WS34_Liseuse
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LA FEMME EST L’AVENIR DU SPORT<br />
N°34 n Octobre-Novembre-Décembre 2024 n 4,90 €<br />
EXCLUSIF<br />
PARIS<br />
2024<br />
EN EXCLU,<br />
LES RÉACTIONS<br />
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ÉDITORIAL<br />
Malgré la volonté d’Anne Hidalgo de préserver pour l’éternité<br />
la ferveur des JO, il faut se faire une raison : la parenthèse<br />
enchantée s’est refermée. La ferveur des fêtes<br />
quotidiennes au Club France a laissé place à un temps<br />
d’automne et au rythme retrouvé du célèbre «métro-boulot-dodo».<br />
Pour autant, il y aura un avant et un après Paris 2024, pour trois<br />
grandes raisons.<br />
1. La France est une nation sportive qui s’ignore<br />
Performances, ferveur populaire, organisation sans faille… Malgré la<br />
propension française à la critique perpétuelle et à l’autoflagellation,<br />
la réalité s’est imposée aux grincheux : la France du sport existe<br />
et elle est belle à voir !<br />
2. Le sport est plus inclusif que tous les discours<br />
Le succès des Jeux Paralympiques, volontairement associés comme<br />
jamais dans l’histoire aux Jeux Olympiques, a fait un bien fou aux<br />
athlètes handisport et au regard sur le handicap en général. C’est<br />
la démonstration de la puissance du sport dans sa capacité à faire<br />
© Pool / Icon Sport<br />
Paris, c’est fini ?<br />
évoluer les mentalités. Une réussite éclatante qui est porteuse<br />
d’espoir pour les combats connexes à celui de l’inclusivité : la parité,<br />
la mixité, l’égalité, l’émancipation par le sport…<br />
3. Le sport a un pouvoir magique : fédérer et unir<br />
Sinistrose économique, conflits politiques et incertitudes géopolitiques<br />
ont été oubliés le temps d’un été. Quel autre creuset que<br />
le sport permet une telle alchimie ? Ces JOP ont eu un effet de<br />
dissolution sur toute forme de mauvaise humeur. Qui l’eut cru ! Pour<br />
unir les forces et les envies, modifier la société sans la brusquer,<br />
le sport est un outil trop souvent sous-exploité.<br />
Paris, c’est fini ? Certainement pas.<br />
Le monde d’après vient de commencer.<br />
David Tomaszek<br />
Rédacteur en chef de Women Sports<br />
Président du groupe Sport Business*<br />
D.R.<br />
Partenaires majeurs<br />
Fédérations partenaires de diffusion<br />
CIUSF<br />
Partenaires institutionnels<br />
* Sport.fr, e.sport.fr, buzz.sport.fr, Afrique.sport.fr, Sponsoring.fr, La Lettre du Sport, La Lettre de l’économie du sport ; l’Officiel juridique du sport, pro.sport.fr<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 5
24<br />
SOMMAIRE<br />
WOMEN SPORTS N° 34<br />
LA FEMME EST L’AVENIR DU SPORT<br />
N°34 n Octobre-Novembre-Décembre 2024 n 4,90 €<br />
EXCLUSIF<br />
PARIS<br />
2024<br />
EN EXCLU,<br />
LES RÉACTIONS<br />
DE NOS<br />
MÉDAILLÉES !<br />
www.womensports.fr<br />
L 12919 - 34 - F: 4,90 € - RD<br />
08 COUPS DE CŒUR<br />
DE LA RÉDACTION<br />
ENSEMBLE<br />
10 FONDATION HAVOBA<br />
Le handball, le volley-ball et le<br />
basketball français accompagnent<br />
les fédérations africaines<br />
CHAMPIONNES<br />
12 PARIS 2024<br />
En exclu, les<br />
réactions de nos<br />
médaillées<br />
olympiques<br />
24 RETOUR SUR…<br />
Souvenirs paralympiques<br />
28 EMILY BONDI<br />
En piste pour le premier Championnat<br />
du monde féminin de moto un mois<br />
après sa cheville cassée !<br />
32 LOU PETER<br />
« Le waveski est un compromis<br />
entre le kayak et le surf »<br />
34 CLAIRE GRAFF<br />
ET ADÈLE SCHRAMM<br />
« Dans l’aéronautique, pas de<br />
distinction de genre : tout le monde<br />
est sur le même pied d’égalité »<br />
36 LÉNA KURBIEL<br />
L’inspirante archère des Jeux<br />
Paralympiques de Paris 2024<br />
20 ANASTASIIA<br />
KIRPICHNIKOVA<br />
Retour sur sa drôle d’histoire<br />
22 DÉCOUVRONS<br />
LA BOCCIA<br />
avec la numéro un mondiale de la<br />
discipline, la Française Sonia Heckel<br />
38 SARAH<br />
BOVY<br />
du karting aux<br />
voitures des Iron<br />
Dames, il n’y a<br />
qu’un pas…<br />
ou presque !<br />
6 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
54 40 62<br />
C’EST BON POUR MOI<br />
40 RECETTE POST-ESTIVALE<br />
Surf’N’poké, le poké bowl<br />
signé Johanne Defay<br />
42 PROLONGER LES JOP<br />
Sélection livres<br />
44 J’AI TESTÉ POUR VOUS…<br />
L’Afrovibe, danses afro-descendantes<br />
100 % vibrantes<br />
48 SANTÉ<br />
Rééducation du périnée :<br />
nous sommes toutes concernées !<br />
50 MICRONUTRITION<br />
Les 7 maillons faibles des sportifs<br />
par Laboratoire Microéquilibre<br />
DÉCOUVERTE<br />
54 EXCURSION<br />
SPORTIVE AU YUCATÁN<br />
58 ESCAPADE À VICHY<br />
Un CREPS en forme olympique<br />
LIFESTYLE<br />
60 HERMINE BONVALLET<br />
Ses 5 looks préférés<br />
62 BIEN SE MAQUILLER<br />
POUR LE SPORT<br />
avec notre experte Emeline<br />
66 LE SPORT SIGNÉ<br />
ROUGEGORGE<br />
La marque de lingerie se lance<br />
dans le sport<br />
FEMMES DE L’OMBRE<br />
70 GOLFHER<br />
Aude Bredel, au service<br />
des golfeuses !<br />
68 DORIS<br />
MARTEL<br />
Une Française<br />
kiné au coeur<br />
de la NBA<br />
FRANCOPHONIE<br />
72 CIJF ET OIF<br />
Les championnats francophones<br />
de tennis de table<br />
IL ÉTAIT UNE FOIS<br />
74 CES SPORTS OLYMPIQUES<br />
ONT DISPARU !<br />
FEMMES D’INFLUENCE<br />
76 MARINE ANTOINE<br />
Au coeur du développement<br />
d’emlyon en Afrique<br />
TRIBUNE AIMF<br />
78 PROMOUVOIR ET<br />
DÉVELOPPER LE SPORT<br />
DÉTENTE<br />
82 JEUX DE SOCIÉTÉ<br />
Women Sports est édité par<br />
Sport & Sponsoring Media Group<br />
16, avenue Hoche - 75008 Paris<br />
FONDATEURS / ASSOCIÉS<br />
BRUNO LALANDE,<br />
DAVID TOMASZEK,<br />
LORRAINE DELOISON,<br />
DAVID DONNELLY,<br />
DJEDJIGA KACHENOURA,<br />
PHILIPPE DARDELET,<br />
LAURIE CHAMPIN<br />
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION<br />
ET RÉDACTEUR EN CHEF<br />
DAVID TOMASZEK<br />
DIRECTEUR ARTISTIQUE<br />
XAVIER CHAMBON<br />
RÉDACTION<br />
LÉA BORIE, VANESSA MAUREL,<br />
RUBEN DIAS, MANO BOUVIER,<br />
DAVID TOMASZEK, REMERCIEMENTS<br />
AUX ÉQUIPES DE L’OIF ET DE<br />
LABORATOIRE MICROÉQUILIBRE<br />
SECRÉTARIAT DE RÉDACTION<br />
LÉA BORIE<br />
PARTENARIATS<br />
BRUNO LALANDE<br />
blalande@womensports.fr<br />
ABONNEMENTS<br />
MEENA CHANOINE<br />
mchanoine@womensports.fr<br />
PUBLICITÉ<br />
RÉGIE SPORT.FR<br />
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EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 7
BUZZ<br />
Spécial belles<br />
histoires des<br />
Jeux Olympiques<br />
Voile<br />
⊲<br />
Une médaille et deux demandes<br />
en mariage pour Picon et<br />
Steyaert ! Les Jeux Olympiques<br />
de Paris 2024 ont réservé<br />
des moments d’émotion<br />
inoubliables, notamment pour<br />
les médaillées françaises<br />
Charline Picon et Sarah<br />
Steyaert. Après avoir décroché<br />
la médaille de bronze en<br />
voile, les deux navigatrices<br />
ont été surprises par leurs<br />
compagnons respectifs, qui les<br />
ont demandées en mariage,<br />
en même temps ! Ce double<br />
événement inattendu s’est<br />
déroulé sous les yeux du<br />
public, ajoutant une touche de<br />
romantisme à cette compétition<br />
prestigieuse. Charline et<br />
Sarah, encore sous le coup<br />
de l’émotion, ont toutes deux<br />
accepté. La médaille autour du<br />
cou et la bague au doigt. Rien<br />
que ça.<br />
8 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
© Franck Castel/ABACAPRESS/Icon Sport<br />
Athlétisme<br />
Alice Finot demande son compagnon en mariage<br />
après une course incroyable. Après avoir terminé 4 e lors<br />
de la finale du 3 000 m steeple aux Jeux Olympiques<br />
de Paris, la Française Alice Finot a créé la surprise en<br />
se dirigeant vers les tribunes pour demander la main<br />
de son compagnon. Ayant réalisé un record d’Europe en<br />
8’58’’67, Alice avait décidé que si elle courait sous les<br />
9 minutes, elle ferait cette demande spéciale. Avec un<br />
sourire radieux, elle a offert un pin’s portant l’inscription<br />
« L’amour est à Paris » à son compagnon, qui a accepté<br />
sans hésitation.<br />
Escrime<br />
L’Égyptienne Nada Hafez révèle sa grossesse<br />
de 7 mois après sa participation. Lors des Jeux<br />
de Paris 2024, l’escrimeuse égyptienne Nada<br />
Hafez a créé la surprise en révélant qu’elle était<br />
enceinte de sept mois. Malgré cet incroyable défi,<br />
elle a réussi à passer un tour au sabre, éliminant<br />
l’Américaine Elizabeth Tartakovsky avant de<br />
s’incliner face à la Sud-Coréenne Jeon Ha-Young<br />
en 8 èmes de finale. Sur Instagram, Nada a exprimé<br />
sa fierté pour son parcours, et d’avoir prouvé<br />
que même enceinte, rien n’est impossible.<br />
© Icon Sport<br />
LE COUP<br />
Boxe<br />
Acharnement sur Imane Khelif. La boxeuse<br />
algérienne Imane Khelif a triomphé en<br />
seulement remportant l’or -66 kg. Athlète<br />
hyperandrogène, Khelif a fait face à une vague de<br />
critiques sur sa légitimité à concourir, voire sur<br />
de remise en doute sur son genre, notamment<br />
de la part de personnalités politiques. Malgré<br />
ces attaques, le Comité international olympique<br />
(CIO) a confirmé son éligibilité, soulignant que<br />
les règles de la Paris Boxing Unit prévalent sur<br />
celles de l’International Boxing Association.<br />
© Laurent Zabulon/ABACAPRESS/Icon Sport<br />
Beach volley<br />
Quand le DJ intervient… Lors<br />
de la finale féminine de beachvolley<br />
des JO 2024, au pied<br />
de la Tour Eiffel, une tension<br />
a éclaté entre les équipes du<br />
Brésil et du Canada. Après un<br />
set partout, les Brésiliennes Ana<br />
Patricia et Eduarda Santos se<br />
sont heurtées aux Canadiennes<br />
Melissa Humana-Paredes et<br />
Brandie Wilkerson, provoquant<br />
des cartons jaunes pour chaque<br />
paire. Pour apaiser les esprits, le<br />
DJ a diffusé « Imagine » de John<br />
Lennon, ce qui a directement<br />
transformé le terrain en un<br />
moment de paix et d’unité. Le<br />
public a chanté en chœur. Les<br />
joueuses ont retrouvé le sourire.<br />
DE<br />
GUEULE<br />
© Ulrik Pedersen/Cal Sport Media/Sipa USA/Icon Sport<br />
© Johnny Fidelin/Icon Sport<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 9
ENSEMBLE AVEC<br />
ÉDUCATION<br />
FONDATION HAVOBA<br />
Le handball, le volley-ball et le<br />
basketball français accompagnent<br />
les fédérations africaines<br />
Séminaire de Tunis :<br />
un nouvel accomplissement pour la fondation<br />
PAR DAVID TOMASZEK<br />
S<br />
ous l’impulsion de l’Agence<br />
Française de Développement<br />
(AFD) et des Fédérations<br />
Françaises de<br />
handball (FFHandball), volley-ball<br />
(FFVolley) et basketball (FFBB),<br />
la Fondation HAVOBA, sous égide de la<br />
Fondation du sport Français (FSF) a pour<br />
objectif de contribuer au développement<br />
de l’impact social de ces trois disciplines<br />
sur le continent africain.<br />
Dans la continuité des actions réalisées<br />
par les trois fédérations françaises en<br />
Afrique, l’initiative HAVOBA se réalise en<br />
partenariat avec les Fédérations du Bénin,<br />
Cameroun, Côte d’Ivoire, Maroc, Sénégal,<br />
et Tunisie, et se décline en quatre axes :<br />
Karim HELALI, président de la Fédération Tunisienne de Handball.<br />
D.R.<br />
• Accompagner les 18 fédérations africaines<br />
dans une démarche inclusive de<br />
développement de la pratique du sport<br />
collectif pour la jeunesse avec la mise<br />
en place de stratégies et d’outils pour<br />
développer la pratique licenciée et atténuer<br />
les inégalités femmes-hommes dans<br />
ces sports.<br />
• Renforcer la structuration de ces fédérations,<br />
en collaboration avec les acteurs<br />
locaux, par la mise en place de formations<br />
pour les quatre familles : Joueur(se), Technicien(ne),<br />
Officiel(le) et Dirigeant(e) ;<br />
• Développer la collecte de données et appuyer<br />
la digitalisation des fédérations grâce<br />
à la mise en place d’outils informatiques de<br />
gestion et à des formations<br />
« L’INITIATIVE HAVOBA SE RÉALISE EN<br />
PARTENARIAT AVEC LES FÉDÉRATIONS<br />
DU BÉNIN, CAMEROUN, CÔTE D’IVOIRE,<br />
MAROC, SÉNÉGAL ET TUNISIE. »<br />
• Capitaliser sur les formations à travers<br />
un curriculum commun à diffuser à d’autres<br />
fédérations africaines ;<br />
À cet égard, la Fondation HAVOBA a organisé<br />
son second campus du 1 er au 7 septembre<br />
derniers à Tunis, en Tunisie. Ce rassemblement<br />
s’est décomposé en deux temps :<br />
10 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
La Fondation<br />
HAVOBA a<br />
organisé son second<br />
campus du 1er au 7<br />
septembre derniers<br />
à Tunis.<br />
D.R.<br />
• 70 parties prenantes ont participé à<br />
un atelier de formation de formateurs de<br />
dirigeants, entraîneurs et officiels.<br />
• 70 parties prenantes ont travaillé, via<br />
des ateliers dédiés, sur des problématiques<br />
liées à la féminisation du sport,<br />
au sport scolaire et à la digitalisation.<br />
Dans le cadre de ce campus, une table<br />
ronde était également organisée à l’Institut<br />
Français de Tunis, où étaient rassemblées<br />
des personnalités importantes<br />
des milieux diplomatiques et sportifs,<br />
français et tunisiens, aux côtés des participants<br />
du campus, provenant de tous<br />
les pays acteurs d’HAVOBA. WS<br />
D.R.<br />
Havoba<br />
en bref<br />
Le 8 octobre 2021, à l'occasion<br />
du Nouveau Sommet Afrique-<br />
France à Montpellier, l’Agence<br />
Française de Développement,<br />
les Fédérations françaises<br />
de handball, volley-ball et<br />
basketball, signaient un premier<br />
partenariat officialisant la<br />
création d’HAVOBA, qui est<br />
depuis devenue une Fondation<br />
abritée par la Fondation du Sport<br />
Français. L’objectif principal de<br />
la Fondation HAVOBA, sous égide<br />
de la Fondation du Sport Français<br />
est de promouvoir la pratique et<br />
les valeurs du sport autour d’un<br />
programme de développement<br />
en faveur de la jeunesse.<br />
“<br />
D.R.<br />
Ali BENZARTI, président de la Fédération Tunisienne de Basketball.<br />
D.R.<br />
La fondation HAVOBA, sous<br />
l’égide de la FSF, souhaite<br />
ainsi répondre à l’une des<br />
préoccupations prioritaires,<br />
la lutte contre les inégalités<br />
sociales, en utilisant le sport<br />
comme vecteur de lien social,<br />
d’inclusion, et du vivre ensemble.<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 11
CHAMPIONNES<br />
PARIS 2024<br />
EN EXCLU, LES RÉACTIONS<br />
DE NOS MÉDAILLÉES OLYMPIQUES !<br />
En or, en argent ou en bronze, elles nous ont toutes fait rêver. Si les Jeux Olympiques<br />
sont terminés, Women Sports a décidé de prolonger le plaisir. Découvrez ou<br />
redécouvrez l’ensemble des médaillées des Jeux Olympiques de Paris 2024, avec,<br />
en prime quelques réactions exclusives ! PAR RUBEN DIAS & VANESSA MAUREL<br />
TAEKWONDO<br />
ALTHEA LAURIN<br />
Médaillée d’or +67 kg<br />
« Remporter cette médaille me procure un sentiment de satisfaction<br />
immense : je suis la première de l’Histoire de mon sport à la<br />
remporter et cela fait des années que j’en ai rêvé. Les JO c’est<br />
le point culminant de la carrière d’une sportive et le fait d’avoir<br />
remporté cette compétition aussi tôt dans ma carrière et à Paris<br />
devant mon public ne peut que m’être très agréable. Le public était<br />
en feu pendant la victoire, je m’en rappellerai éternellement. »<br />
© Daniel Derajinski/Icon Sport<br />
© PA Images / Icon Sport<br />
D.R.<br />
12 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
ESCRIME<br />
MANON APITHY-BRUNET<br />
Médaillée d’or<br />
en sabre individuel<br />
TRIATHLON<br />
CASSANDRE BEAUGRAND<br />
Médaillée d’or<br />
VTT<br />
PAULINE FERRAND-PRÉVOT<br />
Médaillée d’or<br />
© PA Images / Icon Sport<br />
© Abaca / Icon Sport<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 13
CHAMPIONNES<br />
© Icon Sport<br />
BASKET<br />
ÉQUIPE FÉMININE<br />
Médaillée d’argent<br />
Sarah Michel : « Remporter cette médaille à Paris, c’est une fierté. Nous aurions évidemment préféré l’or mais<br />
c’était une aventure exceptionnelle. L’engouement pour ces Jeux Olympiques en France a été incroyable. Voir autant de monde assister aux compétitions<br />
et encore plus aux compétitions féminines comme le basket c’était inédit, c’est déjà une victoire ! Seul le sport est capable de rassembler et de faire<br />
vibrer autant de monde à la fois, de nous faire vivre autant d’émotions. »<br />
Valériane Ayayi : « Remporter cette médaille c’est de la tristesse d’être passées si proche d’une médaille d’or mais aussi<br />
une énorme fierté et joie de ramener un titre de vices championnes olympiques à nos proches, à la France ! Et surtout l’envie<br />
à la motivation d’aller chercher plus la prochaine fois ! »<br />
© Icon Sport<br />
© Icon Sport<br />
HANDBALL<br />
ÉQUIPE FÉMININE<br />
Médaillée d’argent<br />
Alicia Toublanc : « Cette médaille pour moi c’est vraiment une fierté. Fierté d’avoir réussi à aller la chercher car le parcours n’a pas été facile et c’est aussi une récompense de tout<br />
le travail qu’on a accompli pendant plusieurs années et notamment pendant la préparation qui a démarré assez tôt. Ensuite c’est un véritable bonheur de pouvoir partager des<br />
émotions, que ce soit entre nous mais aussi avec le public français. Ça a été un régal. Cette médaille, c’est énormément de bonheur. »<br />
Estelle Nze Minko : « En tant que tenantes du titre, nous étions très attendues. Aucune compétition n’est jamais gagnée d’avance. Nous nous sommes préparées en conséquence,<br />
avec les joueuses et le staff, avec un seul objectif : aller au bout de nos efforts pour cet événement historique. Dès notre arrivée au village olympique, l’atmosphère était<br />
indescriptible, et le passage de la délégation française lors de la cérémonie d’ouverture a marqué le début d’une aventure unique. À chaque match, nous avons ressenti des énergies<br />
incroyablement positives, portées par une ferveur qui nous a accompagnées tout au long de la compétition. Jouer devant nos supporters, nos proches, ici, dans notre pays, nous<br />
a vraiment donné une force supplémentaire, surtout dans les moments les plus intenses. Les moments partagés avec le peuple français resteront gravés dans nos mémoires. Et audelà<br />
de la couleur de la médaille, je crois sincèrement que, c’est cette aventure humaine qui est la plus belle. »<br />
14 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
ESCRIME<br />
AURIANE MALLO-BRETON<br />
Médaillée d’argent en épée<br />
individuelle (et médaillée d’argent en<br />
épée par équipes)<br />
« Remporter ces deux médailles d’argent au Grand Palais<br />
c’était vraiment quelque chose d’incroyable. D’avoir la chance<br />
de faire les Jeux c’est déjà quelque chose de magique, mais<br />
de pouvoir avoir les Jeux à la maison, au Grand Palais, c’était<br />
vraiment fou. Je pense qu’on ne se rendait pas compte de<br />
la chance qu’on allait avoir de faire ces compétitions dans<br />
des lieux aussi magiques, et avec un public aussi incroyable<br />
que celui qu’on a eu. Et devant nos familles. C’était vraiment<br />
quelque chose de très très fort. »<br />
ESCRIME<br />
SARA<br />
BALZER<br />
Médaillée d’argent<br />
en sabre individuel<br />
© Anthony Dibon/Icon Sport<br />
ESCRIME<br />
MARIE-FLORENCE<br />
CANDASSAMY<br />
Médaillée d’argent en épée<br />
par équipes<br />
© Eliot Blondet/ABACAPRESS.COM/Icon Sport<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 15
CHAMPIONNES<br />
© Hugo Pfeiffer/Icon Sport<br />
PENTATHLON MODERNE<br />
ELODIE CLOUVEL<br />
Médaillée d’argent<br />
« Remporter cette médaille aux Jeux de Paris, c’était<br />
l’accomplissement de toutes ces années de travail.<br />
C’est la médaille de la résilience, du courage. Parce<br />
qu’il y a un an, j’étais en burn-out, j’ai tout changé dans<br />
ma préparation. J’ai fait une préparation totalement<br />
différente, qui n’avait jamais été faite, et à ma manière.<br />
Et hors système fédéral, car je n’en pouvais plus. Je<br />
suis la seule double médaillée olympique de mon sport.<br />
À un moment donné, il faut suivre ses convictions et<br />
son instinct. C’est ce que j’ai fait, et c’est ça qui a fait la<br />
différence. Donc cette médaille a une saveur particulière.<br />
C’était magique de vivre ça, et au-delà de ça, toute mon<br />
équipe était dans les tribunes, les personnes que j’avais<br />
choisies étaient là ce jour-là. Il y avait tous mes amis,<br />
toute ma famille, le public français… C’était incroyable.<br />
C’était magique, et je reviens de tellement loin. Le jour<br />
où j’ai gagné ma médaille, un an avant, j’étais au fond<br />
du trou. J’ai dû me reconstruire, avec un processus<br />
de 10 mois pour y arriver… Ça a été magique. J’avais<br />
l’impression de ne plus respirer avant, dans un système<br />
qui ne me convenait pas, et ensuite j’ai refait surface,<br />
c’était une renaissance. C’est ça qui est magique. La<br />
renaissance, quoi. »<br />
© Hugo Pfeiffer/Icon Sport<br />
CANOË-KAYAK<br />
ANGELE HUG<br />
Médaillée d’argent au Kayak cross<br />
« Remporter cette médaille aux JO de Paris m’a apporté<br />
énormément de joie, pas seulement personnelle mais<br />
aussi et surtout pour toutes les personnes qui étaient<br />
derrière moi dans cette aventure. J’ai pu transmettre<br />
des émotions à mes proches, aux supporters et aux<br />
Français et c’est ce qui me rend le plus fière : d’avoir pu<br />
partager de la joie et toutes les valeurs du sport qui me<br />
sont chères avec des personnes que je connais depuis<br />
toujours et aussi d’autres personnes que je ne connais pas<br />
mais qui étaient tellement à fond dans mes courses. C’est<br />
inoubliable. »<br />
© Anthony Bibard/FEP/Icon Sport<br />
© Firas Abdullah/ABACAPRESS.COM/Icon Sport<br />
TIR<br />
CAMILLE<br />
JEDRZEJEWSKI<br />
Médaillée d’argent au<br />
25 m pistolet<br />
16 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
VOILE<br />
LAURIANE NOLOT<br />
Médaillée d’argent en kitesurf<br />
© Johnny Fidelin/Icon Sport<br />
ATHLÉTISME<br />
CYRENA SAMBA-MAYELA<br />
NATATION<br />
ANASTASIIA<br />
KIRPICHNIKOVA<br />
Médaillée d’argent sur<br />
le 1 500 m nage libre<br />
Médaillée d’argent au 100 m haies<br />
© Anthony Dibon/Icon Sport<br />
ESCRIME<br />
CORALINE VITALIS<br />
Médaillée d’argent en épée<br />
par équipes<br />
« Cette médaille m’a fait énormément plaisir.<br />
Je suis très fière et très heureuse pour l’épée<br />
dame.<br />
C’est la première médaille olympique pour<br />
nous depuis 2004. Avec du recul, je me rends<br />
compte qu’on a fait quelque chose de grand<br />
! C’est ma première médaille olympique et je<br />
l’obtiens à Paris, quoi de mieux ? Je n’ai pas eu<br />
de médaille en individuel alors cette médaille<br />
par équipe fait du bien et je la savoure. »<br />
© Daniel Derajinski/Icon Sport<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 17
CHAMPIONNES<br />
© Eliot Blondet/ABACAPRESS.COM<br />
TIR À L’ARC<br />
LISA BARBELIN<br />
Médaillée de bronze en<br />
individuel<br />
« Cette médaille est une consécration non<br />
pas de ma carrière mais de mon travail depuis<br />
10ans. J’ai toujours su que je pouvais arriver au<br />
plus haut niveau. Depuis cette flèche décisive,<br />
les choses se sont accélérées et à vrai dire<br />
quand je regarde en arrière j’ai encore du mal<br />
à me dire que c’est bien moi qui ai fait tout ça.<br />
C’est une sensation assez étrange. En revanche<br />
je me rappelle parfaitement du public et de<br />
la sensation que tous ces gens m’ont procuré,<br />
je me sentais invincible. J’étais poussée d’une<br />
force plus grande que moi, plus grande que<br />
ma volonté d’aller au bout, plus forte que ma<br />
détermination sans faille, plus forte que tout !<br />
Et pour ça je ne pourrais jamais assez remercier<br />
les français qui ont crié mais aussi pleuré avec<br />
moi. Aujourd’hui, je suis aussi très fière d’être<br />
reconnue dans la rue et que les gens me disent<br />
«merci, merci pour ce que vous nous avez fait<br />
vivre » c’est ça ma médaille ! »<br />
© Icon Sport<br />
JUDO<br />
AMANDINE<br />
BUCHARD<br />
Médaillée de bronze<br />
en individuel (-52kg)<br />
(également<br />
médaillée d’or<br />
sur l’épreuve par<br />
équipes mixtes)<br />
© Laurent Zabulon/ABACAPRESS.COM/Icon Sport<br />
© Baptiste Fernandez/Icon Sport<br />
© Xinhua/Ma Ping/Icon Sport<br />
SURF<br />
JOHANNE<br />
DEFAY<br />
Médaillée de bronze<br />
JUDO<br />
SARAH-LÉONIE CYSIQUE<br />
Médaillée de bronze en individuel<br />
(-57 kg) (également médaillée d’or sur<br />
l’épreuve par équipes mixtes)<br />
18 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
JUDO<br />
ROMANE DICKO<br />
Médaillée de bronze<br />
en individuel (+78<br />
kg) (également<br />
médaillée d’or<br />
sur l’épreuve par<br />
équipes mixtes)<br />
© Anthony Dibon/Icon Sport<br />
JUDO<br />
SHIRINE BOUKLI<br />
Médaillée de bronze en<br />
individuel (-48 kg)<br />
JUDO<br />
CLARISSE AGBEGNENOU<br />
Médaillée de bronze en individuel (-63 kg)<br />
(également médaillée d’or sur l’épreuve par<br />
équipes mixtes)<br />
« Remporter cette médaille aux Jeux pour moi<br />
c’était incroyable. Encore plus à Paris ! C’était<br />
magnifique. Une médaille olympique c’est le<br />
graal et à Paris c’est encore plus beau, on est<br />
à la maison, c’est fabuleux. Cette médaille de<br />
bronze, j’ai vraiment l’impression que c’est<br />
comme une médaille d’or, juste parce que<br />
c’était à la maison et qu’on avait un public de<br />
dingue, qui t’acclamait comme si t’avais été<br />
formidable. Et c’était dingue, magique. Pour<br />
moi c’est super important. Cette médaille, c’est<br />
la concrétisation de beaucoup de choses, elle<br />
signifie la persévérance, le courage, tout un<br />
chemin périlleux je dirais, et je suis trop fière de<br />
cette médaille. Elle est trop belle. Je suis juste<br />
super contente. »<br />
© Yukihito Taguchi/USA TODAY Sports/Sipa USA/ Icon Sport<br />
VOILE<br />
CHARLINE<br />
PICON ET<br />
SARAH<br />
STEYAERT<br />
Médaillées de<br />
bronze en skiff<br />
© Johnny Fidelin/Icon Sport<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 19
CHAMPIONNES<br />
RETOUR SUR…<br />
La drôle d’histoire d’<br />
Anastasiia<br />
Kirpichnikova<br />
Timide devant les médias, l’histoire d’Anastasiia Kirpichnikova n’est pas connue de tous.<br />
Lors de ces Jeux Olympiques de Paris 2024, la nageuse d’origine russe a ramené une<br />
magnifique médaille d’argent à la délégation française lors du 1500 m nage libre. Revenons<br />
en détail sur son parcours hors du commun. PAR MANO BOUVIER<br />
out commence le 24 juin<br />
T<br />
2000, à Asbest un petit village<br />
russe proche de Iekaterinbourg,<br />
date à laquelle la<br />
petite d’Anastasiia Kirpichnikova<br />
voit le jour. Dès son plus jeune, âge<br />
la natation est une réelle passion et aucun<br />
doute : la jeune fille est très douée pour ce<br />
sport. Sa précocité est assez impressionnante.<br />
À tout juste 14 ans, elle participe au<br />
Jeux européens de Bakou, en 2015. Malgré<br />
sa jeunesse elle brille de mille feux lors de<br />
cette compétition et termine avec quatre médailles<br />
autour du cou, dont deux en or lors<br />
du relais 4×100 m nage libre et du 4×200 m<br />
nage libre, une en argent sur 800 m nage<br />
libre et une en bronze sur 400 m nage libre.<br />
Juste stratosphérique à son jeune âge. À<br />
cette époque, elle nage sous la bannière de<br />
son pays d’origine, la Russie. Elle continue<br />
tranquillement de se faire une place de choix<br />
dans la natation dans les années qui suivent.<br />
En 2017, par exemple, elle éclabousse de sa<br />
classe les Championnats du monde junior se<br />
déroulant à Indianapolis (États-Unis), avec<br />
trois belles médailles !<br />
Son arrivée en France<br />
Pour vous raconter la suite de son histoire,<br />
il va falloir mettre le cap sur le sud de la<br />
France. Avant même que le conflit russo-ukrainien<br />
resurgisse, d’Anastasiia Kirpichnikova<br />
fait le choix de s’entraîner en<br />
France pour passer un palier. Dès 2019, la<br />
nageuse d’origine russe s’installe en France<br />
et plus précisément à Montpellier. Pour l’entraîner,<br />
elle fait appel à un coach de renom,<br />
Philippe Lucas, notamment connu pour avoir<br />
LA MÉDAILLE D’OR ÉTAIT DANS UN<br />
COIN DE SA TÊTE : « J’AI APPRIS LA<br />
MARSEILLAISE MAIS JE N’OUBLIE PAS<br />
QU’IL Y A LEDECKY DANS MA COURSE ».<br />
© Icon Sport<br />
coaché Laure Manaudou. La talentueuse<br />
nageuse mise sur son expérience pour atteindre<br />
les sommets de la natation mondiale.<br />
Et tout se passe pour le mieux, tout du moins<br />
au début Elle est double finaliste aux Jeux de<br />
Tokyo en 2021, elle vient de glaner trois médailles<br />
d’or aux Championnats d’Europe petit<br />
bassin se déroulant la même année à Kazan<br />
en Russie (sur 400 m, 800 m, 1 500 m nage<br />
libre) et une autre d’argent aux Mondiaux<br />
d’Abou Dhabi en 2021. Sa progression est<br />
impressionnante. Mais un tournant a lieu le<br />
23 mars 2022. À cette date, la Fédération<br />
internationale de natation fait un choix fort,<br />
exclure les athlètes russes et biélorusses des<br />
compétitions internationales dont fait partie<br />
Anastasiia Kirpichnikova.<br />
Des années de frustration<br />
Malgré ce désagrément, la nageuse russe<br />
continue de s’entraîner sans relâche, du côté<br />
de Martigues. Mais la frustration est grande,<br />
elle voit week-end après week-end ses coéquipières<br />
d’entraînement aller dans diverses<br />
compétitions pendant qu’elle reste chez elle<br />
sans pouvoir participer : difficile pour une<br />
compétitrice comme elle. Anastasiia Kirpichnikova<br />
ne perd pas pour autant sa motivation<br />
et prend une décision forte.<br />
La naturalisation comme<br />
libération<br />
Après deux ans à ne pas pouvoir s’aligner<br />
sur les différentes courses, la nageuse<br />
20 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
Objectif accompli<br />
pour Anastasiia<br />
Kirpichnikova, et<br />
avec brio, médaillée<br />
d’argent sur 1 500 m<br />
nage libre !<br />
© Icon Sport<br />
russe prend la décision de demander la<br />
naturalisation française. Un choix assez<br />
difficile pour elle qui est obligée de renier<br />
son origine pour pouvoir concourir. Après<br />
un long temps de réflexion, elle décide de<br />
se lancer et cela a payé. Le 21 avril 2023,<br />
la protégée de Philippe Lucas obtient la<br />
nationalité française. Elle va enfin pouvoir<br />
retourner dans les bassins et montrer son<br />
talent au monde entier.<br />
Objectif Jeux olympiques !<br />
D.R.<br />
Anastasiia Kirpichnikova devient donc officiellement<br />
française un peu plus d’un an<br />
avant les JO se tenant en France en juillet<br />
2024. Elle a donc peu de temps pour<br />
se mettre au niveau des compétitions<br />
internationales qu’elle avait dû stopper<br />
des années auparavant. Mais la jeune nageuse<br />
a très vite montré qu’elle en avait<br />
la capacité. Deux jours après sa naturalisation,<br />
Anastasiia Kirpichnikova se lance<br />
dans le grand bain à l’Open de Martinique,<br />
résultat une très belle troisième place<br />
lors du 10 km. Elle enchaîne les bonnes<br />
performances. Une est marquante, elle<br />
réalise un nouveau record de France du<br />
1 500 m nage libre en petit bassin à Angers<br />
en octobre 2023. Avec cette performance,<br />
elle efface le temps de la légende<br />
Laure Manaudou. Et cela n’est qu’un début,<br />
elle brille dans de nombreuses autres<br />
compétitions, tous les feux sont au vert<br />
pour les JO.<br />
Dernière répétition !<br />
Aux Championnats de France 2024 se<br />
déroulant du 16-21 juin 2024 à Chartres.<br />
Anastasiia Kirpichnikova brille, elle gagne<br />
le 1 500 m et le 800 m, en écrasant la<br />
concurrence. En plus de cela, elle obtient<br />
les minima sur ces deux distances. Pour<br />
peaufiner les derniers détails, l’équipe de<br />
France se rend au CREPS de Vichy.<br />
L’inquiétude…<br />
Alors que l’on pensait qu’Anastasiia Kirpichnikova<br />
était en forme olympique, Philippe<br />
Lucas refroidit tout le monde avec une prise<br />
de parole le 17 juillet, à quelques jours des<br />
Jeux Olympiques. « Je n’ai jamais parlé de<br />
médaille. C’est vous qui avez parlé de médaille.<br />
Elle en parle. Elle en parle. Je dis ce<br />
que je pense. Le demi-fond, ce n’est pas<br />
une fois de temps en temps. Ce n’est pas le<br />
hasard. C’est être régulier à chaque entraînement<br />
et ce n’est pas le cas. » Des mots<br />
assez durs, laissant planer le doute sur sa<br />
réussite aux Jeux. De son côté, la spécialiste<br />
du 1 500 m était plutôt confiante et<br />
a profité d’un point presse le même jour<br />
D.R.<br />
pour évoquer son rapport avec son entraîneur.<br />
« Des fois, c’est très bien. Des fois,<br />
c’est un peu tendu. Des fois, on ne parle<br />
pas. C’est comme ça, c’est comme tout le<br />
monde. Moi, j’ai mon caractère. Lui aussi,<br />
mais dans l’ensemble cela se passe bien.<br />
Cela fait six ans qu’on travaille ensemble<br />
et on doit finir ce cycle de la meilleure des<br />
manières possibles ». Allez, je vous enlève<br />
tout suspense, elle a accompli son objectif.<br />
Juste derrière la légende,<br />
l’intouchable Katie Ledecky<br />
Anastasiia Kirpichnikova débarque aux<br />
Jeux Olympiques en tête avec un seul<br />
objectif en tête, la médaille sur 1 500 m.<br />
Cette compétition a lieu dans sa nouvelle<br />
maison, la France. Le public est bouillant<br />
et la nageuse donne tort à son entraîneur.<br />
Après une encourageante 7 ème place sur<br />
le 800 m, elle s’offre une splendide médaille<br />
d’argent sur 1 500 m derrière…<br />
l’intouchable Katie Ledecky. Sa prédiction<br />
faite avant les JO était bonne, « j’ai appris<br />
la Marseillaise mais je n’oublie pas qu’il<br />
y a Ledecky dans ma course ». La récompense<br />
est magnifique. À tout juste 24 ans,<br />
ce destin argenté pourrait bien se transformer<br />
en destin doré dans les années qui<br />
suivent. Retenez bien son nom, Anastasiia<br />
Kirpichnikova. WS<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 21
CHAMPIONNES PARIS 2024<br />
RETOUR SUR SUR LES PARALYMPIQUES<br />
Sonia Heckel a<br />
manqué la médaille<br />
à Paris, mais une<br />
autre Française,<br />
Aurélie Aubert, a<br />
créé la surprise !<br />
Découvrons<br />
la boccia<br />
avec la numéro<br />
un mondiale de la<br />
discipline, la Française<br />
Sonia Heckel<br />
Si je vous dis boccia, il y a de grandes chances que nombre<br />
d’entre vous se demandent de quoi je parle. Ce sport est<br />
méconnu en France alors que notre pays à la chance d’avoir<br />
la numéro un mondiale dans ses rangs, Sonia Heckel. Zoom<br />
sur cette pratique sportive peu connue du grand public.<br />
PAR MANO BOUVIER<br />
C<br />
ommençons par sa spécificité<br />
: la boccia est un des<br />
deux sports avec le goalball<br />
présent aux Jeux Paralympiques<br />
n’ayant pas d’équivalent<br />
olympique. Elle fait son apparition au<br />
Jeux de Stoke Mandeville (Royaume-Uni) en<br />
1984. Étymologiquement, le terme vient du<br />
mot « boule » en italien. Il s’agit d’un sport<br />
de précision que beaucoup comparent à<br />
de la pétanque. En réalité, cela est bien<br />
plus complexe, comme l’explique Laurence<br />
Le Franc, kinésithérapeute de l’équipe de<br />
France de boccia, « Cette discipline est plus<br />
complexe que ce que l’on croit, elle mélange<br />
la pétanque, les échecs et le curling. La réflexion<br />
qu’il faut avoir pour gagner une partie<br />
est vraiment centrale. » La boccia se joue en<br />
salle, sur un terrain de 12,5 x 6 m avec la<br />
possibilité de jouer soit en simple, soit en<br />
double, soit en équipe.<br />
Les règles<br />
Qui de mieux que la numéro un mondiale<br />
pour nous expliquer ce sport ? Et cette<br />
championne de boccia est française ! Sonia<br />
Heckel est une référence dans ce sport. « La<br />
boccia est un sport qui ressemble à de la<br />
pétanque sur le principe. J’insiste sur le principe<br />
de base, parce qu’il y a des balles au<br />
lieu des boules de pétanque. Les balles sont<br />
en cuir avec un cochonnet appelé “jack” qui<br />
est différencié des autres par sa couleur,<br />
le blanc. Les autres sont rouges pour l’un<br />
des joueurs et bleues pour l’autre. Le sol<br />
peut être du parquet ou du taraflex. Cela<br />
peut changer notre manière de jouer car<br />
les balles vont rouler au sol. On va emprunter<br />
des techniques au curling ou au billard,<br />
certains sauront de quoi je parle. Et Niveau<br />
stratégique, on va toujours essayer d’avoir<br />
un, deux ou trois coups d’avance, ce qui est<br />
le principe des échecs. Un match se déroule<br />
en quatre manches en individuel ou six en<br />
équipe, chacune se finit quand les 6 balles<br />
ont été lancées de chaque côté. Les points<br />
remportés à l’issue de chaque manche se<br />
cumulent. Pour l’emporter, il faut comptabiliser<br />
plus de points que son adversaire à la fin<br />
de la rencontre », nous explique Sonia avec<br />
passion.<br />
Des catégories différentes<br />
Comme dans de nombreux sports paralympiques,<br />
les athlètes sont classés en<br />
fonction de leur handicap. En boccia, on<br />
en dénombre quatre, BC1, BC2, BC3 et<br />
BC4. Pour la première, elle est faite pour<br />
les joueurs atteints de paralysie cérébrale<br />
et assimilés, c’est-à-dire avec un handicap<br />
« sévère » au niveau des quatre membres.<br />
Le joueur dispose d’un assistant sportif. La<br />
catégorie suivante est assez similaire mais<br />
« CETTE DISCIPLINE EST PLUS<br />
COMPLEXE QUE CE QUE L’ON CROIT,<br />
ELLE MÉLANGE LA PÉTANQUE,<br />
LES ÉCHECS ET LE CURLING. »<br />
22 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
SONIA HECKEL<br />
EN TROIS<br />
QUESTIONS…<br />
“© Icon Sport<br />
DEPUIS QUAND PRATIQUES-TU CE<br />
SPORT 1?<br />
Je pratique depuis 2007, donc ça commence<br />
à faire un petit bout de temps.<br />
J’avais 18 ans lorsque j’ai fait mes premiers<br />
pas en boccia, j’en ai maintenant<br />
35. J’ai commencé en catégorie BC4,<br />
la catégorie où l’on joue à la main,<br />
mais avec ma maladie évolutive, j’ai<br />
été contraint de changer. J’ai tout de<br />
même pu jouer à la main jusqu’en 2014.<br />
Début 2014, j’ai dû changer de catégorie,<br />
et du coup j’évolue maintenant en<br />
BC3. C’est-à-dire que j’ai une rampe et<br />
un assistant pour m’aider à jouer. Cela<br />
a été un véritable changement, j’ai dû<br />
tout réapprendre mais j’étais déjà tombée<br />
amoureuse de ce sport et cela n’a<br />
pas posé de souci.<br />
les athlètes n’ont pas besoin d’assistant.<br />
Aux Jeux Paralympiques, ces deux catégories<br />
jouent ensemble. Les sportifs évoluant<br />
en BC3 sont des joueurs ayant tous types<br />
de pathologie plus « sévère » au niveau des<br />
quatre membres. Le joueur dispose d’une<br />
rampe et d’un assistant sportif. Il s’agit de<br />
la catégorie de Sonia Heckel. Et pour finir, la<br />
BC4, elle, est faite pour les boccistes ayant<br />
tout autres types de handicaps non liés à<br />
la paralysie cérébrale. Ils n’ont pas d’assistant<br />
hormis pour ceux jouant au pied. Petite<br />
précision, l’assistant n’a pas le droit de regarder<br />
le jeu ni de parler avec son joueur.<br />
Il est donc toujours dos à la partie. Celui-ci<br />
est d’ailleurs considéré comme un réel athlète,<br />
il est médaillable en cas de victoire<br />
dans un tournoi.<br />
Une équipe de France en forme<br />
olympique<br />
Si à Tokyo les Français n’avaient pas ramené<br />
de médailles, tous les feux étaient au<br />
vert pour briller à Paris. Nos tricolores n’ont<br />
jamais ramené de médailles dans ce sport<br />
depuis son apparition en 1984. L’équipe<br />
pour Paris 2024 était composée de cinq<br />
athlètes, Jules Menard et Sonia Heckel en<br />
BC3, Fayçal Meguenni et Aurélien Fabre en<br />
BC2 et Aurélie Aubert en BC1. Sonia Heckel<br />
était la plus grande chance de médaille<br />
avec sa première place mondiale, mais elle<br />
© Icon Sport<br />
D.R.<br />
D.R.<br />
a hélas échoué. Toutefois, les Français ont<br />
réussi à ramener une magnifique médaille<br />
d’or de ces Jeux, une première dans l’histoire<br />
de la boccia. Et celle-ci est une surprise<br />
totale puisque c’est Aurélie Aubert<br />
qui n’avait pas fait mieux qu’une 4 ème place<br />
à la Coupe du monde, en individuel, en<br />
2022 qui se pare d’or. Son sourire restera<br />
gravé dans l’histoire.<br />
Pour Sonia Heckel, la désillusion est<br />
grande avec une défaite dès le premier<br />
tour. Ce n’est que partie remise pour<br />
2028 ! D’ici là, ce sport pourrait connaître<br />
un véritable effet boost après ce coup<br />
de projecteur médiatique inédit. La bocciste<br />
Aurélie Aubert a même eu l’honneur<br />
d’éteindre la flamme olympique, mettant<br />
la boccia au premier plan ! WS<br />
2<br />
3<br />
QUELLE EST TA RELATION AVEC<br />
TON ASSISTANT ?<br />
Pour moi, on est deux sportifs à part<br />
entière, parce que sans lui, je ne peux<br />
rien faire. Lui, il ne peut rien faire sans<br />
moi non plus. Nous sommes deux<br />
athlètes qui fonctionnons en binôme,<br />
indispensables l’un à l’autre. Comme<br />
je dis toujours, on a un corps humain<br />
complet à deux. Donc moi, je vais<br />
faire la tête et mon assistant va faire<br />
le corps. Et un corps ne peut pas fonctionner<br />
sans le cerveau et inversement.<br />
Je le connais depuis des années, on<br />
est même en colocation ensemble. On<br />
est indissociables. Je pense d’ailleurs<br />
qu’une grande partie de ma réussite est<br />
liée à cette relation.<br />
COMMENT S’EST DÉROULÉE TA<br />
PRÉPARATION POUR LES JEUX<br />
PARALYMPIQUES ?<br />
J’ai préparé ça comme une autre compétition,<br />
parce que j’essaie de toutes<br />
les prendre de la même manière, quel<br />
que soit le niveau. Le but est d’éviter<br />
de changer mes routines qui sont<br />
centrales pour réaliser de bonnes performances.<br />
Malgré tout, il y a eu des<br />
petites choses qui ont été modifiées<br />
notamment vis-à-vis du public, surtout,<br />
parce qu’on sait très bien qu’il va y<br />
avoir énormément de supporters. C’est<br />
quelque chose qu’on n’a pas du tout<br />
l’habitude de faire. Lorsque l’on part en<br />
compétition à l’étranger, on a très peu<br />
de public avec nous, donc on a essayé<br />
de modifier ce paramètre lors de nos<br />
entraînements. On a notamment utilisé<br />
des enceintes pour nous habituer aux<br />
bruits.<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 23
CHAMPIONNES PARIS 2024<br />
Dans tout Paris, au cœur<br />
des sites olympiques<br />
et paralympiques, un<br />
message : la fierté de la<br />
différence, et l’espoir de<br />
pouvoir revendiquer une<br />
société plus inclusive.<br />
© Victor Velter/ Shutterstock<br />
La révélation des Jeux Paralympiques<br />
Souvenirs<br />
d’une émotion<br />
paralympique<br />
Paris a été une fête sportive perpétuelle cet été. Après les Jeux Olympiques, on a vibré pour<br />
les Jeux Paralympiques. Sans nul doute les plus mémorables du nom. PAR LÉA BORIE<br />
es Jeux Paralympiques sont<br />
L<br />
désormais un rendez-vous<br />
sportif qui rivalise en ampleur<br />
avec les Jeux Olympiques.<br />
On va vous le montrer ! Pour<br />
cette 17 e édition des Jeux Paralympiques<br />
(JP), le rendez-vous a connu une popularité<br />
croissante. Plus abordables à la réservation<br />
et financièrement, pour autant encore peu<br />
connus du public français, les Jeux Paralympiques<br />
auraient presque été victimes de leur<br />
succès. 2,5 millions de billets vendus,<br />
près de 49 millions de Français devant<br />
la TV : pas un évènement sportif au<br />
rabais, loin s’en faut, les JP ont sonné comme<br />
le rendez-vous du sport accessible, dans<br />
tous les sens du terme. Et nous, tellement<br />
contents de voir le stade de France plein à<br />
craquer ou presque lors des épreuves de para-athlétisme.<br />
Dans les gradins comme sur le<br />
terrain, il y a eu peut-être encore plus de respect,<br />
d’amour du sport, d’amour de l’autre,<br />
de sororité, aussi.<br />
Côté public, il faut dire que beaucoup de<br />
choses ont été rendues gratuites<br />
pour les Paralympiques. Quant à la démarche<br />
des spectateurs, elle était volontaire. On en<br />
entendait derrière nous dans le stade de<br />
France tenter de décrypter les significations<br />
derrières les chiffres des épreuves des athlètes<br />
handicapés - T11 pour les aveugles,<br />
T46 les amputés d’un membre supérieur ou<br />
assimilé, etc. afin de comprendre les règles,<br />
pourquoi certains étaient accompagnés d’un<br />
guide... La raison d’une telle complexité ? Une<br />
manière de rendre la compétition juste, pour<br />
que les personnes qui présentent un handicap<br />
moindre ne soient pas toujours les vainqueures.<br />
En effet, les compétiteurs sont<br />
classés par catégories de handicap<br />
et leur sévérité. Pas toujours évident de<br />
s’y retrouver. D’autant que, tous les quatre<br />
ans, le Comité international paralympique<br />
(IPC) ouvre les Jeux à davantage d’athlètes,<br />
de handicaps et de pays, et inscrit de nouvelles<br />
disciplines au programme. Tentons d’y<br />
voir plus clair. Immersion. WS<br />
24 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
LES JEUX<br />
PARALYMPIQUES PARIS<br />
2024 EN CHIFFRES<br />
4400<br />
para-athlètes`<br />
11 000 athlètes valides, 4 400 athlètes en<br />
situation de handicap (200 français) venus<br />
des quatre coins du monde s’affronter sur 22<br />
disciplines para-sportives : un record absolu<br />
75<br />
médaillés français<br />
Il y a beaucoup de catégories différentes.<br />
Résultat : les médaillés sont plus<br />
nombreux que pour les JO (64 aux JO)<br />
D.R.<br />
1<br />
42 %<br />
d’épreuves uniquement féminines.<br />
soit 235/549 épreuves totales<br />
ère<br />
fois<br />
Les Jeux Paralympiques ont<br />
eu lieu pour la première fois<br />
en France !<br />
80 000 €<br />
La prime pour les para-athlètes et leurs entraîneurs<br />
ayant remporté l’or. Depuis 2008 (Jeux de Pékin),<br />
les médaillés français bénéficient de primes du<br />
même montant que celles versées pendant les Jeux<br />
Olympiques.<br />
Notons que d’autres pays comme Taïwan et Hong-<br />
Kong versent aux médaillés paralympiques des<br />
primes supérieures à celles versées aux vainqueurs<br />
olympiques…<br />
LE SAVIEZ-VOUS ?<br />
LES JP VIENNENT DE L’APRÈS-SECONDE<br />
GUERRE MONDIALE<br />
Nés au lendemain de la seconde guerre mondiale en 1948, destinés<br />
en particulier pour les blessés paralysés, les Jeux Paralympiques<br />
s’ouvrent à partir des années 70 à toute personne ayant des incapacités<br />
motrices, sensorielles ou intellectuelles. Le CIP est créé en 1989<br />
mais c’est vraiment en 2012 et les Jeux de Londres que le virage du<br />
mouvement paralympique est engagé comme point de bascule. Progressivement,<br />
c’est là aussi que les paralympiennes prennent plus de<br />
place.<br />
PARA-QUOI ?<br />
Le préfixe « para » veut dire « à côté » en grec : les Jeux Olympiques et<br />
Paralympiques existent en tandem, le second se déroulant désormais<br />
dans la même ville, juste après. La preuve de ce main dans la main :<br />
cette année, les para-athlètes ont finalement été autorisés à exhiber<br />
fièrement les anneaux des JO en tatouage. Car en effet, le logo des<br />
JP (3 virgules) est différent de celui JO : cela leur était interdit jusquelà,<br />
au risque d’être disqualifiés !<br />
LE “STOP AND GO” DES HANDICAPS<br />
MENTAUX<br />
La sous-représentation des athlètes avec déficience intellectuelle<br />
peut s’expliquer par un événement notamment. Celle-ci a été réintégrée<br />
dans trois sports en 2012 : natation, tennis de table et athlétisme,<br />
après avoir été introduite en 1996 puis sortie en 2000, suite à<br />
un scandale de « tricherie au handicap » lors des Jeux de Sydney. Le<br />
handicap mental ne représente que 5 % des sportifs, 0 porteur de<br />
trisomie 21 par exemple.<br />
LES RECORDS NE SONT PAS TOUJOURS OÙ<br />
L’ON PENSE<br />
Aux Jeux de Rio en 2016, le 1500 m JP a été plus rapide que celui<br />
des valides, idem en kitesurf. Si on joue le jeu des comparaisons un<br />
peu insensées, l’âge de la retraite des para-athlètes est souvent plus<br />
élevé aussi.<br />
D’autres ont mis tout le monde d’accord en participant à la fois aux<br />
Jeux Olympiques et Paralympiques comme cette année les joueuses<br />
de tennis de table Bruna Costa Alexandre (Brésil) et Melissa Tapper<br />
(Australienne), handicapées du bras.<br />
N’EST PAS PARITAIRE QUI VEUT…<br />
Si les Jeux Olympiques de Paris 2024 se sont clamés haut et fort paritaires,<br />
il n’en n’est pas de même pour les Paralympiques, où quelque<br />
1 983 femmes ont concouru (le seul pays paritaire : les Etats-Unis).<br />
On peut néanmoins se réjouir du nombre de participantes, nouveau<br />
record dans l’histoire paralympique. Celui-ci a d’ailleurs doublé depuis<br />
les Jeux de Sydney en 2000. La parité n’est pas encore possible,<br />
notamment dû au manque de pratiquantes.<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 25
CHAMPIONNES PARIS 2024<br />
Des para-athlètes féminines saluées<br />
© Icon Sport<br />
© Icon Sport<br />
D.R.<br />
D.R.<br />
AURÉLIE AUBERT<br />
Boccia<br />
(BC1, paralysie cérébrale,<br />
handicap sévère des<br />
4 membres), championne<br />
paralympique de<br />
boccia (apparentée à la<br />
pétanque), la première<br />
médaille d’or française<br />
dans ce sport (cf. pages<br />
22-23).<br />
ÉMELINE PIERRE<br />
Natation<br />
(S10, déficiences<br />
motrices légères),<br />
médaille d’or sur 100 m<br />
nage libre, avec un record<br />
personnel (1’00’’49) pour<br />
battre la Canadienne<br />
grande favorite, Aurélie<br />
Rivard.<br />
CATHERINE<br />
DEBRUNNER,<br />
Athlétisme<br />
(T53, fauteuil) décorée d’or<br />
au 5 000 m avec un record<br />
mondial, devenant la<br />
sportive en fauteuil roulant<br />
la plus rapide du monde.<br />
L’or aussi au 400 m, 800 m,<br />
1 500 m et marathon, et<br />
l’argent au 100 m !<br />
ANA CAROLINA SILVA<br />
DE MOURA,<br />
Taekwondo<br />
(K44, amputation<br />
unilatéral d’un bras) a<br />
remporté l’or avec brio<br />
en para-taekwondo<br />
-65 kg. Une rencontre<br />
vibrante et solaire !<br />
JP PARIS 2024 :<br />
QUEL IMPACT<br />
SUR LA MÉMOIRE<br />
COLLECTIVE !<br />
Tonitruant, cet évènement a eu de quoi engendrer<br />
un nouveau rapport aux différences corporelles.<br />
Alors non, les para-sports ne sont pas<br />
toujours pratiqués de façon identique par rapport<br />
aux JO, et les résultats pas toujours les mêmes<br />
que pour les sportifs valides, mais le spectacle n’en<br />
n’est pas moins beau, au contraire. Néanmoins, on<br />
ne pourra que constater le manque de moyens<br />
et de visibilité, encore, pour une meilleure accessibilité<br />
du sport, a fortiori de haut niveau, aux<br />
personnes en situation de handicap, quel qu’il soit.<br />
Du chemin encore à parcourir.<br />
© SDL<br />
NOS COUPS<br />
DE CŒUR<br />
SUR SITES<br />
• LE + ARTISTIQUE : CLUB 2024, la fan zone près du stade de<br />
France (Seine-Saint-Denis), avec démo de danses endiablées et<br />
musiques du monde, stand de make-up à paillettes…<br />
• LE + 100 % SPORT : LE SPOT, la fan zone du parvis de l’Hôtel<br />
de Ville de Paris, ses cours de sport gratuits en plein air, son<br />
double écran géant en direct et son espace ping-pong / basket.<br />
• LE PLUS AMBIANCÉ : LA MAISON DU BRÉSIL à Saint-<br />
Ouen, au cœur de Communale, récent food-court géant. Lieu<br />
dédié aux Jeux Paralympiques brésiliens : fracassant pour les<br />
oreilles mais tellement chaleureux !<br />
• LE + IMPRÉVISIBLE : LE PAVILLON OMEGA. Marque<br />
connue parce qu’on la voit partout dans les épreuves<br />
chronométrées, qu’on ne connaissait pas tant que ça finalement<br />
lorsqu’on parcourt le mini musée. En marge de l’Arena Bercy, le<br />
pavillon proposait de défier un sportif sur 10 m. Moralité : dur<br />
d’arriver à la cheville de la Jamaïcaine Shericka Jackson !<br />
• LE + INFORMATIF : L’EXPOSITION SUR LES JEUX<br />
PARALYMPIQUES en plein cœur du Panthéon dont nous tirons<br />
bon nombre d’informations ici.<br />
26 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
3 QUESTIONS À…<br />
CATHERINE DEBRUNNER,<br />
quintuple médaillée d’or<br />
« Soyons<br />
considérés en<br />
premier lieu<br />
comme des<br />
sportifs et non<br />
comme des<br />
personnes<br />
souffrant d’un<br />
handicap »<br />
© SUSA / Icon Sport<br />
1 2 3<br />
REVENONS SUR CE<br />
PRÉCIEUX MOMENT :<br />
VOTRE 1 ÈRE REMISE<br />
DE MÉDAILLE D’OR,<br />
SAMEDI 30 AOÛT AU<br />
STADE DE FRANCE PEU<br />
APRÈS VOTRE COURSE<br />
BRILLANTE EN 5 000 M<br />
FAUTEUIL. QU’AVEZ-VOUS<br />
RESSENTI ?<br />
J’attache beaucoup d’importance<br />
à la manière dont je démarre<br />
une grande compétition<br />
de ce type : le résultat de la<br />
1 ère course est très important.<br />
Le faire avec une victoire et un<br />
record paralympique était tout<br />
simplement un rêve. C’est un<br />
grand honneur et une grande<br />
fierté de remporter la 1 ère médaille<br />
(et en or !) de l’équipe paralympique<br />
suisse. Je suis fière<br />
de faire partie de cette dernière<br />
et de contribuer à son succès.<br />
J’espère qu’avec ma médaille,<br />
j’ai encouragé mon équipe à<br />
continuer à se surpasser.<br />
LE STADE ÉTAIT PLEIN À<br />
CRAQUER OU PRESQUE,<br />
COMMENT AVEZ-VOUS<br />
RESSENTI L’AMBIANCE ?<br />
L’ambiance au stade de France<br />
était absolument folle ! Je n’ai<br />
jamais rien vu de tel. Je suis<br />
très heureuse que nous, les<br />
sportifs paralympiques, ayons<br />
reçu la même reconnaissance<br />
et la même estime que lors des<br />
Jeux Olympiques.<br />
VOUS QUI AVEZ<br />
PARTICIPÉ NOTAMMENT<br />
À VOS PREMIERS JEUX<br />
À RIO EN 2016, PENSEZ-<br />
VOUS QUE LA PLACE DU<br />
PARA-ATHLÉTISME, ET<br />
PLUS LARGEMENT DU<br />
HANDISPORT, A ÉVOLUÉ ?<br />
Je suis heureuse de pouvoir<br />
confirmer que la valeur et la<br />
visibilité du parasport ont nettement<br />
augmenté - notamment<br />
grâce à son professionnalisme<br />
croissant. Ainsi, pendant Paris<br />
2024, beaucoup plus de compétitions<br />
ont été retransmises<br />
à la télé et ont bénéficié d’une<br />
meilleure couverture médiatique.<br />
Pour l’avenir, je souhaite<br />
que nous obtenions la même<br />
reconnaissance et la même<br />
estime que lors des Jeux Olympiques<br />
; que nous soyons considérés<br />
en premier lieu comme<br />
des sportifs et non comme<br />
des personnes souffrant d’un<br />
handicap. Nous sommes parfois<br />
trop utilisés pour « l’inclusion<br />
» et des thèmes politiques,<br />
au lieu d’être mis sur un pied<br />
d’égalité avec le sport olympique.<br />
WS<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 27
CHAMPIONNES<br />
DÉCOUVERTE<br />
Emily Bondi<br />
En piste pour le premier<br />
Championnat du monde<br />
féminin de moto un mois<br />
après sa cheville cassée !<br />
L’histoire de la moto féminine est en marche. Une vingtaine<br />
de pionnières ont fait rugir les moteurs à Misano, pour<br />
la première manche du Championnat du monde FIM<br />
(Fédération internationale de motocyclisme) de moto<br />
féminin. Parmi elles, deux françaises, Ornella Ongaro et<br />
Emily Bondi. Cette dernière, pilote des Zelos Classic 21 Black<br />
Knights, est revenue pour Women Sports sur son parcours<br />
atypique et un début de championnat marqué par une vilaine<br />
blessure. PAR RUBEN DIAS<br />
© wj.22 / Tanguy Naux<br />
Arrivée récemment,<br />
après une blessure,<br />
quelque chose nous<br />
dit qu’Emily Bondi<br />
n’a pas dit son dernier<br />
mot sur son bolide 2<br />
roues...<br />
WOMEN SPORTS : EMILY, POUVEZ-<br />
VOUS NOUS PARLER DE VOS<br />
DÉBUTS EN MOTO ?<br />
EMILY BONDI : Depuis toute petite, je<br />
montais derrière mes parents. J’étais<br />
tellement petite que ma mère me mettait<br />
devant elle sur le réservoir. Mais<br />
c’est après avoir passé mon permis<br />
moto que j’ai vraiment accroché. Philippe<br />
Monneret, un ancien pilote, m’a<br />
invitée un jour sur la piste pour me remercier<br />
d’avoir fait la promotion de sa<br />
moto-école. Honnêtement, j’y suis allée<br />
par politesse. Une fois sur la piste, je n’ai<br />
plus lâché.<br />
ET LA COMPÉTITION EST ARRIVÉE<br />
DANS LA FOULÉE ?<br />
Moi, je ne savais même pas qu’il existait<br />
ce genre de compétitions féminines !<br />
Pour ma première course, malgré un<br />
départ difficile, j’ai fini troisième. Je me<br />
suis dit ‘Il y a peut-être un truc à faire’<br />
(rires). Cela m’a donné la motivation de<br />
m’entraîner sérieusement, et le reste a<br />
suivi : plusieurs victoires, et finalement,<br />
le titre de championne de France. Dès<br />
ma première année.<br />
C’était un saut très rapide. En avril<br />
2023, je me suis inscrite au Championnat<br />
de France féminin de vitesse. C’est<br />
mon copain, un ancien champion de<br />
cross, qui m’a encouragée à m’inscrire.<br />
© wj.22 / Tanguy Naux<br />
28 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
des marques en leur montrant l’intérêt<br />
de sponsoriser une sportive qui est aussi<br />
présente sur les réseaux sociaux. J’ai<br />
réussi à obtenir des aides, mais c’était<br />
énormément de stress.<br />
Sur un plan mental, la montée rapide en<br />
notoriété a ses revers. On attire aussi<br />
des critiques et des jalousies. Il faut être<br />
mentalement solide pour supporter ça.<br />
Puis il a aussi des chutes. Je me rappelle<br />
particulièrement de celle juste avant la<br />
finale du Championnat de France, qui a<br />
failli tout compromettre…<br />
© wj.22 / Tanguy Naux<br />
VOTRE ASCENSION EST PRESQUE<br />
UN CONTE DE FÉES. COMMENT<br />
VOUS EXPLIQUEZ UNE TELLE<br />
FACILITÉ ?<br />
(Rires) J’ai toujours fait du sport à haut<br />
niveau. Avant la moto, j’ai été championne<br />
de France de horseball, j’ai participé<br />
aux Championnats de jet-ski, de<br />
natation, de basket… Le sport de compétition,<br />
c’est quelque chose que je<br />
connais bien. Quand je me suis mise à<br />
la moto, j’ai simplement appliqué ce que<br />
j’avais appris ailleurs : discipline, entraînement<br />
et détermination.<br />
LE HORSEBALL, LE JET-SKI ET<br />
MAINTENANT LA MOTO, IL Y A UN<br />
CERTAIN FIL CONDUCTEUR…<br />
« POUR MA PREMIÈRE COURSE,<br />
MALGRÉ UN DÉPART DIFFICILE, J’AI<br />
FINI TROISIÈME. JE ME SUIS DIT ‘IL Y A<br />
PEUT-ÊTRE UN TRUC À FAIRE’. »<br />
Tout à fait ! Ces sports m’ont appris à<br />
comprendre le lien entre soi et l’élément<br />
qu’on contrôle, qu’il s’agisse d’un cheval,<br />
d’un jet-ski ou d’une moto. Arriver<br />
dans le milieu de la moto, c’était nouveau<br />
pour moi, mais j’ai rapidement retrouvé<br />
cette connexion. Et évidemment<br />
la notion d’équilibre est très importante<br />
aussi.<br />
MALGRÉ UN DÉBUT EN BOULET DE<br />
CANON, AVEZ-VOUS RENCONTRÉ<br />
DES OBSTACLES ?<br />
Rien n’est aussi simple qu’il n’y paraît.<br />
La moto est un sport extrêmement coûteux,<br />
et trouver les moyens financiers<br />
pour continuer à rouler a été un vrai défi.<br />
À 21 ans, j’ai dû me battre pour trouver<br />
des sponsors. J’ai cherché à convaincre<br />
VOUS ÊTES AUJOURD’HUI ENGAGÉE<br />
DANS LE PREMIER CHAMPIONNAT<br />
DU MONDE FÉMININ DE MOTO…<br />
Ma victoire au Championnat de France<br />
et cette montée très rapide a attiré l’œil.<br />
J’ai posé ma candidature avec mon management<br />
qui est donc Zelos (manager<br />
et le plus gros sponsor d’Emily ndlr.),<br />
auprès de Dorna Sports, promoteur du<br />
MotoGP. Pour moi, ce n’était pas imaginable.<br />
Quelques mois avant, je ne savais<br />
même pas qu’une fille pouvait rouler<br />
à moto (rires). Finalement cela m’a<br />
encore souri.<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 29
CHAMPIONNES<br />
C’EST UN CHAMPIONNAT<br />
TRÈS RELEVÉ ?<br />
Toutes les filles étaient dans les plus<br />
gros championnats. Ana Carrasco, est<br />
championne du monde chez les hommes,<br />
en 300 cm 3 . Il y a aussi María Herrera,<br />
une pilote en MotoGP dans la catégorie<br />
électrique… et ce n’est pas dernière. On<br />
a la quadruple championne d’Europe,<br />
féminine. Bref, il y a du très haut niveau<br />
devant, ça roule très vite. Aujourd’hui,<br />
les premières places, ne sont pas atteignables<br />
pour moi. Ce serait bizarre. Ça<br />
ne fait qu’un an que je roule. Je pense<br />
que celle qui a le moins d’années d’expérience<br />
après moi, en a quand-même six.<br />
LES DÉBUTS ONT ÉTÉ<br />
COMPLIQUÉS ?<br />
Aux entraînements, à vouloir trop en faire<br />
pour être prête, je me suis cassée la cheville<br />
gauche. C’était un mois avant le début<br />
du championnat. Cela a été une vraie<br />
épreuve. Je ne pouvais évidemment plus<br />
© wj.22 / Tanguy Naux<br />
“C’est important<br />
aujourd’hui aussi de<br />
passer un message<br />
à toutes ces filles :<br />
le sport n’a pas de<br />
genre”, martèle Emily<br />
Bondi à qui veut bien<br />
l’entendre.<br />
« QUAND JE ME SUIS MISE À LA MOTO,<br />
J’AI SIMPLEMENT APPLIQUÉ CE QUE<br />
J’AVAIS APPRIS AILLEURS : DISCIPLINE,<br />
ENTRAÎNEMENT, ET DÉTERMINATION. »<br />
marcher, et aucun chirurgien ne voulait<br />
m’opérer. Tous jugeaient cela trop risqué,<br />
ils me disaient :’peut-être que tu ne<br />
marcheras plus jamais’. Je devais passer<br />
quatre mois dans le plâtre, je n’allais pas<br />
pouvoir participer de toute l’année, c’était<br />
terminé. Sauf que pour moi ce n’était<br />
juste pas possible. J’ai finalement trouvé<br />
un chirurgien qui accepté de faire l’intervention.<br />
Puis c’était parti pour une longue<br />
péripétie de rééducation.<br />
UN FAUX DÉPART…<br />
La blessure m’a mise hors jeu. Je n’ai<br />
pas pu participer aux pré-tests. Quand les<br />
autres filles ont découvert leur R7 (motos<br />
identiques pour toutes les participantes,<br />
ndlr.) et les ont essayées, moi j’étais à<br />
l’hôpital en train de regarder le plafond…<br />
On a bataillé jusqu’au bout, parce qu’au<br />
début du championnat, j’étais encore en<br />
béquilles. Je n’avais pas encore l’autorisation<br />
de marcher car c’était encore trop<br />
fragile. À la première course, je suis montée<br />
sur la moto en béquilles. Je n’avais<br />
pas le droit pour la télé, mais c’était tout<br />
pareil. On m’a portée, on m’a mise sur la<br />
moto et c’était parti.<br />
Il y a eu plein de circonstances et de<br />
faits de course. J’ai tout de même<br />
fini 15 e sur les 26 filles présentes. La<br />
deuxième course du week-end, j’ai dû<br />
l’abandonner à cause de la douleur.<br />
C’était la première fois, mais je n’arrivais<br />
pas à tenir.<br />
QUELLES SONT VOS AMBITIONS ?<br />
À moyen/long terme, j’espère pouvoir<br />
rattraper ce wagon et les années perdues.<br />
Je me laisse cette première année<br />
pour apprendre des meilleures. J’espère<br />
me rapprocher le plus souvent possible<br />
du top 10 quand-même (rires).<br />
PENSEZ-VOUS QUE, DANS LES<br />
ANNÉES À VENIR, IL Y AURA DES<br />
FEMMES EN MOTOGP ?<br />
On tend de plus en plus vers ça. Certaines<br />
filles devant pourraient trouver<br />
leur place. Il faut préciser quelque chose<br />
qui n’est pas dans les mœurs : La Moto-<br />
GP n’est pas un championnat masculin,<br />
c’est mixte. C’est important aujourd’hui<br />
aussi de passer un message à toutes<br />
ces filles : le sport n’a pas de genre. Il<br />
faut croire en ses rêves, travailler dur<br />
pour les réaliser. Rien n’est impossible<br />
si on est déterminé et prêt à se donner<br />
à 100 %. J’espère sincèrement que mon<br />
parcours très atypique, car je n’ai pas<br />
participé à des championnats jeunes,<br />
ni fait du karting etc, puisse en inspirer<br />
plus d’une. J’aimerais un jour retrouver<br />
ces filles qui vont lire le magazine, avec<br />
moi sur la piste. Que ce soit en compétition,<br />
en entraînements, ou juste pour le<br />
plaisir et la passion de la moto. Si j’entends<br />
un jour qu’une fille s’est mise à la<br />
moto grâce à moi, mon plus grand goal<br />
sera réalisé ! WS<br />
30 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
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EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 31
CHAMPIONNES<br />
RENCONTRE<br />
Lou Peter :<br />
« Le waveski est un compromis<br />
entre le kayak et le surf »<br />
C’est une dompteuse de vagues depuis son plus jeune âge. De la voile avec ses parents, au surf<br />
lors d’une crise d’ado, au waveski, poussée par son meilleur ami, il n’y a eu qu’un pas.<br />
Ou 7 ans. Parce qu’à 21 ans, la Canaulaise est déjà double championne du monde de ce<br />
mélange. Pour Women Sports, Lou Peter n’a pas hésité à sortir les pagaies pour nous<br />
présenter sa discipline. PROPOS RECUEILLIS PAR RUBEN DIAS<br />
WOMEN SPORTS : POURQUOI<br />
DIT-ON QUE LE WAVESKI EST UN<br />
SPORT DES COMPROMIS ?<br />
LOU PETER : Car ce sport de glisse est<br />
un compromis entre le kayak et le surf.<br />
Nous sommes assis, attachés sur une<br />
planche et on prend des vagues avec<br />
une pagaie. En 20 minutes, il y a 10 vagues<br />
à prendre en faisant des figures.<br />
Les deux meilleures sont comptabilisées,<br />
ce qui nous fait une note sur 20.<br />
La meilleure passe au tour suivant et<br />
ainsi de suite !<br />
QUELLES SONT LES QUALITÉS<br />
PRINCIPALES POUR SE METTRE AU<br />
WAVESKI ? DONNEZ-NOUS ENVIE<br />
DE MOUILLER NOTRE CHEMISE !<br />
Pour ça c’est facile (rires) ! L’ambiance<br />
est exceptionnelle dans le waveski. Ma<br />
meilleure rivale en équipe de France est<br />
aussi une de mes meilleures amies.<br />
Lorsqu’on débute, je dirai la persévérance.<br />
Il faut être patient avec soi-même<br />
car il faut du temps pour progresser. Il<br />
faut y aller souvent, puis les conditions<br />
ne sont pas tous les jours les mêmes…<br />
Il y a des jours où ce sera difficile mais<br />
il ne faut rien lâcher. Pour se mettre à<br />
la compétition, en plus du mental, avoir<br />
une stratégie aux petits oignons et une<br />
bonne lecture des vagues est important.<br />
Les personnes qui m’entourent me<br />
disent que j’ai une stratégie impeccable,<br />
que je me trompe rarement. Et j’ai une<br />
bonne connaissance de l’océan...<br />
ALORS C’EST ÇA VOTRE SECRET ?<br />
Oui aussi (rires). Mais c’est surtout<br />
parce que je le fais par plaisir. Je me<br />
donne toujours à fond en me disant que<br />
dans tous les cas, c’est pour moi que je<br />
le fais. Pour me faire kiffer.<br />
VOUS FAIRE PLAISIR, ÇA<br />
FONCTIONNE ALORS : VOUS<br />
ÊTES DOUBLE CHAMPIONNE DU<br />
MONDE…<br />
J’ai eu mon premier titre à 19 ans, en<br />
Californie, en 2022. Cette année-là,<br />
j’avais été championne de France aussi.<br />
J’étais un peu la favorite pour aller<br />
aux Mondiaux et ça a très bien marché<br />
pour moi. En juin, en Afrique du Sud, j’ai<br />
décroché mon deuxième titre mondial.<br />
QU’AVEZ-VOUS PENSÉ DE CETTE<br />
ÉDITION SUR LES VAGUES DE<br />
NAHOON REEF ? COMMENT VOUS-<br />
ÊTES VOUS SENTIE ?<br />
D.R.<br />
C’était ma première fois en Afrique<br />
du Sud. Tout était très bien organisé.<br />
C’était des Championnats du monde<br />
et en plus du niveau, tout ce qui avait<br />
autour était à la hauteur. J’ai été grip-<br />
32 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
“Le waveski est du<br />
surf, juste avec une<br />
autre façon de voir la<br />
glisse !”, s’enjoue Lou<br />
Peter.<br />
« L’AMBIANCE EST EXCEPTIONNELLE<br />
DANS LE WAVESKI. MA MEILLEURE<br />
RIVALE EN ÉQUIPE DE FRANCE, EST<br />
AUSSI UNE DE MES MEILLEURES AMIES. »<br />
“D.R.<br />
À L’AFFICHE<br />
DU PROCHAIN<br />
TAKE A SEAT 2<br />
pée mais j’ai reçu tous les soins qu’il<br />
fallait. Bref c’était assez sport ! De plus,<br />
ma préparation a aussi été raccourcie<br />
avec mon diplôme de monitrice de surf.<br />
D’habitude à cette période je travaille<br />
en tant que monitrice. Donc là je n’ai eu<br />
que deux semaines pour me préparer.<br />
Sur place, j’ai eu quelques jours pour essayer<br />
le spot. J’étais partie en pensant<br />
‘Cette année ce sera sans doute pas<br />
la mienne’. Je n’ai pas baissé les bras<br />
pour autant mais je voulais surtout profiter<br />
du spot. Pendant la compétition, j’ai<br />
eu les vagues qu’il fallait, j’ai bien surfé.<br />
Tout s’est bien goupillé finalement. »<br />
LE WAVESKI EST UN SPORT PEU<br />
MÉDIATISÉ. MÊME EN TANT QUE<br />
CHAMPIONNE DU MONDE VOUS<br />
DEVEZ TRAVAILLER À CÔTÉ ?<br />
C’est ça. L’argent que je gagne en travaillant<br />
6 jours sur 7 l’été, me permet<br />
de partir en compétition. J’ai quelques<br />
sponsors, mais malheureusement cela<br />
ne couvre que 30 % des frais. Par rapport<br />
par exemple aux champions de surf,<br />
j’ai plus de mal à en trouver. Il faut dire<br />
par dessus le marché que je ne sais pas<br />
très bien me vendre… Ce sport, en fait,<br />
c’est du surf. C’est juste une autre façon<br />
de voir la glisse. Et si on pouvait le voir<br />
comme ça, ce serait génial déjà. J’aimerais<br />
vraiment avoir de la reconnaissance<br />
par rapport au sport que l’on pratique.<br />
Ce serait une superbe avancée ! WS<br />
Si vous souhaitez en apprendre plus<br />
sur le waveski, un film sur la discipline<br />
est disponible. Take a Seat,<br />
raconte l’histoire de cinq Français<br />
champions du monde qui vous emmènent<br />
en Indonésie pour découvrir<br />
de plus près encore ce sport. Et pour<br />
le deuxième opus, un voyage épique<br />
vous attend, avec à l’affiche, Lou Peter.<br />
« A compter du 20 septembre, je<br />
suis avec les meilleurs wave skieurs<br />
de la planète. On vous emmène aux<br />
Mentawaï, voir les meilleures vagues<br />
du monde ! ». Le long-métrage devrait<br />
sortir courant de 2025.<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 33
CHAMPIONNES AVEC<br />
RENCONTRE AVEC…<br />
Claire Graff et<br />
Adèle Schramm :<br />
« Dans l’aéronautique, pas<br />
de distinction de genre : tout le<br />
monde est sur le même pied d’égalité »<br />
Au-dessus de vos têtes, là-haut près des nuages, deux femmes incroyables se distinguent<br />
par leur amour pour l’aviation : Adèle Schramm, 44 ans, et Claire Graff, 29 ans. Ces pilotes<br />
excellent dans leur domaine et ont deux points communs : leur passion dévorante pour<br />
l’aviation, évidemment, mais aussi leur appartenance commune à un équipage mixte en<br />
équipe de France. PROPOS RECUEILLIS PAR VANESSA MAUREL<br />
WOMEN SPORTS : QUE PENSEZ-VOUS<br />
DE LA MIXITÉ DANS LES ÉQUIPAGES ?<br />
ADÈLE SCHRAMM : La mixité peut apporter<br />
un équilibre précieux, avec des sensibilités<br />
qui se complètent. L’important est<br />
d’avoir un équipage fonctionnel, capable<br />
de s’adapter à toutes les situations. En<br />
élargissant la perspective, la présence de<br />
femmes dans l’équipe et l’encadrement<br />
enrichit le groupe. La mixité pourrait aussi<br />
encourager d’autres femmes à oser participer<br />
à des compétitions.<br />
CLAIRE GRAFF : Je trouve cela formidable<br />
qu’il n’y ait pas de distinction de<br />
genre dans notre discipline. Que l’on soit<br />
homme ou femme, cela n’a pas d’importance,<br />
et chacun a sa place dans l’équipe.<br />
« L’AÉRONAUTIQUE RESTE UN MILIEU<br />
TRADITIONNELLEMENT MASCULIN, MAIS<br />
IL N’EST PAS PLUS DIFFICILE POUR UNE<br />
FEMME D’Y ÉVOLUER. »<br />
D.R.<br />
La diversité des équipages est un atout,<br />
et j’apprécie particulièrement que la performance<br />
ne soit pas définie par le genre.<br />
Cela montre bien que l’aéronautique<br />
est un domaine où tout le monde peut<br />
exceller !<br />
COMMENT DÉCRIRIEZ-VOUS LA<br />
PLACE DES FEMMES DANS L’AÉRO-<br />
NAUTIQUE AUJOURD’HUI ?<br />
ADÈLE : Le milieu aéronautique est traditionnellement<br />
masculin, mais il n’est<br />
pas plus difficile pour une femme d’y<br />
évoluer. Personnellement, je n’ai jamais<br />
ressenti de frein à cause de mon sexe,<br />
que ce soit professionnellement ou<br />
dans mes loisirs de pilote privée. Avec<br />
de la motivation, on peut aller loin.<br />
CLAIRE : Certaines femmes se mettent<br />
encore des limites, alors qu’il n’y a aucune<br />
raison. Dans l’équipe de France,<br />
nous sommes seulement deux femmes<br />
sur six, ce qui reflète un peu la proportion<br />
au sein de la Fédération. Mais les<br />
opportunités sont là : il faut juste oser<br />
les saisir !<br />
QUEL EST L’AVENIR DE LA MIXITÉ<br />
DANS L’AÉRONAUTIQUE ?<br />
34 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
QUELS CONSEILS DONNERIEZ-VOUS<br />
AUX JEUNES FEMMES SOUHAITANT<br />
SE LANCER DANS L’AÉRONAUTIQUE ?<br />
ADÈLE : Je leur dirais d’oser, de croire<br />
en elles et de ne pas hésiter à franchir la<br />
porte d’un aéroclub. Avec de la motivation,<br />
on peut aller très loin.<br />
CLAIRE : Je leur dirais de ne pas se<br />
mettre de limites et de foncer sans hésiter.<br />
Dans l’aviation, tout le monde a<br />
sa place. C’est cette diversité qui fait la<br />
richesse de ce sport. Si vous avez des<br />
questions, n’hésitez pas à me contacter<br />
sur les réseaux sociaux, je serai ravie de<br />
vous aider ! WS<br />
Dans la direction<br />
comme dans les<br />
équipages, à la<br />
FFaéronautique, la<br />
mixité est de mise !<br />
ADÈLE : Je souhaite voir de plus en plus<br />
de femmes obtenir leur licence de pilote<br />
et s’engager dans les sports aériens.<br />
Même si les classements féminins distincts<br />
peuvent encourager la participation,<br />
je crois fermement à l’importance<br />
d’un classement mixte qui permet à<br />
toutes et tous de se mesurer sur un pied<br />
d’égalité.<br />
CLAIRE : Nous allons dans la bonne<br />
direction ! Le pourcentage de femmes<br />
dans l’aéronautique augmente chaque<br />
D.R.<br />
année, et j’espère que cela continuera.<br />
J’encourage toutes les femmes à ne pas<br />
se limiter, à ne pas avoir peur et à foncer.<br />
QUELLES INITIATIVES SONT MISES<br />
EN PLACE POUR ENCOURAGER LES<br />
FEMMES À SE LANCER DANS L’AVIA-<br />
TION ?<br />
ADÈLE : La Fédération française d’aéronautique<br />
soutient la pratique féminine<br />
en général, avec des journées de découverte<br />
du pilotage dédiées aux femmes<br />
et des bourses pour les compétitrices<br />
en catégorie Elite. Mais c’est aussi à<br />
travers les Brevets d’initiation aéronautique,<br />
préparés en partenariat avec des<br />
établissements scolaires, que les jeunes,<br />
y compris les filles, peuvent découvrir<br />
l’aviation.<br />
CLAIRE : Ces brevets sont une première<br />
porte d’entrée dans le monde de l’aéronautique.<br />
On voit déjà un fort engouement<br />
chez les collégiennes et lycéennes.<br />
La FFA propose même des bourses pour<br />
celles qui obtiennent leur brevet avec<br />
mention, afin de les encourager à poursuivre<br />
vers une licence de pilote.<br />
D.R.<br />
CLAIRE GRAFF<br />
ET ADÈLE<br />
SCHRAMM,<br />
UNE PASSION<br />
COMMUNE :<br />
L’AVIATION<br />
“<br />
ADÈLE SCHRAMM : Elle forme une<br />
équipe avec Stéphane Le Camus.<br />
Passionnée d’aéronautique depuis<br />
17 ans, elle a d’abord été initiée au<br />
pilotage des planeurs. Après une formation<br />
à l’ENAC (Ecole nationale de<br />
l’aviation civile), elle devient contrôleur<br />
aérien, tout en continuant à voler<br />
en tant que pilote privé. Aujourd’hui,<br />
Adèle excelle en compétition, notamment<br />
dans le pilotage de précision, le<br />
rallye aérien et l’air navigation race.<br />
CLAIRE GRAFF : Elle forme une équipe<br />
avec Martin Guillerault. Claire a toujours<br />
baigné dans l’aviation, ses deux<br />
parents étant eux aussi passionnés. À<br />
15 ans, elle fait ses premiers pas dans<br />
un planeur. Elle s’est ensuite dirigée<br />
vers une carrière en ingénierie aéronautique,<br />
sans jamais s’éloigner des<br />
cockpits. En 2022, Claire a débuté<br />
sa carrière en compétition, et cette<br />
année, elle fait partie de l’équipe de<br />
France d’air navigation race.<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 35
CHAMPIONNES<br />
RENCONTRE<br />
Léna Kurbiel,<br />
reine des océans<br />
à seulement 17 ans !<br />
À peine sortie de l’adolescence, Léna Kurbiel, une jeune fille de 17 ans, a déjà inscrit son<br />
nom dans les annales du sport nautique. Depuis juillet dernier, elle est la plus jeune femme<br />
de l’histoire à avoir traversé l’océan Pacifique à la rame. Un exploit, réalisé en duo avec la<br />
navigatrice australienne Liz Wardley, 44 ans.<br />
PAR RUBEN DIAS<br />
éna Kurbiel. Un nom désormais<br />
gravé dans le ba-<br />
L<br />
salte. À seulement 17 ans,<br />
la jeune aventurière n’a<br />
pas su dire non à l’appel<br />
du Pacifique. Le 8 juin dernier, elle s’est<br />
présentée, en duo avec l’Australienne<br />
Liz Wardley, au départ de la course World’s<br />
Toughest row (WTR) - Pacific. Une<br />
traversée à la rame, sans assistance,<br />
pour rejoindre Hawaï depuis la Californie.<br />
« 4 500 km d’endurance extrême »,<br />
souffle, soulagée, Léna, quelques jours<br />
après son arrivée en France, « c’est la<br />
course la plus folle et la plus intense que<br />
j’ai faite ! »<br />
Partir là-bas…<br />
Traverser l’océan à la rame, « il faut être<br />
fou ! ». C’est ce que nous nous sommes<br />
dit aussi. Mais pour la jeune Léna, aucun<br />
rêve n’est assez fou. Alors, quand<br />
Liz Wardley s’offre l’Atlantique l’hiver dernier,<br />
Léna s’émerveille : « pourquoi pas<br />
moi. Je l’ai contactée. » De son côté, Liz<br />
planifiait déjà la traversée du Pacifique<br />
et cherchait une partenaire. « Je me suis<br />
proposée, moitié pour la rigolade, moitié<br />
en espérant sincèrement qu’elle me<br />
considère (rires) ».<br />
Préparation express<br />
Évidemment, si on vous raconte l’histoire,<br />
c’est que Liz Wardley a dit oui ! La Française<br />
est tenace mais n’a pas le temps de<br />
jubiler : elle doit caser deux ans de préparation<br />
en quatre mois. Autre problème,<br />
malgré des échanges téléphoniques, les<br />
deux femmes ne se sont jamais rencontrées.<br />
Ce n’est arrivé qu’en avril, en Angleterre.<br />
« C’était l’unique opportunité de<br />
voir si nous étions compatibles, confie-telle.<br />
Passer presque 40 jours confinée<br />
sur un bateau avec quelqu’un que tu ne<br />
peux pas saquer, ce n’est pas la meilleure<br />
des idées ».<br />
« Nous avons eu deux semaines pour<br />
apprendre à nous connaître. À ramer de<br />
jour comme de nuit (la WTR exige que les<br />
équipages aient ramé ensemble un minimum<br />
de 120 heures, dont 72 heures de<br />
nuit, ndlr.). » Une rencontre intense pour<br />
la double championne de France de voile<br />
et d’aviron.<br />
Une famille d’aventuriers<br />
En pleine préparation pour le bac, la<br />
lycéenne troque ses livres de révisions<br />
« CHAQUE KILO EMPORTÉ DANS<br />
LE BATEAU COMPTE, NOUS AVIONS<br />
RATIONNÉ AU MAXIMUM… IL ÉTAIT<br />
TEMPS QUE LA COURSE SE TERMINE. »<br />
© World’s Toughest Row<br />
36 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
Son père lui disait<br />
que rien n’était<br />
impossible…<br />
© World’s Toughest Row<br />
pour des cours de navigation, de survie<br />
en mer et de radio VHF. Elle poursuit<br />
tout de même ses cours au lycée, ses<br />
entraînements d’aviron et la recherche<br />
de sponsors. Dans sa famille, les « Retourne<br />
réviser ton bac ! » sont devenus<br />
« Rien n’est impossible. Le chemin est<br />
aussi une destination », lui lance son<br />
père. « Je leur suis très reconnaissante<br />
pour ça », confie l’athlète.<br />
Il faut dire que dans la famille Kurbiel,<br />
on s’y connaît en matière de défis. Si on<br />
demande le grand-père, Janusz, « il a<br />
fait 37 expéditions polaires ». Le papa,<br />
« l’a accompagné plusieurs fois alors<br />
qu’il avait à peine mon âge… C’était naturel<br />
d’hériter de cette histoire familiale<br />
d’aventuriers », en sourit Léna.<br />
« Des dauphins, des<br />
baleines… »<br />
Début juin, à Monterey, Léna et Liz<br />
prennent le large. L’embarcation, accompagnée<br />
par les « magnifiques »<br />
otaries et autres loutres, s’enfonce<br />
dans les grosses vagues. Un paysage<br />
idyllique plein de dangers. « Le début<br />
a été marqué par des conditions météo<br />
très difficiles, notamment le vent.<br />
Je me suis fait éjecter de mon siège<br />
et nous avons cassé du matériel »,<br />
s’inquiétait-elle avant de poursuivre,<br />
« le premier jour, nous avons ramé<br />
près de douze heures à deux avec<br />
peu de pauses. Puis un système a été<br />
mis en place : deux heures en solo,<br />
deux heures de repos. Les jours où<br />
les conditions étaient plus difficiles,<br />
c’était 1h30 en solo, 45 minutes ensemble,<br />
et une heure trente de repos. »<br />
Pendant cette traversée sans assistance,<br />
Léna n’avait pas non plus d’eau<br />
courante. « Je me suis lavée les cheveux<br />
pour la première fois 21 jours après le<br />
départ et pris une « douche », avec un<br />
seau, après le 30 ème jour ». Heureusement,<br />
le défi sportif n’était pas le seul<br />
point positif du voyage.<br />
L’immensité de l’océan a ses raisons et<br />
n’hésite pas à offrir aux deux athlètes<br />
un spectacle époustouflant. « Nous<br />
avons eu des dauphins qui jouaient<br />
dans la proue de notre bateau, vu un<br />
espadon, et même côtoyé une baleine<br />
énorme ! », se remémore Léna encore<br />
impressionnée par la taille du cétacé.<br />
La fatigue physique des deux jeunes<br />
femmes ne leur a pas empêché de rire<br />
à propos de chaussettes raides, de se<br />
régaler de Mac and Cheese et même<br />
de « composer une chanson ensemble.<br />
Au-delà de la course, c’était une aventure<br />
humaine incroyable. »<br />
Alors que la ligne d’arrivée approchait,<br />
la nourriture commençait à manquer.<br />
« Chaque kilo emporté dans le bateau<br />
compte, nous avions rationné au maximum…<br />
Il était temps que la course se<br />
termine. »<br />
Moins de 40 jours plus tard...<br />
Après 37 jours, 16h et 33 minutes en<br />
mer, l’embarcation accoste enfin au<br />
large d’Hawaï. Cinq heures après le<br />
bateau vainqueur (avec un nouveau<br />
record du monde au passage). Si juste<br />
après le débarquement Léna semblait<br />
un poil déçue du résultat, aujourd’hui<br />
elle avoue, « c’est un exploit énorme.<br />
Je suis la plus jeune (femme et homme,<br />
ndlr.) à avoir effectué cette traversée. »<br />
À 4 500 km de la Californie et<br />
12 324 km de la France, l’arrivée de<br />
nuit a été pleine d’émotions pour Léna<br />
et sa famille, qui a fait le déplacement.<br />
Un retour à la vie réelle savourée... « À<br />
Kauai, nos hôtes avaient vu ma vidéo<br />
à propos des M&M’s cacahuètes, et ils<br />
m’ont offert un énorme pot de M&M’s.<br />
Un régal (rires). »<br />
Léna ne compte pas s’arrêter là. Si<br />
elle se concentre sur son bac, décalé<br />
en septembre, les aventures devraient<br />
s’enchaîner. « Le défi de l’Atlantique<br />
m’appelle. Et, j’ai de plus en plus envie<br />
de marcher dans les pas de la famille<br />
Kurbiel et partir à la découverte des<br />
deux pôles, Nord et Sud », conclut-elle,<br />
le sourire aux lèvres. WS<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 37
CHAMPIONNES<br />
PORTRAIT<br />
Sarah Bovy :<br />
du karting aux voitures des Iron<br />
Dames, il n’y a qu’un pas…<br />
ou presque !<br />
À 35 ans, Sarah Bovy a su s’imposer dans le monde compétitif du sport automobile.<br />
Originaire de Belgique, elle est aujourd’hui l’une des figures incontournables de l’équipe<br />
Iron Dames, un programme qui ouvre la voie à une nouvelle génération de femmes dans le<br />
sport. Pourtant, son parcours pour arriver à ce stade n’a pas été un long fleuve tranquille.<br />
Entretien. PAR VANESSA MAUREL<br />
«<br />
J’ai touché au karting pour<br />
la première fois quand<br />
j’avais 12 ans. J’ai toujours<br />
eu le rêve de faire de ma<br />
passion un métier » confie<br />
Sarah Bovy. La jeune femme n’a pas grandi<br />
sur les circuits automobiles. Son père,<br />
lui-même ancien pilote, n’a même jamais<br />
poussé ses filles dans cette direction. C’est<br />
par pur hasard que Sarah découvre le karting.<br />
Mais ce jour-là, une étincelle s’allume.<br />
« Je me rappelle d’être rentrée à la maison<br />
et d’avoir dit à mon père, ‘voilà papa, moi,<br />
maintenant, je veux être pilote de course.<br />
Je ne veux plus rien faire d’autre. » Et cela<br />
s’est transformé en véritable obsession. À<br />
partir de ce moment précis, Sarah oriente<br />
tous ses choix vers un seul but : vivre de sa<br />
passion pour le sport automobile.<br />
Sarah Bovy a eu la chance d’être entourée<br />
par une famille qui croyait fermement en<br />
elle. « Mes parents m’ont toujours dit que je<br />
pouvais faire ce que je voulais dans la vie,<br />
que tout était possible » se souvient-elle.<br />
Elle n’a jamais senti de regards déplacés<br />
en raison de préjugés. « Ou du moins, si<br />
j’en ai croisé dans ma carrière, j’ai eu tendance<br />
à les ignorer, admet-elle. Je sais<br />
que je suis un cas plutôt chanceux ». Elle<br />
insiste d’ailleurs sur le fait que son objectif<br />
n’a jamais été de prouver quoi que ce<br />
soit à qui que ce soit en tant que femme.<br />
« Je ne vois pas les hommes du sport automobile<br />
comme des ennemis, mais juste<br />
comme d’autres compétiteurs. »<br />
Un jour tout bascule<br />
D.R.<br />
L’histoire de Sarah Bovy prend un tournant<br />
décisif après le Covid-19, quand une opportunité<br />
inespérée se présente. « J’ai vu passer<br />
un ‘post’ qui annonçait qu’une des pilotes<br />
que les Iron Dames avaient recrutées pour<br />
la saison 2021, ne ferait finalement pas la<br />
saison avec elles », raconte Sarah. Ni une ni<br />
deux, Sarah écoute son instinct et envoie un<br />
message sur le site internet de l’équipe. Un<br />
petit geste qui va changer sa vie. « Le soir<br />
même, mon téléphone sonne. Rahel Frey (pilote<br />
de l’équipe, ndlr.) me dit : ‘on a bien reçu<br />
ton mail. Effectivement, on cherche une pilote’.<br />
» En moins d’une semaine, Sarah passe<br />
de l’incertitude à une place dans l’une des<br />
équipes les plus en vue du sport automobile.<br />
« Je savais que c’était l’opportunité de ma<br />
vie » continue-t-elle.<br />
Et c’est peu de le dire. Intégrer l’équipe Iron<br />
Dames a tout bouleversé. « Ça a changé ma<br />
vie, je ne les ai plus quittées. » En quelques<br />
mois, elle passe de simple passionnée à pilote<br />
sur les grilles de départ des courses qu’elle<br />
suivait autrefois en tant que spectatrice.<br />
« Du jour au lendemain, je me suis retrouvée<br />
à piloter contre des personnes à qui je de-<br />
38 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
Quand<br />
l’invraisemblable<br />
devient réalité : c’est<br />
un peu l’aventure<br />
qui a embarqué<br />
Sarah Bovy en<br />
quelques semaines<br />
à peine.<br />
D.R.<br />
mandais des selfies » (rires). Au sein des Iron<br />
Dames, Sarah a trouvé plus qu’une équipe,<br />
elle a trouvé une mission. Le projet, initié<br />
par Déborah Mayer, vise à montrer que les<br />
femmes peuvent exceller à haut niveau, et<br />
ce, dans tous les domaines.<br />
Le graal : les 24 Heures du Mans<br />
Sarah Bovy a accumulé des souvenirs<br />
inoubliables. Le plus marquant ? Participer<br />
aux 24 Heures du Mans. « C’était<br />
absolument impensable six mois avant »<br />
confie-t-elle, encore stupéfaite par cette<br />
expérience.<br />
Mais ce n’est pas le seul moment fort<br />
de sa carrière. Gagner les 24 Heures de<br />
Spa dans sa catégorie en 2022 ou encore<br />
décrocher sa première pole position<br />
en championnat du monde sont autant<br />
de moments qui l’ont marquée. « C’était<br />
aussi une fierté personnelle de réussir à le<br />
faire, » admet-elle avec émotion.<br />
D.R.<br />
Si Sarah Bovy a accompli tant de choses, elle<br />
reste humble quant à son rôle de modèle.<br />
Elle se voit avant tout comme une pilote de<br />
course, mais elle est également consciente<br />
de l’impact qu’elle peut avoir sur les générations<br />
futures. « Le projet des Iron Dames,<br />
c’est quand même d’inspirer les jeunes filles<br />
dans tous les domaines, » souligne-t-elle.<br />
Pour elle, il ne s’agit pas seulement de<br />
motiver les jeunes femmes à entrer dans<br />
le sport automobile, mais aussi de les encourager<br />
à rêver grand, quelle que soit leur<br />
passion. « N’ayez pas peur de rêver grand,<br />
n’ayez pas peur d’avoir des ambitions,<br />
n’ayez pas peur de travailler dur pour y arriver,<br />
» conseille-t-elle.<br />
Sarah Bovy incarne la persévérance, le<br />
talent et l’inspiration. Elle a su s’imposer<br />
dans un milieu difficile, non pas en se voyant<br />
comme une exception, mais en se concentrant<br />
sur ce qu’elle aime faire : piloter. À travers<br />
son parcours, elle démontre que, peu<br />
importe le genre, la passion et la détermination<br />
peuvent ouvrir les portes de tous les<br />
rêves, même les plus fous. « On n’est pas<br />
là pour rendre le sport automobile à 50-50<br />
féminin-masculin. On est là juste pour montrer<br />
que c’est possible, » conclut-elle. Sarah<br />
Bovy est bien plus qu’une pilote, elle est une<br />
pionnière qui, au volant de sa voiture, trace<br />
la route pour toutes celles et ceux qui rêvent<br />
de repousser les limites. WS<br />
ZOOM<br />
SUR LA WEC<br />
“<br />
La FIA World Endurance Championship<br />
(WEC) est le championnat<br />
de sport automobile international<br />
le plus prestigieux, réputé pour son<br />
mélange unique de technologie de<br />
pointe et de compétitions intenses.<br />
Ce championnat, qui regroupe les<br />
meilleurs pilotes du monde, se déroule<br />
sur huit épreuves à travers<br />
l’Europe, l’Asie, l’Amérique du Nord,<br />
l’Amérique du Sud et le Moyen-<br />
Orient, avec des courses variant de 6<br />
à 24 heures. La course emblématique<br />
des 24 Heures du Mans, le quatrième<br />
round du WEC, est particulièrement<br />
célèbre et considérée comme la<br />
course reine, attirant des légendes<br />
du sport automobile telles que Button,<br />
Schumacher et Rossi. En 2024,<br />
les Iron Dames ont marqué l’histoire<br />
en remportant leur première victoire<br />
contre des équipes masculines. Le<br />
WEC continue d’offrir une visibilité<br />
mondiale aux équipes et aux fabricants,<br />
mêlant action palpitante et innovation<br />
technologique dans chaque<br />
course.<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 39
C’EST BON POUR MOI !<br />
RECETTE POST-ESTIVALE<br />
Surf’N’poké,<br />
le poké bowl<br />
signé Johanne Defay<br />
Le pro des poké bowls Pokawa a laissé Johanne Defay lui proposer sa recette estivale de<br />
la salade complète en bol. Composer sa propre salade, à la façon d’un salade bar, c’est<br />
possible avec la recette « Surf’Npoké » insufflée par la surfeuse médaillée de bronze aux<br />
Jeux Olympiques, que Women Sports a adapté : à vous de jouer ! PAR LÉA BORIE<br />
Les ingrédients :<br />
• 100 g de riz noir<br />
• Deux tasses à café de mélange de<br />
choux (chou vert, chou de Savoie, chou<br />
blanc…) et carottes crues<br />
• Une grosse pomme rouge<br />
• Un concombre<br />
• 4 à 6 aiguillettes végétales Happyvore<br />
• 4 cuillères à soupe de guacamole maison<br />
• Une tasse à café de graines de grenade<br />
• Une pincée de graines de chanvre<br />
• Une pincée de cébette thaï<br />
* Préparation du guacamole<br />
• 1 avocat<br />
• ½ tomate<br />
• un filet de jus de citron<br />
• une pincée de sel<br />
• une pincée de cumin<br />
• une pincée de paprika<br />
• une pincée de piment (de Cayenne ou liquide)<br />
• une petite gousse d'ail ou ¼ d’oignon<br />
• 4 à 5 feuilles de coriandre<br />
Préparation :<br />
• Faire cuire le riz noir avec une poignée de<br />
gros sel<br />
• Couper les carottes et le(s) chou(x) en<br />
lamelles<br />
• Préparer son guacamole maison :<br />
- Ecraser l’avocat en purée,<br />
- Couper la tomate en morceaux et l’ail<br />
ou l’oignon en petits morceaux,<br />
- Assaisonner avec tous les ingrédients,<br />
mélanger (si besoin au blender pour<br />
obtenir une consistance lisse).<br />
• Mettre le riz cuit dans le fond du bol<br />
• Disposer sur ¼ du poké le mélange de<br />
choux / carottes<br />
• Disposer sur ¼ du poké le mélange pommeconcombre<br />
• Ajouter les aiguillettes végétales Happyvore<br />
• Placer une boule de guacamole au centre<br />
du poké<br />
• Saupoudrer de grenade, des graines de<br />
chanvre et de cébette thaï sur l'ensemble<br />
du poké<br />
LES AUTRES VERSIONS<br />
SAINES POUR<br />
AGRÉMENTER SON<br />
POKÉ BOWL :<br />
Protéines : les aiguillettes végétales peuvent<br />
être remplacer par du saumon mariné.<br />
Base : pour remplacer le riz noir, on peut faire<br />
cuir du quinoa, des carottes en allumettes ou<br />
du riz vinaigré.<br />
40 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
L’AVIS DE LÉA BORIE<br />
DE WOMEN SPORTS<br />
Les poké bowls sont<br />
souvent décriés comme<br />
étant caloriques. Méfiance<br />
dans l’ajout d’une sauce<br />
éventuelle, aussi parfois<br />
bien sucrée. Plein de bonnes<br />
choses pour un plat frais de<br />
l’été : le riz noir a l’avantage<br />
d’être 20 % plus riche en<br />
fibres et 30 % plus riche en<br />
protéines que le riz blanc.<br />
On a rarement l’occasion<br />
de manger du chou, ça<br />
permet de faire le plein<br />
de nutriments. Gorgé de<br />
vitamine C, le chou vert offre<br />
un fort pouvoir antioxydant,<br />
quand le chou blanc apporte<br />
un max de vitamine B9.<br />
Énergie, bonnes graisses,<br />
caroténoïdes… l’avocat<br />
renferme quantité d’atouts,<br />
bien que ce fruit soit riche en<br />
lipides.<br />
© Mary Devinat<br />
© Mary Devinat<br />
POKAWA X JOHANNE<br />
DEFAY :<br />
Surfeuse championne du<br />
monde, représentante de la<br />
France aux Jeux Olympiques<br />
2024 à Tahiti en Polynésie<br />
française l'été dernier, Johanne<br />
représente la vie saine sur la<br />
vague et sous le soleil. Cette<br />
collaboration évoque l’origine<br />
insulaire du poké, rappelant<br />
sa connexion avec la culture<br />
hawaïenne ! Car ce sont aux<br />
pêcheurs hawaïens que l’on<br />
doit ce plat aux couleurs et aux<br />
saveurs variées.<br />
> Ce poké bowl s’inspire<br />
des salades favorites de<br />
l’athlète et de son régime<br />
sportif. Recette de l’été indien<br />
par excellence, on retrouve<br />
différentes recettes fraîches<br />
de poké bowls dans tous les<br />
Pokawa.<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 41
C’EST BON POUR MOI !<br />
© Abaca / Icon Sport<br />
LECTURE SPÉCIALE<br />
PROLONGER<br />
LES JOP<br />
PAR LÉA BORIE<br />
D.R.<br />
■ Je me souviens...<br />
de la foulée de Pérec<br />
(et autres madeleines<br />
sportives)<br />
Collectif, Éd. Seuil, 19,90 €<br />
À la manière de Georges Perec et son<br />
souvenir d’enfance, les 27 auteurs débutent<br />
chacun leur texte par ‘Je me souviens’… ou<br />
quand le sport et la littérature revisitent nos<br />
souvenirs enfouis, les reportages d’Antoine<br />
Blondin, la note 10 de Nadia Comaneci, etc.<br />
Frissons garantis !<br />
■ Suzanne<br />
Tom Humberstone, Éd. Ankama,<br />
21,90 €<br />
Ce n’est pas qu’un nom<br />
de grand court de Roland-<br />
Garros. Suzanne Lenglen fut<br />
une immense championne<br />
du tennis, peut-être la plus<br />
importante de l’histoire du<br />
sport féminin. Au-delà de son<br />
palmarès, la Divine au style de<br />
ballerine et aux airs de diva, a<br />
révolutionné son époque (les<br />
Années folles) et son sport.<br />
■ 30 minutes<br />
de sport par jour<br />
pour tous<br />
Soyez prêts pour<br />
Paris 2024<br />
Vincent Parisi, Éd. Hugo Sport, 16,95 €<br />
Profitez des JO à Paris pour vous<br />
remettre en forme à la manière des<br />
champions ! Training mental, sommeil,<br />
nutrition, hydratation : Vincent Parisi a<br />
bâti un programme facile à mettre en<br />
œuvre, 30 minutes pour développer<br />
endurance, résistance, réflexes et<br />
puissance avec des exercices ciblés.<br />
■ Merci Alice,<br />
De l’ombre à la lumière :<br />
portraits de championnes<br />
olympiques et paralympiques<br />
françaises<br />
Collectif, Éd. Solar, 29,90 €<br />
Un ouvrage au profit de la Fondation Alice Milliat, qui<br />
présente 80 portraits de championnes de tous les<br />
temps à la française, réalisés par 80 journalistes de<br />
l’association Femmes journalistes de sport !<br />
42 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
■ Paddington remporte<br />
la médaille d’or<br />
Michael Bond, Robert W. Alley, Ed. Michel Lafon Jeunesse, 13,95 €<br />
Une lecture jeunesse (3 ans et+), parce que la passion du sport et le goût<br />
de la compétition, ça commence dès petit, pas vrai petit ours ? Sortie pile<br />
au moment des Jeux Olympiques et Paralympiques, cette nouvelle édition<br />
de l’ours Paddington à la couverture dorée donnerait des envies d’or à plus<br />
d’un et plus d’une. Une histoire pleine de valeurs de respect, d’abnégation,<br />
d’entraide et de plaisir du sport !<br />
■ GeopOlympics,<br />
Les grandes histoires géopolitiques des JO<br />
Kévin Veyssière, Max Milo éditions, 19,90 €<br />
C’est ce qu’on appelle une lecture pour les tronches. Pour autant, elle se veut à la portée de tous, afin de<br />
comprendre pourquoi ces épreuves mondiales ont de tout temps été un évènement géopolitique à part entière.<br />
Reflet des tensions internationales, encore aujourd’hui, entre conflits israélo-palestiniens et russo-ukrainien, elles<br />
sont pour certaines nations l’occasion de monter leur stratégie d’influence. Une façon d’explorer, en coulisse, notre<br />
monde à travers les Jeux Olympiques où se mélangent performances sportives et jeux de pouvoir.<br />
■ Révèle-toi à travers<br />
ta discipline<br />
Bien plus qu’une simple<br />
histoire de performance, l’effort<br />
physique nous mène aussi vers<br />
la réalisation de soi<br />
Louise Retailleau, Kindle Ed., 15 €<br />
Un livre engagé qui profite des Jeux Olympiques<br />
pour démocratiser le bien-être mental des<br />
sportifs ! Avec leurs échecs, leur parcours<br />
résilients, leur force…<br />
■ En route vers<br />
le podium !<br />
Mélanie de Jesus Dos<br />
Santos :<br />
Le flip de la victoire<br />
Anne Kalicky, Éd. Michel Lafon (jeunesse),<br />
9,95 €<br />
L’histoire d’une jeune femme<br />
talentueuse et dotée d’une<br />
persévérance immense, qui a toujours<br />
rêvé de l’or ; celle d’un oiseau<br />
qui déploie ses ailes grâce à sa<br />
détermination et à l’amour de son sport.<br />
■ Championnes<br />
50 femmes qui ont<br />
marqué l’histoire du<br />
sport<br />
Régis Dupont, Valérie de<br />
Swetschin, Éd. Eyrolles, 17,90 €<br />
L’histoire du sport ne s’écrit<br />
pas qu’au masculin. Une<br />
sélection spéciale JO, des<br />
portraits de sportives devenues<br />
iconiques. Parité des nations<br />
oblige, les auteurs ont choisi<br />
des athlètes françaises<br />
mais aussi américaines,<br />
japonaises, norvégiennes…<br />
d’hier et d’aujourd’hui, qui ont<br />
révolutionné l’histoire sportive,<br />
les conjuguant au féminin. On<br />
parle de performance mais aussi<br />
de combats sociétaux pour le<br />
respect des femmes.<br />
Coup de cœur des portraits au fil des époques :<br />
Maria Teresa de Philips, pionnière italienne,<br />
Marie Amélie Le Fur 1988, française du temps des<br />
championnes, et Naomi Osaka, la relève est assurée au Japon.<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 43
C’EST BON POUR MOI !<br />
Eh, c’est<br />
Marseille bébé,<br />
là où le concept<br />
d’Afrovibe a vibré<br />
initialement,<br />
et là où vit son<br />
instigatrice…<br />
J’ai testé pour vous<br />
l’Afrovibe<br />
Danses afro-descendantes<br />
100% vibrantes<br />
Encore un nouveau concept,<br />
allez-vous nous dire ! Attendez<br />
avant de tourner la page,<br />
un monde vibrant est prêt à<br />
se dévoiler sous vos pieds…<br />
Chargé d’histoires, de celui<br />
de sa créatrice et de ses<br />
professeurs, l’Afrovibe risque<br />
fort de vous coller à la peau.<br />
PAR LÉA BORIE, COBAYE CONSENTANTE AS USUAL<br />
PHOTOS : JM RANAIVOSON ET ANIS HASSENI<br />
C<br />
e jour-là, Jessica Apollonio,<br />
la prof, entre dans la<br />
salle, et nous annonce<br />
qu’elle a une surprise. Elle<br />
se retourne et tend le bras<br />
vers un confrère en s’exclamant : « J’ai<br />
pris sous mon bras Momo », venu avec<br />
ses instruments pour une ambiance musicale<br />
live endiablée. Tout de suite, Jessica<br />
met à l’aise les participants, tout le<br />
monde peut y arriver en descendant bien<br />
bas dans les cuisses pour faire chauffer<br />
le booty. On commence l’échauffement<br />
en cercle. Jessica explique ce sur quoi<br />
on va travailler, la taille, les cuissots,<br />
les bras. Woh ! Au moment de passer<br />
sur le haut du corps, comment ne pas<br />
flancher : au début, ça crame ! On commence<br />
à comprendre le principe, une<br />
petite choré se met en place, de sorte<br />
que tu te rends (à peine) compte que<br />
tu te dépenses sévère. Mais attention,<br />
Jessica met en garde : ici, pas de jugement,<br />
de valeur, de classe, de couleur.<br />
Non, ici on est tous égaux. Une jeune<br />
femme se démarque au premier rang<br />
par une maîtrise parfaite des mouvements,<br />
je dois le dire. Jessica ne se privera<br />
pas de la faire applaudir par tous<br />
« TOUT LE MONDE VEUT FAIRE DE L’AFRO.<br />
MOI, JE PROPOSE UN VOYAGE, MUSICAL<br />
ET GESTUEL DE L’AFRIQUE, DE TRINIDAD À<br />
LA RÉUNION. »<br />
44 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
© John Reed Fitnes<br />
Cours dispensés par des boules d’énergie<br />
: attention chaud devant ! Le style<br />
de l’Afrovibe est imprégné de la culture<br />
africaine, inspiré des danses africaines<br />
mais aussi afro-caribéennes et afro-brésiliennes.<br />
Mais attention, ne vous y trompez<br />
pas, on ne parle pas de technique ici,<br />
mais bien de partage d’énergie positive<br />
en musique. « Tout le monde veut faire de<br />
l’Afro. Là, je propose un voyage, musical et<br />
gestuel de l’Afrique, de Trinidad à la Réunion<br />
en passant par le Congo », pose sa<br />
créatrice, Maryam Kaba.<br />
Un cours d’une heure est jalonné de<br />
plusieurs étapes crescendo : un échauffement,<br />
une partie renforcement musculaire<br />
en dansant, un passage plus<br />
cardio pour apprendre une choré en<br />
additionnant progressivement les pas,<br />
celle-ci change tous les deux mois avec<br />
sa playlist. S’en suit une phase de renfo<br />
ciblée abdo/taille dansée avant de repartir<br />
en choré, et de terminer sur un renfo<br />
des bras et du dos, façon dancehall et<br />
voguing. La tradition veut que le cours<br />
se termine en mode couloir défilé pour<br />
se donner de la force avant le retour au<br />
calme.<br />
Pour des profs au top, une fois la licence<br />
de 300 € annuelle réglée, des<br />
les participants. C’est ça la good vibe,<br />
tout en sororité. Place à la théorie, lisez<br />
bien, après c’est à vous !<br />
Une danse qui fédère<br />
Sur le papier, on peut vous dire que c’est<br />
un combiné de choré, de danse fitness<br />
inspirée des danses afro-descendantes<br />
et de lâcher-prise. Pour la pratique, ça se<br />
danse en plié, ancré dans le sol façon<br />
squats pour un spécial cuisses/fessiers<br />
à la sauce afrovibe workout, connecté<br />
à la terre, à la musique, à son corps et<br />
surtout à son bassin. On va ainsi venir<br />
libérer le stress par les hanches, améliorer<br />
sa coordination (oui oui !), se tonifier.<br />
Prônant le métissage et le multiculturalisme<br />
autour des danses afro, c’est un<br />
très bon moyen d’améliorer son estime<br />
de soi et de combattre les stéréotypes.<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 45
C’EST BON POUR MOI !<br />
« teacher trainings » de perfectionnement<br />
de danses afro-descendantes<br />
sont possibles - sessions de<br />
dancehall, afro-brésilien, hip hop, soca<br />
dance…<br />
Maryam Kaba : un bassin et un<br />
esprit articulés<br />
Maryam Kaba, à l’origine du concept, est<br />
une ex championne de France de GRS,<br />
féministe antiraciste avouée. La femme<br />
au bassin et au fessier sur ressorts<br />
veut partager sa joie dans le respect<br />
et le vivre ensemble. Initialement, elle<br />
était accompagnée d’une consœur pour<br />
mettre sur pied un concept qu’on peut<br />
rapprocher de la zumba. A une différence<br />
près : « on ne sortait pas d’école de commerce,<br />
on était deux banlieusardes de<br />
région parisienne, moi franco-ivoirienne<br />
et mon associée guadeloupéenne-martiniquaise.<br />
On a appris sur le terrain. » Un terrain<br />
fructueux puisqu’à son retour de Rio<br />
en 2017, Maryam s’installe à Marseille<br />
et compte désormais sur une équipe<br />
de 100 profs formés, engagés dans les<br />
sujets qui touchent à la danse thérapie,<br />
l’inclusion, la solidarité, l’amour de soi et<br />
le respect des autres.<br />
« L’Afrovibe est déjà ma thérapie à moi. Ce<br />
n’est pas juste une danse fitness : tu reprends<br />
possession de ton corps, tes mouvements,<br />
ton identité. C’est un espace où<br />
exprimer sa colère. Et de la colère, j’en<br />
ai eu, beaucoup, contre le patriarcat, le<br />
sexisme, le racisme… La puissance du<br />
collectif permet de fédérer pour se changer<br />
et changer l’autre. ». Si fédérateur<br />
qu’aujourd’hui Maryam pilote la gestion<br />
de l’école de formation de professeurs<br />
mais aussi les séjours évènementiels,<br />
ainsi que les évènements en entreprises,<br />
sans compter sa casquette d’artiste au<br />
Ballet national de Marseille !<br />
Pour ça, elle peut compter sur la famille<br />
qu’elle s’est constituée. « Tous les profs,<br />
on se rejoint, malgré nos différences : ils<br />
ont des valeurs de vie qui me touchent.<br />
Chacun a à apporter. Chaque jour je remercie<br />
l’univers, ça me réconcilie avec<br />
l’humain. » WS<br />
Interview<br />
Jessica Apollonio, prof d’Afrovibe convaincue<br />
WOMEN SPORTS : Pourquoi<br />
avoir tenté l’Afrovibe ?<br />
Jessica Apollonio : Je danse<br />
depuis mes 19 ans, au début<br />
en ragga jam dancehall, puis<br />
en tant que prof, à 25 ans,<br />
munie de mon BPJEPS métier<br />
de la forme, à l’époque où la<br />
zumba cartonnait. Mais tu<br />
t’ennuies vite. Alors là, à 38 ans,<br />
je savoure la découverte de<br />
l’afrovibe, que j’ai vécu comme<br />
une révolution ! On se sent<br />
encadré, formé. J’ai découvert<br />
le concept sur le Mucho Bueno<br />
Festival, le rendez-vous latinafro<br />
caribbean fitness dance, avec<br />
Queensy, grande danseuse<br />
parisienne, ambassadrice<br />
d’Afrovibe. En creusant, j’ai vu<br />
que Maryam allait loin dans ses<br />
propos, ça m’a permis d’affirmer<br />
ma personnalité, sans être<br />
obligée d’être guindée dans sa<br />
petite tenue et bien gaulée.<br />
Qu’est-ce qui t’a tout de suite<br />
plu ?<br />
Il reprend toutes les danses afrodescendantes<br />
en mélangeant<br />
les danses sans code préétabli.<br />
On cherche juste à transpirer<br />
dans la bonne humeur. Même<br />
dans la pédagogie, le fait de<br />
commencer en cercle, de se<br />
regarder, de se checker en<br />
arrivant, montre la force de<br />
la communauté ! Étant une<br />
animatrice sportive avant d’être<br />
une prof de fitness, j’aime<br />
amener ce lâcher-prise aux<br />
gens. D’origines algérienne<br />
et italienne, j’ai toujours aimé<br />
danser, ma maman, mes tantes,<br />
respiraient cette liberté en<br />
dansant. C’est pourquoi je me<br />
suis dit « Ce concept a été créé<br />
pour moi ! »<br />
C’est quoi pour toi un cours<br />
d’Afrovibe réussi ?<br />
Quand le prof ne se prend pas<br />
au sérieux, sans être dans la<br />
performance, ça aide à lâcher<br />
ses complexes. Je pense qu’on<br />
est role model mais à l’effet<br />
inverse ! On a la chance de<br />
pouvoir mettre notre style dans<br />
les choré de Maryam, chacun<br />
y met sa patte. Il y a du travail<br />
pour ça, pas dans le niveau de<br />
danse mais dans la pédagogie<br />
et l’esprit Afrovibe. Un conseil<br />
à ceux qui voudraient essayer :<br />
ôtez tous vos préjugés sur les<br />
cours de danse fitness, éclatezvous,<br />
laissez-vous remplir de<br />
cette sensation de liberté, soyez<br />
vous-mêmes.<br />
› Retrouvez Jessica à Lyon-<br />
Villeurbanne (69) notamment à<br />
l’Ecole de danse Baila Charpennes<br />
afrovibe.fr/jessica-apollonio<br />
afrovibe.fr<br />
46 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
Des good vibes<br />
communicatives :<br />
ça semble être<br />
le leitmotiv de<br />
Maryam et sa<br />
troupe, et ça<br />
se ressent<br />
pleinement !<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 47
C’EST BON POUR MOI !<br />
© Vidi Studio / Shutterstock<br />
SANTÉ<br />
Les risques d’un<br />
périnée affaibli :<br />
l’incontinence<br />
urinaire et la<br />
descente d'organes.<br />
Rééducation<br />
du périnée :<br />
TOUTES CONCERNÉES !<br />
Dans l’imaginaire collectif, la rééducation du périnée se pratique – seulement - deux ou trois mois<br />
après l’accouchement. Pourtant, toutes les femmes devraient penser à leur bien-être périnéal, même<br />
avant d’avoir été maman. Maëlis Nguyen, sage-femme diplômée de la Haute École de la Province de<br />
Namur (Belgique), nous en dit plus. Et vous allez voir, chaque conseil est important. PAR VANESSA MAUREL<br />
«<br />
Toutes les femmes présentant<br />
une faiblesse périnéale<br />
devraient envisager<br />
la rééducation du périnée<br />
pour améliorer leur confort<br />
personnel et préserver cette région de leur<br />
corps ». Maëlis Nguyen pose déjà les<br />
termes.<br />
Reprenons du début. À quoi sert-il ?<br />
« Le périnée a une fonction de soutien à<br />
l'extrémité du tronc. Composé d'un ensemble<br />
de muscles, nerfs, vaisseaux sanguins<br />
et orifices, il est présent chez les deux<br />
sexes. Cependant, le périnée féminin se<br />
D.R.<br />
D.R.<br />
distingue par la présence d'organes sexuels<br />
internes et par la traversée de l'urètre, du<br />
vagin et de l'anus. Le périnée assure également<br />
la continence en prévenant les<br />
fuites de gaz, de selles et d’urine. », nous<br />
explique Maëlis. Vous l’aurez compris, il<br />
est donc indispensable d’en prendre soin,<br />
« tout comme on le ferait pour toute autre<br />
partie de [notre] anatomie », surtout chez<br />
les femmes plus âgées, ou encore… les<br />
sportives.<br />
En effet, « plusieurs facteurs peuvent affaiblir<br />
le périnée, notamment les activités<br />
physiques à impact, comme les sauts, ou<br />
48 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
l'hyperpression abdominale due à des<br />
exercices visant un ventre plat. Le port<br />
de charges trop lourdes, qui augmente la<br />
pression abdominale, ainsi qu'une prise<br />
de poids importante, peuvent également<br />
contribuer à cette fragilisation », continue<br />
l’experte. Parmi ces sports particulièrement<br />
"à risque", on peut notamment citer<br />
le CrossFit, le trampoline, ou encore la<br />
gymnastique.<br />
Ces signes à prendre en<br />
compte<br />
Si le périnée n'est pas régulièrement<br />
renforcé, les muscles du plancher pelvien<br />
peuvent perdre leur tonicité. Une<br />
trop grande détente de ces muscles peut<br />
provoquer, comme l’explique Maëlis, de<br />
« l’incontinence urinaire ». Il est donc indispensable<br />
d’écouter son corps. « Ce qui importe,<br />
c’est de commencer la rééducation<br />
dès que l'on détecte un éventuel dysfonctionnement.<br />
Pour que les femmes puissent<br />
prêter attention à leur corps », continue la<br />
sage-femme.<br />
« Les signes fréquents incluent des femmes<br />
qui ont du mal à se retenir d'uriner lorsqu'elles<br />
rient ou lorsqu'elles doivent attendre<br />
pour aller aux toilettes. Cela peut<br />
également concerner celles qui subissent<br />
des fuites urinaires pendant leur activité<br />
sportive. »<br />
Renforcer son périnée<br />
efficacement<br />
Pour renforcer votre périnée, plusieurs solutions<br />
s’offrent à nous. « On peut aller voir<br />
une sage-femme ou un kinésithérapeute.<br />
Ensuite différentes techniques existent. La<br />
rééducation peut se faire à l’aide d’une<br />
sonde que l’on introduit dans le vagin et<br />
celle-ci a différents programmes. L’autre<br />
technique est manuelle, c’est le professionnel<br />
qui guidera la patiente. ». Ces sondes<br />
existent d’ailleurs pour pouvoir faire les<br />
exercices à la maison (voir encadré ci-dessous).<br />
Il faut également, lors du renforcement<br />
musculaire, « mettre en avant la pratique<br />
d’abdominaux hypopressifs qui vont favoriser<br />
les abdominaux profonds et permettre<br />
de « remonter » les organes de la<br />
cavité abdominale. De cette manière, il<br />
n’y a pas d’hyperpression et pas d’impact<br />
sur le périnée, à condition de réaliser<br />
correctement les exercices en gérant<br />
sa respiration. » WS<br />
À BAS LES<br />
IDÉES REÇUES !<br />
On a déjà toutes entendu la technique<br />
du « stop pipi » pour muscler son périnée.<br />
Cette « fameuse » technique qui<br />
consiste à interrompre brièvement le<br />
flux d'urine pendant la miction, puis<br />
à relâcher pour terminer de vider la<br />
vessie. Eh bien, Maëlis nous met en<br />
garde : le « stop pipi » est une idée reçue.<br />
« Le fait d’effectuer cette action ne<br />
renforce pas du tout le périnée, bien au<br />
contraire : il a tendance à l’abîmer. ».<br />
On oublie !<br />
© Artem Podporin / Shutterstock<br />
“<br />
PERIFIT : l’outil de rééducation périnéale à domicile<br />
Il est également possible,<br />
aujourd’hui, de renforcer son<br />
périnée sans sortir de chez<br />
soi, même s’il est évident de<br />
toujours demander l’avis d’un<br />
médecin auparavant. C’est là<br />
que Perifit intervient, grâce à<br />
une sonde de renforcement<br />
vaginale qui mêle innovation<br />
technologique et simplicité<br />
d’utilisation. Crash test !<br />
Perifit, c’est une petite sonde<br />
discrète accompagnée d’une<br />
application, pour renforcer<br />
son périnée. Grâce à sa<br />
technologie et à son double<br />
capteur intelligent, la sonde<br />
détecte les contractions. Avec<br />
son application connectée, la<br />
rééducation deviendrait presque<br />
ludique !<br />
En effet, les utilisatrices ne<br />
doivent pas se contenter de<br />
© Colombe Sirot / Perifit<br />
simples exercices répétitifs :<br />
elles jouent littéralement à des<br />
jeux vidéo avec leur périnée !<br />
Avec plus de 20 jeux interactifs<br />
et motivants, Perifit transforme<br />
les exercices en activités un<br />
tantinet rigolotes. Et croyeznous,<br />
on devient très vite<br />
captivé ! Surtout sur<br />
le jeu spécial Jeux Olympiques,<br />
où le but est, en contractant<br />
son périnée, de faire sauter<br />
l’athlète par-dessus des haies.<br />
Au-delà de la rééducation, on<br />
prend goût à jouer, et on saisit<br />
plus facilement l’habitude de se<br />
rééduquer régulièrement, voire<br />
quotidiennement.<br />
Avec au total 7 programmes<br />
d'entraînement personnalisés,<br />
chaque femme peut ainsi<br />
trouver son rythme et<br />
l’intensité qui lui<br />
conviennent.<br />
© Colombe Sirot / Perifit<br />
L’application, assez<br />
simple d’utilisation,<br />
propose également<br />
de voir ses progrès<br />
grâce à une mesure<br />
en cinq dimensions<br />
basées sur l’endurance, la<br />
force, la vitesse, la qualité<br />
des contractions, et le contrôle,<br />
avec des schémas et des<br />
statistiques précises.<br />
Vous pourrez également<br />
intégrer une communauté<br />
d'entraide en ligne pour des<br />
conseils et du soutien entre<br />
femmes. Girl power à fond !<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 49
C’EST BON POUR MOI !<br />
[ Santé du sport ]<br />
7 maillons<br />
faibles des<br />
sportifs<br />
La pratique sportive a tellement de bienfaits qu’on<br />
en oublie parfois les petits moins à compenser.<br />
Sans jouer les apprentis-sorciers, on fait le point<br />
le plus simplement possible avec Microéquilibre<br />
sur ces points faibles qu’on retrouve chez presque<br />
toutes les personnes qui pratiquent une activité<br />
physique régulière et/ou intense, notamment dans<br />
les sports d’endurance. PAR LÉA BORIE<br />
I<br />
ronman, marathon, ultra-trail… toute<br />
activité sportive régulière voire intensive<br />
sans complémentation entraîne<br />
une augmentation du métabolisme de<br />
base, des pertes hydroélectrolytiques<br />
et des troubles de l'absorption intestinale. Cela<br />
peut être à l'origine de déficits/carences, ce qui<br />
tendrait à faire apparaître un ou plusieurs des<br />
«7 maillons faibles» observés chez la personne<br />
sportive, à savoir : des troubles<br />
de l'équilibre hydrominéral du corps<br />
(en eau et en sels minéraux) voire<br />
une déshydratation, des troubles<br />
de l'équilibre acido-basique, un<br />
terrain inflammatoire, oxydatif, une<br />
hyperperméabilité intestinale à<br />
l'effort, une fragilité immunitaire,<br />
ainsi qu'une déméthylation à l'origine<br />
de troubles de l'adaptation à<br />
l'entraînement.<br />
© Lyubov Levitskaya / Shutterstock<br />
En pratique, cela peut se traduire<br />
par une baisse des performances,<br />
une moins bonne récupération, un<br />
épuisement prématuré à l'effort, voire<br />
des blessures à répétition. Ceci explique<br />
cela, pas vrai ? En réponse à ça,<br />
il serait faux de prétendre qu’il existe une<br />
recette miracle applicable à tous. Pour y voir<br />
plus clair et tirer des premiers éléments de réponse,<br />
on décortique tout afin de trouver le bon<br />
équilibre. WS<br />
50 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
1Déshydratation<br />
• À -2 % de déshydratation on perd 10 % de<br />
performance<br />
La transpiration est le meilleur moyen de garder une<br />
température corporelle constante. Or, en transpirant, on<br />
évacue de l’eau mais surtout plein de nutriments utiles !<br />
> Idée reçue<br />
"Les organismes rompus aux efforts soutenus arrivent à<br />
contrôler leur sudation, elle est moins importante et ils la<br />
déclenchent plus tard". C'est tout l'inverse !<br />
> Conséquences<br />
• Risque de déshydratation et de pertes électrolytiques<br />
(sodium, potassium, chlore, bicarbonate) accru<br />
> Solutions<br />
S’hydrater. Or, 2 e idée reçue : on s’hydrate mieux avec du<br />
sucre et du sel dans l’eau qu’avec de l’eau seule !<br />
• 3 heures avant épreuve : 150 ml de boisson glucidique<br />
(= 4 gorgées chaque ½ h, dosée 30g/L)<br />
• Pendant l’épreuve : toutes les 20 minuntes,<br />
150 ml de boisson d’effort/isotonique<br />
• Post-effort : boisson de récup avec glucides et<br />
acides aminés<br />
2Perméabilité<br />
intestinale<br />
Durant un gros effort, l’afflux sanguin se fait<br />
principalement vers les muscles, au détriment de<br />
l’irrigation sanguine de l’intestin. Cela entraîne une<br />
hyperperméabilité de la paroi intestinale. Devenu<br />
passoire, il laisse notamment passer plus facilement<br />
des débris bactériens dans le sang. On aboutit à<br />
une surstimulation du système immunitaire et à une<br />
inflammation avec réactions en chaîne.<br />
> Conséquences<br />
• Troubles digestifs, diarrhée<br />
• Troubles de l’absorption des nutriments, carences / déficits<br />
• Crampes, nausées, malaise<br />
• Ischémie-reperfusion intestinale (après effort, la<br />
revascularisation amène beaucoup d’oxygène)<br />
> Solutions<br />
• Bien s’hydrater à petite doses fréquentes<br />
• Pendant l’effort : se complémenter en glutamine. Cet<br />
acide aminé fabrique les protéines qui composent les<br />
fibres musculaires et permet aux cellules intestinales de<br />
se renouveler<br />
3Stress oxydatif<br />
Pendant un effort intense, les radicaux libres sont<br />
produits à foison. À forte dose, ce phénomène,<br />
l’oxydation, ne permet pas d’assurer une<br />
contraction musculaire optimale.<br />
> Idée reçue<br />
"Les radiaux libres seraient néfastes". Car oui, oui :<br />
tout le monde a besoin de radicaux libres, encore<br />
faut-il maîtriser le curseur pour ne pas être au-dessus<br />
de ce dont le corps a besoin<br />
> Conséquences<br />
• Baisse de la force musculaire, perturbation de la<br />
fonction contractile<br />
• Résultat : fatigue musculaire précoce<br />
> Solutions<br />
• Observer une meilleure récup<br />
• À l’effort : dans sa boisson, apporter minéraux,<br />
oligoéléments et vitamines pour soutenir<br />
les enzymes (mécanismes de défense<br />
de l’oxydation)<br />
4Dysfonctionnement<br />
de l'équilibre<br />
acido-basique<br />
Quand le pH du corps humain se dérègle, l'ensemble<br />
du métabolisme énergétique est affecté. Cela donne<br />
lieu à des pertes en minéraux et une surproduction de<br />
radicaux libres : un véritable cercle vicieux !<br />
> Conséquences<br />
• Douleurs musculaires, courbatures<br />
• Carences (potassium, sodium, magnésium)<br />
• Troubles cardiaques<br />
• Résultat : fatigue musculaire précoce<br />
> Solutions<br />
• Prévenir de l’acidose (surcharge de l'organisme en<br />
composés acides) : 3 heures avant effort intense/long :<br />
0,2 g/kg de bicarbonate de sodium<br />
Heureusement, des solutions existent<br />
pour contrer ces désagréments !"<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 51
C’EST BON POUR MOI !<br />
5Fenêtre ouverte<br />
aux infections<br />
© Lyubov Levitskaya / Shutterstock<br />
Un des marqueurs du surentraînement :<br />
les infections ORL fréquentes, liées à une augmentation<br />
importante du cortisol, en cas de surentraînement.<br />
> Conséquences<br />
• Rhinite, sinusite, rhinopharyngite à répétition<br />
• Résultat : immunodéficience partielle<br />
> Solutions<br />
• Prise de boisson d'effort et de récup à base de<br />
glutamine, sorte de soutien immunitaire pour aider les<br />
cellules de défenses de l’organisme à être davantage<br />
produites<br />
6CES<br />
7Déméthylation<br />
L'entraînement régule l'expression<br />
de nos gènes.<br />
Pour ça, les agents de méthylation<br />
doivent être présents.<br />
En cas de déficit d'apport<br />
dans l'assiette, les sportifs<br />
ont plus de difficultés<br />
à progresser.<br />
> Conséquences<br />
• Troubles de l’assimilation<br />
intestinale<br />
• Perturbations des réponses<br />
adaptatives à l’entrainement :<br />
désadaptation à l’effort<br />
• Stagnation, voire baisse des performances<br />
> Solutions<br />
• Apport en légumes (400 g/j), légumes secs<br />
et céréales (riches en méthionine),<br />
vitamines B6, B9, B12<br />
Lésions<br />
musculaires<br />
Microlésions surtout provoquées par les exercices de<br />
type excentrique (course à pied) et efforts longs,<br />
qui cassent du muscle : le corps libère des<br />
cytokines pro-inflammatoires.<br />
> Conséquences<br />
• Terrain inflammatoire<br />
• Mauvaise récup, blessures à répétition<br />
> Solutions<br />
• Dans l’assiette : plus d’oméga 3<br />
• Dans la pratique : diversifier le type<br />
d’effort en associant des exercices<br />
isométriques et concentriques,<br />
de différente durée et de différente<br />
intensité (plan d'entraînement)<br />
MAILLONS<br />
FAIBLES NE SONT<br />
PAS UNE FATALITÉ !<br />
w Pour limiter ces<br />
dysfonctionnements, on peut<br />
apporter des réponses par<br />
une approche biochimique et<br />
micronutrionnelle :<br />
• une alimentation santé de type<br />
méditerranéenne crétoise adaptée<br />
au niveau/type de pratique<br />
• des boissons d’effort et de récup,<br />
des compléments alimentaires selon<br />
la situation pour amener des éléments<br />
nutritifs aux muscles<br />
• la réalisation de bilans pour<br />
identifier les éventuels déficits/<br />
carences<br />
Ressources biblio<br />
- Physiologie du sport et de l’exercice,<br />
Larry Kenney, Wilmore, Costill<br />
- Biochimie des activités physiques et sportives,<br />
J. Pootmans, N. Boisseau<br />
52 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
DÉCOUVERTE DU MEXIQUE<br />
Excursion<br />
sportive au<br />
Qui a dit que le<br />
Yucatan était<br />
synonyme de<br />
farniente et de<br />
mojitos ? On va vous<br />
montrer le contraire,<br />
non sans<br />
surprises !<br />
Yucatán<br />
©Lukas Bischoff Photograph / Shutterstock<br />
© SDL<br />
La rentrée a sonné son gong voilà plusieurs semaines, et la douce<br />
période estivale, ses entraînements en bord de mer et ses salades<br />
fraîches, paraissent loin. Envie d’ailleurs sans oublier le sport ? On vous<br />
embarque pour la péninsule du Yucatán au Mexique, où on a profité sans<br />
rougir (à l’ombre donc) de ce que ce coin de paradis avait à nous offrir.<br />
Dépaysement garanti pour cette sélection de sorties sportives. PAR LÉA BORIE<br />
54 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
ETAPE 1 :<br />
SNORKELING<br />
À COZUMEL<br />
© Solarisys / Shutterstock<br />
COMMENT S’Y RENDRE :<br />
Descendre à Playa del Carmen, puis prendre un ferry (30’ de traversée)<br />
pour vous rendre sur l’île de Cozumel.<br />
© vandadorescu / Shutterstock<br />
© Wirestock Creators / Shutterstock<br />
L'ACTIVITÉ :<br />
2 e barrière de corail la plus grande au monde, les récifs de Cozumel<br />
sont réputés pour leur beauté sous l’eau azur des Caraïbes,<br />
et particulièrement El Cielo. Pour observer de jolies choses, impossible<br />
de le faire depuis le rivage : vous partirez avec un groupe sur<br />
un petit bateau. Moteur à fond, c’est parti pour 4 heures de pur<br />
bonheur en pleine mer ! Armés de masque/tuba, on nous explique<br />
qu’on aura quatre escales pour découvrir toute l’abondance de<br />
la vie sous-marine. Et là, juste sous nos pieds, on voit apparaître<br />
des centaines de poissons peu farouches, des étoiles de mer par<br />
dizaines, et enfin, au milieu de notre apéro improvisé sur la plage<br />
Del Cielo, un trio de raies. Touche saine de fin d’excursion : le pilote<br />
descend une bouée recouverte d’une nappe sur laquelle flotte un<br />
festin réalisé minute : guacamole et ceviche ultra-frais.<br />
Assez traîné dans l’eau, on repart pour d’autres aventures plus<br />
au Sud !<br />
ETAPE 2 :<br />
LES CÉNOTES DE TULUM<br />
COMMENT S’Y RENDRE :<br />
Depuis Playa del Carmen, descendre à Tulum 1 heure plus bas.<br />
Puis prendre un colectivo, demander Casa Tortuga.<br />
Compter 3 heures sur place.<br />
L'ACTIVITÉ :<br />
Si le Mexique regorge de cenotes tous plus incroyables, ce chapelet<br />
promet une variété éblouissante. N’oubliez pas vos chaussures<br />
d’eau à votre piaule : avec la vase, terrain très glissant !<br />
Pensez aux lunettes de piscine, des choses pourraient se révéler<br />
sous vos pieds… À Casa Tortuga, pas de tortues mais des puits<br />
d’eau si riches qu’ils dévoilent des milliers d’années d’histoire…<br />
Le guide vient à l’entrée pour descendre ensemble le premier<br />
des quatre cénotes, munis de votre gilet de sauvetage. L’eau est<br />
froide, mais l’excitation vous emmène dans la « grotte ». Les premières<br />
stalactites apparaissent. Cap sur le 2 e cénote. Cette fois,<br />
il ressemble à un couloir de nage. Si vous prenez votre courage<br />
à deux mains, plongez 3 m plus bas direct dans le cénote. Ça<br />
décoiffe ! Le 3 e spot serait presque une piscine d’hôtel de luxe,<br />
petits poissons et nature luxuriante en prime. Pour finir en apothéose,<br />
presque vingt mille lieues sous les mers...<br />
Le guide sort sa lampe torche ; le spectacle est donné sous<br />
nos pieds, une eau turquoise avec traces impressionnantes<br />
de fossiles : essoufflés mais ravis !<br />
© Damsea / Shutterstock<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 55
DÉCOUVERTE DU MEXIQUE<br />
© Ksenia Ice / Shutterstock<br />
© Anna Ewa Bieniek / Shutterstock<br />
● La plongée secrète au cénote Azul<br />
ETAPE 3 :<br />
LA LAGUNE DE BACALAR<br />
● Le lever du soleil en kayak<br />
COMMENT S’Y RENDRE :<br />
Depuis Tulum, descendez encore, jusqu’à la frontière avec le Belize. Rendez-vous<br />
en bord de lagune. Si vous avez de la chance, votre hébergeur vous<br />
conduira lui-même au départ de kayak depuis son meilleur spot, privilège des<br />
lève-tôt oblige ! Prévoir 4 heures.<br />
L'ACTIVITÉ :<br />
À 5h30, notre hôte vient toquer à la porte : le ciel est plutôt dégagé, c’est parti.<br />
Il charge les kayaks et prend la direction de la Costera, pour nous embarquer à<br />
partir d’un petit sentier dont lui seul a le secret. Les biceps armés de courage<br />
mais les yeux pas bien réveillés, on démarre notre excursion sur la "lagune aux<br />
7 couleurs" : cap sur le canal des pirates où admirer le lever du soleil, longer<br />
la Isla de los Pájaros, se baigner avant de rentrer en longeant côté les cénotes<br />
Esmeralda et Negro. Attention, le vent se lève dans la matinée, beaucoup<br />
moins facile pour rentrer que sur calme plat à l’aller : dosez vos efforts !<br />
COMMENT S’Y RENDRE :<br />
Depuis le centre de Bacalar, longer la Costera sur front de<br />
lagune. 16 km aller/retour. Compter 2h30.<br />
L'ACTIVITÉ :<br />
C’est autant le voyage pour s’y rendre que la plongée en<br />
elle-même qui a retenu notre attention. Étonnamment<br />
faite de petites collines successives, la route n’est pas<br />
longiligne, ce qui pimente la sortie, avec quelques vues<br />
furtives sur la lagune, dont l’accès est hélas privatisé de<br />
partout - feu le tourisme de masse ! Si comme nous, à ce<br />
stade du séjour, vous tenez à calmer le budget, la sortie<br />
ne vous coûtera que (quelques) gouttes de sueur. Mais<br />
comme tout effort, vous voilà récompensé lorsqu’au 8 e<br />
km, vous distinguez une faille dans les broussailles. Engagez-vous<br />
sur le chemin qui descend raide. Ne vous arrêtez<br />
pas à la première approche quelque peu boueuse du lieu.<br />
On a eu la chance de croiser un habitué : il s’est frayé un<br />
chemin pour arriver au spot secret et sauvage des locaux :<br />
une magnifique approche du cénote Azul, payante depuis<br />
l’autre côté ! Une corde est attachée à un arbre pour s’essayer<br />
à la plongée en apnée. D’ici, on échange avec eux<br />
pour adopter la meilleure technique et voir jusqu’où ils<br />
descendent avec de l’entraînement… Attention, tympans<br />
sensibles, descendre progressivement !<br />
● La sortie dans Los Rápidos<br />
COMMENT S’Y RENDRE :<br />
Toujours pour les budgets serrés, il est "possible" de se rendre à Los<br />
Rapidos en vélo. Chez Delmar Hostel où nous logions, il les prêtent<br />
même sur participation libre ! Attention aux cœurs pas bien accrochés,<br />
portions un peu délicates sur le bas-côté d’une voie rapide…<br />
32 km aller/retour. Compter 2 heures. Sinon, l’option taxi marche bien.<br />
© SDL<br />
L'ACTIVITÉ :<br />
Une fois arrivé, vous découvrez sur environ 4 km une lagune qui se resserre<br />
pour former une rivière turquoise. L’entrée, payante, se fait par un<br />
restaurant qui vous délivre votre gilet de sauvetage orange fluo. Vous voyez<br />
déjà au loin ces petites tâches colorées descendre doucement le long des «Rapides<br />
» aux couleurs vibrantes. Rien de bien décoiffant à l’image d’une descente<br />
de l’Ardèche en kayak. Il s’agit de remonter la lagune par un ponton aménagé pour se<br />
laisser glisser doucement sur l'eau en descendant.<br />
Pour les plus téméraires/curieux, remontez à contre-courant entre algues et<br />
poissons pour une découverte encore plus paisible. N’oubliez pas votre masque !<br />
© Dreamer4787 / Shutterstock<br />
56 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
© SDL<br />
© eduardosagrav / Shutterstock<br />
ETAPE 4 :<br />
LA ISLA HOLBOX<br />
● Balade en bord de mer à observer les<br />
oiseaux<br />
COMMENT S’Y RENDRE :<br />
Depuis Bacalar, le point le plus bas ou presque, la remontée est<br />
forcément un peu longue. Vous rendre à Chiquila afin de prendre<br />
un ferry (30’ de traversée). À l’image des excursions précédentes,<br />
la façon de s’y rendre est aussi intéressante que l'activité sur<br />
place. Depuis le port, descendre à la plage et prendre à droite.<br />
8 km aller/retour. Compter 2 heures.<br />
© RugliG / Shutterstock<br />
© Loes Kieboom / Shutterstock<br />
L'ACTIVITÉ :<br />
La difficulté de cette marche varie selon les marées et donc la<br />
hauteur de l’eau aux jambes. On oscille entre balade dans les<br />
terres le long des habitations, bord de plage et dans la mer, de<br />
l’eau aux chevilles quand tout va bien, pour arriver au « bout autorisé<br />
». L’excursion se limite à Punto Mosquitos, zone protégée<br />
au-delà de laquelle il est interdit d’aller.<br />
D’ici, vous voyez se balader habilement flamants roses, cormorans<br />
et autres pélicans habitant la réserve naturelle, qui se<br />
rient de vos affaires trempées avec la marée montante.<br />
© Ksenia Ice / Shutterstock<br />
● L’excursion bioluminescence<br />
COMMENT S’Y RENDRE :<br />
À l’opposé de Punta Mosquitos, un spot d’observation<br />
pas comme les autres se trouve non loin de Playa Punta<br />
Cocos. 8 km aller/retour. Compter 1h45. Des excursions<br />
payantes sont organisées en voiturette de golf<br />
version 4x4, et même sur place en kayak de nuit !<br />
L'ACTIVITÉ :<br />
Excursion aussi plate que la précédente. Aucune difficulté,<br />
hormis de devoir feinter avec les moustiques et<br />
devoir imaginer les pièges sous vos pieds dans le noir.<br />
Notre conseil : partez de jour pour n’avoir que le retour<br />
à faire de nuit. De quoi profiter d’un magnifique coucher<br />
de soleil. Une fois arrivée : biolumiquoi ? Je n’avais pas<br />
la moindre idée avant cette découverte éblouissante.<br />
J’apprends que ce phénomène naturel est l’action de<br />
la phosphorescence grâce à des micro-organismes marins.<br />
Dès que vous mettez un pied dans l’eau se produit<br />
ce phénomène lumineux aussi surprenant que magnifique.<br />
De quoi donner envie d’avancer aux enfants récalcitrants<br />
de rando ! Attention en marchant à ne pas<br />
écraser une limule... Couvrez-vous (vraiment), spray<br />
à moustiques en prime.<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 57
DÉCOUVERTE<br />
© Le CREPS de Vichy est à la pointe !/ Source: Ville de Bellerive-sur-Allier<br />
Le CREPS de<br />
Vichy regorge<br />
d'infrastructures<br />
innovantes et donc<br />
de sportifs au<br />
sommet.<br />
Un CREPS en forme<br />
olympique<br />
Connaissez-vous le Centre de ressources, d'expertise et de performance sportive, plus connu sous le<br />
nom de CREPS, de Vichy ? En marge des Jeux Olympiques de Paris 2024, les équipes de Women<br />
Sports se sont immiscées aux côtés des athlètes qui s'y entraînaient. Visite guidée. PAR MANO BOUVIER<br />
ccompagné de Nicolas<br />
A<br />
Subjobert, responsable du<br />
pôle développement chez<br />
Vichy Sport, et de Jérôme<br />
Déchamp, ex entraîneur et<br />
chef d'équipe de l'équipe de France olympique<br />
d'aviron, nous voguons à travers ses<br />
infrastructures grandioses. Un nouveau<br />
gymnase flambant neuf, des équipements<br />
dernières technologies, des logements<br />
confortables, un accompagnement des<br />
athlètes sur mesure... plus nous avançons,<br />
plus ça se précise. La star du CREPS apparaît<br />
maintenant devant nous : la salle<br />
hypoxique.<br />
Technologie de pointe<br />
Un équipement permet de recréer artificiellement<br />
les conditions d'altitude. Avec<br />
un taux d'oxygène réduit, l'immersion en<br />
hypoxie pousse l'organisme à réagir pour<br />
s'adapter en stimulant les fonctions hématologiques,<br />
respiratoires et métaboliques:<br />
le graal pour de nombreux athlètes ; difficile<br />
à obtenir puisque très peu d'infrastructures<br />
en sont dotées. Cette technologie de<br />
pointe attire énormément de sportifs. La<br />
préparation de ces Jeux Olympiques en a<br />
été la preuve. 75 % des athlètes français<br />
paralympiques y sont passés, l'équipe<br />
de volley japonaise féminine, ou encore<br />
l’équipe néo-zélandaise de football masculin.<br />
Cette visite se termine en apothéose, à<br />
croiser le (futur) quintuple médaillé olympique<br />
Léon Marchand, en pleine préparation<br />
des JO à ce moment-là, puis Philippe<br />
Lucas et Anastasiia Kirpichnikova. Un destin<br />
argenté. WS<br />
58 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
égie<br />
Vous souhaitez communiquer<br />
dans l’un des médias<br />
de notre groupe ?<br />
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Pôle SPORT<br />
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LIFESTYLE<br />
5 looks<br />
Les<br />
préférés<br />
de Hermine Bonvallet<br />
Hermine Bonvallet est une surfeuse qui jongle entre passion pour<br />
les vagues et passion pour la mode. En témoigne son superbe feed<br />
instagram (@herminebonvallet). La jeune femme qui « vit au rythme<br />
de l’océan », s’est prêtée au jeu des 5 looks pour Women Sports !<br />
PROPOS RECUEILLIS PAR VANESSA MAUREL<br />
1<br />
Look chic<br />
Pour être sur son 31 pour les plus<br />
grandes occasions<br />
Trois questions à Hermine Bonvallet<br />
DEPUIS QUAND LE SURF<br />
FAIT-IL PARTIE DE VOTRE<br />
VIE ?<br />
J’ai commencé le surf à<br />
20 ans. Ça fait aujourd’hui<br />
huit ans que je vis au rythme<br />
de l’océan, passionnée de<br />
surf et plus spécifiquement de<br />
grosses vagues ainsi que de<br />
pilotage de jetski. Je vie entre<br />
Hossegor et Nazare (Portugal),<br />
où j’y surf et propose des accompagnements<br />
pour gérer la<br />
peur de l’océan.<br />
Ma carrière a réellement<br />
débuté l’année dernière.<br />
Après avoir pris ma première<br />
vague en février 2016, mon<br />
premier tube à Tahiti début<br />
2018, je me suis lancée sur<br />
ma première grosse vague<br />
en surf tractée à Belharra en<br />
novembre 2018. Après ça,<br />
j’ai développé ma passion du<br />
pilotage et en 2023, j’ai intégré<br />
l’équipage des surfeurs de<br />
gros à Nazare. J’ai également<br />
signé mes premiers contrats<br />
de sponsoring depuis.<br />
QUELS SONT VOS<br />
PROCHAINS OBJECTIFS ?<br />
Continuer sur ma lancée ! Rester<br />
à l’écoute de mes envies,<br />
continuer à pratiquer le pilotage<br />
mais aussi me former davantage<br />
sur la mécanique des<br />
jetski. Et bien évidemment,<br />
j’aimerais participer aux évènements<br />
internationaux qui<br />
nous permettent de découvrir<br />
de nouvelles belles grosses<br />
vagues, ce qui n’est jamais<br />
chose facile !<br />
ON SAIT QUE VOUS<br />
ADOREZ LA MODE…<br />
PARLEZ-NOUS DE CETTE<br />
PASSION !<br />
Avant cette nouvelle vie<br />
océane, mon univers entier<br />
était tourné autour de la haute<br />
couture et du stylisme. À huit<br />
ans, je couds mon premier pyjama.<br />
Ensuite, je poursuis un CAP<br />
modiste, créant des chapeaux<br />
d’exception pour de grandes<br />
maisons à la capitale. Plus<br />
tard, à Cannes, je me forme<br />
en haute couture pendant un<br />
an, jusqu’à ce que ma passion<br />
pour le surf prenne le dessus.<br />
Aujourd’hui encore, je continue<br />
de dessiner, accumulant des<br />
piles de carnets de croquis. Je<br />
suis convaincue que je reviendrai<br />
à la couture un jour. WS<br />
D.R.<br />
D.R.<br />
60 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
D.R.<br />
D.R.<br />
D.R.<br />
2<br />
Look Cocooning<br />
Parfait pour les journées chill and<br />
relax<br />
3Look décontracté<br />
Pour être stylée, l’air de rien, en<br />
toutes circonstances<br />
D.R.<br />
4<br />
D.R.<br />
5Look sportif<br />
Au coeur des vagues, rien d’autre !<br />
D.R.<br />
D.R.<br />
Look plage<br />
Stylée... jusqu’au bord de l’océan !<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 61
LIFESTYLE<br />
Faire le plein de<br />
confiance en soi<br />
avec un maquillage<br />
résistant pour ses<br />
compétitions ?<br />
C’est possible !<br />
© PeopleImages.com - Yuri A/ Shutterstock<br />
BIEN SE MAQUILLER<br />
POUR LE SPORT,<br />
avec notre experte Emeline<br />
Entre les gymnastes, les athlètes et les nageuses,<br />
les Jeux Olympiques de Paris 2024 nous ont époustouflé. Bien sûr, au niveau<br />
des performances avant tout, mais aussi au niveau du maquillage ! Celui de Rebecca Andrade nous a particulièrement<br />
inspiré. On s’est posé une question : comment faire pour bien se maquiller avant une compétition ? Emeline Madaule,<br />
maquilleuse professionnelle, à la tête de Mad’Art, nous a éclairé à ce sujet.<br />
PAR VANESSA MAUREL<br />
e parcours d’Emeline est<br />
L<br />
aussi riche que varié. Diplômée<br />
d’un CAP Esthétique<br />
et un CQP Make-up, elle a<br />
eu l’occasion d’explorer de<br />
nombreuses facettes artistiques du maquillage.<br />
Ses compétences se sont rapidement<br />
diversifié, allant des tournages<br />
de courts métrages et de clip vidéos, à la<br />
réalisation de maquillages pour des mariages,<br />
ou encore dans l’univers du sport.<br />
« La toute première expérience en sport a<br />
été un shooting où j’ai dû recréer le maquillage<br />
d’un rugbyman après un match »<br />
raconte-t-elle. « J’ai passé plusieurs jours à<br />
étudier mon conjoint à la sortie de stades<br />
pour placer intelligemment les éléments<br />
telles que la transpiration etc, tout en rendant<br />
le maquillage joli pour un shooting<br />
studio ! » C’était un exercice de précision<br />
où chaque détail, de la terre sur le visage<br />
à la sueur, devait être rendu réaliste. Pas<br />
une moindre affaire.<br />
Mais quand il s’agit de maquillage pour<br />
les athlètes, avant une compétition ou<br />
un gala de danse, par exemple, Emeline<br />
62 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
nous explique que ce n’est pas seulement<br />
une question d’esthétique mais aussi<br />
aussi une question de durabilité. « Il faut<br />
qu'il tienne deux fois plus » affirme-t-elle.<br />
La sueur et les efforts physiques nécessitent<br />
des produits spécifiques comme les<br />
cosmétiques waterproof et les fixateurs<br />
puissants. « Un bon fixateur est essentiel,<br />
et pour les yeux, il vaut mieux utiliser une<br />
base de crème fixée avec un fard poudre »<br />
conseille-t-elle. -<br />
« Il faut s’amuser, jouer avec de<br />
la couleur, des paillettes, des<br />
strass… »<br />
Les sportives et sportifs qui souhaitent se<br />
maquiller eux-mêmes doivent aussi suivre<br />
des conseils pratiques pour éviter les erreurs.<br />
Emeline insiste par exemple sur l’importance<br />
de la préparation de la peau : « Il<br />
faut une bonne peau, bien hydratée, bien<br />
entretenue tout au long de l’année. La veille<br />
de la compétition, c’est bien de prévoir une<br />
routine de soins incluant un gommage,<br />
un masque, un sérum et une crème. » explique-t-elle.<br />
Elle met aussi en garde contre<br />
le maquillage excessif qui peut obstruer<br />
les pores : « Trop de fond de teint peut<br />
boucher les pores et entraîner des boutons<br />
quelques jours après. En plus on aura<br />
l’impression d’avoir un masque épais sur le<br />
visage, ce qui n’est jamais très agréable.<br />
Par contre, je dirais de toujours s’amuser<br />
sur les yeux, jouer avec de la couleurs, des<br />
paillettes, des strass…».<br />
Car au-delà de la technique, Emeline valorise<br />
également l’aspect psychologique du<br />
maquillage. Pour elle, le maquillage peut<br />
être un outil de confiance en soi. Un détail<br />
important et non négligeable lors de<br />
compétitions importantes. « Si tu te sens<br />
bien dans ta peau, à mon avis tu es plus<br />
à même de te dépasser et de moins stresser.<br />
C’est un peu comme si on enfilait un<br />
masque de super héros et que tout devenait<br />
atteignable ! » WS<br />
Pour suivre et contacter Emeline, qui se déplace<br />
dans toute la France pour tous types de projets,<br />
rendez-vous sur instagram : @mad.art.em.<br />
TUTO<br />
Réalisez votre maquillage avec Emeline<br />
6 Appliquez un blush pêche sur<br />
les joues, puis estompez pour un<br />
effet ensoleillé.<br />
7 Fixez le maquillage avec une<br />
poudre après avoir appliqué le<br />
blush.<br />
8 Appliquez un peu de bronzer<br />
pour réchauffer le teint.<br />
1 Appliquez une crème<br />
nourrissante pour hydrater et<br />
préparer la peau.<br />
2 Appliquez les gouttes<br />
illuminatrices pour unifier et<br />
illuminer le teint.<br />
3 Utilisez le correcteur sur<br />
la zone T, soit sur la zone des<br />
lumières, pour éclairer les points<br />
stratégiques.<br />
4 Appliquez l’highlighter<br />
sur le haut des pommettes.<br />
Il est conseiller par Émeline<br />
d’appliquer tous les produits<br />
crèmes avant de passer aux<br />
poudres.<br />
D.R.<br />
5 Ajoutez de l’highlighter dans<br />
le coin interne des yeux et sous<br />
l’arcade sourcilière pour plus de<br />
lumière.<br />
9 Fixez le maquillage avec un<br />
spray fixateur.<br />
10 Travaillez légèrement les<br />
sourcils et appliquez un gel<br />
fixateur pour une meilleure<br />
tenue.<br />
11 Appliquez l’eyeliner et<br />
corrigez les éventuelles erreurs<br />
D.R.<br />
avec de l’eau micellaire. Le<br />
waterproof reste intact.<br />
12 Appliquez votre mascara.<br />
D.R. D.R.<br />
13 Terminez par un baume à<br />
lèvres pour hydrater et sublimer<br />
les lèvres.<br />
Pour retrouver le tuto complet en vidéo, rendez-vous sur la chaîne YouTube www.youtube.com/@WomenSports_fr<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 63
LIFESTYLE<br />
Zoom sur<br />
les produits utilisés<br />
© PeopleImages.com - Yuri A/ Shutterstock<br />
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activités, même les plus intenses.<br />
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la chaleur, l'humidité et la transpiration.<br />
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d’entraînement ou vos compétitions.<br />
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fine et souple, il offre un tracé facile<br />
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D.R.<br />
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formule 100% naturelle et BIO se<br />
fond parfaitement à la peau, offrant<br />
un effet lumineux et naturel. Idéales<br />
comme highlighter ou mélangées<br />
à une crème de jour, ces gouttes<br />
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peau pour un éclat subtil<br />
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à tous les types de<br />
peaux, offrant un effet<br />
bonne mine immédiat et<br />
un teint radieux.<br />
Remerciements particuliers aux équipes d’Aroma-Zone, de body Nature, de BYS Maquillage, de MyBeautifulRP, à Emeline et à notre modèle du jour,<br />
Maria Dias.<br />
64 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR<br />
hutterstock
Eyeliner dans une<br />
main, mascara<br />
dans l'autre,<br />
anti-cerne sous le<br />
coude : parée pour<br />
une compétition<br />
qui en jette.<br />
© Anton Vierietin/ Shutterstock<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 65
LIFESTYLE<br />
Le Sport signé<br />
RougeGorge<br />
La marque de<br />
lingerie se lance<br />
dans le sport<br />
Quand le temple de la féminité<br />
lance une collection sport, ça<br />
donne quoi ? Étonnamment,<br />
du (très) technique. L’été<br />
dernier, RougeGorge a lancé<br />
sa première ligne de sousvêtements<br />
et maillots de bain<br />
de sport. Accrochez-vous,<br />
on vous emmène au pays<br />
du soutenu, du galbé et du<br />
cintré, sans compromis sur<br />
l’ergonomie. PAR LÉA BORIE<br />
Garde-à-vous, rien<br />
ne bouge !<br />
Enfin si : vous !<br />
D.R.<br />
I<br />
l est de ces marques qu’on<br />
suit du coin de l’œil, pour la<br />
délicatesse du design, l’étendue<br />
des tailles, le roulement<br />
des nouvelles collections,<br />
l’accueil client… mais pas pour l’aspect sport.<br />
RougeGorge n’est pas la première enseigne<br />
à laquelle on penserait pour s’équiper côté<br />
running, yoga ou aquabike, et pourtant : on a<br />
découvert un monde parallèle ! Exit dentelle<br />
affriolante, tangas fins et autres bodies semi-transparents,<br />
on part sur des brassières<br />
couvrantes, au maintien sans faille, des<br />
maillots de bain une pièce de compet' ultra<br />
galbés, et même un legging gainé jusqu’aux<br />
chevilles !<br />
A la conquête d’un nouveau<br />
monde<br />
Fondée en 1992 sous le nom de Phildar Lingerie,<br />
rebaptisée Cannelle avant d’adopter<br />
en 2010 le RougeGorge qu’on lui connaît,<br />
la marque est basée à Wasquehal (Haut-de-<br />
France). Forte de ses 270 boutiques, dont<br />
deux nouvelles fraîchement inaugurées à<br />
Paris (une première !) l’enseigne aux créations<br />
raffinées a décidé d’ouvrir le champ<br />
des possibles. Elle qu’on connaissait pour sa<br />
capacité à proposer des tailles du bonnet A<br />
au G et du 34 au 52, la même qui s’est spécialisée<br />
dans la maternité, le bain, la lingerie<br />
post-opératoire et menstruelle, s’attache à<br />
un nouveau défi : s’ouvrir au monde merveilleux<br />
mais intransigeant du sport.<br />
Des élastiques qui se détendent au 3 e lavage,<br />
des brassières qui ne maintiennent<br />
pas, des tenues trop dures à enfiler : quand<br />
on ne vient du domaine, les risques de viser<br />
à côté son nombreux ! Or la marque aux<br />
140 millions d’euros de chiffre d’affaires,<br />
2 e sur le marché derrière Etam Lingerie, n’a<br />
pas le droit à l’erreur. C’est dans le Nord de la<br />
France qu’ont œuvré 100 personnes, petites<br />
mains, chefs d’ateliers et marketing, afin de<br />
concevoir les prototypes et ainsi mettre sur<br />
pied la collection sport.<br />
Gamme spéciale impacts<br />
Sports athlétiques<br />
En particulier la course à pied, le sport à impact<br />
par excellence. Ce jusqu’au 105 F, avec<br />
agrafes réglables dans le dos. Une adaptation<br />
telle que les brassières sont les mêmes,<br />
quelle que soit la taille !<br />
Sports aquatiques<br />
Conçus pour des sports d’eau à impact type<br />
aquagym, aquabike, les maillots Méduse,<br />
Marco et Marie ont une brassière intégrée,<br />
des grandes échancrures, et pour un modèle,<br />
couvrant aux fesses pour l’aquacycling.<br />
Souci du détail jusqu’au modèle zippé pour<br />
faciliter l’enfilage, avec système bloqué : astucieux<br />
! WS<br />
66 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
[ Interview croisée ]<br />
À la création,<br />
la passion du défi !<br />
Trois brassières avec et sans coque, trois maillots de bain et un<br />
legging dédiés au sport : la conception créative, pilotée par des<br />
stylistes spécialisées en lingerie, a été réalisée par une équipe<br />
100 % féminine, en collaboration avec des clientes. Des produits<br />
ergonomiques sous toutes les coutures que nous décrivent<br />
Aline Sogorb, directrice de l’offre RougeGorge, et Justine Aries,<br />
responsable médias RougeGorge Lingerie.<br />
WOMEN SPORTS :<br />
COMMENT A GERMÉ<br />
CETTE IDÉE, POUR<br />
"LA" MARQUE DE LA<br />
DÉLICATESSE ?<br />
D.R.<br />
ALINE SOGORB : Par le<br />
positionnement de Rouge-<br />
Gorge, qui veut répondre à<br />
toutes les femmes. D’autant<br />
que nos clientes en<br />
faisaient la demande en<br />
magasin. Elles voulaient<br />
des produits qui allient<br />
notre savoir-faire à l’esthétisme.<br />
On leur a envoyé<br />
des questionnaires pour<br />
cibler leurs besoins, ce<br />
qu’elles ne trouvaient pas<br />
sur le marché, ce qui les<br />
gênaient durant leur pratique,<br />
avant d’embrayer<br />
sur des interviews en tête<br />
à tête. Cela nous a permis<br />
de dessiner notre cahier<br />
des charges.<br />
JUSTINE ARIES : Avec<br />
plus de 30 ans d’expérience,<br />
en tant que corsetier<br />
notamment, on avait<br />
déjà testé une ligne de<br />
sport avec un équipementier<br />
par le passé. Nous<br />
voulions créer une ligne de<br />
bout en bout.<br />
ON AIMERAIT<br />
ÊTRE DES PETITES<br />
MOUCHES EN ATELIER<br />
POUR VOIR COMMENT<br />
LES CRÉATIONS ONT<br />
ÉTÉ CONÇUES...<br />
A.S. : D’habitude, Rouge-<br />
Gorge a beaucoup de dentelle,<br />
on aime sublimer<br />
les corps, les femmes. On<br />
s’est donc orienté vers des<br />
produits élégants sans compromis<br />
sur la fonctionnalité.<br />
On a travaillé de façon internalisée,<br />
en équipe multi-métier,<br />
entre stylistes et modélistes.<br />
On a dû résoudre des<br />
défis techniques jusqu’aux<br />
derniers retours essayages !<br />
Plutôt que de regarder chez<br />
d’autres acteurs, notre clé<br />
d’entrée a été la cliente,<br />
via notre connaissance du<br />
corps des femmes afin de<br />
choisir des matières et des<br />
coupes adaptées.<br />
D.R.<br />
POURQUOI AVOIR<br />
CHOISI UNE ATHLÈTE<br />
POUR PORTER<br />
VOTRE NOUVELLE<br />
COLLECTION ?<br />
A.S. : Le Sport signé<br />
RougeGorge est en effet<br />
incarné par Floria Gueï, 34<br />
ans, spécialiste du 400 m,<br />
diplômée d’école de commerce<br />
et de management<br />
en ayant repris ses études<br />
après avoir été deux fois<br />
maman. L’athlète a un parcours<br />
incroyable. Quand on<br />
voit les photos de produits<br />
portés par Floria, ça suscite<br />
de l’émotion.<br />
J.A. : En tant que marque<br />
de lingerie généraliste, il<br />
nous était important de<br />
s’adosser à une femme<br />
de notoriété dans le sport,<br />
afin qu’on légitime note positionnement<br />
de marque<br />
engagée pour les femmes<br />
dans leurs moments de<br />
vie. Floria représente notre<br />
cible, son sport est une<br />
discipline qui s’adresse<br />
aux produits de la marque,<br />
et on a adhéré à ce qu’elle<br />
est personnellement. En<br />
ressort un shooting en<br />
situation à l'Arena stade<br />
couvert de Liévin (Pasde-Calais)<br />
que la sportive<br />
connaît bien : ça colle à<br />
ce qu’elle est, et à nous<br />
aussi. n<br />
Corner Shopping<br />
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D.R. D.R.<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 67
FEMMES DE L'OMBRE<br />
RENCONTRE<br />
Doris Martel :<br />
Une Française kiné au cœur de la NBA<br />
Doris Martel est une figure singulière dans l’univers du sport de haut niveau. Directrice des<br />
thérapies manuelles et de la médecine fonctionnelle des Philadelphia 76ers, elle occupe une<br />
position précieuse et rare. Surtout pour une femme. Sa présence dans les coulisses d’un milieu<br />
très fermé comme la NBA confirme une chose : le travail paie. PAR RUBEN DIAS<br />
U<br />
ne magicienne. Voilà comment<br />
est décrite Doris Martel<br />
par beaucoup de joueurs.<br />
Directrice des thérapies manuelles<br />
et de la médecine<br />
fonctionnelle des Philadelphia 76ers, la<br />
Française de 43 ans conquiert le monde de<br />
la NBA, un an seulement après son arrivée<br />
aux USA. Et la jeune femme n’a pas suivi le<br />
chemin traditionnel des grandes écoles parisiennes.<br />
Née à Thiais, dans le Val-de-Marne,<br />
elle a d’abord été gymnaste rythmique,<br />
s’inspirant de sa petite soeur, évoluant avec<br />
grâce sur les poutres de sa ville natale.<br />
Après l’obtention de son bac L, avide d’expériences<br />
éclectiques, Doris se lance dans la<br />
danse contemporaine et africaine. Puis elle<br />
s’envole outre-Atlantique.<br />
Doris l’exploratrice<br />
Remontons presque 20 ans en arrière.<br />
Alors attachée de presse chez Universal<br />
Jazz, Doris côtoie de nombreux artistes internationaux.<br />
Une immersion qui l’incite a<br />
apprendre l’anglais et à perfectionner ses<br />
compétences. « Je m’envole pour un voyage<br />
de seulement 9 mois à la base, mais après<br />
avoir rencontré l’homme qui deviendra mon<br />
mari, je ne suis jamais rentrée », sourit-elle.<br />
Pendant cette période, les petits boulots<br />
s’enchaînent : baby-sitting, cours de français<br />
et de dans... « je cherchais ma voie », explique<br />
la jeune femme. S’imprégnant d’une<br />
culture « où l’on te vend que tout est possible<br />
si tu travailles dur ! »<br />
« JE NE CONNAISSAIS PAS GRAND-<br />
CHOSE AU BASKETBALL, MAIS J'ÉTAIS<br />
PASSIONNÉE PAR LE CORPS HUMAIN. »<br />
Des rencontres qui changent<br />
une vie<br />
C’est lors d’une rencontre « fascinante »<br />
avec un chaman, « qui soigne mon mal de<br />
genou par des manipulations et du massage<br />
» que l’ancienne gymnaste découvre<br />
le monde « des thérapies alternatives. Une<br />
expérience bouleversante qui me pousse à<br />
explorer et apprendre ces techniques », se<br />
souvient-elle. Au début sans but bien précis,<br />
juste avec « l'espoir de pouvoir aider des personnes<br />
en souffrance. »<br />
Quelques années plus tard, c’est une autre<br />
rencontre qui va une nouvelle fois faire basculer<br />
sa vie. « Je faisais un stage avec le kiné<br />
et masseur des Los Angeles Lakers, Marko<br />
© Doris Martel<br />
D.R.<br />
68 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
« J'espère pouvoir<br />
continuer à<br />
inspirer et à<br />
former la nouvelle<br />
génération »<br />
Les joueurs, les staffs, tout le monde apprécie<br />
sa façon de travailler. La thérapie<br />
manuelle, discipline que Doris maîtrise à<br />
la perfection, vise à manipuler les tissus<br />
mous : muscles, fascias, tendons, ligaments,<br />
viscères, pour prévenir les blessures<br />
et soigner les douleurs. Une approche holistique,<br />
incluant la gestion de la nutrition,<br />
du sommeil, des émotions, du yoga et de<br />
la méditation, révolutionne le suivi des athlètes.<br />
« Je suis aussi là pour améliorer leurs<br />
performances. » Ses méthodes ont fait des<br />
Clippers l’une des franchises les moins touchées<br />
par les blessures à l’époque.<br />
I have a dream<br />
Et non, les doigts de fée ne suffisent pas<br />
pour réussir. Mais le secret de son American<br />
Dream, Doris le décrit ainsi : « un mélange<br />
de naïveté, d’envie d’apprendre et d’humilité.<br />
Je me souviens un jour d’avoir pensé,<br />
que moi, petite femme noire étrangère, je<br />
pourrais me faire une place dans ce milieu.<br />
C'est cette naïveté qui m'a permis de saisir<br />
toutes ces opportunités. »<br />
Yrjovuori. De fil en aiguille, je me retrouve<br />
dans son camp d’été avec des basketteurs et<br />
autres sportifs pros. »<br />
Les joueurs sont impressionnés par son approche<br />
et demandent à leur franchise d’embaucher<br />
la petite Française. « Je ne connaissais<br />
pas grand-chose au basketball, mais<br />
j'étais passionnée par le corps humain »,<br />
raconte-t-elle. Ces recommandations la<br />
conduisent d’abord à de courtes missions<br />
ponctuelles, avant un contrat à temps plein<br />
chez les Clippers, puis chez les Sixers.<br />
Tant que nous sommes dans les rencontres,<br />
son arrivée en équipe de France est aussi<br />
une belle illustration d’opportunités inattendues<br />
se présentant à Doris. « En 2019 je travaillais<br />
déjà pour les Sixers. Joel Embiid me<br />
présente à Boris Diaw, Jacky Commères et<br />
Jean-Pierre Siutat. La conversation a mené<br />
à une proposition d'intégrer le staff de<br />
l'équipe de France pour la Coupe du Monde<br />
en Chine. » Après une longue hésitation, elle<br />
accepte.<br />
Une fée dans un monde de<br />
géants<br />
© Armand Lenoir<br />
Tout n’est pas toujours tout rose dans le<br />
milieu de la balle orange. « Mon patron<br />
de l'époque m'avait avertie : j'allais travailler<br />
dans un environnement difficile,<br />
qu'il surnommait ‘ground zero'. Je devrais<br />
m'attendre à tout, y compris des blagues<br />
douteuses. » Doris Martel a pu s’appuyer<br />
sur son ouverture d’esprit et « la culture<br />
française. Avec ma mentalité, je n’ai ni<br />
peur de l’inconnu, ni de l’adversité. Je me<br />
suis immédiatement adaptée à ce monde<br />
d’hommes. »<br />
Rester humble, garder les pieds sur le parquet<br />
et respecter les « gens et les processus<br />
autour de moi », c’est la combinaison qui a<br />
permis à la Française de réussir en NBA. Un<br />
environnement pourtant impitoyable. « Cela<br />
prend plus de temps pour convaincre les<br />
gens et pour avancer. En tant que femme<br />
on ne peut pas être trop directe ou “avoir<br />
les dents qui rayent le parquet”. Il faut travailler<br />
avec humilité en faisant attention de<br />
ne pas froisser l’ego des hommes qui vous<br />
entourent. »<br />
Les JO pour continuer d’inspirer<br />
Présente l'été dernier aux JO avec l’équipe<br />
de France de basket masculine, Doris Martel<br />
ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.<br />
« Je veux continuer à apprendre et à<br />
m’épanouir. » Avec son podcast et sa classe<br />
en ligne en français (@dorismartel), la thérapeute<br />
veut partager son expertise. « J'espère<br />
pouvoir continuer à inspirer et à former<br />
la nouvelle génération de professionnels de<br />
la santé. Tout en restant fidèle à ma passion<br />
pour le corps humain et la santé. » WS<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 69
FEMMES DE L’OMBRE AVEC<br />
FOCUS SUR…<br />
GolfHER :<br />
Aude Bredel, au service<br />
des golfeuses !<br />
Aude Bredel a fondé GolfHER pour transformer le golf féminin en France. Ancienne membre de<br />
l’équipe de France espoir et forte de 13 ans d’expérience dans l’industrie du golf, elle a remarqué un<br />
manque d’inclusion féminine dans ce sport. Entretien. PAR VANESSA MAUREL<br />
«<br />
Je voyais peu de femmes<br />
sur les parcours et encore<br />
moins de structures adaptées<br />
à leurs besoins »,<br />
explique Aude. GolfHER,<br />
plateforme gratuite dédiée aux golfeuses<br />
lancée en 2021, est la première entreprise<br />
en France dédiée uniquement au<br />
golf féminin. Elle propose des services<br />
adaptés à chaque étape du parcours<br />
sportif des femmes, y compris des programmes<br />
pour les femmes actives, les<br />
seniors, et les nouvelles venues au golf.<br />
« Notre objectif est de rendre le golf plus<br />
accessible et attrayant pour toutes les<br />
femmes, qu’elles soient débutantes ou<br />
confirmées », souligne Aude. Et pour<br />
cela, la plateforme offre des formules<br />
sportives simplifiées et un contenu pédagogique<br />
en ligne accessible à tous les<br />
niveaux.<br />
Le Palatine Women Project,<br />
un soutien « inestimable »<br />
Dans son parcours entrepreneurial, Aude<br />
Bredel a trouvé un soutien crucial auprès<br />
du Palatine Women Project (PWP), un<br />
programme dédié aux sportives de haut<br />
niveau entrepreneures. Ce programme<br />
a permis à Aude de rompre l’isolement<br />
souvent ressenti par les entrepreneures<br />
solos et de bénéficier d’un accompagnement<br />
stratégique et personnel. Grâce au<br />
PWP, elle a pu s’entourer d’une équipe<br />
et de femmes inspirantes. « Ce qu’offre<br />
la Banque Palatine est inestimable pour<br />
moi et me permet de me construire », affirme-t-elle.<br />
« NOTRE OBJECTIF EST DE RENDRE LE<br />
GOLF PLUS ACCESSIBLE ET ATTRAYANT<br />
POUR TOUTES LES FEMMES, QU’ELLES<br />
SOIENT DÉBUTANTES OU CONFIRMÉES. »<br />
D.R.<br />
Le programme lui a non seulement fourni<br />
des compétences business essentielles,<br />
mais aussi un réseau de mentors tels que<br />
Séverine Desbouys, Mathieu Zamanian,<br />
et Guillaume du Poy. Ces figures l’ont aidée<br />
à renforcer sa confiance, à valoriser<br />
son entreprise, et à surmonter les barrières<br />
courantes dans le monde entrepreneurial.<br />
« Avec Séverine, j’ai appris à ne<br />
pas avoir peur de montrer ma puissance<br />
et ma motivation. Elle m’a encouragée à<br />
utiliser ma force en tant que femme et<br />
ancienne athlète », raconte Aude. Quant<br />
à Mathieu Zamanian, il lui a appris à comprendre<br />
la valeur de son entreprise et à<br />
appréhender les codes et usages dans<br />
le monde des affaires. Guillaume du Poy,<br />
spécialisé dans l’accompagnement des<br />
start-up, lui a enseigné l’importance du<br />
réseautage et comment lever des fonds.<br />
« Il m’aide à casser mes barrières limitantes<br />
», continue-t-elle.<br />
Une mission au-delà du sport<br />
GolfHER ne vise pas uniquement à démocratiser<br />
le golf féminin, mais aussi à servir<br />
d’outil d’émancipation pour les femmes<br />
et à promouvoir l’égalité des sexes dans<br />
le sport. Aude souhaite ainsi que chaque<br />
personne, quel que soit son genre, puisse<br />
jouer selon ses besoins et ses envies. «<br />
Quand on aura atteint cela, cela signifiera<br />
que notre sport se proposera dans toute<br />
sa diversité sans besoin de genrer les<br />
choses ».<br />
Pour réaliser cette vision, GolfHER déploie<br />
plusieurs initiatives concrètes :<br />
un espace en ligne privé réservé aux<br />
70 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
femmes, des offres adaptées pour jouer<br />
au golf, un incubateur pour les joueuses<br />
professionnelles, et un programme visant<br />
à valoriser les enseignantes de golf.<br />
« Nous voulons fédérer et accompagner<br />
les organisations, les clubs et les coachs<br />
qui souhaitent intégrer une stratégie de<br />
féminisation », explique-t-il. Ces initiatives<br />
visent à briser les barrières d’ordre financier,<br />
social, ou psychologique qui peuvent<br />
décourager les femmes de s’engager<br />
dans le golf. « Le 100 % féminin rassure<br />
et permet de mettre le pied à l’étrier »,<br />
soutient Aude Bredel.<br />
© david Hauradou - Tous droits réservés à GolfHER<br />
Malgré les défis auxquels sont confrontées<br />
les femmes dans le golf, tels que le<br />
manque de temps, le coût élevé, et l’isolement<br />
ressenti dans les clubs, GolfHER<br />
s’efforce de proposer des solutions inclusives<br />
et accessibles. « Nous voulons<br />
montrer que le golf peut être fun et accessible<br />
à toutes », déclare Aude. Et cela<br />
fonctionne. Les retours des premières<br />
utilisatrices de GolfHER sont très positifs.<br />
Plus de 1200 femmes ont rejoint la communauté.<br />
« Elles sont heureuses de trouver<br />
un espace qui leur est entièrement<br />
dédié », explique-t-elle. Les partenaires<br />
de GolfHER sont aussi conquis. « Notre<br />
objectif est de prouver que l’investissement<br />
dans le sport féminin est non seulement<br />
socialement bénéfique, mais aussi<br />
économiquement viable », souligne Aude.<br />
Aude Bredel envisage de faire croître<br />
GolfHER en impliquant des dirigeantes<br />
et décideuses, et en élargissant l’offre<br />
à d’autres disciplines sportives. « Je souhaite<br />
renforcer la notion d’appartenance<br />
des femmes dans le golf, leur permettre<br />
de gagner en confiance, d’avoir le choix et<br />
d’oser se lancer, car le golf et les autres<br />
sports que nous mettrons en avant sont<br />
intéressant à intégrer dans son plan de<br />
carrière comme levier de performance et<br />
de bien être. », conclut-elle. WS<br />
Mathieu Zamanian<br />
Un mentor clé pour l’entrepreneuriat d’Aude Bredel<br />
Mathieu Zamanian, entrepreneur<br />
aguerri et défenseur de<br />
la parité professionnelle, joue<br />
un rôle déterminant dans<br />
le parcours entrepreneurial<br />
d’Aude Bredel. Engagé en<br />
tant que mentor dans le cadre<br />
du Palatine Women Project<br />
(PWP), Mathieu Zamanian<br />
met à profit son expérience<br />
pour guider et soutenir Bredel<br />
dans le développement<br />
de son projet.<br />
Mathieu Zamanian a découvert<br />
le PWP grâce à Séverine Desbouys,<br />
qui lui a présenté cette<br />
initiative. « Ce qui me plaît dans<br />
le PWP, c’est l’opportunité d’aider<br />
les femmes à surmonter les<br />
défis du monde des affaires,<br />
D.R.<br />
surtout dans un environnement<br />
bienveillant et orienté vers l’entraide<br />
», explique-t-il. Lors de<br />
sa première rencontre avec<br />
Aude, il a été immédiatement<br />
séduit par sa détermination et<br />
son enthousiasme. « Aude est<br />
une femme accomplie, dotée<br />
d’une soif d’apprendre et d’une<br />
capacité impressionnante à se<br />
remettre en question ».<br />
Son rôle de mentor consiste<br />
principalement à aider Aude à<br />
naviguer les aspects marketing<br />
et commerciaux de son entreprise.<br />
« Cela inclut la définition<br />
de son offre afin de répondre à<br />
un besoin réel identifié, ce qui<br />
est crucial pour pérenniser son<br />
activité le plus rapidement possible,<br />
indique-t-il. Nous faisons<br />
des points réguliers, et je suis<br />
toujours disponible pour écouter<br />
et offrir des conseils pragmatiques<br />
».<br />
Mais pour Mathieu Zamanian,<br />
l’accompagnement ne se limite<br />
pas aux conseils techniques : il<br />
apporte aussi une perspective<br />
basée sur la bienveillance et le<br />
recul. « Mon objectif est de l’aider<br />
à prendre les meilleures décisions<br />
possibles, en partageant<br />
mes propres réussites et échecs<br />
(…). Notre collaboration est<br />
étroite et bienveillante. Comme<br />
mentor, je m’efforce d’être à<br />
l’écoute, d’offrir des conseils<br />
basés sur mon expérience et<br />
un soutien pragmatique pour<br />
l’aider à surmonter les défis de<br />
son projet. Une communication<br />
ouverte et régulière nous permet<br />
d’ajuster rapidement notre<br />
approche et de répondre efficacement<br />
à ses besoins, le tout<br />
fondé sur la confiance mutuelle<br />
et un engagement partagé vers<br />
la réussite du projet. » n<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 71
FRANCOPHONIE<br />
Le CIJF et la Confédération des sports<br />
francophones innovent avec<br />
les championnats<br />
francophones<br />
de tennis de table<br />
Le Comité international des Jeux de la Francophonie et la Confédération des sports<br />
francophones se lancent dans un nouveau défi : organiser un championnat francophone de<br />
tennis de table, du 12 au 14 décembre 2024, à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Une compétition<br />
aux multiples objectifs, comme nous l’explique Ali Kanaté, président de la Confédération<br />
internationale des unions sportives francophones (CIUSF).<br />
PAR VANESSA MAUREL<br />
WOMEN SPORTS : PRÉSENTEZ-NOUS<br />
LA CONFÉDÉRATION DES SPORTS<br />
FRANCOPHONES ?<br />
ALI KANATÉ : La Confédération internationale<br />
des unions sportives francophones<br />
est une instance qui a pour but de<br />
développer le sport dans l'espace francophone,<br />
mais surtout de défendre les intérêts<br />
des unions sportives francophones et<br />
des fédérations nationales francophones<br />
auprès des organismes privés et publics.<br />
Pour cela, on met en place plusieurs actions,<br />
comme des actions de développement,<br />
notamment auprès des fédérations<br />
nationales et des collectivités territoriales.<br />
On renforce les capacités des collectivités<br />
territoriales ou des fédérations nationales<br />
en termes de formation, en mettant en<br />
place des formations sur la méthode de<br />
projet ou sur le projet événementiel. On<br />
fait des formations de fabrication artisanale<br />
de matériel, par exemple de tennis<br />
de table ou de badminton, pour rendre<br />
autonomes les collectivités territoriales<br />
en termes d'accès à du matériel lié à la<br />
pratique sportive. On organise également<br />
des camps d'entraînement autour de plusieurs<br />
disciplines.<br />
POUVEZ-VOUS NOUS PARLER DU<br />
CHAMPIONNAT FRANCOPHONE DE<br />
TENNIS DE TABLE JEUNES ?<br />
Ce championnat est le fruit d'une collaboration<br />
entre le CIJF et la Confédération<br />
internationale des unions sportives<br />
francophones. Un constat a été fait dans<br />
l'espace francophone qu'il existe très peu<br />
de compétitions pour les jeunes. Ce tournoi<br />
permettra de répondre à ce besoin,<br />
mais surtout de permettre à nos jeunes<br />
francophones de pouvoir marquer des<br />
points au classement de la Fédération<br />
internationale et d'être bien positionnés<br />
notamment pour les Jeux olympiques<br />
de la jeunesse qui auront lieu à Dakar.<br />
Notre objectif est surtout de permettre<br />
aux jeunes de marquer des points dans<br />
le classement de la Fédération internationale.<br />
Il y a un rapport avec les Jeux de la Francophonie<br />
en termes de stratégie. Comme<br />
vous le savez, les Jeux de la francophonie<br />
sont tous les 4 ans. L'idée est de pouvoir<br />
créer une transition entre chaque édition.<br />
Au lieu d'attendre tous les 4 ans pour parler<br />
du sport dans l'espace francophone,<br />
ce tournoi permettrait justement de faire<br />
vivre la francophonie sportive tous les<br />
ans. Pour cette première édition, ces<br />
championnats ne sont pas qualificatifs<br />
pour les Jeux de la francophonie. Cela le<br />
« IL Y A DEUX CATÉGORIES : LES FILLES<br />
ET LES GARÇONS. PUIS NOUS AVONS<br />
AUSSI UNE COMPÉTITION MIXTE. »<br />
72 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
En tennis de table,<br />
la francophonie<br />
sportive va pouvoir<br />
être mise en avant<br />
tous les ans !<br />
© CIJF<br />
sera peut-être plus tard, mais pour l'instant<br />
ce n'est pas le cas.<br />
Aujourd'hui, nous avons également un<br />
événement majeur, les Jeux Olympiques<br />
de la jeunesse, qui auront lieu dans un<br />
pays francophone, à Dakar. L'idée, c’est<br />
également de profiter de cet engouement<br />
des JOJ, comme un levier pour développer<br />
le sport dans l'espace francophone. On<br />
fait le constat qu'il y a très peu de compétitions<br />
destinées aux jeunes de moins de<br />
18 ans dans l'espace francophone.<br />
Il y a également une stratégie d’héritage.<br />
En 2017, Abidjan a organisé les Jeux de<br />
la Francophonie. En accueillant le championnat<br />
de tennis de table en décembre<br />
prochain, nous pourrons utiliser les infrastructures<br />
issues des Jeux de la Francophonie.<br />
QUI EST À L'ORIGINE DE CE<br />
TOURNOI ?<br />
C’est le CIJF, qui nous a approchés pour<br />
mettre en place cette compétition, en<br />
sachant que nous, la Confédération,<br />
sommes plutôt opérationnels et surtout<br />
proches des fédérations nationales et internationales,<br />
et surtout que nous avons<br />
comme membres affiliés les unions sportives<br />
francophones de toutes les disciplines.<br />
De notre côté, nous travaillons en<br />
lien avec l'Union francophone de tennis de<br />
table, la francophonie pongiste internationale,<br />
pour mettre en place ce tournoi.<br />
QUEL PUBLIC EST VISÉ ?<br />
Ce sont les jeunes de moins de 18 ans.<br />
Il y a deux catégories : les filles et les garçons.<br />
Puis nous avons aussi une compétition<br />
mixte.<br />
Ils accèdent au tournoi par la Fédération<br />
internationale. Les athlètes ne peuvent<br />
pas s'inscrire directement à cette compétition.<br />
Il faut qu'ils passent par leur<br />
Fédération nationale francophone (donc<br />
par l’une des Fédérations des 88 États<br />
qui sont membres de l’OIF), qui peuvent<br />
chacune engager deux joueurs, donc une<br />
fille et un garçon.<br />
QUELS SERONT LES OBJECTIFS<br />
PRÉCIS DE CE PREMIER<br />
CHAMPIONNAT ?<br />
L'objectif, c'est d'avoir d'abord le maximum<br />
de participants. Donc avec le CIJF,<br />
nous nous sommes donné l'objectif<br />
d'avoir au moins 15 pays participants.<br />
Bon, nous ne sommes pas loin de l'objectif,<br />
parce que pour l'instant, nous en<br />
avons 13 et nous sommes quand même à<br />
3-4 mois de la compétition. Donc je pense<br />
que l'objectif sera atteint. Et puis ensuite,<br />
c'est de réussir l'événement pour que<br />
nos athlètes puissent vraiment participer<br />
dans de bonnes conditions. Et donc pour<br />
cela, toutes les parties concernées sont<br />
très impliquées pour la réussite de cette<br />
compétition. Donc ça, c'est un premier<br />
objectif en termes d'organisation, etc.<br />
Et le deuxième objectif est déjà atteint.<br />
Parce qu'aujourd'hui, cette compétition<br />
est dans le calendrier de la Fédération internationale<br />
des tennis de table. Donc ce<br />
qui va permettre à nos jeunes de marquer<br />
des points. Donc voilà, essentiellement,<br />
c'est deux objectifs. WS<br />
D.R.<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 73
IL ÉTAIT UNE FOIS<br />
RETOUR SUR…<br />
Tir aux pigeons, tir à la corde,<br />
pêche à la ligne, saut sans élan…<br />
ces sports insolites<br />
qui ont été un jour au<br />
programme des JO !<br />
Tous les quatre ans, le CIO<br />
s’évertue à renouveler son<br />
programme. Ainsi, des<br />
épreuves sont ajoutées.<br />
Pas n’importe comment<br />
puisque les disciplines<br />
doivent respecter une<br />
charte olympique bien<br />
précise. Et pour faire de<br />
la place à ces nouvelles<br />
épreuves, certaines sont<br />
malheureusement (ou pas)<br />
rayées du programme. Du<br />
tir à la corde à la pêche à la<br />
ligne, zoom sur ces sports<br />
insolites d’un jour aux JO.<br />
PAR RUBEN DIAS<br />
1<br />
© testing / Shutterstock<br />
LA NATATION SYNCHRONISÉE<br />
EN SOLO :<br />
Commençons cette sélection<br />
doucement. Déjà, la natation<br />
synchronisé n’a d’intérêt que dans le<br />
jeu Mario et Sonic aux JO (on rigole<br />
bien sûr). Mais en 1984, le CIO a<br />
eu l’incroyable idée d’inclure à son<br />
programme la natation synchronisée<br />
en solo. Comment dire… Ils étaient<br />
plutôt contents de leur idée puisque<br />
l’épreuve restera au programme en<br />
1988 et 1992.<br />
2<br />
LE DUEL AU PISTOLET :<br />
On passe un cran avec cette épreuve.<br />
Il faut remonter en 1912 à Stockholm<br />
pour le premier, et seul, duel au<br />
pistolet olympique. Attention, pas<br />
Lucky Luke, pas de Far West et… pas<br />
de participants qui se tirent dessus.<br />
Nos courageux athlètes devaient<br />
viser des mannequins vêtus de<br />
redingotes avec des cibles peintes<br />
sur la poitrine. C’était LE sport des<br />
gentlemen.<br />
D.R.<br />
3<br />
LE POLO À BICYCLETTE :<br />
Originaire d’Irlande, la discipline<br />
fut intégrée aux JO de Londres en<br />
1908. Sport très semblable au polo<br />
traditionnel, à la seule nuance près<br />
de la monture. Au lieu d’enfourcher<br />
un cheval, c’est un vélo qui est<br />
utilisé. À 5 contre 5, les joueurs<br />
s’affrontent et, avec un maillet,<br />
envoient la balle dans les cages<br />
adverses. En France, un championnat<br />
est toujours organisé...<br />
D.R.<br />
4<br />
LE TANDEM :<br />
Le saviez-vous, le cyclisme est l’un<br />
des rares sports à avoir figuré lors<br />
de toutes les éditions des Jeux<br />
Olympiques ? Mais l’une d’entre<br />
elles reste assez singulière. De 1908<br />
à 1972, ont eu lieu des épreuves<br />
de… tandem. Toujours utilisé pour<br />
permettre aux aveugles de participer<br />
au cyclisme aux Jeux Paralympiques,<br />
ce moyen de transport reste<br />
étonnant. Et respect à celui qui<br />
prenait le train arrière, avec celui de<br />
son binôme sous le nez.<br />
D.R.<br />
5<br />
LE SAUT SANS ÉLAN :<br />
Mais pourquoi se fatiguer à courir ?<br />
En 1912, c’est la question que le<br />
CIO s’est posé. Le principe, vous<br />
l’aurez compris : faire le saut le plus<br />
long, sans aucune course autorisée.<br />
L’Américain Ray Ewry, recordman de<br />
l’épreuve franchissant les 1,65 m,<br />
a remporté 8 titres olympiques, à<br />
l’arrêt complet donc !<br />
D.R.<br />
74 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
6<br />
D.R.<br />
7<br />
LE PLONGEON EN LONGUEUR :<br />
C’est un véritable défi de camping<br />
qui a eu lieu en 1904 à Saint-Louis<br />
(la 3 e olympiade, aux Etats-Unis).<br />
Les athlètes devaient plonger dans<br />
une piscine, puis voir jusqu’où ils<br />
pouvaient avancer sous l’eau avant<br />
de devoir remonter à la surface.<br />
LA NATATION SOUS-MARINE :<br />
L’objectif de l’épreuve est simple :<br />
faire la plus longue distance en<br />
apnée, tout en prenant tout son<br />
temps pour remonter à la surface.<br />
Les nageurs remportaient 2 points<br />
par mètre parcouru et 1 par seconde<br />
passée sous l’eau… Cocorico, le<br />
vainqueur est français. Charles<br />
Devendeville a parcouru 60 m en<br />
1m, 8s et 4 ms pour un total de<br />
188,4 points.<br />
D.R.<br />
8<br />
LE 200 M NAGE AVEC OBSTACLES :<br />
Pour cette épreuve, les athlètes<br />
devaient grimper sur un poteau,<br />
comme à Koh Lanta, enjamber<br />
plusieurs bateaux et passer sous<br />
la coque d’une péniche. Une drôle<br />
d’épreuve remportée par l’Australien<br />
Fred Lane. Des épreuves loufoques<br />
qui ont eu lieu sur la Seine.<br />
10<br />
D.R.<br />
9<br />
LE TIR À LA CORDE :<br />
On touche au but avec l’un des<br />
sports les plus loufoques. Déjà<br />
pratiqué lors des Jeux de l’Antiquité,<br />
cette discipline a figuré dans le<br />
programme olympique entre 1900 et<br />
1920. Le but : deux équipes tirent<br />
sur une corde pour que l’adversaire<br />
franchisse la ligne tracée au sol.<br />
Comme à la kermesse quoi !<br />
D.R.<br />
PETIT CLIN D’OEIL À L’ÉDITION LA PLUS<br />
LOUFOQUE DE TOUTES… PARIS 1900<br />
Il s’agissait seulement de la 2 e édition des Jeux Olympiques de l’ère moderne.<br />
En 1900, après Athènes, Paris a eu l’honneur d’accueillir les JO. Il faudrait un<br />
article entier pour vous raconter le fiasco de cette édition, alors focalisons-nous<br />
sur les épreuves les plus bizarres.<br />
LE SAUT EN LONGUEUR ET LE<br />
SAUT EN HAUTEUR À CHEVAL :<br />
Oui, cela a existé, en 1900 ! C’est<br />
avec pas mal de scepticisme que l’on<br />
vous présente cette épreuve. Le but<br />
était donc de sauter, soit le plus loin<br />
possible, soit le plus haut possible,<br />
avec son cheval. À quand du saut à<br />
la perche en canasson ?<br />
D.R.<br />
D.R.<br />
11<br />
LA PÊCHE À LA LIGNE :<br />
Cette épreuve s’est déroulée sur l’île<br />
aux cygnes en plein cœur de Paris en<br />
1900. Le succès fut total avec 600<br />
concurrents dont 40 étrangers et plus<br />
de 20 000 visiteurs. Le tout pour<br />
un triste bilan de 2 000 poissons<br />
capturés dont 881 sont décédés.<br />
C’est Elie Lesueur qui a le mieux<br />
gardé la ligne.<br />
12<br />
BALLONS VOLANTS :<br />
Définitivement, Paris, tu nous<br />
surprendras toujours. En 1900,<br />
différentes épreuves de ballons<br />
étaient au programme : durée de<br />
vol maximale, distance maximale,<br />
altitude maximale et distance<br />
minimale… Pour l’anecdote, le<br />
vainqueur, et recordman mondial,<br />
s’est posé en Ukraine, après<br />
2 000 km parcourus… Une belle<br />
galère à organiser.<br />
D.R.<br />
13<br />
TIR AU PIGEON VIVANT :<br />
On termine avec l’épreuve la plus<br />
improbable jamais disputée (même<br />
si certaines rumeurs indiquent qu’en<br />
1904 des cerfs vivants étaient utilisés<br />
pour l’épreuve du tir). Le titre dit<br />
tout. L’objectif était de tirer sur des<br />
pigeons… vivants. Sur la seule journée<br />
de compétition, près de 300 volatiles<br />
ont été abattus. 21 pour le seul<br />
vainqueur. L’épreuve ne se déroulera<br />
qu’à une reprise, déjà jugée très peu<br />
éthique à l’époque. Aujourd’hui, ce sont<br />
des oiseaux en argile qui sont utilisés.<br />
D.R.<br />
© railway fx / Shutterstock<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 75
FEMMES D’INFLUENCE AVEC<br />
RENCONTRE INSPIRANTE<br />
Marine Antoine :<br />
au cœur du développement<br />
d’emlyon en Afrique<br />
Directrice des opérations pour l’Afrique chez emlyon Business School, Marine Antoine,<br />
ancienne élève de l’école et gymnaste, nous dévoile les défis et les opportunités de son rôle.<br />
Entretien inspirant. PROPOS RECUEILLIS PAR VANESSA MAUREL<br />
WOMEN SPORTS : POUVEZ-VOUS<br />
NOUS PARLER DE VOS PRINCIPALES<br />
MISSIONS EN TANT QUE DIRECTRICE<br />
DU DÉVELOPPEMENT POUR LA ZONE<br />
AFRIQUE CHEZ EMLYON ?<br />
MARINE ANTOINE : En tant qu’intrapreneure<br />
au sein d’emlyon, je supervise notre<br />
développement en Afrique, une activité récente.<br />
Nous avons ouvert le bureau à Abidjan<br />
il y a trois ans. Nos missions se répartissent<br />
en trois axes principaux. Le premier<br />
concerne le recrutement et les admissions,<br />
où nous offrons un accompagnement personnalisé<br />
aux étudiants africains, de divers<br />
pays, souhaitant intégrer nos campus en<br />
France pour des programmes de formation<br />
initiale ou continue. C’est notre activité principale.<br />
Le deuxième axe se concentre sur<br />
le développement, un domaine où je suis<br />
particulièrement impliquée. Nous établissons<br />
des partenariats avec des institutions<br />
locales, comme des universités, des lycées,<br />
les différents bureaux Campus France et des<br />
institutions gouvernementales. Nos objectifs<br />
incluent la promotion d’échanges académiques,<br />
la création de doubles diplômes et<br />
la co-construction de programmes de qualité<br />
et adaptés aux attentes d’un public varié :<br />
étudiants, entrepreneurs, gouvernements…<br />
« PRÈS DE 60% DES AFRICAINS ONT<br />
MOINS DE 25 ANS, IL Y A UN VRAI<br />
BESOIN DE FORMATIONS. »<br />
D.R.<br />
Nous collaborons aussi avec des entreprises<br />
pour développer des formations sur<br />
mesure et avec des institutions qui offrent<br />
des bourses d’études. Ce volet s’étend à<br />
plusieurs pays africains. Enfin, le troisième<br />
axe porte sur la visibilité, la notoriété et le réseau.<br />
Nous participons activement à divers<br />
événements, webinaires et conférences.<br />
Nous avons un réseau d’alumni solide, avec<br />
180 anciens élèves à Abidjan, 500 anciens<br />
au Maroc, 70 au Cameroun… Nous sommes<br />
près de 1600 alumni à travers l’Afrique ce<br />
qui nous aide à renforcer notre présence sur<br />
le continent.<br />
QUELS SONT VOS PLUS GRANDS<br />
DÉFIS DANS LE DÉVELOPPEMENT<br />
DE LA PRÉSENCE D’EMLYON EN<br />
AFRIQUE ?<br />
Les défis sont nombreux et variés. En termes<br />
de logistique et de gestion d’équipe, il faut<br />
tenir compte des différences culturelles et<br />
linguistiques et des façons de travailler sur<br />
différentes missions entre les différentes<br />
équipes (en Afrique, en Europe et en Asie<br />
principalement). Nos programmes doivent<br />
être pertinents et en adéquation avec les<br />
besoins et attentes du public, avec des partenariats<br />
adaptés à chaque pays, car une<br />
collaboration au Gabon ne se déroule pas<br />
comme au Sénégal. De plus, le contexte<br />
politique, les enjeux financiers, l’accès à la<br />
technologie, et les questions sociétales et<br />
environnementales influencent notre approche<br />
stratégique.<br />
Par ailleurs, il est important de gagner et<br />
de maintenir la confiance des étudiants,<br />
des entreprises, et des institutions en démontrant<br />
constamment la valeur de nos<br />
diplômes, même si emlyon jouit déjà d’une<br />
bonne réputation. La stratégie de développement<br />
de nos activités évolue en cours<br />
d’année, car le véritable défi est de tenir<br />
76 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
Mieux comprendre<br />
les enjeux pour<br />
adapter les actions<br />
en local, tel est<br />
l’objectif de Marine<br />
Antoine.<br />
“<br />
VOUS AVEZ<br />
ÉTÉ GYMNASTE.<br />
PARLEZ-NOUS DE<br />
CE PARCOURS<br />
SPORTIF !<br />
J’ai commencé la gymnastique<br />
rythmique très tôt et intégré un<br />
sport-études dès l’âge de 10 ans.<br />
Grâce à cette expérience en<br />
tant que sportive de haut niveau<br />
(jusqu’à 24 heures de sport<br />
par semaine), j’ai acquis une<br />
expérience très enrichissante.<br />
Ce sport nécessite énormément<br />
de rigueur et de motivation mais<br />
est aussi malheureusement fait<br />
d’injustices qui m’ont appris à me<br />
relever et à ne jamais abandonner.<br />
La détermination, la persévérance,<br />
la résistance au stress et à l’énorme<br />
pression des entraîneurs, les<br />
déceptions ont fait partie de mon<br />
quotidien... mais j’ai aussi connu<br />
la joie de voir tous ces efforts<br />
récompensés et le bonheur d’avoir<br />
atteint mes objectifs ! Une étape<br />
marquante de ma carrière a été ma<br />
dernière compétition. J’étais blessée<br />
et sur le banc, mais j’ai insisté pour<br />
participer malgré les obstacles.<br />
Nous avons remporté le titre de vicechampionne<br />
de France !<br />
D.R.<br />
compte en permanence des réalités économiques,<br />
politiques et sociales de la région.<br />
Parallèlement, nous développons des<br />
projets liant sport et études : études : 26<br />
étudiants athlètes que nous accompagnons<br />
ont offert 7 belles médailles à la France aux<br />
JO 2024 !<br />
COMMENT LA STRATÉGIE DE<br />
DÉVELOPPEMENT D’EMLYON<br />
S’ADAPTE-T-ELLE AU CONTEXTE<br />
AFRICAIN, QUI EST DIFFÉRENT DE<br />
CE QUE VOUS AVEZ PU CONNAÎTRE<br />
AILLEURS ?<br />
Nous avons la chance de travailler avec une<br />
équipe diversifiée composée de membres<br />
ivoiriens, sénégalais, et nigérians, ce qui<br />
nous aide à mieux comprendre le marché et<br />
à adapter nos actions. Bien que passionnée<br />
par l’Afrique, je suis consciente que mon<br />
expérience ne peut égaler celle de ceux qui<br />
y vivent. Notre stratégie n’est pas de créer<br />
un campus physique pour le moment, mais<br />
de rencontrer des partenaires et institutions<br />
locales pour co-construire des initiatives<br />
adaptées.<br />
QU’EST-CE QUI VOUS PLAÎT LE PLUS<br />
DANS VOTRE TRAVAIL ?<br />
Ce que j’apprécie le plus, c’est la diversité<br />
de mes missions et le rôle de « couteau<br />
suisse » que j’occupe. Avec notre petite<br />
équipe, j’ai une grande liberté d’action, ce<br />
qui me permet de pratiquer l’intrapreneuriat<br />
au quotidien. Il y a tant d’opportunités en<br />
Afrique, négligées par les grandes écoles,<br />
malgré une demande croissante, ce qui<br />
rend mon travail passionnant. Près de 60%<br />
des Africains ont moins de 25 ans, il y a un<br />
vrai besoin de formations en adéquation<br />
avec les réalités du marché de l’emploi !<br />
QUELS SONT, SELON VOUS, LES<br />
POINTS FORTS D’EMLYON BUSINESS<br />
SCHOOL ?<br />
L’un des principaux atouts d’emlyon est<br />
son orientation internationale, avec plus<br />
de 220 partenariats académiques et des<br />
étudiants de 130 nationalités. Cet environnement<br />
international enrichit les étudiants.<br />
Notre solide réseau d’entreprises offre de<br />
nombreuses opportunités de stages et<br />
d’emplois. De plus, notre réseau de 45 000<br />
anciens élèves à travers le monde facilite<br />
les connexions professionnelles, l’accès à<br />
l’emploi, et crée un fort sentiment de communauté<br />
parmi étudiants et diplômés. WS<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 77
TRIBUNE PAR<br />
“<br />
Promouvoir<br />
et développer<br />
le sport sous<br />
toutes ses<br />
formes<br />
Des actions en faveur<br />
de la pratique sportive<br />
Une nouvelle<br />
étape de plus a<br />
été franchie pour<br />
promouvoir le sport<br />
par les collectivités<br />
territoriales<br />
francophones.<br />
C’est pour promouvoir<br />
et développer le sport et<br />
le parasport au sein des<br />
collectivités territoriales<br />
francophones que<br />
l’Association internationale<br />
des maires francophones,<br />
la Ville d’Espalion, et la<br />
Confédération internationale<br />
des Unions sportives<br />
francophones unissent leurs<br />
efforts.<br />
PAR L’ ASSOCIATION INTERNATIONALE DES MAIRES<br />
FRANCOPHONES (AIFM)<br />
Action locale et coopération<br />
décentralisée : des leviers<br />
décisifs pour développer la<br />
pratique sportive<br />
En 2020, la commune d’Espalion a obtenu<br />
les labels « Centre de Préparation<br />
aux Jeux Olympiques de Paris 2024 » et<br />
« Terre de Jeux 2024 » pour le tennis de<br />
table, le tennis de table handisport, et<br />
le handball. Pour mettre en valeur ces<br />
labels, la Ville a engagé des actions<br />
dans divers domaines notamment le<br />
sport et la coopération décentralisée.<br />
Depuis 2022, grâce au dispositif « Sport<br />
et coopération internationale », la Ville,<br />
en partenariat avec l’Union francophone<br />
de tennis de table, a soutenu la pratique<br />
de ce sport en partenariat avec six collectivités<br />
territoriales francophones.<br />
Ce projet a été reconnu par le Comité<br />
d’organisation de Paris 2024 et s’est vu<br />
décerné le label « Impact 2024 ».<br />
En 2023, Espalion a accueilli le premier<br />
séminaire des dirigeants d’Unions<br />
sportives francophones. Cet événement<br />
inédit a rassemblé de nombreux<br />
acteurs clés du sport francophone,<br />
tels que la délégation ministérielle à<br />
la Francophonie sportive, les collectivités<br />
territoriales, le Comité international<br />
des Jeux de la Francophonie, les Unions<br />
sportives francophones, le Comité paralympique<br />
et sportif français, ainsi que<br />
l’Association Francophone des Comités<br />
nationaux olympiques. Ils ont pu se rencontrer,<br />
échanger et identifier ensemble<br />
leurs besoins mutuels pour développer<br />
le sport dans l’espace francophone. La<br />
nécessité de s’appuyer sur l’échelle locale,<br />
et donc sur les communes, était<br />
pour tous une priorité.<br />
À l’issue du séminaire et sur la base<br />
des résultats positifs obtenus lors<br />
des actions menées en 2022 et 2023,<br />
une nouvelle étape a été franchie<br />
pour promouvoir le sport dans les<br />
collectivités territoriales francophones.<br />
Éric Picard, maire d’Espalion,<br />
Pierre Baillet, secrétaire permanent<br />
d’alors de l’Association internationale<br />
des maires francophones (AIMF),<br />
et Kanaté Ali, président de la Confé-<br />
D.R.<br />
78 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
D.R.<br />
« EN 2023, LA COMMUNE D’ESPALION<br />
A ACCUEILLI LE PREMIER SÉMINAIRE<br />
DES DIRIGEANTS D’UNIONS SPORTIVES<br />
FRANCOPHONES. »<br />
- la formation à la fabrication artisanale<br />
de matériel sportif,<br />
- la formation des cadres pour développer<br />
et organiser le sport localement,<br />
- les séjours d’immersion dans les associations<br />
sportives françaises et d’Espalion,<br />
dération internationale des Unions<br />
sportives Francophones (CIUSF), ont<br />
signé une convention et identifier<br />
avec l’aide des fédérations nationales,<br />
dix collectivités territoriales<br />
francophones pour une candidature<br />
commune à l’appel à projets «Sport et<br />
Coopération Décentralisée 2024» du<br />
Ministère Français de l’Europe et des<br />
Affaires Étrangères.<br />
Les collectivités qui se sont ainsi mobilisées<br />
sont celles d’Abidjan en Côte<br />
d’Ivoire, de Boffa en Guinée, de Cotonou<br />
au Bénin, d’Haho au Togo, de Korbol<br />
au Tchad, de Libreville au Gabon,<br />
de Pikine au Sénégal, de Pointe-Noire<br />
au Congo, et de Sfax en Tunisie, ainsi<br />
que le Nouveau-Brunswick au Canada.<br />
Ces collectivités représentent<br />
à chaque fois un terrain intéressant<br />
permettant de structurer la pratique<br />
et le développement du sport tout en<br />
rencontrant également d’importants<br />
besoins en termes d’accès à du matériel<br />
et à la formation.<br />
Objectif : renforcer les<br />
capacités des collectivités<br />
territoriales et utiliser<br />
le sport comme levier<br />
de développement et de<br />
cohésion sociale<br />
Le projet, piloté par la Confédération<br />
internationale des Unions sportives<br />
francophones (CIUSF) avec le soutien<br />
de la ville d’Espalion et de l’association<br />
internationale des maires francophones<br />
(AIMF), vise à promouvoir la<br />
pratique sportive dans ces collectivités<br />
autour de quatre axes principaux :<br />
- l’appui à la création de clubs omnisports.<br />
Le développement d’actions en milieu<br />
scolaire et la mise en place d’ateliers<br />
autour de la Francophonie sont également<br />
inclus et feront écho aux valeurs<br />
de partage et de coopération qui sont<br />
celles du sport autant que de la Francophonie.<br />
Un autre point clé est celui de la fabrication<br />
artisanale de matériel sportif,<br />
qui permet aux collectivités territoriales<br />
plus d’autonomie. En effet, l’un des<br />
principaux défis pour la pratique sportive<br />
dans les collectivités francophones<br />
africaines est le manque d’équipements<br />
abordables et le processus coûteux et<br />
long d’importation de matériel de l’étranger.<br />
Ce projet répond donc à<br />
© Kibuuka<br />
EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 WOMEN SPORTS 79
TRIBUNE PAR<br />
“ Des disciplines<br />
comme le badminton<br />
seront développées<br />
dans ces territoires<br />
en lien avec<br />
l’ensemble des<br />
acteurs qui vont vivre<br />
le sport localement.”<br />
D.R. D.R.<br />
D.R.<br />
cette problématique tout en<br />
réduisant l’empreinte écologique et en<br />
contribuant à l’économie locale.<br />
Quel impact pour les<br />
habitant.e.s… et pour les<br />
collectivités locales ?<br />
Les activités concrètes du projet ont débuté<br />
en juillet 2024 à Abidjan, Cotonou et<br />
Haho et vont se poursuivre tout au long<br />
de l’année 2024 à Sfax, Pikine, Boffa,<br />
ainsi qu’au Nouveau Brunswick en 2025.<br />
Des disciplines comme le ping-pong, le<br />
badminton, la natation, le basketball, le<br />
volleyball, le surf, le skateboard ou encore<br />
le tennis seront développées dans<br />
ces territoires en lien avec l’ensemble<br />
des acteurs et parties prenantes qui vont<br />
vivre le sport localement.<br />
« BIEN SÛR, L’INCLUSION EST AU CŒUR<br />
DE CETTE ACTION. CELLE DES FEMMES,<br />
QUI CONSTITUENT AU MOINS 20 % DES<br />
BÉNÉFICIAIRES DU PROJET. »<br />
Dans chaque collectivité, le travail<br />
avec les artisans locaux a permis ou<br />
va permettre tout d’abord de fabriquer<br />
du matériel sportif adapté aux priorités<br />
identifiées par la collectivité. À titre<br />
d’exemple, pendant la première phase<br />
qui vient de s’achever en Afrique de<br />
l’ouest, 10 tables de tennis de table<br />
et 10 paires de poteaux de badminton<br />
ont été fabriqués avec du matériel local.<br />
La dimension économique de ce projet<br />
est donc importante puisqu’il s’agit là<br />
de soutenir la mise en place d’une filière<br />
économique locale qui associe de<br />
nombreux secteurs d’activité, tels que<br />
la menuiserie, la peinture ou encore la<br />
chaudronnerie.<br />
Pour mobiliser les jeunes et les inciter à<br />
la pratique sportive, des camps d’entraînement<br />
autour de plusieurs disciplines<br />
sont organisés : plusieurs milliers de<br />
jeunes vont en bénéficier. Les cours<br />
théoriques et pratiques dispensés dans<br />
ce cadre aux stagiaires et aux membres<br />
des fédérations vont leur permettre de<br />
poursuivre ces initiatives dans l’avenir.<br />
Bien sûr, l’inclusion est au cœur de cette<br />
action. Celle des femmes, qui constituent<br />
au moins 20 % des bénéficiaires<br />
du projet. Celle aussi des personnes<br />
à mobilité réduite, qui en représentent<br />
5 % au moins. C’est donc bien le sport<br />
pour tous et avec tous que la Confédération<br />
entend promouvoir.<br />
Mais encourager le sport localement,<br />
ce n’est pas seulement travailler sur<br />
la pratique. C’est aussi travailler sur la<br />
gouvernance. Près d’une centaine de<br />
dirigeants, élus ou responsables associatifs,<br />
seront formés sur ces questions,<br />
notamment sur la méthodologie de projet<br />
événementiel et la gestion de projets<br />
sportifs. Les premières formations dispensées<br />
en juillet en Côte d’Ivoire, au<br />
Bénin et au Togo ont déjà permis de<br />
former 25 dirigeants, à l’occasion d’une<br />
mission d’expertise à laquelle participaient<br />
également Kanaté Ali et Christine<br />
Ghys, respectivement président et<br />
secrétaire générale de la Confédération<br />
internationale des Unions sportives<br />
francophones (CIUSF).<br />
À partir d’octobre, Espalion accueillera<br />
par ailleurs un cadre territorial de<br />
chaque collectivité partenaire pour un<br />
stage d’immersion au sein des associations<br />
locales, avec le soutien des<br />
unions sportives francophones. WS<br />
80 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
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À l’abordage !<br />
Captain Flip est un jeu familial, amusant et<br />
accessible. Chaque joueur tente de compléter<br />
son bateau avec des membres d’équipage<br />
en tirant des tuiles et en décidant s’il<br />
préfère appliquer le pouvoir de la tuile ou<br />
tenter sa chance en la retournant. L’ajout<br />
de la carte au trésor et des pouvoirs variés<br />
agrémente par ailleurs une touche stratégique.<br />
L’ambiance piraterie, ses parties rapides,<br />
raviront beaucoup de joueurs.<br />
82 WOMEN SPORTS N°34 • Octobre-Novembre-Décembre 2024 EN SAVOIR PLUS SUR WWW.WOMENSPORTS.FR
JEUX DE SPORT<br />
SYNC OR SWIM (iello)<br />
La natation synchronisée<br />
en jeu<br />
Dans Sync or Swim prenez la place dans le<br />
bassin pour une épreuve de natation synchronisée<br />
et évitez le naufrage collectif.<br />
Avec vos coéquipiers, exécutez, à la perfection<br />
et dans un temps imparti, toute une<br />
routine de natation synchronisée. Chaque<br />
mouvement nécessite une coordination et<br />
une adaptation aux twists inattendus. Une<br />
application, très réussie, est nécessaire<br />
pour parcourir les 15 routines.<br />
SPEED BAC (Pop Games)<br />
Rapidité et répartie au menu<br />
Speed Bac, un jeu effréné où rapidité et humour<br />
sont de mise. L’iconique petit bac est<br />
revisité ici dans une version très réussie.<br />
Sur l’une des faces de chaque carte, une<br />
lettre, sur l’autre, un thème varié et hilarant.<br />
« Après le sport on… » Alors, si l’on retourne<br />
un P, on criera « Prend une douche ».<br />
La spontanéité et la répartie payeront. Les<br />
parties durent entre 15 et 30 minutes et garantissent<br />
de sincères fous rires.<br />
Défiez les rois de la course<br />
à pied dans TRAIL UP !<br />
Trail Up ! vous plonge dans une course intense<br />
où stratégie et endurance se mêlent.<br />
Ce jeu vous met au défi d’optimiser votre<br />
itinéraire, de gérer vos efforts et de contrer<br />
vos adversaires. Que vous jouiez en solo ou<br />
en équipe, chaque partie est une aventure<br />
unique à travers une vallée montagneuse.<br />
Forêt, plaine, roche et neige vous attendent<br />
pour une course pleine de rebondissement.<br />
Dépasserez-vous François d’Haene et Kilian<br />
Jornet, les rois du trail ? Dans Trail Up ! c’est<br />
possible.<br />
SPÉCIAL PARIS<br />
KRONOLOGIC (Origames)<br />
Retour dans le Paris des années 20 pour<br />
résoudre les mystères de l’opéra<br />
Kronologic vous transporte dans le Paris des années 1920, où des<br />
crimes mystérieux se déroulent à l’Opéra. Ce jeu de déduction,<br />
d’une élégance rare, propose une expérience unique. Choisissez<br />
un scénario, visitez les lieux, enquêtez pour comprendre ce qu’il<br />
s’est passé et déduisez !<br />
LES AVENTURIERS DU RAIL<br />
Évasion à travers la Ville<br />
Lumière (Days of Wonder)<br />
Explorez la capitale française des années<br />
folles avec Les Aventuriers du Rail : Paris. Une<br />
version Cocorico de l’excellente franchise. En<br />
seulement quinze minutes, construisez des itinéraires<br />
en collectant des cartes de transport<br />
et en complétant des billets reliant des lieux<br />
emblématiques de la capitale. Montmartre, la<br />
Tour Eiffel, Notre Dame et bien d’autres. Le jeu<br />
introduit une petite nouveauté, la création d’un<br />
drapeau français avec des cartes de couleurs<br />
qui rapporte des points bonus !<br />
Dans la vague des jeux sous licence<br />
Jeux Olympiques Paris 2024, et pour<br />
prolonger le plaisir, nous vous invitons à<br />
poursuivre l’expérience avec les cultes<br />
Dobble et Jungle Speed JO2024. Des<br />
classiques que l’on ne présente plus<br />
(mais on l’a quand même fait sur womensports.fr).<br />
OTTERWOOD (Lutra Games)<br />
Devenez une légende du cinéma !<br />
Produisez des films à gros budget en vous entourant<br />
des meilleurs. Surfez sur les différentes tendances<br />
cinématographiques en engageant des artistes aux<br />
traits animaliers. Dans Otterwood, vous incarnerez<br />
un-e producteur-rice de cinéma avec pour objectif de<br />
tout casser ! Maximisez vos profits, en vous pavanant<br />
parmi les clins d’oeil amusants à l’industrie du 7e<br />
art. Sa direction artistique c’est du 5 étoiles. Très<br />
agréable à jouer, il est devenu incontournable dans<br />
notre ludothèque.<br />
© JORANAL/ Shutterstock<br />
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