Lettre d'info n°34
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En ce moment, il faut de l'empathie, du soutien et de la solidarité, qualités que l'on trouve facilement dans<br />
ce Village. En période de crise, nous recherchons naturellement le réconfort des choses familières et des<br />
personnes proches. Nous sommes loin de chez nous, en ces temps incertains ; la communauté de Neve<br />
Shalom~Wahat al-Salam nous offre autant de confort et de soutien que possible pour que nous nous<br />
sentions en sécurité et bien accueillies. Le frère d'Anita en Italie est malade du coronavirus et<br />
malheureusement deux membres âgés de sa famille en sont morts.<br />
Cet état d'urgence, auquel le monde entier est confronté en ce moment, n'est qu'un chapitre de notre<br />
expérience ici. Jusqu'à présent notre séjour à Neve Shalom~Wahat al-Salam a été extrêmement enrichissant<br />
et précieux. Nous espérons qu'à la fin de notre stage, nous serons en bonne santé et heureuses. Nos deux<br />
familles sont très reconnaissantes que nous soyons ici et sous la protection de la communauté NSWAS ».<br />
2- Bienvenue à l’« Hôtel Coronavirus »<br />
Noam Shuster<br />
Noam Shuster a grandi à Neve Shalom~Wahat al-<br />
Salam. Elle est comédienne, interprète. Elle se produit<br />
dans les trois langues : hébreu, arabe et anglais. Son<br />
humour est avant tout un humour politique qui nous<br />
invite à réfléchir sur la réalité du conflit et sur ce que<br />
vivent au quotidien juifs et arabes en Israël et en<br />
Palestine.<br />
Voici ce qu’elle nous dit de son séjour à « l’Hôtel<br />
Coronavirus ».<br />
« Ayant obtenu une bourse d’un an pour travailler mes comédies, j’ai fait mes valises en août dernier pour<br />
l’Université de Harvard. Mon année aux États-Unis se passait extrêmement bien. J'ai joué dans tout le pays<br />
aux côtés du célèbre comédien irano-américain Maz Jobrani. J'étais sur le point de présenter mon spectacle<br />
en mai prochain au Kennedy Center à Washington. C’est alors que la pandémie s’est déclarée. Cela a<br />
changé ma vie, toutes nos vies, pour toujours. Ce fut dans ma boîte mail une avalanche d’annulations et le<br />
Président de l’Université a ensuite annoncé la fermeture du campus.<br />
J'ai choisi de prendre le risque de rentrer chez moi, d'être proche de ma famille, même si cela signifiait que<br />
je devrais être mise en quarantaine pendant deux semaines à mon retour en Israël. Quatre jours après mon<br />
arrivée à la maison, j'ai commencé à développer des symptômes du Covid-19 et j’ai été hospitalisée à<br />
l’Hôpital Hadassah de Jérusalem. À ma sortie de l'hôpital il y a deux semaines, j'ai été emmenée à l'hôtel<br />
Dan à Jérusalem pour récupérer aux côtés d'autres patients Covid-19.<br />
J’ai trouvé que cet « Hôtel Coronavirus » était l’un des endroits les plus étranges au monde. Il était devenu<br />
un refuge pour des groupes de personnes les plus diverses et les plus inattendues que je n’avais jamais<br />
rencontrées : des Israéliens et des Palestiniens de tous les horizons, en train de se soigner pour guérir<br />
ensemble. Alors que dans le monde il faut pratiquer la distanciation sociale et apprendre à faire face à un<br />
sentiment d'isolement auquel nous ne sommes pas du tout habitués, nous étions tous enfermés ensemble,<br />
prenant soin les uns des autres avec une grande sollicitude.<br />
Néanmoins, comme je devais rester coincée là, malade, pendant un certain temps, je pensais que le moins<br />
que je pouvais faire était d'essayer de « faire quelque chose ». Et c’est ainsi que j'ai joué devant une foule<br />
d'environ 150 personnes dans le hall de l'hôtel. Je ne pouvais pas m'empêcher de penser à mes grands rêves<br />
de comédie en Amérique, alors que j'étais là, en train de raconter des blagues à des arabes et des juifs,<br />
contraints à résidence, qui toussaient à qui mieux mieux. Contrairement au climat que nous vivons dans le<br />
pays, il n’y avait aucune tension entre les malades dans l’ « Hôtel Coronavirus ».<br />
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