22.10.2024 Vues

SEPTEMBRE / OCTOBRE 2024 - N˚263

Télétravail, le début de la fin ? « En observant ces cinq dernières années, nous continuons de penser que les avantages d’être tous ensemble au bureau sont importants », écrivait ce lundi 16 septembre Andy Jassy, patron d’Amazon, dans un message interne annonçant sa décision de ramener tous ses salariés au bureau 5 jours sur 5 dès janvier prochain. Depuis, c’est l’effervescence, et pas seulement chez les employés du géant du commerce en ligne. Sonne-t-on le glas du télétravail ? Les grands patrons semblent en avoir fait le procès ces derniers mois et rendent leur jugement tour à tour. Mais la sentence du directeur d’Amazon compte parmi les peines les plus lourdes : plutôt que d’encadrer le travail hybride, elle y met fin. Pourquoi, près de cinq ans après sa généralisation, tant d’entreprises en reviennent-elles ? (...)

Télétravail, le début de la fin ?
« En observant ces cinq dernières années, nous continuons de penser que les avantages d’être tous ensemble au bureau sont importants », écrivait ce lundi 16 septembre Andy Jassy, patron d’Amazon, dans un message interne annonçant sa décision de ramener tous ses salariés au bureau 5 jours sur 5 dès janvier prochain. Depuis, c’est l’effervescence, et pas seulement chez les employés du géant du commerce en ligne. Sonne-t-on le glas du télétravail ? Les grands patrons semblent en avoir fait le procès ces derniers mois et rendent leur jugement tour à tour. Mais la sentence du directeur d’Amazon compte parmi les peines les plus lourdes : plutôt que d’encadrer le travail hybride, elle y met fin. Pourquoi, près de cinq ans après sa généralisation, tant d’entreprises en reviennent-elles ? (...)

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<strong>SEPTEMBRE</strong> / <strong>OCTOBRE</strong> <strong>2024</strong> - <strong>N˚263</strong><br />

www.gemengen.lu<br />

CHRISTIAN WEIS ET<br />

MERIS ŠEHOVIĆ<br />

Commune d’Esch | La mobilité de demain est déjà en route<br />

CLAUDE CARDOSO<br />

CSL/LLLC<br />

Former les talents de demain<br />

CLAUDE DEMUTH<br />

LU-CIX<br />

« Gemengen Dag » :<br />

une journée pour la cyberrésilience<br />

des communes<br />

PHILIPP VON RESTORFF<br />

Un parfum de l’ILA


L’expérience employé que vous<br />

proposez correspond-elle aux attentes<br />

de vos collaborateurs ?<br />

Les perceptions des employés et des responsables des<br />

ressources humaines sur l’expérience collaborateur divergent<br />

souvent. Les entreprises qui aspirent à une réussite durable<br />

doivent s’atteler à combler cet écart.<br />

ey.com/lu/<br />

© <strong>2024</strong> Ernst & Young S.A. All Rights Reserved. ED None.


3<br />

ÉDITO<br />

Télétravail : le début de la fin ?<br />

PAR ADELINE JACOB<br />

« En observant ces cinq dernières années, nous continuons de<br />

penser que les avantages d’être tous ensemble au bureau sont<br />

importants », écrivait ce lundi 16 septembre Andy Jassy, patron<br />

d’Amazon, dans un message interne annonçant sa décision de<br />

ramener tous ses salariés au bureau 5 jours sur 5 dès janvier prochain.<br />

Depuis, c’est l’effervescence, et pas seulement chez les<br />

employés du géant du commerce en ligne. Sonne-t-on le glas du<br />

télétravail ? Les grands patrons semblent en avoir fait le procès<br />

ces derniers mois et rendent leur jugement tour à tour. Mais la<br />

sentence du directeur d’Amazon compte parmi les peines les plus<br />

lourdes : plutôt que d’encadrer le travail hybride, elle y met fin.<br />

Pourquoi, près de cinq ans après sa généralisation, tant d’entreprises<br />

en reviennent-elles ?<br />

Dans une interview accordée à CNBC en avril, John Donahoe,<br />

CEO de Nike, confiait qu’il s’avérait « vraiment difficile de faire<br />

une innovation audacieuse et de rupture (…) sur Zoom ». Même<br />

son de cloche en France, où Marie-Sophie de Waubert de Genlis,<br />

directrice des studios d’Ubisoft, écrivait, ce 17 septembre, dans<br />

un courriel destiné à ses employés sommés de se présenter au<br />

bureau au minimum trois jours par semaine : « la créativité est<br />

stimulée par les interactions interpersonnelles, les conversations<br />

informelles et la collaboration autour d’une même table (…) Le<br />

fait d’être ensemble en personne permet également de résoudre<br />

les problèmes et de prendre des décisions de manière plus efficace.<br />

(…) C’est encore plus crucial (...) pour construire et nourrir<br />

la confiance dans et entre les équipes, renforcer notre sentiment<br />

d’appartenance ».<br />

Le télétravail serait-il le bouc émissaire de groupes en difficulté ?<br />

Les études peinent à prouver que le distanciel serait responsable<br />

d’une perte de productivité, certaines démontrant d’ailleurs le<br />

contraire. D’aucuns vont alors jusqu’à taxer cette condamnation<br />

de plan social déguisé. Ils estiment que les entreprises poussent<br />

leurs salariés vers la sortie sans aucune intention de remplacer<br />

les démissionnaires. S’il ne s’agit que de suspicions, des études<br />

avancent que près d’un cadre français sur deux serait prêt à quitter<br />

sa boîte si celle-ci venait à diminuer le travail à domicile ; ce<br />

que les employeurs ne sont certainement pas sans savoir…<br />

En effet, bon nombre de cols blancs ne considèrent plus le recours<br />

au télétravail comme un avantage parmi d’autres, mais plutôt<br />

comme un acquis social. Pourtant il n’en est rien. Selon une étude<br />

menée par KPMG en octobre 2023 auprès de 1.300 PDG, 62% prédisent<br />

la fin du travail à distance en 2026. Privilège généralisé à<br />

la faveur d’une conjoncture exceptionnelle, il semble bel et bien<br />

menacé, en tout cas dans la forme qui s’était imposée en raison de<br />

la pandémie. La tendance, en réalité, est à la restriction forte dans<br />

les entreprises internationales qui s’étaient accoutumées, surtout<br />

aux États-Unis, au « full remote », et à la redéfinition de ses modalités<br />

dans les sociétés qui avaient opté pour une formule hybride.<br />

L’interdiction de télétravailler ailleurs qu’à domicile ou de quitter<br />

le bureau les lundis et vendredis pour éviter les abus apparaissent<br />

comme des compromis pour des firmes qui, elles le savent, tirent<br />

bénéfice du télétravail au même titre que leurs employés : réduction<br />

des coûts liés à l’immobilier et des dépenses énergétiques, et<br />

attractivité et rétention des talents pour les unes, diminution des<br />

déplacements domicile-travail, bien-être, flexibilité et autonomie<br />

pour les autres.<br />

N’en déplaise au patron d’Amazon, la solution la plus réaliste ne<br />

résiderait donc pas dans un retour au « monde d’avant », mais certainement<br />

dans un modèle hybride qui permettrait de maintenir<br />

ces avantages tout en préservant, par un minimum de présentiel,<br />

un certain niveau d’engagement, une collaboration fluide, un<br />

esprit d’innovation et une solide culture d’entreprise. Restera aux<br />

employeurs à trouver le juste équilibre entre présentiel et distanciel<br />

pour maximiser la satisfaction des salariés et la performance<br />

des entreprises. Seule conclusion cohérente pour un éditorial<br />

rédigé… en télétravail !


4<br />

| DOSSIER<br />

LËTZEBUERGER GEMENGEN<br />

Publication éditée par Living Green sàrl-s<br />

www.gemengen.lu<br />

Société éditrice<br />

Living Green sàrl-s<br />

24, rue Michel Rodange • L-4660 Differdange<br />

Régie publicitaire<br />

Julien Malherbe<br />

julienm@livinggreen.lu<br />

MOBILITÉ<br />

RH ET FORMATION<br />

Administration<br />

Lucia Ori<br />

Tél. 58 45 46 29<br />

secretariat@livinggreen.lu<br />

Rédaction<br />

Pierre Birck<br />

pierreb@livinggreen.lu<br />

Adeline Jacob<br />

adelinej@livinggreen.lu<br />

Barbara Pierrot<br />

barbarap@livinggreen.lu<br />

Julien Menegalli<br />

SOMMAIRE<br />

Conception et réalisation graphique<br />

Elodie Malherbe<br />

elodiem@livinggreen.lu<br />

Photographie<br />

Eric Devillet<br />

Nader Ghavami / Photopro Luxembourg<br />

Yves Kortum<br />

Julian Pierrot<br />

Impression<br />

Imprimerie Centrale<br />

10<br />

La<br />

COVERSTORY<br />

Commune d’Esch<br />

mobilité de demain est déjà en route<br />

MOBILITÉ<br />

14 | Sales-Lentz<br />

Offrir un monde et une mobilité durables<br />

18 | Indigo Park Luxembourg<br />

Nouveaux bureaux, nouvelle ère pour Indigo<br />

Luxembourg<br />

20 | Athlon<br />

Accompagner la transition automobile<br />

22 | SCE<br />

L’infrastructure de recharge personnalisée, moteur<br />

de l’électromobilité de demain<br />

RH ET FORMATION<br />

© Living Green<br />

Tous droits de reproduction réservés pour tous pays.<br />

Tous manuscrits, photos et documents envoyés à la<br />

rédaction ne peuvent être exploités qu’avec l’accord<br />

de leurs auteurs. Publiés ou non, ils ne seront pas<br />

restitués. Les reportages signés n’engagent que<br />

leurs auteurs.<br />

Les prix figurant dans cette revue sont indicatifs et<br />

peuvent être sujets à des variations dont l’éditeur ne<br />

pourrait nullement être tenu pour responsable.<br />

26 | EY Luxembourg<br />

Transformations RH : fortifier son capital humain<br />

28 | DACHSER Luxembourg Sàrl<br />

Logistics is people business<br />

30 | BDO Luxembourg<br />

Travail hybride : facteur de (dés)engagement ?<br />

34 | CSL et LLLC<br />

Former les talents de demain


5<br />

DIGITALISATION<br />

IMMOBILIER ET CONSTRUCTION<br />

ACTUALITÉS COMMUNALES<br />

36 | GERI Management<br />

La mission de la transmission<br />

38 | Telkea Academy<br />

La formation 3.0<br />

68 | Ministère du Logement et de l’Aménagement du<br />

territoire<br />

Note 38 de l’Observatoire de l’habitat : situation des<br />

jeunes adultes sur le marché du logement<br />

luxembourgeois<br />

DIGITALISATION<br />

DÉVELOPPEMENT DURABLE<br />

42 | PwC Luxembourg<br />

NIS2, un bouclier cyber pour le secteur public<br />

44 | itrust Abstrations Lab<br />

IDPS-ESCAPE : monitorer ses risques cyber en toute<br />

intelligence (artificielle)<br />

48 | LU-CIX<br />

« Gemengen Dag » : une journée pour la cyber-résilience<br />

des communes<br />

50 | LuxConnect<br />

Assurer la résilience des communes luxembourgeoises<br />

52 | SIGI<br />

Le digital pertinent, transparent et sécurisé<br />

72 | SuperDrecksKëscht<br />

« Green Events » : vers une adaptation du régime des<br />

subsides<br />

74 | Ministère de l’Économie<br />

La Sarre et le Luxembourg prévoient une coopération<br />

dans le domaine de l’hydrogène<br />

76 | Ministère de l’Environnement<br />

Remise des prix de l’appel à projets « Méi Natur an eise<br />

Schoulhäff »<br />

78 | Ministère de la Mobilité et des Travaux publics<br />

Grand potentiel pour le développement du photovoltaïque<br />

sur le réseau autoroutier luxembourgeois<br />

56 | Fujitsu Luxembourg<br />

Low-code : boostez la compétitivité de votre entreprise<br />

IMMOBILIER ET CONSTRUCTION<br />

60 | Fondation pour l’Accès au Logement<br />

La FAL, le partenaire des communes dans la promotion<br />

immobilière sociale<br />

64 | GEOFOR<br />

Creuser pour un avenir durable<br />

ACTUALITÉS COMMUNALES<br />

82 | Sensity<br />

La participation citoyenne réinventée<br />

84 | Commune de Mertzig<br />

Une « tiny forest » à Mertzig<br />

88 | Commune de Schifflange<br />

Ainsi tourne le Moulin Bestgen<br />

92 | Commune de Mondercange<br />

Une nouvelle ère pour l’éducation à Mondercange<br />

96 | Commune de Betzdorf<br />

Betzdorf : modèle de durabilité<br />

108<br />

Un<br />

PORTRAIT<br />

Philipp von Restorff<br />

parfum de l’ILA


6<br />

10 | CHRISTIAN WEIS<br />

Bourgmestre<br />

Commune d’Esch-sur-<br />

Alzette<br />

10 | MERIS ŠEHOVIĆ<br />

Député-échevin<br />

Commune d’Esch-sur-<br />

Alzette<br />

INDEX<br />

14 | ELENA TROST-LE<br />

DOEUFF<br />

Sales Director<br />

Sales-Lentz<br />

14 | SAM SALES<br />

CEO<br />

Sales-Lentz<br />

18 | DIMITRI MATSOUKAS<br />

Directeur général<br />

Indigo Park Luxembourg<br />

18 | RAFAEL RODRIGUES<br />

Directeur opérationnel<br />

Indigo Park Luxembourg<br />

18 | OLIVIER OOSTERLINK<br />

Directeur financier<br />

Indigo Park Luxembourg<br />

20 | VALÉRIE SZKOLNIK<br />

Sales Manager<br />

Athlon<br />

22 | STEPHANO D’ANGELO<br />

CEO<br />

SCE S.à r.l.<br />

26 | PIERRE-JEAN FORRER<br />

Partner et Public Sector<br />

Leader<br />

EY Luxembourg<br />

28 | JANINE WEBER<br />

Country Manager<br />

DACHSER Luxembourg<br />

Sàrl<br />

28 | LAURA WAIGEL<br />

Operations Manager<br />

DACHSER Luxembourg<br />

Sàrl


7<br />

28 | VERONIKA DIEDERICH<br />

Customer Service<br />

Manager<br />

DACHSER Luxembourg<br />

Sàrl<br />

28 | EMANUEL HOFMANN<br />

Sales Manager<br />

DACHSER Luxembourg<br />

Sàrl<br />

30 | KARINE PONTET<br />

Partner - HR & Employment<br />

Advisory Services<br />

BDO Luxembourg<br />

34 | CLAUDE CARDOSO<br />

Conseiller de direction<br />

CSL/LLLC<br />

36 | ANGÉLINE PRÉVOT<br />

Administrateur délégué<br />

GERI Management<br />

38 | EVELYNE FERREIRA<br />

Responsable<br />

Telkea Academy<br />

42 | MAXIME PALLEZ<br />

Cybersecurity Director<br />

PwC Luxembourg<br />

42 | SIMON PETITJEAN<br />

Cybersecurity Director<br />

PwC Luxembourg<br />

48 | CLAUDE DEMUTH<br />

Président<br />

LU-CIX<br />

48 | FRÉDÉRIQUE ULRICH<br />

Directrice<br />

LU-CIX<br />

48 | EMMY GANDAR<br />

Responsable de la<br />

communication<br />

LU-CIX<br />

50 | VINCENT WEYNANDT<br />

CTO<br />

LuxConnect<br />

50 | BEN FUNCK<br />

Sales Manager<br />

LuxConnect<br />

52 | SYLVAIN MOMIN<br />

Directeur f.f.<br />

SIGI<br />

56 | JOSÉ MARTINS<br />

Senior low-code<br />

developer<br />

Fujitsu Luxembourg<br />

60 | TOM NILLES<br />

Directeur adjoint<br />

Fondation pour l’Accès au<br />

Logement


8<br />

60 | SÉVERINE CAHANÉ<br />

Project Manager<br />

Fondation pour l’Accès au<br />

Logement<br />

64 | VINCENT SPITZ<br />

COO<br />

GEOFOR<br />

64 | EMANUELE TOTARO<br />

CEO<br />

GEOFOR<br />

64 | ABDELAZIZ DAOUDI<br />

CFO<br />

GEOFOR<br />

82 | GUIDO WOLFF<br />

Managing Partner<br />

Sensity S.à r.l.<br />

82 | MARCEL BEFORT<br />

Managing Partner<br />

Sensity S.à r.l.<br />

82 | GIACOMO PIOVAN<br />

Consultant<br />

Sensity S.à r.l.<br />

84 | MIKE POIRÉ<br />

Bourgmestre<br />

Commune de Mertzig<br />

88 | PAUL WEIMERSKIRCH<br />

Bourgmestre<br />

Commune de Schifflange<br />

92 | JEANNOT FÜRPASS<br />

Bourgmestre<br />

Commune de<br />

Mondercange<br />

96 | MARS RIES<br />

Bourgmestre<br />

Commune de Betzdorf<br />

108 | PHILIPP VON<br />

RESTORFF<br />

CEO<br />

ILA


10<br />

| COVERSTORY<br />

À ESCH, LA MOBILITÉ DE DEMAIN<br />

EST DÉJÀ EN ROUTE<br />

Si elles veulent faire participer les citoyens à la transition, que ce soit dans le domaine de la mobilité<br />

ou de l’énergie, les autorités locales doivent non seulement montrer l’exemple, mais aussi<br />

créer une offre alternative confortable et efficace. C’est là l’avis des responsables d’Esch-sur-<br />

Alzette. Christian Weis, bourgmestre, et Meris Šehović, député-échevin de la deuxième ville du<br />

pays, nous présentent les projets exemplaires entrepris par la commune pour inspirer ses citoyens<br />

et homologues politiques.<br />

Christian Weis et Meris Šehović<br />

Christian Weis<br />

Meris Šehović


11<br />

Administrer avec confiance et bon sens<br />

Depuis sa nomination au poste de bourgmestre<br />

fin novembre dernier, Christian<br />

Weis a les rênes de la Ville d’Esch entre<br />

les mains et la volonté de l’administrer<br />

en bon père de famille à l’esprit. « Nous<br />

vivons une période où nous devons nous<br />

concentrer sur l’essentiel. Toutes les communes<br />

– quels que soient les partis à la<br />

manœuvre – doivent bien réfléchir à leurs<br />

investissements pour l’avenir, de manière<br />

à accélérer la transition énergétique et à<br />

accroître leur résilience. Il en va de notre<br />

bien-être, mais aussi de celui des générations<br />

futures. C’est pourquoi nous devons<br />

envisager l’avenir avec confiance – dans<br />

les opportunités qui s’offrent progressivement<br />

à nous – et, surtout, avec bon sens »,<br />

estime-t-il.<br />

Une mobilité durable et active<br />

Celui qui est désormais à la tête d’une<br />

« grande entreprise de 1.450 employés et<br />

fonctionnaires qui œuvre pour que tout<br />

un chacun se sente bien à Esch » souhaite<br />

que sa ville se montre exemplaire pour ses<br />

citoyens et agisse en pionnière vis-à-vis<br />

des autres communes luxembourgeoises.<br />

En matière de mobilité, l’administration<br />

montre indéniablement l’exemple en<br />

encourageant ses collaborateurs à privilégier<br />

la mobilité douce pour leurs déplacements<br />

professionnels. Chacun, grâce<br />

à son badge, a la possibilité d’emprunter<br />

un Vël’OK, des bicyclettes en libreservice<br />

mises à disposition par le CIGL<br />

Esch et disponibles dans toute sa région.<br />

Et si le deux-roues n’est pas adapté,<br />

tous les employés communaux peuvent<br />

recourir à un service de carsharing mis<br />

en place par l’administration. ZAD, pour<br />

Zesummen Auto Deelen, est un système<br />

d’autopartage qui leur est strictement<br />

réservé. Mis en place en 2015 et récemment<br />

étendu, il a permis de réduire le<br />

nombre de véhicules utilisés par la commune<br />

et de promouvoir la mobilité électrique.<br />

« L’utilisation du service est très<br />

simple : l’employé réserve la voiture, la<br />

déverrouille avec son badge et y trouve la<br />

clé pour la démarrer. La flotte est composée<br />

de Renault Kangoo et Zoe. À mesure<br />

que nos véhicules doivent être remplacés,<br />

nous troquons les moteurs thermiques<br />

contre des modèles électriques. Les voitures<br />

sont utilisées de façon très régulière<br />

et donnent le goût de l’électrique à nos<br />

collaborateurs, moi le premier ! J’estime<br />

qu’on ne peut pas encourager la population<br />

à aller dans le sens de la transition<br />

sans le faire nous-mêmes », explique<br />

Christian Weis. La stratégie fonctionne<br />

puisque les citoyens recourent eux aussi<br />

de plus en plus à l’autopartage pour<br />

leurs déplacements privés. À tel point<br />

que quatre nouvelles stations de deux<br />

véhicules ont été inaugurées en juillet<br />

dans les quartiers Brill, Uecht, Bruch<br />

et Lalleng. De quoi proposer une réelle<br />

alternative à la voiture individuelle.<br />

Le plan local de mobilité,<br />

qui devra être mis en œuvre<br />

pour 2035, mise sur la mobilité<br />

durable et active<br />

Mais les efforts entrepris par l’administration<br />

s’inscrivent dans une politique<br />

de mobilité bien plus large, comme en<br />

témoignent les nouveaux projets de<br />

développement urbain qui y éclosent.<br />

Sur l’ancienne friche industrielle qui<br />

verra émerger le nouveau quartier Rout<br />

Lëns, par exemple, hors de question de<br />

laisser l’automobile régner en maître.<br />

La commune et ses partenaires d’IKO<br />

Real Estate entendent y créer un quartier<br />

innovant, durable et exemplaire,<br />

incluant les meilleures pratiques et<br />

technologies repérées à l’étranger. Le<br />

site, qui a la particularité d’être enclavé<br />

dans la ville plutôt que d’en agrandir le<br />

périmètre en périphérie comme c’est souvent<br />

le cas, dispose par exemple de tous<br />

les atouts pour se muer en quartier « du<br />

quart d’heure ». « Idéalement situé entre<br />

le quartier Brill et celui de la Grenz, Rout<br />

Lëns reliera n’importe quel point d’intérêt<br />

de la ville dans les quinze minutes à<br />

pied ou à vélo. Démarches administratives<br />

à l’Hôtel de Ville, shopping dans le<br />

centre, balade dans la nature : tout se fera<br />

en quelques minutes de marche. Pour<br />

ceux qui pédalent, Belval ne sera qu’à un<br />

quart d’heure à bicyclette. C’est la raison<br />

pour laquelle nous avons décidé, lors de<br />

la planification du quartier, de faire la<br />

part belle à la mobilité douce. Les voitures<br />

seront concentrées dans des parkings<br />

mutualisés aux abords du site ou en<br />

souterrain pour laisser place aux piétons.<br />

C’est une question de bien-être : le trafic<br />

est un facteur de stress, en le mettant de<br />

côté, les habitants gagneront en tranquillité<br />

», souligne le bourgmestre.<br />

Un choix pertinent sachant que le quartier<br />

a été pensé comme un lieu de vie<br />

(grâce auquel la Ville d’Esch doublera le<br />

nombre de logements de son parc locatif)<br />

et de loisir ; commerces et bureaux étant<br />

plutôt concentrés à Belval et, bientôt, à<br />

Metzeschmelz, autre projet de reconversion<br />

de friches industrielles en développement.<br />

L’émergence de ces nouveaux<br />

quartiers – et d’autres encore comme<br />

Nonnewisen ou le Crassier Terres Rouges<br />

– et les réflexions sur les connexions<br />

qui devraient les relier entre eux et au<br />

centre ont donné lieu à un plan local de<br />

mobilité. « Ce plan, qui devra être mis en<br />

œuvre pour 2035, mise sur la mobilité<br />

durable et active. Il repose notamment<br />

sur l’axe piétonnier « Rue de l’Alzette »,<br />

des itinéraires cyclables express connectés<br />

au réseau local, deux nouvelles<br />

gares, une connexion au tram rapide<br />

vers Luxembourg-Ville, une extension<br />

du réseau de bus et l’optimisation du<br />

réseau routier étatique et urbain. Le but :<br />

pouvoir circuler aisément dans la ville<br />

et sa périphérie, et même au-delà grâce<br />

aux transports en commun », détaille<br />

Christian Weis.<br />

Un moteur de la transition énergétique<br />

« Cela fait des années que la Ville d’Esch<br />

mène une politique climatique à l’avantgarde<br />

pour le Grand-Duché. Il n’y a pas<br />

qu’en matière de mobilité que nous nous<br />

considérons comme des pionniers. La<br />

réduction du CO 2<br />

nous préoccupe de<br />

manière générale et nous œuvrons pour<br />

accroître l’usage des énergies vertes à<br />

tous les niveaux, notamment en développant<br />

fortement le parc photovoltaïque<br />

de la ville », poursuit le bourgmestre.<br />

Affirmer qu’Esch est active en la matière<br />

est le moins qu’on puisse dire. Seule<br />

grande ville du pays certifiée « or » au<br />

Pacte Climat, elle est en passe de tripler<br />

sa production d’énergie solaire. « Toutes<br />

les toitures des bâtiments publics de la<br />

commune équipées de panneaux photovoltaïques<br />

génèrent aujourd’hui 1 MWc.<br />

Dans les deux ou trois années à venir,<br />

nous passerons à presque 3 MWc rien<br />

qu’avec les projets qui sont déjà en


12<br />

phase de réalisation ou d’étude. Nous<br />

continuerons sur cette lancée tout en<br />

envisageant des installations plus innovantes,<br />

avec la pose de panneaux photovoltaïques<br />

en façade par exemple. C’est<br />

grâce à ce genre de projets pilotes que<br />

nous espérons guider le reste du pays. En<br />

ce sens, nous comptons véritablement<br />

parmi les acteurs clés de la transition<br />

énergétique », indique Meris Šehović.<br />

Cela est rendu possible par la situation<br />

unique dans laquelle se trouve la Ville<br />

d’Esch en tant que seul actionnaire d’un<br />

fournisseur d’électricité, Sudstroum.<br />

« La plupart des Eschois bénéficient<br />

de l’électricité 100% renouvelable de<br />

Sudstroum. Chaque Eschois client de la<br />

société contribue ainsi à la transition<br />

énergétique de la commune. C’est cette<br />

situation unique au Luxembourg qui<br />

nous a permis de tellement développer<br />

notre parc photovoltaïque », ajoute le<br />

député-échevin.<br />

Cela fait des années<br />

que la Ville d’Esch mène<br />

une politique climatique à<br />

l’avant-garde pour<br />

le Grand-Duché<br />

En plus de viser la production d’électricité<br />

verte, la commune mène une politique<br />

proactive en matière de chauffage.<br />

Tous ses bâtiments neufs ou rénovés<br />

recourent désormais à de la chaleur<br />

décarbonée. « Se défaire des énergies<br />

fossiles est un vrai défi pour une ville<br />

comme Esch qui est très dépendante<br />

du gaz. Dans les nouveaux quartiers en<br />

développement, par contre, nous misons<br />

plus facilement sur le renouvelable. À<br />

Nonnewisen, le réseau de chaleur urbain<br />

sera alimenté par la chaleur fatale issue<br />

du processus de production d’Arcelor-<br />

Mittal. Un déchet de l’industrie peut<br />

ainsi se transformer en opportunité pour<br />

la Ville », conclut Meris Šehović.<br />

Administration communale<br />

d’Esch-sur-Alzette<br />

Place de l’Hôtel de Ville<br />

L-4138 Esch-sur-Alzette<br />

www.esch.lu


Haalt Är Aen an Oueren op!<br />

Ouvrez grand les yeux et les oreilles !<br />

Halten Sie Ihre Augen und Ohren offen!<br />

Keep your eyes and ears open!<br />

Plus d’infos :<br />

FINDEL<br />

LUXEMBOURG<br />

AIRPORT<br />

HÉIENHAFF P+R<br />

LUXEXPO<br />

ROUT BRÉCK - PAFENDALL<br />

PFAFFENTHAL - KIRCHBERG<br />

STÄREPLAZ - ÉTOILE<br />

HAMILIUS<br />

GARE CENTRALE<br />

LYCÉE BOUNEWEG<br />

HOWALD GARE<br />

STADION<br />

DÉBUT 2025 NOUVEAU - DEPUIS JUILLET <strong>2024</strong>


14<br />

| MOBILITÉ<br />

CONTRIBUER À UN MONDE<br />

ET UNE MOBILITÉ DURABLES<br />

Acteur majeur dans le domaine<br />

du transport au Luxembourg,<br />

Sales-Lentz a entamé cette<br />

année une nouvelle phase stratégique<br />

qui vise à renforcer son<br />

rôle de partenaire de confiance<br />

pour sa clientèle et ses passagers<br />

grâce à quatre piliers : l’expérience<br />

client, l’innovation, le<br />

développement des carrières<br />

et la responsabilité sociale des<br />

entreprises (RSE). Sam Sales,<br />

CEO, et Elena Trost-Le Doeuff,<br />

Sales Director, présentent cette<br />

stratégie et reviennent sur les<br />

initiatives mises en place pour<br />

rester le premier choix en tant<br />

qu’opérateur de mobilité sur<br />

route au Grand-Duché.<br />

Une nouvelle stratégie<br />

Sales Lentz a amorcé un nouveau cycle<br />

en <strong>2024</strong> et a repositionné sa stratégie.<br />

« En plus d’être un prestataire de<br />

transport, nous sommes un véritable<br />

partenaire engagé envers nos clients et<br />

leurs usagers », déclare Sam Sales, CEO<br />

du transporteur privé spécialisé dans les<br />

déplacements en bus et camionnette.<br />

Cette nouvelle approche implique une<br />

concentration accrue sur l’excellence<br />

opérationnelle et l’amélioration continue<br />

des services offerts.<br />

Cette stratégie est le résultat d’une<br />

réflexion approfondie sur la restructuration<br />

de l’entreprise et la qualité<br />

des offres proposées au sein du groupe<br />

SLG auquel Sales-Lentz appartient. « En<br />

recentrant nos activités sur le transport<br />

public régulier, nous maximisons<br />

l’efficacité de nos opérations, tout en<br />

étant à l’écoute des besoins spécifiques<br />

des clients que nous desservons », ajoute<br />

le CEO.<br />

Des valeurs fortes<br />

Les valeurs qui guident aujourd’hui<br />

Sales-Lentz sont basées sur quatre<br />

piliers fondamentaux : l’expérience<br />

client, l’innovation, le développement<br />

professionnel et la responsabilité<br />

sociale des entreprises (RSE). « Ces<br />

valeurs ne sont pas seulement des mots,<br />

mais des principes qui orientent chaque<br />

décision prise par notre entreprise. Nous<br />

mettons un point d’honneur à créer une<br />

expérience positive pour nos clients<br />

et leurs passagers, en veillant à ce que<br />

chaque trajet réponde à leurs exigences<br />

opérationnelles et humaines. Notre


15<br />

Sam Sales et Elena Trost-Le Doeuff<br />

environnement évolue très rapidement<br />

et nous nous remettons sans cesse en<br />

question pour continuer à innover et à<br />

trouver de nouvelles solutions pour faciliter<br />

et améliorer nos prestations afin de<br />

les rendre plus fluides, notamment grâce<br />

à la digitalisation », explique-t-il.<br />

« Le monde du travail évolue. En interne,<br />

nous souhaitons créer un environnement<br />

qui soit stimulant, où chacun de<br />

nos collaborateurs peut s’épanouir et<br />

développer ses compétences et donc<br />

sa carrière. Cela va de pair avec les<br />

attentes de la nouvelle génération qui<br />

arrive sur le marché de l’emploi, notamment<br />

en matière de RSE. Nous prenons<br />

à cœur notre responsabilité pour créer<br />

un avenir meilleur. Cela se reflète dans<br />

nos décisions et nos investissements »,<br />

explique Elena Trost-Le Doeuff, Sales<br />

Director. Pour preuve, Sales-Lentz a<br />

récemment signé de nouveaux contrats<br />

pour renouveler l’ensemble des panneaux<br />

photovoltaïques sur ses sites et<br />

ainsi augmenter sa production d’électricité<br />

verte.<br />

De l’électrification à l’énergie<br />

hydrogène<br />

L’innovation chez Sales-Lentz ne se<br />

limite pas à implémenter des systèmes<br />

digitalisés et de traitement des données<br />

pour la gestion de la flotte. L’entreprise<br />

explore également les possibilités<br />

offertes par l’hydrogène pour ses véhicules.<br />

« Nous travaillons activement<br />

pour comprendre les cas de figure où<br />

cette énergie pourrait être la solution<br />

la plus efficace. À ce titre, nous sommes<br />

partenaires de la Luxembourg Hydrogen<br />

Valley (LuxHyVal), un projet européen<br />

visant à produire de l’hydrogène vert à<br />

Bascharage, juste à côté de notre site, à<br />

partir de 2026. Nous avons eu l’occasion<br />

de tester cette technologie et, il faut<br />

l’avouer, les bus à hydrogène ont de nombreux<br />

avantages comme la réduction de<br />

la nuisance sonore ou une meilleure optimisation<br />

de l’espace pour le confort d’assise<br />

des passagers », précise Sam Sales.<br />

Un acteur clé dans<br />

la construction d’un avenir<br />

durable, où la mobilité est<br />

à la fois respectueuse de<br />

l’environnement et centrée<br />

sur les besoins des clients<br />

et des usagers


16<br />

La société n’a de cesse de progresser et<br />

d’entreprendre. « Si nous avons conservé<br />

l’esprit de cette entreprise traditionnelle<br />

installée depuis quatre générations sur<br />

le territoire, nous avons su apporter<br />

cette culture de startup pour la positionner<br />

dans le monde d’aujourd’hui et<br />

être à l’avant-garde des problématiques<br />

et des défis liés à la mobilité. C’est ce<br />

mélange des deux ADN qui nous porte<br />

au quotidien », souligne Elena Trost-Le<br />

Doeuff.<br />

La vision de Sales-Lentz ne s’arrête pas<br />

là et dépasse même sa propre devise<br />

« moving people, moving you ». « Nous<br />

voyons au-delà du transport de passagers.<br />

Nous nous positionnons en effet<br />

comme un acteur clé dans la construction<br />

d’un avenir durable, où la mobilité<br />

est à la fois respectueuse de l’environnement<br />

et centrée sur les besoins des<br />

usagers… tout en continuant à proposer<br />

des solutions de mobilité attractives et<br />

durables », conclut Sam Sales.<br />

Elena Trost-Le Doeuff, Sales Director<br />

En parallèle, la société continue de<br />

développer ses capacités en matière de<br />

recharge électrique, si bien qu’à la fin de<br />

l’année près de 300 bornes seront disponibles<br />

sur ses 14 sites. « Nous travaillons<br />

également sur les systèmes de recharge<br />

dynamique afin de maîtriser avec plus<br />

d’efficacité notre consommation d’énergie<br />

pour alimenter nos bus », explique<br />

Elena Trost-Le Doeuff.<br />

L’enjeu des compétences<br />

L’un des plus grands défis pour Sales-<br />

Lentz réside dans le recrutement et la<br />

fidélisation des talents. Avec une transition<br />

énergétique rapide et une demande<br />

croissante en nouvelles compétences,<br />

l’entreprise doit attirer et former des<br />

profils techniques rares afin d’offrir des<br />

services toujours plus qualitatifs. « Nous<br />

comptons près de 1.400 collaborateurs.<br />

Nous travaillons chacun main dans la<br />

main, chaque maillon de la chaîne est<br />

essentiel. Nous avons besoin de techniciens<br />

spécialisés, de chauffeurs qualifiés<br />

ou encore d’experts en exploitation des<br />

données », explique Sam Sales.<br />

À notre esprit d’entreprise<br />

traditionnelle, nous avons su<br />

apporter une culture de startup<br />

pour rester à l’avant-garde des<br />

défis de la mobilité<br />

LE CHIFFRE<br />

près de<br />

300<br />

bornes de chargement seront<br />

disponibles sur 14 sites<br />

Une entreprise familiale à l’avant-garde<br />

En 2009, Sales-Lentz a mis sur route le<br />

premier bus hybride Volvo, marquant<br />

ainsi une première mondiale – il s’agissait<br />

du premier prototype disponible<br />

de Volvo. Deux ans plus tard, en 2011,<br />

l’entreprise a introduit le tout premier<br />

bus entièrement électrique pour la Ville<br />

de Luxembourg, avec le modèle Bluebus<br />

22 mesurant 5,5 m de long. En 2017, la<br />

firme est devenue la première au monde<br />

à déployer un bus 100% électrique pour<br />

le compte du Diffbus à Differdange. Plus<br />

récemment, en 2020, Sales-Lentz a inauguré<br />

le premier mini-bus électrique à la<br />

demande pour la Ville de Luxembourg.<br />

Pour y faire face, Sales-Lentz a décidé<br />

de mettre en place une stratégie de<br />

formation poussée qui contribue au<br />

développement professionnel de ses<br />

collaborateurs. « Cette approche nous<br />

permet de fidéliser notre personnel et<br />

de maintenir un haut niveau de compétences<br />

dans un monde qui évolue très<br />

vite, en particulier en matière de technologie.<br />

Nous nous soucions également<br />

du bien-être de nos collaborateurs pour<br />

être au plus proche de leurs attentes et<br />

de leurs demandes. Je pense par exemple<br />

à la flexibilité des horaires lorsqu’il<br />

est possible de le faire », conclut Elena<br />

Trost-Le Doeuff.<br />

Sales-Lentz<br />

4, rue Laangwiss<br />

L-4940 Bascharage<br />

www.sales-lentz.lu<br />

Sam Sales, CEO


18<br />

| MOBILITÉ<br />

INDIGO LUXEMBOURG :<br />

NOUVEAUX BUREAUX,<br />

NOUVEAU DÉPART<br />

Le déménagement des bureaux d’Indigo Park Luxembourg à<br />

Leudelange marque une étape décisive dans la stratégie de modernisation<br />

et d’expansion de l’entreprise. En intégrant le bâtiment<br />

éco-certifié BREEAM de Buzz City, Indigo Park réaffirme avec force<br />

son engagement envers la responsabilité sociétale des entreprises<br />

(RSE) et son ambition d’améliorer son empreinte écologique. Dimitri<br />

Matsoukas, directeur général, Rafael Rodrigues, directeur opérationnel,<br />

et Olivier Oosterlink, directeur financier, exposent leur vision<br />

pour cette transition. Ils mettent en lumière les nombreux atouts de<br />

cette nouvelle installation, à commencer par une infrastructure plus<br />

durable et connectée. Au-delà du changement physique, ils insistent<br />

sur la digitalisation accrue des processus et l’implémentation de<br />

solutions de mobilité innovantes, pensées pour optimiser l’expérience<br />

client et accompagner les évolutions du secteur.<br />

Pourquoi ce déménagement à<br />

Leudelange ?<br />

DM : Nous avons décidé de déménager<br />

à Buzz City dans le cadre d’une stratégie<br />

visant à moderniser et optimiser<br />

nos opérations tout en affirmant notre<br />

engagement en matière de responsabilité<br />

sociétale (RSE). Ce déménagement<br />

ne se limite pas à une simple relocalisation<br />

; il reflète notre volonté de créer un<br />

environnement de travail en phase avec<br />

nos valeurs de durabilité et de bien-être.<br />

Le nouveau site, certifié BREEAM, allie<br />

confort et qualité environnementale,<br />

avec des espaces verts et une abondante<br />

lumière naturelle. Avec 850 m² d’espaces<br />

flexibles et modulables, nous avons conçu<br />

des environnements adaptés aux besoins<br />

évolutifs de nos équipes et clients. Ces<br />

nouveaux aménagements optimisent les<br />

réunions, formations et démonstrations<br />

de nos solutions. En regroupant nos<br />

équipes sur un seul site, nous favorisons<br />

la collaboration, renforçons la cohésion et<br />

stimulons l’innovation. Ce projet incarne<br />

notre vision d’une entreprise tournée vers<br />

l’avenir, conjuguant performance économique<br />

et respect des principes de développement<br />

durable, au bénéfice de nos<br />

collaborateurs et clients.<br />

RR : Nous avons le plaisir de vous annoncer<br />

notre nouvelle adresse, pensée pour améliorer<br />

votre expérience. Idéalement située<br />

près des principaux axes routiers et équipée<br />

de parkings souterrains, elle garantit un<br />

accès simple et pratique pour tous. Après<br />

seize ans passés rue de Strasbourg, nous<br />

avions besoin d’un espace plus moderne<br />

et dynamique, capable de répondre à nos<br />

ambitions. Ce nouveau cadre, à la fois<br />

innovant et fonctionnel, nous permet<br />

d’améliorer le confort de nos services tout<br />

en vous offrant un environnement professionnel<br />

adapté aux défis à venir. Nous restons<br />

engagés à évoluer avec vous dans cet<br />

espace repensé pour l’avenir.<br />

La gouvernance a changé et implique<br />

une nouvelle dynamique...<br />

DM : Dans le cadre de notre modernisation<br />

et d’une approche plus agile, nous avons<br />

instauré une nouvelle gouvernance portée<br />

par une équipe jeune et dynamique. Cette<br />

structure repose sur trois pôles principaux :<br />

la direction générale, chargée de l’orientation<br />

stratégique, le pôle opérationnel, dédié<br />

à l’efficacité des processus, et le pôle financier,<br />

garant de la gestion rigoureuse des<br />

ressources. Nommé à la tête de la direction<br />

générale en novembre, après une intégration<br />

réussie, j’ai pour objectif de renforcer<br />

notre capacité d’innovation, d’accroître<br />

notre réactivité face aux défis du marché<br />

et d’assurer une croissance durable. Ce<br />

modèle de leadership collaboratif permet<br />

des décisions plus rapides, en valorisant les<br />

expertises de chaque pôle pour répondre<br />

aux enjeux présents et futurs.<br />

RR : Après quatorze années d’engagement<br />

au sein d’Indigo, où j’ai eu l’opportunité de<br />

progresser à travers différents postes, de<br />

la comptabilité à la direction financière,<br />

j’ai récemment pris la responsabilité de<br />

directeur opérationnel. Ce nouveau rôle<br />

me permet d’être au cœur des activités de<br />

l’entreprise, en accompagnant Dimitri dans<br />

la gestion quotidienne et stratégique, tout<br />

en veillant à la bonne exécution des opérations.<br />

Cette transition s’est faite dans un<br />

contexte de renforcement de notre équipe<br />

dirigeante, avec l’arrivée d’Olivier à la<br />

tête du département financier, apportant<br />

un regard neuf et des compétences pointues<br />

pour accompagner notre croissance.<br />

Ensemble, nous travaillons à consolider les<br />

fondations financières et opérationnelles<br />

de l’entreprise afin de soutenir son développement<br />

à long terme.<br />

OO : En avril, j’ai rejoint Indigo, apportant<br />

une expertise en fonds d’investissement<br />

et audit. Mon parcours m’a permis<br />

d’adopter une vision claire : optimiser les<br />

processus tout en plaçant le bien-être au<br />

cœur de la performance de l’entreprise.<br />

Cette philosophie est en totale harmonie<br />

avec la politique RSE d’Indigo, qui met<br />

l’humain et la durabilité au centre de sa<br />

stratégie. Attiré par ces valeurs partagées,<br />

j’ai trouvé chez Indigo une ambition forte :<br />

bâtir une culture d’entreprise innovante<br />

et respectueuse de ses parties prenantes.<br />

Aujourd'hui, nous travaillons ensemble<br />

pour conjuguer croissance, modernisation<br />

et bien-être des collaborateurs, tout en<br />

renforçant notre engagement envers la<br />

responsabilité environnementale.<br />

Quelle place occupe la digitalisation<br />

dans la transformation d’Indigo ?<br />

DM : La digitalisation est un pilier central<br />

de notre stratégie de modernisation,<br />

visant à rendre nos opérations plus efficaces,<br />

durables et tournées vers l’avenir.<br />

Nous avons d’abord numérisé nos processus<br />

RH, ce qui a réduit l’usage du papier,


19<br />

simplifié les tâches administratives, et<br />

amélioré la précision des données, tout en<br />

offrant un gain de temps considérable à<br />

nos équipes. Notre vision s’étend à la gestion<br />

des infrastructures, notamment des<br />

parkings. Grâce à des technologies innovantes,<br />

nous offrirons un accès en temps<br />

réel aux informations sur l’occupation, les<br />

entrées et sorties des parkings, permettant<br />

une gestion proactive et une meilleure<br />

optimisation des ressources. L’objectif<br />

final est d’améliorer l’expérience utilisateur<br />

et de renforcer notre leadership dans<br />

la modernisation des services, en répondant<br />

aux attentes croissantes en matière<br />

de technologie et de durabilité.<br />

RR : L’automatisation des tâches répétitives<br />

permet d’améliorer la gestion des<br />

ressources humaines et libère du temps<br />

pour des initiatives plus stratégiques,<br />

telles que l’accompagnement des collaborateurs<br />

dans leur développement. En<br />

déléguant ces tâches à la technologie, les<br />

RH peuvent mieux identifier les talents,<br />

comprendre les aspirations et co-créer des<br />

plans de carrière personnalisés, alignés<br />

sur les ambitions de l’entreprise et des<br />

employés. Pour les collaborateurs, cette<br />

automatisation réduit les tâches administratives<br />

fastidieuses, leur permettant de<br />

se concentrer sur des projets à forte valeur<br />

ajoutée pour stimuler l’innovation et leur<br />

engagement. Cette transition technologique<br />

devient un levier majeur de satisfaction,<br />

d’évolution des compétences et de<br />

contribution significative aux objectifs de<br />

l’entreprise.<br />

OO : Dans le cadre de notre transition vers<br />

des pratiques plus modernes, nous avons<br />

décidé de remplacer les signatures manuscrites<br />

par des solutions numériques. Ce<br />

changement apporte une flexibilité accrue<br />

à nos équipes, favorisant une collaboration<br />

plus efficace, que ce soit au bureau<br />

ou à distance. En parallèle, nous avons<br />

lancé un projet de numérisation de nos<br />

archives qui vise à simplifier les audits et à<br />

garantir un accès sécurisé et rapide à l’information.<br />

Cette initiative nous permet<br />

de moderniser nos méthodes de travail et<br />

de mieux répondre aux futures exigences<br />

réglementaires, tout en optimisant la gestion<br />

de nos documents pour plus de fluidité<br />

et d’efficacité.<br />

Quels défis de mobilité attendent<br />

Indigo dans les années à venir ?<br />

DM : Le marché luxembourgeois, marqué<br />

par le renouvellement constant des<br />

contrats publics, nous pousse à innover<br />

en permanence. Nous collaborons en<br />

amont avec les promoteurs immobiliers<br />

pour valoriser les capacités des parkings<br />

dès la conception des projets, garantissant<br />

ainsi leur utilisation optimale. Cette<br />

stratégie renforce notre position de leader<br />

dans la gestion des parkings urbains.<br />

Notre vision dépasse la simple gestion des<br />

places de stationnement. Nous transformons<br />

les espaces sous-utilisés en actifs<br />

rentables, notamment dans les immeubles<br />

de bureaux. Nous optimisons l’utilisation<br />

de ces zones en dehors des heures<br />

de pointe pour répondre aux nouvelles<br />

attentes en matière de mobilité et d’efficacité<br />

urbaine. Un exemple phare est le<br />

Pass Parking de la Brasserie aux Rives de<br />

Clausen, qui offre des avantages exclusifs<br />

aux clients des bars et restaurants, sans<br />

publicité formelle. Son succès démontre la<br />

pertinence de notre approche centrée sur<br />

l’utilisateur. Nous envisageons d’étendre<br />

cette initiative à d’autres sites stratégiques<br />

au Luxembourg. Notre capacité<br />

d’innovation et notre écoute du marché<br />

nous permettent de créer des solutions à<br />

forte valeur ajoutée pour nos partenaires,<br />

Rafael Rodrigues, Dimitri Matsoukas et Olivier Oosterlink<br />

avec pour ambition de redéfinir la contribution<br />

des parkings à la mobilité urbaine<br />

et à l’expérience utilisateur.<br />

RR : Dans le cadre de notre partenariat<br />

avec les communes, nous avons à cœur de<br />

proposer des services toujours plus performants<br />

et adaptés aux besoins de nos<br />

utilisateurs. Dans cette dynamique, nous<br />

développons actuellement Indigo NEO<br />

pour le secteur B2B, une solution innovante<br />

destinée à améliorer l’efficacité des<br />

entreprises. En automatisant la gestion<br />

des notes de frais, cette application leur<br />

permettra de gagner un temps précieux et<br />

de réduire les erreurs administratives. Son<br />

interface intuitive simplifiera également<br />

l’accès aux démarches administratives<br />

souvent complexes, rendant la gestion<br />

quotidienne plus fluide et optimisée. Nous<br />

poursuivons ainsi notre engagement à<br />

innover en fournissant des services qui<br />

répondent aux attentes du marché, tout<br />

en plaçant la qualité et l’innovation au<br />

cœur de notre offre.<br />

Indigo Park Luxembourg<br />

21, rue Jean Fischbach<br />

L-3372 Leudelange<br />

www.group-indigo.com


20<br />

| MOBILITÉ<br />

ATHLON :<br />

ACCOMPAGNER<br />

LA TRANSITION<br />

AUTOMOBILE<br />

Au Luxembourg, la transition vers les véhicules électriques s’accélère,<br />

avec des objectifs ambitieux pour 2030. Valérie Szkolnik, Sales<br />

Manager chez Athlon, spécialiste dans la location longue durée,<br />

évoque comment la marque accompagne ses clients dans cette<br />

transformation tout en relevant les défis liés à l’autonomie, la<br />

recharge et la diversité des offres disponibles.<br />

Pouvez-vous nous parler d’Athlon et de<br />

son rôle au Grand-Duché ?<br />

Nous sommes un fournisseur spécialisé<br />

dans le leasing opérationnel et la gestion<br />

de flotte faisant partie du groupe<br />

Mercedes-Benz Mobility. À l’échelle mondiale,<br />

nous intervenons dans environ 20<br />

pays, à travers nos propres agences ou via<br />

des partenariats locaux, avec un total de<br />

près de 500.000 véhicules.<br />

Au Luxembourg, notre équipe est composée<br />

de 10 personnes responsables d’une<br />

flotte de 1.600 voitures. Notre objectif<br />

principal est d’accompagner nos clients<br />

dans une période de transition importante<br />

pour le secteur de la mobilité. En<br />

ce moment, ils font face à de nombreux<br />

challenges qui suscitent beaucoup d’interrogations,<br />

notamment en ce qui concerne<br />

l’adoption de nouvelles technologies.<br />

Notre mission est donc double : fournir un<br />

service opérationnel fiable tout en offrant<br />

un accompagnement personnalisé et des<br />

conseils adaptés aux besoins spécifiques<br />

de chaque client.<br />

Justement, quels sont les avantages<br />

et inconvénients de la mobilité<br />

électrique ?<br />

D’un point de vue pratique, la conduite<br />

est généralement plus fluide et réactive,<br />

offrant une expérience agréable grâce<br />

à la réponse instantanée de l’accélérateur.<br />

De plus, ces voitures sont souvent<br />

équipées de fonctionnalités telles que<br />

le « One Pedal Driving », qui permet de<br />

ralentir de manière efficace tout en<br />

rechargeant la batterie, ce qui prolonge<br />

la durée de vie des freins et incite à une<br />

conduite anticipative. Sur le plan financier,<br />

elles ont un atout significatif. Elles<br />

nécessitent moins de maintenance que<br />

celles à moteur thermique et le coût de<br />

recharge électrique reste plus avantageux<br />

que celui du carburant.<br />

Même si beaucoup de progrès ont été<br />

faits par les constructeurs de véhicules<br />

électriques, l’autonomie reste perçue<br />

comme insuffisante par de futurs utilisateurs<br />

et ils se demandent si ces derniers<br />

répondront à leurs besoins pour<br />

leurs trajets quotidiens ou plus longs.<br />

Les questions soulevées à propos de la<br />

recharge sont également importantes :<br />

l’idéal est de pouvoir recharger son<br />

véhicule soit au travail soit à domicile.<br />

Pour ceux qui n’ont pas cette chance,<br />

il reste la possibilité de charger sur le<br />

réseau public, cela demande un peu<br />

plus de temps et d’organisation. Les<br />

coûts variables des services de recharge,<br />

notamment en fonction de la vitesse de<br />

chargement et des politiques tarifaires<br />

des différents fournisseurs sont aussi à<br />

prendre en considération.<br />

Quels conseils donneriez-vous pour<br />

bien choisir son véhicule ?<br />

Le choix du bon modèle est d’équilibrer<br />

performance, coût et fiabilité.<br />

Tout d’abord, il faut évaluer son usage.<br />

Par exemple, une personne qui habite<br />

en ville et qui effectue principalement<br />

des trajets courts n’aura pas les mêmes<br />

besoins qu’une autre qui parcourt de<br />

longues distances régulièrement.<br />

Il est également crucial de vérifier la<br />

puissance de charge. Certains modèles<br />

sont capables de se recharger beaucoup<br />

plus rapidement que d’autres, ce qui<br />

peut être un avantage majeur si vous<br />

êtes souvent en déplacement.<br />

Enfin, il ne faut pas oublier d’examiner<br />

les technologies et fonctionnalités<br />

offertes par le véhicule. Les voitures<br />

électriques sont souvent équipées d’innovations<br />

technologiques, que ce soit<br />

pour la sécurité, le confort ou l’efficacité<br />

énergétique. Par exemple, la récupération<br />

d’énergie lors du freinage – que j’ai<br />

évoquée précédemment – peut améliorer<br />

l’autonomie et réduire la fréquence<br />

des recharges.<br />

Fournir un service<br />

opérationnel fiable tout en<br />

offrant un accompagnement<br />

personnalisé et des conseils<br />

adaptés aux besoins spécifiques<br />

de chaque client<br />

En parlant d’autonomie et de<br />

recharge, comment bien se préparer à<br />

un long trajet ?<br />

Premièrement, il est essentiel de commencer<br />

le voyage avec une batterie<br />

chargée à 100%. Avant de partir, vérifiez<br />

également la pression des pneus. S’ils<br />

sont correctement gonflés, ils réduisent<br />

la résistance au roulement, ce qui<br />

peut augmenter l’autonomie de votre<br />

véhicule.<br />

Si vous partez en hiver, préchauffez<br />

votre voiture pendant qu’elle est encore<br />

branchée à la borne de recharge. Cela


21<br />

Valérie Szkolnik<br />

permet de préserver l’énergie de la batterie<br />

une fois sur la route. À l’inverse, si<br />

vous partez en été, utilisez la climatisation<br />

lorsque l’auto est encore en charge<br />

pour économiser l’énergie de la batterie<br />

pendant le trajet.<br />

Ensuite, utilisez les outils de navigation<br />

intégrés au véhicule pour planifier votre<br />

trajet. La plupart des modèles électriques<br />

modernes sont équipées de systèmes<br />

qui peuvent calculer le nombre d’arrêts<br />

nécessaires et indiquer les points de<br />

recharge optimaux en fonction de votre<br />

destination, de la charge actuelle de la<br />

batterie et de celle souhaitée à l’arrivée.<br />

Il est également conseillé de sélectionner<br />

le mode de conduite approprié pour<br />

les longs trajets. Utiliser le mode éco<br />

peut aider à optimiser l’efficacité énergétique<br />

de la voiture, réduisant ainsi la<br />

consommation de la batterie. Limitez<br />

également l’usage des systèmes énergivores<br />

comme la climatisation ou le<br />

chauffage, et optez pour le régulateur<br />

de vitesse pour maintenir une vitesse<br />

constante, ce qui peut également contribuer<br />

à économiser de l’énergie.<br />

Comment envisagez-vous l’évolution<br />

du marché électrique dans le pays ?<br />

Le gouvernement luxembourgeois s’est<br />

fixé un objectif ambitieux : atteindre 49%<br />

de voitures électrifiées d’ici 2030, ce qui<br />

inclut les véhicules 100% électriques et les<br />

hybrides. Actuellement, environ 15,7% du<br />

parc automobile national l’est déjà.<br />

L’objectif est de se diriger<br />

vers une mobilité plus<br />

écologique, durable et<br />

adaptée aux différents usages<br />

des consommateurs<br />

Au-delà de 2025, le futur des véhicules<br />

électriques semble prometteur avec<br />

des évolutions en matière de modèles,<br />

d’autonomie, de technologies et de<br />

batteries. Cependant, ce ne sera pas la<br />

seule solution, car il est impossible de<br />

tout électrifier sans une infrastructure<br />

adéquate. De plus, des alternatives telles<br />

que les moteurs thermiques avec biocarburants,<br />

les carburants synthétiques,<br />

l’hydrogène et le GNC sont envisagées.<br />

L’objectif est de se diriger vers une mobilité<br />

plus écologique, durable et adaptée<br />

aux différents usages des consommateurs.<br />

Et nous, en tant qu’Athlon, aidons<br />

nos clients dans leur démarche vers des<br />

objectifs plus durables !<br />

Athlon<br />

22, rue de l’Industrie<br />

L-8399 Windhof<br />

www.athlon.com


22<br />

| MOBILITÉ<br />

L’INFRASTRUCTURE DE<br />

RECHARGE PERSONNALISÉE,<br />

MOTEUR DE L’ÉLECTROMOBILITÉ<br />

Fondée en 2016, la jeune société SCE, implantée à Vianden, est déjà un acteur sur lequel il faut compter<br />

dans le domaine des services électriques au Luxembourg. Spécialisée dans les infrastructures de<br />

moyenne et basse tension, les énergies renouvelables et l’électromobilité, elle veut jouer un rôle clé<br />

dans la transition énergétique en fournissant des solutions innovantes, efficaces et durables. Stephano<br />

D’Angelo, son CEO, détaille comment l’entreprise entend répondre aux exigences de la mobilité de<br />

demain.<br />

Une jeune entreprise qui compte<br />

Active depuis moins de dix ans, SCE n’en<br />

est pas moins un acteur de poids dans son<br />

secteur. Ses équipes composées de professionnels<br />

hautement qualifiés et déterminés<br />

à contribuer activement à la transition<br />

énergétique, ses produits de pointe, ses<br />

services sur mesure et sa culture de l’innovation<br />

lui ont indéniablement permis<br />

de tirer son épingle du jeu. L’expertise<br />

de la société s’étend sur un large spectre<br />

allant de l’installation à la maintenance<br />

d’infrastructures énergétiques (moyenne<br />

et basse tension, photovoltaïque, électromobilité)<br />

en passant par leur optimisation<br />

dans toutes sortes de configurations :<br />

industrielles, tertiaires ou résidentielles.<br />

Stephano D’Angelo<br />

« SCE est incontestablement un partenaire<br />

de confiance pour tous ceux qui cherchent à<br />

intégrer des solutions électriques durables<br />

dans leurs projets et à contribuer à l’émergence<br />

d’une mobilité verte. Nous nous<br />

distinguons en proposant des produits de<br />

haute qualité, en assurant une installation<br />

professionnelle et en offrant un service<br />

après-vente réactif. Grâce à notre expertise<br />

technique, nous contribuons à l’expansion<br />

d’un réseau de recharge fiable et efficace,<br />

indispensable au développement des<br />

moyens de transport électriques. De plus,<br />

nous nous efforçons de sensibiliser et d’informer<br />

notre clientèle sur les avantages de<br />

l’électromobilité tout en collaborant avec<br />

les fabricants et les institutions pour optimiser<br />

les technologies disponibles. Notre<br />

objectif est de faciliter l’accès à des solutions<br />

énergétiques propres et de soutenir<br />

activement la transition vers un avenir plus<br />

vert », déclare le CEO.


23<br />

Zoom : l’électromobilité sur mesure<br />

Rien qu’en 2023, l’entreprise a installé 686<br />

bornes, contribuant ainsi notablement à<br />

l’expansion de l’infrastructure de recharge<br />

au Luxembourg. L’intégration de ces dispositifs,<br />

qui répondent aux normes les<br />

plus strictes et intègrent les technologies<br />

les plus fiables et efficaces disponibles sur<br />

le marché, a fait l’objet de la plus haute<br />

attention. En effet, à chaque environnement<br />

sa solution en matière d’électromobilité.<br />

C’est ce que promet SCE qui<br />

propose – en tant que partenaire « Power<br />

EcoXpert » officiel du leader mondial<br />

Schneider Electric – une gamme complète<br />

de systèmes adaptés aux défis techniques<br />

propres à diverses configurations.<br />

Les parkings souterrains, par exemple,<br />

nécessitent une gestion rigoureuse de<br />

l’espace, de la ventilation et de la sécurité<br />

incendie. Y installer des stations de<br />

recharge exige également une attention<br />

particulière aux réseaux de câblage et à<br />

la gestion thermique pour éviter toute<br />

surchauffe. « C’est pourquoi nous proposons<br />

des bornes compactes et robustes,<br />

accompagnées de systèmes de gestion de<br />

l’énergie qui optimisent la distribution de<br />

l’électricité tout en garantissant la sécurité.<br />

Par ailleurs, nous misons sur l’intégration<br />

de rails d’énergie, qui permettent<br />

une distribution efficace de l’électricité<br />

sur de longues distances en minimisant<br />

les travaux de câblage traditionnel et<br />

assurent une flexibilité maximale pour<br />

l’ajout ou le déplacement de bornes si<br />

nécessaire. Nos services incluent également<br />

des systèmes de facturation intégrés,<br />

de maintenance et de dépannage »,<br />

indique Stephano D’Angelo.<br />

Les bâtiments commerciaux, eux,<br />

requièrent une intégration harmonieuse<br />

des infrastructures de recharge au réseau<br />

électrique sans perturbation des opérations<br />

quotidiennes. « Pour ce type de projet, nous<br />

analysons l’existant et réalisons des études<br />

de faisabilité pour identifier les besoins<br />

énergétiques et les contraintes spécifiques<br />

de chaque immeuble tout en prévoyant<br />

une capacité de montée en charge<br />

tenant compte de la demande croissante.<br />

Systèmes de facturation intégrés, services<br />

de maintenance et de dépannage font également<br />

partie de cette offre », explique-t-il.<br />

Quant aux entreprises désireuses d’électrifier<br />

leur flotte, elles attendent une<br />

capacité de recharge élevée et la possibilité<br />

de coordonner le chargement pour<br />

minimiser les pics de consommation.<br />

« Dans ce cas de figure, SCE offre des systèmes<br />

de gestion de la recharge (EMS) qui<br />

permettent une répartition intelligente<br />

de l’énergie, évitant ainsi les surcharges<br />

tout en assurant un chargement optimal<br />

à chaque véhicule. Ses solutions incluent<br />

des bornes rapides, des rails d’énergie et<br />

des outils de gestion à distance pour faciliter<br />

la supervision des infrastructures. Le<br />

plus grand parc que nous ayons réalisé à<br />

ce jour compte 160 points de recharge, ce<br />

qui démontre notre capacité à gérer des<br />

projets d’envergure », ajoute le CEO.<br />

À chaque environnement<br />

sa solution en matière<br />

d’électromobilité : c’est ce que<br />

promet SCE<br />

À plus petite échelle, les installations<br />

résidentielles doivent être adaptées aux<br />

capacités électriques des habitations individuelles<br />

tout en offrant aux propriétaires<br />

une expérience intuitive. « Nous proposons<br />

des bornes domestiques personnalisées<br />

assorties de services d’installation<br />

professionnelle. Nos offres incluent également<br />

des options de recharge intelligente<br />

qui permettent aux utilisateurs de « faire<br />

le plein » en fonction des heures creuses,<br />

optimisant ainsi les coûts de l’énergie »,<br />

poursuit-il.<br />

Des solutions intégrées<br />

Ces solutions de recharge, SCE peut<br />

donc les envisager, pour les clients qui<br />

le souhaitent, dans un système complet<br />

englobant la production d’énergie verte<br />

photovoltaïque et son stockage : une formule<br />

conçue pour maximiser l’efficacité<br />

et la durabilité, et contribuer ainsi à une<br />

réduction significative de leur empreinte<br />

carbone. Depuis 2017, l’entreprise a<br />

installé des centrales photovoltaïques<br />

produisant 19,86 MWc cumulés, avec ou<br />

sans batteries de stockage permettant de<br />

conserver l’énergie excédentaire générée<br />

durant les périodes de forte production<br />

pour une utilisation ultérieure. Combinées<br />

aux bornes conçues pour y être parfaitement<br />

intégrées, les solutions proposées<br />

permettent de maximiser l’utilisation<br />

de l’énergie renouvelable locale tout en<br />

contribuant à une mobilité durable.<br />

L’avenir en ligne de mire<br />

Compte tenu de la transition en marche<br />

et, dès lors, du boom annoncé de l’électromobilité<br />

au Grand-Duché, SCE prévoit<br />

une forte croissance dans le domaine de<br />

la recharge électrique et prépare l’extension<br />

de ses services en la matière. « Des<br />

technologies avancées devraient de plus<br />

en plus pénétrer le marché, notamment<br />

en ce qui concerne la gestion intelligente<br />

de l’énergie. Nous concentrons nos efforts<br />

sur le développement de systèmes de ce<br />

type afin de permettre une optimisation<br />

de l’alimentation en fonction des besoins<br />

des utilisateurs et des conditions du<br />

réseau électrique. Évidemment, le développement<br />

durable sera au cœur de cette<br />

évolution. L’intégration des solutions de<br />

recharge avec les projets renouvelables et<br />

les stratégies de gestion de l’énergie sera<br />

essentielle pour réduire l’empreinte carbone<br />

et soutenir les objectifs climatiques<br />

du Luxembourg. C’est pourquoi nous<br />

nous engageons à renforcer notre offre<br />

en matière d’énergies vertes », affirme<br />

Stephano D’Angelo.<br />

Pour se donner les moyens de ses ambitions<br />

et demeurer à l’avant-garde, l’entreprise<br />

mise sur la formation continue de<br />

ses équipes et le nouement de partenariats<br />

avec les géants du secteur, comme Schneider<br />

Electric, qui lui permettront d’accéder<br />

aux technologies les plus récentes et aux<br />

meilleures pratiques dans son domaine.<br />

À l’affût des tendances du marché, elle<br />

déploie également une stratégie d’innovation<br />

continue en vue d’améliorer ses<br />

offres à mesure que l’industrie évolue. Ce<br />

faisant, la société viandenoise démontre<br />

qu’elle est prête à endosser un rôle clé<br />

dans la transition, à relever les défis futurs<br />

et à répondre aux besoins de demain !<br />

SCE S.à r.l.<br />

3, ZAE Route de Bettel<br />

L-9415 Vianden<br />

www.sceinternational.lu


24<br />

BRÈVES<br />

ÉCONOMIQUES<br />

PAR BARBARA PIERROT<br />

© LIST<br />

LE LUXEMBOURG DÉCROCHE<br />

178,59 MILLIONS D’EUROS DE<br />

SUBVENTIONS HORIZON EUROPE<br />

Les candidats luxembourgeois ont<br />

obtenu 178,59 millions d’euros de subventions<br />

dans le cadre du programme<br />

Horizon Europe jusqu’en juillet <strong>2024</strong>.<br />

Ce programme phare de l’Union européenne<br />

vise à soutenir la recherche et<br />

l’innovation. Luxinnovation, un acteur<br />

clé dans le soutien aux entreprises et<br />

institutions, a joué un rôle essentiel<br />

en accompagnant les candidats. Le<br />

secteur privé a reçu la majorité des<br />

fonds, soit 54%. Les PME ont bénéficié<br />

de 26,24 millions d’euros. Le taux de<br />

réussite des propositions a augmenté,<br />

atteignant près de 23% en <strong>2024</strong>, confirmant<br />

la compétitivité du Luxembourg.<br />

Source : Luxinnovation<br />

SOUTIEN EUROPÉEN POUR<br />

LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE<br />

DE GROSBUSCH ET ROTOMADE<br />

Le 17 septembre, les entreprises luxembourgeoises<br />

Grosbusch et Rotomade<br />

ont bénéficié du co-financement européen<br />

pour l’installation de panneaux<br />

solaires, dans le cadre de la Facilité<br />

pour la reprise et la résilience (FRR).<br />

Cette initiative vise à soutenir la transition<br />

énergétique du Luxembourg. Le<br />

ministre des Finances, Gilles Roth, et le<br />

ministre de l’Économie, Lex Delles, ont<br />

salué l’engagement de ces entreprises<br />

à contribuer activement aux objectifs<br />

climatiques de l’Union européenne.<br />

Source : SIP<br />

NOUVEL ACCORD POUR L’ESRIC<br />

Un nouvel accord-cadre a été signé<br />

entre le gouvernement luxembourgeois<br />

et le Luxembourg Institute of<br />

Science and Technology (LIST), garantissant<br />

le financement du Centre d’innovation<br />

européen pour les ressources<br />

spatiales (ESRIC) jusqu’en 2029. Doté<br />

d’une enveloppe de 26 millions d’euros,<br />

ce partenariat soutiendra la recherche<br />

et l’innovation autour des technologies<br />

spatiales. L’accord vise à renforcer la<br />

position du Luxembourg comme référence<br />

européenne dans le domaine des<br />

ressources spatiales, tout en favorisant<br />

l’incubation de startups et le développement<br />

d’activités économiques liées à<br />

ce secteur en plein essor.<br />

Source : SIP<br />

LE LUXEMBOURG CRITIQUE<br />

LA PROLONGATION DE<br />

LA CENTRALE DE CATTENOM<br />

Le 11 septembre, le gouvernement<br />

luxembourgeois a exprimé des réserves<br />

face à la prolongation de la durée de<br />

vie des réacteurs nucléaires de 1.300<br />

MW, notamment celui de Cattenom.<br />

Le Conseil de gouvernement, avec<br />

l’appui des ministères de la Santé, de<br />

l’Économie et de l’Environnement, a<br />

soulevé des inquiétudes concernant<br />

la sûreté nucléaire, l’impact climatique<br />

et la transparence lors d’incidents. Le<br />

Luxembourg appelle à un renforcement<br />

des normes de sécurité et souhaite<br />

la fermeture des sites à risques<br />

comme Cattenom, Tihange et Doel.<br />

Source : SIP<br />

TOM HAAS, NOUVEAU<br />

DIRECTEUR DU STATEC<br />

Tom Haas a été nommé directeur du<br />

Statec, avec effet au 1 er novembre <strong>2024</strong>,<br />

remplaçant Serge Allegrezza, partant à<br />

la retraite. Âgé de 41 ans, Tom Haas<br />

dispose d’une expérience de plus de 15<br />

ans au sein de l’institution. Actuel chef<br />

du département « Conjoncture, modélisation<br />

et prévisions », il a joué un rôle<br />

clé dans plusieurs projets stratégiques.<br />

Le ministre de l’Économie, Lex Delles, a<br />

salué son expertise et son implication<br />

dans le développement du Statec. Le<br />

nouveau directeur se dit honoré et prêt<br />

à assumer ses nouvelles responsabilités<br />

à la tête de l’institution statistique.<br />

Source : SIP<br />

BILAN POSITIF POUR LA SAISON<br />

TOURISTIQUE <strong>2024</strong><br />

Le 30 septembre, Lex Delles, ministre<br />

de l’Économie, des PME, de l’Énergie<br />

et du Tourisme, a présenté un bilan<br />

optimiste pour la saison touristique<br />

luxembourgeoise. Malgré des conditions<br />

météorologiques défavorables<br />

ayant affecté le secteur du camping,<br />

une augmentation de 5% des nuitées<br />

hôtelières entre janvier et juillet a été<br />

observée. La satisfaction des visiteurs<br />

reste élevée, avec 96% recommandant<br />

la destination. Le tourisme domestique<br />

a également connu un essor remarquable.<br />

Le ministre a souligné l’importance<br />

des investissements dans les<br />

infrastructures touristiques et l’essor<br />

de la digitalisation du secteur.<br />

Source : SIP


3, ZAE Route de Bettel<br />

L9415 Vianden<br />

Tél. : 352 26 80 36 41<br />

sce-evlink-service@sce-international.lu<br />

Subvention<br />

de l’État<br />

1.200 €<br />

Bundle SCE EASY Charge<br />

Le Bundle SCE EASY Charge est un chargeur<br />

qui convient parfaitement à la transition vers<br />

l’électromobilité à un prix super intéressant.<br />

Bundle SCE PRO Charge<br />

Le Bundle SCE PRO Charge convient à tous les<br />

clients qui ont des exigences plus élevées quant<br />

aux fontionnalités d’une borne.<br />

Maison individuelle<br />

Montage intérieur<br />

et extérieur<br />

Contrôle d’accès<br />

Câble de recharge<br />

jusqu’à 7 m<br />

Interface web<br />

Compatible avec PV<br />

Maison unifamiliale<br />

Immeuble résidentiel<br />

Montage intérieur<br />

et extérieur<br />

Cable de recharge<br />

Interface web<br />

Compatible avec PV<br />

Contrôle d’accès<br />

Données techniques<br />

Données techniques<br />

Puissance de charge * jusqu’à 22 kW<br />

Equipement de charge Prise de type 2<br />

Autorisation<br />

Via App<br />

Communication<br />

OCPP 1.6 J<br />

Connectivité<br />

WLAN / Ethernet<br />

Gestion de la charge Statique en option<br />

Fontion de délestage Oui<br />

Interface utilisateur Voyant d’état LED ou via App<br />

Niveau de protection IP 55, IK 10<br />

Fusible électrique RCD type A capteurs de courant<br />

de défaut DC 6 mA<br />

Communication EV IEC 618511<br />

Couleur<br />

Blanc / Vert<br />

Puissance de charge * jusqu’à 22 kW<br />

Equipement de charge Câble de charge de 5 m<br />

Autorisation<br />

RFID<br />

Communication<br />

OCPP 1.6 SOAP & JSON<br />

Modbus TCP<br />

Connectivité<br />

Ethernet, LTE, Bluetooth<br />

Gestion de la charge Statique & dynamique<br />

Clustering<br />

illimité<br />

Fontion de délestage Oui<br />

Compteur d‘énergie MID Energy Meter<br />

Interface utilisateur Voyant d’état LED<br />

Web Interface<br />

Niveau de protection IP 56, IK 10<br />

Fusible électrique RCD type A capteurs de courant<br />

de défaut DC 6 mA<br />

Communication EV IEC 618511; ISO 15118<br />

Couleur<br />

Devant : Gris, Derrière : Noir,<br />

Boîtier : Gris foncé<br />

* Selon les directives du gestionnaire de réseau luxembourgeois, les enceintes murales doivent être réduites à 11 kW pour un usage privé.<br />

Nos Bundles comprennent :<br />

Home Check + Borne de recharge + Installation<br />

L’installation comporte : 10 m câble électrique, 10 m câble délestage, 10 m câble de communication, 1 percée murale<br />

pour passage des câbles, Fusibles de protection, Canal de câbles 32 30 mm & Accessoires de montage.


26<br />

| RH ET FORMATION<br />

TRANSFORMATIONS RH :<br />

FORTIFIER SON CAPITAL<br />

HUMAIN<br />

C’est une fonction support, qui veille indirectement mais indéniablement<br />

à l’atteinte des objectifs de toute organisation. Aujourd’hui<br />

confrontée à de nombreux bouleversements, la fonction RH innove<br />

et évolue pour accompagner le fonctionnement futur des organisations<br />

– publiques ou privées – que ce soit en matière de gestion<br />

des talents, de formation, de succession ou encore d’expérience<br />

employé. Pierre-Jean Forrer, Partner et Public Sector Leader chez<br />

EY Luxembourg, répond à nos questions sur les mutations en cours.<br />

Quels sont les principaux facteurs qui<br />

poussent aujourd’hui les employeurs<br />

à transformer leurs pratiques en<br />

matière de ressources humaines ?<br />

Pénurie de talents, transformation digitale,<br />

arrivée des nouvelles générations<br />

sur le marché du travail, télétravail…<br />

sont autant de sujets d’actualité qui<br />

nécessitent certaines adaptations. Mais,<br />

au-delà de ces bouleversements, les ressources<br />

humaines sont confrontées, aussi<br />

bien dans les organisations publiques<br />

que privées, à un facteur de transformation<br />

perpétuelle, à savoir le maintien de<br />

l’alignement entre les besoins métiers et<br />

les moyens humains mis à disposition de<br />

ces activités. De ce fait, les modèles opérationnels<br />

et organisationnels sont en<br />

mouvement continu.<br />

Dès lors, à quels types de changements<br />

les départements RH sont-ils confrontés<br />

?<br />

Aujourd’hui, ce sont essentiellement<br />

les processus de recrutement qu’il faut<br />

moderniser. Ceux-ci doivent être rapides,<br />

fluides et concertés, et peuvent l’être<br />

grâce à des solutions digitales comme<br />

l’intelligence artificielle ou encore<br />

des outils de matching de plus en plus<br />

sophistiqués. Les RH doivent s’adapter<br />

aux nouvelles tendances en étant encore<br />

mieux préparées et plus précises sur les<br />

attentes, les descriptions de poste, les<br />

objectifs de performance individuels<br />

ou collectifs, la culture d’entreprise,<br />

l’intégration des nouveaux entrants et<br />

leur accompagnement continu. Quelle<br />

que soit la manière dont le marché du<br />

travail évolue, il est important de pouvoir<br />

diagnostiquer et adapter régulièrement<br />

les stratégies et les moyens RH de son<br />

institution. Proactivité et réactivité sont<br />

donc de mise pour ajuster rapidement les<br />

modèles d’organisation, la planification<br />

des besoins en ressources humaines, les<br />

données statiques et dynamiques, l’expérience<br />

des employés, les outils digitaux<br />

ou encore les réponses aux nouvelles<br />

attentes.<br />

Quels objectifs les employeurs<br />

espèrent-ils atteindre par ces transformations<br />

?<br />

La valeur du capital humain d’une organisation<br />

n’est pas une perspective statique,<br />

mais vivante et changeante. Dès lors,<br />

chaque nouvelle année d’activité doit<br />

s’accompagner de nouveaux objectifs en<br />

matière de croissance, de qualité offerte<br />

ou de services rendus ; objectifs qui,<br />

pour être atteints, nécessitent qu’on y<br />

associe les moyens humains et technologiques<br />

qui permettront de sourcer, screener,<br />

qualifier et offrir tout le potentiel<br />

humain qui permettra d’initier un processus<br />

de recrutement. Ensuite doivent<br />

être organisés l’accueil, l’intégration, la<br />

formation et l’accompagnement des nouveaux<br />

talents, facteurs essentiels à leur<br />

rétention. Enfin, des processus solides et<br />

professionnels d’évaluation – requérant<br />

méthode et outils innovants – doivent<br />

être mis au service de la performance<br />

individuelle et collective.<br />

Quels sont les principaux défis rencontrés<br />

lors de la mise en œuvre de<br />

nouvelles initiatives RH ?<br />

Les organisations RH sont bien souvent<br />

sous dotées en termes de moyens, fonctionnent<br />

de manière assez empirique<br />

et recourent à des outils plutôt vieillissants<br />

; un état de fait qui rend difficile<br />

le lancement de nouvelles initiatives.<br />

Dès lors, les défis sont d’adopter des processus<br />

clairement documentés, d’établir<br />

une vision claire des bonnes pratiques à<br />

mettre en place et de formaliser les nouveaux<br />

besoins tout en évaluant correctement<br />

les budgets à y allouer. Le challenge<br />

est d’autant plus important que quantité<br />

de nouvelles technologies viennent<br />

aujourd’hui surprendre les RH en leur<br />

offrant de nouvelles possibilités. Rien<br />

que l’intelligence artificielle présente un<br />

extraordinaire potentiel pour faciliter<br />

les services RH et accroître la satisfaction<br />

de l’employé dans ses interactions<br />

avec ce département de support. Et puis,<br />

pour relever ces défis et ouvrir le champ<br />

des possibles en matière d’innovation,<br />

il peut être nécessaire de se doter temporairement<br />

de nouvelles compétences<br />

extérieures.<br />

Comment les employeurs peuvent-ils<br />

évaluer l’impact des efforts consentis<br />

en matière de politique RH ?<br />

Le premier indicateur pour évaluer si<br />

le capital humain est bien aligné aux<br />

besoins de l’organisation passe par la<br />

mesure de la performance collective au<br />

regard des objectifs annuels fixés. Ce<br />

capital humain – vivant par nature car<br />

constitué d’entrées, de performances<br />

individuelles et d’une bonne anticipation<br />

des départs et des successions<br />

– doit être animé par une politique RH<br />

claire et transparente. Une telle politique<br />

s’articule avec une organisation<br />

RH bien dotée, des processus solides<br />

(qui soient simples, documentés et supportés)<br />

et des outils digitaux à la hauteur<br />

des ambitions et des usages. Il faut<br />

ensuite pouvoir jauger les performances<br />

individuelles en continu pour évaluer<br />

la pertinence des plans de formation,<br />

des moyens de communication et des<br />

processus. Évaluations individuelles et


27<br />

Pierre-Jean Forrer<br />

collectives donneront ainsi une vue à<br />

360° de l’impact d’une stratégie RH.<br />

Une politique RH claire et<br />

transparente s’articule avec<br />

une organisation bien dotée,<br />

des processus solides et des<br />

outils digitaux à la hauteur des<br />

ambitions et des usages<br />

Quelles sont les principales tendances<br />

qui devraient émerger dans les prochaines<br />

années en matière de transformations<br />

RH et comment les acteurs<br />

qui souhaitent demeurer compétitifs<br />

peuvent-ils s’y préparer ?<br />

Il est important de poursuivre la modernisation<br />

des systèmes de gestion des<br />

ressources humaines pour désencombrer<br />

les organisations RH des tâches<br />

manuelles et redondantes qu’elles<br />

sont encore nombreuses à effectuer.<br />

À ce titre, l’intelligence artificielle<br />

peut les décharger de traitements très<br />

chronophages. J’ai vu un cas d’usage<br />

où une IA répondait à l’employé d’une<br />

administration sur les démarches à<br />

suivre pour un départ en préretraite<br />

rien qu’en exploitant la base légale et<br />

les procédures internes. Les sources<br />

étant totalement transparentes, ne<br />

restait aux RH qu’à vérifier et valider<br />

les étapes à franchir ensuite. D’autres<br />

organisations recourent à cette technologie<br />

pour accélérer leur processus<br />

de recrutement. L’IA permet de trier les<br />

CV en identifiant la substance présentant<br />

une réelle valeur par rapport au<br />

poste à pourvoir ou encore d’organiser<br />

le processus d’embauche et les agendas.<br />

Le recrutement est certainement un des<br />

domaines que ce type d’innovation fera<br />

le plus évoluer.<br />

Chez EY, comment pouvez-vous aider<br />

les organisations à surmonter le changement<br />

?<br />

Nous disposons d’équipes, de solutions<br />

et de services destinés à accompagner les<br />

organisations publiques ou privées dans<br />

leurs enjeux RH, que ceux-ci soient liés à la<br />

transformation des organisations, l’acquisition<br />

des talents, l’expérience employé, la<br />

formation, la mobilité ou encore la fonction<br />

RH en tant que telle. Nous procédons<br />

à des évaluations, partageons des bonnes<br />

pratiques et aidons à la mise en place de<br />

nouveaux systèmes RH dans l’objectif de<br />

protéger et de valoriser le capital humain<br />

de nos clients.<br />

EY Luxembourg<br />

35E, Avenue John F. Kennedy<br />

L-1855 Luxembourg<br />

www.ey.com/lu


28<br />

| RH ET FORMATION<br />

LOGISTICS IS<br />

PEOPLE BUSINESS<br />

La logistique est une interaction<br />

complexe de flux de<br />

marchandises et d’informations<br />

dans des réseaux intelligents.<br />

Conformément à sa<br />

devise « Logistics is people<br />

business », les collaborateurs<br />

de DACHSER Luxembourg ont la<br />

priorité absolue. Mais qui sont<br />

les personnes qui s’engagent<br />

au quotidien pour assurer le<br />

bon acheminement des marchandises<br />

? Dans cet article,<br />

Janine Weber, Laura Waigel,<br />

Veronika Diederich et Emanuel<br />

Hofmann nous donnent un<br />

aperçu du monde de la logistique<br />

et de l’entreprise familiale<br />

à Grevenmacher.<br />

Country Manager et équipe de<br />

management<br />

Lorsque l’on entend le terme « logistique »,<br />

on pense automatiquement aux chauffeurs<br />

de camion, aux agents d’exploitation<br />

ou aux caristes. Le secteur du transport<br />

est toujours considéré comme un domaine<br />

masculin et de nombreuses entreprises ont<br />

du mal à attirer des femmes à des postes<br />

de direction dans ce monde dynamique.<br />

Il en est tout autrement chez DACHSER à<br />

Grevenmacher. Ici, la direction et l’équipe<br />

de management sont majoritairement<br />

composées de femmes. Emanuel Hofmann<br />

est l’un des rares hommes à faire partie<br />

du management et avoue avec un sourire<br />

aux lèvres : « j’assume volontiers le rôle<br />

du coq en pâte, car mes collègues féminines<br />

sont particulièrement soigneuses<br />

avec moi, je ne suis donc pas noyé dans<br />

la masse ». Janine Weber ajoute en riant :<br />

« grâce à Emanuel, nous remplissons<br />

notre quota d’hommes chez DACHSER<br />

Grevenmacher ».<br />

Janine Weber, Country Manager chez<br />

DACHSER Luxembourg, travaille depuis<br />

2007 pour l’entreprise familiale et dirige<br />

l’agence depuis 2016. « La diversité qu’implique<br />

ce secteur et l’esprit d’entreprise en<br />

font pour moi un métier particulièrement<br />

passionnant et épanouissant », expliquet-elle.<br />

« Notre objectif ultime est la satisfaction<br />

de nos clients. Grâce à l’innovation<br />

et à nos standards de qualité, nous créons<br />

pour eux une solution logistique par<br />

excellence. La confiance accordée et l’estime<br />

d’égal à égal constituent une base<br />

solide pour une relation commerciale<br />

réussie et durable », décrit-elle encore<br />

avec enthousiasme.<br />

Emanuel Hofmann, Sales Manager dans<br />

l’agence, a trouvé sa voie dans l’entreprise<br />

familiale en 2022. « La volonté de faire<br />

bouger les choses était là, cependant je<br />

n’avais aucune expérience dans le secteur<br />

de la logistique – mais une vision : « I will<br />

Janine Weber, Emanuel Hofmann, Veronika Diederich et Laura Waigel


29<br />

survive » », dit-il en riant. « Pour moi, le fait<br />

d’avoir un supérieur masculin ou féminin<br />

ne joue absolument aucun rôle. Il est<br />

important de diriger avec professionnalisme<br />

et objectivité et d’être un véritable<br />

modèle pour les collaborateurs. C’est justement<br />

lorsqu’il s’agit de naviguer dans<br />

les conflits, de créer de nouvelles pistes<br />

de réflexion ou de discuter de solutions<br />

que les femmes ont souvent une longueur<br />

d’avance », affirme Emanuel Hofmann avec<br />

certitude. Il accepte avec reconnaissance<br />

les idées, les suggestions ou les solutions<br />

et sait qu’il peut ainsi développer encore<br />

plus ses compétences.<br />

Avec notre promesse<br />

de qualité, nos clients ont<br />

la possibilité de se concentrer<br />

pleinement sur leur cœur<br />

de métier<br />

Ce n’est pas la force féminine qui manque<br />

dans l’équipe de Janine Weber. Veronika<br />

Diederich, Customer Service Manager,<br />

déclare : « l’Homme est et reste le facteur<br />

clé de la réussite de l’entreprise. Nous<br />

accordons une attention particulière à la<br />

fourniture de solutions rapides et efficaces<br />

à nos clients et misons sur des interlocuteurs<br />

personnels ainsi que sur un excellent<br />

support. Nous nous considérons comme<br />

un partenaire solide aux côtés de nos<br />

clients ». Avec plus de quatorze ans d’expérience<br />

dans le secteur, Veronika Diederich<br />

est une experte dans son domaine. Elle<br />

est responsable de la surveillance de tous<br />

les processus tout au long de la chaîne de<br />

valeur. « Grâce à notre gestion uniforme<br />

de la qualité, nous établissons des normes<br />

dans la gestion des processus logistiques<br />

et nos règles de réseau donnent à tous<br />

les collaborateurs des directives fermes<br />

et obligatoires pour la coordination de<br />

tous les mouvements de marchandises »,<br />

explique-t-elle. Elle aussi est convaincue<br />

qu’un bon manager ne se mesure pas à son<br />

sexe, mais bien plus à ses compétences<br />

techniques et rhétoriques et à son amour<br />

du métier.<br />

Laura Waigel, qui a rejoint l’entreprise<br />

familiale suite à une réorientation professionnelle,<br />

s’est sentie très bien accueillie<br />

dès le début. Elle est Operations Manager<br />

pour l’agence de Grevenmacher depuis<br />

2020 et renforce l’équipe déjà depuis 2014.<br />

Diriger, surveiller et optimiser les processus<br />

opérationnels existants relèvent avant<br />

tout de ses attributions. « Avec notre promesse<br />

de qualité, nos clients ont la possibilité<br />

de se concentrer pleinement sur leur<br />

cœur de métier. En tant que spécialistes<br />

du secteur de la logistique, nous prenons<br />

en charge toutes les activités nécessaires<br />

dans le domaine du transport de marchandises.<br />

La culture et les valeurs de notre<br />

entreprise familiale, avec sa passion pour<br />

l’excellence logistique, font de DACHSER<br />

quelque chose de très particulier », affirme<br />

Laura Waigel avec assurance.<br />

Une logistique de valeur<br />

La plus grande ambition de DACHSER<br />

est d’améliorer le bilan logistique de ses<br />

clients. « Des marchés différents nécessitent<br />

des solutions différentes », explique<br />

Emanuel Hofmann. Il poursuit : « perfectionner<br />

les prestations logistiques pour<br />

le client est notre plus grande exigence ».<br />

La logistique à valeur ajoutée naît lorsque<br />

DACHSER combine ses services standard<br />

avec des exigences logistiques spécifiques<br />

à chaque secteur. C’est pourquoi l’échange<br />

régulier avec les experts sur les différentes<br />

exigences est très important afin de fournir<br />

aux clients le meilleur service possible.<br />

« Qu’il s’agisse de produits chimiques, y<br />

compris les matières dangereuses, de cosmétiques<br />

haut de gamme, de produits de<br />

parfumerie ou d’une chaîne de services<br />

sans faille lorsqu’il faut livrer des produits<br />

dans des magasins de bricolage, des jardineries<br />

ou des magasins spécialisés, nous<br />

proposons à nos clients des solutions sectorielles<br />

sur mesure et leur procurons ainsi<br />

un avantage concurrentiel significatif »,<br />

raconte Janine Weber. Les relations personnelles<br />

et de confiance, tant entre les<br />

membres de l’équipe qu’avec les partenaires<br />

commerciaux et les clients de<br />

longue date, renforcent la base de la coopération<br />

et constituent un facteur décisif<br />

au niveau des relations humaines.<br />

Ces dernières années, DACHSER<br />

Luxembourg n’a cessé de se développer.<br />

Avec environ 60 collaborateurs, le site<br />

compte cependant parmi les plus petites<br />

agences. « Comme pour tout dans la vie,<br />

il y a des avantages et des inconvénients.<br />

Un avantage évident est que la taille de<br />

notre agence nous permet de réagir et<br />

d’agir beaucoup plus rapidement jour<br />

après jour. Les structures familiales ainsi<br />

qu’une communication ouverte et une<br />

culture de l’erreur que nous entretenons<br />

et apprécions entre nous sont également<br />

particulièrement précieuses », souligne<br />

Janine Weber. Une croissance durable, le<br />

courage d’emprunter de nouvelles voies<br />

et, surtout, un esprit d’équipe important<br />

avec une belle ambiance de travail ont fait<br />

de DACHSER un moteur d’innovation et le<br />

prestataire de services de qualité n°1 dans<br />

toute l’Europe.<br />

DACHSER Luxembourg Sàrl<br />

10, Op der Ahlkërrech<br />

L-6776 Grevenmacher<br />

dachser.lu


30<br />

| RH ET FORMATION<br />

TRAVAIL HYBRIDE :<br />

FACTEUR DE<br />

(DÉS)ENGAGEMENT ?<br />

Karine Pontet<br />

Un peu partout, des entreprises se mettent à serrer la vis sur leur politique de télétravail, signe que<br />

trouver la recette qui confère flexibilité aux collaborateurs tout en maintenant leur engagement, leur<br />

performance individuelle et une culture d’entreprise forte n’est pas aisé. Karine Pontet, Partner au<br />

sein du département HR & Employment Advisory Services chez BDO Luxembourg, répond aux<br />

questions qui tourmentent les employeurs.


31<br />

Le télétravail s’est largement généralisé<br />

depuis 2020 et la pandémie de Covid-19.<br />

Malgré ses avantages, certaines entreprises<br />

rechignent à y recourir. Qu’est-ce<br />

qui les distingue de celles qui, au<br />

contraire, le promeuvent ?<br />

Le télétravail, par la flexibilité qu’il confère,<br />

est destiné à offrir aux collaborateurs un<br />

meilleur équilibre entre vie privée et vie<br />

professionnelle. S’il ne présente pas de réel<br />

désavantage en soi, il apporte néanmoins<br />

son lot de défis, raison pour laquelle certaines<br />

entreprises locales résistent encore<br />

au modèle du travail hybride. Celles qui le<br />

promeuvent ont compris qu’elles ne pouvaient<br />

pas passer outre tant il confère un<br />

avantage compétitif en matière d’attractivité.<br />

Les autres freinent des deux pieds<br />

pour deux raisons : soit parce que certains<br />

emplois ne sont pas télétravaillables et<br />

qu’elles ne veulent pas favoriser une population<br />

par rapport à une autre – ce qui est<br />

louable mais qui nécessite peut-être d’offrir<br />

d’autres avantages, soit parce que leur<br />

direction considère le télétravail comme<br />

l’apanage des paresseux. Cette méfiance<br />

est plutôt le fait de certaines grosses sociétés<br />

et risque de se retourner contre elles.<br />

Objectivement, peut-on considérer<br />

le travail hybride comme responsable<br />

d’une perte d’engagement des<br />

collaborateurs ?<br />

Avec le télétravail, l’adage « loin des yeux,<br />

loin du cœur » devient une réalité que<br />

beaucoup d’organisations expérimentent,<br />

à leur plus grand désarroi. L’enquête Gallup<br />

<strong>2024</strong> « State of the Global Workplace » met<br />

en lumière que, sur 38 pays européens, le<br />

Luxembourg – où le télétravail s’est largement<br />

généralisé – pointe à la 37 e position<br />

en matière d’engagement des collaborateurs.<br />

Autre chiffre inquiétant : 38% des<br />

employés interrogés avouent rechercher un<br />

nouvel emploi, ce qui place le Grand-Duché<br />

en 6 e position du classement. Ces résultats<br />

supposent une corrélation négative entre<br />

recours au travail hybride et engagement<br />

des collaborateurs, une tendance qui peut<br />

être un obstacle à la collaboration entre<br />

employés et à l’entretien d’une culture<br />

d’entreprise forte. Néanmoins, le télétravail<br />

ne saurait être tenu pour seul responsable<br />

de ce manque d’engagement avéré ou<br />

d’une culture d’entreprise fragile. Bien souvent,<br />

ces difficultés sont symptomatiques<br />

de problèmes structurels plus profonds,<br />

généralement antérieurs à la mise en place<br />

du travail hybride et qui se sont sournoisement<br />

aggravés après son introduction.<br />

Aussi, chercher à ramener ses employés au<br />

bureau, comme le font désormais de nombreuses<br />

entreprises, n’est pas la solution.<br />

Les y contraindre sans contrepartie efficace<br />

et attrayante aurait de grandes chances<br />

d’engendrer l’effet inverse : désengagement<br />

actif, démissions passives ou réelles.<br />

Dès lors, quels conseils donneriez-vous<br />

à une organisation désireuse de profiter<br />

des avantages offerts par le travail<br />

hybride tout en maintenant un<br />

haut niveau d’engagement chez ses<br />

collaborateurs ?<br />

Selon moi, la clé du succès du travail<br />

hybride, aussi bien pour l’employé que<br />

pour l’entreprise, est la collaboration. Il<br />

convient alors de l’ancrer dans le socle de<br />

valeurs et l’éthique de la société, mais aussi<br />

de la récompenser en interne. En effet, si la<br />

collaboration n’est pas définie comme une<br />

valeur fondamentale commune, démontrée<br />

(« lead by example »), soutenue et reconnue<br />

par la direction au quotidien, la mise<br />

en place d’un environnement collaboratif<br />

peinera à s’instaurer de manière effective<br />

et durable.<br />

S’agissant d’une compétence qui s’acquiert<br />

plutôt que d’une aptitude innée,<br />

la collaboration est un savoir-être qui se<br />

développe. C’est pourquoi je conseille<br />

également aux entreprises d’investir dans<br />

la formation des employés (compétences<br />

communicationnelles, facultés d’adaptation,<br />

empathie, gestion des conflits<br />

sont autant d’aspects qui se travaillent)<br />

mais aussi des membres du comité exécutif<br />

et du middle management pour<br />

qu’ils deviennent des leaders inspirants<br />

et capables de maintenir un haut niveau<br />

d’engagement parmi leurs équipes.<br />

En effet, et c’est mon 3 e point, l’équipe dirigeante<br />

doit non seulement donner du sens<br />

à sa vision, mais aussi montrer l’exemple.<br />

Performance individuelle et collective sont<br />

étroitement liées à la manière dont les leaders<br />

insufflent leur vision au sein de l’organisation.<br />

Il est crucial de donner du sens<br />

à cette vision en la rendant concrète, réaliste,<br />

mais aussi suffisamment ambitieuse<br />

pour que les collaborateurs aient envie de<br />

la réaliser. De plus, les dirigeants doivent<br />

incarner les valeurs qu’ils souhaitent voir<br />

se concrétiser en fixant la norme à suivre<br />

pour le reste de l’organisation.<br />

Enfin, ils doivent favoriser l’émergence<br />

d’un environnement de confiance, de<br />

coopération et de partage, au travers par<br />

exemple de la création de communautés<br />

interfonctionnelles parmi lesquelles<br />

les collaborateurs pourront se retrouver<br />

autour de projets transversaux. Ainsi, les<br />

employés pourront non seulement échanger<br />

leurs idées et s’enrichir mutuellement,<br />

mais aussi créer de nouveaux réseaux<br />

« informels » au sein desquels ils prendront<br />

plaisir à s’investir.<br />

Comment envisagez-vous l’évolution<br />

du travail hybride au Luxembourg ?<br />

Il faut poursuivre sur cette voie et continuer<br />

à favoriser la flexibilité du travail.<br />

Selon moi, le travail hybride devrait encore<br />

se généraliser davantage, notamment pour<br />

les frontaliers. C’est une condition clé pour<br />

attirer de nouveaux talents au Grand-<br />

Duché. La question est plutôt de savoir<br />

comment nous allons gérer les défis qu’il<br />

représente.<br />

Justement, comment accompagnezvous<br />

vos clients en la matière chez<br />

BDO ?<br />

Premièrement, nous évaluons le niveau<br />

d’engagement de leurs collaborateurs<br />

via un « engagement survey », qui permet<br />

d’étudier une série d’indicateurs comme<br />

la confiance dans le leadership, l’adhésion<br />

à la vision et à la stratégie de l’entreprise,<br />

une éventuelle intention de démissionner,<br />

etc. De là, nous pouvons ensuite identifier<br />

les leviers sur lesquels travailler avec ou<br />

sans recours au travail hybride. Peut-être<br />

que le leadership ne communique pas sur<br />

sa vision de manière assez concrète ou<br />

convaincante, que les objectifs de l’entreprise<br />

ne sont pas correctement définis ou<br />

encore que le management n’est pas suffisamment<br />

formé à la collaboration. Une<br />

fois ces problèmes potentiels résolus, nous<br />

pouvons alors les accompagner dans l’élaboration<br />

d’un modèle de travail hybride qui<br />

conviendra au mieux à leur type d’activité,<br />

leurs locaux et équipements techniques.<br />

Nos équipes ont élaboré de nombreuses<br />

politiques de télétravail, chacune adaptée<br />

aux spécificités de chaque client.<br />

BDO Advisory<br />

1, rue Jean Piret<br />

L-2350 Luxembourg<br />

www.bdo.lu


Un partenariat sur lequel<br />

vous pouvez compter.<br />

DACHSER European Logistics<br />

Partout en Europe.<br />

Notre objectif est d’assurer la livraison<br />

sécurisée, ponctuelle et intacte de vos<br />

envois. En d’autres termes, nous vous<br />

offrons un partenariat sur lequel vous<br />

pouvez compter.<br />

DACHSER European Logistics est toujours<br />

présent à vos côtés, où que vous<br />

en ayez besoin. Grâce à nos liaisons<br />

quotidiennes et à nos délais de transit<br />

fixes, nous acheminons vos envois en<br />

groupage, ainsi que vos chargements<br />

partiels ou complets, directement à leur<br />

destination. Cette approche vous confère<br />

une planification toujours fiable.<br />

DACHSER Luxembourg Sàrl<br />

Agence Grevenmacher • 10, Op der Ahlkërrech<br />

6776 Grevenmacher • Tel.: +352 270771 0<br />

dachser.luxembourg@dachser.com • dachser.lu


34<br />

| RH ET FORMATION<br />

LLLC : FORMER<br />

LES TALENTS<br />

DE DEMAIN<br />

Au cœur des enjeux de l’apprentissage continu, le Luxembourg<br />

Lifelong Learning Centre (LLLC), centre de formation continue de<br />

la Chambre des salariés (CSL), s’engage à répondre aux attentes<br />

des salariés. Pour l’année académique <strong>2024</strong>-2025, de nouveaux<br />

parcours de formation en cours du soir sont proposés dans les<br />

domaines de la comptabilité, la gestion de projet, le web et la<br />

cybersécurité. Claude Cardoso, conseiller de direction, revient sur<br />

cette initiative.<br />

Quelles sont les principales missions et<br />

activités du LLLC ?<br />

Le Luxembourg Lifelong Learning Centre<br />

est le centre de formation continue de la<br />

Chambre des salariés. Sans entrer dans<br />

les détails, la CSL a pour mission de<br />

défendre, au sens large, les intérêts des<br />

salariés et la formation continue constitue<br />

un pilier important de ses activités.<br />

Depuis plus de 50 ans, notre offre de formation<br />

s’est constamment enrichie pour<br />

répondre aux attentes des salariés.<br />

charge de travail importante. La gestion<br />

administrative, avec notamment la<br />

coordination des cours dans les lycées à<br />

travers le pays, demande une organisation<br />

solide. Et la mise à jour ou la création<br />

de nouveaux cours ou parcours de<br />

formation est une activité chronophage<br />

qui mobilise beaucoup de personnes.<br />

Heureusement, nous pouvons compter<br />

sur nos formateurs qui sont très impliqués<br />

et motivés.<br />

Aujourd’hui, le LLLC propose une large<br />

gamme de formations dans divers<br />

domaines et sous différents formats.<br />

Nous proposons des séminaires, des<br />

formations pour seniors, des formations<br />

spécialisées, des certifications professionnelles,<br />

des cursus universitaires en<br />

partenariat avec diverses universités et<br />

des cours du soir en collaboration avec<br />

le ministère de l’Éducation nationale, de<br />

l’Enfance et de la Jeunesse.<br />

Comment vous adaptez-vous à la multiplication<br />

des formations ?<br />

L’équipe a également grandi au fil des<br />

années pour faire face à l’expansion de<br />

nos activités. Aujourd’hui, l’ensemble de<br />

l’offre du LLLC attire en moyenne 12.000<br />

candidats par an. Rien que pour les cours<br />

du soir, nous accueillons chaque année<br />

entre 5.000 et 5.500 participants sur les<br />

deux semestres, ce qui représente une<br />

Tout évolue de plus en plus<br />

rapidement, mais il est<br />

impératif de proposer<br />

des formations en phase<br />

avec les besoins du marché<br />

Comment vous assurez-vous que votre<br />

offre reste pertinente face aux évolutions<br />

rapides du marché et des besoins<br />

des professionnels ?<br />

C’est effectivement un énorme défi avec<br />

une offre aussi vaste et diversifiée. Tout<br />

évolue de plus en plus rapidement, mais<br />

il est impératif de proposer des formations<br />

en phase avec les besoins du marché.<br />

Nous ne procédons pas de la même<br />

manière d’un produit de formation à<br />

l’autre. Pour nos bachelors ou masters,<br />

par exemple, nous pouvons nous reposer<br />

sur nos universités partenaires qui sont<br />

responsables pédagogiques et scientifiques<br />

du contenu des diplômes proposés.<br />

En revanche, pour notre vaste offre<br />

de cours du soir, qui n’a cessé de croître<br />

ces dernières années, c’est nous qui nous<br />

en chargeons.<br />

En septembre 2023, l’institution a placé<br />

au cœur de ses priorités la refonte de ses<br />

cours du soir, en mettant un accent particulier<br />

sur la mise en place d’un processus<br />

permettant une mise à jour en continu<br />

de l’ensemble des parcours. Pour ce faire,<br />

un projet pilote a été initié avec la mise<br />

en place de cercles de qualité pour certains<br />

parcours. Ces derniers, composés<br />

au minimum de deux experts métier et<br />

de formateurs, ont pour mission d’analyser<br />

les besoins du marché et d’ajuster<br />

en continu les parcours de formation en<br />

conséquence.


35<br />

Claude Cardoso<br />

Où en est le projet pilote et avez-vous<br />

déjà des résultats concrets ?<br />

Avec les retours d’expérience des quatre<br />

premiers cercles de qualité, nous avons<br />

défini un mode opératoire pérenne que<br />

nous sommes maintenant en train de<br />

déployer à l’ensemble de nos parcours<br />

de cours du soir. Pour cette rentrée, nous<br />

avons également des résultats concrets<br />

avec six nouveaux parcours de formation<br />

: l’assistant comptable, le comptable<br />

confirmé, le gestionnaire de projet,<br />

le web designer, le full stack web developer<br />

et le cybersecurity analyst.<br />

Ces parcours de formation ont été<br />

entièrement repensés pour offrir une<br />

formation en phase avec les attentes<br />

du marché du travail. Que l’on débute<br />

dans le domaine ou que l’on souhaite se<br />

perfectionner, ces profils de formation<br />

offrent une progression claire et adaptée<br />

à chaque niveau de compétence.<br />

Comme pour l’ensemble de nos cours<br />

du soir, l’avantage majeur de cette offre<br />

est qu’elle ne nécessite aucun prérequis.<br />

Une personne sans expérience peut<br />

commencer à zéro et suivre un cheminement<br />

structuré. A contrario, si elle souhaite<br />

se perfectionner dans un domaine,<br />

elle peut avoir accès à des modules<br />

avancés. Ces formations sont proposées<br />

dans plusieurs langues et accessibles<br />

dans différents lycées à travers le pays,<br />

grâce à notre collaboration étroite avec<br />

le ministère de l’Éducation nationale.<br />

LE CHIFFRE<br />

12.000<br />

candidats par an<br />

Chambre des salariés Luxembourg<br />

18, rue Auguste Lumière<br />

L-1950 Luxembourg<br />

www.csl.lu<br />

Lifelong Learning Centre<br />

2-4, rue Pierre Hentges<br />

L-1726 Luxembourg<br />

www.LLLC.lu


36<br />

| RH ET FORMATION<br />

Angéline Prévot


37<br />

LA MISSION DE LA TRANSMISSION<br />

Le secteur de la construction est celui dans lequel le risque d’accident<br />

est le plus élevé. Le rôle du coordinateur en sécurité et santé y<br />

est donc d’autant plus crucial. Angéline Prévot, administrateur délégué<br />

de GERI Management et ingénieure spécialisée en la matière, n’a<br />

de cesse de faire des chantiers luxembourgeois des lieux plus sûrs.<br />

C’est pourquoi, au-delà de ses activités quotidiennes, elle intervient<br />

aussi comme formatrice auprès de coordinateurs en sécurité et<br />

santé en formation à la House of Training. Grâce à des cours interactifs<br />

et adaptés aux réalités du terrain, elle contribue à renforcer<br />

les compétences des professionnels qui, comme elle, veillent à la<br />

sécurité dans le bâtiment. Elle revient sur cette mission essentielle<br />

dont elle se charge avec dévouement.<br />

Former : une extension du métier<br />

Le grand public l’a découverte dans la<br />

peau d’une enseignante fin 2022, à l’occasion<br />

d’une campagne de sensibilisation<br />

mettant en scène les élèves de la « Risk<br />

Prevention Highschool » et destinée à<br />

conscientiser les acteurs du monde de la<br />

construction à la santé et la sécurité sur<br />

chantier. Pourtant, la casquette de professeure,<br />

Angéline Prévot la porte depuis un<br />

peu plus de dix ans. En 2012, elle répond<br />

à un appel à former des coordinateurs en<br />

sécurité et santé lancé par l’Inspection<br />

du travail et des mines (ITM). Si ce rôle<br />

de formatrice n’est pas une vocation,<br />

elle l’envisage tout de même comme un<br />

complément à ses activités quotidiennes :<br />

« la formation découle de notre travail ;<br />

il s’agit finalement de transposer ce que<br />

nous faisons toute la journée sur chantier<br />

dans une salle de classe », estime<br />

celle qui endosse aujourd’hui ce rôle avec<br />

dévouement.<br />

Décortiquer ses responsabilités<br />

Engagée par la Chambre de Commerce,<br />

l’administrateur délégué intervient deux<br />

fois 8h dans une formation de 140h à destination<br />

des coordinateurs en sécurité et<br />

de santé. Son chapitre, intitulé « Travailler<br />

ensemble », se concentre principalement<br />

sur les obligations des différents<br />

acteurs du chantier, des coordinateurs aux<br />

ouvriers en passant par les architectes.<br />

En partant du règlement grand-ducal, ses<br />

cours décortiquent les obligations légales<br />

de chacun, illustrées par des cas concrets<br />

et des exercices pratiques. L’objectif est<br />

clair : mettre tout le monde face à ses<br />

responsabilités. « J’essaie de recadrer les<br />

choses car certains coordinateurs vont<br />

parfois trop loin. Je souhaite qu’au terme<br />

de cette formation chacun sache précisément<br />

où commence et où s’arrête sa responsabilité.<br />

Mon approche vise à combler<br />

le fossé entre la théorie et la réalité du<br />

terrain pour permettre aux participants<br />

d’acquérir une compréhension approfondie<br />

de leur rôle et des défis qu’ils rencontreront.<br />

En effet, dans notre travail,<br />

nous sommes confrontés à des problèmes<br />

récurrents, signe que nos messages ne<br />

sont finalement pas bien transposés dans<br />

les pratiques quotidiennes. Lorsqu’un<br />

accident survient, on en rejette bien souvent<br />

la responsabilité sur l’entrepreneur.<br />

Malheureusement, ce dernier est en fin de<br />

course et subit, parfois, le manque de prévoyance<br />

des acteurs qui le précèdent dans<br />

la chaîne. Avec ces cours, j’aimerais transmettre<br />

l’idée qu’il est primordial que tous<br />

les maillons travaillent main dans la main<br />

afin d’anticiper chaque risque », déclare<br />

Angéline Prévot.<br />

Identifier et développer les compétences<br />

clés<br />

Conçue pour favoriser les échanges<br />

ouverts et le partage d’expériences, la formation,<br />

qui s’adresse à des professionnels<br />

expérimentés, offre un lieu d’échange précieux<br />

pour la croissance professionnelle<br />

des participants. « Le métier est difficile<br />

et jouit de peu de reconnaissance sur le<br />

terrain. Le coordinateur en sécurité et<br />

santé ne peut se contenter d’appliquer<br />

les règles, il doit, en plus, constamment<br />

convaincre les autres acteurs du chantier<br />

de l’importance de ses interventions car<br />

seul, il ne fait rien. C’est une profession<br />

qui requiert une grande réactivité, de la<br />

compréhension et une importante capacité<br />

d’adaptation et de persuasion. D’où<br />

l’importance d’une formation solide »,<br />

considère l’administrateur délégué.<br />

Un gage d’efficacité<br />

Bien qu’Angéline Prévot fasse principalement<br />

profiter de son expertise les<br />

apprenants de la House of Training, elle a<br />

également pu contribuer à des formations<br />

en entreprise dans des cas bien spécifiques.<br />

Elle démontre ainsi son engagement pour<br />

assurer que les travailleurs détiennent<br />

toutes les qualifications requises pour<br />

répondre aux exigences de sécurité et de<br />

santé sur les chantiers.<br />

La formation découle de notre<br />

travail ; il s’agit finalement de<br />

transposer ce que nous faisons<br />

toute la journée sur chantier<br />

dans une salle de classe<br />

Évidemment, ses aptitudes pédagogiques<br />

bénéficient en premier lieu à ses propres<br />

sociétés. « C’est notre cheval de bataille<br />

que d’avoir des collaborateurs compétents<br />

en interne », affirme Angéline Prévot.<br />

C’est ainsi que ses deux entreprises sœurs,<br />

GERI Management et GMproject, pilotent<br />

leurs projets avec compétence, réactivité<br />

et efficacité ; la première dans la coordination<br />

de sécurité et de santé sur les chantiers<br />

temporaires ou mobiles, mais aussi<br />

dans les états des lieux des bâtiments et<br />

voiries, avant, pendant et après travaux, et<br />

la seconde dans le pilotage de projets et<br />

l’assistance au maître d’ouvrage.<br />

GERI Management<br />

5, Zone d’Activités Gadderscheier<br />

Bâtiment COS<br />

L-4570 Differdange<br />

www.geri.lu


38<br />

| RH ET FORMATION<br />

TELKEA ACADEMY :<br />

LA FORMATION 3.0<br />

Avec la digitalisation, l’IA ou les enjeux liés à la cybersécurité, la formation<br />

s’est engagée sur de nouvelles voies, mais a dû elle-même<br />

se réinventer. En effet, on se forme aujourd’hui avec de nouveaux<br />

contenus et cela de manière innovante. Une mutation du monde<br />

de la formation qu’incarne parfaitement la Telkea Academy et que<br />

nous raconte Evelyne Ferreira, sa responsable.<br />

Pouvez-vous nous présenter Telkea<br />

Group et ses différentes entités ?<br />

Fondé en 1929, Telkea est un acteur<br />

historique des télécommunications au<br />

Luxembourg et dans la Grande Région. Le<br />

groupe rassemble quatre entités juridiques<br />

aux activités différentes : Telkea ICT, intégrateur<br />

de solutions informatiques et de<br />

téléphonie, Telkea Telecom, qui est un<br />

opérateur de télécommunications à destination<br />

des professionnels, Telkea Soft,<br />

qui développe des logiciels et applications,<br />

puis Telkea Security, créée en janvier <strong>2024</strong>,<br />

dédiée au multimédia ainsi qu’à la sécurité<br />

des bâtiments.<br />

déployés pour accroître le volume de formations,<br />

répondant ainsi à une demande<br />

croissante et à la nécessité d’optimiser la<br />

montée en compétences des équipes. Une<br />

des particularités de ce plan est de proposer<br />

un focus sur les soft skills afin d’allier<br />

l’expertise managériale à l’expertise<br />

technique déjà en place. Autre nouveauté<br />

à l’époque : l’utilisation d’une plateforme<br />

digitale qui, en plus des formations en présentiel,<br />

offre donc des cours en ligne, au<br />

format e-learning et même, depuis <strong>2024</strong>,<br />

en réalité virtuelle. Aujourd’hui, nous<br />

sommes un centre agréé, disposant d’une<br />

offre de 120 formations touchant tous les<br />

domaines d’expertise de Telkea.<br />

La Telkea Academy existe quant à elle<br />

depuis 2019, c’est le pôle de formation du<br />

groupe qui représente la vitrine des différents<br />

domaines d’expertise de Telkea<br />

Group que je viens de citer. En formant au<br />

maniement des solutions innovantes que<br />

nous sommes aussi capables d’implémenter<br />

au sein de leur organisation, la Telkea<br />

Academy s’inscrit comme un acteur décisif<br />

de la transition numérique des entreprises.<br />

Quels ont été les moments clés ou les<br />

jalons marquants dans l’évolution de<br />

Telkea Academy depuis sa création ?<br />

À mon arrivée en avril 2020, alors que les<br />

centres de formation étaient fermés en<br />

raison de la pandémie de Covid-19, un plan<br />

d’action a été mis en place afin de renforcer<br />

le volet formation, avec une approche<br />

en deux axes. D’une part, l’accent a été<br />

mis sur un renforcement méthodologique<br />

visant à structurer et améliorer l’efficacité<br />

des contenus et des méthodes pédagogiques.<br />

D’autre part, des efforts ont été<br />

Quels défis avez-vous rencontrés au<br />

cours de ce parcours et comment les<br />

avez-vous surmontés ?<br />

Je dirais que le premier repose sur la maîtrise<br />

des différents formats technologiques<br />

de formation. Avec la pandémie, on a vu<br />

l’explosion des sessions en ligne et du<br />

e-learning. Aujourd’hui, on revient à des<br />

formats en présentiel pour aboutir finalement<br />

à des formats hybrides. Grâce à notre<br />

domaine d’activité premier, nous disposions<br />

de tous les outils qui nous ont permis<br />

de relever le défi et d’offrir une palette de<br />

formations complète à nos clients.<br />

Le second challenge est en lien direct avec<br />

l’évolution du talent management des<br />

entreprises. En effet, l’offre de formation<br />

doit s’adapter aux changements dans la<br />

gestion des talents qu’opèrent les ressources<br />

humaines : digitalisation des processus,<br />

intégration de l’IA, télétravail, etc.<br />

Pour suivre les demandes et donc répondre<br />

à ces nouveaux besoins, nous attachons<br />

une importance particulière à l’écoute de<br />

nos clients et nous nous adaptons. C’est<br />

cette flexibilité qui nous différencie et<br />

apporte ainsi de la valeur ajoutée à nos<br />

services. D’un point de vue plus technique,<br />

notre expertise sur les LMS (Learning<br />

Management System) est cruciale dans<br />

l’accompagnement et les solutions proposées<br />

à nos clients. La maîtrise des différentes<br />

plateformes digitales et outils<br />

collaboratifs nous permet d’accueillir et de<br />

gérer des PME qui choisissent d’externaliser<br />

leurs plans de formation.<br />

Pourquoi est-il fondamental d’accompagner<br />

le changement, particulièrement<br />

dans les formations techniques ?<br />

La mise en place de nouveaux outils informatiques<br />

n’est pas anodine pour les collaborateurs.<br />

Il y a souvent des habitudes<br />

de travail à repenser. C’est d’autant plus<br />

vrai dans des secteurs comme l’industrie<br />

par exemple, où les employés ne sont pas


39<br />

Evelyne Ferreira<br />

habitués à utiliser les nouvelles technologies<br />

informatiques au quotidien. Le changement<br />

peut être anxiogène, surtout dans<br />

des domaines où les erreurs peuvent avoir<br />

des conséquences graves. Telkea Academy<br />

vous accompagne dans l’ensemble du projet,<br />

ainsi que dans la maîtrise des outils<br />

nécessaires, afin de garantir une transition<br />

fluide et rassurante. Cet accompagnement<br />

inclut également un soutien personnalisé,<br />

permettant aux apprenants de mieux faire<br />

face au processus de transformation avec<br />

une résilience renforcée.<br />

Quelle est la demande actuelle pour les<br />

formations en cybersécurité ?<br />

Beaucoup de nos clients sont des professionnels<br />

du secteur financier régulés par la<br />

CSSF, ayant pour obligation de former leurs<br />

collaborateurs à la cybersécurité. Nousmêmes<br />

entrons d’ailleurs aussi dans cette<br />

catégorie. La Telkea Academy propose<br />

donc des formations de sensibilisation à<br />

la cybersécurité, et ce dans des formats<br />

très différents, en ligne ou hybrides. Parmi<br />

ces derniers, le Micro Learning rencontre<br />

un franc succès. Comme son nom l’indique,<br />

ce sont des formations très courtes<br />

(cinq minutes) ayant lieu tous les mois,<br />

sur le phishing, la protection des mots de<br />

passe, etc., qui sont suivies d’évaluations.<br />

De manière plus globale, notre approche<br />

de la cybersécurité est très praticopratique,<br />

s’appuie sur des études de cas et<br />

des exemples concrets.<br />

Quelles sont, selon vous, les principales<br />

tendances qui façonnent actuellement<br />

le marché de la formation ?<br />

L’intelligence artificielle domine clairement<br />

le secteur, même si son usage en formation<br />

se concentre principalement sur les<br />

plateformes LMS et la gestion des données<br />

relatives aux parcours des apprenants. Elle<br />

est également largement employée dans<br />

la création de contenus et de scénarios de<br />

formation. Grâce à des algorithmes qui analysent<br />

en continu le profil des apprenants,<br />

l’IA propose des programmes personnalisés<br />

pour développer des compétences sur<br />

des sujets spécifiques, on parle désormais<br />

d’« adaptative learning ».<br />

La réalité virtuelle est une autre tendance<br />

émergente. Malgré son coût encore élevé,<br />

son efficacité est indéniable grâce à l’immersion<br />

qu’elle permet, en particulier<br />

dans des secteurs comme la médecine ou<br />

l’industrie. Elle crée également des synergies<br />

intéressantes avec une tendance plus<br />

ancienne : la gamification. En intégrant<br />

des éléments de jeu vidéo dans les formations,<br />

cette approche ludique facilite<br />

l’acquisition de compétences dans des<br />

contextes simulés.<br />

Telkea Academy<br />

1, rue de Bitbourg<br />

L-1273 Luxembourg<br />

www.telkea.academy


40<br />

BRÈVES<br />

MINISTERIELLES<br />

PAR BARBARA PIERROT<br />

© MinCult<br />

MINISTÈRE DES SPORTS<br />

Le 28 août, Georges Mischo, ministre<br />

des Sports, a participé à une conférence<br />

internationale de l’Unesco à Paris<br />

sur l’inclusion des personnes en situation<br />

de handicap, organisée lors des<br />

Jeux paralympiques <strong>2024</strong>. L’événement<br />

visait à promouvoir des politiques<br />

inclusives et à augmenter les investissements<br />

pour l’inclusion dans le sport.<br />

Le ministre a affirmé l’engagement du<br />

Luxembourg à soutenir le sport pour<br />

tous, en insistant sur l’intégration et la<br />

cohésion sociale. Il a également souligné<br />

l’importance de garantir l’accès<br />

équitable au sport pour les personnes<br />

handicapées, renforçant ainsi les capacités<br />

organisationnelles du mouvement<br />

sportif.<br />

Source : SIP<br />

MINISTÈRE DE LA MOBILITÉ<br />

ET DES TRAVAUX PUBLICS<br />

Le 21 août, Yuriko Backes, ministre de<br />

la Mobilité et des Travaux publics, a<br />

visité le chantier du pôle d’échanges<br />

de Howald, un hub multimodal clé<br />

pour la mobilité intégrée reliant trains,<br />

trams, bus, et les modes actifs. Des<br />

travaux importants, dont l’installation<br />

de poutres en acier de 80 tonnes, préparent<br />

la deuxième voie du tramway,<br />

opérationnelle au printemps 2026.<br />

Yuriko Backes a souligné que ce projet<br />

symbolisait une vision de mobilité<br />

urbaine connectée, répondant aux<br />

défis futurs et aux besoins actuels. La<br />

construction se poursuivra jusqu’à l’été<br />

2025 avant que Luxtram finalise les<br />

travaux.<br />

Source : SIP<br />

MINISTÈRE DE LA CULTURE<br />

Lors de la 81 e Mostra de Venise,<br />

LL.AA.RR. le Grand-Duc et la Grande-<br />

Duchesse, ainsi que le ministre de la<br />

Culture Eric Thill, ont soutenu l’industrie<br />

audiovisuelle luxembourgeoise.<br />

Eric Thill a rencontré des professionnels<br />

et participé à des discussions sur<br />

l’avenir de l’industrie cinématographique<br />

et l’importance des festivals<br />

pour promouvoir la diversité culturelle.<br />

Six coproductions luxembourgeoises<br />

ont été sélectionnées au festival, soulignant<br />

la vitalité et la qualité du secteur<br />

audiovisuel luxembourgeois. Le<br />

ministre a également mis en avant les<br />

réussites luxembourgeoises dans le<br />

domaine numérique, notamment avec<br />

cinq coproductions sélectionnées pour<br />

Venise Immersive.<br />

Source : SIP<br />

MINISTÈRE DE LA FAMILLE,<br />

DES SOLIDARITÉS, DU VIVRE<br />

ENSEMBLE ET DE L’ACCUEIL<br />

Le gouvernement a annoncé de nouvelles<br />

mesures pour améliorer la<br />

gestion des capacités d’accueil dans<br />

le cadre de la transposition du pacte<br />

européen sur la migration et l’asile. Ces<br />

mesures incluent le renforcement des<br />

procédures pour le retour des demandeurs<br />

d’asile déboutés et le transfert<br />

des personnes selon le règlement<br />

Dublin III. Le 1 er septembre, un nouveau<br />

concept a été mis en place avec la création<br />

d’une maison de retour provisoire<br />

à la « structure d’hébergement d’urgence<br />

Kirchberg » (SHUK), dirigée par<br />

le Centre de rétention. Cette infrastructure<br />

vise à offrir un encadrement social<br />

et encourager le retour volontaire.<br />

Source : SIP<br />

MINISTÈRE DE L’AGRICULTURE,<br />

DE L’ALIMENTATION ET<br />

DE LA VITICULTURE<br />

Le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation<br />

et de la Viticulture a relancé<br />

la campagne « Gielt Band - Hei dierft<br />

Dir plécken » pour lutter contre le gaspillage<br />

de fruits locaux. Cette initiative<br />

permet aux propriétaires d’arbres fruitiers<br />

de signaler, à l’aide d’un ruban<br />

jaune, les arbres dont les fruits peuvent<br />

être cueillis librement par le public.<br />

Cette année, 64 communes participent,<br />

offrant une variété de fruits tels que<br />

cerises, prunes et pommes. Les règles<br />

de cueillette et de participation sont<br />

disponibles sur le site www.antigaspi.lu,<br />

encourageant ainsi un comportement<br />

responsable et respectueux de<br />

l’environnement.<br />

Source : SIP<br />

MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION<br />

NATIONALE, DE L’ENFANCE<br />

ET DE LA JEUNESSE<br />

Le 5 septembre, une matinée thématique<br />

a marqué le lancement d’une nouvelle<br />

campagne d’alphabétisation. Plus<br />

d’une centaine de participants, dont<br />

Claude Meisch, ministre de l’Éducation<br />

nationale, ainsi que des experts internationaux,<br />

ont assisté à l’événement.<br />

Cette campagne vise à encourager les<br />

adultes à acquérir des compétences de<br />

base (lecture, écriture, calcul) pour une<br />

meilleure intégration professionnelle<br />

et sociale. Des cours gratuits seront<br />

offerts, adaptés aux besoins individuels,<br />

avec un accompagnement confidentiel<br />

disponible via un numéro dédié.<br />

Source : SIP


42<br />

| DIGITALISATION<br />

NIS2, UN BOUCLIER CYBER<br />

POUR LE SECTEUR PUBLIC<br />

Considérées par le législateur<br />

européen comme critiques ou<br />

hautement critiques par les<br />

services qu’elles rendent, les<br />

entités publiques devront prochainement<br />

se conformer à la<br />

directive NIS2 sur la sécurité des<br />

réseaux et des systèmes d’information.<br />

De plus en plus régulièrement<br />

victimes d’actions<br />

malveillantes, elles traitent<br />

pourtant la cybersécurité en<br />

parent pauvre de leur transformation<br />

digitale. Maxime<br />

Pallez et Simon Petitjean,<br />

Cybersecurity Directors chez<br />

PwC Luxembourg, décortiquent<br />

la situation et leur livrent<br />

quelques conseils pour renforcer<br />

leurs défenses.<br />

Pourquoi les administrations publiques<br />

constituent-elles des cibles privilégiées<br />

pour les cybercriminels ?<br />

MP : Parce qu’elles génèrent et traitent<br />

des données extrêmement sensibles que<br />

les hackeurs convoitent pour leur valeur.<br />

Ils les monétisent en les revendant ou en<br />

réclamant une rançon en échange de leur<br />

non divulgation. Une autre explication<br />

serait simplement l’opportunisme dont<br />

font preuve les attaquants : ils choisissent<br />

la facilité et ciblent des organisations qui<br />

présentent davantage de faiblesses. Si la<br />

cybersécurité est généralement peu dotée<br />

parce qu’elle n’engendre pas de retour<br />

sur investissement direct, le secteur<br />

public dispose d’encore moins de moyens<br />

– financiers et humains – à y consacrer.<br />

Contraint de passer par des procédures<br />

de marché public pour obtenir toute nouvelle<br />

ressource ou technologie, il est de<br />

ce fait également confronté à un manque<br />

de réactivité.<br />

Maxime Pallez et Simon Petitjean<br />

SP : Ajoutons que certains actes malveillants<br />

possèdent une dimension politique<br />

forte. Les cybercriminels agissent alors<br />

pour montrer leur désaccord avec certaines<br />

décisions. Cela a été le cas pendant


43<br />

la crise du Covid-19 et cela l’est encore<br />

vis-à-vis de la guerre en Ukraine ou du<br />

conflit au Moyen-Orient. Si les motivations<br />

des attaquants sont de cet ordre,<br />

leurs cibles sont spécifiquement des entités<br />

publiques puisqu’elles sont directement<br />

rattachées aux États.<br />

Les administrations publiques devront<br />

prochainement se conformer à la<br />

directive européenne NIS2. Quels sont<br />

ses objectifs ?<br />

MP : Son ambition est d’amener toutes<br />

les entités considérées comme essentielles<br />

ou importantes pour le fonctionnement<br />

des différents États membres à<br />

un niveau de maturité commun – et élevé<br />

– en matière de sécurité des réseaux et<br />

des systèmes d’information. Pour ce<br />

faire, la directive exige la mise en œuvre<br />

de processus d’analyse des risques permettant<br />

d’identifier les menaces principales<br />

auxquelles elles sont exposées<br />

et les mesures à mettre en œuvre en<br />

priorité pour s’en prémunir. Les acteurs<br />

concernés devront également établir des<br />

plans de réponse à incident et générer<br />

des rapports d’incident afin de réduire le<br />

délai de détection d’une attaque et leur<br />

temps de réaction pour en minimiser<br />

les impacts. Enfin, NIS2 encourage ces<br />

organisations à apporter un certain soin<br />

au choix de leurs fournisseurs. En effet,<br />

rien ne sert de bâtir une forteresse autour<br />

de son environnement informatique si<br />

l’on ouvre des portes à des parties tierces<br />

qui ont un faible niveau de maturité en<br />

matière de sécurité.<br />

Quels sont les défis auxquels les<br />

acteurs concernés pourraient être<br />

confrontés lors de leur mise en conformité<br />

et les risques encourus en cas de<br />

non-respect ?<br />

MP : Le premier défi est de trouver les<br />

ressources budgétaires et humaines<br />

nécessaires à la mise en conformité ; cela<br />

peut être particulièrement difficile pour<br />

certaines petites communes qui, là où<br />

les ministères bénéficient des moyens<br />

et de l’expertise du Centre des technologies<br />

de l’information de l’État (CTIE),<br />

doivent compter sur leur propre service<br />

informatique. Le challenge, pour les responsables<br />

IT, est aussi de sensibiliser leur<br />

direction de sorte que celle-ci comprenne<br />

la nécessité d’allouer des budgets conséquents<br />

à la sécurité. Une autre difficulté<br />

est que la directive s’appliquera indifféremment<br />

à des secteurs d’activité qui ont<br />

déjà été très régulés jusqu’à présent et à<br />

des entités qui, au contraire, n’ont jamais<br />

été soumises à quelque exigence réglementaire<br />

que ce soit en matière de cybersécurité.<br />

Un dernier défi notable résulte du<br />

délai imparti pour s’y conformer. La directive<br />

doit encore être transposée et validée<br />

dans le droit luxembourgeois, mais la<br />

charge de travail peut être conséquente<br />

pour s’y conformer. N’attendez pas !<br />

SP : Quant au risque encouru en cas de<br />

non-respect, il est budgétaire, mais pas<br />

seulement. Si NIS2 prévoit des sanctions<br />

financières, y échapper ne doit pas être le<br />

seul moteur pour investir dans la cybersécurité.<br />

Il y va de l’image de marque d’une<br />

société mais aussi de la continuité de ses<br />

activités. La conformité n’est pas une<br />

fin en soi : les organisations concernées<br />

doivent comprendre qu’il est dans leur<br />

intérêt d’investir dans la cyberdéfense.<br />

Quels services proposez-vous aux entités<br />

qui auraient des difficultés à se<br />

mettre en conformité ?<br />

SP : Nous aidons les entreprises et administrations<br />

à comprendre les risques<br />

concrets qu’elles encourent en offrant des<br />

services de « penetration testing » ou de<br />

« red teaming » qui permettent d’éprouver<br />

leurs systèmes informatiques de manière<br />

technique et offensive, comme le feraient<br />

des hackers. Nous parvenons ainsi à leur<br />

démontrer ce qu’un criminel suffisamment<br />

motivé et compétent pourrait parvenir<br />

à faire, à savoir rentrer dans leurs<br />

systèmes, les éteindre, en exfiltrer les<br />

données et/ou corrompre leurs activités.<br />

La manœuvre entraîne généralement une<br />

prise de conscience assez fulgurante et<br />

débouche sur la préparation d’une feuille<br />

de route permettant la gestion des risques<br />

identifiés. Nous leur proposons d’ailleurs<br />

des exercices de réponse à incident lors<br />

desquels nous simulons des attaques et<br />

observons leur réaction. Bien souvent,<br />

elles réalisent que les bons réflexes leur<br />

font défaut. Nous identifions alors les<br />

mécanismes qui les aideront à faire face à<br />

l’avenir.<br />

MP : Une fois les vulnérabilités identifiées,<br />

nous accompagnons nos clients<br />

dans l’organisation, la définition de la<br />

gouvernance et la mise en place de la<br />

défense. Nous les aidons à mettre en<br />

œuvre les contrôles et protections nécessaires<br />

à leur sécurisation en identifiant<br />

les priorités et en trouvant le juste équilibre<br />

entre les investissements nécessaires<br />

et les économies qu’ils doivent<br />

permettre. En tant que cabinet de conseil,<br />

notre avantage est d’avoir une vue globale<br />

sur le marché luxembourgeois, tous<br />

secteurs confondus, ce qui nous confère<br />

une bonne connaissance des tactiques<br />

des attaquants, des vulnérabilités qu’ils<br />

exploitent et des mécanismes de protection<br />

efficaces. Nous pouvons ainsi faire<br />

bénéficier les uns des expériences des<br />

autres.<br />

Quel conseil général donnez-vous<br />

à vos clients dans ce contexte où les<br />

cybermenaces sont de plus en plus<br />

nombreuses ?<br />

MP : Le mien serait de prioriser les<br />

risques, car tous ne peuvent être couverts<br />

simultanément avec le même niveau de<br />

maturité. Il convient donc d’être réaliste<br />

sur les investissements réalisables et de<br />

s’inscrire dans une démarche d’amélioration<br />

continue en parant les menaces par<br />

ordre de priorité et, bien sûr, en maintenant<br />

une veille technologique pour<br />

identifier les nouveaux risques cyber qui<br />

surgissent.<br />

SP : Cette veille est aujourd’hui facilitée<br />

par le partage d’informations, une pratique<br />

de plus en plus courante et qu’il<br />

convient d’encourager. Mon conseil serait<br />

donc de cultiver la « threat intelligence »<br />

en incitant les entreprises et administrations<br />

à échanger sur leurs expériences.<br />

Plutôt que de bricoler des solutions chacun<br />

dans son coin, permettons une amélioration<br />

collective !<br />

PwC Luxembourg<br />

2, rue Gerhard Mercator<br />

L-1014 Luxembourg<br />

www.pwc.lu


44<br />

| DIGITALISATION<br />

IDPS-ESCAPE : MONITORER<br />

SES RISQUES CYBER<br />

EN TOUTE INTELLIGENCE<br />

(ARTIFICIELLE)<br />

En voulant amener toutes les entités européennes considérées comme essentielles ou importantes<br />

pour le fonctionnement de ses États membres à un niveau de maturité élevé en matière de cybersécurité,<br />

la directive européenne NIS2 met de nombreuses organisations au défi du monitoring. Pour les<br />

accompagner dans leur mise en conformité, Arash Atashpendar, Cofounder & CTO, Agnese Gini, R&D<br />

Specialist, et Camar Houssein, Security Consultant chez itrust Abstractions Lab, dévoilent IDPS-ESCAPE,<br />

une solution open source boostée à l’intelligence artificielle disponible depuis le 1 er septembre 1 .<br />

Un trio intelligent<br />

itrust Abstractions Lab, spin-off d’itrust<br />

consulting, vient de publier la version<br />

alpha de l’un des six sous-projets de<br />

CyFORT, un projet de recherche développé<br />

en collaboration avec itrust<br />

consulting et visant à fournir des outils<br />

de cybersécurité aux licences permissives<br />

pour proposer des alternatives à<br />

« l’enfermement propriétaire de fournisseurs<br />

». Baptisé IDPS-ESCAPE, pour<br />

« Intrusion Detection and Prevention<br />

Systems for Evading Supply Chain<br />

Attacks and Post-compromise Effects »,<br />

il permet de répondre aux nouvelles exigences<br />

de la directive européenne NIS2<br />

sur la sécurité des réseaux et des systèmes<br />

d’information. « Toutes les entités<br />

rendant des services considérés comme<br />

critiques ou hautement critiques pour<br />

le fonctionnement des États membres,<br />

qu’elles soient publiques ou privées,<br />

seront soumises à certaines obligations,<br />

parmi lesquelles le monitoring de leur<br />

infrastructure informatique. C’est ce que<br />

propose notre système de détection et<br />

de prévention d’intrusion », contextualise<br />

Arash Atashpendar.<br />

IDPS-ESCAPE, développée selon<br />

C5-DEC 2 et ses outils (version bêta<br />

publiée le 19 juillet), est une solution<br />

en trois composantes qui capte un flux<br />

d’informations et l’analyse au sein d’un<br />

système centralisé. Les logiciels open<br />

source Wazuh et Suricata collectent<br />

et monitorent les données provenant<br />

respectivement des ordinateurs et des<br />

réseaux. « Ces agents chargés d’observer<br />

tout ce qui tourne sur un ordinateur et<br />

tout ce qui y entre via le réseau vont saisir<br />

une importante quantité d’informations<br />

qu’ils vont centraliser. À eux seuls,<br />

ces outils génèrent souvent de fausses<br />

alertes. Les responsables IT doivent<br />

alors agir rapidement ; dans une urgence<br />

qui ne leur permet tout simplement<br />

pas d’analyser toutes les données collectées<br />

par le système. Parfois, ils sont<br />

contraints de mettre à l’arrêt toute l’infrastructure,<br />

et donc les services rendus<br />

par leur organisation, alors même que<br />

l’anomalie en question ne représente<br />

peut-être aucun risque. C’est la raison<br />

pour laquelle IDPS-ESCAPE contient un<br />

3 e composant de notre cru, ADBox, pour<br />

« Anomaly Detection Box », qui repose<br />

sur une intelligence artificielle entraînée<br />

pour modéliser le comportement<br />

normal d’un système. Cette IA détient,<br />

après quelques temps, une telle connaissance<br />

du système, tellement d’éléments<br />

de contexte pour affiner son modèle,<br />

qu’elle établit sa propre définition de ce<br />

qui constitue une déviation. La probabilité<br />

qu’elle remonte une fausse alerte<br />

est donc considérablement réduite. Tel<br />

un détective qui relève des empreintes<br />

sur une scène de crime, elle distingue<br />

celles des utilisateurs autorisés de<br />

celles des criminels. Si ces derniers ont<br />

déjà opéré, elle pourra éventuellement<br />

reconnaître leur mode opératoire et le<br />

genre d’attaque en cours pour qu’une<br />

réponse appropriée puisse y être apportée.<br />

L’automatisation permet non seulement<br />

un gain de temps considérable<br />

mais aussi d’importantes économies »,<br />

explique Arash Atashpendar.<br />

ADBox repose sur<br />

une intelligence artificielle<br />

entraînée pour modéliser<br />

le comportement normal<br />

d’un système<br />

L’adaptabilité pour maître-mot<br />

itrust Abstractions Lab intervient directement<br />

auprès de ses clients pour y<br />

implémenter son produit. « Nous prenons<br />

en charge tout le volet technique :<br />

nous paramétrons la solution de manière<br />

qu’elle s’adapte aux besoins du système<br />

en place, car chaque organisation<br />

1<br />

https://github.com/AbstractionsLab/idps-escape<br />

2<br />

https://github.com/AbstractionsLab/c5dec


45


46<br />

compose, organise et utilise son environnement<br />

informatique différemment.<br />

Ensuite, nous accompagnons nos clients<br />

dans la prise en main de l’outil. Bien que<br />

nous utilisions Wazuh et Suricata par<br />

défaut – parce qu’ils sont open source<br />

et permettent de réduire drastiquement<br />

les coûts, nous ne sommes pas liés impérativement<br />

à ces technologies. Notre<br />

solution est assez souple pour intégrer<br />

tout type de logiciel. Notre objectif est<br />

de fournir une approche de gestion des<br />

incidents qui décharge les organisations<br />

d’une part importante de leurs obligations<br />

vis-à-vis de NIS2 afin qu’elles<br />

puissent se concentrer sur leur cœur de<br />

métier », déclare Camar Houssein.<br />

transparence. Un système de détection<br />

et de prévention d’intrusion, par sa<br />

nature, capte toutes les données d’une<br />

organisation. Comment les traite-t-il ?<br />

Où les envoie-t-il ? Les réponses à ces<br />

questions sont connues dans le cas<br />

d’un logiciel open source. « Et si les<br />

développeurs peuvent parfois manquer<br />

de temps ou de ressources pour<br />

établir toute la documentation nécessaire,<br />

itrust Abstractions Lab a rédigé<br />

un manuel très complet qui explique<br />

comment utiliser l’outil et présente ses<br />

spécificités techniques de manière très<br />

détaillée », poursuit Agnese Gini.<br />

venait à émerger, nous pourrions y<br />

recourir sans même que l’utilisateur<br />

n’en ait conscience. Il en sera bien sûr<br />

informé d’une certaine manière puisque<br />

nos solutions sont open source, mais il<br />

n’aura pas à rectifier son utilisation de<br />

l’outil », conclut Agnese Gini.<br />

L’avantage de l’open source<br />

Si le projet est porté par des acteurs<br />

comme le ministère de l’Économie, c’est<br />

qu’il permet aux petites et moyennes<br />

entreprises de bénéficier d’outils aussi<br />

avancés que ceux proposés par les<br />

géants de la tech, mais à moindre coût.<br />

« En Europe, selon la Commission européenne<br />

et l’ENISA, 99% des entreprises<br />

sont des PME, parmi lesquelles plus de<br />

80% considèrent la cybersécurité comme<br />

essentielle pour leurs activités. Pourtant,<br />

elles n’ont pas forcément les moyens<br />

d’Amazon, Microsoft ou Google à allouer<br />

au monitoring de leurs risques. Les initiatives<br />

européennes qui promeuvent<br />

des projets comme le nôtre visent à<br />

contrer le monopole de quelques-uns en<br />

offrant des produits que les plus petites<br />

entreprises n’ont ni les moyens ni le<br />

temps de réinventer. Le ministère nous<br />

a fourni des ressources grâce auxquelles<br />

nous avons développé une solution que<br />

toute entreprise peut utiliser, mais aussi<br />

corriger si elle dispose des compétences<br />

requises. Quiconque modifie IDPS-<br />

ESCAPE et en commercialise une version<br />

améliorée doit néanmoins respecter<br />

les termes de notre licence, à savoir en<br />

publier les codes. C’est en misant sur<br />

cette économie plus « durable » que<br />

peuvent se développer à faible coût des<br />

technologies aux capacités avancées »,<br />

indique Arash Atashpendar.<br />

Mais les logiciels à code source ouvert<br />

ne sont pas qu’économiquement avantageux.<br />

Ils sont également gage de<br />

Décharger les organisations<br />

d’une part importante<br />

de leurs obligations<br />

vis-à-vis de NIS2<br />

D’alpha à bêta<br />

Publié le 1 er septembre, IDPS-ESCAPE<br />

fait ses premiers pas hors du « lab ».<br />

Une version plus stable, plus économe<br />

aussi, devrait voir le jour après quelques<br />

mois entre les mains des usagers. « En<br />

installant l’outil chez nos clients, nous<br />

reviendrons inévitablement vers notre<br />

département R&D avec des observations<br />

et remarques soulevées sur le terrain.<br />

Des éléments additionnels devront<br />

probablement être mis en place pour<br />

répondre aux besoins quotidiens de certaines<br />

organisations et aux éventuels<br />

manques identifiés. Cela nous permettra<br />

de stabiliser la solution mais aussi d’optimiser<br />

les algorithmes pour que le tout<br />

consomme moins de ressources », révèle<br />

Camar Houssein.<br />

L’outil a également été conçu dans<br />

l’idée d’évoluer au rythme des développements<br />

de l’IA. « L’apprentissage<br />

automatique est une branche de l’intelligence<br />

artificielle qui se développe très<br />

rapidement. C’est la raison pour laquelle<br />

nous avons créé ADBox de manière que<br />

les nouvelles technologies en la matière<br />

puissent y être intégrées le plus simplement<br />

possible. Si un meilleur algorithme<br />

itrust Abstractions Lab S.à r.l.<br />

12, rue du Chateau d’Eau<br />

L-3364 Leudelange<br />

www.abstractionslab.com


itrust consulting & Abstractions Lab:<br />

Unir l'expertise pour protéger votre monde numérique<br />

Défis à l'ère du cloud computing :<br />

• Sécurité des logiciels et vulnérabilités<br />

• Détection et prévention des cyberattaques<br />

• Protection contre les attaquants quantiques et migration vers la cryptographie post-quantique<br />

• Adoption de DevSecOps et d'une méthodologie de développement cohérente<br />

• Faire face à l'évolution constante du paysage des cybermenaces<br />

• Préparation à la directive NIS2 et aux autres exigences européennes en matière de cybersécurité<br />

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C5-DEC<br />

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Abstractions Lab • 12, Rue du Chateau d’Eau • L-3364 Leudelange •info@abstractionslab.lu abstractionslab.com<br />

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48<br />

| DIGITALISATION<br />

« GEMENGEN DAG » :<br />

UNE JOURNÉE POUR<br />

LA CYBER-RÉSILIENCE<br />

DU SECTEUR COMMUNAL<br />

LU-CIX asbl a été fondée en 2009 pour soutenir le développement<br />

du secteur de l’Internet et de l’ICT au Luxembourg. Depuis, l’association<br />

organise chaque année les « Luxembourg Internet Days »,<br />

un événement dont l’objectif est principalement d’aborder les<br />

défis liés à la connectivité et à la cybersécurité. Cette année, une<br />

journée dédiée au secteur communal visera à sensibiliser les élus<br />

locaux et leurs équipes aux risques cybernétiques, à la mise en<br />

conformité avec la directive NIS2 et à leur proposer des solutions<br />

adaptées pour les protéger face aux menaces grandissantes.<br />

Claude Demuth, Frédérique Ulrich et Emmy Gandar, respectivement<br />

président, directrice et responsable de la communication,<br />

nous en disent plus.<br />

Quelles sont les origines de LU-CIX et<br />

ses activités principales ?<br />

CD : LU-CIX asbl a été fondée en 2009<br />

quelque temps après que le gouvernement<br />

luxembourgeois a décidé de développer<br />

l’ICT sur son territoire pour en faire un<br />

nouveau pilier économique en lançant<br />

notamment LuxConnect. À cette époque,<br />

il manquait un maillon dans la chaîne : un<br />

nœud d’échange de trafic Internet reliant<br />

les opérateurs et les data centres. Même<br />

si une telle structure existait déjà avec<br />

le LIX, opérée par la Fondation Restena,<br />

celle-ci n’avait pas pour mission de promouvoir<br />

et de développer un écosystème<br />

IT sur le territoire grand-ducal et à l’international,<br />

ce qui est aujourd’hui l’une<br />

des missions de LU-CIX. En résumé, nous<br />

travaillons pour l’intérêt de l’Internet<br />

national en établissant des synergies<br />

entre les secteurs privés et publics.<br />

Les 19 et 20 novembre prochains se<br />

déroulera l’un de vos événements<br />

phares : les Luxembourg Internet Days.<br />

À qui s’adresse-t-il ?<br />

Frédérique Ulrich et Emmy Gandar


49<br />

FU : Cet événement est connu sous cette<br />

appellation depuis son édition de 2014 et<br />

a pour objectif de mettre en relation les<br />

professionnels fournisseurs de solutions<br />

pour l’IT et l’ICT et les usagers professionnels,<br />

privés ou publics, durant deux<br />

jours. Chaque année, nous réunissons<br />

entre 1.000 et 1.200 personnes pour discuter<br />

des problématiques liées à l’Internet<br />

de manière pragmatique et technique<br />

avec des conférences, des présentations<br />

de cas pratiques et des ateliers ciblés et<br />

interactifs. Des sessions de « speed-dating<br />

» y sont organisées pour aider à aller<br />

rapidement dans le concret<br />

Claude Demuth<br />

Être au plus proche<br />

des préoccupations<br />

des communes pour leur<br />

indiquer les premières étapes<br />

indispensables à une bonne<br />

sécurité<br />

EG : Pour cette 11 e édition qui se déroulera<br />

comme toujours à la Chambre de<br />

Commerce, nous nous sommes entourés<br />

de nombreux partenaires tels que le<br />

Service des médias, de la connectivité<br />

et de la politique numérique (SMC),<br />

qui fait partie du ministère d’État, le<br />

ministère des Affaires intérieures avec<br />

la venue confirmée du ministre Léon<br />

Gloden pour une visite et une allocution<br />

le 19 novembre au matin, le ministère de<br />

l’Économie, la Représentation locale de<br />

la Commission européenne, ou encore<br />

MyConnectivity et le Syvicol.<br />

FU : Cette année, les thématiques principales<br />

seront la connectivité, la lutte<br />

contre les attaques DDoS et la résilience.<br />

Pourquoi ? Parce que l’écosystème luxembourgeois<br />

a connu une recrudescence d’attaques<br />

par déni de service ces dernières<br />

années. Il y a maintenant une obligation<br />

de prise de conscience de l’importance de<br />

la mise en place de stratégies de sécurité<br />

accrue des réseaux et des méthodologies.<br />

Quant à la résilience, une stratégie pensée<br />

en amont est toujours nécessaire car la<br />

protection imparable n’est jamais assurée,<br />

et des procédures et des outils bien pensés<br />

permettent un retour à une activité normale<br />

le plus rapidement possible.<br />

Pour la première fois cette année, une<br />

journée, le 20 novembre, sera consacrée<br />

au secteur communal. Pourquoi ?<br />

CD : Nous nous sommes rendu compte que<br />

le secteur communal, et plus particulièrement<br />

les communes étaient de plus en plus<br />

concernées par les cyberattaques de tous<br />

types alors qu’elles détiennent, en même<br />

temps, une grande responsabilité envers<br />

les citoyens. L’objectif est de sensibiliser<br />

les élus locaux et leurs collaborateurs à<br />

ce sujet et de répondre à leurs besoins en<br />

matière de cybersécurité. Pour les responsables<br />

communaux, le « Gemengen Dag »<br />

sera l’occasion de rencontrer les professionnels<br />

de l’IT et d’assister à des présentations<br />

adaptées aux problématiques<br />

spécifiques qu’ils rencontrent chaque jour<br />

sur le terrain.<br />

FU : Entièrement gratuit, l’événement<br />

couvrira plusieurs sujets comme la<br />

sécurisation des infrastructures et des<br />

données, la mise en place d’une gouvernance<br />

IT efficace, l’optimisation des ressources<br />

et l’utilisation des bons outils,<br />

la résilience, etc. Nous souhaitons être<br />

au plus proche des préoccupations des<br />

communes pour leur ouvrir la voie vers<br />

une sécurité bien pensée. À ce titre, nous<br />

organisons une table ronde à propos de<br />

la directive NIS2, intitulée « Oh meng<br />

Modi, wat e Stodi, voller Zodi Josefin… ! ».<br />

En effet, cette directive NIS2 concerne le<br />

secteur public et notamment le secteur<br />

communal puisqu’il offre des services<br />

essentiels aux citoyens. Les communes<br />

ou les syndicats sont multi-opérateurs,<br />

multi-prestataires et gestionnaires de<br />

systèmes et d’infrastructures critiques.<br />

Ceux-ci sont indispensables dans la vie<br />

économique et sociale de notre territoire<br />

et se retrouvent exposés à de nombreux<br />

risques et vecteurs d’attaques virtuelles<br />

ou physiques puisqu’ils gèrent l’électricité,<br />

l’eau, les infrastructures routières,<br />

etc. Or, les communes n’ont pas forcément<br />

conscience de leurs obligations par<br />

rapport à cette directive européenne.<br />

EG : Nous profiterons aussi du<br />

« Gemengen Dag » pour éveiller et éclairer<br />

les communes sur leur intérêt à adopter<br />

les messageries instantanées sécurisées<br />

que sont Luxchat et Luxchat4Gov.<br />

Pour participer gratuitement aux<br />

« Luxembourg Internet Days » et au<br />

« Gemengen Dag », il suffit de s’inscrire<br />

en ligne sur Luxembourg-internet-days.<br />

com. Le programme officiel sera disponible<br />

au début du mois d’octobre.<br />

LU-CIX asbl<br />

202, ZAE Krakelshaff<br />

L-3290 Bettembourg<br />

www.lu-cix.lu


50<br />

| DIGITALISATION<br />

ASSURER<br />

LA RÉSILIENCE<br />

DES COMMUNES<br />

LUXEMBOURGEOISES<br />

Face aux exigences croissantes en matière de cybersécurité imposées<br />

par la directive NIS2, LuxConnect propose une solution innovante et<br />

sécurisée pour les communes luxembourgeoises. Grâce à son projet<br />

de cage partagée, les administrations locales peuvent désormais<br />

bénéficier de services de haute qualité, assurant la continuité de leurs<br />

activités tout en répondant aux normes les plus strictes de sécurité et<br />

de résilience. Explications de Vincent Weynandt, CTO de LuxConnect.<br />

Comment est né le projet de cage partagée<br />

à destination des communes ?<br />

LuxConnect a été créée avec pour mission<br />

de supporter l’écosystème luxembourgeois<br />

– notre soutien aux communes<br />

s’inscrit dans cette logique. Au fil des<br />

années, nous avons établi une relation de<br />

confiance à travers notre collaboration<br />

pour le déploiement de la fibre, que nous<br />

consolidons aujourd’hui en ajoutant une<br />

couche de service supplémentaire en<br />

matière de résilience.<br />

Suite à l’application de la directive NIS2<br />

au niveau européen, les communes<br />

luxembourgeoises ont pris conscience<br />

de la vulnérabilité de leurs services en<br />

cas d’incident sur leurs serveurs. Face<br />

à cette directive, la question principale<br />

qu’une administration doit se poser<br />

concerne la qualité de ses équipements :<br />

dispose-t-elle d’un groupe électrogène<br />

Ben Funck, Sales Manager, et Vincent Weynandt, CTO


51<br />

et d’onduleurs ? Les maintenances sontelles<br />

prévues à intervalles réguliers ? Le<br />

travail de techniciens comme les électriciens<br />

et chauffagistes est-il vérifié ? Qui<br />

au sein de la commune assume ces responsabilités<br />

? L’avantage de faire appel<br />

à nos services est de déléguer la gestion<br />

de ces points tout en profitant de notre<br />

grande expertise dans le domaine.<br />

En effet, les data centers de LuxConnect<br />

sont certifiés Tier IV, ce qui garantit<br />

un niveau d’opérabilité de 99,995% –<br />

une marge d’erreur quasi inexistante<br />

à laquelle nous n’avons jamais dû<br />

recourir en plus de quinze ans. De plus,<br />

nos deux sites distants – à Bissen et à<br />

Bettembourg – assurent une redondance<br />

robuste, garantissant l’accessibilité des<br />

services hébergés 24h/7j. Enfin, la qualité<br />

de nos maintenances préventives est<br />

très élevée afin d’anticiper tout type de<br />

dysfonctionnement.<br />

Pourquoi choisir LuxConnect et ses<br />

services ?<br />

Depuis 2019, LuxConnect a continuellement<br />

renouvelé sa certification<br />

ISO 27001, la norme internationale<br />

récompensant les meilleures pratiques de<br />

systèmes de gestion de la sécurité de l’information.<br />

Cette certification témoigne<br />

d’une approche mature et mesurable de<br />

la sécurité de l’information basée non<br />

seulement sur une analyse approfondie<br />

des risques, mais aussi sur une mise<br />

en conformité aux plus hauts standards<br />

de sécurité ainsi que sur une gouvernance<br />

efficace et transparente. En <strong>2024</strong>,<br />

LuxConnect a également été certifiée ISO<br />

22301 pour la première fois. Ces certifications,<br />

évaluées par Certi-Trust, attestent<br />

de nos efforts en matière de sécurité et de<br />

résilience, ainsi que des processus mis en<br />

place pour assurer la sécurité et la gestion<br />

de la continuité des activités tant au<br />

niveau numérique que physique.<br />

Les communes partenaires<br />

bénéficient de nos hauts<br />

standards en matière de<br />

sécurité tout en conservant<br />

la gestion de leurs données<br />

et de leurs installations<br />

En hébergeant leurs données dans notre<br />

cage partagée, les communes bénéficieront<br />

de nos hauts standards en matière de<br />

sécurité tout en conservant la gestion de<br />

leurs données – auxquelles LuxConnect<br />

n’aura pas accès – tout en bénéficiant<br />

d’un accès à leur installation 24h/7j. Par<br />

ailleurs, comme nous sommes partenaires<br />

avec tous les acteurs de la télécommunication<br />

du Luxembourg, l’obtention des<br />

interconnexions dont elles ont besoin<br />

est grandement facilitée. Enfin, nous leur<br />

offrons une certaine flexibilité en leur<br />

proposant de commencer par l’installation<br />

d’un rack et d’ensuite faire concorder<br />

l’évolution de leur contrat avec celle<br />

de leurs besoins informatiques.<br />

Concrètement, comment ce projet<br />

répond-il à leurs besoins ?<br />

Les administrations communales<br />

tombent sous la directive européenne<br />

NIS2 qui sera transposée en loi luxembourgeoise<br />

le 17 octobre prochain.<br />

Celle-ci veille à renforcer les mesures<br />

de cybersécurité afin de garantir un<br />

certain niveau de résilience de leurs<br />

activités, ce qui rendra difficile l’hébergement<br />

en interne de leurs plateformes<br />

et données – souvent sensibles. C’est<br />

pourquoi nous leur proposons d’accéder<br />

à la cage partagée dédiée aux communes,<br />

à Bettembourg ou à Bissen selon<br />

leur localisation, et dupliquée sur notre<br />

autre campus. Aujourd’hui, ce projet a<br />

déjà retenu l’intérêt des communes de<br />

Dudelange, d’Ettelbruck et de Roeser ;<br />

nous sommes également en discussion<br />

avec plusieurs autres communes.<br />

Nous avons reçu dans ce cadre la visite de<br />

plusieurs communes afin de leur montrer<br />

la « shared cage ». À cette occasion, elles<br />

ont pu prendre connaissance des services<br />

et du niveau de sécurité offerts par<br />

LuxConnect et évaluer la grande qualité<br />

des installations techniques ainsi que son<br />

haut niveau de maintenance.<br />

Rendez-vous aux Internet Days<br />

LuxConnect participera aux Internet<br />

Days organisés par LU-CIX à la<br />

Chambre de Commerce, et plus spécifiquement<br />

au « Gemengen Dag » du 20<br />

novembre. Ce sera l’occasion pour les<br />

communes de découvrir plus en détail<br />

notre service de cage partagée et de<br />

poser toutes leurs questions à ce sujet.<br />

Mike Braconnier, travaillant au sein du<br />

département informatique de Roeser,<br />

interviendra d’ailleurs lors de la présentation<br />

de LuxConnect afin de partager<br />

son expérience à ce niveau.<br />

LuxConnect<br />

202, Z.A.E. Wolser F<br />

L-3290 Bettembourg<br />

www.luxconnect.lu


52<br />

| DIGITALISATION<br />

Sylvain Momin


53<br />

SIGI : LE DIGITAL PERTINENT,<br />

TRANSPARENT ET SÉCURISÉ<br />

Avec la digitalisation massive<br />

des services, bénéficier du soutien<br />

d’un partenaire expert en<br />

solutions informatiques est une<br />

réelle valeur ajoutée, notamment<br />

pour les acteurs de la vie<br />

économique et politique que<br />

sont les communes. C’est justement<br />

la mission du SIGI, dont<br />

nous avons rencontré le directeur<br />

f.f., Sylvain Momin.<br />

Pouvez-vous nous présenter le SIGI et<br />

son principe de gouvernance ?<br />

Le Syndicat Intercommunal de Gestion<br />

Informatique (SIGI) a été fondé en 1982,<br />

dans le but de développer des solutions<br />

informatiques sur mesure pour les 99<br />

communes, 60 syndicats intercommunaux,<br />

30 offices sociaux et 537 crèches et<br />

maisons-relais présents au Luxembourg.<br />

La mission de nos 110 collaborateurs<br />

est à la fois d’assurer une gouvernance<br />

numérique efficace et exemplaire ainsi<br />

qu’une modernisation des services proposés<br />

par les communes. Autrement<br />

dit, fournir des services et un soutien<br />

continu pour assurer leur transformation<br />

numérique, améliorer leurs services<br />

publics, ainsi qu’assurer la sécurité et<br />

l’intégrité de leurs données.<br />

Le SIGI est une structure intercommunale,<br />

soutenue et administrée par<br />

un comité regroupant 55 délégués des<br />

communes membres. Il est dirigé par<br />

un président et un bureau, élus par<br />

ces représentants, auxquels revient de<br />

définir les orientations stratégiques de<br />

l’organisation.<br />

Concrètement, quel accompagnement<br />

proposez-vous aux communes ?<br />

Il consiste tout d’abord en un dialogue<br />

constant sur leurs besoins et la maîtrise<br />

de leurs enjeux. Nous développons<br />

ensuite des solutions sur mesure,<br />

offrons un support technique continu<br />

pour la maintenance des systèmes et<br />

proposons des formations personnalisées<br />

pour renforcer les compétences des<br />

employés communaux. Ces dialogues<br />

prennent également la forme de groupes<br />

de travail que nous organisons avec les<br />

agents des communes. De cette collaboration,<br />

de ce processus de cocréation,<br />

naissent des outils pertinents et utiles,<br />

adaptés aux besoins de nos interlocuteurs.<br />

Flexibilité, suivi et évaluations<br />

régulières nous permettent de garantir<br />

l’efficacité des solutions déployées face<br />

aux besoins changeants des communes.<br />

Notre ambition est<br />

de devenir le pôle d’excellence<br />

au service des communes et<br />

administrations en proposant<br />

des solutions novatrices,<br />

inclusives et durables<br />

Quelles sont les valeurs clés qui vous<br />

guident et vous distinguent ?<br />

La première d’entre elles est l’engagement.<br />

Nous sommes profondément<br />

investis dans notre mission, déterminés<br />

à fournir des solutions technologiques<br />

de haute qualité qui répondent aux<br />

besoins des communes et des administrations.<br />

La seconde est l’intégrité, le<br />

SIGI agit avec honnêteté, transparence<br />

et cohérence dans toutes ses interactions<br />

et décisions, en respectant les normes<br />

éthiques et professionnelles pour garantir<br />

des relations de confiance. Je citerais<br />

également la co-créativité, c’est-à-dire<br />

la collaboration et l’innovation collective.<br />

Nous encourageons la diversité des<br />

idées et la participation active de tous<br />

les acteurs impliqués. Enfin, les valeurs<br />

de respect et de confiance sont au premier<br />

plan de notre système de fonctionnement.<br />

Nous traitons chaque personne<br />

avec dignité, courtoisie et équité, tout<br />

en établissant des relations durables et<br />

bénéfiques basées sur la compétence et<br />

la responsabilité.<br />

Comment durabilité et performance<br />

s’articulent-elles dans votre<br />

processus ?<br />

Notre ambition est de devenir le pôle<br />

d’excellence au service des communes<br />

et administrations en proposant des<br />

solutions technologiques novatrices,<br />

inclusives et durables. Nous avons en<br />

effet à cœur de respecter les normes<br />

environnementales, sociales et de gouvernance,<br />

d’avoir un impact positif sur<br />

la société. Nous avons donc fait de la<br />

durabilité une composante inhérente à<br />

toutes les dimensions de l’organisation.<br />

Par ailleurs, nous adoptons des pratiques<br />

visant à minimiser l’empreinte<br />

écologique de nos opérations, incluant<br />

l’optimisation de la consommation<br />

d’énergie dans les centres de données<br />

et la virtualisation des serveurs. Cette<br />

ambition se porte également du point de<br />

vue de notre culture d’entreprise. Cette<br />

dernière se fonde sur la collaboration et<br />

l’épanouissement de nos collaborateurs.<br />

C’est pourquoi nous promouvons le<br />

bien-être au sein de notre organisation<br />

et mettons en place des programmes de<br />

développement professionnel.<br />

LE CHIFFRE<br />

99<br />

communes bénéficient<br />

des solutions proposées par le SIGI


54<br />

Peut-on évoquer certains projets dans<br />

lesquels le SIGI est impliqué ?<br />

Un des projets les plus visibles est sans<br />

doute l’intégration des démarches communales<br />

dans la plateforme administrative<br />

digitale MyGuichet. Ce projet<br />

montre bien notre volonté de faciliter<br />

l’accès aux services publics, d’améliorer<br />

l’expérience utilisateur des citoyens,<br />

tout en réduisant la charge administrative<br />

pour les communes. Nous travaillons<br />

également sur une nouvelle<br />

version de notre solution de facturation<br />

digitale qui apporte des améliorations<br />

majeures pour les communes. Dans une<br />

perspective plus environnementale, je<br />

pourrais aussi évoquer notre participation<br />

dans le développement collaboratif<br />

de solutions de type « smart city », avec<br />

par exemple l’intégration de solutions<br />

technologiques comme les compteurs<br />

d’eau intelligents. Pour terminer, nous<br />

travaillons également à l’optimisation<br />

de la gestion énergétique de nos centres<br />

de données pour une utilisation des ressources<br />

responsable et durable.<br />

La cybersécurité reste<br />

une priorité pour nous,<br />

avec des efforts continus pour<br />

protéger les données sensibles<br />

et former le personnel<br />

à la sécurité numérique<br />

Comment abordez-vous le thème de la<br />

cybersécurité ?<br />

données restent sécurisées et accessibles<br />

uniquement aux personnes autorisées.<br />

Enfin, la cybersécurité des systèmes<br />

informatiques communaux étant un<br />

enjeu majeur, nous appliquons des<br />

normes strictes et conseillons les communes<br />

sur les meilleures pratiques de<br />

gouvernance numérique. Ce sujet étant<br />

lui aussi en perpétuelle mutation, nous<br />

collaborons régulièrement avec les<br />

acteurs publics et privés du Luxembourg,<br />

ce qui favorise les synergies et le développement<br />

de projets innovants.<br />

Aujourd’hui, quels dossiers occupent<br />

le SIGI ?<br />

Actuellement, plusieurs dossiers stratégiques<br />

mobilisent l’attention des<br />

membres du SIGI. Nous nous concentrons<br />

tout d’abord sur plusieurs initiatives<br />

clés intégrées dans un programme<br />

pluriannuel de modernisation des services<br />

communaux, c’est-à-dire la mise à<br />

jour des systèmes de gestion, le développement<br />

de fonctionnalités avancées et<br />

l’engagement dans des projets de « smart<br />

cities », des villes plus intelligentes et<br />

durables. Par ailleurs, la cybersécurité<br />

reste une priorité pour nous, avec des<br />

efforts continus pour protéger les données<br />

sensibles et former le personnel à<br />

la sécurité numérique. Nous renforçons<br />

également nos échanges avec les communes,<br />

tout en structurant la gestion des<br />

projets grâce à la création d’un Project<br />

Management Office (PMO). Enfin, nous<br />

entendons explorer l’utilisation de nouvelles<br />

technologies telles que l’IA pour<br />

anticiper les défis futurs et offrir des<br />

solutions innovantes aux communes.<br />

au Luxembourg et a fortiori des citoyens<br />

luxembourgeois. Pour moi, c’était une<br />

occasion unique de mettre à profit ma<br />

longue expérience et de contribuer à des<br />

projets qui transforment réellement le<br />

quotidien des citoyens et des administrations.<br />

Je vise également à contribuer<br />

à la définition et à la mise en œuvre<br />

d’une vision à long terme pour le SIGI,<br />

tout en explorant de nouvelles voies de<br />

croissance et d’innovation. Enfin, je suis<br />

déterminé à bâtir une culture organisationnelle<br />

basée sur la collaboration,<br />

l’intégrité, le respect et l’innovation. Je<br />

suis convaincu que notre équipe de professionnels<br />

qualifiés et motivés jouera<br />

un rôle clé dans la réalisation de nos<br />

ambitions pour l’avenir du SIGI.<br />

LE CHIFFRE<br />

110<br />

collaborateurs<br />

Nous adoptons des pratiques robustes et<br />

évolutives pour assurer la pérennité de<br />

nos systèmes et la protection des données<br />

des communes. Cela inclut l’utilisation<br />

de technologies avancées pour la<br />

détection et la réponse aux incidents,<br />

ainsi que la mise en œuvre de protocoles<br />

de sécurité rigoureux. Nous investissons<br />

également dans la formation<br />

continue de nos collaborateurs et dans<br />

l’amélioration des infrastructures technologiques<br />

pour anticiper les risques<br />

futurs. La conformité avec des standards<br />

internationaux comme le RGPD est une<br />

priorité stratégique, garantissant que les<br />

Vous avez été nommé attaché de direction<br />

en septembre 2023, pourquoi avoir<br />

rejoint l’aventure et avec quelles ambitions<br />

pour le syndicat ?<br />

Ma décision de rejoindre le SIGI a été<br />

motivée par plusieurs raisons, mais<br />

la principale est la suivante : en tant<br />

qu’entité centrale dans la transformation<br />

numérique des communes et administrations<br />

luxembourgeoises, le SIGI<br />

représente une opportunité unique pour<br />

quiconque souhaite avoir un impact<br />

significatif sur l’avenir du secteur public<br />

SIGI - Syndicat Intercommunal<br />

de Gestion Informatique<br />

11, rue Edmond Reuter<br />

L-5326 Contern<br />

www.sigi.lu


NOUVEAUX<br />

PACKS INCLUANT<br />

LAPTOP ET<br />

MICROSOFT 365<br />

Business ONE<br />

L’offre TOUT-EN-UN<br />

pour vos besoins télécoms et IT<br />

J’en profite


56<br />

| DIGITALISATION<br />

LOW-CODE :<br />

BOOSTEZ LA COMPÉTITIVITÉ<br />

DE VOTRE ENTREPRISE<br />

Dans un monde où les entreprises<br />

doivent constamment<br />

s’adapter à la transformation<br />

numérique, la rapidité de mise<br />

sur le marché et l’innovation<br />

sont devenues essentielles pour<br />

rester compétitives. La pénurie<br />

de talents technologiques exacerbe<br />

cette pression, surtout au<br />

Luxembourg, un centre économique<br />

axé sur la finance, l’assurance<br />

et le secteur public. Pour<br />

répondre à ces défis, Fujitsu<br />

mise sur le low-code, une technologie<br />

permettant de développer<br />

rapidement des applications<br />

robustes tout en optimisant les<br />

ressources et réduisant les délais.<br />

Le low-code en quelques mots simples :<br />

un accélérateur d’innovation<br />

Contrairement aux méthodes de développement<br />

traditionnelles qui nécessitent<br />

des mois de programmation<br />

manuelle, le low-code permet aux<br />

entreprises de créer des applications en<br />

quelques semaines, voire jours. Plutôt<br />

que d’écrire des lignes de code complexes,<br />

les équipes utilisent des interfaces<br />

visuelles avec des composants<br />

préconstruits. Résultat : une plateforme<br />

où il est possible de créer des applications<br />

fonctionnelles sans être un expert<br />

en développement.<br />

José Martins, Senior low-code developer chez Fujitsu Luxembourg<br />

Ce qui est encore plus intéressant, c’est<br />

que cette technologie permet d’impliquer<br />

des employés non techniques, souvent<br />

appelés « citizen developers ». Ces<br />

collaborateurs peuvent contribuer à l’innovation<br />

en développant des solutions<br />

spécifiques aux besoins métiers, sous<br />

la supervision de l’équipe informatique.<br />

Pour les dirigeants, cela signifie une


57<br />

capacité d’innovation démultipliée sans<br />

avoir à embaucher de nouveaux talents<br />

spécialisés.<br />

Pourquoi adopter le low-code ?<br />

Le low-code n’est pas seulement une<br />

solution technique, c’est un outil stratégique<br />

qui offre des avantages concrets<br />

aux entreprises, notamment en matière<br />

de coût, d’agilité et d’amélioration de<br />

l’expérience client. Voici quelques raisons<br />

pour lesquelles les entreprises<br />

luxembourgeoises commencent à l’adopter.<br />

D’abord, la réduction des coûts : le<br />

low-code réduit la dépendance à des<br />

développeurs spécialisés, souvent rares<br />

et coûteux. En utilisant des plateformes<br />

comme OutSystems, même des équipes<br />

réduites peuvent déployer des solutions<br />

performantes. C’est également un gain<br />

de temps. Là où le développement traditionnel<br />

peut prendre des mois, le lowcode<br />

permet de développer des solutions<br />

en quelques semaines. Cela permet de<br />

répondre rapidement aux nouvelles<br />

opportunités ou aux besoins émergents.<br />

Finalement, il améliore l’expérience<br />

client. Le low-code facilite la création<br />

d’applications intuitives et engageantes,<br />

à la fois sur le web et sur mobile. En utilisant<br />

ces applications, les entreprises<br />

améliorent leur réactivité face aux<br />

attentes des clients, ce qui renforce leur<br />

satisfaction et leur fidélité.<br />

Le low-code<br />

n’est pas simplement<br />

une nouvelle tendance<br />

technologique, c’est un moteur<br />

d’innovation et de croissance<br />

pour les entreprises<br />

luxembourgeoises<br />

Pourquoi OutSystems ?<br />

Parmi les nombreuses plateformes de<br />

low-code, OutSystems se distingue par<br />

sa flexibilité, sa robustesse et sa capacité<br />

à s’intégrer facilement aux systèmes<br />

existants, tels que SAP, Salesforce, ou<br />

encore AWS. L’un de ses points forts<br />

réside dans sa sécurité intégrée. Pour<br />

les entreprises qui traitent des informations<br />

sensibles, notamment dans<br />

le secteur financier, la sécurité est une<br />

priorité. OutSystems répond à ce besoin<br />

en offrant des fonctionnalités telles que<br />

le chiffrement des données, la gestion<br />

des identités et des contrôles d’accès<br />

basés sur les rôles. De plus, il permet de<br />

développer des applications natives du<br />

cloud, tirant parti des dernières avancées<br />

technologiques, ce qui est essentiel<br />

pour les entreprises cherchant à rester à<br />

la pointe de l’innovation digitale.<br />

Le low-code<br />

permet aux entreprises<br />

de créer des applications<br />

en quelques semaines,<br />

voire jours<br />

Quels secteurs d’activité présentent<br />

le plus de potentiel ?<br />

Prenons quelques exemples de secteurs<br />

luxembourgeois où le low-code fait déjà<br />

la différence.<br />

Secteur public : le gouvernement luxembourgeois<br />

investit dans la transformation<br />

numérique pour offrir des services<br />

plus rapides et plus efficaces aux<br />

citoyens et aux entreprises. Le low-code<br />

permet de développer rapidement des<br />

solutions pour des processus complexes,<br />

réduisant les délais et augmentant la<br />

satisfaction des utilisateurs finaux.<br />

Finance et assurance : avec 25% du PIB<br />

du Luxembourg provenant de la finance,<br />

l’adoption du low-code est particulièrement<br />

prometteuse pour les banques<br />

et les assurances. Plusieurs institutions<br />

financières de renom ont déjà adopté<br />

cette technologie leur permettant de<br />

développer des outils conformes aux<br />

réglementations tout en améliorant<br />

leurs processus internes. Cela se traduit<br />

par une meilleure gestion des risques et<br />

une productivité accrue.<br />

Industrie et logistique : dans ces secteurs,<br />

les entreprises utilisent des<br />

plateformes low-code pour automatiser<br />

des processus complexes et<br />

souvent répétitifs. Cela permet de<br />

réduire les erreurs humaines, de gagner<br />

du temps et d’optimiser les chaînes<br />

d’approvisionnement.<br />

Agir maintenant pour l’avenir<br />

Le low-code n’est pas simplement une<br />

nouvelle tendance technologique, c’est<br />

un moteur d’innovation et de croissance<br />

pour les entreprises luxembourgeoises.<br />

Alors que le paysage concurrentiel évolue,<br />

l’adoption de technologies comme<br />

OutSystems permet de rester agile, de<br />

réduire les coûts et d’offrir une meilleure<br />

expérience client. Avec Fujitsu,<br />

partenaire reconnu d’OutSystems, le<br />

low-code peut devenir un véritable atout<br />

stratégique pour l’avenir de toutes les<br />

entreprises cherchant à se transformer<br />

à l’ère du digital. Ensemble, nous pouvons<br />

définir votre stratégie digitale,<br />

identifier les opportunités d’automatisation<br />

et mettre en place des solutions<br />

adaptées à vos besoins pour créer un<br />

maximum de valeur.<br />

Fujitsu Luxembourg<br />

89C, rue Pafebruch<br />

L-8303 Capellen<br />

fujitsu.com/lu


58<br />

BRÈVES<br />

COMMUNALES DU NORD<br />

PAR BARBARA PIERROT<br />

CLERVAUX<br />

La semaine Cittaslow s’est tenue à<br />

Clervaux du 22 au 29 septembre,<br />

offrant une série d’activités autour du<br />

concept de « good and slow living ». Au<br />

programme : randonnées guidées, ateliers<br />

de pleine conscience, conférences<br />

sur les droits de l’Homme et l’alimentation,<br />

et bien plus encore pour tous les<br />

âges. Un stand d’information a été installé<br />

lors de la fête du cheval ardennais<br />

à Munshausen pour informer sur le<br />

réseau Cittaslow. Les activités ont permis<br />

de sensibiliser à des modes de vie<br />

plus durables et de renforcer les liens<br />

de la communauté locale à travers des<br />

moments de partage et de réflexion.<br />

Source : clervaux.lu<br />

PARC HOSINGEN<br />

Dans le cadre des « Journées européennes<br />

du patrimoine », les Amis du<br />

Camino de Santiago de Compostela ont<br />

organisé des marches pour découvrir<br />

les étapes luxembourgeoises du chemin<br />

de Saint-Jacques de Compostelle,<br />

du 27 septembre au 5 octobre. Les<br />

premières étapes traversaient la<br />

Commune de Parc Hosingen les 27 et<br />

28 septembre. Le 27, les participants<br />

ont été de Lieler à Rodershausen, et<br />

le 28, de Rodershausen à Bettel, avec<br />

des parcours de 24 ou 27,2 km. Pour<br />

plus d’informations et inscriptions, rendez-vous<br />

sur caminosantiago.lu.<br />

Source : hosingen.lu<br />

WINCRANGE<br />

À Lullange, jusqu’au 13 octobre, le<br />

grand labyrinthe de maïs du parc<br />

Sënnesräich accueille les visiteurs pour<br />

une aventure unique. Avec 15.000 m²<br />

et des sentiers interactifs, ce labyrinthe<br />

propose également des stations sur le<br />

sens de l’ouïe. En parallèle, un musée<br />

interactif complète l’expérience, offrant<br />

des activités ludiques autour des sens<br />

et des éléments naturels. Idéal pour<br />

les familles et groupes, cet événement<br />

dispose aussi d’offres combinées<br />

musée-labyrinthe les week-ends, ainsi<br />

que d’une aire de pique-nique et de<br />

popcorn gratuit pour les enfants.<br />

Source : sennesraich.lu<br />

WEISWAMPACH<br />

Le 11 octobre, de 19h à 23h, le Centre<br />

Culturel de Weiswampach accueillera<br />

une soirée organisée par la Commission<br />

du Vivre-Ensemble. Cet atferwork<br />

sera l’occasion de se retrouver autour<br />

de diverses activités culturelles et<br />

d’échanges communautaires. Les participants<br />

pourront découvrir des projets<br />

locaux, participer à des ateliers et rencontrer<br />

des personnes impliquées dans<br />

la promotion de la cohésion sociale.<br />

Pour plus d’infos, consultez le site de la<br />

commune.<br />

Source : visit-weiswampach.lu<br />

ETTELBRUCK<br />

Du 3 au 22 octobre, le CAPE – Centre<br />

des Arts Pluriels d’Ettelbruck accueille<br />

l’exposition Inside Out, une initiative<br />

du collectif Hariko. Cette exposition<br />

explore la tension entre l’individualité<br />

et la communauté à travers une<br />

série d’œuvres qui révèlent des perspectives<br />

personnelles et des histoires<br />

individuelles. En mettant en lumière<br />

les aspects visuels, émotionnels et spirituels<br />

du partage, Inside Out invite le<br />

public à réfléchir sur sa propre identité<br />

et à engager un dialogue profond avec<br />

les autres. Les visiteurs pourront découvrir<br />

comment les artistes abordent la<br />

complexité des interactions humaines.<br />

Ouverture de 14h à 20h.<br />

Source : ettelbruck.lu<br />

COMMUNE DE LA VALLÉE<br />

DE L’ERNZ<br />

Le 22 octobre, Medernach organise<br />

une promenade d’automne, débutant<br />

entre 14h et 15h derrière le Bistro<br />

de la Gare. Cette randonnée gratuite<br />

de 7 km, d’une difficulté moyenne,<br />

invite les participants à découvrir les<br />

paysages automnaux de la région. À<br />

l’issue de la marche, un encas et une<br />

boisson seront offerts à tous les marcheurs.<br />

Cet événement convivial est<br />

l’occasion de profiter de la nature tout<br />

en rencontrant d’autres passionnés de<br />

randonnée. Pour plus d’informations,<br />

visitez le site www.medernach.info.<br />

Source : aerenzdall.lu


Louez votre bien<br />

en toute sécurité !<br />

Agence Immobilière Sociale<br />

Le leader luxembourgeois de la gestion locative sociale<br />

Contactez-nous au 26 48 39 52<br />

www.ais.lu<br />

202b, rue de Hamm L-1713 Luxembourg


60<br />

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION<br />

LA FAL,<br />

LE PARTENAIRE<br />

DES COMMUNES<br />

DANS LA PROMOTION<br />

IMMOBILIÈRE SOCIALE<br />

Séverine Cahané et Tom Nilles


61<br />

Abitatio, la branche dédiée à la<br />

promotion immobilière sociale<br />

de la Fondation pour l’Accès au<br />

Logement (FAL), a été lancée en<br />

2019 pour répondre aux défis<br />

du logement à prix abordable<br />

au Luxembourg. La Fondation<br />

propose des solutions aux communes<br />

en développant des<br />

projets de construction qui répondent<br />

aux missions du Pacte<br />

Logement 2.0. L’objectif est<br />

de contribuer à une meilleure<br />

qualité de vie et à une stabilité<br />

pour les locataires. Tom Nilles<br />

et Séverine Cahané, respectivement<br />

directeur adjoint et<br />

Project Manager à la FAL, nous<br />

présentent le département<br />

Abitatio.<br />

Les origines d’Abitatio<br />

La Fondation pour l’Accès au Logement<br />

rassemble deux entités : l’Agence<br />

Immobilière Sociale (AIS) et Abitatio.<br />

Créée en 2009, l’AIS avait pour objectif<br />

principal de louer des logements inoccupés.<br />

Dix ans plus tard, et au regard<br />

du contexte immobilier au Luxembourg,<br />

Gilles Hempel, son directeur, a décidé<br />

de lancer Abitatio, branche dédiée à la<br />

promotion immobilière sociale. C’est<br />

dans ce contexte que Séverine Cahané a<br />

rejoint les rangs de la Fondation. « J’ai été<br />

contactée dans l’optique de démarrer la<br />

gestion de projets de construction dans<br />

ce nouveau domaine que la Fondation<br />

voulait développer. Je suis architecte,<br />

mais dans ce cadre je m’éloigne un peu<br />

de la conception au profit de la gestion<br />

puisque je collabore avec les maîtrises<br />

d’œuvre et les entreprises qui travaillent<br />

sur nos projets », précise-t-elle.<br />

Tom Nilles, qui l’a rejoint au moment<br />

du lancement d’Abitatio en tant que<br />

responsable du département et en tant<br />

que directeur adjoint pour épauler Gilles<br />

Hempel sur la gestion financière, possède<br />

une solide expérience. « Mon parcours<br />

dans le milieu de la finance, puis dans<br />

le parachèvement et la construction me<br />

permet aujourd’hui d’avoir toutes les<br />

compétences nécessaires pour développer<br />

cette activité », déclare-t-il.<br />

Accompagner les communes<br />

En cinq ans, la FAL a déjà réalisé quelques<br />

projets dans plusieurs localités : à<br />

Niederkorn, Harlange, Heinerscheid, Wiltz<br />

ou à Wilwerdange. Il s’agit soit de maisons<br />

soit de résidences de plusieurs unités.<br />

« Nous voulons devenir le troisième plus<br />

grand promoteur social du Luxembourg et<br />

nous nous concentrons avant tout sur les<br />

plus petits projets à taille plus humaine,<br />

à savoir des appartements, des résidences<br />

ou des maisons en bande », explique Tom<br />

Nilles. D’autres projets sont en cours à<br />

Senningerberg ou Altrier. « Le plus difficile<br />

est d’obtenir le foncier pour y créer<br />

des logements. Nous nous positionnons<br />

comme un partenaire fiable vis-à-vis de<br />

l’État et surtout des communes. Ces dernières<br />

disposent de terrains mais n’ont<br />

parfois pas les ressources ou les compétences<br />

pour y établir des habitations. Elles<br />

ont alors la possibilité de nous céder le<br />

foncier sous la forme de baux emphytéotiques<br />

pour que nous puissions construire<br />

et gérer les logements ensuite. Elles sont<br />

aussi assurées que les habitations restent<br />

à prix abordable », indique Séverine<br />

Cahané. De plus, une très large majorité<br />

de communes collabore déjà avec l’AIS en<br />

matière de gestion locative sociale. Les<br />

relations entre les deux institutions sont<br />

donc déjà bien établies.<br />

Les communes ont<br />

la possibilité de nous céder le<br />

foncier sous la forme de baux<br />

emphytéotiques pour que nous<br />

puissions construire et gérer<br />

les logements ensuite<br />

Abitatio a aussi un rôle à jouer car il répond<br />

aux objectifs du Pacte Logement 2.0 qui<br />

vise la création d’un nombre plus élevé de<br />

logements abordables dans chaque plan<br />

d’aménagement particulier « nouveau<br />

quartier ». En effet, un pourcentage de la<br />

surface construite qui accueille des habitations<br />

devra être réservé aux logements à<br />

prix abordable. « Les terrains qui y seront<br />

dédiés seront automatiquement cédés à<br />

l’État ou à la commune, qui pourra ensuite<br />

les déléguer à notre Fondation pour les<br />

développer », explique Tom Nilles.<br />

Mixité et qualité de vie<br />

Si le défi du foncier est majeur, celui de<br />

construire des espaces agréables à vivre<br />

pour les locataires l’est tout autant. La<br />

Fondation œuvre pour édifier des bâtiments<br />

dans lesquels il fait bon vivre.<br />

« Nos logements sont conçus pour favoriser<br />

la mixité sociale et le bien-être des<br />

occupants selon les normes actuelles en<br />

matière écologique, thermique ou acoustique.<br />

Nous ne délaissons aucun paramètre<br />

», poursuit le directeur adjoint.<br />

Nos logements sont conçus<br />

pour favoriser la mixité sociale<br />

et le bien-être des occupants<br />

À propos de la conception des bâtiments,<br />

Séverine Cahané soulève l’aspect du<br />

vivre-ensemble et des nouveaux modes<br />

de vie auxquels la FAL doit s’adapter<br />

pour répondre à tous les besoins et aspirations<br />

des nouvelles générations. « Nous<br />

essayons de promouvoir davantage le<br />

vivre-ensemble à l’échelle micro dans<br />

nos résidences en intégrant des espaces<br />

partagés pour apporter une certaine cohésion<br />

à l’ensemble de nos locataires, mais<br />

également à l’échelle d’une ville en créant<br />

un lieu qui se fond dans le paysage pour<br />

faciliter la rencontre entre tous les habitants<br />

», témoigne-t-elle.<br />

« Des locataires heureux »<br />

Après quelques années et certains projets<br />

bouclés, les retours des premiers locataires<br />

des bâtiments construits par la Fondation<br />

sont remontés aux oreilles de Tom Nilles<br />

et Séverine Cahané. « Nos locataires sont<br />

heureux. On leur donne la possibilité de<br />

s’installer et de vivre à plus long terme<br />

dans un même lieu. C’est important pour<br />

développer des relations sociales et avoir<br />

une vie stable », conclut l’architecte de<br />

formation.<br />

Fondation pour l’Accès au Logement<br />

202B, rue de Hamm<br />

L-1713 Luxembourg<br />

www.fondation-logement.lu


WIR BAUEN<br />

DIE ZUKUNFT.


SKYPARK<br />

BUSINESS CENTER<br />

LUX-AIRPORT<br />

steffen-holzbau.lu


64<br />

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION<br />

Vincent Spitz, Abdelaziz Daoudi et Emanuele Totaro


65<br />

CREUSER POUR<br />

UN AVENIR DURABLE<br />

Depuis 1980, GEOFOR n’a cessé<br />

de renforcer son succès dans<br />

le domaine des fondations<br />

spéciales et du blindage périphérique<br />

au Luxembourg. Aujourd’hui,<br />

l’entreprise creuse<br />

plus profond avec des projets<br />

de grande ampleur, notamment<br />

un partenariat innovant avec le<br />

bureau Ehlen pour la géothermie.<br />

Rencontre avec Emanuele<br />

Totaro, CEO, Vincent Spitz, COO,<br />

et Abdelaziz Daoudi, CFO.<br />

Pourriez-vous nous présenter GEOFOR<br />

et ses activités ?<br />

ET : Depuis sa création dans les années<br />

80, GEOFOR est experte dans les fondations<br />

spéciales, les soutènements et les<br />

blindages périphériques. Aujourd’hui, en<br />

tant que membre de TOTEM GROUP, nous<br />

renforçons notre engagement envers l’excellence<br />

opérationnelle et la satisfaction de<br />

nos clients. Notre longue expérience dans<br />

le secteur nous permet de relever les défis<br />

les plus complexes avec efficacité. Nous<br />

restons attentifs aux évolutions technologiques<br />

et aux innovations du métier, ce qui<br />

nous pousse à constamment perfectionner<br />

nos méthodes et investir dans des équipements<br />

de chantier de haute technologie.<br />

Grâce à ces investissements stratégiques,<br />

notamment en modernisant nos machines<br />

et en adaptant une approche plus efficiente,<br />

nous sommes aujourd’hui leader<br />

du marché luxembourgeois. Nos efforts<br />

sont couronnés de succès, et les retours de<br />

nos clients sont très positifs. Nous voulons<br />

consolider cette position dans les années à<br />

venir.<br />

Comment définiriez-vous la géothermie<br />

?<br />

dans les nappes phréatiques et dans les<br />

couches du sol, permettant ainsi de l’utiliser<br />

pour le chauffage ou le refroidissement<br />

des structures.<br />

VS : Il en existe quatre grands types. Le<br />

premier, c’est la géothermie très profonde,<br />

qui descend à environ 1.000 m.<br />

C’est une solution rare qui est généralement<br />

réservée à des projets d’envergure,<br />

souvent menés par l’État ou des administrations<br />

publiques pour alimenter des<br />

réseaux de chauffage collectif ou produire<br />

de l’énergie à grande échelle.<br />

Ensuite, il y a la géothermie moyennement<br />

profonde, qui est celle que<br />

nous développons chez GEOFOR. Cela<br />

implique des forages à environ 150 m<br />

de profondeur, parfaits pour chauffer<br />

des maisons individuelles ou des petits<br />

immeubles. En général, on réalise plusieurs<br />

forages à cette profondeur pour<br />

répondre aux besoins énergétiques du<br />

bâtiment.<br />

Il y a également la géothermie peu profonde,<br />

que nous avons déjà beaucoup<br />

utilisée lors de nos différents chantiers.<br />

Pour cette méthode, nous forons à 10 ou<br />

15 m de profondeur. Dans le cadre d’une<br />

maison individuelle, il faut souvent réaliser<br />

quatre ou cinq forages à cette profondeur,<br />

ce qui est suffisant pour couvrir les<br />

besoins en chauffage.<br />

Enfin, il y a la géothermie de surface,<br />

qui se fait directement sous le gazon.<br />

Cependant, cette méthode est moins<br />

performante que les autres, car la chaleur<br />

captée en surface est plus limitée.<br />

Évidemment, la géothermie la plus performante<br />

reste celle à grande profondeur,<br />

car plus on descend, plus la température<br />

du sol est élevée. Mais pour des maisons<br />

ou des petits collectifs, la moyennement<br />

profonde est largement suffisante.<br />

notre empreinte carbone. Parmi nos<br />

autres engagements au Pacte Vert pour<br />

l’Europe, nous utilisons dans la mesure<br />

du possible du béton à bas carbone et<br />

acheté localement pour minimiser l’impact<br />

carbone du transport. Nos efforts<br />

incluent également la modernisation de<br />

nos équipements pour réduire la consommation<br />

énergétique et une gestion optimisée<br />

des déchets sur nos chantiers. Ces<br />

initiatives renforcent notre engagement<br />

à proposer des solutions respectueuses<br />

de l’environnement tout en répondant<br />

aux attentes de nos clients.<br />

Le 15 juillet vous avez signé un partenariat<br />

avec l’entreprise spécialisée<br />

Ehlen dans le cadre de la réalisation<br />

de missions de géothermie. Pouvezvous<br />

nous en dire davantage ?<br />

ET : C’est un partenariat stratégique<br />

que nous avons mis en place avec Ehlen,<br />

une entreprise spécialisée allemande de<br />

grande réputation, et surtout familiale,<br />

comme nous. Nous partageons une vision<br />

commune sur la qualité et la durabilité<br />

des projets géothermiques, et nous avons<br />

la capacité technique nécessaire. L’idée<br />

est donc venue naturellement.<br />

Avec notre expertise accumulée depuis<br />

plus de 40 ans, nous avons ouvert le<br />

département géothermie et nous sommes<br />

équipés d’une vingtaine de machines. Le<br />

15 juillet, nous avons officialisé notre<br />

partenariat avec Ehlen, qui vient renforcer<br />

nos équipements avec 14 nouveaux<br />

ateliers de forage. Grâce à cette<br />

collaboration, nous sommes aujourd’hui<br />

les leaders incontestés au Luxembourg,<br />

capables de répondre à la demande croissante<br />

tout en garantissant une maîtrise<br />

technique irréprochable.<br />

VS : L’État luxembourgeois cherche vraiment<br />

à dynamiser la partie géothermique,<br />

qui n’était pas encore très exploitée, mais<br />

qui représente une énergie stable, disponible<br />

en continu, indépendante du vent<br />

ou du soleil. Le gouvernement et même<br />

la Chambre de Commerce travaillent<br />

activement à son développement,<br />

notamment pour les bureaux et grandes<br />

infrastructures.<br />

AD : Le forage géothermique consiste à<br />

créer des puits de faible diamètre pour<br />

y placer des capteurs géothermiques.<br />

Ces derniers extraient la chaleur stockée<br />

AD : La géothermie s’inscrit dans le cadre<br />

de notre adhésion aux mesures du Pacte<br />

Vert pour l’Europe. C’est une solution<br />

énergétique durable, idéale pour réduire<br />

Il faut comprendre que, jusqu’à récemment,<br />

il y avait peu de régulation dans<br />

le domaine, et beaucoup d’acteurs, parfois<br />

novices, s’improvisaient experts en


66<br />

géothermie. Ces entreprises achetaient<br />

des machines, lançaient des forages sans<br />

même avoir l’autorisation ni l’expérience<br />

et la formation pour le faire. Cela<br />

posait des risques non seulement pour<br />

la qualité de la construction, mais aussi<br />

pour l’environnement et les nappes<br />

phréatiques. À partir d’avril 2025, la nouvelle<br />

réglementation obligera toutes les<br />

entreprises à se conformer aux normes.<br />

C’est positif pour nous car cela garantira<br />

un marché réservé aux sociétés sérieuses<br />

et expérimentées comme la nôtre.<br />

ET : Il est cependant important de préciser<br />

que le principal inconvénient souvent<br />

ignoré avec la géothermie, c’est le<br />

coût de l’électricité. Même si l’on n’a<br />

plus à payer pour le gaz ou le mazout,<br />

l’énergie nécessaire reste coûteuse. Pour<br />

y remédier, il est essentiel de combiner<br />

cela avec une autre solution énergétique,<br />

comme les panneaux photovoltaïques<br />

qui peuvent grandement aider à<br />

réduire les coûts à long terme. La clé est<br />

réellement d’avoir une approche mixte.<br />

Avez-vous d’importants projets passés<br />

ou à venir ?<br />

ET : Nous sommes fiers d’avoir travaillé<br />

sur un projet clé pour WSA, site de stockage<br />

de l’US Air Force au Luxembourg, où<br />

nous avons pris en charge la réalisation<br />

des fondations. Grâce à nos machines<br />

L’État luxembourgeois cherche vraiment à dynamiser la<br />

partie géothermique, qui n’était pas encore très exploitée,<br />

mais qui représente une énergie stable, disponible en<br />

continu, indépendante du vent ou du soleil<br />

de pointe, nous avons pu achever les<br />

travaux deux mois avant la date prévue.<br />

En optimisant notre méthode de<br />

forage, nous sommes passés de trois<br />

à quinze forages par jour, multipliant<br />

ainsi la vitesse du chantier par cinq.<br />

Cette réussite est également due à notre<br />

fournisseur Casagrande, qui nous permet<br />

de personnaliser nos machines pour<br />

répondre précisément à nos besoins.<br />

ET : Nous travaillons également sur la<br />

construction de notre nouveau siège<br />

social, soit le projet M34. En plus de nos<br />

propres bureaux, ce complexe comprendra<br />

des halls à louer ou à vendre à des<br />

prix compétitifs par rapport au marché<br />

actuel. L’idée est d’offrir aux petites<br />

et moyennes entreprises des espaces<br />

flexibles, modulables avec mezzanines,<br />

où elles pourront combiner bureaux<br />

et zones de stockage. Ce projet représente<br />

un investissement conséquent et<br />

nous espérons commencer les travaux<br />

prochainement.<br />

Le projet M34 comprendra 15 halls<br />

industriels, 14 mezzanines, 15 surfaces<br />

de bureaux au premier étage et 14 autres<br />

au deuxième étage. Un parking de 120<br />

places est également prévu pour faciliter<br />

l’accès. Tout est conçu pour offrir un<br />

environnement de travail fonctionnel et<br />

contemporain, adapté aux besoins de ces<br />

entreprises.<br />

Le bâtiment sera exemplaire en matière<br />

d’efficacité énergétique, en intégrant<br />

diverses énergies renouvelables.<br />

Si ces projets peuvent voir le jour, c’est<br />

avant tout grâce à nos partenaires et<br />

nos clients que nous tenons à remercier<br />

chaleureusement, particulièrement<br />

toutes les communes, les CFL et l’Administration<br />

des ponts et chaussées, pour<br />

leur soutien fidèle et constant au fil des<br />

années.<br />

GEOFOR Constructions S.A.<br />

34, rue de Sanem<br />

L-4485 Soleuvre<br />

www.geofor.lu<br />

Le projet M34


Pieux de fondation<br />

Parois de pieux sécants<br />

et tangents<br />

Parois clouées<br />

Béton projeté (gunite)<br />

Micropieux<br />

Parois berlinoises et<br />

parisiennes<br />

Tirants d’ancrage<br />

Palplanches<br />

Géothermie<br />

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LES FONDATIONS<br />

DE VOTRE RÉUSSITE<br />

Quelle que soit l’envergure de votre projet, GEOFOR, le leader<br />

incontesté du marché luxembourgeois, est prêt à répondre à vos<br />

besoins avec des foreuses à la pointe de la technologie. Notre expertise<br />

et notre expérience nous permettent de vous proposer une solution<br />

optimale, parfaitement adaptée à votre budget et à vos exigences.<br />

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68<br />

| IMMOBILIER ET CONSTRUCTION<br />

OBSERVATOIRE DE L’HABITAT :<br />

SITUATION DES JEUNES ADULTES<br />

SUR LE MARCHÉ DU LOGEMENT<br />

LUXEMBOURGEOIS<br />

d’un tiers du groupe étudié). De telles<br />

contraintes financières orientent les choix<br />

résidentiels, tels que celui de la colocation<br />

(59% des répondants vivant en colocation<br />

sont des jeunes) ou la volonté de déménager<br />

en dehors du Luxembourg.<br />

Les conditions d’accès au logement jouent<br />

un rôle essentiel dans l’entrée dans la vie<br />

adulte. Il est cependant de plus en plus difficile<br />

pour les jeunes adultes de faire leur<br />

entrée sur le marché du logement dans des<br />

contextes dits « tendus » – typiquement les<br />

milieux urbains qui concentrent institutions<br />

d’enseignement supérieur, opportunités<br />

d’emploi, aménités et opportunités<br />

d’interactions sociales – où ils peinent à<br />

accéder à la propriété privée ou à trouver<br />

un logement abordable. Ces difficultés les<br />

poussent à rester plus longtemps au foyer<br />

familial ou à louer (en colocation) un<br />

logement sur le marché privé. Au vu de ces<br />

évolutions globales, cette note présente<br />

une analyse de la situation des jeunes<br />

adultes (19–35 ans) sur le marché du logement<br />

luxembourgeois, sujet à une crise du<br />

logement qui impacte profondément les<br />

résidents.<br />

Cette note se base sur les données de<br />

l’enquête « logement abordable » réalisée<br />

par l’Observatoire de l’habitat en 2023<br />

pour les répondants âgés de 19 à 35 ans<br />

(32% des répondants – échantillonnage<br />

des ménages administratifs), représentatifs<br />

en termes de composition de ménage,<br />

statut d’occupation et statut professionnel.<br />

Notre étude s’est concentrée sur trois<br />

aspects de la situation de logement des<br />

jeunes adultes ; en premier lieu sur les<br />

étapes de l’entrée sur le marché du logement,<br />

à travers l’évolution du statut d’occupation<br />

en fonction de l’âge. L’âge auquel<br />

les propriétaires deviennent majoritaires<br />

varie cependant selon que l’on habite en<br />

milieu urbain ou rural et est particulièrement<br />

avancé à Luxembourg-Ville (entre<br />

44 et 50 ans). Ce résultat témoigne des<br />

difficultés croissantes des jeunes à trouver<br />

un logement abordable et devenir propriétaires,<br />

voire louer un logement de manière<br />

autonome (40% des 19-27 ans logés gratuitement<br />

déclarent occuper un emploi),<br />

dans les milieux urbains.<br />

L’étude s’est ensuite penchée sur la<br />

situation des jeunes sur le marché locatif<br />

privé, à travers l’analyse du niveau de<br />

satisfaction des jeunes locataires (60%<br />

d’insatisfaits parmi les locataires avec<br />

loyer normal), le manque de perspectives<br />

résidentielles de ceux qui ne peuvent pas<br />

déménager (pour des raisons financières),<br />

et la proportion de jeunes adultes sujets<br />

à un taux d’effort brut important (plus<br />

Enfin, elle s’est intéressée aux inégalités<br />

d’accès à la propriété privée parmi les<br />

jeunes adultes. Ces inégalités se manifestent<br />

à travers des mécanismes tels que<br />

l’héritage, le soutien financier des proches<br />

(un tiers des jeunes en bénéficie au<br />

moment de l’achat d'un bien), ou le background<br />

migratoire. Par exemple, la proportion<br />

de propriétaires parmi les jeunes<br />

de nationalité luxembourgeoise ayant au<br />

moins un parent né au Luxembourg est de<br />

45% contre seulement 7% pour ceux ayant<br />

une nationalité hors Union européenne et<br />

des parents nés à l’étranger.<br />

Au vu de ces constats, il pourrait être<br />

pertinent de créer des aides ciblées en<br />

complément du large panel d’aides au<br />

logement disponibles au Luxembourg,<br />

dont les jeunes adultes peuvent être<br />

indirectement exclus, vu leur situation<br />

particulière d’entrée sur les marchés du<br />

logement et du travail. Des aides ciblées<br />

existent par exemple dans les pays voisins<br />

du Luxembourg et portent à la fois sur le<br />

soutien à l’accession à la propriété privée<br />

des jeunes, les aides individuelles pour des<br />

tranches d’âge précises ou encore la (co-)<br />

production de logements abordables pour<br />

étudiants et/ou jeunes actifs. Néanmoins,<br />

leur transférabilité potentielle doit tenir<br />

compte des spécificités du système de<br />

politique de logement luxembourgeois.<br />

Communiqué par le ministère du Logement et de<br />

l’Aménagement du territoire.


Concrétisez votre<br />

projet immobilier<br />

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70<br />

BRÈVES<br />

COMMUNALES DE L’EST<br />

PAR BARBARA PIERROT<br />

JUNGLINSTER<br />

Les Amis du Château de Bourglinster<br />

lancent la 43 e édition de leur Festival<br />

de Musique Classique pour la saison<br />

<strong>2024</strong>-2025. Le festival propose un cycle<br />

de concerts qui se tiendra du 6 octobre<br />

<strong>2024</strong> au 10 juillet 2025 au Château<br />

de Bourglinster. Cet événement est<br />

une occasion unique d’apprécier des<br />

performances de musique classique<br />

dans un cadre historique. Pour plus de<br />

détails sur le programme, les artistes<br />

invités, ou pour effectuer des réservations,<br />

vous pouvez consulter le site des<br />

Amis du Château de Bourglinster.<br />

Source : junglinster.lu<br />

MONDORF-LES-BAINS<br />

Le « Salon Art et Création » se tiendra<br />

du 11 au 18 octobre à Mondorf-les-<br />

Bains, au Bierger-a Kulturhaus. Le vernissage<br />

est prévu le 10 octobre à 19h.<br />

Cet événement mettra en lumière des<br />

œuvres d’artistes locaux et internationaux,<br />

offrant une riche exposition<br />

pour les amateurs d’art. Il promet une<br />

semaine de découvertes artistiques<br />

uniques et créatives, avec des pièces<br />

variées à explorer. Un rendez-vous<br />

incontournable pour les passionnés<br />

d’art et de culture dans un cadre exceptionnel.<br />

Pour plus d’informations :<br />

art-et-creation.lu.<br />

Source : mondorf-les-bains.lu<br />

REMICH<br />

Voyagez dans le temps et plongez dans<br />

l’ambiance du Moyen Âge lors du marché<br />

médiéval de la Ville de Remich, les<br />

26 et 27 octobre ! Venez découvrir des<br />

spectacles avec des artistes de scène<br />

et des saltimbanques. Les commerçants<br />

et artisans vous feront redécouvrir<br />

des métiers anciens, oubliés<br />

depuis des siècles. Le marché est<br />

facilement accessible en transports<br />

publics grâce à la proximité de la gare<br />

de Remich.<br />

Source : remich.lu<br />

SCHENGEN<br />

Dans le cadre des Journées européennes<br />

du patrimoine <strong>2024</strong>, le<br />

Musée « A Possen » vous invite à une<br />

conférence de Caroline Resch, historienne,<br />

le dimanche 6 octobre à 15h.<br />

Elle explorera les vagues d’émigration<br />

luxembourgeoise au 19 e siècle, notamment<br />

de la vallée de la Moselle vers<br />

les États-Unis et l’Amérique du Sud.<br />

La conférence sera suivie d’un verre<br />

de l’amitié. L’entrée est gratuite mais<br />

la réservation obligatoire via le +352<br />

23 69 73 53 ou par e-mail à info@<br />

musee-possen.lu.<br />

Source : schengen.lu<br />

STADTBREDIMUS<br />

Le Loft de Stadtbredimus est de retour<br />

et propose un programme diversifié<br />

depuis septembre, incluant des ateliers<br />

créatifs, afterworks et des conférences.<br />

Une nouveauté cette année : il<br />

est ouvert tous les mercredis de 16h à<br />

20h (sauf jours fériés), offrant ainsi plus<br />

d’occasions de participer. Pour toute<br />

information ou inscription, contactez<br />

Sylvie Figueira. Ces activités s’adressent<br />

à tous les âges et favorisent le bien-être<br />

et la créativité.<br />

Source : stadtbremidus.lu<br />

BEAUFORT<br />

Dans le cadre des festivités du 50 e<br />

anniversaire du Keeleclub de Beaufort,<br />

un tournoi a eu lieu à Miedernach.<br />

En finale, le club « Django » de<br />

Boevange-sur-Attert s’est imposé face<br />

à Echternach, suivi de Gosseldange,<br />

Miedernach, Mensdorf et Clemency.<br />

Après la dernière boule, le bourgmestre<br />

Jean-Luc Nosbusch et le président Jean<br />

Schilling ont remis les trophées. Le club<br />

de Beaufort a également reçu de nouveaux<br />

maillots sponsorisés.<br />

Source : beaufort.lu


Nous accompagnons nos clients pour instaurer des<br />

valeurs et une culture d’entreprise favorisant le<br />

développement de leurs collaborateurs<br />

Plus d’informations sur nos services<br />

de conseil en ressources humaines<br />

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www.bdo.lu


72<br />

| ENVIRONNEMENT<br />

« GREEN EVENTS » :<br />

VERS UNE ADAPTATION<br />

DU RÉGIME DES SUBSIDES<br />

Lancé en 2019, le projet « Green Events » encourage la réduction<br />

de l’empreinte écologique des événements. Coordonné par l’Oekozenter<br />

Pafendall et la SuperDrecksKëscht, il octroie le logo « Green<br />

Events » aux manifestations écoresponsables. Depuis ce mois d’octobre,<br />

le régime des subsides sera revu. Romaine Stracks, coordinatrice<br />

adjointe pour les projets d’innovation et conseillère pour<br />

entreprises à la SuperDrecksKëscht, présente le projet « Green<br />

Events » et revient sur cette modification de l’aide financière.<br />

Pour quelles raisons le projet « Green<br />

Events » a-t-il été lancé ?<br />

Initié par le ministère de l’Environnement,<br />

du Climat et du Développement<br />

durable, « Green Events » a pour objectif<br />

de réduire l’empreinte écologique des<br />

événements mis en place au Luxembourg<br />

et entre dans la stratégie « Null Offall<br />

Lëtzebuerg » du gouvernement. Créé en<br />

2019, le projet promeut le respect de<br />

l’environnement dans les manifestations<br />

en informant, sensibilisant et accompagnant<br />

les organisateurs désireux de s’investir<br />

dans cette démarche. L’Oekozenter<br />

Pafendall asbl et la SuperDrecksKëscht<br />

sont chargées de la coordination du projet<br />

et du conseil.<br />

Quels sont les accompagnements<br />

offerts par ces deux entités ?<br />

Cross Bieles 2023<br />

Nous proposons différents suivis dans<br />

le cadre du projet, via le site internet<br />

www.greenevents.lu par exemple. Celuici<br />

se présente sous la forme d’une infothèque<br />

dans laquelle se trouvent des<br />

informations et des conseils sur huit<br />

thèmes différents et importants pour la<br />

planification d’un événement comme<br />

la communication et le marketing, l’alimentation<br />

et les boissons, les déchets,<br />

l’eau et les sanitaires, etc.<br />

Francofolies <strong>2024</strong> Guiden a Scoutskiermes LGS Duelem <strong>2024</strong>


73<br />

De plus, si ces informations ne sont<br />

pas suffisantes, l’organisateur peut<br />

contacter l’Oekozenter Pafendall ou la<br />

SuperDrecksKëscht pour obtenir des<br />

conseils personnalisés. Une autre option<br />

consiste à organiser une séance d’information<br />

interactive pour les clubs. Par<br />

ailleurs, un événement peut être certifié<br />

par le logo « Green Events » afin de montrer<br />

aux visiteurs l’engagement des organisateurs<br />

en faveur du développement<br />

durable.<br />

Comment obtenir le logo « Green<br />

Events »?<br />

Koll an Aktioun <strong>2024</strong><br />

Pour soutenir les organisateurs qui s’engagent<br />

dans une démarche durable, la<br />

SuperDrecksKëscht décerne aux événements<br />

écoresponsables les logos « Green<br />

Events » et « Mir engagéieren eis ». Ceux-ci<br />

peuvent être attribués à tous types de<br />

manifestations culturelles, musicales,<br />

festives ou sportives : une course, une kermesse,<br />

un marché de Noël ou un festival<br />

de musique.<br />

Pour obtenir l’un des deux logos, l’organisateur<br />

doit remplir une checklist.<br />

Celle-ci se compose de différents critères<br />

répartis en huit thématiques clés. Nous<br />

distinguons encore une fois les critères<br />

obligatoires et facultatifs. Si l’organisateur<br />

parvient à mettre en œuvre toutes<br />

les conditions obligatoires s’appliquant à<br />

son événement, il obtient le logo « Green<br />

Events ». S’il n’y parvient pas mais qu’il<br />

remplit au moins la moitié de l’ensemble<br />

des critères, il obtient alors le logo « Mir<br />

engagieren eis ».<br />

Les organisateurs de chaque événement<br />

certifié pouvaient recevoir un subside<br />

de 1.500 euros de la part de l’État. La<br />

donne a changé le 1 er octobre…<br />

Jusqu’alors, en cas d’obtention de la certification<br />

« Green Events », tous les organisateurs,<br />

à l’exception des entreprises,<br />

pouvaient demander un subside au ministère<br />

de l’Environnement, du Climat et de la<br />

Biodiversité. Ce dernier ainsi que l’Oekozenter<br />

Pafendall et la SuperDrecksKëscht<br />

se réservaient le droit de se rendre sur<br />

place lors de l’événement pour se rendre<br />

compte du respect des critères et délivrer<br />

un subside de 1.500 euros, offert à chaque<br />

événement.<br />

La loi a changé le 1 er octobre <strong>2024</strong>. En<br />

effet, chaque association ne bénéficie<br />

plus qu’une seule fois du subside de base<br />

de 1.500 euros pour l’obtention du logo<br />

« Green Events ». Cette adaptation vise à<br />

rationaliser l’allocation des fonds pour<br />

faire bénéficier un maximum d’asbl de ce<br />

régime d’aide. Elle se justifie aussi parce<br />

que le subside était avant tout destiné à<br />

équiper les organisateurs en matériel ou<br />

équipement écologique comme des couverts<br />

ou des lave-vaisselle pour éviter<br />

l’usage du plastique à usage unique, interdit<br />

depuis le 1 er janvier 2023. Cette loi sera<br />

d’ailleurs renforcée au 1 er janvier 2025<br />

puisque tous les produits à usage unique,<br />

même écologiques, seront défendus pour<br />

privilégier les couverts réutilisables.<br />

De plus, la subvention complémentaire<br />

correspondant à 25% des frais engagés<br />

pour la mise en œuvre de certains critères<br />

facultatifs (plafonnée à 1.000 euros) est<br />

supprimée. Le subside de 1.500 euros disparaîtra<br />

en 2028 mais nous continuerons<br />

à accompagner individuellement chaque<br />

organisateur et à délivrer le logo « Green<br />

Events » aux événements qui respectent<br />

les critères.<br />

Ne craignez-vous pas un désintérêt de<br />

la part des organisateurs si les aides<br />

financières se font plus rares ?<br />

Non, car la conscience collective a changé.<br />

Beaucoup d’organisateurs souhaitent avoir<br />

le logo « Green Events » pour leurs manifestations.<br />

Les visiteurs accordent également<br />

de plus en plus d’importance à l’engagement<br />

environnemental sur les événements,<br />

ce qui peut donc influencer l’affluence et,<br />

par conséquent, les recettes obtenues.<br />

Après cinq années d’existence,<br />

quel bilan tirez-vous du projet<br />

« Green Events » qui est aujourd’hui<br />

bien implanté sur le territoire<br />

luxembourgeois ?<br />

Depuis la création du label, plus de<br />

430.500 personnes se sont rendues à<br />

un événement portant l’un de nos deux<br />

labels. Malgré l’impact du Covid-19<br />

durant deux ans, 369 événements ont<br />

obtenu la certification et plus de 566<br />

manifestations ont été accompagnées.<br />

Entre janvier et juin de cette année, 226<br />

événements ont bénéficié de nos services.<br />

L’objectif est atteint parce que la<br />

conscience environnementale est bien<br />

intégrée dans les mentalités. L’évolution<br />

depuis cinq années est remarquable mais<br />

nous ne relâchons pas nos efforts et<br />

continuons à œuvrer pour un monde plus<br />

durable.<br />

SuperDrecksKëscht<br />

Zone Industrielle Piret<br />

L-7737 Colmar-Berg<br />

www.sdk.lu<br />

Luloop-Vytal


74<br />

| ENVIRONNEMENT<br />

LA SARRE ET LE LUXEMBOURG<br />

PRÉVOIENT UNE COOPÉRATION<br />

DANS LE DOMAINE DE L’HYDROGÈNE<br />

Lors d’une rencontre au Luxembourg le vendredi 6 septembre, le<br />

ministre de l’Économie et de l’Énergie, Jürgen Barke, et Lex Delles,<br />

ministre de l’Économie, des PME, de l’Énergie et du Tourisme, se<br />

sont mis d’accord sur les points clés d’une coopération en matière<br />

de politique industrielle et énergétique. Les deux pays prévoient<br />

une coopération étroite, notamment dans le domaine de l’approvisionnement<br />

en hydrogène. Les ministres Barke et Delles souhaitent<br />

consigner le résultat de leur échange dans un Memorandum of Understanding<br />

(MoU) commun dans quelques semaines.<br />

© MECO<br />

Le ministre Jürgen Barke a déclaré : « La<br />

mise en place de l’économie sarroise de<br />

l’hydrogène progresse à un rythme soutenu.<br />

Nous avons déjà franchi de nombreuses<br />

étapes importantes. Ce qui nous importe,<br />

c’est la montée en puissance tout au long<br />

de la chaîne de création de valeur, de la<br />

production à l’utilisation de cette source<br />

d’énergie en passant par le transport. La<br />

coopération avec notre voisin luxembourgeois<br />

peut encore faire passer nos activités<br />

à un niveau supérieur. Je suis très confiant<br />

dans le fait qu’ensemble, nous pouvons désormais<br />

apporter des contributions importantes<br />

au développement des technologies<br />

de l’hydrogène et construire le pont technologique<br />

vers un avenir économiquement<br />

prospère pour toute la région frontalière ».<br />

Le ministre Lex Delles ajoute : « Les<br />

échanges avec la Sarre sont d’une grande<br />

importance pour le Luxembourg. Nous<br />

avons un intérêt certain à être reliés au<br />

réseau transfrontalier d’hydrogène afin de<br />

faire avancer ensemble la transition énergétique.<br />

Une coopération étroite et orientée<br />

vers l’avenir dans le domaine de l’énergie<br />

entre nos deux partenaires aura un<br />

impact positif sur le site industriel luxembourgeois<br />

».<br />

Les besoins luxembourgeois en hydrogène<br />

ne pourront être couverts que partiellement<br />

par une production locale. Au cœur<br />

de l’Europe, une collaboration avec la Sarre<br />

s’impose donc. Le pipeline mosaHYc ira<br />

jusqu’à la frontière sarro-luxembourgeoise<br />

(Perl). En le reliant à la Belgique, aux Pays-<br />

Bas ainsi qu’à la France, il serait possible<br />

de mettre en place un réseau d’hydrogène<br />

transfrontalier. Ces pays pourraient ainsi<br />

profiter du projet en ce qui concerne les<br />

capacités d’importation et d’élargissement<br />

du marché.<br />

Jürgen Barke et Lex Delles<br />

Communiqué par le ministère de l’Économie et le<br />

ministère fédéral de l’Économie, de l’Innovation, de<br />

la Digitalisation et de l’Énergie


76<br />

| ENVIRONNEMENT<br />

REMISE DES PRIX DE<br />

L’APPEL À PROJETS<br />

« MÉI NATUR AN EISE<br />

SCHOULHÄFF »<br />

Le ministre de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité,<br />

Serge Wilmes, a félicité, le 18 septembre <strong>2024</strong>, les sept communes<br />

récompensées dans le cadre de l’appel à projets « Méi Natur an eise<br />

Schoulhäff ». Cet appel à projets visait à encourager les communes<br />

dans leurs efforts pour s’adapter aux effets du changement climatique<br />

en déminéralisant les surfaces scellées des cours d’écoles<br />

pour redonner plus d’espace aux infrastructures vertes.<br />

Des élèves de l’école fondamentale « Um Bock » ont participé à la plantation d’un arbre et autres plantes<br />

©STUDION PHOTOGRAPHY<br />

©STUDION PHOTOGRAPHY<br />

L’appel à projets « Méi Natur an eise<br />

Schoulhäff »<br />

L’appel à projets « Méi Natur an eise<br />

Schoulhäff », lancé en octobre 2023, a eu<br />

comme objectif d’encourager les communes<br />

dans la mise en place de mesures<br />

de verdissement dans les cours d’écoles,<br />

en déminéralisant les surfaces scellées<br />

pour les remplacer par des arbres, des<br />

arbustes ou des surfaces herbeuses.<br />

Contribuant à une meilleure rétention<br />

de l’eau et faisant baisser la température<br />

dans les villes et villages pendant les canicules,<br />

le verdissement en milieu urbain<br />

est l’une des réponses aux effets du changement<br />

climatique. La déminéralisation<br />

et la végétalisation des cours d’écoles<br />

permettent également d’améliorer et<br />

d’augmenter le bien-être des enfants et du<br />

personnel enseignant à l’école.<br />

Dans ce contexte, il est d’autant plus<br />

important de soutenir les communes qui<br />

s’engagent pour des solutions basées sur<br />

la nature. À l’occasion de l’appel à projets<br />

du ministère de l’Environnement, du<br />

Climat et de la biodiversité, 17 communes<br />

ont répondu en soumettant des projets<br />

concrets de verdissement d’une cour<br />

d’école. Ces projets sont menés dans une<br />

approche participative avec les acteurs<br />

concernés : les élèves, enseignants, éducateurs<br />

et associations de parents.<br />

Un jury composé d’un représentant du secteur<br />

communal (nommé par le Syvicol), de<br />

deux représentants de bureaux d’études<br />

experts dans les domaines de l’urbanisme<br />

et du paysagisme (nommés par l’Ordre des<br />

architectes et des ingénieurs-conseils),<br />

d’un représentant du Mouvement écologique,<br />

d’un représentant du ministère de<br />

l’Éducation nationale, de l’Enfance et de<br />

la Jeunesse ainsi que d’un représentant du<br />

ministère de l’Environnement, du Climat<br />

et de la Biodiversité, a retenu sept lauréats<br />

qui bénéficieront d’un soutien financier<br />

pour la réalisation de leur projet.<br />

Les projets récompensés<br />

Jerry Hartung (échevin), Serge Wilmes (ministre de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité), Guy<br />

Altmeisch (bourgmestre de la Ville de Differdange), Tom Ulveling (1 er échevin) et Thierry Wagner (échevin)<br />

Ayant obtenu la meilleure évaluation<br />

du jury, le projet de la commune de<br />

Differdange pour le réaménagement de<br />

la cour de l’école « Um Bock » à Oberkorn<br />

a été récompensé par le ministre de<br />

l’Environnement, du Climat et de la


77<br />

©STUDION PHOTOGRAPHY<br />

Serge Wilmes, ministre de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité, et les représentants communaux des sept projets retenus<br />

Biodiversité, Serge Wilmes. La commune<br />

bénéficiera d’un soutien financier à hauteur<br />

de 500.000 euros par le Fonds climat<br />

et énergie du ministère de l’Environnement,<br />

du Climat et de la Biodiversité.<br />

Développé grâce à la participation des<br />

élèves, du personnel enseignant de l’école,<br />

de l’équipe éducative de la maison relais<br />

ainsi que des différents services de la commune,<br />

le réaménagement de la cour de<br />

l’école « Um Bock » transformera la situation<br />

actuelle de manière significative : le<br />

site sera presque entièrement déminéralisé<br />

(-94%) et 31 arbres seront plantés<br />

pour offrir de l’ombre aux enfants.<br />

Les projets soumis par les communes de<br />

Sanem (Suessemer Schoul), Colmar-Berg<br />

(École élémentaire de Colmar-Berg),<br />

Mondercange (École de Pontpierre),<br />

Schifflange (École Lydie Schmit), Mondorfles-Bains<br />

(Complexe scolaire Grande-<br />

Duchesse Maria Teresa) et Troisvierges<br />

(École primaire de Troisvierges) ont également<br />

été récompensés.<br />

S’inscrivant dans le cadre du « Naturpakt »,<br />

ainsi que dans le cadre de mesures d’adaptation<br />

aux effets du changement climatique,<br />

cet appel à projets s’appuie sur les<br />

« solutions basées sur la nature » et permettra<br />

d’augmenter notre résilience face au<br />

changement climatique. Le verdissement<br />

Des élèves de l’école fondamentale « Um Bock » ont accueilli les invités avec une danse de remerciement<br />

de nos villes et de nos villages est un<br />

levier important permettant d’une part de<br />

stocker l’eau et ainsi de mieux protéger les<br />

personnes et les infrastructures en cas de<br />

tempêtes ou d’inondations. D’autre part,<br />

en cas de phénomène inverse, à savoir de<br />

périodes de sécheresse et de vagues de<br />

chaleur, les espaces verts permettent de<br />

limiter ce réchauffement et contribuent<br />

à lutter contre les îlots de chaleurs. À ces<br />

bénéfices microclimatiques s’ajoutent une<br />

multitude d’avantages tels que l’amélioration<br />

de la qualité de l’air, la préservation et<br />

la favorisation de la biodiversité en zone<br />

urbaine et plus globalement un gain de<br />

qualité de vie pour les citoyens.<br />

Le ministre de l’Environnement, du Climat<br />

et de la Biodiversité, Serge Wilmes, a dès<br />

lors annoncé que d’autres appels à projets<br />

semblables seront lancés.<br />

Communiqué par le ministère de l’Environnement,<br />

©STUDION PHOTOGRAPHY<br />

du Climat et de la Biodiversité


78<br />

| ENVIRONNEMENT<br />

GRAND POTENTIEL<br />

POUR LE DÉVELOPPEMENT<br />

DU PHOTOVOLTAÏQUE SUR<br />

LE RÉSEAU AUTOROUTIER<br />

LUXEMBOURGEOIS<br />

Le ministère de l’Économie, en collaboration avec le ministère de la Mobilité et des Travaux publics,<br />

ainsi que l’Administration des ponts et chaussées, a lancé une étude pour évaluer le potentiel photovoltaïque<br />

le long des autoroutes luxembourgeoises. Les résultats de cette étude sont désormais disponibles<br />

et serviront de fondement pour peaufiner et finaliser une stratégie de développement au cours<br />

des prochains mois. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme gouvernemental visant à<br />

promouvoir les énergies renouvelables et à optimiser l’utilisation des infrastructures routières.<br />

La première phase de l’étude se concentre<br />

sur l’autoroute A3, actuellement en chantier<br />

d’élargissement. Ce choix stratégique<br />

permet d’examiner en priorité ce tronçon<br />

afin d’identifier et de tirer parti des synergies<br />

potentielles avec les travaux en<br />

cours, facilitant ainsi la planification et<br />

la réalisation de projets photovoltaïques.<br />

Les ministres concernés se félicitent des<br />

potentiels prometteurs dressés par l’étude<br />

et les recommandations formulées.<br />

L’emprise directe des terrains longeant<br />

immédiatement une autoroute étant très<br />

restreinte, l’étude porte également sur des<br />

surfaces – étatiques et privées – dans un<br />

corridor plus élargi autour des autoroutes.<br />

Ce premier volet de l’étude est donc encore<br />

à considérer comme première étape,<br />

l’étude finale sur les 165 km du réseau<br />

autoroutier étant encore en cours de réalisation.<br />

Il convient de souligner que cette étude<br />

de faisabilité établit des potentiels théoriques,<br />

dresse des recommandations et esquisse<br />

des priorités possibles. Un groupe<br />

de travail interministériel sera désormais<br />

chargé de hiérarchiser les projets du réseau<br />

autoroutier à réaliser et d’analyser<br />

leur faisabilité technique en détail, notamment<br />

en ce qui concerne la mobilisation<br />

des terrains et les capacités d’injection<br />

du réseau électrique.<br />

En parallèle à la finalisation des projets<br />

photovoltaïques le long de l’A3, les études<br />

de faisabilité se poursuivront pour le reste<br />

du réseau autoroutier luxembourgeois.<br />

Par ailleurs, le ministère de l’Économie, ensemble<br />

avec le ministère de la Mobilité et<br />

des Travaux publics, avait précédemment<br />

identifié des surfaces prometteuses à l’implantation<br />

du photovoltaïque et orienté<br />

les propriétaires concernés vers les instru-<br />

ments de soutien étatiques. Le ministère<br />

prévoit d’intensifier ses efforts pour mobiliser<br />

ces surfaces dans les mois à venir.<br />

Il est à préciser que même si ces potentiels<br />

théoriques devaient être pleinement exploités,<br />

d’autres mesures resteront nécessaires<br />

afin d’atteindre les objectifs nationaux<br />

en matière d’énergies renouvelables.<br />

Communiqué par le ministère de l'Économie et le<br />

ministère de la Mobilité et des Travaux publics.


Votre association<br />

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votre engagement. Nous vous accompagnons dans votre projet.<br />

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Porteur du projet<br />

Coordination & Accompagnement


80<br />

BRÈVES<br />

COMMUNALES DU CENTRE<br />

PAR BARBARA PIERROT<br />

STRASSEN<br />

Le 5 octobre, de 15h à 18h, un aprèsmidi<br />

de jeux de société intergénérationnel<br />

et interculturel est organisé au<br />

Centre Culturel Paul Barblé à Strassen.<br />

Cet événement, en collaboration avec<br />

la Commission du 3 e âge, Aktiv Plus<br />

Stroossen et la Maison des Jeunes,<br />

invite petits et grands à découvrir une<br />

large gamme de jeux traditionnels et<br />

modernes. Des boissons et pâtisseries<br />

seront offertes par la commune.<br />

Partagez un moment convivial avec<br />

vos amis, familles ou voisins dans une<br />

ambiance détendue.<br />

Source : strassen.lu<br />

HELPERKNAPP<br />

L’Administration communale de<br />

Helperknapp organise des activités gratuites<br />

: cours de danse tous les mardis,<br />

du 17 septembre au 10 décembre, de<br />

19h à 20h30, au centre sportif « An der<br />

Koll, L-7414 Brouch ». Inscription obligatoire<br />

à dancesport@dancesport.lu<br />

avec chaussures de salle, tenue sportive<br />

et bouteille d’eau. Le tennis de<br />

table se tient tous les mercredis, du<br />

18 septembre au 18 décembre. Les<br />

enfants (7-12 ans) jouent de 17h30 à<br />

19h et les adultes (13 ans et plus) de<br />

19h à 20h30. Informations : 691 808<br />

222 ou krausm@pt.lu.<br />

Source : helperknapp.lu<br />

HESPERANGE<br />

Le Café de Babel à Hesperange invite<br />

chaque 4 e mardi du mois, de 19h à 21h,<br />

à se réunir autour d’un verre ou d’un<br />

café pour pratiquer différentes langues.<br />

Vous pourrez échanger dans des<br />

langues comme le luxembourgeois, le<br />

français, l’allemand, l’anglais, l’italien,<br />

l’espagnol ou le portugais. Une nouvelle<br />

table pour les locuteurs ukrainophones<br />

est également disponible. C’est une<br />

excellente occasion pour approfondir<br />

ou rafraîchir vos compétences linguistiques<br />

dans une ambiance conviviale.<br />

Source : hesperange.lu<br />

VILLE DE LUXEMBOURG<br />

Le 10 septembre, la Ville de Luxembourg<br />

a commémoré le 80 e anniversaire de sa<br />

libération par la 5 e division blindée de<br />

l’US Army en 1944. Une cérémonie a eu<br />

lieu en présence du Grand-Duc et de la<br />

Grande-Duchesse, du Premier ministre<br />

Luc Frieden, et d’autres dignitaires. Lors<br />

d’une séance académique, Lydie Polfer<br />

et Luc Frieden ont rendu hommage aux<br />

victimes de la guerre et aux libérateurs<br />

du pays. Des descendants du général<br />

Oliver, qui dirigeait la division, étaient<br />

également présents.<br />

Source : vdl.lu<br />

STEINSEL<br />

Un cycle de formation sur la protection<br />

du climat et du sol est organisé à<br />

Walferdange cet automne <strong>2024</strong>. Cette<br />

initiative vise à sensibiliser les citoyens<br />

aux enjeux environnementaux et à promouvoir<br />

des pratiques respectueuses<br />

du sol et du climat. Les sessions sont<br />

ouvertes à tous et abordent des<br />

thèmes variés tels que la biodiversité,<br />

l’agriculture durable et la gestion des<br />

ressources naturelles. Pour plus d’informations<br />

et pour s’inscrire, visitez<br />

le site de la commune de Steinsel :<br />

steinsel.lu.<br />

Source : steinsel.lu<br />

CONTERN<br />

Le dimanche 13 octobre, de 15h à 19h,<br />

l’Harmonie Moutfort-Medingen organisera<br />

un thé dansant au Centre Culturel<br />

de Moutfort. Venez passer un aprèsmidi<br />

agréable avec danse, repas et<br />

boissons. L’entrée est à 5 euros en prévente<br />

et 8 euros sur place. L’orchestre<br />

Jos Schartz animera l’événement. Pour<br />

plus d’informations, visitez hmm.lu.<br />

Source : contern.lu


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and updates.<br />

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39, rue de Bonnevoie, L–1260 Luxembourg<br />

86, Waistross, L-5440 Schengen<br />

Bismarckstraße 30, 50672 Köln<br />

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82<br />

| ACTUALITÉS COMMUNALES<br />

LA PARTICIPATION<br />

CITOYENNE RÉINVENTÉE<br />

Guido Wolff, Giacomo Piovan et Marcel Befort<br />

Lors de l’érection d’un nouveau<br />

bâtiment, de l’introduction d’un<br />

service ou d’un réaménagement<br />

de l’espace public, les institutions<br />

communales ou étatiques<br />

sont confrontées au défi complexe<br />

de respecter des budgets<br />

et des délais serrés tout en<br />

prenant en compte les besoins<br />

de leurs citoyens. Pour faire<br />

de l’entreprise une réussite, le<br />

cabinet de conseil luxembourgeois<br />

Sensity a imaginé « The<br />

New Participation », un service<br />

permettant aux autorités<br />

locales d’expérimenter un nouveau<br />

type de participation plus<br />

inclusif. Guido Wolff et Marcel<br />

Befort, Managing Partners, et<br />

Giacomo Piovan, consultant,<br />

nous expliquent comment<br />

faire en sorte que chaque voix<br />

compte dans la gouvernance<br />

locale.<br />

Pouvez-vous présenter Sensity en<br />

quelques mots ?<br />

MB : Fondé en 2012, Sensity est un cabinet<br />

de conseil international actif dans<br />

la recherche, le design, la communication<br />

et la stratégie. Depuis ses débuts<br />

à Hollerich, l’entreprise a bien grandi<br />

puisqu’elle se compose aujourd’hui<br />

d’une vingtaine d’experts et dispose de<br />

bureaux à Cologne, en Allemagne, et à<br />

Helsinki, en Finlande. Si nous travaillions<br />

à l’origine avec une clientèle privée<br />

internationale, nous avons constaté que<br />

les compétences que nos chercheurs et<br />

designers mettaient au service du développement<br />

de produits pour l’industrie<br />

étaient également très appréciées des<br />

institutions gouvernementales et autorités<br />

locales. En fait, les mêmes équipes<br />

peuvent employer quasiment les mêmes<br />

méthodes pour les aider à déployer des<br />

projets ou des services aux citoyens basés<br />

sur une bonne connaissance des besoins<br />

de la population. Il y a deux ou trois ans,<br />

nous avons donc commencé à développer<br />

des offres spécifiquement dédiées au secteur<br />

public, parmi lesquelles un produit<br />

dédié à la participation citoyenne.<br />

Selon vous, pourquoi projets de développement<br />

urbain et participation<br />

citoyenne semblent presque systématiquement<br />

aller de pair aujourd’hui ?<br />

GW : La volonté d’impliquer la population<br />

dans la politique locale n’est pas<br />

nouvelle, mais l’intérêt des autorités est<br />

bel et bien croissant. Celles-ci veulent<br />

répondre aux besoins de leurs citoyens et,<br />

pour ce faire, il faut les connaître précisément.<br />

C’est pourquoi leur participation<br />

est de plus en plus importante à leurs<br />

yeux. Si l’approche se prête parfaitement<br />

aux projets d’aménagement de bâtiments<br />

ou de l’espace public, elle s’applique également<br />

aux projets d’amélioration des


83<br />

services publics numériques ou encore<br />

aux échanges de vues sur des sujets<br />

d’avenir tels que les nouveaux modes de<br />

vie.<br />

Pourquoi votre service s’appelle-t-il<br />

« The new participation » ? Qu’y a-t-il<br />

de nouveau dans votre approche ?<br />

GW : Notre approche est novatrice à la<br />

fois du point de vue de la temporalité et<br />

de la méthodologie. Nous avons constaté<br />

que les citoyens étaient généralement<br />

impliqués tardivement dans les projets<br />

de leur commune, lorsque les grandes<br />

lignes étaient déjà établies. Notre idée<br />

est de faire entendre leur voix à un stade<br />

plus précoce, alors même que les autorités<br />

n’ont pas encore de plan bien défini,<br />

de manière qu’ils puissent réellement<br />

orienter le projet. En garantissant une<br />

réelle transparence dès le départ, les<br />

décideurs diminuent le risque de voir<br />

émerger quelque problème dans la suite<br />

du processus.<br />

MB : Du point de vue méthodologique,<br />

nous recourons à une combinaison de<br />

deux méthodes, à savoir enquêtes en<br />

ligne et entretiens individuels, ce qui<br />

rend notre approche unique. Bénéficier<br />

successivement de ces deux éclairages<br />

– l’un quantitatif et l’autre qualitatif –<br />

permet d’identifier les priorités dans un<br />

premier temps puis d’obtenir une vue<br />

très fine des besoins des citoyens dans un<br />

second.<br />

Pourquoi les autorités communales<br />

devraient-elles utiliser vos services<br />

plutôt que d’interroger leurs citoyens<br />

par elles-mêmes ?<br />

GP : Les décideurs ont bien sûr diverses<br />

occasions de consulter leurs citoyens,<br />

que ce soit via des workshops ou des<br />

entretiens individuels, par exemple.<br />

Néanmoins, ces moments d’échange ne<br />

leur permettent pas d’obtenir une vision<br />

holistique des besoins de la population.<br />

Notre méthode standardisée repose quant<br />

à elle sur une analyse démographique<br />

permettant de sonder un public que les<br />

communes ne parviennent généralement<br />

pas à toucher par des moyens traditionnels.<br />

En effet, nous veillons à interroger<br />

toutes les catégories de la population :<br />

des enfants aux personnes âgées en<br />

passant par les travailleurs ou encore les<br />

personnes porteuses d’un handicap. C’est<br />

une approche inclusive qui délivre des<br />

résultats réellement représentatifs en six<br />

à huit semaines seulement.<br />

GW : Précisons que nous proposons nos<br />

services dans toutes les langues officielles<br />

du pays ainsi que dans d’autres langues<br />

très usitées comme l’anglais, le portugais<br />

ou encore l’italien. Il est primordial pour<br />

la fiabilité des résultats que les sondés ne<br />

se sentent pas entravés par la barrière de<br />

la langue.<br />

MB : Enfin, nous assurons un processus<br />

parfaitement objectif étant donné que<br />

nous n’avons ensuite aucune responsabilité<br />

dans l’aboutissement du projet.<br />

C’est donc en toute neutralité que nous<br />

remettons un rapport aux planificateurs<br />

et autorités compétentes au terme de<br />

notre intervention. Le rapport en question,<br />

d’ailleurs, passe aussi entre les<br />

mains de nos spécialistes du marketing<br />

et est visuellement présenté de manière<br />

à pouvoir être utilisé dans la communication<br />

de la commune.<br />

Une approche inclusive qui<br />

délivre des résultats réellement<br />

représentatifs<br />

Cette année, vous avez pu appliquer<br />

votre méthode pour l’exposition LUGA.<br />

Que pouvez-vous nous dire à propos de<br />

ce processus ?<br />

GP : En effet, la LUGA asbl, en collaboration<br />

avec la Ville de Luxembourg, a<br />

recouru à notre service pour remettre en<br />

valeur le parc Odendahl, au Pfaffenthal,<br />

à l’occasion de l’événement qui aura lieu<br />

l’an prochain. Nos équipes ont commencé<br />

par identifier les multiples profils affectés<br />

par le projet : des sportifs, des enfants et<br />

leurs parents, des touristes, des promeneurs<br />

de chiens, etc. Nous avons ensuite<br />

soumis notre enquête à un échantillon<br />

représentatif de ces différents publics. Au<br />

total, nous avons sondé 348 personnes,<br />

dont 101 résidents du quartier, ce qui<br />

représente 8% de sa population totale.<br />

Les entretiens organisés par la suite<br />

nous ont permis de les interroger sur des<br />

détails très pratiques et d’affiner notre<br />

rapport. Finalement, ce processus a permis<br />

de dissiper les doutes des organisateurs<br />

qui ont désormais toutes les cartes<br />

en main pour répondre aux besoins des<br />

citoyens et aborder les prochaines étapes<br />

avec assurance.<br />

Comment envisagez-vous le développement<br />

de votre offre dédiée au secteur<br />

public ?<br />

GW : En tant « qu’experts des citoyens »,<br />

nous sommes prêts à poursuivre notre<br />

collaboration avec les communes luxembourgeoises,<br />

mais aussi à accroître<br />

nos effectifs pour mener davantage de<br />

projets simultanément, que ce soit au<br />

Grand-Duché, dans la Grande Région ou à<br />

l’étranger, et ce dans nos quatre domaines<br />

d’activité. Nos spécialistes en stratégie,<br />

par exemple, développeront les ateliers<br />

d’idéation à destination du secteur<br />

public. Nos experts en communication,<br />

eux, souhaitent promouvoir « Explain »,<br />

un produit spécialement développé pour<br />

les communes et grâce auquel elles ont<br />

l’opportunité de diffuser des informations<br />

sur des sujets complexes via une<br />

communication conviviale, efficace et<br />

cohérente, diffusée au bon moment et<br />

via les bons canaux. Leur approche met<br />

l’accent sur la visualisation et un langage<br />

accessible grâce à des animations, des<br />

visuels inspirants, des cartes ou autres<br />

vidéos. C’est une manière d’intéresser la<br />

population aux questions qui semblent à<br />

première vue compliquées ou ennuyeuses<br />

et qui favorise la confiance et la compréhension.<br />

Sensity S.à r.l.<br />

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84<br />

| ACTUALITÉS COMMUNALES<br />

UNE « TINY FOREST »<br />

À MERTZIG<br />

Environ 200 personnes s’étaient rassemblées à Mertzig pour y<br />

planter au centre du village une micro-forêt de plus de 600 arbres<br />

indigènes sur une superficie de près de 200 m². Il s’agissait d’une initiative<br />

menée dans le cadre de l’Économie pour le Bien commun, un<br />

modèle économique alternatif dans lequel la commune de Mertzig<br />

est pionnière au Luxembourg, suite à la certification obtenue en<br />

2020. Le bourgmestre, Mike Poiré, revient sur le projet.<br />

Qu’est-ce qu’une micro-forêt et comment<br />

le projet a-t-il été réalisé ?<br />

La « Tiny Forest » en plein milieu urbain<br />

sert non seulement à des fins éducatives,<br />

mais aussi à un surcroît de biodiversité<br />

pour créer un meilleur climat dans l’agglomération.<br />

Elle conduit à une amélioration<br />

de la qualité de l’air, ergo une<br />

meilleure qualité de vie pour les résidents.<br />

Cette micro-forêt a été créée selon<br />

la « méthode Miyawaki 1 » où trois arbres<br />

par mètre carré sont plantés grâce à une<br />

préparation spéciale du sol. Ceux qui<br />

s’étaient inscrits à la campagne de plantation<br />

d’arbres pouvaient choisir entre 15<br />

LE CHIFFRE<br />

600<br />

arbres indigènes<br />

Mike Poiré et Raymond Aendekerk<br />

1<br />

Akira Miyawaki (1928 - 2021) est un botaniste japonais expert en écologie végétale, spécialiste des graines et de l’étude de la naturalité des forêts. Après<br />

des études au Japon et en Allemagne, il est considéré comme un pionnier en Asie en matière d’écologie rétrospective appliquée à la restauration d’une végétation<br />

naturelle sur sols dégradés, industriels, urbains ou péri-urbains.


85<br />

types d’arbres différents. Le projet a été<br />

rendu possible grâce à 260 donateurs et<br />

donateurs de Greenpeace Luxembourg,<br />

initiateur du projet, à la commune de<br />

Mertzig et au syndicat intercommunal<br />

pour la conservation de la nature<br />

(SICONA). L’association sans but lucratif<br />

belge SOWoods, spécialisée en la matière,<br />

a guidé les volontaires.<br />

En l’occurrence, selon la méthode précitée,<br />

600 arbres indigènes ont été plantés<br />

sur une surface de 200 m². C’est la création<br />

d’un véritable écosystème complexe<br />

avec le retour à la biodiversité, la régénération<br />

de sols forestiers et la reconnexion<br />

de l’Homme avec son environnement.<br />

C’est un coup de pouce à la biodiversité<br />

locale.<br />

Aider à la reforestation<br />

urbaine et à la restauration<br />

écologique des espaces de vies<br />

Comment expliquer la démarche ?<br />

Je cite l’association partenaire SOWoods.<br />

Il s’agit tout d’abord de végétaliser les<br />

villages et villes. Planter des arbres de<br />

manière raisonnée et durable sont les<br />

maîtres-mots. C’est avant tout dans le<br />

but d’aider à la reforestation urbaine, à la<br />

restauration écologique des espaces de vie<br />

que les acteurs agissent pour le bien-être<br />

de la communauté.<br />

Il s’agit ensuite de sensibiliser, c’est-àdire<br />

d’expliquer l’importance de la biodiversité<br />

et de la végétalisation urbaine<br />

au plus grand nombre et de faire prendre<br />

conscience des enjeux climatiques, de<br />

l’importance des actes quotidiens et de<br />

proposer les solutions qui peuvent être<br />

mises en place.<br />

LE CHIFFRE<br />

200 m 2<br />

la superficie de la micro-forêt<br />

Finalement, il y a lieu de se résilier : être un<br />

acteur direct de la résilience climatique,<br />

apporter des solutions qui permettront<br />

à la société de tendre vers la transition<br />

écologique, aider les générations futures<br />

à développer une façon de vivre durable,<br />

plus en phase avec notre environnement.<br />

Le projet se veut-il également participatif<br />

et inclusif ?<br />

En effet, l’impact sociologique de ces<br />

plantations est important et les 200<br />

volontaires qui étaient présents lors de la<br />

mise en terre en sont la preuve vivante.<br />

Par définition, l’Économie pour le Bien<br />

commun repose sur la participation<br />

citoyenne. Les plantations deviennent<br />

donc « citoyennes » à vocation pédagogique<br />

et favorisent pour de nombreuses<br />

personnes une reconnexion à la nature.<br />

Grâce à Greenpeace Luxembourg, la


86<br />

LE CHIFFRE<br />

200<br />

volontaires<br />

mobilisation fut énorme et nous en<br />

sommes très reconnaissants.<br />

Les plantations deviennent<br />

donc « citoyennes » à vocation<br />

pédagogique et favorisent pour<br />

de nombreuses personnes une<br />

reconnexion à la nature<br />

également en « leichte Sprache » qui est<br />

une version spécifique de la langue allemande.<br />

Il s’adresse aux personnes qui<br />

ont de faibles compétences en allemand<br />

ou en lecture en général. Ce volet nous<br />

tient particulièrement à cœur et nous le<br />

mettons en œuvre à chaque occasion qui<br />

se présente, et récemment encore dans le<br />

cadre du sentier pédagogique de la nouvelle<br />

zone « Natura 2000 » dans la forêt<br />

« Säitert » qui sera inauguré au printemps<br />

2025 et qui est consacré à la protection<br />

des mardelles ou petites mares.<br />

S’y ajoute le volet inclusif. En partenariat<br />

avec l’association « Op der Schock » qui<br />

s’engage en faveur des besoins de personnes<br />

en situation de handicap mental<br />

et dont une structure d’hébergement se<br />

situe à Mertzig, nous avons élaboré le<br />

panneau explicatif de la « tiny forest »<br />

Administration communale<br />

de Mertzig<br />

22, rue Principale<br />

L-9168 MERTZIG<br />

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88<br />

| ACTUALITÉS COMMUNALES<br />

AINSI TOURNE<br />

LE MOULIN<br />

BESTGEN<br />

L’emblématique moulin Bestgen, à Schifflange, ouvre une nouvelle<br />

page de son histoire bicentenaire. L’administration communale<br />

et l’État ont validé sa rénovation et sa transformation<br />

en centre socio-thérapeutique pour enfants de 6 à 12 ans. Afin<br />

d’évoquer ce projet, nous avons rencontré le bourgmestre de la<br />

commune, Paul Weimerskirch.<br />

Comme de très nombreuses communes<br />

du sud du pays, Schifflange a vu sa population<br />

croître de manière exponentielle<br />

en quelques décennies. De nouveaux<br />

résidents issus des pays frontaliers,<br />

mais aussi d’Europe et du monde entier,<br />

s’installent chaque année dans la commune.<br />

La population a donc presque<br />

doublé, passant de 7.000 à plus de 12.000<br />

habitants en 20 ans. Au total, ce sont<br />

plus de 100 nationalités qui se côtoient<br />

à Schifflange aujourd’hui. Cet afflux<br />

démographique redessine la vie de la<br />

commune et représente de nombreux<br />

défis en matière d’infrastructures.<br />

Un besoin croissant<br />

Commerces, voiries, services, écoles et<br />

maison relais, les besoins augmentent<br />

dans tous ces secteurs et les responsables<br />

politiques de Schifflange doivent alors<br />

innover, repenser l’organisation de leur<br />

cité. Parmi les besoins les plus urgents<br />

figurait celui de la création d’un centre<br />

socio-thérapeutique garant de l’encadrement,<br />

de la protection, de la santé et du<br />

bien-être des enfants. Les centres de ce<br />

type ont pour objectif principal d’offrir<br />

aux jeunes de 6 à 12 ans en situation de<br />

détresse scolaire un cadre et une prise<br />

en charge socio-éducative intensive en<br />

dehors de leur scolarité. En effet, les structures<br />

présentes dans le pays, dont celle<br />

déjà existante à Schifflange, qui demeure<br />

et sera agrandie de huit places d’ici 2026,<br />

sont victimes de leur succès et les nouveaux<br />

prétendants sont inscrits sur leurs<br />

très longues listes d’attente.<br />

Il faut préciser qu’entre Schifflange et<br />

l’aide à l’enfance, c’est une histoire de<br />

longue date. « Les Schifflangeois ont<br />

à cœur d’initier et de participer à des<br />

actions de solidarité, de s’engager auprès<br />

des publics en difficulté, notamment les<br />

enfants, comme c’est le cas ici. Nous avons<br />

tous l’envie de donner aux plus jeunes<br />

toutes les chances possibles de s’insérer<br />

dans la vie et cette mission mérite tous les<br />

investissements », appuie le bourgmestre<br />

de la commune.<br />

Offrir aux jeunes en situation<br />

de détresse scolaire un cadre<br />

et une prise en charge<br />

socio-éducative intensive<br />

en dehors de leur scolarité<br />

Un projet unique<br />

Cette urgence a donc amené l’administration<br />

communale à reprendre le bail<br />

emphytéotique du moulin Bestgen, en<br />

partenariat avec l’État, pour y installer<br />

un nouveau centre socio-thérapeutique.<br />

Son activité comprendra deux volets : une<br />

structure éducative et le centre en question<br />

d’une part, une structure d’accueil<br />

et de visite encadrée pour la rencontre<br />

entre enfants et parents d’autre part.<br />

L’idée de reconvertir ce bâtiment à cette<br />

fin ne date en réalité pas d’hier, comme<br />

nous le confirme Paul Weimerskirch :<br />

« Ce projet a débuté il y a de nombreuses<br />

années déjà, sous le mandat de mon prédécesseur,<br />

Roland Schreiner. Comme on<br />

peut l’imaginer, mettre en place ce type<br />

de structure implique de suivre à la lettre<br />

de nombreuses procédures administratives,<br />

légales, financières et de sécurité ».<br />

En effet, un tel projet ne se fait pas en un<br />

jour et nécessite de solides appuis. Après<br />

deux ans de procédures administratives<br />

et un budget établi aux alentours de 10,5


89<br />

Paul Weimerskirch<br />

millions d’euros, les travaux ont commencé.<br />

« Le projet est financé quasiment<br />

intégralement par des subsides de l’État,<br />

mais nous en gardons la charge intégrale »,<br />

précise le responsable politique. C’est le<br />

cabinet Weisgerberarchitecte qui a été<br />

retenu pour mener à bien cette réalisation.<br />

Un projet innovant et durable<br />

Afin de répondre aux enjeux d’une structure<br />

de ce type et de satisfaire les besoins des<br />

occupants et du personnel, les deux ailes<br />

perpendiculaires non-communicantes du<br />

moulin seront adaptées et restaurées. Le<br />

bâtiment bénéficiera de tous les aménagements<br />

nécessaires : espaces d’accueil,<br />

espaces ludiques et thérapeutiques, salles<br />

de réunion, de formation, salles de visite<br />

et de discussion prendront place à l’intérieur.<br />

Un local technique, des zones de<br />

stockage et de rangement pour le matériel,<br />

ainsi que des équipements sanitaires<br />

seront construits. Une nouvelle cuisine<br />

sera également installée et une grande<br />

zone de jeu est aussi prévue à l’extérieur<br />

du bâtiment.<br />

Pour garantir l’accès à tous les publics,<br />

une cage d’escalier équipée d’un ascenseur<br />

prendra lieu et place de l’actuelle tour<br />

hexagonale. Un escalier de secours extérieur<br />

sera également construit à l’arrière<br />

de l’édifice et le restaurant déjà existant<br />

sera rénové.<br />

Sur la toiture sud du bâtiment, un équipement<br />

photovoltaïque constitué d’ardoises<br />

solaires verra le jour. « Au-delà du<br />

patrimoine architectural que représente le<br />

moulin en lui-même, c’est la nature environnante<br />

que nous souhaitons préserver et<br />

mettre en valeur », précise le bourgmestre<br />

avant de poursuivre : « La renaturation de<br />

l’Alzette, que nous avons mise en œuvre<br />

depuis quelques années, poursuit cette<br />

même ambition ».<br />

Une volonté de conservation<br />

Ce souci de modernisation durable s’allie<br />

à une volonté de préservation architecturale<br />

qu’évoque Paul Weimerskirch.<br />

« La préservation du patrimoine local fait<br />

partie de la philosophie de la commune<br />

de Schifflange. En conservant toute la<br />

machinerie du moulin tout en la mettant<br />

en valeur, nous avons vu une magnifique<br />

opportunité de présenter au public<br />

quelques-uns de nos trésors historiques ».<br />

Il est en effet assez rare de pouvoir<br />

contempler au Luxembourg ce type de<br />

machines, arrêtées il y a près d’un siècle et<br />

qui sont nées encore un siècle auparavant.


90<br />

Nul doute que le public trouvera un intérêt<br />

à contempler cette ingénierie d’antan.<br />

Il faut dire que le moulin Bestgen est<br />

connu de tous les habitants de la commune<br />

mais aussi des alentours. « C’est<br />

un monument emblématique de la ville,<br />

un lieu de rencontre pour de nombreux<br />

habitants de la commune et au-delà.<br />

Cette zone voit aussi passer beaucoup<br />

de promeneurs ou de cyclistes », ajoute<br />

le bourgmestre. Sur ce point, il convient<br />

d’ajouter que la brasserie en place, aussi<br />

responsable de l’attractivité du lieu, sera<br />

maintenue et rénovée.<br />

Un partenaire solide<br />

L’association TELOS-éducation a été<br />

retenue pour gérer ce centre sociothérapeutique.<br />

Fondée en juillet 2015<br />

sous le statut d’asbl, Telos a été reconnue<br />

d’utilité publique et conventionnée par<br />

le ministère de l’Éducation nationale, de<br />

l’Enfance et de la Jeunesse en 2017. La<br />

structure compte 150 salariés et continue<br />

de se développer. « Notre partenaire Telos<br />

a toute notre confiance, nous avons déjà<br />

travaillé ensemble pour la mise en place<br />

d’activités de loisirs pour enfants. Les<br />

bonnes relations que nous entretenons<br />

sont de bon augure pour l’avenir », tient à<br />

souligner Paul Weimerskirch.<br />

La mission de Telos est plurielle. Elle<br />

consiste tout d’abord dans l’aide psychosociale<br />

(ambulatoire ou stationnaire) des<br />

familles en détresse, c’est-à-dire l’accueil<br />

et l’accompagnement de mineurs ou de<br />

jeunes adultes en crise psychosociale ou en<br />

difficulté grave sur leur chemin de l’intégration<br />

sociale. L’asbl s’investit également<br />

dans la promotion de nouveaux projets au<br />

niveau éducatif, social et culturel.<br />

Un cap pour l’avenir<br />

Ce grand projet de rénovation semble<br />

avoir ouvert une nouvelle voie de modernisation<br />

pour la commune de Schifflange.<br />

Comme le détaille son bourgmestre, l’initiative<br />

lancée pour le moulin Bestgen<br />

devrait sans doute « faire des petits » à<br />

l’avenir : « Nous sommes en train d’étudier<br />

d’autre projets de ce type, c’est-à-dire<br />

d’imaginer reconvertir certains éléments<br />

de notre patrimoine à de nouveaux usages<br />

plus actuels. Je pense notamment aux<br />

infrastructures datant de la période sidérurgique,<br />

ou bien à l’ancienne maison<br />

paroissiale qui est également classée au<br />

patrimoine national par exemple ». Plus<br />

globalement, les responsables politiques<br />

de Schifflange repensent actuellement<br />

le Plan d’Aménagement Général de leur<br />

commune afin de suivre et d’anticiper<br />

l’évolution des besoins.<br />

LE CHIFFRE<br />

10,5<br />

MILLIONS<br />

d’euros : budget du projet<br />

Administration communale<br />

de Schifflange<br />

11, Avenue de la Libération<br />

L-3801 Schifflange<br />

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92<br />

| ACTUALITÉS COMMUNALES<br />

UNE NOUVELLE ÈRE<br />

POUR L’ÉDUCATION<br />

À MONDERCANGE<br />

Jeannot Fürpass


93<br />

La commune de Mondercange,<br />

tournée vers l’avenir, a inauguré<br />

une maison relais pour la<br />

rentrée. Ce projet, central pour<br />

l’éducation et l’accueil des enfants,<br />

promet de transformer<br />

l’expérience des jeunes résidents<br />

et de répondre efficacement<br />

aux besoins croissants<br />

de la commune. Rencontre<br />

avec le bourgmestre, Jeannot<br />

Fürpass.<br />

Un concept pédagogique innovant<br />

Située stratégiquement entre la capitale<br />

du Luxembourg et Esch-sur-Alzette,<br />

Mondercange se distingue par sa forme<br />

géographique unique, rappelant celle d’un<br />

papillon vu du ciel. Avec ses 22 km², elle<br />

fait partie des plus grandes communes du<br />

sud du pays. Composée de quatre localités<br />

– Mondercange, réputée pour son cœur<br />

animé ; Foetz, connue pour ses zones<br />

commerciales et artisanales ; Pontpierre,<br />

un village pittoresque, et Bergem, la plus<br />

rurale, la commune propose une grande<br />

diversité d’environnements qui contribuent<br />

à la qualité de vie de ses habitants.<br />

En dépit de son développement, elle a<br />

su préserver son caractère authentique,<br />

offrant à ses 7.300 résidents non seulement<br />

un cadre agréable, mais également<br />

un accès à plus de 6.500 emplois.<br />

À l’image de celle reste du pays, la population<br />

de la commune est en constante<br />

évolution. Ce développement a conduit<br />

à une réévaluation des projets municipaux,<br />

notamment ceux liés à l’éducation<br />

et aux infrastructures dédiées à<br />

l’enfance.<br />

Après quatre ans de travaux, Mondercange<br />

a inauguré sa nouvelle maison relais,<br />

conçue pour répondre aux besoins des<br />

familles. Ouverte dès le mois d’août,<br />

cette structure a accueilli des petits<br />

groupes en amont de la rentrée scolaire<br />

afin de permettre à l’équipe pédagogique<br />

de s’adapter à l’environnement. Avec<br />

une capacité d’accueil de 400 places, ce<br />

bâtiment s’inscrit comme un véritable<br />

campus extrascolaire moderne, situé à<br />

proximité de l’école fondamentale. Afin<br />

d’assurer une répartition équilibrée des<br />

enfants et d’éviter une surcharge, la maison<br />

relais a été divisée en deux ailes distinctes,<br />

réparties sur deux étages.<br />

L’objectif principal de cette structure est<br />

d’offrir une transition essentielle entre<br />

l’école et le domicile. Ce lieu est pensé<br />

pour que les jeunes puissent se détendre<br />

et se divertir avant de retrouver leur<br />

environnement familial. « Ce moment<br />

est crucial pour leur équilibre. Nous<br />

voulions créer un espace où ils peuvent<br />

profiter d’une liberté souvent restreinte<br />

dans les modes de vie actuels », explique<br />

Jeannot Fürpass. À l’ère de journées très<br />

structurées, l’idée est d’octroyer aux<br />

enfants une sortie de ce cadre pendant<br />

quelques heures.<br />

Parmi les installations, le « AirTramp »<br />

se démarque comme un équipement<br />

phare. Ce coussin d’air géant, bien plus<br />

qu’un simple jeu, permet de se défouler<br />

en toute sécurité. Il est conçu pour<br />

répondre à un besoin fondamental d’exploration<br />

physique et de liberté de mouvement,<br />

offrant ainsi un espace où les<br />

enfants peuvent tester leurs limites et<br />

décompresser après leur journée.<br />

À l’origine, nous étions<br />

focalisés sur le bâtiment<br />

et ses aménagements, mais,<br />

au fil du projet, nous avons<br />

pris des décisions permettant<br />

d’améliorer l’ensemble du site<br />

La maison relais ne se limite pas à une<br />

offre de loisirs ; elle comprend également<br />

un hall sportif et une salle de<br />

motricité, conçus pour encourager<br />

l’activité physique. En plus de ces installations,<br />

elle propose le « Mumo »<br />

(Multisport Mondercange), un concept<br />

sportif en collaboration avec des clubs<br />

et associations locaux. Ce programme<br />

offre aux enfants de l’école fondamentale<br />

une gamme variée d’activités sportives<br />

non compétitives, encadrées par<br />

des entraîneurs qualifiés. Les entraînements,<br />

organisés pendant l’heure de<br />

midi, favorisent une intégration efficace<br />

dès le plus jeune âge.<br />

Pour compléter l’ensemble, la maison<br />

relais dispose d’une cuisine professionnelle<br />

où sont préparés tous les<br />

repas, assurant ainsi des plats sains<br />

et équilibrés adaptés aux besoins des<br />

enfants. Avec une capacité de production<br />

quotidienne de 650 repas, elle dessert<br />

également les autres maisons relais<br />

et crèches de la commune.<br />

Au-delà d’un bâtiment<br />

Le projet ne se limite pas à la construction<br />

d’un bâtiment destiné aux enfants. Il<br />

s’inscrit dans une réflexion plus globale,<br />

intégrant l’aménagement des espaces<br />

environnants et la réorganisation de<br />

l’ensemble du quartier. Dès le départ,<br />

bien que l’attention ait été principalement<br />

portée sur son emplacement, le<br />

projet a rapidement évolué pour prendre<br />

en compte des aspects plus larges. « À<br />

l’origine, nous étions focalisés sur le<br />

bâtiment et ses aménagements, mais, au<br />

fil du projet, nous avons pris des décisions<br />

permettant d’améliorer l’ensemble<br />

du site », indique le bourgmestre.<br />

L’un des points majeurs a été l’extension<br />

du parking, non seulement pour<br />

répondre aux besoins des parents et<br />

enseignants, mais aussi pour assurer<br />

un accès sécurisé pour les plus jeunes.<br />

« Nous souhaitions créer un site sans<br />

voiture. Les élus locaux ont pris la<br />

décision d’éliminer toute possibilité de<br />

traversée dangereuse en réorganisant<br />

complètement les voies piétonnes et en<br />

créant des chemins sûrs. La cour scolaire<br />

a également été réaménagée. De plus,<br />

des efforts ont été faits pour améliorer<br />

la liaison piétonne et cyclable jusqu’à la<br />

piscine », déclare Jeannot Fürpass.<br />

Une approche durable<br />

Tout au long de la construction, des<br />

choix stratégiques ont été effectués pour<br />

garantir un complexe respectueux de<br />

l’environnement. L’un des systèmes clés<br />

mis en place est celui de la récupération<br />

des eaux pluviales qui alimente les sanitaires<br />

de l’établissement. Ce système<br />

permet de capter jusqu’à 60.000 litres,<br />

réduisant ainsi la consommation en eau<br />

potable et contribuant à une gestion<br />

plus durable des ressources.<br />

Le choix des matériaux de construction<br />

a également été guidé par des préoccupations<br />

écologiques et énergétiques.<br />

L’objectif était de trouver un juste


94<br />

équilibre entre la durabilité, l’efficacité<br />

énergétique et les considérations<br />

économiques. Le rez-de-chaussée, par<br />

exemple, a été construit en béton, un<br />

matériau solide et durable, garantissant<br />

la stabilité de l’édifice. En revanche,<br />

pour l’étage supérieur, le choix s’est<br />

porté sur le bois, un matériau naturellement<br />

renouvelable et respectueux de<br />

l’environnement. Ce recours au bois<br />

témoigne d’une approche plus écoresponsable,<br />

limitant l’empreinte carbone<br />

du projet tout en offrant une isolation<br />

thermique de qualité.<br />

Nous voulions créer un espace<br />

où les enfants peuvent profiter<br />

d’une liberté souvent<br />

restreinte dans les modes<br />

de vie actuels<br />

À l’intérieur du bâtiment, ce souci<br />

écologique se manifeste également au<br />

travers des matériaux de finition. Les<br />

revêtements muraux choisis sont issus<br />

de produits naturels et les sols ont été<br />

recouverts de liège. En plus de ses propriétés<br />

durables, il présente l’avantage<br />

d’être un excellent amortisseur, réduisant<br />

ainsi les risques de blessures en cas<br />

de chute.<br />

Entre pandémie et crise énergétique<br />

Si le bâtiment est aujourd’hui pleinement<br />

fonctionnel, son édification n’a pas été<br />

de tout repos. Le début de la construction<br />

a coïncidé avec le déclenchement<br />

du Covid-19 en mars 2020. Cela a eu des<br />

répercussions importantes : les restrictions<br />

sanitaires ont interrompu les travaux,<br />

entraînant des retards significatifs.<br />

La pandémie a également aggravé les<br />

pénuries de matériaux, notamment de<br />

bois, ce qui a provoqué une hausse des<br />

coûts et des obstacles logistiques. Ces<br />

difficultés ont été exacerbées par la crise<br />

énergétique mondiale suite à la guerre<br />

en Ukraine, augmentant encore les prix<br />

et compliquant les approvisionnements.<br />

Malgré ces obstacles, la commune a<br />

fait preuve de résilience. « L’adaptation<br />

du projet en réponse aux difficultés<br />

successives a été essentielle pour maintenir<br />

le cap. En dépit de ces défis, le résultat<br />

est à la hauteur des attentes », conclut<br />

le bourgmestre.<br />

LE CHIFFRE<br />

400<br />

capacité d’accueil<br />

Administration communale<br />

de Mondercange<br />

18, rue Arthur Thinnes<br />

L-3919 Mondercange<br />

www.mondercange.lu


96<br />

| ACTUALITÉS COMMUNALES<br />

BETZDORF :<br />

MODÈLE DE DURABILITÉ<br />

Marie-Claire Ruppert, Olafur Sigurdssol et Marc Ries


97<br />

Située à l’est du pays, la commune<br />

de Betzdorf se distingue<br />

par des initiatives audacieuses,<br />

telles que la construction<br />

d’une nouvelle crèche<br />

écologique, la création de logements<br />

abordables et la mise<br />

en place d’un parc éolien pour<br />

atteindre l’autonomie énergétique.<br />

Rencontre avec Marc<br />

Ries, son bourgmestre.<br />

Développements urbains<br />

La commune regroupe plusieurs localités,<br />

à savoir Betzdorf, Roodt-sur-Syre,<br />

Olingen, Mensdorf et Berg. Elle compte<br />

environ 4.100 habitants, dont près de<br />

40% sont d’origine étrangère. Face à<br />

l’augmentation de sa population, l’un<br />

de ses principaux buts est de continuer<br />

à répondre à la demande croissante de<br />

logements abordables. Lors de la dernière<br />

mandature, durant laquelle Marc<br />

Ries occupait le poste d’échevin, l’un des<br />

objectifs était de mettre l’accent sur la<br />

création de ces derniers. La commune a<br />

ainsi investi massivement dans des projets<br />

immobiliers, avec pour ambition de<br />

proposer des logements en location à des<br />

prix accessibles. D’ici quelques années,<br />

environ une centaine sera disponible<br />

pour les habitants. L’ambition de cette<br />

commune membre du Pacte Logement<br />

2.0 est que 20% des logements y soient<br />

accessibles à des prix abordables.<br />

Parmi les projets phares en cours, celui<br />

mené en partenariat avec la Société<br />

Nationale des Habitations à Bon Marché<br />

(SNHBM) prévoit la construction de 25<br />

maisons à Berg. Ces dernières seront<br />

vendues, mais les terrains resteront<br />

la propriété de la commune, avec un<br />

droit d’emphytéose, garantissant ainsi<br />

l’accessibilité et la durabilité des habitations.<br />

De plus, un projet pilote de<br />

logement intergénérationnel visant à<br />

favoriser la mixité sociale et à encourager<br />

les échanges entre les différentes<br />

générations est en cours à Betzdorf. Il<br />

répondra non seulement à la demande<br />

en matière de logements, mais aussi à<br />

un besoin croissant de renforcer le lien<br />

social au sein de la commune. Une moitié<br />

sera donc louée à de jeunes familles<br />

et l’autre à des personnes plus âgées.<br />

De plus, toujours en collaboration avec<br />

la SNHBM, la commune a l’opportunité<br />

d’acquérir un terrain de 2,5 ha le long de<br />

la route nationale à Roodt-sur-Syre. Un<br />

projet de lotissement y est prévu, comprenant<br />

près de 60 unités.<br />

Répondre à des besoins croissants<br />

Face à la saturation imminente des<br />

infrastructures de garde d’enfants, la commune<br />

a pris des mesures proactives pour<br />

répondre aux demandes. Actuellement, la<br />

crèche, avec ses 60 places disponibles, est<br />

complète, soulignant l’importance d’une<br />

expansion. Une étude récente a révélé<br />

qu’une augmentation de la capacité d’accueil<br />

serait nécessaire d’ici deux à trois<br />

ans pour satisfaire les familles locales. « Il<br />

y a quelques années, le collège échevinal<br />

a initié une réflexion sur la construction<br />

d’une nouvelle crèche pour accompagner<br />

la croissance démographique, en complément<br />

des infrastructures existantes »,<br />

explique le bourgmestre.<br />

Cette approche permettra<br />

de démonter facilement<br />

la structure à l’avenir (…)<br />

tout en préservant l’intégrité<br />

des matériaux pour<br />

leur réemploi<br />

Compte tenu de cela, Betzdorf a entrepris<br />

la construction d’une nouvelle crèche de 96<br />

places qui viendra améliorer l’offre. Ce projet<br />

pilote est le résultat d’une collaboration<br />

axée sur les besoins des futurs occupants.<br />

Il se distingue par son approche novatrice,<br />

intégrant l’économie circulaire, l’utilisation<br />

des ressources locales et la construction<br />

durable. Également soutenu par les<br />

partis locaux, il est le fruit d’une politique<br />

ancienne visant à garantir une place en<br />

crèche pour chaque enfant résident. Bien<br />

qu’elle puisse sembler surdimensionnée<br />

par rapport aux besoins immédiats, elle est<br />

conçue pour anticiper l’évolution démographique<br />

de la commune et répondre ainsi<br />

aux nécessités futures des familles avec<br />

enfants de 0 à 4 ans.<br />

Un projet écologique<br />

Dès les premières étapes, l’accent a été<br />

mis sur la réutilisation de matériaux<br />

issus de démolitions antérieures. Par<br />

exemple, une partie du parquet provient<br />

de l’ancienne brasserie Café de l’Amérique,<br />

tandis que certaines pierres ont<br />

été récupérées de l’ancienne école de<br />

Betzdorf. Ce choix permet de donner<br />

une seconde vie aux éléments, tout en<br />

minimisant l’empreinte écologique du<br />

projet.<br />

En plus de cette réutilisation, la crèche<br />

a été pensée pour être démontable. Les<br />

éléments ont été assemblés sans colle,<br />

avec des fixations vissées ou serrées.<br />

« Cette approche permettra de démonter<br />

facilement la structure à l’avenir,<br />

dans l’éventualité d’une délocalisation<br />

ou d’une autre utilisation du bâtiment,<br />

tout en préservant l’intégrité des matériaux<br />

pour leur réemploi », poursuit<br />

Marc Ries. Ce concept, comparable à<br />

un ensemble de Lego où l’on applique<br />

de manière rigoureuse les principes de<br />

l’économie circulaire, est une première<br />

au Luxembourg.<br />

Un autre aspect crucial de ce projet<br />

est l’utilisation de matériaux locaux et<br />

durables. Le bois, par exemple, provient<br />

en grande partie des forêts communales<br />

de Betzdorf. Plutôt que de l’acheter<br />

sur le marché, la commune a collaboré<br />

avec son garde forestier pour récolter et<br />

sécher le bois localement. En complément,<br />

elle a lancé une soumission pour<br />

limiter les approvisionnements à un<br />

rayon de 200 km, afin de minimiser l’impact<br />

environnemental. Quant à l’argile<br />

utilisée pour fabriquer des briques, elle<br />

provient du chantier de la caserne des<br />

pompiers, ce qui a permis de valoriser<br />

les déblais de terrassement.<br />

LE CHIFFRE<br />

96<br />

places dans la nouvelle crèche


98<br />

En matière d’isolation, du liège importé<br />

du Portugal a été utilisé, le Luxembourg<br />

n’étant pas producteur de ce matériau.<br />

Le projet se distingue également par son<br />

approche « low-tech », visant à minimiser<br />

l’utilisation de technologies complexes et<br />

énergivores. Par exemple, il ne dispose pas<br />

de système de circulation d’air sophistiqué<br />

et préfère maximiser l’usage de la lumière<br />

naturelle et des énergies renouvelables et<br />

solaires pour se chauffer.<br />

Cette capacité de production<br />

permettra à Betzdorf<br />

de couvrir l’intégralité<br />

des besoins électriques<br />

de ses ménages<br />

et industries<br />

Grâce à l’installation de panneaux photovoltaïques,<br />

la crèche sera un bâtiment<br />

à énergie positive et produira plus<br />

d’énergie qu’elle n’en consomme. De<br />

plus, un effort particulier a été fait pour<br />

minimiser l’usage de produits chimiques<br />

dangereux. Tous les matériaux ont été<br />

soigneusement sélectionnés en collaboration<br />

avec le bureau d’études ZRS,<br />

dirigé par le professeur Eike Roswag-<br />

Klinge de l’Université de Berlin, un<br />

pionnier en construction durable. Ce<br />

partenariat a permis de garantir que les<br />

matériaux utilisés n’aient pas d’effets<br />

néfastes sur la santé, ce qui est particulièrement<br />

crucial pour ce type de structure.<br />

Des études menées en Allemagne<br />

ont montré que des crèches construites<br />

selon ces principes enregistrent des taux<br />

de maladies chez les enfants et le personnel<br />

inférieurs de 15 à 20% par rapport<br />

à celles traditionnelles.<br />

Objectif autonomie énergétique<br />

Betzdorf ne se limite pas à un seul projet<br />

de développement durable. En effet, la<br />

commune mène également plusieurs initiatives<br />

ambitieuses pour renforcer son<br />

engagement écologique. Parmi celles-ci,<br />

la création d’un parc éolien local, en<br />

partenariat avec Soler. Quatre éoliennes<br />

seront implantées sur des sites sélectionnés<br />

avec soin et devraient être opérationnelles<br />

d’ici 2029. Chaque éolienne<br />

produira 20 GWh par an, permettant à<br />

la commune de générer environ 80 GWh<br />

d’énergie éolienne annuelle. « Associée<br />

aux installations photovoltaïques déjà<br />

présentes sur les bâtiments communaux,<br />

cette capacité de production permettra<br />

à Betzdorf de couvrir l’intégralité des<br />

besoins électriques de ses ménages et<br />

industries », précise le bourgmestre<br />

Administration communale<br />

de Betzdorf<br />

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102 | ACTUALITÉS COMMUNALES<br />

LES ÉLUS LOCAUX SE DÉVOILENT<br />

JEAN WEILER<br />

HENRI HAINE<br />

CAROLE HARTMANN<br />

BOURGMESTRE DE KAYL BOURGMESTRE DE RUMELANGE BOURGMESTRE D’ECHTERNACH<br />

Jean Weiler, ingénieur industriel<br />

en électrotechnique, est bourgmestre<br />

de Kayl depuis 2022.<br />

Ses priorités politiques : le<br />

vivre-ensemble dans une commune<br />

de 80 nationalités et l’extension<br />

de l’école avec une maison<br />

relais et une crèche. La municipalité<br />

fait également partie de<br />

Natura 2000 ainsi que d’un plan<br />

national de mobilité.<br />

Dans son temps libre, il joue dans<br />

l’harmonie municipale de Kayl.<br />

Henri Haine, ingénieur chimiste<br />

de formation, était échevin<br />

depuis 2002 avant de devenir<br />

bourgmestre de Rumelange en<br />

2011. Il travaille au ministère de<br />

l’Environnement.<br />

Ses priorités politiques : soutenir le<br />

logement social et l’aide aux jeunes<br />

défavorisés. La commune fait également<br />

partie du plan national de<br />

mobilité.<br />

Dans son temps libre, il apprécie<br />

le sport, la marche et les activités<br />

sociales.<br />

Carole Hartmann, avocate de<br />

profession, est bourgmestre<br />

d’une des plus anciennes villes du<br />

Luxembourg depuis 2023.<br />

Ses priorités politiques : l’aide<br />

au logement avec l’élaboration de<br />

PAP pour 120 terrains. D’ici 2035,<br />

la population de la commune<br />

devrait augmenter de 800 à 1.000<br />

habitants<br />

Dans son temps libre, elle aime le<br />

sport et a notamment été membre<br />

de l’équipe nationale de tennis de<br />

table.<br />

ANTONIO DA COSTA ARAUJO<br />

BOURGMESTRE DE<br />

BOUS-WALDBREDIMUS<br />

Antonio Da Costa Araujo,<br />

employé aux Chemins de fer<br />

luxembourgeois, est bourgmestre<br />

depuis 2023.<br />

Ses priorités politiques : le développement<br />

de la mobilité et l’expansion<br />

des logements sociaux.<br />

La commune compte également<br />

un bon nombre d’associations.<br />

Dans son temps libre, il pratique<br />

le vélo et la course à pied.<br />

MARC RIES<br />

BOURGMESTRE DE BETZDORF<br />

Marc Ries, ingénieur à l’Administration<br />

des ponts et chaussées,<br />

est devenu échevin en 2011 puis<br />

bourgmestre de Betzdorf en 2023.<br />

Ses priorités politiques : le Pacte<br />

Climat, le Pacte Nature et l’augmentation<br />

des logements abordables,<br />

avec un objectif de 20%<br />

pour les futures constructions. Il<br />

s’engage également dans la politique<br />

éducative, notamment en<br />

améliorant l’organisation scolaire.<br />

Dans son temps libre, il pratique la<br />

plongée, le ski, le vélo et s’intéresse<br />

aux chemins de fer miniatures.<br />

JILL GOERES<br />

BOURGMESTRE DE BECH<br />

Jill Goeres, la plus jeune bourgmestre<br />

du Luxembourg depuis<br />

2023, est engagée dans la vie<br />

associative de son village depuis<br />

son enfance.<br />

Ses priorités politiques : la participation<br />

citoyenne, l’aide au logement<br />

avec des projets comme<br />

des tiny houses, et le soutien au<br />

troisième âge pour maintenir l’autonomie<br />

des personnes âgées.<br />

Dans son temps libre, elle pratique<br />

l’apiculture, le scoutisme et<br />

le théâtre.


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104 | ACTUALITÉS COMMUNALES<br />

LES ÉLUS LOCAUX SE DÉVOILENT<br />

BEN RIES<br />

BOURGMESTRE DE JUNGLINSTER<br />

Ben Ries, économiste de profession<br />

et fils d’un ancien bourgmestre,<br />

est à la tête de Junglinster<br />

depuis 2023.<br />

Ses priorités politiques : améliorer<br />

la qualité de vie, redynamiser<br />

le centre-ville et promouvoir l’implantation<br />

d’entreprises via une<br />

zone artisanale et industrielle.<br />

Il soutient également l’aide au<br />

logement, notamment pour les<br />

seniors.<br />

ROBI BEISSEL<br />

BOURGMESTRE DE STADTBREDIMUS<br />

Robi Beissel, employé communal<br />

à Bous, est bourgmestre de<br />

Stadtbredimus depuis 2023.<br />

Ses priorités politiques : la participation<br />

citoyenne, la communication<br />

et la médiation, avec une attention<br />

particulière à l’aide au logement et<br />

aux Pactes Climat et Nature.<br />

Dans son temps libre, il cultive son<br />

potager et sa vigne.<br />

STÉPHANIE WEYDERT<br />

BOURGMESTRE DE ROSPORT<br />

Avocate au barreau de Luxembourg,<br />

Stéphanie Weydert a été élue bourgmestre<br />

de Rosport en 2023.<br />

Ses priorités politiques : l’aide au<br />

logement et la promotion d’un<br />

habitat abordable, ainsi que l’autosuffisance<br />

énergétique, illustrée par<br />

l’installation d’une éolienne de dernière<br />

génération sur le parc éolien.<br />

Dans son temps libre, elle s’intéresse<br />

aux activités sportives et musicales.<br />

Dans son temps libre, il aime le<br />

travail bien fait et reste à l’écoute<br />

de ses citoyens.<br />

ANDRÉE HENX-GREISCHER<br />

BOURGMESTRE DE WALDBILLIG<br />

MICHEL GLODEN<br />

BOURGMESTRE DE SCHENGEN<br />

MARC LENTZ<br />

BOURGMESTRE DE BIWER<br />

Maître d’enseignement technique<br />

avec un brevet de maîtrise en bâtiment,<br />

Andrée Henx-Greischer a été<br />

élue bourgmestre de Waldbillig en<br />

2017.<br />

Ses priorités politiques : la préservation<br />

de la qualité de vie dans sa commune,<br />

notamment à travers le Pacte<br />

Climat et le Pacte Nature, essentiels<br />

pour la région membre du Naturpark<br />

Müllerthal.<br />

Sa motivation est d’être à l’écoute de<br />

ses citoyens et de garder la bonne qualité<br />

de vie de sa petite ville.<br />

Employé à la CNS et membre du<br />

DP, Michel Gloden a été élu bourgmestre<br />

de Schengen en 2017<br />

après avoir été échevin depuis<br />

2014.<br />

Ses priorités politiques : la participation<br />

citoyenne, l’aide au<br />

logement et le développement de<br />

logements abordables, avec un<br />

projet en cours pour 47 maisons<br />

destinées aux jeunes.<br />

Dans son temps libre, il aime jouer<br />

au tennis, participer à des semimarathons<br />

et cuisiner.<br />

Avocat au barreau de<br />

Luxembourg, Marc Lentz exerce<br />

son deuxième mandat de bourgmestre<br />

à Biwer.<br />

Ses priorités politiques : le développement<br />

économique ainsi que<br />

la centralisation des écoles, crèches,<br />

maison relais et la nouvelle mairie<br />

récemment inaugurée.<br />

Dans son temps libre, il apprécie<br />

le jardinage.


106<br />

BRÈVES<br />

COMMUNALES DU SUD<br />

PAR BARBARA PIERROT<br />

DIFFERDANGE<br />

La scène comique de Differdange<br />

s’anime avec « Tous sur scène », une<br />

soirée stand-up incontournable animée<br />

par Daniel Moutinho, alias Joss<br />

den Hellen ou John the Bright. Ce<br />

rendez-vous aura lieu le 8 octobre à<br />

20h à l’Aalt Stadhaus et offrira une<br />

opportunité unique aux humoristes,<br />

qu’ils soient débutants ou confirmés,<br />

de tester leur talent devant un public<br />

enthousiaste. Les aspirants sont invités<br />

à s’inscrire par e-mail pour monter sur<br />

scène. Plus d’informations sur le site<br />

internet www.stadhaus.lu.<br />

Source : differdange.lu<br />

KAYL<br />

Le 8 octobre, la chanteuse et compositrice<br />

Becca Stevens, deux fois nominée<br />

aux GRAMMYs, se produira au<br />

Schungfabrik. La soirée commencera à<br />

19h avec l’ouverture des portes, suivie<br />

par la performance de Who’s Lynda ? à<br />

20h, avant que Becca Stevens n’entre<br />

en scène à 21h. Connue pour son style<br />

unique qui fusionne pop, jazz, indierock<br />

et folk, Stevens a travaillé avec<br />

des artistes légendaires comme David<br />

Crosby. Son concert promet une expérience<br />

musicale envoûtante et intime,<br />

mettant en valeur sa virtuosité vocale<br />

et instrumentale.<br />

Source : kayl.lu<br />

SCHIFFLANGE<br />

Du 15 septembre au 12 octobre, la galerie<br />

Schëfflenger Konschthaus accueille<br />

125 e de Seconde, une exposition collective<br />

réunissant les œuvres de dix<br />

photographes. Chacun d’eux présente<br />

une vision unique et un langage visuel<br />

distinct, offrant un aperçu de leur univers<br />

personnel. La photographie, en<br />

tant que forme d’expression, dépasse<br />

son aspect technique pour capturer<br />

des instants fugaces et immortaliser<br />

des émotions. Cette exposition permet<br />

de découvrir une mosaïque visuelle<br />

où chaque cliché devient une fenêtre<br />

sur l’âme des artistes. Ensemble, ces<br />

œuvres créent un dialogue riche et<br />

diversifié sur la beauté et la perception<br />

du monde.<br />

Source : schifflange.lu<br />

PÉTANGE<br />

Le 6 octobre à 10h, la Commission<br />

Environnement de la commune de<br />

Pétange, en collaboration avec les<br />

« Cercles d’Athlétisme Réunis Red<br />

Boys Differdange / Union Athlétique<br />

Pétange » (RBUAP), organise un événement<br />

de plogging. Ce concept allie<br />

jogging et ramassage de déchets sur<br />

le territoire de la commune. Que vous<br />

soyez coureur, marcheur ou promeneur<br />

de chien, vous êtes invité à participer.<br />

Des sacs poubelles et des gants<br />

seront fournis sur place.<br />

Source : petange.lu<br />

ESCH-SUR-ALZETTE<br />

La Ville d’Esch-sur-Alzette a intensifié<br />

sa collaboration avec les lycées locaux<br />

grâce à des rencontres dirigées par<br />

Bruno Cavaleiro, échevin à la Jeunesse,<br />

et le Service Jeunesse. Les réunions<br />

avec les directeurs des établissements<br />

ont visé à renforcer les liens entre la<br />

Ville et les écoles pour mieux répondre<br />

aux besoins des jeunes. Les discussions<br />

ont couvert des sujets tels que le bienêtre<br />

des jeunes, l’inclusion et l’influence<br />

des médias. Des initiatives communes<br />

ont été envisagées, incluant la promotion<br />

des événements jeunesse, des<br />

stages découverte et des projets pour<br />

la Semaine de la Démocratie.<br />

Source : citylife.esch.lu<br />

LEUDELANGE<br />

La Commission du vivre-ensemble<br />

interculturel, en collaboration avec l’administration<br />

communale de Leudelange<br />

et le ministère de la Famille, organise<br />

son premier « Atelier citoyen » le 9<br />

octobre, de 18h30 à 20h30, au Centre<br />

culturel « An der Eech ». Cet événement<br />

vise à promouvoir la communication<br />

et les rencontres entre les résidents<br />

et travailleurs de la commune. Les<br />

personnes intéressées doivent s’inscrire<br />

avant le 4 octobre par courriel à<br />

zesummeliewen@leudelange.lu, en précisant<br />

la langue de participation (luxembourgeois,<br />

français ou anglais).<br />

Source : leudelange.lu


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108 | PORTRAIT<br />

UN PARFUM DE L’ILA<br />

PAR PIERRE BIRCK<br />

C’est avec son regard brillant et rigoureux, un brin espiègle aussi,<br />

que Philipp von Restorff, CEO de l’ILA (Institut Luxembourgeois des<br />

Administrateurs), nous accueille pour se prêter au jeu du portrait.<br />

Dans son sillage se dégage un parfum subtil et puissant, où chaque<br />

note raconte un morceau de vie. À l’image du lilas qui s’épanouit<br />

discrètement, il cultive aujourd’hui l’art de la gouvernance avec<br />

finesse au sein de l’ILA. Sa carrière, telle une fragrance complexe,<br />

se compose de couches successives qui forment un parfum unique,<br />

gravant son empreinte dans les esprits qu’il côtoie au quotidien.<br />

Portrait d’un homme qui a su jongler entre l’impatience maîtrisée,<br />

la passion pour la communication et la soif d’apprendre.<br />

Un enfant de la télé<br />

Né à Hambourg au milieu des années<br />

1970, Philipp von Restorff déménage au<br />

Luxembourg à l’âge de quatre ans, en<br />

1978. Son père, banquier, a logiquement<br />

rejoint le Grand-Duché en raison des<br />

opportunités professionnelles qui abondaient<br />

des secteurs bancaire et financier,<br />

tous deux alors en pleine expansion.<br />

« Mon père a été engagé pour participer à<br />

l’ouverture d’une banque au Luxembourg<br />

tandis que ma mère a eu la dure tâche<br />

d’élever mon frère et moi car elle était<br />

mère au foyer, l’un des métiers les plus<br />

difficiles qui soit », sourit Philipp von<br />

Restorff. Pour cause, ses instituteurs le<br />

trouvent très animé, peu discret et pas<br />

forcément des plus assidus, si bien qu’enfant,<br />

pour se défouler, il pratique une<br />

multitude de sports comme le hockey sur<br />

gazon, le golf ou encore le tennis. « Ayant<br />

grandi durant les années 1980, je suis forcément<br />

devenu un enfant de la télé par la<br />

force des choses. Ses codes m’ont beaucoup<br />

influencé, j’ai beaucoup regardé le<br />

petit écran luxembourgeois et français.<br />

J’ai donc baigné dans plusieurs cultures »,<br />

indique-t-il.<br />

Le comble d’un rêve<br />

Il entre ensuite à l’école européenne, puis<br />

se dirige à Bruxelles pour poursuivre sa<br />

licence en communication à l’IHECS. « Je<br />

n’avais qu’un seul rêve en tant qu’enfant :<br />

celui de ne pas être banquier comme mon<br />

père », déclare Philipp von Restorff. Une<br />

fois ses études achevées, il rejoint Kneip<br />

Communication en 1999 avant de retourner<br />

en Allemagne, à Berlin, durant six<br />

mois pour officier en tant que Marketing<br />

Officer dans une startup. « Si je suis parti<br />

du Luxembourg à cette époque, c’était<br />

avant tout pour pouvoir encore profiter<br />

de ma jeunesse, découvrir un nouvel<br />

endroit et vivre dans une autre grande<br />

ville », poursuit le natif d’Hambourg qui<br />

est ensuite recruté par le Service information<br />

et presse (SIP) du gouvernement<br />

luxembourgeois.<br />

Quelques années plus tard, il rencontre<br />

Fernand Grumls, alors membre de la<br />

direction de l’ABBL (Association des<br />

Banques et Banquiers Luxembourg), et<br />

intègre les rangs de l’asbl en tant qu’Head<br />

of Communication en début d’année<br />

2008. Il y occupera divers postes pendant<br />

onze ans. Un comble pour celui qui rêvait<br />

de tout… sauf du secteur bancaire !<br />

« Une époque absolument exceptionnelle<br />

»<br />

Philipp von Restorff débarque à l’ABBL<br />

dans un contexte particulier, au plus fort<br />

de la crise financière mondiale de 2007-<br />

2008. L’affaire Madoff et le sauvetage des<br />

banques Fortis et Dexia ont profondément<br />

marqué cette période. « D’un point de vue<br />

communicationnel, c’était une époque<br />

très difficile à gérer, mais absolument<br />

exceptionnelle. Ces expériences m’ont<br />

permis d’apprendre la communication en<br />

temps de crise », indique-t-il.<br />

Deux personnalités l’ont fortement<br />

marqué durant son parcours : l’actuel<br />

président du comité scientifique de la<br />

Fondation IDEA, Jean-Jacques Rommes,<br />

ainsi que Nicolas Mackel, l’ancien<br />

administrateur délégué de Luxembourg for<br />

Finance, l’agence dont il intègre les rangs<br />

en 2019. « Chacun d’eux m’a influencé par<br />

son intellect, sa façon de gérer les affaires,<br />

son comportement intègre et, justement,<br />

sa gestion de la communication en temps<br />

de crise », se remémore-t-il.<br />

La passion de la gouvernance<br />

Philipp von Restorff est ensuite contacté<br />

par Carine Feipel, présidente de l’Institut<br />

Luxembourgeois des Administrateurs<br />

(ILA) qui a pour objectif de développer<br />

une gouvernance d’entreprise saine et à<br />

l’écoute des enjeux du développement<br />

durable dans l’écosystème grand-ducal. Il<br />

rejoint les rangs de l’institution au printemps<br />

2023 en tant que CEO. « La gouvernance<br />

m’a toujours passionné car, bien<br />

que sous-estimée et peu connue du grand<br />

public, elle est essentielle pour assurer<br />

la bonne gestion d’une entreprise »,<br />

déclare-t-il. Près de 3.000 membres<br />

sont affiliés à l’ILA qui s’organise pour<br />

servir les besoins des administrateurs<br />

et des secrétaires généraux des conseils<br />

d’administration.<br />

Il faut d’abord chercher<br />

son propre bonheur,<br />

ne pas se laisser influencer<br />

mais écouter les personnes qui<br />

nous veulent du bien<br />

« Nous nous positionnons comme un institut<br />

de formation et de certification, mais<br />

nous sommes également présents pour<br />

offrir à nos membres une plateforme pour<br />

échanger du savoir et des informations<br />

autour de la gouvernance grâce à différents<br />

groupes de travail qui se penchent<br />

sur les thématiques importantes qui<br />

participent au bon fonctionnement d’un<br />

conseil d’administration », explique le<br />

CEO de l’ILA. Les mentalités ont changé<br />

au cours des 20 dernières années et les<br />

entreprises luxembourgeoises démontrent<br />

d’ailleurs de plus en plus d’intérêt par<br />

rapport à ces questions, en témoignent les<br />

problématiques liées à la cybersécurité ou<br />

à la Responsabilité Sociale des Entreprises<br />

(RSE).


109<br />

Apprendre de l’impatience<br />

L’impatience qui caractérise la personnalité<br />

de Philipp von Restorff transpire<br />

dans son quotidien au travail, même s’il<br />

atteste que les rouages et les processus<br />

de décision nécessitent de la patience.<br />

« Chaque personne est différente, il faut<br />

donner du temps aux collaborateurs pour<br />

gérer et appréhender de nouvelles décisions<br />

». Au jeu des questions-réponses<br />

dans l’open-space, ces derniers sont<br />

d’ailleurs unanimes sur son impatience<br />

mais chacun d’entre eux loue ses qualités<br />

d’écoute et son leadership. Alors,<br />

pour entretenir cette patience qui lui fait<br />

tant défaut, il se murmure chaque jour en<br />

allemand cette citation de Karl Valentin :<br />

« Wenn es regnet, freue ich mich, denn<br />

wenn ich mich nicht freue, regnet es<br />

auch ». (Quand il pleut, je suis content,<br />

parce que quand je ne suis pas content,<br />

il pleut aussi).<br />

En posant son regard sur son passé, son<br />

vécu, son expérience et son parcours<br />

professionnel, Philipp von Restorff<br />

retire une seule leçon : savoir écouter et<br />

réfléchir avant de prendre ses propres<br />

Philipp von Restorff


110<br />

décisions. « C’est un principe que j’essaie<br />

d’inculquer à mon fils qui vient de fêter<br />

ses 18 ans. Mes conseils sont qu’il faut<br />

d’abord chercher son propre bonheur,<br />

ne pas se laisser influencer mais écouter<br />

les personnes qui nous veulent du bien »,<br />

souligne-t-il.<br />

Ces expériences m’ont permis<br />

d’apprendre la communication<br />

en temps de crise<br />

« Un pèlerinage phénoménal »<br />

Au-delà de sa riche carrière, Philipp von<br />

Restorff reste un homme profondément<br />

attaché à ses racines familiales. Bien<br />

qu’il ait quitté l’Allemagne très jeune, il<br />

conserve des liens étroits avec sa famille,<br />

qu’il tient à retrouver chaque année dans<br />

différentes villes germaniques. « Nous<br />

organisons des week-ends où toute la<br />

famille élargie se réunit. C’est une tradition<br />

que j’apprécie beaucoup », révèle-t-il.<br />

En dehors du travail, le CEO de l’ILA se<br />

passionne pour l’escalade, le vélo et les<br />

voyages. Il se ressource en pleine nature<br />

et partage autant de temps que possible<br />

avec ses amis. Son dernier voyage marquant<br />

a été une marche avec son fils sur<br />

le Caminho Portugues, un circuit qui part<br />

de Porto et se termine à Saint-Jacquesde-Compostelle.<br />

« Ce pèlerinage était<br />

une expérience phénoménale. J’ai également<br />

pu voyager dans le cadre de mes<br />

missions avec Luxembourg for Finance,<br />

j’ai pu découvrir des endroits mémorables<br />

en Amérique ou encore en Asie », se<br />

souvient-il.<br />

À travers les années, Philipp von Restorff<br />

a su évoluer dans des environnements<br />

variés, tout en restant fidèle à ses principes<br />

et à ses valeurs. Son écoute, son<br />

sens de la communication et son intérêt<br />

pour la gouvernance font aujourd’hui<br />

de lui un leader apprécié par ses pairs.<br />

Il se dit prêt à continuer de relever des<br />

défis et de jouer un rôle clé dans l’évolution<br />

de la gouvernance d’entreprise au<br />

Luxembourg avec cette soif constante<br />

d’apprendre, de comprendre et de transmettre.


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