Boxoffice Pro n°471 – 26 juin 2024
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N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA<br />
LES EXPLOITANTS<br />
C’EST PARTI POUR UN PLAN À 3 !<br />
LE 24 JUILLET<br />
AU CINÉMA<br />
© <strong>2024</strong> 20th Century Studios / © & TM <strong>2024</strong> MARVEL
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Pour toute question, prenez contact avec votre interlocuteur Disney habituel<br />
20thcenturyfr/ 20thCenturyStudiosFR/ 20thCenturyFR #Alien : Romulus
N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA<br />
RENCONTRES INDÉPENDANTES<br />
À MARSEILLE
LE RÊVE HOLLYWOODIEN N’A JAMAIS ÉTÉ AUSSI SANGLANT<br />
UN FILM DE TI WEST<br />
ADAPTATION :<br />
4 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
© <strong>2024</strong> Starmaker Rights LLC. All Rights Reserved.
Sommaire<br />
L'édito<br />
P.6<br />
ACTUALITÉS<br />
Mouvements chez CGR et au CNC<br />
Le GNCR programme son Retour de<br />
Cannes<br />
P. 8 à 10<br />
À LA UNE<br />
Rencontres du cinéma indépendant<br />
à Marseille : pour la biodiversité des<br />
séances<br />
P. 12<br />
CINÉO<br />
Laboratoire des cinémas indépendants<br />
privés<br />
P.14<br />
DISTRIBUTION<br />
Entretien avec Jean Labadie, Le Pacte<br />
P. 22<br />
CINEEUROPE<br />
L’exploitation à l’heure de la “Barcelona<br />
Connexion”<br />
P.25<br />
INTERNATIONAL<br />
Sony Pictures acquiert les Alamo<br />
Drafthouse américains<br />
P.<strong>26</strong><br />
FESTIVAL D’ANNECY<br />
De l’animation plein les yeux<br />
P.30<br />
ÉTUDE<br />
Le CNC ausculte la fréquentation cinématographique<br />
des 15-24 ans<br />
P.32<br />
EXPLOITATION<br />
Dolby célèbre ses 50 ans d’histoire avec<br />
le cinéma<br />
P.33<br />
Finalisation du processus de rachat de<br />
La Clef<br />
P.34<br />
MISCELLANÉES<br />
prochaines CDAC, agenda de la<br />
profession…<br />
On ne s’entend plus ?<br />
Marre des plaintes contre la météo capricieuse, du<br />
désordre législatif, du brouhaha médiatique et de la<br />
crainte d’un pays paralysé par les JO ? Pour le secteur,<br />
la vie continue, et de plus belle on dirait. Aux quatre<br />
coins du territoire, les festivals, assemblées générales<br />
et rencontres professionnelles nous rappellent que<br />
le cinéma, nouveaux élus est primordial pour la<br />
défense et la diversité des salles de cinéma, d’autant<br />
plus enaussi, est un acte citoyen ! Il réunit, interroge,<br />
ouvre l’esprit et part à la rencontre de l’autre.<br />
En continuant d'œuvrer pour nos cinémas et le<br />
cinéma en général, nous réalisons un véritable acte<br />
politique. C’est à nous, professionnels, de continuer<br />
à motiver et encourager les spectateurs à venir en<br />
salles, avant ou après avoir glissé leur bulletin dans<br />
l’urne. C'est à nous également de continuer à dessiner<br />
le cinéma de demain. Le désir de diversité, le besoin<br />
d'indépendance, la nécessité écologique, qui sont au<br />
cœur des discussions des professionnels, et donc de<br />
nos pages, en témoignent.<br />
<strong>Pro</strong>chaine étape, la Fête du Cinéma, qui promet<br />
une très belle édition. Alors, prêts pour ce second<br />
semestre, qui pourrait relever le défi d’une fréquentation<br />
audacieuse et d’un cinéma engagé, et toujours<br />
aussi irrésistible ?<br />
est une publication de<br />
Marion Delique<br />
JULIEN MARCEL<br />
Directeur de la<br />
publication<br />
MARION DELIQUE<br />
Rédactrice en chef<br />
AYSEGÜL ALGAN<br />
Journaliste<br />
@<strong>Boxoffice</strong>France<br />
La Rédaction<br />
@<strong>Boxoffice</strong>_fr<br />
CÉCILE VARGOZ<br />
Journaliste<br />
@boxofficefr<br />
JULES DREYFUS<br />
Journaliste<br />
<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> France<br />
Crédits page 3 : ©<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> / Cécile Vargoz<br />
DAVID WEICHERT<br />
Journaliste<br />
PHILIPPE COSQUERIC<br />
Infographiste<br />
N°ISSN : 2740-3335<br />
<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> est édité par THE BOXOFFICE COMPANY au capital de 2 075 620 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-<br />
Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • Tél 01 85 09 95 87 / E-mail redaction@boxoffice.com<br />
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Directeur de la publication<br />
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Publicité / Base de données distributeurs<br />
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Impression<br />
SOCOSPRINT IMPRIMEURS 36 route d’Archettes 88 000 Epinal<br />
N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
5
Actualités<br />
Du mouvement chez<br />
CGR…<br />
Après 30 ans passés au sein de CGR, Alfonso Corrales<br />
quitte le groupe fin <strong>juin</strong>, après y avoir œuvré d’abord<br />
comme directeur de cinéma, puis directeur d'exploitation<br />
adjoint et directeur de la confiserie du circuit. Il était,<br />
depuis octobre 2023, le directeur de la responsabilité<br />
sociétale des entreprises (RSE). Laurent Desmoulins,<br />
directeur général de CGR et qui a œuvré avec lui dans<br />
les cinémas et au siège social, salue en lui « un cadre<br />
inspirant et historique du groupe », à qui il souhaite les<br />
plus beaux succès dans ses nouveaux projets.<br />
CGR se met au jaune !<br />
À l’occasion de la sortie de Moi, moche et méchant 4, le<br />
site internet et l’application des cinémas CGR ont été<br />
hackés, le mercredi 19 et le week-end du 22 <strong>juin</strong>, par les<br />
Mega Minions envahisseurs qui inondaient de jaune un<br />
site d'ordinaire bien rouge.<br />
Alfonso Corrales<br />
Pierre Schlosser<br />
Pierre Schlosser deviendra ainsi, à compter du 1 er juillet,<br />
directeur du développement et de la RSE. Arrivé chez<br />
CGR en 1999 en tant qu’agent de comptoir, il est par<br />
la suite devenu chef opérateur, assistant puis directeur<br />
du cinéma de Blagnac. En 2012, il est promu directeur<br />
régional, participant en parallèle au lancement de plusieurs<br />
cinémas du groupe. « Je salue la bienveillance, l’exemplarité<br />
et le professionnalisme d’Alfonso Corrales, et je mesure<br />
la chance que j'ai eue de pouvoir évoluer à ses côtés, confiet-il.<br />
Je vais m’appliquer à transformer l’essai avec la même<br />
détermination et je suis impatient d'emmener notre entreprise<br />
vers de nouveaux horizons. »<br />
…et au CNC<br />
Laura Costedoat est nommée cheffe du service des registres<br />
du cinéma et de l’audiovisuel. Entrée au CNC en 2015,<br />
elle devient responsable de la procédure des visas exceptionnels<br />
à la direction du cinéma en 2017. Depuis avril<br />
2023, elle occupait le poste de cheffe adjointe du service<br />
de la diffusion en salles.<br />
Du côté de la direction de l’audiovisuel, Anouk Deiller<br />
devient cheffe du service du soutien à la fiction et à<br />
l’animation. Elle rejoint en 2014 le ministère de la Culture,<br />
d’abord à la Direction générale des médias et des industries<br />
culturelles au bureau des études et des évaluations<br />
économiques, puis au département de l’innovation<br />
numérique où elle assurait le pilotage de l’appel à projets<br />
“Services numériques innovants”. Depuis 2020, elle était<br />
cheffe du service des industries techniques et de l’innovation<br />
à la Direction du numérique, en charge notamment<br />
du soutien aux studios.<br />
Sept ans après le dernier opus de la saga Universal/<br />
Illumination à succès, Moi, moche et méchant 4 de Patrick<br />
Delage et Chris Renaud arrive en salles le 10 juillet,<br />
toujours avec Steve Carell et Gad Elmaleh pour respectivement<br />
interpréter les voix VO et VF de Gru. Pour<br />
rappel, les trois films de la franchise cumulent 13,2<br />
millions d'entrées en France.<br />
Robinson Bourges<br />
Du château d’If à une séance du Comte de<br />
Monte-Cristo<br />
Le Comte de Monte-Cristo sort en salles ce vendredi 28 <strong>juin</strong><br />
L'Acid Cannes en<br />
tournée à la rentrée<br />
Les reprises de la sélection <strong>2024</strong> seront projetées du 20<br />
au 22 septembre à Paris (au Louxor), puis du 4 au 6<br />
octobre à Marseille (La Baleine, Le Gyptis et Les Variétés),<br />
à Lyon (Comoedia) et à Nantes (Le Cinématographe).<br />
Les neuf longs métrages cannois seront présentés par les<br />
cinéastes de l'Acid et les équipes des films. La tournée<br />
est aussi prévue à Lisbonne, Tanger ou Belgrade.<br />
©Chapter 2-Pathé Films-M6 Films-Fargo Films<br />
Vendredi 28 <strong>juin</strong>, soit le jour même de la sortie de l’épique<br />
blockbuster de Pathé, BNP Paribas réserve une surprise<br />
au large de Marseille. « En tant que partenaire majeur du<br />
film, nous avons décidé, comme clin d’œil à l’histoire et à<br />
la littérature, d’inviter toutes les personnes qui visiteront le<br />
château d’If, le 28 <strong>juin</strong> prochain, à découvrir ce magnifique<br />
film en salle », déclare Pierre Veyres, directeur de la région<br />
Sud-Est de la Banque Commerciale en France.<br />
À noter que le château d’If, décor indissociable du célèbre<br />
roman, accueille chaque année plus de 100 000 visiteurs.<br />
La réplique<br />
<strong>–</strong> Si tu veux voir l'âme<br />
de quelqu'un, demande lui<br />
à quoi il rêve<br />
Johnny Depp dans Arizona Dream d'Emir Kusturica. Ressortie le<br />
10 juillet <strong>2024</strong> chez Malavida films<br />
6 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>
Le GNCR programme<br />
son Retour de Cannes<br />
Le Groupement national des cinémas de<br />
recherche a sélectionné 12 titres, repérés<br />
dans chacune des sélections cannoises,<br />
pour son nouveau rendez-vous de la<br />
rentrée, proposé au public du 13 au 29<br />
septembre prochains.<br />
Sélection officielle - Compétition<br />
All We Imagine as Light de Payal Kapadia, sortie le<br />
02/10/<strong>2024</strong> (Condor)<br />
Grand Tour de Miguel Gomes, sortie le 18/12/<strong>2024</strong> (Tandem/<br />
Shellac)<br />
Sélection officielle - Un Certain Regard<br />
Viet & Nam de Minh Quy Truong, sortie le 25/09/<strong>2024</strong><br />
(Nour Films)<br />
L’Histoire de Souleymane de Boris Lojkine,sortie le<br />
27/11/<strong>2024</strong> (Pyramide)<br />
Sélection officielle non compétitive<br />
Miséricorde d’Alain Guiraudie, sortie le 16/10/<strong>2024</strong> (Les Films<br />
du Losange)<br />
Apprendre de Claire Simon, sortie Début 2025 (Condor)<br />
Quinzaine des Cinéastes<br />
Ma vie ma gueule de Sophie Fillières, sortie le 18/09/<strong>2024</strong> (Jour2Fête)<br />
Septembre sans attendre de Jonas Trueba, sortie le<br />
28/08/<strong>2024</strong> (Arizona)<br />
Les Rencontres nationales art et essai Jeune<br />
public <strong>2024</strong> livrent leurs premiers détails<br />
Alors que les inscriptions sont désormais ouvertes, le<br />
rendez-vous Jeune public de l’Afcae <strong>–</strong> pour rappel daté<br />
du 10 au 12 septembre au Rex de Sarlat <strong>–</strong> a dévoilé son<br />
affiche, illustrée par Pierre-Luc Granjon. Le co-réalisateur<br />
de Léo, la fabuleuse histoire de Léonard de Vinci (sorti fin<br />
janvier dernier chez KMBO, le film a réalisé plus de<br />
405 000 entrées) présentera un court métrage sur écran<br />
d’épingles, Les Bottes de la nuit, lors des Rencontres.<br />
C’est Florence Miailhe que la manifestation mettra par<br />
ailleurs à l'honneur. Après son premier long métrage, La<br />
Traversée (sorti en septembre 2021 sous bannière Gébéka,<br />
près de 30 000 entrées), la réalisatrice-plasticienne vient<br />
de terminer un nouveau court métrage, Papillon, qui a<br />
entre autres obtenu l’Ours de cristal à la Berlinale et le<br />
prix André-Martin au Festival d'Annecy.<br />
Enfin, la session de formation par laquelle débutent les<br />
Rencontres Jeune public aura pour thème “le Spectateur<br />
et le Médiateur”, avec l’ambition de « réinventer la relation<br />
au public ». Réservée aux adhérent·es, elle sera proposée<br />
le mardi 10 septembre en jauge limitée (max. 20 personnes).<br />
« Cette formation permettra à chacun de comprendre et<br />
tester une nouvelle place pour le spectateur·rice au sein de<br />
sa politique de l’intelligence collective, précisent les organisateurs.<br />
C’est aussi l’occasion de découvrir des outils<br />
techniques adaptables à toutes sortes d’animations, et la<br />
force du travail en réseau. »<br />
Semaine de la Critique<br />
Les Reines du drame d’Alexis Langlois, sortie le 18/12/<strong>2024</strong><br />
(Bac Films)<br />
Simon de la montaña de Federico Luis Tachella, sortie<br />
février 2025 (Arizona)<br />
ACID Cannes<br />
Ce n’est qu’un au revoir de Guillaume Brac, sortie début<br />
2025 (Condor)<br />
Fotogenico de Marci Romano & Benoit Sabatier, sortie<br />
12/12/24 décembre <strong>2024</strong> (JHR)<br />
En image<br />
Bureau Afcae renouvelé jusqu’en 20<strong>26</strong><br />
À la suite de son renouvellement partiel lors de l’assemblée<br />
générale du 13 mai à Cannes, le conseil d’administration<br />
de l’Association française des cinémas art et essai<br />
a voté, le 12 <strong>juin</strong>, la composition de son nouveau bureau,<br />
toujours présidé par Guillaume Bachy. Les seuls changements<br />
sont observés au niveau de la vice-présidence,<br />
que Clémence Renoux assure désormais en compagnie<br />
d’Emmanuel Baron, en remplacement de Caroline<br />
Grimault, tandis que cette dernière reprend le précédent<br />
poste de secrétaire d’Emmanuel Baron.<br />
Y a pas de réseau<br />
Quelques mois à peine après la sortie de 14 jours pour<br />
aller mieux (qui a rassemblé plus de 310 000 spectateurs<br />
depuis sa sortie en mars, chez Wild Bunch), Maxime<br />
Gasteuil retrouve le réalisateur Édouard Pluvieux pour<br />
une nouvelle comédie. L'humoriste y donnera la<br />
réplique à Gérard Jugnot, dans un jeu de chat et de<br />
souris effréné entre deux enfants dégourdis et deux<br />
malfrats aussi stupides que dangereux, qui, dans leur<br />
cavale, font exploser une antenne relais.<br />
En tournage jusqu’à début août dans les Hautes-<br />
Pyrénées, Y a pas de réseau, est produit par Las Palmeras-<br />
Nolita, et sera distribué par Pathé et TF1 Studio.<br />
Côté groupes, Catherine Mallet est désormais officiellement<br />
responsable du groupe Jeune public, en remplacement<br />
de Laurent Coët. Au groupe des Associations<br />
territoriales, le responsable Rafael Maestro est remplacé<br />
par Anne Huet.<br />
L’intégralité du bureau<br />
Président : Guillaume Bachy<br />
Vice-président·es : Clémence Renoux et Emmanuel Baron<br />
Secrétaire : Caroline Grimault<br />
Secrétaire adjointe : Charlotte Prunier<br />
Trésorier : Cyril Désiré<br />
Trésorière adjointe : Cerise Jouinot<br />
Responsables de groupes<br />
Inédits : Sylvie Buscail<br />
Jeune Public : Catherine Mallet<br />
Répertoire : Éric Miot<br />
Associations territoriales : Anne Huet<br />
N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
7
Rencontres du SDI<br />
Marc Olry (Lost Films), et Anne Pouliquen, coordinatrice des Rencontres, à l'Artplexe Canebière<br />
LES INDÉPENDANTS À MARSEILLE :<br />
POUR LA BIODIVERSITÉ DES SÉANCES<br />
©C.V.<br />
©C.V.<br />
©Cécile Vargoz ©C.V.<br />
Le cinéma de la Friche de la Belle de mai...<br />
L'historique cinéma art et essai de la Canebière<br />
et la terrasse du cinéma La Baleine, pour le speed dating des Rencontres<br />
Les rencontres organisées par le Syndicat des distributeurs<br />
indépendants (SDI), en association avec le réseau de salles Écrans<br />
du Sud, ont mis en avant la nécessité de se former aux enjeux<br />
environnementaux, mais aussi, et surtout, de redonner de la<br />
place, du temps et des séances, aux films de toute la diversité.<br />
La neuvième édition du rendez-vous proposé par le<br />
SDI a eu lieu pour la première fois dans le Sud, du 18<br />
au 21 <strong>juin</strong>, dans quatre cinémas marseillais. Dans la<br />
ville de la diversité en termes de population, le parc de<br />
salles du centre-ville s’est aussi diversifié ces dernières<br />
années, avec la reprise récente des Variétés <strong>–</strong> par Alexis<br />
Dantec des Films du Losange et Philippe Dejust <strong>–</strong>, qui<br />
travaille désormais aux côtés de l’Artplexe sur la<br />
Canebière, mais aussi La Baleine et Le Gyptis, respectivement<br />
géré et programmé par Shellac. Le distributeur<br />
et producteur indépendant est d’ailleurs basé à Marseille,<br />
comme deux autres structures membres du SDI, Les<br />
Alchimistes et Outplay. Et si, depuis 2022, les “Rencontres<br />
du SDI” s’intitulent “Rencontres du cinéma indépendant”,<br />
c’est pour marquer « notre volonté d’échanger avec<br />
nos partenaires que sont les salles indépendantes », précise<br />
Étienne Ollagnier, gérant de Jour2Fête et co-président<br />
du syndicat avec Lucie Commiot de Condor. L’édition<br />
de cette année, organisée avec l'association régionale<br />
de salles Écrans du Sud, a enregistré un nombre record<br />
de 230 inscrits, contre 150 en moyenne les années<br />
précédentes. D’autres organisations ont également<br />
participé aux ateliers collaboratifs <strong>–</strong> l’Acid, l’Afcae, le<br />
Dire, le GNCR et le Scare <strong>–</strong>, qui partagent, bien entendu,<br />
de nombreuses préoccupations avec le SDI.<br />
8 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>
©Cécile Vargoz<br />
Mesurer l’impact carbone de la distribution…<br />
et de la programmation des films<br />
À commencer par l’écologie, que les secteurs de la<br />
production et de l'exploitation ont commencé à intégrer,<br />
mais peu questionnée jusqu’à présent dans celui de la<br />
distribution, comme l’ont souligné Romane Segui (Les<br />
Alchimistes) et Léo Gilles (Shellac) en introduction d’une<br />
table ronde consacrée au sujet. « Au-delà de nos pratiques<br />
individuelles en tant que citoyens, nous manquons d’expertise<br />
pour avoir une approche globale et sur le long terme »,<br />
résume en effet Lucie Commiot, Marc Olry de Lost<br />
Films ajoutant que « en tant que professionnel, on réfléchit<br />
souvent plus par économie que par écologie ». Le distributeur,<br />
qui télétravaille car seul dans sa structure, s’interroge<br />
notamment sur l’impact carbone du numérique, qui<br />
concerne aussi bien la facturation que la dématérialisation<br />
des copies <strong>–</strong> « Faut-il favoriser un support physique ou le<br />
téléchargement ? Certains serveurs plutôt que d’autres ? » <strong>–</strong>,<br />
et bien sûr le marketing <strong>–</strong> « dois-je continuer à imprimer<br />
des cartes postales, à fabriquer des tote bags et, dans ce cas,<br />
comment les acheminer ? ». Quant à l‘impact des tournées<br />
de promo, tout doit être pris en compte, des distances<br />
parcourues aux moyens de transport, en passant par le<br />
logement et l’alimentation.<br />
« Un cocktail pour 200 personnes avec de la viande aura<br />
ainsi une incidence beaucoup plus importante », rappelle<br />
en effet Baptiste Heynemann, délégué général de la CST<br />
mais aussi président d’Ecoprod, qui intervenait à Marseille<br />
comme spécialiste. « Même si la distribution, de façon<br />
inhérente, a peu d’impact direct sur la biodiversité, elle doit<br />
s’interroger, comme toute activité, sur ses émissions de déchets<br />
et de carbone ». Or il n’existe pas encore d’outil de mesure<br />
propre au secteur, contrairement aux autres activités de<br />
la filière pour lesquelles Ecoprod a mis en place des<br />
calculateurs. Et si les aides à la production sont aujourd’hui<br />
conditionnées à des critères environnementaux, Baptiste<br />
Heynemann souligne que pour la distribution, « rien n’est<br />
obligatoire… jusqu’à ce que cela le devienne ».<br />
“L’Apéro des indés” : six ateliers avec des organisations partenaires<br />
La version marseillaise du “Café des indés”, pastis oblige,<br />
a réuni exploitants et distributeurs, prolongeant<br />
certaines pistes évoquées lors du dernier Sommet<br />
des Arcs.<br />
Acid : Qu'est-ce qu'un film qui compte ?<br />
… c’est aussi celui qui fait le plus d’entrées en moyenne<br />
par séance et non pas non pas à la semaine. L’Acid a<br />
commencé à collecter des chiffres sur des films divers<br />
(sortant entre 250 et 50 copies), montrant que le succès<br />
à la séance n’est pas corrélé au nombre de copies. Il est<br />
proposé de développer un outil permettant de mesurer<br />
chaque semaine la moyenne de spectateurs par séance,<br />
en s’appuyant sur les données et outils existants, pour<br />
tous les films à l’affiche.<br />
Afcae : Comment trouver le juste équilibre en<br />
termes de séances ?<br />
… en passant par plus de régulation selon les<br />
participants à l’atelier, ou d’incitation via les aides du<br />
CNC : interdiction pour les distributeurs d’imposer des<br />
pleins programmes pendant trois semaines ; interdiction<br />
de changer une date de sortie à moins de six semaines ;<br />
limiter le nombre de sorties par distributeur ; adapter le<br />
plan de sortie en fonction de la typologie des salles.<br />
Dire : Comment réduire l’impact environnemental<br />
de la diffusion des films ?<br />
… d’abord en mesurant l’empreinte carbone de chaque<br />
activité, notamment sur la communication (affichage<br />
numérique ou papier ?). Les distributeurs ne sachant pas<br />
comment chaque salle communique, il est suggéré que<br />
l’ADRC puisse collecter ces données à travers chaque<br />
région, pour ensuite les soumettre à Ecoprod. Un Label<br />
Vert, pour les distributeurs indépendants comme pour<br />
les salles, pourrait aussi les valoriser.<br />
GNCR : Peut-on penser un autre modèle que la<br />
Sortie Nationale ?<br />
Sachant que 90 % des entrées se font sur 5 semaines<br />
contre près de 10 il y a dix ans, il est nécessaire de<br />
penser le nombre de séances sur la durée et non pas sur<br />
la semaine de sortie, de poursuivre la communication<br />
sur un temps long, de moduler les aides à la distribution<br />
non pas en fonction du nombre de copies en nationale<br />
mais de l’accompagnement des films. Et pourquoi pas,<br />
envisager des sorties par régions sans tout miser sur la<br />
sortie parisienne.<br />
SDI : Quels indicateurs pour mesurer l’impact<br />
des films et mieux investir ?<br />
Au-delà des chiffres, il faut mesurer la diversité et la<br />
mixité des publics, en terme de génération, d’inclusion<br />
et de parité H/F, et l’intégrer dans les bilans. Les tarifs<br />
réduits sont un bon indicateur, mais aussi les<br />
associations mobilisées sur des débats et actions autour<br />
d’un film. <strong>Pro</strong>position de dresser une cartographie des<br />
séances accompagnées à travers les territoires et en<br />
direction des publics empêchés.<br />
Scare : Quelles solutions pour le management<br />
et le recrutement ?<br />
Un sujet qui n’est pas propre à la distribution<br />
indépendante mais qui y est rarement abordé. Les<br />
syndicats et associations de salles comme le Scare (qui<br />
propose une formation RH) pourraient accompagner les<br />
distributeurs dans la gestion des conflits, et partager<br />
des outils pour impliquer les salariés dans la vie des<br />
entreprises.<br />
©Cécile Vargoz<br />
Pour s’y préparer, il apparaît donc essentiel de former<br />
tous les collaborateurs du secteur aux enjeux écolo [voir<br />
ci-contre], mais aussi de travailler en commun, avec le<br />
Dire et Europa Distribution qui ont entamé une réflexion,<br />
et avec les exploitants, qui connaissent notamment le<br />
coût énergétique d’une séance. Aussi Lucie Commiot<br />
s’interroge-t-elle : « Selon que je sorte un film dans 20 ou<br />
200 salles et selon son nombre de séances, quel sera mon<br />
impact ? » Pour le président d’Ecoprod, « le bilan carbone<br />
d’une séance est celui de la salle, mais le distributeur du film<br />
a sa quote part de responsabilité ». Celle-ci baisse si son<br />
film a moins de séances, mais si la salle en projette un<br />
N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
9
Rencontres du SDI<br />
autre à la place, l’impact environnemental est le même.<br />
« Il convient donc, comme pour un avion ou pour un<br />
train, de s’interroger sur le taux de remplissage », souligne<br />
Baptiste Heynemann. Et donc de prendre en compte<br />
l’aspect polluant… du nombre de séances.<br />
De gros indépendants qui prennent la<br />
place aux petits ?<br />
On sait en effet que la problématique, liée au nombre<br />
de films et de copies, s’est accentuée depuis le Covid,<br />
particulièrement pour les “petits” indépendants, qu’ils<br />
soient exploitants ou distributeurs. « Nous avons du<br />
mal à programmer nos films parce que d’autres prennent<br />
trop de place », exprimait en effet Étienne Ollagnier<br />
au nom du SDI, lors d’une rencontre avec Isabelle<br />
Gérard, représentant à Marseille le Médiateur du<br />
cinéma. Si les salles mettent en avant leur liberté de<br />
choix face au trop grand nombre de films, elles<br />
déplorent elles aussi les exigences disproportionnées<br />
de la part des plus gros distributeurs. Et ces plus “gros”<br />
ne sont pas forcément les majors américaines : certains<br />
indépendants, qui sortent des films art et essai parfois<br />
tous les 15 jours <strong>–</strong> voire deux la même semaine ! <strong>–</strong>,<br />
ont des « moyens de pression » sur les salles, selon Hugues<br />
Peysson de l’Atelier Distribution. Et quand Patrick<br />
Hernandez de Next Films souligne que « certaines salles<br />
font des choix non pas par film, mais par distributeur »,<br />
Jean-Jacques Rue de JHR ajoute que « les ententes de<br />
programmation se comportent parfois de façon totalement<br />
arbitraire, ne laissant pas d’autonomie aux salles ». Il<br />
devient notamment très difficile de placer un film de<br />
patrimoine ou un documentaire à plus d’une séance<br />
par semaine, alors que les débats affichent souvent<br />
complet et que le spectateur ne peut se rattraper sur<br />
une deuxième projection. Et de façon générale<br />
aujourd’hui, « les 1 300 salles art et essai ont toutes la<br />
même programmation… voire la même que les circuits »,<br />
regrette Hervé Millet de Destiny.<br />
Le SDI reconduit ses deux co-présidents<br />
Le Syndicat, qui fédère 37 distributeurs indépendants, a<br />
tenu son AG à Marseille le 20 <strong>juin</strong> et élu son conseil<br />
d’administration <strong>2024</strong>/25, qui accueille trois nouveaux<br />
membres : Louis Ferré, Hervé Millet et Natacha Missoffe.<br />
Co-président.e.s :<br />
Lucie Commiot (Condor Distribution)<br />
Étienne Ollagnier (Jour2Fête)<br />
Secrétaire : Bénédicte Thomas (Arizona Distribution)<br />
Trésorier : Jean-Fabrice Janaudy (Les Acacias)<br />
Vice-président.e.s :<br />
Jane Roger (JHR Films), notamment en charge des relations<br />
avec les exploitants et les pouvoirs publics<br />
Patrick Hernandez (Next Film Distribution), questions relatives<br />
aux films documentaires<br />
Hervé Millet (Destiny Films), questions relatives aux<br />
films documentaires<br />
Marc Olry (Lost Films), questions liées au patrimoine<br />
Natacha Missoffe (Potemkine Films), questions liées au<br />
patrimoine et à l’édition vidéo<br />
Emmanuelle Chevalier (Films du Préau), questions liées aux<br />
films Jeune public et aux dispositifs scolaires<br />
Louis Ferré (Films du Whippet), films Jeune Public et aux<br />
dispositifs scolaires<br />
La réforme art et essai, pour laquelle les distributeurs<br />
du SDI déplorent de ne pas avoir été auditionnés,<br />
n’apaise pas leurs inquiétudes. « Si le système de notation<br />
des salles est une bonne idée, estime Étienne<br />
Ollagnier, la sur-pondération réservée aux films Recherche<br />
et Découverte de moins de 80 copies ne s’appliquera pas<br />
forcément à nos films. » Le risque étant que les cinémas<br />
« cochent les cases » en se limitant à programmer les<br />
films sur-pondérés.<br />
Autant de griefs qui menacent la diversité selon le<br />
Syndicat indépendant, qui souhaiterait, au-delà des<br />
saisines et des recommandations au cas par cas, une<br />
vraie régulation de la part du Médiateur du cinéma.<br />
Un nouveau CA pour Les Écrans du Sud<br />
L'association qui rassemble 49 salles de proximité (soit 80<br />
écrans pour une fréquentation annuelle de plus d’1,5<br />
millions de spectateurs), sur l’ensemble de la Région<br />
Paca, s’est elle aussi réunie en AG pendant les Rencontres<br />
du cinéma indépendant.<br />
Président<br />
Joël Bertrand, directeur Cinéma Ciné 89 à Berre-l'Etang<br />
Vice-Présidentes<br />
Caroline Renard, maîtresse de conférences en études<br />
cinématographiques, Responsable de la licence Arts du<br />
spectacle à Aix-Marseille Université<br />
Clémence Renoux, directrice du Cigalon à Cucuron<br />
Trésorier : Christian Flayol, directeur de l'Odéon à Barjols<br />
Trésorière adjointe : Florie Caudelier, directrice des<br />
Lumières à Vitrolles<br />
Sécrétaire : Annie Gava, journaliste<br />
©C.V.<br />
Se former à la transition écologique…<br />
S’il n’existe pas de formation spécifique à la<br />
distribution, tant pour évaluer son empreinte<br />
carbone que pour changer ses pratiques, celle qui est<br />
proposée par la Commission supérieure technique<br />
(CST) et Ecoprod s’adresse à toute la filière, tout au<br />
moins pour sa partie “Les fondamentaux du<br />
dérèglement climatique”. Elle s’appuie sur La fresque<br />
du climat et permet de comprendre l’impact de<br />
chaque activité, et dès lors d'envisager des actions<br />
concrètes. La formation, sur une journée, est prise en<br />
charge par l’Afdas et autres Opco (105 € par stagiaire).<br />
… et dans tous les domaines liés à la distribution<br />
Le module RSE, pour appréhender le concept de<br />
Responsabilité sociétale de l’entreprise, peut aussi<br />
intéresser les distributeurs et notamment leurs<br />
dirigeants. La CST rappelle que les intervenants<br />
peuvent se déplacer partout, et se dit ouverte pour<br />
monter des formations spéciales pour le SDI,<br />
notamment pour la réalisation d’un bilan carbone<br />
adapté à la profession. Au-delà de la demande<br />
exprimée par les distributeurs, il se pourrait aussi<br />
que, à l’instar des formations sur les VHSS, ces<br />
formations deviennent obligatoires.<br />
Le cinéma- restaurant La Baleine, sur le très animé cours Julien<br />
« Nous avons obtenu l’accord de l’Autorité de la concurrence<br />
pour travailler sur un calendrier des sorties concerté,<br />
mais rien n’a avancé », regrette notamment Étienne<br />
Ollagnier qui veut remettre le sujet sur la table. « Pour<br />
émettre une recommandation, nous tenons à ce que toute<br />
la profession soit consultée et soit d’accord », répond<br />
Isabelle Gérard, alors que le SDI demande justement<br />
que le Médiateur ait le pouvoir de trancher… en cas<br />
de désaccord.<br />
Plus largement, un questionnaire adressé aux sociétés<br />
du SDI a montré que très peu de salariés ou dirigeants<br />
ont recours à la formation continue. On constate une<br />
méconnaissance des droits Afdas, aucune utilisation<br />
des comptes individuels de formation et très peu des<br />
comptes entreprises. Par ailleurs, il n’existe pas de<br />
dispositif de VAE (Validation des acquis de l'expérience)<br />
à la Fémis pour les distributeurs comme il en<br />
existe pour les exploitants, et il n y a pas de formation<br />
sur le marketing adaptée aux structures indépendantes…<br />
autrement dit celles qui n’ont pas d’argent.<br />
Or les besoins sont là, notamment sur l’utilisation des<br />
réseaux sociaux et de la data, ainsi qu’en gestion<br />
financière et juridique, notamment sur les obligations<br />
légales vis-à-vis du CNC.<br />
En fonction des besoins, Anne Pouliquen, efficace<br />
coordinatrice des Rencontres, suggère de repérer des<br />
formations existantes qui pourraient s’appliquer au<br />
secteur de la distribution, ou de monter une<br />
formation spécifique, comme l’a fait le Scare pour les<br />
exploitants. À noter que Les Alchimistes travaille sur<br />
un cursus universitaire à Marseille, avec des fonds de<br />
France 2030, et qu’il existe un Master Diffusion à<br />
l’Université Montpellier.<br />
Certes, le sujet n’est pas nouveau, mais les inquiétudes<br />
grandissent, notamment après la disparition cette<br />
année de deux distributeurs indépendants, Rezo et<br />
Urban. Il ne s’agit pas pour autant de céder au découragement,<br />
mais d’être force de proposition : les 13<br />
films montrés durant ces rencontres en attestent, tout<br />
comme les ateliers entre exploitants et distributeurs,<br />
ou encore les speed datings organisés avec les <strong>Pro</strong>ducteurs<br />
associés de la Région Sud. Pour réfléchir collectivement<br />
sur la nature des films, la façon de les montrer et de<br />
mesurer leurs entrées comme leur “impact”.<br />
Cécile Vargoz<br />
10 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>
Exploitation<br />
©Les Films du Préau<br />
LES CIP METTENT L’ACCENT SUR<br />
LES JEUNES ET L’ACCESSIBILITÉ<br />
Le Marin et la Feuille d'Aliona Baranova, court métrage issu du programme Petits Contes sous l'océan, prochain film labellisé Premier<br />
Coup de cœur des CIP<br />
Le 14 <strong>juin</strong> s’est tenue l’assemblée générale des Cinémas<br />
indépendants parisiens, au Cinéma des cinéastes. L’occasion de<br />
revenir sur les projets qui ont rythmé l’année de l’association, et<br />
d’entrevoir ceux qui suivront, entre médiation et inclusivité.<br />
Alors que les tensions actuelles <strong>–</strong> qu’elles soient législatives<br />
ou olympiques <strong>–</strong> auraient pu peser sur cette assemblée<br />
générale, Priscilla Gessati, la présidente des CIP et<br />
exploitante à L’Entrepôt, a tenu à rassurer : « Le moral est<br />
bon pour les exploitants indépendants parisiens. » Pour<br />
cause, la riche année 2023-<strong>2024</strong> a certes vu naître certaines<br />
inquiétudes, notamment concernant l’avenir des dispositifs<br />
nationaux d'éducation à l'image (voir <strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong><br />
n°457 du 29 novembre 2023), mais aussi vu d’autres<br />
projets se développer.<br />
Miser sur le public jeune, de 2 à 25 ans<br />
Le groupe Jeune public est revenu sur la centaine d’accompagnements<br />
très positifs qui ont eu lieu cette année avec<br />
le dispositif L’Enfance de l’Art, pour rappel destiné aux<br />
2-12 ans, puis sur le succès du Sandwich Club (9-12<br />
ans), qui a vu défiler un public très varié de 30 spectateurs<br />
en moyenne. Le groupe a également dévoilé le prochain<br />
film labellisé Premier Coup de foudre, Petits Contes sous<br />
l’océan d’Anastasiya Sokolova, Jakub Kouril et Ursula<br />
Ulmi, dont la sortie est prévue le 18 septembre chez Les<br />
Films du Préau.<br />
l’année prochaine. D’abord, le Marathon cinéma (titre<br />
provisoire), qui consistera en l’organisation de quatre<br />
marathons saisonniers, composés à chaque fois de trois<br />
séances, plongeant tant dans le cinéma confidentiel que<br />
populaire. Ensuite, Noir cinéma, qui visera à faire<br />
découvrir des films de cinéastes noirs, à travers des séances<br />
accompagnées de performances d’artistes.<br />
Cinéma verts et accessibles<br />
“Vert, un nouveau cinéma”, organisé avec succès les 16<br />
et 17 septembre 2023, et dont la deuxième édition est<br />
datée aux 22, 23 et 24 novembre <strong>2024</strong>", après le succès<br />
de la première (200 spectateurs). Pour rappel, cet<br />
©CIP<br />
La programmation<br />
de la 9 e édition<br />
du festival<br />
Avant-premières !<br />
L’Histoire de Souleymane de Boris Lojkine,<br />
Pyramide Distribution, 09/10/24<br />
Grand Tour de Miguel Gomes, Shellac &<br />
Tandem, 18/12/24<br />
Les Fantômes de Jonathan Millet, Memento, 03/07/24<br />
Young Hearts d’Anthony Schatteman, Épicentre<br />
Films, 05/02/25<br />
Ernest Cole, Photographe de Raoul Peck, Condor<br />
Films, 25/12/24<br />
Spectateurs ! d’Arnaud Desplechin, Les Films du<br />
Losange, 06/11/24<br />
Le Royaume de Julien Colonna, Ad Vitam, 13/11/24<br />
Emilia Pérez de Jacques Audiard, Pathé Films, 28/08/24<br />
Le cœur qui bat de Vincent Delerm, Agat Films<br />
Distribution, à dater<br />
Le Roman de Jim d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu,<br />
Pyramide Distribution, 14/08/24<br />
À son image de Thierry de Peretti, Pyramide<br />
Distribution, 04/09/24<br />
My Sunshine de Hiroshi Okuyama, Art House, 25/12/24<br />
La Rue rouge de Fritz Lang, Les Films du Camélia, dernier<br />
trimestre <strong>2024</strong> (ressortie)<br />
Apprendre de Claire Simon, Condor Films, à dater<br />
Trilogie Dead or Alive de Takashi Miike, Splendor<br />
Films, 10/07/24 (ressortie)<br />
Miséricorde d’Alain Guiraudie, Les Films du<br />
Losange, 10/10/24<br />
La Chute de l’Empire romain d’Anthony Mann,<br />
Solaris Distribution, 14/08/24 (ressortie)<br />
Simón de la montaña de Federico Luis, Arizona<br />
Distribution, dernier trimestre <strong>2024</strong><br />
Moi, moche et méchant 4 de Chris Renaud et<br />
Patrick Delage, Universal Picture, 10/07/24<br />
Maya, donne-moi un titre de Michel Gondry,<br />
Jokers Films, 02/10/24<br />
All We Imagine as Light de Payal Kapadia, Condor<br />
Films, 02/10/24<br />
Septembre sans attendre de Jonás Trueba, Arizona<br />
Distribution, 28/08/24<br />
Les Gens d’à côté d’André Téchiné, Jour2Fête, 10/07/24<br />
3 Kilomètres jusqu’à la fin du monde<br />
d’Emmanuel Pârvu, Memento, 23/10/24<br />
Les Femmes au balcon de Noémie Merlant,<br />
Tandem, 04/09/24. Précédé de Moi aussi de<br />
Judith Godrèche<br />
Santosh de Sandhya Suri, Haut et Court, 17/07/24<br />
Ce n’est qu’un au revoir de Guillaume Brac, Condor<br />
Films, à dater<br />
Les Graines du figuier sauvage de Mohammad<br />
Rasoulof, Pyramide Distribution, 18/09/24<br />
Du côté du Labo des CIP (15-25 ans), l’étude commandée<br />
l’année dernière à l’institut Vertigo quant à l’impact des<br />
projets sur la fréquentation des jeunes dans les salles du<br />
réseau a révélé une demande importante d’animation de<br />
la part du public. Ce n’est pas ce qui manquait cette<br />
année avec The Breakfast Club (but at night…!) qui, sur<br />
dix séances, a accueilli près de 750 spectateurs. Les retours<br />
positifs ont convaincu l’association de reconduire le<br />
dispositif l’année prochaine, avec pour thèmes la dystopie<br />
et le queer gaze. Concernant l’Open Screen Club, les sept<br />
soirées ont également été très appréciées par les quelque<br />
350 spectateurs, mais du fait de l’organisation bien trop<br />
lourde pour les CIP, le dispositif n’est pas renouvelé.<br />
Alors, deux nouveaux projets s’ajoutent au calendrier de<br />
L'équipe des Cinémas indépendants parisiens<br />
événement tous publics permet de suivre un parcours<br />
cinéphile autour de l’écologie dans les cinémas. L’association<br />
poursuit également son engagement en matière de<br />
l'accessibilité de ses cinémas et proposera un accompagnement<br />
culturel prononcé au public empêché, ainsi<br />
qu’une sensibilisation sur l’inclusivité, cette fois-ci à<br />
destination de tous les publics. La déléguée générale<br />
Amandine Larue a précisé qu’un webinaire sera mis en<br />
place à la rentrée afin de présenter précisément la réforme<br />
art et essai, particulièrement « satisfaisante pour sa revalorisation<br />
de la part sélective », bien que « cela arrange<br />
principalement les cinémas de Paris », note Priscilla Gessati.<br />
Enfin, dans les autres actualités des CIP, l’édition 2023<br />
du festival Avant-premières ! a engrangé près de 3 200<br />
entrées, pour une excellente moyenne de 113 spectateurs<br />
par séance. La neuvième édition se déroulera du 2 au 10<br />
juillet prochains. Également, la Ciné Carte enregistre<br />
une hausse des ventes en 2023 (148 000 cartes, + 8,8 %<br />
par rapport à 2022), et retrouve les niveaux de 2018.<br />
Jules Dreyfus<br />
N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
11
Exploitation<br />
CINÉO :<br />
COLLECTIF DE SALLES<br />
AUTONOME ET ÉCOLO<br />
Il n’y a pas de doute sur la<br />
force de la salle de cinéma.<br />
Elle est remarquable, parce<br />
qu’elle est unique<br />
Pour sa 15 e année, le groupement et syndicat<br />
de cinémas indépendants privés poursuit une<br />
feuille de route ambitieuse avec pour mots<br />
d’ordre autonomie, écologie et échanges<br />
des savoirs.<br />
Du 12 au 14 <strong>juin</strong> derniers, Laurent et Benoit Lagrée étaient les hôtes du séminaire<br />
annuel des membres de Cinéo, à l'Émeraude de Dinard et de la Richardais. Trois<br />
jours de convivialité, de réflexion, de bilan, et surtout, de prospective. Le groupement,<br />
qui fête ses 15 ans cette année, le revendique, Cinéo fonctionne en totale autonomie<br />
et sans subvention, gage de stabilité et solidité pour Marie-Christine Desandré, sa<br />
présidente, qui était aussi l’invitée de l'Émission <strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> du 20 <strong>juin</strong> dernier. En<br />
effet, le syndicat, fort de 110 cinémas et 700 écrans, fonctionne avec les ressources des<br />
cotisations des adhérents, de la commercialisation de ses réseaux sociaux et de ses<br />
offres de formation. Autre particularité, le syndicat ne compte plus de salariés, mais<br />
préfère collaborer avec des experts délégués de missions, à savoir Sandrine Van<br />
Den Broeck pour la formation, Juliette Vigoureux pour la transition environnementale<br />
et Antoine Musset pour la coordination des opérations et de la communication.<br />
Se regrouper et faire ensemble<br />
Depuis la création de Cinéo, motivée au départ par la collecte des VPF,<br />
l'enjeu était bien de regrouper les achats et les savoir-faire des exploitants<br />
indépendants, souvent seuls dans leurs entreprises et territoires. Quinze ans<br />
plus tard, le syndicat n’a pas dérogé à sa vocation, entre négociations<br />
groupées avec les prestataires, fournisseurs et distributeurs pour développer<br />
des outils informatiques, rechercher des financements ou encore gérer<br />
les réseaux sociaux et la data. Les sujets ne manquent pas au rythme<br />
de l’évolution du métier lui-même.<br />
Une évolution qui demande de plus en plus d'exigences et des savoirfaire<br />
multiples. En matière de montée en compétence des collaborateurs,<br />
en 2023, le groupement a formé 120 salariés autour non<br />
seulement de l'écologie, mais aussi des sujets RH et teambuilding,<br />
du développement personnel, de la gestion des réseaux sociaux,<br />
et proposera bientôt, une nouvelle formation cabine et<br />
12 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>
©Marion Delique<br />
L'assemblée générale du syndicat a été l'occasion de discuter des enjeux actuels de la profession avec Catherine Verliac directrice adjointe du CNC et Richard Patry, président de la FNCF<br />
numérique. Le syndicat a par ailleurs postulé à un appel d'offres du CNC pour le plan<br />
de formation gratuit des exploitants au développement durable dans les salles. Et pour<br />
cause, Cinéo s'est emparé très tôt du sujet, avec sa charte écologique à laquelle les<br />
adhérents se sont engagés à leur mesure. « Nous sommes un interlocuteur solide.<br />
L’environnement ne peut être une priorité individuelle, c’est pour cela que nous devons nous<br />
regrouper et le faire ensemble », rappelle Marie-Christine Desandré.<br />
Un travail précis qui demande des moyens<br />
Toutes ces expertises ont mené Cineo à répondre à un autre appel à projet, celui de<br />
France 2030 Alternatives vertes pour la culture. Le projet « Construire et déployer un<br />
modèle d’exploitation éco-responsable » a ainsi été retenu parmi une soixantaine de dossiers.<br />
Un sacré coup d'accélérateur pour cette mission collective, qui permettra, dans la lignée<br />
du travail sur la charte, de passer à un autre niveau d’action. « Réaliser les bilans carbone,<br />
mesurer les consommations d’eau et de déchets, est un travail précis qui demande des moyens.<br />
La dotation permettra d’en financer une partie, car il y aura aussi un investissement financier<br />
personnel à hauteur de 30 %», commente la présidente. Un panel d’une quinzaine<br />
d'établissements représentatifs de l’exploitation sur l’ensemble du territoire sera constitué<br />
sur la base du volontariat. Trois années de travaux seront nécessaires pour ce laboratoire<br />
d'expérimentation en trois phases : mesurer, planifier et déployer. « L'objectif est que<br />
chacun ne parte pas de zéro, en commençant par la mesure des impacts carbone, de pollution,<br />
consommation d’eau et mobilité des spectateurs, la montée en compétence des équipes, le<br />
prototypage des actions à tester, à documenter et à déployer dans toutes les salles du groupement,<br />
et à terme, du territoire. ».<br />
Ce travail régulier et obstiné a permis à Cinéo d’être à l'avant-garde de l'écologie dans<br />
les salles et d’être moteur pour le secteur, en témoigne la création, il y a un an, de la<br />
commission écologie des salles, au sein de la FNCF, que préside Marie-Christine<br />
Desandré. « Nous serons en mesure au Congrès de Deauville de présenter un plan d’action<br />
basé sur des objectifs prioritaires que sont l’énergie, la mobilité des spectateurs, la réduction<br />
et le tri des déchets, l’alimentation, la consommation de l’eau et la formation. Nous présenterons<br />
un outil en ligne pour que chaque exploitant puisse déjà construire sa feuille de route »,<br />
projette Marie-Christine Désandré, précisant que le projet, en work in progress, est de<br />
longue haleine.<br />
Les exploitants sont des gens solides<br />
Et lorsqu'on demande quel regard l'exploitante de Châtellerault porte sur le moral du<br />
secteur, l'optimisme ne cède pas. « Je ne vais rien vous apprendre en disant qu’il y a des<br />
hauts et des bas et que nous avons le sentiment de nous extraire petit à petit d'une situation<br />
compliquée en ce deuxième trimestre », faisant référence aux entrées miraculeuses d’Un<br />
p’tit truc en plus. Objectivement nous avons depuis un an de gros soucis de trésorerie, avec<br />
des charges supplémentaires tels que les PGE à rembourser, des encours financiers liés aux<br />
constructions et rénovations et l’inflation qui pèse lourdement sur l’ensemble de nos exploitations.»<br />
Mais le second semestre porte davantage d’espoir, « Il n’y a pas de doute sur la force de la<br />
salle de cinéma. Elle est remarquable, parce qu’elle est unique. C’est le seul lieu populaire de<br />
divertissement, de culture, accessible au plus grand nombre, et nous sommes toujours convaincus<br />
qu’elle continuera de traverser les tempêtes. Le métier d'exploitant<br />
est un métier solide, et les exploitants sont des gens solides qui<br />
aiment ce qu'ils font et ça ce n’est pas rien ! »<br />
Marion Delique<br />
Émission à voir ou revoir<br />
sur notre chaîne YouTube<br />
©Cinéo<br />
Cémino <strong>2024</strong><br />
à l'Emeraude de Dinard<br />
N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
13
Distribution<br />
©<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> / JD<br />
La France a le meilleur<br />
public du monde<br />
ENTRETIEN AVEC JEAN LABADIE<br />
L’aventure Anatomie d’une chute, la rencontre avec Sean Baker et<br />
l’état de la distribution indépendante en France : le président du<br />
Pacte revient sur les derniers mois très “palmés” du distributeur.<br />
Anora, la Palme d’or <strong>2024</strong>, est votre troisième<br />
collaboration avec Sean Baker depuis The Florida<br />
<strong>Pro</strong>ject en 2017. Comment a-t-elle commencé ?<br />
Nous le connaissions déjà grâce à Tangerine, son premier<br />
film sorti en France [2014, distribué par ARP, ndlr.]<br />
que nous avions beaucoup aimé. Peu après, <strong>Pro</strong>tagonist<br />
Pictures nous a envoyé le script de The Florida <strong>Pro</strong>ject<br />
et nous avons décidé d’acheter le film. Nous aimions<br />
son univers, sa générosité, ainsi que ce portrait culotté<br />
de l’Amérique qui différait de ce qu’on pouvait voir<br />
ailleurs. Dès sa sortie en salles, nous avons souhaité<br />
suivre Sean Baker pour son film suivant, Red Rocket<br />
(2022), et malgré les résultats un peu décevants de<br />
ce-dernier, nous avons acheté Anora sur scénario lors<br />
du Festival de Cannes 2022 ; nous étions certains qu’à<br />
un moment donné Sean Baker allait exploser. Je crois<br />
qu’Anora est l’occasion pour lui de devenir un réalisateur<br />
grand public.<br />
Après près de 40 semaines, Anatomie d’une chute a<br />
engrangé 1,9 million d’entrées en France. Pouvezvous<br />
revenir sur cette aventure ?<br />
Dès la lecture du scénario, nous étions emballés, et ce<br />
sentiment fut confirmé lors du visionnage du film. La<br />
sélection à Cannes n’était pas réellement une surprise,<br />
14 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
mais la Palme le fut beaucoup plus, tout comme la<br />
réussite en salles, car c’était un pari. Qu’un film de 2h30,<br />
avec une actrice allemande [Sandra Hüller, ndlr.], soit<br />
un immense succès prouve qu’on a le meilleur public du<br />
monde. De surcroît, chaque nouvelle récompense, en<br />
France et à l’international, a relancé sa carrière en salles.<br />
À ce titre, pour l’aventure américaine, nous devons<br />
beaucoup à Neon, qui distribue également Anora. Le<br />
phénomène est similaire à The Artist, qui était à 1,6 M<br />
d’entrées en janvier, puis qui a fini sa route à 3 M grâce<br />
à toutes les récompenses. Je ne suis pas très footeux, mais<br />
je crois que voir un film français performer sur un autre<br />
territoire ressemble à marquer un but à l’extérieur, ça a<br />
un côté “cocorico” !<br />
Comment voyez-vous l’état de la distribution indépendante<br />
actuellement ?<br />
Déjà, on a pu voir au terme de ce premier semestre<br />
qu’un distributeur indépendant comme Pan pouvait<br />
sauver l’exploitation en un mois et demi : cela montre<br />
que la surprise ne vient pas toujours de là où on l’attend.<br />
La diversité de l’offre en France est très importante…<br />
et elle est liée à la diversité des distributeurs. Cependant,<br />
nous connaissons parfois des échecs en salles, et comme<br />
la piraterie a tué le marché de la vidéo, nous ne pouvons<br />
Entretien à voir ou revoir<br />
sur notre chaîne YouTube<br />
pas nous rattraper ensuite. Le distributeur est le maillon<br />
le plus fragile de la chaîne, car il s’engage avec ses fonds<br />
propres. Et malgré les avancées que nous demandons<br />
depuis des années pour éviter que la distribution indépendante<br />
soit en péril, rien ne vient.<br />
Qu’attendre du rapport Cluzel ?<br />
Nous sommes l’un des seuls pays au monde où les<br />
distributeurs paient leur publicité dans les salles ; il<br />
faudrait une réglementation de l’avant-séance, afin que<br />
les bandes-annonces et affiches soient gratuitement mises<br />
en place dans les cinémas. J’espère également que le<br />
rapport permettra un partage plus équitablement du<br />
fonds de soutien entre les trois branches du cinéma, car<br />
la distribution n’est pas assez aidée par rapport aux risques<br />
qu’elle prend.<br />
<strong>Pro</strong>pos recueillis par Jules Dreyfus
STAR INVEST FILMS<br />
présente
Chiffres<br />
COMPARATIF / 5 FILMS, 5 CARRIÈRES, 1 POINT DE COMPARAISON<br />
À l’occasion de la sortie,<br />
ce <strong>26</strong> <strong>juin</strong>, d’In Water de<br />
Hong Sang-soo, distribué<br />
par Arizona, retour en<br />
chiffres sur les cinq plus<br />
grands succès dans les<br />
salles françaises du prolifique<br />
et bavard réalisateur<br />
sud-coréen.<br />
TITRE<br />
IN ANOTHER<br />
COUNTRY<br />
LA FEMME EST<br />
L'AVENIR DE L'HOMME<br />
LE JOUR D'APRÈS<br />
TURNING GATE<br />
UN JOUR AVEC,<br />
UN JOUR SANS<br />
Date de sortie 17/10/2012 19/05/2004 07/06/2017 28/01/2004 17/02/2016<br />
Distributeur DIAPHANA MK2 DIFFUSION CAPRICCI MK2 DIFFUSION LES ACACIAS<br />
Cumul des entrées 74 525 69 873 33 519 30 979 29 0<strong>26</strong><br />
1 er jour 4 222 1 775 2 488 1 023 1 223<br />
1 er week-end 25 290 15 205 13 103 7 307 9 776<br />
Copies 70 30 52 11 30<br />
Moyenne par<br />
copies 1 er we<br />
Cœfficient<br />
Paris/<strong>Pro</strong>vince<br />
Taux de transformation<br />
(cumul des entrées/1 er we)<br />
361 507 252 664 3<strong>26</strong><br />
2,36 2,28 1,27 1,61 1,8<br />
x17,7 x39,4 x13,5 x30,3 x23,7<br />
Note Spectateur AlloCiné 3 2,5 3,4 3,6 3,4<br />
Source CBO-Box Office<br />
TOP 20 DES FILMS* AVEC LA MEILLEURE MOYENNE D'ENTRÉES PAR SÉANCE AU 1 ER WEEK-END<br />
RANG<br />
DATE FILM DISTRI.<br />
COPIES<br />
1 ER WE<br />
ENTRÉES<br />
1 ER WE<br />
SÉANCES<br />
1 ER WE<br />
MOYENNE PAR<br />
SÉANCE 1 ER WE<br />
1 01/05/<strong>2024</strong> UN P'TIT TRUC EN PLUS PAN 455 902 970 8 594 105<br />
2 19/06/<strong>2024</strong> VICE-VERSA 2 DISNEY 650 1 468645 17 169 86<br />
3 28/02/<strong>2024</strong> DUNE : DEUXIÈME PARTIE WARNER 994 1 032333 16 080 64<br />
4 14/02/<strong>2024</strong> BOB MARLEY : ONE LOVE PARAMOUNT 590 603 142 9 785 62<br />
5 08/05/<strong>2024</strong><br />
LA PLANÈTE DES SINGES : LE NOUVEAU<br />
ROYAUME<br />
DISNEY 629 825 979 14 225 58<br />
6 07/02/<strong>2024</strong> COCORICO SND 608 488 253 9 791 50<br />
7 21/02/<strong>2024</strong> LE NOM DE LA ROSE (REPRISE) LES ACACIAS 15 5 238 114 46<br />
8 13/03/<strong>2024</strong> IL RESTE ENCORE DEMAIN UNIVERSAL 172 117 936 2 608 45<br />
9 31/01/<strong>2024</strong> LA ZONE D'INTÉRÊT BAC <strong>26</strong>0 180 436 4 009 45<br />
10 21/02/<strong>2024</strong> UNE VIE SND 469 344 827 7 957 43<br />
11 08/05/<strong>2024</strong> BLUE & COMPAGNIE PARAMOUNT 621 436 500 10 275 42<br />
12 21/02/<strong>2024</strong> BYE BYE TIBÉRIADE JHR 51 13 572 330 41<br />
13 27/03/<strong>2024</strong> KUNG FU PANDA 4 UNIVERSAL 696 554 856 14 078 39<br />
14 06/03/<strong>2024</strong> LA SALLE DES PROFS TANDEM 156 73 150 2 037 36<br />
15 06/03/<strong>2024</strong> RIVIÈRE DE NUIT (REPRISE) CARLOTTA 1 887 25 35<br />
16 27/03/<strong>2024</strong> LOS DELINCUENTES JHR/ARIZONA 48 9 721 278 35<br />
17 27/03/<strong>2024</strong> LA FLAMME VERTE CARLOTTA 3 1 025 30 34<br />
18 24/04/<strong>2024</strong> BACK TO BLACK STUDIOCANAL 424 282 954 8 731 32<br />
19 17/01/<strong>2024</strong> PAUVRES CRÉATURES DISNEY 245 138 996 4 311 32<br />
20 24/01/<strong>2024</strong> LE DERNIER DES JUIFS AD VITAM 113 47 908 1 539 31<br />
*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs | Séances : Showtimes Dashboard by The <strong>Boxoffice</strong> Company<br />
16 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>
AUDRAN<br />
CATTIN<br />
KAD<br />
MERAD<br />
SND PRÉSENTE<br />
CLOVIS<br />
CORNILLAC<br />
ISABELLE<br />
CARRÉ<br />
C’EST PAS VERSAILLES ICI !<br />
PHOTOS : EDDY BRIÈRE<br />
ÉCRIT ET RÉALISÉ PAR<br />
ALEXANDRE CHARLOT ET FRANCK MAGNIER<br />
AU CINÉMA LE 17 JUILLET<br />
© <strong>2024</strong> - SND - M6 FILMS - M6 STUDIO
SND PRÉSENTE<br />
UNE PRODUCTION BONNE PIOCHE CINÉMA<br />
& SND<br />
AHMED<br />
SYLLA<br />
ISMAËL<br />
BANGOURA<br />
ZABOU<br />
BREITMAN<br />
UN FILM DE LÉA LANDO<br />
ZÉRO POUVOIR,<br />
ZÉRO RESPONSABILITÉ.<br />
PHOTOS : EDDY BRIÈRE © 2023 - BONNE PIOCHE CINÉMA - SND - M6 FILMS<br />
JULIEN<br />
PESTEL<br />
LOUISE<br />
COLDEFY CLAUDIA TAGBO
LE 7 AOÛT, AHMED SYLLA SE TRANSFORME<br />
EN SUPER PAPA DANS LA COMÉDIE FAMILIALE<br />
DES GRANDES VACANCES !<br />
MATÉRIEL DISPONIBLE POUR VOS SALLES<br />
FA (121”)<br />
N’OUBLIEZ PAS DE LE DIFFUSER DEVANT<br />
AFFICHES ET AFFICHETTES<br />
KIT PROMO
Calendrier<br />
SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ<br />
CHANGEMENT/NOUVELLE DATE<br />
REPRISE<br />
CONTENU ALTERNATIF<br />
Zone A Zone B Zone C<br />
Besançon, Bordeaux,<br />
Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,<br />
Limoges, Lyon, Poitiers<br />
Aix-Marseille, Amiens, Caen,<br />
Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,<br />
Orléans-Tours, Reims, Rennes,<br />
Rouen, Strasbourg<br />
Créteil, Montpellier,<br />
Paris, Toulouse,<br />
Versailles<br />
S<strong>26</strong><br />
<strong>26</strong> JUIN<br />
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />
NORTE DISTRIBUTION CAMPING DU LAC 01h10 E.Saintagnan E.Saintagnan, A.Turluc'h, J.Ugeux<br />
ARIZONA DISTRIBUTION IN WATER 01h01 H.Sang-Soo S.Seokho, H.Seong Guk, S.Kim<br />
FRIDAY ENTERTAINMENT JATT & JULIET 3 02h15 J.Sidhu D.Dosanjh, N.Bajwa, N.Chinyoti<br />
L'ATELIER DISTRIBUTION JOAN BAEZ I AM A NOISE 01h53 M.Navasky et K.O'Connor J.Baez, B.Clinton, H.Clinton<br />
FRIDAY ENTERTAINMENT KALKI 2898 AD 02h50 N.Ashwin P.Raju, A.Bachchan, D.Padukone<br />
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE KINDS OF KINDNESS 02h44 Y.Lanthimos E.Stone, J.Plemons, W.Dafoe<br />
GAUMONT DISTRIBUTION LA FAMILLE HENNEDRICKS 01h38 L.Arné L.Arné, D.Boon, F.Redouloux<br />
PATHÉ LE COMTE DE MONTE-CRISTO 02h58 M.Delaporte et A.De La Patellière P.Niney, B.Bouillon, A.Demoustier<br />
PYRAMIDE DISTRIBUTION LE MOINE ET LE FUSIL 01h47 P.Choyning Dorji T.Wangchuk, K.Choejay, D.Lhamo<br />
DULAC DISTRIBUTION L’ENFANT QUI MESURAIT LE MONDE 01h44 T.Candilis B.Campan, R.Brottier, M.Apostolakea<br />
OUTPLAY FILMS LEÓN 01h20 A.Nachón et P.Curotto C.Crespo, S.Pampin, A.Saldicco<br />
BAC FILMS LES PISTOLETS EN PLASTIQUE 01h36 J.Meurisse L.Stocker, D.Baril, C.Laemmel<br />
FILMY DISTRIBUTIONS NADANNA SAMBHAVAM 02h30 V.Narayan B.Menon, S.Venjarammoodu, L.Jose<br />
PARAMOUNT PICTURES FRANCE SANS UN BRUIT: JOUR 1 01h39 M.Sarnoski L.Nyong'o, J.Quinn (VII), A.Wolff<br />
THE DARK VAS-TU RENONCER ? 01h12 P.Bodet B.Esdraffo, P.Léon, S.Bozon<br />
S27<br />
3 JUIL.<br />
6 JUIL.<br />
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />
SONY PICTURES RELEASING FRANCE BLUE LOCK LE FILM - ÉPISODE NAGI - 01h31 S.Ishikawa N.Shimazaki, Y.Uchida, K.Okitsu<br />
CONDOR DISTRIBUTION EL PROFESOR 01h51 M.Alché et B.Naishtat M.Subiotto, L.Sbaraglia, J.Zylberberg<br />
STUDIOCANAL ELYAS 01h39 F.Siri R.Zem, L.Eïdo, J.Michel<br />
L'ATELIER DISTRIBUTION EXISTENZ 01h36 D.Cronenberg J.Law, J.Jason Leigh, I.Holm<br />
METROPOLITAN FILMEXPORT HORIZON : UNE SAGA AMÉRICAINE CHAPITRE 1 03h01 K.Costner K.Costner, S.Miller, S.Worthington<br />
MEMENTO DISTRIBUTION LES FANTÔMES 01h46 J.Millet A.Bessa, T.Barhom, J.Franz Richter<br />
THE JOKERS / LES BOOKMAKERS LES SEPT SAMOURAÏS 03h27 A.Kurosawa T.Mifune, T.Shimura, K.Tsushima<br />
LES ALCHIMISTES MATRIA 01h39 Á.Gago M.Vázquez, S.Prego, S.Luaces<br />
PATHÉ NAPOLÉON VU PAR ABEL GANCE PARTIE 1 03h40 A.Gance A.Dieudonné, V.Roudenko, E.van Daele<br />
PATHÉ NAPOLÉON VU PAR ABEL GANCE PARTIE 2 03h20 A.Gance A.Dieudonné, V.Roudenko, E.van Daele<br />
TAMASA DISTRIBUTION PARIS, TEXAS 02h28 W.Wenders H.Stanton, N.Kinski, H.Carson<br />
DIAPHANA DISTRIBUTION PENDANT CE TEMPS SUR TERRE 01h29 J.Clapin M.Northam, S.Lesaffre, C.Salée<br />
LA TRAVERSE PLUS QU'HIER, MOINS QUE DEMAIN 01h<strong>26</strong> L.Achard M.Roussel, P.Cervo, M.Mihelich<br />
ART HOUSE POMPO THE CINEPHILE 01h34 T.Hirao H.Shimizu, K.Kohara, A.Kakuma<br />
AD VITAM POURQUOI TU SOURIS ? 01h35 C.Paillard et C.Chenouga J.Zadi, E.Devos, R.Quenard<br />
NORTE DISTRIBUTION THE HUMAN SURGE 3 02h01 E.Williams M.Nadarasa, S.Navamani, L.Silvano<br />
SURVIVANCE TYPHOON CLUB 01h55 S.Sōmai Y.Mikami, Y.Kudoh, T.Miura<br />
SIRIUS MEDIA ZAK & WOWO, LA LÉGENDE DE LENDARYS 01h25 P.Duchêne et J.Cuvelier M.Payet, C.Luciani, J.Niel<br />
S28<br />
10 JUIL.<br />
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />
MALAVIDA FILMS ARIZONA DREAM 02h22 E.Kusturica J.Depp, J.Lewis, F.Dunaway<br />
EUROZOOM CREATION OF THE GODS I 02h28 Wuershan B.Huang, F.Hsiang, Li Xuejian<br />
SONY PICTURES RELEASING FRANCE FLY ME TO THE MOON 02h11 G.Berlanti S.Johansson, C.Tatum, N.Dillenburg<br />
JHR FILMS HERE 01h22 B.Devos S.Gota, L.Gong, T.Corban<br />
LES FILMS DU WHIPPET L'ARBRE À CONTES 00h38 R.Kheyrieh et A.Vartanyan<br />
WAYNA PITCH LA RÉCRÉATION DE JUILLET 01h20 P.Cotten et J.Rozé A.Manet, A.Diong, A.Bellugi<br />
AD VITAM LE MÉDIUM 01h20 E.Laskar E.Laskar, L.Bourgoin, N.Lvovsky<br />
JOUR2FÊTE LES GENS D’À CÔTÉ 01h25 A.Téchiné I.Huppert, H.Herzi, N.Biscayart<br />
METROPOLITAN FILMEXPORT LONGLEGS 01h41 O.Perkins M.Monroe, A.Witt, N.Cage<br />
UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL F MOI, MOCHE ET MÉCHANT 4 01h34 P.Delage et C.Renaud S.Carell, K.Wiig, P.Coffin<br />
AD VITAM ONLY THE RIVER FLOWS 01h42 S.Wei Y.Zhu, Z.Meihuizi, T.Hou<br />
L'AGENCE DU COURT MÉTRAGE PARTIE DE CAMPAGNE 00h40 J.Renoir S.Bataille, G.Darnoux, J.Brunius<br />
LES FILMS DU CAMELIA<br />
RÉTROSPECTIVE NINON SEVILLA : "LA VÉNUS D'OR DU CINÉMA<br />
MEXICAIN" (3 FILMS)<br />
A.Gout/J.Bracho/E.Fernandez<br />
ARIZONA DISTRIBUTION SARAVAH 01h00 P.Barouh P.Barouh, Maria Bethânia, B.Powell<br />
LES FILMS DU LOSANGE SONS 01h40 G.Möller S.Knudsen, S.Bull Sarning, D.Salim<br />
SPLENDOR FILMS TRILOGIE DEAD OR ALIVE T.Miike<br />
CAPRICCI FILMS VAL ABRAHAM 03h23 M.de Oliveira L.Cintra, L.Silveira, C.Sanz de Alba<br />
S29<br />
17 JUIL.<br />
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />
PANAME DISTRIBUTION DÎNER À L'ANGLAISE 01h30 M.Winn R.Sewell, S.Henderson, O.Williams<br />
SHELLAC DOS MADRES 01h49 V.Iriarte L.Dueñas, A.Torrent, M.Egozkue<br />
TANDEM EAT THE NIGHT 01h47 C.Poggi et J.Vinel T.Cholbi, E.Falé, L.Gueneau<br />
À VIF CINÉMAS KARMAPOLICE 01h20 J.Paolini S.Shahidi, A.Manenti, K.Touré<br />
SND LE LARBIN A.Charlot et F.Magnier A.Cattin, K.Merad, C.Cornillac<br />
VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION LES TRICHEURS 01h30 L.Godbout S.René, C.Beaulieu, B.Gouin<br />
POTEMKINE FILMS LES TSIGANES MONTENT AU CIEL 01h41 E.Loteanu G.Grigoriu, S.Toma, B.Mulayev<br />
CARLOTTA FILMS MAD FATE 01h49 S.Cheang K.Tung Lam, L.Yeung, N.Sze<br />
GAUMONT DISTRIBUTION PRESQUE LÉGAL M.Mauroux M.Duboscq, J.Pierre, L.Castel<br />
HAUT ET COURT SANTOSH 02h08 S.Suri S.Goswami, S.Bishnoi, S.Rajwar<br />
WARNER BROS. FRANCE TWISTERS 02h02 L.Chung D.Edgar-Jones, G.Powell, A.Ramos<br />
20 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>
S30<br />
24 JUIL.<br />
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />
OCTOPOLIS BELLE ENFANT Jim M.Bohin, B.Lecaplain, M.Berenson<br />
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE DEADPOOL & WOLVERINE 02h07 S.Levy R.Reynolds, H.Jackman, E.Corrin<br />
DESTINY FILMS GONDOLA 01h22 V.Helmer M.Irrmann, N.Soselia, N.Chichinadze<br />
EUROZOOM GOODBYE MONSTER 01h39 J.Huang K.Wang, Z.Zhang, L.Zhang<br />
UGC DISTRIBUTION LE FABULEUX DESTIN D'AMÉLIE POULAIN 02h00 J.Jeunet A.Tautou, M.Kassovitz, Rufus<br />
LES FILMS DU LOSANGE LEMMINGS 1 : L'ARCADIE 01h53 M.Haneke R.Sattler, C.Ingomar, P.Manker<br />
LES FILMS DU LOSANGE LEMMINGS 2 : BLESSURES 01h47 M.Haneke M.Bleibtreu, E.Irrall, W.Hübsch<br />
STAR INVEST FILMS FRANCE MONOLITH 01h34 M.Vesely L.Sullivan, L.Tang, A.Nathan<br />
PYRAMIDE DISTRIBUTION MON PARFAIT INCONNU 01h47 J.Pyykkö C.Godø Krohn, R.Vladimirov, M.Moustache Thuv<br />
STUDIOCANAL PADDINGTON 01h35 P.King B.Whishaw, H.Bonneville, S.Hawkins<br />
CARLOTTA FILMS RÉTROSPECTIVE : "MARCEL PAGNOL 50 ANS" (10 FILMS) M. Pagnol<br />
S31<br />
31 JUIL.<br />
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />
TANDEM / SHELLAC COMME LE FEU 02h41 P.Lesage A.Worthalter, P.Ahmarani, I.Jacob<br />
CARLOTTA FILMS FULL RIVER RED 02h39 Y.Zhang T.Shen, J.Yee, Z.Yi<br />
SONY PICTURES RELEASING FRANCE GARFIELD : HÉROS MALGRÉ LUI 01h41 M.Dindal C.Pratt, H.Waddingham, S.Jackson<br />
DEAN MEDIAS HIGHWAY 65 01h48 M.Dreifuss I.Naor, I.Amedi, B.Konforty<br />
GAUMONT DISTRIBUTION INTOUCHABLES 01h52 E.Toledano et O.Nakache F.Cluzet, O.Sy, A.Le Ny<br />
PAN DISTRIBUTION LARGO WINCH : LE PRIX DE L’ARGENT O.Masset-Depasse T.Sisley, J.Franco, C.Hesme<br />
CONDOR DISTRIBUTION MAXXXINE 01h41 T.West M.Goth, E.Debicki, L.Collins<br />
LES ACACIAS RÉTROSPECTIVE LUCHINO VISCONTI (4 FILMS) L.Visconti<br />
DESTINY FILMS WE ARE ZOMBIES 01h20 A.Whissell et Y.Whissell A.Nachi, M.Peta Hill, D.Johns<br />
S32<br />
7 AOÛT<br />
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />
OUTPLAY FILMS ALMAMULA 01h34 J.Torales N.Díaz (II), M.Grimaldi, M.Soldi<br />
SND BORDERLANDS 01h42 E.Roth C.Blanchett, K.Hart, J.Black<br />
KMBO MON AMI LE PETIT MANCHOT 01h37 D.Schürmann J.Reno, A.Barraza, R.Hernández<br />
STUDIOCANAL PADDINGTON 2 01h43 P.King B.Whishaw, H.Bonneville, S.Hawkins<br />
CARLOTTA FILMS RÉTROSPECTIVE : "5 HÉROÏNES DE FRANÇOIS TRUFFAUT" (3 FILMS) F. Truffaut<br />
SND SUPER PAPA L.Lando A.Sylla, I.Bangoura, Z.Breitman<br />
CONDOR DISTRIBUTION TIGRESSE 01h20 A.Tănase C.Moga, P.Ipate<br />
CARLOTTA FILMS TIREZ SUR LE PIANISTE 01h23 F.Truffaut C.Aznavour, M.Dubois, N.Berger<br />
WARNER BROS. FRANCE TRAP M.Shyamalan J.Hartnett, A.Donoghue, R.Davila-Beltran<br />
LE PACTE UN PANDA EN AFRIQUE 01h24 R.Claus et K.Kiilerich M.Delchot, T.Hoffman, S.Lekgoathi<br />
S33<br />
14 AOÛT<br />
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />
THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE ALIEN: ROMULUS F.Alvarez C.Spaeny, I.Merced, D.Jonsson Fray<br />
METROPOLITAN FILMEXPORT CITY OF DARKNESS 02h05 S.Cheang L.Koo, S.Kam-Bo Hung, R.Lam<br />
APOLLO FILMS GOLO ET RITCHIE M.Fougerol et A.Hamidi<br />
SONY PICTURES RELEASING FRANCE JAMAIS PLUS - IT ENDS WITH US J.Baldoni B.Lively, J.Baldoni, B.Sklenar<br />
SOLARIS DISTRIBUTION LA CHUTE DE L'EMPIRE ROMAIN 03h08 A.Mann S.Loren, S.Boyd, A.Guinness<br />
CARLOTTA FILMS LA LÉGENDE DE L'AIGLE CHASSEUR DE HÉROS 01h43 J.Lau L.Cheung, B.Lin Ching-hsia, M.Cheung<br />
ART HOUSE LA MÉLANCOLIE 01h24 T.Katô M.Kadowaki, K.Tamura, S.Sometani<br />
PYRAMIDE DISTRIBUTION LE ROMAN DE JIM 01h41 J.Larrieu et A.Larrieu L.Dosch, K.Leklou, S.Giraudeau<br />
ALBA FILMS LES ROIS DU RALLYE 01h33 R.Venokur J.Yang, J.Simmons, C.Bennet<br />
S34<br />
21 AOÛT<br />
DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />
DIAPHANA DISTRIBUTION ANZU, CHAT-FANTÔME 01h30 Y.Kuno et N.Yamashita<br />
WARNER BROS. FRANCE BLINK TWICE Z.Kravitz C.Tatum, N.Ackie, C.Slater<br />
PATHÉ EMILIA PEREZ 02h10 J.Audiard Z.Saldana, K.Gascón, S.Gomez<br />
NOUR FILMS GIRLS WILL BE GIRLS 01h59 S.Talati P.Panigrahi, K.Kusruti, J.Gulati<br />
DAMNED DISTRIBUTION HIJO DE SICARIO 02h00 A.Rondero et F.Valadez J.Varela, Y.Pérez, K.Garrido<br />
SOLARIS DISTRIBUTION LE SOLDAT BLEU 01h52 R.Nelson P.Strauss, C.Bergen, D.Pleasence<br />
UFO DISTRIBUTION LES SYLVANIANS - LE CADEAU DE FREYA 01h05 K.Konaka Y.Kuroshima, I.Minase<br />
KMBO PROJECT SILENCE 01h41 T.Kim S.Lee, J.Ju, H.Kim<br />
CARLOTTA FILMS RÉTROSPECTIVE AKIRA KUROSAWA (6 FILMS) A.Kurosawa<br />
VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION RODÉO 01h21 J.Desjardins Paquette M.Leflaguais, L.Roy-Lanouette, W.Lafleur<br />
METROPOLITAN FILMEXPORT THE CROW R.Sanders B.Skarsgård, F.Twigs, D.Huston<br />
THE JOKERS / LES BOOKMAKERS ZÉNITHAL 01h20 J.Saurel V.Guide, F.Bruneau, C.Gueï<br />
Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.<br />
AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de <strong>Boxoffice</strong>, n’hésitez pas à faire parvenir<br />
régulièrement votre line-up mis à jour à calendrier@boxofficefrance.fr.<br />
N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
21
CineEurope <strong>2024</strong><br />
L'EXPLOITATION À L’HEURE DE LA<br />
“BARCELONA CONNEXION”<br />
©Anke Hofmann-Film Expo Group<br />
La convention européenne des cinémas, qui correspond aussi<br />
au congrès annuel de l'Unic, s’est déroulée du 17 au 20 <strong>juin</strong> à<br />
Barcelone, mettant en lumière les films, les technologies et<br />
autres innovations… mais aussi les valeurs humaines comme<br />
expérience différenciante du grand écran.<br />
“Joie” était au rendez-vous des retrouvailles barcelonaises<br />
de la profession. Et pour cause, puisqu’elles débutaient<br />
juste au lendemain du week-end de démarrage record<br />
de Vice-Versa 2, avec 295 millions de dollars récoltés dans<br />
son marché domestique et 38 autres territoires <strong>–</strong> et alors<br />
que le film n’avait encore déployé « que 60 % de sa présence<br />
mondiale », comme l’a rappelé Tony Chambers, à la tête<br />
de la distribution cinéma de Disney.<br />
a exposé pourquoi le troisième plus gros circuit d’exploitation<br />
d’Europe [voir le classement Giants of Exhibition<br />
Europe dans le <strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> du 12 <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>] a décidé<br />
d’investir davantagedans la distribution**. Récemment,<br />
le groupe, implanté aussi en Italie, a tellement cru en Il<br />
reste encore demain de Paola Cortellesi qu’il l’a proposé<br />
au public britannique avant même d’avoir créé sa branche<br />
dédiée à la distribution.<br />
Le premium forever…<br />
Et si l’offre de films reste le nerf de la guerre, les cinémas<br />
poursuivent l’implantation d’expériences différenciantes.<br />
À commencer par les écrans PLF, en tête desquels Imax<br />
a réalisé, en 2023, la deuxième meilleure année de son<br />
histoire. La société canadienne a débuté <strong>2024</strong> avec autant<br />
de vigueur, réalisant entre autres 20 % du box-office<br />
mondial de Dune 2 avec moins de 1 % des écrans.<br />
Croisements de secteurs<br />
Une autre nouvelle était aussi sur toutes les lèvres: celle<br />
de l’acquisition des Alamo Drafthouse américains par<br />
Sony Pictures. Un engagement d’autant plus significatif<br />
de la part du seul grand studio hollywoodien à ne pas<br />
s’être lancé dans l’activité SVOD [voir p.25]. « C’est la<br />
meilleure affirmation possible de notre confiance dans le<br />
futur de l’exploitation en salle », a souligné Steven O’Dell,<br />
président de la distribution internationale chez Sony<br />
Pictures lors de la table ronde inaugurale de CineEurope<br />
<strong>–</strong> en rappelant la précédente expérience de Sony Pictures<br />
dans le secteur de l’exploitation, toujours aux États-Unis,<br />
avec les Loews Theatres entre 1989 et 2002*. En outre,<br />
ce qui a particulièrement séduit le studio chez les cinémas<br />
Alamo, c’est leur « capacité à créer une base de spectateurs<br />
très fidèles », et qui « pourrait bénéficier à d’autres départements<br />
entertainement de Sony » selon le dirigeant. En<br />
parallèle, Tim Richards, à la tête de Vue International,<br />
De la continuité dans le calendrier<br />
Ces incursions dans de nouvelles activités sont autant de<br />
signes de confiance des différents acteurs de la filière en<br />
l’avenir de chaque secteur... mais aussi d'une concentration<br />
accrue. En effet, aucun professionnel présent à<br />
CineEurope n’a éludé les difficultés du premier semestre<br />
<strong>2024</strong>, où les conséquences des grèves hollywoodiennes<br />
de 2023 se sont fait le plus durement ressentir. Or au-delà<br />
du show, les présentations des studios <strong>–</strong> d’Universal à<br />
Disney, de Warner à Paramount, en passant par les animes<br />
de Crunchyroll, le cinéma d’auteur de Mubi et, bien sûr,<br />
le plus gros studio européen Studiocanal <strong>–</strong> avaient de<br />
quoi rassurer sinon enthousiasmer, en démontrant que<br />
non seulement les films sont là, mais qu’ils seront délivrés<br />
avec régularité.<br />
La session dédiée aux nouveaux concepts de cinéma a<br />
permis à Nicolas Chican de faire un bilan du premier<br />
mois d'exploitation de la première salle Ōma Cinema,<br />
aux Balcons de Mougins [voir <strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> du 12 mai<br />
<strong>2024</strong>], qui enregistre +60 % de taux d'occupation… et<br />
+80 % dans le panier confiserie des spectateurs, par<br />
rapport aux moyennes nationales, les produits “VIP”<br />
comme le champagne et les macarons remportant un<br />
succès certain.<br />
… nouvelles expériences…<br />
Avec The (Any)Thing, Thomas van de Weerd propose<br />
aux Pays-Bas, notamment au Pathé Ypenburg, des<br />
“chambres/cubes” de projection, pour 2 à 5 personnes.<br />
Des espaces où les spectateurs peuvent contrôler la<br />
lumière, la température, le niveau de son, l’entracte…<br />
et, bien entendu, choisir le film. Ici comme dans de<br />
*Sony a pu acquérir Loews Theatres en 1989 via l'achat de la société mère Columbia Pictures Entertainment. Cette acquisition a été permise par un assouplissement des Paramount Decrees.<br />
De plus, étant une entreprise étrangère, le japonais Sony n'était pas soumis aux mêmes restrictions antitrust que les studios américains.<br />
**Vue International détient, en outre, l’une des plus grosses sociétés de distribution en Pologne.<br />
22 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>
LE LEADERSHIP AU FÉMININ<br />
Le Women’s Cinema Leadership <strong>Pro</strong>gramme de l’Unic a entamé sa 8 e édition dans le cadre du rendez-vous barcelonais. « Depuis<br />
son lancement en 2017, le programme a créé une communauté dynamique de plus de 140 professionnelles inspirantes », se réjouit<br />
Laura Houlgatte, la PDG de l’Unic. « Un grand merci à chacune de ces femmes fantastiques pour leur dévouement ; suivre leur<br />
parcours a été immensément inspirant. »<br />
L’édition <strong>2024</strong> du programme de mentorat international<br />
et intersectoriel réunit une nouvelle fois 14 mentorées<br />
avec 14 dirigeantes du secteur cinématographique <strong>–</strong><br />
représentant 11 pays et 27 entreprises <strong>–</strong>, toutes reconnues<br />
pour leurs réussites professionnelles. Pour rappel,<br />
le Women’s Cinema Leadership <strong>Pro</strong>gramme de l’Unic<br />
repose sur la conviction que la parité hommes-femmes<br />
dans les postes de direction est essentielle pour une<br />
meilleure gouvernance et le succès du secteur en général.<br />
« Et comme l'a dit [la juge américaine] Ruth Bader<br />
Ginsburg : "À mesure que les femmes accèdent au pouvoir,<br />
les barrières tomberont" », conclut Laura Houlgatte.<br />
Mentors<br />
Marie-Laure Barrau, directrice générale Europe du Nord, Deluxe<br />
Cinema, France/Belgique<br />
Claire Beswick, fondatrice et PDG, The Living Room Cinema, Royaume-Uni<br />
Alexandra Body, directrice marketing et communication, CinemaNext,<br />
France<br />
Tania Cinquino, responsable senior du marketing, Exhibition Brand and<br />
Experiences, Cineplex, Canada<br />
Natasha Fernandes, directrice financière, Imax Corporation, Canada<br />
Sara Frain, directrice du marketing et de la distribution, Picturehouse Cinemas,<br />
Royaume-Uni<br />
Kate Gerova, co-fondatrice/directrice créative, Mustard Studio, Royaume-Uni<br />
Shona Gold, directrice exécutive de la marque, marketing et RP, Vue<br />
International, Royaume-Uni<br />
Finola McLoughlin, directrice exécutive de la distribution cinéma EMEA,<br />
Warner Bros Pictures Group, Royaume-Uni<br />
Anne-Cécile Mulin, directrice de la stratégie sommerciale, Universal<br />
Pictures International, Royaume-Uni<br />
Anny Schmit, directrice générale, Sony Pictures Releasing, Belgique<br />
Réunion à Barcelone, <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
Michelle Stevens, directrice commerciale, Powster, Royaume-Uni<br />
Béatrice Tourvieille, directrice générale adjointe, marketing et digital, Pathé<br />
Cinémas, France<br />
Miek Vanden Broeck, responsable de la chaîne d'approvisionnement et de la<br />
santé des entreprises, Barco Cinema, Belgique.<br />
Mentorées<br />
Züleyha Azman, directrice marketing, Kino Rotterdam, Pays-Bas<br />
Carla Boyd, responsable senior des RS et marketing, Cineworld Cinemas,<br />
Royaume-Uni<br />
Anne Marte Espeseth, directrice de cinéma, Bølgen Kulturhus, Norvège<br />
Nanna Isholm, coordinatrice d'événements et rojectionniste, Empire Bio,<br />
Danemark<br />
Ariana Italia, programmatrice, Pathé, Suisse<br />
Karolina Kus, directrice adjointe de programmation, Curzon Cinemas,<br />
Royaume-Uni<br />
Elpitha Lyssary, responsable marketing, Omniplex Cinema Group, Irlande<br />
Angela Malvone, spécialiste de la distribution internationale, Rai<br />
Cinema, Italie<br />
Kinga Merkl, consultante ventes internes, Christie Digital Systems, Hongrie<br />
Hannah Murray, responsable de comptes, Vista Group, Royaume-Uni<br />
Laureen Philippe, responsable de comptes internationaux, Ice<br />
Theaters, France<br />
Héloïse Robert-Besson, responsable billetterie et pôle digital, The<br />
<strong>Boxoffice</strong> Company, France<br />
Benedikte Schuitema, responsable des ventes, du marketing,<br />
d’exploitation et du personnel, Fram Kino, Norvège<br />
Cheima Selmi, responsable senior du marketing salles et de l’analyse<br />
commerciale, Warner Bros. Discovery, France.<br />
©Anke Hofmann-Film Expo Group<br />
nombreux autres pays, les cinémas mettent l’offre<br />
restauration au centre de l’expérience, mais ne retiennent<br />
pas tous l’option de service à la place, comme chez<br />
Apollo Kino dans les pays baltes [voir p.3224]. Ainsi,<br />
les Everyman Cinemas britanniques, qui ne proposent<br />
aucun écran PLF mais ont fait de « l'hospitalité » sa<br />
marque de fabrique en mettant l’accent sur le luxe et<br />
l'intimité, ne proposent plus de service à la place une<br />
fois la projection débutée.<br />
Des cours de yoga dans le tout récent Backlot Cinema<br />
au Royaume-Uni aux espaces Go !Gaming des Pathé<br />
aux Pays-Bas, en passant par les B&B Theatres<br />
américains qui ont fait leur renommée avec leur offre<br />
bowling, nombreuses sont les expériences extra-cinématographiques<br />
qui ont été mises en lumière à Barcelone.<br />
… et l’outil ultime<br />
Le sujet des ressources humaines, de multiples fois<br />
abordé à CineEurope, a fait l’objet d’un focus session<br />
spécifique de l’Unic, qui a présenté sa boîte à outils<br />
conçue pour permettre à tous types d’exploitations<br />
d’évaluer les forces et les faiblesses de leur culture<br />
d’entreprise. Soit un ensemble d'éléments concrets que<br />
les dirigeants peuvent évaluer à travers un questionnaire,<br />
de préférence en compagnie de leurs équipes.<br />
Car comme l’a souligné Mandy Kean, cofondatrice du<br />
cabinet de conseil Mustard Studio, « l’image d’une<br />
entreprise n’est pas uniquement véhiculée par son identité<br />
visuelle, mais aussi par ses collaborateurs. Et la perception<br />
d’un cinéma par son public, donc les moyens de le toucher,<br />
dépendent essentiellement des valeurs qu’il affiche. »<br />
Ayşegül Algan<br />
©Anke Hofmann-Film Expo Group<br />
Nicolas Seydoux, président de Gaumont et de l’Alpa, a reçu l’Icon Award de l’Unic sur la scène<br />
du grand auditorium du centre de conventions de Barcelone, des mains de Tim Richards, PDGfondateur<br />
de Vue International, et Julien Marcel, DG de The <strong>Boxoffice</strong> Company/AlloCiné.<br />
Lors de la remise des Giants of Exhibition: Europe Awards, Richard Patry a reçu un prix de la<br />
“percée” dans le classement pour Noé Cinémas, aux côtés de Reel Cinemas (Royaume-Uni) et<br />
de Cine Acec (Espagne). Ils sont accompagnés par Phil Clapp, président de l’Unic (à droite sur<br />
la photo).<br />
N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
23
CineEurope <strong>2024</strong><br />
Un rapport final…<br />
Comme chaque année, après la publication<br />
intermédiaire du mois de février [voir le <strong>Boxoffice</strong><br />
<strong>Pro</strong> du 28 février <strong>2024</strong>], c’est à Barcelone que l’Unic<br />
a dévoilé les chiffres définitifs de l’année écoulée.<br />
De quoi confirmer un exercice fructueux a bien des<br />
égards pour les cinémas européens, les Pays-Bas, la<br />
Belgique, la Bulgarie, la Roumanie, la Croatie,<br />
l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, l'Estonie, la<br />
Hongrie, la Serbie et le Monténégro terminant<br />
même l’année avec des recettes supérieures à leur<br />
moyenne 2017-2019, tandis que l'Autriche, la<br />
République tchèque, la Finlande et la Slovaquie ont<br />
renoué avec leurs résultats d’avant crise sanitaire.<br />
En 2023, les entrées des cinémas européens ont<br />
dans l’ensemble augmenté d'environ 21,6 % par<br />
rapport à 2022, avec 986 millions de visites dans les<br />
39 territoires représentés par l’Unic. Le box-office a<br />
atteint 7,2 milliards d'euros, en augmentation de<br />
23,7 %.<br />
APOLLO KINO,<br />
LA FORCE BALTIQUE<br />
En 2014, le groupe Apollo <strong>–</strong> qui exploite magasins (dont des librairies), restaurants et<br />
centres sportifs et de loisirs <strong>–</strong> crée sa filiale “Kino” pour se lancer dans l’exploitation<br />
cinématographique. Aujourd'hui, avec 91 salles réparties dans 18 cinémas à travers<br />
l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, mais aussi des activités de production et de<br />
distribution, Apollo Kino est le leader de sa région. Retour sur les secrets du succès du<br />
circuit sacré par le Prix CineEurope <strong>2024</strong> de l’exploitant de l’année, en compagnie de<br />
sa responsable du développement, Kadri Kaldma.<br />
©Apollo Cinema<br />
… et un nouveau CA<br />
L’Unic a aussi profité de la réunion de ses<br />
représentants à CineEurope pour élire, et en<br />
majorité reconduire son conseil d’administration,<br />
dont le président Phil Clapp (UK Cinema<br />
Association) pour un mandat supplémentaire de<br />
deux ans. Les autres membres du CA sont :<br />
Senior vice-président et trésorier :<br />
Jaime Tarrazón (Federación de Cines de España)<br />
Vice-présidents :<br />
Richard Patry (FNCF) et Edna Epelbaum (Association<br />
cinématographique suisse), Mario Lorini<br />
(Associazione Nazionale Esercenti Cinema, Italie),<br />
Tomasz Jagiełło (PDG d'Helios et membre de<br />
l'Association polonaise du cinéma), Christine Berg<br />
(HDF Kino, Allemagne)<br />
Observateur :<br />
Thierry Laermans (secrétaire général de la<br />
Fédération des cinémas de Belgique)<br />
Apollo Kino Plaza de Riga, Lettonie<br />
Pouvez-vous nous retracer les origines d’Apollo<br />
Kino ?<br />
Nos fondateurs ont commencé par la distribution en<br />
vidéo physique de films hollywoodiens sur notre marché,<br />
qui était très isolé du monde occidental. Leur idée générale<br />
était de développer une entreprise incluant toutes<br />
sortes de divertissements, et les origines d'Apollo Kino<br />
remontent, en fait, aux librairies du groupe, avec lesquelles<br />
nos cinémas formaient une seule unité opérationnelle à<br />
leurs débuts. Quelques années plus tard, nous étions déjà<br />
devenus le plus grand circuit de cinémas en Estonie et<br />
en 2019, avons commencé à nous développer au-delà<br />
des frontières pour devenir le plus grand opérateur dans<br />
les pays baltes.<br />
Les films locaux ont été particulièrement performants<br />
en Estonie et en Lituanie ces dernières<br />
années. Quel est la part d'Apollo dans ce succès ?<br />
Avant, la production locale était en grande partie composée<br />
de films très “artistiques” que personne ne comprenait<br />
vraiment, dépeignant toute la misère de notre nation…<br />
Ce qu’Apollo <strong>Pro</strong>ductions a apporté, ce sont des films<br />
populaires destinés à attirer et divertir le plus grand<br />
nombre. Et avoir notre propre contenu, alors que<br />
Hollywood était encore sur la voie de la reprise, nous a<br />
aidé à rebondir après le Covid.<br />
Quels types d'expériences premium le public balte<br />
apprécie-t-il particulièrement, que ce soit en matière<br />
de technologie ou de services dans les salles ?<br />
Notre salle Imax en Lettonie fonctionne bien, et nous<br />
avons plus récemment équipé notre cinéma Solaris à<br />
Tallinn d’une salle Ice. Certes, le grand écran suscite<br />
toujours beaucoup d’excitation, mais notre public privilégie<br />
le niveau de confort et les services offerts plutôt que<br />
les écrans PLF. Notre objectif principal est donc de<br />
premiumiser nos fauteuils et nos services de restauration.<br />
En 2016, nous avons introduit le service, inédit dans<br />
notre marché, de restauration à la place. Aujourd'hui,<br />
c'est déjà devenu une norme : nous proposons des sièges<br />
inclinables, principalement au niveau des rangées arrière<br />
de nos salles, et les spectateurs peuvent passer leur<br />
commande via une tablette numérique tout au long des<br />
projections. C'est le type de service le plus apprécié et<br />
celui où nous voyons le plus de potentiel de développement.<br />
Comment organisez-vous la vente confiserie en<br />
dehors de la restauration sur place ?<br />
Nos espaces confiserie font notre notoriété comme notre<br />
fierté. Nous avons été les premiers sur le marché à introduire<br />
le concept de libre-service. Nos spectateurs sélectionnent<br />
leurs produits, les payent, puis passent les<br />
portiques automatiques pour accéder aux salles, d’où ils<br />
peuvent continuer à commander s’ils sont dans le groupe<br />
de sièges proposant le service.<br />
De façon plus générale, 80 % de nos ventes de billets se<br />
font en ligne. Très peu de billets sont encore achetés<br />
sur place.<br />
De quelle marge de manœuvre disposez-vous<br />
encore sur vos différents territoires pour poursuivre<br />
votre expansion ?<br />
Le marché estonien est à peu près saturé. Bien sûr, nous<br />
ne pouvons rien exclure, mais c’est la Lituanie qui présente<br />
la plus importante possibilité de croissance, simplement<br />
en raison de sa taille. Nous venons d’y construire un tout<br />
nouveau cinéma, mais une partie de notre croissance est<br />
due au rachat de sites d’un autre circuit.<br />
<strong>Pro</strong>pos recueillis par Rebecca Pahle,<br />
de <strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> US adaptés par Aysegül Algan<br />
24 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>
International<br />
SONY PICTURES RACHÈTE LES CINÉMAS<br />
ALAMO DRAFTHOUSE<br />
La major a acquis le circuit de salles<br />
américain, qu’elle exploitera à travers sa<br />
nouvelle filiale Sony Pictures Experiences.<br />
Sony sera donc à la tête du 12 e circuit des États-Unis,<br />
qui compte 35 cinémas dans neuf États. L'entreprise,<br />
créée en 1997 et basée au Texas, était dernièrement<br />
détenue par son fondateur Tim League, avec les fonds<br />
d'investissement Altamont Capital Partners et Fortress<br />
Investment Group qui avaient permis au circuit de se<br />
relever, lors de sa mise en faillite en 2012. Les cinémas,<br />
présents dans 25 zones métropolitaines, continueront à<br />
être exploités sous la marque Alamo Drafthouse. Le deal<br />
ne concerne pas les cinq établissements franchisés Alamo<br />
de la région de Dallas, qui ont été fermés au début du<br />
mois. Sony gèrera le circuit de salles à travers sa filiale<br />
Sony Pictures Experiences (SPE), qui reprend aussi le<br />
Fantastic Fest, événement texan autour des films de<br />
genre piloté par Alamo Drafthouse, et exploitera par<br />
ailleurs le parc de loisirs et de VR Wonderverse. Présidée<br />
par Ravi Ahuja, SPE sera dirigée par le CEO d'Alamo<br />
Drafthouse, Michael Kustermann.<br />
Le seul grand studio hollywoodien n’ayant pas sa plateforme<br />
de streaming devient donc le premier à acquérir<br />
un circuit de salles depuis l'abrogation, en 2020, du<br />
fameux décret “Paramount”. Pour rappel, cette loi<br />
The Alamo Drafthouse South Lamard'Austin, Texas<br />
anti-trust, adoptée dans l’après-guerre, empêchait les<br />
grands studios de favoriser l'exploitation de leurs films<br />
en possédant leurs propres salles.<br />
Sony, qui a enregistré l’an dernier une hausse de 30 %<br />
au box-office, a entrepris ce rachat d’Alamo après avoir<br />
renoncé, ces derniers mois, à son offre d'acquisition<br />
de Paramount.<br />
C.V.<br />
©© 2017 Heather Leah Kennedy<br />
Paramount ne fusionnera pas avec<br />
Skydance Media<br />
Shari Redstone, présidente de National Amusement qui contrôle<br />
Paramount Global, a mis fin aux négociations avec le groupe<br />
de David Ellison.<br />
National Amusements Inc<br />
(NAI) a annoncé mardi 11<br />
<strong>juin</strong> la fin des discussions<br />
entamées depuis plusieurs<br />
mois avec la société de<br />
production Skydance<br />
Media, qui devait prendre<br />
une participation majoritaire<br />
au capital de NAI, dans l’idée de fusionner avec Paramount Global. Cette<br />
fusion n’était pas de l’avis de tous chez Paramount <strong>–</strong> notamment de l’historique<br />
CEO Bob Bakish, remplacé fin avril <strong>–</strong> mais semblait sur le point d’aboutir, poussée<br />
par Shari Redstone, dont le groupe est l’actionnaire principal.<br />
L’avenir de Paramount Global, dont la dette atteindrait près 15 milliards de dollars,<br />
est donc toujours en suspens. D’autres offres de rachat <strong>–</strong> celle d'Apollo Global<br />
Management et de Sony Pictures ou encore celle de l'entrepreneur en médias Byron<br />
Allen <strong>–</strong> n’ont pas donné suite, tandis que d’autres acteurs auraient manifesté leur<br />
intérêt.<br />
Un premier écran HeyLED en<br />
Europe<br />
Le Inspire Cinema de Craiova, au sud-ouest de la Roumanie, accueille, depuis le 21<br />
<strong>juin</strong>, le tout premier écran Led proposé par le fabricant chinois spécialisé Timewaying,<br />
en collaboration avec le fournisseur britannique de logiciels et de services de cinéma<br />
digital Arts Alliance Media. L’écran Led géant de 10 m de largeur et 5,5 m de hauteur<br />
offre « une gamme de luminosité allant jusqu'à 300 nits, un contraste de 30 000 :1 et une<br />
échelle de gris 16 bits, combinés avec un taux de remplissage de pixels élevé de >75 % pour<br />
affiner les images à l'écran et réduire la fatigue oculaire », promettent les équipementiers.<br />
Adrian Cojocaru, PDG de Inspire Cinemas <strong>–</strong> qui détient trois établissements en<br />
Roumanie <strong>–</strong>, déclare de son côté être impressionné par les capacités immersives de la<br />
technologie et « fier d’être le premier exploitant en Europe à l’adopter ».<br />
À ce jour, HeyLED a équipé plus de 20 salles, dont quatre écrans PLF de 20 mètres<br />
de base, soit les plus grands écrans Led du monde. Le fabricant chinois a, de fait, une<br />
présence significative dans son pays d’origine, mais aussi dans le reste de l’Asie, aux<br />
États-Unis et au Moyen-Orient.<br />
A.A.<br />
©Inspire Cinemas<br />
De leur côté, les trois nouveaux dirigeants de Paramount Global <strong>–</strong> George Cheeks,<br />
PDG de CBS, Chris McCarthy de Showtime/MTV Studios et Paramount Media<br />
Networks, et Brian Robbins, de Paramount Pictures et Nickelodeon <strong>–</strong> ont présenté<br />
lors de l’AG des actionnaires, le 4 <strong>juin</strong>, une stratégie qui n'envisage pas de nouveau<br />
propriétaire, en réduisant les coûts et en cédant certains actifs.<br />
C.V.<br />
N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
25
Festival<br />
©ANNECY FESTIVAL/G. Piel<br />
Le réalisateur Adam Elliot, récipiendaire du Cristal pour Memoir of a Snail, et l'équipe du film lors de la cérémonie de clôture du Festival<br />
ANNECY <strong>2024</strong>,<br />
DE L’ANIMATION PLEIN LES YEUX<br />
<strong>Pro</strong>fessionnels, étudiants et aficionados de la filière se sont<br />
retrouvés du 8 au 15 <strong>juin</strong> dans le cadre du Festival et de son<br />
marché (Mifa), où projections, débats et masterclass ont permis<br />
de dresser un portrait exhaustif de l’animation, française comme<br />
mondiale.<br />
Le récent succès de Vice-versa 2 dès ses débuts en salles<br />
est venu confirmer l'appétence des Français pour l’animation.<br />
Une appétence corroborée par le CNC, qui a<br />
tiré profit de l'ouverture du Mifa pour dévoiler son étude<br />
sur l’état de ce marché en 2023, caractérisé notamment<br />
par des scores d’avant-crise, le retour des grosses productions<br />
américaines et la réussite de pépites françaises. En<br />
détails, ce travail révèle que l’animation a attiré 29,7<br />
millions de spectateurs, soit 18,9 % des entrées, contre<br />
18,8 M en 2022 ; un record depuis 1996.<br />
Vitrine des émanations et aspirations du genre, le Festival<br />
d’Annecy nourrit cette passion pour l’animation et cultive<br />
la diversité depuis presque sept décennies. Cette 48 e<br />
édition en a encore fait la démonstration ; d’abord avec<br />
les couronnements d’Adam Elliot pour Memoir of Snail,<br />
portrait en pâte à modeler retraçant les aventures introspectives<br />
d'une petite collectionneuse de romans d'amour,<br />
de cochons d'Inde et d'escargots, ainsi que de Gints<br />
Zilbalodis pour Flow, récipiendaire de quatre prix pour<br />
son odyssée féline post-apocalyptique, à la croisée entre<br />
animation et cinématique de jeux vidéo. Puis dans les<br />
évolutions que le rendez-vous annécien a embrassé,<br />
notamment du côté du Mifa, avec l’inauguration d’un<br />
espace XR&Games et l’extension des stands et événements<br />
professionnels. Et c’était sans compter sur le panel de<br />
personnalités venues honorer l'événement : Wes Anderson<br />
avec sa leçon de cinéma, Terry Gilliam avec son Cristal<br />
d’honneur, Alain Chabat avec la présentation des premières<br />
images de la série animée Astérix, le Combat des chefs…<br />
17 400 accrédités <strong>–</strong> soit 1000 de plus que la précédente<br />
édition <strong>–</strong> se sont pressés dans la Venise des Alpes pour<br />
faire vibrer cette version augmentée du Festival et de<br />
son marché, qui ont encore une fois fait la part belle<br />
aux regards d’ailleurs, aux progrès de la filière et au<br />
rayonnement tricolore.<br />
La Portugal à l’honneur, la France en<br />
prodige<br />
Le Festival a mis à l’honneur le Portugal avec de nombreuses<br />
séances accompagnées, élaborées par le réalisateur et<br />
directeur du Festival La Monstra de Lisbonne, Fernando<br />
Galrito. Le moment opportun pour célébrer l'œuvre de<br />
Regina Pessoa, réalisatrice portugaise récompensée du<br />
Cristal du court métrage d’Annecy en 2006 et marraine<br />
de cette 48 e édition. « Bien des moments importants de<br />
mon parcours artistique se sont déroulés à Annecy, a harangué<br />
<strong>26</strong> N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>
©<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> / David Weichert<br />
Véronique Encrenaz, responsable du MIFA, et Regina Pessoa, réalisatrice et marraine de cette<br />
48 e édition du Festival, à l’occasion de la soirée d’ouverture du Marché International<br />
la cinéaste à l’occasion de la soirée d’ouverture du Mifa,<br />
où elle s’est vue décerner une plaque de distinction en<br />
son nom. Il faut continuer de célébrer l’animation en ces<br />
temps troublés, et davantage en ce cinquantième anniversaire<br />
de la révolution des Œillets. »<br />
Le contexte politique a, en effet, largement investi les<br />
discours, d’autant plus face aux craintes d’une privatisation<br />
de l’audiovisuel public : « L’actualité nous consolide<br />
dans l’idée qu’il faut plus que jamais augmenter le soutien<br />
au service public, dont le rôle est d’être là tous les jours, et<br />
renforcer l’animation », exposait, depuis l’Imperial Palace,<br />
Stéphane Sitbon Gomez, directeur des antennes et des<br />
programmes chez France Télévisions, deuxième financeur<br />
de l’animation en France. Il y a près d’un mois, le service<br />
public annonçait un investissement d’au moins 80<br />
millions d’euros (M €) par an dans les œuvres cinématographiques<br />
françaises ou européennes ; l’enveloppe<br />
annuelle dédiée à l’animation, actuellement fixée à 32<br />
M €, passera donc à 35 M € en 2025, 36 M € en 20<strong>26</strong>,<br />
et enfin, 37 M € en 2027. « Cet accord nous permettra de<br />
soutenir 25 longs métrages sur les cinq prochaines années »,<br />
a complété Cécile Négrier. Dans le sillage de ces annonces,<br />
la directrice de France 3 Cinéma est revenue sur les<br />
succès des films sur lesquels France TV s’est engagée, à<br />
l’instar de Mars Express (225 000 entrées), Les As de la<br />
jungle 2 : Opération tour du monde (829 000) ou Pattie<br />
et la colère de Poséidon (863 000). Les regards sont dorénavant<br />
tournés vers cinq films actuellement en fabrication,<br />
dont l’adaptation du roman graphique d’AJ Dungo,<br />
In Waves, distribué par Diaphana ; Falcon Express de<br />
David Alaux et Eric Tosti, produit par le studio TAT de<br />
Toulouse et dont la sortie est prévue pour le 9 juillet<br />
2025, sous la houlette d’Apollo ; ainsi que le deuxième<br />
volet des aventures de Yakari, chez Bac Films. Canal+<br />
demeure, pour sa part, le premier financeur de l’animation,<br />
avec 45,5 % des apports en préachats des diffuseurs<br />
dans cette typologie de longs métrages, contre 22,6 %<br />
pour France TV, avec des engagements sur des films<br />
français <strong>–</strong> Mon ami robot, Grand prix Contrechamp l’an<br />
dernier, ou Miraculous le Film <strong>–</strong>, mais aussi sur des projets<br />
internationaux, tels que Wish <strong>–</strong> Asha et la bonne étoile<br />
ou Migration. Ce travail sur le volet financier est perceptible<br />
dans l’offre française, avec 14 long-métrages<br />
tricolores sortis en salles, parmi lesquels des « films<br />
valorisés dans des festivals, où ils ont remporté des prix »,<br />
comme le rappelait Cécile Lacoue, directrice des études,<br />
des statistiques et de la prospective au CNC. Les six<br />
films produits ou coproduits par la France en compétition<br />
officielle d'Annecy cette année étaient d'ailleurs là<br />
pour confirmer le savoir-faire français en la matière.<br />
Échos d’Afrique<br />
Parmi les 103 nations représentées, par le biais de<br />
stands, de pavillons et de conférences, cinq nouveaux<br />
pays sont venus enrichir le Mifa : l’Île de Man, les Îles<br />
Féroé, Oman, la Tanzanie et le Turkménistan. Plus de<br />
6 500 accrédités du Mifa ont ainsi pu découvrir leur<br />
écosystème et, à la faveur des sessions de pitchs,<br />
potentiellement l’intégrer. L’Afrique, en pleine métamorphose,<br />
a fait l’objet de nombreux échanges,<br />
particulièrement lors de la table ronde animée par<br />
Unifrance sur la distribution d'œuvres internationales<br />
sur le continent et les contraintes qui s’y présentent.<br />
« Il est intéressant d’observer le succès de films comme<br />
Miraculous dans les pays francophones, comme le Sénégal<br />
ou la Côte d’Ivoire, où il a fait plusieurs dizaines de<br />
milliers d’entrées, alors qu’il y a encore huit ans, il n’y<br />
avait quasiment pas de cinémas ni de relais pour diffuser<br />
des films, confie Sébastien Onomo, président de Special<br />
Touch Studios, une société de production tournée vers<br />
l’Afrique, les Caraïbes, l’Asie et les cultures urbaines.<br />
Nous avons vu une évolution avec Augure l’an passé, que<br />
nous avons coproduit, où des distributeurs étaient présents<br />
pour assurer la connexion, trouver des partenariats avec<br />
les institutions ou des médias. » À cet essor s’ajoute la<br />
multiplication de cinémas à travers les pays maghrébins<br />
et subsahariens, en témoignent les ouvertures des Pathé<br />
Casablanca, Dakar et Cap Sud d’Abidjan en l’espace<br />
de deux ans.<br />
Le palmarès<br />
d’Annecy <strong>2024</strong> :<br />
Cristal du long métrage : Memoir of a Snail<br />
d’Adam Elliot / Wild Bunch<br />
Prix du Jury : Flow de Gints Zilbalodis /<br />
UFO (30/10/<strong>2024</strong>)<br />
Grand Prix Contrechamp : El sueño de la sultana<br />
d’Isabel Herguera<br />
Prix du Jury Contrechamp : La Vie, en gros de<br />
Kristina Dufkova / Les Films du Préau<br />
Prix Fondation Gan à la Diffusion : Flow de Gints<br />
Zilbalodis<br />
Prix du public : Flow de Gints Zilbalodis<br />
Prix Paul Grimault : Totto-Chan: The Little Girl at<br />
the Window de Shinnosuke Yakuwa / Eurozoom<br />
Prix de la Ville d’Annecy : The Meatseller de<br />
Margherita Giusti<br />
Prix de la meilleure musique originale dans la<br />
catégorie longs métrages : Flow de Gints<br />
Zilbalodis<br />
Prix Jeune public : Bonjour l’été de Martin<br />
Smatana et Veronika Zacharova<br />
Cristal du court métrage : Percebes de Alexandre<br />
Ramires et Laura Gonçalves<br />
Cristal pour une production TV : Une guitare à la<br />
mer de Sophie Roze<br />
Cristal de la meilleure oeuvre VR : Gargoyle Doyle<br />
d’Ethan Shaftel<br />
Cristal du film de fin d’étude : Carrotica de Daniel<br />
Sterlin-AltmanLa table ronde sur organisée<br />
par Unifrance<br />
N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
27
Festival<br />
©<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> / David Weichert<br />
Depuis la Chambre de Métiers et de l'Artisanat de<br />
la Haute-Savoie, le Mifa a fait la part belle à la VR et<br />
aux jeux vidéo, avec notamment un accent sur les<br />
œuvres transmédias<br />
Le coq français est également bien représenté sur le volet<br />
de la distribution : « Pathé BC Afrique, Les Films <strong>26</strong> ou<br />
Côte Ouest sont capables d’assurer cette activité dans de<br />
bonnes conditions et ainsi générer des entrées, mais il faut<br />
encore développer cette branche de l’industrie, où il y a un<br />
fort potentiel », affirme le producteur. Comment faire,<br />
d’autant plus pour les films d’animation qui peinent<br />
encore à se répandre sur le continent ? « Cette typologie ne<br />
rassemble pas les jeunes autour de la langue française. Il faut<br />
donc repenser le doublage, notamment dans des langues<br />
locales, afin d’avoir une meilleure base d'audience. » Pour<br />
sa part, Chioma Ude, productrice et fondatrice du Africa<br />
International Film Festival, organisé chaque année au<br />
Nigéria, demande à cor et à cri une implication des États<br />
dans le développement de l’industrie et la « transformation<br />
du modèle pour répondre à la concurrence des plateformes<br />
de streaming, qui financent beaucoup plus les auteurs et<br />
s’offrent ainsi une fenêtre d’exclusivité au détriment des<br />
salles », pas assez nombreuses pour assurer une programmation<br />
rentable.<br />
Vers le transmédia<br />
Enfin, l’animation peut-elle s’affranchir de ses propres<br />
limites ? Comme à l’accoutumée, le Mifa a fourni des<br />
éléments de réponses à cette interrogation, qui anime la<br />
profession au gré des évolutions techniques et des progrès<br />
réalisés dans des domaines connexes. La Chambre de<br />
Métiers et de l’Artisanat de la Haute-Savoie a fait la part<br />
belle à l’immersif et au jeu-vidéo, avec une quinzaine de<br />
studios venus présenter des œuvres vidéoludiques. Le<br />
Festival a d’ailleurs couronné de son Cristal de la meilleure<br />
œuvre en réalité virtuelle Gargoyle Doyle d’Ethan Shaftel,<br />
l’histoire d’une gargouille irritable coincée depuis 800<br />
ans sur le flanc d'une cathédrale avec une gouttière<br />
métallique décorative et témoin du monde qui change.<br />
Ce nouveau mode de narration fut également exploité<br />
dans le très impressionniste Flow VR, produit par le studio<br />
français Lucid Realities et réalisé par Adriaan Lokman ;<br />
une adaptation d’un de ses courts métrages de 2019 en<br />
réalité virtuelle. Preuve de l’impulsion du format, sa<br />
présence dans la section Venice Immersive lors de la 80 e<br />
édition de la Mostra. En 2018, Unifrance, le CNC et<br />
l’Institut français avaient, par ailleurs, lancé le dispositif<br />
French Immersion, qui soutient la promotion des œuvres<br />
immersives tricolores, à l’aide de bourses au déplacement,<br />
dans un réseau de festivals, d’abord américains, puis<br />
étendu à des événements européens.<br />
Pour la première fois, le Mifa a également organisé un<br />
concours de cinématiques et de bandes-annonces de jeux<br />
vidéo pour démontrer les synergies entre les différents<br />
secteurs. Dans le sillage de la remise du Prix Mifa<br />
Animation Industry Award à Ankama, son fondateur<br />
Anthony Roux est venu présenter sa société aux multiples<br />
facettes, dont les débuts se sont faits dans le 10 e art : « Il<br />
y a vingt ans, nous avons créé Dofus, un jeu à tendance<br />
social. Néanmoins, lors de la création de l’entreprise, nous<br />
avions prévu plusieurs activités, à savoir, bande-dessinée ou<br />
animation, détaille-t-il lors d’une conférence sur la<br />
transmédialité. Le besoin d’une visibilité physique et la<br />
volonté de créer plusieurs univers nous ont poussés à raconter<br />
des histoires multiples pour différentes cibles. » Au fil des<br />
années, Ankama accouchera d’une BD, dont le premier<br />
tome s’est vendu à un million d’exemplaires, une série<br />
télévisée, qui a nécessité le recrutement d’une équipe<br />
dédiée, et même d’un film, Dofus, livre 1 : Julith, sorti<br />
en 2016 : « Nous avons réalisé 80 000 entrées pour un budget<br />
de six millions. Il n’a pas été facile d’accompagner le public<br />
sur un format si exigeant », confie Anthony Roux. Il prône<br />
désormais le regroupement de tous les formats issus d’une<br />
même licence sur une seule et même plateforme pour<br />
faciliter la consommation : « Imaginez un launcher unique,<br />
où vous pouvez retrouver vos séries, vos films, vos goodies<br />
d’un seul et même univers. » Cela tombe bien, Ankama<br />
travaille déjà dessus.<br />
David Weichert<br />
©<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> / David Weichert<br />
Table ronde sur l’état de la distribution internationale<br />
indépendante en Afrique organisé par Unifrance, avec<br />
Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, Jeff Schon,<br />
CEO d’Akili Network, Chioma Ude, productrice et fondatrice<br />
du Africa International Film Festival, et Sébastien Onomo,<br />
président de Special Touch Studios.<br />
28 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>
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Étude<br />
LE CNC AUSCULTE LA FRÉQUENTATION<br />
CINÉMATOGRAPHIQUE DES 15-24 ANS<br />
©Les Films du Losange<br />
Le jeune Paul Dédalus de Spectateurs ! d'Arnaud Desplechin, passionné par le cinéma<br />
Dans une étude publiée le 6<br />
<strong>juin</strong>, le Centre national du<br />
cinéma et de l’image animée<br />
dissèque les pratiques<br />
cinématographiques des<br />
jeunes, qui vont toujours<br />
beaucoup au cinéma…<br />
mais moins souvent.<br />
Les jeunes n’ont pas arrêté d’aller au cinéma. C’est ce<br />
qu’attestent les chiffres du CNC dans une enquête confiée<br />
à l’Institut Vertigo. Cette dernière montre que 85 % des<br />
15-24 ans se sont rendus en salle au moins une fois en<br />
2023, contre 64 % pour l’ensemble de la population<br />
cinématographique française. Toutefois, la pratique tend<br />
à se raréfier : l’année dernière, les 15-24 ans sont allés en<br />
moyenne 4,2 fois au cinéma dans l’année, alors que le<br />
chiffre montait jusqu’à 6,3 en 2016. Une baisse qui<br />
s’explique avant tout par les pratiques digitales, et notamment<br />
une augmentation du temps accordé aux réseaux<br />
sociaux, passé de 40 minutes en 2018 à près de 2h30 en<br />
2023. Quant aux plateformes <strong>–</strong> principalement de SVod<br />
<strong>–</strong>, pour 71 % des sondés, elles se “pratiquent” en complémentarité<br />
avec les cinémas.<br />
L’étude commandée par le CNC* relève deux tendances<br />
principales chez les 15-24 ans : la digitalisation de leur<br />
quotidien et l’hégémonie culturelle du cinéma américain.<br />
Les conséquences sont multiples : par opposition aux<br />
petits écrans, une sortie au cinéma doit avant tout être<br />
divertissante voire spectaculaire, et rentabiliser le moment<br />
par rapport à l’argent et au temps investis. Ainsi, 66 %<br />
des jeunes interrogés associent une sortie cinéma avec<br />
une autre sortie, notamment au restaurant, et seulement<br />
14 % vont voir un film seul, quand près de 63 % déclarent<br />
y aller entre amis. On notera que Pathé est le circuit le<br />
plus fréquenté par les jeunes (30 %), suivi par CGR<br />
(16 %) et UGC (14 %), tandis que les cinémas indépendants<br />
sont cités par 13 % des sondés. À ce titre, l’étude<br />
révèle une large méconnaissance du label art et essai,<br />
inconnu pour 81 % du panel.<br />
Les motivations et freins à la fréquentation<br />
cinématographique<br />
La sortie au cinéma est principalement motivée par trois<br />
éléments : la bande annonce (57 % des réponses), le sujet<br />
traité (40 %) et les acteurs/actrices (34 %). La phase<br />
qualitative de l’étude fait quant à elle émerger trois<br />
niveaux de motivations : sociales (s’évader du quotidien,<br />
voir les films « dont on parle »…), vis-à-vis du film<br />
(l’enrichissement culturel, l’attrait pour les événements…)<br />
et vis-à-vis de la salle (la magie du lieu, l’immersion, la<br />
consommation sur place…).<br />
30 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
* Étude menée en deux volets par BVA Xsight : un premier qualitatif en novembre 2023<br />
auprès de 34 personnes, et un deuxième quantitatif en janvier <strong>2024</strong> auprès de<br />
2 508 personnes.<br />
** Leur place de cinéma étant offerte, ils ne se sont donc pas plaints du prix du billet.
Les films préférés<br />
Parmi les genres qui attirent le plus les jeunes au cinéma, l’action (86 %), l’aventure<br />
(77 %) et la comédie (73 %) constituent le trio de tête.Une différenciation d’appréciation<br />
s’observe entre les nationalités des films, seuls 83 % du panel se déclarant satisfait<br />
des derniers films français vus, contre 91 % pour les films américains, et ce malgré une<br />
plus grande consommation de ces derniers. À noter que les films étrangers sont regardés<br />
à 77 % en version française. Également, les 15-24 ans procèdent à une répartition des<br />
genres selon la nationalité du film, avec le cinéma américain qui est associé à celui<br />
d’action, et le cinéma français qui équivaut à la comédie.<br />
Les attentes<br />
Concernant l’avenir, 3 jeunes sur 4 envisagent de continuer à aller au cinéma ces 12<br />
prochains mois. Le quart restant projette, pour la moitié d’entre eux, d’y retourner<br />
dans quelques années. À ce titre, 77 % des jeunes spectateurs déclarent baser leur<br />
décision principalement sur la programmation des cinémas, tandis que 28 % des non<br />
spectateurs attendent une meilleure “expérience salle”.<br />
Enfin, au vu de leur omniprésence, les réseaux sociaux constituent à 53 % le canal que<br />
les jeunes souhaitent voir privilégié pour être informés des sorties ; les bandes annonces<br />
sont citées dans 52 % des cas.<br />
L’importance du Pass culture : 2/3 des 15-18 ans le possèdent, et l’utilisent pour des sorties<br />
culturelles, notamment le cinéma.<br />
Ainsi, le CNC conclut par une segmentation équilibrée de la population cinématographique<br />
des 15-24 ans :<br />
Les cinévores (16 %)<br />
Les éclectiques (17 %)<br />
Les néophytes enthousiastes (15 %)<br />
Les contraints (19 %)<br />
Les grands occasionnels (18 %)<br />
Les non spectateurs (15 %)<br />
Du côté des freins, 15 % de l’échantillon ne fréquentant plus les cinémas évoquent<br />
des raisons exogènes (le manque de temps ou d’envie), liées à la distribution et la<br />
programmation des films, ou bien liées aux salles (l’affluence ou encore les incivilités).<br />
Également, l’argent est un facteur d’abandon de la pratique, comme l’exprime le panel<br />
qui cite à 56 % des prix trop chers, tandis qu'ils sont à peine 13 % à considérer que<br />
le cinéma est au bon prix, voire pas cher. Le panel déclare payer en moyenne 9,5 € la<br />
place de cinéma <strong>–</strong> alors que le prix moyen du ticket s'établissait concrètement à<br />
environ 7,4 € en 2023 <strong>–</strong>, plus de la moitié privilégiant des périodes de réduction pour<br />
s’y rendre.<br />
Le parrainage familial apparaît aussi comme un élément clé dans la construction de<br />
l’appétence du cinéma. En effet, là où 96 % des spectateurs disent s’être rendus au<br />
cinéma dans leur enfance, ils ne sont que 77 % parmi les non spectateurs.<br />
La valeur ajoutée de la salle<br />
L’expérience cinématographique reste très appréciée, notamment pour la qualité de<br />
l’image et du son ; à l’inverse des publicités et des tarifs. La promesse de "rentabilité"<br />
du cinéma augmente avec sa premiumisation. Pour les 57 % de l’échantillon ayant déjà<br />
fréquenté une salle premium, 82 % ont adoré l'expérience et son prêts à la renouveler,<br />
bien que la question (encore) du prix freine 92 % d’entre eux.<br />
Jules Dreyfus<br />
En outre, lors de la phase qualitative, le CNC a proposé à son panel une sortie en cinéma<br />
qui a, dans l’ensemble, été appréciée. Les jeunes ont évoqué l’arrivée au cinéma comme<br />
un moment clef, ainsi que l’ambiance en salle, tout en soulignant le sentiment d’une<br />
certaine déshumanisation face aux bornes et des équipements parfois défaillants**.<br />
N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
31
Exploitation<br />
La société californienne,<br />
dont le nom comme le son<br />
est devenu atmosphérique,<br />
a fait aussi évoluer l’image :<br />
en 2025, elle proposera le<br />
format HDR Dolby Vision à<br />
tous les exploitants,<br />
indépendamment de l’offre<br />
Dolby Cinema.<br />
DOLBY CÉLÈBRE 50 ANS<br />
D’HISTOIRE AVEC LE CINÉMA<br />
©<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong><br />
Hervé Baujard, directeur commercial cinéma de Dolby en France.<br />
En 1974, le premier film équipé d’une bande son Dolby,<br />
alors en mono mais avec réduction de bruit, était projeté<br />
au Festival de Cannes : Callan, de l’Anglais Don Sharp.<br />
Depuis, Dolby n’a cessé de développer ses formats de<br />
son mais aussi d’image, pour toucher désormais des<br />
milliards d'utilisateurs, aussi bien à domicile <strong>–</strong> musique,<br />
podcasts, télévision, jeux vidéo… <strong>–</strong> qu’au cinéma. « À ce<br />
jour, plus de 40 000 sorties en salle ont bénéficié de(s)<br />
technologie(s) Dolby », indique Hervé Baujard, directeur<br />
commercial cinéma de Dolby en France.<br />
En mai <strong>2024</strong> sur la Croisette, le délégué général du<br />
Festival de Cannes a remis une médaille à Ioan Allen,<br />
vice-président de Dolby et créateur du Dolby Stereo,<br />
célébrant ainsi 50 ans de collaboration technique avec<br />
la société. L’occasion d’annoncer qu’en 2025, la grande<br />
salle Louis Lumière du Palais va être installée en<br />
Dolby Atmos.<br />
Émission à voir ou revoir<br />
sur notre chaîne YouTube<br />
Du son à l’image<br />
La technologie Dolby Atmos, arrivée en 2012, renforce<br />
en effet considérablement l’immersion dans un film, en<br />
déplaçant des objets sonores autour de l’auditeur avec<br />
une extrême précision et en trois dimensions. 7 500 salles<br />
dans le monde sont désormais équipées du système<br />
sonore, appliqué à plus de 2 000 films. « En France, nous<br />
avons franchi cette année les 300 salles Dolby Atmos <strong>–</strong> dont<br />
récemment la salle Infinite du Grand Rex <strong>–</strong>, ce qui fait du<br />
territoire le premier d’Europe et le quatrième au niveau<br />
mondial le plus équipé. »<br />
Mais les progrès ne s'arrêtent pas au son et le format<br />
d’image HDR Dolby Vision, introduit en 2015, va<br />
donner naissance aux salles labellisées Dolby Cinema.<br />
« Par rapport aux standards actuels du cinéma, Dolby Vision<br />
permet d’avoir un contraste jusqu'à 500 fois plus élevé, deux<br />
fois plus de luminosité, des noirs beaucoup plus profonds et<br />
une palette de couleurs plus riche », détaille Hervé Baujard.<br />
600 films sont déjà sortis dans ce format dans les salles<br />
Dolby Cinema, qui associent donc les technologies de<br />
son et d’image à un concept architectural les mettant en<br />
valeur (salles noires, enceintes masquées, sièges très<br />
confortables…). Ce format premium s'est développé à<br />
travers 14 pays et 28 partenariats, en France avec Pathé<br />
(11 salles équipées) et un indépendant, le Cinéplanet<br />
d’Antibes. L’attrait du Dolby Cinema progresse avec un<br />
box-office qui, en 2023 aux Etats-Unis, a augmenté de<br />
7 % par rapport aux années pré-pandémiques, dopé par<br />
Barbie et Oppenheimer.<br />
Dolby Vision, ouvert à tous en 2025<br />
Forte de ces résultats, et « à la demande des exploitants<br />
comme des studios », Dolby a annoncé, lors du CinemaCon<br />
à Las Vegas, que les technologies d'image et de son<br />
immersif qui alimentent le Dolby Cinema seront désormais<br />
proposées à tous les exploitants pour leurs salles<br />
premium. « Le format HDR Dolby Vision sera donc<br />
disponible hors du concept Dolby Cinema à partir du<br />
deuxième trimestre 2025 », précise Hervé Baujard, et les<br />
salles pourront donc proposer tous les films disponibles<br />
dans ce format, y compris des films français comme Le<br />
Comte de Monte Cristo. La semaine dernière, le circuit<br />
coréen Megabox a été le premier à adopter cette nouvelle<br />
offre, et va équiper plusieurs de ses cinémas avec Dolby<br />
Vision + Dolby Atmos.<br />
La société californienne peut s'appuyer sur son large<br />
portefeuille de contenus, « sans lesquels la technologie<br />
n’aurait pas de raison d’être », et sur la notoriété de sa<br />
marque. L’an dernier, les systèmes Dolby Atmos et Dolby<br />
Vision pour le cinéma ont été récompensés par deux prix<br />
scientifiques et techniques de l'Academy of Motion<br />
Picture Arts and Sciences.<br />
Dolby en 4 dates<br />
1977 : la force du Dolby Stereo arrive en salle avec<br />
le premier Star Wars<br />
1992 : lancement du Dolby Digital, son numérique<br />
multicanal pour le cinéma, avec Batman Returns<br />
2012 : le son immersif Dolby Atmos fait ses débuts<br />
avec Rebelle<br />
2015 : le Dolby Vision (et donc le Dolby Cinema)<br />
prépare l’avenir avec À la poursuite de demain<br />
32 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>
LA CLEF : LE PROCESSUS DE RACHAT<br />
EST FINALISÉ APRÈS CINQ ANS DE LUTTE<br />
À l’occasion d’une conférence de presse,<br />
La Clef Revival a officialisé le rachat du<br />
cinéma associatif du Ve arrondissement<br />
fermé depuis 2019, et divulgué les ambitions<br />
pour sa réouverture. Du 27 au 30 <strong>juin</strong>,<br />
l’association offrira un avant-goût de son<br />
projet, avant d’entamer des travaux, d’une<br />
durée d’un an. 2,7 millions d’euros ont été<br />
nécessaires pour sauver la Clef, qui se veut<br />
toujours indépendante et participative.<br />
©<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> / Robinson Bourges<br />
Au terme d’une éprouvante lutte, longue de cinq années<br />
et ponctuée d’occupations, de tentative de rachat et de<br />
conflits intestins, le cinéma La Clef s’apprête à accueillir<br />
à nouveau du public ; à l’occasion d’une ouverture éclair<br />
du 27 au 30 <strong>juin</strong>, puis dans un an, à l’issue d’importants<br />
travaux de rénovation. Ce nouveau chapitre s’est ouvert<br />
lundi 17 <strong>juin</strong> avec la signature des documents actant<br />
le rachat des murs, détenus par le Comité social et<br />
économique de la Caisse d’Épargne Île-de-France, par<br />
La Clef Revival, l’association aux commandes de cette<br />
reprise. Après de nombreuses négociations, le prix de<br />
l’acquisition est passé de 2,9 millions d’euros à 2,3<br />
millions : « Si vous ajoutez les frais de notaire, d'avocats<br />
fiscalistes et d'architectes, le prix s'élève à 2,7 millions<br />
d’euros », complète les membres de l’association, à<br />
l’occasion d’une conférence de presse à La Clef.<br />
À la faveur d’une campagne de levée de fonds, qui a vu<br />
de nombreux dons affluer, notamment de personnalités<br />
comme David Lynch, Leos Carax, Mathieu Amalric,<br />
ainsi que de contributions de plusieurs mécènes, dont<br />
Quentin Tarantino, la Clef Revival a réuni deux millions<br />
d’euros. Désormais, les donations permettront d’assurer<br />
les travaux de désamiantage, d’installation électrique et<br />
de plomberie, d’un montant de 600 000 €, afin de mettre<br />
le bâtiment de 800 m2 aux normes ERP, alors que<br />
300 000 € doivent encore être collectés : « On espère<br />
recevoir des subventions du CNC, de la Région et de la<br />
Mairie de Paris, qui habituellement financent en partie les<br />
travaux de réhabilitation de cinéma. »<br />
Après de nombreuses négociations, le prix de l’acquisition est passé de 2,9 millions d’euros à 2,3 millions<br />
« La propriété d’usage et le bien collectif »<br />
Petit retour en arrière. En 2020, l’association avait créé<br />
un fonds de dotation, dénommé Cinéma Revival, dans<br />
le but de sauver les lieux et garantir la tenue de sa mission<br />
d'intérêt général. Ce même fonds est aujourd’hui propriétaire<br />
du bâtiment, dont la gestion est confiée à La Clef<br />
Revival. « Nous nous sommes fait accompagner par la foncière<br />
solidaire Bellevilles pour compléter notre plan de financement.<br />
Nous avons donc emprunté 400 000 € auprès du Crédit<br />
Coopératif et 400 000 € auprès de la Nef, détaille Victor<br />
Billet, producteur et membre de l’association. Ces prêts<br />
seront remboursés sur seize ans, grâce aux loyers solidaires<br />
payés au fonds de dotation. » Sur les conseils de la Foncière<br />
Antidote et à l’image du réseau de cinémas alternatifs<br />
des Kinoclimates, le modèle sera basé sur une construction<br />
commune et un gestion partagée : « C’est tout le sens<br />
de notre projet, fondé sur la propriété d’usage et la notion<br />
de bien collectif : permettre aux spectateurs et spectatrices<br />
©<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> / Robinson Bourges<br />
d’imaginer et de construire ensemble un cinéma qui s’accorde<br />
à leurs désirs ! Pour ce faire, on conservera une gouvernance<br />
collégiale, où les décisions sont prises en commun », communique<br />
l’association. Les murs seront ainsi séparés de leur<br />
usage et la gestion sera partagée entre toutes les associations<br />
ou collectifs désireuses de faire vivre le lieu, par le<br />
biais entre autres, d’une programmation collective. Une<br />
programmation centrée, par ailleurs, sur des films rares,<br />
militants et internationaux, particulièrement du patrimoine<br />
et parfois sans visa.<br />
Un accord avec le CNC a également été trouvé pour que<br />
toutes les séances restent à prix libre, l'un des marqueurs<br />
forts de l'occupation, tout en restant dans un système<br />
redistributif vertueux : sur chaque entrée, une part sera<br />
bien reversée au distributeur du film et une autre collectée<br />
par le CNC pour contribuer au financement du cinéma<br />
indépendant. Enfin, deux salles de post-production seront<br />
aménagées, puis louées à des jeunes cinéastes et des<br />
sociétés de productions émergentes, ce qui permettra<br />
d’assurer l’équilibre financier de l’association, tandis<br />
qu’une autre servira aux activités des membres. Deux<br />
salariés viendront appuyer l’association sur la maintenance<br />
et l’administration. Tout un programme, dont les quatre<br />
jours de projections à prix libre et de réjouissances la<br />
semaine prochaine donneront un avant-goût.<br />
David Weichert<br />
Les membres du collectif La Clef Revival ont assuré une conférence de presse pour officialiser le rachat du cinéma<br />
N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />
33
Miscellanés<br />
PROCHAINES CDACi<br />
DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO<br />
11/07/24 SAS DE L'ETOILE L'ETOILE 5 719 <strong>Pro</strong>jet de création Caudry Nord Caudrésis - Catésis<br />
11/07/24<br />
SAS CARIBBEAN<br />
CINEMAS SUD<br />
BASSE-TERRE<br />
MAJESTIC BY CARIBBEAN CINEMAS 6 800 <strong>Pro</strong>jet de création Capesterre-Belle-Eau Guadeloupe Capesterre-Belle-Eau<br />
Le Bel été<br />
d'Est Ensemble<br />
La communauté d’agglomération<br />
rassemblant neuf communes de Seine-<br />
Saint-Denis propose, cette année encore,<br />
plus de 350 activités culturelles estivales<br />
gratuites, dont de nombreuses projections<br />
de cinéma en plein air.<br />
Parmi les temps forts emblématiques de ce Bel été figure<br />
en effet le “Ciné sous les étoiles” proposé par Est Ensemble<br />
et l’Écran Nomade, le cinéma itinérant du réseau des<br />
cinémas. La programmation comprend plus de 40 séances<br />
aux quatre coins du territoire séquano-dionysien. À noter<br />
que les courts-métrages précédant habituellement les<br />
séances permettront la diffusion d’une série documentaire<br />
mémorielle et territoriale inédite sur les quartiers en<br />
renouvellement urbain. Gratuites, les séances de Ciné<br />
sous les étoiles se dérouleront du 28 <strong>juin</strong> au 31 août.<br />
Parmi le reste des rendez-vous proposés par Bel été,<br />
figurent un concert symphonique, des animations et<br />
activités sportives ou festives au vert, des activités dans<br />
les bibliothèques et les conservatoires et, bien entendu,<br />
plusieurs évènements dans le cadre des Jeux olympiques.<br />
Le Biarritz Film Festival <strong>2024</strong> livre son palmarès<br />
La deuxième édition du Biarritz Film Festival - Nouvelles Vagues s’est clôturée le 22<br />
<strong>juin</strong> en livrant ses prix.<br />
C’est devant une salle comble de 1 250 personnes que<br />
les lauréats ont reçu leur trophée, imaginé par les étudiants<br />
de l'école Boulle et réalisé par la maison Desrues. Le jury<br />
était présidé cette année par la scénariste et réalisatrice<br />
Léa Mysius, entourée de l'actrice, chanteuse et influenceuse<br />
Kitty Chicha, de l'actrice et productrice Zoey<br />
Deutch, de la comédienne Kim Higelin, du photographe<br />
Arash Khaksari, du comédien Vincent Lacoste, de<br />
l'acteur Manu Rios et de la réalisatrice, photographe et<br />
écrivaine Margaret Zhang.<br />
Grand Prix :<br />
Girls Will Be Girls de Shuchi Talati, Inde (Nour Films, sortie<br />
le 21/08/24)<br />
Prix du jury et Prix du jury des étudiants :<br />
Eat The Night de Caroline Poggi et Jonathan Vinel,<br />
France (Tandem, 17/07/24)<br />
Mention spéciale du jury :<br />
À son image de Thierry de Peretti, France (Pyramide, 04/09/24)<br />
Prix d’interprétation :<br />
Saoirse Ronan, dans The Outrun de Nora Fingscheidt,<br />
Royaume-Uni/Allemagne (Ufo Distribution, 02/10/24)<br />
©Nour Films<br />
Girls Will Be Girls<br />
Prix du public :<br />
La Nuit se traîne de Michiel Blanchart, Belgique/France<br />
(Gaumont, 28/08/24)<br />
Prix du jury pass Culture :<br />
The Outrun de Nora Fingscheidt<br />
AGENDA DE LA PROFESSION<br />
AG DU SYNDICAT DES CINÉMAS DE L'OUEST 28/06/24 PLESTIN-LES-GRÊVES<br />
FEMA - FESTIVAL LA ROCHELLE CINÉMA 28/06 au 07/07/24 LA ROCHELLE<br />
FEMA/ADRC : JOURNÉES PRO 02 au 04/07/24 LA ROCHELLE<br />
AG ADRC 02/07/24 LA ROCHELLE<br />
LA FÊTE DU CINÉMA 30/06 au 3/07/24 FRANCE<br />
LITTLE FILMS FESTIVAL 30/06 au 01/09/24 FRANCE<br />
STUDIO SHOW 04 et 05/07/24 PARIS<br />
CINÉ COOL 24 au 31/08/24 GRAND EST<br />
FESTIVAL DU FILM FRANCOPHONE D'ANGOULÊME 27/08 au 01/09/24 ANGOULÊME<br />
RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI JEUNE PUBLIC 10 au 12/09/24 SARLAT<br />
CONGRÈS FNCF 23 au <strong>26</strong>/09/24 DEAUVILLE<br />
AG DE L'UCF les 03 au 04/10/04 AVIGNON - LE PONTET<br />
FÊTE DU CINÉMA D'ANIMATION 11 au 31/10/24 FRANCE ET MONDE<br />
FESTIVAL LUMIÈRE 12 au 20/10/24 LYON<br />
MARCHÉ INTERNATIONAL DU FILM CLASSIQUE (MIFC) 15 au 18/10/24 LYON<br />
JOURNÉE ART ET ESSAI DU CINÉMA EUROPÉEN le 17/11/24 FRANCE, EUROPE, MONDE<br />
RENCONTRES NATIONALES ARCHIPEL DES LUCIOLES <strong>26</strong> au 28/11/24 CASTELNAUDARY<br />
RENCONTRES DE BRETAGNE 28/01 au 01/02/25 QUIMPER<br />
34 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>
DIMANCHE, JE VOTE<br />
ET JE VAIS AU CINÉ<br />
DU DIMANCHE 30 JUIN<br />
AU MERCREDI 3 JUILLET<br />
Premium Events 500 122 312 au RCS de Paris<br />
5€<br />
LA SÉANCE *<br />
PARTENAIRE MAJEUR<br />
WWW.FETEDUCINEMA.COM<br />
* Tarif unique de 5€ la séance dans tous les cinémas participants et à toutes les séances du 30 <strong>juin</strong> au 3 juillet <strong>2024</strong> inclus<br />
(hors majoration pour les films en 3D, séances spéciales et prestations complémentaires). Offre non cumulable avec d’autres avantages tarifaires.