25.06.2024 Vues

Boxoffice Pro n°471 – 26 juin 2024

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N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA<br />

LES EXPLOITANTS<br />

C’EST PARTI POUR UN PLAN À 3 !<br />

LE 24 JUILLET<br />

AU CINÉMA<br />

© <strong>2024</strong> 20th Century Studios / © & TM <strong>2024</strong> MARVEL


DANS L’ESPACE,<br />

PERSONNE NE VOUS ENTENDRA CRIER.<br />

MATÉRIEL DISPONIBLE<br />

PACK EXPLOITANTS<br />

NOUVEAU FA - 2D - VF/VOST - Durée : 1min30<br />

FA VF<br />

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Scope : AlienRomulus_TLR-D-2D_S_FR-XX_FR_51_2K_DI_<strong>2024</strong>0618_DLX_IOP_OV<br />

FA VOSTF<br />

Flat : AlienRomulus_TLR-D-2D_F_EN-fr_FR_51_2K_DI_<strong>2024</strong>0618_DLX_IOP_OV<br />

Scope : AlienRomulus_TLR-D-2D_S_EN-fr_FR_51_2K_DI_<strong>2024</strong>0618_DLX_IOP_OV<br />

Pour toute question, prenez contact avec votre interlocuteur Disney habituel<br />

20thcenturyfr/ 20thCenturyStudiosFR/ 20thCenturyFR #Alien : Romulus


N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

TOUTE L’ACTUALITÉ DE L’EXPLOITATION ET DE LA DISTRIBUTION CINÉMA<br />

RENCONTRES INDÉPENDANTES<br />

À MARSEILLE


LE RÊVE HOLLYWOODIEN N’A JAMAIS ÉTÉ AUSSI SANGLANT<br />

UN FILM DE TI WEST<br />

ADAPTATION :<br />

4 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

© <strong>2024</strong> Starmaker Rights LLC. All Rights Reserved.


Sommaire<br />

L'édito<br />

P.6<br />

ACTUALITÉS<br />

Mouvements chez CGR et au CNC<br />

Le GNCR programme son Retour de<br />

Cannes<br />

P. 8 à 10<br />

À LA UNE<br />

Rencontres du cinéma indépendant<br />

à Marseille : pour la biodiversité des<br />

séances<br />

P. 12<br />

CINÉO<br />

Laboratoire des cinémas indépendants<br />

privés<br />

P.14<br />

DISTRIBUTION<br />

Entretien avec Jean Labadie, Le Pacte<br />

P. 22<br />

CINEEUROPE<br />

L’exploitation à l’heure de la “Barcelona<br />

Connexion”<br />

P.25<br />

INTERNATIONAL<br />

Sony Pictures acquiert les Alamo<br />

Drafthouse américains<br />

P.<strong>26</strong><br />

FESTIVAL D’ANNECY<br />

De l’animation plein les yeux<br />

P.30<br />

ÉTUDE<br />

Le CNC ausculte la fréquentation cinématographique<br />

des 15-24 ans<br />

P.32<br />

EXPLOITATION<br />

Dolby célèbre ses 50 ans d’histoire avec<br />

le cinéma<br />

P.33<br />

Finalisation du processus de rachat de<br />

La Clef<br />

P.34<br />

MISCELLANÉES<br />

prochaines CDAC, agenda de la<br />

profession…<br />

On ne s’entend plus ?<br />

Marre des plaintes contre la météo capricieuse, du<br />

désordre législatif, du brouhaha médiatique et de la<br />

crainte d’un pays paralysé par les JO ? Pour le secteur,<br />

la vie continue, et de plus belle on dirait. Aux quatre<br />

coins du territoire, les festivals, assemblées générales<br />

et rencontres professionnelles nous rappellent que<br />

le cinéma, nouveaux élus est primordial pour la<br />

défense et la diversité des salles de cinéma, d’autant<br />

plus enaussi, est un acte citoyen ! Il réunit, interroge,<br />

ouvre l’esprit et part à la rencontre de l’autre.<br />

En continuant d'œuvrer pour nos cinémas et le<br />

cinéma en général, nous réalisons un véritable acte<br />

politique. C’est à nous, professionnels, de continuer<br />

à motiver et encourager les spectateurs à venir en<br />

salles, avant ou après avoir glissé leur bulletin dans<br />

l’urne. C'est à nous également de continuer à dessiner<br />

le cinéma de demain. Le désir de diversité, le besoin<br />

d'indépendance, la nécessité écologique, qui sont au<br />

cœur des discussions des professionnels, et donc de<br />

nos pages, en témoignent.<br />

<strong>Pro</strong>chaine étape, la Fête du Cinéma, qui promet<br />

une très belle édition. Alors, prêts pour ce second<br />

semestre, qui pourrait relever le défi d’une fréquentation<br />

audacieuse et d’un cinéma engagé, et toujours<br />

aussi irrésistible ?<br />

est une publication de<br />

Marion Delique<br />

JULIEN MARCEL<br />

Directeur de la<br />

publication<br />

MARION DELIQUE<br />

Rédactrice en chef<br />

AYSEGÜL ALGAN<br />

Journaliste<br />

@<strong>Boxoffice</strong>France<br />

La Rédaction<br />

@<strong>Boxoffice</strong>_fr<br />

CÉCILE VARGOZ<br />

Journaliste<br />

@boxofficefr<br />

JULES DREYFUS<br />

Journaliste<br />

<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> France<br />

Crédits page 3 : ©<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> / Cécile Vargoz<br />

DAVID WEICHERT<br />

Journaliste<br />

PHILIPPE COSQUERIC<br />

Infographiste<br />

N°ISSN : 2740-3335<br />

<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> est édité par THE BOXOFFICE COMPANY au capital de 2 075 620 €, c/o Webedia 2 rue Paul Vaillant-<br />

Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS-PERRET CEDEX • Tél 01 85 09 95 87 / E-mail redaction@boxoffice.com<br />

• Dépôt Légal à parution<br />

Directeur de la publication<br />

Julien Marcel / julien@boxoffice.com<br />

Rédactrice en chef<br />

Marion Delique / marion.delique@boxoffice.com<br />

Rédacteurs<br />

Aysegül Algan / aysegul.algan@boxoffice.com,<br />

Cécile Vargoz / cecile.vargoz@boxoffice.com,<br />

Jules Dreyfus / jules.dreyfus@webedia-group.com<br />

David Weichert / david.weichert@webedia-group.com<br />

Base de données Films<br />

guillaume.martin@boxoffice.com<br />

Publicité / Base de données distributeurs<br />

Pauline Luigi / pauline.luigi@boxoffice.com<br />

Caroline Roux / caroline.roux@webedia-group.com<br />

Julie Basard / julie.basard@webedia-group.com<br />

Réalisation THE BOXOFFICE COMPANY,<br />

Maquette / Infographie<br />

Philippe Cosqueric / philippe.cosqueric@boxoffice.com<br />

Impression<br />

SOCOSPRINT IMPRIMEURS 36 route d’Archettes 88 000 Epinal<br />

N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

5


Actualités<br />

Du mouvement chez<br />

CGR…<br />

Après 30 ans passés au sein de CGR, Alfonso Corrales<br />

quitte le groupe fin <strong>juin</strong>, après y avoir œuvré d’abord<br />

comme directeur de cinéma, puis directeur d'exploitation<br />

adjoint et directeur de la confiserie du circuit. Il était,<br />

depuis octobre 2023, le directeur de la responsabilité<br />

sociétale des entreprises (RSE). Laurent Desmoulins,<br />

directeur général de CGR et qui a œuvré avec lui dans<br />

les cinémas et au siège social, salue en lui « un cadre<br />

inspirant et historique du groupe », à qui il souhaite les<br />

plus beaux succès dans ses nouveaux projets.<br />

CGR se met au jaune !<br />

À l’occasion de la sortie de Moi, moche et méchant 4, le<br />

site internet et l’application des cinémas CGR ont été<br />

hackés, le mercredi 19 et le week-end du 22 <strong>juin</strong>, par les<br />

Mega Minions envahisseurs qui inondaient de jaune un<br />

site d'ordinaire bien rouge.<br />

Alfonso Corrales<br />

Pierre Schlosser<br />

Pierre Schlosser deviendra ainsi, à compter du 1 er juillet,<br />

directeur du développement et de la RSE. Arrivé chez<br />

CGR en 1999 en tant qu’agent de comptoir, il est par<br />

la suite devenu chef opérateur, assistant puis directeur<br />

du cinéma de Blagnac. En 2012, il est promu directeur<br />

régional, participant en parallèle au lancement de plusieurs<br />

cinémas du groupe. « Je salue la bienveillance, l’exemplarité<br />

et le professionnalisme d’Alfonso Corrales, et je mesure<br />

la chance que j'ai eue de pouvoir évoluer à ses côtés, confiet-il.<br />

Je vais m’appliquer à transformer l’essai avec la même<br />

détermination et je suis impatient d'emmener notre entreprise<br />

vers de nouveaux horizons. »<br />

…et au CNC<br />

Laura Costedoat est nommée cheffe du service des registres<br />

du cinéma et de l’audiovisuel. Entrée au CNC en 2015,<br />

elle devient responsable de la procédure des visas exceptionnels<br />

à la direction du cinéma en 2017. Depuis avril<br />

2023, elle occupait le poste de cheffe adjointe du service<br />

de la diffusion en salles.<br />

Du côté de la direction de l’audiovisuel, Anouk Deiller<br />

devient cheffe du service du soutien à la fiction et à<br />

l’animation. Elle rejoint en 2014 le ministère de la Culture,<br />

d’abord à la Direction générale des médias et des industries<br />

culturelles au bureau des études et des évaluations<br />

économiques, puis au département de l’innovation<br />

numérique où elle assurait le pilotage de l’appel à projets<br />

“Services numériques innovants”. Depuis 2020, elle était<br />

cheffe du service des industries techniques et de l’innovation<br />

à la Direction du numérique, en charge notamment<br />

du soutien aux studios.<br />

Sept ans après le dernier opus de la saga Universal/<br />

Illumination à succès, Moi, moche et méchant 4 de Patrick<br />

Delage et Chris Renaud arrive en salles le 10 juillet,<br />

toujours avec Steve Carell et Gad Elmaleh pour respectivement<br />

interpréter les voix VO et VF de Gru. Pour<br />

rappel, les trois films de la franchise cumulent 13,2<br />

millions d'entrées en France.<br />

Robinson Bourges<br />

Du château d’If à une séance du Comte de<br />

Monte-Cristo<br />

Le Comte de Monte-Cristo sort en salles ce vendredi 28 <strong>juin</strong><br />

L'Acid Cannes en<br />

tournée à la rentrée<br />

Les reprises de la sélection <strong>2024</strong> seront projetées du 20<br />

au 22 septembre à Paris (au Louxor), puis du 4 au 6<br />

octobre à Marseille (La Baleine, Le Gyptis et Les Variétés),<br />

à Lyon (Comoedia) et à Nantes (Le Cinématographe).<br />

Les neuf longs métrages cannois seront présentés par les<br />

cinéastes de l'Acid et les équipes des films. La tournée<br />

est aussi prévue à Lisbonne, Tanger ou Belgrade.<br />

©Chapter 2-Pathé Films-M6 Films-Fargo Films<br />

Vendredi 28 <strong>juin</strong>, soit le jour même de la sortie de l’épique<br />

blockbuster de Pathé, BNP Paribas réserve une surprise<br />

au large de Marseille. « En tant que partenaire majeur du<br />

film, nous avons décidé, comme clin d’œil à l’histoire et à<br />

la littérature, d’inviter toutes les personnes qui visiteront le<br />

château d’If, le 28 <strong>juin</strong> prochain, à découvrir ce magnifique<br />

film en salle », déclare Pierre Veyres, directeur de la région<br />

Sud-Est de la Banque Commerciale en France.<br />

À noter que le château d’If, décor indissociable du célèbre<br />

roman, accueille chaque année plus de 100 000 visiteurs.<br />

La réplique<br />

<strong>–</strong> Si tu veux voir l'âme<br />

de quelqu'un, demande lui<br />

à quoi il rêve<br />

Johnny Depp dans Arizona Dream d'Emir Kusturica. Ressortie le<br />

10 juillet <strong>2024</strong> chez Malavida films<br />

6 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>


Le GNCR programme<br />

son Retour de Cannes<br />

Le Groupement national des cinémas de<br />

recherche a sélectionné 12 titres, repérés<br />

dans chacune des sélections cannoises,<br />

pour son nouveau rendez-vous de la<br />

rentrée, proposé au public du 13 au 29<br />

septembre prochains.<br />

Sélection officielle - Compétition<br />

All We Imagine as Light de Payal Kapadia, sortie le<br />

02/10/<strong>2024</strong> (Condor)<br />

Grand Tour de Miguel Gomes, sortie le 18/12/<strong>2024</strong> (Tandem/<br />

Shellac)<br />

Sélection officielle - Un Certain Regard<br />

Viet & Nam de Minh Quy Truong, sortie le 25/09/<strong>2024</strong><br />

(Nour Films)<br />

L’Histoire de Souleymane de Boris Lojkine,sortie le<br />

27/11/<strong>2024</strong> (Pyramide)<br />

Sélection officielle non compétitive<br />

Miséricorde d’Alain Guiraudie, sortie le 16/10/<strong>2024</strong> (Les Films<br />

du Losange)<br />

Apprendre de Claire Simon, sortie Début 2025 (Condor)<br />

Quinzaine des Cinéastes<br />

Ma vie ma gueule de Sophie Fillières, sortie le 18/09/<strong>2024</strong> (Jour2Fête)<br />

Septembre sans attendre de Jonas Trueba, sortie le<br />

28/08/<strong>2024</strong> (Arizona)<br />

Les Rencontres nationales art et essai Jeune<br />

public <strong>2024</strong> livrent leurs premiers détails<br />

Alors que les inscriptions sont désormais ouvertes, le<br />

rendez-vous Jeune public de l’Afcae <strong>–</strong> pour rappel daté<br />

du 10 au 12 septembre au Rex de Sarlat <strong>–</strong> a dévoilé son<br />

affiche, illustrée par Pierre-Luc Granjon. Le co-réalisateur<br />

de Léo, la fabuleuse histoire de Léonard de Vinci (sorti fin<br />

janvier dernier chez KMBO, le film a réalisé plus de<br />

405 000 entrées) présentera un court métrage sur écran<br />

d’épingles, Les Bottes de la nuit, lors des Rencontres.<br />

C’est Florence Miailhe que la manifestation mettra par<br />

ailleurs à l'honneur. Après son premier long métrage, La<br />

Traversée (sorti en septembre 2021 sous bannière Gébéka,<br />

près de 30 000 entrées), la réalisatrice-plasticienne vient<br />

de terminer un nouveau court métrage, Papillon, qui a<br />

entre autres obtenu l’Ours de cristal à la Berlinale et le<br />

prix André-Martin au Festival d'Annecy.<br />

Enfin, la session de formation par laquelle débutent les<br />

Rencontres Jeune public aura pour thème “le Spectateur<br />

et le Médiateur”, avec l’ambition de « réinventer la relation<br />

au public ». Réservée aux adhérent·es, elle sera proposée<br />

le mardi 10 septembre en jauge limitée (max. 20 personnes).<br />

« Cette formation permettra à chacun de comprendre et<br />

tester une nouvelle place pour le spectateur·rice au sein de<br />

sa politique de l’intelligence collective, précisent les organisateurs.<br />

C’est aussi l’occasion de découvrir des outils<br />

techniques adaptables à toutes sortes d’animations, et la<br />

force du travail en réseau. »<br />

Semaine de la Critique<br />

Les Reines du drame d’Alexis Langlois, sortie le 18/12/<strong>2024</strong><br />

(Bac Films)<br />

Simon de la montaña de Federico Luis Tachella, sortie<br />

février 2025 (Arizona)<br />

ACID Cannes<br />

Ce n’est qu’un au revoir de Guillaume Brac, sortie début<br />

2025 (Condor)<br />

Fotogenico de Marci Romano & Benoit Sabatier, sortie<br />

12/12/24 décembre <strong>2024</strong> (JHR)<br />

En image<br />

Bureau Afcae renouvelé jusqu’en 20<strong>26</strong><br />

À la suite de son renouvellement partiel lors de l’assemblée<br />

générale du 13 mai à Cannes, le conseil d’administration<br />

de l’Association française des cinémas art et essai<br />

a voté, le 12 <strong>juin</strong>, la composition de son nouveau bureau,<br />

toujours présidé par Guillaume Bachy. Les seuls changements<br />

sont observés au niveau de la vice-présidence,<br />

que Clémence Renoux assure désormais en compagnie<br />

d’Emmanuel Baron, en remplacement de Caroline<br />

Grimault, tandis que cette dernière reprend le précédent<br />

poste de secrétaire d’Emmanuel Baron.<br />

Y a pas de réseau<br />

Quelques mois à peine après la sortie de 14 jours pour<br />

aller mieux (qui a rassemblé plus de 310 000 spectateurs<br />

depuis sa sortie en mars, chez Wild Bunch), Maxime<br />

Gasteuil retrouve le réalisateur Édouard Pluvieux pour<br />

une nouvelle comédie. L'humoriste y donnera la<br />

réplique à Gérard Jugnot, dans un jeu de chat et de<br />

souris effréné entre deux enfants dégourdis et deux<br />

malfrats aussi stupides que dangereux, qui, dans leur<br />

cavale, font exploser une antenne relais.<br />

En tournage jusqu’à début août dans les Hautes-<br />

Pyrénées, Y a pas de réseau, est produit par Las Palmeras-<br />

Nolita, et sera distribué par Pathé et TF1 Studio.<br />

Côté groupes, Catherine Mallet est désormais officiellement<br />

responsable du groupe Jeune public, en remplacement<br />

de Laurent Coët. Au groupe des Associations<br />

territoriales, le responsable Rafael Maestro est remplacé<br />

par Anne Huet.<br />

L’intégralité du bureau<br />

Président : Guillaume Bachy<br />

Vice-président·es : Clémence Renoux et Emmanuel Baron<br />

Secrétaire : Caroline Grimault<br />

Secrétaire adjointe : Charlotte Prunier<br />

Trésorier : Cyril Désiré<br />

Trésorière adjointe : Cerise Jouinot<br />

Responsables de groupes<br />

Inédits : Sylvie Buscail<br />

Jeune Public : Catherine Mallet<br />

Répertoire : Éric Miot<br />

Associations territoriales : Anne Huet<br />

N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

7


Rencontres du SDI<br />

Marc Olry (Lost Films), et Anne Pouliquen, coordinatrice des Rencontres, à l'Artplexe Canebière<br />

LES INDÉPENDANTS À MARSEILLE :<br />

POUR LA BIODIVERSITÉ DES SÉANCES<br />

©C.V.<br />

©C.V.<br />

©Cécile Vargoz ©C.V.<br />

Le cinéma de la Friche de la Belle de mai...<br />

L'historique cinéma art et essai de la Canebière<br />

et la terrasse du cinéma La Baleine, pour le speed dating des Rencontres<br />

Les rencontres organisées par le Syndicat des distributeurs<br />

indépendants (SDI), en association avec le réseau de salles Écrans<br />

du Sud, ont mis en avant la nécessité de se former aux enjeux<br />

environnementaux, mais aussi, et surtout, de redonner de la<br />

place, du temps et des séances, aux films de toute la diversité.<br />

La neuvième édition du rendez-vous proposé par le<br />

SDI a eu lieu pour la première fois dans le Sud, du 18<br />

au 21 <strong>juin</strong>, dans quatre cinémas marseillais. Dans la<br />

ville de la diversité en termes de population, le parc de<br />

salles du centre-ville s’est aussi diversifié ces dernières<br />

années, avec la reprise récente des Variétés <strong>–</strong> par Alexis<br />

Dantec des Films du Losange et Philippe Dejust <strong>–</strong>, qui<br />

travaille désormais aux côtés de l’Artplexe sur la<br />

Canebière, mais aussi La Baleine et Le Gyptis, respectivement<br />

géré et programmé par Shellac. Le distributeur<br />

et producteur indépendant est d’ailleurs basé à Marseille,<br />

comme deux autres structures membres du SDI, Les<br />

Alchimistes et Outplay. Et si, depuis 2022, les “Rencontres<br />

du SDI” s’intitulent “Rencontres du cinéma indépendant”,<br />

c’est pour marquer « notre volonté d’échanger avec<br />

nos partenaires que sont les salles indépendantes », précise<br />

Étienne Ollagnier, gérant de Jour2Fête et co-président<br />

du syndicat avec Lucie Commiot de Condor. L’édition<br />

de cette année, organisée avec l'association régionale<br />

de salles Écrans du Sud, a enregistré un nombre record<br />

de 230 inscrits, contre 150 en moyenne les années<br />

précédentes. D’autres organisations ont également<br />

participé aux ateliers collaboratifs <strong>–</strong> l’Acid, l’Afcae, le<br />

Dire, le GNCR et le Scare <strong>–</strong>, qui partagent, bien entendu,<br />

de nombreuses préoccupations avec le SDI.<br />

8 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>


©Cécile Vargoz<br />

Mesurer l’impact carbone de la distribution…<br />

et de la programmation des films<br />

À commencer par l’écologie, que les secteurs de la<br />

production et de l'exploitation ont commencé à intégrer,<br />

mais peu questionnée jusqu’à présent dans celui de la<br />

distribution, comme l’ont souligné Romane Segui (Les<br />

Alchimistes) et Léo Gilles (Shellac) en introduction d’une<br />

table ronde consacrée au sujet. « Au-delà de nos pratiques<br />

individuelles en tant que citoyens, nous manquons d’expertise<br />

pour avoir une approche globale et sur le long terme »,<br />

résume en effet Lucie Commiot, Marc Olry de Lost<br />

Films ajoutant que « en tant que professionnel, on réfléchit<br />

souvent plus par économie que par écologie ». Le distributeur,<br />

qui télétravaille car seul dans sa structure, s’interroge<br />

notamment sur l’impact carbone du numérique, qui<br />

concerne aussi bien la facturation que la dématérialisation<br />

des copies <strong>–</strong> « Faut-il favoriser un support physique ou le<br />

téléchargement ? Certains serveurs plutôt que d’autres ? » <strong>–</strong>,<br />

et bien sûr le marketing <strong>–</strong> « dois-je continuer à imprimer<br />

des cartes postales, à fabriquer des tote bags et, dans ce cas,<br />

comment les acheminer ? ». Quant à l‘impact des tournées<br />

de promo, tout doit être pris en compte, des distances<br />

parcourues aux moyens de transport, en passant par le<br />

logement et l’alimentation.<br />

« Un cocktail pour 200 personnes avec de la viande aura<br />

ainsi une incidence beaucoup plus importante », rappelle<br />

en effet Baptiste Heynemann, délégué général de la CST<br />

mais aussi président d’Ecoprod, qui intervenait à Marseille<br />

comme spécialiste. « Même si la distribution, de façon<br />

inhérente, a peu d’impact direct sur la biodiversité, elle doit<br />

s’interroger, comme toute activité, sur ses émissions de déchets<br />

et de carbone ». Or il n’existe pas encore d’outil de mesure<br />

propre au secteur, contrairement aux autres activités de<br />

la filière pour lesquelles Ecoprod a mis en place des<br />

calculateurs. Et si les aides à la production sont aujourd’hui<br />

conditionnées à des critères environnementaux, Baptiste<br />

Heynemann souligne que pour la distribution, « rien n’est<br />

obligatoire… jusqu’à ce que cela le devienne ».<br />

“L’Apéro des indés” : six ateliers avec des organisations partenaires<br />

La version marseillaise du “Café des indés”, pastis oblige,<br />

a réuni exploitants et distributeurs, prolongeant<br />

certaines pistes évoquées lors du dernier Sommet<br />

des Arcs.<br />

Acid : Qu'est-ce qu'un film qui compte ?<br />

… c’est aussi celui qui fait le plus d’entrées en moyenne<br />

par séance et non pas non pas à la semaine. L’Acid a<br />

commencé à collecter des chiffres sur des films divers<br />

(sortant entre 250 et 50 copies), montrant que le succès<br />

à la séance n’est pas corrélé au nombre de copies. Il est<br />

proposé de développer un outil permettant de mesurer<br />

chaque semaine la moyenne de spectateurs par séance,<br />

en s’appuyant sur les données et outils existants, pour<br />

tous les films à l’affiche.<br />

Afcae : Comment trouver le juste équilibre en<br />

termes de séances ?<br />

… en passant par plus de régulation selon les<br />

participants à l’atelier, ou d’incitation via les aides du<br />

CNC : interdiction pour les distributeurs d’imposer des<br />

pleins programmes pendant trois semaines ; interdiction<br />

de changer une date de sortie à moins de six semaines ;<br />

limiter le nombre de sorties par distributeur ; adapter le<br />

plan de sortie en fonction de la typologie des salles.<br />

Dire : Comment réduire l’impact environnemental<br />

de la diffusion des films ?<br />

… d’abord en mesurant l’empreinte carbone de chaque<br />

activité, notamment sur la communication (affichage<br />

numérique ou papier ?). Les distributeurs ne sachant pas<br />

comment chaque salle communique, il est suggéré que<br />

l’ADRC puisse collecter ces données à travers chaque<br />

région, pour ensuite les soumettre à Ecoprod. Un Label<br />

Vert, pour les distributeurs indépendants comme pour<br />

les salles, pourrait aussi les valoriser.<br />

GNCR : Peut-on penser un autre modèle que la<br />

Sortie Nationale ?<br />

Sachant que 90 % des entrées se font sur 5 semaines<br />

contre près de 10 il y a dix ans, il est nécessaire de<br />

penser le nombre de séances sur la durée et non pas sur<br />

la semaine de sortie, de poursuivre la communication<br />

sur un temps long, de moduler les aides à la distribution<br />

non pas en fonction du nombre de copies en nationale<br />

mais de l’accompagnement des films. Et pourquoi pas,<br />

envisager des sorties par régions sans tout miser sur la<br />

sortie parisienne.<br />

SDI : Quels indicateurs pour mesurer l’impact<br />

des films et mieux investir ?<br />

Au-delà des chiffres, il faut mesurer la diversité et la<br />

mixité des publics, en terme de génération, d’inclusion<br />

et de parité H/F, et l’intégrer dans les bilans. Les tarifs<br />

réduits sont un bon indicateur, mais aussi les<br />

associations mobilisées sur des débats et actions autour<br />

d’un film. <strong>Pro</strong>position de dresser une cartographie des<br />

séances accompagnées à travers les territoires et en<br />

direction des publics empêchés.<br />

Scare : Quelles solutions pour le management<br />

et le recrutement ?<br />

Un sujet qui n’est pas propre à la distribution<br />

indépendante mais qui y est rarement abordé. Les<br />

syndicats et associations de salles comme le Scare (qui<br />

propose une formation RH) pourraient accompagner les<br />

distributeurs dans la gestion des conflits, et partager<br />

des outils pour impliquer les salariés dans la vie des<br />

entreprises.<br />

©Cécile Vargoz<br />

Pour s’y préparer, il apparaît donc essentiel de former<br />

tous les collaborateurs du secteur aux enjeux écolo [voir<br />

ci-contre], mais aussi de travailler en commun, avec le<br />

Dire et Europa Distribution qui ont entamé une réflexion,<br />

et avec les exploitants, qui connaissent notamment le<br />

coût énergétique d’une séance. Aussi Lucie Commiot<br />

s’interroge-t-elle : « Selon que je sorte un film dans 20 ou<br />

200 salles et selon son nombre de séances, quel sera mon<br />

impact ? » Pour le président d’Ecoprod, « le bilan carbone<br />

d’une séance est celui de la salle, mais le distributeur du film<br />

a sa quote part de responsabilité ». Celle-ci baisse si son<br />

film a moins de séances, mais si la salle en projette un<br />

N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

9


Rencontres du SDI<br />

autre à la place, l’impact environnemental est le même.<br />

« Il convient donc, comme pour un avion ou pour un<br />

train, de s’interroger sur le taux de remplissage », souligne<br />

Baptiste Heynemann. Et donc de prendre en compte<br />

l’aspect polluant… du nombre de séances.<br />

De gros indépendants qui prennent la<br />

place aux petits ?<br />

On sait en effet que la problématique, liée au nombre<br />

de films et de copies, s’est accentuée depuis le Covid,<br />

particulièrement pour les “petits” indépendants, qu’ils<br />

soient exploitants ou distributeurs. « Nous avons du<br />

mal à programmer nos films parce que d’autres prennent<br />

trop de place », exprimait en effet Étienne Ollagnier<br />

au nom du SDI, lors d’une rencontre avec Isabelle<br />

Gérard, représentant à Marseille le Médiateur du<br />

cinéma. Si les salles mettent en avant leur liberté de<br />

choix face au trop grand nombre de films, elles<br />

déplorent elles aussi les exigences disproportionnées<br />

de la part des plus gros distributeurs. Et ces plus “gros”<br />

ne sont pas forcément les majors américaines : certains<br />

indépendants, qui sortent des films art et essai parfois<br />

tous les 15 jours <strong>–</strong> voire deux la même semaine ! <strong>–</strong>,<br />

ont des « moyens de pression » sur les salles, selon Hugues<br />

Peysson de l’Atelier Distribution. Et quand Patrick<br />

Hernandez de Next Films souligne que « certaines salles<br />

font des choix non pas par film, mais par distributeur »,<br />

Jean-Jacques Rue de JHR ajoute que « les ententes de<br />

programmation se comportent parfois de façon totalement<br />

arbitraire, ne laissant pas d’autonomie aux salles ». Il<br />

devient notamment très difficile de placer un film de<br />

patrimoine ou un documentaire à plus d’une séance<br />

par semaine, alors que les débats affichent souvent<br />

complet et que le spectateur ne peut se rattraper sur<br />

une deuxième projection. Et de façon générale<br />

aujourd’hui, « les 1 300 salles art et essai ont toutes la<br />

même programmation… voire la même que les circuits »,<br />

regrette Hervé Millet de Destiny.<br />

Le SDI reconduit ses deux co-présidents<br />

Le Syndicat, qui fédère 37 distributeurs indépendants, a<br />

tenu son AG à Marseille le 20 <strong>juin</strong> et élu son conseil<br />

d’administration <strong>2024</strong>/25, qui accueille trois nouveaux<br />

membres : Louis Ferré, Hervé Millet et Natacha Missoffe.<br />

Co-président.e.s :<br />

Lucie Commiot (Condor Distribution)<br />

Étienne Ollagnier (Jour2Fête)<br />

Secrétaire : Bénédicte Thomas (Arizona Distribution)<br />

Trésorier : Jean-Fabrice Janaudy (Les Acacias)<br />

Vice-président.e.s :<br />

Jane Roger (JHR Films), notamment en charge des relations<br />

avec les exploitants et les pouvoirs publics<br />

Patrick Hernandez (Next Film Distribution), questions relatives<br />

aux films documentaires<br />

Hervé Millet (Destiny Films), questions relatives aux<br />

films documentaires<br />

Marc Olry (Lost Films), questions liées au patrimoine<br />

Natacha Missoffe (Potemkine Films), questions liées au<br />

patrimoine et à l’édition vidéo<br />

Emmanuelle Chevalier (Films du Préau), questions liées aux<br />

films Jeune public et aux dispositifs scolaires<br />

Louis Ferré (Films du Whippet), films Jeune Public et aux<br />

dispositifs scolaires<br />

La réforme art et essai, pour laquelle les distributeurs<br />

du SDI déplorent de ne pas avoir été auditionnés,<br />

n’apaise pas leurs inquiétudes. « Si le système de notation<br />

des salles est une bonne idée, estime Étienne<br />

Ollagnier, la sur-pondération réservée aux films Recherche<br />

et Découverte de moins de 80 copies ne s’appliquera pas<br />

forcément à nos films. » Le risque étant que les cinémas<br />

« cochent les cases » en se limitant à programmer les<br />

films sur-pondérés.<br />

Autant de griefs qui menacent la diversité selon le<br />

Syndicat indépendant, qui souhaiterait, au-delà des<br />

saisines et des recommandations au cas par cas, une<br />

vraie régulation de la part du Médiateur du cinéma.<br />

Un nouveau CA pour Les Écrans du Sud<br />

L'association qui rassemble 49 salles de proximité (soit 80<br />

écrans pour une fréquentation annuelle de plus d’1,5<br />

millions de spectateurs), sur l’ensemble de la Région<br />

Paca, s’est elle aussi réunie en AG pendant les Rencontres<br />

du cinéma indépendant.<br />

Président<br />

Joël Bertrand, directeur Cinéma Ciné 89 à Berre-l'Etang<br />

Vice-Présidentes<br />

Caroline Renard, maîtresse de conférences en études<br />

cinématographiques, Responsable de la licence Arts du<br />

spectacle à Aix-Marseille Université<br />

Clémence Renoux, directrice du Cigalon à Cucuron<br />

Trésorier : Christian Flayol, directeur de l'Odéon à Barjols<br />

Trésorière adjointe : Florie Caudelier, directrice des<br />

Lumières à Vitrolles<br />

Sécrétaire : Annie Gava, journaliste<br />

©C.V.<br />

Se former à la transition écologique…<br />

S’il n’existe pas de formation spécifique à la<br />

distribution, tant pour évaluer son empreinte<br />

carbone que pour changer ses pratiques, celle qui est<br />

proposée par la Commission supérieure technique<br />

(CST) et Ecoprod s’adresse à toute la filière, tout au<br />

moins pour sa partie “Les fondamentaux du<br />

dérèglement climatique”. Elle s’appuie sur La fresque<br />

du climat et permet de comprendre l’impact de<br />

chaque activité, et dès lors d'envisager des actions<br />

concrètes. La formation, sur une journée, est prise en<br />

charge par l’Afdas et autres Opco (105 € par stagiaire).<br />

… et dans tous les domaines liés à la distribution<br />

Le module RSE, pour appréhender le concept de<br />

Responsabilité sociétale de l’entreprise, peut aussi<br />

intéresser les distributeurs et notamment leurs<br />

dirigeants. La CST rappelle que les intervenants<br />

peuvent se déplacer partout, et se dit ouverte pour<br />

monter des formations spéciales pour le SDI,<br />

notamment pour la réalisation d’un bilan carbone<br />

adapté à la profession. Au-delà de la demande<br />

exprimée par les distributeurs, il se pourrait aussi<br />

que, à l’instar des formations sur les VHSS, ces<br />

formations deviennent obligatoires.<br />

Le cinéma- restaurant La Baleine, sur le très animé cours Julien<br />

« Nous avons obtenu l’accord de l’Autorité de la concurrence<br />

pour travailler sur un calendrier des sorties concerté,<br />

mais rien n’a avancé », regrette notamment Étienne<br />

Ollagnier qui veut remettre le sujet sur la table. « Pour<br />

émettre une recommandation, nous tenons à ce que toute<br />

la profession soit consultée et soit d’accord », répond<br />

Isabelle Gérard, alors que le SDI demande justement<br />

que le Médiateur ait le pouvoir de trancher… en cas<br />

de désaccord.<br />

Plus largement, un questionnaire adressé aux sociétés<br />

du SDI a montré que très peu de salariés ou dirigeants<br />

ont recours à la formation continue. On constate une<br />

méconnaissance des droits Afdas, aucune utilisation<br />

des comptes individuels de formation et très peu des<br />

comptes entreprises. Par ailleurs, il n’existe pas de<br />

dispositif de VAE (Validation des acquis de l'expérience)<br />

à la Fémis pour les distributeurs comme il en<br />

existe pour les exploitants, et il n y a pas de formation<br />

sur le marketing adaptée aux structures indépendantes…<br />

autrement dit celles qui n’ont pas d’argent.<br />

Or les besoins sont là, notamment sur l’utilisation des<br />

réseaux sociaux et de la data, ainsi qu’en gestion<br />

financière et juridique, notamment sur les obligations<br />

légales vis-à-vis du CNC.<br />

En fonction des besoins, Anne Pouliquen, efficace<br />

coordinatrice des Rencontres, suggère de repérer des<br />

formations existantes qui pourraient s’appliquer au<br />

secteur de la distribution, ou de monter une<br />

formation spécifique, comme l’a fait le Scare pour les<br />

exploitants. À noter que Les Alchimistes travaille sur<br />

un cursus universitaire à Marseille, avec des fonds de<br />

France 2030, et qu’il existe un Master Diffusion à<br />

l’Université Montpellier.<br />

Certes, le sujet n’est pas nouveau, mais les inquiétudes<br />

grandissent, notamment après la disparition cette<br />

année de deux distributeurs indépendants, Rezo et<br />

Urban. Il ne s’agit pas pour autant de céder au découragement,<br />

mais d’être force de proposition : les 13<br />

films montrés durant ces rencontres en attestent, tout<br />

comme les ateliers entre exploitants et distributeurs,<br />

ou encore les speed datings organisés avec les <strong>Pro</strong>ducteurs<br />

associés de la Région Sud. Pour réfléchir collectivement<br />

sur la nature des films, la façon de les montrer et de<br />

mesurer leurs entrées comme leur “impact”.<br />

Cécile Vargoz<br />

10 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>


Exploitation<br />

©Les Films du Préau<br />

LES CIP METTENT L’ACCENT SUR<br />

LES JEUNES ET L’ACCESSIBILITÉ<br />

Le Marin et la Feuille d'Aliona Baranova, court métrage issu du programme Petits Contes sous l'océan, prochain film labellisé Premier<br />

Coup de cœur des CIP<br />

Le 14 <strong>juin</strong> s’est tenue l’assemblée générale des Cinémas<br />

indépendants parisiens, au Cinéma des cinéastes. L’occasion de<br />

revenir sur les projets qui ont rythmé l’année de l’association, et<br />

d’entrevoir ceux qui suivront, entre médiation et inclusivité.<br />

Alors que les tensions actuelles <strong>–</strong> qu’elles soient législatives<br />

ou olympiques <strong>–</strong> auraient pu peser sur cette assemblée<br />

générale, Priscilla Gessati, la présidente des CIP et<br />

exploitante à L’Entrepôt, a tenu à rassurer : « Le moral est<br />

bon pour les exploitants indépendants parisiens. » Pour<br />

cause, la riche année 2023-<strong>2024</strong> a certes vu naître certaines<br />

inquiétudes, notamment concernant l’avenir des dispositifs<br />

nationaux d'éducation à l'image (voir <strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong><br />

n°457 du 29 novembre 2023), mais aussi vu d’autres<br />

projets se développer.<br />

Miser sur le public jeune, de 2 à 25 ans<br />

Le groupe Jeune public est revenu sur la centaine d’accompagnements<br />

très positifs qui ont eu lieu cette année avec<br />

le dispositif L’Enfance de l’Art, pour rappel destiné aux<br />

2-12 ans, puis sur le succès du Sandwich Club (9-12<br />

ans), qui a vu défiler un public très varié de 30 spectateurs<br />

en moyenne. Le groupe a également dévoilé le prochain<br />

film labellisé Premier Coup de foudre, Petits Contes sous<br />

l’océan d’Anastasiya Sokolova, Jakub Kouril et Ursula<br />

Ulmi, dont la sortie est prévue le 18 septembre chez Les<br />

Films du Préau.<br />

l’année prochaine. D’abord, le Marathon cinéma (titre<br />

provisoire), qui consistera en l’organisation de quatre<br />

marathons saisonniers, composés à chaque fois de trois<br />

séances, plongeant tant dans le cinéma confidentiel que<br />

populaire. Ensuite, Noir cinéma, qui visera à faire<br />

découvrir des films de cinéastes noirs, à travers des séances<br />

accompagnées de performances d’artistes.<br />

Cinéma verts et accessibles<br />

“Vert, un nouveau cinéma”, organisé avec succès les 16<br />

et 17 septembre 2023, et dont la deuxième édition est<br />

datée aux 22, 23 et 24 novembre <strong>2024</strong>", après le succès<br />

de la première (200 spectateurs). Pour rappel, cet<br />

©CIP<br />

La programmation<br />

de la 9 e édition<br />

du festival<br />

Avant-premières !<br />

L’Histoire de Souleymane de Boris Lojkine,<br />

Pyramide Distribution, 09/10/24<br />

Grand Tour de Miguel Gomes, Shellac &<br />

Tandem, 18/12/24<br />

Les Fantômes de Jonathan Millet, Memento, 03/07/24<br />

Young Hearts d’Anthony Schatteman, Épicentre<br />

Films, 05/02/25<br />

Ernest Cole, Photographe de Raoul Peck, Condor<br />

Films, 25/12/24<br />

Spectateurs ! d’Arnaud Desplechin, Les Films du<br />

Losange, 06/11/24<br />

Le Royaume de Julien Colonna, Ad Vitam, 13/11/24<br />

Emilia Pérez de Jacques Audiard, Pathé Films, 28/08/24<br />

Le cœur qui bat de Vincent Delerm, Agat Films<br />

Distribution, à dater<br />

Le Roman de Jim d’Arnaud et Jean-Marie Larrieu,<br />

Pyramide Distribution, 14/08/24<br />

À son image de Thierry de Peretti, Pyramide<br />

Distribution, 04/09/24<br />

My Sunshine de Hiroshi Okuyama, Art House, 25/12/24<br />

La Rue rouge de Fritz Lang, Les Films du Camélia, dernier<br />

trimestre <strong>2024</strong> (ressortie)<br />

Apprendre de Claire Simon, Condor Films, à dater<br />

Trilogie Dead or Alive de Takashi Miike, Splendor<br />

Films, 10/07/24 (ressortie)<br />

Miséricorde d’Alain Guiraudie, Les Films du<br />

Losange, 10/10/24<br />

La Chute de l’Empire romain d’Anthony Mann,<br />

Solaris Distribution, 14/08/24 (ressortie)<br />

Simón de la montaña de Federico Luis, Arizona<br />

Distribution, dernier trimestre <strong>2024</strong><br />

Moi, moche et méchant 4 de Chris Renaud et<br />

Patrick Delage, Universal Picture, 10/07/24<br />

Maya, donne-moi un titre de Michel Gondry,<br />

Jokers Films, 02/10/24<br />

All We Imagine as Light de Payal Kapadia, Condor<br />

Films, 02/10/24<br />

Septembre sans attendre de Jonás Trueba, Arizona<br />

Distribution, 28/08/24<br />

Les Gens d’à côté d’André Téchiné, Jour2Fête, 10/07/24<br />

3 Kilomètres jusqu’à la fin du monde<br />

d’Emmanuel Pârvu, Memento, 23/10/24<br />

Les Femmes au balcon de Noémie Merlant,<br />

Tandem, 04/09/24. Précédé de Moi aussi de<br />

Judith Godrèche<br />

Santosh de Sandhya Suri, Haut et Court, 17/07/24<br />

Ce n’est qu’un au revoir de Guillaume Brac, Condor<br />

Films, à dater<br />

Les Graines du figuier sauvage de Mohammad<br />

Rasoulof, Pyramide Distribution, 18/09/24<br />

Du côté du Labo des CIP (15-25 ans), l’étude commandée<br />

l’année dernière à l’institut Vertigo quant à l’impact des<br />

projets sur la fréquentation des jeunes dans les salles du<br />

réseau a révélé une demande importante d’animation de<br />

la part du public. Ce n’est pas ce qui manquait cette<br />

année avec The Breakfast Club (but at night…!) qui, sur<br />

dix séances, a accueilli près de 750 spectateurs. Les retours<br />

positifs ont convaincu l’association de reconduire le<br />

dispositif l’année prochaine, avec pour thèmes la dystopie<br />

et le queer gaze. Concernant l’Open Screen Club, les sept<br />

soirées ont également été très appréciées par les quelque<br />

350 spectateurs, mais du fait de l’organisation bien trop<br />

lourde pour les CIP, le dispositif n’est pas renouvelé.<br />

Alors, deux nouveaux projets s’ajoutent au calendrier de<br />

L'équipe des Cinémas indépendants parisiens<br />

événement tous publics permet de suivre un parcours<br />

cinéphile autour de l’écologie dans les cinémas. L’association<br />

poursuit également son engagement en matière de<br />

l'accessibilité de ses cinémas et proposera un accompagnement<br />

culturel prononcé au public empêché, ainsi<br />

qu’une sensibilisation sur l’inclusivité, cette fois-ci à<br />

destination de tous les publics. La déléguée générale<br />

Amandine Larue a précisé qu’un webinaire sera mis en<br />

place à la rentrée afin de présenter précisément la réforme<br />

art et essai, particulièrement « satisfaisante pour sa revalorisation<br />

de la part sélective », bien que « cela arrange<br />

principalement les cinémas de Paris », note Priscilla Gessati.<br />

Enfin, dans les autres actualités des CIP, l’édition 2023<br />

du festival Avant-premières ! a engrangé près de 3 200<br />

entrées, pour une excellente moyenne de 113 spectateurs<br />

par séance. La neuvième édition se déroulera du 2 au 10<br />

juillet prochains. Également, la Ciné Carte enregistre<br />

une hausse des ventes en 2023 (148 000 cartes, + 8,8 %<br />

par rapport à 2022), et retrouve les niveaux de 2018.<br />

Jules Dreyfus<br />

N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

11


Exploitation<br />

CINÉO :<br />

COLLECTIF DE SALLES<br />

AUTONOME ET ÉCOLO<br />

Il n’y a pas de doute sur la<br />

force de la salle de cinéma.<br />

Elle est remarquable, parce<br />

qu’elle est unique<br />

Pour sa 15 e année, le groupement et syndicat<br />

de cinémas indépendants privés poursuit une<br />

feuille de route ambitieuse avec pour mots<br />

d’ordre autonomie, écologie et échanges<br />

des savoirs.<br />

Du 12 au 14 <strong>juin</strong> derniers, Laurent et Benoit Lagrée étaient les hôtes du séminaire<br />

annuel des membres de Cinéo, à l'Émeraude de Dinard et de la Richardais. Trois<br />

jours de convivialité, de réflexion, de bilan, et surtout, de prospective. Le groupement,<br />

qui fête ses 15 ans cette année, le revendique, Cinéo fonctionne en totale autonomie<br />

et sans subvention, gage de stabilité et solidité pour Marie-Christine Desandré, sa<br />

présidente, qui était aussi l’invitée de l'Émission <strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> du 20 <strong>juin</strong> dernier. En<br />

effet, le syndicat, fort de 110 cinémas et 700 écrans, fonctionne avec les ressources des<br />

cotisations des adhérents, de la commercialisation de ses réseaux sociaux et de ses<br />

offres de formation. Autre particularité, le syndicat ne compte plus de salariés, mais<br />

préfère collaborer avec des experts délégués de missions, à savoir Sandrine Van<br />

Den Broeck pour la formation, Juliette Vigoureux pour la transition environnementale<br />

et Antoine Musset pour la coordination des opérations et de la communication.<br />

Se regrouper et faire ensemble<br />

Depuis la création de Cinéo, motivée au départ par la collecte des VPF,<br />

l'enjeu était bien de regrouper les achats et les savoir-faire des exploitants<br />

indépendants, souvent seuls dans leurs entreprises et territoires. Quinze ans<br />

plus tard, le syndicat n’a pas dérogé à sa vocation, entre négociations<br />

groupées avec les prestataires, fournisseurs et distributeurs pour développer<br />

des outils informatiques, rechercher des financements ou encore gérer<br />

les réseaux sociaux et la data. Les sujets ne manquent pas au rythme<br />

de l’évolution du métier lui-même.<br />

Une évolution qui demande de plus en plus d'exigences et des savoirfaire<br />

multiples. En matière de montée en compétence des collaborateurs,<br />

en 2023, le groupement a formé 120 salariés autour non<br />

seulement de l'écologie, mais aussi des sujets RH et teambuilding,<br />

du développement personnel, de la gestion des réseaux sociaux,<br />

et proposera bientôt, une nouvelle formation cabine et<br />

12 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>


©Marion Delique<br />

L'assemblée générale du syndicat a été l'occasion de discuter des enjeux actuels de la profession avec Catherine Verliac directrice adjointe du CNC et Richard Patry, président de la FNCF<br />

numérique. Le syndicat a par ailleurs postulé à un appel d'offres du CNC pour le plan<br />

de formation gratuit des exploitants au développement durable dans les salles. Et pour<br />

cause, Cinéo s'est emparé très tôt du sujet, avec sa charte écologique à laquelle les<br />

adhérents se sont engagés à leur mesure. « Nous sommes un interlocuteur solide.<br />

L’environnement ne peut être une priorité individuelle, c’est pour cela que nous devons nous<br />

regrouper et le faire ensemble », rappelle Marie-Christine Desandré.<br />

Un travail précis qui demande des moyens<br />

Toutes ces expertises ont mené Cineo à répondre à un autre appel à projet, celui de<br />

France 2030 Alternatives vertes pour la culture. Le projet « Construire et déployer un<br />

modèle d’exploitation éco-responsable » a ainsi été retenu parmi une soixantaine de dossiers.<br />

Un sacré coup d'accélérateur pour cette mission collective, qui permettra, dans la lignée<br />

du travail sur la charte, de passer à un autre niveau d’action. « Réaliser les bilans carbone,<br />

mesurer les consommations d’eau et de déchets, est un travail précis qui demande des moyens.<br />

La dotation permettra d’en financer une partie, car il y aura aussi un investissement financier<br />

personnel à hauteur de 30 %», commente la présidente. Un panel d’une quinzaine<br />

d'établissements représentatifs de l’exploitation sur l’ensemble du territoire sera constitué<br />

sur la base du volontariat. Trois années de travaux seront nécessaires pour ce laboratoire<br />

d'expérimentation en trois phases : mesurer, planifier et déployer. « L'objectif est que<br />

chacun ne parte pas de zéro, en commençant par la mesure des impacts carbone, de pollution,<br />

consommation d’eau et mobilité des spectateurs, la montée en compétence des équipes, le<br />

prototypage des actions à tester, à documenter et à déployer dans toutes les salles du groupement,<br />

et à terme, du territoire. ».<br />

Ce travail régulier et obstiné a permis à Cinéo d’être à l'avant-garde de l'écologie dans<br />

les salles et d’être moteur pour le secteur, en témoigne la création, il y a un an, de la<br />

commission écologie des salles, au sein de la FNCF, que préside Marie-Christine<br />

Desandré. « Nous serons en mesure au Congrès de Deauville de présenter un plan d’action<br />

basé sur des objectifs prioritaires que sont l’énergie, la mobilité des spectateurs, la réduction<br />

et le tri des déchets, l’alimentation, la consommation de l’eau et la formation. Nous présenterons<br />

un outil en ligne pour que chaque exploitant puisse déjà construire sa feuille de route »,<br />

projette Marie-Christine Désandré, précisant que le projet, en work in progress, est de<br />

longue haleine.<br />

Les exploitants sont des gens solides<br />

Et lorsqu'on demande quel regard l'exploitante de Châtellerault porte sur le moral du<br />

secteur, l'optimisme ne cède pas. « Je ne vais rien vous apprendre en disant qu’il y a des<br />

hauts et des bas et que nous avons le sentiment de nous extraire petit à petit d'une situation<br />

compliquée en ce deuxième trimestre », faisant référence aux entrées miraculeuses d’Un<br />

p’tit truc en plus. Objectivement nous avons depuis un an de gros soucis de trésorerie, avec<br />

des charges supplémentaires tels que les PGE à rembourser, des encours financiers liés aux<br />

constructions et rénovations et l’inflation qui pèse lourdement sur l’ensemble de nos exploitations.»<br />

Mais le second semestre porte davantage d’espoir, « Il n’y a pas de doute sur la force de la<br />

salle de cinéma. Elle est remarquable, parce qu’elle est unique. C’est le seul lieu populaire de<br />

divertissement, de culture, accessible au plus grand nombre, et nous sommes toujours convaincus<br />

qu’elle continuera de traverser les tempêtes. Le métier d'exploitant<br />

est un métier solide, et les exploitants sont des gens solides qui<br />

aiment ce qu'ils font et ça ce n’est pas rien ! »<br />

Marion Delique<br />

Émission à voir ou revoir<br />

sur notre chaîne YouTube<br />

©Cinéo<br />

Cémino <strong>2024</strong><br />

à l'Emeraude de Dinard<br />

N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

13


Distribution<br />

©<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> / JD<br />

La France a le meilleur<br />

public du monde<br />

ENTRETIEN AVEC JEAN LABADIE<br />

L’aventure Anatomie d’une chute, la rencontre avec Sean Baker et<br />

l’état de la distribution indépendante en France : le président du<br />

Pacte revient sur les derniers mois très “palmés” du distributeur.<br />

Anora, la Palme d’or <strong>2024</strong>, est votre troisième<br />

collaboration avec Sean Baker depuis The Florida<br />

<strong>Pro</strong>ject en 2017. Comment a-t-elle commencé ?<br />

Nous le connaissions déjà grâce à Tangerine, son premier<br />

film sorti en France [2014, distribué par ARP, ndlr.]<br />

que nous avions beaucoup aimé. Peu après, <strong>Pro</strong>tagonist<br />

Pictures nous a envoyé le script de The Florida <strong>Pro</strong>ject<br />

et nous avons décidé d’acheter le film. Nous aimions<br />

son univers, sa générosité, ainsi que ce portrait culotté<br />

de l’Amérique qui différait de ce qu’on pouvait voir<br />

ailleurs. Dès sa sortie en salles, nous avons souhaité<br />

suivre Sean Baker pour son film suivant, Red Rocket<br />

(2022), et malgré les résultats un peu décevants de<br />

ce-dernier, nous avons acheté Anora sur scénario lors<br />

du Festival de Cannes 2022 ; nous étions certains qu’à<br />

un moment donné Sean Baker allait exploser. Je crois<br />

qu’Anora est l’occasion pour lui de devenir un réalisateur<br />

grand public.<br />

Après près de 40 semaines, Anatomie d’une chute a<br />

engrangé 1,9 million d’entrées en France. Pouvezvous<br />

revenir sur cette aventure ?<br />

Dès la lecture du scénario, nous étions emballés, et ce<br />

sentiment fut confirmé lors du visionnage du film. La<br />

sélection à Cannes n’était pas réellement une surprise,<br />

14 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

mais la Palme le fut beaucoup plus, tout comme la<br />

réussite en salles, car c’était un pari. Qu’un film de 2h30,<br />

avec une actrice allemande [Sandra Hüller, ndlr.], soit<br />

un immense succès prouve qu’on a le meilleur public du<br />

monde. De surcroît, chaque nouvelle récompense, en<br />

France et à l’international, a relancé sa carrière en salles.<br />

À ce titre, pour l’aventure américaine, nous devons<br />

beaucoup à Neon, qui distribue également Anora. Le<br />

phénomène est similaire à The Artist, qui était à 1,6 M<br />

d’entrées en janvier, puis qui a fini sa route à 3 M grâce<br />

à toutes les récompenses. Je ne suis pas très footeux, mais<br />

je crois que voir un film français performer sur un autre<br />

territoire ressemble à marquer un but à l’extérieur, ça a<br />

un côté “cocorico” !<br />

Comment voyez-vous l’état de la distribution indépendante<br />

actuellement ?<br />

Déjà, on a pu voir au terme de ce premier semestre<br />

qu’un distributeur indépendant comme Pan pouvait<br />

sauver l’exploitation en un mois et demi : cela montre<br />

que la surprise ne vient pas toujours de là où on l’attend.<br />

La diversité de l’offre en France est très importante…<br />

et elle est liée à la diversité des distributeurs. Cependant,<br />

nous connaissons parfois des échecs en salles, et comme<br />

la piraterie a tué le marché de la vidéo, nous ne pouvons<br />

Entretien à voir ou revoir<br />

sur notre chaîne YouTube<br />

pas nous rattraper ensuite. Le distributeur est le maillon<br />

le plus fragile de la chaîne, car il s’engage avec ses fonds<br />

propres. Et malgré les avancées que nous demandons<br />

depuis des années pour éviter que la distribution indépendante<br />

soit en péril, rien ne vient.<br />

Qu’attendre du rapport Cluzel ?<br />

Nous sommes l’un des seuls pays au monde où les<br />

distributeurs paient leur publicité dans les salles ; il<br />

faudrait une réglementation de l’avant-séance, afin que<br />

les bandes-annonces et affiches soient gratuitement mises<br />

en place dans les cinémas. J’espère également que le<br />

rapport permettra un partage plus équitablement du<br />

fonds de soutien entre les trois branches du cinéma, car<br />

la distribution n’est pas assez aidée par rapport aux risques<br />

qu’elle prend.<br />

<strong>Pro</strong>pos recueillis par Jules Dreyfus


STAR INVEST FILMS<br />

présente


Chiffres<br />

COMPARATIF / 5 FILMS, 5 CARRIÈRES, 1 POINT DE COMPARAISON<br />

À l’occasion de la sortie,<br />

ce <strong>26</strong> <strong>juin</strong>, d’In Water de<br />

Hong Sang-soo, distribué<br />

par Arizona, retour en<br />

chiffres sur les cinq plus<br />

grands succès dans les<br />

salles françaises du prolifique<br />

et bavard réalisateur<br />

sud-coréen.<br />

TITRE<br />

IN ANOTHER<br />

COUNTRY<br />

LA FEMME EST<br />

L'AVENIR DE L'HOMME<br />

LE JOUR D'APRÈS<br />

TURNING GATE<br />

UN JOUR AVEC,<br />

UN JOUR SANS<br />

Date de sortie 17/10/2012 19/05/2004 07/06/2017 28/01/2004 17/02/2016<br />

Distributeur DIAPHANA MK2 DIFFUSION CAPRICCI MK2 DIFFUSION LES ACACIAS<br />

Cumul des entrées 74 525 69 873 33 519 30 979 29 0<strong>26</strong><br />

1 er jour 4 222 1 775 2 488 1 023 1 223<br />

1 er week-end 25 290 15 205 13 103 7 307 9 776<br />

Copies 70 30 52 11 30<br />

Moyenne par<br />

copies 1 er we<br />

Cœfficient<br />

Paris/<strong>Pro</strong>vince<br />

Taux de transformation<br />

(cumul des entrées/1 er we)<br />

361 507 252 664 3<strong>26</strong><br />

2,36 2,28 1,27 1,61 1,8<br />

x17,7 x39,4 x13,5 x30,3 x23,7<br />

Note Spectateur AlloCiné 3 2,5 3,4 3,6 3,4<br />

Source CBO-Box Office<br />

TOP 20 DES FILMS* AVEC LA MEILLEURE MOYENNE D'ENTRÉES PAR SÉANCE AU 1 ER WEEK-END<br />

RANG<br />

DATE FILM DISTRI.<br />

COPIES<br />

1 ER WE<br />

ENTRÉES<br />

1 ER WE<br />

SÉANCES<br />

1 ER WE<br />

MOYENNE PAR<br />

SÉANCE 1 ER WE<br />

1 01/05/<strong>2024</strong> UN P'TIT TRUC EN PLUS PAN 455 902 970 8 594 105<br />

2 19/06/<strong>2024</strong> VICE-VERSA 2 DISNEY 650 1 468645 17 169 86<br />

3 28/02/<strong>2024</strong> DUNE : DEUXIÈME PARTIE WARNER 994 1 032333 16 080 64<br />

4 14/02/<strong>2024</strong> BOB MARLEY : ONE LOVE PARAMOUNT 590 603 142 9 785 62<br />

5 08/05/<strong>2024</strong><br />

LA PLANÈTE DES SINGES : LE NOUVEAU<br />

ROYAUME<br />

DISNEY 629 825 979 14 225 58<br />

6 07/02/<strong>2024</strong> COCORICO SND 608 488 253 9 791 50<br />

7 21/02/<strong>2024</strong> LE NOM DE LA ROSE (REPRISE) LES ACACIAS 15 5 238 114 46<br />

8 13/03/<strong>2024</strong> IL RESTE ENCORE DEMAIN UNIVERSAL 172 117 936 2 608 45<br />

9 31/01/<strong>2024</strong> LA ZONE D'INTÉRÊT BAC <strong>26</strong>0 180 436 4 009 45<br />

10 21/02/<strong>2024</strong> UNE VIE SND 469 344 827 7 957 43<br />

11 08/05/<strong>2024</strong> BLUE & COMPAGNIE PARAMOUNT 621 436 500 10 275 42<br />

12 21/02/<strong>2024</strong> BYE BYE TIBÉRIADE JHR 51 13 572 330 41<br />

13 27/03/<strong>2024</strong> KUNG FU PANDA 4 UNIVERSAL 696 554 856 14 078 39<br />

14 06/03/<strong>2024</strong> LA SALLE DES PROFS TANDEM 156 73 150 2 037 36<br />

15 06/03/<strong>2024</strong> RIVIÈRE DE NUIT (REPRISE) CARLOTTA 1 887 25 35<br />

16 27/03/<strong>2024</strong> LOS DELINCUENTES JHR/ARIZONA 48 9 721 278 35<br />

17 27/03/<strong>2024</strong> LA FLAMME VERTE CARLOTTA 3 1 025 30 34<br />

18 24/04/<strong>2024</strong> BACK TO BLACK STUDIOCANAL 424 282 954 8 731 32<br />

19 17/01/<strong>2024</strong> PAUVRES CRÉATURES DISNEY 245 138 996 4 311 32<br />

20 24/01/<strong>2024</strong> LE DERNIER DES JUIFS AD VITAM 113 47 908 1 539 31<br />

*Sans inclure le hors-film // Sources chiffres : Distributeurs | Séances : Showtimes Dashboard by The <strong>Boxoffice</strong> Company<br />

16 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>


AUDRAN<br />

CATTIN<br />

KAD<br />

MERAD<br />

SND PRÉSENTE<br />

CLOVIS<br />

CORNILLAC<br />

ISABELLE<br />

CARRÉ<br />

C’EST PAS VERSAILLES ICI !<br />

PHOTOS : EDDY BRIÈRE<br />

ÉCRIT ET RÉALISÉ PAR<br />

ALEXANDRE CHARLOT ET FRANCK MAGNIER<br />

AU CINÉMA LE 17 JUILLET<br />

© <strong>2024</strong> - SND - M6 FILMS - M6 STUDIO


SND PRÉSENTE<br />

UNE PRODUCTION BONNE PIOCHE CINÉMA<br />

& SND<br />

AHMED<br />

SYLLA<br />

ISMAËL<br />

BANGOURA<br />

ZABOU<br />

BREITMAN<br />

UN FILM DE LÉA LANDO<br />

ZÉRO POUVOIR,<br />

ZÉRO RESPONSABILITÉ.<br />

PHOTOS : EDDY BRIÈRE © 2023 - BONNE PIOCHE CINÉMA - SND - M6 FILMS<br />

JULIEN<br />

PESTEL<br />

LOUISE<br />

COLDEFY CLAUDIA TAGBO


LE 7 AOÛT, AHMED SYLLA SE TRANSFORME<br />

EN SUPER PAPA DANS LA COMÉDIE FAMILIALE<br />

DES GRANDES VACANCES !<br />

MATÉRIEL DISPONIBLE POUR VOS SALLES<br />

FA (121”)<br />

N’OUBLIEZ PAS DE LE DIFFUSER DEVANT<br />

AFFICHES ET AFFICHETTES<br />

KIT PROMO


Calendrier<br />

SEMAINE JOUR DE SORTIE FÉRIÉ<br />

CHANGEMENT/NOUVELLE DATE<br />

REPRISE<br />

CONTENU ALTERNATIF<br />

Zone A Zone B Zone C<br />

Besançon, Bordeaux,<br />

Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,<br />

Limoges, Lyon, Poitiers<br />

Aix-Marseille, Amiens, Caen,<br />

Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,<br />

Orléans-Tours, Reims, Rennes,<br />

Rouen, Strasbourg<br />

Créteil, Montpellier,<br />

Paris, Toulouse,<br />

Versailles<br />

S<strong>26</strong><br />

<strong>26</strong> JUIN<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

NORTE DISTRIBUTION CAMPING DU LAC 01h10 E.Saintagnan E.Saintagnan, A.Turluc'h, J.Ugeux<br />

ARIZONA DISTRIBUTION IN WATER 01h01 H.Sang-Soo S.Seokho, H.Seong Guk, S.Kim<br />

FRIDAY ENTERTAINMENT JATT & JULIET 3 02h15 J.Sidhu D.Dosanjh, N.Bajwa, N.Chinyoti<br />

L'ATELIER DISTRIBUTION JOAN BAEZ I AM A NOISE 01h53 M.Navasky et K.O'Connor J.Baez, B.Clinton, H.Clinton<br />

FRIDAY ENTERTAINMENT KALKI 2898 AD 02h50 N.Ashwin P.Raju, A.Bachchan, D.Padukone<br />

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE KINDS OF KINDNESS 02h44 Y.Lanthimos E.Stone, J.Plemons, W.Dafoe<br />

GAUMONT DISTRIBUTION LA FAMILLE HENNEDRICKS 01h38 L.Arné L.Arné, D.Boon, F.Redouloux<br />

PATHÉ LE COMTE DE MONTE-CRISTO 02h58 M.Delaporte et A.De La Patellière P.Niney, B.Bouillon, A.Demoustier<br />

PYRAMIDE DISTRIBUTION LE MOINE ET LE FUSIL 01h47 P.Choyning Dorji T.Wangchuk, K.Choejay, D.Lhamo<br />

DULAC DISTRIBUTION L’ENFANT QUI MESURAIT LE MONDE 01h44 T.Candilis B.Campan, R.Brottier, M.Apostolakea<br />

OUTPLAY FILMS LEÓN 01h20 A.Nachón et P.Curotto C.Crespo, S.Pampin, A.Saldicco<br />

BAC FILMS LES PISTOLETS EN PLASTIQUE 01h36 J.Meurisse L.Stocker, D.Baril, C.Laemmel<br />

FILMY DISTRIBUTIONS NADANNA SAMBHAVAM 02h30 V.Narayan B.Menon, S.Venjarammoodu, L.Jose<br />

PARAMOUNT PICTURES FRANCE SANS UN BRUIT: JOUR 1 01h39 M.Sarnoski L.Nyong'o, J.Quinn (VII), A.Wolff<br />

THE DARK VAS-TU RENONCER ? 01h12 P.Bodet B.Esdraffo, P.Léon, S.Bozon<br />

S27<br />

3 JUIL.<br />

6 JUIL.<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

SONY PICTURES RELEASING FRANCE BLUE LOCK LE FILM - ÉPISODE NAGI - 01h31 S.Ishikawa N.Shimazaki, Y.Uchida, K.Okitsu<br />

CONDOR DISTRIBUTION EL PROFESOR 01h51 M.Alché et B.Naishtat M.Subiotto, L.Sbaraglia, J.Zylberberg<br />

STUDIOCANAL ELYAS 01h39 F.Siri R.Zem, L.Eïdo, J.Michel<br />

L'ATELIER DISTRIBUTION EXISTENZ 01h36 D.Cronenberg J.Law, J.Jason Leigh, I.Holm<br />

METROPOLITAN FILMEXPORT HORIZON : UNE SAGA AMÉRICAINE CHAPITRE 1 03h01 K.Costner K.Costner, S.Miller, S.Worthington<br />

MEMENTO DISTRIBUTION LES FANTÔMES 01h46 J.Millet A.Bessa, T.Barhom, J.Franz Richter<br />

THE JOKERS / LES BOOKMAKERS LES SEPT SAMOURAÏS 03h27 A.Kurosawa T.Mifune, T.Shimura, K.Tsushima<br />

LES ALCHIMISTES MATRIA 01h39 Á.Gago M.Vázquez, S.Prego, S.Luaces<br />

PATHÉ NAPOLÉON VU PAR ABEL GANCE PARTIE 1 03h40 A.Gance A.Dieudonné, V.Roudenko, E.van Daele<br />

PATHÉ NAPOLÉON VU PAR ABEL GANCE PARTIE 2 03h20 A.Gance A.Dieudonné, V.Roudenko, E.van Daele<br />

TAMASA DISTRIBUTION PARIS, TEXAS 02h28 W.Wenders H.Stanton, N.Kinski, H.Carson<br />

DIAPHANA DISTRIBUTION PENDANT CE TEMPS SUR TERRE 01h29 J.Clapin M.Northam, S.Lesaffre, C.Salée<br />

LA TRAVERSE PLUS QU'HIER, MOINS QUE DEMAIN 01h<strong>26</strong> L.Achard M.Roussel, P.Cervo, M.Mihelich<br />

ART HOUSE POMPO THE CINEPHILE 01h34 T.Hirao H.Shimizu, K.Kohara, A.Kakuma<br />

AD VITAM POURQUOI TU SOURIS ? 01h35 C.Paillard et C.Chenouga J.Zadi, E.Devos, R.Quenard<br />

NORTE DISTRIBUTION THE HUMAN SURGE 3 02h01 E.Williams M.Nadarasa, S.Navamani, L.Silvano<br />

SURVIVANCE TYPHOON CLUB 01h55 S.Sōmai Y.Mikami, Y.Kudoh, T.Miura<br />

SIRIUS MEDIA ZAK & WOWO, LA LÉGENDE DE LENDARYS 01h25 P.Duchêne et J.Cuvelier M.Payet, C.Luciani, J.Niel<br />

S28<br />

10 JUIL.<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

MALAVIDA FILMS ARIZONA DREAM 02h22 E.Kusturica J.Depp, J.Lewis, F.Dunaway<br />

EUROZOOM CREATION OF THE GODS I 02h28 Wuershan B.Huang, F.Hsiang, Li Xuejian<br />

SONY PICTURES RELEASING FRANCE FLY ME TO THE MOON 02h11 G.Berlanti S.Johansson, C.Tatum, N.Dillenburg<br />

JHR FILMS HERE 01h22 B.Devos S.Gota, L.Gong, T.Corban<br />

LES FILMS DU WHIPPET L'ARBRE À CONTES 00h38 R.Kheyrieh et A.Vartanyan<br />

WAYNA PITCH LA RÉCRÉATION DE JUILLET 01h20 P.Cotten et J.Rozé A.Manet, A.Diong, A.Bellugi<br />

AD VITAM LE MÉDIUM 01h20 E.Laskar E.Laskar, L.Bourgoin, N.Lvovsky<br />

JOUR2FÊTE LES GENS D’À CÔTÉ 01h25 A.Téchiné I.Huppert, H.Herzi, N.Biscayart<br />

METROPOLITAN FILMEXPORT LONGLEGS 01h41 O.Perkins M.Monroe, A.Witt, N.Cage<br />

UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL F MOI, MOCHE ET MÉCHANT 4 01h34 P.Delage et C.Renaud S.Carell, K.Wiig, P.Coffin<br />

AD VITAM ONLY THE RIVER FLOWS 01h42 S.Wei Y.Zhu, Z.Meihuizi, T.Hou<br />

L'AGENCE DU COURT MÉTRAGE PARTIE DE CAMPAGNE 00h40 J.Renoir S.Bataille, G.Darnoux, J.Brunius<br />

LES FILMS DU CAMELIA<br />

RÉTROSPECTIVE NINON SEVILLA : "LA VÉNUS D'OR DU CINÉMA<br />

MEXICAIN" (3 FILMS)<br />

A.Gout/J.Bracho/E.Fernandez<br />

ARIZONA DISTRIBUTION SARAVAH 01h00 P.Barouh P.Barouh, Maria Bethânia, B.Powell<br />

LES FILMS DU LOSANGE SONS 01h40 G.Möller S.Knudsen, S.Bull Sarning, D.Salim<br />

SPLENDOR FILMS TRILOGIE DEAD OR ALIVE T.Miike<br />

CAPRICCI FILMS VAL ABRAHAM 03h23 M.de Oliveira L.Cintra, L.Silveira, C.Sanz de Alba<br />

S29<br />

17 JUIL.<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

PANAME DISTRIBUTION DÎNER À L'ANGLAISE 01h30 M.Winn R.Sewell, S.Henderson, O.Williams<br />

SHELLAC DOS MADRES 01h49 V.Iriarte L.Dueñas, A.Torrent, M.Egozkue<br />

TANDEM EAT THE NIGHT 01h47 C.Poggi et J.Vinel T.Cholbi, E.Falé, L.Gueneau<br />

À VIF CINÉMAS KARMAPOLICE 01h20 J.Paolini S.Shahidi, A.Manenti, K.Touré<br />

SND LE LARBIN A.Charlot et F.Magnier A.Cattin, K.Merad, C.Cornillac<br />

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION LES TRICHEURS 01h30 L.Godbout S.René, C.Beaulieu, B.Gouin<br />

POTEMKINE FILMS LES TSIGANES MONTENT AU CIEL 01h41 E.Loteanu G.Grigoriu, S.Toma, B.Mulayev<br />

CARLOTTA FILMS MAD FATE 01h49 S.Cheang K.Tung Lam, L.Yeung, N.Sze<br />

GAUMONT DISTRIBUTION PRESQUE LÉGAL M.Mauroux M.Duboscq, J.Pierre, L.Castel<br />

HAUT ET COURT SANTOSH 02h08 S.Suri S.Goswami, S.Bishnoi, S.Rajwar<br />

WARNER BROS. FRANCE TWISTERS 02h02 L.Chung D.Edgar-Jones, G.Powell, A.Ramos<br />

20 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>


S30<br />

24 JUIL.<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

OCTOPOLIS BELLE ENFANT Jim M.Bohin, B.Lecaplain, M.Berenson<br />

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE DEADPOOL & WOLVERINE 02h07 S.Levy R.Reynolds, H.Jackman, E.Corrin<br />

DESTINY FILMS GONDOLA 01h22 V.Helmer M.Irrmann, N.Soselia, N.Chichinadze<br />

EUROZOOM GOODBYE MONSTER 01h39 J.Huang K.Wang, Z.Zhang, L.Zhang<br />

UGC DISTRIBUTION LE FABULEUX DESTIN D'AMÉLIE POULAIN 02h00 J.Jeunet A.Tautou, M.Kassovitz, Rufus<br />

LES FILMS DU LOSANGE LEMMINGS 1 : L'ARCADIE 01h53 M.Haneke R.Sattler, C.Ingomar, P.Manker<br />

LES FILMS DU LOSANGE LEMMINGS 2 : BLESSURES 01h47 M.Haneke M.Bleibtreu, E.Irrall, W.Hübsch<br />

STAR INVEST FILMS FRANCE MONOLITH 01h34 M.Vesely L.Sullivan, L.Tang, A.Nathan<br />

PYRAMIDE DISTRIBUTION MON PARFAIT INCONNU 01h47 J.Pyykkö C.Godø Krohn, R.Vladimirov, M.Moustache Thuv<br />

STUDIOCANAL PADDINGTON 01h35 P.King B.Whishaw, H.Bonneville, S.Hawkins<br />

CARLOTTA FILMS RÉTROSPECTIVE : "MARCEL PAGNOL 50 ANS" (10 FILMS) M. Pagnol<br />

S31<br />

31 JUIL.<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

TANDEM / SHELLAC COMME LE FEU 02h41 P.Lesage A.Worthalter, P.Ahmarani, I.Jacob<br />

CARLOTTA FILMS FULL RIVER RED 02h39 Y.Zhang T.Shen, J.Yee, Z.Yi<br />

SONY PICTURES RELEASING FRANCE GARFIELD : HÉROS MALGRÉ LUI 01h41 M.Dindal C.Pratt, H.Waddingham, S.Jackson<br />

DEAN MEDIAS HIGHWAY 65 01h48 M.Dreifuss I.Naor, I.Amedi, B.Konforty<br />

GAUMONT DISTRIBUTION INTOUCHABLES 01h52 E.Toledano et O.Nakache F.Cluzet, O.Sy, A.Le Ny<br />

PAN DISTRIBUTION LARGO WINCH : LE PRIX DE L’ARGENT O.Masset-Depasse T.Sisley, J.Franco, C.Hesme<br />

CONDOR DISTRIBUTION MAXXXINE 01h41 T.West M.Goth, E.Debicki, L.Collins<br />

LES ACACIAS RÉTROSPECTIVE LUCHINO VISCONTI (4 FILMS) L.Visconti<br />

DESTINY FILMS WE ARE ZOMBIES 01h20 A.Whissell et Y.Whissell A.Nachi, M.Peta Hill, D.Johns<br />

S32<br />

7 AOÛT<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

OUTPLAY FILMS ALMAMULA 01h34 J.Torales N.Díaz (II), M.Grimaldi, M.Soldi<br />

SND BORDERLANDS 01h42 E.Roth C.Blanchett, K.Hart, J.Black<br />

KMBO MON AMI LE PETIT MANCHOT 01h37 D.Schürmann J.Reno, A.Barraza, R.Hernández<br />

STUDIOCANAL PADDINGTON 2 01h43 P.King B.Whishaw, H.Bonneville, S.Hawkins<br />

CARLOTTA FILMS RÉTROSPECTIVE : "5 HÉROÏNES DE FRANÇOIS TRUFFAUT" (3 FILMS) F. Truffaut<br />

SND SUPER PAPA L.Lando A.Sylla, I.Bangoura, Z.Breitman<br />

CONDOR DISTRIBUTION TIGRESSE 01h20 A.Tănase C.Moga, P.Ipate<br />

CARLOTTA FILMS TIREZ SUR LE PIANISTE 01h23 F.Truffaut C.Aznavour, M.Dubois, N.Berger<br />

WARNER BROS. FRANCE TRAP M.Shyamalan J.Hartnett, A.Donoghue, R.Davila-Beltran<br />

LE PACTE UN PANDA EN AFRIQUE 01h24 R.Claus et K.Kiilerich M.Delchot, T.Hoffman, S.Lekgoathi<br />

S33<br />

14 AOÛT<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

THE WALT DISNEY COMPANY FRANCE ALIEN: ROMULUS F.Alvarez C.Spaeny, I.Merced, D.Jonsson Fray<br />

METROPOLITAN FILMEXPORT CITY OF DARKNESS 02h05 S.Cheang L.Koo, S.Kam-Bo Hung, R.Lam<br />

APOLLO FILMS GOLO ET RITCHIE M.Fougerol et A.Hamidi<br />

SONY PICTURES RELEASING FRANCE JAMAIS PLUS - IT ENDS WITH US J.Baldoni B.Lively, J.Baldoni, B.Sklenar<br />

SOLARIS DISTRIBUTION LA CHUTE DE L'EMPIRE ROMAIN 03h08 A.Mann S.Loren, S.Boyd, A.Guinness<br />

CARLOTTA FILMS LA LÉGENDE DE L'AIGLE CHASSEUR DE HÉROS 01h43 J.Lau L.Cheung, B.Lin Ching-hsia, M.Cheung<br />

ART HOUSE LA MÉLANCOLIE 01h24 T.Katô M.Kadowaki, K.Tamura, S.Sometani<br />

PYRAMIDE DISTRIBUTION LE ROMAN DE JIM 01h41 J.Larrieu et A.Larrieu L.Dosch, K.Leklou, S.Giraudeau<br />

ALBA FILMS LES ROIS DU RALLYE 01h33 R.Venokur J.Yang, J.Simmons, C.Bennet<br />

S34<br />

21 AOÛT<br />

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)<br />

DIAPHANA DISTRIBUTION ANZU, CHAT-FANTÔME 01h30 Y.Kuno et N.Yamashita<br />

WARNER BROS. FRANCE BLINK TWICE Z.Kravitz C.Tatum, N.Ackie, C.Slater<br />

PATHÉ EMILIA PEREZ 02h10 J.Audiard Z.Saldana, K.Gascón, S.Gomez<br />

NOUR FILMS GIRLS WILL BE GIRLS 01h59 S.Talati P.Panigrahi, K.Kusruti, J.Gulati<br />

DAMNED DISTRIBUTION HIJO DE SICARIO 02h00 A.Rondero et F.Valadez J.Varela, Y.Pérez, K.Garrido<br />

SOLARIS DISTRIBUTION LE SOLDAT BLEU 01h52 R.Nelson P.Strauss, C.Bergen, D.Pleasence<br />

UFO DISTRIBUTION LES SYLVANIANS - LE CADEAU DE FREYA 01h05 K.Konaka Y.Kuroshima, I.Minase<br />

KMBO PROJECT SILENCE 01h41 T.Kim S.Lee, J.Ju, H.Kim<br />

CARLOTTA FILMS RÉTROSPECTIVE AKIRA KUROSAWA (6 FILMS) A.Kurosawa<br />

VUES DU QUÉBEC DISTRIBUTION RODÉO 01h21 J.Desjardins Paquette M.Leflaguais, L.Roy-Lanouette, W.Lafleur<br />

METROPOLITAN FILMEXPORT THE CROW R.Sanders B.Skarsgård, F.Twigs, D.Huston<br />

THE JOKERS / LES BOOKMAKERS ZÉNITHAL 01h20 J.Saurel V.Guide, F.Bruneau, C.Gueï<br />

Dates connues à l'heure de notre bouclage. Calendrier susceptible de modifications.<br />

AVIS AUX DISTRIBUTEURS Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de <strong>Boxoffice</strong>, n’hésitez pas à faire parvenir<br />

régulièrement votre line-up mis à jour à calendrier@boxofficefrance.fr.<br />

N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

21


CineEurope <strong>2024</strong><br />

L'EXPLOITATION À L’HEURE DE LA<br />

“BARCELONA CONNEXION”<br />

©Anke Hofmann-Film Expo Group<br />

La convention européenne des cinémas, qui correspond aussi<br />

au congrès annuel de l'Unic, s’est déroulée du 17 au 20 <strong>juin</strong> à<br />

Barcelone, mettant en lumière les films, les technologies et<br />

autres innovations… mais aussi les valeurs humaines comme<br />

expérience différenciante du grand écran.<br />

“Joie” était au rendez-vous des retrouvailles barcelonaises<br />

de la profession. Et pour cause, puisqu’elles débutaient<br />

juste au lendemain du week-end de démarrage record<br />

de Vice-Versa 2, avec 295 millions de dollars récoltés dans<br />

son marché domestique et 38 autres territoires <strong>–</strong> et alors<br />

que le film n’avait encore déployé « que 60 % de sa présence<br />

mondiale », comme l’a rappelé Tony Chambers, à la tête<br />

de la distribution cinéma de Disney.<br />

a exposé pourquoi le troisième plus gros circuit d’exploitation<br />

d’Europe [voir le classement Giants of Exhibition<br />

Europe dans le <strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> du 12 <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>] a décidé<br />

d’investir davantagedans la distribution**. Récemment,<br />

le groupe, implanté aussi en Italie, a tellement cru en Il<br />

reste encore demain de Paola Cortellesi qu’il l’a proposé<br />

au public britannique avant même d’avoir créé sa branche<br />

dédiée à la distribution.<br />

Le premium forever…<br />

Et si l’offre de films reste le nerf de la guerre, les cinémas<br />

poursuivent l’implantation d’expériences différenciantes.<br />

À commencer par les écrans PLF, en tête desquels Imax<br />

a réalisé, en 2023, la deuxième meilleure année de son<br />

histoire. La société canadienne a débuté <strong>2024</strong> avec autant<br />

de vigueur, réalisant entre autres 20 % du box-office<br />

mondial de Dune 2 avec moins de 1 % des écrans.<br />

Croisements de secteurs<br />

Une autre nouvelle était aussi sur toutes les lèvres: celle<br />

de l’acquisition des Alamo Drafthouse américains par<br />

Sony Pictures. Un engagement d’autant plus significatif<br />

de la part du seul grand studio hollywoodien à ne pas<br />

s’être lancé dans l’activité SVOD [voir p.25]. « C’est la<br />

meilleure affirmation possible de notre confiance dans le<br />

futur de l’exploitation en salle », a souligné Steven O’Dell,<br />

président de la distribution internationale chez Sony<br />

Pictures lors de la table ronde inaugurale de CineEurope<br />

<strong>–</strong> en rappelant la précédente expérience de Sony Pictures<br />

dans le secteur de l’exploitation, toujours aux États-Unis,<br />

avec les Loews Theatres entre 1989 et 2002*. En outre,<br />

ce qui a particulièrement séduit le studio chez les cinémas<br />

Alamo, c’est leur « capacité à créer une base de spectateurs<br />

très fidèles », et qui « pourrait bénéficier à d’autres départements<br />

entertainement de Sony » selon le dirigeant. En<br />

parallèle, Tim Richards, à la tête de Vue International,<br />

De la continuité dans le calendrier<br />

Ces incursions dans de nouvelles activités sont autant de<br />

signes de confiance des différents acteurs de la filière en<br />

l’avenir de chaque secteur... mais aussi d'une concentration<br />

accrue. En effet, aucun professionnel présent à<br />

CineEurope n’a éludé les difficultés du premier semestre<br />

<strong>2024</strong>, où les conséquences des grèves hollywoodiennes<br />

de 2023 se sont fait le plus durement ressentir. Or au-delà<br />

du show, les présentations des studios <strong>–</strong> d’Universal à<br />

Disney, de Warner à Paramount, en passant par les animes<br />

de Crunchyroll, le cinéma d’auteur de Mubi et, bien sûr,<br />

le plus gros studio européen Studiocanal <strong>–</strong> avaient de<br />

quoi rassurer sinon enthousiasmer, en démontrant que<br />

non seulement les films sont là, mais qu’ils seront délivrés<br />

avec régularité.<br />

La session dédiée aux nouveaux concepts de cinéma a<br />

permis à Nicolas Chican de faire un bilan du premier<br />

mois d'exploitation de la première salle Ōma Cinema,<br />

aux Balcons de Mougins [voir <strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> du 12 mai<br />

<strong>2024</strong>], qui enregistre +60 % de taux d'occupation… et<br />

+80 % dans le panier confiserie des spectateurs, par<br />

rapport aux moyennes nationales, les produits “VIP”<br />

comme le champagne et les macarons remportant un<br />

succès certain.<br />

… nouvelles expériences…<br />

Avec The (Any)Thing, Thomas van de Weerd propose<br />

aux Pays-Bas, notamment au Pathé Ypenburg, des<br />

“chambres/cubes” de projection, pour 2 à 5 personnes.<br />

Des espaces où les spectateurs peuvent contrôler la<br />

lumière, la température, le niveau de son, l’entracte…<br />

et, bien entendu, choisir le film. Ici comme dans de<br />

*Sony a pu acquérir Loews Theatres en 1989 via l'achat de la société mère Columbia Pictures Entertainment. Cette acquisition a été permise par un assouplissement des Paramount Decrees.<br />

De plus, étant une entreprise étrangère, le japonais Sony n'était pas soumis aux mêmes restrictions antitrust que les studios américains.<br />

**Vue International détient, en outre, l’une des plus grosses sociétés de distribution en Pologne.<br />

22 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>


LE LEADERSHIP AU FÉMININ<br />

Le Women’s Cinema Leadership <strong>Pro</strong>gramme de l’Unic a entamé sa 8 e édition dans le cadre du rendez-vous barcelonais. « Depuis<br />

son lancement en 2017, le programme a créé une communauté dynamique de plus de 140 professionnelles inspirantes », se réjouit<br />

Laura Houlgatte, la PDG de l’Unic. « Un grand merci à chacune de ces femmes fantastiques pour leur dévouement ; suivre leur<br />

parcours a été immensément inspirant. »<br />

L’édition <strong>2024</strong> du programme de mentorat international<br />

et intersectoriel réunit une nouvelle fois 14 mentorées<br />

avec 14 dirigeantes du secteur cinématographique <strong>–</strong><br />

représentant 11 pays et 27 entreprises <strong>–</strong>, toutes reconnues<br />

pour leurs réussites professionnelles. Pour rappel,<br />

le Women’s Cinema Leadership <strong>Pro</strong>gramme de l’Unic<br />

repose sur la conviction que la parité hommes-femmes<br />

dans les postes de direction est essentielle pour une<br />

meilleure gouvernance et le succès du secteur en général.<br />

« Et comme l'a dit [la juge américaine] Ruth Bader<br />

Ginsburg : "À mesure que les femmes accèdent au pouvoir,<br />

les barrières tomberont" », conclut Laura Houlgatte.<br />

Mentors<br />

Marie-Laure Barrau, directrice générale Europe du Nord, Deluxe<br />

Cinema, France/Belgique<br />

Claire Beswick, fondatrice et PDG, The Living Room Cinema, Royaume-Uni<br />

Alexandra Body, directrice marketing et communication, CinemaNext,<br />

France<br />

Tania Cinquino, responsable senior du marketing, Exhibition Brand and<br />

Experiences, Cineplex, Canada<br />

Natasha Fernandes, directrice financière, Imax Corporation, Canada<br />

Sara Frain, directrice du marketing et de la distribution, Picturehouse Cinemas,<br />

Royaume-Uni<br />

Kate Gerova, co-fondatrice/directrice créative, Mustard Studio, Royaume-Uni<br />

Shona Gold, directrice exécutive de la marque, marketing et RP, Vue<br />

International, Royaume-Uni<br />

Finola McLoughlin, directrice exécutive de la distribution cinéma EMEA,<br />

Warner Bros Pictures Group, Royaume-Uni<br />

Anne-Cécile Mulin, directrice de la stratégie sommerciale, Universal<br />

Pictures International, Royaume-Uni<br />

Anny Schmit, directrice générale, Sony Pictures Releasing, Belgique<br />

Réunion à Barcelone, <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

Michelle Stevens, directrice commerciale, Powster, Royaume-Uni<br />

Béatrice Tourvieille, directrice générale adjointe, marketing et digital, Pathé<br />

Cinémas, France<br />

Miek Vanden Broeck, responsable de la chaîne d'approvisionnement et de la<br />

santé des entreprises, Barco Cinema, Belgique.<br />

Mentorées<br />

Züleyha Azman, directrice marketing, Kino Rotterdam, Pays-Bas<br />

Carla Boyd, responsable senior des RS et marketing, Cineworld Cinemas,<br />

Royaume-Uni<br />

Anne Marte Espeseth, directrice de cinéma, Bølgen Kulturhus, Norvège<br />

Nanna Isholm, coordinatrice d'événements et rojectionniste, Empire Bio,<br />

Danemark<br />

Ariana Italia, programmatrice, Pathé, Suisse<br />

Karolina Kus, directrice adjointe de programmation, Curzon Cinemas,<br />

Royaume-Uni<br />

Elpitha Lyssary, responsable marketing, Omniplex Cinema Group, Irlande<br />

Angela Malvone, spécialiste de la distribution internationale, Rai<br />

Cinema, Italie<br />

Kinga Merkl, consultante ventes internes, Christie Digital Systems, Hongrie<br />

Hannah Murray, responsable de comptes, Vista Group, Royaume-Uni<br />

Laureen Philippe, responsable de comptes internationaux, Ice<br />

Theaters, France<br />

Héloïse Robert-Besson, responsable billetterie et pôle digital, The<br />

<strong>Boxoffice</strong> Company, France<br />

Benedikte Schuitema, responsable des ventes, du marketing,<br />

d’exploitation et du personnel, Fram Kino, Norvège<br />

Cheima Selmi, responsable senior du marketing salles et de l’analyse<br />

commerciale, Warner Bros. Discovery, France.<br />

©Anke Hofmann-Film Expo Group<br />

nombreux autres pays, les cinémas mettent l’offre<br />

restauration au centre de l’expérience, mais ne retiennent<br />

pas tous l’option de service à la place, comme chez<br />

Apollo Kino dans les pays baltes [voir p.3224]. Ainsi,<br />

les Everyman Cinemas britanniques, qui ne proposent<br />

aucun écran PLF mais ont fait de « l'hospitalité » sa<br />

marque de fabrique en mettant l’accent sur le luxe et<br />

l'intimité, ne proposent plus de service à la place une<br />

fois la projection débutée.<br />

Des cours de yoga dans le tout récent Backlot Cinema<br />

au Royaume-Uni aux espaces Go !Gaming des Pathé<br />

aux Pays-Bas, en passant par les B&B Theatres<br />

américains qui ont fait leur renommée avec leur offre<br />

bowling, nombreuses sont les expériences extra-cinématographiques<br />

qui ont été mises en lumière à Barcelone.<br />

… et l’outil ultime<br />

Le sujet des ressources humaines, de multiples fois<br />

abordé à CineEurope, a fait l’objet d’un focus session<br />

spécifique de l’Unic, qui a présenté sa boîte à outils<br />

conçue pour permettre à tous types d’exploitations<br />

d’évaluer les forces et les faiblesses de leur culture<br />

d’entreprise. Soit un ensemble d'éléments concrets que<br />

les dirigeants peuvent évaluer à travers un questionnaire,<br />

de préférence en compagnie de leurs équipes.<br />

Car comme l’a souligné Mandy Kean, cofondatrice du<br />

cabinet de conseil Mustard Studio, « l’image d’une<br />

entreprise n’est pas uniquement véhiculée par son identité<br />

visuelle, mais aussi par ses collaborateurs. Et la perception<br />

d’un cinéma par son public, donc les moyens de le toucher,<br />

dépendent essentiellement des valeurs qu’il affiche. »<br />

Ayşegül Algan<br />

©Anke Hofmann-Film Expo Group<br />

Nicolas Seydoux, président de Gaumont et de l’Alpa, a reçu l’Icon Award de l’Unic sur la scène<br />

du grand auditorium du centre de conventions de Barcelone, des mains de Tim Richards, PDGfondateur<br />

de Vue International, et Julien Marcel, DG de The <strong>Boxoffice</strong> Company/AlloCiné.<br />

Lors de la remise des Giants of Exhibition: Europe Awards, Richard Patry a reçu un prix de la<br />

“percée” dans le classement pour Noé Cinémas, aux côtés de Reel Cinemas (Royaume-Uni) et<br />

de Cine Acec (Espagne). Ils sont accompagnés par Phil Clapp, président de l’Unic (à droite sur<br />

la photo).<br />

N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

23


CineEurope <strong>2024</strong><br />

Un rapport final…<br />

Comme chaque année, après la publication<br />

intermédiaire du mois de février [voir le <strong>Boxoffice</strong><br />

<strong>Pro</strong> du 28 février <strong>2024</strong>], c’est à Barcelone que l’Unic<br />

a dévoilé les chiffres définitifs de l’année écoulée.<br />

De quoi confirmer un exercice fructueux a bien des<br />

égards pour les cinémas européens, les Pays-Bas, la<br />

Belgique, la Bulgarie, la Roumanie, la Croatie,<br />

l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, l'Estonie, la<br />

Hongrie, la Serbie et le Monténégro terminant<br />

même l’année avec des recettes supérieures à leur<br />

moyenne 2017-2019, tandis que l'Autriche, la<br />

République tchèque, la Finlande et la Slovaquie ont<br />

renoué avec leurs résultats d’avant crise sanitaire.<br />

En 2023, les entrées des cinémas européens ont<br />

dans l’ensemble augmenté d'environ 21,6 % par<br />

rapport à 2022, avec 986 millions de visites dans les<br />

39 territoires représentés par l’Unic. Le box-office a<br />

atteint 7,2 milliards d'euros, en augmentation de<br />

23,7 %.<br />

APOLLO KINO,<br />

LA FORCE BALTIQUE<br />

En 2014, le groupe Apollo <strong>–</strong> qui exploite magasins (dont des librairies), restaurants et<br />

centres sportifs et de loisirs <strong>–</strong> crée sa filiale “Kino” pour se lancer dans l’exploitation<br />

cinématographique. Aujourd'hui, avec 91 salles réparties dans 18 cinémas à travers<br />

l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, mais aussi des activités de production et de<br />

distribution, Apollo Kino est le leader de sa région. Retour sur les secrets du succès du<br />

circuit sacré par le Prix CineEurope <strong>2024</strong> de l’exploitant de l’année, en compagnie de<br />

sa responsable du développement, Kadri Kaldma.<br />

©Apollo Cinema<br />

… et un nouveau CA<br />

L’Unic a aussi profité de la réunion de ses<br />

représentants à CineEurope pour élire, et en<br />

majorité reconduire son conseil d’administration,<br />

dont le président Phil Clapp (UK Cinema<br />

Association) pour un mandat supplémentaire de<br />

deux ans. Les autres membres du CA sont :<br />

Senior vice-président et trésorier :<br />

Jaime Tarrazón (Federación de Cines de España)<br />

Vice-présidents :<br />

Richard Patry (FNCF) et Edna Epelbaum (Association<br />

cinématographique suisse), Mario Lorini<br />

(Associazione Nazionale Esercenti Cinema, Italie),<br />

Tomasz Jagiełło (PDG d'Helios et membre de<br />

l'Association polonaise du cinéma), Christine Berg<br />

(HDF Kino, Allemagne)<br />

Observateur :<br />

Thierry Laermans (secrétaire général de la<br />

Fédération des cinémas de Belgique)<br />

Apollo Kino Plaza de Riga, Lettonie<br />

Pouvez-vous nous retracer les origines d’Apollo<br />

Kino ?<br />

Nos fondateurs ont commencé par la distribution en<br />

vidéo physique de films hollywoodiens sur notre marché,<br />

qui était très isolé du monde occidental. Leur idée générale<br />

était de développer une entreprise incluant toutes<br />

sortes de divertissements, et les origines d'Apollo Kino<br />

remontent, en fait, aux librairies du groupe, avec lesquelles<br />

nos cinémas formaient une seule unité opérationnelle à<br />

leurs débuts. Quelques années plus tard, nous étions déjà<br />

devenus le plus grand circuit de cinémas en Estonie et<br />

en 2019, avons commencé à nous développer au-delà<br />

des frontières pour devenir le plus grand opérateur dans<br />

les pays baltes.<br />

Les films locaux ont été particulièrement performants<br />

en Estonie et en Lituanie ces dernières<br />

années. Quel est la part d'Apollo dans ce succès ?<br />

Avant, la production locale était en grande partie composée<br />

de films très “artistiques” que personne ne comprenait<br />

vraiment, dépeignant toute la misère de notre nation…<br />

Ce qu’Apollo <strong>Pro</strong>ductions a apporté, ce sont des films<br />

populaires destinés à attirer et divertir le plus grand<br />

nombre. Et avoir notre propre contenu, alors que<br />

Hollywood était encore sur la voie de la reprise, nous a<br />

aidé à rebondir après le Covid.<br />

Quels types d'expériences premium le public balte<br />

apprécie-t-il particulièrement, que ce soit en matière<br />

de technologie ou de services dans les salles ?<br />

Notre salle Imax en Lettonie fonctionne bien, et nous<br />

avons plus récemment équipé notre cinéma Solaris à<br />

Tallinn d’une salle Ice. Certes, le grand écran suscite<br />

toujours beaucoup d’excitation, mais notre public privilégie<br />

le niveau de confort et les services offerts plutôt que<br />

les écrans PLF. Notre objectif principal est donc de<br />

premiumiser nos fauteuils et nos services de restauration.<br />

En 2016, nous avons introduit le service, inédit dans<br />

notre marché, de restauration à la place. Aujourd'hui,<br />

c'est déjà devenu une norme : nous proposons des sièges<br />

inclinables, principalement au niveau des rangées arrière<br />

de nos salles, et les spectateurs peuvent passer leur<br />

commande via une tablette numérique tout au long des<br />

projections. C'est le type de service le plus apprécié et<br />

celui où nous voyons le plus de potentiel de développement.<br />

Comment organisez-vous la vente confiserie en<br />

dehors de la restauration sur place ?<br />

Nos espaces confiserie font notre notoriété comme notre<br />

fierté. Nous avons été les premiers sur le marché à introduire<br />

le concept de libre-service. Nos spectateurs sélectionnent<br />

leurs produits, les payent, puis passent les<br />

portiques automatiques pour accéder aux salles, d’où ils<br />

peuvent continuer à commander s’ils sont dans le groupe<br />

de sièges proposant le service.<br />

De façon plus générale, 80 % de nos ventes de billets se<br />

font en ligne. Très peu de billets sont encore achetés<br />

sur place.<br />

De quelle marge de manœuvre disposez-vous<br />

encore sur vos différents territoires pour poursuivre<br />

votre expansion ?<br />

Le marché estonien est à peu près saturé. Bien sûr, nous<br />

ne pouvons rien exclure, mais c’est la Lituanie qui présente<br />

la plus importante possibilité de croissance, simplement<br />

en raison de sa taille. Nous venons d’y construire un tout<br />

nouveau cinéma, mais une partie de notre croissance est<br />

due au rachat de sites d’un autre circuit.<br />

<strong>Pro</strong>pos recueillis par Rebecca Pahle,<br />

de <strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> US adaptés par Aysegül Algan<br />

24 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>


International<br />

SONY PICTURES RACHÈTE LES CINÉMAS<br />

ALAMO DRAFTHOUSE<br />

La major a acquis le circuit de salles<br />

américain, qu’elle exploitera à travers sa<br />

nouvelle filiale Sony Pictures Experiences.<br />

Sony sera donc à la tête du 12 e circuit des États-Unis,<br />

qui compte 35 cinémas dans neuf États. L'entreprise,<br />

créée en 1997 et basée au Texas, était dernièrement<br />

détenue par son fondateur Tim League, avec les fonds<br />

d'investissement Altamont Capital Partners et Fortress<br />

Investment Group qui avaient permis au circuit de se<br />

relever, lors de sa mise en faillite en 2012. Les cinémas,<br />

présents dans 25 zones métropolitaines, continueront à<br />

être exploités sous la marque Alamo Drafthouse. Le deal<br />

ne concerne pas les cinq établissements franchisés Alamo<br />

de la région de Dallas, qui ont été fermés au début du<br />

mois. Sony gèrera le circuit de salles à travers sa filiale<br />

Sony Pictures Experiences (SPE), qui reprend aussi le<br />

Fantastic Fest, événement texan autour des films de<br />

genre piloté par Alamo Drafthouse, et exploitera par<br />

ailleurs le parc de loisirs et de VR Wonderverse. Présidée<br />

par Ravi Ahuja, SPE sera dirigée par le CEO d'Alamo<br />

Drafthouse, Michael Kustermann.<br />

Le seul grand studio hollywoodien n’ayant pas sa plateforme<br />

de streaming devient donc le premier à acquérir<br />

un circuit de salles depuis l'abrogation, en 2020, du<br />

fameux décret “Paramount”. Pour rappel, cette loi<br />

The Alamo Drafthouse South Lamard'Austin, Texas<br />

anti-trust, adoptée dans l’après-guerre, empêchait les<br />

grands studios de favoriser l'exploitation de leurs films<br />

en possédant leurs propres salles.<br />

Sony, qui a enregistré l’an dernier une hausse de 30 %<br />

au box-office, a entrepris ce rachat d’Alamo après avoir<br />

renoncé, ces derniers mois, à son offre d'acquisition<br />

de Paramount.<br />

C.V.<br />

©© 2017 Heather Leah Kennedy<br />

Paramount ne fusionnera pas avec<br />

Skydance Media<br />

Shari Redstone, présidente de National Amusement qui contrôle<br />

Paramount Global, a mis fin aux négociations avec le groupe<br />

de David Ellison.<br />

National Amusements Inc<br />

(NAI) a annoncé mardi 11<br />

<strong>juin</strong> la fin des discussions<br />

entamées depuis plusieurs<br />

mois avec la société de<br />

production Skydance<br />

Media, qui devait prendre<br />

une participation majoritaire<br />

au capital de NAI, dans l’idée de fusionner avec Paramount Global. Cette<br />

fusion n’était pas de l’avis de tous chez Paramount <strong>–</strong> notamment de l’historique<br />

CEO Bob Bakish, remplacé fin avril <strong>–</strong> mais semblait sur le point d’aboutir, poussée<br />

par Shari Redstone, dont le groupe est l’actionnaire principal.<br />

L’avenir de Paramount Global, dont la dette atteindrait près 15 milliards de dollars,<br />

est donc toujours en suspens. D’autres offres de rachat <strong>–</strong> celle d'Apollo Global<br />

Management et de Sony Pictures ou encore celle de l'entrepreneur en médias Byron<br />

Allen <strong>–</strong> n’ont pas donné suite, tandis que d’autres acteurs auraient manifesté leur<br />

intérêt.<br />

Un premier écran HeyLED en<br />

Europe<br />

Le Inspire Cinema de Craiova, au sud-ouest de la Roumanie, accueille, depuis le 21<br />

<strong>juin</strong>, le tout premier écran Led proposé par le fabricant chinois spécialisé Timewaying,<br />

en collaboration avec le fournisseur britannique de logiciels et de services de cinéma<br />

digital Arts Alliance Media. L’écran Led géant de 10 m de largeur et 5,5 m de hauteur<br />

offre « une gamme de luminosité allant jusqu'à 300 nits, un contraste de 30 000 :1 et une<br />

échelle de gris 16 bits, combinés avec un taux de remplissage de pixels élevé de >75 % pour<br />

affiner les images à l'écran et réduire la fatigue oculaire », promettent les équipementiers.<br />

Adrian Cojocaru, PDG de Inspire Cinemas <strong>–</strong> qui détient trois établissements en<br />

Roumanie <strong>–</strong>, déclare de son côté être impressionné par les capacités immersives de la<br />

technologie et « fier d’être le premier exploitant en Europe à l’adopter ».<br />

À ce jour, HeyLED a équipé plus de 20 salles, dont quatre écrans PLF de 20 mètres<br />

de base, soit les plus grands écrans Led du monde. Le fabricant chinois a, de fait, une<br />

présence significative dans son pays d’origine, mais aussi dans le reste de l’Asie, aux<br />

États-Unis et au Moyen-Orient.<br />

A.A.<br />

©Inspire Cinemas<br />

De leur côté, les trois nouveaux dirigeants de Paramount Global <strong>–</strong> George Cheeks,<br />

PDG de CBS, Chris McCarthy de Showtime/MTV Studios et Paramount Media<br />

Networks, et Brian Robbins, de Paramount Pictures et Nickelodeon <strong>–</strong> ont présenté<br />

lors de l’AG des actionnaires, le 4 <strong>juin</strong>, une stratégie qui n'envisage pas de nouveau<br />

propriétaire, en réduisant les coûts et en cédant certains actifs.<br />

C.V.<br />

N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

25


Festival<br />

©ANNECY FESTIVAL/G. Piel<br />

Le réalisateur Adam Elliot, récipiendaire du Cristal pour Memoir of a Snail, et l'équipe du film lors de la cérémonie de clôture du Festival<br />

ANNECY <strong>2024</strong>,<br />

DE L’ANIMATION PLEIN LES YEUX<br />

<strong>Pro</strong>fessionnels, étudiants et aficionados de la filière se sont<br />

retrouvés du 8 au 15 <strong>juin</strong> dans le cadre du Festival et de son<br />

marché (Mifa), où projections, débats et masterclass ont permis<br />

de dresser un portrait exhaustif de l’animation, française comme<br />

mondiale.<br />

Le récent succès de Vice-versa 2 dès ses débuts en salles<br />

est venu confirmer l'appétence des Français pour l’animation.<br />

Une appétence corroborée par le CNC, qui a<br />

tiré profit de l'ouverture du Mifa pour dévoiler son étude<br />

sur l’état de ce marché en 2023, caractérisé notamment<br />

par des scores d’avant-crise, le retour des grosses productions<br />

américaines et la réussite de pépites françaises. En<br />

détails, ce travail révèle que l’animation a attiré 29,7<br />

millions de spectateurs, soit 18,9 % des entrées, contre<br />

18,8 M en 2022 ; un record depuis 1996.<br />

Vitrine des émanations et aspirations du genre, le Festival<br />

d’Annecy nourrit cette passion pour l’animation et cultive<br />

la diversité depuis presque sept décennies. Cette 48 e<br />

édition en a encore fait la démonstration ; d’abord avec<br />

les couronnements d’Adam Elliot pour Memoir of Snail,<br />

portrait en pâte à modeler retraçant les aventures introspectives<br />

d'une petite collectionneuse de romans d'amour,<br />

de cochons d'Inde et d'escargots, ainsi que de Gints<br />

Zilbalodis pour Flow, récipiendaire de quatre prix pour<br />

son odyssée féline post-apocalyptique, à la croisée entre<br />

animation et cinématique de jeux vidéo. Puis dans les<br />

évolutions que le rendez-vous annécien a embrassé,<br />

notamment du côté du Mifa, avec l’inauguration d’un<br />

espace XR&Games et l’extension des stands et événements<br />

professionnels. Et c’était sans compter sur le panel de<br />

personnalités venues honorer l'événement : Wes Anderson<br />

avec sa leçon de cinéma, Terry Gilliam avec son Cristal<br />

d’honneur, Alain Chabat avec la présentation des premières<br />

images de la série animée Astérix, le Combat des chefs…<br />

17 400 accrédités <strong>–</strong> soit 1000 de plus que la précédente<br />

édition <strong>–</strong> se sont pressés dans la Venise des Alpes pour<br />

faire vibrer cette version augmentée du Festival et de<br />

son marché, qui ont encore une fois fait la part belle<br />

aux regards d’ailleurs, aux progrès de la filière et au<br />

rayonnement tricolore.<br />

La Portugal à l’honneur, la France en<br />

prodige<br />

Le Festival a mis à l’honneur le Portugal avec de nombreuses<br />

séances accompagnées, élaborées par le réalisateur et<br />

directeur du Festival La Monstra de Lisbonne, Fernando<br />

Galrito. Le moment opportun pour célébrer l'œuvre de<br />

Regina Pessoa, réalisatrice portugaise récompensée du<br />

Cristal du court métrage d’Annecy en 2006 et marraine<br />

de cette 48 e édition. « Bien des moments importants de<br />

mon parcours artistique se sont déroulés à Annecy, a harangué<br />

<strong>26</strong> N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>


©<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> / David Weichert<br />

Véronique Encrenaz, responsable du MIFA, et Regina Pessoa, réalisatrice et marraine de cette<br />

48 e édition du Festival, à l’occasion de la soirée d’ouverture du Marché International<br />

la cinéaste à l’occasion de la soirée d’ouverture du Mifa,<br />

où elle s’est vue décerner une plaque de distinction en<br />

son nom. Il faut continuer de célébrer l’animation en ces<br />

temps troublés, et davantage en ce cinquantième anniversaire<br />

de la révolution des Œillets. »<br />

Le contexte politique a, en effet, largement investi les<br />

discours, d’autant plus face aux craintes d’une privatisation<br />

de l’audiovisuel public : « L’actualité nous consolide<br />

dans l’idée qu’il faut plus que jamais augmenter le soutien<br />

au service public, dont le rôle est d’être là tous les jours, et<br />

renforcer l’animation », exposait, depuis l’Imperial Palace,<br />

Stéphane Sitbon Gomez, directeur des antennes et des<br />

programmes chez France Télévisions, deuxième financeur<br />

de l’animation en France. Il y a près d’un mois, le service<br />

public annonçait un investissement d’au moins 80<br />

millions d’euros (M €) par an dans les œuvres cinématographiques<br />

françaises ou européennes ; l’enveloppe<br />

annuelle dédiée à l’animation, actuellement fixée à 32<br />

M €, passera donc à 35 M € en 2025, 36 M € en 20<strong>26</strong>,<br />

et enfin, 37 M € en 2027. « Cet accord nous permettra de<br />

soutenir 25 longs métrages sur les cinq prochaines années »,<br />

a complété Cécile Négrier. Dans le sillage de ces annonces,<br />

la directrice de France 3 Cinéma est revenue sur les<br />

succès des films sur lesquels France TV s’est engagée, à<br />

l’instar de Mars Express (225 000 entrées), Les As de la<br />

jungle 2 : Opération tour du monde (829 000) ou Pattie<br />

et la colère de Poséidon (863 000). Les regards sont dorénavant<br />

tournés vers cinq films actuellement en fabrication,<br />

dont l’adaptation du roman graphique d’AJ Dungo,<br />

In Waves, distribué par Diaphana ; Falcon Express de<br />

David Alaux et Eric Tosti, produit par le studio TAT de<br />

Toulouse et dont la sortie est prévue pour le 9 juillet<br />

2025, sous la houlette d’Apollo ; ainsi que le deuxième<br />

volet des aventures de Yakari, chez Bac Films. Canal+<br />

demeure, pour sa part, le premier financeur de l’animation,<br />

avec 45,5 % des apports en préachats des diffuseurs<br />

dans cette typologie de longs métrages, contre 22,6 %<br />

pour France TV, avec des engagements sur des films<br />

français <strong>–</strong> Mon ami robot, Grand prix Contrechamp l’an<br />

dernier, ou Miraculous le Film <strong>–</strong>, mais aussi sur des projets<br />

internationaux, tels que Wish <strong>–</strong> Asha et la bonne étoile<br />

ou Migration. Ce travail sur le volet financier est perceptible<br />

dans l’offre française, avec 14 long-métrages<br />

tricolores sortis en salles, parmi lesquels des « films<br />

valorisés dans des festivals, où ils ont remporté des prix »,<br />

comme le rappelait Cécile Lacoue, directrice des études,<br />

des statistiques et de la prospective au CNC. Les six<br />

films produits ou coproduits par la France en compétition<br />

officielle d'Annecy cette année étaient d'ailleurs là<br />

pour confirmer le savoir-faire français en la matière.<br />

Échos d’Afrique<br />

Parmi les 103 nations représentées, par le biais de<br />

stands, de pavillons et de conférences, cinq nouveaux<br />

pays sont venus enrichir le Mifa : l’Île de Man, les Îles<br />

Féroé, Oman, la Tanzanie et le Turkménistan. Plus de<br />

6 500 accrédités du Mifa ont ainsi pu découvrir leur<br />

écosystème et, à la faveur des sessions de pitchs,<br />

potentiellement l’intégrer. L’Afrique, en pleine métamorphose,<br />

a fait l’objet de nombreux échanges,<br />

particulièrement lors de la table ronde animée par<br />

Unifrance sur la distribution d'œuvres internationales<br />

sur le continent et les contraintes qui s’y présentent.<br />

« Il est intéressant d’observer le succès de films comme<br />

Miraculous dans les pays francophones, comme le Sénégal<br />

ou la Côte d’Ivoire, où il a fait plusieurs dizaines de<br />

milliers d’entrées, alors qu’il y a encore huit ans, il n’y<br />

avait quasiment pas de cinémas ni de relais pour diffuser<br />

des films, confie Sébastien Onomo, président de Special<br />

Touch Studios, une société de production tournée vers<br />

l’Afrique, les Caraïbes, l’Asie et les cultures urbaines.<br />

Nous avons vu une évolution avec Augure l’an passé, que<br />

nous avons coproduit, où des distributeurs étaient présents<br />

pour assurer la connexion, trouver des partenariats avec<br />

les institutions ou des médias. » À cet essor s’ajoute la<br />

multiplication de cinémas à travers les pays maghrébins<br />

et subsahariens, en témoignent les ouvertures des Pathé<br />

Casablanca, Dakar et Cap Sud d’Abidjan en l’espace<br />

de deux ans.<br />

Le palmarès<br />

d’Annecy <strong>2024</strong> :<br />

Cristal du long métrage : Memoir of a Snail<br />

d’Adam Elliot / Wild Bunch<br />

Prix du Jury : Flow de Gints Zilbalodis /<br />

UFO (30/10/<strong>2024</strong>)<br />

Grand Prix Contrechamp : El sueño de la sultana<br />

d’Isabel Herguera<br />

Prix du Jury Contrechamp : La Vie, en gros de<br />

Kristina Dufkova / Les Films du Préau<br />

Prix Fondation Gan à la Diffusion : Flow de Gints<br />

Zilbalodis<br />

Prix du public : Flow de Gints Zilbalodis<br />

Prix Paul Grimault : Totto-Chan: The Little Girl at<br />

the Window de Shinnosuke Yakuwa / Eurozoom<br />

Prix de la Ville d’Annecy : The Meatseller de<br />

Margherita Giusti<br />

Prix de la meilleure musique originale dans la<br />

catégorie longs métrages : Flow de Gints<br />

Zilbalodis<br />

Prix Jeune public : Bonjour l’été de Martin<br />

Smatana et Veronika Zacharova<br />

Cristal du court métrage : Percebes de Alexandre<br />

Ramires et Laura Gonçalves<br />

Cristal pour une production TV : Une guitare à la<br />

mer de Sophie Roze<br />

Cristal de la meilleure oeuvre VR : Gargoyle Doyle<br />

d’Ethan Shaftel<br />

Cristal du film de fin d’étude : Carrotica de Daniel<br />

Sterlin-AltmanLa table ronde sur organisée<br />

par Unifrance<br />

N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

27


Festival<br />

©<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> / David Weichert<br />

Depuis la Chambre de Métiers et de l'Artisanat de<br />

la Haute-Savoie, le Mifa a fait la part belle à la VR et<br />

aux jeux vidéo, avec notamment un accent sur les<br />

œuvres transmédias<br />

Le coq français est également bien représenté sur le volet<br />

de la distribution : « Pathé BC Afrique, Les Films <strong>26</strong> ou<br />

Côte Ouest sont capables d’assurer cette activité dans de<br />

bonnes conditions et ainsi générer des entrées, mais il faut<br />

encore développer cette branche de l’industrie, où il y a un<br />

fort potentiel », affirme le producteur. Comment faire,<br />

d’autant plus pour les films d’animation qui peinent<br />

encore à se répandre sur le continent ? « Cette typologie ne<br />

rassemble pas les jeunes autour de la langue française. Il faut<br />

donc repenser le doublage, notamment dans des langues<br />

locales, afin d’avoir une meilleure base d'audience. » Pour<br />

sa part, Chioma Ude, productrice et fondatrice du Africa<br />

International Film Festival, organisé chaque année au<br />

Nigéria, demande à cor et à cri une implication des États<br />

dans le développement de l’industrie et la « transformation<br />

du modèle pour répondre à la concurrence des plateformes<br />

de streaming, qui financent beaucoup plus les auteurs et<br />

s’offrent ainsi une fenêtre d’exclusivité au détriment des<br />

salles », pas assez nombreuses pour assurer une programmation<br />

rentable.<br />

Vers le transmédia<br />

Enfin, l’animation peut-elle s’affranchir de ses propres<br />

limites ? Comme à l’accoutumée, le Mifa a fourni des<br />

éléments de réponses à cette interrogation, qui anime la<br />

profession au gré des évolutions techniques et des progrès<br />

réalisés dans des domaines connexes. La Chambre de<br />

Métiers et de l’Artisanat de la Haute-Savoie a fait la part<br />

belle à l’immersif et au jeu-vidéo, avec une quinzaine de<br />

studios venus présenter des œuvres vidéoludiques. Le<br />

Festival a d’ailleurs couronné de son Cristal de la meilleure<br />

œuvre en réalité virtuelle Gargoyle Doyle d’Ethan Shaftel,<br />

l’histoire d’une gargouille irritable coincée depuis 800<br />

ans sur le flanc d'une cathédrale avec une gouttière<br />

métallique décorative et témoin du monde qui change.<br />

Ce nouveau mode de narration fut également exploité<br />

dans le très impressionniste Flow VR, produit par le studio<br />

français Lucid Realities et réalisé par Adriaan Lokman ;<br />

une adaptation d’un de ses courts métrages de 2019 en<br />

réalité virtuelle. Preuve de l’impulsion du format, sa<br />

présence dans la section Venice Immersive lors de la 80 e<br />

édition de la Mostra. En 2018, Unifrance, le CNC et<br />

l’Institut français avaient, par ailleurs, lancé le dispositif<br />

French Immersion, qui soutient la promotion des œuvres<br />

immersives tricolores, à l’aide de bourses au déplacement,<br />

dans un réseau de festivals, d’abord américains, puis<br />

étendu à des événements européens.<br />

Pour la première fois, le Mifa a également organisé un<br />

concours de cinématiques et de bandes-annonces de jeux<br />

vidéo pour démontrer les synergies entre les différents<br />

secteurs. Dans le sillage de la remise du Prix Mifa<br />

Animation Industry Award à Ankama, son fondateur<br />

Anthony Roux est venu présenter sa société aux multiples<br />

facettes, dont les débuts se sont faits dans le 10 e art : « Il<br />

y a vingt ans, nous avons créé Dofus, un jeu à tendance<br />

social. Néanmoins, lors de la création de l’entreprise, nous<br />

avions prévu plusieurs activités, à savoir, bande-dessinée ou<br />

animation, détaille-t-il lors d’une conférence sur la<br />

transmédialité. Le besoin d’une visibilité physique et la<br />

volonté de créer plusieurs univers nous ont poussés à raconter<br />

des histoires multiples pour différentes cibles. » Au fil des<br />

années, Ankama accouchera d’une BD, dont le premier<br />

tome s’est vendu à un million d’exemplaires, une série<br />

télévisée, qui a nécessité le recrutement d’une équipe<br />

dédiée, et même d’un film, Dofus, livre 1 : Julith, sorti<br />

en 2016 : « Nous avons réalisé 80 000 entrées pour un budget<br />

de six millions. Il n’a pas été facile d’accompagner le public<br />

sur un format si exigeant », confie Anthony Roux. Il prône<br />

désormais le regroupement de tous les formats issus d’une<br />

même licence sur une seule et même plateforme pour<br />

faciliter la consommation : « Imaginez un launcher unique,<br />

où vous pouvez retrouver vos séries, vos films, vos goodies<br />

d’un seul et même univers. » Cela tombe bien, Ankama<br />

travaille déjà dessus.<br />

David Weichert<br />

©<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> / David Weichert<br />

Table ronde sur l’état de la distribution internationale<br />

indépendante en Afrique organisé par Unifrance, avec<br />

Daniela Elstner, directrice générale d’Unifrance, Jeff Schon,<br />

CEO d’Akili Network, Chioma Ude, productrice et fondatrice<br />

du Africa International Film Festival, et Sébastien Onomo,<br />

président de Special Touch Studios.<br />

28 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>


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Étude<br />

LE CNC AUSCULTE LA FRÉQUENTATION<br />

CINÉMATOGRAPHIQUE DES 15-24 ANS<br />

©Les Films du Losange<br />

Le jeune Paul Dédalus de Spectateurs ! d'Arnaud Desplechin, passionné par le cinéma<br />

Dans une étude publiée le 6<br />

<strong>juin</strong>, le Centre national du<br />

cinéma et de l’image animée<br />

dissèque les pratiques<br />

cinématographiques des<br />

jeunes, qui vont toujours<br />

beaucoup au cinéma…<br />

mais moins souvent.<br />

Les jeunes n’ont pas arrêté d’aller au cinéma. C’est ce<br />

qu’attestent les chiffres du CNC dans une enquête confiée<br />

à l’Institut Vertigo. Cette dernière montre que 85 % des<br />

15-24 ans se sont rendus en salle au moins une fois en<br />

2023, contre 64 % pour l’ensemble de la population<br />

cinématographique française. Toutefois, la pratique tend<br />

à se raréfier : l’année dernière, les 15-24 ans sont allés en<br />

moyenne 4,2 fois au cinéma dans l’année, alors que le<br />

chiffre montait jusqu’à 6,3 en 2016. Une baisse qui<br />

s’explique avant tout par les pratiques digitales, et notamment<br />

une augmentation du temps accordé aux réseaux<br />

sociaux, passé de 40 minutes en 2018 à près de 2h30 en<br />

2023. Quant aux plateformes <strong>–</strong> principalement de SVod<br />

<strong>–</strong>, pour 71 % des sondés, elles se “pratiquent” en complémentarité<br />

avec les cinémas.<br />

L’étude commandée par le CNC* relève deux tendances<br />

principales chez les 15-24 ans : la digitalisation de leur<br />

quotidien et l’hégémonie culturelle du cinéma américain.<br />

Les conséquences sont multiples : par opposition aux<br />

petits écrans, une sortie au cinéma doit avant tout être<br />

divertissante voire spectaculaire, et rentabiliser le moment<br />

par rapport à l’argent et au temps investis. Ainsi, 66 %<br />

des jeunes interrogés associent une sortie cinéma avec<br />

une autre sortie, notamment au restaurant, et seulement<br />

14 % vont voir un film seul, quand près de 63 % déclarent<br />

y aller entre amis. On notera que Pathé est le circuit le<br />

plus fréquenté par les jeunes (30 %), suivi par CGR<br />

(16 %) et UGC (14 %), tandis que les cinémas indépendants<br />

sont cités par 13 % des sondés. À ce titre, l’étude<br />

révèle une large méconnaissance du label art et essai,<br />

inconnu pour 81 % du panel.<br />

Les motivations et freins à la fréquentation<br />

cinématographique<br />

La sortie au cinéma est principalement motivée par trois<br />

éléments : la bande annonce (57 % des réponses), le sujet<br />

traité (40 %) et les acteurs/actrices (34 %). La phase<br />

qualitative de l’étude fait quant à elle émerger trois<br />

niveaux de motivations : sociales (s’évader du quotidien,<br />

voir les films « dont on parle »…), vis-à-vis du film<br />

(l’enrichissement culturel, l’attrait pour les événements…)<br />

et vis-à-vis de la salle (la magie du lieu, l’immersion, la<br />

consommation sur place…).<br />

30 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

* Étude menée en deux volets par BVA Xsight : un premier qualitatif en novembre 2023<br />

auprès de 34 personnes, et un deuxième quantitatif en janvier <strong>2024</strong> auprès de<br />

2 508 personnes.<br />

** Leur place de cinéma étant offerte, ils ne se sont donc pas plaints du prix du billet.


Les films préférés<br />

Parmi les genres qui attirent le plus les jeunes au cinéma, l’action (86 %), l’aventure<br />

(77 %) et la comédie (73 %) constituent le trio de tête.Une différenciation d’appréciation<br />

s’observe entre les nationalités des films, seuls 83 % du panel se déclarant satisfait<br />

des derniers films français vus, contre 91 % pour les films américains, et ce malgré une<br />

plus grande consommation de ces derniers. À noter que les films étrangers sont regardés<br />

à 77 % en version française. Également, les 15-24 ans procèdent à une répartition des<br />

genres selon la nationalité du film, avec le cinéma américain qui est associé à celui<br />

d’action, et le cinéma français qui équivaut à la comédie.<br />

Les attentes<br />

Concernant l’avenir, 3 jeunes sur 4 envisagent de continuer à aller au cinéma ces 12<br />

prochains mois. Le quart restant projette, pour la moitié d’entre eux, d’y retourner<br />

dans quelques années. À ce titre, 77 % des jeunes spectateurs déclarent baser leur<br />

décision principalement sur la programmation des cinémas, tandis que 28 % des non<br />

spectateurs attendent une meilleure “expérience salle”.<br />

Enfin, au vu de leur omniprésence, les réseaux sociaux constituent à 53 % le canal que<br />

les jeunes souhaitent voir privilégié pour être informés des sorties ; les bandes annonces<br />

sont citées dans 52 % des cas.<br />

L’importance du Pass culture : 2/3 des 15-18 ans le possèdent, et l’utilisent pour des sorties<br />

culturelles, notamment le cinéma.<br />

Ainsi, le CNC conclut par une segmentation équilibrée de la population cinématographique<br />

des 15-24 ans :<br />

Les cinévores (16 %)<br />

Les éclectiques (17 %)<br />

Les néophytes enthousiastes (15 %)<br />

Les contraints (19 %)<br />

Les grands occasionnels (18 %)<br />

Les non spectateurs (15 %)<br />

Du côté des freins, 15 % de l’échantillon ne fréquentant plus les cinémas évoquent<br />

des raisons exogènes (le manque de temps ou d’envie), liées à la distribution et la<br />

programmation des films, ou bien liées aux salles (l’affluence ou encore les incivilités).<br />

Également, l’argent est un facteur d’abandon de la pratique, comme l’exprime le panel<br />

qui cite à 56 % des prix trop chers, tandis qu'ils sont à peine 13 % à considérer que<br />

le cinéma est au bon prix, voire pas cher. Le panel déclare payer en moyenne 9,5 € la<br />

place de cinéma <strong>–</strong> alors que le prix moyen du ticket s'établissait concrètement à<br />

environ 7,4 € en 2023 <strong>–</strong>, plus de la moitié privilégiant des périodes de réduction pour<br />

s’y rendre.<br />

Le parrainage familial apparaît aussi comme un élément clé dans la construction de<br />

l’appétence du cinéma. En effet, là où 96 % des spectateurs disent s’être rendus au<br />

cinéma dans leur enfance, ils ne sont que 77 % parmi les non spectateurs.<br />

La valeur ajoutée de la salle<br />

L’expérience cinématographique reste très appréciée, notamment pour la qualité de<br />

l’image et du son ; à l’inverse des publicités et des tarifs. La promesse de "rentabilité"<br />

du cinéma augmente avec sa premiumisation. Pour les 57 % de l’échantillon ayant déjà<br />

fréquenté une salle premium, 82 % ont adoré l'expérience et son prêts à la renouveler,<br />

bien que la question (encore) du prix freine 92 % d’entre eux.<br />

Jules Dreyfus<br />

En outre, lors de la phase qualitative, le CNC a proposé à son panel une sortie en cinéma<br />

qui a, dans l’ensemble, été appréciée. Les jeunes ont évoqué l’arrivée au cinéma comme<br />

un moment clef, ainsi que l’ambiance en salle, tout en soulignant le sentiment d’une<br />

certaine déshumanisation face aux bornes et des équipements parfois défaillants**.<br />

N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

31


Exploitation<br />

La société californienne,<br />

dont le nom comme le son<br />

est devenu atmosphérique,<br />

a fait aussi évoluer l’image :<br />

en 2025, elle proposera le<br />

format HDR Dolby Vision à<br />

tous les exploitants,<br />

indépendamment de l’offre<br />

Dolby Cinema.<br />

DOLBY CÉLÈBRE 50 ANS<br />

D’HISTOIRE AVEC LE CINÉMA<br />

©<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong><br />

Hervé Baujard, directeur commercial cinéma de Dolby en France.<br />

En 1974, le premier film équipé d’une bande son Dolby,<br />

alors en mono mais avec réduction de bruit, était projeté<br />

au Festival de Cannes : Callan, de l’Anglais Don Sharp.<br />

Depuis, Dolby n’a cessé de développer ses formats de<br />

son mais aussi d’image, pour toucher désormais des<br />

milliards d'utilisateurs, aussi bien à domicile <strong>–</strong> musique,<br />

podcasts, télévision, jeux vidéo… <strong>–</strong> qu’au cinéma. « À ce<br />

jour, plus de 40 000 sorties en salle ont bénéficié de(s)<br />

technologie(s) Dolby », indique Hervé Baujard, directeur<br />

commercial cinéma de Dolby en France.<br />

En mai <strong>2024</strong> sur la Croisette, le délégué général du<br />

Festival de Cannes a remis une médaille à Ioan Allen,<br />

vice-président de Dolby et créateur du Dolby Stereo,<br />

célébrant ainsi 50 ans de collaboration technique avec<br />

la société. L’occasion d’annoncer qu’en 2025, la grande<br />

salle Louis Lumière du Palais va être installée en<br />

Dolby Atmos.<br />

Émission à voir ou revoir<br />

sur notre chaîne YouTube<br />

Du son à l’image<br />

La technologie Dolby Atmos, arrivée en 2012, renforce<br />

en effet considérablement l’immersion dans un film, en<br />

déplaçant des objets sonores autour de l’auditeur avec<br />

une extrême précision et en trois dimensions. 7 500 salles<br />

dans le monde sont désormais équipées du système<br />

sonore, appliqué à plus de 2 000 films. « En France, nous<br />

avons franchi cette année les 300 salles Dolby Atmos <strong>–</strong> dont<br />

récemment la salle Infinite du Grand Rex <strong>–</strong>, ce qui fait du<br />

territoire le premier d’Europe et le quatrième au niveau<br />

mondial le plus équipé. »<br />

Mais les progrès ne s'arrêtent pas au son et le format<br />

d’image HDR Dolby Vision, introduit en 2015, va<br />

donner naissance aux salles labellisées Dolby Cinema.<br />

« Par rapport aux standards actuels du cinéma, Dolby Vision<br />

permet d’avoir un contraste jusqu'à 500 fois plus élevé, deux<br />

fois plus de luminosité, des noirs beaucoup plus profonds et<br />

une palette de couleurs plus riche », détaille Hervé Baujard.<br />

600 films sont déjà sortis dans ce format dans les salles<br />

Dolby Cinema, qui associent donc les technologies de<br />

son et d’image à un concept architectural les mettant en<br />

valeur (salles noires, enceintes masquées, sièges très<br />

confortables…). Ce format premium s'est développé à<br />

travers 14 pays et 28 partenariats, en France avec Pathé<br />

(11 salles équipées) et un indépendant, le Cinéplanet<br />

d’Antibes. L’attrait du Dolby Cinema progresse avec un<br />

box-office qui, en 2023 aux Etats-Unis, a augmenté de<br />

7 % par rapport aux années pré-pandémiques, dopé par<br />

Barbie et Oppenheimer.<br />

Dolby Vision, ouvert à tous en 2025<br />

Forte de ces résultats, et « à la demande des exploitants<br />

comme des studios », Dolby a annoncé, lors du CinemaCon<br />

à Las Vegas, que les technologies d'image et de son<br />

immersif qui alimentent le Dolby Cinema seront désormais<br />

proposées à tous les exploitants pour leurs salles<br />

premium. « Le format HDR Dolby Vision sera donc<br />

disponible hors du concept Dolby Cinema à partir du<br />

deuxième trimestre 2025 », précise Hervé Baujard, et les<br />

salles pourront donc proposer tous les films disponibles<br />

dans ce format, y compris des films français comme Le<br />

Comte de Monte Cristo. La semaine dernière, le circuit<br />

coréen Megabox a été le premier à adopter cette nouvelle<br />

offre, et va équiper plusieurs de ses cinémas avec Dolby<br />

Vision + Dolby Atmos.<br />

La société californienne peut s'appuyer sur son large<br />

portefeuille de contenus, « sans lesquels la technologie<br />

n’aurait pas de raison d’être », et sur la notoriété de sa<br />

marque. L’an dernier, les systèmes Dolby Atmos et Dolby<br />

Vision pour le cinéma ont été récompensés par deux prix<br />

scientifiques et techniques de l'Academy of Motion<br />

Picture Arts and Sciences.<br />

Dolby en 4 dates<br />

1977 : la force du Dolby Stereo arrive en salle avec<br />

le premier Star Wars<br />

1992 : lancement du Dolby Digital, son numérique<br />

multicanal pour le cinéma, avec Batman Returns<br />

2012 : le son immersif Dolby Atmos fait ses débuts<br />

avec Rebelle<br />

2015 : le Dolby Vision (et donc le Dolby Cinema)<br />

prépare l’avenir avec À la poursuite de demain<br />

32 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>


LA CLEF : LE PROCESSUS DE RACHAT<br />

EST FINALISÉ APRÈS CINQ ANS DE LUTTE<br />

À l’occasion d’une conférence de presse,<br />

La Clef Revival a officialisé le rachat du<br />

cinéma associatif du Ve arrondissement<br />

fermé depuis 2019, et divulgué les ambitions<br />

pour sa réouverture. Du 27 au 30 <strong>juin</strong>,<br />

l’association offrira un avant-goût de son<br />

projet, avant d’entamer des travaux, d’une<br />

durée d’un an. 2,7 millions d’euros ont été<br />

nécessaires pour sauver la Clef, qui se veut<br />

toujours indépendante et participative.<br />

©<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> / Robinson Bourges<br />

Au terme d’une éprouvante lutte, longue de cinq années<br />

et ponctuée d’occupations, de tentative de rachat et de<br />

conflits intestins, le cinéma La Clef s’apprête à accueillir<br />

à nouveau du public ; à l’occasion d’une ouverture éclair<br />

du 27 au 30 <strong>juin</strong>, puis dans un an, à l’issue d’importants<br />

travaux de rénovation. Ce nouveau chapitre s’est ouvert<br />

lundi 17 <strong>juin</strong> avec la signature des documents actant<br />

le rachat des murs, détenus par le Comité social et<br />

économique de la Caisse d’Épargne Île-de-France, par<br />

La Clef Revival, l’association aux commandes de cette<br />

reprise. Après de nombreuses négociations, le prix de<br />

l’acquisition est passé de 2,9 millions d’euros à 2,3<br />

millions : « Si vous ajoutez les frais de notaire, d'avocats<br />

fiscalistes et d'architectes, le prix s'élève à 2,7 millions<br />

d’euros », complète les membres de l’association, à<br />

l’occasion d’une conférence de presse à La Clef.<br />

À la faveur d’une campagne de levée de fonds, qui a vu<br />

de nombreux dons affluer, notamment de personnalités<br />

comme David Lynch, Leos Carax, Mathieu Amalric,<br />

ainsi que de contributions de plusieurs mécènes, dont<br />

Quentin Tarantino, la Clef Revival a réuni deux millions<br />

d’euros. Désormais, les donations permettront d’assurer<br />

les travaux de désamiantage, d’installation électrique et<br />

de plomberie, d’un montant de 600 000 €, afin de mettre<br />

le bâtiment de 800 m2 aux normes ERP, alors que<br />

300 000 € doivent encore être collectés : « On espère<br />

recevoir des subventions du CNC, de la Région et de la<br />

Mairie de Paris, qui habituellement financent en partie les<br />

travaux de réhabilitation de cinéma. »<br />

Après de nombreuses négociations, le prix de l’acquisition est passé de 2,9 millions d’euros à 2,3 millions<br />

« La propriété d’usage et le bien collectif »<br />

Petit retour en arrière. En 2020, l’association avait créé<br />

un fonds de dotation, dénommé Cinéma Revival, dans<br />

le but de sauver les lieux et garantir la tenue de sa mission<br />

d'intérêt général. Ce même fonds est aujourd’hui propriétaire<br />

du bâtiment, dont la gestion est confiée à La Clef<br />

Revival. « Nous nous sommes fait accompagner par la foncière<br />

solidaire Bellevilles pour compléter notre plan de financement.<br />

Nous avons donc emprunté 400 000 € auprès du Crédit<br />

Coopératif et 400 000 € auprès de la Nef, détaille Victor<br />

Billet, producteur et membre de l’association. Ces prêts<br />

seront remboursés sur seize ans, grâce aux loyers solidaires<br />

payés au fonds de dotation. » Sur les conseils de la Foncière<br />

Antidote et à l’image du réseau de cinémas alternatifs<br />

des Kinoclimates, le modèle sera basé sur une construction<br />

commune et un gestion partagée : « C’est tout le sens<br />

de notre projet, fondé sur la propriété d’usage et la notion<br />

de bien collectif : permettre aux spectateurs et spectatrices<br />

©<strong>Boxoffice</strong> <strong>Pro</strong> / Robinson Bourges<br />

d’imaginer et de construire ensemble un cinéma qui s’accorde<br />

à leurs désirs ! Pour ce faire, on conservera une gouvernance<br />

collégiale, où les décisions sont prises en commun », communique<br />

l’association. Les murs seront ainsi séparés de leur<br />

usage et la gestion sera partagée entre toutes les associations<br />

ou collectifs désireuses de faire vivre le lieu, par le<br />

biais entre autres, d’une programmation collective. Une<br />

programmation centrée, par ailleurs, sur des films rares,<br />

militants et internationaux, particulièrement du patrimoine<br />

et parfois sans visa.<br />

Un accord avec le CNC a également été trouvé pour que<br />

toutes les séances restent à prix libre, l'un des marqueurs<br />

forts de l'occupation, tout en restant dans un système<br />

redistributif vertueux : sur chaque entrée, une part sera<br />

bien reversée au distributeur du film et une autre collectée<br />

par le CNC pour contribuer au financement du cinéma<br />

indépendant. Enfin, deux salles de post-production seront<br />

aménagées, puis louées à des jeunes cinéastes et des<br />

sociétés de productions émergentes, ce qui permettra<br />

d’assurer l’équilibre financier de l’association, tandis<br />

qu’une autre servira aux activités des membres. Deux<br />

salariés viendront appuyer l’association sur la maintenance<br />

et l’administration. Tout un programme, dont les quatre<br />

jours de projections à prix libre et de réjouissances la<br />

semaine prochaine donneront un avant-goût.<br />

David Weichert<br />

Les membres du collectif La Clef Revival ont assuré une conférence de presse pour officialiser le rachat du cinéma<br />

N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong><br />

33


Miscellanés<br />

PROCHAINES CDACi<br />

DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO<br />

11/07/24 SAS DE L'ETOILE L'ETOILE 5 719 <strong>Pro</strong>jet de création Caudry Nord Caudrésis - Catésis<br />

11/07/24<br />

SAS CARIBBEAN<br />

CINEMAS SUD<br />

BASSE-TERRE<br />

MAJESTIC BY CARIBBEAN CINEMAS 6 800 <strong>Pro</strong>jet de création Capesterre-Belle-Eau Guadeloupe Capesterre-Belle-Eau<br />

Le Bel été<br />

d'Est Ensemble<br />

La communauté d’agglomération<br />

rassemblant neuf communes de Seine-<br />

Saint-Denis propose, cette année encore,<br />

plus de 350 activités culturelles estivales<br />

gratuites, dont de nombreuses projections<br />

de cinéma en plein air.<br />

Parmi les temps forts emblématiques de ce Bel été figure<br />

en effet le “Ciné sous les étoiles” proposé par Est Ensemble<br />

et l’Écran Nomade, le cinéma itinérant du réseau des<br />

cinémas. La programmation comprend plus de 40 séances<br />

aux quatre coins du territoire séquano-dionysien. À noter<br />

que les courts-métrages précédant habituellement les<br />

séances permettront la diffusion d’une série documentaire<br />

mémorielle et territoriale inédite sur les quartiers en<br />

renouvellement urbain. Gratuites, les séances de Ciné<br />

sous les étoiles se dérouleront du 28 <strong>juin</strong> au 31 août.<br />

Parmi le reste des rendez-vous proposés par Bel été,<br />

figurent un concert symphonique, des animations et<br />

activités sportives ou festives au vert, des activités dans<br />

les bibliothèques et les conservatoires et, bien entendu,<br />

plusieurs évènements dans le cadre des Jeux olympiques.<br />

Le Biarritz Film Festival <strong>2024</strong> livre son palmarès<br />

La deuxième édition du Biarritz Film Festival - Nouvelles Vagues s’est clôturée le 22<br />

<strong>juin</strong> en livrant ses prix.<br />

C’est devant une salle comble de 1 250 personnes que<br />

les lauréats ont reçu leur trophée, imaginé par les étudiants<br />

de l'école Boulle et réalisé par la maison Desrues. Le jury<br />

était présidé cette année par la scénariste et réalisatrice<br />

Léa Mysius, entourée de l'actrice, chanteuse et influenceuse<br />

Kitty Chicha, de l'actrice et productrice Zoey<br />

Deutch, de la comédienne Kim Higelin, du photographe<br />

Arash Khaksari, du comédien Vincent Lacoste, de<br />

l'acteur Manu Rios et de la réalisatrice, photographe et<br />

écrivaine Margaret Zhang.<br />

Grand Prix :<br />

Girls Will Be Girls de Shuchi Talati, Inde (Nour Films, sortie<br />

le 21/08/24)<br />

Prix du jury et Prix du jury des étudiants :<br />

Eat The Night de Caroline Poggi et Jonathan Vinel,<br />

France (Tandem, 17/07/24)<br />

Mention spéciale du jury :<br />

À son image de Thierry de Peretti, France (Pyramide, 04/09/24)<br />

Prix d’interprétation :<br />

Saoirse Ronan, dans The Outrun de Nora Fingscheidt,<br />

Royaume-Uni/Allemagne (Ufo Distribution, 02/10/24)<br />

©Nour Films<br />

Girls Will Be Girls<br />

Prix du public :<br />

La Nuit se traîne de Michiel Blanchart, Belgique/France<br />

(Gaumont, 28/08/24)<br />

Prix du jury pass Culture :<br />

The Outrun de Nora Fingscheidt<br />

AGENDA DE LA PROFESSION<br />

AG DU SYNDICAT DES CINÉMAS DE L'OUEST 28/06/24 PLESTIN-LES-GRÊVES<br />

FEMA - FESTIVAL LA ROCHELLE CINÉMA 28/06 au 07/07/24 LA ROCHELLE<br />

FEMA/ADRC : JOURNÉES PRO 02 au 04/07/24 LA ROCHELLE<br />

AG ADRC 02/07/24 LA ROCHELLE<br />

LA FÊTE DU CINÉMA 30/06 au 3/07/24 FRANCE<br />

LITTLE FILMS FESTIVAL 30/06 au 01/09/24 FRANCE<br />

STUDIO SHOW 04 et 05/07/24 PARIS<br />

CINÉ COOL 24 au 31/08/24 GRAND EST<br />

FESTIVAL DU FILM FRANCOPHONE D'ANGOULÊME 27/08 au 01/09/24 ANGOULÊME<br />

RENCONTRES NATIONALES ART ET ESSAI JEUNE PUBLIC 10 au 12/09/24 SARLAT<br />

CONGRÈS FNCF 23 au <strong>26</strong>/09/24 DEAUVILLE<br />

AG DE L'UCF les 03 au 04/10/04 AVIGNON - LE PONTET<br />

FÊTE DU CINÉMA D'ANIMATION 11 au 31/10/24 FRANCE ET MONDE<br />

FESTIVAL LUMIÈRE 12 au 20/10/24 LYON<br />

MARCHÉ INTERNATIONAL DU FILM CLASSIQUE (MIFC) 15 au 18/10/24 LYON<br />

JOURNÉE ART ET ESSAI DU CINÉMA EUROPÉEN le 17/11/24 FRANCE, EUROPE, MONDE<br />

RENCONTRES NATIONALES ARCHIPEL DES LUCIOLES <strong>26</strong> au 28/11/24 CASTELNAUDARY<br />

RENCONTRES DE BRETAGNE 28/01 au 01/02/25 QUIMPER<br />

34 N°471 / <strong>26</strong> <strong>juin</strong> <strong>2024</strong>


DIMANCHE, JE VOTE<br />

ET JE VAIS AU CINÉ<br />

DU DIMANCHE 30 JUIN<br />

AU MERCREDI 3 JUILLET<br />

Premium Events 500 122 312 au RCS de Paris<br />

5€<br />

LA SÉANCE *<br />

PARTENAIRE MAJEUR<br />

WWW.FETEDUCINEMA.COM<br />

* Tarif unique de 5€ la séance dans tous les cinémas participants et à toutes les séances du 30 <strong>juin</strong> au 3 juillet <strong>2024</strong> inclus<br />

(hors majoration pour les films en 3D, séances spéciales et prestations complémentaires). Offre non cumulable avec d’autres avantages tarifaires.

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