01.10.2024 Vues

WS34_Liseuse

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LA FEMME EST L’AVENIR DU SPORT<br />

N°34 n Octobre-Novembre-Décembre 2024 n 4,90 €<br />

EXCLUSIF<br />

PARIS<br />

2024<br />

EN EXCLU,<br />

LES RÉACTIONS<br />

DE NOS<br />

MÉDAILLÉES !<br />

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ÉDITORIAL<br />

Malgré la volonté d’Anne Hidalgo de préserver pour l’éternité<br />

la ferveur des JO, il faut se faire une raison : la parenthèse<br />

enchantée s’est refermée. La ferveur des fêtes<br />

quotidiennes au Club France a laissé place à un temps<br />

d’automne et au rythme retrouvé du célèbre «métro-boulot-dodo».<br />

Pour autant, il y aura un avant et un après Paris 2024, pour trois<br />

grandes raisons.<br />

1. La France est une nation sportive qui s’ignore<br />

Performances, ferveur populaire, organisation sans faille… Malgré la<br />

propension française à la critique perpétuelle et à l’autoflagellation,<br />

la réalité s’est imposée aux grincheux : la France du sport existe<br />

et elle est belle à voir !<br />

2. Le sport est plus inclusif que tous les discours<br />

Le succès des Jeux Paralympiques, volontairement associés comme<br />

jamais dans l’histoire aux Jeux Olympiques, a fait un bien fou aux<br />

athlètes handisport et au regard sur le handicap en général. C’est<br />

la démonstration de la puissance du sport dans sa capacité à faire<br />

© Pool / Icon Sport<br />

Paris, c’est fini ?<br />

évoluer les mentalités. Une réussite éclatante qui est porteuse<br />

d’espoir pour les combats connexes à celui de l’inclusivité : la parité,<br />

la mixité, l’égalité, l’émancipation par le sport…<br />

3. Le sport a un pouvoir magique : fédérer et unir<br />

Sinistrose économique, conflits politiques et incertitudes géopolitiques<br />

ont été oubliés le temps d’un été. Quel autre creuset que<br />

le sport permet une telle alchimie ? Ces JOP ont eu un effet de<br />

dissolution sur toute forme de mauvaise humeur. Qui l’eut cru ! Pour<br />

unir les forces et les envies, modifier la société sans la brusquer,<br />

le sport est un outil trop souvent sous-exploité.<br />

Paris, c’est fini ? Certainement pas.<br />

Le monde d’après vient de commencer.<br />

David Tomaszek<br />

Rédacteur en chef de Women Sports<br />

Président du groupe Sport Business*<br />

D.R.<br />

Partenaires majeurs<br />

Fédérations partenaires de diffusion<br />

CIUSF<br />

Partenaires institutionnels<br />

* Sport.fr, e.sport.fr, buzz.sport.fr, Afrique.sport.fr, Sponsoring.fr, La Lettre du Sport, La Lettre de l’économie du sport ; l’Officiel juridique du sport, pro.sport.fr<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 5


24<br />

SOMMAIRE<br />

WOMEN SPORTS N° 34<br />

LA FEMME EST L’AVENIR DU SPORT<br />

N°34 n Octobre-Novembre-Décembre 2024 n 4,90 €<br />

EXCLUSIF<br />

PARIS<br />

2024<br />

EN EXCLU,<br />

LES RÉACTIONS<br />

DE NOS<br />

MÉDAILLÉES !<br />

www.womensports.fr<br />

L 12919 - 34 - F: 4,90 € - RD<br />

08 COUPS DE CŒUR<br />

DE LA RÉDACTION<br />

ENSEMBLE<br />

10 FONDATION HAVOBA<br />

Le handball, le volley-ball et le<br />

basketball français accompagnent<br />

les fédérations africaines<br />

CHAMPIONNES<br />

12 PARIS 2024<br />

En exclu, les<br />

réactions de nos<br />

médaillées<br />

olympiques<br />

24 RETOUR SUR…<br />

Souvenirs paralympiques<br />

28 EMILY BONDI<br />

En piste pour le premier Championnat<br />

du monde féminin de moto un mois<br />

après sa cheville cassée !<br />

32 LOU PETER<br />

« Le waveski est un compromis<br />

entre le kayak et le surf »<br />

34 CLAIRE GRAFF<br />

ET ADÈLE SCHRAMM<br />

« Dans l’aéronautique, pas de<br />

distinction de genre : tout le monde<br />

est sur le même pied d’égalité »<br />

36 LÉNA KURBIEL<br />

L’inspirante archère des Jeux<br />

Paralympiques de Paris 2024<br />

20 ANASTASIIA<br />

KIRPICHNIKOVA<br />

Retour sur sa drôle d’histoire<br />

22 DÉCOUVRONS<br />

LA BOCCIA<br />

avec la numéro un mondiale de la<br />

discipline, la Française Sonia Heckel<br />

38 SARAH<br />

BOVY<br />

du karting aux<br />

voitures des Iron<br />

Dames, il n’y a<br />

qu’un pas…<br />

ou presque !<br />

6 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


54 40 62<br />

C’EST BON POUR MOI<br />

40 RECETTE POST-ESTIVALE<br />

Surf’N’poké, le poké bowl<br />

signé Johanne Defay<br />

42 PROLONGER LES JOP<br />

Sélection livres<br />

44 J’AI TESTÉ POUR VOUS…<br />

L’Afrovibe, danses afro-descendantes<br />

100 % vibrantes<br />

48 SANTÉ<br />

Rééducation du périnée :<br />

nous sommes toutes concernées !<br />

50 MICRONUTRITION<br />

Les 7 maillons faibles des sportifs<br />

par Laboratoire Microéquilibre<br />

DÉCOUVERTE<br />

54 EXCURSION<br />

SPORTIVE AU YUCATÁN<br />

58 ESCAPADE À VICHY<br />

Un CREPS en forme olympique<br />

LIFESTYLE<br />

60 HERMINE BONVALLET<br />

Ses 5 looks préférés<br />

62 BIEN SE MAQUILLER<br />

POUR LE SPORT<br />

avec notre experte Emeline<br />

66 LE SPORT SIGNÉ<br />

ROUGEGORGE<br />

La marque de lingerie se lance<br />

dans le sport<br />

FEMMES DE L’OMBRE<br />

70 GOLFHER<br />

Aude Bredel, au service<br />

des golfeuses !<br />

68 DORIS<br />

MARTEL<br />

Une Française<br />

kiné au coeur<br />

de la NBA<br />

FRANCOPHONIE<br />

72 CIJF ET OIF<br />

Les championnats francophones<br />

de tennis de table<br />

IL ÉTAIT UNE FOIS<br />

74 CES SPORTS OLYMPIQUES<br />

ONT DISPARU !<br />

FEMMES D’INFLUENCE<br />

76 MARINE ANTOINE<br />

Au coeur du développement<br />

d’emlyon en Afrique<br />

TRIBUNE AIMF<br />

78 PROMOUVOIR ET<br />

DÉVELOPPER LE SPORT<br />

DÉTENTE<br />

82 JEUX DE SOCIÉTÉ<br />

Women Sports est édité par<br />

Sport & Sponsoring Media Group<br />

16, avenue Hoche - 75008 Paris<br />

FONDATEURS / ASSOCIÉS<br />

BRUNO LALANDE,<br />

DAVID TOMASZEK,<br />

LORRAINE DELOISON,<br />

DAVID DONNELLY,<br />

DJEDJIGA KACHENOURA,<br />

PHILIPPE DARDELET,<br />

LAURIE CHAMPIN<br />

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION<br />

ET RÉDACTEUR EN CHEF<br />

DAVID TOMASZEK<br />

DIRECTEUR ARTISTIQUE<br />

XAVIER CHAMBON<br />

RÉDACTION<br />

LÉA BORIE, VANESSA MAUREL,<br />

RUBEN DIAS, MANO BOUVIER,<br />

DAVID TOMASZEK, REMERCIEMENTS<br />

AUX ÉQUIPES DE L’OIF ET DE<br />

LABORATOIRE MICROÉQUILIBRE<br />

SECRÉTARIAT DE RÉDACTION<br />

LÉA BORIE<br />

PARTENARIATS<br />

BRUNO LALANDE<br />

blalande@womensports.fr<br />

ABONNEMENTS<br />

MEENA CHANOINE<br />

mchanoine@womensports.fr<br />

PUBLICITÉ<br />

RÉGIE SPORT.FR<br />

sport.fr/regie | regie@sport.fr<br />

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EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 7


BUZZ<br />

Spécial belles<br />

histoires des<br />

Jeux Olympiques<br />

Voile<br />

⊲<br />

Une médaille et deux demandes<br />

en mariage pour Picon et<br />

Steyaert ! Les Jeux Olympiques<br />

de Paris 2024 ont réservé<br />

des moments d’émotion<br />

inoubliables, notamment pour<br />

les médaillées françaises<br />

Charline Picon et Sarah<br />

Steyaert. Après avoir décroché<br />

la médaille de bronze en<br />

voile, les deux navigatrices<br />

ont été surprises par leurs<br />

compagnons respectifs, qui les<br />

ont demandées en mariage,<br />

en même temps ! Ce double<br />

événement inattendu s’est<br />

déroulé sous les yeux du<br />

public, ajoutant une touche de<br />

romantisme à cette compétition<br />

prestigieuse. Charline et<br />

Sarah, encore sous le coup<br />

de l’émotion, ont toutes deux<br />

accepté. La médaille autour du<br />

cou et la bague au doigt. Rien<br />

que ça.<br />

8 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


© Franck Castel/ABACAPRESS/Icon Sport<br />

Athlétisme<br />

Alice Finot demande son compagnon en mariage<br />

après une course incroyable. Après avoir terminé 4 e lors<br />

de la finale du 3 000 m steeple aux Jeux Olympiques<br />

de Paris, la Française Alice Finot a créé la surprise en<br />

se dirigeant vers les tribunes pour demander la main<br />

de son compagnon. Ayant réalisé un record d’Europe en<br />

8’58’’67, Alice avait décidé que si elle courait sous les<br />

9 minutes, elle ferait cette demande spéciale. Avec un<br />

sourire radieux, elle a offert un pin’s portant l’inscription<br />

« L’amour est à Paris » à son compagnon, qui a accepté<br />

sans hésitation.<br />

Escrime<br />

L’Égyptienne Nada Hafez révèle sa grossesse<br />

de 7 mois après sa participation. Lors des Jeux<br />

de Paris 2024, l’escrimeuse égyptienne Nada<br />

Hafez a créé la surprise en révélant qu’elle était<br />

enceinte de sept mois. Malgré cet incroyable défi,<br />

elle a réussi à passer un tour au sabre, éliminant<br />

l’Américaine Elizabeth Tartakovsky avant de<br />

s’incliner face à la Sud-Coréenne Jeon Ha-Young<br />

en 8 èmes de finale. Sur Instagram, Nada a exprimé<br />

sa fierté pour son parcours, et d’avoir prouvé<br />

que même enceinte, rien n’est impossible.<br />

© Icon Sport<br />

LE COUP<br />

Boxe<br />

Acharnement sur Imane Khelif. La boxeuse<br />

algérienne Imane Khelif a triomphé en<br />

seulement remportant l’or -66 kg. Athlète<br />

hyperandrogène, Khelif a fait face à une vague de<br />

critiques sur sa légitimité à concourir, voire sur<br />

de remise en doute sur son genre, notamment<br />

de la part de personnalités politiques. Malgré<br />

ces attaques, le Comité international olympique<br />

(CIO) a confirmé son éligibilité, soulignant que<br />

les règles de la Paris Boxing Unit prévalent sur<br />

celles de l’International Boxing Association.<br />

© Laurent Zabulon/ABACAPRESS/Icon Sport<br />

Beach volley<br />

Quand le DJ intervient… Lors<br />

de la finale féminine de beachvolley<br />

des JO 2024, au pied<br />

de la Tour Eiffel, une tension<br />

a éclaté entre les équipes du<br />

Brésil et du Canada. Après un<br />

set partout, les Brésiliennes Ana<br />

Patricia et Eduarda Santos se<br />

sont heurtées aux Canadiennes<br />

Melissa Humana-Paredes et<br />

Brandie Wilkerson, provoquant<br />

des cartons jaunes pour chaque<br />

paire. Pour apaiser les esprits, le<br />

DJ a diffusé « Imagine » de John<br />

Lennon, ce qui a directement<br />

transformé le terrain en un<br />

moment de paix et d’unité. Le<br />

public a chanté en chœur. Les<br />

joueuses ont retrouvé le sourire.<br />

DE<br />

GUEULE<br />

© Ulrik Pedersen/Cal Sport Media/Sipa USA/Icon Sport<br />

© Johnny Fidelin/Icon Sport<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 9


ENSEMBLE AVEC<br />

ÉDUCATION<br />

FONDATION HAVOBA<br />

Le handball, le volley-ball et le<br />

basketball français accompagnent<br />

les fédérations africaines<br />

Séminaire de Tunis :<br />

un nouvel accomplissement pour la fondation<br />

PAR DAVID TOMASZEK<br />

S<br />

ous l’impulsion de l’Agence<br />

Française de Développement<br />

(AFD) et des Fédérations<br />

Françaises de<br />

handball (FFHandball), volley-ball<br />

(FFVolley) et basketball (FFBB),<br />

la Fondation HAVOBA, sous égide de la<br />

Fondation du sport Français (FSF) a pour<br />

objectif de contribuer au développement<br />

de l’impact social de ces trois disciplines<br />

sur le continent africain.<br />

Dans la continuité des actions réalisées<br />

par les trois fédérations françaises en<br />

Afrique, l’initiative HAVOBA se réalise en<br />

partenariat avec les Fédérations du Bénin,<br />

Cameroun, Côte d’Ivoire, Maroc, Sénégal,<br />

et Tunisie, et se décline en quatre axes :<br />

Karim HELALI, président de la Fédération Tunisienne de Handball.<br />

D.R.<br />

• Accompagner les 18 fédérations africaines<br />

dans une démarche inclusive de<br />

développement de la pratique du sport<br />

collectif pour la jeunesse avec la mise<br />

en place de stratégies et d’outils pour<br />

développer la pratique licenciée et atténuer<br />

les inégalités femmes-hommes dans<br />

ces sports.<br />

• Renforcer la structuration de ces fédérations,<br />

en collaboration avec les acteurs<br />

locaux, par la mise en place de formations<br />

pour les quatre familles : Joueur(se), Technicien(ne),<br />

Officiel(le) et Dirigeant(e) ;<br />

• Développer la collecte de données et appuyer<br />

la digitalisation des fédérations grâce<br />

à la mise en place d’outils informatiques de<br />

gestion et à des formations<br />

« L’INITIATIVE HAVOBA SE RÉALISE EN<br />

PARTENARIAT AVEC LES FÉDÉRATIONS<br />

DU BÉNIN, CAMEROUN, CÔTE D’IVOIRE,<br />

MAROC, SÉNÉGAL ET TUNISIE. »<br />

• Capitaliser sur les formations à travers<br />

un curriculum commun à diffuser à d’autres<br />

fédérations africaines ;<br />

À cet égard, la Fondation HAVOBA a organisé<br />

son second campus du 1 er au 7 septembre<br />

derniers à Tunis, en Tunisie. Ce rassemblement<br />

s’est décomposé en deux temps :<br />

10 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


La Fondation<br />

HAVOBA a<br />

organisé son second<br />

campus du 1er au 7<br />

septembre derniers<br />

à Tunis.<br />

D.R.<br />

• 70 parties prenantes ont participé à<br />

un atelier de formation de formateurs de<br />

dirigeants, entraîneurs et officiels.<br />

• 70 parties prenantes ont travaillé, via<br />

des ateliers dédiés, sur des problématiques<br />

liées à la féminisation du sport,<br />

au sport scolaire et à la digitalisation.<br />

Dans le cadre de ce campus, une table<br />

ronde était également organisée à l’Institut<br />

Français de Tunis, où étaient rassemblées<br />

des personnalités importantes<br />

des milieux diplomatiques et sportifs,<br />

français et tunisiens, aux côtés des participants<br />

du campus, provenant de tous<br />

les pays acteurs d’HAVOBA. WS<br />

D.R.<br />

Havoba<br />

en bref<br />

Le 8 octobre 2021, à l'occasion<br />

du Nouveau Sommet Afrique-<br />

France à Montpellier, l’Agence<br />

Française de Développement,<br />

les Fédérations françaises<br />

de handball, volley-ball et<br />

basketball, signaient un premier<br />

partenariat officialisant la<br />

création d’HAVOBA, qui est<br />

depuis devenue une Fondation<br />

abritée par la Fondation du Sport<br />

Français. L’objectif principal de<br />

la Fondation HAVOBA, sous égide<br />

de la Fondation du Sport Français<br />

est de promouvoir la pratique et<br />

les valeurs du sport autour d’un<br />

programme de développement<br />

en faveur de la jeunesse.<br />

“<br />

D.R.<br />

Ali BENZARTI, président de la Fédération Tunisienne de Basketball.<br />

D.R.<br />

La fondation HAVOBA, sous<br />

l’égide de la FSF, souhaite<br />

ainsi répondre à l’une des<br />

préoccupations prioritaires,<br />

la lutte contre les inégalités<br />

sociales, en utilisant le sport<br />

comme vecteur de lien social,<br />

d’inclusion, et du vivre ensemble.<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 11


CHAMPIONNES<br />

PARIS 2024<br />

EN EXCLU, LES RÉACTIONS<br />

DE NOS MÉDAILLÉES OLYMPIQUES !<br />

En or, en argent ou en bronze, elles nous ont toutes fait rêver. Si les Jeux Olympiques<br />

sont terminés, Women Sports a décidé de prolonger le plaisir. Découvrez ou<br />

redécouvrez l’ensemble des médaillées des Jeux Olympiques de Paris 2024, avec,<br />

en prime quelques réactions exclusives ! PAR RUBEN DIAS & VANESSA MAUREL<br />

TAEKWONDO<br />

ALTHEA LAURIN<br />

Médaillée d’or +67 kg<br />

« Remporter cette médaille me procure un sentiment de satisfaction<br />

immense : je suis la première de l’Histoire de mon sport à la<br />

remporter et cela fait des années que j’en ai rêvé. Les JO c’est<br />

le point culminant de la carrière d’une sportive et le fait d’avoir<br />

remporté cette compétition aussi tôt dans ma carrière et à Paris<br />

devant mon public ne peut que m’être très agréable. Le public était<br />

en feu pendant la victoire, je m’en rappellerai éternellement. »<br />

© Daniel Derajinski/Icon Sport<br />

© PA Images / Icon Sport<br />

D.R.<br />

12 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


ESCRIME<br />

MANON APITHY-BRUNET<br />

Médaillée d’or<br />

en sabre individuel<br />

TRIATHLON<br />

CASSANDRE BEAUGRAND<br />

Médaillée d’or<br />

VTT<br />

PAULINE FERRAND-PRÉVOT<br />

Médaillée d’or<br />

© PA Images / Icon Sport<br />

© Abaca / Icon Sport<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 13


CHAMPIONNES<br />

© Icon Sport<br />

BASKET<br />

ÉQUIPE FÉMININE<br />

Médaillée d’argent<br />

Sarah Michel : « Remporter cette médaille à Paris, c’est une fierté. Nous aurions évidemment préféré l’or mais<br />

c’était une aventure exceptionnelle. L’engouement pour ces Jeux Olympiques en France a été incroyable. Voir autant de monde assister aux compétitions<br />

et encore plus aux compétitions féminines comme le basket c’était inédit, c’est déjà une victoire ! Seul le sport est capable de rassembler et de faire<br />

vibrer autant de monde à la fois, de nous faire vivre autant d’émotions. »<br />

Valériane Ayayi : « Remporter cette médaille c’est de la tristesse d’être passées si proche d’une médaille d’or mais aussi<br />

une énorme fierté et joie de ramener un titre de vices championnes olympiques à nos proches, à la France ! Et surtout l’envie<br />

à la motivation d’aller chercher plus la prochaine fois ! »<br />

© Icon Sport<br />

© Icon Sport<br />

HANDBALL<br />

ÉQUIPE FÉMININE<br />

Médaillée d’argent<br />

Alicia Toublanc : « Cette médaille pour moi c’est vraiment une fierté. Fierté d’avoir réussi à aller la chercher car le parcours n’a pas été facile et c’est aussi une récompense de tout<br />

le travail qu’on a accompli pendant plusieurs années et notamment pendant la préparation qui a démarré assez tôt. Ensuite c’est un véritable bonheur de pouvoir partager des<br />

émotions, que ce soit entre nous mais aussi avec le public français. Ça a été un régal. Cette médaille, c’est énormément de bonheur. »<br />

Estelle Nze Minko : « En tant que tenantes du titre, nous étions très attendues. Aucune compétition n’est jamais gagnée d’avance. Nous nous sommes préparées en conséquence,<br />

avec les joueuses et le staff, avec un seul objectif : aller au bout de nos efforts pour cet événement historique. Dès notre arrivée au village olympique, l’atmosphère était<br />

indescriptible, et le passage de la délégation française lors de la cérémonie d’ouverture a marqué le début d’une aventure unique. À chaque match, nous avons ressenti des énergies<br />

incroyablement positives, portées par une ferveur qui nous a accompagnées tout au long de la compétition. Jouer devant nos supporters, nos proches, ici, dans notre pays, nous<br />

a vraiment donné une force supplémentaire, surtout dans les moments les plus intenses. Les moments partagés avec le peuple français resteront gravés dans nos mémoires. Et audelà<br />

de la couleur de la médaille, je crois sincèrement que, c’est cette aventure humaine qui est la plus belle. »<br />

14 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


ESCRIME<br />

AURIANE MALLO-BRETON<br />

Médaillée d’argent en épée<br />

individuelle (et médaillée d’argent en<br />

épée par équipes)<br />

« Remporter ces deux médailles d’argent au Grand Palais<br />

c’était vraiment quelque chose d’incroyable. D’avoir la chance<br />

de faire les Jeux c’est déjà quelque chose de magique, mais<br />

de pouvoir avoir les Jeux à la maison, au Grand Palais, c’était<br />

vraiment fou. Je pense qu’on ne se rendait pas compte de<br />

la chance qu’on allait avoir de faire ces compétitions dans<br />

des lieux aussi magiques, et avec un public aussi incroyable<br />

que celui qu’on a eu. Et devant nos familles. C’était vraiment<br />

quelque chose de très très fort. »<br />

ESCRIME<br />

SARA<br />

BALZER<br />

Médaillée d’argent<br />

en sabre individuel<br />

© Anthony Dibon/Icon Sport<br />

ESCRIME<br />

MARIE-FLORENCE<br />

CANDASSAMY<br />

Médaillée d’argent en épée<br />

par équipes<br />

© Eliot Blondet/ABACAPRESS.COM/Icon Sport<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 15


CHAMPIONNES<br />

© Hugo Pfeiffer/Icon Sport<br />

PENTATHLON MODERNE<br />

ELODIE CLOUVEL<br />

Médaillée d’argent<br />

« Remporter cette médaille aux Jeux de Paris, c’était<br />

l’accomplissement de toutes ces années de travail.<br />

C’est la médaille de la résilience, du courage. Parce<br />

qu’il y a un an, j’étais en burn-out, j’ai tout changé dans<br />

ma préparation. J’ai fait une préparation totalement<br />

différente, qui n’avait jamais été faite, et à ma manière.<br />

Et hors système fédéral, car je n’en pouvais plus. Je<br />

suis la seule double médaillée olympique de mon sport.<br />

À un moment donné, il faut suivre ses convictions et<br />

son instinct. C’est ce que j’ai fait, et c’est ça qui a fait la<br />

différence. Donc cette médaille a une saveur particulière.<br />

C’était magique de vivre ça, et au-delà de ça, toute mon<br />

équipe était dans les tribunes, les personnes que j’avais<br />

choisies étaient là ce jour-là. Il y avait tous mes amis,<br />

toute ma famille, le public français… C’était incroyable.<br />

C’était magique, et je reviens de tellement loin. Le jour<br />

où j’ai gagné ma médaille, un an avant, j’étais au fond<br />

du trou. J’ai dû me reconstruire, avec un processus<br />

de 10 mois pour y arriver… Ça a été magique. J’avais<br />

l’impression de ne plus respirer avant, dans un système<br />

qui ne me convenait pas, et ensuite j’ai refait surface,<br />

c’était une renaissance. C’est ça qui est magique. La<br />

renaissance, quoi. »<br />

© Hugo Pfeiffer/Icon Sport<br />

CANOË-KAYAK<br />

ANGELE HUG<br />

Médaillée d’argent au Kayak cross<br />

« Remporter cette médaille aux JO de Paris m’a apporté<br />

énormément de joie, pas seulement personnelle mais<br />

aussi et surtout pour toutes les personnes qui étaient<br />

derrière moi dans cette aventure. J’ai pu transmettre<br />

des émotions à mes proches, aux supporters et aux<br />

Français et c’est ce qui me rend le plus fière : d’avoir pu<br />

partager de la joie et toutes les valeurs du sport qui me<br />

sont chères avec des personnes que je connais depuis<br />

toujours et aussi d’autres personnes que je ne connais pas<br />

mais qui étaient tellement à fond dans mes courses. C’est<br />

inoubliable. »<br />

© Anthony Bibard/FEP/Icon Sport<br />

© Firas Abdullah/ABACAPRESS.COM/Icon Sport<br />

TIR<br />

CAMILLE<br />

JEDRZEJEWSKI<br />

Médaillée d’argent au<br />

25 m pistolet<br />

16 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


VOILE<br />

LAURIANE NOLOT<br />

Médaillée d’argent en kitesurf<br />

© Johnny Fidelin/Icon Sport<br />

ATHLÉTISME<br />

CYRENA SAMBA-MAYELA<br />

NATATION<br />

ANASTASIIA<br />

KIRPICHNIKOVA<br />

Médaillée d’argent sur<br />

le 1 500 m nage libre<br />

Médaillée d’argent au 100 m haies<br />

© Anthony Dibon/Icon Sport<br />

ESCRIME<br />

CORALINE VITALIS<br />

Médaillée d’argent en épée<br />

par équipes<br />

« Cette médaille m’a fait énormément plaisir.<br />

Je suis très fière et très heureuse pour l’épée<br />

dame.<br />

C’est la première médaille olympique pour<br />

nous depuis 2004. Avec du recul, je me rends<br />

compte qu’on a fait quelque chose de grand<br />

! C’est ma première médaille olympique et je<br />

l’obtiens à Paris, quoi de mieux ? Je n’ai pas eu<br />

de médaille en individuel alors cette médaille<br />

par équipe fait du bien et je la savoure. »<br />

© Daniel Derajinski/Icon Sport<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 17


CHAMPIONNES<br />

© Eliot Blondet/ABACAPRESS.COM<br />

TIR À L’ARC<br />

LISA BARBELIN<br />

Médaillée de bronze en<br />

individuel<br />

« Cette médaille est une consécration non<br />

pas de ma carrière mais de mon travail depuis<br />

10ans. J’ai toujours su que je pouvais arriver au<br />

plus haut niveau. Depuis cette flèche décisive,<br />

les choses se sont accélérées et à vrai dire<br />

quand je regarde en arrière j’ai encore du mal<br />

à me dire que c’est bien moi qui ai fait tout ça.<br />

C’est une sensation assez étrange. En revanche<br />

je me rappelle parfaitement du public et de<br />

la sensation que tous ces gens m’ont procuré,<br />

je me sentais invincible. J’étais poussée d’une<br />

force plus grande que moi, plus grande que<br />

ma volonté d’aller au bout, plus forte que ma<br />

détermination sans faille, plus forte que tout !<br />

Et pour ça je ne pourrais jamais assez remercier<br />

les français qui ont crié mais aussi pleuré avec<br />

moi. Aujourd’hui, je suis aussi très fière d’être<br />

reconnue dans la rue et que les gens me disent<br />

«merci, merci pour ce que vous nous avez fait<br />

vivre » c’est ça ma médaille ! »<br />

© Icon Sport<br />

JUDO<br />

AMANDINE<br />

BUCHARD<br />

Médaillée de bronze<br />

en individuel (-52kg)<br />

(également<br />

médaillée d’or<br />

sur l’épreuve par<br />

équipes mixtes)<br />

© Laurent Zabulon/ABACAPRESS.COM/Icon Sport<br />

© Baptiste Fernandez/Icon Sport<br />

© Xinhua/Ma Ping/Icon Sport<br />

SURF<br />

JOHANNE<br />

DEFAY<br />

Médaillée de bronze<br />

JUDO<br />

SARAH-LÉONIE CYSIQUE<br />

Médaillée de bronze en individuel<br />

(-57 kg) (également médaillée d’or sur<br />

l’épreuve par équipes mixtes)<br />

18 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


JUDO<br />

ROMANE DICKO<br />

Médaillée de bronze<br />

en individuel (+78<br />

kg) (également<br />

médaillée d’or<br />

sur l’épreuve par<br />

équipes mixtes)<br />

© Anthony Dibon/Icon Sport<br />

JUDO<br />

SHIRINE BOUKLI<br />

Médaillée de bronze en<br />

individuel (-48 kg)<br />

JUDO<br />

CLARISSE AGBEGNENOU<br />

Médaillée de bronze en individuel (-63 kg)<br />

(également médaillée d’or sur l’épreuve par<br />

équipes mixtes)<br />

« Remporter cette médaille aux Jeux pour moi<br />

c’était incroyable. Encore plus à Paris ! C’était<br />

magnifique. Une médaille olympique c’est le<br />

graal et à Paris c’est encore plus beau, on est<br />

à la maison, c’est fabuleux. Cette médaille de<br />

bronze, j’ai vraiment l’impression que c’est<br />

comme une médaille d’or, juste parce que<br />

c’était à la maison et qu’on avait un public de<br />

dingue, qui t’acclamait comme si t’avais été<br />

formidable. Et c’était dingue, magique. Pour<br />

moi c’est super important. Cette médaille, c’est<br />

la concrétisation de beaucoup de choses, elle<br />

signifie la persévérance, le courage, tout un<br />

chemin périlleux je dirais, et je suis trop fière de<br />

cette médaille. Elle est trop belle. Je suis juste<br />

super contente. »<br />

© Yukihito Taguchi/USA TODAY Sports/Sipa USA/ Icon Sport<br />

VOILE<br />

CHARLINE<br />

PICON ET<br />

SARAH<br />

STEYAERT<br />

Médaillées de<br />

bronze en skiff<br />

© Johnny Fidelin/Icon Sport<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 19


CHAMPIONNES<br />

RETOUR SUR…<br />

La drôle d’histoire d’<br />

Anastasiia<br />

Kirpichnikova<br />

Timide devant les médias, l’histoire d’Anastasiia Kirpichnikova n’est pas connue de tous.<br />

Lors de ces Jeux Olympiques de Paris 2024, la nageuse d’origine russe a ramené une<br />

magnifique médaille d’argent à la délégation française lors du 1500 m nage libre. Revenons<br />

en détail sur son parcours hors du commun. PAR MANO BOUVIER<br />

out commence le 24 juin<br />

T<br />

2000, à Asbest un petit village<br />

russe proche de Iekaterinbourg,<br />

date à laquelle la<br />

petite d’Anastasiia Kirpichnikova<br />

voit le jour. Dès son plus jeune, âge<br />

la natation est une réelle passion et aucun<br />

doute : la jeune fille est très douée pour ce<br />

sport. Sa précocité est assez impressionnante.<br />

À tout juste 14 ans, elle participe au<br />

Jeux européens de Bakou, en 2015. Malgré<br />

sa jeunesse elle brille de mille feux lors de<br />

cette compétition et termine avec quatre médailles<br />

autour du cou, dont deux en or lors<br />

du relais 4×100 m nage libre et du 4×200 m<br />

nage libre, une en argent sur 800 m nage<br />

libre et une en bronze sur 400 m nage libre.<br />

Juste stratosphérique à son jeune âge. À<br />

cette époque, elle nage sous la bannière de<br />

son pays d’origine, la Russie. Elle continue<br />

tranquillement de se faire une place de choix<br />

dans la natation dans les années qui suivent.<br />

En 2017, par exemple, elle éclabousse de sa<br />

classe les Championnats du monde junior se<br />

déroulant à Indianapolis (États-Unis), avec<br />

trois belles médailles !<br />

Son arrivée en France<br />

Pour vous raconter la suite de son histoire,<br />

il va falloir mettre le cap sur le sud de la<br />

France. Avant même que le conflit russo-ukrainien<br />

resurgisse, d’Anastasiia Kirpichnikova<br />

fait le choix de s’entraîner en<br />

France pour passer un palier. Dès 2019, la<br />

nageuse d’origine russe s’installe en France<br />

et plus précisément à Montpellier. Pour l’entraîner,<br />

elle fait appel à un coach de renom,<br />

Philippe Lucas, notamment connu pour avoir<br />

LA MÉDAILLE D’OR ÉTAIT DANS UN<br />

COIN DE SA TÊTE : « J’AI APPRIS LA<br />

MARSEILLAISE MAIS JE N’OUBLIE PAS<br />

QU’IL Y A LEDECKY DANS MA COURSE ».<br />

© Icon Sport<br />

coaché Laure Manaudou. La talentueuse<br />

nageuse mise sur son expérience pour atteindre<br />

les sommets de la natation mondiale.<br />

Et tout se passe pour le mieux, tout du moins<br />

au début Elle est double finaliste aux Jeux de<br />

Tokyo en 2021, elle vient de glaner trois médailles<br />

d’or aux Championnats d’Europe petit<br />

bassin se déroulant la même année à Kazan<br />

en Russie (sur 400 m, 800 m, 1 500 m nage<br />

libre) et une autre d’argent aux Mondiaux<br />

d’Abou Dhabi en 2021. Sa progression est<br />

impressionnante. Mais un tournant a lieu le<br />

23 mars 2022. À cette date, la Fédération<br />

internationale de natation fait un choix fort,<br />

exclure les athlètes russes et biélorusses des<br />

compétitions internationales dont fait partie<br />

Anastasiia Kirpichnikova.<br />

Des années de frustration<br />

Malgré ce désagrément, la nageuse russe<br />

continue de s’entraîner sans relâche, du côté<br />

de Martigues. Mais la frustration est grande,<br />

elle voit week-end après week-end ses coéquipières<br />

d’entraînement aller dans diverses<br />

compétitions pendant qu’elle reste chez elle<br />

sans pouvoir participer : difficile pour une<br />

compétitrice comme elle. Anastasiia Kirpichnikova<br />

ne perd pas pour autant sa motivation<br />

et prend une décision forte.<br />

La naturalisation comme<br />

libération<br />

Après deux ans à ne pas pouvoir s’aligner<br />

sur les différentes courses, la nageuse<br />

20 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


Objectif accompli<br />

pour Anastasiia<br />

Kirpichnikova, et<br />

avec brio, médaillée<br />

d’argent sur 1 500 m<br />

nage libre !<br />

© Icon Sport<br />

russe prend la décision de demander la<br />

naturalisation française. Un choix assez<br />

difficile pour elle qui est obligée de renier<br />

son origine pour pouvoir concourir. Après<br />

un long temps de réflexion, elle décide de<br />

se lancer et cela a payé. Le 21 avril 2023,<br />

la protégée de Philippe Lucas obtient la<br />

nationalité française. Elle va enfin pouvoir<br />

retourner dans les bassins et montrer son<br />

talent au monde entier.<br />

Objectif Jeux olympiques !<br />

D.R.<br />

Anastasiia Kirpichnikova devient donc officiellement<br />

française un peu plus d’un an<br />

avant les JO se tenant en France en juillet<br />

2024. Elle a donc peu de temps pour<br />

se mettre au niveau des compétitions<br />

internationales qu’elle avait dû stopper<br />

des années auparavant. Mais la jeune nageuse<br />

a très vite montré qu’elle en avait<br />

la capacité. Deux jours après sa naturalisation,<br />

Anastasiia Kirpichnikova se lance<br />

dans le grand bain à l’Open de Martinique,<br />

résultat une très belle troisième place<br />

lors du 10 km. Elle enchaîne les bonnes<br />

performances. Une est marquante, elle<br />

réalise un nouveau record de France du<br />

1 500 m nage libre en petit bassin à Angers<br />

en octobre 2023. Avec cette performance,<br />

elle efface le temps de la légende<br />

Laure Manaudou. Et cela n’est qu’un début,<br />

elle brille dans de nombreuses autres<br />

compétitions, tous les feux sont au vert<br />

pour les JO.<br />

Dernière répétition !<br />

Aux Championnats de France 2024 se<br />

déroulant du 16-21 juin 2024 à Chartres.<br />

Anastasiia Kirpichnikova brille, elle gagne<br />

le 1 500 m et le 800 m, en écrasant la<br />

concurrence. En plus de cela, elle obtient<br />

les minima sur ces deux distances. Pour<br />

peaufiner les derniers détails, l’équipe de<br />

France se rend au CREPS de Vichy.<br />

L’inquiétude…<br />

Alors que l’on pensait qu’Anastasiia Kirpichnikova<br />

était en forme olympique, Philippe<br />

Lucas refroidit tout le monde avec une prise<br />

de parole le 17 juillet, à quelques jours des<br />

Jeux Olympiques. « Je n’ai jamais parlé de<br />

médaille. C’est vous qui avez parlé de médaille.<br />

Elle en parle. Elle en parle. Je dis ce<br />

que je pense. Le demi-fond, ce n’est pas<br />

une fois de temps en temps. Ce n’est pas le<br />

hasard. C’est être régulier à chaque entraînement<br />

et ce n’est pas le cas. » Des mots<br />

assez durs, laissant planer le doute sur sa<br />

réussite aux Jeux. De son côté, la spécialiste<br />

du 1 500 m était plutôt confiante et<br />

a profité d’un point presse le même jour<br />

D.R.<br />

pour évoquer son rapport avec son entraîneur.<br />

« Des fois, c’est très bien. Des fois,<br />

c’est un peu tendu. Des fois, on ne parle<br />

pas. C’est comme ça, c’est comme tout le<br />

monde. Moi, j’ai mon caractère. Lui aussi,<br />

mais dans l’ensemble cela se passe bien.<br />

Cela fait six ans qu’on travaille ensemble<br />

et on doit finir ce cycle de la meilleure des<br />

manières possibles ». Allez, je vous enlève<br />

tout suspense, elle a accompli son objectif.<br />

Juste derrière la légende,<br />

l’intouchable Katie Ledecky<br />

Anastasiia Kirpichnikova débarque aux<br />

Jeux Olympiques en tête avec un seul<br />

objectif en tête, la médaille sur 1 500 m.<br />

Cette compétition a lieu dans sa nouvelle<br />

maison, la France. Le public est bouillant<br />

et la nageuse donne tort à son entraîneur.<br />

Après une encourageante 7 ème place sur<br />

le 800 m, elle s’offre une splendide médaille<br />

d’argent sur 1 500 m derrière…<br />

l’intouchable Katie Ledecky. Sa prédiction<br />

faite avant les JO était bonne, « j’ai appris<br />

la Marseillaise mais je n’oublie pas qu’il<br />

y a Ledecky dans ma course ». La récompense<br />

est magnifique. À tout juste 24 ans,<br />

ce destin argenté pourrait bien se transformer<br />

en destin doré dans les années qui<br />

suivent. Retenez bien son nom, Anastasiia<br />

Kirpichnikova. WS<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 21


CHAMPIONNES PARIS 2024<br />

RETOUR SUR SUR LES PARALYMPIQUES<br />

Sonia Heckel a<br />

manqué la médaille<br />

à Paris, mais une<br />

autre Française,<br />

Aurélie Aubert, a<br />

créé la surprise !<br />

Découvrons<br />

la boccia<br />

avec la numéro<br />

un mondiale de la<br />

discipline, la Française<br />

Sonia Heckel<br />

Si je vous dis boccia, il y a de grandes chances que nombre<br />

d’entre vous se demandent de quoi je parle. Ce sport est<br />

méconnu en France alors que notre pays à la chance d’avoir<br />

la numéro un mondiale dans ses rangs, Sonia Heckel. Zoom<br />

sur cette pratique sportive peu connue du grand public.<br />

PAR MANO BOUVIER<br />

C<br />

ommençons par sa spécificité<br />

: la boccia est un des<br />

deux sports avec le goalball<br />

présent aux Jeux Paralympiques<br />

n’ayant pas d’équivalent<br />

olympique. Elle fait son apparition au<br />

Jeux de Stoke Mandeville (Royaume-Uni) en<br />

1984. Étymologiquement, le terme vient du<br />

mot « boule » en italien. Il s’agit d’un sport<br />

de précision que beaucoup comparent à<br />

de la pétanque. En réalité, cela est bien<br />

plus complexe, comme l’explique Laurence<br />

Le Franc, kinésithérapeute de l’équipe de<br />

France de boccia, « Cette discipline est plus<br />

complexe que ce que l’on croit, elle mélange<br />

la pétanque, les échecs et le curling. La réflexion<br />

qu’il faut avoir pour gagner une partie<br />

est vraiment centrale. » La boccia se joue en<br />

salle, sur un terrain de 12,5 x 6 m avec la<br />

possibilité de jouer soit en simple, soit en<br />

double, soit en équipe.<br />

Les règles<br />

Qui de mieux que la numéro un mondiale<br />

pour nous expliquer ce sport ? Et cette<br />

championne de boccia est française ! Sonia<br />

Heckel est une référence dans ce sport. « La<br />

boccia est un sport qui ressemble à de la<br />

pétanque sur le principe. J’insiste sur le principe<br />

de base, parce qu’il y a des balles au<br />

lieu des boules de pétanque. Les balles sont<br />

en cuir avec un cochonnet appelé “jack” qui<br />

est différencié des autres par sa couleur,<br />

le blanc. Les autres sont rouges pour l’un<br />

des joueurs et bleues pour l’autre. Le sol<br />

peut être du parquet ou du taraflex. Cela<br />

peut changer notre manière de jouer car<br />

les balles vont rouler au sol. On va emprunter<br />

des techniques au curling ou au billard,<br />

certains sauront de quoi je parle. Et Niveau<br />

stratégique, on va toujours essayer d’avoir<br />

un, deux ou trois coups d’avance, ce qui est<br />

le principe des échecs. Un match se déroule<br />

en quatre manches en individuel ou six en<br />

équipe, chacune se finit quand les 6 balles<br />

ont été lancées de chaque côté. Les points<br />

remportés à l’issue de chaque manche se<br />

cumulent. Pour l’emporter, il faut comptabiliser<br />

plus de points que son adversaire à la fin<br />

de la rencontre », nous explique Sonia avec<br />

passion.<br />

Des catégories différentes<br />

Comme dans de nombreux sports paralympiques,<br />

les athlètes sont classés en<br />

fonction de leur handicap. En boccia, on<br />

en dénombre quatre, BC1, BC2, BC3 et<br />

BC4. Pour la première, elle est faite pour<br />

les joueurs atteints de paralysie cérébrale<br />

et assimilés, c’est-à-dire avec un handicap<br />

« sévère » au niveau des quatre membres.<br />

Le joueur dispose d’un assistant sportif. La<br />

catégorie suivante est assez similaire mais<br />

« CETTE DISCIPLINE EST PLUS<br />

COMPLEXE QUE CE QUE L’ON CROIT,<br />

ELLE MÉLANGE LA PÉTANQUE,<br />

LES ÉCHECS ET LE CURLING. »<br />

22 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


SONIA HECKEL<br />

EN TROIS<br />

QUESTIONS…<br />

“© Icon Sport<br />

DEPUIS QUAND PRATIQUES-TU CE<br />

SPORT 1?<br />

Je pratique depuis 2007, donc ça commence<br />

à faire un petit bout de temps.<br />

J’avais 18 ans lorsque j’ai fait mes premiers<br />

pas en boccia, j’en ai maintenant<br />

35. J’ai commencé en catégorie BC4,<br />

la catégorie où l’on joue à la main,<br />

mais avec ma maladie évolutive, j’ai<br />

été contraint de changer. J’ai tout de<br />

même pu jouer à la main jusqu’en 2014.<br />

Début 2014, j’ai dû changer de catégorie,<br />

et du coup j’évolue maintenant en<br />

BC3. C’est-à-dire que j’ai une rampe et<br />

un assistant pour m’aider à jouer. Cela<br />

a été un véritable changement, j’ai dû<br />

tout réapprendre mais j’étais déjà tombée<br />

amoureuse de ce sport et cela n’a<br />

pas posé de souci.<br />

les athlètes n’ont pas besoin d’assistant.<br />

Aux Jeux Paralympiques, ces deux catégories<br />

jouent ensemble. Les sportifs évoluant<br />

en BC3 sont des joueurs ayant tous types<br />

de pathologie plus « sévère » au niveau des<br />

quatre membres. Le joueur dispose d’une<br />

rampe et d’un assistant sportif. Il s’agit de<br />

la catégorie de Sonia Heckel. Et pour finir, la<br />

BC4, elle, est faite pour les boccistes ayant<br />

tout autres types de handicaps non liés à<br />

la paralysie cérébrale. Ils n’ont pas d’assistant<br />

hormis pour ceux jouant au pied. Petite<br />

précision, l’assistant n’a pas le droit de regarder<br />

le jeu ni de parler avec son joueur.<br />

Il est donc toujours dos à la partie. Celui-ci<br />

est d’ailleurs considéré comme un réel athlète,<br />

il est médaillable en cas de victoire<br />

dans un tournoi.<br />

Une équipe de France en forme<br />

olympique<br />

Si à Tokyo les Français n’avaient pas ramené<br />

de médailles, tous les feux étaient au<br />

vert pour briller à Paris. Nos tricolores n’ont<br />

jamais ramené de médailles dans ce sport<br />

depuis son apparition en 1984. L’équipe<br />

pour Paris 2024 était composée de cinq<br />

athlètes, Jules Menard et Sonia Heckel en<br />

BC3, Fayçal Meguenni et Aurélien Fabre en<br />

BC2 et Aurélie Aubert en BC1. Sonia Heckel<br />

était la plus grande chance de médaille<br />

avec sa première place mondiale, mais elle<br />

© Icon Sport<br />

D.R.<br />

D.R.<br />

a hélas échoué. Toutefois, les Français ont<br />

réussi à ramener une magnifique médaille<br />

d’or de ces Jeux, une première dans l’histoire<br />

de la boccia. Et celle-ci est une surprise<br />

totale puisque c’est Aurélie Aubert<br />

qui n’avait pas fait mieux qu’une 4 ème place<br />

à la Coupe du monde, en individuel, en<br />

2022 qui se pare d’or. Son sourire restera<br />

gravé dans l’histoire.<br />

Pour Sonia Heckel, la désillusion est<br />

grande avec une défaite dès le premier<br />

tour. Ce n’est que partie remise pour<br />

2028 ! D’ici là, ce sport pourrait connaître<br />

un véritable effet boost après ce coup<br />

de projecteur médiatique inédit. La bocciste<br />

Aurélie Aubert a même eu l’honneur<br />

d’éteindre la flamme olympique, mettant<br />

la boccia au premier plan ! WS<br />

2<br />

3<br />

QUELLE EST TA RELATION AVEC<br />

TON ASSISTANT ?<br />

Pour moi, on est deux sportifs à part<br />

entière, parce que sans lui, je ne peux<br />

rien faire. Lui, il ne peut rien faire sans<br />

moi non plus. Nous sommes deux<br />

athlètes qui fonctionnons en binôme,<br />

indispensables l’un à l’autre. Comme<br />

je dis toujours, on a un corps humain<br />

complet à deux. Donc moi, je vais<br />

faire la tête et mon assistant va faire<br />

le corps. Et un corps ne peut pas fonctionner<br />

sans le cerveau et inversement.<br />

Je le connais depuis des années, on<br />

est même en colocation ensemble. On<br />

est indissociables. Je pense d’ailleurs<br />

qu’une grande partie de ma réussite est<br />

liée à cette relation.<br />

COMMENT S’EST DÉROULÉE TA<br />

PRÉPARATION POUR LES JEUX<br />

PARALYMPIQUES ?<br />

J’ai préparé ça comme une autre compétition,<br />

parce que j’essaie de toutes<br />

les prendre de la même manière, quel<br />

que soit le niveau. Le but est d’éviter<br />

de changer mes routines qui sont<br />

centrales pour réaliser de bonnes performances.<br />

Malgré tout, il y a eu des<br />

petites choses qui ont été modifiées<br />

notamment vis-à-vis du public, surtout,<br />

parce qu’on sait très bien qu’il va y<br />

avoir énormément de supporters. C’est<br />

quelque chose qu’on n’a pas du tout<br />

l’habitude de faire. Lorsque l’on part en<br />

compétition à l’étranger, on a très peu<br />

de public avec nous, donc on a essayé<br />

de modifier ce paramètre lors de nos<br />

entraînements. On a notamment utilisé<br />

des enceintes pour nous habituer aux<br />

bruits.<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 23


CHAMPIONNES PARIS 2024<br />

Dans tout Paris, au cœur<br />

des sites olympiques<br />

et paralympiques, un<br />

message : la fierté de la<br />

différence, et l’espoir de<br />

pouvoir revendiquer une<br />

société plus inclusive.<br />

© Victor Velter/ Shutterstock<br />

La révélation des Jeux Paralympiques<br />

Souvenirs<br />

d’une émotion<br />

paralympique<br />

Paris a été une fête sportive perpétuelle cet été. Après les Jeux Olympiques, on a vibré pour<br />

les Jeux Paralympiques. Sans nul doute les plus mémorables du nom. PAR LÉA BORIE<br />

es Jeux Paralympiques sont<br />

L<br />

désormais un rendez-vous<br />

sportif qui rivalise en ampleur<br />

avec les Jeux Olympiques.<br />

On va vous le montrer ! Pour<br />

cette 17 e édition des Jeux Paralympiques<br />

(JP), le rendez-vous a connu une popularité<br />

croissante. Plus abordables à la réservation<br />

et financièrement, pour autant encore peu<br />

connus du public français, les Jeux Paralympiques<br />

auraient presque été victimes de leur<br />

succès. 2,5 millions de billets vendus,<br />

près de 49 millions de Français devant<br />

la TV : pas un évènement sportif au<br />

rabais, loin s’en faut, les JP ont sonné comme<br />

le rendez-vous du sport accessible, dans<br />

tous les sens du terme. Et nous, tellement<br />

contents de voir le stade de France plein à<br />

craquer ou presque lors des épreuves de para-athlétisme.<br />

Dans les gradins comme sur le<br />

terrain, il y a eu peut-être encore plus de respect,<br />

d’amour du sport, d’amour de l’autre,<br />

de sororité, aussi.<br />

Côté public, il faut dire que beaucoup de<br />

choses ont été rendues gratuites<br />

pour les Paralympiques. Quant à la démarche<br />

des spectateurs, elle était volontaire. On en<br />

entendait derrière nous dans le stade de<br />

France tenter de décrypter les significations<br />

derrières les chiffres des épreuves des athlètes<br />

handicapés - T11 pour les aveugles,<br />

T46 les amputés d’un membre supérieur ou<br />

assimilé, etc. afin de comprendre les règles,<br />

pourquoi certains étaient accompagnés d’un<br />

guide... La raison d’une telle complexité ? Une<br />

manière de rendre la compétition juste, pour<br />

que les personnes qui présentent un handicap<br />

moindre ne soient pas toujours les vainqueures.<br />

En effet, les compétiteurs sont<br />

classés par catégories de handicap<br />

et leur sévérité. Pas toujours évident de<br />

s’y retrouver. D’autant que, tous les quatre<br />

ans, le Comité international paralympique<br />

(IPC) ouvre les Jeux à davantage d’athlètes,<br />

de handicaps et de pays, et inscrit de nouvelles<br />

disciplines au programme. Tentons d’y<br />

voir plus clair. Immersion. WS<br />

24 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


LES JEUX<br />

PARALYMPIQUES PARIS<br />

2024 EN CHIFFRES<br />

4400<br />

para-athlètes`<br />

11 000 athlètes valides, 4 400 athlètes en<br />

situation de handicap (200 français) venus<br />

des quatre coins du monde s’affronter sur 22<br />

disciplines para-sportives : un record absolu<br />

75<br />

médaillés français<br />

Il y a beaucoup de catégories différentes.<br />

Résultat : les médaillés sont plus<br />

nombreux que pour les JO (64 aux JO)<br />

D.R.<br />

1<br />

42 %<br />

d’épreuves uniquement féminines.<br />

soit 235/549 épreuves totales<br />

ère<br />

fois<br />

Les Jeux Paralympiques ont<br />

eu lieu pour la première fois<br />

en France !<br />

80 000 €<br />

La prime pour les para-athlètes et leurs entraîneurs<br />

ayant remporté l’or. Depuis 2008 (Jeux de Pékin),<br />

les médaillés français bénéficient de primes du<br />

même montant que celles versées pendant les Jeux<br />

Olympiques.<br />

Notons que d’autres pays comme Taïwan et Hong-<br />

Kong versent aux médaillés paralympiques des<br />

primes supérieures à celles versées aux vainqueurs<br />

olympiques…<br />

LE SAVIEZ-VOUS ?<br />

LES JP VIENNENT DE L’APRÈS-SECONDE<br />

GUERRE MONDIALE<br />

Nés au lendemain de la seconde guerre mondiale en 1948, destinés<br />

en particulier pour les blessés paralysés, les Jeux Paralympiques<br />

s’ouvrent à partir des années 70 à toute personne ayant des incapacités<br />

motrices, sensorielles ou intellectuelles. Le CIP est créé en 1989<br />

mais c’est vraiment en 2012 et les Jeux de Londres que le virage du<br />

mouvement paralympique est engagé comme point de bascule. Progressivement,<br />

c’est là aussi que les paralympiennes prennent plus de<br />

place.<br />

PARA-QUOI ?<br />

Le préfixe « para » veut dire « à côté » en grec : les Jeux Olympiques et<br />

Paralympiques existent en tandem, le second se déroulant désormais<br />

dans la même ville, juste après. La preuve de ce main dans la main :<br />

cette année, les para-athlètes ont finalement été autorisés à exhiber<br />

fièrement les anneaux des JO en tatouage. Car en effet, le logo des<br />

JP (3 virgules) est différent de celui JO : cela leur était interdit jusquelà,<br />

au risque d’être disqualifiés !<br />

LE “STOP AND GO” DES HANDICAPS<br />

MENTAUX<br />

La sous-représentation des athlètes avec déficience intellectuelle<br />

peut s’expliquer par un événement notamment. Celle-ci a été réintégrée<br />

dans trois sports en 2012 : natation, tennis de table et athlétisme,<br />

après avoir été introduite en 1996 puis sortie en 2000, suite à<br />

un scandale de « tricherie au handicap » lors des Jeux de Sydney. Le<br />

handicap mental ne représente que 5 % des sportifs, 0 porteur de<br />

trisomie 21 par exemple.<br />

LES RECORDS NE SONT PAS TOUJOURS OÙ<br />

L’ON PENSE<br />

Aux Jeux de Rio en 2016, le 1500 m JP a été plus rapide que celui<br />

des valides, idem en kitesurf. Si on joue le jeu des comparaisons un<br />

peu insensées, l’âge de la retraite des para-athlètes est souvent plus<br />

élevé aussi.<br />

D’autres ont mis tout le monde d’accord en participant à la fois aux<br />

Jeux Olympiques et Paralympiques comme cette année les joueuses<br />

de tennis de table Bruna Costa Alexandre (Brésil) et Melissa Tapper<br />

(Australienne), handicapées du bras.<br />

N’EST PAS PARITAIRE QUI VEUT…<br />

Si les Jeux Olympiques de Paris 2024 se sont clamés haut et fort paritaires,<br />

il n’en n’est pas de même pour les Paralympiques, où quelque<br />

1 983 femmes ont concouru (le seul pays paritaire : les Etats-Unis).<br />

On peut néanmoins se réjouir du nombre de participantes, nouveau<br />

record dans l’histoire paralympique. Celui-ci a d’ailleurs doublé depuis<br />

les Jeux de Sydney en 2000. La parité n’est pas encore possible,<br />

notamment dû au manque de pratiquantes.<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 25


CHAMPIONNES PARIS 2024<br />

Des para-athlètes féminines saluées<br />

© Icon Sport<br />

© Icon Sport<br />

D.R.<br />

D.R.<br />

AURÉLIE AUBERT<br />

Boccia<br />

(BC1, paralysie cérébrale,<br />

handicap sévère des<br />

4 membres), championne<br />

paralympique de<br />

boccia (apparentée à la<br />

pétanque), la première<br />

médaille d’or française<br />

dans ce sport (cf. pages<br />

22-23).<br />

ÉMELINE PIERRE<br />

Natation<br />

(S10, déficiences<br />

motrices légères),<br />

médaille d’or sur 100 m<br />

nage libre, avec un record<br />

personnel (1’00’’49) pour<br />

battre la Canadienne<br />

grande favorite, Aurélie<br />

Rivard.<br />

CATHERINE<br />

DEBRUNNER,<br />

Athlétisme<br />

(T53, fauteuil) décorée d’or<br />

au 5 000 m avec un record<br />

mondial, devenant la<br />

sportive en fauteuil roulant<br />

la plus rapide du monde.<br />

L’or aussi au 400 m, 800 m,<br />

1 500 m et marathon, et<br />

l’argent au 100 m !<br />

ANA CAROLINA SILVA<br />

DE MOURA,<br />

Taekwondo<br />

(K44, amputation<br />

unilatéral d’un bras) a<br />

remporté l’or avec brio<br />

en para-taekwondo<br />

-65 kg. Une rencontre<br />

vibrante et solaire !<br />

JP PARIS 2024 :<br />

QUEL IMPACT<br />

SUR LA MÉMOIRE<br />

COLLECTIVE !<br />

Tonitruant, cet évènement a eu de quoi engendrer<br />

un nouveau rapport aux différences corporelles.<br />

Alors non, les para-sports ne sont pas<br />

toujours pratiqués de façon identique par rapport<br />

aux JO, et les résultats pas toujours les mêmes<br />

que pour les sportifs valides, mais le spectacle n’en<br />

n’est pas moins beau, au contraire. Néanmoins, on<br />

ne pourra que constater le manque de moyens<br />

et de visibilité, encore, pour une meilleure accessibilité<br />

du sport, a fortiori de haut niveau, aux<br />

personnes en situation de handicap, quel qu’il soit.<br />

Du chemin encore à parcourir.<br />

© SDL<br />

NOS COUPS<br />

DE CŒUR<br />

SUR SITES<br />

• LE + ARTISTIQUE : CLUB 2024, la fan zone près du stade de<br />

France (Seine-Saint-Denis), avec démo de danses endiablées et<br />

musiques du monde, stand de make-up à paillettes…<br />

• LE + 100 % SPORT : LE SPOT, la fan zone du parvis de l’Hôtel<br />

de Ville de Paris, ses cours de sport gratuits en plein air, son<br />

double écran géant en direct et son espace ping-pong / basket.<br />

• LE PLUS AMBIANCÉ : LA MAISON DU BRÉSIL à Saint-<br />

Ouen, au cœur de Communale, récent food-court géant. Lieu<br />

dédié aux Jeux Paralympiques brésiliens : fracassant pour les<br />

oreilles mais tellement chaleureux !<br />

• LE + IMPRÉVISIBLE : LE PAVILLON OMEGA. Marque<br />

connue parce qu’on la voit partout dans les épreuves<br />

chronométrées, qu’on ne connaissait pas tant que ça finalement<br />

lorsqu’on parcourt le mini musée. En marge de l’Arena Bercy, le<br />

pavillon proposait de défier un sportif sur 10 m. Moralité : dur<br />

d’arriver à la cheville de la Jamaïcaine Shericka Jackson !<br />

• LE + INFORMATIF : L’EXPOSITION SUR LES JEUX<br />

PARALYMPIQUES en plein cœur du Panthéon dont nous tirons<br />

bon nombre d’informations ici.<br />

26 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


3 QUESTIONS À…<br />

CATHERINE DEBRUNNER,<br />

quintuple médaillée d’or<br />

« Soyons<br />

considérés en<br />

premier lieu<br />

comme des<br />

sportifs et non<br />

comme des<br />

personnes<br />

souffrant d’un<br />

handicap »<br />

© SUSA / Icon Sport<br />

1 2 3<br />

REVENONS SUR CE<br />

PRÉCIEUX MOMENT :<br />

VOTRE 1 ÈRE REMISE<br />

DE MÉDAILLE D’OR,<br />

SAMEDI 30 AOÛT AU<br />

STADE DE FRANCE PEU<br />

APRÈS VOTRE COURSE<br />

BRILLANTE EN 5 000 M<br />

FAUTEUIL. QU’AVEZ-VOUS<br />

RESSENTI ?<br />

J’attache beaucoup d’importance<br />

à la manière dont je démarre<br />

une grande compétition<br />

de ce type : le résultat de la<br />

1 ère course est très important.<br />

Le faire avec une victoire et un<br />

record paralympique était tout<br />

simplement un rêve. C’est un<br />

grand honneur et une grande<br />

fierté de remporter la 1 ère médaille<br />

(et en or !) de l’équipe paralympique<br />

suisse. Je suis fière<br />

de faire partie de cette dernière<br />

et de contribuer à son succès.<br />

J’espère qu’avec ma médaille,<br />

j’ai encouragé mon équipe à<br />

continuer à se surpasser.<br />

LE STADE ÉTAIT PLEIN À<br />

CRAQUER OU PRESQUE,<br />

COMMENT AVEZ-VOUS<br />

RESSENTI L’AMBIANCE ?<br />

L’ambiance au stade de France<br />

était absolument folle ! Je n’ai<br />

jamais rien vu de tel. Je suis<br />

très heureuse que nous, les<br />

sportifs paralympiques, ayons<br />

reçu la même reconnaissance<br />

et la même estime que lors des<br />

Jeux Olympiques.<br />

VOUS QUI AVEZ<br />

PARTICIPÉ NOTAMMENT<br />

À VOS PREMIERS JEUX<br />

À RIO EN 2016, PENSEZ-<br />

VOUS QUE LA PLACE DU<br />

PARA-ATHLÉTISME, ET<br />

PLUS LARGEMENT DU<br />

HANDISPORT, A ÉVOLUÉ ?<br />

Je suis heureuse de pouvoir<br />

confirmer que la valeur et la<br />

visibilité du parasport ont nettement<br />

augmenté - notamment<br />

grâce à son professionnalisme<br />

croissant. Ainsi, pendant Paris<br />

2024, beaucoup plus de compétitions<br />

ont été retransmises<br />

à la télé et ont bénéficié d’une<br />

meilleure couverture médiatique.<br />

Pour l’avenir, je souhaite<br />

que nous obtenions la même<br />

reconnaissance et la même<br />

estime que lors des Jeux Olympiques<br />

; que nous soyons considérés<br />

en premier lieu comme<br />

des sportifs et non comme<br />

des personnes souffrant d’un<br />

handicap. Nous sommes parfois<br />

trop utilisés pour « l’inclusion<br />

» et des thèmes politiques,<br />

au lieu d’être mis sur un pied<br />

d’égalité avec le sport olympique.<br />

WS<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 27


CHAMPIONNES<br />

DÉCOUVERTE<br />

Emily Bondi<br />

En piste pour le premier<br />

Championnat du monde<br />

féminin de moto un mois<br />

après sa cheville cassée !<br />

L’histoire de la moto féminine est en marche. Une vingtaine<br />

de pionnières ont fait rugir les moteurs à Misano, pour<br />

la première manche du Championnat du monde FIM<br />

(Fédération internationale de motocyclisme) de moto<br />

féminin. Parmi elles, deux françaises, Ornella Ongaro et<br />

Emily Bondi. Cette dernière, pilote des Zelos Classic 21 Black<br />

Knights, est revenue pour Women Sports sur son parcours<br />

atypique et un début de championnat marqué par une vilaine<br />

blessure. PAR RUBEN DIAS<br />

© wj.22 / Tanguy Naux<br />

Arrivée récemment,<br />

après une blessure,<br />

quelque chose nous<br />

dit qu’Emily Bondi<br />

n’a pas dit son dernier<br />

mot sur son bolide 2<br />

roues...<br />

WOMEN SPORTS : EMILY, POUVEZ-<br />

VOUS NOUS PARLER DE VOS<br />

DÉBUTS EN MOTO ?<br />

EMILY BONDI : Depuis toute petite, je<br />

montais derrière mes parents. J’étais<br />

tellement petite que ma mère me mettait<br />

devant elle sur le réservoir. Mais<br />

c’est après avoir passé mon permis<br />

moto que j’ai vraiment accroché. Philippe<br />

Monneret, un ancien pilote, m’a<br />

invitée un jour sur la piste pour me remercier<br />

d’avoir fait la promotion de sa<br />

moto-école. Honnêtement, j’y suis allée<br />

par politesse. Une fois sur la piste, je n’ai<br />

plus lâché.<br />

ET LA COMPÉTITION EST ARRIVÉE<br />

DANS LA FOULÉE ?<br />

Moi, je ne savais même pas qu’il existait<br />

ce genre de compétitions féminines !<br />

Pour ma première course, malgré un<br />

départ difficile, j’ai fini troisième. Je me<br />

suis dit ‘Il y a peut-être un truc à faire’<br />

(rires). Cela m’a donné la motivation de<br />

m’entraîner sérieusement, et le reste a<br />

suivi : plusieurs victoires, et finalement,<br />

le titre de championne de France. Dès<br />

ma première année.<br />

C’était un saut très rapide. En avril<br />

2023, je me suis inscrite au Championnat<br />

de France féminin de vitesse. C’est<br />

mon copain, un ancien champion de<br />

cross, qui m’a encouragée à m’inscrire.<br />

© wj.22 / Tanguy Naux<br />

28 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


des marques en leur montrant l’intérêt<br />

de sponsoriser une sportive qui est aussi<br />

présente sur les réseaux sociaux. J’ai<br />

réussi à obtenir des aides, mais c’était<br />

énormément de stress.<br />

Sur un plan mental, la montée rapide en<br />

notoriété a ses revers. On attire aussi<br />

des critiques et des jalousies. Il faut être<br />

mentalement solide pour supporter ça.<br />

Puis il a aussi des chutes. Je me rappelle<br />

particulièrement de celle juste avant la<br />

finale du Championnat de France, qui a<br />

failli tout compromettre…<br />

© wj.22 / Tanguy Naux<br />

VOTRE ASCENSION EST PRESQUE<br />

UN CONTE DE FÉES. COMMENT<br />

VOUS EXPLIQUEZ UNE TELLE<br />

FACILITÉ ?<br />

(Rires) J’ai toujours fait du sport à haut<br />

niveau. Avant la moto, j’ai été championne<br />

de France de horseball, j’ai participé<br />

aux Championnats de jet-ski, de<br />

natation, de basket… Le sport de compétition,<br />

c’est quelque chose que je<br />

connais bien. Quand je me suis mise à<br />

la moto, j’ai simplement appliqué ce que<br />

j’avais appris ailleurs : discipline, entraînement<br />

et détermination.<br />

LE HORSEBALL, LE JET-SKI ET<br />

MAINTENANT LA MOTO, IL Y A UN<br />

CERTAIN FIL CONDUCTEUR…<br />

« POUR MA PREMIÈRE COURSE,<br />

MALGRÉ UN DÉPART DIFFICILE, J’AI<br />

FINI TROISIÈME. JE ME SUIS DIT ‘IL Y A<br />

PEUT-ÊTRE UN TRUC À FAIRE’. »<br />

Tout à fait ! Ces sports m’ont appris à<br />

comprendre le lien entre soi et l’élément<br />

qu’on contrôle, qu’il s’agisse d’un cheval,<br />

d’un jet-ski ou d’une moto. Arriver<br />

dans le milieu de la moto, c’était nouveau<br />

pour moi, mais j’ai rapidement retrouvé<br />

cette connexion. Et évidemment<br />

la notion d’équilibre est très importante<br />

aussi.<br />

MALGRÉ UN DÉBUT EN BOULET DE<br />

CANON, AVEZ-VOUS RENCONTRÉ<br />

DES OBSTACLES ?<br />

Rien n’est aussi simple qu’il n’y paraît.<br />

La moto est un sport extrêmement coûteux,<br />

et trouver les moyens financiers<br />

pour continuer à rouler a été un vrai défi.<br />

À 21 ans, j’ai dû me battre pour trouver<br />

des sponsors. J’ai cherché à convaincre<br />

VOUS ÊTES AUJOURD’HUI ENGAGÉE<br />

DANS LE PREMIER CHAMPIONNAT<br />

DU MONDE FÉMININ DE MOTO…<br />

Ma victoire au Championnat de France<br />

et cette montée très rapide a attiré l’œil.<br />

J’ai posé ma candidature avec mon management<br />

qui est donc Zelos (manager<br />

et le plus gros sponsor d’Emily ndlr.),<br />

auprès de Dorna Sports, promoteur du<br />

MotoGP. Pour moi, ce n’était pas imaginable.<br />

Quelques mois avant, je ne savais<br />

même pas qu’une fille pouvait rouler<br />

à moto (rires). Finalement cela m’a<br />

encore souri.<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 29


CHAMPIONNES<br />

C’EST UN CHAMPIONNAT<br />

TRÈS RELEVÉ ?<br />

Toutes les filles étaient dans les plus<br />

gros championnats. Ana Carrasco, est<br />

championne du monde chez les hommes,<br />

en 300 cm 3 . Il y a aussi María Herrera,<br />

une pilote en MotoGP dans la catégorie<br />

électrique… et ce n’est pas dernière. On<br />

a la quadruple championne d’Europe,<br />

féminine. Bref, il y a du très haut niveau<br />

devant, ça roule très vite. Aujourd’hui,<br />

les premières places, ne sont pas atteignables<br />

pour moi. Ce serait bizarre. Ça<br />

ne fait qu’un an que je roule. Je pense<br />

que celle qui a le moins d’années d’expérience<br />

après moi, en a quand-même six.<br />

LES DÉBUTS ONT ÉTÉ<br />

COMPLIQUÉS ?<br />

Aux entraînements, à vouloir trop en faire<br />

pour être prête, je me suis cassée la cheville<br />

gauche. C’était un mois avant le début<br />

du championnat. Cela a été une vraie<br />

épreuve. Je ne pouvais évidemment plus<br />

© wj.22 / Tanguy Naux<br />

“C’est important<br />

aujourd’hui aussi de<br />

passer un message<br />

à toutes ces filles :<br />

le sport n’a pas de<br />

genre”, martèle Emily<br />

Bondi à qui veut bien<br />

l’entendre.<br />

« QUAND JE ME SUIS MISE À LA MOTO,<br />

J’AI SIMPLEMENT APPLIQUÉ CE QUE<br />

J’AVAIS APPRIS AILLEURS : DISCIPLINE,<br />

ENTRAÎNEMENT, ET DÉTERMINATION. »<br />

marcher, et aucun chirurgien ne voulait<br />

m’opérer. Tous jugeaient cela trop risqué,<br />

ils me disaient :’peut-être que tu ne<br />

marcheras plus jamais’. Je devais passer<br />

quatre mois dans le plâtre, je n’allais pas<br />

pouvoir participer de toute l’année, c’était<br />

terminé. Sauf que pour moi ce n’était<br />

juste pas possible. J’ai finalement trouvé<br />

un chirurgien qui accepté de faire l’intervention.<br />

Puis c’était parti pour une longue<br />

péripétie de rééducation.<br />

UN FAUX DÉPART…<br />

La blessure m’a mise hors jeu. Je n’ai<br />

pas pu participer aux pré-tests. Quand les<br />

autres filles ont découvert leur R7 (motos<br />

identiques pour toutes les participantes,<br />

ndlr.) et les ont essayées, moi j’étais à<br />

l’hôpital en train de regarder le plafond…<br />

On a bataillé jusqu’au bout, parce qu’au<br />

début du championnat, j’étais encore en<br />

béquilles. Je n’avais pas encore l’autorisation<br />

de marcher car c’était encore trop<br />

fragile. À la première course, je suis montée<br />

sur la moto en béquilles. Je n’avais<br />

pas le droit pour la télé, mais c’était tout<br />

pareil. On m’a portée, on m’a mise sur la<br />

moto et c’était parti.<br />

Il y a eu plein de circonstances et de<br />

faits de course. J’ai tout de même<br />

fini 15 e sur les 26 filles présentes. La<br />

deuxième course du week-end, j’ai dû<br />

l’abandonner à cause de la douleur.<br />

C’était la première fois, mais je n’arrivais<br />

pas à tenir.<br />

QUELLES SONT VOS AMBITIONS ?<br />

À moyen/long terme, j’espère pouvoir<br />

rattraper ce wagon et les années perdues.<br />

Je me laisse cette première année<br />

pour apprendre des meilleures. J’espère<br />

me rapprocher le plus souvent possible<br />

du top 10 quand-même (rires).<br />

PENSEZ-VOUS QUE, DANS LES<br />

ANNÉES À VENIR, IL Y AURA DES<br />

FEMMES EN MOTOGP ?<br />

On tend de plus en plus vers ça. Certaines<br />

filles devant pourraient trouver<br />

leur place. Il faut préciser quelque chose<br />

qui n’est pas dans les mœurs : La Moto-<br />

GP n’est pas un championnat masculin,<br />

c’est mixte. C’est important aujourd’hui<br />

aussi de passer un message à toutes<br />

ces filles : le sport n’a pas de genre. Il<br />

faut croire en ses rêves, travailler dur<br />

pour les réaliser. Rien n’est impossible<br />

si on est déterminé et prêt à se donner<br />

à 100 %. J’espère sincèrement que mon<br />

parcours très atypique, car je n’ai pas<br />

participé à des championnats jeunes,<br />

ni fait du karting etc, puisse en inspirer<br />

plus d’une. J’aimerais un jour retrouver<br />

ces filles qui vont lire le magazine, avec<br />

moi sur la piste. Que ce soit en compétition,<br />

en entraînements, ou juste pour le<br />

plaisir et la passion de la moto. Si j’entends<br />

un jour qu’une fille s’est mise à la<br />

moto grâce à moi, mon plus grand goal<br />

sera réalisé ! WS<br />

30 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


LE CLUB<br />

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D.R.<br />

Pour beaucoup, les vacances sont terminées, et peut-être depuis<br />

longtemps. Que vous soyez parti en famille en mode détente ou<br />

en vacances sportives, une chose est sûre, vous avez fait le plein<br />

de souvenirs. Mais tout ça pèse de plus en plus lourd. La qualité<br />

augmente, et l’espace de stockage de votre téléphone ou de<br />

votre ordinateur diminue.<br />

Des performances<br />

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Vous nous voyez venir. Pour éviter une<br />

saturation et la perte de performance<br />

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d’un indice de protection IP54 qui lui confère une résistance<br />

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Comme d’habitude, avec le Club Women Sports, l’objectif est<br />

de vous gâter. Alors, soyez bien attentifs à nos réseaux sociaux<br />

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D.R.<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 31


CHAMPIONNES<br />

RENCONTRE<br />

Lou Peter :<br />

« Le waveski est un compromis<br />

entre le kayak et le surf »<br />

C’est une dompteuse de vagues depuis son plus jeune âge. De la voile avec ses parents, au surf<br />

lors d’une crise d’ado, au waveski, poussée par son meilleur ami, il n’y a eu qu’un pas.<br />

Ou 7 ans. Parce qu’à 21 ans, la Canaulaise est déjà double championne du monde de ce<br />

mélange. Pour Women Sports, Lou Peter n’a pas hésité à sortir les pagaies pour nous<br />

présenter sa discipline. PROPOS RECUEILLIS PAR RUBEN DIAS<br />

WOMEN SPORTS : POURQUOI<br />

DIT-ON QUE LE WAVESKI EST UN<br />

SPORT DES COMPROMIS ?<br />

LOU PETER : Car ce sport de glisse est<br />

un compromis entre le kayak et le surf.<br />

Nous sommes assis, attachés sur une<br />

planche et on prend des vagues avec<br />

une pagaie. En 20 minutes, il y a 10 vagues<br />

à prendre en faisant des figures.<br />

Les deux meilleures sont comptabilisées,<br />

ce qui nous fait une note sur 20.<br />

La meilleure passe au tour suivant et<br />

ainsi de suite !<br />

QUELLES SONT LES QUALITÉS<br />

PRINCIPALES POUR SE METTRE AU<br />

WAVESKI ? DONNEZ-NOUS ENVIE<br />

DE MOUILLER NOTRE CHEMISE !<br />

Pour ça c’est facile (rires) ! L’ambiance<br />

est exceptionnelle dans le waveski. Ma<br />

meilleure rivale en équipe de France est<br />

aussi une de mes meilleures amies.<br />

Lorsqu’on débute, je dirai la persévérance.<br />

Il faut être patient avec soi-même<br />

car il faut du temps pour progresser. Il<br />

faut y aller souvent, puis les conditions<br />

ne sont pas tous les jours les mêmes…<br />

Il y a des jours où ce sera difficile mais<br />

il ne faut rien lâcher. Pour se mettre à<br />

la compétition, en plus du mental, avoir<br />

une stratégie aux petits oignons et une<br />

bonne lecture des vagues est important.<br />

Les personnes qui m’entourent me<br />

disent que j’ai une stratégie impeccable,<br />

que je me trompe rarement. Et j’ai une<br />

bonne connaissance de l’océan...<br />

ALORS C’EST ÇA VOTRE SECRET ?<br />

Oui aussi (rires). Mais c’est surtout<br />

parce que je le fais par plaisir. Je me<br />

donne toujours à fond en me disant que<br />

dans tous les cas, c’est pour moi que je<br />

le fais. Pour me faire kiffer.<br />

VOUS FAIRE PLAISIR, ÇA<br />

FONCTIONNE ALORS : VOUS<br />

ÊTES DOUBLE CHAMPIONNE DU<br />

MONDE…<br />

J’ai eu mon premier titre à 19 ans, en<br />

Californie, en 2022. Cette année-là,<br />

j’avais été championne de France aussi.<br />

J’étais un peu la favorite pour aller<br />

aux Mondiaux et ça a très bien marché<br />

pour moi. En juin, en Afrique du Sud, j’ai<br />

décroché mon deuxième titre mondial.<br />

QU’AVEZ-VOUS PENSÉ DE CETTE<br />

ÉDITION SUR LES VAGUES DE<br />

NAHOON REEF ? COMMENT VOUS-<br />

ÊTES VOUS SENTIE ?<br />

D.R.<br />

C’était ma première fois en Afrique<br />

du Sud. Tout était très bien organisé.<br />

C’était des Championnats du monde<br />

et en plus du niveau, tout ce qui avait<br />

autour était à la hauteur. J’ai été grip-<br />

32 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


“Le waveski est du<br />

surf, juste avec une<br />

autre façon de voir la<br />

glisse !”, s’enjoue Lou<br />

Peter.<br />

« L’AMBIANCE EST EXCEPTIONNELLE<br />

DANS LE WAVESKI. MA MEILLEURE<br />

RIVALE EN ÉQUIPE DE FRANCE, EST<br />

AUSSI UNE DE MES MEILLEURES AMIES. »<br />

“D.R.<br />

À L’AFFICHE<br />

DU PROCHAIN<br />

TAKE A SEAT 2<br />

pée mais j’ai reçu tous les soins qu’il<br />

fallait. Bref c’était assez sport ! De plus,<br />

ma préparation a aussi été raccourcie<br />

avec mon diplôme de monitrice de surf.<br />

D’habitude à cette période je travaille<br />

en tant que monitrice. Donc là je n’ai eu<br />

que deux semaines pour me préparer.<br />

Sur place, j’ai eu quelques jours pour essayer<br />

le spot. J’étais partie en pensant<br />

‘Cette année ce sera sans doute pas<br />

la mienne’. Je n’ai pas baissé les bras<br />

pour autant mais je voulais surtout profiter<br />

du spot. Pendant la compétition, j’ai<br />

eu les vagues qu’il fallait, j’ai bien surfé.<br />

Tout s’est bien goupillé finalement. »<br />

LE WAVESKI EST UN SPORT PEU<br />

MÉDIATISÉ. MÊME EN TANT QUE<br />

CHAMPIONNE DU MONDE VOUS<br />

DEVEZ TRAVAILLER À CÔTÉ ?<br />

C’est ça. L’argent que je gagne en travaillant<br />

6 jours sur 7 l’été, me permet<br />

de partir en compétition. J’ai quelques<br />

sponsors, mais malheureusement cela<br />

ne couvre que 30 % des frais. Par rapport<br />

par exemple aux champions de surf,<br />

j’ai plus de mal à en trouver. Il faut dire<br />

par dessus le marché que je ne sais pas<br />

très bien me vendre… Ce sport, en fait,<br />

c’est du surf. C’est juste une autre façon<br />

de voir la glisse. Et si on pouvait le voir<br />

comme ça, ce serait génial déjà. J’aimerais<br />

vraiment avoir de la reconnaissance<br />

par rapport au sport que l’on pratique.<br />

Ce serait une superbe avancée ! WS<br />

Si vous souhaitez en apprendre plus<br />

sur le waveski, un film sur la discipline<br />

est disponible. Take a Seat,<br />

raconte l’histoire de cinq Français<br />

champions du monde qui vous emmènent<br />

en Indonésie pour découvrir<br />

de plus près encore ce sport. Et pour<br />

le deuxième opus, un voyage épique<br />

vous attend, avec à l’affiche, Lou Peter.<br />

« A compter du 20 septembre, je<br />

suis avec les meilleurs wave skieurs<br />

de la planète. On vous emmène aux<br />

Mentawaï, voir les meilleures vagues<br />

du monde ! ». Le long-métrage devrait<br />

sortir courant de 2025.<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 33


CHAMPIONNES AVEC<br />

RENCONTRE AVEC…<br />

Claire Graff et<br />

Adèle Schramm :<br />

« Dans l’aéronautique, pas<br />

de distinction de genre : tout le<br />

monde est sur le même pied d’égalité »<br />

Au-dessus de vos têtes, là-haut près des nuages, deux femmes incroyables se distinguent<br />

par leur amour pour l’aviation : Adèle Schramm, 44 ans, et Claire Graff, 29 ans. Ces pilotes<br />

excellent dans leur domaine et ont deux points communs : leur passion dévorante pour<br />

l’aviation, évidemment, mais aussi leur appartenance commune à un équipage mixte en<br />

équipe de France. PROPOS RECUEILLIS PAR VANESSA MAUREL<br />

WOMEN SPORTS : QUE PENSEZ-VOUS<br />

DE LA MIXITÉ DANS LES ÉQUIPAGES ?<br />

ADÈLE SCHRAMM : La mixité peut apporter<br />

un équilibre précieux, avec des sensibilités<br />

qui se complètent. L’important est<br />

d’avoir un équipage fonctionnel, capable<br />

de s’adapter à toutes les situations. En<br />

élargissant la perspective, la présence de<br />

femmes dans l’équipe et l’encadrement<br />

enrichit le groupe. La mixité pourrait aussi<br />

encourager d’autres femmes à oser participer<br />

à des compétitions.<br />

CLAIRE GRAFF : Je trouve cela formidable<br />

qu’il n’y ait pas de distinction de<br />

genre dans notre discipline. Que l’on soit<br />

homme ou femme, cela n’a pas d’importance,<br />

et chacun a sa place dans l’équipe.<br />

« L’AÉRONAUTIQUE RESTE UN MILIEU<br />

TRADITIONNELLEMENT MASCULIN, MAIS<br />

IL N’EST PAS PLUS DIFFICILE POUR UNE<br />

FEMME D’Y ÉVOLUER. »<br />

D.R.<br />

La diversité des équipages est un atout,<br />

et j’apprécie particulièrement que la performance<br />

ne soit pas définie par le genre.<br />

Cela montre bien que l’aéronautique<br />

est un domaine où tout le monde peut<br />

exceller !<br />

COMMENT DÉCRIRIEZ-VOUS LA<br />

PLACE DES FEMMES DANS L’AÉRO-<br />

NAUTIQUE AUJOURD’HUI ?<br />

ADÈLE : Le milieu aéronautique est traditionnellement<br />

masculin, mais il n’est<br />

pas plus difficile pour une femme d’y<br />

évoluer. Personnellement, je n’ai jamais<br />

ressenti de frein à cause de mon sexe,<br />

que ce soit professionnellement ou<br />

dans mes loisirs de pilote privée. Avec<br />

de la motivation, on peut aller loin.<br />

CLAIRE : Certaines femmes se mettent<br />

encore des limites, alors qu’il n’y a aucune<br />

raison. Dans l’équipe de France,<br />

nous sommes seulement deux femmes<br />

sur six, ce qui reflète un peu la proportion<br />

au sein de la Fédération. Mais les<br />

opportunités sont là : il faut juste oser<br />

les saisir !<br />

QUEL EST L’AVENIR DE LA MIXITÉ<br />

DANS L’AÉRONAUTIQUE ?<br />

34 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


QUELS CONSEILS DONNERIEZ-VOUS<br />

AUX JEUNES FEMMES SOUHAITANT<br />

SE LANCER DANS L’AÉRONAUTIQUE ?<br />

ADÈLE : Je leur dirais d’oser, de croire<br />

en elles et de ne pas hésiter à franchir la<br />

porte d’un aéroclub. Avec de la motivation,<br />

on peut aller très loin.<br />

CLAIRE : Je leur dirais de ne pas se<br />

mettre de limites et de foncer sans hésiter.<br />

Dans l’aviation, tout le monde a<br />

sa place. C’est cette diversité qui fait la<br />

richesse de ce sport. Si vous avez des<br />

questions, n’hésitez pas à me contacter<br />

sur les réseaux sociaux, je serai ravie de<br />

vous aider ! WS<br />

Dans la direction<br />

comme dans les<br />

équipages, à la<br />

FFaéronautique, la<br />

mixité est de mise !<br />

ADÈLE : Je souhaite voir de plus en plus<br />

de femmes obtenir leur licence de pilote<br />

et s’engager dans les sports aériens.<br />

Même si les classements féminins distincts<br />

peuvent encourager la participation,<br />

je crois fermement à l’importance<br />

d’un classement mixte qui permet à<br />

toutes et tous de se mesurer sur un pied<br />

d’égalité.<br />

CLAIRE : Nous allons dans la bonne<br />

direction ! Le pourcentage de femmes<br />

dans l’aéronautique augmente chaque<br />

D.R.<br />

année, et j’espère que cela continuera.<br />

J’encourage toutes les femmes à ne pas<br />

se limiter, à ne pas avoir peur et à foncer.<br />

QUELLES INITIATIVES SONT MISES<br />

EN PLACE POUR ENCOURAGER LES<br />

FEMMES À SE LANCER DANS L’AVIA-<br />

TION ?<br />

ADÈLE : La Fédération française d’aéronautique<br />

soutient la pratique féminine<br />

en général, avec des journées de découverte<br />

du pilotage dédiées aux femmes<br />

et des bourses pour les compétitrices<br />

en catégorie Elite. Mais c’est aussi à<br />

travers les Brevets d’initiation aéronautique,<br />

préparés en partenariat avec des<br />

établissements scolaires, que les jeunes,<br />

y compris les filles, peuvent découvrir<br />

l’aviation.<br />

CLAIRE : Ces brevets sont une première<br />

porte d’entrée dans le monde de l’aéronautique.<br />

On voit déjà un fort engouement<br />

chez les collégiennes et lycéennes.<br />

La FFA propose même des bourses pour<br />

celles qui obtiennent leur brevet avec<br />

mention, afin de les encourager à poursuivre<br />

vers une licence de pilote.<br />

D.R.<br />

CLAIRE GRAFF<br />

ET ADÈLE<br />

SCHRAMM,<br />

UNE PASSION<br />

COMMUNE :<br />

L’AVIATION<br />

“<br />

ADÈLE SCHRAMM : Elle forme une<br />

équipe avec Stéphane Le Camus.<br />

Passionnée d’aéronautique depuis<br />

17 ans, elle a d’abord été initiée au<br />

pilotage des planeurs. Après une formation<br />

à l’ENAC (Ecole nationale de<br />

l’aviation civile), elle devient contrôleur<br />

aérien, tout en continuant à voler<br />

en tant que pilote privé. Aujourd’hui,<br />

Adèle excelle en compétition, notamment<br />

dans le pilotage de précision, le<br />

rallye aérien et l’air navigation race.<br />

CLAIRE GRAFF : Elle forme une équipe<br />

avec Martin Guillerault. Claire a toujours<br />

baigné dans l’aviation, ses deux<br />

parents étant eux aussi passionnés. À<br />

15 ans, elle fait ses premiers pas dans<br />

un planeur. Elle s’est ensuite dirigée<br />

vers une carrière en ingénierie aéronautique,<br />

sans jamais s’éloigner des<br />

cockpits. En 2022, Claire a débuté<br />

sa carrière en compétition, et cette<br />

année, elle fait partie de l’équipe de<br />

France d’air navigation race.<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 35


CHAMPIONNES<br />

RENCONTRE<br />

Léna Kurbiel,<br />

reine des océans<br />

à seulement 17 ans !<br />

À peine sortie de l’adolescence, Léna Kurbiel, une jeune fille de 17 ans, a déjà inscrit son<br />

nom dans les annales du sport nautique. Depuis juillet dernier, elle est la plus jeune femme<br />

de l’histoire à avoir traversé l’océan Pacifique à la rame. Un exploit, réalisé en duo avec la<br />

navigatrice australienne Liz Wardley, 44 ans.<br />

PAR RUBEN DIAS<br />

éna Kurbiel. Un nom désormais<br />

gravé dans le ba-<br />

L<br />

salte. À seulement 17 ans,<br />

la jeune aventurière n’a<br />

pas su dire non à l’appel<br />

du Pacifique. Le 8 juin dernier, elle s’est<br />

présentée, en duo avec l’Australienne<br />

Liz Wardley, au départ de la course World’s<br />

Toughest row (WTR) - Pacific. Une<br />

traversée à la rame, sans assistance,<br />

pour rejoindre Hawaï depuis la Californie.<br />

« 4 500 km d’endurance extrême »,<br />

souffle, soulagée, Léna, quelques jours<br />

après son arrivée en France, « c’est la<br />

course la plus folle et la plus intense que<br />

j’ai faite ! »<br />

Partir là-bas…<br />

Traverser l’océan à la rame, « il faut être<br />

fou ! ». C’est ce que nous nous sommes<br />

dit aussi. Mais pour la jeune Léna, aucun<br />

rêve n’est assez fou. Alors, quand<br />

Liz Wardley s’offre l’Atlantique l’hiver dernier,<br />

Léna s’émerveille : « pourquoi pas<br />

moi. Je l’ai contactée. » De son côté, Liz<br />

planifiait déjà la traversée du Pacifique<br />

et cherchait une partenaire. « Je me suis<br />

proposée, moitié pour la rigolade, moitié<br />

en espérant sincèrement qu’elle me<br />

considère (rires) ».<br />

Préparation express<br />

Évidemment, si on vous raconte l’histoire,<br />

c’est que Liz Wardley a dit oui ! La Française<br />

est tenace mais n’a pas le temps de<br />

jubiler : elle doit caser deux ans de préparation<br />

en quatre mois. Autre problème,<br />

malgré des échanges téléphoniques, les<br />

deux femmes ne se sont jamais rencontrées.<br />

Ce n’est arrivé qu’en avril, en Angleterre.<br />

« C’était l’unique opportunité de<br />

voir si nous étions compatibles, confie-telle.<br />

Passer presque 40 jours confinée<br />

sur un bateau avec quelqu’un que tu ne<br />

peux pas saquer, ce n’est pas la meilleure<br />

des idées ».<br />

« Nous avons eu deux semaines pour<br />

apprendre à nous connaître. À ramer de<br />

jour comme de nuit (la WTR exige que les<br />

équipages aient ramé ensemble un minimum<br />

de 120 heures, dont 72 heures de<br />

nuit, ndlr.). » Une rencontre intense pour<br />

la double championne de France de voile<br />

et d’aviron.<br />

Une famille d’aventuriers<br />

En pleine préparation pour le bac, la<br />

lycéenne troque ses livres de révisions<br />

« CHAQUE KILO EMPORTÉ DANS<br />

LE BATEAU COMPTE, NOUS AVIONS<br />

RATIONNÉ AU MAXIMUM… IL ÉTAIT<br />

TEMPS QUE LA COURSE SE TERMINE. »<br />

© World’s Toughest Row<br />

36 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


Son père lui disait<br />

que rien n’était<br />

impossible…<br />

© World’s Toughest Row<br />

pour des cours de navigation, de survie<br />

en mer et de radio VHF. Elle poursuit<br />

tout de même ses cours au lycée, ses<br />

entraînements d’aviron et la recherche<br />

de sponsors. Dans sa famille, les « Retourne<br />

réviser ton bac ! » sont devenus<br />

« Rien n’est impossible. Le chemin est<br />

aussi une destination », lui lance son<br />

père. « Je leur suis très reconnaissante<br />

pour ça », confie l’athlète.<br />

Il faut dire que dans la famille Kurbiel,<br />

on s’y connaît en matière de défis. Si on<br />

demande le grand-père, Janusz, « il a<br />

fait 37 expéditions polaires ». Le papa,<br />

« l’a accompagné plusieurs fois alors<br />

qu’il avait à peine mon âge… C’était naturel<br />

d’hériter de cette histoire familiale<br />

d’aventuriers », en sourit Léna.<br />

« Des dauphins, des<br />

baleines… »<br />

Début juin, à Monterey, Léna et Liz<br />

prennent le large. L’embarcation, accompagnée<br />

par les « magnifiques »<br />

otaries et autres loutres, s’enfonce<br />

dans les grosses vagues. Un paysage<br />

idyllique plein de dangers. « Le début<br />

a été marqué par des conditions météo<br />

très difficiles, notamment le vent.<br />

Je me suis fait éjecter de mon siège<br />

et nous avons cassé du matériel »,<br />

s’inquiétait-elle avant de poursuivre,<br />

« le premier jour, nous avons ramé<br />

près de douze heures à deux avec<br />

peu de pauses. Puis un système a été<br />

mis en place : deux heures en solo,<br />

deux heures de repos. Les jours où<br />

les conditions étaient plus difficiles,<br />

c’était 1h30 en solo, 45 minutes ensemble,<br />

et une heure trente de repos. »<br />

Pendant cette traversée sans assistance,<br />

Léna n’avait pas non plus d’eau<br />

courante. « Je me suis lavée les cheveux<br />

pour la première fois 21 jours après le<br />

départ et pris une « douche », avec un<br />

seau, après le 30 ème jour ». Heureusement,<br />

le défi sportif n’était pas le seul<br />

point positif du voyage.<br />

L’immensité de l’océan a ses raisons et<br />

n’hésite pas à offrir aux deux athlètes<br />

un spectacle époustouflant. « Nous<br />

avons eu des dauphins qui jouaient<br />

dans la proue de notre bateau, vu un<br />

espadon, et même côtoyé une baleine<br />

énorme ! », se remémore Léna encore<br />

impressionnée par la taille du cétacé.<br />

La fatigue physique des deux jeunes<br />

femmes ne leur a pas empêché de rire<br />

à propos de chaussettes raides, de se<br />

régaler de Mac and Cheese et même<br />

de « composer une chanson ensemble.<br />

Au-delà de la course, c’était une aventure<br />

humaine incroyable. »<br />

Alors que la ligne d’arrivée approchait,<br />

la nourriture commençait à manquer.<br />

« Chaque kilo emporté dans le bateau<br />

compte, nous avions rationné au maximum…<br />

Il était temps que la course se<br />

termine. »<br />

Moins de 40 jours plus tard...<br />

Après 37 jours, 16h et 33 minutes en<br />

mer, l’embarcation accoste enfin au<br />

large d’Hawaï. Cinq heures après le<br />

bateau vainqueur (avec un nouveau<br />

record du monde au passage). Si juste<br />

après le débarquement Léna semblait<br />

un poil déçue du résultat, aujourd’hui<br />

elle avoue, « c’est un exploit énorme.<br />

Je suis la plus jeune (femme et homme,<br />

ndlr.) à avoir effectué cette traversée. »<br />

À 4 500 km de la Californie et<br />

12 324 km de la France, l’arrivée de<br />

nuit a été pleine d’émotions pour Léna<br />

et sa famille, qui a fait le déplacement.<br />

Un retour à la vie réelle savourée... « À<br />

Kauai, nos hôtes avaient vu ma vidéo<br />

à propos des M&M’s cacahuètes, et ils<br />

m’ont offert un énorme pot de M&M’s.<br />

Un régal (rires). »<br />

Léna ne compte pas s’arrêter là. Si<br />

elle se concentre sur son bac, décalé<br />

en septembre, les aventures devraient<br />

s’enchaîner. « Le défi de l’Atlantique<br />

m’appelle. Et, j’ai de plus en plus envie<br />

de marcher dans les pas de la famille<br />

Kurbiel et partir à la découverte des<br />

deux pôles, Nord et Sud », conclut-elle,<br />

le sourire aux lèvres. WS<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 37


CHAMPIONNES<br />

PORTRAIT<br />

Sarah Bovy :<br />

du karting aux voitures des Iron<br />

Dames, il n’y a qu’un pas…<br />

ou presque !<br />

À 35 ans, Sarah Bovy a su s’imposer dans le monde compétitif du sport automobile.<br />

Originaire de Belgique, elle est aujourd’hui l’une des figures incontournables de l’équipe<br />

Iron Dames, un programme qui ouvre la voie à une nouvelle génération de femmes dans le<br />

sport. Pourtant, son parcours pour arriver à ce stade n’a pas été un long fleuve tranquille.<br />

Entretien. PAR VANESSA MAUREL<br />

«<br />

J’ai touché au karting pour<br />

la première fois quand<br />

j’avais 12 ans. J’ai toujours<br />

eu le rêve de faire de ma<br />

passion un métier » confie<br />

Sarah Bovy. La jeune femme n’a pas grandi<br />

sur les circuits automobiles. Son père,<br />

lui-même ancien pilote, n’a même jamais<br />

poussé ses filles dans cette direction. C’est<br />

par pur hasard que Sarah découvre le karting.<br />

Mais ce jour-là, une étincelle s’allume.<br />

« Je me rappelle d’être rentrée à la maison<br />

et d’avoir dit à mon père, ‘voilà papa, moi,<br />

maintenant, je veux être pilote de course.<br />

Je ne veux plus rien faire d’autre. » Et cela<br />

s’est transformé en véritable obsession. À<br />

partir de ce moment précis, Sarah oriente<br />

tous ses choix vers un seul but : vivre de sa<br />

passion pour le sport automobile.<br />

Sarah Bovy a eu la chance d’être entourée<br />

par une famille qui croyait fermement en<br />

elle. « Mes parents m’ont toujours dit que je<br />

pouvais faire ce que je voulais dans la vie,<br />

que tout était possible » se souvient-elle.<br />

Elle n’a jamais senti de regards déplacés<br />

en raison de préjugés. « Ou du moins, si<br />

j’en ai croisé dans ma carrière, j’ai eu tendance<br />

à les ignorer, admet-elle. Je sais<br />

que je suis un cas plutôt chanceux ». Elle<br />

insiste d’ailleurs sur le fait que son objectif<br />

n’a jamais été de prouver quoi que ce<br />

soit à qui que ce soit en tant que femme.<br />

« Je ne vois pas les hommes du sport automobile<br />

comme des ennemis, mais juste<br />

comme d’autres compétiteurs. »<br />

Un jour tout bascule<br />

D.R.<br />

L’histoire de Sarah Bovy prend un tournant<br />

décisif après le Covid-19, quand une opportunité<br />

inespérée se présente. « J’ai vu passer<br />

un ‘post’ qui annonçait qu’une des pilotes<br />

que les Iron Dames avaient recrutées pour<br />

la saison 2021, ne ferait finalement pas la<br />

saison avec elles », raconte Sarah. Ni une ni<br />

deux, Sarah écoute son instinct et envoie un<br />

message sur le site internet de l’équipe. Un<br />

petit geste qui va changer sa vie. « Le soir<br />

même, mon téléphone sonne. Rahel Frey (pilote<br />

de l’équipe, ndlr.) me dit : ‘on a bien reçu<br />

ton mail. Effectivement, on cherche une pilote’.<br />

» En moins d’une semaine, Sarah passe<br />

de l’incertitude à une place dans l’une des<br />

équipes les plus en vue du sport automobile.<br />

« Je savais que c’était l’opportunité de ma<br />

vie » continue-t-elle.<br />

Et c’est peu de le dire. Intégrer l’équipe Iron<br />

Dames a tout bouleversé. « Ça a changé ma<br />

vie, je ne les ai plus quittées. » En quelques<br />

mois, elle passe de simple passionnée à pilote<br />

sur les grilles de départ des courses qu’elle<br />

suivait autrefois en tant que spectatrice.<br />

« Du jour au lendemain, je me suis retrouvée<br />

à piloter contre des personnes à qui je de-<br />

38 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


Quand<br />

l’invraisemblable<br />

devient réalité : c’est<br />

un peu l’aventure<br />

qui a embarqué<br />

Sarah Bovy en<br />

quelques semaines<br />

à peine.<br />

D.R.<br />

mandais des selfies » (rires). Au sein des Iron<br />

Dames, Sarah a trouvé plus qu’une équipe,<br />

elle a trouvé une mission. Le projet, initié<br />

par Déborah Mayer, vise à montrer que les<br />

femmes peuvent exceller à haut niveau, et<br />

ce, dans tous les domaines.<br />

Le graal : les 24 Heures du Mans<br />

Sarah Bovy a accumulé des souvenirs<br />

inoubliables. Le plus marquant ? Participer<br />

aux 24 Heures du Mans. « C’était<br />

absolument impensable six mois avant »<br />

confie-t-elle, encore stupéfaite par cette<br />

expérience.<br />

Mais ce n’est pas le seul moment fort<br />

de sa carrière. Gagner les 24 Heures de<br />

Spa dans sa catégorie en 2022 ou encore<br />

décrocher sa première pole position<br />

en championnat du monde sont autant<br />

de moments qui l’ont marquée. « C’était<br />

aussi une fierté personnelle de réussir à le<br />

faire, » admet-elle avec émotion.<br />

D.R.<br />

Si Sarah Bovy a accompli tant de choses, elle<br />

reste humble quant à son rôle de modèle.<br />

Elle se voit avant tout comme une pilote de<br />

course, mais elle est également consciente<br />

de l’impact qu’elle peut avoir sur les générations<br />

futures. « Le projet des Iron Dames,<br />

c’est quand même d’inspirer les jeunes filles<br />

dans tous les domaines, » souligne-t-elle.<br />

Pour elle, il ne s’agit pas seulement de<br />

motiver les jeunes femmes à entrer dans<br />

le sport automobile, mais aussi de les encourager<br />

à rêver grand, quelle que soit leur<br />

passion. « N’ayez pas peur de rêver grand,<br />

n’ayez pas peur d’avoir des ambitions,<br />

n’ayez pas peur de travailler dur pour y arriver,<br />

» conseille-t-elle.<br />

Sarah Bovy incarne la persévérance, le<br />

talent et l’inspiration. Elle a su s’imposer<br />

dans un milieu difficile, non pas en se voyant<br />

comme une exception, mais en se concentrant<br />

sur ce qu’elle aime faire : piloter. À travers<br />

son parcours, elle démontre que, peu<br />

importe le genre, la passion et la détermination<br />

peuvent ouvrir les portes de tous les<br />

rêves, même les plus fous. « On n’est pas<br />

là pour rendre le sport automobile à 50-50<br />

féminin-masculin. On est là juste pour montrer<br />

que c’est possible, » conclut-elle. Sarah<br />

Bovy est bien plus qu’une pilote, elle est une<br />

pionnière qui, au volant de sa voiture, trace<br />

la route pour toutes celles et ceux qui rêvent<br />

de repousser les limites. WS<br />

ZOOM<br />

SUR LA WEC<br />

“<br />

La FIA World Endurance Championship<br />

(WEC) est le championnat<br />

de sport automobile international<br />

le plus prestigieux, réputé pour son<br />

mélange unique de technologie de<br />

pointe et de compétitions intenses.<br />

Ce championnat, qui regroupe les<br />

meilleurs pilotes du monde, se déroule<br />

sur huit épreuves à travers<br />

l’Europe, l’Asie, l’Amérique du Nord,<br />

l’Amérique du Sud et le Moyen-<br />

Orient, avec des courses variant de 6<br />

à 24 heures. La course emblématique<br />

des 24 Heures du Mans, le quatrième<br />

round du WEC, est particulièrement<br />

célèbre et considérée comme la<br />

course reine, attirant des légendes<br />

du sport automobile telles que Button,<br />

Schumacher et Rossi. En 2024,<br />

les Iron Dames ont marqué l’histoire<br />

en remportant leur première victoire<br />

contre des équipes masculines. Le<br />

WEC continue d’offrir une visibilité<br />

mondiale aux équipes et aux fabricants,<br />

mêlant action palpitante et innovation<br />

technologique dans chaque<br />

course.<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 39


C’EST BON POUR MOI !<br />

RECETTE POST-ESTIVALE<br />

Surf’N’poké,<br />

le poké bowl<br />

signé Johanne Defay<br />

Le pro des poké bowls Pokawa a laissé Johanne Defay lui proposer sa recette estivale de<br />

la salade complète en bol. Composer sa propre salade, à la façon d’un salade bar, c’est<br />

possible avec la recette « Surf’Npoké » insufflée par la surfeuse médaillée de bronze aux<br />

Jeux Olympiques, que Women Sports a adapté : à vous de jouer ! PAR LÉA BORIE<br />

Les ingrédients :<br />

• 100 g de riz noir<br />

• Deux tasses à café de mélange de<br />

choux (chou vert, chou de Savoie, chou<br />

blanc…) et carottes crues<br />

• Une grosse pomme rouge<br />

• Un concombre<br />

• 4 à 6 aiguillettes végétales Happyvore<br />

• 4 cuillères à soupe de guacamole maison<br />

• Une tasse à café de graines de grenade<br />

• Une pincée de graines de chanvre<br />

• Une pincée de cébette thaï<br />

* Préparation du guacamole<br />

• 1 avocat<br />

• ½ tomate<br />

• un filet de jus de citron<br />

• une pincée de sel<br />

• une pincée de cumin<br />

• une pincée de paprika<br />

• une pincée de piment (de Cayenne ou liquide)<br />

• une petite gousse d'ail ou ¼ d’oignon<br />

• 4 à 5 feuilles de coriandre<br />

Préparation :<br />

• Faire cuire le riz noir avec une poignée de<br />

gros sel<br />

• Couper les carottes et le(s) chou(x) en<br />

lamelles<br />

• Préparer son guacamole maison :<br />

- Ecraser l’avocat en purée,<br />

- Couper la tomate en morceaux et l’ail<br />

ou l’oignon en petits morceaux,<br />

- Assaisonner avec tous les ingrédients,<br />

mélanger (si besoin au blender pour<br />

obtenir une consistance lisse).<br />

• Mettre le riz cuit dans le fond du bol<br />

• Disposer sur ¼ du poké le mélange de<br />

choux / carottes<br />

• Disposer sur ¼ du poké le mélange pommeconcombre<br />

• Ajouter les aiguillettes végétales Happyvore<br />

• Placer une boule de guacamole au centre<br />

du poké<br />

• Saupoudrer de grenade, des graines de<br />

chanvre et de cébette thaï sur l'ensemble<br />

du poké<br />

LES AUTRES VERSIONS<br />

SAINES POUR<br />

AGRÉMENTER SON<br />

POKÉ BOWL :<br />

Protéines : les aiguillettes végétales peuvent<br />

être remplacer par du saumon mariné.<br />

Base : pour remplacer le riz noir, on peut faire<br />

cuir du quinoa, des carottes en allumettes ou<br />

du riz vinaigré.<br />

40 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


L’AVIS DE LÉA BORIE<br />

DE WOMEN SPORTS<br />

Les poké bowls sont<br />

souvent décriés comme<br />

étant caloriques. Méfiance<br />

dans l’ajout d’une sauce<br />

éventuelle, aussi parfois<br />

bien sucrée. Plein de bonnes<br />

choses pour un plat frais de<br />

l’été : le riz noir a l’avantage<br />

d’être 20 % plus riche en<br />

fibres et 30 % plus riche en<br />

protéines que le riz blanc.<br />

On a rarement l’occasion<br />

de manger du chou, ça<br />

permet de faire le plein<br />

de nutriments. Gorgé de<br />

vitamine C, le chou vert offre<br />

un fort pouvoir antioxydant,<br />

quand le chou blanc apporte<br />

un max de vitamine B9.<br />

Énergie, bonnes graisses,<br />

caroténoïdes… l’avocat<br />

renferme quantité d’atouts,<br />

bien que ce fruit soit riche en<br />

lipides.<br />

© Mary Devinat<br />

© Mary Devinat<br />

POKAWA X JOHANNE<br />

DEFAY :<br />

Surfeuse championne du<br />

monde, représentante de la<br />

France aux Jeux Olympiques<br />

2024 à Tahiti en Polynésie<br />

française l'été dernier, Johanne<br />

représente la vie saine sur la<br />

vague et sous le soleil. Cette<br />

collaboration évoque l’origine<br />

insulaire du poké, rappelant<br />

sa connexion avec la culture<br />

hawaïenne ! Car ce sont aux<br />

pêcheurs hawaïens que l’on<br />

doit ce plat aux couleurs et aux<br />

saveurs variées.<br />

> Ce poké bowl s’inspire<br />

des salades favorites de<br />

l’athlète et de son régime<br />

sportif. Recette de l’été indien<br />

par excellence, on retrouve<br />

différentes recettes fraîches<br />

de poké bowls dans tous les<br />

Pokawa.<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 41


C’EST BON POUR MOI !<br />

© Abaca / Icon Sport<br />

LECTURE SPÉCIALE<br />

PROLONGER<br />

LES JOP<br />

PAR LÉA BORIE<br />

D.R.<br />

■ Je me souviens...<br />

de la foulée de Pérec<br />

(et autres madeleines<br />

sportives)<br />

Collectif, Éd. Seuil, 19,90 €<br />

À la manière de Georges Perec et son<br />

souvenir d’enfance, les 27 auteurs débutent<br />

chacun leur texte par ‘Je me souviens’… ou<br />

quand le sport et la littérature revisitent nos<br />

souvenirs enfouis, les reportages d’Antoine<br />

Blondin, la note 10 de Nadia Comaneci, etc.<br />

Frissons garantis !<br />

■ Suzanne<br />

Tom Humberstone, Éd. Ankama,<br />

21,90 €<br />

Ce n’est pas qu’un nom<br />

de grand court de Roland-<br />

Garros. Suzanne Lenglen fut<br />

une immense championne<br />

du tennis, peut-être la plus<br />

importante de l’histoire du<br />

sport féminin. Au-delà de son<br />

palmarès, la Divine au style de<br />

ballerine et aux airs de diva, a<br />

révolutionné son époque (les<br />

Années folles) et son sport.<br />

■ 30 minutes<br />

de sport par jour<br />

pour tous<br />

Soyez prêts pour<br />

Paris 2024<br />

Vincent Parisi, Éd. Hugo Sport, 16,95 €<br />

Profitez des JO à Paris pour vous<br />

remettre en forme à la manière des<br />

champions ! Training mental, sommeil,<br />

nutrition, hydratation : Vincent Parisi a<br />

bâti un programme facile à mettre en<br />

œuvre, 30 minutes pour développer<br />

endurance, résistance, réflexes et<br />

puissance avec des exercices ciblés.<br />

■ Merci Alice,<br />

De l’ombre à la lumière :<br />

portraits de championnes<br />

olympiques et paralympiques<br />

françaises<br />

Collectif, Éd. Solar, 29,90 €<br />

Un ouvrage au profit de la Fondation Alice Milliat, qui<br />

présente 80 portraits de championnes de tous les<br />

temps à la française, réalisés par 80 journalistes de<br />

l’association Femmes journalistes de sport !<br />

42 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


■ Paddington remporte<br />

la médaille d’or<br />

Michael Bond, Robert W. Alley, Ed. Michel Lafon Jeunesse, 13,95 €<br />

Une lecture jeunesse (3 ans et+), parce que la passion du sport et le goût<br />

de la compétition, ça commence dès petit, pas vrai petit ours ? Sortie pile<br />

au moment des Jeux Olympiques et Paralympiques, cette nouvelle édition<br />

de l’ours Paddington à la couverture dorée donnerait des envies d’or à plus<br />

d’un et plus d’une. Une histoire pleine de valeurs de respect, d’abnégation,<br />

d’entraide et de plaisir du sport !<br />

■ GeopOlympics,<br />

Les grandes histoires géopolitiques des JO<br />

Kévin Veyssière, Max Milo éditions, 19,90 €<br />

C’est ce qu’on appelle une lecture pour les tronches. Pour autant, elle se veut à la portée de tous, afin de<br />

comprendre pourquoi ces épreuves mondiales ont de tout temps été un évènement géopolitique à part entière.<br />

Reflet des tensions internationales, encore aujourd’hui, entre conflits israélo-palestiniens et russo-ukrainien, elles<br />

sont pour certaines nations l’occasion de monter leur stratégie d’influence. Une façon d’explorer, en coulisse, notre<br />

monde à travers les Jeux Olympiques où se mélangent performances sportives et jeux de pouvoir.<br />

■ Révèle-toi à travers<br />

ta discipline<br />

Bien plus qu’une simple<br />

histoire de performance, l’effort<br />

physique nous mène aussi vers<br />

la réalisation de soi<br />

Louise Retailleau, Kindle Ed., 15 €<br />

Un livre engagé qui profite des Jeux Olympiques<br />

pour démocratiser le bien-être mental des<br />

sportifs ! Avec leurs échecs, leur parcours<br />

résilients, leur force…<br />

■ En route vers<br />

le podium !<br />

Mélanie de Jesus Dos<br />

Santos :<br />

Le flip de la victoire<br />

Anne Kalicky, Éd. Michel Lafon (jeunesse),<br />

9,95 €<br />

L’histoire d’une jeune femme<br />

talentueuse et dotée d’une<br />

persévérance immense, qui a toujours<br />

rêvé de l’or ; celle d’un oiseau<br />

qui déploie ses ailes grâce à sa<br />

détermination et à l’amour de son sport.<br />

■ Championnes<br />

50 femmes qui ont<br />

marqué l’histoire du<br />

sport<br />

Régis Dupont, Valérie de<br />

Swetschin, Éd. Eyrolles, 17,90 €<br />

L’histoire du sport ne s’écrit<br />

pas qu’au masculin. Une<br />

sélection spéciale JO, des<br />

portraits de sportives devenues<br />

iconiques. Parité des nations<br />

oblige, les auteurs ont choisi<br />

des athlètes françaises<br />

mais aussi américaines,<br />

japonaises, norvégiennes…<br />

d’hier et d’aujourd’hui, qui ont<br />

révolutionné l’histoire sportive,<br />

les conjuguant au féminin. On<br />

parle de performance mais aussi<br />

de combats sociétaux pour le<br />

respect des femmes.<br />

Coup de cœur des portraits au fil des époques :<br />

Maria Teresa de Philips, pionnière italienne,<br />

Marie Amélie Le Fur 1988, française du temps des<br />

championnes, et Naomi Osaka, la relève est assurée au Japon.<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 43


C’EST BON POUR MOI !<br />

Eh, c’est<br />

Marseille bébé,<br />

là où le concept<br />

d’Afrovibe a vibré<br />

initialement,<br />

et là où vit son<br />

instigatrice…<br />

J’ai testé pour vous<br />

l’Afrovibe<br />

Danses afro-descendantes<br />

100% vibrantes<br />

Encore un nouveau concept,<br />

allez-vous nous dire ! Attendez<br />

avant de tourner la page,<br />

un monde vibrant est prêt à<br />

se dévoiler sous vos pieds…<br />

Chargé d’histoires, de celui<br />

de sa créatrice et de ses<br />

professeurs, l’Afrovibe risque<br />

fort de vous coller à la peau.<br />

PAR LÉA BORIE, COBAYE CONSENTANTE AS USUAL<br />

PHOTOS : JM RANAIVOSON ET ANIS HASSENI<br />

C<br />

e jour-là, Jessica Apollonio,<br />

la prof, entre dans la<br />

salle, et nous annonce<br />

qu’elle a une surprise. Elle<br />

se retourne et tend le bras<br />

vers un confrère en s’exclamant : « J’ai<br />

pris sous mon bras Momo », venu avec<br />

ses instruments pour une ambiance musicale<br />

live endiablée. Tout de suite, Jessica<br />

met à l’aise les participants, tout le<br />

monde peut y arriver en descendant bien<br />

bas dans les cuisses pour faire chauffer<br />

le booty. On commence l’échauffement<br />

en cercle. Jessica explique ce sur quoi<br />

on va travailler, la taille, les cuissots,<br />

les bras. Woh ! Au moment de passer<br />

sur le haut du corps, comment ne pas<br />

flancher : au début, ça crame ! On commence<br />

à comprendre le principe, une<br />

petite choré se met en place, de sorte<br />

que tu te rends (à peine) compte que<br />

tu te dépenses sévère. Mais attention,<br />

Jessica met en garde : ici, pas de jugement,<br />

de valeur, de classe, de couleur.<br />

Non, ici on est tous égaux. Une jeune<br />

femme se démarque au premier rang<br />

par une maîtrise parfaite des mouvements,<br />

je dois le dire. Jessica ne se privera<br />

pas de la faire applaudir par tous<br />

« TOUT LE MONDE VEUT FAIRE DE L’AFRO.<br />

MOI, JE PROPOSE UN VOYAGE, MUSICAL<br />

ET GESTUEL DE L’AFRIQUE, DE TRINIDAD À<br />

LA RÉUNION. »<br />

44 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


© John Reed Fitnes<br />

Cours dispensés par des boules d’énergie<br />

: attention chaud devant ! Le style<br />

de l’Afrovibe est imprégné de la culture<br />

africaine, inspiré des danses africaines<br />

mais aussi afro-caribéennes et afro-brésiliennes.<br />

Mais attention, ne vous y trompez<br />

pas, on ne parle pas de technique ici,<br />

mais bien de partage d’énergie positive<br />

en musique. « Tout le monde veut faire de<br />

l’Afro. Là, je propose un voyage, musical et<br />

gestuel de l’Afrique, de Trinidad à la Réunion<br />

en passant par le Congo », pose sa<br />

créatrice, Maryam Kaba.<br />

Un cours d’une heure est jalonné de<br />

plusieurs étapes crescendo : un échauffement,<br />

une partie renforcement musculaire<br />

en dansant, un passage plus<br />

cardio pour apprendre une choré en<br />

additionnant progressivement les pas,<br />

celle-ci change tous les deux mois avec<br />

sa playlist. S’en suit une phase de renfo<br />

ciblée abdo/taille dansée avant de repartir<br />

en choré, et de terminer sur un renfo<br />

des bras et du dos, façon dancehall et<br />

voguing. La tradition veut que le cours<br />

se termine en mode couloir défilé pour<br />

se donner de la force avant le retour au<br />

calme.<br />

Pour des profs au top, une fois la licence<br />

de 300 € annuelle réglée, des<br />

les participants. C’est ça la good vibe,<br />

tout en sororité. Place à la théorie, lisez<br />

bien, après c’est à vous !<br />

Une danse qui fédère<br />

Sur le papier, on peut vous dire que c’est<br />

un combiné de choré, de danse fitness<br />

inspirée des danses afro-descendantes<br />

et de lâcher-prise. Pour la pratique, ça se<br />

danse en plié, ancré dans le sol façon<br />

squats pour un spécial cuisses/fessiers<br />

à la sauce afrovibe workout, connecté<br />

à la terre, à la musique, à son corps et<br />

surtout à son bassin. On va ainsi venir<br />

libérer le stress par les hanches, améliorer<br />

sa coordination (oui oui !), se tonifier.<br />

Prônant le métissage et le multiculturalisme<br />

autour des danses afro, c’est un<br />

très bon moyen d’améliorer son estime<br />

de soi et de combattre les stéréotypes.<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 45


C’EST BON POUR MOI !<br />

« teacher trainings » de perfectionnement<br />

de danses afro-descendantes<br />

sont possibles - sessions de<br />

dancehall, afro-brésilien, hip hop, soca<br />

dance…<br />

Maryam Kaba : un bassin et un<br />

esprit articulés<br />

Maryam Kaba, à l’origine du concept, est<br />

une ex championne de France de GRS,<br />

féministe antiraciste avouée. La femme<br />

au bassin et au fessier sur ressorts<br />

veut partager sa joie dans le respect<br />

et le vivre ensemble. Initialement, elle<br />

était accompagnée d’une consœur pour<br />

mettre sur pied un concept qu’on peut<br />

rapprocher de la zumba. A une différence<br />

près : « on ne sortait pas d’école de commerce,<br />

on était deux banlieusardes de<br />

région parisienne, moi franco-ivoirienne<br />

et mon associée guadeloupéenne-martiniquaise.<br />

On a appris sur le terrain. » Un terrain<br />

fructueux puisqu’à son retour de Rio<br />

en 2017, Maryam s’installe à Marseille<br />

et compte désormais sur une équipe<br />

de 100 profs formés, engagés dans les<br />

sujets qui touchent à la danse thérapie,<br />

l’inclusion, la solidarité, l’amour de soi et<br />

le respect des autres.<br />

« L’Afrovibe est déjà ma thérapie à moi. Ce<br />

n’est pas juste une danse fitness : tu reprends<br />

possession de ton corps, tes mouvements,<br />

ton identité. C’est un espace où<br />

exprimer sa colère. Et de la colère, j’en<br />

ai eu, beaucoup, contre le patriarcat, le<br />

sexisme, le racisme… La puissance du<br />

collectif permet de fédérer pour se changer<br />

et changer l’autre. ». Si fédérateur<br />

qu’aujourd’hui Maryam pilote la gestion<br />

de l’école de formation de professeurs<br />

mais aussi les séjours évènementiels,<br />

ainsi que les évènements en entreprises,<br />

sans compter sa casquette d’artiste au<br />

Ballet national de Marseille !<br />

Pour ça, elle peut compter sur la famille<br />

qu’elle s’est constituée. « Tous les profs,<br />

on se rejoint, malgré nos différences : ils<br />

ont des valeurs de vie qui me touchent.<br />

Chacun a à apporter. Chaque jour je remercie<br />

l’univers, ça me réconcilie avec<br />

l’humain. » WS<br />

Interview<br />

Jessica Apollonio, prof d’Afrovibe convaincue<br />

WOMEN SPORTS : Pourquoi<br />

avoir tenté l’Afrovibe ?<br />

Jessica Apollonio : Je danse<br />

depuis mes 19 ans, au début<br />

en ragga jam dancehall, puis<br />

en tant que prof, à 25 ans,<br />

munie de mon BPJEPS métier<br />

de la forme, à l’époque où la<br />

zumba cartonnait. Mais tu<br />

t’ennuies vite. Alors là, à 38 ans,<br />

je savoure la découverte de<br />

l’afrovibe, que j’ai vécu comme<br />

une révolution ! On se sent<br />

encadré, formé. J’ai découvert<br />

le concept sur le Mucho Bueno<br />

Festival, le rendez-vous latinafro<br />

caribbean fitness dance, avec<br />

Queensy, grande danseuse<br />

parisienne, ambassadrice<br />

d’Afrovibe. En creusant, j’ai vu<br />

que Maryam allait loin dans ses<br />

propos, ça m’a permis d’affirmer<br />

ma personnalité, sans être<br />

obligée d’être guindée dans sa<br />

petite tenue et bien gaulée.<br />

Qu’est-ce qui t’a tout de suite<br />

plu ?<br />

Il reprend toutes les danses afrodescendantes<br />

en mélangeant<br />

les danses sans code préétabli.<br />

On cherche juste à transpirer<br />

dans la bonne humeur. Même<br />

dans la pédagogie, le fait de<br />

commencer en cercle, de se<br />

regarder, de se checker en<br />

arrivant, montre la force de<br />

la communauté ! Étant une<br />

animatrice sportive avant d’être<br />

une prof de fitness, j’aime<br />

amener ce lâcher-prise aux<br />

gens. D’origines algérienne<br />

et italienne, j’ai toujours aimé<br />

danser, ma maman, mes tantes,<br />

respiraient cette liberté en<br />

dansant. C’est pourquoi je me<br />

suis dit « Ce concept a été créé<br />

pour moi ! »<br />

C’est quoi pour toi un cours<br />

d’Afrovibe réussi ?<br />

Quand le prof ne se prend pas<br />

au sérieux, sans être dans la<br />

performance, ça aide à lâcher<br />

ses complexes. Je pense qu’on<br />

est role model mais à l’effet<br />

inverse ! On a la chance de<br />

pouvoir mettre notre style dans<br />

les choré de Maryam, chacun<br />

y met sa patte. Il y a du travail<br />

pour ça, pas dans le niveau de<br />

danse mais dans la pédagogie<br />

et l’esprit Afrovibe. Un conseil<br />

à ceux qui voudraient essayer :<br />

ôtez tous vos préjugés sur les<br />

cours de danse fitness, éclatezvous,<br />

laissez-vous remplir de<br />

cette sensation de liberté, soyez<br />

vous-mêmes.<br />

› Retrouvez Jessica à Lyon-<br />

Villeurbanne (69) notamment à<br />

l’Ecole de danse Baila Charpennes<br />

afrovibe.fr/jessica-apollonio<br />

afrovibe.fr<br />

46 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


Des good vibes<br />

communicatives :<br />

ça semble être<br />

le leitmotiv de<br />

Maryam et sa<br />

troupe, et ça<br />

se ressent<br />

pleinement !<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 47


C’EST BON POUR MOI !<br />

© Vidi Studio / Shutterstock<br />

SANTÉ<br />

Les risques d’un<br />

périnée affaibli :<br />

l’incontinence<br />

urinaire et la<br />

descente d'organes.<br />

Rééducation<br />

du périnée :<br />

TOUTES CONCERNÉES !<br />

Dans l’imaginaire collectif, la rééducation du périnée se pratique – seulement - deux ou trois mois<br />

après l’accouchement. Pourtant, toutes les femmes devraient penser à leur bien-être périnéal, même<br />

avant d’avoir été maman. Maëlis Nguyen, sage-femme diplômée de la Haute École de la Province de<br />

Namur (Belgique), nous en dit plus. Et vous allez voir, chaque conseil est important. PAR VANESSA MAUREL<br />

«<br />

Toutes les femmes présentant<br />

une faiblesse périnéale<br />

devraient envisager<br />

la rééducation du périnée<br />

pour améliorer leur confort<br />

personnel et préserver cette région de leur<br />

corps ». Maëlis Nguyen pose déjà les<br />

termes.<br />

Reprenons du début. À quoi sert-il ?<br />

« Le périnée a une fonction de soutien à<br />

l'extrémité du tronc. Composé d'un ensemble<br />

de muscles, nerfs, vaisseaux sanguins<br />

et orifices, il est présent chez les deux<br />

sexes. Cependant, le périnée féminin se<br />

D.R.<br />

D.R.<br />

distingue par la présence d'organes sexuels<br />

internes et par la traversée de l'urètre, du<br />

vagin et de l'anus. Le périnée assure également<br />

la continence en prévenant les<br />

fuites de gaz, de selles et d’urine. », nous<br />

explique Maëlis. Vous l’aurez compris, il<br />

est donc indispensable d’en prendre soin,<br />

« tout comme on le ferait pour toute autre<br />

partie de [notre] anatomie », surtout chez<br />

les femmes plus âgées, ou encore… les<br />

sportives.<br />

En effet, « plusieurs facteurs peuvent affaiblir<br />

le périnée, notamment les activités<br />

physiques à impact, comme les sauts, ou<br />

48 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


l'hyperpression abdominale due à des<br />

exercices visant un ventre plat. Le port<br />

de charges trop lourdes, qui augmente la<br />

pression abdominale, ainsi qu'une prise<br />

de poids importante, peuvent également<br />

contribuer à cette fragilisation », continue<br />

l’experte. Parmi ces sports particulièrement<br />

"à risque", on peut notamment citer<br />

le CrossFit, le trampoline, ou encore la<br />

gymnastique.<br />

Ces signes à prendre en<br />

compte<br />

Si le périnée n'est pas régulièrement<br />

renforcé, les muscles du plancher pelvien<br />

peuvent perdre leur tonicité. Une<br />

trop grande détente de ces muscles peut<br />

provoquer, comme l’explique Maëlis, de<br />

« l’incontinence urinaire ». Il est donc indispensable<br />

d’écouter son corps. « Ce qui importe,<br />

c’est de commencer la rééducation<br />

dès que l'on détecte un éventuel dysfonctionnement.<br />

Pour que les femmes puissent<br />

prêter attention à leur corps », continue la<br />

sage-femme.<br />

« Les signes fréquents incluent des femmes<br />

qui ont du mal à se retenir d'uriner lorsqu'elles<br />

rient ou lorsqu'elles doivent attendre<br />

pour aller aux toilettes. Cela peut<br />

également concerner celles qui subissent<br />

des fuites urinaires pendant leur activité<br />

sportive. »<br />

Renforcer son périnée<br />

efficacement<br />

Pour renforcer votre périnée, plusieurs solutions<br />

s’offrent à nous. « On peut aller voir<br />

une sage-femme ou un kinésithérapeute.<br />

Ensuite différentes techniques existent. La<br />

rééducation peut se faire à l’aide d’une<br />

sonde que l’on introduit dans le vagin et<br />

celle-ci a différents programmes. L’autre<br />

technique est manuelle, c’est le professionnel<br />

qui guidera la patiente. ». Ces sondes<br />

existent d’ailleurs pour pouvoir faire les<br />

exercices à la maison (voir encadré ci-dessous).<br />

Il faut également, lors du renforcement<br />

musculaire, « mettre en avant la pratique<br />

d’abdominaux hypopressifs qui vont favoriser<br />

les abdominaux profonds et permettre<br />

de « remonter » les organes de la<br />

cavité abdominale. De cette manière, il<br />

n’y a pas d’hyperpression et pas d’impact<br />

sur le périnée, à condition de réaliser<br />

correctement les exercices en gérant<br />

sa respiration. » WS<br />

À BAS LES<br />

IDÉES REÇUES !<br />

On a déjà toutes entendu la technique<br />

du « stop pipi » pour muscler son périnée.<br />

Cette « fameuse » technique qui<br />

consiste à interrompre brièvement le<br />

flux d'urine pendant la miction, puis<br />

à relâcher pour terminer de vider la<br />

vessie. Eh bien, Maëlis nous met en<br />

garde : le « stop pipi » est une idée reçue.<br />

« Le fait d’effectuer cette action ne<br />

renforce pas du tout le périnée, bien au<br />

contraire : il a tendance à l’abîmer. ».<br />

On oublie !<br />

© Artem Podporin / Shutterstock<br />

“<br />

PERIFIT : l’outil de rééducation périnéale à domicile<br />

Il est également possible,<br />

aujourd’hui, de renforcer son<br />

périnée sans sortir de chez<br />

soi, même s’il est évident de<br />

toujours demander l’avis d’un<br />

médecin auparavant. C’est là<br />

que Perifit intervient, grâce à<br />

une sonde de renforcement<br />

vaginale qui mêle innovation<br />

technologique et simplicité<br />

d’utilisation. Crash test !<br />

Perifit, c’est une petite sonde<br />

discrète accompagnée d’une<br />

application, pour renforcer<br />

son périnée. Grâce à sa<br />

technologie et à son double<br />

capteur intelligent, la sonde<br />

détecte les contractions. Avec<br />

son application connectée, la<br />

rééducation deviendrait presque<br />

ludique !<br />

En effet, les utilisatrices ne<br />

doivent pas se contenter de<br />

© Colombe Sirot / Perifit<br />

simples exercices répétitifs :<br />

elles jouent littéralement à des<br />

jeux vidéo avec leur périnée !<br />

Avec plus de 20 jeux interactifs<br />

et motivants, Perifit transforme<br />

les exercices en activités un<br />

tantinet rigolotes. Et croyeznous,<br />

on devient très vite<br />

captivé ! Surtout sur<br />

le jeu spécial Jeux Olympiques,<br />

où le but est, en contractant<br />

son périnée, de faire sauter<br />

l’athlète par-dessus des haies.<br />

Au-delà de la rééducation, on<br />

prend goût à jouer, et on saisit<br />

plus facilement l’habitude de se<br />

rééduquer régulièrement, voire<br />

quotidiennement.<br />

Avec au total 7 programmes<br />

d'entraînement personnalisés,<br />

chaque femme peut ainsi<br />

trouver son rythme et<br />

l’intensité qui lui<br />

conviennent.<br />

© Colombe Sirot / Perifit<br />

L’application, assez<br />

simple d’utilisation,<br />

propose également<br />

de voir ses progrès<br />

grâce à une mesure<br />

en cinq dimensions<br />

basées sur l’endurance, la<br />

force, la vitesse, la qualité<br />

des contractions, et le contrôle,<br />

avec des schémas et des<br />

statistiques précises.<br />

Vous pourrez également<br />

intégrer une communauté<br />

d'entraide en ligne pour des<br />

conseils et du soutien entre<br />

femmes. Girl power à fond !<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 49


C’EST BON POUR MOI !<br />

[ Santé du sport ]<br />

7 maillons<br />

faibles des<br />

sportifs<br />

La pratique sportive a tellement de bienfaits qu’on<br />

en oublie parfois les petits moins à compenser.<br />

Sans jouer les apprentis-sorciers, on fait le point<br />

le plus simplement possible avec Microéquilibre<br />

sur ces points faibles qu’on retrouve chez presque<br />

toutes les personnes qui pratiquent une activité<br />

physique régulière et/ou intense, notamment dans<br />

les sports d’endurance. PAR LÉA BORIE<br />

I<br />

ronman, marathon, ultra-trail… toute<br />

activité sportive régulière voire intensive<br />

sans complémentation entraîne<br />

une augmentation du métabolisme de<br />

base, des pertes hydroélectrolytiques<br />

et des troubles de l'absorption intestinale. Cela<br />

peut être à l'origine de déficits/carences, ce qui<br />

tendrait à faire apparaître un ou plusieurs des<br />

«7 maillons faibles» observés chez la personne<br />

sportive, à savoir : des troubles<br />

de l'équilibre hydrominéral du corps<br />

(en eau et en sels minéraux) voire<br />

une déshydratation, des troubles<br />

de l'équilibre acido-basique, un<br />

terrain inflammatoire, oxydatif, une<br />

hyperperméabilité intestinale à<br />

l'effort, une fragilité immunitaire,<br />

ainsi qu'une déméthylation à l'origine<br />

de troubles de l'adaptation à<br />

l'entraînement.<br />

© Lyubov Levitskaya / Shutterstock<br />

En pratique, cela peut se traduire<br />

par une baisse des performances,<br />

une moins bonne récupération, un<br />

épuisement prématuré à l'effort, voire<br />

des blessures à répétition. Ceci explique<br />

cela, pas vrai ? En réponse à ça,<br />

il serait faux de prétendre qu’il existe une<br />

recette miracle applicable à tous. Pour y voir<br />

plus clair et tirer des premiers éléments de réponse,<br />

on décortique tout afin de trouver le bon<br />

équilibre. WS<br />

50 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


1Déshydratation<br />

• À -2 % de déshydratation on perd 10 % de<br />

performance<br />

La transpiration est le meilleur moyen de garder une<br />

température corporelle constante. Or, en transpirant, on<br />

évacue de l’eau mais surtout plein de nutriments utiles !<br />

> Idée reçue<br />

"Les organismes rompus aux efforts soutenus arrivent à<br />

contrôler leur sudation, elle est moins importante et ils la<br />

déclenchent plus tard". C'est tout l'inverse !<br />

> Conséquences<br />

• Risque de déshydratation et de pertes électrolytiques<br />

(sodium, potassium, chlore, bicarbonate) accru<br />

> Solutions<br />

S’hydrater. Or, 2 e idée reçue : on s’hydrate mieux avec du<br />

sucre et du sel dans l’eau qu’avec de l’eau seule !<br />

• 3 heures avant épreuve : 150 ml de boisson glucidique<br />

(= 4 gorgées chaque ½ h, dosée 30g/L)<br />

• Pendant l’épreuve : toutes les 20 minuntes,<br />

150 ml de boisson d’effort/isotonique<br />

• Post-effort : boisson de récup avec glucides et<br />

acides aminés<br />

2Perméabilité<br />

intestinale<br />

Durant un gros effort, l’afflux sanguin se fait<br />

principalement vers les muscles, au détriment de<br />

l’irrigation sanguine de l’intestin. Cela entraîne une<br />

hyperperméabilité de la paroi intestinale. Devenu<br />

passoire, il laisse notamment passer plus facilement<br />

des débris bactériens dans le sang. On aboutit à<br />

une surstimulation du système immunitaire et à une<br />

inflammation avec réactions en chaîne.<br />

> Conséquences<br />

• Troubles digestifs, diarrhée<br />

• Troubles de l’absorption des nutriments, carences / déficits<br />

• Crampes, nausées, malaise<br />

• Ischémie-reperfusion intestinale (après effort, la<br />

revascularisation amène beaucoup d’oxygène)<br />

> Solutions<br />

• Bien s’hydrater à petite doses fréquentes<br />

• Pendant l’effort : se complémenter en glutamine. Cet<br />

acide aminé fabrique les protéines qui composent les<br />

fibres musculaires et permet aux cellules intestinales de<br />

se renouveler<br />

3Stress oxydatif<br />

Pendant un effort intense, les radicaux libres sont<br />

produits à foison. À forte dose, ce phénomène,<br />

l’oxydation, ne permet pas d’assurer une<br />

contraction musculaire optimale.<br />

> Idée reçue<br />

"Les radiaux libres seraient néfastes". Car oui, oui :<br />

tout le monde a besoin de radicaux libres, encore<br />

faut-il maîtriser le curseur pour ne pas être au-dessus<br />

de ce dont le corps a besoin<br />

> Conséquences<br />

• Baisse de la force musculaire, perturbation de la<br />

fonction contractile<br />

• Résultat : fatigue musculaire précoce<br />

> Solutions<br />

• Observer une meilleure récup<br />

• À l’effort : dans sa boisson, apporter minéraux,<br />

oligoéléments et vitamines pour soutenir<br />

les enzymes (mécanismes de défense<br />

de l’oxydation)<br />

4Dysfonctionnement<br />

de l'équilibre<br />

acido-basique<br />

Quand le pH du corps humain se dérègle, l'ensemble<br />

du métabolisme énergétique est affecté. Cela donne<br />

lieu à des pertes en minéraux et une surproduction de<br />

radicaux libres : un véritable cercle vicieux !<br />

> Conséquences<br />

• Douleurs musculaires, courbatures<br />

• Carences (potassium, sodium, magnésium)<br />

• Troubles cardiaques<br />

• Résultat : fatigue musculaire précoce<br />

> Solutions<br />

• Prévenir de l’acidose (surcharge de l'organisme en<br />

composés acides) : 3 heures avant effort intense/long :<br />

0,2 g/kg de bicarbonate de sodium<br />

Heureusement, des solutions existent<br />

pour contrer ces désagréments !"<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 51


C’EST BON POUR MOI !<br />

5Fenêtre ouverte<br />

aux infections<br />

© Lyubov Levitskaya / Shutterstock<br />

Un des marqueurs du surentraînement :<br />

les infections ORL fréquentes, liées à une augmentation<br />

importante du cortisol, en cas de surentraînement.<br />

> Conséquences<br />

• Rhinite, sinusite, rhinopharyngite à répétition<br />

• Résultat : immunodéficience partielle<br />

> Solutions<br />

• Prise de boisson d'effort et de récup à base de<br />

glutamine, sorte de soutien immunitaire pour aider les<br />

cellules de défenses de l’organisme à être davantage<br />

produites<br />

6CES<br />

7Déméthylation<br />

L'entraînement régule l'expression<br />

de nos gènes.<br />

Pour ça, les agents de méthylation<br />

doivent être présents.<br />

En cas de déficit d'apport<br />

dans l'assiette, les sportifs<br />

ont plus de difficultés<br />

à progresser.<br />

> Conséquences<br />

• Troubles de l’assimilation<br />

intestinale<br />

• Perturbations des réponses<br />

adaptatives à l’entrainement :<br />

désadaptation à l’effort<br />

• Stagnation, voire baisse des performances<br />

> Solutions<br />

• Apport en légumes (400 g/j), légumes secs<br />

et céréales (riches en méthionine),<br />

vitamines B6, B9, B12<br />

Lésions<br />

musculaires<br />

Microlésions surtout provoquées par les exercices de<br />

type excentrique (course à pied) et efforts longs,<br />

qui cassent du muscle : le corps libère des<br />

cytokines pro-inflammatoires.<br />

> Conséquences<br />

• Terrain inflammatoire<br />

• Mauvaise récup, blessures à répétition<br />

> Solutions<br />

• Dans l’assiette : plus d’oméga 3<br />

• Dans la pratique : diversifier le type<br />

d’effort en associant des exercices<br />

isométriques et concentriques,<br />

de différente durée et de différente<br />

intensité (plan d'entraînement)<br />

MAILLONS<br />

FAIBLES NE SONT<br />

PAS UNE FATALITÉ !<br />

w Pour limiter ces<br />

dysfonctionnements, on peut<br />

apporter des réponses par<br />

une approche biochimique et<br />

micronutrionnelle :<br />

• une alimentation santé de type<br />

méditerranéenne crétoise adaptée<br />

au niveau/type de pratique<br />

• des boissons d’effort et de récup,<br />

des compléments alimentaires selon<br />

la situation pour amener des éléments<br />

nutritifs aux muscles<br />

• la réalisation de bilans pour<br />

identifier les éventuels déficits/<br />

carences<br />

Ressources biblio<br />

- Physiologie du sport et de l’exercice,<br />

Larry Kenney, Wilmore, Costill<br />

- Biochimie des activités physiques et sportives,<br />

J. Pootmans, N. Boisseau<br />

52 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


DÉCOUVERTE DU MEXIQUE<br />

Excursion<br />

sportive au<br />

Qui a dit que le<br />

Yucatan était<br />

synonyme de<br />

farniente et de<br />

mojitos ? On va vous<br />

montrer le contraire,<br />

non sans<br />

surprises !<br />

Yucatán<br />

©Lukas Bischoff Photograph / Shutterstock<br />

© SDL<br />

La rentrée a sonné son gong voilà plusieurs semaines, et la douce<br />

période estivale, ses entraînements en bord de mer et ses salades<br />

fraîches, paraissent loin. Envie d’ailleurs sans oublier le sport ? On vous<br />

embarque pour la péninsule du Yucatán au Mexique, où on a profité sans<br />

rougir (à l’ombre donc) de ce que ce coin de paradis avait à nous offrir.<br />

Dépaysement garanti pour cette sélection de sorties sportives. PAR LÉA BORIE<br />

54 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


ETAPE 1 :<br />

SNORKELING<br />

À COZUMEL<br />

© Solarisys / Shutterstock<br />

COMMENT S’Y RENDRE :<br />

Descendre à Playa del Carmen, puis prendre un ferry (30’ de traversée)<br />

pour vous rendre sur l’île de Cozumel.<br />

© vandadorescu / Shutterstock<br />

© Wirestock Creators / Shutterstock<br />

L'ACTIVITÉ :<br />

2 e barrière de corail la plus grande au monde, les récifs de Cozumel<br />

sont réputés pour leur beauté sous l’eau azur des Caraïbes,<br />

et particulièrement El Cielo. Pour observer de jolies choses, impossible<br />

de le faire depuis le rivage : vous partirez avec un groupe sur<br />

un petit bateau. Moteur à fond, c’est parti pour 4 heures de pur<br />

bonheur en pleine mer ! Armés de masque/tuba, on nous explique<br />

qu’on aura quatre escales pour découvrir toute l’abondance de<br />

la vie sous-marine. Et là, juste sous nos pieds, on voit apparaître<br />

des centaines de poissons peu farouches, des étoiles de mer par<br />

dizaines, et enfin, au milieu de notre apéro improvisé sur la plage<br />

Del Cielo, un trio de raies. Touche saine de fin d’excursion : le pilote<br />

descend une bouée recouverte d’une nappe sur laquelle flotte un<br />

festin réalisé minute : guacamole et ceviche ultra-frais.<br />

Assez traîné dans l’eau, on repart pour d’autres aventures plus<br />

au Sud !<br />

ETAPE 2 :<br />

LES CÉNOTES DE TULUM<br />

COMMENT S’Y RENDRE :<br />

Depuis Playa del Carmen, descendre à Tulum 1 heure plus bas.<br />

Puis prendre un colectivo, demander Casa Tortuga.<br />

Compter 3 heures sur place.<br />

L'ACTIVITÉ :<br />

Si le Mexique regorge de cenotes tous plus incroyables, ce chapelet<br />

promet une variété éblouissante. N’oubliez pas vos chaussures<br />

d’eau à votre piaule : avec la vase, terrain très glissant !<br />

Pensez aux lunettes de piscine, des choses pourraient se révéler<br />

sous vos pieds… À Casa Tortuga, pas de tortues mais des puits<br />

d’eau si riches qu’ils dévoilent des milliers d’années d’histoire…<br />

Le guide vient à l’entrée pour descendre ensemble le premier<br />

des quatre cénotes, munis de votre gilet de sauvetage. L’eau est<br />

froide, mais l’excitation vous emmène dans la « grotte ». Les premières<br />

stalactites apparaissent. Cap sur le 2 e cénote. Cette fois,<br />

il ressemble à un couloir de nage. Si vous prenez votre courage<br />

à deux mains, plongez 3 m plus bas direct dans le cénote. Ça<br />

décoiffe ! Le 3 e spot serait presque une piscine d’hôtel de luxe,<br />

petits poissons et nature luxuriante en prime. Pour finir en apothéose,<br />

presque vingt mille lieues sous les mers...<br />

Le guide sort sa lampe torche ; le spectacle est donné sous<br />

nos pieds, une eau turquoise avec traces impressionnantes<br />

de fossiles : essoufflés mais ravis !<br />

© Damsea / Shutterstock<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 55


DÉCOUVERTE DU MEXIQUE<br />

© Ksenia Ice / Shutterstock<br />

© Anna Ewa Bieniek / Shutterstock<br />

● La plongée secrète au cénote Azul<br />

ETAPE 3 :<br />

LA LAGUNE DE BACALAR<br />

● Le lever du soleil en kayak<br />

COMMENT S’Y RENDRE :<br />

Depuis Tulum, descendez encore, jusqu’à la frontière avec le Belize. Rendez-vous<br />

en bord de lagune. Si vous avez de la chance, votre hébergeur vous<br />

conduira lui-même au départ de kayak depuis son meilleur spot, privilège des<br />

lève-tôt oblige ! Prévoir 4 heures.<br />

L'ACTIVITÉ :<br />

À 5h30, notre hôte vient toquer à la porte : le ciel est plutôt dégagé, c’est parti.<br />

Il charge les kayaks et prend la direction de la Costera, pour nous embarquer à<br />

partir d’un petit sentier dont lui seul a le secret. Les biceps armés de courage<br />

mais les yeux pas bien réveillés, on démarre notre excursion sur la "lagune aux<br />

7 couleurs" : cap sur le canal des pirates où admirer le lever du soleil, longer<br />

la Isla de los Pájaros, se baigner avant de rentrer en longeant côté les cénotes<br />

Esmeralda et Negro. Attention, le vent se lève dans la matinée, beaucoup<br />

moins facile pour rentrer que sur calme plat à l’aller : dosez vos efforts !<br />

COMMENT S’Y RENDRE :<br />

Depuis le centre de Bacalar, longer la Costera sur front de<br />

lagune. 16 km aller/retour. Compter 2h30.<br />

L'ACTIVITÉ :<br />

C’est autant le voyage pour s’y rendre que la plongée en<br />

elle-même qui a retenu notre attention. Étonnamment<br />

faite de petites collines successives, la route n’est pas<br />

longiligne, ce qui pimente la sortie, avec quelques vues<br />

furtives sur la lagune, dont l’accès est hélas privatisé de<br />

partout - feu le tourisme de masse ! Si comme nous, à ce<br />

stade du séjour, vous tenez à calmer le budget, la sortie<br />

ne vous coûtera que (quelques) gouttes de sueur. Mais<br />

comme tout effort, vous voilà récompensé lorsqu’au 8 e<br />

km, vous distinguez une faille dans les broussailles. Engagez-vous<br />

sur le chemin qui descend raide. Ne vous arrêtez<br />

pas à la première approche quelque peu boueuse du lieu.<br />

On a eu la chance de croiser un habitué : il s’est frayé un<br />

chemin pour arriver au spot secret et sauvage des locaux :<br />

une magnifique approche du cénote Azul, payante depuis<br />

l’autre côté ! Une corde est attachée à un arbre pour s’essayer<br />

à la plongée en apnée. D’ici, on échange avec eux<br />

pour adopter la meilleure technique et voir jusqu’où ils<br />

descendent avec de l’entraînement… Attention, tympans<br />

sensibles, descendre progressivement !<br />

● La sortie dans Los Rápidos<br />

COMMENT S’Y RENDRE :<br />

Toujours pour les budgets serrés, il est "possible" de se rendre à Los<br />

Rapidos en vélo. Chez Delmar Hostel où nous logions, il les prêtent<br />

même sur participation libre ! Attention aux cœurs pas bien accrochés,<br />

portions un peu délicates sur le bas-côté d’une voie rapide…<br />

32 km aller/retour. Compter 2 heures. Sinon, l’option taxi marche bien.<br />

© SDL<br />

L'ACTIVITÉ :<br />

Une fois arrivé, vous découvrez sur environ 4 km une lagune qui se resserre<br />

pour former une rivière turquoise. L’entrée, payante, se fait par un<br />

restaurant qui vous délivre votre gilet de sauvetage orange fluo. Vous voyez<br />

déjà au loin ces petites tâches colorées descendre doucement le long des «Rapides<br />

» aux couleurs vibrantes. Rien de bien décoiffant à l’image d’une descente<br />

de l’Ardèche en kayak. Il s’agit de remonter la lagune par un ponton aménagé pour se<br />

laisser glisser doucement sur l'eau en descendant.<br />

Pour les plus téméraires/curieux, remontez à contre-courant entre algues et<br />

poissons pour une découverte encore plus paisible. N’oubliez pas votre masque !<br />

© Dreamer4787 / Shutterstock<br />

56 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


© SDL<br />

© eduardosagrav / Shutterstock<br />

ETAPE 4 :<br />

LA ISLA HOLBOX<br />

● Balade en bord de mer à observer les<br />

oiseaux<br />

COMMENT S’Y RENDRE :<br />

Depuis Bacalar, le point le plus bas ou presque, la remontée est<br />

forcément un peu longue. Vous rendre à Chiquila afin de prendre<br />

un ferry (30’ de traversée). À l’image des excursions précédentes,<br />

la façon de s’y rendre est aussi intéressante que l'activité sur<br />

place. Depuis le port, descendre à la plage et prendre à droite.<br />

8 km aller/retour. Compter 2 heures.<br />

© RugliG / Shutterstock<br />

© Loes Kieboom / Shutterstock<br />

L'ACTIVITÉ :<br />

La difficulté de cette marche varie selon les marées et donc la<br />

hauteur de l’eau aux jambes. On oscille entre balade dans les<br />

terres le long des habitations, bord de plage et dans la mer, de<br />

l’eau aux chevilles quand tout va bien, pour arriver au « bout autorisé<br />

». L’excursion se limite à Punto Mosquitos, zone protégée<br />

au-delà de laquelle il est interdit d’aller.<br />

D’ici, vous voyez se balader habilement flamants roses, cormorans<br />

et autres pélicans habitant la réserve naturelle, qui se<br />

rient de vos affaires trempées avec la marée montante.<br />

© Ksenia Ice / Shutterstock<br />

● L’excursion bioluminescence<br />

COMMENT S’Y RENDRE :<br />

À l’opposé de Punta Mosquitos, un spot d’observation<br />

pas comme les autres se trouve non loin de Playa Punta<br />

Cocos. 8 km aller/retour. Compter 1h45. Des excursions<br />

payantes sont organisées en voiturette de golf<br />

version 4x4, et même sur place en kayak de nuit !<br />

L'ACTIVITÉ :<br />

Excursion aussi plate que la précédente. Aucune difficulté,<br />

hormis de devoir feinter avec les moustiques et<br />

devoir imaginer les pièges sous vos pieds dans le noir.<br />

Notre conseil : partez de jour pour n’avoir que le retour<br />

à faire de nuit. De quoi profiter d’un magnifique coucher<br />

de soleil. Une fois arrivée : biolumiquoi ? Je n’avais pas<br />

la moindre idée avant cette découverte éblouissante.<br />

J’apprends que ce phénomène naturel est l’action de<br />

la phosphorescence grâce à des micro-organismes marins.<br />

Dès que vous mettez un pied dans l’eau se produit<br />

ce phénomène lumineux aussi surprenant que magnifique.<br />

De quoi donner envie d’avancer aux enfants récalcitrants<br />

de rando ! Attention en marchant à ne pas<br />

écraser une limule... Couvrez-vous (vraiment), spray<br />

à moustiques en prime.<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 57


DÉCOUVERTE<br />

© Le CREPS de Vichy est à la pointe !/ Source: Ville de Bellerive-sur-Allier<br />

Le CREPS de<br />

Vichy regorge<br />

d'infrastructures<br />

innovantes et donc<br />

de sportifs au<br />

sommet.<br />

Un CREPS en forme<br />

olympique<br />

Connaissez-vous le Centre de ressources, d'expertise et de performance sportive, plus connu sous le<br />

nom de CREPS, de Vichy ? En marge des Jeux Olympiques de Paris 2024, les équipes de Women<br />

Sports se sont immiscées aux côtés des athlètes qui s'y entraînaient. Visite guidée. PAR MANO BOUVIER<br />

ccompagné de Nicolas<br />

A<br />

Subjobert, responsable du<br />

pôle développement chez<br />

Vichy Sport, et de Jérôme<br />

Déchamp, ex entraîneur et<br />

chef d'équipe de l'équipe de France olympique<br />

d'aviron, nous voguons à travers ses<br />

infrastructures grandioses. Un nouveau<br />

gymnase flambant neuf, des équipements<br />

dernières technologies, des logements<br />

confortables, un accompagnement des<br />

athlètes sur mesure... plus nous avançons,<br />

plus ça se précise. La star du CREPS apparaît<br />

maintenant devant nous : la salle<br />

hypoxique.<br />

Technologie de pointe<br />

Un équipement permet de recréer artificiellement<br />

les conditions d'altitude. Avec<br />

un taux d'oxygène réduit, l'immersion en<br />

hypoxie pousse l'organisme à réagir pour<br />

s'adapter en stimulant les fonctions hématologiques,<br />

respiratoires et métaboliques:<br />

le graal pour de nombreux athlètes ; difficile<br />

à obtenir puisque très peu d'infrastructures<br />

en sont dotées. Cette technologie de<br />

pointe attire énormément de sportifs. La<br />

préparation de ces Jeux Olympiques en a<br />

été la preuve. 75 % des athlètes français<br />

paralympiques y sont passés, l'équipe<br />

de volley japonaise féminine, ou encore<br />

l’équipe néo-zélandaise de football masculin.<br />

Cette visite se termine en apothéose, à<br />

croiser le (futur) quintuple médaillé olympique<br />

Léon Marchand, en pleine préparation<br />

des JO à ce moment-là, puis Philippe<br />

Lucas et Anastasiia Kirpichnikova. Un destin<br />

argenté. WS<br />

58 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


égie<br />

Vous souhaitez communiquer<br />

dans l’un des médias<br />

de notre groupe ?<br />

© Géraldine Aresteanu<br />

Pôle SPORT<br />

Pôle SPONSORING<br />

Pôle WOMEN<br />

Pôle PRO<br />

www.sport.fr<br />

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Publicité, éditorial, brand content, articles sponsorisés, communiqués de presse...<br />

Nous trouverons la formule adaptée à votre budget pour communiquer auprès de votre public-cible, parmi nos 30 millions de lecteurs.<br />

regie@sport.fr | www.sport.fr/regie


LIFESTYLE<br />

5 looks<br />

Les<br />

préférés<br />

de Hermine Bonvallet<br />

Hermine Bonvallet est une surfeuse qui jongle entre passion pour<br />

les vagues et passion pour la mode. En témoigne son superbe feed<br />

instagram (@herminebonvallet). La jeune femme qui « vit au rythme<br />

de l’océan », s’est prêtée au jeu des 5 looks pour Women Sports !<br />

PROPOS RECUEILLIS PAR VANESSA MAUREL<br />

1<br />

Look chic<br />

Pour être sur son 31 pour les plus<br />

grandes occasions<br />

Trois questions à Hermine Bonvallet<br />

DEPUIS QUAND LE SURF<br />

FAIT-IL PARTIE DE VOTRE<br />

VIE ?<br />

J’ai commencé le surf à<br />

20 ans. Ça fait aujourd’hui<br />

huit ans que je vis au rythme<br />

de l’océan, passionnée de<br />

surf et plus spécifiquement de<br />

grosses vagues ainsi que de<br />

pilotage de jetski. Je vie entre<br />

Hossegor et Nazare (Portugal),<br />

où j’y surf et propose des accompagnements<br />

pour gérer la<br />

peur de l’océan.<br />

Ma carrière a réellement<br />

débuté l’année dernière.<br />

Après avoir pris ma première<br />

vague en février 2016, mon<br />

premier tube à Tahiti début<br />

2018, je me suis lancée sur<br />

ma première grosse vague<br />

en surf tractée à Belharra en<br />

novembre 2018. Après ça,<br />

j’ai développé ma passion du<br />

pilotage et en 2023, j’ai intégré<br />

l’équipage des surfeurs de<br />

gros à Nazare. J’ai également<br />

signé mes premiers contrats<br />

de sponsoring depuis.<br />

QUELS SONT VOS<br />

PROCHAINS OBJECTIFS ?<br />

Continuer sur ma lancée ! Rester<br />

à l’écoute de mes envies,<br />

continuer à pratiquer le pilotage<br />

mais aussi me former davantage<br />

sur la mécanique des<br />

jetski. Et bien évidemment,<br />

j’aimerais participer aux évènements<br />

internationaux qui<br />

nous permettent de découvrir<br />

de nouvelles belles grosses<br />

vagues, ce qui n’est jamais<br />

chose facile !<br />

ON SAIT QUE VOUS<br />

ADOREZ LA MODE…<br />

PARLEZ-NOUS DE CETTE<br />

PASSION !<br />

Avant cette nouvelle vie<br />

océane, mon univers entier<br />

était tourné autour de la haute<br />

couture et du stylisme. À huit<br />

ans, je couds mon premier pyjama.<br />

Ensuite, je poursuis un CAP<br />

modiste, créant des chapeaux<br />

d’exception pour de grandes<br />

maisons à la capitale. Plus<br />

tard, à Cannes, je me forme<br />

en haute couture pendant un<br />

an, jusqu’à ce que ma passion<br />

pour le surf prenne le dessus.<br />

Aujourd’hui encore, je continue<br />

de dessiner, accumulant des<br />

piles de carnets de croquis. Je<br />

suis convaincue que je reviendrai<br />

à la couture un jour. WS<br />

D.R.<br />

D.R.<br />

60 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


D.R.<br />

D.R.<br />

D.R.<br />

2<br />

Look Cocooning<br />

Parfait pour les journées chill and<br />

relax<br />

3Look décontracté<br />

Pour être stylée, l’air de rien, en<br />

toutes circonstances<br />

D.R.<br />

4<br />

D.R.<br />

5Look sportif<br />

Au coeur des vagues, rien d’autre !<br />

D.R.<br />

D.R.<br />

Look plage<br />

Stylée... jusqu’au bord de l’océan !<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 61


LIFESTYLE<br />

Faire le plein de<br />

confiance en soi<br />

avec un maquillage<br />

résistant pour ses<br />

compétitions ?<br />

C’est possible !<br />

© PeopleImages.com - Yuri A/ Shutterstock<br />

BIEN SE MAQUILLER<br />

POUR LE SPORT,<br />

avec notre experte Emeline<br />

Entre les gymnastes, les athlètes et les nageuses,<br />

les Jeux Olympiques de Paris 2024 nous ont époustouflé. Bien sûr, au niveau<br />

des performances avant tout, mais aussi au niveau du maquillage ! Celui de Rebecca Andrade nous a particulièrement<br />

inspiré. On s’est posé une question : comment faire pour bien se maquiller avant une compétition ? Emeline Madaule,<br />

maquilleuse professionnelle, à la tête de Mad’Art, nous a éclairé à ce sujet.<br />

PAR VANESSA MAUREL<br />

e parcours d’Emeline est<br />

L<br />

aussi riche que varié. Diplômée<br />

d’un CAP Esthétique<br />

et un CQP Make-up, elle a<br />

eu l’occasion d’explorer de<br />

nombreuses facettes artistiques du maquillage.<br />

Ses compétences se sont rapidement<br />

diversifié, allant des tournages<br />

de courts métrages et de clip vidéos, à la<br />

réalisation de maquillages pour des mariages,<br />

ou encore dans l’univers du sport.<br />

« La toute première expérience en sport a<br />

été un shooting où j’ai dû recréer le maquillage<br />

d’un rugbyman après un match »<br />

raconte-t-elle. « J’ai passé plusieurs jours à<br />

étudier mon conjoint à la sortie de stades<br />

pour placer intelligemment les éléments<br />

telles que la transpiration etc, tout en rendant<br />

le maquillage joli pour un shooting<br />

studio ! » C’était un exercice de précision<br />

où chaque détail, de la terre sur le visage<br />

à la sueur, devait être rendu réaliste. Pas<br />

une moindre affaire.<br />

Mais quand il s’agit de maquillage pour<br />

les athlètes, avant une compétition ou<br />

un gala de danse, par exemple, Emeline<br />

62 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


nous explique que ce n’est pas seulement<br />

une question d’esthétique mais aussi<br />

aussi une question de durabilité. « Il faut<br />

qu'il tienne deux fois plus » affirme-t-elle.<br />

La sueur et les efforts physiques nécessitent<br />

des produits spécifiques comme les<br />

cosmétiques waterproof et les fixateurs<br />

puissants. « Un bon fixateur est essentiel,<br />

et pour les yeux, il vaut mieux utiliser une<br />

base de crème fixée avec un fard poudre »<br />

conseille-t-elle. -<br />

« Il faut s’amuser, jouer avec de<br />

la couleur, des paillettes, des<br />

strass… »<br />

Les sportives et sportifs qui souhaitent se<br />

maquiller eux-mêmes doivent aussi suivre<br />

des conseils pratiques pour éviter les erreurs.<br />

Emeline insiste par exemple sur l’importance<br />

de la préparation de la peau : « Il<br />

faut une bonne peau, bien hydratée, bien<br />

entretenue tout au long de l’année. La veille<br />

de la compétition, c’est bien de prévoir une<br />

routine de soins incluant un gommage,<br />

un masque, un sérum et une crème. » explique-t-elle.<br />

Elle met aussi en garde contre<br />

le maquillage excessif qui peut obstruer<br />

les pores : « Trop de fond de teint peut<br />

boucher les pores et entraîner des boutons<br />

quelques jours après. En plus on aura<br />

l’impression d’avoir un masque épais sur le<br />

visage, ce qui n’est jamais très agréable.<br />

Par contre, je dirais de toujours s’amuser<br />

sur les yeux, jouer avec de la couleurs, des<br />

paillettes, des strass…».<br />

Car au-delà de la technique, Emeline valorise<br />

également l’aspect psychologique du<br />

maquillage. Pour elle, le maquillage peut<br />

être un outil de confiance en soi. Un détail<br />

important et non négligeable lors de<br />

compétitions importantes. « Si tu te sens<br />

bien dans ta peau, à mon avis tu es plus<br />

à même de te dépasser et de moins stresser.<br />

C’est un peu comme si on enfilait un<br />

masque de super héros et que tout devenait<br />

atteignable ! » WS<br />

Pour suivre et contacter Emeline, qui se déplace<br />

dans toute la France pour tous types de projets,<br />

rendez-vous sur instagram : @mad.art.em.<br />

TUTO<br />

Réalisez votre maquillage avec Emeline<br />

6 Appliquez un blush pêche sur<br />

les joues, puis estompez pour un<br />

effet ensoleillé.<br />

7 Fixez le maquillage avec une<br />

poudre après avoir appliqué le<br />

blush.<br />

8 Appliquez un peu de bronzer<br />

pour réchauffer le teint.<br />

1 Appliquez une crème<br />

nourrissante pour hydrater et<br />

préparer la peau.<br />

2 Appliquez les gouttes<br />

illuminatrices pour unifier et<br />

illuminer le teint.<br />

3 Utilisez le correcteur sur<br />

la zone T, soit sur la zone des<br />

lumières, pour éclairer les points<br />

stratégiques.<br />

4 Appliquez l’highlighter<br />

sur le haut des pommettes.<br />

Il est conseiller par Émeline<br />

d’appliquer tous les produits<br />

crèmes avant de passer aux<br />

poudres.<br />

D.R.<br />

5 Ajoutez de l’highlighter dans<br />

le coin interne des yeux et sous<br />

l’arcade sourcilière pour plus de<br />

lumière.<br />

9 Fixez le maquillage avec un<br />

spray fixateur.<br />

10 Travaillez légèrement les<br />

sourcils et appliquez un gel<br />

fixateur pour une meilleure<br />

tenue.<br />

11 Appliquez l’eyeliner et<br />

corrigez les éventuelles erreurs<br />

D.R.<br />

avec de l’eau micellaire. Le<br />

waterproof reste intact.<br />

12 Appliquez votre mascara.<br />

D.R. D.R.<br />

13 Terminez par un baume à<br />

lèvres pour hydrater et sublimer<br />

les lèvres.<br />

Pour retrouver le tuto complet en vidéo, rendez-vous sur la chaîne YouTube www.youtube.com/@WomenSports_fr<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 63


LIFESTYLE<br />

Zoom sur<br />

les produits utilisés<br />

© PeopleImages.com - Yuri A/ Shutterstock<br />

LE MASCARA WATERPROOF<br />

SPORT-FIX DE BYS<br />

est conçu pour résister à toutes vos<br />

activités, même les plus intenses.<br />

Grâce à sa formule waterproof et<br />

smudgeproof, il reste intact face à<br />

la chaleur, l'humidité et la transpiration.<br />

Sa brosse volumatrice étoffe<br />

et allonge vos cils,<br />

offrant un regard intense<br />

et des cils XXL.<br />

Idéal pour un maquillage<br />

qui tient toute la<br />

journée, sans couler ni<br />

s’effriter.<br />

L'EYELINER LONGUE TENUE<br />

SPORT-FIX DE BYS<br />

est votre allié parfait pour un regard<br />

intense, même lors de vos séances<br />

d’entraînement ou vos compétitions.<br />

Sa formule waterproof et smudgeproof<br />

résiste à l'humidité, la transpiration<br />

et les frottements, garantissant<br />

un tracé impeccable sans craquelures<br />

ni coulures. Grâce à sa pointe feutre<br />

fine et souple, il offre un tracé facile<br />

et précis, délivrant un noir intense<br />

dès le premier passage.<br />

L’ANTI-CERNE &<br />

CORRECTEUR COUVRANT<br />

SPORT-FIX DE BYS<br />

est conçu pour un maquillage<br />

des sourcils qui tient en toutes<br />

circonstances. Sa formule waterproof<br />

et sweatproof assure une<br />

pigmentation longue durée, même<br />

par temps humide ou en pleine<br />

chaleur. Grâce à sa pointe rétractable<br />

et biseautée, vous obtenez un<br />

tracé précis sans besoin de taillage.<br />

Son embout goupillon permet d’estomper<br />

la matière et de discipliner<br />

vos sourcils pour un résultat naturel<br />

et impeccable.<br />

LE SPRAY PRIMER & FIXATEUR<br />

LONGUE TENUE 2-EN-1 SPORT-<br />

FIX DE BYS<br />

est l'allié idéal pour un maquillage<br />

impeccable toute<br />

la journée, même en faisant<br />

su sport ! Utilisable comme<br />

base de teint et fixateur, sa<br />

brume ultra légère sèche<br />

rapidement sans effet collant,<br />

tout en scellant le<br />

maquillage. Résistant à la<br />

chaleur, à l’humidité et à la transpiration,<br />

ce spray smudgeproof assure<br />

une tenue longue durée.<br />

D.R.<br />

© PeopleImages.com - Yuri A/ Shutterstock<br />

LE CORRECTEUR DE TEINT STICK<br />

UNIFIANT SPORT-FIX DE BYS<br />

est idéal pour un teint parfait, même<br />

en mouvement. Sa formule waterproof<br />

et sweatproof assure une couvrance<br />

modulable et longue durée,<br />

sans effet de matière. Enrichi en<br />

collagène végétal, vitamines E et<br />

C, et extrait de grenade,<br />

il hydrate la peau tout<br />

en floutant les zones de<br />

sécheresse et neutralisant<br />

le teint terne. Un correcteur<br />

qui unifie et lisse le teint<br />

pour un fini velouté impeccable.<br />

LES GOUTTES ILLUMINA-<br />

TRICES D’AROMA-ZONE<br />

combinent maquillage et<br />

soin pour un éclat instantané.<br />

Enrichies en vitamine<br />

C unifiante et acide hyaluronique<br />

hydratant, elles<br />

subliment toutes les carnations<br />

grâce à des nacres minérales<br />

rosées, dorées et orangées. Leur<br />

formule 100% naturelle et BIO se<br />

fond parfaitement à la peau, offrant<br />

un effet lumineux et naturel. Idéales<br />

comme highlighter ou mélangées<br />

à une crème de jour, ces gouttes<br />

révèlent un teint radieux.<br />

LA CRÈME BONNE MINE<br />

DE BODY NATURE<br />

illumine instantanément le teint<br />

grâce à ses extraits naturels de<br />

Roucou, Pomme, Framboise,<br />

et feuille de Pêcher. Sa formule<br />

unique s'adapte à toutes les carnations,<br />

rehaussant la<br />

couleur naturelle de la<br />

peau pour un éclat subtil<br />

et lumineux. Enrichie en<br />

eau de Carotte, elle convient<br />

à tous les types de<br />

peaux, offrant un effet<br />

bonne mine immédiat et<br />

un teint radieux.<br />

Remerciements particuliers aux équipes d’Aroma-Zone, de body Nature, de BYS Maquillage, de MyBeautifulRP, à Emeline et à notre modèle du jour,<br />

Maria Dias.<br />

64 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR<br />

hutterstock


Eyeliner dans une<br />

main, mascara<br />

dans l'autre,<br />

anti-cerne sous le<br />

coude : parée pour<br />

une compétition<br />

qui en jette.<br />

© Anton Vierietin/ Shutterstock<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 65


LIFESTYLE<br />

Le Sport signé<br />

RougeGorge<br />

La marque de<br />

lingerie se lance<br />

dans le sport<br />

Quand le temple de la féminité<br />

lance une collection sport, ça<br />

donne quoi ? Étonnamment,<br />

du (très) technique. L’été<br />

dernier, RougeGorge a lancé<br />

sa première ligne de sousvêtements<br />

et maillots de bain<br />

de sport. Accrochez-vous,<br />

on vous emmène au pays<br />

du soutenu, du galbé et du<br />

cintré, sans compromis sur<br />

l’ergonomie. PAR LÉA BORIE<br />

Garde-à-vous, rien<br />

ne bouge !<br />

Enfin si : vous !<br />

D.R.<br />

I<br />

l est de ces marques qu’on<br />

suit du coin de l’œil, pour la<br />

délicatesse du design, l’étendue<br />

des tailles, le roulement<br />

des nouvelles collections,<br />

l’accueil client… mais pas pour l’aspect sport.<br />

RougeGorge n’est pas la première enseigne<br />

à laquelle on penserait pour s’équiper côté<br />

running, yoga ou aquabike, et pourtant : on a<br />

découvert un monde parallèle ! Exit dentelle<br />

affriolante, tangas fins et autres bodies semi-transparents,<br />

on part sur des brassières<br />

couvrantes, au maintien sans faille, des<br />

maillots de bain une pièce de compet' ultra<br />

galbés, et même un legging gainé jusqu’aux<br />

chevilles !<br />

A la conquête d’un nouveau<br />

monde<br />

Fondée en 1992 sous le nom de Phildar Lingerie,<br />

rebaptisée Cannelle avant d’adopter<br />

en 2010 le RougeGorge qu’on lui connaît,<br />

la marque est basée à Wasquehal (Haut-de-<br />

France). Forte de ses 270 boutiques, dont<br />

deux nouvelles fraîchement inaugurées à<br />

Paris (une première !) l’enseigne aux créations<br />

raffinées a décidé d’ouvrir le champ<br />

des possibles. Elle qu’on connaissait pour sa<br />

capacité à proposer des tailles du bonnet A<br />

au G et du 34 au 52, la même qui s’est spécialisée<br />

dans la maternité, le bain, la lingerie<br />

post-opératoire et menstruelle, s’attache à<br />

un nouveau défi : s’ouvrir au monde merveilleux<br />

mais intransigeant du sport.<br />

Des élastiques qui se détendent au 3 e lavage,<br />

des brassières qui ne maintiennent<br />

pas, des tenues trop dures à enfiler : quand<br />

on ne vient du domaine, les risques de viser<br />

à côté son nombreux ! Or la marque aux<br />

140 millions d’euros de chiffre d’affaires,<br />

2 e sur le marché derrière Etam Lingerie, n’a<br />

pas le droit à l’erreur. C’est dans le Nord de la<br />

France qu’ont œuvré 100 personnes, petites<br />

mains, chefs d’ateliers et marketing, afin de<br />

concevoir les prototypes et ainsi mettre sur<br />

pied la collection sport.<br />

Gamme spéciale impacts<br />

Sports athlétiques<br />

En particulier la course à pied, le sport à impact<br />

par excellence. Ce jusqu’au 105 F, avec<br />

agrafes réglables dans le dos. Une adaptation<br />

telle que les brassières sont les mêmes,<br />

quelle que soit la taille !<br />

Sports aquatiques<br />

Conçus pour des sports d’eau à impact type<br />

aquagym, aquabike, les maillots Méduse,<br />

Marco et Marie ont une brassière intégrée,<br />

des grandes échancrures, et pour un modèle,<br />

couvrant aux fesses pour l’aquacycling.<br />

Souci du détail jusqu’au modèle zippé pour<br />

faciliter l’enfilage, avec système bloqué : astucieux<br />

! WS<br />

66 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


[ Interview croisée ]<br />

À la création,<br />

la passion du défi !<br />

Trois brassières avec et sans coque, trois maillots de bain et un<br />

legging dédiés au sport : la conception créative, pilotée par des<br />

stylistes spécialisées en lingerie, a été réalisée par une équipe<br />

100 % féminine, en collaboration avec des clientes. Des produits<br />

ergonomiques sous toutes les coutures que nous décrivent<br />

Aline Sogorb, directrice de l’offre RougeGorge, et Justine Aries,<br />

responsable médias RougeGorge Lingerie.<br />

WOMEN SPORTS :<br />

COMMENT A GERMÉ<br />

CETTE IDÉE, POUR<br />

"LA" MARQUE DE LA<br />

DÉLICATESSE ?<br />

D.R.<br />

ALINE SOGORB : Par le<br />

positionnement de Rouge-<br />

Gorge, qui veut répondre à<br />

toutes les femmes. D’autant<br />

que nos clientes en<br />

faisaient la demande en<br />

magasin. Elles voulaient<br />

des produits qui allient<br />

notre savoir-faire à l’esthétisme.<br />

On leur a envoyé<br />

des questionnaires pour<br />

cibler leurs besoins, ce<br />

qu’elles ne trouvaient pas<br />

sur le marché, ce qui les<br />

gênaient durant leur pratique,<br />

avant d’embrayer<br />

sur des interviews en tête<br />

à tête. Cela nous a permis<br />

de dessiner notre cahier<br />

des charges.<br />

JUSTINE ARIES : Avec<br />

plus de 30 ans d’expérience,<br />

en tant que corsetier<br />

notamment, on avait<br />

déjà testé une ligne de<br />

sport avec un équipementier<br />

par le passé. Nous<br />

voulions créer une ligne de<br />

bout en bout.<br />

ON AIMERAIT<br />

ÊTRE DES PETITES<br />

MOUCHES EN ATELIER<br />

POUR VOIR COMMENT<br />

LES CRÉATIONS ONT<br />

ÉTÉ CONÇUES...<br />

A.S. : D’habitude, Rouge-<br />

Gorge a beaucoup de dentelle,<br />

on aime sublimer<br />

les corps, les femmes. On<br />

s’est donc orienté vers des<br />

produits élégants sans compromis<br />

sur la fonctionnalité.<br />

On a travaillé de façon internalisée,<br />

en équipe multi-métier,<br />

entre stylistes et modélistes.<br />

On a dû résoudre des<br />

défis techniques jusqu’aux<br />

derniers retours essayages !<br />

Plutôt que de regarder chez<br />

d’autres acteurs, notre clé<br />

d’entrée a été la cliente,<br />

via notre connaissance du<br />

corps des femmes afin de<br />

choisir des matières et des<br />

coupes adaptées.<br />

D.R.<br />

POURQUOI AVOIR<br />

CHOISI UNE ATHLÈTE<br />

POUR PORTER<br />

VOTRE NOUVELLE<br />

COLLECTION ?<br />

A.S. : Le Sport signé<br />

RougeGorge est en effet<br />

incarné par Floria Gueï, 34<br />

ans, spécialiste du 400 m,<br />

diplômée d’école de commerce<br />

et de management<br />

en ayant repris ses études<br />

après avoir été deux fois<br />

maman. L’athlète a un parcours<br />

incroyable. Quand on<br />

voit les photos de produits<br />

portés par Floria, ça suscite<br />

de l’émotion.<br />

J.A. : En tant que marque<br />

de lingerie généraliste, il<br />

nous était important de<br />

s’adosser à une femme<br />

de notoriété dans le sport,<br />

afin qu’on légitime note positionnement<br />

de marque<br />

engagée pour les femmes<br />

dans leurs moments de<br />

vie. Floria représente notre<br />

cible, son sport est une<br />

discipline qui s’adresse<br />

aux produits de la marque,<br />

et on a adhéré à ce qu’elle<br />

est personnellement. En<br />

ressort un shooting en<br />

situation à l'Arena stade<br />

couvert de Liévin (Pasde-Calais)<br />

que la sportive<br />

connaît bien : ça colle à<br />

ce qu’elle est, et à nous<br />

aussi. n<br />

Corner Shopping<br />

COUP DE<br />

CŒUR WOMEN<br />

SPORTS<br />

BRASSIÈRE DE<br />

SPORT FLIP,<br />

85 AB<br />

à 100 CD,<br />

marron<br />

ou noir,<br />

35,90 €<br />

Plus couvrant,<br />

tu meurs !<br />

LEGGING FLIP,<br />

36 à 48, noir,<br />

39,90 €<br />

Un combiné<br />

de couleurs<br />

terracotta,<br />

sombre<br />

et blanc qui<br />

fait mouche !<br />

MAILLOT DE<br />

BAIN SPORT<br />

MARCO,<br />

36 à 48,<br />

noir ou kaki,<br />

49,90€<br />

La brassière<br />

intégrée n’est<br />

pas là pour la<br />

déco !<br />

D.R. D.R.<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 67


FEMMES DE L'OMBRE<br />

RENCONTRE<br />

Doris Martel :<br />

Une Française kiné au cœur de la NBA<br />

Doris Martel est une figure singulière dans l’univers du sport de haut niveau. Directrice des<br />

thérapies manuelles et de la médecine fonctionnelle des Philadelphia 76ers, elle occupe une<br />

position précieuse et rare. Surtout pour une femme. Sa présence dans les coulisses d’un milieu<br />

très fermé comme la NBA confirme une chose : le travail paie. PAR RUBEN DIAS<br />

U<br />

ne magicienne. Voilà comment<br />

est décrite Doris Martel<br />

par beaucoup de joueurs.<br />

Directrice des thérapies manuelles<br />

et de la médecine<br />

fonctionnelle des Philadelphia 76ers, la<br />

Française de 43 ans conquiert le monde de<br />

la NBA, un an seulement après son arrivée<br />

aux USA. Et la jeune femme n’a pas suivi le<br />

chemin traditionnel des grandes écoles parisiennes.<br />

Née à Thiais, dans le Val-de-Marne,<br />

elle a d’abord été gymnaste rythmique,<br />

s’inspirant de sa petite soeur, évoluant avec<br />

grâce sur les poutres de sa ville natale.<br />

Après l’obtention de son bac L, avide d’expériences<br />

éclectiques, Doris se lance dans la<br />

danse contemporaine et africaine. Puis elle<br />

s’envole outre-Atlantique.<br />

Doris l’exploratrice<br />

Remontons presque 20 ans en arrière.<br />

Alors attachée de presse chez Universal<br />

Jazz, Doris côtoie de nombreux artistes internationaux.<br />

Une immersion qui l’incite a<br />

apprendre l’anglais et à perfectionner ses<br />

compétences. « Je m’envole pour un voyage<br />

de seulement 9 mois à la base, mais après<br />

avoir rencontré l’homme qui deviendra mon<br />

mari, je ne suis jamais rentrée », sourit-elle.<br />

Pendant cette période, les petits boulots<br />

s’enchaînent : baby-sitting, cours de français<br />

et de dans... « je cherchais ma voie », explique<br />

la jeune femme. S’imprégnant d’une<br />

culture « où l’on te vend que tout est possible<br />

si tu travailles dur ! »<br />

« JE NE CONNAISSAIS PAS GRAND-<br />

CHOSE AU BASKETBALL, MAIS J'ÉTAIS<br />

PASSIONNÉE PAR LE CORPS HUMAIN. »<br />

Des rencontres qui changent<br />

une vie<br />

C’est lors d’une rencontre « fascinante »<br />

avec un chaman, « qui soigne mon mal de<br />

genou par des manipulations et du massage<br />

» que l’ancienne gymnaste découvre<br />

le monde « des thérapies alternatives. Une<br />

expérience bouleversante qui me pousse à<br />

explorer et apprendre ces techniques », se<br />

souvient-elle. Au début sans but bien précis,<br />

juste avec « l'espoir de pouvoir aider des personnes<br />

en souffrance. »<br />

Quelques années plus tard, c’est une autre<br />

rencontre qui va une nouvelle fois faire basculer<br />

sa vie. « Je faisais un stage avec le kiné<br />

et masseur des Los Angeles Lakers, Marko<br />

© Doris Martel<br />

D.R.<br />

68 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


« J'espère pouvoir<br />

continuer à<br />

inspirer et à<br />

former la nouvelle<br />

génération »<br />

Les joueurs, les staffs, tout le monde apprécie<br />

sa façon de travailler. La thérapie<br />

manuelle, discipline que Doris maîtrise à<br />

la perfection, vise à manipuler les tissus<br />

mous : muscles, fascias, tendons, ligaments,<br />

viscères, pour prévenir les blessures<br />

et soigner les douleurs. Une approche holistique,<br />

incluant la gestion de la nutrition,<br />

du sommeil, des émotions, du yoga et de<br />

la méditation, révolutionne le suivi des athlètes.<br />

« Je suis aussi là pour améliorer leurs<br />

performances. » Ses méthodes ont fait des<br />

Clippers l’une des franchises les moins touchées<br />

par les blessures à l’époque.<br />

I have a dream<br />

Et non, les doigts de fée ne suffisent pas<br />

pour réussir. Mais le secret de son American<br />

Dream, Doris le décrit ainsi : « un mélange<br />

de naïveté, d’envie d’apprendre et d’humilité.<br />

Je me souviens un jour d’avoir pensé,<br />

que moi, petite femme noire étrangère, je<br />

pourrais me faire une place dans ce milieu.<br />

C'est cette naïveté qui m'a permis de saisir<br />

toutes ces opportunités. »<br />

Yrjovuori. De fil en aiguille, je me retrouve<br />

dans son camp d’été avec des basketteurs et<br />

autres sportifs pros. »<br />

Les joueurs sont impressionnés par son approche<br />

et demandent à leur franchise d’embaucher<br />

la petite Française. « Je ne connaissais<br />

pas grand-chose au basketball, mais<br />

j'étais passionnée par le corps humain »,<br />

raconte-t-elle. Ces recommandations la<br />

conduisent d’abord à de courtes missions<br />

ponctuelles, avant un contrat à temps plein<br />

chez les Clippers, puis chez les Sixers.<br />

Tant que nous sommes dans les rencontres,<br />

son arrivée en équipe de France est aussi<br />

une belle illustration d’opportunités inattendues<br />

se présentant à Doris. « En 2019 je travaillais<br />

déjà pour les Sixers. Joel Embiid me<br />

présente à Boris Diaw, Jacky Commères et<br />

Jean-Pierre Siutat. La conversation a mené<br />

à une proposition d'intégrer le staff de<br />

l'équipe de France pour la Coupe du Monde<br />

en Chine. » Après une longue hésitation, elle<br />

accepte.<br />

Une fée dans un monde de<br />

géants<br />

© Armand Lenoir<br />

Tout n’est pas toujours tout rose dans le<br />

milieu de la balle orange. « Mon patron<br />

de l'époque m'avait avertie : j'allais travailler<br />

dans un environnement difficile,<br />

qu'il surnommait ‘ground zero'. Je devrais<br />

m'attendre à tout, y compris des blagues<br />

douteuses. » Doris Martel a pu s’appuyer<br />

sur son ouverture d’esprit et « la culture<br />

française. Avec ma mentalité, je n’ai ni<br />

peur de l’inconnu, ni de l’adversité. Je me<br />

suis immédiatement adaptée à ce monde<br />

d’hommes. »<br />

Rester humble, garder les pieds sur le parquet<br />

et respecter les « gens et les processus<br />

autour de moi », c’est la combinaison qui a<br />

permis à la Française de réussir en NBA. Un<br />

environnement pourtant impitoyable. « Cela<br />

prend plus de temps pour convaincre les<br />

gens et pour avancer. En tant que femme<br />

on ne peut pas être trop directe ou “avoir<br />

les dents qui rayent le parquet”. Il faut travailler<br />

avec humilité en faisant attention de<br />

ne pas froisser l’ego des hommes qui vous<br />

entourent. »<br />

Les JO pour continuer d’inspirer<br />

Présente l'été dernier aux JO avec l’équipe<br />

de France de basket masculine, Doris Martel<br />

ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.<br />

« Je veux continuer à apprendre et à<br />

m’épanouir. » Avec son podcast et sa classe<br />

en ligne en français (@dorismartel), la thérapeute<br />

veut partager son expertise. « J'espère<br />

pouvoir continuer à inspirer et à former<br />

la nouvelle génération de professionnels de<br />

la santé. Tout en restant fidèle à ma passion<br />

pour le corps humain et la santé. » WS<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 69


FEMMES DE L’OMBRE AVEC<br />

FOCUS SUR…<br />

GolfHER :<br />

Aude Bredel, au service<br />

des golfeuses !<br />

Aude Bredel a fondé GolfHER pour transformer le golf féminin en France. Ancienne membre de<br />

l’équipe de France espoir et forte de 13 ans d’expérience dans l’industrie du golf, elle a remarqué un<br />

manque d’inclusion féminine dans ce sport. Entretien. PAR VANESSA MAUREL<br />

«<br />

Je voyais peu de femmes<br />

sur les parcours et encore<br />

moins de structures adaptées<br />

à leurs besoins »,<br />

explique Aude. GolfHER,<br />

plateforme gratuite dédiée aux golfeuses<br />

lancée en 2021, est la première entreprise<br />

en France dédiée uniquement au<br />

golf féminin. Elle propose des services<br />

adaptés à chaque étape du parcours<br />

sportif des femmes, y compris des programmes<br />

pour les femmes actives, les<br />

seniors, et les nouvelles venues au golf.<br />

« Notre objectif est de rendre le golf plus<br />

accessible et attrayant pour toutes les<br />

femmes, qu’elles soient débutantes ou<br />

confirmées », souligne Aude. Et pour<br />

cela, la plateforme offre des formules<br />

sportives simplifiées et un contenu pédagogique<br />

en ligne accessible à tous les<br />

niveaux.<br />

Le Palatine Women Project,<br />

un soutien « inestimable »<br />

Dans son parcours entrepreneurial, Aude<br />

Bredel a trouvé un soutien crucial auprès<br />

du Palatine Women Project (PWP), un<br />

programme dédié aux sportives de haut<br />

niveau entrepreneures. Ce programme<br />

a permis à Aude de rompre l’isolement<br />

souvent ressenti par les entrepreneures<br />

solos et de bénéficier d’un accompagnement<br />

stratégique et personnel. Grâce au<br />

PWP, elle a pu s’entourer d’une équipe<br />

et de femmes inspirantes. « Ce qu’offre<br />

la Banque Palatine est inestimable pour<br />

moi et me permet de me construire », affirme-t-elle.<br />

« NOTRE OBJECTIF EST DE RENDRE LE<br />

GOLF PLUS ACCESSIBLE ET ATTRAYANT<br />

POUR TOUTES LES FEMMES, QU’ELLES<br />

SOIENT DÉBUTANTES OU CONFIRMÉES. »<br />

D.R.<br />

Le programme lui a non seulement fourni<br />

des compétences business essentielles,<br />

mais aussi un réseau de mentors tels que<br />

Séverine Desbouys, Mathieu Zamanian,<br />

et Guillaume du Poy. Ces figures l’ont aidée<br />

à renforcer sa confiance, à valoriser<br />

son entreprise, et à surmonter les barrières<br />

courantes dans le monde entrepreneurial.<br />

« Avec Séverine, j’ai appris à ne<br />

pas avoir peur de montrer ma puissance<br />

et ma motivation. Elle m’a encouragée à<br />

utiliser ma force en tant que femme et<br />

ancienne athlète », raconte Aude. Quant<br />

à Mathieu Zamanian, il lui a appris à comprendre<br />

la valeur de son entreprise et à<br />

appréhender les codes et usages dans<br />

le monde des affaires. Guillaume du Poy,<br />

spécialisé dans l’accompagnement des<br />

start-up, lui a enseigné l’importance du<br />

réseautage et comment lever des fonds.<br />

« Il m’aide à casser mes barrières limitantes<br />

», continue-t-elle.<br />

Une mission au-delà du sport<br />

GolfHER ne vise pas uniquement à démocratiser<br />

le golf féminin, mais aussi à servir<br />

d’outil d’émancipation pour les femmes<br />

et à promouvoir l’égalité des sexes dans<br />

le sport. Aude souhaite ainsi que chaque<br />

personne, quel que soit son genre, puisse<br />

jouer selon ses besoins et ses envies. «<br />

Quand on aura atteint cela, cela signifiera<br />

que notre sport se proposera dans toute<br />

sa diversité sans besoin de genrer les<br />

choses ».<br />

Pour réaliser cette vision, GolfHER déploie<br />

plusieurs initiatives concrètes :<br />

un espace en ligne privé réservé aux<br />

70 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


femmes, des offres adaptées pour jouer<br />

au golf, un incubateur pour les joueuses<br />

professionnelles, et un programme visant<br />

à valoriser les enseignantes de golf.<br />

« Nous voulons fédérer et accompagner<br />

les organisations, les clubs et les coachs<br />

qui souhaitent intégrer une stratégie de<br />

féminisation », explique-t-il. Ces initiatives<br />

visent à briser les barrières d’ordre financier,<br />

social, ou psychologique qui peuvent<br />

décourager les femmes de s’engager<br />

dans le golf. « Le 100 % féminin rassure<br />

et permet de mettre le pied à l’étrier »,<br />

soutient Aude Bredel.<br />

© david Hauradou - Tous droits réservés à GolfHER<br />

Malgré les défis auxquels sont confrontées<br />

les femmes dans le golf, tels que le<br />

manque de temps, le coût élevé, et l’isolement<br />

ressenti dans les clubs, GolfHER<br />

s’efforce de proposer des solutions inclusives<br />

et accessibles. « Nous voulons<br />

montrer que le golf peut être fun et accessible<br />

à toutes », déclare Aude. Et cela<br />

fonctionne. Les retours des premières<br />

utilisatrices de GolfHER sont très positifs.<br />

Plus de 1200 femmes ont rejoint la communauté.<br />

« Elles sont heureuses de trouver<br />

un espace qui leur est entièrement<br />

dédié », explique-t-elle. Les partenaires<br />

de GolfHER sont aussi conquis. « Notre<br />

objectif est de prouver que l’investissement<br />

dans le sport féminin est non seulement<br />

socialement bénéfique, mais aussi<br />

économiquement viable », souligne Aude.<br />

Aude Bredel envisage de faire croître<br />

GolfHER en impliquant des dirigeantes<br />

et décideuses, et en élargissant l’offre<br />

à d’autres disciplines sportives. « Je souhaite<br />

renforcer la notion d’appartenance<br />

des femmes dans le golf, leur permettre<br />

de gagner en confiance, d’avoir le choix et<br />

d’oser se lancer, car le golf et les autres<br />

sports que nous mettrons en avant sont<br />

intéressant à intégrer dans son plan de<br />

carrière comme levier de performance et<br />

de bien être. », conclut-elle. WS<br />

Mathieu Zamanian<br />

Un mentor clé pour l’entrepreneuriat d’Aude Bredel<br />

Mathieu Zamanian, entrepreneur<br />

aguerri et défenseur de<br />

la parité professionnelle, joue<br />

un rôle déterminant dans<br />

le parcours entrepreneurial<br />

d’Aude Bredel. Engagé en<br />

tant que mentor dans le cadre<br />

du Palatine Women Project<br />

(PWP), Mathieu Zamanian<br />

met à profit son expérience<br />

pour guider et soutenir Bredel<br />

dans le développement<br />

de son projet.<br />

Mathieu Zamanian a découvert<br />

le PWP grâce à Séverine Desbouys,<br />

qui lui a présenté cette<br />

initiative. « Ce qui me plaît dans<br />

le PWP, c’est l’opportunité d’aider<br />

les femmes à surmonter les<br />

défis du monde des affaires,<br />

D.R.<br />

surtout dans un environnement<br />

bienveillant et orienté vers l’entraide<br />

», explique-t-il. Lors de<br />

sa première rencontre avec<br />

Aude, il a été immédiatement<br />

séduit par sa détermination et<br />

son enthousiasme. « Aude est<br />

une femme accomplie, dotée<br />

d’une soif d’apprendre et d’une<br />

capacité impressionnante à se<br />

remettre en question ».<br />

Son rôle de mentor consiste<br />

principalement à aider Aude à<br />

naviguer les aspects marketing<br />

et commerciaux de son entreprise.<br />

« Cela inclut la définition<br />

de son offre afin de répondre à<br />

un besoin réel identifié, ce qui<br />

est crucial pour pérenniser son<br />

activité le plus rapidement possible,<br />

indique-t-il. Nous faisons<br />

des points réguliers, et je suis<br />

toujours disponible pour écouter<br />

et offrir des conseils pragmatiques<br />

».<br />

Mais pour Mathieu Zamanian,<br />

l’accompagnement ne se limite<br />

pas aux conseils techniques : il<br />

apporte aussi une perspective<br />

basée sur la bienveillance et le<br />

recul. « Mon objectif est de l’aider<br />

à prendre les meilleures décisions<br />

possibles, en partageant<br />

mes propres réussites et échecs<br />

(…). Notre collaboration est<br />

étroite et bienveillante. Comme<br />

mentor, je m’efforce d’être à<br />

l’écoute, d’offrir des conseils<br />

basés sur mon expérience et<br />

un soutien pragmatique pour<br />

l’aider à surmonter les défis de<br />

son projet. Une communication<br />

ouverte et régulière nous permet<br />

d’ajuster rapidement notre<br />

approche et de répondre efficacement<br />

à ses besoins, le tout<br />

fondé sur la confiance mutuelle<br />

et un engagement partagé vers<br />

la réussite du projet. » n<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 71


FRANCOPHONIE<br />

Le CIJF et la Confédération des sports<br />

francophones innovent avec<br />

les championnats<br />

francophones<br />

de tennis de table<br />

Le Comité international des Jeux de la Francophonie et la Confédération des sports<br />

francophones se lancent dans un nouveau défi : organiser un championnat francophone de<br />

tennis de table, du 12 au 14 décembre 2024, à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Une compétition<br />

aux multiples objectifs, comme nous l’explique Ali Kanaté, président de la Confédération<br />

internationale des unions sportives francophones (CIUSF).<br />

PAR VANESSA MAUREL<br />

WOMEN SPORTS : PRÉSENTEZ-NOUS<br />

LA CONFÉDÉRATION DES SPORTS<br />

FRANCOPHONES ?<br />

ALI KANATÉ : La Confédération internationale<br />

des unions sportives francophones<br />

est une instance qui a pour but de<br />

développer le sport dans l'espace francophone,<br />

mais surtout de défendre les intérêts<br />

des unions sportives francophones et<br />

des fédérations nationales francophones<br />

auprès des organismes privés et publics.<br />

Pour cela, on met en place plusieurs actions,<br />

comme des actions de développement,<br />

notamment auprès des fédérations<br />

nationales et des collectivités territoriales.<br />

On renforce les capacités des collectivités<br />

territoriales ou des fédérations nationales<br />

en termes de formation, en mettant en<br />

place des formations sur la méthode de<br />

projet ou sur le projet événementiel. On<br />

fait des formations de fabrication artisanale<br />

de matériel, par exemple de tennis<br />

de table ou de badminton, pour rendre<br />

autonomes les collectivités territoriales<br />

en termes d'accès à du matériel lié à la<br />

pratique sportive. On organise également<br />

des camps d'entraînement autour de plusieurs<br />

disciplines.<br />

POUVEZ-VOUS NOUS PARLER DU<br />

CHAMPIONNAT FRANCOPHONE DE<br />

TENNIS DE TABLE JEUNES ?<br />

Ce championnat est le fruit d'une collaboration<br />

entre le CIJF et la Confédération<br />

internationale des unions sportives<br />

francophones. Un constat a été fait dans<br />

l'espace francophone qu'il existe très peu<br />

de compétitions pour les jeunes. Ce tournoi<br />

permettra de répondre à ce besoin,<br />

mais surtout de permettre à nos jeunes<br />

francophones de pouvoir marquer des<br />

points au classement de la Fédération<br />

internationale et d'être bien positionnés<br />

notamment pour les Jeux olympiques<br />

de la jeunesse qui auront lieu à Dakar.<br />

Notre objectif est surtout de permettre<br />

aux jeunes de marquer des points dans<br />

le classement de la Fédération internationale.<br />

Il y a un rapport avec les Jeux de la Francophonie<br />

en termes de stratégie. Comme<br />

vous le savez, les Jeux de la francophonie<br />

sont tous les 4 ans. L'idée est de pouvoir<br />

créer une transition entre chaque édition.<br />

Au lieu d'attendre tous les 4 ans pour parler<br />

du sport dans l'espace francophone,<br />

ce tournoi permettrait justement de faire<br />

vivre la francophonie sportive tous les<br />

ans. Pour cette première édition, ces<br />

championnats ne sont pas qualificatifs<br />

pour les Jeux de la francophonie. Cela le<br />

« IL Y A DEUX CATÉGORIES : LES FILLES<br />

ET LES GARÇONS. PUIS NOUS AVONS<br />

AUSSI UNE COMPÉTITION MIXTE. »<br />

72 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


En tennis de table,<br />

la francophonie<br />

sportive va pouvoir<br />

être mise en avant<br />

tous les ans !<br />

© CIJF<br />

sera peut-être plus tard, mais pour l'instant<br />

ce n'est pas le cas.<br />

Aujourd'hui, nous avons également un<br />

événement majeur, les Jeux Olympiques<br />

de la jeunesse, qui auront lieu dans un<br />

pays francophone, à Dakar. L'idée, c’est<br />

également de profiter de cet engouement<br />

des JOJ, comme un levier pour développer<br />

le sport dans l'espace francophone. On<br />

fait le constat qu'il y a très peu de compétitions<br />

destinées aux jeunes de moins de<br />

18 ans dans l'espace francophone.<br />

Il y a également une stratégie d’héritage.<br />

En 2017, Abidjan a organisé les Jeux de<br />

la Francophonie. En accueillant le championnat<br />

de tennis de table en décembre<br />

prochain, nous pourrons utiliser les infrastructures<br />

issues des Jeux de la Francophonie.<br />

QUI EST À L'ORIGINE DE CE<br />

TOURNOI ?<br />

C’est le CIJF, qui nous a approchés pour<br />

mettre en place cette compétition, en<br />

sachant que nous, la Confédération,<br />

sommes plutôt opérationnels et surtout<br />

proches des fédérations nationales et internationales,<br />

et surtout que nous avons<br />

comme membres affiliés les unions sportives<br />

francophones de toutes les disciplines.<br />

De notre côté, nous travaillons en<br />

lien avec l'Union francophone de tennis de<br />

table, la francophonie pongiste internationale,<br />

pour mettre en place ce tournoi.<br />

QUEL PUBLIC EST VISÉ ?<br />

Ce sont les jeunes de moins de 18 ans.<br />

Il y a deux catégories : les filles et les garçons.<br />

Puis nous avons aussi une compétition<br />

mixte.<br />

Ils accèdent au tournoi par la Fédération<br />

internationale. Les athlètes ne peuvent<br />

pas s'inscrire directement à cette compétition.<br />

Il faut qu'ils passent par leur<br />

Fédération nationale francophone (donc<br />

par l’une des Fédérations des 88 États<br />

qui sont membres de l’OIF), qui peuvent<br />

chacune engager deux joueurs, donc une<br />

fille et un garçon.<br />

QUELS SERONT LES OBJECTIFS<br />

PRÉCIS DE CE PREMIER<br />

CHAMPIONNAT ?<br />

L'objectif, c'est d'avoir d'abord le maximum<br />

de participants. Donc avec le CIJF,<br />

nous nous sommes donné l'objectif<br />

d'avoir au moins 15 pays participants.<br />

Bon, nous ne sommes pas loin de l'objectif,<br />

parce que pour l'instant, nous en<br />

avons 13 et nous sommes quand même à<br />

3-4 mois de la compétition. Donc je pense<br />

que l'objectif sera atteint. Et puis ensuite,<br />

c'est de réussir l'événement pour que<br />

nos athlètes puissent vraiment participer<br />

dans de bonnes conditions. Et donc pour<br />

cela, toutes les parties concernées sont<br />

très impliquées pour la réussite de cette<br />

compétition. Donc ça, c'est un premier<br />

objectif en termes d'organisation, etc.<br />

Et le deuxième objectif est déjà atteint.<br />

Parce qu'aujourd'hui, cette compétition<br />

est dans le calendrier de la Fédération internationale<br />

des tennis de table. Donc ce<br />

qui va permettre à nos jeunes de marquer<br />

des points. Donc voilà, essentiellement,<br />

c'est deux objectifs. WS<br />

D.R.<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 73


IL ÉTAIT UNE FOIS<br />

RETOUR SUR…<br />

Tir aux pigeons, tir à la corde,<br />

pêche à la ligne, saut sans élan…<br />

ces sports insolites<br />

qui ont été un jour au<br />

programme des JO !<br />

Tous les quatre ans, le CIO<br />

s’évertue à renouveler son<br />

programme. Ainsi, des<br />

épreuves sont ajoutées.<br />

Pas n’importe comment<br />

puisque les disciplines<br />

doivent respecter une<br />

charte olympique bien<br />

précise. Et pour faire de<br />

la place à ces nouvelles<br />

épreuves, certaines sont<br />

malheureusement (ou pas)<br />

rayées du programme. Du<br />

tir à la corde à la pêche à la<br />

ligne, zoom sur ces sports<br />

insolites d’un jour aux JO.<br />

PAR RUBEN DIAS<br />

1<br />

© testing / Shutterstock<br />

LA NATATION SYNCHRONISÉE<br />

EN SOLO :<br />

Commençons cette sélection<br />

doucement. Déjà, la natation<br />

synchronisé n’a d’intérêt que dans le<br />

jeu Mario et Sonic aux JO (on rigole<br />

bien sûr). Mais en 1984, le CIO a<br />

eu l’incroyable idée d’inclure à son<br />

programme la natation synchronisée<br />

en solo. Comment dire… Ils étaient<br />

plutôt contents de leur idée puisque<br />

l’épreuve restera au programme en<br />

1988 et 1992.<br />

2<br />

LE DUEL AU PISTOLET :<br />

On passe un cran avec cette épreuve.<br />

Il faut remonter en 1912 à Stockholm<br />

pour le premier, et seul, duel au<br />

pistolet olympique. Attention, pas<br />

Lucky Luke, pas de Far West et… pas<br />

de participants qui se tirent dessus.<br />

Nos courageux athlètes devaient<br />

viser des mannequins vêtus de<br />

redingotes avec des cibles peintes<br />

sur la poitrine. C’était LE sport des<br />

gentlemen.<br />

D.R.<br />

3<br />

LE POLO À BICYCLETTE :<br />

Originaire d’Irlande, la discipline<br />

fut intégrée aux JO de Londres en<br />

1908. Sport très semblable au polo<br />

traditionnel, à la seule nuance près<br />

de la monture. Au lieu d’enfourcher<br />

un cheval, c’est un vélo qui est<br />

utilisé. À 5 contre 5, les joueurs<br />

s’affrontent et, avec un maillet,<br />

envoient la balle dans les cages<br />

adverses. En France, un championnat<br />

est toujours organisé...<br />

D.R.<br />

4<br />

LE TANDEM :<br />

Le saviez-vous, le cyclisme est l’un<br />

des rares sports à avoir figuré lors<br />

de toutes les éditions des Jeux<br />

Olympiques ? Mais l’une d’entre<br />

elles reste assez singulière. De 1908<br />

à 1972, ont eu lieu des épreuves<br />

de… tandem. Toujours utilisé pour<br />

permettre aux aveugles de participer<br />

au cyclisme aux Jeux Paralympiques,<br />

ce moyen de transport reste<br />

étonnant. Et respect à celui qui<br />

prenait le train arrière, avec celui de<br />

son binôme sous le nez.<br />

D.R.<br />

5<br />

LE SAUT SANS ÉLAN :<br />

Mais pourquoi se fatiguer à courir ?<br />

En 1912, c’est la question que le<br />

CIO s’est posé. Le principe, vous<br />

l’aurez compris : faire le saut le plus<br />

long, sans aucune course autorisée.<br />

L’Américain Ray Ewry, recordman de<br />

l’épreuve franchissant les 1,65 m,<br />

a remporté 8 titres olympiques, à<br />

l’arrêt complet donc !<br />

D.R.<br />

74 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


6<br />

D.R.<br />

7<br />

LE PLONGEON EN LONGUEUR :<br />

C’est un véritable défi de camping<br />

qui a eu lieu en 1904 à Saint-Louis<br />

(la 3 e olympiade, aux Etats-Unis).<br />

Les athlètes devaient plonger dans<br />

une piscine, puis voir jusqu’où ils<br />

pouvaient avancer sous l’eau avant<br />

de devoir remonter à la surface.<br />

LA NATATION SOUS-MARINE :<br />

L’objectif de l’épreuve est simple :<br />

faire la plus longue distance en<br />

apnée, tout en prenant tout son<br />

temps pour remonter à la surface.<br />

Les nageurs remportaient 2 points<br />

par mètre parcouru et 1 par seconde<br />

passée sous l’eau… Cocorico, le<br />

vainqueur est français. Charles<br />

Devendeville a parcouru 60 m en<br />

1m, 8s et 4 ms pour un total de<br />

188,4 points.<br />

D.R.<br />

8<br />

LE 200 M NAGE AVEC OBSTACLES :<br />

Pour cette épreuve, les athlètes<br />

devaient grimper sur un poteau,<br />

comme à Koh Lanta, enjamber<br />

plusieurs bateaux et passer sous<br />

la coque d’une péniche. Une drôle<br />

d’épreuve remportée par l’Australien<br />

Fred Lane. Des épreuves loufoques<br />

qui ont eu lieu sur la Seine.<br />

10<br />

D.R.<br />

9<br />

LE TIR À LA CORDE :<br />

On touche au but avec l’un des<br />

sports les plus loufoques. Déjà<br />

pratiqué lors des Jeux de l’Antiquité,<br />

cette discipline a figuré dans le<br />

programme olympique entre 1900 et<br />

1920. Le but : deux équipes tirent<br />

sur une corde pour que l’adversaire<br />

franchisse la ligne tracée au sol.<br />

Comme à la kermesse quoi !<br />

D.R.<br />

PETIT CLIN D’OEIL À L’ÉDITION LA PLUS<br />

LOUFOQUE DE TOUTES… PARIS 1900<br />

Il s’agissait seulement de la 2 e édition des Jeux Olympiques de l’ère moderne.<br />

En 1900, après Athènes, Paris a eu l’honneur d’accueillir les JO. Il faudrait un<br />

article entier pour vous raconter le fiasco de cette édition, alors focalisons-nous<br />

sur les épreuves les plus bizarres.<br />

LE SAUT EN LONGUEUR ET LE<br />

SAUT EN HAUTEUR À CHEVAL :<br />

Oui, cela a existé, en 1900 ! C’est<br />

avec pas mal de scepticisme que l’on<br />

vous présente cette épreuve. Le but<br />

était donc de sauter, soit le plus loin<br />

possible, soit le plus haut possible,<br />

avec son cheval. À quand du saut à<br />

la perche en canasson ?<br />

D.R.<br />

D.R.<br />

11<br />

LA PÊCHE À LA LIGNE :<br />

Cette épreuve s’est déroulée sur l’île<br />

aux cygnes en plein cœur de Paris en<br />

1900. Le succès fut total avec 600<br />

concurrents dont 40 étrangers et plus<br />

de 20 000 visiteurs. Le tout pour<br />

un triste bilan de 2 000 poissons<br />

capturés dont 881 sont décédés.<br />

C’est Elie Lesueur qui a le mieux<br />

gardé la ligne.<br />

12<br />

BALLONS VOLANTS :<br />

Définitivement, Paris, tu nous<br />

surprendras toujours. En 1900,<br />

différentes épreuves de ballons<br />

étaient au programme : durée de<br />

vol maximale, distance maximale,<br />

altitude maximale et distance<br />

minimale… Pour l’anecdote, le<br />

vainqueur, et recordman mondial,<br />

s’est posé en Ukraine, après<br />

2 000 km parcourus… Une belle<br />

galère à organiser.<br />

D.R.<br />

13<br />

TIR AU PIGEON VIVANT :<br />

On termine avec l’épreuve la plus<br />

improbable jamais disputée (même<br />

si certaines rumeurs indiquent qu’en<br />

1904 des cerfs vivants étaient utilisés<br />

pour l’épreuve du tir). Le titre dit<br />

tout. L’objectif était de tirer sur des<br />

pigeons… vivants. Sur la seule journée<br />

de compétition, près de 300 volatiles<br />

ont été abattus. 21 pour le seul<br />

vainqueur. L’épreuve ne se déroulera<br />

qu’à une reprise, déjà jugée très peu<br />

éthique à l’époque. Aujourd’hui, ce sont<br />

des oiseaux en argile qui sont utilisés.<br />

D.R.<br />

© railway fx / Shutterstock<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 75


FEMMES D’INFLUENCE AVEC<br />

RENCONTRE INSPIRANTE<br />

Marine Antoine :<br />

au cœur du développement<br />

d’emlyon en Afrique<br />

Directrice des opérations pour l’Afrique chez emlyon Business School, Marine Antoine,<br />

ancienne élève de l’école et gymnaste, nous dévoile les défis et les opportunités de son rôle.<br />

Entretien inspirant. PROPOS RECUEILLIS PAR VANESSA MAUREL<br />

WOMEN SPORTS : POUVEZ-VOUS<br />

NOUS PARLER DE VOS PRINCIPALES<br />

MISSIONS EN TANT QUE DIRECTRICE<br />

DU DÉVELOPPEMENT POUR LA ZONE<br />

AFRIQUE CHEZ EMLYON ?<br />

MARINE ANTOINE : En tant qu’intrapreneure<br />

au sein d’emlyon, je supervise notre<br />

développement en Afrique, une activité récente.<br />

Nous avons ouvert le bureau à Abidjan<br />

il y a trois ans. Nos missions se répartissent<br />

en trois axes principaux. Le premier<br />

concerne le recrutement et les admissions,<br />

où nous offrons un accompagnement personnalisé<br />

aux étudiants africains, de divers<br />

pays, souhaitant intégrer nos campus en<br />

France pour des programmes de formation<br />

initiale ou continue. C’est notre activité principale.<br />

Le deuxième axe se concentre sur<br />

le développement, un domaine où je suis<br />

particulièrement impliquée. Nous établissons<br />

des partenariats avec des institutions<br />

locales, comme des universités, des lycées,<br />

les différents bureaux Campus France et des<br />

institutions gouvernementales. Nos objectifs<br />

incluent la promotion d’échanges académiques,<br />

la création de doubles diplômes et<br />

la co-construction de programmes de qualité<br />

et adaptés aux attentes d’un public varié :<br />

étudiants, entrepreneurs, gouvernements…<br />

« PRÈS DE 60% DES AFRICAINS ONT<br />

MOINS DE 25 ANS, IL Y A UN VRAI<br />

BESOIN DE FORMATIONS. »<br />

D.R.<br />

Nous collaborons aussi avec des entreprises<br />

pour développer des formations sur<br />

mesure et avec des institutions qui offrent<br />

des bourses d’études. Ce volet s’étend à<br />

plusieurs pays africains. Enfin, le troisième<br />

axe porte sur la visibilité, la notoriété et le réseau.<br />

Nous participons activement à divers<br />

événements, webinaires et conférences.<br />

Nous avons un réseau d’alumni solide, avec<br />

180 anciens élèves à Abidjan, 500 anciens<br />

au Maroc, 70 au Cameroun… Nous sommes<br />

près de 1600 alumni à travers l’Afrique ce<br />

qui nous aide à renforcer notre présence sur<br />

le continent.<br />

QUELS SONT VOS PLUS GRANDS<br />

DÉFIS DANS LE DÉVELOPPEMENT<br />

DE LA PRÉSENCE D’EMLYON EN<br />

AFRIQUE ?<br />

Les défis sont nombreux et variés. En termes<br />

de logistique et de gestion d’équipe, il faut<br />

tenir compte des différences culturelles et<br />

linguistiques et des façons de travailler sur<br />

différentes missions entre les différentes<br />

équipes (en Afrique, en Europe et en Asie<br />

principalement). Nos programmes doivent<br />

être pertinents et en adéquation avec les<br />

besoins et attentes du public, avec des partenariats<br />

adaptés à chaque pays, car une<br />

collaboration au Gabon ne se déroule pas<br />

comme au Sénégal. De plus, le contexte<br />

politique, les enjeux financiers, l’accès à la<br />

technologie, et les questions sociétales et<br />

environnementales influencent notre approche<br />

stratégique.<br />

Par ailleurs, il est important de gagner et<br />

de maintenir la confiance des étudiants,<br />

des entreprises, et des institutions en démontrant<br />

constamment la valeur de nos<br />

diplômes, même si emlyon jouit déjà d’une<br />

bonne réputation. La stratégie de développement<br />

de nos activités évolue en cours<br />

d’année, car le véritable défi est de tenir<br />

76 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


Mieux comprendre<br />

les enjeux pour<br />

adapter les actions<br />

en local, tel est<br />

l’objectif de Marine<br />

Antoine.<br />

“<br />

VOUS AVEZ<br />

ÉTÉ GYMNASTE.<br />

PARLEZ-NOUS DE<br />

CE PARCOURS<br />

SPORTIF !<br />

J’ai commencé la gymnastique<br />

rythmique très tôt et intégré un<br />

sport-études dès l’âge de 10 ans.<br />

Grâce à cette expérience en<br />

tant que sportive de haut niveau<br />

(jusqu’à 24 heures de sport<br />

par semaine), j’ai acquis une<br />

expérience très enrichissante.<br />

Ce sport nécessite énormément<br />

de rigueur et de motivation mais<br />

est aussi malheureusement fait<br />

d’injustices qui m’ont appris à me<br />

relever et à ne jamais abandonner.<br />

La détermination, la persévérance,<br />

la résistance au stress et à l’énorme<br />

pression des entraîneurs, les<br />

déceptions ont fait partie de mon<br />

quotidien... mais j’ai aussi connu<br />

la joie de voir tous ces efforts<br />

récompensés et le bonheur d’avoir<br />

atteint mes objectifs ! Une étape<br />

marquante de ma carrière a été ma<br />

dernière compétition. J’étais blessée<br />

et sur le banc, mais j’ai insisté pour<br />

participer malgré les obstacles.<br />

Nous avons remporté le titre de vicechampionne<br />

de France !<br />

D.R.<br />

compte en permanence des réalités économiques,<br />

politiques et sociales de la région.<br />

Parallèlement, nous développons des<br />

projets liant sport et études : études : 26<br />

étudiants athlètes que nous accompagnons<br />

ont offert 7 belles médailles à la France aux<br />

JO 2024 !<br />

COMMENT LA STRATÉGIE DE<br />

DÉVELOPPEMENT D’EMLYON<br />

S’ADAPTE-T-ELLE AU CONTEXTE<br />

AFRICAIN, QUI EST DIFFÉRENT DE<br />

CE QUE VOUS AVEZ PU CONNAÎTRE<br />

AILLEURS ?<br />

Nous avons la chance de travailler avec une<br />

équipe diversifiée composée de membres<br />

ivoiriens, sénégalais, et nigérians, ce qui<br />

nous aide à mieux comprendre le marché et<br />

à adapter nos actions. Bien que passionnée<br />

par l’Afrique, je suis consciente que mon<br />

expérience ne peut égaler celle de ceux qui<br />

y vivent. Notre stratégie n’est pas de créer<br />

un campus physique pour le moment, mais<br />

de rencontrer des partenaires et institutions<br />

locales pour co-construire des initiatives<br />

adaptées.<br />

QU’EST-CE QUI VOUS PLAÎT LE PLUS<br />

DANS VOTRE TRAVAIL ?<br />

Ce que j’apprécie le plus, c’est la diversité<br />

de mes missions et le rôle de « couteau<br />

suisse » que j’occupe. Avec notre petite<br />

équipe, j’ai une grande liberté d’action, ce<br />

qui me permet de pratiquer l’intrapreneuriat<br />

au quotidien. Il y a tant d’opportunités en<br />

Afrique, négligées par les grandes écoles,<br />

malgré une demande croissante, ce qui<br />

rend mon travail passionnant. Près de 60%<br />

des Africains ont moins de 25 ans, il y a un<br />

vrai besoin de formations en adéquation<br />

avec les réalités du marché de l’emploi !<br />

QUELS SONT, SELON VOUS, LES<br />

POINTS FORTS D’EMLYON BUSINESS<br />

SCHOOL ?<br />

L’un des principaux atouts d’emlyon est<br />

son orientation internationale, avec plus<br />

de 220 partenariats académiques et des<br />

étudiants de 130 nationalités. Cet environnement<br />

international enrichit les étudiants.<br />

Notre solide réseau d’entreprises offre de<br />

nombreuses opportunités de stages et<br />

d’emplois. De plus, notre réseau de 45 000<br />

anciens élèves à travers le monde facilite<br />

les connexions professionnelles, l’accès à<br />

l’emploi, et crée un fort sentiment de communauté<br />

parmi étudiants et diplômés. WS<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 77


TRIBUNE PAR<br />

“<br />

Promouvoir<br />

et développer<br />

le sport sous<br />

toutes ses<br />

formes<br />

Des actions en faveur<br />

de la pratique sportive<br />

Une nouvelle<br />

étape de plus a<br />

été franchie pour<br />

promouvoir le sport<br />

par les collectivités<br />

territoriales<br />

francophones.<br />

C’est pour promouvoir<br />

et développer le sport et<br />

le parasport au sein des<br />

collectivités territoriales<br />

francophones que<br />

l’Association internationale<br />

des maires francophones,<br />

la Ville d’Espalion, et la<br />

Confédération internationale<br />

des Unions sportives<br />

francophones unissent leurs<br />

efforts.<br />

PAR L’ ASSOCIATION INTERNATIONALE DES MAIRES<br />

FRANCOPHONES (AIFM)<br />

Action locale et coopération<br />

décentralisée : des leviers<br />

décisifs pour développer la<br />

pratique sportive<br />

En 2020, la commune d’Espalion a obtenu<br />

les labels « Centre de Préparation<br />

aux Jeux Olympiques de Paris 2024 » et<br />

« Terre de Jeux 2024 » pour le tennis de<br />

table, le tennis de table handisport, et<br />

le handball. Pour mettre en valeur ces<br />

labels, la Ville a engagé des actions<br />

dans divers domaines notamment le<br />

sport et la coopération décentralisée.<br />

Depuis 2022, grâce au dispositif « Sport<br />

et coopération internationale », la Ville,<br />

en partenariat avec l’Union francophone<br />

de tennis de table, a soutenu la pratique<br />

de ce sport en partenariat avec six collectivités<br />

territoriales francophones.<br />

Ce projet a été reconnu par le Comité<br />

d’organisation de Paris 2024 et s’est vu<br />

décerné le label « Impact 2024 ».<br />

En 2023, Espalion a accueilli le premier<br />

séminaire des dirigeants d’Unions<br />

sportives francophones. Cet événement<br />

inédit a rassemblé de nombreux<br />

acteurs clés du sport francophone,<br />

tels que la délégation ministérielle à<br />

la Francophonie sportive, les collectivités<br />

territoriales, le Comité international<br />

des Jeux de la Francophonie, les Unions<br />

sportives francophones, le Comité paralympique<br />

et sportif français, ainsi que<br />

l’Association Francophone des Comités<br />

nationaux olympiques. Ils ont pu se rencontrer,<br />

échanger et identifier ensemble<br />

leurs besoins mutuels pour développer<br />

le sport dans l’espace francophone. La<br />

nécessité de s’appuyer sur l’échelle locale,<br />

et donc sur les communes, était<br />

pour tous une priorité.<br />

À l’issue du séminaire et sur la base<br />

des résultats positifs obtenus lors<br />

des actions menées en 2022 et 2023,<br />

une nouvelle étape a été franchie<br />

pour promouvoir le sport dans les<br />

collectivités territoriales francophones.<br />

Éric Picard, maire d’Espalion,<br />

Pierre Baillet, secrétaire permanent<br />

d’alors de l’Association internationale<br />

des maires francophones (AIMF),<br />

et Kanaté Ali, président de la Confé-<br />

D.R.<br />

78 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


D.R.<br />

« EN 2023, LA COMMUNE D’ESPALION<br />

A ACCUEILLI LE PREMIER SÉMINAIRE<br />

DES DIRIGEANTS D’UNIONS SPORTIVES<br />

FRANCOPHONES. »<br />

- la formation à la fabrication artisanale<br />

de matériel sportif,<br />

- la formation des cadres pour développer<br />

et organiser le sport localement,<br />

- les séjours d’immersion dans les associations<br />

sportives françaises et d’Espalion,<br />

dération internationale des Unions<br />

sportives Francophones (CIUSF), ont<br />

signé une convention et identifier<br />

avec l’aide des fédérations nationales,<br />

dix collectivités territoriales<br />

francophones pour une candidature<br />

commune à l’appel à projets «Sport et<br />

Coopération Décentralisée 2024» du<br />

Ministère Français de l’Europe et des<br />

Affaires Étrangères.<br />

Les collectivités qui se sont ainsi mobilisées<br />

sont celles d’Abidjan en Côte<br />

d’Ivoire, de Boffa en Guinée, de Cotonou<br />

au Bénin, d’Haho au Togo, de Korbol<br />

au Tchad, de Libreville au Gabon,<br />

de Pikine au Sénégal, de Pointe-Noire<br />

au Congo, et de Sfax en Tunisie, ainsi<br />

que le Nouveau-Brunswick au Canada.<br />

Ces collectivités représentent<br />

à chaque fois un terrain intéressant<br />

permettant de structurer la pratique<br />

et le développement du sport tout en<br />

rencontrant également d’importants<br />

besoins en termes d’accès à du matériel<br />

et à la formation.<br />

Objectif : renforcer les<br />

capacités des collectivités<br />

territoriales et utiliser<br />

le sport comme levier<br />

de développement et de<br />

cohésion sociale<br />

Le projet, piloté par la Confédération<br />

internationale des Unions sportives<br />

francophones (CIUSF) avec le soutien<br />

de la ville d’Espalion et de l’association<br />

internationale des maires francophones<br />

(AIMF), vise à promouvoir la<br />

pratique sportive dans ces collectivités<br />

autour de quatre axes principaux :<br />

- l’appui à la création de clubs omnisports.<br />

Le développement d’actions en milieu<br />

scolaire et la mise en place d’ateliers<br />

autour de la Francophonie sont également<br />

inclus et feront écho aux valeurs<br />

de partage et de coopération qui sont<br />

celles du sport autant que de la Francophonie.<br />

Un autre point clé est celui de la fabrication<br />

artisanale de matériel sportif,<br />

qui permet aux collectivités territoriales<br />

plus d’autonomie. En effet, l’un des<br />

principaux défis pour la pratique sportive<br />

dans les collectivités francophones<br />

africaines est le manque d’équipements<br />

abordables et le processus coûteux et<br />

long d’importation de matériel de l’étranger.<br />

Ce projet répond donc à<br />

© Kibuuka<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 79


TRIBUNE PAR<br />

“ Des disciplines<br />

comme le badminton<br />

seront développées<br />

dans ces territoires<br />

en lien avec<br />

l’ensemble des<br />

acteurs qui vont vivre<br />

le sport localement.”<br />

D.R. D.R.<br />

D.R.<br />

cette problématique tout en<br />

réduisant l’empreinte écologique et en<br />

contribuant à l’économie locale.<br />

Quel impact pour les<br />

habitant.e.s… et pour les<br />

collectivités locales ?<br />

Les activités concrètes du projet ont débuté<br />

en juillet 2024 à Abidjan, Cotonou et<br />

Haho et vont se poursuivre tout au long<br />

de l’année 2024 à Sfax, Pikine, Boffa,<br />

ainsi qu’au Nouveau Brunswick en 2025.<br />

Des disciplines comme le ping-pong, le<br />

badminton, la natation, le basketball, le<br />

volleyball, le surf, le skateboard ou encore<br />

le tennis seront développées dans<br />

ces territoires en lien avec l’ensemble<br />

des acteurs et parties prenantes qui vont<br />

vivre le sport localement.<br />

« BIEN SÛR, L’INCLUSION EST AU CŒUR<br />

DE CETTE ACTION. CELLE DES FEMMES,<br />

QUI CONSTITUENT AU MOINS 20 % DES<br />

BÉNÉFICIAIRES DU PROJET. »<br />

Dans chaque collectivité, le travail<br />

avec les artisans locaux a permis ou<br />

va permettre tout d’abord de fabriquer<br />

du matériel sportif adapté aux priorités<br />

identifiées par la collectivité. À titre<br />

d’exemple, pendant la première phase<br />

qui vient de s’achever en Afrique de<br />

l’ouest, 10 tables de tennis de table<br />

et 10 paires de poteaux de badminton<br />

ont été fabriqués avec du matériel local.<br />

La dimension économique de ce projet<br />

est donc importante puisqu’il s’agit là<br />

de soutenir la mise en place d’une filière<br />

économique locale qui associe de<br />

nombreux secteurs d’activité, tels que<br />

la menuiserie, la peinture ou encore la<br />

chaudronnerie.<br />

Pour mobiliser les jeunes et les inciter à<br />

la pratique sportive, des camps d’entraînement<br />

autour de plusieurs disciplines<br />

sont organisés : plusieurs milliers de<br />

jeunes vont en bénéficier. Les cours<br />

théoriques et pratiques dispensés dans<br />

ce cadre aux stagiaires et aux membres<br />

des fédérations vont leur permettre de<br />

poursuivre ces initiatives dans l’avenir.<br />

Bien sûr, l’inclusion est au cœur de cette<br />

action. Celle des femmes, qui constituent<br />

au moins 20 % des bénéficiaires<br />

du projet. Celle aussi des personnes<br />

à mobilité réduite, qui en représentent<br />

5 % au moins. C’est donc bien le sport<br />

pour tous et avec tous que la Confédération<br />

entend promouvoir.<br />

Mais encourager le sport localement,<br />

ce n’est pas seulement travailler sur<br />

la pratique. C’est aussi travailler sur la<br />

gouvernance. Près d’une centaine de<br />

dirigeants, élus ou responsables associatifs,<br />

seront formés sur ces questions,<br />

notamment sur la méthodologie de projet<br />

événementiel et la gestion de projets<br />

sportifs. Les premières formations dispensées<br />

en juillet en Côte d’Ivoire, au<br />

Bénin et au Togo ont déjà permis de<br />

former 25 dirigeants, à l’occasion d’une<br />

mission d’expertise à laquelle participaient<br />

également Kanaté Ali et Christine<br />

Ghys, respectivement président et<br />

secrétaire générale de la Confédération<br />

internationale des Unions sportives<br />

francophones (CIUSF).<br />

À partir d’octobre, Espalion accueillera<br />

par ailleurs un cadre territorial de<br />

chaque collectivité partenaire pour un<br />

stage d’immersion au sein des associations<br />

locales, avec le soutien des<br />

unions sportives francophones. WS<br />

80 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


N°34 n Octobre-Novembre-Décembre 2024 n 4,90 €<br />

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EXCLUSIF<br />

PARIS<br />

2024<br />

EN EXCLU,<br />

LES RÉACTIONS<br />

DE NOS<br />

MÉDAILLÉES !<br />

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je désire m’abonner<br />

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DÉTENTE<br />

NOTRE SÉLECTION DE JEUX DE SOCIÉTÉ<br />

POUR BIEN FINIR L’ANNÉE !<br />

Les jeux de société ont la côte ! Familiaux, pour s’amuser entre amis, favorisant<br />

l’apprentissage, la détente, la stratégie… ils ont tout pour plaire. Bien ciblés, ils<br />

constituent des parfaits cadeaux. Vous nous voyez venir. À quelques semaines de<br />

Noël, ou presque, voici la sélection jeux de société made in Women Sports. PAR RUBEN DIAS<br />

Cerise sur le gâteau,<br />

tous ces jeux seront à<br />

gagner sur nos réseaux<br />

sociaux !<br />

CONNECTO (Blam!)<br />

Un défi d’observation<br />

En un temps limité, reliez les icônes sur<br />

votre plateau pour dévoiler un dessin mystérieux.<br />

Le premier à deviner ce dessin écrit<br />

sa réponse avant que le sablier ne s’écoule.<br />

Avec 184 défis et 4 modes de jeu (compétitif,<br />

coopératif, en équipe, solo), Connecto<br />

est excellent jeu d’ambiance. Très apprécié<br />

par les familles, il nous aura marqué par<br />

son édition réussie (comme souvent chez<br />

Blam!). Alors, serez-vous assez attentifs ?<br />

IN EXTREMIS (Jeux Opla)<br />

Trouvez LA solution à la<br />

transition énergétique<br />

In Extremis, c’est une approche différente et<br />

engageante à la transition énergétique. Ce jeu<br />

coopératif propose 16 expériences uniques où<br />

les joueurs doivent équilibrer besoins énergétiques<br />

et durabilité environnementale. Développé<br />

par l’équipe de l’excellent [kosmopoli:t], In<br />

Extremis est un mélange de stratégie et coopération,<br />

le tout dans une certaine urgence. L’application<br />

pour smartphone éponyme est nécessaire<br />

pour y jouer. Évolutif, ludique et éducatif,<br />

un jeu qui animera vos soirées.<br />

ETERNITIUM (Haumea Games)<br />

Un deckbuilding éblouissant<br />

Incarnez un voyageur temporel à la recherche<br />

de l’Eternitium, une gemme qui confère l’immortalité.<br />

À travers des portails mystiques,<br />

explorez différentes époques tout en déjouant<br />

vos adversaires. Défaussez vos cartes, acquérez<br />

les technologies les plus puissantes.<br />

Le premier à trouver la gemme remporte la<br />

partie. Son design vous plonge dans des paysages<br />

envoûtants. Dans Eternium, la mécanique<br />

du deckbuilding est assez simple, mais<br />

bien stratégique. Une pépite.<br />

Échappez à vos cauchemars<br />

dans TOC CHOCOTTES<br />

(Merle Éditions)<br />

Rapide et amusant. Dans Toc Chocottes vous<br />

devez vous défaire de vos pires cauchemars<br />

pour accumuler le moins de points possible.<br />

Avec une bonne dose de mémoire et de stratégie,<br />

profitez des erreurs de vos adversaires pour<br />

réduire vos points. Le premier à dépasser les<br />

50 points perd. En revanche, si un petit malin<br />

en accumule pile 50, il remporte la partie. Les<br />

effets spéciaux des cartes ajouteront du piment<br />

à chaque manche. Prêts à affronter vos peurs ?<br />

MA VIE DE RENARD (Biotope)<br />

Un voyage sauvage<br />

Dans Ma vie de Renard, vous incarnez un renardeau<br />

traversant un paysage semé de dangers<br />

pour atteindre sa destination. Chaque tour,<br />

vous devrez choisir entre avancer prudemment<br />

ou vous reposer pour récupérer de l’énergie.<br />

Les tuiles face cachée dévoilent des surprises,<br />

bonnes ou mauvaises. Les joueurs doivent équilibrer<br />

leur progression avec la gestion de l’énergie<br />

pour éviter de retourner au départ. Les illustrations<br />

sont charmantes et l’ambiance nature<br />

est adorable.<br />

CAPTAIN FLIP (Play Punk)<br />

À l’abordage !<br />

Captain Flip est un jeu familial, amusant et<br />

accessible. Chaque joueur tente de compléter<br />

son bateau avec des membres d’équipage<br />

en tirant des tuiles et en décidant s’il<br />

préfère appliquer le pouvoir de la tuile ou<br />

tenter sa chance en la retournant. L’ajout<br />

de la carte au trésor et des pouvoirs variés<br />

agrémente par ailleurs une touche stratégique.<br />

L’ambiance piraterie, ses parties rapides,<br />

raviront beaucoup de joueurs.<br />

82 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR


JEUX DE SPORT<br />

SYNC OR SWIM (iello)<br />

La natation synchronisée<br />

en jeu<br />

Dans Sync or Swim prenez la place dans le<br />

bassin pour une épreuve de natation synchronisée<br />

et évitez le naufrage collectif.<br />

Avec vos coéquipiers, exécutez, à la perfection<br />

et dans un temps imparti, toute une<br />

routine de natation synchronisée. Chaque<br />

mouvement nécessite une coordination et<br />

une adaptation aux twists inattendus. Une<br />

application, très réussie, est nécessaire<br />

pour parcourir les 15 routines.<br />

SPEED BAC (Pop Games)<br />

Rapidité et répartie au menu<br />

Speed Bac, un jeu effréné où rapidité et humour<br />

sont de mise. L’iconique petit bac est<br />

revisité ici dans une version très réussie.<br />

Sur l’une des faces de chaque carte, une<br />

lettre, sur l’autre, un thème varié et hilarant.<br />

« Après le sport on… » Alors, si l’on retourne<br />

un P, on criera « Prend une douche ».<br />

La spontanéité et la répartie payeront. Les<br />

parties durent entre 15 et 30 minutes et garantissent<br />

de sincères fous rires.<br />

Défiez les rois de la course<br />

à pied dans TRAIL UP !<br />

Trail Up ! vous plonge dans une course intense<br />

où stratégie et endurance se mêlent.<br />

Ce jeu vous met au défi d’optimiser votre<br />

itinéraire, de gérer vos efforts et de contrer<br />

vos adversaires. Que vous jouiez en solo ou<br />

en équipe, chaque partie est une aventure<br />

unique à travers une vallée montagneuse.<br />

Forêt, plaine, roche et neige vous attendent<br />

pour une course pleine de rebondissement.<br />

Dépasserez-vous François d’Haene et Kilian<br />

Jornet, les rois du trail ? Dans Trail Up ! c’est<br />

possible.<br />

SPÉCIAL PARIS<br />

KRONOLOGIC (Origames)<br />

Retour dans le Paris des années 20 pour<br />

résoudre les mystères de l’opéra<br />

Kronologic vous transporte dans le Paris des années 1920, où des<br />

crimes mystérieux se déroulent à l’Opéra. Ce jeu de déduction,<br />

d’une élégance rare, propose une expérience unique. Choisissez<br />

un scénario, visitez les lieux, enquêtez pour comprendre ce qu’il<br />

s’est passé et déduisez !<br />

LES AVENTURIERS DU RAIL<br />

Évasion à travers la Ville<br />

Lumière (Days of Wonder)<br />

Explorez la capitale française des années<br />

folles avec Les Aventuriers du Rail : Paris. Une<br />

version Cocorico de l’excellente franchise. En<br />

seulement quinze minutes, construisez des itinéraires<br />

en collectant des cartes de transport<br />

et en complétant des billets reliant des lieux<br />

emblématiques de la capitale. Montmartre, la<br />

Tour Eiffel, Notre Dame et bien d’autres. Le jeu<br />

introduit une petite nouveauté, la création d’un<br />

drapeau français avec des cartes de couleurs<br />

qui rapporte des points bonus !<br />

Dans la vague des jeux sous licence<br />

Jeux Olympiques Paris 2024, et pour<br />

prolonger le plaisir, nous vous invitons à<br />

poursuivre l’expérience avec les cultes<br />

Dobble et Jungle Speed JO2024. Des<br />

classiques que l’on ne présente plus<br />

(mais on l’a quand même fait sur womensports.fr).<br />

OTTERWOOD (Lutra Games)<br />

Devenez une légende du cinéma !<br />

Produisez des films à gros budget en vous entourant<br />

des meilleurs. Surfez sur les différentes tendances<br />

cinématographiques en engageant des artistes aux<br />

traits animaliers. Dans Otterwood, vous incarnerez<br />

un-e producteur-rice de cinéma avec pour objectif de<br />

tout casser ! Maximisez vos profits, en vous pavanant<br />

parmi les clins d’oeil amusants à l’industrie du 7e<br />

art. Sa direction artistique c’est du 5 étoiles. Très<br />

agréable à jouer, il est devenu incontournable dans<br />

notre ludothèque.<br />

© JORANAL/ Shutterstock<br />

EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 83

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