Les Mondes Féériques du LiFE Neocodomous Teklal Neguib
An article i wrote for L.ART en Loire11 about an exhibition of contemporary art at art center Le LiFE in Saint Nazaire (France) : how can waste become art ? how can art make us question our society ? An exhibition by Neocodomous [2016 june] #CARTEBLANCHE
An article i wrote for L.ART en Loire11 about an exhibition of contemporary art at art center Le LiFE in Saint Nazaire (France) : how can waste become art ? how can art make us question our society ?
An exhibition by Neocodomous
[2016 june]
#CARTEBLANCHE
Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !
Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.
L.ART<br />
en LOIRE<br />
#11<br />
juin 2016
TEKLAL NEGUIB<br />
<strong>Les</strong> <strong>Mondes</strong> <strong>Féériques</strong><br />
<strong>du</strong> <strong>LiFE</strong><br />
Vue de l’exposition <strong>Neocodomous</strong>se par Raumlaborberlin au <strong>LiFE</strong><br />
Photo © <strong>Teklal</strong> <strong>Neguib</strong> // Courtesy of Raumlaborberlin
Du 3 juin au 9 octobre 2016, le projet Néocodomousse s’expose au <strong>LiFE</strong>, à Saint Nazaire.<br />
Véritable création sui generis, il propose à voir un monde créé de toutes pièces par le<br />
collectif Raumlaborberlin, et né de ses interactions avec les habitants de la ville.<br />
À peine arrivés dans la magnifique salle<br />
<strong>du</strong> <strong>LiFE</strong>, écrasés par cette masse qu’est<br />
le bunker construit par la Wehrmacht, <strong>du</strong>rant<br />
la Seconde Guerre Mondiale, nous<br />
sommes subjugués par l’immense mur<br />
de frigos usagés, rebuts d’une société de<br />
l’hyper-consommation, <strong>du</strong> sur-profit et <strong>du</strong><br />
mythe de la croissance infinie. Cette société<br />
qui ne se préoccupe guère de ses déchets,<br />
a pour seul leitmotiv la pro<strong>du</strong>ction,<br />
toujours plus de pro<strong>du</strong>ction, la pro<strong>du</strong>ctivité,<br />
la sur-pro<strong>du</strong>ctivité, menant au burn-out<br />
d’humains, dont la seule valeur est d’être<br />
de purs agents économiques, devant pro<strong>du</strong>ire<br />
et consommer (à tout prix, d’où les<br />
crédits à la consommation) pour assurer<br />
la croissance, et le dégagement de profits.<br />
Mais à quel prix ?<br />
À une époque où nous vivons la plus grave<br />
crise environnementale et de santé publique,<br />
connue à ce jour, Néocodomousse<br />
nous interroge sur nos possibilités de réinterpréter<br />
les déchets (les frigos présentés<br />
sont issus des rebuts des nazairiens),<br />
non plus comme une chose impure, mais<br />
comme une ressource à réutiliser, à recycler.<br />
L’ensemble de l’œuvre est ainsi un<br />
questionnement autour de : «que faire de<br />
nos déchets ?».<br />
Et la question est ici bien plus vaste, qu’une<br />
simple problématique de gestion pure et<br />
<strong>du</strong>re de déchets d’une déchetterie. En efet,<br />
au détour des divers mo<strong>du</strong>les artistiques,<br />
l’œuvre questionne l’habitat, l’architecture,<br />
la matière.<br />
Maison fabriquée en poubelles, abri de<br />
rebuts de métaux découpés, amas de déchets<br />
in<strong>du</strong>striels en tout genre, cabane de<br />
bois-métal-plaques d’immatriculation, ce<br />
jeu architectural avec les déchets est une<br />
entrée dans un monde féérique, une utopie<br />
magique qui nous donne le sentiment<br />
d’être des petits lutins parcourant notre petit<br />
village, fait de bric et de broc, si beau et<br />
envoûtant. Car il y a une telle beauté dans<br />
ces déchets-matière !<br />
Cette œuvre est très intéressante à explorer,<br />
et devrait ravir les plus jeunes, surtout<br />
ceux qui rêvent de cabanes dans les bois,<br />
faites de planches ou de bois flottés, et de<br />
clous à moitié rouillés. C’est aussi pour eux<br />
(et pour nous les a<strong>du</strong>ltes) une é<strong>du</strong>cation<br />
et une prise de conscience <strong>du</strong> monde qui<br />
nous entoure, <strong>du</strong> respect à lui témoigner.<br />
Notre sur-pro<strong>du</strong>ction qui entraîne des problèmes<br />
d’inven<strong>du</strong>s, de stock, d’obsolescence<br />
programmée, provoque des problématiques<br />
de pollution, d’empoisonnement<br />
des sols et des nappes phréatiques, a des<br />
conséquences non-négligeables sur le climat,<br />
etc … A la course au profit, l’environnement,<br />
et donc nous les humains à terme,<br />
paierons (et payons déjà, en réalité) le prix<br />
fort. Envahis par nos rebuts, saurons-nous<br />
les réutilisés et dans quelles mesures afin<br />
de protéger cette Terre, qui nous accueille,<br />
nous nourrit, nous permet d’exister ?<br />
Notes :<br />
1/ De quoi l’efondrement est-il le nom ? La fragmentation <strong>du</strong> monde. Renaud<br />
Duterme. <strong>Les</strong> éditions Utopia.<br />
2/ Pour plus d’informations sur les activités proposées par le <strong>LiFE</strong> <strong>du</strong>rant et<br />
autour de l’exposition, ainsi que les horaires de visite :<br />
https://lelifesaintnazaire.wordpress.com/raumlaborberlin/<br />
https://lelifesaintnazaire.wordpress.com/raumlaborberlin/ateliers-workshops/
Vue de l’exposition <strong>Neocodomous</strong>se par Raumlaborberlin<br />
au <strong>LiFE</strong><br />
Photo © <strong>Teklal</strong> <strong>Neguib</strong> // Courtesy of Raumlaborberlin