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Corner Magazine #9

La Cité Calvin nous en met plein les yeux ! Berceau de l'horlogerie, siège européen de l'ONU, et lieu d'origine de nombreux chocolatiers, Genève est également un carrefour incontournable en matière de production de talents pour le football suisse. On ne les compte plus, et pourtant, une impression demeure que le club phare du canton ne bénéficie pas totalement de ce potentiel. Reportage et décryptage avec Ricardo Alves, ancien grand talent de l'Académie du Servette, aujourd'hui à Yverdon Sport. Il est un peu notre "saint," et on ne touche pas à un saint. Yann Sommer, attaqué de toutes parts lorsqu'il évoluait au Bayern Munich, revit et prend une sacrée revanche du côté de l'Inter Milan. Chiffres et commentaires de Daniel Romano, journaliste à Blue Sport, à l'appui.  Toutes les sélections nationales ont leur paradoxe, et le nôtre s'appelle Fabian Schär. Brillant sous les couleurs de Newcastle, l'ancien joueur du FC Bâle est l'ombre de lui-même lorsqu'il évolue avec l'équipe de Suisse.  Il ne fait pas de bruit, mais fait son bout de chemin. Anel Husic, défenseur central de Lausanne, réalise un très bon début de saison au point d'attirer les convoitises à l'étranger. Retour sur le parcours d'un joueur qui a su prendre les bons virages.  La Coupe de Suisse fait-elle toujours rêver? Alors que la compétition est à la peine financièrement, le grand public semble se détacher petit à petit de cette grande fête du football. Pourtant, des exploits y sont toujours possibles.  Il a quitté la Suisse l'été dernier dans un silence assez banal et fait aujourd'hui du bruit dans toute l'Europe: Mohamed Amoura explose en Belgique au point qu'on le compare à Mohamed Salah.  Il n'a pas encore joué la moindre minute de Super League, mais est déjà considéré comme l'un des plus grands talents offensifs suisses. Nous avons rencontré le joueur de Young Boys, Malik Deme, 18 ans. Présentation d'un talent hors norme pour la Suisse. Restez connectés, restez au cœur du jeu avec Corner Magazine! Le football suisse n'aura plus de secrets pour vous! 

La Cité Calvin nous en met plein les yeux !
Berceau de l'horlogerie, siège européen de l'ONU, et lieu d'origine de nombreux chocolatiers, Genève est également un carrefour incontournable en matière de production de talents pour le football suisse. On ne les compte plus, et pourtant, une impression demeure que le club phare du canton ne bénéficie pas totalement de ce potentiel. Reportage et décryptage avec Ricardo Alves, ancien grand talent de l'Académie du Servette, aujourd'hui à Yverdon Sport.

Il est un peu notre "saint," et on ne touche pas à un saint. Yann Sommer, attaqué de toutes parts lorsqu'il évoluait au Bayern Munich, revit et prend une sacrée revanche du côté de l'Inter Milan. Chiffres et commentaires de Daniel Romano, journaliste à Blue Sport, à l'appui. 

Toutes les sélections nationales ont leur paradoxe, et le nôtre s'appelle Fabian Schär. Brillant sous les couleurs de Newcastle, l'ancien joueur du FC Bâle est l'ombre de lui-même lorsqu'il évolue avec l'équipe de Suisse. 

Il ne fait pas de bruit, mais fait son bout de chemin. Anel Husic, défenseur central de Lausanne, réalise un très bon début de saison au point d'attirer les convoitises à l'étranger. Retour sur le parcours d'un joueur qui a su prendre les bons virages. 

La Coupe de Suisse fait-elle toujours rêver? Alors que la compétition est à la peine financièrement, le grand public semble se détacher petit à petit de cette grande fête du football. Pourtant, des exploits y sont toujours possibles. 

Il a quitté la Suisse l'été dernier dans un silence assez banal et fait aujourd'hui du bruit dans toute l'Europe: Mohamed Amoura explose en Belgique au point qu'on le compare à Mohamed Salah. 

Il n'a pas encore joué la moindre minute de Super League, mais est déjà considéré comme l'un des plus grands talents offensifs suisses. Nous avons rencontré le joueur de Young Boys, Malik Deme, 18 ans. Présentation d'un talent hors norme pour la Suisse.

Restez connectés, restez au cœur du jeu avec Corner Magazine! Le football suisse n'aura plus de secrets pour vous! 

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CORNER<br />

GENÈVE<br />

Une ville où les talents se<br />

comptent en nombre<br />

ANEL<br />

HUSIC<br />

Le roc de Lausanne<br />

MALIK<br />

DEME<br />

Un atout offensif au potentiel<br />

international<br />

NOVEMBRE 2023 <strong>#9</strong>


L’ÉDITO<br />

Jamais deux sans trois?<br />

On ne va pas refaire l'histoire ici : la<br />

Suisse est à l'Euro, et le peuple, à juste<br />

titre, trouve la qualification décevante.<br />

Oui, clairement, la Suisse aurait dû<br />

mieux faire. Les plus anciens - et les plus<br />

pragmatiques - soulèveront quand<br />

même que la Suisse est assurée d'être à<br />

l'Euro, et dans une compétition<br />

internationale, ce qui reste un bel<br />

accomplissement pour notre pays. Si<br />

l'on regarde l'ensemble des pays<br />

qualifiés pour un huitième de finale lors<br />

des deux<br />

dernières éditions, on peut<br />

vite constater que la<br />

qualification ne coule pas de<br />

source. Des pays comme la<br />

Suède, l'Ukraine, la Pologne,<br />

l'Islande, ou encore le Pays<br />

de Galles (demi-finaliste en<br />

2016 et huitième de finale<br />

en 2020) n'y sont pas<br />

d'office.<br />

L'Allemagne, qualifiée<br />

automatiquement, n'aurait<br />

peut-être pas été de la<br />

partie, elle qui traverse une<br />

crise sans précédent : 11<br />

matchs amicaux en 2023<br />

pour 3 victoires, 2 matchs<br />

nuls, 6 défaites (Belgique,<br />

Pologne, Colombie, Japon,<br />

Turquie, et Autriche).<br />

Une statistique peut même<br />

être porteuse d'espoir : la<br />

Suisse fait partie des 9 pays<br />

ayant disputé au minimum<br />

un huitième de finale lors<br />

des deux dernières éditions.<br />

À côté de la Nati, il n'y a que<br />

des cadors. Le proverbe dit<br />

bien "jamais deux sans<br />

trois". Alors, avec un peu de<br />

chance au tirage et<br />

quelques ajustements d'ici<br />

cet été, l'équipe de Suisse<br />

pourrait bien continuer à<br />

surprendre plus d'une<br />

nation et à générer toujours<br />

plus d'attentes de ses fans.<br />

Au point d'en perdre la<br />

mémoire et la raison?<br />

La Suisse est à l’EURO 2024 !


SOMMAIRE<br />

GENÈVE,<br />

FLORILÈGE<br />

DE TALENTS<br />

À côté de quelques bières et des<br />

saucisses bien grillées, la Coupe<br />

de Suisse fait-elle encore rêver ?<br />

Reportage au cœur des petits qui<br />

fantasment toujours sur une<br />

compétition en déficit.<br />

Autrefois considéré comme l'un<br />

des plus grands talents du centre<br />

de formation du Servette, Ricardo<br />

Alves n'a pas eu la chance de<br />

s'exprimer comme il l'aurait<br />

souhaité. Il revient pour nous sur<br />

sa situation de l'époque.<br />

MALIK DEME,<br />

UN JOYAU À<br />

L’ÉTAT BRUT<br />

MOHAMED<br />

AMOURWAOUH<br />

Yann Sommer, la revanche d’un<br />

héros !<br />

Pris dans une guéguerre interne<br />

au Bayern Munich, le portier de<br />

l'équipe de Suisse retrouve le<br />

sourire à l'Inter Milan et est l'un<br />

des gardiens les plus efficaces<br />

d'Europe.<br />

Brillant et au sommet de son art à<br />

Newcastle en Premier League et<br />

en Ligue des Champions, Fabian<br />

Schär est l'ombre de lui-même<br />

avec l'équipe de Suisse depuis<br />

plusieurs mois. Pourquoi ce<br />

paradoxe ? Tentative d'explication.<br />

Il ne fait pas de bruit, mais est l’un<br />

des hommes forts de Lausanne<br />

depuis le début de la saison. Anel<br />

Husic s’affirme et attise les<br />

convoitises. C’est le portrait du<br />

mois de la Super League.


Photo: EdiKingori


RÉDACTION<br />

Julien MORET<br />

Rayane DERUNGS<br />

Robin GODINAT<br />

Téo NANIA Bénédict PERRET Ludovic CHEVALIER<br />

PRODUCTION<br />

KMedia


Tibert Pont<br />

Consultant<br />

blue Sport<br />

Le Derby<br />

Son importance:<br />

Dès qu'on entre un peu dans le monde du football d’élite ou du football<br />

professionnel, on sent vite qu'un derby, c'est un match spécial. On le sait aussi<br />

parce qu'on a été supporter d'un club. Ici à Genève, on dit qu'un derby, ça ne se<br />

joue pas, ça se gagne. En cette période où les premières fraîcheurs d'hiver arrivent,<br />

ça pimente la saison. De plus, c'est vrai qu'il y a la pause qui arrive gentiment, donc<br />

gagner permet de bien finir et de passer des vacances au chaud, comme on dit.<br />

Qu’est-ce que ça représente par apport aux autres:<br />

À Genève, le derby historique qui a toujours été dans le cœur des supporters, c’est<br />

contre le FC Sion. Il y a une rivalité incroyable avec les Valaisans. Servette-<br />

Lausanne, c’est le derby du lac de Genève (rires). Il y a une saveur différente avec le<br />

lac en toile de fond. C’est peut-être un derby plus géographique.<br />

La forme du moment:<br />

Il y a deux équipes en bonne forme. Un Servette dans une forme historique et une<br />

situation presque inespérée en début de saison. Et un Lausanne sur une bonne<br />

série avec beaucoup de cohérence. Cette équipe a toujours présenté un joli visage,<br />

sauf peut-être lors du match contre Winterthur. Il y a un bon état d’esprit, avec<br />

comme point culminant une prestation particulièrement aboutie contre le FC<br />

Bâle. Cela promet un derby disputé et passionnant.<br />

Un match qui arrête le temps ?<br />

Oui, c’est un peu ça. Le derby peut permettre à une équipe d’oublier un peu une<br />

série négative pour se concentrer sur l’énergie de l’événement. C’est toujours une<br />

semaine particulière avec un contexte particulier. Tu sais aussi que c’est un match<br />

où il y aura du monde au stade, peu importe tes résultats.<br />

Est-il synonyme de provocation ?<br />

Oh oui, et c’est sympa ! Pour refaire l’historique, c’est d’abord Guillaume Faivre qui<br />

plante un drapeau à Genève. Au match retour, Matias Vitkieviez fait de même à la<br />

Pontaise. C’est de bonne guerre et il faut faire attention au retour de bâton<br />

derrière. Nous l’avions vécu à l’époque. Et cette année, c’est aussi un peu ce qu’il<br />

s’est passé avec le geste d’Alvyn Sanches. Mais cela fait partie des derbys.<br />

Une anecdote particulière ?<br />

J’ai connu pas mal de derbys et je peux te dire que parfois sur le terrain, ça y allait.<br />

Notamment avec deux hommes: Matias Vitkieviez et Guillaume Katz ! Ces deux-là<br />

ne se supportaient pas. Ils s’envoyaient des «tacles» à longueur de matchs. J’ai<br />

presque envie de dire que s'ils avaient pu se cracher dessus, ils l’auraient fait (rires)<br />

! Et le plus beau dans tout ça, c’est qu’aujourd’hui, ils sont devenus potes ! Comme<br />

quoi, ce n’est que du foot et derrière, nous sommes humains. Même des relations<br />

d'amitié peuvent naître après des derbys.


REPORTAGE<br />

GENÈVE,<br />

LA VILLE OÙ LES<br />

TALENTS SONT EN<br />

QUÊTE DE<br />

RECONNAISSANCE


Genève, le football se joue aussi bien dans les préaux que<br />

dans la rue, les parcs, et bien sûr, sur les terrains verts. En<br />

quelques chiffres, Genève compte 64 clubs, dont 12<br />

rassemblant plus de 600 licenciés. La passion se traduit à<br />

travers les 22 604 joueurs, dont 13 414 sont des juniors, Àainsi que près de 600 entraîneurs et équipes. Chaque week-end, pas<br />

moins de 250 matchs sont disputés, accompagnés par une multitude<br />

de camps d'été et les plus grands tournois scolaires du pays. Mais<br />

surtout, c'est l'engouement populaire qui se distingue, avec un<br />

soutien unique dans chaque quartier, que ce soit en zone rurale ou<br />

en zone urbaine.<br />

Avec un tel enthousiasme pour le<br />

ballon rond, le canton de Genève<br />

regorge de talents, dont certains<br />

brillent au sein des équipes de<br />

jeunes du Servette FC. Cela se<br />

manifeste notamment à travers<br />

les 4 titres de champion de Suisse<br />

remportés par l'académie au cours<br />

des trois dernières années, dans<br />

deux catégories d'âge différentes.<br />

De plus, l'équipe réserve du club,<br />

principalement constituée de<br />

joueurs âgés entre 16 et 20 ans, a<br />

obtenu la promotion en<br />

Promotion League. Cette réussite<br />

témoigne du vivier footballistique<br />

exceptionnel que représente le<br />

canton de Genève.<br />

Conscient de cette richesse, le<br />

Servette FC accorde une<br />

importance primordiale à la<br />

formation, dans l'objectif de faire<br />

émerger des joueurs capables de<br />

suivre les traces de Kastriot Imeri,<br />

un talent local de renom qui<br />

constitue le plus gros transfert de<br />

l'histoire du club.<br />

Les enjeux de la formation des<br />

jeunes et de leur ascension au sein<br />

de l'équipe première sont des<br />

aspects cruciaux pour les clubs. En<br />

Le Stade de Genève : le lieu où tous les jeunes du<br />

canton rêvent de pouvoir évoluer un jour.


intégrant des jeunes dans leur<br />

effectif, le club a l'opportunité de<br />

minimiser les coûts liés à la masse<br />

salariale et peut surtout renflouer<br />

ses caisses en cas de vente de ces<br />

jeunes joueurs.<br />

C'est ce que le FC Bâle a démontré<br />

lors de la saison 2011-2012,<br />

comptant dans ses rangs des<br />

joueurs tels que Shaqiri, Xhaka,<br />

Fabian Frei, Sommer et Stocker,<br />

tous formés par le club rhénan.<br />

Ensemble, ces cinq joueurs ont<br />

permis au club de générer 36,9<br />

millions de revenus lors de leurs<br />

transferts.<br />

La comparaison avec les jeunes<br />

joueurs du FC Bâle de cette saison<br />

n'est pas anodine. En effet, le<br />

Servette FC compte dans son<br />

effectif, et plus largement dans le<br />

canton, un certain nombre de<br />

talents susceptibles de suivre la<br />

voie de ces joueurs.<br />

Cependant, le facteur clé qui a<br />

permis au club de vendre ses<br />

talents à de grandes écuries est<br />

tout simplement le temps de jeu.<br />

En jouant régulièrement, les<br />

joueurs ont l'opportunité de se<br />

distinguer, d'accumuler de<br />

l'expérience et de la confiance,<br />

attirant ainsi l'attention des clubs<br />

aux moyens financiers<br />

conséquents.<br />

Top 5 des équipes de Super League qui donnent le<br />

plus de minutes de jeu aux joueurs formés au club<br />

FC Lucerne<br />

8'347<br />

FC Zurich<br />

5'809<br />

Servette FC<br />

4'933<br />

FC Bâle<br />

4'567<br />

BSC YB<br />

3'420


Le club genevois figure parmi les<br />

cinq meilleurs clubs de Super<br />

League en termes de convocation<br />

de joueurs formés au club lors de<br />

matchs officiels cette saison (voir<br />

graphique ci-dessus). Cela reflète<br />

l'attachement du club envers ses<br />

joueurs issus de son académie,<br />

témoignant ainsi de la confiance<br />

accordée à ces jeunes talents. De<br />

plus, il met en évidence le niveau<br />

des joueurs genevois, indiquant<br />

qu'ils ont le potentiel pour intégrer<br />

une équipe évoluant en Europa<br />

League. Par conséquent, cela<br />

présage un avenir prometteur<br />

pour les joueurs du cru et offre au<br />

club des perspectives financières<br />

favorables en cas de ventes.<br />

La passion du<br />

football à Genève<br />

se traduit par plus<br />

de 22 000 joueurs<br />

enregistrés. Plus de<br />

50 % d'entre eux<br />

sont des juniors !<br />

Top 5 des équipes de Super League qui donnent le<br />

plus de temps de jeu à des joueurs formés au club<br />

13 11<br />

7 7 5<br />

FC Lucerne FC Zurich Servette FC FC Bâle BSC YB<br />

Photo: USG


Mais ce n’est pas tout. Servette<br />

figure également dans le top 5 des<br />

clubs de Super League qui<br />

accordent le plus de temps de jeu<br />

aux joueurs issus du mouvement<br />

junior. En se classant à la troisième<br />

place de ce classement, le club<br />

grenat met en lumière la qualité<br />

étendue de son académie.<br />

Cependant, parmi ces six joueurs,<br />

trois ont plus de 23 ans, et deux<br />

autres (Kaloga et Ouattara) n'ont<br />

disputé qu'une partie du match de<br />

Coupe de Suisse contre le Meyrin<br />

FC, équipe évoluant en 1ère ligue,<br />

soit un écart de trois divisions.<br />

La comparaison de ses données<br />

soulève une question importante:<br />

pourquoi Genève, un vivier du<br />

football suisse, peine-t-il à faire<br />

éclore ses innombrables jeunes<br />

talents?<br />

Servette: un club formateur,<br />

mais un accès limité aux jeunes<br />

talents<br />

Malgré le vivier de talents que<br />

possède le canton, de nombreux<br />

jeunes espoirs endossent<br />

simplement un rôle de joueur de<br />

rotation au sein de l'équipe<br />

première, ce qui les pousse à<br />

partir. Au fil des années, diverses<br />

situations se sont dessinées.<br />

Il y a d’abord le cas des jeunes<br />

joueurs très prometteurs tels que<br />

Lungoyi, Nyakossi ou encore<br />

Monteiro. Au Servette, ils ont<br />

bénéficié de très peu de temps de<br />

jeu, à un âge où accumuler des<br />

minutes pour montrer l'étendue<br />

de leur talent est essentiel. Par<br />

conséquent, ces trois joueurs ont<br />

choisi de poursuivre leur carrière à<br />

l'étranger, dans des championnats<br />

offrant aux jeunes l'opportunité de<br />

se mettre en avant (Portugal,<br />

France et Angleterre).<br />

D'autres décident de partir en prêt<br />

dans des ligues inférieures dans le<br />

but de jouer régulièrement, afin<br />

de revenir plus matures et<br />

aguerris, prêts à s'imposer dans les<br />

onze titulaires des Grenat. C'est<br />

notamment le cas de Valton<br />

Behrami, Alexandre Dias, Malik<br />

Sawadogo, Sidiki Camara, Edin<br />

Omeragic ou encore Alban Ajdini,<br />

qui brillent désormais sous les<br />

couleurs du Stade Lausanne-<br />

Ouchy.<br />

Il existe également un autre cas<br />

de figure, tel que celui de Zeki<br />

Amdouni, Raccioppi, Becir<br />

Omeragic et Ulisses Garcia, qui<br />

sont complètement passés sous le<br />

radar des recruteurs du Servette.<br />

Aujourd'hui, ces quatre joueurs<br />

ont déjà été convoqués au moins<br />

une fois avec l'équipe nationale<br />

suisse.<br />

Et finalement, il y a aussi les jeunes<br />

qui demeurent au sein du club<br />

sans jamais avoir eu leur chance, à<br />

l'instar de Kaloga, Ouattara<br />

(international suisse M19) ou<br />

encore Magnin (20 sélections avec<br />

les équipes juniors de la Suisse).


LES TALENTS DU<br />

Potentiel régional Potentiel national<br />

Potentiel international<br />

Bua<br />

Frick<br />

Mbabu<br />

Cespedes<br />

Qarri<br />

Zakaria<br />

Garcia<br />

Dominguez<br />

Tavares<br />

Rodrigues<br />

Racioppi<br />

Kutesa<br />

Guillemenot<br />

Ajdini<br />

Fayulu<br />

Gazzetta<br />

Mettler<br />

Amdouni<br />

Imeri<br />

Antunes<br />

Busset<br />

Lungoyi<br />

1993 1996 2000<br />

Année de naissance


CANTON DE GENÈVE<br />

Zoukit<br />

Alves<br />

Vouilloz<br />

Jankewitz<br />

Ambassa<br />

Omeragic<br />

Camara<br />

Omeragic<br />

Opuku-Mensah<br />

Magnin<br />

Henchoz<br />

Regillo<br />

Sekularac<br />

Sawadogo<br />

Nyakossi<br />

Dias<br />

Monteiro<br />

Athekame<br />

Manzambi<br />

Boteli<br />

Ouattara<br />

Kayombo<br />

Potentiel régional Potentiel national<br />

Potentiel international<br />

2001 2002 2004<br />

2006


À travers cette illustration, nous<br />

pouvons observer les différents<br />

talents du canton de Genève,<br />

classés par potentiel et nés entre<br />

les années 1993 et 2006. Il est<br />

évident que Genève regorge d'un<br />

grand nombre de talents. Peu de<br />

cantons en Suisse peuvent se<br />

vanter de produire autant de<br />

joueurs professionnels.<br />

Cependant, cela met en évidence<br />

le problème auquel est confronté<br />

le club genevois pour intégrer les<br />

jeunes de la région dans l'équipe<br />

première. En effet, à l'exception de<br />

Kastriot Imeri, aucun joueur classé<br />

en rouge (potentiel international)<br />

n'a disputé plus de 339 minutes<br />

sous les couleurs servettiennes<br />

entre l'âge de 16 et 21 ans. De plus,<br />

sur les dix Genevois ayant un<br />

potentiel international, six n'ont<br />

jamais été intégrés en équipe<br />

première, en raison d'erreurs de<br />

recrutement et d'une réputation<br />

qui pousse les jeunes à partir. Le<br />

manque de considération envers<br />

les jeunes joueurs locaux est<br />

particulièrement regrettable, aussi<br />

bien pour le club que pour les<br />

joueurs et les supporters. Avec une<br />

meilleure gestion des meilleurs<br />

talents, les Grenat auraient<br />

largement de quoi dominer la<br />

Super League et jouer un rôle<br />

majeur en compétition<br />

européenne.<br />

Alors pourquoi nos jeunes<br />

Helvètes ne parviennent-ils pas à<br />

s'imposer en équipe première?<br />

Une des réponses à cette question<br />

réside dans le format du<br />

championnat. En effet, avec<br />

seulement douze équipes, il n'y a<br />

pas de ventre mou en Super<br />

League.<br />

Photo: Thomas Henzelin<br />

Pourquoi si peu de confiance à<br />

l’égard des jeunes?<br />

Le Servette FC, tout comme les<br />

autres clubs de Super League,<br />

peine à donner du temps de jeu<br />

aux jeunes joueurs. Pourtant, le<br />

championnat de Suisse ne figure<br />

pas parmi les cinq championnats<br />

majeurs d’Europe.


Ainsi, les entraîneurs peinent à<br />

incorporer des jeunes au sein du<br />

onze de base, car chaque point a<br />

son importance au classement,<br />

surtout avec le nouveau système<br />

de championnat en deux phases.<br />

Après onze journées, seulement<br />

trois petits points séparent le<br />

troisième du huitième au<br />

classement. Chaque défaite<br />

entraîne une chute de place et<br />

met l'entraîneur sous pression ce<br />

qui le force à aligner des joueurs<br />

d'expérience.<br />

Cette difficulté est<br />

particulièrement visible au sein du<br />

Servette, qui compte neuf joueurs<br />

âgés entre 18 et 20 ans dans son<br />

effectif. Parmi ces neuf joueurs, un<br />

seul a joué en championnat, les<br />

autres se contentant d'être sur le<br />

banc et de jouer avec l'équipe<br />

réserve. En 2020, Ludovic Magnin,<br />

alors entraîneur du FC Zurich,<br />

constatait déjà: «Avec seulement<br />

dix équipes, tu te bats soit pour le<br />

titre, soit contre la relégation. Il est<br />

très difficile d'intégrer des jeunes<br />

dans ton onze de base dans ce<br />

contexte.»<br />

Cependant, le format de la Super<br />

League n'est pas le seul facteur<br />

qui pousse René Weiler et ses<br />

prédécesseurs à laisser les jeunes<br />

sur le banc. En effet, l'adaptation<br />

aux exigences du football<br />

professionnel est un autre<br />

élément de réponse. La transition<br />

des équipes junior à l'équipe<br />

première n'est pas facile. Il faut<br />

s'acclimater à un nouveau<br />

contexte, faire face à des joueurs<br />

beaucoup plus expérimentés, une<br />

qualité technique supérieur, un<br />

niveau physique plus élevé, une<br />

vitesse d'exécution encore plus<br />

rapide, ainsi qu'une<br />

compréhension tactique<br />

exigeante. Tous ces éléments ne<br />

s'assimilent pas en quelques jours.<br />

Selon les joueurs, cela peut<br />

prendre plusieurs mois, voire deux<br />

ou trois saisons.<br />

En 2020, Gérard Castella,<br />

responsable de la formation des<br />

jeunes à YB, soulignait que l'âge<br />

n'est pas un critère retenu dans le<br />

haut niveau: «On ne va pas mettre<br />

des jeunes en première équipe<br />

pour le simple fait qu'ils sont<br />

jeunes. On doit intégrer des jeunes<br />

parce qu'ils sont talentueux, parce<br />

qu'ils le méritent.» Pablo Iglesias,<br />

directeur du football au FC Sion,<br />

partageait un point de vue<br />

similaire à celui de Gérard Castella:<br />

«Il y a une chose sur laquelle il faut<br />

être clair. Sion n'aura jamais onze<br />

Valaisans sur le terrain. Le constat<br />

est le même pour les Genevois au<br />

Servette ou pour les Vaudois au<br />

Lausanne-Sport. Croire à cela<br />

serait utopiste et montrerait une<br />

méconnaissance du football qui a<br />

beaucoup souffert de l'arrêt<br />

Bosman. De nos jours, l'objectif<br />

d'un club professionnel est d'avoir<br />

entre trois et quatre joueurs<br />

locaux dans son équipe première.<br />

Mais ceux-ci ne doivent pas être<br />

promus "par défaut". Ils doivent<br />

l'être car ils ont les qualités<br />

nécessaires.»<br />

Cependant, bien que l'analyse de<br />

Pablo Iglesias soit pertinente, on<br />

peut légitimement se demander si<br />

le Servette, en instaurant une<br />

politique stricte pour favoriser<br />

l'éclosion des jeunes Genevois au<br />

sein de l'équipe première, pourrait<br />

peut-être aligner plus de trois<br />

jeunes joueurs formés au club<br />

dans son onze de départ.


La Suisse, un élève en retard<br />

comparé à la France<br />

Lorsque nous comparons la Super<br />

League et la Ligue 1, nous sommes<br />

forcés de constater qu'un fossé<br />

sépare les deux championnats en<br />

termes de temps de jeu accordé<br />

aux jeunes. En effet, selon<br />

Transfermarkt, seulement vingt<br />

joueurs âgés de moins de 20 ans<br />

ont eu du temps de jeu en Super<br />

League cette saison. En France, ce<br />

nombre s'élève à plus de<br />

cinquante joueurs (!) sur la même<br />

période. Une autre statistique<br />

révèle qu'à ce jour, seuls<br />

cinquante-deux joueurs âgés de<br />

moins de 20 ans ont disputé au<br />

moins 50 matchs en Super<br />

League. En France, ce chiffre<br />

atteint 100 joueurs. La différence<br />

est aussi notable<br />

qu’impressionante.<br />

Un autre constat est flagrant<br />

concernant les équipes nationales<br />

M21 des deux pays. Lorsque nous<br />

comparons la Suisse M21 et la<br />

France M21, nous remarquons une<br />

différence d'expérience trop<br />

importante. En effet, lors du<br />

rassemblement du mois<br />

d'octobre, la sélection de Thierry<br />

Henry comptait dans ses rangs 13<br />

joueurs ayant déjà disputé des<br />

matchs de compétition<br />

européenne en club, dont 5<br />

avaient joué la Ligue des<br />

Champions. En Suisse, seulement<br />

5 joueurs avaient déjà participé à<br />

une compétition européenne, et<br />

un seul d'entre eux avait disputé la<br />

Ligue des Champions. Si la Suisse<br />

ne peut pas rivaliser avec la France<br />

sur la durée en ce qui concerne<br />

ces chiffres, elle peut au moins se<br />

mettre en avant en début de<br />

saison, notamment avec la mise<br />

en valeur de ses talents au sein<br />

des clubs participant aux tours de<br />

qualification européens.<br />

Photo: Dylan Oppliger<br />

À Genève, les supporters du club espèrent voir davantage de joueurs<br />

issus du centre de formation jouer dans la première équipe.


En France, une ville située à<br />

seulement 150 kilomètres de<br />

Genève incarne parfaitement l'art<br />

de former et de faire éclore des<br />

jeunes joueurs. En effet, en 2019,<br />

ce sont 30 joueurs formés à<br />

l'Olympique Lyonnais qui évoluent<br />

dans le top 5 des championnats<br />

européens. Par conséquent,<br />

depuis l'an 2000, les indemnités<br />

de transfert issues de joueurs<br />

formés au club dépassent la barre<br />

des 400 millions d'euros. Pour<br />

atteindre de tels chiffres,<br />

l'Olympique Lyonnais s'est doté<br />

d'un centre de formation à la<br />

pointe de la technologie offrant<br />

une atmosphère propice au bon<br />

développement des jeunes. Ce<br />

centre comprend six terrains, un<br />

grand centre d'hébergement avec<br />

près de vingt chambres, des salles<br />

d'étude, une bibliothèque, des<br />

salles de réunion, un restaurant,<br />

une infirmerie, des salles de<br />

physiothérapie, une salle de<br />

musculation ainsi qu'une piscine.<br />

Sur le sujet de la formation, Eric<br />

Hély, l'ancien entraîneur des M19 à<br />

l'OL, explique: «À Lyon, il y a les<br />

idées, il y a les moyens, et on te<br />

demande même de trouver des<br />

idées novatrices pour être encore<br />

plus performant. Toutes les<br />

meilleures conditions sont réunies<br />

pour réussir au maximum.»<br />

L'exigence mise de l'autre côté de<br />

la frontière n'est pas celle que l'on<br />

connaît chez nous. En Suisse,<br />

quelques clubs se rapprochent de<br />

cette structure de centre de<br />

formation, mais aucun ne propose<br />

de tels services. À Genève, les<br />

jeunes faisant partie de la<br />

structure sport-étude bénéficient<br />

d'horaires aménagés et sont<br />

libérés en cas de compétition.<br />

C’est à peu près tout.<br />

La jeunesse: la survie du football<br />

genevois et suisse<br />

La Suisse est un petit pays qui<br />

compte 270 000 licenciés, dont<br />

près de 170 100 joueurs ayant<br />

moins de 20 ans. En comparaison,<br />

la France, elle, dénombre 1,6<br />

million de licenciés, dont près d'un<br />

million de joueurs ayant moins de<br />

20 ans. Il est donc naturel que la<br />

France forme beaucoup plus de<br />

joueurs que la Suisse. Toutefois,<br />

pour remédier à ce retard, les<br />

enjeux de la formation sont<br />

cruciaux.<br />

Consciente de cela, l'Association<br />

Suisse de Football (ASF) a établi<br />

une stratégie de formation à<br />

l'échelle nationale. Le but de cette<br />

dernière est qu'à partir de 2025, les<br />

équipes nationales des catégories<br />

M17, M19 et M21 se hissent dans les<br />

seize premiers des classements de<br />

l'UEFA. Les programmes Footeco<br />

et Footuro, fraîchement entrés en<br />

vigueur, ainsi que les objectifs fixés<br />

par l'ASF pour les catégories d'âge<br />

allant de M15 jusqu'à M21,<br />

permettront éventuellement de<br />

réitérer les formidables succès des<br />

équipes nationales juniors dans les<br />

compétitions espoirs (titre<br />

européen M17 en 2002, titre<br />

mondial M17 en 2009, titre de vicechampion<br />

d'Europe M21 en 2011).<br />

À Lyon, il y a les idées, les<br />

moyens, et on te<br />

demande même de<br />

trouver des idées<br />

novatrices pour être<br />

encore plus performant.


Au Servette, pour que les<br />

jeunes joueurs genevois<br />

puissent évoluer sous la<br />

tunique de leur club<br />

formateur, divers axes<br />

d'amélioration existent. Dans<br />

un premier temps, il est<br />

indispensable que les<br />

équipes du club possèdent<br />

des infrastructures<br />

performantes à leur nom,<br />

dans le but d'arrêter de<br />

jongler avec des lieux<br />

d'entraînement variables<br />

répartis sur tout le territoire<br />

cantonal, sans planification<br />

durable. Ensuite, la cellule de<br />

recrutement des juniors se<br />

doit de minimiser au<br />

maximum les échecs de<br />

non-détection pour éviter<br />

que des cas tels que<br />

Raccioppi ou Amdouni ne se<br />

répètent. Finalement, il est<br />

essentiel de faire confiance<br />

aux jeunes de la région, de<br />

les valoriser en leur donnant<br />

le temps de jeu nécessaire<br />

pour leur développement<br />

professionnel. Cela permettra<br />

à court et moyen terme<br />

d'éviter que les jeunes<br />

espoirs du cru ne s'exilent<br />

ailleurs, comme l'a fait le<br />

jeune Boteli, sans doute<br />

conscient des perspectives<br />

d'avenir que lui offre le club<br />

et qui désormais suscite<br />

l'engouement en Allemagne.<br />

Mais ce qui est<br />

encourageant, c'est qu'à<br />

Genève, tous les composants<br />

nécessaires à l'éclosion des<br />

jeunes au sein de l'équipe<br />

première sont présents. Il ne<br />

reste plus qu'à changer de<br />

paradigme pour que cela se<br />

réalise.


RICARDO<br />

ALVES<br />

“POUR MOI, À<br />

SERVETTE, IL N’Y A<br />

PAS VRAIMENT EU<br />

DE PROJET DÉFINI”<br />

Considéré comme l'un des grands talents majeurs du<br />

club, l'aventure servettienne de Ricardo Alves ne s'est<br />

pas déroulée comme prévu. Afin de mieux comprendre<br />

les difficultés auxquelles le club genevois et les jeunes<br />

joueurs font face dans leur collaboration, nous avons<br />

rencontré celui qui s'était exilé à Saint-Gall en août<br />

2022. Aujourd'hui de retour en Suisse romande, du côté<br />

d'Yverdon, le milieu de terrain nous livre ses<br />

impressions.


Ricardo, tu as signé<br />

professionnel au Servette FC à<br />

l'âge de 17 ans. Quel était le<br />

projet proposé par le club lors de<br />

ta signature pro ?<br />

Lorsque j'ai signé, je n'étais pas<br />

encore intégré à la première<br />

équipe, je jouais toujours avec les<br />

M21. Il n'y a pas vraiment eu de<br />

projet défini, ils ne m'ont pas<br />

clairement indiqué: «Voilà, on a ce<br />

projet pour toi, tu vas monter avec<br />

la première équipe, on va te<br />

donner du temps de jeu, et<br />

ensuite, tu pourras être transféré.»<br />

Non, j'ai signé parce que j'étais<br />

considéré comme un jeune<br />

prometteur de l'académie, et<br />

ensuite, c'était à moi de prouver et<br />

de gagner du temps de jeu. Il n'y a<br />

pas eu de promesse quant au<br />

temps de jeu. L'idée était de<br />

m'intégrer à la première équipe et<br />

de me faire jouer, mais cela ne<br />

s'est pas vraiment concrétisé.<br />

Pendant tes trois saisons au<br />

Servette, tu as accumulé un total<br />

de 578 minutes de jeu. Avais-tu<br />

l'impression que ton jeune âge<br />

constituait un handicap ?<br />

Je pense que l'entraîneur ne faisait<br />

pas suffisamment confiance aux<br />

jeunes joueurs. Pour lui, c'était un<br />

processus nécessitant de rester au<br />

club et d'acquérir une sorte<br />

d'apprentissage interne. Il<br />

soutenait que les jeunes n'étaient<br />

pas prêts, mais en réalité, si tu ne<br />

joues pas, tu ne pourras jamais<br />

être prêt. Souvent, lorsque des<br />

jeunes étaient alignés, c'était plus<br />

par nécessité que par choix. En ce<br />

qui me concerne, je n'ai pas<br />

ressenti une confiance réelle de la<br />

part du club, ni une volonté de me<br />

faire jouer et de me faire<br />

progresser. Ils n'ont pas vraiment<br />

cru en mes capacités, ce qui<br />

explique que sur trois ans, je n'ai<br />

été titulaire qu'une seule fois. C'est<br />

regrettable, car accorder<br />

davantage de confiance aux<br />

jeunes aurait pu être bénéfique<br />

pour le club à long terme.<br />

Nyakossi, Monteiro, Magnin,<br />

Camara, entre autres, sont de<br />

jeunes joueurs talentueux que tu<br />

as côtoyés au SFC. T'étonnes-tu<br />

du fait qu'ils n'aient pas eu plus<br />

de temps de jeu ? Si oui,<br />

comment l'expliques-tu ?<br />

Cela me surprend, mais d'un autre<br />

côté, il y avait une sorte de<br />

hiérarchie avec Alain Geiger. En<br />

d'autres termes, plus tu étais âgé,<br />

plus tu avais de temps de jeu, et si<br />

le joueur plus âgé ne jouait pas,<br />

c'était le joueur juste en dessous<br />

de lui (en termes d'âge) qui avait<br />

sa chance. Nous avons observé<br />

cela avec des joueurs comme<br />

Imeri et Antunes avant nous, par<br />

exemple. Servette voulait intégrer<br />

de nombreux jeunes dans l'équipe<br />

première. Beaucoup de jeunes ont<br />

été signés, mais n'ont pas<br />

beaucoup joué, ou alors ils étaient<br />

sur le terrain pendant seulement 5<br />

ou 10 minutes. Cela a créé une<br />

sorte d'embouteillage. Je pense<br />

qu’ils auraient dû cibler davantage<br />

pour construire quelque chose de<br />

concret autour des jeunes.<br />

Pour toi, y avait-il des jeunes en<br />

équipe première qui avaient le<br />

niveau pour commencer dans le<br />

onze de départ, mais qui<br />

n'étaient pas alignés en raison<br />

de cette philosophie de<br />

hiérarchie ?<br />

Oui, tout à fait. On pensait que,<br />

comme c'étaient des jeunes, ils<br />

avaient le temps, donc l'entraîneur<br />

privilégiait l'expérience. C’est


paradoxal, car j'ai vraiment<br />

l'impression que le club veut<br />

intégrer des jeunes.<br />

Malheureusement, il ne leur<br />

donne pas beaucoup de temps de<br />

jeu, et ensuite, il est très souvent<br />

réticent à les laisser partir. C'est<br />

compliqué de vraiment<br />

comprendre ce qu'ils veulent et<br />

c’est un sentiment connu au sein<br />

de l’académie.<br />

Les joueurs allaient-ils parler de<br />

ces problèmes de temps de jeu à<br />

l'entraîneur ou au staff ? Et si oui,<br />

étaient-ils ouverts à la discussion<br />

?<br />

En ce qui me concerne, on me<br />

disait que les jeunes n'étaient pas<br />

prêts à jouer, qu'ils devaient<br />

travailler encore plus. Je leur<br />

répliquais en disant: «Comment<br />

voulez-vous que je sois prêt si je ne<br />

joue pas ?» Comme je l'ai<br />

mentionné, pour eux, c'était un<br />

processus d'apprentissage. On<br />

restait trois ans en équipe<br />

première, et une fois cette phase<br />

d'apprentissage terminée, ils<br />

évaluaient si tu étais prêt ou non.<br />

Ils ne nous intégraient pas<br />

vraiment dans le jeu tout de suite.<br />

Alain Geiger nous demandait<br />

d'être patients pendant cette<br />

période d'apprentissage.<br />

Qu’est-ce qui bloque au niveau<br />

du club pour que les jeunes<br />

joueurs aient plus de temps de<br />

jeu ? Est-ce la mentalité du staff<br />

de l'équipe première ou la<br />

structure du club ?<br />

Je pense que c'est un peu un<br />

mélange des deux. Au sein du<br />

club, il y avait des personnes qui<br />

avaient réellement l'intention de<br />

faire jouer les jeunes et<br />

éventuellement de les vendre par<br />

la suite. Cependant, il y avait aussi<br />

d'autres personnes au sein du club<br />

qui privilégiaient davantage le<br />

présent que l'avenir. Il y avait une<br />

forme de contradiction, comme<br />

cela a été notamment observé<br />

avec Kevin Mbabu. Lorsque des<br />

joueurs tels que Magnin et Diallo<br />

venaient de prolonger leur<br />

contrat, mais que le club prend<br />

Mbabu en prêt, cela envoyait un<br />

message contradictoire. Je pense<br />

que c'est aussi l'une des raisons<br />

pour lesquelles Philippe Senderos<br />

est parti.<br />

Quel serait la solution pour que<br />

Servette évite de perdre ses<br />

meilleurs talents ?<br />

Comme dans tout club, on ne<br />

peut pas garder tous les jeunes.<br />

Parfois, tu es obligé de laisser<br />

partir certains d'entre eux. Je<br />

pense que ce que le club doit faire,<br />

c'est cibler davantage les jeunes et<br />

élaborer un plan concret pour leur<br />

développement. Si tu crois en tes<br />

jeunes, il faut leur donner de la<br />

confiance et du temps de jeu. Il est<br />

essentiel d'arrêter de signer trop<br />

de jeunes qui ne jouent pas, afin<br />

d'éviter que d'autres jeunes ne<br />

soient également laissés sur la<br />

touche. Si le club ne croit pas en<br />

un joueur, il devrait le laisser partir.<br />

Dans plusieurs cas, Servette a<br />

généré des problèmes lors du<br />

départ de joueurs, ce qui est<br />

dommage, car au final, tous les<br />

joueurs de l'académie aspirent à<br />

faire grandir le club.


ÉQUIPE DE SUISSE<br />

YANN SOMMER<br />

LA REVANCHE D’UN<br />

HÉROS


Photo: Inter Milan


onsidéré comme un véritable héros dans notre pays,<br />

d’autant plus depuis l’épopée à l’Euro 2020, Yann<br />

Sommer a souvent eu du mal à être reconnu à sa juste<br />

valeur en tant que grand gardien à l’étranger. Et si cela<br />

Cchangeait cette saison, à bientôt 35 ans ?<br />

La taille. Voici peut-être ce qui<br />

pourrait faire la différence entre le<br />

fait d’être reconnu comme l'un<br />

des meilleurs gardiens du monde<br />

ou simplement comme un très<br />

bon gardien.<br />

Avec ses 1m83, on ne peut pas<br />

vraiment dire que Yann Sommer<br />

soit de petite taille. Surtout<br />

lorsqu'on connaît ses talents pour<br />

arrêter les penalties. Bryan Ruiz,<br />

Kevin Gameiro, Sergio Ramos<br />

(deux fois dans le même match),<br />

Jorginho (deux fois en deux<br />

matchs consécutifs), et plus<br />

récemment Mbappé : tous se sont<br />

heurtés au gardien de l’équipe de<br />

Suisse, excellent dans cet exercice.<br />

Pourtant, tout au long de sa<br />

carrière, on a reproché au Suisse<br />

un élément sur lequel il n'avait<br />

aucune influence: ses 1m83. Ainsi,<br />

on a prétendu qu'il serait trop<br />

petit pour faire partie de la classe<br />

des cinq ou dix «top-gardiens»,<br />

ceux dont les arrêts spectaculaires<br />

font le tour des réseaux sociaux,<br />

ceux qui figurent dans le<br />

classement du Ballon d’Or et<br />

suscitent des vocations chez les<br />

plus jeunes.<br />

La question de sa taille a pris<br />

particulièrement d’ampleur<br />

lorsqu'il a signé au Bayern Munich,<br />

à l’hiver 2023. Lors de la défaite 3-0<br />

face à Manchester City lors du<br />

match aller des quarts de finale de<br />

la Ligue des Champions, les<br />

journalistes et consultants<br />

allemands ont préféré se focaliser<br />

sur la taille du gardien du Bayern<br />

plutôt que d'analyser les lacunes<br />

défensives du Rekordmeister.<br />

Ainsi, Roman Weidenfeller a<br />

affirmé, en discutant du tir de<br />

Rodri ayant amené l’ouverture du<br />

score, que Manuel Neuer aurait<br />

arrêté le tir et «qu'il ne manquait<br />

que dix centimètres à Yann<br />

Sommer». Le gardien a tout de<br />

même été défendu par son<br />

entraîneur Thomas Tuchel, qui a<br />

répondu de manière ironique que<br />

«si Yann était plus grand de trente<br />

centimètres et avait été<br />

positionné dans l’angle du but<br />

avant, il aurait arrêté le but».<br />

Mais en y regardant de plus près,<br />

on peut se demander si les<br />

critiques sur la taille du gardien de<br />

l’équipe nationale ne sont pas<br />

plutôt une conséquence d’un<br />

certain complexe de supériorité<br />

allemand, certains observateurs<br />

n’appréciant pas que l’on<br />

remplace la légende Manuel<br />

Neuer par un Suisse. Murat Yakin<br />

n’a en tout cas pas du tout goûté à<br />

l’attitude du Bayern envers le<br />

portier, affirmant qu’il avait été<br />

«traîné dans la boue». Ainsi, si sur<br />

le fond, tous les observateurs<br />

s’accordent à dire que Yann<br />

Sommer n’a pas réalisé de<br />

prestations particulièrement<br />

marquantes au Bayern, il a fait le


Photo: Inter Milan<br />

travail. À l’issue du championnat,<br />

le Bayern a notamment réussi à<br />

conserver son titre (certes<br />

miraculeusement), alors qu’une<br />

élimination contre la machine de<br />

Guardiola en Ligue des<br />

Champions n’a rien de<br />

déshonorant.<br />

Il ne faut pas oublier non plus que<br />

le gardien de la Nati est arrivé<br />

alors que le club bavarois<br />

traversait une crise importante,<br />

dans une période où il n’a pas été<br />

loin de perdre le titre pour la<br />

première fois depuis 2012. Yann<br />

Sommer s’est également retrouvé<br />

au milieu de jeux de pouvoir entre<br />

Manuel Neuer et l’entraîneur<br />

Julian Nagelsmann, licencié peu<br />

de temps après l’arrivée du Suisse.<br />

À l’arrivée, cette demi-saison en<br />

Bavière aura été contrastée pour<br />

Yann Sommer. D’un côté, il aura<br />

pu décrocher, à trente-quatre ans,<br />

sa première Bundesliga. Une<br />

magnifique récompense après 291<br />

matchs dans l’élite allemande.<br />

D’un autre côté, il n’aura jamais<br />

totalement réussi à faire taire les<br />

critiques à son encontre. Pire<br />

encore, son passage contrasté a<br />

peut-être fragilisé pour la<br />

première fois son statut en équipe<br />

nationale. D’autant plus que ses<br />

prestations à la Coupe du Monde<br />

2022 (qu’il a jouée en n'étant pas<br />

encore totalement rétabli) et<br />

depuis en qualifications pour<br />

l’Euro sont moins bonnes que ses<br />

standards.<br />

Yann Sommer figure en<br />

tête du classement du<br />

plus grand<br />

pourcentage d’arrêts<br />

(82,8%), ainsi que du<br />

plus grand nombre de<br />

clean sheets (7) de<br />

Serie A !


La renaissance à l’Inter<br />

Depuis son engagement à l’Inter<br />

de Milan au mois d’août 2023,<br />

Yann Sommer brille. À l’heure où<br />

nous écrivons ces lignes, il a réussi<br />

à garder ses cages inviolées neuf<br />

fois en quinze matchs (un record<br />

pour un gardien du top 5) et<br />

présente le deuxième meilleur<br />

pourcentage d’arrêts en Ligue des<br />

Champions, derrière un certain…<br />

Gregor Kobel. Autant sur le terrain<br />

qu’en dehors, Yann Sommer a<br />

déjà convaincu son monde. Il faut<br />

dire pourtant qu’un certain<br />

scepticisme régnait lors de son<br />

arrivée en Lombardie, notamment<br />

dans les médias italiens, pas<br />

vraiment connus pour leur<br />

bienveillance.<br />

La Gazzetta décrivait toutefois<br />

récemment le Suisse de manière<br />

assez élogieuse: «Certains seront<br />

peut-être surpris par ce record<br />

(plus grand nombre de clean<br />

sheets), car les deux premiers<br />

mois<br />

de Sommer à l’Inter Milan n’ont<br />

pas été parsemés de dizaines<br />

d’arrêts sensationnels. Les<br />

données, cependant, ne mentent<br />

pas et en championnat, il n’a<br />

encaissé de but que contre Milan,<br />

Sassuolo et Bologne, toujours à<br />

domicile. La vérité est que le<br />

Suisse est un gardien de but<br />

solide, attentif et expérimenté et<br />

qu’en plus, il profite au maximum<br />

d’une équipe qui, collectivement,<br />

se montre constante et attentive<br />

même lorsqu’elle n’a pas le<br />

ballon.»<br />

En Ligue des Champions, il a<br />

largement contribué à la<br />

qualification des Nerazzurri,<br />

réalisant quelques-unes des<br />

parades dont il a le secret (il est le<br />

quatrième gardien ayant réalisé le<br />

plus d’arrêts, le classement étant<br />

mené par Anthony Racioppi). En<br />

championnat, son équipe est bien<br />

partie pour jouer le titre. Yann<br />

Sommer figure en tête du<br />

Photo: Inter Milan<br />

À bientôt 35 ans, Yann Sommer cartonne à l’Inter Milan.


classement du plus grand<br />

pourcentage d’arrêts (82,8%), ainsi<br />

que du plus grand nombre de<br />

clean sheets (7) en Serie A.<br />

Il bénéficie de plus de la confiance<br />

de son entraîneur, de ses<br />

coéquipiers et des fans intéristes,<br />

raison pour laquelle il performe<br />

régulièrement. Il a également su<br />

se remettre en question après son<br />

passage raté au Bayern et profite<br />

d’une excellente collaboration<br />

avec Gianluca Spinelli, l'entraîneur<br />

des gardiens, arrivé lui aussi cet<br />

été. Yann Sommer a retrouvé la<br />

sérénité en Italie, et c’est une<br />

excellente nouvelle pour notre<br />

équipe nationale.<br />

Un statut en sélection nationale<br />

jamais contesté. Jusqu’à<br />

maintenant ?<br />

Un homme reste toutefois attentif<br />

au destin de Yann Sommer et<br />

ronge son mal en patience. Vicecapitaine<br />

du Borussia Dortmund,<br />

désigné deux fois d’affilée comme<br />

meilleur gardien de Bundesliga et<br />

récemment annoncé au Bayern,<br />

Gregor Kobel cache de moins en<br />

moins ses ambitions de prendre à<br />

court terme le poste de Yann<br />

Sommer, comme le confirmait au<br />

mois d’août l’entraîneur national<br />

des gardiens, Patrick Foletti, à<br />

Watson: «On sent qu'il pousse<br />

pour devenir rapidement le<br />

numéro 1. C'est d'ailleurs l'attitude<br />

que j'attends de lui. Mais j'espère<br />

la même chose de Jonas Omlin,<br />

Yvon Mvogo ou Philipp Köhn. (...)<br />

Du point de vue du caractère,<br />

Gregor est celui qui formule ses<br />

idées et ses souhaits un peu plus<br />

clairement que tous les autres.»<br />

Ceux qui auront regardé le<br />

documentaire de la SSR The<br />

Pressure Game, consacré à la<br />

Coupe du monde 2022, auront<br />

d’ailleurs pu observer la facette<br />

ambitieuse et le caractère parfois<br />

ombrageux du Zurichois, mis en<br />

concurrence avec Jonas Omlin<br />

pour le poste de numéro deux.<br />

Mais attention toutefois à ceux qui<br />

veulent faire le grand ménage: il<br />

est peu probable que le héros<br />

national Sommer soit poussé à la<br />

sortie avant qu’il ne l’ait décidé.<br />

Roman Bürki s’était en son temps<br />

cassé les dents sur le l’ancien<br />

bâlois, raison pour laquelle il a<br />

claqué la porte de l’équipe<br />

nationale. Alors que plusieurs<br />

médias ont timidement<br />

commencé à ouvrir le débat sur le<br />

poste de numéro un, le<br />

sélectionneur national a<br />

récemment confirmé que Yann<br />

Sommer resterait le titulaire dans<br />

les cages. Yann Sommer devra<br />

néanmoins continuer à aligner les<br />

bonnes performances à l’Inter s’il<br />

veut être assuré de disputer l’Euro<br />

2024 avec l’étiquette du titulaire.<br />

7<br />

clean sheets


Photo: Inter Milan


Daniel Romano<br />

Journaliste<br />

blue Sport<br />

L’avis de<br />

L’export<br />

J’adore jouer aux jeux de foot fantasy. Construire mon équipe idéale avec un<br />

budget limité, m’imaginer directeur sportif puis entraîneur virtuel chaque saison.<br />

Généralement je choisis toujours mon no 9 en premier. Cette saison j’ai changé<br />

mes habitudes. J’ai commencé par mon gardien : Yann Sommer. Il fallait que ce<br />

soit lui. Il était inconcevable que l’ancien Bâlois garde les buts d’une autre équipe<br />

que la mienne. Le dernier rempart de la Nati a été mon premier choix. J’ai cassé<br />

ma tirelire. Je suis fauché. Mais ravi. Et pas étonné par ses prestations formidables.<br />

Blanchissages à gogo<br />

Je vous vois venir: «Romano, c’est facile de parler après coup». C’est vrai, je vous<br />

l’accorde. Mais laissez-moi vous convaincre et vous expliquer pourquoi tout ceci<br />

était prévisible. D’abord, l’Inter se trompe rarement sur ses choix de gardiens<br />

(Zenga, Pagliuca, Toldo, Frey, Julio Cesar et bien d’autres). La preuve, la saison<br />

dernière, le club lombard a pris André Onana gratuitement avant de le revendre<br />

plus de 55 millions bonus compris à Manchester United après 12 mois seulement.<br />

André Onana, un gardien charismatique, parfois plus spectaculaire qu’efficace, fort<br />

au pied, capable de jouer le rôle de premier relanceur. Mais sincèrement, qui n'a<br />

jamais plissé les yeux ou serré les dents - ou les deux en même temps - juste avant<br />

que le Camerounais ne contrôle le ballon des pieds ? Yann Sommer c’est André<br />

Onana en mieux. Moins extravagant, moins spectaculaire, mais plus propre et<br />

meilleur au pied. Il a choisi la simplicité et l’efficacité au lieu du spectacle. Un choix<br />

qui lui permet d’être plus régulier et de dégager davantage de sérénité. Une<br />

tranquillité qui lui permet d’enchaîner les blanchissages. Elle lui permet aussi<br />

d’avoir autant de clean sheets en 12 matches de Serie A qu’Onana sur l’ensemble<br />

de la saison dernière. Franchement, 8 blanchissages et seulement 5 buts encaissés<br />

en 12 rencontres, c’est formidable.<br />

Et puis, honnêtement, garder un but derrière Bastoni, De Vrij, Acerbi, Di Marco et<br />

Barella qui vient souvent chercher le ballon très bas, c’est quand même plus facile<br />

qu’avec Maguire, Evans ou Lindelöf. On sait toujours ce qu’on a chez soi. On ne sait<br />

jamais ce qu’on trouvera ailleurs. Onana a dû s’en rendre compte à Manchester.<br />

Mais ça, c’est une autre thématique. Yann Sommer a montré du respect à sa<br />

défense, et il a gagné la reconnaissance individuelle de chaque défenseur en<br />

retour. Résultat : on a la sensation qu’il est au club depuis des années. La simplicité<br />

paie, encore une fois.<br />

Le Bayern lui a manqué de respect<br />

Cette sérénité dont je vous parle, c’est un sentiment que le natif de Morges<br />

semblait avoir perdu au Bayern. Quand je le regarde aujourd’hui, je le sens serein,<br />

bien dans ses crampons, sûr de ses qualités. L’une des explications vient de la


confiance reçue de la part des dirigeants nerazzurri. Il a été choisi pour être le<br />

gardien titulaire de l’Inter vice-championne d’Europe. Point. En Bavière, il était le<br />

numéro un, «parce que le vrai titulaire était blessé». Il a été le numéro un «en<br />

attendant le retour du vrai gardien du Bayern». Comment voulez-vous travailler<br />

sereinement si on vous rappelle sans arrêt que vous n’êtes là que pour remplacer<br />

quelqu’un ? Mentalement, c’est de la torture.<br />

Sommer est un footballeur très professionnel, très méticuleux. Il fait attention à<br />

tous les petits détails. Il ne laisse rien au hasard. Mais il reste un être humain, avec<br />

ses faiblesses, ses doutes, ses interrogations. Pour retrouver la tranquillité il fallait<br />

partir où on lui témoignerait une réelle confiance.<br />

L’homme-clé<br />

Une confiance retrouvée aussi grâce à l’arrivée à Milan de Gianluca Spinelli, 56 ans,<br />

entraîneur des gardiens mondialement connu. Ancien coach des derniers<br />

remparts à Chelsea sous Conte et de la sélection italienne (Conte et Ventura), le<br />

Milanais est rentré chez lui après 5 ans au PSG où il a notamment travaillé avec<br />

Donnarumma, Trapp, Areola, Buffon, Navas et Rico, pour Tuchel, Pochettino et<br />

Galtier. Pour tout Italien, c’est le roi des coaches des gardiens, c’est ce qui se fait de<br />

mieux au monde actuellement, c’est quelqu’un qui sait prendre en considération<br />

le sportif mais aussi l’homme. Et ça se voit dans la transformation de Yann<br />

Sommer et dans cette sérénité retrouvée. C’est comme si Spinelli lui avait ouvert le<br />

cerveau pour lui intégrer cette dose de confiance qu’il avait perdue. Quand j’ai su<br />

que l’arrivée de l’ancien Bâlois à l’Inter coïncidait avec l’arrivée de Spinelli, je me<br />

suis dit: «jackpot».<br />

La pièce manquante du puzzle<br />

L’été dernier, quand les confrères italiens dubitatifs m’ont appelé pour me<br />

demander mon avis sur l’arrivée de Yann Sommer à l’Inter, ils avaient besoin d’être<br />

apaisés. Les tifosi, eux aussi, avaient besoin d’être rassurés. Il faut dire que malgré<br />

tout, ils avaient vécu une saison formidable avec leur gardien camerounais dans<br />

les buts, qui les avait notamment emmenés en finale de Champions League<br />

contre Manchester City à Istanbul.<br />

Voici ce que – en gros – je leur avais répondu: Yann Sommer est un gardien décisif.<br />

Il te sortira des arrêts importants dans les moments clé d’un match. Il prendra peu<br />

de buts. Il t’apportera des points au classement. Il est propre et pragmatique. Il<br />

sera ton premier relanceur. Il correspond parfaitement au jeu proposé par Simone<br />

Inzaghi. Il n’est pas le plus grand gardien en taille, il n’est plus tout jeune, mais il<br />

compensera cela par sa tranquillité et son aura. Après l’arrivée de Thuram, c’était la<br />

pièce manquante du puzzle. Ce sera ton meilleur transfert cet été. Si avec cette<br />

défense, dans ce club, ça a fonctionné avec Onana, alors ça ne peut que<br />

fonctionner au moins aussi bien voire mieux avec Sommer. C’était valable en<br />

juillet. Ça l’est toujours autant aujourd’hui.


Photo: Dylan Oppliger


Photo: Newcastle<br />

FABIAN SCHÄR, LE<br />

PARADOXE<br />

Alors qu'il est indiscutable au sein de l'une des meilleures équipes de<br />

la Premier League, Fabian Schär déçoit en équipe de Suisse.<br />

Comment expliquer ce paradoxe ?<br />

Le 4 octobre 2023, Newcastle<br />

recevait le Paris Saint-Germain à<br />

l'occasion de la deuxième journée<br />

de la phase de poule de la Ligue<br />

des champions. Dans les dernières<br />

minutes du match, alors que les<br />

Anglais donnaient une leçon au<br />

PSG, Fabian Schär récupère un<br />

ballon au milieu de terrain,<br />

combine avec un attaquant avant<br />

de trouver la lucarne droite de<br />

Donnaruma sur une magnifique<br />

frappe. Grâce à cette réalisation, le<br />

défenseur suisse conclu la grande<br />

performance de son équipe et<br />

plonge le Paris SG dans le doute<br />

(4-1). Pourtant, onze jours plus tard,<br />

Fabian Schär était l'auteur d'une<br />

prestation défensive désastreuse<br />

sous le maillot de l'équipe de<br />

Suisse contre la Biélorussie (3-3).<br />

C'était le dernier match en date<br />

d'une longue série de rendez-vous<br />

complètement manqués pour le<br />

joueur de 31 ans avec la Nati. La<br />

tendance se confirme: excellent<br />

avec Newcastle, Fabian Schär n'est<br />

que l'ombre de lui-même sous les<br />

couleurs helvétiques.<br />

Le patron à Newcastle<br />

Arrivé à Newcastle en 2018 pour<br />

quatre millions d'euros, il a fallu du<br />

temps à Fabian Schär pour<br />

s'imposer en Angleterre. De 2018 à<br />

2022, le défenseur a joué entre 18


et 25 matchs par saison. Les<br />

blessures, la rude concurrence et<br />

certaines baisses de niveau en sont<br />

les raisons. Mais pendant que<br />

beaucoup se sont cassé les dents<br />

en Premier League, Fabian Schär a<br />

persévéré et fini par convaincre.<br />

Lors de la saison 2022-23, au<br />

moment où Newcastle terminait<br />

quatrième du championnat<br />

anglais, le Suisse n'a manqué que<br />

deux rencontres. Il a excellé tout<br />

au long de la saison, Newcastle<br />

figurant comme le meilleur bilan<br />

défensif de la saison avec<br />

Manchester City (33 buts<br />

encaissés). Incontournable dans la<br />

défense centrale aux côtés du<br />

Néerlandais Sven Botman, Schär a<br />

ravi les supporters du club.<br />

L'international suisse est resté sur<br />

les mêmes bases depuis le début<br />

de la saison 2023-24. L'ancien<br />

joueur d'Hoffenheim a joué toutes<br />

les minutes possibles en Premier<br />

League (12 matchs). Il a également<br />

retrouvé la Ligue des champions<br />

pour la première fois depuis 2015,<br />

lorsqu'il jouait au FC Bâle. Dans le<br />

groupe de la mort, Newcastle et<br />

Fabian Schär bataillent contre le<br />

Paris SG, l'AC Milan et le Borussia<br />

Dortmund pour une place en<br />

huitième de finale.<br />

S'imposer dans un contexte<br />

comme celui de Newcastle est une<br />

sacrée performance. Le club est<br />

devenu l'une des plus grandes<br />

puissances financières d'Europe<br />

depuis son rachat par les<br />

Saoudiens en octobre 2021. Entre<br />

Alexander Isak (70 millions),<br />

Sandro Tonali (64 millions),<br />

Anthony Gordon (45 millions),<br />

Harvey Barnes (44 millions) ou<br />

encore Bruno Guimaraes (42<br />

millions), les Magpies ont investi<br />

massivement mais<br />

intelligemment. Malgré ce budget<br />

conséquent, le club n'a pas<br />

cherché à remplacer le natif de Wil<br />

(SG), qui est indiscutable aux yeux<br />

du coach Eddie Howe.<br />

En parallèle de ce succès, Fabian<br />

Schär connaît des jours plus<br />

compliqués sous le maillot de<br />

l’équipe de Suisse. Depuis plus de<br />

deux ans maintenant, les<br />

apparitions du joueur avec la Nati<br />

sont très loin des attentes, au point<br />

que les supporters ne semblent<br />

plus lui accorder leur confiance.<br />

Fabian Schär a connu sa première<br />

sélection en août 2013, au Parc<br />

Saint-Jacques, face au Brésil (1-0).<br />

En septembre de la même année,<br />

il marquait son premier but, puis<br />

quatre jours plus tard un doublé<br />

contre la Norvège. Après ses<br />

débuts en fanfare, l’ancien Bâlois<br />

est devenu petit à petit<br />

incontournable dans la défense<br />

helvétique, où il a été titulaire de<br />

2014 à 2021. Grâce à sa vision du<br />

jeu, ses longs ballons pouvant<br />

couper les lignes et son sens de<br />

l’anticipation, Schär a conquis le<br />

cœur des supporters suisses. Sous<br />

les ordres de Vladimir Petkovic, et<br />

aux côtés de Johan Djourou, il a<br />

réalisé un Euro 2016 excellent,<br />

inscrivant notamment le but de la<br />

victoire contre l’Albanie. Au total, il<br />

compte 78 sélections avec la Nati,<br />

ce qui fait de lui le sixième joueur<br />

actif le plus capé.<br />

Le vent a commencé à tourner lors<br />

de l’Euro 2020, lorsque Fabian<br />

Schär a été aligné dans une<br />

défense à trois avec Manuel Akanji<br />

et Nico Elvedi face à l’Italie.<br />

Balayée 3-0 par les futurs<br />

vainqueurs de la compétition,<br />

Fabian Schär passe complètement


à côté de sa rencontre. Une<br />

performance qui lui coûtera sa<br />

place de titulaire pour le reste de la<br />

compétition. Il inscrira malgré tout<br />

l’un des tirs au but victorieux<br />

contre la France.<br />

À son arrivée sur le banc de la<br />

sélection suisse, après l’Euro en<br />

2021, Murat Yakin a réinstauré une<br />

défense à quatre, au détriment de<br />

Fabian Schär. L’ancien coach du<br />

FC Bâle a toujours privilégié Nico<br />

Elvedi au joueur de Newcastle. À<br />

juste titre, le défenseur du Borussia<br />

Mönchengladbach déçoit<br />

rarement. Néanmoins, Schär a eu<br />

l’occasion de jouer régulièrement<br />

en raison des fréquentes blessures<br />

de son coéquipier. Mais il n’a pas<br />

su en profiter pour bousculer la<br />

hiérarchie.<br />

Lors des qualifications pour les<br />

compétitions internationales,<br />

contre l’Italie en novembre 2021 (1-<br />

1), contre le Kosovo en septembre<br />

dernier (2-2) ou contre la<br />

Biélorussie lors du dernier<br />

rassemblement (3-3), Schär est<br />

passé complètement à côté de ses<br />

rendez-vous, mettant en danger<br />

l’équipe par ses errements<br />

défensifs. Son plus gros échec<br />

reste probablement son match<br />

contre le Portugal en huitième-definale<br />

de la Coupe du monde 2022<br />

(6-1). Titulaire à la place de Elvedi,<br />

malade, il a vécu une soirée<br />

cauchemardesque et est sorti à la<br />

Photo: Newcastle<br />

Selon Fabian Schär, les performances de sa saison 2022/23 furent les<br />

meilleures de sa carrière.


pause, alors que le Portugal<br />

menait déjà 2-0. Murat Yakin s’est<br />

exprimé après coup en expliquant<br />

regretter sa décision de l’avoir<br />

aligné, car il n’était pas en forme<br />

physiquement.<br />

Peut-on encore retrouver<br />

«l’ancien» Fabian Schär ?<br />

Il est difficile d’expliquer une telle<br />

différence de niveau de jeu,<br />

surtout après tant d’années de<br />

réussite. C’est bien le paradoxe.<br />

Fabian Schär était à son aise en<br />

équipe nationale lorsqu’il n'était<br />

pas forcément en confiance en<br />

club. Aujourd’hui, alors qu'il est au<br />

plus haut au quotidien, il ne<br />

convainc plus avec la Suisse. Son<br />

dernier but remonte à 2019, lui qui<br />

en compte huit en sélection.<br />

Est-ce que Murat Yakin est le<br />

coupable ? Il faut dire que la baisse<br />

de forme du défenseur coïncide<br />

avec l’arrivée du coach à la tête de<br />

l’effectif. A contrario, c’est ce<br />

même coach qui a lancé le<br />

défenseur suisse au FC Bâle.<br />

L’incompatibilité pourrait-elle être<br />

uniquement tactique ? Peut-être<br />

que le jeu parfois très offensif de<br />

Schär, qui n’hésite pas à monter<br />

renforcer l’attaque, ne convient<br />

pas aux principes de Yakin, pour<br />

qui les certitudes défensives<br />

importent beaucoup. Peut-être<br />

que le défenseur peine également<br />

à accepter le rôle confié par son<br />

manager qui a très vite privilégié<br />

Nico Elvedi.<br />

ainsi à l’erreur. Ce manque de<br />

concentration se ressent, et le<br />

constat est bien là.<br />

Fabian Schär n’est pas le premier<br />

joueur à vivre une mauvaise passe<br />

en équipe nationale. D’autres<br />

brillants en club sont dans une<br />

situation similaire comme Lautaro<br />

Martinez (Inter Milan – Argentine),<br />

Vinicius Junior (Real Madrid –<br />

Brésil) ou encore Kevin de Bruyne<br />

(Manchester City – Belgique).<br />

L’ancien chouchou des supporters<br />

suisses manque à l’équipe de<br />

Suisse. Cependant, la concurrence<br />

à son poste est féroce, et la<br />

jeunesse est bien présente<br />

derrière. À défaut de<br />

performances, il serait peut-être<br />

bon de tourner définitivement la<br />

page du défenseur de Newcastle.<br />

Mais finalement, la réponse<br />

pourrait être beaucoup plus<br />

simple. Il est possible que Fabian<br />

Schär ait perdu toute confiance en<br />

son jeu en équipe nationale en<br />

perdant sa place dans le onze. Un<br />

facteur qui fait que le défenseur se<br />

met trop de pression et le pousse


Photo: Newcastle


SUPER LEAGUE<br />

ANEL HUSIC<br />

LE ROC DE<br />

LAUSANNE-SPORT


Photo: Lausanne-Sport


Photo: Lausanne-Sport<br />

e jeune défenseur<br />

central du Lausanne-<br />

Sport, Anel Husic, est<br />

devenu l'un des<br />

Lespoirs défensifs<br />

importants de Super League<br />

cette saison. L’ancien<br />

international suisse des moins de<br />

21 ans a gagné en maturité et en<br />

régularité. Jusqu’où peut-il aller?<br />

À seulement 22 ans, il est déjà un<br />

pilier au sein de l'équipe vaudoise.<br />

Intronisé dans l’équipe première<br />

du LS lors de la saison 2021-22, Anel<br />

Husic est devenu un joueur<br />

indispensable de la défense du<br />

club vaudois en l'espace de douze<br />

mois contribuant ainsi à la<br />

remontée en Super League. «Anel<br />

s'est adapté à la première équipe<br />

de manière très rapide et fluide. Il<br />

a été propulsé sur le terrain et a<br />

pu enchaîner, car il avait été très<br />

performant. À l'époque, c'est<br />

Monsieur Souleymane Cissé qui<br />

avait vraiment poussé pour<br />

qu'Anel puisse intégrer la première<br />

équipe du LS», précise Ismaël<br />

Piller, agent de Gold Kick SA<br />

représentant le défenseur vaudois.<br />

Aujourd’hui, l’imposant défenseur<br />

central est destiné à un avenir<br />

prometteur pour la suite de sa<br />

carrière.<br />

Né à Yverdon-les-Bains, il a grandi<br />

dans la ville thermale et a joué au<br />

football dans le Nord-vaudois<br />

jusqu'à la catégorie M15, avant de<br />

rejoindre le Team Vaud à<br />

Lausanne. En parallèle de ses<br />

études pour obtenir un CFC<br />

d'employé de commerce, Husic a<br />

beaucoup travaillé pour atteindre<br />

un niveau de jeu suffisant pour<br />

intégrer l'équipe première de<br />

Anel Husic a débuté 13 des 14 matchs de<br />

Lausanne Sport cette saison.<br />

Photo: Lausanne-Sport<br />

Lausanne. «Il a toujours été parmi<br />

les bons joueurs, mais il a<br />

beaucoup travaillé pour se<br />

démarquer. Anel a la chance<br />

d'avoir des caractéristiques<br />

favorables et recherchées: il est<br />

grand et possède une bonne patte<br />

gauche», commente son agent. Le<br />

jeune défenseur a rapidement<br />

gagné la confiance de son<br />

entraîneur de l’époque, Ilja<br />

Borenovic qui l’a lancé en Super<br />

League. Ismaël Piller jette un<br />

regard lucide sur le début de<br />

carrière de son protégé: «Sa<br />

première saison était vraiment<br />

très bonne, mais<br />

malheureusement coupée par<br />

une blessure. La deuxième, avec<br />

Ludovic Magnin en Challenge<br />

League, était plus compliquée<br />

pour lui sur le plan individuel. Mais<br />

cette saison l’a fait grandir et il a<br />

désormais franchi un cap.»


Une sérénité impressionnante<br />

Pour franchir cap, Anel Husic a pu<br />

s’appuyer sur les certitudes de son<br />

style de jeu. Il possède toutes les<br />

caractéristiques d'un défenseur<br />

robuste venu de l’Est. Avec sa<br />

stature imposante de 1m89, il<br />

excelle naturellement dans le jeu<br />

aérien, grâce à un excellent jeu de<br />

tête, mais aussi à un sens aigu de<br />

l'anticipation. Au sein de la<br />

défense, il étonne par sa sérénité,<br />

que ce soit avec ou sans ballon,<br />

une qualité rare et prometteuse à<br />

son jeune âge. «J'aime aller au<br />

contact, m'imposer physiquement,<br />

quitte à intervenir de manière<br />

robuste si nécessaire. Si le ballon<br />

passe, le joueur ne passe pas», a-til<br />

déclaré lors d'une interview<br />

accordée au 24 Heures. Mais, le<br />

défenseur de 22 ans se distingue<br />

également par ses relances,<br />

rappelant parfois un certain Fabian<br />

Schär, avec des passes longues<br />

précises ainsi qu'une bonne vision<br />

du jeu. «C’est un profil qui attire<br />

l’œil et est particulièrement<br />

recherché dans le football<br />

moderne. Sa principale qualité est<br />

avec le ballon. Il a un jeu de passes<br />

au-dessus de la moyenne, que ce<br />

soit dans le jeu court ou le jeu<br />

long, avec cette capacité à briser<br />

les lignes par une passe»,<br />

commente son agent.<br />

Suisse et j'ai vécu toute ma vie ici.<br />

Pour ce qui est de l'avenir et d'un<br />

éventuel choix définitif, chaque<br />

chose en son temps», a-t-il précisé<br />

sur le site de la SFL au moment<br />

d'annoncer sa décision. Tant qu'il<br />

n'a pas joué de matchs officiels<br />

avec l'équipe nationale senior, il<br />

conserve la possibilité de changer<br />

de maillot. À ce sujet, Ismaël Piller<br />

se montre très transparent: «Anel a<br />

grandi en Suisse et a été formé ici.<br />

Il y a un avantage pour l’équipe de<br />

Suisse. Mais nous n’avons pas, du<br />

moins pas encore, fermé la porte à<br />

la Bosnie. Sportivement, la<br />

concurrence est plus forte avec la<br />

Nati, car il y a de très bons profils<br />

dans les sélections A et M21. Nous<br />

croyons aux chances d’Anel. Il a<br />

l’avantage d’être un profil différent<br />

des autres.»<br />

Photo: Lausanne-Sport<br />

Anel Husic a prouvé ses qualités<br />

non seulement avec son club, mais<br />

aussi avec l'équipe nationale M21.<br />

En octobre 2021, il a été convoqué<br />

par l'équipe de Suisse des moins<br />

de 21 ans, ainsi que par l'équipe<br />

nationale M21 de la Bosnie, son<br />

pays d'origine. Le joueur a opté<br />

pour la sélection suisse, du moins<br />

temporairement. «Je suis né en<br />

À 22 ans, il a déjà disputé 73 matchs sous les<br />

couleurs du club vaudois.


Le joueur du LS a célébré sa<br />

première sélection en entrant en<br />

jeu au retour des vestiaires lors du<br />

match contre la Bulgarie M21. Le<br />

défenseur a bénéficié de cinq<br />

titularisations, au cours desquelles<br />

il a marqué son premier but, d’une<br />

tête puissante contre la Moldavie.<br />

Malheureusement, le joueur<br />

vaudois n'a pas été convoqué par<br />

Patrick Rahmen pour l'Euro M21<br />

durant l’été 2023. «C’est toujours<br />

compliqué pour un jeune joueur<br />

ambitieux d’encaisser le coup<br />

dans ce genre de situation. Il était<br />

forcément déçu. Mais Anel a<br />

surtout souffert de la période de<br />

janvier à mars 2023 où il a été sur<br />

le banc, parfois de manière<br />

injustifiée à mon sens. Finalement,<br />

toutes ces épreuves lui ont permis<br />

une certaine remise en question. Il<br />

a affronté ces moments avec<br />

bravoure et travail et il est<br />

aujourd’hui un meilleur joueur<br />

qu’il y a 6 mois», ajoute l’agent de<br />

Gold Kick.<br />

Il devra faire preuve de<br />

persévérance pour intégrer la<br />

sélection de Murat Yakin, en<br />

particulier compte tenu de la forte<br />

concurrence à son poste. Des<br />

joueurs tels qu'Akanji, Schär,<br />

Elvedi, Cömert, Omeragic, Stergiou<br />

et d'autres se disputent les quatre<br />

ou cinq places disponibles. Mais,<br />

Anel Husic possède la qualité<br />

d'être polyvalent, ayant parfois<br />

évolué en tant que latéral sous les<br />

ordres de Ludovic Magnin même<br />

si son poste de prédilection reste<br />

l’axe de la défense.<br />

«Ils me suivent partout, ils sont<br />

toujours là. Cela me donne une<br />

force supplémentaire. (…) Mon<br />

père est d'ailleurs mon supporter<br />

le plus critique. Avec lui, il n'y a pas<br />

de demi-mesure, c'est soit bien,<br />

soit ce n'est pas bien», raconte-t-il<br />

dans une interview accordée au 24<br />

Heures. «Ce sont des gens<br />

formidables. Ils le soutiennent<br />

depuis toujours et se déplacent en<br />

nombre au stade. C’est une famille<br />

très saine où chacun reste à sa<br />

place. C’est très important pour<br />

nous, agents, de nous retrouver<br />

dans les valeurs de la famille de<br />

nos joueurs. Et ici, c’est<br />

complètement le cas», précise<br />

Ismaël Piller.<br />

Avec un contrat valable jusqu’en<br />

2025, Anel Husic devra vite penser<br />

à la suite. Son profil intéresse et<br />

des clubs se sont déjà manifesté.<br />

L’Allemagne, la France, l’Italie et la<br />

Belgique semble être des pistes<br />

possibles. Mais le Suisse n’entend<br />

pas brûler les étapes et se sent très<br />

bien à Lausanne. Il le sait, le<br />

prochain pas ne viendra que s’il<br />

performe avec le LS. Son agent<br />

veut rester concentré sur les<br />

objectifs actuels: «La priorité, c’est<br />

Lausanne. C’est une saison<br />

importante pour Anel et surtout<br />

pour le club qui a un vrai potentiel,<br />

à mon avis. C’est un garçon qui est<br />

suivi par plusieurs clubs, mais<br />

nous verrons cela au moment<br />

venu.» Voilà qui est clair.<br />

Le soutien de sa famille<br />

Pour franchir les prochains paliers,<br />

le défenseur peut compter sur le<br />

soutien indéfectible de ses<br />

premiers supporters: sa famille.


‘Également en possession d’un passeport bosniaque, l’avenir<br />

international du défenseur central reste ouvert.<br />

Photo: Lausanne-Sport


LE CLASSEMENT DES BUTEURS<br />

SAISON 2023/24<br />

1 Chris Bedia 13 matchs 7 buts<br />

2 Kaly Sène 13 matchs 7 buts<br />

3 Jonathan Okita 14 matchs 7 buts<br />

4 Antonio Marchesano 12 matchs 6 buts<br />

5 Sayfallah Ltaief 11 matchs 5 buts<br />

6 Jean-Pierre Nsame 12 matchs 6 buts<br />

7 Matteo Di Giusto 14 matchs 5 buts<br />

8 Varol Tasar 14 matchs 5 buts<br />

9 Tsiy Ndenge 14 matchs 5 buts<br />

10 Chadrac Akolo 13 matchs 5 buts


Photo: Thomas Henzelin


IL ÉTAIT UNE FOIS<br />

Les principaux joueurs de<br />

ce FC Thoune:<br />

Qui se souvient du grand FC<br />

Thoune de la saison 2005-2006, ce<br />

petit club de l'Oberland bernois<br />

qui a brillamment participé à la<br />

Ligue des Champions en 2005 ?<br />

Passés par les qualifications, les<br />

Bernois se sont fait connaître dans<br />

toute l'Europe.<br />

Menés par le recordman du<br />

nombre de matchs en Super<br />

League, Nelson Ferreira, les<br />

outsiders de la compétition ont<br />

d'abord franchi les deux derniers<br />

tours de qualifications en<br />

éliminant le Dynamo de Kiev et le<br />

Malmö FF. C'était déjà un exploit<br />

considérable, surtout face à des<br />

Ukrainiens qui semblaient être les<br />

grands favoris et dont la barre<br />

semblait trop haute pour le FC<br />

Thoune.<br />

José Gonçalves<br />

Mauro Lustrinelli<br />

Nelson Ferreira<br />

Andres Gerber<br />

Pape Omar Faye<br />

Cependant, après avoir terminé à<br />

la deuxième place lors de la saison<br />

2004-2005, les coéquipiers<br />

d'Andres Gerber et du Brésilien<br />

Gelson ont réalisé l'exploit et se<br />

sont offert le rêve de jouer en<br />

Ligue des Champions. Ils se sont<br />

retrouvés dans le groupe d'Arsenal,<br />

de l'Ajax Amsterdam et du Sparta<br />

Prague. Tout autre résultat qu'une<br />

quatrième et dernière place aurait<br />

déjà été une victoire en soi.


Loin d'être ridicules, Thoune a fait<br />

douter Arsenal lors du premier<br />

match et n'a été vaincu que sur le<br />

petit écart de 2-1 à Londres. Puis, le<br />

27 septembre 2005, est arrivée<br />

cette victoire historique contre le<br />

Sparta Prague, 1-0 au stade de<br />

Suisse, le Wankdorf. Oui, car le<br />

stade du Lachen n'était pas<br />

homologué pour l'Europe, et son<br />

successeur, la Stockhorn Arena, ne<br />

sera construit que plusieurs<br />

années plus tard.<br />

Ce soir-là, c'est Selver Hozdic qui a<br />

délivré tout un club, toute une ville,<br />

toute une région. Le résultat est<br />

légendaire, et le FC Thoune tient là<br />

le premier succès de son histoire<br />

en Ligue des Champions.<br />

Une qualification pour les<br />

huitièmes de finale semblait tout à<br />

coup possible ?<br />

Non, car trois défaites<br />

consécutives, dont deux contre<br />

l'Ajax et une à domicile contre<br />

Arsenal, ont mis à mal la défense<br />

autour du Camerounais Armand<br />

Deumi et de l'Autrichien Arlen<br />

Oman.<br />

Cependant, cette épopée n'a pas<br />

pris fin tout de suite, car l'équipe<br />

du buteur Mauro Lustrinelli<br />

(l'actuel entraîneur du FC Thoune)<br />

a accroché Prague au match<br />

retour. Grâce notamment aux buts<br />

de l'ancien international suisse, les<br />

Bernois ont été repêchés en<br />

Coupe de l'UEFA et ont trébuché<br />

au tour suivant de justesse face au<br />

Hambourg SV malgré une<br />

nouvelle victoire à domicile.<br />

Le club reviendra d'ailleurs plus<br />

tard sur la scène internationale<br />

sous les ordres d'un certain Urs<br />

Fischer, mais ceci est une autre<br />

histoire.


Photo: Dylan Oppliger


La Coupe<br />

de Suisse<br />

fait-elle<br />

toujours<br />

rêver ?<br />

h, l'odeur de la Coupe !<br />

Celle des saucisses<br />

grillées lors d'un<br />

dimanche ensoleillé aux<br />

abords d'un petit Aterrain de campagne,<br />

l'enthousiasme des jeunes du club<br />

qui courent sur la pelouse une fois le<br />

match terminé pour obtenir une<br />

photo avec les stars du football<br />

professionnel, et les amateurs qui se<br />

préparent toute la semaine après<br />

leur travail quotidien dans l'espoir,<br />

peut-être, de réaliser un exploit.


Photo: Thomas Henzelin


La Coupe de Suisse, c'est ce<br />

moment si particulier dans la vie<br />

du passionné de football du pays.<br />

C'est le moment où l'équipe de son<br />

village, où peut-être jouent<br />

certains de ses amis, affronte une<br />

équipe de la Super League. La<br />

Coupe de Suisse, c'est aussi ce<br />

moment où l'on célèbre le football,<br />

que son équipe ait subi une défaite<br />

sévère ou qu'elle ait perdu avec<br />

vaillance.<br />

Compétition particulière par<br />

excellence, la Coupe de Suisse<br />

semble vivre depuis quelques<br />

années un déclin d'importance<br />

dans le paysage du football suisse.<br />

Qu'en est-il vraiment ?<br />

Ainsi, les premiers tours de la<br />

Coupe ont même le pouvoir<br />

extraordinaire de calmer les ultras<br />

des grands clubs. Ce sont<br />

probablement les seuls moments<br />

où les ultras du FC Bâle ou de<br />

Grasshoppers peuvent se déplacer<br />

en étant aussi peu encadrés. À vrai<br />

dire, le plus important, et ce qui<br />

fait la magie de la Coupe, ce sont<br />

ces instants d'échange, au<br />

confluent entre le football des<br />

talus et le football de l'élite.<br />

Le journal bernois Der Bund titrait<br />

pourtant en février 2021: «La Coupe<br />

de Suisse perd son âme». La<br />

première raison est cette satanée<br />

pandémie qui a grandement<br />

fragilisé les clubs de l'élite, mais<br />

aussi les formations amateures du<br />

pays, en réduisant<br />

temporairement fortement le<br />

nombre de spectateurs présents<br />

aux abords du terrain. Entretemps,<br />

la situation est revenue à la<br />

normale, et les affluences du<br />

championnat de l'élite sont plus<br />

élevées que dans le monde<br />

d'avant. On peut toutefois<br />

remarquer que le coronavirus a<br />

quand même durablement<br />

fragilisé le football suisse en lui<br />

faisant perdre beaucoup d'argent.<br />

La Coupe de Suisse a mal à son<br />

porte-monnaie<br />

Si la pérennité du championnat est<br />

assurée par les droits TV et les<br />

recettes des compétitions<br />

européennes, la Coupe,<br />

compétition la moins importante<br />

dans la hiérarchie du football<br />

suisse (après les équipes<br />

nationales, les championnats<br />

professionnels et amateurs), a mal<br />

à son porte-monnaie.<br />

Selon Watson, l'Association Suisse<br />

de Football aurait accumulé un<br />

déficit de 1,3 million de francs entre<br />

2019 et 2021 pour la compétition. À<br />

cause des restrictions liées à la<br />

Covid, les finales de 2020 et 2021 se<br />

sont déroulées sans spectateurs,<br />

creusant un trou dans la billetterie.<br />

De plus, la fin du partenariat de<br />

sponsoring principal en 2020, qui<br />

impliquait une compagnie<br />

d'assurance versant près d'un<br />

million de francs chaque année, a<br />

contribué à cette situation.<br />

L'Association Suisse de Football n'a<br />

pas encore trouvé de<br />

remplacement. Il reste donc les<br />

droits de télévision, qui ne sont pas<br />

énormes.<br />

Du côté des clubs, ces difficultés<br />

financières ont pour conséquence<br />

une diminution significative des<br />

primes versées en cas de victoire.<br />

Ainsi, le FC Lugano aurait touché<br />

environ 750'000 francs en tant que<br />

finaliste de la dernière édition.<br />

C'est une somme assez faible<br />

rapportée au nombre de matchs<br />

joués, une fois déduites les primes<br />

pour les joueurs et les frais.


Photo: Thomas Henzelin<br />

Cette saison, Delémont est le petit poucet qui réalise des exploits en<br />

éliminant successivement Saint-Gall et Lucerne.<br />

Les clubs amateurs s'y retrouventils<br />

toujours avec la Coupe de Suisse<br />

? «La Coupe, tu ne la fais pas pour<br />

l'argent», explique Oga Venkat,<br />

président du FC Gland, qui a reçu<br />

le FC Lucerne en 2018 et le<br />

Lausanne-Sport en 2022. «C'est<br />

plutôt une occasion d'organiser<br />

une fête du football. En tant que<br />

club de 2e ligue, la seule façon de<br />

se qualifier pour la compétition est<br />

de remporter la coupe vaudoise,<br />

ce qui n'arrive pas tous les ans.»<br />

Lorsqu'un club amateur parvient à<br />

s'inviter à la table des grands, un<br />

véritable marathon<br />

organisationnel commence. «La<br />

clé du succès, c'est de bien gérer<br />

les buvettes et la billetterie. Ce<br />

sont deux postes qui peuvent faire<br />

que l'événement soit un succès<br />

financier. Il faut garder à l'esprit<br />

qu'avec les frais engagés, la recette<br />

générée lors d'un match de coupe<br />

n'influence pas<br />

fondamentalement le budget<br />

annuel. Aucun club n'est devenu<br />

riche grâce à la Coupe.» Il est donc<br />

essentiel pour le club de s'assurer<br />

de rentrer dans ses frais.<br />

Une organisation conjointe pour<br />

que la fête soit belle<br />

Pour réussir dans l'organisation, un<br />

club amateur doit pouvoir<br />

compter sur un comité et des<br />

bénévoles engagés, sans quoi les<br />

frais peuvent rapidement s'envoler.<br />

Ils peuvent également bénéficier<br />

de l'aide des "grands". Ainsi,<br />

Lausanne avait par exemple mis à<br />

disposition son système de<br />

billetterie au FC Gland. Les petites<br />

attentions envers les supporters<br />

adverses ont également leur<br />

importance. «Nous avions fait<br />

venir de la bière et des saucisses<br />

de Lucerne, ce qui avait été<br />

grandement apprécié par le club<br />

de Suisse centrale, et avions laissé


le LS installer une boutique.» Une<br />

collaboration main dans la main,<br />

gage de réussite.<br />

Restent donc, d'un match de<br />

coupe, les petites anecdotes. «Lors<br />

de la rencontre contre le<br />

Lausanne Sport, Ludovic Magnin<br />

s'était plaint que l'herbe était trop<br />

haute», rigole le président des<br />

«oranges», «alors que nous l'avions<br />

spécialement tondue le matin<br />

même. Je me souviens également<br />

que nous avions organisé un repas<br />

dans les vestiaires pour les joueurs<br />

du FC Lucerne, car ils voulaient<br />

repartir directement après la<br />

rencontre.»<br />

Si une formation de 2e ligue<br />

comme le FC Gland a peu de<br />

chances de rivaliser avec une<br />

équipe professionnelle, tant l'écart<br />

entre le football professionnel et<br />

amateur semble plus grand que<br />

jamais (il faut remonter à la saison<br />

2014-2015 pour trouver trace d'une<br />

équipe amateure en quarts de<br />

finale de la coupe, avec le FC<br />

Buochs de 2e ligue inter), et se<br />

réjouit de la Coupe comme d'une<br />

«fête du football», qu'en est-il des<br />

équipes semi-professionnelles ?<br />

«J’ai l’impression que pour les<br />

clubs semi-professionnels, la<br />

Coupe a pris de l’importance»,<br />

contrebalance Anthony Sirufo,<br />

entraîneur du SR Delémont. «Déjà,<br />

c’est une vitrine pour les joueurs,<br />

qui ont en plus l’occasion de se<br />

confronter à ce qui se fait de<br />

mieux.» On peut dire que le coach<br />

delémontain touche juste,<br />

lorsqu'on repense aux histoires de<br />

Loris Mettler et d’Aurélien<br />

Chappuis, joueurs d'Étoile<br />

Carouge, qui avaient<br />

respectivement obtenu un essai<br />

au FC Saint-Gall et un contrat<br />

(proposition déclinée par Aurélien<br />

Chappuis), après avoir été repérés<br />

lors de matchs de Coupe.<br />

Mais alors, le «petit» y croit-il<br />

toujours ? «Bien sûr qu’on y croit<br />

avant un match de Coupe, tant<br />

cette compétition est particulière,<br />

continue l’entraîneur jurassien. La<br />

Coupe fait partie de nos objectifs à<br />

part entière avant le début de la<br />

saison. Un beau parcours peut<br />

lancer une dynamique dans<br />

l’équipe, même si cette saison,<br />

j’estime que nos matchs nous ont<br />

coûté pas mal de points en<br />

championnat.» L’entraîneur<br />

jurassien a raison d’y croire, car sa<br />

formation qui joue en Promotion<br />

League a réalisé cette saison non<br />

pas un, mais deux exploits, en<br />

sortant consécutivement le FC<br />

Saint-Gall et le FC Lucerne. Deux<br />

des bonnes formations de Super<br />

League. Prochaine étape, la<br />

réception de Servette en février.<br />

Si les matchs de Coupe se jouent<br />

pour la plupart du temps dans une<br />

ambiance festive, certains clubs<br />

peuvent être des victimes<br />

collatérales de rivalité. Ainsi, cette<br />

année, l’Étoile Carouge a<br />

notamment vu son premier tour<br />

être gâché par les agissements de<br />

certains «supporteurs» du club<br />

valaisan, provoqués par d’autres<br />

énergumènes genevois. «C’est vrai<br />

que si nous avions reçu Sion ou<br />

Servette, nous aurions peut-être<br />

été contraints de délocaliser,<br />

explique Oga Venkat. Lorsque<br />

nous avions reçu Lausanne, Nyon<br />

accueillait Servette. La ligue a<br />

programmé ce match le vendredi<br />

soir alors que nous avions joué le<br />

samedi, pour éviter d’avoir les<br />

supporteurs des deux clubs à cinq<br />

kilomètres.»


Reste finalement à se poser la<br />

question de la place de la<br />

compétition pour les clubs de<br />

l’élite. À l’issue de la saison 2023-<br />

2024, le Servette FC aura par<br />

exemple joué au minimum<br />

cinquante-deux matchs: trenteneuf<br />

matchs de championnat et<br />

douze (à quatorze) en Coupe<br />

d’Europe. S’il souhaite remporter la<br />

coupe, il devra y ajouter six<br />

rencontres. Soit près de soixante<br />

matchs (!). Quelle importance<br />

accorder à cette compétition si<br />

spéciale, mais très gourmande en<br />

énergie ?<br />

Si l’équipe du bout du lac a pu se<br />

permettre de faire tourner contre<br />

des équipes inférieures de deux<br />

classes ou plus d’écart dans les<br />

tours préliminaires (qui servent<br />

aussi à roder l’équipe), qu’en serat-il<br />

au stade des quarts de finales<br />

ou des demi-finales, lorsque<br />

l'adversaire est un concurrent de<br />

Super League, et que les points en<br />

championnat peuvent valoir de l’or<br />

dans l’optique d’une qualification<br />

en compétition européenne,<br />

représentant, pour le coup,<br />

beaucoup plus d’un point de vue<br />

financier ?<br />

Vaut-il la peine de mettre en<br />

danger le résultat d’un ou deux<br />

matchs de championnat en<br />

alignant des joueurs fatigués,<br />

surtout lorsque le classement est<br />

tendu, pour passer un tour en<br />

Coupe ? Reste que la Coupe reste<br />

le chemin le plus rapide pour les<br />

clubs de remplir leur armoire à<br />

trophées.<br />

Un format à faire revivre ?<br />

L’Association suisse de football est<br />

consciente que la Coupe doit<br />

évoluer.<br />

C’est pour cela qu’elle a décidé, il y<br />

a peu, d’un tirage «régional» au 1er<br />

tour. Cela a donné de belles<br />

affiches cette saison, avec, par<br />

exemple, Breitenrain, club d’un<br />

quartier de Berne, qui a affronté<br />

Young Boys au Wankdorf devant<br />

plus de 13'000 spectateurs, un<br />

derby du Léman entre Vevey et<br />

Lausanne qui a vu les supporters<br />

de la capitale vaudoise débarquer<br />

en bateau ou une confrontation<br />

genevoise entre Meyrin et<br />

Servette. De vraies fêtes du football<br />

dont raffolent l’Association suisse<br />

de football et les médias. Ce<br />

nouveau mode de tirage au sort,<br />

dont avait bénéficié le FC Gland<br />

l’année passée, enthousiasme Oga<br />

Venkat: «Sans manquer de respect<br />

à qui que ce soit, c’est beaucoup<br />

plus sympa pour nous de recevoir<br />

le Lausanne Sport qu’une équipe<br />

argovienne.»<br />

Après avoir réformé son<br />

championnat, l’Association suisse<br />

de football devra quand même se<br />

poser la question du rôle de la<br />

Coupe de Suisse dans le paysage<br />

du football helvétique. Le fait<br />

qu’elle n’ait toujours pas retrouvé<br />

de sponsor principal est un sujet<br />

d'inquiétudes. La décision des<br />

clubs de la Swiss Football League<br />

d’avoir voulu passer en mode playoff<br />

au printemps 2022<br />

(heureusement retirée depuis)<br />

interroge également quant à la<br />

considération apportée par les<br />

équipes de l’élite à la Coupe,<br />

compétition qui, on le rappelle,<br />

existe depuis 1925.


HORS FRONTIÈRES<br />

Photo: Union Saint-Gilloise


Mohamed Amoura,<br />

la Belgique n’entend qu’amour<br />

Rédaction: Hugo Simon<br />

Au cas où vous auriez oublié<br />

Mohamed Amoura depuis son<br />

départ de Lugano, l’Algérien a<br />

inscrit six buts lors de ses six<br />

derniers matchs et un doublé<br />

face au géant brugeois. Cerise<br />

sur le gâteau: un retourné<br />

acrobatique qui figure déjà parmi<br />

les buts de l’année du<br />

championnat belge. En deux<br />

mois à peine, l’attaquant de<br />

poche a déjà mis la Belgique a<br />

ses pieds et l’Union Saint-Gilloise<br />

craint déjà l’intérêt d’autres clubs<br />

européens durant le mercato<br />

d’hiver. Retour sur un<br />

phénomène que notre<br />

championnat a laissé filer cet été.<br />

blanche. Des chiffres qui sont très<br />

loin de l'efficacité dont il fait<br />

preuve depuis ses débuts à l'Union<br />

Saint-Gilloise. Accrochez-vous:<br />

Speedy Amoura marque toutes les<br />

50 minutes en Jupiler Pro League !<br />

Un but par mi-temps, voilà qui<br />

aurait bien aidé la troupe de Croci-<br />

Torti.<br />

En arrivant en Belgique, on dirait<br />

que Mohamed Amoura a trouvé la<br />

meilleure version de lui-même.<br />

Avec un total de 17 buts en 66<br />

matchs à Lugano, on ne peut pas<br />

dire que le petit attaquant de<br />

poche a marqué l’histoire du club<br />

tessinois. Il faut dire que le joueur<br />

algérien n'entrait pas vraiment<br />

dans les plans de Mattia Croci-<br />

Torti, avec seulement 16<br />

titularisations en 57 matchs lors de<br />

ses deux saisons au sein de<br />

l'effectif de Lugano. Un joueur de<br />

banc tout de même performant<br />

qui affichait un ratio d'un but<br />

toutes les 130 minutes lorsqu'il<br />

évoluait sous la vareuse noire et


La carrière de Mohamed Amoura en quelques chiffres<br />

Matchs<br />

Buts<br />

ES Sétif<br />

45<br />

18<br />

FC Lugano<br />

66<br />

Union<br />

Saint-<br />

Gilloise<br />

9<br />

17<br />

12<br />

Mohamed Amoura<br />

23 ans<br />

Algérie<br />

Union Saint-Gilloise<br />

Total<br />

123<br />

44<br />

13<br />

sélections<br />

4<br />

buts


Photo: Union Saint-Gilloise<br />

En Algérie, certains commencent à comparer Mohamed Amoura à<br />

Mohamed Salah.<br />

Les chiffres montrent que le<br />

Mohamed Amoura qui illumine les<br />

terrains belges depuis le début de<br />

la saison n'est pas vraiment celui<br />

qu'on a connu à Lugano ni celui<br />

que l'Algérie a vu sous le maillot de<br />

l'ES Sétif, son premier club<br />

professionnel. On pourrait ainsi<br />

pointer du doigt un manque de<br />

confiance de la part de ses anciens<br />

entraîneurs lorsque l'on observe le<br />

temps de jeu assez limité dont il a<br />

bénéficié, mais il faut aussi<br />

comprendre qu'un joueur comme<br />

Amoura ne se prête pas à toutes<br />

les tactiques mises en place. La<br />

vitesse étant son atout principal,<br />

c'est un joueur qui apprécie<br />

particulièrement le jeu rapide vers<br />

l'avant, comme en témoigne son<br />

dernier but face au Club de<br />

Bruges. C'est donc aussi un<br />

attaquant plus efficace dans un<br />

schéma en 4-4-2, pouvant ainsi<br />

profiter des espaces créés par<br />

l'attaquant en pivot. Dans le trio<br />

d'attaque de Croci-Torti, Amoura<br />

était souvent placé sur l'aile, une<br />

position dans laquelle le natif de<br />

Jilel est bien moins efficace. Il<br />

semblait bien difficile de le<br />

replacer seul à la pointe de<br />

l'attaque, car avec sa taille d'1m69,<br />

il n'a pas le profil nécessaire pour<br />

être à la réception des centres de<br />

Renato Steffen. Tout porte donc à<br />

croire que si Mohamed Amoura a<br />

marqué 12 buts en 9 rencontres à<br />

l'Union, c'est aussi parce qu'il<br />

évolue dans un système qui lui<br />

convient mieux et au sein d'une<br />

équipe qui s'articule autour de son<br />

profil atypique.


De Jilel à Bruxelles<br />

Au-delà de son profil, son parcours<br />

est tout aussi atypique. Rien ne<br />

destinait le joueur algérien à<br />

éblouir l'Europe de son talent. En<br />

Algérie, on disait de lui qu'il n'avait<br />

pas assez de talent pour intégrer<br />

les rares centres de formation<br />

professionnels du pays. En 2018,<br />

Amoura foule encore les terrains<br />

des clubs amateurs de sa ville<br />

natale, Jilel. Ce n'est qu'en cette<br />

même année qu'il est repéré par<br />

l'ES Sétif et qu'il y fait ses débuts<br />

professionnels. Après une<br />

première saison avec peu de<br />

temps de jeu, il explose lors de la<br />

saison 2020-2021, pendant laquelle<br />

il marque 15 buts et délivre 6<br />

passes décisives en 35 rencontres.<br />

La suite de l'histoire, nous la<br />

connaissons. Amoura décroche un<br />

transfert vers l'Europe, avoisinant<br />

le million d'euros du côté de<br />

Lugano. Après deux saisons au<br />

Tessin et un transfert vers<br />

Bruxelles, ou devrait-on dire vers<br />

Saint-Gilles, l’Europe découvre<br />

enfin qui est le vrai Mohamed<br />

Amoura.<br />

Cependant, l'Union Saint-Gilloise<br />

n'est probablement pas le<br />

terminus de sa carrière.<br />

Aujourd'hui, il n'y a aucun doute<br />

que plusieurs équipes<br />

européennes s'intéressent déjà à<br />

l'efficacité surprenante de<br />

l'attaquant unioniste. C'est une<br />

nouvelle aubaine pour le club<br />

bruxellois, qui s'est assuré les<br />

services d'Amoura pour seulement<br />

quatre millions d'euros cet été.<br />

Âgé de seulement 23 ans, il est<br />

inutile de démontrer que l'Union<br />

Saint-Gilloise semble être un bon<br />

tremplin pour lui, surtout lorsque<br />

l'on observe les prestations<br />

exceptionnelles de Kaoru Mitoma<br />

du côté de Brighton ou encore le<br />

début de saison tonitruant de<br />

Victor Boniface (11 buts en 16<br />

matchs) avec Leverkusen.<br />

Les Fennecs en ligne de mire<br />

Bien que touché par une blessure<br />

à l'épaule, Mohamed Amoura fait<br />

partie de la dernière liste de<br />

Djamel Belmadi au sein de la<br />

sélection nationale d'Algérie.<br />

Même si Alexander Blessin, son<br />

coach à l'Union Saint-Gilloise,<br />

avouait espérer «qu'il ne joue pas<br />

lors de ce rassemblement», la CAN<br />

reste l'un des objectifs de sa saison.<br />

Amoura doit encore faire son trou<br />

parmi les Fennecs, car il ne<br />

compte que deux titularisations<br />

sous les ordres de Belmadi. Face à<br />

la Somalie et au Mozambique, il<br />

aura les cartes en main pour<br />

défendre sa place, d'autant plus<br />

quand on sait que Saïd Benrahma,<br />

un concurrent de taille au sein de<br />

l'attaque algérienne, a été écarté<br />

du groupe.<br />

Mais quand il faut se montrer dans<br />

les moments importants, la fusée<br />

de l'Union sait y faire. Le 17 juin<br />

2021, alors qu'il est repris pour la<br />

première fois avec l'équipe<br />

d'Algérie A' (une équipe composée<br />

de joueurs évoluant dans des clubs<br />

locaux), il claque quatre buts face<br />

au Libéria, rien que ça. Une<br />

prestation de haut vol qui lui vaut<br />

une première Coupe d'Afrique des<br />

Nations avec l'équipe A quelques<br />

mois plus tard. Une compétition à<br />

très vite oublier, puisqu'il ne<br />

dispute pas la moindre minute de<br />

jeu et qu'il assiste, impuissant, à<br />

l'élimination de l'Algérie en phase<br />

de poules. Mais trois ans plus tard,<br />

Mohamed Amoura n'est plus le<br />

même. Et il compte bien être sur le<br />

terrain cette fois-ci, pour prendre<br />

de vitesse les défenses adverses et<br />

devenir l'artisan d'une troisième<br />

CAN pour sa nation.


Photo: Paris Saint-Germain


Photo: Dylan Oppliger


TALENT DE DEMAIN<br />

MALIK<br />

DEME<br />

Photo: BSC Young Boys


Photo: BSC Young Boys<br />

UN ESPOIR OFFENSIF SUISSE DE<br />

GRANDE CLASSE<br />

Rédaction: Emanuel Staub, bolzplazz.ch<br />

La Suisse peut se réjouir de l'arrivée d'un nouveau joyau dans le<br />

secteur offensif: Malik Deme (18 ans), sous contrat avec les Young<br />

Boys depuis cet été, est considéré comme un surdoué par les scouts<br />

et les experts. Cependant, il reste à voir s'il parviendra à faire le saut<br />

au niveau professionnel.<br />

La Suisse n'est pas un pays où les<br />

attaquants exceptionnels<br />

foisonnent. Certes, quelques<br />

exceptions offensives ont laissé<br />

une empreinte durable dans le<br />

monde du football, de Chapuisat à<br />

Shaqiri en passant par Frei.<br />

Cependant, il est vain de chercher<br />

dans notre pays une abondance<br />

de joueurs offensifs de niveau<br />

mondial. La Suisse est renommée<br />

pour ses gardiens (Benaglio,<br />

Sommer, Kobel), ses défenseurs<br />

(Henchoz, Lichtsteiner, Akanji) et<br />

ses stratèges (Geiger, Inler, Xhaka).<br />

Elle produit régulièrement des<br />

joueurs de niveau international à<br />

ces postes.<br />

En revanche, des attaquants tels<br />

que Chapuisat, Frei ou Shaqiri sont<br />

beaucoup plus rares. Une fois par<br />

génération, un joueur offensif<br />

suisse accède à la classe mondiale<br />

(élargie). Certes, la Suisse dispose<br />

actuellement de joueurs tels<br />

qu'Embolo, Okafor ou Amdouni,<br />

qui ont le potentiel d'atteindre le<br />

haut niveau. Cependant, la<br />

question de savoir s'ils pourront un<br />

jour exploiter pleinement leur<br />

potentiel demeure en suspens.


La Suisse a bien sûr besoin de<br />

joueurs offensifs capables<br />

d'évoluer et d'atteindre un niveau<br />

international, des joueurs ayant le<br />

potentiel pour un jour évoluer au<br />

plus haut niveau et maintenir la<br />

Suisse parmi les meilleures<br />

nations grâce à leurs<br />

performances. Le problème réside<br />

dans le fait que nous ne disposons<br />

pas d'un réservoir de talents aussi<br />

vaste que les grandes nations.<br />

Cela signifie également que nos<br />

plus grands talents doivent<br />

impérativement réussir à faire le<br />

saut. Sans quoi, nous pourrions<br />

rencontrer des difficultés, car<br />

contrairement à des pays comme<br />

la France ou l'Angleterre, nous ne<br />

disposons pas de talents de<br />

réserve si nos joueurs les plus<br />

doués ne parviennent pas à tenir<br />

leurs promesses.<br />

Malik Deme a tout au niveau du<br />

talent<br />

Et c'est là que Malik Deme entre<br />

en jeu. Né à Zurich en 2005, il a été<br />

rapidement identifié comme un<br />

espoir national au sein de<br />

l'académie des Grasshoppers en<br />

raison de ses qualités<br />

exceptionnelles que l'on ne trouve<br />

pas souvent dans ce pays.<br />

Le profil de Deme est plus<br />

passionnant que n'importe quel<br />

autre en Suisse. Moderne,<br />

athlétique et hautement explosif,<br />

Deme est à l'aise sur l'aile droite,<br />

d'où il peut se projeter dans l'axe<br />

avec une vitesse impressionante,<br />

du flair et un excellent pied<br />

gauche, créant ainsi des occasions<br />

décisives. Il possède presque<br />

toutes les qualités nécessaires:<br />

une accélération fulgurante, une<br />

vitesse finale exceptionnelle, une<br />

agilité et une mobilité séduisantes,<br />

des capacités techniques de haut<br />

niveau et un excellent contrôle du<br />

ballon, ainsi qu'une robustesse<br />

physique et une tension corporelle<br />

remarquables.<br />

Celui qui apporte ce<br />

mélange particulier<br />

élargit considérablement<br />

le répertoire tactique de<br />

son équipe<br />

La liste de ses compétences<br />

pourrait être presque infinie, y<br />

compris son habileté à dribbler, sa<br />

qualité dans les combinaisons et<br />

les passes, ainsi que sa capacité à<br />

marquer de loin avec précision.<br />

Deme excelle particulièrement<br />

lorsqu'il peut prendre de la vitesse<br />

avec le ballon au pied. Grâce à sa<br />

technique raffinée et son jeu de<br />

jambes, il conserve le ballon<br />

même sous pression et dans des<br />

espaces restreints. Il peut dribbler<br />

ses adversaires avec facilité,<br />

provoquer des situations de un<br />

contre un et ainsi créer des<br />

brèches dans la défense adverse.<br />

Avec sa robustesse physique et sa<br />

puissance, il peut également<br />

s'affirmer physiquement et<br />

dépasser les défenseurs. Une fois<br />

lancé en profondeur, il cherche le<br />

chemin direct vers le but avec<br />

détermination et est difficilement<br />

arrêtable. Grâce à la qualité de son<br />

pied gauche, il peut conclure avec<br />

précision et sensibilité même de<br />

loin.


Malik<br />

Deme<br />

Photo: FC Lucerne<br />

Après Fabian Rieder et Aurèle Amenda, Young Boys tient dans ses rangs un<br />

nouveau très grand talent du football suisse avec Malik Deme.


Pendant des années, Deme a fait<br />

sensation chez les jeunes des<br />

Hoppers et au sein des équipes<br />

nationales suisses des moins de 18<br />

ans grâce à ses dribbles et à ses<br />

superbes buts. Les recruteurs<br />

s'accordent à dire qu'un joueur qui<br />

pourrait devenir très important<br />

pour la Suisse à l'avenir est en train<br />

de se développer. Malgré tous les<br />

éloges, il n'a pas réussi à intégrer<br />

l'équipe première de Grasshopper.<br />

Bien qu'il ait pu s'entraîner avec<br />

les professionnels à plusieurs<br />

reprises, il n'a jamais été utilisé,<br />

probablement en raison de litiges<br />

contractuels, comme le<br />

murmurent certaines rumeurs.<br />

Cet été, la rupture a eu lieu. Pour<br />

atteindre le niveau supérieur,<br />

Deme souhaitait quitter le club<br />

zurichois. Il a été recruté par<br />

Young Boys, qui s’efforce de<br />

s'établir comme le club numéro<br />

un en Suisse pour le<br />

développement des jeunes<br />

talents.<br />

Il fait officiellement partie de<br />

l'équipe première sur le papier,<br />

mais il évolue régulièrement avec<br />

les Young Boys M21, engagés en<br />

Promotion League. Par ailleurs, il<br />

apporte également son talent aux<br />

équipes M19 de Berne en Youth<br />

League. Il a déjà inscrit des buts<br />

pour les deux équipes,<br />

notamment contre Leipzig avec<br />

les M19.<br />

Est-ce suffisant ?<br />

Pour un ailier, Deme possède<br />

toutes les qualités requises dans le<br />

football moderne pour réussir une<br />

grande carrière: explosivité,<br />

mobilité, puissance, dribble de<br />

qualité, technique et intelligence<br />

de jeu. Cependant, il est<br />

nécessaire de se demander si cela<br />

sera suffisant. En effet, tous les<br />

Malik Deme brille sous les couleurs de<br />

l’équipe de Suisse M19.<br />

observateurs ne sont pas<br />

convaincus que Deme puisse<br />

atteindre le niveau international<br />

supérieur, malgré ses<br />

prédispositions évidentes et<br />

indiscutables.<br />

Les aptitudes physiques et<br />

techniques sont essentielles, mais<br />

l'attitude mentale l'est tout autant.<br />

C'est précisément sur ce point que<br />

Deme aurait encore un potentiel<br />

d'amélioration significatif, du<br />

moins si l'on en croit les bruits qui<br />

circulent sur les terrains de<br />

football suisses. Il y a notamment<br />

l'attitude au travail en dehors du<br />

terrain et la volonté de continuer à<br />

progresser malgré ses<br />

compétences déjà développées.<br />

Un exemple concret concerne son<br />

pied droit, qu'il utilise rarement.<br />

En améliorant son pied droit et en<br />

l'utilisant de manière plus active, il<br />

deviendrait non seulement plus<br />

polyvalent et difficile à contrer


Photo: BSC Young Boys<br />

pour les défenseurs, mais il<br />

augmenterait aussi ses<br />

opportunités de marquer. Les<br />

observateurs lui reprochent<br />

fréquemment de ne pas avoir<br />

suffisamment travaillé son pied<br />

faible depuis ses années juniors.<br />

Une autre préoccupation<br />

concerne son attitude défensive et<br />

son manque de participation dans<br />

le repli défensif. Pour être<br />

équitable, il est important de noter<br />

qu'il y a eu une amélioration dans<br />

ce domaine depuis son arrivée aux<br />

Young Boys. Cependant, il doit<br />

encore progresser dans la<br />

concrétisation de ses actions. Il est<br />

vrai que beaucoup de jeunes<br />

ailiers rencontrent ce problème,<br />

qui est en partie lié à l'expérience.<br />

Deme aurait un net avantage s'il<br />

travaillait sur sa prise de décision,<br />

sa cohérence et apprenait à<br />

choisir le bon moment pour<br />

conclure avec le bon pied.<br />

Cependant, comme mentionné,<br />

cela dépend également de la<br />

maturité et de la compréhension<br />

du jeu.<br />

Bientôt prêt pour la Super<br />

League ?<br />

Deme atteindra le football<br />

professionnel, cela ne fait aucun<br />

doute. La question est de savoir<br />

jusqu'où il ira. Ses prédispositions<br />

sont certes attractives, mais le<br />

talent seul ne suffit pas. C'est<br />

précisément pour cette raison que<br />

l'attitude correcte est cruciale.<br />

S'il travaille sur ses points faibles,<br />

nous pourrions bientôt voir Deme<br />

intégrer l'équipe première du<br />

multiple champion suisse. Il<br />

devrait obtenir ses premières<br />

minutes de jeu au plus tard au


printemps. Cependant, le système<br />

de Raphael Wicky pourrait<br />

constituer un léger obstacle. Ce<br />

dernier privilégie<br />

systématiquement un schéma en<br />

4-4-2 en losange. Dans cette<br />

formation, il n'existe pas de poste<br />

d'ailier classique tel que celui<br />

occupé par Deme. Un avantage<br />

pour lui est qu'il peut également<br />

être utilisé comme deuxième<br />

attaquant dans une double pointe,<br />

mais cela limite une partie de ses<br />

points forts. En tant qu'avantcentre<br />

nominal, il ne peut pas<br />

courir autant le long de la ligne<br />

avec le ballon au pied comme il<br />

fait particulièrement bien.<br />

La Suisse et les Young Boys<br />

feraient bien de prendre soin de<br />

Malik Deme, de soutenir<br />

activement son développement et<br />

de tirer le meilleur parti de son<br />

potentiel. Il y a peu d'autres<br />

attaquants aussi talentueux dans<br />

le pays. Les rares que nous avons<br />

doivent réaliser leur plein potentiel<br />

pour le bien du football suisse.


Bastien Feller<br />

Journaliste<br />

Blick<br />

L’avis du<br />

Blick<br />

À 18 ans, Malik Deme fait partie des plus grands talents helvétiques sur le plan<br />

offensif. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Young Boys l’a fait venir en<br />

provenance de l'équipe M21 des Grasshopper l’été dernier. Vif et doté d'une<br />

technique au-dessus de la moyenne, il fait partie des joueurs capables de créer le<br />

déséquilibre sur son aile droite et d’amener un danger certain sur la cage adverse.<br />

À condition qu’il soit également bien entouré. Chose qui n’est, malheureusement<br />

pour les Bernois, pas forcément le cas lors de cette Youth League, même s’il a pu<br />

faire trembler les filets du RB Leipzig lors de la première journée de la phase de<br />

groupes.<br />

En effet, j’ai eu l’occasion d’assister à la rencontre entre la garniture M19 d’YB et<br />

celle de Manchester City, dans le Nord de l’Angleterre le 7 novembre dernier. Une<br />

partie lors de laquelle les locaux ont surnagé, profitant des largesses défensives et<br />

de l’inexpérience des joueurs d'André Niederhäuser. Défaite et infériorité qui n'a<br />

d'ailleurs rien d'illogique. Après tout, les jeunes cityzens ont tout de même<br />

remporté la U18 Premier League North la saison dernière et disposent<br />

d’infrastructures inimaginables pour développer au mieux leurs qualités. Bien<br />

supérieures à ce que la direction d'YB peut proposer à ses joueurs, même à ceux<br />

de la première équipe.<br />

Finalement, seul Malik Deme a su tirer son épingle du jeu lors de cette rencontre.<br />

Et de fort belle manière, même s’il n’a rien pu faire pour empêcher une sèche<br />

défaite 3-0 des siens. Mais par sa vitesse et son sens du dribble, l’international<br />

suisse M19 a su mener la vie dure à son vis-à-vis, faisant lever la foule présente à<br />

plusieurs reprises et intriguant probablement les recruteurs présents. Lui manque<br />

maintenant, et c'est normal pour son âge, à perfectionner sa prise de décision<br />

dans le dernier geste. Chose qui viendra avec l'expérience.<br />

Nul doute maintenant que le jeune zurichois pourra, dans un avenir proche, faire<br />

ses débuts avec l’équipe fanion du club de la capitale. Reste désormais à savoir<br />

quand.


“YOUNG BOYS<br />

EST LE CLUB IDÉAL<br />

POUR MOI !”


Malik, on a dressé ton profil :<br />

technique, rapide et doté de<br />

réelles capacités physiques. Estce<br />

qu'on a tapé dans le mille ?<br />

Oui, à côté de ça, je suis un joueur<br />

qui aime les duels. On peut dire<br />

que je n'ai pas peur de prendre<br />

des risques (rires). Le football est<br />

un jeu où la prise de risque a son<br />

importance. Il faut tenter des<br />

choses. Je suis comme ça depuis<br />

tout petit, j’ai toujours eu cette<br />

caractéristique.<br />

En dehors du terrain, Malik, 18<br />

ans, comment est-il ?<br />

Je suis un gars plutôt calme et<br />

timide. Mais attention, ça ne veut<br />

pas dire que je n'aime pas rigoler<br />

(rires).<br />

À côté du football, as-tu fait des<br />

études ?<br />

Oui, j'ai fréquenté la United School<br />

of Sports à Zurich. C'est une école<br />

qui propose un cursus de 4 ans.<br />

J'ai déjà terminé trois années dans<br />

cette école et obtenu mon<br />

diplôme avant de partir pour<br />

Berne.<br />

Footballistiquement, ce profil<br />

justement, gaucher, très fort en<br />

un contre un, rapide. C’est un<br />

profil rare en Suisse. Est-ce un<br />

avantage ?<br />

C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup<br />

de joueurs qui ont ces<br />

caractéristiques. Forcément, pour<br />

moi, c’est un plus. En équipe<br />

nationale, je retrouve des joueurs<br />

offensifs techniques avec de<br />

bonnes capacités de dribbles,<br />

mais très souvent ils sont droitiers.<br />

Les gauchers sont quand même<br />

un profil un peu rare dans le<br />

football.<br />

Quel était ton parcours avant de<br />

rejoindre Young Boys ?<br />

J’ai commencé le foot chez moi,<br />

dans le canton de Zurich. Des U8<br />

au U10, j’ai évolué au FC Zurich. À<br />

cet âge, j’ai dû faire une pause<br />

forcée par mes parents. J’avais très<br />

souvent mal à la tête et ils ont<br />

préféré me faire arrêter le foot.<br />

Durant cette année, je me suis mis<br />

au karaté. Mais, le foot me<br />

manquait trop. J’ai repris à YF<br />

Juventus. C’est un club qui a un<br />

partenariat spécial avec<br />

Grasshopper que j’ai pu rejoindre<br />

par la suite.<br />

Pourquoi avoir choisi de quitter<br />

GC l’été dernier ?<br />

Tout d’abord, quand Young Boys<br />

vient vers toi, c’est forcément un<br />

honneur. Il y avait un très fort<br />

intérêt, c’est difficile de refuser.<br />

Young Boys est un des meilleurs<br />

clubs de Suisse donc très<br />

honnêtement je n’ai pas hésité<br />

une seconde. Tout était très vite<br />

parfaitement clair dans ma tête. Et<br />

puis, les choses étaient un peu<br />

compliquées avec Grasshopper<br />

qui n’a pas toujours respecté ce<br />

qu’il promettait. Les choses ne se<br />

sont pas passées comme prévues.<br />

Alors, j’ai saisi ma chance. J’ai<br />

beaucoup aimé le projet présenté<br />

par YB et le contexte est aussi<br />

intéressant pour moi: vivre seul à<br />

18 ans dans une nouvelle ville me<br />

permet d’apprendre de cette<br />

expérience et d’être prêt pour la<br />

suite.<br />

À Young Boys, tu t’entraînes<br />

avec la première équipe et tu<br />

joues les week-ends avec les<br />

M21. Comment s’est passée ton<br />

intégration ?


Très bien, vraiment. Dès les<br />

premiers jours, tout le monde a<br />

été très sympa que ce soit au<br />

niveau des joueurs, notamment<br />

Jean-Pierre Nsame avec qui je<br />

discute beaucoup, ou du staff. Les<br />

premiers jours, je n’arrivais pas à y<br />

croire. J’étais avec des joueurs que<br />

je voyais à la télé, c’est un<br />

sentiment très étrange. C’était<br />

waouh (rires) !<br />

Le fait d’être bilingue aide<br />

particulièrement à YB…<br />

Ah oui, c’est clair. YB, c’est un club<br />

bilingue. La moitié de l’équipe<br />

parle suisse-allemand, l’autre<br />

français. Je peux communiquer<br />

avec tout le monde et je<br />

m’entends très bien avec tout le<br />

monde.<br />

En signant à Berne, avais-tu un<br />

objectif précis ou des<br />

perspectives en termes de<br />

temps de jeu ?<br />

En venant ici, je savais que je<br />

n’allais pas jouer directement avec<br />

l’équipe première. Mais je n’en fais<br />

pas une obsession pour le<br />

moment. Je suis venu dans la<br />

volonté de progresser et je sais<br />

que c’est le step idéal pour moi.<br />

Les choses viendront<br />

naturellement, j’en suis sûr. Je ne<br />

me mets pas stress par rapport à<br />

ça. Je dois me développer en tant<br />

que joueur et YB est le club parfait<br />

pour ça.<br />

Justement, quels aspects dois-tu<br />

développer ?<br />

Principalement la constance et<br />

l’efficacité. Quand tu es jeune, tu<br />

manques presque naturellement<br />

de constance, j’aimerais vraiment<br />

m’améliorer sur ce point. Je sais ce<br />

dont je suis capable. Je dois aussi<br />

mieux jouer certains coups afin<br />

d’être plus décisif. Finalement, il y<br />

a quelques aspects de mon jeu<br />

défensif que je dois travailler<br />

également. La différence dans le<br />

monde pro se fait sur des petits<br />

détails.<br />

Tu as joué contre City<br />

dernièrement. Collectivement, il<br />

y avait une réelle différence<br />

entre les deux équipes. Mais toi à<br />

titre personnel, comment jugestu<br />

tes performances face à cette<br />

équipe ?<br />

C'était un superbe défi et une<br />

expérience magnifique de pouvoir<br />

rivaliser avec des joueurs de mon<br />

âge évoluant dans l'un des<br />

meilleurs clubs mondiaux. Je<br />

retiens du positif ! Comme<br />

toujours, j'essaie d'appliquer sur le<br />

terrain ce que j'apprends lors des<br />

entraînements avec l'équipe<br />

première à YB, où la qualité est<br />

très élevée. Tout n'était pas parfait,<br />

mais je pense avoir tout de même<br />

fait de bonnes choses.<br />

Tu as vécu une semaine assez<br />

folle. 3 matchs, 3 victoires avec la<br />

Suisse M19. Peux-tu décrire votre<br />

équipe et ton rôle dans celle-ci ?<br />

Oui, c’est vrai. Nous sommes<br />

vraiment satisfaits de ce parcours.<br />

La première année était vraiment<br />

dure avec cette équipe.<br />

L’entraîneur a organisé des<br />

matchs amicaux uniquement<br />

contre des grandes nations et<br />

nous avons toujours perdu nos<br />

matchs. Je pense qu’il a voulu<br />

nous préparer et on a vu le résultat<br />

durant ce rassemblement. Nous<br />

sommes une équipe vraiment<br />

solide. Et, en toute sincérité, nous


avons une sacrée génération avec<br />

beaucoup de très bons joueurs. Je<br />

pense que nous pouvons réaliser<br />

de belles choses, il nous faut surfer<br />

sur notre belle dynamique. Notre<br />

objectif est d’aller à l’EURO.<br />

À titre personnel, je suis toujours<br />

très heureux d’être dans l’équipe.<br />

Je joue dans un rôle différent<br />

(piston droit) qui me demande<br />

plus de travail défensif. Ce n’est<br />

pas forcément mon poste de<br />

prédilection, mais je donne tout<br />

pour l’équipe et je suis toujours<br />

très heureux d’évoluer en équipe<br />

nationale, peu importe le poste où<br />

le coach décide de me faire jouer.<br />

Je joue, et je pense avoir un rôle<br />

important dans le groupe. Je ne<br />

suis pas forcément un leader de<br />

parole, mais j’aime prendre des<br />

responsabilités sur le terrain.<br />

En équipe nationale, vous<br />

affrontez régulièrement des<br />

joueurs qui ont déjà évolué en<br />

première division, ce qui n'est<br />

pas vraiment le cas de votre<br />

groupe (seul Junior Zé a joué en<br />

Super League cette saison). Estce<br />

handicapant ? Pourquoi ce<br />

décalage avec d'autres pays ?<br />

Oui, beaucoup de nos adversaires<br />

jouent déjà en première division<br />

de leur pays. Je ne sais pas si c’est<br />

handicapant, mais je pense qu’ils<br />

ressentent la même sensation que<br />

lorsque je vais jouer avec les M19<br />

de Young Boys. Ils gardent un<br />

niveau d’intensité qui est différent.<br />

C’est un sujet dont nous parlons<br />

souvent ensemble, car c’est vrai<br />

que presque aucun joueur de<br />

notre sélection ne joue en Super<br />

League. La Suisse le dit clairement:<br />

ils prennent le temps avec les<br />

talents. Les clubs n’aiment pas<br />

trop prendre de risques. La Super<br />

League est un très bon niveau,<br />

mais c’est vrai que d’autres<br />

championnats, en France, en<br />

Angleterre, en Espagne, mettent<br />

plus en avant les jeunes joueurs.<br />

Le facteur temps est souvent un<br />

sujet de discussion en Suisse.<br />

Pourtant, des joueurs comme<br />

Shaqiri ou Xhaka ont également<br />

connu la carrière qu’ils ont<br />

aujourd’hui grâce au fait d’avoir<br />

joué dès l’âge de 17 ans…<br />

Oui, aussi. Même si chaque joueur<br />

est différent et suit sa propre<br />

courbe d’apprentissage. Mais c’est<br />

vrai qu’avant, il y avait plus de<br />

joueurs qui faisaient leur début à<br />

l’âge de 16/17/18 ans. Désormais, la<br />

tendance est plutôt d’attendre les<br />

19/20 ans. Du moins, en Suisse.<br />

L’avantage quand tu commences<br />

tôt est que tu emmagasines une<br />

expérience importante et qu’à<br />

l’âge de 20 ans, tu as un bagage<br />

solide qui te permet d’avoir<br />

d’autres opportunités en fonction<br />

de ton potentiel. Tout début de<br />

carrière connaît des moments<br />

plus difficiles, c’est mieux de les<br />

avoir tôt dans certains cas. Mais<br />

l’objectif est d’être prêt à l’instant<br />

venu. Beaucoup de choses se<br />

jouent dans la tête.<br />

Quels sont tes objectifs pour<br />

cette saison ?<br />

J’aimerais avoir un peu de temps<br />

de jeu d’ici la fin de saison avec<br />

l’équipe première et aller à l’EURO<br />

avec la Suisse M19 !

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