03.10.2023 Vues

Journal asmac No 5 - octobre 2023

Langue - Comprendre, taire, transmettre Politique - Pilotage des admissions – quo vadis? Obésité - Nouveaux médicaments, nouveaux espoirs Plaies ouvertes à la main - Conseils pratiques pour les urgences

Langue - Comprendre, taire, transmettre
Politique - Pilotage des admissions – quo vadis?
Obésité - Nouveaux médicaments, nouveaux espoirs
Plaies ouvertes à la main - Conseils pratiques pour les urgences

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<strong>Journal</strong><br />

N o 5, <strong>octobre</strong> <strong>2023</strong><br />

<strong>asmac</strong><br />

Le journal de l’Association suisse des médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique<br />

Langue<br />

Comprendre,<br />

taire, transmettre<br />

Page 28<br />

Politique<br />

Pilotage des<br />

admissions –<br />

quo vadis?<br />

Page 6<br />

Obésité<br />

<strong>No</strong>uveaux médicaments,<br />

nouveaux espoirs<br />

Page 40<br />

Plaies ouvertes à la main<br />

Conseils pratiques pour<br />

les urgences<br />

Page 44


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Sommaire<br />

Langue<br />

Comprendre, taire, transmettre<br />

Illustration de la page de<br />

couverture: Stephan Schmitz<br />

Editorial<br />

5 Entre volubilité et mutisme<br />

Politique<br />

6 Un monstre bureaucratique<br />

qui ne remplit pas sa mission<br />

8 Elections fédérales: renforcer la<br />

représentation du corps médical<br />

11 L’essentiel en bref<br />

Formation postgraduée/<br />

Conditions de travail<br />

12 «La formation postgraduée<br />

en chirurgie avec une semaine<br />

de 42+4 heures est possible»<br />

17 Dans l’univers des médecinsassistant(e)s<br />

Perspectives<br />

40 Actualités sur l’obésité:<br />

La thérapie plutôt que la chirurgie?<br />

44 Aus der «Therapeutischen<br />

Umschau» – Übersichtsarbeit:<br />

Tipps und Tricks in der Behandlung<br />

offener Handverletzungen in der<br />

<strong>No</strong>tfallpraxis<br />

51 Le lieu particulier<br />

mediservice<br />

52 Boîte aux lettres<br />

54 Aussi vite que possible<br />

56 Tremblements de terre:<br />

un danger sous-estimé<br />

58 Impressum<br />

<strong>asmac</strong><br />

18 <strong>No</strong>uvelles des sections<br />

25 <strong>asmac</strong>-Inside<br />

26 Conseil juridique de l’<strong>asmac</strong><br />

Point de mire: Langue<br />

28 «Il n’y a pas de traduction<br />

sans interprétation»<br />

31 Le traitement du mutisme<br />

34 Lost in Translation<br />

36 Dans le Jourdain des langues<br />

38 Quel rôle la linguiste joue-t-elle<br />

en clinique?<br />

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vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 3


Médecine<br />

Interne Générale<br />

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08. – 11.11.<strong>2023</strong> Lausanne<br />

32 h<br />

Médecine<br />

Interne<br />

Update Refresher<br />

05. – 09.12.<strong>2023</strong> Lausanne<br />

40 h<br />

Psychiatrie et<br />

Psychothérapie<br />

Update Refresher<br />

29.11. – 01.12.23 Lausanne<br />

24 h<br />

Gynécologie<br />

Update Refresher<br />

08. – 09.11.<strong>2023</strong> Lausanne<br />

14 SGGG | 1 SSUM | 2 SSMIG<br />

Pédiatrie<br />

Update Refresher<br />

29.11. – 01.12.23 Lausanne<br />

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tout le monde va bien.<br />

Pour que cela perdure, nous sommes aux<br />

côtés d’Emma, de son papa et de chaque<br />

personne assurée pour les petits comme<br />

pour les grands maux de la vie.


Editorial<br />

Entre volubilité<br />

et mutisme<br />

Regula Grünwald<br />

Rédactrice en chef<br />

du <strong>Journal</strong> <strong>asmac</strong><br />

Que l’on commande un café, lise le journal ou remplisse<br />

un formulaire: la langue est omniprésente. <strong>No</strong>us l’utilisons<br />

en permanence et probablement la plupart du temps sans<br />

même y penser. Dans les articles de notre Point de mire,<br />

vous découvrirez que la langue est influente, variée et<br />

parfois aussi exigeante: par exemple, lorsqu’un texte source ambigu<br />

doit être traduit de manière univoque parce que la langue cible<br />

présente une autre structure. La communication est également un<br />

outil important dans le quotidien médical. Le centre de compétences<br />

Language & Medicine Zurich, fondé en 2021, étudie comment la langue<br />

et la médecine s’influencent mutuellement. Un autre article montre<br />

l’impact de l’absence de langage dans le traitement psychiatrique.<br />

Par ailleurs, nous nous sommes penchés sur l’évolution du langage<br />

humain, du babillage à la parole et à l’écriture.<br />

L’<strong>asmac</strong> n’est pas (uniquement) confrontée à des défis linguistiques.<br />

Le pilotage des admissions continue de susciter des discussions<br />

et parfois même une certaine confusion. Quels cantons ont défini<br />

des nombres maximaux et dans quels domaines de spécialisation?<br />

Où se situent les blocages? Et comment se présente la suite? Un article<br />

de synthèse apporte quelques éclaircissements. La manière dont<br />

les décisions politiques seront prises à l’avenir dépend aussi des<br />

personnes qui siègent au Parlement. <strong>No</strong>us vous présentons ici des<br />

membres de l’<strong>asmac</strong> qui seront candidats aux élections fédérales<br />

de cet automne. La semaine de 42+4 heures fait surtout débat au<br />

niveau des hôpitaux. Ce modèle de temps de travail est-il compatible<br />

avec le quotidien des chirurgiens? <strong>No</strong>us avons posé la question.<br />

<strong>Journal</strong> <strong>asmac</strong>:<br />

nous cherchons de nouveaux membres<br />

pour la rédaction<br />

Vous avez de multiples centres d’intérêt et vous voulez marquer le<br />

<strong>Journal</strong> <strong>asmac</strong> de votre empreinte? Si vous voulez vous faire une idée<br />

de notre travail, nous vous invitons cordialement à participer à une<br />

séance de la rédaction. Les principales tâches de la rédaction:<br />

• planification thématique des numéros<br />

• recherche d’auteurs<br />

• participation régulière aux séances<br />

(six séances du soir et une retraite)<br />

Cela vous intéresse? Écrivez-nous à l’adresse journal@<strong>asmac</strong>.ch.<br />

<strong>No</strong>us nous réjouissons d’accueillir de nouveaux visages.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 5


Politique<br />

Un monstre<br />

bureaucratique<br />

qui ne remplit pas<br />

sa mission<br />

En introduisant la limitation des admissions,<br />

la politique voulait maîtriser les coûts et garantir les soins.<br />

Un premier bilan montre que ce nouvel outil ne permet<br />

d’atteindre aucun de ces objectifs.<br />

Philipp Thüler, responsable politique et communication / directeur adjoint de l’<strong>asmac</strong><br />

L’article 55a de la loi sur l’assurance-maladie<br />

(LAMal) est en<br />

vigueur depuis la mi-2021. Il<br />

permet aux cantons de limiter<br />

le nombre de médecins admis à fournir<br />

des prestations ambulatoires à la charge<br />

de l’assurance de base. De telles limitations<br />

sont possibles dans une ou plusieurs<br />

disciplines et dans certaines régions.<br />

Lorsque le nombre maximum fixé<br />

est atteint, le canton n’accorde plus de<br />

nouvelles autorisations de pratiquer. Les<br />

nombres maximaux sont fixés en tenant<br />

compte de trois facteurs:<br />

– le nombre actuel de médecins qui doit<br />

être déterminé par les cantons en équivalents<br />

plein temps,<br />

– le taux de couverture qui est calculé par la<br />

Confédération et publié dans l’ordonnance<br />

sur les nombres maximaux,<br />

– le facteur de pondération défini par les<br />

cantons.<br />

Cette réglementation sur laquelle l’<strong>asmac</strong><br />

a déjà plusieurs fois pris position vis-à-vis<br />

de l’Office fédéral de la santé publique<br />

dans le cadre de consultations et sondages<br />

est manifestement influencée par l’objectif<br />

de réduire les coûts ou de maîtriser la<br />

hausse des coûts dans le système de santé.<br />

Pendant de nombreuses années, la politique<br />

a considéré que le gel des admissions<br />

était le remède miracle pour faire face à<br />

l’augmentation des coûts de la santé.<br />

Un problème majeur: la pénurie<br />

de personnel qualifié<br />

Aujourd’hui, nous sommes face à une pénurie<br />

de personnel qualifié dans le système<br />

de santé comme dans de nombreux<br />

autres secteurs. Or c’est précisément dans<br />

cette situation que les cantons doivent<br />

mettre en œuvre le gel des admissions.<br />

Une situation paradoxale: au lieu de pouvoir<br />

prendre des mesures contre la pénurie<br />

de personnel qualifié, les cantons<br />

doivent fixer des nombres maximaux de<br />

médecins au prix d’une charge bureaucratique<br />

considérable.<br />

Malgré la situation difficile, les cantons<br />

sont tenus de mettre en œuvre la loi<br />

et satisfont à cette obligation. Les expériences<br />

de ces derniers mois montrent<br />

cependant que ce n’est pas si simple. D’une<br />

part, la base de données n’est pas fiable.<br />

Il est donc difficile de déterminer les régions<br />

et les disciplines dans lesquelles une<br />

limitation est effectivement appropriée.<br />

D’autre part, un certain flou juridique<br />

règne, en particulier sur la question de savoir<br />

si les nombres maximaux peuvent<br />

être fixés au niveau de l’ordonnance ou s’il<br />

faut une base légale cantonale pour cela.<br />

D’importantes différences entre<br />

les cantons<br />

A l’heure actuelle, on constate une mosaïque<br />

fédéraliste. Certains cantons ont<br />

rempli leurs obligations en fixant un<br />

nombre maximal pour une discipline de<br />

moindre importance dans leur canton ou<br />

dans laquelle l’offre est déjà suffisante. Ainsi,<br />

Appenzell Rhodes-Intérieures et Glaris<br />

ont fixé des nombres maximaux pour la<br />

chirurgie de la main (AI) et la médecine<br />

nucléaire, la pathologie, la radio-oncologie,<br />

la radiothérapie et la radiologie (GL).<br />

Dans le canton de Bâle-Campagne, la<br />

décision de fixer une limitation dans huit<br />

disciplines a été annulée par le tribunal<br />

cantonal. Le canton doit d’abord créer une<br />

base légale pour pouvoir fixer des nombres<br />

maximaux. Cette intervention inattendue<br />

du tribunal a incité les grands cantons<br />

comme Berne et Zurich à repousser leur<br />

réglementation prévue par voie d’ordonnance.<br />

Listes d’attente à Genève<br />

C’est le canton de Genève qui a été le plus<br />

loin. En effet, une limitation s’applique<br />

dans toutes les 45 disciplines depuis le<br />

1 er oc tobre 2022. L’Association des Médecins<br />

du canton de Genève (AMGe) a déposé<br />

un recours, que le tribunal cantonal a rejeté.<br />

L’affaire a été portée devant le Tribunal<br />

fédéral. Une décision est attendue, mais le<br />

recours n’a pas d’effet suspensif. La liste des<br />

médecins qui attendent leur autorisation<br />

est longue. Elle comprend notamment huit<br />

personnes qui attendent une autorisation<br />

pour la psychiatrie, trois personnes qui attendent<br />

une autorisation pour la psychiatrie<br />

d’enfants et d’adolescents et quatre<br />

médecins en médecine interne générale.<br />

6<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Politique<br />

La longue attente jusqu’à l’obtention de l’admission. Dans le canton de Genève, il y a déjà des listes d’attente de médecins qui souhaitent entamer<br />

une activité ambulatoire.<br />

Photo: Adobe Stock<br />

Ce dernier point est particulièrement<br />

frappant. En effet, dans le canton de Genève,<br />

comme dans d’autres cantons d’ailleurs,<br />

il est difficile de trouver un médecin<br />

de famille, comme l’explique Céline Dehavay,<br />

cheffe de clinique aux Hôpitaux universitaires<br />

de Genève et coprésidente de<br />

l’AMIG (section <strong>asmac</strong> Genève). Elle<br />

ajoute à ce propos: «L’incertitude concernant<br />

la carrière est grande, aussi chez les<br />

étudiants. Le nombre de demandes que<br />

nous recevons à ce sujet a fortement augmenté<br />

au cours des derniers mois.» Céline<br />

Dehavay souligne que l’AMIG n’est pas<br />

fondamentalement opposée à un pilotage.<br />

«Pourtant, les données sur lesquelles<br />

il s’appuie sont tout simplement lacunaires.<br />

Et l’autre problème est que le<br />

pilotage ne s’effectue qu’au moment de<br />

l’admission. A ce moment-là, la plupart<br />

des médecins ont déjà un point de chute<br />

et ne sont plus aussi flexibles qu’à la fin de<br />

leurs études.»<br />

De plus, Céline Dehavay est convaincue<br />

qu’il existe d’autres moyens pour<br />

aborder la question des coûts. Elle évoque<br />

à titre d’exemple le renforcement de l’approche<br />

du gatekeeper et cite les Pays-Bas<br />

où cela a été mis en œuvre. L’AMIG s’engage<br />

auprès du canton pour qu’au moins<br />

la médecine de premier recours – c’est-àdire<br />

la médecine de famille, la pédiatrie,<br />

la psychiatrie, y compris la psychiatrie<br />

d’enfants et d’adolescents – ne soit pas<br />

soumise à la limitation.<br />

La priorité à la sécurité de<br />

l’approvisionnement?<br />

A l’heure actuelle, on ne sait pas comment<br />

les choses vont évoluer. Pourtant, il se<br />

peut qu’une nouvelle dynamique soit engagée.<br />

Les voix qui souhaitent que l’on se<br />

concentre sur la sécurité de l’approvisionnement<br />

sont de plus en plus nombreuses à<br />

se faire entendre. Une de ces voix est celle<br />

de Bernhard Pulver, président de l’Inselgruppe<br />

et candidat au Conseil des Etats<br />

des Verts bernois, qui a déclaré dans un<br />

entretien avec la «NZZ am Sonntag» que<br />

l’on accorde trop de poids à la question des<br />

coûts. Cela «empêche d’aborder les vrais<br />

problèmes, par exemple la grave pénurie<br />

de médecins et de personnel soignant, que<br />

nous aggravons en limitant l’admission<br />

des médecins».<br />

Le sujet est aussi discuté au Parlement<br />

fédéral. Dans une interpellation du 14 juin<br />

<strong>2023</strong>, le conseiller aux Etats valaisan Beat<br />

Rieder considère que l’ordonnance sur les<br />

nombres maximaux est «un vrai fiasco sur<br />

le plan juridique et du point de vue de la<br />

politique en matière de santé». Il estime<br />

que la méthode utilisée «ne se fonde pas<br />

sur les besoins» et que l’ordonnance «compromet<br />

les soins médicaux plus qu’elle ne<br />

les garantit». Il termine son intervention<br />

en déclarant: «Il est urgent d’agir.»<br />

De toute évidence, la pénurie de personnel<br />

qualifié est l’un des plus grands défis<br />

auxquels le secteur de la santé est<br />

confronté. La limitation des admissions<br />

ne permettra pas de résoudre ce problème.<br />

Au contraire, elle réduit l’attractivité de la<br />

profession de médecin et provoque un surcroît<br />

de bureaucratie pour les autorités et<br />

les hôpitaux. Enfin, elle met aussi en péril<br />

la formation médicale postgraduée en bloquant<br />

l’accès à la libre pratique, ce qui entrave<br />

le parcours des médecins-assistant(e)s<br />

qui souhaitent avancer dans leur<br />

carrière et s’engager dans la voie souhaitée<br />

dans les délais prévus. Il faut donc aussi<br />

tenir compte de cet aspect si l’on veut garantir<br />

à long terme les soins de santé et la<br />

qualité du système de santé suisse.<br />

@vsao<strong>asmac</strong><br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 7


Politique<br />

Elections fédérales:<br />

renforcer la représentation<br />

du corps médical<br />

Le 22 <strong>octobre</strong>, le peuple suisse élira les membres du Conseil national<br />

et du Conseil des Etats. Plus de 5000 candidates et candidats se présentent<br />

à l’Assemblée fédérale, dont plusieurs membres de l’<strong>asmac</strong>.<br />

Pour que l’<strong>asmac</strong> puisse faire<br />

avancer des revendications<br />

telles que de meilleures conditions<br />

de travail et de formation<br />

postgraduée, elle doit trouver un appui<br />

politique. Et qui peut le mieux représenter<br />

les préoccupations des médecins-assistant(e)s<br />

et chef(fe)s de clinique? Les médecins,<br />

évidemment! <strong>No</strong>us présentons ciaprès<br />

des membres de l’<strong>asmac</strong> qui sont<br />

candidats au Conseil national. Il est possible<br />

que d’autres membres de l’<strong>asmac</strong> se<br />

portent candidats. Les personnes présentées<br />

ont eux-mêmes fourni les données<br />

les concernant, qui ne reflètent pas nécessairement<br />

la position de l’<strong>asmac</strong> ou de ses<br />

sections.<br />

Bettina Balmer, canton de Zurich<br />

Données personnelles:<br />

candidate au Conseil<br />

national, Parti libéral-radical<br />

(PLR), médecin spécialiste<br />

en chirurgie pédiatrique à<br />

l’Hôpital pédiatrique universitaire<br />

de Zurich, née en 1966,<br />

domiciliée à Zurich<br />

Ce pour quoi je m’engage:<br />

En tant que députée au<br />

parlement cantonal, j’ai<br />

notamment participé à la révision de la loi sur la planification<br />

hospitalière et le financement hospitalier, afin que les médecins<br />

puissent exercer leur profession en disposant d’une<br />

liberté suffisante. La politique de la santé doit concevoir une<br />

stratégie de numérisation appropriée et des conditions-cadres<br />

adaptées relatives à la manière de gérer l’intelligence artificielle.<br />

L’excès de réglementation et de bureaucratie me dérange<br />

tout particulièrement, car il contribue à faire augmenter<br />

les coûts de la santé et entrave le travail des médecins. De<br />

bonnes conditions de travail sont également importantes.<br />

Elles sont un élément-clé d’une médecine de qualité et de la<br />

satisfaction des patientes et patients. Parmi les autres thèmes<br />

qui me sont chers figurent la possibilité de concilier la vie<br />

professionnelle et la vie de famille, l’introduction de l’imposition<br />

individuelle et la planification de la relève chez les médecins.<br />

Enfin, il s’agit aussi d’établir une tarification appropriée<br />

des prestations médicales.<br />

Fabian Kraxner, canton de Zurich<br />

Données personnelles:<br />

candidat au Conseil national,<br />

Parti vert’libéral (PVL),<br />

chef de clinique à l’Hôpital<br />

d’Affoltern, né en 1992,<br />

domicilié à Hedingen<br />

Ce pour quoi je m’engage:<br />

Pour moi, un système de<br />

santé de qualité, centré sur<br />

l’humain et le numérique,<br />

est essentiel. Les médecins<br />

doivent pouvoir directement participer à sa conception. Il faut<br />

systématiquement débureaucratiser les processus médicaux.<br />

En se recentrant sur l’activité médicale, la profession gagne en<br />

attractivité et la qualité augmente. Les systèmes de gestion de<br />

la qualité plus complexes ne font qu’accroître la bureaucratie<br />

en la matière. <strong>No</strong>us devons renforcer la profession de médecin.<br />

Pour pallier la pénurie de spécialistes, nous devons accroître<br />

les effectifs de la relève, réduire la dépendance de l’étranger et<br />

établir des conditions-cadres attrayantes. Je m’engage par<br />

ailleurs pour un dossier électronique du patient intelligent et<br />

adapté à la pratique. Le dossier électronique du patient (DEP)<br />

doit apporter une valeur ajoutée et ne pas générer une bureaucratie<br />

supplémentaire ou allonger le temps de traitement.<br />

Photos: Portraits màd; image de fond: Adobe Stock<br />

8<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Politique<br />

David Garcia Nuñez,<br />

canton de Zurich<br />

Données personnelles:<br />

candidat au Conseil national,<br />

Liste alternative (LA), médecin<br />

spécialiste en psychiatrie<br />

et psychothérapie à l’Hôpital<br />

universitaire de Bâle, né en<br />

1975, domicilié à Zurich<br />

Ce pour quoi je m’engage:<br />

Les développements de ces<br />

dernières années dans la<br />

politique de la santé témoignent<br />

du mauvais état de notre système de santé. En<br />

particulier la pandémie de COVID-19 et ses conséquences ont<br />

fait apparaître au grand jour certains aspects méconnus. Le<br />

cadre législatif actuel ne permet de résoudre ni les problèmes<br />

chroniques de financement ni le manque de productivité<br />

résultant d’un système fragmenté avec 26 cantons qui empêche<br />

une véritable concurrence. Compte tenu de cela, il est<br />

urgent de procéder à une nouvelle analyse et de prendre toute<br />

une série de mesures pour stabiliser et améliorer le système de<br />

santé. Il faut en particulier introduire une caisse-maladie<br />

unique, renforcer la coordination sur le plan national, revenir<br />

au modèle biopsychosocial, améliorer les conditions de travail<br />

des médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique et imposer<br />

une cure de débureaucratisation au système de santé.<br />

Frank Rühli, canton de Zurich<br />

Données personnelles:<br />

candidat au Conseil national,<br />

Parti libéral-radical (PLR),<br />

Prof. Dr méd., directeur,<br />

Institut de médecine évolutive<br />

de l’Université de Zurich,<br />

né en 1971, domicilié à Zurich<br />

Ce pour quoi je m’engage:<br />

Le corps médical a de toute<br />

urgence besoin d’une représentation<br />

raisonnable et forte<br />

à Berne. Avec leurs compétences professionnelles et sociales,<br />

les médecins sont un élément-clé d’un système de santé de<br />

qualité et abordable. Je m’engage avec conviction pour la<br />

médecine en Suisse. La Suisse peut encore s’améliorer sur le<br />

plan clinique, mais aussi dans la recherche et la formation<br />

pré- et postgraduée! La numérisation, la médecine personnalisée,<br />

l’interprofessionnalité et la résilience sociale sont autant<br />

de thèmes qui gagneront en importance à l’avenir et que nous<br />

devons aborder activement. Un grand nombre de processus<br />

et structures sont dépassés et ne tiennent pas compte des<br />

besoins des patientes et patients. Une plus grande transparence<br />

en matière de qualité et une réflexion globale sur le<br />

système réduisent les coûts et améliorent la qualité. Le corps<br />

médical n’est pas le problème, mais la solution pour répondre<br />

aux défis du système de santé!<br />

Celine Schneider, canton de Zurich<br />

Données personnelles:<br />

candidate au Conseil<br />

national, Le Centre, médecin-assistante<br />

en anesthésie<br />

à l’Hôpital cantonal de<br />

Winterthour, née en 1995,<br />

domiciliée à Zurich<br />

Ce pour quoi je m’engage:<br />

Les médecins connaissent<br />

les problèmes et besoins du<br />

système de santé, raison<br />

pour laquelle je veux m’engager en politique. Pour remédier<br />

au problème de la pénurie de personnel qualifié, nous devons<br />

former plus de médecins et créer des conditions de travail<br />

qui empêchent leur départ vers d’autres secteurs. La semaine<br />

de 42+4 heures qui mise sur la formation postgraduée, la<br />

flexibilisation des taux d’activité et la compensation appropriée<br />

des services ou des mesures permettant de concilier<br />

travail et vie privée est une des solutions envisageables. La<br />

bureaucratisation croissante de la médecine doit être stoppée.<br />

Pour y parvenir, il faut enfin créer un dossier électronique<br />

du patient intuitif et utiliser les nouvelles technologies à bon<br />

escient. De plus, nous devons renforcer l’élément indispensable<br />

de notre système de santé: les soins de base.<br />

Irina Zürrer, canton de Berne<br />

Données personnelles:<br />

candidate au Conseil<br />

national, Parti vert’libéral<br />

(PVL), médecin-assistante en<br />

orthopédie et traumatologie,<br />

Hôpital Tiefenau de Berne,<br />

née en 1991, domiciliée à<br />

Herrenschwanden (BE)<br />

Ce pour quoi je m’engage:<br />

La durabilité, en particulier<br />

en ce qui concerne les questions<br />

environnementales et énergétiques, est un sujet qui<br />

me tient particulièrement à cœur. Une utilisation économe<br />

de nos ressources doit devenir une priorité. Je m’engage<br />

également pour un système de santé équitable qui doit permettre<br />

à toutes les personnes vivant en Suisse de bénéficier<br />

de soins médicaux abordables et, si nécessaire, immédiats.<br />

Ces soins doivent être d’une qualité irréprochable. Il est aussi<br />

fondamental que les membres du personnel de nos hôpitaux<br />

et cabinets touchent des salaires équitables et bénéficient<br />

de conditions de travail conformes à la loi et compatibles avec<br />

un mode de vie sain.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 9


Politique<br />

Orell Imahorn, canton de Saint-Gall<br />

Données personnelles:<br />

candidat au Conseil national,<br />

Le Centre, médecin-assistant<br />

en médecine interne et<br />

pédiatrie à l’Hôpital de Wil,<br />

né en 1996, domicilié<br />

à Wil (SG)<br />

Ce pour quoi je m’engage:<br />

La politique de la santé, la<br />

politique climatique, l’égalité<br />

et la conciliation de la vie de<br />

famille et professionnelle figurent parmi mes priorités politiques.<br />

Dans le système de santé, il faut réduire la bureaucratie<br />

qui ne sert souvent qu’à éviter les conséquences juridiques et<br />

replacer l’activité médicale au centre de l’attention. De plus,<br />

il faut également lutter contre le recours excessif au personnel<br />

soignant temporaire. Pour donner à tous un accès à des soins<br />

de qualité, il faut davantage promouvoir la médecine de<br />

premier recours, notamment dans les régions rurales. Enfin,<br />

il faut impérativement introduire le dossier électronique<br />

du patient.<br />

Yolanda Müller Chabloz,<br />

canton de Vaud<br />

Données personnelles:<br />

candidate au Conseil<br />

national, Les Vert.e.s,<br />

députée, médecin-associé<br />

au Département de médecine<br />

de famille d’Unisanté, 1976,<br />

domiciliée au<br />

Mont-sur-Lausanne<br />

Ce pour quoi je m’engage:<br />

Je suis membre active de<br />

l’<strong>asmac</strong> depuis la fin de mes<br />

études de médecine il y a plus de 20 ans. N’exerçant pas en<br />

pratique privée en tant que médecin de santé publique, j’ai<br />

préféré rester à l’<strong>asmac</strong> plutôt que d’adhérer à la société professionnelle<br />

cantonale, pour contribuer à défendre les droits<br />

des médecins en formation. Je m’engage pour une politique<br />

favorable à la santé, que ce soit dans les domaines de la mobilité,<br />

de l’aménagement du territoire ou des politiques sociales.<br />

Je lutte contre les inégalités de genre, si nombreuses dans le<br />

milieu de la santé, contre le sexisme ordinaire et contre toute<br />

forme de harcèlement, et je m’engage pour une meilleure<br />

conciliation vie privée-vie professionnelle pour toutes.<br />

Mathias Bürki, canton de Zoug<br />

Données personnelles:<br />

candidat au Conseil national,<br />

Parti évangélique (PEV),<br />

chef de clinique en médecine<br />

interne générale à l’Hôpital<br />

cantonal de Zoug, né en 1990,<br />

domicilié à Oberrüti<br />

Ce pour quoi je m’engage:<br />

Je m’engage pour un système<br />

de santé fort et de qualité,<br />

avec moins de bureaucratie et<br />

des conditions de travail équitables, ainsi que pour une optimisation<br />

du système tarifaire. En outre, une politique climatique<br />

durable, le soutien aux familles, la justice sociale, la<br />

protection de la jeunesse, la prévention des addictions et une<br />

économique éthique qui ne vise pas exclusivement à maximiser<br />

les profits me tiennent particulièrement à cœur. Dans mon<br />

travail politique, je veux contribuer à une culture de discussion<br />

constructive, bâtir des ponts entre les pôles politiques et<br />

aider à trouver des compromis viables. Je soutiens également<br />

l’<strong>asmac</strong> dans son engagement en faveur d’une amélioration du<br />

système de santé qui place le bien-être des patients et des<br />

médecins au centre de son action.<br />

10<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Politique<br />

Gratitude et<br />

engagement politique:<br />

une contradiction?<br />

Depuis une année environ, j’écris régulièrement<br />

une tribune dans le Bulletin des médecins suisses<br />

BMS sur le bien-être et l’équilibre entre vie privée<br />

et travail. En janvier, j’ai présenté ma conception<br />

de la gratitude et mes rituels quotidiens en la matière. 1<br />

La recherche sur le bonheur montre que la gratitude est un<br />

élément essentiel du bonheur. Elle exerce aussi une influence<br />

déterminante sur la santé et la guérison. C’est pour cette raison que<br />

j’intègre des rituels de gratitude dans mon quotidien et que je<br />

recommande à mes patientes et patients, dans le cadre de ma<br />

consultation spécialisée sur la médecine du corps et<br />

de l’esprit, d’en faire autant. Chaque jour, je<br />

m’efforce de prendre conscience de ce que la<br />

vie m’apporte. Je reconnais qu’un grand<br />

nombre de personnes sont dans une situation<br />

plus difficile que la mienne.<br />

Cela m’aide d’une part à accepter la<br />

réalité telle qu’elle est, et d’autre<br />

part à faire des choix sur ce que je<br />

souhaite réaliser et améliorer.<br />

Un collègue m’a dernièrement<br />

interpellé au sujet de mon article.<br />

Dans cette discussion, une prétendue<br />

contradiction a été évoquée,<br />

dont j’aimerais parler ici. Il m’a demandé<br />

dans quelle mesure le contenu<br />

de ma tribune sur le thème de la gratitude<br />

était compatible avec ma fonction de<br />

président de l’<strong>asmac</strong> et mon engagement politique<br />

pour de meilleures conditions de travail et de<br />

formation postgraduée. En substance, il estimait que<br />

l’<strong>asmac</strong> devrait se satisfaire des objectifs atteints au lieu d’investir<br />

autant d’énergie dans son combat pour le respect de la loi sur<br />

le travail, la formation postgraduée et les conditions de travail.<br />

Il a poursuivi son propos en expliquant qu’à son époque, il avait<br />

aussi dû passer par là et que les conditions actuelles n’étaient<br />

de loin plus aussi mauvaises qu’autrefois. Des arguments bien<br />

connus, pour une fois présentés sous une autre forme ...<br />

Je tiens à revenir sur ce sujet, car la discussion a mis en<br />

évidence une idée fausse largement répandue. La gratitude pour<br />

ce que nous avons ne doit en aucun cas être confondue avec<br />

l’indifférence et la résignation. Faire preuve de gratitude m’aide<br />

à changer de perspective: le verre est à moitié plein, et non pas<br />

à moitié vide. Mon attitude change, mais les inégalités restent:<br />

une majorité des médecins hospitaliers ne parvient pas à<br />

L’essentiel<br />

en bref<br />

respecter la loi sur le travail, ne peut pas suivre les cours de<br />

formation postgraduée, soit parce que ces cours n’ont pas lieu<br />

soit parce que les médecins ne peuvent pas y assister par<br />

manque de temps. Un nombre croissant de jeunes médecins<br />

quittent la profession.<br />

Evidemment, je reconnais que les conditions de travail dans<br />

les hôpitaux se sont améliorées depuis que j’ai passé mon<br />

examen fédéral il y a vingt ans, que les médecins-assistant(e)s<br />

et chef(fe)s de clinique ont été assujettis à la loi sur le travail<br />

et que le droit à la formation postgraduée et continue a été<br />

inscrit dans les réglementations. Je lis cependant<br />

dans les résultats de notre sondage auprès<br />

des membres que les dispositions légales<br />

ne sont majoritairement pas respectées<br />

et que la charge de travail et les<br />

symptômes typiques du burn-out<br />

augmentent à chaque nouveau<br />

sondage. A cela s’ajoute que la<br />

compatibilité entre vie privée et<br />

profession occupe aujourd’hui,<br />

à juste titre, une place plus importante<br />

qu’autrefois, lorsque les<br />

médecins étaient quasiment<br />

mariés avec leur hôpital. Pourtant,<br />

les choses ne se passent manifestement<br />

pas comme elles devraient si<br />

les médecins abandonnent aujourd’hui<br />

plus souvent la profession que par le<br />

passé. Et ça ne change rien de regarder avec<br />

gratitude le verre à moitié plein!<br />

Il est de notre devoir de faire en sorte que les<br />

conditions de travail s’améliorent, que la profession de médecin<br />

puisse être exercée avec plaisir et que les médecins aient<br />

suffisamment d’énergie et de force pour concilier travail et<br />

vie privée. Si je le fais avec gratitude, j’ai plus d’énergie pour<br />

me battre pour que le verre soit réellement rempli ...<br />

Photo: màd<br />

1<br />

https://bullmed.ch/article/doi/saez.<strong>2023</strong>.21414<br />

Angelo Barrile,<br />

Président <strong>asmac</strong><br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 11


Formation postgraduée / Conditions de travail<br />

«La formation<br />

postgraduée en chirurgie<br />

avec une semaine de<br />

42+4 heures est possible»<br />

La semaine de 42+4 heures a suscité la critique,<br />

en particulier de la part des chirurgiennes et chirurgiens.<br />

Pascal Probst, médecin adjoint au service de chirurgie<br />

de Spital Thurgau AG, nous explique dans l’entretien comment<br />

ce modèle peut être appliqué à la chirurgie.<br />

Oliviero Reusser, collaborateur politique et communication <strong>asmac</strong><br />

Plus une équipe compte de médecins-assistant(e)s, plus cela réduit l’expérience de chacun et chacune en salle d’opération.<br />

12<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Formation postgraduée / Conditions de travail<br />

Photos: Adobe Stock; màd<br />

Quelle est la durée de travail moyenne<br />

des spécialistes en chirurgie dans votre<br />

service?<br />

C’est une question que je me posais aussi.<br />

<strong>No</strong>us avons donc procédé à des mesures<br />

l’année dernière [2]. La durée de travail des<br />

chirurgiennes et chirurgiens en formation<br />

est de 48 heures par semaine selon le<br />

contrat. Ils la respectent en moyenne pendant<br />

leur service de jour et aussi lorsqu’ils<br />

travaillent au service des urgences. La question<br />

ne doit cependant pas se limiter à la<br />

durée de travail. Dans les entretiens que j’ai<br />

menés pour mon travail de master [1], il est<br />

apparu que la discussion actuelle ne portait<br />

pas vraiment sur la durée de travail, mais<br />

bien plus sur la formation postgraduée. <strong>No</strong>us<br />

avons aussi mesuré le temps de formation<br />

postgraduée. Les résultats ont montré que<br />

nos médecins-assistant(e)s bénéficient<br />

d’une formation postgraduée structurée<br />

d’en moyenne huit heures au cours des<br />

48 heures de travail [2]. Cela explique sans<br />

doute pourquoi ils comptent parmi les médecins<br />

les plus satisfaits de Suisse [3].<br />

A l’échelle nationale, la situation<br />

est toutefois différente. Les médecinsassistant(e)s<br />

et chef(fe)s de clinique<br />

travaillent en moyenne 56 heures par<br />

semaine. Et les médecins-assistant(e)s<br />

ne bénéficient que d’environ un cinquième<br />

des quatre heures de formation<br />

postgraduée structurée par semaine.<br />

Le sondage de l’<strong>asmac</strong> montre aussi<br />

qu’un grand nombre de médecins<br />

souhaite travailler à temps partiel et<br />

que, pour ainsi dire, personne ne<br />

veut travailler plus de 50 heures par<br />

semaine. Est-ce réalisable?<br />

<strong>No</strong>tre service prouve qu’une semaine de<br />

48 heures, y compris la formation postgraduée<br />

structurée, est faisable. D’autres<br />

hôpitaux devraient donc être en mesure<br />

d’en faire autant. Le fait que la majorité de<br />

la future génération de médecins ne veut<br />

plus travailler à plein temps est une réalité<br />

aussi en chirurgie [4]. Le marché du travail<br />

montrera si c’est réalisable. Si les chirurgiennes<br />

et chirurgiens souhaitent travailler<br />

moins, cela s’accompagne d’un besoin<br />

accru en main-d’œuvre spécialisée. Ce qui<br />

fait augmenter la charge de travail des<br />

autres, tant qu’il n’y a pas assez de candidates<br />

et candidats sur le marché. Un cercle<br />

vicieux que l’on ne pourra briser qu’à<br />

condition de trouver des solutions globales,<br />

notamment dans la formation<br />

postgraduée. Dans ce contexte, il est important<br />

de se concentrer sur l’essentiel et<br />

de réduire les tâches administratives.<br />

La semaine de 42+4 heures<br />

est-elle possible en chirurgie?<br />

Si oui, comment?<br />

Oui, la formation postgraduée en chirurgie<br />

avec une semaine de 42+4 heures est<br />

possible. Comme évoqué, notre service<br />

fonctionne avec une semaine de 40+8 heures.<br />

Si l’on regarde au-delà des frontières,<br />

on constate que c’est possible. Dans la<br />

plupart des pays de l’UE, les médecinsassistant(e)s<br />

bénéficient d’une semaine<br />

de 42 heures. Toutefois, pour la formation<br />

postgraduée en chirurgie, le nombre de<br />

cas est un facteur plus important que la<br />

durée de travail. Ces cas sont actuellement<br />

répartis sur un trop grand nombre de médecins-assistant(e)s.<br />

Que faut-il faire pour assurer<br />

la formation postgraduée et la pratique<br />

en salle d’opération sans violer la loi<br />

sur le travail?<br />

Il faut trois choses: des structures claires<br />

et des processus optimisés dans le service<br />

pour que les futurs chirurgiennes et<br />

chirurgiens puissent être libérés pour la<br />

pratique en salle d’opération, la volonté<br />

manifeste des médecins cadres de former<br />

la relève et des médecins-assistant(e)s<br />

motivés. La loi sur le travail doit être<br />

respectée pour protéger le personnel médical.<br />

Il existe cependant des situations<br />

exceptionnelles dans lesquelles il faut travailler<br />

plus. En outre, j’estime que seules<br />

les bases de la chirurgie peuvent être acquises<br />

en six ans avec une semaine de<br />

42+4 heures. Les médecins qui s’intéressent<br />

à la chirurgie de pointe devront<br />

tôt ou tard investir plus de temps dans<br />

leur carrière. C’est une réalité que l’on<br />

rencontre dans toutes les professions académiques<br />

et libérales dans lesquelles<br />

règne un esprit de compétition et par<br />

exemple aussi dans les professions artistiques<br />

ou dans le sport d’élite.<br />

Comment la formation postgraduée<br />

est-elle organisée dans votre hôpital?<br />

<strong>No</strong>us exploitons les possibilités offertes<br />

par la numérisation pour réduire la charge<br />

administrative. De plus, nous engageons<br />

des assistantes et assistants cliniques dans<br />

le service. Cela nous permet de réduire le<br />

nombre de médecins-assistant(e)s dans le<br />

service tout en leur proposant davantage<br />

de travail en salle d’opération grâce à la<br />

répartition des cas sur un plus petit nombre<br />

de personnes. Pour finir, nous organisons<br />

des manifestations pendant la semaine<br />

qui servent explicitement à la formation<br />

postgraduée structurée, par exemple des<br />

Biographie express<br />

Le Prof. Dr méd. Pascal Probst est<br />

médecin adjoint au service de chirurgie<br />

de Spital Thurgau AG. Après avoir<br />

passé son examen fédéral en 2009 à<br />

Zurich, il a obtenu en 2017 son habilitation<br />

à l’Université de Heidelberg.<br />

Dans le cadre d’un Executive MBA, il a<br />

rédigé un travail de master intitulé<br />

«Die 42-Stunden-Woche in der chirurgischen<br />

Ausbildung in der Schweiz –<br />

eine Stakeholder-Analyse» [1]. Agé de<br />

43 ans, il est marié avec une femme<br />

médecin et a deux enfants en âge<br />

préscolaire et scolaire.<br />

exposés, des conférences sur la morbidité,<br />

les «journal clubs» et autres. Si en plus de<br />

cela, les médecins cadres instruisent activement<br />

les médecins-assistant(e)s pendant<br />

au moins deux opérations standard par semaine,<br />

cela leur permet d’atteindre sans<br />

difficulté le minimum de quatre heures de<br />

formation postgraduée structurée.<br />

Pourquoi la semaine de 42+4 heures<br />

suscite-t-elle une résistance acharnée<br />

dans certains cercles?<br />

Parce que nombreux sont ceux qui voient<br />

la semaine de 42+4 heures comme une<br />

tentative de transformer la profession ou<br />

vocation de médecin en simple travail.<br />

Cela suscite des émotions. Certains articles<br />

de presse ont laissé entendre que les médecins<br />

cadres, qui s’engagent en principe<br />

volontiers dans la formation postgraduée,<br />

font partie du problème, ce qui a accentué<br />

leur opposition. Il faut ramener la discussion<br />

sur une base objective et moins émotionnelle.<br />

Le fait que la jeune génération<br />

veut travailler moins est un fait. On peut<br />

l’approuver ou pas, ça ne change rien. En<br />

refusant d’y réagir par des mesures, on sera<br />

finalement perdant sur le marché du travail.<br />

D’ailleurs, les médecins-assistant(e)s<br />

peuvent occasionnellement travailler plus<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 13


Formation postgraduée / Conditions de travail<br />

de dix heures d’affilée sans que la sécurité<br />

des patients soit mise en danger. En outre,<br />

les conséquences à long terme d’une semaine<br />

de 42+4 heures suscitent des inquiétudes<br />

légitimes que l’<strong>asmac</strong> ne peut<br />

pas ignorer. Par exemple que la durée de<br />

formation postgraduée et continue jusqu’à<br />

la spécialisation se prolonge, ce qui a pour<br />

conséquence que les chef(fe)s de clinique<br />

entament plus tard leur activité indépendante,<br />

ce qui accentue la charge de travail<br />

des médecins cadres. De plus, le nombre<br />

de chirurgiennes ne cesse d’augmenter.<br />

Lors des entretiens réalisés pour mon travail<br />

de master, nombreuses sont celles qui<br />

ont souligné devoir acquérir le plus de<br />

compétences possible au début de leur<br />

carrière pour ensuite réaliser leur planning<br />

familial.<br />

Il faut donc établir des modèles de travail<br />

flexibles qui permettent de répondre à<br />

toutes les attentes. Les hôpitaux et l’<strong>asmac</strong><br />

doivent dès lors prendre au sérieux les besoins<br />

de toutes les parties impliquées,<br />

c’est-à-dire aussi des médecins formateurs,<br />

et s’engager pour les intérêts de la<br />

profession à long terme. Car n’oublions<br />

pas que les médecins-assistant(e)s d’aujourd’hui<br />

sont les médecins cadres de demain!<br />

Bibliographie<br />

[1] Probst P. Die 42-Stunden-Woche<br />

in der chirurgischen Ausbildung in der<br />

Schweiz – eine Stakeholder-Analyse. 2022.<br />

SRH, Riedlingen.<br />

[2] Kovacevic D et al. Quality and<br />

Quantity of Structured Education for<br />

Surgical Residents at a Swiss Hospital.<br />

swiss knife. <strong>2023</strong>; 20: special edition, 21.<br />

[3] ISFM. Sondage 2022 «Formation<br />

postgraduée: évaluation par les médecins<br />

en formation postgraduée 2022». <strong>2023</strong>.<br />

[4] Fenner D et al. Career Goals of<br />

Surgeons in Switzerland. Langenbeck’s<br />

Archives of Surgery. <strong>2023</strong>. Accepted.<br />

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14<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Formation postgraduée / Conditions de travail<br />

«<strong>No</strong>us prenons le relais là où<br />

d‘autres atteignent les limites.»<br />

Dr. med. E. Fischer, médecin cheffe au service de psychiatrie de l‘enfant et de l‘adolescent<br />

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vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 15


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Formation postgraduée / Conditions de travail<br />

Dans l’univers des médecins-assistant(e)s<br />

L’aventure au bloc<br />

opératoire<br />

Le choc de l’entrée dans<br />

la vie active à peine surmonté,<br />

me voici confrontée à un<br />

autre défi: la rotation dans<br />

le bloc opératoire.<br />

Comme ancienne sous-assistante<br />

en anesthésiologie chevronnée, j’enfile la<br />

tenue chic du bloc opératoire en deux<br />

temps, trois mouvements. Pour information<br />

aux psychiatres, internistes et autres<br />

spécialistes non coutumiers du bloc<br />

opératoire, il s’agit d’une tenue d’hôpital<br />

verte en deux parties, assortie de pantoufles<br />

en plastique tendance semblables à<br />

des Crocs (je tiens à préciser que c’est un<br />

style à proscrire dans d’autres situations),<br />

d’une charlotte similaire à celle que<br />

portent les ouvriers d’usine et, bien sûr,<br />

d’un masque tout à fait seyant. Une fois<br />

parée, j’entre dans le service stérile et<br />

sans fenêtre, et tente de me frayer un<br />

chemin jusqu’à l’antichambre de la salle<br />

d’opération qui m’a été affectée. Vient<br />

alors le sacro-saint rituel de désinfection<br />

des mains en une minute trente chrono,<br />

qui peut encore tourner au fiasco.<br />

En effet, la police des ATSSO (assistantes<br />

ou – plus rare – assistants techniques<br />

spécialisés en salle d’opération)<br />

est attentive à tous les gestes, sort le<br />

carton rouge et réprimande habilement<br />

le moindre faux pas.<br />

Une fois cette étape franchie, j’entre<br />

dans le bloc opératoire proprement dit,<br />

où je suis accueillie par un «Attention,<br />

c’est stérile!» ou un «Attention, ne restez<br />

pas là!» à trois voix. Ensuite, je dois me<br />

tenir au garde-à-vous, les bras levés à la<br />

verticale, le temps d’attacher le tablier<br />

chirurgical et d’enfiler les gants stériles.<br />

«C’est là que j’interviens», ai-je<br />

d’abord pensé. «Je vais enfin pouvoir<br />

démontrer mes capacités motrices fines<br />

et montrer aux médecins cadres présents<br />

de quoi je suis capable.» L’heure de<br />

l’intervention arrive: nous devions poser<br />

une sonde urinaire. Avec une confiance<br />

totale (mais aussi une grande nervosité),<br />

j’ai saisi le tube de la sonde et l’ai introduit<br />

dans l’orifice entre les lèvres de la<br />

patiente déjà endormie. Mais très vite,<br />

une ombre s’est abattue sur ce moment<br />

héroïque tant attendu – en effet,<br />

l’urine ne s’écoulait pas dans la poche.<br />

J’ai dû admettre que, sous le coup<br />

de l’émotion, j’avais probablement mal<br />

placé la sonde. Et le fait de continuer<br />

à l’enfoncer n’a pas contribué à me sauver<br />

de cette situation embarrassante. Au bout<br />

d’un moment, le médecin cadre s’est<br />

contenté de me dire, le regard ennuyé:<br />

«C’est le clitoris, ma chère.»<br />

Par chance, j’ai finalement pu trouver<br />

le bon orifice et la vessie de la patiente a<br />

pu se vider allègrement pendant l’opération.<br />

Si je tire le bilan de cette expérience,<br />

je dirais que la situation aurait été définitivement<br />

plus simple si le patient avait<br />

été un homme.<br />

Camille Bertossa,<br />

médecin-assistante en<br />

première année de<br />

formation postgraduée<br />

Photo: màd<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 17


<strong>asmac</strong><br />

<strong>No</strong>uvelles<br />

des sections<br />

Berne<br />

Séance d’information sur la<br />

formation postgraduée basée<br />

sur les compétences<br />

A l’avenir, la formation postgraduée sera<br />

basée sur les compétences. Ce changement<br />

est à la fois passionnant et stimulant.<br />

<strong>No</strong>us avons invité la présidente de l’Institut<br />

suisse pour la formation médicale postgraduée<br />

et continue (ISFM), D r méd. Monika<br />

Brodmann, privat-docente, pour nous informer<br />

sur la mise en œuvre et répondre à<br />

nos questions. <strong>No</strong>us nous réjouissons de<br />

cet échange captivant et vous y invitons<br />

cordialement!<br />

Mise en œuvre de la formation<br />

postgraduée basée sur les compétences<br />

Exposé et discussion avec la D r méd. Monika<br />

Brodmann, privat-docente, présidente<br />

de l’ISFM<br />

19 <strong>octobre</strong> <strong>2023</strong><br />

19h à 19h45: exposé<br />

Ensuite: discussion et apéro riche<br />

Maison des générations de Berne, Bahnhofplatz<br />

2, 3011 Berne<br />

Vaud<br />

L’ASMAV s’engage pour<br />

le respect des conditions<br />

de travail et de formation<br />

postgraduée<br />

Le comité de l’ASMAV a cette année encore<br />

été très actif auprès des directions des<br />

hôpitaux et des services dans le cadre de<br />

ré unions régulières, mais aussi pour résoudre<br />

des problèmes spécifiques signalés<br />

par les médecins en formation concernant<br />

le respect des conditions de travail, du<br />

temps et de la qualité de la formation<br />

postgraduée et dans les cas de harcèlement<br />

et d’atteintes à la personnalité.<br />

<strong>No</strong>us prenons à cœur ces sujets et encourageons<br />

tous les médecins en formation<br />

à prendre contact avec nous en cas de<br />

problèmes dans les services. <strong>No</strong>us offrons<br />

un soutien concret sous la forme d’un<br />

conseil et d’un accompagnement personnels<br />

en cas de problèmes psychiques et<br />

physiques, ainsi qu’un conseil juridique<br />

par les membres du comité et/ou l’avocat<br />

de la section, M e Mangold.<br />

Vous trouverez nos coordonnées sur<br />

www.asmav.ch/contact.<br />

Prise en charge des frais du<br />

CEPUSPP par les institutions<br />

En Suisse romande (sauf à Genève), la formation<br />

postgraduée en vue d’obtenir le<br />

titre FMH en psychiatrie et psychothérapie<br />

est organisée au sein du CEPUSPP (Centre<br />

d’Enseignement Post-Universitaire pour la<br />

Spécialisation en Psychiatrie et Psychothérapie).<br />

Depuis 2017, les établissements de<br />

formation postgraduée ont décidé de ne<br />

plus prendre en charge que 50 % des frais<br />

de formation au CEPUSPP, résultant en un<br />

surcoût d’environ 1500 francs par an pour<br />

les médecins assistant(e)s!<br />

L’ALPPF (Association Latine des Psychiatres-Psychothérapeutes<br />

en Formation)<br />

s’est opposée à cette décision, avec le<br />

soutien de l’ASMAV, et a pu fournir un avis<br />

de droit confirmant que les hôpitaux n’ont<br />

pas le droit de demander aux médecins-assistant(e)s<br />

une participation à leurs frais<br />

de formation postgraduée, étant donné<br />

que cela fait partie des prestations obligatoires<br />

pour lesquelles ils perçoivent une<br />

contribution du canton.<br />

Il a encore fallu trois ans pour faire<br />

appliquer cet avis, mais nous avons néanmoins<br />

obtenu gain de cause. Depuis novembre<br />

2022, les frais du CEPUSPP sont<br />

Il n’est pas nécessaire de s’inscrire. <strong>No</strong>us<br />

nous réjouissons de vous accueillir en<br />

grand nombre!<br />

Janine Junker, directrice de l’<strong>asmac</strong> Berne<br />

Photo: màd<br />

18<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


<strong>asmac</strong><br />

Faites la promotion de l’<strong>asmac</strong><br />

Vous êtes déjà membre de l’<strong>asmac</strong>? Super! C’est bon à savoir, car plus nous sommes nombreux,<br />

plus notre voix compte. <strong>No</strong>us récompensons les membres qui font activement la<br />

promotion de l’<strong>asmac</strong>. En effet, rien ne vaut une recommandation formulée par conviction<br />

personnelle. Pour chaque nouveau membre recruté, vous recevez un petit cadeau, p. ex. une<br />

lunchbox, un bon pour des livres ou un bon CFF, chacun d’une valeur de 50 francs. Vous avez<br />

aussi la possibilité de faire un don à une organisation caritative. Vous trouverez toutes les<br />

autres informations sur notre site web www.vsao.ch/fr/adhesion/campagne-de-recrutement.<br />

Zurich /<br />

Schaffhouse<br />

<strong>No</strong>uvelle brochure pour<br />

les médecins en formation<br />

postgraduée et les responsables<br />

d’établissements de<br />

formation postgraduée<br />

Images: màd<br />

entièrement pris en charge par les établissements<br />

de formation postgraduée dans le<br />

canton de Vaud.<br />

L’ALPPF informera sur ses canaux<br />

(site internet: www.alppf.ch, Instagram @<br />

asso.alppf) sur les modalités de remboursement<br />

et se tient à disposition en cas de<br />

questions à ce sujet.<br />

<strong>No</strong>mbres maximaux/clause du besoin<br />

Le médecin cantonal vaudois a organisé<br />

des séances de travail portant sur les<br />

nombres maximaux. <strong>No</strong>us avons pu rapidement<br />

être rajoutés à la liste des participants.<br />

Cette liste comprend également nos<br />

collègues de la SVM (Société Vaudoise de<br />

Médecine) et des représentant(e)s hospitaliers<br />

et installés des disciplines concernées.<br />

<strong>No</strong>us nous réjouissons d’avoir pu<br />

contribuer en tant que partenaires à part<br />

entière aux discussions sur ce sujet, menant<br />

à ce qu’un seul domaine de spécialité<br />

soit limité dans le canton de Vaud: la neurochirurgie.<br />

Cette limitation a pris effet le<br />

1 er juillet <strong>2023</strong>.<br />

Un(e) représentant de l’ASMAV siègera<br />

à la commission cantonale de planification<br />

de l’offre médicale, créée avec l’arrêté régissant<br />

ces limitations.<br />

Indexation des salaires – collaboration<br />

avec l’ASMAVal et l’HRC pour<br />

<strong>2023</strong><br />

Le taux d’indexation des salaires des médecins<br />

assistant(e)s et chef(fe)s de clinique<br />

de l’HRC pour <strong>2023</strong> a été fixé après discussion<br />

entre l’ASMAV, l’ASMAVal et l’HRC.<br />

L’indexation vaudoise est de 1,4% et la valaisanne<br />

de 2,8 %. L’hôpital de Rennaz est<br />

financé aux 2/3 par le canton de Vaud et<br />

à 1/3 par le canton du Valais. <strong>No</strong>us avons<br />

pu obtenir une indexation de 1,8 %, c’està-dire<br />

quasiment proportionnelle à ces<br />

chiffres. Cette décision est arrivée en début<br />

d’année, mais est entrée en vigueur<br />

rétroactivement au 1 er janvier <strong>2023</strong>.<br />

Apéro et activités sociales<br />

L’apéro estival de l’ASMAV au 20 e étage du<br />

CHUV a été un succès couronné d’un bel<br />

arc-en-ciel après la tempête qui est tombée<br />

sur Lausanne.<br />

<strong>No</strong>us remercions toutes les personnes<br />

qui sont venues à l’apéro et nous réjouissons<br />

de renouveler cet évènement l’année<br />

prochaine!<br />

Prochaine assemblée générale<br />

16 novembre <strong>2023</strong><br />

Sandrine Devillers, secrétaire général de l’ASMAV<br />

Tous les médecins en formation postgraduée<br />

ont droit à quatre heures de formation<br />

postgraduée structurée par semaine.<br />

Celle-ci vise à la fois à garantir la qualité<br />

des soins et à renforcer les compétences de<br />

la relève.<br />

Au quotidien, il est souvent difficile<br />

de mettre en œuvre les quatre heures de<br />

formation postgraduée structurée de manière<br />

appropriée, soit parce que l’on n’y<br />

accorde pas la priorité nécessaire, soit<br />

parce que les médecins n’ont pas le temps<br />

ou que la qualité de l’offre est insuffisante.<br />

Le ressort formation postgraduée de<br />

l’ASMAC Zurich a élaboré une brochure<br />

à cet effet. Elle présente de manière succincte<br />

ce que signifie concrètement la<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 19


<strong>asmac</strong><br />

formation postgraduée structurée, comment<br />

les quatre heures par semaine<br />

peuvent être respectées et comment les<br />

responsables d’établissements de formation<br />

postgraduée peuvent la rendre encore<br />

plus attractive et accessible.<br />

Vous pouvez télécharger la brochure<br />

(en allemand) sur www.vsao-zh.ch/<br />

was-wir-tun/weiterbildung.<br />

Si vous souhaitez obtenir un exemplaire<br />

imprimé, vous pouvez le commander à<br />

l’adresse info@vsao-zh.ch.<br />

Guide «Planetary Health» pour les<br />

membres de l’ASMAC<br />

Déjà aujourd’hui, les répercussions de la<br />

crise climatique se font ressentir en Suisse.<br />

L’augmentation des températures, les<br />

phénomènes météorologiques extrêmes et<br />

les mutations dans l’écosystème influencent<br />

non seulement l’environnement,<br />

mais ont aussi un impact sur notre<br />

santé. Compte tenu des effets du changement<br />

climatique sur la santé, nous médecins<br />

assumons une responsabilité particulière<br />

en la matière et devons aborder le<br />

sujet et élever notre voix.<br />

Le nouveau guide de l’ASMAC Zurich<br />

vous soutient dans la défense et la promotion<br />

de la santé planétaire. En nous engageant<br />

à tous les niveaux, nous pouvons<br />

exercer une influence majeure sur la santé<br />

de la population.<br />

Dans notre nouveau guide «Planetary<br />

Health», vous découvrirez comment assumer<br />

votre rôle de médecin et un aperçu<br />

des mesures les plus efficaces pour mettre<br />

en marche des changements. Par ailleurs,<br />

nous avons résumé quelques conseils pratiques<br />

sur la manière dont vous pouvez<br />

concevoir vos réunions de manière plus<br />

durable.<br />

Vous trouverez le guide «Planetary<br />

Health» sur www.vsao-zh.ch/nuetzliches.<br />

Dominique Iseppi, assistante de communication,<br />

ASMAC Zurich / Schaffhouse<br />

Annonce<br />

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Die sympathische<br />

Ärztesoftware<br />

pex II ist ein hocheffizienter Assistent mit einem ausgeklügelten<br />

TarMed-Abrechnungs- und Informationssystem. Die Ärztesoftware<br />

besticht durch eine einfache, übersichtliche Bedienung und klaren<br />

Arbeitsabläufen. Mit einer Vielzahl an Softwareoptionen lässt sich<br />

Ihre persönliche pex II Lösung zusammenstellen. Zudem ist eine<br />

Vernetzung mit internen und externen Stellen jederzeit möglich.<br />

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20<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


medifuture<br />

your career starts here<br />

4. <strong>No</strong>vember<br />

4 novembre<br />

Stadion Wankdorf, Bern<br />

Stade de Wankdorf, Berne<br />

<strong>2023</strong><br />

Der jährliche Laufbahnkongress<br />

für Medizinstudierende und<br />

junge Ärztinnen und Ärzte.<br />

Le congrès professionnel annuel<br />

pour les étudiant-es en méde cine<br />

et jeunes médecins<br />

<strong>No</strong>ch nicht<br />

angemeldet?<br />

medifuture.ch/anmeldung<br />

Pas encore inscrit?<br />

medifuture.ch/fr/inscription<br />

medifuture c/o vsao<br />

Bollwerk 10 Postfach<br />

3001 Bern<br />

Tel. 031 350 44 88<br />

admin@medifuture.ch<br />

medifuture.ch<br />

Organisation:<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 21


Kongressprogramm<br />

Programme du congrès<br />

08.45–9.15 Networking – Kaffee Networking – Café<br />

09.20–09.40<br />

Swissmedtalk – Ärztinnen-Karriere<br />

und Verbandstätigkeiten<br />

– Afreed Ashraf & Willi Balandies<br />

Angehende Ärzte<br />

– Dr. med. Jana Siroka<br />

Leitende Ärztin <strong>No</strong>tfall / IMC in der Klinik Arlesheim<br />

und Mitglied ZV FMH<br />

Swissmedtalk – carrière médicale<br />

féminine et activités de l’association<br />

– Afreed Ashraf & Willi Balandies<br />

Futurs médecins<br />

– Dr méd. Jana Siroka<br />

Médecin adjointe Service des urgences / soins intermédiaires<br />

(IMC), clinique Arlesheim et membre<br />

CC FMH<br />

DE<br />

FR<br />

09.40–10.00<br />

Auf dem Weg zum Facharzttitel:<br />

Topics, Tipps und e-Tools<br />

– Christoph Hänggeli<br />

Geschäftsführer SIWF/FMH,<br />

Rechtsanwalt, MPA unibe<br />

En route vers le titre de médecin<br />

spécialiste: sujets, conseils et outils<br />

électroniques<br />

– Christoph Hänggeli<br />

Directeur ISFM / FMH , avocat, MPA unibe<br />

DE<br />

FR<br />

10.00–10.10 Fragerunde / Disskusion Questions / discussion<br />

10.10–10.40<br />

Podiumsdiskussion Fachgesellschaften<br />

– SGAIM – Schweizerische Gesellschaft für Allgemeine<br />

Innere Medizin<br />

Dr. med. Stefanie Mosimann<br />

– SSAPM – Swiss Society for Anaesthesiology and<br />

Perioperative Medicine<br />

Tatjana Dill<br />

– SHOOT – Swiss Hematologists and Oncologists<br />

of tomorrow<br />

Dr. med. Yvette von Aarburg<br />

Dr. med. Astrid Beerlage<br />

– Junges Forum Gynäkologie Suisse<br />

Dr. med. Claudia Becker<br />

Sociétés de discipline<br />

– SSMIG – Société Suisse de Médecine<br />

Interne Générale<br />

Dr méd. Stefanie Mosimann<br />

– SSAPM – Swiss Society for Anaesthesiology<br />

and Perioperative Medicine<br />

Tatjana Dill<br />

– SHOOT – Swiss Hematologists and Oncologists<br />

of tomorrow<br />

Dr méd. Yvette von Aarburg<br />

Dr méd. Astrid Beerlage<br />

– Jeune forum gynécologie suisse<br />

Dr méd. Claudia Becker<br />

DE<br />

FR<br />

10.40–11.25 Kaffeepause Pause-café<br />

11.25–11.45<br />

DE<br />

Arbeiten in der <strong>No</strong>tfallmedizin:<br />

Chancen und Herausforderungen<br />

– Dr. med. Brigitte Nyfeler<br />

Chefärztin <strong>No</strong>tfallzentrum Lindenhofspital Bern<br />

La carrière en médecine interne<br />

générale hospitalière<br />

– Prof. Julien Vaucher<br />

Professeur ordinaire de médecine interne générale<br />

à l’Université de Fribourg.<br />

FR<br />

11.45–12.05<br />

Arbeitsplatz Praxis / Belegarzt<br />

– Dr. med. Lars Frauchiger<br />

Belegarzt, Praxis Orthopädische Chirurgie<br />

und Traumatologie des Bewegungsapparates<br />

DE<br />

Le cabinet du généraliste: un espace de<br />

liberté urbi et orbi<br />

– PD Dr. Patrick Ruedin<br />

Médecine interne-Néphrologie FMH, Directeur<br />

de cours Société Suisse d’Echographie, Hypnose<br />

médicale FMH<br />

FR


12.05–12.15 Fragerunde / Disskusion Questions / discussion<br />

12.15–14.00<br />

Mittagspause (Stehlunch)<br />

Pause de midi (apéro dînatoire)<br />

13.25–13.45<br />

Lunchreferat<br />

– Schweizer Paraplegiker-Zentrum (SPZ)<br />

Exposés dînatoires<br />

– Centre suisse des paraplégiques (CSP)<br />

DE<br />

FR<br />

14.00–14.20<br />

Medizin im ländlichen Tanzania<br />

– PD Dr. med. Martin Rohacek<br />

Internist und <strong>No</strong>tfallmediziner<br />

La médecine dans la Tanzanie rurale<br />

– PD Dr méd. Martin Rohacek<br />

Médecin interniste et urgentiste<br />

DE<br />

FR<br />

14.20–14.40<br />

Verschiedene Gesichter einer Hausarztpraxis<br />

- Lager- und Festivalmedizin<br />

– Dr. med. Raphael Stolz<br />

Hausarzt, ärztlicher Leiter der Sanität am am Open­ OpenAir<br />

St. St. Gallen, Vizepräsident im im SIWF SIWF<br />

Les différents visages d’un cabinet<br />

de médecine de famille – médecine<br />

festivalière<br />

– Dr méd. Raphael Stolz<br />

Médecin de famille, responsable médical de de l’Open- l’OpenAir<br />

St-Gall, vice-président de de l’ISFM<br />

DE<br />

FR<br />

14.40–15.00<br />

10 Top Fragen zur chirurgischen<br />

Weiterbildung, an das Swiss College<br />

of Surgeons<br />

– Prof. Dr. med. Dieter Hahnloser<br />

Präsident Swiss College of Surgeons, Leiter der<br />

koloproktologischen Chirurgie am Universitätsspital<br />

in Lausanne<br />

– Dr. med. Anna Wang<br />

Oberärztin, Plastische Chirurgie und Handchirurgie<br />

– Kantonsspital Aarau / Co ­ Präsidentin<br />

vsao Zürich<br />

10 questions clés sur la formation<br />

postgraduée en chirurgie, adressées au<br />

Swiss College of Surgeons<br />

– Prof. Dr méd. Dieter Hahnloser<br />

Président du Swiss College of Surgeons, responsable<br />

du team colon, rectum et proctologie à<br />

l’Hôpital universitaire de Lausanne (CHUV).<br />

– Dr med. Anna Wang<br />

Cheffe de clinique, chirurgie plastique<br />

et chirurgie de la main – Hôpital cantonal<br />

d‘Aarau / Co – Présidente vsao Zurich<br />

DE<br />

FR<br />

15.00–15.10 Fragerunde / Disskusion Questions / discussion<br />

15.10–15.20 Wettbewerb Verlosung Concours tirage<br />

15.20–16.00<br />

Networking – Apéro<br />

Die Ausstellung ist noch offen<br />

Networking – Apéro<br />

L’exposition est encore ouverte


Der Kongress bietet dir die perfekte Möglichkeit, dich über<br />

die Themen Karriereplanung und Karrieremöglichkeiten zu<br />

informieren. Das Ziel von medifuture ist es, den Teilnehmenden<br />

aufzuzeigen, welche verschiedenen Facetten der Arztberuf mit<br />

sich bringt, und die unterschiedlichen Wege zum anvisierten<br />

Karriereziel darzulegen.<br />

Neben praxisnahen Referaten von Fachleuten aus verschiedensten<br />

Bereichen des Gesundheitswesens präsentieren<br />

dir die Aussteller ihre vielfältigen Angebote. In den Pausen<br />

hast du genügend Zeit, die Ausstellung mit über 50 Ständen<br />

(Universitätsspitäler der Schweiz sowie zahlreiche weitere<br />

grosse Spitäler und Fachgesellschaften) zu besuchen, Kontakte<br />

zu knüpfen, Informationen auszutauschen und dich an<br />

den Buffets zu bedienen.<br />

Le congrès te donne la possibilité de t’informer sur les thèmes<br />

de la planification de carrière et les options de carrière. Le but<br />

de medifuture est de montrer aux participant(e)s les nombreuses<br />

facettes de la profession de médecin et les différentes<br />

voies qui peuvent les mener à leur objectif de carrière.<br />

Outre des exposés proches de la pratique de spécialistes de<br />

différents domaines de la santé, environ 40 exposants t’attendent<br />

avec leurs stands. Pendant les pauses, tu as suffisamment<br />

de temps pour visiter l’exposition qui compte plus de<br />

50 stands (hôpitaux universitaires de la Suisse, ainsi que de<br />

nombreux autres grands hôpitaux et sociétés de discipline),<br />

nouer des contacts et échanger avec tes collègues, sans oublier<br />

de profiter du buffet.<br />

Premium-Partner Partenaires Premium<br />

Bonus-Partner Partenaires Bonus<br />

Alle weiteren Sponsoren und<br />

Informationen unter: medifuture.ch<br />

Tous les autres sponsors et<br />

informations sous : medifuture.ch/fr


<strong>asmac</strong><br />

<strong>asmac</strong>-Inside<br />

Oliviero Reusser<br />

Lieu de domicile: Zurich<br />

A l’<strong>asmac</strong> depuis: Février <strong>2023</strong><br />

L’<strong>asmac</strong> en trois mots:<br />

Pragmatique, pratique, moderne<br />

Dans son temps libre,<br />

Oliviero Reusser se laisse<br />

parfois porter par le<br />

courant, selon la météo<br />

ou les projets de ses amis. Au travail,<br />

en revanche, il aborde les choses<br />

différemment.<br />

En tant que collaborateur du département<br />

politique et communication,<br />

Oliviero Reusser est attentif aux développements<br />

et tendances actuels,<br />

travaille de manière très structurée et<br />

gère les délais du <strong>Journal</strong> <strong>asmac</strong> et<br />

de la newsletter.<br />

Fort d’un bagage en sciences politiques<br />

et islamiques (Zurich) et en<br />

sciences des conflits (Londres), il s’occupe<br />

également du site web et des réseaux<br />

sociaux de l’association. La dimension<br />

politique de son travail lui tient particulièrement<br />

à cœur. Pour cette raison,<br />

il aime réfléchir à voix haute, poser des<br />

questions essentielles et proposer de<br />

nouvelles initiatives plus ou moins<br />

conventionnelles. Il veille à ce que le<br />

travail politique de l’<strong>asmac</strong> se concentre<br />

sur des problèmes concrets et des expériences<br />

pratiques, et assure le bon<br />

fonctionnement de la collaboration avec<br />

les nombreuses organisations partenaires.<br />

Son activité au sein de l’<strong>asmac</strong> lui<br />

procure du plaisir car elle est porteuse<br />

de sens et lui permet d’utiliser ses<br />

compétences à bon escient. En tant<br />

que demi-Tessinois, il tient à entretenir<br />

de bons rapports avec la section tessinoise<br />

et souhaite contribuer à donner<br />

à cette minorité linguistique la place<br />

qu’elle mérite au sein de l’association<br />

faîtière.<br />

Dans son travail, Oliviero apprécie<br />

particulièrement le dialogue et l’interaction<br />

avec les médecins et les étudiants<br />

en médecine. Il aime être au cœur de<br />

l’actualité et des développements dans<br />

le domaine de la santé, et l’élaboration<br />

de réactions ou prises de position avec<br />

l’équipe fait partie de ses tâches les plus<br />

passionnantes. Il adore les discussions<br />

qui font naître différentes perspectives.<br />

Il met également à profit ses nombreuses<br />

expériences acquises dans le cadre de<br />

son travail pour de petites associations<br />

et de ses diverses activités politiques<br />

bénévoles.<br />

En plus de ces activités bénévoles,<br />

Oliviero joue régulièrement au volley-ball<br />

et se rend souvent au fitness. Il aime<br />

se promener dans la nature, que ce soit<br />

à la montagne, au bord du lac ou sur<br />

la Limmat en bateau pneumatique. Mais<br />

il affectionne aussi particulièrement<br />

les jeux de société et de cartes, notamment<br />

le jass. En tant que fin gourmet,<br />

il se passionne par ailleurs pour la bonne<br />

cuisine et adore préparer des pâtes et<br />

des pizzas.<br />

Photo: màd<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 25


<strong>asmac</strong><br />

Conseil juridique de l’<strong>asmac</strong><br />

Quand le délai expire-t-il?<br />

Je suis médecin-assistante et<br />

travaille à plein temps dans<br />

un hôpital. Mon contrat de<br />

travail est à durée déterminée,<br />

mais prévoit néanmoins un délai de<br />

résiliation. D’après ce que je sais, un<br />

contrat de travail à durée déterminée<br />

prend fin à la date convenue, sans<br />

possibilité de résiliation. Que signifie<br />

ce délai de résiliation dans mon<br />

contrat? Des règles particulières s’appliquent-elles<br />

et mon contrat prend-il<br />

malgré tout automatiquement fin<br />

à la date convenue ou dois-je le résilier<br />

(à cette date)? Quelles sont les règles<br />

applicables en cas de maladie et/ou<br />

de grossesse?<br />

En principe, il est juste qu’un contrat<br />

de travail à durée déterminée sans<br />

possibilité de résiliation prend automatiquement<br />

fin à la date convenue (art. 334<br />

al. 1 CO). Dans ce cas, on parle d’un vrai<br />

contrat à durée déterminée. Le contrat<br />

peut alors être limité à une date précise<br />

(« jusqu’au 30 août ») ou conclu pour une<br />

durée déterminée (« pour quatre mois »)<br />

et doit être rempli par les deux parties<br />

jusqu’à la date de fin. Cela signifie que<br />

l’employeur ne peut pas résilier le contrat<br />

de travail avant le terme et que vous,<br />

en tant qu’employée, n’avez pas besoin<br />

de le résilier pour mettre fin aux<br />

rapports de travail.<br />

Il existe cependant quelques exceptions<br />

à cette règle. Pour un contrat de<br />

travail à durée déterminée, on peut aussi<br />

convenir d’un délai de résiliation. Dans<br />

ce cas, on parle de contrat de travail<br />

de durée maximale. A noter que le délai<br />

de résiliation doit être identique pour<br />

les deux parties et qu’il n’est donc pas<br />

permis de convenir d’un délai de résiliation<br />

différent au détriment d’une des<br />

parties. Au final, cela signifie que tant<br />

l’employeur que l’employée peuvent<br />

résilier le contrat de travail de manière<br />

anticipée, à condition de respecter le<br />

délai de résiliation.<br />

Mais doit-on aussi résilier le contrat<br />

pour mettre fin aux rapports de travail?<br />

<strong>No</strong>n. Si le contrat n’est pas résilié avant<br />

le terme de la durée maximale convenue,<br />

il prend fin automatiquement et sans<br />

résiliation au terme de la durée convenue.<br />

Le délai de résiliation convenu<br />

donne aux parties contractantes la<br />

possibilité de résilier le contrat avant<br />

la date convenue.<br />

On notera également le point<br />

suivant: si les deux parties poursuivent<br />

tacitement les rapports de travail à<br />

durée déterminée, ils sont considérés<br />

comme rapports de travail à durée<br />

indéterminée pour lesquels s’applique<br />

un délai de résiliation ordinaire.<br />

Ils doivent par conséquent être résiliés<br />

pour y mettre fin.<br />

L’art. 324a CO régit le versement<br />

du salaire en cas de maladie. En cas de<br />

maladie ou de complications pendant<br />

la grossesse, le versement du salaire<br />

ne s’applique que si la durée du contrat<br />

de travail à durée déterminée a été fixée<br />

à plus de trois mois. Des dispositions<br />

particulières dans une convention<br />

collective de travail permettent de<br />

déroger à cette règle.<br />

Une autre particularité du contrat<br />

de travail à durée déterminée pour lequel<br />

un délai de résiliation a été fixé concerne<br />

la protection matérielle et temporelle<br />

contre le licenciement prévue à l’art. 336c<br />

al. 1 CO qui s’applique en cas de résiliation.<br />

Le contrat ne peut donc pas être<br />

résilié pendant une certaine période,<br />

notamment pour cause de maladie,<br />

de grossesse ou d’accident. Cette protection<br />

contre le licenciement ne s’applique<br />

cependant pas pour les vrais contrats<br />

de travail à durée déterminée sans délai<br />

de résiliation. Ici aussi, on peut y déroger<br />

avec des prescriptions particulières<br />

dans une convention collective de travail.<br />

Ces explications montrent que la<br />

prudence est de mise pour les contrats de<br />

travail à durée déterminée. Les juristes<br />

des sections de l’<strong>asmac</strong> répondent<br />

volontiers à vos questions.<br />

Samuel Nadig,<br />

directeur et juriste de la<br />

section Grisons<br />

Photo: màd<br />

26<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Vos besoins, notre<br />

centre d’intérêt<br />

Visites<br />

Evaluations, salaires, horaires de<br />

travail, crèches, offres d’emploi<br />

et bien plus encore: medicus<br />

est le portail global pour votre<br />

carrière. Vous y trouverez le<br />

poste parfaitement adapté à vos<br />

attentes!<br />

Les hôpitaux et sections de<br />

l’<strong>asmac</strong> mettent à disposition des<br />

informations importantes relatives<br />

aux conditions de travail.<br />

Toutefois, c’est vous qui apportez<br />

la contribution la plus importante:<br />

en évaluant de manière<br />

anonyme votre ancien employeur.<br />

Vous aidez ainsi les autres et<br />

profitez de leurs expériences.<br />

Quelle est la qualité de la formation<br />

postgraduée dans les cliniques?<br />

Les visites se penchent en détail<br />

sur cette question. Il y a toujours un<br />

membre de l’<strong>asmac</strong> qui fait partie<br />

de l’équipe d’experts. Les visites<br />

sur place permettent d’identifier les<br />

possibilités d’amélioration. Car en<br />

tant que membre, nous voulons que<br />

vous puissiez profiter d’une formation<br />

postgraduée de qualité.<br />

Si vous souhaitez accompagner<br />

des visites, envoyez un e-mail<br />

à visites@<strong>asmac</strong>.ch et vous en<br />

saurez plus!<br />

www.<strong>asmac</strong>.ch/visites<br />

www.medicus.ch<br />

Feedback-<br />

Pool<br />

Pour vous en tant que membre,<br />

elle est fondamentale: la formation<br />

postgraduée. C’est pourquoi nous<br />

réalisons régulièrement des sondages<br />

à ce sujet auprès de notre<br />

base. Grâce au Feedback-Pool,<br />

nous pouvons orienter notre travail<br />

de manière ciblée sur vos attentes.<br />

Vous voulez y participer?<br />

Alors écrivez un e-mail à<br />

secretariat@<strong>asmac</strong>.ch.<br />

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Profession de<br />

médecin et famille<br />

• Comment puis-je concilier famille, loisirs et<br />

profession?<br />

• Comment puis-je reprendre mon travail<br />

après mon congé maternité?<br />

• Comment puis-je surmonter les défis<br />

quotidiens?<br />

En tant que membre de l’<strong>asmac</strong>, vous obtiendrez<br />

des réponses à ces questions avec notre<br />

coaching gratuit. Le conseil téléphonique est<br />

assuré par le Bureau UND.<br />

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vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 27


Point de mire: Langue<br />

L’Islande est connue pour ses geysers. Depuis le 19 e siècle, le mot islandais geyser est également utilisé<br />

dans d’autres langues pour désigner des sources d’eau chaude.<br />

«Il n’y a pas<br />

de traduction sans<br />

interprétation»<br />

Mots, structures, contexte socioculturel:<br />

les langues se distinguent à plusieurs niveaux.<br />

Les traductions littéraires nécessitent donc toujours une interprétation.<br />

Tour d’horizon des geysers, des liens de parenté en Islande et<br />

des polars nordiques avec Karl-Ludwig Wetzig, traducteur primé.<br />

Regula Grünwald, rédactrice en chef du <strong>Journal</strong> <strong>asmac</strong><br />

Photo: Adobe Stock<br />

28<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire: Langue<br />

Photo: © Karl-Ludwig Wetzig, màd<br />

Vous êtes spécialiste des langues<br />

scandinaves et traduisez principalement<br />

de l’islandais vers l’allemand.<br />

Comment gérez-vous les mots<br />

«intraduisibles»?<br />

Certains mots semblent intraduisibles<br />

parce qu’ils désignent des choses qui<br />

n’existent pas dans la culture cible. Je<br />

peux périphraser ces mots, les expliquer,<br />

traduire leurs composants et créer ainsi<br />

un nouveau mot allemand ou les reprendre<br />

comme mots étrangers pour souligner<br />

leur exotisme. Il arrive que nous<br />

intégrions de tels mots dans notre propre<br />

langue, à l’instar du mot islandais geyser,<br />

désormais utilisé partout dans le monde<br />

pour désigner des sources chaudes. Et il y<br />

a dix ans, j’aurais peut-être envisagé de<br />

traduire le skyr islandais par «séré»; aujourd’hui,<br />

on le trouve tel quel dans nos<br />

supermarchés. Selon moi, les problèmes<br />

liés à une prétendue intraduisibilité se situent<br />

moins au niveau des mots qu’aux<br />

niveaux supérieurs et plus larges de la<br />

phrase, du texte, des connotations et du<br />

contexte socioculturel.<br />

Avez-vous des exemples de défis<br />

de ce type?<br />

Deux langues différentes ne sont jamais<br />

totalement structurées de la même manière.<br />

L’islandais n’est pas aussi attaché à<br />

la précision et à l’univocité des références<br />

que l’allemand. Deux exemples: l’islandais<br />

peut différencier conceptuellement les degrés<br />

de parenté jusqu’au cinquième degré.<br />

Dans la vie quotidienne, les membres de la<br />

famille qui ne sont pas des parents ou des<br />

frères et sœurs sont généralement appelés<br />

frændi ou frænka. Dans ma traduction, je<br />

dois différencier s’il s’agit d’oncles/de<br />

tantes ou de cousins/cousines, bien que le<br />

texte source reste indéterminé. Et si un<br />

pronom personnel islandais a la même<br />

forme au singulier et au pluriel, il est impossible<br />

de savoir s’il désigne une ou plusieurs<br />

personnes. Ce n’est pas le cas dans<br />

la traduction. Créer de l’univocité là où la<br />

langue source permet plusieurs interprétations<br />

possibles représente pour moi une<br />

restriction et finalement un appauvrissement<br />

du potentiel littéraire, contre lequel<br />

je me bats. Car l’ambivalence est l’une des<br />

qualités les plus productives de la littérature.<br />

De plus, en tant que traducteur, je<br />

dois non seulement bien connaître la<br />

langue cible, mais aussi la culture et la société<br />

dans lesquelles elle s’inscrit. Prenez<br />

par exemple cette simple déclaration de la<br />

Bible: «Voici, je me tiens à la porte et je<br />

frappe.» Et puis imaginez l’effet si un missionnaire<br />

avait traduit littéralement ce<br />

verset dans une langue d’Afrique, où personne<br />

ne frappe à la porte à part un cambrioleur<br />

qui veut s’assurer que la maison<br />

est vide. Les traductions littérales peuvent<br />

avoir des conséquences fâcheuses.<br />

Comment procédez-vous concrètement<br />

pour une traduction?<br />

Je commence par lire le texte source de la<br />

manière la plus approfondie et analytique<br />

possible. Lorsque l’intrigue ou les constellations<br />

de personnages sont particulièrement<br />

compliquées, j’établis des arbres<br />

généalogiques ou des sociogrammes des<br />

personnes impliquées afin de garder une<br />

vue d’ensemble. Pour les textes exigeants,<br />

comme les sagas islandaises, je tiens une<br />

sorte de carnet de bord dans lequel je note<br />

par exemple les différentes solutions de<br />

traduction et les justifie au cas où le même<br />

vocable réapparaîtrait plus tard. Depuis<br />

l’apparition d’Internet, je fais des recherches<br />

dès que je suis confronté à une<br />

difficulté, car j’aime trouver tout de suite<br />

une solution de traduction valable et ne pas<br />

me retrouver par la suite devant une multitude<br />

de passages inexpliqués. Vous pouvez<br />

vous représenter le processus de traduction<br />

comme un enchaînement d’innombrables<br />

relectures: je commence chaque journée<br />

de travail par une relecture attentive de<br />

ce que j’ai traduit la veille, avant d’aborder<br />

le chapitre suivant. Après la touche finale,<br />

la maison d’édition relit la traduction et<br />

je reprends chaque passage pour savoir si<br />

j’accepte la proposition de correction, si je<br />

trouve ma traduction initiale plus appropriée<br />

ou si je cherche une troisième variante.<br />

Après une dernière vérification des<br />

épreuves, je donne le bon à tirer pour le<br />

texte apparemment achevé. Je dis «apparemment<br />

achevé» parce que selon moi, une<br />

traduction littéraire n’est jamais définitivement<br />

terminée. Lorsque je relis une de mes<br />

traductions dix ou vingt ans plus tard, je<br />

trouve toujours des passages que je traduirais<br />

aujourd’hui différemment.<br />

Dans quelle mesure reconnaît-on votre<br />

«patte» dans les œuvres traduites?<br />

Aux yeux de beaucoup, le traducteur idéal<br />

est un traducteur invisible; une instance<br />

transparente qui fait découvrir aux lecteurs<br />

l’œuvre originale à tous les niveaux,<br />

si possible sans intervention ou omission<br />

personnelle. Les exemples cités précédemment<br />

montrent que c’est illusoire. Il<br />

n’y a pas de traduction sans interprétation.<br />

Pourtant, j’ai été étonné au début<br />

lorsqu’un collègue a affirmé un jour qu’il<br />

Biographie express<br />

Né en 1956 à Düsseldorf, Karl-Ludwig<br />

Wetzig a enseigné la littérature scandinave<br />

aux Universités de Göttingen et<br />

de Reykjavík. Il traduit depuis vingt<br />

ans la littérature des langues nordiques,<br />

notamment des œuvres d’auteurs tels<br />

que Jón Kalman Stefánsson, Gunnar<br />

Gunnarsson et Hallgrímur Helgason,<br />

ainsi que des sagas islandaises médiévales.<br />

Parallèlement, il publie ses<br />

propres livres. En <strong>2023</strong>, il a reçu le prix<br />

de traduction Christoph-Martin-Wieland<br />

pour sa traduction de l’ouvrage<br />

«Dein Fortsein ist Finsternis».<br />

reconnaîtrait naturellement chaque livre<br />

que j’ai traduit, même sans que mon nom<br />

soit mentionné. Alors, c’est sans doute<br />

vrai: les traducteurs développent au fil du<br />

temps leur propre langage, reconnaissable,<br />

même s’ils traduisent des œuvres<br />

très différentes.<br />

Dans quelle mesure échangez-vous<br />

avec les auteurs?<br />

Pour ma part, je prends presque toujours<br />

contact avec l’auteur avant de commencer<br />

une traduction, surtout lorsqu’il s’agit<br />

d’œuvres complexes. Je trouve alors extrêmement<br />

utile de pouvoir m’assurer que j’ai<br />

bien compris tel ou tel passage dans le<br />

sens de l’intention du texte. L’échange<br />

peut être très fructueux et enrichissant;<br />

dans certains cas, ces conversations ont<br />

donné naissance à des amitiés.<br />

Avez-vous un genre préféré pour les<br />

traductions?<br />

J’aime les livres qui stimulent et interpellent<br />

ma pensée. Dans son essai «Le<br />

plaisir du texte», Roland Barthes décrit le<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 29


Point de mire: Langue<br />

texte littéraire comme une île, un refuge<br />

donc, et le plaisir de savourer la littérature<br />

comme un passe-temps réservé à quelques<br />

privilégiés. Je ne peux qu’être d’accord<br />

avec cela. Malheureusement, les titres littéraires<br />

plus exigeants sont souvent trop<br />

peu lucratifs pour les éditeurs et sont<br />

entre-temps devenus une minorité sur le<br />

marché du livre.<br />

L’Islande est en plein essor depuis<br />

quelques années, que ce soit en tant<br />

que destination touristique ou pour<br />

la littérature, notamment les polars.<br />

Le ressentez-vous dans votre travail?<br />

Oui, mais pas uniquement dans le sens positif.<br />

Les éditeurs ont souvent des quotas<br />

prédéfinis pour les traductions de certaines<br />

langues. Depuis qu’il existe un lien<br />

apparemment indissoluble entre «<strong>No</strong>rd» et<br />

«polar» – Morden im <strong>No</strong>rden! –, je constate<br />

que de moins en moins d’œuvres littéraires<br />

des pays nordiques obtiennent les quelques<br />

places prévues pour leur région d’origine et<br />

qu’on préfère lancer un autre polar sur le<br />

marché. La lecture est une distraction pour<br />

la plupart des gens.<br />

Dans quelle mesure votre travail<br />

a-t-il changé avec l’arrivée des outils<br />

de traduction et de l’IA?<br />

Jusqu’à présent, l’IA et les outils de traduction<br />

ne jouent aucun rôle dans mon<br />

propre travail. Mais ils font actuellement<br />

l’objet d’une attention et d’une discussion<br />

accrues dans notre profession: peuvent-ils<br />

être utiles pour les traducteurs littéraires<br />

également? Si oui, comment gèrent-ils les<br />

ambiguïtés intentionnelles et les allusions<br />

cachées? Seront-ils bientôt des instruments<br />

utilisés par les éditeurs pour faire<br />

baisser encore plus les honoraires de traduction?<br />

Les premières tentatives dans ce<br />

sens ont déjà été annoncées. Les outils linguistiques<br />

automatiseront-ils un jour la<br />

relecture? Mais qu’importe si, d’ici là, les<br />

écrivains se servent aussi de l’IA pour rédiger<br />

leurs œuvres? Les gens s’y habitueront<br />

également et le considéreront comme acquis,<br />

au même titre que la surveillance vidéo<br />

permanente et la surveillance des<br />

données.<br />

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CERTIFIÉ<br />

HAUTE QUALITÉ:<br />

<strong>Journal</strong><br />

<strong>asmac</strong><br />

N o 4, août <strong>2023</strong><br />

Le journal de l’Association suisse des médecins-assistant(e)s et chef(fe)s de clinique<br />

Publication<strong>2023</strong><br />

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en tout genre<br />

Page 26<br />

Politique<br />

Clairvoyance à la<br />

table ronde<br />

Page 8<br />

Vaccinations<br />

<strong>No</strong>uvelle situation,<br />

nouveau plan d’action<br />

Page 46<br />

Médecine palliative<br />

Comment bien<br />

communiquer?<br />

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5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire: Langue<br />

Le traitement<br />

du mutisme<br />

La communication est le principal outil de la psychiatrie.<br />

Mais que faire lorsque le langage fait défaut? Justina Račkauskaitė,<br />

cheffe de clinique à la clinique de psychiatrie de consultation<br />

et psychosomatique de l’Hôpital universitaire de Zurich, et membre<br />

du comité de l’association delta, est confrontée<br />

à différentes formes de mutisme.<br />

Regula Grünwald, rédactrice en chef du <strong>Journal</strong> <strong>asmac</strong><br />

Image: Adobe Stock<br />

Les maladies psychiques, les barrières linguistiques et culturelles peuvent provoquer différentes formes de mutisme.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 31


Point de mire: Langue<br />

Biographie express<br />

Justina Račkauskaitė est cheffe de<br />

clinique à la clinique de psychiatrie<br />

de consultation et psychosomatique<br />

de l’Hôpital universitaire de Zurich.<br />

Son activité comprend la prise en<br />

charge de différentes pathologies,<br />

en particulier chez les personnes<br />

issues de la migration. En plus de cela,<br />

elle s’engage au comité de l’ONG<br />

delta (Develop Life through Action),<br />

où elle participe au développement<br />

de projets pour la santé psychique<br />

dans des régions à ressources limitées<br />

en Inde.<br />

Quelles sont les formes de mutisme<br />

que vous rencontrez?<br />

Différentes maladies psychiques peuvent<br />

faire perdre la parole à des personnes qui<br />

disposent pourtant d’une capacité auditive<br />

et d’une faculté du langage pleinement<br />

développées. <strong>No</strong>us parlons alors de<br />

mutisme total. Une autre forme de mutisme<br />

apparaît lorsque des migrants ne<br />

parviennent pas à se faire comprendre en<br />

raison de connaissances linguistiques insuffisantes<br />

ou de différences culturelles<br />

importantes. Et pour finir, je suis aussi<br />

confrontée à des défis en matière de communication<br />

dans le cadre de mon activité<br />

pour l’association delta (voir encadré,<br />

n.d.l.r.).<br />

Revenons au mutisme total.<br />

Comment établissez-vous l’anamnèse<br />

lorsqu’une personne n’est pas en<br />

mesure de s’exprimer?<br />

Je rassemble des indices à différents niveaux.<br />

Je collabore étroitement avec des<br />

collègues d’autres disciplines qui, en procédant<br />

à des examens physiques, peuvent<br />

exclure des causes organiques et fournir<br />

d’autres précieuses informations. De plus,<br />

je mobilise tous mes sens: comment la personne<br />

entre-t-elle dans le local? Est-elle<br />

d’apparence soignée? Est-elle bien nourrie?<br />

Et pour finir, je tiens aussi compte des<br />

déclarations et observations des proches,<br />

du service de secours ou de passants.<br />

Comment parvenez-vous à établir<br />

un dialogue avec les patients dans<br />

le cadre de la thérapie?<br />

Certains patients réagissent aux questions<br />

de type oui/non et je vois qu’ils comprennent<br />

ce que je leur dis. D’autres, par<br />

contre, sont complètement paralysés et<br />

inaccessibles. Dans ce cas, un environnement<br />

calme et de la patience combinés à<br />

des médicaments apportent souvent une<br />

solution. Cet état se débloque généralement<br />

après quelques minutes, heures ou<br />

jours.<br />

Quelle est l’importance du langage<br />

dans votre travail?<br />

Il est notre principal outil. En faisant<br />

preuve de créativité, on peut cependant<br />

aussi trouver d’autres approches pour<br />

concevoir la thérapie. Souvent, il est utile<br />

de solliciter plusieurs sens: une image<br />

peut provoquer des émotions positives, la<br />

musique susciter un sentiment agréable et<br />

une odeur particulière réveiller de beaux<br />

L’association delta encourage la prise en charge<br />

professionnelle<br />

Les maladies psychiques augmentent dans les pays à ressources limitées et la prise en<br />

charge médicale y est insuffisante. L’association caritative delta encourage un traitement<br />

professionnel et la prise en charge de personnes atteintes de maladies psychiques<br />

dans les pays à ressources limitées en réalisant des projets tels qu’un centre de réadaptation,<br />

un centre sociopsychiatrique, une clinique de jour de gérontopsychiatrie et des<br />

logements protégés dans trois régions du sud de l’Inde.<br />

www.delta-ngo.ch<br />

souvenirs d’enfance. Les patientes et les<br />

patients peuvent en tirer de la force, ce qui<br />

est alors plus important que le langage.<br />

Quelle est l’importance de tels<br />

éléments pour le travail avec des<br />

personnes qui parlent une autre<br />

langue et qui sont issues d’une<br />

autre culture?<br />

Les expériences sensorielles sont un<br />

moyen pour entrer en contact avec ces<br />

personnes malgré les obstacles linguistiques<br />

et culturels. Fort heureusement,<br />

nous n’avons pas besoin de renoncer à la<br />

parole puisque nous pouvons faire appel à<br />

des interprètes interculturels. La relation<br />

triangulaire qui en résulte est généralement<br />

un atout. Elle peut cependant aussi<br />

provoquer des difficultés.<br />

De quelles difficultés s’agit-il?<br />

L’interprète doit rester neutre et en aucun<br />

cas assumer un rôle de conseiller ou d’ami.<br />

Il importe par exemple que les patientes et<br />

patients me regardent pendant l’entretien<br />

et communiquent avec moi. <strong>No</strong>us devons<br />

aussi pouvoir miser sur une confidentialité<br />

absolue. Il n’est pas rare que les personnes<br />

concernées et les interprètes aient<br />

des connaissances en commun. En particulier<br />

pour les personnes issues d’une<br />

sphère culturelle où les maladies psychiques<br />

sont fortement stigmatisées, c’est<br />

un point délicat. Enfin, les interprètes<br />

sont souvent aussi d’origine immigrée et<br />

ont parfois vécu des expériences similaires<br />

à celles de nos patientes et patients.<br />

Pour certains thèmes, nous devons clarifier<br />

préalablement s’ils sont en mesure de<br />

traduire ces informations sans en souffrir<br />

personnellement.<br />

De tels problèmes pourraient être<br />

résolus par des traductions réalisées<br />

grâce à l’intelligence artificielle.<br />

Pensez-vous que des outils de traduction<br />

peuvent remplacer les interprètes?<br />

<strong>No</strong>n, car cela dépasse largement la simple<br />

traduction. La langue est l’expression de<br />

la culture dans laquelle nous vivons. Il arrive<br />

régulièrement que mon interlocuteur<br />

ou moi-même ne comprenions pas certaines<br />

questions ou réponses, même si<br />

elles ont été correctement traduites. Dans<br />

ce cas, il faut aussi une traduction culturelle.<br />

Et je dois m’immerger dans le<br />

contexte culturel de la personne pour être<br />

en mesure de l’aider.<br />

Photo: màd<br />

32<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Annonce<br />

Pouvez-vous nous donner un exemple?<br />

Si une femme pense par exemple que sa<br />

dépression est l’œuvre d’un mauvais esprit<br />

qui l’habite, je prends d’abord note de<br />

son modèle explicatif et lui pose ensuite<br />

des questions sur cet esprit. Je tente ensuite<br />

progressivement de transformer sa<br />

terminologie ou d’élargir son modèle explicatif<br />

en lui présentant des preuves<br />

scientifiques. Dans l’idéal, son entourage<br />

est intégré dans ce processus de psychoéducation.<br />

Ici aussi, le langage joue un rôle<br />

essentiel: la thérapie ne sera efficace que si<br />

je parviens à expliquer les contenus scientifiques<br />

dans un langage simple et compréhensible<br />

et que l’interprète trouve les<br />

bons mots.<br />

trouver ensemble des solutions.<br />

Dans quelle mesure votre travail est-il<br />

influencé lorsque vous êtes, dans le<br />

cadre de votre activité pour l’association<br />

delta, la personne qui ne parle<br />

pas la langue locale?<br />

Je vais vous donner un exemple. Au sud de<br />

l’Inde, nous avons fondé avec une gynécologue<br />

et généraliste locale un centre de<br />

réadaptation pour les addictions. Dans<br />

cette région, le système familial est l’affaire<br />

des hommes. S’ils sont inaptes en raison<br />

de leur consommation excessive d’alcool,<br />

cela a de graves conséquences sur<br />

l’ensemble de la famille, raison pour laquelle<br />

notre engagement est indispensable.<br />

<strong>No</strong>us avons cependant constaté que<br />

nous ne pouvons pas effectuer nousmêmes<br />

les interventions thérapeutiques.<br />

La barrière linguistique est trop importante.<br />

Dans les régions rurales, une grande<br />

partie de la population ne parle pas l’anglais.<br />

A cela viennent s’ajouter un grand<br />

nombre d’éléments culturels et religieux.<br />

C’est pourquoi nous travaillons avec des<br />

spécialistes locaux. <strong>No</strong>tre engagement ne<br />

se limite pas seulement à un soutien financier,<br />

mais inclut également la formation<br />

continue et la supervision. Ici aussi, nous<br />

sommes régulièrement confrontés à des<br />

malentendus, car même si nous parlons<br />

tous l’anglais, nous avons une façon différente<br />

de nous exprimer. La collaboration<br />

fonctionne d’une manière générale très<br />

bien et s’avère fructueuse. L’année dernière,<br />

nous avons ainsi donné à plus de<br />

150 hommes dépendants à l’alcool la possibilité<br />

de refaire leur vie.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 33


Point de mire: Langue<br />

Lost in<br />

Translation<br />

Certains mots étrangers n’ont pas d’équivalents en français:<br />

au lieu d’un seul terme, il faut toute une phrase pour les traduire.<br />

Quelques exemples à travers le monde.<br />

Sanders, Ella Frances: «Lost in Translation. Unübersetzbare Wörter<br />

aus der ganzen Welt». DuMont Buchverlag, 2017.<br />

Il y a certainement des différences d’une personne<br />

à l’autre et d’une banane à l’autre, mais en général,<br />

on s’accorde à dire qu’il faut environ deux<br />

minutes pour manger une banane.<br />

Attention toutefois: selon les légendes malaises,<br />

des esprits cannibales se cacheraient dans les<br />

bananiers (pokok pisang) pendant la journée.<br />

malais, substantif<br />

Le temps nécessaire pour manger une banane.<br />

Images: DuMont Buchverlag GmbH & Co. KG<br />

34<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire: Langue<br />

Eblouissante, mais sans conteste magnifique.<br />

La lumière du soleil qui brille à travers le<br />

feuillage crée une atmosphère singulièrement<br />

magique.<br />

japonais, substantif<br />

La lumière du soleil à travers les arbres.<br />

Un sentiment situé entre l’impatience et la réjouissance,<br />

qui vous oblige à sortir et à rentrer inlassablement<br />

pour voir si quelqu’un arrive. Si cela fait passer le temps<br />

plus vite? Possible.<br />

inuktitut, substantif<br />

L’excitation qui nous pousse à sortir sur le pas de la porte<br />

pour vérifier si quelqu’un arrive.<br />

Cette unité de mesure peut sembler<br />

totalement floue et peu fiable, mais il est<br />

généralement admis (du moins dans le milieu<br />

des rennes) qu’un poronkusema correspond<br />

à environ 4,7 miles/7,5 kilomètres.<br />

finnois, substantif<br />

Distance que peut parcourir un renne avant d'avoir besoin d'une pause.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 35


Point de mire: Langue<br />

Dans le Jourdain<br />

des langues<br />

Le babillage est commun aux singes du <strong>No</strong>uveau Monde<br />

et aux bébés humains. Mais très vite, les petits humains prennent une<br />

longueur d’avance et maîtrisent un langage complexe – Sabine Stoll<br />

décortique et analyse les rouages du langage.<br />

Thomas Gull, rédacteur UZH Magazin<br />

Les singes du <strong>No</strong>uveau Monde de<br />

la forêt brésilienne et les bébés<br />

humains s’expriment en babillant.<br />

Lorsque nous babillons,<br />

nous essayons de participer à la conversation.<br />

Sauf que personne ne nous comprend.<br />

<strong>No</strong>us sommes face à des regards<br />

mêlés d’enthousiasme et d’incompréhension.<br />

Cela nous apprend deux choses: le<br />

babillage ne suffit pas à se faire comprendre.<br />

Et: je communique, donc je suis.<br />

Car celui qui babille est considéré.<br />

Le fait d’être considéré est probablement<br />

une fonction évolutionniste du babillage,<br />

car les bébés et les jeunes singes<br />

du <strong>No</strong>uveau Monde ont besoin de ne pas<br />

être oubliés. Dans l’acquisition du langage,<br />

le babillage sert en premier lieu à<br />

s’entraîner à articuler et à imiter ce que<br />

nous avons entendu. «Mais les bébés ne<br />

comprennent ce que cela signifie qu’à partir<br />

du neuvième mois environ», explique la<br />

linguiste Sabine Stoll, qui étudie la manière<br />

dont les enfants apprennent leur<br />

première langue.<br />

Dans le cadre du PRN «Evolving Language»,<br />

la professeure de linguistique<br />

comparée à l’Université de Zurich étudie,<br />

en collaboration avec le biologiste comportemental<br />

Simon Townsend, comment<br />

l’environnement influence l’acquisition du<br />

langage chez les humains et les singes. Ils<br />

se sont notamment penchés sur les questions<br />

suivantes: comment les interactions<br />

avec l’environnement influencent-elles le<br />

développement du langage? Ou encore:<br />

comment les nourrissons apprennent-ils à<br />

interpréter des signaux tels que les mimiques<br />

et les gestes, et quel est le rôle du<br />

contexte dans l’apprentissage?<br />

Communiquer est existentiel pour<br />

nous, les humains, et pour de nombreux<br />

animaux plus évolués, raison pour laquelle<br />

ils ont eux aussi développé des<br />

formes de langage simplifiées. En conséquence,<br />

nous avons la capacité innée, à<br />

l’instar d’autres animaux, d’apprendre le<br />

langage ou du moins d’utiliser de manière<br />

ciblée un répertoire inné de sons. Cependant,<br />

le cerveau humain doit être capable<br />

de traiter des quantités d’informations<br />

très différentes pour apprendre les trois<br />

éléments fondamentaux du langage – sa<br />

structure, ses sons et son contenu.<br />

Au cours de son histoire, l’humain a<br />

engendré des milliers de langues, dont<br />

beaucoup ont disparu, mais il en reste encore<br />

environ 7000 aujourd’hui. <strong>No</strong>us avons<br />

les capacités cognitives de les acquérir.<br />

Même les langues extrêmement complexes,<br />

comme le chintang au Népal avec<br />

ses 4800 formes verbales ou l’artchi dans le<br />

Caucase avec ses 1,5 million. <strong>No</strong>us pouvons<br />

toutes les apprendre, du moins comme premières<br />

langues, c’est-à-dire lorsque nous<br />

naissons dans cet environnement ou que<br />

nous y sommes plongés enfants – grâce à<br />

notre cerveau, qui est alors incroyablement<br />

flexible, et à notre formidable mémoire.<br />

Mais comment apprenons-nous la<br />

langue? <strong>No</strong>tre acquisition linguistique repose<br />

sur quatre principes: l’immersion,<br />

l’interprétation, l’interaction et l’imitation.<br />

Leur combinaison nous permet d’apprendre<br />

même des langues grammaticalement<br />

très complexes.<br />

Des schémas dans la bouillie<br />

linguistique<br />

L’immersion commence dès le berceau:<br />

«<strong>No</strong>us sommes plongés dans le langage<br />

comme les baptisés dans le Jourdain», explique<br />

Sabine Stoll. Les bébés et enfants<br />

en bas âge sont immergés dans un bain<br />

linguistique. «Un enfant entend des millions<br />

de mots au cours des trois ou quatre<br />

premières années de sa vie.» L’exploit cognitif<br />

consiste alors à filtrer dans ce flux<br />

sonore des éléments tels que des mots ou<br />

des phrases et à en comprendre le sens,<br />

c’est-à-dire à interpréter ce qui nous parvient<br />

et qui ressemble de prime abord à<br />

une espèce de bouillie.<br />

Dans cette «bouillie» linguistique, il y<br />

a des schémas que nous sommes capables<br />

d’identifier. C’est une faculté qui nous est<br />

innée. C’est le fondement de notre talent<br />

stupéfiant pour apprendre les langues. Les<br />

enfants en bas âge analysent en permanence<br />

– inconsciemment – l’input linguistique<br />

de leur environnement et le font entrer<br />

dans leur propre schéma de pensée.<br />

«En traitant des millions d’énoncés, l’enfant<br />

apprend énormément sur la régularité<br />

du langage», explique Sabine Stoll, «il est<br />

déjà confronté à ses motifs d’innombrables<br />

fois au cours de sa première année de vie».<br />

Il est clair que plus l’input est grand et<br />

varié, plus l’enfant dispose de matière<br />

avec laquelle il peut composer. Mais la<br />

qualité est également importante, souligne<br />

Sabine Stoll. Elle entend par là la manière<br />

dont l’enfant s’imprègne de la<br />

langue: «Cela n’a pas grand sens de mettre<br />

un enfant devant la télévision en espérant<br />

36<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire: Langue<br />

Pour qu’un enfant puisse apprendre une langue, il a besoin d’interagir avec les personnes de référence.<br />

Photo: Adobe Stock<br />

lui faire apprendre le hindi par exemple»,<br />

explique la linguiste, «il a besoin du relationnel,<br />

de l’interaction avec ses parents<br />

ou ses frères et sœurs». Lorsque nous apprenons<br />

une (des) langue(s), nous intégrons<br />

l’environnement et l’interprétons.<br />

Le langage corporel et les mimiques des<br />

personnes de référence en font partie.<br />

Cette interaction nous permet de préciser<br />

et d’adapter en permanence notre interprétation<br />

de la parole.<br />

La «théorie de l’esprit» est une condition<br />

sine qua non pour comprendre ce que<br />

notre interlocuteur dit et pense. Elle décrit<br />

la capacité à se projeter dans les pensées<br />

d’autrui. <strong>No</strong>us, les humains, en sommes<br />

particulièrement capables. On suppose<br />

aujourd’hui que les grands singes possèdent<br />

tout au plus des formes simples de<br />

la théorie de l’esprit.<br />

Arbre, puu, zuhaitz<br />

L’interprétation consiste à identifier les<br />

symboles et à les associer à une signification.<br />

<strong>No</strong>us pouvons ainsi associer le mot<br />

écrit «arbre» à l’arbre que nous voyons<br />

dans la forêt. C’est essentiel, car notre<br />

langue est arbitraire, c’est-à-dire qu’elle<br />

attribue des significations à des mots de<br />

manière aléatoire. Dans différentes langues,<br />

la même chose est désignée par différents<br />

mots – l’arbre devient Baum, tree,<br />

puu ou zuhaitz, pour citer quelques<br />

exemples de l’espace linguistique européen.<br />

Les animaux peuvent également associer<br />

des sons à des significations. Ainsi,<br />

les suricates connaissent un cri pour les<br />

ennemis qui viennent du ciel et un autre<br />

pour ceux qui viennent du sol. Les singes<br />

ou les oiseaux utilisent des cris d’alarme<br />

comparables. Cependant, le répertoire linguistique<br />

des animaux est généralement<br />

limité. Les singes ou les suricates recourent<br />

ainsi à différents types d’appels<br />

pour communiquer entre eux: les cris<br />

d’alarme, les cris pour la détection de<br />

nourriture et les cris pour rester en contact,<br />

qu’ils adaptent à la situation. Cependant,<br />

contrairement aux humains, les animaux<br />

ne peuvent pas créer de nouveaux mots.<br />

«<strong>No</strong>tre langage est beaucoup plus productif<br />

et créatif», explique Simon Townsend,<br />

biologiste comportemental à l’Université<br />

de Zurich, «l’anglais distingue par exemple<br />

40 phonèmes, que nous pouvons combiner<br />

pour créer plus de 200 000 mots.»<br />

Apprendre des animaux plus âgés<br />

Enfin, nous apprenons le langage en imitant<br />

ce que nous entendons, ce qui nous<br />

amène au quatrième principe. Lorsque<br />

nous apprenons ensuite à lire et à écrire,<br />

nous imitons également ce que nous<br />

voyons. <strong>No</strong>us passons ainsi de «l’autre côté»<br />

de l’acquisition du langage: la production<br />

du langage. <strong>No</strong>us apprenons à parler<br />

et à écrire selon la méthode essai-erreur,<br />

en imitant ce que nous avons entendu et<br />

en corrigeant nos propos si nécessaire.<br />

Comme le montre la recherche sur le<br />

langage chez les animaux, les singes ou les<br />

suricates, par exemple, apprennent quels<br />

cris sont utilisés à quel moment en observant<br />

la réaction d’animaux plus âgés. Ce<br />

répertoire de sons est inné. Les primates et<br />

les suricates ne sont pas des «vocal learners»,<br />

ils ne savent pas apprendre des nouvelles<br />

choses vocales, ils ont un répertoire<br />

vocal figé. Outre l’humain, d’autres animaux<br />

en sont capables. C’est le cas des baleines,<br />

des phoques, des otaries, des éléphants<br />

et de certains oiseaux. Ils sont à cet<br />

égard plus proches de nous que nos plus<br />

proches parents.<br />

<strong>No</strong>tre langage est beaucoup plus complexe<br />

dans ses trois dimensions – structure,<br />

sons et contenu – que les langues<br />

animales, qui ont produit des éléments du<br />

langage humain. L’apprentissage de la<br />

(des) langue(s) est par conséquent plus<br />

complexe et plus fastidieux pour nous. Le<br />

plus étonnant, c’est que nous en sommes<br />

capables. C’est dans nos gènes.<br />

Ce texte est paru pour la première fois dans le UZH<br />

Magazin 2021/2.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 37


Point de mire: Langue<br />

Quel rôle la<br />

linguiste joue-t-elle<br />

en clinique?<br />

La communication est essentielle dans le traitement médical.<br />

La maladie peut aussi modifier le langage. Le centre de compétence<br />

Language & Medicine Zurich étudie les différentes interactions<br />

entre médecine et langage.<br />

D r méd. Anke Maatz, Clinique psychiatrique universitaire Zurich,<br />

et lic. phil. Yvonne Ilg, Séminaire allemand, Université de Zurich<br />

«Comment allez-vous aujourd’hui?» Le langage est un élément essentiel dans le traitement médical.<br />

Les interfaces entre langage et<br />

médecine sont nombreuses<br />

[1, 2]: notre langage, c’est-à-dire<br />

notre manière de parler, d’écouter<br />

et de comprendre, est un média dans<br />

lequel se manifestent par exemple des pathologies.<br />

Il peut donc aussi servir de<br />

moyen de diagnostic. En même temps,<br />

maintenir ou rétablir la capacité de parler,<br />

d’écouter et de comprendre font partie<br />

des tâches du médecin. De plus, le langage,<br />

en tant qu’élément fondamental de<br />

l’interaction sociale, est un moyen de traitement<br />

et l’entretien avec le médecin un<br />

remède essentiel. Enfin, qu’il s’agisse du<br />

langage spécialisé ou du langage courant,<br />

il est notre principal outil nous permettant<br />

d’accéder au savoir, de le transporter<br />

et de façonner notre perception de la santé,<br />

de la maladie et du système de santé.<br />

Dans la médecine, le langage est donc<br />

pertinent à plus d’un titre. Pour pouvoir<br />

l’employer de manière plus ciblée à des<br />

fins diagnostiques et thérapeutiques, il<br />

est indispensable de disposer des<br />

connaissances linguistiques et des méthodes<br />

pour l’étudier. A l’inverse, la pa-<br />

Photo: Adobe Stock<br />

38<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Point de mire: Langue<br />

role, l’écoute et la compréhension modifiées<br />

par la maladie ou utilisées à des fins<br />

thérapeutiques peuvent améliorer la compréhension<br />

des structures et du fonctionnement<br />

général du langage.<br />

Communiquer en cas de maux de tête<br />

C’est dans ce contexte que le Centre de<br />

compétences Language&Medicine Zurich<br />

a été fondé en 2021 à l’Université de Zurich<br />

[3] (voir encadré).<br />

Deux exemples de projets:<br />

Alors que la communication dans le<br />

travail clinique est d’une manière générale<br />

considérée comme importante, comme<br />

l’illustrent les nombreux conseils pratiques<br />

sur le sujet publiés dans le Bulletin<br />

des médecins suisses [4], la communication<br />

clinique est sous-représentée dans la<br />

recherche et l’enseignement clinique.<br />

Le projet «ComPain – Communication<br />

of Pain in Patients with Headache» [5] se<br />

place à l’interface de la neurologie, de la<br />

psychiatrie et de la linguistique. Il vise à<br />

analyser en parallèle aux données cliniques<br />

les enregistrements vidéo des<br />

consultations spécialisées pour les maux<br />

de tête à l’Hôpital universitaire de Zurich,<br />

dans le but de reconnaître des schémas<br />

linguistiques pertinents sur le plan du diagnostic<br />

et les liens entre communication<br />

et satisfaction par rapport au traitement.<br />

Parler des maladies psychiques<br />

Dans le projet «En parler! Mais comment? »<br />

(«Drüber reden! Aber wie?, www.drueberreden.ch»),<br />

les patients et les proches sont<br />

invités à parler de leur expérience en matière<br />

de maladies psychiques. Les spécialistes<br />

et les patients analysent ensuite ensemble<br />

les entretiens enregistrés sur vidéo.<br />

L’accent est mis sur les ressources de communication<br />

des participants pour surmonter<br />

la difficulté de parler des maladies psychiques.<br />

Une situation que l’on rencontre<br />

en particulier en dehors du contexte clinique<br />

[6]. Les données ainsi rassemblées<br />

servent aussi de base pour élaborer un module<br />

sur la santé psychique pour la base de<br />

données suisse sur les expériences de santé<br />

et de maladie (DIPEx, www.dipex.ch).<br />

Discussion et perspectives – ou:<br />

à quoi ça sert?<br />

La «pratique quotidienne de l’interdisciplinarité»<br />

[7] mobilise des ressources supplémentaires,<br />

en temps et en personnel.<br />

Quel en est donc le bénéfice?<br />

Dans le quotidien en clinique, la prise<br />

en compte de la linguistique accroît l’attention<br />

pour la communication verbale et<br />

Un centre de compétences pour le language et la médecine<br />

Le centre de compétences Language&Medicine Zurich est dirigé par le Prof. Johannnes<br />

Kabatek, Séminaire romain, et la Prof. Nathalie Giroud, groupe de travail Neurosciences<br />

du langage et de l’écoute. Il sert de laboratoire d’idées et de lieu d’apprentissage interou<br />

transdisciplinaire et met en réseau les cliniciens avec les chercheurs, notamment<br />

dans le domaine de la linguistique (informatique) et des neurosciences. Les colloques<br />

de recherche et les manifestations tels que le Marché Language&Medicine offrent la<br />

possibilité de présenter des projets de recherche et de nouer des contacts. De plus, le<br />

centre veut encourager l’échange sur les différentes méthodes et approches et regrouper<br />

et coordonner les ressources existantes. Il se caractérise par l’interdisciplinarité,<br />

c’est-à-dire la collaboration entre médecine et linguistique et les sciences apparentées.<br />

L’attribution de subsides a récemment permis de soutenir plusieurs projets de collaboration<br />

interdisciplinaire. Sur le plan thématique, les domaines suivants ont jusqu’ici<br />

été identifiés:<br />

– voix, plasticité de la voix et du langage,<br />

– marqueurs linguistiques pour prédire l’évolution de la maladie et du traitement<br />

pour les maladies (neuro)psychiatriques,<br />

– communication clinique; y compris la question du plurilinguisme et du dialecte.<br />

Plus d'informations sur www.language-and-medicine.uzh.ch<br />

non verbale: comment parlé-je? Comment<br />

mon interlocuteur parle-t-il? Comment<br />

nous entretenons-nous? Comment puis-je<br />

utiliser le langage technique? Comment<br />

puis-je utiliser des moyens techniques et<br />

numériques dans la communication? La<br />

linguistique permet de saisir systématiquement<br />

les observations effectuées, de<br />

rendre visibles les ressources de communication<br />

et de les analyser et les améliorer<br />

quant à leur effet clinique.<br />

Du point de vue de la linguistique, la<br />

collaboration avec la médecine pour la recherche<br />

dans le contexte clinique permet<br />

tout d’abord d’examiner de manière appropriée<br />

différentes formes de communication,<br />

leur contexte et les phénomènes<br />

pathologiques pertinents, de les comprendre<br />

et d’utiliser les résultats dans la<br />

pratique. Souvent, la perspective médicale<br />

amène de nouvelles questions et<br />

constatations qui sont pertinentes pour<br />

l’exploration de la communication humaine,<br />

également indépendamment du<br />

contexte clinique.<br />

Dans la réalité, la linguiste ne joue<br />

certes pas encore un rôle actif en clinique,<br />

sauf pour ce qui concerne la collecte de<br />

données pour la recherche. Le centre de<br />

compétences souhaite cependant mettre à<br />

profit l’interdisciplinarité, en particulier<br />

dans la communication clinique. Il s’agit<br />

d’établir un pont entre la médecine et les<br />

sciences humaines, entre la recherche<br />

fondamentale et l’application clinique,<br />

pour améliorer le diagnostic et le traitement<br />

grâce à l’exploration des phénomènes<br />

liés au langage dans le contexte<br />

médical.<br />

Bibliographie<br />

[1] Busch A, Spranz-Fogasy Th<br />

(2015): Sprache in der Medizin. In:<br />

Ekkehard Felder & Andreas Gardt (Hrsg.),<br />

Handbuch Sprache und Wissen. Berlin,<br />

Boston: De Gruyter. S. 335–357.<br />

[2] Iakushevich M, Ilg Y, Schnedermann<br />

Th (2021): Linguistik und Medizin:<br />

Einleitung. In: Linguistik und Medizin.<br />

Sprachwissenschaftliche Zugänge und<br />

interdisziplinäre Perspektiven, hrsg. v.<br />

dens. Berlin, Boston: De Gruyter. S. 1–10.<br />

https://doi.org/10.1515/9783110688696.<br />

[3] Ilg Y, Maatz A (2022):<br />

Leichter gesagt als getan? Ein Bericht aus<br />

der interdisziplinären Praxis zwischen<br />

Linguistik und Medizin. Scientia Poetica<br />

26(1): S. 245–262.<br />

[4] Langewitz W (<strong>2023</strong>):<br />

Ich sage Katze, aber Du verstehst Schwein.<br />

Schweizer Ärztezeitung <strong>2023</strong>;104(22):<br />

S. 80–81.<br />

[5] Eicher E, Räz S, Stucki P, Röthlin<br />

C, Stattmann M et al. (<strong>2023</strong>): ComPAIN–<br />

Communication of Pain in Patients with<br />

Headache. Clin. Transl. Neurosci. 7, 14.<br />

https://doi.org/10.3390/ctn7020014.<br />

[6] Maatz A, Ilg Y, Wiemer H (2022):<br />

Einfach drüber reden? Eine interdisziplinäre<br />

Untersuchung zu Schwierigkeiten und<br />

Ressourcen beim Reden über Erfahrungen<br />

psychischer Erkrankung. Sozialpsychiatrische<br />

Informationen 3:<br />

S. 6–12.<br />

[7] Gülich, E (2006): Das Alltagsgeschäft<br />

der Interdisziplinarität. Deutsche<br />

Sprache 34(1-2): S. 6–17.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 39


Perspectives<br />

Actualités sur l’obésité:<br />

La nouvelle pharmacothérapie – une révolution!?<br />

La thérapie plutôt<br />

que la chirurgie?<br />

De nouveaux médicaments promettent aux personnes souffrant<br />

d’obésité une perte de poids proche des résultats obtenus avec une intervention<br />

chirurgicale. Une bonne nouvelle, sauf qu’il y a un hic.<br />

D r méd. Susanne Maurer, Adimed – Centre de médecine de l’obésité et d’endocrinologie Winterthour Sàrl<br />

L’heure est au renouveau chez<br />

les spécialistes de l’obésité, qui,<br />

je tiens à le préciser, ne s’occupent<br />

pas seulement des<br />

«gros»! Au cours des dix dernières années,<br />

nous avons beaucoup appris sur les<br />

causes et la pathophysiologie de l’obésité.<br />

Progressivement, nos patientes et<br />

patients, mais aussi nous spécialistes<br />

assistons à la fin de la discrimination de<br />

notre travail et à une valorisation de notre<br />

raison d’être.<br />

Et oui, nous pourrions enfin traiter<br />

l’obésité par des moyens pharmacologiques<br />

et pas seulement chirurgicaux, sauf<br />

que …<br />

Le poids n’est qu’un symptôme<br />

Ces deux dernières années, une autre définition<br />

de l’obésité s’est formée dans mon<br />

esprit. L’obésité est un trouble de la régulation<br />

du bilan énergétique d’origine multifactorielle,<br />

déclenché par des facteurs polygéniques<br />

et environnementaux, dont le<br />

principal symptôme est une augmenta­<br />

Photos: Adobe Stock<br />

40<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Perspectives<br />

tion et/ou une mauvaise répartition du tissu<br />

adipeux, qui entraîne une réduction de<br />

la qualité et de la durée de vie en conséquence<br />

de graves maladies concomitantes<br />

métaboliques, mécaniques, psychiques et<br />

sociomonétaires.<br />

Le poids n’est pourtant qu’un symptôme,<br />

au même titre que la fièvre peut être<br />

le symptôme d’une infection, mais aussi<br />

d’un traumatisme crânien. Le poids ne<br />

doit donc servir qu’à dépister la maladie et<br />

non pas de base à l’indication pour un traitement.<br />

Causes multiples<br />

Les facteurs biologiques, comme p. ex. la<br />

génétique, sont importants dans la genèse<br />

de l’obésité: l’IMC de personnes qui ont été<br />

adoptées pendant leur première année de<br />

vie est corrélé à l’IMC de la mère biologique.<br />

La résistance à l’insuline et les aspects<br />

hormonaux de la régulation de l’appétit<br />

et de la satiété peuvent avoir une<br />

cause génétique. Toutefois, les gènes<br />

doivent être activés/désactivés par l’environnement<br />

pour déployer leurs effets au<br />

niveau des protéines.<br />

Les microplastiques présents dans la<br />

chaîne alimentaire peuvent par exemple<br />

être stockés dans les tissus adipeux et<br />

rendre difficile la dégradation des lipides<br />

en raison d’une inflammation. Les polluants<br />

organiques persistants (par<br />

exemple les pesticides ou les produits<br />

phytosanitaires) peuvent être des perturbateurs<br />

endocriniens et interférer avec la<br />

régulation du métabolisme. Une thermorégulation<br />

réduite en raison de locaux<br />

bien chauffés peut également contribuer à<br />

la genèse de l’obésité.<br />

Les personnes à faible revenu sont<br />

plus lourdes, non seulement parce qu’un<br />

niveau d’éducation plus faible est également<br />

corrélé à l’obésité, mais aussi –<br />

comme le montre une étude récente menée<br />

en Allemagne – parce qu’une densité<br />

plus élevée de restaurants fast-food a été<br />

constatée dans ces quartiers.<br />

Les personnes qui travaillent en<br />

équipe et qui doivent s’accommoder de<br />

perturbations du sommeil ont un poids<br />

plus élevé. Et le stress a clairement été<br />

identifié comme une cause de l’obésité.<br />

Tous ces aspects interagissent.<br />

COMPORTE-<br />

MENT<br />

Alimentation<br />

Boisson<br />

Sport<br />

FACTEUR<br />

DE SANTÉ<br />

Sommeil<br />

Stress<br />

Hygiène<br />

SOCIODÉMO-<br />

GRAPHIE<br />

Ethnie<br />

Migration<br />

CONDITIONS<br />

DE VIE<br />

Supermarché<br />

Loisirs<br />

La pharmacothérapie agit à<br />

différents niveaux<br />

Depuis 2017, les agonistes des récepteurs<br />

du GLP-1 sont autorisés en Suisse pour le<br />

traitement de l’obésité. Le GLP-1 est une<br />

hormone endogène et sécrétée par des cellules<br />

spécialisées de l’intestin, notamment<br />

après une alimentation riche en glucides.<br />

Après quelques minutes, le peptide<br />

est désactivé dans le sang par la dipeptidyl<br />

peptidase (DPP) IV. Les agonistes des récepteurs<br />

GLP-1 sont des analogues de ce<br />

polypeptide qui ne peuvent pas être inactivés<br />

par la DPP IV et qui circulent longtemps<br />

dans le sang grâce à leur liaison à<br />

BIOLOGIE<br />

Génétique<br />

Métabolisme<br />

Hormones<br />

CAUSES DE<br />

L’OBÉSITÉ<br />

ENVIRON-<br />

NEMENT<br />

Climat intérieur<br />

Microplastique<br />

ÉCONOMIE<br />

Revenu<br />

Formation<br />

FACTEURS<br />

SOCIAUX<br />

Partenariat<br />

Relation<br />

PSYCHISME<br />

Dépressions<br />

TDAH, régulation<br />

des émotions<br />

Résilience<br />

l’albumine. La thérapie consiste en une<br />

injection sous-cutanée quotidienne/hebdomadaire.<br />

Des recherches sont en cours<br />

sur des dérivés de molécules utilisables<br />

par voie orale.<br />

En Suisse, Saxenda® (liraglutide) et<br />

Wegovy® (sémaglutide) sont actuellement<br />

autorisés. Wegovy® n’est toutefois pas encore<br />

disponible en Suisse. Une troisième<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 41


Perspectives<br />

Dans celui du récepteur GIP, une réduction<br />

de l’hyperglycémie et une amélioration<br />

de la thermogenèse dépendante de<br />

l’alimentation se produisent au niveau<br />

systémique. Au niveau du muscle squelettique,<br />

le traitement se traduit par une<br />

amélioration de la sensibilité à l’insuline,<br />

de la flexibilité métabolique et une diminution<br />

de l’accumulation ectopique de lipides.<br />

substance, appelée tirzépatide, fait l’objet<br />

d’une grande étude de phase 3. Le tirzépatide<br />

exerce un effet agoniste sur le récepteur<br />

GLP-1 et sur le récepteur du polypeptide<br />

insulinotrope dépendant du glucose<br />

(GIP) et est donc un biagoniste. La substance<br />

a déjà été autorisée par Swissmedic<br />

sous le nom de Mounjaro® pour le traitement<br />

du diabète de type 2 et sera probablement<br />

disponible début 2024.<br />

Ces médicaments produisent leur effet<br />

au niveau du récepteur GLP-1: dans le<br />

SNC, il se produit une augmentation de la<br />

satiété, une réduction de la prise alimentaire<br />

et du poids corporel et une augmentation<br />

des nausées. Au niveau du pancréas,<br />

il en résulte une augmentation de l’effet de<br />

l’insuline dépendant de l’alimentation,<br />

une modification de l’action de l’insuline<br />

et une diminution de la sécrétion de glucagon.<br />

Au niveau du tractus gastro-intestinal,<br />

la vitesse de passage de l’estomac dans<br />

l’intestin est réduite.<br />

De plus, au niveau du récepteur GIP<br />

dans le SNC, l’absorption de la nourriture<br />

et le poids, mais aussi les nausées, sont réduits<br />

et la dépense énergétique est augmentée.<br />

Au niveau du pancréas, la sécrétion<br />

d’insuline et la sécrétion de glucagon<br />

dépendante du glucose sont augmentées.<br />

Au niveau du tissu adipeux sous-cutané,<br />

on observe une amélioration de la sensibilité<br />

à l’insuline, de la capacité tampon, du<br />

flux sanguin, de la capacité de stockage<br />

des lipides et une réduction des processus<br />

pro-inflammatoires.<br />

Impact des effets indirects<br />

Des effets indirects jouent également un<br />

rôle: Dans le cas du récepteur GLP-1, une<br />

diminution de l’hyperglycémie, une augmentation<br />

de la sensibilité à l’insuline au<br />

niveau du foie et une réduction de la production<br />

de glucose et de l’accumulation<br />

ectopique de lipides se produisent au niveau<br />

systémique.<br />

Des substances encore plus efficaces<br />

en développement<br />

La perte de poids moyenne sous liraglutide<br />

avoisine les 10% après un an. Toutefois, l’efficacité<br />

baisse un peu en cas de poursuite<br />

du traitement. N’oublions pas qu’il s’agit<br />

d’une maladie polygénique très complexe<br />

et que cette thérapie ne s’attaque qu’à un<br />

seul récepteur du système. Après trois ans,<br />

le traitement se traduit par une perte de<br />

poids de 7,5%. Du point de vue médical,<br />

cette perte de poids est suffisante pour<br />

améliorer la santé et la qualité de vie de<br />

80% de nos patients.<br />

Le sémaglutide est plus efficace à cet<br />

égard, avec une perte de poids moyenne de<br />

15% après deux ans. Le tirzépatide frôlera la<br />

barre des 20%, ce qui nous rapproche des effets<br />

d’un traitement chirurgical de l’obésité.<br />

Et aussi incroyable que cela puisse paraître,<br />

au moins vingt autres substances<br />

susceptibles d’exercer un effet sur plusieurs<br />

récepteurs sont actuellement en développement.<br />

Ces nouveaux médicaments nous<br />

permettront dans les dix à quinze prochaines<br />

années d’être sur un pied d’égalité<br />

avec la chirurgie.<br />

42<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Perspectives<br />

Deux grandes inconnues<br />

Malgré l’euphorie, deux questions essentielles<br />

se posent sur le plan médical: quelle<br />

substance doit être utilisée chez quels patients?<br />

Et qui va payer ces traitements? Les<br />

caisses-maladie remboursent sous certaines<br />

conditions le traitement au liraglutide<br />

pendant trois ans. La limitation n’est<br />

cependant pas satisfaisante. 15% des<br />

adultes en Suisse souffrent d’obésité, mais<br />

tous n’ont pas besoin d’un traitement.<br />

Pourtant, un grand nombre d’entre eux le<br />

réclament. <strong>No</strong>us devons donc définir qui<br />

nous devons traiter. Une chose est sûre, le<br />

traitement devra s’effectuer au long cours.<br />

Car si nous arrêtons le traitement, les patients<br />

reprennent souvent du poids au-delà<br />

de leur poids initial, ce que l’on constate<br />

aussi avec d’autres approches de réduction<br />

du poids.<br />

Style de vie ou maladie<br />

Vous aurez probablement aussi pris note<br />

de l’incroyable engouement suscité par<br />

l’action d’Elon Musk sur Twitter à propos<br />

du sémaglutide. Je suis quotidiennement<br />

confrontée au résultat: des délais d’attente<br />

de six à huit mois pour les nouveaux patients<br />

dans notre centre; des interruptions<br />

de traitement chez la moitié de mes patients<br />

en raison de la rupture de stock de<br />

Saxenda® et d’Ozempic®, ce qui n’est pas<br />

simple pour nos patients atteints de diabète<br />

de type 2; un comportement parfois<br />

problématique de la part de patients en<br />

détresse qui m’incite à prendre des mesures<br />

de sécurité pour mes collaborateurs.<br />

Veut-on effectivement offrir aux personnes<br />

riches un suivi personnalisé en<br />

matière d’alimentation, d’activité physique<br />

et de pharmacothérapie et opérer les<br />

pauvres?<br />

Les médecins, les patients et la société<br />

doivent réfléchir à cette économie boulimique:<br />

en consommant des produits, nous<br />

créons des problèmes que nous tentons<br />

ensuite de réduire en produisant et<br />

consommant d’autres produits.<br />

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vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 43


Perspectives<br />

Aus der «Therapeutischen Umschau»* – Übersichtsarbeit<br />

Tipps und Tricks<br />

in der Behandlung offener<br />

Handverletzungen in<br />

der <strong>No</strong>tfallpraxis<br />

Reto Fuhrer, Bettina Juon Personeni und Esther Vögelin,<br />

Universitätsklinik für Plastische- und Handchirurgie, Inselspital Bern<br />

Zu den behandelten Themen gehören<br />

einerseits die vorbereitenden<br />

Massnahmen wie Lokalanästhesie,<br />

die Möglichkeit der<br />

zusätzlichen Fingerblutleere, -sperre oder<br />

der medikamentösen Vasokonstriktion<br />

mit Adrenalin, andererseits dann die Diagnostik<br />

und Behandlung von subungualen<br />

Hämatomen, Luxationen der Nagelplatte<br />

sowie Verletzungen des Nagelbettes.<br />

Aufgezeigt werden sollen zudem die<br />

Anwendungsbereiche und insbesondere<br />

auch die Grenzen des Semiokklusivverbandes<br />

in der Behandlung der Fin ger kuppenamputationen.<br />

Als letztes folgen dann<br />

noch ein paar Ratschläge zur Behandlung<br />

von Infekten, Bisswunden und Verbrennungen.<br />

lediglich als subkutanes Depot möglich.<br />

Falls proximal des A1-Ringbandes infiltriert,<br />

reichen im Gegensatz zur klassischen<br />

Infiltration von dorsal 1 – 2 ml des<br />

Anästhetikums, um sowohl die palmaren,<br />

als auch die dorsalen Anteile des Fingers<br />

suffizient zu betäuben. Zudem sind<br />

Nachinjek tionen signifikant weniger häufig<br />

notwendig und der dorsale venöse Abfluss<br />

wird nicht behindert [2].<br />

Vor Durchführung der Lokalanästhesie<br />

erfolgt zwingend die Prüfung und Dokumentation<br />

der Oberflächensensibi lität<br />

mittels Erhebung der Zweipunktediskrimination.<br />

Die Wahl des Lokalanästhetikums<br />

hängt von der erwünschten Wirkdauer ab.<br />

Lidocain wird bereits nach ca. zwei Stunden<br />

seine Wirkung verlieren, wohingegen<br />

die Anästhesie mit Mepivacain bis vier,<br />

Bupivacain bis zu acht und Ropivacain sogar<br />

bis zu zwölf Stunden dauern kann.<br />

Durch Pufferung des pH-Wertes mittels<br />

Beimengung von Natrium-Bicarbonat<br />

8.4 % (Verhältnis 1:10) kann das Brennen<br />

beim Injizieren des Lokalanästhetikums<br />

Lokalanästhesie<br />

Viele Eingriffe aus dem Gebiet der Handchirurgie<br />

wie ein fache Wundversorgungen,<br />

Sehnennähte, Knochenbrüche aber<br />

auch komplexere Rekonstruktionen können<br />

in örtlicher Betäubung und im ambulanten<br />

Setting durchgeführt werden.<br />

Die Leitungsanästhesie am Finger erfolgt<br />

klassischerweise von dorsal gemäss<br />

Oberst durch zwei Punktionsstellen [1].<br />

Alternativ ist die Injektion des Lokalanästhetikums<br />

über einen singulären Einstich<br />

palmar als sogenannte intrathekale Anästhesie<br />

in die Beugesehnenscheide oder<br />

* Der Artikel erschien ursprünglich in der<br />

«Therapeutischen Umschau» (2020), 77(5),<br />

199–206.<br />

Abbildung 1. Die singuläre subkutane Injektion zur Fingerleitungsanästhesie erfolgt proximal des<br />

A1-Ringbandes mit ca. 1 – 2 ml des Anästhetikums.<br />

44<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Perspectives<br />

vermindert werden. Ausnahme: Die Alkanisierung<br />

von Ropivacain wird im klinischen<br />

Alltag nicht empfohlen.<br />

Das Wichtigste für die Praxis<br />

– Die Leitungsanästhesie erfolgt<br />

klassisch nach Oberst oder mittels<br />

singulärer palmarer Injektion.<br />

– Mögliche kurzwirksame Anästhetika<br />

sind Lidocain und<br />

Mepivacain; Bupivacain und<br />

Ropivacain sind langwirksam.<br />

– Durch Pufferung des pH-Wertes<br />

mittels Beimengung von<br />

Natrium­ Bicarbonat 8,4 %<br />

(Verhältnis 1:10) kann das<br />

Brennen beim Injizieren<br />

des Lokalanästhetikums<br />

vermindert werden.<br />

Fingerblutleere, Fingerblutsperre<br />

oder medikamentöse<br />

Vasokon striktion?<br />

Zur korrekten Reinigung, Beurteilung und<br />

chirurgischen Versorgung einer frischen<br />

Fingerverletzung ist nebst der suffizienten<br />

Anästhesie eine Blutsperre oder -leere<br />

(entspricht der Blutsperre inklusive venöser<br />

Auswickelung des Operationsgebietes)<br />

hilfreich. Zum Erreichen der Blutleere<br />

kann der Kleinfinger eines sterilen Handschuhs<br />

von distal nach proximal über den<br />

verletzten Finger gewickelt werden. Die<br />

Dauer der Blutsperre wird so kurz wie<br />

möglich gewählt und überschreitet im<br />

Praxisalltag 60 Minuten nicht zur Vermeidung<br />

von Kompressionsschäden an den<br />

peripheren Nerven. Die venöse Auswickelung<br />

vor Anlage der Fingerblutsperre ist<br />

bei Infekten zur Vermeidung von Keimverschleppung<br />

kontraindiziert. Dann soll<br />

lediglich ein kräftiger Gummischlauch<br />

um die Grundphalanx angelegt und mittels<br />

Klemme fixiert werden.<br />

Auch mittels medikamentöser Vasokonstriktion<br />

kann eine gute lokale Blutstillung<br />

und damit eine gute Übersicht<br />

erreicht werden. Diese Methode wird als<br />

WALANT-Anästhesie bezeichnet. Das englische<br />

Akronym steht für «wide-awake<br />

local anesthesia no tourniquet». Im Rahmen<br />

dieser von Donald Lalonde 2003<br />

eingeführten Methode wird nebst dem<br />

Lokal anästhetikum Epinephrin appliziert,<br />

um eine Vasokonstriktion zur Blutstillung<br />

ohne Blutsperre zu erreichen [3].<br />

Trotz Fallberichten über Fingernekrosen<br />

Abbildung 2. Fingerblutleere mit Fingerling eines Handschuhes.<br />

Abbildung 3. CAVE Falls immer möglich wird<br />

der zur Blutsperre verwendete Gummischlauch<br />

mittels Klemme oder Ähnlichem markiert, um<br />

ein akzidentelles Belassen der Sperre und damit<br />

eine Fingernekrose zu vermeiden.<br />

aus den 50er Jahren des letzten Jahrhunderts<br />

konnten mehrere aktuelle Studien<br />

aufzeigen, dass die Verwendung von<br />

Epinephrin zur Vasokonstriktion in der<br />

Handchirurgie auch an Fingern sicher<br />

eingesetzt werden kann [3].<br />

Abbildung 4. Anlage einer Fingerblutsperre<br />

mittels Gummischlauches und Markierung<br />

mittels Klemme.<br />

Abbildung 5. Blutleeres Operationsfeld nach<br />

Infiltrationsanästhesie nach WALANT. Die<br />

Zeitspanne bis zum Erreichen eines blutungsfreien<br />

Operationsfeldes beträgt ca. 30 Minuten.<br />

Das Wichtigste für die Praxis<br />

– Fingerblutsperre mittels eines<br />

Gummischlauches, Fingerblutleere<br />

mittels eines Fingerlings<br />

von einem sterilen Handschuh.<br />

– Keine venöse Auswickelung bei<br />

Infekten.<br />

– Dauer der Fingerblutleere so<br />

kurz wie möglich, jedoch nicht<br />

über 60 Minuten.<br />

– Die medikamentöse Vasokonstriktion<br />

mittels Epinephrin ist<br />

auch an den Fingern möglich. Bei<br />

Hand- oder Fingerverletzungen<br />

mit potenziell bereits Trauma<br />

bedingter Ischämie soll aber<br />

weiterhin keine zusätzliche medikamentöse<br />

Vasokonstriktion<br />

verwendet werden.<br />

Hierzu wird dem Lokalanästhetikum<br />

Adrenalin der Konzentration 1 mg / ml im<br />

Verhältnis von maximal 1:100 000 beigemengt.<br />

Als absolute Kontraindikation<br />

gelten: bekannte Allergie gegen den Wirkstoff,<br />

Engwin kelglaukom, Myasthenia<br />

gravis, Phäochromozytom. Als relative<br />

Kontraindi kationen müssen Leberfunktionsstörungen,<br />

Herzrhythmusstörungen,<br />

Infekte im Fingerbereich beachtet werden.<br />

Bei Hand- oder Fingerverletzungen<br />

mit potenziell bereits Trauma bedingter<br />

Minderdurchblutung verwenden wir vorsichtshalber<br />

keine zusätzliche medikamentöse<br />

Vasokonstriktion. Wichtig ist,<br />

dass es sich bei dieser Methode um eine<br />

Infiltrationsanästhesie und nicht um eine<br />

Nervenblock anästhesie handelt.<br />

Frische Verletzungen am<br />

Fingerendglied<br />

Das subunguale Hämatom<br />

Subunguale Hämatome entstehen meist<br />

durch Quetschung der Endphalanx. Zum<br />

Ausschluss einer ossären Läsion erfolgt<br />

eine konventionelle Röntgenaufnahme in<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 45


Perspectives<br />

Abbildung 6. Subunguales Hämatom ohne<br />

Ablösung der Nagelplatte mit Suffusion des<br />

proximalen Nagelwalles.<br />

zwei Ebenen. Durch Trepanation der Nagelplatte<br />

zum Beispiel mittels Kanüle,<br />

Elektrokauter oder erhitzter Büroklammer<br />

kann das Hämatom zur Schmerzbehandlung<br />

entlastet werden. Die Perforation<br />

darf dabei nur durch die Nagelplatte<br />

erfolgen und nicht im Bereich der Lunula,<br />

um die germinative Nagelmatrix nicht zu<br />

verletzen.<br />

Bei grossen Hämatomen kann jeweils<br />

auch eine vollständige Ablösung der Nagelplatte<br />

resultieren. Dann soll die Nagelmatrix<br />

inspiziert, Läsionen gegebenenfalls<br />

adaptiv versorgt und – falls vorhanden –<br />

der originäre Nagel oder ein Kunstnagel<br />

nach Trepanation wieder angebracht und<br />

mittels Matratzennaht fixiert werden.<br />

Das Wichtigste für die Praxis<br />

– Röntgenbildgebung in zwei<br />

Ebenen zum Ausschluss einer<br />

Fraktur.<br />

– Trepanation distal der Lunula<br />

mittels Kanüle, Elektrokauter<br />

oder erhitzter Büroklammer.<br />

Abbildung 7. Aus 10er Einmalspritze zugeschnittene<br />

Nagelplatte.<br />

Luxation der Nagelplatte sowie<br />

Läsion des Nagelbettes<br />

Bei luxierten Nägeln muss zwingend radiologisch<br />

eine Fraktur, welche in 50 % der Fälle<br />

vorliegt, ausgeschlossen werden [4]. Bei<br />

Kindern erfolgt dadurch zudem der Ausschluss<br />

einer dislozierten Epiphysenfraktur<br />

mit assoziierter Nagelbettläsion. Die<br />

Behandlung dieser als Seymour-Fraktur<br />

bezeichneten Entität ist immer operativ,<br />

um interponiertes Gewebe zu entfernen,<br />

die Fraktur anatomisch zu reponieren und<br />

die Läsion des Nagelbettes zu versorgen.<br />

Bei intaktem Nagelbett wird die Nagelplatte<br />

gereinigt, in die Nageltasche reponiert<br />

und mittels Annaht mit nicht resorbierbarem<br />

Faden der Stärke 4 – 0 fixiert.<br />

Diese Haltenaht wird dann nach ca. vier<br />

Wochen entfernt, normalerweise bleibt<br />

der Nagel noch einige Zeit adhärent. Das<br />

komplette Nachwachsen eines Fingernagels<br />

benötigt beim Erwachsenen jedoch<br />

ein Jahr, bis dahin können temporäre<br />

Nageldeformitäten verbleiben. Kann der<br />

Eigennagel nicht mehr verwendet werden,<br />

stehen kommerziell erhältliche Kunstnägel<br />

zur Verfügung. Alternativ kann aus<br />

der Hülle einer 10 ml Einmalspritze ein<br />

passender Nagel zugeschnitten werden.<br />

Das Wichtigste für die Praxis<br />

– Radiologische Bildgebung<br />

zum Ausschluss einer Fraktur –<br />

beim Kind insbesondere der<br />

Seymour-Fraktur – empfohlen.<br />

– Reposition des Nagels zum<br />

Schutz des Nagelbettes notwendig.<br />

– Nagelbettläsionen sollten unter<br />

Zuhilfenahme einer Lupenbrillenvergrösserung<br />

mit feinem<br />

resorbierbarem Nahtmaterial<br />

adaptiert werden.<br />

– Gewebsdefekte können durch<br />

Verkürzung oder Verschmälerung,<br />

alternativ durch autologes<br />

Nagelbettgewebe beispielsweise<br />

einer Zehe ersetzt werden.<br />

Bei Schädigung oder Defekten des<br />

Nagelbettes – sowohl der germinativen<br />

(proximaler Anteil), als auch der sterilen<br />

(distaler Anteil) Nagelmatrix – muss dieses<br />

anatomisch adaptiert oder rekonstruiert<br />

werden. Dies erfolgt unter Zuhilfenahme<br />

einer Lupenvergrösserung sowie<br />

in Fingerblutleere (mechanisch oder als<br />

medikamentöse Vasokon striktion) mittels<br />

eines resorbierbaren Fadens der Stärke<br />

6 – 0. Wenn die Läsion des Nagelbettes in<br />

der proximalen Nageltasche ausläuft, sollte<br />

der proximale Nagelwall einseitig radiär<br />

Abbildung 8. Endphalanxfraktur mit Fingernagelluxation und Nagelbettverletzung. 1) Nicht<br />

reponierte Nagelplatte. 2) Beurteilung der Nagelbettverletzung in Lokalanästhesie und Fingerblutleere,<br />

nach Entfernung der Nagelplatte. 3) Frakturfixation mit Kirschner-Draht, Nagelbettnaht mit<br />

Faden 6 – 0. 4) Korrekte Nagelplattenreposition und Fixation der Nagelplatte.<br />

46<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Perspectives<br />

Abbildung 9. Fingerkuppendefekt mit freiliegendem Knochen, therapiert mittels Semiokklusivverband<br />

über 9 Wochen. Im Endergebnis funktionell zufriedenstellend bei leicht verkürztem Nagelbett.<br />

inzidiert, angehoben und so dann die Läsion<br />

der germinativen Nagelmatrix korrekt<br />

versorgt werden können.<br />

Fingerkuppendefekte – der<br />

Semiokklusivverband<br />

In der Therapie der Fingerkuppendefekte<br />

gewinnt die Behandlung mittels Semiokklusivverband<br />

zunehmende Beliebtheit<br />

und ersetzt in vielen Bereichen die chirurgische<br />

Lappenplastik [5, 6]. Jedoch gilt es,<br />

einige Grenzen der Methode zu beachten.<br />

Rein subkutan verlaufende Kuppendefekte<br />

im Pulpa bereich ohne Beteiligung<br />

von Hyponychialgewebe eignen sich sehr<br />

gut für die Semiokklusivverbandtherapie.<br />

Auch freiliegender Knochen ist keine Kontraindikation.<br />

Einzelne lose und potenziell<br />

irritierende Knochensplitter können<br />

noch entfernt, spitze distale Enden und<br />

deutliche Überstände der Endphalanx<br />

über das Weichteilniveau mit dem Luer<br />

abgeflacht werden.<br />

Sind entweder die Endphalanx<br />

langstreckig ossär oder Sehnen und<br />

Nerven freiliegend, ist die lokale Lappenplastik<br />

indiziert. Im Falle, dass eine Verletzung<br />

des Hyponychialgewebes oder<br />

ein grosser Knochendefekt vorliegt, kann<br />

durch die relative Überlänge des Nagelbettes<br />

eine Krallennagelfehlbildung (Onychogrypose)<br />

resultieren. Bei dieser Verletzung<br />

empfiehlt sich deshalb entweder<br />

die Kürzung des Nagelbettes vor Beginn<br />

der Semiokklusivverbandtherapie oder<br />

aber erneut die Lappenplastik mit Pulpaaufbau.<br />

Verlaufen Amputationen durch die<br />

Lunula, muss ent weder eine Rekonstruktion<br />

der germinativen Matrix oder aber<br />

dann eine komplette Entfernung der Nagelwachstumszone<br />

operativ erfolgen. Bei<br />

gelenksnahen Amputa tionen mit oder<br />

ohne Desinsertion des Streck- und Beugesehnenapparates<br />

ist eine mikrochirurgische<br />

Replantation technisch möglich.<br />

Als Folie eignet sich insbesondere<br />

OpSite ® -Folie. Die Verbandswechsel werden<br />

einmal wöchentlich terminiert, ohne<br />

dass dabei eine Desinfektion oder ein<br />

Débridement an der Amputationsstelle<br />

durchgeführt werden soll. Die Haut proximal<br />

der Amputationshöhe wird gereinigt,<br />

bei Mazeration getrocknet und mit Wundbenzin<br />

oder Cavilon ® zur erneuten Anlage<br />

der Folie vorbereitet. Über die Folie kann<br />

ein Fingerverband zum Schutz sowie eine<br />

Schicht Aktivkohle gegen die üble Geruchsentwicklung<br />

angebracht werden.<br />

Die Folie soll möglichst kurz geklebt werden,<br />

um die Beweglichkeit im PIP-Gelenk<br />

erhalten zu können. Am distalen freien<br />

Ende muss ein Reservoir verbleiben, damit<br />

sich dort das Sekret ansammeln kann<br />

und sich durch zu enges Kleben der Folie<br />

nicht eine Deforma tion der Weichteile<br />

entwickelt.<br />

Infekte werden selbst bei freiliegendem<br />

Knochen nicht beobachtet. Auch das<br />

Vorliegen eines Diabetes mellitus ist kein<br />

Risikofaktor für eine Infektion und damit<br />

keine Kontraindikation für diese Behandlungsform.<br />

Bei lokaler Ischämie, bei Sklerodermie<br />

oder peripherer arterieller Verschlusskrankheit<br />

ist eine langsamer fortschreitende<br />

Regeneration zu erwarten.<br />

Das Ende der Semiokklusivverbandstherapie<br />

ist dann erreicht, wenn durch<br />

ausreichende Epithelialisierung die Sekretion<br />

sistiert, die Folie somit allseits haften<br />

bleibt und das Niveau des Regenerates<br />

erneut eine kongruente Pulpakontur bildet.<br />

Üblicherweise sprechen wir hier von<br />

vier bis neun Wochen.<br />

Das Wichtigste für die Praxis<br />

– Bei palmarbetonten Kuppendefekten<br />

mit exponiertem Sehnen-,<br />

Nerven- und grossflächigem<br />

Knochengewebe erfolgt eine<br />

Defektdeckung mittels Lappenplastik.<br />

– Läsionen des Hyponychialgewebes<br />

benötigen entweder eine<br />

Rückkürzung des Nagelbettes<br />

oder aber eine Lappenplastik,<br />

ebenso sollten Amputationen mit<br />

Läsion der germinativen Nagelmatrix<br />

dem Spezialisten zur<br />

Rekonstruktion überwiesen<br />

werden.<br />

– Die meisten anderen Fingerkuppendefekte<br />

können mittels<br />

einmal wöchentlich neu angelegtem<br />

Semiokklusivverband<br />

(OpSite®-Folie) innerhalb von<br />

ca. vier bis neun Wochen zur<br />

ästhetisch und funktionell<br />

zufriedenstellenden Regeneration<br />

gebracht werden.<br />

Infekte im Nagelbereich<br />

Akute Weichteilinfekte entlang des Nagelkomplexes<br />

werden als Paronychie bezeichnet<br />

und sind auf Grund der exponierten<br />

Lage sehr häufig [7]. Die Keimflora<br />

setzt sich meist aus Staphylokokken,<br />

Streptokokken oder der menschlichen<br />

Mundflora zusammen. Bei chronischen<br />

Paronychien muss immer an eine Pilzinfektion<br />

oder eine Infektion mit Mykobakterien<br />

gedacht und eine konventionelle<br />

Bildgebung zum Ausschluss einer<br />

Osteomyelitis oder eines verbliebenen<br />

Fremdkörpers durchgeführt werden.<br />

Auch ein Tumor kann eine Rötung und<br />

Schwellung verursachen und ist bei chronischen<br />

Verläufen mittels Biopsie auszuschliessen.<br />

Zusätzlich zur klinischen Untersuchung<br />

und Röntgenbildgebung kann ein<br />

Ultraschall die Ausbreitung nach proximal<br />

widerspiegeln, wohingegen laborchemische<br />

Parameter wie CRP und Leukozyten<br />

mit dem Ausmass des Infektes nicht<br />

korrelieren.<br />

Erste Symptome sind pochender<br />

Schmerz, ausgeprägte Berührungsempfindlichkeit<br />

sowie lokale Rötung. In diesem<br />

Stadium kann eine konservative<br />

Therapie erfolgen. Zur Verhinderung einer<br />

Abszessbildung wird das Eponychium vorsichtig<br />

mittels Elevatorium oder Skalpell<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 47


Perspectives<br />

Abbildung 10. Inzision bei chronischer<br />

Paronychie senkrecht zur Eponychial- oder<br />

Paronychialfalte wie in 1) – nicht wie in 2) –<br />

dargestellt.<br />

von der Nagelplatte gelöst und der seitliche<br />

Nagel angehoben. Die anschliessenden<br />

täglichen Fingerbäder in farb loser,<br />

wenig toxischer Flüssigkeit, z. B. in Prontosan<br />

® , verhindern eine erneute Adhäsion<br />

des Eponychiums mit der Nagelplatte und<br />

erhalten damit den Abfluss von Sekret.<br />

Farblose Flüssigkeiten haben den Vorteil<br />

der besseren Beurteilung der Rötung im<br />

Verlauf. Grundsätzlich ist keine antibiotische<br />

Therapie notwendig.<br />

Bei weiterer Progression entsteht eine<br />

lokale Abszedierung. Diese soll inzidiert,<br />

respektive die darüber liegende Epidermis<br />

abgetragen, der Wundgrund gereinigt und<br />

nekrotisches Gewebe exzidiert werden.<br />

Kosmetisch und funktionell ungünstige<br />

Ergebnisse durch falsche Schnittführung<br />

gilt es zu vermeiden. Die Orientierung<br />

der Schnittführung basiert auf der Anatomie<br />

des Blutflusses im Bereich der Nagelanlage.<br />

Nebst der allgemeinen 1:1-Regel<br />

bezüglich der Länge der Schnittführung<br />

sowie der Lappenbasis gilt deshalb, dass<br />

am proximalen Nagelwall die Inzision radiär<br />

– am besten lediglich einseitig – und am<br />

lateralen Nagelwall längs zum Nagelwachstum<br />

mit genügendem Abstand zum Nagelfalz<br />

gewählt werden sollte.<br />

Bei einem lokalisierten Infekt in der<br />

proximalen Nageltasche soll einseitig radiär<br />

inzidiert, der Nagelwall angehoben<br />

und die Nageltasche gespült werden. Gelangen<br />

Fremdkörper unter die Nagelplatte,<br />

so kann sich rasch ein subungualer<br />

Abszess bilden. Durch partielle Exzision<br />

der Nagelplatte von distal her kann<br />

dieser entlastet und suffi zient behandelt<br />

werden.<br />

Zusätzlich zum chirurgischen Débridement<br />

erfolgt dann die perorale antibiotische<br />

Therapie. Vor Beginn der empirischen<br />

Therapie ist jedoch die Asservierung<br />

von Gewebeproben zur mikrobiologischen<br />

Aufarbeitung zwingend notwendig. Ein<br />

«Abstrich» wird das Ergebnis auf Grund<br />

der Beimischung der Hautflora verfälschen,<br />

ebenso kann im reinen Pus als Abbauprodukt<br />

der Infektionsreaktion meist<br />

Das Wichtigste für die Praxis<br />

– Meistens sind Staphylokokken,<br />

weniger häufig Streptokokken<br />

und menschliche Mundflora für<br />

die Infektion verantwortlich.<br />

– Bei chronischen Verläufen soll<br />

immer an eine Pilzinfektion oder<br />

eine Infektion mit Mykobakterien<br />

gedacht werden. Als seltene<br />

Entität ist ein Tumor mittels<br />

Biopsie auszuschliessen.<br />

– Der Keimnachweis ist anzustreben<br />

bevor eine empirische<br />

antibiotische Therapie gestartet<br />

wird.<br />

– Gegenüber der alleinigen<br />

Inzision führt die Exzision des<br />

infizierten Gewebes zur rascheren<br />

Abheilung des Infektes.<br />

Gegeninzisionen sind nicht<br />

notwendig.<br />

– Für gute ästhetische und funktionelle<br />

Ergebnisse erfolgt<br />

die Schnittführung radiär am<br />

proximalen Nagelwall und<br />

längs am lateralen Nagelwall.<br />

kein Keimnachweis erfolgen. Die Dauer<br />

der antibiotischen Therapie sollte sieben<br />

bis zehn Tage nicht überschreiten und<br />

richtet sich nach der Klinik.<br />

Als weitere Progression kann das<br />

Panaritium ossale, articulare oder tenonale<br />

entlang der entsprechenden Strukturen<br />

entstehen. Die schonende, aber doch radikale<br />

Ex zision von infiziertem Gewebe bis<br />

hin zur Finger(teil)amputation als Therapie<br />

bei diesen Maximalstadien gehört sicherlich<br />

in die Hand des Spezialisten.<br />

Bisswunden<br />

Bisswunden werden unterschieden in<br />

oberflächliche Gewebsabrationen, tiefere<br />

Wunden mit von aussen nicht sichtbaren<br />

Verletzungen von Sehnen, Muskeln, Nerven<br />

oder Gelenken und Wunden mit Gewebsnekrosen<br />

und Substanzdefekten.<br />

Häufig sind Katzen und Hunde, seltener<br />

Menschen und andere Beisser für die Verletzungen<br />

verantwortlich. Beim Hundebiss<br />

entstehen meist grössere Gewebedefekte,<br />

zudem ist die Übertragung der Tollwut<br />

möglich.<br />

Katzenbissverletzungen sind zwar initial<br />

unspektakulär, auf Grund ihrer hohen<br />

Infektionsrate von bis zu 50 % jedoch stets<br />

ein medizinischer <strong>No</strong>tfall. Grund dafür ist<br />

die hohe Keimzahl (meist Pasteurella<br />

multocida) bei gleichzeitig kleiner und<br />

rasch spontan verschlossener Punktionsstelle<br />

[8].<br />

Bei klinischen Hinweisen auf eine Verletzung<br />

tiefer liegender Strukturen (Sehnen,<br />

Muskeln, Nerven, Gelenke) erfolgt die<br />

Zuweisung zum Spezialisten. Cave: Auch<br />

eine intakte Zweipunktediskrimination<br />

schliesst eine behandlungsbedürftige Nervenläsion<br />

nicht aus. Deshalb muss bei<br />

Weichteilläsion in anatomischer Region<br />

eines Nervs die chirurgische Wundexploration<br />

eine Nervenverletzung ausschliessen.<br />

Gelenk- oder Knochenverletzungen durch<br />

Zähne sowie verbliebene Zahnreste werden<br />

mittels Röntgen nachgewiesen.<br />

Trotz Antibiotikagabe (Amoxicillin<br />

/ Clavulansäure 875 / 125 mg 3 × tgl. per<br />

os, alternativ bei Penicillinallergie Ciprofloxacin<br />

500 mg 2 × tgl. + Clindamycin<br />

600 mg 3 × tgl. bei Katzen-, Hunden- und<br />

Menschenbissen) und Ruhigstellung wird<br />

jede Bissstelle primär chirurgisch exzidiert.<br />

Grundsätzlich wird eine Gewebebiopsie<br />

entnommen und bakteriologisch<br />

untersucht. Sodann erfolgt die sorgfältige,<br />

drucklose Wundspülung mittels<br />

steriler Flüssigkeit. Auf keinen Fall darf<br />

diese mittels Octenisept ® erfolgen, um<br />

weitere Gewebenekrosen zu vermeiden<br />

[9]. Nach Einlage von Drainagen kann der<br />

adaptierende Wundverschluss durchgeführt<br />

werden.<br />

Abbildung 11. Katzenbiss mit Entzündung über dem PIP-Gelenk, möglicherweise mit Gelenkspenetration.<br />

48<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Perspectives<br />

Das Wichtigste für die Praxis<br />

– Bisswunden durch Tiere müssen<br />

dem kantonalen Veterinärdienst<br />

gemeldet werden.<br />

– Nebst der antibiotischen<br />

prä emptiven Therapie ist das<br />

chirurgische Débridement<br />

notwendig.<br />

– Keine Wundspülung mit<br />

Octenisept®.<br />

– Entwickeln sich trotz Débridement,<br />

antibiotischer Therapie<br />

und Ruhigstellung klinische<br />

Zeichen einer Infektion, sollte die<br />

Zuweisung zum Spezialisten<br />

evaluiert werden.<br />

Zusammenfassung<br />

Die Beurteilung und Erstbehandlung von frischen offenen Handverletzungen gehört<br />

zum Spektrum einer <strong>No</strong>tfallpraxis oder <strong>No</strong>tfallstation. In vielen Fällen kann durch dieses<br />

Team bereits die fachgerechte definitive Versorgung erfolgen. Mit dem vorliegenden<br />

Artikel möchten wir einige Tipps und Tricks für die Planung und Durchführung, aber<br />

auch die Nachbehandlung der häufigsten Verletzungen geben und Literaturverweise<br />

auf weitere Übersichtsarbeiten liefern.<br />

Abstract: Treatment of acute injuries of the hand<br />

Injuries to the hand are a common presentation in primary care units. When accurately<br />

assessed, many open injuries may be handled in the emergency department without<br />

referral to a hand surgery specialist. We would like to give some recommendations on<br />

how to treat the most frequent injuries like lesions to the nail and nailbed, fingertip<br />

amputation as well as burns, infections and bites. But first, we highlight the different<br />

methods of local anesthesia and discuss the use of a tourniquet or vasoconstriction<br />

with adrenalin – WALANT – instead.<br />

Die Dauer der antibiotischen Therapie<br />

richtet sich nach der Klinik, beträgt<br />

jedoch ohne Auftreten von Infektionszeichen<br />

fünf Tage. Zudem werden die benachbarten<br />

Gelenke während ein paar<br />

weniger Tage in funktioneller Position<br />

ruhiggestellt und dann mittels gezielter<br />

Bewegungsübungen mobilisiert.<br />

Entwickeln sich trotz dieser Therapie<br />

progrediente klinische Zeichen einer Infektion,<br />

sollte die Zuweisung zum Spezialisten<br />

zum erneuten chirurgischen<br />

Débridement, ggfs. auch zur stationären<br />

Aufnahme zur intravenösen antibiotischen<br />

Therapie erfolgen.<br />

Verbrennungen<br />

Oberflächliche Verbrennungen durch<br />

thermische Einflüsse an den oberen Extremitäten<br />

von bis zu ca. 10 % der Körperoberfläche<br />

können ambulant in der Praxis behandelt<br />

werden. Ziel der Behandlung ist<br />

eine Reduktion der Narbenbildung sowie<br />

die rasche Wiedererlangung der vollständigen<br />

Funktion [10, 11].<br />

Erstgradige sowie Verbrennungen<br />

Grad IIa können mittels konservativer Therapie<br />

zu einer vollständigen Erholung führen,<br />

wohingegen tiefergehende Verbrennungen<br />

zur Verminderung der Narbenbildung<br />

und damit Funk tions ein schränkung<br />

chirurgische Eingriffe brauchen und einem<br />

Spezialisten zugewiesen werden sollten.<br />

Beim Erwachsenen entspricht eine<br />

Handfläche ca. 1 % der Körperoberfläche<br />

(KOF), eine gesamte obere Extremität<br />

ca. 9 % (Neunerregel nach Wallace).<br />

Bei kleinflächigen Verbrennungen<br />

unter 5 % KOF erfolgen nach der initialen<br />

Kühlung für ca. 20 Minuten unter lauwarmem<br />

Leitungswasser die Reinigung sowie<br />

das Abtragen grösserer Blasen unter suffizienter<br />

Analgesie sowie sterilen Bedingungen.<br />

Erst dann kann die Ausdehnung<br />

und Tiefe der Verbrennung beurteilt werden.<br />

Zudem ist die Fotodokumentation<br />

der Befunde zur Verlaufskontrolle sinnvoll<br />

und die Erfragung und gegebenenfalls<br />

Auffrischung des Tetanusimpfstatus<br />

angezeigt.<br />

Erstgradige Verbrennungen betreffen<br />

lediglich die Epidermis, zeigen sich klinisch<br />

in einer Hautrötung. Beispiel dafür<br />

ist bereits der gewöhnliche Sonnenbrand.<br />

Initial können Pflegelotionen schmerzlindernd<br />

wirken, später sind rückfettende<br />

Salben anzuwenden.<br />

Zweitgradige Verbrennungen schädigen<br />

die Epidermis sowie die Dermis. Sie<br />

zeigen klinisch zusätzlich zur Rötung eine<br />

Blasenbildung. Wenn nur oberflächliche<br />

Schichten der Dermis betroffen sind, bleiben<br />

die Haare haften. Diese Verletzung ist<br />

äusserst schmerzhaft, da die Nervenendigungen<br />

frei liegen. Es empfiehlt sich die<br />

Anwendung einer nicht haftenden flüssigkeitsableitenden<br />

Wundauflage (z. B. Mepitel<br />

® oder Bactigras ® ), bedeckt von einem<br />

absorbierenden Kompressenverband. Der<br />

Verband sollte täglich unter suffizienter<br />

Analgesie gewechselt werden. Erst bei<br />

Auftreten einer Superinfektion wird antibiotisch<br />

behandelt. Lagerungsschienen in<br />

funktioneller Position der Gelenke sowie<br />

die frühzeitige aktive und passive Mobilisation<br />

verhindern Gelenkskontrakturen.<br />

In der Nachbehandlung sind primär die<br />

rasche Mobilisierung aller involvierter Gelenke,<br />

die Narben- und Kompressionsbehandlung<br />

sowie der konsequente Lichtschutz<br />

wichtig.<br />

Sind auch die tiefen Anteile betroffen,<br />

wo sich zum einen Haarfolikel, Schweissund<br />

Talgdrüsen, aber auch die Regenerationszone<br />

befinden, so zeigen sich klinisch<br />

nebst der Rötung und Blasenbildung teils<br />

auch weissliche Areale sowie lose Haare<br />

und es kann keine Spontanheilung ohne<br />

Narbenbildung stattfinden. Verbrennungen<br />

dieser Tiefe sollten an der Hand egal<br />

welcher Ausdehnung primär operativ vom<br />

Spezialisten versorgt werden. Ein konservativer<br />

Therapieversuch ist meist auch bei<br />

Das Wichtigste für die Praxis<br />

– Kleinflächige (bis 5 % der Körperoberfläche)<br />

Verbrennungen an<br />

der Hand sollen initial gekühlt<br />

werden.<br />

– Beim Erwachsenen entspricht<br />

eine Handfläche ca. 1 % der<br />

Körperoberfläche, eine gesamte<br />

obere Extremität ca. 9 %.<br />

– Oberflächliche Verbrennungen<br />

(bis Grad IIa) können konservativ<br />

durch Auflage nicht adhärenter<br />

Wundauflagen (z. B. Bactigras®)<br />

behandelt werden. Die frühzeitige<br />

Mobilisation verhindert<br />

Kontrakturen.<br />

– Verbrennungen an der Hand ab<br />

Grad III sollen einem Verbrennungszentrum<br />

überwiesen<br />

werden, egal welchen Ausmasses.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 49


Perspectives<br />

kleinflächigen Verbrennungen nicht sinnvoll,<br />

bleibt eine vollständige Wundheilung<br />

hierunter nach zehn Tagen aus, wird erneut<br />

eine operative Therapie evaluiert.<br />

Drittgradige Verbrennungen überschreiten<br />

auch die Grenze zur Subkutis<br />

und deren Behandlung gehört grundsätzlich<br />

in ein Verbrennungszentrum. In der<br />

<strong>No</strong>tfallversorgung sollen freiliegende verbrannte<br />

Areale mit sterilem, nicht haftendem<br />

Verband geschützt, die Auskühlung<br />

des Patienten verhindert und bereits am<br />

Unfallort ein intravenöser Zugang angelegt<br />

werden. An der Hand erfolgt gegebenenfalls<br />

die notfallmässige Escharotomie,<br />

um ein Logen syndrom der kleinen Handmuskeln<br />

oder der Finger zu vermeiden.<br />

Um eine Zunahme der Ausdehnung<br />

und der Tiefe der Verbrennung – insbesondere<br />

auch bei Verbrühungen – erkennen<br />

zu können, erfolgt eine klinische Reevaluation<br />

nach 24 Stunden.<br />

Frau Prof Dr. med. Esther Vögelin<br />

Universitätsklinik für Plastische- und<br />

Handchirurgie<br />

Inselspital Bern<br />

Freiburgstrasse 10<br />

3010 Bern<br />

esther.voegelin@insel.ch<br />

Literatur<br />

[1] Saul D, Roch J, Lehmann<br />

W, Dresing K. Leitungsanästhesie<br />

nach Oberst. Oper Orthop<br />

Traumatol. 2020; 32: 18 – 22.<br />

[2] Schelhorn N, Lamm S,<br />

Fricker R. Vergleich zweier Fingerleitungsanästhesie-Techniken.<br />

Randomisierte, prospektive Studie<br />

bezüglich Applikationsschmerz<br />

und Wirksamkeit zwischen dem<br />

singulären subkutanen Digitalblock<br />

und der Oberst-Leitungsanästhesie.<br />

Handchir Mikrochir<br />

Plast Chir. 2016; 48: 296 – 9.<br />

[3] Lalonde D. Minimally<br />

Invasive Anesthesia in Wide Awake<br />

Hand Surgery. Hand Clin. 2014;<br />

30: 1 – 6.<br />

[4] Schnabl SMK, Polykandriotis<br />

E, Dragu A, Kneser U,<br />

Horch RE. Verletzungen des<br />

Fingernagels und des Nagelbetts.<br />

CHAZ. 2008; 9(4): 174 – 183.<br />

[5] Hoigné D, Hug U.<br />

Amputationsverletzungen am<br />

Fingerendglied: Regeneration<br />

mittels Folienverband. Schweiz<br />

Med Forum. 2014; 14: 356 – 360.<br />

[6] Damert HG, Altmann S.<br />

Behandlung von Fingerkuppen ­<br />

amputationen mittels Semiokklusivverband.<br />

Unfallchirurg. 2012;<br />

115: 798 – 801.<br />

[7] Langer MF, Wieskötter<br />

B, Oeckenpöhler S, Breiter S. Akute<br />

Infektionen im Bereich des Fingernagels<br />

– die akuten Paronychien.<br />

Handchirurgie Scan. 2014; 3:<br />

69 – 85.<br />

[8] Vogt M. Diagnostik<br />

und Therapie von Bissverletzungen<br />

durch Hunde, Katzen und<br />

Menschen. Dtsch Med Wochenschr.<br />

2003;128:1059 – 1063.<br />

[9] Franz T, Vögelin E.<br />

Aseptic tissue necrosis and<br />

chronic inflammation after irrigation<br />

of penetrating hand wounds<br />

using Octenisept ® . J Hand Surg<br />

Eur Vol. 2012 Jan; 37: 61 – 64.<br />

[10] Künzli W, Wedler V.<br />

Wegweiser Verbrennungen.<br />

Beurteilung und Behandlung von<br />

Verbrennungen bei Erwachsenen.<br />

Pambio-<strong>No</strong>ranco: IBSA, Institut<br />

Biochimique SA; 2003.<br />

[11] Schneider M, Plock J.<br />

Verbrennungen. Swiss Med Forum.<br />

2016; 16: 910 – 915.<br />

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Engagement, motivation, compétence<br />

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50<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Perspectives<br />

Le lieu particulier<br />

Au pays des montagnes<br />

et des sourires<br />

Maya Cosentino, membre de la rédaction du <strong>Journal</strong> <strong>asmac</strong><br />

Photos: Adobe Stock; màd<br />

Après quelques jours à Katmandou,<br />

la dynamique<br />

capitale du Népal, j’ai fait<br />

deux heures de bus en direction<br />

du sud-est pour rejoindre Dhulikhel,<br />

une ville connue pour son hôpital et son<br />

panorama sur les montagnes, qui allait<br />

être mon point de chute pour les deux<br />

prochains mois. Après un week-end<br />

d’exploration des environs et de randonnée<br />

jusqu’à un monastère tibétain à<br />

Namo Buddha, j’étais prête à prendre<br />

mes fonctions à l’hôpital de Dhulikhel.<br />

Je commençais la journée par un<br />

bol de riz, agrémenté d’une banane<br />

coupée en deux et de lait de bufflonne.<br />

«Papy», le cœur et l’âme de la maison<br />

d’hôtes familiale dans laquelle je séjournais,<br />

me tenait compagnie pendant le<br />

petit-déjeuner. <strong>No</strong>us lisions ensemble le<br />

journal du matin et discutions de la<br />

politique népalaise.<br />

Pour me rendre au travail, j’avais<br />

pris l’habitude de flâner dans les ruelles<br />

étroites des vieux quartiers de Dhulikhel.<br />

Toute la vie s’y déroulait, de la cérémonie<br />

du thé et des rencontres conviviales<br />

à la lessive et aux bains. Les habitants y<br />

préparaient même de la viande de buffle<br />

et la vendaient. Il m’a fallu quelques jours<br />

pour m’accommoder à cette vue et à ces<br />

odeurs. J’ai observé à plusieurs reprises<br />

que de nombreux habitants achetaient<br />

des abats moins chers, mais apparemment<br />

plus savoureux, comme l’estomac<br />

et le foie. Un matin, un boucher m’a<br />

abordée et m’a invitée à venir assister à<br />

l’abattage d’un buffle le lendemain matin<br />

à 3h. J’ai refusé poliment et, au lieu de<br />

cela, me suis laissé guider dans le petit<br />

abattoir, juste derrière l’endroit où un<br />

autre buffle était déjà en morceaux sur<br />

une bâche.<br />

J’arrivais à l’hôpital peu avant 8h.<br />

Lors de la réunion du matin, nous<br />

faisions le point sur les nouvelles admissions,<br />

les cas compliqués et les décès.<br />

Près du monastère bouddhiste de Namo Buddha, des drapeaux de prière népalais flottent au vent.<br />

Ensuite, il y avait souvent une conférence<br />

donnée par des médecins-assistants<br />

ou des personnes extérieures à l’hôpital,<br />

suivie d’un petit-déjeuner et d’un thé<br />

à la cantine jusqu’à 9h.<br />

J’ai travaillé avec trois dermatologues,<br />

un médecin-assistant et quatre<br />

infirmières au sein du petit service de<br />

dermatologie très actif. Le premier jour,<br />

une mère et ses trois enfants sont venus<br />

à l’hôpital pour se faire traiter pour une<br />

hypertrichose congénitale, une maladie<br />

très rare qui se manifeste par un développement<br />

anormal et excessif de la pilosité,<br />

y compris sur le visage. La famille était<br />

venue pour recevoir l’un des six traitements<br />

au laser gratuits que l’hôpital leur<br />

propose. La semaine suivante, j’ai vu<br />

un patient atteint de la lèpre – une<br />

maladie tropicale négligée qui sévit<br />

encore au Népal.<br />

L’hôpital de Dhulikhel propose<br />

également des soins médicaux et une<br />

éducation dans des villages népalais<br />

isolés et installe parfois un camp pour<br />

quelques jours dans des endroits plus<br />

reculés. J’ai eu la chance de pouvoir<br />

participer à une telle expédition avec<br />

deux médecins et une infirmière.<br />

Visiter un village isolé m’a permis de<br />

me rendre compte de l’utilité de la mise<br />

à disposition de soins médicaux très<br />

basiques pour ces habitants.<br />

La beauté de ses paysages, le charme<br />

de sa vieille ville, mais plus encore<br />

l’hospitalité et la gentillesse de ses<br />

habitants, m’ont envoûtée. Une chose<br />

est sûre, ce ne sera pas mon dernier<br />

voyage à Dhulikhel.<br />

Maya Cosentino<br />

est membre de la<br />

rédaction du <strong>Journal</strong><br />

<strong>asmac</strong> depuis <strong>2023</strong>.<br />

Elle travaille comme<br />

cheffe de clinique<br />

suppléante au service<br />

de psychiatrie pour<br />

enfants et adolescents des Services<br />

psychiatriques universitaires (SPU) de<br />

Berne. Actuellement, elle suit des<br />

études par correspondance en Global<br />

Health Policy à la London School of<br />

Hygiene and Tropical Medicine<br />

(LSHTM) à l’Université de Londres.<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 51


mediservice<br />

Boîte aux lettres<br />

Qui paie en cas<br />

de dommage?<br />

Lors d’un déménagement,<br />

il n’est pas rare qu’il y ait<br />

de la casse. Mais qui est<br />

responsable lorsque des<br />

dommages surviennent à cause<br />

de meubles mal sanglés, de manipulations<br />

un peu brusques ou de<br />

maladresses?<br />

Les entreprises de déménagement ont<br />

légalement le droit d’inclure dans leur<br />

contrat des exclusions qui les dégagent<br />

de toute responsabilité pour des biens<br />

endommagés dans certaines situations.<br />

Voici quelques points auxquels vous<br />

devez prêter attention pour que votre<br />

déménagement se déroule au mieux.<br />

Il est préférable de transporter<br />

soi-même les objets qui ont une grande<br />

valeur financière ou sentimentale, par<br />

exemple un vase précieux ou le cadeau<br />

d’un ami. Vous éviterez ainsi les mauvaises<br />

surprises. Si ce n’est pas possible,<br />

photographiez-les et faites-les estimer.<br />

De manière générale, il est recommandé<br />

de prendre en photo tous les meubles et<br />

les objets de valeur avant le déménagement.<br />

Vous aurez ainsi une preuve des<br />

éventuels dommages causés pendant le<br />

déménagement.<br />

Contactez immédiatement l’entreprise<br />

de déménagement si vous constatez<br />

des dommages pendant le déménagement.<br />

Ne signez le rapport de travail ou la<br />

quittance que si les dommages reconnus<br />

par l’entreprise de déménagement y<br />

figurent. Si celle-ci ne les reconnaît pas,<br />

attendez avant de régler la somme due.<br />

Vous pouvez convenir de déduire<br />

le montant du dommage – à condition<br />

que celui-ci soit reconnu directement<br />

après la fin de l’intervention et chiffrable<br />

– de la somme totale et de ne payer que<br />

la différence. Là aussi, une mention doit<br />

apparaître sur la quittance.<br />

Faute d’accord, une réclamation en<br />

bonne et due forme (documentation par<br />

écrit des dommages) doit être établie.<br />

Les dommages doivent être signalés<br />

à l’entreprise par courrier recommandé<br />

au plus tard deux à trois jours après le<br />

déménagement, peu importe que vous<br />

les ayez découverts pendant ou après.<br />

Joignez à votre lettre des photos à titre<br />

de preuve et une estimation des coûts.<br />

Dans le cas d’un forfait, il appartient<br />

à l’entreprise de déménagement de<br />

procéder à un calcul précis de l’offre<br />

(éventuellement grâce à une visite sur<br />

place). S’il n’y a pas de visite, vos indications<br />

sont déterminantes et doivent<br />

correspondre à la réalité, faute de quoi<br />

vous auriez à supporter les éventuels<br />

frais supplémentaires.<br />

Si une offre en fonction du travail<br />

fourni (taux horaire) a été établie, vous<br />

devez vous acquitter des heures réellement<br />

effectuées – à condition que les<br />

accords contractuels (p. ex. le nombre de<br />

collaborateurs ou la taille du camion)<br />

aient été respectés.<br />

AXA-ARAG<br />

AXA-ARAG propose aux membres<br />

de mediservice une assurance de<br />

protection juridique à des conditions<br />

avantageuses.<br />

Si vous avez des questions, n’hésitez<br />

pas à vous adresser à votre interlocuteur<br />

chez mediservice vsao-<strong>asmac</strong><br />

par téléphone au 031 350 44 22,<br />

ou par e-mail à l’adresse suivante:<br />

info@mediservice-<strong>asmac</strong>.ch.<br />

Leo Loosli,<br />

juriste, spécialisé en droit des<br />

contrats, en droit successoral,<br />

en droit de la famille et en droit<br />

des personnes chez AXA-ARAG<br />

Photos: màd<br />

52<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


Rachat dans la caisse de pension.<br />

Toutes voiles dehors pour votre<br />

capital de prévoyance.<br />

Il nous tient à cœur d’assurer l’avenir financier<br />

des prestataires médicaux.<br />

Chez Medpension, les rachats dans la caisse de<br />

pension offrent plusieurs avantages: le capital<br />

supplémentaire investi génère des prestations<br />

de vieillesse sensiblement supérieures, et vous<br />

bénéficiez en parallèle d’allègements fiscaux.<br />

Le montant de rachat versé évoluera de manière<br />

extrêmement avantageuse pour vous – nous y<br />

veillons avec une rémunération attrayante, afin<br />

que votre capital de prévoyance navigue toutes<br />

voiles dehors. Chez nous, votre prévoyance est<br />

en bonnes mains.<br />

Tout savoir sur la rachat dans la<br />

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www.medpension.ch/fr/blog-actualités/<br />

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2022 Moyenne 5 ans<br />

Medpension 2.50% 3.70%<br />

Taux minimal LPP 1.00% 1.00%<br />

Excellent degré de couverture<br />

2022 Moyenne 5 ans<br />

Medpension 108.2% 115.0%<br />

Moniteur Swisscanto CP 105.6% 113.3%<br />

Rendement attrayant<br />

2022 Moyenne 5 ans<br />

Medpension -9.22% 2.54%<br />

UBS Performance des CP -9.08% 2.14%<br />

Medpension est une organisation partenaire de l’Association suisse<br />

des médecins assistant(e)s et chef(fe)s de clinique (<strong>asmac</strong>).<br />

T +41 31 560 77 77, F +41 31 560 77 88<br />

info@medpension.ch, www.medpension.ch


mediservice<br />

Aussi vite<br />

que possible<br />

Le temps de réaction peut être décisif dans bien<br />

des circonstances de la vie, et pas seulement lorsque nous faisons du sport.<br />

Tous les jours, nous vivons des situations où nous devons donner<br />

le change sans tergiverser ni nous appesantir. Mais pourquoi est-il si important<br />

de réagir vite et bien? Et pouvons-nous nous améliorer?<br />

Antonia Bundi, PhD, dipl. ès sc. nat. EPF (sciences du mouvement)<br />

Photo: Getty Images<br />

54<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


mediservice<br />

A<br />

vos marques, prêts, partez! Le<br />

signal de départ d’un 100 m<br />

est un exemple éclatant de<br />

réaction presque instantanée:<br />

à peine le coup de feu a-t-il retenti que les<br />

sprinters, délaissant les starting-blocks,<br />

s’élancent sur la piste. Chez ces athlètes,<br />

le temps de réponse se calcule en millièmes<br />

de seconde (entre 130 et 140 millièmes).<br />

En dessous de 100 millièmes de<br />

seconde, on parle de faux départ, car la<br />

science exclut qu’un être humain puisse<br />

réagir aussi vite.<br />

Agir avec adéquation<br />

<strong>No</strong>tre réactivité se définit par notre aptitude<br />

à répondre à des stimulations en temps<br />

donné. Dans de nombreuses disciplines<br />

sportives, notamment les sports de ballon,<br />

la vitesse de réaction est décisive pour réaliser<br />

de bonnes performances. Il faut savoir<br />

adapter sa vélocité et sa trajectoire au<br />

jeu. Au volley-ball ou au tennis, si l’on veut<br />

rester dans le coup, mieux vaut se trouver<br />

près de la balle ou du ballon. Et lorsque<br />

l’on pratique le cyclisme ou le ski, on apprend<br />

à improviser rapidement en fonction<br />

de la configuration du terrain. Mais<br />

célérité et vivacité sont aussi des atouts<br />

dans la vie quotidienne: un esprit alerte<br />

nous garde de bien des mésaventures, que<br />

ce soit pour cuisiner, faire le ménage, jardiner,<br />

conduire, etc., où un simple moment<br />

d’inattention peut se solder par de<br />

fâcheuses conséquences ... Une chute ou<br />

un accident sont si vite arrivés!<br />

Traitement du stimulus par<br />

l’organisme<br />

Les nerfs jouent un rôle central dans ce<br />

que nous appelons les réactions. Pour<br />

présenter les choses de manière schématique,<br />

un signal est perçu par l’un de nos<br />

cinq sens – la vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher<br />

ou le goût – et agit comme un stimulus.<br />

Si nous revenons à notre exemple du<br />

sprint et du coup de feu de départ, le signal<br />

acoustique est transmis au système nerveux<br />

central (cerveau et moelle épinière)<br />

par influx nerveux pour y être traité. C’est<br />

là qu’est élaborée la réponse à la stimulation,<br />

avant d’être communiquée aux muscles<br />

correspondants pour qu’ils s’activent.<br />

Chez les sprinters, c’est le moment où ils et<br />

elles s’élancent des starting-blocks.<br />

réactivité. Quiconque souhaite rester autonome<br />

et en forme le plus longtemps possible<br />

a intérêt à entraîner son équilibre et<br />

sa force, chose qu’il est fort heureusement<br />

possible de faire à tout âge. Car une musculature<br />

solide est indispensable à une<br />

bonne capacité de réaction, elle-même<br />

essentielle pour éviter les accidents et<br />

autres mésaventures. Rappelons que notre<br />

masse musculaire diminue après 50 ans, à<br />

moins que nous y travaillions activement.<br />

Des séances de musculation d’une demi-heure<br />

chacune à raison de deux fois<br />

par semaine permettent déjà d’obtenir de<br />

très bons résultats.<br />

Saisir toutes les occasions<br />

pour s’exercer<br />

Une bonne capacité de réaction a donc<br />

pour corollaire une force musculaire suffisante.<br />

Toutefois, si vous ne visez pas les<br />

prochains Jeux olympiques, vous pouvez<br />

tout à fait vous contenter des activités de<br />

la vie quotidienne ou des sports de loisirs<br />

pour travailler votre réactivité. L’objectif<br />

n’est pas uniquement d’avoir la rapidité de<br />

l’éclair, mais aussi d’agir en adéquation<br />

avec la situation. Courir sur des sentiers<br />

forestiers inégaux ou le lit d’une rivière asséchée<br />

peut constituer un bon entraînement.<br />

Les jeux d’attrape et jeux de balle<br />

sont des alternatives ludiques. A quand<br />

remonte votre dernière partie de badminton,<br />

de ping-pong ou de baby-foot? Ou<br />

votre dernière bataille de boules de neige?<br />

L’alcool émousse notre capacité<br />

de réaction<br />

Sachez que la consommation d’alcool n’affecte<br />

pas seulement notre attention, notre<br />

concentration, notre jugement et notre<br />

sens critique, mais aussi notre temps de<br />

réponse, qui se verra réduit en fonction<br />

des quantités ingérées. Avec un taux d’alcoolémie<br />

de 0,8 ‰ dans le sang, le temps<br />

de réaction est ralenti de 30 à 50 % par rapport<br />

à celui d’une personne sobre.<br />

Cet article est publié avec l’aimable autorisation<br />

du magazine clientèle CARE de CONCORDIA.<br />

mediservice vsao-<strong>asmac</strong><br />

et CONCORDIA<br />

mediservice vsao-<strong>asmac</strong> entretient<br />

une étroite collaboration avec<br />

l’assureur-maladie et de prévoyance<br />

CONCORDIA depuis de nombreuses<br />

années. En votre qualité de membres<br />

de mediservice vsao-<strong>asmac</strong>, vous<br />

bénéficiez de conditions préférentielles<br />

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écrivant à info@mediservice-<strong>asmac</strong>.ch.<br />

Force et réactivité, un duo gagnant<br />

<strong>No</strong>s performances dépendent de notre<br />

condition physique – force, endurance et<br />

rapidité – et de notre capacité de coordination,<br />

qui comprend notamment notre<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 55


mediservice<br />

Tremblements<br />

de terre: un danger<br />

sous-estimé<br />

Les tremblements de terre sont étonnamment<br />

fréquents en Suisse – et capables de provoquer des dommages immenses.<br />

La plupart des secousses étant à peine perceptibles, il s’agit<br />

néanmoins d’un risque souvent sous-estimé. Tout comme ses potentielles<br />

conséquences. La couverture d’assurance est bien souvent insuffisante<br />

dans ces situations. Un test réalisé avec le radar à tremblements de terre met<br />

en lumière le degré de risque dans chaque région.<br />

Katrin Schnettler Ruetz, Senior Content Strategist, Zurich Compagnie d'Assurances SA<br />

Les tremblements de terre constituent<br />

un risque réel, comme le<br />

montrent les récents événements<br />

en Turquie, au Maroc et<br />

en Syrie. En Suisse aussi, les tremblements<br />

de terre sont étonnamment fréquents:<br />

le Service Sismologique Suisse<br />

(SED) enregistre en moyenne de 1000 à<br />

1500 séismes par an en Suisse et dans les<br />

pays voisins. Seuls quelques-uns d’entre<br />

eux sont suffisamment puissants pour être<br />

ressentis – on en recense en moyenne 10<br />

à 20 par an. Le tremblement de terre du<br />

22 mars <strong>2023</strong> près de Porrentruy dans le<br />

canton du Jura en fait partie: avec une magnitude<br />

de 4,3 sur l’échelle de Richter, il a<br />

été largement ressenti dans la région.<br />

Tremblements de terre: un risque<br />

plus élevé dans le Valais<br />

Selon le SED, l’aléa sismique en Suisse<br />

reste modéré: le Valais est la zone la plus<br />

exposée à ce risque, suivie par Bâle, les<br />

Grisons, Saint-Gall dans la vallée du Rhin,<br />

la Suisse centrale et le reste de la Suisse.<br />

«Il n’y a pas en Suisse de régions échappant<br />

à l’aléa sismique», peut-on lire sur le<br />

site Internet du SED.<br />

Image: Adobe Stock<br />

56<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


mediservice<br />

Des conséquences plus lourdes<br />

dans les villes<br />

L’aléa sismique décrit la probabilité qu’un<br />

séisme se produise. Le risque sismique indique<br />

quant à lui les potentielles répercussions<br />

humaines et matérielles d’un séisme,<br />

ainsi que les risques financiers correspondants.<br />

Bâle, Genève, Zurich, Lucerne et<br />

Berne sont les villes où le risque sismique<br />

est le plus élevé selon le SED. En effet, ces<br />

cinq villes abritent sur un espace relativement<br />

restreint une large population qui<br />

serait touchée par un tremblement de<br />

terre. De plus, on trouve dans ces agglomérations<br />

de multiples bâtiments, souvent<br />

situés sur un sol meuble qui amplifie les<br />

ondes sismiques.<br />

Photo: màd<br />

Le séisme catastrophique<br />

de Sierre en 1946<br />

Même si la plupart des séismes sont faibles,<br />

on peut s’attendre à un séisme d’une magnitude<br />

d’environ 5 tous les 8 à 15 ans; les<br />

dommages sont alors considérables. Le<br />

dernier tremblement de terre de cette magnitude<br />

a été enregistré en 1991 près de Vaz<br />

dans les Grisons. En Suisse et dans les pays<br />

voisins, un tremblement de terre catastrophique<br />

se produit en moyenne tous les 50<br />

à 150 ans. En 1946, c’est Sierre (Valais) qui a<br />

connu un séisme dévastateur de magnitude<br />

5,8. Au total, quatre personnes sont<br />

mortes et plus de 3500 bâtiments ont été<br />

endommagés. Le montant des dommages<br />

s’élevait à plus de 26 millions de francs<br />

suisses, comme l’indique une brochure<br />

d’information du SED.<br />

Des calculs plus précis avec le<br />

nouveau modèle<br />

Depuis <strong>2023</strong>, la Suisse dispose d’un modèle<br />

du risque sismique qui permet de calculer<br />

plus précisément les conséquences<br />

des tremblements de terre. Selon ce modèle,<br />

le séisme de Sierre aurait aujourd’hui<br />

des effets beaucoup plus substantiels: il<br />

faudrait s’attendre à une cinquantaine de<br />

morts, des milliers de sans-abri et des milliards<br />

de francs de dommages directs aux<br />

bâtiments. Cet exemple en est la preuve<br />

impressionnante: les tremblements de<br />

terre sont la catastrophe naturelle présentant<br />

les plus grands risques. Risques pourtant<br />

sous-estimés en Suisse.<br />

Une couverture d’assurance<br />

insuffisante<br />

Si un tremblement de terre entraînant des<br />

dommages aux bâtiments venait à se reproduire,<br />

la couverture d’assurance serait<br />

malheureusement insuffisante en Suisse,<br />

avec des différences en fonction des cantons.<br />

En règle générale, les assurances<br />

bâtiment ne prennent pas en charge, ou<br />

seulement en toute petite partie, les dommages<br />

éventuels causés par un tremblement<br />

de terre. Le Pool suisse des assurances<br />

cantonales des bâtiments pour<br />

la cou verture contre les tremblements de<br />

terre, auquel la majorité des cantons appartiennent,<br />

ne dispose que de 2 milliards<br />

de francs pour les cas de sinistre – la valeur<br />

des bâtiments assurée est d’environ trois<br />

mille milliards de francs.<br />

Analyse en ligne: votre lieu<br />

d’habitation est-il sûr?<br />

Avec le radar des dangers naturels, vous<br />

pouvez découvrir le risque de tremblement<br />

de terre ou autre catastrophe naturelle<br />

(hautes eaux ou tempêtes, par<br />

exemple) à un endroit précis. Il suffit pour<br />

cela d’indiquer et de confirmer l’adresse<br />

souhaitée – le résultat apparaît ensuite<br />

instantanément.<br />

Une assurance complémentaire<br />

pour une meilleure protection<br />

Les propriétaires de bâtiments qui souhaitent<br />

une meilleure protection contre le<br />

risque de tremblement de terre peuvent<br />

souscrire une assurance complémentaire<br />

correspondante. Dans le canton de Zurich,<br />

les propriétaires de maison sont automatiquement<br />

couverts contre les tremblements<br />

de terre. Mais ici aussi, l’indemnisation de<br />

l’ensemble des dommages causés aux bâtiments<br />

est limitée à 1 milliard de francs<br />

suisses. Cette somme ne suffirait vraisemblablement<br />

pas en cas de tremblement de<br />

terre dévastateur. Il vaut donc la peine de<br />

souscrire une assurance complémentaire<br />

dans le cadre de l’assurance bâtiment privée,<br />

même dans le canton de Zurich.<br />

Adhésion à<br />

mediservice <strong>asmac</strong><br />

Grâce à votre adhésion à mediservice<br />

vsao-<strong>asmac</strong>, vous bénéficiez d’avantages<br />

exclusifs chez Zurich.<br />

Il vous suffit de vous rendre dans la<br />

rubrique des adhérents pour découvrir<br />

les possibilités qui s’offrent à vous:<br />

zurich.ch/fr/partenaire/login<br />

Votre code d’accès: TqYy4Ucx<br />

Vous pouvez nous joindre du lundi<br />

au vendredi, de 8h00 à 18h00, au<br />

0800 33 88 33<br />

Lorsque vous contactez Zurich,<br />

n’oubliez pas de mentionner votre<br />

adhésion à mediservice.<br />

Pour savoir si votre lieu d’habitation<br />

est sûr, rendez-vous sur le site Internet<br />

du SED et consultez les cartes sur le<br />

potentiel de risque et de dommage.<br />

Zurich Assurance a également lancé<br />

son radar des dangers naturels.<br />

Celui-ci permet non seulement d’analyser<br />

le risque de tremblement de terre<br />

à un endroit particulier, mais aussi<br />

de nombreux autres dangers naturels:<br />

zurich.ch/dangersnaturels<br />

vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong> 5/23 57


Impressum<br />

Adresses de contact des sections<br />

N o 5 • 42 e année • Octobre <strong>2023</strong><br />

Editeur<br />

AG<br />

VSAO Sektion Aargau, Geschäftsstelle: lic. iur. Eric Vultier,<br />

Auf der Mauer 2, 8001 Zurich, vultier@schai-vultier.ch,<br />

tél. 044 250 43 23, fax 044 250 43 20<br />

mediservice vsao-<strong>asmac</strong><br />

Bollwerk 10, case postale, 3001 Berne<br />

Tél. 031 350 44 88<br />

journal@<strong>asmac</strong>.ch, journal@vsao.ch<br />

www.<strong>asmac</strong>.ch, www.vsao.ch<br />

Sur mandat de l’<strong>asmac</strong><br />

Rédaction<br />

Regula Grünwald (rédactrice en chef),<br />

Maya Cosentino, Kerstin Jost, Fabian Kraxner,<br />

Bianca Molnar, Patricia Palten, Léo<br />

Pavlopoulos, Lukas Staub, Tharshika<br />

Thavayogarajah, Anna Wang<br />

Comité directeur <strong>asmac</strong><br />

Angelo Barrile ( président), <strong>No</strong>ra Bienz<br />

(vice- présidente), Severin Baerlocher,<br />

Christoph Bosshard (invité permanent),<br />

Clara Ehrenzeller (swimsa), Marius Grädel-<br />

Suter, Richard Mansky, Gert Printzen,<br />

Svenja Ravioli, Patrizia Rölli, Martin Sailer,<br />

Jana Siroka,<br />

Impression et expédition<br />

Stämpfli SA, entreprise de communication,<br />

Wölflistrasse 1, 3001 Berne, tél. 031 300 66 66,<br />

info@staempfli.com, www.staempfli.com<br />

Maquette<br />

Oliver Graf<br />

Illustration de la page de couverture<br />

Stephan Schmitz<br />

Annonces<br />

Zürichsee Werbe AG, Fachmedien,<br />

Markus Haas, Laubisrütistrasse 44, 8712 Stäfa<br />

Tél. 044 928 56 53<br />

vsao@fachmedien.ch<br />

Tirage<br />

Exemplaires imprimés: 23 000<br />

Certification des tirages par la REMP/FRP<br />

<strong>2023</strong>: 21 648 exemplaires<br />

Fréquence de parution: 6 numéros par année<br />

L’abonnement est inclus dans la contribution<br />

annuelle pour les membres de l’<strong>asmac</strong><br />

ISSN 1422-2086<br />

L’édition n o 6/<strong>2023</strong> paraîtra en<br />

décembre <strong>2023</strong>. Sujet: Sauvetage.<br />

© <strong>2023</strong> by <strong>asmac</strong>, 3001 Berne<br />

Printed in Switzerland<br />

BL/BS<br />

VSAO Sektion beider Basel, Geschäftsleiterin und Sekretariat:<br />

lic. iur. Claudia von Wartburg, Advokatin, Hauptstrasse 104,<br />

4102 Binningen, tél. 061 421 05 95, fax 061 421 25 60,<br />

sekretariat@vsao-basel.ch, www.vsao-basel.ch<br />

BE VSAO Sektion Bern, Schwarztorstrasse 7, 3007 Berne, tél. 031 381 39 39,<br />

info@vsao-bern.ch, www.vsao-bern.ch<br />

FR<br />

ASMAC section fribourgeoise, Rue du Marché 36, 1630 Bulle,<br />

presidence@asmaf.ch<br />

GE Associations des Médecins d’Institutions de Genève, case postale 23,<br />

Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4, 1211 Genève 14, info@amig.ch, www.amig.ch<br />

GR<br />

JU<br />

NE<br />

VSAO Sektion Graubünden, 7000 Coire, Samuel B. Nadig,<br />

lic. iur. HSG, RA Geschäftsführer/Sektionsjurist, tél. 081 256 55 55,<br />

info@vsao-gr.ch, www.vsao-gr.ch<br />

ASMAC section Jura, 6, Bollwerk 10, 3001 Berne, secretariat@<strong>asmac</strong>.ch,<br />

tél. 031 350 44 88<br />

ASMAC section neuchâteloise, Joël Vuilleumier, avocat,<br />

Rue du Musée 6, case postale 2247, 2001 Neuchâtel,<br />

tél. 032 725 10 11, vuilleumier@valegal.ch<br />

SG/AI/AR VSAO Sektion St. Gallen-Appenzell, Bettina Surber, Oberer Graben 44,<br />

9000 St-Gall, tél. 071 228 41 11, fax 071 228 41 12,<br />

Surber@anwaelte44.ch<br />

SO<br />

TI<br />

TG<br />

VD<br />

VS<br />

VSAO Sektion Solothurn, Geschäftsstelle: lic. iur. Eric Vultier,<br />

Auf der Mauer 2, 8001 Zurich, vultier@schai-vultier.ch,<br />

tél. 044 250 43 23, fax 044 250 43 20<br />

ASMAC Ticino, Via Cantonale 8-Stabile Qi, 6805 Mezzovico-Vira,<br />

segretariato@<strong>asmac</strong>t.ch<br />

VSAO Sektion Thurgau, Geschäftsstelle: lic. iur. Eric Vultier,<br />

Auf der Mauer 2, 8001 Zurich, vultier@schai-vultier.ch,<br />

tél. 044 250 43 23, fax 044 250 43 20<br />

ASMAV, case postale 9, 1011 Lausanne-CHUV,<br />

asmav@asmav.ch, www.asmav.ch<br />

ASMAVal, p.a. Maître Valentine Gétaz Kunz,<br />

Ruelle du Temple 4, CP 20, 1096 Cully, contact@asmaval.ch<br />

Suisse centrale (LU, ZG, SZ, GL, OW, NW, UR)<br />

VSAO Sektion Zentralschweiz, Geschäftsstelle: lic. iur. Eric Vultier,<br />

Auf der Mauer 2, 8001 Zurich, vultier@schai-vultier.ch,<br />

tél. 044 250 43 23, fax 044 250 43 20<br />

ZH/SH<br />

VSAO ZH/SH, RA lic. iur. Susanne Hasse,<br />

Geschäftsführerin, <strong>No</strong>rdstrasse 15, 8006 Zurich, tél. 044 941 46 78,<br />

susanne.hasse@vsao-zh.ch, www.vsao-zh.ch<br />

Publication<strong>2023</strong><br />

CIBLÉ<br />

COMPÉTENT<br />

TRANSPARENT<br />

Label de qualité Q-publication<br />

de l’association médias suisses<br />

66<br />

5/23 vsao /<strong>asmac</strong> <strong>Journal</strong>


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FMH Médecine interne générale,<br />

Centre médical Eaux-Vives, Genève<br />

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