour intérieure<br />

Les parties ont également convenu d’investir<br />

dans la commission paritaire en lui<br />

donnant, en plus de son rôle de médiateur<br />

dans les litiges relatifs à l’application des<br />

contrats, celui de «générateur de bonnes<br />

Photos: © Martin Bichsel; màd<br />

14<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


<strong>asmac</strong><br />

Photo: Adobe Stock<br />

pratiques» dans le but de prévenir les problèmes<br />

et d’améliorer les conditions de<br />

travail des médecins au sein de l’EOC.<br />

Un premier sujet abordé par la commission<br />

paritaire, par l’intermédiaire<br />

d’un groupe de travail, est la gestion du<br />

temps de travail des femmes médecins<br />

enceintes.<br />

Ce projet, qui a été lancé en cours de<br />

négociations, a pour but d’apporter une<br />

réponse concrète aux résultats de notre<br />

enquête de mars 2021 en ce qui concerne<br />

le malaise ressenti par de nombreuses<br />

femmes médecins, tant pendant leur<br />

grossesse qu’à leur retour du congé de maternité.<br />

Les problèmes signalés (qui allaient<br />

de la violation systématique de la durée<br />

maximale de la journée de travail à la discrimination<br />

plus ou moins voilée sur le<br />

lieu de travail, en passant par un sentiment<br />

d’inadéquation ou de non-considération,<br />

des difficultés à comprendre et à<br />

faire comprendre ses droits et ses besoins,<br />

mais aussi la mise en péril des perspectives<br />

de carrière) nous ont fait prendre<br />

conscience de la nécessité de promouvoir<br />

un changement de culture à tous les niveaux<br />

de l’entreprise, afin que la maternité<br />

soit mieux respectée et prise en compte<br />

sur le lieu de travail.<br />

Le projet s’est traduit par la mise en<br />

œuvre, à partir du 1er janvier <strong>2023</strong>, du<br />

nouveau processus de gestion de la maternité<br />

chez les médecins. Celui-ci devrait<br />

permettre, à tous les niveaux, d’améliorer<br />

l’information, de renforcer le respect des<br />

femmes médecins enceintes au travail et<br />

d’augmenter la sensibilisation à leur situation.<br />

La section Tessin est satisfaite des<br />

progrès accomplis, mais est consciente<br />

que «c’est plus facile à dire qu’à faire»: il<br />

reste nécessaire de veiller à ce que les nouveaux<br />

contrats soient appliqués correctement.<br />

Pour l’ASMACT, D r méd. Davide Giunzioni, président;<br />

Dr méd. Giorgia Lo Presti, vice-présidente;<br />

Dr méd. <strong>No</strong>rman Horat, vice-président<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 15


<strong>asmac</strong><br />

Zurich /<br />

Schaffhouse<br />

Manifestations:<br />

rétrospective et perspectives<br />

La section Zurich/Schaffhouse a organisé<br />

avec succès des manifestations au cours<br />

des derniers mois: au début de l’année,<br />

notre équipe s’est retrouvée pour un cours<br />

de cuisine ayurvédique. Cela nous a permis<br />

d’apprendre en coupant et blanchissant les<br />

légumes à quel point une alimentation<br />

saine, un repas apprêté avec amour est important<br />

pour notre santé physique et mentale.<br />

Il s’agit là d’un point que nous devons<br />

sans cesse nous rappeler compte tenu de la<br />

charge de travail élevée que nous assumons<br />

quotidiennement. Ensuite, nous avons<br />

poursuivi les festivités en janvier avec notre<br />

traditionnel After Work Event. Une fois de<br />

plus, une soixantaine de médecins-assistant(e)s<br />

et chef(fe)s de clinique se sont retrouvés<br />

au Chiffon Bar à Zurich pour un<br />

échange décontracté autour d’un verre, sur<br />

fond de musique jazz live.<br />

Le mois dernier s’est déroulé le premier<br />

atelier consacré aux questions financières<br />

pour les médecins-assistantes et<br />

cheffes de clinique sous le titre «Boost your<br />

Financial Health». La manifestation organisée<br />

avec elleXX a très vite affiché complet.<br />

Plus de 60 femmes médecins intéressées<br />

y ont assisté pour en apprendre davantage<br />

sur leur situation financière et les<br />

points à observer dans ce contexte. L’apéro<br />

qui a suivi leur a ensuite permis d’en discuter<br />

entre collègues. Pour finir, nous avons<br />

tenu le 1er <strong>avril</strong> notre traditionnel séminaire<br />

Coach my Career avec des exposés<br />

introductifs et une table ronde sur le thème<br />

de l’entrée dans la profession. Dans le cadre<br />

d’ateliers interactifs, nous avons présenté<br />

aux étudiants en médecine des solutions<br />

concrètes pour répondre aux défis quotidiens<br />

en clinique et des options de carrière<br />

envisageables.<br />

Articles de presse sur la situation<br />

actuelle<br />

Au cours des dernières semaines, notre<br />

section s’est également penchée sur la<br />

couverture médiatique déclenchée par<br />

une enquête menée par la NZZ auprès des<br />

médecins-assistant(e)s dans toute la<br />

Suisse. Les résultats de ce sondage indépendant<br />

confirment la situation actuelle<br />

et nous encouragent dans nos efforts et<br />

revendications pour de meilleures conditions<br />

de travail. De nombreux médias ont<br />

Un travail d’équipe: cours de cuisine ayurvédique lors de la rencontre du nouvel an du comité de<br />

l’ASMAC Zurich.<br />

repris ce sujet. <strong>No</strong>tre section, représentée<br />

par Anna Wang, présidente, et Federico<br />

Mazzola, membre du comité, a ainsi été<br />

invitée à l’émission de débat «TALK» de<br />

Tele Top. L’attention médiatique nous aide<br />

à sensibiliser le public et à corriger l’image<br />

des médecins dans l’opinion publique.<br />

Réduction de la bureaucratie et fonds<br />

pour les projets novateurs<br />

Un de nos principaux objectifs est de réduire<br />

la bureaucratie dans la médecine.<br />

<strong>No</strong>us sommes actuellement occupés à<br />

rassembler des idées. Si vous avez des<br />

exemples de bonne pratique ou des propositions<br />

sur la manière de réduire la<br />

bureaucratie, vous pouvez nous contacter<br />

à l’adresse info@vsao-zh.ch.<br />

Et pour terminer: l’ASMAC Zurich a<br />

constitué un fonds pour des projets régionaux<br />

novateurs sur des thèmes pertinents<br />

pour l’ASMAC. <strong>No</strong>us vous invitons à déposer<br />

vos idées et projets. <strong>No</strong>us évaluerons<br />

ensuite nos possibilités de soutien financier:<br />

info@vsao-zh.ch.<br />

SAVE THE DATE: l’assemblée générale<br />

annuelle de l’ASMAC Zurich/Schaffhouse<br />

aura lieu le jeudi 15 juin <strong>2023</strong>.<br />

Dominique Iseppi, communication, ASMAC Zurich<br />

Oui à la compatibilité!<br />

Mais comment?<br />

Cela ne fait aucun doute, la compatibilité<br />

entre profession et vie privée est<br />

importante, en particulier pour les<br />

jeunes médecins-assistant(e)s. Mais<br />

comment résoudre cela dans la pratique?<br />

<strong>No</strong>us réunissons tous les acteurs<br />

autour d’une même table ou disons<br />

plutôt dans une salle. L’<strong>asmac</strong> organise,<br />

en collaboration avec la Haute Ecole<br />

Spécialisée de la Suisse du <strong>No</strong>rd-Ouest<br />

(FHNW), l’Institut suisse pour la formation<br />

postgraduée et continue (ISFM)<br />

et l’Association des responsables du<br />

personnel des instituts de santé suisses<br />

(VPSG), le 6 juin <strong>2023</strong>, de 9h30 à 15h00,<br />

dans les locaux de la FHNW Olten une<br />

manifestation sur le thème «Compatibilité<br />

entre profession et vie privée<br />

pendant la formation médicale<br />

postgraduée».<br />

Vous y découvrirez des exposés intéressants<br />

et aurez l’occasion d’échanger<br />

avec d’autres spécialistes. La manifestation<br />

s’adresse aux responsables RH, aux<br />

responsables d’établissements de formation<br />

postgraduée, aux préposés à<br />

l’égalité et à d’autres personnes intéressées<br />

dans les hôpitaux et cabinets<br />

médicaux.<br />

Vous trouverez d’autres informations<br />

ainsi que le formulaire d’inscription sur<br />

www.vsao.ch/vereinbarkeit.<br />

Photo: màd<br />

16<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Je veux travailler<br />

comme médecin<br />

et m’occuper de<br />

mes enfants.<br />

C’est<br />

possible?<br />

Oui, c’est<br />

possible!<br />

Ensemble,<br />

nous pouvons<br />

le faire!<br />

<strong>No</strong>us nous engageons pour davantage<br />

de postes à temps partiel.<br />

DEVENEZ MEMBRE SUR ASMAC.CH!<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 17


<strong>asmac</strong><br />

<strong>asmac</strong>-Inside<br />

Philipp Thüler<br />

Lieu de domicile: Berne<br />

A l’<strong>asmac</strong> depuis: août 2022<br />

L’<strong>asmac</strong> en trois mots:<br />

solidaire, engagée, focalisée<br />

Entre le Bollwerk et le Palais<br />

fédéral – à Berne, les chemins<br />

sont certes courts, mais celui<br />

qui mène aux changements<br />

politiques peut être très long. Philipp<br />

Thüler, responsable politique et communication<br />

de l’<strong>asmac</strong>, en sait quelque<br />

chose. Pour lui, persévérance et engagement<br />

sont les maîtres-mots.<br />

Philipp a toujours été intéressé par la<br />

politique et la communication. Pendant<br />

ses études d’histoire, de sciences politiques<br />

et de sciences des médias, Philipp<br />

a travaillé quelque temps comme journaliste.<br />

Une fois son diplôme en poche,<br />

il s’est toutefois tourné vers les relations<br />

publiques. Il a travaillé pour différentes<br />

organisations en tant que responsable<br />

de la communication, notamment pour<br />

l’Office fédéral de la formation professionnelle<br />

et de la technologie de l’époque,<br />

pour la Fondation suisse pour la paix<br />

swisspeace et pour l’ONG internationale<br />

«Initiatives of Change». Avant de rejoindre<br />

l’<strong>asmac</strong>, Philipp a travaillé<br />

pendant dix ans pour la Fédération Suisse<br />

des Psychologues (FSP), en dernier lieu<br />

en tant que responsable de la communication<br />

et du marketing.<br />

La perspective de concilier différents<br />

intérêts et de s’engager en faveur d’une<br />

mission convaincante a mené Philipp<br />

jusqu’à l’<strong>asmac</strong>. «La santé est importante<br />

pour nous tous, et les médecins jouent<br />

un rôle décisif», dit-il, avant de poursuivre:<br />

«L’<strong>asmac</strong> défend des causes auxquelles<br />

je peux parfaitement m’identifier.»<br />

Avec ses connaissances et son expérience,<br />

il dispose des meilleures conditions pour<br />

travailler à l’<strong>asmac</strong>. Philipp est membre<br />

de différents comités, il est responsable<br />

du monitoring politique et de la communication<br />

vers l’extérieur et entretient les<br />

contacts avec d’autres organisations<br />

(FMH, H+, ASI, etc.) ainsi qu’avec les<br />

sections de l’<strong>asmac</strong>. La focalisation est<br />

un autre maître-mot qui caractérise<br />

son travail. Il lui tient à cœur d’utiliser les<br />

ressources de l’<strong>asmac</strong> dans l’intérêt des<br />

membres, dont les demandes doivent<br />

être entendues de manière appropriée.<br />

«Mieux l’<strong>asmac</strong> fonctionnera, plus elle<br />

sera à même d’atteindre ses objectifs,<br />

qui sont importants non seulement pour<br />

les membres, mais aussi pour l’ensemble<br />

de la société», affirme Philipp avec conviction.<br />

En conséquence, il recourt à tous<br />

les canaux de communication afin de recevoir<br />

le plus grand écho possible en interne<br />

et à l’extérieur.<br />

En tant que père de deux enfants<br />

en âge scolaire, il connaît bien la question<br />

de la compatibilité entre vie de famille<br />

et profession. Il est également conscient<br />

de la nécessité de trouver un équilibre<br />

entre le travail et la vie privée. Il consacre<br />

ainsi son temps libre au jogging, aux randonnées,<br />

au ski ou à la cuisine. Il cuisine<br />

pour sa famille et ses amis et leur fait<br />

profiter de ses talents de pâtissier. Et s’il<br />

lui reste encore du temps, il aime s’adonner<br />

au jass ou à un autre jeu, qui lui<br />

permettent d’exercer ses talents de stratège<br />

dans la sphère privée.<br />

Photo: màd<br />

18<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


<strong>asmac</strong><br />

Conseil juridique de l’<strong>asmac</strong><br />

Convention de résiliation<br />

plutôt que licenciement?<br />

Photo: màd<br />

Mon employeur veut<br />

mettre fin à notre relation<br />

de travail en raison<br />

de désaccords. Après<br />

quelques discussions, il est prêt à<br />

envisager de conclure une convention<br />

de résiliation. De quels points dois-je<br />

tenir compte? Est-ce que cela peut<br />

poser problème?<br />

La convention de résiliation est souvent<br />

préférable à un licenciement. Elle permet<br />

de clarifier tous les points importants,<br />

p. ex. le paiement d’éventuelles heures<br />

supplémentaires ou de vacances. On peut<br />

aussi y régler la manière dont le certificat<br />

de travail sera rédigé. Le cas échéant,<br />

on peut aussi prévoir une indemnité.<br />

Pour l’employeur, la convention de<br />

résiliation a l’avantage de fixer la date<br />

de la fin des rapports de travail. Pour<br />

l’employée, l’avantage est de ne pas être<br />

licenciée, mais de pouvoir résilier les<br />

rapports de travail d’un commun accord.<br />

Au premier abord, cela donne une image<br />

plus favorable, même si tous les spécialistes<br />

savent qu’une résiliation d’un<br />

commun accord n’est généralement pas<br />

librement consentie.<br />

Droit aux indemnités de chômage<br />

Cela vaut en particulier pour d’éventuelles<br />

prétentions vis-à-vis de l’assurance-chômage.<br />

En effet, celle-ci considère que la<br />

convention de résiliation équivaut à la<br />

résiliation par l’employé, ce qui peut<br />

entraîner des jours de suspension. Dans<br />

les conventions de résiliation, il est donc<br />

souvent indiqué que l’on précise, en cas<br />

de questions de l’assurance-chômage,<br />

pourquoi la convention a été conclue ou<br />

pourquoi, si aucune convention de<br />

résiliation n’avait été conclue, on aurait<br />

résilié le contrat de travail. Si ce n’est pas<br />

l’employé qui décide de résilier le contrat,<br />

il faut le préciser dans la convention<br />

pour éviter toute discussion.<br />

Maladie<br />

La convention de résiliation indique<br />

en principe la date de la fin des rapports<br />

de travail. Généralement, on précise<br />

que les rapports de travail ne seront pas<br />

prolongés si l’employé tombe malade.<br />

<strong>No</strong>rmalement, les rapports de travail ou<br />

le délai de résiliation se prolongent en<br />

cas de maladie. Suivant la durée de<br />

l’engagement, cela peut varier entre un<br />

et six mois. Cette règle juridique ne<br />

peut être abrogée dans une convention<br />

de résiliation que si l’employeur fait<br />

d’autres concessions (par exemple en<br />

versant des indemnités de départ ou<br />

en prolongeant la durée de la libération<br />

de l’obligation de travailler). Si ce n’est<br />

pas le cas et que l’on a malgré tout signé<br />

une convention de résiliation dans<br />

laquelle une date de résiliation a été<br />

inscrite qui ne se prolongera pas non plus<br />

en cas de maladie, il est possible de<br />

l’attaquer si l’on tombe malade. A ce<br />

propos, on peut exiger que la convention<br />

soit annulée sur ce point et que le contrat<br />

de travail soit malgré tout prolongé.<br />

En effet, la jurisprudence part du principe<br />

que dans une convention de résiliation,<br />

les parties font des concessions qui sont<br />

à peu près équivalentes. Une convention<br />

de résiliation qui n’est rédigée qu’au<br />

détriment de l’employé n’est pas valable.<br />

A noter également qu’en tant qu’employé,<br />

on peut demander un délai de réflexion<br />

de quelques jours avant de signer une<br />

convention de résiliation. Si l’on n’obtient<br />

pas un tel délai de réflexion, on peut<br />

contester la convention en invoquant le<br />

fait d’avoir été pris au dépourvu.<br />

En résumé, une convention de résiliation<br />

peut être une bonne alternative au<br />

licenciement. Il faut cependant l’étudier<br />

en détail et éventuellement aussi la<br />

soumettre au conseiller juridique de votre<br />

section ASMAC.<br />

Claudia von Wartburg,<br />

juriste, directrice de<br />

l’ASMAC Bâle<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 19


Point de mire<br />

Quête virtuelle<br />

d’un bonheur<br />

analogique<br />

En ligne, tout semble possible: un nombre presque infini de rencontres<br />

et de relations de toutes sortes. Mais les liens établis dans<br />

l’espace virtuel ne répondent souvent pas aux attentes de la vie analogique.<br />

La «parasocialité» a en effet ses propres règles.<br />

D r phil. Johanna L. Degen, psychosociologue à l’Université européenne de Flensbourg<br />

Au pays des possibilités illimitées, un clic suffit pour nouer une nouvelle relation. Mais souvent, la qualité de celle-ci est insatisfaisante.<br />

Photos: Adobe Stock<br />

20<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire<br />

Les attributions de sens et les<br />

normes autour des relations<br />

changent, même si les termes<br />

restent souvent les mêmes. Il y<br />

a cinquante ans, être monogame signifiait<br />

«passer toute sa vie avec une seule et<br />

même personne». Aujourd’hui, cela veut<br />

dire ne pas avoir d’activités sexuelles avec<br />

plusieurs personnes en parallèle, mais<br />

plutôt d’enchaîner les relations les unes<br />

après les autres (Perel, 2019).<br />

Parallèlement, certaines conceptions<br />

dépassées ont la dent dure. <strong>No</strong>us devrions<br />

vivre une sexualité décomplexée et être<br />

davantage dans la réalisation de soi. Autrefois<br />

valables, de telles croyances perdurent<br />

même dans certaines pratiques<br />

thérapeutiques. Il s’avère toutefois que le<br />

défi actuel consiste à ressentir ce que l’on<br />

aimerait lorsque tout marche. Et plus encore,<br />

les relations et la sexualité doivent<br />

être exotiques, extraordinaires et portées<br />

par une passion durable (Clement, 2019).<br />

On constate en outre une certaine quête<br />

d’épanouissement personnel et d’obligation<br />

conditionnelle concomitante.<br />

Combler le vide<br />

Une relation est censée compenser la futilité<br />

vécue dans le cadre d’une vie guidée<br />

par le néolibéralisme, alors que l’appropriation<br />

autonome d’une vie voluptueuse,<br />

le contact avec le corps et les autres sont<br />

vécus comme un défi.<br />

Les individus font ainsi l’expérience<br />

de l’aliénation. On observe que les sujets<br />

souffrent de solitude dans leur couple,<br />

qu’ils se sentent agités, vides et angoissés<br />

tout en aspirant à un engagement fiable<br />

et au sentiment d’être reconnus, acceptés<br />

et aimés.<br />

Les espaces sociaux permettant d’établir<br />

des liens (intimes ou non) se ferment<br />

de plus en plus du point de vue du sujet.<br />

Cela ne s’explique pas uniquement par<br />

l’isolement physique exacerbé dans le<br />

contexte de la pandémie, mais aussi par le<br />

durcissement des relations entre les<br />

sexes, l’insécurité et le repli sur soi qui en<br />

résultent. La question se pose de savoir<br />

comment de nouveaux rôles de genre qui<br />

soient politiquement acceptés et néanmoins<br />

attrayants peuvent fonctionner.<br />

<strong>No</strong>us attendons ainsi de nos relations<br />

qu’elles nous apportent beaucoup (de valeur<br />

ajoutée), en plus d’une certaine réalisation<br />

de soi, nous considérons le temps<br />

comme une denrée rare et nous nous sentons<br />

politiquement exposés et désécurisés<br />

dans l’espace social.<br />

Tout semble possible<br />

Les rencontres en ligne et les réseaux sociaux<br />

offrent de prétendues solutions à ce<br />

problème. Ils sont toujours à portée de<br />

main, offrent un accès apparemment infini<br />

à de belles expériences, une validation<br />

collective et permettent d’éviter les<br />

confrontations avec les autres et soimême.<br />

Une sphère instantanément<br />

agréable, mais qui a des conséquences sur<br />

les relations analogiques.<br />

De nouvelles logiques s’établissent<br />

dans les rencontres, comme le parallélisme,<br />

la quantification et le low investment<br />

(Degen et Kleeberg-Niepage, 2021;<br />

2022). Cela signifie que nous ne cherchons<br />

pas forcément le ou la partenaire qui nous<br />

convient, mais celui ou celle qui est immédiatement<br />

disponible. <strong>No</strong>us rencontrons<br />

plusieurs personnes en même temps et<br />

parfois plusieurs le même jour. <strong>No</strong>us apprécions<br />

le fait d’avoir de nombreux<br />

«matchs», même si nous nous sentons dépassés.<br />

Lors de la rencontre, nous nous<br />

investissons le moins possible, tant en<br />

termes d’argent que d’émotions et de<br />

temps. On en profite pour faire un jogging<br />

ou aller au magasin de bricolage (Degen,<br />

2021).<br />

Interchangeable et dépourvu<br />

de sentiments<br />

Même si ces pratiques sont pertinentes du<br />

point de vue du sujet, elles ont des conséquences<br />

involontaires et indésirables.<br />

L’excitation disparaît. Les autres semblent<br />

interchangeables, on se sent soi-même interchangeable,<br />

et le rapport à la sexualité<br />

change également. Qualifié péjorativement<br />

de «sexe Tinder», celui-ci est censé<br />

être peu plaisant. Le sexe est vécu comme<br />

insignifiant et dépourvu de sentiments, et<br />

une attention particulière est portée à l’apparence.<br />

Il ne s’agit pas ici d’une évaluation<br />

morale des rencontres à court terme,<br />

mais d’un manque d’épanouissement.<br />

De l’extérieur, les rencontres en ligne<br />

semblent palpitantes et attrayantes. Dans<br />

les relations également, les besoins<br />

peuvent être extériorisés de manière discrète.<br />

On peut vouloir vérifier ce que l’on<br />

vaut sur le marché, chercher des alternatives,<br />

des compliments, et vivre sa relation<br />

face à un champ infini de possibilités.<br />

L’accent est alors mis sur l’extérieur.<br />

Cela se produit via les rencontres en ligne,<br />

mais aussi via les réseaux sociaux. L’amour<br />

se nourrit entre autres de sollicitude et de<br />

respect (Fromm, 1956) – et naît souvent<br />

par le truchement du téléphone. <strong>No</strong>us<br />

avons tous déjà vécu un «phubbing» ou<br />

«phone snubbing», face à une personne<br />

qui préfère consulter son téléphone plutôt<br />

que de nous parler (Stein et al., 2022). On<br />

«scrolle» sur Instagram le soir dans son lit.<br />

Le téléphone reste sous l’oreiller toute la<br />

nuit. Le bébé pleure? Il peut bien patienter<br />

quelques secondes, le temps que je finisse<br />

de regarder cette story.<br />

Et nous nous attachons à ceux dont<br />

nous suivons la vie, que nous regardons.<br />

Même aux influenceurs. Même si la relation<br />

est unilatérale – parasociale. <strong>No</strong>us ne<br />

comptons pour les influenceurs que dans<br />

la masse des followers; mais pour les followers,<br />

la relation est significative et ils y<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 21


Point de mire<br />

investissent du temps, de l’argent et de<br />

l’attention. La recherche montre que cela<br />

ne semble pas toujours s’apparenter à une<br />

addiction, mais que nous sommes «amoureux»<br />

de notre téléphone ou de la parasocialité<br />

inhérente (Lindström, 2011).<br />

Tant les réseaux sociaux que les rencontres<br />

en ligne offrent un espace pour<br />

les projections, avec des conséquences<br />

psychiques. Lorsqu’une personne nous<br />

bloque ou se désabonne de notre profil,<br />

nous l’interprétons souvent de manière<br />

négative. Il n’y a pas de justification différenciée.<br />

<strong>No</strong>us nous sentons blessés. <strong>No</strong>us<br />

développons des relations sociales qui ne<br />

sont pas mutuellement bénéfiques et éloignées<br />

de notre idéal. Et il est alors utile<br />

pour l’estime de soi de dévaloriser l’autre.<br />

Si l’on se réfère au sexe, on présume par<br />

exemple que les femmes sont entreprenantes<br />

et les hommes soit joueurs, soit<br />

désespérés. Et avec de telles évaluations<br />

stéréotypées, nous trouvons sur les réseaux<br />

sociaux une confirmation collective<br />

– l’échange argumenté et la rencontre<br />

en tant que correctif possible n’ont pas lieu.<br />

Des utilisateurs heureux<br />

Les choses ne doivent pas forcément se<br />

passer ainsi. Le sexting et le sexe en ligne<br />

ont des effets positifs mesurables sur la<br />

sexualité (Döring et Mohseni, 2018). Il y a<br />

aussi des partenaires en ligne et des utilisateurs<br />

de réseaux sociaux heureux, qui<br />

prennent leur temps, sans se laisser happer.<br />

Ils écoutent leurs ressentis, choisissent<br />

ce qui semble juste et rejettent ce<br />

qui semble mauvais. Ils ne compensent<br />

pas une blessure en répétant les mêmes<br />

schémas. Ils pratiquent le slow dating,<br />

gardent le contact avec leur corps et leur<br />

désir sans laisser la parasocialité s’immiscer<br />

de manière excessive dans leurs relations<br />

analogiques. Ils s’approprient le numérique<br />

sans se laisser considérer comme<br />

un objet à consommer rapidement.<br />

Bibliographie<br />

Clement U. (2019). Systemische<br />

Sexualtherapie. Klett-Cotta.<br />

Degen, J. L. (2021). >500 Entscheidungen<br />

am Tag – Onlinedating zwischen<br />

transzendentaler Hoffnung und programmatischer<br />

Enttäuschung. Kursbuch Online.<br />

Degen, J. L. & Kleeberg-Niepage, A.<br />

(2022). The More We Tinder: Subjects,<br />

Selves and Society. Hu Arenas 5, 179–195.<br />

2022. https://doi.org/10.1007/s42087-020-<br />

00132-8<br />

Degen, J. L. und Kleeberg-Niepage, A.<br />

(2021). Profiling the Self in Mobile Online<br />

Dating Apps: a Serial Picture Analysis.<br />

Hu Arenas. 2021. https://doi.org/10.1007/<br />

s42087-021-00195-1<br />

Döring, N. (2019). «Sexuelle Aktivitäten<br />

im digitalen Kontext. Aktueller<br />

Forschungsstand und Handlungsempfehlungen<br />

für die Praxis», in: Psychotherapeut<br />

64(5) (2019), S. 374–384. https://doi.<br />

org/ 10.1007/s00278-019-00371-3<br />

Döring, N. & Mohseni, M. R. (2018).<br />

Are Online Sexual Activities and Sexting<br />

Good for Adults’ Sexual Well-Being? Results<br />

From a National Online Survey, International<br />

<strong>Journal</strong> of Sexual Health, 30:3, 250–263,<br />

DOI: 10.1080/19317611.2018.1491921<br />

Fromm, E. (1956/2005). Die Kunst des<br />

Liebens. Ullstein.<br />

Lindström, M. (2011). You love your<br />

Iphone. Literary. New York Times.<br />

Perel, E. (2019). The State of Affair.<br />

Rethinking Infidelity. Yellow Kite.<br />

Stein, J.-P., Liebers, N., & Faiss, M.<br />

(2022). Feeling better ... but also less lonely?<br />

An experimental investigation of how<br />

parasocial and social relationships affect<br />

people’s well-being. Mass Communication<br />

and Society. Advance publication online.<br />

https://doi.org/10.1080/<br />

15205436.2022.2127369<br />

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Kathrin Grüneis<br />

22<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 23


Point de mire<br />

Ce qui, vu de l’extérieur, semble être harmonie et légèreté<br />

est le résultat d’un entraînement rigoureux. Seul un partenariat<br />

solide permet d’arriver au sommet.<br />

En harmonie<br />

sur la glace<br />

L’esprit d’équipe joue un rôle-clé dans tous les sports d’équipe.<br />

Dans un sport qui est exclusivement axé sur les couples,<br />

ce point est crucial, car il s’agit de réunir les bonnes personnes et<br />

de consolider leur relation. Dans la danse sur glace, le niveau<br />

technique et la personnalité doivent être en harmonie.<br />

Cédric Pernet, entraîneur national de danse sur glace Swiss Ice Skating (SIS)<br />

Photo: Adobe Stock<br />

24<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire<br />

Celles et ceux qui choisissent<br />

la danse sur glace doivent impérativement<br />

trouver un ou<br />

une partenaire. Mais comment<br />

trouver son équivalent? Pour cela, on dispose<br />

de différentes options. La recherche<br />

de partenaire s’effectue grâce au réseau<br />

personnel de l’athlète, à celui de son ou<br />

ses entraîneurs et de la fédération Swiss<br />

Ice Skating, très impliquée dans la mise<br />

en place des projets et du suivi de ses athlètes.<br />

De nos jours, cette recherche de partenaire<br />

s’effectue très largement grâce à<br />

internet, aux réseaux sociaux (Facebook,<br />

Instagram, etc.). Il existe notamment un<br />

site internet «ice partner search», véritable<br />

plateforme d’échange entre patineurs<br />

à la recherche d’un ou d’une partenaire.<br />

L’athlète peut y créer son profil et/<br />

ou effectuer une recherche parmi les différents<br />

profils présents sur la plateforme.<br />

Enfin, le «bouche à oreille» peut également<br />

être un moyen efficace de trouver<br />

un ou une partenaire.<br />

Technique et harmonie<br />

Il est évident que chaque athlète doit rechercher<br />

un ou une partenaire avec des<br />

critères particuliers, afin que les deux partenaires<br />

soient compatibles. En effet, la<br />

formation d’un couple de danse sur glace<br />

doit se faire en respectant les critères suivants:<br />

– Les âges doivent être compatibles au regard<br />

du règlement qui régit la discipline:<br />

de manière générale, la différence d’âge<br />

entre les filles et les garçons est idéalement<br />

de deux ans; en effet, le règlement<br />

en vigueur prévoit le passage en catégorie<br />

Junior à 15 ans pour les filles et à<br />

17 ans pour les garçons. Dans le même<br />

sens, le passage en Senior se fait à 19 ans<br />

pour les filles et à 21 ans pour les garçons.<br />

– Les tailles doivent également être compatibles:<br />

le garçon doit être un peu plus<br />

grand que la fille (entre 7 et 20 cm de différence<br />

entre les deux); cette différence<br />

de taille agit sur l’harmonie des lignes<br />

du couple, sur l’aisance du garçon à<br />

conduire sa partenaire et sur la capacité<br />

du couple à produire des portés correspondant<br />

au niveau de sa catégorie.<br />

– Le niveau sportif: le niveau technique<br />

entre les deux partenaires doit être<br />

proche et leur marge de progression correspondre;<br />

leur objectif doit être commun<br />

et les moyens mis en place pour<br />

atteindre cet objectif devront être similaires.<br />

Dans le cas où les deux athlètes remplissent<br />

les critères, des séances d’essai sont organisées,<br />

ce qui permettra de se rendre compte<br />

de leur compatibilité ou non. Ces séances<br />

d’essai laissent également percevoir leur<br />

entente possible ou non; en effet, ces sessions<br />

amènent des feed-back sur les deux<br />

personnalités et leur possible compatibilité.<br />

Il est évident que des essais sont indispensables<br />

pour se rendre compte de la réalité<br />

et pouvoir établir une projection future<br />

pour le couple; les critères sur l’harmonie<br />

de couple et le niveau technique doivent<br />

être vérifiés de manière réelle. Néanmoins,<br />

tout cela reste bien sûr un pari sur l’avenir.<br />

Accepter les erreurs<br />

Comme dans tout sport, les erreurs, les<br />

contre-performances, les défaites sont<br />

nécessaires pour progresser/avancer en<br />

danse sur glace. Celles-ci doivent être analysées/comprises/acceptées<br />

pour qu’elles<br />

puissent être utilisées par les athlètes et<br />

qu’elles soient bénéfiques pour leur progression<br />

et évolution.<br />

Il est également important que chacun<br />

se responsabilise vis-à-vis de ses erreurs et<br />

contre-performances, afin qu’elles soient<br />

bénéfiques et ne représentent pas une menace<br />

pour la pérennité du couple. En effet,<br />

il est naturellement plus facile de remettre<br />

en question l’autre que de se remettre en<br />

question soit même lors d’une contre-performance.<br />

La remise en question de l’un<br />

des partenaires vis-à-vis de l’autre impacte<br />

donc négativement la confiance en l’autre<br />

et, par là même, la confiance en son couple.<br />

Ce schéma/cercle négatif peut donc aboutir<br />

à une séparation.<br />

Comme dans tout sport d’équipe, la<br />

contre-performance est d’autant plus importante<br />

à gérer car elle impacte le couple<br />

et pas seulement un athlète. La mise en<br />

place d’un suivi en préparation mentale<br />

avec une personne compétente et en lien<br />

avec le coach peut permettre au couple de<br />

traverser les difficultés plus facilement et<br />

ainsi augmenter la pérennité de celui-ci.<br />

Le travail sur le plan de la préparation<br />

mentale doit être aussi bien axé sur le plan<br />

du couple que sur le plan individuel. En<br />

effet, les deux axes sont interdépendants et<br />

exercent une influence réciproque.<br />

Enfin, une bonne relation entre les<br />

deux partenaires, une considération et une<br />

confiance réciproques représentent des<br />

clefs essentielles du couple pour sa pérennité<br />

en permettant de faire face aux menaces<br />

extérieures et de résister dans le<br />

temps aux différentes épreuves dans une<br />

carrière sportive.<br />

Eviter les séparations<br />

Même si les couples fonctionnent bien<br />

pendant une longue période, plusieurs cas<br />

de figure peuvent être à l’origine d’une séparation<br />

du couple:<br />

1) L’arrêt d’un partenaire qui n’a plus un<br />

projet de vie compatible avec la pratique<br />

de son sport.<br />

2) Une blessure de longue durée de l’un<br />

des deux partenaires.<br />

3) Une perte de motivation de l’un des<br />

deux partenaires qui met un terme à sa<br />

carrière.<br />

4) Une mésentente entre les deux partenaires.<br />

5) La non-atteinte des objectifs du couple,<br />

ce qui remet en question le couple luimême<br />

et ses capacités, et peut avoir<br />

pour conséquence la séparation des<br />

deux partenaires.<br />

6) La progression différente entre les deux<br />

partenaires qui impacte leur compatibilité.<br />

La progression peut être différente<br />

aussi bien sur le plan technique que sur<br />

le plan de l’interprétation/présentation/qualité<br />

gestuelle du haut du corps.<br />

Concernant les cas de figure 1 et 2, aucune<br />

solution ne permet la continuité du couple.<br />

Si l’athlète abandonne le sport pour suivre<br />

une formation supérieure ou se consacrer<br />

à un autre projet, la séparation est inévitable.<br />

La même chose vaut pour les blessures<br />

de longue durée, étant donné qu’il<br />

n’existe pas de doublure ou de remplaçant.<br />

Le ou la partenaire qui n’est pas blessé<br />

maintient habituellement son entraînement<br />

en individuel. Parfois, il est possible<br />

qu’un coach patine en couple avec cet athlète<br />

afin de maintenir un minimum d’entraînement<br />

et de sensations en couple. Il<br />

est également possible (selon les opportunités)<br />

qu’un athlète individuel puisse remplacer<br />

le/la partenaire blessé pendant la<br />

période de convalescence, sans pour autant<br />

participer à des compétitions.<br />

Quant aux quatre autres cas de figure,<br />

le triangle coaches/athlètes/parents peut<br />

trouver des solutions/mettre en place des<br />

plans d’actions selon le cas de figure en<br />

présence, afin de faire perdurer le partenariat.<br />

Swiss Ice Skating peut également apporter<br />

un soutien auprès des coaches et<br />

des athlètes si nécessaire.<br />

Depuis quelques années, la tendance<br />

actuelle dans le sport est à l’image de l’évolution<br />

de la société sur le plan de la pérennité<br />

des couples; en effet la tendance au<br />

«zapping» s’est accrue et se répercute ainsi<br />

sur la multiplication des cas de séparation<br />

de couples.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 25


Point de mire<br />

Photo: Adobe Stock<br />

26<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire<br />

Symbiosis<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 27


Point de mire<br />

La face oubliée<br />

de la nature<br />

La nature est l’éternel champ de bataille sur lequel se déroule<br />

le combat pour la survie. Cette vision est cependant trop réductrice,<br />

car il existe d’innombrables autres formes de la cohabitation,<br />

de l’entraide et de l’amitié entre espèces.<br />

Prof. André Langaney, Dép. de Génétique & Evolution, Unité d’anthropologie, Université de Genève<br />

Pour les néolibéraux, la nature<br />

est un espace de compétition,<br />

de prédation, de lutte pour la<br />

vie, bref de violence et de terreur,<br />

dont Charles Darwin serait le prophète.<br />

Certains voudraient que ce naturel<br />

dicte nos organisations sociales et que dérégulation<br />

et compétition soient les seules<br />

possibilités: c’est le «T.I.N.A.» de Margaret<br />

Thatcher («There Is <strong>No</strong> Alternative!»).<br />

Ajoutons-y la perfection divine de la nature,<br />

clamée jadis par l’évêque Paley, et<br />

l’on arrive aux aberrations de la sociobiologie<br />

et de la psychologie dite évolutionniste,<br />

pour lesquelles les caractères physiques,<br />

sociaux et psychologiques sont<br />

«optimisés» dans toute espèce vivante. La<br />

sélection naturelle ne serait que conflits.<br />

Il suffit de lire peu d’histoire des sciences<br />

et de biologie d’hier et d’aujourd’hui pour<br />

comprendre que cette vision idéologique<br />

est ridicule.<br />

Certes, la prédation, la compétition, le<br />

parasitisme existent et contribuent à la sélection<br />

naturelle. Mais, pour un caractère<br />

permettant la survie, c’est le nombre de<br />

descendants de ses porteurs (la fécondité<br />

associée), qui est le principal facteur de sa<br />

diffusion dans une population. Les «vainqueurs»<br />

de la sélection naturelle sont<br />

les survivants qui se reproduisent le plus,<br />

pas les plus beaux, les plus forts, les plus<br />

intelligents ou les plus «adaptés». Dans<br />

«L’Origine des espèces [1] Charles Darwin<br />

ne cesse d’osciller entre l’archaïque «lutte<br />

pour la vie», chère à Spencer, pour qui la<br />

compétition est le socle de l’évolution, et<br />

une vision moderne où hasard et fécondité<br />

jouent des rôles plus importants. Ces<br />

doutes seront balayés par Galton (cousin<br />

de Darwin) et Léonard Darwin (fils de<br />

Charles), fondateurs et piliers du<br />

«darwinisme social», du mouvement eugéniste<br />

et de ses dérives, dont Charles<br />

Darwin, malgré des ambiguïtés, n’est pas<br />

coupable.<br />

Collaboration et symbiose<br />

Dès la fin du XIX e siècle, des naturalistes<br />

s’opposent à cette vision du monde en décrivant<br />

une nature dont les espèces se tolèrent<br />

et s’aident mutuellement, selon le<br />

titre de l’ouvrage le plus connu de Piotr<br />

Kropotkine [2]. Au-delà des relations de<br />

prédation et de parasitisme, de nombreuses<br />

relations aux bénéfices réciproques,<br />

de «symbiose», sont bien connues<br />

et la coopération est souvent avantageuse,<br />

même dans la «lutte pour la vie». Des espèces<br />

proches ou lointaines partagent de<br />

la nourriture ou des prestations comportementales,<br />

s’abritent ou se défendent en<br />

commun, souvent jusqu’à dépendre l’une<br />

de l’autre. Les exemples pullulent, depuis<br />

la pollinisation où les insectes échangent<br />

un service sexuel aux fleurs contre de la<br />

nourriture, voire contre un autre service<br />

sexuel quand une guêpe utilise un pétale<br />

d’orchidée comme poupée gonflable! Les<br />

microbes des microbiotes sont indispensables<br />

à la digestion des termites, comme<br />

à celle des vaches ou des humains, tandis<br />

que la fixation de l’azote de l’air par les légumineuses<br />

nécessite des bactéries.<br />

Marc-André Selosse [3] rappelle que la<br />

«symbiose», une relation étroite, exclusive<br />

et nécessaire entre deux espèces vivantes<br />

(l’entraide de Kropotkine), est une propriété<br />

très ancienne et générale du monde<br />

vivant. Ainsi, les cellules des animaux et<br />

des plantes contiennent des «mitochondries»<br />

qui gèrent leurs ressources énergétiques<br />

et qui descendent de bactéries installées<br />

en commensales, il y a plus d’un<br />

milliard d’années. De même pour les<br />

«chloroplastes», qui assurent la photosyn-<br />

Photo: Adobe Stock<br />

28<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire<br />

thèse des plantes ou pour les lichens, associations<br />

permanentes et obligatoires d’algues<br />

vertes et de champignons qui les<br />

abritent.<br />

Une amitié consciente<br />

Kropotkine, aristocrate révolutionnaire,<br />

anarchiste et romantique, distinguait,<br />

comme Kessler qui l’avait inspiré, l’entraide,<br />

produit inconscient de la sélection<br />

naturelle, par exemple chez les insectes<br />

sociaux, de la démarche volontaire qu’elle<br />

devient chez les vertébrés supérieurs. <strong>No</strong>tons<br />

toutefois que la cohabitation pacifique<br />

est un préalable à l’entraide, comme<br />

elle est nécessaire à l’organisation de toute<br />

société d’une ou plusieurs espèces. Depuis<br />

les invertébrés, dont les insectes, jusqu’aux<br />

humains, les grands rassemblements<br />

comme les bancs de poissons ou les communautés<br />

d’oiseaux et de mammifères<br />

montrent que la proximité d’autres individus,<br />

de même espèce ou pas, est souvent<br />

recherchée et apporte sécurité et plaisir.<br />

L’entraide et l’amitié, au sens humain,<br />

commencent quand un système nerveux<br />

évolué permet une représentation de<br />

l’autre, de ses mouvements, de ses projets<br />

et de ses émotions, si l’empathie permet de<br />

s’y associer. Elles peuvent provenir d’une<br />

empreinte (maternelle ou sexuelle), d’un<br />

conditionnement social (comportement<br />

selon l’apparentement, appartenance à un<br />

groupe social) ou venir d’une expérience<br />

sociale récompensée. Dans tous ces cas, la<br />

relation part d’une interaction entre individus<br />

qui peut survenir aussi bien entre<br />

membres de la même espèce qu’entre espèces<br />

différentes. On peut aussi classer<br />

dans cette catégorie les relations entre éleveurs<br />

humains et animaux élevés dans un<br />

cadre domestique. Quand plusieurs espèces<br />

sont élevées ensemble, des relations<br />

«amicales» inattendues se développent<br />

souvent entre ceux qui seraient ennemis<br />

dans la nature, surtout s’ils se sont connus<br />

jeunes, car les caractères et comportements<br />

juvéniles inhibent souvent l’agression.<br />

Les réseaux sociaux montrent des<br />

quantités d’images et de vidéos de ces<br />

amitiés paradoxales entre chiens et chats,<br />

chats et rats, humains et N. A. C. (nouveaux<br />

animaux de compagnie – souvent<br />

très exotiques!).<br />

Bibliographie<br />

[1] Charles Darwin, 1859, The Origin<br />

Of Species By Means Of Natural Selection<br />

Or The Preservation Of Favoured Races In<br />

The Struggle For Life, John Murray,<br />

London.<br />

[2] Peter Kropotkin, 1902, Mutual<br />

aid, a factor of evolution, McClure, Phillips<br />

& Co, New York.<br />

[3] Marc-André Selosse, 2017,<br />

Jamais seul, Actes Sud, Arles.<br />

Une amitié inattendue. Les représentants d’espèces qui s’évitent<br />

normalement peuvent, suivant les circonstances, développer une amitié,<br />

même si celle-ci se limitera aux individus respectifs.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 29


Point de mire<br />

Conseils pour<br />

réussir dans un<br />

cabinet de groupe<br />

L’époque du combattant solitaire est probablement bientôt révolue,<br />

du moins dans le contexte médical. Le modèle à succès du «cabinet de groupe»<br />

se propage de plus en plus. Mais s’agit-il dans tous les cas de figure<br />

de la solution la meilleure? Quels sont les chances et les risques du cabinet<br />

exploité en commun?<br />

Dieter J. Tschan, lic. oec. HSG et Dr Jörg Tschan, chirurgie orale, Nimeda Consulting GmbH<br />

Photos: Adobe Stock<br />

30<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire<br />

«C’est pourquoi<br />

ceux qui s’unissent<br />

à tout jamais doivent<br />

s’assurer que le cœur<br />

répond au cœur.<br />

Courte est l’illusion,<br />

long est le repentir.»<br />

Friedrich Schiller<br />

Apparemment, les personnes<br />

désireuses de se marier ne<br />

sont pas nombreuses à tenir<br />

compte des célèbres vers du<br />

poète (et médecin) allemand. En effet, le<br />

taux de divorce a fortement augmenté<br />

dans de nombreux pays au cours des dernières<br />

décennies. Les séparations ne se<br />

produisent cependant pas seulement<br />

dans le privé. Il y a hélas aussi un nombre<br />

considérable de cabinets de groupe qui<br />

échouent. Souvent, un des partenaires se<br />

retire ou, dans le pire des cas, le cabinet<br />

de groupe doit être dissous, avec toutes<br />

les conséquences juridiques et financières<br />

que cela implique. Dans sa citation, Friedrich<br />

Schiller a clairement décrit quelles<br />

responsabilités un engagement peut entraîner.<br />

Dans son célèbre poème «Le<br />

chant de la cloche», il nous met en garde<br />

contre les décisions hâtives; un conseil<br />

que les médecins devraient également<br />

prendre à cœur lorsqu’ils veulent agrandir<br />

ou réorganiser leur cabinet. Comme le<br />

dit l’adage en référence à Schiller: «C’est<br />

pourquoi ceux qui s’unissent à tout jamais<br />

doivent s’assurer qu’il n’y a pas quelque<br />

chose de mieux!»<br />

Sur la même longueur d’onde<br />

Ce qui vaut pour le recrutement de nouveaux<br />

collaborateurs dans une entreprise<br />

s’applique aussi aux cabinets de groupe.<br />

Généralement, le recrutement s’effectue<br />

sur la base des qualifications professionnelles<br />

alors que la séparation se fait à<br />

cause de divergences de vue personnelles.<br />

Il s’agit donc de trouver un ou une partenaire<br />

qui s’intègre dans le cabinet non seulement<br />

sur le plan professionnel, mais<br />

aussi personnel. Il est impératif de définir<br />

préalablement une stratégie et philosophie<br />

communes pour la gestion du cabinet.<br />

L’esprit de compromis ne doit pas<br />

manquer et l’individualisme ne saurait<br />

Travailler en couple dans le cabinet de groupe<br />

Comme nous étions déjà en couple pendant notre formation postgraduée, nous avons<br />

veillé à travailler dans différents hôpitaux. Ce n’est que dans un grand centre hospitalier<br />

que nous avons été engagés en même temps. Cela nous a permis de découvrir les<br />

avantages pratiques d’avoir un employeur commun. Par exemple la possibilité de<br />

coordonner la planification des vacances ou de la formation postgraduée.<br />

<strong>No</strong>us tenions aussi à terminer notre spécialisation avant de fonder une famille. La prise<br />

en charge d’enfants en bas âge pendant la formation postgraduée représente un énorme<br />

défi qui nous paraissait difficile à gérer.<br />

Après la formation postgraduée, nous avons eu l’opportunité de nous engager dans<br />

un cabinet de médecins de famille avec la possibilité de l’élargir par la suite. A l’heure<br />

actuelle, nous sommes quatre médecins spécialistes, un médecin-assistant et un<br />

médecin retraité qui assure les remplacements.<br />

<strong>No</strong>us avons ainsi pu profiter du capital de confiance, du respect et de la générosité de<br />

nos prédécesseurs et poursuivre notre travail sur cette base, ce qui s’est avéré crucial.<br />

<strong>No</strong>us veillons à entretenir les relations dans l’équipe lors des réunions d’équipe et<br />

pendant les pauses. La même attitude est un principe directeur pour ce qui concerne<br />

la manière d’aborder les problèmes médicaux. Même si tout le monde fait preuve de<br />

générosité, il y aura forcément des conflits lorsque deux approches fondamentalement<br />

différentes se rencontrent. Pour clarifier les relations avec les patients, ces derniers<br />

ont leur médecin attitré qui est responsable de leur suivi à long terme. Lorsqu’il s’agit<br />

de remplacer un collègue, nous nous concentrons sur les problèmes aigus.<br />

L’organisation du cabinet comme société anonyme (SA) nous facilite la répartition<br />

des tâches administratives, qui sont également bien rémunérées. Compte tenu de la<br />

rémunération des médecins par le biais du tarif médical, il n’y a ni bonus ni malus<br />

si le budget n’est pas atteint. Chacun contribue à sa manière au bon fonctionnement<br />

du cabinet et l’engagement est directement rémunéré. La planification des vacances<br />

et des absences constitue un point délicat. En effet, il faut à chaque fois se mettre<br />

d’accord et le soulagement est grand lorsque l’on y parvient. Dans le contexte de la<br />

pénurie de médecins de famille, nous devons faire un effort particulier pour nous<br />

démarquer et veiller à notre bien-être.<br />

Le bon fonctionnement d’un couple n’est pas évident, que ce soit dans un cabinet ou<br />

dans le cadre du mariage. Dans le cabinet, nous ne pensons pas que notre statut de<br />

couple nous confère un rôle particulier. <strong>No</strong>us faisons partie de l’équipe et travaillons<br />

de manière indépendante, ce qui est très important pour nous. Comme nous avons<br />

réparti la garde des enfants et le travail au cabinet, nos heures de consultation se chevauchent<br />

peu, ce qui permet de bien séparer les deux. <strong>No</strong>us travaillons tous les deux<br />

des demi-journées, nous sommes donc présents à la fois au cabinet et à la maison.<br />

Cela exige une grande flexibilité et nous met fortement à contribution, car les préoccupations<br />

liées au travail nous accompagnent souvent jusqu’à la maison. <strong>No</strong>s divergences<br />

de vues en tant que couple concernent principalement la garde des enfants, notre<br />

temps libre où il n’est pas possible de clairement séparer les responsabilités.<br />

Au départ, nous ne voulions pas travailler dans le même établissement ou dans<br />

le même cabinet. C’est le hasard qui a fait les choses et cela a bien fonctionné jusqu’à<br />

aujourd’hui, heureusement.<br />

Judith et Hannes Balmer, Stedtli-Praxis.ch<br />

être accepté. Des aspects essentiels tels<br />

que l’ouverture d’esprit, les réunions régulières<br />

et le respect mutuel constituent la<br />

base d’un partenariat professionnel. Si un<br />

cabinet accueille de nouveaux médecins,<br />

cela signifie pour les «nouveaux» qu’ils<br />

doivent faire preuve de respect vis-à-vis<br />

des structures existantes et pour les<br />

«vieux» qu’ils doivent respecter les idées<br />

de la jeune génération.<br />

Le succès n’est pas garanti<br />

Les raisons d’un échec peuvent être multiples,<br />

le succès n’est pas garanti! Si on choisit<br />

une voie trop facile sans bien analyser<br />

toutes les conséquences possibles, si on ne<br />

se focalise que sur les avantages, le réveil<br />

risque d’être brutal.<br />

Certains propriétaires souhaitent travailler<br />

moins, se décharger d’une partie de<br />

la responsabilité et de la bureaucratie, ce<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 31


Point de mire<br />

Dès le début, le ver était dans le fruit<br />

Au départ, tout était parfait: ma future partenaire de cabinet et moi nous nous connaissions.<br />

<strong>No</strong>us avions déjà travaillé ensemble à l’hôpital et partagions le désir d’ouvrir<br />

notre propre cabinet. <strong>No</strong>us avions une bonne entente et j’avais le sentiment que nous<br />

poursuivions les mêmes objectifs et la même vision. De plus, j’étais heureux de pouvoir<br />

partager les risques.<br />

<strong>No</strong>us avons eu la chance de pouvoir reprendre un cabinet existant, même si nous<br />

l’avons pratiquement reconstruit en partant de zéro. Déjà durant cette phase, les premières<br />

divergences sont apparues. Même si contrairement à ma future partenaire<br />

de cabinet, je travaillais encore à plein temps pendant la phase de construction, j’étais<br />

bien plus impliqué dans le projet. Elle ne s’est presque jamais rendue sur le chantier,<br />

cependant elle a exigé des modifications qui n’étaient guère appropriées, mais qui ont<br />

entraîné un énorme surcoût. J’ai investi un montant bien plus important dans les<br />

travaux, mais j’ai omis de le faire apparaître dans la comptabilité. J’avais déjà des<br />

doutes à ce moment-là, mais je les ai mis de côté.<br />

qui ne fonctionnera pas si le (nouveau) partenaire<br />

ne peut pas assumer ces tâches. Céder<br />

la responsabilité signifie aussi ne plus<br />

décider seul et donc devoir se concerter et<br />

se mettre d’accord. Cela peut provoquer le<br />

mécontentement.<br />

Dans presque tous les cas de figure, le<br />

propriétaire et le nouveau venu ne discutent<br />

pas de manière approfondie de leurs<br />

objectifs. Le «nouveau» souhaitera éventuellement<br />

viser la croissance et élargir<br />

l’offre de prestations, alors que le «vieux»<br />

voudra conserver les acquis et répartir le<br />

travail. Il faut donc aussi se coordonner en<br />

ce qui concerne les investissements, les décisions<br />

concernant le personnel, etc. Il<br />

s’agit là de sujets qui peuvent susciter certains<br />

désaccords.<br />

En principe, comme dans un mariage<br />

ou une famille, si chacun fait preuve d’un<br />

peu de retenue et laisse à l’autre la place<br />

pour s’épanouir, l’ensemble évoluera favorablement.<br />

Mais s’il ne s’agit que d’imposer<br />

sa propre volonté et de s’affirmer, les partenariats<br />

sont voués à l’échec.<br />

Lorsque le cabinet a commencé à fonctionner, nos différences sont devenues de plus<br />

en plus visibles. Ma partenaire travaillait quatre jours par semaine, moi quatre jours<br />

et demi. Il me semblait logique d’assurer mutuellement notre suppléance pendant nos<br />

jours de congé si les patients avaient un besoin urgent de nous consulter. Je l’ai fait<br />

pour ses patients. J’étais d’avis que nous fournissions une prestation et qu’il incombait<br />

finalement à nos patients de décider s’ils avaient besoin d’une consultation ou non.<br />

Ma partenaire de cabinet n’a pas été en mesure de me remplacer. Fort heureusement,<br />

nous avons pu engager d’autres médecins, ce qui a permis d’assurer la suppléance. Avec<br />

le temps, nos méthodes de travail différentes sont devenues de plus en plus manifestes.<br />

Les patients de ma collègue restaient jusqu’à une heure dans la salle d’attente parce<br />

qu’elle ne maîtrisait pas la gestion du temps, ce qui exaspérait les patients et les assistantes<br />

médicales. De plus, elle était jalouse vu que «mon entreprise» fonctionnait bien<br />

mieux que la sienne. L’ambiance s’est donc progressivement détériorée, devenant<br />

insoutenable. Dans cette situation, nous nous évitions de plus en plus, nous ne nous<br />

parlions presque plus. C’était le chacun pour soi. J’ai ensuite commencé à souffrir de<br />

problèmes psychiques et physiques, ce qui m’a montré qu’il fallait que je mette un<br />

terme à tout cela. Mes collègues salariés, qui me demandaient de me séparer de ma<br />

partenaire de cabinet, m’ont soutenu dans ma démarche.<br />

Je ne m’attarderai pas sur le fait que cette séparation n’a pas été immédiate, mais a<br />

duré plusieurs années, qu’elle m’a demandé non seulement beaucoup d’énergie,<br />

mais aussi d’importants moyens financiers. Mais même si cela avait un coût, il était<br />

préférable que cela ne s’éternise pas. Aujourd’hui, je suis le seul propriétaire du<br />

cabinet et j’en suis heureux.<br />

Rétrospectivement, je recommande à tous ceux qui souhaitent fonder un cabinet de<br />

groupe de prendre les mesures de précaution nécessaires, en particulier sur le plan<br />

juridique. En effet, il est fondamental de régler contractuellement toutes les éventualités<br />

avant d’investir un centime dans un cabinet commun. Avoir dès le début un éventuel<br />

échec en tête et savoir comment l’histoire pourrait, dans le pire des cas, se terminer,<br />

permettra aux protagonistes d’entamer leur projet avec plus d’assurance.<br />

M. Z. (nom connu de la rédaction)<br />

32<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire<br />

Conseils pour réussir dans un<br />

cabinet de groupe<br />

– La tête, le cœur et la main<br />

(Johann Heinrich Pestalozzi):<br />

Ce n’est que quand l’intuition et la raison<br />

concordent pour le choix du partenaire<br />

que la décision sera probablement<br />

la bonne. Vous devez avoir le courage<br />

d’écouter aussi votre intuition!<br />

– Des équipes hétérogènes:<br />

Un partenariat entre «personnes du<br />

même âge» ou formées dans la même<br />

génération correspond plutôt au modèle<br />

de l’«élargissement». Un partenariat<br />

avec des partenaires de générations<br />

différentes correspond plutôt au modèle<br />

de la «transmission ou continuation<br />

avec adaptations».<br />

Il ne faut pas non plus oublier de fixer<br />

un objectif commun, en particulier<br />

lorsque les priorités et les qualifications<br />

professionnelles sont très similaires ou<br />

très différentes.<br />

En outre, il est important de tenir<br />

compte du fait que la médecine s’est féminisée<br />

et qu’il faut intégrer cette réflexion<br />

dans une stratégie appropriée.<br />

– Connaître ses forces et ses faiblesses:<br />

L’idéal est d’analyser de manière objective<br />

et impartiale ses forces et faiblesses.<br />

Cela vaut aussi bien pour le propriétaire<br />

que pour le nouveau partenaire.<br />

– Phase de familiarisation:<br />

Il est recommandé de tirer un premier<br />

bilan après six à douze mois et d’élaborer<br />

les contrats de manière flexible dans<br />

le temps pour que des adaptations<br />

soient encore possibles après cette première<br />

période de la collaboration. Cela<br />

devrait également s’appliquer aux aspects<br />

financiers.<br />

– Contrôle régulier des résultats:<br />

Les attentes des deux parties (!) sontelles<br />

remplies? Ou y a-t-il un déséquilibre,<br />

c.-à-d. l’un se sent-il gagnant et<br />

l’autre perdant?<br />

– Une stratégie claire et compréhensible:<br />

Une stratégie transparente à laquelle<br />

tout le monde adhère permet de «garder<br />

le cap».<br />

Conclusion<br />

Pour éviter que la collaboration dans le<br />

cadre du cabinet de groupe ne se transforme<br />

en cauchemar et pour assurer que le<br />

succès soit au rendez-vous, il faut tenir<br />

compte d’un grand nombre de points très<br />

différents, à savoir les questions de personnel,<br />

les investissements, la répartition des<br />

bénéfices, le marketing, mais aussi et surtout<br />

les facteurs personnels et psychologiques.<br />

En fin de compte, c’est l’intuition<br />

qui doit être bonne. Cependant, aucun sentiment,<br />

aussi bon soit-il, ne peut remplacer<br />

les dispositions contractuelles. En effet,<br />

tout ce qui n’a pas été réglé est une source<br />

potentielle d’ennuis. Les partenariats au<br />

cabinet doivent s’inscrire dans la durée. Si<br />

la relation s’avère difficile, il faut soit s’arranger<br />

ou alors activer le «scénario de sortie»<br />

prévu dans le contrat. Une éventuelle<br />

sortie doit donc être réglée en détail avant<br />

même le début de l’activité commune.<br />

A propos de Nimeda<br />

Consulting<br />

Die Nimeda Consulting GmbH est une<br />

entreprise de conseil spécialisée pour<br />

les personnes qui travaillent dans le<br />

secteur médical. Grâce à notre équipe<br />

interdisciplinaire (médecin et manager),<br />

elle est en mesure d’analyser en<br />

détail des problèmes complexes et de<br />

présenter des solutions durables.<br />

En combinant des compétences<br />

de gestion, médicales, informatiques<br />

et juridiques, nous rendrons votre<br />

cabinet médical plus performant.<br />

En effet, grâce à nos prestations de<br />

conseil éprouvées, vous pouvez davantage<br />

vous concentrer sur votre activité<br />

médicale. <strong>No</strong>us proposons les prestations<br />

suivantes: conseil en gestion,<br />

finance et informatique, conduite et<br />

coaching, remise et reprise du cabinet,<br />

ouverture du cabinet, rénovation.<br />

<strong>No</strong>us vous conseillons volontiers en<br />

allemand, français et anglais.<br />

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vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 33


Point de mire<br />

Symbiosis<br />

34<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire<br />

Photo: Adobe Stock<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 35


Point de mire<br />

Entretenir les<br />

points communs<br />

Miami Beach, Séoul ou Shanghai sont jumelées avec Bâle-Ville.<br />

Sabine Horvath, responsable du service relations<br />

extérieures et promotion de la région, explique ce que ces<br />

jumelages représentent pour Bâle.<br />

Catherine Aeschbacher, rédactrice en chef du <strong>Journal</strong> <strong>asmac</strong><br />

Le jumelage entre Bâle et Miami Beach est motivé par la foire internationale Art Basel qui se déroule en juin à Bâle et en décembre à Miami Beach.<br />

36<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire<br />

Qu’est-ce qu’un jumelage de villes?<br />

Un jumelage de villes porte sur la collaboration<br />

entre deux villes dans l’objectif<br />

d’établir un échange dans certains domaines,<br />

à savoir le secteur scientifique,<br />

l’innovation, la formation ou la santé, la<br />

durabilité ou le développement urbain et<br />

de mettre en place une collaboration renforcée.<br />

D’où vient cette idée?<br />

Les jumelages de villes ont connu un certain<br />

essor après la Deuxième Guerre mondiale.<br />

A l’époque, il s’agissait de panser les<br />

blessures causées par deux guerres mondiales<br />

en Europe. Aujourd’hui, les jumelages<br />

sont plutôt axés sur les intérêts des<br />

villes concernées.<br />

Depuis quand existe-t-il des jumelages<br />

de villes?<br />

C’est en 1921 que la ville anglaise de Keighley,<br />

située dans le Yorkshire de l’Ouest, et<br />

Poix-du-<strong>No</strong>rd, située dans le département<br />

français du <strong>No</strong>rd, ont pour la première fois<br />

conclu un accord de jumelage, même s’il<br />

s’agissait en fait d’une «adoption» de la<br />

ville française par la cité anglaise.<br />

Selon quels critères les villes sont-elles<br />

choisies?<br />

Trois conditions doivent être remplies par<br />

une ville ou une région en prévision d’un<br />

jumelage: d’une part, des intérêts et avantages<br />

communs, deuxièmement, l’existence<br />

d’institutions et acteurs sur place<br />

qui peuvent profiter de ce jumelage et troisièmement,<br />

une valeur ajoutée tangible<br />

susceptible d’engendrer des relations politiques.<br />

A Abidjan/Yopougon, la présence<br />

sur place de l’Institut Tropical Suisse<br />

(TPH) a été décisive.<br />

Comment ces jumelages sont-ils<br />

entretenus?<br />

Le canton se concentre sur le niveau politique<br />

dans les relations entre les représentants<br />

des villes jumelées. De plus, il initie<br />

et encourage l’échange au niveau institutionnel,<br />

par exemple entre les hautes<br />

écoles, les hôpitaux, les entreprises ou les<br />

centres de recherche. Il soutient également<br />

dans la mesure du possible les programmes<br />

de coopération, comme par<br />

exemple un programme d’échange scolaire<br />

avec le Massachusetts ou un programme<br />

pour les start-up à Séoul et à Bâle.<br />

Sabine Horvath,<br />

Responsable du service<br />

relations extérieures et<br />

promotion de la région,<br />

canton de Bâle-Ville<br />

Bâle entretient plusieurs jumelages.<br />

Comment en est-on arrivé là?<br />

Les jumelages et les coopérations du canton<br />

de Bâle-Ville tiennent compte des intérêts<br />

des acteurs locaux. Il s’agit par<br />

exemple de la position de Bâle en tant que<br />

Life Sciences Cluster, site d’accueil d’Art<br />

Basel et secteur de l’innovation. L’objectif<br />

est de mettre en réseau et de positionner<br />

son propre site au niveau international.<br />

Quelle a été la première ville jumelée<br />

et pourquoi?<br />

Bâle-Ville a établi son premier jumelage<br />

avec l’Etat du Massachusetts aux Etats-<br />

Unis en 2002. Les deux sites ont des intérêts<br />

communs en tant que Life Sciences<br />

Cluster et font partie des puissantes régions<br />

économiques de leur pays.<br />

Avec quelles autres villes avez-vous<br />

établi des accords de jumelage?<br />

Le canton de Bâle-Ville entretient d’autres<br />

jumelages et coopérations stratégiques<br />

avec Shanghai (depuis 2007), Toyama au<br />

Japon (2009), Miami Beach (2011) et Séoul<br />

(2022). Depuis 2021, Bâle a établi un jumelage<br />

avec Abidjan/Yopougon, au sens d’un<br />

engagement social.<br />

La population bâloise ressent-elle<br />

les effets de ces jumelages?<br />

La coopération économique et scientifique<br />

n’est souvent pas directement perceptible.<br />

<strong>No</strong>us devons donc nous efforcer<br />

de mettre en évidence les synergies et les<br />

effets bénéfiques de la coopération pour<br />

notre ville. L’échange est mieux visible<br />

dans le domaine de la culture lorsque sont<br />

organisés des concerts de gala, des coopérations<br />

au théâtre ou des expositions. Les<br />

jumelages sont aussi visibles sous forme<br />

de cadeaux dans l’espace public tels que la<br />

sculpture de Shanghai «ZHOU» dans le<br />

parc Saint-Jean à Bâle.<br />

L’idée reste-t-elle d’actualité dans un<br />

monde de plus en plus interconnecté?<br />

Dans un monde globalisé, les villes à vocation<br />

internationale comme Bâle dépendent<br />

de la coopération avec des villes<br />

dans d’autres parties du monde. Les jumelages<br />

de villes constituent un cadre qui s’y<br />

adapte bien, même si la spécialisation<br />

dans la coopération internationale continue<br />

d’augmenter. Aujourd’hui, la tendance<br />

va plutôt vers des coopérations thématiques<br />

entre villes et régions.<br />

Photos: màd<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 37


Point de mire<br />

«On est bien<br />

ensemble»<br />

Raymonde et Serge Maire sont mariés depuis plus d’un demi-siècle.<br />

Ils n’ont pas non plus de recette universelle pour une relation durable,<br />

mais le partage de valeurs communes et le respect mutuel<br />

figurent parmi les facteurs décisifs.<br />

Photos: màd<br />

38<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire<br />

Vous êtes mariés depuis 53 ans.<br />

Comment vous êtes-vous rencontrés?<br />

En 1969, je travaillais comme mécanicien<br />

dans le garage où le frère de Raymonde<br />

était employé. Un jour, il m’a dit que sa<br />

sœur allait rentrer en Suisse après un séjour<br />

d’une année en Amérique et ce fut le<br />

coup de foudre dès notre première rencontre.<br />

Vous avez donc vite réalisé que vous<br />

vouliez rester ensemble toute votre vie?<br />

Oui, nous avons très vite compris que nous<br />

allions faire notre vie ensemble.<br />

Qu’est-ce qui vous a particulièrement<br />

attiré chez votre mari, resp. chez votre<br />

femme?<br />

Serge était honnête, travailleur et on voulait<br />

tous les deux construire une famille.<br />

On était bien ensemble. <strong>No</strong>us nous sommes<br />

mariés en 1970.<br />

Raymonde était pleine de joie, de bonne<br />

humeur et toujours positive.<br />

Quels sont les principaux défis?<br />

Elever les enfants selon nos convictions<br />

dans le respect, la simplicité et l’amour.<br />

Dans les années 1970, tout était beaucoup<br />

plus simple car il n’y avait ni téléphones<br />

portables ni ordinateurs.<br />

Que conseillez-vous aux jeunes couples<br />

qui souhaitent également vivre une<br />

relation aussi durable?<br />

<strong>No</strong>us leur conseillons de vivre dans<br />

l’amour, la simplicité, d’offrir du temps à<br />

leurs enfants, de dialoguer et, surtout, de<br />

ne pas être envieux et se contenter de ce<br />

que la vie nous offre.<br />

Temps en Afrique<br />

Serge et Raymonde Maire ont vécu<br />

pendant quelques années en Afrique<br />

où ils ont adopté deux filles, en plus de<br />

leurs deux filles biologiques. De plus,<br />

ils ont fondé une association d’entraide<br />

au Burkina Faso. Grâce à cela,<br />

ils ont pu construire une école dans<br />

le village natal de leur première fille<br />

adoptive. Aujourd’hui, trois petitsenfants<br />

sont venus enrichir la famille.<br />

Pour eux, tous ces événements ont<br />

probablement aussi contribué aux<br />

53 ans de vie commune, période<br />

pendant laquelle ils n’ont pas vu le<br />

temps passer.<br />

Avez-vous d’abord dû surmonter des<br />

obstacles?<br />

<strong>No</strong>s deux familles vivaient dans des conditions<br />

modestes. Il n’y a donc pas eu de<br />

contestations à notre mariage. Serge a préparé<br />

sa maîtrise fédérale en cours du soir<br />

en 1972 et cela n’a pas été toujours facile,<br />

car nous avions déjà notre fille aînée et et<br />

j'étais enceinte de notre deuxième enfant.<br />

Avez-vous pris des résolutions particulières<br />

avant votre mariage?<br />

<strong>No</strong>n, nous n’avons pris aucune résolution<br />

avant notre mariage.<br />

Vous vous êtes mariés dans les années<br />

septante. C’est une période qui a été<br />

marquée par des bouleversements et<br />

l’apparition de nouveaux modes de vie.<br />

Cela vous a-t-il influencé d’une manière<br />

ou d’une autre?<br />

En mai 1968, je suivais avec intérêt les événements<br />

à Paris. Quant à Raymonde, elle<br />

était aux Etats-Unis et elle n’a absolument<br />

rien perçu de tout cela. Et les communautés<br />

libertaires et l’amour libre, cela ne nous<br />

a influencés d’aucune façon.<br />

Quels sont à votre avis les facteurs les<br />

plus importants dans une relation?<br />

Les facteurs les plus importants sont la<br />

confiance, l’honnêteté, l’humilité, avoir<br />

des rêves et les réaliser.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 39


Point de mire<br />

L’amour derrière<br />

les barreaux<br />

Les établissements pénitentiaires n’offrent pas vraiment<br />

un décor propice au romantisme. Les détenus portent les vestiges d’un<br />

passé difficile, ce qui n’est pas favorable à la construction de<br />

relations durables. Et les relations existantes risquent d’être fortement<br />

impactées par la situation.<br />

D r méd. Thomas Knecht, médecin adjoint, psychiatrie et psychothérapie forensique,<br />

Centre psychiatrique d’Appenzell Rhodes-Extérieures<br />

«Absence makes the heart<br />

grow fonder»: telle est la<br />

phrase scandée avec optimisme<br />

par le chanteur Kris<br />

Kristofferson. En effet, la nostalgie amoureuse<br />

peut renforcer le lien entre deux<br />

personnes. Toutefois, outre la durée, le<br />

motif de l’absence joue un rôle non négligeable.<br />

Que ce soit en raison d’un séjour<br />

d’études dans une grande université ou<br />

d’une incarcération, cela revêt une certaine<br />

importance.<br />

Dans nos conditions libérales, un individu<br />

n’est pas arrêté pour n’importe<br />

quelle broutille; au contraire, «l’enfermement»<br />

est souvent la conséquence d’une<br />

situation devenue insoutenable, qui implique<br />

la délinquance. En revanche, une<br />

relation intacte et durable va généralement<br />

de pair avec une vie épanouie. Il<br />

n’est donc pas étonnant que les détenus<br />

reçoivent plutôt la visite des membres de<br />

leur famille que de leur maîtresse. L’état<br />

civil le plus fréquent parmi les détenus est<br />

par conséquent célibataire ou séparé/divorcé.<br />

En théorie, des relations entre deux<br />

personnes incarcérées seraient également<br />

envisageables. Mais d’une part, les femmes<br />

sont séparées des hommes en prison et,<br />

d’autre part, les relations entre employés<br />

et détenus sont totalement taboues. Des<br />

contre-exemples comme Hassan Kiko et<br />

Angela Magdici (prison de Limmattal) sont<br />

pour le moins très malvenus. Mais même<br />

entre personnes du même sexe, il est rare<br />

qu’un lien pérenne se développe. L’homosexualité<br />

«de circonstance» si souvent citée<br />

présente peu de traits romantiques, elle<br />

est davantage l’expression de la domination,<br />

de l’oppression et de l’exploitation<br />

entre les détenus.<br />

Bad Boys et dépendance<br />

Mais le détenu est-il par définition repoussant<br />

pour le sexe opposé? Pas du tout! Le<br />

tueur d’Utoya Breivik, qui reçoit des demandes<br />

en mariage par paniers entiers, en<br />

est un exemple flagrant. Charles Manson<br />

et sa «famille», le sataniste Richard Ramirez<br />

et ses groupies et Ted Bundy, qui aurait<br />

même conçu un enfant avec une admiratrice<br />

via une insémination artificielle depuis<br />

sa prison, sont des cas similaires.<br />

Cette transfiguration érotique du criminel<br />

dominant est appelée «hybristophilie» par<br />

les scientifiques, ou syndrome du «bad<br />

boy» en langage populaire. <strong>No</strong>us en arrivons<br />

ainsi à ces formes de relation où l’un<br />

des partenaires est en détention et l’autre<br />

en liberté. Si la relation existait déjà auparavant,<br />

l’incarcération constitue souvent<br />

un point de rupture. Mais l’Etat n’en est<br />

pas le seul responsable; souvent, toute la<br />

vie d’avant était déjà mise à mal et le<br />

couple n’avait plus aucune perspective<br />

commune.<br />

Certaines relations naissent pendant<br />

la détention. L’impulsion initiale est généralement<br />

donnée par une annonce de<br />

contact du détenu, avec le message suivant:<br />

«Vilain garçon (29 ans), cherche<br />

femmes entre 20 et 40 ans pour échange<br />

épistolaire. Et plus si affinités ...». De nombreux<br />

établissements pénitentiaires disposent<br />

aujourd’hui de «parloirs familiaux»<br />

spécifiques dans lesquels les amants<br />

peuvent se retirer pour un temps défini.<br />

Une telle relation présente quelques aspects<br />

intéressants sur le plan psychologique.<br />

L’homme est communément le<br />

point fixe, autour duquel gravite la femme<br />

qui, elle, dispose de sa pleine mobilité.<br />

C’est donc elle qui peut doser la durée (et<br />

l’intensité) de la rencontre. Puisque l’Etat<br />

se charge de l’entretien du reclus, elle est<br />

provisoirement libérée de cette charge,<br />

d’autant plus qu’il n’y a pas de dépendance<br />

économique réciproque. Elle peut en outre<br />

faire marche arrière à tout moment et est<br />

protégée, du moins temporairement,<br />

contre le harcèlement. Tout compte fait, il<br />

en résulte pour la femme une position de<br />

supériorité stratégique qui lui convient<br />

parfaitement, d’autant plus que l’homme<br />

dépend ici bien plus de sa bonne volonté.<br />

40<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire<br />

Une relation stable constitue l’un des éléments les plus favorables à une réinsertion sociale réussie.<br />

Malheureusement, les relations des détenus s’interrompent souvent de manière prématurée.<br />

Photo: Adobe Stock<br />

Un partenariat solide comme<br />

facteur de protection<br />

Mais qu’en est-il de la qualité des relations<br />

des détenus qui vivent une relation à long<br />

terme? – Deux modèles de relation différents<br />

se dessinent, qui semblent être, à<br />

mon avis, principalement déterminés par<br />

la classe d’âge. Chez les plus jeunes, on observe<br />

souvent le phénomène d’«assortative<br />

mating», qui consiste à choisir des<br />

partenaires présentant des traits similaires.<br />

Il n’est pas rare que ces femmes<br />

souffrent d’un trouble de la personnalité<br />

borderline ou dissociatif avec un lien d’attachement<br />

instable, si bien que leur vie de<br />

couple est constamment jalonnée de turbulences.<br />

Chez les personnalités dissociées,<br />

«l’incapacité à maintenir des relations<br />

à long terme» est même l’un des six<br />

critères diagnostiques selon la CIM-10,<br />

tandis que les femmes diagnostiquées<br />

avec un trouble de la personnalité borderline<br />

oscillent entre une recherche effrénée<br />

de rapprochement et un rejet brutal,<br />

ce qui constitue souvent une épreuve<br />

pour les reclus.<br />

D’après mon expérience, l’idéal d’une<br />

relation durable, équilibrée et stimulante<br />

se retrouve le plus souvent chez les détenus<br />

d’un certain âge. Ceux-ci font souvent<br />

preuve d’un grand niveau d’expérience et<br />

de sérénité, ce qui leur permet de mieux<br />

supporter l’angoisse de la séparation et les<br />

incertitudes qui y sont liées. Ce lien peut<br />

se renforcer davantage du fait de certaines<br />

dépendances de la partenaire en liberté,<br />

comme par exemple la marginalisation<br />

culturelle, l’isolement social ou la dépendance<br />

économique.<br />

Au vu de tous ces aspects problématiques,<br />

force est de constater que les peines<br />

privatives de liberté entravent sans nul<br />

doute fortement la vie de couple. Ce qui<br />

est très regrettable si l’on considère qu’une<br />

relation de couple épanouie contribue en<br />

grande partie à une réinsertion sociale<br />

réussie. Ce n’est pas pour rien que les spécialistes<br />

parlent de «turning point» (tournant)<br />

dans la carrière criminelle, pour désigner<br />

une relation de ce type qui s’instaure<br />

de manière inopinée.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 41


Point de mire<br />

Photo: Adobe Stock<br />

42<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire<br />

Symbiosis<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 43


Point de mire<br />

Jouer avec maman et ses frères et sœurs fait partie du plan d’activation.<br />

Celui-ci aide les chiots à faire ses premiers pas dans sa vie de chien guide d’aveugle.<br />

Un guide en toute<br />

circonstance<br />

Bords de trottoirs, pots de fleurs, mais aussi solitude<br />

et discrimination. Bien des obstacles auxquels les personnes aveugles ou<br />

mal voyantes font face au quotidien sont invisibles pour les autres.<br />

Les chiens guides d’aveugles peuvent aider à surmonter une partie de ces<br />

obstacles. Mais cela requiert une formation et un entraînement longs,<br />

aussi pour le partenaire humain.<br />

Bianca Molnar, membre de la rédaction du <strong>Journal</strong> <strong>asmac</strong><br />

Photos: màd<br />

44<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire<br />

S’il y avait une appli Tinder pour<br />

les aveugles et leurs chiens<br />

guides potentiels, les critères<br />

principaux seraient la taille, la<br />

vitesse à la marche, le tempérament, la résistance<br />

aux stimuli de l’environnement.<br />

Et contrairement à la version entre humains,<br />

ce sont d’autres personnes qui décident<br />

si «ça matche» ou non. Il faut toutefois<br />

deux à trois ans jusqu’à ce que l’humain<br />

et le chien se trouvent vraiment.<br />

Les dix chiots labradors nés le 13 décembre<br />

2022 dans l’élevage de l’école pour<br />

chiens guides d’aveugles d’Allschwil sont<br />

les plus jeunes des environ 80 chiots qui<br />

naissent ici chaque année.<br />

Pendant les dix premières semaines,<br />

les chiots font l’objet d’une attention toute<br />

particulière. Un plan d’activité soutient<br />

leur développement: à deux semaines, ils<br />

ouvrent les yeux et commencent à explorer<br />

le nid, puis, plus tard, la chambre avec<br />

les jouets proposés, et enfin le jardin. Dès<br />

six à sept semaines, les chiots sont emmenés<br />

pour leurs premières expéditions dans<br />

le village voisin ou en forêt. Ils se familiarisent<br />

avec les différents terrains, les bruits<br />

du trafic et les trajets en voiture.<br />

A dix semaines, ils atteignent un premier<br />

jalon: chaque chiot intègre une famille<br />

d’accueil chez un parrain ou une<br />

marraine. C’est là qu’il passera les premiers<br />

18 mois et apprendra tout ce qu’il<br />

doit connaître en tant que chien: la propreté<br />

et l’obéissance, mais aussi s’habituer<br />

aux foules, aux portes de tram ou aux<br />

bruits de la gare. Au terme de sa phase de<br />

socialisation, il devra se sentir suffisamment<br />

sûr de lui dans le monde des humains<br />

pour pouvoir y guider une personne<br />

aveugle. Il ne devra être ni craintif, ni<br />

facilement distrait, et surtout capable de<br />

réagir de manière autonome face aux imprévus.<br />

Après l’apprentissage de base,<br />

la spécialisation<br />

L’évaluation du chiot a lieu lors des visites<br />

mensuelles d’un encadrant des parrains<br />

de l’école des chiens guides d’aveugles. Si<br />

l’évaluation est réussie, à l’âge de 2 ans le<br />

chien retournera à Allschwil pour y suivre<br />

la formation de guide pendant six à neuf<br />

mois. C’est un instructeur ou une instructrice<br />

qui prend le relais du parrain en tant<br />

que personne de référence, par exemple<br />

Jennifer Meyer. Elle exerce une trentaine<br />

de signaux acoustiques avec le futur chien<br />

guide. Ceux-ci permettront ensuite à son<br />

partenaire humain de se déplacer de manière<br />

aussi autonome que possible. L’humain<br />

pourra demander au chien de lui indiquer<br />

des obstacles qui se trouvent au sol,<br />

sur les côtés ou en hauteur, de trouver<br />

les bancomats, les passages piétonniers<br />

et les portes, ou encore de s’arrêter devant<br />

un escalier ou un bord de trottoir. Comme<br />

ses collègues, Jennifer Meyer garde la responsabilité<br />

des chiens qu’elle a formés<br />

jusqu’au bout, aussi bien concernant leur<br />

suivi que leur placement. Etablir un partenariat<br />

idéal entre l’humain et le chien nécessite<br />

quelques éclaircissements préalables.<br />

Les deux doivent pouvoir se déplacer<br />

en harmonie, donc la taille, la vitesse<br />

au pas et le tempérament jouent un rôle<br />

important. Aussi, un chien sensible gagnera<br />

à être placé dans un environnement<br />

calme et rural, alors qu’une personne<br />

jeune et sportive aura besoin d’un partenaire<br />

canin plein d’énergie, explique Jennifer<br />

Meyer.<br />

Apprendre à marcher et vivre<br />

ensemble<br />

Les futurs bénéficiaires de chien guide<br />

suivent d’abord un cours informatif afin<br />

d’apprendre, sans aucun engagement, à<br />

être guidés. Après l’attribution d’un chien<br />

approprié, le duo est suivi quotidiennement<br />

à domicile par un instructeur pen-<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 45


Point de mire<br />

En chemin avec Esra<br />

Je rencontre Jolanda Gehri un samedi<br />

après-midi dans la vieille ville de<br />

Berne. Elle est accompagnée d’Esra,<br />

sa chienne guide, une labrador<br />

chocolat. Comme ses trois prédécesseurs,<br />

Esra vient d’Allschwil.<br />

Aujourd’hui, se frayer un chemin au<br />

centre-ville dans le chaos des jours qui<br />

précèdent <strong>No</strong>ël relève du parcours<br />

d’obstacles. Jolanda Gehri s’accroche à<br />

mon bras, j’indique les changements<br />

de direction, les trottoirs, les marches<br />

ou les pots de fleurs qui ponctuent<br />

notre chemin, j’évite les passants et<br />

j’arrive sur des trottoirs trop étroits.<br />

Je remarque que Madame Gehri<br />

connait très bien les lieux lorsque,<br />

au moment de monter sur un trottoir,<br />

elle me dit: «Ah, nous sommes ici au<br />

Swisscom shop.»<br />

Jolanda Gehri a 68 ans et est aveugle<br />

de naissance. Elle a été scolarisée à<br />

l’école pour aveugles de Zollikofen<br />

près de Berne, à l’époque où c’était<br />

encore un internat. Elle a ensuite<br />

effectué une formation de téléphoniste<br />

à Bâle, avant de revenir à Berne.<br />

C’est là qu’elle a rencontré son mari<br />

dans le foyer pour aveugles de la<br />

Länggasse. Ensemble, ils ont eu deux<br />

enfants. Lorsque ces derniers ont<br />

quitté le nid, elle a voulu s’atteler à<br />

une nouvelle tâche, et a postulé à<br />

Allschwil pour obtenir un chien guide<br />

d’aveugle. Aussi bien le début que la<br />

fin du partenariat avec ses chiennes<br />

guides ont été difficiles: il s’agit, au<br />

début, d’établir une relation solide et<br />

d’apprendre à faire confiance à son<br />

chien, mais aussi de lui offrir soutien<br />

et orientation. Après des années<br />

passées ensemble, la séparation avec<br />

les chiens âgés reste toujours compliquée.<br />

Jolanda Gehri rencontrait parfois<br />

un de ses anciens chiens guides<br />

«retraités», et elle remarquait à chaque<br />

fois un conflit de loyauté chez l’animal:<br />

«Il ne savait plus vraiment avec<br />

qui il devait rentrer.»<br />

Au quotidien, Esra lui prête assistance,<br />

mais lui tient aussi compagnie, raconte<br />

Jolanda Gehri. Toutefois, impossible<br />

d’utiliser le chien guide en vacances.<br />

Il ne peut aider que là où son<br />

humain peut lui donner des instructions<br />

claires, car il connaît le chemin.<br />

C’est pourquoi, lors du prochain<br />

voyage à Amsterdam, Esra sera confiée<br />

aux bons soins de connaissances à la<br />

maison.<br />

Jennifer Meyer entraîne un chien guide d’aveugle<br />

à indiquer un obstacle au sol.<br />

dant deux semaines afin d’apprendre à<br />

fonctionner ensemble. La transition de la<br />

canne blanche au chien guide n’est pas<br />

toujours simple: les mouvements de pendule<br />

avec la canne permettent d’identifier<br />

les irrégularités du sol ou les obstacles, les<br />

piliers ou les murs peuvent servir d’orientation.<br />

Le chien guide l’humain autour de<br />

ces obstacles, mais c’est à l’humain de<br />

donner un signal acoustique au chien pour<br />

lui dire où aller. Pour retrouver un chemin<br />

connu aussi sans points de repère tactiles,<br />

la personne aveugle doit disposer d’un excellent<br />

sens de l’orientation. Le chien, de<br />

son côté, doit trouver des solutions de manière<br />

autonome, par exemple un détour si<br />

la route est barrée par un chantier. Jennifer<br />

Meyer souligne que chaque itinéraire<br />

exige la collaboration du binôme, on ne<br />

peut pas simplement s’en remettre au<br />

chien. D’ailleurs, celui-ci se rend immédiatement<br />

compte si son humain est dépassé.<br />

Il faut donc de la confiance et une<br />

relation solide avec le chien, dont les besoins<br />

doivent aussi être respectés. Pour<br />

récupérer du travail concentré, chaque<br />

chien guide d’aveugle doit pouvoir faire<br />

des balades sans harnais et sans laisse,<br />

pour se dépenser et jouer librement avec<br />

d’autres chiens ou se rouler dans l’herbe.<br />

Pendant ces moments, son humain est livré<br />

à lui-même.<br />

En raison de leur travail exigeant, la<br />

plupart des chiens guides ne peuvent pas<br />

accompagner leur humain toute une vie<br />

durant. A 10 ou 11 ans, les premiers signes<br />

de fatigue ou le manque de concentration<br />

se font sentir. La traction au harnais n’est<br />

plus aussi forte, dans un environnement<br />

agité, le chien émet des signaux de conflit,<br />

comme coucher les oreilles, explique Jennifer<br />

Meyer. «Il est alors temps de raccrocher<br />

le harnais et de trouver au chien une<br />

place pour la retraite.» Parfois, il peut rester<br />

chez son humain comme animal de<br />

compagnie. Quand cela n’est pas possible,<br />

on lui trouve une nouvelle famille avec<br />

l’aide de l’école pour chiens guides<br />

d’aveugles.<br />

Après son partenariat le plus long en<br />

tant que membre du binôme, il doit établir<br />

une nouvelle relation. Grâce à leur nature<br />

ouverte, ce n’est pas trop problématique<br />

pour les labradors, affirme Jennifer Meyer.<br />

Malgré tout, les au revoirs sont souvent<br />

chargés d’émotion.<br />

Pour les dix chiots de la dernière portée<br />

de l’école pour chiens guides d’aveugles<br />

d’Allschwil, tout cela est encore de la<br />

musique d’avenir. Qu’ils soient formés en<br />

tant que guides d’aveugles, que chiens<br />

d’assistance, sélectionnés pour la reproduction<br />

ou placés comme chiens à but social,<br />

il reste à leur souhaiter de trouver des<br />

partenariats heureux tout au long de leur<br />

vie de chien.<br />

46<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


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vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 47


Point de mire<br />

Atténuer les<br />

souffrances liées<br />

au divorce<br />

«Qui se ressemble s’assemble», dit le proverbe.<br />

C’est particulièrement vrai chez les médecins. Mais que<br />

se passe-t-il s’ils divorcent? A propos des conséquences<br />

financières et des alternatives au procès.<br />

Anaïs Brodard, avocate, médiatrice FSA, formée au droit collaboratif<br />

Les statistiques sont claires: une<br />

femme médecin a une probabilité<br />

de 29,1% d’être en couple<br />

avec un homme médecin. Du<br />

côté des hommes médecins, 30,1% d’entre<br />

eux sont en couple avec une femme médecin.<br />

Une forte homogamie existe ainsi<br />

au sein de cette profession [1].<br />

En Suisse, un mariage sur deux se termine<br />

par un divorce, selon les statistiques<br />

publiées par l’Office fédéral de la statistique<br />

[2]. Le taux exact de divorce, pour<br />

l’année 2021, s’élève à 41,9%. Ce constat<br />

nécessite d’examiner les particularités du<br />

divorce concernant les médecins.<br />

Intérêts financiers<br />

La grande majorité des médecins exercent<br />

leur pratique sous la forme dépendante<br />

(comme salariés auprès d’une institution<br />

hospitalière par exemple) ou sous la forme<br />

de l’indépendance (en cabinet privé),<br />

communément appelée «raison individuelle».<br />

En cas de divorce, les avoirs du couple<br />

seront partagés selon le régime matrimonial<br />

choisi par les époux (participation aux<br />

acquêts ordinaire/modifiée ou séparation<br />

des biens dans la mesure où il existe un<br />

contrat de mariage passé devant notaire).<br />

Le cas de l’activité salariée du médecin<br />

ne pose pas de questions particulières<br />

s’agissant de l’évaluation de son activité.<br />

En revanche, la situation des médecins<br />

pratiquant en raison individuelle implique<br />

de valoriser économiquement le<br />

cabinet médical, qui sera ensuite partagé<br />

entre les futurs ex-époux.<br />

Lors de l’évaluation du cabinet médical,<br />

le juge civil dispose de la compétence<br />

de fixer les critères d’évaluation et d’en<br />

établir la valeur financière. Il existe de<br />

nombreuses méthodes d’évaluation, telles<br />

que la valeur substantielle ou valeur<br />

comptable, la méthode des praticiens ou<br />

valeur moyenne, la méthode du cash-flow<br />

actualisée ou encore la valeur de rendement.<br />

Le législateur ne précise pas quelle<br />

méthode doit être appliquée à quelle situation.<br />

L’évaluation d’une petite ou<br />

moyenne entreprise et, notamment, d’une<br />

entreprise individuelle est délicate dans la<br />

mesure où le succès d’une telle entreprise<br />

est souvent lié à une personne déterminée,<br />

à l’instar d’un cabinet médical.<br />

Il y a lieu de garder ici à l’esprit que les<br />

résultats d’évaluation selon la méthode<br />

choisie peuvent diverger du simple au<br />

double, rendant ainsi incertaine l’issue de<br />

la décision judiciaire quant à la valeur retenue<br />

d’un cabinet médical.<br />

Le Tribunal fédéral a eu à juger d’une<br />

affaire dans laquelle se posait la question<br />

de connaître la valeur de la «patientèle»<br />

d’un médecin. Le Tribunal fédéral a toutefois<br />

considéré que la clientèle d’un médecin<br />

ne représentait pas une valeur certaine<br />

dans le patrimoine de l’époux en raison du<br />

lien de confiance personnel prévalant<br />

dans la relation du médecin avec ses patients<br />

[3]. Cela étant, le cabinet médical,<br />

dans cet exemple, a été évalué sur la base<br />

de sa valeur comptable à plusieurs dizaines<br />

de milliers de francs.<br />

Il arrive ainsi fréquemment qu’un<br />

médecin doive se résoudre à vendre son<br />

cabinet ou à procéder à sa liquidation partielle<br />

ou totale afin de pouvoir honorer ses<br />

obligations matrimoniales découlant du<br />

divorce. Un divorce peut ainsi impliquer<br />

pour un médecin non seulement la perte<br />

de son outil de travail (son cabinet), mais<br />

également la diminution, voire la suppression<br />

de ses revenus (à tout pour une<br />

certaine période). Afin d’éviter une situation<br />

si chaotique découlant d’une décision<br />

judiciaire, qui peinerait à être exécutée,<br />

il y a lieu d’orienter les médecins vers<br />

des solutions alternatives au procès.<br />

Pourquoi? Pour leur permettre de maîtriser<br />

les conséquences de leur divorce et<br />

d’aboutir à des solutions réalistes, pérennes<br />

et qui répondent dans la mesure<br />

du possible aux intérêts et aux besoins de<br />

toutes les parties concernées par le divorce.<br />

48<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire<br />

Une séparation ne se termine pas forcément par un procès. La recherche de solutions à l’amiable avec l’aide de spécialistes permet<br />

non seulement d’économiser de l’argent, mais aussi d’atténuer la souffrance psychique.<br />

Photo: Adobe Stock<br />

Les alternatives au procès<br />

Il existe différentes alternatives au procès.<br />

Le droit collaboratif ou la médiation sont<br />

les modes de règlement amiables à privilégier.<br />

Le droit collaboratif est un processus<br />

volontaire et confidentiel par lequel chaque<br />

partie est assistée de son propre avocat formé<br />

au droit collaboratif. Il se déroule en<br />

cinq étapes clairement définies. Les avocats<br />

présents s’engagent formellement à<br />

résilier leur mandat si aucun accord ne devait<br />

être trouvé. Le travail est réalisé en<br />

équipe, suit les principes cardinaux de<br />

transparence et de confidentialité [4].<br />

La médiation est quant à elle un processus<br />

volontaire dans lequel les parties –<br />

avec l’aide d’un médiateur neutre, impartial<br />

et indépendant – tentent de rétablir<br />

la communication et de parvenir à un accord<br />

[5].<br />

Le choix d’opter pour le procès (tribunal)<br />

ou pour un mode alternatif (droit collaboratif<br />

ou médiation) implique des différences<br />

fondamentales:<br />

– Dans un procès, le juge décide, valorise<br />

le cabinet médical, impose des délais de<br />

paiement, alors qu’en droit collaboratif<br />

ou en médiation, les parties choisissent<br />

et peuvent trouver des arrangements financiers<br />

permettant de maintenir le cabinet.<br />

– Dans un procès, le juge suit des règles de<br />

procédures strictes (actes de procédures,<br />

preuves, auditions de témoins,<br />

audiences multiples, expertises), alors<br />

qu’en droit collaboratif ou en médiation<br />

le nombre de séances est fixé à l’avance<br />

et les parties décident de comment faire<br />

évaluer le cabinet médical.<br />

– Dans un procès, les frais engagés<br />

peuvent être extrêmement élevés et dépendront<br />

de la complexité de la procédure<br />

engagée par les avocats, des<br />

moyens de preuve offerts ainsi que du<br />

nombre d’audiences nécessaires. Il y a là<br />

une complète perte de maîtrise de la<br />

charge financière du procès, à la différence<br />

d’un mode amiable.<br />

Enfin, les solutions trouvées par les parties<br />

elles-mêmes sont souvent plus pérennes<br />

que celles imposées par un juge à<br />

l’issue d’un procès souvent long et éprouvant.<br />

Finalement, les modes amiables permettent<br />

également d’anticiper les conséquences<br />

en matière de fiscalité, de prévoyance<br />

et de transmission du cabinet<br />

médical.<br />

Bibliographie<br />

[1] Pierre Courtioux, Vincent<br />

Lignon, Homogamie éducative et inégalités<br />

de revenu salarial: une perspective de cycle<br />

de vie, 2015.<br />

[2] https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/<br />

home/statistiques/population/ mariagespartenaires-divorces.html<br />

[3] Arrêt du TF, 5C.271/2005 du<br />

23 mars 2006, consid. D. b.<br />

[4] https://www.droitcollaboratif.ch/<br />

[5] https://www.vd.ch/themes/<br />

justice/conseils-et-assistance/mediation<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 49


Perspectives<br />

Actualités en médecine vasculaire:<br />

thromboses artérielles et veineuses lors d’infections à COVID-19<br />

«Effets secondaires»<br />

de la pandémie<br />

Il est vite apparu que le COVID-19 était bien plus qu’une maladie<br />

des voies respiratoires supérieures. Le risque de complications cardiovasculaires<br />

et thrombo-emboliques est nettement plus élevé qu’en cas de grippe<br />

et augmente avec la gravité de la maladie. Un traitement anticoagulant<br />

doit être évalué individuellement.<br />

Ioannis Sotirelis, Prof. D r Alexander Zimmermann, PD Dr Claudia Schrimpf, Clinique de chirurgie vasculaire,<br />

Hôpital universitaire de Zurich<br />

Le COVID-19 (Coronavirus Disease<br />

2019) engendré par le<br />

SARS-CoV-2 (Severe Acute Respiratory<br />

Syndrome Coronavirus<br />

Type 2) est associé à une morbidité et une<br />

mortalité cardiovasculaires élevées [1; 2].<br />

Le taux de complications thrombo-emboliques<br />

et cardiovasculaires augmente avec<br />

la gravité de la maladie. Les événements<br />

thrombo-emboliques ne se manifestent<br />

pas seulement sous forme de thrombose<br />

veineuse profonde (TVP) ou d’embolie<br />

pulmonaire (EP), mais aussi sous forme<br />

de microthromboses dans différents systèmes<br />

d’organes.<br />

Deux mécanismes responsables<br />

Un processus inflammatoire systémique<br />

est considéré comme l’un des principaux<br />

mécanismes responsables d’événements<br />

thrombo-emboliques lors d’une infection<br />

au COVID-19. Une tempête de cytokines<br />

pro-inflammatoires (telles que l’interleukine<br />

[IL]-1, l’IL-2, l’IL-6 et le facteur<br />

de nécrose tumorale alpha) se produit, ce<br />

qui, comme dans le cas d’une coagulation<br />

intravasculaire disséminée (CIVD), entraîne<br />

un environnement prothrombotique<br />

avec une augmentation de la production<br />

et de l’activité des plaquettes, ainsi<br />

qu’une diminution de la fibrinolyse (IL-2).<br />

Dans le cas du COVID-19, la thrombocytopénie<br />

est faible et le temps de thromboplastine<br />

partielle activée et/ou le temps<br />

de prothrombine n’augmentent que dans<br />

une faible mesure, ce qui n’est pas le<br />

cas lors d’une CIVD. C’est pourquoi un<br />

deuxième mécanisme a été avancé pour<br />

expliquer l’apparition de thromboses artérielles,<br />

à savoir une lésion directe de<br />

l’endothélium avec endothélite consécutive<br />

[3, 4]. Cette hypothèse a été étayée par<br />

une découverte relativement précoce de<br />

Varga et al. qui ont mis en évidence, par<br />

microscopie électronique, des particules<br />

de SARS-CoV-2 dans les cellules endothéliales<br />

[5]. Dans ce contexte, on suppose<br />

que pour infecter la cellule endothéliale,<br />

la liaison du virus au récepteur de l’ECA-2<br />

(enzyme de conversion de l’angiotensine 2)<br />

est nécessaire [6, 7]. Il est intéressant de<br />

noter que certaines études indiquent que<br />

le récepteur de l’ECA-2 semble être hautement<br />

régulé sur des cellules endothéliales<br />

artériosclérotiques [8–10], ce qui favorise<br />

encore plus la survenue de thromboses<br />

artérielles chez les patients présentant<br />

un profil de risque cardiovasculaire et qui<br />

sont atteints par le COVID-19 [11, 12].<br />

Fréquence des thromboses<br />

artérielles et veineuses<br />

L’incidence des thrombo-embolies veineuses<br />

(TEV) varie en fonction des différents<br />

critères d’évaluation mentionnés<br />

dans la littérature. Deux méta-analyses de<br />

patients atteints de COVID-19 ont permis<br />

d’identifier des incidences de TEV d’environ<br />

28 à 38% chez les patients en soins intensifs<br />

et de 7 à 17% chez les patients sans<br />

soins intensifs [13, 14]. Les thromboses veineuses<br />

profondes et les embolies pulmonaires<br />

étaient les plus fréquentes, avec<br />

respectivement 22% chez les patients en<br />

soins intensifs et 13% chez les patients ne<br />

nécessitant pas de soins intensifs [15].<br />

Avec 3,7 à 9,6%, les événements thrombotiques<br />

dans le système artériel sont beaucoup<br />

plus rares et donc moins étudiés [16,<br />

17]. Un risque accru de survenue d’un syndrome<br />

coronarien aigu dû au COVID-19<br />

semble être associé à une artériosclérose<br />

préexistante. De plus, le COVID-19 semble<br />

également favoriser la survenue de thromboses<br />

artérielles dans d’autres territoires<br />

d’approvisionnement artériel [11, 12]. Klok<br />

et al. ont rapporté 3,7% d’accidents vasculaires<br />

cérébraux ischémiques dans une série<br />

initiale de cas portant sur 187 patients<br />

nécessitant des soins intensifs [16]. Une<br />

méta-analyse de la base de données du<br />

50<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Perspectives<br />

«Coronavirus Critical Care Consortium» a<br />

mis en évidence 19 accidents ischémiques<br />

sur un total de 2699 patients inclus [18]. En<br />

comparaison, le risque d’accident ischémique<br />

lors d’une maladie virale comparable,<br />

comme la grippe, est nettement plus<br />

faible (environ 0,2%) [19]. Contrairement<br />

aux manifestations coronariennes et cérébrales<br />

du COVID-19, Cheruiyot et al. ont<br />

mis en évidence des thromboses artérielles<br />

chez de jeunes hommes sans athérosclérose<br />

préexistante. Celles-ci touchaient<br />

le plus souvent les gros vaisseaux<br />

comme l’aorte et les vaisseaux mésentériques<br />

[20]. Cela soutient la théorie selon<br />

laquelle une lésion endothéliale aiguë et<br />

locale au niveau moléculaire, c’est-à-dire<br />

une endothélite, est en partie responsable<br />

de la survenue d’événements thrombotiques.<br />

Une lésion endothéliale artériosclérotique<br />

préexistante peut certes favoriser<br />

son apparition, mais n’est pas une<br />

condition pour l’apparition d’une thrombose<br />

artérielle due au COVID-19 [3–5, 7]. Le<br />

mécanisme sous-jacent n’a jusqu’ici pas<br />

été élucidé. Une indication est donnée<br />

par Fournier et al. qui ont constaté qu’une<br />

augmentation initiale des D-dimères<br />

>1250 ng/l est un prédicteur indépendant<br />

de la survenue de thromboses artérielles<br />

et qu’il existe un risque de mortalité trois<br />

fois plus élevé chez les patients atteints<br />

de COVID-19 présentant une thrombose<br />

artérielle par rapport aux patients sans<br />

COVID-19, malgré qu’ils soient sous traitement<br />

anticoagulant [21].<br />

L’anticoagulation pour prévenir les<br />

événements thrombo-emboliques<br />

Compte tenu du risque accru d’événements<br />

thrombo-emboliques, il est souhaitable<br />

d’évaluer la pertinence d’un traitement<br />

anticoagulant en cas de COVID-19.<br />

Dans l’étude ACTION (AntiCoagula-<br />

TIon cOroNavirus), une anticoagulation<br />

thérapeutique de 30 jours (rivaroxaban<br />

20 mg ou héparine non fractionnée/de bas<br />

poids moléculaire) a été comparée à une<br />

dose prophylactique en milieu hospitalier<br />

d’héparine non fractionnée/de bas poids<br />

moléculaire chez des patients atteints de<br />

COVID-19 présentant des D-dimères élevés.<br />

L’anticoagulation thérapeutique n’a<br />

pas montré d’avantage en termes de mortalité,<br />

mais s’est accompagnée d’un risque<br />

accru d’hémorragie [22].<br />

En revanche, l’étude ATTACC (Antithrombotic<br />

Therapy to Ameliorate Complications<br />

of Covid-19) a montré que les<br />

patients hospitalisés atteints de COVID-19<br />

pouvaient bénéficier d’une anticoagulation<br />

thérapeutique en soins normaux et<br />

qu’il convenait donc d’évaluer la situation<br />

en conséquence [23]. Chez les patients atteints<br />

de COVID-19 nécessitant une prise<br />

en charge aux soins intensifs, sans autre<br />

indication pour un traitement anticoagulant,<br />

plusieurs études (ATTACC, ACTIV-4a<br />

et REMAP-CAP) ont été arrêtées prématurément<br />

en raison de l’augmentation des<br />

événements hémorragiques sous anticoagulation,<br />

sans amélioration du pronostic<br />

[23, 24]. Pour le secteur ambulatoire ou<br />

après une hospitalisation, les données actuelles<br />

ne permettent pas de conclure que<br />

les patients tirent un avantage d’un traitement<br />

anticoagulant [25]. Toutefois, chez<br />

les patients ambulatoires qui présentent<br />

un risque élevé de thrombo-embolie veineuse,<br />

une anticoagulation prophylactique<br />

peut être envisagée en fonction du<br />

profil de risque (tableau 1) [25].<br />

Il n’existe pas de recommandations<br />

particulières concernant l’anticoagulation<br />

chez les patients atteints d’une thrombose<br />

artérielle dans le contexte d’une infection<br />

au COVID-19. C’est plutôt l’ampleur de<br />

l’intervention chirurgicale qui détermine<br />

la stratégie d’anticoagulation consécutive.<br />

Au final, la mise en œuvre d’une anticoagulation<br />

se fonde souvent sur une décision<br />

individuelle pour chaque patient, en<br />

tenant compte du risque d’hémorragie et<br />

de thrombose. L’origine multifactorielle<br />

des thromboses ainsi que les différentes<br />

manifestations de l’infection au COVID-19<br />

représentent un défi pour les cliniciens<br />

lors du choix du traitement.<br />

Tableau 1. Gestion de l’anticoagulation en cas d’infection au COVID-19 confirmée. TEV: thrombo-embolie veineuse,<br />

HBPM: héparine de bas poids moléculaire, FPX: fondaparinux, HNF: héparine non fractionnée [25].<br />

Lieu de séjour<br />

Risque de TEV<br />

Traitement ambulatoire<br />

– Pas d’anticoagulation prophylactique ou thérapeutique générale<br />

chez les patients âgés, gravement atteints et en partie immobiles<br />

– Prophylaxie possible énoxaparine 1× 4000 UI sc.<br />

Unité de soins normale Risque élevé de TEV – Anticoagulation précoce par HBPM, FPX ou HNF à dose prophylactique<br />

en cas de faible risque hémorragique, envisager une anticoagulation<br />

thérapeutique<br />

Faible risque de TEV<br />

– Prophylaxie médicamenteuse standard de la thrombose<br />

Soins intensifs<br />

Ambulatoire après<br />

hospitalisation<br />

Faible risque de TEV<br />

Risque élevé de TEV<br />

– Prophylaxie médicamenteuse standard de la thrombose<br />

– Surveillance étroite<br />

– Pas d’anticoagulation thérapeutique sans indication spécifique (p. ex. EP)<br />

– Pas d’anticoagulation prophylactique ou thérapeutique<br />

– Envisager une anticoagulation prophylactique<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 51


Perspectives<br />

Bibliographie<br />

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with coronavirus disease 2019. J<br />

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cumulative incidence of thrombotic<br />

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ill ICU patients with COVID-19:<br />

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Goligher E. C., Bradbury C. A.,<br />

McVerry B. J., et al. Therapeutic<br />

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Leitlinie Empfehlung zur<br />

stationären Therapie von Patienten<br />

mit COVID-19. AWMF Register Nr<br />

113/001 [Internet]. 2022.<br />

52<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Perspectives<br />

Aus der «Therapeutischen Umschau»* – Übersichtsarbeit<br />

Leitsymptome<br />

bei proktologischen<br />

Erkrankungen und<br />

allgemeine Massnahmen<br />

Manfred Essig, Allgemeine Innere Medizin und Gastroenterologie, Spital Tiefenau, Insel Gruppe AG, Bern<br />

Gemeinsamkeit von proktologischen<br />

Erkrankungen ist eine<br />

hohe Selbstmedikation und<br />

eine oft eine längere Leidensgeschichte<br />

zum Schutz der Intimsphäre.<br />

Deshalb ist bei Andeutungen von Beschwerden<br />

ein gezieltes Nachfragen nötig.<br />

Patienten mit proktologischen Erkrankungen<br />

haben eine Anamnese mit gut zu<br />

erfragenden Leitsymptomen. Dabei ist<br />

wichtig zu verstehen, dass im umgangssprach<br />

lichen Verständnis alle Symptome<br />

von Patienten unter dem Begriff: «Ich habe<br />

Probleme mit den Hämorrhoiden» subsummiert<br />

werden. Der umgangssprachlich<br />

verwendete Begriff «Hämorrhoidenbeschwerden»<br />

lässt sich in fünf wesentliche<br />

Leitsymptome aufgliedern, mit denen rein<br />

anamnestisch eine breite Differentialdiagnose<br />

abgebildet werden kann.<br />

Der Leidensdruck ist bei vielen Patienten<br />

oft gut durch einen stabilen Allgemeinzustand<br />

kompensiert, weshalb eine Frage:<br />

«Wie geht es Ihnen?» meist mit «gut» beantwortet<br />

wird.<br />

Initial ist eine grobe Einschätzung<br />

von proktologischen Erkrankungen wichtig.<br />

Ob es sich eher um einen akut benignen<br />

Verlauf, wie zum Beispiel die häufige<br />

symptoma tische Vergrösserung des inneren<br />

Hämorrhoidalplexus mit Blutungen<br />

handelt, oder ob es sich um akut lebensbedrohliche<br />

Zustände handelt, wie zum<br />

Beispiel eine sich abzeichnende Beckenphlegmone.<br />

* Der Artikel erschien ursprünglich in der<br />

«Therapeutischen Umschau» (2021), 78(9),<br />

489–493.<br />

Nach einer allgemeinen Anamnese,<br />

welche B-Symptome, Ernährungsgewohnheiten,<br />

Genussmittel und Drogenkonsum,<br />

Bauchsymptome wie Durchfall<br />

oder Obstipation, Medikamenteneinnahmen<br />

und die Sexualanamnese des letzten<br />

Jahres erfragt, kommen wir zu den Leitsymptomen:<br />

1. Haben sie Blut im Stuhl? Wenn ja, ist es<br />

nur am Papier oder nach dem Stuhlgang<br />

verteilt auf die ganze Toi lettenschüssel?<br />

2. Haben sie Schmerzen im Analbereich?<br />

Wenn ja, während des Stuhlgangs oder<br />

den ganzen Tag?<br />

3. Leiden sie unter Juckreiz? Wenn ja, zu<br />

welcher Tageszeit / Jahreszeit, essensabhängig,<br />

bestehen weitere Symp tome?<br />

4. Haben sie ein Fremdkörpergefühl?<br />

Wenn ja, wie lange besteht das und wie<br />

beeinträchtigt sie das in ihrer gesamten<br />

Lebensqualität?<br />

5. Haben sie unwillkürlichen Stuhlabgang<br />

/ ­drang? Wenn ja, haben sie Geburten<br />

oder Operationen hinter sich<br />

leiden sie an einer neurologischen Erkrankung<br />

oder leiden sie an Rückenmarksveränderungen<br />

oder -schädigungen,<br />

hatten sie Operationen im<br />

Anal- / Beckenbereich?<br />

Leitsymptom Blutung<br />

Bestehen nur anale Frischblutabgänge ohne<br />

Schmerzen, ist dies ein häufiges Symptom<br />

von pathologisch vergrösserten inneren<br />

Hämorrhoiden und damit statistisch<br />

das das häufigste Symptom des klassischen<br />

inneren Hämorrhoidalleidens (siehe<br />

Abb. 1a – c) [1, 2].<br />

Dabei spielt das Alter des Patienten<br />

für die nosologische Zuordnung eine wesentliche<br />

Rolle in der statischen Verteilung.<br />

Es treten jedoch Tumoren, sexuell<br />

übertragbare Erkrankungen, entzündliche<br />

Darmerkrankungen in jedem Lebensalter,<br />

jedem Geschlecht und jeder Ethnie<br />

und jedem Sozialstatus auf. Auch wenn<br />

die statistische Verteilung der Symptome<br />

mit dem Alter klar zunimmt ist es sehr<br />

einschneidend, wenn eine therapierbare<br />

Läsion im jüngeren Lebensalter verpasst<br />

wird.<br />

Blutungen können sich bei fast allen<br />

analen Erkrankungen zeigen, allerdings<br />

in einer differenzierten Gewichtung mit<br />

anderen Symptomen [3].<br />

Innere Hämorrhoiden haben typisch<br />

Frischblut und sonst seltener Symptome,<br />

je nach Stadium wenig Juckreiz, Soiling,<br />

Schmerzen sind eher selten (allenfalls bei<br />

zusätzlichen Entzündungen und Thrombosierungen<br />

bei höhergradigen Hämorrhoidalleiden).<br />

Die Blutmenge kann leicht<br />

bis anämisierend sein, je nach Stuhlkonsistenz<br />

und Konstitution sowie unter Gerinnungshemmung.<br />

Tumoren und deren Vorstufen im<br />

Anal bereich können sich mit Frischblut<br />

zuerst manifestieren, haben aber oft bei<br />

Cave: Jede neu aufgetretene anale<br />

Blutung muss ernst genommen werden<br />

und bedarf einmal einer Standortbestimmung<br />

mittels Endoskopie,<br />

am besten Koloskopie und Anoskopie!<br />

54<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Perspectives<br />

subtilen Nachfragen Kombinationen mit<br />

Fremdkörpergefühl, Urgesymptomatik,<br />

Gefühl der unvollständigen Entleerung.<br />

Jede sexuell übertragbare Erkrankung<br />

(STD), jede entzündliche Darmerkrankung<br />

kann anale Blutungen hervorrufen<br />

dies können oft auch Schmierblutungen<br />

sein. Wenige Blutauflagerungen am Toilettenpapier<br />

können durch Ekzeme, entzündete<br />

Marisken oder durch schmerzhafte<br />

Fissuren hervorgerufen werden.<br />

Die Aussage «Frischblutabgang» ist<br />

wie Vieles in der Medizin von relativer<br />

Natur und hängt von der Erfahrung des<br />

Beschreibers ab, so können Divertikelblutungen,<br />

je nach Intensität von koaguliertem<br />

Blut bis zum massiven analen Frischblutabgang<br />

das Erscheinungsbild prägen.<br />

Aus ärztlich-ethischer Sicht ist der<br />

Leidensdruck bei analen Blutungen und<br />

die Angst des Patienten oft ein Taktgeber<br />

zur Intensivierung der Diagnostik – aus<br />

gastroenterologischer Sicht sollte jeder<br />

Patient zur Entspannung seiner Angst<br />

zum Ausschluss relevanter Differentialdiagnosen<br />

und zur juristischen Entlastung<br />

des Arztes einer Endoskopie zugeführt<br />

werden [4].<br />

Leitsymptom Schmerz<br />

Anale Schmerzen beeinträchtigen in den<br />

meisten Fällen das Allgemeinbefinden<br />

(siehe Abb. 2a – c).<br />

Schmerzen, welche bei der Defäkation<br />

auftreten und messersticharig sind<br />

und dann noch bis Stunden nach der Defäkation<br />

bestehen können, sind ein klassisches<br />

Leitsymptom der akuten Analfissur.<br />

Die Schmerzen können derartig stark sein,<br />

dass eine Vermeidung des Toilettengangs<br />

mit Folge von Obstipation durch den Patienten<br />

induziert wird. Ursächlich für die<br />

Entstehung der Analfissur ist meist eine<br />

leichte lokale Inflammation mit Dehnung<br />

durch harten Stuhlgang. Die Fissur wird<br />

dabei durch den schmerz-reflektorisch erhöhten<br />

Analsphinktertonus, welche den<br />

Blutabfluss behindert, verlängert.<br />

Schmerzen bei entzündlichen Darmerkrankungen<br />

können nach der Defäkation<br />

kurzzeitig besser werden. Meistens<br />

werden jedoch anale Schmerzen bei der<br />

Defäkation kurzzeitig intensiviert.<br />

Schmerzen, welche unabhängig von<br />

der Defäkation bestehen, sind oft mit<br />

Fremdkörpergefühl kombiniert. Hier ist<br />

an erster Stelle die Thrombose der äusseren<br />

Analvenen zu erwähnen. Diese entsteht<br />

oft unvermittelt innerhalb von wenigen<br />

Stunden, ausgelöst durch Pressen,<br />

langes Sitzen, Lastenheben und vieles<br />

anderes.<br />

Dauerschmerz mit meist leichten bis<br />

schweren und schwersten Allgemeinsymptomen<br />

können durch Abszesse ausgelöst<br />

werden.<br />

Anale Schmerzen erfordern eine lokale<br />

Inspektion und rektal digitale Untersuchung<br />

als Minimum. Bei Unklar heiten<br />

und vor allem bei B-Symptomen ist eine<br />

Bildgebung (CT Becken) zum Ausschluss<br />

von Abszessen nötig.<br />

Leitsymptom Juckreiz<br />

Der Häufigkeit nach spielen hygienische<br />

Aspekte oft kombiniert mit Adipositas eine<br />

grosse Rolle. Klassische Ursachen sind<br />

Ekzeme (siehe Abb. 3a – c) [5].<br />

Bei Juckreiz ohne erkennbare äussere<br />

Ursachen kann pragmatisch an eine Wurminfektion<br />

gedacht werden. Differenzialdiagnostisch<br />

machen sexuell übertragbare<br />

Krank heiten und andere entzündliche Erkrankungen<br />

ebenso einen wesentlichen<br />

Teil aus.<br />

a)<br />

b)<br />

c)<br />

Abbildung 1a – c. Bei Blutungen: a. Hämorrhoiden Grad II; b. Rektumkarzinom; c. Melanom im Analbereich.<br />

a)<br />

b)<br />

c)<br />

Abbildung 2a – c. Bei Schmerzen: a. Analfissur; b. Abszess; c. Thrombose.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 55


Perspectives<br />

Analschleimhautprolaps und innere<br />

Hämorrhoiden ab Grad II können durch<br />

eine unphysiologische Hypersalivation<br />

ebenfalls zu Hautirritationen mit Juckreiz<br />

führen.<br />

Eine Hauptursache für Juckreiz ist<br />

die Anwendung von alkoholhaltigen, vasodilatierenden<br />

Reinigungstüchern oder<br />

die Verwendung von allergisierenden,<br />

topischen Stoffen wie Umweltschutztoilettenpapier<br />

(Herstellung aus alten Zeitungen<br />

mit Druckerschwärze) oder auch<br />

Kamillenextrakte können eine allergisierende<br />

Wirkung haben.<br />

Juckreiz erfordert im Minimum eine<br />

lokale Inspektion und bei Unklarheit eine<br />

proktologische Untersuchung.<br />

Leitsymptom Fremdkörpergefühl<br />

Hier kommen alle Tumorarten und entzündlichen<br />

Erkrankung in Betracht (siehe<br />

Abb. 4a – c).<br />

Dieses Symptom hat eine breite Differentialdiagnose<br />

und bedarf einer in tensiven<br />

Abklärung mittels Endoskopie und bis und<br />

mit MR-Diagnostik oder Endosonographie<br />

des Beckens und Analkanales.<br />

Leitsymptome Inkontinenz<br />

oder Urge-Symptome<br />

Patienten mit Inkontinenz kommen oft<br />

spät zur Abklärung zum Spezialisten, da<br />

die Symptome meist langsam auftreten<br />

und eine Art damit umzugehen etabliert<br />

ist (von häufigen Toilettenbesuchen, Einlagen<br />

tragen, bis zur sozialen Isolation).<br />

Typische einfach zu verstehende Pathophysiologie<br />

ist eine neuromuskuläre<br />

Störung des komplexen Sphinktersystems,<br />

die jede Stufe betreffen kann. Zum<br />

einen können entzündliche Irritationen<br />

zum Beispiel bei einer beginnenden Colitis<br />

ulcerosa im Rectum zu Urge-Symptomen<br />

führen. Zum anderen kann jede<br />

Schädigung des Sphinkters selbst (jede<br />

Geburt, ob normal, Sectio oder traumatisch;<br />

jeder operative Eingriff im Analbereich)<br />

zum Verlust von kontraktilen<br />

Fasern führen. Jede neurogene Schädigung<br />

kann zur Inkontinenzsymptomen<br />

führen (MS, Rückenmarksoperationen,<br />

Parkinson, Diabetes, Traumata, <strong>No</strong>xen<br />

wie Alkohol). Meistens kommen relevante<br />

Störungen durch die Kombination von<br />

Schädigung mit zunehmendem Alter vor.<br />

Zusammenfassung<br />

Neben einer allgemeinen Anamnese<br />

gibt es bei proktologischen Erkrankungen<br />

fünf gezielt zu erfragende<br />

Leitsymptome, welche das diagnostische<br />

Prozedere bestimmen. Neben<br />

Allgemeinmassnahmen wie Lifestyle<br />

und Basisthera-pien kommen einfach<br />

anzuwendende Hinweise mit nicht<br />

relevanten Nebenwirkungen zur<br />

Anwendung.<br />

Abstract: Leading<br />

symptoms in proctological<br />

diseases and<br />

general measures<br />

In addition to a general anamnesis,<br />

proctological diseases are characterised<br />

by five specific leading symptoms that<br />

determine the diagnostic procedure.<br />

In addition to general measures such as<br />

lifestyle and basic therapies, easy-touse<br />

tips with no relevant side effects are<br />

explained.<br />

a)<br />

b)<br />

c)<br />

Abbildung 3a – c. Zu Juckreiz: a. Ekzem; b. Analkarzinom; c. Condylomata acuminata.<br />

a)<br />

b)<br />

c)<br />

Abbildung 4a – c. Bei Fremdkörpergefühl: a. Rektumtumor; b. gutartige Hypertrophe Analpapille; c. Morbus Crohn Fisteln.<br />

56<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Perspectives<br />

Grundsätzlich bedürfen die Inkontinenz<br />

und Urge-Symptomatik einer Abklärung<br />

beim Spezialisten oder einem proktologischen<br />

Zentrum. Der Leidensdruck<br />

des Patienten ist hier der Taktgeber.<br />

Therapeutische Basismassnahmen<br />

bei proktologischen Symptomen<br />

Der Grundsatz, dass eine Stuhlregulation<br />

von maximal drei Mal täglich und minimal<br />

drei Mal wöchentlich angestrebt wird,<br />

ist eine Richtlinie, die vom Wohlbefinden<br />

des Patienten bestimmt wird und kann<br />

deshalb auch eine grössere Bandbreite haben<br />

[6].<br />

Ziel ist eine schmerzfreie, geformte,<br />

Defäkation von hellbrauner Farbe, welche<br />

kontrolliert werden kann, aber nicht unterdrückt<br />

werden sollte.<br />

Viele gut durchgeführte Studien bestätigen<br />

den Benefit von klassischen Lifestyleinterventionen.<br />

1. Ausreichende Bewegung (WHO-Empfehlung;<br />

www.euro.who.int)<br />

2. Ernährung im mediterranen Sinn (nicht<br />

Pizza, nicht Pasta – vornehmlich pflanzlich;<br />

www.thelancet.com – mediterranean<br />

diet)<br />

3. Beckenbodentraining zur Motivation<br />

unter physiotherapeutischer Anleitung<br />

4. Anstrebung eines normalen BMI<br />

5. Pragmatischer Versuch mit Flavonoiden,<br />

um den Blutfluss im kleinen Becken<br />

zu regulieren (Daflon®)<br />

Als Basismassnahmen kann bei den Leitsymptomen<br />

nach oder parallel zu den<br />

empfohlenen Abklärungen und spezifischen<br />

Therapien Folgendes allgemein<br />

empfohlen werden.<br />

Leitsymptom Blutung<br />

1. Bei ursächlichem Hämorrhoidalleiden<br />

aller Grade – Beckenbodentraining, Lifestyleinterventionen<br />

2. Stuhlregulation mit Leinsamen und<br />

Floh samen<br />

3. Hygiene mit Wasser und weichen weissem<br />

Papier<br />

4. Keine langen Sitzzeiten auf der Toilette<br />

Leitsymptom Schmerz<br />

1. Analgesie bei Thrombosen mit <strong>No</strong>vaminsulfon,<br />

oder nicht steroidalen Antirheumatika<br />

(NSAR), oder topisch mit<br />

Lokalanästhetika (Emla®), die Stichinzision<br />

bringt bei der Gesamtschau<br />

über eine Woche keinen Vorteil gegenüber<br />

der konservativen Therapie.<br />

2. Bei Fissuren warme Sitzbäder abends<br />

zur Relaxation der Muskulatur, topisch<br />

Ca-Antagonisten vom Typ Nifedipinsalbe<br />

zwei Mal täglich 0,2 %<br />

3. Stuhlregulation<br />

Leitsymptom Juckreiz<br />

1. Anale Hygiene<br />

2. Lifestyleintervention<br />

3. Bei pruritus sine materie: pragmatischer<br />

Versuch mit Mebendazol (Vermox®)<br />

4. Meiden von Feuchttüchern (Allergisierung,<br />

Vasodilatation)<br />

5. Kein Umweltschutztoilettenpapier (Druckerschwärze)<br />

6. Topische Hautpflege mit Mandelöl,<br />

Zinksalbe (bei Rissen)<br />

Leitsymptom Fremdkörpergefühl<br />

1. Stuhlregulation<br />

2. Bei Nachweis von unspezifischen entzündlichen<br />

Veränderungen kurzzeitige<br />

pragmatische Therapie mit Mesalazin<br />

Leitsymptom Inkontinenz / Urge<br />

1. Hygiene<br />

2. Beckenbodentraining Biofeedback unter<br />

geschulter physiotherapeutischer<br />

Leitung<br />

3. Vorbeugung durch Schwangerschaftsgymnastik<br />

4. Vermeidung von relativ indizierten<br />

operativen Eingriffen im Analbereich<br />

Literatur<br />

[1] Kuehn HG, Gebbensleben O, Hilger<br />

Y, Rohde H. Relationship between anal<br />

symptoms and anal findings. Int J Med Sci.<br />

2009;6:77 – 84.<br />

[2] Gallo G, Martellucci J, Sturiale<br />

A, Clerico G, Milito G, Marino F, et al. Consensus<br />

statement of the Italian society of<br />

colorectal surgery (SICCR): management<br />

and treatment of hemorrhoidal disease.<br />

Tech Coloproctol. 2020;24:145 – 164.<br />

[3] Jensen SL, Harling H,<br />

Arseth-hansen P, Tange G. The natural<br />

history of symptomatic haemorrhoids.<br />

Int J Colorectal Dis. 1989;4:41 – 4.<br />

[4] Pfenninger JL, Surrell J. <strong>No</strong>nsurgical<br />

treatment options for internal<br />

hemorrhoids. Am Fam Physician.<br />

1995;52:821 – 34.<br />

[5] Kreuter AJ. Proctology – diseases<br />

of the anal region. Dtsch Dermatol<br />

Ges. 2016;14:352 – 73. quiz 372 – 5.<br />

[6] Alonso-Coello P, Zhou Q, Martinez-Zapata<br />

MJ, Mills E, Heels­ Ansdell D,<br />

Johanson JF, et al. Meta-analysis of flavonoids<br />

for the treatment of haemorrhoids.<br />

Br J Surg. 2006;93:909 – 20.<br />

Prof. Dr. med. Anne Leuppi-Taegtmeyer, PhD<br />

Oberärztin Klinische Pharmakologie<br />

und Toxikologie<br />

Leiterin Regionales Pharmacovigilance Zentrum<br />

Universitätsspital Basel<br />

Petersgraben 4<br />

4031 Basel<br />

Anne.Leuppi-Taegtmeyer@usb.ch<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 57


©Pierre-Yves Massot<br />

Du rire et du rêve<br />

pour nos enfants hospitalisés<br />

Grâce à vos dons, les enfants hospitalisés reçoivent<br />

chaque semaine la visite des docteurs Rêves.<br />

Merci pour votre soutien.<br />

www.theodora.ch<br />

IBAN CH51 0900 0000 1006 1645 5


Perspectives<br />

Un lieu particulier<br />

Un joyau naturel<br />

unique en son genre<br />

Fabian Kraxner, membre de la rédaction du <strong>Journal</strong> <strong>asmac</strong><br />

Mon endroit préféré se<br />

trouve à 900 mètres de<br />

distance et 80 mètres<br />

au-dessus de chez moi,<br />

dans le quartier prisé d’Affoltern, à Zurich.<br />

Propre à la baignade, l’étang naturel<br />

de Hedingen est un haut lieu vibratoire,<br />

paisible et idyllique. Véritable petit bijou<br />

naturel loin du tumulte et de l’agitation,<br />

il présente de multiples facettes toute<br />

l’année et est apprécié par petits et<br />

grands. Je vous livre ci-après quelques<br />

impressions au fil des saisons.<br />

En automne, lorsque les feuilles aux<br />

couleurs chamarrées tombent des arbres,<br />

que les jours raccourcissent et les nuits<br />

s’allongent, que l’eau s’enveloppe d’une<br />

brume matinale, l’étang nous apparaît<br />

comme un lieu mystique et puissant<br />

avec ses rives de roseaux et de prairies,<br />

ses buissons et ses arbres.<br />

Cette ambiance me rappelle<br />

un poème d’Eduard Mörike intitulé<br />

«Matin de septembre»:<br />

Photo: màd<br />

Le monde repose encore dans le brouillard,<br />

Les forêts et les prairies rêvent encore.<br />

Bientôt tu verras, lorsque tombera le voile,<br />

Le ciel bleu authentique,<br />

Le monde feutré, fort de l’automne,<br />

Couler en des ors embrasés.<br />

Le givre recouvre les arbres et les arbustes<br />

qui encerclent l’étang, la neige<br />

saupoudre le sol. L’hiver prend ses<br />

quartiers. L’air est froid mais le soleil<br />

qui se faufile à travers les branches des<br />

arbres nous réchauffe de ses rayons<br />

réconfortants. La promenade qui fait le<br />

tour de l’étang offre une détente pour<br />

le corps et l’esprit. S’il y a suffisamment<br />

de neige, il est possible de faire du ski<br />

de fond sur le plateau de Feldenmaas,<br />

tout proche.<br />

Les jours s’allongent sensiblement,<br />

les oiseaux gazouillent dans la cime des<br />

arbres, les bourgeons pointent le bout de<br />

leurs feuilles, les premières petites fleurs<br />

sortent de terre. Le printemps est bien là.<br />

Les berges de l’étang s’animent; enfants<br />

et adultes jouent, rient et discutent<br />

au restaurant ou à l’occasion d’un piquenique<br />

commun.<br />

La chaleur de l’été, la vaste pelouse<br />

ainsi que l’atmosphère familiale attirent<br />

les amateurs de baignade et de soleil à<br />

l’étang, ce qui fait le bonheur du restaurant<br />

au cadre convivial et raffiné. On<br />

patauge, on nage ou on saute dans l’eau<br />

rafraîchissante. J’apprécie particulièrement<br />

la baignade de fin de journée.<br />

Nager au crépuscule m’inonde à chaque<br />

fois d’un bien-être indescriptible.<br />

L’étang naturel est un élément<br />

incontournable de Hedingen. Il rassemble<br />

toute la population dans<br />

un endroit somptueux. Il est petit,<br />

mais remarquable, quelle que soit<br />

la saison.<br />

Fabian Kraxner<br />

est membre de la<br />

rédaction du <strong>Journal</strong><br />

<strong>asmac</strong> depuis 2021<br />

et chef de clinique en<br />

psychiatrie et psychothérapie.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 59


mediservice<br />

Boîte aux lettres<br />

Accident avec le véhicule<br />

de prêt – qu’est-ce qui est<br />

assuré?<br />

Le garagiste a mis un véhicule<br />

à ma disposition pendant<br />

la réparation de ma voiture.<br />

J’ai été impliqué dans une<br />

collision, mais sans faute de ma part.<br />

Qui paie les dégâts subis par le véhicule<br />

du garagiste et les dommages des<br />

tiers?<br />

Aucune faute ne pouvant vous être<br />

imputée, en tant que conducteur de la<br />

voiture mise à votre disposition pendant<br />

la réparation, le garagiste lui-même<br />

(pour le coût des dégâts subis par le<br />

véhicule de remplacement) et les éventuels<br />

autres lésés peuvent s’adresser<br />

directement à l’assureur RC (responsabilité<br />

civile) du véhicule fautif. <strong>No</strong>us<br />

partons de l’idée que le garagiste vous a<br />

confié ce véhicule de remplacement sur<br />

une base conventionnelle préalable, à<br />

titre onéreux ou éventuellement à un prix<br />

réduit, auquel cas l’utilisation du véhicule<br />

relève d’un contrat de location. Si, au<br />

contraire, le véhicule de remplacement<br />

vous a été remis gratuitement, il s’agit<br />

alors d’un prêt à usage. Vue sous l’angle<br />

du dommage subi par le garagiste, la<br />

forme de ce contrat avec lui (véhicule<br />

loué ou prêté) ne joue aucun rôle, puisque<br />

vous pouvez produire la preuve que vous<br />

n’avez commis aucune faute ayant<br />

entraîné des dégâts au véhicule, et vous<br />

n’avez donc aucune raison de dédommager<br />

le garagiste.<br />

Droit d’action directe du lésé<br />

En tant que partie lésée, et conformément<br />

à la loi fédérale sur la circulation<br />

routière, le garagiste peut intenter<br />

une action judiciaire directement contre<br />

l’assureur RC du véhicule fautif. La<br />

responsabilité du fautif étant clairement<br />

établie, cet assureur s’occupera immédiatement<br />

de la liquidation du sinistre<br />

et prendra à sa charge les frais de<br />

réparation. Si le garagiste a conclu une<br />

assurance casco complète couvrant<br />

le véhicule endommagé, il pourra,<br />

compte tenu de la franchise contractuelle,<br />

charger cet assureur-là de régler<br />

le sinistre pour lui. Le cas échéant,<br />

l’assurance casco complète se fera verser<br />

la compensation des dépenses du<br />

garagiste par l’assureur RC du véhicule<br />

fautif – et lui réclamera aussi le montant<br />

de la franchise prévue dans le contrat<br />

de l’assurance casco complète couvrant<br />

le véhicule que vous avez temporairement<br />

utilisé.<br />

Association Suisse d’Assurances (ASA)<br />

Photo: Adobe Stock<br />

60<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


<strong>No</strong>us conseillons les médecins, parce que nous les comprenons bien.<br />

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parlerons de vos assurances de personnes, de chose et de patrimoine et accidents.<br />

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mediservice<br />

En meilleure<br />

forme grâce à<br />

l’escalade<br />

L’escalade sportive en salle est aussi populaire que la musculation<br />

au centre de fitness et fait même partie du sport scolaire.<br />

Outre la force musculaire, l’escalade permet également d’entraîner<br />

la souplesse, l’équilibre et la force mentale, ce qui en fait<br />

un sport préventif.<br />

Kimberly Ann Zwygart, spécialiste Mouvement chez santé24 / SWICA<br />

Plus qu’une simple tendance,<br />

l’escalade et l’escalade de bloc<br />

se sont progressivement établies<br />

comme des disciplines<br />

sportives populaires, permettant de développer<br />

la musculature et d’améliorer la<br />

souplesse, l’équilibre, la force mentale et<br />

l’habileté tactique. Elle sollicite la musculature<br />

des bras et des épaules et permet<br />

d’activer toutes les chaînes musculaires, y<br />

compris au niveau du buste. Elle constitue<br />

un entraînement global qui favorise<br />

aussi la coordination des mouvements,<br />

permet d’améliorer sa posture et de se<br />

sentir mieux dans son corps.<br />

Un sport de loisirs pour toutes et<br />

tous en plein essor<br />

Peu de sports ont connu ces dernières années<br />

une telle évolution. Selon les chiffres<br />

de 2021 de l’Office fédéral du sport, 3,5% de<br />

la population suisse pratique l’escalade,<br />

qu’il s’agisse d’escalade de bloc, d’alpinisme,<br />

d’escalade en salle, d’escalade de<br />

glace, d’escalade freestyle ou de freeclimbing.<br />

Alors que l’escalade en falaise à l’extérieur<br />

inclut l’expérience de la nature, le<br />

sport en salle a l’avantage de pouvoir être<br />

pratiqué toute l’année indépendamment<br />

des conditions météorologiques.<br />

En escalade sportive, la corde et les<br />

pitons ne servent généralement qu’à l’assurage<br />

et ne sont pas utilisés pour la pro-<br />

gression. La plupart du temps, l’escalade<br />

se pratique en cordée de deux personnes,<br />

l’une se trouvant au sol et assurant pendant<br />

que l’autre grimpe. L’escalade de bloc<br />

est une escalade sportive à hauteur de<br />

saut. C’est pourquoi on n’utilise ni corde<br />

de sécurité ni baudrier. Un tapis au sol doit<br />

amortir les chutes et éviter les blessures<br />

aux pieds. Comme le déroulement des<br />

mouvements en escalade de bloc est très<br />

complexe, la voie doit être maîtrisée mentalement<br />

au préalable. Sur le plan physique,<br />

cette discipline demande en général<br />

un effort important en termes de force.<br />

Se déplacer en toute sécurité sur le<br />

mur d’escalade<br />

L’escalade peut en principe être pratiquée<br />

par toutes et tous. La prudence est toutefois<br />

de mise en cas de blessures ou d’inflammations<br />

aiguës. Celles-ci devraient<br />

être examinées par un médecin avant de<br />

commencer à grimper. Selon le Bureau de<br />

prévention des accidents (bpa), la distraction<br />

et un mauvais assurage constituent<br />

les principales causes d’accident lors de la<br />

pratique de l’escalade en salle. Pour minimiser<br />

les risques, il est important d’apprendre<br />

la technique d’assurage et de faire<br />

vérifier les nœuds, de grimper avec une<br />

personne en qui l’on a confiance et de ne<br />

pas se laisser distraire. Un échauffement<br />

adéquat réduit également le risque de<br />

blessure. La natation est une bonne compensation<br />

à l’escalade dans la mesure où<br />

elle combine l’entraînement d’endurance<br />

et la souplesse. L’entraînement d’endurance<br />

augmente la performance, tandis<br />

que la souplesse est importante pour que<br />

les muscles restent flexibles et mobiles.<br />

Une pratique également bénéfique<br />

pour les enfants<br />

L’escalade favorise également la santé<br />

physique et psychique des enfants. Elle<br />

entraîne la motricité, la coordination et la<br />

capacité d’orientation spatiale, la concentration<br />

et renforce la confiance en soi.<br />

L’âge auquel un enfant peut commencer à<br />

pratiquer l’escalade dépend de son développement<br />

mais aussi de l’accord des parents.<br />

Un enfant de 4 ans peut par exemple<br />

«explorer» un mur d’escalade de manière<br />

ludique en étant assuré par ses parents à<br />

l’aide d’une corde. En principe, l’âge idéal<br />

pour débuter l’escalade de bloc se situe<br />

entre 6 et 8 ans, car à cet âge, les enfants<br />

sont capables de suivre des règles. Ils devraient<br />

toutefois toujours être surveillés<br />

par une personne majeure. Depuis que<br />

l’escalade a été intégrée au LP 21, ou programme<br />

scolaire, de l’école obligatoire alémanique,<br />

les enfants apprennent en de<br />

nombreux endroits à pratiquer l’escalade<br />

correctement et en toute sécurité dans le<br />

cadre du sport scolaire.<br />

Photos: màd; Adobe Stock<br />

62<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


mediservice<br />

SWICA encourage la<br />

pratique de l’escalade<br />

Depuis 2015, un partenariat collectif<br />

existe entre la Communauté d’intérêt<br />

des murs d’escalade (CIME) et SWICA,<br />

afin de promouvoir une pratique<br />

qualitative et sûre de l’escalade en<br />

salle. Plus de la moitié des 76 salles<br />

d’escalade en Suisse ont conclu un<br />

contrat avec SWICA. L’escalade et<br />

l’escalade de bloc font partie des<br />

sports bénéfiques pour la santé que<br />

SWICA soutient grâce à d’importantes<br />

contributions de promotion de la<br />

santé: moyennant l’assurance complémentaire<br />

correspondante, les clientes<br />

et clients des salles d’escalade reconnues<br />

par SWICA se voient rembourser<br />

jusqu’à 600 francs par an sur leur<br />

abonnement personnel d’escalade<br />

d’une durée de six ou douze mois.<br />

Multiples remises sur<br />

les primes<br />

En tant que membre de mediservice<br />

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SWICA de remises intéressantes sur<br />

les primes des assurances d’hospitalisation<br />

et complémentaires grâce<br />

au contrat collectif et au système de<br />

bonus BENEVITA. De surcroît,<br />

SWICA soutient vos activités dans<br />

les domaines de l’activité physique,<br />

de l’alimentation et de la détente.<br />

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SWICA est en outre partenaire des<br />

Championnats du monde d’escalade<br />

<strong>2023</strong>, qui se dérouleront à Berne<br />

du 1 er au 12 août.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 63


mediservice<br />

La mobilité<br />

du futur<br />

Electromobilité, car sharing, multimodalité.<br />

La liste des possibilités et des tendances dans le domaine<br />

de la mobilité est longue, et ne cesse de s’allonger.<br />

Alors qu’il y a quelques années, notre choix se limitait à la voiture,<br />

aux transports publics ou au vélo; aujourd’hui, nous avons<br />

bien plus d’options et de variantes à disposition. Rien n’arrête la quête<br />

d’innovations dans le domaine de la mobilité.<br />

Photo: màd<br />

64<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


mediservice<br />

Depuis longtemps déjà, voyager<br />

signifie bien plus que d’aller<br />

d’un point A à un point B.<br />

Chacun de nous se rend régulièrement<br />

à différents endroits, qu’il<br />

s’agisse de déplacements professionnels<br />

ou privés. Aller à pied jusqu’à la gare, puis<br />

prendre le train, louer une trottinette<br />

électrique jusqu’à l’arrêt de bus ou bien<br />

faire tout le trajet directement en voiture?<br />

De nos jours, nous disposons d’innombrables<br />

possibilités, que nous pouvons<br />

aussi combiner entre elles. Prendre différents<br />

moyens de transport pour un trajet,<br />

ce que l’on appelle la multimodalité, est<br />

une tendance en hausse. Cette tendance<br />

est alimentée par le besoin d’arriver à destination<br />

dans le confort et sans encombre<br />

tout en gérant efficacement son temps. Le<br />

choix des moyens de transport repose sur<br />

des facteurs tels que la distance, la densité<br />

du trafic ou les heures de pointe.<br />

Shared Mobility: louer plutôt<br />

qu’acheter<br />

Depuis longtemps, on se pose non seulement<br />

la question du mode de transport approprié,<br />

mais aussi de l’achat ou de la location<br />

de ce dernier pour arriver à bon port<br />

en toute sérénité. «Sharing is caring.» Voitures,<br />

vélos ou trottinettes: tous ces véhicules<br />

se louent facilement en fonction des<br />

besoins. Cela permet de gagner du temps,<br />

d’économiser les frais d’entretien et d’obtenir<br />

un décompte au kilomètre près. <strong>No</strong>us<br />

payons uniquement ce dont nous avons<br />

besoin tout en restant constamment<br />

flexibles. Parallèlement, cela a un impact<br />

positif sur les places de stationnement disponibles<br />

et la densité du trafic. L’environnement<br />

est notre passager. Plutôt séduisant<br />

et intelligent, me direz-vous. Pourtant,<br />

d’après le Swiss Mobility Monitor<br />

2022, plus de 75% des Suisses continuent<br />

d’utiliser leur propre voiture et ils ne sont<br />

que 10% à utiliser l’alternative du car sharing.<br />

Il y a tout aussi peu de personnes qui<br />

prévoient d’utiliser des offres de car sharing<br />

dans les prochains mois, que ce soit à<br />

titre personnel ou professionnel. Pourtant,<br />

d’après l’étude sur la mobilité, nos voitures<br />

restent inutilisées à 95% du temps.<br />

Electromobilité: la prise au lieu<br />

de la pompe<br />

De même, la grande majorité de la population<br />

suisse n’utilise pas encore les possibilités<br />

offertes par l’électromobilité. D’après<br />

l’Office fédéral de la statistique, les véhicules<br />

électriques représentaient seulement<br />

2,3% des voitures de tourisme immatriculées<br />

en 2022. La plupart des conducteurs<br />

automobiles continuent de miser sur<br />

des modèles à essence classiques, suivis<br />

par les moteurs diesel.<br />

Dans le même temps, le nombre de<br />

nouvelles immatriculations de véhicules<br />

électriques est en forte hausse. Ainsi, en<br />

MyWay: l’assurance auto au kilomètre près<br />

Idéale pour les personnes qui conduisent de façon occasionnelle: seulement quelques<br />

frais de dossiers mineurs et vous ne payez que par rapport aux kilomètres parcourus.<br />

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au vendredi, de 8h00 à 18h00, au<br />

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pas de mentionner votre adhésion<br />

à mediservice <strong>asmac</strong>.<br />

2021, on a enregistré 62,1% de véhicules<br />

électriques neufs mis en circulation de plus<br />

qu’en 2020. Cette hausse se poursuit en<br />

2022 même si elle reste à peine perceptible<br />

dans l’ensemble. Le cap des nouveaux modes<br />

de déplacements alternatifs reste difficile<br />

à franchir. L’avenir nous dira si et dans<br />

quelle mesure les esprits vont s’ouvrir. Cependant,<br />

l’augmentation des nouvelles immatriculations<br />

de véhicules électriques<br />

laisse à penser que les choses évoluent.<br />

L’avenir sera-t-il à la conduite<br />

autonome?<br />

L’attitude attentiste vis-à-vis du car sharing<br />

et de l’électromobilité est d’autant<br />

plus marquée en ce qui concerne la<br />

conduite autonome. Tandis que les systèmes<br />

d’assistance (aide au stationnement<br />

p. ex.) sont particulièrement prisés, on<br />

constate encore une certaine réserve dans<br />

la vision de la voiture autonome. Jadis,<br />

l’Homme rêvait de voler. Aujourd’hui, il<br />

s’attelle à trouver comment conduire sans<br />

chauffeur. Le scepticisme vis-à-vis de ce<br />

concept ne semble pas totalement injustifié,<br />

au vu des nombreux défis techniques<br />

qu’il implique. En effet, il faut d’abord<br />

standardiser la configuration des véhicules,<br />

puis les confronter à des situations<br />

individuelles, parfois imprévisibles. Il<br />

reste encore de nombreux points à clarifier<br />

avant de savoir quelles solutions de mobilité<br />

concrètes seront réalisables pour une<br />

innovation d’une telle complexité. Ne serait-ce<br />

que là où nous voulons aller et la<br />

façon de le faire. Une chose est sûre: les<br />

possibilités vont continuer à se multiplier<br />

en tenant compte de nos besoins en termes<br />

de flexibilité et de confort.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 2/23 65


Impressum<br />

Adresses de contact des sections<br />

N o 2 • 42 e année • Avril <strong>2023</strong><br />

Editeur<br />

AG<br />

VSAO Sektion Aargau, Geschäftsstelle: lic. iur. Eric Vultier,<br />

Auf der Mauer 2, 8001 Zurich, vultier@schai-vultier.ch,<br />

tél. 044 250 43 23, fax 044 250 43 20<br />

mediservice vsao-<strong>asmac</strong><br />

Bollwerk 10, case postale, 3001 Berne<br />

Téléphone 031 350 44 88<br />

journal@<strong>asmac</strong>.ch, journal@vsao.ch<br />

www.<strong>asmac</strong>.ch, www.vsao.ch<br />

Sur mandat de l’<strong>asmac</strong><br />

Rédaction<br />

Catherine Aeschbacher (rédactrice en chef),<br />

Kerstin Jost, Fabian Kraxner, Maya Cosentino,<br />

Bianca Molnar, Patricia Palten, Léo Pavlopoulos,<br />

Lukas Staub, Anna Wang<br />

Comité directeur <strong>asmac</strong><br />

Angelo Barrile ( président), <strong>No</strong>ra Bienz<br />

(vice- présidente), Severin Baerlocher,<br />

Christoph Bosshard (invité permanent),<br />

Marius Grädel, Patrizia Kündig, Richard<br />

Mansky, Gert Printzen, Svenja Ravioli,<br />

Patrizia Rölli, Martin Sailer, Jana Siroka,<br />

Clara Ehrenzeller (swimsa)<br />

Impression et expédition<br />

Stämpfli SA, entreprise de communication,<br />

Wölflistrasse 1, 3001 Berne, tél. 031 300 66 66,<br />

info@staempfli.com, www.staempfli.com<br />

BL/BS<br />

VSAO Sektion beider Basel, Geschäftsleiterin und Sekretariat:<br />

lic. iur. Claudia von Wartburg, Advokatin, Hauptstrasse 104,<br />

4102 Binningen, tél. 061 421 05 95, fax 061 421 25 60,<br />

sekretariat@vsao-basel.ch, www.vsao-basel.ch<br />

BE VSAO Sektion Bern, Schwarztorstrasse 7, 3007 Berne, tél. 031 381 39 39,<br />

info@vsao-bern.ch, www.vsao-bern.ch<br />

FR ASMAC section fribourgeoise, Sanae Chemlal, Rue du Marché 36,<br />

1630 Bulle, presidence@asmaf.ch<br />

GE Associations des Médecins d’Institutions de Genève, case postale 23,<br />

Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4, 1211 Genève 14, amig@amig.ch, www.amig.ch<br />

GR<br />

JU<br />

NE<br />

VSAO Sektion Graubünden, Kornplatz 2, 7000 Coire, Samuel B. Nadig,<br />

lic. iur. HSG, RA Geschäftsführer/Sektionsjurist, tél. 081 256 55 55,<br />

info@vsao-gr.ch, www.vsao-gr.ch<br />

ASMAC section Jura, 6, Bollwerk 10, 3001 Berne, secretariat@<strong>asmac</strong>.ch,<br />

031 350 44 88<br />

ASMAC section neuchâteloise, Joël Vuilleumier, avocat,<br />

Rue du Musée 6, case postale 2247, 2001 Neuchâtel,<br />

tél. 032 725 10 11, vuilleumier@valegal.ch<br />

SG/AI/AR VSAO Sektion St. Gallen-Appenzell, Bettina Surber, Oberer Graben 44,<br />

9000 St-Gall, tél. 071 228 41 11, fax 071 228 41 12,<br />

Surber@anwaelte44.ch<br />

Maquette<br />

Oliver Graf<br />

Illustration de la page de couverture<br />

Stephan Schmitz<br />

Annonces<br />

Zürichsee Werbe AG, Fachmedien,<br />

Markus Haas, Laubisrütistrasse 44, 8712 Stäfa<br />

Téléphone 044 928 56 53<br />

E-mail vsao@fachmedien.ch<br />

SO<br />

TI<br />

TG<br />

VSAO Sektion Solothurn, Geschäftsstelle: lic. iur. Eric Vultier,<br />

Auf der Mauer 2, 8001 Zurich, vultier@schai-vultier.ch,<br />

tél. 044 250 43 23, fax 044 250 43 20<br />

ASMAC Ticino, Via Cantonale 8-Stabile Qi, 6805 Mezzovico-Vira,<br />

segretariato@<strong>asmac</strong>t.ch<br />

VSAO Sektion Thurgau, Geschäftsstelle: lic. iur. Eric Vultier,<br />

Auf der Mauer 2, 8001 Zurich, vultier@schai-vultier.ch,<br />

tél. 044 250 43 23, fax 044 250 43 20<br />

Tirage<br />

Exemplaires imprimés: 22 250<br />

Certification des tirages par la REMP/FRP<br />

2022: 21 679 exemplaires<br />

Fréquence de parution: 6 numéros par année<br />

L’abonnement est inclus dans la contribution<br />

annuelle pour les membres de l’<strong>asmac</strong><br />

ISSN 1422-2086<br />

L’édition n o 3/<strong>2023</strong> paraîtra en<br />

juin <strong>2023</strong>. Sujet: Digital.<br />

© <strong>2023</strong> by <strong>asmac</strong>, 3001 Berne<br />

Printed in Switzerland<br />

VD<br />

VS<br />

ASMAV, case postale 9, 1011 Lausanne-CHUV,<br />

asmav@asmav.ch, www.asmav.ch<br />

ASMAVal, p.a. Maître Valentine Gétaz Kunz,<br />

Ruelle du Temple 4, CP 20, 1096 Cully, contact@asmaval.ch<br />

Suisse centrale (LU, ZG, SZ, GL, OW, NW, UR)<br />

VSAO Sektion Zentralschweiz, Geschäftsstelle: lic. iur. Eric Vultier,<br />

Auf der Mauer 2, 8001 Zurich, vultier@schai-vultier.ch,<br />

tél. 044 250 43 23, fax 044 250 43 20<br />

ZH/SH<br />

VSAO ZH/SH, RA lic. iur. Susanne Hasse,<br />

Geschäftsführerin, <strong>No</strong>rdstrasse 15, 8006 Zurich, tél. 044 941 46 78,<br />

susanne.hasse@vsao-zh.ch, www.vsao-zh.ch<br />

Publication<strong>2023</strong><br />

CIBLÉ<br />

COMPÉTENT<br />

TRANSPARENT<br />

Label de qualité Q-publication<br />

de l’association médias suisses<br />

66<br />

2/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


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plus amples informations sur www.swissmedicinfo.ch. Andreabal SA, Binningerstrasse 95, 4123 Allschwil, Tél. 061 271 95 87, Fax 061 271 95 88 www.andreabal.ch


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