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Bois de rose de Madagascar - Madagascar Wildlife Conservation

Bois de rose de Madagascar - Madagascar Wildlife Conservation

Les scieries chinoises,

Les scieries chinoises, en particulier celles qui sont installées le long de la frontière sibérienne et tournées vers l‘exportation, comptent parmi les plus grandes et les plus modernes du monde. Le travail du bois, notamment la fabrication de meubles, emploie de 12 à 15 millions de personnes. L‘utilisation des déchets de coupe comme bois de chauffage est une importante source d‘énergie pour les industries manufacturières en général. Les copeaux sont préférés aux déchets agricoles car leur combustion demande moins d‘apport en énergie et en eau, deux ressources rares en Chine. Ils sont en outre plus écologiques que le charbon. La corruption dans la filière des rondins est plus répandue que dans celle des produits transformés. L‘exportation des rondins abattus illégalement est donc plus facile que celle des produits finis. Si certains pays comme le Cameroun ou le Gabon viennent d‘interdire partiellement l‘exportation des rondins pour ne pas laisser partir des emplois, la plupart des autres pays d‘Afrique ne veulent pas suivre cette politique protectionniste car ils se priveraient ainsi de taxes importantes et surtout rapidement disponibles. En conclusion, l‘appétit chinois pour les rondins est lié au manque d‘infrastructure industrielle en Afrique et aux préférences du marché. Pourquoi la Chine importe du bois de rose Le goût des Chinois pour le bois de rose a plusieurs origines : techniques, esthétiques et culturelles. Le bois de rose est une essence noble, dont la dureté, la densité, l‘imputrescibilité et le poli la font rechercher pour la fabrication de meubles et d‘objet d‘art. Selon Stasse (2002), les artisans chinois seraient les seuls au monde à connaître le procédé qui permet d‘éviter le noircissement du bois de rose par oxydation quelques jours après sa coupe, et de lui conserver ainsi sa magnifique couleur rouge-grenat. En l‘absence de données plus précises, il semble que la consommation de bois de rose soit essentiellement destinée au marché intérieur. L‘élévation du pouvoir d‘achat de la classe moyenne chinoise (environ 300 millions de personnes) lui permet maintenant d‘acheter des meubles de style des époques impériales (Ming en particulier), lesquels étaient en bois de rose. Pourquoi la Chine importe du bois de Madagascar Jusqu‘en 2008, Madagascar ne représentait presque rien dans les importations de rondins par la Chine. Le Cameroun, la Guinée Equatoriale, le Gabon et la République du Congo pesaient 14% des importations chinoises de bois brut (Naidu et Mbazima 2008). Dans la province du Zambèze au Mozambique, la coupe forestière est la principale activité et elle alimente majoritairement la Chine. Les Douanes chinoises déclarent le commerce du bois de rose selon plusieurs codes de nomenclature : 44039930 (rondins), 94035010 (mobilier de chambre) et 94036010 (autres meubles). Le bois de rose scié (bois équarris, planches) est déclaré sous un autre code, mais il est mélangé avec deux autres essences. Les statistiques de la figure 11 ne sont donc pas très précises, elles n‘indiquent qu‘une tendance. Le commerce de l‘ébène n‘est pas déclaré en tant que tel, il est mélangé avec d‘autres essences (James Hewitt, In litt.). Les données de la figure 11 font le bilan des importations chinoises par pays. Elles montrent que le Myanmar et le Mozambique sont les principaux fournisseurs de bois de rose de la Chine. Il n‘est cependant pas sûr que le bois de rose exporté par le Mozambique vienne réellement de ce pays. Les exportations malgaches s‘élevant à 36 000 m 3 en 2009, ce pays va prendre un rang comparable à celui du Myanmar dans la prochaine édition de ce graphique. Randriamalala et Zhou 2010 44

FIGURE 11. Les importations de bois de rose en Chine, sous le code douanier 44039930. (Hewitt In litt.) DISCUSSION La déforestation est une des causes majeures de l‘érosion des sols et des inondations en Chine. Celles de 1998 ont affecté 240 millions de personnes et obligé le gouvernement à prendre des mesures draconiennes, dont l‘interdiction absolue de couper des arbres dans les cours supérieur et moyen des fleuves majeurs, tels le Fleuve Jaune ou le Yangtze (Liu et Diamond 2005). Le dépôt des sédiments, consécutif à l‘érosion des sols, dans les fleuves, les lacs et les réservoirs, a raccourci de 56% le réseau chinois des voies navigables entre 1949 et 1990. Il a également obligé à réduire le tonnage des navires autorisés à y circuler. L‘augmentation de la surface cultivée, combinée à la surexploitation des terres, a accéléré la désertification qui touche maintenant plus d‘un quart du territoire chinois. Même si cette dernière semble une conséquence du changement climatique global, il est certain qu‘elle est aggravée par l‘action des hommes (Wang 2008). Le « Mur Vert », à base d‘arbres, érigé pour protéger Pékin des tempêtes de sable a déjà coûté 6 milliards de dollars. Le manque chronique d‘eau, souvent allié au gaspillage, provoque des coupures très pénalisantes dans plus de cent grandes villes et il arrête parfois l‘activité industrielle. L‘alternance et la fréquence des inondations et des sécheresses provoquent un cercle vicieux : la sécheresse détruit la couverture végétale, l‘inondation du sol nu accentue son érosion. La Chine est aujourd‘hui un des pays qui manquent le plus de forêts, avec une moyenne de 0,1 hectare par personne, alors que la moyenne mondiale est à 0,6 (Liu et Diamond 2005). La couverture forestière n‘est que de 18%, contre 64% au Japon et 30% en moyenne mondiale. Les mesures drastiques prises par le gouvernement chinois pour enrayer ces catastrophes écologiques ont eu des répercussions graves sur le reste du monde. Depuis l‘interdiction de coupe sur le territoire national, les importations de bois en provenance des pays tropicaux et tempérés ont été multipliées par six. La Chine est, derrière le Japon, le 2° importateur mondial de bois des forêts tropicales humides. Ces deux pays protègent donc leurs forêts en « exportant de la déforestation » (Liu et Diamond 2005), ce qui provoque des ravages dans des pays comme la Malaisie, la Papouasie Nouvelle-Guinée et l‘Australie. Randriamalala et Zhou 2010 45

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